Polémique Médine au Bataclan: Vous avez dit syndrome de Stockholm ? (Taqiyya master: How would you like the very jihadi scum that mowed down your family to sing their scum in the very place the killing was done ?)

30 juin, 2018

911mosquecartoon
Le mensonge est mal, excepté pour trois choses: le mensonge d’un homme à son épouse pour la satisfaire; un mensonge à un ennemi, parce que la guerre est dissimulation; ou un mensonge pour règler un différend entre des personnes. Mahomet
Le Jour du Jugement ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Oh musulman, oh serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer. Mahomet
De plus il ne faudrait pas oublier que la « taqiyya », la dissimulation de protection, est partie intégrante de l’islam chiite et rendue obligatoire (« Quiconque n’observe pas la taqiyyah n’a pas de foi: « man lâ taqiyyata lahu lâ dîna lahu »). Or, la taqiyyah est curieusement adoptée aussi par les musulmans sunnites, ce qui leur permet de nous «servir» un discours «light» pour mieux nous tromper sur la réalité de leur religion. Ils ne mentent pas vraiment, ils dissimulent pour faire avancer l’islam! L’avantage non négligeable c’est que des non musulmans pourront ainsi être attirés par cette religion abrahamique, présentée comme si proche du christianisme et du judaïsme et par le biais de ces conversions, l’islam progressera en Europe. Anne-Marie Delcambre
Les voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. G. K. Chesterton
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. Victor Klemperer
La République islamique sera fondée sur la liberté d’expression et luttera contre toute forme de censure. Khomeini (Entretien avec Reuters, le 26 octobre 1978.)
Tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la République islamique n’est qu’une propagande hostile. (Dans le futur gouvernement), les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront, tout comme les hommes. Khomeini (Entretien accordé à un groupe de reporters allemands à Paris, le 12 novembre 1978)
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
L’islamisme tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète. Azar Nafisi
En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur. Janet Afary et Kevin B. Anderson
En tant que citoyen, en tant que président, je crois que les musulmans ont autant le droit de pratiquer leur religion que quiconque dans ce pays. Cela inclut le droit de construire un lieu de culte et un centre socio-culturel sur un terrain privé dans le lower Manhattan, en respect des lois et décrets locaux. Nous sommes en Amérique. Notre engagement en faveur de la liberté de religion doit être inébranlable. Barack Hussein Obama
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, la basilique fut convertie en mosquée, conservant le même nom, Ayasofya, comme symbole de la conquête. À cette époque, le bâtiment était très délabré : plusieurs de ses portes ne tenaient plus. (…) Le sultan Mehmed II ordonna le nettoyage immédiat de l’église et sa conversion en une mosquée. Contrairement aux autres mosaïques et peintures murales des églises de la ville, la mosaïque de Marie dans l’abside de Sainte-Sophie ne fut pas, pour des raisons obscures, recouverte de lait de chaux par ordre de Mehmed II[. Pendant cent ans, elle fut couverte d’un voile puis eut le même traitement que les autres. Wikipedia
La Grande Mosquée des Omeyyades de Damas, construite entre 705 et 715, est un édifice religieux musulman édifié par le calife Omeyyade Al Walid Ier. Cette grande mosquée (…) se situe à l’emplacement de l’ancienne église Saint Jean le Baptiste (IVe siècle), qui elle-même avait été construite sur un ancien téménos romain dédié à Jupiter. On peut donc dire qu’elle a été bâtie sur l’endroit considéré comme le plus saint de la ville par ses habitants. Wikipedia
En 2004, la Commission islamique d’Espagne, soutenue par le parti socialiste espagnol, réclame officiellement au Vatican le droit pour les musulmans de prier au sein de la mosquée-cathédrale. Le Saint-Siège oppose un refus catégorique. En 2006, l’archevêque de Cordoue ne change pas de position. Il assure que «l’utilisation partagée de la cathédrale par les catholiques et par les musulmans ne contribuerait en rien à la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses». En octobre 2007, c’est la Ligue arabe qui revendique ce droit à la conférence de l’OSCE, avant que la Commission Islamique d’Espagne n’appelle en novembre 2008, l’UNESCO à se prononcer, toujours sans succès. Le Figaro (29.04.10)
Des responsables de l’Eglise grecque orthodoxe qui essaient de reconstruire la seule église détruite dans les attentats du 11/9 ont exprimé leur consternation cette semaine en apprenant par Fox News que des officiels du gouvernement avait enterré un projet de reconstruire l’église un peu plus loin. Fox News
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer
Je n’arrive pas à imaginer que les musulmans veuillent réellement une mosquée à cet endroit particulier, parce que ce deviendra une arène pour les promoteurs de la haine et un monument à ceux qui ont commis ce crime. D’ailleurs, il n’y a pas de fidèles musulmans dans le quartier qui aient besoin d’un lieu de culte parce que c’est une zone commerciale. (…) Ce que les Américains n’arrivent pas à comprendre, c’est que la bataille contre les terroristes du 11/9 n’est pas leur bataille. C’est une bataille de musulmans – une bataille dont les flammes continuent à faire rage dans plus de 20 pays musulmans… Je ne pense pas que la majorité des musulmans veuillent bâtir un monument ou un lieu de culte qui demain peut devenir source de fierté pour les terroristes et leurs disciples musulmans, ni qu’ils veulent une mosquée qui deviendra un lieu de pèlerinage pour ceux qui haïssent l’islam… Ceci a déjà commencé à se produire: ils prétendent qu’une mosquée va être construite au-dessus des cadavres des 3 000 Américains qui furent enterrés vivants par des personnes criant Allah akbar’  – le même appel qu’on entendra dans la mosquée… Abd Al-Rahman Al-Rashed (PDG d’Al-Arabiya)
Au , la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes. Moins de trois ans plus tard, s’y produira un individu ayant chanté « crucifions les laïcards » et se présentant comme une « islamo-caillera ». Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France. Laurent Wauquiez
Les Blancs sont des démons, des cochons d’aucune moralité Lui était suffisamment black pour être décapité Ces incestueux nous ont barricadé Puis ils nous crèvent dans un tieks qu’ils ont fabriqué C’était un bon c’cousin, un fan de Black Panther Les Blancs des consanguins, lui lutte pour ses frères (Yeah) Ces porcs blancs vont loin Passe moi une arme de poing J’vais faire un pédophile de moins Impossible c’était un bon, un militant Quelques blancs préméditèrent comme le KK Klan Boitillant, une démarche arrogante Une manière de défier les autorités écrasantes Insolent, langage brute et brutal C’est le fantasme des pécheresses toubab Il incarnait l’image de tout ce que déteste la rue Un noir intelligent c’est un noir qu’on tue Voilà pourquoi des blancs l’auraient refroidi Lâchement, subitement, ces victimes, souvent.J’ai volontairement joué avec des représentations et des iconographies dans le but de tendre un piège à ceux qui s’arrêtent à une origine ou à une confession. Médine
« Dieu est mort selon Nietzsche “Nietzsche est mort” signé Dieu On parlera laïcité entre l’Aïd et la Saint-Matthieu Nous sommes les gens du Livre Face aux évangélistes d’Eve Angeli Un genre de diable pour les anges de la TV Reality Je porte la barbe j’suis de mauvais poil Porte le voile t’es dans de beaux draps Crucifions les laïcards comme à Golgotha. Médine
Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. Médine
Crucifions les laïcards comme à Golgotha, c’est clairement un oxymore, dans ce qui est proposé comme image. On ne crucifiait pas les laïcards à Golgotha. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. (…) Parce qu’à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République. Médine
Mon clip “Don’t Laïk” est un droit au blasphème de la laïcité dévoyée, donc je ne vais pas m’insurger face à un dessin quand moi-même, artistiquement, j’utilise les mêmes outils pour pouvoir dénoncer d’autres situations. Médine Zaouiche
Marianne, dix ans plus tard, dans un article intitulé “le marketing du Jihad”, a compris complètement à l’inverse le message de cet album. Alors qu’en réalité, (…) le but c’était redéfinir ce qu’était le djihad à destination de ceux qui pourraient mal le comprendre. Médine
Allons-nous laisser l’extrême droite dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression ? Médine
Une salle qui brûle, c’est une époque qui meurt Quand l’Elysée-Montmartre est partie en feu J’crois que j’ai vécu mon World Trade Center La Mecque des rappeurs, 72, boulevard Rochechouart En moins d’un quart d’heure, tous les MCs ont dû voir rouge (…) Pourquoi appelle-t-on ça la fosse si je n’y ai vu que des vrais? (…)Tout ce que je voulais faire, c’était l’Bataclan. Médine
Tu te trouves aujourd’hui au cœur d’une polémique, causée par deux concerts que tu as prévu de donner en octobre au Bataclan. On te reproche les paroles de tes albums passés. Pour ma part je ne les commenterai pas. Que tu rêves de « crucifier les laïcards » ou de « jeter des fatwas sur la tête des cons » est ton droit. Que tu considères les « élites » comme des « propagandistes ultra laïcs » est une opinion qui t’appartient. Que tu refuses de te « laisser laïciser » est un privilège que tu mérites ; vivant précisément dans un pays laïque. Je n’appartiens pas à la « fachosphère », je ne suis pas d’extrême droite – et tu l’auras compris, je ne t’appellerai pas, comme on peut le lire sur Internet, le « salaf en Stan Smith ». Je ne suis pas non plus un partisan de la censure. Je souhaite que puisses écrire les paroles de ton choix sans te soucier d’une quelconque morale, contraire à l’idée de création. Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme. Non, si je t’écris aujourd’hui, c’est d’écrivain à écrivain, ou peut-être d’homme à homme, pour t’interroger sur une chanson. Pas Don’t laïk, certes amplement critiquée, mais celle que tu utilises comme excuse pour te dédouaner de toute complaisance envers le terrorisme islamiste : Bataclan – issue de Storyteller, ton dernier album en date. Que les choses soient claires : tu affirmais hier condamner « les abjects attentats du 13 novembre 2015 et toutes les attaques terroristes. » Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme, pour ne pas dire une sidération : comment peut-on, moins de trois ans après l’un des pires massacres perpétrés à Paris, écrire une chanson sur le Bataclan où il se produisit, sans en faire la moindre mention ? Tu me répondras que c’est un Bataclan rêvé que tu dépeins, détaché de l’actualité, qui remonte à ta jeunesse. Mais imaginerait-on tourner un remake de Coup de foudre à Notting Hill dans la jolie petite bourgade d’Auschwitz en 1948, qui fasse abstraction du camp nazi ? Raconter dans un poème une balade en amoureux dans Paris, le 17 octobre 1961, date de la répression sanglante par la police française contre les manifestants du FLN ? Concevoir une pièce de théâtre sur la beauté des locaux de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohammed Merah tua à bout portant quatre enfants juifs en 2012 ? Outré à raison, on appellerait cela du négationnisme. Car qui peut ignorer que certains lieux, que certaines dates – au-delà du symbole puisqu’on parle de sang –, sont porteurs d’une mémoire ? Tu ne l’ignores pas toi-même, puisque tu fais référence, dans cette même chanson, aux attentats du « World Trade Center », qui entraînèrent la mort de 2.977 personnes – pour les comparer toutefois à l’incendie accidentel de l’Élysée-Montmartre, qui ne fit aucune victime. Mais tu vas plus loin. Toujours dans Bataclan, tu t’interroges : « Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? Si je n’y ai vu que des vrais. Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? » Là non plus, deux ans après les assassinats de masse dont je parle, ne t’a-t-il pas paru opportun de t’interroger sur la portée de ces punchlines ? Car moi, ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles. C’est sans doute le sens caché de ton image : «J’aime que les balcons grondent comme des rototos ? » (…) Depuis Charlie Hebdo, depuis le 13 novembre 2015, notre génération vit dans une autre France. On peut certes prendre ses distances avec le réel, mais comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? Grâce à quel splendide aveuglement parviens-tu à écrire une chanson sur cette salle de concert-cimetière sans songer une seconde aux cadavres qu’elle charrie ? (…) Si tu es de bonne foi, ne serait-il pas temps de réfléchir à cette abstraction que tu fais des victimes dans un lieu si symbolique ? Est-ce l’islamisme ravageur que tu as peur de condamner ? En ce qui me concerne, je ne juge pas la validité d’une idée en fonction de Marine Le Pen, mais de mon propre idéal républicain. Et moi aussi, je doute, comme dans la si touchante chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Chanson que Baptiste, le petit-fils de la chanteuse, ne peut plus fredonner : il fut assassiné le 13 novembre 2015 par trois garçons qui, s’il avait existé, auraient pu apprendre par cœur ton refrain tout-terrain : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan. » Arthur Dreyfus
Jihad, le plus grand combat est contre soi-même est un projet paru en 2005 dans le contexte de l’après-guerre d’Irak. Le nom complet de l’album fait référence à la notion de « grand jihad » qui implique un effort de lutte intérieure pour chaque individu. 20 minutes
The song, which talks of « crucifying the secularists like at Golgotha, » happened to come out just a week before terrorists killed 12 people at the satirical weekly magazine Charlie Hebdo in 2015. NPR

A quand une mosquée au Bataclan ?

A l’heure où à la veille d’un concert annoncé …

D’un rappeur dénommé Médine et maitre ès taqiyya chantant le djihad (intérieur, s’il vous plait !) …

Dans la salle même où il y a à peine trois ans ledit djihad a fait plus d’une centaine de morts et de blessés …

Nos belles âmes se joignent à l’islamo-racaille auto-déclarée …

Pour accuser qui vous savez de vouloir « dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression » …

Pendant qu’à Toulouse un imam se voit mis au pilori pour avoir cité, dans sa propre mosquée, une simple parole du Prophète

Comment ne pas repenser …

Ultime avatar du fameux syndrome de Stockholm

A ces autres belles âmes le président Obama en tête …

Qui neuf ans à peine après les attentats djihadistes du 11 septembre …

Défendaient le droit de construire une mosquée à Ground zero même ?

Non, le rappeur Médine n’a pas utilisé une affiche « Jihad » pour son concert au Bataclan

FAKE OFF Il s’agit du visuel d’un album sorti en 2005…

Samba Doucouré
20 minutes
11/06/18

Plusieurs responsables politiques ont relayé une affiche du concert du rappeur Médine au Bataclan mettant en avant un visuel de sabre et le mot «Jihad»

Il s’agit d’un montage composé avec le visuel d’un album daté de 2005

Le rappeur Médine est au cœur d’une polémique depuis vendredi 9 juin et le lancement d’une campagne pour l’annulation de ses concerts au Bataclan prévu les 19 et 20 octobre prochain dans ce lieu où un attentat le 13 novembre 2015 a fait 90 morts et des centaines de blessés.

Plusieurs personnalités politiques telles que Marine Le Pen (Rassemblement national), Laurent Wauquiez (LR) se sont fait l’écho de cette campagne.

Un visuel affichant le rappeur du Havre portant un pull « Jihad » où un sabre jaune est apparent, circule sur Twitter et est présenté comme l’affiche du concert. Ce visuel a été relayé par plusieurs comptes dont celui de Marine Le Pen.

« Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du #Bataclan. La complaisance ou pire, l’incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit ! MLP #PasDeMédineAuBataclan », affirme notamment Marine Le Pen.

FAKE OFF

La campagne « Pas de Médine au Bataclan » a été lancée par l’activiste identitaire Damien Rieu, membre du site Fdesouche. Il a tweeté cette image qui est en fait un montage, associant un visuel promotionnel d’un album de Médine datant de plusieurs années, et le visuel des prochains concerts de l’artiste au Bataclan. Jihad, le plus grand combat est contre soi-même est un projet paru en 2005 dans le contexte de l’après-guerre d’Irak. Le nom complet de l’album fait référence à la notion de « grand jihad » qui implique un effort de lutte intérieure pour chaque individu.

Le rappeur s’est déjà exprimé sur l’usage de ce terme. « J’ai volontairement joué avec des représentations et des iconographies dans le but de tendre un piège à ceux qui s’arrêtent à une origine ou à une confession » s’expliquait le Havrais lors d’une interview accordé à Clique en février 2017. Il ajoute que son message s’adressait alors « à ceux qui seraient tentés d’aller combattre et à ceux qui ont une connaissance complètement galvaudée de ce terme ». « Aujourd’hui, sortir un album avec ce titre-là serait impossible », confessait-il alors à Mouloud Achour.

Voir aussi:

Le rappeur Médine au Bataclan : la polémique en quatre questions

La venue du rappeur dans la célèbre salle parisienne en octobre déplaît à de nombreux élus de droite et d’extrême droite, qui réclament l’annulation des concerts.

 Gary Dagorn

Le Monde

Depuis samedi 9 juin, de nombreux élus de droite et d’extrême droite ont fait part de leur vif mécontentement concernant la programmation dans la célèbre salle parisienne du Bataclan du rappeur Médine, un auteur-interprète populaire, mais dont les textes engagés ont été critiqués par le passé.

  • Comment est née la polémique ?

Tout part du tweet d’un internaute daté du 7 juin, relayant un extrait des paroles d’une chanson du rappeur Médine, qui doit donner deux concerts les 19 et 20 octobre au Bataclan. La chanson en question, Don’t Laïk, sortie le 1er janvier 2015, six jours avant l’attentat contre Charlie Hebdo, et dans laquelle Médine dénonce l’instrumentalisation de la laïcité, comporte les paroles suivantes :

« Dieu est mort selon Nietzsche
“Nietzsche est mort” signé Dieu
On parlera laïcité entre l’Aïd et la Saint-Matthieu
Nous sommes les gens du Livre
Face aux évangélistes d’Eve Angeli
Un genre de diable pour les anges de la TV Reality
Je porte la barbe j’suis de mauvais poil
Porte le voile t’es dans de beaux draps
Crucifions les laïcards comme à Golgotha. »

Cette dernière phrase, qui fait référence au lieu où Jésus fut condamné à mort, selon les évangiles, est extraite et relayée les 7 et 8 juin dans quelques tweets critiquant la programmation de l’artiste au Bataclan, mais sans provoquer de réactions médiatiques, hormis un article de Russia Today le 8 juin au soir. Ce n’est que le lendemain que le sujet prend de l’ampleur, relayé dès le début d’après-midi par des élus et des cadres du Rassemblement national (dont Marine Le Pen). Ce sont ensuite des élus Les Républicains qui reprendront l’information (Isabelle Balkany, Valérie Boyer, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez), suivis par des élus La République en marche (Aurore Bergé, Blandine Brocard).

Sur la base de cet extrait (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha ») et d’une affiche datant de 2005 de son album Jihad, le plus grand combat est contre soi-même, ces élus de droite et d’extrême droite réclament avec vigueur l’annulation des deux concerts de l’artiste au Bataclan, estimant que ces représentations entachent la mémoire des quatre-vingt-dix personnes qui périrent dans la salle lors de l’attaque de trois djihadistes, le 13 novembre 2015. Ne répondant à aucun appel, le Bataclan a maintenu sa programmation.

Lundi 11 juin, l’avocate Samia Maktouf, qui défend une vingtaine de victimes, a écrit au préfet de police de Paris afin de demander l’interdiction des concerts de Médine.

Depuis, la page Facebook du Bataclan a été inondée de messages violents, et plusieurs survivants du 13 novembre 2015 ont été harcelés en ligne pour avoir défendu la liberté de programmation de la salle de concert, selon LCI. Sophie, une survivante blessée lors de l’attaque, témoigne des nombreux messages haineux qu’elle a reçus pour avoir critiqué la récupération politique par Laurent Wauquiez : « “Dommage que tu n’aies pas crevé”, “tu as le syndrome de Stockholm”, de la part des mêmes qui, il y a deux ans, nous appelaient des héros… »

  • Que dit la loi ?

La liberté de réunion est régie par la loi du 30 juin 1881, qui dispose que « les réunions publiques sont libres » et qu’« elles peuvent avoir lieu sans autorisation préalable ». Il incombe toutefois aux organisateurs d’« empêcher toute infraction aux lois, d’interdire tout discours contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, ou contenant provocation à un acte qualifié crime ou délit ». En d’autres mots, les pouvoirs publics peuvent interdire un spectacle en invoquant un risque de « trouble à l’ordre public » ou dénoncer le contenu illégal dudit spectacle.

C’est ce premier motif que Me Maktouf a invoqué auprès du préfet de police de Paris. Mais selon Gilles Devers, avocat spécialiste des libertés fondamentales, qui s’exprimait dans le cadre des spectacles de Dieudonné M’Bala M’Bala, une telle interdiction ne pourrait avoir lieu « que si la police n’était pas capable d’assurer l’ordre public, ce qui ne saurait se justifier dans le cas d’une salle de spectacle fermée ». Le second motif invoqué par Me Maktouf, l’« atteinte à la mémoire des victimes », ne relève en revanche pas de la loi et ne peut être invoqué pour justifier une quelconque interdiction.

Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a rappelé ces principes, disant que « la seule réponse à apporter c’est (…) la réponse du droit et non pas répondre sous le coup de l’émotion ». « Les salles sont libres de programmer qui elles veulent » et « la liberté de l’artiste est totale sauf s’il y a incitation à la haine raciale, s’il y a trouble à l’ordre public et ça, c’est au droit de le dire », a-t-il dit sur CNews, ajoutant que le rappeur « n’a pas été à ce stade condamné, qu[’il le] sache ».

  • Médine a-t-il répondu aux critiques ?

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Médine a tenu à renouveler ses « condamnations passées à l’égard des abjects attentats du 13 novembre 2015 et de toutes les attaques terroristes ». L’interprète a également dénoncé le « détournement » du sens de ses chansons par « l’extrême droite et ses sympathisants » ainsi que leur instrumentalisation de « la douleur des victimes et de leur famille ». « Allons-nous laisser l’extrême droite dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression ? », a-t-il conclu.

En janvier 2015, il s’était déjà expliqué sur son titre Don’t Laïk (un jeu de mots avec le I Don’t Like du rappeur américain Chief Keef) : « Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. »

Un an plus tard, le rappeur a eu l’occasion d’expliquer plus longuement son utilisation de la satire et de la provocation dans ces débats de société sur le plateau d’Arrêt sur images. « Crucifions les laïcards comme à Golgotha, c’est clairement un oxymore, dans ce qui est proposé comme image. On ne crucifiait pas les laïcards à Golgotha. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. (…) Parce qu’à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République. »

Médine Zaouiche, de son vrai nom, n’a pas caché qu’il reconnaissait « le droit au blasphème » :

« Mon clip “Don’t Laïk” est un droit au blasphème de la laïcité dévoyée, donc je ne vais pas m’insurger face à un dessin quand moi-même, artistiquement, j’utilise les mêmes outils pour pouvoir dénoncer d’autres situations. »

Le rappeur est revenu à cette occasion sur les contresens frontaux sur son album Jihad. « Marianne, dix ans plus tard, dans un article intitulé “le marketing du Jihad”, a compris complètement à l’inverse le message de cet album. Alors qu’en réalité, (…) le but c’était redéfinir ce qu’était le djihad à destination de ceux qui pourraient mal le comprendre. »

En mars 2017, le rappeur a, cela dit, « eu la sensation d’être allé trop loin ». « La provocation n’a d’utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec Don’t Laïk, c’était inaudible, et le clip a accentué la polémique », a déclaré le chanteur.

  • Quelle est la position des victimes du Bataclan ?

Lire aussi :   Le rappeur Médine accuse l’extrême droite de « limiter notre liberté d’expression »

Life for Paris, une association qui représente sept cents victimes des attentats du 13 novembre 2015, a dit que la salle « a[vait] aussi été victime des attentats » et qu’elle était « complètement libre de sa programmation », ajoutant qu’elle ne « laissera[it] personne instrumentaliser la mémoire des victimes ».

13onze15, une autre association de victimes d’environ trois cent cinquante adhérents, a une position plus nuancée. Le président de l’association, Philippe Duperron, a dit que les adhérents étaient divisés. « Certains défendent la liberté d’expression, d’autres contestent vigoureusement le personnage de Médine », a-t-il déclaré aux Inrocks. « Il s’agit pour nous, au minimum, d’une maladresse », a-t-il ajouté. Emmanuel Domenach, ancien vice-président de l’association, a quant à lui dénoncé à titre personnel l’« hypocrisie la plus pure » et une « polémique stérile ». « Ces élus n’ont que faire des victimes 99 % de l’année et là on monte une affaire en épingle pour apparaître dans les médias. Qu’on laisse les victimes là où elles sont. Elles n’ont rien demandé », a-t-il ajouté.

Voir également:

« Cher Médine, comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? »

Présenté quelquefois comme une figure de la « génération Bataclan », l’écrivain Arthur Dreyfus, 32 ans, donne ici son point de vue sur la polémique mettant en cause le rappeur Médine.

Cher Médine,

Je te dis « tu » parce que nous appartenons, peu ou prou, à la même génération, et que nous sommes collègues. J’ai toujours considéré les auteurs-compositeurs comme des écrivains, en particulier les rappeurs, qui inventent, il me semble, une part importante de la poésie contemporaine. En tant qu’amateur de Trenet, de Queneau, de Gainsbourg, de raï – et bien sûr de jazz –, j’ai souvent du rap aux oreilles, entre deux titres de Juliette Armanet, de Barbara, ou avant le Quintette avec clarinette de Mozart.

Tu te trouves aujourd’hui au cœur d’une polémique, causée par deux concerts que tu as prévu de donner en octobre au Bataclan. On te reproche les paroles de tes albums passés. Pour ma part je ne les commenterai pas. Que tu rêves de « crucifier les laïcards » ou de « jeter des fatwas sur la tête des cons » est ton droit. Que tu considères les « élites » comme des « propagandistes ultra laïcs » est une opinion qui t’appartient. Que tu refuses de te « laisser laïciser » est un privilège que tu mérites ; vivant précisément dans un pays laïque. Je n’appartiens pas à la « fachosphère », je ne suis pas d’extrême droite – et tu l’auras compris, je ne t’appellerai pas, comme on peut le lire sur Internet, le « salaf en Stan Smith ». Je ne suis pas non plus un partisan de la censure. Je souhaite que puisses écrire les paroles de ton choix sans te soucier d’une quelconque morale, contraire à l’idée de création.

Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme.

Non, si je t’écris aujourd’hui, c’est d’écrivain à écrivain, ou peut-être d’homme à homme, pour t’interroger sur une chanson. Pas Don’t laïk, certes amplement critiquée, mais celle que tu utilises comme excuse pour te dédouaner de toute complaisance envers le terrorisme islamiste : Bataclan – issue de Storyteller, ton dernier album en date. Que les choses soient claires : tu affirmais hier condamner « les abjects attentats du 13 novembre 2015 et toutes les attaques terroristes. » Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme, pour ne pas dire une sidération : comment peut-on, moins de trois ans après l’un des pires massacres perpétrés à Paris, écrire une chanson sur le Bataclan où il se produisit, sans en faire la moindre mention ?

Tu me répondras que c’est un Bataclan rêvé que tu dépeins, détaché de l’actualité, qui remonte à ta jeunesse. Mais imaginerait-on tourner un remake de Coup de foudre à Notting Hill dans la jolie petite bourgade d’Auschwitz en 1948, qui fasse abstraction du camp nazi ? Raconter dans un poème une balade en amoureux dans Paris, le 17 octobre 1961, date de la répression sanglante par la police française contre les manifestants du FLN ? Concevoir une pièce de théâtre sur la beauté des locaux de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohammed Merah tua à bout portant quatre enfants juifs en 2012 ? Outré à raison, on appellerait cela du négationnisme. Car qui peut ignorer que certains lieux, que certaines dates – au-delà du symbole puisqu’on parle de sang –, sont porteurs d’une mémoire ? Tu ne l’ignores pas toi-même, puisque tu fais référence, dans cette même chanson, aux attentats du « World Trade Center », qui entraînèrent la mort de 2.977 personnes – pour les comparer toutefois à l’incendie accidentel de l’Élysée-Montmartre, qui ne fit aucune victime.

Ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles.

Mais tu vas plus loin. Toujours dans Bataclan, tu t’interroges : « Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? Si je n’y ai vu que des vrais. Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? » Là non plus, deux ans après les assassinats de masse dont je parle, ne t’a-t-il pas paru opportun de t’interroger sur la portée de ces punchlines ? Car moi, ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles. C’est sans doute le sens caché de ton image : « J’aime que les balcons grondent comme des rototos ? »

Pour ma part, le soir du Bataclan, je suis resté enfermé dans un restaurant voisin jusqu’à trois heures du matin, rideau baissé, partagé entre la panique et l’angoisse. Pardon : je n’ai pas pu m’empêcher de panik – pour une certaine idée de la liberté qui se résume, tout simplement, au droit d’aller écouter de la musique sans se faire exterminer. Depuis Charlie Hebdo, depuis le 13 novembre 2015, notre génération vit dans une autre France. On peut certes prendre ses distances avec le réel, mais comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? Grâce à quel splendide aveuglement parviens-tu à écrire une chanson sur cette salle de concert-cimetière sans songer une seconde aux cadavres qu’elle charrie ?

Chacun a sa définition de ce que peut signifier « être un artiste », mais si je ne devais retenir qu’un mot, ce serait : le doute. L’artiste est celui qui doute, qui s’interroge en permanence, qui consent à s’amender. Si tu es de bonne foi, ne serait-il pas temps de réfléchir à cette abstraction que tu fais des victimes dans un lieu si symbolique ? Est-ce l’islamisme ravageur que tu as peur de condamner ? En ce qui me concerne, je ne juge pas la validité d’une idée en fonction de Marine Le Pen, mais de mon propre idéal républicain. Et moi aussi, je doute, comme dans la si touchante chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Chanson que Baptiste, le petit-fils de la chanteuse, ne peut plus fredonner : il fut assassiné le 13 novembre 2015 par trois garçons qui, s’il avait existé, auraient pu apprendre par cœur ton refrain tout-terrain : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan. »

Dernier ouvrage paru : Je ne sais rien de la Corée. Gallimard. 272 pages. 19,50 euros

A Paris concert that’s still months away is generating controversy. Muslim rapper Médine is scheduled to play at the Bataclan, the concert hall where 89 people were killed by Islamist extremists in a terrorist attack two and a half years ago.

The concert is stoking outrage among France’s right wing. Laurent Wauquiez, the head of the mainstream right party Les Republicans, tweeted that holding this concert would be sacrilege for the victims of the 2015 attack and a dishonor for France. Far right leader Marine Le Pen gathered thousands of signatures on a petition to ban the concert.

« Is it normal that a militant, fundamentalist, Islamist goes to the Bataclan to express his hatred and defend ideas that I believe are inciting crimes? » she asked a reporter during an appearance on France’s BFM TV.

But Médine says he’s always fought against radicalization in his music. And in a statement released by his record company he asked, « When did we start letting the far right manage the country’s concert halls? »

The 35-year-old rapper grew up in the working-class port town of Le Havre, France, the son of Algerian immigrants. Médine has described himself as an « Islamo-hooligan. » His lyrics talk mostly about the French Muslim experience — living in the ghetto, facing discrimination. His tone toward French society is often hostile.

Médine’s critics are focusing on a song he wrote in 2015 called « Don’t Laïk. » It is a double play on words: on the French word laïcité, which means secularism, and on the English « don’t like. » A lot of French Muslims feel the country’s official policy of secularism is used as an excuse to target their faith.

YouTube

« Your beard, my brother, it’s don’t laïk / Your veil, my sister in this country, it’s don’t laïk, » Médine raps in the song.

The song, which talks of « crucifying the secularists like at Golgotha, » happened to come out just a week before terrorists killed 12 people at the satirical weekly magazine Charlie Hebdo in 2015.

Detractors are also criticizing one of Médine’s albums, entitled Jihad. In a recent TV interview, Médine said people are twisting his lyrics and taking them out of context.

« First of all, the album had a subtitle, which was, ‘The biggest battle is against oneself’ — because jihad signifies the internal struggle above all, » Médine said. « And secondly, this album came out in 2005 in a completely different context. It would be impossible to title an album Jihad today. »

Médine has also worked to diffuse the French culture war over Islam. He co-wrote a book with a historian about racism in France. And his record label sells a line of T-shirts with the slogan, « I’m Muslim, Don’t Panik. »

Karim Amellal is working on a presidential commission to fight anti-Semitism and Islamophobia in France. He says this controversy has gotten so big because every Muslim identifies with the accusations against Médine.

« Muslims have the feeling they are not recognized for their accomplishments and they are always [associated] with terrorists and jihadists, » Amellal says.

Some of the survivors of the Bataclan terrorist attack have defended Médine. One tweeted that right-wing politicians should not exploit the victims of the attack for their bogus controversy.

« Marine Le Pen is even talking about ‘our deaths,’  » attack survivor Emmanuel Domenach wrote on Twitter. « It’s shameful. »

One victims’ association, Life for Paris, defended the Bataclan, saying it was against censorship, and the venue should be free to book who it wants. « We will not let anyone use the memory of the victims for political ends, as is the case here, » the association said in an official statement.

The theater itself has refused to get involved in the fray. But when reached on the phone, a Bataclan employee said that Médine has nothing to do with the terrorists.

Amellal says other rappers have much more offensive lyrics than Médine and that Médine never caused much controversy because he’s actually an intellectual rapper with very complicated lyrics. Amellal believes this debate has galvanized public opinion because it involves two groups that are victims.

« It’s like a showdown between two legitimate symbols, » he says. « The Bataclan, which is a very symbolic place because of the terrorist attack, and Médine and Islam. »

This spring, Médine released a new song, a sentimental ballad about the Bataclan. He raps, « All I ever wanted was to play the Bataclan. »

The lyrics don’t mention the attack. Writing in left-wing weekly magazine Marianne, novelist Arthur Dreyfus, who describes himself as being from the same generation as Médine, says the omission stuns him.

« That you dream of crucifying secularists, that’s your right and privilege living in this country. … I’m not in favor of censorship and I’m surely not a fascist, » Dreyfus writes. « But how can you, less than three years after one of the worst massacres ever perpetrated in Paris, write a song about the Bataclan, where it took place, without even mentioning it? »

Médine’s concert at the Bataclan is not until October. This debate is far from over.

Voir enfin:

Quand l’imam de la Grande Mosquée de Toulouse appelle au meurtre

Valeurs actuelles

28 juin 2018

Islamisation. Un prêche de décembre 2017 de l’imam Mohamed Tatai appelle les musulmans – en citant un hadith – à tuer des juifs. Il a été traduit et mis en ligne par l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI).

Le 26 juin, l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI) a mis en ligne la traduction d’un prêche de l’imam Mohamed Tatai tenu le 15 décembre 2017. Dans ce «discours» prononcé dans la mosquée Ennour à Toulouse, l’imam cite un «hadith» qui appelle tout simplement à tuer des juifs. Voilà le hadith en question cité par Mohamed Tatai :

«[Le Prophète Muhammad] nous a parlé de la bataille finale et décisive: ”Le Jour du Jugement ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Oh musulman, oh serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer.»

L’imam n’en est pas à son coup d’essai. Cela fait plus de trente ans –il est arrivé d’Algérie en 1987 – qu’il prêche uniquement en arabe. Un prêche du 4 février 2011 repéré et traduit par Islamineurope constitue une attaque directe contre notre régime politique : la démocratie est qualifiée de «religion bizarre» qui «sert à protéger les châteaux et à garder le dictateur». L’imam explique clairement attendre le retour du califat et défend la domination et la gouvernance des musulmans : «c’est la communauté à qui Allah a promis le retour du Califat, de la justice, de la victoire et de la gouvernance. C’est la communauté supérieure, Allah a dit : ‘Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants.’» Rappelons que le retour du califat signifie la mise en place d’un Etat islamique dont le système juridique équivaut à la charia… Et tout ceci est prôné en France !

Dans ce même prêche, l’imam s’emploie aussi à une victimisation des musulmans. L’Occident est accusé de «falsifier la géographie et l’histoire» de la ville de Jérusalem. «Vous cherchez à emprisonner l’Islam, à l’enterrer, à le tuer», lance-t-il à destination de l’Occident. Loin, bien loin de l’Islam de la tolérance et de la paix…

Une drôle de coïncidence quand on sait que l’imam est le président du Cercle de dialogue civilisationnel, l’association porteuse du projet de construction de la Grande Mosquée de Toulouse. Cette dernière a été inaugurée samedi 23 juin dans le quartier d’Empalot. Le discours de l’imam Mohamed Tatai invoquait la paix et jugeait que la mosquée devait être un rempart contre l’extrémisme. Un double discours préoccupant…


Médias: Qui sème le vent (It’s not about us: Old Gray Lady gets public spanking for narcissism by former executive editor)

29 juin, 2018

RUSSIANS HUNGRY, BUT NOT STARVING Walter Duranty
The WSJ is edited for those who run the world; the WaPo is edited for those who think they run the world; the Old Gray Lady is edited for those who think they should run the world. Urban dictionary
An old joke in the newspaper world holds that The Wall Street Journal is read by the people who run the country, The New York Times by those who think they run the country, The Washington Post by those who think they ought to run the country and The Boston Globe by people whose parents used to run the country. ABC news
« Peut mieux faire », a en dit en substance le New York Times à l’élève McCain en lui renvoyant sa copie. La rubrique « Opinions » du journal américain a, en effet, rejeté une tribune sur l’Irak, rédigée par le candidat républicain à l’élection présidentielle, en réponse à celle de Barack Obama, publiée lundi 14 juillet. Cette décision a particulièrement irrité l’équipe de John McCain, comme en atteste le communiqué d’un de ses porte-parole : « John McCain croit que la victoire en Irak doit être fondée sur les conditions sur le terrain, et non pas sur des calendriers arbitraires. Contrairement à Barack Obama, sa position ne changera pas selon les demandes du New York Times. » D’après le New York Times, la tribune de M. McCain, qui a par ailleurs été reproduite intégralement sur le site conservateur Drudge report, n’a pas été refusée définitivement mais a été renvoyée à son auteur pour être améliorée. David Shipley, le rédacteur en chef de la rubrique « Opinions », a ainsi publié lundi 21 juillet, sur le blog du journal, l’e-mail envoyé à l’équipe de campagne du candidat républicain. Il s’y dit « très désireux de publier le sénateur » dans sa rubrique, mais « dans l’incapacité d’accepter cette tribune dans son état actuel ». Dans ce mail, M. Shipley explique les raisons pour lesquelles il a décidé de publier le point de vue sur l’Irak de Barack Obama. Si le candidat démocrate y contestait les positions de son adversaire républicain, il apportait également de nouveaux détails sur son propre plan en Irak. Le rédacteur en chef ajoute que son journal est prêt à accueillir un nouveau point de vue de John McCain si celui-ci y »définit concrètement ce qu’il considère être la victoire en Irak ». « L’article devra aussi proposer un plan clair pour atteindre la victoire, incluant le nombre de troupes, des calendriers », précise M. Shipley. Une demande qui risque d’être difficilement satisfaite ; M. McCain s’opposant à la mise en place d’un calendrier de retrait des troupes depuis le début de sa campagne. Devant les nombreuses protestations républicaines, le NYT a publié un communiqué précisant qu’il est habituel pour ses pages « Opinions », et pour celles d’autres publications, de procéder à un va-et-vient des tribunes entre les auteurs et la rédaction. Le communiqué rappelle également que le New York Times a publié au moins sept tribunes de John McCain depuis 1996, et que le sénateur a été le candidat officiellement soutenu par le quotidien lors des dernières primaires républicaines. L’équipe de campagne républicaine, qui dénonce régulièrement la couverture médiatique de Barack Obama, qu’elle juge trop favorable, a, elle, répliqué sur son site en mettant en ligne, mardi, une vidéo intitulée »Les médias sont amoureux de Barack Obama ». Sur un fond rose, le film compile des extraits d’émissions d’actualité avec en fond musical « You’re just too good to be true » de Frankie Valli. Le Monde
The long romance of Western leftists with some of the bloodiest regimes and political movements in history is a story not told often enough, and Jamie Glazov’s United in Hate tells it particularly well. (…) United in Hate begins with a brief survey of the many leftists who since 9/11 have rationalized jihadist terrorism and blamed the United States for the attacks: “From Noam Chomsky to Norman Mailer,” Glazov writes, “from Eric Foner to Susan Sontag, the Left used 9/11 to castigate America,” seeing the 3,000 dead in Manhattan as “merely collateral victims of the world’s well-founded rebellion against the evil American empire.” But similar attitudes are also found in the Democratic Party itself. From Jimmy Carter’s courtship of Hamas to the Democratic congressional leadership’s eagerness to declare the Iraq War a failure—even as millions of Iraqis voted in free elections—the presumably “moderate” Democratic leadership has regularly created obstacles to defeating a murderous jihadist ideology that opposes every ideal the liberal Left supposedly embraces. Before returning to the subject of Islam and the Left in greater detail, Glazov surveys the long history of the Left’s “useful idiocy.” Western political pilgrims to post-revolutionary Russia gushed like schoolgirls over Lenin and Stalin, even as torture, terror, and famine were inflicted on the Russian people. New York Times reporter Walter Duranty stands as perhaps the quintessential fellow-traveler, killing news reports of famine and writing that Ukrainians were “healthier and more cheerful” than he had expected, and that markets were overflowing with food—this at the height of Stalin’s slaughter of the kulaks. Today’s Times continues to list Duranty among the paper’s Pulitzer Prize winners. Other abettors of terror and famine, both famous and obscure, make their appearance in Glazov’s hall of dishonor. They include George Bernard Shaw and Bertholt Brecht, who, he writes, “excused and promoted Stalin’s crimes at every turn,” and American sociologist Jerome Davis, who said of Stalin, “everything he does reflects the desires and hopes of the masses.” The same delusions clouded the vision of Western fans of China’s Mao Tse-tung, whose butcher’s bill of dead, tortured, starved, and imprisoned eclipses Hitler’s and Stalin’s combined. The next generation of leftists in America, the so-called “New Left,” may have become disillusioned with the Soviet Union after Khrushchev validated every anti-Communist charge, but they still clung to the ideology that had justified and driven Communism’s crimes. They simply shopped around for new autocrats to worship. Castro’s Cuba became, and to some extent has remained, the Shangri-La for starry-eyed American leftists, despite its half-million political prisoners—“the highest incarceration rate per capita in the world,” Glazov points out—and its execution of 15,000 enemies of the state. Vietnam for a time inspired pilgrimages as well, lauded by intellectuals like Susan Sontag and Mary McCarthy despite the Viet Cong’s bloody record of torture, forced depopulation, and murder. The bloody dénouement of Saigon’s fall—the purges, executions, refugees, and a holocaust in neighboring Cambodia—soon diverted the Left’s adulation to the next revolution de jour, in Nicaragua. Fans of the thuggish Sandinistas, or the “sandalistas,” as critics dubbed these “political tourists,” did not seem to mind the regime’s 8,000 political executions, 20,000 political prisoners, forced population relocations, or regular use of torture on state enemies. Indeed, about 250,000 Americans went to Nicaragua to work for the Sandinista government. In 1990, the Sandinistas faced a reasonably fair election and were voted out of power. When China began easing toward greater economic freedom, the only full-blown Communist regime left besides Cuba’s was that of North Korea’s lunatic Kim Jong Il, whose mad dictatorship even American leftists struggled to idealize. However, some found in the resurgent Islamic jihad the next supposed victim of American imperialism and capitalism that, Glazov writes, “would fill the void left by communism’s collapse.” The first stirrings of this unholy alliance between leftists and jihadists were visible after the Iranian revolution of 1979. Again displaying a remarkable myopia about their new heroes’ crimes—the mullahs in Iran killed more people just in the span of two weeks in 1979 (about 20,000) than the hated Shah had in 38 years—Western radicals like French philosopher Michel Foucault indulged both their noble-savage idealization of the non-Western “other” and their usual adolescent worship of “revolution.” The Left’s flirtation with Islamists is particularly bizarre. Unlike Communist tyrannies, which at least paid lip service to the ideals of social justice and equality, the jihadists in word and deed continually displayed their contempt for feminism, human rights, cosmopolitan tolerance, and democratic freedom—everything the Left claims to stand for. Yet American feminists, who can become enraged over a single masculine pronoun, find all sorts of rationalizations for gender apartheid, honor killings, genital mutilations, wife-beating, polygamy, and other medieval sexist abuses sanctioned by Islam, Glazov shows. Duke professor Miriam Cooke, for example, asserts, “What is driving Islamist men is globalization,” and she praises female suicide bombers for manifesting “agency” against colonial powers. In response to the high incidence of Muslims raping Norwegian women, Professor Unni Wikan of the University of Oslo recommends that Norwegian women wear a veil. And Nation columnist Naomi Klein calls on leftists to join in solidarity with Muqtada al-Sadr, the Iraqi Shiite who has fomented violence against the American military and fellow Iraqis. The only villain in the leftist melodrama remains the capitalist, colonialist, imperialist, Christian West. Hence the surreal sight of American feminists marching against the Iraq War and George W. Bush, though the hated president had freed more women than all the activists and women’s studies professors combined. Bruce Thornton
Toute la newsroom s’est évidemment concentrée sur l’événement.» C’est-à-dire la centaine de journalistes chargés de «couvrir» New York, la trentaine de reporters du bureau de Washington, toute l’équipe d’éditorialistes et de billettistes qui, chaque jour dans les célèbres pages «Op-Ed» (opinions, éditoriaux), donnent le «la» de ce qu’il faut penser à l’élite américaine. Ce mardi-là, comme tous les soirs, aux alentours de 19 heures, les grands titres de la une du Times ont été envoyés par messagerie électronique à la plupart des grands quotidiens américains, qui ne manquent jamais de jeter un oeil sur les orientations de leur confrère avant d’en finir avec leurs propres éditions. Car c’est bien lui la référence. Le journal aux soixante-dix-neuf Pulitzer (ces oscars du journalisme), celui qui a osé publier, en 1971, les archives secrètes du Pentagone expliquant les raisons de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Viêt-nam. Et dont l’aura dépasse largement New York, puisqu’il publie une édition nationale diffusée à partir d’une douzaine d’imprimeries réparties sur le sol américain. (…) Bien sûr, il y a la demande d’informations. Et là, le New York Times, qui s’est choisi pour slogan «Toutes les nouvelles qu’il convient d’imprimer», peut en remontrer à tous les journaux du monde. Intraitable devant ses propres erreurs, qu’il rectifie chaque jour dans un emplacement ad hoc, en page 2. Maniaquement sérieux dans tout ce qu’il traite. «La vieille dame grise» ­ son surnom ­ est sans doute le seul journal au monde à envoyer ses chroniqueurs gastronomiques trois fois de suite dans un même restaurant, avant de les autoriser à en faire une critique ! Ce faiseur d’opinion se flatte d’être «indépendant». Démocrate, en fait. Le New York Times n’est pas du style à faire des cadeaux à la présidence. Il n’a cessé, l’an passé, de mordre les mollets du candidat George W. Bush, fustigeant notamment le délabrement du système de santé publique au Texas, dont le républicain était gouverneur. A tel point que, en pleine campagne présidentielle, le futur président, apercevant un journaliste, s’est écrié (sans savoir que le micro était ouvert): «Tiens, voilà ce trou du cul de première classe (major league asshole) du New York Times»… (…) Et alors qu’il s’apprêtait à fêter son anniversaire, dans son édition du week-end dernier, 720 pages, épaisse comme Autant en emporte le vent, se vante-t-on ­, le New York Times a très symboliquement choisi d’imprimer sur sa dernière page un drapeau américain à découper. Sous le titre suivant: «Une nation panse ses plaies en rouge, blanc, bleu.». Libération
Bien qu’elle se targue de privilégier les faits, la presse des Etats-Unis traite souvent l’actualité internationale comme un conte moral illustrant les bienfaits du « modèle » américain et les « archaïsmes » de ceux qui refusent de le suivre. Cette fable idéologique réserve à la France un rôle de choix. La victoire électorale de la gauche, la défense de l’exception culturelle et le refus par Paris d’emboîter le pas aux élans guerriers de Washington dans le Golfe n’ont fait que conforter cette aigreur médiatique. Thomas Frank (Le Monde diplomatique, 1998)
Voilà huit ans que les Etats-Unis n’ont plus d’ennemi sur lequel compter, qu’il leur manque une nation à dépeindre comme l’incarnation de l’obstination et de la menace. Il y a bien sûr l’Irak, avec son dictateur caricatural, mais ce pays ne s’est jamais vraiment montré à la hauteur des espérances : trop circonscrit, trop outrancier, trop idéologiquement déroutant. Il fallait donc trouver un Etat aux choix économiques lisibles, et dont la politique pourrait être comprise – et stigmatisée – comme un rejet de la mondialisation cybernétique que chacun ou presque glorifie, des firmes informatiques au président William Clinton. L’année 1997 a enfin permis de trouver la cible cherchée. Où que l’on se tourne, experts, journalistes, porte-parole des industriels et magnats de la publicité de Madison Avenue s’allient pour persuader l’opinion de deux évidences : le triomphe de l’ordre industriel américain et l’archaïsme de la France, encore encombrée d’un Etat-providence presque intact. Correspondant à Paris du New York Times – et parfois invité par les chaînes de télévision françaises -, Roger Cohen a dressé, il y a un an, la longue liste des travers hexagonaux : les Français ne comprendraient rien à Internet, ils n’aiment pas les Etats-Unis, et ils s’accrochent à un système « socialiste » dans lequel des « technocrates » décident de tout, encore que les syndicats restent infiniment trop puissants. En octobre dernier, le journaliste américain pouvait enfin théoriser sa condamnation définitive : « La France a choisi, dans la dernière décennie du XXe siècle, de devenir ce qui ressemble peut-être le plus à un rival idéologique sérieux des Etats-Unis. » Le thème de la « récalcitrance française » vient épauler les arguments des partisans du nouvel ordre mondial. (…) Dans un éditorial de sa livraison d’automne 1997, le magazine littéraire Granta se charge d’édifier le lecteur cultivé. Qu’on en juge : le refus de la France de reconnaître que la « mondialisation est inévitable » ne serait qu’un nouvel effort fantasque de sa part « pour préserver l’idée qu’elle cultive de la “francité”». Ajoutez à cela quelques références prévisibles à l’ascension de M. Jean-Marie Le Pen, et l’article s’écrit tout seul. Puisqu’on confond désormais libre-échange et liberté, marché et démocratie, les Etats-Unis voient, dans chaque effort pour ne pas tout subordonner au marché, un acte d’une prétention impardonnable. Et, dans cette optique, les Français représentent l’ennemi idéal : ils résistent à la baisse des salaires et à la refonte du système de santé, leurs syndicats combattent les « réformes » dont nul manager américain n’ignore qu’elles sont un élément décisif de la « compétitivité mondiale ». Sans compter que les Français conservent dans l’imaginaire américain une image de snobs. Aux Etats-Unis, même le téléspectateur le plus indifférent ne peut en effet ignorer que la France est un pays qui contingenterait les films américains, qui tenterait d’éradiquer les termes anglais de son vocabulaire, et qui croirait devoir enseigner la cuisine française dès l’école maternelle. En somme, c’est un peuple têtu qui persisterait à nager à contre-courant de la culture et de l’économie ; un gouvernement intraitable qui interdirait à ses citoyens de surfer sur les gammes des plaisirs sensuels comme sur les ondes extatiques du commerce ; une nation de rabat-joie pincés, décidés à gâcher la douce musique américaine que le monde entier brûle d’entendre. Que l’on parle des sarcasmes du serveur parisien vous apportant le ketchup ou des travailleurs sociaux qui cherchent à adoucir les effets du capitalisme mondial, tout est dans tout : pour les combattants culturels du nouvel ordre, la possibilité de mélanger stéréotypes et croisade économique est décidément irrésistible. Il est donc logique qu’on ne puisse désormais actionner une télécommande sans entendre quelque ragot sur les Français. Une émission diffusée à la Radio publique nationale laisse entendre que ce sont des têtes de lard. Un éditorial du New Republic se moque des Gaulois, qui votent à tort et à travers. Mais le procureur le plus constant dans sa mise en accusation de la France est le New York Times, dont les correspondants en Europe et les éditorialistes martèlent une thématique presque immuable : pas une semaine sans quelque décision française hilarante ou image mémorable – par exemple, cet intellectuel parisien que l’on aurait surpris à écrire un livre sur l’impact d’Internet… avec un crayon noir ! Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times et ancien correspondant de ce quotidien au Proche-Orient, posa les termes du conflit entre la démocratie globale et l’arrogance française dans son commentaire du 26 février 1997. Pour lui, comme pour les publicitaires d’American Express, partout dans le monde « la pression de la technologie et l’économie globale forcent les nations à transférer le pouvoir de la bureaucratie d’Etat et des monopoles autrefois dominants au secteur privé ». Mais les Français s’obstineraient à vouloir entraver le puissant flot de l’Histoire. Ils sont, tout simplement, « des gens qui sentent que le monde change et qui veulent l’en empêcher ». Business Week enfonce le clou : « Imaginez un pays où un patron risque la prison parce que les cadres de l’entreprise travaillent plus de trente-neuf heures sans être payés en heures supplémentaires. (…) Quel type de régime enverrait ainsi le patron en prison ? Mais c’est la France ! ». La clé de cette impulsion répressive et bornée ? Une culture que tout bon amateur de sitcoms a appris à abhorrer : « Le système français récompense ceux qui ont la capacité de suivre le chemin qu’on a tracé pour eux », explique à Thomas Friedman un « expert » amical ; le système américain inviterait au contraire les gens à « se rebeller ». C’est l’homme au costume gris contre James Dean. Le mal français, en d’autres termes, ne relèverait pas de l’obstination dans l’erreur économique : il serait plutôt caractérisé par la lutte des bureaucrates contre les rebelles, de l’Académie française contre Internet, des intellectuels contre le peuple. Dans ce mélodrame classique, l’éditorialiste prend évidemment place dans le camp des bons, et dépoussière une artillerie de propagande digne des premiers temps de la guerre froide. La France, écrit-il, ne fait rien de moins que « du pied aux ennemis de l’Amérique, qui sont souvent les ennemis de la modernité ». Mais Thomas Friedman ne fait que construire son discours sur les fondations posées par Roger Cohen, dont la correspondance de Paris reprend sans cesse comme mécanisme explicatif les stéréotypes américains sur l’arrogance française. Pour le journaliste du New York Times, le moindre choix économique fait à Paris s’explique par des traits culturels douteux. L’ « aspiration à la grandeur », les « prétentions excessives », le « sentiment d’occuper une position proche du centre du monde », ces facettes de la vanité nationale empêchent les Français d’embrasser l’exaltant avenir multiculturel ; leur besoin de nourrir l’« ego français » rend difficile la prédiction de leur prochaine lubie électorale. Toujours victime de l’illusion gaullienne d’ « une certaine idée de la France », selon Roger Cohen, ce pays, « aussi mobile qu’un bloc de ciment », serait en pleine « paralysie interne (…), menacé par l’innovation ». Les entrepreneurs y sont fortement découragés, ses « technocrates (…) semblent dépassés par l’économie globale », et ses syndicats, « qui arborent fièrement les haillons d’un rêve socialiste épuisé (…) , semblent également fossilisés ». Des bons points ? Le correspondant du New York Times en décerne quelques-uns, de préférence à d’exemplaires amis du peuple : le baron du logiciel Bernard Liautaud, fourmillant d’idées égalitaires ramassées à l’université Stanford comme la « promotion d’une culture de l’actionnaire » et le « penser marketing » ; ou Bernard Arnault, « entrepreneur infatigable », héros de la petite parabole du Château d’Yquem : pour identifier l’orgueilleux aristocrate à qui il dispute la propriété de ce domaine vinicole, Cohen le représente méditant de façon poignante sur une montre arrêtée. Aux antipodes de l’archaïsme, le journaliste évoque aussi avec une évidente délectation le glorieux (et irrésistible) progrès de la culture de masse américaine. Par les mécanismes magiques du marché, celle-ci exprime la volonté du peuple. Sous la photographie de patineurs effectuant sauts et cascades face à la tour Eiffel, un article acclame cette jeunesse de France qui embrasse le marché mondial avec allégresse, qui ne craint pas de consommer les produits de la culture jeunes en dépit des injonctions de ses aînés. « Casquette de base-ball à l’envers, baskets aux pieds, films et musique américains sont les figures de référence de la majorité des enfants français. L’anti-américanisme facile des intellectuels et des politiques rencontre fort peu d’écho auprès des Français ordinaires. » Bien entendu, il est un peu audacieux de prétendre que la culture de masse serait forcément l’expression des goûts du public. Mais, même quand un phénomène culturel est créé par l’industrie, les journalistes américains y décèlent le signe d’une victoire du peuple – et du marché – sur l’arrogance française. Un article sur l’importation de la fête de Halloween fit ainsi la « une » du New York Times et de l’ International Herald Tribune. L’auteur de l’article réussit toutefois à transformer la fête en expression d’un conflit : entre, d’une part, la volonté du peuple – un peuple d’acheteurs et de vendeurs dans les grands magasins, de fabricants de téléphones portables – et, d’autre part, l’anti-américanisme fatigué des mandarins culturels du pays. Le New York Times choisit d’illustrer l’article par une photographie juxtaposant à la fière tour Eiffel un millier de citrouilles placées là par l’un des parrains (commerciaux) de l’opération. Cependant, c’est en essayant de transposer à toute force cette idée fixe dans le domaine politique, en lisant l’information politique au travers de la lutte entre la liberté du marché et l’arrogance de l’Etat que la presse américaine à Paris se met à déraper pour de bon. Puisque refuser les mécanismes néolibéraux revient à mépriser le peuple, et que s’écarter du marché serait en définitive une des formes du racisme, un homme politique est naturellement mis en relief : M. Jean-Marie Le Pen, à qui « l’état d’esprit [français] offre un terrain parfait ». La description ainsi faite des événements politiques mène tout droit à ce personnage exutoire d’un pays qui regarde en arrière. Le Washington Post résume le propos avec brio : « Tous les responsables politiques, même Jean-Marie Le Pen à l’extrême droite, sont des sociaux-démocrates sous une forme ou sous une autre. » Toute personnalité politique se voit alors présentée comme un Le Pen sans le racisme, ou un Le Pen sans l’europhobie ; chaque élection est assimilée à une victoire du Front national. Une vision d’une cohérence interne et d’une force de conviction telles qu’elle pourrait surprendre des lecteurs américains découvrant que l’extrême droite française n’est pas au pouvoir et que M. Le Pen ne détient aucun mandat national. La confusion entretenue autour des projets de M. Lionel Jospin est encore plus étrange. Dès juin 1997, le Wall Street Journal expliquait : « Les protecteurs de la culture socialiste française étaient enthousiasmés par l’arrivée au pouvoir de M. Jospin, un homme qui n’est aucunement souillé par la moindre pensée moderne. » Reprenant la même antienne et assimilant le premier ministre à un pur produit du sentiment rétrograde et arrogant des Français, le New York Times n’eut d’autre souci que de prouver l’inconséquence de ses décisions. Le 11 octobre 1997, commentant le projet de loi sur la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, le quotidien new-yorkais rendit compte des réactions des représentants du patronat et établit la liste des pays européens qui connaissaient une véritable réussite – car eux, évidemment, ne cherchaient pas à imposer une telle contrainte aux marchés. Le tout, couronné par la citation d’un économiste de la firme de courtage Smith Barney : « Le problème de ces idées [socialistes] est qu’elles confortent un fantasme. » De fait, une telle relation des événements est conçue comme un conte moral. Les nouvelles de France s’apparentent alors à une fable des bienfaits du capitalisme mondial, aussi policée qu’une publicité pour un fabricant d’ordinateurs. Et la jeunesse « rebelle » devient aussi exaltante que les rêves éveillés imaginés par Nike, Reebok, Pepsi, Coke et Sprite… Thomas Frank (Le Monde diplomatique, 1998)
Entre le « New York Times » et le « Washington Post » c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate. C’est très bon pour notre démocratie. On a besoin d’enquêtes au sommet de l’Etat. C’est le genre d’époques que tous les journalistes rêvent de vivre. Un moment historique, à la fois pour l’Amérique et pour leur profession. David Remnick (New Yorker)
Vous parlez des mensonges de Donald Trump, mais il y a aussi beaucoup de mensonges dans la presse. Un journaliste de l’agence Bloomberg a affirmé que le nouveau président avait retiré le portrait de Martin Luther King du Bureau ovale. L’information était fausse mais a été reprise en boucle. Les journalistes ont évidemment droit à l’erreur. Mais je ne pense pas que cette erreur aurait été commise sous l’ère Obama. (…) Il faut arrêter de faire de la critique sélective, ciblée uniquement sur Trump. Il faut que notre incrédulité soit universelle. John Carney
Les analystes politiques, les sondeurs et les journalistes ont donné à penser que la victoire d’Hillary Clinton était assurée avant l’élection. En cela, c’est une surprise, car la sphère médiatique n’imaginait pas la victoire du candidat républicain. Elle a eu tort. Si elle avait su observer la société américaine et entendre son malaise, elle n’aurait jamais exclu la possibilité d’une élection de Trump. (…) Sans doute, ils ont rejeté Donald Trump car ils le trouvaient – et c’est le cas – démagogue, populiste et vulgaire. Je n’ai d’ailleurs jamais vu une élection américaine avec un tel parti pris médiatique. Même le très réputé hebdomadaire britannique « The Economist » a fait un clin d’oeil à Hillary Clinton. Je pense que la stigmatisation sans précédent de Donald Trump par les médias a favorisé chez les électeurs américains la dissimulation de leur intention de vote auprès des instituts de sondage. En clair, un certain nombre de votants n’a pas osé admettre qu’il soutenait le candidat américain. Ce phénomène est classique en politique. Souvenez-vous du 21 avril 2002 et de la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, au second tour de l’élection présidentielle française. (…) A travers l’élection de Trump, certains Américains ont exprimé leur colère. Une partie de l’Amérique ne trouve pas ses gains dans la globalisation. Cette Amérique-là ne parvient pas à retrouver son niveau de vie d’avant la crise des subprimes, elle a le sentiment d’être abandonnée. Ce sentiment était particulièrement perceptible chez les ouvriers, qui voient l’industrie s’effilocher. Ne se sentant pas assez considérés, ils ont davantage choisi Donald Trump qu’Hillary Clinton. (…) une partie des électeurs de Donald Trump ont voté contre Washington et ses élites (…) certains Américains souffrent d’un mépris de classe, en particulier dans l’Amérique profonde. Mais dire que le peuple s’est tourné vers Trump est inexact. Le candidat républicain et la candidate démocrate sont au coude à coude en termes de suffrages exprimés [à 15 heures, 47,5% pour Trump et 47,6% pour Clinton , NDLR]. Au passage, nous avons affaire à deux candidats richissimes. Si ma mémoire est bonne, Donald Trump, pseudo-candidat du peuple, n’est pas issu de la classe ouvrière… (…) L’arrivée au pouvoir de dirigeants populistes s’explique avant tout par des spécificités locales. Après, il y a des effets communs. De nouvelles puissances émergent. Les gens se sentent décentrés. Il y a une surabondance d’innovations technologiques et scientifiques. Une partie de la société se sent déclassée. L’immigration accélère les mécanismes de recomposition culturelle. Aux Etats-Unis, les Blancs anglo-saxons deviennent minoritaires. Ceci induit une réaction exprimée en votant pour un candidat populiste : Donald Trump. (…) Une chose est certaine : l’élection de Trump, mais aussi le Brexit, vont peser sur le langage et le lexique employés par une partie des prétendants à la présidentielle française. Des acteurs politiques, de droite comme de gauche, seront tentés de durcir leur discours. Mais ce climat chauffé à blanc devrait avant tout profiter à Marine Le Pen, la candidate du Front national. Personne ne fait mieux qu’elle dans ce registre. Dominique Reynié
L’objectif du New York Times est de donner de la vraie information, mais aussi de faire chuter Donald Trump. Ils seront ravis s’ils réussissent au moins à le fragiliser. (…) Le journal et Donald Trump se sont forcément côtoyés, et avaient peut-être voulu faire du business, comme de la publicité pour Trump Organization. Mais aujourd’hui pour Trump, le NY Times incarne “l’archétype du journal bobo gauchiste, avec des journalistes soupçonnés d’être méprisants. A contrario, Trump est perçu par une bonne partie de leurs lecteurs comme “un homme inculte, pas très malin, ni très instruit. (…) Le Washington Post a fait tomber Bill Clinton, eux n’ont pas cette gloire-là. Donald Trump craint les révélations du New York Times, mais “peut-être pas plus qu’un autre média, la menace peut venir de partout. (…) Il hésiterait encore plus à prendre le risque de sortir une fausse information. Je ne pense pas qu’il sera le premier à sortir celle qui le fera tomber. [néanmoins] Trump se méfie de lui, ce qui reste “le meilleur gage de qualité qu’un média puisse avoir. Arnaud Mercier (Institut Français de presse)
Le soleil n’est pas encore levé que les journalistes du « New York Times  » sont déjà en alerte. Réveillés à 5h30 du matin, ils guettent les premiers tweets que Donald Trump envoie généralement au saut du lit, peu après 6 heures. Les week-ends ne sont pas plus reposants. Basés à Washington, les rédacteurs rattachés à la présidence sont désormais sommés de passer leur week-end en Floride. Ils rôdent dans les parages de Mar-a-Lago -la « Maison-Blanche » d’hiver, comme on l’appelle désormais – sans garantie de croiser le milliardaire. « Nos journalistes sont épuisés. Ils n’ont jamais autant travaillé de leur vie », témoigne Elisabeth Bumiller, qui dirige le bureau de Washington du « New York Times ». Ceux qui couvrent la Maison-Blanche se comptent désormais au nombre de six – du jamais-vu dans l’histoire du journal. La direction a même rapatrié Peter Baker, qui venait de prendre la tête du bureau de Jérusalem. « Nous n’avions pas le choix : nous avons besoin des meilleurs « , poursuit Elisabeth Bumiller. En passant du Moyen-Orient à la Maison-Blanche, Peter Baker n’a finalement fait que troquer un conflit pour un autre. La presse est « l’ennemi du peuple américain « , a lancé Donald Trump le mois dernier. « La guerre avec la presse ne va faire qu’empirer « , a prévenu son très sulfureux conseiller Steve Bannon. Consternés par ces propos, une vingtaine de patrons de presse et de journalistes (Reuters, CNN, « New York Times « , « New Yorker », etc.) se sont réunis à l’Université de Columbia début mars pour partager leur émoi et comprendre comment faire évoluer leur métier. « Les dictatures commencent toujours par une ostracisation de la presse », a rappelé David Remnick, directeur de la rédaction du « New Yorker « . Le président des Etats-Unis n’est certes pas le premier à imposer des mesures de rétorsion aux journaux qui lui nuisent. Mais c’est le premier à leur barrer l’accès aux conférences de presse, comme le « New York Times », CNN et Politico en ont récemment fait l’expérience. C’est aussi le premier à attaquer les journalistes nommément sur les réseaux sociaux. « C’est totalement irresponsable  ! Je ne veux pas céder à l’hystérie mais nous recevons des menaces de mort « , lance Sabrina Siddiqui, une journaliste de religion musulmane qui suit la Maison-Blanche pour le quotidien britannique « The Guardian ». La tension est telle que certains patrons de presse recommandent à leurs journalistes le même sang-froid que dans les pays totalitaires (…) Et pourtant, Donald Trump adore les médias ! Il leur consacre plusieurs heures par jour et par nuit, ne s’accordant jamais plus de quatre heures de sommeil. Dès potron-minet, le voilà donc qui s’énerve en regardant l’émission « Morning Joe « , diffusé sur la chaîne à tendance démocrate MSNBC. Il se rassure en zappant sur « Fox & Friends », un « show » à sa gloire diffusé entre 6 et 9 heures du matin. Il fulmine en regardant « Saturday Night Live » _ un programme hilarant où l’acteur Alec Baldwin singe ses excès et son incompétence. Côté papier, il dévore le « New York Times » (tendance centre gauche) et le « New York Post » (tendance droite). Plus que la haine, son rapport aux médias relève de l’obsession. « C’est assez ironique, car nous n’avons jamais reçu autant de coups de fil de la Maison-Blanche. Certains ont pris l’habitude de nous appeler de manière anonyme – exactement ce que Trump réprouve publiquement !, raconte Sabrina Siddiqui du « Guardian « . La communication à outrance n’est malheureusement pas un gage de transparen « Les briefings qui sont organisés pour nous à la Maison-Blanche sont truffés de mensonges. Donald Trump est passé maître dans l’art de manipuler les médias. Il oriente la couverture médiatique avec des projets de réforme qui se révèlent totalement creux au final  » , poursuit Sabrina Siddiqui. Aucun interlocuteur ne semble totalement fiable : « C’est le chaos total quand nous cherchons à vérifier nos informations. Il n’est pas rare d’avoir deux personnalités de la Maison-Blanche qui nous donnent deux réponses diamétralement opposées », raconte Elisabeth Bumiller, du « New York Times ». Chroniqueur au « New Yorker », Jelani Cobb a fouillé dans l’histoire pour savoir si la presse américaine avait déjà été confrontée à de pareilles difficultés. Elle l’a été au moins une fois, à l’époque de Joseph McCarthy, tristement connu pour avoir lancé une chasse aux sorcières contre les communistes dans les années 1950. « Sa stratégie était de mentir de manière exponentielle, les journalistes ne pouvant vérifier ses dires que de manière linéaire. De ce point de vue-là, il constitue le grand mentor de Donald Trump « , estime-t-il. Cette difficulté a un avantage : celui de réveiller la presse d’investigation. « D’une certaine manière, Donald Trump nous libère : il oblige les journalistes à chercher l’information en dehors des cercles habituels du pouvoir. Il y avait une proximité avec les administrations Bush et Obama qu’on ne retrouve plus aujourd’hui, et c’est tant mieux », estime Brian Stelter, journaliste chez CNN. Le « New York Times  » a ainsi ouvert un bureau d’enquête à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Dirigé par Mark Mazzetti, il a beaucoup contribué aux récentes révélations sur les connexions entre Moscou et l’administration Trump. A période exceptionnelle, le quotidien new-yorkais a aussi répondu par des procédés exceptionnels : il a créé une messagerie Internet ultra-sécurisé pour que fonctionnaires, personnalités politiques et anonymes puissent dénoncer les dérives de l’administration Trump. « Nous recevons 52.000 alertes par jour », confie Elisabeth Bumiller. A voir les chiffres de diffusion, l’élection de Donald Trump est effectivement une chance pour la presse : le « New York Times » a augmenté le nombre de ses abonnés de plus de 250.000 au dernier trimestre, avec un pic tout particulier après l’élection, soit plus qu’au cours de 2013 et 2014 réunis. Le « Washington Post » a lui accru de 75 % le nombre de ses lecteurs l’an dernier. Derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus sombre : au-delà de l’élite qui feuillette le « New York Times » et le « Washington Post », la défiance à l’égard de la presse n’a jamais été aussi forte. « Certains Américains ont retrouvé le goût des journaux avec cette élection. D’autres s’en sont définitivement coupés », reconnaît Brian Stelter, chez CNN. Seuls 40 % des Américains font confiance aux médias pour rapporter des informations de manière « exhaustive, exacte et impartiale », soit le plus bas niveau depuis une quinzaine d’années, selon un sondage publié par l’institut Gallup. La presse est accusée d’être de gauche, anti-Trump, ce qui expliquerait pourquoi elle aurait si mal anticipé sa victoire. [John Carney] Cet ancien journaliste du « Wall Street Journal », débauché par le site nationaliste Breitbart News, est persuadé que les journalistes ont un point de vue pro-mondialisation et ne sont qu’une infime minorité à partager les idées de Donald Trump. Unis contre le populisme, ils représenteraient une population beaucoup moins diverse que l’électorat américain – qui a voté à 46 % pour Trump. Les Echos
Le New York Times s’est donné une mission : faire chuter Donald Trump. Mais depuis son élection les deux jouent au chat et à la souris, tant les affaires de l’un font le bonheur de l’autre. Depuis plusieurs mois, Donald Trump et le New York Times (NY Times) se font la guerre par tweets et articles interposés. Quand le président américain qualifie le journal de “honte pour les médias”, de “défaillant”, jusqu’à le surnommer “l’ennemi du peuple”, celui-ci réplique par des enquêtes pointilleuses qui écornent toujours plus l’image du président : le mystérieux limogeage du chef du FBI, les révélations sur une probable ingérence russe pendant l’élection présidentielle… Bref, entre le NY Times et Trump, c’est à celui qui fera tomber l’autre en premier, et peu importe le prix. Le journal a décidé de taper fort dès la victoire du républicain : il a investi 5 millions de dollars pour créer un bureau spécial d’investigation basé à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Jour et nuit, six de leurs meilleurs journalistes sont ainsi chargés de couvrir exclusivement la Maison Blanche. Du jamais vu dans l’histoire du journal (…) Ils distillent les moindres tweets, faits et gestes du président, surtout en off. Ils ont aussi mis en place une messagerie Internet ultra-sécurisée, qui permet à n’importe qui de dénoncer anonymement les dérives de l’administration Trump. Le déploiement de cette artillerie lourde s’inscrit dans un contexte général de crise de la presse américaine. Fragilisés pour avoir si mal anticipé sa victoire, les médias tentent de renforcer leurs rangs pour débusquer des fausses informations. Pour le New York Times, il en va de sa réputation du média le plus influent dans le monde. Le journal couvrait déjà l’actualité du milliardaire et celle de l’empire de son père, avant qu’il ne soit élu président. (…) Mais aujourd’hui pour Trump, le NY Times incarne “l’archétype du journal bobo gauchiste, avec des journalistes soupçonnés d’être méprisants”, décrit le spécialiste. A contrario, Trump est perçu par une bonne partie de leurs lecteurs comme “un homme inculte, pas très malin, ni très instruit”, poursuit-il. Pourtant, s’il critique très souvent le journal, le président lui accorde souvent des entretiens pour avoir la satisfaction de voir son nom cité dans les pages. Le 19 juillet, il accordait ainsi une longue interview sidérante de près d’une heure, où il enchaîne les punchlines, dont “[Macron] adore me tenir la main”. Ce genre d’entrevue permet de servir les deux camps : pour Trump, c’est l’occasion d’affirmer que le média est sans intérêt quand il y discerne des propos mal retranscrits ou des “fake news”, et pour le journal, de gagner des lecteurs et de l’argent. Il tire un intérêt direct de la victoire de Trump et de ses frasques quotidiennes : il a ainsi gagné 348 000 abonnés en ligne ses trois derniers mois, un record. La saga accordée à Trump a même renfloué ses caisses, avec un bénéfice net de 13,1 millions de dollars sur cette période. Il n’est pas le seul média a avoir profité de son élection pour se refaire une beauté. La radio NPR (l’équivalent de notre France Inter) ou le Washington Post en ont eux aussi profité et une vraie concurrence s’est installée (…) Le célèbre journal new-yorkais ressent de plus en plus la concurrence, et pour se différencier, sa seule chance est de sortir le “scoop” qui servira de coup de grâce à Trump. “Le Washington Post a fait tomber Bill Clinton, eux n’ont pas cette gloire-là”, souligne Arnaud Mercier. Le 21 janvier 1998, le Washington Post révélait en effet un scandale qui défrayera la chronique et le monde politique : l’affaire Monica Lewinsky, avec qui le président américain de l’époque a eu des relations sexuelles et a poussée au silence. Donald Trump craint les révélations du New York Times, mais “peut-être pas plus qu’un autre média, la menace peut venir de partout”, nuance Arnaud Mercier. Le NY Times a en effet un point de retard dans la chasse aux scoops : le journal se freine pour la course à la publication pour ne pas mettre en péril sa crédibilité. “Il hésiterait encore plus à prendre le risque de sortir une fausse information. Je ne pense pas qu’il sera le premier à sortir celle qui le fera tomber”, admet Arnaud Mercier. Ce conflit aura néanmoins permis une chose : redonner un élan au journalisme d’investigation. Les journalistes vont chercher les informations ailleurs, à tel point que le New York Times redevient le digne représentant du quatrième pouvoir et le fer de lance de l’investigation. Trump se méfie de lui, ce qui reste “le meilleur gage de qualité qu’un média puisse avoir”, ajoute le spécialiste. Les Inrocks
It is one of the finest — if not the finest — papers in the country. I am a big fan. I read it religiously. Every day I pick up the paper and find something that I didn’t expect, that surprises me, that I wouldn’t have known otherwise. They’re analytical. They have fun with the writing. It is one of the premier writing institutions in the country. (…) We’re so entertainment and celebrity crazed that we’re just not getting the kind information to make decisions about who we are as a country. So as we really do less and less on our news pages, it’s more important to have papers like The Wall Street Journal, The New York Times and The Washington Post that you can depend on to be there. Arlene Morgan (Columbia University)
The Journal is to Wall Street and capital markets what The New York Times is to the White House and the State Department and U.S. politics. It’s the most authoritative watchdog there is. It is the paper of record. The Journal has lost some of its luster in recent years. Part of that is a general decline in newspaper readership and part of it is because The Journal is now focusing on more hard business news — inside baseball-type of coverage. Still, it’s a great paper that does what few publications can. If you’re interested in the markets and business, Starkman said, The Journal is an « indispensable source. There’s no substitute. Over the last 20 years, at its height, it had an enormous staff. We had seven real estate reporters. (…) You want a large, powerful, sophisticated news organization keeping an eye on all of that. You want somebody looking over the shoulder of the Securities and Exchange Commission, the FCC and the FDA. Dean Starkman (Columbia Journalism Review)
The Journal is the first or second most important paper in the country. They are clearly the authority in so many things, particularly in business issues. And if for some reason they change or didn’t exist, who would discover Enron? Richard Roth (Northwestern University)
Many Tuesday night were asking, “who is Alexandria Ocasio-Cortez” after her stunning primary victory over the No. 4 House Democrat Joe Crowley in New York’s 14th District. The New York Times called her a “Democratic dragon slayer.” MSNBC’s Joy Reid admitted on Twitter to “doing an Ocasio-Cortez crash course.” She didn’t have a Wikipedia page until last night. A year ago, she was working as a bartender in Manhattan. She is young. She’s working class. She’s a New Yorker who has been immersed in community-based leadership, organizing, and service work. Ocasio-Cortez is one of the most progressive, uncompromising candidates to make it to the general election as a Democrat and the fact that she beat an entrenched machine politician has propelled her to instant national recognition. She’s also spoken out on Israel’s crimes against Palestinians, labeling a recent massacre for what it was, putting her at direct odds with much of the institutional Democratic leadership. After earning her degree from Boston University, Ocasio-Cortez moved back home to the Bronx, and was working long hours as a waitress to support her family in the aftermath of her father’s untimely death. Her dad, like many working-class people, died without a will, and so Ocasio-Cortez and her family found themselves fighting a nasty, cold bureaucracy that featured legal vultures who carved off parts of her father’s estate for profit as she and her family struggled to make ends meet. She said she never planned on running for office, but after traveling across the country — from Flint, Michigan, to Standing Rock, asking Americans about the issues they were facing in the aftermath of the Trump’s election — the progressive organization Brand New Congress got in touch asked if she’d be willing to run for Congress. Her defeated primary opponent, the powerful Democratic Rep. Joe Crowley, is current chair of the House Democratic caucus and he has been trying to position himself as the successor to Nancy Pelosi as the leader of the Democrats and the future speaker of the House. This district where Crowley is a congressman is one of the most racially and culturally diverse in the United States. It spans parts of Queens and the Bronx. The district also includes the notorious Rikers prison and is home to Trump Golf Links. Crowley has held that seat since 1999 and he had not faced a primary challenger since at least 2004. Clearly, he and his re-election campaign underestimated the often nameless “young progressive challenger.” Now everyone knows her name. The Intercept
Paper Shooting Suspect Reportedly Identified, Had Dispute with Paper Since 2012… …but Media Blame Trump… Breibart
As we have meticulously documented, Jeff Zucker’s CNN has spent the last five years inspiring, normalizing, encouraging, and outright calling for political violence. Zucker and his CNN puppets (most especially Chris Cuomo and Jake Tapper) see mob justice as a legitimate political tool, a way to boost Democrat turnout, to blame their own chaos on Trump, and to terrorize their targets, including innocent police officers. And if this media-inspired violence can intimidate a few weak-kneed Republicans into voting against Trump’s upcoming Supreme Court pick, all the better. Unfortunately for law-abiding Americans on the right and left, CNN is no longer alone. As we have witnessed during the past weeks, the rest of the establishment media have now joined CNN in its unholy crusade to justify and inspire left-wing hate mobs. The entire media, all of it, just spent two weeks manufacturing an intentionally volatile narrative that was nothing less than a hoax. President Trump’s humane policy of separating illegal alien adults from children is the same policy Barack Obama practiced for eight years. But to inflame hate against Trump and his supporters, the establishment media pretended a cruel president had invented this policy. We witnessed NBC News stars not only comparing Trump to Nazis, but everyday Trump supporters to Nazis; we watched as the media tried to fool people into believing Trump is caging small children; we saw Time magazine publish a fake cover; we have heard words like “Holocaust,” “internment,” and other hyperbolic lies hurled into a country where left wingers have already tried to murder a group of Republican lawmakers playing baseball. No rational person can interpret the media’s behavior during the past two weeks as anything other than a call for mob action. And the media got what they wanted: most of it was aimed at women. Press secretary Sarah Sanders, Department of Homeland Security (DHS) Secretary Kirstjen Nielsen, Florida Attorney General Pam Bondi, Transportation Secretary Elaine Chao — all variously menaced, harassed, bullied, blocked, and even spit at. A burnt animal carcass was left on the porch of a DHS staffer, Congresswoman Maxine Waters (D-CA) is publicly whipping up mobs to “push” Trump officials out of public spaces, and death threats against Republicans are on the rise. And the media are not only responsible for ginning up this climate of hate; the media are openly condoning, encouraging, downplaying, and justifying it. Here is what is truly scary: this is the level of thuggery we are seeing over a hoax, a lie, a fabricated narrative involving a child separation policy that is two decades old. The stakes involving the Supreme Court, however, are not a hoax. When CNN’s Jeffrey Toobin (who has very personal reasons to keep abortion legal) says the legalization of abortion is on the line, that is not hyperbole. When cable news anchors, on the verge of nervous collapse, say the court will be dominated by conservatives (meaning those who don’t rewrite the Constitution), that is not hyperbole. Think about it: if the media are willing to inspire and justify mob justice over a hoax, how far will they go when faced with losing the Supreme Court for two decades? Already the media rhetoric is amped. MSNBC’s Chris Matthews is using the term “civil war” approvingly and openly calling for “vengeance“; the disgraced Dan Rather is leading the charge hurling words like “coup“; CNN favorite Michael Avenatti is calling on the mob to “fight like hell” with the hashtag #WhateverItTakes; a Comedy Central writer openly wished for Anthony Kennedy’s assassination… John Nolte
I fear sounding like a jealous old-timer. I’ve resisted critiquing the place publicly, but this shit is bad. I’m feeling about the NYT now like I did when my son cheated on a test in 10th grade. I loved him to death, believed he was a thoroughly wonderful young man, but he needed a course correction. So I left my desk at The NYT, where I was DC [Bureau] Chief, met his school bus and read him the riot act. He needed a course correction. (…) From four years of teaching at Harvard, so many of my students are interested in journalism, but they mostly want to write first-person, highly personal narratives about themselves. That may reflect their age. But I think there’s too much of that in journalism. It’s not about us. It’s about the world, and covering the world. Jill Abramson

