Présidentielle américaine: Quels débats biaisés et déséquilibrés ? (What if for a change questions were NOT primarily aimed at asking Trump about things that paint him poorly, then asking Biden how he would fix it ?)

24 octobre, 2020
Editorial cartoons for Oct. 4, 2020: Presidential debate, tax revelations - syracuse.comLa prédiction est un art bien difficile, surtout en ce qui concerne l’avenir. Niels Bohr
Soudain, Norman se sentit fier. Tout s’imposait à lui, avec force. Il était fier. Dans ce monde imparfait, les citoyens souverains de la première et de la plus grande Démocratie Electronique avaient, par l’intermédiaire de Norman Muller (par lui), exercé une fois de plus leur libre et inaliénable droit de vote. Le Votant (Isaac Asimov, 1955)
Yes. The media is biased. Biased against hatred, sexism, racism, incompetence, belligerence, inequality, To name a few. Jim Roberts (New York Times, 2016)
Le fait même de poser une question peut inventer un résultat car elle fait appel à l’imaginaire du sondé qui n’y avait pas encore réfléchi. Alain Garrigou
D’après les journaux, les sondages montrent que la plupart des gens croient les journaux qui déclarent que la plupart des gens croient les sondages qui montrent que la plupart des gens ont lu les journaux qui conviennent que les sondages montrent qu’il va gagner. Mark Steyn
Une fois de plus, les médias ont péché par une couverture triviale des débats et une crédulité manifeste face à la propagande de John McCain. La tactique des républicains consiste à taper sans relâche sur la presse sous prétexte qu’elle pencherait « naturellement » à gauche. Cette stratégie d’intimidation explique l’obséquiosité de certains journalistes face à McCain, même si une petite lueur d’espoir est apparue récemment avec les reportages d’investigation publiés sur Sarah Palin, la colistière du candidat républicain. (…) le journalisme bien compris est un militantisme ! En clarifiant le monde, il construit une image sur laquelle les citoyens pourront agir. Todd Gitlin (ancien gauchiste et professeur de sociologie et journalisme à l’université Columbia)
La polarisation sur les sondages est dangereuse. Les sondages ont cet impact insidieux du goutte-à-goutte quotidien. L’effet cumulatif est de créer autant que refléter l’opinion publique. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains pays interdisent les sondages dans les deux dernières semaines qui précèdent une élection. (…) Les médias essayent de prouver qu’Obama est tellement en avance que cela l’aide à récolter de l’argent, à obtenir plus de soutiens et démoralise les conservateurs. Ce qui se passe, c’est que les journalistes se servent maintenant des sondages pour conforter leurs articles comme pour dire aux gens: Regardez, 52% du pays votent pour Obama, pourquoi pas vous ? Allez-vous voter contre un homme de couleur ? Allez-vous voter pour un vieux type ? Pourquoi n’êtes-vous pas dans l’air du temps? (…) Ils vous demandent de réagir à une phraséologie bien-pensante au lieu de sonder votre idéologie fondamentale. Ainsi ils posent des questions comme, Etes-vous pour ou contre l’amélioration de la qualité de l’éducation publique ? Etes-vous pour ou contre des soins de santé universels ? Etes-vous pour ou contre la protection de l’environnement? Et vous voyez ces sondages qui indiquent 88 % d’Américains pour la protection de l’environnement. Mais bigre, qui peuvent bien être les 12 autres pour cent ? Autrement dit, qui ne veut pas que tous les enfants aient une éducation de qualité et mangent à leur faim? Et que l’air et l’eau ne soient pas pollués ? Mais alors ces gens-là regardent ces résultats de sondage et disent : vous voyez? Le réchauffement climatique est le problème numéro un. Vous voyez? (…) ACORN et Wright sont des questions plus pertinentes pour les gens qu’Ayers, parce que ACORN, c’est ici et maintenant. Les gens ont vu les images de Wright dénonçant l’Amérique. Les gens seraient incapables de reconnaitre Ayers dans une file de suspects. Les gens n’apprécient pas trop l’idée d’être privés par qui que ce soit de leur droit de vote. La campagne de McCain a gaspillé trois semaines sur Ayers, au lieu de chercher à toucher les électeurs sur l’économie. L’impôt est toujours un gros mot. (…) Joe le plombier et Sarah Palin étaient des moments inattendus et imprévisibles pour la campagne d’Obama. Mais ce que Joe le plombier et Sarah Palin ont en commun, c’est qu’ils ont ce lien intangible avec la plupart des gens qui n’est pas facile à surmonter. Et ils représentent également la classe moyenne qu’Obama dit représenter, mais au sein de laquelle il n’a pas vécu depuis des années. Je crois que cette élection est beaucoup plus serrée que certains dans les médias sont disposés à l’admettre. Les ouvriers blancs, qui tendent à aimer Joe le plombier et Sarah Palin, seront décisifs. Si les conservateurs ne sont pas contents du manque d’équité et d’objectivité de la couverture médiatique, pourquoi regardent-ils ces sondages ? Pourquoi leur permettent-ils de dicter ce qu’ils pensent de l’élection présidentielle avant qu’un seul vote soit déposé dans l’urne? Kellyanne Conway
Comme je l’ai dit depuis le début, notre campagne n’en était pas simplement une, mais plutôt un grand mouvement incroyable, composé de millions d’hommes et de femmes qui travaillent dur, qui aiment leur pays, et qui veulent un avenir plus prospère et plus radieux pour eux-mêmes et leur famille. C’est un mouvement composé d’Américains de toutes races, de toutes religions, de toutes origines, qui veulent et attendent que le gouvernement serve le peuple. Ce gouvernement servira le peuple. J’ai passé toute ma vie dans le monde des affaires et j’ai observé le potentiel des projets et des personnes partout dans le monde. Aujourd’hui, c’est ce que je veux faire pour notre pays. Il y a un potentiel énorme, je connais bien notre pays, il y a potentiel incroyable, ce sera magnifique. Chaque Américain aura l’opportunité de vivre pleinement son potentiel. Ces hommes et ces femmes oubliés de notre pays, ces personnes ne seront plus oubliées. Donald Trump (2016)
Je suis désolé d’être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l’été dernier lorsque j’ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l’élection du mois de novembre. Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. (…) Jamais de toute ma vie n’ai-je autant voulu me tromper. (…) Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner : 1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille 2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère 3. Hillary est un problème en elle-même 4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders 5. L’effet Jesse Ventura. Michael Moore
L’effet Bradley (en anglais Bradley effect) (…) est le nom donné aux États-Unis au décalage souvent observé entre les sondages électoraux et les résultats des élections américaines quand un candidat blanc est opposé à un candidat non blanc (noir, hispanique, latino, asiatique ou océanien). Le nom du phénomène vient de Tom Bradley, un Afro-Américain qui perdit l’élection de 1982 au poste de gouverneur de Californie, à la surprise générale, alors qu’il était largement en tête dans tous les sondages. L’effet Bradley reflète une tendance de la part des votants, noirs aussi bien que blancs, à dire aux sondeurs qu’ils sont indécis ou qu’ils vont probablement voter pour le candidat noir ou issu de la minorité ethnique mais qui, le jour de l’élection, votent pour son opposant blanc. Une des théories pour expliquer l’effet Bradley est que certains électeurs donnent une réponse fausse lors des sondages, de peur qu’en déclarant leur réelle préférence, ils ne prêtent le flanc à la critique d’une motivation raciale de leur vote. Cet effet est similaire à celui d’une personne refusant de discuter de son choix électoral. Si la personne déclare qu’elle est indécise, elle peut ainsi éviter d’être forcée à entrer dans une discussion politique avec une personne partisane. La réticence à donner une réponse exacte s’étend parfois jusqu’aux sondages dits de sortie de bureau de vote. La façon dont les sondeurs conduisent l’interview peut être un déterminant dans la réponse du sondé. Wikipedia
The phenomenon of voters telling pollsters what they think they want to hear, however, actually has a name: the Bradley Effect, a well-studied political phenomenon. In 1982, poll after poll showed Tom Bradley, Los Angeles’ first black mayor and a Democrat, with a solid lead over George Deukmejian, a white Republican, in the California gubernatorial race. Instead, Bradley narrowly lost to Deukmejian, a stunning upset that led experts to wonder how the polls got it wrong. Pollsters, and some political scientists, later concluded that voters didn’t want to say they were voting against Bradley, who would have been the nation’s first popularly-elected African-American governor, because they didn’t want to appear to be racist. (…) In December, a Morning Consult poll examined whether Trump supporters were more likely to say they supported him in online polls than in polls conducted by live questioners. Their finding was surprising: « Trump performs about six percentage points better online than via live telephone interviewing, » according to the study. At the same time, « his advantage online is driven by adults with higher levels of education, » the study says, countering data showing Trump’s bedrock support comes from voters without college degrees. « Importantly, the differences between online and live telephone [surveys] persist even when examining only highly engaged, likely voters. » But Galston says while the study examines « a legitimate question, » the methodology is unclear, and « it’s really important to compare apples to apples. You need to be sure that the online community has the same demographic profile » as phone polling. « It may also be the case that people who are online and willing to participate in that study are already, in effect, a self-selected sample » of pro-Trump voters, Galston says. (…) Ultimately, Trump’s claim « is more of a way to try to explain poor polling numbers. Trump is losing at the moment and he’s trying to explain it off, » Skelley says. « This doesn’t really hold up under scrutiny. » US News & world report (July 2016)
Silicon Valley these days is a very intolerant place for people who do not hold so called ‘socially liberal’ ideas. In Silicon Valley, because of the high prevalence of highly smart people, there is a general stereotype that voting Republican is for dummies. So many people see considering supporting Republican candidates, particularly Donald Trump, anathema to the whole Silicon Valley ethos that values smarts and merit. A couple of friends thought that me supporting Trump made me unworthy of being part of the Silicon Valley tribe and stopped talking to me. At the end of the day, we choose our politics the way we choose our lovers and our friends — not so much out a rational analysis, but based on impressions and our own personal backgrounds. My main reason for supporting Trump is that I basically agree with the notion that unless the trend is stopped, our country is going to hell … The Silicon Valley elite is highly hypocritical on this matter. One of the reasons, I assume, they don’t like Trump is because on this area, as in many others, he is calling a spade a spade. I believe Trump is right in this case. … supporting Trump only offers [an] upside. Electing Hillary Clinton would keep the status quo. If Trump wins, there’s a whole set of new possibilities that would emerge for the nation. Even if it remains socially liberal, it would be good for it if the president were to be a Republican so that the Valley could recover a little bit of its rebel spirit (that was the case during the Bush years for instance). I believe that the increased relevance in national politics of companies like Google (whose Chairman [Eric] Schmidt has been very cozy with the Obama administration) and Apple (at the center of several political disputes) has been bad for the Valley. A Trump presidency would allow the Valley to focus on what it does best: dreaming and building the technology of the future, leaving politics for DC types. Silicon valley software engineer
Many people are saying to maybe their friends while they’re having a sip of Chardonnay in Washington or Boston, ‘Oh, I would never vote for him, he’s so – not politically correct,’ or whatever, but then they’re going to go and vote for him. Because he’s saying things that they would like to say, but they’re not politically courageous enough to say it and I think that’s the real question in this election. Trump is kind of a combination of the gun referendum, because he’s an emotional energy source for people who want to make sure that they’re voicing their concerns about all these issues – immigration, et cetera – but then I think there’s this other piece. They don’t find it to be correct or acceptable to a lot of their friends, but when push comes to shove, they’re going to vote for him. Gregory Payne (Emerson College)
Donald Trump performs consistently better in online polling where a human being is not talking to another human being about what he or she may do in the election. It’s because it’s become socially desirable, if you’re a college educated person in the United States of America, to say that you’re against Donald Trump. Kellyanne Conway (Trump campaign manager)
They’ll go ahead and vote for that candidate in the privacy of a [voting] booth But they won’t admit to voting for that candidate to somebody who’s calling them for a poll. Joe Bafumi (Dartmouth College)
Trump’s advantage in online polls compared with live telephone polling is eight or nine percentage points among likely voters. Kyle A. Dropp
It’s easier to express potentially ‘unacceptable’ responses on a screen than it is to give them to a person. Kathy Frankovic
This may be due to social desirability bias — people are more willing to express support for this privately than when asked by someone else. Douglas Rivers
In a May 2015 report, Pew Research analyzed the differences between results derived from telephone polling and those from online Internet polling. Pew determined that the biggest differences in answers elicited via these two survey modes were on questions in which social desirability bias — that is, “the desire of respondents to avoid embarrassment and project a favorable image to others” — played a role. In a detailed analysis of phone versus online polling in Republican primaries, Kyle A. Dropp, the executive director of polling and data science at Morning Consult, writes: Trump’s advantage in online polls compared with live telephone polling is eight or nine percentage points among likely voters. This difference, Dropp notes, is driven largely by more educated voters — those who would be most concerned with “social desirability.” These findings suggest that Trump will head into the general election with support from voters who are reluctant to admit their preferences to a live person in a phone survey, but who may well be inclined to cast a ballot for Trump on Election Day. The NYT (May 2016)
Les analystes politiques, les sondeurs et les journalistes ont donné à penser que la victoire d’Hillary Clinton était assurée avant l’élection. En cela, c’est une surprise, car la sphère médiatique n’imaginait pas la victoire du candidat républicain. Elle a eu tort. Si elle avait su observer la société américaine et entendre son malaise, elle n’aurait jamais exclu la possibilité d’une élection de Trump. Pour cette raison, ce n’est pas une surprise. (…) Sans doute, ils ont rejeté Donald Trump car ils le trouvaient – et c’est le cas – démagogue, populiste et vulgaire. Je n’ai d’ailleurs jamais vu une élection américaine avec un tel parti pris médiatique. Même le très réputé hebdomadaire britannique « The Economist » a fait un clin d’oeil à Hillary Clinton. Je pense que la stigmatisation sans précédent de Donald Trump par les médias a favorisé chez les électeurs américains la dissimulation de leur intention de vote auprès des instituts de sondage. En clair, un certain nombre de votants n’a pas osé admettre qu’il soutenait le candidat américain. Ce phénomène est classique en politique. Souvenez du 21 avril 2002 et de la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, au second tour de l’élection présidentielle française. Dominique Reynié
Robert Cahaly, stratège principal du groupe Trafalgar, s’est fait un nom en 2016  pour avoir été le seul sondeur à correctement repérer l’avance de Donald Trump au Michigan et en Pennsylvanie – deux États clés qu’il a emportés – à l’approche du jour du scrutin. (Il n’a pas sondé le Wisconsin, une autre victoire surprenante pour Trump.) Cahaly a également repéré l’avance de Trump en Caroline du Nord et en Floride, qu’il a toutes deux gagnées, assurant sa victoire improbable 304-227 au collège électoral sur Hillary Clinton. Après avoir demandé aux électeurs qui ils soutenaient en 2016, le sondeur a poursuivi en leur demandant qui, selon eux, leurs voisins soutenaient, Trump ou Clinton. Cahaly a constamment constaté un degré élevé de variance entre les personnes pour lesquelles les répondants ont déclaré voter et celles pour lesquelles ils pensaient que leurs voisins votaient, ce qui suggère qu’il y avait en fait un «effet Trump » en jeu. Deux ans plus tard, la méthode de Cahaly s’est une fois de plus révélée solide. Dans l’une des courses les plus sondées du cycle, Trafalgar était la seule société de sondage à montrer correctement une victoire au poste de gouverneur de Ron DeSantis en Floride – ainsi que Rick Scott y remportant la course au Sénat. Real Clear politics
L’enquête est conçue pour être représentative des électeurs inscrits qui ont regardé le débat de mardi, elle ne représente pas les vues de tous les Américains. Les électeurs qui ont regardé le débat étaient plus partisans que les Américains dans leur ensemble – 36% se sont identifiés comme indépendants ou non-partisans contre environ 40% dans le grand public, et le groupe d’observateurs du débat était plus démocrate qu’un sondage typique de tous. adultes, avec 39% s’identifiant comme démocrates et 25% comme républicains. (..) Le sondage post-débat de CNN a été mené par le SSRS par téléphone et comprend des entretiens avec 568 électeurs inscrits qui ont regardé le débat du 29 septembre. Les résultats parmi les observateurs du débat ont une marge d’erreur d’échantillonnage de plus ou moins 6,3 points de pourcentage. CNN
Vous savez quoi? Je suis blanc. Je suis juif. Quand j’étais enfant, ma mère avait aussi « La Conversation » avec moi: ‘Dov, tu dois toujours montrer du respect à un policier, même quand il a tort. Ne leur réponds jamais. Fais ce qu’ils te disent. S’ils se trompent, nous pourrons le dire au juge plus tard. Mais ne t’énerve jamais avec un flic. » Trente ans plus tard, j’ai également eu cette conversation avec mes enfants: ‘Si jamais vous êtes arrêté par un flic dans la circulation et qu’il ou elle vous demande votre immatriculation ou votre assurance auto, n’ouvrez tout simplement pas la boîte à gants ou ne mettez pas la main dans votre veste pour la chercher. Le flic est peut-être fou, peut-être même antisémite, sait-on jamais et peut penser que vous allez chercher une arme. Alors, demandez d’abord au flic: « Officier, puis-je fouiller dans ma poche ou ma boîte à gants parce que c’est là que se trouvent les papiers? » Et puis laissez le flic vous dire quoi faire.  » Si un flic vous dit de rester assis dans la voiture, restez assis. Si un flic vous dit de vous taire, alors taisez-vous. (Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’ajouter, comme il faut l’ajouter en cet « Age de Ferguson et de Michael Brown: «Ne luttez pas contre un flic pour son arme. Ne tirez pas avec un pistolet Taser sur un flic.») Dov Fischer
President Trump, before the terrible COVID pandemic arrived from China, you had created the strongest economy with the lowest unemployment numbers in history for Blacks, Latinos, and Asian Americans. How will you return us to the economic powerhouse you brought about before the plague? President Trump, can you share with us how in the heck you ever got two Arab Muslim countries to sign peace deals with Israel, the first in a quarter century, and are any more coming in soon? President Trump, how did you feel when New York’s Governor Cuomo praised your leadership in helping New York fight the coronavirus? What was it like getting those military hospital ships to New York and California, and how did you ever manage to turn our peace-time economy into a war-time footing that got more ventilators manufactured than we ever needed? President Trump, polls are showing that your approval numbers among Black and Hispanic voters are the highest that any Republican president has seen in recent memory. How do you explain that turn-around? President Trump, since you already have fulfilled your pledge to build 400 miles of border wall so far, how has that impacted the efforts to control immigration? Vice President Biden, do you have anything you would like to say to Black voters to apologize for calling their school districts a “jungle,” for working with former Ku Klux Klan Exalted Cyclops Robert Byrd, for saying that Black mothers do not give their children a working vocabulary, and for telling African Americans that, if they do not vote as you want them to, then they “ain’t Black”? Vice President Biden, the President has released all his medical records. When will you disclose to the American people the state of medical assessment of your cognitive functions and whether you are being treated medically for that purpose? And will you be disclosing to the American people all pharmaceuticals and other medications you take or that have been injected into you during the past twelve months? Dov Fischer

Et si, pour changer, les questions ne visaient PAS principalement à interroger Trump sur des choses qui le montrent sous un mauvais jour, puis à demander à Biden comment il réglerait le problème ?

En ces temps étranges …

Où avec l’aide de la censure ouverte des réseaux sociaux

Le journalisme bien compris est, désormais ouvertement, devenu un militantisme

Et au lendemain, après le premier débat très controversé que l’on sait, d’un brillant débat du Président Trump …

Où, surprise selon un sondage d’après débat CNN repris par la plupart de nos médias …
Si Trump améliore son score de 11 points (de 28 à 39), Biden est à nouveau donné large gagnant et améliore même son score (de  à 53% à %) …
Comment ne pas s’étonner que personne ne semble s’étonner …
Sans compter leur effet « ventriloque » par leur goutte à goutte permanent tout au long de la campagne …
Que de tels sondages puissent être repris comme véritable information par tous les médias américains comme internationaux …
Quand on sait que comme le précise la chaine elle-même en bas de ses articles que personne ne lit …
Ils sont fondés sur une surdistribution de Démocrates dans l’échantillon (39% contre 25%) …
Et que leur marge d’erreur sur un échantillon de moins de 600 personnes, dépasse, excusez du peu, les 6% pour le  premier et 5% pour le dernier …
Comment ne pas s’étonner …
Que parmi les prétendus historiens ou spécialistes des Etats-Unis invités d’une émission d’information dite de qualité comme C dans l’air composée …
Tous étrangement, quand une rare vraie professionnelle comme Laure Mandeville n’est pas disponible, alignés à gauche …
Personne ne tique quand l’une d’entre eux observe cette remarquable continuité de résultats entre les deux débats …
Que bien sûr personne ne prenne la peine de mentionner ces problèmes d’échantillon …
Que, relayant allègrement les accusations démocrates de prétendues tentatives de suppression du votre noir par les Républicains, personne ne rappelle que nombre d’états américains n’exigent même pas de pièce d’identité avec photo pour voter …
Que, dénonçant régulièrement le système du Collège électoral, personne ne signale que sans celui-ci, les candidats n’auraient même plus besoin de se déplacer dans les petits états …
Que, ramenant systématiquement les accusations démocrates de non-paiement d’impôts du président Trump, personne ne tente non plus d’expliquer, notamment dans l’immobilier, le système des impôts pré-payés  …
Que, minimisant tout aussi systématiquement les inquiétudes républicaines par rapport au vote massif par correspondance, personne ne mentionne que l’autorisation, par la Cour suprême,  des dépouillements de votes plusieurs jours APRES le jour du scrutin dans nombre d’états, ne peut qu’augmenter les risques de contestations …
Que, nous rebattant  les oreilles avec des écarts invraisemblables dans les sondages offiiciels (de 0 à 14 points !) …
Personne ne rappelle même l’existence d’instituts de sondage moins connus (Zogby, Trafalgar, Democracy Institute ou Rasmussen) mais qui notamment en 2016 s’étaient beaucoup moins trompés
Et qui aujourd’hui ont des écarts bien plus raisonnables (mais qui prendra la peine d’expliquer l’effet Bradley, autrement dit, dissimulation d’intention de vote pour cause de pression sociale oblige,  de la question des « électeurs cachés » de Trump ?) voire pour certains une prédiction de victoire du président américain …
Et enfin, sans parler le silence radio sur l’immense mensonge de Biden sur la fracturation hydraulique …
Que personne ne s’inquiète, sans compter l’éviction pour le moins inhabituelle de la politique étrangère, de l’incroyable biais, la plupart du temps, des questions du débat elles-mêmes …
Alors qu’il suffirait d’imaginer pour s’en convaincre …
Comme le fait brillamment l’avocat Dov Fischer dans l’American Spectator …
Ce que pourraient donner des questions comme les suivantes :
– Président Trump, avant l’arrivée de la terrible pandémie COVID de Chine, vous aviez créé l’économie la plus forte avec le taux de chômage le plus bas de l’histoire pour les Noirs, les Latinos et les Américains d’origine asiatique. Comment allez-vous nous ramener à la puissance économique que vous avez créée avant la peste?
– Président Trump, pouvez-vous nous dire comment diable vous êtes-vous arrivé à ce que deux pays arabo-musulmans signent des accords de paix avec Israël, le premier depuis un quart de siècle, et que d’autres arriveront bientôt?
– Président Trump, qu’avez-vous ressenti lorsque le gouverneur de New York Cuomo a salué votre leadership pour aider New York à lutter contre le coronavirus? Comment était-ce de déplacer ces navires-hôpitaux militaires à New York et en Californie, et comment avez-vous réussi à transformer notre économie en temps de paix en une base de guerre qui a fabriqué plus de respirateurs que nous n’en avions jamais besoin?
– Président Trump, les sondages montrent que votre taux d’approbation parmi les électeurs noirs et hispaniques est le plus élevé que tout président républicain a jamais vu de mémoire récente. Comment expliquez-vous ce revirement?
– Président Trump, puisque vous avez déjà rempli votre promesse de construire jusqu’à présent 600 km de mur frontalier, comment cela a-t-il eu un impact sur les efforts de contrôle de l’immigration?
– Vice-président Biden, avez-vous quelque chose à dire aux électeurs noirs pour vous excuser d’avoir qualifié leurs districts scolaires de « jungle », d’avoir travaillé avec l’ancien chef exalté du Ku Klux Klan, Robert Byrd, pour avoir dit que les mères noires ne donnent pas à leurs enfants un vocabulaire fonctionnel, et pour avoir dit aux Afro-Américains que s’ils ne votent pas comme vous le souhaitez, alors ils « ne sont pas noirs »?
– Vice-président Biden, le président a publié tous ses dossiers médicaux. Quand allez-vous divulguer au peuple américain l’état de l’évaluation médicale de vos fonctions cognitives et si vous êtes traité médicalement à cette fin? Et allez-vous divulguer au peuple américain tous les produits pharmaceutiques et autres médicaments que vous prenez ou qui vous ont été injectés au cours des douze derniers mois?
Dov Fischer
The American Spectator
This was Donald Trump’s best presidential debate ever. His GOP primary debates in 2016 were of a different sort, for different purposes, with different targets. But this was a fabulous presidential debate for him. His best. It also was a pretty decent night for Joe Biden. Like so many others, I have no idea how sharply accurate or wildly inaccurate the polls are. Unlike people polled about anything else, the one polling topic that is dangerous for many is to say that one supports Trump for President. You might get suspended from your job. You might get fired. There may be a Twitter storm aimed at destroying you. You may get thrown off Facebook or Instagram or even from LinkedIn. Pollsters never before have conducted polls under Stalinist Russia circumstances, where people are terrified even to whisper “I back … Trump” or to wear a red MAGA hat or to affix a bumper sticker. Indeed, one of the best (or worst) ways to hurt someone you hate is to put a “Make America Great Again” bumper sticker on their car — and then to look at the smashed windshield and other vandalism a few hours later. So it is impossible to know what the polls mean. Like many, I believe Trump will do at least three percent, if not six or seven percent, better in the election than what the polls prognosticate. Beyond that, there also is absolutely no way to know how the massive shift to mail-in voting will play out, especially in states that mail unsolicited ballots to everyone. Regardless, I suspect that the Thursday night final debate moved the needle two or three points in Trump’s direction. Here is why:
For the first debate, the question was whether Joe Biden is now so senile that he would implode on stage. Would he call Blacks people of “the jungle” as he has before? Would he speak derisively of people from India as he has before? Would he forget why he was on the stage: Running for U.S. Senate? Trying out for a school play? Lost in space? To his credit, he made it through very coherently, partly because he was not allowed to speak for four minutes straight, his usual implosion point. That ostensible coherence alone boosted his numbers. The thing is, now that he established at the first debate that his senility has not left him unable to speak in two-minute sound-bites, his appearance at the second debate was not as impressive. We knew he could make it through two minutes. And he did have moments of brief faltering, but nothing to move the dial.
By contrast, the President came in with a different question mark lingering on his head: Can this guy engage in a debate with a gentlemanly etiquette? Is he even capable of controlling himself — ever — and especially when insulted? Besides being a so-called blustering blowhard who tries to mow down his opponent, does he have it in him, if push comes to shove, to debate masterfully, to pause, to contemplate, to abide by rules … and nevertheless to beat his opponent by mastering data, history, facts, and polemic — all in a charming tone? If so, can he maintain a focus on the big stuff and not get side-tracked on the petty? That was President Trump’s task, and he could not have done better.
Yes, he missed inserting one or two unplanned solid zingers he might have thrown in, but every debater misses something. I have been in debates and on TV panels for thirty years, and no matter how well I have prepared I always kick myself afterwards for missing something. So when Biden, towards the end, spoke of “growing up in Delaware,” I wanted Trump to ask: “But Joe, I thought you told the Pennsylvania union workers whose jobs you shipped overseas, and whose high-paying energy jobs you have promised to kill, that you grew up in Pennsylvania? So where was it, Joe — Delaware or Pennsylvania? — or are you still changing your life’s fables every day like the time you stole the biography of that Labour Party leader in England and were forced to withdraw from a presidential race because of your constant plagiarizing?”
But Trump was great. I loved that he asked Biden: “Who built the cages, Joe?” And when Biden would not respond, I love that Trump asked it again: “Who built the cages, Joe?” And a third time. And when Biden just would not respond, I loved that Trump asked the moderator to ask Biden who built the cages.
Of course she was not going to put Biden on the spot. Like all the “moderators,” she is a leftist Democrat. But Trump got the point in. As he did, again and again, reminding viewers that Biden had 47 years in Washington to perform the initiatives he now says he will undertake. And Trump likewise pounded in, again and again, that Biden was just recently Vice President for eight years. Just very recently. Indeed, not only did Biden fail to do any of the things he now promises to do, but Trump even brought home that he sought the presidency in 2016 out of disgust over Biden’s failures.
Trump got in that Biden failed on H1N1, a much less devastating illness. He got in that, on the issue of taxes, he may have paid $750 in the last phase of tax filing because he previously had paid tens of millions of dollars in advance tax payments. Americans can understand that; we just had not heard it before. As Biden went after Trump on Putin and on whether Trump profits from hotels in China, the door was opened for Trump to get into the Biden Family Criminal Enterprise: the son and siblings who all have profited in the many millions by leveraging their Biden Family Enterprise connections to extort millions implicitly from China and Russia and Ukraine. He had Biden lying all over the place — denying they had made millions from the wife of the Moscow mayor, from China, and even from Burisma. I listened carefully as Biden denied that he benefited corruptly from Burisma, but did not deny as explicitly that Hunter did. Trump even got Biden to lie about his oft-repeated pledge to kill hydraulic fracturing (“fracking”).
Biden was good and at times strong, too. He was prepared. He did not shoot whoppers. But Trump had more to prove this time, and Trump aced it. That is why this debate moves the needle in Trump’s direction.
Sure, the debate was tilted and imbalanced. A darned shame, but that is going to happen forever until the GOP standard bearer pays more attention in advance to getting the debates conducted fairly. So the questions primarily were aimed at asking Trump about things that paint him poorly, then asking Biden how he would fix it. And the topics — climate change? Y’know what? If you are so concerned about heat, how about California’s annual forest fires that result from crazy and irresponsible liberal Democrat forestry practices that ban removal of dead leaves, dry branches, and that ban lumber companies from clearing out wide swaths of trees — both to reduce fire spread and to allow sufficient width for emergency fire-fighting vehicles to reach hot points? If you are concerned about heat, what about Antifa and Black Lives Matter riots that see whole neighborhoods set ablaze? That was not on the agenda. Instead, the President was asked what he would tell Black parents who have “The Talk” with their children.
Y’know what? I am White. I am Jewish. When I was a boy, my Mother had “The Talk” with me, too: “Dov, you must always show respect to a police officer, even when they are wrong. Don’t ever talk back to them. Do what they tell you. If they are wrong, then we can tell it to the judge later. But don’t ever start up with a cop.” Thirty years later I had that talk with my kids, too: “If you ever get stopped by a cop in traffic, and he or she asks you for your auto registration or insurance, do not just open the glove compartment or reach into your jacket to get it. The cop may be crazy, maybe even a Jew-hater for all you know, and may think you are going for a gun. So first ask the cop: ‘Officer, may I reach into my pocket or glove compartment because that is where the papers are?’ And then let the cop tell you what to do.” If a cop tells you to stay seated in the car, stay seated. If a cop tells you to shut up, then shut up. (It never occurred to me to add, as should be added in the Age of Ferguson’s Michael Brown: “Don’t wrestle a cop for his gun. Don’t shoot a taser gun at a cop.”)
But this is the Left media, and Trump was asked. He answered exceptionally well. He has done more for Blacks than have most presidents other, maybe, than Lincoln. Could be. Prison reform. Criminal reform. Enterprise zones. Ten-year grants to Historically Black Universities and Colleges. Lowest Black unemployment numbers — ever. Compare that to Biden’s 47 years of incompetence and mediocrity. When Biden responded that he had been hampered by a Republican Congress, I wanted Trump to say: “You had complete Democrat control of the House, the Senate, and the White House for two whole years — how about that, Joe?” But Trump still retorted well: I got criminal reform done by negotiating with the other side; that’s how it’s done, Joe.
Finally, I was glad that, by my count, Trump repeated three times that he will guarantee covering pre-existing conditions in any health-insurance program that emerges. He always says that, just as he always says that he opposes racism, White Supremacists, and neo-Nazis. Indeed, it was refreshing to hear an entire debate go by without a single lie about — or even reference to — Charlottesville.
Sure, I would have loved some questions like these:
President Trump, before the terrible COVID pandemic arrived from China, you had created the strongest economy with the lowest unemployment numbers in history for Blacks, Latinos, and Asian Americans. How will you return us to the economic powerhouse you brought about before the plague?
President Trump, can you share with us how in the heck you ever got two Arab Muslim countries to sign peace deals with Israel, the first in a quarter century, and are any more coming in soon?
President Trump, how did you feel when New York’s Governor Cuomo praised your leadership in helping New York fight the coronavirus? What was it like getting those military hospital ships to New York and California, and how did you ever manage to turn our peace-time economy into a war-time footing that got more ventilators manufactured than we ever needed?
President Trump, polls are showing that your approval numbers among Black and Hispanic voters are the highest that any Republican president has seen in recent memory. How do you explain that turn-around?
President Trump, since you already have fulfilled your pledge to build 400 miles of border wall so far, how has that impacted the efforts to control immigration?
Vice President Biden, do you have anything you would like to say to Black voters to apologize for calling their school districts a “jungle,” for working with former Ku Klux Klan Exalted Cyclops Robert Byrd, for saying that Black mothers do not give their children a working vocabulary, and for telling African Americans that, if they do not vote as you want them to, then they “ain’t Black”?
Vice President Biden, the President has released all his medical records. When will you disclose to the American people the state of medical assessment of your cognitive functions and whether you are being treated medically for that purpose? And will you be disclosing to the American people all pharmaceuticals and other medications you take or that have been injected into you during the past twelve months?
In the end, Trump occasionally had to grab an extra moment or two, but he did it properly. His mike never had to be cut off. There were falsehoods that had to be corrected. Biden did it also, and that was fair.
Finally, I continue to resent how, every time the two candidates really get into a serious substantive disagreement, laying out two contrasting visions, the moderator always intercedes and says: “I have to get to new questions on a new topic.” Frankly, I suspect that most Americans do not give a rat’s patootie about what next topic the moderator wants to move to. They want to let the two guys talk, debate, and lay out their plans. One of these days…
Voir aussi:

Twitter et Facebook accusés de censurer un article gênant pour Biden, Trump monte au créneau

Depuis mercredi matin, la campagne est agitée par les révélations du New York Post qui publie des emails qu’aurait écrits Hunter Biden, le fils du candidat démocrate Joe Biden.

Le Parisien

15 octobre 2020

À chaque élection son affaire de piratage… Quatre ans après la publication de mails de Hillary Clinton, piratés par des hackers russes et diffusés par WikiLeaks – une bourde dont son adversaire Trump avait fait son miel -, c’est au tour de Joe Biden d’être au cœur d’une polémique, à deux semaines et demi de l’élection présidentielle. Des mails qu’aurait écrits son fils ont été publiés par un journal et ils relancent l’affaire ukrainienne, qui a été le cœur de la tentative d’impeachment contre le président Trump.

L’affaire ukrainienne

Pour comprendre, il faut remonter un peu le temps. Été 2019 : Donald Trump s’entretient avec son homologue ukrainien et il conditionne le versement d’une importante aide financière à l’Ukraine de Volodymyr Zelensky : Trump lui demande de trouver des éléments peu reluisants sur Hunter Biden, le fils de Joe Biden, que tous les pronostics annoncent comme son rival de la présidentielle de 2020. Hunter Biden, membre du conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma pendant cinq ans, aurait permis au groupe d’échapper à des enquêtes pour corruption. Les leaders démocrates lancent une procédure de destitution contre le président Trump.

Devant le Congrès, le président est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. Les auditions de diplomates se succèdent, elles révèlent le fonctionnement de Trump en matière d’affaires étrangères, s’appuyant sur un cercle ultra-restreint, dont son avocat personnel Rudy Giuliani. Début février, le Sénat, en votant contre la destitution, clôt l’affaire.

Le New York Post publie des messages du fils Biden

Mais l’histoire a donc rebondi ce mercredi à l’aube. Le New York Post publie des e-mails récupérés illégalement sur un ordinateur présenté comme celui d’Hunter Biden. Ces messages proviennent du disque dur d’un ordinateur portable saisi en décembre dernier par le FBI chez un réparateur. Il contient des messages, des photos et des vidéos personnelles de Hunter Biden. Un courriel prouverait, selon le quotidien conservateur, que le jeune homme a présenté à son père un responsable du groupe gazier Burisma. Dans un courriel daté du 17 avril 2015, Vadim Pojarskïi, un membre de la direction, remercie Hunter Biden d’une invitation à Washington lui « donnant l’occasion de rencontrer votre père et de passer du temps ensemble ».

NewYorkPost
NewYorkPost  

L’ancien vice-président a toujours nié avoir discuté avec son fils de ses activités à l’étranger quand il était en poste. Mercredi, un porte-parole de Joe Biden a démenti les allégations du tabloïd, affirmant qu’aucune rencontre avec M. Pojarskïi n’avait eu lieu, selon son programme officiel de l’époque.

Le NY Post raconte aussi avoir découvert que le disque dur contient aussi une vidéo de 12 minutes dans laquelle on voit Hunter Biden fumer du crack tout en ayant une relation sexuelle, et d’autres documents explicites. Il explique aussi comment il a récupéré la copie du disque dur : selon le quotidien, le propriétaire du magasin de réparation d’ordinateurs qui a sollicité le FBI avait, avant de transmettre l’ordinateur, copié le disque dur et donné la copie à Robert Costello, l’avocat de l’ancien maire Rudy Giuliani. Steve Bannon, ancien conseiller sulfureux du président Trump, a parlé au Post de l’existence du disque dur fin septembre et Giuliani en a fourni une copie dimanche.

Twitter bloque le partage de l’article

L’article a été très lu et partagé sur les réseaux sociaux. Mais de nombreux internautes se sont retrouvés sous la menace d’une fermeture de leur compte Twitter. La responsable des relations presse de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, a ainsi été exclue mercredi de son compte Twitter personnel pour avoir partagé l’article. Pour déverrouiller le compte, elle devait supprimer son tweet renvoyant vers le Post. Le compte de Kayleigh McEnany est suivi par plus d’un million d’abonnés.

Après une journée de tempête médiatique, Twitter a expliqué dans la soirée avoir bloqué le partage de l’article parce qu’il contient des documents qui enfreignent deux de ses règles : ne pas publier de données personnelles (e-mails, numéros de téléphone) et ne pas publier d’éléments piratés. « Nous ne voulons pas encourager le piratage en autorisant la diffusion de documents obtenus illégalement », a expliqué l’entreprise via son compte dédié à la sécurité, rappelant que discuter de l’article n’était pas interdit, seulement le partage.

L’un des dirigeants de Facebook, Andy Stone, a mis en doute la véracité des mails publiés et annoncé que les informations du quotidien allaient faire l’objet d’une vérification. En attendant ses résultats, leur visibilité serait réduite sur la plateforme.

Le New York Post et Trump crient à la censure

Dans un éditorial, le journal, l’un des quotidiens les plus lus dans le pays, dénonce ce jeudi la « censure de Facebook pour aider la campagne de Joe Biden ». « Censurez d’abord, poser les questions après : c’est une attitude scandaleuse pour l’une des plateformes les plus puissantes aux Etats-Unis », poursuit l’éditorial, accusant Facebook d’être devenu « une machine de propagande ».

Cette histoire sert le camp Trump qui peut, dans un même élan, dénoncer les « mensonges » de Joe Biden et la connivence des « médias mainstream » avec lui, deux arguments qui font mouche auprès des partisans de l’actuel président.

« Affreux que Twitter et Facebook aient retiré l’article sur les courriels […] liés à Sleepy Joe Biden et son fils, Hunter, dans le New York Post », s’est indigné Donald Trump sur son réseau favori, avant d’y consacrer de longues minutes lors d’un meeting dans l’Iowa.

« Joe Biden doit immédiatement divulguer tous les courriels, réunions, appels téléphoniques, transcriptions et documents liés à sa participation aux affaires de sa famille et au trafic d’influence dans le monde entier – y compris en Chine », a-t-il martelé.

« Notre communication sur nos actions concernant l’article du New York Post n’a pas été super. Et bloquer le partage de l’adresse Internet de l’article avec zéro contexte expliquant pourquoi : inacceptable », a reconnu Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, mercredi soir, pour tenter de calmer l’incendie. Mais les flammes brûlent encore.

Censoring the Biden story: How social media becomes state media

Chinese citizens watched President Xi Jinping deliver an important speech this week not far from Hong Kong. Well, not the whole speech: Xi apparently is ill, and every time he went into coughing spasms, China’s state media cut away so that he would be shown only in perfect health.

Xi’s coughs came to mind as Twitter and Facebook prevented Americans from being able to read the New York Post’s explosive allegations of influence-peddling by Hunter Biden. The articles cited material reportedly recovered from a laptop; it purportedly showed requests for Hunter Biden to use his influence on his father, then-Vice President Joe Biden, as well as embarrassing photos of Hunter Biden.

Many of us have questioned the sketchy details of how the laptop reportedly was left by Hunter Biden with a nearly blind computer repairman and then revealed just weeks before the presidential election. There are ample reasons to question whether this material was the product of a foreign intelligence operation, which the FBI apparently is investigating.

Yet the funny thing about kompromat — a Russian term for compromising information — is that often it is true. Indeed, it is most damaging and most useful when it is true; otherwise, you deny the allegations and expose the lie. Hunter Biden has yet to deny these were his laptop, his emails, his images. If thousands of emails and images were fabricated, then serious crimes were committed. But if the emails and images are genuine, then the Bidens appear to have lied for years as a raw influence-peddling scheme worth millions stretched from China to Ukraine to Russia. Moreover, these countries likely have had the compromising information all along while the Bidens — and the media — were denying reports of illicit activities.

Either way, this was major news.

The response of Twitter and Facebook, however, was to shut it all down. Major media companies also imposed a virtual blackout on the allegations. It didn’t matter that thousands of emails were available for review or that the Bidens did not directly address the material. It was all declared to be fake news.

The tech companies’ actions are an outrageous example of open censorship and bias. It shows how private companies effectively can become state media working for one party. This, of course, was more serious than deleting coughs, but it was based on the same excuse of “protecting” the public from distractions or distortions. Indeed, it was the realization of political and academic calls that have been building for years.

Democratic leaders from Hillary Clinton to Rep. Adam Schiff (D-Calif.) have long demanded such private censorship from social media companies, despite objections from some of us in the free speech community; Joe Biden himself demanded that those companies remove President Trump’s statements about voting fraud as fake news. Academics have lined up to support calls for censorship, too. Recently, Harvard law professor Jack Goldsmith and University of Arizona law professor Andrew Keane Woods called for Chinese-style internet censorship and declared that “in the great debate of the past two decades about freedom versus control of the network, China was largely right and the United States was largely wrong.”

It turns out traditional notions of journalism and a free press are outdated, too, and China again appears to be the model for the future. Recently, Stanford communications Professor Emeritus Ted Glasser publicly denounced the notion of objectivity in journalism as too constraining for reporters seeking “social justice.” In an interview with The Stanford Daily, Glasser insisted that journalism needed to “free itself from this notion of objectivity to develop a sense of social justice.” He said reporters must embrace the role of “activists” and that it is “hard to do that under the constraints of objectivity.” Problem solved.

Such views make Twitter and Facebook’s censorship of the Post not simply justified but commendable — regardless of whether the alleged Biden material proves to be authentic. As Twitter buckled under criticism of its actions, it shifted its rationale from combating fake news to barring hacked or stolen information. (Putting aside that the information allegedly came from a laptop, not hacking, this rule would block the public from reviewing any story based on, say, whistleblowers revealing nonpublic information, from the Pentagon Papers to Watergate. Moreover, Twitter seemingly had no qualms about publishing thousands of stories based on the same type of information about the Trump family or campaign.) Twitter now says it will allow hacked information if not posted by the hacker.

Social media companies have long enjoyed protection, under Section 230 of the federal Communications Decency Act, from liability over what users post or share. The reason is that those companies are viewed as neutral platforms, a means for people to sign up to read the views or thoughts of other people. Under Section 230, a company such as Twitter was treated as merely providing the means, not the content. Yet for Twitter to tag tweets with warnings or block tweets altogether is akin to the telephone company cutting into a line to say it doesn’t like what two callers are discussing.

Facebook and Twitter have now made the case against themselves for stripping social media companies of immunity. That would be a huge loss not only to these companies but to free speech as well. We would lose the greatest single advance in free speech via an unregulated internet.

At the same time, we are seeing a rejection of journalistic objectivity in favor of activism. The New York Times apologized for publishing a column by a conservative U.S. senator on using national guardsmen to quell rioting — yet it later published a column by a Chinese official called “Beijing’s enforcer” who is crushing protests in Hong Kong. The media spent years publishing every wacky theory of alleged Trump-Russia collusion; thousands of articles detailed allegations from the Steele dossier, which has been not only discredited but also shown to be based on material from a known Russian agent.

When the Steele dossier was revealed, many of us agreed on the need to investigate because, even if it was the work of foreign intelligence, the underlying kompromat could be true. Today, in contrast, the media is not only dismissing the need to investigate the Biden emails, but ABC News’s George Stephanopoulos didn’t ask Biden about the allegations during a two-hour town hall event on Thursday.

This leaves us with a Zen-like question: If social media giants prevent the sharing of a scandal and the media refuses to cover it, did a scandal ever occur? After all, an allegation is a scandal only if it is damaging. No coverage, no damage, no scandal. Just deleted coughs lost in the ether of a controlled media and internet.

Jonathan Turley is the Shapiro Professor of Public Interest Law at George Washington University. You can find his updates online @JonathanTurley.

Voir encore:

Google whistleblower says the company IS politically biased and says bosses’ claims that they are neutral are ‘ridiculous’ as he warns ‘algorithms don’t write themselves’

  • Greg Coppola, who says he has worked for Google for five years, spoke to Project Veritas 
  • Coppola has worked for Google since 2014 and he says it was fine until the 2016 presidential election when the site turned against Trump  
  • He says he ‘just knows how algorithms are’ and said it was ‘ridiculous’ to suggest that Google is unbiased
  • He says there are people whose jobs are dedicated to promoting certain sites 
  • Coppola works on Google Assistant which he insists has no bias 
  • He however wanted to speak out, he said, after listening to his company deny that it influences what people see 
  • He said it had made his job less ‘fun’ because he does not ‘buy’ that it’s unbiased  

A Google whistle blower has spoken out to expose the company’s ‘biased’ algorithms and insist that it is politically motivated despite bosses’ repeated claims that it is neutral.

Greg Coppola spoke to Project Veritas to share his views and said that while he ‘respects’ his manager, Google CEO Sundar Pichai, his comments on bias are inaccurate.

He claims to be based in New York and says he has worked for Google since 2014.

Coppola said that there were a ‘small number’ of people whose jobs were dedicated to promoting certain news sites over others and that the bias is left-leaning, favoring CNN and The New York Times.

‘A small number of people do work on making sure that certain new sites are promoted.  And in fact, I think it would only take a couple out of an organization of 100,000, you know, to make sure that the product is a certain way,’ he said.

Coppola added: ‘I think it’s, you know, ridiculous to say that there’s no bias.

