Phénomènes mimétiques: Après l’hypersexualité, l’hyposexualité ! (No sex, please, we’re Americans !)

23 septembre, 2020

Can't define asexuality? You're not alone. / LGBTQ Nation

A la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux. Jésus (Marc 12: 25)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Quand les riches s’habituent à leur richesse, la simple consommation ostentatoire perd de son attrait et les nouveaux riches se métamorphosent en anciens riches. Ils considèrent ce changement comme le summum du raffinement culturel et font de leur mieux pour le rendre aussi visible que la consommation qu’ils pratiquaient auparavant. C’est à ce moment-là qu’ils inventent la non-consommation ostentatoire, qui paraît, en surface, rompre avec l’attitude qu’elle supplante mais qui n’est, au fond, qu’une surenchère mimétique du même processus. Dans notre société la non-consommation ostentatoire est présente dans bien des domaines, dans l’habillement par exemple. Les jeans déchirés, le blouson trop large, le pantalon baggy, le refus de s’apprêter sont des formes de non-consommation ostentatoire. La lecture politiquement correcte de ce phénomène est que les jeunes gens riches se sentent coupables en raison de leur pouvoir d’achat supérieur ; ils désirent, si ce n’est être pauvres, du moins le paraitre. Cette interprétation est trop idéaliste. Le vrai but est une indifférence calculée à l’égard des vêtements, un rejet ostentatoire de l’ostentation. Le message est: « Je suis au-delà d’un certain type de consommation. Je cultive des plaisirs plus ésotériques que la foule. » S’abstenir volontairement de quelque chose, quoi que ce soit, est la démonstration ultime qu’on est supérieur à quelque chose et à ceux qui la convoitent. Plus nous sommes riches en fait, moins nous pouvons nous permettre de nous montrer grossièrement matérialistes car nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. (…) Ainsi, il existe des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de jouissance. (…) Dans toute société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont en principe les plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, comme dans notre société, la course au toujours moins peut se substituer à la course au toujours plus, et signifier en définitive la même chose. René Girard 
L’asexualité, dans son sens le plus large, est l’état d’une personne (asexuelle) qui ne ressent pas ou peu d’attirance sexuelle pour une autre personne et/ou pour elle-même. L’asexualité a aussi été définie comme un désintérêt pour le sexe ou plus rarement comme une absence d’orientation sexuelle. Une étude couramment citée et publiée en 2004 estime la prévalence de l’asexualité à 1 % au Royaume-Uni. L’asexualité est distincte de l’abstinence sexuelle et du célibat qui sont généralement motivés par des facteurs tels que les croyances personnelles ou religieuses. L’orientation sexuelle d’une personne, à la différence des pratiques sexuelles, est souvent considérée comme étant « persistante ». De plus, certaines personnes asexuelles ont des rapports sexuels bien qu’elles ne ressentent pas d’attirance sexuelle. Les raisons qui peuvent motiver, pour une personne asexuelle, le choix d’avoir des relations sexuelles sont variées et peuvent inclure la volonté de satisfaire leurs partenaires dans le cadre d’une relation intime ou la volonté d’avoir des enfants. L’asexualité, qui n’a commencé à être reconnue comme une orientation sexuelle que récemment lors de la conférence des droits de l’homme de la WorldPride à Madrid le 28 juin 2017, suscite l’intérêt de la communauté scientifique, et un nombre croissant de travaux — issus pour la plupart de la sociologie et de la psychologie — voient le jour. Certains chercheurs contestent d’ailleurs l’idée que l’asexualité soit une orientation sexuelle. Depuis l’avènement d’internet, les personnes asexuelles se sont regroupées autour de sites ou de réseaux sociaux. Le plus connu et le plus prolifique d’entre eux est Asexual Visibility and Education Network (AVEN) fondé en 2001 par David Jay, dont la version francophone ouvre en mai 2005. Wikipedia
Ne pas avoir un mari, ça m’expose plutôt à ne pas être violée, ne pas être tuée, ne pas être tabassée. Alice Coffin (élue écolo lesbienne à la Mairie de Paris, 2018)
Le Tour de France continue à véhiculer une image machiste du sport. (…) Il n’est pas écoresponsable. Combien de véhicules à moteur thermique circulent pour faire courir ces coureurs à vélo? Combien de déchets engendrés? Grégory Doucet (maire Europe Écologie-Les Verts de Lyon)
Les gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en œuvre la rafle du Vel’ d’Hiv’ sont les ancêtres de ceux qui, aujourd’hui, traquent les migrants, les sans-papiers. Patrick Chaimovitch (maire EELV de Colombes).
La 5G, c’est pour regarder du porno sur votre téléphone, même quand vous êtes dans l’ascenseur. Éric Piolle (maire EELV de Grenoble)
Plus d’arbre de Noël, à Bordeaux, pour son maire, Pierre Humic (EELV): «Nous ne mettrons pas des arbres morts sur les places de la ville. C’est pas du tout notre conception de la végétalisation. Fin 2020, nous adopterons la charte des droits de l’arbre.» Le bêtisier des nouveaux élus écologistes s’enrichit chaque jour d’une couche supplémentaire. Et n’incriminez pas des bévues de néophytes, encore peu rodés à l’exercice de la communication politique. Notre drame, c’est qu’ils pensent ce qu’ils disent. Toute une mouvance, ultraminoritaire dans l’opinion, mais terriblement puissante dans l’université et les médias, est, comme eux, convaincue qu’il faut interdire les manifestations populaires «genrées» et imposer «l’écriture inclusive» ; que les forces de l’ordre sont contaminées par le «racisme systémique», au nom duquel déclarer qu’on est antiraciste est la preuve manifeste qu’on l’est bel et bien ; que la masculinité est «toxique» et l’hétérosexualité suspecte ; que le progrès technique est non seulement inutile, mais néfaste ; qu’il faut déconstruire notre histoire, tout entière coupable, déraciner nos coutumes et traditions. Nos écolos estiment que ni l’économie de marché, ni la démocratie ne sont aptes à mettre un terme à la dégradation, bien réelle, de notre environnement. L’écologisme à la française inculque la méfiance et la peur envers les progrès techniques qui améliorent et prolongent la vie des humains – vaccins, OGM, énergie nucléaire, 5G… Tournant le dos à l’optimisme des Lumières, qui avait constitué le socle intellectuel des forces de gauche, elle professe la régression tous azimuts. Alors que toute l’histoire de l’humanité est scandée par la découverte de nouvelles sources d’énergie, chaque fois plus efficaces- et moins émettrices de gaz à effet de serre! – les écologistes voudraient nous faire renoncer au nucléaire pour miser sur une version modernisée du moulin à vent, dévoreuse d’espaces. Rompant avec le programme progressiste et émancipateur, qui tend à ouvrir de nouveaux droits, à libérer les énergies et à élargir le champ des possibles, cette gauche triste a la passion de limiter, de contraindre, de censurer et d’interdire. Fondamentalement, nos écolos, à la différence des Grünen allemands, estiment que ni l’économie de marché, ni la démocratie ne sont aptes à mettre un terme à la dégradation, bien réelle, de notre environnement. C’est pourquoi beaucoup d’adversaires de toujours du capitalisme et de la «démocratie bourgeoise» les ont rejoints. Mais ce sont les régimes communistes qui portent la responsabilité des pires désastres environnementaux du XXe siècle – de la quasi-disparition de la mer d’Aral aux morts de Tchernobyl, en passant par les petites fonderies d’acier hyperpolluantes du «Grand bond en avant» chinois… Ils rêvent d’une forme de despotisme éclairé dont ils seraient les guides tout-puissants et se contentent, pour l’instant, d’une entreprise de rééducation de la population qui passe par des médias complaisants. Certes, EELV est arrivé en troisième position, avec 13,48 % des voix, aux élections européennes de l’an dernier. Cette progression témoignait déjà d’une redistribution des suffrages au sein de la gauche: La France insoumise et ce qui reste du PS culminaient péniblement aux alentours de 6 % chacun. La conquête de 8 villes de plus de 100 000 habitants (sur 42) a créé, aux municipales, l’illusion d’une «vague verte». Comme l’a montré la note de la Fondapol, «Tsunami dans un verre d’eau», les deux traits caractéristiques de cette élection n’ont pas tant été la poussée des écologistes, qu’un niveau d’abstention sans précédent dans ce type d’élection dont il fausse le résultat (55,3 % au premier tour, 58,4 % au second) et un simple redéploiement du vote de gauche en direction d’EELV. Dans les villes petites et moyennes, les résultats des écologistes sont loin de conforter la chimère d’une «vague verte». Emmanuel Macron semble éprouver quelque difficulté à retrouver le fil conducteur de son quinquennat: ni les «gilets jaunes», ni le Covid-19 n’avaient été prévus. Il a cru répondre aux critiques portant sur son «jupitérisme» par une expérience de «démocratie participative», la Convention citoyenne sur le climat. Noyautée par des militants, elle a débouché sur des prescriptions sans grand intérêt. Signe des temps, Édouard Philippe est devenu l’homme politique le plus populaire du pays, devançant l’inamovible Nicolas Hulot. Le pragmatique gestionnaire de l’épidémie, malgré les flottements initiaux de son gouvernement, dépasse le télégénique explorateur d’«Ushuaïa». Ce n’est pas en passant de nouveaux boulets aux pieds de notre appareil de production – l’un des moins polluants au monde – qu’Emmanuel Macron trouvera les réserves électorales qui lui manquent. L’écologisme et le progressisme ne sont pas compatibles. La gestion avisée de l’environnement est une affaire trop complexe pour être abandonnée à des idéologues loufoques. Elle réclame compétence et réalisme. Brice Couturier
J’ai entendu parler de l’asexualité pour la première fois il y a deux ans, à la radio. Je m’étais interrogée, mais sans plus. J’ai eu plusieurs relations sexuelles, j’ai voulu un peu tout tester, histoire d’être sûre. Ce n’est qu’après ma dernière relation que j’ai enfin accepté mon asexualité. Je me sens très bien comme je suis, et désormais je m’accepte pleinement. Je me sens même mieux dans mon corps depuis que j’ai admis cet état de fait. Judith (étudiante en droit et sciences politiques, 23 ans)
J’ai compris que j’étais asexuel en regardant un programme télé un soir. Julien (ingénieur-informaticien, 27 ans)
Nous sommes bien conscients que l’asexualité est une chose peu courante. Nous sommes bien conscients que statistiquement parlant, nous ne valons pas grand chose. Nous sommes à peine 1% de la population. Mais la question qui se pose n’est pas celle-là. La question qui se pose est: est-il légitime, sous prétexte que nous sommes peu nombreux, de nous dénigrer, de nous ridiculiser, de nous invisibiliser? Est-il légitime, parce que l’asexualité est peu courante, de nier son existence, sa valeur ou sa légitimité? Et à cette question nous répondons: non. » Baptiste Battisti
De plus en plus de personnes affichent leur asexualité, revendiquant leur désintérêt pour les activités charnelles. (…) Sur les forums qui leur sont dédiés, ils se surnomment les « A », comme asexuels. Et ils l’assurent, le sexe, tout bonnement, ne les intéresse pas. Ils ne supportent pas d’être perçus comme malades, frustrés ou en attente « de la bonne personne ». « Etre asexuel signifie ne pas ressentir le besoin ou l’envie d’avoir des relations sexuelles avec les autres. Un asexuel ne voit donc pas l’intérêt d’avoir des rapports sexuels et pourra passer sa vie entière sans relations sexuelles sans en souffrir », décrit ainsi le site « Asexuality.org », qui fait référence chez les « A ». Et de souligner la différence avec l’abstinence: « les abstinents se privent de sexe, alors que les asexuels n’en ressentent pas le besoin… » L’Express
Loin d’être les porte-parole d’une nouvelle mode dans une société obsédée par la chose, les asexuels ont toujours existé. Mais les « A » comme ils se nomment, commencent tout juste à s‘assumer. Si, dès les années cinquante, les travaux de Kinsey sur la sexualité des Américains révèlent qu’une frange de la population se désintéresse du sexe, peu d’études ont été entreprises sur la question. On compterait pourtant près d’1 % d’asexuels dans l’Hexagone, un chiffre non négligeable puisqu’à titre de comparaison, les homosexuels représenteraient 3,5 % des Français, d’après une enquête IFOP de 2011. Cela ne fait qu’une dizaine d’années que l’asexualité est sortie de l’ombre, principalement grâce à David Jay. Ce jeune Américain au physique avenant découvre sa « différence » au lycée. Face à l’absence d’informations sur le sujet, Jay, alors âgé de 19 ans, lance en 2001 le site web AVEN (Asexual Visibility and Education Network) pour faire reconnaître publiquement l’asexualité. Très vite, de nombreux individus, jusqu’ici isolés, se retrouvent dans sa définition et brisent le silence sur les forums où ils partagent leur vécu. Le réseau, étendu à travers le monde, rassemble aujourd’hui plus d’une dizaine de milliers de personnes – principalement des jeunes et des femmes – s’imposant comme la plus grande communauté asexuelle du net. Depuis, blogs, livres et documentaires – (A)sexual retraçant la genèse du mouvement est sorti en 2011 – se multiplient sur le thème. L’Association pour la Visibilité Asexuelle (AVA) a même vu le jour en France en 2010. Mais l’asexualité reste très méconnue. Et la communauté A se révèle diverse et complexe. Dénués d’intérêt pour la bagatelle, les asexuels ne sont pas pour autant forcément vierges. Judith, étudiante en droit et sciences politiques de 23 ans, n’a ainsi découvert son asexualité qu’après plusieurs expériences charnelles (…) Célibataire, la jeune femme ne désespère pas de trouver l’amour. Car être asexuel n’exclut en rien les sentiments amoureux. Seule une minorité de A, les « aromantiques », affirment n’éprouver aucun désir sentimental. Les autres se définissent comme hétéros-asexuels, homos-asexuels ou bi-asexuels. Ils peuvent nouer des amitiés amoureuses, vivre en couple, voire même se marier et avoir des enfants de façon naturelle… Comme Judith, certains asexuels sont ainsi prêts à « faire des compromis » si leur route croise celle d’un « S », un « sexuel ». Mais face aux difficultés qui ne manqueront pas de se poser, la plupart espèrent pouvoir partager leur vie avec un A. Des sites de rencontres spécialisés sont apparus sur la toile, tels asexualitic, et les asexuels français n’hésitent pas à délaisser leur ordinateur pour se retrouver lors de rendez-vous organisés principalement à Paris. Pour autant, il n’est pas simple de faire son « coming out ». Judith n’a pas encore « trouvé le bon moment » pour évoquer le thème en famille, mais s’en est ouverte à des amis, avec des réactions diverses. Difficile, en effet, d’avouer son désintérêt pour la chose sans être exposé à l’incrédulité (…) Les asexuels doivent, ainsi, constamment se battre contre les préjugés. Car il est très dur pour l’immense majorité des gens de concevoir qu’on peut vivre sans sexe. Anormaux, coincés, impuissants, voilà comment sont généralement catalogués les A. Or, s’ils n’éprouvent pas de désir sexuel envers autrui, ils peuvent parfaitement connaître le plaisir, se masturber… Pour David Jay, « contrairement à l’abstinence qui résulte d’un choix, l’asexualité est une orientation sexuelle », au même titre que les autres. Mais elle n’a pas encore été pleinement reconnue comme une catégorie à part entière. Jay milite ainsi pour que l’asexualité soit retirée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – ouvrage de référence pour la psychiatrie américaine – où elle est définie comme « un trouble du désir sexuel hypoactif ». Sous son impulsion, le mouvement asexuel a pris de l’ampleur. La communauté s’est dotée d’un symbole – un triangle violet inversé – et d’un drapeau. Aux États-Unis, les asexuels défilent depuis 2009 lors de la Gay Pride de San Francisco, et affichent leur appartenance sans complexe. À Paris, la communauté a fait une incursion timide lors de la Marche des fiertés 2011. Mais au-delà des revendications identitaires, l’essentiel pour les asexuels est de faire comprendre qu’une vie sans sexe n’empêche pas d’être heureux. Carole Guisado
[Les] »asexuels » représenteraient 1 % de la population dans le monde, d’après les estimations d’un professeur canadien de la Brock University, Anthony Bogaert. Et ils commencent à s’organiser pour sortir de l’ombre. L’Asexual Visibility and Education Network (AVEN), fondé en 2001 par l’Américain David Jay, revendique 70 000 membres à travers le monde. En France, l’Association pour la visibilité des asexuels (AVA) revendique « la reconnaissance de l’asexualité comme une orientation sexuelle à part entière ». « La société présente le sexe comme une obligation », analyse Paul, vice-président de l’AVA, qui regrette que l’absence de vie érotique soit considérée comme une sorte de tare. « L’asexualité fait partie de la diversité des sexualités humaines et c’est bien plus important de reconnaître son existence que d’essayer de la critiquer », proclame-t-il. Pas simple de vivre cette différence dans une société qui fait de l’épanouissement sexuel l’une des clés du bien-être. Il y a deux ans, une journaliste parisienne, Sophie Fontanel, avait raconté qu’elle avait cessé de faire l’amour dans un roman intitulé l’Envie. Des critiques lui ont reproché de ne pas aimer les hommes, voire d’être dépressive. Son livre s’était tout de même bien vendu, jusqu’à 1 000 exemplaires par jour. Des lectrices lui ont su gré d’avoir mis des mots sur leurs propre absence de désir. (…) D’après Paul, le vice-président de l’AVA, beaucoup d’asexuels se mettent en couple avec d’autres asexuels. Pour le chercheur Anthony Bogaert, ils subissent aussi des discriminations: « Ils sont moins bien perçus par la moyenne des hétérosexuels que les gays et les lesbiennes. » Le mot a commencé à faire parler de lui avec l’émergence d’Internet et des forums spécialisés à la fin des années 1990. En 2010, une semaine de l’asexualité a été organisée avec des actions de sensibilisation, notamment aux Etats-Unis. Les organisateurs de la Journée de l’asexualité en France prévoient des initiatives modestes, comme l’envoi de poèmes sur un site spécialisé.  Le Monde
Cherchez l’erreur !
En ces temps de progrès désormais perpétuel …
Où entre psychose sanitaire et hystérie racialiste
On nous transforme à coup d’injonctions chaque fois plus radicales en champions toutes catégories d’apnée
Ou l’usurpation raciale a désormais changé de sens
Et où entre mariage, arbres de Noël ou Tour de France et des plus fantaisistes aux plus échevelées, nos écologistes rivalisent de dénonciations …
Et comme l’homosexualité et la bisexualité …
Même l’asexualité devient, avec lobbies, sites et forums spécialisés, défilés, journée dédiée et même couleurs et drapeau, une orientation sexuelle homologuée …
Comment ne pas voir …
Comme l’avait montré René Girard
Autre chose qu’une nouvelle escalade …
De la course au toujours moins se substituant à la course au toujours plus ….
Et de la rivalité de renoncement et de privation …
Jusque dans le domaine de la sexualité …
En cette société occidentale de plus en plus hypersexualisée …
A celle d’acquisition et de jouissance …
En une forme de non-consommation ostentatoire …
Qui « paraît, en surface, rompre avec l’attitude qu’elle supplante mais qui n’est, au fond, qu’une surenchère mimétique du même processus » ?

Le sexe ? Non, merci !

Ils n’ont ni l’envie ni le besoin d’avoir des relations physiques, ne ressentent pas d’attirance sexuelle pour autrui et n’en souffrent pas

Carole Guisado
Le Républicain lorrain
29 janv. 2012

Loin d’être les porte-parole d’une nouvelle mode dans une société obsédée par la chose, les asexuels ont toujours existé. Mais les « A » comme ils se nomment, commencent tout juste à s‘assumer. Si, dès les années cinquante, les travaux de Kinsey sur la sexualité des Américains révèlent qu’une frange de la population se désintéresse du sexe, peu d’études ont été entreprises sur la question. On compterait pourtant près d’1 % d’asexuels dans l’Hexagone, un chiffre non négligeable puisqu’à titre de comparaison, les homosexuels représenteraient 3,5 % des Français, d’après une enquête IFOP de 2011.

Cela ne fait qu’une dizaine d’années que l’asexualité est sortie de l’ombre, principalement grâce à David Jay. Ce jeune Américain au physique avenant découvre sa « différence » au lycée. Face à l’absence d’informations sur le sujet, Jay, alors âgé de 19 ans, lance en 2001 le site web AVEN (Asexual Visibility and Education Network) pour faire reconnaître publiquement l’asexualité. Très vite, de nombreux individus, jusqu’ici isolés, se retrouvent dans sa définition et brisent le silence sur les forums où ils partagent leur vécu. Le réseau, étendu à travers le monde, rassemble aujourd’hui plus d’une dizaine de milliers de personnes – principalement des jeunes et des femmes – s’imposant comme la plus grande communauté asexuelle du net. Depuis, blogs, livres et documentaires – (A)sexual retraçant la genèse du mouvement est sorti en 2011 – se multiplient sur le thème. L’Association pour la Visibilité Asexuelle (AVA) a même vu le jour en France en 2010.

Mais l’asexualité reste très méconnue. Et la communauté A se révèle diverse et complexe. Dénués d’intérêt pour la bagatelle, les asexuels ne sont pas pour autant forcément vierges. Judith, étudiante en droit et sciences politiques de 23 ans, n’a ainsi découvert son asexualité qu’après plusieurs expériences charnelles : « J’ai entendu parler de l’asexualité pour la première fois il y a deux ans, à la radio. Je m’étais interrogée, mais sans plus. J’ai eu plusieurs relations sexuelles, j’ai voulu un peu tout tester, histoire d’être sûre. Ce n’est qu’après ma dernière relation que j’ai enfin accepté mon asexualité ». Célibataire, la jeune femme ne désespère pas de trouver l’amour. Car être asexuel n’exclut en rien les sentiments amoureux. Seule une minorité de A, les « aromantiques », affirment n’éprouver aucun désir sentimental. Les autres se définissent comme hétéros-asexuels, homos-asexuels ou bi-asexuels. Ils peuvent nouer des amitiés amoureuses, vivre en couple, voire même se marier et avoir des enfants de façon naturelle… Comme Judith, certains asexuels sont ainsi prêts à « faire des compromis » si leur route croise celle d’un « S », un « sexuel ». Mais face aux difficultés qui ne manqueront pas de se poser, la plupart espèrent pouvoir partager leur vie avec un A. Des sites de rencontres spécialisés sont apparus sur la toile, tels asexualitic, et les asexuels français n’hésitent pas à délaisser leur ordinateur pour se retrouver lors de rendez-vous organisés principalement à Paris.

Pour autant, il n’est pas simple de faire son « coming out ». Judith n’a pas encore « trouvé le bon moment » pour évoquer le thème en famille, mais s’en est ouverte à des amis, avec des réactions diverses. Difficile, en effet, d’avouer son désintérêt pour la chose sans être exposé à l’incrédulité : « Ne sachant comment aborder le sujet avec mon petit ami de l’époque, je lui ai indiqué le site d’AVEN. Il a commencé par rire, ne pas y croire. Il a fini par me poser quelques questions, mais il est resté dans les clichés et la caricature : tu n’as peut-être pasconnu la bonne personne, tu devrais aller consulter… Et comme il me faisait toujours des avances après mon explication, j’ai préféré couper court ».

Les asexuels doivent, ainsi, constamment se battre contre les préjugés. Car il est très dur pour l’immense majorité des gens de concevoir qu’on peut vivre sans sexe. Anormaux, coincés, impuissants, voilà comment sont généralement catalogués les A. Or, s’ils n’éprouvent pas de désir sexuel envers autrui, ils peuvent parfaitement connaître le plaisir, se masturber… Pour David Jay, « contrairement à l’abstinence qui résulte d’un choix, l’asexualité est une orientation sexuelle », au même titre que les autres. Mais elle n’a pas encore été pleinement reconnue comme une catégorie à part entière. Jay milite ainsi pour que l’asexualité soit retirée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – ouvrage de référence pour la psychiatrie américaine – où elle est définie comme « un trouble du désir sexuel hypoactif ».

Sous son impulsion, le mouvement asexuel a pris de l’ampleur. La communauté s’est dotée d’un symbole – un triangle violet inversé – et d’un drapeau. Aux États-Unis, les asexuels défilent depuis 2009 lors de la Gay Pride de San Francisco, et affichent leur appartenance sans complexe. À Paris, la communauté a fait une incursion timide lors de la Marche des fiertés 2011.