Qui sème le vent …

Faux historiques de Walter Duranty ou plus récemment de Jayson Blair, adulation sans limite du candidat démocrate Obama et rejet d’une tribune du candidat républicain John McCain, indulgence systématique envers le président démocrate Obama, démolition de sa journaliste Alice Watkins,  aveuglement total sur l’élection du candidat Trump comme tout récemment de la jeune candidate Alexandria Ocasio-Cortez aux primaires démocrates de New York, dénigrement systématique du président Trump,  …

Au lendemain du fiasco médiatique de la petite Yanela

Et à l’heure où avec la retraite du juge de la Cour suprême Anthony Kennedy …

L’ensemble des médias dits « progressistes » américains sont repartis pour un tour d’hystérie collective

Contre un président dont ils n’ont jamais vu venir l’élection

Mais qui aujourd’hui est devenu leur fonds de commerce

Alors qu’avec la concurrence des nouveaux médias numériques …

Les incitations à la violence qu’ils contribuent à diffuser

Pourraient bien finir par se retourner contre eux

Devinez qui vient tout quotidien de référence qu’il soit …

Et pour cause, série télé à la gloire de ses journalistes comprise, de « narcissisme » aggravé …

De se faire remonter les bretelles par l’une de ses anciennes rédactrices en chef ?

Ouch !
Jill Abramson, Ex-New York Times Editor: The ‘Narcissistic’ NYT Is Making ‘Horrible Mistakes,’ Needs a ‘Course Correction’
After her ‘pissed off’ tweet, the former editor slams the newspaper staff’s ‘narcissism,’ its ‘crucifying’ Ali Watkins profile, and ‘missing’ the rise of Alexandria Ocasio-Cortez.
Lloyd Grove
The Daily Beast
06.28.18

It may not have been the tweet heard ’round the world, but it was certainly heard—like a thunderclap—at The New York Times’ headquarters at 620 Eighth Avenue in Manhattan.

“Kind of pisses me off that @ nytimes is still asking Who Is Ocasio-Cortez? when it should have covered her campaign,” Jill Abramson erupted on Twitter on Wednesday morning—a biting reference to the newspaper’s original headline concerning the 28-year-old socialist’s shocking Democratic primary upset, a landslide actually, over incumbent Joe Crowley in New York’s 14th Congressional District.

Indeed, a quick review of the Times’ coverage of the primary race turned up mention of and quotes from Alexandria Ocasio-Cortez in two news stories prior to Election Night, and a few name-checks in editorials—one of which, published in the June 20 print edition, noted that she’s “a challenger [Crowley] is heavily favored to beat.”

“Missing her rise [is] akin to not seeing Trump’s win coming in 2016,” Abramson added in her tweet—an even more biting reference to the Timesself-acknowledged failings in the paper’s reporting of the presidential campaign.

In response to Abramson’s critique—which she elaborated in several emailed comments shared with the Times—Times spokeswoman Eileen Murphy told The Daily Beast: “We have enormous respect for Jill and deeply appreciate her passion. Criticism and feedback helps us do better work and we’re always open to it. On these specifics though, we just disagree with Jill.” A few hours after Abramson’s tweet, the headline phrase that pissed her off, “Who is Alexandria Ocasia-Cortez?” was changed online to “Alexandria Ocasio-Cortez: A 28-Year-Old Democratic Giant Slayer.”

The Times, of course, is used to reader complaints—but not to public spankings from former executive editors.

Abramson, 64, famously held that job for nearly three years—the first and only woman to do so—until she was summarily sacked amid an unseemly public-relations melee in May 2014.

Given all that history—which included then-Publisher Arthur Ochs Sulzberger Jr. talking publicly about her alleged newsroom management flaws—Abramson, these days a senior lecturer at Harvard, is something of a King Kong Kibitzer.

“I fear sounding like a jealous old-timer. I’ve resisted critiquing the place publicly, but this shit is bad,” Abramson wrote in an email to this reporter, in which she elaborated on her tweet.

“I’m feeling about the NYT now like I did when my son cheated on a test in 10th grade,” she wrote. “I loved him to death, believed he was a thoroughly wonderful young man, but he needed a course correction. So I left my desk at The NYT, where I was DC [Bureau] Chief, met his school bus and read him the riot act. He needed a course correction.

“So does the NYT… it’s making horrible mistakes left and right. Here are a few:

“Not covering the ‘stunning’ upset of Joe Crowley. It’s the NYT that was undeservedly stunned, letting down its readers.

“That horrible 3,000-word exposé on Ali Watkins [the Times reporter who’s caught up in a leak investigation involving her ex-boyfriend, a former top staffer on the Senate Intelligence Committee] that aired her sex life and conflicts while not probing why she was hired, responsibility of editors, or, most crucially, the value of her journalism (her Carter Page scoop in BuzzFeed actually helped lead to appt of Mueller).

“That story hung a 26-year-old young woman out to dry. It was unimaginable to me what the pain must be like for her.

“Readers, meanwhile, the most important NYT constituency, were left in a state of confusion.

“Decision by international and new TV show plan to focus on personal feelings and experiences of NYT journalists covering news.

“More narcissism: It’s always about us. Yikes. Distance is part of journalism’s discipline.

“They need a course correction.

“Am I wrong?”

In a subsequent phone interview, Abramson tried to soften the sting of her critiques, saying they come from “a place of pure love” for the newspaper, and adding that “Dean [Baquet] is doing a great job” as executive editor.

“I would describe my tweet as momentary disappointment, not deep dissatisfaction,” she said.

However, Abramson didn’t back away from her assessments.

The Ali Watkins profile, she said, “read like a steamy romance novel in parts,” adding that it amounted to “a front-page piece about ‘my love affair with someone.’ It’s just crucifying. How do you then show up for work? I don’t see a good resolution for that.”

Abramson, a frequent and vociferous critic of Barack Obama’s administration for its aggressive attempts to uncover reporters’ confidential sources, also faulted the story for placing more focus on Watkins’ personal life—and her admittedly questionable decision to withhold information about the government’s actions against her from her employer—than on the Trump Justice Department’s war on leaks.

“As journalists, we want to leap to the defense of anybody embroiled in this hideous leak investigation,” she said.

Abramson—who, as managing editor, pointedly declined to participate in Page One, the 2011 documentary about the Times—said she hasn’t watched the Showtime series The Fourth Estate.

And doesn’t intend to.

“From four years of teaching at Harvard, so many of my students are interested in journalism, but they mostly want to write first-person, highly personal narratives about themselves. That may reflect their age. But I  think there’s too much of that in journalism. It’s not about us. It’s about the world, and covering the world.”

The Times, she said, remains essential: “Now more than ever, it  stands at the pinnacle of the news food chain.”

Abramson—who left the Times under contentious circumstances—insisted she’s no longer angry (and indeed attended the recent retirement party for former publisher Sulzberger, the man who fired her four years ago.)

“Absolutely not,” she said. “Anyone who spends as much time as I do with a two-and-a-half-year old [a reference to her granddaughter Eloise] has zero rage.”

Voir aussi:

With ‘The Weekly,’ The New York Times Gets Serious About TV
The New York Times is going Hollywood
John Koblin
The New York Times
May 9, 2018

The cable channel FX announced on Wednesday that it would be making a new weekly documentary series centered on stories that appear in The Times and the journalists who report them. The show, which will be called “The Weekly,” builds on the success of the podcast “The Daily,” which began last year and generally examines a story a day from the Times newsroom.
FX has given “The Weekly” a 30-week commitment and a Sunday night time slot. The show, at 30 minutes per episode, is expected to debut later this year, possibly in time for the midterm elections. Hulu has the rights to stream the new series, giving the program a dedicated streaming platform the day after it premieres on cable.
Unlike “The Daily,” which is hosted by Michael Barbaro, the television version will not have a dedicated host, FX said. But in keeping with the podcast’s format, “The Weekly” will follow a reporter or team of journalists as a Times story makes its way toward publication.

For The Times, the FX show signals a turn toward the entertainment world. The company recently made a deal with Netflix to turn a feature from The New York Times Magazine into a documentary series called “The Diagnosis,” with Scott Rudin producing. Megan Ellison’s Annapurna Pictures and Plan B, a production company co-founded by Brad Pitt, have gobbled up the rights to make a movie about how The Times broke the Harvey Weinstein story. Later this month, “The Fourth Estate,” a four-episode series from the documentary filmmaker Liz Garbus chronicling the Times newsroom during the first year of the Trump administration, will premiere on Showtime.

Times leaders have been sending signals that this would be the year it would be aggressive in entering the crowded television space.

“We think this could be a way both of directly generating revenue but also again of getting Times journalism in front of new audiences and further building the reputation and the influence of The New York Times,” the Times Company chief executive, Mark Thompson, said on a quarterly earnings call last week.

The Times receives most of its revenue from subscriptions, and has said in recent years that it is making a concerted effort to get its product in front as many potential subscribers as possible.

In a statement, Meredith Kopit Levien, the chief operating officer of the Times Company, said: “Our ambition with ‘The Weekly’ is to bring the authority and excellence of New York Times journalism to the largest possible television audience. Partnering with FX and Hulu together for distribution represents an entirely new and uniquely powerful way do just that.”

In a memo to the staff, Dean Baquet, the executive editor of The Times, and Joseph Kahn, the newspaper’s managing editor, said that the show “represents one of our big bets of the year.”

“With it,” they added, “we expect to reach entirely new audiences, tap new revenue streams and gain entry into new parts of people’s lives beyond the time reserved for reading news — all of which should give our journalism even greater impact.”

The three Times people who worked on developing “The Weekly” and finding distribution partners for it were Sam Dolnick, an assistant managing editor; Jake Silverstein, the editor in chief of the Times Magazine; and Stephanie Preiss, the director of strategy and business development.

The planned series also breaks ground for FX, a cable network known for critically acclaimed scripted shows like “The Americans” and “Atlanta”: It is the network’s first foray into unscripted content in some time. Rivals like Showtime, Netflix and HBO have been making documentary series for years.

FX, like nearly every other cable channel in the streaming and cord-cutting era, has had declining ratings in recent years, but is still available in 90 million homes. Hulu announced last week that it now has more than 20 million subscribers.

Partnerships between publications and traditional cable players are nothing new. Buzzfeed has a dedicated studio division, and recently made a deal with Netflix to create a new series featuring its reporters following a story. Vice has a daily newscast on HBO, though that series has had trouble breaking through the din. And two cable channels built on journalism-based brands — Viceland and Esquire — premiered in recent years but fizzled.

Voir également:

Nolte: Supreme Court Fight Will Increase Violence from Media-Sanctioned Mobs
With nothing less than the fate of the Supreme Court at stake, America’s far-left radicals and their enablers in the establishment media are about to turn bullying, intimidation, menacing, and outright violence up to 11.
28 Jun 2018

As we have meticulously documented, Jeff Zucker’s CNN has spent the last five years inspiring, normalizing, encouraging, and outright calling for political violence.

Zucker and his CNN puppets (most especially Chris Cuomo and Jake Tapper) see mob justice as a legitimate political tool, a way to boost Democrat turnout, to blame their own chaos on Trump, and to terrorize their targets, including innocent police officers. And if this media-inspired violence can intimidate a few weak-kneed Republicans into voting against Trump’s upcoming Supreme Court pick, all the better.

Unfortunately for law-abiding Americans on the right and left, CNN is no longer alone. As we have witnessed during the past weeks, the rest of the establishment media have now joined CNN in its unholy crusade to justify and inspire left-wing hate mobs.

The entire media, all of it, just spent two weeks manufacturing an intentionally volatile narrative that was nothing less than a hoax. President Trump’s humane policy of separating illegal alien adults from children is the same policy Barack Obama practiced for eight years. But to inflame hate against Trump and his supporters, the establishment media pretended a cruel president had invented this policy.

We witnessed NBC News stars not only comparing Trump to Nazis, but everyday Trump supporters to Nazis; we watched as the media tried to fool people into believing Trump is caging small children; we saw Time magazine publish a fake cover; we have heard words like “Holocaust,” “internment,” and other hyperbolic lies hurled into a country where left wingers have already tried to murder a group of Republican lawmakers playing baseball.

No rational person can interpret the media’s behavior during the past two weeks as anything other than a call for mob action.

And the media got what they wanted: most of it was aimed at women.

Press secretary Sarah Sanders, Department of Homeland Security (DHS) Secretary Kirstjen Nielsen, Florida Attorney General Pam Bondi, Transportation Secretary Elaine Chao — all variously menaced, harassed, bullied, blocked, and even spit at.

A burnt animal carcass was left on the porch of a DHS staffer, Congresswoman Maxine Waters (D-CA) is publicly whipping up mobs to “push” Trump officials out of public spaces, and death threats against Republicans are on the rise.

And the media are not only responsible for ginning up this climate of hate; the media are openly condoning, encouraging, downplaying, and justifying it.

Here is what is truly scary: this is the level of thuggery we are seeing over a hoax, a lie, a fabricated narrative involving a child separation policy that is two decades old.

The stakes involving the Supreme Court, however, are not a hoax.

When CNN’s Jeffrey Toobin (who has very personal reasons to keep abortion legal) says the legalization of abortion is on the line, that is not hyperbole.

When cable news anchors, on the verge of nervous collapse, say the court will be dominated by conservatives (meaning those who don’t rewrite the Constitution), that is not hyperbole.

Think about it: if the media are willing to inspire and justify mob justice over a hoax, how far will they go when faced with losing the Supreme Court for two decades?

Already the media rhetoric is amped. MSNBC’s Chris Matthews is using the term “civil war” approvingly and openly calling for “vengeance“; the disgraced Dan Rather is leading the charge hurling words like “coup“; CNN favorite Michael Avenatti is calling on the mob to “fight like hell” with the hashtag #WhateverItTakes; a Comedy Central writer openly wished for Anthony Kennedy’s assassination…

And this is just the warm-up.

It pains me to say this, and I pray I am wrong,  but the coming media-approved mob violence will pale compared to last week, and even pale compared to what we saw from the gangsters in the Occupy Wall Street movement.

I fear we are headed back 50 years, to the violence Democrats practiced against black Americans to hold onto electoral power in the segregated South, as well as the terrorist violence practiced by the likes of the leftist Weather Underground.

And throughout this coming campaign of violence, the establishment media will be the ringleaders, the justifiers, the enablers, and the cheerleaders…

Any more question about why the media are so eager to disarm us?

Voir de même:

Culture
The Democrats Are Done Pretending to Be Moderate
Kyle Smith
National Review
June 28, 2018

They think they’re unpopular because they aren’t left-wing enough.The Democratic love of socialism was for many years the love that dared not speak its name. No more. Now the party is figuratively jumping on Oprah’s couch shouting its love of socialism. You’d have to plug your ears not to hear it.

Socialist Bernie Sanders is unquestionably the spiritual leader of the Democratic party, which is radicalizing itself in his image, and on the strength of her blowout Democratic-primary win over liberal incumbent Joe Crowley in the party-ruled NY-14 congressional district, soon-to-be-congresswoman Alexandria Ocasio-Cortez is now one of the most prominent faces in the Democratic party. A poll last fall put support for socialism at 44 percent among Millennials, and even more disturbingly, 23 percent of this group agreed that Joseph Stalin is a “hero.” Socialized medicine, i.e., Medicare for all, is the hottest issue on the Left (unless you count hating Trump as an “issue”).

In short, Democrats are who we thought they were. They’re just losing their inhibitions about it. As the woke-youth site Vox puts it, “Maybe Democrats should stop being afraid of the left” because “Ocasio-Cortez’s victory is a big sign that Democrats can run on socialist ideas and win.” Talk of revolution flows naturally. After Justice Kennedy announced his retirement, MSNBC’s Chris Matthews said, “I tell you, the Democratic base is wired now for a revolt.”

It’s become a cliché to compare Washington politics to Wag the Dog (1997) or Idiocracy (2006), perhaps the two most-cited political movies of this era. A forgotten political film from the 1990s, though, deserves more attention for its prescience: Warren Beatty’s Bulworth, which appeared in theaters 20 years ago this spring. (Spoilers follow. The movie is streaming on the Starz pay-TV service.)

After a full term of President Clinton’s triangulating leadership, Beatty was fed up with the state of the Democratic party. The California senator he portrayed, Jay Bulworth, was a typical cautious, house-trained, corporate-owned Democrat of the era who decided to abandon all restraint and not only say what he thought, but say so in rap. Yes, in case you were wondering, this is the movie in which Warren Beatty puts on shades and a beanie and goes full Eminem, to roars of approbation. It’s meant to be a comedy.

The premise of the story seemed ludicrous at the time: Clinton’s ventures to the left in 1993–94 had proved a debacle that turned control of Congress over to the Republican party for the first time since the 1952 elections. Chastened, he not only abandoned pushing for progressivism but began talking like a moderate Republican. The notion that the cure for what ailed the Democrats was to go hard left seemed suicidal. Indeed, for Bulworth, it was suicidal; in the movie, having lost all hope, he hires a hitman (who turns out to be Halle Berry) to assassinate him so that his daughter can collect the insurance payoff. But when he speaks his mind he is surprised by the strength of the response he gets from voters.

When he changes his mind about wanting to die, he gets murdered anyway, not by his designated assassin but by the health-insurance goon squad. (Beatty’s martyr complex is the through-line of his career: His character is also mowed down by malign forces at the end of Bonnie and Clyde, McCabe and Mrs. Miller, The Parallax View, Heaven Can Wait, Reds, and Bugsy.) In the meantime, while expecting to get killed at any moment, he is liberated to speak the truth as he sees it. And his truth is that blacks are suffering unimaginably, that institutions such as public education are broken, that health insurers and corporations are corrupt, and that America needs a single-payer health system.

This week proves that Beatty had something dead right about the soul of the Democratic party after Clinton. Facing a period of reflection following humiliating rejection by the voters, their reaction is: We lost because we were too much like our opponents. We must fight the urge to be moderate, temperate, and civil. We must stop mincing words and go full Bulworth. At a peak moment in the movie, Bulworth raps the words, “Socialism! Socialism!”

After the 2016 wipeout that put the Republican party in the best position it has enjoyed since the period following the election of 1928, the Democrats have made no effort to moderate their stances to appeal to swing voters. Instead the party derides the voters who rejected it and turns more and more to its base; it speaks only to and for the engaged and fired-up primary voter it thinks represents a typical American. But that base not only thinks Bill Clinton was too moderate, it thinks Barack Obama blew it by being accommodating instead of angry with Republicans.

Obama himself wanted to “go Bulworth” and referred to the movie when, according to David Axelrod, he told staffers, “Maybe I should go out there and just let it rip.” When he did so, it manifested in his ceasing to pretend he was against gay marriage, according to Axelrod, and in being openly hostile to Israeli premier Benjamin Netanyahu.

Bernie Sanders’s wacky candidacy essentially meant going full Bulworth. And now the Democrats who seek to lead the party want to be like him. Socialism! Socialism! We’ll be hearing that cry more and more.

Voir de plus:

Comment Trump est devenu le meilleur ennemi du New York Times
Le New York Times s’est donné une mission : faire chuter Donald Trump. Mais depuis son élection les deux jouent au chat et à la souris, tant les affaires de l’un font le bonheur de l’autre.
Les Inrocks
25/07/2017

Depuis plusieurs mois, Donald Trump et le New York Times (NY Times) se font la guerre par tweets et articles interposés. Quand le président américain qualifie le journal de “honte pour les médias”, de “défaillant”, jusqu’à le surnommer “l’ennemi du peuple”, celui-ci réplique par des enquêtes pointilleuses qui écornent toujours plus l’image du président : le mystérieux limogeage du chef du FBI, les révélations sur une probable ingérence russe pendant l’élection présidentielle… Bref, entre le NY Times et Trump, c’est à celui qui fera tomber l’autre en premier, et peu importe le prix.

Le journal a décidé de taper fort dès la victoire du républicain : il a investi 5 millions de dollars pour créer un bureau spécial d’investigation basé à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Jour et nuit, six de leurs meilleurs journalistes sont ainsi chargés de couvrir exclusivement la Maison Blanche. Du jamais vu dans l’histoire du journal : “Nous n’avions pas le choix : nous avons besoin des meilleurs”, indiquait alors Elisabeth Bumiller, responsable du bureau, dans Les Echos. Ils distillent les moindres tweets, faits et gestes du président, surtout en off. Ils ont aussi mis en place une messagerie Internet ultra-sécurisée, qui permet à n’importe qui de dénoncer anonymement les dérives de l’administration Trump.

Une longue relation qui ne date pas hier

Le déploiement de cette artillerie lourde s’inscrit dans un contexte général de crise de la presse américaine. Fragilisés pour avoir si mal anticipé sa victoire, les médias tentent de renforcer leurs rangs pour débusquer des fausses informations. Pour le New York Times, il en va de sa réputation du média le plus influent dans le monde.

“L’objectif du New York Times est de donner de la vraie information, mais aussi de faire chuter Donald Trump. Ils seront ravis s’ils réussissent au moins à le fragiliser”, analyse Arnaud Mercier, professeur spécialisé en communication politique à l’Institut Français de presse.

L’immeuble du New York Times à New York. (©Flickr/Florent Lamoureux)

Le journal couvrait déjà l’actualité du milliardaire et celle de l’empire de son père, avant qu’il ne soit élu président. “Le journal et Donald Trump se sont forcément côtoyés, et avaient peut-être voulu faire du business, comme de la publicité pour Trump Organization”, souligne Arnaud Mercier.

Mais aujourd’hui pour Trump, le NY Times incarne “l’archétype du journal bobo gauchiste, avec des journalistes soupçonnés d’être méprisants”, décrit le spécialiste. A contrario, Trump est perçu par une bonne partie de leurs lecteurs comme “un homme inculte, pas très malin, ni très instruit”, poursuit-il.

Trump , la poule aux œufs d’or du NYT

Pourtant, s’il critique très souvent le journal, le président lui accorde souvent des entretiens pour avoir la satisfaction de voir son nom cité dans les pages. Le 19 juillet, il accordait ainsi une longue interview sidérante de près d’une heure, où il enchaîne les punchlines, dont “[Macron] adore me tenir la main”.

Ce genre d’entrevue permet de servir les deux camps : pour Trump, c’est l’occasion d’affirmer que le média est sans intérêt quand il y discerne des propos mal retranscrits ou des “fake news”, et pour le journal, de gagner des lecteurs et de l’argent. Il tire un intérêt direct de la victoire de Trump et de ses frasques quotidiennes : il a ainsi gagné 348 000 abonnés en ligne ses trois derniers mois, un record. La saga accordée à Trump a même renfloué ses caisses, avec un bénéfice net de 13,1 millions de dollars sur cette période.

Le NYT veut son affaire “Lewinsky”

Il n’est pas le seul média a avoir profité de son élection pour se refaire une beauté. La radio NPR (l’équivalent de notre France Inter) ou le Washington Post en ont eux aussi profité et une vraie concurrence s’est installée :

Entre le New York Times et le Washington Post c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate”, observe pour Les Echos David Remnick, directeur de la rédaction du New Yorker.

Le célèbre journal new-yorkais ressent de plus en plus la concurrence, et pour se différencier, sa seule chance est de sortir le “scoop” qui servira de coup de grâce à Trump. “Le Washington Post a fait tomber Bill Clinton, eux n’ont pas cette gloire-là”, souligne Arnaud Mercier. Le 21 janvier 1998, le Washington Post révélait en effet un scandale qui défrayera la chronique et le monde politique : l’affaire Monica Lewinsky, avec qui le président américain de l’époque a eu des relations sexuelles et a poussée au silence.

Au cœur du conflit, la gloire du journalisme d’investigation

Donald Trump craint les révélations du New York Times, mais “peut-être pas plus qu’un autre média, la menace peut venir de partout”, nuance Arnaud Mercier. Le NY Times a en effet un point de retard dans la chasse aux scoops : le journal se freine pour la course à la publication pour ne pas mettre en péril sa crédibilité. “Il hésiterait encore plus à prendre le risque de sortir une fausse information. Je ne pense pas qu’il sera le premier à sortir celle qui le fera tomber”, admet Arnaud Mercier.

Ce conflit aura néanmoins permis une chose : redonner un élan au journalisme d’investigation. Les journalistes vont chercher les informations ailleurs, à tel point que le New York Times redevient le digne représentant du quatrième pouvoir et le fer de lance de l’investigation. Trump se méfie de lui, ce qui reste “le meilleur gage de qualité qu’un média puisse avoir”, ajoute le spécialiste.

Voir de même:

Dominique Reynié : «L’élection de Trump n’est pas une surprise»
Kevin Badeau
Les Echos
09/11/2016

LE CERCLE/INTERVIEW – Pour Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, les médias n’ont pas su entendre le malaise de la population américaine.

Donald Trump a été élu Président des Etats-Unis, est-ce vraiment une surprise ?
Les analystes politiques, les sondeurs et les journalistes ont donné à penser que la victoire d’Hillary Clinton était assurée avant l’élection. En cela, c’est une surprise, car la sphère médiatique n’imaginait pas la victoire du candidat républicain. Elle a eu tort. Si elle avait su observer la société américaine et entendre son malaise, elle n’aurait jamais exclu la possibilité d’une élection de Trump. Pour cette raison, ce n’est pas une surprise.

Pourquoi les médias n’ont-ils rien vu venir ?
Sans doute, ils ont rejeté Donald Trump car ils le trouvaient – et c’est le cas – démagogue, populiste et vulgaire. Je n’ai d’ailleurs jamais vu une élection américaine avec un tel parti pris médiatique. Même le très réputé hebdomadaire britannique « The Economist » a fait un clin d’oeil à Hillary Clinton.

Je pense que la stigmatisation sans précédent de Donald Trump par les médias a favorisé chez les électeurs américains la dissimulation de leur intention de vote auprès des instituts de sondage. En clair, un certain nombre de votants n’a pas osé admettre qu’il soutenait le candidat américain. Ce phénomène est classique en politique. Souvenez-vous du 21 avril 2002 et de la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, au second tour de l’élection présidentielle française.

L’élection de Donald Trump traduit-elle le refus de la mondialisation par les Américains ?
A travers l’élection de Trump, certains Américains ont exprimé leur colère. Une partie de l’Amérique ne trouve pas ses gains dans la globalisation. Cette Amérique-là ne parvient pas à retrouver son niveau de vie d’avant la crise des subprimes, elle a le sentiment d’être abandonnée. Ce sentiment était particulièrement perceptible chez les ouvriers, qui voient l’industrie s’effilocher. Ne se sentant pas assez considérés, ils ont davantage choisi Donald Trump qu’Hillary Clinton.

Est-ce une victoire du peuple américain contre l’establishment, comme on l’entend parfois ?
Cette formule est très exagérée. Oui, une partie des électeurs de Donald Trump ont voté contre Washington et ses élites. Oui, certains Américains souffrent d’un mépris de classe, en particulier dans l’Amérique profonde. Mais dire que le peuple s’est tourné vers Trump est inexact. Le candidat républicain et la candidate démocrate sont au coude à coude en termes de suffrages exprimés [à 15 heures, 47,5% pour Trump et 47,6% pour Clinton , NDLR]. Au passage, nous avons affaire à deux candidats richissimes. Si ma mémoire est bonne, Donald Trump, pseudo-candidat du peuple, n’est pas issu de la classe ouvrière…

Victor Orban en Hongrie, Andrzej Duda en Pologne, Trump aux Etats-Unis, pourquoi une telle vague populiste dans le monde occidental ?

L’arrivée au pouvoir de dirigeants populistes s’explique avant tout par des spécificités locales. Après, il y a des effets communs. De nouvelles puissances émergent. Les gens se sentent décentrés. Il y a une surabondance d’innovations technologiques et scientifiques. Une partie de la société se sent déclassée. L’immigration accélère les mécanismes de recomposition culturelle. Aux Etats-Unis, les Blancs anglo-saxons deviennent minoritaires. Ceci induit une réaction exprimée en votant pour un candidat populiste : Donald Trump.

L’élection de Trump est-elle une excellente nouvelle pour Marine Le Pen ?
Une chose est certaine : l’élection de Trump, mais aussi le Brexit, vont peser sur le langage et le lexique employés par une partie des prétendants à la présidentielle française. Des acteurs politiques, de droite comme de gauche, seront tentés de durcir leur discours. Mais ce climat chauffé à blanc devrait avant tout profiter à Marine Le Pen, la candidate du Front national. Personne ne fait mieux qu’elle dans ce registre.

Propos recueillis par Kévin Badeau

Voir encore:

Trump et la presse, les meilleurs ennemis
Le président américain multiplie les mesures vexatoires à l’égard des journalistes. Son élection n’est pourtant pas une mauvaise chose pour la presse, qui s’est lancée dans un passionnant travail d’autocritique.
Lucie Robequain
Les Echos
20/03/17

Le soleil n’est pas encore levé que les journalistes du « New York Times  » sont déjà en alerte. Réveillés à 5h30 du matin, ils guettent les premiers tweets que Donald Trump envoie généralement au saut du lit, peu après 6 heures. Les week-ends ne sont pas plus reposants. Basés à Washington, les rédacteurs rattachés à la présidence sont désormais sommés de passer leur week-end en Floride.

Ils rôdent dans les parages de Mar-a-Lago -la « Maison-Blanche » d’hiver, comme on l’appelle désormais – sans garantie de croiser le milliardaire. « Nos journalistes sont épuisés. Ils n’ont jamais autant travaillé de leur vie », témoigne Elisabeth Bumiller, qui dirige le bureau de Washington du « New York Times ». Ceux qui couvrent la Maison-Blanche se comptent désormais au nombre de six – du jamais-vu dans l’histoire du journal. La direction a même rapatrié Peter Baker, qui venait de prendre la tête du bureau de Jérusalem. « Nous n’avions pas le choix : nous avons besoin des meilleurs « , poursuit Elisabeth Bumiller.

Les dictatures commencent toujours par une ostracisation de la presse

En passant du Moyen-Orient à la Maison-Blanche, Peter Baker n’a finalement fait que troquer un conflit pour un autre. La presse est « l’ennemi du peuple américain « , a lancé Donald Trump le mois dernier. « La guerre avec la presse ne va faire qu’empirer « , a prévenu son très sulfureux conseiller Steve Bannon.

Dernier tweet de Donald Trump lundi 20 janvier attaquant CNN  :

Consternés par ces propos, une vingtaine de patrons de presse et de journalistes (Reuters, CNN, « New York Times « , « New Yorker », etc.) se sont réunis à l’Université de Columbia début mars pour partager leur émoi et comprendre comment faire évoluer leur métier. « Les dictatures commencent toujours par une ostracisation de la presse », a rappelé David Remnick, directeur de la rédaction du « New Yorker « .

Le président des Etats-Unis n’est certes pas le premier à imposer des mesures de rétorsion aux journaux qui lui nuisent. Mais c’est le premier à leur barrer l’accès aux conférences de presse, comme le « New York Times », CNN et Politico en ont récemment fait l’expérience.

Conférence de presse de Donald Trump du 11 janvier dernier à New York

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01946947/src/8vkrpp/zone/35/showtitle/1/C’est aussi le premier à attaquer les journalistes nommément sur les réseaux sociaux. « C’est totalement irresponsable  ! Je ne veux pas céder à l’hystérie mais nous recevons des menaces de mort « , lance Sabrina Siddiqui, une journaliste de religion musulmane qui suit la Maison-Blanche pour le quotidien britannique « The Guardian ».

La tension est telle que certains patrons de presse recommandent à leurs journalistes le même sang-froid que dans les pays totalitaires : le chef de l’agence Reuters, Steve Adler, a ainsi envoyé une note à l’ensemble de la rédaction fin janvier, dans laquelle il cite en exemple le travail effectué en Turquie, en Irak, au Yémen, en Chine, au Zimbabwe et en Russie, des pays où nous affrontons une combinaison de censure, de procès, de refus de visas et de menaces physiques « .

Plus de l’obsession que de la haine

Et pourtant, Donald Trump adore les médias ! Il leur consacre plusieurs heures par jour et par nuit, ne s’accordant jamais plus de quatre heures de sommeil. Dès potron-minet, le voilà donc qui s’énerve en regardant l’émission « Morning Joe « , diffusé sur la chaîne à tendance démocrate MSNBC.

Il se rassure en zappant sur « Fox & Friends », un « show » à sa gloire diffusé entre 6 et 9 heures du matin. Il fulmine en regardant « Saturday Night Live » _ un programme hilarant où l’acteur Alec Baldwin singe ses excès et son incompétence. Côté papier, il dévore le « New York Times » (tendance centre gauche) et le « New York Post » (tendance droite).

Plus que la haine, son rapport aux médias relève de l’obsession. « C’est assez ironique, car nous n’avons jamais reçu autant de coups de fil de la Maison-Blanche. Certains ont pris l’habitude de nous appeler de manière anonyme – exactement ce que Trump réprouve publiquement !, raconte Sabrina Siddiqui du « Guardian « . La communication à outrance n’est malheureusement pas un gage de transparence.

Les briefings qui sont organisés pour nous à la Maison-Blanche sont truffés de mensonges. Donald Trump est passé maître dans l’art de manipuler les médias

« Les briefings qui sont organisés pour nous à la Maison-Blanche sont truffés de mensonges. Donald Trump est passé maître dans l’art de manipuler les médias. Il oriente la couverture médiatique avec des projets de réforme qui se révèlent totalement creux au final «  , poursuit Sabrina Siddiqui.

Aucun interlocuteur ne semble totalement fiable : « C’est le chaos total quand nous cherchons à vérifier nos informations. Il n’est pas rare d’avoir deux personnalités de la Maison-Blanche qui nous donnent deux réponses diamétralement opposées », raconte Elisabeth Bumiller, du « New York Times ».

Chroniqueur au « New Yorker », Jelani Cobb a fouillé dans l’histoire pour savoir si la presse américaine avait déjà été confrontée à de pareilles difficultés. Elle l’a été au moins une fois, à l’époque de Joseph McCarthy, tristement connu pour avoir lancé une chasse aux sorcières contre les communistes dans les années 1950. « Sa stratégie était de mentir de manière exponentielle, les journalistes ne pouvant vérifier ses dires que de manière linéaire. De ce point de vue-là, il constitue le grand mentor de Donald Trump « , estime-t-il.

Révélations en cascades

Cette difficulté a un avantage : celui de réveiller la presse d’investigation. « D’une certaine manière, Donald Trump nous libère : il oblige les journalistes à chercher l’information en dehors des cercles habituels du pouvoir. Il y avait une proximité avec les administrations Bush et Obama qu’on ne retrouve plus aujourd’hui, et c’est tant mieux », estime Brian Stelter, journaliste chez CNN.

Le « New York Times  » a ainsi ouvert un bureau d’enquête à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Dirigé par Mark Mazzetti, il a beaucoup contribué aux récentes révélations sur les connexions entre Moscou et l’administration Trump.

Entre le « New York Times » et le « Washington Post  » c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate

A période exceptionnelle, le quotidien new-yorkais a aussi répondu par des procédés exceptionnels : il a créé une messagerie Internet ultra-sécurisé pour que fonctionnaires, personnalités politiques et anonymes puissent dénoncer les dérives de l’administration Trump. « Nous recevons 52.000 alertes par jour », confie Elisabeth Bumiller.

Le « Washington Post  » n’est pas en reste, qui a recruté une soixantaine de personnes pour renforcer, entre autres, son pôle « investigations « . « Entre le « New York Times » et le « Washington Post » c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate » , salue David Remnick, directeur de la rédaction du « New Yorker « .

Boum des abonnés

« C’est très bon pour notre démocratie. On a besoin d’enquêtes au sommet de l’Etat « . Le « quatrième pouvoir » ne semble ainsi jamais aussi puissant que dans l’adversité. « C’est le genre d’époques que tous les journalistes rêvent de vivre. Un moment historique, à la fois pour l’Amérique et pour leur profession », s’enthousiasme David Remnick.

A voir les chiffres de diffusion, l’élection de Donald Trump est effectivement une chance pour la presse : le « New York Times » a augmenté le nombre de ses abonnés de plus de 250.000 au dernier trimestre, avec un pic tout particulier après l’élection, soit plus qu’au cours de 2013 et 2014 réunis. Le « Washington Post » a lui accru de 75 % le nombre de ses lecteurs l’an dernier.

Derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus sombre : au-delà de l’élite qui feuillette le « New York Times » et le « Washington Post », la défiance à l’égard de la presse n’a jamais été aussi forte. « Certains Américains ont retrouvé le goût des journaux avec cette élection. D’autres s’en sont définitivement coupés », reconnaît Brian Stelter, chez CNN. Seuls 40 % des Américains font confiance aux médias pour rapporter des informations de manière « exhaustive, exacte et impartiale », soit le plus bas niveau depuis une quinzaine d’années, selon un sondage publié par l’institut Gallup.

La presse est accusée d’être de gauche, anti-Trump, ce qui expliquerait pourquoi elle aurait si mal anticipé sa victoire. « Vous parlez des mensonges de Donald Trump, mais il y a aussi beaucoup de mensonges dans la presse. Un journaliste de l’agence Bloomberg a affirmé que le nouveau président avait retiré le portrait de Martin Luther King du Bureau ovale. L’information était fausse mais a été reprise en boucle. Les journalistes ont évidemment droit à l’erreur. Mais je ne pense pas que cette erreur aurait été commise sous l’ère Obama « , pense John Carney.

Il faut arrêter de faire de la critique sélective, ciblée uniquement sur Trump. Il faut que notre incrédulité soit universelle

Cet ancien journaliste du « Wall Street Journal », débauché par le site nationaliste Breitbart News, est persuadé que les journalistes ont un point de vue pro-mondialisation et ne sont qu’une infime minorité à partager les idées de Donald Trump. Unis contre le populisme, ils représenteraient une population beaucoup moins diverse que l’électorat américain – qui a voté à 46 % pour Trump. « Il faut arrêter de faire de la critique sélective, ciblée uniquement sur Trump. Il faut que notre incrédulité soit universelle », insiste John Carney.

Regagner la confiance

Certains patrons de presse ne disent pas autre chose : le directeur de la rédaction de l’agence Reuters, Steve Adler, recommande à ses journalistes de dépassionner le débat et de taire leurs opinions personnelles. « Plus le comportement des journalistes sera éthique, plus nous regagnerons la confiance des lecteurs. Nous devons reconnaître quand nous avons merdé. Nous devons rappeler les gens qui critiquent nos articles « , fait-il valoir.

L’agence a par ailleurs développé un nouvel algorithme, baptisé « News Tracer », qui permet de vérifier la véracité des informations circulant sur les réseaux sociaux. « Ça marche tellement bien qu’on envisage de le vendre à d’autres médias », indique-t-il.

Il plaide aussi pour plus de transparence dans les salles de rédaction : « pendant longtemps, les journalistes ont entretenu un certain culte du secret. Je pense qu’il faut ouvrir les portes et raconter comment nous travaillons. C’est comme ça que nous regagnerons la confiance « , estime-t-il. Un beau défi pour la prochaine élection !

Voir par ailleurs:

Les 150 ans sans fête de «la Vieille Dame grise»
Le «New York Times» annule ses célébrations.
Catherine Mallaval
Libération
19 septembre 2001

Les célébrations ont été annulées. Actualité oblige, décence exige. Le vénérable New York Times a eu 150 ans, hier, en toute discrétion. Soucieux de la «récente tragédie» qui, voilà huit jours, a frappé le World Trade Center, à plus de soixante blocs au sud de son siège. «Nous sommes à Times Square. D’ici, nous n’avons rien vu. Dès que l’on a su, tout le monde s’est efforcé de se comporter de façon responsable, malgré la très vive émotion», raconte un porte-parole du journal. «La direction a proposé aux employés qui le souhaitaient de rentrer chez eux.» Mais elle leur a surtout conseillé, faute de transports en commun, de ne pas quitter l’immeuble. Et même d’inviter familles et amis à venir s’y réfugier en cas de besoin. «Et puis, bien sûr, nous avons fait le journal.»

Opinion

Combien de journalistes ont-ils été immédiatement réquisitionnés? «Impossible de répondre. Toute la newsroom s’est évidemment concentrée sur l’événement.» C’est-à-dire la centaine de journalistes chargés de «couvrir» New York, la trentaine de reporters du bureau de Washington, toute l’équipe d’éditorialistes et de billettistes qui, chaque jour dans les célèbres pages «Op-Ed» (opinions, éditoriaux), donnent le «la» de ce qu’il faut penser à l’élite américaine.

Référence

Ce mardi-là, comme tous les soirs, aux alentours de 19 heures, les grands titres de la une du Times ont été envoyés par messagerie électronique à la plupart des grands quotidiens américains, qui ne manquent jamais de jeter un oeil sur les orientations de leur confrère avant d’en finir avec leurs propres éditions. Car c’est bien lui la référence. Le journal aux soixante-dix-neuf Pulitzer (ces oscars du journalisme), celui qui a osé publier, en 1971, les archives secrètes du Pentagone expliquant les raisons de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Viêt-nam. Et dont l’aura dépasse largement New York, puisqu’il publie une édition nationale diffusée à partir d’une douzaine d’imprimeries réparties sur le sol américain.

Dans son édition du mercredi 12 septembre, toute la première «section» du journal, dévolue à l’information internationale et nationale, est consacrée à la tragédie: vingt-huit pages grand format. Et d’autres articles, encore, disséminés dans les suppléments (pas moins de sept, chaque mercredi !). Comme son confrère le Los Angeles Times, il titre: «U.S. Attacked» [L’Amérique attaquée]. Mais, prudence, le quotidien évoque déjà des «Représailles difficiles» et, dans un commentaire intitulé «Un monde différent», invite George W. Bush à «adopter une position reconnaissant que l’Amérique ne peut seule assurer la sécurité» de la planète.

Ce jour-là, le quotidien voit ses ventes grimper à 1,65 million, contre 1,2 million en moyenne. Tout au long de la semaine, 450 000 exemplaires supplémentaires sont imprimés tous les jours.

Intraitable

Bien sûr, il y a la demande d’informations. Et là, le New York Times, qui s’est choisi pour slogan «Toutes les nouvelles qu’il convient d’imprimer», peut en remontrer à tous les journaux du monde. Intraitable devant ses propres erreurs, qu’il rectifie chaque jour dans un emplacement ad hoc, en page 2. Maniaquement sérieux dans tout ce qu’il traite. «La vieille dame grise» ­ son surnom ­ est sans doute le seul journal au monde à envoyer ses chroniqueurs gastronomiques trois fois de suite dans un même restaurant, avant de les autoriser à en faire une critique !

Ce faiseur d’opinion se flatte d’être «indépendant». Démocrate, en fait. Le New York Times n’est pas du style à faire des cadeaux à la présidence. Il n’a cessé, l’an passé, de mordre les mollets du candidat George W. Bush, fustigeant notamment le délabrement du système de santé publique au Texas, dont le républicain était gouverneur. A tel point que, en pleine campagne présidentielle, le futur président, apercevant un journaliste, s’est écrié (sans savoir que le micro était ouvert): «Tiens, voilà ce trou du cul de première classe (major league asshole) du New York Times»…

Symbole

L’anecdote, soudain, semble lointaine. Et alors qu’il s’apprêtait à fêter son anniversaire, dans son édition du week-end dernier ­ 720 pages, épaisse comme Autant en emporte le vent, se vante-t-on ­, le New York Times a très symboliquement choisi d’imprimer sur sa dernière page un drapeau américain à découper. Sous le titre suivant: «Une nation panse ses plaies en rouge, blanc, bleu.».

Voir aussi:

Le « New York Times » refuse de publier en l’état une tribune de John McCain
Le quotidien a demandé au candidat républicain de modifier une tribune qu’il lui avait envoyée, en y « définissant concrètement ce qu’il considère être la victoire en Irak ».
Cécile Dehesdin
Le Monde
22.07.2008

« Peut mieux faire », a en dit en substance le New York Times à l’élève McCain en lui renvoyant sa copie. La rubrique « Opinions » du journal américain a, en effet, rejeté une tribune sur l’Irak, rédigée par le candidat républicain à l’élection présidentielle, en réponse à celle de Barack Obama, publiée lundi 14 juillet.

Cette décision a particulièrement irrité l’équipe de John McCain, comme en atteste le communiqué d’un de ses porte-parole : « John McCain croit que la victoire en Irak doit être fondée sur les conditions sur le terrain, et non pas sur des calendriers arbitraires. Contrairement à Barack Obama, sa position ne changera pas selon les demandes du New York Times.« 

D’après le New York Times, la tribune de M. McCain, qui a par ailleurs été reproduite intégralement sur le site conservateur Drudge report, n’a pas été refusée définitivement mais a été renvoyée à son auteur pour être améliorée. David Shipley, le rédacteur en chef de la rubrique « Opinions », a ainsi publié lundi 21 juillet, sur le blog du journal, l’e-mail envoyé à l’équipe de campagne du candidat républicain. Il s’y dit « très désireux de publier le sénateur » dans sa rubrique, mais « dans l’incapacité d’accepter cette tribune dans son état actuel ».

PLUS DE DÉTAILS

Dans ce mail, M. Shipley explique les raisons pour lesquelles il a décidé de publier le point de vue sur l’Irak de Barack Obama. Si le candidat démocrate y contestait les positions de son adversaire républicain, il apportait également de nouveaux détails sur son propre plan en Irak. Le rédacteur en chef ajoute que son journal est prêt à accueillir un nouveau point de vue de John McCain si celui-ci y« définit concrètement ce qu’il considère être la victoire en Irak ». « L’article devra aussi proposer un plan clair pour atteindre la victoire, incluant le nombre de troupes, des calendriers », précise M. Shipley. Une demande qui risque d’être difficilement satisfaite ; M. McCain s’opposant à la mise en place d’un calendrier de retrait des troupes depuis le début de sa campagne.

Devant les nombreuses protestations républicaines, le NYT a publié un communiqué précisant qu’il est habituel pour ses pages « Opinions », et pour celles d’autres publications, de procéder à un va-et-vient des tribunes entre les auteurs et la rédaction. Le communiqué rappelle également que le New York Times a publié au moins sept tribunes de John McCain depuis 1996, et que le sénateur a été le candidat officiellement soutenu par le quotidien lors des dernières primaires républicaines.L’équipe de campagne républicaine, qui dénonce régulièrement la couverture médiatique de Barack Obama, qu’elle juge trop favorable, a, elle, répliqué sur son site en mettant en ligne, mardi, une vidéo intitulée »Les médias sont amoureux de Barack Obama ». Sur un fond rose, le film compile des extraits d’émissions d’actualité avec en fond musical « You’re just too good to be true » de Frankie Valli.

Voir également:

Vue des Etats-Unis

Cette impardonnable exception française
Bien qu’elle se targue de privilégier les faits, la presse des Etats-Unis traite souvent l’actualité internationale comme un conte moral illustrant les bienfaits du « modèle » américain et les « archaïsmes » de ceux qui refusent de le suivre. Cette fable idéologique réserve à la France un rôle de choix. La victoire électorale de la gauche, la défense de l’exception culturelle et le refus par Paris d’emboîter le pas aux élans guerriers de Washington dans le Golfe n’ont fait que conforter cette aigreur médiatique.
Thomas Frank
Le Monde diplomatique
avril 1998

Voilà huit ans que les Etats-Unis n’ont plus d’ennemi sur lequel compter, qu’il leur manque une nation à dépeindre comme l’incarnation de l’obstination et de la menace. Il y a bien sûr l’Irak, avec son dictateur caricatural, mais ce pays ne s’est jamais vraiment montré à la hauteur des espérances : trop circonscrit, trop outrancier, trop idéologiquement déroutant. Il fallait donc trouver un Etat aux choix économiques lisibles, et dont la politique pourrait être comprise – et stigmatisée – comme un rejet de la mondialisation cybernétique que chacun ou presque glorifie, des firmes informatiques au président William Clinton.

L’année 1997 a enfin permis de trouver la cible cherchée. Où que l’on se tourne, experts, journalistes, porte-parole des industriels et magnats de la publicité de Madison Avenue s’allient pour persuader l’opinion de deux évidences : le triomphe de l’ordre industriel américain et l’archaïsme de la France, encore encombrée d’un Etat-providence presque intact.

Correspondant à Paris du New York Times – et parfois invité par les chaînes de télévision françaises -, Roger Cohen a dressé, il y a un an, la longue liste des travers hexagonaux : les Français ne comprendraient rien à Internet, ils n’aiment pas les Etats-Unis, et ils s’accrochent à un système « socialiste » dans lequel des « technocrates » décident de tout, encore que les syndicats restent infiniment trop puissants. En octobre dernier, le journaliste américain pouvait enfin théoriser sa condamnation définitive : « La France a choisi, dans la dernière décennie du XXe siècle, de devenir ce qui ressemble peut-être le plus à un rival idéologique sérieux des Etats-Unis (1). »

Le thème de la « récalcitrance française » vient épauler les arguments des partisans du nouvel ordre mondial. Une campagne de publicité pour American Express a ainsi présenté, par exemple, la success-story sans surprise d’un dénommé Jake Burton, entrepreneur en surf des neiges. Sur fond de musique rock, le spot publicitaire montre d’abord une succession de sauts et de cascades athlétiques censée illustrer les capacités « extrêmes » de l’entrepreneur. Puis il juxtapose au héros et à ses disciples, ouverts et internationalistes, quelques plans courts consacrés à l’Autre, l’esprit anti-entrepreneurial : de vieux grabataires soucieux, puis une troupe de skieurs aux vêtements coûteux mais démodés, qui observent, narquois, nos sportifs à la page. Bien que les skieurs sceptiques ne figurent que quelques secondes à l’écran, les concepteurs de cette publicité ont fait en sorte qu’on ne s’y trompe pas : leur identité est dévoilée par leur accent. Un accent français.

Dans un éditorial de sa livraison d’automne 1997, le magazine littéraire Granta se charge d’édifier le lecteur cultivé. Qu’on en juge : le refus de la France de reconnaître que la « mondialisation est inévitable » ne serait qu’un nouvel effort fantasque de sa part « pour préserver l’idée qu’elle cultive de la “francité” (2) ». Ajoutez à cela quelques références prévisibles à l’ascension de M. Jean-Marie Le Pen, et l’article s’écrit tout seul.

Puisqu’on confond désormais libre-échange et liberté, marché et démocratie, les Etats-Unis voient, dans chaque effort pour ne pas tout subordonner au marché, un acte d’une prétention impardonnable. Et, dans cette optique, les Français représentent l’ennemi idéal : ils résistent à la baisse des salaires et à la refonte du système de santé, leurs syndicats combattent les « réformes » dont nul manager américain n’ignore qu’elles sont un élément décisif de la « compétitivité mondiale ». Sans compter que les Français conservent dans l’imaginaire américain une image de snobs.

Aux Etats-Unis, même le téléspectateur le plus indifférent ne peut en effet ignorer que la France est un pays qui contingenterait les films américains, qui tenterait d’éradiquer les termes anglais de son vocabulaire, et qui croirait devoir enseigner la cuisine française dès l’école maternelle. En somme, c’est un peuple têtu qui persisterait à nager à contre-courant de la culture et de l’économie ; un gouvernement intraitable qui interdirait à ses citoyens de surfer sur les gammes des plaisirs sensuels comme sur les ondes extatiques du commerce ; une nation de rabat-joie pincés, décidés à gâcher la douce musique américaine que le monde entier brûle d’entendre.

Que l’on parle des sarcasmes du serveur parisien vous apportant le ketchup ou des travailleurs sociaux qui cherchent à adoucir les effets du capitalisme mondial, tout est dans tout : pour les combattants culturels du nouvel ordre, la possibilité de mélanger stéréotypes et croisade économique est décidément irrésistible.

Il est donc logique qu’on ne puisse désormais actionner une télécommande sans entendre quelque ragot sur les Français. Une émission diffusée à la Radio publique nationale laisse entendre que ce sont des têtes de lard. Un éditorial du New Republic se moque des Gaulois, qui votent à tort et à travers. Mais le procureur le plus constant dans sa mise en accusation de la France est le New York Times, dont les correspondants en Europe et les éditorialistes martèlent une thématique presque immuable : pas une semaine sans quelque décision française hilarante ou image mémorable – par exemple, cet intellectuel parisien que l’on aurait surpris à écrire un livre sur l’impact d’Internet… avec un crayon noir !

Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times et ancien correspondant de ce quotidien au Proche-Orient, posa les termes du conflit entre la démocratie globale et l’arrogance française dans son commentaire du 26 février 1997. Pour lui, comme pour les publicitaires d’American Express, partout dans le monde « la pression de la technologie et l’économie globale forcent les nations à transférer le pouvoir de la bureaucratie d’Etat et des monopoles autrefois dominants au secteur privé ».

Mais les Français s’obstineraient à vouloir entraver le puissant flot de l’Histoire. Ils sont, tout simplement, « des gens qui sentent que le monde change et qui veulent l’en empêcher ». Business Week enfonce le clou : « Imaginez un pays où un patron risque la prison parce que les cadres de l’entreprise travaillent plus de trente-neuf heures sans être payés en heures supplémentaires. (…) Quel type de régime enverrait ainsi le patron en prison ? Mais c’est la France !  (3) ». La clé de cette impulsion répressive et bornée ? Une culture que tout bon amateur de sitcoms a appris à abhorrer : « Le système français récompense ceux qui ont la capacité de suivre le chemin qu’on a tracé pour eux », explique à Thomas Friedman un « expert » amical ; le système américain inviterait au contraire les gens à « se rebeller ». C’est l’homme au costume gris contre James Dean.

Le mal français, en d’autres termes, ne relèverait pas de l’obstination dans l’erreur économique : il serait plutôt caractérisé par la lutte des bureaucrates contre les rebelles, de l’Académie française contre Internet, des intellectuels contre le peuple. Dans ce mélodrame classique, l’éditorialiste prend évidemment place dans le camp des bons, et dépoussière une artillerie de propagande digne des premiers temps de la guerre froide. La France, écrit-il, ne fait rien de moins que « du pied aux ennemis de l’Amérique, qui sont souvent les ennemis de la modernité ».

Mais Thomas Friedman ne fait que construire son discours sur les fondations posées par Roger Cohen, dont la correspondance de Paris reprend sans cesse comme mécanisme explicatif les stéréotypes américains sur l’arrogance française. Pour le journaliste du New York Times, le moindre choix économique fait à Paris s’explique par des traits culturels douteux. L’ « aspiration à la grandeur », les « prétentions excessives », le « sentiment d’occuper une position proche du centre du monde », ces facettes de la vanité nationale empêchent les Français d’embrasser l’exaltant avenir multiculturel ; leur besoin de nourrir l’« ego français » rend difficile la prédiction de leur prochaine lubie électorale.

Toujours victime de l’illusion gaullienne d’ « une certaine idée de la France », selon Roger Cohen, ce pays, « aussi mobile qu’un bloc de ciment », serait en pleine « paralysie interne (…), menacé par l’innovation ». Les entrepreneurs y sont fortement découragés, ses « technocrates (…) semblent dépassés par l’économie globale », et ses syndicats, « qui arborent fièrement les haillons d’un rêve socialiste épuisé (…) , semblent également fossilisés ».

Seuls héros : les barons du logiciel
Des bons points ? Le correspondant du New York Times en décerne quelques-uns, de préférence à d’exemplaires amis du peuple : le baron du logiciel Bernard Liautaud, fourmillant d’idées égalitaires ramassées à l’université Stanford comme la « promotion d’une culture de l’actionnaire » et le « penser marketing » ; ou Bernard Arnault, « entrepreneur infatigable », héros de la petite parabole du Château d’Yquem : pour identifier l’orgueilleux aristocrate à qui il dispute la propriété de ce domaine vinicole, Cohen le représente méditant de façon poignante sur une montre arrêtée (4).

Aux antipodes de l’archaïsme, le journaliste évoque aussi avec une évidente délectation le glorieux (et irrésistible) progrès de la culture de masse américaine. Par les mécanismes magiques du marché, celle-ci exprime la volonté du peuple. Sous la photographie de patineurs effectuant sauts et cascades face à la tour Eiffel, un article acclame cette jeunesse de France qui embrasse le marché mondial avec allégresse, qui ne craint pas de consommer les produits de la culture jeunes en dépit des injonctions de ses aînés. « Casquette de base-ball à l’envers, baskets aux pieds, films et musique américains sont les figures de référence de la majorité des enfants français. L’anti-américanisme facile des intellectuels et des politiques rencontre fort peu d’écho auprès des Français ordinaires. »

Bien entendu, il est un peu audacieux de prétendre que la culture de masse serait forcément l’expression des goûts du public. Mais, même quand un phénomène culturel est créé par l’industrie, les journalistes américains y décèlent le signe d’une victoire du peuple – et du marché – sur l’arrogance française. Un article sur l’importation de la fête de Halloween fit ainsi la « une » du New York Times et de l’ International Herald Tribune. L’auteur de l’article réussit toutefois à transformer la fête en expression d’un conflit : entre, d’une part, la volonté du peuple – un peuple d’acheteurs et de vendeurs dans les grands magasins, de fabricants de téléphones portables – et, d’autre part, l’anti-américanisme fatigué des mandarins culturels du pays. Le New York Times choisit d’illustrer l’article par une photographie juxtaposant à la fière tour Eiffel un millier de citrouilles placées là par l’un des parrains (commerciaux) de l’opération (5).