‘I think everyone who supports anything other than the Democrats, anyone who’s pro-Trump or in any way deviates from what CNN and the New York Times are pushing, notices how bad it is,’ he said.

‘I’m very concerned to see big tech and big media merge basically with a political party, with the Democrat party. I know how algorithms are.

‘They don’t write themselves. We write them to do what we want them to do,’ he said.

‘I look at search and I look at Google News and I see what it’s doing and I see Google executives go to Congress and say that it’s not manipulated. It’s not political. And I’m just so sure that’s not true,’ he said.

‘We are seeing tech use its power to manipulate people…. it’s time to decide – do we run the tech or does the tech run us?

 ‘We are seeing tech use its power to manipulate people…. it’s time to decide – do we run the tech or does the tech run us?’

‘Are we going to just let the biggest tech companies decide who wins every election from now on?’ he said.

Though he works on Google Assistant – which he insists truly does not have a bias – he said he ‘just knows’ how the algorithms work.

For the last 10 years, he said, the company operated on a fairly unbiased basis however that has changed recently.

‘I started in 2014. 2014 was an amazing time to be at Google. We didn’t talk about politics. No one talked about politics.

‘You know, it was just a chance to work with the best computer scientists in the world, the best facilities, the best computers and free food.

‘I think as the election started to ramp up, the angle that the Democrats and the media took was that anyone who liked Donald Trump was a racist…

‘And that got picked up everywhere. I mean, every tech company, everybody in New York, everybody in the field of computer science basically believed that.

‘I think we had a long period, of ten years, let’s say, where we had search and social media that didn’t have a political bias and we kind of got used to the idea that the top search results at Google is probably the answer.’

He said what was worrying, given the company’s history for being unbiased, was that now people had come to trust what it pushes to the top of its search results as the most likely to be true.

‘And Robert Epstein who testified before Congress last week, um, looked into it and showed that, you know, the vast majority of people think that if something is higher rated on Google Search than another story, that it would be more important and more correct.

‘And you know, we haven’t had time to absorb the fact that tech might have an agenda.

‘I mean, it’s something that we’re only starting to talk about now,’ he said.

Coppola’s credentials could not be immediately verified by DailyMail.com.

He claims to have started working for Google as an engineer in 2014.

His LinkedIn page says he worked before that for Business Objects, in Vancouver.

He studied in the UK in London and Edinburgh, it says.

Google has come under intense scrutiny in recent months over its algorithms and how they select what people see.

CEO Sundar Pichai has been questioned by members of Congress over the company’s systems and insisted that despite what critics say, it does not promote left-leaning, Democratic news over that of more Conservative outlets or merely outlets it does not rate.

In December, he painstakingly testified before Congress that the algorithms were driven by the popularity of things on the internet and not engineers or employees’s personal beliefs.

The company is under a magnifying glass, along with other tech giants, and is facing an antitrust investigation which will examine whether they have too much power.


Décapitation de Conflans: Après la Révolution, l’immigration permanente dévore ses propres enfants ! (When immigration like Saturn devours its own children)

19 octobre, 2020

RD0657139: February 2008EM youth bulge: a demographic dividend or time bomb? | Financial TimesImage
Image
Image

Le facteur clé, c’est la démographie. En règle générale, les êtres humains qui se mettent à en tuer d’autres sont en gros des mâles âgés de 16 à 30 ans. [et] dans les années 1960, 1970 et 1980, le monde musulman a connu un fort taux de natalité, d’où un fort surplus de jeunes. Samuel Huntington (2001)
Comment voulez-vous intégrer des enfants dans ma commune puisqu’ils sont 95% alors que les Français sont 5% ? Pierre Bernard (maire de Montfermeil, 1989)
En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Georges Marchais (6 janvier 1981)
Nous pensons que tous les travailleurs sont frères, indépendamment du pays où ils sont nés (…) » Mais « dans la crise actuelle, elle [l’immigration] constitue pour les patrons et le gouvernement un moyen d’aggraver le chômage, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la répression contre tous les travailleurs, aussi bien immigrés que français. C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage.
Georges Marchais
Il faut résoudre d’importants problèmes posés dans la vie locale française par l’immigration […] se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […], la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d’ouvriers et d’employés. L’enseignement est incapable de faire face… Georges Marchais (lettre au recteur de la Mosquée de Paris, 7 juin 1981)
Quand madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 70 – parce que c’est ça en réalité, en pensant qu’on peut fermer les frontières, qu’on peut nationaliser les industries, qu’on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans qu’il y ait de risques. Quand elle parle comme le Parti communiste, ça parle dans cette région-là [le Nord- Pas-de-Calais, ndlr] parce que ça a été, encore aujourd’hui, une région influencée par le Parti communiste. (…) Sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu’on chasse les étrangers, qu’on fasse la chasse aux pauvres… Il avait des valeurs.. (…) Marine Le Pen parle comme le Parti communiste des années 70 « avec les mêmes références que son propre père quand il s’agit de montrer que c’est l’étranger, que c’est l’Europe, que c’est le monde ». François Hollande (19.04.2015)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Nous accueillons déjà une centaine de mineurs non accompagnés par jour en moyenne depuis le 1er janvier, ce qui laisse à penser que les nouveaux entrants seront, pour la seule année 2020, environ 40.000. À ce stade, les 40.000 mineurs non accompagnés dont s’occupent les départements coûtent déjà 2 milliards d’euros par an. À raison de 50.000 euros de prise en charge annuelle par enfant en moyenne, je vous laisse imaginer le poids pour les finances publiques quand, à la fin de l’année, le stock de dossiers validés avoisinera les 60.000. C’est une charge beaucoup trop lourde pour de nombreux exécutifs départementaux, d’autant que cette situation relève de choix de politique migratoire qui incombent essentiellement au gouvernement. Directeur à l’Association des Départements de France
Parmi les moments terribles qu’a connus le procès encore en cours, je retiendrai deux instants forts, l’un concernant Charlie, l’autre concernant l’hyper qui nous laisse entrevoir à travers le témoignage de deux victimes le pourquoi de la tragédie française. Le journaliste de Charlie hebdo, Fabrice Nicolino, l’a expliqué sans faux-semblants. (…) À la barre, le journaliste ne craint pas de mettre en cause le pape de l’islamo-gauchisme Edwy Plenel: «Plenel ose écrire que Charlie mène une guerre aux musulmans. Il faut savoir ce qu’on écrit, si vraiment Charlie mène une guerre, alors tout est permis en retour! Comment un homme comme lui a mené une infamie pareille». La France est «malade» de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont mentis à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui «refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher». La France est «malade» de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont mentis à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui «refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher». Pour Fabrice Nicolino ces gens-là ont «préparé» le terrain du terreau terroriste. (…) Le second témoignage édifiant a été rapporté par la jeune caissière de l’Hyper Casher Zarie Sibony. Amedy Coulibaly s’adresse ainsi à elle: «vous êtes juifs et français, les deux choses que je déteste le plus». Rapprochez les témoignages et vous comprendrez la responsabilité islamo-gauchiste anti-occidentale, anti- française, antisémite et antisioniste dans la fabrication de la haine en milieu immigrée islamique. Les journalistes de Charlie hebdo luttaient contre l’islam radical, ils étaient aussi français. Les clients de l’Hyper mangeaient casher, ils étaient tout aussi français. Si vous pensez que les grands massacres ont calmé l’islamo-gauchisme français, vous vous trompez lourdement. Celui-ci s’est enrichi de la névrose américaine. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le français, le chrétien, le juif qui est détesté, c’est aussi, mais de manière cette fois construite et assumée le blanc, raciste systématique. Il paye tous les jours comptant dans les banlieues comme dans les cités périphériques, à coups de couteau reçus. Cela s’appelle pourtant la violence gratuite. Le dernier drame de la tragédie française est survenu vendredi, on l’a dit. Son auteur est donc ce très jeune migrant islamiste, fanatisé et isolé. Il faisait partie il y a quelques semaines encore de cette cohorte grandissante de mineurs supposés, évalués aujourd’hui à 40 000 individus qui causeraient 60 % des crimes et délits en région parisienne. Sur les réseaux sociaux populaires, la chose est dite, mais la plupart du temps, hors drame où les plumes se délient, les médias convenus n’interviennent que pour stigmatiser la France de ne pas savoir traiter convenablement ces gens qu’elle n’a pas invités et dont elle ne sait que faire. Bien entendu, des ONG politisées et que ne renieraient pas les organisations islamo-gauchistes sauce Mélenchon font tout pour que le drame ne cesse. Quant à l’Europe, elle qui hier encore chantait béatement l’air immigrationniste du pacte de Marrakech (ce traité onusien qui rappelez-vous n’existait que dans l’esprit complotiste de la fâcheuse sphère) la voilà qui reconnaît la nécessité de tenter de résister à ce qu’elle ne peut faire autrement que décrire que comme une invasion difficilement résistible. Gageons sans grand risque que derrière les slogans elle demeurera impuissante. Seuls les États-nations le peuvent, encore faut-il que leur gouvernement le veulent, sans craindre de déplaire à l’église cathodique universaliste. La tragédie française, celle de son peuple détesté, à la voix étouffée et à la volonté méprisée, continue. Gilles William Goldnadel (28.09.2020)
Pour rien au monde, je n’aurais mis un bout de mon pied place de la République. Je ne supporte plus le symbolique. République, mot galvaudé, transformé en mantra que l’on utilise en gargarismes. Pour ne pas dire État et encore moins nation. Je ne supporte plus la vue des bougies et le bruit des incantations. Vingt ans à prendre des coups par les petits marquis de la gauche morale sentencieuse qui aurait encore l’indécence de vouloir prendre en charge l’organisation d’une manifestation dont elle a effectivement une grande part de responsabilité morale dans sa survenance. Vous auriez voulu que je marche à côté des cadres sans militants de SOS-Racisme qui auront passé leur temps à traiter de racistes ceux qui il y a dix ans alertaient des dangers de l’islam politique ou radical? Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval qui, il y a encore peu, considéraient comme haineux ou injurieux d’évoquer l’antisémitisme islamique et qui ont vainement traîné devant les tribunaux mon ami Georges Bensoussan. C’était évidemment avant les grands massacres. Vous auriez voulu que je me commette avec l’UNEF qui organise des camps racisés? Avec la LDH qui n’avait d’yeux que pour Ramadan et les jeunes filles voilées? Vous auriez voulu sans doute que je défile derrière ces syndicats d’enseignants qui il y a encore peu niaient la difficulté d’enseigner dans les classes la Shoah. Vous avez oublié sans doute qu’il n’y a pas 20 ans certains d’eux expliquaient doctement qu’il ne fallait pas prendre au pied de la lettre les enfants qui en traitaient d’autres de «juifs». À moins que vous ayez imaginé que je puisse faire un petit bout de chemin, au nom de l’union nationale, avec à ma gauche M. Coquerel et Mme Obono. Le premier qui, il n’y a pas encore longtemps, accompagnait une centaine de sans-papiers occuper la basilique Saint-Denis dont il ignorait sans doute qui elle abrite. La seconde qui décernait hier encore des brevets d’antiracisme à la très antisémite Bouteldja, mutique avec ses indigénistes depuis vendredi soir. J’aurais pu également aller bras dessus- bras dessous avec leur lider maximo ou avec la sénatrice Benbassa. Ils m’auraient raconté , yeux embués, l’ambiance qu’il y avait à la grande manifestation constellée d’étoiles jaunes contre cette redoutable islamophobie qui ensanglante la France. Cet évènement organisé par le sieur Majid Messaoudene, élu de Seine-Saint-Denis, boute-en-train irrésistible lorsqu’il s’agit de blaguer sur les massacres de Mohamed Merah. Mais désolé, je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer. Seulement m’intéressent les actes, et les incantations du type «ils ne passeront pas!», puisées au demeurant inconsciemment dans la geste révolutionnaire marxiste, servent de faux-semblants. Je constate que le dernier angle mort d’une vision du réel qui s’améliore même du côté de chez les myopes demeure la mise en cause de l’immigration illégale, massive et donc invasive. Une réalité tellement éclatante qu’elle en est aveuglante. En quinze jours, un migrant pakistanais et un migrant tchétchène qui n’auraient pas dû se trouver sur le territoire national, l’un avec un hachoir, l’autre avec un couteau à décapiter une tête bien faite, ont voulu venger leur prophète. Fort peu de responsables politiques et médiatiques ont osé incriminer la réalité de la dangerosité de l’immigration islamique massive et illégale. Non pas évidemment que tous les migrants musulmans soient dangereux. Il s’en faut de beaucoup. Mais compte tenu de la dangerosité statistique d’une partie de ceux déjà installés sur le territoire français et qui fait que les services de renseignements antiterroristes sont d’ores et déjà saturés, toute arrivée nouvelle accroît le danger déjà infernal. Le fait que la France officielle demeure hermétique à ce raisonnement purement arithmétique, exclusif de tout essentialisme, prouve à quel point cette fermeture psychologique au réel est de nature suicidaire. Le combat intellectuel et culturel contre l’immigration illégale imposée de force au peuple français est un combat existentiel. Tout le reste n’est que bruit, esquive, hypocrisie, frime et jactance. Vous verrez que dans quinze jours, quand le nom de Paty commencera à être moins sur les lèvres françaises, que cet homme courageux reposera dedans la terre froide, il se trouvera de belles âmes ou des forts en gueule qui nous expliqueront avec hauteur que nous sommes abusés par nos sens, que l’immigration est une aubaine pour la France et que celle-ci n’est pas un coupe-gorge. Pardonne-leur Samuel de leur lâche bêtise, mais moi je ne marche plus. Pierre William Goldnadel
Democratic nominee Joe Biden is attracting more support than Hillary Clinton did among white voters as a whole — especially white women, older white voters and those without a four-year college degree — which has helped him build a substantial lead of around 10 points, according to FiveThirtyEight’s national polling average. However, Trump is performing slightly better than last time among college-educated white voters, and he has gained among voters of color, especially Hispanic voters and younger Black voters. FiveThirtyEight
La police française abat un homme après une attaque mortelle au couteau dans la rue New York Times
Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c’est Mariam que vous avez devant vous. J’ai fait de la détention une retraite spirituelle. Sophie Pétronin
Il faut avoir le courage de se regarder en face pour comprendre le chemin que prend la France et la perception que certaines minorités peuvent avoir de la situation. Certes, le procès d’un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux, créer transitoirement des troubles à l’ordre publique et attiser certaines tensions. Mais on ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à la barbarie policière sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française. Ce jeune de 18 ans n’est, au moment précis de sa mort, qu’un suspect armé d’un jouet et d’un canif. Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve — depuis plus 30 ans — en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde. Mediapart
Arnaud Beltrame n’est pas « victime de son héroïsme » mais du terrorisme et des impies qui se prennent pour Dieu. Les auteurs de cette expression, qui célèbre la victime en cachant le bourreau, sont soit des lâches, soit des fourbes, soit des imbéciles, soit des socialistes. Raphaël Enthoven
A l’évidence, Oussama Ben Laden veut provoquer un choc des civilisations entre l’Islam et l’Occident. La priorité pour notre gouvernement est d’empêcher que le conflit n’évolue ainsi. Mais le danger existe bel et bien. L’administration Bush a agi exactement comme il le fallait en s’efforçant de rassembler derrière elle les gouvernements et les peuples musulmans. Aux Etats-Unis même, beaucoup font pression pour que l’on s’attaque à d’autres groupes terroristes et aux Etats qui les soutiennent. Ce qui, à mon sens, pourrait transformer cette crise en un choc des civilisations. (…) Les gens impliqués dans les mouvements fondamentalistes, qu’ils soient islamiques ou autres, sont souvent d’un haut niveau de formation. Bien sûr, la plupart ne deviennent pas des terroristes. Mais ce sont des jeunes gens intelligents, ambitieux, qui veulent profiter de leur éducation dans une économie moderne et développée, et ils finissent par être exaspérés par le chômage et par le manque de possibilités qu’offre la société. Ils sont victimes de pressions contraires, entre les forces de la mondialisation et ce qu’ils considèrent comme l’impérialisme et la domination culturelle de l’Occident. Visiblement, ils sont attirés par la culture occidentale en même temps qu’elle les rebute. (…) Si vous étudiez les frontières du monde musulman, vous vous apercevez qu’il y a toute une série de conflits localisés impliquant musulmans et non-musulmans : la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la région du Caucase, la Tchétchénie, le Tadjikistan, le Cachemire, l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, le nord de l’Afrique, le conflit israélo-palestinien. Les musulmans affrontent également d’autres musulmans, bien plus d’ailleurs que ne s’affrontent les représentants d’autres civilisations. (…) Je ne pense pas que l’islam soit plus violent qu’une autre religion, et je me demande si, au bout du compte, les chrétiens n’ont pas massacré plus de gens au fil des siècles que les musulmans. Mais le facteur clé, c’est la démographie. En règle générale, les êtres humains qui se mettent à en tuer d’autres sont en gros des mâles âgés de 16 à 30 ans. Dans les années 1960, 1970 et 1980, le monde musulman a connu un fort taux de natalité, d’où l’importance de la population jeune. Cette importance va décroître. Le taux de natalité des musulmans est en baisse. En fait, il a accusé une baisse considérable dans certains pays. A l’origine, l’islam s’est effectivement répandu par l’épée, mais je ne crois pas que la violence soit inhérente à la théologie islamique. Comme toutes les grandes religions, on peut interpréter l’islam de diverses façons. Les gens comme Ben Laden peuvent se servir d’éléments du Coran comme d’autant de commandements appelant à tuer les infidèles. Mais les papes ont fait exactement la même chose quand ils ont lancé les croisades. (…) [faire plus pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme au Moyen-Orient] est certes souhaitable, mais aussi difficile. Le monde musulman a naturellement tendance à résister à tout ce qui est occidental, ce qui est compréhensible si l’on tient compte de la longue tradition historique des conflits entre l’Islam et la civilisation occidentale. A l’évidence, il y a dans la plupart des sociétés musulmanes des groupes qui penchent en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, et nous devrions selon moi les soutenir. Mais c’est là que nous nous heurtons à un paradoxe : beaucoup des groupes qui protestent contre la répression au sein de ces sociétés sont également fondamentalistes et antiaméricains. Nous l’avons vu en Algérie. La défense de la démocratie et des droits de l’homme est un objectif essentiel pour les Etats-Unis, mais nous avons aussi d’autres intérêts. Le président Carter était totalement engagé dans la défense des droits de l’homme et, quand j’ai fait partie de son Conseil de sécurité nationale, nous avons eu d’innombrables débats à ce sujet. Mais, autant que je m’en souvienne, personne n’a jamais évoqué l’idée de favoriser les droits de l’homme en Arabie Saoudite, et ce pour une raison des plus évidentes. (…) La Russie se tourne vers l’Occident dans les circonstances actuelles pour des raisons pragmatiques. Les Russes ont le sentiment d’être gravement menacés par le terrorisme et estiment qu’il est de leur intérêt de s’aligner sur l’Occident et d’acquérir un certain crédit auprès des Etats-Unis, dans l’espoir que nous freinions notre désir d’expansion de l’OTAN dans les Etats baltes et notre programme de défense antimissile. C’est une coïncidence d’intérêts, mais je ne crois pas qu’il faille y voir un réalignement majeur. Je pense néanmoins que les Russes s’inquiètent de l’ascension de la Chine, ce qui les poussera vers l’Ouest. (…) Les musulmans se battent contre les Occidentaux, les orthodoxes, les juifs, les hindouistes, les bouddhistes. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a un milliard de musulmans dans le monde, qui s’étendent sur tout l’hémisphère Est, depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’à l’est de l’Indonésie, et ils sont en interaction avec des dizaines de populations différentes. On peut par conséquent en déduire qu’ils ont davantage de possibilités d’entrer en conflit avec d’autres. (…)  La partie essentielle que je consacre à l’Islam dans mon livre est intitulée Conscience sans cohésion, et j’y aborde les divisions du monde islamique, les conflits entre musulmans. Même dans la crise que nous traversons, ils sont divisés. Ce milliard d’êtres humains constitue une foule de sous-cultures, de tribus. Il n’y a pas de civilisation moins unie que celle de l’Islam. Ce problème, Henry Kissinger l’a exprimé il y a trente ans à propos de l’Europe : “Si je veux appeler l’Europe, quel numéro dois-je composer ?” Si on veut appeler le monde musulman, quel numéro doit-on composer ? Si l’Islam pose des problèmes, c’est du fait de son manque de cohésion. S’il existait un pouvoir dominant au sein du monde musulman, on pourrait traiter avec lui. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à une compétition entre les différents groupes islamiques. Samuel Huntington (2001)
L’erreur était que personne n’a fait attention à l’explosion de la population palestinienne. La population palestinienne a été multipliée par presque 6 dans les 50 dernières années. (…) au Liban, en Tunisie et en Algérie une femme a moins de deux enfants en moyenne. même si le Hamas devrait décider de tout signer tout, leurs jeunes hommes vont déchirer ces accords en morceaux. (…) La Palestine est un cas particulier. Ils n’ont jamais eu aucune chance de développement parce qu’ils ont toujours été sous soutien international. Gunnar Heinsohn
Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir. (…) Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront. (…) Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. (…) Par contre, au Canada, où je passe une partie de l’année depuis vingt ans, on trouve une politique complètement différente. Ils disent : notre politique d’immigration se fait sur une base simple. Tout nouveau Canadien, né ici ou venu de l’étranger, doit être plus doué que ceux qui l’ont précédé ; parce que seule l’innovation nous permettra de conserver notre position dans la compétition mondiale. Je veux donc que mon fils soit plus intelligent que moi. Et croyez-le ou non : 98% des immigrants canadiens ont de meilleures qualifications professionnelles que la moyenne des Canadiens. En Allemagne et en France, le chiffre est de 10%. Là où nous jouons la quantité, ils jouent la qualité. (…) Et pourquoi ? En Allemagne, parce que les gens avaient peur d’être traités de racistes ; et il semblerait que tous les pays européens souffrent de cette peur de faire des choix. (…) Il n’est pas étonnant que de jeunes gens travailleurs et motivés, de France et d’Allemagne, choisissent d’émigrer. Ainsi, ils n’ont pas seulement à subvenir aux besoins de leur propre population vieillissante. Sur 100 jeunes de 20 ans, les 70 Français et Allemands doivent soutenir aussi 30 immigrants de leur âge ainsi que leur progéniture. Cela est la cause de découragement dans la population locale, en particulier en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Alors, ils s’enfuient. (…) Le monde anglo-saxon a besoin de 50 millions d’immigrants qualifiés dans les 30-40 ans à venir, les jeunes gens qualifiés d’Europe occidentale seront donc incités à s’y installer au lieu de rester et de se battre. (…) La Californie, qui a fait demi-tour dans les années 1990, ce qui signifie que même la population blanche – à l’exception des Latinos, qui ont un taux de fertilité plus élevé – a pu passer de 1,3 à 1,8 enfant par femme. Ce n’est pas encore le taux de remplacement des générations, mais c’est néanmoins un changement notable. Et c’est énorme parce que la Californie est la région la plus avancée du monde. Vers la fin des années 1980, on pronostiquait que le taux de fertilité continuerait de baisser, mais au début des années 1990 de nouvelles études ont montré que les femmes ne voulaient plus se contenter de leur travail, et peu de temps après on a vu le taux de fertilité progresser. (…) En Europe, on a balayé ça du revers de la main, en l’expliquant par le fait que les Américains sont « tellement conservateurs », mais ce n’est pas vrai en Californie, qui de bien des façons a été la pionnière de l’Occident. Cependant, je ne vois rien de similaire en Europe. Bien sûr, la France a deux enfants par femme, mais sur cinq nouveaux-nés, deux sont déjà arabes ou africains. En Allemagne, 35% de tous les nouveaux-nés sont déjà d’origine non allemande, et les non-Allemands y commettent près de 90% des crimes violents. Comme je l’ai déjà dit – les mères sont payées pour mettre des enfants au monde, ainsi que leurs filles, et les hommes se mettent à la criminalité. Gunnar Heinsohn
Pour Amélie Blom, l’attaque récente relève d' »une forme de violence très différente du terrorisme jihadiste, que ce soit d’Al-Qaïda ou de l’Etat islamique ». La politiste n’y voit pas une « volonté de terroriser la population pour atteindre le gouvernement français ». Il s’agit plutôt, selon elle, « d’une volonté personnelle de faire justice soi-même et de punir au nom de convictions morales ou idéologiques », sans injonction, a priori, d’une organisation quelconque. La démarche relèverait « d’une sorte de vigilantisme que l’on pourrait comparer aux assassinats de médecins pratiquant l’IVG par des militants ultraconservateurs aux Etats-Unis, par exemple ».  « Cela n’a rien à voir avec Al-Qaïda ou les talibans, acquiesce Paul Rollier. Il ne faut pas voir derrière la Dawat-e-Islami une organisation cohérente qui aurait un agenda islamiste. » Selon cet anthropologue, l’agression de vendredi était sans doute « un acte adressé avant tout à une audience pakistanaise, et plus particulièrement à la province du Pendjab, dont la culture populaire considère le fait de venger l’honneur du prophète comme un acte héroïque ». Le chercheur avance l’hypothèse qu’un tel geste pourrait représenter une tentative pour l’assaillant de « retrouver une certaine dignité auprès de sa famille, peut-être après une émigration en France jugée décevante ». Contacté par l’AFP, un homme présenté comme le père du suspect s’est dit « très fier » de l’acte de son fils. Dans un entretien à un média local (vidéo en ourdou), il a appelé, en larmes, le gouvernement pakistanais à rapatrier son fils, qui a, selon lui, « rendu service à la cause de l’islam ». Franceinfo
[Le profil du terroriste] n’est pas le plus fréquent en effet, d’autant que les Tchétchènes sont plutôt sur des actions communautaires qu’individualistes. On a eu, ces dernières années, les frères Tsarnaïev au marathon de Boston en 2013, la prise d’otages du Théâtre de Moscou en 2002 et de l’école de Beslan en 2004, qui a fait 333 morts. Les filières tchétchènes jugées en France en 2006 avaient des projets d’attentat en groupe. Là, c’est un désoeuvré qui a voulu incarner la nécessité de défendre idéologiquement le prophète. Il est alors sous une double emprise : sa fidélité vis-à-vis de l’islam et sa loyauté aux musulmans fondamentalistes. Les ressortissants tchétchènes, prisonniers de leur image de guerriers absolutistes, se sentent dans l’obligation d’être des combattants. On l’a vu lors de l’immense rassemblement à Dijon, ils avaient dit aux forces de l’ordre de ne pas venir. Les plus fragiles sont dans la tranche d’âge 18-25 ans. Eux ont tout à prouver. Jeunes, ils sont protégés par le groupe. Lorsqu’arrive l’émancipation, ils sentent une obligation de se montrer à la hauteur. Même quand on est mince, pas costaud, il est difficile de se dissocier de cette ultraviolence véhiculée par toutes les filmographies, des Tchétchènes guerriers et absolutistes, n’ayant peur de rien. (…) Il est fier d’être un combattant. Jusque-là, il n’était connu que pour des faits de petite délinquance. C’est en somme un suiveur qui devient leader. Et il est dans une démarche mortifère : il s’en va affronter les forces de l’ordre en leur tirant dessus avec un pistolet d’Airsoft. Il se jette sur eux, poignard à la main, sachant très bien qu’il va mourir. Il est dans une impasse cognitive, il n’y a pas d’autre issue que la mort. C’est un « suicide by cop » (suicide par la police, NDLR). Quand j’étais commandant et patron des négociateurs au Raid, j’ai vu plusieurs de ces individus venir affronter l’unité d’intervention, pour se faire tuer. Ils savent que tout est perdu. La mission de tuer est supérieure à sa propre vie. (…) Il a tout sur lui pour aller au bout de son acte, même de quoi provoquer la police. Son arme d’Airsoft n’allait pas l’aider à tuer le professeur. L’impréparation est totale, mais la préméditation est indiscutable. (…) Le couteau de 35 cm fait partie de l’arsenal imaginaire et fantasmatique du personnage. C’est le sabre de Saladin. Il n’avait pas besoin de ça, il faut juste un couteau tranchant pour procéder à une décollation. Peut-être s’est-il motivé en allant voir des vidéos de décapitation de Daesh qui abondent sur le Dark Net. Ce mode opératoire est le meilleur moyen d’effrayer le monde. Quelle image laisse-t-il ? Celle d’un acte horrible, celle de la justice de l’Etat islamique dans son califat, d’une justice moyen-âgeuse. On tranche la tête, on sort l’âme du corps : pour arriver à une telle transgression des freins moraux, il faut déshumaniser sa cible. Dès lors que l’Autre n’est plus humain, il est permis de faire n’importe quoi. Nous, nous avons des freins moraux, mais ce garçon se dit qu’il ne sera pas jugé par la justice des hommes, mais divine. Seul Dieu lui dira si ce qu’il a fait est bien ou non. Dès lors qu’il prépare son acte, il n’appartient plus à la communauté des hommes, c’est fini. (…) Il a suffi que des mentors, des gens malins lui laissent entendre : « Si tu veux faire, fais ». Ces idéologues, qui se sentent une nécessité de faire du prosélytisme partout, sèment. Et à un moment donné, cela pousse quelque part. Là, ça a poussé dans la tête de ce garçon. Car le passage à l’acte seul, isolé, décorrélé de tout contact, est rare. Deux facteurs sont aggravants pour le fonctionnement psychique. Le premier, c’est la famille, qui peut tellement se révolter face à une offense faite à Dieu, que l’enfant se sent obligé d’incarner celui qui va rétablir l’ordre. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas ici. Le second, ce sont les relais immédiats, communautaires ou relationnels, pas nécessairement tchétchènes. Des islamistes influents qui, en tant que mentors, créent une obligation morale à ceux qui les écoutent. Là il est possible que ce garçon ait été révolté par ce qu’on lui racontait, des choses inexactes, partielles… En toute vraisemblance, Anzorov, qui utilisait Twitter, a en effet visionné des vidéos relayées en ligne, qui ont popularisé la polémique liée à la diffusion des caricatures du prophète, au collège de Bois-d’Aulne. Celle du parent d’élève Brahim C., suivie de celles du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui qui parle d’un professeur « voyou » dont il réclame la « suspension immédiate » parce qu’il aurait « agressé, humilié devant leurs camarades » des « enfants de 12-13 ans, musulmans »… Il a pu se radicaliser tout seul par le visionnage de ces vidéos — celles-ci et d’autres — mais indiscutablement, cette polémique, lancée par Sefrioui, a forcément eu un impact. A partir du moment où on un mentor se positionne, qu’il paraît sincère, l’offense se partage émotionnellement. Pour certains membres de communautés étrangères, qui ne sont pas dans les repères de la communauté nationale classique, offenser Dieu paraît inepte, incompréhensible. Le logiciel est binaire : gentils d’un côté, méchants de l’autre. Il y a les respectueux et les offenseurs, ce qui permet de donner du sens à cette situation. Dans leur concept moral, la laïcité n’existe pas… Christophe Caupenne (ancien négociateur du Raid)
Rien n’est jamais inéluctable. Mais nous sommes en train de perdre la bataille contre l’islamisme. Dans un premier temps, j’ai été sidéré, puis la révolte a succédé à la sidération. J’ai entendu le président de la République parler d’un acte terroriste. Ce terme-là ne définit pas la réalité de cette décapitation, de cette barbarie. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une volonté d’appliquer la charia sur le sol français. C’est un acte de violence mais c’est aussi un acte qui a un sens : la terre de France doit se soumettre. Et c’est la mort pour ceux touchent au prophète ou au dogme. Quant à ceux qui prétendent que c’était inéluctable, ils oublient que l’alerte avait été donnée depuis des jours. Qu’a fait l’institution, l’Éducation nationale, pour protéger ce professeur ? (…) Souvenez-vous de l’attentat dans le cœur du cœur du service anti-terroriste de la préfecture de police de Paris. Il y a eu deux enquêtes administratives. Avez-vous eu connaissance de sanctions ? Non, bien sûr ! Si nous ne l’avions pas encore compris, nous sommes confrontés à un combat global. Bien sûr, nos services ont fait d’énormes progrès. Mais nous perdons la bataille par lâcheté, par renoncement. Il y a des espaces physiques, des enclaves territoriales dans lesquelles l’islam politique peut soumettre les esprits et les territoires à la loi religieuse qui, dans ces endroits, est supérieure à la loi civile. Il y a aussi une colonisation intellectuelle, par exemple le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui utilise le concept d’islamophobie pour faire avancer la cause islamique sous couvert de défense des libertés. Et nous, nous ne luttons pas ! Nous ne nous rendons pas compte qu’aujourd’hui, si ce professeur n’a pas bénéficié d’une protection malgré les alertes, c’est parce que nous avons préféré le silence. Le même silence qu’à la préfecture de police de Paris. Ces silences coupables sont des silences criminels. (…) Le problème ne date pas de ce quinquennat. Mais la faute politique personnelle d’Emmanuel Macron est de ne pas avoir mis tout de suite la priorité sur la lutte contre l’islam politique. Pourtant, il avait été secrétaire général adjoint de l’Elysée, et ministre : il savait ! Par ailleurs, du discours aux actes, il y a encore beaucoup de chemin à franchir. Il semble vouloir faire, mais je crains qu’il fasse semblant. Les mesures qu’il envisage sont des demi-mesures : il n’a pas prévu de traiter la question de l’immigration. Or, c’est un angle mort qui devient un angle mortel. Quand un jeune Pakistanais, soi-disant mineur non accompagné, s’en prend à deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, c’est la question de l’immigration qui est posée. Ici, on a affaire à un jeune Russe qui a un statut de réfugié, c’est encore une question d’immigration. Souvenez-vous de ce qu’avait dit Emmanuel Macron au lendemain des rixes des deux bandes à Dijon : il nous avait promis des expulsions. Pouvez-vous me dire combien il y a eu d’expulsions ? Zéro ! Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! Dans nos quartiers, dans nos institutions, et même dans nos bureaux de vote avec des listes communautaires. Le président de la République grimpe sur une ligne Maginot qui a déjà été enfoncée. Il peut faire les meilleurs discours du monde, mais les mots sans les actes, c’est le mensonge, c’est la faiblesse.(…) Il y a trois niveaux de lutte, trois combats simultanés à mener. Le premier, c’est l’éradication djihadiste. Il faut commencer par refuser les revenants sur le sol français. Ceux qui sont en Irak ou en Syrie doivent rester en Irak ou en Syrie. Et s’il y a des binationaux, on doit les déchoir de la nationalité française. Il faut aussi se pencher sur les prisonniers qui sont en France. Plus de 150 coupables, condamnés pour des faits en relation avec le terrorisme, vont être libérés. Le Sénat avait formulé une proposition pour prolonger les mesures de sécurité, de rétention. Le Conseil constitutionnel a censuré ce texte. C’est un scandale : neuf juges n’ont pas le droit désarmer un peuple. Sur ces questions-là, lorsque la sécurité même des Français est engagée, nous devons recourir au référendum. (…) pour que par exemple les mesures de sureté qui s’appliquent aux délinquants sexuels s’appliquent aussi aux djihadistes. (…) L’erreur à ne pas faire est de raisonner cas par cas. Vous avez un combat qui est global. C’est bien pour cela que j’ai parlé aussi d’immigration. Il faut accueillir moins et expulser plus. Quelqu’un qui est accueilli sur notre territoire et ne respecte pas nos lois doit être expulsé automatiquement, avec sa famille. Il faut remettre à plat le droit des étrangers, limiter au maximum le regroupement familial. Nous sommes le seul pays d’Europe qui n’a pas revu à la hausse ses exigences en matière d’immigration. C’est ce genre de question qui devra être soumise à référendum, sinon la volonté générale sera entravée. Sinon, un jour, les Français se révolteront à ce sujet. On n’aura alors plus que nos yeux pour pleurer. (…) Il faut lutter contre les enclaves territoriales. Créer une task force pour reconquérir les quartiers les uns après les autres, avec des forces de sécurité, mais aussi des magistrats, des services douaniers. Pour organiser le retour massif de l’État pendant une période donnée sur ces territoires qui sont des territoires perdus de la République. Avec Philippe Bas, nous avons proposé d’ajouter à l’article premier de la Constitution cette phrase : « Nul individu, nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire à la règle commune. » C’est la définition de la laïcité telle qu’elle devrait s’imposer à toute personne, le pendant de la loi de 1905, pour régler un certain nombre de questions qui vont du règlement intérieur d’une association, ou d’une entreprise, mais aussi à la question des piscines, des hôpitaux… Enfin, il faut s’intéresser aux lieux de culte. Vous avez vu que la mosquée de Pantin a relayé un appel contre le professeur assassiné. Je demande que cette mosquée soit fermée, comme le permettait le régime de l’état d’urgence de façon plus aisée. Des articles de la loi de 1905 permettent de fermer des lieux de culte dès lors qu’il y a des incitations à la haine ou que l’on tient des discours politiques. Il faut également interdire le financement des mosquées dès lors que l’argent provient de pays ou de groupes qui ne reconnaissent pas la liberté de conscience. Mais le plus dur, c’est la reconquête des esprits, il faut nommer les choses, refuser le piège de l’islamophobie. Interdire le voile à l’université ou dans les sorties scolaires. Il y a un espace symbolique que la République doit réinvestir. Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre civilisation qui est attaquée dans ses fondements. Nos libertés et notre sécurité ne sont pas négociables et aucune religion n’est intouchable. Bruno Retailleau
Durant deux semaines, Samuel Paty a été l’objet d’une cabale méthodiquement ourdie, soigneusement organisée. Des militants islamistes l’ont ciblé, persécuté, calomnié. Parmi eux, un «parent d’élève», mais aussi un activiste islamiste, fiché S, membre d’un «conseil des imams de France». Les membres de cette petite bande l’ont dénoncé à sa hiérarchie. Ils l’ont signalé à la police. Ils ont jeté son nom en pâture sur les réseaux sociaux. Ils ont affiché des vidéos injurieuses sur le site internet d’une mosquée. Ils sont allés jusqu’à saisir les autorités académiques! S’ils n’ont pas armé directement la main du tueur (cela, il appartiendra à l’enquête de le dire), ces harceleurs ont indubitablement inspiré son geste. Leur acharnement criminel en dit autant sur l’époque que nous traversons que les circonstances particulièrement atroces de l’assassinat. Aujourd’hui, les fameux «loups solitaires» ne le sont jamais vraiment: ils s’enracinent dans un écosystème islamiste qui les protège et les nourrit. (…) « Ils ne passeront pas!» Ces rodomontades seraient à rire si elles n’étaient à pleurer. La triste vérité, chacun le sait, c’est que, depuis longtemps, ils sont déjà passés. L’influence islamiste pèse de tout son poids sur l’école, où l’inspecteur général Jean-Pierre Obin mesure depuis vingt ans la montée inexorable des «accommodements» concédés à cette funeste idéologie: d’après un récent sondage, 40% des enseignants (50% en ZEP) reconnaissent «s’autocensurer» sur certains sujets (on imagine aisément lesquels) face à leurs élèves pour ne pas créer d’incident. Cette influence, elle pèse (et ô combien!) sur l’université et la recherche. Elle gangrène les services publics comme les entreprises privées. Prisons, police, armée… elle n’épargne quasiment plus aucun service de l’État ni aucun secteur de la société. La vérité, c’est que les islamistes, dans notre pays, ont pignon sur rue. Ils ont, avec le CCIF, leur vitrine officielle ; ils ont aussi leurs boutiques officieuses et leurs officines clandestines. Ils ont leurs représentants légaux, leurs brillants avocats qui ont accès aux plus hautes sphères de l’administration, leurs entrepreneurs qui financent la cause, leurs activistes qui déversent la haine sur les réseaux sociaux, leurs prêcheurs qui remplissent les mosquées, leurs soldats réguliers qui noyautent les cités et leurs sicaires, désavouables à merci, qui prospèrent sur ce terreau. La vérité, c’est aussi que les islamistes peuvent compter, dans l’appareil d’État, les partis politiques et les médias, sur des compagnons de route (ou des idiots utiles) qui soutiennent efficacement la cause. C’est Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité, qui semble avoir été ainsi baptisé par antiphrase. C’est Jean-Luc Mélenchon, qui, toute honte bue, prétend aujourd’hui combattre les amis de ceux avec qui il défilait hier. C’est Edwy Plenel, dont nul n’a oublié qu’il a accusé Charlie d’avoir «déclaré la guerre aux musulmans»! Et, derrière eux, toute une nébuleuse islamo-gauchiste rompue à la rhétorique victimaire (indigénistes, décoloniaux, Unef, SOS-Racisme, LDH…) qui devine du «racisme d’État» chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, dénonce des «violences policières» chaque fois qu’il s’agit de maintenir l’ordre et hurle à l’«islamophobie» chaque fois que l’on fait mine de résister aux diktats des barbus… Que certains de ceux-là se soient retrouvés hier, place de la République ou ailleurs, avec des citoyens sincèrement révoltés par les menées islamistes est une insulte à la décence autant qu’au souvenir des victimes. Et maintenant? Et demain? Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions sournoises et ces fermetés équivoques qui nous tiennent lieu de politique depuis si longtemps? Allons-nous nous réveiller, enfin, et opposer à la guerre qui nous a été déclarée une autre guerre, impitoyable et sans merci? C’est en vérité la seule question – mais cette question est vitale – que nous devrions nous poser. (…) Il faudra aussi cesser de tourner autour du pot des fichés S: expulser les radicalisés étrangers (il semble que Gérald Darmanin veuille s’y mettre: bravo!) et interdire de tout emploi sensible (aujourd’hui ils peuvent travailler comme enseignants ou comme éducateurs!) les fichés français. Ce qui suppose là encore de passer outre l’opposition de tous ceux qui estiment qu’on ne peut rien faire au motif qu’«ils n’ont encore commis aucun crime»… Il faudra enfin se décider à aborder sans se voiler la face la question de l’immigration sans contrôle et de ses conséquences pour le pays. Un Tchétchène de 18 ans à qui la justice avait reconnu le statut de réfugié vient de décapiter un enseignant français. Quelques jours plus tôt, un jeune Pakistanais, à qui la justice – toujours elle – avait accordé la protection reconnue aux «mineurs isolés», avait perpétré une attaque au hachoir contre l’ancien immeuble de Charlie. Peut-être cette coïncidence mériterait-elle que l’on s’y arrête un instant: si la France continue d’accueillir chaque année sur son sol près d’un demi-million d’étrangers, dont la grande majorité, de confession musulmane, estime que la charia est supérieure à tout, il est peu probable que l’islamisme recule… Alexis Brézet
Je ne parle plus des « invisibles » et des « oubliés », puisqu’ils sont devenus très visibles – trop, aux yeux de certains. Un seuil a été franchi et c’est pour cela que je suis plutôt optimiste sur la suite des opérations. Une bataille culturelle a été gagnée. On peut observer l’émergence dans les médias, mais aussi dans la recherche ou dans le monde de la culture, de ces catégories dont on ne parlait absolument plus ces vingt dernières années. L’utilisation du concept de « gens ordinaires » permet d’élargir, de dépasser la seule question de la lutte des classes, même si celle-ci est encore très présente. Les gens ordinaires, c’est à peu près tout le monde. Cela suggère qu’il s’agit du groupe majoritaire. Et cette majorité de la population, on ne la découpe plus en classes sociologiques : classes moyennes supérieures, classes moyennes inférieures, classes populaires, etc. Car la bataille politique qui reste à mener est, d’abord et avant tout, une bataille de la représentation. On l’a vu avec les « gilets jaunes » et l’ensemble des derniers mouvements sociaux. Chaque fois qu’émerge politiquement ou socialement ce groupe majoritaire, on va très vite vous expliquer que, en fait, non, ce sont plutôt des marges qui s’expriment, des catégories minoritaires. Les « gens ordinaires » ont désormais émergé et, en utilisant cette expression, il s’agit de dire qu’on ne reviendra pas en arrière. (…) Vous pouvez mettre la poussière sous le tapis, nier la réalité, instrumentaliser les médias, il n’empêche : une majorité existe. Il faut donc prendre cette guerre de représentation pour ce qu’elle est : une guerre politique. La société libérale ne peut perdurer que si elle morcelle. D’où la réussite médiatique de concepts portant sur le morcellement de la société, son « archipellisation », sa complexité. Tout cela vise à imposer une seule idée : le peuple n’existe pas. Et s’il n’existe pas, alors les choses peuvent être gérées de façon segmentée, catégorielle. Ce qui ne pose en fait aucun problème au pouvoir. Mais cette stratégie n’a qu’un temps. Au Royaume-Uni, la working class était totalement invisible jusqu’au Brexit. Pourtant, ses membres, ces « déplorables » – pour reprendre le mot de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine de 2016 – ont utilisé le référendum sur le Brexit pour dire : « Nous existons. » D’un coup, la working class britannique n’est plus à la marge, en voie de disparition. Elle apparaît même plus forte que l’ancienne classe ouvrière. Elle a, de par son poids, la possibilité de renverser la table. Est-ce que Boris Johnson sera la bonne personne pour accomplir cette volonté des électeurs britanniques ? Est-ce qu’il ira jusqu’au bout ? Est-ce qu’il mettra en place une véritable politique de réindustrialisation du pays ? Toutes ces questions restent posées. Mais voilà une majorité capable, quand elle utilise de « bonnes marionnettes », de changer la donne. Idem avec les « gilets jaunes ». Certes, vous n’aviez pas toute la population française dans la rue, mais étaient là des représentants de l’ensemble des catégories modestes : des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes, des vieux, des gens issus de l’immigration. On avait la France dans toute sa diversité : des Blancs, des Noirs, des Maghrébins. Que s’est-il passé ? Majoritairement, la population s’est reconnue dans ce mouvement. Je veux bien que l’on me dise qu’à la fin ce mouvement est devenu autre chose, avec une forte récupération politique. Mais il n’empêche : pourquoi a-t-il autant inquiété nos élites ? Parce que ces dernières ont parfaitement compris que se jouait sur les ronds-points ce qu’ils cherchent à déconstruire depuis trente ans. À savoir : une réunion des catégories modestes qui, depuis toujours, portent l’économie. La période de confinement nous l’a d’ailleurs prouvé : la société repose beaucoup sur ces catégories-là. Face à ce mouvement majoritaire de facto, tout a été fait pour segmenter, morceler à nouveau. C’était le sens même de l’opération « grand débat » avec ces mille thématiques, tous les sujets étant traités les uns après les autres. (…) Des réponses à tout et pour tous, pour chaque segment de la population. Avec, en toile de fond, l’idée que les gens ne demandent que de l’argent. Logiquement, la fin de partie a été sifflée avec un chèque. Ce genre de situation est parfaitement gérable pour les libéraux. Finalement, pour eux, ce n’est pas un gros problème de faire des chèques. Car, dans leur esprit, ce qu’il faut, c’est ne surtout rien changer au système et faire perdurer l’idée que la société est morcelée, « archipellisée ». Il s’est pourtant passé quelque chose sur ces ronds-points, une vraie recomposition sociologique et politique. Les médias n’y ont vu que de la « radicalisation ». Vous savez, ce discours consistant à dire : « Ces gens-là n’écoutent pas, ils sont incapables de réaliser des diagnostics clairs. » Les journalistes interrogeaient des quidams et leur demandaient : « Quel est votre programme économique ? » Il y a là toute la perversité et toute la responsabilité des médias. (…) Pour le moment, l’idée pour le pouvoir, qu’il soit médiatique, politique ou économique, est de préserver l’essentiel. Pour eux, « jusqu’ici tout va bien », comme on dit. Sauf qu’une société n’est durable que si le modèle proposé bénéficie au plus grand nombre. Or, dans la France périphérique et dans beaucoup de territoires, précarisation sociale et désaffiliation politique vont de pair. Vous avez un lien évident entre le processus de désindustrialisation du pays et le fait que les gens n’adhèrent plus au discours politique. L’idée pour le pouvoir est donc de maintenir ce morcellement des Français car il est plus simple et préférable pour lui de gérer par segments la société plutôt que d’avoir à remettre en cause le système dans son ensemble. [Mais] bien sûr (…) si, politiquement, rien ne se passe, on va à la catastrophe. Elle sera économique, culturelle, identitaire. Il est complètement fou d’imaginer que nos représentants politiques n’aient pas comme priorité de répondre aux attentes des gens ordinaires. Cela s’appelle la démocratie. Mais, aujourd’hui, dire : « Répondez aux demandes de la majorité », c’est être immédiatement soupçonné en retour d’être contre les minorités ! En travaillant, comme je l’ai fait, dans le logement social, les quartiers dits sensibles, on se rend compte que toutes les demandes des gens ordinaires ne sont pas clivées ethniquement. En banlieue, tout le monde veut plus de sécurité. Tous : Blancs, Noirs, Maghrébins, etc. D’ailleurs, tous les « petits » – Blancs, Noirs, Maghrébins, catholiques, juifs… – ont un immense problème avec les représentants de leurs communautés respectives. Le clivage petit/gros, haut/bas marche aussi à cette échelle. Aucun ne se sent convenablement représenté. (…) Cette décélération est en train de se faire. Mais pas joyeusement. Ce que l’on voit arriver, c’est une crise sociale, qui sera évidemment plus violente dans la France périphérique que dans les grandes métropoles. Les gens ordinaires ont certes gagné la bataille culturelle, mais économiquement et socialement on est encore loin du compte. Ce qui se prépare, et qui est déjà à l’œuvre, ce sont partout des plans sociaux. Bravo, les technocrates français, d’avoir tout misé sur l’aéronautique, le tourisme, etc. ! Si Jean-Pierre Chevènement se présentait aujourd’hui, il serait élu à 60 %. Son diagnostic est absolument pertinent. Mais il est arrivé trop tôt… À un moment où tout le monde pensait que seule la classe ouvrière allait souffrir. Une classe ouvrière que la gauche avait déjà abandonnée. C’est pourquoi je commence mon livre avec la phrase de Pierre Mauroy qui constate que le mot « ouvrier » a disparu du discours des socialistes. Sauf que, après que les ouvriers ont été touchés, il y a eu les employés, puis les paysans, ensuite les indépendants, les petits retraités… C’était une fusée à plusieurs étages. De sorte que le discours de Chevènement a été perçu initialement comme une sorte d’attachement désuet à un monde industriel appartenant au passé. Tous ces gens, ce bloc qu’ils forment, iraient aujourd’hui à lui. Politiquement, il y a donc un décalage entre la prise de conscience de la population et le seul choix qui leur est proposé aujourd’hui, à savoir départager Macron et l’extrême droite… (…) [Mais] D’abord, il s’agit de ne pas sombrer dans le pessimisme. Tout est fait pour dire aux gens qu’ils ne sont rien. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période de révolution, mais dans une sorte de guérilla culturelle. C’est long, la guérilla, mais les choses progressent. Même chez ceux qui dénonçaient le concept de France périphérique et qui maintenant utilisent l’expression. Même chez un Macron : il nomme un Premier ministre dont on nous vante l’accent ! Et puis, le totalitarisme, même « adouci », n’est pas durable. Quand la masse n’y croit plus, ça ne tient pas. Et là, déjà, ça craque. Le modèle économique n’est plus durable. Il ne peut perdurer longtemps grâce à ses derniers bastions que sont les métropoles et quelques secteurs d’activité. Prenons le revenu universel : donner aux gens de l’argent pour remplir leur Caddie chez Lidl, ce n’est pas répondre à leurs aspirations. Réindustrialiser, c’est évidemment faire du protectionnisme – un gros mot. Ça prendra du temps, mais ça se fera. La question de l’Europe, c’est pareil. Les choses sont en train de s’écrouler. Plus personne n’y croit. On fait porter aux catégories populaires la défiance de l’Europe. Mais c’est faux. Ils ont joué le jeu. Comme ils ont joué le jeu de la mondialisation. On pourrait même dire qu’ils ont joué le jeu du néolibéralisme, inconsciemment. Et puis, ils font le bilan : le compte n’y est pas, ça ne marche pas. Toutes les croyances anciennes ne fonctionnent plus. On peut aller plus loin : l’instrumentalisation de l’écologie, le diversity washing, les gens voient bien que ça ne repose sur rien. On est donc à la veille d’un renversement culturel. (…) Je connais les techniques de délégitimation. J’en ai été la victime avec le concept de France périphérique. Ça non plus, ça ne fonctionne plus. Les catégories populaires ont fait confiance à leurs élites, elles ont cru aux médias. Les gens sont d’ailleurs prêts à aller vers leurs élites. Il n’y a pas intrinsèquement d’anti-intellectualisme ou d’anti-élitisme, pas de rejet a priori. Il y a juste des gens qui font le constat que les élites d’aujourd’hui n’ont plus le bien commun chevillé au corps. Christophe Guilluy
Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence. Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens. Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement. Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ? Pour casser cet engrenage dévastateur, il faut donc, dans un cadre et par des mécanismes durables, contrôler ces flux. Dans le cadre d’un Schengen consolidé et renforcé, il faut d’abord vérifier que chacun des vingt-six Etats membres, et nouveaux candidats, en particulier les Etats physiquement frontaliers, sans oublier tous les aéroports, seront capables administrativement, politiquement et géographiquement d’assumer des engagements renforcés grâce à une agence Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] mieux équipée et transformée en vraie police des frontières parfaitement connectée aux polices nationales. Le droit d’asile pour les gens en danger doit absolument être préservé. Au-delà même des préambules des Constitutions de 1946 et de 1958, il est l’âme même de l’Europe. Mais cela suppose qu’il ne soit pas détourné de son objet ; sans distinction claire d’avec les mouvements migratoires, il finira par être balayé. La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile, dont certains seront admis en tant que réfugiés, et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale. (…) Bien sûr, les critères d’attribution de l’asile dans Schengen devront être complètement harmonisés, et les demandeurs d’asile acceptés devront être beaucoup mieux accueillis et intégrés. Quant aux déboutés, ils devront être pris en charge et reconduits par Frontex en dehors de Schengen, dans leur pays d’origine où ils pourront postuler comme immigrants légaux. On ne peut pas fixer a priori de quotas de réfugiés : étant donné que le nombre des futurs demandeurs d’asile dépend des tragédies futures, il ne peut pas être plafonné artificiellement à l’avance. L’Europe devra rester généreuse, vis-à-vis des personnes persécutées ou menacées, tout en aidant plus les pays voisins qui les accueillent en premier lieu, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban. (…) Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit. Ces derniers demanderont des compensations et des aides, ce qui conduira à reconsidérer de proche en proche toutes les politiques de codéveloppement. Cette cogestion est indispensable car il est impossible de détruire sans ces pays les réseaux de passeurs et leurs complices qui ont reconstitué une économie de la traite en Afrique ; gérer avec eux, avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans des centres d’accueil au sein de plates-formes régionales, aussi bien les demandes d’asile que les demandes d’immigration en Europe ; lutter contre le trafic de faux papiers dans le Sahel ; et mieux contrôler les frontières entre ces pays. Il ne faudrait pas en être réduit, tout cela ayant échoué, et les garde-côtes libyens étant impuissants, à être obligés de bloquer les ports de Libye ! En même temps, cette gestion plus rigoureuse des flux migratoires permettra de favoriser, comme promis dans le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, la circulation pour les non-candidats à l’immigration (étudiants, hommes d’affaires, artistes). En attendant, et en urgence, il faut gérer l’héritage du passé et remplacer Dublin, que les ministères de l’intérieur avaient espéré pouvoir garder, par de nouvelles règles. Les pays de Schengen qui ne voudront pas accueillir de réfugiés au titre de la solidarité et de la répartition devront fournir une contribution financière accrue pour la protection des frontières communes ou pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans d’autres pays. Des décisions difficiles devront être prises concernant ceux qui sont déjà en Europe, illégalement, depuis un certain temps : les reconduire dans des centres de retour à l’extérieur, d’où ils pourront tenter leur chance comme immigrants légaux auprès des centres d’accueil, ou essayer de travailler dans leur propre pays (les migrants, pas les demandeurs d’asile) ; ou les régulariser, pour des raisons d’humanité ou autres, mais alors les intégrer vraiment. (…) Il est urgent que les opinions européennes constatent un vrai changement. La répartition des réfugiés, le montant des compensations, la fixation du nombre de migrants légaux, la dénomination et l’organisation du réseau de centres à l’extérieur ou aux frontières, et leur fonction, donneront lieu à des négociations permanentes et difficiles. Mais une partie de l’opinion européenne changera quand elle réalisera que ces flux seront désormais mieux « gérés », que la partie de mistigri sur les réfugiés est finie et qu’il y a une politique claire, à court et long terme. Et même si des flux d’immigration illégaux se poursuivent, ils deviendront quand même moins importants. Néanmoins, il ne faut pas se cacher que plusieurs secteurs de l’opinion, minoritaires mais très actifs et « audibles », continueront à opposer un tir de barrage à la mise en œuvre de cette indispensable politique, pour des raisons opposées – il faut aider tous ceux qui souffrent ; il faut repousser tous les envahisseurs. S’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Les arguments de l’extrême droite (pour tout fermer) doivent être combattus sans ménagement comme étant inhumains, économiquement absurdes et, de toute façon, inapplicables. Il en va de même pour l’extrême gauche qui mise sur les populations issues de l’immigration par calcul militant, activiste ou électoral. En revanche, il faudrait convaincre beaucoup de gens généreux et de bonne foi de réfléchir à leur responsabilité et de modifier leurs positions ne serait-ce que pour sauver l’asile. Ceux que la repentance aveugle ou paralyse. Ceux qui ne voient le problème des migrations qu’en termes de valeurs et de principes généraux. Or, c’est aussi une question de nombre : s’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Ceux qu’un universalisme abstrait et un mépris affiché pour les besoins élémentaires d’identité et de sécurité culturelle des peuples européens ont rendu inaudibles. Ceux qui ne réalisent pas que ce n’est pas être « généreux » que de priver les pays d’Afrique de leurs meilleurs éléments, les émigrants jeunes, dynamiques et entreprenants, en alimentant la nouvelle économie de la traite. Il faudrait même oser questionner le bilan des grandes institutions judiciaires françaises ou européennes chargées d’appliquer des grands textes comme la Convention européenne des droits de l’homme et qui, par effets de cliquet et avec une totale bonne conscience, peuvent donner à la longue aux citoyens le sentiment qu’elles se substituent à la souveraineté et à la démocratie. Alors que le problème numéro un de l’Europe est le fossé élites/peuples ! (…) Quid des pays de Visegrad [un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie] ? De l’Italie ? De l’Espagne à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc], etc. ? Mais aussi quid des partenaires extérieurs de l’Est et du Sud ? Vraies questions. Mais il y a le feu ! Paradoxalement, malgré les apparences récentes, il ne devrait pas y avoir d’opposition insurmontable entre les pays européens de l’Ouest et de l’Est. Qui conteste la nécessité absolue d’une meilleure maîtrise des flux vers l’Europe ? Enfin, n’oublions pas l’éléphant dans la pièce : une alliance plus déterminée et plus assumée partout des démocrates et des musulmans modérés contre l’islamisme aiderait à enrayer le glissement des opinions européennes. Tout cela va s’imposer. Faisons-le plutôt ensemble, vite, et en bon ordre. Hubert Védrine
Ceci révèle l’arrière-plan idéologique : qui dit ghettos de banlieue, sous-entend ghettos noirs, relégation, et conclut à l’échec de la République, remettant en cause les fondamentaux de la République. L’Ecole a échoué, les services publics ont échoué et « l’Etat est absent » (dit-on souvent à tort). Il est facile de démentir ce discours en considérant l’investissement public par habitant. On ne voit pas que ces quartiers, en France, ont une fonction de sas entre le Nord et le Sud. Dans les quartiers sensibles se joue la dynamique de la transformation de la société française, ce qui n’est pas la problématique des ghettos noirs américains. Aux États-Unis, les Noirs représentent environ 12% de la population. Ce pourcentage n’a pas évolué depuis plus d’un siècle, on ne peut donc pas parler d’une dynamique. Dans les banlieues françaises, au contraire, on est dans une logique de transformation, ce dont témoigne le taux de mobilité. On nous parle de « relégation », d’« assignation à résidence ». Ce vocabulaire évoque à dessein un univers quasi-concentrationnaire. Or, sur la durée, les populations des territoires de la politique de la ville sont les plus mobiles de France. Hier l’observatoire des ZUS, dans un nouveau rapport, a publié des résultats catastrophiques. Ils le seront encore demain, la photographie d’aujourd’hui est évidemment calquée sur celle d’hier et sur celle de demain et si on ne pense pas ces quartiers en termes de flux, on a l’impression que les taux de chômage s’incrustent, affectant durablement des populations stables. La réalité de ces quartiers n’est pas celle-là. Les chômeurs d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et ne seront pas ceux de demain. La négation de cette mobilité amène à conclure à l’échec de la République. En revanche, si on analyse ces quartiers en termes de dynamique, on réalise que la République y est restée vaillante, non, certes, sans difficultés. Le nombre de jeunes diplômés a explosé dans ces quartiers et beaucoup d’entre eux partent. Evidemment, les nouveaux arrivants, qui viennent souvent des pays du Sud, sont plus pauvres et moins formés que ceux qui partent. Les maires des communes concernées – c’est le cas de Sarcelles – n’arrivent pas à retenir les habitants qui veulent partir. Ces quartiers doivent être pensés comme des espaces dynamiques en flux où des gens arrivent tandis que d’autres partent. Mais la République est là, les écoles sont présentes, des diplômés sortent de ces quartiers, certes trop peu, certes avec d’infinies difficultés, la délinquance. Il n’empêche que le bilan de la République est moins désastreux que ce qu’on imagine si on arrête un peu d’analyser à partir d’indicateurs sociaux en stock. Il est donc important de répéter que la problématique des quartiers sensibles n’est pas celle des ghettos mais celle de la transformation de la société française. Je citerai quelques chiffres qui rendent compte de l’évolution de la population dans ces communes. Des études ont été réalisées par l’INED sur les jeunes d’origine étrangère qui ont montré qu’entre 1968 et 2005, on était passé par exemple de 19 % à 57 % de jeunes d’origine étrangère en Seine-Saint-Denis, de 22 à 76 % à Clichy-sous-Bois, de 20 % à 66 % à Sarcelles ou de 41 à 61 % à Vaulx-en-Velin. Ces chiffres expriment bien les flux permanents et la transformation très forte de la population dans ces quartiers. Ils ne parlent pas d’assignation à résidence mais, au contraire, de transformation de la société française. Les gens qui parlent de ghettos nient cette transformation. Nous sommes donc dans des logiques de flux et surtout cette évolution dit que nous sommes passés au temps des minorités et des majorités relatives. On parle beaucoup des minorités dites « visibles » (toujours le background américain !) mais nous ne sommes plus dans cette situation en France. L’évolution de la population se fait selon une logique de transformation en profondeur, faisant émerger des minorités et des majorités relatives en constante et forte évolution. Christophe Guilluy
Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire dix fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
Présentée comme illusoire ou anachronique, la demande de régulation des flux migratoires est, sur tous les continents, une demande banale des classes populaires quelles que soient leurs origines. (…) Décrite comme l’illustration d’une dérive xénophobe des « petits blancs », on constate qu’elle concerne en réalité tous les “petits”, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses. (…) comme les gens ordinaires ne peuvent ériger des frontières invisibles avec l’Autre (comme le font les classes supérieures), ils craignent évidemment plus de devenir minoritaires dans leur immeuble, leur village ou leur quartier. Car être ou devenir minoritaire, c’est dépendre de la bienveillance de la majorité. (…) C’est en cassant le rythme d’une immigration perpétuelle que les pouvoirs publics pourraient agir sur le contexte social (la réduction des arrivées de ménages précaires stopperait la spirale de la paupérisation) mais aussi sécuritaire (la stabilisation puis la baisse du nombre de jeunes assécherait le vivier dans lequel recrutent les milieux délinquants). En reprenant la main sur cet « exercice de souveraineté qui a en partie été délégué à l’échelon européen », les politiques pourraient ainsi jouer sur les flux permanents qui, comme l’explique laurent Chalard, empêche l’assimilation. Cette politique répondrait enfin aux attentes de la population de ces quartiers qui demandent  depuis des décennies une plus grande fermeté de l’Etat à l’égard de l’immigration clandestine mais aussi des dealers qui pourrissent la vie de ces territoires. Christophe Guilluy
Pour un certain nombre d’analystes, le relatif échec de l’assimilation des populations d’origine maghrébine en France par rapport aux vagues migratoires précédentes, se traduisant, entre autres, par le maintien de prénoms spécifiques au sein des deuxième et troisième générations, est relié à un facteur culturel essentiellement considéré sous sa forme religieuse, la pratique de l’islam, qui rendrait impossible à ses membres de devenir complètement des Français comme les autres. Or, si le rôle de ce facteur ne peut être totalement nié, il en existe cependant un autre, d’ordre démographique, renforçant considérablement le phénomène, qui est le non-tarissement des flux. En effet, les immigrés à l’assimilation réussie, que sont les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Vietnamiens se sont totalement fondus dans la population française parce que, suite aux vagues migratoires très importantes, les flux d’arrivée se sont taris, coupant définitivement les nouveaux arrivants des évolutions récentes de leur culture d’origine. (…) En conséquence, il s’est produit une adaptation rapide à la culture du pays d’accueil puisque ces nouveaux arrivants n’avaient aucun intérêt à maintenir leur culture d’origine. Leurs enfants scolarisés avec les autres petits français, à une époque où l’école était inclusive et le niveau d’enseignement satisfaisant, s’intégraient pleinement conduisant dès la première génération à de nombreux mariages avec la population locale, puisqu’ils n’allaient pas chercher leur conjoint dans le pays de naissance de leurs parents, et à l’adoption de comportements de fécondité semblables aux « autochtones », conduisant à une stabilisation des effectifs. Pour montrer l’influence primordiale de ce facteur, il convient de citer le cas des immigrés vietnamiens et cambodgiens arrivés en une seule vague à la fin des années 1970, sans espoir de retour à l’époque, dont l’intégration dans la société française est particulièrement exemplaire, bien qu’ils ne soient pas de culture européenne, qu’ils pratiquent, en règle générale, une religion différente (le bouddhisme) et que leur apparence physique en fasse une minorité visible! Or, pour les Maghrébins, la situation apparaît différente car les flux migratoires ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler, la fin de l’immigration de travail sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing laissant place à la politique de regroupement familial, qui va à la fois maintenir un niveau non négligeable du flux d’entrées chaque année et stimuler la natalité de ces populations du fait de la féminisation de l’immigration. En conséquence, pour une large part des Maghrébins, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine, ce qui sous-entend le maintien et la transmission des traditions culturelles d’une génération à l’autre, en particulier sur le plan religieux, et une politique matrimoniale non assimilationniste, privilégiant une certaine endogamie, que ce soit à travers des mariages au sein de la communauté en France ou avec des congénères du pays d’origine, un des principaux moteurs du regroupement familial à l’heure actuelle. Il convient donc de s’interroger sur ce sujet, quitte à poser une question taboue, qui risque de faire débat: l’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation? En effet, il est légitime de se poser la question. Les Français d’origine maghrébine se seraient peut-être plus facilement assimilés et auraient probablement une situation économique meilleure, si les flux d’arrivées s’étaient taris au milieu des années 1990, leur permettant de se tourner complètement vers leur nouveau pays. Dans ce contexte, le fondamentalisme religieux aurait probablement plus difficilement pénétré notre société, puisqu’il est d’abord arrivé en France par l’Algérie. Parallèlement, la natalité serait plus basse, permettant une meilleure réussite scolaire des enfants et les quartiers d’accueil seraient moins homogènes ethniquement, favorisant l’assimilation, car les flux migratoires auraient été moins nombreux. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue, d’autant plus que les nouveaux arrivants viennent les concurrencer sur le marché du travail. Laurent Chalard