Mais au-delà des revendications identitaires, l’essentiel pour les asexuels est de faire comprendre qu’une vie sans sexe n’empêche pas d’être heureux, comme l’indique Judith : « Je me sens très bien comme je suis, et désormais je m’accepte pleinement. Je me sens même mieux dans mon corps depuis que j’ai admis cet état de fait. »

Aven-France, www.asexuality.org/fr/

Voir aussi:

Les asexuels font leur coming-out

Les organisateurs de la journée de l’asexualité en France espèrent sensibiliser la population, dans une société qui fait de l’épanouissement sexuel l’une des clés du bien-être.

Le Monde

26 avril 2013

Julien n’a jamais éprouvé de désir physique, ni pour son ex-petite amie, ni pour les hommes d’ailleurs. À l’image de tous les « asexuels » qui ont décidé de sortir de l’ombre, ce vendredi 26 avril, qu’ils revendiquent comme une journée pour mieux faire connaître leur différence.

« J’ai compris que j’étais asexuel en regardant un programme télé un soir », explique cet ingénieur-informaticien de 27 ans qui, auparavant, ne se sentait « pas normal », mais avait tendance à « refouler ». Avec son ex-petite amie, Julien faisait bien l’amour, mais davantage pour lui faire plaisir que pour partager ses propres envies, désirs, fantasmes ou pulsions. Depuis, Julien a navigué sur quelques sites spécialisés, et rencontré une autre jeune femme, comme lui asexuelle, avec qui il partage une relation heureuse – et chaste.

« LA SOCIÉTÉ PRÉSENTE LE SEXE COMME UNE OBLIGATION »

Lui et ses semblables « asexuels » représenteraient 1 % de la population dans le monde, d’après les estimations d’un professeur canadien de la Brock University, Anthony Bogaert. Et ils commencent à s’organiser pour sortir de l’ombre. L’Asexual Visibility and Education Network (AVEN), fondé en 2001 par l’Américain David Jay, revendique 70 000 membres à travers le monde.

En France, l’Association pour la visibilité des asexuels (AVA) revendique « la reconnaissance de l’asexualité comme une orientation sexuelle à part entière ». « La société présente le sexe comme une obligation », analyse Paul, vice-président de l’AVA, qui regrette que l’absence de vie érotique soit considérée comme une sorte de tare. « L’asexualité fait partie de la diversité des sexualités humaines et c’est bien plus important de reconnaître son existence que d’essayer de la critiquer », proclame-t-il. Pas simple de vivre cette différence dans une société qui fait de l’épanouissement sexuel l’une des clés du bien-être.

Il y a deux ans, une journaliste parisienne, Sophie Fontanel, avait raconté qu’elle avait cessé de faire l’amour dans un roman intitulé l’Envie. Des critiques lui ont reproché de ne pas aimer les hommes, voire d’être dépressive. Son livre s’était tout de même bien vendu, jusqu’à 1 000 exemplaires par jour. Des lectrices lui ont su gré d’avoir mis des mots sur leurs propre absence de désir.

MOINS BIEN PERÇUS QUE LES HOMOSEXUELS

Dans l’intimité, les histoires d’amour avec les « sexuels » sont plus compliquées qu’une romance normale : « J’ai rencontré une femme il y a environ 5 mois et je suis tombé amoureux (…), mais le désir sexuel ne vient pas et je sens qu’elle prend ses distances, bien que ce soit très dur pour elle car elle m’aime profondément… Quelle souffrance… J’en pleure de rage… », écrit sur un site spécialisé un inconnu qui se présente sous le surnom d’Empatic de Lyon (centre-est).

D’après Paul, le vice-président de l’AVA, beaucoup d’asexuels se mettent en couple avec d’autres asexuels. Pour le chercheur Anthony Bogaert, ils subissent aussi des discriminations: « Ils sont moins bien perçus par la moyenne des hétérosexuels que les gays et les lesbiennes. »

Le mot a commencé à faire parler de lui avec l’émergence d’Internet et des forums spécialisés à la fin des années 1990. En 2010, une semaine de l’asexualité a été organisée avec des actions de sensibilisation, notamment aux Etats-Unis. Les organisateurs de la Journée de l’asexualité en France prévoient des initiatives modestes, comme l’envoi de poèmes sur un site spécialisé.

Voir également:

Asexuality

Movement towards a new sexual orientation

Stephen J. Betchen D.S.W.

Psychology today

Jun 08, 2014

Asexuality is a highly charged concept. One camp of sexologists’ claim that it is, and should be recognized as a major sexual orientation like heterosexuality, homosexuality and bisexuality are. The other camp sees it as nothing more than low libido or a generalized type of Hypoactive Sexual Desire Disorder (HSDD).

Definition

Asexuality is generally defined as a lack of sexual attraction to others or the lack of interest in sex. Bogaert (2004) claimed that there are two forms of asexuality: 1. People who have a sex drive but do not direct this towards others—they may masturbate; and 2. People who have no sex drive at all.

In his book Understanding Asexuality, Bogaert (2012) contended that asexuality is distinct from abstention from sexual activity and from celibacy, which are behavioral and motivated by an individual’s personal or religious beliefs. Many asexuals were sexually active during puberty or at some other time period but at the time they identify as asexual they do not experience sexual attraction. Some do however, want to form a long-term bond with a partner and may even desire to have children.

Kinsey, et al. (1948) rated individuals from 0-6 according to their sexual orientation from heterosexual to homosexual. Numbers 1-5 indicated bisexuality. But he also labeled 1.5% of the adult male population as X indicating asexuality. Most researchers indicated the prevalence of asexuality to be around 1.05% (approximately 70 million people); others like Bogaert (2004) believed it to be higher.

Characteristics

Bogaert (2004, 2006) identified some of the characteristics of asexuals as follows:

1. More women than men

2. Slightly older than sexuals

3. Low self-esteem

4. Low socioeconomic status

5. Weighed less

6. Poorer health

7. More religious and attended religious services more often

8. Asocial

9. Social anxiety

10. Anxiety

11. Depression

While “less well-educated” was also cited, this finding was contradicted by Prause and Graham (2007). This was also not my experience, but my limited data could be a reflection of the educational and socioeconomic status of my clinical practice.

Variation

Not all asexuals are necessarily alike.

1. Many asexuals can see people as attractive but do not have any sexual need for them.

2. Some asexuals masturbate, but in most cases this is purely a physical experience void of fantasy. If they do fantasize about a person, they wouldn’t have the actual drive to be with that person.

3. Asexuals can get crushes on people but it is not sexual in nature. Asexuals are generally not turned on by others.

4. Some asexuals like hugging and kissing.

5. Some asexuals engage in sexual activity simply to please a romantic partner.

6. Some asexuals are romantic but not sexual.

7. Some asexuals are aromantic (i.e., not interested in romance).

8. Some asexuals are romantic toward a specific gender (i.e., the romantic aspect of heterosexuality).

9. Demiromantic (i.e., romantic after developing an emotional connection beforehand but not towards a specific gender).

10. Grey or Gray-romantic (i.e., vacillate between aromantic and romantic).

11. Asexuals can identify themselves as Gay, Straight, or Bisexual.

12. Some asexuals have no sexual feelings at all. These individuals are often referred to as non-libidoists.

13. I’ll add that most of the asexuals I’ve seen in my clinical practice like “control.” Avoiding sex with someone can serve to maintain a distance and in turn, serve to defend against the certain vulnerability that comes with closeness. Finding a partner with whom they could negotiate control with is vital to achieving a long-term partnership.

While asexuality is gaining some acceptance as “the fourth sexual orientation,” asexuals have not been the subject of legislation as have other sexual orientations. Here are some of the pros and cons regarding orientation:

Pro Orientation

1. While both generalized HSDD and asexuality imply a general lack of attraction to anyone, asexuality is not considered a disorder or sexual dysfunction, or the consequence of a medical or social problem.

2. Asexuals do not identify with being sick or demonstrate anxiety about being asexual per se.

3. Asexuality cannot be cured like a disorder.

4. Asexuality is not a problem-; the problem may be that society does not understand it.

5. Asexuals do not choose to have low sexual desire.

6. Many asexuals are unable to masturbate even though they reportedly have a normal sex drive.

7. Asexuality is a life-enduring characteristic.

8. Asexuality is a biologically determined orientation and that this will eventually be proven. Many who support this hypothesis cite Simon LeVay’s (1991) groundbreaking work in Science: “A difference in hypothalamic structure between heterosexual and homosexual men.” LeVay discovered that gay and straight men have differences in the hypothalamus.

Con Orientation

1. Asexuality is a lack of sexual orientation or sexuality, not an orientation.

2. Asexuality is a denial of one’s natural sexuality.

3. Asexuality is generalized low libido

4. Asexuality is the result of sexual anxiety or shame.

5. Asexuality is Sexual Aversion

6. Unlike the other major orientations, it is not known when asexuality is determined.

7. It is not known definitively whether asexuality is life-long or acquired.

AVEN

The largest community supporting asexuality as an orientation is, The Asexuality Visibility & Education Network (AVEN). With approximately 30,000 members, AVEN supports the notion that asexuality is biologically determined. Celibacy is viewed as a choice—asexuality is an orientation. Founded in 2001 by David Jay, the organization has two primary goals:

1. To create public acceptance and discussion of asexuality.

2. To facilitate the growth of an asexual community.

Conclusion

No matter where you stand on the issue of asexuality, asexuals do exist and therefore deserve a forum and a support system. AVEN offers this and it should be applauded. Too often those of difference are discriminated against in our society with too little knowledge and even less empathy. Perhaps continued research will one day lend to our much-needed understanding of the complexities of asexuality.

Voir encore:

Le masque en plein air est-il vraiment utile ?

Alors que plusieurs villes françaises ont rendu obligatoires le port du masque pour éviter un retour à la crise sanitaire, la question est posée.

Christophe de Brouwer

Contrepoints

28 juillet 2020

Il m’a été demandé d’aborder la problématique du port de masques dans des lieux non clos, en extérieur.

Je ne traiterai pas ici des autres gestes barrières (lavage des mains, distanciation, confinement, etc.).

Je voudrais aborder la question sous l’angle du risque.

Le risque se définit, sur le plan international, comme la probabilité d’un effet. En effet, le risque est la probabilité de contracter le covid, et le masque est un facteur du risque qui modifie, en la diminuant, la relation Sars-covid-2 avec la maladie. Nous sommes dans une analyse du risque classique.

Règle théorique simple : risque élevé, masque utile

Je vais essayer de faire simple :

Si le risque de contracter le virus est de 20 % et que grâce au masque chirurgical, ce risque chute de 80 %, le risque résiduel sera de 4 %. Par contre le détriment lié au masque (j’y viendrai après) pourrait être, par exemple de 1 % (estimation probablement basse chez des personnes âgées), le risque total résiduel de la probabilité d’un effet sera de 5 %. Le gain de sécurité théorique lié au masque est donc +15 %.

Si deux personnes en vis-à-vis portent un masque, le risque résiduel individuel pourrait être 0,8 %. Le risque résiduel total sera de 1,8 % et le gain de +18,2%.

Si le risque de contagion est de 0,5 % et que grâce au masque, le risque résiduel devient 0,1 %, alors que le détriment reste à 1 %, le risque total résiduel sera de 1,1 %. La perte de sécurité ici se rapproche de la neutralité (-0,1 %).

Actuellement, nous sommes à un étiage des cas infectés (~0,3 % de la population). Dès lors, le nombre de personnes capables d’infecter les autres dans notre environnement, (les super-propagateurs : environ 10 % des infectés selon la théorie de Lloyd-Smith), serait de 0,03 %. Dans ce cas, le risque avec le masque diminuerait à 0,006 %, soit un gain infime de 0,024 %. Par contre, le désavantage lié au masque, toujours identique, augmenterait en proportion, de sorte qu’il peut devenir principal.

La règle théorique est assez simple : là où le risque est élevé, l’apport d’un masque peut être un gain utile. Mais là où le risque est faible, l’apport du masque peut être inutile ou pire.

Il n’y a donc aucune contradiction entre affirmer la nécessité d’avoir des masques de protection en milieu hospitalier et en milieu communautaire, ou pour des personnes infectées, car le risque (la probabilité) de contamination pour soi ou les autres y est élevé, et de douter de cette utilité dans les autres situations.

À cette première ébauche théorique, vient une seconde couche : de quel risque parlons-nous ? Que l’on soit jeune ou âgé, la gravité du risque est très différente. Dans le premier cas, sauf très rare exception, le risque de maladie grave est quasi nul, dans l’autre cas c’est l’inverse.

Malheureusement, même logique, le détriment lié au port du masque augmentent avec l’âge. Je vais y venir maintenant.

Détriment lié aux masques

Il y a des études scientifiques qui investiguent cette dimension. Ici, ici, et

Oui, le détriment existe. Il est généralement faible par rapport aux bénéfices en milieu hospitalier. Qu’en est-il en dehors de ces milieux potentiellement très contaminés ?

C’est bien cette question-là qui est posée.

Prenons l’étude récente, de juillet 2020, parue dans le Clinical Research in Cardiology, « Effets des masques chirurgicaux et FFP2/N95 sur la capacité fonctionnelle cardiopulmonaire » chez des adultes jeunes en bonne santé. Le désavantage est certain : on voit une diminution de 9 % et 14 % respectivement du volume expiratoire forcé, de 3 % et de 5 % sur la puissance maximale (watts), la capacité ventilatoire est également diminuée, par contre les données liées à la fonction cardiaque sont similaires.

Chez les travailleurs, on a également montré un dépassement des limites des normes en oxygénation, sans pour autant définir un désavantage si l’exposition au masque FFP2/N95 ne dépasse pas une heure.

Et qu’en est-il chez les personnes ayant une fonction pulmonaire moins efficace ?

Les asthmatiques, ceux qui souffrent d’une bronchopneumopathie obstructive chronique, d’une fibrose pulmonaire, d’emphysème, d’un cancer pulmonaire, d’une rigidité accrue du thorax acquise avec l’âge, d’une obésité ayant un impact sur la fonction respiratoire… bref beaucoup de personnes âgées, sinon la majorité avec l’âge avançant, ne devraient pas porter de masques où le désavantage apparaît effectivement supérieur au bénéfice dans les conditions actuelles.

Et donc certains préconisent de les enfermer à domicile. C’est tellement plus simple. Nous avons vu le résultat de cette stratégie : nos vieux sont morts, seuls, sans prise en charge, sans réel traitement, dans les établissements, notamment les ehpad, et parfois chez eux.

Non, évidemment, nos anciens ont besoin de sortir, prendre l’air, bouger, avoir une vie sociale, voir leurs enfants et petits-enfants, etc. C’est cela qui les maintient en bonne condition, les fait vivre et leur permet de résister au virus. Nous avons fait le contraire, beaucoup sont morts.

Enfin, porter un masque de qualité n’est pas si simple, nous l’avons vu. Il est encombrant, inconfortable, irrite la peau, on le touche tout le temps (regardez autour de vous), pour l’ajuster, prendre un peu d’air frais et non pas cet air humide, chaud et lourd propre à l’atmosphère confinée à l’intérieur du masque, pour manger et boire ; puis on le range dans sa poche, son sac, on le ressort, il tombe, on le dépose sur la banquette de la voiture ou ailleurs, on le réemploie, encore et encore, car pas de rechange à disposition, parce que cela coûte cher, qu’on n’y a pas pensé et que c’est obligatoire.

Bref, en quelques jours, beaucoup portent des masques qui sont devenus dangereux pour eux et les autres, et qui peuvent transporter des toxiques, y compris viraux, sur de longue distance. La compliance face à l’obligation n’est pas simple.

Résumons

  1. Nous sommes en situation post-épidémique, où les personnes infectées sont peu nombreuses et où la virulence est moindre. Donc le risque individuel de rencontrer un « super-contaminateur » est devenu vraiment très faible. C’est ce qu’on appelle le pré-test qui est ici la prévalence des infectés vrais et propagateurs dans une population.
  2. Dans ces conditions, le bénéfice attendu du port convenable d’un masque devient très faible (des fractions de pourcent). Et le détriment lié au masque peut, lui, devenir supérieur. Dès lors, porter un masque peut aggraver le risque résiduel total (bénéfice-avantage).
  3. Je ne suis pas convaincu du bénéfice, aujourd’hui, du port convenable d’un masque dans un espace fermé adéquatement ventilé.
  4. Encore moins en extérieur, où la dilution du toxique devient extrême. Là, me semble-t-il, le bénéfice tombe quasiment à rien et laisse le désavantage entier.

Donc, un masque dans un milieu potentiellement contaminé (hôpital, communauté) peut être réellement bénéfique, de même pour la personne infectée.

Ce port devrait être réalisé par les organismes eux-mêmes (hôpitaux, etc.) de façon à ce que le masque ne quitte pas le milieu potentiellement contaminé. Il doit être jeté à la sortie afin que le risque ne soit pas transporté ailleurs et que l’on puisse contrôler la qualité du masque et la durée de son utilisation au sein de l’institution. Le bénéfice est ainsi maximisé.

Et pour le reste, comme je viens de le développer, j’ai beaucoup de doutes, tout en laissant de côté la question de la proportionnalité du risque par rapport à d’autres risques.

Les personnes âgées, ainsi que celles dont les fonctions pulmonaires sont altérées, ne devraient pas porter de masques, certainement pas en extérieur et même en lieu couvert, si le temps de séjour, donc d’exposition, est raisonnable.

Pour les autres, je pense que la liberté devrait être laissée à chacun, car les bénéfices attendus sont vraiment très faibles, lorsque ce n’est pas l’inverse car le port du masque est inadéquat, défaillant. Or, la compliance pour un bonne utilisation n’est pas simple à obtenir.

L’éducation des personnes est certainement plus efficace dans ce cas que l’obligation avec menaces d’amendes et autres.

Voir enfin:

Colleen Flaherty
Inside higher ed
September 10, 2020

Historian Jessica Krug, who last week admitted to being white and faking being Black for her entire career, resigned from her associate professorship at George Washington University, effective immediately, the institution announced Wednesday.

But on the heels of her scandal comes another confession of racial fraud from a scholar. This time it’s a graduate student at the University of Wisconsin at Madison — where Krug got her own Ph.D.

The graduate student in question is CV Vitolo-Haddad, a Ph.D. candidate in journalism and mass communication. They (Vitolo-Haddad’s preferred pronoun) were outed last week via an anonymous post on Medium and subsequently wrote two posts of their own on the platform.

Vitolo-Haddad described their own actions as letting « guesses about my ancestry become answers I wanted but couldn’t prove » and allowing people to « make assumptions when I should have corrected them. »

“I am so deeply sorry for the ways you are hurting right now because of me,” Vitolo-Haddad wrote in their first public apology. “You have expressed confusion, shock, betrayal, anger, and mistrust. All of those things are a consequence of how I have navigated our relationships and the spaces we share.”

In the second, edited apology, Vitolo-Haddad described themself as « Southern Italian/Sicilian. » In trying to make sense of their experiences with race, « I grossly misstepped and placed myself in positions to be trusted on false premises. I went along with however people saw me. »

On social media, spanning years, however, Vitolo-Haddad has described themself as other than white — in various ways.

This summer, for instance, Vitolo-Haddad described themself as “italo habesha,” meaning of Italian and Eritrean or Ethiopian descent, and “lightskin,” according to screenshots included in the anonymous post outing them.

Several posts are also in Spanish, and allude to Latinx and/or Afro-Latinx ancestry. Tweeting about Krug just last week, they said that their mother described them as Cuban and that the “colorism we uphold and lean into to distance ourselves is actually why no one trusts.” Ironically, in retrospect, they called Krug a “Kansas cracker” who got a Ph.D. in “performing blackface.” They also described “transraciality” as “violence.”

In another 2017 post, Vitolo-Haddad wrote that their mother faulted them for not having enough burning sage to keep their dog “safe from los espíritus malignos,” or evil spirits. The post also seems to say that their mother is a “bruja,” or witch.

Other posts refer to their family’s history of being “colonized.”

The anonymous author of the Medium post says that Vitolo-Haddad is from a white, affluent Italian American family that lives in Florida. Haddad, according to the post, is a name Vitolo-Haddad kept from their past marriage. The author — described only as an affiliate of Madison — notes that Krug also described herself as having different nonwhite backgrounds, including North African and Afro-Latinx.

« Though their claim to a POC identity was vague, the one consistency was their insistence that they were a constant target of acts of racism and that they came from some kind of nonwhite background, » the anonymous author wrote, accusing Vitolo-Haddad of changing their appearance over time to appear nonwhite. « They referenced it frequently on social media and in interpersonal conversations. Their behavior was reminiscent of the way people who knew Krug have described her: perpetually in a victim status, but also perpetually shifting in terms of the specifics. Their stories lacked coherence, but they intimated an insider status that made (and makes) people hesitant to question them. »

Vitolo-Haddad’s initial apology said that they were stepping down from all positions of organizational power at Madison, including their co-presidency of the Teaching Assistants’ Association and their teaching position.

Vitolo-Haddad did not agree to an interview request. Asked via email whether they would remain at Madison as a student only, with no teaching responsibilities, they said, “Those I harmed will be the ones to determine the consequences.”

The now former George Washington professor, Krug, has blamed her actions on past trauma and mental health issues. She may have benefited from her mimicry academically, though, and her critics are demanding a full accounting of that. At Portland State University, where she earned her bachelor’s degree, for instance, she was part of the Ronald E. McNair Postbaccalaureate Achievement Program. The program is for underrepresented students, including first-generation and low-income, but also minority students.

Krug, who did not respond to an interview request, is from a white Jewish family and went to a private preparatory school near Kansas City, Mo. A former classmate of hers there, Quinton Lucas — now the mayor of Kansas City, Mo. — recently retweeted a yearbook photo of them together, writing, “One of the stranger person-in-your-yearbook-photo-did-this stories I’ve stumbled upon. Yes, Jessica graduated a few years ahead of me. She was interesting back then, but it is really surprising she’s tried to pass as Black for 20 years. Her apology in reflection is warranted.”

More Questions Than Answers

What about Vitolo-Haddad? They said Wednesday via email that while they benefited “socially” in certain ways from the situation, they never applied for scholarships, fellowships or awards for people of color or identified as Black on any forms asking about their identification. They also said they’d never represented themself as Black in their published scholarship, which includes work on the rhetorical strategies of far-right groups.

Vitolo-Haddad directed further questions to the second apology post, which says there were “three separate instances,” otherwise unspecified, when they were asked if they were Black but did not say no. They apologized for entering Black organizing spaces and for “failing to correct varied misconceptions about my identity over the years, and for everything I did to aid or advance those ideas.”

In particular, they said, “I want to apologize for ever taking lies about Cuban roots at face value,” though it’s unclear to what they are referring. “Additionally, I want to apologize for how my failure to own up to these harmful decisions publicly made every conversation on social media about the varied ways I’ve been racialized a source of confusion and deception.”

Meredith Mcglone, spokesperson for Madison, said that the university “expects that people represent themselves authentically and accurately in all aspects of their academic work.” She confirmed that Vitolo-Haddad is “not currently employed as a teaching assistant.”

Regarding Krug’s degree status, Mcglone said, « We have policies in place to investigate and address misconduct. » Federal student privacy law limits what the university is able to share about current and former students without their consent, she added.

Conversations about Krug have resurrected other stories about faking racial identities in the academy.

Andrea Smith, professor of ethnic studies at the University of California, Riverside, has long faced accusations that she is not really Native American, but she said in 2015 that she identifies as Cherokee even if she isn’t enrolled in the Cherokee Nation. That same year, Rachel Dolezal, former Spokane, Wash., NAACP chairperson and an adjunct instructor of Africana studies at Eastern Washington University, was outed as being white. Dolezal later wrote a memoir about how she still identified as Black. That wasn’t always the case, though; in 2002, Dolezal unsuccessfully sued Howard University for allegedly discriminating against her as a white master of fine arts student there.

In 2018, Senator Elizabeth Warren shared genetic test results showing that she is in fact part Native American while simultaneously insisting that she’s always been evaluated professionally, as a professor of a law, as a white person.

More recently, the family of the late Cuban writer H. G. Carrillo, who died of COVID-19, said he was not actually Cuban at all, but rather born to a non-Latinx Black family in Detroit. In a connection to the Krug case, Carrillo was an assistant professor of English at George Washington.