Cependant, c’est en essayant de transposer à toute force cette idée fixe dans le domaine politique, en lisant l’information politique au travers de la lutte entre la liberté du marché et l’arrogance de l’Etat que la presse américaine à Paris se met à déraper pour de bon.

Puisque refuser les mécanismes néolibéraux revient à mépriser le peuple, et que s’écarter du marché serait en définitive une des formes du racisme, un homme politique est naturellement mis en relief : M. Jean-Marie Le Pen, à qui « l’état d’esprit [français] offre un terrain parfait ». La description ainsi faite des événements politiques mène tout droit à ce personnage exutoire d’un pays qui regarde en arrière. Le Washington Post résume le propos avec brio : « Tous les responsables politiques, même Jean-Marie Le Pen à l’extrême droite, sont des sociaux-démocrates sous une forme ou sous une autre (6). » Toute personnalité politique se voit alors présentée comme un Le Pen sans le racisme, ou un Le Pen sans l’europhobie ; chaque élection est assimilée à une victoire du Front national. Une vision d’une cohérence interne et d’une force de conviction telles qu’elle pourrait surprendre des lecteurs américains découvrant que l’extrême droite française n’est pas au pouvoir et que M. Le Pen ne détient aucun mandat national.

La confusion entretenue autour des projets de M. Lionel Jospin est encore plus étrange. Dès juin 1997, le Wall Street Journal expliquait : « Les protecteurs de la culture socialiste française étaient enthousiasmés par l’arrivée au pouvoir de M. Jospin, un homme qui n’est aucunement souillé par la moindre pensée moderne (7). » Reprenant la même antienne et assimilant le premier ministre à un pur produit du sentiment rétrograde et arrogant des Français, le New York Times n’eut d’autre souci que de prouver l’inconséquence de ses décisions. Le 11 octobre 1997, commentant le projet de loi sur la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, le quotidien new-yorkais rendit compte des réactions des représentants du patronat et établit la liste des pays européens qui connaissaient une véritable réussite – car eux, évidemment, ne cherchaient pas à imposer une telle contrainte aux marchés. Le tout, couronné par la citation d’un économiste de la firme de courtage Smith Barney : « Le problème de ces idées [socialistes] est qu’elles confortent un fantasme. »

De fait, une telle relation des événements est conçue comme un conte moral. Les nouvelles de France s’apparentent alors à une fable des bienfaits du capitalisme mondial, aussi policée qu’une publicité pour un fabricant d’ordinateurs. Et la jeunesse « rebelle » devient aussi exaltante que les rêves éveillés imaginés par Nike, Reebok, Pepsi, Coke et Sprite…
Thomas Frank

Auteur de The Conquest of Cool (The University of Chicago Press, Chicago, 1997) et de One Market Under God : Extreme Capitalism, Market Populism and the end of Economic Democracy (Doubleday, New York, 2000).
(1)  The New York Times, 20 octobre 1997.
(2)  Granta, Londres, automne 1997.
(3) Gail Edmondson, « I’m shocked ! There are People Working in Here », Business Week, 8 mars 1998. La dernière phrase est en français dans le texte.
(4)  The New York Times, 12 juillet 1997.
(5)  The New York Times et International Herald Tribune, 31 octobre 1997.
(6) Charles Truehart, « Resisting Global Currents, France Sticks to Being French », The Washington Post National Weekly Edition, 15 juillet 1997.
(7) George Melloan, « Europe Faces a familiar Problem : Satisfying France », The Wall Street Journal Europe, Paris, 17 juin 1997.

Voir par ailleurs:

An Interview With Alexandria Ocasio-Cortez, the Young Democratic Socialist Who Just Shocked the Establishment
Jeremy Scahill
The Intercept
June 27 2018

Many Tuesday night were asking, “who is Alexandria Ocasio-Cortez” after her stunning primary victory over the No. 4 House Democrat Joe Crowley in New York’s 14th District. The New York Times called her a “Democratic dragon slayer.” MSNBC’s Joy Reid admitted on Twitter to “doing an Ocasio-Cortez crash course.” She didn’t have a Wikipedia page until last night. A year ago, she was working as a bartender in Manhattan. She is young. She’s working class. She’s a New Yorker who has been immersed in community-based leadership, organizing, and service work.

Ocasio-Cortez is one of the most progressive, uncompromising candidates to make it to the general election as a Democrat and the fact that she beat an entrenched machine politician has propelled her to instant national recognition. She’s also spoken out on Israel’s crimes against Palestinians, labeling a recent massacre for what it was, putting her at direct odds with much of the institutional Democratic leadership.

After earning her degree from Boston University, Ocasio-Cortez moved back home to the Bronx, and was working long hours as a waitress to support her family in the aftermath of her father’s untimely death. Her dad, like many working-class people, died without a will, and so Ocasio-Cortez and her family found themselves fighting a nasty, cold bureaucracy that featured legal vultures who carved off parts of her father’s estate for profit as she and her family struggled to make ends meet.

She said she never planned on running for office, but after traveling across the country — from Flint, Michigan, to Standing Rock, asking Americans about the issues they were facing in the aftermath of the Trump’s election — the progressive organization Brand New Congress got in touch asked if she’d be willing to run for Congress. Her defeated primary opponent, the powerful Democratic Rep. Joe Crowley, is current chair of the House Democratic caucus and he has been trying to position himself as the successor to Nancy Pelosi as the leader of the Democrats and the future speaker of the House.

This district where Crowley is a congressman is one of the most racially and culturally diverse in the United States. It spans parts of Queens and the Bronx. The district also includes the notorious Rikers prison and is home to Trump Golf Links. Crowley has held that seat since 1999 and he had not faced a primary challenger since at least 2004. Clearly, he and his re-election campaign underestimated the often nameless “young progressive challenger.” Now everyone knows her name.

We spoke with Alexandria Ocasio-Cortez last month about her campaign’s grassroots start, immigration, the #MeToo movement, and foreign policy on the Intercepted podcast. What follows is the audio of our conversation as aired on Intercepted and the full transcript of the unedited interview.

The interview begins at 15:10

JS: I want to start by talking about the way that ICE has evolved since its creation. You’ve been tweeting a lot in response to this ACLU report that came out, with 30,000 pages or so of documentation of how families, children, civilians are treated under the ICE program.

How has ICE’s actions changed from Obama to Trump? Is there anything that’s markedly different?

AOC: There are things that are markedly different. I would say that the basic infrastructure of ICE, its legal structures are the same, but the latitude and rather the extent to which the Trump administration is really bending these rules is at an absolutely new level. This idea of, most recently, separating children from their parents in order to kind of force the state to take over their custody is just an extremely different and draconian level to which ICE enforcement is now being taken.

The Trump Administration is changing these policies at a breakneck pace. So even the most prolific immigration lawyers in the country can barely keep up with the changes that they’re making here, and we’re seeing things that started in the Obama Administration — you know, ICE showing up at courtrooms and things like that — are just starting to become much more regular and commonplace.

JS: What’s your understanding of this policy that ends up separating parents from children? Like, where was that born?

AOC: So, basically the United States had a standing policy for minors who showed up at the border. And what that was originally designed for was occasionally you would have teenagers, mostly — people who were 14, 15, under 18, but old enough to kind of navigate the world on their own — and they would show up at our borders, and we kind of previously saw this hit a crisis when we had this wave of young people and children showing up at the borders of South Texas after the regime change in Honduras. And so we had a standing policy for when a minor showed up at the border unaccompanied — the U.S. government would intervene, there would be child custody services and things like that to help that child navigate that system. That is what we were initially dealing with.

Now what’s happening is parents who show up with their children at the border are getting separated from their children, and that has never happened before. Before, those families would be processed together. And now we are seeing things — I believe it was on MSNBC — where we’re actually seeing cases of a 53-week-old infant in court on their own separated from their mothers.

And many of these children, you know, have yet to see their parents ever again. And some of these children don’t even have legal defense. So this is beyond the pale. This is just totally beyond the pale.

JS: Jeff Sessions — at least for now — the attorney general, in defending this policy, said the following in a series of speeches in Arizona, which is known for its really harsh, draconian position on immigration, as well as in San Diego, California, which is in Southern California, this is Sessions.

”It’s an offense to enter the country unlawfully. If you smuggle an illegal alien across the border, then will prosecute you for smuggling. If you’re smuggling a child, then we’re going to prosecute you. And that child will be separated from you, probably, as required by law. If you don’t want your child to be separated, then don’t bring him across the border illegally. It’s not our fault that somebody does that.

JS: Your response?

AOC: Well, first of all, we are seeing people showing up claiming refugee status. You know, we have this very clear case of this Congolese woman who showed up, refugee status, and if you are fleeing persecution in your home country, the United States refugee policy is that you can show up to our borders, claim refugee status, say, “I’m a refugee” and be classified as such.

We’ve had generations of Americans that have come from things like the Rwandan genocide and regime changes in Latin America show up and claim refugee status and we are doing this to those people too, so that’s the first thing.

But then the second thing is that when you have undocumented people show up in our border, usually what you do is turn them away, you know? That has been the historic policy of the United States — people who show up undocumented without a visa, we turn them away at our borders. But the idea of prosecuting anybody who just shows up at a checkpoint is an expansion of what we are doing in this country and in fact we are taking these people in and we’re putting them into this black-box detention system that we have allowed ICE to create.

And I think what a lot of people don’t realize is that ICE is now the second largest criminal investigative agency in the United States, second only to the FBI. And the fact that they operate without the accountability of the Department of Justice is extremely concerning to us all. There are threads here that stretch all the way to warrantless wiretapping and other forms of overreach. This is squarely in the category of civil rights abuses.

JS: When you say there’s no oversight from the Justice Department, what do you mean?

AOC: So basically, ICE operates under the Department of Homeland Security. And, in my opinion, to have a criminal investigative agency that is not housed under the Department of Justice is so backwards, especially when we see that the Department of Homeland Security was just created in 2003. And so this is not an agency with the institutional knowledge or support or structures to handle such a large operation. And it’s very clear that we see, you know, while the Department of Justice, at least towards the end of the Obama administration started winding down its systems of for-profit detention, for example, for-profit prisons, ICE has just had an expansion. As a matter of fact, ICE is the only criminal investigative agency, the only enforcement agency in the United States that has a bed quota. So ICE is required to fill 34,000 beds with detainees every single night and that number has only been increasing since 2009.

There is the acknowledgment that these things did start with the Obama administration, but, again, that is always the danger of creating governmental structures without accountability under the premise of: Just trust us, this guy, this one President is fine, we can trust this one president. Because when we do have draconian administrations like the one we have now, we see exactly what happens.

JS: Well, and you know people, a lot of times say, “Well, why do you criticize the Democrats? The only game in town right now is opposing Trump.” And I’m certainly sympathetic if you’re looking at what are the greatest risks to democratic society, civil liberties, global peace — yeah, this is a very dangerous administration.

On the other hand whether it’s drone strikes or borderless wars or immigration policy, I feel like you would be omitting an essential part of the context if you don’t talk about how Obama, in his eight years, created systems that were dependent on trusting in him rather than, hey, here’s the rules for how this is done.

AOC: Right.

JS: And, you know, I think a lot of people that didn’t pay any attention to these issues, particularly immigration under Obama are now waking up because it’s Trump, but like when are we going to break that cycle where we — you’re confronting the Democratic Party establishment in your race for Congress.

AOC: Yes.

JS: You’re going up against a long-time member of Congress who there’s discussion he may one day be the Speaker of the House or the leader of the Democrats in the Congress. But the role that the institutional elite or the mainstream of Democratic Party politicians play in creating the ground for Trump to do something like this.

AOC: First of all, the idea of immigration as a partisan issue, the idea of war as a partisan issue, the idea of certain issues that should be galvanizing around social, economic and racial justice, that all of us should be agreeing on are now becoming partisan. And so what’s concerning to me about saying, “Trump! Trump! Trump!” or “GOP! GOP! GOP!” is that in the history of the United States, particularly the modern history of the United States, immigration has never been a partisan issue. In fact, George W. Bush and Ronald Reagan, not to defend or evangelize their administrations, but they were actually known to be quite liberal on immigration. You know, Reagan had his amnesty policy. You have George W. Bush that was actually very welcoming in both his rhetoric and many of his policies towards immigrants, despite the creation of ICE.

And so, historically, immigration has not been a partisan issue until the rising racial resentments of the Trump administration and what we have recently seen in perhaps the last five years. Issues that are just morally right and wrong are now starting to be hijacked by both parties as partisan issues, which should be very, very concerning to all of us as American citizen.

Moreover, the fact that the Democratic Party has not been the party of immigrants.

And 10 years ago I had worked in Ted Kennedy’s immigration office and he, to his credit, he had one of the best immigration constituent service offices in the country. And I would be handling some of these cases, and women and families would call me in a total panic because their husbands were scooped off the street in the middle of the day or they came home and there are literally stories of people coming home to their front doors open, and you know their stove flames are still on and their families are missing. And our incumbents created that system. Everyone who voted for it is responsible. Period. And they need to be held accountable and if they’re not actively calling for the abolition of ICE, then I don’t want to hear it. This idea that we’re going to fight Trump without taking hard committed stances is just a farce and it’s a media play and I do think that our Democratic establishment has to take ownership over the mistakes that they have made in the past — and they either, they should either acknowledge their past actions as mistakes and commit to a course correction or, if they don’t acknowledge that their actions were a mistake, frankly, they need to go.

JS: You dropped a little mini-bomb in there that I want to rewind and examine. You said that you’re calling for abolishing ICE.

AOC: Mhmm.

JS: I think, maybe not people who listen to this show or are supporting you on your campaign, but a lot of people in America I think would listen to that and think: “So what does she want? She just wants people to pour in here?”

You’re running for Congress, so explain from a policy perspective how you can have that position, “Let’s abolish ICE” and be running for Congress in the United States.

AOC: Yeah. For sure.

Well and a little bit of context to the community that I’m running in. My community, New York 14, it’s half in Queens, half in the Bronx, it’s half immigrant. So our communities are very, very familiar with U.S. immigration policy. If you are not an immigrant or naturalized U.S. citizen yourself, you either are part of an immigrant family or you are very close to immigrants. And so I do think that if any seat should be calling for the abolishment of ICE, it should be New York 14 — among others, there are several others.

And yeah, that’s always the question. Like, what do you expect? Are you an open borders fanatic? Like, all of these things. And people forget that ICE was established in 2003, in the post 9/11, frankly, authoritarian crackdown, where we saw the Patriot Act, the Iraq War, the AUMF, and then, of course, you have the establishment of the Homeland Security which included the establishment of ICE. And that’s when we first started seeing, again, this enforcement agency that does not answer to the Department of Justice.

Before ICE we had the INS. So we had the Immigration and Naturalization Services. There are very intense operations that we do need to monitor. We have to keep tabs on human trafficking, child sex trafficking, child pornography and, of course, just standard immigration in and out. And so the INS had handled that before. And so criminal investigations will get forwarded to the Department of Justice which had the infrastructure to kind of handle those proceedings, and then there are other investigatory arms, either within the FBI or within Health and Human Services that would handle those different pockets.

Now when the Department of Homeland Security was established, it concentrated and centralized all of those things into one. And those operations in and of themselves can continue. You know, you can have Border and Customs do the things that they have always done.

The one line that I do want to draw is that when I started talking about this over the weekend it kind of recently blew up, and I’m starting to see, particularly, other congressional candidates say: “Let’s return to the INS.” And that I want to make sure is not correct either.

This is not about going back to the INS. This is really about, in some ways, we need to go all the way back to the root of our immigration policy to begin with, which the very first immigration policy law passed in the United States was the Chinese Exclusion Act in the 1800s, and so the very bedrock of U.S. immigration policy, the very beginning of it was a policy based on racial exclusion. And I think that we need to really reimagine our immigration policy based around two things like I had said before, foreign policy and criminal justice and additionally our economic goals as well. And we really kind of need I think to reimagine our immigration services as part of an economic engine, as part of an accommodation to our own foreign policy aims and, where necessary, enforcement of serious crimes like human trafficking and so on.

So abolishing ICE doesn’t mean get rid of our immigration policy, but what it does mean is to get rid of the draconian enforcement that has happened since 2003 that routinely violates our civil rights, because, frankly, it was designed with that structure in mind.

JS: Just to change gears for a moment, Joe Crowley, who is sort of the self-declared King of Queens, is obviously from Queens, represents Queens. Trump is from Queens. The governor of New York, Cuomo, is from Queens. Talk about the sort of men of Queens and not just the political machine that you’re fighting in the Democratic Party, but the sort of culture of politics in the part of the area where you would represent.

AOC: Yeah. I mean, it’s a trip. It’s a trip, because, excluding Trump for a moment, all of these guys really love to engage in performative solidarity.

I’m going, maybe get in trouble with this, but like you know Cuomo recently had this whole speech where he literally stands up on the stage and he says, “I am a black woman. I am undocumented.” And I think that the real mistake here is just that there’s a lot of talking about these communities, but, at the end of the day, their grip on power causes them to refuse to actually give these communities a true seat at the table. And when these communities want to run for office or when these communities want to have real teeth in our legislative and political processes, they only allow those whom they give permission.

And so it’s a real systemic problem. People think of New York as a liberal state. People think of New York City as liberal politics. And it’s not. New York state is responsible for some of the worst voter suppression in the United States. You have for example, folks like Cuomo and Crowley where they will call for voter reform, but they don’t fund it. They don’t fund it. And so it’s just a press release. So what they’ll say is, “We have stood with immigrants forever. We have stood with women. We have co-sponsored this bill.” But then you have someone like Joe Crowley who loves to talk about how he’s the third most powerful member of Congress — who is putting all of these articles about how he’s the heir apparent to Nancy Pelosi. And the only transformative and impactful legislation that he’s passed in the last five years was FIRPTA which was the deregulation of foreign real estate developers in the United States, which has created this epidemic of shady LLCs, many of which are tied to campaign finance issues. So they co-sponsored these bills to high heaven, but when you actually see the bills that they’re passing, they are just to empower Wall Street. And these communities themselves, the furthest they’ll go is endorse someone with a Hispanic last name but there is very little beyond that getting done. It’s a real problem. There’s a personality thing going on here.

And then also you look at New York State, New York City, one of the most diverse cities in the United States where 56 percent people of color were majority female. And in that city, our governor, our mayor, our city council speaker, the chairman of our state party, and Crowley himself, who’s the chairman of the Queens Democratic Party are all one gender and one race. They are all white men. And that is statistically almost impossible.

So that is not done by chance. That is the systemic concentration of power. And the systemic concentration of power that falls along historical lines, falls along the empowerment and the concentration of power that that tends to be along men, that tends to be along, you know, white Americans and that is how, you know, if the most diverse city in America can’t get a person of color or someone that’s not a man to have high office then how can we have that hope for any other place in the United States.

JS: One of the things I noticed on your Twitter feed is you’ve been intimating, and at times, describing directly the sexism and misogyny that you’ve experienced as you’ve run your campaign for Congress against a white man who’s been around for a long time. Talk about being you and being in this campaign and what it means to be a young woman of color challenging an establishment Democrat.

AOC: Yeah. I think it’s amusing because they start, a lot of people start losing their minds when I talk about this. “Oh, she’s making this about identity — this term — identity politics.” And it’s really funny because when I just talk about who our community is, when I just say, “Hey, New York 14 is 70 percent people of color, we’re 60 percent Hispanic, we’re 40 percent primarily Spanish speaking. We’re also overwhelmingly working class. We have a lot of white brothers and sisters out here, too, right in the same boat as us, making $47,000 a year on average in New York. In New York City.” People really start losing their minds.

You know, people in the opposite camp have been saying, “She’s making this about race.” And, you know what? It is about race. And it is about education. And it is about our incomes. And it is about wealth inequality. Because this campaign is about our issues. And what is infuriating I think a lot of people in New York’s political establishment is that I haven’t asked anyone for permission.

And there’s always this go back to, “Who is she?” And, I mean, when I look upwards, and even when I try, like if I hypothetically wanted to “do it the right way” and ask for this permission and work through these channels, there’s no people up there that would help me. There are no women in power in New York City, in like, an authentic — you know, we’ve got some borough presidents, we got some folks out here, but we don’t have, we have no people of color that are a city council speaker right now. We have none of that. We have very few working class Americans as well.

And so what you see as well is that this machine has been overwhelmingly male for so long that the misogyny becomes the political culture of New York City politics. The emails I get — like I will have never spoken to someone before in my whole life — and I’ll get a message that’s like “you have failed to contact me.” I think it’s just a reflection of how off base it is. No one wants to talk about how painful it was to have someone like Eric Shneiderman have the explosive allegations that he did. For a lot of people — it hurt me, that hit very close to me, because you see some of these folks, and you’re like, “that guy is fighting for us” and in many ways he was, legislatively —

JS: Just to clarify for people who aren’t from New York, Eric Schneiderman, until very recently, was the attorney general of New York and was, I think, generally thought of as being aggressive, and a fairly progressive guy. I mean, he certainly came into office pledging to be a social justice oriented AG and now has gone down under allegations that he was extremely physically and sexually abusive to a number of women.

AOC: Yeah and so, there are a lot of folks who are in the camp of saying, “Ignore his private life, look at what he did with his lawsuits,” which he did! His lawsuits were very much focused on social justice and the idea that we should kind of just ignore all of this other stuff — but when you think about: those guys are mini-kingmakers in their own right. And you think about how they protect each other and how they elevate their protégées, which for many of them, are just people who remind them of younger versions of themselves so they’ll amplify those folks. You think about how many, for example, future female AGs have been cast aside with people like that at the helm. So you look at New York City Council — record low number of women sitting on New York City’s council. You have the Queens Democratic Party, which is overwhelmingly male as well. So we have to look at who’s actually in power in New York City and not just what press statements they’re releasing or what bills they’re co-sponsoring. 

JS: Harvey Weinstein recently was quote-unquote arrested and they put on this show — it was like a Weinstein film where he looks completely disheveled and hollowed out and he was briefly filmed in handcuffs. But the reality is that the whole thing was a negotiated, prearranged show and he was in and out almost instantly. I have a friend who is a lawyer that works with very, very poor people that was actually in the court room and he chronicled how Weinstein was basically in and out and then the person that came after him was someone who could not afford their bail, didn’t have cash, and was totally unable to pay, and then goes away and is going to be held in prison just because they don’t have resources. But someone like Harvey Weinstein, who was accused of raping and abusing many, many women, can pop in and out and just have a little mini-perp walk as part of the negotiations.

AOC: Yeah, absolutely. And then you have someone like Manafort who is literally accused of treasonous acts and that guy gets to walk around with an ankle bracelet. And then you get a kid in the South Bronx that jumps a turnstile because he doesn’t have $2.75 for a MetroCard and that guy gets thrown into Rikers prison because he can’t afford the $400 bail to get out.

JS: In fact, your district encompasses Rikers. What has Joe Crowley, given that he’s a powerful Democrat, done on Rikers and the issues of abuse there, the conditions, women being assaulted?

AOC: I wish I could say something. He’s co-sponsored some bills, but as the third most powerful Democrat in the House of Representatives of the United States of America, nothing’s been passed. I could understand the argument of, “Oh, I’ve co-sponsored this I’ve co-sponsored that” if you’re just a normal rank-and-file member — but the heir apparent to Nancy Pelosi can’t deliver on Rikers? I mean he stands out for the “close Rikers” campaign, but mostly that advocacy came out after the mayor already agreed to shut it down in 10 years. Now the fight is to shut it down closer than that but also he accepts money from folks like Bloomberg who created stop and frisk that stuffed those jails up to the brim. Again, it’s more about the actions and what this power is being used for, because we should just support the powerful because they already have power I think is a farce. We need to support those who use their power to really transform our structures of racial and economic and social justice. 

JS: You’ve been endorsed by Black Lives Matter as well as the Democratic Socialists of America. And you mentioned earlier, stop and frisk. Bloomberg, the former mayor of New York — who is a Republican but transformed himself into an independent because he was flirting with the idea of a presidential run — he has been hosting fundraisers for your opponent. One fundraiser that he hosted at his home in Manhattan on May 2 suggested contributions of a $1,000, $2,700, and $5,400 dollars. Why is Michael Bloomberg backing your opponent in the Democratic primary?

AOC: Because Joe Crowley creates and advances policies both in his capacity as a congressman and also in his capacity as the chairman of the Queens Democratic Party to pad the pockets of luxury real estate developers and private equity groups of which Michael Bloomberg is the king. It’s total quid-pro-quo. The idea that special interests give money to candidates as a form of charity is laughable. Or the idea that you can maintain independence while you depend on those same lobbies to get re-elected is also laughable.

JS: That was one of the things I loved about Trump’s sort of schtick on the campaign trail is he was openly talking about how he would bribe politicians. 

AOC: Yeah.

JS: “Even Hillary Clinton — I was bribing her!” He really spoke openly about it — it was actually one of the refreshing things in a sea of horrifying, terrifying, neo-Nazi , white nationalism, nativism, horrible stuff. Trump actually told the truth occasionally and this issue was one of them where he basically said, “This is legalized bribery and I’m all for it.”

AOC: Yeah, and OK, here’s an ultimate irony: Trump Links is in our district. In that same scene overlooking Rikers, you’ve got Trump Links as you’re crossing over the bridge. 

JS: What is Trump Links?

AOC: It’s a golf course out there in Queens. The day that Trump Links opened, there’s a quote right there from Crowley singing the praises of the opening of this phenomenal development. I think it just goes to show: We really need to take a magnifying glass to some of these folks to see if they’re the real deal or if they’re performative. It’s important for us to follow that money.

JS: What do you think just going back a moment to the broader movement that’s been identified as #MeToo. What’s your analysis of this? You’re running for Congress in New York City, which many consider the kind of cultural capital of New York. And many powerful men who are residents of this city stand accused of pretty horrifying, despicable, disgusting crimes against women. But as you’ve run for office — what’s your position on these issues? How should we as a society respond to this?

AOC: Well, I think that when someone stands accused of very serious instances of sexual assault — first of all, I think we need to kind of shift our culture to giving these folks a fair hearing. There are some grey areas. There’s some aspects to #MeToo where it’s like, when one person makes an accusation, on one hand, we have to have to maintain the spirit of due process. I do believe that. But then when you have cases like, for example, Schneiderman, or cases like Weinstein, the fact that we have a culture that has to wait until a person is accused by 80 women, 50 women, 10 women —

JS: One of them is the president.

AOC: — for us to do anything about it is also equally very concerning. I think that we probably have some legal structures in place that are not particularly conducive to victims of sexual assault and sex crimes. And this is done sometimes in child cases as well — having to testify publicly in front of a court which opens people up to all sort of forms of intimidation. I think there are some legal ways we can look into this as well. But then culturally, we do need to measure — where we need to have a culture where we believe people when they say these very serious things, but we also need to make sure that due process is held. That’s a tough road that we’re all navigating right now. But I do think that having women at the table is very important in that process. You look at New York state? Oh my goodness. New York state — our state law, we just recently went through in the state legislature kind of a spate of more sexual harassment claims, and the folks who are generating the state sexual harassment policy were literally four men in a room. There wasn’t a single women at the table drafting the consequences for sexual harassment claims in Albany. And it is the biggest open secret in New York state politics that Albany is a toxic, toxic place of sexual harassment and the victimization of women as well as political corruption. We know that. In January, there were six public officials up for trial on corruption charges. I think for a long time we just take it as fact. We’ve taken for granted for so long how backwards and corrupt Albany is that we’re just like, “Oh, that’s the way it is.” We take this defeatist or fatalist approach saying, “That’s the way our government is.” I think we need to take a moment, especially in 2018: It’s not just about red to blue. This is about transforming our system into a system of justice overall. It’s not just about red to blue, it’s about cleaning up our backyard. It’s about making that crooked path straight.

JS: What is your relationship with the institutional Democratic Party like, you know, DCCC, the DNC?

AOC: My opponent is the institutional Democratic Party. So my relationship to them, in a formal sense, is pretty much non-existent. He gives the D-trip about a million bucks a year on average, some years and stuff.

JS: This is the Democratic campaign fundraising mechanism that’s used by the institutional party.

AOC: Right. Moreover, our community has been ignored by the national party — New York 14. So the Bronx and Queens. We talk about communities like Jackson Heights. We talk about communities like East Elmshearst and Corona, Woodside, Sunnyside. The national Democratic Party does not really have a footprint here.

JS: For people who are not from New York, these are some of the most diverse neighborhoods anywhere on the planet. If you go into parts of Queens, that are also included in your district, you can walk from one block to the next and it’s like you’re traveling through eight, 10 different countries.

AOC: What I think is unfortunate about that is I think it’s a lost opportunity because this district is 85 percent Democrat, then it’s like another 10 percent independent and unaffiliated, then you have a small sliver of Republican voters. So this seat is the opportunity to really champion some of the most ambitious and progressive legislation in the United States. Instead, we’ve been having middle of the road corporate policies coming out of the most diverse and working class district arguably in New York City, if not in the country. 

JS: Has the Democratic Party tried to stop you from challenging Crowley?

AOC: No one has tried to dissuade me from running, and I think it’s because when I started this race I was so small potatoes. You know, my background, for those who may not know, I’m an educator, I’m an organizer — I have an academic background in economics international policy but I’m also very working class. I’m a first-generation college graduate and during the financial crisis, which like, eviscerated my family, I was bartending and waitressing while doing community work.

JS: Explain what happened with your family after your father passed away.

AOC: So, as the markets were crashing in 2008, my father died of lung cancer, a very rare form of lung cancer — he was not a smoker or anything like that — in the state of New York. So my father passed away without a will like many working class and poor families do. We entered something known as the surrogates court. Otherwise casually known as the “widows and orphans court.” What many people don’t realize is that machine appointments to the lawyers of the surrogates court is one of the most lucrative positions you can have. While we were in a different county, essentially the lawyers that Crowley appoints to the surrogates court are his friends and they’re the lawyers who politically protect him. So in exchange for that, they’ve made over $30 million off the New York surrogates court. 

JS: How do they make that money?

AOC: Being appointed as a lawyer to the surrogates court, you then rake in the legal fees for all of these families that come through ,whether they enter foreclosure, whether their family members die without an estate or a will. So, my father pretty much died with nothing. He left us almost nothing except we had a house and small things here and there. So when you sell that home and all that stuff happens, every time you go through that court, you get these legal fees kind of shaved off. And so there are standing lawyers in that court and those legal fees go to those folks.

JS: In the case of your family they were chiseling away at a family home’s value.

AOC: Right, or whatever was left that we had. So when you do that — obviously this is New York City — unfortunately, many people find themselves in this situation. It’s just kind of a piggy bank for this kind of stuff. Anyways, with my family we sold my childhood home. My mother was forced to move to Florida because she could no longer afford to live in New York City, remain in New York City. And I found myself, you know, while we were kind of on that brink, I started working a second job. And so when I first started this campaign, I started it out of a grocery bag, going to work, and I put my palm cards and my campaign banner in a grocery bag, and I put my change of clothes for the end of that day, and I would take it to a bar and I would hide it behind the counter. I would work my shift for that day. I would get out. I would change my clothes. I would go to community events. I would go to people’s living rooms and say, “Hey, we need to change our politics in America.”

And that’s how this campaign started. And it was such a joke, I think, to the establishment and it was so small potatoes that nobody paid attention and nobody thought of us as a threat, which I think is a fabulous place to be.

JS: Was it the personal experience that drove you to challenge Joe Crowley? The family experience that you’re describing?

AOC: The family experience that I just told gave me the strength and the resolve to do it. One of the big decisions though was that I was at Standing Rock in December 2016 and when I saw how corporations had literally militarized themselves to do physical harm to American citizens, in particularly Native peoples. And I saw what the Lakota Sioux and Native peoples were doing — putting everything on the line not just to protect their land but to protect the entire water supply of the Midwest United States, I really just felt like we had to have a turning point and that it wasn’t going to come from the Democratic establishment, that it had to be people. It had to be everyday people who were aware enough to know what was going on. The day after I got off camp, I was contacted by a progressive organization, Brand New Congress ,which was seeking to mount noncorporate candidates in the 2018 midterm. They said, “Would you be interested in running this race?” So, with the confidence of not doing this alone, paired with my own pained personal experiences on the local and national level — I think that I really felt like this was something that had to be done. We haven’t had a primary in 14 years in New York 14, so it was very clear that nobody else was going to do this. And so, in a way, in New York City to challenge a kingmaker, you have to do it from the outside, because everyone else is too scared.

JS: If you win the primary, it seems pretty clear then you would win the general election given the demographics of the district. So you walk into Washington, it’s not just going to be the issues that you are fluent on that you’re going to have to deal with. You’re also going to have to talk about and develop positions on things that you maybe have never considered before. I want to ask you a few foreign policy questions. To you right now, what is the single greatest threat that the people of the United States face in the world on a foreign policy level?

AOC: I think we’ve got two fronts. One, we have a reordering of global power right now. Because of that, its powered by economic developments and also geopolitical developments, as well. So you have two really big hotspots. You have the role of this multipolar power with China, Russia, and the United States as well as what you’ve got going on in Europe and the Middle East. You look at what’s going on in global trade, and first of all, the global concentration of power is destabilizing countries across the world. It’s not just happening in the United States, it’s happening in Europe, it’s happening in Latin America. That is the consequence of extreme global inequality. The consequence is basically mass social destabilization. 

So when people say you have to choose globally, internationally, or domestically, between issues of race and social justice, or issues of class, that’s why I reject that outright. So, we have the destabilization of countries around the world due to wealth inequality that has been historically powered by global trade deals that concentrate the gains of trade into multinational corporations as opposed to the workers who create that wealth. First of all I think that’s one huge one thematically.

So when you kind of drill down — one, we need to figure out how to approach trade in a way that creates more stable economic outcomes for families across the world. But then secondly, I think you have some of these geopolitical realities of — we now have Russia playing a very aggressive role in other nations. We have what we saw in Europe ahead of the French elections where, thankfully, they had planned for a cyberattack, but we have a lot of the destabilization of our political institutions as well. We see the role that Russia is playing in that. We see that, for example, because of the domestic role that the Trump administration is playing in this protectionist ante up ,we see China — this has been happening before Trump — but now especially during this administration, they are now starting to fill that vacuum of power that the United States formerly held. So I think that from our vantage point, within the United States we have to address those two things. Of course we have continuing developments in the Middle East. We have what just happened in Palestine, and so on. I think at the end of the day, a lot of this has to do with what’s going on with the global concentration of wealth. All of these things tie back to that. You look at what’s happening in these FBI investigations and the things we’re finding and lo and behold, it’s this petrol Russian oligarch is tied directly financially to what happened in the 2016 U.S. elections.

JS: Is there any U.S. military action since 9/11 that you would have supported if you were in Congress? Let’s go from September 11th, 2001, to today, as we speak. Bombing a country, drone strikes, snatching people off the streets, invading countries, surging as Obama did in Afghanistan —

AOC: In terms of aggressive military actions, no. I’m proud to have the endorsement of Common Defense which is a group of military veterans and their families that are trying to fight for social justice and economic justice and peace in the world abroad. So when I had these conversations — I think it’s important to echo that not all military actions are what you’re discussing. In terms of what you’re discussing, probably not. The only one that, I mean, even with the surge, with Obama’s surge, I think what he was trying to do was deal with this mess of going into Afghanistan in the first place. In a sense, there are some tough spots that you’re in where when you have boots on the ground, and you have those soldiers that are there, pulling out immediately sometimes isn’t the most stabilizing course of action. So I think there, maybe. But I don’t think that these drone strikes were just. I don’t think that essentially this blank check on wars that the AUMF provided that allowed us to go into places like Yemen and, so on, to essentially wage war that Americans don’t even know about — I think all of those actions are pretty reprehensible and they don’t serve to further stabilize communities and, in fact, we’ve pumped arms into a lot of these areas. We arm one rebel group and then that eventually becomes a destabilizing force five years on from that.

JS: Do you happen to know how many members of the House of Representatives voted against the AUMF?

AOC: It was a terribly low number —

JS: One. Rep. Barbara Lee of California. We had her on this show and she described how she and her family were recipients of many death threats. I always say, particularly to high school students, “Every single one of you should watch that speech that Barbara Lee gave on the floor just days after 9/11.” Do you think you would have the temerity to be the only one voting against an issue in the aftermath of 9/11 or some catastrophic thing because there were some really good lawmakers there who are generally on the right side of history, more or less, who did not have the spine that Barbara Lee did. It’s tough to make those decisions. 

AOC: Of course, and 9/11 was right here in New York City — I want to say yes. But more than just saying, “I want to say yes,” what I actually try to do in my campaign is prevent those decisions by just being made by me. My campaign so intensely relies on the communities that are issue focused that are anti-war, that are anti-criminal justice, that are anti-imperialism, and so on, that because I rely on them to organize our campaign to knock on doors, to win re-election, I would like to think that in the same way that many democratic establishment incumbents rely on their donors and make legislative decisions based on what their lobbyists tell them: that I try to rely on these movements to inform a lot of those policies as well. I also think again, my district is very different. My district has many people from Middle Eastern countries, from South Asian counties, many people from Latin America. We have very high populations from Venezuela, from Bangladesh, and so on, that I think our community is just a natural check to what tends to be mainstream public opinion. I would like say yes, not only because I think I’m a good person, whatever that may be, but because I think that is in line with our community as well. 

JS: Alexandria, thank you so much for joining us.

AOC: Thank you so much for having me.

Assistant Producer Elise Swain contributed to this story.

Voir enfin:

What Do the Rich and Powerful Read?
Scott Mayerowitz
ABC News
July 28, 2007

An old joke in the newspaper world holds that The Wall Street Journal is read by the people who run the country, The New York Times by those who think they run the country, The Washington Post by those who think they ought to run the country and The Boston Globe by people whose parents used to run the country.Whether or not that is true, The Wall Street Journal does hold tremendous sway. It reaches one of the largest audiences and has some of the richest and most-powerful readers of any newspaper.So as the Bancroft family mulls whether to sell The Journal and its parent company, Dow Jones, to Rupert Murdoch’s News Corp., many people are paying particularly close attention to what is otherwise a fairly routine business deal.While newspaper’s influence is waning as readers and advertisers migrate to the Internet, the newspaper still provides an important public service. »It is one of the finest — if not the finest — papers in the country, » said Arlene Morgan, associate dean of the Columbia University Graduate School of Journalism and a former assistant managing editor at The Philadelphia Inquirer. « I am a big fan. I read it religiously. »Every day I pick up the paper and find something that I didn’t expect, that surprises me, that I wouldn’t have known otherwise, » she said. « They’re analytical. They have fun with the writing. It is one of the premier writing institutions in the country. »Each day more than 2 million people pick up a copy of The Wall Street Journal or read it online, more than any other newspaper in the country, except USA Today, according to the Audit Bureau of Circulations.

More than three-fourths of them have a college degree, and their average household income is $234,909. The readers of USA Today and The New York Times tend to earn less.

The Journal has a strong grasp on a group of readers who have the disposable income to spend on big-ticket items. A full-page color ad in the paper costs $168,500 to $234,000.

Private Jets, Ranches

Friday’s paper has ads for private jets, expensive watches, a $12.5 million house in Vail, Colo., and a ranch in Montana for $13.5 million.

(The Wall Street Journal holds added value for Murdoch because News Corp. is launching its own cable business channel, which is expected to compete head to head with CNBC.)

« The Journal is to Wall Street and capital markets what The New York Times is to the White House and the State Department and U.S. politics, » said Dean Starkman, who spent eight years as a reporter at The Journal and is now assistant managing editor of the Columbia Journalism Review. « It’s the most authoritative watchdog there is. It is the paper of record. »

Starkman said The Journal has lost some of its luster in recent years. Part of that is a general decline in newspaper readership and part of it is because The Journal is now focusing on more hard business news — inside baseball-type of coverage.

Still, he said, it’s a great paper that does what few publications can.

If you’re interested in the markets and business, Starkman said, The Journal is an « indispensable source. There’s no substitute. »

Part of that is because of the large staff that digs deeply into topics. « Over the last 20 years, at its height, it had an enormous staff, » said Starkman, who used to cover real estate. « We had seven real estate reporters. »

Today, The Journal has a news staff of more than 750 worldwide, according to Robert H. Christie, spokesman for the paper.

Many media watchers fear that Murdoch will interfere with the independence The Journal’s editors and reporters now have. Such meddling could diminish the paper’s stature and influence.

Business Newspaper of Record

So why should those outside the media and business worlds care?

Starkman said The Journal covers everything — from credit cards to banks to cars to the food supply.

« You want a large, powerful, sophisticated news organization keeping an eye on all of that, » he said. « You want somebody looking over the shoulder of the Securities and Exchange Commission, the FCC and the FDA. »

Richard Roth, senior associate dean and faculty member at Northwestern University’s Medill School of Journalism, said The Journal is the « first or second most important paper in the country. »

« They are clearly the authority in so many things, particularly in business issues, » he said.

And if for some reason they change or didn’t exist, Roth said: « Who would discover Enron? » referring to problems at the Texas The Journal was among the first to uncover.

The paper has a wide range of knowledge, Columbia’s Morgan points out. Not only does the paper cover business, but it also reviews wines, and is a leading voice on technology.

The paper has won 33 Pulitzer Prizes, including one awarded in 2005 to Joe Morgenstern for his film reviews.

« We’re so entertainment and celebrity crazed that we’re just not getting the kind information to make decisions about who we are as a country, » Morgan said. « So as we really do less and less on our news pages, it’s more important to have papers like The Wall Street Journal, The New York Times and The Washington Post that you can depend on to be there. »

Who Reads the Newspapers

  • The Wall Street Journal is read by the people who run the country.
  • The Washington Post is read by people who think they run the country.
  • The New York Times is read by people who think they should run the country.
  • USA Today is read by people who think they ought to run the country but don’t really understand the Washington Post. They do, however, like their statistics shown in pie chart format.
  • The Los Angeles Times is read by people who wouldn’t mind running the country, if they could spare the time, and if they didn’t have to leave LA to do it.
  • The Boston Globe is read by people whose parents used to run the country and they did a far superior job of it, thank you very much.
  • The New York Daily News is read by people who aren’t too sure who’s running the country, and don’t really care as long as they can get a seat on the train.
  • The New York Post is read by people who don’t care who’s running the country, as long as they do something really scandalous, preferably while intoxicated.
  • The San Francisco Chronicle is read by people who aren’t sure there is a country or that anyone is running it; but whoever it is, they oppose all that they stand for. There are occasional exceptions if the leaders are handicapped minority feminist atheist dwarfs, who also happen to be illegal aliens from ANY country or galaxy as long as they are Democrats.
  • The Miami Herald is read by people who are running another country but need the baseball scores.
  • The National Enquirer is read by people trapped in line at the grocery store.

This was passed along to me by my wife’e late friend, Gary Curtis. God knows where it came from originally.

In response to this page, Gary O’Brien sent this British version of the list, whose provenance he identifies as from a December 1987 episode of the BBC series « Yes, Prime Minister. » Link below.

Unfortunately, I understand that the Sun has now discontinued its traditional topless « Page Three » girls. I don’t know what the world is coming to.

      1. The Daily Mirror is read by people who think they run the country.
      2. The Guardian is read by people who think they ought to run the country.
      3. The Times is read by people who actually do run the country.
      4. The Daily Mail is read by the wives of the people who run the country.
      5. The Financial Times is read by people who own the country.
      6. The Morning Star is read by people who think the country ought to be run by another country.
      7. The Daily Telegraph is read by people who think it is run by another country.
      8. The Sun readers don’t care who runs the country, as long as she’s got big tits.

Affaire de la petite Yanela: C’est la formulation, imbécile ! (It’s not fake news, it’s misstated news, stupid !)

24 juin, 2018
https://i1.wp.com/www.theaugeanstables.com/wp-content/uploads/2011/11/ghetto-boy-2.jpg

Two children detained by the Border Patrol in a holding cell in Nogales, Ariz. This image has been widely shared on social media in recent days, offered as an example of the Trump administration’s cruel policies toward immigrants, but in fact the picture was taken in 2014.

« La version originale de cet article a donné une mauvaise formulation du sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »

Les fausses images d'enfants séparés de leurs parents à la frontière USA-Mexique

Devrai-je sacrifier mon enfant premier-né pour payer pour mon crime, le fils, chair de ma chair, pour expier ma faute? On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance tu vives pour ton Dieu. Michée 6: 7-8
Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Jésus (Matthieu 19: 14)
Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Jésus (Matthieu 18: 5-6)
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
J’espère offrir mon fils unique en martyr, comme son père. Dalal Mouazzi (jeune veuve d’un commandant du Hezbollah mort en 2006 pendant la guerre du Liban, à propos de son gamin de 10 ans)
Nous n’aurons la paix avec les Arabes que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent. Golda Meir
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Il y a lieu de décider que Patrick Karsenty a exercé de bonne foi son droit à la libre critique (…) En répondant à Denis Jeambar et à Daniel Leconte dans le Figaro du 23 janvier 2005 que « l’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie », alors que la diffusion d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entrainant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné. Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris, 21.05.08)
Voilà sept ans qu’une campagne obstinée et haineuse s’efforce de salir la dignité professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jerusalem. Voilà sept ans que les mêmes individus tentent de présenter comme une « supercherie » et une « série de scènes jouées » , son reportage montrant la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens. Appel du Nouvel observateur (27 mai 2008)
This is not staging, it’s playing for the camera. When they threw stones and Molotov cocktails, it was in part for the camera. That doesn’t mean it’s not true. They wanted to be filmed throwing stones and being hit by rubber bullets. All of us — the ARD too — did reports on kids confronting the Israeli army, in order to be filmed in Ramallah, in Gaza. That’s not staging, that’s reality. Enderlin
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort. Erdogan
Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque. From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent. Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip. Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul. “If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim. “I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.” At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness. “We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.” Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard. In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. (…) “He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’” WSJ
Personne ne dit que ce n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife. Arno Klarsfeld
La justice israélienne a dit disposer d’une déposition selon laquelle la famille d’un bébé palestinien mort dans des circonstances contestées dans la bande de Gaza avait été payée par le Hamas pour accuser Israël, ce que les parents ont nié. Vif émoi après la mort de l’enfant. Leïla al-Ghandour, âgée de huit mois, est morte mi-mai alors que l’enclave palestinienne était depuis des semaines le théâtre d’une mobilisation massive et d’affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le long de la frontière avec Gaza. Son décès a suscité un vif émoi. Sa famille accuse l’armée israélienne d’avoir provoqué sa mort en employant des lacrymogènes contre les protestataires, parmi lesquels se trouvait la fillette. La fillette souffrait-elle d’un problème cardiaque ? L’armée israélienne, se fondant sur les informations d’un médecin palestinien resté anonyme mais qui selon elle connaissait l’enfant et sa famille, dit que l’enfant souffrait d’un problème cardiaque. Le ministère israélien de la Justice a rendu public jeudi l’acte d’inculpation d’un Gazaoui de 20 ans, présenté comme le cousin de la fillette. Selon le ministère, il a déclaré au cours de ses interrogatoires par les forces israéliennes que les parents de Leila avaient touché 8.000 shekels (1.800 euros) de la part de Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, pour dire que leur fille était morte des inhalations de gaz. Une « fabrication » du Hamas dénoncée par Israël. Les parents ont nié ces déclarations, réaffirmé que leur fille était bien morte des inhalations, et ont contesté qu’elle était malade. Selon la famille, Leïla al-Ghandour avait été emmenée près de la frontière par un oncle âgé de 11 ans et avait été prise dans les tirs de lacrymogènes. Europe 1
Donald Trump aurait (…) menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. (…) Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain. Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016. Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans. L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump. Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014). En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !). Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris. Valeurs actuelles
Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe. Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons. Emmanuel Macron
Il y a des choses insoutenables. Mais pourquoi on en est arrivé là ? Parce que justement il y a des gens comme Emmanuel Macron qui venaient donner des leçons de morale aux autres. Il y a une inquiétude identitaire » en Europe, « c’est une réalité politique. Tous les donneurs de leçon ont tué l’Europe, il y a une angoisse chez les Européens d’être dilués, pas une angoisse raciste, mais une angoisse de ne plus pouvoir être eux, chez eux. Jean-Sébastien Ferjou
Our message absolutely is don’t send your children unaccompanied, on trains or through a bunch of smugglers. We don’t even know how many of these kids don’t make it, and may have been waylaid into sex trafficking or killed because they fell off a train. Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back. More importantly, they may not make it. Obama (2014)
I also think that we have to understand the difficulty that President Obama finds himself in because there are laws that impose certain obligations on him. And it was my understanding that the numbers have been moderating in part as the Department of Homeland Security and other law enforcement officials understood that separating children from families — I mean, the horror of a father or a mother going to work and being picked up and immediately whisked away and children coming home from school to an empty house and nobody can say where their mother or father is, that is just not who we are as Americans. And so, I do think that while we continue to make the case which you know is very controversial in some corridors, that we have to reform our immigration system and we needed to do it yesterday. That’s why I approved of the bill that was passed in the Senate. We need to show humanity with respect to people to people who are working, contributing right now. And deporting them, leaving their children alone or deporting an adolescent, doing anything that is so contrary to our core values, just makes no sense. So I would be very open to trying to figure out ways to change the law, even if we don’t get to comprehensive immigration reform to provide more leeway and more discretion for the executive branch. (…) the numbers are increasing dramatically. And the main reason I believe why that’s happening is that the violence in certain of those Central American countries is increasing dramatically. And there is not sufficient law enforcement or will on the part of the governments of those countries to try to deal with this exponential increase in violence, drug trafficking, the drug cartels, and many children are fleeing from that violence. (…) first of all, we have to provide the best emergency care we can provide. We have children 5 and 6 years old who have come up from Central America. We need to do more to provide border security in southern Mexico. (…) they should be sent back as soon as it can be determined who responsible adults in their families are, because there are concerns whether all of them should be sent back. But I think all of them who can be should be reunited with their families. (…) But we have so to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey. Hillary Clinton (2014)
Over the past six years, President Obama has tried to make children the centerpiece of his efforts to put a gentler face on U.S. immigration policy. Even as his administration has deported a record number of unauthorized immigrants, surpassing two million deportations last year, it has pushed for greater leniency toward undocumented children. After trying and failing to pass the Dream Act legislation, which would offer a path to permanent residency for immigrants who arrived before the age of 16, the president announced an executive action in 2012 to block their deportation. Last November, Obama added another executive action to extend similar protections to undocumented parents. “We’re going to keep focusing enforcement resources on actual threats to our security,” he said in a speech on Nov. 20. “Felons, not families. Criminals, not children. Gang members, not a mom who’s working hard to provide for her kids.” But the president’s new policies apply only to immigrants who have been in the United States for more than five years; they do nothing to address the emerging crisis on the border today. Since the economic collapse of 2008, the number of undocumented immigrants coming from Mexico has plunged, while a surge of violence in Central America has brought a wave of migrants from Honduras, El Salvador and Guatemala. According to recent statistics from the Department of Homeland Security, the number of refugees fleeing Central America has doubled in the past year alone — with more than 61,000 “family units” crossing the U.S. border, as well as 51,000 unaccompanied children. For the first time, more people are coming to the United States from those countries than from Mexico, and they are coming not just for opportunity but for survival. The explosion of violence in Central America is often described in the language of war, cartels, extortion and gangs, but none of these capture the chaos overwhelming the region. Four of the five highest murder rates in the world are in Central American nations. The collapse of these countries is among the greatest humanitarian disasters of our time. While criminal organizations like the 18th Street Gang and Mara Salvatrucha exist as street gangs in the United States, in large parts of Honduras, Guatemala and El Salvador they are so powerful and pervasive that they have supplanted the government altogether. People who run afoul of these gangs — which routinely demand money on threat of death and sometimes kidnap young boys to serve as soldiers and young girls as sexual slaves — may have no recourse to the law and no better option than to flee. The American immigration system defines a special pathway for refugees. To qualify, most applicants must present themselves to federal authorities, pass a “credible fear interview” to demonstrate a possible basis for asylum and proceed through a “merits hearing” before an immigration judge. Traditionally, those who have completed the first two stages are permitted to live with family and friends in the United States while they await their final hearing, which can be months or years later. If authorities believe an applicant may not appear for that court date, they can require a bond payment as guarantee or place the refugee in a monitoring system that may include a tracking bracelet. In the most extreme cases, a judge may deny bond and keep the refugee in a detention facility until the merits hearing. The rules are somewhat different when children are involved. Under the terms of a 1997 settlement in the case of Flores v. Meese, children who enter the country without their parents must be granted a “general policy favoring release” to the custody of relatives or a foster program. When there is cause to detain a child, he or she must be housed in the least restrictive environment possible, kept away from unrelated adults and provided access to medical care, exercise and adequate education. Whether these protections apply to children traveling with their parents has been a matter of dispute. The Flores settlement refers to “all minors who are detained” by the Immigration and Naturalization Service and its “agents, employees, contractors and/or successors in office.” When the I.N.S. dissolved into the Department of Homeland Security in 2003, its detention program shifted to the U.S. Immigration and Customs Enforcement agency. Federal judges have ruled that ICE is required to honor the Flores protections for all children in its custody. Even so, in 2005, the administration of George W. Bush decided to deny the Flores protections to refugee children traveling with their parents. Instead of a “general policy favoring release,” the administration began to incarcerate hundreds of those families for months at a time. To house them, officials opened the T. Don Hutto Family Detention Center near Austin, Tex. Within a year, the administration faced a lawsuit over the facility’s conditions. Legal filings describe young children forced to wear prison jumpsuits, to live in dormitory housing, to use toilets exposed to public view and to sleep with the lights on, even while being denied access to appropriate schooling. In a pretrial hearing, a federal judge in Texas blasted the administration for denying these children the protections of the Flores settlement. “The court finds it inexplicable that defendants have spent untold amounts of time, effort and taxpayer dollars to establish the Hutto family-detention program, knowing all the while that Flores is still in effect,” the judge wrote. The Bush administration settled the suit with a promise to improve the conditions at Hutto but continued to deny that children in family detention were entitled to the Flores protections. In 2009, the Obama administration reversed course, abolishing family detention at Hutto and leaving only a small facility in Pennsylvania to house refugee families in exceptional circumstances. For all other refugee families, the administration returned to a policy of release to await trial. Studies have shown that nearly all detainees who are released from custody with some form of monitoring will appear for their court date. But when the number of refugees from Central America spiked last summer, the administration abruptly announced plans to resume family detention. (…) From the beginning, officials were clear that the purpose of the new facility in Artesia was not so much to review asylum petitions as to process deportation orders. “We have already added resources to expedite the removal, without a hearing before an immigration judge, of adults who come from these three countries without children,” the secretary of Homeland Security, Jeh Johnson, told a Senate committee in July. “Then there are adults who brought their children with them. Again, our message to this group is simple: We will send you back.” Elected officials in Artesia say that Johnson made a similar pledge during a visit to the detention camp in July. “He said, ‘As soon as we get them, we’ll ship them back,’ ” a city councilor from Artesia named Jose Luis Aguilar recalled. The mayor of the city, Phillip Burch, added, “His comment to us was that this would be a ‘rapid deportation process.’ Those were his exact words.” (…) “I arrived on July 5 and turned myself in at 2 a.m.,” a 28-year-old mother of two named Ana recalled. In Honduras, Ana ran a small business selling trinkets and served on the P.T.A. of her daughter’s school. “I lived well,” she said — until the gangs began to pound on her door, demanding extortion payments. Within days, they had escalated their threats, approaching Ana brazenly on the street. “One day, coming home from my daughter’s school, they walked up to me and put a gun to my head,” she said. “They told me that if I didn’t give them the money in less than 24 hours, they would kill me.” Ana had already seen friends raped and murdered by the gang, so she packed her belongings that night and began the 1,800-mile journey to the U.S. border with her 7-year-old daughter. Four weeks later, in McAllen, Tex., they surrendered as refugees. Ana and her daughter entered Artesia in mid-July. In October they were still there. Ana’s daughter was sick and losing weight rapidly under the strain of incarceration. Their lawyer, a leader in Chicago’s Mormon Church named Rebecca van Uitert, said that Ana’s daughter became so weak and emaciated that doctors threatened drastic measures. “They were like, ‘You’ve got to force her to eat, and if you don’t, we’re going to put a PICC line in her and force-feed her,’ ” van Uitert said. Ana said that when her daughter heard the doctor say this, “She started to cry and cry.” (…) Many of the volunteers in Artesia tell similar stories about the misery of life in the facility. “I thought I was pretty tough,” said Allegra Love, who spent the previous summer working on the border between Mexico and Guatemala. “I mean, I had seen kids in all manner of suffering, but this was a really different thing. It’s a jail, and the women and children are being led around by guards. There’s this look that the kids have in their eyes. This lackadaisical look. They’re just sitting there, staring off, and they’re wasting away. That was what shocked me most.” The detainees reported sleeping eight to a room, in violation of the Flores settlement, with little exercise or stimulation for the children. Many were under the age of 6 and had been raised on a diet of tortillas, rice and chicken bits. In Artesia, the institutional cafeteria foods were as unfamiliar as the penal atmosphere, and to their parents’ horror, many of the children refused to eat. “Gaunt kids, moms crying, they’re losing hair, up all night,” an attorney named Maria Andrade recalled. Another, Lisa Johnson-Firth, said: “I saw children who were malnourished and were not adapting. One 7-year-old just lay in his mother’s arms while she bottle-fed him.” Mary O’Leary, who made three trips to Artesia last fall, said: “I was trying to talk to one client about her case, and just a few feet away at another table there was this lady with a toddler between 2 and 4 years old, just lying limp. This was a sick kid, and just with this horrible racking cough.” (…) Attorneys for the Obama administration have argued in court, like the Bush administration previously, that the protections guaranteed by the Flores settlement do not apply to children in family detention. “The Flores settlement comes into play with unaccompanied minors,” a lawyer for the Department of Homeland Security named Karen Donoso Stevens insisted to a judge on Aug. 4. “That argument is moot here, because the juvenile is detained — is accompanied and detained — with his mother.” Federal judges have consistently rejected this position. Just as the judge reviewing family detention in 2007 called the denial of Flores protections “inexplicable,” the judge presiding over the Aug. 4 hearing issued a ruling in September that Homeland Security officials in Artesia must honor the Flores Settlement Agreement. “The language of the F.S.A. is unambiguous,” Judge Roxanne Hladylowycz wrote. “The F.S.A. was designed to create a nationwide policy for the detention of all minors, not only those who are unaccompanied.” Olavarria said she was not aware of that ruling and would not comment on whether the Department of Homeland Security believes that the Flores ruling applies to children in family detention today. (…) As the pro bono project in Artesia continued into fall, its attorneys continued to win in court. By mid-November, more than 400 of the detained women and children were free on bond. Then on Nov. 20, the administration suddenly announced plans to transfer the Artesia detainees to the ICE detention camp in Karnes, Tex., where they would fall under a new immigration court district with a new slate of judges. That announcement came at the very moment the president was delivering a live address on the new protections available to established immigrant families. In an email to notify Artesia volunteers about the transfer, an organizer for AILA named Stephen Manning wrote, “The disconnect from the compassionate-ish words of the president and his crushing policies toward these refugees is shocking.” Brown was listening to the speech in her car, while driving to Denver for a rare weekend at home, when her cellphone buzzed with the news that 20 of her clients would be transferred to Texas the next morning. Many of them were close to a bond release; in San Antonio, they might be detained for weeks or months longer. Brown pulled her car to the side of the highway and spent three hours arguing to delay the transfer. Over the next two weeks, officials moved forward with the plan. By mid-December, most of the Artesia detainees were in Karnes (…) One of McPhaul’s colleagues, Judge Gary Burkholder, was averaging a 91.6 percent denial rate for the asylum claims. Some Karnes detainees had been in the facility for nearly six months and could remain there another six. (…) “I agree,” Sischo said. “We should not be spending resources on detaining these families. They should be released. But people don’t understand the law. They think they should be deported because they’re ‘illegals.’ So they’re missing a very big part of the story, which is that they aren’t breaking the law. They’re trying to go through the process that’s laid out in our laws.” Wil S. Hylton (NYT magazine, 2015)
It was the kind of story destined to take a dark turn through the conservative news media and grab President Trump’s attention: A vast horde of migrants was making its way through Mexico toward the United States, and no one was stopping them. “Mysterious group deploys ‘caravan’ of illegal aliens headed for U.S. border,” warned Frontpage Mag, a site run by David Horowitz, a conservative commentator. The Gateway Pundit, a website that was most recently in the news for spreading conspiracies about the school shooting in Parkland, Fla., suggested the real reason the migrants were trying to enter the United States was to collect social welfare benefits. And as the president often does when immigration is at issue, he saw a reason for Americans to be afraid. “Getting more dangerous. ‘Caravans’ coming,” a Twitter post from Mr. Trump read. The story of “the caravan” followed an arc similar to many events — whether real, embellished or entirely imagined — involving refugees and migrants that have roused intense suspicion and outrage on the right. The coverage tends to play on the fears that hiding among mass groups of immigrants are many criminals, vectors of disease and agents of terror. And often the president, who announced his candidacy by blaming Mexico for sending rapists and drug dealers into the United States, acts as an accelerant to the hysteria. The sensationalization of this story and others like it seems to serve a common purpose for Mr. Trump and other immigration hard-liners: to highlight the twin dangers of freely roving migrants — especially those from Muslim countries — and lax immigration laws that grant them easy entry into Western nations. The narrative on the right this week, for example, mostly omitted that many people in the caravan planned to resettle in Mexico, not the United States. And it ignored how many of those who did intend to come here would probably go through the legal process of requesting asylum at a border checkpoint — something miles of new wall and battalions of additional border patrol would not have stopped. (…) The story of the caravan has been similarly exaggerated. And the emotional outpouring from the right has been raw — that was the case on Fox this week when the TV host Tucker Carlson shouted “You hate America!” at an immigrants rights activist after he defended the people marching through Mexico. The facts of the caravan are not as straightforward as Mr. Trump or many conservative pundits have portrayed them. The story initially gained widespread attention after BuzzFeed News reported last week that more than 1,000 Central American migrants, mostly from Honduras, were making their way north toward the United States border. Yet the BuzzFeed article and other coverage pointed out that many in the group were planning to stay in Mexico. That did not stop Mr. Trump from expressing dismay on Tuesday with a situation “where you have thousands of people that decide to just walk into our country, and we don’t have any laws that can protect it.” The use of disinformation in immigration debates is hardly unique to the United States. Misleading crime statistics, speculation about sinister plots to undermine national sovereignty and Russian propaganda have all played a role in stirring up anti-immigrant sentiment in places like Britain, Germany and Hungary. Some of the more fantastical theories have involved a socialist conspiracy to import left-leaning voters and a scheme by the Hungarian-born Jewish philanthropist George Soros to create a borderless Europe. NYT
With the help of a humanitarian group called “Pueblo Sin Fronteras” (people without borders), the 1,000 plus migrants will reach the U.S. border with a list of demands to several governments in Central America, the United States, and Mexico. Here’s what they demanded of Mexico and the United States in a Facebook post:  -That they respect our rights as refugees and our right to dignified work to be able to support our families -That they open the borders to us because we are as much citizens as the people of the countries where we are and/or travel -That deportations, which destroy families, come to an end -No more abuses against us as migrants -Dignity and justice -That the US government not end TPS for those who need it -That the US government stop massive funding for the Mexican government to detain Central American migrants and refugees and to deport them -That these governments respect our rights under international law, including the right to free expression -That the conventions on refugee rights not be empty rhetoric. The Blaze
La photographie du 12 juin de la petite Hondurienne de 2 ans est devenue le symbole le plus visible du débat sur l’immigration actuellement en cours aux Etats-Unis et il y a une raison pour cela. Dans le cadre de la politique appliquée par l’administration, avant son revirement de cette semaine, ceux qui traversaient la frontière illégalement étaient l’objet de poursuites criminelles, qui entraînaient à leur tour la séparation des enfants et des parents. Notre couverture et notre reportage saisissent les enjeux de ce moment. Edward Felsenthal (rédacteur en chef de Time)
De nombreuses photos et vidéos circulent sur internet depuis que Donald Trump a mis en place sa politique de tolérance zéro face à l’immigration illégale, ce qui a mené plus de 2.300 enfants à être séparés de leurs parents à la frontière entre Etats-Unis et Mexique. Mais beaucoup d’entre elles ne correspondent pas à la réalité. Vendredi, après la publication d’un décret du président américain marquant son revirement vis-à-vis de cette politique, le doute demeurait sur le temps que mettront ces mineurs à retrouver leurs familles. (…) Au moins trois images, largement partagées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, illustrent des situations qui ne sont pas celles vécues par les 2.342 enfants détenus en raison de leur statut migratoire irrégulier. La première montre une fillette hondurienne, Yanela Varela, en larmes. Elle est vite devenue sur Twitter ou Facebook un symbole de la douleur provoquée par la séparation des familles. (…) La photo a été prise le 12 juin dans la ville de McAllen, au Texas, par John Moore, un photographe qui a obtenu le prix Pulitzer et travaille pour l’agence Getty Images. Time Magazine en a fait sa Une, mettant face à face, dans un photomontage sur fond rouge, la petite fille apeurée et un Donald Trump faisant presque trois fois sa taille et la toisant avec cette simple légende: « Bienvenue en Amérique ». Un article en ligne publié par Time et portant sur cette photo affirmait initialement que la petite fille avait été séparée de sa mère. Mais l’article a ensuite été corrigé, la nouvelle version déclarant: « La petite fille n’a pas été emmenée en larmes par des agents de la police frontalière des Etats-Unis, sa mère est venue la chercher et elles ont été emmenées ensemble ». Time a néanmoins utilisé la photo de la fillette pour sa spectaculaire couverture. Mais au Honduras, la responsable de la Direction de protection des migrants au ministère des Affaires étrangères, Lisa Medrano, a donné à l’AFP une toute autre version: « La fillette, qui va avoir deux ans, n’a pas été séparée » de ses parents. Le père de l’enfant, Denis Varela, a confirmé au Washington Post que sa femme Sandra Sanchez, 32 ans, n’avait pas été séparée de Yanela et que les deux étaient actuellement retenues dans un centre pour migrants de McAllen (Texas). Attaqué pour sa couverture, qui a été largement jugée trompeuse, y compris par la Maison Blanche, Time a déclaré qu’il maintenait sa décision de la publier. (…) Un autre cliché montre une vingtaine d’enfants derrière une grille, certains d’entre eux tentant d’y grimper. Il circule depuis des jours comme une supposée photo de centres de détention pour mineurs à la frontière mexicaine. Mais son auteur, Abed Al Ashlamoun, photographe de l’agence EPA, a pris cette image en août 2010 et elle représente des enfants palestiniens attendant la distribution de nourriture pendant le ramadan à Hébron, en Cisjordanie. Enfin, une troisième image est celle d’un enfant en train de pleurer dans ce qui semble être une cage, et qui remporte un grand succès sur Twitter, où elle a été partagée au moins 25.000 fois sur le compte @joseiswriting. Encore une fois, il s’agit d’un trompe-l’oeil: il s’agit d’un extrait d’une photo qui mettait en scène des arrestations d’enfants lors d’une manifestation contre la politique migratoire américaine et publiée le 11 juin dernier sur le compte Facebook Brown Berets de Cemanahuac. La Croix
Au moins 150 migrants centraméricains sont arrivés à Tijuana au Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Ils sont décidés à demander l’asile à Washington. Plusieurs centaines de migrants originaires d’Amérique centrale se sont rassemblés dimanche 30 avril à la frontière mexico-américaine au terme d’un mois de traversée du Mexique. Nombre d’entre eux ont décidé de se présenter aux autorités américaines pour déposer des demandes d’asile et devraient être placés en centres de rétention. « Nous espérons que le gouvernement des États-Unis nous ouvrira les portes », a déclaré Reyna Isabel Rodríguez, 52 ans, venu du Salvador avec ses deux petits-enfants. L’ONG Peuple Sans Frontières organise ce type de caravane depuis 2010 pour dénoncer le sort de celles et ceux qui traversent le Mexique en proie à de nombreux dangers, entre des cartels de la drogue qui les kidnappent ou les tuent, et des autorités qui les rançonnent. « Nous voulons dire au président des États-Unis que nous ne sommes pas des criminels, nous ne sommes pas des terroristes, qu’il nous donne la chance de vivre sans peur. Je sais que Dieu va toucher son cœur », a déclaré l’une des organisatrices de la caravane, Irineo Mujica. L’ONG, composée de volontaires, permet notamment aux migrants de rester groupés – lors d’un périple qui se fait à pied, en bus ou en train – afin de se prémunir de tous les dangers qui jalonnent leur chemin. En espagnol, ces caravanes sont d’ailleurs appelées « Via Crucis Migrantes » ou le « Chemin de croix des migrants », en référence aux processions catholiques, particulièrement appréciées en Amérique du Sud, qui mettent en scène la Passion du Christ, ou les derniers événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus de Nazareth. Cette année, le groupe est parti le 25 mars de Tapachula, à la frontière du Guatemala, avec un groupe de près de 1 200 personnes, à 80 % originaires du Honduras, les autres venant du Guatemala, du Salvador et du Nicaragua, selon Rodrigo Abeja. Dans le groupe, près de 300 enfants âgés de 1 mois à 11 ans, une vingtaine de jeunes homosexuels et environ 400 femmes. Certains se sont ensuite dispersés, préférant rester au Mexique, d’autres choisissant de voyager par leurs propres moyens. En avril, les images de la caravane de migrants se dirigeant vers les États-Unis avaient suscité la colère de Donald Trump et une forte tension entre Washington et Mexico. Le président américain, dont l’un des principaux thèmes de campagne était la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine, avait ordonné le déploiement sur la frontière de troupes de la Garde nationale. Il avait aussi soumis la conclusion d’un nouvel accord de libre-échange en Amérique du Nord à un renforcement des contrôles migratoires par le Mexique, une condition rejetée par le président mexicain Enrique Pena Nieto. France 24 
Il faut noter que les migrants qui veulent demander l’asile se rendent facilement aux agents de patrouille aux frontières. Ce ne sont pas des migrants sans papiers classiques, ils viennent avec autant de documents que possible pour obtenir l’asile politique. Dans ce groupe se trouvaient une vingtaine de femmes et d’enfants. La plupart venaient du Honduras.  (…) J’avais remarqué une mère qui tenait un enfant. Elle m’a dit que sa fille et elle voyageaient depuis un mois, au départ du Honduras. Elle m’a dit que sa fille avait 2 ans, et j’ai pu voir dans ses yeux qu’elle était sur ses gardes, exténuée et qu’elle avait probablement vécu un voyage très difficile. C’est l’une des dernières familles à avoir été embarquée dans le véhicule. Un des officiers a demandé à la mère de déposer son enfant à terre pendant qu’elle était fouillée. Juste à ce moment-là, la petite fille a commencé à pleurer, très fort. J’ai trois enfants moi-même, dont un tout petit, et c’était très difficile à voir, mais j’avais une fenêtre de tir très réduite pour photographier la scène. Dès que la fouille s’est terminée, elle a pu reprendre son enfant dans ses bras et ses pleurs se sont éteints. Moi, j’ai dû m’arrêter, reprendre mes esprits et respirer profondément. J’avais déjà photographié des scènes comme ça à de nombreuses reprises. Mais celle-ci était unique, d’une part à cause des pleurs de cette enfant, mais aussi parce que cette fois, je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées. Je doute que ces familles aient eu la moindre idée de ce qui allait leur arriver. Tous voyageaient depuis des semaines, ils ne regardaient pas la télévision et n’avaient aucun moyen d’être au courant de la nouvelle mesure de tolérance zéro et de séparation des familles mise en place par Trump. (…) Cela fait dix ans que je photographie l’immigration à la frontière américaine, toujours avec l’objectif d’humaniser des histoires complexes. Souvent, on parle de l’immigration avec des statistiques, arides et froides. Et je crois que la seule manière que les personnes dans ce pays trouvent des solutions humaines est qu’elles voient les gens comme des êtres humains. Je n’avais jamais imaginé que j’allais un jour mettre un visage sur une politique de séparation des familles, mais c’est le cas aujourd’hui. John Moore
Pourquoi aurait-elle fait subir ça à notre petite fille ? (….) Je pense que c’était irresponsable de sa part de partir avec le bébé dans les bras parce qu’on ne sait pas ce qui aurait pu arriver. Denis Hernandez
Interrogé par le Daily Mail, Denis Varela a indiqué que sa femme voulait expérimenter le rêve américain et trouver un travail au pays de l’Oncle Sam, mais qu’il était opposé à l’idée qu’elle parte avec sa fille : « Elle est partie sans prévenir. Je n’ai pas pu dire « Au revoir » à ma fille et maintenant la seule chose que je peux faire, c’est attendre. » Le couple a aussi trois autres enfants, un fils de 14 ans, et deux filles de 11 et 6 ans. « Les enfants comprennent ce qu’il se passe. Ils sont un peu inquiets mais j’essaye de ne pas trop aborder le sujet. Ils savent que leur mère et leur sœur sont en sécurité. » Il a ajouté qu’il espère que « les droits de sa femme et de sa fille sont respectés, parce qu’elles sont des reines […] Nous avons tous des droits. » Ouest France
Protecting children at the border is complicated because there have, indeed, been instances of fraud. Tens of thousands of migrants arrive there every year, and those with children in tow are often released into the United States more quickly than adults who come alone, because of restrictions on the amount of time that minors can be held in custody. Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner. Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing. (…) [Jessica M. Vaughan, the director of policy studies for the Center for Immigration Studies] said that some migrants were using children as “human shields” in order to get out of immigration custody faster. “It makes no sense at all for the government to just accept these attempts at fraud,” Ms. Vaughan said. “If it appears that the child is being used in this way, it is in the best interest of the child to be kept separately from the parent, for the parent to be prosecuted, because it’s a crime and it’s one that has to be deterred and prosecuted.” NYT
Over the weekend, you may have seen a horrifying story: Almost 1,500 migrant children were missing, and feared to be in the hands of human traffickers. The Trump administration lost track of the children, the story went, after separating them from their parents at the border. The news spread across liberal social media — with the hashtag #Wherearethechildren trending on Twitter — as people demanded immediate action. But it wasn’t true, or at least not the way that many thought. The narrative had combined parts of two real events and wound up with a horror story that was at least partly a myth. The fact that so many Americans readily believed this myth offers a lesson in how partisan polarization colors people’s views on a gut emotional level without many even realizing it. As other articles have explained, the missing children and the Trump administration’s separation of families who are apprehended at the border are two different matters. (…) These “missing” children had actually come to the United States without their parents, been picked up by the Border Patrol and then released to the custody of a parent or guardian. Many probably are not really missing. The figure represents the number of children whose households didn’t answer the phone when the Department of Health and Human Services called to check on them. The unanswered phone calls may warrant further welfare checks, but are not themselves a sign that something nefarious has happened. The Obama administration also detained immigrant families and children, as did other recent administrations. This past weekend, some social media users circulated a photo they said showed children detained as a result of President Trump’s policies, but the image was actually from 2014. (…) Long-running social science surveys have found that since the 1980s, Republicans’ opinions of Democrats and Democrats’ opinions of Republicans have been increasingly negative. At the same time, as Lilliana Mason, a political scientist at the University of Maryland, writes in a new book, partisan identity has become an umbrella for other important identities, including those involving race, religion, geography and even educational background. It has become a tribal identity itself, not merely a matter of policy preferences. So it’s not that liberals didn’t care about immigrant children until Mr. Trump became president, or that they’re only pretending to care now so as to score political points. Rather, with the Trump administration’s making opposition to immigrants a signature issue, the topic has become salient to partisan conflict in a way it wasn’t before. Mr. Trump’s treatment of immigrant families and children, when refracted through the lens of partisan bias, affirms liberals’ perception of being engaged in a broader moral struggle with the right, making it feel like an urgent threat. Mr. Obama’s detaining of immigrant children, by contrast, felt like a matter of abstract moral concern. Identity polarization means “you want to show that you’re a good member of your tribe,” Sean Westwood, a political scientist at Dartmouth College who studies partisan polarization, said in an interview early last year. “You want to show others that Republicans are bad or Democrats are bad, and your tribe is good.” Sharing stories on social media “provides a unique opportunity to publicly declare to the world what your beliefs are and how willing you are to denigrate the opposition and reinforce your own political candidates,” he said. Accurate news can serve that purpose. But fake news has an advantage. It can perfectly capture one side’s villainous archetypes of the other, without regard for pesky facts that might not fit the story line. The narrative that President Trump’s team lost hundreds of children after tearing them away from their parents combines some of the main liberal critiques of the administration: that it is racist, that it is authoritarian and that it is incompetent. The administration’s very real policy of separating families already plays to the first two archetypes. By adding in the missing children, the story manages to incorporate an incompetence angle as well. NYT
Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement. Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme la loi le requiert. Jeff Sessions
Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile. Donald Trump
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Time has not responded to a request for comment from The Post, but in a statement sent to media outlets, the magazine said it’s standing by its cover. Washington Post
La photographie du 12 juin de la petite Hondurienne de 2 ans est devenue le symbole le plus visible du débat sur l’immigration en cours aux États-Unis et il y a une raison pour cela. Dans le cadre de la politique appliquée par l’administration, avant son revirement de cette semaine, ceux qui traversaient la frontière illégalement étaient l’objet de poursuites criminelles, qui entraînaient à leur tour la séparation des enfants et des parents. Notre couverture et notre reportage saisissent les enjeux de ce moment. Edward Felsenthal (rédacteur en chef de Time).
The Time cover is an illustration that interprets a wider issue being reported on within the magazine. The photograph I took is a straightforward and an honest image; it shows a brief moment in time of a distressed little girl, whose mother is being searched as they are both taken into custody. I believe this image has raised awareness of the zero tolerance policy of the current administration. Having covered immigration for Getty Images for 10 years, this photograph for me is part of a much larger story. John Moore
Obviously this child never met the president, it’s not misleading at all in that sense. I think that the power of it is in the juxtaposition of the two figures, of the child who quickly came to represent all of the children that we’re talking about, and the president who was making the decisions about their fate. Nancy Gibbs (former editor of Time)
It was well within the parameters of editorial license. This is a caustic, sharp-edged cover. But it’s a caustic, sharp-edged cover about an issue that is deeply emotional that has divided America. Moore’s photos are « iconic » and will be remembered alongside historic images of Emmett Till and the photo of a naked little girl running from a Naplam attack in Vietnam. Bruce Shapiro (Columbia University)
Il existe aux Etats-Unis un grave problème d’immigration illégale. Trump a commencé à prendre des décisions pour le régler. Les entrées clandestines dans le pays par la frontière Sud ont diminué de 70 pour cent. Elles sont encore trop nombreuses. Les immigrants illégaux présents dans le pays ne sont pas tous criminels, mais ils représentent une proportion importante des criminels incarcérés et des membres de gangs violents impliqués, entre autres, dans le trafic de drogue. Jeff Sessions, ministre de la justice inefficace dans d’autres secteurs, est très efficace dans ce secteur. Les Démocrates veulent que l’immigration illégale se poursuive, et s’intensifie, car ils ont besoin d’un électorat constitué d’illégaux fraîchement légalisés pour maintenir à flot la coalition électorale sur laquelle ils s’appuient et garder des chances de victoire ultérieure (minorités ethniques, femmes célibataires, étudiants, professeurs). La diminution de l’immigration clandestine leur pose problème. Les actions de la police de l’immigration (ICE; Immigration Control Enforcement) suscitent leur hostilité, d’où l’existence de villes sanctuaires démocrates et, en Californie, d’un Etat sanctuaire(démocrate, bien sûr). Ce qui se passe depuis quelques jours à la frontière Sud du pays est un coup monté auquel participent le parti démocrate, les grands médias américains, des organisations gauchistes, et le but est de faire pression sur Trump en diabolisant son action. La plupart des photos utilisées datent des années Obama, au cours desquelles le traitement des enfants entrant clandestinement dans le pays était exactement similaire à ce qu’il est aujourd’hui, sans qu’à l’époque les Démocrates disent un seul mot. Les enfants qui pleurent sur des vidéos ont été préparés à être filmés à des fins de propagande et ont appris à dire “daddy”, “mummy”. Le but est effectivement de faire céder Trump. Quelques Républicains à veste réversible ont joint leur voix au chœur. Trump, comme il sait le faire, a agi pour désamorcer le coup monté. On lui reproche de faire ce qui se fait depuis des années (séparer les enfants de leurs parents dès lors que les parents doivent être incarcérés) ? Il vient de décider que les enfants ne seront plus séparés des parents, et qu’ils seront placés ensemble dans des lieux de rétention.  Cela signifie-t-il un recul ? Non. La lutte contre l’immigration clandestine va se poursuivre selon exactement la même ligne. Les parents qui ont violé la loi seront traités comme ils l’étaient auparavant. Les enfants seront-ils dans de meilleures conditions ? Non. Ils ne seront pas dans des conditions plus mauvaises non plus. Décrire les lieux où ils étaient placés jusque là comme des camps de concentration est une honte et une insulte à ceux qui ont été placés dans de réels camps de concentration (certains Démocrates un peu plus répugnants que d’autres sont allés jusqu’à faire des comparaisons avec Auschwitz !) : les enfants sont placés dans ce qui est comparable à des auberges pour colonies de vacances. Un enfant clandestin coûte au contribuable américain à ce jour 35.000 dollars en moyenne annuelle. Désamorcer le coup monté ne réglera pas le problème d’ensemble. Des femmes viennent accoucher aux Etats-Unis pour que le bébé ait la nationalité américaine et puisse demander deux décennies plus tard un rapprochement de famille. Des gens font passer leurs enfants par des passeurs en espérant que l’enfant sera régularisé et pourra lui aussi demander un rapprochement de famille. Des parents paient leur passage aux Etats Unis en transportant de la drogue et doivent être jugés pour cela (le tarif des passeurs si on veut passer sans drogue est  de 10.000 dollars par personne). S’ils sont envoyés en prison, ils n’y seront pas envoyés avec leurs enfants.  Quand des trafiquants de drogue sont envoyés en prison, aux Etats-Unis ou ailleurs, ils ne vont pas en prison en famille, et si quelqu’un suggérait que leur famille devait les suivre en prison, parce que ce serait plus “humain”, les Démocrates seraient les premiers à hurler. Les Etats-Unis, comme tout pays développé, ne peuvent laisser entrer tous ceux qui veulent entrer en laissant leurs frontières ouvertes. Un pays a le droit de gérer l’immigration comme il l’entend et comme l’entend sa population, et il le doit, s’il ne veut pas être submergé par une population qui ne s’intègre pas et peut le faire glisser vers le chaos. Les pays européens sont confrontés au même problème que les Etats-Unis, d’une manière plus aiguë puisqu’en Europe s’ajoute le paramètre “islam”. La haine de la civilisation occidentale imprègne la gauche européenne, qui veut la dissolution des peuples européens. Une même haine imprègne la gauche américaine, qui veut la dissolution du peuple américain. Les grandes villes de l’Etat sanctuaire de Californie sont déjà méconnaissables, submergées par des sans abris étrangers (pas un seul pont de Los Angeles qui n’abrite désormais un petit bidonville, et un quart du centre ville est une véritable cour des miracles, à San Francisco ce n’est pas mieux). Il n’est pas du tout certain que le coup monte servira les Démocrates lors des élections de mi mandat. Nombre d’Américains ne veulent pas la dissolution du peuple américain. Guy Millière
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas

Attention: une manipulation peut en cacher beaucoup d’autres !

Au lendemain de la révélation que la petite Hondurienne de deux ans dont les larmes avaient fait le tour du monde comme symbole de la séparation des familles de migrants aux Etats-Unis …

N’avait en fait jamais été séparée de sa mère, comme a bien dû le reconnaitre – problème de « mauvaise formulation », s’il vous plait  ! – le célèbre « Time magazine » lui-même qui en avait fait sa couverture

Ayant même, selon les dires du père resté seul avec leurs trois autres enfants, été emmenée à son insu par sa mère après une première tentative il y a cinq ans non de fuir la violence de son Honduras natal comme il avait été dit mais de « réaliser son rêve américain »…

Et sans compter la fausse attribution à l’Administration Trump de photos d’enfants détenus datant de 2014 et donc, comme d’ailleurs la pratique elle-même (mesure de protection des enfants – faut-il le rappeler ? – que, sauf en Corée du nord, l’on n’emprisonne normalement pas avec leur parents délinquants), de l’Administration Obama qui l’avait précédée …

Comment ne pas repenser …

Au-delà de la véritable situation de chaos, y compris par le simple effet de leur nombre dans les centres de rétention, que fuient et subissent depuis au moins dix ans nombre de demandeurs d’asile …

Des enfants boucliers humains du Hamas au petit Mohammed ou au petit Aylan ou même tout dernièrement à la petite Leila de Gaza …

A non seulement, dévoyant et détournant ce singulier souci des plus faibles qui fait la singularité de l’Occident judéo-chrétien, l’irresponsabilité voire de l‘intention clairement criminelle de tous ces parents, appuyés par militants et ONG sansfrontieristes, qui exploitent ainsi la misère de leurs enfants …

Mais aussi à la lourde responsabilité de médias qui, entre deux « mauvaises formulations » ou manipulations, leur servent de caisse de résonance ou même les encouragent …

Et qui aujourd’hui n’ont que le mot « fake news » à la bouche quand il s’agit de qualifier les dires du président Trump ou des rares médias qui le défendent encore ?

Charlotte d’Ornellas

Valeurs actuelles

21 juin 2018

Immigration. Pendant plusieurs jours, les médias du monde entier ont fait tourner en boucle des images d’enfants clandestins séparés de leurs parents à la frontière mexicano-américaine. Au point d’empêcher toute possibilité de réflexion.

Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ».

La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison.

Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains.

Parce qu’un rappel n’est pas inutile dans le débat : franchir illégalement la frontière d’un pays est une violation de la loi. Un délit, puni d’emprisonnement aux Etats-Unis. Avec sa raison et non ses bons sentiments irrationnels, l’homme politique interrogé aurait donc pu être plus juste : si vous commettez un crime ou un délit passible de prison, vous aussi pourriez être séparés de vos enfants.

Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter.

Certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014

Mais penchons-nous plus précisément sur ce qui se passe à la frontière mexico-américaine. Et plutôt que de regarder la situation actuelle, qui ne saurait être analysée de manière raisonnable maintenant que Trump préside les Etats-Unis, remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls.

Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » 

Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 !

Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles.

Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. Or Trump a été élu pour une tolérance zéro : la loi est donc strictement appliquée. Cette même loi américaine ne permet pas que les enfants puissent suivre leurs parents lorsque ces derniers sont poursuivis pénalement. La séparation était donc une conséquence logique, même très pénible, du choix des Américains.

«Le dilemme est si vous êtes mou, le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur» 

C’est d’ailleurs ce qu’a immédiatement répondu le ministre américain de la justice Jeff Session : « Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement. Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme la loi le requiert ». 

Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants.
Le Président lui-même a fini  par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.»

Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Mais Donald Trump a insisté sur sa détermination à stopper l’immigration illégale en même temps, appelant de ses vœux un vote du Congrès pour « changer les lois ». Depuis son accession à la présidence, notamment due à un discours extrêmement ferme sur l’immigration, Donald Trump est empêché par les démocrates, comme par son administration : ils bloquent son projet de mur à la frontière, l’immigration fondée sur le mérite ainsi que tous les ajustements proposés pour les forces de l’ordre.

La situation finit par le servir, et il ne pouvait l’ignorer : il vient de faire une concession, il appelle maintenant le Congrès à voter contre les « anciennes lois horribles » en adoptant la sienne. Nul ne connaît la suite. Mais pour Donald Trump, le défi est immense. S’il n’a pas été élu sur la seule promesse d’une tolérance zéro vis-à-vis de l’immigration illégale, le sujet reste l’une des préoccupations majeures de ses électeurs.

Voir aussi:

Yanela, symbole des enfants séparés dans « Time magazine »… tout n’était pas tout à fait vrai

DÉCRYPTAGE – Son visage, en larmes, s’affiche en une du célèbre « Time Magazine » face au président Donald Trump dans un photomontage saisissant. Symbole de la politique migratoire qui a éloigné des milliers d’enfants de leurs parents, la petite Yanela Hernandez n’aurait en réalité jamais été séparée de sa mère. Le sort de la maman et de la fille, originaires du Honduras, reste néanmoins inconnu. Explications.

C’est une image qui a fait le tour du monde en quelques heures. Pour illustrer sa dernière Une, consacrée à la polémique autour de la politique migratoire de Donald Trump, le célèbre « Time Magazine » a réalisé un photomontage sur fond rouge qui met en scène une fillette en pleurs, sous les yeux du président, un sourire en coin. Le titre ? « Welcome to America » (Bienvenue en Amérique).

Sur le site de l’hebdomadaire, le photographe de l’agence Getty John Moore expliquait mercredi les coulisses du cliché, pris le 11 juin dernier à la frontière entre le Texas et le Mexique. Il a été réalisé au moment où les policiers étaient en train de fouiller la mère de la petite fille, âgée de 2 ans. « Dès qu’ils ont eu terminé, elles ont été mises dans un camion (…) Tout ce que je voulais, c’est la prendre avec moi. Mais je ne pouvais pas. »

Le photographe laisse également entendre que la mère et l’enfant, originaires du Honduras, ont pu être séparées par la suite, comme l’ont été au moins 23.000 enfants sans papiers depuis avril dernier, dans le cadre de politique de tolérance zéro menée par l’administration en matière migratoire. Face au tollé international, le président américain a annoncé mettre fin à ces séparations, expliquant également avoir été influencé par son épouse Melania.

Quid de la petite fille en une de « Time » ? Depuis la parution du magazine, de nombreux internautes ont relayé un appel pour aider à la retrouver, soutenus par de nombreuses personnalités comme les écrivains Don Winslow et Stephen King. Interrogé mercredi par le site américain Buzzfeed, un porte-parole de la police des frontière affirmait toutefois que mère et fille n’avait pas été séparées, sans donner plus de précision.

C’est finalement le père de la fillette qui a donné de ses nouvelles, ce vendredi. Dans un entretien téléphonique accordé au Daily Mail depuis le Honduras, Denis Javier Valera Hernandez, 32 ans, révèle que l’enfant s’appelle Yanela et qu’elle n’aurait pas été séparée de sa mère, Sandra. « Vous imaginez ce que j’ai ressenti lorsque j’ai vu la photo de ma fille. J’en ai eu le coeur brisé. C’est difficile pour un père de voir ça. Mais je sais maintenant qu’elles sont hors de danger. Elles sont plus en sécurité que lorsqu’elles ont fait le voyage vers la frontière. »

Denis Hernandez explique que sa femme et sa fille ont quitté leur pays en bateau, le 3 juin dernier, depuis le port de Puerto Cortes, sans le prévenir, afin de rejoindre des membres de sa famille déjà installés aux Etats-Unis. Pour effectuer le voyage, la mère aurait payé 6.000 dollars à un passeur. Depuis leur arrestation, Il affirme qu’elles sont détenues ensemble dans la ville frontalière de McAllen, au Texas, dans l’attente de l’examen d’un dossier de demande d’asile que la mère a déposé. S’il est refusé, elles seront contraintes de rentrer au Honduras.

« J’attends de voir ce qui va leur arriver »,  réagit le père dans un autre entretien accordé à l’agence de Reuters, qui a eu confirmation des faits par Nelly Jerez, la ministre des Affaires étrangères du Honduras. Ni les autorités américaines, ni « Time Magazine », n’ont commenté ces informations pour le moment. Et certains internautes continuent de les mettre en doute, tant que Yanela et sa mère n’auront pas été filmées par les caméras de télévision…

Quoi qu’il en soit, cet imbroglio vient mettre en lumière la difficulté de réunir les familles, dans la foulée de la décision  spectaculaire de la Maison Blanche. D’après Jodi Goodwin, avocate spécialisée dans l’immigration au Texas,  l’organisme ayant pris en charge les enfants ne dispose pas d’un système pour se synchroniser avec les autorités migratoires qui détiennent les parents et assurer ainsi une fluidité des informations.

« Lorsque je parle avec les parents, ils ont le regard fixé dans le vide parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas comprendre, ils ne peuvent accepter, ils ne peuvent croire qu’ils ignorent où se trouvent leurs enfants et que le gouvernement américain les leur a retirés », a-t-elle expliqué à l’AFP. Un discours partagé dans les médias par de nombreuses ONG pour qui le revirement de Donald Trump n’est qu’une étape.

Rappelons que le décret, signé par le président américain devant les caméras, stipule que des poursuites pénales continueront à être engagées contre ceux qui traversent la frontière illégalement. Mais que parents et enfants seront détenus ensemble dans l’attente de l’examen de leur dossier. La petite Yanela et sa mère bénéficieront-elles de la clémence de la Maison Blanche ?

Voir de même:

La fillette en larmes sur la couverture du « Time » n’avait pas été séparée de sa mère
La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.
Delphine Bernard-Bruls
Le Monde
22.06.2018

Sur sa dernière couverture, le magazine américain Time a réutilisé une photographie déjà célèbre montrant une fillette en larmes alors que sa mère est arrêtée par la police à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Placée face au président américain, Donald Trump, et à l’expression « Bienvenue en Amérique », la photo devait illustrer la politique migratoire de « tolérance zéro » qui a mené à plus de 2 000 séparations entre parents et enfants clandestins. Sauf que, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont laissé penser, la mère et la fille n’ont pas été séparées à leur arrivée à McAllen, au Texas.

Le photographe de Getty Images, John Moore, savait que la fillette au gilet rose et sa mère arrivaient du Honduras, rien de plus. S’il ignorait que son cliché illustrerait le mouvement d’indignation contre la politique migratoire de M. Trump – contre laquelle ce dernier a finalement signé un décret le 20 juin – il ne savait pas plus que mère et fille n’avaient pas été séparées mais internées ensemble. Dans le Time, M. Moore a expliqué avoir photographié la mère et la fille dans la nuit du 12 au 13 juin alors qu’elles achevaient un mois de marche en direction des Etats-Unis.
Mise à jour tardive

Interrogé sur CNN, le photographe a souligné en début de semaine ne pas avoir été témoin d’une quelconque séparation, mais a rapporté que mère et fille « ont été envoyées vers un centre où elles ont peut-être été séparées », comme quelque 2 000 familles au cours de ces deux derniers mois. Le Time a lui-même fait l’erreur : après avoir d’abord affirmé le 19 juin que mère et fille avaient été séparées, le magazine a ajouté une mise à jour au bas de son article.

« La version originale de cet article a fait une fausse affirmation quant au sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »

A des milliers de kilomètres de là, au Honduras, Denis Javier Varela Hernandez a reconnu la bambine en larmes figurant sur la photo devenue virale, et assuré qu’il s’agissait de sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs semaines. Il a d’abord affirmé cela, mardi sur la chaîne de télévision hispanophone Univision : « Cette photo… dès que je l’ai vue j’ai su que c’était ma fille. » Il a répété cette affirmation au quotidien britannique Daily Mail, précisant que sa compagne ne l’avait pas mis au courant de ses projets de migration vers les Etats-Unis. Sans nouvelles d’elle depuis son départ, il a appris la semaine dernière qu’elle avait été interpellée à son arrivée au Texas, mais internée avec sa fille.

D’autres sources sont venues corroborer les propos du père, resté au Honduras : « La mère et la fille n’ont pas été séparées », a déclaré une porte-parole des autorités douanières et frontalières au Daily Beast. Côté hondurien, la ministre adjointe des relations internationales, Nelly Jerez, a confirmé le récit du père auprès de l’agence de presse Reuters. Optimiste, ce dernier a estimé que « si elles sont déportées, ça ne fait rien, tant qu’ils ne laissent pas l’enfant sans sa mère ».

Voir de plus:

Que devient la fillette qui a ému l’Amérique ?

Valentin Davodeau

Ouest France

22 juin 2018

La photo de cette enfant de 2 ans en pleurs, arrêtée à la frontière entre le Mexique et les États-Unis avec sa mère, avait fait le tour des médias américains et internationaux. Selon le père de la fillette, elles seraient toutes les deux détenues actuellement dans un centre au Texas.

« Elles sont détenues dans un établissement du Texas mais elles vont bien », a déclaré Denis Javier Varela Hernandez, père de la petite Yanela, 2 ans, et mari de Sandra Sanchez, 32 ans. Interrogé par différents médias, cet homme de 32 ans vivant à Puerto Cortes au Honduras dit avoir reconnu sa fille sur cette photo qui a fait le tour du monde. « Mon cœur était en miette quand j’ai vu ma petite fille sur cette image », a-t-il expliqué à Univision,

La mère et sa fille n’ont pas été séparées

Denis Varela a précisé que sa femme et sa fille n’ont pas été séparées quand elles ont été interceptées le 12 juin par la patrouille des frontières, à proximité de la ville d’Hidalgo, au Texas. Depuis le 5 mai, plus de 2 300 enfants ont été écartés de leurs parents alors que ces familles tentaient de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Yanela et sa mère se trouveraient actuellement dans un centre de rétention à Dilley, au sud du « Lone Star State ». Parties du Honduras le 3 juin, Sandra Sanchez et Yanela ont parcouru près de 2 900 kilomètres pour arriver jusqu’aux États-Unis.

Le rêve américain

Interrogé par le Daily Mail, Denis Varela a indiqué que sa femme voulait expérimenter le rêve américain et trouver un travail au pays de l’Oncle Sam, mais qu’il était opposé à l’idée qu’elle parte avec sa fille : « Elle est partie sans prévenir. Je n’ai pas pu dire « Au revoir » à ma fille et maintenant la seule chose que je peux faire, c’est attendre. »

Le couple a aussi trois autres enfants, un fils de 14 ans, et deux filles de 11 et 6 ans. « Les enfants comprennent ce qu’il se passe. Ils sont un peu inquiets mais j’essaye de ne pas trop aborder le sujet. Ils savent que leur mère et leur sœur sont en sécurité. » Il a ajouté qu’il espère que « les droits de sa femme et de sa fille sont respectés, parce qu’elles sont des reines […] Nous avons tous des droits. »

Voir encore:

Cette photo bouleverse le monde entier et illustre les effets de la politique de « tolérance zéro » revendiquée par Donald Trump sur la politique de séparation des familles pour lutter contre l’immigration illégale.

Une petite fille en pleurs, vêtue d’un tee-shirt rose et de chaussures assorties. Du haut de ses 2 ans, elle regarde avec effroi un garde-frontière qui vient d’arrêter sa mère, une immigrée hondurienne qui tentait de passer la frontière entre les États-Unis et le Mexique. La photo a été prise le 12 juin et a, depuis, fait le tour du monde. Elle donne un visage aux 2 000 enfants séparés de leurs parents depuis que l’administration de Donald Trump a abruptement décrété début mai une politique de « tolérance zéro », sous la houlette de l’ultraconservateur ministre de la Justice, Jeff Sessions.

L’auteur de cette image, John Moore, s’efforce depuis dix ans d’illustrer l’immigration et ses souffrances. Mais cette photo restera unique à ses yeux. Ce correspondant spécial de Getty Images, titulaire du prix Pulitzer et auteur du livre de photos Undocumented (« Clandestin » en français), répond aux questions de franceinfo et nous raconte l’émotion de cette scène.

Franceinfo : Dans quelles circonstances avez-vous photographié cette famille ? 

John Moore : J’étais à McAllen, dans la vallée du Rio Grande, dans le sud du Texas, près de la frontière avec le Mexique. Je suivais les patrouilles aux frontières pendant leurs opérations. Cette nuit-là, un groupe de migrants a atteint les États-Unis. Ils ont été arrêtés et réunis au bord d’une route en terre par les patrouilles. Il faut noter que les migrants qui veulent demander l’asile se rendent facilement aux agents de patrouille aux frontières. Ce ne sont pas des migrants sans papiers classiques, ils viennent avec autant de documents que possible pour obtenir l’asile politique. Dans ce groupe se trouvaient une vingtaine de femmes et d’enfants. La plupart venaient du Honduras. Tous ces migrants ont dû se débarrasser de leurs effets personnels, ils ont dû se défaire de leurs sacs, de leurs bijoux et même des lacets de leurs chaussures. Il ne leur restait plus que leurs vêtements. Ils ont ensuite été fouillés avant d’être embarqués dans un van qui allait les emmener dans un centre de rétention.

Pourquoi la petite fille pleure-t-elle sur votre photo ? 

J’avais remarqué une mère qui tenait un enfant. Elle m’a dit que sa fille et elle voyageaient depuis un mois, au départ du Honduras. Elle m’a dit que sa fille avait 2 ans, et j’ai pu voir dans ses yeux qu’elle était sur ses gardes, exténuée et qu’elle avait probablement vécu un voyage très difficile. C’est l’une des dernières familles à avoir été embarquée dans le véhicule. Un des officiers a demandé à la mère de déposer son enfant à terre pendant qu’elle était fouillée.

Juste à ce moment-là, la petite fille a commencé à pleurer, très fort. J’ai trois enfants moi-même, dont un tout petit, et c’était très difficile à voir, mais j’avais une fenêtre de tir très réduite pour photographier la scène. Dès que la fouille s’est terminée, elle a pu reprendre son enfant dans ses bras et ses pleurs se sont éteints. Moi, j’ai dû m’arrêter, reprendre mes esprits et respirer profondément.

Comment avez-vous vécu la scène ? 

J’avais déjà photographié des scènes comme ça à de nombreuses reprises. Mais celle-ci était unique, d’une part à cause des pleurs de cette enfant, mais aussi parce que cette fois, je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées. Je doute que ces familles aient eu la moindre idée de ce qui allait leur arriver. Tous voyageaient depuis des semaines, ils ne regardaient pas la télévision et n’avaient aucun moyen d’être au courant de la nouvelle mesure de tolérance zéro et de séparation des familles mise en place par Trump.

Même maintenant, quand je regarde ces photos, cela m’attriste toujours, alors que je les ai maintenant vues de nombreuses fois. Cela fait dix ans que je photographie l’immigration à la frontière américaine, toujours avec l’objectif d’humaniser des histoires complexes. Souvent, on parle de l’immigration avec des statistiques, arides et froides. Et je crois que la seule manière que les personnes dans ce pays trouvent des solutions humaines est qu’elles voient les gens comme des êtres humains. Je n’avais jamais imaginé que j’allais un jour mettre un visage sur une politique de séparation des familles, mais c’est le cas aujourd’hui.

Je suis actuellement de retour chez moi, dans le Connecticut. Je suis très heureux d’être à la maison, avec mes enfants, pendant un moment. Ma dernière semaine de reportage m’a rappelé que nous ne pouvons jamais prendre la présence de nos êtres aimés pour acquise.

Voir aussi:

The crying Honduran girl on the cover of Time was not separated from her mother

The widely shared photo of the little girl crying as a U.S. Border Patrol agent patted down her mother became a symbol of the families pulled apart by the Trump administration’s “zero tolerance” policy at the border, even landing on the new cover of Time magazine.

But the girl’s father told The Washington Post on Thursday night that his child and her mother were not separated, and a U.S. Customs and Border Protection spokesman confirmed that the family was not separated while in the agency’s custody. In an interview with CBS News, Border Patrol agent Carlos Ruiz, who was among the first to encounter the mother and her daughter at the border in Texas, said the image had been used to symbolize a policy but “that was not the case in this picture.”

Ruiz, who was not available for an interview Friday, said agents asked the mother, Sandra Sanchez, to put down her daughter, nearly 2-year-old Yanela, so they could search her. Agents patted down the mother for less than two minutes, and she immediately picked up her daughter, who then stopped crying.

“I personally went up to the mother and asked her, ‘Are you doing okay? Is the kid okay?’ and she said, ‘Yes. She’s tired and thirsty. It’s 11 o’clock at night,” Ruiz told CBS News.

The revelation has prompted a round of media criticism from the White House and other conservatives.

“It’s shameful that dems and the media exploited this photo of a little girl to push their agenda,” White House spokeswoman Sarah Huckabee Sanders tweeted Friday. “She was not separated from her mom. The separation here is from the facts.”

The heart-wrenching image, captured by award-winning Getty Images photographer John Moore, was spread across the front pages of international newspapers. It was used to promote a Facebook fundraiser that has collected more than $18 million to help reunite separated families.

And on Thursday, hours before the little girl’s father spoke out, Time magazine released its July 2 cover using the child’s image — without the mother — in a photo illustration that shows her looking up at President Trump, who is seen towering above her.

“Welcome to America,” the cover reads.

Time has not responded to a request for comment from The Post, but in a statement sent to media outlets, the magazine said it’s standing by its cover.

Time also has added a correction to an online article and gallery that ran Tuesday, before the cover was released: “The original version of this story misstated what happened to the girl in the photo after she [was] taken from the scene. The girl was not carried away screaming by U.S. Border Patrol agents; her mother picked her up and the two were taken away together.”

Moore, the photographer, told The Post in an email that Time corrected the story after he made a request minutes after it was published. He said that the picture “is a straightforward and honest image” showing a “distressed little girl” whose mother was being searched by border officials.

“I believe this image has raised awareness to the zero-tolerance policy of this administration. Having covered immigration for Getty Images for 10 years, this photograph for me is part of a much larger story,” Moore said, adding later: “The image showed a moment in time at the border, but the emotion in the little girl’s distress has ignited a response. As a photojournalist, my job is to inform and report what is happening, but I also think it is important to humanize an issue that is often reported in statistics.”

Moore told The Post’s Avi Selk that he ran into the mother and toddler in McAllen, Tex., on the night of June 12. He knew only that they were from Honduras and had been on the road for about a month. “I can only imagine what dangers she’d passed through, alone with the girl,” he said.

Moore photographed the girl crying as the border agent patted down the mother.

Moore said the woman picked up her daughter, they walked into the van, and the van drove away. When he took the picture, he said he did not know whether the mother and her daughter would be separated, “but it was a very real possibility,” given the slew of family separations carried out by the Trump administration.

He said he’s glad that although the two were detained, “they are together.”

In Honduras, Denis Javier Varela Hernandez recognized his daughter in the photo and also feared that she was separated from her mother, he told The Post.

But he said he learned this week that his 32-year-old wife and daughter were, in fact, detained together at a facility in McAllen. Honduran Deputy Foreign Minister Nelly Jerez confirmed Varela’s account to Reuters.

An Immigration and Customs Enforcement spokesman said in a statement to The Post that Sanchez was arrested by the U.S. Border Patrol near Hidalgo, Tex., on June 12 while traveling with a family member. She was transferred to ICE custody on June 17 and is being housed at the South Texas Family Residential Center in Dilley, Tex., according to ICE.

ICE said Sanchez was previously deported to Honduras in July 2013.

Sanchez and her daughter left for the United States from Puerto Cortes, north of the Honduran capital of Tegucigalpa, on June 3, Varela said. Sanchez had told her husband that she hoped to go to the United States to seek a better life for her children, away from the dangers of their home country. But she left without telling him that she was taking their youngest daughter with her. Varela, who has three other children with Sanchez, feared for the little girl’s safety, he said. Yanela is turning 2 years old in July.

After Sanchez left, Varela had no way to contact her or learn of her whereabouts. Then, on the news, he saw the photo of the girl in the pink shirt.

“The first second I saw it, I knew it was my daughter,” Varela told The Post. “Immediately, I recognized her.”

He heard that U.S. officials were separating families at the border, before Trump reversed the policy Wednesday. Varela felt helpless and distressed “imagining my daughter in that situation,” he said.

This week, Varela received a phone call from an official with Honduras’s foreign ministry, letting him know his wife and daughter were detained together. While he doesn’t know anything about the conditions of the facility or what is next for Sanchez and Yanela, he was relieved to hear they were in the same place.

As news emerged late Thursday that the mother and child were not separated, conservative media jumped on the story, portraying it as evidence of “fake news” surrounding the Trump administration’s immigration policies.

It was the most prominent story on the home page of the conservative news outlet Breitbart, which called it a “fake news photo.” Infowars, owned by conspiracy theorist Alex Jones, singled out Time and CNN for using the “completely misleading” image to push “open border propaganda.”

Donald Trump Jr. has been talking about the photo on Twitter on Friday.

“No one is shocked anymore. There is a no low they won’t go to for their narrative,” the president’s eldest son tweeted.

Varela pushed back against the portrayals of his daughter’s story, saying it should not cast doubt on the “human-rights violations” taking place at the border.

“This is the case for my daughter, but it is not the case for 2,000 children that were separated from their parents,” Varela said.

At least 2,500 migrant children have been separated from their parents at the border since May 5.

Varela said he felt “proud” that his daughter has “represented the subject of immigration” and helped propel changes in policy. But he asked that Trump “put his hand on his heart.”

He hopes that U.S. officials will grant asylum to his wife and daughter, he said.

Asked whether he would also like to come to the United States, he said, “Of course, someday.”

Voir de même:

EXCLUSIVE: ‘They’re together and safe’: Father of Honduran two-year-old who became the face of family separation crisis reveals daughter was never separated from her mother, but the image of her in tears at U.S. border control ‘broke his heart’

  • Denis Javier Varela Hernandez spoke out about the status of his wife Sandra, 32, and daughter, Yanela, 2
  • Yanela became the face of the immigration crisis after a Getty photographer snapped a photo of her in tears
  • Speaking to DailyMail.com Hernandez said he has still not been in direct contact with his wife Sandra because he does not have a way of communicating
  • Denis said a Honduran official in the US told him that his wife and daughter are together and are doing ‘fine’
  • Sandra was part of a group that were caught by Border Patrol agents after making their way across the Rio Grande river on a raft
  • She set out on her journey from Puerto Cortes, Honduras to the U.S. at 6am on June 3 and allegedly paid $6,000 for a coyote
  • Hernandez  said he did not support his wife’s decision to make the journey with their young daughter in her arms and never got to properly say goodbye

The father of the Honduran girl who became the face of the family separation crisis has revealed that he still has not been in touch with his wife or daughter but was happy to learn they are safe.

Denis Javier Varela Hernandez, 32, said that he had not heard from his wife Sandra, 32, who was with his two-year-old daughter Yanela Denise, for nearly three weeks until he saw the image of them being apprehended in Texas.

In an exclusive interview with DailyMail.com, Hernandez, who lives in Puerto Cortes, Honduras, says that he was told on Wednesday by a Honduran official in the US that his wife and child are being detained at a family residential center in Texas but are together and are doing ‘fine.’

‘You can imagine how I felt when I saw that photo of my daughter. It broke my heart. It’s difficult as a father to see that, but I know now that they are not in danger. They are safer now than when they were making that journey to the border,’ he said.

A spokeswoman for Immigration and Customs Enforcement (ICE) has told DailyMail.com that Sandra had been previously been deported from the US in 2013.

The spokeswoman said that she was ‘encountered by immigration officials in Hebbronville, Texas’ in and sent back to Honduras 15 days later under ‘expedited removal.’

Sandra current immigration proceedings are ‘ongoing’ and she is being housed at a family detention center in Texas.

Denis said that his wife had previously mentioned her wish to go to the United States for a ‘better future’ but did not tell him nor any of their family members that she was planning to make the trek.

‘I didn’t support it. I asked her, why? Why would she want to put our little girl through that? But it was her decision at the end of the day.’

He said that Sandra had always wanted to experience ‘the American dream’ and hoped to find a good job in the States.

Denis, who works as a captain at a port on the coast of Puerto Cortes, explained that things back home were fine but not great, and that his wife was seeking political asylum.

He said that Sandra set out on the 1,800-mile journey with the baby girl on June 3, at 6am, and he has not heard from her since.

‘I never got the chance to say goodbye to my daughter and now all I can do is wait’, he said, adding that he hopes they are either granted political asylum or are sent back home.

‘I don’t have any resentment for my wife, but I do think it was irresponsible of her to take the baby with her in her arms because we don’t know what could happen.’

The couple has three other children, son Wesly, 14, and daughters Cindy, 11, and Brianna, six.

‘The kids see what’s happening. They’re a little worried but I don’t try to bring it up that much. They know their mother and sister are safe now.’

Denis said that he believes the journey across the border is only worth it to some degree, and admits that it’s not something he would ever consider.

He said he heard from friends that his wife paid $6,000 for a coyote – a term for someone who smuggles people across the border.

‘I wouldn’t risk my life for it. It’s hard to find a good job here and that’s why many people choose to leave. But I thank God that I have a good job here. And I would never risk my life making that journey.’

The heart-breaking photo was taken by Getty photographer John Moore close to midnight on the night of June 12 near McAllen, Texas, as the row over Donald Trump’s separation of migrant parents and children escalated.

Denis said that he hopes to use the photo and his family’s situation to help him reunite with his daughter.

‘I don’t want money, what I want is someone to tell me that my daughter is going to be OK.’

When asked about his views on Trump’s border policy, Denis said: ‘I’ve never seen it in a positive light the way others do. It violates human rights and children’s rights. Separating children from their parents is just wrong. They are suffering and are traumatized.

‘The laws need to be modified and we need to have a conversation. It’s just not right.

‘[Illegal] Immigration and drug smuggling across the United States border is never gonna stop. They can build a wall and it’s never going to stop,’ he said.

Sandra was part of a group that were caught by Border Patrol agents after making their way across the Rio Grande river on a raft.

Moore’s photo showed Yanela crying on a dirt track as her mother is patted down by a Border Patrol agent.

For many the photo summed up the cruelty of Trump’s ‘zero tolerance’ policy towards migrants which has caused 2,300 children to be separated from their mothers and fathers.

A photo of Yanela was used on the front cover of TIME magazine to show the devastating effect of the policy, which was brought in in April.

But actually Yanela remained with her mother after she arrived in the US after making the perilous 1,800 mile journey North through Central America and Mexico,

TIME magazine later issued a clarification saying that the original version of its story accompanying the cover was wrong because Yanela ‘was not carried away screaming by Border Patrol Agents’.

TIME’s editor in chief Edward Felsenthal said in a statement that it stood behind the wider point which is that Yanela was ‘the most visible symbol of the ongoing immigration debate’

Among those who have Tweeted DailyMail.com’s story have been White House press secretary Sarah Huckabee Sanders.

She wrote: ‘It’s shameful that dems and the media exploited this photo of a little girl to push their agenda. She was not separated from her mom. The separation here is from the facts’.

Moore, who has worked on the border with Mexico for years and has won a Pulitzer for his photography, has said the the image of Yanela was the last one he took that night.

Speaking to People magazine he said that the girl’s mother was the last to be searched and a female agent asked her to put Yanela down so she could pat her down

Moore said: ‘The mother hesitated and then set down the little girl and the child immediately started crying.

‘As a father, it was very emotional for me just to hear those cries. When I saw this little girl break down in tears I wanted to comfort this child.

‘But as a photojournalist we sometimes have to keep photographing when things are hard. And tell a story that people would never see.’

Moore crouched 6ft from the girl as she looked up at her mother and took seven shots, Yanela’s mother’s hands spread out on the Border Patrol truck.

The image was a major factor in pressuring Trump to do a U-turn on his immigration policy and sign an executive order allowing families to stay together.

The President said that he wanted to look strong but admitted that the ‘zero tolerance’ policy made him look like he had ‘no heart’.

Trump’s climb down came after worldwide outrage including British Prime Minister Theresa May who called his policy ‘deeply disturbing’ while Pope Francis said it was ‘immoral’.

The climb down was a rare one from Trump, who almost never apologizes and rarely backs down.

But he had not choice when his policy created a wall of opposition between him and others, including his own wife Melania, Democrats, Republicans, every living former First Lady, Amnesty International and the United Nations.

Voir encore:

‘All I Wanted to Do Was Pick Her Up.’ How a Photographer at the U.S.-Mexico Border Made an Image America Could Not Ignore

« This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths, » Getty photographer John Moore said
June 19, 2018

John Moore has been photographing immigrants and the hardship and heartbreak of crossing the U.S.-Mexico border for years — but this time, he said, something is different.

The Pulitzer Prize-winning photographer for Getty Images said the Trump administration’s policy of separating children from their parents — part of its “zero tolerance” stance toward people who illegally cross into the U.S. — has changed everything about enforcement at the U.S.-Mexico border and resulted in a level of despair for immigrants that Americans can no longer ignore.

“It’s a very different scene now,” he said. “I’m almost positive these families last week had no idea they’d be separated from their children.”

Moore’s image last week of a 2-year-old Honduran girl crying as a U.S. Border Patrol agent patted down her mother has become a symbol of the human cost — and many critics say cruelty — of President Donald Trump’s hard line on immigration. The crying girl has become the face of the family separation policy, which has been criticized by Democrats and Republicans alike.

“When the officer told the mother to put her child down for the body search, I could see this look in the little girl’s eyes,” Moore told TIME. “As soon as her feet touched the ground she began to scream.”

Moore said the girl’s mother had a weariness in her eyes as she was stopped by Border Patrol agents. The father of three said his years of experience did not inoculate him from feeling intense emotions as he watched agents allowed the mother to pick up her child and loaded them both into a van. But, he said, he knew he had to keep photographing the scene.

“This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths,” he said. “All I wanted to do was pick her up. But I couldn’t.”

More than 2,000 children have been taken away from their parents since April, when Attorney General Jeff Sessions announced at “zero tolerance” policy that refers all cases of illegal entry at the border for prosecution. The Trump administration has said Border Patrol agents separate children from parents because children cannot be locked up for the crimes of their mothers and fathers.

A Honduran mother holds her two-year-old as U.S. Border Patrol as agents review their papers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018. The asylum seekers had rafted across the Rio Grande from Mexico and were detained by U.S. Border Patrol agents before being sent to a processing center for possible separation.
A Honduran mother holds her two-year-old as U.S. Border Patrol as agents review their papers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018. The asylum seekers had rafted across the Rio Grande from Mexico and were detained by U.S. Border Patrol agents before being sent to a processing center for possible separation.
John Moore—Getty Images
A U.S. Border Patrol spotlight shines on a terrified mother and son from Honduras as they are found in the dark near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
A U.S. Border Patrol spotlight shines on a terrified mother and son from Honduras as they are found in the dark near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
John Moore—Getty Images
U.S. Border Patrol agents detain a group of Central American asylum seekers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
U.S. Border Patrol agents detain a group of Central American asylum seekers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
John Moore—Getty Images

Moore has followed immigrant families and enforcement efforts since 2014 and recently published a book of some of his most stirring photographs, Undocumented: Immigration and the Militarization of the United States-Mexico Border. He said despite the tough new policy, immigrants are not likely to lose the determination that drives them to make the dangerous journey to the United States.

“It’s been very easy for Americans to ignore over the years the desperation that people have to have a better life,” Moore said. “They often leave with their children with their shirts on their backs.”

A boy from Honduras watches a movie at a detention facility run by the U.S. Border Patrol in McAllen, Tex. on Sept. 8, 2014.
A boy from Honduras watches a movie at a detention facility run by the U.S. Border Patrol in McAllen, Tex. on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images

Footage released Monday of a detention facility where families arrested at the border and children taken from their parents are held echo a photo Moore took in 2014 of a Honduran child watching Casper in the same facility, alone except for a guard keeping watch. That photo, taken at the same detention center in McCallen, Texas where children are now being grouped inside cages, has stayed with Moore over the years.

While he is not sure if that boy was an unaccompanied minor or what happened to him, he said many of the other children at the facility were without their parents. “That picture is still haunting for me.”

Most of the photos below come from Moore’s 2018 book, published by powerHouse Books.

Families attend a memorial service for two boys who were kidnapped and killed in San Juan Sacatepequez, Guatemala on Feb. 14, 2017. More than 2,000 people walked in a funeral procession for Oscar Armando Top Cotzajay, 11, and Carlos Daniel Xiqin, 10 who were abducted walking to school Friday morning when they were abducted.
Families attend a memorial service for two boys who were kidnapped and killed in San Juan Sacatepequez, Guatemala on Feb. 14, 2017. More than 2,000 people walked in a funeral procession for Oscar Armando Top Cotzajay, 11, and Carlos Daniel Xiqin, 10 who were abducted walking to school Friday morning when they were abducted.
John Moore—Getty Images
Sonia Morales massages the back of her son Jose Issac Morales, 11, at the door of their one-room home in San Pedro Sula, Honduras on Aug. 20, 2017. The mother of three said that her son's spinal deformation began at age four, but has never been able to afford the $6,000 surgery to correct his spinal condition. The boy's father, Issac Morales, 30, said he tried to immigrate to the U.S. in 2016 to work and send money home but was picked up by U.S. Border Patrol officers in the Arizona desert and deported back to Honduras.
Sonia Morales massages the back of her son Jose Issac Morales, 11, at the door of their one-room home in San Pedro Sula, Honduras on Aug. 20, 2017. The mother of three said that her son’s spinal deformation began at age four, but has never been able to afford the $6,000 surgery to correct his spinal condition. The boy’s father, Issac Morales, 30, said he tried to immigrate to the U.S. in 2016 to work and send money home but was picked up by U.S. Border Patrol officers in the Arizona desert and deported back to Honduras.
John Moore—Getty Images
An Indigenous family walks from Guatemala into Mexico after illegally crossing the border at the Suchiate River in Talisman, Mexico on Aug. 1, 2013.
An Indigenous family walks from Guatemala into Mexico after illegally crossing the border at the Suchiate River in Talisman, Mexico on Aug. 1, 2013.
John Moore—Getty Images
Undocumented immigrant families walk before being taken into custody by Border Patrol agents near McAllen, Texas on July 21, 2014.
Undocumented immigrant families walk before being taken into custody by Border Patrol agents near McAllen, Texas on July 21, 2014.
John Moore—Getty Images
Families of Central American immigrants, including Lorena Arriaga, 27, and her son Jason Ramirez, 7, from El Salvador, turn themselves in to U.S. Border Patrol agents after crossing the Rio Grande River from Mexico to Mission, Texas on Sept. 8, 2014.
Families of Central American immigrants, including Lorena Arriaga, 27, and her son Jason Ramirez, 7, from El Salvador, turn themselves in to U.S. Border Patrol agents after crossing the Rio Grande River from Mexico to Mission, Texas on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
Immigrants from Central America wait to be taken into custody by U.S. Border Patrol agents in Roma, Texas on August 17, 2016.
Immigrants from Central America wait to be taken into custody by U.S. Border Patrol agents in Roma, Texas on August 17, 2016.
John Moore—Getty Images
U.S. Border Patrol agents take undocumented immigrants into custody after capturing them after they crossed Rio Grande from Mexico into Texas near Sullivan City, Texas on Aug. 18, 2016.
U.S. Border Patrol agents take undocumented immigrants into custody after capturing them after they crossed Rio Grande from Mexico into Texas near Sullivan City, Texas on Aug. 18, 2016.
John Moore—Getty Images
Undocumented immigrants are led after being caught and handcuffed by Border Patrol agents near the U.S.-Mexico border in Weslaco, Texas on April 13, 2016.
Undocumented immigrants are led after being caught and handcuffed by Border Patrol agents near the U.S.-Mexico border in Weslaco, Texas on April 13, 2016.
John Moore—Getty Images
Women and children sit in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
Women and children sit in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
Women and children wait in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
Women and children wait in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
A girl from Central America rests on thermal blankets at a detention facility run by the U.S. Border Patro in McAllen, Texasl on Sept. 8, 2014.
A girl from Central America rests on thermal blankets at a detention facility run by the U.S. Border Patro in McAllen, Texasl on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
Donated clothing await immigrants at the Catholic Sacred Heart Church Immigrant Respite Center from McAllen, Texas on Aug. 15, 2016.
Donated clothing await immigrants at the Catholic Sacred Heart Church Immigrant Respite Center from McAllen, Texas on Aug. 15, 2016.
John Moore—Getty Images
A detained Mexican immigrant (L) visits with his wife and children at the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) detention facility in Florence, Ariz on July 30, 2010.
A detained Mexican immigrant (L) visits with his wife and children at the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) detention facility in Florence, Ariz on July 30, 2010.
John Moore—Getty Images
Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol in Roma, Texas on Aug. 17, 2016.
Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol in Roma, Texas on Aug. 17, 2016.
John Moore—Getty Images
Central American immigrant families depart ICE custody, pending future immigration court hearings in McAllen, Texas on June 11, 2018.
Central American immigrant families depart ICE custody, pending future immigration court hearings in McAllen, Texas on June 11, 2018.
John Moore—Getty Images

Correction (Posted June 19): The original version of this story misstated what happened to the girl in the photo after she was taken from the scene. The girl was not carried away screaming by U.S. Border Patrol agents; her mother picked her up and the two were taken away together.

Voir par ailleurs:

Smuggler abandons 6-year-old in blazing desert heat

– A 6-year-old Costa Rican boy was rescued by U.S. Border Patrol agents after he was abandoned on a border road in Arizona on Tuesday evening.

The agents discovered the boy just north of the border west of Lukeville in temperatures over 100 degrees.

The child claimed that he was dropped off by « his uncle » and that Border Patrol would pick him up. Agents say the boy said he was on his way to see his mother in the U.S.

They say that the child was found in good condition.  He was taken to Tucson to be checked out and processed.  It was unclear what would happen to him next.

The Border Patrol says the incident highlights the dangers faced by migrants at the hands of smugglers. Children in particular are extremely vulnerable, not only to exploitation, but also to the elements in the environment.

They added that Arizona’s desert « is a merciless environment for those unprepared for its remote, harsh terrain and unpredictable weather. »

Voir aussi:

Guy Millière
Dreuz
21 juin 2018

Les titres des journaux européens et de bon nombre de journaux américains ces derniers jours prêtent à sourire une fois de plus. Trump, dit-on, aurait “reculé” en matière d’immigration.

Ceux qui disent cela ajoutent qu’il se conduit de manière infâme vis-à-vis des enfants à la frontière Sud des Etats-Unis. Des photos sont fournies à l’appui, montrant des enfants dans des lieux décrits comme des “camps de concentration”. Des vidéos ont été montrées où on voit des enfants pleurer de manière déchirante en appelant leurs parents, dont un agent de l’immigration vient de les séparer, et ils utilisent des mots anglais (ce qui est normal puisqu’ils viennent de pays où on parle espagnol et puisqu’ils ne parlent pas un mot d’anglais).

Ceux qui disent cela ajoutent aussi que “sous une large pression”, Trump vient de signer un executive order permettant d’éviter que les enfants soient séparés de leur famille et a donc dû se conduire de manière un peu moins infâme.

Ceux qui disent cela ne disent pas un seul mot de ce qui est en train de se passer par ailleurs aux Etats-Unis. L’Etat profond anti-Trump est en train de s’effondrer. Il résiste, certes, mais il est désormais très mal en point, comme c’était prévisible.

Disons ici ce qui doit l’être, car ce ne sera pas fait ailleurs, j’en suis, hélas, certain.

1. Il existe aux Etats-Unis un grave problème d’immigration illégale. Trump a commencé à prendre des décisions pour le régler. Les entrées clandestines dans le pays par la frontière Sud ont diminué de 70 pour cent. Elles sont encore trop nombreuses. Les immigrants illégaux présents dans le pays ne sont pas tous criminels, mais ils représentent une proportion importante des criminels incarcérés et des membres de gangs violents impliqués, entre autres, dans le trafic de drogue. Jeff Sessions, ministre de la justice inefficace dans d’autres secteurs, est très efficace dans ce secteur.

2. Les Démocrates veulent que l’immigration illégale se poursuive, et s’intensifie, car ils ont besoin d’un électorat constitué d’illégaux fraîchement légalisés pour maintenir à flot la coalition électorale sur laquelle ils s’appuient et garder des chances de victoire ultérieure (minorités ethniques, femmes célibataires, étudiants, professeurs). La diminution de l’immigration clandestine leur pose problème. Les actions de la police de l’immigration (ICE; Immigration Control Enforcement) suscitent leur hostilité, d’où l’existence de villes sanctuaires démocrates et, en Californie, d’un Etat sanctuaire(démocrate, bien sûr).

3. Ce qui se passe depuis quelques jours à la frontière Sud du pays est un coup monté auquel participent le parti démocrate, les grands médias américains, des organisations gauchistes, et le but est de faire pression sur Trump en diabolisant son action. La plupart des photos utilisées datent des années Obama, au cours desquelles le traitement des enfants entrant clandestinement dans le pays était exactement similaire à ce qu’il est aujourd’hui, sans qu’à l’époque les Démocrates disent un seul mot. Les enfants qui pleurent sur des vidéos ont été préparés à être filmés à des fins de propagande et ont appris à dire “daddy”, “mummy”. Le but est effectivement de faire céder Trump. Quelques Républicains à veste réversible ont joint leur voix au chœur.

4. Trump, comme il sait le faire, a agi pour désamorcer le coup monté. On lui reproche de faire ce qui se fait depuis des années (séparer les enfants de leurs parents dès lors que les parents doivent être incarcérés) ? Il vient de décider que les enfants ne seront plus séparés des parents, et qu’ils seront placés ensemble dans des lieux de rétention.  Cela signifie-t-il un recul ? Non. La lutte contre l’immigration clandestine va se poursuivre selon exactement la même ligne. Les parents qui ont violé la loi seront traités comme ils l’étaient auparavant. Les enfants seront-ils dans de meilleures conditions ? Non. Ils ne seront pas dans des conditions plus mauvaises non plus. Décrire les lieux où ils étaient placés jusque là comme des camps de concentration est une honte et une insulte à ceux qui ont été placés dans de réels camps de concentration (certains Démocrates un peu plus répugnants que d’autres sont allés jusqu’à faire des comparaisons avec Auschwitz !) : les enfants sont placés dans ce qui est comparable à des auberges pour colonies de vacances. Un enfant clandestin coûte au contribuable américain à ce jour 35.000 dollars en moyenne annuelle.

5. Désamorcer le coup monté ne réglera pas le problème d’ensemble. Des femmes viennent accoucher aux Etats-Unis pour que le bébé ait la nationalité américaine et puisse demander deux décennies plus tard un rapprochement de famille. Des gens font passer leurs enfants par des passeurs en espérant que l’enfant sera régularisé et pourra lui aussi demander un rapprochement de famille. Des parents paient leur passage aux Etats Unis en transportant de la drogue et doivent être jugés pour cela (le tarif des passeurs si on veut passer sans drogue est  de 10.000 dollars par personne). S’ils sont envoyés en prison, ils n’y seront pas envoyés avec leurs enfants.  Quand des trafiquants de drogue sont envoyés en prison, aux Etats-Unis ou ailleurs, ils ne vont pas en prison en famille, et si quelqu’un suggérait que leur famille devait les suivre en prison, parce que ce serait plus “humain”, les Démocrates seraient les premiers à hurler.

6. Les Etats-Unis, comme tout pays développé, ne peuvent laisser entrer tous ceux qui veulent entrer en laissant leurs frontières ouvertes. Un pays a le droit de gérer l’immigration comme il l’entend et comme l’entend sa population, et il le doit, s’il ne veut pas être submergé par une population qui ne s’intègre pas et peut le faire glisser vers le chaos. Les pays européens sont confrontés au même problème que les Etats-Unis, d’une manière plus aiguë puisqu’en Europe s’ajoute le paramètre “islam”. La haine de la civilisation occidentale imprègne la gauche européenne, qui veut la dissolution des peuples européens. Une même haine imprègne la gauche américaine, qui veut la dissolution du peuple américain. Les grandes villes de l’Etat sanctuaire de Californie sont déjà méconnaissables, submergées par des sans abris étrangers (pas un seul pont de Los Angeles qui n’abrite désormais un petit bidonville, et un quart du centre ville est une véritable cour des miracles, à San Francisco ce n’est pas mieux). Il n’est pas du tout certain que le coup monte servira les Démocrates lors des élections de mi mandat. Nombre d’Américains ne veulent pas la dissolution du peuple américain.

7. Le coup monté m’est pas arrive par hasard, à ce moment précisément. Le rapport de l’inspecteur général Michael Horowitz, même s’il est édulcoré, contient des éléments accablants pour James Comey, John Mc Cabe, l’enquêteur appelé Peter Strzoc. Le Congres procède à des auditions très révélatrices. Ce n’est que le début. L’Etat profond anti-Trump est en train de s’effondrer, disais-je. La monstruosité totalitaire que fut l’administration Obama finissante et le caractère criminel des activités d’Hillary Clinton commencent tout juste à être mis au jour. Des peines de prison suivront. L’équipe sinistre conduite par Robert Mueller avance dans le vide : tout ce qui lui sert de prétexte se révèle être une gigantesque imposture. La complicité des grands médias américains et mondiaux ne pourra pas être cachée indéfiniment. Un écran de fumée devait monter dans l’atmosphère pour détourner l’attention et éviter qu’on parle de l’effondrement de l’Etat profond. Le coup monte a servi d’écran de fumée. Que nul ne soit dupe. La révolution Trump ne fait que commencer.

Voir de plus:

Selon les déclarations d’un homme présenté comme le cousin de l’enfant, rendues publiques par Israël, les parents de la fillette morte mi-mai auraient touché 8.000 shekels (1.800 euros).

La justice israélienne a dit disposer d’une déposition selon laquelle la famille d’un bébé palestinien mort dans des circonstances contestées dans la bande de Gaza avait été payée par le Hamas pour accuser Israël, ce que les parents ont nié.

Vif émoi après la mort de l’enfant. Leïla al-Ghandour, âgée de huit mois, est morte mi-mai alors que l’enclave palestinienne était depuis des semaines le théâtre d’une mobilisation massive et d’affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le long de la frontière avec Gaza. Son décès a suscité un vif émoi. Sa famille accuse l’armée israélienne d’avoir provoqué sa mort en employant des lacrymogènes contre les protestataires, parmi lesquels se trouvait la fillette.

La fillette souffrait-elle d’un problème cardiaque ? L’armée israélienne, se fondant sur les informations d’un médecin palestinien resté anonyme mais qui selon elle connaissait l’enfant et sa famille, dit que l’enfant souffrait d’un problème cardiaque. Le ministère israélien de la Justice a rendu public jeudi l’acte d’inculpation d’un Gazaoui de 20 ans, présenté comme le cousin de la fillette. Selon le ministère, il a déclaré au cours de ses interrogatoires par les forces israéliennes que les parents de Leila avaient touché 8.000 shekels (1.800 euros) de la part de Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, pour dire que leur fille était morte des inhalations de gaz.

Une « fabrication » du Hamas dénoncée par Israël. Les parents ont nié ces déclarations, réaffirmé que leur fille était bien morte des inhalations, et ont contesté qu’elle était malade. Selon la famille, Leïla al-Ghandour avait été emmenée près de la frontière par un oncle âgé de 11 ans et avait été prise dans les tirs de lacrymogènes. L’armée israélienne, en butte aux accusations d’usage disproportionné de la force, a dénoncé ce cas comme une « fabrication » de la part du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza et contrôle les autorités sanitaires, et auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.

Voir également:

Valeurs actuelles

19 juin 2018

Fake News. Donald Trump aurait donc menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. Pas si simple…

Nouveau tweet, nouvelle agitation médiatique. Les commentateurs n’ont pas tardé à s’armer de leur indéboulonnable mépris pour le président des États-Unis pour dénoncer un « mensonge », au lieu d’user d’une saine distance permettant de décrypter sereinement l’affirmation de Donald Trump.

« Le peuple allemand se rebelle contre ses gouvernants alors que l’immigration secoue une coalition déjà fragile », a donc entamé le président des États-Unis dans un tweet publié le 18 juin, alors que le gouvernement allemand se déchirait sur fond de crise migratoire. Propos factuel si l’on en croit un récent sondage allemand qui révèle que 90% des allemands désirent plus d’expulsions des personnes déboutées du droit d’asile.

Le chiffre ne laisse aucune place au doute : la population allemande penche du côté du ministre de l’Intérieur qui s’applique, depuis quelques jours, à contraindre Angela Merkel à la fermeté.

Et Donald Trump de poursuivre avec la phrase qui occupe nombre de journalistes depuis sa publication : « la criminalité augmente en Allemagne. Une grosse erreur a été commise partout en Europe : laisser rentrer des millions de personnes qui ont fortement et violemment changé sa culture. » Que n’avait-il pas dit. Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain.

Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016.

Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans.

En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus

L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump.

Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014).

En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !).

Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris.

Voir par ailleurs:

La caravane des migrants a atteint la frontière avec la Californie

 FRANCE 24

30/04/2018

Au moins 150 migrants centraméricains sont arrivés à Tijuana au Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Ils sont décidés à demander l’asile à Washington.

Plusieurs centaines de migrants originaires d’Amérique centrale se sont rassemblés dimanche 30 avril à la frontière mexico-américaine au terme d’un mois de traversée du Mexique.

Nombre d’entre eux ont décidé de se présenter aux autorités américaines pour déposer des demandes d’asile et devraient être placés en centres de rétention. « Nous espérons que le gouvernement des États-Unis nous ouvrira les portes », a déclaré Reyna Isabel Rodríguez, 52 ans, venu du Salvador avec ses deux petits-enfants.

« Nous ne sommes pas des criminels »

L’ONG Peuple Sans Frontières organise ce type de caravane depuis 2010 pour dénoncer le sort de celles et ceux qui traversent le Mexique en proie à de nombreux dangers, entre des cartels de la drogue qui les kidnappent ou les tuent, et des autorités qui les rançonnent. « Nous voulons dire au président des États-Unis que nous ne sommes pas des criminels, nous ne sommes pas des terroristes, qu’il nous donne la chance de vivre sans peur. Je sais que Dieu va toucher son cœur », a déclaré l’une des organisatrices de la caravane, Irineo Mujica.

L’ONG, composée de volontaires, permet notamment aux migrants de rester groupés – lors d’un périple qui se fait à pied, en bus ou en train – afin de se prémunir de tous les dangers qui jalonnent leur chemin. En espagnol, ces caravanes sont d’ailleurs appelées « Via Crucis Migrantes » ou le « Chemin de croix des migrants », en référence aux processions catholiques, particulièrement appréciées en Amérique du Sud, qui mettent en scène la Passion du Christ, ou les derniers événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus de Nazareth.

Cette année, le groupe est parti le 25 mars de Tapachula, à la frontière du Guatemala, avec un groupe de près de 1 200 personnes, à 80 % originaires du Honduras, les autres venant du Guatemala, du Salvador et du Nicaragua, selon Rodrigo Abeja. Dans le groupe, près de 300 enfants âgés de 1 mois à 11 ans, une vingtaine de jeunes homosexuels et environ 400 femmes. Certains se sont ensuite dispersés, préférant rester au Mexique, d’autres choisissant de voyager par leurs propres moyens.

La colère de Donald Trump

En avril, les images de la caravane de migrants se dirigeant vers les États-Unis avaient suscité la colère de Donald Trump et une forte tension entre Washington et Mexico. Le président américain, dont l’un des principaux thèmes de campagne était la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine, avait ordonné le déploiement sur la frontière de troupes de la Garde nationale.

Il avait aussi soumis la conclusion d’un nouvel accord de libre-échange en Amérique du Nord à un renforcement des contrôles migratoires par le Mexique, une condition rejetée par le président mexicain Enrique Pena Nieto.

Avec AFP et Reuters

Voir aussi:

WASHINGTON — It was the kind of story destined to take a dark turn through the conservative news media and grab President Trump’s attention: A vast horde of migrants was making its way through Mexico toward the United States, and no one was stopping them.

“Mysterious group deploys ‘caravan’ of illegal aliens headed for U.S. border,” warned Frontpage Mag, a site run by David Horowitz, a conservative commentator.

The Gateway Pundit, a website that was most recently in the news for spreading conspiracies about the school shooting in Parkland, Fla., suggested the real reason the migrants were trying to enter the United States was to collect social welfare benefits.

And as the president often does when immigration is at issue, he saw a reason for Americans to be afraid. “Getting more dangerous. ‘Caravans’ coming,” a Twitter post from Mr. Trump read.

