Octomom: C’est la rivalité, imbécile ! (Baby-hoarding: The reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing)

3 janvier, 2018
 Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit des entrailles est une récompense. Comme les flèches dans la main d’un guerrier, Ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! Psaumes 127: 3-5
Lorsque Rachel vit qu’elle ne donnait point d’enfants à Jacob, elle porta envie à sa soeur, et elle dit à Jacob: Donne-moi des enfants, ou je meurs! La colère de Jacob s’enflamma contre Rachel, et il dit: Suis-je à la place de Dieu, qui t’empêche d’être féconde? Elle dit: Voici ma servante Bilha; va vers elle; qu’elle enfante sur mes genoux, et que par elle j’aie aussi des fils. (…) Rachel dit: J’ai lutté divinement contre ma soeur, et j’ai vaincu. (…) Ruben (…) trouva des mandragores dans les champs. Il les apporta à Léa, sa mère. Alors Rachel dit à Léa: Donne moi, je te prie, des mandragores de ton fils. Elle lui répondit: Est-ce peu que tu aies pris mon mari, pour que tu prennes aussi les mandragores de mon fils? Et Rachel dit: Eh bien! il couchera avec toi cette nuit pour les mandragores de ton fils. Le soir, comme Jacob revenait des champs, Léa sortit à sa rencontre, et dit: C’est vers moi que tu viendras, car je t’ai acheté pour les mandragores de mon fils. Et il coucha avec elle cette nuit. Dieu exauça Léa, qui devint enceinte, et enfanta un cinquième fils à Jacob. Léa dit: Dieu m’a donné mon salaire parce que j’ai donné ma servante à mon mari. Et elle l’appela du nom d’Issacar. Genèse 30: 1-18
Tout comme d’autres types de comportement humain, l’ascétisme religieux peut être contaminé par l’esprit compétitif. (…) Nous vivons à une époque où les actions les plus saines comme les plus malsaines peuvent avoir la même motivation. (…) Il y a une grande ironie dans le fait que le processus moderne d’éradication de la religion en produit d’innombrables caricatures. On nous dit souvent que nos problèmes sont dus à notre incapacité à nous débarrasser de notre tradition religieuse mais ce n’est pas vrai. Ils sont enracinés dans la débâcle de cette tradition, qui est nécessairement suivie par la réapparition, dans des habits modernes, de divinités plus anciennes et plus féroces nées du processus mimétique. (…) nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. Ainsi, il existe des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de jouissance. Dans toute société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont en principe les plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, comme dans notre société, la course au toujours moins peut se substituer à la course au toujours plus, et signifier en définitive la même chose. Nous avons repéré l’ennemi et c’est nous. Chaque individu finit par trouver son équivalent personnalisé de la folie du potlatch. (…) La rivalité s’intensifie à mesure que le nombre d’imitateurs augmente. René Girard
Often connected with obsessive-compulsive disorder, hoarding involves excessive collecting and an inability to throw things away, a pattern that in severe cases can lead to major health hazards. The syndrome even has its own reality program. A&E’s « Hoarders » takes viewers into homes that are literally collapsing under the weight of their own squalor. One episode featured a woman whose dead cats had been decomposing under her living room debris for a decade. Oh, and it’s doing great in the ratings. Just when we thought we knew everything there was to know about Nadya Suleman, there’s suddenly another Octo-news flash. In an accusation of gross negligence filed by the Medical Board of California against Michael Kamrava, the Beverly Hills doctor who performed the in vitro fertilization procedures that led to the births of Suleman’s 14 children, it’s been revealed that the Octomom demanded the creation of fresh embryos despite having a stockpile of frozen ones. This despite her claim that she pursued multiple pregnancies because she didn’t want her existing embryos to be destroyed or go unused. In other words, what’s disturbing here is not just that Kamrava « went beyond the reasonable judgment of any treating physician. » It’s that Suleman, with Kamrava, engaged in the reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing. Suleman, as far as I can tell, is a decent housekeeper, but am I the only one who sees her obsession with childbearing as a manifestation of the hoarding impulse? Am I the only one who reads about Suleman returning to the doctor for more embryo transfers just three or four months after giving birth and wonders just how different her mentality is from whatever drives someone to let newspapers pile up so they block the windows? I hear about Angelina Jolie wanting « up to 14 kids » and the Duggars giving all their children names that start with « J » and wonder if, in addition to being magnanimous or true to Scripture or whatever they’d like to think they’re being, they’re not also a little . . . compulsive? Of course, I’m not a psychologist, a fact I was reminded of when I called Gail Steketee, dean of the School of Social Work at Boston University and coauthor of the forthcoming « Stuff: Compulsive Hoarding and the Meaning of Things. » Steketee sees no connection between hoarding and addiction to baby-making or baby-adopting. In fact, she’s never heard the two referenced together. She points instead to hoarders’ problems with decision-making; with fundamental difficulties understanding what they need and don’t need. She thinks that behavior like Suleman’s « no doubt represents some form of need » but that « it’s unlikely to be similar to the need for information [a reason hoarders save years’ worth of newspapers], for keeping sentimental items or for having control over one’s stuff. » OK, so the research community isn’t backing my theory. But when we ask why we’re simultaneously so repelled and captivated by Suleman, perhaps we also need to ask why we’re so drawn in by stockpiling excess: Is it pure voyeurism? Is it strictly us versus them, the rational versus the nut jobs? Or does the notion of acquisition-run-amok resonate with an extreme ketchup buyer in all of us? LA Times

Après la syllogomanie, le syndrome de Noé, le syndrome de Diogène ou la bibliomanie, … la bébémanie ?

Angelina Jolie rêvant tout haut, pour compléter sa collection, de 14 enfants …

Séries de télé-réalité (« Hoarders », « Hoarding Buried alive ») suivant, il y a quelques années, la vie quotidienne de personnes souffrant de syllogomanie, (syndrome de Noé, syndrome de Diogène ou bibliomanie) …

Autre série de téléréalité (récemment arrêtée elle aussi) à la gloire d’une famille à « 19 enfants et ce n’est pas fini »

Incarnation d’un mouvement religieux dit « carquois pleins » anti-contraception et pro-enseignement à domicile et prônant une progéniture nombreuse …

Revndication, après l’aberration du « mariage homosexuel », de la « gestation pour tous » …

A l’heure où l’on reparle de la fameuse Octomom

Qui avait justement avec ses 14 enfants …

Dont une naissance d’octuplés, s’ajoutant, suite à une insémination de douze embryons, à six autres enfants dont une paire de jumeaux …

Défrayé la chronique il y a neuf ans …

Comment ne pas voir …

Dans cette véritable obsession de la gestation qu’elle incarne …

A l’image de l’authentique compétition gestative à laquelle se livrent, y compris via servantes-mères porteuses et mandragores viagra-, les deux proverbiales femmes du Jacob biblique …

Non seulement, avec le LA Times, la énième manifestation de la pulsion accumulatrice …

Mais aussi de cet esprit de compétition et de rivalité …

Qui, comme l’avait si brillamment montré René Girard, peu à peu gagne la moindre de nos conduites ?

Octomom, ‘Hoarders’ and compulsion
Whether it’s having lots of kids or just lots of stuff, Americans are compulsive about watching those who are compulsive.
Meghan Daum
The LA Times
January 07, 2010

Just when we thought we knew everything there was to know about Nadya Suleman, there’s suddenly another Octo-news flash. In an accusation of gross negligence filed by the Medical Board of California against Michael Kamrava, the Beverly Hills doctor who performed the in vitro fertilization procedures that led to the births of Suleman’s 14 children, it’s been revealed that the Octomom demanded the creation of fresh embryos despite having a stockpile of frozen ones. This despite her claim that she pursued multiple pregnancies because she didn’t want her existing embryos to be destroyed or go unused.

In other words, what’s disturbing here is not just that Kamrava « went beyond the reasonable judgment of any treating physician. » It’s that Suleman, with Kamrava, engaged in the reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing.

I know some of you are probably wagging your fingers at me — for comparing embryos to ketchup (hey, there are worse analogies) and for discussing Octomom at all (believe me, I’m wagging my finger at myself, then stabbing it into my eye). And yes, Sulemania has waned, but it hasn’t disappeared. The paparazzi still follow her every move, and the New York Times Magazine published a cover story in November about the filming of a British documentary series, « My Life As the Octomom. »

Of course, ultra-fecundity is in vogue these days, particularly in the realm of unscripted television. From the unceasing car alarm that is the din of « Jon & Kate Plus Eight » to the more subdued though strangely creepier Duggar family, who’ve added a 19th child to their reality show-making, home-schooling, birth-control-eschewing dynasty, there’s no doubt that large broods attract viewers. And why wouldn’t they? If there’s anything television audiences like watching more than cute kids, it’s adults whose lives are more harried and banal than their own.

Lately, however, I’ve been wondering if some of the interest in mega-families is cut from the same psychological cloth as another phenomenon that’s captured a lot of attention: hoarding. Often connected with obsessive-compulsive disorder, hoarding involves excessive collecting and an inability to throw things away, a pattern that in severe cases can lead to major health hazards.

The syndrome even has its own reality program. A&E’s « Hoarders » takes viewers into homes that are literally collapsing under the weight of their own squalor. One episode featured a woman whose dead cats had been decomposing under her living room debris for a decade. Oh, and it’s doing great in the ratings.

Suleman, as far as I can tell, is a decent housekeeper, but am I the only one who sees her obsession with childbearing as a manifestation of the hoarding impulse? Am I the only one who reads about Suleman returning to the doctor for more embryo transfers just three or four months after giving birth and wonders just how different her mentality is from whatever drives someone to let newspapers pile up so they block the windows? I hear about Angelina Jolie wanting « up to 14 kids » and the Duggars giving all their children names that start with « J » and wonder if, in addition to being magnanimous or true to Scripture or whatever they’d like to think they’re being, they’re not also a little . . . compulsive?

Of course, I’m not a psychologist, a fact I was reminded of when I called Gail Steketee, dean of the School of Social Work at Boston University and coauthor of the forthcoming « Stuff: Compulsive Hoarding and the Meaning of Things. » Steketee sees no connection between hoarding and addiction to baby-making or baby-adopting. In fact, she’s never heard the two referenced together. She points instead to hoarders’ problems with decision-making; with fundamental difficulties understanding what they need and don’t need. She thinks that behavior like Suleman’s « no doubt represents some form of need » but that « it’s unlikely to be similar to the need for information [a reason hoarders save years’ worth of newspapers], for keeping sentimental items or for having control over one’s stuff. »

OK, so the research community isn’t backing my theory. But when we ask why we’re simultaneously so repelled and captivated by Suleman, perhaps we also need to ask why we’re so drawn in by stockpiling excess: Is it pure voyeurism? Is it strictly us versus them, the rational versus the nut jobs? Or does the notion of acquisition-run-amok resonate with an extreme ketchup buyer in all of us?

I’m not sure what’s worse, that we want to gawk at it or that we secretly relate to it (either way, A&E wins). But one thing’s for sure: If Kamrava loses his medical license — a distinct possibility — maybe he could land a job at Costco.

Voir aussi:

EXCLUSIVE: Two bedrooms for 14 kids and living paycheck to paycheck – but Octomom tells how she is FINALLY ‘at peace’ with her octuplets after giving up stripping and searching for a man
Nadya Suleman, who now goes by Natalie, says she wants to share her story with other women after admitting her controversial pregnancy led her to the brink of suicide
Speaking to DailyMail.com the mom of 14 revealed: ‘Every day I would wake up with the ugliest, dead, visceral feeling inside of me’
Suleman’s notoriety landed her roles in porn films which she has now come to deeply regret. Although she admits residuals from the film help pay the bills
She became infamous in 2009 after undergoing IVF treatment and became pregnant with octuplets, even though she already had six and was unemployed
Now Suleman admits she was ‘very foolish, immature and selfish’ to have 14 children but can’t ‘imagine my life at this point in time any different than it is’
The 42-year-old reveals how she decided to make a change after a stranger approached her at a strip club and  told her: ‘You do not have to do this’

Karen Ruiz

The Dailymail

20 December 2017

‘Octomom’ Nadya Suleman says she is now finally ‘at peace’ after her financial problems and strain of trying to look after her 14 children led her to the brink of suicide.

Now, the controversial mother who gave birth to octuplets after in vitro fertilization (IVF), wants to share her story and personal battle with other women, hoping it will inspire them.

Nadya, 42, who now goes by the name of Natalie, has also turned her back on her media persona of ‘Octomom’ who she says ‘nearly destroyed me and my family.’

Speaking to DailyMail.com she revealed: ‘Every day I would wake up with the most ugly, dead, visceral feeling inside of me.

‘I didn’t want to live. I felt less than human as that character I was pretending to be, to survive and provide for my family.

‘What she was disgusted me and I did not want my children to remember me like that. I was forced into doing things I didn’t want to do because I was so terrified I couldn’t support them and give them the life I deserved.

‘When I abandoned it and went back to who I really am I had that sense of peace, internal joy.

‘Struggle is the best teacher. I have become more grateful for every minute of every day – little moments, not material things, can measure up to those times I have with my family.’

Natalie became infamous in 2009 when it was revealed she had undergone IVF treatment to become pregnant with eight children, even though she was already a mother of six and unemployed.

Her notoriety led her to do a pornographic film, which saw her win four Adult Video Network (AVN) awards, and appear in strip clubs.

Recalling the moment she realized she had to turn a corner she said: ‘I was so low I was taking prescription drugs, benzodiazepines.

‘I had to medicate to just get through what I was doing. I would mix it with alcohol which I later found out was what Whitney Houston, died from.

‘I didn’t want to be here anymore, but then I thought about my children and just had to keep going for them.’

She told how her breaking point came after she was approached by a stranger one night while she was working as a stripper.

‘I was in a strip club in Florida in February 2013, and this very tall man, this stranger came in. He walked straight to me and looked straight into my eyes.

‘He took my hand and grabbed my arm and said in a very gentle but firm way: « You do not have to do this. » He repeated it five times.

‘I couldn’t control the tears that were streaming down my face. I had that ugly feeling of nausea. I looked down for a moment, and looked up and he was gone,’ she says.

Natalie says she thought it was possible the man could have been ‘an angel’ and she decided to make a change: ‘I knew I had to be my healthy self again. I didn’t want my kids not to have a mom.’

Natalie has six children from her first five rounds of IVF – Elijah, 16, Amerah, 15, Joshua, 13, Aiden, 11, and 10-year-old twins Calyssa and Caleb.

The octuplets, Makai, Josiah, Isaiah, Jonah, Maliyah, Jeremiah, Nariyah and Noah turn nine in January, and are the only surviving set in the world.

To try and give them a more stable upbringing she moved the family back to Laguna, in Orange County, CA, where she had grown up.

But as she tried to get her life on track, in 2014 she was found guilty of welfare fraud, and ordered to do community service.

Natalie says she was innocent, and claims her management were to blame: ‘The only thing I was guilty of was being desperate and trusting.

‘I gave them my cards and checkbook and that is what happened. I was trying to manage my children instead of my money. The fraud, was totally expunged thankfully.’

Now Natalie works part time as a counselor, speaking to men and women who suffer drug and alcohol issues.

She says despite caring for 14 children on her own, she is not looking for a partner: ‘That’s just not me. My calling was to be a mom. I am happiest at home with the kids. And I knew when I did this I would be sacrificing a social life. But that’s OK because I’m not social.’

She confessed she was ‘very foolish, immature and selfish’ to have 14 children, and didn’t really think through the consequences: ‘I was on a mission. I just wanted to have a bunch of kids. But I couldn’t imagine my life at this point in time any different than it is.’

Natalie admits things are tight but she helps feed the family with food stamps.

The octuplets follow a vegan diet, but her other six children are ‘omnivores.’

She said: ‘We live paycheck to paycheck. It’s a struggle every day. I am very grateful for food stamps, and I do get some residuals from that horrible porn thing. But I am not worried.’

The family live in a two bedroom townhouse in Laguna Niguel, California and have converted the office into a third bedroom so all her children have beds to sleep in.

She says they ‘fight, play, fight and play again’ like any normal family.

A lot of the children are ‘shy and introverted,’ taking after their mom.

And she revealed that the octuplets know that their home life is different to most households: ‘The whole family, we are all kind of different. The kids say, « oh are we weird somehow? » and I say, « it’s OK to be different if there is nothing wrong with it.’ ‘The kids are happy and that is all that matters.’

Natalie’s son Aiden, 12, is autistic, which adds another dimension to family life.

She says his siblings help look after him: ‘Aiden is a challenge. But the other children they are like his guardian angels.

‘His brother Makai, he literally shadows him, and helps give him bites of food – they have a very special bond.

‘Aiden has the mind of an 18-month-old, he’s still non-verbal and in his diapers 24/7.

‘I am open with the kids and I teach them about autism.’Natalie’s son inspired her to write her book which she is hoping to get published.

‘Originally it wasn’t a memoir, it was about raising my son with disabilities and the challenges. But the little kids made it a lot more interesting,’ she says.

‘It’s a story that needs to be told and I think it will encourage a lot of women to draw up strength they didn’t know they had.

‘I believe it will help inspire women to keep pressing forward despite the pain and suffering they may be experiencing. If you set a goal you can achieve anything.

Voir également:

Octomom : finie la galère
Déjà mère célibataire de six enfants, « Octomom » a ensuite accouché d’octuplés. L’Amérique la prenait pour une folle. Aujourd’hui, elle s’en sort.

Karen Isère

Paris Match|

Octomom n’est plus. Natalie dit avoir « tué » l’avatar qui l’a menée en enfer. De ce surnom donné par les médias américains à la naissance de ses octuplés, elle avait pourtant aussitôt fait une marque déposée. En janvier 2009, Nadya Suleman, comme elle s’appelle alors, fait la une des médias pour avoir accouché, par césarienne, de huit prématurés. Minuscules, ils ont vu le jour, ou plutôt les couveuses, à 7 mois et demi. Le plus lourd pèse 1,5 kilo ; le plus léger, moins de 700 grammes. Dans les gazettes de la planète, l’image de mère courage vire illico au phénomène de foire : sans emploi, la parturiente de l’extrême a déjà six enfants de 2 à 7 ans, dont un fils autiste. De quoi séduire les Américains puritains, partisans de familles XXL ? Après tout, les nourrissons portent des prénoms bibliques. Et, lors de sa grossesse, Nadya a refusé qu’on lui retire quelques embryons. Autant de bons points pour les Pro-Life… A un détail près : elle fait des bébés toute seule. Cette pécheresse n’a pas de mari, ni même de compagnon, et sa progéniture est 100 % made in éprouvette. Haro sur l’« Octo » ! Elle assure avoir « juste » voulu donner la vie une septième fois. Mais on lui aurait implanté six « œufs », dont deux se sont divisés. En réalité, il y en avait même douze, alors qu’une procédure normale se limite à deux ou trois. Un « surdosage » qui vaudra au médecin responsable d’être radié. Selon les experts, il aurait aussi dû s’interroger sur la santé mentale de sa patiente. L’Amérique libérale, elle, torpille d’ailleurs la jeune femme à coups de munitions psy. Les talk-shows parlent de narcissisme, de déséquilibre, d’irresponsabilité… Sur le plateau de Whoopi Goldberg, on se repasse en boucle les éclats de rire stridents d’Octomom, tout en susurrant qu’elle devrait faire adopter ses bébés.

Ses confidences ne rassurent personne : fille unique, elle aurait toujours rêvé d’une grande fratrie et « manqué d’attention » de la part de son père, Edward, un ex-militaire irakien, et de sa mère, Angela, enseignante. Alors elle s’est offert une compensation. Et une vengeance inconsciente ? A 33 ans, Nadya loge toujours dans le trois-pièces de ses parents, qui l’aident à élever sa couvée du siècle et y engloutissent leurs pensions de retraite. Angela assure que sa fille dépense ses allocations en jouets : « Elle n’a aucune idée de ce qu’elle nous fait endurer, aux petits et à moi. » En pleine crise des subprimes, ses concitoyens s’étranglent de rage en apprenant aussi le coût de cette naissance à haut risque : quelque 2 millions de dollars, aux frais de l’Oncle Sam. Et ce n’est qu’un début ! Pauvre Trésor public, se lamente l’Amérique.

Dans « Home Alone », Octomom se masturbe sous un fil où sèchent culottes et chaussettes d’enfants

Nadya a de faux airs d’Angelina Jolie, mais ni Brad ni millions. A quelques encablures de Hollywood, elle va produire une version originale du rêve américain. Un show vendeur mais décadent. Si les octuplés portent tous le même deuxième prénom, Angel, « ange », la vie de leur mère n’aura rien d’éthéré. Octomom devient un logo et ses propos une logorrhée sans filet, comme quand elle confie vouloir adopter un petit cochon et lui faire porter des couches. Elle assure qu’elle va travailler. Et le prouve : supermaman pose en Bikini sur un lit couvert de croix, « comme Madonna », sort le single « Sexy Party », tourne dans « 666, The Devil’s Child » (« L’enfant du diable ») puis dans un film porno, « Home Alone » (« Seule à la maison »). Elle s’y masturbe sous un fil où sèchent culottes et chaussettes d’enfant. Le bon goût près de chez vous. La pluie de dollars s’évapore vite, dans un parfum de scandale. La « mom » que les Américains adorent détester sera même condamnée à deux cents heures de travaux d’intérêt général pour fraude aux allocations. Elle les purge encore.

Aujourd’hui, Natalie assure qu’elle avait confié son compte en banque à son agent et ignorait tout de cette malversation. Surtout, elle vomit ses années X : « Un travail honteux et déshumanisant. Certains racontent que je l’ai fait par plaisir, mais c’était juste pour payer les factures. Je n’éprouvais plus que dégoût pour moi-même, alors j’anesthésiais sans cesse mes émotions à l’aide d’anxiolytiques. » Un soir de 2013, elle rentre d’une séance de photos coquines quand elle trouve sa petite Amerah, alors âgée de 10 ans, paradant dans le salon en talons aiguilles. « J’ai eu la nausée et je me suis dit “stop”. J’ai compris que je préférais devenir SDF avec mes 14 enfants que de laisser une de mes filles prendre le même chemin que moi. Dès lors, je me suis sentie aussi libre que si je m’étais évadée de prison. » A l’entendre, la transition est rondement menée : titulaire d’une maîtrise de psychothérapie, elle déménage fissa et trouve un travail social auprès de femmes en difficulté. Exit Octomom, et même Nadya. Désormais, miss Suleman répond au prénom de Natalie.

Je reçois des bons alimentaires de l’Etat, mais ils ne paient qu’un tiers de ce que mes enfants consomment

« On me traite de paresseuse qui profite des allocations, s’insurge-t-elle, alors que je travaille depuis trois ans et demi. Oui, je reçois encore des bons alimentaires de l’Etat, mais ils ne paient qu’un tiers de ce que mes enfants consomment en nourriture. » Elle venait de prendre ce nouveau départ quand sa mère fut atteinte d’un cancer de l’utérus. « Cela nous a beaucoup rapprochées, dit Natalie. Nous avions enfin la relation dont j’avais toujours rêvé. Elle s’est éteinte dans mes bras, fin 2014. Juste après, mon père a annoncé qu’il se soûlerait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Je l’ai accueilli chez moi. Un soir, nous avons entendu un énorme choc. Sous l’empire de l’alcool, il était tombé dans l’escalier. Les pompiers sont arrivés à temps pour le sauver, mais il est resté tétraplégique et sous assistance respiratoire. Il ne peut même plus parler. »

De ses années nases, Natalie veut faire table rase. Tout en assumant ses erreurs. La bouche en cœur, et comme gonflée à l’hélium, elle a longtemps nié avoir eu recours à la chirurgie esthétique, notamment dans l’émission d’Oprah Winfrey. « En fait, dit-elle maintenant, je me suis fait augmenter la poitrine après avoir allaité trois enfants, j’ai subi une abdominoplastie après la naissance des jumeaux et je me suis fait faire par deux fois des injections dans les lèvres. Mais le résultat était si affreux que j’en avais honte. Alors j’ai menti. Je me sens soulagée de l’avouer enfin. » Elle estime aussi ses enfants capables d’entendre la vérité : « Ils savent ce que j’ai fait sous le nom d’Octomom. Je leur dis que j’ai commis des actions honteuses. Ils me répondent qu’ils m’aiment et m’aimeront toujours. » Au programme, donc, des confessions, mais aussi des bénédicités à chaque repas et l’église le dimanche. Le soir, la repentie fait jouer son petit monde au « jeu de la gratitude » : chacun doit trouver dix éléments pour lesquels il se sent reconnaissant. Natalie ne rêve même pas d’un amoureux : « Je ne peux pas prendre de mon temps aux enfants pour l’offrir à un étranger. Je suis mariée avec eux. »

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Reconnaissance de Jérusalem: Encore ces juifs ! (Guess who alone with President Trump is supporting the Iranian people against their nearly 40 years of oppression ?)

2 janvier, 2018

L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Ni Gaza, ni le Liban, je voue ma vie à l’Iran ! Slogan iranien
Pahlavi! Pahlavi!  Slogan iranien
Un peuple qui n’a pas de roi, n’a pas d’organisation! Slogan iranien
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
L’Iran est le premier état terroriste de notre époque. Il pend les homosexuels, emprisonne les journalistes, subjugue les femmes, fomente le terrorisme à travers le monde. Avoir un tel régime, dont l’économie est 30 fois plus grande que celle de la Corée du Nord, avoir un régime voyou comme celui-là acquérir un arsenal d’armes nucléaires dans 10 ans, est une terrible folie. Je félicite donc le président d’avoir pris une décision historique et audacieuse pour éviter ce danger à temps. Il aurait pu cacher l’affaire sous le tapis, il aurait pu dire « cela ne se passera pas durant ma présidence, alors je vais laisser tomber. » Mais il ne l’a pas fait, et il fait face à ce danger. Benjamin Netanyahou
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
Il faut prendre garde à bien faire la différence entre le régime des mollahs et le gouvernement dirigé par le président Hassan Rohani, plutôt réformateur. L’ironie, c’est que les manifestations ont débuté à Mashhad, fief de Raïssi, opposant conservateur au président. Mais très vite, les slogans «Mort à Rohani» se sont diversifiés, touchant à quelque chose de beaucoup plus fondamental et ont gagné des groupes non politisés. Les manifestations peuvent aussi bien renforcer Rohani, qui rencontrait beaucoup d’oppositions pour réformer le pays. Lui comprend les revendications économiques et les aspirations à plus de liberté et de sécularisme. Il a été élu pour cela. Il a d’ailleurs rappelé le droit des opposants à manifester. Cela pourrait accélérer un certain nombre de réformes. Mais on peut aussi voir basculer la dominance du discours en sens inverse. L’impuissance du gouvernement à relever le pays de la crise économique dans laquelle l’ont plongé les sanctions internationales pourrait alimenter le retour du conservatisme, en tant que discours dominant. La part de la population soutenant l’accord sur le nucléaire est déjà passée de 80 à 60%. Beaucoup de gens sont déçus que l’ouverture n’ait pas eu de conséquences économiques positives. Le renforcement des sanctions par Donald Trump a eu un impact déterminant. (…) La grande différence est d’abord qu’il n’y a pas de leader contrairement au soulèvement postélectoral de 2009 où les opposants se réunissaient derrière la figure de Mir-Hossein Moussavi. C’est pourquoi d’ailleurs il est beaucoup plus difficile de prédire l’issue du mouvement actuel. Il n’y a pas de fondement purement et exclusivement politique contrairement à 2009. Le nerf de la révolte est économique. Les gens sont épuisés d‘être des victimes de la corruption. Certaines personnes ne sont pas payées depuis des mois. Je connais des gens titulaires de doubles doctorats, sans travail, qui vivent avec 200 euros par mois. La différence avec 2009, c’est que tous ceux qui avaient les moyens d’émigrer sont partis. Ceux qui restent et protestent sont ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester au pays. (…) Les Iraniens ont le sentiment que de larges sommes sont «confisquées» au peuple pour être investies ailleurs que dans le pays (construction d’infrastructures dans le sud du Liban, entretien des lieux saints chiites en Irak et en Syrie). Certes la population est rassurée du recul des «takfiri» (c’est ainsi que sont désignés les djihadistes) mais maintenant que la menace s’est éloignée notamment en Syrie, elle ne comprend plus très bien que tant d’argent soit dépensé pour soutenir le Hezbollah. À cet égard, cela peut ressembler au slogan de 2009 «Ni Gaza, ni le Liban, je voue ma vie à l’Iran», demandant à l’État de se concentrer sur les problèmes intérieurs du pays. (…) Cette contestation [antireligieuse] existe depuis la naissance de la république islamique. N’oublions pas que ces manifestations arrivent peu de temps après que le chef de la police de Téhéran a déclaré que les femmes qui portaient mal le voile ne seraient plus sanctionnées, ce qui revenait à normaliser un état de fait. Aujourd’hui les femmes qui accrochent leurs foulards à des bâtons dans les manifestations disent que ce genre de compromis ne leur suffit plus. L’Occident judéo-chrétien a pu se séculariser à partir de ses propres fondements. L’Iran est en train de faire la même chose à partir de ses propres racines culturelles, sans importer un sécularisme à l’occidentale. On reste dans une république islamique mais qui s’ouvre progressivement au pluralisme. (…) Certains manifestants crient en effet «Pahlavi! Pahlavi!» en référence à la dynastie fondée par Reza Khan en 1925, et qui a régné sur le pays jusqu’à l’avènement de la République islamique. Les véritables partisans de l’ancien régime restent marginaux. C’est d’abord une référence faite au «défroqueur de mollahs», Reza Shah ayant interdit le voile, obligé le port de la cravate, importé les standards de l’éducation occidentale. Il y a aussi derrière cette référence à la royauté une aspiration à voir apparaître une figure providentielle qui pourrait prendre la tête d’une révolte pour le moment éclatée. Enfin, un slogan se référant à la monarchie est aussi intéressant en ce qu’il désigne directement le manque d’ordre inhérent à la République islamique «Mellat ke shah nadarad, hesab ketab nadarad!», «Un peuple qui n’a pas de roi, n’a pas d’organisation!». Il s’agit là moins de manifester une aspiration à un retour à la monarchie que d’exprimer un regret d’avoir fait une révolution pour un nouveau régime où régnerait le désordre. Amélie Myriam Chelly
Obama extolled the virtues of American global leadership while abdicating our global responsibilities. Trump has done the opposite. Last week, former Obama national security advisor Susan Rice — she of the infamously shifting Benghazi explanations — published an op-ed in the New York Times dedicated to the proposition that Trump’s “America first” foreign policy has “relinquish[ed] the nation’s moral authority in these difficult times.” According to Rice, Trump has shifted away from seizing “opportunities to expand prosperity, freedom and security” around the globe. Yet when confronted with protests in Iran, it was Trump, not Obama, who took the hard-line approach in support of freedom. (…) Contrast Trump’s behavior with that of the Obama administration, which deliberately ignored anti-regime protests in 2009, choosing instead to cozy favor with the regime and maximize Tehran’s regional power. The administration even went so far as to give Tehran a legal pathway to a nuclear weapon. Obama stated that while he was “troubled” by violence against the protesters, it was “up to Iranians to make decisions about who Iran’s leaders will be,” and he hoped “to avoid the United States being the issue inside of Iran.” The administration would go on to allegedly leak Israeli plans to kill the commander of the Quds Force, Qasem Soleimani, to the Iranians, lie to the American public about contact with the “moderate” Iranian regime regarding a nuclear deal, and then ship pallets of cash to the greatest state sponsor of terror on the planet. So what do members of the Obama administration have to say about the newest Iranian protests? They present a solid combination of willful dissembling and shocking historical revisionism. Ben Rhodes, Obama’s former national-security guru, tweeted: “The Iranian people are rightfully demanding dignity, less corruption, more opportunity, and greater control over their lives. In look at US twitter, it seems lost on too many that this is about what Iranians want for Iran, not about us.” He seems to have missed the part of history where he personally strengthened the regime the Iranian people are protesting. Rice sounded off in the pages of the New York Times once again, this time to tell Trump to “be quiet” — because being quiet last time was so successful that the Iranian regime publicly shot dissenters in the streets with no serious blowback. This, then, is the irony of Trump’s foreign policy in contrast with Obama’s: Obama jabbered endlessly about American leadership while simultaneously “leading from behind.” Trump actually pursues American leadership while simultaneously claiming the isolationist mantle of “America first.”  (…) The Trump administration seems to have come to this correct conclusion from the wrong direction. Trump campaigned along isolationist lines, imitating the worst excesses of the Ron Paul crowd. But because he perceives himself to be a moral actor in the world, his foreign policy has followed the basic belief system Washington laid forth: Make alliances where possible, but pursue America’s interests above all. That’s why Iranian protesters now have an ally rather than an enemy in the White House. And that’s why America’s foreign policy is more moral under Trump than it was under Obama. Ben Shapiro
L’antisémite de droite reproche aux juifs d’avoir fait la révolution bolchévique. C’est vrai. Il y en avait beaucoup en 1917. L’antisémite de gauche reproche aux juifs d’être les propriétaires de Manhattan, les gérants du capitalisme. C’est vrai. Il y a beaucoup de capitalistes juifs. La raison est simple : La culture, la religion, l’idée révolutionnaire, d’un côté, les portefeuilles et les banques, de l’autre, sont les seules valeurs transportables, les seules patries possibles pour ceux qui n’ont pas de patrie. Maintenant qu’il en existe une, l’antisémitisme renaît de ses cendres, pardon, de Nos cendres, et s’appelle anti-sionisme. Il s’appliquait aux individus, Il s’applique à une nation. Israël est un Ghetto, Jérusalem c’est Varsovie. (…) Moi, juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une gauche qui veut libérer tous les hommes au détriment de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là. D’accord pour la lutte des classes mais aussi le combat pour le droit à la différence. Si la gauche veut me compter parmi les siens, elle ne peut pas faire l’économie de mon problème. Et mon problème est que depuis les déportations romaines du 1er siècle après Jésus Christ, nous avons été partout honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, convertis de force. Pourquoi ? Parce que Notre religion, Notre culture, étaient dangereuses. (…) A force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n’est de nulle part. Nous sommes parmi les peuples comme l’enfant à l’assistance publique. Je ne veux plus être adopté. Je ne veux plus que ma vie dépende de l’humour de mes propriétaires. Je ne veux plus être citoyen-locataire. J’en ai assez de frapper aux portes de l’histoire et d’attendre qu’on me dise  » entrez  » ! Je rentre et je gueule ! Je suis chez moi sur terre, et sur terre j’ai ma terre : Elle m’a été promise, elle sera maintenue. Qu’est ce que le sionisme ? Ça se réduit à une simple phrase :  » L’an prochain à Jérusalem « . (…) Alors, le sionisme, c’est du racisme ? Laissez moi rire : Est-ce que  » Douce France, cher pays de mon enfance « , est un hymne raciste ? Le Sionisme, c’est le nom d’un combat de libération. Dans le monde, chacun a ses juifs. Les Français ont les leurs : ce sont les Bretons, les Occitans, les travailleurs immigrés. Les Italiens ont les Siciliens, les Yankees ont leurs noirs, les Espagnols leurs Basques. Nous, nous sommes les juifs de TOUS. A ceux qui me disent :  » Et les Palestiniens ?  » Je réponds :  » Je suis un Palestinien d’il y a 2 000 ans. Je suis l’opprimé le plus vieux du monde « . Je discuterai avec eux, mais je ne leur cèderai pas ma place. Il y a là bas de la place pour deux peuples et pour deux nations. Les frontières sont à déterminer Ensemble. Mais l’existence d’un pays ne peut en aucun cas exclure l’existence de l’autre. Les options politiques d’un gouvernement n’ont jamais remis en cause l ‘existence d’une nation. Alors pourquoi Israël ? Herbert Pagani

Vous avez dit emmerdeurs ?

Au lendemain de l’étrange unanimité

Qu’avait fait contre elle la reconnaissance, par le président Trump, de la seule capitale du pays que vous savez …

Et à l’heure où – devinez les exceptions ? – dans la même unanimité d’indifférence

Prétendus spécialistes et endormeurs professionnels compris …

Le peuple iranien tente de soulever un joug vieux bientôt de 40 ans …

Comment ne pas repenser (merci Roger) …

A l’émouvant mais oublié plaidoyer …

Qu’avait fait, sur le plateau de l’émission de Jacques Chancel, au lendemain d’une autre unanimité assassine

Celle de la tristement célèbre résolution onusienne dite sionisme = racisme

Par le regretté auteur-compositeur et fils de réfugié juif libyo-italien Herbert Pagani ?

Plaidoyer pour ma terre

Herbert Pagani

11 novembre 1975

Hier, j’étais dans le métro et j’entendais deux dames dire :
 » Encore ces juifs avec leurs histoires à l’ONU. Quels emmerdeurs ! « .

C’est vrai. Nous sommes des emmerdeurs. Ça fait des siècles qu’on emmerde le monde. C’est dans notre nature, que voulez-vous.
Abraham avec son dieu unique, Moïse avec ses tables de la loi, Jésus avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe. Puis Freud, Marx, et Einstein, tous ont été des gêneurs, des révolutionnaires, des ennemis de l’Ordre.
Pourquoi ? Parce que l’ordre, quel que fut le siècle, ne pouvait les satisfaire, puisque c’était un ordre dont ils étaient toujours exclus.
Remettre en question, voir plus loin, changer le monde pour changer le destin, tel fut le destin de mes ancêtres. C’est pourquoi ils sont haïs par tous les défenseurs de l’ordre établi.

L’antisémite de droite reproche aux juifs d’avoir fait la révolution bolchévique. C’est vrai. Il y en avait beaucoup en 1917.
L’antisémite de gauche reproche aux juifs d’être les propriétaires de Manhattan, les gérants du capitalisme. C’est vrai Il y a beaucoup de capitalistes juifs.

La raison est simple : La culture, la religion, l’idée révolutionnaire, d’un côté, les portefeuilles et les banques, de l’autre, sont les seules valeurs transportables, les seules patries possibles pour ceux qui n’ont pas de patrie.
Maintenant qu’il en existe une, l’antisémitisme renaît de ses cendres, pardon, de Nos cendres, et s’appelle anti-sionisme. Il s’appliquait aux individus, Il s’applique à une nation. Israël est un Ghetto, Jérusalem c’est Varsovie.

Les nazis qui nous assiègent mangent du couscous et parlent arabe, et si leur croissant se déguise parfois en faucille, c’est pour mieux piéger les gauches du monde entier. Moi, juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une gauche qui veut libérer tous les hommes au détriment de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là. D’accord pour la lutte des classes mais aussi le combat pour le droit à la différence. Si la gauche veut me compter parmi les siens, elle ne peut pas faire l’économie de mon problème.

Et mon problème est que depuis les déportations romaines du 1er siècle après Jésus Christ, nous avons été partout honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, convertis de force.
Pourquoi ? Parce que Notre religion, Notre culture, étaient dangereuses.

Eh oui ! Quelques exemples :
Le judaïsme a été le premier à créer le shabbath, c’est à dire le repos hebdomadaire obligatoire. Vous imaginez la joie des pharaons, toujours en retard d’une pyramide !
Le judaïsme interdit l’esclavage. Vous imaginez la sympathie des Romains ! Il est dit dans la Bible : la terre n’appartient pas à l’homme mais à Dieu. De cette phrase découle une loi : celle de la remise en cause de la propriété tous les 49 ans. Vous voyez l’effet d’une loi pareille sur les Papes du moyen âge et les bâtisseurs d’empire de la renaissance ; Il ne fallait pas que les peuples sachent. On commença par interdire la Bible. Puis ce fut la médisance. Des murs de calomnies qui devinrent murs de pierres : Les Ghettos, puis l’index, l’inquisition, les bûchers, et plus tard les étoiles jaunes. Auschwitz n’est qu’un exemple industriel de Génocide, mais il y a eut des génocides artisanaux par milliers. J’en aurais pour trois jours rien qu’a nommer tous les pogromes d’Espagne, de Russie, de Pologne et d’Afrique du Nord !

A force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n’est de nulle part. Nous sommes parmi les peuples comme l’enfant à l’assistance publique. Je ne veux plus être adopté. Je ne veux plus que ma vie dépende de l’humour de mes propriétaires. Je ne veux plus être citoyen-locataire.
J’en ai assez de frapper aux portes de l’histoire et d’attendre qu’on me dise  » entrez  » ! Je rentre et je gueule !
Je suis chez moi sur terre, et sur terre j’ai ma terre : Elle m’a été promise, elle sera maintenue.

Qu’est ce que le sionisme ?
Ça se réduit à une simple phrase :
 » L’an prochain à Jérusalem « .
Non, ce n’est pas un slogan du club Méditerranée.
C’est écrit dans la Bible (le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde) et cette prière est devenue un cri, un cri qui a plus de 2 000 ans , et le père de Christophe Colomb, de Kafka, de Proust, de Chagall, de Marx, d’Einstein et même de Kissinger l’ont répétée, cette phrase, au moins une fois par ans, le jour de Pâques.
Alors, le sionisme, c’est du racisme ? Laissez moi rire : Est-ce que  » Douce France, cher pays de mon enfance « , est un hymne raciste ?
Le Sionisme, c’est le nom d’un combat de libération.

Dans le monde, chacun a ses juifs. Les Français ont les leurs : ce sont les Bretons, les Occitans, les travailleurs immigrés. Les Italiens ont les Siciliens, les Yankees ont leurs noirs, les Espagnols leurs Basques.
Nous, nous sommes les juifs de TOUS. A ceux qui me disent :  » Et les Palestiniens ?  » Je réponds :  » Je suis un Palestinien d’il y a 2 000 ans. Je suis l’opprimé le plus vieux du monde « . Je discuterai avec eux, mais je ne leur cèderai pas ma place. Il y a là bas de la place pour deux peuples et pour deux nations. Les frontières sont à déterminer Ensemble. Mais l’existence d’un pays ne peut en aucun cas exclure l’existence de l’autre. Les options politiques d’un gouvernement n’ont jamais remis en cause l ‘existence d’une nation. Alors pourquoi Israël ?
Quand Israël sera Hors de danger, je choisirai parmi les juifs et mes voisins arabes, ceux qui me sont frères par les idées. Aujourd’hui, je me dois d’être solidaire avec tous les miens, même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable : le racisme.

Descartes avait tort :
Je pense, donc je suis, ça ne veut rien dire.
Nous, ça fait 5 000 ans qu’on pense, et nous n’existons toujours pas.
Je me défends, donc, je suis.

Voir par ailleurs:

Trump Reverses the Obama Doctrine on Iran

The National Review

Ben Shapiro

January 2, 2018

Obama extolled the virtues of American global leadership while abdicating our global responsibilities. Trump has done the opposite. Last week, former Obama national security advisor Susan Rice — she of the infamously shifting Benghazi explanations — published an op-ed in the New York Times dedicated to the proposition that Trump’s “America first” foreign policy has “relinquish[ed] the nation’s moral authority in these difficult times.” According to Rice, Trump has shifted away from seizing “opportunities to expand prosperity, freedom and security” around the globe.

Yet when confronted with protests in Iran, it was Trump, not Obama, who took the hard-line approach in support of freedom.

In the past few days, thousands of Iranians have marched against the terrorist regime in Tehran. As of this writing, twelve of these Iranians have been murdered by the country’s Revolutionary Guard. Trump has tweeted his support for the protesters, spoken out in their favor, and made clear that he’d love to see them topple the regime itself.

Contrast Trump’s behavior with that of the Obama administration, which deliberately ignored anti-regime protests in 2009, choosing instead to cozy favor with the regime and maximize Tehran’s regional power.

The administration even went so far as to give Tehran a legal pathway to a nuclear weapon. Obama stated that while he was “troubled” by violence against the protesters, it was “up to Iranians to make decisions about who Iran’s leaders will be,” and he hoped “to avoid the United States being the issue inside of Iran.” Powered by The administration would go on to allegedly leak Israeli plans to kill the commander of the Quds Force, Qasem Soleimani, to the Iranians, lie to the American public about contact with the “moderate” Iranian regime regarding a nuclear deal, and then ship pallets of cash to the greatest state sponsor of terror on the planet.

So what do members of the Obama administration have to say about the newest Iranian protests? They present a solid combination of willful dissembling and shocking historical revisionism. Ben Rhodes, Obama’s former national-security guru, tweeted: “The Iranian people are rightfully demanding dignity, less corruption, more opportunity, and greater control over their lives. In look at US twitter, it seems lost on too many that this is about what Iranians want for Iran, not about us.” He seems to have missed the part of history where he personally strengthened the regime the Iranian people are protesting. Rice sounded off in the pages of the New York Times once again, this time to tell Trump to “be quiet” — because being quiet last time was so successful that the Iranian regime publicly shot dissenters in the streets with no serious blowback.

This, then, is the irony of Trump’s foreign policy in contrast with Obama’s: Obama jabbered endlessly about American leadership while simultaneously “leading from behind.” Trump actually pursues American leadership while simultaneously claiming the isolationist mantle of “America first.” Obama jabbered endlessly about American leadership while simultaneously ‘leading from behind.’ Trump actually pursues American leadership while simultaneously claiming the isolationist mantle of ‘America first.’

All of which prompts a question: What does it mean to exercise American leadership? Does it mean pursuing coalition-building above all, or does it mean going it alone? Does it mean taking hard-line stances that advance America’s interests or subsuming those interests to the greater global good?

Maybe American leadership doesn’t really exist at all. Is it possible that nations don’t follow America out of allegiance to our priorities, but out of their own political calculations? Is it possible that we’re the biggest dog in the room, and that nations calculate whether or not to follow us at their own peril? Is it possible that one way of controlling America’s foreign policy is redefining “universal principles” like liberty until they are unrecognizable, and then convincing American leaders to accept such perversions as the defining goals of American policy?

That was the seduction to which the Obama administration fell prey. Obama and his acolytes are moral relativists to the core, but they preached moral universalism in foreign policy. How, then, did they define those universals? With reference to the European consensus. We were to be tools of a European-defined morality. To buck that morality would be to buck the new international consensus.

The result was entirely predictable: Corpses piled up on the streets of Tehran, Mosul, Raqqa, Beirut, and Jerusalem, even as the Obama administration preached its own moral excellence.

George Washington warned of just this phenomenon. He predicted a time when America would lead the world in might. The danger, he said, would be getting sucked into the game of “international leadership” and into the notion that European-defined “universal principles” ought to govern our foreign policy rather than our own interests. Our own interests, Washington thought, would often serve those universal principles abroad, but not always. And allowing other nations to redefine liberty itself before making it a central pillar of our foreign policy pillar would be disastrous. That’s why Washington warned in his farewell address that the United States ought not “entangle our peace and prosperity in the toils of European ambition, rivalship, interest, humor or caprice.”

American leadership doesn’t mean alliance-building or going it alone, per se. It means pursuing our own interests, which will be more moral than those of other nations because we are a nation founded on a moral creed.

The Trump administration seems to have come to this correct conclusion from the wrong direction. Trump campaigned along isolationist lines, imitating the worst excesses of the Ron Paul crowd. But because he perceives himself to be a moral actor in the world, his foreign policy has followed the basic belief system Washington laid forth: Make alliances where possible, but pursue America’s interests above all. That’s why Iranian protesters now have an ally rather than an enemy in the White House. And that’s why America’s foreign policy is more moral under Trump than it was under Obama.