Actress Mindy Kaling’s brother, Vijay Chokal-Ingam, has written about why he faked being Black to get into medical school, which he eventually dropped out of. Chokal-Ingam says he benefited from affirmative action in admissions decisions but, to his surprise, faced discrimination in other areas of his life while he faked being Black.

Krug’s departmental colleagues called for her resignation or ouster. She had already ceased teaching prior to her resignation.

Vitolo-Haddad in the second confession post said, « What I know now is that perception is not reality. Race is not flat, it is a social construct rife with contradictions. Fighting racism never required dissociating myself from whiteness. In fact, it derailed the cause by centering my experience. »

While « most of the trust I destroyed cannot be rebuilt, » they said, they seek « redress that is appropriate for each individual I’ve harmed.” This will be a “long-term and ongoing process, prioritizing those most directly impacted. I won’t pretend to know what that looks like, but I am committed to being part of it until the end.”


Médias: A l’exemple de Saturne, la Révolution dévore ses enfants (Spot the error when the mainstream media want to cut ties with even moderate anti-Trump conservatives… because they won’t bend the knee to critical theory’s version of reality !)

17 juillet, 2020

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A l’exemple de Saturne, la révolution dévore ses enfants. Jacques Mallet du Pan (1793)
On pensait d’ordinaire que le socialisme était une sorte de libéralisme augmenté d’une morale. L’État allait prendre votre vie économique en charge et vous libérerait de la crainte de la pauvreté, du chômage, etc., mais il n’aurait nul besoin de s’immiscer dans votre vie intellectuelle privée. Maintenant la preuve a été faite que ces vues étaient fausses. George Orwell (Literature and Totalitarianism, 1941)
Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. Winston (1984, George Orwell)
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
A statue of Jesus Christ was decapitated and knocked off a pedestal at a Catholic church in Florida, another in a string of similar incidents nationwide. (…) In a separate incident, a Catholic congregation in Ocala, several hours north of Miami, was targeted Saturday morning while preparing for Mass. Steven Anthony Shields, 24, is accused of slamming his vehicle into the church before setting it on fire. (…) In another act of violence, the pastor of St. Stephen Catholic Church in Chattanooga, Tenn., found a statue of Mary decapitated on Saturday and they have not located the statue’s head, Catholic News Agency reports. (…) Statues of the Virgin Mary also were vandalized in Boston and New York City over the weekend. A 249-year-old Catholic church in the Archdiocese of Los Angeles caught fire Saturday morning. Capt. Antonio Negrete of the San Gabriel Fire Department told the local Fox 11 news outlet the recent destruction of monuments to Junipero Serra, the founder of the California mission system – whom Indigenous activists view as a symbol of oppression – will be a factor in the investigation. Following George Floyd’s police-related death in May, Black Lives Matter leaders and protesters called for the toppling of statues, from Confederate symbols to former U.S. presidents and abolitionists. Activist Shaun King called for all images depicting Jesus as a « White European » and his mother to be torn down because they’re forms of « White supremacy » and « racist propaganda. » Meanwhile, people on social media point out the lack of mainstream coverage of the recent anti-Catholic incidents. « Churches are being burned to the ground. What?, » Mike Cernovich, a controversial right-leaning author, said in a video on Twitter. « Why is this not the biggest story of the day? » Sean Feucht, a California worship leader and pastor, commenting on the incidents asked, « Where’s the outrage? » Fox 5
J’ai été embauchée dans le but de faire venir au journal les voix qui n’apparaîtraient pas dans ses pages autrement : (…) les centristes, les conservateurs et ceux qui ne se sentent pas chez eux au New York Times. La raison de ce recrutement était claire : le journal n’avait pas anticipé le résultat de l’élection présidentielle de 2016, ce qui montrait qu’il n’avait pas une bonne compréhension du pays qu’il couvre. Pourtant , le journal n’a pas tiré les enseignements qui auraient dû suivre le scrutin. Mes incursions dans la pensée non orthodoxe ont fait de moi l’objet d’un harcèlement constant de la part de mes collègues qui ne partagent pas mes opinions. Ils me traitent de nazie et de raciste (…). Mon travail et ma personne sont ouvertement dénigrés sur les chaînes Slack [outil de communication interne] de la société (…). Certains collaborateurs y soutiennent qu’il faut se débarrasser de moi si le journal veut être véritablement ‘inclusif’ et d’autres postent l’émoji de la hache [‘ax’ signifie à la fois ‘hache’ et ‘virer’] à côté de mon nom. Bari Weiss
Chaque jour des jeunes noirs sont tués par des gangs à Chicago. Où sont les militants de Black Lives Matter? Quand des Noirs tuent des Noirs, les militants Black Lives Matter ne viennent pas faire ce bazar. Femme noire de Chicago
On pose une équivalence entre Histoire et Occident. Selon cette logique, toute l’histoire, surtout quand elle est criminelle, est faite par l’Occident. Lorsque quelque chose de mal se passe, c’est donc l’Occident qui est responsable. Comme si rien ne pouvait advenir sans nous. Or, ce n’est absolument pas le cas. Notre impérialisme absolu sur l’histoire nous conduit à une culpabilisation absolue de nous-mêmes et à une victimisation tout aussi absolue d’autrui. Gabriel Martinez-Gros
Pour l’instant, les médias ne s’intéressent à la vie des Noirs que quand ils sont tués par des Blancs (ce qui est en fait statistiquement très rare). Et cela contribue à invisibiliser encore davantage la vie des Noirs. (….) Aux Etats-Unis, 93 % des Noirs victimes d’un homicide sont tués par d’autres Noirs. S’il est normal de condamner le meurtre [?] ignoble et tragique de George Floyd, il est curieux de voir nombre de personnes s’en prendre à la police américaine dans son ensemble et ne rien dire sur les gangs, alors que les gangs tuent bien plus de Noirs (et de manière bien plus «systémique») que ne le fait la police. Si nous pensons véritablement que «Black Lives Matter», alors nous devons nous intéresser à TOUTES les vies noires et ne pas sélectionner une toute petite minorité d’entre elles à cause d’arrière-pensées idéologiques. Derrière cette volonté de ne s’intéresser aux Noirs que lorsqu’ils sont tués par des Blancs, il existe un véritable arrière-fond raciste, non seulement raciste anti-blancs, mais aussi et surtout raciste anti-Noirs: la vie des Noirs n’aurait d’intérêt que quand elle viendrait valider l’idée d’un «racisme systémique» des sociétés occidentales. Une telle vision est en fait le fruit de l’ethnocentrisme délirant qui caractérise l’Occident. L’Occident pense qu’il est le centre de l’Histoire, que tout tourne autour de lui et que tout ce qui arrive dans le monde (bon ou mauvais) est de son fait. Dans le passé, cette «folie des Blancs» (pour reprendre une expression employée par l’écrivain André Malraux dans son roman La Voie royale, qui se déroule dans l’Indochine coloniale) a poussé l’Occident à se croire supérieur aux autres civilisations, à broyer la diversité du monde et à coloniser une bonne partie du globe. Aujourd’hui, le même ethnocentrisme pousse certains à considérer que l’Occident est la source de tous les maux. Dans la vision ethnocentrique, peu importe que l’Occident soit défini comme supérieur (la Colonisation) ou comme coupable (la repentance), il doit toujours être le pivot de l’Histoire. Rien ne saurait arriver en dehors de lui. L’Occident a beaucoup de mal à admettre qu’il n’est qu’une civilisation comme les autres et parmi d’autres: il préfèrera même parfois s’enfermer dans la repentance et dans une culpabilité imaginaire (mais qui lui permettent de rester l’acteur central) plutôt que de le reconnaître. Egocentrique, il ne s’intéresse à la vie des Noirs que quand ce sont des Blancs qui sont les assassins. (…) Le plus grand paradoxe est que la mouvance «décoloniale», qui constitue la pointe avancée des événements actuels, n’a absolument pas décolonisé son imaginaire et continue d’imaginer que le «Grand Méchant Occident» est à l’origine de tous les maux dont souffre le monde. Or, une telle vision, en plus d’être totalement fausse sur le plan factuel, est paternaliste: elle infantilise les populations non-blanches et les dépossède de leur Histoire, de leur parole, de leur action. On l’a bien vu dans certaines vidéos récentes. À Chicago, une femme noire s’oppose aux militants de l’ultra-gauche, déclarant: «Chaque jour des jeunes noirs sont tués par des gangs à Chicago. Où sont les militants de Black Lives Matter? Quand des Noirs tuent des Noirs, les militants Black Lives Matter ne viennent pas faire ce bazar.» Une militante (blanche) lui fait la leçon et lui répond de manière surréaliste. Complètement déconnectée des réalités du ghetto noir, où les meurtres intra-communautaires sont en effet quotidiens, elle lui fait la leçon et lui répond dans un jargon d’universitaire: «Mais que faîtes-vous de l’oppression systémique?». De même, des militants décoloniaux (blancs), voulant déboulonner la statue de Frederick Douglass (ancien esclave noir et militant abolitionniste!), se sont opposés à des guides touristiques noirs qui ont vaillamment défendu la statue. Si elles n’étaient pas accompagnées d’explications, les images feraient vraiment penser que les manifestants sont des suprémacistes blancs racistes et non pas des militants de gauche agissant au nom de l’antiracisme et prétendant que «Black Lives Matter». Mais cette ressemblance n’a rien d’un hasard, car suprémacistes blancs et militants décoloniaux partagent le même imaginaire ethnocentrique selon lequel l’Homme blanc serait au centre de tout (soit pour être supérieur, comme le pensent les suprémacistes, soit pour faire le mal comme le pensent les décoloniaux), ce qui prive mécaniquement les Noirs de toute histoire autonome. C’est ce qu’a bien souligné, en France, l’écrivaine (noire) Tania de Montaigne, fustigeant le concept de «privilège blanc» défendu récemment par la réalisatrice et militante décoloniale (blanche) Virginie Despentes. Tania de Montaigne voit dans cette notion un fantasme raciste qui ne correspond à rien de réel et qui, sous prétexte d’anti-racisme, réédite inconsciemment le discours raciste traditionnel de la hiérarchie des races, plaçant les Blancs au sommet d’une pyramide, et fait les non-Blancs comme d’éternels mineurs, toujours victimisés et qui devraient être aidés avec condescendance. Il en va de même dans les discours sur l’esclavage et la colonisation. Comme le souligne dans les colonnes du Figaro, l’historien Pierre Vermeren,: «La guerre et l’esclavage appartiennent de manière continue à la longue histoire des sociétés humaines (…) Aujourd’hui, il subsiste près de 46 millions d’esclaves dans le monde, dont la moitié en Asie (Chine, Inde et Pakistan) et près d’une autre en Afrique, au Sahel notamment. Les sociétés de la péninsule Arabique sont également concernées.» Et Pierre Vermeren nous rappelle qu’en ce qui concerne l’esclavage africain, il a existé trois traites distinctes: la traite européenne à destination des Amériques (où des Africains vendaient aux Européens les captifs issus de tribus rivales, car on oublie trop souvent de dire que si des Européens ont acheté des esclaves, c’est bien que quelqu’un les leur avait vendus sur place), la traite arabo-musulmane (à propos de laquelle les travaux de l’historien sénégalais Tidiane N’Diaye ont démontré que dix-sept millions de victimes noires furent asservies par les Arabes, parfois mutilées et assassinées, pendant plus de treize siècles sans interruption) et la traite interne à l’Afrique subsaharienne (qui continue encore aujourd’hui et qui fut combattue jadis par les colonisateurs français et britanniques, la colonisation ayant globalement eu lieu après que ces deux pays eurent aboli l’esclavage). Mais là encore, l’Occident ne veut pas admettre l’extrême banalité historique de la guerre et de l’esclavage. Il veut en avoir le monopole. Il préfère être pleinement coupable et se sentir ainsi toujours à part plutôt que de se trouver commun, rangé au côté des autres. Ainsi les traites d’esclaves commises par d’autres et où il n’a pris aucune part ne l’intéressent pas. Plutôt que de lutter concrètement contre l’esclavage actuel en Libye ou en Mauritanie, on préférera donc se flageller en s’en prenant à Colbert (alors que le Code noir ne représente qu’une infime partie de la vie et de l’œuvre de ce grand serviteur de l’État, les statues à son effigie honorant son rôle dans la construction de l’administration française et nullement son rôle supposé dans la traite esclavagiste, qui d’ailleurs ne posait pas de problèmes moraux à l’époque). Le plus dramatique est que toute ces actions hystériques, qui sapent la paix sociale, n’améliorent absolument pas la cause des Noirs. Si les vies noires comptent vraiment, alors, plutôt que de déboulonner des statues, les militants du Black Lives Matter (blancs pour une grande partie d’entre eux) feraient mieux d’alerter l’opinion sur les massacres inter-ethniques en Afrique ou d’aller sur place pour lutter contre les maladies et la famine. Ou plus simplement, ils pourraient aller dans les ghettos noirs des États-Unis pour protester contre la tyrannie des gangs, faire du soutien scolaire pour les enfants, distribuer de la nourriture et assister la population. Il faudra bien le dire un jour: Philippe de Villiers, en mettant sur pied un programme de co-développement humanitaire avec le Bénin lorsqu’il était président du conseil général de Vendée, a fait bien davantage pour les vies noires que les déboulonneurs de statue. De même, certaines universités américaines décident de retirer certains auteurs de leurs programmes sous prétexte que les hommes blancs sont trop représentés. Comme le faisait remarquer Christopher Lasch dans La Révolte des élites, ce genre de décisions prises par des gauchistes blancs généralement issus de la bourgeoisie, n’améliore absolument pas la situation concrète des minorités. Il serait plus pertinent au contraire de garder la culture classique intacte et de la diffuser à tous, Noirs compris. Et comme le fait remarquer au Figaro, Willfred Reilly, professeur afro-américain de sciences politiques, à propos de l’hystérie actuelle: «Tout cela ne va pas améliorer les scores des minorités aux tests universitaires. » Mais ce racisme anti-Noir inconscient ne se limite pas à la seule sphère «décoloniale». Ainsi Joe Biden, invité le 22 mai sur une radio noire, par un animateur noir, a déclaré: «Si vous n’arrivez pas à vous décider entre moi et Trump, c’est que vous n’êtes pas réellement noir.» Pour Biden, les électeurs noirs semblent être un troupeau de moutons, privés de tout libre arbitre politique. Jean-Loup Bonnamy
I’m glad that the law enforcement agencies are subject to the same standard as everybody else. Mark McCloskey
The reason high-income people leave the city, and why I can’t talk my friends into moving in, is crime. Why live where your life is at risk, where you are affronted by thugs, bums, drug addicts and punks when you can afford not to. What St. Louis can do without are the murderers, beggars, drug addicts and street corner drunks. St. Louis needs more people of substance and fewer of subsistence. Mark McCloskey (1993)
Une foule d’au moins 100 personnes a abattu le portail historique en fer forgé de Portland Place, ils se sont précipités vers ma maison, où ma famille dînait dehors et nous ont fait craindre pour nos vies. J’étais terrifié que nous soyons assassinés en quelques secondes, que notre maison soit brûlée, nos animaux de compagnie tués. Nous étions seuls face à une foule en colère. Il s’agit d’une propriété privée. Il n’y a pas de trottoirs ou de rues publics. Mark McCloskey
La scène est à peine croyable. Des manifestants américains du mouvement «Black lives matter» se rendant devant le domicile de la maire de Saint Louis, Lyda Krewson, pour exiger sa démission, ont été menacés dimanche par un couple d’avocats, lourdement armés, alors qu’ils passaient devant leur villa. Mark et Patricia McCloskey ont ainsi été filmés pointant leurs armes en direction des 300 personnes marchant devant eux. Lui tenait un fusil de type AR-15, quand sa femme préférait brandir une arme de poing. NBC News rapporte que les portails de plusieurs propriétés du quartier ont été détériorés. Ironie de l’histoire, le couple en question a fait de la défense des victimes de dommages corporels sa spécialité. Cnews
I think that a total elimination is something we need to reevaluate. Right now, bad guys are saying if you don’t see a blue and white you can do whatever you want. Eric Adams (Brooklyn Borough President)
The guns keep going off and now we have a 1-year-old and the blood is on the hands of the mayor and the state Legislature. Community activist Tony Herbert
It says something when you’re at a Black Lives Matter protest; you have more minorities on the police side than you have in a violent crowd. And you have white people screaming at black officers ‘you have the biggest nose I’ve ever seen.’ You hear these things and you go ‘Are these people, are they going to say something to this person?’ No. (…) Having people tell you what to do with your life, that you need to quit your job, that you’re hurting your community but they’re not even a part of the community. Once again you as a privileged white person telling someone of color what to do with their life. (…) When you’re standing on the line and they’re getting called those names and they’re being accused of being racist when you’ve seen those officers helping people of color, getting blood on them trying to rescue someone who has been shot—gang violence, domestic violence—and you see them and they’re truly trying to help save someone’s life and they they turn around and are called a racist by people that have never seen anything like that, that have never had to put themselves out there. It’s disgusting. Officer Jakhary Jackson (Portland)
Mark McCloskey graduated magna cum laude from Southern Methodist University in Dallas in 1982, where he studied sociology, criminal justice and psychology before attending the Southern Methodist University of Law in 1985. He is a Missouri native and graduated from Mary Institute and Saint Louis Country Day School in Ladue, Missouri, in 1975, according to his Facebook profile. On his law firm’s website, McCloskey is described as, “an AV rated attorney who has been nominated for dozens of awards and honors and has been voted by his peers for memberships to many exclusive ‘top rated lawyer’ and ‘multimillion dollar lawyer’ associations throughout the country.” The website also notes McCloskey has appeared on in the media, including KSDK in St. Louis and Fox News. The website states, “several of his cases have been cited in national legal publications as the highest verdicts recovered in the country for those particular injuries.” McCloskey’s profile also says: Since 1986, he has exclusively represented individuals seriously injured as a result of accidents, medical malpractice, defective products, and the negligence of others. For the past 21 years, his firm has concentrated on the representation of people injured or killed through traumatic brain injuries, neck, back or other significant neurological or orthopedic injury. Mark T. McCloskey is licensed to practice law in the state and federal courts of Missouri, Illinois, Texas and the Federal Courts of Nebraska. Additionally, he has represented individuals injured through medical malpractice, dangerous products, automobiles, cars, motorcycles, boats, defective hand guns, airplane crashes, explosions, electrocution, falls, assaults, rapes, poisoning, fires, inadequate security, premises liability, dram shop liability (serving intoxicating patrons), excessive force by police, construction accidents, and negligent maintenance of premises (including retail establishments, parking lots, government property, homes, schools, playgrounds, apartments, commercial operations, parks and recreational facilities) for the past 30 years and has filed and tried personal injury lawsuits in over 28 states. Heavy.com
According to her Facebook profile, Patricia Novak McCloskey is a native of Industry, Pennsylvania, where she graduated from Western Beaver High School in 1977. McCloskey then studied at Penn State University, graduating in 1982 with a degree in labor studies and a minor in Spanish. She, like her husband, attended SMU Law School in Dallas, graduating in 1986. According to their law firm’s website, “Patricia N. McCloskey is a Phi Beta Kappa, Summa Cum Laude graduate of Pennsylvania State University, graduating first in her class and with the highest cumulative average in her department in forty-seven years. Patricia N. McCloskey is also a graduate of Southern Methodist University School of Law, which she completed while simultaneously working full time and still graduating in the top quarter of her class.” The website adds: After several years working with a major law firm in St. Louis on the defense side, she moved to representation of the injured. Since 1994, she has exclusively represented those injured by the negligence of others with Mark McCloskey. She has acted in various roles in the community including being a past Board Member of Therapeutic Horsemanship, a law student mentor, a member of the Missouri Bar Association ethical review panel and a St. Louis city committee woman. Patricia McCloskey has extensive trial experience in personal injury and wrongful death cases arising out of all aspects of negligence, including traumatic brain injury, products liability and product defect, medical malpractice, wrongful death, neck, back and spinal cord injuries, motor vehicle collisions, motorcycle collisions, airplane crashes, and many others as set forth further. Heavy.com
Notre nation fait face à une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants. (…) Le désordre violent que nous avons vu dans nos rues et nos villes qui sont dirigées par des libéraux démocrates dans tous les cas est le résultat d’années d’endoctrinement extrême et de partialité dans l’éducation, le journalisme et d’autres institutions culturelles. (…) Nous croyons en l’égalité des chances, une justice égale et un traitement égal pour les citoyens de toutes races, origines, religions et croyances. Chaque enfant, de chaque couleur – né et à naître – est fait à l’image sainte de Dieu. Donald Trump
Nous sommes en train de passer à côté d’un processus essentiel en jeu actuellement, l’articulation, désastreuse entre les sociétés de la honte et de l’honneur (« shame culture ») et les civilisations de la culpabilité (« guilt culture »), distinction établie par Dodds, un ethnologue. La honte est définie par lui comme un fait social extériorisé (perdre la face) et la culpabilité comme un sentiment intériorisé (…) Les membres des sociétés de la honte ne se sentent pas honteux « par essence », mais l’honneur est pour eux une valeur dominante qui ne concerne pas que soi, mais aussi le groupe familial, culturel auquel on appartient. Reconnaître une faute devant les personnes qui y sont extérieures, c’est déshonorer son groupe, c’est « l’achouma », mot clé au Maghreb qui signifie la honte. On ne peut reconnaître que la moindre erreur ait pu être commise par soi ou les autres membres de son groupe sous peine de déshonneur, la faute en incombe forcément à l’extérieur. Le modèle relationnel dominant prend la forme d’être le plus fort ou d’être humilié. Qui va mépriser l’autre ? Qui va faire honte à l’autre ou avoir honte ? Qui va soumettre l’autre ? Dans le TER, trois personnes d’origine sahélienne ont les pieds sur les sièges et téléphonent à tue-tête avec un poste de radio ouvert à côté d’eux. Je leur demande poliment de respecter le règlement. Réponse sèche : « Vous dites ça parce qu’on est étrangers », suivi d’une augmentation du volume sonore vocal du téléphone. Me voilà désigné comme un blanc raciste en quelques secondes, et c’est moi qui suis coupable, qui devrais donc avoir honte. Je parcours le train à la recherche d’un contrôleur, en vain. En l’absence d’un tiers incarnant une loi qui est la même pour tous, je n’ai pas d’autre solution que de m’incliner dans l’espace public. Je me sens… misérable. De même, quand dans les « quartiers », un jeune de 14 ans, sur un scooter volé, sans casque parce que « c’est pour les petits », se tue en percutant à toute vitesse un véhicule, il ne meurt pas à cause d’une accumulation d’imprudences mais forcément à cause d’autrui. De préférence à cause de la police. On ne décède pas accidentellement, on est tué. Comment une interpellation pourrait-elle de dérouler calmement avec ce modèle relationnel ? Qu’il soit à pied, en scooter, ou en voiture, celui qui accepte de se soumettre (et oui ! le mot est dit) à un contrôle policier ne rencontrera aucun problème de violence policière. Et les représentants du pays d’accueil tout désignés pour être méprisés puisqu’ils incarnent la légalité de la société dans l’espace public sont les policiers sur lesquels on crache sans vergogne. Le policier n’a pas le droit de répondre, il sera méprisé s’il agit (la sanction) ou s’il ne fait rien (la soumission). Quelle inversion ! C’est celui qui crache qui devrait être méprisé pour sa lâcheté car il ne risque rien. Le piège, c’est que les membres des sociétés de la honte ont compris que les membres des civilisations de la culpabilité, judéo-chrétiennes, ont une forte tendance à accepter de se sentir coupable, et il est alors « pratique » de leur faire éprouver de la honte au lieu de la ressentir soi-même. Et plus les membres de la civilisation de la culpabilité se sentent coupables, plus les membres de la société de la honte se décrivent comme victimes, dans une inflation interminable, alors que le problème initial de situe à l’intérieur même de leur société. (…) Cet écart entre société de la honte et civilisation de la culpabilité crée d’importantes tensions concernant l’acceptation d’une loi commune, ensemble de contraintes qui se situent au-dessus de tous, et de la reconnaissance d’une dette. Dans les sociétés de la honte, la relation à la loi n’inclut pas sa notion pourtant fondatrice de culpabilité. Accepter les contraintes extérieures signifie non pas reconnaître la nécessité de respecter d’indispensables limites pour une vie en commun, mais est vécue comme une immixtion intolérable dans le fonctionnement familial et groupal. (…) Et lorsqu’on argue qu’il y a du racisme dans la police puisque les personnes issues des sociétés de la honte font l’objet de contrôles policiers beaucoup plus fréquents que les autres, la réponse est qu’elles sont plus nombreuses à ne pas respecter la loi que les personnes qui ont intégré la culpabilité. Faut-il que chaque fois qu’un tel jeune est contrôlé, une dame sortant d’un super marché avec son cabas de légumes le soit aussi pour éviter toute discrimination ? La société de la honte, c’est aussi l’incapacité de reconnaître une dette envers le milieu d’accueil. Dans le cadre d’une immigration économique, tous sont venus au départ parce que leur pays ne les nourrissait pas assez, ne les soignait pas, était profondément corrompu, sinon ils retourneraient y vivre. Cette blessure originelle ne se referme pas et laisse les sujets dans une sorte d’entre-deux. Reconnaître ce qu’on doit au pays d’accueil, c’est accepter de penser que sa propre origine est entachée, conflictuelle, et la solution à ce malaise peut consister à dire que c’est l’extérieur, le lieu d’accueil, qui est inhospitalier et doit être dénigré. Reconnaître ce qu’on reçoit de bien, c’est trahir ses origines, de même que les policiers noirs ou maghrébins heureux d’exercer leur métier sont qualifiés de traîtres. Il est donc nécessaire de remettre l’achouma à sa place, de rétablir le lieu de la honte et de la remettre dans le camp de ceux qui font tout pour la projeter sur autrui. Ceux qui ont la volonté de se désigner de toutes façons comme victimes ont besoin de désigner des agresseurs. Mais ce n’est pas parce que des individus ou leurs parents ont été victimes dans leur histoire personnelle, familiale, culturelle, que d’autres doivent accepter d’endosser ce rôle de bourreau. Plus les membres d’une civilisation de la culpabilité se laissent accuser, plus ils sont méprisés. Au contraire, imaginons (on a le droit de rêver) qu’une seule personnalité politique ose déclarer : « Vous devriez avoir honte d’élever vos enfants sans leur inculquer un minimum de respect pour le pays qui vous accueille et qui vous soigne gratuitement, de ne pas leur expliquer que rien n’est dû, de laisser vos enfants conduire des véhicules volés, d’abîmer la démocratie qui vous protège et de mentir en vous présentant comme des victimes, etc. ». Énoncer ceci ne changerait rien à la manière de se comporter des délinquants en question, pas plus qu’égrener leurs délits et parler de « sauvageons », et ne calmerait en rien les militants communautaristes. Mais ceci donnerait aux autres le sentiment que la honte n’est pas en eux, et leur permettrait d’éprouver un sentiment de légitimité dont beaucoup de citoyens éprouvent le besoin qu’il soit reconnu. Une telle formulation constitue le fondement incontournable de toute action politique efficace car elle permettrait d’arrêter de tendre l’autre joue. Et d’accepter enfin l’idée que dans certaines circonstances, seules la force de caractère et la force physique inspirent du respect. Maurice Berger
Andy Warhol disait que « tout le monde doit avoir son quart d’heure de célébrité ». « Maintenant, tout le monde, blanc, doit avoir son quart d’heure de honte. On est entré dans une flagellation collective. Mais c’est encore plus compliqué que ça. On a les sociétés de la honte et les civilisations de la culpabilité. Pour les premiers, ce sont des sociétés où la honte est une valeur dominante, comme reconnaître qu’on a fait une faute, se déshonorer, déshonorer son groupe, sa culture, à l’inverse, des sociétés « judéo-chrétiennes. Toutes les personnes des minorités ne fonctionnent pas comme ça, de même de que toutes les personnes de la civilisation de la culpabilité ne se sentent pas prêts à se sentir coupable. On a une imbrication entre des personnes qui vont forcément se présenter comme victimes, quoi qu’elles aient fait d’illégal et en face des membres de la civilisation de la culpabilité qui vont forcément se sentir coupable. Plus ces personnes se reconnaissent coupables, plus ceux qui ont tendance à se sentir victimes vont en abuser. (…) J’y suis opposé. Que les Américains fassent cela pour ce qui s’est produit dans leur pays, j’en ai que faire. Ce n’est même pas un symbole, c’est quelque chose de littéral : on s’humilie alors qu’on n’a pas de quoi s’humilier. C’est un geste de soumission, c’est quelque chose qui inverse tout. Je ne vois pas de quoi nous devrions avoir honte, nous en France. Maurice Berger