Attention, une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où trois semaines après l’égorgement, pour « retrouver sa dignité » nous dit-on, de deux journalistes français par un réfugié pakistanais au pied de l’ancienne adresse de Charlie hebdo …

C’est la sauvage décapitation d’un professeur de collège, par fidélité à sa foi et loyauté à sa communauté cette fois, par un autre réfugié tchétchène celui-là …

Qui vient nous rappeler après les douze de Charlie hebdo et les quatre otages d’un supermarché juif abattus à la kalachnikov ou au fusil d’assaut par des enfants d’immigrés algériens et maliens  il y a cinq ans …

Sans compter, sur près de 500 victimes pour les 20 premières années de notre siècle, 11 mois plus tard les 129 morts et 354 blessés du Bataclan et des cafés alentour

Le lourd prix à payer pour avoir offensé Mahomet ou ses soldats par la caricature ou les forces armées …

Et où du New York Times à Mediapart, l’hystérisation du souci de la victime continue ses ravages …

Alors que loin de les rassurer aux Etats-Unis, l’avance de Biden inquiète de plus en plus, mauvais souvenirs de 2016 obligent, les Démocrates …

Et que contre toutes leurs prédictions, c’est à présent les minorités qui semblent de plus en plus se reconnaitre en le prétendu Trump raciste …

Tandis qu’un reportage de France 2 sur l’hommage des collègues et élèves du professeur sauvagement assassiné et décapité  …

Coupe pudiquement le chant de notre hymne national juste avant les mots trop objectivement descriptifs  (« Ils viennent juste que dans nos bras égorger nos fils, nos compagnes ») …

Et que c’est de son « héroïsme » que se retrouve étrangement victime un autre martyr de la même barbarie …

Alors que libérée avec d’autres au prix fort de quelque 200 djihadistes et une dizaine de millions, une otage française transforme sa détention en retraite spirituelle

Pendant qu’après s’être enfin résolu, trois ans après son élection, à mentionner le problème du « séparatisme islamique »

Un président qui à l’instar de son évocation, lors de sa campagne, des crimes  contre l’humanité de la France en Algérie …

Est vite revenu à une terminologie beaucoup plus ‘soft » de « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains »

Et que, sur fond d’incessants procès d’intention ou procès tout cours des lanceurs d’alerte Marine Le Pen ou Zemmour

C’est à nouveau, entre deux « marches des marchands de tabac contre le cancer »,  à l’unique départage entre Macron et l’extrême droite que les électeurs français se voient à nouveau préparés pour la prochaine présidentielle dans 18 mois …

Qui, sauf rares exceptions, pose la question qui fâche …

A savoir celle des flux continus d’immigration régulière et irrégulière …

Qui à l’instar de la révolution, selon le fameux mot du polémiste suisse Jacques Mallet du Plan, finit par dévorer ses propre enfants …

Ou pour prendre une image bien au coeur de la polémique actuelle …

Comme cette interminable noria de terroristes qu’évoque le Mahomet désemparé par son manque de vierges d’une des caricatures danoises …

Empêchent tout simplement toute véritable assimilation …

Au sein de populations majoritairement d’origine musulmane …

Qui contrairement à leurs prédécesseurs n’ont jamais coupé le cordon avec leurs cultures d’origine …

Tout en les maintenant artificiellement, à l’image de ces prétendus mineurs isolés – dont l’égorgeur au hachoir du 28 septembre –  toujours plus nombreux et coûteux, dans un état de jeunesse éternelle …

Le fameux « surplus de jeunes » dont on sait depuis au moins Huntington et pour le plus grand bonheur des caïds de la drogue ou du terrorisme …

La plus grande propension à la violence et à la délinquance …

Mais les vouant aussi, comme l’avait rappelé Georges Marchais avant les Le Pen et aujourd’hui un Trump, à la spirale de la précarisation et du chômage …

Via la pression constante qu’ils exercent au grand bonheur des chefs d’entreprise …

Sur les salaires et les emplois …

Sans compter par l’insécurité physique et culturelle induite …

La disqualification et la fuite de modèles positifs qui entre Français de souche et immigrés intégrés …

Et sans parler de la démobilisation des instances publiques d’éducation et de sociabilisation …

Assuraient autrefois ce travail d’assimilation des nouveaux arrivants …

L’immigration se retournant ainsi paradoxalement au bout du compte …

Contre ceux-là même qu’elle était censée servir ?

L’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation?
FIGAROVOX/TRIBUNE – Les députés débattent de l’immigration ce lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Pour le géographe Laurent Chalard, les élus doivent comprendre que tant que les flux migratoires ne se tarissent pas, l’assimilation est rendue plus difficile.

Laurent Chalard
Le Figaro
7 octobre 2019

Laurent Chalard est géographe et travaille au European Centre for International Affairs. Retrouvez-le sur son blog personnel.


Pour un certain nombre d’analystes, le relatif échec de l’assimilation des populations d’origine maghrébine en France par rapport aux vagues migratoires précédentes, se traduisant, entre autres, par le maintien de prénoms spécifiques au sein des deuxième et troisième générations, est relié à un facteur culturel essentiellement considéré sous sa forme religieuse, la pratique de l’islam, qui rendrait impossible à ses membres de devenir complètement des Français comme les autres. Or, si le rôle de ce facteur ne peut être totalement nié, il en existe cependant un autre, d’ordre démographique, renforçant considérablement le phénomène, qui est le non-tarissement des flux.

Les flux migratoires de Maghrébins ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans.

En effet, les immigrés à l’assimilation réussie, que sont les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Vietnamiens se sont totalement fondus dans la population française parce que, suite aux vagues migratoires très importantes, les flux d’arrivée se sont taris, coupant définitivement les nouveaux arrivants des évolutions récentes de leur culture d’origine. Pour les Polonais, la Seconde Guerre mondiale puis la Guerre froide ont radicalement rompu le lien de cette population avec la Pologne, située au-delà du rideau de fer, facilitant mécaniquement leur assimilation. Pour les Italiens, suite au décollage économique de l’Italie après 1945, les flux se tarissent progressivement pendant les Trente Glorieuses. Pour les Espagnols, le ralentissement des arrivées apparaît plus tardif, datant de la fin des années 1970, suite à la chute de la dictature de Franco et à une croissance économique soutenue de l’Espagne. En conséquence, il s’est produit une adaptation rapide à la culture du pays d’accueil puisque ces nouveaux arrivants n’avaient aucun intérêt à maintenir leur culture d’origine. Leurs enfants scolarisés avec les autres petits français, à une époque où l’école était inclusive et le niveau d’enseignement satisfaisant, s’intégraient pleinement conduisant dès la première génération à de nombreux mariages avec la population locale, puisqu’ils n’allaient pas chercher leur conjoint dans le pays de naissance de leurs parents, et à l’adoption de comportements de fécondité semblables aux «autochtones», conduisant à une stabilisation des effectifs. Pour montrer l’influence primordiale de ce facteur, il convient de citer le cas des immigrés vietnamiens et cambodgiens arrivés en une seule vague à la fin des années 1970, sans espoir de retour à l’époque, dont l’intégration dans la société française est particulièrement exemplaire, bien qu’ils ne soient pas de culture européenne, qu’ils pratiquent, en règle générale, une religion différente (le bouddhisme) et que leur apparence physique en fasse une minorité visible!

Or, pour les Maghrébins, la situation apparaît différente car les flux migratoires ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler, la fin de l’immigration de travail sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing laissant place à la politique de regroupement familial, qui va à la fois maintenir un niveau non négligeable du flux d’entrées chaque année et stimuler la natalité de ces populations du fait de la féminisation de l’immigration. En conséquence, pour une large part des Maghrébins, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine, ce qui sous-entend le maintien et la transmission des traditions culturelles d’une génération à l’autre, en particulier sur le plan religieux, et une politique matrimoniale non assimilationniste, privilégiant une certaine endogamie, que ce soit à travers des mariages au sein de la communauté en France ou avec des congénères du pays d’origine, un des principaux moteurs du regroupement familial à l’heure actuelle.

Les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue.

Il convient donc de s’interroger sur ce sujet, quitte à poser une question taboue, qui risque de faire débat: l’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation? En effet, il est légitime de se poser la question. Les Français d’origine maghrébine se seraient peut-être plus facilement assimilés et auraient probablement une situation économique meilleure, si les flux d’arrivées s’étaient taris au milieu des années 1990, leur permettant de se tourner complètement vers leur nouveau pays. Dans ce contexte, le fondamentalisme religieux aurait probablement plus difficilement pénétré notre société, puisqu’il est d’abord arrivé en France par l’Algérie. Parallèlement, la natalité serait plus basse, permettant une meilleure réussite scolaire des enfants et les quartiers d’accueil seraient moins homogènes ethniquement, favorisant l’assimilation, car les flux migratoires auraient été moins nombreux. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue, d’autant plus que les nouveaux arrivants viennent les concurrencer sur le marché du travail.

Alors que le président Emmanuel Macron lance un grand débat sur l’immigration, il semble indispensable que nos dirigeants prennent en compte le facteur du «tarissement des flux» dans leur réflexion. Souhaite-t-on tenter de pérenniser un modèle assimilationniste fortement mis à mal ces derniers temps (pour certains experts, comme le géographe Christophe Guilluy, il est déjà mort), ce qui passerait par une limitation temporaire des flux migratoires pour permettre l’absorption des populations issues de l’immigration maghrébine, ou alors souhaite-t-on basculer définitivement vers un modèle multiculturaliste à la française, où les flux ayant vocation à se poursuivre, la société s’organise d’une autre manière? Dans ce dernier cas, qui correspond à la tendance actuelle, il ne s’agirait point de singer bêtement ce qui se fait (mal) dans les pays anglo-saxons, où, au nom d’un relativisme culturel exacerbé, toutes les traditions se valent, mais d’inventer une société multiculturelle, actant le caractère pluriethnique du peuplement hexagonal, dans laquelle prédomineraient les normes de la société autochtone majoritaire, que se devraient de respecter les cultures minoritaires.

Voir aussi:

Même Christophe Guilluy, c’était mieux avant…
Le dernier essai du géographe, « Le Temps des gens ordinaires », n’est pas à la hauteur de ses premiers livres. Trop de répétitions et d’idéologie…
Saïd Mahrane
Le Point
12/10/2020

Un livre de Christophe Guilluy est toujours un événement, qui plus est quand celui-ci paraît au moment de la plus grande crise sociale de ces dernières décennies. On doit au géographe d’avoir très tôt compris que la fracture sociale était aussi une fracture territoriale, que la situation géographique d’un individu conditionne, comme jamais depuis l’après-guerre, sa vie et celle de ses enfants. Il a théorisé l’existence d’une France périphérique, éloignée des bassins d’emploi et des bonnes écoles, dépourvue d’infrastructures et d’offre culturelle, tandis qu’une France des métropoles jouissait des services publics et du meilleur de la mondialisation.

Depuis, Guilluy a acquis une aura particulière. À ce titre, il n’est pas qu’un travailleur obsédé par l’intra et l’extra muros des grandes villes, il est aussi une sorte d’éducateur. Il a fait école en France, et même ailleurs. Soit pour le meilleur : la prise de conscience généralisée d’une France fracturée. Soit pour le pire : nombre de commentateurs politiques et médiatiques, par paresse ou par facilité, s’emploient désormais à voir de la périphérie et de la « centralité » dans tous les conflits sociaux et font de cette dichotomie la tranchée depuis laquelle ils canardent les bourgeois, les élites, les néolibéraux, les macronistes…

C’est pourquoi on attendait beaucoup du dernier essai de Guilluy, intitulé Le Temps des gens ordinaires (Flammarion), avec l’espoir que ses recherches mettraient davantage de lumière sur nos complexités sociales et géographiques. Mais il semblerait que le géographe ait fait le choix de parler à la deuxième catégorie de ses lecteurs, les plus idéologues. L’auteur clairvoyant des Fractures françaises emprunte – plus qu’avant – un ton pamphlétaire. Il est dans la bagarre. Pourquoi pas ? Mais dans ce nouvel essai, hormis celles dédiées au « green washing », à « la chute des citadelles » (la fin des métropoles) et au « monde d’après », les analyses ont déjà été formulées par l’auteur en d’autres textes et en d’autres termes : métropole-périphérie, remplacement d’un socle électoral populaire par un autre, composé de minorités, tartufferie des winners, effacement de la conscience de classe, peuple désaffilié de la politique – il ne parle plus de « marronnage » –, volonté des élites « cool » de diaboliser le peuple « raciste », emprise du néolibéralisme, sédentarisation versus mobilité… On passe de Hollywood à la France macroniste et à la Grande-Bretagne du Remain avec la mise à nu de mécanismes supposément identiques. Toute analyse catégorielle du mouvement des Gilets jaunes est perçue par Guilluy comme une volonté, bien sûr non-dite, de fragmenter un bloc dont la force est précisément l’unité. Aux propos détestables d’une élite progressiste méprisant le peuple, Guilluy répond par une idéalisation de ces « gens ordinaires » – d’habitude le propre de ceux qui méconnaissent ledit peuple, mais lui, Guilluy, le connaît. Or, il n’est pas besoin, par exemple, d’être un bourgeois des villes pour voir dans la common decency (une morale commune) forgée par Orwell et reprise par Guilluy un concept séduisant mais fantasmé. «  Reprendre le concept de common decency d’Orwell et de tant d’autres, c’est oublier qu’entre les prolétaires d’autrefois et les ouvriers d’aujourd’hui il y a eu le développement de la consommation de masse, avec salles de bains, Frigidaires automobiles et enfants gâtés », écrit Emmanuel Todd dans Les Luttes de classes en France au XXIe siècle (Seuil). Pierre Sansot, l’auteur du magistral Les Gens de peu, aborde la question différemment : «  Existent-ils bien ces instants magiques et ces êtres hors du commun ? Nous découvrons en eux les mêmes petits calculs, faiblesses, ambitions, que chez les autres individus avec en prime un certain charisme et un sens très poussé de la théâtralité. » Michelet, dans Le Peuple, ose même comparer certains des siens à de «  grossiers personnages », ce qui ne l’a pas empêché d’écrire le plus beau livre qui soit sur le sujet.

Lubies bourgeoises

Le géographe déconstruit, en outre, la thèse du sociologue Zygmunt Bauman, selon lequel nous vivrions dans une « société liquide » marquée par l’individualisme et la consommation. Pour Guilluy, la France d’en bas, si elle baigne en effet dans cette société liquide, est plus qu’ailleurs attachée à la préservation «  d’un capital social et culturel protecteur ». L’Archipel français, de Jérôme Fourquet, a pourtant montré combien ces classes populaires prisaient la World Culture, jusqu’à prénommer ses enfants Dylan ou Jennifer. Sansot notait lui aussi l’admiration des gens de peu pour «  les stars de Hollywood, leurs caprices et leurs baignoires aux robinets d’or » au point de vouloir leur ressembler.

« Small is beaufitul  », nous dit également Guilluy, citant Ernst Friedrich Schumacher. Comme l’économiste anglais, le géographe plaide pour une forme de décroissance alliée à des circuits courts ainsi que pour une «  gouvernance locale ». «  Les gens ordinaires ne sont pas moins sensibles à la question environnementale, aux produits bio ou à la voiture électrique, mais ils n’ont pas les moyens de la révolution verte », affirme-t-il. Est-ce seulement une question de moyens ? La non-adhésion des classes populaires à une forme de décroissance et à un localisme économique, souvent perçus par elles comme des lubies bourgeoises, notamment en raison du coût des produits, est précisément le défi majeur des écologistes politiques. Philippe Moati, auteur d’une récente enquête sur le rapport des Français aux « utopies écologiques », considère que «  les préoccupations quant à la qualité des produits consommés et une consommation responsable concernent principalement les classes dites supérieures ou moyennes supérieures. Dans les classes dites populaires, il y a toujours un élan réel en faveur de la consommation de masse ». Une analyse qui se vérifie également dans l’enquête « La France des valeurs », réalisée tous les dix ans depuis 1981, qui montre que les ménages aux revenus inférieurs sont les moins disposés à s’engager pour l’environnement (17 % contre 35 % pour les hauts revenus).

« Promenades au zoo »

À lire le géographe, tout ce qui s’éloigne des analyses binaires est suspect de vouloir maintenir l’ordre social. Même quand des journalistes et des chercheurs vont à la rencontre de cette France qu’il décrit, il y voit quelque chose de semblable à «  une promenade au zoo ». Pourtant, là aussi, dans la quantité de livres et d’articles parus sur les Gilets jaunes, on peut constater davantage d’empathie que de mépris vis-à-vis de ceux qui seraient vus comme des «  sous-hommes ». Guilluy voit dans les enquêtes sur les modes de vie signifiants (goûts musicaux des Gilets jaunes, préférence pour Le Bon Coin, utilisation de la voiture…) par des sociologues ou des sondeurs une volonté de rabaisser. Comme, peut-être, les sociologues Pinçon-Charlot, qui rabaisseraient les riches par le menu détail de leur train de vie… Où l’on voit que l’analyse est impossible pour peu qu’on mette de la distance avec son sujet et qu’on bride les affects. Après le passage sur les « promenades au zoo », il écrit : «  Si la bourgeoisie “universaliste” fabrique des sous-hommes, elle est par ailleurs fascinée par le mythe du surhomme. On observe ainsi un intérêt croissant des catégories supérieures pour le transhumanisme et pour l’homme augmenté qui n’aurait plus rien en commun avec les gens ordinaires. » Précisément le genre de rapprochement dont étaient exempts ses premiers livres…

Le géographe acte, à raison, le déclin des métropoles, « réinvention de la cité médiévale », asphyxiées par la pollution et sclérosées « par leur manque de diversité sociale ». En matière d’immigration, il défend une plus grande maîtrise des flux. «  C’est en cassant le rythme d’une immigration perpétuelle que les pouvoirs publics pourraient agir sur le contexte social (la réduction des arrivées de ménages précaires stopperait la spirale de la paupérisation) mais aussi sécuritaire (la stabilisation puis la baisse du nombre de jeunes assécherait le vivier dans lequel recrutent les milieux délinquants). » Une demande de contrôle, précise-t-il, qui concerne «  tous les “petits”, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses ».

Il y a quelque chose de « fixiste » chez Guilluy, qui postule que « les gens ordinaires » veulent désormais préserver l’essentiel et non plus, malgré les difficultés qu’il décrit, se hisser socialement. Cette France périphérique ne se reconnaîtrait pas toujours dans ce portrait qu’il fait d’elle tant on la découvre immobile, sauf lorsqu’elle manifeste, réduite à ses empêchements et sans cesse ramenée à ceux qui la relèguent et l’humilient. Faire la promotion de la mobilité sociale, casser les déterminations, rejoindre le salon, comme il dit, citant Jack London, et mettre les pieds sur la table, serait peut-être déjà, pour Guilluy, parler comme Emmanuel Macron et les dominants…

Le Temps des gens ordinaires, de Christophe Guilluy (Flammarion, 208 p., 19 €).

Voir également:

Christophe Guilluy : « L’idée pour le pouvoir est de maintenir le morcellement des Français »
Entretien exclusif
Emmanuel Lévy et Natacha Polony
Marianne
08/10/2020

Dans son nouveau livre, “le Temps des gens ordinaires” (Flammarion), Christophe Guilluy continue à creuser son sillon. Après avoir réussi à imposer le concept de “France périphérique”, le géographe estime qu’il existe un bloc majoritaire dans le pays et que l’heure est venue pour ses membres de reprendre en main leur destin. Et de mettre fin au séparatisme des élites d’avec le peuple.

Marianne : Vous consacrez votre livre aux « gens ordinaires » ? Qu’entendez-vous montrer avec cette expression ? 

Christophe Guilluy : Je ne parle plus des « invisibles » et des « oubliés », puisqu’ils sont devenus très visibles – trop, aux yeux de certains. Un seuil a été franchi et c’est pour cela que je suis plutôt optimiste sur la suite des opérations. Une bataille culturelle a été gagnée. On peut observer l’émergence dans les médias, mais aussi dans la recherche ou dans le monde de la culture, de ces catégories dont on ne parlait absolument plus ces vingt dernières années. L’utilisation du concept de « gens ordinaires » permet d’élargir, de dépasser la seule question de la lutte des classes, même si celle-ci est encore très présente. Les gens ordinaires, c’est à peu près tout le monde.

Cela suggère qu’il s’agit du groupe majoritaire. Et cette majorité de la population, on ne la découpe plus en classes sociologiques : classes moyennes supérieures, classes moyennes inférieures, classes populaires, etc. Car la bataille politique qui reste à mener est, d’abord et avant tout, une bataille de la représentation. On l’a vu avec les « gilets jaunes » et l’ensemble des derniers mouvements sociaux. Chaque fois qu’émerge politiquement ou socialement ce groupe majoritaire, on va très vite vous expliquer que, en fait, non, ce sont plutôt des marges qui s’expriment, des catégories minoritaires. Les « gens ordinaires » ont désormais émergé et, en utilisant cette expression, il s’agit de dire qu’on ne reviendra pas en arrière.

Vous parlez de « groupe majoritaire » alors même que le morcellement, l’« archipellisation » de la société française fait quasiment consensus dans le débat public…

Vous pouvez mettre la poussière sous le tapis, nier la réalité, instrumentaliser les médias, il n’empêche : une majorité existe. Il faut donc prendre cette guerre de représentation pour ce qu’elle est : une guerre politique. La société libérale ne peut perdurer que si elle morcelle. D’où la réussite médiatique de concepts portant sur le morcellement de la société, son « archipellisation », sa complexité. Tout cela vise à imposer une seule idée : le peuple n’existe pas. Et s’il n’existe pas, alors les choses peuvent être gérées de façon segmentée, catégorielle. Ce qui ne pose en fait aucun problème au pouvoir. Mais cette stratégie n’a qu’un temps. Au Royaume-Uni, la working class était totalement invisible jusqu’au Brexit.

Pourtant, ses membres, ces « déplorables » – pour reprendre le mot de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine de 2016 – ont utilisé le référendum sur le Brexit pour dire : « Nous existons. » D’un coup, la working class britannique n’est plus à la marge, en voie de disparition. Elle apparaît même plus forte que l’ancienne classe ouvrière. Elle a, de par son poids, la possibilité de renverser la table. Est-ce que Boris Johnson sera la bonne personne pour accomplir cette volonté des électeurs britanniques ? Est-ce qu’il ira jusqu’au bout ? Est-ce qu’il mettra en place une véritable politique de réindustrialisation du pays ? Toutes ces questions restent posées. Mais voilà une majorité capable, quand elle utilise de « bonnes marionnettes », de changer la donne.

Idem avec les « gilets jaunes ». Certes, vous n’aviez pas toute la population française dans la rue, mais étaient là des représentants de l’ensemble des catégories modestes : des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes, des vieux, des gens issus de l’immigration. On avait la France dans toute sa diversité : des Blancs, des Noirs, des Maghrébins. Que s’est-il passé ? Majoritairement, la population s’est reconnue dans ce mouvement. Je veux bien que l’on me dise qu’à la fin ce mouvement est devenu autre chose, avec une forte récupération politique.

Mais il n’empêche : pourquoi a-t-il autant inquiété nos élites ? Parce que ces dernières ont parfaitement compris que se jouait sur les ronds-points ce qu’ils cherchent à déconstruire depuis trente ans. À savoir : une réunion des catégories modestes qui, depuis toujours, portent l’économie. La période de confinement nous l’a d’ailleurs prouvé : la société repose beaucoup sur ces catégories-là. Face à ce mouvement majoritaire de facto, tout a été fait pour segmenter, morceler à nouveau. C’était le sens même de l’opération « grand débat » avec ces mille thématiques, tous les sujets étant traités les uns après les autres.

Jusqu’à la réfection du toit de l’église du village…

Des réponses à tout et pour tous, pour chaque segment de la population. Avec, en toile de fond, l’idée que les gens ne demandent que de l’argent. Logiquement, la fin de partie a été sifflée avec un chèque. Ce genre de situation est parfaitement gérable pour les libéraux. Finalement, pour eux, ce n’est pas un gros problème de faire des chèques. Car, dans leur esprit, ce qu’il faut, c’est ne surtout rien changer au système et faire perdurer l’idée que la société est morcelée, « archipellisée ». Il s’est pourtant passé quelque chose sur ces ronds-points, une vraie recomposition sociologique et politique. Les médias n’y ont vu que de la « radicalisation ». Vous savez, ce discours consistant à dire : « Ces gens-là n’écoutent pas, ils sont incapables de réaliser des diagnostics clairs. » Les journalistes interrogeaient des quidams et leur demandaient : « Quel est votre programme économique ? » Il y a là toute la perversité et toute la responsabilité des médias.

On comprend bien votre idée de « bataille culturelle », de « bataille de la représentation » de ces « gens ordinaires ». Vous pointez la responsabilité des médias. Mais à qui profite le crime ?

Pour le moment, l’idée pour le pouvoir, qu’il soit médiatique, politique ou économique, est de préserver l’essentiel. Pour eux, « jusqu’ici tout va bien », comme on dit. Sauf qu’une société n’est durable que si le modèle proposé bénéficie au plus grand nombre. Or, dans la France périphérique et dans beaucoup de territoires, précarisation sociale et désaffiliation politique vont de pair. Vous avez un lien évident entre le processus de désindustrialisation du pays et le fait que les gens n’adhèrent plus au discours politique. L’idée pour le pouvoir est donc de maintenir ce morcellement des Français car il est plus simple et préférable pour lui de gérer par segments la société plutôt que d’avoir à remettre en cause le système dans son ensemble.

La prise de conscience par les classes populaires de leur caractère majoritaire n’est pas évidente, loin de là. Il y a d’ailleurs à l’œuvre dans notre pays des séparatismes qui feraient presque désormais de la France un pays américain comme les autres…

Bien sûr. Et si, politiquement, rien ne se passe, on va à la catastrophe. Elle sera économique, culturelle, identitaire. Il est complètement fou d’imaginer que nos représentants politiques n’aient pas comme priorité de répondre aux attentes des gens ordinaires. Cela s’appelle la démocratie. Mais, aujourd’hui, dire : « Répondez aux demandes de la majorité », c’est être immédiatement soupçonné en retour d’être contre les minorités ! En travaillant, comme je l’ai fait, dans le logement social, les quartiers dits sensibles, on se rend compte que toutes les demandes des gens ordinaires ne sont pas clivées ethniquement. En banlieue, tout le monde veut plus de sécurité. Tous : Blancs, Noirs, Maghrébins, etc. D’ailleurs, tous les « petits » – Blancs, Noirs, Maghrébins, catholiques, juifs… – ont un immense problème avec les représentants de leurs communautés respectives. Le clivage petit/gros, haut/bas marche aussi à cette échelle. Aucun ne se sent convenablement représenté.

Une autre question se pose aux classes populaires. On leur demande désormais de décélérer, de ralentir, de moins consommer. Mais comment ces responsables politiques, qui promeuvent l’adaptabilité permanente et la connectivité généralisée, peuvent-ils être ceux qui organisent et imposent cela ?