The story of “the caravan” followed an arc similar to many events — whether real, embellished or entirely imagined — involving refugees and migrants that have roused intense suspicion and outrage on the right. The coverage tends to play on the fears that hiding among mass groups of immigrants are many criminals, vectors of disease and agents of terror. And often the president, who announced his candidacy by blaming Mexico for sending rapists and drug dealers into the United States, acts as an accelerant to the hysteria.

The sensationalization of this story and others like it seems to serve a common purpose for Mr. Trump and other immigration hard-liners: to highlight the twin dangers of freely roving migrants — especially those from Muslim countries — and lax immigration laws that grant them easy entry into Western nations.

The narrative on the right this week, for example, mostly omitted that many people in the caravan planned to resettle in Mexico, not the United States. And it ignored how many of those who did intend to come here would probably go through the legal process of requesting asylum at a border checkpoint — something miles of new wall and battalions of additional border patrol would not have stopped.

“They end up in schools on Long Island, some of which are MS-13!” declared Brian Kilmeade on the president’s preferred morning news program, “Fox & Friends,” referring to the predominantly Central American gang.

The coverage became so distorted that it prompted a reporter for Breitbart News who covers border migration, Brandon Darby, to push back. “I’m seeing a lot of right media cover this as ‘people coming illegally’ or as ‘illegal aliens.’ That is incorrect,” he wrote on Twitter. “They are coming to a port of entry and requesting refugee status. That is legal.”

In an interview, Mr. Darby said it was regrettable that the relatively routine occurrence of migrant caravans — which organizers rely on as a safety-in-numbers precaution against the violence that can happen along the trek — was being politicized. “The caravan isn’t something that’s a unique event,” he said. “And I think people are looking at it wrong. If you’re upset at the situation, it’s easier to be mad at the migrant than it is to be mad at the political leaders on both sides who won’t change the laws.”

As tends to be the case in these stories, the humanitarian aspects get glossed over as migrants are collapsed into one maligned category: hostile foreign invaders.

In November, Mr. Trump touched off an international furor when he posted a series of videos on Twitter that purported to show the effects of mass Muslim migration in Europe. Initially circulated by a fringe ultranationalist in Britain who has railed against Islam, the videos included titles like “Muslim migrant beats up Dutch boy on crutches!” “Muslim Destroys a Statue of Virgin Mary!” and “Islamist mob pushes teenage boy off roof and beats him to death!”

The assailant in one video the president shared, however, was not a “Muslim migrant.” And the other two videos depicted four-year-old events with no explanation.

These items tend to metastasize irrespective of the facts, but contain powerful visual elements to which Mr. Trump is known to viscerally respond.

Last February, Mr. Trump insinuated that some kind of terror-related episode involving Muslim immigrants had taken place in Sweden. “Who would believe this? Sweden,” he said at a rally in Florida, leaving Swedes and Americans baffled because nothing out of the ordinary had happened at all. “They took in large numbers. They’re having problems like they never thought possible.”

Like the caravan story, which apparently came to Mr. Trump’s attention as he watched “Fox & Friends,” the president was referring to something he had seen on cable news. And he later had to clarify that he was referring to a Fox News segment on issues Sweden was having with migrants generally, not any particular event.

The conservative National Review later called the piece in question “sensationalistic” and pointed out that a lack of government data made it virtually impossible to determine whether crime rates in the country were related to immigration.

When the president himself has not spread stories about immigration that were either misleading or turned out to be false, his White House aides have. Last year, the White House joined a pile-on by the conservative news media after it called attention to the account of a high school student in Montgomery County, Md., who said she was raped at school by two classmates, one of whom is an undocumented immigrant. The case became a national rallying cry on the right against permissive border policies and so-called sanctuary cities that treat undocumented immigrants more leniently. Fox News broadcast live outside the high school for days.

Prosecutors later dropped the charges after they said the evidence did not substantiate the girl’s claims.

The story of the caravan has been similarly exaggerated. And the emotional outpouring from the right has been raw — that was the case on Fox this week when the TV host Tucker Carlson shouted “You hate America!” at an immigrants rights activist after he defended the people marching through Mexico.

The facts of the caravan are not as straightforward as Mr. Trump or many conservative pundits have portrayed them. The story initially gained widespread attention after BuzzFeed News reported last week that more than 1,000 Central American migrants, mostly from Honduras, were making their way north toward the United States border. Yet the BuzzFeed article and other coverage pointed out that many in the group were planning to stay in Mexico.

That did not stop Mr. Trump from expressing dismay on Tuesday with a situation “where you have thousands of people that decide to just walk into our country, and we don’t have any laws that can protect it.”

The use of disinformation in immigration debates is hardly unique to the United States. Misleading crime statistics, speculation about sinister plots to undermine national sovereignty and Russian propaganda have all played a role in stirring up anti-immigrant sentiment in places like Britain, Germany and Hungary. Some of the more fantastical theories have involved a socialist conspiracy to import left-leaning voters and a scheme by the Hungarian-born Jewish philanthropist George Soros to create a borderless Europe.

Anyone watching Fox News this week would have heard about similar forces at work inside “the caravan.”

“This was an organized plan and deliberate attack on the sovereignty of the United States by a special interest group,” said David Ward, whom the network identified as a former agent for Immigration and Customs Enforcement. “They rallied a bunch of foreign nationals to come north into the United States to test our resolve.”

Voir aussi:

Humanitarian group that organized migrant ‘caravan’ headed to US issues list of demands for refugees

One thousand Central American migrants are headed to the United States border. Adolfo Flores, a BuzzFeed News reporter, has been traveling with the group of migrants and wrote that “no one in Mexico dares to stop them.” President Donald Trump reacted to the report and called off all negotiations with Democrats over the Deferred Action for Childhood Arrivals program (DACA) if the migrants arrive.

With the help of a humanitarian group called “Pueblo Sin Fronteras” (people without borders), the 1,000 plus migrants will reach the U.S. border with a list of demands to several governments in Central America, the United States, and Mexico.

Here’s what they demanded of Mexico and the United States in a Facebook post: 

-That they respect our rights as refugees and our right to dignified work to be able to support our families
-That they open the borders to us because we are as much citizens as the people of the countries where we are and/or travel
-That deportations, which destroy families, come to an end
-No more abuses against us as migrants
-Dignity and justice
-That the US government not end TPS for those who need it
-That the US government stop massive funding for the Mexican government to detain Central American migrants and refugees and to deport them
-That these governments respect our rights under international law, including the right to free expression
-That the conventions on refugee rights not be empty rhetoric

“The border is stained red!”
“Because there they kill the working class!”
“Why do they kill us? Why do they murder us…”
“If we are the hope of Latin America?”

Sincerely,

2018 Refugee Caravan “Migrantes en la Lucha”
Pueblo Sin Fronteras

Voir enfin:

American Nightmare
The shame of America’s refugee camps
Wil S. Hylton
The NYT magazine
February 2015

CHRISTINA BROWN pulled into the refugee camp after an eight-hour drive across the desert. It was late July of last year, and Brown was a 30-year-old immigration lawyer. She had spent a few years after college working on political campaigns, but her law degree was barely a year old, and she had only two clients in her private practice in Denver. When other lawyers told her that the federal government was opening a massive detention center for immigrants in southeastern New Mexico, where hundreds of women and children would be housed in metal trailers surrounded by barbed wire, Brown decided to volunteer legal services to the detainees. She wasn’t sure exactly what rights they might have, but she wanted to make sure they got them. She packed enough clothes to last a week, stopped by Target to pick up coloring books and toys and started driving south.Brown spent the night at a motel, then drove to the detention camp in the morning. She stood in the wind-swept parking lot with the other lawyers, overlooking the barren plains of the eastern plateau. After a few minutes, a transport van emerged from the facility to pick them up. It swung to a stop in the parking lot, and the attorneys filed on. They sat on the cold metal benches and stared through the caged windows as the bus rolled back into the compound and across the bleak brown landscape. It came to a stop by a small trailer, and the lawyers shuffled out.As they opened the door to the trailer, Brown felt a blast of cold air. The front room was empty except for two small desks arranged near the center. A door in the back opened to reveal dozens of young women and children huddled together. Many were gaunt and malnourished, with dark circles under their eyes. “The kids were really sick,” Brown told me later. “A lot of the moms were holding them in their arms, even the older kids — holding them like babies, and they’re screaming and crying, and some of them are lying there listlessly.”Brown took a seat at a desk, and a guard brought a woman to meet her. Brown asked the woman in Spanish how she ended up in detention. The woman explained that she had to escape from her home in El Salvador when gangs targeted her family. “Her husband had just been murdered, and she and her kids found his body,” Brown recalls. “After he was murdered, the gang started coming after her and threatening to kill her.” Brown agreed to help the woman apply for political asylum in the United States, explaining that it might be possible to pay a small bond and then live with friends or relatives while she waited for an asylum hearing. When the woman returned to the back room, Brown met with another, who was fleeing gangs in Guatemala. Then she met another young woman, who fled violence in Honduras. “They were all just breaking down,” Brown said. “They were telling us that they were afraid to go home. They were crying, saying they were scared for themselves and their children. It was a constant refrain: ‘I’ll die if I go back.’ ”As Brown emerged from the trailer that evening, she already knew it would be difficult to leave at the end of the week. The women she met were just a fraction of those inside the camp, and the government was making plans to open a second facility of nearly the same size in Karnes County, Tex., near San Antonio. “I remember thinking to myself that this was an impossible situation,” she said. “I was overwhelmed and sad and angry. I think the anger is what kept me going.”***OVER THE PAST six years, President Obama has tried to make children the centerpiece of his efforts to put a gentler face on U.S. immigration policy. Even as his administration has deported a record number of unauthorized immigrants, surpassing two million deportations last year, it has pushed for greater leniency toward undocumented children. After trying and failing to pass the Dream Act legislation, which would offer a path to permanent residency for immigrants who arrived before the age of 16, the president announced an executive action in 2012 to block their deportation. Last November, Obama added another executive action to extend similar protections to undocumented parents. “We’re going to keep focusing enforcement resources on actual threats to our security,” he said in a speech on Nov. 20. “Felons, not families. Criminals, not children. Gang members, not a mom who’s working hard to provide for her kids.” But the president’s new policies apply only to immigrants who have been in the United States for more than five years; they do nothing to address the emerging crisis on the border today.Since the economic collapse of 2008, the number of undocumented immigrants coming from Mexico has plunged, while a surge of violence in Central America has brought a wave of migrants from Honduras, El Salvador and Guatemala. According to recent statistics from the Department of Homeland Security, the number of refugees fleeing Central America has doubled in the past year alone — with more than 61,000 “family units” crossing the U.S. border, as well as 51,000 unaccompanied children. For the first time, more people are coming to the United States from those countries than from Mexico, and they are coming not just for opportunity but for survival.The explosion of violence in Central America is often described in the language of war, cartels, extortion and gangs, but none of these capture the chaos overwhelming the region. Four of the five highest murder rates in the world are in Central American nations. The collapse of these countries is among the greatest humanitarian disasters of our time. While criminal organizations like the 18th Street Gang and Mara Salvatrucha exist as street gangs in the United States, in large parts of Honduras, Guatemala and El Salvador they are so powerful and pervasive that they have supplanted the government altogether. People who run afoul of these gangs — which routinely demand money on threat of death and sometimes kidnap young boys to serve as soldiers and young girls as sexual slaves — may have no recourse to the law and no better option than to flee.The American immigration system defines a special pathway for refugees. To qualify, most applicants must present themselves to federal authorities, pass a “credible fear interview” to demonstrate a possible basis for asylum and proceed through a “merits hearing” before an immigration judge. Traditionally, those who have completed the first two stages are permitted to live with family and friends in the United States while they await their final hearing, which can be months or years later. If authorities believe an applicant may not appear for that court date, they can require a bond payment as guarantee or place the refugee in a monitoring system that may include a tracking bracelet. In the most extreme cases, a judge may deny bond and keep the refugee in a detention facility until the merits hearing.The rules are somewhat different when children are involved. Under the terms of a 1997 settlement in the case of Flores v. Meese, children who enter the country without their parents must be granted a “general policy favoring release” to the custody of relatives or a foster program. When there is cause to detain a child, he or she must be housed in the least restrictive environment possible, kept away from unrelated adults and provided access to medical care, exercise and adequate education. Whether these protections apply to children traveling with their parents has been a matter of dispute. The Flores settlement refers to “all minors who are detained” by the Immigration and Naturalization Service and its “agents, employees, contractors and/or successors in office.” When the I.N.S. dissolved into the Department of Homeland Security in 2003, its detention program shifted to the U.S. Immigration and Customs Enforcement agency. Federal judges have ruled that ICE is required to honor the Flores protections for all children in its custody.Even so, in 2005, the administration of George W. Bush decided to deny the Flores protections to refugee children traveling with their parents. Instead of a “general policy favoring release,” the administration began to incarcerate hundreds of those families for months at a time. To house them, officials opened the T. Don Hutto Family Detention Center near Austin, Tex. Within a year, the administration faced a lawsuit over the facility’s conditions. Legal filings describe young children forced to wear prison jumpsuits, to live in dormitory housing, to use toilets exposed to public view and to sleep with the lights on, even while being denied access to appropriate schooling. In a pretrial hearing, a federal judge in Texas blasted the administration for denying these children the protections of the Flores settlement. “The court finds it inexplicable that defendants have spent untold amounts of time, effort and taxpayer dollars to establish the Hutto family-detention program, knowing all the while that Flores is still in effect,” the judge wrote. The Bush administration settled the suit with a promise to improve the conditions at Hutto but continued to deny that children in family detention were entitled to the Flores protections.In 2009, the Obama administration reversed course, abolishing family detention at Hutto and leaving only a small facility in Pennsylvania to house refugee families in exceptional circumstances. For all other refugee families, the administration returned to a policy of release to await trial. Studies have shown that nearly all detainees who are released from custody with some form of monitoring will appear for their court date. But when the number of refugees from Central America spiked last summer, the administration abruptly announced plans to resume family detention.From the beginning, officials were clear that the purpose of the new facility in Artesia was not so much to review asylum petitions as to process deportation orders. “We have already added resources to expedite the removal, without a hearing before an immigration judge, of adults who come from these three countries without children,” the secretary of Homeland Security, Jeh Johnson, told a Senate committee in July. “Then there are adults who brought their children with them. Again, our message to this group is simple: We will send you back.” Elected officials in Artesia say that Johnson made a similar pledge during a visit to the detention camp in July. “He said, ‘As soon as we get them, we’ll ship them back,’ ” a city councilor from Artesia named Jose Luis Aguilar recalled. The mayor of the city, Phillip Burch, added, “His comment to us was that this would be a ‘rapid deportation process.’ Those were his exact words.”***DURING THE FIRST five weeks that the Artesia facility was open, officials deported more than 200 refugees to Central America. But as word of the detention camp began to spread, volunteers like Christina Brown trickled into town. Their goal was to stop the deportations, schedule asylum hearings for the detainees and, whenever possible, release the women and children on bond. Many of the lawyers who came to Artesia were young mothers, and they saw in the detained children a resemblance to their own. By last fall, roughly 200 volunteers were rotating through town in shifts: renting rooms in local motels, working 12-hour days to interview detainees and file asylum paperwork, then staying awake into the night to consult one another. Some volunteers returned to Artesia multiple times. A few spent more than a month there. Brown never moved back to Denver. She rented a little yellow house by the detention facility, took up office space in a local church and, with help from a nonprofit group called the American Immigration Lawyers Association, or AILA, she began to organize the volunteers pouring in.As Brown got to know detainees in Artesia, grim patterns emerged from their stories. One was the constant threat of gangs in their lives; another was the prevalence of sexual violence. A detainee in Artesia named Sofia explained that a gang murdered her brother, shot her husband and then kidnapped and raped her 14-year-old stepdaughter. A Guatemalan woman named Kira said that she fled when a gang targeted her family over their involvement in a nonviolence movement at church; when Kira’s husband went into hiding, the gang subjected her to repeated sexual assaults and threatened to cut her unborn baby from her womb. An inmate named Marisol said she crossed the U.S. border in June after a gang in Honduras murdered the father of her 3-year-old twins, then turned its attention to her.Less than a week after her arrival in Artesia, Brown represented the young Salvadoran mother she met on her first day. It was a preliminary hearing to see whether the woman met the basic preconditions for asylum. A frequent consideration in the refugee process is whether an applicant is being targeted as a member of a “particular social group.” Judges have interpreted the phrase to include a refugee’s victimhood on the basis of sex or sexual orientation. At the hearing, Brown planned to invoke the pervasiveness of gang violence and sexual assault, but she says the immigration judge refused to let her speak.“I wasn’t allowed to play any role,” Brown said. Speaking to the judge, her client described her husband’s murder and the threats she faced from gangs. “She testified very well,” Brown said. But when the judge asked whether she felt targeted as a member of a “social group,” the woman said no. “Because that is a legal term of art,” Brown said. “She had no idea what the heck it means.” Brown tried to interject, but the judge wouldn’t allow it. He denied the woman’s request for an asylum hearing and slated her for deportation. Afterward, Brown said, “I went behind one of the cubicles, and I started sobbing uncontrollably.”Detainees who passed their initial hearings often found themselves stranded in Artesia without bond. Lawyers for Homeland Security have adopted a policy they call “no bond or high bond” for the women and children in detention. In court filings, they insist that prolonged detention is necessary to “further screen the detainees and have a better chance of identifying any that present threats to our public safety and national security.” Allowing these young mothers and children to be free on bond, they claim, “would have indirect yet significant adverse national-security consequences.”

As the months ticked by in Artesia, many detainees began to wonder if they would ever be free again. “I arrived on July 5 and turned myself in at 2 a.m.,” a 28-year-old mother of two named Ana recalled. In Honduras, Ana ran a small business selling trinkets and served on the P.T.A. of her daughter’s school. “I lived well,” she said — until the gangs began to pound on her door, demanding extortion payments. Within days, they had escalated their threats, approaching Ana brazenly on the street. “One day, coming home from my daughter’s school, they walked up to me and put a gun to my head,” she said. “They told me that if I didn’t give them the money in less than 24 hours, they would kill me.” Ana had already seen friends raped and murdered by the gang, so she packed her belongings that night and began the 1,800-mile journey to the U.S. border with her 7-year-old daughter. Four weeks later, in McAllen, Tex., they surrendered as refugees.

Ana and her daughter entered Artesia in mid-July. In October they were still there. Ana’s daughter was sick and losing weight rapidly under the strain of incarceration. Their lawyer, a leader in Chicago’s Mormon Church named Rebecca van Uitert, said that Ana’s daughter became so weak and emaciated that doctors threatened drastic measures. “They were like, ‘You’ve got to force her to eat, and if you don’t, we’re going to put a PICC line in her and force-feed her,’ ” van Uitert said. Ana said that when her daughter heard the doctor say this, “She started to cry and cry.”

In October, as van Uitert presented Ana’s case to an immigration judge, the lawyer broke down in the courtroom. “I’m starting to make these arguments before the judge, and I just couldn’t,” she said. “I sounded like a barking seal, just sucking and gasping, and because I was crying, a lot of people started crying. The attorney next to me was crying, Ana was crying, her little girl started crying. I looked over at the bailiff, who actually ended up being my friend when I went back another time. He had tears in his eyes.” The judge granted Ana’s release on bond; she is currently waiting for an asylum hearing in North Carolina.

Many of the volunteers in Artesia tell similar stories about the misery of life in the facility. “I thought I was pretty tough,” said Allegra Love, who spent the previous summer working on the border between Mexico and Guatemala. “I mean, I had seen kids in all manner of suffering, but this was a really different thing. It’s a jail, and the women and children are being led around by guards. There’s this look that the kids have in their eyes. This lackadaisical look. They’re just sitting there, staring off, and they’re wasting away. That was what shocked me most.”

The detainees reported sleeping eight to a room, in violation of the Flores settlement, with little exercise or stimulation for the children. Many were under the age of 6 and had been raised on a diet of tortillas, rice and chicken bits. In Artesia, the institutional cafeteria foods were as unfamiliar as the penal atmosphere, and to their parents’ horror, many of the children refused to eat. “Gaunt kids, moms crying, they’re losing hair, up all night,” an attorney named Maria Andrade recalled. Another, Lisa Johnson-Firth, said: “I saw children who were malnourished and were not adapting. One 7-year-old just lay in his mother’s arms while she bottle-fed him.” Mary O’Leary, who made three trips to Artesia last fall, said: “I was trying to talk to one client about her case, and just a few feet away at another table there was this lady with a toddler between 2 and 4 years old, just lying limp. This was a sick kid, and just with this horrible racking cough.”

***

IN EARLY AUGUST, a paralegal from Oregon named Vanessa Sischo arrived at the camp. Raised in a small town near Mount Hood, Sischo did not realize until high school that her parents brought her into the United States from Mexico as an infant without documentation. She gained protection from deportation under the president’s Deferred Action for Childhood Arrivals program in 2012. When Sischo learned that children arriving from Central America were being incarcerated in Artesia, she volunteered immediately. She arrived a week after Christina Brown, and like Brown, she stayed. After about a month, AILA and another nonprofit, the American Immigration Council, hired Brown as the pro bono project’s lead attorney. Brown recommended Sischo for the job of project coordinator. The two women began rooming together in the small yellow house near Main Street.

Brown and Sischo make an unlikely pair. Brown, who has a sturdy build and dark brown hair, has an inborn skepticism and a piercing wit. Sischo is six years younger and preternaturally easygoing. Until she discovered her own immigration background, she had little interest in political affairs and spent much of her time in Oregon as a competitive snowboarder. For both, Artesia was a jarring shift from life at home. As they sat together one evening in December, they described a typical week. “The new volunteers come in on Sunday, go through orientation, and by Wednesday night, everyone is crying,” Brown said. “A lot of the attorneys come in and say: ‘I’ve been doing this for 20 years. I’ve seen all of this before. I’ll be fine.’ ”

“I remember the first time I went in,” Sischo said. “I just stopped, and all I could hear was a symphony of coughing and sneezing and crying and wailing.”

“Kids vomiting all over the place,” Brown said.

“There was a big outbreak of fevers,” Sischo said. “It sent an infant into convulsions.”

“Pneumonia, scabies, lice,” Brown said.

Officials for ICE say these accounts are exaggerated. But they declined multiple requests to visit the Artesia facility and took weeks to answer questions about its facilities. Brown, who oversaw more than 500 detainee cases as lead attorney, was also unable to gain access to the camp’s housing, dining, medical and educational facilities. “I requested three times to be taken on a tour,” she said. “I sent it through the appropriate channels. No one ever responded, to date, to my request.”

Visitors who did gain access to the facility have raised troubling questions about the ethics — and legality — of how it handled children. The Flores settlement requires the government to provide regular schooling for juveniles in detention, but the mayor of Artesia, Phillip Burch, said that on several visits to the compound, the classrooms were always empty. “I was told that children were attending classes,” he recalled. “Did I personally witness it? No. And none of the tours that I made did I see the children actually in class.” Members of the New Mexico Faith Coalition for Immigrant Justice, who toured the facility in October, say that officials also showed them the empty school. When one member asked why the building was empty, an ICE official replied that school was temporarily closed. Detainees have consistently told their lawyers that the school was never reliably open. They recall a few weeks in October when classes were in session for an hour or two per day, then several weeks of closure through November, followed by another brief period of classes in December.

In response to questions about the school, ICE officials would say only that “regular school instruction began Oct. 13, 2014, and ended Dec. 17.” Asked whether the school was open consistently, and for how many hours, ICE officials declined to respond. The senior counselor for immigration issues at the Department of Homeland Security, Esther Olavarria, said that she was aware “there were challenges” at the Artesia school, but couldn’t say exactly when it was open or for how long. Olavarria has a distinguished record as advocate for refugees and previously served as a top immigration adviser for Senator Edward M. Kennedy. She said that she was under the impression that attorneys in Artesia were granted access to the facility, and she could not explain why Brown was not. She also believed that the meal service in Artesia was adapted to reflect the dietary norms of Central America and that medical care was adequate and available. After hearing what detainees, attorneys, faith advocates and elected officials described in Artesia, Olavarria promised to look into these issues and provide further documentation. Despite several attempts to elicit that documentation, she provided none. In a statement, the Department of Homeland Security said: “The regular school instruction began Oct. 13, 2014, but was suspended shortly thereafter in order to ensure appropriate vetting of all teachers.” Officials say that school resumed on Oct. 24 and continued through Dec. 17.

Attorneys for the Obama administration have argued in court, like the Bush administration previously, that the protections guaranteed by the Flores settlement do not apply to children in family detention. “The Flores settlement comes into play with unaccompanied minors,” a lawyer for the Department of Homeland Security named Karen Donoso Stevens insisted to a judge on Aug. 4. “That argument is moot here, because the juvenile is detained — is accompanied and detained — with his mother.”

Federal judges have consistently rejected this position. Just as the judge reviewing family detention in 2007 called the denial of Flores protections “inexplicable,” the judge presiding over the Aug. 4 hearing issued a ruling in September that Homeland Security officials in Artesia must honor the Flores Settlement Agreement. “The language of the F.S.A. is unambiguous,” Judge Roxanne Hladylowycz wrote. “The F.S.A. was designed to create a nationwide policy for the detention of all minors, not only those who are unaccompanied.” Olavarria said she was not aware of that ruling and would not comment on whether the Department of Homeland Security believes that the Flores ruling applies to children in family detention today.

***

AS THE PRO BONO project in Artesia continued into fall, its attorneys continued to win in court. By mid-November, more than 400 of the detained women and children were free on bond. Then on Nov. 20, the administration suddenly announced plans to transfer the Artesia detainees to the ICE detention camp in Karnes, Tex., where they would fall under a new immigration court district with a new slate of judges.

That announcement came at the very moment the president was delivering a live address on the new protections available to established immigrant families. In an email to notify Artesia volunteers about the transfer, an organizer for AILA named Stephen Manning wrote, “The disconnect from the compassionate-ish words of the president and his crushing policies toward these refugees is shocking.” Brown was listening to the speech in her car, while driving to Denver for a rare weekend at home, when her cellphone buzzed with the news that 20 of her clients would be transferred to Texas the next morning. Many of them were close to a bond release; in San Antonio, they might be detained for weeks or months longer. Brown pulled her car to the side of the highway and spent three hours arguing to delay the transfer. Over the next two weeks, officials moved forward with the plan.

By mid-December, most of the Artesia detainees were in Karnes, and Brown and Sischo were scrambling to pack the contents of their home and office. On the afternoon of Dec. 16, they threw their final bags into a U-Haul, its cargo area crammed with laundry baskets, suitcases, file boxes and hiking backpacks, all wedged precariously in place, then set out for the eight-hour drive across the desert to central Texas.

The next morning, a law professor named Barbara Hines was also speeding into San Antonio. Hines is a wiry woman in her 60s with a burst of black curls and an aspect of bristling intensity. In the battle over refugee detention, she is something of a seminal figure for advocates like Brown and Sischo. As co-director of the Immigration Law Clinic at the University of Texas, Hines helped lead the 2007 lawsuit against the Hutto facility, which brought about its closure in 2009 and the abolition of widespread family detention until last summer. When the Obama administration announced plans to resume the practice in Artesia, Hines was outraged; when officials opened the second facility in Karnes, just two hours from her home in Austin, Hines began to organize a pro bono project of her own. Although she’d never met Brown or Sischo, she had been running a parallel operation for months. Now that they were in Texas, Hines was eager to meet them.

But first, she had a client to represent. Hines pulled into a parking lot behind the immigration court in downtown San Antonio and rushed inside, up a clattering elevator to the third floor and down a long hallway to a cramped courtroom. At the front, behind a vast wooden desk, sat Judge Glenn McPhaul, a tidy man with slicked hair and a pencil mustache. He presided from an elevated platform, with a clerk to his right, an interpreter to his left, and a large television monitor in the corner. On screen was the pale and grainy image of a dozen exhausted Central American women.

These were just a few of the Karnes detainees, linked by video feed to the courtroom. Another 500 women and children were in the compound with them. There was no legal distinction between their cases and those of the women in Artesia; they had simply been sent to a different facility, weeks or months earlier. Each of them, like the women in Artesia, had already been through the early stages of the asylum process — presenting herself to immigration authorities, asking for refugee status and passing the “credible-fear interview” to confirm a basis for her claim. But the odds of release in Karnes were worse. One of McPhaul’s colleagues, Judge Gary Burkholder, was averaging a 91.6 percent denial rate for the asylum claims. Some Karnes detainees had been in the facility for nearly six months and could remain there another six.

***

THE SITTING AREA of the courtroom was nearly empty, save for half a dozen attorneys. Many of the volunteers at Karnes are friends and former students of Hines, who has been drafting every licensed lawyer she can find. As she slid down the long bench to a seat, she nodded to some of the attorneys in the room and stopped to whisper with another. Then she spent a few minutes fidgeting with her phone until the clerk called her client’s name, and Hines sprang forward, slipping past the bar rail to a table facing the judge. On the television screen, her client, Juana, was stepping toward the camera at Karnes. She was a young woman with a narrow face and deep eyes. Her hair was pulled back to reveal high cheekbones and a somber expression.

McPhaul asked the stenographer to begin transcription, then he commenced with the ritualized exchange of detention proceedings, recording the names of the attorneys, the detainee and everyone on the bench. He noted the introduction of a series of legal documents and confirmed that Juana was still happy to be represented by Hines. There was a stream of legal jargon and a few perfunctory remarks about the status of the case, all of it in clipped judicial vernacular and a flat, indifferent tone. Then McPhaul set a date for the next hearing, at which Hines could begin to present an argument for Juana’s release on bond.

For now, Juana’s turn was over; the whole affair took less than 10 minutes, without any meaningful discussion of her case or its merits. As Hines stepped out of the courtroom, Juana was turning away from the camera to return to her children in Karnes. It was impossible to say how much of the hearing she understood, since none of the proceedings were translated into Spanish. The courtroom interpreter was there only to translate the judge’s questions and the detainees’ responses; everything else was said exclusively in English, including the outcome. For all that Juana knew, she might have been granted reprieve or confined for another six months.

Over the next two hours, the scene would repeat a dozen times. Each time McPhaul called a name, a new lawyer would step forward, taking a seat before the bench and proceeding through the verbal Kabuki. In a few cases, McPhaul offered the detainee the opportunity to post bond — usually around $3,000. But the courtroom interpreter was not allowed to convey this news to the detainee, either. If the pro bono attorney spoke Spanish fluently, there might be a few minutes at the end of the session to explain what happened. If not, the detainee would return to custody and might not discover that she had been granted bond until, or unless, someone paid it.

These, of course, were the lucky women with an attorney to represent them at all. Although the families in Artesia and Karnes have been detained in an environment that closely resembles incarceration, there is no requirement in American law to provide them with the sort of legal representation afforded to other defendants. Unlike the Artesia project, where the involvement of AILA brought in hundreds of volunteers from across the country, Hines could scrape together only so many friends and compatriots to lend their time. She formed a partnership with the Refugee and Immigrant Center for Education and Legal Services, or Raices, in San Antonio, and the law firm Akin Gump assigned a young lawyer named Lauren Connell to help organize the Karnes project. But there still weren’t enough lawyers to represent the detainees, and Hines and Connell were forced to evaluate which cases were most likely to win. The remaining refugees would proceed to court alone. They would understand little of what happened, and most would be deported.

It was difficult for Hines to think about what might happen to those women next. The refugees who are returned to Central America can be subject to even greater harassment by gangs for having fled. Hector Hernandez, a morgue operator in Honduras, has said that children who come back from U.S. detention “return just to die.” Jose Luis Aguilar, the city councilor for Artesia, recalled a group deportation on the day in July when Secretary Jeh Johnson visited the facility. “He came in the morning, and that same night, they took 79 people and shipped them to El Salvador on the ICE plane,” Aguilar said. “We got reports later that 10 kids had been killed. The church group confirmed that with four of the mortuaries where they went.”

***

HINES WAS HOPING the attorneys from Artesia would help represent the women in Karnes, but she had no idea whether they would be willing to do so. This was her agenda for the first meeting with Christina Brown, which took place that afternoon in a sunlit conference room in the downtown offices of Akin Gump. Hines sat at the head of a long table, with Lauren Connell to her left and an attorney from Raices named Steven Walden to her right. After a few minutes, Brown appeared in the doorway. She was wearing the same green T-shirt and black leggings she had been wearing the day before in Artesia, and she smiled sheepishly, offering a handshake to Hines.

“I’m really sorry,” Brown said with a small laugh. “I want to let you know that I believe very strongly in first impressions — but I am living out of a U-Haul right now.”

Hines smiled sympathetically as they sat down. “So,” she said. “What are you all going to do here?”

Brown paused. “Well, we know we’re going to be continuing our cases,” she said.

“Mmm-hmm,” Hines said.

“And I’m working on cleaning up our spreadsheet and figuring out who’s here,” Brown said. “Many of our clients who were transferred here had already been granted bond.”

“Wait,” Connell said. “They transferred them here to have them bond out?”

Brown sighed. “Yes,” she said.

“That’s ridiculous,” Connell said.

“We’ve had numerous fights on this issue,” Brown said. “We’ve had family members go to pay, and they can’t because the client is already in transit to Karnes.”

Hines shook her head in disbelief.

“It’s been kind of a nightmare,” Brown said.

“Do you have people who have been detained more than 90 days?” Hines asked.

“Every one we’re going forward with on merits has been detained more than 90 days,” Brown said. “So I want to see how you all are moving forward, so I can see what resources are here for Artesia clients.”

Hines laughed. “We can barely staff our cases,” she said. “My hope was that people who were at Artesia, after they’re finished your cases, are going to help with ours.”

“If she says that enough, maybe it will come true,” Connell said.

Brown shook her head. “At the moment, I can commit to nothing,” she said. “Right now, I’m the only attorney, and there’s no guarantee that other volunteers are coming.”

Hines and Connell exchanged a look. Even if the Artesia lawyers could double or triple their workload, the number of detainees would soon overwhelm them. The day before, officials in Karnes had approved a plan to expand the detention facility from about 500 beds to roughly 1,100. At the same time, two hours west of Karnes, in the little town of Dilley, the Department of Homeland Security was about to open another refugee camp for women and children. It would be the largest detention facility in the country, with up to 2,400 beds. If Hines and Brown had trouble finding lawyers to represent a few hundred women and children, there was little chance of generating support for more than 3,000.

***

AFTER THE MEETING, Brown returned to her motel and spent the afternoon searching for an apartment, but the options were limited, and by late afternoon, she and Sischo still had nowhere to live. They decided to spend their first evening in Texas at a vegetarian restaurant downtown. As they settled into a booth at the back of the cafe, they talked about the situation they’d left behind in Artesia, where much of the town opposed the detention facility and the lawyers with equal measure. Town-hall meetings in Artesia became so heated that city officials asked the police to stand guard.

“For people there, it’s a resource issue,” Brown said. “They blame the immigrant community for coming in and being jailed, and for us having to educate their children, when they would like more resources put into their own schools.”

Sischo nodded. “That’s what a guy at the electronics store said: ‘Oh, you’re helping the illegals?’ That’s how they view it. I remember a sign that a protester was holding that was like, ‘What about our children?’ ”

“It’s a legitimate question,” Brown said. “They don’t have a lot of resources in that town, and they should have more.”

“I agree,” Sischo said. “We should not be spending resources on detaining these families. They should be released. But people don’t understand the law. They think they should be deported because they’re ‘illegals.’ So they’re missing a very big part of the story, which is that they aren’t breaking the law. They’re trying to go through the process that’s laid out in our laws.”

For Sischo, seeing the families struggle — families much like her own — was almost more than she could stand. On visits to her parents in Oregon, she struggled to maintain composure. “Every time I’ve gone home, I’ve just cried pretty much nonstop,” she said. “It’s grief and anger and hopelessness and confusion as to how this could happen and whether we’re making a difference.”

For Brown, by contrast, the same experiences seemed to have amplified her energy and commitment. “I haven’t had time to go home and cry yet,” she said. “Maybe I’ll get a job at Dilley, because then I won’t have to process anything!” Brown laughed, but she acknowledged that some part of her was ready to commit to the nomadic life of a legal activist, parachuting into crises for a few months at a time. “That appeals to me,” she said. “It’s nice to be where people need you.”

As dinner came to an end, Brown and Sischo stepped outside into the night. They had parked the U-Haul in a nearby lot, and it had just been towed.

***

IN THE COMING YEAR, most of the families who are currently in detention will wend their way through the refugee system. Some will be released on bond to await their asylum hearing; others will remain in custody until their hearings are complete. Those without an attorney will most likely fail to articulate a reason for their claim in the appropriate jargon of the immigration courts and will be deported to face whatever horror they hoped to flee. Of the 15 families who have been shepherded through the process by the volunteer lawyers so far, 14 have received asylum — “Which should be all you need to know about the validity of their claims,” Brown said.

By late spring, the construction of the new facility at Dilley should be complete. It already represents a drastic departure from the refugee camp in Artesia. Managed by the Corrections Corporation of America, the largest private prison company in the country, the South Texas Family Residential Center has its own promotional website with promissory images of the spacious classrooms, libraries, play areas and lounges that will eventually be available to refugees in long-term detention. Architectural drawings for the site show eight distinct neighborhoods on the campus, with dormitory housing, outdoor pavilions, a chapel and several playgrounds. How much of this will ultimately materialize remains to be seen. Last week, C.C.A. listed job openings for child care workers, library aides and mailroom clerks at the site.

Esther Olavarria, the senior counselor for immigration issues at the Department of Homeland Security, acknowledged that there had been shortcomings in Artesia but described the Dilley facility as a correction. “We stood up Artesia very, very quickly and did the best that we could under the circumstances,” Olavarria said. “As concerns were brought to our attention by advocates, we worked with them to try to address the concerns as quickly as possible.”

Many advocates have expressed concerns about the Dilley facility as well. Its management company, C.C.A., is the same firm that ran the Hutto detention center, and it has been at the center of other significant controversies in recent years. In 2006, federal investigators reported that conditions at a C.C.A. immigration jail in Eloy, Ariz., were so lacking that “detainee welfare is in jeopardy.” Last March, the F.B.I. started an investigation of C.C.A. over a facility the company ran in Idaho, known by inmates as the “Gladiator School” because of unchecked fighting; in 2010, a video surfaced of guards watching one inmate beat another into a coma. Two years ago, C.C.A. executives admitted that employees falsified 4,800 hours of business records. The state has now taken control of the facility.

The management contract at Dilley was also created with unusual terms. In their hurry to open the new facility, officials for the Obama administration bypassed normal bidding procedures and established Dilley under an existing contract for the troubled C.C.A. jail in Eloy. Although the Dilley camp is nearly 1,000 miles away from Eloy, all federal funding for the new camp in Texas will flow through the small town in Arizona, which will keep $438,000 of the annual operating budget as compensation. Eloy city officials say they do not expect to monitor, or even visit, the Dilley facility.

Any new refugees who surrender this spring may spend more than a year in Dilley before their asylum hearings can be scheduled. Olavarria said that officials hope the process will move more quickly, but it will depend on the immigration courts in San Antonio, which fall under the Department of Justice. “From what I’ve heard from the Justice Department, generally it’s not taking 18 months,” Olavarria said. “We’re hearing that cases are being completed in a shorter time. But it’s a case-by-case situation that depends on the complexity, it depends on continuances that are provided to seek counsel, to prepare for cases, all those kinds of things.” The cost to house each detainee at Dilley is about $108,000 per year. A study funded by the Immigration and Naturalization Service, of more than 500 detainees between 1997 and 2000, found that 93 percent will appear in court when placed in a monitoring program. The savings of such a program for the 2,400 detainees at Dilley would be about $250 million per year.

Officials from the Department of Homeland Security say the facilities in Karnes and Dilley are still insufficient to house the detainees they expect to process in the coming year. “Last year, we saw 60,000 families come in,” Olavarria said. “We’re hoping we don’t see those kinds of numbers this year, but even if we see half, those two facilities would hold a fraction of those numbers.” Olavarria said the department was not yet considering additional facilities. “We are in the middle of a battle with the Congress on our funding, so there’s very little discussion about long-term planning,” she said.

For now, the Artesia facility is closed, its bunk beds and hallways empty. Brown and Sischo remain in Texas; they rescued their U-Haul from an impound lot and found an apartment soon thereafter. That same week, an email from the mayor of Artesia, Phillip Burch, was circulating among city residents. “The pro bono attorneys have left our community,” he wrote. “Hopefully not to return.”


Wil S. Hylton is a contributing writer at The New York Times Magazine and the author of Vanished. His complete archive is available on Longform.

Voir par ailleurs:

Les fausses images d’enfants séparés de leurs parents à la frontière USA-Mexique
La Croix
23/06/2018

De nombreuses photos et vidéos circulent sur internet depuis que Donald Trump a mis en place sa politique de tolérance zéro face à l’immigration illégale, ce qui a mené plus de 2.300 enfants à être séparés de leurs parents à la frontière entre Etats-Unis et Mexique.

Mais beaucoup d’entre elles ne correspondent pas à la réalité.

Vendredi, après la publication d’un décret du président américain marquant son revirement vis-à-vis de cette politique, le doute demeurait sur le temps que mettront ces mineurs à retrouver leurs familles.

Que vérifie-t-on et que sait-on?

Au moins trois images, largement partagées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, illustrent des situations qui ne sont pas celles vécues par les 2.342 enfants détenus en raison de leur statut migratoire irrégulier.

La première montre une fillette hondurienne, Yanela Varela, en larmes. Elle est vite devenue sur Twitter ou Facebook un symbole de la douleur provoquée par la séparation des familles.

Cette image a même contribué à déclencher des donations d’un total de plus de 18 millions de dollars à une association texane d’aide aux migrants appelée RAICES.

La photo a été prise le 12 juin dans la ville de McAllen, au Texas, par John Moore, un photographe qui a obtenu le prix Pulitzer et travaille pour l’agence Getty Images.

Time Magazine en a fait sa Une, mettant face à face, dans un photomontage sur fond rouge, la petite fille apeurée et un Donald Trump faisant presque trois fois sa taille et la toisant avec cette simple légende: « Bienvenue en Amérique ».

Un article en ligne publié par Time et portant sur cette photo affirmait initialement que la petite fille avait été séparée de sa mère. Mais l’article a ensuite été corrigé, la nouvelle version déclarant: « La petite fille n’a pas été emmenée en larmes par des agents de la police frontalière des Etats-Unis, sa mère est venue la chercher et elles ont été emmenées ensemble ».

Time a néanmoins utilisé la photo de la fillette pour sa spectaculaire couverture.

Mais au Honduras, la responsable de la Direction de protection des migrants au ministère des Affaires étrangères, Lisa Medrano, a donné à l’AFP une toute autre version: « La fillette, qui va avoir deux ans, n’a pas été séparée » de ses parents.

Le père de l’enfant, Denis Varela, a confirmé au Washington Post que sa femme Sandra Sanchez, 32 ans, n’avait pas été séparée de Yanela et que les deux étaient actuellement retenues dans un centre pour migrants de McAllen (Texas).

Attaqué pour sa couverture, qui a été largement jugée trompeuse, y compris par la Maison Blanche, Time a déclaré qu’il maintenait sa décision de la publier.

« La photographie du 12 juin de la petite Hondurienne de 2 ans est devenue le symbole le plus visible du débat sur l’immigration actuellement en cours aux Etats-Unis et il y a une raison pour cela », a affirmé dans un communiqué aux médias américains le rédacteur en chef de Time, Edward Felsenthal.

« Dans le cadre de la politique appliquée par l’administration, avant son revirement de cette semaine, ceux qui traversaient la frontière illégalement étaient l’objet de poursuites criminelles, qui entraînaient à leur tour la séparation des enfants et des parents. Notre couverture et notre reportage saisissent les enjeux de ce moment », argumente M. Felsenthal dans son communiqué.

Un autre cliché montre une vingtaine d’enfants derrière une grille, certains d’entre eux tentant d’y grimper. Il circule depuis des jours comme une supposée photo de centres de détention pour mineurs à la frontière mexicaine.

Mais son auteur, Abed Al Ashlamoun, photographe de l’agence EPA, a pris cette image en août 2010 et elle représente des enfants palestiniens attendant la distribution de nourriture pendant le ramadan à Hébron, en Cisjordanie.

Enfin, une troisième image est celle d’un enfant en train de pleurer dans ce qui semble être une cage, et qui remporte un grand succès sur Twitter, où elle a été partagée au moins 25.000 fois sur le compte @joseiswriting.

Encore une fois, il s’agit d’un trompe-l’oeil: il s’agit d’un extrait d’une photo qui mettait en scène des arrestations d’enfants lors d’une manifestation contre la politique migratoire américaine et publiée le 11 juin dernier sur le compte Facebook Brown Berets de Cemanahuac.

Que peut-on conclure?

Les trois photographies mentionnées et amplement partagées sur internet ont été sorties de leur contexte et détournées, et ne peuvent servir de preuves des conditions de vie dans les centres de détention de mineurs clandestins.


Immigration: Cachez ce chez nous que je ne saurai voir ! (Migrants cynically use children as human shields while critics distort reality and history and guess who gets blamed ?)

20 juin, 2018

Two children detained by the Border Patrol in a holding cell in Nogales, Ariz. This image has been widely shared on social media in recent days, offered as an example of the Trump administration’s cruel policies toward immigrants, but in fact the picture was taken in 2014.

Personne ne dit que ce n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife. Arno Klarselfd
Une famille irakienne qui, dit-elle, faisait partie de la traversée où se trouvait la famille du petit Aylan Kurdi, livre son récit de ce funeste voyage. Le naufrage, qui a coûté la vie du garçonnet de 3 ans – dont la photo du petit corps sans vie a indigné la planète – de son frère et de sa mère, a fait onze autres victimes. Parmi elles figurent les deux enfants de Zainab Abbas – Zainab Hadi, 11 ans, et Haidar Hadi, 10 ans – affirme leur mère. Le père, Ahmad Hadi, et leur fille aînée ont survécu. Le couple, qui a enterré ses enfants à Bagdad mercredi, raconte à Sky News qu’Abdullah Kurdi, père d’Aylan Kurdi, a manœuvré le bateau tout au long de la traversée. Zainab Abbas souligne qu’Abdullah Kurdi lui avait d’ailleurs été présenté comme étant le capitaine du bateau. Elle ajoute que (…) ajoute que les passagers ne portaient pas tous des gilets de sauvetage. Elle affirme, en outre, qu’Abdullah Kurdi «était un passeur», rapporte le Daily Telegraph. (…) De son côté, Abdullah Kurdi a confirmé au Wall Street Journal que la famille Hadi se trouvait bien avec lui sur le bateau mais il conteste leur récit du voyage. Il affirme au quotidien américain que c’est un passeur turc qui manœuvrait le bateau. Il précise que ce dernier a été pris de panique lorsque le moteur a calé. Le passeur aurait alors sauté à l’eau et abandonné le bateau. Selon lui, «nous avions des gilets de sauvetage mais le bateau a subitement chaviré parce que des gens se sont levés». (…) Pourtant, généralement, les passeurs ne participent pas à la traversée. Selon un rapport de l’UNODC, «aucune personne liée aux passeurs n’est présente à bord durant la traversée. Au lieu de cela, un “chauffeur” est désigné parmi les migrants et bénéficie en contrepartie d’un passage sans frais». Sur le terrain, un reporter du Petit Journal , qui a suivi une famille avant qu’elle n’embarque à Bodrum, en Turquie, vers Kos, en Grèce, a fait le même constat: «Les passeurs ne font pas la traversée, c’est un des migrants qui va conduire le bateau, eux ne prennent jamais le risque de se faire attraper par les autorités» (extrait à 3’50), précise le journaliste. Le Figaro
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993)
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
Our message absolutely is don’t send your children unaccompanied, on trains or through a bunch of smugglers. We don’t even know how many of these kids don’t make it, and may have been waylaid into sex trafficking or killed because they fell off a train. Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back. More importantly, they may not make it. Obama (2014)
I also think that we have to understand the difficulty that President Obama finds himself in because there are laws that impose certain obligations on him. And it was my understanding that the numbers have been moderating in part as the Department of Homeland Security and other law enforcement officials understood that separating children from families — I mean, the horror of a father or a mother going to work and being picked up and immediately whisked away and children coming home from school to an empty house and nobody can say where their mother or father is, that is just not who we are as Americans. And so, I do think that while we continue to make the case which you know is very controversial in some corridors, that we have to reform our immigration system and we needed to do it yesterday. That’s why I approved of the bill that was passed in the Senate. We need to show humanity with respect to people to people who are working, contributing right now. And deporting them, leaving their children alone or deporting an adolescent, doing anything that is so contrary to our core values, just makes no sense. So I would be very open to trying to figure out ways to change the law, even if we don’t get to comprehensive immigration reform to provide more leeway and more discretion for the executive branch. (…) the numbers are increasing dramatically. And the main reason I believe why that’s happening is that the violence in certain of those Central American countries is increasing dramatically. And there is not sufficient law enforcement or will on the part of the governments of those countries to try to deal with this exponential increase in violence, drug trafficking, the drug cartels, and many children are fleeing from that violence. (…) first of all, we have to provide the best emergency care we can provide. We have children 5 and 6 years old who have come up from Central America. We need to do more to provide border security in southern Mexico. (…) they should be sent back as soon as it can be determined who responsible adults in their families are, because there are concerns whether all of them should be sent back. But I think all of them who can be should be reunited with their families. (…) But we have so to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey. Hillary Clinton (2014)
Je crois fermement qu’un individu sans papiers, condamné pour de multiples délits graves et sujet à une demande de détention des autorités fédérales n’aurait pas dû être remis en liberté. Dianne Feinstein (sénatrice démocrate de Californie et ancienne maire de San Francisco)
C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. Tout ce qu’il y a de bon dans notre société peut faire l’objet d’abus. René Girard
The State Department has suspended a humanitarian program to reunite thousands of African refugees with relatives in the U.S. after unprecedented DNA testing by the government revealed widespread fraud. The freeze affects refugees in Kenya, Ethiopia, Uganda, Guinea and Ghana, many of whom have been waiting years to emigrate. The State Department says it began DNA testing with a pilot program launched in February to verify blood ties among African refugees. Tests found some applicants lied about belonging to the same family to gain a better chance at legal entry. (…) Typically, a refugee already living in the U.S., a so-called anchor, is entitled to apply for permission to bring a spouse, minor children, parents and siblings. The process requires interviews, medical examinations and security screening. But suspicion has grown in recent years that unrelated Africans were posing as family members to gain entry. « This program is designed for people to reunify with family members » already in the U.S., says Barbara Strack, director of the refugee division at U.S. Citizenship & Immigration Services. « We wanted to have empirical data » to confirm suspected fraud, she says. (…) As word spread, some applicants began missing appointments, and others refused to cooperate. Laboratory analysis of the samples indicated a large portion of applicants weren’t blood relations, as they claimed. « The results were dismaying, » says Ms. Strack. « This told us we had a problem with the program. » The results prompted expansion of the testing to other countries. « We had high rates of fraud everywhere, except the Ivory Coast, » says a State Department official. (…) Refugee advocates say the definition of family among Africans extends beyond blood relatives, especially when families fleeing persecution are scattered. « Some families are raising children who aren’t their own but whom they call son or daughter, » says Ms. Fox of Catholic Charities. Refugee slots are precious. The world’s uprooted people are estimated to number 37 million; only about 1% are resettled. As the largest recipient, the U.S. absorbs about half of all refugees who are resettled. Such demand « creates an incentive to get past the system, » says Ralston H. Deffenbaugh Jr., president of Lutheran Immigration and Refugee Services. « Desperation makes people more susceptible to abuse or bribery. » WSJ
Protecting children at the border is complicated because there have, indeed, been instances of fraud. Tens of thousands of migrants arrive there every year, and those with children in tow are often released into the United States more quickly than adults who come alone, because of restrictions on the amount of time that minors can be held in custody. Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner. Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing. (…) [Jessica M. Vaughan, the director of policy studies for the Center for Immigration Studies] said that some migrants were using children as “human shields” in order to get out of immigration custody faster. “It makes no sense at all for the government to just accept these attempts at fraud,” Ms. Vaughan said. “If it appears that the child is being used in this way, it is in the best interest of the child to be kept separately from the parent, for the parent to be prosecuted, because it’s a crime and it’s one that has to be deterred and prosecuted.” NYT
Over the weekend, you may have seen a horrifying story: Almost 1,500 migrant children were missing, and feared to be in the hands of human traffickers. The Trump administration lost track of the children, the story went, after separating them from their parents at the border. The news spread across liberal social media — with the hashtag #Wherearethechildren trending on Twitter — as people demanded immediate action. But it wasn’t true, or at least not the way that many thought. The narrative had combined parts of two real events and wound up with a horror story that was at least partly a myth. The fact that so many Americans readily believed this myth offers a lesson in how partisan polarization colors people’s views on a gut emotional level without many even realizing it. As other articles have explained, the missing children and the Trump administration’s separation of families who are apprehended at the border are two different matters. (…) These “missing” children had actually come to the United States without their parents, been picked up by the Border Patrol and then released to the custody of a parent or guardian. Many probably are not really missing. The figure represents the number of children whose households didn’t answer the phone when the Department of Health and Human Services called to check on them. The unanswered phone calls may warrant further welfare checks, but are not themselves a sign that something nefarious has happened. The Obama administration also detained immigrant families and children, as did other recent administrations. This past weekend, some social media users circulated a photo they said showed children detained as a result of President Trump’s policies, but the image was actually from 2014. (…) Long-running social science surveys have found that since the 1980s, Republicans’ opinions of Democrats and Democrats’ opinions of Republicans have been increasingly negative. At the same time, as Lilliana Mason, a political scientist at the University of Maryland, writes in a new book, partisan identity has become an umbrella for other important identities, including those involving race, religion, geography and even educational background. It has become a tribal identity itself, not merely a matter of policy preferences. So it’s not that liberals didn’t care about immigrant children until Mr. Trump became president, or that they’re only pretending to care now so as to score political points. Rather, with the Trump administration’s making opposition to immigrants a signature issue, the topic has become salient to partisan conflict in a way it wasn’t before. Mr. Trump’s treatment of immigrant families and children, when refracted through the lens of partisan bias, affirms liberals’ perception of being engaged in a broader moral struggle with the right, making it feel like an urgent threat. Mr. Obama’s detaining of immigrant children, by contrast, felt like a matter of abstract moral concern. Identity polarization means “you want to show that you’re a good member of your tribe,” Sean Westwood, a political scientist at Dartmouth College who studies partisan polarization, said in an interview early last year. “You want to show others that Republicans are bad or Democrats are bad, and your tribe is good.” Sharing stories on social media “provides a unique opportunity to publicly declare to the world what your beliefs are and how willing you are to denigrate the opposition and reinforce your own political candidates,” he said. Accurate news can serve that purpose. But fake news has an advantage. It can perfectly capture one side’s villainous archetypes of the other, without regard for pesky facts that might not fit the story line. The narrative that President Trump’s team lost hundreds of children after tearing them away from their parents combines some of the main liberal critiques of the administration: that it is racist, that it is authoritarian and that it is incompetent. The administration’s very real policy of separating families already plays to the first two archetypes. By adding in the missing children, the story manages to incorporate an incompetence angle as well. NYT
Pendant trop longtemps, le CDH a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et il a été un cloaque de partis pris politiques. (…) Cinq résolutions ont été votées contre Israël. C’est plus que toutes les résolutions confondues contre la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie. Nikki Haley (ambassadrice américaine à l’ONU)
Les pays (membres) se sont entendus pour saper la méthode actuelle de sélection des membres. Et le biais continu et bien documenté du Conseil contre Israël est inadmissible. Depuis sa création, le Conseil a adopté plus de résolutions condamnant Israël que contre le reste du monde. Mike Pompeo
For too long, the Human Rights Council has been a protector of human rights abusers and a cesspool of political bias. Regrettably, it is now clear that our call for reform was not heeded. Human rights abusers continue to serve on and be elected to the council. The world’s most inhumane regimes continue to escape scrutiny, and the council continues politicizing and scapegoating of countries with positive human rights records in an attempt to distract from the abusers in their ranks. Therefore, as we said we would do a year ago if we did not see any progress, the United States is officially withdrawing from the UN Human Rights Council. In doing so, I want to make it crystal clear that this step is not a retreat from human rights commitments; on the contrary, we take this step because our commitment does not allow us to remain a part of a hypocritical and self-serving organization that makes a mockery of human rights. (…) Almost every country we met with agrees with us in principle and behind closed doors that the Human Rights Council needs major, dramatic, systemic changes, yet no other country has had the courage to join our fight.(…) When a so-called Human Rights Council cannot bring itself to address the massive abuses in Venezuela and Iran, and it welcomes the Democratic Republic of Congo as a new member, the council ceases to be worthy of its name. Such a council, in fact, damages the cause of human rights. And then, of course, there is the matter of the chronic bias against Israel. Last year, the United States made it clear that we would not accept the continued existence of agenda item seven, which singles out Israel in a way that no other country is singled out. Earlier this year, as it has in previous years, the Human Rights Council passed five resolutions against Israel – more than the number passed against North Korea, Iran, and Syria combined. This disproportionate focus and unending hostility towards Israel is clear proof that the council is motivated by political bias, not by human rights. (…) America has a proud legacy as a champion of human rights, a proud legacy as the world’s largest provider of humanitarian aid, and a proud legacy of liberating oppressed people and defeating tyranny throughout the world. While we do not seek to impose the American system on anyone else, we do support the rights of all people to have freedoms bestowed on them by their creator. That is why we are withdrawing from the UN Human Rights Council, an organization that is not worthy of its name. Nikki Haley
We have no doubt that there was once a noble vision for this council. But today, we need to be honest – the Human Rights Council is a poor defender of human rights. Worse than that, the Human Rights Council has become an exercise in shameless hypocrisy – with many of the world’s worst human rights abuses going ignored, and some of the world’s most serious offenders sitting on the council itself. The only thing worse than a council that does almost nothing to protect human rights is a council that covers for human rights abuses and is therefore an obstacle to progress and an impediment to change. The Human Rights Council enables abuses by absolving wrongdoers through silence and falsely condemning those who have committed no offense. A mere look around the world today demonstrates that the council has failed in its stated objectives. Its membership includes authoritarian governments with unambiguous and abhorrent human rights records, such as China, Cuba, and Venezuela. (…) And the council’s continued and well-documented bias against Israel is unconscionable. Since its creation, the council has adopted more resolutions condemning Israel than against the rest of the world combined. Mike Pompeo
Le problème, c’est que quand vous aidez, dans un premier temps, vous créez un horizon qui est plus large: les gens commencent à penser qu’ils peuvent bouger puisqu’ils ont aussi les moyens – il faut plusieurs milliers d’euros pour entreprendre ce voyage – et donc ce ne sont pas les plus pauvres, les plus désespérés qui partent mais ceux qui commencent à sortir la tête de l’eau. Et c’est donc cet effet de seuil qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir. Stephen Smith
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
Les migrants aussi font un peu de benchmarking pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles. Gérard Collomb
Donald Trump aurait (…) menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. (…) Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain. Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016. Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans. L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump. Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014). En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !). Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris. Valeurs actuelles
L’arme de Trump est facile à comprendre, et beaucoup plus difficile à parer. C’est la négociation, déclenchée ici par la menace de droits de douane très élevés. Le raisonnement du président est simple : « Je suis le premier acheteur du monde. Comme je suis un gros client, je vais renégocier avec chacun de mes fournisseurs. » L’objectif ici n’est pas d’obtenir un rabais et encore moins de déclencher une guerre commerciale. La seule chose qui intéresse Trump, ce sont des implantations d’usines aux Etats-Unis ou de nouvelles exportations, qu’il pourra brandir comme autant de trophées devant ses électeurs. Face à cette arme, les gouvernants des grands pays sont démunis. Aucun n’a appris l’art brutal de la négociation d’affaires. A l’université, Angela Merkel et Xi Jinping ont étudié la chimie, Emmanuel Macron la philosophie et la science administrative, Theresa May la géographie, Giuseppe Conte le droit. Donald Trump, lui, s’est spécialisé dans l’immobilier et a passé ensuite près d’un demi-siècle à se battre sur le prix du mètre carré ou le taux de l’impôt local. A ce jeu, il est redoutable. Il va donc arracher de vrais résultats. Le bras de fer inédit risque bien sûr de créer des tensions commerciales sans précédent depuis près d’un siècle, de dégénérer en tempête financière mondiale, d’engendrer des chocs géopolitiques. Mais Donald Trump s’en moque. Il veut être, aux yeux de ses électeurs, le président qui tient ses promesses. Qui pourrait lui en vouloir ? Jean-Marc Vittori
Donald Trump (…) a su parler à l’Amérique traditionnelle, excédée par cette montée des progressismes. (…) Les États-Unis ont vécu dans une relative prospérité depuis la fin de la guerre, et 2008 sonne comme le glas de ce système, faisant ressurgir une conscience américaine sortie d’outre-tombe et très critique à l’égard de ce modèle de société. D’autant que l’Amérique blanche et rurale est aujourd’hui la première exposée, sur le plan économique: le bassin industriel du nord du pays, les grands bassins des Rocheuses ou les campagnes reculées subissent la crise de plein fouet ; tandis que dans les villes, la mutation économique et le passage à une société des services permet d’éviter en partie les conséquences du rétrécissement économique. (…) (…) Je ne crois pas que l’Amérique soit en guerre avec son histoire, mais qu’elle est en train d’atteindre une maturité en réfléchissant à son histoire. À mon sens, la remise en cause de l’histoire serait un problème, car avant 1860, tout le personnel politique américain a cautionné l’esclavage. On ne peut tout de même pas envoyer tous ces hommes aux oubliettes! Donc sans vouloir réécrire toute l’histoire, on peut cependant observer que de nombreux mouvements américains ont cherché à remettre en cause certaines injustices de l’histoire: c’est le cas bien sûr du mouvement pour les droits civiques par exemple. À Washington, on trouve un musée de l’Holocauste qui consacre une partie de ses expositions aux camps d’internement réservés aux Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Américains savent prendre du recul avec leur histoire, pour en critiquer les parties dont ils ne sont pas fiers, et ne pas retomber dans les erreurs du passé. (…) Donald Trump a permis aux conservateurs de reprendre confiance en eux. Il n’est pas lui-même conservateur, mais il a épousé leur programme, ou plus exactement, comme il n’est pas un homme politique, il a laissé le camp conservateur remplir l’espace laissé vide en distillant leurs idées et leurs revendications, une fois l’élection gagnée. D’autant que Mike Pence est, lui, très conservateur. Les juges nommés par Trump à la Cour suprême poursuivront ainsi son action pendant encore quinze à vingt ans, et les premières décisions fortes en témoignent: récemment, la Cour a reconnu la possibilité d’une liberté de conscience face au mariage homosexuel, en donnant raison au pâtissier qui avait refusé de confectionner une pièce montée. Jean-Éric Branaa
Most people can agree that international affairs should not be conducted by tweet — especially when the tweeter in question is Donald Trump. Among other reasons, it’s easy to dismiss the president’s mercurial rage and flagrant insults as little more than temper tantrums. But that’s a mistake. Mr. Trump’s anger at America’s allies embodies, however unpleasantly, a not unreasonable point of view, and one that the rest of the world ignores at its peril: The global world order is unbalanced and inequitable. And unless something is done to correct it soon, it will collapse, with or without the president’s tweets. While the West happily built the liberal order over the past 70 years, with Europe at its center, the Americans had the continent’s back. In turn, as it unravels, America feels this loss of balance the hardest — it has always spent the most money and manpower to keep the system working. The Europeans have basically been free riders on the voyage, spending almost nothing on defense, and instead building vast social welfare systems at home and robust, well-protected export industries abroad. Rather than lash back at Mr. Trump, they would do better to ask how we got to this place, and how to get out. The European Union, as an institution, is one of the prime drivers of this inequity. At the Group of 7, for example, the constituent countries are described as all equals. But in reality, the union puts a thumb on the scales in its members’ favor: It is a highly integrated, well-protected free-trade area that gives a huge leg up to, say, German car manufacturers while essentially punishing American companies who want to trade in the region. The eurozone offers a similar unfair advantage. If it were not for the euro, Germany would long ago have had to appreciate its currency in line with its enormous export surplus. (…) how can the very same politicians and journalists who defended the euro bailout payments during the financial crisis, arguing that Germany profited disproportionately from the common currency, now go berserk when Mr. Trump makes exactly this point? German manufacturers also have the advantage of operating in a common market with huge wage gaps. Bulgaria, one of the poorest member states, has a per capita gross domestic product roughly equal to that of Gabon, while even in Slovakia, Poland and Hungary — three relative success stories among the recent entrants to the union — that same measure is still roughly a third of what it is in Germany. Under the European Union, German manufacturers can assemble their cars in low-wage countries and export them without worrying about tariffs or other trade barriers. If your plant sits in Detroit, you might find the president’s anger over this fact persuasive. Mr. Trump is not the first president to complain about the unfair burden sharing within NATO. He’s merely the first president not just to talk tough, but to get tough. (…) All those German politicians who oppose raising military spending from a meager 1.3 percent of gross domestic product should try to explain to American students why their European peers enjoy free universities and health care, while they leave it up to others to cover for the West’s military infrastructure (…) When the door was opened, in 2001, many in the West believed that a growing Chinese middle class, enriched by and engaged with the world economy, would eventually claim voice and suffrage, thereby democratizing China. The opposite has happened. China, which has grown wealthy in part by stealing intellectual property from the West, is turning into an online-era dictatorship, while still denying reciprocity in investment and trade relations. (…) China’s unchecked abuse of the global free-trade regime makes a mockery of the very idea that the world can operate according to a rules-based order. Again, while many in the West have talked the talk about taking on China, only Mr. Trump has actually done something about it. Jochen Bittner (Die Zeit)
Last weekend a horrifying tale about the Trump administration “losing” 1,500 children was all over the Internet. The hashtag #Wherearethechildren went viral on Twitter. Adding fuel to the fire was a photo depicting children being kept in cages. The only problem was that the children weren’t lost and the photo was taken during the Obama administration. The Left’s eagerness to embrace this “fake news” stemmed, according to the Times’s Amanda Taub, from “partisan polarization,” and as a result the tale “spread across liberal social media.” Yet the problem goes a lot deeper than that. Anti-Trump readers and viewers may have fallen victim to confirmation bias, but prestige media outlets also deserve a lot of the blame. Even when such stories are later debunked, as this one was, these outlets habitually feed viral myths to the public and create a climate in which any anti-Trump claim seems believable. Instead of asking readers to engage in some introspection about their credulousness, liberal journalists should look at their own behavior. For starters, it wasn’t just social media that spread the “missing children” myth. Some media outlets ran headlines asserting that the government had “lost track” of immigrant children, a claim easily conflated with Trump’s decision to separate parents and children at the border. Most egregiously, an Arizona Republic story (republished at USA Today and corrected about a week later) reported as fact that the government had lost children in its own custody. But as the Times explained, these children were not separated from their parents but rather had arrived illegally at the border on their own, seeking asylum. Most said they had fled their homes in Honduras, El Salvador, or Guatemala to escape drug-cartel and gang violence. They were then placed in the homes of adults who had agreed to sponsor them, often relatives. But, as has happened for years, including during the Obama administration, many of these children ran away or left the United States, or the adult sponsors (who might have their own troubles with the law) refused to pick up the phone when the government checked up on them. Hence, the figure of 1,475 children “missing.” The policy of separating parents from children is not entirely new, either. Indeed, it is standard when adults who have committed a crime are arrested. The only alternatives are to create a detention system for families, a policy to which the ACLU objected under Obama (the policy is barred under a 1997 consent decree), or simply not to detain illegal entrants at all before their court hearings, allowing them to disappear into the country. Arrests are up, of course, thanks to the Trump administration’s attempts to deter illegal immigration. This was a necessary departure from the previous administration’s soft approach to this serious problem. The knee-jerk anger of the Left against Trump’s policies doesn’t really stem from the debate over the issue, though of course Americans are divided about how to deal with illegal immigrants. More fundamentally, it stems from the polarization Taub discusses — and more specifically, from the divisions the media constantly reinforce. Americans read, listen to, and watch different media and have largely forgotten how to deal with disagreement except through demonization. To consume what was once called “mainstream media” is to enter into a world not only where Trump is never given the benefit of the doubt but where everything he does or says is not reported so much as presented as evidence against him in a daily trial. There is much to criticize about Trump’s tweets, utterances, and behavior. But anger at his presence in the White House has caused many journalists to discard their professional principles and any sense of restraint. At places like CNN, and even at the Times to some extent, the church–state divide between news and opinion has completely broken down. Panel discussions have become competitions in Trump-bashing. News reports are slanted to take Trump’s guilt or incompetence as a given. Even when myths are exposed, there’s no letup in the drumbeat of incitement against Trump. As an example, the day the Times published the column about liberals’ being led astray by the “missing children” meme, columnist Nicholas Kristof wrote an anti-Trump screed on immigration in which he described the president’s policies as veering from “abhorrent to evil.” At this point, confirmation bias on the part of the readership is not the core issue. After the last 16 months of media coverage, why would anyone who identifies as liberal or a Democrat not believe the most outlandish or false tales about the president? If media analysts such as Taub want to understand why the loss of trust between liberals and conservatives is so extreme and how stories like this spread, they should start by looking in the mirror. It is the rabid partisanship of the media that is causing so many Americans to buy whatever myth the Internet is serving up against Trump on any given day. Jonathan S. Tobin
We’ve heard that the Trump administration has heartlessly sought to rip toddlers from the arms of their weeping mothers in order to punish illegal-immigrant parents who are merely seeking asylum. But the truth is more complex: The Ninth Circuit Court of Appeals has ruled that even accompanied immigrant minors must be released from custody within 20 days. That means that if their parents do not arrive at a point of entry to claim asylum, and instead violate the law by crossing the border illegally, they will be arrested — and their children must then be separated from them by the working of the law. The only possible solution, without a change to the law itself, would involve releasing illegal-immigrant parents along with their children into the general population. We’ve also heard about the terrible living conditions in the holding centers for these children. Likely, some of that is true — although the stories from various sources conflict. But those facilities were overburdened for years before Trump took office; in fact, the media covered these same facilities and pointed out the problems therein during the Obama administration. In other words, this isn’t a Trumpian attempt to dump kids in hellholes. It’s a longtime problem that has yet to be solved. In reality, all of this could be solved with simple legislation. The House of Representatives is actually set to take up the issue of family separation in both versions of the immigration bill being presented in the House. But Democrats probably won’t sign on to either bill — and it’s unlikely they’d even sign onto an independent piece of legislation designed to allow children to stay with their illegal-immigrant parents until their cases can be adjudicated. That’s because thanks to biased media coverage — and, in some cases, outright falsehoods — Democrats are winning the public-relations war. The longer the Democrats prevent a solution from arising, the more they gain in the public-opinion polls. So they have little incentive to come to the table around an immigration solution — their better political option remains to wait Trump out and let the press inflict damage on him. There’s a reason every Republican attempt at immigration reform has stalled out over the past two decades — and there’s a reason Democrats have celebrated every time they have. There’s also a reason that Democrats with unified control of the presidency and Congress attempted no serious immigration reform. Better to let the problem fester for political gain than to attempt to solve it. If the media truly wished to contribute to a solution, all they’d have to do is cover the issue honestly. Yes, Trump is enforcing the laws against crossing the border illegally more harshly than the Obama administration did. But he didn’t create the separation policy. Yes, Trump has spoken with great passion in favor of stronger border controls. But he’s also offered a bigger amnesty for so-called DREAMers than even Barack Obama did. Instead of using truth as a guide, however, the press continue to suggest that base animus animates conservative feelings on immigration. This leads to a political prisoner’s dilemma in which everyone’s best option is stasis: Republicans are best off doing nothing, since they’ll earn nothing but scorn for any action they take from the press anyway, as well as the undying enmity of many in their base; Democrats are best off doing nothing, since they can count on the press to clock Republicans for any immigration failures. The only ones who lose out are the American people. Ben Shapiro
Much has been written — some of it either inaccurate or designed to obfuscate the issue ahead of the midterms for political purposes — about the border fiasco and the unfortunate separation of children from parents. (…) The media outrage usually does not include examination of why the Trump administration is enforcing existing laws that it inherited from the Bush and Obama administrations that at any time could have been changed by both Democratic and Republican majorities in Congress; of the use of often dubious asylum claims as a way of obtaining entry otherwise denied to those without legal authorization — a gambit that injures or at least hampers thousands with legitimate claims of political persecution; of the seeming unconcern for the safety of children by some would-be asylum seekers who illegally cross the border, rather than first applying legally at a U.S. consulate abroad; of the fact that many children are deliberately sent ahead, unescorted on such dangerous treks to help facilitate their own parents’ later entrance; of the cynicism of the cartels that urge and facilitate such mass rushes to the border to overwhelm general enforcement; and of the selective outrage of the media in 2018 in a fashion not known under similar policies and detentions of the past. In 2014, during a similar rush, both Barack Obama (“Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back.”) and Hillary Clinton (“We have to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey.”) warned — again to current media silence — would-be asylum seekers not to use children as levers to enter the U.S. A few other random thoughts. Mexico is the recipient of about $30 billion in annual remittances (aside from perhaps more than $20 billion annually sent to Central America) from mostly illegal aliens within the U.S. It is the beneficiary of an annual $71 billion trade surplus with the U.S. And it is mostly culpable for once again using illegal immigration and the lives of its own citizens — and allowing Central Americans unfettered transit through its country — as cynical tools of domestic and foreign policy. Illegal immigration, increasingly of mostly indigenous peoples, ensures an often racist Mexico City a steady stream of remittances (now its greatest source of foreign exchange), without much worry about how its indigent abroad can scrimp to send such massive sums back to Mexico. Facilitating illegal immigration also establishes and fosters a favorable expatriate demographic inside the U.S. that helps to recalibrate U.S. policy favorably toward Mexico. And Mexico City also uses immigration as a policy irritant to the U.S. that can be magnified or lessened, depending on Mexico’s own particular foreign-policy goals and moods at any given time. All of the above call into question whether Mexico is a NAFTA ally, a neutral, or a belligerent, a status that may become perhaps clearer during its upcoming presidential elections. So far, it assumes that the optics of this human tragedy facilitate its own political agendas, but it may be just as likely that its cynicism could fuel renewed calls for a wall and reexamination of the entire Mexican–U.S. relationship and, indeed, NAFTA. Finally, it is unfortunate that former CIA and NSA director Michael Hayden and former first lady Laura Bush have both demagogued the issue by respective grotesque and ignorant comparisons of current border shelters to the Auschwitz-Birkenau extermination camp and the forced Japanese internment during World War II. At its horrendous peak in August 1944, the Auschwitz-Birkenau complex on some days exterminated 10,000 human beings and may have cumulatively murdered well over 1 million Jews, as well as Eastern Europeans and Russians. To suggest that a detainee center is anything similar to that industrial killing monstrosity is unhinged, abhorrent — and shameful. It is an insult to current U.S. border-enforcement personnel who do a heroic job at great risk to protect the border in a humane fashion under unimaginable conditions and political pressures. And it is a greater injury to the lost 6 million of the Holocaust when their fate is so cavalierly and ignorantly used for political advantage. Hayden also should remember that during his own tenure at the NSA and as CIA director, he was constantly and in exaggerated style besmirched on issues such as “enhanced interrogation,” drones, and intrusive surveillance. He too often became the object of frequent and unfair comparisons to various Nazi allusions of the sort that he is now promulgating against the Trump administration. Equally ironic is that during the Abu Ghraib controversies, the Iraq War furor, and the post-9/11 renditions, George W. Bush — a constant target of brown shirt/fascist/Nazi slurs — was on occasion loosely compared to instigators of fascistic round-ups, including but not limited to the Japanese internment. One can disagree with a current policy without stooping to distort history to smear an administration, especially when such tactics in the past have been used against those now employing them. Victor Davis Hanson
La polémique autour de l’Aquarius est aussi déprimante que révélatrice de l’état d’esprit qui imprègne les grandes capitales d’Europe occidentale. L’Espagnol Sanchez fait preuve de noblesse d’âme et vole au secours des migrants sans penser deux fois aux conséquences de son geste sur sa propre frontière avec l’Afrique. Quant à Macron, il saute sur l’occasion pour taper sur les populistes fraîchement arrivés au pouvoir en Italie quitte à égratigner la qualité de la collaboration avec un membre du G7. Et tous oublient l’essentiel qui est de « réparer » la Libye, un pays qui saigne depuis 2011, date de la funeste intervention internationale dont les Libyens et les migrants paient encore les pots cassés. (…) Décidément, plus le temps passe, plus l’Europe ressemble à une énorme bijouterie sans portes ni fenêtres. Et tel est précisément le projet de Pedro Sanchez : scier les barreaux qui hérissent l’immense frontière méridionale de l’Espagne qui est aussi celle de l’Europe. Arrivé au pouvoir par effraction, grâce à une motion de censure (il n’a pas été élu et son parti ne détient la majorité des sièges au parlement), Pedro Sanchez est pressé de démanteler les protections soigneusement mises en place par ses prédécesseurs. Son ministre de l’Intérieur vient d’annoncer qu’il fera arracher les barbelés qui couvrent la frontière terrestre séparant le Maroc de Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en territoire africain. Un clin d’œil sans équivoque à destination des milliers d’Ivoiriens, de Maliens et de Guinéens, coincés au Maroc, et qui attendent le moment propice pour partir à l’assaut de la frontière. Il s’agit d’un ensemble de deux murs de six mètres de haut chacun, séparés par un chemin de patrouille et surveillés en permanence par des dispositifs électroniques. Le seul moyen de passer est de faire partie d’une marée humaine (à 200 ou 300) à même de déborder les capacités de réaction des policiers espagnols. Les plus chanceux s’équipent de gants et de couvertures pour ne pas se déchirer les doigts au contact des barbelés tranchants. Le jeu en vaut la chandelle car il suffit de poser le pied côté espagnol pour être couvert par le droit européen qui interdit les expulsions « à chaud ». En prenant la décision d’enlever les barbelés, donc d’entrouvrir de facto la frontière, Pedro Sanchez met les Marocains dans l’embarras. En effet, les policiers marocains font barrage aux migrants avec la plus grande difficulté au monde. Comment convaincre des jeunes qui ont traversé le désert à pied de ne pas tenter la chance de leur vie, si près de l’objectif ? L’exercice est difficile car la zone frontalière est un maquis idéal constitué de ravins profonds et de pinèdes denses. Le sujet épineux aussi sur le plan politique car le Maroc n’a jamais reconnu la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla. Il se retrouve donc à dépenser chaque année des millions d’euros pour surveiller une frontière qu’il ne reconnaît même pas officiellement. Rien ne dit que le Maroc va continuer à jouer le bon élève si l’Espagne s’amuse à attiser artificiellement la tension aux alentours de Ceuta et Melilla. Ce vendredi 15 juin, ils ont été 686 à tenter leur chance entre le Maroc et l’Andalousie : un record. Quatre ont été repêchés sans vie. Et ce n’est qu’une entrée en matière car les côtes espagnoles ne sont séparées des plages africaines que par quelques heures de navigation. Du Sahara marocain jusqu’aux Canaries, il faut compter une vingtaine d’heures en chaloupe ; depuis Saint-Louis au Sénégal deux ou trois jours. Durant les mois d’été lorsque la mer est calme, la tentation est grande de prendre le large surtout quand on laisse derrière soi la misère et la violence. Driss Ghali
Deux questions un peu vulgaires sinon populistes: lorsque l’on admire en France le sauvetage d’un enfant par un migrant malien sans-papiers et que l’on insiste et sur son origine et sur son statut, s’agit-il d’une récupération, le cas échéant admissible? Lorsqu’un membre de la droite dure allemande veut rendre publiquement hommage à une enfant juive violée et assassinée, certes par un migrant musulman et non par un germain au crâne rasé, faut-il commencer par s’en indigner? Gilles William Goldnadel
Pour quelle raison, si seul le sauvetage dans l’urgence des migrants venus de la Libye incertaine leur importe, les gens de l’Aquarius ne les ont-ils pas acheminés vers les côtes assurées algériennes et tunisiennes, plus proches que l’Italie? Un peu embarrassée, leur représentante, Sophie Beau, a déclaré que le droit de ces pays était plus impérieux que le droit européen. Voilà qui en dit long pour ne pas dire tout: c’est parce que l’Europe est plus laxiste qu’on dédouane sans question des pays intransigeants mais pourtant plus proches des migrants, ne serait-ce que par la géographie et la religion. Dans la profondeur de ce déni se niche, comme je l’observe souvent, l’anti-occidentalisme culpabilisateur le plus sournois. Seule l’Europe devrait être comptable du sort des migrants, dès lors que c’est elle qui est coupable. C’est ainsi par exemple que l’ONU le lui a fait souvent grief sans un mot par exemple pour l’Arabie Saoudite et le Qatar, richissimes et déserts, qui expliquent ingénument la fermeture de leurs frontières, y compris à des frères en culture et en langue, au nom d’une exigence de sécurité qui ne se pose évidemment pas pour les peuples d’Europe… C’est ainsi par exemple que les responsables de l’Aquarius expliquaient avec insistance que les passagers étaient en surnombre et que la faim les menaçait. Mais pourquoi, dans ce cas hautement prévisible, accepter la présence à bord d’une journaliste d’Euronews et ne pas limiter strictement les passagers au personnel indispensable de bord aux fins de réserver une place supplémentaire à un naufragé? Enfin et surtout, dès lors que le sauveteur autoproclamé est avant tout un idéologue mondialiste, une question vous hante – et qui a hanté des juges italiens- sur les rapports entretenus avec des passeurs qui n’hésitent pas à saborder les embarcations pour placer les autorités européennes devant le forfait accompli. En réalité, on peut se poser toutes les questions du monde, on ne trouvera la réponse la plus satisfaisante à une question douloureuse désormais existentielle que lorsqu’on se débarrassera des deux obstacles qui empêchent toute appréhension rationnelle. Le premier obstacle est d’ordre juridique autant que politique. Tant que les déboutés du droit d’asile ne seront pas reconduits hors des frontières européennes, il n’y a aucune chance et même aucune raison que les peuples d’Europe, soucieux de la sécurité et du bien-être de leurs enfants comme de l’identité (le mot dit maudit) de leur pays, acceptent la situation actuelle. Et au-delà de la question de l’asile, et notamment en France, il est normal que le fait que des centaines de milliers de sans-papiers se maintiennent illégalement autant qu’ouvertement inspire aux citoyens chaque jour plus exaspérés un sentiment de révolte légitime. Ainsi, c’est le bafouement flagrant des lois républicaines sur la régulation des flux migratoires qui est le premier ennemi du réfugié éligible au droit d’asile qui mérite notre protection. Que penser, par ailleurs, de ce slogan qui attendait les migrants de l’Aquarius à leur arrivée à bon port espagnol: «Bienvenus chez vous»? Bienvenus chez nous, pourquoi pas, mais… «chez vous»! Pourquoi des migrants illégaux seraient-ils chez eux? Et même les réfugiés éligibles au droit d’asile, n’ont-ils pas vocation un jour de rentrer chez eux? Mais derrière cette question, on sent bien qu’il n’y a plus en Europe de «chez nous» pour personne sinon le monde entier, dans la tête des idéologues sans frontières, et que le mot «hôte» justifie plus que jamais son double sens absurde. Le second obstacle découle du premier. Mais il est de l’ordre de la psychologie et de la morale collective. Ainsi, il existe en Europe, et notamment en France, des gens, peu nombreux mais puissants médiatiquement et socialement qui refusent sans le dire ouvertement le respect des lois migratoires précisément dans le même cadre métapolitique que l’Open Society mondialiste de George Soros et de bien d’autres ONG. Il leur arrive parfois de l’avouer par mégarde puis de le regretter. C’est ainsi par exemple que j’ai réussi à faire dire à Iann Brossat, future tête de liste du Parti Communiste aux élections européennes et surtout adjoint au logement de Madame Hidalgo, qu’il ne saurait être question de reconduire les personnes déboutées de leur revendication au droit d’asile (RMC). Dès lors, que penser de la politique de la mairie de Paris qui, le lundi matin, joue à guichets ouverts l’accueil bruyant et entraînant de tous les migrants et, le mardi soir, se lamente de l’indignité de leur situation et incrimine la carence d’état? Dans ce cadre rien moins que sincère et rationnel, les ennemis déclarés de l’Europe des frontières continuent d’user de leur arme favorite: l’antinazisme fantasmé. C’est ainsi par exemple que l’ineffable mais combien populaire à Cannes et dans les médias, Cédric Herrou a twitté ainsi cette obscénité: «Quand Éric Ciotti dit en 2018 «mettons les migrants en Libye» il dirait en 1940 mettons-les dans des chambres à gaz». Bref l’utilisation nauséabonde d’un gaz incapacitant par voie de gazouillis écoeurant. Mais ces petits maîtres-chanteurs de Nuremberg et de l’antinazisme devenu fou ont, pour cause d’avoir trop crié au retour du loup, une voix enrouée qui porte désormais moins loin. Tout cela marche moins bien et les peuples ne marchent plus du tout. De l’Italie jusqu’en Autriche en passant par l’Allemagne. Et même en Israël. La semaine dernière, un tabou jusque-là entretenu avec une vigilance obsessionnelle autant que névrotique a été levé. Le chancelier autrichien Sébastien Kurz, pourtant allié à la droite dure, s’est rendu en Israël. Accompagné d’un ministre israélien, il s’est rendu au mémorial de Yad va Shem pour s’incliner devant les victimes de la Shoah. Il venait de décider d’expulser des imams islamistes radicaux inféodés à Erdogan. Il va être très difficile, malgré tous les efforts, de le faire passer pour un nazi antisémite, quand bien même il se montrera attaché au sort de ses compatriotes germaniques. Vous verrez que bientôt les populistes passeront pour plus intelligents et même plus généreux que les fausses élites aux cœurs artificiels. Gilles-William Goldnadel
Why would she put our little daughter through that ? (…) I do think it was irresponsible of her to take the baby with her in her arms because we don’t know what could happen. Denis Hernandez