Nous vivons (…) une époque qui rappelle le Moyen Âge avec son oligarchie, ses clercs et son dogme. Une sorte d’aristocratie de la tech a émergé et a fait alliance avec la classe intellectuelle, pour mettre en place une nouvelle vision de la société, qui a pour ambition de remplacer les valeurs plus traditionnelles portées depuis l’après-guerre par la classe moyenne. Tout l’enjeu futur de la politique est de savoir si «le tiers état» d’aujourd’hui – les classes moyennes paupérisées et les classes populaires – se soumettra à leur contrôle. Nous sommes entrés dans le paradigme d’une oligarchie concentrant la richesse nationale à un point jamais atteint à l’époque contemporaine. Cinq compagnies détiennent l’essentiel de la richesse nationale en Amérique! Une poignée de patrons de la tech et «leurs chiens de garde» de la finance, contrôlent chacun des fortunes de dizaines de milliards de dollars en moyenne et ils ont à peine 40 ans, ce qui veut dire que nous allons devoir vivre avec eux et leur influence pour tout le reste de nos vies! (…) La globalisation et la financiarisation ont été des facteurs majeurs de cette concentration effrénée de la richesse. La délocalisation de l’industrie vers la Chine a coûté 1,5 million d’emplois manufacturiers au Royaume-Uni, et 3,4 millions à l’Amérique. Les PME, les entreprises familiales, l’artisanat, ont été massivement détruits, débouchant sur une paupérisation des classes moyennes, qui étaient le cœur du modèle capitaliste libéral américain. La crise du coronavirus a accéléré la tendance. Les compagnies de la tech sortent grandes gagnantes de l’épreuve. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, vient juste d’annoncer que sa capitalisation a progressé de 30 milliards de dollars alors que les petites compagnies se noient! Les inégalités de classe ne font que s’accélérer, avec une élite intellectuelle et managériale qui s’en sort très bien – les fameux clercs qui peuvent travailler à distance – , et le reste de la classe moyenne qui s’appauvrit. Les classes populaires, elles, ont subi le virus de plein fouet, ont bien plus de risques de l’attraper, ont souffert du confinement dans leurs petits appartements, et ont pour beaucoup perdu leur travail. C’est un tableau très sombre qui émerge avec une caste de puissants ultra-étroite et de «nouveaux serfs», sans rien de substantiel entre les deux: 70 % des Américains estiment que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. (…) La Silicon Valley, jadis une terre promise des self-made-men est devenue le visage de l’inégalité et des nouvelles forteresses industrielles. Les géants technologiques comme Google ou Facebook ont tué la culture des start-up née dans les garages californiens dans les années 1970 et qui a perduré jusque dans les années 1990, car ils siphonnent toute l’innovation. Je suis évidemment pour la défense de l’environnement, mais l’idéologie verte très radicale qui prévaut en Californie avantage aussi les grandes compagnies qui seules peuvent survivre aux régulations environnementales drastiques, alors que les PME n’y résistent pas ou s’en vont ailleurs. On sous-estime cet aspect socio-économique de la «transition écologique», qui exclut les classes populaires et explique par exemple vos «gilets jaunes», comme le raconte le géographe Christophe Guilluy. Vu la concentration de richesses, l’immobilier californien a atteint des prix records et les classes populaires ont été boutées hors de San Francisco, pourtant un bastion du «progressisme» politique. La ville, qui se veut l’avant-garde de l’antiracisme et abritait jadis une communauté afro-américaine très vivante, n’a pratiquement plus d’habitants noirs, à peine 5 %, un autre paradoxe du progressisme actuel. (…) Il y a un vrai parallèle entre la situation d’aujourd’hui et l’alliance de l’aristocratie et du clergé avant la Révolution française. Et cela vaut pour tous les pays occidentaux. Ces clercs rassemblent les élites intellectuelles d’aujourd’hui, qui sont presque toutes situées à gauche. Si je les nomme ainsi, c’est pour souligner le caractère presque religieux de l’orthodoxie qu’elles entendent imposer, comme jadis l’Église catholique. Au XIIIe siècle, à l’université de Paris, personne n’aurait osé douter de l’existence de Dieu. Aujourd’hui, personne n’ose contester sans risque les nouveaux dogmes, j’en sais quelque chose. Je suis pourtant loin d’être conservateur, je suis un social-démocrate de la vieille école, qui juge les inégalités de classe plus pertinentes que les questions d’identité, de genre, mais il n’y a plus de place pour des gens comme moi dans l’univers mental et politique de ces élites. Elles entendent remplacer les valeurs de la famille et de la liberté individuelle qui ont fait le succès de l’Amérique après-guerre et la prospérité de la classe moyenne, par un credo qui allie défense du globalisme, justice sociale (définie comme la défense des minorités raciales et sexuelles, NDLR), modèle de développement durable imposé par le haut et redéfinition des rôles familiaux. Elles affirment que le développement durable est plus important que la croissance qui permettait de sortir les classes populaires de la pauvreté. Ce point créera une vraie tension sociale. Ce qui est frappant, c’est l’uniformité de ce «clergé». (…) Parmi les journalistes, seulement 7 % se disent républicains. C’est la même chose, voire pire, dans les universités, le cinéma, la musique. On n’a plus le droit d’être en désaccord avec quoi que ce soit! Écrire que le problème de la communauté noire est plus un problème socio-économique que racial, est devenu risqué, et peut vous faire traiter de raciste! J’ai travaillé longtemps comme journaliste avant d’enseigner, et notamment pour le Washington Post, le Los Angeles Times et d’autres… Il arrive que j’y trouve encore de très bons papiers, mais dans l’ensemble, je ne peux plus les lire tellement ils sont biaisés sur les sujets liés à la question raciale, à Trump ou à la politique! Je n’ai aucune sympathie pour Donald Trump, que je juge toxique, mais la haine qu’il suscite va trop loin. On voit se développer un journalisme d’opinion penchant à gauche, qui mène à ce que la Rand Corporation (une institution de recherche prestigieuse, fondée initialement pour les besoins de l’armée américaine, NDLR) qualifie de «décomposition de la vérité». (…) Je dois dire avoir aussi été très choqué par le «projet 1619» (ce projet affirme que l’origine de l’Amérique n’est pas 1776 et la proclamation de l’Indépendance, mais 1619 avec l’arrivée de bateaux d’esclaves sur les côtes américaines, NDLR), lancé par le New York Times, qui veut démontrer que toute l’histoire américaine est celle d’un pays raciste. Oui, l’esclavage a été une chose horrible, mais les succès et progrès américains ne peuvent être niés au nom des crimes commis. Je n’ai rien contre le fait de déboulonner les généraux confédérés, qui ont combattu pour le Sud esclavagiste. Mais vouloir déboulonner le général Ulysse Grant, grand vainqueur des confédérés, ou encore George Washington, est absurde. La destruction systématique de notre passé, et du sens de ce qui nous tient ensemble, est très dangereuse. Cela nous ramène à l’esprit de la Révolution culturelle chinoise. Si l’on continue, il n’y aura plus que des tribus. (…) Je crois que c’est Huxley qui dans Le Meilleur des mondes, affirme qu’une tyrannie appuyée sur la technologie ne peut être défaite. La puissance des oligarchies et des élites culturelles actuelles est renforcée par le rôle croissant de la technologie, qui augmente le degré de contrôle de ce que nous pensons, lisons, écoutons… Quand internet est apparu, il a suscité un immense espoir. On pensait qu’il ouvrirait une ère de liberté fertile pour les idées, mais c’est au contraire devenu un instrument de contrôle de l’information et de la pensée! Même si les blogs qui prolifèrent confèrent une apparence de démocratie et de diversité, la réalité actuelle, c’est quelques compagnies basées dans la Silicon Valley qui exercent un contrôle de plus en plus lourd sur le flux d’informations. Près des deux tiers des jeunes s’informent sur les réseaux sociaux. De plus, Google, Facebook, Amazon sont en train de racheter les restes des médias traditionnels qu’ils n’ont pas tués. Ils contrôlent les studios de production de films, YouTube… Henry Ford et Andrew Carnegie n’étaient pas des gentils, mais ils ne vous disaient pas ce que vous deviez penser. (…) Ils sont persuadés que tous les problèmes ont une réponse technologique. Ce sont des techniciens brillants, grands adeptes du transhumanisme, peu préoccupés par la baisse de la natalité ou la question de la mobilité sociale, et bien plus déconnectés des classes populaires que les patrons d’entreprises sidérurgiques d’antan. Leur niveau d’ignorance sur le plan historique ou littéraire est abyssal, et en ce sens, ils sont sans doute plus effrayants encore que l’aristocratie d’Ancien Régime. De plus, se concentrer sur les sujets symboliques comme le genre, les transgenres, le changement climatique, leur permet d’évacuer les sujets de «classe», qui pourraient menacer leur pouvoir. (…) Je pense que Zuckerberg a eu raison et qu’il a du courage, mais il semble être poussé à adopter un rôle de censeur. Un auteur que je connais, environnementaliste dissident, vient de voir sa page Facebook supprimée. C’est une tendance dangereuse, car laisser à quelques groupes privés le pouvoir de contrôler l’information, ouvre la voie à la tyrannie. Cela me ramène au thème central de ce livre qui se veut un manifeste en faveur de la classe moyenne, menacée de destruction après avoir été le pilier de nos démocraties. La démocratie est fondamentalement liée à la dispersion de la propriété privée. C’est pour cela que j’ai toujours eu de l’admiration pour les Pays-Bas, pays qui a toujours créé de la terre, en gagnant sur la mer, et a donc toujours assuré la croissance de sa classe moyenne. Quand cela cesse et que la richesse se concentre entre quelques mains, on revient à un contrôle de la société par le haut, qu’il soit établi par des régimes de droite ou de gauche. (…) Trump est un idiot et un type détestable, qui, je l’espère, sera désavoué, car il suscite beaucoup de tensions négatives. Mais je n’ai jamais vu un président traité comme il l’a été. La volonté de le destituer était déjà envisagée avant même qu’il ait mis un pied à la Maison-Blanche! Je pense aussi que la presse n’est pas honnête à son sujet. Prenons par exemple son discours au mont Rushmore, l’un des meilleurs qu’il ait faits, et dans lequel il tente de réconcilier un soutien au besoin de justice raciale, et la défense du patrimoine américain. Il y a cité beaucoup de personnages importants comme Frederick Douglass ou Harriet Tubman, mais la presse n’en a pas moins rapporté qu’il s’agissait d’un discours raciste, destiné à rallier les suprémacistes blancs! On l’accuse de tyrannie, mais la plus grande tyrannie qui nous menace est l’alliance des oligarques et des clercs. Le seul avantage de Trump, c’est d’être un contre-pouvoir face à eux. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il ait une vision cohérente. Surtout, il divise terriblement le pays, or nous avons besoin d’une forme d’unité minimale. (…) Je dirais à ce stade que Trump va avoir du mal à gagner – j’évalue ses chances à une sur trois. Il pourrait revenir si une forme de rebond économique se dessine ou s’il s’avérait évident que Joe Biden n’a plus toutes ses capacités intellectuelles. Si les démocrates l’emportent, ma prédiction est qu’ils en feront trop, et qu’une nouvelle rébellion, qui nous fera regretter Trump, surgira en boomerang. À moins qu’une nouvelle génération de jeunes conservateurs – comme Josh Hawley, JD Vance ou Marco Rubio – capables de défendre les classes populaires tout en faisant obstacle à la révolution culturelle de la gauche, ne finisse par émerger. J’aimerais aussi voir un mouvement remettant vraiment le social à l’honneur se dessiner à gauche, mais je n’y crois pas trop, vu l’obsession de l’identité… Ce qui est sûr, c’est que l’esprit de 2016 et des «gilets jaunes» ne va pas disparaître. Regardez ce qui s’est passé en Australie: on pensait que les travaillistes gagneraient, mais ce sont les populistes qui ont raflé la mise, parce que la gauche verte était devenue tellement anti-industrielle, que les classes populaires l’ont désertée! Joel Kotkin
« Le Meilleur des mondes » décrit par Aldous Huxley serait-il en train de pointer le nez sur les côtes de Californie et de gagner l’Amérique? Dans son nouveau livre, L’Avènement du néo-féodalisme, le géographe américain Joel Kotkin, cousin californien du géographe français Christophe Guilluy, qui scrute depuis des années avec inquiétude la destruction des classes moyennes à la faveur de la délocalisation et de la financiarisation de l’économie, s’interroge sur la «tyrannie» que dessine l’émergence d’une oligarchie ultra-puissante et contrôlant une technologie envahissante. Joel Kotkin décrit l’alliance de l’oligarchie de la Silicon Valley, composée de quelques milliardaires passionnés de transhumanisme, et persuadés que la technologie est la réponse à tous les problèmes, avec une classe intellectuelle de «clercs» qui se comporte comme un «nouveau clergé» et instaure de nouveaux dogmes – sur la globalisation, le genre, «le privilège blanc» – avec une ferveur toute religieuse. Il devient dangereux d’exprimer ses désaccords, regrette cet ancien social-démocrate, qui explique ne plus avoir sa place à gauche. Une situation d’intolérance que le départ fracassant de la journaliste Bari Weiss du New York Times, forcée de quitter le navire sous la pression de pairs devenus «censeurs», vient d’illustrer avec éloquence. Laure Mandeville
The intellectually intolerant mob claimed two high-profile victims Tuesday with the resignations of New York Times editor Bari Weiss and New York Magazine journalist Andrew Sullivan. These are just two examples of the deadly virus spreading through our public life: McCarthyism of the woke. McCarthyism is the pejorative term liberals gave to the anti-communist crusades of 1950s-era Sen. Joseph McCarthy of Wisconsin. From his perch as chair of the Government Operations Committee, McCarthy launched a wave of investigations to ferret out supposed communist subversion of government agencies. Armed with his favorite question — “Are you now or have you ever been a member of the Communist Party?” — McCarthy terrorized his targets and silenced his critics. Thousands of people lost their jobs as a result, often based on nothing more than innuendo or chance associations. The mob fervor extended to the state governments and the private sector, too. States enacted “loyalty oaths” requiring people employed by the government, including tenured university faculty members, to disavow “radical beliefs” or lose their jobs. Many refused and were fired. Hollywood notoriously rooted out real and suspected communists, creating the infamous “blacklist” of people who were informally barred from any work with Hollywood studios. The “red scare” even nearly toppled America’s favorite television star, Lucille Ball, who had registered to vote as a communist in the 1930s. Today’s “cancel culture” is nothing more than McCarthyism in a woke costume. It stems from a noble goal — ending racial discrimination. Like its discredited cousin, however, it has transmogrified into something sinister and inimical to freedom. Battling racism is good and necessary; trying to suppress voices that one disagrees with is not. Woke McCarthyism goes wrong when it seeks to do the one thing that America has always sworn not to do: enforce uniformity of thought. Indeed, this principle, enshrined in the First Amendment, is so central to American national identity that it is one of the five quotes inscribed in the Jefferson Memorial: “I have sworn upon the altar of God eternal hostility against every form of tyranny over the mind of man.” Weiss’s resignation letter describes numerous examples of her colleagues judging her guilty of “wrongthink” and trying to pressure superiors to fire or suppress her. She explains that “some coworkers insist I need to be rooted out if this company is to be a truly ‘inclusive’ one, while others post ax emojis next to my name.” Others, she wrote, called her a racist and a Nazi, or criticized her on Twitter without reprimand. She notes that this behavior, tolerated by the paper through its editors, constitutes “unlawful discrimination, hostile work environment, and constructive discharge.” Sullivan’s reason for departure is less clear — though he said it is “self-evident.” He had publicly supported Weiss, writing: “The mob bullied and harassed a young woman for thoughtcrimes. And her editors stood by and watched.” In other words, both Weiss and Sullivan — like so many others — seem to have left their jobs because they were targeted for refusing to conform to its ideas of right thinking. Do you now or have you ever thought that Donald Trump might make a good president? Congratulations, president of Goya Foods: Your company is boycotted. Are you now or have you ever been willing to publish works from a conservative U.S. senator that infuriated liberal Twitter? Former New York Times editor James Bennet, the bell tolls for thee. The mob even sacrifices people whose only crime is familial connection on its altar. The stepmother of the Atlanta police officer who shot and killed Rayshard Brooks, Melissa Rolfe, was fired from her job at a mortgage lender because some employees felt uncomfortable working with her. Such tactics work best when they force people to confess to seek repentance for the crimes they may or may not have committed. McCarthy knew this, and so he always offered lenience to suspected communists who would “name names” and turn in other supposed conspirators. The woke inquisition uses the same tactic, forcing those caught in its maw to renounce prior statements they find objectionable. NFL quarterback Drew Brees surrendered to the roar while noted leftists such as J.K. Rowling and Noam Chomsky are being pilloried for their defense of free speech. McCarthy was enabled by a frightened and compliant center-right. They knew he was wrong, but they also knew the anti-communist cause was right and were unsure how to embrace the just cause and excise the zealous overreach. It wasn’t until McCarthy attacked the U.S. Army that one man, attorney Joseph Welch, had the courage to speak up. “Have you no decency, sir?” he said as McCarthy tried to slander a colleague. The bubble burst, and people found the inquisitorial emperor had no clothes. The Senate censured him in 1954, and McCarthy died in 1957, a broken man. It won’t be as easy to defeat the woke movement. There isn’t one person whose humiliation will break the spell. This movement is deep, decentralized and widespread.  Henry Olsen
Every cultural revolution starts at year zero, whether explicitly or implicitly. The French Revolution recalibrated the calendar to begin anew, and the genocidal Pol Pot declared his own Cambodian revolutionary ascension as the beginning of time. Somewhere after May 25, 2020, the death of George Floyd, while in police custody, sparked demonstrations, protests, and riots. And they in turn ushered in a new revolutionary moment. Or at least we were told that — in part by Black Lives Matter, in part by Antifa, in part by terrified enablers in the corporate world, the new Democratic Party, the military, the universities, and the media. What was uniquely different about this cultural revolution was how willing and quickly the entire progressive establishment — elected officials, celebrities, media, universities, foundations, retired military — was either on the side of the revolution or saw it as useful in aborting the Trump presidency, or was terrified it would be targeted and so wished to appease the Jacobins. This reborn America was to end all of the old that had come before and supposedly pay penance for George Floyd’s death and, by symbolic extension, America’s inherent evil since 1619. As in all cultural revolutions, the protestors claimed at first at that they wanted only to erase supposedly reactionary elements: Confederate statues, movies such as Gone with the Wind, some hurtful cartoons, and a few cranky conservative professors and what not. But soon such recalibration steam rolled, fueled by acquiescence, fright, and timidity. Drunk with ego and power, it moved on to attack almost anything connected with the past or present of the United States itself. Soon statues of General Grant, and presidents including George Washington, Abraham Lincoln, and Andrew Jackson were either toppled or defaced. The message was that their crimes were being white and privileged — in the way that today’s white and privileged should meet a similar fate. Or, as the marchers, who tried to storm Beverly Hills, put it: “Eat the Rich.” They were met by tear gas, and not a single retired general double-downed on his outrage at law enforcement for using tear gas against civilians. Did the BLM idea of cannibalizing the billionaires include LeBron James, Beyoncé, Oprah Winfrey, and likely soon-to-be billionaire Barack Obama? Name changing is always a barometer of a year-zero culture revolution that seeks to wipe out the past and, with it, anyone wedded to it. And so it was only a matter of time that the Woodrow Wilson Princeton School of Public and International Affairs was Trotskyized. Liberals cringed but kept silent, given that Wilson is still a hero for his support of the League of Nations, and his utopian efforts at Versailles, despite his characteristic progressive allegiance to pseudoscientific race-based genetics. Any revolution that claims it will not tolerate commemoration of any century-old enemies must put its handwipes where its mouth is. And revolutionaries always follow the path of least resistance. So in our era, that means the mob has focused on the hollow men and women now serving as university presidents, corporate CEOs, sports-franchise owners and coaches, politicians, news anchors, and even in some cases retired high-ranking officers of the military. It was easy wringing promises from these hierarchies to remove the trademark faces of Aunt Jemimah and Uncle Ben from popular food brands, and to win hundreds of new, costly diversity-coordinator billets, more mandatory race and gender indoctrination training, a “black” national anthem to be played at sporting events, and promises to BLM to rename military bases. Indeed, in no time, these elites were volunteering to debase themselves. Dan Cathy, CEO of the Chick-fil-A fast-food restaurant chain, urged white people to shine the shoes of blacks in the manner that the disciples had washed the feet of Jesus — and indeed Dan Cathy sort of did just that when he polished the sneakers of rapper Lecrae. Such is the new bottom line of profits in corporate America. (…) The 1960s saw Southern rural folk culture as a sort of hippie alternative to the dominant wealth and suburbanism of the mainstream. And all that is supposedly over now? Could Ry Cooder sing “I’m a Good Old Rebel” for a movie like The Long Riders, exploring the contradictions of ex-Confederate thugs like the James boys and the Youngers? Would anyone play the Band’s “The Night They Drove Old Dixie Down,” or even the version of it by leftist Joan Baez? Could Ken Burns now still make The Civil War, 30 years after its original release, with a folksy Shelby Foote contextualizing the Confederate defeat as thousands of brave men dying for a tragic cause beneath them? Would a liberal Southerner like the late Jody Powell still dare to voice the words of Stonewall Jackson or Horton Foote or Jefferson Davis? In our more enlightened revolutionary times, were all these players useful idiots in the cause of racism? (…) In the exhilaration of exercising power ruthlessly and unchecked, the cultural revolutionists soon turn on their own: poor Trump-hating Dan Abrams losing his cop reality show, the two liberal trial lawyers armed on their mansion lawn in St. Louis terrified of the mob entering their gated estate community, bewildered CHOP activists wondering where the police were once mayhem and death were among them, the inner city of Chicago or New York in the age of police drawbacks wondering how high the daily murder rate will climb once shooters fathom that there are no police, and inner-city communities furious that the ER is too crowded with shooting victims to properly treat COVID-19 arrivals. Do we now really expect that the Wilson Center in Washington will be cancelled, the Washington Monument cut down to size, and Princeton, Yale, and Stanford renamed? The logic of the revolution says yes, but the liberal appeasers of it are growing uneasy. They are realizing that their own elite status and referents are now in the crosshairs. And so they are on the verge of becoming Thermidors. And what will the new icons be under our new revolutionary premises? Will we say the old statues were bad because they were not perfect, but the new replacements are perfect despite being a tad bad in places? Will we dedicate more memorials to Martin Luther King Jr., the great advocate of the civil-rights movement, or do we focus instead on his plagiarism, his often poor treatment of women, and his reckless promiscuity? Gandhi is gone, but who replaces him, Subhas Chandra Bose? Will Princeton rename their school of diplomacy in honor of the martyred Malcom X, slain by the black nationalist Nation of Islam? Malcom may now become ubiquitous, but he said things about white people that would have made what Wilson said about black people look tame. Puritanical cultural revolutionaries are always a minority of society. But whether they win or lose — that is, whether they end up as Bolsheviks or Jacobins — hinges on how successfully they terrify the masses into submission, and how quickly they can do that before repulsion grows over their absurd violence and silly rhetoric. When the backlash comes, as it must when mobs destroy statues at night, loot, burn, and obliterate what Mao called the “four olds” of a culture revolution — Old Customs, Old Culture, Old Habits, and Old Ideas — it may not be pretty. We can see its contours already: Asian Americans further discriminated against to allow for new university mandates jettisoning SAT scores and GPAs, while schools set new larger percentages of African-American admissions and transform their entire diversity industry into a black-advocacy enterprise; virtue-signaling and now hard-left white CEOs and college presidents and provosts asked to step down, to do their own small white-male part in yielding their prized jobs to someone more woke and less pink. Gun sales are at record levels. I supposed the revolutionaries never investigated the original idea of a police force and the concept of the government’s legal monopoly on violence? It was not just to protect the law-abiding from the criminal, but to protect the criminal from the outraged vigilante. Only police can stop blood feuds such as the ones we see in Chicago or like the medieval ones of Iceland’s Njáls saga, or the postbellum slaughtering of the Hatfields and McCoys. We are already seeing a counterrevolution — as the Left goes ballistic that anyone would appear on his lawn pointing a semiautomatic rifle to protect mere “brick and mortar.” Without a functioning police force, do we really believe that the stockbroker is going to walk home in the evening in New York City without a firearm, or that the suburbanite in Minneapolis in an expansive home will not have a semiautomatic rifle, or that the couple who drives to Los Angeles with the kids to visit Disneyland will not have a 9mm automatic in their car console? The Left has energized the Second Amendment in a way the NRA never could, and for the next decade, there will be more guns in pockets, cars, and homes than at any time in history. Do Nike, the NFL, and the NBA really believe that their fan clientele will buy into the Black Lives Matter special national anthem and BLM corporate logos on their uniforms? Publicly, perhaps their clients will say so, but at home and in private where fans have absolute control of the remotes or their Amazon accounts, probably not. (…) The BLM problem is that never in history has a radical cultural revolution at its outset declared itself both race-based and yet predicated on a small minority of the population, whose strategy was to shame and debase the majority that was sympathetic to the idea of relegating race to insignificance. If sowing the wind has been getting ugly, reaping the whirlwind will be more so. Victor Davis Hanson
A l’exemple de Saturne, la Révolution dévore ses enfants
En ces temps étranges …
Où après l’hystérie collective du virus chinois
Puis, le psychodrame des iconoclastes (y compris religieux) du Black Lives Matter …
Certains policiers noirs commencent à s’inquiéter du chaos laissé dans leurs quartiers par des manifestations Black Lives Matter où il y a plus de blancs que dans les forces de police en face d’elles …
Et des responsables noirs américains en sont à plaider, devant la recrudescence des violences, pour le retour de la police
Et à l’heure où après le départ fracassant, pour cause de pensée non conforme, d’une journaliste du New York Times …
Un autre de ses confrères progressistes se voit pousser dehors du New York magazine …
Comment ne pas repenser …
A la célèbre formule, au moment justement où la révolution française commençait à dévorer ses propres enfants, du journaliste et publiciste genevois Jacques Mallet du Pan  ?
Et comment ne pas en voir la meilleure métaphore …
Dans la fulfurance avec laquelle …
Un couple de stars du barreau de Saint Louis il y a deux semaines  …
Est passé pilori médiatique oblige …
Pour être descendus les armes à la main pieds nus dans leur jardin …
Dans la panique suscitée par un groupes de manifestants Black lives matter passant devant leurs portes…
De valeureux défenseurs des victimes en tous genres de la société américaine …
A meilleurs mais bien involontaires supports publicitaires de la NRA ?
Year Zero
Victor Davis Hanson
National Review
July 7, 2020Every cultural revolution starts at year zero, whether explicitly or implicitly. The French Revolution recalibrated the calendar to begin anew, and the genocidal Pol Pot declared his own Cambodian revolutionary ascension as the beginning of time.