Cette décélération est en train de se faire. Mais pas joyeusement. Ce que l’on voit arriver, c’est une crise sociale, qui sera évidemment plus violente dans la France périphérique que dans les grandes métropoles. Les gens ordinaires ont certes gagné la bataille culturelle, mais économiquement et socialement on est encore loin du compte. Ce qui se prépare, et qui est déjà à l’œuvre, ce sont partout des plans sociaux. Bravo, les technocrates français, d’avoir tout misé sur l’aéronautique, le tourisme, etc. ! Si Jean-Pierre Chevènement se présentait aujourd’hui, il serait élu à 60 %. Son diagnostic est absolument pertinent. Mais il est arrivé trop tôt… À un moment où tout le monde pensait que seule la classe ouvrière allait souffrir. Une classe ouvrière que la gauche avait déjà abandonnée.

C’est pourquoi je commence mon livre avec la phrase de Pierre Mauroy qui constate que le mot « ouvrier » a disparu du discours des socialistes. Sauf que, après que les ouvriers ont été touchés, il y a eu les employés, puis les paysans, ensuite les indépendants, les petits retraités… C’était une fusée à plusieurs étages. De sorte que le discours de Chevènement a été perçu initialement comme une sorte d’attachement désuet à un monde industriel appartenant au passé. Tous ces gens, ce bloc qu’ils forment, iraient aujourd’hui à lui. Politiquement, il y a donc un décalage entre la prise de conscience de la population et le seul choix qui leur est proposé aujourd’hui, à savoir départager Macron et l’extrême droite…

Comment changer le cours des choses sans passer par la case violence ?

D’abord, il s’agit de ne pas sombrer dans le pessimisme. Tout est fait pour dire aux gens qu’ils ne sont rien. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période de révolution, mais dans une sorte de guérilla culturelle. C’est long, la guérilla, mais les choses progressent. Même chez ceux qui dénonçaient le concept de France périphérique et qui maintenant utilisent l’expression. Même chez un Macron : il nomme un Premier ministre dont on nous vante l’accent ! Et puis, le totalitarisme, même « adouci », n’est pas durable. Quand la masse n’y croit plus, ça ne tient pas. Et là, déjà, ça craque. Le modèle économique n’est plus durable. Il ne peut perdurer longtemps grâce à ses derniers bastions que sont les métropoles et quelques secteurs d’activité. Prenons le revenu universel : donner aux gens de l’argent pour remplir leur Caddie chez Lidl, ce n’est pas répondre à leurs aspirations.
Au contraire, les changements attendus sont gigantesques.

Réindustrialiser, c’est évidemment faire du protectionnisme – un gros mot. Ça prendra du temps, mais ça se fera. La question de l’Europe, c’est pareil. Les choses sont en train de s’écrouler. Plus personne n’y croit. On fait porter aux catégories populaires la défiance de l’Europe. Mais c’est faux. Ils ont joué le jeu. Comme ils ont joué le jeu de la mondialisation. On pourrait même dire qu’ils ont joué le jeu du néolibéralisme, inconsciemment. Et puis ils font le bilan : le compte n’y est pas, ça ne marche pas. Toutes les croyances anciennes ne fonctionnent plus. On peut aller plus loin : l’instrumentalisation de l’écologie, le diversity washing, les gens voient bien que ça ne repose sur rien. On est donc à la veille d’un renversement culturel.

On en revient à votre idée de démontrer l’existence d’un bloc populaire majoritaire face à un bloc minoritaire. On va encore vous qualifier de populiste.

Je connais les techniques de délégitimation. J’en ai été la victime avec le concept de France périphérique. Ça non plus, ça ne fonctionne plus. Les catégories populaires ont fait confiance à leurs élites, elles ont cru aux médias. Les gens sont d’ailleurs prêts à aller vers leurs élites. Il n’y a pas intrinsèquement d’anti-intellectualisme ou d’anti-élitisme, pas de rejet a priori. Il y a juste des gens qui font le constat que les élites d’aujourd’hui n’ont plus le bien commun chevillé au corps.

Voir de même:

Goldnadel: « Pourquoi je ne suis pas allé au rassemblement place de la République »

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Selon l’avocat, le rassemblement en mémoire de Samuel Paty était organisé par des responsables politiques hypocrites qui ont laissé prospérer l’islamisme faute d’avoir pris au sérieux cette menace.

Gilles William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée est paru chez Plon.


Pour rien au monde, je n’aurais mis un bout de mon pied place de la République. Je ne supporte plus le symbolique. République, mot galvaudé, transformé en mantra que l’on utilise en gargarismes. Pour ne pas dire État et encore moins nation.

Je ne supporte plus la vue des bougies et le bruit des incantations. Vingt ans à prendre des coups par les petits marquis de la gauche morale sentencieuse qui aurait encore l’indécence de vouloir prendre en charge l’organisation d’une manifestation dont elle a effectivement une grande part de responsabilité morale dans sa survenance.

Vous auriez voulu que je marche à côté des cadres sans militants de SOS-Racisme qui auront passé leur temps à traiter de racistes ceux qui il y a dix ans alertaient des dangers de l’islam politique ou radical? Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval qui, il y a encore peu, considéraient comme haineux ou injurieux d’évoquer l’antisémitisme islamique et qui ont vainement traîné devant les tribunaux mon ami Georges Bensoussan. C’était évidemment avant les grands massacres.

Vous auriez voulu que je me commette avec l’UNEF qui organise des camps racisés? Avec la LDH qui n’avait d’yeux que pour Ramadan et les jeunes filles voilées? Vous auriez voulu sans doute que je défile derrière ces syndicats d’enseignants qui il y a encore peu niaient la difficulté d’enseigner dans les classes la Shoah. Vous avez oublié sans doute qu’il n’y a pas 20 ans certains d’eux expliquaient doctement qu’il ne fallait pas prendre au pied de la lettre les enfants qui en traitaient d’autres de «juifs».

Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval

À moins que vous ayez imaginé que je puisse faire un petit bout de chemin, au nom de l’union nationale, avec à ma gauche M. Coquerel et Mme Obono. Le premier qui, il n’y a pas encore longtemps, accompagnait une centaine de sans-papiers occuper la basilique Saint-Denis dont il ignorait sans doute qui elle abrite. La seconde qui décernait hier encore des brevets d’antiracisme à la très antisémite Bouteldja, mutique avec ses indigénistes depuis vendredi soir.

J’aurais pu également aller bras dessus- bras dessous avec leur lider maximo ou avec la sénatrice Benbassa. Ils m’auraient raconté , yeux embués ,l’ambiance qu’il y avait à la grande manifestation constellée d’étoiles jaunes contre cette redoutable islamophobie qui ensanglante la France. Cet évènement organisé par le sieur Majid Messaoudene, élu de Seine-Saint-Denis, boute-en-train irrésistible lorsqu’il s’agit de blaguer sur les massacres de Mohamed Merah.

Mais désolé, je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer. Seulement m’intéressent les actes, et les incantations du type «ils ne passeront pas!», puisées au demeurant inconsciemment dans la geste révolutionnaire marxiste, servent de faux-semblants. Je constate que le dernier angle mort d’une vision du réel qui s’améliore même du côté de chez les myopes demeure la mise en cause de l’immigration illégale, massive et donc invasive.

Une réalité tellement éclatante qu’elle en est aveuglante. En quinze jours, un migrant pakistanais et un migrant tchétchène qui n’auraient pas dû se trouver sur le territoire national, l’un avec un hachoir, l’autre avec un couteau à décapiter une tête bien faite, ont voulu venger leur prophète. Fort peu de responsables politiques et médiatiques ont osé incriminer la réalité de la dangerosité de l’immigration islamique massive et illégale.

Je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer

Non pas évidemment que tous les migrants musulmans soient dangereux. Il s’en faut de beaucoup. Mais compte tenu de la dangerosité statistique d’une partie de ceux déjà installés sur le territoire français et qui fait que les services de renseignements antiterroristes sont d’ores et déjà saturés, toute arrivée nouvelle accroît le danger déjà infernal. Le fait que la France officielle demeure hermétique à ce raisonnement purement arithmétique, exclusif de tout essentialisme, prouve à quel point cette fermeture psychologique au réel est de nature suicidaire.

Le combat intellectuel et culturel contre l’immigration illégale imposée de force au peuple français est un combat existentiel. Tout le reste n’est que bruit, esquive, hypocrisie, frime et jactance. Vous verrez que dans quinze jours, quand le nom de Paty commencera à être moins sur les lèvres françaises, que cet homme courageux reposera dedans la guerre froide, il se trouvera de belles âmes ou des forts en gueule qui nous expliqueront avec hauteur que nous sommes abusés par nos sens, que l’immigration est une aubaine pour la France et que celle-ci n’est pas un coupe-gorge.

Pardonne-leur Samuel de leur lâche bêtise, mais moi je ne marche plus.

Voir de plus:

Malika Sorel: «La non-assimilation aboutira à la mise en minorité des idéaux français sur notre propre sol»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Malika Sorel s’inscrit en faux contre les propos de Nicole Belloubet, qui a affirmé que «la France s’est toujours constituée, agrégée, autour d’un multiculturalisme séculaire». Elle rappelle la tradition assimilatrice de notre pays.
Alexandre Devecchio
Le Figaro
5 avril 2019

Ingénieur de l’École polytechnique d’Alger, major du MBA de Sciences Po Paris, Malika Sorel est ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l’auteur de Décomposition française (éditions Fayard, 2015) qui a reçu le prix «Honneur et Patrie» des Membres de la Société de la Légion d’honneur.


FIGAROVOX.- “La France s’est toujours constituée, agrégée, autour d’un multiculturalisme séculaire, le nier ce n’est pas comprendre notre histoire”, a déclaré Nicole Belloubet à l’Assemblée nationale. Que vous inspirent ces propos?

Malika SOREL.- Ce qui est énoncé ici, c’est le baratin servi aux foules depuis déjà un certain temps. En réalité, depuis que les élites politiques ne peuvent plus cacher l’ampleur du désastre dont elles sont à l’origine. Madame Belloubet étant nouvelle dans ce milieu, je ne la rends pas co-responsable bien sûr, mais ce qu’elle professe est faux.

Tout d’abord, son «toujours» interroge. À quelle période remonte-t-elle au juste? Comme l’a très bien mis en évidence l’historienne Marie-Claude Blanc-Chaléard, la France, à la fin de l’époque moderne, est un monde plein dont la population a augmenté sur place, et l’immigration naît avec l’arrivée de paysans italiens du Nord à partir des années1860-1870. Au regard de la longue histoire de la France, ce «toujours» de la ministre est donc plus que déplacé.

Ensuite sur le multiculturalisme: en dehors de cas précis hérités de l’histoire et circonscrits à des îles françaises lointaines et peu peuplées, le multiculturalisme n’a jamais été une politique française, et encore moins un objectif. C’est même tout le contraire, comme en atteste le Code civil selon lequel «nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française». Et c’est sur ce point précis du respect du Code civil que les élites de commandement – monde politique et haute administration – ont, pour les uns fauté, et pour les autres trahi.

Le multiculturalisme n’a jamais été une politique française

Pour bien comprendre la complexité de l’assimilation, qui demeure la condition nécessaire pour former un même peuple, il faut inlassablement rappeler que seul un Italien sur trois a fait souche en France, et que 42% des Polonais du flux 1920 1939 sont repartis, alors même qu’aucune amélioration économique substantielle ne pouvait justifier, à première vue, ce retour dans leurs pays. S’imaginer que des flux migratoires de cultures bien plus éloignées puissent faire mieux, cela sort des limites du bon sens.

L’assimilation doit être un choix librement consenti. De toute façon, elle ne peut pas être imposée car elle se joue entièrement sur le registre moral et affectif. Il faut simplement veiller à ne pas la rendre impossible. Lorsque l’on évoque l’immigration et l’intégration culturelle, ce qui est systématiquement passé sous silence, c’est l’épreuve que constitue l’exil et les souffrances qu’il peut causer. Incompréhensible! Quant à l’octroi des papiers d’identité, cela doit correspondre à une assimilation réelle et à rien d’autre.

Que révèlent-ils sur la vision de la France de la majorité? Le président de la République est-il favorable au multiculturalisme sans le dire?

La majorité étant une auberge espagnole, il m’est difficile de porter un jugement global, mais ce que j’en vois m’amène à dire que nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

En ce qui concerne le Président, j’ai eu l’occasion de dire, lors de la campagne présidentielle, que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Je persiste à penser qu’Emmanuel Macron ne maîtrise pas ces problématiques. J’observe qu’il cherche, tâtonne, prend des positions, les assène puis rétropédale quelques mois plus tard… J’estime toutefois que cela est moins désespérant que bien des politiques qui campent sur leurs erreurs et s’enfoncent dans leur ignorance.

Ce qui se joue au travers de cette question du multiculturalisme est capital pour le destin du peuple français, de sa civilisation, car c’est notre projet de société qui est en jeu, et que tout projet de société est le reflet de l’identité d’un peuple. Il s’agit de discuter des principes fondamentaux qui structurent l’identité. Que faire de la devise de la République française lorsque l’on se trouve en présence de cultures dans lesquelles l’individu n’a pas droit de cité et n’existe pas pour lui-même? Que faire de l’égalité homme-femme si elle est considérée comme une hérésie? À la poubelle? Quid de la fraternité, si elle est subordonnée aux convictions religieuses?

La non-intégration culturelle ou non-assimilation aboutira tôt ou tard à la mise en minorité sur le sol français des idéaux politiques portés par l’identité française.

La non-intégration culturelle ou non-assimilation, si elle affecte ne serait-ce qu’une faible proportion de flux migratoires par ailleurs conséquents, aboutira tôt ou tard à la mise en minorité sur le sol français des idéaux politiques portés par l’identité française.

Continuez-vous à défendre un modèle d’intégration? En réalité, est-il toujours vraiment applicable dans un contexte d’immigration de masse et de regroupement de communauté dans des quartiers de plus en plus homogènes?

À ce niveau de notre discussion, il convient d’évoquer l’insertion, qui est le simple respect des règles et normes du pays où l’on vit, même si on ne les partage pas en son for intérieur car on adhère soi-même à un autre référentiel culturel. C’est ce à quoi se soumet tout Français lorsqu’il s’expatrie. Ce respect élémentaire est un impératif sur lequel notre société n’aurait jamais dû transiger ; or elle a été entraînée sur le dangereux chemin des accommodements déraisonnables par des politiques dont une part étaient ignorants de la réalité des enjeux, et les autres indifférents.

Pour ce qui est du modèle français d’intégration, qui est en réalité un long processus jalonné de questionnements parfois douloureux, il convient plus que jamais de le réhabiliter, pour peu que l’on soit attaché à œuvrer à un vivre-ensemble harmonieux dans la durée.

Vous me posez également la question de l’immigration de masse. Oui, elle a rendu l’assimilation extrêmement difficile, pour la raison simple que les flux ont persisté à très haut niveau alors même que les pays d’origine amorçaient un retour à des fondamentaux religieux qui heurtent de plein fouet les principes de notre devise républicaine, principes que l’on retrouve au demeurant aussi dans les autres pays européens. Désormais, il est possible d’évoluer sur un territoire sans pour autant vivre à la même heure que son voisin de palier ou les habitants de sa commune. Dans de telles conditions, l’intégration culturelle devient mission quasi-impossible, et ce n’est pas l’école qui pourra, seule, y remédier.

J’ai toujours dit et écrit que la laïcité était la digue qui protégeait la France. Je persiste et signe.

En ce qui concerne la répartition à travers le territoire défendue aussi bien par la gauche que la droite ces dernières décennies, même un élève de CM2 comprendrait au vu des chiffres que cela n’est désormais plus une solution.

Pour mémoire, dès 1981, Georges Marchais, alors Secrétaire général du Parti Communiste Français, demandait à «stopper l’immigration officielle et clandestine». Quand ce sujet sortira-t-il des clivages partisans?

Nicole Belloubet répondait à une question de l’opposition sur la laïcité. La loi de 1905 doit-elle être intouchable? La volonté qu’on prête à Emmanuel Macron de revenir dessus vous inquiète-t-elle? Pourquoi?

J’ai toujours dit et écrit que la laïcité était la digue qui protégeait la France. Je persiste et signe. Chacun sait le sort qui attend les terres lorsqu’une digue vient à rompre. Qu’elles recourent ou non au concept de laïcité, toutes les sociétés occidentales vivent à l’heure de la loi des hommes. Les hommes y exercent le droit de se doter des lois qui vont régir leur cité sans que ces lois soient la transcription de commandements divins, et il y existe par ailleurs une hiérarchie entre le politique et le religieux.

Les coups de boutoir contre la digue sont nombreux, ne sont pas récents et se sont intensifiés avec les années. Je me souviens très bien d’un haut responsable politique que les médias présentaient comme laïque, et qui expliquait au micro de Jean-Jacques Bourdin comment les élus, sur le terrain, pouvaient contourner la laïcité pour financer les lieux de culte par le biais de baux amphytéotiques ainsi que le financement d’associations culturelles. Posez-vous la question: pourquoi des lieux de culte et non pas des écoles, alors même que les enquêtes PISA sont là pour montrer, chiffres à l’appui, de quelle manière la France plonge dans les classements année après année?

La laïcité est-elle aujourd’hui suffisante pour répondre au défi culturel que pose l’islam? À la laïcité juridique doit-on associer une affirmation de notre culture et de notre histoire?

Nombre de situations qui préoccupent notre société ne relèvent pas de la laïcité, mais du principe de l’égalité et de la dignité partagées entre les sexes, pour reprendre l’expression de l’islamologue Abdelwahab Meddeb. Il faut donc cesser d’invoquer la laïcité pour pouvoir mieux la démolir ou la faire démolir. La question, encore et toujours, nous ramène au projet politique collectif, donc au respect de l’identité du peuple français. Lorsque le Président Macron, en avril 2018, s’interroge face à deux journalistes: “Pourquoi le voile nous insécurise? Cela n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays”, il s’apporte lui-même la réponse que la société attend de lui. Pour mémoire, selon le Larousse: civilité = observation des convenances en usage chez les gens qui vivent en société.

Il faut donc cesser d’invoquer la laïcité pour pouvoir mieux la démolir ou la faire démolir.

En Occident, beaucoup de ceux qui s’affirment «progressistes» ne le sont en rien, et ont même participé à entraîner la France dans une approche ethno-raciale des individus ; donc, n’ayons pas peur des mots, dans une approche raciste, alors que le projet français d’intégration républicaine est profondément humaniste. On ne devrait juger l’homme que sur la base de ses seules actions. J’ai connu l’époque bénie où, en France, nul ne s’interrogeait sur l’origine de l’autre, ni n’épiait le contenu de son assiette, ni ne le condamnait sur la base de son seul prénom, prénom que ses parents lui avaient donné. Afin d’éviter toute méprise, je rappellerai ce que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire au sujet des prénoms. On ne peut juger une personne sur la base du prénom qu’elle a reçu à sa naissance. Simplement, le prénom qu’elle donne elle-même à ses enfants renseignera sur la trajectoire dans laquelle elle souhaite inscrire sa descendance. Mais encore faudrait-il que les choses aient été clairement exposées! La querelle des prénoms déclenchée par Éric Zemmour illustre à la perfection la crispation croissante et inquiétante de notre société. Pour votre information, beaucoup des élites que j’ai pu croiser dans les allées du pouvoir portaient des prénoms chrétiens. Et alors que je défendais l’identité française, beaucoup la foulaient aux pieds! Nous vivons dans une société qui a versé dans l’hypocrisie. Il est donc naturel qu’une part des descendants de migrants qui ont fait le choix de l’assimilation ne comprennent pas ce qui leur est reproché, et puissent parfois ressentir une intense souffrance.

Très récemment, j’ai assisté à l’hôtel de ville de Paris à la projection du remarquable documentaire L’incroyable histoire du plateau des Glières de Bernard de la Villardière et Géraud Burin des Roziers. Le sens de l’honneur a joué un rôle de première importance pour faire se lever tous ces hommes. Ce sens de l’honneur que résument à la perfection le “We shall never surrender” de Winston Churchill ou le “Vivre libre ou mourir” de Tom Morel. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Gérard Métral, Président de l’association des Glières, lors des commémorations du 31 mars. Tous ceux des Glières, a-t-il dit, relevèrent la France dans son honneur et sa fierté.

En France, on aurait tort de sous-estimer la portée et la signification du mouvement des Gilets jaunes. La souffrance est réelle et profonde.

Cela doit-il passer par le peuple ou par les classes dirigeantes?

Les deux, mon capitaine. Ce que j’ai vu et entendu m’amène à vous dire qu’il ne faut pas signer de chèque en blanc à nos dirigeants. Voilà maintenant quarante ans que les élites occidentales racontent les mêmes balivernes à leurs peuples. Au départ, il s’agissait d’accueillir des populations pour des raisons humanitaires. À présent, partout, elles leur demandent de faire preuve de tolérance en abandonnant des pans entiers de leur histoire politique et culturelle. Ce n’est pas un jeu car tout cela pourrait fort mal finir, y compris pour les élites qui ont participé à influencer les opinions publiques – donc pas seulement les élites politiques -, et vis-à-vis desquelles la défiance atteint des sommets inédits. On ne bouscule jamais impunément un peuple sur son territoire, et comme l’avait fort bien écrit Victor Hugo: le plus excellent symbole du peuple c’est le pavé, on lui marche dessus jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête.

En France, on aurait tort de sous-estimer la portée et la signification du mouvement des Gilets jaunes. La souffrance est réelle et profonde. Comme l’avaient relevé des journalistes présents sur les ronds-points dès le début du mouvement, le sujet de l’immigration surgissait très vite dans les discussions. Et pour cause! Beaucoup de citoyens se sentent abandonnés au profit de nouveaux entrants qui se trouvent être plus pauvres, à un moment où l’école peine à remplir la promesse républicaine d’ascension sociale. Le déclassement comme seul horizon pour leurs enfants! Ce qui menace, c’est le non-consentement à l’impôt et la décomposition française, baptisée partition par le Président Hollande.

Certes, Emmanuel Macron hérite de cette situation, mais aujourd’hui c’est lui qui tient le gouvernail. Aussi doit-il se former en accéléré, entendre, comprendre et répondre avec empathie.

Du fait de l’évolution de la composition du corps électoral, nombre d’élus, pour être reconduits, sont contraints – ou se croient contraints – d’adapter leur comportement. D’où un clientélisme ouvert ou larvé. J’ai été aux premières loges pour observer depuis l’intérieur à quel point les hommes et femmes du monde politique sont obsédés, et même terrorisés par la «diversité». Les sommes considérables injectées n’ont pas eu le retour escompté. Pire, elles ont suscité le ressentiment des uns envers les autres. Au lieu de créer de la cohésion, les politiques ont créé de la division.

C’est à l’aune de cette évolution démographique majeure que les Français doivent lire beaucoup des actions politiques qui ont été déployées ces quarante dernières années.

C’est à l’aune de cette évolution démographique majeure que les Français doivent lire beaucoup des actions politiques qui ont été déployées ces quarante dernières années. Les politiques se sont lié les pieds et les poings. C’est pourquoi je n’attends pas grand-chose du Parlement qui nous ressort, à intervalles réguliers, l’idée du vote de quotas annuels d’immigration alors même que la France peine à garantir un avenir décent à tous ses enfants.

Ce dossier doit être directement rattaché au Président de la République, qui en répondra devant les Français et devant l’Histoire. Les petits présidents travailleront pour être réélus, quand les grands, en œuvrant pour l’intérêt général, auront pour ambition d’inscrire leur nom en lettres capitales dans l’Histoire de France et celle de l’Europe.

Le nombre de mineurs isolés étrangers explose en France
Le pays accueille pour la seule année 2020 près de 40.000 mineurs non accompagnés. En 2014, ils étaient à peine 4000 à être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.
Jean-Marc Leclerc
Le Figaro
22 septembre 2020

Plus que jamais, la France marche aux côtés de l’Allemagne pour venir au secours des mineurs isolés étrangers. Depuis l’incendie du camp de Moria, sur l’île de Lesbos, en Grèce, considéré jusqu’alors comme la plus grande structure d’accueil de migrants de toute l’Europe, Berlin a annoncé vouloir mettre à l’abri sur son sol environ 1500 sinistrés. Parmi eux: environ 150 mineurs isolés. Une centaine d’autres seraient accueillis par Paris, même si le ministère de l’Intérieur ne livre, à ce jour, aucun chiffre précis. «Tout est encore en discussion», assure un conseiller de Gérald Darmanin à Beauvau.

Le pays des droits de l’homme s’était de toute façon déjà engagé, avant l’été, à accueillir 350 mineurs isolés étrangers de Grèce, mais aussi plusieurs familles. En août dernier, 49 d’entre eux sont arrivés dans l’Hexagone. Par ailleurs, d’ici à la fin du mois, 175 personnes vulnérables, ou issues de familles déracinées, sont censées avoir rejoint la France.

«Il s’agit bien d’une opération spécifique, liée à l’urgence de la situation dans les camps des îles grecques», explique un préfet très au fait du dossier. Selon lui, «ce contingent vient ainsi en complément du flux habituel et il a un peu valeur de test car, au-delà du contexte émotionnel de l’incendie de Moria, les autorités ne peuvent exclure que, dans d’autres camps, des migrants mettent également le feu aux installations qui les abritent, dans l’espoir que ces événements accélèrent leur prise en charge par les pays d’accueil.»

Pour l’heure, la centaine de mineurs isolés du camp de Moria auxquels la France veut accorder sa protection n’est qu’une goutte d’eau dans le flux des arrivées. «Nous accueillons déjà une centaine de mineurs non accompagnés par jour en moyenne depuis le 1er janvier, ce qui laisse à penser que les nouveaux entrants seront, pour la seule année 2020, environ 40.000», explique un cadre de l’Assemblée des départements de France (ADF), présidée par Dominique Bussereau. De fait, ce sont les exécutifs départementaux qui ont la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Sur le flux de 40.000 mineurs isolés étrangers, la moitié environ aura pu, d’ici à la fin de l’année, intégrer les dispositifs d’aide à la charge des départements, les autres étant considérés comme des majeurs. Ceux qui seront reconnus comme ayant moins de 18 ans (au besoin au moyen d’un test osseux) seront donc environ 20.000. Ils viendront étoffer le «stock» des 40.000 mineurs déjà pris en compte par l’aide sociale à l’enfance les années précédentes.

«À ce stade, les 40.000 mineurs non accompagnés dont s’occupent les départements coûtent déjà 2 milliards d’euros par an. À raison de 50.000 euros de prise en charge annuelle par enfant en moyenne, je vous laisse imaginer le poids pour les finances publiques quand, à la fin de l’année, le stock de dossiers validés avoisinera les 60.000», souligne l’un des meilleurs connaisseurs du sujet à l’ADF. À l’entendre, le seuil des 2,5 à 3 milliards d’euros par an de charge financière se profile, pour ces seuls mineurs. «C’est une charge beaucoup trop lourde pour de nombreux exécutifs départementaux, d’autant que cette situation relève de choix de politique migratoire qui incombent essentiellement au gouvernement», fait remarquer un directeur à l’ADF.

Pierre Henry, le directeur général de l’association France terre d’asile, rappelait récemment que, en 2014, à peine 4000 mineurs non accompagnés étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Ils étaient même seulement un millier en 2012.

Il y a deux ans, Matignon et l’Assemblée des départements de France étaient parvenus à un accord pour rehausser la participation financière de l’État dans l’accueil des nouveaux arrivants. Ce ne sont pas les 100 % de prise en charge promis par le président de la République, Emmanuel Macron, au début de son quinquennat, mais l’effort consenti est tout de même jugé encourageant dans les départements.

Ainsi, outre les 500 euros apportés par l’État lors de la phase d’évaluation du cas de chaque jeune étranger se disant mineur, le gouvernement accorde une participation de 6000 euros par enfant pour les trois quarts du flux des entrants supplémentaires acceptés au titre de l’aide sociale à l’enfance. En clair, si un département protégeait 1000 mineurs isolés en 2018 et qu’il doit en gérer au total 1800 aujourd’hui, l’État s’engage à verser annuellement 6000 euros par mineur pour 600 mineurs.

Les deux tiers des nouveaux arrivants en 2020 viennent d’Afrique subsaharienne. Sur le tiers restant, la plupart des mineurs arrivent du Proche et du Moyen-Orient. Jamais la France n’a eu à traiter autant de cas.

Voir aussi:

« Un coupable presque parfait » : Pascal Bruckner et la tyrannie des identités
Jacques Julliard
Marianne
17/10/2020

La dernière fois que les Français ont été invités à faire pénitence, c’était en juin 1940, au lendemain de l’ar-mistice, par la bouche de Philippe Pétain, le maréchal traître : « Vous souffrez et vous souffrirez longtemps encore, car nous n’avons pas fini de payer toutes nos fautes. » La France avait péché, elle devait expier. Et la plupart des autorités du pays – généraux, évêques, écrivains – de faire chorus, tant la lâcheté est chose communicative. Or voici qu’aujourd’hui, par la voix des principales autorités – homo-sexuelles, indigénistes, décolonialistes – du pays, nous sommes de nouveau requis, et avec quelle véhémence ! , de nous couvrir la tête de cendres. La raison ? Ne sommes-nous pas, pour la majorité mâle d’entre nous, des hétérosexuels, c’est-à-dire des violeurs ? En outre, ne sommes-nous pas, comme héritiers de l’histoire de France, coresponsables d’un long cortège d’usurpations, de violences et de meurtres, dont les peuples coloniaux ont été et restent les principales victimes ? Il ne nous reste qu’à filer doux et à faire repentance.

Voilà, résumé à la hussarde, mais fidèlement, le sens du dernier essai de Pascal Bruckner, Un coupable presque parfait (Grasset), dont le sujet est la construction et la criminalisation de l’homme blanc dans la France d’aujourd’hui. Pascal Bruckner n’est pas seulement l’un de nos meilleurs essayistes. Grâce à la qualité de l’information, la clarté de l’exposition et l’élégance du style qui sont les siennes, il est aussi celui qui, à la faveur de son don pour lire l’événement à l’état naissant, a attiré le premier l’attention sur quelques-uns des traits majeurs de notre modernité, tels que la « mélancolie démocratique », l’obsession du bonheur, les paradoxes de l’amour, la place de l’argent, le nouveau statut de la vieillesse… Il est donc ce que l’on appelait jadis un moraliste, c’est-à-dire un dénonciateur impitoyable de toutes les impostures de la morale appliquée aux autres, quand elle vise à intimider, à stigmatiser, à tyranniser, dans le dessein d’asseoir son pouvoir.

Or le fait est qu’il faut remonter bien haut dans notre histoire nationale pour retrouver à l’œuvre, sous prétexte de bien-pensance, pareille collection d’hypocrites, de donneurs de leçons, de tartuffes et de faux-culs, comme celle qui occupe aujourd’hui le devant de la scène. À gauche, notamment, hélas ! Comme si d’avoir été abandonné par tout le peuple donnait le droit de faire la morale à tout le monde…Je ne puis malheureusement entrer ici dans les détails de cette première partie du livre, qui montre le cheminement de la doxa contemporaine. Sous couvert de lutte contre le viol, on voit, par glissements successifs, cette lutte nécessaire se transformer en une remise en cause de la relation homme-femme, symbolisée par la pénétration sexuelle : même s’il y a consentement, elle est par essence invasive et violente. Rien ni personne n’échappe à ce néopuritanisme, qui fait tomber le soupçon sur tout le processus amoureux, depuis la séduction, la « cour », jusqu’au dénouement érotique. Tous coupables ! Tous violeurs !

Je répondrai par une anecdote. Je me trouvai, il y a bien long-temps, en Kabylie, durant cette affreuse guerre d’Algérie, qui m’a marqué à jamais. Cette guerre qui déposait son empreinte sur tous les actes de la vie courante. Jusqu’au mess des officiers, milieu unisexe, où régnait un certain relâchement viril. Un beau jour y parut une femme, jeune et belle, venue comme assistante sociale. Du jour au lendemain, les mœurs se policèrent. Les officiers, avant de passer à table, se donnaient un rapide coup de peigne. La courtoisie, la correction du langage, les manières de table réapparurent comme par enchantement. Ce jour-là, je compris que le commerce des deux sexes n’était pas, comme le prétendent aujourd’hui nos nouvelles précieuses, une forme dissimulée, voire symbolique de la violence, mais au contraire le fondement incontournable de la civilisation.

La seconde partie du livre est consacrée à cet « antiracisme exterminateur » qui, sous le couvert de la lutte contre toutes les formes du racisme qui sont censées survivre dans le monde occidental blanc, vise à une véritable éradication de la « blanchéité » ; formidable régression culturelle qui fait, en dernière analyse, de la pigmentation de la peau un critère moral et civilisationnel. Cela va du plus pathétique au plus burlesque, témoin cette initiative, en juin 2020, du New York Times, qui a décidé d’écrire le mot Noir avec une majuscule et le mot blanc avec une minuscule pour réparer une injustice historique… Le plus comique, c’est que cette « guerre de sécession » d’un genre nouveau est menée sur le territoire des Blancs eux-mêmes, pas par des intellectuels de couleur sortis du peuple et bien décidés à n’y plus jamais rentrer.

Il n’y a pas aujourd’hui de situation plus confortable ni plus ambiguë que celle d’héritier autoproclamé des esclaves sur les terres repentantes de leurs anciens maîtres. Toute cette agitation peut paraître dérisoire et ne serait en effet que cela si elle ne contribuait au retour d’une certaine vision raciste du monde, aux antipodes de l’universalisme du christianisme et des Lumières, qui demeure la seule solution au problème On connaît la fameuse phrase de Marx selon laquelle tout événement a tendance à se reproduire deux fois, la seconde sous la forme de la parodie. Il y a désormais un certain fémi-nisme, un certain antiracisme qui traduisent essentiellement le regret de toute une génération de n’avoir pas été là pour mener les combats de la précédente. C’est pourquoi Bruckner a raison de conclure : « Ne cédons pas au chantage ! »

P.-S. : Au moment de terminer cet article, je reçois le dernier livre de Douglas Murray, la Grande Déraison. Race, genre, identité (L’Artilleur), qui traite à sa manière le même sujet que Bruckner. Il faudra y revenir.

Voir également:

Hubert Védrine : « Contrôler davantage les flux migratoires »
Ancien ministre des affaires étrangères, 1997-2002
Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères (1997-2002) explique qu’il faut instaurer des quotas d’immigration légale par pays.
Le Monde
28 juin 2018

Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence.

Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens.

Le sentiment que l’Europe est une passoire (…) nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales
Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement.

Casser l’engrenage dévastateur
Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ? Pour casser cet engrenage dévastateur, il faut donc, dans un cadre et par des mécanismes durables, contrôler ces flux.

La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale
Dans le cadre d’un Schengen consolidé et renforcé, il faut d’abord vérifier que chacun des vingt-six Etats membres, et nouveaux candidats, en particulier les Etats physiquement frontaliers, sans oublier tous les aéroports, seront capables administrativement, politiquement et géographiquement d’assumer des engagements renforcés grâce à une agence Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] mieux équipée et transformée en vraie police des frontières parfaitement connectée aux polices nationales.

Le droit d’asile pour les gens en danger doit absolument être préservé. Au-delà même des préambules des Constitutions de 1946 et de 1958, il est l’âme même de l’Europe.

Mais cela suppose qu’il ne soit pas détourné de son objet ; sans distinction claire d’avec les mouvements migratoires, il finira par être balayé. La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile, dont certains seront admis en tant que réfugiés, et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale.

Réseau de centres d’accueil
Le traitement, aussi rapide que possible, des demandes d’asile au sein de Schengen, devra se faire dans un véritable réseau de centres d’accueil à créer, sous un nom ou sous un autre, dans les pays extérieurs au plus près des zones de conflits ou de départ, partout où c’est possible (c’est déjà le cas au Niger, mais c’est impossible en Libye).

Mais il faut aussi, comme l’a proposé le président Emmanuel Macron, installer sur le territoire européen, aux frontières extérieures de Schengen, des centres fermés et sécurisés où l’on examinera qui relève ou non du droit d’asile, ce qui relativisera la notion de pays d’arrivée qui est la base de l’accord de Dublin et des controverses qui en découlent.

Bien sûr, les critères d’attribution de l’asile dans Schengen devront être complètement harmonisés, et les demandeurs d’asile acceptés devront être beaucoup mieux accueillis et intégrés. Quant aux déboutés, ils devront être pris en charge et reconduits par Frontex en dehors de Schengen, dans leur pays d’origine où ils pourront postuler comme immigrants légaux.

On ne peut pas fixer a priori de quotas de réfugiés : étant donné que le nombre des futurs demandeurs d’asile dépend des tragédies futures, il ne peut pas être plafonné artificiellement à l’avance. L’Europe devra rester généreuse, vis-à-vis des personnes persécutées ou menacées, tout en aidant plus les pays voisins qui les accueillent en premier lieu, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban.

Cogestion indispensable
La question des migrations est différente. Les mouvements de migration économiques vers les pays riches d’Europe, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Maroc, l’Afrique du Sud, ou d’autres émergents, ne cesseront pas, raison de plus pour s’organiser.

Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit. Ces derniers demanderont des compensations et des aides, ce qui conduira à reconsidérer de proche en proche toutes les politiques de codéveloppement.

Cette cogestion est indispensable car il est impossible de détruire sans ces pays les réseaux de passeurs et leurs complices qui ont reconstitué une économie de la traite en Afrique ; gérer avec eux, avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans des centres d’accueil au sein de plates-formes régionales, aussi bien les demandes d’asile que les demandes d’immigration en Europe ; lutter contre le trafic de faux papiers dans le Sahel ; et mieux contrôler les frontières entre ces pays.

Il ne faudrait pas en être réduit, tout cela ayant échoué, et les garde-côtes libyens étant impuissants, à être obligés de bloquer les ports de Libye ! En même temps, cette gestion plus rigoureuse des flux migratoires permettra de favoriser, comme promis dans le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, la circulation pour les non-candidats à l’immigration (étudiants, hommes d’affaires, artistes).

Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit
En attendant, et en urgence, il faut gérer l’héritage du passé et remplacer Dublin, que les ministères de l’intérieur avaient espéré pouvoir garder, par de nouvelles règles. Les pays de Schengen qui ne voudront pas accueillir de réfugiés au titre de la solidarité et de la répartition devront fournir une contribution financière accrue pour la protection des frontières communes ou pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans d’autres pays.

Des décisions difficiles devront être prises concernant ceux qui sont déjà en Europe, illégalement, depuis un certain temps : les reconduire dans des centres de retour à l’extérieur, d’où ils pourront tenter leur chance comme immigrants légaux auprès des centres d’accueil, ou essayer de travailler dans leur propre pays (les migrants, pas les demandeurs d’asile) ; ou les régulariser, pour des raisons d’humanité ou autres, mais alors les intégrer vraiment.

Un premier sommet Schengen-Sahel devrait permettre de commencer à aborder tout cela courageusement et franchement. Si tous les pays de Schengen, ou de départ et de transit, ne sont pas prêts à s’y engager, il faudra commencer avec une coalition de volontaires comme cela a été esquissé dans quelques pays.

Ceux que la repentance aveugle ou paralyse
Il est urgent que les opinions européennes constatent un vrai changement. La répartition des réfugiés, le montant des compensations, la fixation du nombre de migrants légaux, la dénomination et l’organisation du réseau de centres à l’extérieur ou aux frontières, et leur fonction, donneront lieu à des négociations permanentes et difficiles.

Mais une partie de l’opinion européenne changera quand elle réalisera que ces flux seront désormais mieux « gérés », que la partie de mistigri sur les réfugiés est finie et qu’il y a une politique claire, à court et long terme. Et même si des flux d’immigration illégaux se poursuivent, ils deviendront quand même moins importants.

Néanmoins, il ne faut pas se cacher que plusieurs secteurs de l’opinion, minoritaires mais très actifs et « audibles », continueront à opposer un tir de barrage à la mise en œuvre de cette indispensable politique, pour des raisons opposées – il faut aider tous ceux qui souffrent ; il faut repousser tous les envahisseurs.

S’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème !
Les arguments de l’extrême droite (pour tout fermer) doivent être combattus sans ménagement comme étant inhumains, économiquement absurdes et, de toute façon, inapplicables. Il en va de même pour l’extrême gauche qui mise sur les populations issues de l’immigration par calcul militant, activiste ou électoral.

En revanche, il faudrait convaincre beaucoup de gens généreux et de bonne foi de réfléchir à leur responsabilité et de modifier leurs positions ne serait-ce que pour sauver l’asile. Ceux que la repentance aveugle ou paralyse. Ceux qui ne voient le problème des migrations qu’en termes de valeurs et de principes généraux. Or, c’est aussi une question de nombre : s’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Ceux qu’un universalisme abstrait et un mépris affiché pour les besoins élémentaires d’identité et de sécurité culturelle des peuples européens ont rendu inaudibles. Ceux qui ne réalisent pas que ce n’est pas être « généreux » que de priver les pays d’Afrique de leurs meilleurs éléments, les émigrants jeunes, dynamiques et entreprenants, en alimentant la nouvelle économie de la traite.

Fossé élites/peuples
Il faudrait même oser questionner le bilan des grandes institutions judiciaires françaises ou européennes chargées d’appliquer des grands textes comme la Convention européenne des droits de l’homme et qui, par effets de cliquet et avec une totale bonne conscience, peuvent donner à la longue aux citoyens le sentiment qu’elles se substituent à la souveraineté et à la démocratie. Alors que le problème numéro un de l’Europe est le fossé élites/peuples !

Le plan paraît irréaliste ? Une telle politique n’est viable que si tous les pays de ce Schengen confirmé et renforcé, une fois l’accord trouvé, s’engagent à être des partenaires responsables et solides sur l’asile comme sur les migrations.

Quid des pays de Visegrad [un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie] ? De l’Italie ? De l’Espagne à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc], etc. ? Mais aussi quid des partenaires extérieurs de l’Est et du Sud ? Vraies questions. Mais il y a le feu !

Paradoxalement, malgré les apparences récentes, il ne devrait pas y avoir d’opposition insurmontable entre les pays européens de l’Ouest et de l’Est. Qui conteste la nécessité absolue d’une meilleure maîtrise des flux vers l’Europe ? Enfin, n’oublions pas l’éléphant dans la pièce : une alliance plus déterminée et plus assumée partout des démocrates et des musulmans modérés contre l’islamisme aiderait à enrayer le glissement des opinions européennes. Tout cela va s’imposer. Faisons-le plutôt ensemble, vite, et en bon ordre.

Hubert Védrine a été ministre des affaires étrangères dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002. Il a publié « Le Monde au défi » (Fayard, 2016) et « Sauver l’Europe ! » (Liana Levi, 2016)

Voir de même:

L’éditorial du Figaro: « Les larmes, les hommages, et après?
Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro
Le Figaro
18 octobre 2020

Il s’appelait Samuel Paty, et son nom ne doit pas être oublié. Il mérite de rester dans les mémoires parmi les figures de l’école républicaine, entre Louis Germain, le maître d’Albert Camus, et ces hussards noirs «d’un dévouement sans mesure à l’intérêt commun» chantés par Charles Péguy.

Samuel Paty, d’après tous les témoignages, était chaleureux, bienveillant, délicat jusqu’au scrupule, adoré de ses élèves… Le contraire d’un provocateur ou d’un boutefeu. Il est mort – et dans quelles atroces circonstances! – d’avoir voulu appliquer le programme d’éducation morale et civique en classe de quatrième. Mort d’avoir montré à ses élèves deux représentations satiriques de Mahomet. Assassiné pour avoir enseigné la liberté.

Et l’on ne viendra pas nous dire, cette fois, qu’il est tombé par hasard, sans raison, sous les coups d’un «déséquilibré»! Au contraire: tout, dans les jours qui précèdent le crime, semble conduire à cette tragédie. Durant deux semaines, Samuel Paty a été l’objet d’une cabale méthodiquement ourdie, soigneusement organisée. Des militants islamistes l’ont ciblé, persécuté, calomnié. Parmi eux, un «parent d’élève», mais aussi un activiste islamiste, fiché S, membre d’un «conseil des imams de France». Les membres de cette petite bande l’ont dénoncé à sa hiérarchie. Ils l’ont signalé à la police. Ils ont jeté son nom en pâture sur les réseaux sociaux. Ils ont affiché des vidéos injurieuses sur le site internet d’une mosquée. Ils sont allés jusqu’à saisir les autorités académiques! S’ils n’ont pas armé directement la main du tueur (cela, il appartiendra à l’enquête de le dire), ces harceleurs ont indubitablement inspiré son geste. Leur acharnement criminel en dit autant sur l’époque que nous traversons que les circonstances particulièrement atroces de l’assassinat. Aujourd’hui, les fameux «loups solitaires» ne le sont jamais vraiment: ils s’enracinent dans un écosystème islamiste qui les protège et les nourrit.

Allons-nous nous réveiller, enfin, et répliquer à la guerre qui nous a été déclarée?

«Ils ne passeront pas!» Ces rodomontades seraient à rire si elles n’étaient à pleurer. La triste vérité, chacun le sait, c’est que, depuis longtemps, ils sont déjà passés. L’influence islamiste pèse de tout son poids sur l’école, où l’inspecteur général Jean-Pierre Obin mesure depuis vingt ans la montée inexorable des «accommodements» concédés à cette funeste idéologie: d’après un récent sondage, 40% des enseignants (50% en ZEP) reconnaissent «s’autocensurer» sur certains sujets (on imagine aisément lesquels) face à leurs élèves pour ne pas créer d’incident. Cette influence, elle pèse (et ô combien!) sur l’université et la recherche. Elle gangrène les services publics comme les entreprises privées. Prisons, police, armée… elle n’épargne quasiment plus aucun service de l’État ni aucun secteur de la société.

La vérité, c’est que les islamistes, dans notre pays, ont pignon sur rue. Ils ont, avec le CCIF, leur vitrine officielle ; ils ont aussi leurs boutiques officieuses et leurs officines clandestines. Ils ont leurs représentants légaux, leurs brillants avocats qui ont accès aux plus hautes sphères de l’administration, leurs entrepreneurs qui financent la cause, leurs activistes qui déversent la haine sur les réseaux sociaux, leurs prêcheurs qui remplissent les mosquées, leurs soldats réguliers qui noyautent les cités et leurs sicaires, désavouables à merci, qui prospèrent sur ce terreau.

La vérité, c’est aussi que les islamistes peuvent compter, dans l’appareil d’État, les partis politiques et les médias, sur des compagnons de route (ou des idiots utiles) qui soutiennent efficacement la cause. C’est Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité, qui semble avoir été ainsi baptisé par antiphrase. C’est Jean-Luc Mélenchon, qui, toute honte bue, prétend aujourd’hui combattre les amis de ceux avec qui il défilait hier. C’est Edwy Plenel, dont nul n’a oublié qu’il a accusé Charlie d’avoir «déclaré la guerre aux musulmans»! Et, derrière eux, toute une nébuleuse islamo-gauchiste rompue à la rhétorique victimaire (indigénistes, décoloniaux, Unef, SOS-Racisme, LDH…) qui devine du «racisme d’État» chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, dénonce des «violences policières» chaque fois qu’il s’agit de maintenir l’ordre et hurle à l’«islamophobie» chaque fois que l’on fait mine de résister aux diktats des barbus… Que certains de ceux-là se soient retrouvés hier, place de la République ou ailleurs, avec des citoyens sincèrement révoltés par les menées islamistes est une insulte à la décence autant qu’au souvenir des victimes.

Et maintenant? Et demain? Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions sournoises et ces fermetés équivoques qui nous tiennent lieu de politique depuis si longtemps? Allons-nous nous réveiller, enfin, et opposer à la guerre qui nous a été déclarée une autre guerre, impitoyable et sans merci? C’est en vérité la seule question – mais cette question est vitale – que nous devrions nous poser.