Attention: une barbarie peut en cacher une autre !

A l’heure où de la frontière américano-mexicaine à l’Italie ou à l’Espagne …

Et à l’instar des boucliers humains du Hamas

C’est désormais sans compter la traditionnelle fraude documentaire

Derrière leurs enfants que les clandestins sont invités à faire leur « marche du retour » « chez eux »

Et qu’une mesure prévue pour protéger les enfants dans un pays où contrairement à la Corée du nord on n’emprisonne pas les enfants avec leurs parents

Se voit qualifier de criminelle par ceux-là mêmes qui pour « vivre leur rêve américain » sont prêts à sacrifier à la Abdullah Kurdi la vie de leurs propres enfants …

Pendant qu’entre une Kate ou une Susanna une population osant regretter son « chez nous » se voit immédiatement excommuniée pour populisme

 Et que tout en ayant profité depuis 70 ans du parapluie nucléaire américain, c’est aux pires dictatures de la planète que l’on confie la surveillance des droits de l’homme

Devinez qui entre « fake news » et « fake history » y compris dans les têtes de nos enfants, on accuse à présent de cruauté et de barbarie nazie ?

Border Politics and the Use and Abuse of History
Victor Davis Hanson
National Review
June 19, 2018

Much has been written — some of it either inaccurate or designed to obfuscate the issue ahead of the midterms for political purposes — about the border fiasco and the unfortunate separation of children from parents. Rich Lowry’s brief analysis is the most insightful.

The media outrage usually does not include examination of why the Trump administration is enforcing existing laws that it inherited from the Bush and Obama administrations that at any time could have been changed by both Democratic and Republican majorities in Congress; of the use of often dubious asylum claims as a way of obtaining entry otherwise denied to those without legal authorization — a gambit that injures or at least hampers thousands with legitimate claims of political persecution; of the seeming unconcern for the safety of children by some would-be asylum seekers who illegally cross the border, rather than first applying legally at a U.S. consulate abroad; of the fact that many children are deliberately sent ahead, unescorted on such dangerous treks to help facilitate their own parents’ later entrance; of the cynicism of the cartels that urge and facilitate such mass rushes to the border to overwhelm general enforcement; and of the selective outrage of the media in 2018 in a fashion not known under similar policies and detentions of the past.

In 2014, during a similar rush, both Barack Obama (“Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back.”) and Hillary Clinton (“We have to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey.”) warned — again to current media silence — would-be asylum seekers not to use children as levers to enter the U.S.

A few other random thoughts. Mexico is the recipient of about $30 billion in annual remittances (aside from perhaps more than $20 billion annually sent to Central America) from mostly illegal aliens within the U.S. It is the beneficiary of an annual $71 billion trade surplus with the U.S. And it is mostly culpable for once again using illegal immigration and the lives of its own citizens — and allowing Central Americans unfettered transit through its country — as cynical tools of domestic and foreign policy.

Mexico’s policies of deliberately exporting its own citizens are decades-old and hinge on providing it a social safety valve in lieu of domestic economic and human-rights reforms.

Illegal immigration, increasingly of mostly indigenous peoples, ensures an often racist Mexico City a steady stream of remittances (now its greatest source of foreign exchange), without much worry about how its indigent abroad can scrimp to send such massive sums back to Mexico. Facilitating illegal immigration also establishes and fosters a favorable expatriate demographic inside the U.S. that helps to recalibrate U.S. policy favorably toward Mexico. And Mexico City also uses immigration as a policy irritant to the U.S. that can be magnified or lessened, depending on Mexico’s own particular foreign-policy goals and moods at any given time.

All of the above call into question whether Mexico is a NAFTA ally, a neutral, or a belligerent, a status that may become perhaps clearer during its upcoming presidential elections. So far, it assumes that the optics of this human tragedy facilitate its own political agendas, but it may be just as likely that its cynicism could fuel renewed calls for a wall and reexamination of the entire Mexican–U.S. relationship and, indeed, NAFTA.

Finally, it is unfortunate that former CIA and NSA director Michael Hayden and former first lady Laura Bush have both demagogued the issue by respective grotesque and ignorant comparisons of current border shelters to the Auschwitz-Birkenau extermination camp and the forced Japanese internment during World War II. At its horrendous peak in August 1944, the Auschwitz-Birkenau complex on some days exterminated 10,000 human beings and may have cumulatively murdered well over 1 million Jews, as well as Eastern Europeans and Russians.

To suggest that a detainee center is anything similar to that industrial killing monstrosity is unhinged, abhorrent — and shameful. It is an insult to current U.S. border-enforcement personnel who do a heroic job at great risk to protect the border in a humane fashion under unimaginable conditions and political pressures. And it is a greater injury to the lost 6 million of the Holocaust when their fate is so cavalierly and ignorantly used for political advantage. Hayden also should remember that during his own tenure at the NSA and as CIA director, he was constantly and in exaggerated style besmirched on issues such as “enhanced interrogation,” drones, and intrusive surveillance. He too often became the object of frequent and unfair comparisons to various Nazi allusions of the sort that he is now promulgating against the Trump administration.

Equally ironic is that during the Abu Ghraib controversies, the Iraq War furor, and the post-9/11 renditions, George W. Bush — a constant target of brown shirt/fascist/Nazi slurs — was on occasion loosely compared to instigators of fascistic round-ups, including but not limited to the Japanese internment.

Moreover, we often forget that the forced relocation and internment was an unconstitutional and amoral act aimed at mostly Japanese-Americans citizens (among them the parents and grandparents of my current neighboring farmers), along with some Japanese residents.

It was whipped up by the feverish progressive McClatchy Bee papers, facilitated by California attorney general Earl Warren (“The Japanese situation as it exists in this state today may well be the Achilles heel of the entire civilian defense effort.”), who found the hysterical atmosphere that he helped create quite useful in getting elected governor in 1942, and, of course, green-lighted by a progressive FDR and his wartime advisers, especially Harvard Law grad John J. McCloy, a blue-chip Wall Street lawyer, FDR intimate, and later World Bank president, Ford Foundation head, and chairman of the Council on Foreign Relations. Unlike Warren, McCloy never regretted his instrumental role in the Japanese-American internment.

One can disagree with a current policy without stooping to distort history to smear an administration, especially when such tactics in the past have been used against those now employing them.

Voir de plus:

The Truth about Separating Kids
Rich Lowry
National Review
May 28, 2018

Some economic migrants are using children as chits, but the problem is fixable — if Congress acts.The latest furor over Trump immigration policy involves the separation of children from parents at the border.

As usual, the outrage obscures more than it illuminates, so it’s worth walking through what’s happening here.

For the longest time, illegal immigration was driven by single males from Mexico. Over the last decade, the flow has shifted to women, children, and family units from Central America. This poses challenges we haven’t confronted before and has made what once were relatively minor wrinkles in the law loom very large.

The Trump administration isn’t changing the rules that pertain to separating an adult from the child. Those remain the same. Separation happens only if officials find that the adult is falsely claiming to be the child’s parent, or is a threat to the child, or is put into criminal proceedings.

It’s the last that is operative here. The past practice had been to give a free pass to an adult who is part of a family unit. The new Trump policy is to prosecute all adults. The idea is to send a signal that we are serious about our laws and to create a deterrent against re-entry. (Illegal entry is a misdemeanor, illegal re-entry a felony.)

When a migrant is prosecuted for illegal entry, he or she is taken into custody by the U.S. Marshals. In no circumstance anywhere in the U.S. do the marshals care for the children of people they take into custody. The child is taken into the custody of HHS, who cares for them at temporary shelters.

The criminal proceedings are exceptionally short, assuming there is no aggravating factor such as a prior illegal entity or another crime. The migrants generally plead guilty, and they are then sentenced to time served, typically all in the same day, although practices vary along the border. After this, they are returned to the custody of ICE.

If the adult then wants to go home, in keeping with the expedited order of removal that is issued as a matter of course, it’s relatively simple. The adult should be reunited quickly with his or her child, and the family returned home as a unit. In this scenario, there’s only a very brief separation.

Where it becomes much more of an issue is if the adult files an asylum claim. In that scenario, the adults are almost certainly going to be detained longer than the government is allowed to hold their children.

That’s because of something called the Flores Consent Decree from 1997. It says that unaccompanied children can be held only 20 days. A ruling by the Ninth Circuit extended this 20-day limit to children who come as part of family units. So even if we want to hold a family unit together, we are forbidden from doing so.

The clock ticking on the time the government can hold a child will almost always run out before an asylum claim is settled. The migrant is allowed ten days to seek an attorney, and there may be continuances or other complications.

This creates the choice of either releasing the adults and children together into the country pending the ajudication of the asylum claim, or holding the adults and releasing the children. If the adult is held, HHS places the child with a responsible party in the U.S., ideally a relative (migrants are likely to have family and friends here).

Even if Flores didn’t exist, the government would be very constrained in how many family units it can accommodate. ICE has only about 3,000 family spaces in shelters. It is also limited in its overall space at the border, which is overwhelmed by the ongoing influx. This means that — whatever the Trump administration would prefer to do — many adults are still swiftly released.

Why try to hold adults at all? First of all, if an asylum-seeker is detained, it means that the claim goes through the process much more quickly, a couple of months or less rather than years. Second, if an adult is released while the claim is pending, the chances of ever finding that person again once he or she is in the country are dicey, to say the least. It is tantamount to allowing the migrant to live here, no matter what the merits of the case.

A few points about all this:

1) Family units can go home quickly. The option that both honors our laws and keeps family units together is a swift return home after prosecution. But immigrant advocates hate it because they want the migrants to stay in the United States. How you view this question will depend a lot on how you view the motivation of the migrants (and how seriously you take our laws and our border).

2) There’s a better way to claim asylum. Every indication is that the migrant flow to the United States is discretionary. It nearly dried up at the beginning of the Trump administration when migrants believed that they had no chance of getting into the United States. Now, it is going in earnest again because the message got out that, despite the rhetoric, the policy at the border hasn’t changed. This strongly suggests that the flow overwhelmingly consists of economic migrants who would prefer to live in the United States, rather than victims of persecution in their home country who have no option but to get out.

Even if a migrant does have a credible fear of persecution, there is a legitimate way to pursue that claim, and it does not involve entering the United States illegally. First, such people should make their asylum claim in the first country where they feel safe, i.e., Mexico or some other country they are traversing to get here. Second, if for some reason they are threatened everywhere but the United States, they should show up at a port of entry and make their claim there rather than crossing the border illegally.

3) There is a significant moral cost to not enforcing the border. There is obviously a moral cost to separating a parent from a child and almost everyone would prefer not to do it. But, under current policy and with the current resources, the only practical alternative is letting family units who show up at the border live in the country for the duration. Not only does this make a mockery of our laws, it creates an incentive for people to keep bringing children with them.

Needless to say, children should not be making this journey that is fraught with peril. But there is now a premium on bringing children because of how we have handled these cases. They are considered chits.

In April, the New York Times reported:

Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner.

Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing.
According to azcentral.com, it is “common to have parents entrust their children to a smuggler as a favor or for profit.”

If someone is determined to come here illegally, the decent and safest thing would be to leave the child at home with a relative and send money back home. Because we favor family units over single adults, we are creating an incentive to do the opposite and use children to cut deals with smugglers.

4) Congress can fix this. Congress can change the rules so the Flores consent decree will no longer apply, and it can appropriate more money for family shelters at the border. This is an obvious thing to do that would eliminate the tension between enforcing our laws and keeping family units together. The Trump administration is throwing as many resources as it can at the border to expedite the process, and it desperately wants the Flores consent decree reversed. Despite some mixed messages, if the administration had its druthers, family units would be kept together and their cases settled quickly.

The missing piece here is Congress, but little outrage will be directed at it, and probably nothing will be done. And so our perverse system will remain in place and the crisis at the border will rumble on.

Voir de même:

Media Dishonesty on Immigration Contributes to Gridlock
Ben Shapiro
National Review
June 19, 2018

The hysteria over border-enforcement problems benefits Democrats — and gives them no incentive to fix the problem. The illegal-immigration issue has always been one fraught with politicking. We always hear the same refrain from both sides: that people are suffering and living in the shadows; that we must find a solution for them as well as a way to solidify our border security. And yet nothing ever gets done.

The impression of some in the press seems to be that nothing gets done because of a lack of public pressure. If only they could somehow jar American sensibilities into solving this problem once and for all!

Certainly, that’s the motivation that lies behind the sudden media enthusiasm for covering the phenomenon of Immigration and Customs Enforcement separating children from their illegal-immigrant parents at the border. For the last week, the attention has been nearly wall-to-wall — and the moral preening has hit an all-time apex. MSNBC is now analyzing Biblical verses while asking, “What Would Jesus Do?” (Does this mean Trump has finally won the War on Christmas?) Chuck Todd of NBC News is accusing Republicans of holding kids “hostage.” Media members are breaking land-speed records to rush down to the border in order to shout their outrage over the holding pens in which the authorities are holding small children.

Presumably, all of this is designed to effectuate change.

Instead, it achieves precisely the opposite.
That’s because the media coverage of the illegal-immigration issue has always been shot through with emotionally manipulative falsehoods. In this case, that manipulation has been particularly extreme.

We’ve heard that the Trump administration has heartlessly sought to rip toddlers from the arms of their weeping mothers in order to punish illegal-immigrant parents who are merely seeking asylum. But the truth is more complex: The Ninth Circuit Court of Appeals has ruled that even accompanied immigrant minors must be released from custody within 20 days. That means that if their parents do not arrive at a point of entry to claim asylum, and instead violate the law by crossing the border illegally, they will be arrested — and their children must then be separated from them by the working of the law. The only possible solution, without a change to the law itself, would involve releasing illegal-immigrant parents along with their children into the general population.

We’ve also heard about the terrible living conditions in the holding centers for these children. Likely, some of that is true — although the stories from various sources conflict. But those facilities were overburdened for years before Trump took office; in fact, the media covered these same facilities and pointed out the problems therein during the Obama administration. In other words, this isn’t a Trumpian attempt to dump kids in hellholes. It’s a longtime problem that has yet to be solved.

In reality, all of this could be solved with simple legislation. The House of Representatives is actually set to take up the issue of family separation in both versions of the immigration bill being presented in the House. But Democrats probably won’t sign on to either bill — and it’s unlikely they’d even sign onto an independent piece of legislation designed to allow children to stay with their illegal-immigrant parents until their cases can be adjudicated. That’s because thanks to biased media coverage — and, in some cases, outright falsehoods — Democrats are winning the public-relations war. The longer the Democrats prevent a solution from arising, the more they gain in the public-opinion polls. So they have little incentive to come to the table around an immigration solution — their better political option remains to wait Trump out and let the press inflict damage on him. There’s a reason every Republican attempt at immigration reform has stalled out over the past two decades — and there’s a reason Democrats have celebrated every time they have. There’s also a reason that Democrats with unified control of the presidency and Congress attempted no serious immigration reform. Better to let the problem fester for political gain than to attempt to solve it.

If the media truly wished to contribute to a solution, all they’d have to do is cover the issue honestly. Yes, Trump is enforcing the laws against crossing the border illegally more harshly than the Obama administration did. But he didn’t create the separation policy. Yes, Trump has spoken with great passion in favor of stronger border controls. But he’s also offered a bigger amnesty for so-called DREAMers than even Barack Obama did.

Instead of using truth as a guide, however, the press continue to suggest that base animus animates conservative feelings on immigration. This leads to a political prisoner’s dilemma in which everyone’s best option is stasis: Republicans are best off doing nothing, since they’ll earn nothing but scorn for any action they take from the press anyway, as well as the undying enmity of many in their base; Democrats are best off doing nothing, since they can count on the press to clock Republicans for any immigration failures. The only ones who lose out are the American people.

Voir encore:

The Anti-Trump Media’s ‘Missing Kids’ Myth

The viral story not a mistake but the product of unchecked bias.

Jonathan S. Tobin
National Review
June 1, 2018

It was a mistake so egregious and so widespread that even the New York Times, the flagship of liberal journalism — and not the source of the original story — felt it had to devote an article to explaining how it happened.

Last weekend a horrifying tale about the Trump administration “losing” 1,500 children was all over the Internet. The hashtag #Wherearethechildren went viral on Twitter. Adding fuel to the fire was a photo depicting children being kept in cages.

The only problem was that the children weren’t lost and the photo was taken during the Obama administration. The Left’s eagerness to embrace this “fake news” stemmed, according to the Times’s Amanda Taub, from “partisan polarization,” and as a result the tale “spread across liberal social media.”

Yet the problem goes a lot deeper than that. Anti-Trump readers and viewers may have fallen victim to confirmation bias, but prestige media outlets also deserve a lot of the blame. Even when such stories are later debunked, as this one was, these outlets habitually feed viral myths to the public and create a climate in which any anti-Trump claim seems believable. Instead of asking readers to engage in some introspection about their credulousness, liberal journalists should look at their own behavior.

For starters, it wasn’t just social media that spread the “missing children” myth. Some media outlets ran headlines asserting that the government had “lost track” of immigrant children, a claim easily conflated with Trump’s decision to separate parents and children at the border. Most egregiously, an Arizona Republic story (republished at USA Today and corrected about a week later) reported as fact that the government had lost children in its own custody.

But as the Times explained, these children were not separated from their parents but rather had arrived illegally at the border on their own, seeking asylum. Most said they had fled their homes in Honduras, El Salvador, or Guatemala to escape drug-cartel and gang violence. They were then placed in the homes of adults who had agreed to sponsor them, often relatives. But, as has happened for years, including during the Obama administration, many of these children ran away or left the United States, or the adult sponsors (who might have their own troubles with the law) refused to pick up the phone when the government checked up on them. Hence, the figure of 1,475 children “missing.”

The policy of separating parents from children is not entirely new, either. Indeed, it is standard when adults who have committed a crime are arrested. The only alternatives are to create a detention system for families, a policy to which the ACLU objected under Obama (the policy is barred under a 1997 consent decree), or simply not to detain illegal entrants at all before their court hearings, allowing them to disappear into the country.

Arrests are up, of course, thanks to the Trump administration’s attempts to deter illegal immigration. This was a necessary departure from the previous administration’s soft approach to this serious problem.

The knee-jerk anger of the Left against Trump’s policies doesn’t really stem from the debate over the issue, though of course Americans are divided about how to deal with illegal immigrants. More fundamentally, it stems from the polarization Taub discusses — and more specifically, from the divisions the media constantly reinforce. Americans read, listen to, and watch different media and have largely forgotten how to deal with disagreement except through demonization. To consume what was once called “mainstream media” is to enter into a world not only where Trump is never given the benefit of the doubt but where everything he does or says is not reported so much as presented as evidence against him in a daily trial.

There is much to criticize about Trump’s tweets, utterances, and behavior. But anger at his presence in the White House has caused many journalists to discard their professional principles and any sense of restraint. At places like CNN, and even at the Times to some extent, the church–state divide between news and opinion has completely broken down. Panel discussions have become competitions in Trump-bashing. News reports are slanted to take Trump’s guilt or incompetence as a given.

In his farewell address as president Tuesday, Barack Obama warned of the dangers of uncontrolled partisanship. American democracy, he said, is weakened “when we allow our political dialogue to become so corrosive that people of good character are turned off from public service, so coarse with rancor that Americans with whom we disagree are not just misguided, but somehow malevolent.”

That seems a well-founded worry. Partisan bias now operates more like racism than mere political disagreement, academic research on the subject shows. And this widespread prejudice could have serious consequences for American democracy.

The partisan divide is easy to detect if you know where to look. Consider the thinly disguised sneer in most articles and editorials about so-called fake news. The very phrase implies that the people who read and spread the kind of false political stories that swirled online during the election campaign must either be too dumb to realize they’re being duped or too dishonest to care that they’re spreading lies.

But the fake-news phenomenon is not the result of personal failings. And it is not limited to one end of the political spectrum. Rather, Americans’ deep bias against the political party they oppose is so strong that it acts as a kind of partisan prism for facts, refracting a different reality to Republicans than to Democrats.

Partisan refraction has fueled the rise of fake news, according to researchers who study the phenomenon. But the repercussions go far beyond stories shared on Facebook and Reddit, affecting Americans’ faith in government — and the government’s ability to function.

The power of partisan bias

In 2009, Sean Westwood, then a Stanford Ph.D. student, discovered that partisanship was one of the most powerful forces in American life. He got annoyed with persistent squabbles among his friends, and he noticed that they seemed to be breaking along partisan lines, even when they concerned issues that ostensibly had nothing to do with politics.

“I didn’t expect political conflict to spill over from political aspects of our lives to nonpolitical aspects of our lives, and I saw that happening in my social group,” said Mr. Westwood, now a professor at Dartmouth.

He wondered if this was a sign that the role of partisanship in American life was changing. Previously, partisan conflict mostly applied to political issues like taxes or abortion. Now it seemed, among his acquaintances at least, to be operating more like racism or sexism, fueling negative or positive judgments on people themselves, based on nothing more than their party identification.

Curious, Mr. Westwood looked at the National Election Study, a long-running survey that tracks Americans’ political opinions and behavior. He found that until a few decades ago, people’s feelings about their party and the opposing party were not too different. But starting in the 1980s, Americans began to report increasingly negative opinions of their opposing party.

Since then, that polarization has grown even stronger. The reasons for that are unclear. “I suspect that part of it has to do with the rise of constant 24-hour news,” Mr. Westwood said, “and also the shift that we’ve unfortunately gone through in which elections are more or less now a permanent state of affairs.”

To find out more about the consequences of that polarization, Mr. Westwood, along with Shanto Iyengar, a Stanford professor who studies political communication, embarked on a series of experiments. They found something quite shocking: Not only did party identity turn out to affect people’s behavior and decision making broadly, even on apolitical subjects, but according to their data it also had more influence on the way Americans behaved than race did.

That is a sea change in the role of partisanship in public life, Mr. Westwood said.

“Partisanship, for a long period of time, wasn’t viewed as part of who we are,” he said. “It wasn’t core to our identity. It was just an ancillary trait. But in the modern era we view party identity as something akin to gender, ethnicity or race — the core traits that we use to describe ourselves to others.”

That has made the personal political. “Politics has become so important that people select relationships on that basis,” Mr. Iyengar said. For instance, it has become quite rare for Democrats to marry Republicans, according to the same Westwood/Iyengar paper, which cited a finding in a 2009 survey of married couples that only 9 percent consisted of Democrat-Republican pairs. And it has become more rare for children to have a different party affiliation from their parents.

But it has also made the political personal. Today, political parties are no longer just the people who are supposed to govern the way you want. They are a team to support, and a tribe to feel a part of. And the public’s view of politics is becoming more and more zero-sum: It’s about helping their team win, and making sure the other team loses.

How partisan bias fuels fake news

Partisan tribalism makes people more inclined to seek out and believe stories that justify their pre-existing partisan biases, whether or not they are true.

“If I’m a rabid Trump voter and I don’t know much about public affairs, and I see something about some scandal about Hillary Clinton’s aides being involved in an assassination attempt, or that story about the pope endorsing Trump, then I’d be inclined to believe it,” Mr. Iyengar said. “This is reinforcing my beliefs about the value of a Trump candidacy.”

And Clinton voters, he said, would be similarly drawn to stories that deride Mr. Trump as a demagogue or a sexual predator.

Sharing those stories on social media is a way to show public support for one’s partisan team — roughly the equivalent of painting your face with team colors on game day.

“You want to show that you’re a good member of your tribe,” Mr. Westwood said. “You want to show others that Republicans are bad or Democrats are bad, and your tribe is good. Social media provides a unique opportunity to publicly declare to the world what your beliefs are and how willing you are to denigrate the opposition and reinforce your own political candidates.”

Partisan bias fuels fake news because people of all partisan stripes are generally quite bad at figuring out what news stories to believe. Instead, they use trust as a shortcut. Rather than evaluate a story directly, people look to see if someone credible believes it, and rely on that person’s judgment to fill in the gaps in their knowledge.

“There are many, many decades of research on communication on the importance of source credibility,” said John Sides, a professor at George Washington University who studies political communication.

Partisan bias strongly influences whom people perceive as trustworthy. One of the experiments that Mr. Westwood and Mr. Iyengar conducted demonstrated that people are much more likely to trust members of their party. In that experiment, they gave study participants $10 and asked how much they wanted to give to another player. Whatever that second player received would be multiplied, and he or she would then have a chance to return some of the cash to the original player.

How much confidence would the participant have that the other player would give some of the money back? They found that participants gave more money if they were told the other player supported the same political party as they did.

Partisanship’s influence on trust means that when there is a partisan divide among experts, Mr. Sides said, “you get people believing wildly different sets of facts.”

Beyond fake news: how the partisan divide affects politics

The fake news that flourished during the election is a noticeable manifestation of that dynamic, but it’s not what experts like Mr. Iyengar and Mr. Westwood find most worrying. To them, the bigger concern is that the natural consequence of this growing national divide will be a feedback loop in which the public’s bias encourages extremism among politicians, undermining public faith in government institutions and their ability to function.

Politicians “have an incentive to attack, to go after their opponents, to reveal to their own side that they are good members of the tribe, that they are saying all the right things,” Mr. Iyengar said. “This is an incentive for Republicans and Democrats in Congress to behave in a hyperpartisan manner in order to excite their base.”

That feeds partisan bias among the public by reinforcing the idea that the opposition is made up of bad or dangerous people, which then creates more demand for political extremism.

The result is an environment in which compromise and collaboration with the opposing party are seen as signs of weakness, and of being a bad member of the tribe.

“It’s a vicious cycle,” Mr. Iyengar said. “All of this is going to make policy-making and fact-finding more problematic.”

He already sees it affecting politicians’ partisan response to Russia’s election interference, for instance: “The Republicans are going to resist the notion that there was an intervention by the Russians that may have benefited Trump, because it is an inconvenient act. Whereas the Democrats are obviously motivated to seize upon that as a plausible account of what occurred.”

Mr. Westwood agreed. When Russia intervened in the American election, “for a lot of voters it was to help defeat Hillary Clinton, so it’s not surprising that many Republicans see that as righteous.”

“To be cliché, the enemy of my enemy is my friend,” he said.

Already, partisan bias is undermining confidence in the last election. “We saw some symptoms of that in this last campaign,” Mr. Iyengar said. “You begin to have doubts about the legitimacy of the election. And you begin to view the outcome as somehow contaminated or tainted. And you had all of Trump’s comments about how he would not concede if the election went to Clinton, and then you had all the people demonstrating.”

Now, “you have quite a few people who are willing to call into question an institution for centuries that has been sacrosanct,” Mr. Iyengar said.

Mr. Westwood was even more pessimistic. “The consequences of that are insane,” he said, “and potentially devastating to the norms of democratic governance.”

“I don’t think things are going to get better in the short term; I don’t think they’re going to get better in the long term. I think this is the new normal.”

Voir encore:

Lost in the debate is any acknowledgment that President Obama’s administration also used detention facilities.

Current U.S. immigration laws, when enforced, have the consequence of temporarily separating adults who arrive with children into separate detention facilities in order to prosecute the adults.

The policy of prosecuting immigrants for crossing the border illegally has been in place for multiple administrations. The Obama administration prosecuted half a million illegal immigrants and similarly separated families in the process. So did the Bush administration.

Personal accounts from immigration lawyers tell a tale of Obama being equally concerned about unaccompanied minors traveling to the border and wanting to create a deterrent.

Photos of border detention facilities from the Obama-era, taken during 2014, look nearly identical to the ones taken during the Trump era.

You never see them, however. Here they are, taken in 2014 during a media tour of Obama-era detention facilities in Brownsville, Texas, and Nogales, Arizona.

As the Daily Caller previously reported, “Obama administration prosecuted nearly 500,000 illegal immigrants between FY 2010-FY2016. They referred 1/5 of illegals for prosecution, which often resulted in family separations.”

Editor’s Note: Two of the 32 photos originally included in this post were found to be from a CPB press handout June 17, 2018. They have since been removed.

Voir de plus:

What Trump Gets Right About Europe

Jochen Bittner

Mr. Bittner is a political editor for the weekly newspaper Die Zeit and a contributing opinion writer.

NYT

HAMBURG, Germany — Most people can agree that international affairs should not be conducted by tweet — especially when the tweeter in question is Donald Trump. Among other reasons, it’s easy to dismiss the president’s mercurial rage and flagrant insults as little more than temper tantrums.

But that’s a mistake. Mr. Trump’s anger at America’s allies embodies, however unpleasantly, a not unreasonable point of view, and one that the rest of the world ignores at its peril: The global world order is unbalanced and inequitable. And unless something is done to correct it soon, it will collapse, with or without the president’s tweets.

While the West happily built the liberal order over the past 70 years, with Europe at its center, the Americans had the continent’s back. In turn, as it unravels, America feels this loss of balance the hardest — it has always spent the most money and manpower to keep the system working.

The Europeans have basically been free riders on the voyage, spending almost nothing on defense, and instead building vast social welfare systems at home and robust, well-protected export industries abroad. Rather than lash back at Mr. Trump, they would do better to ask how we got to this place, and how to get out.

The European Union, as an institution, is one of the prime drivers of this inequity. At the Group of 7, for example, the constituent countries are described as all equals. But in reality, the union puts a thumb on the scales in its members’ favor: It is a highly integrated, well-protected free-trade area that gives a huge leg up to, say, German car manufacturers while essentially punishing American companies who want to trade in the region.

The eurozone offers a similar unfair advantage. If it were not for the euro, Germany would long ago have had to appreciate its currency in line with its enormous export surplus.

Sure, eurozone membership makes imports to Germany more expensive than they would be under the deutschemark; wage restraint has also helped maintain the competitiveness of German machinery. But how can the very same politicians and journalists who defended the euro bailout payments during the financial crisis, arguing that Germany profited disproportionately from the common currency, now go berserk when Mr. Trump makes exactly this point?

German manufacturers also have the advantage of operating in a common market with huge wage gaps. Bulgaria, one of the poorest member states, has a per capita gross domestic product roughly equal to that of Gabon, while even in Slovakia, Poland and Hungary — three relative success stories among the recent entrants to the union — that same measure is still roughly a third of what it is in Germany. Under the European Union, German manufacturers can assemble their cars in low-wage countries and export them without worrying about tariffs or other trade barriers. If your plant sits in Detroit, you might find the president’s anger over this fact persuasive.

Mr. Trump is not the first president to complain about the unfair burden sharing within NATO. He’s merely the first president not just to talk tough, but to get tough.

Indeed, while his actions are shocking, the Europeans cannot say they are surprised. The warnings from the Obama administration that America’s indulgence might eventually cease had been plenty. Yet Europeans didn’t care much. All those German politicians who oppose raising military spending from a meager 1.3 percent of gross domestic product should try to explain to American students why their European peers enjoy free universities and health care, while they leave it up to others to cover for the West’s military infrastructure.

Europe’s unfair trade advantage is not the only challenge to the liberal world order. In retrospect, allowing China into the World Trade Organization — one of that order’s crowning achievements — was a huge mistake.

When the door was opened, in 2001, many in the West believed that a growing Chinese middle class, enriched by and engaged with the world economy, would eventually claim voice and suffrage, thereby democratizing China. The opposite has happened. China, which has grown wealthy in part by stealing intellectual property from the West, is turning into an online-era dictatorship, while still denying reciprocity in investment and trade relations.

Is this how you behave as a privileged member of the world’s business club? China’s unchecked abuse of the global free-trade regime makes a mockery of the very idea that the world can operate according to a rules-based order. Again, while many in the West have talked the talk about taking on China, only Mr. Trump has actually done something about it.

Mr. Trump’s tariffs against Europe are patently illegal, and Europe should retaliate. But simply punishing the makers of motorcycles, blue jeans and bourbon whiskey doesn’t solve any of the problems festering beneath the skin of the liberal world order. Europe needs to understand what is driving Mr. Trump’s anger and cooperate with Washington to fix the imbalances in the system.

That’s easy to say in theory, but can Europe work with Mr. Trump in practice? Maybe not. But there’s no real choice. And there’s a good chance for success if Europe engages Mr. Trump by his New York tycoon soul — he needs to be convinced that he’s getting a good deal. And right now, it’s easy to see why he thinks otherwise.

Jochen Bittner is a political editor for the weekly newspaper Die Zeit and a contributing opinion writer.

Voir par ailleurs:

Goldnadel : «Quelles motivations poursuivent vraiment les ONG de sauvetage des migrants

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Gilles-William Goldnadel s’interroge sur les motivations réelles de l’association SOS Méditerranée, qui a porté secours à des centaines de migrants avant de les acheminer en Espagne à bord de l’Aquarius.


Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


Toutes les questions que vous vous êtes posées sur la crise migratoire à travers l’odyssée de l’Aquarius, sans avoir osé le demander.

Et pour cause, dans le climat actuel d’hystérie, le fait de demander risque de vous exposer à être soumis à la question par la grande inquisition.

Vous pourriez, tout d’abord, vous interroger sur la question du droit maritime international dont on a dit un peu vite que l’Italie l’avait foulé aux pieds.

Et vous n’auriez pas tort. Les spécialistes les plus pointus, dans ce domaine mouvant, estiment que l’Aquarius n’était pas dans une situation de détresse qui commandait juridiquement son entrée au port.

Vous pourriez également vous étonner du manque de précisions sur l’origine des passagers du bateau. Un esprit chagrin pourrait être porté à penser que, précisément, cette absence de précision par ceux qui les transportent signifierait qu’il s’agissait de migrants économiques et non de réfugiés de guerre éligibles au droit d’asile, au moins dans sa conception extensive actuelle.

Vous pourriez également vous interroger légitimement sur le propriétaire de l’Aquarius.

L’auteur du présent article l’a fait à voix haute au micro de RMC en suggérant que, peut-être, George Soros, spéculateur international autant que philanthrope internationaliste se cachait, via sa fondation Open Society, derrière SOS Méditerranée qui est l’affréteur de l’Aquarius. Le site Checknews de Libération a passé au crible mes prudentes mais hérétiques déclarations. Évoquant un «raccourci» de ma part tout en empruntant un long tunnel, les décodeurs libérés ont admis, en gentlemen, que l’Open Society était indirectement en lien avec les affréteurs. Cela autorise amplement à se poser la question des arrière-pensées d’une fondation qui milite, et c’est son droit, pour l’immigration sans limites et pour la fin des frontières. Mais ces arrière-pensées métapolitiques sont très loin du discours officiel d’une association SOS Méditerranée qui déclare ne penser qu’au sauvetage des migrants.

Dès lors, vos soupçons commanderaient cette question de bon sens de l’orientation: pour quelle raison, si seul le sauvetage dans l’urgence des migrants venus de la Libye incertaine leur importe, les gens de l’Aquarius ne les ont-ils pas acheminés vers les côtes assurées algériennes et tunisiennes, plus proches que l’Italie? Un peu embarrassée, leur représentante, Sophie Beau, a déclaré que le droit de ces pays était plus impérieux que le droit européen. Voilà qui en dit long pour ne pas dire tout: c’est parce que l’Europe est plus laxiste qu’on dédouane sans question des pays intransigeants mais pourtant plus proches des migrants, ne serait-ce que par la géographie et la religion.

Dans la profondeur de ce déni se niche, comme je l’observe souvent, l’anti-occidentalisme culpabilisateur le plus sournois. Seule l’Europe devrait être comptable du sort des migrants, dès lors que c’est elle qui est coupable. C’est ainsi par exemple que l’ONU le lui a fait souvent grief sans un mot par exemple pour l’Arabie Saoudite et le Qatar, richissimes et déserts, qui expliquent ingénument la fermeture de leurs frontières, y compris à des frères en culture et en langue, au nom d’une exigence de sécurité qui ne se pose évidemment pas pour les peuples d’Europe…

Dès lors que le soupçon vous habite, des questions saugrenues d’intendance vous taraudent.

C’est ainsi par exemple que les responsables de l’Aquarius expliquaient avec insistance que les passagers étaient en surnombre et que la faim les menaçait. Mais pourquoi, dans ce cas hautement prévisible, accepter la présence à bord d’une journaliste d’Euronews et ne pas limiter strictement les passagers au personnel indispensable de bord aux fins de réserver une place supplémentaire à un naufragé?

Enfin et surtout, dès lors que le sauveteur autoproclamé est avant tout un idéologue mondialiste, une question vous hante – et qui a hanté des juges italiens- sur les rapports entretenus avec des passeurs qui n’hésitent pas à saborder les embarcations pour placer les autorités européennes devant le forfait accompli.

En réalité, on peut se poser toutes les questions du monde, on ne trouvera la réponse la plus satisfaisante à une question douloureuse désormais existentielle que lorsqu’on se débarrassera des deux obstacles qui empêchent toute appréhension rationnelle.

Le premier obstacle est d’ordre juridique autant que politique. Tant que les déboutés du droit d’asile ne seront pas reconduits hors des frontières européennes, il n’y a aucune chance et même aucune raison que les peuples d’Europe, soucieux de la sécurité et du bien-être de leurs enfants comme de l’identité (le mot dit maudit) de leur pays, acceptent la situation actuelle. Et au-delà de la question de l’asile, et notamment en France, il est normal que le fait que des centaines de milliers de sans-papiers se maintiennent illégalement autant qu’ouvertement inspire aux citoyens chaque jour plus exaspérés un sentiment de révolte légitime. Ainsi, c’est le bafouement flagrant des lois républicaines sur la régulation des flux migratoires qui est le premier ennemi du réfugié éligible au droit d’asile qui mérite notre protection.

Que penser, par ailleurs, de ce slogan qui attendait les migrants de l’Aquarius à leur arrivée à bon port espagnol: «Bienvenus chez vous»? Bienvenus chez nous, pourquoi pas, mais… «chez vous»!

Le diable se cache derrière une lettre à la place d’une autre. C’est lui qui tyrannise et déboussole les peuples. Pourquoi des migrants illégaux seraient-ils chez eux? Et même les réfugiés éligibles au droit d’asile, n’ont-ils pas vocation un jour de rentrer chez eux? Mais derrière cette question, on sent bien qu’il n’y a plus en Europe de «chez nous» pour personne sinon le monde entier, dans la tête des idéologues sans frontières, et que le mot «hôte» justifie plus que jamais son double sens absurde.

Le second obstacle découle du premier. Mais il est de l’ordre de la psychologie et de la morale collective. Ainsi, il existe en Europe, et notamment en France, des gens, peu nombreux mais puissants médiatiquement et socialement qui refusent sans le dire ouvertement le respect des lois migratoires précisément dans le même cadre métapolitique que l’Open Society mondialiste de George Soros et de bien d’autres ONG.

Il leur arrive parfois de l’avouer par mégarde puis de le regretter. C’est ainsi par exemple que j’ai réussi à faire dire à Iann Brossat, future tête de liste du Parti Communiste aux élections européennes et surtout adjoint au logement de Madame Hidalgo, qu’il ne saurait être question de reconduire les personnes déboutées de leur revendication au droit d’asile (RMC).

Dès lors, que penser de la politique de la mairie de Paris qui, le lundi matin, joue à guichets ouverts l’accueil bruyant et entraînant de tous les migrants et, le mardi soir, se lamente de l’indignité de leur situation et incrimine la carence d’état?

Dans ce cadre rien moins que sincère et rationnel, les ennemis déclarés de l’Europe des frontières continuent d’user de leur arme favorite: l’antinazisme fantasmé.

C’est ainsi par exemple que l’ineffable mais combien populaire à Cannes et dans les médias, Cédric Herrou a twitté ainsi cette obscénité: «Quand Éric Ciotti dit en 2018 «mettons les migrants en Libye» il dirait en 1940 mettons-les dans des chambres à gaz». Bref l’utilisation nauséabonde d’un gaz incapacitant par voie de gazouillis écoeurant.

Mais ces petits maîtres-chanteurs de Nuremberg et de l’antinazisme devenu fou ont, pour cause d’avoir trop crié au retour du loup, une voix enrouée qui porte désormais moins loin.

Tout cela marche moins bien et les peuples ne marchent plus du tout. De l’Italie jusqu’en Autriche en passant par l’Allemagne. Et même en Israël. La semaine dernière, un tabou jusque-là entretenu avec une vigilance obsessionnelle autant que névrotique a été levé. Le chancelier autrichien Sébastien Kurz, pourtant allié à la droite dure, s’est rendu en Israël. Accompagné d’un ministre israélien, il s’est rendu au mémorial de Yad va Shem pour s’incliner devant les victimes de la Shoah. Il venait de décider d’expulser des imams islamistes radicaux inféodés à Erdogan. Il va être très difficile, malgré tous les efforts, de le faire passer pour un nazi antisémite, quand bien même il se montrera attaché au sort de ses compatriotes germaniques.

Vous verrez que bientôt les populistes passeront pour plus intelligents et même plus généreux que les fausses élites aux cœurs artificiels.

Voir aussi:

Goldnadel : «Le mot populiste est-il vraiment une insulte ?»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Pour l’avocat, il est significatif que le nouveau chef du gouvernement italien ait retourné la connotation du mot «populiste», qu’il ne reçoit plus comme une insulte mais dont il fait une revendication. Gilles-William Goldnadel y voit une défaite du «clergé médiatique».


Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


Lors de son discours d’intronisation devant la Chambre des députés, le nouveau premier ministre italien – sans étiquette – Giuseppe Conte a accepté d’être appelé désormais «populiste»:«Si être populiste, c’est avoir la capacité d’écouter les besoins du peuple, alors je m’en revendique» s’est-il exclamé.

Certes, le vocable à présent adoubé n’avait pas été choisi initialement par la coalition hétéroclite qui vient de le porter au Palazzo Montecitorio mais au contraire par le parti médiatique pour disqualifier une politique de protection des frontières nationales contre l’immigration illégale et la concurrence déloyale, jugée, par un consensus idéologique aussi réflexe qu’unanime, comme pour le moins vulgaire.

Plusieurs raisons, qui transcendent largement les frontières alpines, peuvent expliquer pour quelles raisons souterraines un responsable politique décide à présent de ramasser une injure du ruisseau pour la porter en drapeau.

D’abord, en raison du discrédit grandissant qu’inspire à l’opinion le journaliste-clerc sermonneur et prêchi-prêcha. L’excommunié par lui ne saurait être tout à fait impie.

Ensuite, l’exaspération devant son pouvoir d’étiquetage unilatéral que s’est arrogé ce qu’on est bien contraint de nommer le clergé médiatique et qui lui permet, contre l’avis de l’intéressé, de lui faire porter le sceau de l’infamie. Aujourd’hui, certaines épithètes utilisées par la communauté médiatique non seulement dans un cadre polémique subjectif mais encore de l’information théoriquement objective ont pour but et avaient pour effet d’obtenir immédiatement de la collectivité un sentiment réflexe d’animosité. En tout état de cause, c’est ce vocabulaire et non un autre qui était de nature à obtenir immédiatement une réaction affective de rejet et de malédiction de grande intensité: «fasciste», «raciste», «xénophobe», «islamophobe»… ou encore «populiste».

Dans de nombreux articles critiques, j’ai eu l’occasion d’observer que dans le cadre de l’information politique prétendument objective, le terme «extrême droite» était utilisé plus souvent et plus facilement que l’épithète «extrême-gauche». Les clercs préférant utiliser pour qualifier des partis et personnalités extrêmement à gauche, en ce compris le Parti Communiste et les Insoumis, les termes moins disqualifiant de «gauche radicale» ou «gauche de la gauche».

Il est difficile de ne pas y déceler un parti pris idéologique au moins inconscient.

Il n’est pas douteux non plus que l’expression «extrême droite» était immédiatement associée dans l’inconscient imaginaire collectif fantasmé au racisme et à l’antisémitisme de la période brune.

Il affuble pourtant le plus souvent des personnalités qui ne sauraient y être associées, ne serait-ce que compte tenu du temps passé depuis cette période largement révolue. Le fait que ce soit celle qu’il m’arrive de nommer l’église cathodique qui s’arroge ce droit sans contrôle d’étiquetage pose un problème démocratique qui ne semble pas la gêner.

Toujours dans le même esprit d’étiquette, on remarquera que l’épithète politique péjorative de «droitier» ne connaît pas de symétrie, le personnel politique français ne comptant apparemment pas de gauchers…

Également on pourra noter que s’il existe nommément sur les réseaux sociaux «une fachosphère» dont l’appellation ne se veut certainement pas flatteuse, les «bolchosphère» et «islamosphère» ne sont pas médiatiquement référencées.

Tout ce qui était excessif a donc fini sans doute par excéder.

Enfin, et peut-être surtout, on constate une réaction de révolte, que j’ai nommée «cambronnisme» et qui incite désormais certains élus du peuple ou des intellectuels transgressifs à défier par les idées, les paroles ou les écrits une idéologie dominante mais défaite qu’ils considèrent désormais comme autant dictatoriale que mortifère.

Il faut dire que les exemples ne manquent pas, ne serait-ce que cette semaine, pour expliquer et la révolte et la colère.

Révolte et colère élémentaires contre une politique d’asile européenne devenue irresponsable.

C’est ainsi qu’on apprenait que la France avait accordé l’asile à l’un des plus hauts cadres de l’État Islamique, Ahmad H. Celui-ci avait obtenu en 2017 le statut de réfugié politique en France alors même qu’il aurait participé au massacre de 1 700 jeunes recrues irakiennes en juin 2014 à Tikrit. On apprenait dans le même temps que 18 personnes en 2016 et 15 en 2017 ont été déchues de leur statut pour «menaces graves» à la sécurité nationale.

Pourtant, lors du récent débat sur le projet de loi immigration, Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, avait déposé un amendement pour que l’OPFRA puisse retirer son statut si un réfugié était soupçonné de radicalisation. Amendement rejeté. Il faut croire que la gauche morale est plus attachée au principe de précaution lorsqu’il s’agit des OGM dont la dangerosité mortelle pour l’homme est pourtant moins scientifiquement établie que celle des islamistes radicaux.

Autre sujet d’exaspération: à en croire Le Monde, il n’y aurait que le parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne qui mettrait en cause les autorités de ce pays, accusées d’avoir laissé un suspect réfugié irakien quitter le pays après avoir violé et assassiné une enfant.

En réalité, et comme le reconnaît pourtant le quotidien vespéral, ce drame fait les unes de l’actualité en Allemagne, y compris sur les sites d’information ordinairement peu friands de faits divers. Depuis jeudi soir, tous les journaux du pays consacrent une large place à la mort de Susanna Feldmann, une jeune juive de 14 ans violée et assassinée par un migrant délinquant, Ali Bashar, depuis interpellé au Kurdistan irakien et qui est passé aux aveux et a été extradé.

L’émotion est d’autant plus considérable outre-Rhin qu’ainsi que l’indique Le Monde : «elle fait écho à une autre affaire au centre de l’actualité allemande depuis dix jours: la délivrance de plus d’un millier de titres de séjour indus à des demandeurs d’asile qui n’auraient pas dû les recevoir. Une enquête pour corruption a été ouverte.»

Mais l’idéologie n’est jamais très loin. Selon Thomas Wieder, le journaliste du Monde: «le temps de l’émotion a vite laissé la place à celui de la récupération». Il est ainsi reproché à un député du parti AFD d’avoir profité de la parole qui lui était donné pour entamer une minute de silence «en hommage à Susanna, retrouvée morte à Wiesbaden».

«Le Bundestag est un lieu de débat, pas un lieu d’instrumentalisation politique des victimes» s’est emporté l’un des dirigeants du groupe social-démocrate.

Deux questions un peu vulgaires sinon populistes: lorsque l’on admire en France le sauvetage d’un enfant par un migrant malien sans-papiers et que l’on insiste et sur son origine et sur son statut, s’agit-il d’une récupération, le cas échéant admissible? Lorsqu’un membre de la droite dure allemande veut rendre publiquement hommage à une enfant juive violée et assassinée, certes par un migrant musulman et non par un germain au crâne rasé, faut-il commencer par s’en indigner?

Un dernier exemple de cette suffisance morale alliée à une stupidité insupportable qui a apporté au peuple sa ration de souffrance et lui inspire désormais les raisons de sa colère?

Il suffit pour cela de lire le Journal du Dimanche de cette semaine et notamment l’excellent article circonstancié de Guillaume Dasquier consacré à Oussama Attar, le cerveau des attaques du Bataclan et du Stade de France ainsi que des attentats-suicides de Bruxelles avec l’assistance de migrants envoyés par l’État Islamique. On y apprend qu’Attar a été arrêté en Irak en 2005 par des soldats de la coalition. Il était alors suspecté d’avoir rallié Al Qaïda et avait été condamné pour être entré illégalement dans le pays. Amnesty International – cette organisation vénérée – ainsi que des députés belges et des avocats de progrès se sont mobilisés aux côtés de la famille pour obtenir avec succès sa libération. Les familles des 162 morts et 753 blessés français et belges apprécieront.

Ces mêmes squatteurs si intelligents du camp du Bien s’activent à présent pour obtenir le retour en France des djihadistes détenus en Syrie. Combien de nouveaux enterrements précédés de marches blanches à organiser?

Bien entendu, la semaine écoulée aura apporté au peuple impuissant d’autres éléments d’amères ruminations.

La sortie de Françoise Nyssen approuvant le désir de la patronne de France 2 de déplorer moins de mâles blancs à la télévision à la suite de la saillie présidentielle lors de son discours vaporeux sur les banlieues montre que la dilection de Macron pour le post-nationalisme, la souveraineté européenne et l’ouverture à la mondialisation n’est pas qu’une posture politique mais aussi métaphysique.

L’incongruité, pour le coup bien vulgaire, de Mme Nyssen et dont nul humaniste antiraciste diplômé n’a songé à questionner son aversion anti-blanche comme son sexisme anti-masculin, était accompagnée d’une exhortation au progressisme du service public audiovisuel aux fins de s’opposer «à la France réactionnaire».

La charge était tellement furieuse que même le syndicat Force Ouvrière des médias s’est trouvé dans l’obligation de la fustiger par voie de communiqué. Qu’on en juge par sa conclusion encolérée:

«Les délires de Françoise Nyssen ne font pas rire. Ils nous inquiètent au contraire au plus haut point! Comment un membre du gouvernement peut-il bafouer de manière aussi flagrante le principe de neutralité qui est l’un des fondements les plus essentiels du service public de l’audiovisuel?… Qui sont les réactionnaires que la ministre entend dénoncer? Selon quels critères seront-ils identifiés dans le futur cahier des charges et selon quelles modalités Mme Nyssen entend les mettre hors d’état de nuire à son projet prométhéen de média global à vocation universelle?»

Sans doute, l’idéologie dominante autant que déclinante ne voit-elle plus que l’exclusion ou la contrainte pour faire taire ce peuple qui ne demeurera pas encore bien longtemps ruminant.

Il n’accepte plus qu’un individu qui scande: «crucifions les laïcards comme à Golgotha» se produise sur les lieux du calvaire de jeunes martyrs français sacrifiés sur l’autel de l’islamisme radical.

Et il souhaite très majoritairement que la France reste la France.

À se demander si le peuple ne deviendrait pas populiste.

Voir également:

Accueil de l’Aquarius: les portes sont ouvertes

Le navire européen navigue les yeux fermés


Le destin de l’Aquarius, ce bateau de migrants finalement accueilli à Valence en Espagne après une semaine de dérive en Méditerranée, est symptomatique de la « politique » européenne en matière d’immigration: chaotique. 


La polémique autour de l’Aquarius est aussi déprimante que révélatrice de l’état d’esprit qui imprègne les grandes capitales d’Europe Occidentale. L’Espagnol Sanchez fait preuve de noblesse d’âme et vole au secours des migrants sans penser deux fois aux conséquences de son geste sur sa propre frontière avec l’Afrique. Quant à Macron, il saute sur l’occasion pour taper sur les populistes fraîchement arrivés au pouvoir en Italie quitte à égratigner la qualité de la collaboration avec un membre du G7. Et tous oublient l’essentiel qui est de « réparer » la Libye, un pays qui saigne depuis 2011, date de la funeste intervention internationale dont les Libyens et les migrants paient encore les pots cassés.

Une bijouterie sans portes ni fenêtres

S’il y a un coupable de la détresse des 629 migrants à la dérive au cœur de la Méditerranée c’est bien le duo Cameron-Sarkozy. En provoquant la mort de Kadhafi (à la suite d’un lynchage infâme), ces deux chefs d’Etat ont privé l’Europe d’un interlocuteur qui scellait sa frontière au sud-est. Désormais, le téléphone sonne dans le vide à Tripoli. Nous n’avons plus personne à qui parler car nous avons détruit l’Etat libyen

Toute approche sérieuse du problème de l’immigration illégale dépend de la résolution du problème libyen. Pour préserver la vie des migrants, il faut les arracher aux griffes des mafias qui ont occupé l’espace politico-administratif libéré par les bombes franco-britanniques. Emmanuel Macron lui-même, lors de son discours remarqué devant les étudiants de Ouagadougou, a mis le doigt sur la réalité de la traite humaine qui s’active dans les eaux libyennes. Malheureusement, il n’a pas réussi à traduire son diagnostic en une action réelle en Méditerranée, une action qui combine la force et la politique. Il s’agit d’une tâche extrêmement difficile mais incontournable et qui mérite la mobilisation de nos meilleurs talents. On sait former des coalitions à la va-vite pour détruire un régime, certes abject, mais on ne parvient pas à se mettre d’accord entre Européens pour couper l’herbe sous le pied des trafiquants ! Décidément, plus le temps passe, plus l’Europe ressemble à une énorme bijouterie sans portes ni fenêtres.

Et Pedro Sanchez décida du destin de l’Europe…

Et tel est précisément le projet de Pedro Sanchez : scier les barreaux qui hérissent l’immense frontière méridionale de l’Espagne qui est aussi celle de l’Europe. Arrivé au pouvoir par effraction, grâce à une motion de censure (il n’a pas été élu et son parti ne détient la majorité des sièges au parlement), Pedro Sanchez est pressé de démanteler les protections soigneusement mises en place par ses prédécesseurs. Son ministre de l’Intérieur vient d’annoncer qu’il fera arracher les barbelés qui couvrent la frontière terrestre séparant le Maroc de Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en territoire africain. Un clin d’œil sans équivoque à destination des milliers d’Ivoiriens, de Maliens et de Guinéens, coincés au Maroc, et qui attendent le moment propice pour partir à l’assaut de la frontière. Il s’agit d’un ensemble de deux murs de six mètres de haut chacun, séparés par un chemin de patrouille et surveillés en permanence par des dispositifs électroniques. Le seul moyen de passer est de faire partie d’une marée humaine (à 200 ou 300) à même de déborder les capacités de réaction des policiers espagnols. Les plus chanceux s’équipent de gants et de couvertures pour ne pas se déchirer les doigts au contact des barbelés tranchants. Le jeu en vaut la chandelle car il suffit de poser le pied côté espagnol pour être couvert par le droit européen qui interdit les expulsions « à chaud ».