Somewhere after May 25, 2020, the death of George Floyd, while in police custody, sparked demonstrations, protests, and riots. And they in turn ushered in a new revolutionary moment. Or at least we were told that — in part by Black Lives Matter, in part by Antifa, in part by terrified enablers in the corporate world, the new Democratic Party, the military, the universities, and the media.

What was uniquely different about this cultural revolution was how willing and quickly the entire progressive establishment — elected officials, celebrities, media, universities, foundations, retired military — was either on the side of the revolution or saw it as useful in aborting the Trump presidency, or was terrified it would be targeted and so wished to appease the Jacobins.

This reborn America was to end all of the old that had come before and supposedly pay penance for George Floyd’s death and, by symbolic extension, America’s inherent evil since 1619. As in all cultural revolutions, the protestors claimed at first at that they wanted only to erase supposedly reactionary elements: Confederate statues, movies such as Gone with the Wind, some hurtful cartoons, and a few cranky conservative professors and what not.

But soon such recalibration steam rolled, fueled by acquiescence, fright, and timidity. Drunk with ego and power, it moved on to attack almost anything connected with the past or present of the United States itself.

Soon statues of General Grant, and presidents including George Washington, Abraham Lincoln, and Andrew Jackson were either toppled or defaced. The message was that their crimes were being white and privileged — in the way that today’s white and privileged should meet a similar fate. Or, as the marchers, who tried to storm Beverly Hills, put it: “Eat the Rich.” They were met by tear gas, and not a single retired general double-downed on his outrage at law enforcement for using tear gas against civilians. Did the BLM idea of cannibalizing the billionaires include LeBron James, Beyoncé, Oprah Winfrey, and likely soon-to-be billionaire Barack Obama?

Name changing is always a barometer of a year-zero culture revolution that seeks to wipe out the past and, with it, anyone wedded to it. And so it was only a matter of time that the Woodrow Wilson Princeton School of Public and International Affairs was Trotskyized. Liberals cringed but kept silent, given that Wilson is still a hero for his support of the League of Nations, and his utopian efforts at Versailles, despite his characteristic progressive allegiance to pseudoscientific race-based genetics.

Rebranding

Any revolution that claims it will not tolerate commemoration of any century-old enemies must put its handwipes where its mouth is. And revolutionaries always follow the path of least resistance. So in our era, that means the mob has focused on the hollow men and women now serving as university presidents, corporate CEOs, sports-franchise owners and coaches, politicians, news anchors, and even in some cases retired high-ranking officers of the military.

It was easy wringing promises from these hierarchies to remove the trademark faces of Aunt Jemimah and Uncle Ben from popular food brands, and to win hundreds of new, costly diversity-coordinator billets, more mandatory race and gender indoctrination training, a “black” national anthem to be played at sporting events, and promises to BLM to rename military bases.

Indeed, in no time, these elites were volunteering to debase themselves. Dan Cathy, CEO of the Chick-fil-A fast-food restaurant chain, urged white people to shine the shoes of blacks in the manner that the disciples had washed the feet of Jesus — and indeed Dan Cathy sort of did just that when he polished the sneakers of rapper Lecrae. Such is the new bottom line of profits in corporate America.

Yet, the culture of erasure takes some time to reach all the eddies and pools of a huge society as variegated as America. Take the new reconstruction of the Civil War. In the old days before this May, the war was considered a catastrophic nemesis due a hubristic Confederacy. Yet, given that there were only 7 to 8 percent of the nation’s households in 1860 owning slaves, it should have been possible to end slavery without harvesting nearly 700,000 Americans.

But it was not, because — according to the traditional American tragic theme — millions of non-slave-owning white poor of the Confederacy fought tenaciously, and ultimately for a plantation culture that had marginalized them. Their rationale was that their sacred soil and homes were “invaded” by “Yankees” in a war of “Northern aggression.”

Liberal Hollywood bought into this tragic notion of misguided but somewhat honorable losers who had headed westward, penniless in defeat, after the war. Most Westerns of the 1950s — John Ford’s The Searchers or George Stevens’s Shane — saw Confederate pedigrees of a losing and disreputable cause as central to the outsider’s creed of the gunfighter. These Confederate vets were dead-enders useful in ridding a fragile civilization on the frontier of its demons, but too volatile to live within it during the peaceful aftermath when gunplay was no longer needed.

The 1960s saw Southern rural folk culture as a sort of hippie alternative to the dominant wealth and suburbanism of the mainstream.

And all that is supposedly over now?

Could Ry Cooder sing “I’m a Good Old Rebel” for a movie like The Long Riders, exploring the contradictions of ex-Confederate thugs like the James boys and the Youngers?

Would anyone play the Band’s “The Night They Drove Old Dixie Down,” or even the version of it by leftist Joan Baez?

Could Ken Burns now still make The Civil War, 30 years after its original release, with a folksy Shelby Foote contextualizing the Confederate defeat as thousands of brave men dying for a tragic cause beneath them? Would a liberal Southerner like the late Jody Powell still dare to voice the words of Stonewall Jackson or Horton Foote or Jefferson Davis? In our more enlightened revolutionary times, were all these players useful idiots in the cause of racism?

Are there now three Americas? One of white guilt and penance, one of black anger and victimization, and another seething in silence as they see their 244 years of history written off as something worse than the pasts of Somalia, Peru, Iran, or Serbia.

There are now two realities — beyond two national anthems, beyond black and white dorms, black and white segregated safe spaces on campus, and beyond now segregated black and white history, language, philosophy, and science and math.

For blatantly racist diatribes dug up from the past, there is one standard of contextualization for 1619 architect Nikole Hannah-Jones and the creators of Black Lives Matter, and another that forces silly entertainers like late-night host Jimmy Kimmel to go into exile? In the new America, skin color adjudicates whether one can with impunity be openly racist — as it used to be before the civil-rights movement, whose values and methods the Left purportedly seeks to embrace and resurrect.

If so, then we know from history the script that now follows.

In the exhilaration of exercising power ruthlessly and unchecked, the cultural revolutionists soon turn on their own: poor Trump-hating Dan Abrams losing his cop reality show, the two liberal trial lawyers armed on their mansion lawn in St. Louis terrified of the mob entering their gated estate community, bewildered CHOP activists wondering where the police were once mayhem and death were among them, the inner city of Chicago or New York in the age of police drawbacks wondering how high the daily murder rate will climb once shooters fathom that there are no police, and inner-city communities furious that the ER is too crowded with shooting victims to properly treat COVID-19 arrivals.

Do we now really expect that the Wilson Center in Washington will be cancelled, the Washington Monument cut down to size, and Princeton, Yale, and Stanford renamed?

The logic of the revolution says yes, but the liberal appeasers of it are growing uneasy. They are realizing that their own elite status and referents are now in the crosshairs. And so they are on the verge of becoming Thermidors.

And what will the new icons be under our new revolutionary premises?

Will we say the old statues were bad because they were not perfect, but the new replacements are perfect despite being a tad bad in places? Will we dedicate more memorials to Martin Luther King Jr., the great advocate of the civil-rights movement, or do we focus instead on his plagiarism, his often poor treatment of women, and his reckless promiscuity? Gandhi is gone, but who replaces him, Subhas Chandra Bose? Will Princeton rename their school of diplomacy in honor of the martyred Malcom X, slain by the black nationalist Nation of Islam? Malcom may now become ubiquitous, but he said things about white people that would have made what Wilson said about black people look tame.

Puritanical cultural revolutionaries are always a minority of society. But whether they win or lose — that is, whether they end up as Bolsheviks or Jacobins — hinges on how successfully they terrify the masses into submission, and how quickly they can do that before repulsion grows over their absurd violence and silly rhetoric.

When the backlash comes, as it must when mobs destroy statues at night, loot, burn, and obliterate what Mao called the “four olds” of a culture revolution — Old Customs, Old Culture, Old Habits, and Old Ideas — it may not be pretty.

We can see its contours already: Asian Americans further discriminated against to allow for new university mandates jettisoning SAT scores and GPAs, while schools set new larger percentages of African-American admissions and transform their entire diversity industry into a black-advocacy enterprise; virtue-signaling and now hard-left white CEOs and college presidents and provosts asked to step down, to do their own small white-male part in yielding their prized jobs to someone more woke and less pink.

Gun sales are at record levels. I supposed the revolutionaries never investigated the original idea of a police force and the concept of the government’s legal monopoly on violence? It was not just to protect the law-abiding from the criminal, but to protect the criminal from the outraged vigilante.

Only police can stop blood feuds such as the ones we see in Chicago or like the medieval ones of Iceland’s Njáls saga, or the postbellum slaughtering of the Hatfields and McCoys. We are already seeing a counterrevolution — as the Left goes ballistic that anyone would appear on his lawn pointing a semiautomatic rifle to protect mere “brick and mortar.”

Without a functioning police force, do we really believe that the stockbroker is going to walk home in the evening in New York City without a firearm, or that the suburbanite in Minneapolis in an expansive home will not have a semiautomatic rifle, or that the couple who drives to Los Angeles with the kids to visit Disneyland will not have a 9mm automatic in their car console? The Left has energized the Second Amendment in a way the NRA never could, and for the next decade, there will be more guns in pockets, cars, and homes than at any time in history.

Do Nike, the NFL, and the NBA really believe that their fan clientele will buy into the Black Lives Matter special national anthem and BLM corporate logos on their uniforms? Publicly, perhaps their clients will say so, but at home and in private where fans have absolute control of the remotes or their Amazon accounts, probably not.

The counterrevolution will be easy to spot. Suddenly a left-wing institution will refuse to change its name. Gone with the Wind will insidiously reappear on the schedule of TBN classic movies. Statue topplers all of a sudden will be scouted out and arrested and have felonies on their record — and no one will complain.

NFL’s attendance will crater. Joe Biden will begin cataloguing both good and bad statues, and correct and incorrect name changing, and by October he will be saying, “One the one hand . . . on the other hand . . . ”

Segregation will doom this revolution. It is the worst poison in a multiracial society. Yet it is the signature issue of Black Lives Matter — everything from separate safe spaces and theme houses based on skin color in universities to specials fees and rules for non-blacks. The popular forces of integration, assimilation, and intermarriage will not be harnessed by racial-separatist czars, asking for DNA pedigrees as they sleuth for microaggressions and implicit biases.

The BLM problem is that never in history has a radical cultural revolution at its outset declared itself both race-based and yet predicated on a small minority of the population, whose strategy was to shame and debase the majority that was sympathetic to the idea of relegating race to insignificance. 

If sowing the wind has been getting ugly, reaping the whirlwind will be more so.

Voir aussi:

Vidéo : un riche couple d’Américains sort lourdement armé pour défendre sa propriété contre des manifestants

La scène est à peine croyable. Des manifestants américains du mouvement «Black lives matter» se rendant devant le domicile de la maire de Saint Louis, Lyda Krewson, pour exiger sa démission, ont été menacés dimanche par un couple d’avocats, lourdement armés, alors qu’ils passaient devant leur villa.

Mark et Patricia McCloskey ont ainsi été filmés pointant leurs armes en direction des 300 personnes marchant devant eux. Lui tenait un fusil de type AR-15, quand sa femme préférait brandir une arme de poing. NBC News rapporte que les portails de plusieurs propriétés du quartier ont été détériorés. Ironie de l’histoire, le couple en question a fait de la défense des victimes de dommages corporels sa spécialité.

Le président Trump a retweeté une vidéo de l’incident, sans le commenter. La scène a, faut-il s’en douter, choqué un nombre important d’internautes. D’autres y ont vu l’occasion de lancer des parodies.

Voir également:

Médias.

Démission au “New York Times” : “Ils me traitent de nazie et de raciste”

Courrier international

Décrivant un environnement de travail “intolérant” et fustigeant une certaine bien-pensance qui confine à l’“autocensure”, Bari Weiss, une journaliste chargée de faire vivre la diversité des opinions dans les colonnes du prestigieux quotidien américain, a présenté sa démission.

Sa lettre de démission est adressée à Arthur Gregg Sulzberger, directeur de la publication du New York Times. Dans ce texte publié sur son site personnel, Bari Weiss explique les raisons de son départ du quotidien de centre gauche.

Auteure et éditrice des pages Opinion du journal depuis 2017, la journaliste rappelle avoir été embauchée “dans le but de faire venir au journal les voix qui n’apparaîtraient pas dans ses pages autrement : […] les centristes, les conservateurs et ceux qui ne se sentent pas chez eux au New York Times. La raison de ce recrutement était claire : le journal n’avait pas anticipé le résultat de l’élection présidentielle de 2016, ce qui montrait qu’il n’avait pas une bonne compréhension du pays qu’il couvre.”

Pourtant, écrit Bari Weiss, le journal “n’a pas tiré les enseignements qui auraient dû suivre le scrutin”.

Mes incursions dans la pensée non orthodoxe ont fait de moi l’objet d’un harcèlement constant de la part de mes collègues qui ne partagent pas mes opinions. Ils me traitent de nazie et de raciste […]. Mon travail et ma personne sont ouvertement dénigrés sur les chaînes Slack [outil de communication interne] de la société […]. Certains collaborateurs y soutiennent qu’il faut se débarrasser de moi si le journal veut être véritablement ‘inclusif’ et d’autres postent l’émoji de la hache [‘ax’ signifie à la fois ‘hache’ et ‘virer’] à côté de mon nom.”

Dans un article écrit par le spécialiste média du quotidien américain, le New York Times indique que “Mme Weiss […] est connue pour sa tendance à remettre en question certains aspects des mouvements pour la justice sociale qui se développent depuis quelques années”. Ainsi, le mois dernier, la journaliste de 36 ans avait critiqué l’émoi d’une partie de sa rédaction après la publication d’une tribune d’un sénateur républicain demandant une intervention militaire pour “rétablir l’ordre” face aux manifestations du mouvement Black Lives Matter.

Dans la foulée, Bari Weiss décrivait sur Twitter la “guerre civile” qui ferait rage au sein de la rédaction du NYT et d’autres médias américains entre la “‘Nouvelle Garde’ – des gens en général jeunes qui sont attachés à la justice sociale – et la ‘Vieille Garde’ – les progressistes qui ont en général plus de 40 ans”. “Nombre de membres de la rédaction ont protesté sur Twitter et déclaré que c’était faux ou que cela ne représentait pas leurs positions”, commente l’article du New York Times.

“Twitter ne figure pas sur la une du New York Times, mais il en est devenu le rédacteur en chef ultime”, poursuit Bari Weiss dans sa lettre, regrettant les extrêmes précautions que prendrait l’équipe du quotidien pour ne pas froisser ses lecteurs les plus “éveillés”. Sur un ton railleur, elle interroge :

Pourquoi proposer quelque chose de difficile à avaler pour nos lecteurs, ou écrire quelque chose d’audacieux pour finir par passer par le processus abrutissant de le rendre idéologiquement acceptable, alors que nous pouvons assurer notre emploi (et des clics) en publiant une 4 000e tribune avançant que Donald Trump constitue un danger pour le pays et pour le monde ? L’autocensure est ainsi devenue la norme.”

“Nous remercions Bari pour les nombreuses contributions qu’elle a apportées à la rubrique Opinion. Je suis personnellement déterminée à ce que le New York Times continue à publier des voix, des vécus et des points de vue venant de tout l’échiquier politique dans la page Opinion”, a réagi Kathleen Kingsbury, responsable de cette rubrique.

Voir de même:

« L’Amérique vit un nouveau Moyen Âge, avec son oligarchie, ses clercs et son dogme »

GRAND ENTRETIEN – Notre monde est entré «dans un nouveau Moyen Âge» version high-tech, marqué par un accroissement inquiétant des inégalités, avertit le géographe Joel Kotkin.

Laure Mandeville
Le Figaro
16 juillet 2020

«Le Meilleur des mondes» décrit par Aldous Huxley serait-il en train de pointer le nez sur les côtes de Californie et de gagner l’Amérique? Dans son nouveau livre, L’Avènement du néo-féodalisme, le géographe américain Joel Kotkin, cousin californien du géographe français Christophe Guilluy, qui scrute depuis des années avec inquiétude la destruction des classes moyennes à la faveur de la délocalisation et de la financiarisation de l’économie, s’interroge sur la «tyrannie» que dessine l’émergence d’une oligarchie ultra-puissante et contrôlant une technologie envahissante.

Joel Kotkin décrit l’alliance de l’oligarchie de la Silicon Valley, composée de quelques milliardaires passionnés de transhumanisme, et persuadés que la technologie est la réponse à tous les problèmes, avec une classe intellectuelle de «clercs» qui se comporte comme un «nouveau clergé» et instaure de nouveaux dogmes – sur la globalisation, le genre, «le privilège blanc» – avec une ferveur toute religieuse. Il devient dangereux d’exprimer ses désaccords, regrette cet ancien social-démocrate, qui explique ne plus avoir sa place à gauche. Une situation d’intolérance que le départ fracassant de la journaliste Bari Weiss du New York Times , forcée de quitter le navire sous la pression de pairs devenus «censeurs», vient d’illustrer avec éloquence.

LE FIGARO. – Vous publiez L’Avènement du néo-féodalisme*, un ouvrage qui décrit l’émergence en Amérique, et plus encore en Chine, en Europe et même au Japon, d’un système caractérisé par une concentration de plus en plus inégalitaire de la richesse et du pouvoir entre les mains d’une petite minorité de «seigneurs» de la tech et de la finance. Retournons-nous vraiment au Moyen Âge version high-tech ?