— Ben Shapiro is the editor-in-chief of the Daily Wire.

Voir encore:

«L’Iran est en train de se séculariser à partir de ses propres racines culturelles»

Eugénie Bastié

FIGAROVOX/ENTRETIEN -Le soulèvement populaire peut-il faire vaciller le régime des mollahs? La chercheuse spécialiste du chiisme politique Amélie Myriam Chelly décrypte les ressorts d’une révolte.


Amélie Myriam Chelly est docteur en sociologie et membre associée au CADIS (EHESS-CNRS). Elle a publié Iran, autopsie du chiisme politique (éd. du Cerf, 2017).


FIGAROVOX.- 21 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations populaires en Iran. Comment jugez-vous la situation? Le régime est-il en danger?

Amélie-Myriam CHELLY. – Il faut prendre garde à bien faire la différence entre le régime des mollahs et le gouvernement dirigé par le président Hassan Rohani, plutôt réformateur. L’ironie, c’est que les manifestations ont débuté à Mashhad, fief de Raïssi, opposant conservateur au président. Mais très vite, les slogans «Mort à Rohani» se sont diversifiés, touchant à quelque chose de beaucoup plus fondamental et ont gagné des groupes non politisés.

Les manifestations peuvent aussi bien renforcer Rohani, qui rencontrait beaucoup d’oppositions pour réformer le pays. Lui comprend les revendications économiques et les aspirations à plus de liberté et de sécularisme. Il a été élu pour cela. Il a d’ailleurs rappelé le droit des opposants à manifester. Cela pourrait accélérer un certain nombre de réformes. Mais on peut aussi voir basculer la dominance du discours en sens inverse. L’impuissance du gouvernement à relever le pays de la crise économique dans laquelle l’ont plongé les sanctions internationales pourrait alimenter le retour du conservatisme, en tant que discours dominant. La part de la population soutenant l’accord sur le nucléaire est déjà passée de 80 à 60%. Beaucoup de gens sont déçus que l’ouverture n’ait pas eu de conséquences économiques positives. Le renforcement des sanctions par Donald Trump a eu un impact déterminant.

En quoi la révolte actuelle diffère-t-elle de celle qui a eu lieu en 2009?

La grande différence est d’abord qu’il n’y a pas de leader contrairement au soulèvement postélectoral de 2009 où les opposants se réunissaient derrière la figure de Mir-Hossein Moussavi. C’est pourquoi d’ailleurs il est beaucoup plus difficile de prédire l’issue du mouvement actuel. Il n’y a pas de fondement purement et exclusivement politique contrairement à 2009. Le nerf de la révolte est économique. Les gens sont épuisés d‘être des victimes de la corruption. Certaines personnes ne sont pas payées depuis des mois. Je connais des gens titulaires de double doctorats, sans travail, qui vivent avec 200 euros par mois. La différence avec 2009, c’est que tous ceux qui avaient les moyens d’émigrer sont partis. Ceux qui restent et protestent sont ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester au pays.

On entend le slogan «Mort au Hezbollah!» . Pourquoi?

Les Iraniens ont le sentiment que de larges sommes sont «confisquées» au peuple pour être investies ailleurs que dans le pays (construction d’infrastructures dans le sud du Liban, entretien des lieux saints chiites en Irak et en Syrie). Certes la population est rassurée du recul des «takfiri» (c’est ainsi que sont désignés les djihadistes) mais maintenant que la menace s’est éloignée notamment en Syrie, elle ne comprend plus très bien que tant d’argent soit dépensé pour soutenir le Hezbollah. À cet égard, cela peut ressembler au slogan de 2009 «Ni Gaza, ni le Liban, je voue ma vie à l’Iran», demandant à l’État de se concentrer sur les problèmes intérieurs du pays.

Certains mettent en avant la dimension antireligieuse des manifestations. Le chiisme politique est-il affaibli? Faut-il s’attendre à une sécularisation du pays?

Cette contestation existe depuis la naissance de la république islamique. N’oublions pas que ces manifestations arrivent peu de temps après que le chef de la police de Téhéran a déclaré que les femmes qui portaient mal le voile ne seraient plus sanctionnées, ce qui revenait à normaliser un état de fait. Aujourd’hui les femmes qui accrochent leurs foulards à des bâtons dans les manifestations disent que ce genre de compromis ne leur suffit plus.

L’Occident judéo-chrétien a pu se séculariser à partir de ses propres fondements. L’Iran est en train de faire la même chose à partir de ses propres racines culturelles, sans importer un sécularisme à l’occidentale. On reste dans une république islamique mais qui s’ouvre progressivement au pluralisme.

On a pu entendre des slogans favorables à la monarchie. Existe-il une nostalgie de l’ancien régime des shahs dans le pays?

Certains manifestants crient en effet «Pahlavi! Pahlavi!» en référence à la dynastie fondée par Reza Khan en 1925, et qui a régné sur le pays jusqu’à l’avènement de la République islamique. Les véritables partisans de l’ancien régime restent marginaux. C’est d’abord une référence faite au «défroqueur de mollahs», Reza Shah ayant interdit le voile, obligé le port de la cravate, importé les standards de l’éducation occidentale. Il y a aussi derrière cette référence à la royauté une aspiration à voir apparaître une figure providentielle qui pourrait prendre la tête d’une révolte pour le moment éclatée. Enfin, un slogan se référant à la monarchie est aussi intéressant en ce qu’il désigne directement le manque d’ordre inhérent à la République islamique «Mellat ke shah nadarad, hesab ketab nadarad!», «Un peuple qui n’a pas de roi, n’a pas d’organisation!». Il s’agit là moins de manifester une aspiration à un retour à la monarchie que d’exprimer un regret d’avoir fait une révolution pour un nouveau régime où régnerait le désordre.


Reconnaissance de Jérusalem/Trump: Quand la condamnation est unanime (From Lincoln to Ike, Reagan or Bush, almost all GOP presidents have been stereotyped as not very bright and guess who got to have the last laugh in the end ?)

29 décembre, 2017
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
George Orwell disait,  je crois dans 1984, que dans les temps de tromperie généralisée, dire la vérité est un acte révolutionnaire. David Hoffmann
Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent. George Orwell
Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Reagan, je l’ai trouvé comme il est : habité de certitudes. Américain typique, il n’est pas très exportable. Mitterrand (sommet d’Ottawa, 1981)
Son étroitesse d’esprit est évidente. Cet homme n’a que quelques disques qui tournent et retournent dans sa tête. Mitterrand (sommet de Williamsburg, 1983)
Il est temps de tuer le président. Monisha Rajesh
Trump c’est le candidat qui redonne aux Américains l’espoir, l’espoir qu’il soit assassiné avant son investiture. Pablo Mira (France Inter)
This is a message to Trump the idiot. You idiot, your promise to Israel will not be successful. You idiot, Jerusalem is the capital of Palestine for all eternity. Idriss
The Palestinians could have issued a low-key response, saying simply that no one, not even Trump, could decide the future of Jerusalem without their agreement. They could have kept their channels to the United States open and waited to see if anything would come of the much-vaunted Trump peace proposal. Instead, they declared “days of rage” that quickly fizzled, and then effectively severed ties with the Americans by announcing they would be boycotting any scheduled meetings with administration officials. This is idle talk based on wishful thinking. No other country has the resources, the skilled and experienced diplomatic corps, the investment in the region and the credibility to become the brokers of the process. The European Union is mired in a near-existential crisis, with Brexit cutting off one of its major members; its unofficial leader, German Chancellor Angela Merkel, is struggling to build a coalition at home; and its unofficial leader-in-waiting, French President Emmanuel Macron, lacks the experience and attention span to devote himself properly. Russia has ulterior motives and does not really wish to help bring peace, just enhance its influence. China, which launched a Mideast conference this past week, is too far away – physically and mentally – to be much more than a bystander. And, most important, Israel can and will veto any other partner besides the Americans. Haaretz
Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution. Victor Davis Hanson
Donald Trump is on course to win re-election in 2020, senior British diplomats believe, as he approaches his first full year in office. They think that despite a string of negative headlines the US president has largely kept his support base onside since entering White House. Possible Democratic contenders are seen as either too old – such as Bernie Sanders and Joe Biden – or lacking in the name recognition needed to defeat Mr Trump. There is also a belief the US president has curbed some of his most radical policy instincts since taking office, such as ignoring Nato or pulling out of Afghanistan. The Telegraph
Nearly a year into his presidency, Mr. Trump remains an erratic, idiosyncratic leader on the global stage, an insurgent who attacks allies the United States has nurtured since World War II and who can seem more at home with America’s adversaries… He has assiduously cultivated President Xi Jinping of China and avoided criticizing President Vladimir V. Putin of Russia — leaders of the two countries that his own national security strategy calls the greatest geopolitical threats to America. NYT
A website archiving all of Donald Trump’s tweets calculated that he “stupid-tweeted” 183 times since Oct. 7, 2011. That’s a whole lot of stupid. It’s over 30 stupids per year for the past 6 years, not to mention his oral stupids. In fact, calling people stupid is probably Donald Trump’s crowning example of staying on message. And I suspect he’ll continue to use this art form for as long as his mouth works and his fingers – or even just his middle ones – can gesticulate. But stupid-speak does not stupid make. In fact, his stupid strategy can be called insightful, crafty, and productive. His bullying paid off. He has earned the title America’s stupid-caller-in-chief. Stupid people can’t do that. But what’s impeccably good for the goose is not necessarily good for those of us who would love a gander at his impeachment. And the principal difference between him calling us stupid and us returning the favor is that he is in power. (…) Speaking from experience, no single political party or their voters has a lock on stupid. (…) While it may be good for a chuckle, calling or even thinking someone else stupid is virtually guaranteed to give them the last laugh. Jason Lorber (Vermont Democrat)
This time one year ago, the assumption dominating political coverage was that the only people more stupid than Donald Trump were the deplorables who elected him. Since then, of course, President-elect Trump has become President Trump. Over his 11 months in office, he has put Neil Gorsuch on the Supreme Court and four times as many judges on the appellate courts as Barack Obama did his first year; recognized Jerusalem as the capital of Israel; withdrawn from the Paris climate accord; adopted a more resolute policy on Afghanistan than the one he’d campaigned on; rolled back the mandate forcing Catholic nuns, among others, to provide employees with contraception and abortifacients; signed legislation to open up drilling for oil in the Arctic National Wildlife Refuge; initiated a bold, deregulatory assault on the administrative state—and topped it all off with the first major overhaul of the tax code in more than 30 years. And yet that Mr. Trump is a very stupid man remains the assumption dominating his press coverage. Add to this the sorry experience America had recently had with men, also outside conventional politics, who ran successfully for governorships: former pro wrestler and Navy SEAL Jesse Ventura in Minnesota and actor Arnold Schwarzenegger in California. Their respective administrations each began with high enthusiasm but ended in defeat and disillusionment. What would make anyone think Mr. Trump would do better? In one sense he is not unique: Almost all GOP presidents are stereotyped as not very bright. Ask Ike, or George W. Bush, or even Lincoln. Nor is it uncommon, in the headiness of a White House, for even the lowliest staffer to come to regard himself as the intellectual superior of the president he works for. In Mr. Trump’s case, critics equate lowbrow tastes (e.g., well-done steaks covered in ketchup) as confirmation of a lack of brainpower. It can make for great sport. But starting out with the assumption that the president you are covering is a boob can prove debilitating to clear judgment. Quick show of hands: How many of those in the press who continue to dismiss Mr. Trump as stupid publicly asserted he could never win the 2016 election—or would never get anyone decent to work for him in the unlikely miracle he did get elected? The WSJ
Jérusalem est, évidemment, et depuis toujours, la capitale d’Israël. Et il y a quelque chose, non seulement d’absurde, mais de choquant dans le tollé planétaire qui a suivi la reconnaissance, par les Etats-Unis, de cette évidence. (…) D’où vient, alors, mon malaise ? (…) Et, deux semaines après cette annonce que j’attendais, moi aussi, depuis des années, pourquoi cette inquiétude qui m’étreint ? (…) D’abord Trump. Je sens trop le côté gros malin, acculé par des défaites diverses et consécutives, qui a trouvé là son coup fumant de fin de première année de mandat. Ami des juifs, dit-il ? Protecteur et saint patron d’Israël ? Pardon, mais je n’y crois guère. Je ne pense absolument pas que Donald Trump soit mû par le sentiment d’une union sacrée de l’Amérique et d’Israël ou, comme on disait déjà du temps des Pères pèlerins des Etats-Unis, de la nouvelle et de l’ancienne Jérusalem. Je n’imagine pas l’âme de Trump disponible, de quelque façon que ce soit, à la reconnaissance de la singularité juive, à la célébration des paradoxes de la pensée talmudique ou au goût de l’aventure qui animait la geste ardente, lyrique et héroïque des pionniers laïques du sionisme. Et je ne pense pas davantage que les fameux néo-évangélistes qui forment, paraît-il, ses bataillons d’électeurs les plus solides aient la moindre idée de ce qu’est, en vérité, cet Etat nommé par des poètes, bâti par des rêveurs et poursuivi jusqu’à aujourd’hui, dans le même souffle ou presque, par un peuple dont le roman national est semé de miracles rationnels, d’espérances sous les étoiles et de ferveurs logiques. Eh bien ? Eh bien l’Histoire nous apprend qu’un geste d’amitié abstrait, insincère, délié de l’Idée et de la Vérité, amputé de cette connaissance et de cet amour profonds qu’on appelle, en hébreu, l’Ahavat Israël, ne vaut, finalement, pas grand-chose – ou, pire, elle nous enseigne comment, en vertu d’une mauvaise chimie des fièvres politiques dont le peuple juif n’a eu que trop souvent à endurer l’épreuve et les foudres, il y a tous les risques que ce geste, un jour, se retourne en son contraire. (…) M. Trump a-t-il pensé à tout cela quand il a mis ses petites mains dans le dossier «Jérusalem» ? Bernard-Henri Lévy
Je partage l’attachement à Israël, de tous les juifs, mais d’un autre côté, la décision de Trump me paraît catastrophique parce qu’elle risque d’embraser la région, parce qu’elle risque d’empêcher la reprise des négociations entre les Palestiens et les Israéliens. Les Américains auraient dû procéder tout autrement. Benyamin Netanyahu ne propose rien aux Palestiniens. Il les pousse au désespoir et à l’extrémisme. Alain Finkielkraut
BHL n’a pas besoin des éditoriaux du Monde, ni même de ceux de Ha’aretz, car il sait déjà. Il sait ce qui est bon pour Israël et ce qui ne l’est pas. Il sait que Jérusalem est la capitale d’Israël, mais il sait aussi que Trump ne peut pas faire quelque chose de bon pour les Juifs. Ainsi BHL peut écrire dans son dernier éditorial que “Jérusalem est, évidemment, et depuis toujours, la capitale d’Israël” et qu’il “y a quelque chose, non seulement d’absurde, mais de choquant dans le tollé planétaire qui a suivi la reconnaissance, par les Etats-Unis, de cette évidence”. Mais dans la même foulée, il va convoquer A. B. Yehoshua, Amos Oz et même le rav Steinman z.l. pour nous expliquer doctement pourquoi la reconnaissance de la capitale d’Israël par les Etats-Unis n’est pas bonne pour les Juifs. (…) Dans son envolée lyrique sur tout ce que “l’âme de Trump” est incapable de saisir des subtilités du judaïsme, BHL commet une double erreur. La première est d’opposer de manière caricaturale la grandeur d’Israël et des Juifs et les basses motivations qu’il attribue (sans aucune preuve) à Donald Trump. En cela, il rejoint les pires adeptes du “Trump bashing”, qu’il prétend ne pas imiter. La seconde, plus grave encore, est de croire qu’en politique – et en politique internationale surtout – les intentions priment sur les actes. Or rien n’est plus faux. Car en réalité, peu nous importe ce que pense Trump, en son for intérieur, des Juifs. Après tout, l’histoire récente est pleine d’exemples de dirigeants politiques qui appréciaient les Juifs et le fameux “génie juif” célébré par BHL, et qui ont été les pires adversaires de l’Etat d’Israël. Ce qui compte ce sont les actes envers Israël, Etat et peuple. A cet égard, la reconnaissance de notre capitale Jérusalem est un acte fort et riche de signification, qui n’engage pas seulement le président Trump et les Etats-Unis, mais le reste du monde, qui s’engagera lui aussi sur cette voie, comme c’est déjà le cas. Cette reconnaissance est une décision politique capitale, qui n’obéit pas à un calcul passager et mesquin, comme le prétend BHL, car elle engage les Etats-Unis de manière ferme, et quasiment irréversible. Peu nous importe, dans ces circonstances, de savoir si Trump apprécie la “pensée talmudique” ou l’esprit juif viennois… L’attitude de BHL et d’autres intellectuels juifs vis-à-vis de Trump (et de Nétanyahou) ressemble à celle des rabbins non sionistes (et des Juifs assimilés) à l’égard de Theodor Herzl, qui n’était pas assez “casher” (ou trop Juif) à leurs yeux. Dans son mépris pour Donald Trump et pour l’Amérique qu’il incarne (ces “fameux néo-évangélistes” dont il parle avec dédain), BHL montre qu’il ne comprend rien à ce pays et à l’identification spirituelle et charnelle des chrétiens américains, sionistes ou évangélistes, au peuple et à la terre d’Israël. En réalité, BHL sait très bien que la reconnaissance de notre capitale par le président Trump est une bonne chose pour Israël. Seulement voilà, il éprouve comme il l’avoue un sentiment de “malaise”. Pour la simple et bonne raison que depuis des mois, depuis l’élection de Trump et même avant, BHL explique à qui veut l’entendre que Trump n’est pas un ami des Juifs. Il l’a dit à maintes reprises, sur CNN où il expliquait en février dernier que “Trump a un problème avec les Juifs” et dans le New York Times où il appelait les Juifs à se méfier du président américain. La seconde erreur de BHL est de croire qu’en politique internationale, les intentions priment sur les actes. “Trump, Dioclétien et le gardien de cochons” : sous ce titre quelque peu mystérieux, BHL s’était livré il y a presqu’un an à une attaque au vitriol contre le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, accusé par avance de trahison envers Israël et de mépris envers les Juifs. Et pour mieux asséner ses coups, BHL conviait en renfort Freud, le Talmud, Kafka, Rachi et Proust… Après avoir pronostiqué pendant des semaines que Trump allait perdre car “l’Amérique de Tocqueville” n’élirait pas un tel homme, BHL annonçait alors l’inéluctable trahison de Trump envers Israël. C’est pourtant le même BHL qui avait, avec une certaine dose de courage intellectuel, et contrairement à d’autres, reconnu le danger de la politique d’Obama envers Israël à l’occasion du vote de la Résolution 2334 au Conseil de Sécurité. (“Mais voir cette administration qui a tant concédé à l’Iran, tant cédé à la Russie… se rattraper en donnant de la voix, in extremis, contre ce mouton noir planétaire, ce pelé, ce galeux, qu’est le Premier ministre d’Israël, quelle misère !” écrivait-il alors.) Entretemps, Trump a été élu, il est devenu le président américain le plus pro-israélien depuis 1948, comme l’ont prouvé non seulement sa dernière décision sur Jérusalem, mais aussi son attitude à l’ONU et face au président de l’Autorité palestinienne (ce sinistre has-been que même les pays arabes ont fini par lâcher et que seule la France continue de soutenir). Trump est en train de promouvoir une véritable “révolution copernicienne” au Moyen-Orient, pour reprendre l’expression de Michel Gurfinkiel, en reléguant au second plan le conflit israélo-arabe et en abandonnant la politique désastreuse du soutien à “l’Etat palestinien” et aux concessions israéliennes. Mais tout cela est trop simple et limpide pour notre amateur de “paradoxes talmudiques”. Aussi BHL s’évertue à démontrer, faisait feu de tout bois, que cela n’est pas bon pour Israël. Peu importe si les faits lui donnent tort, puisque lui-même est persuadé d’avoir raison. Pierre Lurçat
Toute unanimité est suspecte. Le Talmud stipule que si une condamnation est unanime, le tribunal doit gracier l’accusé. (…) Depuis 70 ans Jérusalem est la capitale en activité d’Israël et les Etats qui ont reconnu Israël ont reconnu cette réalité. N’est-ce pas à la résidence du Président à Jérusalem que leurs Ambassadeurs déposent leurs lettres de créance ? N’est-ce pas dans la Knesset à Jérusalem que Nicolas Sarkozy et François Hollande ont prononcé leurs importants discours ? Jérusalem est pour les diplomates le sein que l’hypocrite Tartuffe ne saurait voir. Déterminer sa capitale est un acte de souveraineté nationale : l’Allemagne réunifiée a choisi Berlin et malgré les souvenirs sinistres, personne n’a protesté. Ne pas admettre Jérusalem capitale d’Israël, c’est sous-entendre que bien que l’Etat d’Israël existe, il n’est pas totalement légitime. C’est ouvrir un boulevard à ceux qui espèrent la destruction du pays. La décision de Trump avait été actée il y a vingt-cinq ans par le Congrès américain et réitérée par l’ensemble des candidats à la Présidence, dont Barack Obama à l’Aipac en juin 2008. Sommes-nous si habitués à ce que les promesses n’engagent que ceux qui y croient, que nous trouvions choquant qu’elles soient respectées ? D’autant que les mots prononcés avec la reconnaissance n’écartent aucune évolution géopolitique ultérieure. Le problème de cette déclaration n’est pas son contenu mais le haro général qu’elle a suscité. Si l’accusé n’a trouvé personne pour le soutenir, disent les commentateurs du traité Sanhedrin, un soupçon pèse sur le travail des juges. Le soupçon est ici celui du panurgisme : montrer qu’on est un partisan de la paix, comme « l’ensemble de la communauté internationale», cette paix que recherchent, c’est un axiome, les dirigeants palestiniens. Ce discours lénifiant a conforté l’ambiguïté et n’a rien apporté à la résolution du conflit. Depuis que l’Unesco a déclaré, dans une résolution qui a bénéficié de beaucoup de lâchetés et de silences, que Jérusalem n’avait historiquement à voir qu’avec l’Islam, les dernières illusions sont tombées sur la validité de ces institutions internationales, perverties par le jeu des majorités automatiques et des pressions qui les accompagnent. Négliger les réalités présentes, discourir sur Jérusalem « capitale de la paix », ce qu’elle n’a malheureusement presque jamais été, voire rêver à un « corpus separatum », probablement défendu par des soldats népalais et bangladais, c’est rêver. La situation aurait été différente si les États arabes n’avaient pas déclenché la guerre en 1947, si les Jordaniens avaient écouté les objurgations israéliennes en juin 1967, et a fortiori si les Israéliens avaient perdu l’un ou l’autre de ces conflits. On ne refait pas le passé. Esquiver la vérité sous prétexte de ne pas heurter les sensibilités des ennemis d’Israël a fait suppurer la plaie qu’est devenu le conflit israélo-palestinien. Craindre de dire la vérité sous prétexte que cela pourrait « entraîner l’enfer sur la terre » (dixit le Hamas), c’est fortifier la menace terroriste. Les marionnettistes qui attisent les braises sont iraniens ou islamistes sunnites et pas américains. Ceux qui l’ignorent regardent le doigt quand le sage désigne la lune. C’est ce que dit non pas la Guemara, mais un proverbe chinois… Richard Prasquier

Rira bien qui rira le dernier !

Insultes, moqueries, appels à l’assassinat, condamnations, imprécations …

A l’heure où se confirme chaque un peu plus…

L’étendue des mensonges  que le précédent leader du Monde libre était prêt à couvrir …

Pour finaliser, avant la déjudaïsation de Jérusalem des derniers jours de son mandat, son tristement fameux accord nucléaire …

Avec, entre trafic de drogue et assassinats politiques, l’Etat terroriste iranien et ses affidés libanais ou argentins …

Et au lendemain d’une reconnaissance de Jérusalem

Qui a fait à nouveau le plein d’unanimité contre le président Trump …

Y compris – ô combien significativement ! – par ceux-là mêmes …

Qui comme notre BHL national ou même, plus étonnament, notre Finkielkraut l’appelaient depuis longtemps de leurs voeux …

Comment ne pas repenser …

Avec l’un de nos rares dirigeants à avoir sauvé l’honneur, le président du CRIF Richard Pasquier …

Et au-delà du racisme de l’intelligence si caractéristique justement de nos intelligentsias …

Au fameux avertissement du Talmud contre les verdicts trop unanimes …

Mais aussi ne pas déjà entrevoir …

Avec les plus lucides de ses critiques …

Comme les conseillers mêmes de la Première ministre britannique …

Que la plaisanterie pourrait bien un jour se retourner contre eux ?

Johnny, Trump et Jérusalem. Que dit la Guemara ?
Richard Prasquier
CRIF
15/12/2017

Cette semaine, l’actualité impose son contenu. Pour Johnny, respect. Il a rendu service en amortissant par l’impact médiatique de son décès le déchaînement de critiques qui a accueilli la déclaration du Président américain sur Jérusalem. Belle conclusion pour cet homme qui fut un authentique ami d’Israël.

L’unanimité des dithyrambes adressés au rocker français, qui n’avait pourtant pas que des admirateurs, fait pendant à l’unanimité des blâmes adressés au président américain. Toute unanimité est suspecte. Le Talmud stipule que si une condamnation est unanime, le tribunal doit gracier l’accusé. Cette décision saugrenue, je la comprends mieux aujourd’hui.

Laissons les arguments juridiques et historiques qui soulignent que l’illégalité de la décision du président américain n’est pas si flagrante que cela. Ils confortent les convaincus, mais glissent malheureusement sur les autres. Les considérations religieuses et mystiques ne sont pas recevables, laïcité oblige.

Limitons-nous aux faits. Depuis 70 ans Jérusalem est la capitale en activité d’Israël et les Etats qui ont reconnu Israël ont reconnu cette réalité. N’est-ce pas à la résidence du Président à Jérusalem que leurs Ambassadeurs déposent leurs lettres de créance ? N’est-ce pas dans la Knesset à Jérusalem que Nicolas Sarkozy et François Hollande ont prononcé leurs importants discours ?

Jérusalem est pour les diplomates le sein que l’hypocrite Tartuffe ne saurait voir. Déterminer sa capitale est un acte de souveraineté nationale : l’Allemagne réunifiée a choisi Berlin et malgré les souvenirs sinistres, personne n’a protesté. Ne pas admettre Jérusalem capitale d’Israël, c’est sous-entendre que bien que l’Etat d’Israël existe, il n’est pas totalement légitime. C’est ouvrir un boulevard à ceux qui espèrent la destruction du pays.

« Ne pas admettre Jérusalem capitale d’Israël, c’est sous-entendre que bien que l’Etat d’Israël existe, il n’est pas totalement légitime.»

La décision de Trump avait été actée il y a vingt-cinq ans par le Congrès américain et réitérée par l’ensemble des candidats à la Présidence, dont Barack Obama à l’Aipac en juin 2008. Sommes-nous si habitués à ce que les promesses n’engagent que ceux qui y croient, que nous trouvions choquant qu’elles soient respectées ? D’autant que les mots prononcés avec la reconnaissance n’écartent aucune évolution géopolitique ultérieure.

Le problème de cette déclaration n’est pas son contenu mais le haro général qu’elle a suscité. Si l’accusé n’a trouvé personne pour le soutenir, disent les commentateurs du traité Sanhedrin, un soupçon pèse sur le travail des juges. Le soupçon est ici celui du panurgisme : montrer qu’on est un partisan de la paix, comme « l’ensemble de la communauté internationale», cette paix que recherchent, c’est un axiome, les dirigeants palestiniens. Ce discours lénifiant a conforté l’ambiguïté et n’a rien apporté à la résolution du conflit.

Depuis que l’Unesco a déclaré, dans une résolution qui a bénéficié de beaucoup de lâchetés et de silences, que Jérusalem n’avait historiquement à voir qu’avec l’Islam, les dernières illusions sont tombées sur la validité de ces institutions internationales, perverties par le jeu des majorités automatiques et des pressions qui les accompagnent.

Négliger les réalités présentes, discourir sur Jérusalem « capitale de la paix », ce qu’elle n’a malheureusement presque jamais été, voire rêver à un « corpus separatum », probablement défendu par des soldats népalais et bangladais, c’est rêver. La situation aurait été différente si les États arabes n’avaient pas déclenché la guerre en 1947, si les Jordaniens avaient écouté les objurgations israéliennes en juin 1967, et a fortiori si les Israéliens avaient perdu l’un ou l’autre de ces conflits. On ne refait pas le passé.

Esquiver la vérité sous prétexte de ne pas heurter les sensibilités des ennemis d’Israël a fait suppurer la plaie qu’est devenu le conflit israélo-palestinien. Craindre de dire la vérité sous prétexte que cela pourrait « entraîner l’enfer sur la terre » (dixit le Hamas), c’est fortifier la menace terroriste. Les marionnettistes qui attisent les braises sont iraniens ou islamistes sunnites et pas américains. Ceux qui l’ignorent regardent le doigt quand le sage désigne la lune. C’est ce que dit non pas la Guemara, mais un proverbe chinois…

Voir aussi:

The ‘Stupidity’ of Donald Trump

He’s had far more success than Arnold Schwarzenegger or Jesse Ventura

This time one year ago, the assumption dominating political coverage was that the only people more stupid than Donald Trump were the deplorables who elected him.

Since then, of course, President-elect Trump has become President Trump. Over his 11 months in office, he has put Neil Gorsuch on the Supreme Court and four times as many judges on the appellate courts as Barack Obama did his first year; recognized Jerusalem as the capital of Israel; withdrawn from the Paris climate accord; adopted a more resolute policy on Afghanistan than the one he’d campaigned on; rolled back the mandate forcing Catholic nuns, among others, to provide employees with contraception and abortifacients; signed legislation to open up drilling for oil in the Arctic National Wildlife Refuge; initiated a bold, deregulatory assault on the administrative state—and topped it all off with the first major overhaul of the tax code in more than 30 years.

And yet that Mr. Trump is a very stupid man remains the assumption dominating his press coverage.

Let this columnist confess: He did not see Mr. Trump’s achievements coming, at least at first. In the worst sense, populism means pandering to public appetites at the expense of sound policy. Too often populists who get themselves elected find either that they cannot implement what they promised, or that when they do, there are disastrous and unexpected consequences.

Add to this the sorry experience America had recently had with men, also outside conventional politics, who ran successfully for governorships: former pro wrestler and Navy SEAL Jesse Ventura in Minnesota and actor Arnold Schwarzenegger in California. Their respective administrations each began with high enthusiasm but ended in defeat and disillusionment. What would make anyone think Mr. Trump would do better?

Start with Mr. Ventura. His populism, like Mr. Trump’s, featured open ridicule of the press. At one point he issued press cards listing them as “official jackals.” Also like Mr. Trump, he was treated as simple-minded because he was not a professional pol. When David Letterman listed his top 10 campaign slogans for Mr. Ventura, No. 1 was “it’s the stupidity, stupid.”

In his first year Mr. Ventura’s approval rating soared to 73%, and while in office he did manage to push through tax rebates and a property-tax reform. By his last year, however, his vetoes were regularly overridden, spending had shot up, and the magic was gone. In the end, he decided against seeking a second term.

Next came Mr. Schwarzenegger, who in 2003 announced his run for governor on “The Tonight Show.” Mr. Schwarzenegger’s pitch was essentially Mr. Trump’s: The state’s politics had been so corrupted by the political class that Californians needed a strongman from the outside to shake it up.

The Governator did succeed in getting himself re-elected three years later, which is more than Mr. Ventura did. In the end, however, he was defeated by those he’d denounced as the “girlie men” of Sacramento, and his package of reforms went nowhere. The man who entered office promising to cut spending and revive the state’s economy ended up signing a huge tax increase, while debt nearly tripled under his watch.

Now we have President Trump. In one sense he is not unique: Almost all GOP presidents are stereotyped as not very bright. Ask Ike, or George W. Bush, or even Lincoln. Nor is it uncommon, in the headiness of a White House, for even the lowliest staffer to come to regard himself as the intellectual superior of the president he works for.

In Mr. Trump’s case, critics equate lowbrow tastes (e.g., well-done steaks covered in ketchup) as confirmation of a lack of brainpower. It can make for great sport. But starting out with the assumption that the president you are covering is a boob can prove debilitating to clear judgment.

Quick show of hands: How many of those in the press who continue to dismiss Mr. Trump as stupid publicly asserted he could never win the 2016 election—or would never get anyone decent to work for him in the unlikely miracle he did get elected?

The Trump presidency may still go poof for any number of reasons—if the promised economic growth doesn’t materialize, if the public concludes that his inability to ignore slights on Twitter is getting the best of his presidency, or if Democrats manage to leverage his low approval ratings and polarizing personality into a recapture of the House and Senate this coming November. And yes, it’s possible to regard Mr. Trump’s presidency as not worth the price.

But stupid? Perhaps the best advice for anti-Trumpers comes from one of their own, a Vermont Democrat named Jason Lorber. Way back in April, in an article for the Burlington Free Press, the retired state politician wrote that “while it may be good for a chuckle, calling or even thinking someone else stupid is virtually guaranteed to give them the last laugh.”

Is that not what Mr. Trump is now enjoying at the close of his first year?

 Voir également:

Trump, the Insurgent, Breaks With 70 Years of American Foreign Policy
President Trump has transformed the world’s view of the United States from an anchor of the international order into something more inward-looking and unpredictable.
Mark Landler
New York Times
Dec. 28, 2017

WASHINGTON — President Trump was already revved up when he emerged from his limousine to visit NATO’s new headquarters in Brussels last May. He had just met France’s recently elected president, Emmanuel Macron, whom he greeted with a white-knuckle handshake and a complaint that Europeans do not pay their fair share of the alliance’s costs.

On the long walk through the NATO building’s cathedral-like atrium, the president’s anger grew. He looked at the polished floors and shimmering glass walls with a property developer’s eye. (“It’s all glass,” he said later. “One bomb could take it out.”) By the time he reached an outdoor plaza where he was to speak to the other NATO leaders, Mr. Trump was fuming, according to two aides who were with him that day.

He was there to dedicate the building, but instead he took a shot at it.

“I never asked once what the new NATO headquarters cost,” Mr. Trump told the leaders, his voice thick with sarcasm. “I refuse to do that. But it is beautiful.” His visceral reaction to the $1.2 billion building, more than anything else, colored his first encounter with the alliance, aides said.

Nearly a year into his presidency, Mr. Trump remains an erratic, idiosyncratic leader on the global stage, an insurgent who attacks allies the United States has nurtured since World War II and who can seem more at home with America’s adversaries. His Twitter posts, delivered without warning or consultation, often make a mockery of his administration’s policies and subvert the messages his emissaries are trying to deliver abroad.

Mr. Trump has pulled out of trade and climate change agreements and denounced the 2015 nuclear deal with Iran. He has broken with decades of American policy in the Middle East by recognizing Jerusalem as the capital of Israel. And he has taunted Kim Jong-un of North Korea as “short and fat,” fanning fears of war on the peninsula.

He has assiduously cultivated President Xi Jinping of China and avoided criticizing President Vladimir V. Putin of Russia — leaders of the two countries that his own national security strategy calls the greatest geopolitical threats to America.

Above all, Mr. Trump has transformed the world’s view of the United States from a reliable anchor of the liberal, rules-based international order into something more inward-looking and unpredictable. That is a seminal change from the role the country has played for 70 years, under presidents from both parties, and it has lasting implications for how other countries chart their futures.

Mr. Trump’s unorthodox approach “has moved a lot of us out of our comfort zone, me included,” the national security adviser, Lt. Gen. H. R. McMaster, said in an interview. A three-star Army general who served in Iraq and Afghanistan and wrote a well-regarded book about the White House’s strategic failure in Vietnam, General McMaster defined Trump foreign policy as “pragmatic realism” rather than isolationism.

“The consensus view has been that engagement overseas is an unmitigated good, regardless of the circumstances,” General McMaster said. “But there are problems that are maybe both intractable and of marginal interest to the American people, that do not justify investments of blood and treasure.”

Mr. Trump’s advisers argue that he has blown the cobwebs off decades of foreign policy doctrine and, as he approaches his first anniversary, that he has learned the realities of the world in which the United States must operate.

They point to gains in the Middle East, where Crown Prince Mohammed bin Salman is transforming Saudi Arabia; in Asia, where China is doing more to pressure a nuclear-armed North Korea; and even in Europe, where Mr. Trump’s criticism has prodded NATO members to ante up more for their defense.

The president takes credit for eradicating the caliphate built by the Islamic State in Syria and Iraq, though he mainly accelerated a battle plan developed by President Barack Obama. His aides say he has reversed Mr. Obama’s passive approach to Iran, in part by disavowing the nuclear deal.

While Mr. Trump has held more than 130 meetings and phone calls with foreign leaders since taking office, he has left the rest of the world still puzzling over how to handle an American president unlike any other. Foreign leaders have tested a variety of techniques to deal with him, from shameless pandering to keeping a studied distance.

“Most foreign leaders are still trying to get a handle on him,” said Richard N. Haass, a top State Department official in the George W. Bush administration who is now the president of the Council on Foreign Relations. “Everywhere I go, I’m still getting asked, ‘Help us understand this president, help us navigate this situation.’

“We’re beginning to see countries take matters into their own hands. They’re hedging against America’s unreliability.”

Few countries have struggled more to adapt to Mr. Trump than Germany, and few leaders seem less personally in sync with him than its leader, Chancellor Angela Merkel, the physicist turned politician. After she won a fourth term, their relationship took on weighty symbolism: the great disrupter versus the last defender of the liberal world order.

In one of their first phone calls, the chancellor explained to the president why Ukraine was a vital part of the trans-Atlantic relationship. Mr. Trump, officials recalled, had little idea of Ukraine’s importance, its history of being bullied by Russia or what the United States and its allies had done to try to push back Mr. Putin.

German officials were alarmed by Mr. Trump’s lack of knowledge, but they got even more rattled when White House aides called to complain afterward that Ms. Merkel had been condescending toward the new president. The Germans were determined not to repeat that diplomatic gaffe when Ms. Merkel met Mr. Trump at the White House in March.
Trump’s Way

At first, things again went badly. Mr. Trump did not shake Ms. Merkel’s hand in the Oval Office, despite the requests of the assembled photographers. (The president said he did not hear them.)

Later, he told Ms. Merkel that he wanted to negotiate a new bilateral trade agreement with Germany. The problem with this idea was that Germany, as a member of the European Union, could not negotiate its own agreement with the United States.

Rather than exposing Mr. Trump’s ignorance, Ms. Merkel said the United States could, of course, negotiate a bilateral agreement, but that it would have to be with Germany and the other 27 members of the union because Brussels conducted such negotiations on behalf of its members.

“So it could be bilateral?” Mr. Trump asked Ms. Merkel, according to several people in the room. The chancellor nodded.

“That’s great,” Mr. Trump replied before turning to his commerce secretary, Wilbur Ross, and telling him, “Wilbur, we’ll negotiate a bilateral trade deal with Europe.”

Afterward, German officials expressed relief among themselves that Ms. Merkel had managed to get through the exchange without embarrassing the president or appearing to lecture him. Some White House officials, however, said they found the episode humiliating.

For Ms. Merkel and many other Germans, something elemental has changed across the Atlantic. “We Europeans must really take our destiny into our own hands,” she said in May. “The times in which we can fully count on others — they are somewhat over.”

Mr. Trump gets along better with Mr. Macron, a 40-year-old former investment banker and fellow political insurgent who ran for the French presidency as the anti-Trump. Despite disagreeing with him on trade, immigration and climate change, Mr. Macron figured out early how to appeal to the president: He invited him to a military parade.

But Mr. Macron has discovered that being buddies with Mr. Trump can also be complicated. During the Bastille Day visit, officials recalled, Mr. Trump told Mr. Macron he was rethinking his decision to pull out of the Paris climate accord.

That prompted French diplomats to make a flurry of excited calls to the White House for clarification the following week, only to find out that American policy had not changed. White House officials say that Mr. Trump was merely reiterating that the United States would be open to rejoining the pact on more advantageous terms.

But the exchange captures Mr. Trump’s lack of nuance or detail, which leaves him open to being misunderstood in complex international talks.

There have been fewer misunderstandings with autocrats. Mr. Xi of China and King Salman of Saudi Arabia both won over Mr. Trump by giving him a lavish welcome when he visited. The Saudi monarch projected his image on the side of a hotel; Mr. Xi reopened a long-dormant theater inside the Forbidden City to present Mr. Trump and his wife, Melania, an evening of Chinese opera.

“Did you see the show?” Mr. Trump asked reporters on Air Force One after he left Beijing in November. “They say in the history of people coming to China, there’s been nothing like that. And I believe it.”

Later, chatting with his aides, Mr. Trump continued to marvel at the respect Mr. Xi had shown him. It was a show of respect for the American people, not just for the president, one adviser replied gently.

Then, of course, there is the strange case of Mr. Putin. The president spoke of his warm telephone calls with the Russian president, even as he introduced a national security strategy that acknowledged Russia’s efforts to weaken democracies by meddling in their elections.

Mr. Trump has had a bumpier time with friends. He told off Prime Minister Theresa May on Twitter, after she objected to his exploitation of anti-Muslim propaganda from a far-right group in Britain.

“Statecraft has been singularly absent from the treatment of some of his allies, particularly the U.K.,” said Peter Westmacott, a former British ambassador to the United States.

Mr. Trump’s feuds with Ms. May and other British officials have left him in a strange position: feted in Beijing and Riyadh but barely welcome in London, which Mr. Trump is expected to visit early next year, despite warnings that he will face angry protesters.

Aides to Mr. Trump argue that his outreach to autocrats has been vindicated. When Crown Prince Mohammed bin Salman visited the White House in March, the president lavished attention on him. Since then, they say, Saudi Arabia has reopened cinemas and allowed women to drive.

But critics say Mr. Trump gives more than he gets. By backing the 32-year-old crown prince so wholeheartedly, the president cemented his status as heir to the House of Saud. The crown prince has since jailed his rivals as Saudi Arabia pursued a deadly intervention in Yemen’s civil war.

Mr. Trump granted an enormous concession to Prime Minister Benjamin Netanyahu when he announced this month that the United States would formally recognize Jerusalem as the capital of Israel. But he did not ask anything of Mr. Netanyahu in return.

That showed another hallmark of Mr. Trump’s foreign policy: how much it is driven by domestic politics. In this case, he was fulfilling a campaign promise to move the American Embassy to Jerusalem from Tel Aviv. While evangelicals and some hard-line, pro-Israel American Jews exulted, the Palestinians seethed — leaving Mr. Trump’s dreams of brokering a peace accord between them and the Israelis in tatters.

With China, Mr. Trump’s cultivation of Mr. Xi probably persuaded him to put more economic pressure on its neighbor North Korea over its provocative behavior. But even the president has acknowledged, as recently as Thursday, that it is not enough. And in return for Mr. Xi’s efforts, Mr. Trump has largely shelved his trade agenda vis-à-vis Beijing.

“It was a big mistake to draw that linkage,” said Robert B. Zoellick, who served as United States trade representative under Mr. Bush. “The Chinese are playing him, and it’s not just the Chinese. The world sees his narcissism and strokes his ego, diverting him from applying disciplined pressure.”

Mr. Trump’s protectionist instincts could prove the most damaging in the long term, Mr. Zoellick said. Trade, unlike security, springs from deeply rooted convictions. Mr. Trump believes that multilateral accords — like the Trans-Pacific Partnership, from which he pulled out in his first week in office — are stacked against America.

“He views trade as zero-sum, win-lose,” Mr. Zoellick said.

For some of Mr. Trump’s advisers, the key to understanding his statecraft is not how he deals with Mr. Xi or Ms. Merkel, but the ideological contest over America’s role that plays out daily between the West Wing and agencies like the State Department and the Pentagon.

“There’s a chasm that can’t be bridged between the globalists and the nationalists,” said Stephen K. Bannon, the president’s former chief strategist and the leader of the nationalist wing, who has kept Mr. Trump’s ear since leaving the White House last summer.

On the globalist side of the debate stand General McMaster; Secretary of Defense Jim Mattis; Secretary of State Rex W. Tillerson; and Mr. Trump’s chief economic adviser, Gary D. Cohn. On the nationalist side, in addition to Mr. Bannon, stand Stephen Miller, the president’s top domestic adviser, and Robert Lighthizer, the chief trade negotiator. On many days, the nationalist group includes the commander in chief himself.

The globalists have curbed some of Mr. Trump’s most radical impulses. He has yet to rip up the Iran nuclear deal, though he has refused to recertify it. He has reaffirmed the United States’ support for NATO, despite his objections about those members he believes are freeloading. And he has ordered thousands of additional American troops into Afghanistan, even after promising during the campaign to stay away from nation-building.

This has prompted a few Europeans to hope that “his bark is worse than his bite,” in the words of Mr. Westmacott.

Mr. Trump acknowledges that being in office has changed him. “My original instinct was to pull out,” he said of Afghanistan, “and, historically, I like following my instincts. But all my life I’ve heard that decisions are much different when you sit behind the desk in the Oval Office.”

Yet some things have not changed. Mr. Trump’s advisers have utterly failed to curb his Twitter posts, for example. Some gamely suggest that they create diplomatic openings. Others say they roll with the punches when he labels Mr. Kim of North Korea “Little Rocket Man.” For Mr. Tillerson, however, the tweets have severely tarnished his credibility in foreign capitals.

“All of them know they still can’t control the thunderbolt from on high,” said John D. Negroponte, who served as the director of national intelligence for Mr. Bush.

The tweets highlight that Mr. Trump still holds a radically different view of the United States’ role in the world than most of his predecessors. His advisers point to a revealing meeting at the Pentagon on July 20, when Mr. Mattis, Mr. Tillerson and Mr. Cohn walked the president through the country’s trade and security obligations around the world.

The group convened in the secure conference room of the Joint Chiefs of Staff, a storied inner sanctum known as the tank. Mr. Mattis led off the session by declaring that “the greatest thing the ‘greatest generation’ left us was the rules-based postwar international order,” according to a person who was in the room.

After listening for about 50 minutes, this person said, Mr. Trump had heard enough. He began peppering Mr. Mattis and Mr. Tillerson with questions about who pays for NATO and the terms of the free trade agreements with South Korea and other countries.

The postwar international order, the president of the United States declared, is “not working at all.”

Voir enfin:

Analysis The Palestinians Just Gave Netanyahu What He Always Wanted for Christmas

If there is one goal the Israeli premier has devoted his entire career to, it is trying to sever ties between the Americans and the Palestinians – and Abbas has handed it to him wrapped with a bow
Anshel Pfeffer

Haaretz

Dec 27, 2017

Ever since President Donald Trump announced the United States’ decision to recognize Jerusalem as Israel’s capital, the focus has been almost entirely on the global chorus of condemnation, the overwhelming votes against Trump’s proclamation in the UN Security Council and General Assembly, and the – so far – tiny handful of countries supporting the move.

But while attention has largely been on these symbolic moves, something that escaped notice is that, in the aftermath of the recognition gesture, Prime Minister Benjamin Netanyahu has accomplished one of his most cherished policy goals: Finally driving a massive wedge between the United States and the Palestinians.