La loi contre le séparatisme? Il paraît que l’on va durcir le dispositif. Tant mieux! Mais, à dire vrai, ce n’est pas du luxe. Mieux contrôler les associations, mettre un terme définitif à ces cours de «catéchisme coranique» à l’école sous prétexte d’apprentissage des «langues d’origine», imposer aux salariés des transports publics le respect des règles élémentaires qui prohibent le prosélytisme vestimentaire… tout cela est bel et bon (pour autant que cela soit appliqué), mais, chacun l’aura compris, notoirement insuffisant. Plus largement, c’est la philosophie même de cette loi – si pudique qu’il n’est pas prévu que le mot «islamisme» y figure! – qui doit être reconsidérée. Mais à quoi rime, au juste, ce mot de «séparatisme»? Le bourreau de Samuel Paty et les militants islamistes qui ont créé les conditions de son acte ne nourrissent aucunement le rêve de bâtir leur société islamique à côté de notre République, ils ont le projet de la remplacer, territoire après territoire, par un régime «pur» gouverné par la charia. Les islamistes ne sont pas des séparatistes, ce sont des conquérants…

Pour les combattre avec quelque chance de l’emporter, il faudra parler moins et agir plus. Fermer sans tergiverser toutes les mosquées où est enseignée la détestation de la France. Expulser immédiatement les imams étrangers prêcheurs de haine. Dissoudre le CCIF et toutes les organisations qui, sous couvert de lutter contre l’«islamophobie», font le lit de l’islam le plus radical. Et faire entendre raison aux tribunaux administratifs qui trouvent toujours un bon motif pour annuler les (rares) décisions énergiques prises dans ce sens.

Il faudra aussi cesser de tourner autour du pot des fichés S: expulser les radicalisés étrangers (il semble que Gérald Darmanin veuille s’y mettre: bravo!) et interdire de tout emploi sensible (aujourd’hui ils peuvent travailler comme enseignants ou comme éducateurs!) les fichés français. Ce qui suppose là encore de passer outre l’opposition de tous ceux qui estiment qu’on ne peut rien faire au motif qu’«ils n’ont encore commis aucun crime»

Il faudra enfin se décider à aborder sans se voiler la face la question de l’immigration sans contrôle et de ses conséquences pour le pays. Un Tchétchène de 18 ans à qui la justice avait reconnu le statut de réfugié vient de décapiter un enseignant français. Quelques jours plus tôt, un jeune Pakistanais, à qui la justice – toujours elle – avait accordé la protection reconnue aux «mineurs isolés», avait perpétré une attaque au hachoir contre l’ancien immeuble de Charlie. Peut-être cette coïncidence mériterait-elle que l’on s’y arrête un instant: si la France continue d’accueillir chaque année sur son sol près d’un demi-million d’étrangers, dont la grande majorité, de confession musulmane, estime que la charia est supérieure à tout, il est peu probable que l’islamisme recule…

Et qu’on ne vienne pas nous dire, encore une fois, qu’«il ne faut surtout pas prendre le risque de diviser les Français», que «ce serait faire un cadeau aux terroristes, qui n’attendent que cela»! Sous les apparences du bon sens, cette analyse rabâchée chaque fois qu’il est question de mettre en œuvre une politique un peu ferme est le paravent de tous les renoncements.

Car, en vérité, le but ultime des islamistes n’est pas de diviser, il est de s’imposer et d’imposer leur loi partout où vivent des musulmans. La division des Français, qui les dresserait les uns contre les autres, peut certes être considérée par les islamistes radicaux comme un moyen indirect de parvenir à cet objectif de domination, mais il existe à leurs yeux un moyen direct beaucoup plus efficace: la soumission de leur adversaire, le mol acquiescement qui leur permettrait de s’imposer sans combattre. Cette unité-là, c’est le silence des cimetières.

Au fond, comme toujours quand la situation est difficile, revient la seule question qui vaille en politique: celle du courage. Ce courage qui a tant manqué à nos hommes politiques, de droite comme de gauche, depuis quarante ans, c’est celui de Zineb El Rhazoui, de Riss et de bien d’autres, qui, en dépit des menaces, continuent, sous protection policière permanente, de clamer haut et fort leur refus de l’islam politique. Ce courage, ce fut aussi celui d’un homme qui, alors que la meute des islamistes s’acharnait à le salir, ne leur a rien cédé. Il s’appelait Samuel Paty, et son nom ne doit pas être oublié.

Voir de plus:

Bruno Retailleau: « L’immigration est un angle mort qui devient un angle mortel »
Entretien
Propos recueillis par Causeur
18/10/2020

Le président du groupe LR au Sénat propose la tenue d’un référendum sur les sujets régaliens, la création d’une task force de reconquête des quartiers ainsi que la fermeture des lieux de culte, comme la mosquée de Pantin, qui ont relayé l’appel contre le professeur assassiné.

Marianne : Des professeurs estiment qu’un attentat comme celui-ci était inéluctable. Est-ce votre avis ?

Bruno Retailleau : Rien n’est jamais inéluctable. Mais nous sommes en train de perdre la bataille contre l’islamisme. Dans un premier temps, j’ai été sidéré, puis la révolte a succédé à la sidération. J’ai entendu le président de la République parler d’un acte terroriste. Ce terme-là ne définit pas la réalité de cette décapitation, de cette barbarie. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une volonté d’appliquer la charia sur le sol français. C’est un acte de violence mais c’est aussi un acte qui a un sens : la terre de France doit se soumettre. Et c’est la mort pour ceux touchent au prophète ou au dogme. Quant à ceux qui prétendent que c’était inéluctable, ils oublient que l’alerte avait été donnée depuis des jours. Qu’a fait l’institution, l’Éducation nationale, pour protéger ce professeur ?

L’Éducation nationale s’était saisie du problème. Tout comme la police… Le renseignement jugeait même la situation « apaisée ». Cela veut dire que rien ne marche ?

Non ça ne fonctionne pas. Souvenez-vous de l’attentat dans le cœur du cœur du service anti-terroriste de la préfecture de police de Paris. Il y a eu deux enquêtes administratives. Avez-vous eu connaissance de sanctions ? Non, bien sûr ! Si nous ne l’avions pas encore compris, nous sommes confrontés à un combat global. Bien sûr, nos services ont fait d’énormes progrès. Mais nous perdons la bataille par lâcheté, par renoncement. Il y a des espaces physiques, des enclaves territoriales dans lesquelles l’islam politique peut soumettre les esprits et les territoires à la loi religieuse qui, dans ces endroits, est supérieure à la loi civile. Il y a aussi une colonisation intellectuelle, par exemple le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui utilise le concept d’islamophobie pour faire avancer la cause islamique sous couvert de défense des libertés. Et nous, nous ne luttons pas ! Nous ne nous rendons pas compte qu’aujourd’hui, si ce professeur n’a pas bénéficié d’une protection malgré les alertes, c’est parce que nous avons préféré le silence. Le même silence qu’à la préfecture de police de Paris. Ces silences coupables sont des silences criminels.

« Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! »

Justement, le président de la République avait pris la parole il y a quinze jours pour dénoncer le séparatisme que veut imposer l’islamisme à notre société… De l’avis général, il avait trouvé les mots justes…

Le problème ne date pas de ce quinquennat. Mais la faute politique personnelle d’Emmanuel Macron est de ne pas avoir mis tout de suite la priorité sur la lutte contre l’islam politique. Pourtant, il avait été secrétaire général adjoint de l’Elysée, et ministre : il savait ! Par ailleurs, du discours aux actes, il y a encore beaucoup de chemin à franchir. Il semble vouloir faire, mais je crains qu’il fasse semblant. Les mesures qu’il envisage sont des demi-mesures : il n’a pas prévu de traiter la question de l’immigration. Or, c’est un angle mort qui devient un angle mortel. Quand un jeune Pakistanais, soi-disant mineur non accompagné, s’en prend à deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, c’est la question de l’immigration qui est posée. Ici, on a affaire à un jeune Russe qui a un statut de réfugié, c’est encore une question d’immigration. Souvenez-vous de ce qu’avait dit Emmanuel Macron au lendemain des rixes des deux bandes à Dijon : il nous avait promis des expulsions. Pouvez-vous me dire combien il y a eu d’expulsions ? Zéro ! Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! Dans nos quartiers, dans nos institutions, et même dans nos bureaux de vote avec des listes communautaires. Le président de la République grimpe sur une ligne Maginot qui a déjà été enfoncée. Il peut faire les meilleurs discours du monde, mais les mots sans les actes, c’est le mensonge, c’est la faiblesse.

Vous préparez une candidature à la présidentielle. Vous président, comment auriez-vous agi au lendemain d’un acte comme celui-là ? 

Il y a trois niveaux de lutte, trois combats simultanés à mener. Le premier, c’est l’éradication djihadiste. Il faut commencer par refuser les revenants sur le sol français. Ceux qui sont en Irak ou en Syrie doivent rester en Irak ou en Syrie. Et s’il y a des binationaux, on doit les déchoir de la nationalité française. Il faut aussi se pencher sur les prisonniers qui sont en France. Plus de 150 coupables, condamnés pour des faits en relation avec le terrorisme, vont être libérés. Le Sénat avait formulé une proposition pour prolonger les mesures de sécurité, de rétention. Le Conseil constitutionnel a censuré ce texte. C’est un scandale : neuf juges n’ont pas le droit désarmer un peuple. Sur ces questions-là, lorsque la sécurité même des Français est engagée, nous devons recourir au référendum.

Mais un référendum à quel sujet exactement ? 

Là, il s’agissait des sortants, pour que par exemple les mesures de sureté qui s’appliquent aux délinquants sexuels s’appliquent aussi aux djihadistes.

Mais l’assassin russe de Samuel Paty n’était ni un « entrant », ni un « sortant »…

L’erreur à ne pas faire est de raisonner cas par cas. Vous avez un combat qui est global. C’est bien pour cela que j’ai parlé aussi d’immigration. Il faut accueillir moins et expulser plus. Quelqu’un qui est accueilli sur notre territoire et ne respecte pas nos lois doit être expulsé automatiquement, avec sa famille. Il faut remettre à plat le droit des étrangers, limiter au maximum le regroupement familial. Nous sommes le seul pays d’Europe qui n’a pas revu à la hausse ses exigences en matière d’immigration. C’est ce genre de question qui devra être soumise à référendum, sinon la volonté générale sera entravée. Sinon, un jour, les Français se révolteront à ce sujet. On n’aura alors plus que nos yeux pour pleurer.

Et quelles sont vos autres propositions ? 

Il faut lutter contre les enclaves territoriales. Créer une task force pour reconquérir les quartiers les uns après les autres, avec des forces de sécurité, mais aussi des magistrats, des services douaniers. Pour organiser le retour massif de l’État pendant une période donnée sur ces territoires qui sont des territoires perdus de la République. Avec Philippe Bas, nous avons proposé d’ajouter à l’article premier de la Constitution cette phrase : « Nul individu, nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire à la règle commune. » C’est la définition de la laïcité telle qu’elle devrait s’imposer à toute personne, le pendant de la loi de 1905, pour régler un certain nombre de questions qui vont du règlement intérieur d’une association, ou d’une entreprise, mais aussi à la question des piscines, des hôpitaux…

« Refuser le piège de l’islamophobie »

Enfin, il faut s’intéresser aux lieux de culte. Vous avez vu que la mosquée de Pantin a relayé un appel contre le professeur assassiné. Je demande que cette mosquée soit fermée, comme le permettait le régime de l’état d’urgence de façon plus aisée. Des articles de la loi de 1905 permettent de fermer des lieux de culte dès lors qu’il y a des incitations à la haine ou que l’on tient des discours politiques. Il faut également interdire le financement des mosquées dès lors que l’argent provient de pays ou de groupes qui ne reconnaissent pas la liberté de conscience.

Mais le plus dur c’est la reconquête des esprits, il faut nommer les choses, refuser le piège de l’islamophobie. Interdire le voile à l’université ou dans les sorties scolaires. Il y a un espace symbolique que la République doit réinvestir. Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre civilisation qui est attaquée dans ses fondements. Nos libertés et notre sécurité ne sont pas négociables et aucune religion n’est intouchable.

Voir par ailleurs:

Q&A; A Head-On Collision Of Alien Cultures?
The New York Times
Oct. 20, 2001

Is this the clash of civilizations that you have been warning about nearly a decade?

Clearly Osama bin Laden wants it to be a clash of civilizations between Islam and the West. The first priority for our government is to try to prevent it from becoming one. But there is a real danger that it could move in that direction. The administration has acted exactly the right way in attempting to rally support among Muslim governments and people. But there are great pressures here in the United States to attack other terrorist groups and states that support terrorist groups. And that, it seems to me, could broaden it into a clash of civilizations.

Were you surprised the terrorists were all educated, middle-class individuals?

No. The people involved in fundamentalist movements, Islamic or otherwise, are often people with advanced educations. Most of them do not become terrorists, of course. But these are intelligent, ambitious young people who aspire to put their educations to use in a modern, developed economy, and they become frustrated by the lack of jobs, the lack of opportunity. They are cross-pressured as well by the forces of globalization and what they regard as Western imperialism and cultural domination. They are attracted to Western culture, obviously, but they are also repelled by it.

You have written that  »Islam has bloody borders. » What do you mean by this?

If you look around the borders of the Muslim world, you find that there are a whole series of local conflicts involving Muslims and non-Muslims: Bosnia, Kosovo, the Caucuses, Chechnya, Tajikistan, Kashmir, India, Indonesia, the Philippines, North Africa, the Palestinian-Israeli conflict. Muslims also fight Muslims, and much more than the people of other civilizations fight each other.

So are you suggesting that Islam promotes violence?

I don’t think Islam is any more violent than any other religions, and I suspect if you added it all up, more people have been slaughtered by Christians over the centuries than by Muslims. But the key factor is the demographic factor. Generally speaking, the people who go out and kill other people are males between the ages of roughly 16 and 30. During the 1960’s, 70’s and 80’s there were high birthrates in the Muslim world, and this has given rise to a huge youth bulge. But the bulge will fade. Muslim birthrates are going down; in fact, they’ve dropped dramatically in some countries. Islam did spread by the sword originally, but I don’t think there is anything inherently violent in Muslim theology. Islam, like any great religion, can be interpreted in a variety of ways. People like bin Laden can seize on things in the Koran as commands to go out and kill the infidels. But the pope did exactly the same thing when he launched the Crusades.

Should the United States do more to promote democracy and human rights in the Middle East?

It would be desirable but also difficult. In the Islamic world there is a natural tendency to resist the influence of the West, which is understandable given the long history of conflict between Islam and Western civilization. Obviously, there are groups in most Muslim societies that are in favor of democracy and human rights, and I think we should support those groups. But we then get into this paradoxical situation: many of the groups arguing against repression in those societies are fundamentalists and anti-American. We saw this in Algeria. Promoting democracy and human rights are very important goals for the United States, but we also have other interests. President Carter was deeply committed to promoting human rights, and when I served on his National Security Council, we had countless discussions about how to do this. But to the best of my recollection, nobody ever mentioned the idea of trying to promote human rights in Saudi Arabia, and for a very obvious reason.

Apart from our closest allies, no country has lined up more solidly behind the United States than Russia. Is this the moment Russia turns decisively to the West?

Russia is turning to the West in these circumstances for pragmatic and ad hoc reasons. The Russians feel they are seriously threatened by Muslim terrorists and see it as in their interest to line up with the West and to gain some credit with the United States in hopes that we will reduce our push for NATO expansion into the Baltic states and missile defense. It’s a coincidence of interests, but I don’t think we should blow it up into a big realignment. I think, though, that they are very worried about the rise of China, and this will turn them to the West.

India and China, two countries that you said would be at odds with the United States, have joined in this war on terrorism. Instead of the West versus the rest, could the clash shape up to be Islam versus the rest?

Conceivably. You have Muslims fighting Westerners, Orthodox Christians, Jews, Hindus, Buddhists. But one must also recognize that there are a billion Muslims in the world, stretching across the Eastern hemisphere from Western Africa to eastern Indonesia, and they interact with dozens of different people. So you might say they have more opportunity to clash with others.

The most frequent criticism leveled against you is that you portray entire civilizations as unified blocks.

That is totally false. The major section on Islam in my book is called  »Consciousness Without Cohesion, » in which I talk about all the divisions in the Islamic world, about Muslim-on-Muslim fighting. Even in the current crisis, they are still divided. You have a billion people, with all these subcultures, the tribes. Islam is less unified than any other civilization. The problem with Islam is the problem Henry Kissinger expressed three decades ago with regard to Europe:  »If I want to call Europe, what number do I call? » If you want to call the Islamic world, what number do you call? Islam may pose problems because it is less cohesive. If there was a dominant power in the Islamic world, you could deal with them. Now what you see is the different Islamic groups competing with each other.

Voir aussi:

From Casablanca to Kabul, the statistics are stunning.

Well over half the populations of Egypt, Syria, Saudi Arabia, Iran and Iraq are under 25 years old, according to the International Programs Center at the Census Bureau. In Pakistan, the number is 61 percent; in Afghanistan, 62 percent.

The boom in young people coming of age in a broad swath of territory where terrorists recruit might seem to pose one of the United States’ most daunting national security threats. But the picture is more complicated than that.

People who study statistics say the danger posed by such bulges actually depends, sometimes in surprising ways, on how rigidly countries are governed. And the effect on feelings about America can be even more surprising.

For example, the threat of instability is greater in a partly free society like Egypt than in a rigid dictatorship like Iraq. And in Iran these days, the rise of young people actually plays to, not against, America’s interest in seeing that country become more democratic.

Historically, there’s reason for some concern on the part of those who hold power. France experienced a  »youth bulge » in the 1780’s, which increased demand for scarce food supplies; that, in turn, drove up prices, hurt the business classes and helped to create conditions for its revolution in 1789. Iran was in the midst of a youth bulge before its 1979 revolution, when young people took to the streets, helping to bring down the monarchy in favor of a virulently anti-American theocracy.

The political scientist Samuel P. Huntington argues that the large number of unemployed males between the ages of 15 and 30 is  »a natural source of instability and violence » throughout the Muslim world. But the connection is not that direct. Demographers are fond of saying  »demography is destiny, » but in doing so they unsually mean the economic health and social needs of nations, not necessarily riot and rebellion.

 »I would describe demography as a challenge that the state needs to meet, whether it’s developing countries with a youth bulge or developed countries with a graying population, » said Jennifer S. Holmes, a political scientist and author of  »Terrorism and Democratic Stability » (Manchester University Press, 2001).  »It is not going to predetermine the outcome. In general, governments have the upper hand. If they reach out and make a half-hearted effort at placating the masses with economic and social programs, they can usually do it. »

And societies at the political spectrum’s extremes — either open or closed — are less susceptible than those in between.  »Youth cohorts are more likely to cause conflict in countries with intermediate regimes than in countries with fully autocratic or democratic regimes, » wrote Henrik Urdal of Oslo’s International Peace Research Institute in a recent study.

Among the  »in-betweens » are Algeria, where high unemployment, inadequate education, over-dependence on the oil economy and authoritarian rule have produced an explosive environment in which armed Islamic groups maneuver.

EGYPT, with 69 million people, is the Arab world’s most populous state. Unemployment, especially among college graduates, is rising, reform of the planned economy has failed and one-third of the work force earns $70 a month. Meanwhile, the military gets most of the $2 billion in annual American aid.

The countries in the region most vulnerable to the wrath of their youth, according to American intelligence analysts, are Pakistan and Afghanistan. Pakistan, whose population will probably swell from 140 million to about 195 million by 2015,  »will not recover easily from decades of political and economic mismanagement, divisive politics, lawlessness, corruption and ethnic friction, » a Central Intelligence Agency report concluded a year ago. And Afghanistan has known only occupation and war for two decades. The result is a lost generation, much of it indoctrinated in the Taliban’s repressive version of Islam.

The classic profile of a suicide bomber has been an impoverished, uneducated, rootless young man with nothing to lose. But there are exceptions. Most of the Al Qaeda terrorists who struck the World Trade Center and the Pentagon on Sept. 11 were middle-class Saudis. The Palestinian who blew himself up in East Jerusalem on Wednesday was in his mid-40’s and had eight children.

In some cases, politics affects demography as much as demography affects politics. In 2015, Israel’s population is expected to increase by only 20 percent, compared to 56 percent in the West Bank and 72 percent in the Gaza Strip. The Palestinian birth rate is so high that if it continues at current levels, in a decade Jews will be a minority in the combined population of Israel, the West Bank and Gaza.

Paradoxically, because of generous United Nations refugee programs, Palestinian children and adolescents have one of the highest levels of education in the Arab world; most Palestinians live in cities with good health care and have one of the lowest mortality levels in the Arab world. All these factors should contribute to a decline in fertility. But fertility is also a weapon in the Palestinians’ national struggle, and it remains high.

AND then there is Iran. There, a generation of young people were indoctrinated following the 1979 Islamic revolution to become Islamic warriors for God.  »My soldiers are still infants, » Ayatollah Ruhollah Khomeini said, as he encouraged mothers to breed. The official annual growth rate soared to 3.2 percent until the ruling clerics concluded the late 1980’s that the population increase was disastrous for the economy and launched a massive family planning program. The birth rate plummeted.

Today, Khomeini’s generation is not ready to die. In fact, many have rejected their fathers’ revolutionary ideals and strict religious rules. They have been an important part of the reform movement personified by Iran’s elected president, Mohammad Khatami, and his struggle to create a civil society based on the rule of law.

Even anti-American fervor has waned. While some Pakistani youths demonstrated in support of Osama bin Laden after Sept. 11, upper middle class Iranian youths held a candlelight vigil to condemn the attacks and mourn the dead.

In the end, it is not just the number of young people but the degree of their exclusion from economic and political participation that rouses them politically.  »What makes the demographic explosion dangerous is the perception by young people that their elders have failed them, that authority has failed them in all aspects of their lives, » said Farideh Farhi, an adjunct scholar at the Middle East Institute.  »We live in a world that celebrates self-expression and individuality, and when there’s only political despair and humiliation, that’s when the potential for explosion is created. »

Voir encore:

Trump Is Losing Ground With White Voters But Gaining Among Black And Hispanic Americans
Geoffrey Skelley and Anna Wiederkehr
FiveThirtyEight
Oct. 19, 2020

There’s a well-known truth in politics: No one group swings an election.

But that doesn’t mean that the demographic trends bubbling beneath the surface can’t have an outsized effect. Take 2016. President Trump won in large part because he carried white voters without a college degree by a bigger margin than any recent GOP presidential nominee, though there had been signs that this group was shifting rightward for a while.

Likewise in 2018, a strong showing by Democrats in suburban districts and among white voters with a four-year college degree helped the party retake the House, a shift we first saw in 2016 when Trump likely became the first Republican to lose this group in 60 years.1 And this is just scratching the surface. In the past few years, we’ve also seen hints that more women voters are identifying as Democrats and that some nonwhite voters might be getting more Republican-leaning.

The question, then, in 2020 — as it is in every election — is what will the electorate look like this time around? Can we expect a continuation of what we saw in 2016 and 2018, or might some of those trends slow or reverse direction? And, of course, are there any surprises lurking beneath the surface that we haven’t quite identified yet?

We tried to answer this question by comparing data from the 2016 Cooperative Congressional Election Study to 2020 data from Democracy Fund + UCLA Nationscape polling conducted over the past month.2 This comparison is hardly perfect — the 2016 CCES data is based on data from people who were confirmed to have actually voted while the UCLA Nationscape data is a large-scale survey of people who say they have voted or will vote, and the two studies use different methodologies, which could lead to differences in what types of voters were reached and how they were weighted. But this is as close as we can get to a direct comparison before the election, and it did allow us to identify some interesting trends.

First off, Democratic nominee Joe Biden is attracting more support than Hillary Clinton did among white voters as a whole — especially white women, older white voters and those without a four-year college degree — which has helped him build a substantial lead of around 10 points, according to FiveThirtyEight’s national polling average. However, Trump is performing slightly better than last time among college-educated white voters, and he has gained among voters of color, especially Hispanic voters and younger Black voters.

White voters made up more than 7 out of 10 voters in the 2016 electorate according to CCES, so any large shifts in their attitudes could greatly alter the electoral calculus. And as the chart below shows, that’s more or less what has happened: Trump’s edge among white voters is around half of what it was in 2016, which could be especially consequential as this group is overrepresented in the states that are most likely to decide the winner of the Electoral College.

One factor driving this is that Biden looks to be doing better than Clinton among white voters without a college degree, a voting bloc that made up close to half of the overall electorate in 2016 and forms a majority of the population in key swing states such as Michigan, Pennsylvania and Wisconsin.3 While Clinton lost this group by more than 20 points four years ago, Biden is behind by just 12 points in UCLA Nationscape’s polling. This isn’t entirely a surprise: We saw some signs of Biden’s strength with non-college whites in the 2020 Democratic primary, as he did better than Clinton in counties that had larger shares of white Americans without a college degree. It’s hard to pinpoint exactly why we’re seeing this, though. One possible explanation is that as an older white man, Biden just resonates more with these voters than Clinton did in 2016, especially considering the role sexism and racism played in voter attitudes in 2016. But it’s also possible that some of these voters are just turned off by Trump after four years with him in the White House.

Take white women. They backed Trump over Clinton in 2016 but were split pretty evenly between the two parties in the 2018 midterms. And now they favor Biden by 6 points in UCLA Nationscape polling, which would be around a 15-point swing toward the Democrats compared to what CCES found for the 2016 race. Trump has also taken a major hit among older white voters. In 2016, he won white voters age 45 or older by more than 20 points, but according to UCLA Nationscape polling, he now leads by only 4 points.

Trump isn’t losing ground among all white voters, though. White men, for instance, look likely to back Trump by around 20 points again. And Trump is also making inroads with college-educated white voters. Trump lost this group by more than 10 points in 2016, and Republican House and Senate candidates lost it by a similar margin in 2018, but Trump may be running closer to even among them now. As FiveThirtyEight’s Perry Bacon Jr. recently noted, many college-educated white voters are Republican-leaning, especially south of the Mason-Dixon line. The question will be whether Trump can attract support from this group nationally, as he’s already essentially got a lock on many Southern states (although maybe not as many Southern states as he’d like). Trump is currently polling at 49 percent among white, college-educated voters in UCLA Nationscape’s polling, and if he stays there, that could help him hold on to battleground states he carried in 2016, such as Florida, Georgia, North Carolina and Texas, where college-educated white voters are more likely to prefer the GOP.

Trump has also gained real ground among nonwhite voters. To be clear, he still trails Biden considerably with these groups, but in UCLA Nationscape’s polling over the past month, he was down by 39 points with these voters, a double-digit improvement from his 53-point deficit in 2016.

While older Black voters look as if they’ll vote for Biden by margins similar to Clinton’s in 2016, Trump’s support among young Black voters (18 to 44) has jumped from around 10 percent in 2016 to 21 percent in UCLA Nationscape’s polling. Black voters remain an overwhelmingly Democratic-leaning constituency, but a notable reduction in their support could still be a problem for Biden.

Notably, young Black voters don’t seem to feel as negatively about Trump as older Black Americans do. For instance, an early-July African American Research Collaborative poll of battleground states found that 35 percent of 18-to-29-year-old Black adults agreed that although they didn’t always like Trump’s policies, they liked his strong demeanor and defiance of the establishment. Conversely, just 10 percent of those 60 and older said the same.

It’s a similar story with younger Hispanic Americans, a group where Trump has also made gains. According to UCLA Nationscape’s polling, Trump is attracting 35 percent of Hispanic voters under age 45, up from the 22 percent who backed him four years ago in the CCES data.

Most notably, even though Trump stands to gain with nonwhite voters across the board, his support seems to have risen the most among Hispanic voters with a four-year college degree. We don’t want to overstate the influence of this group — they make up about 2 percent of the population age 25 and older nationwide — but they are disproportionately concentrated in one especially vital swing state: Florida. In fact, 24 percent of Hispanic Floridians have a college degree, compared to 16 percent of Hispanic adults nationally.4 So even if Trump isn’t doing as well among older white voters, his gains among Hispanic voters, including highly educated ones, could offer a path to victory in the Sunshine State.

One last point on where Trump has made gains among Black and Hispanic voters: He has done particularly well with Black and Hispanic men, which might speak to how his campaign has actively courted them. For instance, the Republican National Convention featured a number of Black men as speakers this year. And Politico talked with more than 20 Democratic strategists, lawmakers, pollsters and activists who explained that many Black and Latino men are open to supporting Trump as they think the Democratic Party has taken them for granted. The same can’t be said of Black and Hispanic women, though, and the gender gap among nonwhite voters is shaping up to be even bigger than it was in 2016. Ninety percent of Black women supported Biden in UCLA Nationscape polling — unsurprising, as this group is arguably the most staunchly Democratic demographic in the electorate — whereas less than 80 percent of Black men did the same. And among Hispanic voters, 64 percent of women backed Biden compared to 57 percent of men.


In the end, elections are all about margins. That means Biden doesn’t necessarily have to win more white voters than Trump to win the election; he just needs to improve on Clinton’s performance four years ago. By the same token, if Trump can do better among nonwhite voters than he did in 2016 — even if he still doesn’t win them outright — that could open a door for him to win if white voters don’t shift toward Biden as much as the polls currently suggest.

But at the moment, the real margin to keep an eye on is Biden’s double-digit lead in the polls. That kind of advantage will be hard to overcome if Trump is merely chipping away at the edges of Biden’s support, especially when so many of Biden’s gains seem to have come at Trump’s expense.


Nostalgie: Quand la pierre qui roule n’amassait pas mousse (But that’s not how it used to be: looking back at Don McLean’s classic song about America’s loss of innocence)

3 octobre, 2020


Rebel Without a Cause R2005 U.S. One Sheet Poster | Posteritati Movie Poster Gallery | New YorkThe Rolling Stones - Altamont Raceway - Livermore, - Catawiki10+ Best Funny Ads images | funny ads, copywriting ads, ads

Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Christianity will go. It will vanish and shrink. I needn’t argue about that; I’m right and I’ll be proved right. We’re more popular than Jesus now; I don’t know which will go first – rock ‘n’ roll or Christianity. Jesus was all right but his disciples were thick and ordinary. It’s them twisting it that ruins it for me. John Lennon (1966)
Who wrote the book of love? Tell me, tell me… I wonder, wonder who … Was it someone from above? The Monotones (1958)
Well, that’ll be the day, when you say goodbye Yes, that’ll be the day, when you make me cry You say you’re gonna leave, you know it’s a lie ‘Cause that’ll be the day when I die. Buddy Holly (1957)
Well, ya know a rolling stone don’t gather no moss. Buddy Holly (1958)
Now, for ten years we’ve been on our own And moss grows fat on a rolling stone But, that’s not how it used to be. (…) The Father, Son, and the Holy Ghost, they caught the last train for the coast, the day the music died. Don McLean
C’était une sorte de Woodstock, le genre de truc qui marchait à l’époque, mais cette mode allait sur sa fin. Si Woodstock a lancé la mode, elle a pris fin ce jour-là. Charlie Watts
Ça a été horrible, vraiment horrible. Tu te sens responsable. Comment cela a-t-il pu déraper de la sorte ? Mais je n’ai pas pensé à tous ces trucs auxquels les journalistes ont pensé : la grande perte de l’innocence, la fin d’une ère… C’était davantage le côté effroyable de la situation, le fait horrible que quelqu’un soit tué pendant un concert, combien c’était triste pour sa famille, mais aussi le comportement flippant des Hell’s Angels. Mick Jagger
J’y suis pas allé pour faire la police. J’suis pas flic. Je ne prétendrai jamais être flic. Ce Mick Jagger, il met tout sur le dos des Angels. Il nous prend pour des nazes. En ce qui me concerne, on s’est vraiment fait entuber par cet abruti. On m’a dit que si je m’asseyais sur le bord de la scène, pour bloquer les gens, je pourrais boire de la bière jusqu’à la fin du concert. C’est pour ça que j’y suis allé. Et tu sais quoi ? Quand ils ont commencé à toucher nos motos, tout a dérapé. Je sais pas si vous pensez qu’on les paie 50 $ ou qu’on les vole, ou que ça coûte cher ou quoi. Personne ne touche à ma moto. Juste parce qu’il y a une foule de 300 000 personnes ils pensent pouvoir s’en sortir. Mais quand je vois quelque chose qui est toute ma vie, avec tout ce que j’y ai investi, la chose que j’aime le plus au monde, et qu’un type lui donne des coups de pied, on va le choper. Et tu sais quoi ? On les a eus. Je ne suis pas un pacifiste minable, en aucun cas. Et c’est peut-être des hippies à fleurs et tout ça. Certains étaient bourrés de drogue, et c’est dommage qu’on ne l’ait pas été, ils descendaient la colline en courant et en hurlant et en sautant sur les gens. Et pas toujours sur des Angels, mais quand ils ont sauté sur un Angel, ils se sont fait mal.  Sonny Barger
SOS Racisme. SOS Baleines. Ambiguïté : dans un cas, c’est pour dénoncer le racisme ; dans l’autre, c’est pour sauver les baleines. Et si dans le premier cas, c’était aussi un appel subliminal à sauver le racisme, et donc l’enjeu de la lutte antiraciste comme dernier vestige des passions politiques, et donc une espèce virtuellement condamnée. Jean Baudrillard (1987)
I had an idea for a big song about America, and I didn’t want to write that this land is your land or some song like that. And I came up with this notion that politics and music flow parallel together forward through history. So the music you get is related somehow to the political environment that’s going on. And in the song, « American Pie, » the verses get somewhat more dire each time until you get to the end, but the good old boys are always there singing and singing, « Bye-bye Miss American Pie » almost like fiddling while Rome is burning. This was all in my head, and it sort of turned out to be true because, you now have a kind of music in America that’s really more spectacle, it owes more to Liberace than it does to Elvis Presley. And it’s somewhat meaningless and loud and bloviating and, and yet — and then we have this sort of spectacle in Washington, this kind of politics, which has gotten so out of control. And so the theory seems to hold up, but again, it was only my theory, and that’s how I wrote the song. That was the principle behind it. Don McLean
For some reason I wanted to write a big song about America and about politics, but I wanted to do it in a different way. As I was fiddling around, I started singing this thing about the Buddy Holly crash, the thing that came out (singing), ‘Long, long time ago, I can still remember how that music used to make me smile.’ I thought, Whoa, what’s that? And then the day the music died, it just came out. And I said, Oh, that is such a great idea. And so that’s all I had. And then I thought, I can’t have another slow song on this record. I’ve got to speed this up. I came up with this chorus, crazy chorus. And then one time about a month later I just woke up and wrote the other five verses. Because I realized what it was, I knew what I had. And basically, all I had to do was speed up the slow verse with the chorus and then slow down the last verse so it was like the first verse, and then tell the story, which was a dream. It is from all these fantasies, all these memories that I made personal. Buddy Holly’s death to me was a personal tragedy. As a child, a 15-year-old, I had no idea that nobody else felt that way much. I mean, I went to school and mentioned it and they said, ‘So what?’ So I carried this yearning and longing, if you will, this weird sadness that would overtake me when I would look at this album, The Buddy Holly Story, because that was my last Buddy record before he passed away. Don McLean
I was headed on a certain course, and the success I got with ‘American Pie’ really threw me off. It just shattered my lifestyle and made me quite neurotic and extremely petulant. I was really prickly for a long time. If the things you’re doing aren’t increasing your energy and awareness and clarity and enjoyment, then you feel as though you’re moving blindly. That’s what happened to me. I seemed to be in a place where nothing felt like anything, and nothing meant anything. Literally nothing mattered. It was very hard for me to wake up in the morning and decide why it was I wanted to get up. Don McLean
I’m very proud of the song. It is biographical in nature and I don’t think anyone has ever picked up on that. The song starts off with my memories of the death of Buddy Holly. But it moves on to describe America as I was seeing it and how I was fantasizing it might become, so it’s part reality and part fantasy but I’m always in the song as a witness or as even the subject sometimes in some of the verses. You know how when you dream something you can see something change into something else and it’s illogical when you examine it in the morning but when you’re dreaming it seems perfectly logical. So it’s perfectly okay for me to talk about being in the gym and seeing this girl dancing with someone else and suddenly have this become this other thing that this verse becomes and moving on just like that. That’s why I’ve never analyzed the lyrics to the song. They’re beyond analysis. They’re poetry. Don McLean
By 1964, you didn’t hear anything about Buddy Holly. He was completely forgotten. But I didn’t forget him, and I think this song helped make people aware that Buddy’s legitimate musical contribution had been overlooked. When I first heard ‘American Pie’ on the radio, I was playing a gig somewhere, and it was immediately followed by ‘Peggy Sue.’ They caught right on to the Holly connection, and that made me very happy. I realized that it was actually gonna perform some good works. Don McLean
It means never having to work again for the rest of my life. Don McLean (1991)
A month or so later I was in Philadelphia and I wrote the rest of the song. I was trying to figure out what this song was trying to tell me and where it was supposed to go. That’s when I realized it had to go forward from 1957 and it had to take in everything that has happened. I had to be a witness to the things going on, kind of like Mickey Mouse in Fantasia. I didn’t know anything about hit records. I was just trying to make the most interesting and exciting record that I could. Once the song was written, there was no doubt that it was the whole enchilada. It was clearly a very interesting, wonderful thing and everybody knew it. Don McLean (2003)
Basically in ‘American Pie’ things are heading in the wrong direction… It is becoming less idyllic. I don’t know whether you consider that wrong or right but it is a morality song in a sense. I was around in 1970 and now I am around in 2015… there is no poetry and very little romance in anything anymore, so it is really like the last phase of ‘American Pie’. Don McLean (2015)
The song has nostalgic themes, stretching from the late 1950s until the late 1960s. Except to acknowledge that he first learned about Buddy Holly’s death on February 3, 1959—McLean was age 13—when he was folding newspapers for his paper route on the morning of February 4, 1959 (hence the line « February made me shiver/with every paper I’d deliver »), McLean has generally avoided responding to direct questions about the song’s lyrics; he has said: « They’re beyond analysis. They’re poetry. » He also stated in an editorial published in 2009, on the 50th anniversary of the crash that killed Holly, Ritchie Valens, and J. P. « The Big Bopper » Richardson (who are alluded to in the final verse in a comparison with the Christian Holy Trinity), that writing the first verse of the song exorcised his long-running grief over Holly’s death and that he considers the song to be « a big song … that summed up the world known as America ». McLean dedicated the American Pie album to Holly. It was also speculated that the song contains numerous references to post-World War II American events (such as the murders of civil rights workers Chaney, Goodman, and Schwerner), and elements of culture, including 1960s culture (e.g. sock hops, cruising, Bob Dylan, The Beatles, Charles Manson, and much more). When asked what « American Pie » meant, McLean jokingly replied, « It means I don’t ever have to work again if I don’t want to. » Later, he stated, « You will find many interpretations of my lyrics but none of them by me … Sorry to leave you all on your own like this but long ago I realized that songwriters should make their statements and move on, maintaining a dignified silence. » He also commented on the popularity of his music, « I didn’t write songs that were just catchy, but with a point of view, or songs about the environment. In February 2015, McLean announced he would reveal the meaning of the lyrics to the song when the original manuscript went for auction in New York City, in April 2015. The lyrics and notes were auctioned on April 7, and sold for $1.2 million. In the sale catalogue notes, McLean revealed the meaning in the song’s lyrics: « Basically in American Pie things are heading in the wrong direction. … It [life] is becoming less idyllic. I don’t know whether you consider that wrong or right but it is a morality song in a sense. » The catalogue confirmed some of the better known references in the song’s lyrics, including mentions of Elvis Presley (« the king ») and Bob Dylan (« the jester »), and confirmed that the song culminates with a near-verbatim description of the death of Meredith Hunter at the Altamont Free Concert, ten years after the plane crash that killed Holly, Valens, and Richardson. Wikipedia
« The Jester » is probably Bob Dylan. It refers to him wearing « A coat he borrowed from James Dean, » and being « On the sidelines in a cast. » Dylan wore a red jacket similar to James Dean’s on the cover of The Freewheeling Bob Dylan, and got in a motorcycle accident in 1966 which put him out of service for most of that year. Dylan also made frequent use of jokers, jesters or clowns in his lyrics. The line, « And a voice that came from you and me » could refer to the folk style he sings, and the line, « And while the king was looking down the jester stole his thorny crown » could be about how Dylan took Elvis Presley’s place as the number one performer. The line, « Eight miles high and falling fast » is likely a reference to The Byrds’ hit « Eight Miles High. » Regarding the line, « The birds (Byrds) flew off from a fallout shelter, » a fallout shelter is a ’60s term for a drug rehabilitation facility, which one of the band members of The Byrds checked into after being caught with drugs. The section with the line, « The flames climbed high into the night, » is probably about the Altamont Speedway concert in 1969. While the Rolling Stones were playing, a fan was stabbed to death by a member of The Hells Angels who was hired for security. The line, « Sergeants played a marching tune, » is likely a reference to The Beatles’ album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. The line, « I met a girl who sang the blues and I asked her for some happy news, but she just smiled and turned away, » is probably about Janis Joplin. She died of a drug overdose in 1970. The lyric, « And while Lenin/Lennon read a book on Marx, » has been interpreted different ways. Some view it as a reference to Vladimir Lenin, the communist dictator who led the Russian Revolution in 1917 and who built the USSR, which was later ruled by Josef Stalin. The « Marx » referred to here would be the socialist philosopher Karl Marx. Others believe it is about John Lennon, whose songs often reflected a very communistic theology (particularly « Imagine »). Some have even suggested that in the latter case, « Marx » is actually Groucho Marx, another cynical entertainer who was suspected of being a socialist, and whose wordplay was often similar to Lennon’s lyrics. « Did you write the book of love » is probably a reference to the 1958 hit « Book Of Love » by the Monotones. The chorus for that song is « Who wrote the book of love? Tell me, tell me… I wonder, wonder who » etc. One of the lines asks, « Was it someone from above? » Don McLean was a practicing Catholic, and believed in the depravity of ’60s music, hence the closing lyric: « The Father, Son, and the Holy Ghost, they caught the last train for the coast, the day the music died. » Some, have postulated that in this line, the Trinity represents Buddy Holly, Ritchie Valens, and the Big Bopper. « And moss grows fat on our rolling stone » – Mick Jagger’s appearance at a concert in skin-tight outfits, displaying a roll of fat, unusual for the skinny Stones frontman. Also, the words, « You know a rolling stone don’t gather no moss » appear in the Buddy Holly song « Early in the Morning, » which is about his ex missing him early in the morning when he’s gone. « The quartet practiced in the park » – The Beatles performing at Shea Stadium. « And we sang dirges in the dark, the day the music died » – The ’60s peace marches. « Helter Skelter in a summer swelter » – The Manson Family’s attack on Sharon Tate and others in California. « We all got up to dance, Oh, but we never got the chance, ’cause the players tried to take the field, the marching band refused to yield » – The huge numbers of young people who went to Chicago for the 1968 Democratic Party National Convention, and who thought they would be part of the process (« the players tried to take the field »), only to receive a violently rude awakening by the Chicago Police Department nightsticks (the commissions who studied the violence after-the-fact would later term the Chicago PD as « conducting a full-scale police riot ») or as McLean calls the police « the marching band. » (…)The line « Jack be nimble, Jack be quick, Jack Flash sat on a candle stick » is taken from a nursery rhyme that goes « Jack be nimble, Jack be quick, Jack jump over the candlestick. » Jumping over the candlestick comes from a game where people would jump over fires. « Jumpin’ Jack Flash » is a Rolling Stones song. Another possible reference to The Stones can be found in the line, « Fire is the devils only friend, » which could be The Rolling Stones « Sympathy For The Devil, » which is on the same Rolling Stones album. (…) McLean wrote the opening verse first, then came up with the chorus, including the famous title. The phrase « as American as apple pie » was part of the lexicon, but « American Pie » was not. When McLean came up with those two words, he says « a light went off in my head. » (…) Regarding the lyrics, « Jack Flash sat on a candlestick, ’cause fire is the devil’s only friend, » this could be a reference to the space program, and to the role it played in the Cold War between America and Russia throughout the ’60s. It is central to McLean’s theme of the blending of the political turmoil and musical protest as they intertwined through our lives during this remarkable point in history. Thus, the reference incorporates Jack Flash (the Rolling Stones), with our first astronaut to orbit the earth, John (common nickname for John is Jack) Glenn, paired with « Flash » (an allusion to fire), with another image for a rocket launch, « candlestick, » then pulls the whole theme together with « ’cause fire is the Devil’s (Russia’s) only friend, » as Russia had beaten America to manned orbital flight. At 8 minutes 32 seconds, this is the longest song in length to hit #1 on the Hot 100. The single was split in two parts because the 45 did not have enough room for the whole song on one side. The A-side ran 4:11 and the B-side was 4:31 – you had to flip the record in the middle to hear all of it. Disc jockeys usually played the album version at full length, which was to their benefit because it gave them time for a snack, a cigarette or a bathroom break. (…) When the original was released at a whopping 8:32, some radio stations in the United States refused to play it because of a policy limiting airplay to 3:30. Some interpret the song as a protest against this policy. When Madonna covered the song many years later, she cut huge swathes of the song, ironically to make it more radio friendly, to 4:34 on the album and under 4 minutes for the radio edit. In 1971, a singer named Lori Lieberman saw McLean perform this at the Troubadour theater in Los Angeles. She claimed that she was so moved by the concert that her experience became the basis for her song « Killing Me Softly With His Song, » which was a huge hit for Roberta Flack in 1973. When we spoke with Charles Fox, who wrote « Killing Me Softly » with Norman Gimbel, he explained that when Lieberman heard their song, it reminded her of the show, and she had nothing to do with writing the song. This song did a great deal to revive interest in Buddy Holly. Says McLean: « By 1964, you didn’t hear anything about Buddy Holly. He was completely forgotten. But I didn’t forget him, and I think this song helped make people aware that Buddy’s legitimate musical contribution had been overlooked. When I first heard ‘American Pie’ on the radio, I was playing a gig somewhere, and it was immediately followed by ‘Peggy Sue.’ They caught right on to the Holly connection, and that made me very happy. I realized that it was actually gonna perform some good works. » In 2002, this was featured in a Chevrolet ad. It showed a guy in his Chevy singing along to the end of this song. At the end, he gets out and it is clear that he was not going to leave the car until the song was over. The ad played up the heritage of Chevrolet, which has a history of being mentioned in famous songs (the line in this one is « Drove my Chevy to the levee »). Chevy used the same idea a year earlier when it ran billboards of a red Corvette that said, « They don’t write songs about Volvos. » Weird Al Yankovic did a parody of this song for his 1999 album Running With Scissors. It was called « The Saga Begins » and was about Star Wars: The Phantom Menace written from the point of view of Obi-Wan Kenobi. Sample lyric: « Bye, bye this here Anakin guy, maybe Vader someday later but now just a small fry. » It was the second Star Wars themed parody for Weird Al – his first being « Yoda, » which is a takeoff on « Lola » by The Kinks. Al admitted that he wrote « The Saga Begins » before the movie came out, entirely based on Internet rumors. (…) This song was enshrined in the Grammy Hall of Fame in 2002, 29 years after it was snubbed for the four categories it was nominated in. At the 1973 ceremony, « American Pie » lost both Song of the Year and Record of the year to « First Time Ever I Saw Your Face. » (…) Fans still make the occasional pilgrimage to the spot of the plane crash that inspired this song. It’s in a location so remote that tourists are few. The song starts in mono, and gradually goes to stereo over its eight-and-a-half minutes. This was done to represent going from the monaural era into the age of stereo. This song was a forebear to the ’50s nostalgia the became popular later in the decade. A year after it was released, Elton John scored a ’50s-themed hit with « Crocodile Rock; in 1973 the George Lucas movie American Graffiti harkened back to that decade, and in 1978 the movie The Buddy Holly Story hit theaters. One of the more bizarre covers of this song came in 1972, when it appeared on the album Meet The Brady Bunch, performed by the cast of the TV show. This version runs just 3:39. This song appears in the films Born on the Fourth of July (1989), Celebrity (1998) and Josie and the Pussycats (2001). Don McLean’s original manuscript of « American Pie » was sold for $1.2 million at a Christie’s New York auction on April 7, 2015. Songfacts

Nostalgie quand tu nous tiens !