Joel KOTKIN. – Nous vivons effectivement une époque qui rappelle le Moyen Âge avec son oligarchie, ses clercs et son dogme. Une sorte d’aristocratie de la tech a émergé et a fait alliance avec la classe intellectuelle, pour mettre en place une nouvelle vision de la société, qui a pour ambition de remplacer les valeurs plus traditionnelles portées depuis l’après-guerre par la classe moyenne. Tout l’enjeu futur de la politique est de savoir si «le tiers état» d’aujourd’hui – les classes moyennes paupérisées et les classes populaires – se soumettra à leur contrôle. Nous sommes entrés dans le paradigme d’une oligarchie concentrant la richesse nationale à un point jamais atteint à l’époque contemporaine. Cinq compagnies détiennent l’essentiel de la richesse nationale en Amérique! Une poignée de patrons de la tech et «leurs chiens de garde» de la finance, contrôlent chacun des fortunes de dizaines de milliards de dollars en moyenne et ils ont à peine 40 ans, ce qui veut dire que nous allons devoir vivre avec eux et leur influence pour tout le reste de nos vies!

La globalisation et la financiarisation ont été des facteurs majeurs de cette concentration effrénée de la richesse. La délocalisation de l’industrie vers la Chine a coûté 1,5 million d’emplois manufacturiers au Royaume-Uni, et 3,4 millions à l’Amérique. Les PME, les entreprises familiales, l’artisanat, ont été massivement détruits, débouchant sur une paupérisation des classes moyennes, qui étaient le cœur du modèle capitaliste libéral américain. La crise du coronavirus a accéléré la tendance. Les compagnies de la tech sortent grandes gagnantes de l’épreuve. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, vient juste d’annoncer que sa capitalisation a progressé de 30 milliards de dollars alors que les petites compagnies se noient! Les inégalités de classe ne font que s’accélérer, avec une élite intellectuelle et managériale qui s’en sort très bien – les fameux clercs qui peuvent travailler à distance – , et le reste de la classe moyenne qui s’appauvrit. Les classes populaires, elles, ont subi le virus de plein fouet, ont bien plus de risques de l’attraper, ont souffert du confinement dans leurs petits appartements, et ont pour beaucoup perdu leur travail. C’est un tableau très sombre qui émerge avec une caste de puissants ultra-étroite et de «nouveaux serfs», sans rien de substantiel entre les deux: 70 % des Américains estiment que leurs enfants vivront moins bien qu’eux.

La destruction systématique de notre passé est très dangereuse. Cela nous ramène à l’esprit de la Révolution culturelle chinoise. Si l’on continue, il n’y aura plus que des tribus

Vous écrivez que la Silicon Valley est une sorte de laboratoire futuriste de ce qui attend l’Amérique. Votre description ne donne pas envie…

La Silicon Valley, jadis une terre promise des self-made-men est devenue le visage de l’inégalité et des nouvelles forteresses industrielles. Les géants technologiques comme Google ou Facebook ont tué la culture des start-up née dans les garages californiens dans les années 1970 et qui a perduré jusque dans les années 1990, car ils siphonnent toute l’innovation. Je suis évidemment pour la défense de l’environnement, mais l’idéologie verte très radicale qui prévaut en Californie avantage aussi les grandes compagnies qui seules peuvent survivre aux régulations environnementales drastiques, alors que les PME n’y résistent pas ou s’en vont ailleurs. On sous-estime cet aspect socio-économique de la «transition écologique», qui exclut les classes populaires et explique par exemple vos «gilets jaunes», comme le raconte le géographe Christophe Guilluy. Vu la concentration de richesses, l’immobilier californien a atteint des prix records et les classes populaires ont été boutées hors de San Francisco, pourtant un bastion du «progressisme» politique. La ville, qui se veut l’avant-garde de l’antiracisme et abritait jadis une communauté afro-américaine très vivante, n’a pratiquement plus d’habitants noirs, à peine 5 %, un autre paradoxe du progressisme actuel.

Vous parlez d’alliance de cette oligarchie avec de nouveaux clercs, presque un nouveau «clergé», gardien des nouveaux «dogmes». Que voulez-vous dire?

Il y a un vrai parallèle entre la situation d’aujourd’hui et l’alliance de l’aristocratie et du clergé avant la Révolution française. Et cela vaut pour tous les pays occidentaux. Ces clercs rassemblent les élites intellectuelles d’aujourd’hui, qui sont presque toutes situées à gauche. Si je les nomme ainsi, c’est pour souligner le caractère presque religieux de l’orthodoxie qu’elles entendent imposer, comme jadis l’Église catholique. Au XIIIe siècle, à l’université de Paris, personne n’aurait osé douter de l’existence de Dieu. Aujourd’hui, personne n’ose contester sans risque les nouveaux dogmes, j’en sais quelque chose. Je suis pourtant loin d’être conservateur, je suis un social-démocrate de la vieille école, qui juge les inégalités de classe plus pertinentes que les questions d’identité, de genre, mais il n’y a plus de place pour des gens comme moi dans l’univers mental et politique de ces élites. Elles entendent remplacer les valeurs de la famille et de la liberté individuelle qui ont fait le succès de l’Amérique après-guerre et la prospérité de la classe moyenne, par un credo qui allie défense du globalisme, justice sociale (définie comme la défense des minorités raciales et sexuelles, NDLR), modèle de développement durable imposé par le haut et redéfinition des rôles familiaux. Elles affirment que le développement durable est plus important que la croissance qui permettait de sortir les classes populaires de la pauvreté. Ce point créera une vraie tension sociale. Ce qui est frappant, c’est l’uniformité de ce «clergé».

Parmi les journalistes, seulement 7 % se disent républicains. C’est la même chose, voire pire, dans les universités, le cinéma, la musique. On n’a plus le droit d’être en désaccord avec quoi que ce soit! Écrire que le problème de la communauté noire est plus un problème socio-économique que racial, est devenu risqué, et peut vous faire traiter de raciste! J’ai travaillé longtemps comme journaliste avant d’enseigner, et notamment pour le Washington Post, le Los Angeles Times et d’autres… Il arrive que j’y trouve encore de très bons papiers, mais dans l’ensemble, je ne peux plus les lire tellement ils sont biaisés sur les sujets liés à la question raciale, à Trump ou à la politique! Je n’ai aucune sympathie pour Donald Trump, que je juge toxique, mais la haine qu’il suscite va trop loin. On voit se développer un journalisme d’opinion penchant à gauche, qui mène à ce que la Rand Corporation (une institution de recherche prestigieuse, fondée initialement pour les besoins de l’armée américaine, NDLR) qualifie de «décomposition de la vérité».

Je dois dire avoir aussi été très choqué par le «projet 1619» (ce projet affirme que l’origine de l’Amérique n’est pas 1776 et la proclamation de l’Indépendance, mais 1619 avec l’arrivée de bateaux d’esclaves sur les côtes américaines, NDLR), lancé par le New York Times, qui veut démontrer que toute l’histoire américaine est celle d’un pays raciste. Oui l’esclavage a été une chose horrible, mais les succès et progrès américains ne peuvent être niés au nom des crimes commis. Je n’ai rien contre le fait de déboulonner les généraux confédérés, qui ont combattu pour le Sud esclavagiste. Mais vouloir déboulonner le général Ulysse Grant, grand vainqueur des confédérés, ou encore George Washington, est absurde. La destruction systématique de notre passé, et du sens de ce qui nous tient ensemble, est très dangereuse. Cela nous ramène à l’esprit de la Révolution culturelle chinoise. Si l’on continue, il n’y aura plus que des tribus.

Vous soulignez le danger particulier de l’alliance de l’oligarchie de la tech et des élites, en raison du rôle croissant de la technologie…

Je crois que c’est Huxley qui dans Le Meilleur des mondes, affirme qu’une tyrannie appuyée sur la technologie ne peut être défaite. La puissance des oligarchies et des élites culturelles actuelles est renforcée par le rôle croissant de la technologie, qui augmente le degré de contrôle de ce que nous pensons, lisons, écoutons… Quand internet est apparu, il a suscité un immense espoir. On pensait qu’il ouvrirait une ère de liberté fertile pour les idées, mais c’est au contraire devenu un instrument de contrôle de l’information et de la pensée! Même si les blogs qui prolifèrent confèrent une apparence de démocratie et de diversité, la réalité actuelle c’est quelques compagnies basées dans la Silicon Valley qui exercent un contrôle de plus en plus lourd sur le flux d’informations. Près des deux tiers des jeunes s’informent sur les réseaux sociaux. De plus, Google, Facebook, Amazon sont en train de racheter les restes des médias traditionnels qu’ils n’ont pas tués. Ils contrôlent les studios de production de films, YouTube… Henry Ford et Andrew Carnegie n’étaient pas des gentils, mais ils ne vous disaient pas ce que vous deviez penser.

Trump va avoir du mal à gagner. Il pourrait revenir si une forme de rebond économique se dessine ou s’il s’avérait évident que Joe Biden n’a plus toutes ses capacités intellectuelles

Et que pensent ces nouveaux oligarques du XXIe siècle?

Ils sont persuadés que tous les problèmes ont une réponse technologique. Ce sont des techniciens brillants, grands adeptes du transhumanisme, peu préoccupés par la baisse de la natalité ou la question de la mobilité sociale, et bien plus déconnectés des classes populaires que les patrons d’entreprises sidérurgiques d’antan. Leur niveau d’ignorance sur le plan historique ou littéraire est abyssal, et en ce sens, ils sont sans doute plus effrayants encore que l’aristocratie d’Ancien Régime. De plus, se concentrer sur les sujets symboliques comme le genre, les transgenres, le changement climatique, leur permet d’évacuer les sujets de «classe», qui pourraient menacer leur pouvoir.

Que pensez-vous de la bataille entre Zuckerberg, qui a refusé de bannir les tweets de Trump, et les autres grands patrons de la tech, qui veulent bannir «les mauvaises pensées»?

Je pense que Zuckerberg a eu raison et qu’il a du courage, mais il semble être poussé à adopter un rôle de censeur. Un auteur que je connais, environnementaliste dissident, vient de voir sa page Facebook supprimée. C’est une tendance dangereuse, car laisser à quelques groupes privés le pouvoir de contrôler l’information, ouvre la voie à la tyrannie. Cela me ramène au thème central de ce livre qui se veut un manifeste en faveur de la classe moyenne, menacée de destruction après avoir été le pilier de nos démocraties. La démocratie est fondamentalement liée à la dispersion de la propriété privée. C’est pour cela que j’ai toujours eu de l’admiration pour les Pays-Bas, pays qui a toujours créé de la terre, en gagnant sur la mer, et a donc toujours assuré la croissance de sa classe moyenne. Quand cela cesse et que la richesse se concentre entre quelques mains, on revient à un contrôle de la société par le haut, qu’il soit établi par des régimes de droite ou de gauche.

Face à cette réalité, Trump et la rébellion anti-élites qui le porte pourraient-ils gagner à nouveau?

Trump est un idiot et un type détestable, qui, je l’espère, sera désavoué, car il suscite beaucoup de tensions négatives. Mais je n’ai jamais vu un président traité comme il l’a été. La volonté de le destituer était déjà envisagée avant même qu’il ait mis un pied à la Maison-Blanche! Je pense aussi que la presse n’est pas honnête à son sujet. Prenons par exemple son discours au mont Rushmore, l’un des meilleurs qu’il ait faits, et dans lequel il tente de réconcilier un soutien au besoin de justice raciale, et la défense du patrimoine américain. Il y a cité beaucoup de personnages importants comme Frederick Douglass ou Harriet Tubman, mais la presse n’en a pas moins rapporté qu’il s’agissait d’un discours raciste, destiné à rallier les suprémacistes blancs! On l’accuse de tyrannie, mais la plus grande tyrannie qui nous menace est l’alliance des oligarques et des clercs. Le seul avantage de Trump, c’est d’être un contre-pouvoir face à eux. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il ait une vision cohérente. Surtout, il divise terriblement le pays, or nous avons besoin d’une forme d’unité minimale.

Je dirais à ce stade que Trump va avoir du mal à gagner – j’évalue ses chances à une sur trois. Il pourrait revenir si une forme de rebond économique se dessine ou s’il s’avérait évident que Joe Biden n’a plus toutes ses capacités intellectuelles. Si les démocrates l’emportent, ma prédiction est qu’ils en feront trop, et qu’une nouvelle rébellion, qui nous fera regretter Trump, surgira en boomerang. À moins qu’une nouvelle génération de jeunes conservateurs – comme Josh Hawley, JD Vance ou Marco Rubio – capables de défendre les classes populaires tout en faisant obstacle à la révolution culturelle de la gauche, ne finisse par émerger. J’aimerais aussi voir un mouvement remettant vraiment le social à l’honneur se dessiner à gauche, mais je n’y crois pas trop, vu l’obsession de l’identité… Ce qui est sûr, c’est que l’esprit de 2016 et des «gilets jaunes» ne va pas disparaître. Regardez ce qui s’est passé en Australie: on pensait que les travaillistes gagneraient, mais ce sont les populistes qui ont raflé la mise, parce que la gauche verte était devenue tellement anti-industrielle, que les classes populaires l’ont désertée!

* The Coming of Neo-Feudalism: A Warning to the Global Middle Class, Joel Kotkin, Hardcover, 288 p., $20,65.

Voir de plus:

Dear A.G.,

It is with sadness that I write to tell you that I am resigning from The New York Times.

I joined the paper with gratitude and optimism three years ago. I was hired with the goal of bringing in voices that would not otherwise appear in your pages: first-time writers, centrists, conservatives and others who would not naturally think of The Times as their home. The reason for this effort was clear: The paper’s failure to anticipate the outcome of the 2016 election meant that it didn’t have a firm grasp of the country it covers. Dean Baquet and others have admitted as much on various occasions. The priority in Opinion was to help redress that critical shortcoming.

I was honored to be part of that effort, led by James Bennet. I am proud of my work as a writer and as an editor. Among those I helped bring to our pages: the Venezuelan dissident Wuilly Arteaga; the Iranian chess champion Dorsa Derakhshani; and the Hong Kong Christian democrat Derek Lam. Also: Ayaan Hirsi Ali, Masih Alinejad, Zaina Arafat, Elna Baker, Rachael Denhollander, Matti Friedman, Nick Gillespie, Heather Heying, Randall Kennedy, Julius Krein, Monica Lewinsky, Glenn Loury, Jesse Singal, Ali Soufan, Chloe Valdary, Thomas Chatterton Williams, Wesley Yang, and many others.

But the lessons that ought to have followed the election—lessons about the importance of understanding other Americans, the necessity of resisting tribalism, and the centrality of the free exchange of ideas to a democratic society—have not been learned. Instead, a new consensus has emerged in the press, but perhaps especially at this paper: that truth isn’t a process of collective discovery, but an orthodoxy already known to an enlightened few whose job is to inform everyone else.

Twitter is not on the masthead of The New York Times. But Twitter has become its ultimate editor. As the ethics and mores of that platform have become those of the paper, the paper itself has increasingly become a kind of performance space. Stories are chosen and told in a way to satisfy the narrowest of audiences, rather than to allow a curious public to read about the world and then draw their own conclusions. I was always taught that journalists were charged with writing the first rough draft of history. Now, history itself is one more ephemeral thing molded to fit the needs of a predetermined narrative.

My own forays into Wrongthink have made me the subject of constant bullying by colleagues who disagree with my views. They have called me a Nazi and a racist; I have learned to brush off comments about how I’m “writing about the Jews again.” Several colleagues perceived to be friendly with me were badgered by coworkers. My work and my character are openly demeaned on company-wide Slack channels where masthead editors regularly weigh in. There, some coworkers insist I need to be rooted out if this company is to be a truly “inclusive” one, while others post ax emojis next to my name. Still other New York Times employees publicly smear me as a liar and a bigot on Twitter with no fear that harassing me will be met with appropriate action. They never are.

There are terms for all of this: unlawful discrimination, hostile work environment, and constructive discharge. I’m no legal expert. But I know that this is wrong.

I do not understand how you have allowed this kind of behavior to go on inside your company in full view of the paper’s entire staff and the public. And I certainly can’t square how you and other Times leaders have stood by while simultaneously praising me in private for my courage. Showing up for work as a centrist at an American newspaper should not require bravery.

Part of me wishes I could say that my experience was unique. But the truth is that intellectual curiosity—let alone risk-taking—is now a liability at The Times. Why edit something challenging to our readers, or write something bold only to go through the numbing process of making it ideologically kosher, when we can assure ourselves of job security (and clicks) by publishing our 4000th op-ed arguing that Donald Trump is a unique danger to the country and the world? And so self-censorship has become the norm.

What rules that remain at The Times are applied with extreme selectivity. If a person’s ideology is in keeping with the new orthodoxy, they and their work remain unscrutinized. Everyone else lives in fear of the digital thunderdome. Online venom is excused so long as it is directed at the proper targets.

Op-eds that would have easily been published just two years ago would now get an editor or a writer in serious trouble, if not fired. If a piece is perceived as likely to inspire backlash internally or on social media, the editor or writer avoids pitching it. If she feels strongly enough to suggest it, she is quickly steered to safer ground. And if, every now and then, she succeeds in getting a piece published that does not explicitly promote progressive causes, it happens only after every line is carefully massaged, negotiated and caveated.

It took the paper two days and two jobs to say that the Tom Cotton op-ed “fell short of our standards.” We attached an editor’s note on a travel story about Jaffa shortly after it was published because it “failed to touch on important aspects of Jaffa’s makeup and its history.” But there is still none appended to Cheryl Strayed’s fawning interview with the writer Alice Walker, a proud anti-Semite who believes in lizard Illuminati.

The paper of record is, more and more, the record of those living in a distant galaxy, one whose concerns are profoundly removed from the lives of most people. This is a galaxy in which, to choose just a few recent examples, the Soviet space program is lauded for its “diversity”; the doxxing of teenagers in the name of justice is condoned; and the worst caste systems in human history includes the United States alongside Nazi Germany.

Even now, I am confident that most people at The Times do not hold these views. Yet they are cowed by those who do. Why? Perhaps because they believe the ultimate goal is righteous. Perhaps because they believe that they will be granted protection if they nod along as the coin of our realm—language—is degraded in service to an ever-shifting laundry list of right causes. Perhaps because there are millions of unemployed people in this country and they feel lucky to have a job in a contracting industry.

Or perhaps it is because they know that, nowadays, standing up for principle at the paper does not win plaudits. It puts a target on your back. Too wise to post on Slack, they write to me privately about the “new McCarthyism” that has taken root at the paper of record.

All this bodes ill, especially for independent-minded young writers and editors paying close attention to what they’ll have to do to advance in their careers. Rule One: Speak your mind at your own peril. Rule Two: Never risk commissioning a story that goes against the narrative. Rule Three: Never believe an editor or publisher who urges you to go against the grain. Eventually, the publisher will cave to the mob, the editor will get fired or reassigned, and you’ll be hung out to dry.

For these young writers and editors, there is one consolation. As places like The Times and other once-great journalistic institutions betray their standards and lose sight of their principles, Americans still hunger for news that is accurate, opinions that are vital, and debate that is sincere. I hear from these people every day. “An independent press is not a liberal ideal or a progressive ideal or a democratic ideal. It’s an American ideal,” you said a few years ago. I couldn’t agree more. America is a great country that deserves a great newspaper.

None of this means that some of the most talented journalists in the world don’t still labor for this newspaper. They do, which is what makes the illiberal environment especially heartbreaking. I will be, as ever, a dedicated reader of their work. But I can no longer do the work that you brought me here to do—the work that Adolph Ochs described in that famous 1896 statement: “to make of the columns of The New York Times a forum for the consideration of all questions of public importance, and to that end to invite intelligent discussion from all shades of opinion.”

Ochs’s idea is one of the best I’ve encountered. And I’ve always comforted myself with the notion that the best ideas win out. But ideas cannot win on their own. They need a voice. They need a hearing. Above all, they must be backed by people willing to live by them.

Sincerely,

Bari

Voir encore:

The Intelligencer
July 17, 2020

The good news is that my last column in this space is not about “cancel culture.” Well, almost. I agree with some of the critics that it’s a little nuts to say I’ve just been “canceled,” sent into oblivion and exile for some alleged sin. I haven’t. I’m just no longer going to be writing for a magazine that has every right to hire and fire anyone it wants when it comes to the content of what it wants to publish.

The quality of my work does not appear to be the problem. I have a long essay in the coming print magazine on how plagues change societies, after all. I have written some of the most widely read essays in the history of the magazine, and my column has been popular with readers. And I have no complaints about my interaction with the wonderful editors and fact-checkers here — and, in fact, am deeply grateful for their extraordinary talent, skill, and compassion. I’ve been in the office maybe a handful of times over four years, and so there’s no question of anyone mistreating me or vice versa. In fact, I’ve been proud and happy to be a part of this venture.

What has happened, I think, is relatively simple: A critical mass of the staff and management at New York Magazine and Vox Media no longer want to associate with me, and, in a time of ever tightening budgets, I’m a luxury item they don’t want to afford. And that’s entirely their prerogative. They seem to believe, and this is increasingly the orthodoxy in mainstream media, that any writer not actively committed to critical theory in questions of race, gender, sexual orientation, and gender identity is actively, physically harming co-workers merely by existing in the same virtual space. Actually attacking, and even mocking, critical theory’s ideas and methods, as I have done continually in this space, is therefore out of sync with the values of Vox Media. That, to the best of my understanding, is why I’m out of here.

Two years ago, I wrote that we all live on campus now. That is an understatement. In academia, a tiny fraction of professors and administrators have not yet bent the knee to the woke program — and those few left are being purged. The latest study of Harvard University faculty, for example, finds that only 1.46 percent call themselves conservative. But that’s probably higher than the proportion of journalists who call themselves conservative at the New York Times or CNN or New York Magazine. And maybe it’s worth pointing out that “conservative” in my case means that I have passionately opposed Donald J. Trump and pioneered marriage equality, that I support legalized drugs, criminal-justice reform, more redistribution of wealth, aggressive action against climate change, police reform, a realist foreign policy, and laws to protect transgender people from discrimination. I was one of the first journalists in established media to come out. I was a major and early supporter of Barack Obama. I intend to vote for Biden in November.

It seems to me that if this conservatism is so foul that many of my peers are embarrassed to be working at the same magazine, then I have no idea what version of conservatism could ever be tolerated. And that’s fine. We have freedom of association in this country, and if the mainstream media want to cut ties with even moderate anti-Trump conservatives, because they won’t bend the knee to critical theory’s version of reality, that’s their prerogative. It may even win them more readers, at least temporarily. But this is less of a systemic problem than in the past, because the web has massively eroded the power of gatekeepers to suppress and control speech. I was among the first to recognize this potential for individual freedom of speech, and helped pioneer individual online media, specifically blogging, 20 years ago.

And this is where I’m now headed.

Since I closed down the Dish, my bloggy website, five years ago, after 15 years of daily blogging, I have not missed the insane work hours that all but broke my health. But here’s what I do truly and deeply miss: writing freely without being in a defensive crouch; airing tough, smart dissent and engaging with readers in a substantive way that avoids Twitter madness; a truly free intellectual space where anything, yes anything, can be debated without personal abuse or questioning of motives; and where readers can force me to change my mind (or not) by sheer logic or personal testimony.

I miss a readership that truly was eclectic — left, liberal, centrist, right, reactionary — and that loved to be challenged by me and by each other. I miss just the sheer fun that used to be a part of being a hack before all these dreadfully earnest, humor-free puritans took over the press: jokes, window views, silly videos, contests, puns, rickrolls, and so on. The most popular feature we ever ran was completely apolitical — The View From Your Window contest. It was as simple and humanizing as the current web is so fraught and dehumanizing. And in this era of COVID-19 isolation and despair, the need for a humane, tolerant, yet provocative and interesting, community is more urgent than ever.

So, yeah, after being prodded for years by Dishheads, I’m going to bring back the Dish.

I’ve long tried to figure out a way to have this kind of lively community without endangering my health and sanity. Which is why the Weekly Dish, which launches now, is where I’ve landed. The Weekly Dish will be hosted by Substack, a fantastic company that hosts an increasingly impressive number of individual free thinkers, like Jesse Singal and Matt Taibbi. There is a growing federation of independent thinkers and writers not subject to mainstream media’s increasingly narrow range of acceptable thought.

The initial basic formula — which, as with all things Dish, will no doubt evolve — is the following: this three-part column, with perhaps a couple of added short posts or features (I probably won’t be able to resist); a serious dissent section, where I can air real disagreement with my column, and engage with it constructively and civilly; a podcast, which I’ve long wanted to do, but never found a way to fit in; and yes, reader window views again, and the return of The View From Your Window contest. I’m able to do all this because Chris Bodenner, the guru of the Dish in-box and master of the Window View contest, is coming back to join me. He’ll select the dissents, as he long did, in ways that will put me on the spot.