When last Friday Palestinian President Mahmoud Abbas published his Christmas message, announcing that the Palestinians “will not accept the U.S. as the mediator in the peace process, nor are we going to accept any plan from the U.S. side,” he could not have come up with a better Christmas present for Netanyahu.
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If there is one goal Netanyahu has devoted his career to – from the days when he was a Zionist student activist at MIT in the early 1970s – it is trying to sever ties between the Americans and the Palestinians. And Abbas gave it to him, just like that.

The battle against the U.S. administration recognizing the PLO and entering official talks with it dominated Israeli foreign policy throughout the 1980s, when Netanyahu was a diplomat in Washington and at the UN.

Thirty years ago, when leaving the diplomatic service to enter politics full-time with the Likud party, Netanyahu timed his resignation to follow a meeting between then-Secretary of State George P. Shultz and PLO-affiliated Palestinian academics, to portray it as an act of protest against the talks. Between 1988 and 1991, as deputy foreign minister his brief was mainly devoted to appearing in the American media, advocating against U.S.-PLO ties.

As prime minister (initially from 1996-1999 and then from 2009), Netanyahu had to contend with the new realities of the post-Oslo era – and, of course, with the administrations of Bill Clinton and Barack Obama, which openly supported a Palestinian state. But every engagement of his with the Palestinians was slow, grudging and through gritted teeth.

He has never given up on his stated intent to convince the world – and when Netanyahu thinks of the world, it will always be the world as it looks from the Oval Office – that the Palestinian issue is a sideshow and its leadership does not deserve an equal place at the table.
U.S. President Donald Trump and Prime Minister Benjamin Netanyahu in Jerusalem, May 23, 2017.
U.S. President Donald Trump and Prime Minister Benjamin Netanyahu in Jerusalem, May 23, 2017.Stephen Crowley/NYT

Netanyahu has never really cared about Jerusalem, beyond its symbolic significance. His government has not made any real efforts to solve the everyday problems of Israel’s poorest city. And even the much-beloved canard of moving the U.S. Embassy from Tel Aviv to Jerusalem was never that high on his priority list. But the support for recognizing Jerusalem among Trump’s evangelical base, and the fact the U.S. president was willing to go ahead with the recognition as a low-cost (from his perspective) way of signaling he was keeping his election promises and showing how different he was from Obama, was a wonderful opportunity for Netanyahu.

He didn’t expect the world to suddenly fall in line with the U.S. president’s proclamation. Quite the opposite. He saw how much anger and opposition it would provoke, and therefore stoked Trump’s ego with encouragement and praise.

Netanyahu played the cards dealt to him brilliantly. The bigger the hoopla around Trump’s empty gesture, the bigger the insult to the Palestinians – an insult not delivered by Israel, but directly by the White House.

Trump himself made it clear the recognition of Jerusalem was not meant to prejudice the outcome of future negotiations between Israel and the Palestinians. He even emphasized that the United States was not recognizing any specific borders of Israel’s capital. The United States hasn’t even changed its policy on not writing “Israel” in the passports of U.S. citizens born in Jerusalem, much less made any concrete steps for actually moving the embassy. But Netanyahu still declared that Trump’s announcement was an event of great historical importance, on a par with the Balfour Declaration and King Cyrus’ decree to rebuild the Jewish temple in Jerusalem.

The Palestinians could have issued a low-key response, saying simply that no one, not even Trump, could decide the future of Jerusalem without their agreement. They could have kept their channels to the United States open and waited to see if anything would come of the much-vaunted Trump peace proposal.

Instead, they declared “days of rage” that quickly fizzled, and then effectively severed ties with the Americans by announcing they would be boycotting any scheduled meetings with administration officials.

No one has any illusions that this a favorable presidency as far as they are concerned. But, let’s face it, every single U.S. presidency has always been much more pro-Israel than pro-Palestinian. The “honest broker” label has always been a myth. The only reason the United States has been mediating between the two sides for so long is that it’s the world’s sole superpower and has been invested in the region for so many years.

There is always talk of another government stepping in as a potential mediator between Israel and the Palestinians. This is idle talk based on wishful thinking. No other country has the resources, the skilled and experienced diplomatic corps, the investment in the region and the credibility to become the brokers of the process.

The European Union is mired in a near-existential crisis, with Brexit cutting off one of its major members; its unofficial leader, German Chancellor Angela Merkel, is struggling to build a coalition at home; and its unofficial leader-in-waiting, French President Emmanuel Macron, lacks the experience and attention span to devote himself properly. Russia has ulterior motives and does not really wish to help bring peace, just enhance its influence. China, which launched a Mideast conference this past week, is too far away – physically and mentally – to be much more than a bystander. And, most important, Israel can and will veto any other partner besides the Americans.

All of this may change in the future if successive administrations follow Obama and Trump’s example by retreating from America’s traditional role in the region. But it will take decades for a new player to grow into the role of ultimate patron of the diplomatic process. By the time that happens, Abbas and Netanyahu will no longer be on the stage themselves.

It is much more likely that a new U.S. administration will reassert itself within a few years. When that happens, the Palestinians will have to rebuild their relationship with Washington and, depending on the views of that administration, it may be a better one than they had in the past. But for now at least, they have given Netanyahu what he’s always wanted for Christmas.
read more: https://www.haaretz.com/israel-news/1.831169


Education: Trop intelligents pour être heureux (Harvard’s new Jews: How Ivy League schools’ fear of over-representation, stereotyping or preferences for athletes, large donors, alumni and under-represented groups sublty discriminate against Asian students)

17 décembre, 2017

The image of Asian-Americans as a homogeneous group of high achievers taking over the campuses of the nation’s most selective colleges came under assault in a report issued Monday.

The report, by New York University, the College Board and a commission of mostly Asian-American educators and community leaders, largely avoids the debates over both affirmative action and the heavy representation of Asian-Americans at the most selective colleges.

But it pokes holes in stereotypes about Asian-Americans and Pacific Islanders, including the perception that they cluster in science, technology, engineering and math. And it points out that the term “Asian-American” is extraordinarily broad, embracing members of many ethnic groups.

“Certainly there’s a lot of Asians doing well, at the top of the curve, and that’s a point of pride, but there are just as many struggling at the bottom of the curve, and we wanted to draw attention to that,” said Robert T. Teranishi, the N.Y.U. education professor who wrote the report, “Facts, Not Fiction: Setting the Record Straight.”

“Our goal,” Professor Teranishi added, “is to have people understand that the population is very diverse.”

The report, based on federal education, immigration and census data, as well as statistics from the College Board, noted that the federally defined categories of Asian-American and Pacific Islander included dozens of groups, each with its own language and culture, as varied as the Hmong, Samoans, Bengalis and Sri Lankans.

Their educational backgrounds, the report said, vary widely: while most of the nation’s Hmong and Cambodian adults have never finished high school, most Pakistanis and Indians have at least a bachelor’s degree.

The SAT scores of Asian-Americans, it said, like those of other Americans, tend to correlate with the income and educational level of their parents.

“The notion of lumping all people into a single category and assuming they have no needs is wrong,” said Alma R. Clayton-Pederson, vice president of the Association of American Colleges and Universities, who was a member of the commission the College Board financed to produce the report.

“Our backgrounds are very different,” added Dr. Clayton-Pederson, who is black, “but it’s almost like the reverse of what happened to African-Americans.”

The report found that contrary to stereotype, most of the bachelor’s degrees that Asian-Americans and Pacific Islanders received in 2003 were in business, management, social sciences or humanities, not in the STEM fields: science, technology, engineering or math. And while Asians earned 32 percent of the nation’s STEM doctorates that year, within that 32 percent more than four of five degree recipients were international students from Asia, not Asian-Americans.

The report also said that more Asian-Americans and Pacific Islanders were enrolled in community colleges than in either public or private four-year colleges. But the idea that Asian-American “model minority” students are edging out all others is so ubiquitous that quips like “U.C.L.A. really stands for United Caucasians Lost Among Asians” or “M.I.T. means Made in Taiwan” have become common, the report said.

Asian-Americans make up about 5 percent of the nation’s population but 10 percent or more — considerably more in California — of the undergraduates at many of the most selective colleges, according to data reported by colleges. But the new report suggested that some such statistics combined campus populations of Asian-Americans with those of international students from Asian countries.

The report quotes the opening to W. E. B. Du Bois’s 1903 classic “The Souls of Black Folk” — “How does it feel to be a problem?” — and says that for Asian-Americans, seen as the “good minority that seeks advancement through quiet diligence in study and work and by not making waves,” the question is, “How does it feel to be a solution?”

That question, too, is problematic, the report said, because it diverts attention from systemic failings of K-to-12 schools, shifting responsibility for educational success to individual students. In addition, it said, lumping together all Asian groups masks the poverty and academic difficulties of some subgroups.

The report said the model-minority perception pitted Asian-Americans against African-Americans. With the drop in black and Latino enrollment at selective public universities that are not allowed to consider race in admissions, Asian-Americans have been turned into buffers, the report said, “middlemen in the cost-benefit analysis of wins and losses.”

Some have suggested that Asian-Americans are held to higher admissions standards at the most selective colleges. In 2006, Jian Li, the New Jersey-born son of Chinese immigrants, filed a complaint with the Office for Civil Rights at the Education Department, saying he had been rejected by Princeton because he is Asian. Princeton’s admission policies are under review, the department says.

The report also notes the underrepresentation of Asian-Americans in administrative jobs at colleges. Only 33 of the nation’s college presidents, fewer than 1 percent, are Asian-Americans or Pacific Islanders.

Voir aussi:

Data check: Why do Chinese and Indian students come to U.S. universities?

Two new reports document the continued growth in the overall number of students coming to the United States from other countries. Those pursuing undergraduate degrees in so-called STEM (science, technology, engineering, and mathematics) fields make up 45% of the undergraduate total, and their share of the graduate pool is even larger. But within that broad picture are some surprising trends involving China and India, the two countries that supply the largest number of students (see graphic, above).

One is that the flow of Chinese students into U.S. graduate programs is plateauing at the same time their pursuit of U.S. undergraduate degrees is soaring. Another is the recent spike in graduate students from India occurring despite a continuing small presence of Indian students at the undergraduate level.

In August, ScienceInsider wrote about a report from the Council of Graduate Schools (CGS) on the most recent acceptance rates for foreign students at U.S. graduate programs. Last week the report was updated to reflect this fall’s actual first-time enrollment figures. And yesterday the Institute of International Education (IIE) issued its annual Open Doors report, which covers both undergraduate and graduate students from elsewhere enrolling in the United States as well as U.S. students studying abroad.

According to IIE, 42% of the 886,000 international students at U.S. universities in 2013 to 2014 hailed from China and India. China makes up nearly three-fourths of that subtotal. In fact, the number of Chinese students equals the total from the next 12 highest ranking countries after India.

This year’s IIE report also includes a look at 15-year trends. For example, foreign students compose only 8.1% of total U.S. enrollment, but their numbers have grown by 72% since 1999, making international students an increasingly important part of U.S. higher education.

Their presence has long been visible within graduate programs in science and engineering fields, of course. But the new Open Doors report documents a surge in undergraduate enrollment from China, to the point where it almost equals the number of graduate students in the country—110,550 versus 115,727. In 2000, the ratio was nearly 1-to-6.

Trying to understand such trends keeps university administrators up at night. And the more they know, the better they can be at anticipating the next trend. That’s why ScienceInsider turned to Peggy Blumenthal. She’s spent 30 years at IIE, most recently as senior counselor to its current president, Allan Goodman, and that longevity has given her a rich perspective on the ebb and flow of international students. Here is her perspective on what’s moving the needle for Chinese and Indian students.

An explosion of Chinese undergraduates

The numbers: Chinese undergraduate enrollment in the United States has grown from 8252 in 2000 to 110,550 last year. Almost all of that growth has occurred since 2007, and there has been a doubling since 2010.

The reasons: A high score on China’s national college entrance examination, called the gaokao, enables a Chinese student to attend a top university and can punch their ticket to a successful career. It requires years of high-stress preparation, however. A growing number of parents choose to remove their children from that pressure cooker, Blumenthal says, and look for alternatives abroad. The chance for a liberal arts education at a U.S. university is an attractive alternative to the rigid undergraduate training offered by most Chinese universities, she adds.

The U.S. system of higher education, Blumenthal says, offers Chinese families “a unique opportunity to shop” based on the price, quality, and reputation of the institution. The cost of out-of-state tuition at a top public U.S. university is a relative bargain for China’s growing middle class, she notes, and community colleges are dirt cheap.

Recent changes in immigration policies have made the United Kingdom and Australia less desirable destinations among English-speaking countries, according to Blumenthal. She also thinks that U.S. colleges have built a sturdy support system based on their decades of experience in hosting foreign students. “In Germany or France you’re pretty much on your own” in choosing classes, completing the work, and earning a degree, she says. “Nobody is there to help if you’re having trouble.”

Flat Chinese graduate enrollment

The numbers: The CGS report says that the number of first-time graduate students this fall from China fell by 1%, the first time in the decade that it has declined. Thanks to that dip, the growth in the overall number of Chinese graduate students on U.S. campuses slowed to just 3% this fall, compared with double-digit increases in recent years. U.S. academic scientists may not be aware of this emerging trend because of the sheer number of Chinese graduate students on U.S. campuses. IIE puts the number last year at 115,727, and the CGS report says they represent one-third of all foreign graduate students.

The reasons: Chinese graduate students have more options at home now. “China has pumped enormous resources into its graduate education capacity” across thousands of universities, Blumenthal says. An increasing proportion of the professors at those universities have been trained in the United States and Europe, she says, and upon their return they have implemented Western research practices. “They are beginning to teach more like we do, publish like we do, and operate their labs like we do.”

At the same time, she says, the added value of a U.S. graduate degree has shrunk in relation to a comparable Chinese degree. “That’s not true for MIT [the Massachusetts Institute of Technology] or [the University of California,] Berkeley, of course—those degrees still carry a premium in the job market,” she says. “But for the vast majority of Chinese students, it’s not clear that an investment in a U.S. degree is worth it, especially when the rapid growth of the Chinese economy has created such a great need for scientific and engineering talent.”

In the United States, a tight job market often translates into more students attending graduate school in the hope that it will give them an edge. But high unemployment rates among college graduates in China haven’t created a potentially larger pool of applicants to U.S. graduate programs, she says, because those students are not competitive with their U.S. peers.

“They are probably not English speakers and would have trouble passing the TOEFL [an assessment of English language skills],” she surmises. “So they might only get into a fourth-rate U.S. graduate program.” In contrast, she says, U.S. graduate programs have historically gotten “the cream of the crop” from China. And if a larger proportion of those students can build a career in China, fewer need apply to U.S. graduate programs.

Few Indian undergraduates

The numbers: India barely registers on a list of originating countries for U.S. undergraduates. Compared with China, home to 30% of all U.S. international undergrads, Indian students compose only 3% of the pool. And the overall total for 2013—12,677—actually reflects a drop of 0.5% from 2012.

The reasons: Top-performing Indian students are well-served at the undergraduate level by the country’s network of elite technology institutes, known as IITs. India has also never had a strong connection to the United States at the undergraduate level, according to Blumenthal. In addition, she says, “many Indian parents are reluctant to send their girls abroad, especially at the undergraduate level.” By contrast, she says, China’s one-child-per-family rule has meant that they have “one shot at success, male or female.”

Soaring graduate enrollment from India

The numbers: The incoming class of Indian students for U.S. graduate programs is 27% larger this year than in 2013, according to CGS’s annual survey. And that increase follows a 40% jump in 2013 over 2012. However, CGS officials note that the Indian numbers have historically been more volatile than those from China; the increases for 2011 and 2012 were 2% and 1%, respectively.

The reasons: U.S. graduate programs have benefited from several recent developments that, together, have opened the floodgates for Indian students. For starters, India’s investment in higher education hasn’t yet had much effect on graduate education, Blumenthal says. Unlike in China, she says, “in India there’s been very little effort to upgrade the quality of the faculty.”

At the same time, it’s becoming harder for graduates of India’s universities to follow the traditional path of doing their further training in Britain or Australia, as many of their professors had done in previous generations. For the United Kingdom, tuition increases, visa restrictions, and a tightening of rules for those seeking work permits after college have all created greater barriers to entry, Blumenthal says. “It sends a message from the U.K. government that [it’s] not really interested in international students,” she says. “They are now regarded as simply another category of immigrants” rather than a valuable future source of intellectual capital.

In Australia, Blumenthal notes, there’s a growing backlash against earlier government attempts to recruit more international students. “People think they let in too many,” she says. “They didn’t fit in, they didn’t speak English, and there was a perception that they were taking away jobs from Australians.”

A recent strengthening of the rupee against the U.S. dollar has made U.S. graduate education more affordable for the middle class, she adds. And sluggish economic growth in India has meant fewer jobs for recent college graduates.

Foreign Student Dependence

New report provides breakdown on international enrollments by discipline and institution, showing that there are graduate STEM programs in which more than 90 percent of students are from outside the U.S.

Elizabeth Redden
July 12, 2013

International students play a critical role in sustaining quality science, technology, engineering and mathematics (STEM) graduate programs at U.S. universities, a new report from the National Foundation for American Policy (NFAP) argues.

It will come as no surprise to observers of graduate education that the report documents the fact that foreign students make up the majority of enrollments in U.S. graduate programs in many STEM fields, accounting for 70.3 percent of all full-time graduate students in electrical engineering, 63.2 percent in computer science, 60.4 percent in industrial engineering, and more than 50 percent in chemical, materials and mechanical engineering, as well as in economics (a non-STEM field). However, the report, which analyzes National Science Foundation enrollment data from 2010 by field and institution, also shows that these striking averages mask even higher proportions at many individual universities. For example, there are 36 graduate programs in electrical engineering where the proportion of international students exceeds 80 percent, including seven where it exceeds 90. (The analysis is limited to those programs with at least 30 full-time students.)

Graduate Electrical Engineering Programs With More Than 90 Percent International Enrollment

University Number of U.S. Citizens or Permanent Residents Enrolled Full-Time Number of International Students Enrolled Full-Time Percent International Enrollment
University of Texas at Arlington 16 229 93.5
Fairleigh Dickinson University 3 42 93.3
Illinois Institute of Technology 31 400 92.8
University of Houston 16 180 91.8
State University of New York at Buffalo 19 189 90.9
New Jersey Institute of Technology 21 201 90.5
Rochester Institute of Technology 11 105 90.5

    National Foundation for American Policy analysis of National Science Foundation data from 2010.

“International students help many universities have enough graduate students to support research programs that help attract top faculty and that also thereby help U.S. students by having a higher-quality program than they otherwise would have,” said Stuart Anderson, NFAP’s executive director and author of the report. Without them, he said, “you’d see a shrinking across the board where you’d have just certain schools that are able to support good programs. That would lead to a shrinking of U.S. leadership in education and technology if you have many fewer programs with high-quality research and top-level professors.”

“To some extent this reflects some of what’s going on in our society within the U.S. in terms of trying to push for more interest in STEM fields,” said Jonathan Bredow, professor and chair of the electrical engineering department at the University of Texas at Arlington, a program with more than 90 percent international enrollment.  “Domestic students tend to be more interested in going out and getting a job right after a bachelor’s degree. Some see a value of getting a master’s degree but in terms of the Ph.D., I think it’s largely seen as unnecessary.”

“There’s a relatively small number of high-quality domestic students who can be accepted into our master’s and Ph.D. programs,” said Leonid Tsybeskov, professor and chair of the electrical and computer engineering department at the New Jersey Institute of Technology. He added that those domestic students who are strong candidates typically apply to higher-ranked programs than NJIT’s.

Indeed, said Anderson, “You talk to the professors, they say, ‘O.K., if we were MIT or Stanford we could get all the top U.S. students,’ but by definition there are only a few of those schools. Obviously everyone can’t be MIT or Stanford. » At the Massachusetts Institute of Technology, the proportion of international students in graduate electrical engineering programs is 52.5 percent and, in computer science, 35.3 percent. At Stanford, 56 percent of graduate electrical engineering students and 43.7 percent of graduate computer science students are international.

The report also emphasizes the value that international students can bring to the U.S. economy after graduation as researchers and entrepreneurs. Measures that would make it easier for STEM graduate students to obtain visas to work in the U.S. after graduation – measures that many in higher education see as crucial to the U.S. maintaining its edge in attracting international graduate students — are pending in Congress (and are included in the comprehensive immigration bill recently passed by the Senate).

« This report is very well-timed,” said Julia Kent, director of communications and advancement for the Council of Graduate Schools. “Obviously, for the policy reasons — the pending legislation about STEM visas — and second because there is data out there right now which suggests that we have some cause for concern in this country about the flow of international graduate students to the United States which we have always counted on. There is now more competition for international graduate students. Other countries are developing policies to promote the influx of foreign students to their shores, and there are also ways in which the current economy in the United States has reduced funding support for graduate students, which makes it more difficult to attract students to U.S. programs with attractive funding packages.”

CGS data on applications to U.S. graduate schools released in April show that total international applications grew by a meager 1 percent this year and that there were actually drops in applications from certain key sending countries, including China (-5 percent), South Korea (-13 percent) and Taiwan (-13 percent). On the plus side, applications from India increased 20 percent.

« It’s too soon to know how this data will actually affect enrollments, but the preliminary data show that there is some cause for concern,” Kent said.

Graduate Computer Science Programs With More than 90 Percent International Enrollment

University Number of U.S. Citizens or Permanent Residents Enrolled Full-Time Number of International Students Enrolled Full-Time Percent International Enrollment
San Diego State University 13 160 92.5
Texas A&M University-Corpus Christi 6 70 92.1
Illinois Institute of Technology 35 392 91.8
University of Missouri at Kansas City 8 81 91
University of New Haven 5 49 90.7
San Jose State University 35 323 90.2
Fairleigh Dickinson University 6 55 90.2

     National Foundation for American Policy analysis of National Science Foundation data from 2010.

Voir par ailleurs:

The Chosen The Hidden History of Admission and Exclusion at Harvard, Yale and Princeton By Jerome Karabel Illustrated. 711 pages. Houghton Mifflin. $28.

Nick Carraway and Sherman McCoy went to Yale. Amory Blaine and Doogie Howser went to Princeton. Oliver Barrett IV and Thurston Howell III went to Harvard. Charles Foster Kane was thrown out of all three. What these fictional characters all have in common, of course, is that they are all white, privileged males — completely representative figures, until the late 1960’s and early 70’s, of the student population at those three Ivy League schools.

In his informative but often vexing new book, Jerome Karabel, a professor of sociology at the University of California, Berkeley, looks at the admissions process at the so-called Big Three and how the criteria governing that process have changed over the last century in response to changes in society at large. His book covers much of the same ground that Nicholas Lemann covered — a lot more incisively — in his 1999 book « The Big Test: The Secret History of the American Meritocracy, » and it also raises some of the same questions that Jacques Steinberg, a reporter for The New York Times, did in his 2002 book, « The Gatekeepers: Inside the Admissions Process of a Premier College. »

Mr. Karabel writes that until the 1920’s, Harvard, Yale and Princeton, « like the most prestigious universities of other nations, » admitted students « almost entirely on the basis of academic criteria. » Applicants « were required to take an examination, and those who passed were admitted. » Though the exams exhibited a distinct class bias (Latin and Greek, after all, were not taught at most public schools), he says that « the system was meritocratic in an elemental way: if you met the academic requirements, you were admitted, regardless of social background. »

This all changed after World War I, he argues, as it became « clear that a system of selection focused solely on scholastic performance would lead to the admission of increasing numbers of Jewish students, most of them of eastern European background. » This development, he notes, occurred « in the midst of one of the most reactionary moments in American history, » when « the nationwide movement to restrict immigration was gaining momentum » and anti-Semitism was on the rise, and the Big Three administrators began to worry that « the presence of ‘too many’ Jews would in fact lead to the departure of Gentiles. » Their conclusion, in Mr. Karabel’s words: « given the dependence of the Big Three on the Protestant upper class for both material resources and social prestige, the ‘Jewish problem’ was genuine, and the defense of institutional interests required a solution that would prevent ‘WASP flight.’ « 

The solution they devised was an admissions system that allowed the schools, as Mr. Karabel puts it, « to accept — and to reject — whomever they desired. » Instead of objective academic criteria, there would be a new emphasis on the intangibles of « character » — on qualities like « manliness, » « personality » and « leadership. » Many features of college admissions that students know today — including the widespread use of interviews and photos; the reliance on personal letters of recommendation; and the emphasis on extracurricular activities — have roots, Mr. Karabel says, in this period.

Despite the reformist talk of figures like the Harvard president James Bryant Conant, Mr. Karabel contends, the admissions policy of the Big Three remained beholden to « the wealthy and the powerful. » And despite changes wrought by the G.I. Bill and the growing influence of faculty members, the Big Three still looked in 1960 much as they had before World War II: « overwhelmingly white, exclusively male and largely Protestant. »

Mr. Karabel reports that on the eve of President John F. Kennedy’s election, the three schools were « still de facto segregated institutions — less than 1 percent black and, in the case of Princeton, enrolling just 1 African-American freshman in a class of 826. » And while anti-Semitism was officially taboo, he notes, « Harvard rejected three-quarters of the applicants from the Bronx High School of Science and Stuyvesant that year (compared to just 31 percent from Exeter and Andover) while Yale limited the Jewish presence in the freshman class to one student in eight. »

All that changed in the 1960’s and 70’s, with new admissions policies pioneered by reformers like the Yale president Kingman Brewster and his dean of admissions, R. Inslee Clark Jr., known as Inky. With federal research money and foundation grants pouring into the Big Three, the schools became less dependent on the largess of their alumni, and a radically altered social environment — galvanized by the civil rights and student protest movements — spurred the impetus for change.

« By the mid-1970’s, » Mr. Karabel writes, « the formula — that is, the new admissions criteria and practices — used by the Big Three had been fully institutionalized: need-blind admissions, no discrimination against women or Jews, and special consideration for historically underrepresented minorities as well as athletes and legacies. »

It is Mr. Karabel’s thesis that these sorts of changes were adopted by the Big Three out of a desire « to preserve and, when possible, to enhance their position in a highly stratified system of higher education. » The institutions were « often deeply conservative » and « intensely preoccupied with maintaining their close ties to the privileged, » he writes, arguing that when change did come it almost always derived from one of two sources: because « the continuation of existing policies was believed to pose a threat either to vital institutional interests » (i.e., Yale and Princeton decided to admit women when they realized that their all-male character was hobbling them in their efforts to compete with Harvard for the very best students) or « to the preservation of the larger social order of which they were an integral — and privileged — part » (i.e., the Big Three’s adoption of vigorous race-based affirmative action after the race riots of 1965-68).

Although Mr. Karabel’s narrative becomes mired, in its later pages, in a Marxist-flavored philosophical questioning of the very idea of meritocracy, his account of changing admissions policies at Yale, Harvard and Princeton serves a useful purpose. It puts each school’s actions in context with the others’ and situates those developments within a broader political and social context. While at the same time it shows, in minute detail, how the likes of Nick Carraway, Oliver Barrett IV and Amory Blaine went from being typical students at the Big Three to being members of just one segment of coed, multicultural and increasingly diverse student bodies — if, that is, they could even manage to be admitted today.

 Voir aussi:

Why the SAT Isn’t a ‘Student Affluence Test’
A lot of the apparent income effect on standardized tests is owed to parental IQ—a fact that needs addressing.
Charles Murray
WSJ
March 24, 2015
… The results are always the same: The richer the parents, the higher the children’s SAT scores. This has led some to view the SAT as merely another weapon in the inequality wars, and to suggest that SAT should actually stand for “Student Affluence Test.”

It’s a bum rap. All high-quality academic tests look as if they’re affluence tests. It’s inevitable. Parental IQ is correlated with children’s IQ everywhere. In all advanced societies, income is correlated with IQ. Scores on academic achievement tests are always correlated with the test-takers’ IQ. Those three correlations guarantee that every standardized academic-achievement test shows higher average test scores as parental income increases.

But those correlations also mean that a lot of the apparent income effect is actually owed to parental IQ. The SAT doesn’t have IQ information on the parents. But the widely used National Longitudinal Survey of Youth contains thousands of cases with data on family income, the mother’s IQ, and her children’s performance on the math and reading tests of the Peabody Individual Achievement Test battery, which test the same skills as the math and reading tests of the SAT.

For the SAT, shifting to more than $200,000 of family income from less than $20,000 moved the average score on the combined math and reading tests to the 74th percentile from the 31st—a jump of 43 percentiles. The same income shift moved the average PIAT score to the 82nd percentile from the 30th—a jump of 52 percentiles.

Now let’s look at the income effect in the PIAT when the mother’s IQ is statistically held constant at the national average of 100. Going to a $200,000 family income from a $1,000 family income raises the score only to the 76th percentile from the 50th—an increase of 26 percentiles. More important, almost all of the effect occurs for people making less than $125,000. Going to $200,000 from $125,000 moves the PIAT score only to the 76th percentile from the 73rd—a trivial change. Beyond $200,000, PIAT scores go down as income increases.

In assessing the meaning of this, it is important to be realistic about the financial position of families making $125,000 who are also raising children. They were in the top quartile of income distribution in 2013, but they probably live in an unremarkable home in a middle-class neighborhood and send their children to public schools. And yet, given mothers with equal IQs, the child whose parents make $125,000 has only a trivial disadvantage, if any, when competing with children from families who are far more wealthy.

Why should almost all of the income effect be concentrated in the first hundred thousand dollars or so? The money itself may help, but another plausible explanation is that the parents making, say, $60,000 are likely to be regularly employed, with all the things that regular employment says about a family. The parents are likely to be conveying advantages other than IQ such as self-discipline, determination and resilience—“grit,” as this cluster of hard-to-measure qualities is starting to be called in the technical literature.

Families with an income of, say, $15,000 are much more likely to be irregularly employed or subsisting on welfare, with negative implications for that same bundle of attributes. Somewhere near $100,000 the marginal increments in grit associated with greater income taper off, and further increases in income make little difference.

Let’s throw parental education into the analysis so that we can examine the classic indictment of the SAT: the advantage a child of a well-educated and wealthy family (Sebastian, I will call him) has over the child of a modestly educated working-class family (Jane). Sebastian’s parents are part of the fabled 1%, with $400,000 in income, and his mother has a college degree. But her IQ is only average. Jane’s family has an income of just $40,000 and mom has only a high-school diploma. But mom’s IQ is 135, putting her in the top 1% of the IQ distribution.

Which child is likely to test higher? Sebastian is predicted to be at the 68th percentile on the PIAT. Jane is predicted to be at the 78th percentile. If you want high test scores, “choose” a smart but poor mother over a rich but dumb one—or over a rich and merely ungifted one.

One way of analyzing the effect of “privilege” — wealth and parental investment — on test scores and outcomes as adults would be to check how much an only child is advantaged relative to a child in a larger family.

For example, consider my wife v. myself. Harvard social scientist Robert D. Putnam’s new book Our Kids uses a super-simplified definition of class based solely on parents’ educational levels. By Putnam’s standards, my wife, whose mother and father both had masters degrees, would have grown up upper middle class. In contrast, my father had a junior college 2-year diploma and my mother had only a high school diploma, so I’d be lower middle class, I guess.

On the other hand, I was an only child, while my wife has three siblings. So, growing up, I never felt terribly strapped for money nor, especially, for parental time and energy, while my wife’s upbringing was more exigent.

Although you don’t hear about it much now that small families are the norm, back in my Baby Boom childhood, the privileged nature of being an only child — only children were widely said to be spoiled — was a frequent subject of conversation. This was especially true since I went to Catholic schools for 12 years, where very large families were common. For example, one friend, the class clown and best singer (his rendition of “MacNamara’s Band” in 4th grade remains a vivid memory), had eight siblings in his Irish family.

How privileged was I by being one of a family of three rather than one of a family of eleven?

My friend from the huge family has had a long, successful career as a TV sportscaster, along with some TV and movie credits as a comic actor. If you live in L.A., you’ve seen him on TV dozens of times over the last 30 years. So, growing up in a huge family didn’t ruin his life.On the other hand, if he’d been an only child with a real stage mother for a mom, I could imagine somebody with that much presence (his affect is reminiscent of that of the late Philip Seymour Hoffman or of a straight Nathan Lane) becoming a semi-famous character actor with maybe one or two Best Supporting Actor nominations.

Back during my more egalitarian childhood, people didn’t think that much about tutoring and Tiger Mothering, but, to some extent it works.

For example, I have had a pleasant life, but looking back I can see wasted opportunities. After my freshman year at Rice I came home and got a summer job at Burger King. After my sophomore year, I repaired dental equipment. Finally, after my junior year I worked as the assistant to the Chief Financial Officer of a big weedwacker manufacturing company. But what did the Burger King and repair jobs do for me other than teach me not to be a fry cook or repairman? These days I would have plotted to get internships in Silicon Valley or D.C. or Wall Street and had my parents pay my rent.

So, yes, I do think I was privileged to have the extra resources I was afforded by being an only child, even if I didn’t exploit my privileges as cunningly as I could have.

Quantifying how big a privilege that was seems challenging but doable. In fact, I’m sure somebody has done it already, and I invite commenters to link to studies.

It seems to me that measuring the effects of being an only child ought to be the first thing we do when we decide to theorize about Privilege.

By the way, however, there are other factors that may matter more in determining how Privileged you are. For example, my parents happened to turn out to be winners in the Great American Random Lottery of choosing a neighborhood to buy a home in during the 1950s — the demographics of their neighborhood have barely changed since the 1950s.

In contrast, my in-laws had the bad luck to draw what nightmarishly turned out to be one of the shortest straws in America: the Austin neighborhood on the West Side of Chicago. It was almost all white until Martin Luther King came to Chicago in 1966 to demand integration. Being good liberals, my in-laws joined a pro-integration group of neighbors who all swore to not engage in white flight. But after three years and three felonies against their small children, my in-laws were pretty much financially wiped out by trying to make integration work in Austin. And thus after they finally sold out at a massive loss, they wound up living in a farmhouse without running water for the next two years.

Bizarrely, while the once-pleasant street where my wife grew up in Austin looks nowadays like a post-apocalyptic wasteland, a couple of miles to the west is Superior Street in Oak Park, IL where my father grew up in the 1920s. It looks like an outdoor Frank Lloyd Wright museum today. The Wright district was saved by Oak Park’s secret, illegal, and quite effective “black-a-block” racial quota system imposed on realtors to keep Oak Park mostly white (and, these days, heavily gay).

So a not insignificant fraction of White Privilege in 2015 actually consists of whether or not the Eye of Sauron turned upon your parents’ neighborhood or not.

Voir également:

Les raisons du succès scolaire des jeunes d’origine asiatique

Lucile Quillet

Le Figaro étudiant

13/06/2013

La spectaculaire réussite des enfants d’immigrés asiatiques se confirme au bac. Et pourtant, leurs parents s’impliquent peu dans leurs devoirs, mais ils veillent à leurs horaires, les placent souvent dans le privé et jouent à fond la carte du bilinguisme.

À force d’entendre «si j’avais eu ta chance…», ils sont d’autant plus motivés. Leurs parents sont venus de loin et ont choisi la France pour offrir à leur progéniture un meilleur avenir.

Les jeunes Asiatiques ont particulièrement bien compris la leçon et fusent comme des comètes au-dessus du lot. Lycée, bac, études supérieures, ils se montrent performants à chaque étape. «Petits déjà, ils redoublent peu à l’école», assure Yaël Brinbaum, co-auteure de l’étude Trajectoires et Origines conduite par l’Insee et l’Ined. Plus de 60% d’entre eux seront orientés dans des filières généralistes. Plus que la moyenne nationale (50%).

Parmi les enfants de non bacheliers, les jeunes d’origine asiatiques se distinguent tout particulièrement. Ils seront encore 60% à décrocher le bac ,contre 50% pour les autres. Un quart iront jusqu’à bac+3 voire plus lorsque seulement 16,5% des descendants d’immigrés y accèdent.

Moins de télé, plus de bibliothèques

Paradoxalement, les familles d’origine asiatique sont celles qui s’impliquent le moins dans les devoirs, réunions de parents d’élèves et rencontres avec les professeurs. «Les mères ne parlent pas très bien français, les pères ont des métiers très prenants. Par contre, ces familles croient fortement à l’école et investissent énormément sur la scolarité de leur enfant. Ils sont très exigeants», explique Jean-Paul Caille, ingénieur de recherche au ministère de l’Enseignement supérieur.

Les parents ne se mettent pas au bureau de leur enfant, mais s’assurent qu’il est sérieux dans son travail. «Ils contrôlent plus le temps devant la télévision, les horaires du coucher. Il faut aussi que les loisirs soient compatibles avec l’école, comme des cours d’apprentissage de leur langue maternelle». Ce bilinguisme est un trésor qu’ils soignent. Les mères d’Asie du Sud-Est sont celles qui parlent le plus leur langue maternelle à la maison (57%). D’après Jean-Paul Caille, les jeunes d’origine asiatique fréquentent plus que les autres les bibliothèques et sont deux fois plus que la normale à prendre des cours particuliers à l’entrée en sixième.

Travail rigoureux et autorité parentale stricte et aussi une meilleure naissance. Les parents d’origine asiatique investissent plus sur la scolarité car ils en ont les moyens. Là où environ 75% des jeunes d’origine turque ou portugaise ont des parents ouvriers, employés de service ou inactifs, ceux d’origine asiatique ne sont que 58% à exercer dans ces fonctions. «Souvent, leurs parents sont artisans, commerçants, tiennent des bars tabac et gagnent bien leur vie. Ils sont les enfants d’immigrés qui bénéficient des conditions socio-économique et origines sociales les plus favorables». Ce portefeuille plus fourni leur permet d’être 15% à fréquenter un collège privé, soit deux fois plus que les enfants d’origine marocaine ou turque.

Pourtant moins d’un tiers des jeunes d’origine turque a le bac

Les autres enfants d’immigrés tentent aussi de se distinguer. À classe sociale équivalente, ils feront mieux que le reste des Français. Mais les parcours sont inégaux selon le pays d’origine des parents, tout comme le traitement des élèves à l’école. 14% des enfants d’immigrés -trois fois plus que la moyenne- déclarent «avoir été moins bien traités» lors des décisions d’orientation. Une discrimination dont ne semblent pas souffrir les jeunes originaires d’Asie du Sud-Est, qui s’en déclarent à peine plus victimes que la moyenne.

Les 10 raisons du succès des Chinois en France

Dans cet article je vais expliquer les principales raisons qui font que la communauté chinoise en France réussit mieux que les autres communautés immigrées d’une manière générale.

Le constat

Selon la seule étude disponible sur le sujet, publiée par l’Insee et l’Ined,

  • 27% des descendants de parents asiatiques occupent aujourd’hui un poste de cadre,
  • contre 14% en moyenne pour les Français toutes origines confondues,
  • 9% pour les fils de Maghrébins
  • 5% pour ceux d’Afrique subsaharienne.

48% des Français d’origine asiatique décrochent un diplôme du supérieur, contre 33% en moyenne en France. Enfin une autre statistique remarquable de l’étude : 27% des enfants d’immigrés chinois sont cadres, contre 14% en moyenne pour les Français

Cette réussite des asiatiques en France est particulièrement frappante pour la deuxième génération des 50 000 Indochinois arrivés dans les années 1950, au moment de l’indépendance, et des 250 000 « boat people » vietnamiens qui ont fui leurs pays dans les années 1970 et dont la majorité était en fait d’origine chinoise. Mais les fils de migrants venus de Chine populaire à partir des années 1980 s’en sortent plutôt bien aussi.

Comment expliquer une telle percée, alors que tant d’autres immigrés – et de Français de souche – peinent à gravir l’échelle sociale  ?

Les 10 facteurs clés de succès de la communauté chinoise en France :

  1. Le travail
  2. Une communauté soudée
  3. Un système de financement efficace
  4. Une hyperfocalisation sur la réussite scolaire des enfants
  5. L’enrichissement de la Chine
  6. La méconnaissance de la culture chinoise
  7. Une communauté peu politisée
  8. L’accent mis sur le pragmatisme dans la culture chinoise
  9. Une volonté de réussir (La « Face »)
  10. Le sens des affaires chinois

Le travail

C’est un peu le grand cliché : le chinois est bosseur. Un cliché qui comme tous devrait être sérieusement relativisé notamment par des français qui aiment à s’adonner à une forme d’auto critique. Mais comme tout cliché il y a peut être une part de vérité.

Aujourd’hui on compte 600 000 Français d’origine chinoise. Certes plusieurs dizaines de milliers d’entre eux travaillent encore sans papiers comme petites mains dans la confection, la maroquinerie ou le bâtiment, pour des salaires de misère. On a tous en tête le passage de la vérité si je mens dans la fabrique chinoise clandestine.

Mais, après des années de labeur, beaucoup ont fini par s’en sortir en reprenant un commerce – restaurants, épiceries, fleuristes ou bars-tabacs. Ils en détiendraient désormais près de 35 000 ! Certains commencent même à créer des chaînes de magasins (la plus connue d’entre elles, l’enseigne Miss Coquine, compte près de 80 boutiques en France), ou encore à lancer leurs propres marques (Miss Lucy, par exemple).

Une communauté soudée

Contrairement à la majorité des étrangers présents en France – et en particulier aux Maghrébins, dont les différentes nationalités et ethnies ne s’apprécient guère – la plupart des chinois peuvent compter sur le soutien de leurs compatriotes.

Un système de financement très efficace

Les Chinois pratiquent un système de prêts proche de la « tontine » Africaine  : les membres de la famille et les proches mettent une partie de leurs économies dans un pot commun, dans lequel les membres de la diaspora puisent pour monter leur affaire. Il n’y a pas d’intérêt ni même durée de remboursement fixe. La tontine repose sur la confiance, confortée par la réciprocité des dons  : ceux qui reçoivent doivent eux-mêmes offrir de l’argent aux autres, notamment à l’occasion de leur mariage. Ces prêts informels, qui peuvent facilement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, sont une clé essentielle dans la réussite de la diaspora chinoise.

Après avoir économisé en moyenne 160 000 euros pendant une dizaine d’années, de nombreuses familles chinoises peuvent s’acheter un commerce sans passer par la case prêt bancaire ce qui ne manque pas d’alimenter le débat sur l’origine des fonds.

Une hyperfocalisation sur la réussite scolaire des enfants

Depuis plus de mille ans, les élites de Chine sont recrutées par un système d’examen national accessible à tous, qui permet aux plus pauvres de se hisser tout en haut de la pyramide. Résultat  : même lorsqu’ils quittent leur patrie, les adultes s’échinent au turbin et ils poussent leur progéniture à en faire autant à l’école. La focalisation sur la réussite scolaire fait partie des valeurs familiales chinoises. Ceci est vrai pour l’ensemble des asiatiques en France :

L’enrichissement de la Chine

Si la Chine n’avait pas connu un boom économique depuis la fin des années 70, les migrants ne s’en sortiraient pas de façon aussi spectaculaire. La montée en puissance de l’empire du Milieu leur a en effet ouvert des opportunités immenses notamment dans l’import-export. En fait, les Chinois de France ont procédé exactement comme des multi­nationales  : ils ont créé des comptoirs commerciaux pour vendre les produits fabriqués en Chine.

La méconnaissance de la culture chinoise

Pour beaucoup de français la culture chinoise reste un mystère. L’ignorance est souvent totale vis-à-vis d’un peuple qui suscite autant d’intérêt que de craintes. Et cette ignorance est un atout sur lequel les chinois peuvent jouer. Il connaissent les codes des chinois avec qui ils négocient. Certains réseaux commerciaux à la limite de la mafia profitent de cette opacité de la communauté chinoise.

Une communauté peu politisée

Il y a une communauté assez puissante de français d’origine chinoise en France mais qui est très discrète et qui réussit. Le communautarisme chinois a longtemps été un communautarisme de séparation. Les chinois pour parler de façon brutale n’ont jamais emmerdé les français, jamais fait dans le communautarisme victimaire. Ils ne reprochent pas la colonisation à la France, ils réussissent économiquement ce qui fait qu’il y a très peu de racisme anti chinois.

En fait souvent les chinois en France ne prétendent pas vraiment être assimilés mais ne posant pas de problèmes finalement on ne leur demande que l’intégration. C’est le contraire du communautarisme victimaire des autres minorités avec des institutions politiques telles que le CRAN (Conseil Représentatif des Association Noires) ou encore le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France).

Néanmoins aujourd’hui avec la création du CRAF (Conseil Représentatif des Associations Asiatiques de France) ont peut s’interroger pour savoir si une forme de communautarisme victimaire asiatique ne va pas être mis en place.

Certains estiment à tort selon moi que le succès économique des chinois en France tire profit de leur retard dans leur reconnaissance politique. Ce serait un succès en trompe l’œil. Voici un exemple de revendications antiracistes qu’on peut entendre ces temps-ci provenant de représentant souvent auto-proclamé de la communauté asiatique :

L’accent mis sur le pragmatisme dans la culture chinoise

Les chinois contrairement à l’image de sagesse teinté d’exotisme de beaucoup de français sont sans doute le peuple le plus pragmatique du monde. L’accent est toujours mis sur le consensus et l’efficacité (le maximum d’effets pour un minimum de coût) ce qui facilite leur intégration. Ce pragmatisme chinois est selon moi tout entier contenu dans la phrase célèbre de Deng Xiaoping au moment du virage réformiste des années 80 : « peu importe que le chat soit gris ou noir pourvu qu’il attrape les souris ».

Une volonté de réussir (La « Face »)

Les chinois ont une volonté de réussir qui est d’abord assez matérialiste. Réussir c’est d’abord devenir riche. Mais cela renvoie aussi à la notion de « face  » en Asie. On peut le traduire par l’honneur, la volonté de ne pas déchoir. C’est particulièrement vrai pour les membres de la diaspora dont on attend qu’ils ramène le plus de devises étrangère possible. C’est l’oncle d’Amérique sauce chinoise…

Le sens des affaires chinois

Les chinois sont avant tout un peuple de commerçants. Leurs réseaux sont issus de la diaspora, forme de solidarité au fond assez proche de ce qu’a pu être la communauté juive dans la France d’avant guerre. Souvent les membres de la diaspora qui ont le mieux réussi sont approchées par de riches Chinois, désireux d’investir en France, notamment dans l’immobilier.

Alors les chinois : enfants modèles de l’intégration Républicaine à la française ? Le débat est ouvert


Le Brio/Yvan Attal: En fait, cette histoire, c’est la mienne (It’s pure religion and culture, stupid !)