En ces jours étranges ….

Où, à l’instar d’une espèce condamnée comme l’avait bien vu Baudrillard …

Le racisme devient « l’enjeu de la lutte antiraciste comme dernier vestige des passions politiques » …

Et SOS racisme attaque à nouveau Eric Zemmour en justice …

Pendant qu’au Sénat ou dans les beaux quartiers parisiens, ses notables de créateurs coulent des jours paisibles …

Comment ne pas repenser …

A la fameuse phrase de la célébrissime chanson de Don McLean …

Qui  entre la mort de Buddy Holly et celle, quatre mois après Woodstock, d’un fan au festival d’Altamont pendant le passage des Rolling Stones ….

Revenait, il y a 50 ans sur la perte d’innocence du rock et de l’Amérique de son adolescence …

Regrettant le temps proverbial …

Où « la pierre qui roule n’amassait pas mousse » ?

What is Don McLean’s song “American Pie” all about?

Dear Cecil:

I’ve been listening to Don McLean sing « American Pie » for twenty years now and I still don’t know what the hell he’s talking about. I know, I know, the « day the music died » is a reference to the Buddy Holly/Ritchie Valens/Big Bopper plane crash, but the rest of the song seems to be chock full of musical symbolism that I’ve never been able to decipher. There are clear references to the Byrds ( » … eight miles high and fallin’ fast … ») and the Rolling Stones (« … Jack Flash sat on a candlestick … »), but the song also mentions the « King and Queen, » the « Jester » (I’ve heard this is either Mick Jagger or Bob Dylan), a « girl who sang the blues » (Janis Joplin?), and the Devil himself. I’ve heard there is an answer key that explains all the symbols. Is there? Even if there isn’t, can you give me a line on who’s who and what’s what in this mediocre but firmly-entrenched-in-my-mind piece of music?

Scott McGough, Baltimore

Cecil replies:

Now, now, Scott. If you can’t clarify the confused, certainly the pinnacle of literary achievement in my mind, history (e.g., the towering rep of James Joyce) instructs us that your next best bet is to obfuscate the obvious. Don McLean has never issued an “answer key” for “American Pie,” undoubtedly on the theory that as long as you can keep ’em guessing, your legend will never die.

He’s probably right. Still, he’s dropped a few hints. Straight Dope musicologist Stefan Daystrom taped the following intro from Casey Kasem’s American Top 40 radio show circa January 1972: “A few days ago we phoned Don McLean for a little help in interpreting his great hit ‘American Pie.’ He was pretty reluctant to give us a straight interpretation of his work; he’d rather let it speak for itself. But he explained some of the specific references that he makes. The most important one is the death of rockabilly singer Buddy Holly in 1959; for McLean, that’s when the music died. The court jester he refers to is Bob Dylan. The Stones and the flames in the sky refer to the concert at Altamont, California. And McLean goes on, painting his picture,” blah blah, segue to record.

Not much to go on, but at least it rules out the Christ imagery. For the rest we turn to the song’s legion of freelance interpreters, whose thoughts were most recently compiled by Rich Kulawiec into a file that I plucked from the Internet. (I love the Internet.) No room to reprint all the lyrics, which you probably haven’t been able to forget anyway, but herewith the high points:

February made me shiver: Holly’s plane crashed February 3, 1959.

Them good ole boys were singing “This’ll be the day that I die”: Holly’s hit “That’ll Be the Day” had a similar line.

The Jester sang for the King and Queen in a coat he borrowed from James Dean: ID of K and Q obscure. Elvis and Connie Francis (or Little Richard)? John and Jackie Kennedy? Or Queen Elizabeth and consort, for whom Dylan apparently did play once? Dean’s coat is the famous red windbreaker he wore in Rebel Without a Cause; Dylan wore a similar one on “The Freewheeling Bob Dylan” album cover.

With the Jester on the sidelines in a cast: On July 29, 1966 Dylan had a motorcycle accident that kept him laid up for nine months.

While sergeants played a marching tune: The Beatles’ “Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band.”

And as I watched him on the stage/ my hands were clenched in fists of rage/ No angel born in hell/ Could break that Satan’s spell/ And as the flames climbed high into the night: Mick Jagger, Altamont.

I met a girl who sang the blues/ And I asked her for some happy news/ But she just smiled and turned away: Janis Joplin OD’d October 4, 1970.

The three men I admire most/ The Father, Son, and Holy Ghost/ They caught the last train for the coast: Major mystery. Holly, Bopper, Valens? Hank Williams, Elvis, Holly? JFK, RFK, ML King? The literal tripartite deity? As for the coast, could be the departure of the music biz for California. Or it simply rhymes, a big determinant of plot direction in pop music lyrics (which may also explain “drove my Chevy to the levee”). Best I can do for now. Just don’t ask me to explain “Stairway to Heaven.”

The last word (probably) on “American Pie”

Dear Cecil:

As you can imagine, over the years I have been asked many times to discuss and explain my song “American Pie.” I have never discussed the lyrics, but have admitted to the Holly reference in the opening stanzas. I dedicated the album American Pie to Buddy Holly as well in order to connect the entire statement to Holly in hopes of bringing about an interest in him, which subsequently did occur.

This brings me to my point. Casey Kasem never spoke to me and none of the references he confirms my making were made by me. You will find many “interpretations” of my lyrics but none of them by me. Isn’t this fun?

Sorry to leave you all on your own like this but long ago I realized that songwriters should make their statements and move on, maintaining a dignified silence.

— Don McLean, Castine, Maine

Cecil Adams

Voir aussi:

It had been a while since I’d seen “Gimme Shelter,” one of the early classics of the Maysles brothers, Albert and David, and I watched it again on the occasion of the passing of Albert Maysles last Thursday. To my surprise, I found that a big part of the story of “Gimme Shelter” is in the end credits, which say that the movie was filmed by “the Maysles Brothers and (in alphabetical order)” the names of twenty-two more camera operators. By way of contrast, the brothers’ previous feature, “Salesman,” credited “photography” solely to Albert Maysles, and “Grey Gardens,” from 1976, was “filmed by” Albert Maysles and David Maysles. The difference is drastic: it’s the distinction between newsgathering and relationships, and relationships are what the Maysleses built their films on.

The Maysleses virtually lived with the Bible peddlers on the road, they virtually inhabited Grey Gardens with Big Edie and Little Edie, but—as Michael Sragow reports in this superb study, from 2000, on the making of “Gimme Shelter”—the Maysleses didn’t and couldn’t move in with the Rolling Stones. Stan Goldstein, a Maysles associate, told Sragow, “In the film there are virtually no personal moments with the Stones—the Maysles were not involved with the Stones’ lives. They did not have unlimited access. It was an outside view.”

It’s a commonplace to consider the documentary filmmaker Frederick Wiseman’s films to be centered on the lives of institutions and those of the Maysleses to be centered on the lives of people, but “Gimme Shelter” does both. Though it’s replete with some exhilarating concert footage—notably, of the Stones performing on the concert tour that led up to the Altamont disaster—its central subject is how the Altamont concert came into being. “Gimme Shelter” is a film about a concert that is only incidentally a concert film. Yet the Maysleses’ vision of the unfolding events is distinctive—and, for that matter, historic—by virtue of their distinctive directorial procedure.

Early on, Charlie Watts, the Stones drummer, is seen in the editing room, watching footage with David Maysles, who tells him that it will take eight weeks to edit the film. Watts asks whether Maysles thinks he can do it in that time, and Maysles answers, waving his arm to indicate the editing room, “This gives us the freedom, you guys watching it.”

Filming in the editing room (which, Sragow reports, was the idea of Charlotte Zwerin, one of the film’s editors and directors, who had joined the project after the rest of the shoot) gave them the freedom to break from the strict chronology of the concert season that went from New York to Altamont while staying within the participatory logic of their direct-cinema program. It’s easy to imagine another filmmaker using a voice-over and a montage to introduce, at the start, the fatal outcome of the Altamont concert and portentously declare the intention to follow the band on their American tour to see how they reached that calamitous result. The Maysleses, repudiating such ex-cathedra interventions, instead create a new, and newly personal, sphere of action for the Stones and themselves that the filmmakers can use to frame the concert footage.

The editing-room sequences render the concert footage archival, making it look like what it is—in effect, found footage of a historical event. The result is to turn the impersonal archive personal and to give the Maysles brothers, as well as the Rolling Stones, a personal implication in even the documentary images that they themselves didn’t film.

Among those images are those of a press conference where Mick Jagger announced his plans for a free concert and his intentions in holding it, which are of a worthy and progressive cast: “It’s creating a microcosmic society which sets examples for the rest of America as to how one can behave at large gatherings.” (Later, though, he frames it in more demotic terms: “The concert is an excuse for everyone to talk to each other, get together, sleep with each other, hold each other, and get very stoned.”)

A strange convergence of interests appears in negotiations filmed by the Maysleses between the attorney Melvin Belli, acting on the Stones’ behalf; Dick Carter, the owner of the Altamont Speedway; and other local authorities. The intense pressure to make the concert happen is suggested in a radio broadcast from the day before the concert, during which the announcer Frank Terry snarks that “apparently it’s one of the most difficult things in the world to give a free concert.” The Stones want to perform; their fans want to see them perform a free concert; the local government wants to deliver that show and not to stand in its way; Belli wants to facilitate it; and the Stones don’t exactly renounce their authority in the process but do, in revealing moments, lay bare to the Maysleses’ cameras their readiness to engage with a mighty system of which they themselves aren’t quite the masters.

Within this convergence of rational interests, one element is overlooked: madness. Jagger approaches the concert with constructive purpose and festive enthusiasm, but he performs like a man possessed, singing with fury of a crossfire hurricane and warning his listeners that to play with him is to play with fire. No, what happened at Altamont is not the music’s fault. Celebrity was already a scene of madness in Frank Sinatra’s first flush of fame and when the Beatles were chased through the train station in “A Hard Day’s Night.” But the Beatles’ celebrity was, almost from the start, their subject as well as their object, and they approached it and managed it with a Warholian consciousness, as in their movies; they managed their music in the same way and became, like Glenn Gould, concert dropouts. By contrast, the Stones were primal and natural performers, whose music seemed to thrive, even to exist, in contact with the audience. That contact becomes the movie’s subject—a subject that surpasses the Rolling Stones and enters into history at large.

The Maysleses and Zwerin intercut the discussions between Belli, Carter, and the authorities with concert footage from the Stones’ other venues along the way. The effect—the music running as the nighttime preparations for the Altamont concert occur, with fires and headlights, a swirling tumult—suggests the forces about to be unleashed on the world at large. A cut from a moment in concert to a helicopter shot of an apocalyptic line of cars winding through the hills toward Altamont and of the crowd already gathered there suggests that something wild has escaped from the closed confines of the Garden and other halls. The Maysleses’ enduring theme of the absent boundary between theatre and life, between show and reality, is stood on its head: art as great as that of the Stones is destined to have a mighty real-world effect. There’s a reason why the crucial adjective for art is “powerful”; it’s ultimately forced to engage with power as such.

What died at Altamont was the notion of spontaneity, of the sense that things could happen on their own and that benevolent spirits would prevail. What ended was the idea of the unproduced. What was born there was infrastructure—the physical infrastructure of facilities, the abstract one of authority. From that point on, concerts were the tip of the iceberg, the superstructure, the mere public face and shining aftermath of elaborate planning. The lawyers and the insurers, the politicians and the police, security consultants and fire-safety experts—the masters and mistresses of management—would be running the show.

The movie ends with concertgoers the morning after, walking away, their backs to the viewer, leaving a blank natural realm of earth and sky; they’re leaving the state of nature and heading back to the city, from which they’ll never be able to leave innocently again. What emerges accursed is the very idea of nature, of the idea that, left to their own inclinations and stripped of the trappings of the wider social order, the young people of the new generation will somehow spontaneously create a higher, gentler, more loving grassroots order. What died at Altamont is the Rousseauian dream itself. What was envisioned in “Lord of the Flies” and subsequently dramatized in such films as “Straw Dogs” and “Deliverance” was presented in reality in “Gimme Shelter.” The haunting freeze-frame on Jagger staring into the camera, at the end of the film, after his forensic examination of the footage of the killing of Meredith Hunter at the concert, reveals not the filmmakers’ accusation or his own sense of guilt but lost illusions.


Antifas: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (It is time to confront the violent extremism on the left by treating black-clad Antifa protesters as a gang, says Berkeley mayor Jesse Arreguin)

1 octobre, 2020

Antifa face off against white supremacists in Charlottesville, VA

GettyImages-839981910

Image

Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Winston Churchill (?)
A riot is the language of the unheard. ​I hope we can avoid riots because riots are self-defeating and socially destructive. Martin Luther King
On se demande souvent quelle idéologie va remplacer le socialisme. Mais elle est déjà là, sous nos yeux : c’est l’antiracisme (…) Comme toutes les idéologies, celle de l’antiracisme se propose non de servir ceux qu’elle prétend délivrer, mais d’asservir ceux qu’elle vise à enrôler (…) Agissant par la terreur et non par la raison, cet antiracisme fabrique plus de racistes qu’il n’en guérit […] L’antiracisme idéologique, qu’il faut soigneusement distinguer de l’antiracisme effectif et sincère, attise les divisions entre les humains au nom de leur fraternité proclamée.  Jean-François Revel (1999)
Ce qui s’appelle tour à tour Antifa et Black Blocks est une unique nébuleuse d’anarchistes ; d’usage, des gosses de riches en révolte pubertaire. Gauchistes à 20 ans, ils combattent fictivement un fascisme onirique – et à 40 ans, dirigent les boîtes de com’ ou médias du système. Ces casseurs sont connus. A Paris et autour (92, 93, 94) opère la DRPP, Direction du renseignement de la préfecture de police, très affutée sur son territoire. L’auteur est formel : la DRPP connaît un par un les deux ou trois cents pires Black blocks et peut les cueillir au nid avant toute émeute (dans les beaux quartiers ou des squats…) puis les isoler quelques heures ; les codes en vigueur le permettent. En prime, ces milieux anarchistes grouillent d’indicateurs. En Ile-de-France, la PP connaît ainsi les préparatifs d’une émeute. Enfin, l’Europe du renseignement existe : quand trente émeutiers allemands, belges ou italiens, vont à Paris se joindre à la « fête », un signalement est fourni. Ces alertes donnent des itinéraires, l’immatriculation des véhicules, etc. (les « indics », toujours…). Là, un barrage filtrant règle le problème. Ainsi, L’Intérieur peut, sinon neutraliser une émeute – du moins, en limiter à 90% les dégâts. Exemple : avant l’élection présidentielle, les Black blocks veulent attaquer une réunion du Front national au Zénith le 17 avril 2017. Comme d’usage prévenue, la police agit et l’affaire avorte. Cela, elle le peut toujours – même en mars 2019. (…) Ce qui est advenu samedi 16 mars sur les Champs-Elysées n’a rien à voir avec la population française, et fort marginalement, avec les Gilets jaunes eux-mêmes. Bien plutôt, la Mairie de Paris et les gouvernements Hollande-Macron doivent s’en prendre à eux-mêmes. Depuis dix ans, ils considèrent les Antifa comme de preux hérauts de la démocratie – certes un tantinet excités mais n’est-ce pas, il faut que jeunesse se passe. Ici règne la connivence : ces anarchistes sont leurs fils ou les copains de ceux-ci. Certes moins gravement, c’est le cas de figure Maison-Blanche – Moudjahidine afghans. Utiles pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan – mais l’URSS disparue, ils ne rentrent pas docilement à la niche – ils suscitent Oussama ben Laden. Ici pareil, les Antifa chouchous-Bobos sont en même temps des Black Block. Là, catastrophe ! On ne sait que dire, on se borne à gémir sur la violence qui doit cesser et à édicter des lois futiles. Car bien sûr, chacun sait qu’au rayon répression ferme, le chien Hollande-Macron n’a pas de crocs. Et comment se montrer féroce envers ses propres enfants ? Il y a des exemples récents de cela ; des noms, des faits. Si un Antifa est par hasard arrêté, il est peu après relâché en douce. (…) L’impéritie de ce gouvernement, son ignorance des élémentaires normes du maintien de l’ordre éclatent au grand jour. Et l’isolement de M. Macron, tout autant. M. Castaner d’abord. Dans le petit milieu politiciens-médias, là où se recrutent confidents, amants et associés, on sait que le ministre de l’Intérieur est un farceur, occupant ce poste car M. Macron n’avait nul candidat fiable à y mettre. Alors que la France vit sa pire crise de violence sociale en un siècle, M. Castaner fait la noce en boîte de nuit, où – je cite la presse people, il « embrasse une inconnue sur la bouche « . Ebahis, toutes les racailles, narcos et Antifa soupirent d’aise. On connaît le proverbe « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». On a vu le bal samedi 16 mars sur les Champs-Elysées. M. Macron, lui, skie. A mesure où la situation s’aggrave ; à mesure où, certains jours, la France frôle la guerre civile ; M. Macron renforce son contrôle – chaque jour plus tatillon – sur les médias, notamment l’information des radios-télévisions, tenues à la laisse courte. Le président croit ainsi visiblement que l’actuel chaos est affaire de communication. Or bien sûr, c’est tout sauf ça. Une telle erreur de diagnostic n’augure rien de bon pour la suite de son quinquennat. Xavier Raufer
Vous savez, le respect de la loi n’est pas une catégorie pertinente pour moi, ce qui compte c’est la justice et la pureté, ce n’est pas la loi. (…) La personne la plus condamnée de France, c’est le préfet de police de Paris, qui a 135 condamnations au tribunal administratif pour des manœuvres dilatoires sur la question de la demande d’asile, donc je ne crois pas que les gouvernants obéissent beaucoup à la loi. Je ne vois pas pourquoi nous on devrait le faire. (…)  C’est l’analyse sociologique. C’est-à-dire que vous pouvez établir dans le monde social qu’il y a un certain nombre de mécanismes qui produisent de la persécution ou la mise à mort prématurée d’un certain nombre de populations. Si jamais vous produisez une action qui lève ces systèmes de persécution, qui soulagent les corps de la souffrance, vous produisez une action qui est juste et qui est pure. Et si à l’inverse vous prenez des mesures qui renforcent l’exposition des corps à la persécution, alors vous êtes impur et vous êtes injuste. (…) C’est objectif, tout le monde le sait. Tout le monde sait très bien ce que c’est qu’un corps qui souffre, tout le monde sait très bien qu’il y a des clochards dans la rue. Quand Macron dit qu’il n’y a pas de pénibilité du travail, il le sait qu’il y a de la pénibilité. (…) Quand il dit qu’il n’y a pas de violences policières et qu’on voit les vidéos du Burger King pendant les gilets jaunes (…). Il voit très bien qu’en niant ces réalités, il active des systèmes de pouvoir de dénégation qui permettent de perpétuer des systèmes de persécution. (…) Moi je pense que le but de la gauche, c’est de produire des fractures, des gens intolérables et des débats intolérables dans le monde social. Il faut savoir qu’il y a des paradigmes irréconciliables. Moi, je suis contre le paradigme du débat, contre le paradigme de la discussion. Je pense que nous perdons notre temps lorsque nous allons sur des chaînes d’info débattre avec des gens qui sont de toute façon pas convaincables. En fait, nous ratifions la possibilité qu’il fasse partie de l’espace du débat. Je pense que la politique est de l’ordre de l’antagonisme et de la lutte et j’assume totalement le fait qu’il faille reproduire un certain nombre de censures dans l’espace public, pour rétablir un espace où les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes. (…) Plus que la censure – parce que je ne suis pas favorable à l’appareil d’Etat -, je suis favorable à une forme de mépris que la gauche doit avoir pour les opinions de droite. Quand vous avez sur une chaîne d’info en continu des débats d’extrême droite ou semi racistes, tout le monde sait que c’est fait pour ça, et tout le monde va se mettre à réagir ça. (…) On se met à être contaminé dans nos espaces de gauche par ces prises de parole complètement délirantes plutôt que les laisser tranquilles dans leur coin à faire le silence, les renvoyer à leur insignifiance. Geoffroy de Lagasnerie
Beaucoup de gens ici font profil bas. Je connais au moins 25 personnes dans la rue qui sont des partisans de Trump, mais qui sortent pas leurs pancartes. C’est une bataille constante et lorsque vous avez des pancartes, il y a un facteur d’intimidation. Ma femme et ma fille de 3 ans sont sorties et des gars sont passés en voiture et ont baissé leur vitre et leur ont crié des obscénités. C’est dégoûtant mais c’est juste le genre de trucs merdiques qui se passent. Ma fille a été isolée des enfants des voisins. L’été dernier, ils jouaient tous ensemble. Cet été, ils ne vont pas jouer avec elle. C’est méchant. Je ne peux pas l’expliquer mais c’est le comportement que nous constatons. Tom Moran (Scranton, Pennsylvania)
Dans un monde turbulent sous la menace de prédateurs comme le président chinois Xi Jinping, sur qui comptez-vous pour défendre l’Amérique ? Un pitbull agressif prêt à faire n’importe quoi pour gagner, ou un faiblard souriant qui lance des insultes de cour de récréation ? Ce point de vue est probablement derrière le fait que 66% des téléspectateurs hispanophones de Telemundo ont jugé Trump vainqueur du débat, le résultat inverse de sondages similaires sur CNN et CBS News. Après tout, si vous avez vécu sous une dictature socialiste ou la tyrannie de gangs tueurs, vous appréciez un leader costaud pour vous protéger. Les Américains ont voté pour Trump en 2016 précisément parce que c’est un pitbull, un barbare, un franc-tireur qu’ils ont engagé pour combattre la gauche corrompue, drainer le marécage, ramener leurs emplois de Chine et défendre le drapeau, la famille et le bon sens. (…) Ils n’ont que faire de sa « présidentialité » tant qu’il se bat pour eux. Miranda Devine
We’re a drinking club with a patriot problem. As Proud Boys, I think our main objective is to defend the West. Enrique Tarrio
I am not taking this as a direct endorsement from the President. He did an excellent job and was asked a VERY pointed question. The question was in reference to WHITE SUPREMACY…which we are not. Enrique Tarrio
Gotta say: the Proud Boys aren’t white supremacists. Enrique Tarrio, their overall leader, is a Black Cuban dude. The Proud Boys explicitly say they’re not racist. They are an openly right-leaning group and they’ll openly fight you — they don’t deny any of this — but saying they’re white supremacist: If you’re talking about a group of people more than 10% people of color and headed by an Afro-Latino guy, that doesn’t make sense. Wilfred Reilly (Kentucky State University)
Unbelievable. Every person in America knows these riots are being orchestrated by black lives matter and Antifa. Chris Wallace asks the President to condemn white supremacists but did not think to ask Joe Biden to condemn Antifa or BLM. Candice Owens
C’est une idée, pas une organisation. Joe Biden
Presque tout ce que je vois vient de l’aile gauche, pas de l’aile droite. (…) Proud Boys, restez en retrait et à l’écart de tout ça. Mais je vais vous dire (…) quelqu’un doit faire quelque chose contre les antifas et la gauche parce que ce n’est pas un problème de droite. Président Trump
I don’t know who the Proud Boys are. I mean, you’ll have to give me a definition, because I really don’t know who they are. I can only say they have to stand down, let law enforcement do their work. (…) I’ve always denounced any form of that (…) Any form of any of that, you have to denounce. But I also — and Joe Biden has to say something about Antifa. It’s not a philosophy. These are people that hit people over the head with baseball bats. He’s got to come out and he’s got to be strong, and he’s got to condemn Antifa. And it’s very important that he does that. Président Trump
We look at Antifa as more of an ideology or a movement than an organization. To be clear, we do have quite a number of properly predicated domestic terrorism investigations into violent anarchist extremists, any number of whom self-identify with the Antifa movement. And that’s part of this broader group of domestic violent extremists that I’m talking about, but it’s just one part of it. We also have the racially motivated violence extremists, the militia types, and others. (…) Antifa is a real thing. It’s not a group or an organization, it’s a movement or an ideology, maybe one way of thinking of it, and we have quite a number and I’ve said this consistently since my first time appearing before this committee, we have any number of properly predicated investigations into what we would describe as violent anarchist extremists. Some of those individuals self-identify with Antifa (…) we have seen individuals, I think I’ve mentioned this in response to one of the earlier questions, identified with the Antifa movement, coalescing regionally into what you might describe as small groups, or nodes. And we are actively investigating the potential violence from those regional nodes, if you will. (…) I want to be clear that by describing it as an ideology or movement, I by no means mean to minimize the seriousness of the violence and criminality that is going on across the country. Some of which is attributable to that people inspired by, or who self-identify with that ideology and movement. We’re focused on that violence on that criminality. And some of it is extremely serious. Christopher Wray (FBI Director)
The FBI tried to characterize the potential threat from individuals within that group. The bureau doesn’t designate groups but does investigate violent conspiracies. We do not intend and did not intend to designate the group as extremist. I can see where Clark County representatives came to that conclusion. That was not our intention. That’s not what we do. We will not open a case if someone belongs to antifa or even the Proud Boys. There has to be a credible allegation or a threat of violence before someone opens a case. Renn Cannon (Oregon FBI)
As I said on Saturday, we condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry, and violence. It has no place in America. And as I have said many times before: No matter the color of our skin, we all live under the same laws, we all salute the same great flag, and we are all made by the same almighty God. We must love each other, show affection for each other, and unite together in condemnation of hatred, bigotry, and violence. We must rediscover the bonds of love and loyalty that bring us together as Americans. Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans. We are a nation founded on the truth that all of us are created equal. We are equal in the eyes of our Creator. We are equal under the law. And we are equal under our Constitution. Those who spread violence in the name of bigotry strike at the very core of America.  (…) Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans. President Trump (Aug. 14, 2017)
Yes, I think there’s blame on both sides. You look at, you look at both sides. I think there’s blame on both sides, and I have no doubt about it, and you don’t have any doubt about it either. And, and, and, and if you reported it accurately, you would say. (…) Excuse me, ([the neonazis] didn’t put themselves down as neo — and you had some very bad people in that group. But you also had people that were very fine people on both sides. You had people in that group – excuse me, excuse me. I saw the same pictures as you did. You had people in that group that were there to protest the taking down, of to them, a very, very important statue and the renaming of a park from Robert E. Lee to another name. … It’s fine, you’re changing history, you’re changing culture, and you had people – and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally – but you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists, okay? And the press has treated them absolutely unfairly. Now, in the other group also, you had some fine people, but you also had troublemakers and you see them come with the black outfits and with the helmets and with the baseball bats – you had a lot of bad people in the other group too. (…) There were people in that rally, and I looked the night before. If you look, they were people protesting very quietly, the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day, it looked like they had some rough, bad people, neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest and very legally protest, because you know, I don’t know if you know, they had a permit. The other group didn’t have a permit. So I only tell you this: There are two sides to a story. President Trump (Aug. 15, 2017)
The shooter in El Paso posted a manifesto online consumed by racist hate. In one voice, our nation must condemn racism, bigotry, and white supremacy. These sinister ideologies must be defeated. Hate has no place in America. Hatred warps the mind, ravages the heart, and devours the soul. We have asked the FBI to identify all further resources they need to investigate and disrupt hate crimes and domestic terrorism — whatever they need.  President Trump (Aug. 5, 2019)
Only three things happened, for me, tonight: Number one, Donald Trump refused to condemn white supremacy. Number two, the president of the United States refused to condemn white supremacy. Number three, the commander-in-chief refused to condemn white supremacy on the global stage, in front of my children, in front of everybody’s families. And he was given the opportunity multiple times to condemn white supremacy, and he gave a wink and a nod to a racist, Nazi, murderous organization that is now celebrating online, that is now saying “We have a go-ahead.” Look at what they’re saying, look at what the Proud Boys are doing right now online, because the president of the United States refused to condemn white supremacy. Van Jones (CNN)
We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible. Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals. The Ex-Worker
Black people get shot for doing ordinary law-abiding things. They don’t have the luxury of anarchy. Andrè Taylor
Establishment media still continues to overlook trending Anarchist black bloc tactics especially in DC, Portland & Seattle with satellite activity in Denver, Sacramento and San Diego. (…) But (…) They’re real – but localized without a major event to capitalize on. Insurrectionary Anarchist ideology & rhetoric however has permeated into the social justice movement with blazing efficiency. Jeremy Lee Quinn (Sep 17, 2020)
As for Anarchism, there are several schools of thought in Anarchism. Consider these 3 in the US. Mainstream Anarchism​ (left wing) intersects with music, film, art & comics in pop culture and holds intellectual reverence to its historic ideals aligning on the left with Antifascism. Insurrectionary Anarchism​​ (fringe left)​ maintains a strong presence in the Northwest and via ​ CrimethInc​ holds itself to instigating revolutionary absolutes ie. abolish all police & prisons. Employs black bloc tactics to disrupt the system. National Anarchism​​(fringe right)​ is a racist iteration of the political philosophy that was a minor presence over the last decade in Idaho & the San Francisco Bay Area where “entryism” was espoused, the technique of infiltrating another group to convert its followers. (…) The comfort narrative from the mainstream has been that a right wing iteration has been responsible for provoking chaos. We have found no evidence of this on the ground. The Proud Boys are referenced most often. They are anti – Anarchist (commonly labeled Antifa) but not white supremacists, nor is there evidence that they have worked under the cover of protests. Rather, it is the Anarchist – Antifascists consistently showing up at rightwing rallies which results in confrontations with the Proud Boys. Thus, our current situation appears to involve the first two categories. Media outlets since the end of May have gravitated towards a benign pop culture interpretation of anarchism. Meanwhile in the streets, the more extreme version has been developing with strident fanaticism, especially in the Pacific Northwest. (…) Anarchists at their core seek ultimately to abolish hierarchy and in these last months we have seen them welcome synonymous Antifascist minded groups and autonomous rioters under their umbrella. The most dogmatic Anarchism opposes reform of any kind. It’s the entire system the Anarchist wishes to bring down, whether it is Capitalist or Communist. (…) All of this is irrelevant to the Anarchist. “We don’t care who is fucking shit up, as long as they’re fucking shit up,” a self identifying Anarchist wrote online after following an inquiry about possible right wing infiltrators at BLM protests in Minnesota. Anarchy it would seem is the point, as is the anonymity of all. (…) That fanaticism takes a different form in Portland where kids ages 15-25 have been recruited by the Youth Liberation Front and maintained a pattern of harassment and aggression against both Law enforcement and Nationalist or Patriot identifying citizens. At their most coherent, they are acting in the name of Antifascism against those they believe to be white supremacists. The Northwest YLF brought “Direct Action” to a fever pitch in Portland at the Federal Courthouse. The government responded with an iron first. As in Minneapolis, activists were eager to expose the nation’s militaristic itch. (…) Shellshocked confusion from the DHS is understandable. To those who have not followed the rise of modern Anarchism in street art, films, graphic novels, activism & counter culture – including its online integration with protest culture internationally- these mostly young men dressed in cartoonish masks & ninja outfits must seem alien. It started in Germany during a recession in the late 80s. The black bloc was born, an Anarchic method of anonymizing oneself at protests so acts of dissent might be committed free from criminality. The practice migrated to Seattle at the WTO riots of 1999. By the late2000s black bloc tactics would be permeating sub culturally across the nation. The Anarchist movement is preached worldwide via ​“Crimethinc. The Ex-Worker”​, a collective formed by 1996. They published a modern Anarchist Cookbook “Recipe for Disasters” and other works by 2003. They joined twitter in 2008. At Occupy Wall Street in 2011, the masks came out. Alan Moore, the English Anarchist and comic book auteur (Watchmen, V for Vendetta) ​was involved with the publication of “Occupy Comics” romanticizing the Anarchist struggle in the wake of the New York action. Then came Ferguson. At the 2014 Ferguson riots, Anarchists took to the streets within the Community. CrimethInc will always have plausible deniability of direct involvement. They are the messengers of an idea they insist, which can never be defeated now that it is out in the ether. In their view they are mere scribes of the struggle which dates back to the 1800s. In agile doublespeak, CrimethInc dispels “outside agitator” myths at riots under the rationale that Anarchists are a part of any community movement fighting oppression rather than outsiders looking in. (…) New alliances were made May 26th 2020, the first day of the George Floyd protests in Minneapolis. What we still see on Twitter is only a snapshot. Direct messaging and private online Discord, Signal or Telegram app chats make it easy these days for like-minded collectives to share techniques, ideas and intentions privately. Purists to the portrayal of a 100% street revolution will argue techniques are applied organically with parallel thinking, rather than widespread coordination. Crimethinc would later post observations in a post mortem Minneapolis including a breakdown of the most effective “ballistics” and use of “peaceful protesters as shields.” CrimethInc often also extols tactics of looting and burning down businesses to divert police resources in ​“The Siege of the Third Precinct in Minneapolis, an Account & Analysis.”​ In this excerpt CrimethInc gives a rare direct address to rebels about using end to end encryption apps like Telegram. (…) It is significant to note that Anarchist methods could not be employed without a population of active participants reaching critical mass. On May 26th, that mass began to form. (…) May 27th Second day of Minneapolis protests: Anarchist website  ​CrimethInc ​begins tweeting blackbloc dress code tips for protesters. Several that day participate in riot actions breaking windows at the 3rd precinct dressed in all black. Several men carry umbrellas, a suggested accessory to shield rioters from overhead cameras. (…) In weeks to come more advanced tactics such as “ballistics” and using “peaceful protesters” as shields are shared via CrimethInc with its following. (…) A riot is the language of the unheard” ​begins to be passed around on social media omitting King’s conclusion in the clip ​“I hope we can avoid riots because riots are self-defeating and socially destructive. Jeremy Lee Quinn
The ability to continue to spread and to eventually bring more violence, including a violent insurgency, relies on the ability to hide in plain sight — to be confused with legitimate protests, and for media and the public to minimize the threat. Pamela Paresky (Rutgers university)
On the last Sunday in May, Jeremy Lee Quinn, a furloughed photographer in Santa Monica, Calif., was snapping photos of suburban moms kneeling at a Black Lives Matter protest when a friend alerted him to a more dramatic subject: looting at a shoe store about a mile away. He arrived to find young people pouring out of the store, shoeboxes under their arms. But there was something odd about the scene. A group of men, dressed entirely in black, milled around nearby, like supervisors. One wore a creepy rubber Halloween mask. The next day, Mr. Quinn took pictures of another store being looted. Again, he noticed something strange. A white man, clad in black, had broken the window with a crowbar, but walked away without taking a thing. Mr. Quinn began studying footage of looting from around the country and saw the same black outfits and, in some cases, the same masks. He decided to go to a protest dressed like that himself, to figure out what was really going on. He expected to find white supremacists who wanted to help re-elect President Trump by stoking fear of Black (sic) people. What he discovered instead were true believers in “insurrectionary anarchism.” (…) Mr. Quinn (…) has spent the past four months marching with “black bloc” anarchists in half a dozen cities across the country, chronicling the experience on his website, Public Report. He says he respects the idealistic goal of a hierarchy-free society that anarchists embrace, but grew increasingly uncomfortable with the tactics used by some anarchists, which he feared would set off a backlash that could help get President Trump re-elected. In Portland, Ore., he marched with people who shot fireworks at the federal court building. In Washington, he marched with protesters who harassed diners. (…) While talking heads on television routinely described it as a spontaneous eruption of anger at racial injustice, it was strategically planned, facilitated and advertised on social media by anarchists who believed that their actions advanced the cause of racial justice. In some cities, they were a fringe element, quickly expelled by peaceful organizers. But in Washington, Portland and Seattle they have attracted a “cultlike energy,” Mr. Quinn told me. Don’t take just Mr. Quinn’s word for it. Take the word of the anarchists themselves, who lay out the strategy in Crimethinc, an anarchist publication: Black-clad figures break windows, set fires, vandalize police cars, then melt back into the crowd of peaceful protesters. When the police respond by brutalizing innocent demonstrators with tear gas, rubber bullets and rough arrests, the public’s disdain for law enforcement grows. It’s Asymmetric Warfare 101. An anarchist podcast called “The Ex-Worker” explains that while some anarchists believe in pacifist civil disobedience inspired by Mohandas Gandhi, others advocate using crimes like arson and shoplifting to wear down the capitalist system. (…) If that is not enough to convince you that there’s a method to the madness, check out the new report by Rutgers researchers that documents the “systematic, online mobilization of violence that was planned, coordinated (in real time) and celebrated by explicitly violent anarcho-socialist networks that rode on the coattails of peaceful protest,” according to its co-author Pamela Paresky. She said some anarchist social media accounts had grown 300-fold since May, to hundreds of thousands of followers. (…) the scale of destruction caught the media’s attention in a way that peaceful protests hadn’t. How many articles would I have written about a peaceful march? How many months would Mr. Quinn have spent investigating suburban moms kneeling? That’s on us. While I feared that the looting and arson would derail the urgent demands for racial justice and bring condemnation, I was wrong, at least in the short term. Support for Black Lives Matter soared. Corporations opened their wallets. (…) But as the protests continue, support has flagged. The percentage of people who say they support the Black Lives Matter movement has dropped from 67 percent in June to 55 percent, according to a recent Pew poll. “Insurrectionary anarchy” brings diminishing returns, especially as anarchists complicate life for those working within the system to halt police violence. (…)That’s the thing about “insurrectionary anarchists.” They make fickle allies. If they help you get into power, they will try to oust you the following day, since power is what they are against. Many of them don’t even vote. They are experts at unraveling an old order but considerably less skilled at building a new one. That’s why, even after more than 100 days of protest in Portland, activists do not agree on a set of common policy goals. Even some anarchists admit as much. “We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible,” a voice on “The Ex-Worker” podcast intones. “Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals.” In other words, it’s not really about George Floyd or Black lives, but insurrection for insurrection’s sake. Farah Stockman
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne (« Qu’ils s’en aillent tous ») ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifas qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
Dans les années 60, les mods anglais, incarnés par les Kinks ou les Who, s’emparent des vêtements bourgeois destinés aux élites (celles qui jouent au tennis, notamment) : le polo Fred Perry, le blouson Harrington ou les chemises Ben Sherman. Avec la fin des mods à l’aube des années 70, l’image de ces maisons se trouble : les skinheads, nés en réaction au mouvement hippie, se les approprient. Parmi eux, certains sont apolitiques, d’autres d’extrême gauche, beaucoup sont fascistes. Si bien que dans les années 70 et 80, le vestiaire en descendance mods est davantage associé aux militants extrémistes qu’à la musique. La succession d’artistes anglo-saxons s’affichant en Fred Perry (les Pogues, époque punk ; les Specials, version ska ; les Blur et Oasis, à l’ère brit-pop, ou les Strokes et Franz Ferdinand, plus rock), n’a pas suffi à dissiper l’image ambiguë de la marque. Aujourd’hui, Fred Perry ne communique pas sur sa stratégie marketing, mais les activités de ces dix dernières années montrent sa volonté de se distinguer en tant que maison de mode versée dans la créativité, et la musique. (…) Autre signe d’une volonté d’assainissement de son image : Fred Perry inaugure en 2008 sa première boutique française à Paris, dans le quartier du Marais. Une enseigne proprette, à côté de Zadig & Voltaire, Maje et Sandro, où règne une ambiance bien différente des petites boutiques multimarques à l’ambiance un peu tendue, spécialisées dans les griffes qu’aiment certains militants d’extrême droite, comme Ben Sherman ou Lonsdale. Si Fred Perry et Ben Sherman ont pu compenser de troubles associations politiques par une cool attitude, la marque anglaise Lonsdale a été clairement associée aux groupuscules d’extrême droite. Les néonazis l’auraient «récupérée» à cause des lettres «NSDA» au cœur du mot «Lonsdale» (NSDA pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti nazi). Au milieu des années 2000, la griffe a ainsi été bannie dans plusieurs établissements scolaires en Allemagne, et surtout aux Pays-Bas, ou l’expression «jeunesse Lonsdale» était apparue pour évoquer la résurgence néonazie dans le pays. Plusieurs points de vente, trop marqués politiquement, ont dû être fermés, et les campagnes de communication de la marque martèlent désormais le slogan «Lonsdale loves all colours». Libération
La tragique mort de Clément Méric réveille une image que la marque anglaise avait réussi à faire un peu oublier. Il faudra qu’elle redouble d’effort pour éloigner ces clients aussi fidèles que gênants. Un peu comme Lacoste avait tenté de le faire en son temps avec les rappeurs des cités. Huffington post
Antifa (…) est le nom collectif utilisé par différents groupes autonomes et souvent informels se réclamant de l’antifascisme. Les groupes Antifa sont connus pour leur recours à l’action directe pour s’opposer à l’extrême droite, pouvant aller jusqu’à la destruction de biens matériels et la violence physique lorsqu’ils le jugent nécessaire. La plupart de ces groupes sont anti-gouvernement et anti-capitalistes, et appartiennent à des mouvances d’extrême gauche anarchistes, communistes ou socialistes. Ils mettent l’accent notamment sur la lutte directe contre l’extrême droite et les mouvements prônant la suprématie de la race blanche. Le terme Antifa tient son origine de l’Action antifasciste, un nom employé par des mouvements politiques européens des années 1920 et 1930 qui ont lutté contre les fascistes en Allemagne, en Italie et en Espagne. En réponse à l’importance du néonazisme après la chute du Mur de Berlin, des manifestants antifascistes ont réapparu en Allemagne. Peter Beinart, un journaliste américain, écrit que « à la fin des années 1980 aux États-Unis, des fans de punk appartenant à des mouvances de gauche leur ont emboîté le pas mais sous le nom d’Anti-Racist Action (« Action antiraciste »), pensant que les Américains seraient plus familiers avec la lutte contre le racisme qu’avec celle contre le fascisme ». Le militantisme antifasciste remonte aux années 1920, années durant lesquelles les anti-fascistes ont été impliqués dans des batailles de rue contre les Chemises noires de Benito Mussolini ou celles brunes d’Adolf Hitler, l’Union britannique des fascistes d’Oswald Mosley et des organisations américaines pro-nazies telles que les Amis de la Nouvelle-Allemagne. Bien qu’il n’existe pas de réelle connexion entre les organisations antifascistes, on peut remonter la généalogie de l’Antifa américaine jusqu’à l’Allemagne de Weimar, où fut créé en 1932 le premier groupe décrit comme « antifa », Antifaschistische Aktion, avec la participation du Parti communiste d’Allemagne. Le logo aux deux drapeaux d’Antifaschistische Aktion est le symbole le plus couramment utilisé par l’Antifa américaine, avec le cercle antifasciste aux trois flèches du mouvement social-démocrate Front de fer (créé en 1931 puis dirigé par les sociaux-démocrates). L’Anti-Racist Action, née des mouvements punk et d’une partie du mouvement skinhead de la fin des années 1980, est le précurseur direct de beaucoup, sinon de la plupart des mouvements antifa américains actuels. D’autres groupes antifa ont cependant d’autres ascendances, comme les Baldies de Minneapolis, dans le Minnesota, un groupe formé en 1987, avec l’intention de combattre le néonazisme. Le mouvement Antifa est constitué de groupes autonomes, et n’a donc pas d’organisation formelle. Ces groupes forment des réseaux de soutien, comme le NYC Antifa, ou fonctionnent de façon indépendante. L’organisation de manifestations se fait généralement via les médias sociaux, des sites web et des listes de diffusion. Bien que le nombre d’affiliés aux mouvements Antifa ne puisse être estimé avec précision, le mouvement a pris plus d’ampleur depuis l’élection de Donald Trump : environ 200 groupes, de taille et niveau d’engagement variables, existent actuellement aux États-Unis. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision CNN en août 2017, un membre de Rose City Antifa (un groupe de Portland, dans l’Oregon), explique que « les membres de notre groupe viennent de toute la gauche : nous avons des anarchistes, nous avons des socialistes, nous avons même des libéraux et des sociaux-démocrates ». Bien que les militants Antifa puissent pratiquer l’entraide, comme ils le firent après l’ouragan Harvey, ils ont surtout été associés aux démonstrations de violence à l’encontre de la police et des personnes dont les opinions politiques sont jugées nauséabondes. Ils sont généralement perçus comme n’hésitant pas à recourir à des démonstrations de force. Un manuel publié sur It’s Going Down, un site anarchiste, met pourtant en garde contre « ceux qui ont seulement envie de se battre ». Il note en outre que « se confronter physiquement aux fascistes est un aspect nécessaire de la lutte anti-fasciste, mais ce n’est pas le seul ni même nécessairement le plus important ». Selon Peter Beinart, les militants Antifa « luttent contre le suprémacisme blanc, non en essayant de changer la politique du gouvernement, mais par l’action directe. Ils essaient d’identifier publiquement les suprémacistes pour les faire licencier ou leur faire perdre leur logement », en plus de « perturber leurs rassemblements, y compris par la force ». Les groupes Antifa ont participé activement aux protestations et manifestations contre l’élection de Donald Trump en 2016. Ils ont également participé aux manifestations de février 2017 à Berkeley contre le porte-parole de l’alt-right Milo Yiannopoulos. Ces manifestations ont attiré l’attention du public, les médias ayant rapporté que les Antifa ont « lancé des cocktails Molotov et brisé des fenêtres » et causé 100 000 $ de dommages. Le 15 juin 2017, des membres d’Antifa se sont joints aux manifestants de l’Evergreen State College, qui s’opposaient à un événement organisé par le Patriot Prayer, un mouvement de droite libérale suspecté de liens avec le suprémacisme blanc. Lors des contre-manifestations au rassemblement « Unir la droite » de Charlottesville en août 2017, les Antifa ont « certainement utilisé des battes et des marqueurs à air comprimé contre les manifestants suprémacistes ». Selon un Antifa interrogé par la journaliste Adele Stan, les battes utilisées par les manifestants antifascistes sont justifiées par la présence de « goon squads » (sortes de groupes mercenaires) dans l’autre camp. Lors de cet événement, des Antifa ont protégé Cornel West et divers membres du clergé de l’attaque de suprémacistes. Cornel West a plus tard déclaré qu’il estimait que les Antifa lui avaient « sauvé la vie ». Selon un militant d’extrême droite, les manifestants Antifa n’étaient pas cantonnés au périmètre qui leur avait été alloué par la ville, mais arpentaient les rues et ont bloqué le passage aux manifestants d’extrême-droite avant de lancer une attaque sur eux avec des masses, des sprays au poivre, des briques, des bâtons et du liquide sale. À Berkeley, le 27 août 2017, une centaine de manifestants Antifa auraient rejoint les 2 000 à 4 000 contre-manifestants présents pour s’opposer à ce qui a été décrit comme une « poignée » de manifestants de l’alt-right et de supporters du président Trump, réunis pour un rally « Say No to Marxism » (« Non au marxisme ») qui avait été annulé pour des raisons de sécurité. Il est décrit que certains militants Antifa ont donné des coups de pied à des manifestants non armés et ont menacé de casser les caméras des journalistes. Le maire de Berkeley Jesse Arreguin a suggéré de classer les Antifa de la ville comme « gang ». Lors de nouvelles contre-manifestations en opposition au rassemblement « Unir la droite » à Charlottesville en août 2018, des Antifas ont invectivé et attaqué des journalistes et des policiers, leur lançant notamment des œufs et des bouteilles d’eau, et en tirant des feux d’artifice dans leur direction. Des journalistes rapportent aussi que des Antifa les ont harcelés pour les empêcher de filmer. Selon la National Public Radio, « ceux qui parlent au nom du mouvement Antifa reconnaissent qu’ils ont parfois des battes et des massues » et leur « méthode repose sur la confrontation ». CNN affirme que les Antifa sont « connus pour causer des dégradations matérielles lors des manifestations ». Scott Crow, un membre de longue date d’un groupe Antifa et impliqué dans l’organisation du mouvement selon CNN, fait valoir que la destruction de la propriété n’est pas une forme de violence. Selon Brian Levin, directeur du Centre pour l’Étude de la Haine et de l’Extrémisme à l’Université d’État de Californie de San Bernardino, les Antifa ont recours à la violence car « ils croient que les élites contrôlent le gouvernement et les médias. Ils ont donc besoin de s’opposer frontalement à ceux qu’ils considèrent comme racistes ». Selon Mark Bray, maître de conférences à l’Institut de recherche sur le genre de Dartmouth et auteur d’Antifa: The Anti-Fascist Handbook (Antifa: Le Manuel des antifascistes), les adhérents au mouvement sont pour la plupart socialistes, anarchistes ou communistes et « refusent de faire appel à la police ou à l’État pour freiner l’avancée du suprémacisme blanc. Ils préconisent à la place l’opposition populaire au fascisme telle que nous avons pu le voir à Charlottesville ». En rapport avec cet ouvrage, Carlos Lozada a déclaré que les groupes Antifa ne respectent pas la liberté d’expression. Selon Bray, l’atteinte à la liberté d’expression « est justifiée par son rôle dans la lutte politique contre le fascisme ». Selon Scott Crow, cette justification se fonde sur le principe de l’action directe : « L’incitation à la haine ne relève pas de la liberté d’expression. Si vous mettez en danger des personnes avec ce que vous dites et les actes que vos paroles impliquent, alors vous n’avez pas le droit de le dire. C’est pour cela que nous allons au conflit, pour les faire taire, parce que nous croyons que les nazis et les fascistes de tout poil ne devraient pas avoir droit à la parole ». En juin 2017, la mouvance Antifa a été rattachée à l’anarchisme par le Département de la sécurité intérieure du New Jersey, qui avec le FBI a classé leurs activités comme terrorisme domestique. Le FBI et le DSI ont également reconnu être incapables d’infiltrer « l’organisation diffuse et décentralisée » de ces groupes. À la suite des violences de Berkeley le 27 août 2017, les actions des Antifa ont fait l’objet de critiques de la part de Républicains, de Démocrates et des commentateurs politiques des médias américains: la chef de l’opposition Nancy Pelosi condamne la violence des militants Antifa à Berkeley dans un communiqué de presse, l’animatrice de talk-show conservatrice et contributrice à Fox News Laura Ingraham a proposé de déclarer le mouvement Antifa comme organisation terroriste, Trevor Noah, humoriste et animateur de The Daily Show, a qualifié l’Antifa de « vegan ISIS » (« Daesh végétalien »). En août 2017, une pétition appelant à ce que les Antifa soient classés par le Pentagone comme une organisation terroriste a été lancée via la plate-forme de la Maison-Blanche We The People. Elle a recueilli plus de 100 000 signatures en trois jours, et par conséquent – en vertu de la politique définie par l’administration Obama – aurait dû recevoir un examen officiel et une réponse par la Maison-Blanche. Avec plus de 300 000 signatures à la fin du mois d’août, c’était la troisième pétition la plus signée de la plate-forme. Toutefois, cette politique n’a pas été poursuivie par l’administration Trump, qui n’a répondu à aucune des pétitions de la plate-forme. L’auteur de la pétition, connu sous le pseudonyme de Microchip, a expliqué à Politico que le but de celle-ci n’était pas nécessairement de provoquer une quelconque action concrète de la part du gouvernement, mais simplement de pousser les conservateurs à la partager et à en débattre. En mai 2020, en réaction aux manifestations faisant suite à la mort de George Floyd, Donald Trump annonce sur Twitter que les États-Unis « désigneront Antifa comme une organisation terroriste ». (…) Les anti-antifas sont les opposants à l’Action Antifasciste. Il ne s’agit pas du nom d’une quelconque organisation. Les anti-antifas sont souvent composés de militants d’extrême droite radicaux tels des néofascistes, néonazis, skinhead d’extrême droite, ainsi que de suprémacistes blancs et noirs. Wikipedia
This whole event should be seen through the context of what it is…an information war. A number of people who go to these protests are looking for fights or to document them. they’re all livestreaming. When tensions boil over, it’s meant to be ammunition for a culture war. Charlie Warzel (Jun 30, 2019)
It’s not ‘both sides-ing’ to note that both parties…& many of the ppl who cover them (journalists, provacateurs, activists) know what’s going on. They know the risks & they know how it can be weaponized. Which is why talking about this like it’s a 20th century protest is stupid. Charlie Warzel
But we know, as filmmakers long have, that footage doesn’t convey the objective reality of a situation; it reveals certain things and obscures others. Moreover, the meaning of filmed events is entirely open to contestation. The mere fact that Ngo was assaulted doesn’t say what the meaning of that assault is, or what the broader context is that’s necessary to understand it. The result is a never-ending stream of Rorschach test controversies pushed on social media, in which either the meaning of events on film or even the very facts of what’s being depicted are litigated endlessly and tied to our right-versus-left culture war. All forms of antifa violence are problematic,” the Anti-Defamation League, a Jewish anti-hate group, writes in its primer on the group. “That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose.” The guide continues: Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone. To date, there have not been any known antifa-related murders. Anti-fascism originated in response to early European fascism, and when Mussolini’s Blackshirts and Hitler’s Brownshirts were ascendant in Europe, various socialist, communist, and anarchist parties and groups emerged to confront them. When I talk about anti-fascism in the book and when we talk about it today, it’s really a matter of tracing the sort of historical lineage of revolutionary anti-fascist movements that came from below, from the people, and not from the state. The sort of militant anti-fascism that antifa represents reemerged in postwar Europe in Britain, where fascists had broad rights to organize and demonstrate. You started to see these groups spring up in the 1940s and ’50s and ’60s and ’70s. You saw similar movements in Germany in the ’80s around the time the Berlin Wall falls, when a wave of neo-Nazism rolled across the country targeting immigrants. There, as elsewhere, leftist groups emerged as tools of self-defense. The whole point was to stare down these fascist groups in the street and stop them by force if necessary. These groups in the ’80s adopted the name antifa, and it eventually spread to the United States in the late ’80s and into the ’90s. Originally, it was known as the Anti-Racist Action Network. That kind of faded in the mid-2000s; the recent wave we’re seeing in the US developed out of it, but has taken on more of the name and the kind of aesthetics of the European movement. (…) The basic principle of antifa is “no platform for fascism.” If you ask them, they’ll tell you that they believe you have to deny any and all platforms to fascism, no matter how big or small the threat. The original fascist groups that later seized power in Europe started out very small. You cannot, they argue, treat these groups lightly. You need to take them with the utmost seriousness, and the way to prevent them from growing is to prevent them from having even the first step toward becoming normalized in society. (…) Much of what they do does not involve physical confrontation. They also focus on using public opinion to expose white supremacists and raise the social and professional costs of their participation in these groups. They want to see these people fired from their jobs, denounced by their families, marginalized by their communities. But yes, part of what they do is physical confrontation. They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists. They also see this as a preventative action. They look at the history of fascism in Europe and say, “we have to eradicate this problem before it gets any bigger, before it’s too late.” Sometimes that involves physical confrontation or blocking their marches or whatever the case may be. It’s also important to remember that these are self-described revolutionaries. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. They’re not interested in and don’t feel constrained by conventional norms. (…) The other thing that’s worth clarifying is that anti-fascist groups don’t only organize against textbook fascists. There is, first of all, a lot of debate about what constitutes fascism. And it’s a legitimate question to ask — where does one draw the line, and how does one see this kind of organizing? Of course, there is no central command for a group like antifa. There is no antifa board of directors telling people where that line is, and so of course different groups will assess different threats as they see fit. But I suppose the question you’re raising has to do with the slippery-slope argument, which is that if you start calling everyone a fascist and depriving them of a platform, where does it end? One of the arguments I make in the book is that while analytically that’s a conversation worth having, I don’t know of any empirical examples of anti-fascists successfully stopping a neo-Nazi group and then moving on to other groups that are not racist but merely to the right. What tends to happen is they disband once they’ve successfully marginalized or eliminated the local right-wing extremist threat, and then return to what they normally do — organizing unions, doing environmental activism, etc. (…) Whenever we look at the question of causation in history, you can never isolate one variable and make grand or definitive conclusions. So I don’t want to overstate any of the causal claims being made here. But Norway is an interesting example. In the ’90s, they had a pretty violent neo-Nazi skinhead movement, and the street-level anti-fascist groups there seemed to play a significant role in marginalizing the threat. By the end of ’90s it was pretty much defunct, and subsequently there hasn’t been a serious fascist [movement] in Norway. Another example you can look at is popular responses to the National Front [a far-right political party formed in Britain in 1967] in the late ’70s in Britain. The National Front was pretty huge, and the Anti-Nazi League, through both a combination of militant anti-fascist tactics and also some more popular organizing and electoral strategies, managed to successfully deflate the National Front momentum. One of the most famous moments of that era was the Battle of Lewisham in 1977 where the members of this largely immigrant community physically blocked a big National Front march and that sort of stopped their aggressive efforts to target that community. (…) First, they argue that in Europe you can see that parliamentary democracy did not always stop the advance of fascism and Nazism — and in the cases of both Germany and Italy, Hitler and Mussolini were appointed and gained their power largely through democratic means. When Hitler took his final control through the [1933] Enabling Act, it was approved by parliament. They also say that rational discourse is insufficient on its own because a lot of good arguments were made and a lot of debates were had but ultimately that was insufficient during that period, and so the view that good ideas always prevail over bad ideas isn’t very convincing. Their other key point, which probably isn’t made enough, is that these are revolutionary leftists. They’re not concerned about the fact that fascism targets liberalism. These are self-described revolutionaries. They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. (…) anti-fascists will concede that most of the time nonviolence is certainly the way to go. Most antifa members believe it’s far easier to use nonviolent methods than it is to show up and use direct action methods. But they argue that history shows that it’s dangerous to take violence and self-defense off the table. (…) I think the people who showed up in Charlottesville to square off against self-identified neo-Nazis did the world a service, and I applaud them. But when I see antifa showing up at places like UC Berkeley and setting fire to cars and throwing rocks through windows in order to prevent someone like Milo Yiannopoulos from speaking, I think they’ve gone way too far. Milo isn’t a Nazi, and he isn’t an actual threat. He’s a traveling clown looking to offend social justice warriors. I think that reasonable people can disagree about this. I can’t speak for the individuals who committed these political actions, but the general defense is that the rationale for shutting down someone like Milo has to do with the fact that his kind of commentary emboldens actual fascists. The Berkeley administrators issued a statement in advance that they feared he was going to out undocumented students on campus, and previously he had targeted a transgender student at the University of Milwaukee Wisconsin. Antifa regards this as an instigation to violence, and so they feel justified in shutting it down. Again, though, this is much easier to understand when you remember that antifa isn’t concerned with free speech or other liberal democratic values. (…) For the most part, these are pan-leftist groups composed of leftists of different stripes. They all seem to have different views of what they think the ideal social order looks like. Some of them are Marxists, some are Leninists, some are social democrats or anarchists. But they cohere around a response to what they perceive as a common threat. (…) As I said before, anti-fascists don’t have any allegiance to liberalism, so that’s not the question that they are focused on. The question is also how much of a threat do we think white supremacists or neo-Nazis pose, both in a literal or immediate sense but also in terms of their ability to influence broader discourses or even the Trump administration. I believe that for people who are feeling the worst repercussions of this, they are already experiencing a kind of illiberalism in terms of their lack of access to the kinds of freedoms that liberalism promotes and tries to aspire to; and so for me, that’s more of a focus, in terms of trying to mitigate those kinds of problems, than the fears of people who, prior to Trump, thought that everything was fine in the US. (…) The first thing to point out is that being part of one of these groups is a huge time commitment, and the vetting process that these groups have for bringing in new people is very strenuous. You have to really commit — it’s basically like a second job. This limits the number of people that are going to be willing to put their time into it. I don’t think the antifa movement is going to explode as much as some do. But I do think that antifa can influence where leftist politics in America is going. They are aggressive, loud, and fiercely committed. They’re having a wider influence on the radical left in this country, particularly on campuses and with other groups like Black Lives Matter. But I don’t want to overstate antifa’s role in these shifts. (…) they don’t care about the Democratic Party. (…) Will a lot of people see antifa and their methods as a poor reflection of the left? Absolutely. But I also think that these are not people who were going to vote Democrat anyway. If you read the news or pay attention to what’s happening, you know that Nancy Pelosi has nothing to do with antifa. This group loathes the Democratic Party, and they don’t hide that. So anyone who blames the Democrats for antifa is likely already disposed to vote Republican anyway. Mark Bray
I think we should classify them as a gang. They come dressed in uniforms. They have weapons, almost like a militia, and I think we need to think about that in terms of our law enforcement approach. I think we are going to have to think ‘big picture’ about what is the strategy for how we are going to deal with these violent elements on the left as well. We also need to hold accountable and encourage people not to associate with these extremists because it empowers them and gives them cover. Berkeley Mayor Jesse Arreguin
Under California law, a gang is defined as an organization of at least three persons, with a common name, or identifying mark or symbol, which engages in criminal activity. Criminals who commit offenses for gangs can face tougher sentences in the state. Newsweek