Some have said that this good-faith engagement with lefty and liberal readers made me a better writer and thinker. And I think they’re right. Twitter has been bad for me; it’s just impossible to respond with the same care and nuance that I was able to at the Dish. And if we want to defend what’s left of liberal democracy, it’s not enough to expose and criticize the current model. We just need to model and practice liberal democracy better.

And that’s my larger hope and ambition. If the mainstream media will not host a diversity of opinion, or puts the “moral clarity” of some self-appointed saints before the goal of objectivity in reporting, if it treats writers as mere avatars for their race and gender or gender identity, rather than as unique individuals whose identity is largely irrelevant, then the nonmainstream needs to pick up the slack. What I hope to do at the Weekly Dish is to champion those younger writers who are increasingly shut out of the Establishment, to promote their blogs, articles, and podcasts, to link to them, and encourage them. I want to show them that they have a future in the American discourse. Instead of merely diagnosing the problem of illiberalism, I want to try to be part of the solution.

I’ll still probably piss you off, on a regular basis. “If liberty means anything at all it means the right to tell people what they do not want to hear,” as my journalistic mentor George Orwell put it. But I’ll also be directly accountable, and open to arguments that I, too, don’t want to hear but need to engage. And I hope to find readers who are fine with being pissed off — if it prompts them to reevaluate ideas.

If you believe in that vision or are simply interested in engaging a variety of ideas in a free-wheeling debate, then please join us. Those of you who were loyal Dishheads receive this column every Friday in an email, and you will get the same email next week directing you to the new Weekly Dish. If you are not on that list, or have not received an email lately, or have gotten to know me from my work at New York alone, you can add your name by clicking here.

The Weekly Dish will be free for a bit, while we iron out kinks and prep a podcast for the fall. But if you want to subscribe right away, or be a founding Weekly Dishhead, we’d love it, and it would help us enormously in getting this off the ground.

Dishness lives. All we’re waiting for is you.

See you next Friday.

Voir aussi:

Peak Jacobinism?

Even the woke eventually fear the guillotine. A few of its appeasers and abettors are becoming embarrassed by some of the outright racists and nihilists of BLM and the Maoists of Antifa — and their wannabe hangers-on who troll the Internet hoping to scalp some minor celebrity.

The woke rich too are worried over talk about substantial wealth, capital-gains, and income taxes, even though they have the resources to navigate around the legislation from their wink-and-nod brethren. Soon, even Hunter Biden and the Clintons could be checking in with their legal teams to see how much it will cost them to get around the Squad’s new tax plan.

The lines are thinning a bit for the guillotine. And the guillotiners are starting to panic as they glimpse faces of a restless mob always starved for something to top last night’s torching. Finally, even looters and arsonists get tired of doing the same old, same old each night. They get bored with the puerile bullhorn chants, the on-spec spray-paint defacement, and the petite fascists among them who hog the megaphones. For the lazy and bored, statue toppling — all of those ropes, those icky pry bars, those heavy sledgehammers, and so much pulling — becomes hard work, especially as the police, camera crews, and fisticuffs thin out on the ground. And the easy bronze and stone prey are now mostly rubble. Now it’s either the big, tough stuff like Mount Rushmore or the crazy targets like Lincoln and Frederick Douglass.

There are only so many ways for adult-adolescents to chant monotonously “Eat the Rich! Kill the Pigs! Black Lives Matter!” blah, blah, blah. And there are only so many Road Warrior Antifa ensembles of black hoodies, black masks, black pants, and black padding — before it all it ends up like just another shrill teachers’-union meeting in the school cafeteria or a prolonged adolescent Halloween prankster show.

Some 150 leftist writers and artists recently signed a letter attesting that they are suddenly wary of cancel culture. They want it stopped and prefer free speech. Of course, they first throat-cleared about the evil Trump, as if the president had surveilled Associated Press reporters, or sicced the FBI on a political campaign, or used CIA informants and foreign dossier-mongers to undermine a political opponent. And some petition signers soon retracted, with “I didn’t know what I was doing” apologies. Nonetheless, it was a small sign that not all of the liberal intelligentsia were going to sit still and wait for the mob to swallow them.

They learned well from #MeToo that, in the end, being emancipated, feminist, and woke did not mean that anyone accused of anything was protected by the Bill of Rights, statutes of limitations, the right to cross-examination, sincere apologies, and all that reactionary jazz, whether the accused was Al Franken or Garrison Keillor. Everyone else can also learn from #MeToo: As the revolution moved on from Brett Kavanaugh to Joe Biden himself, it went the way of the fading Jacobins. Tara Reid, after all, was tsked-tsked away in the old-boy “she’s lying” fashion. If not, then she might have empowered the evil Trump in his reelection bid.

The Lincoln County, Ore., authorities just backed off from their earlier homage to Jim Crow — they had issued an edict that all residents would be equal and wear masks in public except African Americans, who would be more equal than others and not be required to wear them. Even Oregon has standards?

The CEO of Goya, Robert Unanue, recently ignored calls to ruin his company — for his sin of praising the U.S. president. So far, he seems utterly unfazed by the pajama-boy mob.

The inveterate racist and anti-Semite Al Sharpton can’t decide whether he wants to dynamite Mount Rushmore or chisel Obama’s visage on it. How strange that the radical Left is divorcing the Democratic Party from all its iconic American referents and leaving them with nothing to replace them except painted slogans of Black Lives Matter on city streets, Kente-cloth shawls, and a Woodie Guthrie song or two. Bill de Blasio believes it is legal for a mayor to ban all public demonstrations — except those predicated on skin color, as he exempts Black Lives Matter outings. That Confederate idea may be too much even for the city’s liberals in hiding.

Seattle’s CHAZ/CHOP is gone. Warlord Raz Simone is back to his capitalist land-lording without even a citation for trespassing. Maybe former CHOP residents will get a discount at his Airbnb rentals.

The streets of our big cities are no longer a “summer of love” hate-fest targeting Donald Trump, but downright scary, given that murdering someone on sight is a COVID-get-out-of-jail-free crime. Blue-state officials green-lighted the multibillion-dollar wreckage and are now coming cup in hand, begging the Trump administration to pay for it. Their logic is: “Don’t dare send your damn troops to interrupt our beautiful looting and arson, but now please send your racist money for us to clean up the mess.”

In California, the jails and prisons are emptying, ostensibly because of the virus, in reality to enact a long-desired agenda of emptying and defunding prisons. As a result, you cannot find an automatic handgun in most California gun shops: The more left-wing a community, the harder to find a gun on the shelf. For what reason do liberals think liberals are buying guns?

COVID-19 is back for a while. The more the Left insists that millions in the streets for a month were not violating quarantines and had no effect on the second wave, the more protestors got infected and graciously went home to spread it to their more vulnerable relatives. Even leftists who were not infected know that this narrative is untrue and that their own demonstrations essentially ended the legitimacy of mass quarantining.

The hated police are slowing down in anticipation of early retirements, layoffs, and budget shortages. The logic is that going into the inner city is a trifecta losing proposition for them: Either get shot, or get accused, or get hated for doing your proper duty. De facto “community policing” seems to be operating in Atlanta, Chicago, and New York as murder spikes and shooters rediscover how it once worked out in Deadwood, Dodge City, and Tombstone. One can learn a lot about “community policing” by watching a 1950s Western in which “community leaders” plead for the outgunned sheriff to remove the accused from his jail cell and hand him over to the posse, which, with one minor lynching, would make it all go away.

How did woke Beverley Hills left-wing zillionaires respond to the Black Lives marcher shouting into their enclave “Eat the Rich”?

Try now politically correct tear gas.

When an Atherton or Georgetown liberal calls 911, will he now first say: “One, I am not an angry white person calling to rat out a suspect of color. Two, I am not calling to save my ‘brick and mortar’ property at the expense of the life of a marginalized victim. Three, I support defunding the police. And so, four, look — an individual of unknown appearance may kind of, sort of be shattering our bedroom window and could be pondering a felonious infraction. So could you send out a community facilitator to inquire?”

The Marxist-birthed Black Lives Matter now resembles Robespierre’s ridiculous Cult of the Supreme Being. So likewise it has become our new state-sponsored religion for America’s nonbelievers. All that is left is to set up a BLM statue on a man-made mountain in D.C. where all can take the knee.

Suddenly retired generals are growing quiet. It’s as if the much-reported “small number” of violent protesters somehow got really, really big. And they do not necessarily worship the military.

Or maybe promises of renaming Fort Bragg and tearing down the Lee statue at West Point strangely did not quite satisfy the architects of Black Lives Matter. It is, after all, a blink of an eye from “Defund the Police!” to “Defund the Military!” (How strange that retired four-star generals in their sixties and seventies suddenly discovered in late spring 2020 that their once hallowed bases a century ago were named after racist Confederate mediocrities. Who would have thought?)

If the chairman of the Joint Chiefs won’t even appear on camera with the commander in chief who restored a decrepit Pentagon budget, and the pantheon of retired military luminaries believes that proof of a Mussolini, Nazi, or fascist in the White House is to be found in the act of securing the southern U.S. border, or not staying another 20 years in Afghanistan, or not inserting American youth into the middle of Kurdish-Turkish bloodletting while inside Russian- and Iranian-occupied fascist Syria, then many might decide that the U.S. military should deal on its own with the defunding Left.

The NFL pulled a Joe Biden VP trick and prematurely promised to play the “black national anthem” at a few games so that all can stand in homage in racial solidarity and then all kneel in disrespect for the subsequent ecumenical national anthem.

Players can wear political insignia to remind incorrect viewers at home about how they are to think correctly. Will extra points be given for great passes and catches by the most woke?

NFL owners can’t yet fathom how they have conjured up a brilliant new way of destroying a 100-year heritage and an inherited huge audience. Is the message of the most non-diverse players to their most diverse fans now to be: “We don’t like your racist country and won’t stand for your toxic anthem, but you owe us to stay tuned for the commercial ads and to come out to the stadium to pay oppressed multimillionaires like us”?

Anyone who watches such an NFL game this fall might as just as well get it over with and enroll in a more honest North Korean–style reeducation camp. If that doesn’t work out, one can always tune in to the NBA preseason and hear more lectures from philosopher-king coach Steven Kerr, contextualizing the many reasons the NBA honors the power of Chinese Communist Party money.

As the cities turn into wastelands, children are gunned down, and careers are destroyed, fewer and fewer bore us by intoning that Trump is Mussolini, or that he resembles the operators of Auschwitz. Fewer still care about the spiraling tragic carnage of the inner cities — not Black Lives Matter, not the Squad, not Nancy Pelosi.

When will we see the BLM/Antifa/Democratic agenda spelled out in full? A new inheritance tax for the midlevel retiring Google executives? A yearly wealth tax on Beyoncé, Cher, and LeBron James? No more carbon foot-printing in a private jet for Barack and Michelle, or Bill and Hillary? Reparations for Maxine Waters? No police force for Pacific Heights?

Terrified inner-city dwellers can’t count on their progressive governors or mayors, or sympathetic billionaires, who will soon be able to hire politically incorrect ex-policemen at a bargain to beef up their private security patrols.

So the revolution is tiring, devouring its own, terrifying its enablers, embarrassing its abettors, and becoming worried that somewhere some courageous nobody might dare say, “You have done enough. Have you no sense of decency?”

The unhinged revolution is trying to make the U.S. into one big CHOP. Millions of Americans seem to be scrambling to avoid it, preferring instead to let the effort cannibalize itself at a safe distance — at least for now.

Voir également:

The Illiberal Liberal Media

As Bari Weiss’s departure confirms, the New York Times has narrowed its spectrum of allowable opinion.

Judith Miller

City Journal

July 14, 2020

What New York Times contributing editor and writer Bari Weiss recently called the “civil war” within the Times has just claimed another victim: Bari Weiss.

In a scathing open letter to publisher A. G. Sulzberger that instantly went viral on Twitter and other social media, Weiss asserted that she was resigning to protest the paper’s failure to defend her against internal and external bullying; senior editors’ abandonment of the paper’s ostensible commitment to publishing news and opinion that stray from an ideological orthodoxy; and the capitulation of many Times reporters and senior editors to the prevailing intolerance of far-Left mobs on Twitter, which she called the paper’s “ultimate editor.”

Weiss was apparently stripped of her role as editor, and not immediately offered another position; the implication that she was no longer welcome was clear. “The paper of record is, more and more, the record of those living in a distant galaxy, one whose concerns are profoundly removed from the lives of most people,” she wrote. “Nowadays, standing up for principle at the paper does not win plaudits. It puts a target on your back.”

Weiss did not respond to a request for comment. But friends and supporters said Tuesday that her decision was prompted in part by events surrounding the forced resignation last month of opinion editor James Bennet, to whom she reported during her three years at the Times. Bennet left the paper, and his deputy James Dao was demoted, after Times staffers revolted against their decision to publish an op-ed by Senator Tom Cotton arguing for deploying the military into U.S. cities to quell riots, if local law enforcement was unable to restore order. Many staffers protested the paper’s decision to give Cotton the powerful platform of the Times’s opinion page.

Some reporters argued that the conservative senator’s claims were contradicted by the paper’s own coverage, and that publishing the essay had endangered blacks, including minority reporters at the paper. Other Times staffers criticized Weiss’s characterization of the debate over Bennet’s publication of the Cotton op-ed as a “civil war” inside the Times between “the (mostly young) wokes” and “(mostly 40+) liberals,” reflecting a broader culture war throughout the country. Several staffers attacked her for having betrayed the paper by publicly describing its internal feuds.

In the aftermath of the Cotton episode, Weiss and many others quietly opposed the paper’s new “red flag” system, which effectively enables even junior editors to “stop or delay the publication of an article containing a controversial view or position,” as one senior editor characterized it.

Weiss has been a lightning rod ever since arriving from the Wall Street Journal, along with her friend, former colleague, and fellow columnist Bret Stephens, who declined to comment today on her resignation. Soon after joining the Times, she wrote a piece about a figure skater of Asian-American descent who was the first American woman to land a triple axel at the Olympics. She was attacked on Twitter after posting a story on the achievement, tweeting the line from the Hamilton musical “Immigrants get the job done”—but the skater was not an immigrant herself, merely the child of immigrants. Twitter exploded, accusing Weiss of “othering” an Asian-American woman.

At the Times, Weiss described herself as a centrist liberal concerned that far-Left critiques stifled free speech. She frequently wrote about anti-Semitism and the Women’s March and warned of the dangers of overly zealous proponents of #MeToo culture in a controversial column about comic Aziz Ansari, which inspired a skit on Saturday Night Live. One friend said that many of Weiss’s Times colleagues resented her because they envied her success. “She was a mid-level editor who made a splash and whose essays became the basis of Saturday Night Live skits,” the friend and former colleague said, asking not to be named.

In her letter, Weiss wrote that she had joined the paper to help publish “voices that would not otherwise appear in the paper of record, such as first-time writers, centrists, conservatives and others who would not naturally think of the Times as their home.” She had been hired, she wrote, after the paper failed to anticipate Donald Trump’s 2016 presidential election victory because it “didn’t have a firm grasp of the country it covers.” But after three years at the paper, she wrote in her open letter, Weiss had concluded, “with sadness,” that she could no longer perform this mission at the nation’s ostensible paper of record, given the bullying that she had experienced within the newsroom and the almost daily attacks on her, often from Times colleagues, on social media. She deplored the paper’s unwillingness to defend her or act to stop the online intimidation. “They have called me a Nazi and a racist; I have learned to brush off comments about how I’m ‘writing about the Jews again,’” she wrote.

Her criticism of Sulzberger rang true to several Times veterans, who note that he has been accused before of yielding to disgruntled liberal staff members. A publisher said to have intervened often in the paper’s news decisions, Sulzberger initially defended James Bennet and the decision to publish the Cotton op-ed, for instance. But faced with a staff revolt, he criticized the essay and the paper’s publication of it, saying that the editorial process had been too “rushed” and that the essay “did not meet our standards.”

Weiss’s departure was quickly hailed by her many critics within and outside of the paper on social media, among them Glenn Greenwald, who has called her a “hypocrite” for her alleged efforts to suppress Arab professors while in college, and for her defense of Israel and some of its controversial policies as a newspaper writer. But her stinging letter rang true to many others, among them former presidential aspirant Andrew Yang and talk-show host Bill Maher. “As a longtime reader who has in recent years read the paper with increasing dismay over just the reasons outlined here, I hope this letter finds receptive ears at the paper. But for the reasons outlined here, I doubt it,” Maher wrote on Twitter.

Her resignation was also lamented by such leading right-of-center thinkers as Glenn Loury. “What a shame—for the country, and on the Times,” wrote Loury, an economics professor at Brown University, in an email. Calling Weiss “courageous,” he added that while the climate she described at the paper was “no surprise,” that it had “driven her to this point is, indeed, shocking.” He also noted that Weiss was one of the few Times writers to sign the controversial “Harpers letter,” which he speculated might have been “the last straw” for the paper.

That letter, signed by over 150 academics, writers, and other intellectuals and artists, decried the “rising illiberalism” resulting not only from President Trump and his followers’ provocations, but also from what signatories called the growing “dogma and coercion” of those who oppose Trump. The rise of online mobs to suppress controversial views with which they disagree, said the letter, has become “a potent and possibly destructive force.” The signers deplored what they described as American liberals’ growing “intolerance of opposing views, a vogue for public shaming and ostracism, and the tendency to dissolve complex policy issues in a blinding moral certainty.”

Only one prominent Times reporter was quick to leap to Weiss’s defense. “It’s one thing that many of our readers and staff disagree with @bariweiss’ views—fine,” tweeted Rukmini Callimachi, an award-winning foreign correspondent and reporter. “But the fact that she has been openly bullied, not just on social media, but in internal slack channels is not okay.”

In a statement, acting editorial page editor Kathleen Kingbury said that the paper appreciated “the many contributions that Bari made to Times Opinion.” A Times spokesperson said that Sulzberger was not planning to issue a public response to Weiss’s letter. But given the evidently censorious climate at the paper of record these days, silence should not surprise us.

Voir de plus:

July 16, 2020

The intellectually intolerant mob claimed two high-profile victims Tuesday with the resignations of New York Times editor Bari Weiss and New York Magazine journalist Andrew Sullivan. These are just two examples of the deadly virus spreading through our public life: McCarthyism of the woke.

McCarthyism is the pejorative term liberals gave to the anti-communist crusades of 1950s-era Sen. Joseph McCarthy of Wisconsin. From his perch as chair of the Government Operations Committee, McCarthy launched a wave of investigations to ferret out supposed communist subversion of government agencies. Armed with his favorite question — “Are you now or have you ever been a member of the Communist Party?” — McCarthy terrorized his targets and silenced his critics. Thousands of people lost their jobs as a result, often based on nothing more than innuendo or chance associations.

The mob fervor extended to the state governments and the private sector, too. States enacted “loyalty oaths” requiring people employed by the government, including tenured university faculty members, to disavow “radical beliefs” or lose their jobs. Many refused and were fired. Hollywood notoriously rooted out real and suspected communists, creating the infamous “blacklist” of people who were informally barred from any work with Hollywood studios. The “red scare” even nearly toppled America’s favorite television star, Lucille Ball, who had registered to vote as a communist in the 1930s.

Today’s “cancel culture” is nothing more than McCarthyism in a woke costume. It stems from a noble goal — ending racial discrimination. Like its discredited cousin, however, it has transmogrified into something sinister and inimical to freedom. Battling racism is good and necessary; trying to suppress voices that one disagrees with is not. Woke McCarthyism goes wrong when it seeks to do the one thing that America has always sworn not to do: enforce uniformity of thought. Indeed, this principle, enshrined in the First Amendment, is so central to American national identity that it is one of the five quotes inscribed in the Jefferson Memorial: “I have sworn upon the altar of God eternal hostility against every form of tyranny over the mind of man.”

Weiss’s resignation letter describes numerous examples of her colleagues judging her guilty of “wrongthink” and trying to pressure superiors to fire or suppress her. She explains that “some coworkers insist I need to be rooted out if this company is to be a truly ‘inclusive’ one, while others post ax emojis next to my name.” Others, she wrote, called her a racist and a Nazi, or criticized her on Twitter without reprimand. She notes that this behavior, tolerated by the paper through its editors, constitutes “unlawful discrimination, hostile work environment, and constructive discharge.”

Sullivan’s reason for departure is less clear — though he said it is “self-evident.” He had publicly supported Weiss, writing: “The mob bullied and harassed a young woman for thoughtcrimes. And her editors stood by and watched.”

In other words, both Weiss and Sullivan — like so many others — seem to have left their jobs because they were targeted for refusing to conform to its ideas of right thinking. Do you now or have you ever thought that Donald Trump might make a good president? Congratulations, president of Goya Foods: Your company is boycotted. Are you now or have you ever been willing to publish works from a conservative U.S. senator that infuriated liberal Twitter? Former New York Times editor James Bennet, the bell tolls for thee.

The mob even sacrifices people whose only crime is familial connection on its altar. The stepmother of the Atlanta police officer who shot and killed Rayshard Brooks, Melissa Rolfe, was fired from her job at a mortgage lender because some employees felt uncomfortable working with her.

Such tactics work best when they force people to confess to seek repentance for the crimes they may or may not have committed. McCarthy knew this, and so he always offered lenience to suspected communists who would “name names” and turn in other supposed conspirators. The woke inquisition uses the same tactic, forcing those caught in its maw to renounce prior statements they find objectionable. NFL quarterback Drew Brees surrendered to the roar while noted leftists such as J.K. Rowling and Noam Chomsky are being pilloried for their defense of free speech.

McCarthy was enabled by a frightened and compliant center-right. They knew he was wrong, but they also knew the anti-communist cause was right and were unsure how to embrace the just cause and excise the zealous overreach. It wasn’t until McCarthy attacked the U.S. Army that one man, attorney Joseph Welch, had the courage to speak up. “Have you no decency, sir?” he said as McCarthy tried to slander a colleague. The bubble burst, and people found the inquisitorial emperor had no clothes. The Senate censured him in 1954, and McCarthy died in 1957, a broken man.

It won’t be as easy to defeat the woke movement. There isn’t one person whose humiliation will break the spell. This movement is deep, decentralized and widespread. But it can be beaten if someone’s courage can awaken the center-left as Welch’s did for the 1950s center-right.

Can Joe Biden be that person? If elected, he might have to as the frenzy shows no signs of abating on its own. But if a man who says he’s running to save the soul of America cannot defend America’s heart and soul, millions will have the right to ask him Welch’s immortal question: Have you no decency, sir?

Voir enfin:

Mark McCloskey & Patricia McCloskey: St. Louis Couple Pull Guns on Protesters
Emily Bicks
Heavy.com
Jun 30, 2020

Mark McCloskey and Patricia McCloskey are a St. Louis couple who were seen pointing guns at protesters who were walking by their home in St. Louis, Missouri, on June 28. The husband and wife, who work together as personal injury trial lawyers, came out of their house armed to prevent protesters from walking onto their property in the Forest Park area. Video and photos of the incident went viral on Twitter.

In the videos shared online, however, it doesn’t appear that anyone walking in Sunday’s protest calling for the resignation of St. Louis Mayor Lyda Krewson was trespassing on their palatial lawn or approached their house. While Mark McCloskey, 63, holds a large assault weapon and Patty McCloskey, 61, holds a handgun in the video, they end up pointing their weapons at each other while staring down protesters. While a video does show the protesters walking through a pedestrian gate next to signs that say “private street,” “no trespassing” and “access limited to residents,” witnesses have said the protesters were peaceful and did not approach the McCloskeys or go onto the lawn of the “Midwestern palazzo” where they live.

Another video shared on Twitter that has now been made unavailable showed Patty McCloskey holding her gun straight at passing protesters, one wearing a T-shirt that read, “Hands up, don’t shoot.”

The McCloskeys could not be reached for comment by Heavy. But Mark McCloskey told KSDK:

We were threatened with our lives, threatened with a house being burned down, my office building being burned down, even our dog’s life being threatened. It was, it was about as bad as it can get. I mean, those you know, I really thought it was Storming the Bastille that we would be dead and the house would be burned and there was nothing we could do about it. It was a huge and frightening crowd. And they were they broken the gate were coming at us.