29 novembre, 2017

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Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï (10 avant JC)
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
Les musulmans n’en ont pas toujours conscience, mais ils se sont imposés les premiers en Europe comme concurrents, avec des aspirations dominatrices. La plupart des pays musulmans actuels étaient alors chrétiens – l’Egypte, la Syrie, la Turquie… Pendant longtemps, les musulmans ont été les plus forts, les plus riches, les plus civilisés. (…) L’Occident chrétien a définitivement emporté la partie quand, à partir des années 1800, sa domination technologique a été écrasante. En fait, quand les canons et les fusils occidentaux se sont mis à tirer plus vite. Maxime Rodinson
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Les islamistes tentent de rallier tout un peuple de victimes et de frustrés dans un rapport mimétique à l’Occident. Les terroristes utilisent d’ailleurs à leurs fins la technologie occidentale : encore du mimétisme. Il y a du ressentiment là-dedans, au sens nietzschéen, réaction que l’Occident a favorisée par ses privilèges. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays,des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Les pays arabes enregistrent un retard par rapport aux autres régions en matière de gouvernance et de participation aux processus de décision. La vague de démocratisation, qui a transformé la gouvernance dans la plupart des pays d’Amérique latine et d’Asie orientale dans les années quatre-vingts, en Europe centrale et dans une bonne partie de l’Asie centrale à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, a à peine effleuré les États arabes. Ce déficit de liberté va à l’encontre du développement humain et constitue l’une des manifestations les plus douloureuses du retard enregistré en terme de développement politique. La démocratie et les droits de l’homme sont reconnus de droit, inscrits dans les constitutions, les codes et les déclarations gouvernementales, mais leur application est en réalité bien souvent négligée, voire délibérément ignorée. Le plus souvent, le mode de gouvernance dans le monde arabe se caractérise par un exécutif puissant exerçant un contrôle ferme sur toutes les branches de l’État, en l’absence parfois de garde-fous institutionnels. La démocratie représentative n’est pas toujours véritable, et fait même parfois défaut. Les libertés d’expression et d’association sont bien souvent limitées. Des modèles dépassés de légitimité prédominent.(…) La participation politique dans les pays arabes reste faible, ainsi qu’en témoignent l’absence de véritable démocratie représentative et les restrictions imposées aux libertés. Dans le même temps, les aspirations de la population à davantage de liberté et à une plus grande participation à la prise de décisions se font sentir, engendrées par l’augmentation des revenus, l’éducation et les flux d’information. La dichotomie entre les attentes et leur réalisation a parfois conduit à l’aliénation et à ses corollaires, l’apathie et le mécontentement. (…) Deux mécanismes parallèles sont en jeu. La position de l’État tutélaire va en s’amenuisant, en partie du fait de la réduction des avantages qu’il est en mesure d’offrir aujourd’hui sous forme de garantie de l’emploi, de subventions et autres mesures incitatives. Par contre, les citoyens se trouvent de plus en plus en position de force étant donné que l’État dépend d’eux de manière croissante pour se procurer des recettes fiscales, assurer l’investissement du secteur privé et couvrir d’autres besoins essentiels. Par ailleurs, les progrès du développement humain, en dotant les citoyens, en particulier ceux des classes moyennes, d’un nouvel éventail de ressources, les ont placés en meilleure position pour contester les politiques et négocier avec l’État. Rapport arabe sur le développement humain 2002
Les pays arabes doivent combler «l’écart croissant de connaissances» en investissant de manière significative dans l’éducation et en encourageant un débat intellectuel ouvert, indique le rapport arabe sur le développement humain pour l’année 2003, publié aujourd’hui par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Selon le « Rapport arabe sur le développement humain 2003 » (RADH 2003), les États arabes devraient encourager une plus grande interaction avec d’autres pays, cultures et régions du monde. « L’ouverture, l’interaction, l’assimilation, l’absorption, la révision, la critique et l’examen ne peuvent que stimuler la production de connaissances créatives au sein des sociétés du Monde arabe », est-il indiqué. Centre d’actualités de l’ONU
C’est une expérience profondément émouvante d’être à Jérusalem, la capitale d’Israël. Nos deux nations sont séparées par plus de 5 000 miles. Mais pour un Américain à l’étranger, il n’est pas possible de ressentir un plus grande proximité avec les idéaux et les convictions de son propre pays qu’ici, en Israël. Nous faisons partie de la grande fraternité des démocraties. Nous parlons la même langue de liberté et de justice, et nous incarnons le droit de toute personne à vivre en paix. Nous servons la même cause et provoquons les mêmes haines chez les mêmes ennemis de la civilisation. C’est ma ferme conviction que la sécurité d’Israël est un intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis. Et notre alliance est une alliance fondée non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur des valeurs partagées. (…) Quand on vient ici en Israël et qu’on voit que le PIB par habitant est d’environ 21.000 dollars, alors qu’il est de l’ordre de 10.000 dollars tout juste de l’autre côté dans les secteurs gérés par l’Autorité palestinienne, on constate une différence énorme et dramatique de vitalité économique. (…) C’est la culture qui fait toute la différence. Et lorsque je regarde cette ville (Jérusalem) et tout ce que le peuple de cette nation (Israël) a accompli, je reconnais pour le moins la puissance de la culture et de quelques autres choses. Mitt Romney
 La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed. Martin Hirsch
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Je suis venue ici en 1983, j’ai acheté mon cabinet dentaire avenue Niel et j’ai vu le quartier évoluer. Il y a deux ans, on a estimé la population juive du 17e à environ 40 000 personnes, soit à peu près 30 % des habitants de l’arrondissement. Et dans certains quartiers du 17e, le pourcentage est encore plus important, par exemple aux Ternes. Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerçant juif. Aux Batignolles, cela commence aussi. Il n’y a pas d’incidents – nombre de juifs se promènent librement avec des kippas, sans crainte. Le phénomène de l’ascension sociale de la communauté juive séfarade établie depuis les années soixante est fulgurant, on le mesure partout (…) Dans les 16e et 17e arrondissements, sur les plaques des médecins – un nom sur deux est à consonance juive, les docteurs, comme les dentistes. (…) Rue Barye, les gens rouspètent car les juifs font du bruit en sortant de la synagogue. Ce n’est pas de l’antisémitisme, mais parfois, néanmoins, je ressens un peu le ras-le-bol des riverains quand les portes et les fenêtres des synagogues restent ouvertes. Rue Fortuny, il y avait un immeuble où se tenaient les réceptions de mariages et de bar-mitsvot. Les voisins étaient furieux quand les invités sortaient dans la rue le dimanche soir en faisant du bruit à deux heures du matin. La rue était en ébullition. Murielle Schor (adjointe au maire du 17e et vice-présidente du Consistoire israélite de Paris)
Je suis arrivée dans le quartier au milieu des années 1980, venant du 20e arrondissement où des bandes d’Arabes et de Noirs se bagarraient entre eux et harcelaient les juifs. C’était très tendu. Comme je gagnais bien ma vie, je suis venue dans le 17e. Il y avait très peu de juifs ici à l’époque. Mon mari, arrivé directement de Tunisie, avait créé une synagogue du nom de sa jeune sœur tuée dans un accident de voiture en Israël. Au départ, il y avait une quarantaine de fidèles. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus et de nouveaux membres se joignent à nous en permanence, originaires d’autres quartiers de Paris et de banlieue. Francine Zana
Ici, au Kremlin-Bicêtre, de nombreuses familles sont parties qui ne supportaient plus l’atmosphère ambiante. Et nous ne sommes pourtant pas une des villes les plus sinistrées, l’immobilier reste cher, on y trouve un certain niveau de vie, mais la proportion d’immigrés musulmans est devenue très importante. Sur 25 000 habitants, on compte facilement 25 % de musulmans. Jusqu’aux années 1990, 10 % de la population était juive, aujourd’hui nous ne sommes que 5 ou 6 %. Albert Myara (Conseil des communautés juives de la région parisienne)
L’évolution démographique de la communauté juive française a fortement affecté le système scolaire juif privé, autrefois florissant. Avec le départ de certaines familles vers d’autres quartiers ou vers Israël, des écoles juives ont dû fermer ou regrouper des classes. (…) Les juifs n’ont pas supporté ces changements de physionomie sociale, cette insécurité, et sont partis dans les beaux quartiers. Ici, une dizaine de familles ont fait leur aliya et une cinquantaine ont déménagé vers des zones plus hospitalières, comme Neuilly, Levallois, Issy-les-Moulineaux, des quartiers où l’antisémitisme est tout à fait infime. Michel Elbaz (FSJU)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
Le Centre européen du judaïsme (CEJ) (…) comprendra trois entités sur une surface de près de 5 000 m². Une synagogue de 600 places, dont 200 pour les femmes en mezzanine, sera encadrée par deux bâtiments de cinq et sept étages : des bureaux et surtout un pôle culturel de 2 500 m² comprenant des salles de spectacle et d’exposition. Le coût est d’au moins 10 millions d’euros, dont quelque 2,7 millions supportés par des fonds publics (État et région) pour la partie culturelle. La ville de Paris a mis le terrain, de 1 650 m², à disposition du Consistoire, la principale instance du judaïsme français, qui porte le projet. (…) prédisant une inauguration entre Hanoukka, la fête des lumières, en décembre prochain, et Pessah, la Pâque juive, au printemps 2018. Dans les cartons de longue date, le projet a été vraiment lancé au printemps 2015. Soit quelques semaines après l’attaque jihadiste qui a fait quatre morts dans un supermarché casher de la porte de Vincennes. (…) L’émigration vers Israël, l’alyah, s’est nourrie de ce climat d’insécurité, atteignant environ 40 000 départs en dix ans depuis la France, soit un dixième de la communauté. Dans ce contexte, « faut-il construire ? », s’est interrogé lui-même Joël Mergui. Mais beaucoup de Juifs « sont là, restent là », entre « résistance » et « espoir ». (…) Le choix de l’arrondissement ne doit rien au hasard : le centre de gravité du judaïsme en Île-de-France s’est très sensiblement déplacé de l’Est populaire vers l’Ouest, plus cossu et jugé plus sûr. Le XVIIe arrondissement est prisé par la communauté, qui y trouve pléthore de commerces casher. The Times of Israel
60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa région ont déménagé ces dix dernières années. Les communautés juives de banlieues ont été complètement désertées Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme à Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions, d’agressions physiques. Sammy Gozlan
On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue. A l’Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a fédéré autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. À l’Est, autour du 12e arrondissement, s’ajoutent Saint-Mandé, Vincennes, et Charenton. Haïm Korsia (Grand rabbin de France)
Certains sont amenés à quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agréable. Généralement, au terme d’une vie bien remplie et surtout quand le statut social s’est élevé. Ce parcours résidentiel d’ascension sociale n’est pas évidemment spécifique à la population juive. Cependant, le départ de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes aisées des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mandé, renvoie pour partie à ce phénomène. Il en va de même, par exemple, de certains déménagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d’Oise, ou de Créteil vers la ville de Saint-Maur-des Fossés. Ces mouvements de population sont souvent numériquement conséquents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. La sécurité a-t-elle joué un rôle majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessiné l’implantation juive à Paris et en Ile-de-France ? Bien sûr, mais ce n’est pas l’unique motif. Jérôme Fourquet (IFOP)
Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerce juif ! Quand j’ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier était mort. Ma clientèle était composée de plusieurs noms à particules. Des nobles ! Et j’avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit à petit, ces dix dernières années, ma clientèle juive s’est agrandie. Murielle Schor (chirurgien-dentiste, adjointe au maire)
Nous étions une famille heureuse. Toutes les grandes marques parisiennes étaient représentées, et les écoles étaient performantes. Nous n’avions même plus besoin de descendre à Paris ! Nous formions une communauté solidaire et joyeuse. Sarcelles était l’antichambre de Paris ! Petit à petit, une petite délinquance s’est développée, laquelle a entraîné la fermeture de ces grands magasins qui étaient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. De porte-à-porte, de mon cabinet à la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de médecins, dentistes, kinés ont gardé leurs cabinets à Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respectés et nous avons nos habitudes. La communauté s’est regroupée. Nous avons une vie sociale intéressante. Le salon Hoche où nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites échoppes chinoises de manucures et de pédicures, bon marché, se sont incrustées entre les commerces. André Cohen (kinésithérapeute)
On compte aujourd’hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l’arrondissement, soit 23 %. Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s’y sentent bien, et surtout se sentent protégés. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux répartis. Et qu’on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un énorme travail pour entretenir un excellent lien entre les communautés. Le rabbin Haïm Korsia a débattu avec le curé Stéphane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l’attentat contre l’Hypermarché, le lycée Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l’Ecole juive moderne. Brigitte Kuster (maire du 17e)
Au début, mon mari avait une petite synagogue, qui n’existe plus, où nous étions une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C’est incroyable ! Francine Zana
On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fréquentées (…) on y trouve ce qu’on veut, des écoles de bons niveaux comme le Lycée Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualité de vie.  Haïm Korsia 
Nous étions avant tout des Français juifs. Mais depuis la violente vague d’antisémitisme qui a déferlé en France avec les affaires Ilan Halimi, Mérah, l’Hyper Cacher, et bien d’autres, nous avons été déçus d’être considérés de cette façon. Alors forcément, nous cherchons à nous regrouper, à être solidaires, à vivre en communauté. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n’étais pas particulièrement pratiquante quand je suis arrivée ici, mais je le suis devenue depuis que j’y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon judaïsme. Et cet arrondissement m’offre cette possibilité ! Isabelle Castro (décoratrice d’intérieur)
Tout est parti d’ici. Quand j’ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j’étais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont installés d’autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des écoles. Sans doute cela a-t-il incité beaucoup de juifs à venir. (…) Regardez bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue… Pourquoi viennent-ils ? Parce que c’est Nini ! Nous avons une clientèle fidèle. J‘en suis à ma 4e génération ! Viennent à nous des jeunes dont on a connu l’arrière-grand-mère ! Nini Laloum
Ce quartier huppé du sud du 17e a tout pour séduire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park où courent des joggers tout au long de la journée, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher – à peine moins que dans le 19e arrondissement –, quatre boucheries, 3 épiceries fines, 2 pâtisseries, une librairie Beit Hassofer, et l’impressionnant Musée Nissim de Camondo des frères Pereire au XIXe siècle. Sans oublier, trois écoles juives qui totalisent plus de 800 élèves. « Pour n’en citer qu’un seul exemple, l’Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd’hui plus de 160 enfants, précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU. Tous les établissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour préparer les enfants au pire, formation des parents à la vigilance… En effet, des équipes volontaires de parents protecteurs, créées en 2012, après la tuerie de l’école Ozar Hatorah, sont organisées par le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la sécurité des lieux juifs dans l’Hexagone. Dans le 17e, c’est l’opération Sentinelle qui est déployée, explique un membre du ministère de l’Intérieur qui veut garder l’anonymat. Devant les écoles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la durée des cours de 8 heures 30 à 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au même endroit, au même moment, sinon ça ne sert à rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! » (…) Si avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caractère va encore s’intensifier avec… l’ouverture du Centre Européen du Judaïsme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a déjà commencé ! 4 900 m2, à l’angle de la commerçante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les fêtes, des salles d’expositions, un gymnase, un théâtre, une grande synagogue, un mikvé, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une bibliothèque, une médiathèque, et même un jardin ! Coût : 10 millions d’euros, dont une contribution de 2,7 millions de l’État français. « Est-ce le bon moment pour construire ? », s’interroge Joël Mergui, Président du Consistoire de France pour qui ce Centre est l’aboutissement institutionnel de 2 000 ans de présence juive en France. « Oui, je le pense. Personne n’a le droit de juger ceux qui partent mais personne n’a le droit de décider de l’avenir de la majorité qui reste. Ce nouveau bâtiment, lieu de vie, et symbole d’espoir, montre que nous et personne d’autre, possédons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n’a pas réussi, l’islamisme radical n’y parviendra pas non plus, les juifs ne disparaîtront pas d’Europe. Nous, juifs français qui représentons la plus importante communauté juive d’Europe, voulons croire en l’avenir d’un Judaïsme européen bimillénaire ». Pour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c’est la « réalisation d’un rêve et d’une intuition » que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu’est née la possibilité d’avoir ce terrain. Tribune juive
Un fort courant de pensée dénonce le mauvais accueil que l’Europe réserverait aux musulmans, contribuant aux difficultés d’intégration de ces derniers. Ce courant inspire nombre d’études affirmant que les musulmans sont victimes d’« islamophobie ». Une telle approche vient d’être illustrée par un rapport élaboré par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Le texte, intitulé « Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding », (septembre 2017), analyse les réponses de 10 527 personnes qui s’identifient elles-mêmes comme musulmanes dans quinze pays de l’Union. Or, dès qu’on examine de près les données recueillies, on voit qu’elles conduisent à des conclusions bien différentes de ce que le rapport prétend démontrer. L’étude s’appuie uniquement sur des déclarations relatives à ce qui est ressenti par les personnes interrogées. Pourtant, ce qui est déclaré est identifié à ce qui advient effectivement. On trouve sans cesse des affirmations telles que : « Les musulmans ayant répondu rencontrent de hauts niveaux de discrimination », comme s’il s’agissait d’un fait avéré. Or, on trouve chez les personnes interrogées des conceptions très larges de ce qu’elles entendent par discrimination, en y incluant des différences de traitement conformes à la loi, liées à la nationalité. Rien n’est mis en œuvre dans l’étude pour savoir si une attitude globale plutôt hostile envers la société d’accueil pousserait certains à qualifier de discrimination des réactions fondées en réalité sur des raisons nullement discriminatoires, tel un déficit de compétence. De surcroît, ceux qui affirment que les musulmans en général sont discriminés sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se déclarent discriminés personnellement. Dans cette étude, en France, 75 % des musulmans déclarent qu’il existe une discrimination sur la base de la religion alors que seulement 20 % déclarent s’être sentis personnellement discriminés sur cette base au cours des cinq dernières années. On trouve, en réponse aux mêmes questions, 72 % et 30 % en Suède, 59 % et 19 % en Belgique, 26 % et 10 % en Espagne, etc. La croyance, que l’on retrouve au sein de la population en général, selon laquelle les musulmans seraient discriminés en raison de leur religion outrepasse donc largement la réalité. (…) Ce n’est nullement l’ensemble, ni même la majorité des musulmans qui déclarent s’être sentis discriminés du fait de leur religion, mais une petite minorité : 17 % dans les cinq ans précédant l’enquête. On retrouve ce même caractère minoritaire quand il s’agit de harcèlement (du regard perçu comme hostile à l’acte de violence physique), ou encore des rapports avec la police. Dans ce dernier cas, parmi les personnes qui se déclarent musulmanes et qui ont été interrogées, seulement 16 % des hommes et 1,8 % des femmes indiquent se sentir discriminés. En fait, on a affaire à plusieurs sous-populations suscitant des réactions très contrastées. Tandis que la majorité ne se sent jamais discriminée, une minorité se sent discriminée à répétition – cinq fois par an en moyenne, jusqu’à quotidiennement pour une partie. Un tel contraste entre des groupes traités (ou qui se sentent traités) de manière aussi radicalement différente serait impossible si on avait affaire à une discrimination s’exerçant au hasard, liée au simple fait d’être musulman. Le rapport, en outre, fournit un ensemble de données distinguant les déclarations provenant de musulmans d’origines diverses (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Turquie, Asie), hommes et femmes, et vivant dans les divers pays de l’Union étudiés. En moyenne, ceux qui viennent d’Afrique du Nord sont plus de deux fois plus nombreux que ceux venant d’Asie (21 %, contre 9 %) à se déclarer discriminés sur la base de la religion. On retrouve ces différences, encore plus amples, pour le harcèlement et les rapports avec la police. Or rien n’est dit sur ce que ces différences sont susceptibles de devoir à des divergences de manière d’être des personnes concernées. L’existence de limites au droit à l’expression des religions, spécialement dans l’entreprise, est bien notée. Mais il n’est jamais envisagé qu’une acceptation de ces limites chez les uns puisse coexister avec une rébellion à leur égard chez d’autres, cette différence d’attitude entraînant une différence de réactions des employeurs. Par ailleurs, les immigrés de seconde génération déclarent davantage rencontrer des réactions négatives du fait de leur religion que ceux de première génération (22 % contre 15 % pour les discriminations, 36 % contre 22 % pour le harcèlement). Mais il n’est jamais question, dans le rapport, de l’adoption, au sein de la seconde génération, d’une posture plus revendicative, susceptible de conduire à des comportements posant problème. En arrière-fond du rapport, la vision de l’intégration mise en avant est celle d’une « accommodation mutuelle ». Il est fait appel aux orientations du Conseil de l’Europe, « regardant l’intégration comme un processus dynamique à double sens d’accommodation mutuelle de tous les immigrants, y compris les musulmans, et des résidents » . Mais, en pratique, le rapport incite uniquement à réclamer une adaptation à la société d’accueil. Il est question de racisme, de xénophobie, de « crimes causés par la haine » . En réalité, l’interprétation qui paraît la plus sensée des données d’enquête est que la grande majorité des musulmans ne pose aucun problème à la société d’accueil ; et que, corrélativement, ses membres sont traités comme tout un chacun. C’est seulement une petite minorité qui est source de problèmes pour la société d’accueil et suscite, de ce fait, des réactions négatives. Il est vraisemblable que les membres de cette petite minorité, refusant de reconnaître ce qui est dû à leur manière d’être, se déclarent discriminés. En outre, l’interprétation, par le rapport, des sentiments à l’égard de la société d’accueil est toujours à sens unique. Les musulmans dans leur grande majorité déclarent se sentir à l’aise avec des voisins d’une religion différente ou prêts à voir leurs enfants épouser des non-musulmans. Selon le rapport, « presque tous (92 %) se sentent bien à l’idée d’avoir des voisins d’une autre religion » et presque un sur deux (48 %) n’aurait aucun problème « si un membre de sa famille épousait une personne non musulmane » . (…) Dans la comparaison ainsi faite, il n’est question que d’attitudes d’ouverture et de fermeture. L’étude ne porte aucune attention à la réalité des difficultés à vivre dans un univers où des personnes d’une autre culture peuvent tendre à imposer leurs mœurs. (…) l’intensité de la pression sociale dans certains quartiers où les musulmans tendent à régenter les tenues et les conduites n’est jamais évoquée. S’agissant du mariage, on ne trouve pas, dans l’étude, de questions séparées pour le mariage des filles et celui des garçons, alors que l’islam les distingue. On ne trouve pas davantage de mention des difficultés concrètes associées pour un non-musulman à un mariage avec un musulman : possibilité pour un conjoint musulman d’enlever les enfants en cas de séparation pour les amener dans un pays musulman, en étant protégé par la justice du pays en question ; pression à la conversion du conjoint non musulman. (…) La place que tient la haine envers l’Occident au sein du monde musulman n’est jamais évoquée. Le fait que ceux qui se déclarent le plus discriminés soient aussi ceux qui déclarent le moins d’attachement à la société d’accueil est interprété, comme si cela allait de soi, comme une relation de cause à effet. Ce serait ceux qui sont le plus discriminés qui, pour cette raison, s’attacheraient le moins à la société qui les accueille. Cette relation à sens unique est postulée, en particulier quand il s’agit de radicalisation islamiste. Il n’est pas envisagé qu’on ait affaire à un effet inverse : une attitude de rejet de la société d’accueil liée à une conception « dure » de l’islam, engendrant à la fois des comportements qui suscitent des réactions négatives et une tendance à interpréter ces réactions comme des discriminations. L’étude de l’Union européenne ne se demande jamais pourquoi il existe un tel contraste entre une grande majorité des musulmans qui déclare ne jamais se sentir discriminée et une petite minorité qui déclare l’être intensément. Ce contraste montre que l’on n’a pas affaire à des réactions globales à l’égard des musulmans en tant que tels, mais à des réactions différenciées, ce qui suggère que les manières d’être de chacun, considérées dans leur grande diversité, ont un rôle majeur. Pourtant l’étude affirme, comme si cela allait de soi, que les barrières à une pleine inclusion des musulmans dans les sociétés européennes ne sont imputables qu’à ces sociétés et sont exclusivement dues à « discrimination, harcèlement, violences motivées par la haine, fréquence des contrôles policiers ». Ce sont ces expériences qui peuvent à la longue réduire l’attachement des populations concernées au pays où elles résident, soutient l’étude. Le communiqué de presse diffusé à la suite de la parution de l’étude indique, comme première solution aux problèmes d’intégration des musulmans, « des sanctions efficaces contre les violations de la législation de lutte contre la discrimination » . Alors que l’intention affichée par l’étude, comme de manière générale à la famille d’études à laquelle elle appartient, est d’être au service d’une meilleure intégration des musulmans, son effet tend à être exactement inverse. Elle incite les musulmans à croire, à tort, que leurs efforts d’intégration sont vains et donc à nourrir du ressentiment et à les détourner d’accomplir de tels efforts. L’étude sert involontairement, par ailleurs, les stratégies des islamistes militants qui travaillent à la construction d’une contre-société islamique hostile aux pays d’accueil et plus généralement à l’Occident. Philippe d’Iribarne
Moi, j’ai eu envie de ce film parce qu’en fait cette histoire, c’est la mienne. J’ai grandi dans une famille – mes parents sont originaires d’Algérie aussi – où on m’a pas donné des livres, on m’a pas emmené à l’opéra. Et pour des raisons mystérieuses, j’ai eu envie d’être acteur et en allant dans un cours de théâtre, je suis tombé sur un professeur qui m’a fait découvrir des auteurs qui m’emmerdaient au lycée et qui tout d’un coup prenaient du sens. (…) C’était pas un Pierre Mazard. Il pouvait être humiliant, il pouvait être brutal. (…) Alors, on se protège de temps en temps et en même temps des fois on est bien obligé de se le prendre dans la figure et de se remettre en question parce que aussi les auteurs et les mots, c’est pas que les mots. Les mots, c’est aussi une façon de penser, une façon de comprendre. Yvan Attal
Cette histoire, c’est la mienne en fait. Je suis issu d’une famille d’Algérie, pas musulmane (de juifs séfarades, ndlr) qui arrive d’Algérie après l’indépendance avec rien. J’ai grandi dans une cité à Créteil à côte de la cité où on a tourné. Mes parents ne m’ont pas donné des livres à lire, ne m’ont pas amené à l’opéra et pour reprendre les dialogues du film, je n’ai pas eu la chance de faire du solfège et du char à voile à l’Ile de Ré. Pour des raisons mystérieuses j’ai eu envie d’être acteur, je me suis inscrit dans un cours de théâtre et là je suis tombé sur un professeur qui m’a fait découvrir Molière, Marivaux, Musset, Shakespeare et les autres. Et aujourd’hui, grâce à lui, je suis acteur et réalisateur. (…) Tout est possible, même si on est à une autre époque, qu’il y a des difficultés supplémentaires, même si on porte un nom qui est difficile à porter pour certains. On ne peut pas toujours brandir la carte de la discrimination toute la journée. Il faut se bouger le cul. (…)  Mazard n’est pas raciste, c’est un provocateur, c’est quelqu’un qui nous sort de notre zone de confort, même s’il dérape, évidemment, comme ces intellectuels qui pour nous démontrer une idée vont un peu trop loin mais peut-être que l’intention n’était pas mauvaise. (…) C’est un film chauvin, on fait référence au patrimoine culturel, à nos auteurs. Yvan Attal
Someone just wrote to me  » what did Jews bring to the world beside Palestinian holocaust ?… Well, maybe Jesus, Spinoza, Freud, Einstein and those guys… https://t.co/BTs9WdALwi Let’s not even account Whatsapp, Facebook, Google, Vibber, Fiverr, and everything in ur cellphone. Pierre Rehov
All the world’s Muslims have fewer Nobel Prizes than Trinity College, Cambridge. They did great things in the Middle Ages, though. Richard Dawkins
That was unfortunate. I should have compared religion with religion and compared Islam not with Trinity College but with Jews, because the number of Jews who have won Nobel Prizes is phenomenally high. Race does not come into it. It is pure religion and culture. Something about the cultural tradition of Jews is way, way more sympathetic to science and learning and intellectual pursuits than Islam. That would have been a fair comparison. Ironically, I originally wrote the tweet with Jews and thought, That might give offense. And so I thought I better change it. (…) I haven’t thought it through. I don’t know. But I don’t think it is a minor thing; it is colossal. I think more than 20 percent of Nobel Prizes have been won by Jews. And especially if you don’t count peace prizes, which I think don’t count actually (…) Most of the ones that have gone to Muslims have been peace prizes, and the [number of Muslims] who have gotten them for scientific work is exceedingly low. But in Jews, it is exceedingly high. That is a point that needs to be discussed. I don’t have the answer to it. I am intrigued by it. I didn’t even know this extraordinary effect until it was pointed out to me by the [former] chief rabbi of Britain, Jonathan Sacks. (…) He shared it with due modesty, but I thought it was astounding, and I am puzzled about it. Richard Dawkins
As of 2017, Nobel Prizes have been awarded to 892 individuals, of whom 201 or 22.5% were Jews, although the total Jewish population comprises less than 0.2% of the world’s population. This means the percentage of Jewish Nobel laureates is at least 112.5 times or 11250% above average. Wikipedia
Si les apôtres, qui aussi étaient juifs, s’étaient comportés avec nous, Gentils, comme nous Gentils nous nous comportons avec les Juifs, il n’y aurait eu aucun chrétien parmi les Gentils… Quand nous sommes enclins à nous vanter de notre situation de chrétiens, nous devons nous souvenir que nous ne sommes que des Gentils, alors que les Juifs sont de la lignée du Christ. Nous sommes des étrangers et de la famille par alliance; ils sont de la famille par le sang, des cousins et des frères de notre Seigneur. En conséquence, si on doit se vanter de la chair et du sang, les Juifs sont actuellement plus près du Christ que nous-mêmes… Si nous voulons réellement les aider, nous devons être guidés dans notre approche vers eux non par la loi papale, mais par la loi de l’amour chrétien. Nous devons les recevoir cordialement et leur permettre de commercer et de travailler avec nous, de façon qu’ils aient l’occasion et l’opportunité de s’associer à nous, d’apprendre notre enseignement chrétien et d’être témoins de notre vie chrétienne. Si certains d’entre eux se comportent de façon entêtée, où est le problème? Après tout, nous-mêmes, nous ne sommes pas tous de bons chrétiens. Luther (Que Jésus Christ est né Juif, 1523)
Les Juifs sont notre malheur (…) Les Juifs sont un peuple de débauche, et leur synagogue n’est qu’une putain incorrigible. On ne doit montrer à leur égard aucune pitié, ni aucune bonté. Nous sommes fautifs de ne pas les tuer! Luther
C’est à regret que je parle des Juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. Voltaire (Article « Tolérance »)
Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. Pierre-Joseph Proudhon (1849)
Observons le Juif de tous les jours, le Juif ordinaire et non celui du sabbat. Ne cherchons point le mystère du Juif dans sa religion, mais le mystère de sa religion dans le Juif réel. Quelle est donc la base mondaine du judaïsme ? C’est le besoin pratique, l’égoïsme. Quel est le culte mondain du Juif ? C’est le trafic. Quelle est la divinité mondaine du Juif ? C’est l’argent. Karl Marx
L’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister. Karl Marx
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne!” … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu …Vauban (« Mémoire pour le rappel des Huguenots », 1689)
Dans la dispute entre ces races pour savoir à laquelle revient le prix de l’avarice et de la cupidité, un protestant genevois vaut six juifs. A Toussenel (disciple de Fourier, 1845)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne! … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
Luther rend nécessaire ce que Gutenberg a rendu possible : en plaçant l’Écriture au centre de l’eschatologie chrétienne, la Réforme fait d’une invention technique une obligation spirituelle. François Furet et Jacques Ozouf
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967)
Tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui est la faute des sionistes. Les Juifs Américains sont derrière la crise économique mondiale qui a aussi frappé la Grèce. Mikis Theodorakis (2011)
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêt, ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président des États-Unis les aidera à occuper et il leur enverra des Mexicains pour nettoyer les chiottes. Charline Vanhoenacker
I am aware than I incur the risk of being accused of Jewish pretentiousness when I emphasize the fact that so many of the Nobel prize winners have been jews, but a Jew cannot, nowadays, afford to be squeamish. Stephan Zweig (1937)
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
L’Âge moderne est l’Âge des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. Il ne s’agit plus de cultiver les champs ou de surveiller les troupeaux, mais de cultiver les hommes et de veiller sur les symboles […] En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. Yuri Slezkine
Written by economists Maristella Botticini and Zvi Eckstein, the paper explained Jewish success in terms of early literacy in the wake of Rome’s destruction of the Temple in 70 C.E. and the subsequent dispersion of Jews throughout the Roman empire – Jews who had to rely on their own rabbis and synagogues to sustain their religion instead of the high priests in Jerusalem. You may know a similar story about the Protestant Reformation: the bypassing of the Catholic clergy and their Latin liturgy for actual reading of Scripture in native languages and the eventual material benefits of doing so. Why is Northern Europe — Germany, Holland, England, Sweden — so much more prosperous than Southern Europe: Portugal, Italy, Greece, Spain? Why do the latter owe the former instead of the other way around? Might it have something to do with the Protestant legacy of the North, the Catholic legacy of the South? Paul Solman
The key message of “The Chosen Few” is that the literacy of the Jewish people, coupled with a set of contract-enforcement institutions developed during the five centuries after the destruction of the Second Temple, gave the Jews a comparative advantage in occupations such as crafts, trade, and moneylending — occupations that benefited from literacy, contract-enforcement mechanisms, and networking and provided high earnings. (…) the Jews in medieval Europe voluntarily entered and later specialized in moneylending and banking because they had the key assets for being successful players in credit markets: capital already accumulated as craftsmen and trade networking abilities because they lived in many locations, could easily communicate with and alert one another as to the best buying and selling opportunities, and literacy, numeracy, and contract-enforcement institutions — “gifts” that their religion has given them — gave them an advantage over competitors. Maristella Botticini and Zvi Eckstein
Wherever and whenever Jews lived among a population of mostly unschooled people, they had a comparative advantage. They could read and write contracts, business letters, and account books using a common [Hebrew] alphabet while learning the local languages of the different places they dwelled. These skills became valuable in the urban and commercially oriented economy that developed under Muslim rule in the area from the Iberian Peninsula to the Middle East. Maristella Botticini
En fait, ce que nous avons voulu démontrer, ma collègue Maristella Botticini, de la Bocconi, et moi, c’est que l’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. Dans le cas des juifs, le problème se pose après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70 de l’ère courante. La caste des prêtres qui constituait alors l’élite perd le pouvoir au profit de la secte des pharisiens, qui accorde une grande importance à l’étude. C’est de cette secte que vont sortir les grands rabbis, ceux qui vont pousser les juifs à se concentrer sur l’étude de la Torah, un texte dont la tradition veut qu’elle ait été écrite par Moïse sous la dictée de Dieu. Vers l’an 200, obligation est ainsi faite aux pères de famille d’envoyer leurs fils dès l’âge de 6 ans à l’école rabbinique pour apprendre à lire et étudier la fameuse Torah. Or l’essentiel des juifs sont des paysans, et pour les plus pauvres, cette obligation pèse très lourd car elle les prive de bras pour travailler aux champs. Beaucoup vont alors préférer se convertir au christianisme, d’où, on le voit dans les statistiques de l’époque, une baisse drastique de la population juive au Proche-Orient à partir du IIIe siècle alors que, jusqu’à la destruction du Temple, cette religion était en augmentation constante et multipliait les convertis. Pour ceux qui ont accepté le sacrifice financier que représente la dévotion, il va s’agir de valoriser leur effort. Or autour d’eux, ni les chrétiens ni, plus tard, les musulmans n’imposent à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire. Les juifs bénéficient donc d’un avantage compétitif important. C’est ainsi un juif converti à l’islam qui a servi de scribe à Mahomet et aurait mis par écrit pour la première fois le Coran. (…) Notre étude, fondée sur l’évolution économique et démographique du peuple juif, de l’Antiquité à la découverte de l’Amérique, remet en cause en fait la plupart des théories avancées jusqu’ici. Si les juifs sont médecins, juristes ou banquiers plus souvent qu’à leur tour, ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés et condamnés à s’exiler régulièrement, comme l’a avancé l’économiste Gary Becker, ou parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être agriculteurs, comme l’a soutenu Cecil Roth. Car si dans certains pays, on les a empêchés de posséder des terres, c’était bien après qu’ils aient massivement abandonné l’agriculture, et s’ils ont pu être persécutés, cela ne justifie pas qu’ils soient devenus médecins ou juristes : les Samaritains, très proches des juifs et eux aussi traités comme des parias, sont demeurés paysans. De même, contrairement à ce que dit Max Weber, ce n’est pas parce qu’un juif ne peut pas être paysan du fait des exigences de la Loi juive. Les juifs du temps du Christ la respectaient alors qu’ils étaient majoritairement occupés à des travaux agricoles et à la pêche. C’est dans l’Orient musulman, sous les Omeyyades et les Abbassides, à un moment où ils sont particulièrement valorisés, que les juifs s’installent massivement dans les villes et embrassent des carrières citadines. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent alors tirer parti du fait d’être lettrés. D’un point de vue purement économique, il est alors beaucoup plus rentable de devenir marchand ou scientifique que de labourer la terre. D’où notre théorie : si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. (…) ces professions étaient beaucoup plus rentables que le travail de paysan. Pour un juif du Moyen Âge, l’apprentissage de la Torah allait de pair avec le fait de faire des affaires. Rachi, le grand commentateur du Talmud, était un entrepreneur qui possédait des vignes. Ses quatre fils, tous érudits, se sont installés dans quatre villes différentes où ils ont tous fait du business, notamment de prêts d’argent, tout en étant rabbins. Grâce à leur connaissance des langues et leurs réseaux familiaux, les juifs ont pu rentabiliser leur formation, le fait de savoir lire et écrire, mais aussi raisonner, plus aisément que d’autres communautés. (…) Il est essentiel que la culture fasse partie intégrante de l’éducation quotidienne. Et en cela, la mère joue un rôle essentiel, toutes les études le montrent. C’est elle qui transmet les valeurs fondamentales. La probabilité que vous alliez à l’université est plus importante si votre mère a été elle-même à l’université. Donc, le fait que la mère ait un minimum d’éducation a représenté très tôt un avantage compétitif par rapport aux autres communautés religieuses où la femme n’en recevait pas. Nous étudions actuellement la période allant de la Renaissance à l’Holocauste. Et nous avons déjà découvert ceci : en Pologne, au XVIIe siècle, la population juive a fortement progressé par rapport à la population chrétienne. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mortalité infantile y était plus faible. Conformément à l’enseignement du Talmud, les enfants bénéficiaient en effet d’un soin tout particulier. Les femmes gardaient leur enfant au sein plus longtemps que les chrétiennes, et elles s’en occupaient elles-mêmes. Voilà un exemple tout simple des effets que peut avoir l’éducation. Zvi Eckstein
Pour faire face au danger que le christianisme et la romanisation faisaient courir à la survie du judaïsme, les Pharisiens imposèrent une nouvelle forme de dévotion. Tout chef de famille, pour rester fidèle à la foi judaïque, se devait d’envoyer ses fils à l’école talmudique, afin de perpétuer et d’approfondir, par un travail cumulatif de commentaire, la connaissance de la Torah. Cette nouvelle obligation religieuse a eu des répercussions socio-économiques considérables. Envoyer ses fils à l’école représentait un investissement coûteux qui n’était pas à la portée de la majorité des juifs, simples paysans comme les autres populations du Moyen-Orient au milieu desquelles ils vivaient. Ceux qui n’en avaient pas les moyens et restèrent paysans, s’éloignèrent du judaïsme. Ils  se convertirent souvent au christianisme.  C’est ce qui explique l’effondrement de la population juive durant l’Antiquité tardive. Ceux qui tenaient au contraire à remplir leurs obligations religieuses, durent choisir des métiers plus rémunérateurs. Ils devinrent commerçants, artisans, médecins et surtout financiers. Les juifs ne se sont pas tournés vers ces métiers urbains parce qu’on leur interdisait l’accès à la terre, comme on l’a dit souvent, mais pour pouvoir gagner plus d’argent et utiliser en même temps leurs compétences de lettrés. Ils étaient capables désormais de tenir des comptes, écrire des ordres de paiement, etc… (…) S’ils s’imposent partout dans le crédit, ce n’est pas parce que l’Eglise interdisait aux chrétiens le prêt à intérêt (en réalité l’islam et le judaïsme lui imposaient des restrictions comme le christianisme), mais parce qu’ils ont à la fois la compétence et le réseau pour assurer le crédit, faire circuler les ordres de paiements et les marchandises précieuses du fond du monde musulman aux confins de la chrétienté.  (…) c’est souvent à la demande des seigneurs ou évêques locaux qu’ils étaient venus s’installer dans les villes chrétiennes, parce qu’on recherchait leur savoir faire pour développer les échanges et l’activité bancaire. Les premières mesures d’expulsion des juifs par des princes chrétiens à la fin du XIII° siècle semblent avoir été guidées par la volonté de mettre la main sur leurs richesses beaucoup plus que par le désir de les convertir. (…) C’est pour des raisons religieuses que le judaïsme s’est imposé brusquement un investissement éducatif coûteux qui le singularise parmi les grandes religions du livre. Car ni le Christianisme qui  s’est donné une élite particulière, à l’écart du monde, vouée à la culture écrite, ni l’Islam n’ont imposé à leur peuple de croyants un tel investissement dans l’alphabétisation. Cet investissement a eu l’effet d’une véritable sélection darwinienne.  Il a provoqué une réorientation complète de l’activité économique du monde juif  en même temps  qu’il faisait fondre sa masse démographique. Il a surtout fait fleurir, par le miracle de l’éducation, des aptitudes intellectuelles précieuses qui en ont fait durablement une minorité recherchée et jalousée. André Burguière
A distinctively large proportion of Jewish youth go to college –  in the early 1970s, for example, 80 percent of American Jews of college age as compared with 40 percent for the college-age population as a whole (Lipset and Ladd
Protestants turn up among the the American-reared laureates in slightly greater proportion to their numbers in the general population. Thus 72 percent of the seventy-one laureates but about two thirds of the American population were reared in one or another Protestant denomination – mostly Presibterian, episcopalian, or lutheran, rather than Baptist or Fundamentalst. However, only I percent of the laureates came from a catholic background, one twenty-fifth the percentage of Americans counted as adherents to Roman catholicism (US bureau of the Census, 1958). jews, on the other hand, are overreprsented: comprising about 3 percent of the US population, they make up 27 percent of the Nobelists who were brought up in the United states. (…) These figures, it should be emphasized, refer to the religious origins of this scientific ultra-elite, not to their own religious preferences. Whatever those origins, laureates often describe themselves as agnostics, without formal religious affiliation or commitment to a body of religious doctrine. the large representation of Jews among laureates is by no means a uniquely American phenomenon. By rough estimates, Jews make up 19 percent of the 286 Nobelists of all natinalities named up to 1972, a percentage many times greater than than that found in the population of the countries from which they came and one that may be related to the often documented proclivity of jews for the leraned professions in general,and for science in particular. These data would begin to put in question the often expressed belief that the notable representation of jews among « American » laureates resulted from the great migration of talented young scientists in the wake of Hitler’s rise to power.. it is true that many scientists did escape to the United States where they significantly augmented the numbers of jews among the scientific elite as well as among the rank and file. but the refugees did not materially increase the proortion of Jews among the future laureates. Nineteen of the 71 laureates raised in the United States (27 percent) and seven of the 21 raised abroad (33 percent) were of Jewiish origin. The seven Jewish emigré laureates-to-be, though a substantial addition to the ultra-elite, raised the proportion of Jews among all ninety-two future laureates by only one percent. (…) Contributions by emigré scientists to the war effort and particularly to the development of the atom bomb have by now become the conventional measure of their first impact on American science. But (…) their influence was more farreaching. many made their mark not only by their own scintific work but also by training apprentices who would in turn make major scientific contributions. (…) Thus, gauge the true extent of « Hitler’s gift » requires that we take into account not only the scientific work of the emigrés themselves (during the war and afterward) but their multiplier effect as mentors to new generations of scientists, including a good many Nobelists. We should pause for a moment to consider how the same events can be considered from the complementary perspective of what the nazi hegemony meant for science in Germany. (…) Germany dominated the Nobel awards up to Worl War II. By 1933, the when the Nazis came to power, the combined total Nobels awarded to scientists who had done their prize-winning research in Germany came to thirty-one: 30 percent of the 103 prizes awarded since their founding in 1901. After 1934 and up to 1976, only nineteen who worked in Germany won prizes, or 9 percent of the total of 210 for the period. Part of this decline involves the drastic reduction in the number of Jewish laureates from nine to just two. in the number of Jewish laureates from nine to just two. Not even these two , max Borrn and Oto Stern, chose to ride out the strom in Germany. Born settled in Edinburgh in 1936, ten years after publishing his statistical interpretation of the wave function. Stern accepted a chair at Carnegie Institute of Technology  in the number of Jewish laureates from nine to just two. Not even these two , max Borrn and Oto Stern, chose to ride out the strom in Germany. Born settled in Edinburgh in 1936, ten years after publishing his statistical interpretation of the wave function. Stern accepted a chair at Carnegie Institute of technology and emigrated in 1933, having already developed the molecular beam method and mesaured the magnetic moment of the proton. While officially credited to both Great britain and the United states respectively, they should be counted as Germans since the research was done in Germany. More telling perhaps than the virtual elimination of Jewish laureates from Germany after 1933 is the fact that the number of Gentile laureates also declined by 20 percent. The Nazi effect on German science cannot be attributed exclusively to the persecution of Jews. The Nazis’ dismantling of much of the scietific establishment and the impoverished conditions prevailing after the war help to account for the decline in the numbers of German laureates. Harriet Zuckerman
Jews are a famously accomplished group. They make up 0.2 percent of the world population, but 54 percent of the world chess champions, 27 percent of the Nobel physics laureates and 31 percent of the medicine laureates. Jews make up 2 percent of the U.S. population, but 21 percent of the Ivy League student bodies, 26 percent of the Kennedy Center honorees, 37 percent of the Academy Award-winning directors, 38 percent of those on a recent Business Week list of leading philanthropists, 51 percent of the Pulitzer Prize winners for nonfiction. In his book, “The Golden Age of Jewish Achievement,” Steven L. Pease lists some of the explanations people have given for this record of achievement. The Jewish faith encourages a belief in progress and personal accountability. It is learning-based, not rite-based. Most Jews gave up or were forced to give up farming in the Middle Ages; their descendants have been living off of their wits ever since. They have often migrated, with a migrant’s ambition and drive. They have congregated around global crossroads and have benefited from the creative tension endemic in such places. No single explanation can account for the record of Jewish achievement. The odd thing is that Israel has not traditionally been strongest where the Jews in the Diaspora were strongest. Instead of research and commerce, Israelis were forced to devote their energies to fighting and politics. Milton Friedman used to joke that Israel disproved every Jewish stereotype. People used to think Jews were good cooks, good economic managers and bad soldiers; Israel proved them wrong. But that has changed. Benjamin Netanyahu’s economic reforms, the arrival of a million Russian immigrants and the stagnation of the peace process have produced a historic shift. The most resourceful Israelis are going into technology and commerce, not politics. This has had a desultory effect on the nation’s public life, but an invigorating one on its economy. Tel Aviv has become one of the world’s foremost entrepreneurial hot spots. Israel has more high-tech start-ups per capita than any other nation on earth, by far. It leads the world in civilian research-and-development spending per capita. It ranks second behind the U.S. in the number of companies listed on the Nasdaq. Israel, with seven million people, attracts as much venture capital as France and Germany combined. As Dan Senor and Saul Singer write in “Start-Up Nation: The Story of Israel’s Economic Miracle,” Israel now has a classic innovation cluster, a place where tech obsessives work in close proximity and feed off each other’s ideas. (…) Israel’s technological success is the fruition of the Zionist dream. The country was not founded so stray settlers could sit among thousands of angry Palestinians in Hebron. It was founded so Jews would have a safe place to come together and create things for the world. This shift in the Israeli identity has long-term implications. Netanyahu preaches the optimistic view: that Israel will become the Hong Kong of the Middle East, with economic benefits spilling over into the Arab world. And, in fact, there are strands of evidence to support that view in places like the West Bank and Jordan. But it’s more likely that Israel’s economic leap forward will widen the gap between it and its neighbors. All the countries in the region talk about encouraging innovation. Some oil-rich states spend billions trying to build science centers. But places like Silicon Valley and Tel Aviv are created by a confluence of cultural forces, not money. The surrounding nations do not have the tradition of free intellectual exchange and technical creativity. For example, between 1980 and 2000, Egyptians registered 77 patents in the U.S. Saudis registered 171. Israelis registered 7,652. The tech boom also creates a new vulnerability. As Jeffrey Goldberg of The Atlantic has argued, these innovators are the most mobile people on earth. To destroy Israel’s economy, Iran doesn’t actually have to lob a nuclear weapon into the country. It just has to foment enough instability so the entrepreneurs decide they had better move to Palo Alto, where many of them already have contacts and homes. American Jews used to keep a foothold in Israel in case things got bad here. Now Israelis keep a foothold in the U.S. David Brooks
Mais aussi derrière la remarquable ascension sociale de toute la génération qu’il incarne de juifs expulsés d’Algérie avec quasiment rien il y a plus de 50 ans …
L’incroyable aventure de ce petit peuple dont, à la suite de l’interminable liste d’antisémites de l’humanité et avant tout récemment le cadre du PS Gérard Filoche, de Gaulle lui-même avait perçu l’indiscutable domination intellectuelle …

Et qui à l’instar de leur surreprésentation dans la super élite des prix Nobel (plus de 20% pour moins de 0,2% de la population mondiale !) …

A contraint jusqu’au plus virulent des athées de la planète à avouer sa perplexité et à reconnaitre que cela ne pouvait être qu’une question de « pure religion et de culture » ?