Attention, un extrémisme peut en cacher un autre !

Alors qu’au lendemain d’un premier débat présidentiel américain …

Nos médias nous bassinent d’articles à charge sur un groupuscule nationaliste américain …

Fondé il y a quatre ans à New York par un hipster canado-britannique et cofondateur du magazine « Vice », un certain Gavin McInnes, mais dirigé aujourd’hui par un Afro-cubain

Auquel aurait prétendument apporté son soutien un président américain …

Qui a par ailleurs maintes fois dénoncé le racisme des néonazis et suprémacistes blancs …

Et qu’après des semaines de confinement, de casse et d’émeutes – et de refus de l’aide fédérale dont elle se plaint aujourd’hui de ne pas avoir reçu – la plus grande ville américaine se retrouve au bord du gouffre financier

Pendant que chez nous sur une radio publique, un sociologue appelle ouvertement à la censure des pensées « injustes et impures »

Comment ne pas voir ….

Sans compter l’extrême corruption d’une presse qui depuis quatre ans non seulement instruit et conduit à charge uniquement un véritable procès de Moscou permanent pour délégitimer par tous les moyens, faux dossiers du FBI compris, l’élu des « deplorables …

Mais se prépare avec une élection par correspondance (avec le vote-harvesting) – où certains états ont déjà prévu de comptabiliser les envois jusqu’à deux semaines après le vote officiel ! – à torpiller la prochaine élection et, si le président sortant arrive à passer toutes ces embûches, la totalité de son prochain mandat …

L’incroyable hypocrisie de la gauche et des médias en général là-bas comme ici

Qui font totalement l’impasse sur les violences, nettement plus coûteuses en termes de dégâts matériels, générées par l’extrême gauche des antifas et BLM …

Quand à l’instar d’un Biden, bien loin de la condamnation que le modérateur du débat s’est bien gardé de lui demander, ils ne les réduisent pas à une « idée » …

De la part de groupuscules qui comme le suggérait il y a trois ans le maire de Berkeley …

Ont toutes les caractéristiques d’un gang …

D’où aussi le risque comme semblent l’indiquer sa remontée dans les sondages des minorités noires et hispaniques

De renforcer « l‘éléphant nécessaire dans le magasin de porcelaine poussiéreux de la politique » qu’a depuis le début été Trump ?

BERKELEY (CBS SF) — Mayor of Berkeley Jesse Arreguin on Monday said it is time to confront the violent extremism on the left by treating black-clad Antifa protesters as a gang.

A large number of masked Antifa activists were seen jumping the barriers at a largely peaceful demonstration in Berkeley’s Martin Luther King Civic Center Park on Sunday.

Some began attacking Trump supporters at the rally.

“I think we should classify them as a gang,” said Arreguin. “They come dressed in uniforms. They have weapons, almost like a militia and I think we need to think about that in terms of our law enforcement approach.”

Arreguin said that while he does not support the far right, it was time to draw the line on the left as well, especially on the black-clad activists who showed up in force and took over both the protests and the park, and played a part in Sunday’s violent clashes.

“I think we are going to have to think ‘big picture’ about what is the strategy for how we are going to deal with these violent elements on the left as well,” said the mayor.

The mayor said it was also time for the non-violent protesters to take a stand.

“We also need to hold accountable and encourage people not to associate with these extremists because it empowers them and gives them cover,” said Arreguin.

On Monday, protest organizers defended Antifa’s presence.

“White supremacists and fascists are not welcome. And if the state is not going to protect us — and if they do not — then we are going to protect ourselves and welcome those who stand with us,” said Sara Kershner with the National Lawyers Guild.

KPIX 5 news crews observed that most of the conservative demonstrators in the park were Trump supporters who repeatedly denounced Nazis and racists.

And while it didn’t look good, the mayor also praised Berkeley police for holding back and ceding the park to the anarchists when the group jumped the barriers.

“Black Bloc was trying to provoke the police,” said Arreguin. “I think some of the more conservative protesters had already left or had been escorted out.”

When asked what he would say to a Trump supporter who was chased down the street, the mayor replied, “It’s unacceptable. Anyone who was injured… it’s completely unacceptable and we are going to be looking at video and identifying people.”

In the wake of Charlottesville and Sunday’s troubles in Berkeley, the mayor also called on UC Berkeley to call off next month’s Free Speech Week featuring Milo Yiannopoulos.

It was an appearance by Yiannopoulos in February that triggered a riot in Sproul Plaza on campus.

“I believe that is the right thing to do,” said Arreguin. “And if they don’t do that, then they need to work with the city and potentially assist the city through resources to be able to adequately police what we know is going to be a large protest that will spill out onto the city streets.”

Voir aussi:

“Insurrectionary anarchists” have been protesting for racial justice all summer. Some Black leaders wish they would go home.

Ms. Stockman is a member of the editorial board.

The New York Times

On the last Sunday in May, Jeremy Lee Quinn, a furloughed photographer in Santa Monica, Calif., was snapping photos of suburban moms kneeling at a Black Lives Matter protest when a friend alerted him to a more dramatic subject: looting at a shoe store about a mile away.

He arrived to find young people pouring out of the store, shoeboxes under their arms. But there was something odd about the scene. A group of men, dressed entirely in black, milled around nearby, like supervisors. One wore a creepy rubber Halloween mask.

The next day, Mr. Quinn took pictures of another store being looted. Again, he noticed something strange. A white man, clad in black, had broken the window with a crowbar, but walked away without taking a thing.

Mr. Quinn began studying footage of looting from around the country and saw the same black outfits and, in some cases, the same masks. He decided to go to a protest dressed like that himself, to figure out what was really going on. He expected to find white supremacists who wanted to help re-elect President Trump by stoking fear of Black people. What he discovered instead were true believers in “insurrectionary anarchism.”

To better understand them, Mr. Quinn, a 40-something theater student who worked at Univision until the pandemic, has spent the past four months marching with “black bloc” anarchists in half a dozen cities across the country, chronicling the experience on his website, Public Report.

He says he respects the idealistic goal of a hierarchy-free society that anarchists embrace, but grew increasingly uncomfortable with the tactics used by some anarchists, which he feared would set off a backlash that could help get President Trump re-elected. In Portland, Ore., he marched with people who shot fireworks at the federal court building. In Washington, he marched with protesters who harassed diners.

Mr. Quinn discovered a thorny truth about the mayhem that unfolded in the wake of the police killing of George Floyd, an unarmed Black man in Minneapolis. It wasn’t mayhem at all.

While talking heads on television routinely described it as a spontaneous eruption of anger at racial injustice, it was strategically planned, facilitated and advertised on social media by anarchists who believed that their actions advanced the cause of racial justice. In some cities, they were a fringe element, quickly expelled by peaceful organizers. But in Washington, Portland and Seattle they have attracted a “cultlike energy,” Mr. Quinn told me.

Don’t take just Mr. Quinn’s word for it. Take the word of the anarchists themselves, who lay out the strategy in Crimethinc, an anarchist publication: Black-clad figures break windows, set fires, vandalize police cars, then melt back into the crowd of peaceful protesters. When the police respond by brutalizing innocent demonstrators with tear gas, rubber bullets and rough arrests, the public’s disdain for law enforcement grows. It’s Asymmetric Warfare 101.

An anarchist podcast called “The Ex-Worker” explains that while some anarchists believe in pacifist civil disobedience inspired by Mohandas Gandhi, others advocate using crimes like arson and shoplifting to wear down the capitalist system. According to “The Ex-Worker,” the term “insurrectionary anarchist” dates back at least to the Spanish Civil War and its aftermath, when opponents of the fascist leader Francisco Franco took “direct action” against his regime, including assassinating policemen and robbing banks.

If that is not enough to convince you that there’s a method to the madness, check out the new report by Rutgers researchers that documents the “systematic, online mobilization of violence that was planned, coordinated (in real time) and celebrated by explicitly violent anarcho-socialist networks that rode on the coattails of peaceful protest,” according to its co-author Pamela Paresky. She said some anarchist social media accounts had grown 300-fold since May, to hundreds of thousands of followers.

“The ability to continue to spread and to eventually bring more violence, including a violent insurgency, relies on the ability to hide in plain sight — to be confused with legitimate protests, and for media and the public to minimize the threat,” Dr. Paresky told me.

Her report will almost certainly catch the attention of conservative media and William Barr’s Department of Justice, which recently declared New York, Portland and Seattle “anarchist jurisdictions,” a widely mocked designation accompanied by the threat of withholding federal funds.

There’s an even thornier truth that few people seem to want to talk about: Anarchy got results.

Don’t get me wrong. My heart broke for the people in Minneapolis who lost buildings to arson and looting. Migizi, a Native American nonprofit in Minneapolis, raised more than $1 million to buy and renovate a place where Native American teenagers could learn about their culture — only to watch it go up in flames, alongside dozens of others, including a police station. It can take years to build a building — and only one night to burn it down.

And yet, I had to admit that the scale of destruction caught the media’s attention in a way that peaceful protests hadn’t. How many articles would I have written about a peaceful march? How many months would Mr. Quinn have spent investigating suburban moms kneeling? That’s on us.

While I feared that the looting and arson would derail the urgent demands for racial justice and bring condemnation, I was wrong, at least in the short term. Support for Black Lives Matter soared. Corporations opened their wallets. It was as if the nation rallied behind peaceful Black organizers after it saw the alternative, like whites who flocked to the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. after they got a glimpse of Malcolm X.

But as the protests continue, support has flagged. The percentage of people who say they support the Black Lives Matter movement has dropped from 67 percent in June to 55 percent, according to a recent Pew poll.

“Insurrectionary anarchy” brings diminishing returns, especially as anarchists complicate life for those working within the system to halt police violence.

In Louisville, Ky., Attica Scott, a Black state representative who sponsored a police reform bill, was arrested last week and charged with felony rioting after someone threw a road flare inside a library.

In Portland, Jo Ann Hardesty, an activist turned city councilor, has pushed for the creation of a pilot program of unarmed street responders to handle mental illness and homelessness, a practical step to help protect populations that experience violence at the hands of police. Yet Ms. Hardesty is shouted down at protests by anarchists who want to abolish the police, not merely reform or defund them.

“As a Black woman who has been working on this for 30 years, to have young white activists who have just discovered that Black lives matter yelling at me that I’m not doing enough for Black people — it’s kind of ironic, is what it is,” Ms. Hardesty told me.

In Seattle, Andrè Taylor, a Black man who lost his brother to police violence in 2016, helped change state law that made it nearly impossible to prosecute officers for killing civilians. But he has been branded a “pig cop” by young anarchists because his nonprofit organization receives funds from the city, and because he cooperates with the police.

“When they say, ‘You are working with the police,’ I say, ‘I have worked with police and I will continue to work for reform,’” Mr. Taylor told me. “Remember, I lost a brother.”

Black people get shot for doing ordinary law-abiding things. They don’t have the luxury of anarchy, he told me.

That’s the thing about “insurrectionary anarchists.” They make fickle allies. If they help you get into power, they will try to oust you the following day, since power is what they are against. Many of them don’t even vote. They are experts at unraveling an old order but considerably less skilled at building a new one. That’s why, even after more than 100 days of protest in Portland, activists do not agree on a set of common policy goals.

Even some anarchists admit as much.

“We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible,” a voice on “The Ex-Worker” podcast intones. “Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals.”

In other words, it’s not really about George Floyd or Black lives, but insurrection for insurrection’s sake.

 

Since 1907, Portland, Oregon, has hosted an annual Rose Festival. Since 2007, the festival had included a parade down 82nd Avenue. Since 2013, the Republican Party of Multnomah County, which includes Portland, had taken part. This April, all of that changed.

In the days leading up to the planned parade, a group called the Direct Action Alliance declared, “Fascists plan to march through the streets,” and warned, “Nazis will not march through Portland unopposed.” The alliance said it didn’t object to the Multnomah GOP itself, but to “fascists” who planned to infiltrate its ranks. Yet it also denounced marchers with “Trump flags” and “red maga hats” who could “normalize support for an orange man who bragged about sexually harassing women and who is waging a war of hate, racism and prejudice.” A second group, Oregon Students Empowered, created a Facebook page called “Shut down fascism! No nazis in Portland!”

Next, the parade’s organizers received an anonymous email warning that if “Trump supporters” and others who promote “hateful rhetoric” marched, “we will have two hundred or more people rush into the parade … and drag and push those people out.” When Portland police said they lacked the resources to provide adequate security, the organizers canceled the parade. It was a sign of things to come.

For progressives, Donald Trump is not just another Republican president. Seventy-six percent of Democrats, according to a Suffolk poll from last September, consider him a racist. Last March, according to a YouGov survey, 71 percent of Democrats agreed that his campaign contained “fascist undertones.” All of which raises a question that is likely to bedevil progressives for years to come: If you believe the president of the United States is leading a racist, fascist movement that threatens the rights, if not the lives, of vulnerable minorities, how far are you willing to go to stop it?In Washington, D.C., the response to that question centers on how members of Congress can oppose Trump’s agenda, on how Democrats can retake the House of Representatives, and on how and when to push for impeachment. But in the country at large, some militant leftists are offering a very different answer. On Inauguration Day, a masked activist punched the white-supremacist leader Richard Spencer. In February, protesters violently disrupted UC Berkeley’s plans to host a speech by Milo Yiannopoulos, a former Breitbart.com editor. In March, protesters pushed and shoved the controversial conservative political scientist Charles Murray when he spoke at Middlebury College, in Vermont.As far-flung as these incidents were, they have something crucial in common. Like the organizations that opposed the Multnomah County Republican Party’s participation in the 82nd Avenue of Roses Parade, these activists appear to be linked to a movement called “antifa,” which is short for antifascist or Anti-Fascist Action. The movement’s secrecy makes definitively cataloging its activities difficult, but this much is certain: Antifa’s power is growing. And how the rest of the activist left responds will help define its moral character in the Trump age.

Antifa traces its roots to the 1920s and ’30s, when militant leftists battled fascists in the streets of Germany, Italy, and Spain. When fascism withered after World War II, antifa did too. But in the ’70s and ’80s, neo-Nazi skinheads began to infiltrate Britain’s punk scene. After the Berlin Wall fell, neo-Nazism also gained prominence in Germany. In response, a cadre of young leftists, including many anarchists and punk fans, revived the tradition of street-level antifascism.

In the late ’80s, left-wing punk fans in the United States began following suit, though they initially called their groups Anti-Racist Action, on the theory that Americans would be more familiar with fighting racism than fascism. According to Mark Bray, the author of the forthcoming Antifa: The Anti-Fascist Handbook, these activists toured with popular alternative bands in the ’90s, trying to ensure that neo-Nazis did not recruit their fans. In 2002, they disrupted a speech by the head of the World Church of the Creator, a white-supremacist group in Pennsylvania; 25 people were arrested in the resulting brawl.

By the 2000s, as the internet facilitated more transatlantic dialogue, some American activists had adopted the name antifa. But even on the militant left, the movement didn’t occupy the spotlight. To most left-wing activists during the Clinton, Bush, and Obama years, deregulated global capitalism seemed like a greater threat than fascism.Trump has changed that. For antifa, the result has been explosive growth. According to NYC Antifa, the group’s Twitter following nearly quadrupled in the first three weeks of January alone. (By summer, it exceeded 15,000.) Trump’s rise has also bred a new sympathy for antifa among some on the mainstream left. “Suddenly,” noted the antifa-aligned journal It’s Going Down, “anarchists and antifa, who have been demonized and sidelined by the wider Left have been hearing from liberals and Leftists, ‘you’ve been right all along.’ ” An article in The Nation argued that “to call Trumpism fascist” is to realize that it is “not well combated or contained by standard liberal appeals to reason.” The radical left, it said, offers “practical and serious responses in this political moment.”Those responses sometimes spill blood. Since antifa is heavily composed of anarchists, its activists place little faith in the state, which they consider complicit in fascism and racism. They prefer direct action: They pressure venues to deny white supremacists space to meet. They pressure employers to fire them and landlords to evict them. And when people they deem racists and fascists manage to assemble, antifa’s partisans try to break up their gatherings, including by force.Such tactics have elicited substantial support from the mainstream left. When the masked antifa activist was filmed assaulting Spencer on Inauguration Day, another piece in The Nation described his punch as an act of “kinetic beauty.” Slate ran an approving article about a humorous piano ballad that glorified the assault. Twitter was inundated with viral versions of the video set to different songs, prompting the former Obama speechwriter Jon Favreau to tweet, “I don’t care how many different songs you set Richard Spencer being punched to, I’ll laugh at every one.”The violence is not directed only at avowed racists like Spencer: In June of last year, demonstrators—at least some of whom were associated with antifa—punched and threw eggs at people exiting a Trump rally in San Jose, California. An article in It’s Going Down celebrated the “righteous beatings.”Antifascists call such actions defensive. Hate speech against vulnerable minorities, they argue, leads to violence against vulnerable minorities. But Trump supporters and white nationalists see antifa’s attacks as an assault on their right to freely assemble, which they in turn seek to reassert. The result is a level of sustained political street warfare not seen in the U.S. since the 1960s. A few weeks after the attacks in San Jose, for instance, a white-supremacist leader announced that he would host a march in Sacramento to protest the attacks at Trump rallies. Anti-Fascist Action Sacramento called for a counterdemonstration; in the end, at least 10 people were stabbed.
A similar cycle has played out at UC Berkeley. In February, masked antifascists broke store windows and hurled Molotov cocktails and rocks at police during a rally against the planned speech by Yiannopoulos. After the university canceled the speech out of what it called “concern for public safety,” white nationalists announced a “March on Berkeley” in support of “free speech.” At that rally, a 41-year-old man named Kyle Chapman, who was wearing a baseball helmet, ski goggles, shin guards, and a mask, smashed an antifa activist over the head with a wooden post. Suddenly, Trump supporters had a viral video of their own. A far-right crowdfunding site soon raised more than $80,000 for Chapman’s legal defense. (In January, the same site had offered a substantial reward for the identity of the antifascist who had punched Spencer.) A politicized fight culture is emerging, fueled by cheerleaders on both sides. As James Anderson, an editor at It’s Going Down, told Vice, “This shit is fun.”

Portland offers perhaps the clearest glimpse of where all of this can lead. The Pacific Northwest has long attracted white supremacists, who have seen it as a haven from America’s multiracial East and South. In 1857, Oregon (then a federal territory) banned African Americans from living there. By the 1920s, it boasted the highest Ku Klux Klan membership rate of any state.

In 1988, neo-Nazis in Portland killed an Ethiopian immigrant with a baseball bat. Shortly thereafter, notes Alex Reid Ross, a lecturer at Portland State University and the author of Against the Fascist Creep, anti-Nazi skinheads formed a chapter of Skinheads Against Racial Prejudice. Before long, the city also had an Anti-Racist Action group.

Now, in the Trump era, Portland has become a bastion of antifascist militancy. Masked protesters smashed store windows during multiday demonstrations following Trump’s election. In early April, antifa activists threw smoke bombs into a “Rally for Trump and Freedom” in the Portland suburb of Vancouver, Washington. A local paper said the ensuing melee resembled a mosh pit.

When antifascists forced the cancellation of the 82nd Avenue of Roses Parade, Trump supporters responded with a “March for Free Speech.” Among those who attended was Jeremy Christian, a burly ex-con draped in an American flag, who uttered racial slurs and made Nazi salutes. A few weeks later, on May 25, a man believed to be Christian was filmed calling antifa “a bunch of punk bitches.”

The next day, Christian boarded a light-rail train and began yelling that “colored people” were ruining the city. He fixed his attention on two teenage girls, one African American and the other wearing a hijab, and told them “to go back to Saudi Arabia” or “kill themselves.” As the girls retreated to the back of the train, three men interposed themselves between Christian and his targets. “Please,” one said, “get off this train.” Christian stabbed all three. One bled to death on the train. One was declared dead at a local hospital. One survived.

The cycle continued. Nine days after the attack, on June 4, Trump supporters hosted another Portland rally, this one featuring Chapman, who had gained fame with his assault on the antifascist in Berkeley. Antifa activists threw bricks until the police dispersed them with stun grenades and tear gas.What’s eroding in Portland is the quality Max Weber considered essential to a functioning state: a monopoly on legitimate violence. As members of a largely anarchist movement, antifascists don’t want the government to stop white supremacists from gathering. They want to do so themselves, rendering the government impotent. With help from other left-wing activists, they’re already having some success at disrupting government. Demonstrators have interrupted so many city-council meetings that in February, the council met behind locked doors. In February and March, activists protesting police violence and the city’s investments in the Dakota Access Pipeline hounded Mayor Ted Wheeler so persistently at his home that he took refuge in a hotel. The fateful email to parade organizers warned, “The police cannot stop us from shutting down roads.”All of this fuels the fears of Trump supporters, who suspect that liberal bastions are refusing to protect their right to free speech. Joey Gibson, a Trump supporter who organized the June 4 Portland rally, told me that his “biggest pet peeve is when mayors have police stand down … They don’t want conservatives to be coming together and speaking.” To provide security at the rally, Gibson brought in a far-right militia called the Oath Keepers. In late June, James Buchal, the chair of the Multnomah County Republican Party, announced that it too would use militia members for security, because “volunteers don’t feel safe on the streets of Portland.”Antifa believes it is pursuing the opposite of authoritarianism. Many of its activists oppose the very notion of a centralized state. But in the name of protecting the vulnerable, antifascists have granted themselves the authority to decide which Americans may publicly assemble and which may not. That authority rests on no democratic foundation. Unlike the politicians they revile, the men and women of antifa cannot be voted out of office. Generally, they don’t even disclose their names.Antifa’s perceived legitimacy is inversely correlated with the government’s. Which is why, in the Trump era, the movement is growing like never before. As the president derides and subverts liberal-democratic norms, progressives face a choice. They can recommit to the rules of fair play, and try to limit the president’s corrosive effect, though they will often fail. Or they can, in revulsion or fear or righteous rage, try to deny racists and Trump supporters their political rights. From Middlebury to Berkeley to Portland, the latter approach is on the rise, especially among young people.Revulsion, fear, and rage are understandable. But one thing is clear. The people preventing Republicans from safely assembling on the streets of Portland may consider themselves fierce opponents of the authoritarianism growing on the American right. In truth, however, they are its unlikeliest allies.
Peter Beinart is a contributing writer at The Atlantic and a professor of journalism and political science at the City University of New York.

Voir également:

Black professor insists ‘Proud Boys aren’t white supremacists’ as Trump takes flak
Valerie Richardson
The Washington Times
September 30, 2020

It turns out not everybody believes the Proud Boys are white supremacists, including a prominent Black professor at a historically Black university.

Wilfred Reilly, associate professor of political science at Kentucky State University, said Wednesday that “the Proud Boys aren’t white supremacists,” describing the right-wing group’s beliefs as “Western chauvinist” and noting that their international chairman, Enrique Tarrio, is Black.

“Gotta say: the Proud Boys aren’t white supremacists,” tweeted Mr. Reilly, author of “Hate Crime Hoax.”

Mr. Reilly said that about 10% to 20% of Proud Boys activists are people of color, a diverse racial composition that is “extremely well-known in law enforcement,” based on his research.

Enrique Tarrio, their overall leader, is a Black Cuban dude. The Proud Boys explicitly say they’re not racist,” Mr. Reilly told The Washington Times. “They are an openly right-leaning group and they’ll openly fight you — they don’t deny any of this — but saying they’re White supremacist: If you’re talking about a group of people more than 10% people of color and headed by an Afro-Latino guy, that doesn’t make sense.
Senate Minority Leader Charles E. Schumer accused Mr. Trump of refusing to condemn white supremacy, tweeting, “He told white supremacists to ‘stand back and stand by.’ President Trump is a national disgrace, and Americans will not stand for it.”

Democratic presidential nominee Joseph R. Biden told reporters Wednesday: “My message to the Proud Boys and every other White supremacist group is: cease and desist. That’s not who we are.”

White House spokeswoman Alysa Farah pushed back on the criticism, saying, “I don’t think there’s anything to clarify. He’s told them to stand back.”

Black Trump supporter Melissa Tate also challenged the “white supremacist” label, posting a video in which she and Beverly Beatty said that the Proud Boys helped provide security for them at a Christian prayer event.

“STOP THE LIES,” tweeted Ms. Tate, who has 440,700 followers. “Proud Boys are NOT White Supremacist. They are Christian men many of them hispanic & some black.”

Voir de même:
In his Tuesday press conference, Donald Trump talked at length about what he called “the alt left.” White supremacists, he claimed, weren’t the only people in Charlottesville last weekend that deserved condemnation. “You had a group on the other side that was also very violent,” he declared. “Nobody wants to say that.”I can say with great confidence that Trump’s final sentence is untrue. I can do so because the September issue of The Atlantic contains an essay of mine entitled “The Rise of the Violent Left,” which discusses the very phenomenon that Trump claims “nobody wants” to discuss. Trump is right that, in Charlottesville and beyond, the violence of some leftist activists constitutes a real problem. Where he’s wrong is in suggesting that it’s a problem in any way comparable to white supremacism.What Trump calls “the alt left” (I’ll explain why that’s a bad term later) is actually antifa, which is short for anti-fascist. The movement traces its roots to the militant leftists who in the 1920s and 1930s brawled with fascists on the streets of Germany, Italy, and Spain. It revived in the 1970s, 1980s, and 1990s, when anti-racist punks in Britain and Germany mobilized to defeat neo-Nazi skinheads who were infiltrating the music scene. Via punk, groups calling themselves anti-racist action—and later, anti-fascist action or antifa—sprung up in the United States. They have seen explosive growth in the Trump era for an obvious reason: There’s more open white supremacism to mobilize against.
As members of a largely anarchist movement, antifa activists generally combat white supremacism not by trying to change government policy but through direct action. They try to publicly identify white supremacists and get them fired from their jobs and evicted from their apartments. And they disrupt white-supremacist rallies, including by force.As I argued in my essay, some of their tactics are genuinely troubling. They’re troubling tactically because conservatives use antifa’s violence to justify—or at least distract from—the violence of white supremacists, as Trump did in his press conference. They’re troubling strategically because they allow white supremacists to depict themselves as victims being denied the right to freely assemble. And they’re troubling morally because antifa activists really do infringe upon that right. By using violence, they reject the moral legacy of the civil-rights movement’s fight against white supremacy. And by seeking to deny racists the ability to assemble, they reject the moral legacy of the ACLU, which in 1977 went to the Supreme Court to defend the right of neo-Nazis to march through Skokie, Illinois.Antifa activists are sincere. They genuinely believe that their actions protect vulnerable people from harm. Cornel West claims they did so in Charlottesville. But for all of antifa’s supposed anti-authoritarianism, there’s something fundamentally authoritarian about its claim that its activists—who no one elected—can decide whose views are too odious to be publicly expressed. That kind of undemocratic, illegitimate power corrupts. It leads to what happened this April in Portland, Oregon, where antifa activists threatened to disrupt the city’s Rose Festival parade if people wearing “red maga hats” marched alongside the local Republican Party. Because of antifa, Republican officials in Portland claim they can’t even conduct voter registration in the city without being physically threatened or harassed.So, yes, antifa is not a figment of the conservative imagination. It’s a moral problem that liberals need to confront.But saying it’s a problem is vastly different than implying, as Trump did, that it’s a problem equal to white supremacism. Using the phrase “alt-left” suggests a moral equivalence that simply doesn’t exist.For starters, while antifa perpetrates violence, it doesn’t perpetrate it on anything like the scale that white nationalists do. It’s no coincidence that it was a Nazi sympathizer—and not an antifa activist—who committed murder in Charlottesville. According to the Anti-Defamation League, right-wing extremists committed 74 percent of the 372 politically motivated murders recorded in the United States between 2007 and 2016. Left-wing extremists committed less than 2 percent.Second, antifa activists don’t wield anything like the alt-right’s power. White, Christian supremacy has been government policy in the United States for much of American history. Anarchism has not. That’s why there are no statues of Mikhail Bakunin in America’s parks and government buildings. Antifa boasts no equivalent to Steve Bannon, who called his old publication, Breitbart, “the platform for the alt-right,” and now works in the White House. It boasts no equivalent to Attorney General Jefferson Beauregard Sessions III, who bears the middle name of a Confederate general and the first name of the Confederacy’s president, and who allegedly called the NAACP “un-American.” It boasts no equivalent to Alex Jones, who Donald Trump praised as “amazing.” Even if antifa’s vision of society were as noxious as the “alt-right’s,” it has vastly less power to make that vision a reality.
And antifa’s vision is not as noxious. Antifa activists do not celebrate regimes that committed genocide and enforced slavery. They’re mostly anarchists. Anarchism may not be a particularly practical ideology. But it’s not an ideology that depicts the members of a particular race or religion as subhuman.If Donald Trump really wants to undermine antifa, he should do his best to stamp out the bigotry that antifa—counterproductively—mobilizes against. Taking down Confederate statues in places like Charlottesville would be a good start.

Peter Beinart is a contributing writer at The Atlantic and a professor of journalism and political science at the City University of New York.

“They have no allegiance to liberal democracy”: An expert on antifa explains the group

The left-wing group is back in the news. An expert explains where they come from and what they want.

As protests against the killing of George Floyd rage across the country, the left-wing group “antifa” (short for anti-fascist) is back in the news. Although antifa’s role remains unclear, President Trump (and others) are blaming them for helping to incite violence. Antifa became a national story back in 2017 when it collided with neo-Nazis in Charlottesville. Shortly after that incident, I reached out to Mark Bray, a historian at Dartmouth College and author of Antifa: The Anti-Fascist Handbook. We discussed the group’s origins, aims, and tactics. You can read our full exchange, which feels newly relevant, below.


When Donald Trump used the phrase “alt-left” to describe the anti-neo-Nazi protesters in Charlottesville last year, most people had no idea what he meant. I’m actually not sure he knew what he meant.

“What about the alt-left that came charging at the, as you say, the ‘alt-right’? Do they have any assemblage of guilt?” Trump said during a rambling press conference.

If the alt-left exists, it’s probably best represented by “antifa” (short for “anti-fascist”) — a loose network of left-wing activists who physically resist people they consider fascists. These are often the scruffy, bandana-clad people who show up at alt-right rallies or speaking events in order to shut them down before they happen, and they openly embrace violence as a justifiable means to that end.

Antifa is not a monolithic organization, nor does it have anything like a hierarchical leadership structure. It’s an umbrella group that shares a number of causes, the most important of which is resisting white nationalist movements. Adherents are mostly socialists, anarchists, and communists who, according to Mark Bray, a historian at Dartmouth College and author of Antifa: The Anti-Fascist Handbook, “reject turning to the police or the state to halt the advance of white supremacy. Instead they advocate popular opposition to fascism as we witnessed in Charlottesville.”

I reached out to Bray to discuss the group and its burgeoning impact on American politics. He’s sympathetic to antifa’s cause and makes no effort to hide that. He describes the book as “an unabashedly partisan call to arms that aims to equip a new generation of anti-fascists with the history and theory necessary to defeat the resurgent far right.”

In this interview, we talk about the ethics of “militant anti-fascism,” why groups like antifa don’t care if they hurt the Democratic Party, and why resisting fascism in a liberal democracy poses a unique challenge to conventional political norms.

Our conversation, lightly edited for clarity, follows.

The roots of antifa

Sean Illing

What is “antifa”? Where did it come from?

Mark Bray

Anti-fascism originated in response to early European fascism, and when Mussolini’s Blackshirts and Hitler’s Brownshirts were ascendant in Europe, various socialist, communist, and anarchist parties and groups emerged to confront them. When I talk about anti-fascism in the book and when we talk about it today, it’s really a matter of tracing the sort of historical lineage of revolutionary anti-fascist movements that came from below, from the people, and not from the state.

The sort of militant anti-fascism that antifa represents reemerged in postwar Europe in Britain, where fascists had broad rights to organize and demonstrate. You started to see these groups spring up in the 1940s and ’50s and ’60s and ’70s. You saw similar movements in Germany in the ’80s around the time the Berlin Wall falls, when a wave of neo-Nazism rolled across the country targeting immigrants. There, as elsewhere, leftist groups emerged as tools of self-defense. The whole point was to stare down these fascist groups in the street and stop them by force if necessary.

These groups in the ’80s adopted the name antifa, and it eventually spread to the United States in the late ’80s and into the ’90s. Originally, it was known as the Anti-Racist Action Network. That kind of faded in the mid-2000s; the recent wave we’re seeing in the US developed out of it, but has taken on more of the name and the kind of aesthetics of the European movement.

Sean Illing

And this is largely a response to Trump?

Mark Bray

I think so. The basic principle of antifa is “no platform for fascism.” If you ask them, they’ll tell you that they believe you have to deny any and all platforms to fascism, no matter how big or small the threat. The original fascist groups that later seized power in Europe started out very small. You cannot, they argue, treat these groups lightly. You need to take them with the utmost seriousness, and the way to prevent them from growing is to prevent them from having even the first step toward becoming normalized in society.

Why they embrace violence

Sean Illing

What’s their strategic logic? Why do they think physical violence, as opposed to nonviolent resistance, is both justifiable and effective?

Mark Bray

That’s a very good question. Much of what they do does not involve physical confrontation. They also focus on using public opinion to expose white supremacists and raise the social and professional costs of their participation in these groups. They want to see these people fired from their jobs, denounced by their families, marginalized by their communities.

But yes, part of what they do is physical confrontation. They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists. They also see this as a preventative action. They look at the history of fascism in Europe and say, “we have to eradicate this problem before it gets any bigger, before it’s too late.” Sometimes that involves physical confrontation or blocking their marches or whatever the case may be.