A lire aussi: « Defend Europe »: l’identité n’est pas quelque chose de sale

En prenant la décision d’enlever les barbelés, donc d’entrouvrir de facto la frontière, Pedro Sanchez met les Marocains dans l’embarras. En effet, les policiers marocains font barrage aux migrants avec la plus grande difficulté au monde. Comment convaincre des jeunes qui ont traversé le désert à pied de ne pas tenter la chance de leur vie, si près de l’objectif ? L’exercice est difficile car la zone frontalière est un maquis idéal constitué de ravins profonds et de pinèdes denses. Le sujet épineux aussi sur le plan politique car le Maroc n’a jamais reconnu la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla. Il se retrouve donc à dépenser chaque année des millions d’euros pour surveiller une frontière qu’il ne reconnaît même pas officiellement. Rien ne dit que le Maroc va continuer à jouer le bon élève si l’Espagne s’amuse à attiser artificiellement la tension aux alentours de Ceuta et Melilla.

L’anarchie européenne

Ce vendredi 15 juin, ils ont été 686 à tenter leur chance entre le Maroc et l’Andalousie : un record. Quatre ont été repêchés sans vie. Et ce n’est qu’une entrée en matière car les côtes espagnoles ne sont séparées des plages africaines que par quelques heures de navigation. Du Sahara marocain jusqu’aux Canaries, il faut compter une vingtaine d’heures en chaloupe ; depuis Saint-Louis au Sénégal deux ou trois jours. Durant les mois d’été lorsque la mer est calme, la tentation est grande de prendre le large surtout quand on laisse derrière soi la misère et la violence.

En réalité, tout le monde a raison en même temps. Pedro Sanchez avec ses bons sentiments, Matteo Salvini avec son ras-le-bol contre le manque de solidarité entre Européens et Emmanuel Macron qui s’indigne contre l’insensibilité des Italiens. Mais avoir raison dans son coin ne suffit pas. La Méditerranée n’étant pas assez large pour séparer l’Europe de l’Afrique, il faudrait regarder loin et penser grand. Pratiquer un leadership qui permette à la fois de sauver les vies et de garantir la souveraineté. Nicolas Sarkozy, avant de casser la Libye, avait mis sur la table le projet d’une Union pour la Méditerranée, une superbe initiative vite torpillée par les Allemands. Il est grand temps de la ressusciter. En effet, l’Europe ne peut pas choisir ses voisins mais elle doit co-écrire avec eux le meilleur règlement de copropriété possible.

Voir de plus:

Journaliste et co-auteure du livre « La part du ghetto » avec Malek Dehoune, Manon Quérouil-Bruneel était l’invitée du Grand Matin Sud Radio ce mardi.

« J’ai été accueillie au début avec surprise, je pense que pour eux l’exercice était un peu bizarre. Ils ne voyaient pas en quoi leur vie était suffisamment intéressante pour qu’on ait envie de la raconter« . Dans le cadre de l’écriture de son livre La part du ghetto, centrée sur des parcours de vie d’habitants d’un quartier de la région parisienne, Manon Quérouil-Bruneel s’est heurtée comme beaucoup de journalistes à certaines barrières, avant de parvenir à établir un lien de confiance indispensable. « L’idée était de faire un travail d’écoute, de recueillir des confidences de gens qui se confiaient rarement. On va souvent dans les banlieues quand ça pète et que ça va mal. Ici, l’idée était d’y aller quand tout allait à peu près bien pour qu’on ait le temps de raconter un quotidien qui n’est quand même pas facile et d’instaurer un lien de confiance sur la durée avec les gens« , ajoute-t-elle au micro de Sud Radio.

« Je suis venue avec uniquement un stylo »

« Je suis venue avec uniquement un stylo, que j’ai d’ailleurs mis du temps à sortir pour que le lien de confiance soit bien instauré. Au début, il y avait de la surprise, forcément un peu de méfiance aussi parce qu’on ne se connaît pas et que les gens n’ont pas forcément envie de raconter leur vie à des inconnus. Après, il y a eu de l’intérêt, de l’envie de se raconter et de réfléchir à un parcours sur lequel ils se sont rarement retournés. Ce sont des vies assez rudes, qu’on fait à l’instinct, et l’idée qu’on nous pose des questions pour savoir comment on est arrivés là, c’était un exercice nouveau pour eux, qui a fini par leur plaire avec le temps« , raconte-t-elle.

La journaliste a constaté dans le cadre de cet ouvrage un décalage générationnel dans ce quartier. « Il y a eu un glissement entre cette première génération arrivée essentiellement pour travailler dans les années 1970-1980, avec une volonté d’intégration à tout prix, et la génération des 30-40 qui ont vu que cette intégration avait échoué pour plein de raisons. Aujourd’hui, les jeunes de 20 ans prennent la place qu’ils peuvent s’octroyer en faisant des petits arrangements ou trafics pour subsister« , explique-t-elle avant de prendre notamment l’exemple de Karima*, jeune fille ayant recours à la prostitution.

« Il y a l’émergence d’une prostitution de banlieue »

« Karima s’inscrit dans une veine que j’avais déjà pu constater il y a un an ou deux lors d’un reportage pour Marie Claire : l’émergence d’une prostitution de banlieue chez des jeunes filles pour qui ça représente un ascenseur social. C’est de l’argent vite gagné. Karima est une exception car elle travaille sans proxénète. La plupart des jeunes filles de cité que j’ai rencontré sont obligées de s’offrir une protection parce qu’on tombe parfois sur des clients violents ou dangereux. Ces proxénètes prennent la moitié des bénéfices de la jeune fille, on est donc sur une prostitution d’abattage avec 10 ou 15 passes par jour pour arriver à gagner de l’argent« , indique-t-elle.

* Le prénom a été changé

Voir de même:

L’hallucinante plongée dans un ghetto du 93
François de Labarre

Paris Match

La journaliste Manon Quérouil-Bruneel s’est immergée pendant un an dans une cité de Seine-Saint-Denis. Elle en a tiré un livre.

De son immersion pendant un an dans une cité de Seine-Saint-Denis, la journaliste Manon Quérouil-Bruneel sort « La part du ghetto » (éd. Fayard), un livre passionnant et déroutant. Son guide, Malek Dehoune, qu’elle utilise comme le fil rouge de l’histoire, lui a ouvert une à une les portes qui dévoilent un univers différent, contrasté. Des « présumés coupables » aux « repris de justesse », en passant par d’anciennes escortes converties au salafisme. On est loin des idées reçues. En toile de fond, la religion musulmane est omniprésente, mais lorsque les jeunes vont à La Mecque, c’est pour y faire des selfies. Aux prédicateurs salafistes, ces caïds 2.0 préfèrent les experts du Darknet, braqueurs virtuels de l’ère numérique.

Dans cette jungle où l’argent (sale) est roi, « les cultures se superposent sans se mélanger », comme l’observe une habitante. Les migrants, traités de « lempedouz », y sont mal accueillis. Le business des stups florissant permet à ce chauffeur de VTC d’ajouter un 0 à son salaire. Pour lui comme ses potes, pas question d’aller « crever en Syrie avec des blédards » ni de passer des vacances à Phuket en Thaïlande, « trop banlieue ». Ses courts séjours en prison lui permettent de reprendre le sport et de grossir son carnet d’adresses pendant que les gardiens longent les murs car, dit-il, « le pouvoir est inversé ». En sortant, quelques séances d’UV lui permettent de montrer un visage hâlé à ses proches avant de retrouver ses grosses voitures cylindrées, immatriculées au nom de sa maman.

Voir encore:

Valeurs actuelles

19 juin 2018

Fake News. Donald Trump aurait donc menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. Pas si simple…

Nouveau tweet, nouvelle agitation médiatique. Les commentateurs n’ont pas tardé à s’armer de leur indéboulonnable mépris pour le président des États-Unis pour dénoncer un « mensonge », au lieu d’user d’une saine distance permettant de décrypter sereinement l’affirmation de Donald Trump.

« Le peuple allemand se rebelle contre ses gouvernants alors que l’immigration secoue une coalition déjà fragile », a donc entamé le président des États-Unis dans un tweet publié le 18 juin, alors que le gouvernement allemand se déchirait sur fond de crise migratoire. Propos factuel si l’on en croit un récent sondage allemand qui révèle que 90% des allemands désirent plus d’expulsions des personnes déboutées du droit d’asile.

Le chiffre ne laisse aucune place au doute : la population allemande penche du côté du ministre de l’Intérieur qui s’applique, depuis quelques jours, à contraindre Angela Merkel à la fermeté.

Et Donald Trump de poursuivre avec la phrase qui occupe nombre de journalistes depuis sa publication : « la criminalité augmente en Allemagne. Une grosse erreur a été commise partout en Europe : laisser rentrer des millions de personnes qui ont fortement et violemment changé sa culture. » Que n’avait-il pas dit. Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain.

Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016.

Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans.

En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus

L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump.

Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014).

En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !).

Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris.

Voir de plus:

Les Etats-Unis quittent le Conseil des droits de l’homme de l’ONU

La représentante américaine auprès des Nations unies a formalisé la décision de la Maison Blanche, qui juge l’instance partiale envers Israël.

Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et Gilles Paris (Washington, correspondant)

Le Monde

C’est un retrait de plus dans la longue liste des désengagements américains. Washington a annoncé, mardi 19 juin, qu’il claquait la porte du Conseil des droits de l’homme (CDH), un organe onusien basé à Genève, alors que son mandat y courait en principe jusqu’en 2019.

Ce départ fait suite à la sortie d’un accord de libre-échange transpacifique, à celle de l’accord de Paris sur le climat, ainsi qu’à celle de l’accord sur le nucléaire iranien. Il vient par ailleurs s’ajouter au retrait de l’Unesco, effectif depuis décembre 2017, et ne fait que confirmer la politique unilatéraliste et volontiers isolationniste d’une administration Trump défiante à l’égard des organisations internationales.

L’annonce a été faite par l’ambassadrice américaine aux Nations unies (ONU), Nikki Haley, au côté du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, au département d’Etat. Les deux ministres n’ont pas eu de mots assez durs contre cette institution qualifiée d’« hypocrite », d’« égoïste » et accusée d’être « une source d’embarras » pour les Etats-Unis, alors que ces derniers sont actuellement critiqués pour leur politique migratoire.

« Un cloaque de partis pris politiques »

Ce retrait de Washington ne prend pourtant personne par surprise. Depuis son arrivée à la tête de la mission américaine à l’ONU, en janvier 2017, Nikki Haley n’avait eu de cesse d’agiter la menace d’un départ. Faute d’obtenir une réforme en profondeur du CDH – elle souhaitait pouvoir exclure les membres ayant commis de graves violations des droits humains –, l’ambassadrice est donc passée à l’acte.

« Pendant trop longtemps, le CDH a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et il a été un cloaque de partis pris politiques », a-t-elle fustigé en s’en prenant particulièrement à la République démocratique du Congo (RDC), qui y siège, tout comme au Venezuela, à la Chine, à l’Egypte ou à l’Iran.

Mais si elle a assuré que ce retrait « ne signifiait en rien un désengagement des Américains en faveur des droits de l’homme », dont elle s’est fait le héraut, elle s’est bien gardée de mentionner l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, qui conduisent une offensive militaire depuis trois ans au Yémen plongeant le pays dans une crise humanitaire dramatique.

Le CDH est certes « imparfait », s’est émue l’ancienne diplomate américaine Suzanne Nossel. « Aucun instrument multilatéral ne peut être pur ou presque parfait (…). Ses défauts sont les défauts des Etats membres qui sacrifient parfois les droits humains au profit d’objectifs politiques ou économiques », a-t-elle assuré, déplorant la décision de Washington.

Un biais supposé contre Israël

Les organisations de défense des droits humains ont régulièrement dénoncé une instance contestable dès lors qu’elle accueillait des Etats qualifiés d’autoritaires en son sein, tout en lui reconnaissant le bénéfice de l’ouverture d’enquêtes sur des violations des droits en Syrie, au Yémen, au Burundi, en Birmanie et au Soudan du Sud, ainsi que sa capacité à aborder des sujets-clés comme la migration, le contre-terrorisme et la protection des femmes, des personnes LGBT, des personnes handicapées.

Suzanne Nossel avait été chargée, sous l’administration démocrate de Barack Obama, en 2009, de défendre la candidature des Etats-Unis à un siège au sein de l’institution créée en 2006 pour promouvoir les droits humains dans le monde. Auparavant, l’administration républicaine de George W. Bush et l’actuel conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, qui était alors ambassadeur à l’ONU mais déjà un fervent opposant au multilatéralisme, avaient refusé d’y siéger.

Pour les diplomates, Washington fait surtout payer au CDH son biais supposé contre Israël, évoqué à chacune des réunions de l’organe onusien. « Cinq résolutions ont été votées contre [l’Etat hébreu]. C’est plus que toutes les résolutions confondues contre la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie », a fait valoir Nikki Haley.

Le 18 mai, le CDH s’était ainsi prononcé en faveur d’une enquête sur les violences commises par Israël contre des manifestants palestiniens à Gaza. Cette décision avait suscité l’ire de la représentante américaine qui avait immédiatement dénoncé « un nouveau jour de honte pour les droits de l’homme ». En 2012, une enquête précédente portant sur la colonisation israélienne des territoires palestiniens conquis militairement en 1967 avait provoqué la colère de l’Etat hébreu et son boycottage de l’examen périodique de la situation des droits humains en Israël.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a sans surprise salué dans la nuit une « décision courageuse contre l’hypocrisie et les mensonges de ce soi-disant Conseil des droits de l’homme de l’ONU ». Depuis des années, poursuit le communiqué, cette instance aurait démontré qu’elle était « biaisée, hostile, anti-israélienne ».

Désengagement

Cette réaction renforce l’impression d’alignement de Washington sur les positions du gouvernement israélien, après le transfert controversé en mai de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, reconnaissant cette dernière comme capitale de l’Etat hébreu.

Ce transfert a entraîné la rupture des relations entre Washington et la partie palestinienne, alors que le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, doit pourtant présenter prochainement un projet de plan de paix. Les critiques palestiniennes ont entraîné en janvier une baisse drastique des fonds alloués par les Etats-Unis à l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens.

Ce désengagement « n’est pas un bon signal alors que les droits de l’homme sont massivement mis à l’épreuve », a estimé François Delattre, le représentant français à l’ONU, qui rappelle que « ce sont deux grandes personnalités française et américaine, René Cassin et Eleanor Roosevelt, qui ont écrit ensemble la Déclaration des droits de l’homme dont nous célébrons cette année le soixante-dixième anniversaire ».

Voir aussi:

Mutual Praise Society

UN Watch

February 6, 2009


Key Findings and Recommendations

1. The primary innovation of the UN Human Rights Council is its Universal Periodic Review (UPR) mechanism, which is meant to review the human rights records of all 192 UN member states, once every four years. According to the Council’s Institution-Building Package of 2007, UPR’s objectives are to achieve “the improvement of the human rights situation on the ground” in the country under review, and “the fulfilment of the State’s human rights obligations and commitments.” Reviews are to be conducted in an “objective,” “non-selective” and “non politicized” manner.

2. The substantial data compiled in this study reveals, however, that the reviews conducted by the vast majority of countries participating in the UPR process are failing to achieve its stated purpose. More than 300 UPR interventions were analyzed and evaluated, as detailed in 12 country charts. Out of 55 countries examined—including all 47 members of the UN Human Rights Council—only 19 had average scores indicating that they contributed positively. Tragically, a majority of 32 out of 55 countries acted as a mutual praise society, misusing the process in order to legitimize human rights abusers, instead of holding them to account. (Four were neither positive nor negative: two with average scores of 0, and another two having made no interventions in any of the country reviews examined.)

3. As shown in Table 1, of the 19 countries with overall positive scores—who properly used the UPR process to promote human rights and fundamental freedoms—Canada was the only country that ranked as VERY CONSTRUCTIVE. It was the most consistent in vigorously challenging countries on specific human rights issues, with strong interventions that support the UPR’s purpose of reminding countries of their responsibilities in order to help victims and address human rights violations wherever they occur. We recommend that Canada continue to hold all countries to account, particularly the world’s worst abusers, and that other countries follow.

4. Close behind were France, Germany, Mexico, Netherlands, Slovenia, Switzerland, the United Kingdom and the United States, all of whom were rated as CONSTRUCTIVE.  We recommend that these nations—which include some the world’s leading democracies—undertake to do better. While it is in the nature of governments to balk at confronting other countries for fear of affecting friendly diplomatic relations, human rights cannot be neglected, and countries must live up to their obligations as participants in the UPR process. The UN member states that conduct UPR will only engender accountability from the country under review, and thereby protect human rights victims, to the extent that they pose tough and specific questions for each country under review.

5. Another 10 countries were found to have made contributions to the review process that were positive, yet WEAK: Argentina, Australia, Bosnia, Brazil, Chile, Italy, Japan, Slovakia, South Korea and Zambia.  That so many respected democracies choose to ask soft questions, shying away from pointedly addressing violations and ensuring scrutiny, is unacceptable. We urge a dramatic shift in approach by countries that should be leading by example. (Included also in this same category were two countries whose contributions were neither positive nor negative: Cameroon and Ukraine.)

6. The rankings in Table 1 reflect only the average quality of interventions made. They do not measure the quantity of statements, the statistics for which are available in Tables 2 and 3. Switzerland, for example, spoke only in 6 out of the 12 country reviews examined in this report. Similarly, the United States spoke in only 7 of the 12 reviews, and of late has been silent at UPR sessions. Argentina, Bosnia, Chile and Slovakia spoke only a handful of times. We recommend that all countries—in particular, those who are members of the Human Rights Council—fulfill their duties by participating meaningfully in the UPR process.

7. Regrettably, a majority of the countries examined in this report not only failed to fulfill the stated objective of UPR, but acted to undermine it. Their interventions praised and covered up for the country reviewed, effectively blocking, undermining and spoiling genuine scrutiny of violations. When violators are granted impunity, victims are let down. This group includes five countries whose interventions were rated as DETRIMENTAL: Bolivia, Ghana, Russia, South Africa and Uruguay. Even worse, 11 countries were rated in their performance as VERY DETRIMENTAL: Angola, Egypt, Jordan, India, Iran, Madagascar, Malaysia, Mauritius, Nicaragua, Saudi Arabia and Senegal.

8. The 16  worst UPR performers of all, however—countries that specifically praised, legitimized and encouraged country policies and practices that violate human rights—were rated as DESTRUCTIVE: Azerbaijan, Bahrain, Bangladesh, China, Cuba, Djibouti, Indonesia, Libya, Nigeria, North Korea,  Pakistan, the Philippines, Qatar, Syria, Sudan and Zimbabwe.

9. The report demonstrates that bloc affiliations played an important role in determining how countries reviewed each other. For example, as a rule, members of the 57-strong Organization of the Islamic Conference strongly praised each other’s records. As a result, some of the poorest overall reviews were those performed on Algeria, Bahrain, Morocco and Tunisia, closely followed by Pakistan and Uzbekistan. We urge all UN members states not to allow bloc politics to override their obligation to conduct UPR reviews in an objective, non-selective and non-politicized manner.

10. While almost all of the countries that acted positively in UPR rank as free democracies under the annual survey by Freedom House, not all free democracies acted positively. On average, the UPR interventions of Ghana, India, Indonesia, Mauritius, Senegal, South Africa and Uruguay undermined human rights, while those of Ukraine were neither negative nor positive. It is time for democratic countries at the UN to act like democracies.

11. Each of the 12 country charts in this report begins with a list of human rights violations committed by the country under review, as documented by respected human rights NGOs, along with a link to the official UN compilation of NGO submissions on that country’s record. Regrettably, as the charts show, most country interventions failed to consider this NGO information, and failed to address the most prevalent human rights violations.

12. We urge the Human Rights Council to allow reliable NGO information to play a far greater role. We recommend an end to the exclusion of NGOs from the oral debate of review sessions. Moreover, in the modest time currently allotted to NGOs during the Human Rights Council’s plenary sessions that treat each UPR report, the freedom of speech of NGOs must be protected. States that frivolously interrupt NGOs on one or another pretext should be disciplined by the council President. At the same time, the UN secretariat should beware of submissions by “GONGOs”—phony, government-controlled NGOs—that seek to subvert the system.

Voir également:

Remarks

Mike Pompeo
Secretary of State
Nikki Haley, U.S. Permanent Representative to the United Nations
Treaty Room
Washington, DC
June 19, 2018

SECRETARY POMPEO: Good afternoon. The Trump administration is committed to protecting and promoting the God-given dignity and freedom of every human being. Every individual has rights that are inherent and inviolable. They are given by God, and not by government. Because of that, no government must take them away.For decades, the United States has led global efforts to promote human rights, often through multilateral institutions. While we have seen improvements in certain human rights situations, for far too long we have waited while that progress comes too slowly or in some cases never comes. Too many commitments have gone unfulfilled.

President Trump wants to move the ball forward. From day one, he has called out institutions or countries who say one thing and do another. And that’s precisely the problem at the Human Rights Council. As President Trump said at the UN General Assembly: “It is a massive source of embarrassment to the United Nations that some governments with egregious human rights records sit on the Human Rights Council.”

We have no doubt that there was once a noble vision for this council. But today, we need to be honest – the Human Rights Council is a poor defender of human rights.

Worse than that, the Human Rights Council has become an exercise in shameless hypocrisy – with many of the world’s worst human rights abuses going ignored, and some of the world’s most serious offenders sitting on the council itself.

The only thing worse than a council that does almost nothing to protect human rights is a council that covers for human rights abuses and is therefore an obstacle to progress and an impediment to change. The Human Rights Council enables abuses by absolving wrongdoers through silence and falsely condemning those who have committed no offense. A mere look around the world today demonstrates that the council has failed in its stated objectives.

Its membership includes authoritarian governments with unambiguous and abhorrent human rights records, such as China, Cuba, and Venezuela.

There is no fair or competitive election process, and countries have colluded with one another to undermine the current method of selecting members.

And the council’s continued and well-documented bias against Israel is unconscionable. Since its creation, the council has adopted more resolutions condemning Israel than against the rest of the world combined.

The United States has no opposition in principle to multilateral bodies working to protect human rights. We desire to work with our allies and partners on this critical objective that reflects America’s commitment to freedom.

But when organizations undermine our national interests and our allies, we will not be complicit. When they seek to infringe on our national sovereignty, we will not be silent.

The United States – which leads the world in humanitarian assistance, and whose service members have sacrificed life and limb to free millions from oppression and tyranny – will not take lectures form hypocritical bodies and institution as Americans selflessly give their blood and treasure to help the defenseless.

Ambassador Haley has spent more than a year trying to reform the Human Rights Council.

She is the right leader to drive our efforts in this regard at the United Nations. Her efforts in this regard have been tireless.

She has asserted American leadership on everything from the Assad regime’s chemical weapons use, to the pressure campaign against North Korea, and the Iran-backed provocations in the Middle East.

Ambassador Haley has been fearless and a consistent voice on behalf of our ally Israel. And she has a sincere passion to protect the security, dignity, and the freedom of human beings around the world – all while putting American interests first. She has been a fierce defender of human rights around the world.

I will now turn it over to Ambassador Haley for her announcement on how the United States will move forward with respect to the UN Human Rights Council.

AMBASSADOR HALEY: Thank you. Good afternoon. I want to thank Secretary Pompeo for his friendship and his partnership and his leadership as we move forward on these issues.

One year ago, I traveled to the United Nations Human Rights Council in Geneva. On that occasion, I outlined the U.S. priorities for advancing human rights and I declared our intent to remain a part of the Human Rights Council if essential reforms were achieved. These reforms were needed in order to make the council a serious advocate for human rights. For too long, the Human Rights Council has been a protector of human rights abusers and a cesspool of political bias.

Regrettably, it is now clear that our call for reform was not heeded. Human rights abusers continue to serve on and be elected to the council. The world’s most inhumane regimes continue to escape scrutiny, and the council continues politicizing and scapegoating of countries with positive human rights records in an attempt to distract from the abusers in their ranks.

Therefore, as we said we would do a year ago if we did not see any progress, the United States is officially withdrawing from the UN Human Rights Council. In doing so, I want to make it crystal clear that this step is not a retreat from human rights commitments; on the contrary, we take this step because our commitment does not allow us to remain a part of a hypocritical and self-serving organization that makes a mockery of human rights.

We did not make this decision lightly. When this administration began 17 months ago, we were well aware of the enormous flaws in the Human Rights Council. We could have withdrawn immediately. We did not do that.

Instead, we made a good-faith effort to resolve the problems. We met with ambassadors of over a dozen countries in Geneva. Last September, in President Trump’s speech before the UN General Assembly, he called for member-states to support Human Rights Council reform. During High-Level Week last year, we led a session on Human Rights Council reform cohosted by the British and Dutch foreign ministers and more than 40 other countries.

Our efforts continued all through this year in New York, where my team met with more than 125 member-states and circulated draft texts. Almost every country we met with agrees with us in principle and behind closed doors that the Human Rights Council needs major, dramatic, systemic changes, yet no other country has had the courage to join our fight.

Meanwhile, the situation on the council has gotten worse, not better. One of our central goals was to prevent the world’s worst human rights abusers from gaining Human Rights Council membership. What happened? In the past year, the Democratic Republic of Congo was elected as a member. The DRC is widely known to have one of the worst human rights records in the world. Even as it was being elected to membership in the Human Rights Council, mass graves continued to be discovered in the Congo.

Another of our goals was to stop the council from protecting the world’s worst human rights abusers. What happened? The council would not even have a meeting on the human rights conditions in Venezuela. Why? Because Venezuela is a member of the Human Rights Council, as is Cuba, as is China.

Similarly, the council failed to respond in December and January when the Iranian regime killed and arrested hundreds of citizens simply for expressing their views.

When a so-called Human Rights Council cannot bring itself to address the massive abuses in Venezuela and Iran, and it welcomes the Democratic Republic of Congo as a new member, the council ceases to be worthy of its name. Such a council, in fact, damages the cause of human rights.

And then, of course, there is the matter of the chronic bias against Israel. Last year, the United States made it clear that we would not accept the continued existence of agenda item seven, which singles out Israel in a way that no other country is singled out. Earlier this year, as it has in previous years, the Human Rights Council passed five resolutions against Israel – more than the number passed against North Korea, Iran, and Syria combined. This disproportionate focus and unending hostility towards Israel is clear proof that the council is motivated by political bias, not by human rights.

For all these reasons, the United States spent the past year engaged in a sincere effort to reform the Human Rights Council. It is worth examining why our efforts didn’t succeed. At its core, there are two reasons. First, there are many unfree countries that simply do not want the council to be effective. A credible human rights council poses a real threat to them, so they opposed the steps that would create it.

Look at the council membership and you see an appalling disrespect for the most basic human rights. These countries strongly resist any effort to expose their abusive practices. In fact, that’s why many of them run for a seat on the Human Rights Council in the first place: to protect themselves from scrutiny. When we made it clear we would strongly pursue council reform, these countries came out of the woodwork to oppose it. Russia, China, Cuba, and Egypt all attempted to undermine our reform efforts this past year.

The second reason our reforms didn’t succeed is in some ways even more frustrating. There are several countries on the Human Rights Council who do share our values. Many of them strongly urged us to remain engaged in the council. They are embarrassed by the obsessive mistreatment of Israel. They share our alarm with the hypocrisy of countries like Cuba, Venezuela, Democratic Republic of Congo, and others serving on the council.

Ultimately, however, many of these likeminded countries were unwilling to seriously challenge the status quo. We gave them opportunity after opportunity and many months of consultations, and yet they would not take a stand unless it was behind closed doors. Some even admittedly were fine with the blatant flaws of the council as long as they could pursue their own narrow agenda within the current structure.

We didn’t agree with such a moral compromise when the previous UN Human Rights Commission was disbanded in 2006, and we don’t agree with it now. Many of these countries argued that the United States should stay on the Human Rights Council because American participation is the last shred of credibility that the council has. But that is precisely why we must leave. If the Human Rights Council is going to attack countries that uphold human rights and shield countries that abuse human rights, then America should not provide it with any credibility. Instead, we will continue to lead on human rights outside the misnamed Human Rights Council.

Last year, during the United States presidency of the Security Council, we initiated the first ever Security Council session dedicated to the connection between human rights and peace and security. Despite protests and prohibitions, we did organize an event on Venezuela outside the Human Rights Council chambers in Geneva. And this past January, we did have a Security Council session on Iranian human rights in New York.

I have traveled to the – to UN refugee and internally displaced persons camps in Ethiopia, Congo, Turkey, and Jordan, and met with the victims of atrocities in those troubled regions. We have used America’s voice and vote to defend human rights at the UN every day, and we will continue to do so. Even as we end our membership in the Human Rights Council, we will keep trying to strengthen the entire framework of the UN engagement on human rights issues, and we will continue to strongly advocate for reform of the Human Rights Council. Should it become reformed, we would be happy to rejoin it.

America has a proud legacy as a champion of human rights, a proud legacy as the world’s largest provider of humanitarian aid, and a proud legacy of liberating oppressed people and defeating tyranny throughout the world. While we do not seek to impose the American system on anyone else, we do support the rights of all people to have freedoms bestowed on them by their creator. That is why we are withdrawing from the UN Human Rights Council, an organization that is not worthy of its name.

Thank you.

QUESTION: Ambassador, is the timing related to the criticism of the border policy?

QUESTION: Do you believe that the criticism is justified?

Voir enfin:

QUELLES LIMITES DU DOCUMENT ? (Bonus : on pourra noter que le retrait américain d’Irak sous Obama a généré les horreurs de l’Etat islamique et que l’Iran continue de menacer Israël d’annihilation comme de semer le chaos dans toute la région)
Le Proche et le Moyen-Orient, foyer de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale
Consigne : à partir de ce document, montrez que, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Proche et le Moyen-Orient est à la fois un foyer de conflits et un enjeu des affrontements internationaux.
Document : discours du président américain Barack Obama au Caire (Egypte) le 4 juin 2009
[…] Dans un passé relativement récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s’est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l’Occident un élément hostile aux traditions de l’islam. […] Permettez-moi de m’exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble. La première est celle de l’extrémisme violent sous toutes ses formes. À Ankara, j’ai fait clairement savoir que l’Amérique n’est pas – et ne sera jamais – en guerre contre l’islam. (Applaudissements) […] Voilà maintenant plus de sept ans, forts d’un large appui de la communauté internationale, les Etats-Unis ont donné la chasse à Al Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. […] Je voudrais aussi aborder le dossier de l’Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d’un choix, lequel a provoqué des désaccords marqués dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. […] La deuxième grande source de tension que nous devon s aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe. […] Depuis des dizaines d’années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l’attention sur la dislocation consécutive à la fondation d’Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l’hostilité et les attaques dont l e pays a de tout temps fait l’objet à l’intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous ex aminons ce conflit à travers le prisme de l’une ou l’autre partie, nos œillères nous cacheront la vérité : la seule solution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux Etats, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. […] La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l’égard des droits et des responsabilités des Etats concernant les armes nucléaires. Cette question a constitué une source de tension entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Pendant de nombreuses années, l’Iran s’est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. […] Chaque pays, y compris l’Iran, devrait avoir le droit d’avoir accès à l’énergie nucléaire pacifique s’il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire.
DISCOURS DU PRESIDENT OBAMA AU CAIRE, 4 JUIN 2009.
Sont attendues en introduction : Une présentation rapide de B. Obama : pdt élu en nov. 2008, avec pour but de renouer avec le multilatéralisme et de désengager son pays d’Irak et d’Afghanistan.
Une présentation rapide du contexte : Guerre d’Irak déclenchée unilatéralement par G. Bush en 2003 a plongé le pays dans le chaos et fortement dégradé l’ image des EU au Moyen-Orient. Parallèlement, reprise sanglante des affrontements entre Israël et les Palestiniens. Obama délivre un message d’apaisement destiné à redonner une image positive de son pays. Une annonce de plan conforme à la consigne, qui invite à se placer à deux échelles différentes : dans son discours, B. Obama cible deux lieux de conflits au Moyen-Orient (I), tout en insistant davantage sur l’ implication d’acteurs extérieurs, en particulier les EU, dans les grands dossiers régionaux.
NB : la consigne n’invite pas à s’interroger sur les limites du document, mais des remarques en ce sens sont possibles dans chaque partie.
10 I – B. Obama évoque les deux grands foyers de conflits du Moyen – Orient, que sont l’opposition entre Israël et l es Palestiniens d’une part, la guerre civile qui plonge l’Irak dans le chaos depuis 2003, d’autre part. [Ligne 21- 30] : évocation du conflit israélo-palestinien. Attentes : Rappelez, à partir des lignes 21- 24, qui restent très générales, les dates majeures du conflit : guerres Israélo-arabes (1948-49, 1967, 1967), première (1987) et surtout ici seconde intifada (2000), menées par les Palestiniens à partie des territoires occupés (Gaza, Cisjordanie). On peut aussi évoquer la répression israélienne et la construction du « mur de sécurité ».
Notez qu’Obama ne prend pas position (même si les EU sont depuis au moins 1967 les alliés d’Israël ) entre les deux parties : Israéliens comme Palestiniens ont droit à un Etat (une référence au « droit des peuples à disposer d’eux -mêmes » est attendue : à relier à Roosevelt et à la fondation de l’ONU ; Obama se place dans cette filiation) ; l’un et l’autre ont des critiques légitimes (terrorisme palestinien, naissance traumatisante d’ Israël en 1948 aux dépens des Arabes). Obama prône une relance du dialogue pour parvenir à deux Etats (Cf. accords d’Oslo, 1993).
[Lignes 15- 20] : évocation plus vague de la guerre civile en Irak. Evoquez la Guerre de 2003 et le chaos qui s’ensuit. II – La plus grande partie du texte concerne cependant le rôle des acteurs extérieurs, et en particulier des EU, dans les grands conflits de la région. Obama souligne d’abord l’ancienneté de l’enjeu constitué par le Moyen – Orient. Une phrase sur les colossales ressources pétrolières du Golfe sera appréciée ici.
Allusion au colonialisme (lignes 1- 2) : sans remonter avant 1945, on citera la crise du Suez de 1956 ; les Eu soutiennent alors Nasser contre l’impérialisme franco -britannique.
Allusion à la Guerre froide (lignes 3- 4) : EU et URSS disposent d’alliés dans la région. Evoquez l’appui massif fourni, lors de la Guerre du Kippour de 1973, par les Eu à Israël, par l’URSS à l’Egypte et à la Syrie.
Obama évoque ensuite les dossiers qu’il a à gérer en tant que président. 1er enjeu, pour les EU : revenir à une gestion multilatérale des problèmes régionaux. O. oppose la guerre d’Afghanistan, autorisée par l’ONU suite aux attentats du 1 sept. 2001(Ligne 13 : al Qaïda), à la guerre d’Irak (2003) , qui a suscité de fortes oppositions.
Ligne 19- 20 : retour souhaité au multilatéralisme. Rappelez que le président s’est engagé à retirer ses troupes d’Irak. Parallèlement, nécessité de dialoguer avec l’islam ; souligne (ligne 6) la montée de l’antiaméricanisme. [On peut souligner qu’existe symétriquement un discours américain annonçant le « choc des civilisations » (Huntington)].
2ème enjeu : contenir le programme nucléaire iranien. 11 Ligne 32 invite à préciser la rupture EU- Iran de 1979. On citera la relance du programme nucléaire iranien par Ahmadinejad à partir de 2003. Notez la modération du discours, qui annonce un dialogue (à l’origine de l’accord du 14 juillet 2015).
[Bonus : on pourra noter que l’Iran est en conflit, à échelle régionale, avec Israël d’une part, avec l’Arabie Saoudite sunnite, alliée des EU, d’autre part.
Conclusion (facultative ) : discours dresse moins un état des tensions régionales qu’il ne montre un infléchissement de la politique américaine, en rupture (apparente) avec les années Bush.

Télévision/Three girls: Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe (Political correctness gone wild: BBC Muslim gang rapes mini-series reveals how the police and social workers abandoned hundreds of British girls to Pakistani prostitution rings for years)

15 juin, 2018
 
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Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Il faut peut-être entendre par démocratie les vices de quelques-uns à la portée du plus grand nombre. Henry Becque
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
Selon Stanley Cohen (1972), une « panique morale » surgit quand « une condition, un événement, une personne ou un groupe de personnes est désigné comme une menace pour les valeurs et les intérêts d’une société ». Le sociologue propose également qu’on reconnaisse dans toute « panique morale » deux acteurs majeurs : les « chefs moraux » (« moral entrepreneurs »), initiateurs de la dénonciation collective ; et les « boucs-émissaires » (« folk devils »), personnes ou groupes désignés à la vindicte. Des chercheurs spécialisés dans la culture numérique, tels Henry Jenkins aux Etats-Unis, ou Hervé Le Crosnier, maître de conférence à l’université de Caen, utilisent également le terme de panique morale pour désigner la peur disproportionnée des médias et d’une partie de la population face à la transformation induite par tout changement technologique, perçue comme un grand danger à la portée de chacun. Les « paniques morales » sont souvent liées à des controverses, et sont généralement nourries par une couverture médiatique intense (bien que des paniques semi-spontanées puissent exister. L’hystérie collective peut être une composante de ces mouvements, mais la panique morale s’en distingue parce que constitutivement interprétée en termes de moralité. Elle s’exprime habituellement davantage en termes d’offense ou d’outrage qu’en termes de peur. Les « paniques morales » (telles que définies par Stanley Cohen) s’articulent autour d’un élément perçu comme un danger pour une valeur ou une norme défendue par la société ou mise en avant par les médias ou institutions. L’un des aspects les plus marquants des paniques morales est leur capacité à s’auto-entretenir. La médiatisation d’une panique tendant à légitimer celle-ci et à faire apparaître le problème (parfois illusoire), comme bien réel et plus important qu’il n’est. La médiatisation de la panique engendrant alors un accroissement de la panique. Les effets de ce genre de réactions sont par ailleurs nombreux dans le domaine politique et juridique. (…) Le terme « panique morale » a été inventé par Stanley Cohen (en 1972 pour décrire la couverture médiatique des Mods et des Rockers au Royaume-Uni dans les années soixante. On fait remonter aux Middletown Studies, conduites en 1925 pour la première fois, la première analyse en profondeur de ce phénomène : les chercheurs découvrirent que les communautés religieuses américaines et leurs chefs locaux condamnaient alors les nouvelles technologies comme la radio ou l’automobile en arguant qu’elles faisait la promotion de conduites immorales. Un pasteur interrogé dans cette étude désignait ainsi l’automobile comme une « maison close sur roues » et condamnait cette invention au motif qu’elle donnait aux citoyens le moyen de quitter la ville alors qu’ils auraient dû être à l’église. Cependant, dès les années 30, Wilhem Reich avait développé le concept de peste émotionnelle qui, sous une forme plus radicale, est la base théorique de la panique morale. (…) Le risque lié aux paniques morales est multiple. Les plus importants sont de ne plus croire ce qui est rapporté par les médias ou même de ne plus croire les informations justes, constituant ainsi le terreau du complotisme qui se répand au XXIe siècle avec la prédominance des échanges sur internet. C’est aussi mettre sur un même plan d’importance des éléments pourtant très différents. Ainsi, certaines paniques dites “mineures” par Divan Frau-Meigs pourraient se retrouver à une même importance que des paniques morales majeures (le traitement de l’obésité au même niveau que la peur du terrorisme par exemple). Wikipedia
It has been Cohen’s longstanding contention that the term moral panic is, for its utility, problematic insofar as the term ‘panic’ implies an irrational reaction which a researcher is rejecting in the very act of labelling it such. That was the case when he was studying the media coverage of the Mods and Rockers and when Young was studying the reaction to drug taking in the late 1960s and the early 1970s. Currently , Cohen has started to feel uncomfortable with the blanket application the term ’panic’ in the study of any reactions to deviance, as he argues for its possible use in ‘good moral panics’. Cohen discusses the changes that have occurred in society and how this has had re-directed the ‘moral panic’ analysis and has contributed to the development of the concept. To begin with, the modern moral entrepreneurs have adopted a status similar to the social analyst (in terms of class, education and ideology) and the likelihood for the two of them to perceive the problem in the same way has increased substantially. Secondly, the alliances between the various political forces has become more flexible and as a result, panics about ‘genuine’ victims (of natural disasters or terrorist attacks) are more likely to generate consensus that the ‘unworthy’ victims (the homeless). Thirdly, whereas the traditional moral panics where in nature elite-engineered, the contemporary ones are much more likely to populist-based, giving more space for social movements’ and victims’ participation in the process. Fourthly, in contrast to the old moral panics, the new ones are interventionist-focused. The new criminalizers who address the moral panics are either post-liberals who share a common background with a decriminalized generation, or are from the new right who argue for increased focus on private morality (sexuality, abortion, lifestyle). In addition, Cohen considers the possibility of certain moral panics being understood as ‘anti-denial’ movements. In contemporary times the denial of certain events, their cover-up, evasion and tolerance is perceived as morally wrong, and such denied realities should be brought to the public attention, which would result in widespread moral condemnation and denunciation. In this sense, it could be argued that certain panics should also be considered as ‘acceptable’ and thus a binarity between ‘good’ and ‘bad’ moral panics can be developed. Such as heuristic between ‘good’ and ‘bad’ can be useful as such a distinction in effect widens the scope of moral panic studies beyond those examples that are regarded as ‘inappropriate’ and ‘irrational’. Potentially, this could also lead to the questioning of the notions of rationality, disproportionality and other normative judgements that have characterised the studies of moral panics. Such an approach of analysing ‘moral panics’ is in contrast with the work of Critcher, to whom the concept of can be best understood in the relations of power and regulation. Whereas both Critcher and Cohen agree that each moral panic should be seen in a wider conceptual framework, the latter does not adopt Critcher’s suggestion that the term ‘moral’ panic should not be applied in cases where dominant elites reinforce dominant practices by way of scapegoating outsiders. By contrast to Critcher, Cohen accepts the possibility of counter-hegemonic moral panics. In addition, Critcher stresses the need to focus not only on the politics of moral panics, but also consider the economic factors that might limit or promote their development. Moving beyond moral panics, Hunt has argued that a shift has taken place in the processes of moral regulation over the past century, whereby the boundaries that separate morality from immorality have been blurred. As a result, an increasing number of everyday activities have become moralized and the expression of such moralization can be found in hybrid configurations of risk and harm. The moralization of everyday life contains a dialectic that counterposes individualizing discourses against collectivizing discourses and moralization has become an increasingly common feature of contemporary political discourse. Moral panics can also be seen as volatile manifestations of an ongoing project of moral regulation, where the ‘moral’ is represented as practices that are specifically designed to promote the care of the self. With the shift towards neo-liberalism, such regulatory scripts have taken the form of discourses of risk, harm and personal responsibility. As Hier the implementation of such a ‘personalization’ discourse is not straightforward due to the fact that moral callings are not always accepted. The moral codes that are supposed to regulate behaviour, expression and self-presentation are themselves contestable and their operation is not bound in a time-space frame. Thus, ‘moralization’ is conceptualized as a recurrent sequence of attempts to negotiate social life; a temporary ‘crisis’ of the ‘code’ (moral panic) is therefore far more routine than extraordinary. The problems with such an argument for expanding the focus of moral panics to encompass forms of moral regulation is that it is too broad and a more specific scope of moral regulation should be defined in order to conduct such analysis. Dimitar Panchev (2013)
« We do more workshops in middle schools than in high schools, » says Bell, executive director of Bebashi-Transition to Hope, the local nonprofit that works on prevention of HIV and other sexually transmitted diseases. « Teachers call us because their kids are acting out sexually. They’ll catch them in the bathroom or the stairwell. They hear that kids are cutting schools to have orgies. » (…) « We follow 200 teenagers with HIV, and the youngest is 12, » says Jill Foster, director of the Dorothy Mann Center for Pediatric and Adolescent HIV at St. Christopher’s Hospital for Children. « When we started doing HIV treatment in 1998, the average age of patients was 16 or 17. The first time we got a 13-year-old was mind-blowing. » (…) Because a recent report from the Centers for Disease Control and Prevention has identified Philadelphia as having the earliest age of sexual initiation – 13 – among cities participating in the study, she says, it’s crucial to make condoms available to younger kids. People gasp at that, says Foster, who diagnoses new HIV cases at a rate of two to three teens a month, up from one every four months just a decade ago. « But people have no idea how tough it is to be a kid who’s exposed to sexual media images and peer pressure. It’s routine for 12- and 13-year-olds to talk about sex. Younger kids hear them and they want to be part of that ‘older’ world, » she says. « They don’t have maturity or impulse control, so if we can get them to have condoms with them when they start having sex, they are going to be safer. « I wish it weren’t necessary, » she says. « Unfortunately, it is. » It would be easy to play the « appalled citizen » card and decry the inclusion of kids as young as 11 in Philadelphia’s STD-prevention campaign. But I won’t. Because there are two groups of children in this city: Those lucky enough to have at least one caring, available adult to guide them through sex-charged adolescence. And those left on their own. Like the child being raised by a single mom whose two jobs keep her from supervising her child. Or the kids being raised by a tired grandmom who’s asleep by 9 and doesn’t know that the kids have snuck out of the house. Or the homeless teen who crashes on couches and must choose between saying no to a friend’s creepy uncle or wandering the streets at night. These kids deserve protection from the fallout of STDs and unplanned pregnancy as much as kids from « good » families do – kids who, by the way, get in trouble, too. They just have more support to get them through it. « We know that sexual activity in young adolescents doesn’t change overnight, » says Donald Schwarz, a physician who worked with adolescents for years at Children’s Hospital of Philadelphia before being appointed city health commissioner in 2008. « But children need to be protected while we get our heads around whatever the long-term strategies should be here. » He mentions a recent, awful survey of sixth-graders in West Philly, which showed that 25 percent of the children, who were just 11 years old, had had sex. « Clearly, we don’t think it’s OK for 11-year-olds to be having sex, » says Schwarz. « But we don’t have the infrastructure in place to fix [that] problem fast. We can, however, make condoms available fairly quickly to whoever needs them. (…) There are no easy solutions. This is a complicated problem, exacerbated by generational poverty and family collapse that paralyzes our cities in ways too myriad to address in one column. Ronnie Polaneczky
Giving out free condoms at school is not a surefire way to avoid teenage pregnancy – or it might not be enough. Access to condoms in schools increases teen fertility rates by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame. However the increase happened in schools where no counseling was provided when condoms were given out – and giving out guidance as well as birth control could have the opposite effect, economists Kasey Buckles and Daniel Hungerman said in the study. Access to other kinds of birth control, such as the contraceptive pill, IUDs and implants, has been shown to lower teen fertility rates – but condoms might have opposite consequences due to their failure rate as well as the time and frequency at which they’re used. (…) Times have changed already and teenagers today are overall less likely to have sex and less likely to become pregnant, they wrote. Most of the free condoms programs in the study began in 1992 or 1993 and about two thirds involved mandatory counseling. The 10 per cent increased occurred as a result of schools that gave out condoms without counseling, Buckles and Hungerman said. ‘These fertility effects may have been attenuated, or perhaps even reversed, when counseling was mandated as part of condom provision,’ they wrote. Teenage girls were also more likely to develop  gonorrhea when condoms were given for free – and again, the increase happened as a result of schools giving out condoms without counseling. Access to contraceptives in general has been shown to lower teen fertility, Buckles and Hungerman noted, or in some cases had no effect at all. But condoms might have a different impact because of several factors, such as the fact that their failure rate is more important than that of other contraceptives. Condoms also rely ‘more heavily on the male partner’, which is an important factor given that an unplanned pregnancy will have different consequences for each gender, Buckle and Hungerman wrote. The time at which condoms are used could also explain why they have a different impact than other types of birth control. Condoms have to be used at the time of intercourse, whereas the pill, IUDs and implants are all taken in advance. Using condoms also results from a short-term decision rather than long-term. Free condom programs in schools could have led to two additional births per 1,000 teenage women so far, Buckle and Hungerman found. This could increase to 5 extra births per 1,000 teenage girls if the country’s entire high-school-aged population had access to condoms. Condom distribution programs could promote the use of condoms over more efficient birth control methods, drive schools to use their resources for condom distribution rather than more effective programs, or might encourage ‘risky’ sexual behaviors, Buckle and Hungerman wrote. Daily Mail
L’upskirt (anglicisme argotique, littéralement « sous la jupe ») est une forme d’érotisme ou de pornographie particulièrement présente sur Internet, constituée de photographies ou de videos prises sous les jupes des femmes (le plus souvent en contre-plongée en position debout, ou de face en position assise), dans le but de montrer leurs sous-vêtements, voire leurs parties génitales et/ou leurs fesses. Bien que les prises de vues puissent être faites avec le consentement des sujets, les spectateurs de ce type de scènes recherchent le plus souvent des clichés pris furtivement, notamment dans des lieux publics, et donc, selon toute vraisemblance, à l’insu des personnes représentées, ce qui fait de l’upskirt une forme de voyeurisme. L’avènement des téléphones mobiles équipés d’appareils photo et de caméras est souvent présenté comme étant à l’origine du développement de cette pratique, mais en réalité, l’upskirt existe depuis que la mode a démocratisé la minijupe, c’est-à-dire vers le milieu des années 60. Une telle pratique sans le consentement de la personne photographiée peut être considérée comme illégale dans certaines juridictions. Wikipedia
Critiqué par ses fans pour avoir accepté de chanter lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, Robbie Williams a terminé sa prestation en faisant un doigt d’honneur. Un geste, réalisé juste après avoir rajouté un «I did it for free» dans les paroles de «Rock DJ», qui a immédiatement été très commenté sur les réseaux sociaux. L’Equipe
il s’agit de respecter une souffrance. Samia Maktouf (avocate de familles de victimes de l’attentat islamiste du Bataclan en réaction à la programmation dans la salle d’un certain Médine ayant intitulé l’un de ses disques « Jihad »)
Finalement, Viktor Orban pourrait avoir gagné. Le maître de Budapest fut le premier à dresser des barbelés contre l’exode, celui des Syriens en août 2015. Sa prophétie n’est pas loin de se réaliser quand l’Italie, jusqu’ici ouverte à la misère du monde, renvoie en pleine mer un bâtiment chargé de 629 migrants africains. Basculement. Électrochoc. Malgré le trouble d’Angela Merkel et les blâmes d’Emmanuel Macron, la question pour l’Europe n’est plus de savoir si elle doit renforcer sa frontière commune. Mais si elle peut encore éviter le retour aux barrières nationales. En trois ans, l’exception hongroise s’est propagée à toute l’Europe centrale. Varsovie, Prague et Bratislava jurent avec Budapest que la religion musulmane n’est pas soluble dans l’UE. Tous applaudissent le coup de force italien. À ce quatuor de Visegrad, il faudrait désormais ajouter un trio d’acteurs qui va de l’extrême droite à la droite dure: l’Italien Matteo Salvini, l’Autriche de Sebastian Kurz et Horst Seehofer, monument bavarois et ministre allemand de l’Intérieur. Ces trois-là forment le nouvel «axe» anti-immigration que décrit le jeune chancelier autrichien, avant de prendre la présidence tournante de l’UE le 1er juillet. La fronde dessine un périmètre curieusement semblable à celui de l’empire des Habsbourg. Elle est aussi pétrie de contradictions. Même s’ils partagent la hantise de l’islam, Viktor Orban et ses amis d’Europe centrale se garderont bien de rejoindre l’axe autrichien. Et inversement. À l’intérieur de l’axe alpin, la pire chose qui puisse arriver au chancelier Kurz serait que Matteo Salvini, nouvel homme fort du pouvoir romain, obtienne ce qu’il demande: le partage avec le reste de l’Europe – Autriche comprise – de tout ou partie des quelque 500.000 «irréguliers» qui croupissent en Italie. Quant au projet prêté à Horst Seehofer d’expulser d’Allemagne tous les migrants déjà enregistrés ailleurs dans l’UE, il n’inquiète pas que la Chancellerie à Berlin. Si cette foule doit vraiment retraverser la montagne, c’est bien évidemment en Autriche puis en Italie qu’elle aboutira. Là est le problème des slogans «populistes» et autres remèdes réputés nationaux. Sur le papier, ils sont identiques et se prêtent à de magnifiques alliances. Dans la réalité, ils sont incompatibles, sauf à fâcher les voisins et à cadenasser toutes les frontières. (…) Cynisme contre hypocrisie, Emmanuel Macron et Matteo Salvini ont vidé mardi leur aigreur à propos de l’Aquarius et des 629 clandestins repêchés au nord de la Libye. Du côté français comme du côté allemand, il apparaît que les deux semaines qui mènent au sommet vont décider si Rome penche vers l’ouest ou vers l’est. Paris admet que l’Union européenne a un problème quand l’Italie doit accueillir 80 % des migrants venus de Libye. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, reconnaît qu’il faut se forcer «à voir la réalité à travers d’autres regards européens». L’Élysée a confirmé jeudi des pistes déjà explorées pour rendre la réalité plus supportable à des Italiens confrontés, chez eux, à des centaines de points de fixation comparables à l’ex-ghetto de migrants à Calais. Il sera donc question d’aides financières démultipliées par l’UE et de mobilisation du contingent de gardes-frontières européens. Au-delà de ces palliatifs communautaires, la France et ses voisins doivent se préparer à deux exutoires plus vigoureux s’il faut vraiment soulager l’Italie, prévient Pierre Vimont, ex-pilier du Quai d’Orsay et conseiller de l’UE durant la crise de 2015-2016. D’abord l’accueil direct des rescapés de la Méditerranée sur leur territoire, sujet jusqu’ici tabou que l’Espagne a commencé de rompre en acceptant les passagers de l’Aquarius. (…) Ensuite, l’ouverture de «centres de tri» hors de l’UE (peut-être en Albanie), ce qui permettrait d’évacuer le problème italien. (…) Mais attention, prévient l’ambassadeur Vimont, «il ne s’agit pas de s’en laver les mains. Si la question africaine n’est pas réglée dans la durée, les migrants reviendront inévitablement frapper à notre porte». Le Figaro
C’est une information qui devrait compter dans les débats bioéthiques du moment. Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita (1) et dévoilé aujourd’hui par La Croix souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français. Pour l’association, il s’agit avant tout de braquer les projecteurs sur l’un des enjeux des discussions actuelles sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, envisagée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Ainsi, 93 % des Français considèrent que les pères ont un « rôle essentiel pour les enfants », tandis que les trois quarts d’entre eux adhèrent à l’affirmation selon laquelle « les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires » ; et 89 % jugent que « l’absence de père, c’est quelque chose qui marque toute la vie ». (…) À un moment où la question sur la PMA polarise toutes les attentions, selon ce sondage, 61 % des Français estiment qu’« il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médical d’infertilité ». Mais 39 % jugent plutôt qu’« il faut privilégier le désir d’enfant en permettant la PMA sans père pour les femmes seules ou les couples de femmes ». Des chiffres qui peuvent surprendre comparés aux autres enquêtes menées par l’Ifop, notamment celles publiées dans La Croix et L’Obs en janvier, ou encore cette semaine par Ipsos pour France Télévisions. Ces enquêtes donnaient systématiquement des proportions opposées quant à l’adhésion des Français à l’extension de la PMA : 60 % y étaient favorables, 40 % étaient contre.(…) Si les Français portent un regard très majoritairement positif sur le rôle des pères, il existe cependant des différences d’approche, notamment entre les hommes qui sont pères et ceux qui ne connaissent pas l’expérience de la paternité. Ainsi 58 % des pères sont tout à fait d’accord lorsqu’on leur demande si « l’absence de père est quelque chose qui marque toute une vie ». Le chiffre tombe à 41 % pour les hommes qui n’ont pas d’enfants. Soit une différence de 17 points. Autre intervalle notable : celui qui s’établit entre les générations : 39 % des 18-24 ans estiment qu’il ne faut pas étendre la PMA, alors qu’ils sont 78 % des plus de 65 ans. « C’est la preuve qu’au fur et à mesure des générations, les références traditionnelles vont être chamboulées », estime Jérôme Fourquet. La Croix
Tout dépend de la manière dont on pose la question : si on met en avant l’ouverture d’un droit, en demandant aux Français s’ils sont pour une extension de la PMA, ils y sont majoritairement favorables. En revanche, si on présente le droit de l’enfant à avoir un père, ils sont majoritairement opposés à une évolution de la loi. (…) Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent. Ce sont ces derniers qui portent la tension éthique et dont la réponse peut varier selon la façon dont la question est posée. Jérome Fourquet
On assiste aujourd’hui à un grand affaiblissement de l’image du père dans nos sociétés. C’est aussi le cas pour celle de la mère. La paternité est par nature une expérience subjective, mais je vois aujourd’hui beaucoup de couples qui, au milieu de la trentaine, hésitent à être parents. Les naissances surviennent plus tard qu’auparavant : cela montre bien que l’aventure de la paternité est devenue quelque chose d’éminemment subjectif, et donc de plus fragile. Elle n’est plus portée par la société et ne bénéficie plus d’un soutien collectif. Jacques Sédat (psychanalyste)
Le militant nationaliste britannique Tommy Robinson a été arrêté à Leeds et presque immédiatement condamné à 13 mois de prison ferme alors qu’il tentait de filmer les suspects d’un procès dont les médias locaux n’ont pas le droit de parler. Un épais voile noir n’en finit plus d’envelopper la liberté d’expression dans les démocraties occidentales. Il se montre particulièrement oppressant dès lors qu’il s’agit de museler des opinions critiques au sujet de la crise migratoire, des dangers de l’islamisme et, plus largement, du dogme multiculturaliste comme modèle supposé de société. Ces opinions critiques, si elles peuvent en choquer moralement certains, ne constituent pourtant pas des délits, ou en tout cas, pas encore…Les voies employées sont multiples et complémentaires. Sur le plan répressif, on peut mentionner les fermetures abusives et arbitraires de comptes sur les réseaux sociaux, soit par décision hautement inquisitrice des autorités facebookiennes (comme ce fut le cas par exemple pour Génération identitaire dont le compte a été récemment clos sans autre forme de procès), soit sous pression d’activistes qui, en procédant à des signalements massifs se lancent dans des sortes de fatwas numériques et finissent promptement par obtenir la fermeture des comptes qui les dérangent. On pense notamment au truculent dessinateur Marsault, mais les cas semblables sont légion. La voie judiciaire est également très utilisée pour faire taire les récalcitrants. On a pu assister par exemple à la condamnation ubuesque d’Éric Zemmour pour ce qui finit par s’apparenter, ni plus ni moins, à du délit d’opinion et à l’introduction piano sano d’un délit d’islamophobie et de blasphème dans les cours européennes. Le sort actuel de l’activiste britannique, Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon), s’inscrit dans ce contexte sinistré. Le britannique de 35 ans, fondateur de l’English Defence League, hostile à l’islam radical et à la charia (ce qui peut plaire ou déplaire mais demeure une conviction de l’ordre de l’opinion et ne constitue donc pas un délit), est dans le collimateur des autorités de son pays. L’homme a été arrêté, le vendredi 25 mai, tandis qu’il diffusait une vidéo filmée en direct des abords du tribunal de Leeds où se tenait un procès mystérieux. Mystérieux car il existe une disposition du droit britannique permettant aux autorités judiciaires d’ordonner une « reporting restriction ». C’est-à-dire un embargo pendant lequel personne n’a le droit d’évoquer publiquement (journalistes inclus, donc) une affaire en cours de jugement. Cette mesure est décidée dans un but de bonne administration de la justice, de bon déroulement des procès, afin que l’émoi populaire suscité par telle ou telle affaire ne vienne pas nuire à la bonne et sereine marche d’une justice que l’on imagine naturellement impartiale, afin également d’en protéger les parties, plaignants ou accusés. Tommy Robinson, et c’est là son tort et sa limite, n’a pas souhaité se soumettre à cette curieuse loi d’airain, et s’est donc tout de même rendu au palais de justice pour y interpeller les accusés de ce qu’il a décrit comme étant supposément le procès des viols de fillettes dont les accusés sont des gangs pakistanais, notamment dans la région de Telford, exactions qui se sont produites pendant plusieurs décennies et qui ont mis un temps infini à être révélées puis prises en compte par des autorités surtout préoccupées par le risque de stigmatisation des communautés ethno-religieuses concernées, plutôt que par la protection des populations locales. Cette information sur la nature réelle du procès n’a pas pu être formellement vérifiée ni énoncée puisque, de toute façon, dans cette situation orwellienne, la presse n’est pas autorisée à en parler. Il s’agit donc ici de propos qu’on n’a pas le droit de tenir au sujet d’une affaire qu’il faut taire. Tommy Robinson a été interpellé et, dans une hallucinante et inhabituelle célérité, la justice l’a presque immédiatement condamné à une peine ferme de 13 mois de prison, sans que celui-ci n’ait pu avoir droit à un procès équitable ni consulter l’avocat de son choix. Tout ceci s’est déroulé sans que la presse n’ait vraiment le droit d’évoquer son cas, puisque les juges ont appliqué à sa condamnation une seconde « reporting restriction », sorte de couche supplémentaire dans le mille-feuille de silences et de censures nimbant déjà ce dossier décidément gênant. Au pays de l’Habeas corpus, cette affaire fait du bruit. Aussitôt, une pétition rassemblant vite plus de 500 000 signatures a circulé dans le monde entier, et l’émoi que l’on voulait mater s’est au contraire amplifié, par le biais notamment des réseaux sociaux dont on comprend bien qu’ils fassent l’objet de toutes les tentatives de restrictions et de lois liberticides à venir. Des personnalités aussi diverses que la demi-sœur de Meghan Markle ou le fils de Donald Trump, le leader néerlandais Geert Wilders, le chanteur Morrissey ou la secrétaire générale adjointe des Républicains, Valérie Boyer, et beaucoup d’autres célèbres ou anonymes, se sont émus et ont interpellé les autorités britanniques sur cette curieuse conception de la justice, expéditive pour les uns, anormalement complaisante et longue pour les autres. Des manifestants excédés ont même fini par s’en prendre à la police, samedi 9 juin, près de Trafalgar Square à Londres. Tommy Robinson se savait attendu au tournant ; il a toutefois bravé la loi en toute connaissance de cause, comme il l’avait déjà fait dans un précédent procès sur une affaire similaire, écopant alors de trois mois avec sursis, lesquels sont alors venus s’ajouter à la peine récemment prononcée pour « atteinte à l’ordre public ». On peut toutefois légitimement s’interroger sur plusieurs points qui choquent l’opinion publique ainsi que le bon sens. Tout d’abord, est-il judicieux bien que judiciaire, de la part des autorités britanniques, de décider de faire régner de nouveau le silence dans le traitement d’une affaire dans laquelle, précisément, c’est le silence complice des autorités qui est en partie mis en cause par les opinions publiques ? N’est-ce pas redoubler le mal et contribuer à rendre légitimes les soupçons d’étouffement de ces affaires pour des motifs idéologiques ? Peut-on encore parler du réel, le nommer, le montrer, sans encourir les foudres morales ni risquer l’embastillement ou le sort d’Oscar Wilde à la Reading Gaol ? Les démocraties occidentales qui se conçoivent pourtant comme « libérales » et s’opposent idéologiquement à ce qu’elles qualifient dédaigneusement de « démocraties illibérales » et populistes, ont-elles conscience de déroger, par ces silences complices et ces actions douteuses de musèlement, au libéralisme d’opinion qui fonde les régimes démocratiques et institue, normalement, les libertés fondamentales ? Ont-elles conscience de renforcer le fort soupçon de manipulation des opinions qui pèse de plus en plus sur elles, Brexit après Brexit, vote « populiste » après vote « populiste », rejet après rejet ? Ont-elles conscience que plus une censure s’applique, plus la réaction à cette censure est forte, que plus elles se conduisent ainsi, plus la colère et la révolte – qu’elles s’imaginent étouffer – grondent ? Ont-elles conscience que loin de protéger l’image des populations prétendument stigmatisées dans ces affaires, elles ne font que nourrir les interrogations et les soupçons à leur sujet ? (…) Les autorités ignorent-elles par ailleurs le sort réservé aux militants de ces mouvances hostiles à l’islam radical lorsqu’ils sont jetés ainsi en pâture dans des prisons tenues par les gangs que ces militants dénoncent précisément ? Kevin Crehan, condamné à 12 mois de prison pour avoir (certes stupidement) jeté du bacon sur une mosquée, n’a pas survécu à son incarcération. Tommy Robinson, lui-même précédemment incarcéré dans une affaire de prêt familial, a été victime de graves violences.  Sa sécurité fait-elle l’objet de garanties spécifiques au vu du contexte ? Enfin, le silence gêné de certains des principaux médias sur cette affaire ne pose-t-il pas de nouveau la question du pluralisme et de la liberté d’expression réelle dans le paysage médiatique occidental ? Anne-Sophie Chazaud (Causeur)
A man who drove a van into a crowd of Muslims near a London mosque has been found guilty of murder. Darren Osborne, 48, ploughed into people in Finsbury Park in June last year, killing Makram Ali, 51, and injuring nine others. Osborne, from Cardiff, was also found guilty of attempted murder and is due to be sentenced on Friday. (…) Police later found a letter in the van written by Osborne, referring to Muslim people as « rapists » and « feral ». He also wrote that Muslim men were « preying on our children ». The trial heard Osborne became « obsessed » with Muslims in the weeks leading up to the attack, having watched the BBC drama Three Girls, about the Rochdale grooming scandal. BBC
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Ahmed (violeur pakistanais)
I’m a Rotherham grooming gang survivor. (…) I’m part of the UK’s largest ever child sexual abuse investigation. As a teenager, I was taken to various houses and flats above takeaways in the north of England, to be beaten, tortured and raped over 100 times. I was called a “white slag” and “white c***” as they beat me. They made it clear that because I was a non-Muslim, and not a virgin, and because I didn’t dress “modestly”, that they believed I deserved to be “punished”. They said I had to “obey” or be beaten. (…) Like terrorists, they firmly believe that the crimes they carry out are justified by their religious beliefs. Experts say that grooming gangs are not the same as paedophile rings. It’s something that central Government really needs to understand in order to prevent more grooming gang crime in the future. In November 2017, the Swedish government held a meeting where they stated that: “Sexual violence is being used as a tactic of terrorism”, and as such, it was recognised as a threat to Sweden’s national security. The link between terrorism and rape undertaken by Islamist gangs was not being ignored. They called for counter-extremism education. This sounds like a balanced and intelligent governmental response to me. Religious indoctrination is a big part of the process of getting young men involved in grooming gang crime. Religious ideas about purity, virginity, modesty and obedience are taken to the extreme until horrific abuse becomes the norm. It was taught to me as a concept of “othering”. “Muslim girls are good and pure because they dress modestly, covering down to their ankles and wrists, and covering their crotch area. They stay virgins until marriage. They are our girls. « White girls and non-Muslim girls are bad because you dress like slags. You show the curves of your bodies (showing the gap between your thighs means you’re asking for it) and therefore you’re immoral. White girls sleep with hundreds of men. You are the other girls. You are worthless and you deserve to be gang-raped.” This hateful religious hypocrisy strikes people to their very core. But it’s far from unique. My main perpetrator quoted scriptures from the Quran to me as he beat me. (…) I experienced horrific, religiously sanctioned sexual violence and torture – so I definitely believe that we need to be aware of religious extremism as something potentially harmful, so that we can protect people from it. I witnessed the ways young men are groomed to become perpetrators by older grooming gang members. It’s very similar to the tactics used in grooming for terrorism, with love-bombing, emotive language (“brother”, “cuz”, “blud”), and promises of wealth and fame, then humiliation, controlling with guilt and shame, training with weapons, and instilling hate and fear of outsiders. Always, at the same time, they continue to convince these young men that they must find girls to be gang-raped too. Grooming gang crime is upheld by religious extremism. Like Sweden, we must officially recognise this, and work to curb extremist preaching, teach religious counter-narratives, give gendered extremism education and deliver quality relationships education, while learning the lessons from Prevent and Channel. We need a careful, considered approach that is respectful of the human rights of everyone. Rotherham grooming gang victim
A l’exception d’un demandeur d’asile afghan, tous sont d’origine pakistanaise. Toutes les filles sont blanches. L’équation est aussi froide et simple qu’explosive, dans un Royaume-Uni en proie au doute sur son modèle multiculturel. (…) Dans les semaines suivant le procès, les médias égrènent les noms de villes où des gangs similaires à celui de Rochdale sont démantelés : Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe… Et, fin octobre, c’est à nouveau à Rochdale qu’un groupe de neuf hommes est appréhendé. Chaque fois, les violeurs sont en grande majorité d’origine pakistanaise. Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d’affaires – des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en « milieu ouvert » – sont d’origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d’origine pakistanaise évaluée à 7 %. (…) En septembre, un rapport gouvernemental conclura à un raté sans précédent des services sociaux et de la police, qui renforce encore l’opinion dans l’idée qu’un « facteur racial » a joué dans l’affaire elle-même, mais aussi dans son traitement par les autorités : entre 2004 et 2010, 127 alertes ont été émises sur des cas d’abus sexuels sur mineurs, bon nombre concernant le groupe de Shabir Ahmed, sans qu’aucune mesure soit prise. A plusieurs reprises, les deux institutions ont estimé que des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans « faisaient leurs propres choix de vie ». Pour Ann Cryer, ancienne députée de Keighley, une circonscription voisine, aucun doute n’est permis : police et services sociaux étaient « pétrifiés à l’idée d’être accusés de racisme ». Le ministre de la famille de l’époque, Tim Loughton, reconnaît que « le politiquement correct et les susceptibilités raciales ont constitué un problème ». L’air est d’autant plus vicié que, à l’audience, Shabir Ahmed en rajoute dans la provocation. Il traite le juge de « salope raciste » et affirme : « Mon seul crime est d’être musulman. » Un autre accusé lance : « Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. » (…) un employé de la mairie s’interroge. Anonymement. « Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du « déchet blanc », c’est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées. » A quelques rues de là, dans sa permanence, Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale qui a été l’un des premiers à parler publiquement d’un « facteur racial », juge tout aussi déterminant ce qu’il appelle le « facteur social » : « Les responsables des services sociaux ont pu imaginer que ces filles de même pas 15 ans se prostituaient, alors qu’ils en auraient été incapables à propos de leurs propres enfants. » (…) Mohammed Shafiq estime qu’ »une petite minorité d’hommes pakistanais voient les femmes comme des citoyens de seconde catégorie et les femmes blanches comme des citoyens de troisième catégorie ». Mais, pour lui, les jeunes filles agressées étaient surtout vulnérables. « Le fait qu’elles traînent dehors en pleine nuit, qu’elles soient habillées de façon légère, renforçait les agresseurs dans leur idée qu’elles ne valaient rien, qu’elles étaient inférieures. Mais cela faisait surtout d’elles des proies faciles, alors que les filles de la communauté pakistanaise sont mieux protégées par leur famille, et qu’un abus sexuel y est plus difficilement dissimulable. » Le Monde
Evocation juste et déchirante de la difficulté de la dénonciation de viols par des gamines de quinze ans dans le Nord de l’Angleterre, “Three Girls” est une œuvre puissante et nécessaire, inspirée de faits réels. A revoir en replay sur Arte.tv jusqu’au 21 juin 2018. Holly, 15 ans, est nouvelle dans son lycée. Elle a peu d’amis, à part deux sœurs désœuvrées qu’elle suit souvent dans un restaurant pakistanais où les employés les traitent comme des reines. Holly ne voit pas le piège qui se referme, jusqu’à ce qu’un des commerçants la viole dans l’arrière-boutique. La police ne prête pas attention à ses dires. Même ses parents doutent d’elle et ne la voient pas s’enfoncer dans l’engrenage d’un réseau de prostitution. Inspirée d’une histoire vraie, Three Girls nous plonge, avec un réalisme déchirant, dans l’horreur d’un trafic sexuel de grande ampleur, en n’éludant aucun aspect dérangeant, comme la terrible négligence des services sociaux et de la police. Une illustration supplémentaire de l’incommensurable difficulté de la dénonciation d’un viol, pour des victimes que la société juge, consciemment ou non, coupables (la retranscription des vraies paroles des avocats de la défense lors des scènes de procès est effarante). Three Girls est une œuvre formellement percutante, interprétée par des actrices formidables (Molly Windsor vient de remporter un Bafta pour le rôle de Holly). Une fois de plus, les Britanniques proposent une approche lucide et rigoureuse, quasi journalistique, de l’injustice et des défaillances de leurs institutions. Courageux et nécessaire. Télérama
Les tabloïds se sont contentés de rester en surface. Three Girls creuse en profondeur les faits et leur impact sur les victimes. Nous voulions faire entendre leurs voix, trop longtemps ignorées. Il nous a ­fallu trois ans pour engager le dia­logue et obtenir leur confiance. Cela a été un véritable travail de mémoi­re, où chaque nouvelle discussion ­apportait son lot de détails. (…) Three Girls est aussi l’histoire d’un intolérable mépris envers les classes sociales les plus pauvres, que l’on refuse de voir et d’écouter. Les victimes de Rochdale étaient des « filles à problèmes », venant de familles avec des antécédents criminels. Elles avaient sans doute bien cherché ce qui leur arrivait…(…) C’est d’autant plus une œuvre d’utilité publique que la BBC nous a soutenus de bout en bout. La charte de la chaîne dit qu’elle doit « divertir, éduquer et informer ». Nous n’avons pas cherché à divertir, seulement à éduquer et informer. Simon Lewis
Ces filles ont vécu l’horreur avant d’être humiliées par la police et les services sociaux, qui les ont traitées de menteuses et de gamines narcissiques. Personne n’a voulu les croire quand elles ont dénoncé leurs agresseurs ! Chacun des trois épisodes de la série s’attache à montrer les ratés de la police, puis de la justice et des services sociaux. (…) Il a fallu imaginer une narration rapide, pleine d’ellipses, au risque de ne pas coller à l’ensemble des faits. Mais chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire. Rien n’est gratuit ni n’a été imaginé pour manipuler les émotions des téléspectateurs. (…) J’ai commencé ma carrière en réalisant des documentaires et j’ai ­appliqué les mêmes techniques de ­recherche et de mise en scène. Mais nous ne pouvions pas montrer le ­visage des filles et de leurs familles, révéler leur identité. Nous avons donc dû tourner un drame au plus près des faits — les scènes de tribunal respectent mot pour mot les ­minutes du procès —, et l’écriture ­fictionnelle nous a permis d’être au plus près des émotions des dif­férents protagonistes. (…)  La série a été diffusée peu de temps avant les élections générales bri­tanniques [l’équivalent de nos légis­latives, ndlr], en mai 2017, et a sans doute profité de l’appétit politique du public. Plus de huit millions de télé­spectateurs l’ont suivie lors de sa ­diffusion sur la BBC, et nous avons été assaillis de demandes pour la diffuser dans des écoles ou des centres culturels. Avec, à chaque fois, une même envie d’apprendre des erreurs qui y sont dénoncées. Philippa Lowthorpe
By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013). This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete. (…) Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete. The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.” Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups. Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent). By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”. Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white. Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care. The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin. Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials. Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions. (…) Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation. “They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.” Channel 4 news
Child sexual exploitation is one of the most sickening crimes of our age, yet the scale is unknown because, by its very nature, boys and girls frequently go missing in an underworld of systematic abuse. Barnardo’s has 22 projects across the country dedicated to finding and helping these young people, and has been campaigning for years to bring the issue to the forefront of the government’s agenda. The past weeks have seen a welcome shift in recognition of this problem, but the focus has been on the ethnicity of abusers, based on two high-profile cases in particular parts of England. It’s crucial to recognise that just as the ethnicity of the perpetrators differs across the UK, so does that of the children. We need to pull away from the growing stereotypes: it is not just Asian men who commit this crime, nor are the victims only white – black and Asian girls are targeted too. They are used like puppets by these abhorrent men and women – groomed and manipulated to a point where they are brainwashed, raped and scarred for life. I have met some very brave girls and boys who we are helping to overcome the tragic childhood that they will never get back. One of them is Aaliyah. Her story isn’t unusual. As 14 she began to become estranged from her parents and started to go out a lot. She was introduced to men older than her, who would impress her with their flash cars and gifts. Desperate for love and attention the affection they showed her seemed very real, until it turned nasty. The unthinkable cruelty she suffered will never be forgotten – Aaliyah was physically and mentally abused, with one so-called boyfriend pulling her out of his car by her hair and threatening to cut her legs off with an axe before driving her to a hotel room, « to have his friends come over and do what they wanted to me ». We worked with more than a thousand children and young people like Aaliyah last year, and we believe that is likely to be the tip of the iceberg. Wherever we have looked for exploitation, we have found it. We need to use the momentum of current debate to highlight what really matters: protecting these vulnerable children. It is 16 years since Barnardo’s opened its first service dedicated to sexually exploited children in Bradford. Today we release a report, Puppet on a String, that highlights three new issues: trafficking around the UK is becoming more common; sexual exploitation is more organised and grooming more sophisticated, with technology being used to find, isolate and control victims; and increasingly younger children are being abused. Emma’s sexual exploitation began in a similar way to Aaliyah’s. When, aged 14, she met a man in his early 30s who showered her with gifts and attention, she fell in love, but soon her « boyfriend » began abusing her and forcing her to sleep with different men. Her words are heartbreaking: « I just hoped that one day one of the men would be a real boyfriend, that he’d like me for the real me and that he’d want to save me. But it never happened. » Anne-Marie Carrie
By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media. Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further. (…) the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000 (…) Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent). But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things? (…) Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world. How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people. It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web. (…) if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown? (…) We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off. What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion. Joseph Harker
In May 2012, nine men from the Rochdale area of Manchester were found guilty of sexually exploiting a number of underage girls. Media reporting on the trial focused on the fact that eight of the men were of Pakistani descent, while all the girls were white. Framing similar cases in Preston, Rotherham, Derby, Shropshire, Oxford, Telford and Middlesbrough as ethnically motivated, the media incited moral panic over South Asian grooming gangs preying on white girls. While these cases shed light on the broader problem of sexual exploitation in Britain, they also reveal continuing misconceptions that stereotype South Asian men as ‘natural’ perpetrators of these crimes due to culturally-specific notions of hegemonic masculinity. Examining newspaper coverage from 2012 to 2013, this article discusses the discourse of the British media’s portrayal of South Asian men as perpetrators of sexual violence against white victims, inadvertently construing ‘South Asian men’ as ‘folk devils’. Aisha K Gill (University of Roehampton) and Karen Harrison (University of Hull)
In more inflammatory terms, the Mail Online referred to the perpetrators as a ‘small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens’ (Dewsbury 2012) Aisha K Gill (University of Roehampton) and Karen Harrison (University of Hull)
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)

Attention: un entrainement peut en cacher un autre !