Voir également:

A remarkable week for Jewish Nobel Prize winners

The Jewish chronicle

October 10, 2013

No less than six Jewish scientists were awarded Nobel Prizes this week, and two others came very close.

Belgian-born Francois Englert won the accolade in physics for his groundbreaking work on the origins of sub-atomic particles.

Prof Englert, 80, spent decades studying the Higgs boson particle, and was recognised “for the theoretical discovery of a mechanism that contributes to our understanding of the origin of the mass of subatomic particles”.

Prof Englert, who is a Holocaust survivor, shared the prize with Edinburgh University professor Peter Higgs, after whom the particle is named.

“At first I thought I didn’t have it because I didn’t see the announcement,” said a “very happy” Prof Englert.

The theoretical physicist teaches at Tel Aviv University and is emeritus professor at the Université libre de Bruxelles, where he graduated as an engineer and received a PhD in physical sciences in the 1950s.

Born into a Belgian Jewish family, Prof Englert survived the Nazi occupation by hiding in orphanages and children’s homes in Dinant, Lustin and Stoumont until Belgium was liberated by the US army.

Also this week, two American Jews were awarded the Nobel Prize in medicine, pipping two Israelis to the post.

James Rothman and Randy Schekman, together with German researcher Thomas Suedhof, were awarded the prize for their work on how proteins and other materials are transported within cells.

Hebrew University professors Aharon Razin and Howard Cedar were very close contenders.

Professor Rothman is based at Yale University and Professor Schekman teaches at the University of California.

The Nobel committee said their research on “traffic” within cell vesicles — bubbles within the cells — helped scientists understand how “cargo is delivered to the right place at the right time”.

Prof Schekman said he planned to celebrate the award with his colleagues. “I called my lab manager and I told him to go buy a couple bottles of Champagne and expect to have a celebration with my lab,” he said.

The trio have been working on cell transportation “over years, if not decades”, Prof Rothman told Associated Press.

Meanwhile, three Jewish-American scientists, Arieh Warshel, Michael Levitt and Martin Karplus, shared the Nobel Prize in chemistry.

The trio won the award for their work on computer simulations that enable the closer study of complex reactions such as photosynthesis and combustion, and the design of new drugs.

Prof Warshel, who has Israeli citizenship, studied at the Weizmann Institute in Rehovot. Prof Levitt also holds an Israeli passport and taught at the Weizmann Institute throughout the 1980s. Vienna-born Prof Karplus, who received his PhD from the California Institute of Technology, fled the Nazi occupation of Austria as a child in 1938.

IT’S A WIN-WIN SITUATION

An estimated 190 Jewish or half-Jewish people have received Nobel Prizes since they were first handed out in 1901.

Jews have won more than 20 per cent of the 850-plus prizes awarded, despite making up just 0.2 per cent of world’s population.

The first Jewish recipient was Adolf von Baeyer, who received the prize in chemistry in 1905.

Other notable recipients include writer and Holocaust survivor Elie Wiesel, physicist Alfred Einstein, playwright Harold Pinter, novelist Saul Bellow and Israeli President Shimon Peres.

Jews have received awards in all six categories, with the most won in medicine.

Voir encore:

One-of-five Nobel Prize Laureates are Jewish
Israel High-Tech & Investment Report

December 2004

In the 20th century, Jews, more than any other minority, ethnic or cultural, have been recipients of the Nobel Prize, with almost one-fifth of all Nobel laureates being Jewish. Of the total Israel has six Nobel laureates.

In December 1902, the first Nobel Prize was awarded in Stockholm to Wilhelm Roentgen, the discoverer of X-rays. Alfred Nobel, 1833-1996, a Swedish industrialist and inventor of dynamite, bequeathed a $9 million endowment to fund prizes of $40,000 in 1901. Today the prize has grown to $1 million, to those individuals who have made the most important contributions in five areas. The sixth, « economic sciences, » was added in 1969.

Nobel could hardly have imagined the almost mythic status that would accrue to the laureates. From the start « The Prize » (as it was sensationalized in Irving Wallace’s 1960 novel) became one of the most sought-after awards in the world, and eventually the yardstick against which other prizes and recognition were to be measured.

A total of nearly 700 individuals and 20 organizations have been Nobel recipients, including two who refused the prize (Leo Tolstoy in 1902 and Jean-Paul Sartre in 1964.) Thirty women have won Nobels. The United States has about one-third of all winners. Also remarkable is the fact that 14 percent of all the laureates in a 100-year span have been Californians, most of them affiliated with one or more of the world-class higher education and research institutions in that state.

Jewish names appear 127 times on the list, about 18 percent of the total. This is an astonishing percentage for a group of people who add up to 1/24th of 1 percent of the world’s population. But this positive disproportion is echoed even further in the over-representation of Jews, compared to the general population, in such fields as the physical and social sciences, and in literature. An examination of the large professional communities from which Nobel laureates are selected would reveal an even more dominant disproportion. As an example, it is estimated that about one-third of the faculty at Harvard Medical School is Jewish.

The figure for the total number of Jewish nobel Prize winners varies slightly, depending on the strictness of the « Who’s a Jew? » definition. But the figure cited most frequently is 161, or 22 percent of Nobel Prizes in all categories awarded between 1901-2003. With the 2004 additions, the total stands at 166.

Voir de même:

As the Nobel Prize marks centennial, Jews constitute 1/5 of laureates

Throughout the 20th century, Jews, more so than any other minority, ethnic or cultural group, have been recipients of the Nobel Prize — perhaps the most distinguished award for human endeavor in the six fields for which it is given. Remarkably, Jews constitute almost one-fifth of all Nobel laureates. This, in a world in which Jews number just a fraction of 1 percent of the population.

This year’s winners for physics, chemistry, physiology or medicine, literature, economics and peace are being announced this week.

To mark the 100th anniversary of the Nobel Prize, an all-day California Nobel Prize Centennial Symposium will be held Friday, Oct. 26 at the Palace of Fine Arts Theatre in San Francisco. More than 12 Nobel laureates are expected to attend the event, which will include panel and roundtable discussions and excerpts from a documentary film in progress.

The event is presented by the Exploratorium and the Consulates General of Sweden in Los Angeles and San Francisco, in cooperation with several Bay Area universities, Lawrence Livermore Lab and KQED-TV.

Laureates will include economist Milton Friedman of the Hoover Institution, Stanford molecular biologist Paul Berg and U.C. Berkeley physicist Donald Glaser, among others.

It is ironic that this international recognition has rewarded Jewish accomplishment in the same century that witnessed pogroms, the Holocaust and wars that killed millions for no other reason than that they were Jewish. Certainly the Nobel Prize was not awarded to Jews because they were entitled to it, were smarter or better educated than everyone else, or because they were typically over-represented in the six fields honored by the award.

Rather, all Nobel laureates have earned their distinction in a traditionally fierce competition among the best and the brightest, although politics and controversy have not infrequently followed in the wake of the Nobel.

In December 1902, the first Nobel Prize was awarded in Stockholm to Wilhelm Roentgen, the discoverer of X-rays. Alfred Nobel (1833-96), a Swedish industrialist and inventor of dynamite, had bequeathed a $9 million endowment to fund significant cash prizes ($40,000 in 1901, about $1 million today) to those individuals who had made the most important contributions in five domains; the sixth, in « economic sciences, » was added in 1969.

Nobel could hardly have imagined the almost mythic status that would accrue to the laureates. From the start « The Prize » (as it was sensationalized in Irving Wallace’s 1960 novel) became one of the most sought-after awards in the world, and eventually the yardstick against which other prizes and recognition were to be measured.

Certainly the roster of Nobel laureates includes many of the most famous names of the 20th century: Marie Curie, Albert Einstein, Mother Teresa, Winston Churchill, Albert Camus, Boris Pasternak, Albert Schweitzer, the Dalai Lama and many others.

The list of American Nobel laureates in literature alone is a pantheon of our writers, including Sinclair Lewis, Eugene O’Neill, Pearl Buck, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Saul Bellow, Isaac Bashevis Singer and Toni Morrison. American peace laureates include Presidents Theodore Roosevelt and Woodrow Wilson, Jane Addams, Ralph Bunche, Linus Pauling (a two-time winner, also awarded a Nobel for chemistry), Martin Luther King Jr., Henry Kissinger and Jody Williams.

A total of nearly 700 individuals and 20 organizations have been Nobel recipients, including two who refused the prize (Leo Tolstoy in 1902 and Jean-Paul Sartre in 1964.) Thirty women have won Nobels. The United States has had about one-third of all winners. Also remarkable is the fact that 14 percent of all the laureates in a 100-year span have been Californians, most of them affiliated with one or more of the world-class higher education and research institutions in our state.

Jewish names appear 127 times on the list, about 18 percent of the total. This is an astonishing percentage for a group of people who add up to 1/24th of 1 percent of the world’s population. But this positive disproportion is echoed even further in the over-representation of Jews, compared to the general population, in such fields as the physical and social sciences, and in literature. An examination of the large professional communities from which Nobel laureates are selected would reveal an even more dominant disproportion. As an example, it is estimated that about one-third of the faculty at Harvard Medical School is Jewish.

How to account for Jewish proficiency at winning Nobels? It’s certainly not because Jews do the judging: All but one of the Nobels are awarded by Swedish institutions (the Peace Prize by Norway). The standard answer is that the premium placed on study and scholarship in Jewish culture inclines Jews toward more education, which in turn makes a higher proportion of them « Nobel-eligible » than in the larger population. There is no denying that as a rule the laureates in all six domains are highly educated, although there are notable exceptions, such as Mother Teresa. Nevertheless, in a world where so many millions have university degrees it is difficult to see why on that basis alone Jews should prevail in this high-level competition.

Another question is why the physical sciences admired by Alfred Nobel are so attractive to Jewish scientists. Albert Einstein, the successor to Newton, Galileo and Copernicus and the greatest name in modern science, was Jewish. This is more than a matter of historic pride; it is an enormous statistical improbability. And such achievements were not always attained on a level playing field. For example, the Nazis dismissed relativity as « Jewish physics » and caused the uprooting and exile (mostly to the United States) of a generation of German scientists who happened to be Jewish.

In literature and peace as well, Jews are disproportionately represented among the winners. Jewish writers honored include Henri Bergson, Boris Pasternak, S.Y. Agnon, Nelly Sachs, Saul Bellow, Isaac Bashevis Singer, Joseph Brodsky and Nadine Gordimer. Peace laureates include Henry Kissinger, Menachem Begin, Elie Wiesel, Yitzhak Rabin and Shimon Peres. In economics, for which the Nobel has been awarded for only the last 31 years, 13 laureates are Jewish, more than 40 percent of the total, including Paul Samuelson, Herbert Simon and Milton Friedman.

But it still seems insufficient to credit all this to reverence for education, skill at theoretical thinking or competitive instincts forged in a millennial-old struggle to survive and prosper.

Perhaps the desire to understand the world is also a strong or defining Jewish cultural trait, leading to education and careers suited to exploration and discovery. Science may have furnished an opportunity to not only understand but to lead, and to have one’s work judged without bias in collegial communities that have no use for religious intolerance.

Whatever the reasons, Jewish successes in the high-stakes world of the Nobel Prize are nothing short of astonishing, and a source of understandable pride to Jews throughout the world. Consider the scorecard: 37 awards in physics, 21 in chemistry, 39 in physiology and medicine, 10 in literature, seven in peace and 13 in economics.

Listings and descriptions of the contributions of the Jewish laureates may be found in Burton Feldman’s recently published book, « The Nobel Prize: A History of Genius, Controversy, and Prestige » (Arcade Publishing).

Other information about the Nobel Prize — its history, institutions, background on the winners and their work, acceptance speeches, etc. can be found on the Internet at www.nobel.se For California centennial activities, visit www.calnobel.org

 Voir enfin:
Hebrew University study reveals global Jewish population reached 13.75 million in past year; about 43% of world’s Jewish community lives in Israel

About 43% of the world’s Jewish community lives in Israel, making Israel the country with the largest Jewish population.

The Central Bureau of Statistics reported on the eve of Rosh Hashana, the Jewish New Year 5773, that the total population of Israel in 2012 grew to nearly 8 million. About 73% of the population is native born.

The Israeli Jewish population stands at 5,978,600, up 1.8%; the Arab population numbers at 1,636,600, up 2.4%; and the rest of the population including Christians and non-Jews reached 318,000 people, up 1.3%. Israel’s Jewish population makes up 75% of the state’s total people.

In all, the Jewish state’s population increased by 96,300 people in 2012, a growth rate that did not diverge from the average rate in the past eight years.

Part of Israel’s population increase comes in part of the new immigrants that have arrived to the country. In 2011, Israel welcomed 16,892 new immigrants as citizens, with the largest populations coming from Russia (3,678), followed by Ethiopia (2,666), United States (2,363), Ukraine (2,051) and France (1,775).Israel’s population is relatively young compared to populations in other western countries, with 28% of the population aged 0-14. Israel’s life expectancy is one of the highest of the international Organization for Economic Cooperation and Development’s (OECD) 34 member states, with Jewish males’ life expectancy 4.2 years higher than their Arab counterparts.

The Central Bureau of Statistics also found that 40% of Israel’s population lives in the center of the country, with Tel Aviv as Israel’s densest region, while 17 % lives in the north, 14% in the south, 12% in Jerusalem and Haifa, and 4% in Judea and Samaria.

Over 47,885 couples married in Israel in the past year, of which 75% were Jewish and 21% Muslim. In 2011, there were 166, 296 babies born in Israel.The world’s principal religious populations divide as follows according to the Central Intelligence Agency (CIA) in 2012: Christians at 33% or 2.1 billion, Muslims at 24% or 1.65 billion, Hindus at 14% or 900 million, and Buddhists at 6% or 350 million. At least one billion people in the world do not ascribe to any religion at all.

Voir par ailleurs:

« Les musulmans sont-ils discriminés ? »
Philippe d’Iribarne
Le Figaro
26/11/2017

Un fort courant de pensée dénonce le mauvais accueil que l’Europe réserverait aux musulmans, contribuant aux difficultés d’intégration de ces derniers. Ce courant inspire nombre d’études affirmant que les musulmans sont victimes d’« islamophobie ». Une telle approche vient d’être illustrée par un rapport élaboré par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Le texte, intitulé « Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding », (septembre 2017), analyse les réponses de 10 527 personnes qui s’identifient elles-mêmes comme musulmanes dans quinze pays de l’Union. Or, dès qu’on examine de près les données recueillies, on voit qu’elles conduisent à des conclusions bien différentes de ce que le rapport prétend démontrer. L’étude s’appuie uniquement sur des déclarations relatives à ce qui est ressenti par les personnes interrogées. Pourtant, ce qui est déclaré est identifié à ce qui advient effectivement. On trouve sans cesse des affirmations telles que : « Les musulmans ayant répondu rencontrent de hauts niveaux de discrimination », comme s’il s’agissait d’un fait avéré. Or, on trouve chez les personnes interrogées des conceptions très larges de ce qu’elles entendent par discrimination, en y incluant des différences de traitement conformes à la loi, liées à la nationalité. Rien n’est mis en œuvre dans l’étude pour savoir si une attitude globale plutôt hostile envers la société d’accueil pousserait certains à qualifier de discrimination des réactions fondées en réalité sur des raisons nullement discriminatoires, tel un déficit de compétence. De surcroît, ceux qui affirment que les musulmans en général sont discriminés sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se déclarent discriminés personnellement. Dans cette étude, en France, 75 % des musulmans déclarent qu’il existe une discrimination sur la base de la religion alors que seulement 20 % déclarent s’être sentis personnellement discriminés sur cette base au cours des cinq dernières années.

On trouve, en réponse aux mêmes questions, 72 % et 30 % en Suède, 59 % et 19 % en Belgique, 26 % et 10 % en Espagne, etc. La croyance, que l’on retrouve au sein de la population en général, selon laquelle les musulmans seraient discriminés en raison de leur religion outrepasse donc largement la réalité. Par ailleurs, « les musulmans » en général sont supposés traités sans distinction par les sociétés d’accueil, en tant que musulmans ou vraisemblablement musulmans. L’état même de musulman est censé engendrer une réaction négative. Dès sa première phrase, le rapport annonce : « Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez postulé pour un emploi ? Vous pouvez avoir craint que vos compétences informatiques soient insuffisantes, ou vous vous êtes tracassé à propos d’une faute d’orthographe dans votre CV. Mais, si vous êtes musulman ou d’origine musulmane et vivez dans l’Union européenne, votre nom peut suffire pour rendre certain que vous ne recevrez jamais d’invitation à un entretien d’embauche. » Or, en réalité, les données mêmes de l’enquête montrent qu’on observe, dans les pays de l’Union, des réactions très différenciées à l’égard de ceux qui se déclarent musulmans. Ce n’est nullement l’ensemble, ni même la majorité des musulmans qui déclarent s’être sentis discriminés du fait de leur religion, mais une petite minorité : 17 % dans les cinq ans précédant l’enquête. On retrouve ce même caractère minoritaire quand il s’agit de harcèlement (du regard perçu comme hostile à l’acte de violence physique), ou encore des rapports avec la police. Dans ce dernier cas, parmi les personnes qui se déclarent musulmanes et qui ont été interrogées, seulement 16 % des hommes et 1,8 % des femmes indiquent se sentir discriminés. En fait, on a affaire à plusieurs sous-populations suscitant des réactions très contrastées.

Tandis que la majorité ne se sent jamais discriminée, une minorité se sent discriminée à répétition – cinq fois par an en moyenne, jusqu’à quotidiennement pour une partie. Un tel contraste entre des groupes traités (ou qui se sentent traités) de manière aussi radicalement différente serait impossible si on avait affaire à une discrimination s’exerçant au hasard, liée au simple fait d’être musulman. Le rapport, en outre, fournit un ensemble de données distinguant les déclarations provenant de musulmans d’origines diverses (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Turquie, Asie), hommes et femmes, et vivant dans les divers pays de l’Union étudiés. En moyenne, ceux qui viennent d’Afrique du Nord sont plus de deux fois plus nombreux que ceux venant d’Asie (21 %, contre 9 %) à se déclarer discriminés sur la base de la religion. On retrouve ces différences, encore plus amples, pour le harcèlement et les rapports avec la police. Or rien n’est dit sur ce que ces différences sont susceptibles de devoir à des divergences de manière d’être des personnes concernées. L’existence de limites au droit à l’expression des religions, spécialement dans l’entreprise, est bien notée. Mais il n’est jamais envisagé qu’une acceptation de ces limites chez les uns puisse coexister avec une rébellion à leur égard chez d’autres, cette différence d’attitude entraînant une différence de réactions des employeurs. Par ailleurs, les immigrés de seconde génération déclarent davantage rencontrer des réactions négatives du fait de leur religion que ceux de première génération (22 % contre 15 % pour les discriminations, 36 % contre 22 % pour le harcèlement). Mais il n’est jamais question, dans le rapport, de l’adoption, au sein de la seconde génération, d’une posture plus revendicative, susceptible de conduire à des comportements posant problème. En arrière-fond du rapport, la vision de l’intégration mise en avant est celle d’une « accommodation mutuelle » . Il est fait appel aux orientations du Conseil de l’Europe, « regardant l’intégration comme un processus dynamique à double sens d’accommodation mutuelle de tous les immigrants, y compris les musulmans, et des résidents » . Mais, en pratique, le rapport incite uniquement à réclamer une adaptation à la société d’accueil. Il est question de racisme, de xénophobie, de « crimes causés par la haine » . En réalité, l’interprétation qui paraît la plus sensée des données d’enquête est que la grande majorité des musulmans ne pose aucun problème à la société d’accueil ; et que, corrélativement, ses membres sont traités comme tout un chacun. C’est seulement une petite minorité qui est source de problèmes pour la société d’accueil et suscite, de ce fait, des réactions négatives. Il est vraisemblable que les membres de cette petite minorité, refusant de reconnaître ce qui est dû à leur manière d’être, se déclarent discriminés. En outre, l’interprétation, par le rapport, des sentiments à l’égard de la société d’accueil est toujours à sens unique. Les musulmans dans leur grande majorité déclarent se sentir à l’aise avec des voisins d’une religion différente ou prêts à voir leurs enfants épouser des non-musulmans. Selon le rapport, « presque tous (92 %) se sentent bien à l’idée d’avoir des voisins d’une autre religion » et presque un sur deux (48 %) n’aurait aucun problème « si un membre de sa famille épousait une personne non musulmane » . Ce fait est l’objet d’une interprétation laudative.

Le rapport dénonce, par contraste, les réactions peu favorables de l’ensemble de la population envers les musulmans, une personne sur cinq n’aimant pas avoir des musulmans parmi ses voisins et 30 % n’appréciant pas que son fils ou sa fille ait une relation amoureuse avec une personne musulmane. Selon le rapport, ces réponses prouvent que les musulmans sont plus ouverts et tolérants que les membres des sociétés d’accueil. Dans la comparaison ainsi faite, il n’est question que d’attitudes d’ouverture et de fermeture. L’étude ne porte aucune attention à la réalité des difficultés à vivre dans un univers où des personnes d’une autre culture peuvent tendre à imposer leurs mœurs. Il est bien noté, certes, que l’environnement institutionnel est sans doute meilleur dans les pays d’accueil que dans les pays d’origine et que cela peut intervenir dans le haut niveau de confiance que les personnes interrogées expriment envers les institutions du pays d’accueil. Mais l’intensité de la pression sociale dans certains quartiers où les musulmans tendent à régenter les tenues et les conduites n’est jamais évoquée. S’agissant du mariage, on ne trouve pas, dans l’étude, de questions séparées pour le mariage des filles et celui des garçons, alors que l’islam les distingue. On ne trouve pas davantage de mention des difficultés concrètes associées pour un non-musulman à un mariage avec un musulman : possibilité pour un conjoint musulman d’enlever les enfants en cas de séparation pour les amener dans un pays musulman, en étant protégé par la justice du pays en question ; pression à la conversion du conjoint non musulman. Quand des sentiments de haine sont évoqués par le rapport, c’est toujours envers les musulmans et jamais provenant d’eux. Il est question de « harcèlement provoqué par la haine » , de « harceleurs motivés par la haine » . La place que tient la haine envers l’Occident au sein du monde musulman n’est jamais évoquée. Le fait que ceux qui se déclarent le plus discriminés soient aussi ceux qui déclarent le moins d’attachement à la société d’accueil est interprété, comme si cela allait de soi, comme une relation de cause à effet. Ce serait ceux qui sont le plus discriminés qui, pour cette raison, s’attacheraient le moins à la société qui les accueille. Cette relation à sens unique est postulée, en particulier quand il s’agit de radicalisation islamiste. Il n’est pas envisagé qu’on ait affaire à un effet inverse : une attitude de rejet de la société d’accueil liée à une conception « dure » de l’islam, engendrant à la fois des comportements qui suscitent des réactions négatives et une tendance à interpréter ces réactions comme des discriminations. L’étude de l’Union européenne ne se demande jamais pourquoi il existe un tel contraste entre une grande majorité des musulmans qui déclare ne jamais se sentir discriminée et une petite minorité qui déclare l’être intensément. Ce contraste montre que l’on n’a pas affaire à des réactions globales à l’égard des musulmans en tant que tels, mais à des réactions différenciées, ce qui suggère que les manières d’être de chacun, considérées dans leur grande diversité, ont un rôle majeur. Pourtant l’étude affirme, comme si cela allait de soi, que les barrières à une pleine inclusion des musulmans dans les sociétés européennes ne sont imputables qu’à ces sociétés et sont exclusivement dues à « discrimination, harcèlement, violences motivées par la haine, fréquence des contrôles policiers ». Ce sont ces expériences qui peuvent à la longue réduire l’attachement des populations concernées au pays où elles résident, soutient l’étude. Le communiqué de presse diffusé à la suite de la parution de l’étude indique, comme première solution aux problèmes d’intégration des musulmans, « des sanctions efficaces contre les violations de la législation de lutte contre la discrimination » . Alors que l’intention affichée par l’étude, comme de manière générale à la famille d’études à laquelle elle appartient, est d’être au service d’une meilleure intégration des musulmans, son effet tend à être exactement inverse. Elle incite les musulmans à croire, à tort, que leurs efforts d’intégration sont vains et donc à nourrir du ressentiment et à les détourner d’accomplir de tels efforts. L’étude sert involontairement, par ailleurs, les stratégies des islamistes militants qui travaillent à la construction d’une contre-société islamique hostile aux pays d’accueil et plus généralement à l’Occident. *

Philippe d’Iribarne est l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs sont devenus des classiques, tels « La Logique de l’honneur. Gestion des entreprises et traditions nationales » (1989) et « L’Étrangeté française » (2006).

Voir par ailleurs:

La mobilité géographique des juifs de France
Aujourd’hui, plus que jamais, les juifs de l’Hexagone sont sur le départ. Mais tous ne mettent pas le cap sur Israël. Depuis une quinzaine d’années, ils sont des dizaines de milliers à avoir changé de quartier, poussés par l’hostilité de leurs voisins arabes, ou entraînés par une ascension sociale fulgurante
Bernard Edinger
The Jerusalem Post
January 5, 2016

Les quartiers multiethniques se vident peu à peu de leurs juifs. Ces quinze dernières années, le mouvement migratoire s’est accéléré : des communautés entières ont déserté les banlieues multiraciales de la capitale. Beaucoup ont quitté la France, entre autres pour Israël – les immigrants en provenance de l’Hexagone constituant désormais le plus grand groupe d’arrivants de l’Etat juif. Mais plus nombreux encore sont ceux qui ont changé de lieu de résidence pour rester en France, avec l’émergence de communautés flambant neuves dans des quartiers aisés comme l’élégant 17e arrondissement de Paris.

Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples, explique Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’un des principaux groupes de défense de la communauté juive. « Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens », poursuit Ghozlan, commissaire de police à la retraite, également président du Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis.

Et de préciser : « La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. » Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître.
« En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour », pointe Ghozlan. C’est d’ailleurs dans un quartier délabré du centre de la localité que la police française a perquisitionné, le 18 novembre dernier, l’appartement dans lequel Abdelhamid Abaaoud – le cerveau islamiste présumé du massacre de 130 personnes quelques jours plus tôt à Paris – s’était retranché. C’est là qu’il a été traqué et tué, avec deux de ses complices. « Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département », affirme Ghozlan, qui partage désormais son temps entre la France et Israël.

Les attaques du 13 novembre, au Bataclan, au Stade de France et dans plusieurs cafés et restaurants populaires parisiens, n’ont pas eu lieu dans des quartiers juifs ou dotés d’institutions notables de la communauté. Peut-être parce que les synagogues et les écoles juives, protégées par des soldats français équipés de fusils d’assaut, n’auraient pas constitué une cible aussi « facile » que ces lieux de loisirs et divertissement, laminés sans opposition à l’arme automatique.

Quitter la banlieue à tout prix

Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays.

Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux.
Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration.

Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français.
Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés.

Cap sur le 17e, quartier chic

L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe. « Je suis venue ici en 1983, j’ai acheté mon cabinet dentaire avenue Niel et j’ai vu le quartier évoluer. Il y a deux ans, on a estimé la population juive du 17e à environ 40 000 personnes, soit à peu près 30 % des habitants de l’arrondissement. Et dans certains quartiers du 17e, le pourcentage est encore plus important, par exemple aux Ternes. Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerçant juif. Aux Batignolles, cela commence aussi », explique Murielle Schor, adjointe au maire du 17e et vice-présidente du Consistoire israélite de Paris.

Le Consistoire ne dénombre d’ailleurs pas moins de 29 restaurants, charcuteries et boulangeries cachers dans l’arrondissement. Un kiosque à journaux, installé sur l’élégante avenue de Wagram bordée d’arbres, affiche bien en évidence des publications juives comme Israël Magazine, L’Arche ou Actualité juive. Et la rue Jouffroy d’Abbans abrite de savoureuses épiceries fines, comme Berbèche et Charles Traiteur, cachers et spécialisés dans les délices d’Afrique du Nord. Sans oublier la librairie Beit Hasofer, qui vend des livres religieux et propose des services de vérifications de mezouzot. « Il n’y a pas d’incidents – nombre de juifs se promènent librement avec des kippas, sans crainte », conclut Schor.

Francine Zana, est un membre actif de la communauté juive. « Je suis arrivée dans le quartier au milieu des années 1980, venant du 20e arrondissement où des bandes d’Arabes et de Noirs se bagarraient entre eux et harcelaient les juifs. C’était très tendu. Comme je gagnais bien ma vie, je suis venue dans le 17e », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Il y avait très peu de juifs ici à l’époque. Mon mari, arrivé directement de Tunisie, avait créé une synagogue du nom de sa jeune sœur tuée dans un accident de voiture en Israël. Au départ, il y avait une quarantaine de fidèles. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus et de nouveaux membres se joignent à nous en permanence, originaires d’autres quartiers de Paris et de banlieue. »

Selon Murielle Schor, « le phénomène de l’ascension sociale de la communauté juive séfarade établie depuis les années soixante est fulgurant, on le mesure partout (…) Dans les 16e et 17e arrondissements, sur les plaques des médecins – un nom sur deux est à consonance juive, les docteurs, comme les dentistes. » Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités.
Murielle Schor note que les relations avec les églises locales sont excellentes. Certains voisins non juifs se plaignent toutefois auprès de la municipalité de l’arrondissement de ces voitures garées en double voire triple file, à proximité des magasins d’alimentation juifs peu avant chabbat. « Rue Barye, les gens rouspètent car les juifs font du bruit en sortant de la synagogue. Ce n’est pas de l’antisémitisme, mais parfois, néanmoins, je ressens un peu le ras-le-bol des riverains quand les portes et les fenêtres des synagogues restent ouvertes. Rue Fortuny, il y avait un immeuble où se tenaient les réceptions de mariages et de bar-mitsvot. Les voisins étaient furieux quand les invités sortaient dans la rue le dimanche soir en faisant du bruit à deux heures du matin. La rue était en ébullition. »

Pas tous des nantis

Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. L’Etat français a contribué au projet à hauteur de 2,7 millions d’euros, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présidé en juin dernier, aux côtés de la maire de Paris Anne Hidalgo, un dîner organisé par la communauté juive dans le but de lever des fonds privés supplémentaires.

Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs.

Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris, dont Albert Myara préside la communauté. Il est également le secrétaire général du Conseil des communautés juives du Val-de-Marne et coordinateur des CCJ de la région parisienne.
« Ici, au Kremlin-Bicêtre, de nombreuses familles sont parties qui ne supportaient plus l’atmosphère ambiante. Et nous ne sommes pourtant pas une des villes les plus sinistrées, l’immobilier reste cher, on y trouve un certain niveau de vie, mais la proportion d’immigrés musulmans est devenue très importante. Sur 25 000 habitants, on compte facilement 25 % de musulmans. Jusqu’aux années 1990, 10 % de la population était juive, aujourd’hui nous ne sommes que 5 ou 6 % », explique Myara.
L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes, et un magasin expose les tenues traditionnelles des femmes musulmanes, y compris des robes de style burqa. Beaucoup de passants conversent en arabe. « Les juifs n’ont pas supporté ces changements de physionomie sociale, cette insécurité, et sont partis dans les beaux quartiers. Ici, une dizaine de familles ont fait leur aliya et une cinquantaine ont déménagé vers des zones plus hospitalières, comme Neuilly, Levallois, Issy-les-Moulineaux, des quartiers où l’antisémitisme est tout à fait infime », poursuit-il.

L’évolution démographique de la communauté juive française a fortement affecté le système scolaire juif privé, autrefois florissant, ajoute Michel Elbaz, directeur de l’action sociale au FSJU, qui chapeaute les associations d’entraide juive en France. Avec le départ de certaines familles vers d’autres quartiers ou vers Israël, des écoles juives ont dû fermer ou regrouper des classes, explique-t-il.
On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane.

Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français.

Voir enfin:

Le 17ème : nouveaux venus dans un arrondissement très branché

Depuis l’installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. Enquête.

Alain Chouffan

Depuis des années, on le sait, les juifs de France sont inquiets. Beaucoup partent en Israël. D’autres, poussés par l’hostilité de leurs voisins arabes, déménagent de la banlieue vers Paris, pour des quartiers où il fait bon vivre comme dans l’élégant 17e.

Et ils sont nombreux ! « 60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa région ont déménagé ces dix dernières années, diagnostique Sammy Gozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme. Les communautés juives de banlieues ont été complètement désertées Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme à Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions, d’agressions physiques. »

Alors déménager ? Oui, pour aller où ? À Paris, de préférence. « On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue, analyse Haïm Korsia, Grand rabbin de France : à l’Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a fédéré autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. À l’Est, autour du 12e arrondissement, s’ajoutent Saint-Mandé, Vincennes, et Charenton. » La sécurité a-t-elle joué un rôle majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessiné l’implantation juive à Paris et en Ile-de-France ? Bien sûr, mais ce n’est pas l’unique motif. Jérôme Fourquet y rajoute une « logique d’ascension sociale ». Selon le directeur du département Opinion de l’IFOP « certains sont amenés à quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agréable. Généralement, au terme d’une vie bien remplie et surtout quand le statut social s’est élevé. Ce parcours résidentiel d’ascension sociale n’est pas évidemment spécifique à la population juive. Cependant, le départ de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes aisées des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mandé, renvoie pour partie à ce phénomène. Il en va de même, par exemple, de certains déménagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d’Oise, ou de Créteil vers la ville de Saint-Maur-des Fossés. Ces mouvements de population sont souvent numériquement conséquents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. » (1)

Cette volonté de jouir d’un cadre de vie plus agréable, pour soi et sa famille, explique cet engouement pour le 17e arrondissement. « C’est sûr que si je ne gagnais pas bien ma vie, je n’aurais jamais pu habiter le 17e arrondissement. Croyez-moi, c’est cher ! », avoue ce jeune publicitaire de 45 ans qui a créé sa propre agence de pub et qui habite rue de Courcelles. C’est vrai que l’ascension sociale de la communauté juive séfarade, établie depuis les années soixante, est fulgurante. « On le mesure partout ! Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerce juif !, confirme Murielle Schor, chirurgien-dentiste, doyenne du 17e, adjointe au maire, la plus connue, et la plus militante de cet arrondissement. On le constate aussi dans les 16e et 17e arrondissements sur les plaques des médecins, comme des dentistes ? Quand j’ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier était mort. Ma clientèle était composée de plusieurs noms à particules. Des nobles ! Et j’avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit à petit, ces dix dernières années, ma clientèle juive s’est agrandie. »

André Cohen fait partie de ce noyau. Quand ce kinésithérapeute de 60 ans a pris, en 1997, la décision de s’installer dans le 17e, il habitait Sarcelles depuis plus de vingt ans. « Nous étions une famille heureuse, raconte-t-il avec nostalgie. Toutes les grandes marques parisiennes étaient représentées, et les écoles étaient performantes. Nous n’avions même plus besoin de descendre à Paris ! Nous formions une communauté solidaire et joyeuse. Sarcelles était l’antichambre de Paris ! Petit à petit, une petite délinquance s’est développée, laquelle a entraîné la fermeture de ces grands magasins qui étaient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. » Mais, il a voulu garder, à Sarcelles, son cabinet de kinésithérapeute. De porte-à-porte, de mon cabinet à la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de médecins, dentistes, kinés ont gardé leurs cabinets à Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respectés et nous avons nos habitudes. La communauté s’est regroupée. Nous avons une vie sociale intéressante. Le salon Hoche où nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites échoppes chinoises de manucures et de pédicures, bon marché, se sont incrustées entre les commerces. »

Depuis l’installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. C’est Françoise de Panafieu, l’ancienne maire (2001-2008) du 17e qui a favorisé et facilité l’arrivée des juifs dans ce quartier. « On compte aujourd’hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l’arrondissement, soit 23 %, affirme Brigitte Kuster qui lui a succédé (2). Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s’y sentent bien, et surtout se sentent protégés. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux répartis. Et qu’on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un énorme travail pour entretenir un excellent lien entre les communautés. Le rabbin Haïm Korsia a débattu avec le curé Stéphane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l’attentat contre l’Hypermarché, le lycée Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l’Ecole juive moderne. »

Ce quartier huppé du sud du 17e a tout pour séduire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park où courent des joggers tout au long de la journée, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher – à peine moins que dans le 19e arrondissement –, quatre boucheries, 3 épiceries fines, 2 pâtisseries, une librairie Beit Hassofer, et l’impressionnant Musée Nissim de Camondo des frères Pereire au XIXe siècle. Sans oublier, trois écoles juives qui totalisent plus de 800 élèves. « Pour n’en citer qu’un seul exemple, l’Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd’hui plus de 160 enfants, précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU.

Tous les établissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour préparer les enfants au pire, formation des parents à la vigilance… En effet, des équipes volontaires de parents protecteurs, créées en 2012, après la tuerie de l’école Ozar Hatorah, sont organisées par le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la sécurité des lieux juifs dans l’Hexagone. Dans le 17e, c’est l’opération Sentinelle qui est déployée, explique un membre du ministère de l’Intérieur qui veut garder l’anonymat. Devant les écoles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la durée des cours de 8 heures 30 à 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au même endroit, au même moment, sinon ça ne sert à rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! »

Alors, des gens heureux dans cet écrin bourgeois du 17e ? Sans doute. À voir tous ces jeunes, assis autour d’une table, chez Schwartz Deli, un delicatessen new-yorkais, avenue Niel, et dont ils ont fait leur quartier général le week-end, on pourrait le penser. « C’est pour moi, l’arrondissement le plus branché de Paris », s’exclame d’une voix enjouée, Johanna, 20 ans, étudiante en droit, tout en continuant à manger un cheese cake qu’elle trouve « grave bon ». Un bonheur qui se reflète aussi sur le visage de Francine Zana dont le mari gère les synagogues de la rue Barye, et qui habite le 17e depuis 1986.

« Au début, raconte-t-elle, mon mari avait une petite synagogue, qui n’existe plus, où nous étions une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C’est incroyable ! » « On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fréquentées », précise Haïm Korsia qui sait de quoi il parle puisqu’il habite le 17e, qu’il trouve plus accessible, « car on y trouve ce qu’on veut, des écoles de bons niveaux comme le Lycée Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualité de vie. »

Isabelle Castro, 54 ans, décoratrice d’intérieur, y habite depuis une vingtaine d’années. Si elle a choisi cet arrondissement, c’est parce qu’il lui permet de retrouver son identité juive. Jusque-là, elle n’en éprouvait pas le besoin. Elle s’en explique : « Nous étions avant tout des Français juifs. Mais depuis la violente vague d’antisémitisme qui a déferlé en France avec les affaires Ilan Halimi, Mérah, l’Hyper Cacher, et bien d’autres, nous avons été déçus d’être considérés de cette façon. Alors forcément, nous cherchons à nous regrouper, à être solidaires, à vivre en communauté. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n’étais pas particulièrement pratiquante quand je suis arrivée ici, mais je le suis devenue depuis que j’y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon judaïsme. Et cet arrondissement m’offre cette possibilité ! ».

Installé depuis plus de 31 ans, le restaurant Nini est à lui tout seul une institution. Par sa notoriété, il rayonne dans tout l’arrondissement. « Tout est parti d’ici, dit fièrement le patron, Nini Laloum, un Tune jovial et accueillant. Quand j’ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j’étais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont installés d’autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des écoles. Sans doute cela a-t-il incité beaucoup de juifs à venir. » Il se lève pour chercher son livre d’or et s’exclame : « Regarder bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue… Pourquoi viennent-ils ? Parce que c’est Nini ! Nous avons une clientèle fidèle. J‘en suis à ma 4e génération ! Viennent à nous des jeunes dont on a connu l’arrière-grand-mère ! »

Si avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caractère va encore s’intensifier avec… l’ouverture du Centre Européen du Judaïsme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a déjà commencé ! 4 900 m2, à l’angle de la commerçante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les fêtes, des salles d’expositions, un gymnase, un théâtre, une grande synagogue, un mikvé, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une bibliothèque, une médiathèque, et même un jardin ! Coût : 10 millions d’euros, dont une contribution de 2,7 millions de l’État français. « Est-ce le bon moment pour construire ? », s’interroge Joël Mergui, Président du Consistoire de France pour qui ce Centre est l’aboutissement institutionnel de 2 000 ans de présence juive en France. « Oui, je le pense. Personne n’a le droit de juger ceux qui partent mais personne n’a le droit de décider de l’avenir de la majorité qui reste. Ce nouveau bâtiment, lieu de vie, et symbole d’espoir, montre que nous et personne d’autre, possédons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n’a pas réussi, l’islamisme radical n’y parviendra pas non plus, les juifs ne disparaîtront pas d’Europe. Nous, juifs français qui représentons la plus importante communauté juive d’Europe, voulons croire en l’avenir d’un Judaïsme européen bimillénaire ».

Pour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c’est la « réalisation d’un rêve et d’une intuition » que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu’est née la possibilité d’avoir ce terrain. Le 29 juin 2015, un « dîner des donateurs » a eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Ville (3) où les recevait Anne Hidalgo pour qui « Paris a une âme juive et une culture juive ». Parmi les invités, Brigitte Kuster, bien sûr, qui a « beaucoup aidé à faire avancer le projet et qui se félicite aujourd’hui de voir la réalisation d’un centre culturel et cultuel juif », les ministres Bernard Cazeneuve, Christiane Taubira et Harlem Désir, Moshe Kantor, Président du Congrès juif européen, Anne Sinclair, directrice éditorialiste du Huffington Post, qui pense que « notre place est ici, la tête haute et la parole libre.Bâtir ce Centre Européen, ouvert, culturel, tolérant du judaïsme, en ces temps troublés est une initiative très symbolique que je soutiens avec force ». Maurice Lévy, Président du directoire Publicis, Claude Berda (AB production), Mara Carfagna, députée italienne, Jean-Claude Darmon, Sydney Tolédano (groupe Dior), David de Rothschild, Alexandre Elicha (The Kooples) ou Enrico Macias. Les noms des Fondateurs seront gravés sur un mur de pierres de Jérusalem. Enfin, François Hollande, recevant le jour même à l’Élysée, Moshé Kantor, lui déclarait en évoquant le CEJ (4) : « C’est la meilleure réponse pour ceux qui pensent que l’avenir des Juifs de France est ailleurs. Les Juifs français méritent de vivre ici, de rester ici, et être sûrs et en sécurité. » Un ensemble de déclarations qui rassureront, certainement, les plus inquiets….

(1) Jérôme Fourquet/Sylvain Manternach, L’an prochain à Jérusalem ? » Editions de l’Aube. Un livre sur les inquiétudes des juifs de France qui n’ont cessé de croître depuis une trentaine d’années.

(2) Auteur du livre Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte (Editions Panthéon)

(3) Deux siècles après l’Assemblée des notaires et le grand Sanhédrin qui participèrent à la fondation du judaïsme français et à la naissance du Consistoire.

(4) Times of Israël. Juillet 2015.