It’s also important to remember that these are self-described revolutionaries. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. They’re not interested in and don’t feel constrained by conventional norms.

Sean Illing

You say one of the principles of antifa is “no platform for fascism.” How do they define fascism? Where’s the threshold?

Mark Bray

Good question. The other thing that’s worth clarifying is that anti-fascist groups don’t only organize against textbook fascists. There is, first of all, a lot of debate about what constitutes fascism. And it’s a legitimate question to ask — where does one draw the line, and how does one see this kind of organizing?

Of course, there is no central command for a group like antifa. There is no antifa board of directors telling people where that line is, and so of course different groups will assess different threats as they see fit. But I suppose the question you’re raising has to do with the slippery-slope argument, which is that if you start calling everyone a fascist and depriving them of a platform, where does it end?

One of the arguments I make in the book is that while analytically that’s a conversation worth having, I don’t know of any empirical examples of anti-fascists successfully stopping a neo-Nazi group and then moving on to other groups that are not racist but merely to the right. What tends to happen is they disband once they’ve successfully marginalized or eliminated the local right-wing extremist threat, and then return to what they normally do — organizing unions, doing environmental activism, etc.

Do antifa’s tactics actually work?

Sean Illing

You’re a historian. You’ve looked at the data. Is there evidence that the tactics adopted by antifa work? Are there cases of these sorts of groups successfully undercutting fascist movements?

Mark Bray

Another good question. Whenever we look at the question of causation in history, you can never isolate one variable and make grand or definitive conclusions. So I don’t want to overstate any of the causal claims being made here. But Norway is an interesting example. In the ’90s, they had a pretty violent neo-Nazi skinhead movement, and the street-level anti-fascist groups there seemed to play a significant role in marginalizing the threat. By the end of ’90s it was pretty much defunct, and subsequently there hasn’t been a serious fascist [movement] in Norway.

Another example you can look at is popular responses to the National Front [a far-right political party formed in Britain in 1967] in the late ’70s in Britain. The National Front was pretty huge, and the Anti-Nazi League, through both a combination of militant anti-fascist tactics and also some more popular organizing and electoral strategies, managed to successfully deflate the National Front momentum.

One of the most famous moments of that era was the Battle of Lewisham in 1977 where the members of this largely immigrant community physically blocked a big National Front march and that sort of stopped their aggressive efforts to target that community.

They don’t care about liberal democracy

Sean Illing

So antifa’s logic is that fascism is a rejection of liberal democratic norms, and therefore it can’t be defeated with what we’d consider conventional liberal democratic tactics?

Mark Bray

Well, certainly the latter is correct. They argue a couple of things. First, they argue that in Europe you can see that parliamentary democracy did not always stop the advance of fascism and Nazism — and in the cases of both Germany and Italy, Hitler and Mussolini were appointed and gained their power largely through democratic means. When Hitler took his final control through the [1933] Enabling Act, it was approved by parliament.

They also say that rational discourse is insufficient on its own because a lot of good arguments were made and a lot of debates were had but ultimately that was insufficient during that period, and so the view that good ideas always prevail over bad ideas isn’t very convincing.

They other key point, which probably isn’t made enough, is that these are revolutionary leftists. They’re not concerned about the fact that fascism targets liberalism. These are self-described revolutionaries. They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum.

Sean Illing

Scholars of nonviolence will say the worldwide abolition of slavery was achieved almost entirely with nonviolent means (our Civil War being an obvious exception), that great strides in women’s rights were made, that nonviolent revolutions in Eastern Europe, South Africa, Chile, Egypt, the Philippines, and elsewhere were all accomplished without the use of force. What’s different about antifa’s mission? Why do they believe violence is more effective in this context?

Mark Bray

As I said earlier, no single factor in history can explain an outcome. It’s always more complicated than that. Certainly that’s true in terms of the abolition of slavery. In Latin America, for example, a lot of the abolition of slavery happened through gradual emancipation laws, and a lot of those laws were enacted in explicit response to the Haitian Revolution and out of fear that if they didn’t start to adjust, they’d have an uprising on their hands.

This is also true of the civil rights movement, where the threat of race riots and Black Panthers and so forth made a lot of white America more sympathetic to the kinds of things that Martin Luther King and his allies were saying than they might have otherwise been.

The case of Nazism is obviously one of those intractable historical problems for advocates of pacifism. Even the school of strategic nonviolence that puts aside the ethical questions in favor of the strategic questions still fails, in my view, to show how nonviolence might have worked in that situation.

But look, anti-fascists will concede that most of the time nonviolence is certainly the way to go. Most antifa members believe it’s far easier to use nonviolent methods than it is to show up and use direct action methods. But they argue that history shows that it’s dangerous to take violence and self-defense off the table.

Why shut down speech?

Sean Illing

Here’s my problem. I think the people who showed up in Charlottesville to square off against self-identified neo-Nazis did the world a service, and I applaud them. But when I see antifa showing up at places like UC Berkeley and setting fire to cars and throwing rocks through windows in order to prevent someone like Milo Yiannopoulos from speaking, I think they’ve gone way too far. Milo isn’t a Nazi, and he isn’t an actual threat. He’s a traveling clown looking to offend social justice warriors.

Mark Bray

I think that reasonable people can disagree about this. I can’t speak for the individuals who committed these political actions, but the general defense is that the rationale for shutting down someone like Milo has to do with the fact that his kind of commentary emboldens actual fascists. The Berkeley administrators issued a statement in advance that they feared he was going to out undocumented students on campus, and previously he had targeted a transgender student at the University of Milwaukee Wisconsin. Antifa regards this as an instigation to violence, and so they feel justified in shutting it down.

Again, though, this is much easier to understand when you remember that antifa isn’t concerned with free speech or other liberal democratic values.

What does antifa actually want?

Sean Illing

Antifa defines itself in purely negative terms, in terms of what they’re against. But what do they want? Do they have any concrete political goals?

Mark Bray

That’s a great question, and one that often gets overlooked. For the most part, these are pan-leftist groups composed of leftists of different stripes. They all seem to have different views of what they think the ideal social order looks like. Some of them are Marxists, some are Leninists, some are social democrats or anarchists. But they cohere around a response to what they perceive as a common threat.

Sean Illing

Do you think people are right to be concerned that this type of illiberalism will only occasion more illiberalism in response to it, and that the result will be a spiral of competing illiberalisms?

Mark Bray

As I said before, anti-fascists don’t have any allegiance to liberalism, so that’s not the question that they are focused on. The question is also how much of a threat do we think white supremacists or neo-Nazis pose, both in a literal or immediate sense but also in terms of their ability to influence broader discourses or even the Trump administration.

I believe that for people who are feeling the worst repercussions of this, they are already experiencing a kind of illiberalism in terms of their lack of access to the kinds of freedoms that liberalism promotes and tries to aspire to; and so for me, that’s more of a focus, in terms of trying to mitigate those kinds of problems, than the fears of people who, prior to Trump, thought that everything was fine in the US.

Sean Illing

Do you anticipate antifa becoming larger and more active? And if so, what does that mean for American politics moving forward?

Mark Bray

The first thing to point out is that being part of one of these groups is a huge time commitment, and the vetting process that these groups have for bringing in new people is very strenuous. You have to really commit — it’s basically like a second job. This limits the number of people that are going to be willing to put their time into it. I don’t think the antifa movement is going to explode as much as some do.

But I do think that antifa can influence where leftist politics in America is going. They are aggressive, loud, and fiercely committed. They’re having a wider influence on the radical left in this country, particularly on campuses and with other groups like Black Lives Matter. But I don’t want to overstate antifa’s role in these shifts.

Sean Illing

Well, that dovetails with my final question, which is: Do you think the influence antifa is having on the American left will ultimately hurt the Democratic Party — and by extension help the Republicans?

Mark Bray

Not to be repetitive here, but they don’t care about the Democratic Party. But it’s still an interesting question to consider. Given the disaster that is the Trump presidency, I just think it would be a colossal failure of the Democratic Party not to win the next presidential election and gain a majority in Congress. If they can’t do that given this craziness, then they need to really rethink what they’re doing.

Will a lot of people see antifa and their methods as a poor reflection of the left? Absolutely. But I also think that these are not people who were going to vote Democrat anyway. If you read the news or pay attention to what’s happening, you know that Nancy Pelosi has nothing to do with antifa. This group loathes the Democratic Party, and they don’t hide that.

So anyone who blames the Democrats for antifa is likely already disposed to vote Republican anyway.

Voir encore:

Who are Antifa?

ADL

Antifa: Definition and History:

The anti-fascist protest movement known as antifa gained new prominence in the United States after the white supremacist Unite the Right rally in Charlottesville, VA, in August 2017. In Charlottesville and at many subsequent events held by white supremacists or right-wing extremists, antifa activists have aggressively confronted what they believe to be authoritarian movements and groups. While most counter-protestors tend to be peaceful, there have been several instances where encounters between antifa and the far-right have turned violent.

These violent counter-protesters are often part of “antifa” (short for “antifascist”), a loose collection of groups, networks and individuals who believe in active, aggressive opposition to far right-wing movements. Their ideology is rooted in the assumption that the Nazi party would never have been able to come to power in Germany if people had more aggressively fought them in the streets in the 1920s and 30s. Most antifa come from the anarchist movement or from the far left, though since the 2016 presidential election, some people with more mainstream political backgrounds have also joined their ranks.

These antifa sometimes use a logo with a double flag, usually in black and red. The antifa movement began in the 1960s in Europe, and had reached the US by the end of the 1970s.  Most people who show up to counter or oppose white supremacist public events are peaceful demonstrators, but when antifa show up, as they frequently do, they can increase the chances that an event may turn violent.

Today, antifa activists focus on harassing right wing extremists both online and in real life.  Antifa is not a unified group; it is loose collection of local/regional groups and individuals. Their presence at a protest is intended to intimidate and dissuade racists, but the use of violent measures by some antifa against their adversaries can create a vicious, self-defeating cycle of attacks, counter-attacks and blame. This is why most established civil rights organizations criticize antifa tactics as dangerous and counterproductive.

The current political climate increases the chances of violent confrontations at protests and rallies. Antifa have expanded their definition of fascist/fascism to include not just white supremacists and other extremists, but also many conservatives and supporters of President Trump.  In Berkeley, for example, some antifa were captured on video harassing Trump supporters with no known extremist connections.  Antifa have also falsely characterized some recent right wing rallies as “Nazi” events, even though they were not actually white supremacist in nature.

Another concern is the misapplication of the label “antifa” to include all counter-protesters, rather than limiting it to those who proactively seek physical confrontations with their perceived fascist adversaries.  It is critical to understand how antifa fit within the larger counter-protest efforts. Doing so allows law enforcement to focus their resources on the minority who engage in violence without curtailing the civil rights of the majority of peaceful individuals who just want their voices to be heard.

All forms of antifa violence are problematic. Additionally, violence plays into the “victimhood” narrative of white supremacists and other right-wing extremists and can even be used for recruiting purposes.  Images of these “free speech” protesters being beaten by black-clad and bandana-masked antifa provide right wing extremists with a powerful propaganda tool.

That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose. Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone.  To date, there have not been any known antifa-related murders.

Antifa: Scope and Tactics:

Today’s antifa argue they are the on-the-ground defense against individuals they believe are promoting fascism in the United States.  However, antifa, who have many anti-police anarchists in their ranks, can also target law enforcement with both verbal and physical assaults because they believe the police are providing cover for white supremacists.  They will sometimes chant against fascism and against law enforcement in the same breath.

While some antifa use their fists, other violent tactics include throwing projectiles, including bricks, crowbars, homemade slingshots, metal chains, water bottles, and balloons filled with urine and feces.  They have deployed noxious gases, pushed through police barricades, and attempted to exploit any perceived weakness in law enforcement presence.

Away from rallies, they also engage in “doxxing,” exposing their adversaries’ identities, addresses, jobs and other private information. This can lead to their opponents being harassed or losing their jobs, among other consequences. Members of the alt right and other right wing extremists have responded with their own doxxing campaigns, and by perpetuating hateful and violent narratives using fake “antifa” social media accounts.

Because there is no unifying body for antifa, it is impossible to know how many “members” are currently active.  Different localities have antifa populations of different strengths, but antifa are also sometimes willing to travel hundreds of miles to oppose a white supremacist event.

Voir enfin:

The assault on conservative journalist Andy Ngo, explained

An unjustifiable attack — and a subsequent controversy spotlighting the militant left-wing group antifa.

Last Saturday, the far-right Proud Boys group held a rally in Portland, Oregon. Left-wing groups, including the Portland branch of the militant antifa group, put together a counterprotest — whose attendees clashed with the Proud Boys. But the most notable instance of violence had nothing to do with the Proud Boys: It was an attack by counterprotesters on the conservative journalist Andy Ngo that reportedly sent him to the hospital.

In footage captured by Portland-based reporter Jim Ryan, demonstrators douse Ngo in milkshake, punch him, and yell at him. In short, it looks a lot like an unprovoked, unjustified, reprehensible assault on an observer — a journalist — merely because the protesters don’t like him.

But the aftermath of the attack — the narratives both sides have spun out of the basic facts established by the footage — is much trickier to assess.

In the dominant narrative, pushed by the conservative and mainstream media alike, the attack on Ngo is evidence of a serious left-wing violence problem in America. Antifa, they argue, is a group of street thugs that has repeatedly attacked journalists and poses a genuine threat to public safety. The fact that the left tolerates antifa, or even celebrates them, is proof of a serious rot; Sen. Ted Cruz (R-TX) has called for an investigation into the events in Portland.

“I pray for full and speedy recovery for journalist Andy Ngo,” writes Kevin McCarthy, the House minority leader. “The hate and violence perpetrated by Antifa must be condemned in the strongest possible way by all Americans.”

But according to a second narrative, offered primarily by less well-known left-liberal writers and social media accounts, the mainstream media is getting it all wrong. Ngo is not an innocent victim but a far-right sympathizer who has doxxed antifa members in the past, potentially facilitating their harassment, and provokes them so that he can broadcast the result. The outpouring of sympathy for Ngo, in this account, is actually evidence that the mainstream media is falling for Ngo’s grift — funneling money to his Patreon and legitimizing a right-wing smear campaign against a group that’s working to protect people from the threat of violence from groups like the Proud Boys.

The two main figures in these events are Ngo and antifa.

The publication where Ngo is an editor, Quillette, is widely seen as a major hub of the “intellectual dark web” — a loose collection of anti-political correctness, anti-identity politics, anti-left media figures and reporters. Ngo is the closest thing the intellectual dark web has to a gonzo journalist, someone who goes into allegedly hostile places and documents them for his more than 200,000 Twitter followers to illustrate that the IDW is right about the threat from multiculturalism and the left.

Last year, for example, Ngo went to the UK to chronicle the supposed threat the rising Muslim population posed to British society. The resulting article, “A Visit to Islamic England,” claimed England was being quietly conquered by fundamentalist Islam.

The piece was shredded by actual Brits. Most amusingly, Ngo presented a London sign reading “alcohol restricted zone” as evidence of Islamic dominance in the Whitechapel neighborhood; it was actually a public safety ordinance designed to discourage public acts of drunkenness from patrons of nearby pubs, bars, and strip clubs.

Ngo’s coverage of left-wing protesters is similarly ideological. He views left-wing activists, like Muslim immigrants to the West, as a threat to free and open societies. His reporting plays up acts of vandalism, violence, and hostility to free speech without a comparable focus on the much more frequent and deadly actions of right-wing extremists.

Antifa is a perfect foil for Ngo. The group of typically black-clad activists are radicals who believe the best way to deal with the rise of white supremacy and hate groups in the Trump era is by confronting them on the street. Sometimes, this means organizing demonstrations against them; other times, it means brawling in the streets.

“They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists,” Mark Bray, a Dartmouth historian who studies antifa, told my colleague Sean Illing in a 2017 interview. “They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum.”

Antifa does not have a central command structure, and its members are typically anonymous. While not all antifa activities involve physical confrontation, some do have a nasty habit of assaulting people — including journalists, as some reporter friends of mine like Taylor Lorenz, who were attacked while live-streaming in Charlottesville, Virginia, can speak to.

Portland, where Ngo lives, has seen a particularly notable number of brawls between antifa and far-right groups in recent years. Ngo has not only documented antifa activities but published at least one member’s full name alongside a picture — “doxxing” her, in internet parlance, and exposing her to retaliation. Ngo’s work on this front had made him well-known to antifa, and profoundly despised — he claims, for example, that an antifa member assaulted and robbed him at his gym.

In mid-June, he reported advance news of an event on June 29 in Portland by the “Proud Boys” — a far-right group who describe themselves as “Western chauvinists” and are a major antifa nemesis. Portland antifa, who organized a counterprotest, issued a statement warning about the event that criticized Ngo by name.

The stage was set for a major confrontation between Ngo and antifa. And when he showed up at their event over the weekend, that’s exactly what happened.

What the right and left narratives of the attack reveal

The attack on Ngo appeared to be taking place at a left-wing counter-rally to the Proud Boys event. It was a march, and while there was at least one scuffle between left-wingers and Proud Boys at one point, the situation where Ngo was filming with his GoPro did not appear violent prior to the attack on him.

The footage is only 30 seconds long, so it doesn’t show whether Ngo was antagonizing the demonstrators in some other way. But if you watch it, Ngo clearly comes across as the victim of an attack:

Ngo was recognized by the crowd, as people yell things like, “Fuck you, Andy Ngo!” He was punched without any attempt to retaliate, covering his face with his hands in a defensive posture. You can see him being hit with a milkshake (a common tactic used against right-wing figures in the UK), egged, and sprayed with silly string.

Footage from the aftermath, taken by Ngo himself, shows his face battered and bloody. According to a statement by Quillette’s editors, the attack produced “a brain hemorrhage that required Ngo’s overnight hospitalization.”

It’s important to reiterate: Beating people up is reprehensible. Whoever punched Ngo, antifa or otherwise, committed a crime.

The right/center and left narratives go beyond that central point to claim Saturday’s events for their team. In the process, they tend to distort the facts, trying to make it fit their worldview when it doesn’t quite conform.

CNN’s Jake Tapper, for example, argued that this was part of a broader pattern of antifa violence — retweeting an interview with Ngo in which he compares antifa to the neo-Nazi who killed Heather Heyer in Charlottesville in 2017.

But antifa has not committed a single murder, at least that we’re aware of. We don’t yet have proof that the people who assaulted Ngo were antifa members (though it seems likely given their history). And the attack on Ngo seems less like a part of a broader pattern of attacks on journalists than it does part of a specific feud between Portland antifa and Ngo; they didn’t appear to target other journalists at the rally in the same fashion (which doesn’t excuse the attack on Ngo).

The problem with this narrative is not that antifa is blameless. Some of its members clearly have crossed the line. It’s that hyping the threat they pose paints a decentralized group with a broad and simple brush, and contributes to a disproportionate right-wing panic in the process.

Portland police, based on a theory developed by one officer, tweeted that the milkshakes being thrown by protesters may have been mixed with quick-dry cement. There is at best flimsy evidence for this claim, which is hard to believe as a matter of sheer physics (sugar slows the process of concrete setting). There’s also footage of people drinking the milkshakes, which you wouldn’t do if it were a hidden cement vector. But that didn’t stop the quick-dry cement claim from being reported as fact in right-wing outlets, including Fox News.

This is part of a broader narrative, largely sold on the right, designed to paint antifa as an equal-and-opposite number to neo-Nazi groups — Fox’s Laura Ingraham has even proposed labeling antifa as terrorists. The idea is to paint a picture of symmetrical radicalization, one in which both sides have extremist flanks that pose a major threat to civil peace.

But that’s simply inaccurate. As bad as antifa’s transgressions have been, the far right has been worse. There is no antifa equivalent to Heyer’s murder, or the Charleston church shooting, or the attack on a Pittsburgh synagogue. Antifa has no relationship with the Democratic Party nor do its members really support the party; alt-right activists are Trump fans, and at times seem to get tacit support from the White House (again, see Charlottesville). A national focus on antifa can distract from the much greater problem of far-right extremism — as watchdog groups have argued.

“All forms of antifa violence are problematic,” the Anti-Defamation League, a Jewish anti-hate group, writes in its primer on the group. “That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose.” The guide continues:

Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone. To date, there have not been any known antifa-related murders.

But the left-wing narrative of events where Ngo is the real villain has serious problems too. It’s indicative of a hunger on the left, amid administration horrors like child detention camps and the scary rise in far-right non-state violence, to create a “with us or against us” mentality.

It’s fine to dislike Ngo’s journalism (I do), and to argue that he has intentionally antagonized antifa in order to provoke them. But just because Ngo has filmed Portland leftists, or even doxxed them, doesn’t mean they are justified in using physical force against him.

Antifa members aren’t morally inert forces of nature. They have agency, and they don’t need to respond to Ngo’s antagonism with violence. The fact that some in the group seem to have done so exposes that some who identify as antifa aren’t nearly as purely anti-fascist as they want observers to think. Antifa may oppose the alt-right first and foremost, but members direct their clashes at a broader set of targets than anyone who can fairly be called a “fascist.”

There’s also a strange meme emerging in some antifa-sympathetic quarters that Ngo is somehow “not a journalist.”

This is clearly incorrect. Ngo is a writer and photographer who contributes to journalistic outlets. That’s journalism, even if you don’t like the content.

Street confrontations and the culture war

The divergent interpretations of the Ngo situation, based on limited evidence, reminds me of the Covington Catholic controversy in January.

In that incident, a short viral video showed a group of white teens in “Make America Great Again” hats surrounding a small group of Native American demonstrators, including an elder from the Omaha tribe named Nathan Phillips. One of the kids, identified as Covington Catholic High School student Nick Sandmann, stands in Phillips’s face and smirks, unaffected by the drumming. It looks like a straightforward story of privileged racist white kids harassing a peaceful Native protester.

But shortly after the clip went viral, to universal and at times vitriolic condemnation, a pushback began in right-of-center media. Some argued that mainstream media and left-wing activists alike were being unfair to the kids, who were actually defending themselves from insults and harassment from a separate group of protesters, members of the fringe Black Israelite movement.

There was far more footage of this incident than the Ngo one, yet it was difficult to be certain which side had a more accurate read of the situation. It’s clear some of the kids were confused by Phillips; it’s equally clear some of the kids were making racist gestures. We don’t know what was in Sandmann’s head when he was standing in front of Phillips.

But the Covington incident dominated American politics for days because both sides saw what they wanted to in the footage. The left, which sees white supremacy as one of its fundamental enemies, was quick — in some cases, too quick — to identify Sandmann and his classmates as villains.

The right’s reaction, in turn, revealed several of its core assumptions that white Christians are persecuted minorities, that overzealous social justice warriors represent an existential threat to a free society, and that the media is on their enemies’ side.

A related dynamic seems to be shaping up in the Ngo case: The right sees proof that the left is radicalizing, a threat to them and their safety, and hypes up the risk they pose. The left sees a hostile journalist trying to gin up sympathy and dollars via his Patreon account, and warns that he’s trying to trick the public into excusing his anti-left propaganda work.

It’s never been easier to capture footage of a confrontation at a rally or other public event. Social media, particularly Twitter, can amplify an ideologically particular interpretation of events before all the evidence is in — allowing a contradictory narrative to form on the other side in response, highlighting its own selective interpretation of what happened.

This is particularly likely to happen at heated events like protests. As the New York Times’s Charlie Warzel points out, Ngo is not the only person who goes to such events with the intent of filming something notable:

But we know, as filmmakers long have, that footage doesn’t convey the objective reality of a situation; it reveals certain things and obscures others. Moreover, the meaning of filmed events is entirely open to contestation. The mere fact that Ngo was assaulted doesn’t say what the meaning of that assault is, or what the broader context is that’s necessary to understand it.

The result is a never-ending stream of Rorschach test controversies pushed on social media, in which either the meaning of events on film or even the very facts of what’s being depicted are litigated endlessly and tied to our right-versus-left culture war.

The attack on Andy Ngo is not the first situation where political factions have used a high-profile video to claim that the other side is the real threat to the public — nor will it be the last.

Voir par ailleurs:

Trump is a pit bull fighting for America: Devine

The New York Post

Quick! Get out the smelling salts for all the faint hearts hyperventilating about President Trump’s “lack of decorum” at Tuesday night’s debate.

Did they really expect him to play by Marquess of Queensberry rules?

Jake Tapper on CNN lamented that a friend’s sixth-grade daughter “burst into tears, had to run to bed” because she was “so appalled” by Trump’s behavior.

Debate reviews by media bien pensants were summarized in a Joe Biden campaign email Wednesday morning, titled, “Trump Blew it, Bigly.”

It quoted columnists at the Washington Post and the New York Times excoriating Trump’s “nihilism,” “norm-busting” and “nasty, unsettling meanness.”

Never-Trumper Max Boot was typical: “Trump showed no respect for time limits, human decency or the truth.”

Frank Bruni’s take at the Times was: “After that fiasco, Biden should refuse to debate Trump again.”

Entertainer Bette Midler took to Twitter to call Trump “a pig” and demand “a kill switch on the microphone or there’s no reason to do this again.”

Bob Woodward told MSNBC that Trump “is assassinating the presidency.”

Mika Brzezinski was apoplectic: “Why in the hell should [Biden] get back on stage with that fool.”

Sure enough, the Commission on Presidential Debates announced Wednesday that future moderators will be given a kill switch to cut candidates’ microphones.

But if Democrats are so certain their man won, why are they so anxious for him not to participate in more debates, and why do they want a kill switch to control the ­debaters?

As for all the sad sacks in the ­media lamenting Trump’s trampling of “norms,” what have they been doing the past four years but trashing norms by promoting rancid lies about the president, lies pursued by the FBI and CIA to strangle his presidency at birth.

In any case, the Democratic candidate supposedly running a “decorum” ticket let loose a string of Tourette’s-style schoolyard insults, calling the president a “liar,” “fool,” “clown,” “racist” and “stupid.”

“Shut up, man,” said Biden.

Trump’s goading succeeded in ripping off Biden’s “nice guy” mask and forcing him to fight in the ­gutter.

Instinctively, or deliberately, the president engaged in a winning fighting strategy deployed by the best national rugby team in the world, New Zealand’s All Blacks. They come out hard in the first phase of the game, using sheer brute violence to probe their opponents’ weaknesses. It’s not pretty but it’s effective if your goal is to win.

So if Biden gives it his best effort in the next two debates rather than using Trump’s lack of decorum as an excuse not to engage, then you’ll see the president calibrating his ­attacks to zero in on Biden’s vulnerabilities.

Sure, the debate was a chaotic mess. But the emotional takeaway was this: In a turbulent world with circling predators like Chinese President Xi Jinping, whom do you want defending America? An aggressive pit bull who will do anything to win, or a smirking milquetoast hurling schoolyard insults.

This view probably is behind the fact that 66 percent of Spanish-speaking viewers of Telemundo judged Trump the winner of the debate, the opposite result of similar insta-polls on CNN and CBS News.

After all, if you’ve lived through a socialist dictatorship or MS-13 tyranny, you appreciate a tough leader to protect you.

Americans voted for Trump in 2016 precisely because he is a pit bull, a barbarian, a gun-slinger they hired to fight the dirty left, drain the swamp, bring back their jobs from China and stand up for the flag, family and common sense.

They don’t care that he doesn’t act “presidential” as long as he fights for them.

Of course, it would have been better for the president to tone down the interruptions and give Biden enough slack to lose his train of thought and say something ridiculous, as he usually does when talking without a teleprompter.

But we should not be surprised by the rancor of the debate.

It reflects the rancor tearing apart this country, pitting neighbor against neighbor, children against parents, friend against friend.

You can see it in the street in Scranton, Pa., where Biden spent his first 10 years.

At first sight, tree-lined North Washington Avenue is an all-Democrat enclave, with a “Biden 2020” or “Scranton Loves Joe” yard sign in front of about every third house.

But that’s not because Trump supporters don’t live on the street. It’s because their signs get stolen.

“A lot of people here are under the radar,” says financial planner Tom Moran, 61, whose Dutch Tudor home down the road from Biden’s childhood home is adorned with a giant Trump flag.

“I know at least 25 people on the street who are Trump supporters, but they don’t have signs up.”

He has lost three signs and neighbors down the road have lost two. The only other Trump sign on the street is tucked safely behind a window.

“It’s been a constant battle and when you have the signs out, there’s an intimidation factor.”

The animosity between Trump’s and Biden’s supporters is like nothing he’s seen before.

“My wife and my 3-year-old daughter have been outside, and guys have driven by and rolled their window down and yelled obscenities. It’s disgusting but it’s just the kind of crappy stuff that’s happening.

“My daughter’s been isolated from the neighbors’ kids. Last summer they were all playing together. This summer they won’t play with her.

“It is mean. I can’t explain it but this is the behavior we’re seeing.”

As we speak, a neighbor walks by with his dog, raises his fist and yells, “Trump all the way. Biden is a loser.”

It’s not the fault of the president or Biden or moderator Chris Wallace that Tuesday’s debate was an acrimonious shambles.

It’s the way the country is right now.

Voir aussi:

‘Will You Shut Up, Man?’

Amazing that just five words from the debate may tip voters who are undecided between Joe Biden and Donald Trump.

The Wall Street Journal

A reader emailed me before dawn Wednesday to say that in more than 60 years of presidential debates, he had never seen anything like what happened hours earlier. Yes, it’s true, we’re still in Trump Land, Toto.

One can imagine analysis will arrive from Trump Land that blowing up the debate was Mr. Trump’s plan going in. What other than a thought-out strategy, perhaps to capture the so-called secret Trump voters, could explain the president dynamiting it from start to finish?

Conventional wisdom is that because it was a debacle, the debate didn’t change any minds. But the high percentage of committed party-line voters has been a reality for months. Other than driving turnout from a polarized electorate, these presidential debates are about winning at the margin by pulling over undecided or leaning voters.

This especially includes women, with whom Mr. Trump lately has been underwater and sinking in battleground-state polls. Here’s guessing few women migrated to the Trump column Tuesday evening.

The second, policy-based prong is to drive the perception of Mr. Trump that is freshest in the public’s mind—that he mishandled the coronavirus, the biggest public-health threat of our lifetimes. Set aside how little the reality comports with this charge. Reality is irrelevant to an opposition election strategy.

Polls have put public disapproval of Mr. Trump on the virus at nearly 57%, a high number given that most governors have strong approval ratings on the virus. This is almost entirely a function of the early, ill-run coronavirus news conferences, which consisted mainly of Mr. Trump promoting himself and picking fights with reporters, when the country was tuning in daily for straight information about the emerging crisis. If Mr. Trump loses, those press conferences will be the straw that did it.

Central to the Biden team’s strategy is their recognition that Mr. Trump’s Achilles’ heel is personal criticism. He can’t take it. Ever. His instinct to crack back is hair-trigger.

This worked for him in the 2016 GOP primary debates against Low Energy Jeb, Lyin’ Ted, Little Marco and the rest. It sort of worked because the jammed stage minimized his time on target. Though not to everyone’s taste, his primary debate performances established Mr. Trump in many voters’ minds as the Anti-Politician.

The crack-back compulsion continued with the White House press corps, and in time became less amusing. Instead of opportunities to explain his policies, the exchanges turned into tiresome, predictable cat fights. Goading Mr. Trump became a press routine, like working out at the gym.

Mr. Trump has been called, not without justification, a necessary bull in the dusty china shop of politics. But Tuesday night he looked like a bull on the floor of an arena, tiring and turning first to face picador Chris Wallace and then lurching back at Mr. Biden’s toreador. It got hard to watch.

Mr. Biden proved he isn’t Mel Brooks’s 2,000-year-old man, but he is an aging politician, unable to sustain a normal campaign and struggling to reconcile or explain his party’s abrupt drift to the edge of socialism. But with 47 years in the trenches, Mr. Biden is a political pro, which means being case-hardened against personal criticism.

The debate was 90 minutes of maybe the only thing Joe Biden is still good at—parrying attacks, whether from former presidential candidate Kamala Harris or Mr. Trump. When Mr. Trump finally played the Hunter Biden card and “cocaine use,” Mr. Biden said his son, “like a lot of people at home,” was fixing the problem—and millions of moms nodded in sympathy.

Mr. Biden ran through his talking points, however preposterous, such as suggesting cops take along a psychiatrist on 911 calls. The biggest Biden vulnerability came when he asserted, “You can’t fix the economy until you fix the Covid crisis.” Lockdowns to the horizon.

The president’s response—that people want their schools and restaurants open and that he restarted Big Ten football—was OK but not enough on an issue central to his re-election.

Mr. Trump has a good story to tell. The speakers at the impressive GOP convention created a narrative template for the campaign, but that story wasn’t told Tuesday night.

When asked to address race in the U.S., giving Mr. Trump a chance to talk about his prison releases and minority job creation, he segued into a 25-year-old anecdote about Mr. Biden and “superpredators.” Even sympathetic voters have difficulty absorbing a good political record if it’s conveyed to them in random semi-soundbites.

This first presidential debate will be remembered for five words: “Will you shut up, man?” Amazing to think that may be what turns deciding votes in this election.

Trump Has Condemned White Supremacists

Former Vice President Joe Biden wrongly claimed President Donald Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis.”

Trump drew criticism for his condemnation of “hatred, bigotry and violence on many sides” after a rally organized by a white nationalist in Charlottesville in 2017, and for saying there were “very fine people on both sides.” But, contrary to Biden’s claim, the president twice specifically condemned white supremacists and neo-Nazis, and he has repeated that condemnation since.

On ABC’s “This Week,” Biden was asked what the consequences would be of a Trump victory in 2020. Biden responded that Trump would “go on dividing us based on race.”

Biden, Feb. 9: George, I, honest to God believe, they’re going to change the nature of who we are for a long, long time. Our children are listening. The idea — the man who can belittle people, go on dividing us based on race, religion, ethnicity, based on all the things that, in fact, make up America is just incredibly divisive. You see these white supremacists coming out from under the rocks. He’s yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis. He hasn’t condemned a darn thing. He has given them oxygen. And that’s what’s going to continue to happen. That’s who this guy is. He has no basic American values — he doesn’t understand the American code.

Biden has said that Trump’s comments in the aftermath of the Charlottesville rally convinced him to run for president. In a video announcing his candidacy, Biden said Trump’s “very fine people on both sides” comment “assigned a moral equivalence between those spreading hate and those with the courage to stand against it” and “shocked the conscience of the nation.”

Trump has said his “very fine people” comment referred not to white supremacists and neo-Nazis but to “people that went because they felt very strongly about the monument to Robert E. Lee — a great general, whether you like it or not.” Some have argued that explanation doesn’t hold up, because Trump referred in that statement to a protest “the night before” when — it was widely reported white nationalists burned tiki torches and chanted anti-Semitic and white nationalist slogans. We’ll leave it to readers to make up their minds on Trump’s remarks, but Biden’s comment that Trump has “yet once to condemn white supremacy” is not accurate.

Let’s revisit Trump’s comments in the days after the Charlottesville rally. That rally turned violent, and one person, Heather Heyer, was killed and many others injured, when a man with a history of making racist comments plowed his car into a group of counterprotesters.

The day of that incident Trump said, “We condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry and violence, on many sides. On many sides.” Trump said he had spoken to Virginia Gov. Terry McAuliffe, and “we agreed that the hate and the division must stop, and must stop right now. We have to come together as Americans with love for our nation and true affection — really — and I say this so strongly — true affection for each other.”

Two days later, on Aug. 14, 2017, Trump issued a statement from the White House, and referred to “KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.”

Trump, Aug. 14, 2017: As I said on Saturday, we condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry, and violence. It has no place in America.

And as I have said many times before: No matter the color of our skin, we all live under the same laws, we all salute the same great flag, and we are all made by the same almighty God. We must love each other, show affection for each other, and unite together in condemnation of hatred, bigotry, and violence. We must rediscover the bonds of love and loyalty that bring us together as Americans.

Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.

We are a nation founded on the truth that all of us are created equal. We are equal in the eyes of our Creator. We are equal under the law. And we are equal under our Constitution. Those who spread violence in the name of bigotry strike at the very core of America.

During a press conference the following day, Aug. 15, 2017, Trump explained his initial “many sides” comment.

“You had a group on one side that was bad,” Trump said. “And you had a group on the other side that was also very violent.” He added, “I’ve condemned neo-Nazis. I’ve condemned many different groups, but not all of those people were neo-Nazis, believe me. Not all of those people were white supremacists by any stretch.”

Here’s the relevant portion when the president said some in the group protesting the removal of the Lee statue were “very fine people”:

Reporter, Aug. 15, 2017: You said there was hatred, there was violence on both sides …

Trump: Well, I do think there’s blame – yes, I think there’s blame on both sides. You look at, you look at both sides. I think there’s blame on both sides, and I have no doubt about it, and you don’t have any doubt about it either. And, and, and, and if you reported it accurately, you would say.

Reporter: The neo-Nazis started this thing. They showed up in Charlottesville. …

Trump: Excuse me, they didn’t put themselves down as neo — and you had some very bad people in that group. But you also had people that were very fine people on both sides. You had people in that group – excuse me, excuse me. I saw the same pictures as you did. You had people in that group that were there to protest the taking down, of to them, a very, very important statue and the renaming of a park from Robert E. Lee to another name. …

It’s fine, you’re changing history, you’re changing culture, and you had people – and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally – but you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists, okay? And the press has treated them absolutely unfairly. Now, in the other group also, you had some fine people, but you also had troublemakers and you see them come with the black outfits and with the helmets and with the baseball bats – you had a lot of bad people in the other group too.

Reporter: I just didn’t understand what you were saying. You were saying the press has treated white nationalists unfairly? …

Trump: No, no. There were people in that rally, and I looked the night before. If you look, they were people protesting very quietly, the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day, it looked like they had some rough, bad people, neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest and very legally protest, because you know, I don’t know if you know, they had a permit. The other group didn’t have a permit. So I only tell you this: There are two sides to a story.

So, contrary to Biden’s claim that Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis,” in the course of two days, Trump did it twice.

Trump, Aug. 14, 2017: Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.

Trump, Aug. 15, 2017: I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally.

Nor was that the last time Trump condemned white supremacy by name.

After nearly two dozen people were killed on Aug. 3, 2019, in a shooting at a Wal-Mart in El Paso, Trump said: “The shooter in El Paso posted a manifesto online consumed by racist hate. In one voice, our nation must condemn racism, bigotry, and white supremacy. These sinister ideologies must be defeated. Hate has no place in America. Hatred warps the mind, ravages the heart, and devours the soul. We have asked the FBI to identify all further resources they need to investigate and disrupt hate crimes and domestic terrorism — whatever they need.”

Biden said that since Trump took office, “You see these white supremacists coming out from under the rocks.” Last March, we looked into that issue, and experts told us there are a number of indicators that suggest white nationalism and white supremacy — and violence inspired by them — are on the rise, in the U.S. and around the world.

It’s Biden’s opinion that Trump’s comments have “given them oxygen,” as he said. But Biden went too far when he said Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis. He hasn’t condemned a darn thing.” He has, although perhaps not as often or as quickly as Biden would like.

Voir aussi:

Qui sont les «Proud Boys», que Donald Trump appelle à se tenir «prêts»?

Interrogé lors du débat avec Joe Biden sur le nationalisme blanc, le président américain a adressé un message à l’organisation d’extrême droite: «Proud Boys, mettez-vous en retrait, tenez-vous prêts».

Stanislas Poyet

30 septembre 2020

Alors que le présentateur lui demandait s’il condamnait les suprémacistes blancs lors de son premier débat face à Joe Biden, Donald Trump s’est fendu d’une réponse énigmatique. «Proud Boys, mettez-vous en retrait, tenez-vous prêts», a déclaré le président des États-Unis, avant d’accuser les milices antifa d’extrême gauche de l’essentiel des violences observées en manifestation. Il a finalement fait volte-face mercredi appelant les milices d’extrême droite à «laisser la police faire son travail». «Je ne sais pas qui sont les Proud Boys», a-t-il également affirmé.

Alors, qui sont ces «Proud boys» («fiers garçons», en anglais) dont Donald Trump a fait mention? Il s’agit d’une organisation d’extrême droite américaine, qui se décrit comme une fraternité, un «club d’homme», qui assume ses positions pro-Trump. L’organisation a été décrite comme «un groupe de haine» par le Southern Poverty Law Center, une association qui observe les groupes d’extrême droite.

Fin novembre 2018, il a été rapporté, sur la base d’une note interne de la police du comté de Clark, que le FBI avait classé les «Proud Boys» comme «un groupe extrémiste lié au nationalisme blanc». L’information a été plus tard démentie par un responsable du FBI, précisant que la police fédérale américaine surveillait simplement ce groupe.

Violence, misogynie et arme à feu

Les «Proud Boys» cultivent un idéal de force, largement emprunt de misogynie, et de racisme – ce dont ils se défendent. Le groupe s’adresse aux hommes qui «refusent de s’excuser d’avoir créé le monde moderne». Il défend le port d’armes à feu, «l’entreprenariat» et la «femme au foyer», tout en s’opposant au «politiquement correct» et à l’immigration.

Pour défendre les «valeurs occidentales», les «Proud Boys» revendiquent le recours à la violence. «Je veux de la violence, je veux des coups de poing au visage. Je suis déçu que les partisans de Trump n’aient pas suffisamment frappé», déclarait ainsi Gavin McInnes, le fondateur du groupe. Pour Heidi Beirich, directrice du projet de renseignement pour le Southern Poverty Law Center, assumer la violence à ce point n’est pas commun chez les groupes d’extrême droite.

Je veux de la violence, je veux des coups de poing au visage. Je suis déçu que les partisans de Trump n’aient pas suffisamment frappé

Gavin McInnes, fondateur des «Proud Boys»

Selon le rapport interne de la police du comté de Clark se référant au FBI, le groupe «a contribué à l’escalade récente de la violence lors de rassemblements politiques organisés sur les campus universitaires et dans des villes comme Charlottesville, Virginie, Portland, Oregon et Seattle, Washington».

«Hipster raciste»

Le média américain Vox a affublé les «Proud boys» du sobriquet de «hipster racistes». Le mouvement tient en effet fortement à la personnalité charismatique et fantasque de son fondateur, Gavin McInnes, un canado-britannique résidant au États-Unis, considéré comme l’un des initiateurs du mouvement hipster, qui cofonda le magazine Vice en 1994. En 2018, il quitte officiellement la présidence du groupe, mais il y reste fortement impliqué.

S’ils ne portent pas à proprement parler d’uniformes, les «Proud Boys» se reconnaissent à leurs polos de la marque Fred Perry noirs et jaunes. La marque, déjà primée par les groupes skinhead, a plusieurs fois jugé nécessaire de se démarquer du groupe, en demandant à ses membres de cesser de porter leurs polos. En septembre 2020, Fred Perry a annoncé qu’il cessait de vendre ses polos noirs et jaunes en Amérique du Nord et au Canada.

Ce mardi, le noir et le jaune se retrouvaient sur les pages Facebook «Proud Boys». L’adresse de Donald Trump lors du débat a été récupérée pour en faire un logo: «Stand Back, Stand By», «Reculez, tenez-vous prêts».

Voir également:

Aux Etats-Unis, les Proud Boys, miliciens d’extrême droite, fiers d’être cités par le président

Donald Trump leur a enjoint, lors du débat télévisé de mardi soir, de se « mettre en retrait » et de « se tenir prêt ».

Corine Lesnes

Le Monde

30 septembre 2020

Les membres de la milice d’extrême droite des Proud Boys n’ont pas été peu fiers de s’entendre donner des consignes par le président des Etats-Unis. Pendant son débat contre Joe Biden, mardi 29 septembre, Donald Trump a été invité par le modérateur Chris Wallace à répudier solennellement la violence d’extrême droite. « Etes-vous prêt ce soir à condamner les suprémacistes blancs et les milices et à dire qu’ils doivent rentrer dans le rang et ne pas ajouter à la violence ? », a invité le journaliste.

« J’y suis tout à fait disposé », a répondu M. Trump, avant d’ajouter que la violence émanait surtout de l’extrême gauche, « et non de l’aile droite ». Le présentateur ayant insisté, le président a fait mine de s’exécuter et, puisque Joe Biden avait mentionné les Proud Boys, c’est à eux qu’il s’est adressé : « Proud Boys, mettez-vous en retrait et tenez-vous prêts », a-t-il lancé. « Mais il faut que quelqu’un fasse quelque chose au sujet de ces antifas et de la gauche. Ce n’est pas un problème de l’aile droite. C’est la gauche. » La mouvance d’extrême gauche, dite antifa, a été rendue responsable de nombre de violences urbaines, notamment à Portland (Oregon) en marge des manifestations antiracistes de Black Lives Matter.

Le débat présidentiel n’était pas encore terminé que les membres du groupe célébraient, sur les réseaux sociaux, cette légitimation qualifiée d’« historique ». Quelques heures plus tard l’expression de M. Trump – « stand back and stand by » – était ajoutée au logo des « Boys ». « Ce que le président a dit, c’est qu’on pouvait se payer » les antifas, a commenté sur Twitter Joe Biggs, l’une des figures du groupe, en se déclarant « ravi » de poursuivre l’affrontement. « Sir, a-t-il ajouté, emphatique. Nous sommes prêts ! »

« Caravanes pour Trump »

Les Proud Boys, groupuscule qui n’accepte pas de femmes, fondé en 2016 par le cofondateur de Vice Media Gavin McInnes, en même temps que l’apparition de la mouvance identitaire, nationaliste et islamophobe de l’alt-right, pour « alternative right », sont considérés comme un « groupe de haine » (« hate group ») par le SPLC (Southern Poverty Law Center), qui fait autorité dans l’analyse des extrémistes. Jusqu’à la victoire de M. Trump, ils se cantonnaient à une présence sur Internet. Cette année, ils font bruyamment campagne pour la réélection du républicain. Pendant l’été, ils ont organisé des « caravanes pour Trump », cortèges de 4 × 4 qu’ils aiment amener, armés de fusils d’assaut ou de paintballs, au cœur des villes progressistes.

Ce n’est pas la première fois que le président manifeste de l’indulgence pour l’extrême droite. Après les affrontements de Charlottesville, en Virginie, en août 2017 lors d’une manifestation à laquelle avaient participé les mêmes Proud Boys, il avait renvoyé suprémacistes blancs et manifestants antiracistes dos à dos, estimant qu’il y avait « des gens bien des deux côtés ». Alors que la société américaine accepte de plus en plus largement l’idée de racisme structurel, le débat de mardi a montré que Donald Trump n’avait pas évolué.

Voir par ailleurs:

Are Anarchists for Real

Or just a sideshow barometer for social breakage?

Jeremy Lee Quinn

Public report

September 17, 2020

Establishment media still continues to overlook trending Anarchist black bloc tactics especially in DC, Portland & Seattle with satellite activity in Denver, Sacramento and San Diego.

AdBusters – Blackspot, the Vancouver collective that organized Occupy Wall Street, announced over the summer big plans for a DC Occupation.

But aligned groups & Northwest elements of Insurrectionary Anarchism have yet to join in. Do Anarchists have the cohesion and apparatus outside of BLM for anything other than constant agitation from within?

NOTE: We’ve been undercover marching with self described Insurrectionary Anarchists in DC, Seattle, Portland & beyond.

So yes. They’re real – but localized without a major event to capitalize on. Insurrectionary Anarchist ideology & rhetoric however has permeated into the social justice movement with blazing efficiency.


%d blogueurs aiment cette page :