Au lendemain de la diffusion sur Arte, un an après la Grande-Bretagne, de la mini-série britannique Three girls

Sur la découverte, contre les services de la police et des services sociaux, d’un trafic sexuel de jeunes mineures par notamment des réseaux d’origine pakistanaise qui a touché pendant des années une dizaine de villes britanniques …

A l’heure où les peuples européens commencent à se rebiffer contre la folie tant immigrationniste que « sociétale » que prétendent leur imposer à coup de sondages ventriloques des dirigeants eux-mêmes protégés des conséquences de leurs décisions …

Pendant qu’entre nos écrans, nos scènes musicales et les téléphones portables de nos jeunes, l’on rivalise de vulgarité et d’irrespect y compris pour les morts …

Comment ne pas voir une nouvelle illustration de ce politiquement correct …

Qui contre les membres mêmes de ces communautés les plus lucides comme la baronesse Warsi ou l’imam d’Oxford Taj Hargey, va jusqu’à nier l’évidence …

A savoir l’existence et la sur-représentation d’une partie des immigrés pakistanais et donc musulmans qui, sourates du Coran à l’appui, considèrent les femmes et les filles blanches comme des « proies faciles » et des « citoyennes de 3e zone » …

Mais aussi contre le discours déligitimateur de nos sociologues maitres ès « paniques morales » qui à force de crier au loup finissent par produire les passages à l’acte mêmes des individus ou des groupes qu’ils dénoncent …

La dimension éminemment salutaire de ce sursaut de lucidité …

Face tant à la conjonction de la désagrégation des familles blanches les plus fragilisées et de l’indéniable radicalisation des prêches de certains imams …

Qu’à cette perversion de la démocratie qui voudrait, entre deux distributions de préservatifs et bientôt de godemichés (pardon: de « sex toys » !) à des gamines de 11 ans

Imposer « au plus grand nombre », selon le mot d’Henry Berque, les « vices de quelques-uns » ?

Entretien
“Three Girls”, une série qui révèle “l’intolérable mépris envers les classes les plus pauvres”
Pierre Langlais
Télérama
14/06/2018

iaux : une minisérie de la BBC revient sur l’inaction des institutions britanniques dans l’affaire des adolescentes de Rochdale, victimes de trafic sexuel. Fruit d’un minutieux “travail de mémoire”, elle a contribué à libérer la parole outre-Manche.

Entre 2008 et 2010, quarante-sept adolescentes, pour les plus jeunes âgées d’à peine 13 ans, ont été victimes d’un réseau de trafic sexuel à Roch­dale, dans la banlieue de Manchester, dans le nord de l’Angleterre. Three Girls, minisérie de la BBC en trois épisodes, reconstitue le calvaire de trois d’entre elles dans un drame bouleversant, ­rigoureusement documenté. Une œuvre filmée à hauteur de ses jeunes héroïnes, doublée d’une dénonciation puissante des injustices sociales et des ratés institutionnels que l’affaire révéla, comme l’expliquent sa réalisatrice, Philippa Lowthorpe, et son producteur, Simon Lewis (1).

La presse britannique a largement relaté cette affaire à l’époque des faits. Qu’aviez-vous à ajouter ?

Simon Lewis : Les tabloïds se sont contentés de rester en surface. Three Girls creuse en profondeur les faits et leur impact sur les victimes. Nous voulions faire entendre leurs voix, trop longtemps ignorées. Il nous a ­fallu trois ans pour engager le dia­logue et obtenir leur confiance. Cela a été un véritable travail de mémoi­re, où chaque nouvelle discussion ­apportait son lot de détails.

C’est aussi l’histoire d’un terrible manquement des institutions…

Philippa Lowthorpe : Ces filles ont vécu l’horreur avant d’être humiliées par la police et les services sociaux, qui les ont traitées de menteuses et de gamines narcissiques. Personne n’a voulu les croire quand elles ont dénoncé leurs agresseurs ! Chacun des trois épisodes de la série s’attache à montrer les ratés de la police, puis de la justice et des services sociaux.

S.L. : Three Girls est aussi l’histoire d’un intolérable mépris envers les classes sociales les plus pauvres, que l’on refuse de voir et d’écouter. Les victimes de Rochdale étaient des « filles à problèmes », venant de familles avec des antécédents criminels. Elles avaient sans doute bien cherché ce qui leur arrivait…

Chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire.”

Comment condenser en trois heures une affaire qui a duré cinq ans [le procès a eu lieu en 2012, ndlr] ?

P.L. : Il a fallu imaginer une narration rapide, pleine d’ellipses, au risque de ne pas coller à l’ensemble des faits. Mais chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire. Rien n’est gratuit ni n’a été imaginé pour manipuler les émotions des téléspectateurs.

Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir choisi la forme documentaire ?

P.L. : J’ai commencé ma carrière en réalisant des documentaires et j’ai ­appliqué les mêmes techniques de ­recherche et de mise en scène. Mais nous ne pouvions pas montrer le ­visage des filles et de leurs familles, révéler leur identité. Nous avons donc dû tourner un drame au plus près des faits — les scènes de tribunal respectent mot pour mot les ­minutes du procès —, et l’écriture ­fictionnelle nous a permis d’être au plus près des émotions des dif­férents protagonistes.

“Three Girls” a été diffusé sur le service public. Le considérez-vous comme une œuvre d’utilité publique ?

P.L. : La série a été diffusée peu de temps avant les élections générales bri­tanniques [l’équivalent de nos légis­latives, ndlr], en mai 2017, et a sans doute profité de l’appétit politique du public. Plus de huit millions de télé­spectateurs l’ont suivie lors de sa ­diffusion sur la BBC, et nous avons été assaillis de demandes pour la diffuser dans des écoles ou des centres culturels. Avec, à chaque fois, une même envie d’apprendre des erreurs qui y sont dénoncées.

S.L. : C’est d’autant plus une œuvre d’utilité publique que la BBC nous a soutenus de bout en bout. La charte de la chaîne dit qu’elle doit « divertir, éduquer et informer ». Nous n’avons pas cherché à divertir, seulement à éduquer et informer.

(1) Interview réalisée dans le cadre du Festival de la fiction TV de La Rochelle, en septembre 2017.


on aime passionnément Three Girls, jeudi à 20.55 sur Arte et dès maintenant sur arte.tv.

Voir aussi:

Streaming
Regardez en replay “Three Girls”, mini-série puissante et nécessaire

Sébastien Mauge
Télérama
15/06/2018

Evocation juste et déchirante de la difficulté de la dénonciation de viols par des gamines de quinze ans dans le Nord de l’Angleterre, “Three Girls” est une œuvre puissante et nécessaire, inspirée de faits réels. A revoir en replay sur Arte.tv jusqu’au 21 juin 2018.

Holly, 15 ans, est nouvelle dans son lycée. Elle a peu d’amis, à part deux sœurs désœuvrées qu’elle suit souvent dans un restaurant pakistanais où les employés les traitent comme des reines. Holly ne voit pas le piège qui se referme, jusqu’à ce qu’un des commerçants la viole dans l’arrière-boutique. La police ne prête pas attention à ses dires. Même ses parents doutent d’elle et ne la voient pas s’enfoncer dans l’engrenage d’un réseau de prostitution.

Inspirée d’une histoire vraie, Three Girls nous plonge, avec un réalisme déchirant, dans l’horreur d’un trafic sexuel de grande ampleur, en n’éludant aucun aspect dérangeant, comme la terrible négligence des services sociaux et de la police. Une illustration supplémentaire de l’incommensurable difficulté de la dénonciation d’un viol, pour des victimes que la société juge, consciemment ou non, coupables (la retranscription des vraies paroles des avocats de la défense lors des scènes de procès est effarante). Three Girls est une œuvre formellement percutante, interprétée par des actrices formidables (Molly Windsor vient de remporter un Bafta pour le rôle de Holly). Une fois de plus, les Britanniques proposent une approche lucide et rigoureuse, quasi journalistique, de l’injustice et des défaillances de leurs institutions. Courageux et nécessaire.

The Oxford sex ring and the preachers who teach young Muslim men that white girls are cheap

The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community.

It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration.

There is no doubt that the evil deeds of these men have badly set back the cause of cross-community harmony.

In its harrowing details, this grim saga of exploitation, misogyny, perversion and cruelty fills me not only with desperate sorrow for those girls and their families, but also with dread and despair.

Seven members of a paedophile ring were found guilty at the Old Bailey of a catalogue of child sex abuse charges: The case has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community

If I were the judge in this case, I would hand out the harshest possible jail sentences to these monstrous predators, both to see that justice is done for their victims and to send out a message to other exploiters.

And when I say harsh, I mean it: none of this fashionable nonsense about prisoners being released only a quarter of the way through their sentences. There is no pattern of good conduct these men could follow behind bars that could possibly make up for all the terrible suffering they have inflicted on others.

Depravity

But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities.

The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases.

Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’.

Brothers Bassam Karrar (left) and Mohammed Karrar (right) were found guilty at the Old Bailey yesterday. It can not be ignored that all all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim

But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality.

Commentators and poli-ticians tip-toe around it, hiding behind weasel words.

We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case.

One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls.

‘As so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to the reality that their actions are tied up with religion and race’

But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby.

In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls.

Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population.

To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial.

But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes.

Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse.

Brothers Anjum Dogar (left) and Akhtar Dogar (right) have been convicted of offences involving underage girls. one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’

Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity.

Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’.

In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia.

Zeeshan Ahmed (left) and Kamar Jamil (right) were among those who were convicted at the Old Bailey. Some aspects of the trial highlighted an attitude where women are seen as nothing more than personal property

What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism.

If they had been real, genuine followers of Islam, they would not have dreamt of indulging in such vile crimes, for true Islam preaches respect for women and warns against all forms of sexual licence, including adultery and exploitation.

Contempt

Assad Hussain was convicted of having sex with a child. Reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims

By all accounts, this was not the version that these men heard in their mosques. On the contrary, they would have been drip-fed for years a far less uplifting doctrine, one that denigrates all women, but treats whites with particular contempt.

In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority.

That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls.

There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property.

The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers.

Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded.

Brutish

On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring.

For those of us who support effective and meaningful integration, it is dispiriting to see how little these criminals, several of them second-generation Britons, have been integrated into our society.

If they were possessed by the slightest sense of belonging or shared citizenship, they would have had some respect for the welfare of these girls.

Instead, they saw only people from an alien world with which they felt no connection. For them, there was no sense of kinship or solidarity for people in their neighbourhood who were not Muslims.

It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case.

We will build a secure society only when we are all taught to have respect for one another, regardless of creed or colour.

Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism.

Voir aussi:

Full interview with Baroness Warsi: Father asked me ‘why be a leader if you don’t take the lead?’
Joe Murpy
The Evening Standard
18 May 2012

Baroness Warsi may be a Cabinet minister with all the finely-honed minds of the civil service to call upon, but sometimes the adviser she trusts most is simply her dad.

So it was when the horrific details of the Rochdale sexual grooming scandal poured out in a shocking court case this month.

Five white girls, aged 13 to 15, were plied with alcohol, food and money and subjected to multiple sex attacks. The guilty men were Muslims of mainly Pakistani origin, some regarded as pillars of their community.

Shortly after nine men were convicted, Lady Warsi sat down to dinner at her parents’ house and her father asked what the Government was going to do about it. She did not know. The baroness recalled: “Dad then said, ‘Well, what are you doing about it?’ I said, ‘Oh, it’s not me, it’s a Home Office issue’.” At this her father, Safdar, gave her a remarkable lecture.

“He said to me: ‘Sayeeda, what is the point in being in a position of leadership if you don’t lead on issues that are so fundamental? This is so stomach churningly sick that you should have been out there condemning it as loudly as you could. Uniquely, you are in a position to show leadership on this.’

“I thought to myself, he’s absolutely right.” Today she has decided to use an interview with the Evening Standard to do as her father advised.

Until now, Lady Warsi — Britain’s most senior Muslim politician and the first Muslim woman to reach the Cabinet — has declined media requests for comment on the case. But in fact, the 41-year-old former solicitor has strong views of what went so badly wrong in a community just like the one in which she was raised.

“There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game,” she said — choosing her words with care but not mincing them. “And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first.”

She is clear that the colour of the victims’ skin, as well as their vulnerability, helped to make them a target. “This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against,” she said.

This puts her at odds with some commentators who argue that the racial element was coincidental and that sex abuse occurs in white gangs. She says the Rochdale case was “even more disgusting” than cases of girls being passed around street gangs. “These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own,” she said. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong.”

Her second challenge is to British Muslim leaders and preachers who have been equally appalled but nervous of speaking out.

“In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them,” she said. “Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’.”

So far, she added, the response from organisations like the British Muslim Forum and the Muslim Council of Britain has been “fantastic”.

Her third plea is for the authorities to stop being squeamish about investigating allegations involving minorities. “Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law,” she said.

Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled”.  The leader of the racist BNP, Nick Griffin, has already gloated about “Muslim paedophile rapists”.

Nobody could accuse Lady Warsi of what she calls “pussyfooting” around political minefields. In her five years as a top-level Tory she has hit out at voting fraud, attacked “militant secularisation”, been pelted by eggs and gone eyeball to eyeball against Mr Griffin.

But she says her aim is to resolve this issue, not pick a fight. “Leadership is about moving people with you, not just pissing them off,” she said.

Her passion is catching. She talks non-stop in a broad Yorkshire accent, acquired in her childhood in Dewsbury where she went to a state school.

Fluent in English, Urdu and Punjabi, she is a comfortable mix of cultures. Her mum, Hafeeza, arranged her first marriage, which lasted 17 years. In  2009 she married ”my rock”,  Iftikhar Azam, in a ceremony at her parents’ house in Dewsbury.  Although a practicing Muslim, who eschews alcohol and fasts at Ramadan, she hints at bending some rules. “Strictly, I should be doing my prayers five times a day. But I hate answering that: If I answer it truthfully my mum won’t be best pleased. If I said I was perfect, I would be lying.”

THE key to her confidence and success was a father whom she describes as “an amazing feminist” as well as a remarkable success story. Safdar Hussain came to Britain from a rural village in the Punjab with £2.50 to his name and worked double-shifts in a rag mill to make ends meet.

He became a bus conductor, bus driver, taxi driver and driving instructor before co-founding a firm manufacturing hand-made beds that now turns over £5 million a year.

Safdar encouraged his wife to have driving lessons in the Seventies, put his five daughters through university and into professional careers — and told them all to embrace the best of their Pakistani heritage as well as British culture.

When travelling abroad, she urges Muslim parents to give their girls the same chances, arguing that the Koran clearly exhorts followers to acquire knowledge. “Nowhere does it say, ‘Only if you are a bloke’.”

It’s hard to imagine any bloke telling Lady Warsi what to do. Except, of course, her dad.

Voir également:

Sexual exploitation of children: Derby and Rochdale are tip of an iceberg
Grooming is becoming more widespread and sophisticated throughout the UK. We must tackle the full horror of this abhorrent abuse
Anne Marie Carrie
The Guardian
17 January 2011

Child sexual exploitation is one of the most sickening crimes of our age, yet the scale is unknown because, by its very nature, boys and girls frequently go missing in an underworld of systematic abuse. Barnardo’s has 22 projects across the country dedicated to finding and helping these young people, and has been campaigning for years to bring the issue to the forefront of the government’s agenda.

The past weeks have seen a welcome shift in recognition of this problem, but the focus has been on the ethnicity of abusers, based on two high-profile cases in particular parts of England. It’s crucial to recognise that just as the ethnicity of the perpetrators differs across the UK, so does that of the children. We need to pull away from the growing stereotypes: it is not just Asian men who commit this crime, nor are the victims only white – black and Asian girls are targeted too.

They are used like puppets by these abhorrent men and women – groomed and manipulated to a point where they are brainwashed, raped and scarred for life. I have met some very brave girls and boys who we are helping to overcome the tragic childhood that they will never get back.

One of them is Aaliyah. Her story isn’t unusual. As 14 she began to become estranged from her parents and started to go out a lot. She was introduced to men older than her, who would impress her with their flash cars and gifts. Desperate for love and attention the affection they showed her seemed very real, until it turned nasty. The unthinkable cruelty she suffered will never be forgotten – Aaliyah was physically and mentally abused, with one so-called boyfriend pulling her out of his car by her hair and threatening to cut her legs off with an axe before driving her to a hotel room, « to have his friends come over and do what they wanted to me ».

We worked with more than a thousand children and young people like Aaliyah last year, and we believe that is likely to be the tip of the iceberg. Wherever we have looked for exploitation, we have found it. We need to use the momentum of current debate to highlight what really matters: protecting these vulnerable children.

It is 16 years since Barnardo’s opened its first service dedicated to sexually exploited children in Bradford. Today we release a report, Puppet on a String, that highlights three new issues: trafficking around the UK is becoming more common; sexual exploitation is more organised and grooming more sophisticated, with technology being used to find, isolate and control victims; and increasingly younger children are being abused.

Emma’s sexual exploitation began in a similar way to Aaliyah’s. When, aged 14, she met a man in his early 30s who showered her with gifts and attention, she fell in love, but soon her « boyfriend » began abusing her and forcing her to sleep with different men. Her words are heartbreaking: « I just hoped that one day one of the men would be a real boyfriend, that he’d like me for the real me and that he’d want to save me. But it never happened. »

If we are to truly learn from the lessons of the cases in Derby and Rochdale, the government must recognise this as a child protection issue and appoint a dedicated children’s minister to formulate a national action plan to fully address the scale and horror of child sexual exploitation in the UK.

This issue must not be a flash in the pan – we need to use the leverage that the current media debate has given us to ensure that this hidden issue is now very much out in the open and tackled at all levels.

Our « Cut them free » campaign hopes to turn around the lives of these young victims. We want better training for professionals who work with children in order to improve early identification of child sexual exploitation, including police, schools and social services. Statutory responses and the provision of services for exploited children must also be improved. We need greater clarity about the numbers of children abused in this way, so methods of gathering evidence and data kept on the numbers of children being sexually exploited should be strengthened. And we absolutely must see improvements in prosecution procedures in order to increase the number of cases that lead to a conviction.

We need to send a loud and clear message to perpetrators – we will find them and they will be punished for the intolerable abuse they have inflicted upon so many young lives.

Voir de plus:

Finsbury Park van attack
How London mosque attacker became a terrorist in three weeks
Darren Osborne’s warped beliefs led him to Finsbury Park, where he killed Makram Ali for his faith
Vikram Dodd Crime correspondent

The Guardian

1 Feb 2018

Darren Osborne rented a van and drove from Cardiff to London intending to kill Muslims. Photograph: Frank Augstein/AP
In a country that prides itself on tolerance, and in a city that celebrates its diversity, Makram Ali’s final journey to honour his god ended with him being murdered for his religion.

He lived in Finsbury Park, north London, about 400 yards from the mosque he had attended for the past 25 years, located in Muslim Welfare House.

On a warm June evening last year, Ali walked, through pain and with the aid of a stick, to join late-night prayers. It was Ramadan, an especially holy time for Muslims.

Ali’s faith guided a life that saw him raise four daughters and two sons, and feel pride in seeing two of the eldest children reach university. Those who knew him knew a man who demonstrated the values of a model British citizen, despite hardships with health and money that would lead others to make excuses and embrace the worst values. Ali, 51, was about to come across one such person.

In the weeks before that day, Darren Osborne had found a warped belief system, styling himself as an extremist rightwing “soldier”. On 18 June 2017, he left his home in Cardiff in a rented van and drove to London, looking for Muslims to kill.

He scoured the centre of London for an Islamic pro-Palestinian march, and then moved on to the south in search of a mosque. By 11.30pm, he found a target in the north of the city. Having reached the Finsbury Park area, Osborne asked for directions to the mosque, and left his van to walk there, police believe, to carry out reconnaissance ahead of his attack.

Just after midnight, prayers ended. As worshippers headed home, Ali fell to the floor, unwell, on a cul-de-sac off Seven Sisters Road. He was breathing, speaking barely audibly, but still alive.

Makram Ali had six children and was said to be a model British citizen. Photograph: Metropolitan police/PA
Other Muslims rushed to Ali’s aid, offering him water and help. For Osborne, the crowd, some of them wearing Islamic clothing, was the target he sought for his hatred.

He was driving a rented white Citroën, which veered left across Seven Sisters Road, across a bus lane, and then across the pavement.

Osborne was driving at 16mph (26km/h) as his van slammed into the crowd. It was the fourth terrorist attack in Britain in three months, but this time, the ideology behind it was not Islamist.

Ibrahim Benaounda described the impact as like “being on a rollercoaster, spinning round and round. I felt everything. I felt my bones breaking”.

Mohammed Geedi was also knocked to the ground. When he got up, he said he saw people “splattered all over the place”.

Adnan Mohamud had called 999 for help for the stricken Ali. He was still on the phone when the van hit.

Mohamud shouted: “Someone’s just come and run over a whole lot of people … People are dying, man.”

One witness described a limb being stuck under the van’s wheel. Waleed Salim said he and others tried to lift the van to get his cousin, Hamdi Alfaiq, out from underneath it. Alfaiq, who suffered extensive injuries and needed months of rehabilitation, was one of 12 people wounded.

The front van’s offside wheel ran over Ali on the upper right side of his chest, leaving a tyre track across his torso. Within an hour, he died, struck down 100 yards from where he lived.

Watching were some of his family, who had been alerted that Ali had fallen ill. Toufik Kacimi of Muslim Welfare House said: “His daughter saw the van hit her dad.”

Osborne fled the van. Despite his claims to the contrary at the trial, where he said he had been changing his trousers in the footwell while someone else drove, CCTV footage showed he was alone. He tried to escape, shouting “I want to kill more Muslims”. The Muslim people Osborne had tried to murder captured him, then saved him.

Mohammed Mahmoud, the mosque’s imam, shielded Osborne from the crowd. He told Woolwich crown court: “I shouted ‘No one touch him’ [and] told people to get back, and said: ‘We are handing him in unscathed to the police’.

“He should answer for his crime in a court, and not in a court in the street.”

In the van, Osborne had left a note, which he had written 24 hours before in a Cardiff pub, from which he was ejected after making racist and anti-Muslim remarks.

The note gave voice to what was inside him, and showed the attack was premeditated.

“Why are their terrorists on our streets today? We’ve had three recent terror attacks …” Osborne wrote.

It referenced the Rotherham sexual abuse scandal, which involved gruesome attacks by men from a mainly Pakistani, and therefore Muslim, background. It had led to claims that surfaced in mainstream media debate that there was something in the men’s heritage that made them target white girls.

The note railed against the Labour leader, Jeremy Corbyn, and the London mayor, Sadiq Khan. It mentioned the Islamist terrorist attacks on London and Manchester between March and June 2017. It echoed the talking points of extremist propaganda.

Osborne launched into further diatribes while in police custody. But in contrast to some other committed violent extremists, he started to ramble about losing control of the van, rather than claiming the attack as a deliberate act of which he was proud.

Commander Dean Haydon of Scotland Yard’s counter-terrorism command said: “He is a devious, vile and hate-filled individual.”

Despite his violence, Osborne had not been a hardcore, long-term ideologue. Unlike Thomas Mair, who murdered the MP Jo Cox in 2016, he did not have a longstanding interest in extremist rightwing propaganda.

Some of his behaviour in court was jarringly mundane. In the dock as the prosecution started its case against him, Osborne turned to one of his guards. She was young, female and black. Osborne smiled and winked at her. She smiled back, then turned her head out of his view and let the disgust show on her face.

Sarah Andrews, his estranged partner, told detectives that Osborne was radicalised into a terrorist murderer in three weeks. Friends and family say there were no previous signs of racism or extremism.

The catalyst, police believe, came three weeks before the attack, when his attitudes began to metastasise after he watched Three Girls, a BBC TV drama about the Rochdale grooming scandal. He also read extremist rightwing propaganda online that left him “brainwashed” and a “ticking timebomb”.
Paul Gill, a terrorism expert and senior lecturer at at University College London, said radicalisation can be rapid, making it almost impossible to detect.

“It is rare, but violent extremism can occur quickly,” he said. “Brusthom Ziamani was a Jehovah’s Witness three months prior to his arrest for an Isis-inspired plot. It is usually expedited by primitive attack plans and a history of criminal activity and violence.”

Andrews, for her part, said she believed Osborne had become angry “about seeing young girls exploited” and developed his fixation with Muslims from that point.

“In recent weeks, he has become obsessed with Muslims, accusing them all of being rapists and being part of paedophile gangs,” she said.

Osborne gorged on social media postings by the former EDL leader Tommy Robinson, as well as members of the far-right group Britain First.

Like much of the modern British far right, it rails against multiculturalism and Muslims.

Osborne had not worked for a decade and had mental health issues, as well as problems with alcohol and drug abuse. He had convictions for violence, once serving a two-year jail term, and had an unpredictable temper.

Haydon confirmed that none of the material Osborne viewed from the extreme right crossed the line into being either criminal or breaking terrorism laws. “We are concerned about the role the internet played in this case,” he said.

Some see the pathway to Osborne’s extreme rightwing views being smoothed by some mainstream media opinion allegedly demonising all Muslims for the atrocities and violent extremist views of a small minority.

Harun Khan, the secretary general of the Muslim Council of Britain, said: “Osborne was motivated by anti-Muslim groups and Islamophobic tropes not only prevalent in far-right circles, but also made acceptable in our mainstream. The case tells us that we must all exercise caution when tempted to stigmatise any group of people.”

Security officials fear Osborne may be more than a one-off. They are concerned about extremist rightwing attacks being incited in the same way as Islamist violence: insidious propaganda cast out wide online, only needing some people to be infected by it to believe they should carry out violence. The consequent effects on society would be, to put it mildly, destabilising.

One senior counter-terrorism source told the Guardian that extremist rightwing activity was on the increase and a growing threat to national security. But there were also concerns that violence from Islamists and white terrorists would become symbiotic, citing the fear of each other to bolster support for their calls to terrorism.

The government has banned three far-right groups, and counter-terrorism sources say operations targeting the extreme right are increasing. Haydon said 30% of referrals to Prevent concern domestic extremism.

Gill said: “If you’ve got nothing else going on in your life and experience personal grievances, then rightwing propaganda helps turn your sadness from something personal into something much bigger.”

Osborne’s rage came as his life had stalled, and the hatred from extremist propaganda spoke to, then exacerbated, his existing demons. It was a tragedy for Ali’s family that Osborne found his voice only in such dangerous and destructive language.

Voir encore:

By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media.

Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further.

Imagine you were living in a town of 20,000 people – the size of, say, Penzance in Cornwall – and one day it was discovered that one of its residents had been involved in a sex crime. Would it be reasonable to say that the whole town had a cultural problem, that it needed to address the scourge – that anyone not doing so was part of a « conspiracy of silence »? But the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000: one person per Penzance.

Make no mistake, the Rochdale crimes were vile, and those convicted deserve every year of their sentences. But where, amid all the commentary, was the evidence that this is a racial issue; that there’s something inherently perverted about Muslim or Asian culture?

Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent).

But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things?

In fact, Penzance had not just one paedophile, but a gang of four. They abused 28 girls, some as young as five, and were finally convicted two years ago. All were white. And last month, at a home affairs select committee, deputy children’s commissioner Sue Berelowitz quoted a police officer who had told her that « there isn’t a town, village or hamlet in which children are not being sexually exploited ».

Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world.

How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people.

It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web.

Despite all we know about racism, genocide and ethnic cleansing, the Rochdale case showed how shockingly easy it is to demonise a community. Before long, the wider public will believe the problem is endemic within that race/religion, and that anyone within that group who rebuts the claims is denying this basic truth. Normally, one would expect a counter-argument to force its way into the discussion. But in this case the crimes were so horrific that right-thinking people were naturally wary of being seen to condone them. In fact, the reason I am writing this is that I am neither Asian nor Muslim nor Pakistani, so I cannot be accused of being in denial or trying to hide a painful truth. But I am black, and I know how racism works; and, more than that, I have a background in maths and science, so I know you can’t extrapolate a tiny, flawed set of data and use it to make a sweeping generalisation.

I am also certain that, if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown?

While our media continue to exclude minority voices in general, such lazy racial generalisations are likely to continue. Even the story of a single Asian man acting alone in a sex case made the headlines. As in Derby this month, countless similar cases involving white men go unreported.

We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off.

What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion.

But in Asia, Pakistan or Islam there is no culture of grooming or sex abuse – any more than there is anywhere else in the world – so the tiny number of cases have no cultural significance. Which means those who believe it, or perpetuate it, are succumbing to racism, much as they may protest. Exactly the same mistake was made after 9/11, when the actions of a tiny number of fanatics were used to cast aspersions against a 1.5 billion-strong community worldwide. Motives were questioned: are you with us or the terrorists? How fundamental are your beliefs? Can we trust you?

Imagine if, after Anders Breivik’s carnage in Norway last year, which he claimed to be in defence of the Christian world, British people were repeatedly asked whether they supported him? Lumped together in the same white religious group as the killer and constantly told they must renounce him, or explain why we should believe that their type of Christianity – even if they were non-believers – is different from his. « It’s nothing to do with me », most people would say. But somehow that answer was never good enough when given by Muslims over al-Qaida. And this hectoring was self-defeating because it caused only greater alienaton and resentment towards the west and, in particular, its foreign policies.

Ultimately, the urge to vilify groups of whom we know little may be very human, and helps us bond with those we feel are « like us ». But if we are going to deal with the world as it is, and not as a cosy fantasyland where our group is racially and culturally supreme, we have to recognise when sweeping statements are false.

And if we truly care about the sexual exploitation of girls, we need to know that we must look at all communities, across the whole country, and not just at those that play to a smug sense of superiority about ourselves.

Voir encore:

What do we know about the grooming gangs?
Patrick Worrall
Channel 4 Fact check
28 Aug 2014

The publication of a damning report into how the authorities handled child exploitation in Rotherham has prompted the leader of the local council to resign.

The independent inquiry by Professor Alexis Jay found that 1,400 youngsters suffered sexual exploitation including rape and trafficking in the South Yorkshire town over a 16-year period.

We know that the case which led to the conviction of five men in Rotherham is not the only one of its kind. Could the abuse that has already come to light be just the tip of the iceberg?

Here’s what we know (and what we don’t) about the child grooming gangs.

How many gangs?

The Child Exploitation and Online Protection Centre (Ceop) – the national anti-paedophile police command – divides networks of sex offenders into two groups.

So-called “Type 1 offenders” target young people “on the basis of their vulnerability, rather than as a result of a specific preferential sexual interest in children”.

Ceop received intelligence from 31 out of 43 police forces on groups like this who were known or suspected to have abused vulnerable children in 2012.

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There were 57 such groups, ranging from two to 25 suspects, on the radar of those 31 constabularies. We don’t know if any have now been convicted.

So-called “Type 2” groups – where the offenders have a long-standing sexual interest in children, were much less common. Only seven known or suspected paedophile rings were reported to Ceop.

It is possible to track cases that have been through the courts via media reports, although this is pretty unscientific.

In 2011 the Times journalist Andrew Norfolk identified 17 cases that had led to convictions where there had been a similar pattern of grooming.

In all cases, the victims were vulnerable teenage girls, often in the care of social services. They were approached on the street by men, befriended and plied with alcohol or drugs, before being sexually abused.

Updating the list to include more recent convictions that fit the same pattern, we find that there have been at least 27 similar cases in the last decade.

By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013).

This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete.

Race and religion

The Jay report into failings in Rotherham says: “By far the majority of perpetrators were described as Asian by victims, yet throughout the entire period, councillors did not engage directly with the Pakistani-heritage community to discuss how best they could jointly address the issue.

“Some councillors seemed to think it was a one-off problem, which they hoped would go away. Several staff described their nervousness about identifying the ethnic origins of perpetrators for fear of being thought racist; others remembered clear direction from their managers not to do so.”

Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete.

The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.”

Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups.

Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent).

By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”.

Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white.

Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care.

The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin.

Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials.

Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions.

Why are so many victims white?

We’re into the realm of opinion now.

Sentencing nine men in 2012 over offences in Rochdale, judge Gerald Clifton told the defendants they had treated their victims “as though they were worthless and beyond all respect”, adding: “I believe that one of the factors that led to that was that they were not of your community or religion.”

But at the Derby trial in 2010 the judge said he thought the race of the victims and their abusers was “coincidental”.

One of the victims of the Oxford gang told the Guardian that her abusers had asked her to recruit other teenagers and “specified that they wanted only white girls”.

Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation.

“They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.”

How many children are at risk?

A report by the Office of the Children’s Commissioner found that 2,409 children were confirmed as victims of sexual exploitation in gangs and groups in the 14 months between August 2010 to October 2011.

If that sounds low compared to the 1,400 identified in Rotherham alone, remember that this number covers 16 years.

This probably only scratches the surface of the real number of victims, and the children’s commissioner said that at least 16,500 children had been identified as being “at risk of sexual exploitation” during one year.

Voir encore:

Gangs, Girls and Grooming: The Truth

Standpoint
December 2010

At Sheffield Crown Court throughout September and October, eight men sat in the dock accused of rape and other sexual crimes against four girls, three aged 13 and one 16. The case resulted in five being convicted and three acquitted. All of the eight defendants were Pakistani Muslims and the girls white British. Does this matter? Not for the reasons the British National Party would have us believe, but it is nonetheless significant.

Razwan Razaq, 30, his 24-year-old brother Umar, Muhammed Zafran Ramzan, 21, Adil Hussain, 20, and Mohsin Khan, 21, were sent to prison for between four-and-a-half to 11 years.

The crimes were committed in and around Rotherham, a fairly typical south Yorkshire town. Although unemployment is fairly high, Rotherham is now also a popular summer visitors’ destination when All Saints Square is transformed into a seaside beach. Every month, there is a farmers’ market that sells produce from local farmers and traders, and Jamie Oliver’s TV series, Jamie’s Ministry of Food, tried to teach the town’s inhabitants to establish healthy eating as part of daily life.

But many parents are concerned far more with the safety of their children than with organic food. Rotherham, along with many other towns, cities and villages in northern England has become infected with the vile activities of criminal gangs using children as currency. While child sexual abuse occurs in every community and culture, what is happening in Rotherham and elsewhere in Yorkshire and Lancashire is organised pimping of girls by Asian gangs who trade their victims for cash and favours.

« These men all know and trust each other, » says Jane, the mother of one of the victims. « They don’t abuse these girls because they are Muslim, but because they are criminals who think they are above the law. »

Although there is no hard evidence of financial gain in the Rotherham case, child protection professionals tell me that the pattern in such cases is that the girls are traded for cash as well as favours between criminals. A number of the gangs operating in the region have found that the sharp drop in the price of drugs has led them to losing considerable income, and that selling girls is increasingly filling the gap.

Jane’s daughter Sophie (not their real names) was a happy, ordinary 12-year-old until she met a group of adult males who would control every aspect of her life. Before she escaped, a year later, Sophie had been raped by the gang members as a way of « breaking her in » and then passed around various other men for sex.

The methods used by the pimps are sophisticated and sinister. First, the girls are identified in locations, such as parks, schools, leisure facilities and shopping malls after which boys of their age are sent to befriend them. After a friendship is established, the boys introduce their contacts to young men whom they often describe as cousins.

Then the grooming process gets really under way. The young man will take the girl out in his car, give her vodka, cigarette and cannabis, and take her to venues she would not normally experience until older.

Often giving the girl a mobile telephone as a « gift », the pimp is then able to track her every move by calls and texting, which eventually will be used by him to send instructions as to details of arrangements with punters. The men sell the girls on to contacts for around £200 a time or as currency for a business deal. « I was always asked why I kept going back to my pimp, » says Sophie, « but they flatter you and make you think you are really loved. I thought he was my boyfriend until it was too late to get away. » Another tactic of the pimp is getting the girl to despise and mistrust her own parents in order that he can achieve total control over her. The pimps routinely tell their victims that their parents are racist towards Asian people and that they disapprove of the relationships because the men are of Pakistani Muslim heritage, not because they are older. Some of the parents I met were racist, and some had developed almost a phobia against Asian men, fuelled by the misinformation and bigotry trotted out by racist groups in response to the pimping gangs.

The Leeds-based Coalition for the Removal of Pimping (Crop) supports the families of children caught up in sexual exploitation networks. Crop is understandably reticent about commenting on any issues concerning the race or religion of child abusers and pimps. As far as it is concerned, we should not focus on one particular ethnic group because the problem is about men’s abuse of children. Its research earlier this decade found that the vast majority of the children groomed are white and the majority of perpetrators of Asian origin. « Society seeks to condemn female sexual activity, and culturally within the statutory sector and community the victims are seen as asking for it, » says Crop’s Rachel Loise. « The perpetrators are the last to be condemned. Prosecutions are rare, and sentencing is not severe enough. »

Unfortunately, the reluctance of the various anti-child abuse campaigns and charities to engage openly with the fact that, in the north of England, the majority of men involved in child-grooming criminal gangs are Pakistani Muslim means that racist organisations such as the BNP hijack the issue.

« The fact that these particular gangs are made up of Pakistani men is significant but not in the way racists would have us believe, » says one child protection expert who asked not to be named. « While the BNP would have us believe that abusing white girls is an endemic part of these men’s culture — which it absolutely is not — the truth is that these men are aware that the police do not want to be accused of racism in today’s climate. »

In 2004, Channel 4 withdrew Edge of the City, its controversial documentary made by Annie Hall that depicted parents trying to stop groups of young Asian men grooming white girls as young as 11 for sex. It had been seized on by the BNP as a party political broadcast.

Colin Cramphorn, the then Chief Constable of West Yorkshire, joined groups such as Unite against Fascism in calling for the documentary to be withdrawn. Channel 4 complied, saying that the issue was not censorship but timing because of the proximity with the local and European elections. But many argued at the time that the delay in transmission had strengthened the case of the BNP.

After the film was withdrawn, one of the mothers sent Annie Hall a text message: « It’s a real shame when votes come before young girls’ lives. »

For many white girls growing up in fairly traditional communities, the unfamiliarity of boys and men from different ethnic backgrounds can be exciting and attractive.

« The man I thought was my boyfriend used to dress really well and always smelt nice, » says Sophie, « and I thought it were dead nice the way he talked, and even his manners seemed better than boys I were used to. »

Emma Jackson knows exactly how the pimping gangs operate in Rotherham because she was also a victim of one. When Emma was 12, she was befriended by Asian boys around her own age who soon introduced her to relatives in their twenties and thirties.

Emma had no idea she was being groomed and brainwashed until one day, totally out of the blue, she was taken to wasteland and raped by the gang leader. The attack was watched by laughing gang members and recorded on a number of mobile phones.

« People ask me why I kept going back to Tarik, even after he raped me, » says Emma, « but he threatened to firebomb my home and rape my own mother if I tried to escape. »

Emma now gives support, through a charity set up to prevent the sexual abuse of children, to a number of victims of pimping gangs and has found that the girls are being targeted at an even younger age.

« The gangs want virgins and girls who are free of sexual diseases. Most of the men buying sex with the girls have Muslim wives and they don’t want to risk infection. The younger you look, the more saleable you are. »

One youth worker in south Yorkshire told me that because religious Muslims are being pressurised to marry virgins within their own extended family networks, it means that some are more likely to view white girls as easily available and « safer » than Pakistani girls.

When I first wrote about the issue of Asian grooming gangs in 2007, my name was included on the website Islamophobia Watch: Documenting anti-Muslim Bigotry. So was that of Ann Cryer, the former Labour MP for Keighley in Yorkshire, who had been at the forefront of attempting to tackle the problem, after receiving requests for help from some of the parents of children caught up with the gangs in her constituency.

According to some of the mothers, a fear of being branded racist makes many of the police and social services reluctant to investigate the crimes as organised and connected. One mother from Rotherham, whose 14-year-old daughter was groomed into prostitution and multiply raped during a 12-month period, told me that almost every man convicted of these crimes in the north of England is from Pakistan but that the authorities insist that it is not relevant.

There are, however, a growing number of individuals within the Muslim communities who are willing to speak out against the criminals. Mohammed Shafiq, the director of the Lancashire-based Ramadhan Foundation, a charity working for peaceful harmony between different ethnic communities, advocates better education about sexual exploitation to be disseminated through imams and other community leaders.

« I was one of the first within the Muslim community to speak out about this, four years ago, » says Shafiq, « and at the time I received death threats from some black and Asian people. But what I said has been proved right — that if we didn’t tackle it there would be more of these abusers and more girls getting harmed. »

Shafiq says he is « disgusted » to hear some perpetrators refer to their victims as « white trash ». He adds: « I say to them, would you treat your sister or daughter like this? »

Joyce Thacker, the strategic director of the children and young people’s services directorate at Rotherham Metropolitan Borough Council, has a vast amount of experience in dealing with sexual exploitation of young people. She says that it is « interesting » to note that most of the men involved are Asian but that it is primarily an issue of the abuse of children by older men.

« What about the younger boys who are sent to befriend the girls in the first place? » says Thacker, « Are they also victims of abuse? Certainly we need to ensure that more work is done within all communities that explores positive, healthy relationships, or these young men may end up being the abusers themselves. »

Rotherham-based Apna Haq offers support for women and their children suffering domestic abuse. Its director Zlakha Ahmed told me that much of the community express their disgust at what came out in the recent trial in private and that there needs to be more public discussion of the issues. « This abuse is appalling and needs to be raised within the community. There are still people denying that it happens so the more of us who speak out about it the better. »

Emma Jackson is now 22 and devotes much of her time raising awareness about grooming networks among child-protection workers, police officers and the general community. Much remains to be done, she says, to end the complacency in dealing with the criminal gangs. « I didn’t have much help from police or agencies because grooming and sexual exploitation had not been recognised and understood when it happened to me. Now it has, I think it’s important that all agencies work together to protect these children and their families to help stamp out the problem. »

These gangs will be allowed to operate with impunity if we deny their existence in some sort of twisted attempt to be anti-racist and culturally sensitive. Some people, including many white liberals, are loath to admit what it is going on. If we do not tackle the problem head-on, and work together to combat this dreadful abuse of children, the only beneficiaries will be the extremists.

Voir encore:

As a Rotherham grooming gang survivor, I want people to know about the religious extremism which inspired my abusers
Grooming gangs are not like paedophile rings; instead, they operate almost exactly like terrorist networks, with all the same strategies
Ella Hill
The Independent
18 March 2018

I’m a Rotherham grooming gang survivor. I call myself a survivor because I’m still alive. I’m part of the UK’s largest ever child sexual abuse investigation.

As a teenager, I was taken to various houses and flats above takeaways in the north of England, to be beaten, tortured and raped over 100 times. I was called a “white slag” and “white c***” as they beat me.

They made it clear that because I was a non-Muslim, and not a virgin, and because I didn’t dress “modestly”, that they believed I deserved to be “punished”. They said I had to “obey” or be beaten.

Fear of being killed, and threats to my parents’ lives, made it impossible for me to escape for about a year. The police didn’t help me.

As I write this, it has been widely reported that a letter has been sent to Muslim groups around the country declaring a national “Punish a Muslim” day; elsewhere, the leaders of Britain First have been found guilty of religiously aggravated harassment.

In mainland Europe, conflict surrounding immigrants and refugees has been fuelled by stories of women being raped by migrants. People have been calling for violent attacks against “any Muslims” and have declared “war on Islam”.

Islamophobic online hate and personal attacks occur every day. In response, anti-fascist groups and the “far left” have carried out their own violent attacks on groups they perceive to comprise “white supremacists” or “Nazis”.

As someone who has experienced life inside a grooming gang, I can tell you with certainty that none of this is likely to make any difference to the behaviours of groomers. Like terrorists, they firmly believe that the crimes they carry out are justified by their religious beliefs.

If anything, rising anti-Muslim hate will probably make groomers stronger in their convictions, and drive ordinary young Muslim men towards fundamentalism, grooming gangs and terrorism. The camaraderie, protection, money, and kudos that these groups offer, makes them a strong pull for anyone. Worryingly, several young men I have spoken to joke that being a gangster and going to jail are their “life goals”.

However big or small the problem of grooming gang crime is, it is big enough to warrant national concern, not only because of the severity of crimes, but because of the degree of terror and threats to life involved. This really does devastate lives, families and communities. We don’t even talk about the non-survivors.

Experts say that grooming gangs are not the same as paedophile rings. It’s something that central Government really needs to understand in order to prevent more grooming gang crime in the future.

In November 2017, the Swedish government held a meeting where they stated that: “Sexual violence is being used as a tactic of terrorism”, and as such, it was recognised as a threat to Sweden’s national security.

The link between terrorism and rape undertaken by Islamist gangs was not being ignored. They called for counter-extremism education. This sounds like a balanced and intelligent governmental response to me.

Religious indoctrination is a big part of the process of getting young men involved in grooming gang crime. Religious ideas about purity, virginity, modesty and obedience are taken to the extreme until horrific abuse becomes the norm. It was taught to me as a concept of “othering”.

“Muslim girls are good and pure because they dress modestly, covering down to their ankles and wrists, and covering their crotch area. They stay virgins until marriage. They are our girls.

« White girls and non-Muslim girls are bad because you dress like slags. You show the curves of your bodies (showing the gap between your thighs means you’re asking for it) and therefore you’re immoral. White girls sleep with hundreds of men. You are the other girls. You are worthless and you deserve to be gang-raped.”

This hateful religious hypocrisy strikes people to their very core. But it’s far from unique. My main perpetrator quoted scriptures from the Quran to me as he beat me. However, almost identical scriptures (about the stoning to death of virgins who don’t scream when they are raped) can also be found in the Bible.

The problem isn’t the text itself; it’s how it’s fundamentally interpreted. In fact, there are many cases of Bible quotes being used to justify terrible human injustices, like the enslavement of people from Africa, antisemitism and violence towards LGBT+ people.

All the major world religions, including Hinduism and Buddhism, have also at some time been associated with extreme human rights abuses against men, women and children.

I experienced horrific, religiously sanctioned sexual violence and torture – so I definitely believe that we need to be aware of religious extremism as something potentially harmful, so that we can protect people from it.

But for Tommy Robinson and his followers to focus on an entire religion, based on the cruel interpretations of some scriptures by some people, is unhelpful, to say the least. Many of his religious theories and conjecture are not anything that I can relate to in my real life experiences.

Most grooming gang survivors I know absolutely condemn anti-Islamic hate, and we’re uncomfortable with English Defence League protests. We certainly don’t want random attacks on “all Muslims”. You can’t cure harm with more harm. Free-thinking men from Pakistani Muslim backgrounds, like Nazir Afzal, agree, and many deal with all of this incredibly graciously.

As a Rotherham grooming gang survivor, I am told that both child protection services and the prosecution of offenders is improving in most areas. But frustratingly, prevention hasn’t really begun.

I witnessed the ways young men are groomed to become perpetrators by older grooming gang members. It’s very similar to the tactics used in grooming for terrorism, with love-bombing, emotive language (“brother”, “cuz”, “blud”), and promises of wealth and fame, then humiliation, controlling with guilt and shame, training with weapons, and instilling hate and fear of outsiders.

Always, at the same time, they continue to convince these young men that they must find girls to be gang-raped too.

Grooming gang crime is upheld by religious extremism. Like Sweden, we must officially recognise this, and work to curb extremist preaching, teach religious counter-narratives, give gendered extremism education and deliver quality relationships education, while learning the lessons from Prevent and Channel. We need a careful, considered approach that is respectful of the human rights of everyone.

Ella Hill is a pseudonym

Voir par ailleurs:

Darren Osborne guilty of Finsbury Park mosque murder

BBC

1 February 2018

A man who drove a van into a crowd of Muslims near a London mosque has been found guilty of murder.

Darren Osborne, 48, ploughed into people in Finsbury Park in June last year, killing Makram Ali, 51, and injuring nine others.

Osborne, from Cardiff, was also found guilty of attempted murder and is due to be sentenced on Friday.

Prosecutors said they were « clear throughout that this was a terrorist attack ».

The jury took an hour to return the verdict at Woolwich Crown Court after a nine day trial.

Sue Hemming, from the Crown Prosecution Service, said: « Darren Osborne planned and carried out this attack because of his hatred of Muslims. He must now face the consequences of his actions. »

Cdr Dean Haydon from the Metropolitan Police said: « Osborne’s evil and cowardly actions meant a family has tragically lost a husband, father and grandfather. »

Some of those injured « could suffer from health issues for the rest of their lives », he added.

Jurors heard the area outside the Muslim Welfare House had been busy with worshippers attending Ramadan prayers on 19 June.

Mr Ali had collapsed at the roadside in the minutes before the attack.

Several of those who went to help him said he was alive and conscious in the moments before being struck by the van.

Osborne drove the van into the crowd at about 00:15. Jurors were told the van only stopped when it hit some bollards.

He then got out of the van and ran towards the crowd.

Police later found a letter in the van written by Osborne, referring to Muslim people as « rapists » and « feral ».

He also wrote that Muslim men were « preying on our children ».

The trial heard Osborne became « obsessed » with Muslims in the weeks leading up to the attack, having watched the BBC drama Three Girls, about the Rochdale grooming scandal.

Analysis

Dominic Casciani, BBC home affairs correspondent

In just a few weeks, Darren Osborne went from a troubled, angry and unpredictably violent alcoholic to a killer driven by ideology.

The rapid radicalisation – the way he became fixated on the idea that Muslims in Britain were some kind of nation within a nation, is one of the most shocking parts of this awful crime.

The sources of that radicalisation, including his obsession with a television programme about the Rochdale abuse scandal, show how difficult it is to predict who will become a danger to society.

But the fact that he smiled contentedly after he had run over and killed Makram Ali proved to the jury that his motive was ideological.

Osborne is not the first terrorist to have radicalised so quickly. In 2014, a young man who was groomed by Islamists went through a similarly rapid change.

The speed at which these men and others went from a change of mindset to planning an attack is one of the issues that most concerns the security services.

Osborne told the court he had originally hired the van to kill Labour leader Jeremy Corbyn at a march he was due to attend.

He said it « would have been even better » if London Mayor Sadiq Khan had been present, adding: « It would have been like winning the lottery. »

Responding to the verdict, Mr Corbyn – who is MP for the area where the attack took place – said it was « a hate-filled attack that… shocked us all ».

« I was proud of how, in the wake of this terrible event, we all came together to reject hate and embrace hope, and that is the kind of country we live in, » he added.

‘Loner and alcoholic’

A statement from his partner Sarah Andrews, read out in court, said he seemed « brainwashed » and « totally obsessed ».

Ms Andrews – who had been in a relationship with Mr Osborne for about 20 years and with whom she had four children – described him as a « loner and a functioning alcoholic » with an « unpredictable temperament ».

Osborne started following Tommy Robinson, one of the founders of the English Defence League (EDL), and other far-right leaders on social media, in the fortnight before the attack.

Mr Robinson sent him a group email saying: « There is a nation within a nation forming beneath the surface of the UK. It is a nation built on hatred, on violence and on Islam. »

Cdr Haydon said the investigation had the « full weight » of the Met’s Counter Terrorism Command behind it.

He warned that online material had played a « significant role » in how Osborne was radicalised and « brainwashed ».

If Osborne’s aim had been to « create divisions and hate between communities », then he had « failed », he said.

« The response [of those involved], and the overwhelmingly positive reaction my officers and teams have witnessed since, highlights how far from reality Osborne’s sick and twisted views really are, » he added.

‘Scars will stay’

The Muslim Council of Britain (MCB) welcomed the verdict, but added: « We cannot be complacent and regard this as a one-off terrorist incident. »

Harun Khan, secretary general of the MCB, said: « The scenes we witnessed last summer were the most violent manifestation of Islamophobia yet in our country.

« The case tells us that we must all exercise caution when tempted to stigmatise any group of people, regardless of colour, creed or community. »

Khalid Oumar, a trustee of the mosque and founder of the Finsbury Park Attack victims’ voice forum, praised the strength of the community, adding: « The scars will stay with them forever, but the community is determined to go about daily life without fear and to stand together against victimisation and violence. »

Voir aussi:

Ronnie Polaneczky: If you think 11-year-olds in this city don’t need condoms, think again
Ronnie Polaneczky
The Enquirer
April 13, 2011

THE EMAIL was from a wigged-out mom I know well.

She was appalled that the city’s campaign to reduce sexually transmitted diseases allows kids as young as 11 to get free condoms via mail-order from the Public Health Department. Eleven!

Go to the website www.takecontrolphilly.org and see for yourself. Be warned: The site contains very straightforward info, including explicit animations illustrating the proper way to don or insert a condom.

« Every girl is different, » the website notes in its instructions on female-condom use. « Figure out what position works for you. You can stand with one foot on a chair, sit on the edge of a chair, lie down, squat, or for fun, have your partner help you out. »

The idea of an 11-year-old reading this makes me want to cry.

« As a parent, I am personally outraged, » wrote my friend, who has a 14-year-old. « What’s the back story on this campaign? What is it telling our youth? I get the sex-education thing for kids in schools, but mail-order condoms for 11-year-olds??? It’s shocking to me. »

We don’t know the half of what’s going on out there.

Depress us, Gary Bell.

« We do more workshops in middle schools than in high schools, » says Bell, executive director of Bebashi-Transition to Hope, the local nonprofit that works on prevention of HIV and other sexually transmitted diseases. « Teachers call us because their kids are acting out sexually. They’ll catch them in the bathroom or the stairwell. They hear that kids are cutting schools to have orgies. »

Good Lord. Orgies?

« Yes, indeed, » says Bell. « It’s sad. It’s horrifying. »

But no longer startling to those on the front lines of adolescent sexuality.

« We follow 200 teenagers with HIV, and the youngest is 12, » says Jill Foster, director of the Dorothy Mann Center for Pediatric and Adolescent HIV at St. Christopher’s Hospital for Children. « When we started doing HIV treatment in 1998, the average age of patients was 16 or 17. The first time we got a 13-year-old was mind-blowing. »

Now, Foster and her colleagues barely twitch when a child barely in his or her teens tests positive for HIV.

Because a recent report from the Centers for Disease Control and Prevention has identified Philadelphia as having the earliest age of sexual initiation – 13 – among cities participating in the study, she says, it’s crucial to make condoms available to younger kids.

People gasp at that, says Foster, who diagnoses new HIV cases at a rate of two to three teens a month, up from one every four months just a decade ago.

« But people have no idea how tough it is to be a kid who’s exposed to sexual media images and peer pressure. It’s routine for 12- and 13-year-olds to talk about sex. Younger kids hear them and they want to be part of that ‘older’ world, » she says.

« They don’t have maturity or impulse control, so if we can get them to have condoms with them when they start having sex, they are going to be safer.

« I wish it weren’t necessary, » she says. « Unfortunately, it is. »

It would be easy to play the « appalled citizen » card and decry the inclusion of kids as young as 11 in Philadelphia’s STD-prevention campaign. But I won’t. Because there are two groups of children in this city:

Those lucky enough to have at least one caring, available adult to guide them through sex-charged adolescence.

And those left on their own.

Like the child being raised by a single mom whose two jobs keep her from supervising her child. Or the kids being raised by a tired grandmom who’s asleep by 9 and doesn’t know that the kids have snuck out of the house.

Or the homeless teen who crashes on couches and must choose between saying no to a friend’s creepy uncle or wandering the streets at night.

These kids deserve protection from the fallout of STDs and unplanned pregnancy as much as kids from « good » families do – kids who, by the way, get in trouble, too. They just have more support to get them through it.

« We know that sexual activity in young adolescents doesn’t change overnight, » says Donald Schwarz, a physician who worked with adolescents for years at Children’s Hospital of Philadelphia before being appointed city health commissioner in 2008. « But children need to be protected while we get our heads around whatever the long-term strategies should be here. »

He mentions a recent, awful survey of sixth-graders in West Philly, which showed that 25 percent of the children, who were just 11 years old, had had sex.

« Clearly, we don’t think it’s OK for 11-year-olds to be having sex, » says Schwarz. « But we don’t have the infrastructure in place to fix [that] problem fast. We can, however, make condoms available fairly quickly to whoever needs them.

« I don’t have all the answers on this, » says Schwarz. « But I do think in economic terms. I think that jobs and education are the key to turning this ship. But it will take time and hard work in a period when the city is struggling financially. »

There are no easy solutions. This is a complicated problem, exacerbated by generational poverty and family collapse that paralyzes our cities in ways too myriad to address in one column.

Like I said, thinking about it makes me want to cry.

But that’s not a good enough reason to keep condoms out of the backpacks of 11-year-olds who will be sexually active whether we like it or not.

Voir de même:

Free condoms at school don’t always help teen girls avoid pregnancy and when given out can actually INCREASE fertility rates
Access to condoms in school increases teen fertility rates by about 10 per cent according to a new study
However giving teens counseling in addition to birth control could have the opposite effect, Notre Dame researchers found
Access to other kinds of birth control has been shown to lower teen fertility rate – or do nothing at all
But condoms might have a different effect because of their failure rate and the time and frequency at which they’re used
Access to free condoms in high schools could have led to two extra births per 1,000 teenage women so far
Clemence Michallon

The Daily mail

4 July 2016

Giving out free condoms at school is not a surefire way to avoid teenage pregnancy – or it might not be enough.

Access to condoms in schools increases teen fertility rates by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame.

However the increase happened in schools where no counseling was provided when condoms were given out – and giving out guidance as well as birth control could have the opposite effect, economists Kasey Buckles and Daniel Hungerman said in the study.

Access to other kinds of birth control, such as the contraceptive pill, IUDs and implants, has been shown to lower teen fertility rates – but condoms might have opposite consequences due to their failure rate as well as the time and frequency at which they’re used.

Access to condoms in schools increases teen fertility by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame (file picture)
Buckles and Hungerman looked at 22 school districts located in 12 different states, using data from the 1990s.
Times have changed already and teenagers today are overall less likely to have sex and less likely to become pregnant, they wrote.

Most of the free condoms programs in the study began in 1992 or 1993 and about two thirds involved mandatory counseling.

The 10 per cent increased occurred as a result of schools that gave out condoms without counseling, Buckles and Hungerman said.

‘These fertility effects may have been attenuated, or perhaps even reversed, when counseling was mandated as part of condom provision,’ they wrote.

Teenage girls were also more likely to develop  gonorrhea when condoms were given for free – and again, the increase happened as a result of schools giving out condoms without counseling.

Access to contraceptives in general has been shown to lower teen fertility, Buckles and Hungerman noted, or in some cases had no effect at all.

But condoms might have a different impact because of several factors, such as the fact that their failure rate is more important than that of other contraceptives.

Condoms also rely ‘more heavily on the male partner’, which is an important factor given that an unplanned pregnancy will have different consequences for each gender, Buckle and Hungerman wrote.

The time at which condoms are used could also explain why they have a different impact than other types of birth control. Condoms have to be used at the time of intercourse, whereas the pill, IUDs and implants are all taken in advance.

Using condoms also results from a short-term decision rather than long-term.

Free condom programs in schools could have led to two additional births per 1,000 teenage women so far, Buckle and Hungerman found.

This could increase to 5 extra births per 1,000 teenage girls if the country’s entire high-school-aged population had access to condoms.

Condom distribution programs could promote the use of condoms over more efficient birth control methods, drive schools to use their resources for condom distribution rather than more effective programs, or might encourage ‘risky’ sexual behaviors, Buckle and Hungerman wrote.

But these findings should be used with caution when reflecting on policy proposals, they added.

Health clinics based in schools that offered contraceptives were shown to significantly lower teen fertility in a 2014 study.

‘If health clinics can effectively combine contraception access and counseling, this may lead to very different effects than access alone,’ Buckle and Hungerman said.

Voir de plus:

Ce si gênant Tommy Robinson…

La condamnation du militant nationaliste pose la question de la liberté d’expression


Le militant nationaliste britannique Tommy Robinson a été arrêté à Leeds et presque immédiatement condamné à 13 mois de prison ferme alors qu’il tentait de filmer les suspects d’un procès dont les médias locaux n’ont pas le droit de parler. 

Un épais voile noir n’en finit plus d’envelopper la liberté d’expression dans les démocraties occidentales. Il se montre particulièrement oppressant dès lors qu’il s’agit de museler des opinions critiques au sujet de la crise migratoire, des dangers de l’islamisme et, plus largement, du dogme multiculturaliste comme modèle supposé de société. Ces opinions critiques, si elles peuvent en choquer moralement certains, ne constituent pourtant pas des délits, ou en tout cas, pas encore…Les voies employées sont multiples et complémentaires. Sur le plan répressif, on peut mentionner les fermetures abusives et arbitraires de comptes sur les réseaux sociaux, soit par décision hautement inquisitrice des autorités facebookiennes (comme ce fut le cas par exemple pour Génération identitaire dont le compte a été récemment clos sans autre forme de procès), soit sous pression d’activistes qui, en procédant à des signalements massifs se lancent dans des sortes de fatwas numériques et finissent promptement par obtenir la fermeture des comptes qui les dérangent. On pense notamment au truculent dessinateur Marsault, mais les cas semblables sont légion.

La voie judiciaire est également très utilisée pour faire taire