Affaire Weinstein: C’est l’Esprit de vérité, imbécile ! (Blowing in the wind: The rules are changing invisibly underneath our feet and we’re just trying to catch up, Hollywood actor says)

11 novembre, 2017
Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Jésus (Jean 3: 8)
Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Jésus (Jean 14: 15-17)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
The answer, my friend, is blowin’ in the wind. Robert Zimmerman
Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome, Et se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté. Vigny
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
C’est parce que nos ancêtres se sont longtemps nourris de la Bible et des Evangiles que nous comprenons ces phénomènes et que nous les condamnons. (…) L’idéal d’une société étrangère à la violence remonte visiblement à la prédication de Jésus, à l’annonce du royaume de Dieu. Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. Ce paradoxe est facile à expliquer. Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie de toute lamentation; on se lamente enfin  sur le christianisme, indispensable bouc émissaire  car il n’est pas de rite sans victime (…) depuis le haut Moyen Age, toutes les grandes institutions humaines évoluent dans le même sens, le droit public et privé, la législation pénale, la pratique judiciaire, le statut des personnes. Tout se modifie très lentement d’abord mais le rythme s’accélère de plus en plus, et, vue de très haut, l’évolution va toujours dans le même sens, vers l’adoucissement des peines, vers la plus grande protection des victimes. (…) Notre société a aboli l’esclavage puis le servage. Plus tard sont venues la protection de l’enfance, des fermmes, des vieillards, des étrangers du dehors et des étrangers du dedans, la lutte contre la misère et le « sous-développement ». Plus récemment encore on a universalisé les soins médicaux, la protection des handicapés, etc.Tous les jours, de nouveaux seuils sont franchis. (…) De nos jours, il s’exaspère parfois de façon caricaturale qu’il suscite le rire mais il faut se garder d’y voir une simple mode, un bavardage toujours plus inefficace. Il n’est pas d’abord une hypocrite comédie. Au cours des âges, il a créé une société incomparable à toutes les autres. Il a unifié le monde. (…) A chaque génération, les législateurs descendaient plus profondément dans un héritage ancestral qu’ils se faisaient un devoir de transformer. Là où leurs ancêtres ne voyaient rien à réformer, ils découvraient l’oppression et l’injustice. Le statu quo avait longtemps paru intouchable, déterminé par la nature ou voulu par les dieux, souvent même par le Dieu chrétien. Depuis des siècles, les vagues successives  du souci  des victimes ont révélé et réhabilité de nouvelles catégories de boucs émissaires dans les soubassements de la société, des êtres dont seuls quelques génies spirituels, dans le passé, soupçonnaient que les injustices dont ils souffraient pouvaient être éliminées. (…) Il y a une avance historique inexorable de la vérité chrétienne dans notre monde. Elle ne fait qu’un paradoxalement avec l’affaiblissement apparent du christianisme. (… ) Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente  que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. (…) La montée en puissance de la victime ne coïncide pas par hasard avec l’avènement de la première culture vraiment planétaire. (..) Au-delà des absolus récemment écroulés, l’humanisme, le rationalisme, la révolution, la science même, il n’y a pas aujourd’hui le vide absolu qu’on nous annonçait naguère. Il y a le souci des victimes et c’est lui qui, pour le meilleur et pour le pire, domine la monoculture planétaire dans laquelle nous vivons. La mondialisation est le fruit de ce souci et non pas l’inverse. Dans toutes les activités économiques, scientifiques, artistiques et même religieuses, c’est le souci des victimes qui détermine l’essentiel, ce n’est ni le progrès des sciences, ni l’économie de marché, ni « l’histoire de la métaphysique ».  (…) De nos jours, tout se décante et le souci des victimes apparait au grand jour, dans toute sa pureté et son impureté. Rétrospectivement c’est lui, on le voit bien , qui depuis des siècles, gouverne en sous-main  l’évolution de notre monde. (…) Ce qui exigeait encore pour être repéré, il y a un siècle, la perspicacité d’un Nietzsche, aujourd’hui le premier venu le perçoit. La surenchère perpétuelle transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. Les médias même s’en aperçoivent et se moquent de la « victimologie », ce qui ne les empêche pas de l’exploiter. Le fait que notre monde devienne massivement antichrétien, au moins dans ses élites, n’empêche donc pas le souci des victimes de se perpétuer et de se renforcer, tout en prenant souvent des formes aberrantes. L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Cela ressemble bien aux Américains d’inventer un big bang à l’origine de nos univers. Julien Green (écrivain franco-américain)
L’univers a été réglé très précisément pour l’émergence de la vie et de la conscience. Le réglage initial est d’une virtuosité époustouflante: on pourrait le comparer à l’habileté d’un archer qui réussirait à planter sa flèche au milieu d’une cible carrée de 1 centimètre de coté, éloignée de 15 milliards d’années-lumière… Trinh Xuan Thuan
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Loin que les nécessités de la reproduction biologique déterminent l’organisation symbolique de la division sexuelle du travail, et de proche en proche, de tout l’ordre naturel et social, c’est une construction arbitraire du biologique, et en particulier du corps, masculin et féminin, de ses usages et de ses fonctions, notamment dans la reproduction biologique, qui donne un fondement en apparence naturel à la vision androcentrique de la division du travail sexuel et de la division sexuelle du travail et, par-là, de tout le cosmos. Pierre Bourdieu
Je ne veux pas éliminer les hommes, bien entendu. Ségolène Royal
In the context of sexual relationships, masculinity is expressed through ‘erection, penetration, and climax,’ so it is possible that threats to gender identity . . . manifest as sexual problems. Cornwell and Laumann
Our findings suggest the importance of socialized gender roles for sexual frequency in heterosexual marriage. (…) Couples in which men participate more in housework typically done by women report having sex less frequently. Similarly, couples in which men participate more in traditionally masculine tasks — such as yard work, paying bills, and auto maintenance — report higher sexual frequency. (…) The first mechanism—that sexual scripts activate desire and sexual behavior in the presence of gendered activity—would operate in the following fashion. Traditional gender per- formances serve as cues of masculine and feminine behavior; these cues activate individuals’ internalized cultural sexscripts, creating sexual desire and activity. In essence, traditionally masculine and feminine behaviors consciously or unconsciously serve as turn-ons for individuals. We do not argue that this takes place instantly, but rather over time, individuals perceive their spouse as more masculine or feminine as they engage in gender-traditional behaviors, and this increases sexual attraction. To the extent that masculinity and femininity are central parts of both the household division of labor and sexual attraction and activity, we expect that households with more traditionally gendered divisions of labor will experience greater sexual frequency. (…) A second possibility is that couples with more gender-traditional divisions of house- work hold more traditional beliefs and act in more gender-typical ways, which leads to more frequent sex. More masculine-identified men may value more frequent sex, and more highly feminine-identified wives may refuse sex less often because they view providing sex as part of being a good wife. Thus, men may initiate sex more frequently, and wives refuse less, with no link to desire. In essence, this mechanism suggests that both housework and sexual behavior are ways that couples do gender, and any observed relationship between the two would reflect couples’ under- lying orientations toward gender rather than causal influence. (…) A third possibility is simply that gender- traditional arrangements are linked to sexual activity because couples perceive greater affection and love when partners do more (albeit in traditionally gendered ways) in the household. Rather than couples engaging in more sexual activity because traditional divisions of housework act as signals of masculinity and femininity, couples may instead feel more affection and satisfaction within their relationships under traditional gender divisions of labor, and this leads to more frequent sex. Doing housework can convey affection, although often in traditionally gendered ways. As DeVault notes, “the gender relations of feeding and eating seem to convey the message that giving service is part of being a woman, and receiving it fundamentally part of being a man.” Gender-traditional beliefs and practices are often associated with greater marital happiness and men’s emotion work in the family. Sexual frequency appears to lie in the realm of sexual scripts, but couples are not purely interested in the amount of sex they have—they undoubtedly also care about the quality of sex. Although sexual frequency is correlated with sexual satisfaction, the correlation is far from perfect. Sabino Kornrich
« Ville sanctuaire » désigne une ville qui met en place certaines pratiques pour protéger les immigrants illégaux/sans-papiers. Elles sont une trentaine aux Etats-Unis à avoir ce « label ». Ces pratiques peuvent être définies par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Concrètement, une ville n’accordera aucun budget pour lutter contre l’immigration illégale ou ne permettra pas aux autorités locales de contrôler le statut d’immigrant d’un civil. Depuis 1996 et surtout depuis 2006, des séries de lois portées en majorité par le parti Républicain, lutte contre ces « libertés » accordées aux immigrants illégaux et tente de donner davantage de pouvoir au gouvernement fédéral (dont dépend la gestion de l’immigration) localement au sein des Etats. A l’heure actuelle, ce sont surtout les Etats du Sud du pays qui sont touchés : Alabama, Texas, Arizona, Mississippi et Géorgie… Mais la tendance, surtout depuis la crise financière de 2008, s’oriente vers davantage de contrôle ainsi qu’un renforcement des lois. A New York, il est possible mais peu probable que des agents de l’immigration débarquent dans un restaurant ou un bar pour faire un contrôle car vous l’aurez compris, les lois locales sont en « faveur » des immigrants. Et dans la réalité, la plupart des bars et restaurants de la ville fermeraient car la main d’œuvre utilisée par cette industrie est en majorité ici illégalement ! Dans la pratique donc, les travailleurs illégaux sont « tolérés » par les autorités locales. Dans les faits, la police peut vérifier votre identité mais n’a pas le droit (contrairement à la France) de vérifier la situation relative à votre visa. Par exemple, il est tout à fait possible en étant sans-papiers, de passer devant un juge et être condamné pour des faits mineurs, sans se faire par la suite expulser. C’est arrivé à un de nos cuisiniers mexicains… Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que ce n’est pas le rôle de la justice locale de s’occuper de l’immigration ! Cela tient aussi au fait que le travail des différentes agences locales ou fédérales ne collaborent pas vraiment ensemble et ne travaillent pas à partir des mêmes bases de données. Lyon69rue89
Dès la Rome antique s’opère un clivage radical entre les pénétrants (les citoyens, les maîtres) et les pénétrés (souvent de jeunes esclaves). L’homme libre se devait d’être marié, d’honorer sa femme et ses maîtresses et pouvait aussi soumettre de jeunes corps masculins pour son plaisir. Pour reprendre le langage cru qu’appréciaient les Romains, un vir [un mâle romain] « encule » mais n’est pas « enculé », alors que les « culs larges » et les « suceurs de bites » étaient méprisés et insultés. Autrement dit, la virilité, c’est la pénétration active ; la dévirilisation, c’est la pénétration passive. Prenez le viol carcéral, un phénomène très répandu et largement tabou. Selon une enquête menée aux Etats-Unis par Human Rights Watch, ces viols sont majoritairement perpétrés par des prisonniers qui, hors les murs, sont hétérosexuels. Ce sont des caïds, qui n’hésitent pas à se glorifier de leurs prouesses sexuelles avec les femmes, et qui « baisent » des détenus pour les humilier et affirmer leur virilité triomphale. Les hommes victimes de ces agressions sont perçus comme féminins, car ils n’affichent pas les marqueurs de la virilité : une voix fluette, un petit gabarit, ou trop peu d’appétit pour la bagarre suffisent pour être rangés du côté des « tafioles », qu’on soit ou non homosexuel. Et, pour le violeur, il s’agit, là encore, d’imposer sa loi par l’asservissement sexuel de l’autre. (…) Ce genre de compliments [« Je t’encule » ou « Je te nique ], très prisés au volant, signifie « Je te soumets à mon phallus » et cela ne va pas te laisser un très bon souvenir. De nombreuses métaphores assimilent le pénis à une arme : pistolet, fusil, gourdin, braquemart… C’est dire que celui qui profère ce type de phrases parle de la puissance de son membre et de sa capacité à anéantir l’autre. Quant à « sale pédé », c’est une amabilité qui est aussi souvent adressée à des hétérosexuels qu’à des homosexuels. Elle vise juste à déprécier l’autre. (…) C’est parce que le féminin est dévalorisé que l’effémination est perçue comme un avilissement (…) C’est, d’après moi, l’une des leçons à tirer de l’affaire Weinstein et de ses suites : pour que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, comme dominants et pénétrants. Le vrai sujet tabou, il est là. On parle énormément, et à juste titre, de la discrimination envers les femmes ; en revanche, l’oppression de l’homme par l’homme, l’homophobie, la confusion entre effémination et homosexualité sont des sujets dont on s’empare trop peu. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire pour dissocier l’« effemination », c’est-à-dire le fait de posséder des caractères essentialisés comme féminins (la douceur, la sensibilité, la bienveillance, l’empathie…) et l’orientation sexuelle, qui est un tout autre sujet. Il existe des homos très virils et des hétéros efféminés (…) Cette discrimination archaïque entre le pénétrant-dominant et le pénétré-dominé mérite d’être définitivement abandonnée. Olivia Gazalé
I have been silenced for 20 years. I have been slut-shamed. I have been harassed. I have been maligned, and you know what? I’m just like you because what happened to me behind the scenes happens to all of us in this society. And that cannot stand, and it will not stand. No more. Name it. Shame it. Call it out. It’s time to be whole, it’s time to rise, it’s time to be brave. Rose McGowan
Well, I know what you mean. Sometimes I think that coming into the studio with you, John, is a bit like going into Harvey Weinstein’s bedroom. John goes way past groping – way past groping. You just pray that you emerge with your dignity intact, but the broader point is that, yes, you can make a fool of yourself. Michael Gove
 Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les juifs, dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les juifs étaient, pour nous, perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques, etc., et, chose primordiale, ces versets étaient les paroles de Dieu. Chaque enfant arabe grandit avec ces images. Dans une monarchie arabe du Golfe par exemple, on lit aujourd’hui dans les manuels scolaires que les juifs descendent des singes parce qu’un verset du Coran (II-65) menace les transgresseurs du Sabbat d’être transformés en singes. (…) les juifs du Coran étaient, en réalité, les juifs de Médine, qui avaient été d’abord perçus par Mahomet comme des alliés potentiels avant de devenir ses ennemis mortels puisqu’ils ne le reconnurent pas comme prophète. L’âge d’or de la condition juive dans le monde arabe est un mythe. Les juifs y vivaient dans une situation meilleure que celle des juifs d’Europe avec des périodes de relative tolérance mais, globalement, du Maroc à l’Irak, ils étaient méprisés, brimés et humiliés quand ils n’étaient pas massacrés de sorte qu’ils n’avaient pas d’autre choix que celui de quitter les terres de leurs ancêtres pour aller s’établir en Europe ou en Israël. C’est dans le monde arabe que les protocoles des sages de Sion ont connu et continuent de connaître leur plus grand succès de vente. L’antisémitisme des Arabes, aujourd’hui, est le même que le vieil antisémitisme européen. Il fonctionne sur le même registre, comme une paranoïa dépourvue d’argumentation. Les juifs ont beaucoup d’argent et sont solidaires entre eux. C’est ce que disait Merah, l’assassin des enfants juifs de l’école Ozar-Hatorah de Toulouse, mais aussi toute une littérature européenne d’avant 1945 (que Merah n’a certainement pas lue). Que de fois ai-je entendu des gens dire en Tunisie que les récoltes sont mauvaises parce que le Mossad empoisonne les sols ou que ce dernier est à l’origine de l’attentat du 11-Septembre, afin d’aider les Américains à mettre la main sur le pétrole irakien. Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes. Des centaines de milliers d’Arabes meurent assassinés par d’autres Arabes en Syrie, en Irak, en Libye, au Soudan, mais cela nous importe apparemment moins que les crimes commis par l’armée israélienne qui sont, eux, toujours dénoncés par une partie, fut-elle minoritaire, de la presse et de la société civile de ce pays. Said Ben Said
À la une du Parisien, le 25 octobre, seize portraits d’hommes « soutenus » par ce titre en gras : « Les hommes s’engagent. » Ces messieurs font connaître urbi et orbi qu’ils sont opposés… au harcèlement sexuel (et, sans doute, à la faim dans le monde, au dépassement d’honoraires des notaires sans cravate, aux intempéries, aux hémorroïdes) : « Après l’onde de choc créée par l’affaire Weinstein, seize personnalités masculines sollicitées par notre journal expriment leur solidarité avec les femmes. » On reconnaît l’intellectuel azuréen Christian Estrosi, et Michel Cymes, conseiller omnimédiatique à caducée. Ce dernier profite de l’occasion pour parler… de lui ! « Moi aussi, lorsque j’avais 15 ans, j’ai subi des attouchements par un homme dans le métro. C’est très perturbant. Sur le moment je n’ai rien osé dire. » Contrairement à ce que ces déclarations pourraient faire croire, le sujet de l’article n’est nullement Michel Cymes et sa psychose suburbaine, mais bel et bien la condition faite aux femmes par de grossiers personnages, qui profitent de leur pouvoir pour exiger d’elles des faveurs sexuelles. Mais, ô surprise ! Perdu au milieu des seize messagers féministes, qui voit-on ? François Hollande ! Alors, un souvenir nous revient… M. Hollande sur une estrade, à Tulle, au soir de sa victoire, le 6 mai 2012 : à ses côtés Valérie Trie – rweiler, heureuse, compagne épanouie du vainqueur et présentée comme telle à la foule. Bref, une femme amoureuse, compagne d’un homme comblé, entrait officiellement à l’Élysée. Las ! La ronde 1 des corps et des visages ne saurait suivre une voie rectiligne. M. Hollande, non pas saisi par la débauche, mais fidèle à sa devise « le changement, c’est maintenant ! » s’éprend d’une jolie comédienne. Le 10 janvier 2014, le magazine Closer le montre casqué, furtif, quittant le domicile de l’élue au petit matin. Mme Trierweiler découvre son infortune en même temps que les Français : rage, désespoir, dépression ! Le 25, s’adressant au téléphone à l’AFP, il déclare ceci : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » Par cette formule de dix-huit mots M. Hollande, ineffable « partageur » de vie commune (!) paraissait plutôt congédier une courtisane que rompre avec une compagne, et moins encore répudier une reine. Nombre d’observateurs virent d’ailleurs dans ce communiqué lapidaire et glaçant tout le caractère de la goujaterie. Patrick Mandon
Les temps d’émotion obligatoire peuvent susciter, chez les esprits contrariants, de coupables tendances goguenardes, qu’il vaudrait mieux savoir réprimer. Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie, est plutôt périlleux. Ainsi, apprend-on, entre mille nouvelles de la même veine, que le ministre britannique de l’Environnement s’est fait poisser pour une « blague douteuse » – que je trouve pour ma part très drôle – et de surcroît très facile à adapter chez nous. Entrant dans le studio de BBC Radio 4, Michael Gove a déclaré : « C’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein – on espère en sortir avec sa dignité intacte. » La plaisanterie a, paraît-il, beaucoup amusé l’auditoire présent, mais précise l’article, « elle a été largement condamnée sur les réseaux sociaux », ce qui laisse penser que la merveilleuse génération ne rigole pas beaucoup. (…)  Quand Carol Galand, l’une des activistes du mouvement antiporc, se réjouit parce que « les #metoo qui se sont répandus comme un feu de forêt ont mis sur le grill des milliers de porcs, vaste méchoui d’une omerta honteuse », le mâle blanc ne s’insurge pas contre cette animalisation, il implore son pardon. On saluera BHL qui pour le coup, s’est énervé – « Je n’aime pas qu’on traite un homme de porc ! » –, Alain Finkielkraut, qui ne cède rien à la pression ambiante (…), sans oublier Jaccard, Mandon, Rosenzweig et tous ceux qui prennent le risque de se voir dénoncés comme complices de l’infâme. Mais pour l’essentiel, la gent masculine se tient à carreau. L’homme occidentalisé n’est pas un porc, mais un repentant. Face à la forêt planétaire de doigts accusateurs, il finit par croire à sa propre culpabilité. « Je me suis mal exprimé », confesse Bruno Lemaire, coupable, non pas de gestes indécents (on a vraiment du mal à l’imaginer), mais de refus de dénoncer. « J’ai honte pour les hommes », roucoule le chef Yves Camdeborde dans un numéro du Parisien qui figurera un jour dans les annales de la domination féminine, où seize people mâles (dont François Hollande, voir encadré) s’engagent pour la sauvegarde de nos amies les femmes. Ces seize- là, suppose-t-on, n’ont jamais contraint aucune femme, mais ils ne le feront plus. Plus de blagues lourdes, plus de regards insistants, plus d’avances « non désirées ». Plus rien qui puisse mettre une femme mal à l’aise, comme l’expliquera bientôt aux contrevenants le « zéro-six anti – relous » (comprenez le numéro de mobile qu’on utilisera comme un leurre antidragueur et au bout duquel le relou se fera sermonner – espérons qu’ils ne choisiront pas une voix trop sexy). À mon humble avis, beaucoup d’histoires d’amour commencent par quelque chose qui peut mettre mal à l’aise, mais passons. (…) Il faut cependant répondre, non pas à cet argument lourdingue, mais à tous ceux qui s’indignent sincèrement que l’on plaisante alors que nous voyons défiler sur nos écrans des femmes, brisées ou combatives, qui relatent pour certaines un véritable calvaire où la contrainte sexuelle se double de sévices, pour d’autres une situation pesante, pour d’autres encore un incident pénible. Certains de ces témoignages sont difficilement supportables et appellent la compassion, l’effroi, voire la furieuse envie de planter quelques coups de genou dans quelques génitoires dûment sélectionnées. Mais l’esprit de sérieux qui s’est abattu sur le féminisme ne rend pas cette souffrance plus tolérable, au contraire. Du reste, ce n’est pas seulement l’humour qui est placé sous surveillance, mais tout propos sur le sujet, surtout s’il est tenu par un homme. Le fossé abyssal entre ce qui se raconte en privé (où on blague à tout-va y compris sur les moments difficiles) et ce qu’on ose dire publiquement révèle une forme de terreur. Bien sûr, nul n’a été arrêté pour avoir contesté le déballage en cours, mais tout homme public, qu’il officie dans le show-biz, la politique ou les médias, sait qu’il pourrait perdre son job, des contrats et l’estime de ses contemporains pour un mot de trop. (…) En attendant, un pays où des adultes craignent de soutenir publiquement une opinion minoritaire n’est pas libre. Que la censure ne soit pas imposée par le pouvoir mais par les réseaux sociaux et qu’on ne risque pas sa vie mais sa vie sociale ne rend pas ce climat étouffant plus supportable. « La peur change de camp » , s’enchantent des féministes, bruyamment applaudies par des hommes qui consentent ainsi à leur destitution. Quel aveu que cette peur des hommes célébrée comme une victoire ! Ce n’est donc pas de la souffrance qu’on s’amuse, mais du flot de sottises que l’on entend à son sujet. Les indignés d’aujourd’hui ne cessent de s’émerveiller de la libération de la parole, oubliant à quel point ils la trouvaient malodorante, cette parole libérée, quand elle pointait la sécession en cours dans l’islam européen, et combien il était alors urgent de l’interdire. Tenir en suspicion les témoignages de ceux qui vivent au quoti dien le choc des civilisations (des ploucs) n’était pas un crime, mais un devoir moral. Les mêmes, aujourd’hui, ne se soucient guère de la liberté de parole de tous ceux qui trouvent la délation aussi abjecte que les agissements qu’elle vise, et encore moins de celle des porcs présumés. Il y a deux raisons fondamentales (et pas mal d’accessoires) d’être terrifié par la mécanique irrépressible qui s’est mise en place à partir d’un scandale hollywoodien certes déplorable, mais assez classique : tout d’abord, on ne saurait obtenir justice en suspendant les formes et les garanties essentielles de la justice ; ensuite, ce déferlement de vérités individuelles brosse un tableau global mensonger de la vie des femmes et des hommes en France. (…) Cette nouvelle forme du pilori envoie aussi aux oubliettes la présomption d’innocence à laquelle même le dernier des salauds a droit. (…) Il faut donc se défier du réflexe qui nous fait penser « bien fait pour sa gueule ! » quand les turpitudes de tel ou tel sont étalées – et plus encore quand l’étalage confirme la piètre opinion que l’on avait du personnage. Après avoir entendu l’effroyable récit de Henda Ayari sur Tariq Ramadan, on s’en veut de mégoter sa solidarité à une femme qui a eu le courage de parler. Car, bien sûr, on la croit, et c’est tout le problème : pour moi, comme pour les millions de Français qui l’ont entendue, Ramadan est déjà coupable. Et il a été condamné sans jugement. Il est vrai que, contrairement à tous ceux à qui on reprochera des faits prescrits, lui aura droit, malgré tout, à un procès. Mais quelle qu’en soit l’issue, il restera aux yeux de tous comme un gros dégueulasse. Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels (également contraire à tout notre droit), on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que, sauf s’ils ont laissé des traces physiques, des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impunis, comme le sont du reste des milliers de crimes et délits qui passent à travers les mailles de notre système libéral. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants qui demandent à être consolés, serait-ce par des mensonges. Moi aussi ! Moi aussi ! Mon chef ! Mon collègue ! Mon plombier ! Mon prof de macramé ! Mon dentiste ! À en juger par le succès viral de ce hashtag en forme de cri du cœur, on vivait au milieu des porcs et on ne le savait pas. Du cinéma à l’hôpital, de la fonction publique au journalisme, du monde du sport à l’armée, tous les milieux, toutes les corporations ont été invitées à faire leur examen de conscience. (…) Alors que le Code pénal sanctionne (et heureusement) tout l’éventail des mauvais traitements infligés aux femmes et que ces comportements suscitent un haut-le-cœur général, ce pathos délirant m’a donné un fou rire. (…) L’échec patent de ce happening victimaire laisse supposer que, comme pour l’écriture inclusive, c’est une avant-garde groupusculaire et radicale qui veut faire passer les déviances pour la norme et la transgression pour la règle. Notons que cette même avant-garde préfère regarder ailleurs quand l’infériorité des femmes est effectivement la norme, c’est-à-dire dans les quartiers islamisés. Caroline De Haas, qui n’a pas de la « merde raciste dans les yeux » , voit des porcs partout, sauf à Cologne ou à La Chapelle-Pajol où il n’y a, pour elle, que des victimes de l’islamophobie. Seulement, pour accomplir ce tour de passe-passe et faire admettre comme une vérité que toute femme ou presque avait déjà été harcelée, il a fallu, comme l’analyse Finkielkraut, étendre considérablement le domaine du harcèlement. (…) Si on désigne comme prédateurs tous les hommes qui ont un jour manqué de respect verbalement à une femme, on n’a pas fini de rire. Alors que se préparent les festivités du cinquantième anniversaire de Mai 68, la rage punitive et policière des héritières de la joyeuse libération sexuelle a de quoi terrifier. Toutes les femmes n’ont pas subi de violences ou d’outrages. En revanche, toutes ont eu à faire avec le désir des hommes et toutes savent que, s’il est souvent un délicieux hommage, il peut aussi être importun, pesant, embarrassant. Tant qu’il ne s’impose pas par la force physique, le chantage ou la pression morale – pratiques sanctionnées par la loi –, il relève des relations entre adultes et non de la surveillance citoyenne. (…) Quand la demande égalitaire s’offusque de toute différence, en particulier de l’entêtante différence des sexes, la sexualité demeure le refuge de la dissymétrie acceptée, de la domination fluctuante et, surtout, du secret qui protège la chambre à coucher (ou la table de la cuisine) de l’aveuglante et déprimante lumière de la transparence. Reste à savoir pour combien de temps. Elisabeth Lévy
I became an a–hole — the kind of performative masculine man my father had modeled for me to be. I lived by the motto, ‘If you don’t flirt, you die.’ And flirt I did. I flirted with all women, be they actresses, producers, or 80-year-old grandmothers. I even flirted with those who were out of bounds, like the wives of some of my best friends, which especially revolts me. I disrespected myself, and I disrespected them, and ignored my own ethics, which I regret more deeply than I can express. During those years I was swept up in a world of celebrity and drugs — which are not excuses, just truths. Since then I have had to redefine what it means to be a man, and an ethical man. I think every man on Earth has or will have to grapple with this question. But I am not an assaulter. I emphatically deny ever “exposing” myself to Jessica Teich, whom I have considered a friend for 30 years. I did flirt with her, and I remember trying to kiss Jessica as part of what I thought was a consensual seduction ritual that went on and on for many years. I am horrified and bewildered to discover that it wasn’t consensual. I didn’t get it. It makes me reassess every relationship I have ever thought was playful and mutual. There is a sea-change happening right now, which we can look upon as a problem or an opportunity. We all of us are awakening to the reality that how men have behaved toward women for eons is not OK. The rules are changing invisibly underneath our feet. I am playing catch up. Maybe we all are. I hope people can join me in honestly looking at our behavior and trying to make it right. We have to relearn every rule we thought we knew about how men and women interact, because after all getting together is the most fundamental human compulsion. And if we don’t succeed in that, what do we have? I hope this is the beginning of a larger conversation we can have as a culture. Richard Dreyfuss
Wow, I don’t quite know what to make of that. I respect that he’s trying to grapple with it, and I regret that he’s not being totally honest. Sadly, what I regret even more is I’ll never forget the sight of his penis because I was so surprised to see it there. The fact that he can’t quite acknowledge all of it is understandable. But he certainly acknowledges that something happened, and he certainly acknowledges that it might have been inappropriate now that he looks back on. Jessica Teich
It’s blowing in the wind, stupid !

Au-delà, entre tribunaux du viol universitaires ou  villes-sanctuaires et listes progressives, des habituelles et inévitables dérives et hypocrisies (les fameuses « vertus chrétiennes devenues folles » de Chesterton) …

Comme des risques de lynchage et de chasse aux sorcières que nos esprits contrariants ont raison de dénoncer …
« Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou » …
Alors que du côté même de ses pratiquants la vérité sort enfin sur l’islam
Pendant qu’en Occident certains voudraient étendre à la division du travail sexuel la remise en question de la division sexuelle du travail
Comment ne pas trouver complètement fou ce que l’on est en train de vivre …
Qui aurait imaginé en effet jusqu’il y a deux ou trois semaines un tel degré d’introspection publique de la part d’un acteur d’Hollywood …
Comme cette confession que l’actualité vient d’arracher à un poids lourd d’Hollywood tel que Richard Dreyfus
Reconnaissant que « les règles sont en train de changer de manière invisible sous nos pieds et qu’on essaie juste de suivre » ?
Comment ne pas voir …
Même si on n’est pas judéo-chrétien ou girardien …
Qu’il devient ou va devenir de plus en plus difficile de ne pas être affecté …
Par le souffle désormais planétaire et instantané via les communications actuelles …
De l’autre big bang pourtant vieux de 2 000 ans …
De l’irruption du judéo-christianisme sur la scène humaine ?

L.A. Writer Says Richard Dreyfuss Sexually Harassed and Exposed Himself to Her in the 1980s

Jada Yuan

Vulture

Six days ago, the actor and writer Harry Dreyfuss gave a detailed account to BuzzFeed News, alleging that Kevin Spacey groped his crotch when he was 18, while his father, Richard Dreyfuss, was in the room. Richard confirmed to BuzzFeed that he didn’t see the groping and didn’t know about it until his son told him years later, but was present the night Harry says it occurred. “[Spacey] knew he could fondle me in a room with my father and that I wouldn’t say a word,” wrote Harry. “He knew I wouldn’t have had the guts. And I didn’t.” A few hours after the story was published, Richard tweeted a statement in support of his son:

It was a response that many applauded. But as Los Angeles–based writer Jessica Teich read the elder Dreyfuss’s tweet, she grew “bothered,” she says. “When I read about his support for his son, which I would never question, I remember thinking, But wait a minute, this guy harassed me for months,” Teich told me in an interview. “He was in a position of so much power over me, and I didn’t feel I could tell anyone about it. It just seemed so hypocritical.” She began drafting a Facebook post that she shared with her friends, one of whom is a New York staff member, who gave Teich my number. The harassment, Teich says, was constant over a two- to three-year period in the mid-1980s when she worked as a researcher and junior writer on a TV passion-project of Dreyfuss’s — and included an incident where she says that he exposed himself to her.

The project was an ABC comedy special called Funny, You Don’t Look 200: A Constitutional Vaudeville, which Dreyfuss dreamed up, hosted, co-wrote, and produced to mark the bicentennial of the American Constitution. When Teich and Dreyfuss began working together in 1984 — first at the Mark Taper Forum theater in Los Angeles, where they met, and then on 200 — Teich was in her mid-20s and in an entry-level job, fresh out of grad school. Dreyfuss was 12 years older, married with a child, and starring in a play at the Taper, where Teich was a dramaturg. At the time, he held the record for becoming the youngest Best Actor Academy Award winner ever. “He wasn’t that much older than I was, but in every possible way his position in life couldn’t have been less comparable to mine,” says Teich. “That’s how vast the power differential was. He was famous, he was rich, he had an Oscar.” And, as she pointed out to me emphatically, “He was my boss. There was no question about it.”

While they were both at the Taper, Dreyfuss had asked Teich to work on developing 200 with him, first on an informal basis over lunches, and then with the formal backing of the Disney Channel, where they had a tiny production office. Over the next several years, they spent countless hours together developing the script. One day, deep into the development process, with the TV special set to air in October 1987, Teich says Dreyfuss asked her to meet him in his trailer on the Los Angeles studio lot of a movie he was starring in at the time. As with all her script meetings with Dreyfuss, this one was set up by his female secretary. (The secretary could not be reached for comment.)

“I remember walking up the steps into the trailer and turning towards my left,” says Teich, “and he was at the back of the trailer, and just — his penis was out, and he sort of tried to draw me close to it.” Dreyfuss never asked for her to fellate him or jerk him off, Teich says, but she remembers the situation being unambiguous. “He was hard. I remember my face being brought close to his penis,” she continues. “I can’t remember how my face got close to his penis, but I do remember that the idea was that I was going to give him a blow job. I didn’t, and I left.”

How she extricated herself, she can’t recall. “It was like an out-of-body experience. I just tried to swiftly get out of the room. I pretended it hadn’t really happened,” she says. “I kept moving because it was part of my job, and I knew he was, at the time, a very important guy, and certainly important to me. I trusted him. That’s what’s always so weird. I liked him. That’s part of why it’s so painful, because of the level of innocence one brings to these things. I felt responsible, that I must have indicated in some way that I was available for this.”

Teich says that, at the time, she told no one about the exposure incident, or what she claims were years of continual, overt, lewd comments and invitations from Dreyfuss. “He created a very hostile work environment, where I felt sexualized, objectified, and unsafe,” says Teich. The exposure in the trailer, she says, was the most shocking Dreyfuss’s behavior got, but perhaps more pernicious, she contends, was that she couldn’t do her job without him coming on to her. She’s referring to moments when Dreyfuss tried to kiss her in professional settings, slip her “I love you” notes during meetings, and his unsubtle verbal sneak attacks. “He has that way of sidling up to you and saying things like, ‘I want to fuck you,’” Teich says. “That was said all the time. He would constantly steer conversations to this yucky, insinuating thing, and I would sort of try to pull us back to a place where we could actually get some work done.” Throughout the research process, Teich says, Dreyfuss set up multiple trips where it was just the two of them, to Yale, Stanford, and Washington, D.C. One morning, when they were going to meet with Ronald Reagan, Teich recalls, Dreyfuss “told me he’d spent the night with his ear next to the wall, listening to my movements in my hotel room.”

Despite how unequivocal Teich is about her experience, she believes “Richard would be very surprised if 30-odd years later he heard that I felt completely coerced and disenfranchised. I think he’d be like, ‘Oh no, I thought you really liked me.’ I don’t think he had any idea.”

Dreyfuss, who’s now 70, responded swiftly to my request for comment, through representation, and asked for a limited deadline extension so he could write something thoughtful. Here are the first, most pertinent, paragraphs of his statement:

I value and respect women, and I value and respect honesty. So I want to try to tell you the complicated truth. At the height of my fame in the late 1970s I became an asshole–the kind of performative masculine man my father had modeled for me to be. I lived by the motto, “If you don’t flirt, you die.” And flirt I did. I flirted with all women, be they actresses, producers, or 80-year-old grandmothers. I even flirted with those who were out of bounds, like the wives of some of my best friends, which especially revolts me. I disrespected myself, and I disrespected them, and ignored my own ethics, which I regret more deeply than I can express. During those years I was swept up in a world of celebrity and drugs – which are not excuses, just truths. Since then I have had to redefine what it means to be a man, and an ethical man. I think every man on Earth has or will have to grapple with this question. But I am not an assaulter.

I emphatically deny ever “exposing” myself to Jessica Teich, whom I have considered a friend for 30 years. I did flirt with her, and I remember trying to kiss Jessica as part of what I thought was a consensual seduction ritual that went on and on for many years. I am horrified and bewildered to discover that it wasn’t consensual. I didn’t get it. It makes me reassess every relationship I have ever thought was playful and mutual.

“Wow, I don’t quite know what to make of that,” Teich said, when I read the statement to her aloud. She paused for a long time before speaking again. “I respect that he’s trying to grapple with it, and I regret that he’s not being totally honest. Sadly, what I regret even more is I’ll never forget the sight of his penis because I was so surprised to see it there. The fact that he can’t quite acknowledge all of it is understandable. But he certainly acknowledges that something happened, and he certainly acknowledges that it might have been inappropriate now that he looks back on it.”

In the last 30 years, Teich, who is 58, says she confided in three people about Dreyfuss: a family member and a close confidante, who both asked to remain anonymous, and her therapist. The family member confirmed that Teich had discussed Dreyfuss’s alleged misconduct decades ago, including the exposure incident. The confidante provided a statement recalling that Teich long ago talked about her discomfort with Dreyfuss hitting on her. Her therapist declined to comment due to doctor-patient confidentiality.

Teich’s memoir, The Future Tense of Joy, released in 2016, details a year of sexual molestation and horrific beatings she endured when she was 16, at the hands of a man who was 12 years her senior, and whom she’d also met in a professional setting at an Orlando ballet company they were both in. “When I wouldn’t do some of the things that he wanted me to do, sexually, he would beat the shit out of me,” she tells me. She believes this prior experience with abuse, plus the power imbalance between her and Dreyfuss and the culture surrounding allegations of sexual assault 30 years ago, contributed to why she kept silent. “I knew it was incredibly unpleasant,” she says. “I knew I felt awful about it and during it, but it wasn’t of such greater horribleness than a lot of other things that happened. And because I had been abused as a 16-year-old, and that was my introduction to any kind of intimacy, I thought, Oh, is this okay? I just didn’t have any perspective on it because no one was talking about it.” She’d worried about going public because Dreyfuss has grown children, and his son’s story of abuse is what prompted her post. “But then I thought, ‘I have children, too’” — daughters, 16 and 21 — “and I don’t want them to live in a world where people can’t tell the truth about these things.”

In his statement, Dreyfuss concluded with a broader acknowledgment of the conversations currently happening around sexual harassment and assault:

There is a sea-change happening right now, which we can look upon as a problem or an opportunity. We all of us are awakening to the reality that how men have behaved toward women for eons is not OK. The rules are changing invisibly underneath our feet. I am playing catch up. Maybe we all are.

I hope people can join me in honestly looking at our behavior and trying to make it right. We have to relearn every rule we thought we knew about how men and women interact, because after all getting together is the most fundamental human compulsion. And if we don’t succeed in that, what do we have? I hope this is the beginning of a larger conversation we can have as a culture.

After I read Teich the statement, I asked if she felt like this was a dialogue she would ever have with Dreyfuss. “Yeah, I think if I did it in a context where there were other people involved,” she says. “Because I’m not confronting him, I’m not suing him for damages of any kind. And his statement to you is more than I thought anyone would get from him.” Still, she did take issue with certain words he’d used that she found to be “loaded.” “‘Flirt’ is absolutely not the right word,” Teich says. “It suggests something mutual, and that was not the case.” She also thought he was stretching when he called her someone “whom I have considered a friend for 30 years.” The word “friend” was problematic in this context. “The suggestion is that if I were a true colleague I never would’ve been public about this, that it should’ve all been kept among friends,” she says. “I’m not that guy’s friend. I haven’t seen that guy or spoken to him in 25 years. But as a person, I respond to the sense of hurt that underlies his words, and something in me feels compassion for him, even though he made my life hell. And that’s part of the complexity of the whole thing, I think.

Voir aussi:

Harcèlement féministe: Habeas Porcus
Les magistrates de #balancetonporc ont condamné la gent masculine
Elisabeth Lévy
Causeur
10 novembre 2017

Avant même que la justice s’en mêle, les magistrates de #balancetonporc ont déjà condamné l’ensemble de la gent masculine. Quand il s’agit de stigmatiser tous les hommes, les féministes n’ont pas peur de l’amalgame.

Les temps d’émotion obligatoire peuvent susciter, chez les esprits contrariants, de coupables tendances goguenardes, qu’il vaudrait mieux savoir réprimer. Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie, est plutôt périlleux. Ainsi, apprend-on, entre mille nouvelles de la même veine, que le ministre britannique de l’Environnement s’est fait poisser pour une « blague douteuse » – que je trouve pour ma part très drôle – et de surcroît très facile à adapter chez nous. Entrant dans le studio de BBC Radio 4, Michael Gove a déclaré : « C’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein – on espère en sortir avec sa dignité intacte. » La plaisanterie a, paraît-il, beaucoup amusé l’auditoire présent, mais précise l’article, « elle a été largement condamnée sur les réseaux sociaux », ce qui laisse penser que la merveilleuse génération ne rigole pas beaucoup. Ou alors des blagues d’Alex Wizorek.

Et comme la justice se rend désormais sur Twitter, le ministre a dû s’excuser.
Le problème, c’est la blague

Cet épisode a valeur d’apologue. Pour le parti de « la parole libérée », le problème, c’est la blague. Pour les défenseurs de l’humour libre, ce sont les excuses. Quand Carol Galand, l’une des activistes du mouvement antiporc, se réjouit parce que « les #metoo qui se sont répandus comme un feu de forêt ont mis sur le grill des milliers de porcs, vaste méchoui d’une omerta honteuse », le mâle blanc ne s’insurge pas contre cette animalisation, il implore son pardon. On saluera BHL qui pour le coup, s’est énervé – « Je n’aime pas qu’on traite un homme de porc ! » –, Alain Finkielkraut, qui ne cède rien à la pression ambiante (pages 50-51), sans oublier Jaccard, Mandon, Rosenzweig et tous ceux qui prennent le risque de se voir dénoncés comme complices de l’infâme. Mais pour l’essentiel, la gent masculine se tient à carreau. L’homme occidentalisé n’est pas un porc, mais un repentant. Face à la forêt planétaire de doigts accusateurs, il finit par croire à sa propre culpabilité. « Je me suis mal exprimé », confesse Bruno Lemaire, coupable, non pas de gestes indécents (on a vraiment du mal à l’imaginer), mais de refus de dénoncer.

« J’ai honte pour les hommes », roucoule le chef Yves Camdeborde dans un numéro du Parisien qui figurera un jour dans les annales de la domination féminine, où seize people mâles (dont François Hollande, voir encadré) s’engagent pour la sauvegarde de nos amies les femmes. Ces seize- là, suppose-t-on, n’ont jamais contraint aucune femme, mais ils ne le feront plus. Plus de blagues lourdes, plus de regards insistants, plus d’avances « non désirées ». Plus rien qui puisse mettre une femme mal à l’aise, comme l’expliquera bientôt aux contrevenants le « zéro-six anti – relous » (comprenez le numéro de mobile qu’on utilisera comme un leurre antidragueur et au bout duquel le relou se fera sermonner – espérons qu’ils ne choisiront pas une voix trop sexy). À mon humble avis, beaucoup d’histoires d’amour commencent par quelque chose qui peut mettre mal à l’aise, mais passons.

L’inévitable Caroline De Haas ayant semble-t-il échoué à faire reculer le président sur sa réforme du droit du travail, elle a dégainé là où on l’atten – dait, c’est-à-dire en balançant Eugénie Bastié comme « l’alliée indéfectible des agresseurs » . Si tu n’es pas avec moi, tu es avec les cogneurs. Dialectique, quand tu nous tiens. Il faut cependant répondre, non pas à cet argument lourdingue, mais à tous ceux qui s’indignent sincère – ment que l’on plaisante alors que nous voyons défiler sur nos écrans des femmes, brisées ou combatives, qui relatent pour certaines un véritable calvaire où la contrainte sexuelle se double de sévices, pour d’autres une situation pesante, pour d’autres encore un incident pénible. Certains de ces témoignages sont difficilement supportables et appellent la compassion, l’effroi, voire la furieuse envie de planter quelques coups de genou dans quelques génitoires dûment sélectionnées. Mais l’esprit de sérieux qui s’est abattu sur le féminisme ne rend pas cette souffrance plus tolérable, au contraire. Du reste, ce n’est pas seulement l’humour qui est placé sous surveillance, mais tout propos sur le sujet, surtout s’il est tenu par un homme. Le fossé abyssal entre ce qui se raconte en privé (où on blague à tout-va y compris sur les moments difficiles) et ce qu’on ose dire publique – ment révèle une forme de terreur.

Bien sûr, nul n’a été arrêté pour avoir contesté le débal – lage en cours, mais tout homme public, qu’il officie dans le show-biz, la politique ou les médias, sait qu’il pourrait perdre son job, des contrats et l’estime de ses contempo – rains pour un mot de trop. Quelques-uns ont renoncé à intervenir dans ce numéro, persuadés de ne récolter que des ennuis – incluant parfois une bonne engueulade de madame. On ne saurait leur donner tort. En attendant, un pays où des adultes craignent de soutenir publique – ment une opinion minoritaire n’est pas libre. Que la censure ne soit pas imposée par le pouvoir mais par les réseaux sociaux et qu’on ne risque pas sa vie mais sa vie sociale ne rend pas ce climat étouffant plus supportable. « La peur change de camp » , s’enchantent des féministes, bruyamment applaudies par des hommes qui consentent ainsi à leur destitution. Quel aveu que cette peur des hommes célébrée comme une victoire ! Ce n’est donc pas de la souffrance qu’on s’amuse, mais du flot de sottises que l’on entend à son sujet. Les indignés d’aujourd’hui ne cessent de s’émerveiller de la libération de la parole, oubliant à quel point ils la trouvaient malodorante, cette parole libérée, quand elle pointait la sécession en cours dans l’islam européen, et combien il était alors urgent de l’interdire. Tenir en suspicion les témoignages de ceux qui vivent au quoti – dien le choc des civilisations (des ploucs) n’était pas un crime, mais un devoir moral. Les mêmes, aujourd’hui, ne se soucient guère de la liberté de parole de tous ceux qui trouvent la délation aussi abjecte que les agisse – ments qu’elle vise, et encore moins de celle des porcs présumés. Il y a deux raisons fondamentales (et pas mal d’acces – soires) d’être terrifié par la mécanique irrépressible qui s’est mise en place à partir d’un scandale hollywoodien certes déplorable, mais assez classique : tout d’abord, on ne saurait obtenir justice en suspendant les formes et les garanties essentielles de la justice ; ensuite, ce déferlement de vérités individuelles brosse un tableau global mensonger de la vie des femmes et des hommes en France.

« Toi aussi, raconte, en donnant le nom et les détails, un harcèlement dont tu as été victime. » C’est avec ce message, dont nous avons charitablement corrigé l’orthographe, que Sandra Muller, journaliste basée aux États-Unis, a lancé le 13 octobre le hashtag « balance ton porc », la grammaire suggérant que toute femme a un porc à balancer. Comme l’observe alors Le Monde , extatique, « le verrou a sauté. La vanne s’est ouverte ». En quelques jours, des centaines de microrécits sont publiés, l’écœurant côtoyant le futile et le sordide l’ano – din. L’une parle d’attouchements subis à 11 ans, l’autre d’une blague sur ses bottes. Très vite, des noms sont divulgués : dans la liste noire qui s’enrichit d’heure en heure, on trouve un ancien ministre balancé par la fille d’un autre, quelques journalistes et animateurs, un député promptement débarqué de son groupe. Qu’une femme ayant subi une agression sans pouvoir se défendre ait le sentiment de rétablir la balance en jetant le nom de son agresseur en pâture au public, on peut le comprendre. Il n’en est pas moins choquant que la quasi-totalité de la classe médiatique et poli – tique, garde des Sceaux compris, l’encourage dans cette fâcheuse illusion. Votée en 1679 par le Parlement anglais, la loi sur l’Habeas corpus (qui intègre des dispositions antérieures) prévoit que « toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée » . Ce principe, inscrit dans notre droit bien avant 1789, est encore l’un des fondements de toute justice démocratique, puisque c’est de lui que découle le caractère contradictoire d’un procès équi – table. C’est sans doute difficile à admettre quand on a eu affaire à un gros dégueulasse, mais c’est ainsi : la seule façon d’obtenir justice, c’est de porter plainte et de se plier aux règles formelles exigées par la procé – dure. La justice ne fait pas son boulot, répondra-t- on. Admettons qu’il reste dans nos commissariats et dans nos prétoires des dinosaures qui détournent la tête quand une femme vient demander leur protec – tion. On a du mal à croire que ce soit la règle. De plus, faut-il, au prétexte que la justice fonctionne mal, laisser les femmes se faire justice elles-mêmes ? Cette nouvelle forme du pilori envoie aussi aux oubliettes la présomption d’innocence à laquelle même le dernier des salauds a droit. Tandis que Murielle Salmona réclame à leur profit une « présomption de vérité » (!), des femmes se déclarent « humiliées » qu’on mette leur parole en doute. Mais le premier devoir de tout juge est de mettre en doute la parole de la victime présu – mée. Même quand elle est criante de vérité. Il faut donc se défier du réflexe qui nous fait penser « bien fait pour sa gueule ! » quand les turpitudes de tel ou tel sont étalées – et plus encore quand l’étalage confirme la piètre opinion que l’on avait du personnage. Après avoir entendu l’effroyable récit de Henda Ayari sur Tariq Ramadan, on s’en veut de mégoter sa soli – darité à une femme qui a eu le courage de parler. Car, bien sûr, on la croit, et c’est tout le problème : pour moi, comme pour les millions de Français qui l’ont enten – due, Ramadan est déjà coupable. Et il a été condamné sans jugement. Il est vrai que, contrairement à tous ceux à qui on reprochera des faits prescrits, lui aura droit, malgré tout, à un procès. Mais quelle qu’en soit l’issue, il restera aux yeux de tous comme un gros dégueulasse. Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels (également contraire à tout notre droit), on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que, sauf s’ils ont laissé des traces physiques, des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impu – nis, comme le sont du reste des milliers de crimes et délits qui passent à travers les mailles de notre système libéral. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants qui demandent à être consolés, serait-ce par des mensonges.

Moi aussi ! Moi aussi ! Mon chef ! Mon collègue ! Mon plombier ! Mon prof de macramé ! Mon dentiste ! À en juger par le succès viral de ce hashtag en forme de cri du cœur, on vivait au milieu des porcs et on ne le savait pas. Du cinéma à l’hôpital, de la fonction publique au journalisme, du monde du sport à l’armée, tous les milieux, toutes les corporations ont été invitées à faire leur examen de conscience. « Je ne savais pas que c’ était aussi répandu » , déclarent les hommes inter – rogés par Le Parisien . Sauf qu’on ne le sait toujours pas. À entendre les récits qui se succèdent, emplissant tout l’espace médiatique, confortés par une litanie de chiffres terrifiants, la révolution féministe n’a jamais eu lieu et la vie des femmes est un chemin de croix – maltraitance sur fond d’omerta. Il n’y a plus des femmes singulières, mais « nous les femmes » , comme l’écrit Laure Adler dans un texte sobrement intitulé « La nuit des femmes » et publié par Madame Figaro le 20 octobre. « Nous les femmes. Nous les femmes qui sommes déshonorées, déconsidérées, violentées dans notre intégrité physique et psychique, dans notre dignité d’ être humain. Nous les femmes qui n’osons pas énoncer la violence dont nous sommes l’objet, juste – ment parce que nous ne sommes plus sujets. Nous les femmes, quand sortirons-nous de notre nuit immémo – riale, douloureuse, silencieuse ? » Alors que le Code pénal sanctionne (et heureusement) tout l’éventail des mauvais traitements infligés aux femmes et que ces comportements suscitent un haut-le-cœur général, ce pathos délirant m’a donné un fou rire. Tout comme celui de Carol Galland qui a appelé les femmes harce – lées à manifester le dimanche 29 octobre. « Non, il n’est pas normal que la quasi-totalité des femmes cache au creux de son cœur une salissure qui la dégoûte et lui fait honte » , écrit cette amatrice de méchoui qui ne cache pas grand-chose au creux du sien car elle exhibe tous les sentiments qui s’y trouvent, assaisonnés de force formules prétendument drôles. Avant d’ajouter : « Les femmes sont tellement brisées qu’aujourd’ hui, elles vont jusqu’ à penser qu’un rassemblement #metoo ouvert aux hommes serait dangereux pour elles. » On appréciera la réduction de toutes les femmes à de petites choses perdant leurs moyens en présence d’un butor. Un siècle de féminisme pour en arriver là. Seulement, ce ne sont pas « les femmes », mais moins de 2 000 personnes qui ont répondu à son appel dans toute la France, le dimanche 29 octobre, ce qui n’a pas empêché les perroquets de la radio publique de se féliciter que le combat quitte internet pour descendre dans la rue. L’échec patent de ce happening victimaire laisse supposer que, comme pour l’écriture inclu – sive, c’est une avant-garde groupusculaire et radicale qui veut faire passer les déviances pour la norme et la transgression pour la règle. Notons que cette même avant-garde préfère regarder ailleurs quand l’infériorité des femmes est effectivement la norme, c’est-à-dire dans les quartiers islamisés. Caroline De Haas, qui n’a pas de la « merde raciste dans les yeux » , voit des porcs partout, sauf à Cologne ou à La Chapelle-Pajol où il n’y a, pour elle, que des victimes de l’islamophobie. Seulement, pour accomplir ce tour de passe-passe et faire admettre comme une vérité que toute femme ou presque avait déjà été harcelée, il a fallu, comme l’analyse Finkielkraut, étendre considérablement le domaine du harcèlement. « Si nous aussi on donnait les noms des prédateurs sexuels qui nous ont 1/ manqué de respect verbalement 2/ tenté des tripotages » , suggère Sandra Muller dans un deuxième tweet. Si on désigne comme prédateurs tous les hommes qui ont un jour manqué de respect verbalement à une femme, on n’a pas fini de rire. Alors que se préparent les festivités du cinquantième anniversaire de Mai 68, la rage puni – tive et policière des héritières de la joyeuse libération sexuelle a de quoi terrifier. Toutes les femmes n’ont pas subi de violences ou d’outrages. En revanche, toutes ont eu à faire avec le désir des hommes et toutes savent que, s’il est souvent un délicieux hommage, il peut aussi être importun, pesant, embarrassant. Tant qu’il ne s’impose pas par la force physique, le chantage ou la pression morale – pratiques sanctionnées par la loi –, il relève des relations entre adultes et non de la surveillance citoyenne.

Or, à entendre les « agitées du porte-plainte » , pour reprendre la tranchante expression de Muray, on devrait verbaliser tous les amoureux suffisamment transis pour ne pas se laisser décourager à la première rebuffade – dont notre littérature regorge. Et comme il l’a écrit en 1991 dans le texte inédit que nous publions (pages 42-43), derrière la lutte contre le harcèle – ment, « c’est bel et bien le sexuel qui est aujourd’ hui l’objet d’une entreprise de criminalisation, ou plutôt de re-criminalisation, acharnée » . Quand la demande égalitaire s’offusque de toute différence, en particulier de l’entêtante différence des sexes, la sexualité demeure le refuge de la dissymétrie acceptée, de la domination fluctuante et, surtout, du secret qui protège la chambre à coucher (ou la table de la cuisine) de l’aveuglante et déprimante lumière de la transparence. Reste à savoir pour combien de temps. Muray aimait à ce sujet citer « La Colère de Samson », poème de Vigny : « Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome, Et se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté. » Alors que l’on prétend nous faire croire que l’humanité se partage entre victimes et porcs, l’âge de la séparation a peut-être commencé.

Un goujat nommé Hollande Par Patrick Mandon À la une du Parisien , le 25 octobre, seize portraits d’hommes « soutenus » par ce titre en gras : « Les hommes s’engagent. » Ces messieurs font connaître urbi et orbi qu’ils sont opposés… au harcèlement sexuel (et, sans doute, à la faim dans le monde, au dépassement d’honoraires des notaires sans cravate, aux intempéries, aux hémorroïdes) : « Après l’onde de choc créée par l’affaire Weinstein, seize personnalités masculines sollicitées par notre journal expriment leur solidarité avec les femmes. » On reconnaît l’intellectuel azuréen Christian Estrosi, et Michel Cymes, conseiller omnimé – diatique à caducée. Ce dernier profite de l’occa – sion pour parler… de lui ! « Moi aussi, lorsque j’avais 15 ans, j’ai subi des attouchements par un homme dans le métro. C’est très perturbant. Sur le moment je n’ai rien osé dire. » Contrairement à ce que ces déclarations pour – raient faire croire, le sujet de l’article n’est nulle – ment Michel Cymes et sa psychose suburbaine, mais bel et bien la condition faite aux femmes par de grossiers personnages, qui profitent de leur pouvoir pour exiger d’elles des faveurs sexuelles. Mais, ô surprise ! Perdu au milieu des seize messagers féministes, qui voit-on ? François Hollande ! Alors, un souvenir nous revient… M. Hollande sur une estrade, à Tulle, au soir de sa victoire, le 6 mai 2012 : à ses côtés Valérie Trie – rweiler, heureuse, compagne épanouie du vain – queur et présentée comme telle à la foule. Bref, une femme amoureuse, compagne d’un homme comblé, entrait officiellement à l’Élysée. Las ! La ronde 1 des corps et des visages ne saurait suivre une voie rectiligne. M. Hollande, non pas saisi par la débauche, mais fidèle à sa devise « le chan – gement, c’est maintenant ! » s’éprend d’une jolie comédienne. Le 10 janvier 2014, le magazine Closer le montre casqué, furtif, quittant le domi – cile de l’élue au petit matin. Mme Trierweiler découvre son infortune en même temps que les Français : rage, désespoir, dépression ! Le 25, s’adressant au téléphone à l’AFP, il déclare ceci : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » Par cette formule de dix-huit mots M. Hollande, ineffable « partageur » de vie commune (!) paraissait plutôt congédier une courtisane que rompre avec une compagne, et moins encore répudier une reine. Nombre d’observateurs virent d’ailleurs dans ce communiqué lapidaire et glaçant tout le caractère de la goujaterie… 1. La Ronde , film de Max Ophüls. Nul n’a mieux montré le manège enchanté du désir qui fait tourner les femmes et les hommes, puis les rend à leur solitude fondamentale.

Voir également:

Saïd Ben Saïd : « L’antisémitisme des Arabes aujourd’hui est le même que le vieil antisémitisme européen »

Le producteur de cinéma s’exprime dans une tribune au « Monde » après avoir appris qu’il ne pouvait plus présider le jury des journées cinématographiques de Carthage (du 4 au 11 novembre) en Tunisie. On lui reproche d’avoir produit des films en Israël.

Saïd Ben Saïd (Producteur de cinéma franco-tunisien)

Tribune. J’ai reçu au début du mois d’août une invitation pour présider le jury des journées cinématographiques de Carthage (JCC) qui se déroulent du 4 au 11 novembre à Tunis.

J’ai accepté très chaleureusement la proposition mais, lorsque le délégué général, M. Nejib Ayed, a appris que je produisais le prochain film du cinéaste israélien Nadav Lapid et que j’avais fait partie du jury du dernier festival de Jérusalem, il m’a demandé un délai de réflexion de vingt-quatre heures et ne m’a plus donné signe de vie.

Une grande partie de la presse tunisienne et du public, en prenant connaissance de mes entreprises israéliennes, aurait certainement réagi avec beaucoup de virulence à cette invitation et le festival a probablement eu raison de m’épargner (et de s’épargner) un lynchage médiatique. Cet incident tout à fait fâcheux, et qui l’est d’autant plus qu’il m’a opposé bien involontairement à des personnes que je n’ai aucune envie de désobliger, est révélateur de l’état actuel du débat sur ce pays dont le nom est devenu en Tunisie imprononçable.

Je suis né en Tunisie. J’y ai grandi dans une famille musulmane pratiquante et je m’affirme aujourd’hui avec le même enthousiasme musulman, français et tunisien. Il y a dans mon pays d’origine, et dans le monde arabe de façon générale, une hostilité (quand ce n’est pas une haine) à l’égard d’Israël, qui est liée au sort dramatique des Palestiniens dont les Tunisiens et les Arabes se sentent solidaires.

Vocable antisémite

En vérité, les choses sont un peu plus compliquées que cela. Nul ne peut nier le malheur du peuple palestinien, mais il faut bien admettre que le monde arabe est, dans sa majorité, antisémite et cette haine des juifs a redoublé d’intensité et de profondeur non pas avec le conflit israélo-arabe, mais avec la montée en puissance d’une certaine vision de l’islam.

La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les juifs

Bien entendu, un tas de gens sont persuadés, mais alors mordicus, qu’étant des sémites, les Arabes ne peuvent être antisémites. Or, rien n’est plus faux. Le vocable antisémite, inventé en Europe au XIXe siècle, n’a jamais concerné les Arabes. Il désignait exclusivement les juifs. A la vérité, il existe dans le Coran un discours antirabbinique qui a été à travers l’histoire progressivement décontextualisé et déshistoricisé pour devenir d’abord un discours antijudaïque, puis un discours antisémite.

La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les juifs. Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les juifs, dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les juifs étaient, pour nous, perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques, etc., et, chose primordiale, ces versets étaient les paroles de Dieu. Chaque enfant arabe grandit avec ces images. Dans une monarchie arabe du Golfe par exemple, on lit aujourd’hui dans les manuels scolaires que les juifs descendent des singes parce qu’un verset du Coran (II-65) menace les transgresseurs du Sabbat d’être transformés en singes.

Paranoïa dépourvue d’argumentation

Lorsque je suis arrivé en France à l’âge de 18 ans, je fis la connaissance de Mohamed Arkoun et Jacques Berque et je considère aujourd’hui encore ces rencontres comme un bienfait du destin. Je relus grâce à eux le Coran en m’appuyant sur un savoir construit et historique, ébranlant ainsi toutes mes certitudes passées. J’appris alors que les juifs du Coran étaient, en réalité, les juifs de Médine, qui avaient été d’abord perçus par Mahomet comme des alliés potentiels avant de devenir ses ennemis mortels puisqu’ils ne le reconnurent pas comme prophète.

L’âge d’or de la condition juive dans le monde arabe est un mythe. Les juifs y vivaient dans une situation meilleure que celle des juifs d’Europe avec des périodes de relative tolérance mais, globalement, du Maroc à l’Irak, ils étaient méprisés, brimés et humiliés quand ils n’étaient pas massacrés de sorte qu’ils n’avaient pas d’autre choix que celui de quitter les terres de leurs ancêtres pour aller s’établir en Europe ou en Israël.

Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes

C’est dans le monde arabe que les protocoles des sages de Sion ont connu et continuent de connaître leur plus grand succès de vente. L’antisémitisme des Arabes, aujourd’hui, est le même que le vieil antisémitisme européen. Il fonctionne sur le même registre, comme une paranoïa dépourvue d’argumentation. Les juifs ont beaucoup d’argent et sont solidaires entre eux. C’est ce que disait Merah, l’assassin des enfants juifs de l’école Ozar-Hatorah de Toulouse, mais aussi toute une littérature européenne d’avant 1945 (que Merah n’a certainement pas lue).

Que de fois ai-je entendu des gens dire en Tunisie que les récoltes sont mauvaises parce que le Mossad empoisonne les sols ou que ce dernier est à l’origine de l’attentat du 11-Septembre, afin d’aider les Américains à mettre la main sur le pétrole irakien.

Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes. Des centaines de milliers d’Arabes meurent assassinés par d’autres Arabes en Syrie, en Irak, en Libye, au Soudan, mais cela nous importe apparemment moins que les crimes commis par l’armée israélienne qui sont, eux, toujours dénoncés par une partie, fut-elle minoritaire, de la presse et de la société civile de ce pays.

La vérité historique me semble être une exigence morale de premier rang. Un musulman qui en fait son deuil et qui se définit uniquement par le Coran qu’il n’a pas (ou mal) lu ou par la cause palestinienne qu’il ne connaît pas me paraît manquer à sa propre islamité.

Saïd Ben Saïd a, entre autres, produit le film Elle, de Paul Verhoeven, César du meilleur film de l’année 2016.

Voir enfin:

«La norme virile valorise le pénétrant et stigmatise le pénétré», déplore la philosophe Olivia Gazalé

INTERVIEW A l’occasion de «Movember», «20 Minutes» s’intéresse au plaisir prostatique. Une pratique taboue car elle implique que l’homme soit pénétré, ce qui, symboliquement, serait associé à une perte de virilité. Entretien avec Olivia Gazalé, auteure du « Mythe de la virilité »…

  • A l’occasion de « Movember », mouvement dédié à la sensibilisation des cancers masculins, « 20 Minutes » se penche sur le plaisir prostatique. Une pratique encore taboue et source de clichés
  • « Si on veut que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes », analyse dans cette interview, Olivia Gazalé, enseignante en philosophie, maître de conférences à Science-Po Paris

Vous aurez peut-être remarqué qu’une des insultes les plus courantes en français est « enculé ». Plus rarement « enculée » et jamais « enculeur ». Autrement dit, l’opprobre est jeté sur celui qui est pénétré ou soupçonné de l’être. C’est peut-être ce qui explique en partie que le sujet du plaisir prostatique soit aussi tabou, cette idée que la pénétration anale passive ferait perdre à un homme sa virilité. Olivia Gazalé (photo ci-contre), enseignante en philosophie, maître de conférences à Science-Po Paris et cofondatrice des Mardis de la philo aborde ce sujet dans l’un des chapitres de son livre Le Mythe de la virilité, paru chez Robert Laffont. Entretien.

Un des chapitres de votre livre s’intitule « Entrer : l’exigence de pénétration ». Autrement dit, est viril celui qui pénètre et non celui qui est pénétré ?

Entendons-nous bien : il ne s’agit évidemment pas ici de porter un jugement de valeur sur ces pratiques, mais seulement d’observer comment elles ont été considérées l’une et l’autre au cours de l’histoire. Dès la Rome antique s’opère un clivage radical entre les pénétrants (les citoyens, les maîtres) et les pénétrés (souvent de jeunes esclaves). Les catégories d’homosexualité et d’hétérosexualité telles que nous les entendons aujourd’hui, comme deux groupes clairement séparés, n’existaient pas. L’homme libre se devait d’être marié, d’honorer sa femme et ses maîtresses et pouvait aussi soumettre de jeunes corps masculins pour son plaisir. Pour reprendre le langage cru
qu’appréciaient les Romains, un vir [un mâle romain] « encule » mais n’est pas « enculé », alors que les « culs larges » et les « suceurs de bites » étaient méprisés et insultés. Autrement dit, la virilité, c’est la pénétration active ; la dévirilisation, c’est la pénétration passive. Pour certains hommes, cela n’a pas changé depuis l’Antiquité, hélas : ils considèrent toujours leur phallus comme un outil de domination.

Qui sont ces hommes ?

Prenez le viol carcéral, un phénomène très répandu et largement tabou. Selon une enquête menée aux Etats-Unis par Human Rights Watch, ces viols sont majoritairement perpétrés par des prisonniers qui, hors les murs, sont hétérosexuels. Ce sont des caïds, qui n’hésitent pas à se glorifier de leurs prouesses sexuelles avec les femmes, et qui « baisent » des détenus pour les humilier et affirmer leur virilité triomphale. Les hommes victimes de ces agressions sont perçus comme féminins, car ils n’affichent pas les marqueurs de la virilité : une voix fluette, un petit gabarit, ou trop peu d’appétit pour la bagarre suffisent pour être rangés du côté des « tafioles », qu’on soit ou non
homosexuel. Et, pour le violeur, il s’agit, là encore, d’imposer sa loi par l’asservissement sexuel de l’autre.

Vous citez dans votre livre les insultes comme « Je t’encule » ou « Je te nique » qui, paradoxalement, peuvent être prononcées sans que celui qui les profère soit perçu comme homosexuel…

Au contraire, même ! Ce genre de compliments, très prisés au volant, signifie « Je te soumets à mon phallus » et cela ne va pas te laisser un très bon souvenir. De nombreuses métaphores assimilent le pénis à une arme : pistolet, fusil, gourdin, braquemart… C’est dire que celui qui profère ce type de phrases parle de la puissance de son membre et de sa capacité à anéantir l’autre. Quant à « sale pédé », c’est une amabilité qui est aussi souvent adressée à des hétérosexuels qu’à des homosexuels. Elle vise juste à déprécier l’autre.

Derrière cela, il y a une dimension homophobe, mais aussi misogyne ?

Oui, car l’homophobie découle de la gynéphobie. C’est parce que le féminin est dévalorisé que l’effémination est perçue comme un avilissement. C’est en ce sens que la défense de la cause des femmes et celle des LGBTQ relèvent d’un seul et même combat : celui qu’il faut continuer à mener contre le caractère aliénant des normes sexuées, qui interdisent aux individus des deux sexes de se construire librement. Cela fait déjà plus d’un siècle que les femmes ont remis en question la notion d’« éternel féminin », mais les hommes, eux, sont encore trop souvent conditionnés par les stéréotypes sexués qui leur imposent de faire sans cesse la démonstration de leur puissance, de leur performance, de leur combativité, de leur courage… et de leur hétérosexualité.

Il faudrait donc que les hommes se remettent en question ?

C’est, d’après moi, l’une des leçons à tirer de l’affaire Weinstein et de ses suites : pour que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, comme dominants et pénétrants. Le vrai sujet tabou, il est là. On parle énormément, et à juste titre, de la discrimination envers les femmes ; en revanche, l’oppression de l’homme par l’homme, l’homophobie, la confusion entre effémination et homosexualité sont des sujets dont on s’empare trop peu. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire pour dissocier l’« effémination », c’est-à-dire le fait de posséder des caractères essentialisés comme féminins (la douceur, la sensibilité, la bienveillance, l’empathie…) et l’orientation sexuelle, qui est un tout autre sujet. Il existe des homos très virils et des hétéros efféminés. Sortons des caricatures. Cette discrimination archaïque entre le pénétrant-dominant et le pénétré-dominé mérite d’être définitivement abandonnée. De même que le fait de considérer le terme de « pédé » comme une insulte. C’est à nous qu’il revient d’éduquer la prochaine génération en ce sens.

Voir encore:

Why Campus Rape Tribunals Hand Down So Many ‘Guilty’ Verdicts

Title IX training is a travesty.

In November 2014, a female member of Brown University’s debate team had oral sex with a male colleague while they watched a movie. Eleven months later, she filed a complaint with Brown, accusing him of sexual assault.

Both parties in the case had credibility issues; he had violated a no-contact order, she had withheld from the university the bulk of their text messages. But the accused student possessed strong exculpatory evidence. He produced the full record of their communications, which included texts from the accuser to him discussing the encounter in a highly positive fashion and referencing a “plan” to have sex again. Further, a friend of the accuser, who saw her shortly after the incident, recalled her raving about her “really hot” experience.

Nonetheless, Brown’s disciplinary panel returned a guilty finding by 2-to-1. The decisive vote came from Besenia Rodriguez, the university’s associate dean for curriculum.

In subsequent court testimony after the accused sued Brown, Rodriguez admitted that she had not considered the accuser’s text messages or other post-incident behavior as having any bearing on the case. The reason, she said, was the hours of training that Brown had provided to prepare her to adjudicate the complaint—training required by the federal government. Rodriguez was specifically told that the impact of trauma on sexual-assault victims often causes them to behave in counterintuitive ways, such as not being able to recount a consistent set of facts or choosing to communicate with (rather than to avoid) the alleged assailant. “I felt like it couldn’t—I couldn’t really put myself in her shoes to understand why she was representing it that way,” explained Rodriguez, “so best not to attempt to judge her behavior.”

But judging the accuser’s behavior, noted U.S. District Judge William Smith, “was precisely her job as a panel member: to interpret the evidence and make factual determinations about it.” He added, “It appears what happened here was that a training presentation was given that resulted in at least one panelist completely disregarding an entire category of evidence”—evidence severely damaging to the accuser’s credibility.

Smith invalidated the university’s decision, noting, even apart from Rodriguez’s dereliction of duty, the overall process was far from equitable. The Brown official who designed the training Rodriguez received, Alana Sacks, did not respond to a request for comment.

Since 2011, the federal government has required all universities that receive federal money to provide “training or experience in handling complaints of sexual harassment and sexual violence” to adjudicators and investigators. Since nothing in the experience of most academics prepares them to competently investigate an offense that’s a felony in all 50 states, it makes sense to train those who are assigned to investigate campus sexual-assault allegations. But the ideological regimes used on many campuses are designed more to stack the deck against accused students than to ensure a fair inquiry. The risk of injustice is enhanced by the fact that, to the best of our knowledge, no school discloses the contents of its training materials to accused students before commencing the disciplinary process. The contrast between this training regime and the instructions given by judges to jurors in criminal trials—most obviously, that they should presume defendants innocent until proven guilty—is stark.

“In a criminal trial,” says former Baltimore state’s attorney Gregg L. Bernstein, “we ask jurors to use their common sense and apply their own life experiences to determining questions of credibility and guilt or innocence. We do not ‘train’ jurors at the expense of considering equally plausible factors as to why [an alleged] victim’s testimony might not be credible.” Bernstein, who during his term in office created a special unit to handle sexual-assault cases, believes a balance “can be struck in which the victim’s account is given credence and she is respected, while at the same time, the alleged assailant has the right to test the story. We should ask for no less when a person’s reputation can be altered for life by these types of [campus] allegations.”

The training mandate originated with the Obama administration’s 2011 “Dear Colleague” letter, which dictated campus procedures for sexual-assault allegations that dramatically increased the chances of guilty findings. Expanded guidance in 2014 from the Department of Education’s Office for Civil Rights ordered that the training include “the effects of trauma, including neurobiological change”—a phrase pregnant with hidden meaning. The Obama training requirements (without the “neurobiological change” part) were then formalized in a binding federal regulation in 2015.

While Secretary of Education Betsy DeVos has rescinded the 2011 and 2014 Obama commands, the 2015 regulation keeps most of the Obama training mandate in place. All the while, the secrecy of almost all the training materials has enabled them largely to escape public scrutiny.

“The biggest problem with these training materials,” says Justin Dillon, a Washington, D.C., lawyer who has defended dozens of students accused of sexual assault, “is that if the accuser comes in, contradicts herself and the evidence, all that gets explained away because of ‘trauma.’ Junk science like that makes it extraordinarily hard for students to defend themselves effectively. Schools cherry-pick studies without actually understanding anything about them; they just take this chicanery at face value. Students would need to first pay a lawyer, and then pay that lawyer to find a neuroscience expert who is both willing and qualified to take on this issue. And if you think lawyers are expensive, wait until you see how much experts charge.”

Middlebury College’s training, for instance, urges adjudicators to “start by believing” the accuser, while asking themselves whether the accused student is “who he said he is.” The training materials twice feature a hypothetical campus rapist announcing: “I am going to have sex tonight. If it is consensual, fine. But, I am going to have sex tonight.”

The college further orders that in order to be “objective,” investigation reports must not use the word “alleged” before “victim” or “sexual assault” and must avoid passages such as “the victim’s account of the incident is not believable or credible to officers given her actions during and after the encounter with the suspect” or the “victim has inconsistencies with her story.”

The role of the investigative report is especially important at Middlebury because, like more and more schools, it has abandoned disciplinary hearings on sexual-assault claims in favor of a single-investigator system. This was designed to shield the accuser from cross-examination, but also empowers a school-appointed official to serve as “detective, judge and jury,” in the words of Greg Lukianoff, president of the Foundation for Individual Rights in Education. In the specific system used at Middlebury, a college administrator renders the final decision based primarily on a report prepared by the investigator. The accused student and his representatives have no opportunity to cross-examine the accuser or the investigator. The training’s restrictions on the content of the investigator’s report thus have a direct effect on the final outcome.

After we wrote about the Middlebury training, the firm that conducted it, Margolis Healy, removed the associated material from its website. The company did not respond to a request for comment.

Eric Rosenberg, an Ohio lawyer who has represented accused students in both state and federal lawsuits, says that the “systemic bias” in training materials extends to essentially “mandating adjudicators shield accusers from exculpatory evidence” as it might “re-victimize the victim.” A state or federal judge, Rosenberg explains, “would undoubtedly find [that any] jury pool members who promise not to re-victimize a party who alleges an injury should be stricken for cause.”

Beyond putting a thumb on the scale towards guilt, campus-training materials are permeated by highly debatable psychological theories, spawned in part by the Obama administration’s requirement of training about “neurobiological change.”

Emily Yoffe’s blockbuster September article in the Atlantic on “The Bad Science Behind Campus Response to Sexual Assault” uncovered widespread use of a concept called “tonic immobility.” Yoffe explored the pervasive influence of Rebecca Campbell, a Michigan State psychology professor, who claims that as many as half of all sexual-assault victims experience tonic immobility and that this condition, along with other neurological effects that occur during an assault, renders them unable either to resist or to recall the alleged attack accurately later. Campbell has done no empirical research on tonic immobility, and there is no clear evidence that the phenomenon—in which some prey animals go into a type of temporary paralysis when threatened—occurs in humans.

Training at Harvard Law School in 2014 borrowed heavily from Campbell’s ideas about tonic immobility, according to an article by Harvard Law professor Janet Halley. She said the school provides its tribunals with “a sixth-grade level summary of selected neurobiological research,” which claims that rape victims’ trauma causes neurological changes, which can result in tonic immobility. This “can cause the victim to appear incoherent and to have emotional swings, memory fragmentation, and ‘flat affect’ [so that her statements] can be ‘[m]isinterpreted as being cavalier about [the event] or lying.’ ” The Harvard training, Halley wrote, is “100% aimed to convince [disciplinary panelists] to believe complainants, precisely when they seem unreliable and incoherent.”

A still-pending case led U.S. District Judge John Padova to suggest that the University of Pennsylvania’s training of campus adjudicators is so biased that it may violate Title IX by discriminating against males. In a September 13, preliminary ruling, Padova cited the university’s training materials as a basis for rejecting Penn’s motion to dismiss a Title IX claim in a lawsuit filed by a student the school had found guilty of sexual assault.

Penn used a training document, “Sexual Misconduct Complaint: 17 Tips for Student Discipline Adjudicators,” disseminated by Legal Momentum, a women’s advocacy group that has harshly assailed Betsy DeVos’s efforts to make the handling of campus sexual-assault complaints more fair. The 17 “tips” about accusers include:

“The fact that a complainant recounts a sexual assault somewhat differently from one retelling to the next may reflect memory processes rather than inattentiveness or deceit.” Legal Momentum provides no guidance on how adjudicators should identify “memory processes,” “inattentiveness,” or “deceit.” The implication that inconsistencies are irrelevant to assessing credibility is contrary both to our legal traditions and human experience.

“Victim behaviors during and after a sexual assault may appear counterintuitive to those unfamiliar with sexual assault.” The Legal Momentum document goes on to offer examples suggesting that virtually any conduct or statement by an accuser—resisting or not resisting the alleged assaulter; subsequently contacting or subsequently avoiding the alleged assaulter; testifying emotionally or listlessly; recalling or not recalling events—is consistent with the guilt of the accused.

“False allegations of rape are not common” and “research places the [false rape report] rate in the general population between 2% and 10%.” But this research defines “false” extremely restrictively and excludes a great many cases in which the accused is clearly not guilty of sexual assault and many more in which the available evidence leaves unclear the veracity of the accuser’s account.

As for accused students, Penn’s training material seems designed to sow skepticism about their claims of innocence. The “typical” campus rapist, according to the document, might possess many “apparent positive attributes such as talent, charm, and maturity [and] a deep commitment to community service.” But such traits are “generally irrelevant.” Campus rapists “[p]lan and premeditate their attacks, using sophisticated strategies to groom their victims for attack and isolate them physically.”

Bernstein, the former top Baltimore prosecutor, expressed concern that the Penn training did not meet the “standards” necessary for an “objective process” that could determine the truth of allegations. Most of the tips, he notes, “leave a clear presumption of guilt in the investigator or adjudicator’s mind and provide a victim-centric explanation for otherwise inconclusive, inconsistent, and exculpatory testimony to the exclusion of other factors.” Legal Momentum did not respond to a request for comment.

The training materials and practices that have surfaced from other institutions are equally one-sided.

George Mason’s training plan contains a lengthy section instructing investigators and adjudicators to “avoid an implication of blaming a complainant,” such as by holding “the belief or expressing an opinion that a person who is alleging sexual assault was in some way responsible, whether wholly or in part, for what happened.” Testing an accuser’s truthfulness by asking about her pre-incident behavior with the accused student or why she waited for months to file a report or why she did not go to the police would all constitute blaming the victim. If even considering asking any such questions, the adjudicator is ordered by the training to adjourn the meeting and consult with fellow panelists before proceeding. There is no comparable caution regarding questions asked of accused students.

A University of Texas blueprint for sexual-assault investigations recommends reducing “the number of reports prepared by investigators,” so as to frustrate defense lawyers’ efforts to point out contradictions among an accuser’s statements. This recommendation belies any pretense that the university’s investigators are neutral fact-finders.

The training at Ohio State tells disciplinary panelists that as many as “57 percent” of college males “report perpetrating a form of sexual[ly] aggressive behavior,” among other points seemingly designed to prompt guilty findings. We are aware of no reliable study that makes such a statistical claim. The judge who cited the 57 percent did not say where Ohio State got it, and the school’s full training materials remain sealed.

Cooper Union’s training program describes a “typical” sexual-assault case as the work of a scheming predator: An upper class male who meets a freshman female at a party, accompanies her alone back to her room, and “pours ten shots out of a bottle he pulls out of his backpack” for her to drink. The accuser can later recall nothing, but believes that they had sex.

At SUNY-Plattsburgh, the school’s Title IX coordinator trains the members of sexual-assault hearing panels. In a recent appellate hearing in New York state court, it was revealed that she had misstated the university’s own definition of consent to make a guilty finding more likely, by ruling out “consent by conduct” to sex. SUNY’s lawyer conceded to the appellate judges that the coordinator’s explanations of Plattsburgh policy to the tribunal members were “admittedly confusing.”

The head of a Title IX disciplinary panel at the University of North Carolina, Charlotte, testified in federal court that his institution’s training prompted him to deny the accused student a chance to present friendly, post-incident text messages the accuser sent to him, even though they contradicted her claim that she had come to fear him after they had sex. The panel chair said that the training allowed the tribunal to consider only any messages that “directly answer[ed] the question of consent, to consent to sexual acts.” A federal judge called this exclusion of exculpatory evidence “troubling” and denied the university’s motion for summary judgment.

Such training regimes are the norm across the country, according to four lawyers we talked to and to public statements by two others who have through lawsuits obtained the training materials adopted by many schools. The training materials used by the vast majority of colleges still remain secret.

The new regulations that Betsy DeVos has promised to issue regarding campus proceedings—probably next fall, after publishing proposed rules and considering public comments—will likely continue to require training of some kind, which, at least for investigators, is sensible if it is done well.

Meanwhile, the training materials we have seen are flatly contrary to the Trump administration’s interim guidance for colleges on campus sexual-assault allegations, which provides that “training materials or investigative techniques and approaches that apply sex stereotypes or generalizations may violate Title IX.” DeVos has repeatedly called for colleges to make their processes fair to accused students as well as their accusers.

The time is ripe for some of the accused to file complaints with the Department of Education’s Office for Civil Rights challenging these training programs as violating Title IX’s prohibition on sex discrimination. Such complaints would encourage the Education Department to require that schools make public the contents of their training for sexual assault investigations and tribunals. The accused—many of whom have wrongly assumed that they would be treated fairly and the truth would set them free—would then know what they are up against.
K.C. Johnson and Stuart Taylor Jr. are the authors of The Campus Rape Frenzy: The Attack on Due Process at America’s Universities (2017).

Voir de plus:

Pedagogy questioned

Penn grad student says she’s under fire on campus and off for using a teaching technique that involves specifically calling on students from underrepresented groups.

Colleen Flaherty
Inside higher ed
October 20, 2017

Anyone who’s ever taught a class knows some students say more than others. And most professors eventually develop some way of encouraging quieter students to contribute. In one more formal discussion-management technique, called progressive stacking, professors call on students who may be — for a variety of reasons — less likely to have their say. While every student is different, the reasons typically reflect the implicit biases observed outside the classroom, such as those related to race, gender, religion, sexual orientation or disability status. So, according to progressive stacking, a professor would call on a black or Latina woman before a white man, for example.

There’s the rub, at least in one class at the University of Pennsylvania. Stephanie McKellop, a graduate teaching assistant in history there, says she is under attack by fringe-right groups for using progressive stacking in her classes and then tweeting about it. Worse, she says, the university is cowing to such groups instead of supporting her. She’s claimed on social media that her classes were canceled this week and she may be asked to leave her program.

Here’s some of what McKellop tweeted earlier this week. Her social media accounts are private, but the posts have since been shared by her supporters, some of whom have contacted Penn on her behalf. The trouble apparently began with a post in which she wrote, « I will always call on my black women students first. Other [people of color] get second-tier priority. [White women] come next. And, if I have to, white men. » In a later post, she wrote, « Penn thinks I’m racist and discriminatory towards my students for using a very well worn pedagogical tactic which includes calling on [people of color]. »

Steven J. Fluharty, dean of the School of Arts and Sciences, refuted some of those claims in a statement Thursday, saying that McKellop has not been removed from her program and that Penn has “and will continue to respect and protect the graduate student’s right to due process.”

Penn knows and values the “importance of ensuring that students in groups that were historically marginalized have full opportunity to participate in classroom discussions,” Fluharty added. “Penn is strongly committed to providing respectful work and learning environments for all members of our community.”

Yet Fluharty seemed to validate McKellop’s claim that Penn has taken issue with her teaching style, saying that Penn is “looking into the current matter involving a graduate student teaching assistant to ensure that our students were not subjected to discriminatory practices in the classroom and to ensure that all of our students feel heard and equally engaged.”

McKellop did not immediately respond to an interview request Thursday. A spokeswoman for Penn said that McKellop has not been barred from teaching, but she provided no further details. McKellop’s adviser did not respond to a request for comment.

A number of academics expressed support for McKellop on social media and for progressive stacking. In general, it doesn’t mean excluding men or white students from conversations, or forcing underrepresented students to talk. Instead, it means calling on students who want to talk in the reverse order that one might predictably do so, based on social biases.

Jessie Daniels, a professor of sociology at Hunter College and the Graduate Center of the City University of New York, said progressive stacking has been around at least since she was in graduate school in the 1990s. She still uses it informally, to right her own tendency to call on men more frequently than women.

“If I have a class of 40 students, since Hunter is predominantly young women, I may have four or five young men in class,” Daniels said. “There’s still implicit bias, where we value men’s voices more than women’s voices, or men’s voices are deeper and carry more in a class. So I’m always trying to overcome my own bias to pick on men in class more than the women.”

As to whether purposely asking a woman to answer a question over a man was a kind of discrimination, Daniels said, “That gets it the wrong way around. This is a way of dealing with discrimination that we as professors can introduce into the classroom. It’s a good strategy, if you can do it.”

Daniels said she thought that the online backlash against McKellop seemed ripped from the “playbook” of the far right, which has attacked numerous professors involved in issues of race in recent months. Worse still, she said, McKellop, as a graduate student, is a particularly vulnerable target.

Cathy Davidson, director of the Futures Initiative at CUNY’s Graduate Center, has long advocated for inclusive teaching methods, including via the Humanities, Arts, Science and Technology Alliance and Collaboratory, which she co-founded. Davidson said Thursday that she didn’t particularly like progressive stacking, and that other methods seem “far better to me than making judgments on others’ privilege.”

Davidson instead recommended « inventory » methods that require participation by all students in the classroom, such as thoughtful « exit tickets » from a session, think-pair-share exercises or asking everyone to write down and then share a memorable sentence from a given reading.

Daniels said she didn’t know how pervasive progressive stacking is, but underscored that it’s nothing new. As for the situation at Penn specifically, Daniels said it would be unfortunate for the university to punish someone trying to “uphold its values. It would be a very misguided step on the part of Penn.”

Voir également:

Cannibalism Among the Oppressed

June 10, 2013

When big-bootied FLOTUS Michelle Obama was heckled last week by a grizzled lesbian activist who sort of resembles Glenn Beck with AIDS, the entire progressive coalition nearly came crashing to the ground.

Mrs. Obama was speaking about somethin’-somethin’ black when the activist interrupted her to start screaming about somethin’-somethin’ gay, at which point Obama left the podium to confront the woman. Video documentation of the event is scant, so it’s unclear whether Obama did that black-lady thing where they wag their finger and swivel their head.

“She came right down in my face,” said gay heckler Ellen Sturtz. “I was taken aback.”

Then, but of course, Sturtz was accused of using “white privilege” and “coded racial words” to play into ancient, hateful, and obviously disproved-by-science stereotypes of an “angry black woman.”

One can only imagine the furor if the lez had accused Michelle of chimping out.

“I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.”

A fat black lesbian who says she embraces the term “BlaQueer” to describe her multiple Identities of Oppression wrote a Huffington Post puff piece about how she couldn’t decide whose side to take:

I, like many other queer people of color, can’t separate my race and its history from my sexuality (or my gender performance/identity) and its history.

Like my mom always said, “‘Can’t’ means ‘won’t.’”

In the event’s wake, pro-homo serial event-interrupters Code Pink apparently made remarks critical of Michelle Obama on Twitter, then offered a groveling apology when told to check their privilege.

This shit never ends, and I love it. Since a white penis dangles atween my legs, progressive identity groups have designated me as their natural-born enemy. Therefore, I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.

One of the most fascinating aspects of the O. J. Simpson murder trial is that it forced the progressive-minded to take sides: Do they go against the woman-killer or the racist cop?

There are numerous examples of such seemingly insoluble liberal dilemmas, all of them hilarious to me.

Do you protect the environment, or do you allow the Third World to continue breeding like dusky hamsters?

Do you support Islam or the women who are getting their clits sliced off?

Do you come down on the side of unions or illegal-alien scab laborers?

Do you support Greenpeace or Injun whalers?

Do you oppose censorship or rape jokes?

Such constant squabbling usually devolves into pissing contests about who is more oppressed and who exactly is bullying whom.

The term for when one person’s oppression collides with another’s is intersectionality. It was allegedly coined by a black female lawyer named Kimberlé Crenshaw, and the way she spells “Kimberly” is really all you need to know about her. The general concept supposedly arose in the 1970s when black feminists started bitching about white feminists over who was more oppressed. In other words, it was the fruit of infighting among leftist identity groups, the result of cannibalism among the oppressed.

People who buy into this notion that they suffer from multiple forms of oppression—rather than the more likely explanation, which is that they suffer from multiple personalities—tend to explain intersectionality in ways either histrionically angry or academically tortured.

A shining example of the histrionically angry school is a screed called “MY FEMINISM WILL BE INTERSECTIONAL OR IT WILL BE BULLSHIT!” written by a “Latina” who claims she screams so much, it sometimes scares her cat.

Intersectionality, because it is by definition an insane if unfalsifiable notion, has gained traction in the so-called social sciences. In Sweden (of course), you can get a master’s degree in it. Never have so few used so many words to say so little. Intersectionality’s proponents prattle on about standpoint epistemology and interlocking matrices of oppression, about how intercategorical approaches are needed to determine how essentialist identities foster stereotyping, about how power carries gendered connotations and has androcentric biases that promote racialized belonging, and about how straight white males suck.

This is one of the reasons I sort of hope for a wholesale economic collapse—because people who talk like this will not have jobs.

The concept of intersectionality is also related to the “progressive stack,” which assumes that white males at all times bear noxious degrees of unearned power, which is why they have to get to the back of the line and let all the legless black lesbians speak first.

So much for transcending labels and viewing one another as individuals. These people want to institutionalize such labels. They balk at the concept of “assigned identity,” yet they also seem unable to live without it. So many of these multitudinous oppressed “identities” seem like nothing more than cheap cloaks to mask nakedly annoying personalities. People with bad personalities seem to have a built-in defense mechanism that makes them believe you actually hate them for any other possible reason besides their bad personalities. With all the banter about oppression, it’s hard to think of anything that stifles free speech and free expression more than such strident humorlessness.

As an unapologetic white male and therefore a designated cultural pariah, I take a sort of emperor’s glee in the gladiatorial spectacle of these special-interest ninnies eating each other. But it’s different from lions eating Christians. It’s more like Christians eating Christians.

Personally, I found these people far more likable when they were disenfranchised.

Voir encore:

San Francisco is once again the epicenter of the sanctuary city debate with the beginning of the sad and explosive trial of one of the most well-known and infamous illegal aliens in U.S. history. Juan Garcia Zarate (also known as Juan Francisco Lopez-Sanchez), an illegal alien from Mexico with seven felony convictions and five deportations, is on trial for the murder of 32 year-old Kate Steinle. Steinle was allegedly gunned down in broad daylight as she walked arm in arm with her father near the city’s Embarcadero district.

Just months before the shooting, instead of being deported, Garcia Zarate was released from jail and allowed back onto the streets due to San Francisco’s controversial and illegal sanctuary policies. Not surprisingly, when asked why he repeatedly returned to San Francisco, Zarate told local authorities that the city attracted him because of its sanctuary policies.

For many Americans, this senseless murder was regarded as something that could have easily been prevented through adequate border enforcement and a firm federal crackdown on sanctuary cities. On the one hand, Steinle’s death served as a wake-up call for the nation, made immigration reform a rallying cry and helped to propel Donald Trump to the Oval Office.

But sadly, many California pols were more than happy to turn a deaf ear to the suffering of the Steinle family, as well as the cries from other parents across the country who had lost loved ones to illegal aliens shielded by sanctuary policies. To them, Steinle was simply an acceptable loss on the altar of open borders.Just three months after Steinle’s murder, San Francisco, her hometown, revisited the sanctuary issue and instead of scrapping the dangerous policy, doubled down on its commitment to remain a sanctuary city. By a unanimous vote, the board of supervisors embraced the longstanding policy of releasing criminal illegal aliens back onto the streets instead of notifying Immigration and Customs Enforcement so that they can be removed from the country.

The California General Assembly demonstrated equal empathy for the Steinle family, with the passage of a bill that designated California as a sanctuary state. California Assemblyman Joaquin Arambula exclaimed that the bill would ensure that “California is a safe place for immigrants,” begging the question of what, if any, value is being placed on the lives of native-born Americans and legal residents.

It’s not just in the Golden State that sanctuary fever has caught on. At the beginning of this year, FAIR estimated that there were roughly 300 sanctuary cities and jurisdictions across the nation. Unbelievably, that number has now grown to an estimated 500, according to a list compiled by the Ohio Jobs and Justice Political Action Committee, a group that has tracked the issue for a decade. Not surprisingly, 101 of them are in California.

Thankfully, there’s some good news too. President Trump campaigned on ridding the nation of dangerous sanctuary cities and his attorney general, Jeff Sessions, has promised to “claw back” key federal funds from sanctuary jurisdictions. Several cities including Miami, Florida and Dayton, Ohio, dropped their sanctuary policies to avoid losing precious federal funding. The state of Texas recently passed anti-sanctuary legislation forbidding sanctuary policies across the state, and other states, are following suit.

There is also renewed action and commitment to fight dangerous sanctuary jurisdictions on the federal level. Two bills with strong bipartisan support recently passed the House of Representatives. They are now awaiting action in the Senate and there is hope that they will soon be scheduled for a vote, despite an already crowded agenda.

Kate’s Law,” named in memory of Kate Steinle, would increase current maximum sentences for illegal reentry into the United States. The No Sanctuary for Criminals Act clarifies ICE detainer authority to hold criminal aliens for up to 48 hours so they can be handed over to ICE. At the same time, it holds state and local governments responsible for so-called sanctuary policies that protect deportable criminal aliens from being removed from the country. Additionally, the bill also protects jurisdictions that comply with detainers from being sued, while allowing victims of crime to sue jurisdictions that refuse to comply and subsequently release criminal aliens onto the streets.

The sanctuary issue might be popular with the open border pols in California, but public sentiment is clearly on the side of immigration enforcement. According to a recent Zogby poll of 11 key swing states, three out of four registered voters believe that police and sheriffs must comply with detainer requests by ICE, with Hispanic voters showing considerably stronger support. By equal margins, voters believe sanctuary jurisdictions must be held accountable for crimes committed by people who were released into the community because of those policies.

While these laws won’t be able to bring back the loved ones lost by misguided sanctuary policies, they will go a long way in preventing future heartbreak for families who needlessly lose a loved one to someone here illegally.

Dave Ray is director of communication at the Federation for American Immigration Reform (FAIR), a nonprofit aimed at promoting legal immigration.

Voir enfin:

J’ai vécu (sans encombre) à New York, dans la clandestinité

Tout a commencé au printemps 2009 lorsqu’un ami m’a proposé d’aller passer trois mois à New York pour l’été. Ses deux frères habitant à Brooklyn, il m’explique que l’on pourra loger gratuitement chez eux et travailler…

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New York – Lyon69

Tout a commencé au printemps 2009 lorsqu’un ami m’a proposé d’aller passer trois mois à New York pour l’été. Ses deux frères habitant à Brooklyn, il m’explique que l’on pourra loger gratuitement chez eux et travailler (illégalement) dans des bars et restaurants où l’on sera payé grassement en pourboires.

Je suis un brin sceptique quant à notre capacité à nous faire embaucher « sans papiers » mais ses deux frères travaillant dans l’hôtellerie me confirment que ce ne sera effectivement qu’une simple formalité.

De nature aventureuse, je me débrouille pour récupérer un congé de six mois. J’achète mon billet d’avion quelques jours plus tard et me prépare mentalement à l’idée de passer un été à New York et me remplir les poches de dollars.

L’objectif, c’était d’y rester trois mois, économiser un maximum d’argent puis d’aller le dépenser en Amérique du Sud les trois mois suivants, avant de rentrer en Europe pour reprendre le boulot.

La concurrence est rude

Première constatation : ce n’est pas si évident de trouver un job. La très grande majorité des restaurants et bars ne me demande pas si je suis en règle. En parlant avec certains employés, la plupart d’entre eux travaillent illégalement en étant payé cash, du sous-chef mexicain à la serveuse d’Europe de l’Est.

A force d’acharnement, je finis par trouver un boulot de serveur à Brooklyn. Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que je ne gagne pas tant de dollars que ça et que la fin de l’été approche, tout comme la validité de mon visa touristique de 90 jours.

On décide donc avec mon ami de faire un aller-retour à Montréal pour récupérer un nouveau visa de 90 jours et poursuivre l’aventure jusqu’aux fêtes de Noël, réputées très juteuses dans la restauration.

De retour à New York (sans encombre), je dois trouver au plus vite une chambre pour me loger – après trois mois à squatter les canapés. Je ne roule malheureusement pas sur l’or après un été calamiteux sur le plan des revenus. Grâce à un collègue, je dégote cependant une chambre pas chère, mais dans un appartement de Brooklyn miteux à souhait. Après avoir changé de travail et déménagé deux fois (de plus), je finis par être bien installé ainsi qu’a gagner ma vie correctement.

La saison des fêtes s’avère très rentable et en moins de deux mois j’ai réussi à économiser un joli petit pactole. Mais mon visa arrive à échéance bientôt et je dois prendre une décision :

  • dois-je rentrer en Europe pour reprendre un boulot intéressant mais très mal payé ?
  • dois-je rester à New York à faire un travail pas intéressant mais payé cinq fois plus ?

Entre temps, je suis tombé amoureux de New York : je décide finalement de rester plus longtemps. J’achète un billet d’avion pour l’Equateur et tente de récupérer un troisième visa touristique d’affilé, avec tous les risques que cela comporte. En effet, en tant que citoyens européens, nous sommes limités par la loi à deux visas touristiques de 90 jours pour une période de douze mois.

Pour l’immigration américaine, il est indispensable de posséder un billet prouvant votre intention de quitter le territoire sous 90 jours. J’ai donc également acheté un billet d’avion New York-Montréal (remboursable) qui décolle quelques jours à peine après mon retour l’Equateur.

Le passage à la douane s’est de nouveau passé sans encombre, mais cela, je le dois aux deux pauvres passagers me précédant dans la queue, qui se sont fait embarquer pour un interrogatoire. Grâce à eux, notre agent a expédié la queue dans laquelle je me trouvais, car plusieurs passagers derrière moi se plaignaient de l’attente. Comme quoi, parfois, ça ne tient pas à grand chose…

Impossible n’est pas Américain !

Maintenant que j’ai décidé de rester aux Etats-Unis un peu plus longtemps, je dois me débrouiller pour me simplifier la vie. Je commence par ouvrir un compte en banque. Techniquement, il est « impossible » aux USA de travailler, ouvrir un compte en banque, emprunter, accéder à la sécurité sociale… sans numéro de sécurité sociale.

Dans la pratique, c’est un peu différent… J’ai ouvert un compte en banque grâce à une banquière peu regardante, signé un bail à un propriétaire qui ne posait pas de questions, ouvert un contrat de téléphonie mobile. Je vais dans un centre destiné aux immigrants pour voir un dentiste et, en cas d’urgence, je peux toujours aller dans un des nombreux hôpitaux publics de la ville pour me faire soigner.

L’un des propriétaires du restaurant où je travaille, depuis mon retour d’Equateur, vient tout juste de se faire régulariser après avoir vécu ici illégalement pendant douze ans ! Il possédait une entreprise de construction
et un bar, il avait un emprunt immobilier pour sa maison et possédait deux voitures… Ici, rien n’est impossible !

Donc, même âpres avoir vécu illégalement aux Etats-Unis pendant des années, il est tout à fait possible de se faire régulariser très facilement. Il suffit pour cela, de se marier avec un(e) citoyen(ne) américain(e).

Ce n’est plus possible dans tous les Etats mais cela reste permis dans un certain nombre, notamment l’Etat de New York et ceux du Connecticut ou de Californie. Une fois marié, il suffit de faire les démarches nécessaires et sous moins de deux mois on reçoit une « green card » temporaire ainsi qu’un numéro de sécurité sociale. Sous deux ans, votre « green card » définitive vous sera délivrée suite éventuellement à un rendez-vous avec les services de l’immigration où vous aurez à prouver que votre mariage est légitime.

Il est même possible de faire la demande d’un « numéro de taxe » (ID Tax Number) pour payer des impôts en travaillant illégalement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, payer des impôts en travaillant illégalement, c’est tout à fait possible et même conseillé ! Car si par la suite vous parvenez à vous faire régulariser (par le mariage), toutes les années ou vous aurez payé des impôts seront alors prises en compte dans les délais d’octroi de la citoyenneté américaine.

Alors, comment se fait-il qu’il soit donc plutôt aisé de vivre et travailler illégalement aux USA ?

New York, ville « sanctuaire » pour les immigrants illégaux

« Ville sanctuaire » désigne une ville qui met en place certaines pratiques pour protéger les immigrants illégaux/sans-papiers. Elles sont une trentaine aux Etats-Unis à avoir ce « label ».

Ces pratiques peuvent être définie par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Concrètement, une ville n’accordera aucun budget pour lutter contre l’immigration illégale ou ne permettra pas aux autorités locales de contrôler le statut d’immigrant d’un civil. Depuis 1996 et surtout depuis 2006, des séries de lois portées en majorité par le parti Républicain, lutte contre ces « libertés » accordées aux immigrants illégaux et tente de donner davantage de pouvoir au gouvernement fédéral (dont dépend la gestion de l’immigration) localement au sein des Etats.

A l’heure actuelle, ce sont surtout les Etats du Sud du pays qui sont touchés : Alabama, Texas, Arizona, Mississippi et Géorgie… Mais la tendance, surtout depuis la crise financière de 2008, s’oriente vers davantage de contrôle ainsi qu’un renforcement des lois.

A New York, il est possible mais peu probable que des agents de l’immigration débarquent dans un restaurant ou un bar pour faire un contrôle car vous l’aurez compris, les lois locales sont en « faveur » des immigrants. Et dans la réalité, la plupart des bars et restaurants de la ville fermeraient car la main d’œuvre utilisée par cette industrie est en majorité ici illégalement ! Dans la pratique donc, les travailleurs illégaux sont « tolérés » par les autorités locales.

Dans les faits, la police peut vérifier votre identité mais n’a pas le droit (contrairement à la France) de vérifier la situation relative à votre visa.

Par exemple, il est tout à fait possible en étant sans-papiers, de passer devant un juge et être condamné pour des faits mineurs, sans se faire par la suite expulser. C’est arrivé à un de nos cuisiniers mexicains… Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que ce n’est pas le rôle de la justice locale de s’occuper de l’immigration !

Cela tient aussi au fait que le travail des différentes agences locales ou fédérales ne collaborent pas vraiment ensemble et ne travaille pas à partir des mêmes bases de données.

Il ne faut pas être claustrophobe

Après avoir obtenu mon troisième visa touristique d’affilé, j’ai décidé, après mûre réflexion, de poursuivre l’aventure à New York, au-delà de mon visa et donc de rentrer dans la clandestinité.

Le risque je le connaissais bien : si je quittais ensuite le territoire moins de 365 jours après l’expiration de mon visa, je m’exposais à une exclusion du territoire de trois ans – plus de 365 jours, une exclusion de dix ans.

Dans le pire des cas, j’allais être banni des USA pour les dix prochaines années, mais à n’importe quel moment, il me suffisait de me marier avec une américaine pour faire sauter les sanctions.

Pour moi, l’un des principaux inconvénients de vivre illégalement aux Etats-Unis, c’est qu’on finit par se sentir légèrement enfermé… Il ne faut pas être claustrophobe.

Le voyage est l’une de mes grandes passions et il ne m’est pas vraiment possible de prendre l’avion. Techniquement, on peut prendre des lignes intérieures sans passer pas l’immigration mais il y a un risque, car il y a toujours un agent de l’immigration présent dans tous les terminaux des aéroports. Donc cela va faire bientôt deux ans et demi que je n’ai pas mis les pieds dans un avion et ça, c’est le coté un peu difficile à vivre.

Je me suis marié l’année dernière à l’Hôtel de ville de New York sans que l’on ne me pose la moindre question (une fois de plus !). Ma femme n’étant pas américaine (on ne force pas l’amour), nous avons donc décidé d’aller poursuivre notre aventure ailleurs. Mais j’ai passé trois années fantastiques à New York.

 COMPLEMENT:

Abus sexuels : le cauchemar sans fin de Hollywood
Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Louis C. K., Brett Ratner… Les révélations en cascade d’abus sexuels bouleversent le monde du divertissement américain, au point d’écorner l’image d’une usine à rêves mythique.
Constance et Jamet Etienne Sorin
Le Figaro
14/11/2017

Il règne à Hollywood une atmosphère de guerre. On ignore qui, demain, sera le prochain à être reconnu comme prédateur sexuel. Des noms circulent. Des projets de films, de séries en cours suscitent l’inquiétude à la seule idée que l’une de leurs pièces maîtresses puisse être concernée», résume Jordan Mintzer, correspondant du Hollywood Reporter à Paris. Cela fait un mois que le New York Times et le New Yorker ont ouvert la boîte de Pandore en révélant les abus auxquels se livrait Harvey Weinstein envers ses collaboratrices, des actrices et même des journalistes. La chute du nabab a libéré la parole. D’autres harceleurs ont été dénoncés: le producteur Brett Ratner, le cinéaste et scénariste James Toback, les acteurs Steven Seagal, Louis C. K. et Kevin Spacey ou encore Roy Price, patron d’Amazon Studio, la branche de production de films du géant du commerce en ligne. Un séisme dont l’onde de choc ne montre aucun signe d’affaiblissement.

Contrairement aux scandales sexuels de l’âge d’or de Hollywood, les studios ne ferment plus les yeux. Craignant pour leurs recettes et leur image, ils affichent une tolérance zéro et prennent leur distance avec les mis en cause, enterrant ou suspendant des franchises emblématiques. « La rapidité et la sévérité de leur réponse sont d’une ampleur inédite » , confirme Jordan Mintzer. Vingt-quatre heures après les déclarations d’Anthony Rapp, l’acteur de Star Trek Discovery , qui accusait Kevin Spacey d’avoir tenté de le violer alors qu’il n’avait que 14 ans, Netflix, le diffuseur, et la société de production MRC interrompent le tournage de la saison 6 de House of Cards. Les témoignages des techniciens et assistants s’accumulant, la plateforme SVOD annonce, trois jours plus tard, limoger sa star et geler la production afin de permettre aux scé- naristes de réécrire leurs intrigues et trouver un moyen de tuer le personnage incarné par Spacey, le président américain sans scrupules Frank Underwood. Une solution d’autant plus complexe que deux épisodes étaient déjà en boîte. Netflix abandonne aussi le film co-produit par et avec Spacey, Gore, sur la relation entre un jeune homme et célèbre écrivain américain Gore Vidal, qui devait sortir l’an prochain. La postproduction était presque terminée. De son côté, Sony maintient la sortie en salle fin décembre de Tout l’argent du monde , projet phare de Ridley Scott avec Spacey dans un second rôle, par égard pour « les 800 comédiens et techniciens ayant contribué au long-métrage » . Mais, sans attendre l’aval de Sony, le réalisateur remplace, à moins de cinq semaines de la sortie, Kevin Spacey par Christopher Plummer. Un geste jamais vu qui a sidéré les observateurs. Le film était terminé ; les bandes-annonces en ligne sur YouTube. Les huit à dix jours de tournage additionnels, l’insertion dans le montage terminé de Plummer – qui nécessitera de nombreux effets spéciaux – se chiffreront en millions de dollars ! Mais cette audace pourrait valoir à Ridley Scott, qui s’était vu imposer Spacey par le studio, la nomination aux Oscars qui lui manque tant. Même bannissement pour l’humoriste Louis C. K.. Ayant bâti sa carrière sur son personnage quasi autobiographique d’artiste déprimé ayant le sexe triste, la vedette de stand-up a reconnu des comportements exhibitionnistes. Aussitôt, Netflix, la chaîne FX Networks, filiale de la Fox, et ses agents ont cessé toute collaboration. Sa comédie noire qui devait sortir le lendemain a été reportée sine die. ARP, le distributeur français qui a acheté I Love You Daddy ! au Festival de Toronto en septembre dernier, prévoyait une sortie le 27 décembre. Louis C. K. a annulé sa venue en France et ARP est tributaire de la décision des Américains. « C’est un film formidable, regrette Michèle Halberstadt, chez ARP. Malheureusement, il n’est plus montrable dans le contexte actuel. Le film ne peut plus être vu pour ce qu’il est. » Matthew Weiner, le showrunner de la série Mad Men , est quant à lui accusé de harcèlement sexuel par l’une des anciennes scénaristes du show, Kater Gordon. En pleine promotion de son premier roman, Heather, par dessus tout , il conteste les faits. Son éditeur français, Gallimard, confirme sa venue à Paris les 29 et 30 novembre prochain. Mais gare aux studios qui seraient trop lents à prendre la mesure du problème ! Partenaire majeur de Warner Bros via sa société RatPac, le producteur Brett Ratner a maltraité plusieurs femmes, dont les actrices Olivia Munn et Ellen Page. Warner Bros a annoncé rompre avec le réalisateur de block busters (Rush Hour , X-Men : L’Affrontement final ), chassé de ses bureaux. Le contrat de 450 millions de dollars liant RatPac et Warner court néanmoins jusqu’en 2018. Une ambiguïté insupportable pour Gal Gadot. La star de Wonder Woman, produit par Ra- tner, aurait exigé pour reprendre son rôle que la Warner rachète les parts du cinéaste, le privant ainsi de tout bénéfice. Même les rescapés de précédents scandales ne sont plus intouchables. Woody Allen, qui a survécu dans l’industrie en dépit d’accusations d’attouchements sur ses enfants adoptifs vieilles de vingt ans, vacille. Produit par Amazon, son prochain long-métrage, Wonder Wheel, a vu sa première supprimée in extremis mi-octobre. Le cinéaste, dont le fils Ronan Farrow est l’auteur de l’enquête dévastatrice du New Yorker, s’inquiétait du moral de Harvey Weinstein et d’une éventuelle chasse aux sorcières (avant de faire machine arrière). De quoi plomber son film et son interprète Kate Wins- let, qui pouvait espérer briller dans cette saison des prix mise complètement sens dessus dessous. Jadis silencieuse, car dépendante de la manne publicitaire des studios, la presse spécialisée a joint ses forces d’investigation au grand déballage. Variety et The Hollywood Reporter ont, ce week-end, révélé des témoignages à charge contre George Takei, l’icône de Star Trek , et Andrew Kreisberg, producteur exécutif de Supergirl , Flash et Arrow , les séries de super-héros de la CW, propriété de la Warner. « La mentalité machiste de Hollywood qu’incarnait à merveille Weinstein où une actrice, scénariste ou réalisatrice devait supporter gestes et paroles salaces pour être acceptée est désormais contestée » , veut croire Jordan Mintzer. Cependant, le journaliste du Hollywood Reporter reconnaît que l’affaire Weinstein est à double tranchant : « Les femmes devant et derrière la caméra seront sans doute mieux traitées. Mais, côté business, pour s’éviter des risques de procès, les agences et les studios pourraient freiner les embauches. »


Mai 68/50e: Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es (1968 all over again or peaking leftism ? – After the silly and shallow “inequality” talk of the Obama years, the signs of progressivism in decadence are everywhere)

29 octobre, 2017
CRSS = SS
 
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need. A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country. Chuck Coughlin (Republican political consultant)
Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity. The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there. (…) Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest. But when many other Americans see it, and Americans of all races, they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem. there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans. Jay Heiler (lawyer)
The Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it … Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans). An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth. Roger Cohen
 Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. (…) Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech (« L’Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle », 2005)
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts… Annie Lacroix-Riz
“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity. » I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.” How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents? Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts? These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia. (…) they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan. (…) intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan. But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects. One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight. (…) It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are. Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.” A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt. Bret Stephens
A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. (…) We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation. If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. (…) With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be. It feels like time is running out. So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline. Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence. So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church.  (…) Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. (…) It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery. The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth. (…) What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. Kevin D. Williamson (24.06. 2015)
The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968 Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart. The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority. The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001. It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil. After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between. Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve. All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries. Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture. The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities. The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s. As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart. The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms. The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them. Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq. Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? (…) Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it? Victor Davis Hanson
I had to vote for Obama. I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president. Republican
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not on the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. Noam Chomsky
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Roger Caillois
Il ne manque pas, parmi nous, de gens à qui ce Bourdieu-là ne manque pas (…) Des gens qui n’ont pas la mémoire courte – ou l’inculture profonde – au point d’avoir oublié que « la pensée au service de l’espace public », ça a donné, entre autres, l’aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir – parangons de l’« intellectuel engagé » – envers l’horreur des camps, nazis ou soviétiques. (…) De cet esprit-là, auquel le grand sociologue que fut, un temps, Pierre Bourdieu, a malheureusement ouvert un boulevard, nous sommes aujourd’hui saturés. Nathalie Heinich
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Avec l’appui de la télévision, les événements ont été instrumentalisés par les ennemis politiques du ministre de l’Intérieur, qui ont ressassé les termes de « racaille » et de « karcher », sans jamais les replacer dans leur contexte (le décès d’un enfant victime d’un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve), ni préciser qu’ils ne désignaient qu’une infime minorité de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés, ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels déjà fascinés par des images de violences. Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong (mars 2006)
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les États-Unis d’Amérique du Nord. Che Guevara
La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer. Che Guevara (Pyongyang, 1965)
Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. Che Guevara (ONU, 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. (avril 1967) Ernesto Guevara
Phnom Penh libéré par les Khmers Rouges Titre du Monde
Le drapeau de la Résistance flotte sur Phnom Penh Titre de Libération
Enfin le communisme peut être un matériau pour l’art. Antoine Vitez (sur l’opera maoiste de Badiou, Le foulard rouge, ecrit en 1972 et joue en 1984)
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue (…). La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse (…). Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir (…). La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. Alain Badiou
Kampuchea vaincra! Alain Badiou (Le Monde, 17/1/79)
Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n’y a même pas de comparaison. Alain Badiou
La réalité (souvent déplorable) de la Terreur révolutionnaire doit-elle nous conduire à rejeter l’idée même de la Terreur? Ou existe-t-il un moyen de la répéter (…), de sauver son contenu virtuel de sa réalisation? Slavoj Zizek
Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitaliste. Alain Badiou
Faire vivre l’Idée communiste est une tâche de caractère idéologique (donc aussi philosophique), et non pas immédiatement une tâche politique. Il s’agit en effet que les individus puissent être préparés à accepter, si possible dans l’enthousiasme, qu’une autre vision du monde, radicalement opposée au capitalo-parlementarisme actuellement hégémonique (notamment sous le nom falsifié de « démocratie ») est non seulement souhaitable, mais possible. (…) Même des mouvements aussi confus que les immenses manifestations de décembre 1995 contre le plan Juppé, avec comme unique mot d’ordre « ensemble ! », portaient cette compatibilité. Il en va de même pour les actions organisées pour le droit des ouvriers sans-papiers, ou pour les manifestations, dans toute l’Europe, soit contre la guerre en Irak, soit contre la guerre à Gaza. Et bien d’autres choses. Je ne dis pas qu’il s’agit de politiques cohérentes inscrites dans l’horizon de l’Idée. Je dis seulement que l’existence de ces processus, prolongés ou sporadiques, atteste que l’Idée communiste n’est pas coupée de tout réel. Le retour actuel de la violence de classe (séquestrations de patrons, bagarres de rue, émeutes de la jeunesse populaire…) est lui aussi tout à fait confus, et parfois même a-politique. Il n’en est pas moins inscrit sous le signe potentiel de l’Idée, parce qu’il rompt avec le consensus parlementaire, et rend de nouveau acceptable qu’on puisse courir des risques au nom de ses convictions, au lieu de toujours s’en remettre à la médiation de l’Etat, lequel, aujourd’hui, est clairement anti-populaire, voire guerrier, tous partis politiques confondus. Alain Badiou
Le mot « communisme » a été durant environ deux siècles (depuis la « Communauté des Égaux » de Babeuf jusqu’aux années quatrevingt du dernier siècle) le nom le plus important d’une Idée située dans le champ des politiques d’émancipation, ou politiques révolutionnaires.
Il faut d’abord dire que ces leçons sur le siècle sont une réaction contre toute une série d’opinions dominantes et de campagnes menées sur la signification du XXe siècle. En France, cette question a été, dans son bilan officiel, dominée par l’idée du totalitarisme, des grands massacres, du communisme comme crime, du communisme identifié au fascisme. Le siècle a été désigné comme celui de l’horreur et du crime de masse. Ces leçons sur le XXe siècle veulent proposer un autre bilan. Différent, mais pas forcément contraire en ce qui concerne les faits. Il ne s’agit pas d’opposer des faits à d’autres faits. Il s’agit de trouver un chemin de pensée pour aborder le siècle. (…) A mon sens, une grande partie de la violence du siècle – l’extrême cruauté politique qui a dominé ses deux premiers tiers – s’enracine dans la conviction que, somme toute, un commencement absolu n’a pas de prix. Si réellement il s’agit de fonder un nouveau monde, alors le prix payé par l’ancien monde, fût-ce en nombre de morts ou en quantité de souffrance, est une question relativement secondaire. Alain Badiou
Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…). Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. “Il ne fallait pas désespérer Billancourt”. Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. Jean Lacouture (novembre 1978)
Nous avons en Europe de l’Ouest, et particulièrement en France, une mémoire du communisme qui est souvent glorieuse, incontestable, indiscutable. C’est une légende, un véritable mythe, qui confine parfois à l’invraisemblable… (…) Il existe, en effet, chez nous une espèce de gauchisme culturel, très répandu, très bon chic bon genre. Il n’est pas tant le fait des bobos que des «bobobos» – bourgeois, bohèmes, bolchos – qu’on rencontre un petit peu tous les jours, dans l’Université, dans les médias, dans la politique, etc. On est confronté en permanence à ce politiquement correct. Alors le nazisme, c’est abominable, on est d’accord; Le Pen, c’est horrible, on est d’accord. Mais, dès qu’on parle d’autres problèmes, qui sont tout aussi importants, c’est un tollé! Cela tient au fait que la France a eu des expériences très différentes du communisme et du nazisme. Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette « différence de méfiance ». (…) C´est d´ailleurs un des gros problèmes de la réunification européenne : la France, l´Italie, l´Espagne en particulier où l´on entretient une mémoire glorieuse du communisme, et les ex-démocraties populaires qui entretiennent une mémoire tragique (dont témoignent les remarquables films récents en Allemagne avec La vie des autres, ou en Roumanie avec la dernière palme d´or du festival de Cannes). Cela a mené devant le conseil de l´Europe en janvier 2006 à une véritable scission entre socialistes et communistes d´Europe de l´Ouest alliés aux nostalgiques communistes de l´Est pour s´opposer à l´adoption d´une résolution condamnant les crimes des régimes communistes. Stephane Courtois
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle. Sartre (1954)
Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. Sartre (1961)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (1961)
Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous. Sartre (1971)
On dit souvent que les définitions du gouvernement islamique sont imprécises. Elles m’ont paru au contraire d’une limpidité très familière, mais, je dois dire, assez peu rassurante. « Ce sont les formules de base de la démocratie, bourgeoise ou révolutionnaire, ai-je dit ; nous n’avons pas cessé de les répéter depuis le XVIIIe siècle, et vous savez à quoi elles ont mené. » Mais on m’a répondu aussitôt : « Le Coran les avait énoncées bien avant vos philosophes et si l’Occident chrétien et industriel en a perdu le sens, l’islam, lui, saura en préserver la valeur et l’efficacité ». Michel Foucault (1978)
A l’aurore de l’histoire, la Perse a inventé l’Etat et elle en a confié les recettes à l’Islam : ses administrateurs ont servi de cadres au Calife. Mais de ce même Islam, elle a fait dériver une religion qui a donné à son peuple des ressources indéfinies pour résister au pouvoir de l’Etat. Dans cette volonté d’un gouvernement islamique, faut-il voir une réconciliation, une contradiction, ou le seuil d’une nouveauté ? (…) J’entends déjà les Français qui rient. Mais je sais qu’ils ont tort. Michel Foucault (1978)
Impossible, disent aujourd’hui certains qui estiment en savoir long sur les sociétés islamiques ou sur la nature de toute religion. Je serai beaucoup plus modeste qu’eux, ne voyant pas au nom de quelle universalité on empêcherait les musulmans de chercher leur avenir dans un Islam dont ils auront à former, de leurs mains, le visage nouveau. Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Michel Foucault (1978)
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières.Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen
 J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone. Thierry Meyssan
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (Entretien avec Karl Zéro, Canal plus, nov. 2006)
« Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai. » (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant. » Juliette Binoche (Entretien pour the Telegraph, sept. 2007, après sa fameuse manifestation pro-palestinienne du 23/03/02 contre la « Juiverie internationale »)
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que  je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
We are stardust We are golden And we’ve got to get ourselves Back to the garden Joni Mitchell (Woodstock, 1970)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. John Reed
2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. (…) Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste. Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes (…) C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ». Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal. Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968. Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos. L’Humanité (19.06.2017)
A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque. (…) La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite. Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur… (…) C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ». (…) C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait. Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles. (…) On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques. (…) Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! » (…) La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden! Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une. (…) Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde. (…) Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde. Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte. (…) Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »). L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes. (…) Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal. (…) Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles). Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents. (…) Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler. (…) Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu. (…) Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude. Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski. (…) L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir. Pascal Bruckner
Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968. Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. (…) Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer? Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté? Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe. Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail. On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages». Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement. Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu. La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968. Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun. Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles. Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes. On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence. (…) Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Attention: un cinquantenaire peut en cacher un autre !

A l’heure où entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et de ses émules à travers l’Europe …

Mais aussi – énième épisode d’hystérie collective ou grande purge cinquantenaire ? – le dévoilement en cours de l’hypocrisie de nos donneurs de leçons professionnels de l’Obamamanie et d’Hollywood ou de Silicon Valley

Le lourd héritage des années 60 commence, entre perte des repères, déficits abyssaux et menaces terroristes et migratoires, à apparaitre pour ce qu’il est vraiment …

Devinez quelle énième commémoration qui était déjà elle-même cinquantenaire à un an près d’une des pires catastrophes de l’humanité …

Et dont s’apprêtent à fêter le centenaire nos habituels thuriféraires de la Révolution

L’auteur du hold up électoral du siècle veut ajouter …

A une année pourtant déjà bien chargée entre fin de la Première guerre mondiale, Déclaration universelle des droits de l’Homme et constitution de la Ve république …

Mais aussi lâche abandon de tant de peuples, de la Tchécoslovaquie au Vietnam et au Cambodge et avant la Chine, Cuba ou la Pologne  aux griffes de l’idéologie aux 100 millions de victimes

Sans compter, par leurs successeurs islamistes et chocs pétroliers obligent, le début du long processus de nettoyage ethnico-religieux des juifs et des chrétiens dans le Monde dit musulman, Iran compris ?

Commémorer mai 68 ? Épargnons-nous cette comédie

Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Emmanuel Macron envisage de commémorer les 50 ans de mai 68. Pour le candidat à la présidence des Républicains Maël de Calan la célébration officielle d’un événement aussi controversé serait ridicule et inappropriée.


Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et candidat à la présidence des Républicains.


Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968.

Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. De quoi parlons-nous en l’espèce?

Si l’on s’en tient aux stricts événements, mai 1968 est une contestation étudiante et sociale ayant conduit, comme souvent dans notre histoire, à une paralysie généralisée.

Ce mois fut émaillé de grèves, de manifestations, de barricades et de violences, avant de se conclure par la paix sociale des accords de Grenelle, et le triomphe électoral de la droite aux législatives.

Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer?

Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté?

Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe.

Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.

On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages».

Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement.

Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu.

La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968.

Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles.

Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes.

On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que le bilan de Mai 68 est tout sauf consensuel.

Que le Président qui a construit son identité politique sur le renouvellement et le dépassement du clivage gauche / droite, le réactive à travers mai 1968 est une contradiction majeure.

Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Voir aussi:

It’s 1968 All Over Again

Victor Davis Hanson

National Review

October 16, 2017

The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968.

Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart.

The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority.

The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001.

It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil.

After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between.

Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve.

All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries.

Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture.

The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities.

The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s.

As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart.

The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms.

The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them.

Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq.

Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? Will the bedlam within the United States descend into more nihilism or offer a remedy to the status quo that had divided and nearly bankrupted the country?

Is the problem too much democracy, as the volatile and fickle mob runs roughshod over establishment experts and experienced bureaucrats? Or is the crisis too little democracy, as populists strive to dethrone a scandal-plagued, anti-democratic, incompetent, and overrated entrenched elite?

Neither traditional political party has any answers. Democrats are being overwhelmed by the identity politics and socialism of progressives. Republicans are torn asunder between upstart populist nationalists and the calcified establishment status quo.

Yet for all the social instability and media hysteria, life in the United States quietly seems to be getting better. The economy is growing. Unemployment and inflation remain low. The stock market and middle-class incomes are up. Business and consumer confidence are high. Corporate profits are up. Energy production has expanded. The border with Mexico is being enforced.

Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it?

In the past, any crisis that did not destroy the United States ended up making it stronger. But for now, the fight grows over which is more toxic — the chronic statist malady that was eating away the country, or the new populist medicine deemed necessary to cure it.

Voir également:

The Exhaustion of American Liberalism
Shelby Steele

The Wall Street Journal

March 5, 2017

The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism.

All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. What is ending?

America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us.

White guilt is not actual guilt. Surely most whites are not assailed in the night by feelings of responsibility for America’s historical mistreatment of minorities. Moreover, all the actual guilt in the world would never be enough to support the hegemonic power that the mere pretense of guilt has exercised in American life for the last half-century.

White guilt is not angst over injustices suffered by others; it is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. White guilt is a mock guilt, a pretense of real guilt, a shallow etiquette of empathy, pity and regret.

It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is.

When America became stigmatized in the ’60s as racist, sexist and militaristic, it wanted moral authority above all else. Subsequently the American left reconstituted itself as the keeper of America’s moral legitimacy. (Conservatism, focused on freedom and wealth, had little moral clout.) From that followed today’s markers of white guilt—political correctness, identity politics, environmental orthodoxy, the diversity cult and so on.

This was the circumstance in which innocence of America’s bigotries and dissociation from the American past became a currency of hardcore political power. Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.”
For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist.

Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. There are so many public moments now in which liberalism’s old weapon of stigmatization shoots blanks—Elizabeth Warren in the Senate reading a 30-year-old letter by Coretta Scott King, hoping to stop Jeff Sessions’s appointment as attorney general. There it was with deadly predictability: a white liberal stealing moral authority from a black heroine in order to stigmatize a white male as racist. When Ms. Warren was finally told to sit, there was real mortification behind her glaring eyes.

This liberalism evolved within a society shamed by its past. But that shame has weakened now. Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. I grew up black in segregated America, where it was hard to find an open door. It’s harder now for young blacks to find a closed one.

This is the reality that made Ms. Warren’s attack on Mr. Sessions so tiresome. And it is what caused so many Democrats at President Trump’s address to Congress to look a little mortified, defiantly proud but dark with doubt. The sight of them was a profound moment in American political history.

Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. It has no grip whatever on what American exceptionalism is and what it means at home and especially abroad. Instead it remains defined by an America of 1965—an America newly opening itself to its sins, an America of genuine goodwill, yet lacking in self-knowledge.

This liberalism came into being not as an ideology but as an identity. It offered Americans moral esteem against the specter of American shame. This made for a liberalism devoted to the idea of American shamefulness. Without an ugly America to loathe, there is no automatic esteem to receive. Thus liberalism’s unrelenting current of anti-Americanism.

Let’s stipulate that, given our history, this liberalism is understandable. But American liberalism never acknowledged that it was about white esteem rather than minority accomplishment. Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption.

Mr. Steele, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is author of “Shame: How America’s Past Sins Have Polarized Our Country” (Basic Books, 2015).

Voir encore:

The Beginning of the End of Progressive Domination?
The overreach of the Left’s response to Trump’s victory — and its consequences.
Bruce Thornton
October 16, 2017
Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens.

But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance.

The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice.

The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored.

First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date

Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. The bathos and ridiculous hyperbole of their whining exposed for all to see their rank egotism and lack of discernment and judgment.

This childish behavior came hard on the whole “snowflake” and “microagression” phenomenon in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades.

So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline.

As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits.

Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.”

The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. Just as ultrasounds, Planned Parenthood’s dismemberment of babies to harvest and sell their organs, and murderous ghouls like Kermit Gosnell have turned people against abortion, perhaps the lies, cover-ups, and rationalizations of Weinstein’s creepy assaults on more than 30 women will discredit Hollywood’s pompous posing and smug virtue-signaling on the part of self-proclaimed champions of women’s rights. The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons.

So do these signs portend at last the end of the leftist “fundamental transformation” of America? Will we begin to see even more pushback, and more reforms of our cultural and social institutions?

Other signs suggest we shouldn’t start celebrating. The lefts’ demolition of the American social and political order has reached deep into our schools, popular culture, and political policies. There are 66 million Millennials, the worst-educated cohort in American history, steeped in the progressive world-view since kindergarten. The shibboleths, clichés, mythemes, and transparent lies of that world view are second nature to them, signs of intellectual sophistication and class superiority. Their favorite oracles, Facebook, Google, Twitter, and YouTube, are morphing into Big Brother censors and manipulators of information on behalf of progressives. And these Millennials are going to be around for a long time, unlike the aging Boomers, among whom are most of the last remnants of the old America.

More ominous, the progressive redistributionist entitlement state and the habits of dependence it fosters are unlikely to be reformed, even as the increasing debt to finance this “kinder, gentler” Leviathan continues to drive us toward bankruptcy. The vast wealth and physical comfort we Americans enjoy fool us into thinking that all these cultural and political pathologies are affordable, nothing to worry about as long as the shelves of Costco are full, the cat videos keep coming on Facebook and YouTube, the new CGI superhero cartoons are showing at the Cineplex, and new Silicon Valley toys continue to be available. We can keep on enjoying our bread and circuses and not think about the Goths and Vandals gathering on the horizon.

So, beginning of the end of the leftist cultural regime, or a transient, doomed resistance? One thing for sure, we have a couple of national elections coming in 2018 and 2020 that will answer that question.

Voir de même:

We Have Officially Reached Peak Leftism

Kevin D. Williamson

The National Review

June 24, 2015

A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. We may have gone from being up to our knees in welfare-statism to being up to our hips in it, and from having a bushel of banana-republic corruption and incompetence to having a bushel and a peck of it, but the United States of America remains, to the Left’s dismay, plainly recognizable as herself beneath the muck.

Ergo, madness and rage.

We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation.

If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. The Democrats won two resounding White House victories but can hardly win a majority in a state legislature (seven out of ten today are Republican-controlled) or a governorship (the Democrats are down to 18) to save their lives, while Republicans are holding their strongest position in Congress since the days of Herbert Hoover. The Democrats have calculated that their best bet in 2016 is Hillary Rodham Clinton, that tragic bag of appetites who couldn’t close the deal in the primary last time around. “Vote for me, I’m a lady” isn’t what they thought it was: Wendy Davis, running for governor of Texas, made all the proper ceremonial incantations and appeared in heroic postures on all the right magazine covers, but finished in the 30s on Election Day. With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be.

For the Left, it feels like time is running out.

So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline.

Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence.

So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church. For about 30 seconds, the political ghouls of the Left were looking to pick another gun-control fight, swooping in, in their habitually indecent fashion, before the bodies had even grown cold. But that turned out to be a dead end, since the killer acquired his gun after passing precisely the sort of background check that the Left generally hawks after a high-profile crime, regardless of whether it is relevant to the crime. We might have spent some time thinking about whether law enforcement was too lax in the matter of the murderer’s earlier encounters with them — the South Carolina killer had a drug arrest on his record but was able to buy a gun because he had been charged only with a misdemeanor. But the Left isn’t in any mood to talk about whether the cops aren’t being hard-assed enough. So, instead, we had a fight over a completely unrelated issue: the Confederate flag flying at the state capitol in Columbia.

You have to credit the Left: Its strategy is deft. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis. Never mind that the underlying argument — “Something bad has happened to somebody else, and so you must give us something we want!” — is entirely specious; it is effective. In the wake of the financial crisis, we got all manner of “reform,” from student-lending practices to the mandates of Elizabeth Warren’s new pet bureaucracy, involving things that had nothing at all to do with the financial crisis. Democrats argued that decency compelled us to pass a tax increase in the wake of the crisis, though tax rates had nothing to do with it. A crisis is a crisis is a crisis, and if a meteor hits Ypsilanti tomorrow you can be sure that Debbie Stabenow will be calling for a $15 national minimum wage because of the plight of meteor victims. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis.

I bear no brief for the peckerwood-trash cultural tendencies that led Fritz Hollings, then governor, and the rest of the loyal Democrats who ran segregation-era South Carolina to hoist the Confederate flag in 1962. My sympathies are more with John Brown than with John Calhoun. Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. About every third Western of the era had as its hero a conflicted Confederate veteran, his wounded honor and stoicism in defeat compelling him to roam westward in search of a new beginning. That story lives on into our own time: Who are Mal Reynolds and the Browncoats if not another remnant of the Lost Cause relocated from Virginia to the frontier in space?

Of course the Confederate flag is a symbol of Southern racism. It is a good many other things, too, none of which was the cause of the massacre at Emanuel AME. It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery.

The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth.

This is a fraud, and some scales are starting to fall from some eyes. Americans believe broadly in sexual equality, but only a vanishing minority of us describe ourselves as “feminists.” “Social-justice warrior” is a term of derision. The Bernie Sanders movement, like the draft-Warren movement of which it is an offshoot, is rooted in disgust at the opportunistic politics of the Clinton claque. Young people who have heard all their lives that the Republican party and the conservative movement are for old white men — young people who may be not be quite old enough to remember Democrats’ boasting of their “double-Bubba” ticket in 1992, pairing the protégé of one Southern segregationist with the son of another — see before them Nikki Haley, Bobby Jindal, Susana Martinez, Carly Fiorina, Tim Scott, Mia Love, Marco Rubio, Ben Carson, Elise Stefanik. None of those men and women is bawling about “microaggressions” or dreaming up new sexless pronouns. None belongs to the party that hoisted Dixie over the capitol in South Carolina either. Governor Haley may be sensitive to the history of her state, but she is a member of the party of Lincoln with family roots in Punjab — it isn’t her flag.

What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. That’s excellent news if you’re Ted Cruz, Scott Walker, Marco Rubio, or Carly Fiorina. It’s less good news if you live in Baltimore or Philadelphia. —

Kevin D. Williamson is roving correspondent at National Review.

Voir encore:

PHOENIX — There are now two definitions of truth in the United States. The first is that a truthful statement is one that conforms to facts or reality. By this standard, President Trump is a serial liar.

The second is that truth is “telling it like it is,” or speaking in a direct, unvarnished way without regard to political correctness or the offense it may give. By this measure, for millions of supporters, Trump is the most honest president ever.

The United States has already become a post-truth society. Telling it like it isn’t has become a form of truth. That’s a nation in which chaos is more plausible because the ability to make rational decisions is diminished. Signal and noise can no longer be distinguished.

The center, where it was long held that elections are won, evaporates. Violence becomes more likely because incomprehension grows across hardening lines of fracture. It may well be that elections, as with the last presidential race, are now won at the extremes.

In Arizona, where Trump’s presidential campaign went from joke to winning proposition in July 2015 with a speech in which Trump said Mexicans were “taking our money” and “killing us,” the honest-man Trump view resonates. Trump was always about language. It didn’t matter that he was a loose cannon. He connected with the widespread disgust at the political class and the media. This was his winning intuition: that he could triumph as the subversive plain-speaking outsider.

Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity,” said Jay Heiler, a lawyer considering a run against Senator Jeff Flake of Arizona, a rare Republican critic of Trump. “The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there.”

Those nerves still tingle. Nine months into the presidency, the support of Trump’s base remains fervid. I am often asked whether I believe that Trump will be impeached. I’ve taken to responding that it’s more likely he’ll be a two-term president. I’d put the chances of impeachment at under 10 percent and of his re-election at about 25 percent.

That’s partly because the Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it. As Chuck Coughlin, a Republican political consultant who once worked for Senator John McCain, put it to me, “Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need.” I’m not sure who that person is, but I am pretty sure she or he does not reside in New York, Massachusetts or California.

Coughlin went on: “A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country.”

American fracture is the nation’s overriding condition. It keeps widening. Jeff DeWit, the Republican state treasurer of Arizona, picked up Trump at the airport for that 2015 Phoenix rally; he remains an ardent fan of Trump’s “movement of people dying for something different.”

His deputy, Mark Swenson, told me: “America was formed by a bunch of people who just wanted to be left alone.”

For that, guns help. “Bad guys have guns, so good guys should have guns, too,” DeWit said, rejecting my suggestion that the recent American carnage in Las Vegas showed the need for stricter gun laws.

Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans).

Heiler, the pro-Trump lawyer considering a Senate run, turned to the president’s campaign against football players, most of them black, who refuse to stand for the national anthem. “Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest,” Heiler said. “But when many other Americans see it, and Americans of all races,” they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem.”

Heiler said he wouldn’t condemn the protesting players’ choice, even if he disagreed, but “there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans.”

Now the vague particular “circumstances” alluded to by Heiler includes gross police brutality against black kids and the history of oppression of African-Americans. Players who protest are exercising a fundamental American right. But yes, they are “going to alienate a lot of Americans.” Trump, at some level, is going to win this argument.

An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth.

 Voir encore:

Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! »
propos recueillis par Dominique Simonnet
L’Express
28/08/2016 à 11:02

Avec la Révolution sexuelle, la sexualité est portée aux nues. Mais, au-delà de la libération, le sexe est alors, pour le romancier et essayiste Pascal Bruckner, une obligation. « On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte », analyse-t-il. Entretien.

Et soudain, l’explosion! Le lourd couvercle que des siècles de répression avaient posé sur la sexualité éclate sous la pression de Mai 68. Il est interdit d’interdire! Jouissons sans entraves! Du passé puritain faisons table rase! C’est le paradis sur Terre. Voire… La mystique du sexe a son revers. Priorité absolue au plaisir. Orgasme obligatoire. « T’es pas libérée! » oppose- t-on à celles qui se rebellent.

Le sentiment amoureux est nié, le mariage ridiculisé. Osons le dire: certains gentils révolutionnaires étaient de vrais Robespierre. L’écrivain Pascal Bruckner le reconnaît avec une nostalgie émue: de cet épisode angélique et pervers on n’a pas fini de ressentir les effets.
On parle des années 1960 et 1970 comme d’une « parenthèse enchantée » entre la pilule et le sida, un moment de grâce et de liberté sexuelle où tout était possible, tout était permis, comme si l’amour était enfin débarrassé de ses chaînes. La vision est un peu idyllique, non?

Elle est malgré tout assez exacte. A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque.

C’était, comme nous le disait Anne-Marie Sohn concernant le sexe à la Belle époque, l’aboutissement d’un mouvement d’émancipation qui avait couvé pendant plusieurs décennies.

La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite.

Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur…

Des tabous qui sont tombés en Mai 68.

C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti…

Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ».

Que recouvrait vraiment ce terme de « révolution sexuelle »?

C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait.
« On reconnaissait le désir des femmes »

Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles.

Tout cela était enveloppé dans un discours intellectuel assez fumeux. On théorisait beaucoup la sexualité.

On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques.

Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! »

L’amour libre s’est alors constitué en véritable idéologie, et même en mystique. Le Graal du sexe allait apporter le bonheur…

… et la paix sur Terre. La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden!

Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une.

Cette folie n’était-elle pas le fait d’une minorité d’intellectuels et de babas cool passablement enfumés?

Il est difficile de le dire aujourd’hui. Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde.

Mais cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses… Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s’analyser, faire son autocritique, s’amender. En fait de libération, c’était aussi un terrorisme.

Absolument. Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde.

Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte.

Oublié le mariage, méprisé le sentiment! Deleuze et Guattari parlent même de « l’ignoble désir d’être aimé ».

Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »).

« L’amour devient obscène »

L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes.

Quant au couple, c’est l’abomination de la désolation.

Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal.

Même la sexualité des enfants est exaltée, jusqu’à, parfois, tolérer la pédophilie.

Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles).

Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents.

Les premières victimes, c’étaient les femmes.

Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler.

Et puis, on a osé… Certains, tels Roland Barthes (Fragments d’un discours amoureux), Michel Foucault (Histoire de la sexualité), Alain Finkielkraut et vous-même (Le Nouveau Désordre amoureux), ont commencé à dénoncer cette grande illusion.

Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu.

Quel bilan tirez-vous de cet épisode pour le moins mouvementé?

Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude.

Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski.

L’innocence des années 1970 est perdue?

Elle l’est. L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir.

Voir de même:

Communism Through Rose-Colored Glasses
Bret Stephens
NYT
Oct. 27, 2017

“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity.”

I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.”

How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents?

Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts?

These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia.

No, they are not true-believing Communists. No, they are not unaware of the toll of the Great Leap Forward or the Killing Fields. No, they are not plotting to undermine democracy.

But they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan.

Progressive intelligentsia “is moralist against one half of the world, but accords to the revolutionary movement an indulgence that is realist in the extreme,” the French scholar Raymond Aron wrote in “The Opium of the Intellectuals” in 1955. “How many intellectuals have come to the revolutionary party via the path of moral indignation, only to connive ultimately at terror and autocracy?”

On Thursday, I noted that intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan.

But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects.

One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight.

Bernie Sanders captured the heart, if not yet the brain, of the Democratic Party last year by portraying “democratic socialism” as nothing more than an extension of New Deal liberalism. But the Vermont senator also insists that “the business model of Wall Street is fraud.” Efforts to criminalize capitalism and financial services also have predictable results.

It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are.

Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.”

A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt.

Voir enfin:

Jean-Paul Piérot
19 Juin, 2017
L’Humanité

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré, historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse), Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée, historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou, Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin, sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

U FIL DES PAGES…

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

 

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