Mark McCloskey told KMOV, “A mob of at least 100 smashed through the historic wrought iron gates of Portland Place, destroying them, rushed towards my home where my family was having dinner outside and put us in fear for our lives. “This is all private property. There are no public sidewalks or public streets. I was terrified that we’d be murdered within seconds, our house would be burned down, our pets would be killed. We were all alone facing an angry mob.”

St. Louis Police have not commented about whether an investigation into the incident is ongoing or if the couple could face charges. On social media, people have called for the McCloskeys to be arrested and have directed people to make complaints to the Missouri bar. According to BuzzFeed News, a St. Louis Police report identifies the couple as the victims in the incident and the news site reports the McCloskeys called police.

“The police report states that the couple contacted police ‘when they heard a loud commotion coming from the street’ and ‘observed a large group of subjects forcefully break an iron gate marked with ‘No Trespassing’ and ‘Private Street’ signs,’ BuzzFeed wrote. “Police said the couple claimed protesters were ‘yelling obscenities and threats of harm to both victims’ and that they brought out their guns when they ‘observed multiple subjects who were armed.’” Police didn’t say in the report if officers verified whether any protesters were armed or if weapons were pointed at the McCloskeys, according to BuzzFeed News. Krewson, the St. Louis mayor who was the target of the protest hasn’t commented about the incident.

Circuit Attorney Kim Gardner said in a statement an investigation into the incident is ongoing. Gardner said, ” I am alarmed at the events that occurred over the weekend, where peaceful protestors were met by guns and a violent assault. We must protect the right to peacefully protest, and any attempt to chill it through intimidation or threat of deadly force will not be tolerated.”

She added, “My office is currently working with the public and police to investigate these events. Make no mistake: we will not tolerate the use of force against those exercising their First Amendment rights, and will use the full power of Missouri law to hold people accountable.”

Here’s what you need to know about Mark and Patty McCloskey:


1. The McCloskeys Bought Their Million-Dollar Home at Portland Place in February 1988 & Were Profiled in a St.
Louis Magazine After Renovating It

The couple was featured in St. Louis Magazine for their impressive renovation of the famous estate in 1988. Now more than 30 years after purchasing the home, which was once owned by Edward and Anna Busch Faust — the son of a revered St. Louis restaurateur and daughter of the beer-making Busch family — they have restored the Renaissance palazzo back to its original glory.

Mark McCloskey told the magazine, “All the plumbing was made by Mott, which was the premiere manufacturer at the turn of the century, and all the door and window hardware was made by P.E. Guerin.” Patricia McCloskey noted “the glass in the windows” was from the second-floor reception hall at the 14th century Palazzo Davanzati in Florence, “and the shutters, at least the ironwork, are probably original.” The property is appraised at $1.15 million, according to St. Louis city property records.

Armed St. Louis Lawyers Confront Protesters – Riverfront TimesMark and Patricia McCloskey brandish guns at marchers in St. Louis’ Central West End. Video by Theo Welling/Riverfront Times2020-06-29T03:51:46Z

In 1992, the couple were involved in a “brouhaha” over cohabitation rules in the Portland Place neighborhood, according to an article from The St. Louis Post-Dispatch. Patty McCloskey was at the time a board member for the Portland Place homeowners’ association. She opposed a bylaw change to allow cohabitation in the HOA, which put the association in line with city law that doesn’t allow for discrimination.

Patty McCLoskey disputed claims made at the time by her opponents that she and her husband were trying to keep gay people out of the neighborhood. “This is insanity,” she told the newspaper. “It isn’t about gay-bashing. I want to enforce restrictions. … certain people on the street are renting their houses, and we couldn’t get a few of the trustees to agree to make a phone call and tell them it was inappropriate.” A neighbor, Dr. Saul Boyarsky, told the newspaper the McCloskeys were, “trying to preserve the exclusivity of the neighborhood.”

In videos on Sunday, the McCloskeys could be seen outside their million-dollar home with guns. While holding a rifle, Mark McCloskey can be heard yelling to the crowd, “Private property! Get out! Private property, get out!” Patricia McCloskey, holding a handgun, also yelled at the protesters. One person in the protest can be heard yelling back, “Calm down,” as others tell the group to keep moving and not engage with the couple. Another person can be heard saying, “Then call the f—— cops, you idiot!” and “It’s a public street.” The area where the McCloskeys live does have signs saying it is a private street. But it is not clear if Missouri law allows them to point guns at people for entering into the area.

Mark McCloskey told KSDK the protesters were on private property:

Everything inside the Portland Place gate is private property. There is nothing public in Portland Place. Being inside that gate is like being in my living room. There is no public anything in Portland Place. It is all private property. And you’ve got to appreciate that if there are two or three hundred people, I don’t know how many there were. We were told that 500 people showed up at the Lyda Krewson house, which is not on our street, as you know. But how many of them came through Portland Place? I don’t know. But it was a big crowd and they were aggressive, wearing body armor and screaming at us and threatening to harm us. And how they were going to be living in our house after they kill us.

He said he and his wife are “urban pioneers”:

And to call these people protesters either. I’ve lived in the City of St. Louis for 32 years. We were, you know, urban pioneers back when we bought on Portland Place in 1988. And we have done everything for 32 years to improve the neighborhood and to keep this historic neighborhood going. And it’s very frustrating to see it get targeted. And of course, we’d been told by the press and by Expect US, that they wanted to start targeting middle-class neighborhoods and upper-class neighborhoods and bring their revolution outside of the cities. And we got an email from our trustees on Thursday saying that they were going to do this on Friday. We’re very worried about it.

The full interview can be seen below:

Interview with man who pulled out gun amid protestST. LOUIS — Mark McCloskey said he and his wife Patricia appear in the now-viral photos of the protest in their Central West End neighborhood. McCloskey gave an interview to 5 On Your Side anchor Anne Allred. Below is the transcript of the interview Monday morning: Anne Allred: Tell me what happened last night. Mark McCloskey: We came back to the house. I don’t know what time it is, I’ve been up ever since. I’m a little, I’m a little blurry, but we were preparing dinner. We went out to the east patio, open porch that faces Kingshighway on one side and Portland Place Drive on the south, and we’re sitting down for dinner. We heard all this stuff going on down on Maryland Plaza. And then the mob started to move up Kingshighway, but it got parallel with the Kingshighway gate on Portland Place. Somebody forced the gate, and I stood up and announced that this is private property. Go back. I can’t remember in detail anymore. I went inside, I got a rifle. And when they … because as soon as I said this is private property, those words enraged the crowd. Horde, absolute horde came through the now smashed down gates coming right at the house. My house, my east patio was 40 feet from Portland Place Drive. And these people were right up in my face, scared to death. And then, I stood out there. The only thing we said is this is private property. Go back. Private property. Leave now. At that point, everybody got enraged. There were people wearing body armor. One person pulled out some loaded pistol magazine and clicked them together and said that you were next. We were threatened with our lives, threatened with a house being burned down, my office building being burned down, even our dog’s life being threatened. It was, it was about as bad as it can get. I mean, those you know, I really thought it was Storming the Bastille that we would be dead and the house would be burned and there was nothing we could do about it. It was a huge and frightening crowd. And they were they broken the gate were coming at us. Allred: There have been some reports on Twitter and people who say they were there. It says they are saying the gate was already broken. McCloskey: Yes. That is nonsense. Absolute nonsense. The gate was up, broken. The gate was broken physically in half. Our trustees on Portland Place came out later in the night and chained it all up with an automotive tow chain it looks like. But no, you can talk to the trustees on Portland Place. The gate was not broken in half and laying on the ground one second before they came in the storm. Allred: Were the protesters on your private property at any point? McCloskey: Everything inside the Portland Place gate is private property. There is nothing public in Portland Place. Being inside that gate is like being in my living room. There is no public anything in Portland Place. It is all private property. And you’ve got to appreciate that if there are two or three hundred people, I don’t know how many there were. We were told that 500 people showed up at the Lyda Krewson house, which is not on our street, as you know. But how many of them came through Portland Place? I don’t know. But it was a big crowd and they were aggressive, wearing body armor and screaming at us and threatening to harm us. And how they were going to be living in our house after they kill us. Allred: And what has happened since last night, and those images exploded online? McCloskey: Well, I’ve had to turn the phones off in my office, so I had to come over here last night and have the office boarded up because we’re getting threats against the building and everybody. It is interesting to me that the very people that are asking the mayor to resign for ‘doxxing’ people have now put all of my information all over the web, everywhere in the world. Is there some hypocrisy there? You know, maybe I’m maybe I’m missing something. But we’ve had to turn off our telephones here at the office because all my lines have been going continuously since I got here at 10:30 last night. I am getting thousands of emails. I going to have to turn off my website. And it’s all it’s been both threatening and encouraging because of the number of people who have voiced their support. But there’s also been an awful lot of people who have the very direct threats of violence against me and my family. Allred: And you said you’ve received death threats? McCloskey: Oh, God, yes. The death threats started within minutes. I mean, I don’t know how long this whole event started. But I’ll bet we got our first e-maildeath threats before the mob moved on from Portland Place. Allred: When you see the images online of you and your wife on the patio, armed now after the fact. What do you think? McCloskey: Well, you know, we were always obviously upset. My wife doesn’t know anything about guns, but she knows about being scared. And she grabbed a pistol and I had a rifle, and I was very, very careful I didn’t point the rifle at anybody.2020-06-29T18:37:04Z

The protesters on Sunday were not targeting the McCloskeys’ home, but were instead walking to the St. Louis mayor’s house. After Krewson listed the names and addresses of protesters looking to defund the police during a Facebook live interview, she offered a formal apology.

Krewson said in a statement, “I would like to apologize for identifying individuals who presented letters to me at City Hall as I was answering a routine question during one of my updates earlier today. While this is public information, I did not intend to cause distress or harm to anyone. The post has been removed and again, I sincerely apologize.”

However, the damage was already done, and St. Louis residents accused her of doxing protesters. She was also publicly called out by Tishaura O. Jones, the treasurer of St. Louis, and St. Louis Alderwoman Megan Ellyia Green.

On Sunday, as reported by KMOV4, around 300 protesters chanted “resign Lyda, take the cops with you,” while marching toward her home in the Central West End.


2. The Couple, Who Have Been Married Since 1985 & Run the McCloskey Law Center, Located Inside the Historic Nieman Mansion, Met While Studying at SMU Law School

Medical Malpractice Litigation: Today’s realitySt. Louis Medical Malpractice Lawyer Mark T. McCloskey discusses what you are up against if you are injured or a relative is killed through medical negligence or mistake.2015-07-16T19:08:28Z

As stated on their website, the McCloskeys, “have devoted their professional careers to assisting those sustaining serious traumatic brain injury, neck, back, spinal cord and other serious, disabling or fatal neurological injuries. The goal of our practice is to provide those sustaining such devastating injuries, or the survivors of those killed as a result of such devastating injuries, with meaningful compensation.

“We strive to provide the seriously injured and their survivors with a means to having as full and as comfortable a life as possible by obtaining every penny of reasonable compensation for their injuries and losses.”

They started their law firm, McCloskey, P.C., in 1994, according to Mark McCloskey’s LinkedIn profile. McCloskey writes on his LinkedIn profile:

We have focused our practice on the representation of individuals suffering brain/head injury, spinal cord injury, birth injuries, and all other serious injuries as the result of the negligence of others for over 29 years. If you have suffered devastating injury or the loss of a loved one as the result of car wrecks, airplane crash, medical errors, dangerous or defective products or machines, explosion, fire, falls, or through any other causes, let us help you put your lives back together. ‘If it wasn’t your fault, why are you paying for it?’

Mark and Patricia McCloskey have been married since 1985 and have one adult daughter, according to their website and social media profiles. They met while studying at the Southern Methodist University Law School. They both graduated from SMU Law.

Niemann Mansion: the home of the McCloskey Law CenterMark T. McCloskey and the McCloskey Law Center invite you to explore our office in the historic Niemann Mansion, an 1887 German style home in the Central West End of St. Louis which we have restored to its period splendor.2015-07-16T20:00:58Z

Their office is located inside the historic Nieman Mansion in St. Louis’ Central West End, which the McCloskeys have also restored.


3. Mark McCloskey, Who Has Been an Attorney Since 1986, Represents a Victim of Police Brutality

welcome to the courtroomWelcome to the McCloskey Law Center. For over a quarter of a century we have devoted our professional careers to helping victims and families who have suffered catastrophic loss, injury, death due to the negligence of others, dangerous machines and products, and almost any other unsafe practice or, structure or act. If we can be of assistance to you, please call us at (314) 721-4000 OR (800)835-46812015-07-16T14:18:00Z

Mark McCloskey graduated magna cum laude from Southern Methodist University in Dallas in 1982, where he studied sociology, criminal justice and psychology before attending the Southern Methodist University of Law in 1985. He is a Missouri native and graduated from Mary Institute and Saint Louis Country Day School in Ladue, Missouri, in 1975, according to his Facebook profile.

On his law firm’s website, McCloskey is described as, “an AV rated attorney who has been nominated for dozens of awards and honors and has been voted by his peers for memberships to many exclusive ‘top rated lawyer’ and ‘multimillion dollar lawyer’ associations throughout the country.” The website also notes McCloskey has appeared on in the media, including KSDK in St. Louis and Fox News. The website states, “several of his cases have been cited in national legal publications as the highest verdicts recovered in the country for those particular injuries.” McCloskey’s profile also says:

Since 1986, he has exclusively represented individuals seriously injured as a result of accidents, medical malpractice, defective products, and the negligence of others. For the past 21 years, his firm has concentrated on the representation of people injured or killed through traumatic brain injuries, neck, back or other significant neurological or orthopedic injury.

Mark T. McCloskey is licensed to practice law in the state and federal courts of Missouri, Illinois, Texas and the Federal Courts of Nebraska. Additionally, he has represented individuals injured through medical malpractice, dangerous products, automobiles, cars, motorcycles, boats, defective hand guns, airplane crashes, explosions, electrocution, falls, assaults, rapes, poisoning, fires, inadequate security, premises liability, dram shop liability (serving intoxicating patrons), excessive force by police, construction accidents, and negligent maintenance of premises (including retail establishments, parking lots, government property, homes, schools, playgrounds, apartments, commercial operations, parks and recreational facilities) for the past 30 years and has filed and tried personal injury lawsuits in over 28 states.

McCloskey is representing a victim of police brutality in a lawsuit against a Missouri police department and officer. According to the Associated Press, David Maas, a Woodson Terrace Police officer at the time, was caught on dashcam video appearing to assault a man and was indicted on a federal charge in March.

For the incident, which took place in April 2019, Maas was charged with one count of deprivation fo rights under color of law, according to the U.S. attorney’s office. The victim was identified by the initials, “I.F.,” which matches the 2019 civil lawsuit brought by Isaiah Forman, the AP reported. Maas is accused of kicking Forman, who is black, while he was surrendering.

“I’m glad that the law enforcement agencies are subject to the same standard as everybody else,” Mark McCloskey, said to the AP.

On his Facebook page, McCloskey defended the jury’s decision in the 2011 case against Casey Anthony, who was accused of murder in the death of her daughter. McCloskey wrote on Facebook after the controversial 2011 verdict, “thank God that the jury saw through all the hype and found there WAS in fact not enough evidence on this case. Stop your crazy RAILING after you’ve spent so much time trying this girl in the media.”

Mark McCloskey is also a member of a St. Louis Lamborghini club.

In 1993, Mark McCloskey wrote a letter to the editor about crime in St. Louis. He wrote, “the reason high-income people leave the city, and why I can’t talk my friends into moving in, is crime. Why live where your life is at risk, where you are affronted by thugs, bums, drug addicts and punks when you can afford not to. What St. Louis can do without are the murderers, beggars, drug addicts and street corner drunks. St. Louis needs more people of substance and fewer of subsistence.”


4. Patricia McCloskey Is Originally From Pennsylvania & Studied at Penn State Before Attending SMU Law School

According to her Facebook profile, Patricia Novak McCloskey is a native of Industry, Pennsylvania, where she graduated from Western Beaver High School in 1977. McCloskey then studied at Penn State University, graduating in 1982 with a degree in labor studies and a minor in Spanish. She, like her husband, attended SMU Law School in Dallas, graduating in 1986.

According to their law firm’s website, “Patricia N. McCloskey is a Phi Beta Kappa, Summa Cum Laude graduate of Pennsylvania State University, graduating first in her class and with the highest cumulative average in her department in forty-seven years. Patricia N. McCloskey is also a graduate of Southern Methodist University School of Law, which she completed while simultaneously working full time and still graduating in the top quarter of her class.” The website adds:

After several years working with a major law firm in St. Louis on the defense side, she moved to representation of the injured. Since 1994, she has exclusively represented those injured by the negligence of others with Mark McCloskey. She has acted in various roles in the community including being a past Board Member of Therapeutic Horsemanship, a law student mentor, a member of the Missouri Bar Association ethical review panel and a St. Louis city committee woman.

Patricia McCloskey has extensive trial experience in personal injury and wrongful death cases arising out of all aspects of negligence, including traumatic brain injury, products liability and product defect, medical malpractice, wrongful death, neck, back and spinal cord injuries, motor vehicle collisions, motorcycle collisions, airplane crashes, and many others as set forth further

Patricia McCloskey is licensed to practice law in Missouri and Illinois, according to the law firm’s website.


5. The McCloskeys Were Given the Meme Treatment on Twitter

Thousands of online users slammed Mark and Patty McCloskey not only for pulling out firearms against peaceful protesters but for the way they incorrectly held their weapons, for running out of their home barefoot, for Mark’s salmon-colored shirt, and more.

While some Twitter members remade popular movie posters to feature the personal injury lawyers, others wondered if the trial attorneys broke the law by pointing their weapons at the protesters. Don Calloway tweeted, “A fellow lawyer from Missouri, a guy I know named Mark McCloskey committed an assault tonight in STL by pointing his AR 15 at peaceful protesters. He should be arrested and charged with assault immediately. The MO Bar should revoke their licenses.”

The McCloskeys also had their share of supporters online. One man tweeted, “The same people destroying private property and threatening residents wonder why residents are coming out of their homes with AR-15’s…? Lmao.” Ryan Fournier, founder of Students for Trump, tweeted, “God Bless the couple in St. Louis who stood their ground and defended their property. God Bless the Second Amendment.”

While some on social media have claimed the McCloskeys are registered Democrats, it was not immediately possible to determine whether the couple are actually registered as Democrats or if they are registered Republicans. But Federal Election Commission records show Mark McCloskey has contributed thousands of dollars to the Trump Make America Great Again Committee, the Republican National Committee and Donald J. Trump for President Inc. He also made contributions to a Republican congressional candidate, Bill Phelps, in 1996, and to the Bush-Quayle campaign in 1992.

Patricia McCloskey also made a contribution to the RNC in 2018 and to a Republican Senate dinner in 1988.


Pâques/2020e: Si le grain ne meurt (Ou la longue histoire, d’Isaac à Moïse et de la circoncision à l’eucharistie comme de l’avortement à la contraception et de la vaccination au confinement, de l’abandon comme des substituts et survivances du sacrifice d’enfants)

10 avril, 2020

The sacrifice of Isaac - collection of Marc Chagall Museum… | Flickr

The First mourning (William-Adolphe Bouguereau, 1888)Death of the Pharaoh Firstborn son (Lawrence Alma-Tadema, 1872)Lamentations over the Death of the First-Born of Egypt (Charles Sprague Pearce, 1877)La Fille de Jephté (Alexandre Cabanel, 1879)Vincent van Gogh Four Sunflowers Gone to Seed Cool Wall Decor Art ...En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Jésus (Jean 12: 24)
Tu me donneras le premier-né de tes fils. Tu me donneras aussi le premier-né de ta vache et de ta brebis; il restera sept jours avec sa mère; le huitième jour, tu me le donneras. Exode 22: 29-30
Tout premier-né m’appartient (…) tu rachèteras tout premier-né de tes fils; et l’on ne se présentera point à vide devant ma face. Exode 34: 19-20
Lorsqu’une femme deviendra enceinte, et qu’elle enfantera un mâle, elle sera impure pendant sept jours; elle sera impure comme au temps de son indisposition menstruelle. Le huitième jour, l’enfant sera circoncis. Elle restera encore trente-trois jours à se purifier de son sang; elle ne touchera aucune chose sainte, et elle n’ira point au sanctuaire, jusqu’à ce que les jours de sa purification soient accomplis. (…) Lorsque les jours de sa purification seront accomplis, pour un fils ou pour une fille, elle apportera au sacrificateur, à l’entrée de la tente d’assignation, un agneau d’un an pour l’holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le sacrifice d’expiation. Lévitique 12: 2-6
S’il n’a pas de quoi se procurer une brebis ou une chèvre, il offrira en sacrifice de culpabilité à l’Éternel pour son péché deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l’un comme victime expiatoire, l’autre comme holocauste. Lévitique 5: 7
Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu. Deutéronome 18: 10
Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, – suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, – et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur. Luc 2: 22-24
Au bout de quelque temps, Caïn fit à l’Éternel une offrande des fruits de la terre; et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. (…) Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. (…) L’Éternel lui dit: Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l’Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point. Genèse 4: 3-15
Dieu dit à Abraham: Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, selon leurs générations. C’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous, et ta postérité après toi: tout mâle parmi vous sera circoncis. Vous vous circoncirez; et ce sera un signe d’alliance entre moi et vous. A l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, selon vos générations, qu’il soit né dans la maison, ou qu’il soit acquis à prix d’argent de tout fils d’étranger, sans appartenir à ta race.  On devra circoncire celui qui est né dans la maison et celui qui est acquis à prix d’argent; et mon alliance sera dans votre chair une alliance perpétuelle. Un mâle incirconcis, qui n’aura pas été circoncis dans sa chair, sera exterminé du milieu de son peuple: il aura violé mon alliance. Genèse 17: 9-14
Abraham circoncit son fils Isaac, âgé de huit jours, comme Dieu le lui avait ordonné. Genèse 21: 4
Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. (…) Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. Alors l’ange de l’Éternel (…) dit: N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Genèse 22: 2-13
Pendant le voyage, en un lieu où Moïse passa la nuit, l’Éternel l’attaqua et voulut le faire mourir. Séphora prit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et le jeta aux pieds de Moïse, en disant: Tu es pour moi un époux de sang! Et l’Éternel le laissa. C’est alors qu’elle dit: Époux de sang! à cause de la circoncision. Exode 4: 24-26
Parlez à toute l’assemblée d’Israël, et dites: Le dixième jour de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille, un agneau pour chaque maison. (…) On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera. (…) Cette nuit-là, je passerai dans le pays d’Égypte, et je frapperai tous les premiers-nés du pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’aux animaux, et j’exercerai des jugements contre tous les dieux de l’Égypte. (…) Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez; je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d’Égypte. Vous conserverez le souvenir de ce jour, et vous le célébrerez par une fête en l’honneur de l’Éternel; vous le célébrerez comme une loi perpétuelle pour vos descendants. Exode 12: 3-14
Maudit soit devant l’Éternel l’homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né, et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils. Josué 6: 26
De son temps, Hiel de Béthel bâtit Jéricho; il en jeta les fondements au prix d’Abiram, son premier-né, et il en posa les portes aux prix de Segub, son plus jeune fils, selon la parole que l’Éternel avait dite par Josué, fils de Nun. I Rois 16: 34
Jephthé fit un voeu à l’Éternel, et dit: Si tu livres entre mes mains les fils d’Ammon, quiconque sortira des portes de ma maison au-devant de moi, à mon heureux retour de chez les fils d’Ammon, sera consacré à l’Éternel, et je l’offrirai en holocauste. Jephthé marcha contre les fils d’Ammon, et l’Éternel les livra entre ses mains. (…) Jephthé retourna dans sa maison à Mitspa. Et voici, sa fille sortit au-devant de lui avec des tambourins et des danses. C’était son unique enfant; il n’avait point de fils et point d’autre fille. Dès qu’il la vit, il déchira ses vêtements, et dit: Ah! ma fille! tu me jettes dans l’abattement, tu es au nombre de ceux qui me troublent! J’ai fait un voeu à l’Éternel, et je ne puis le révoquer. Elle lui dit: Mon père, si tu as fait un voeu à l’Éternel, traite-moi selon ce qui est sorti de ta bouche, maintenant que l’Éternel t’a vengé de tes ennemis, des fils d’Ammon. (…) Au bout des deux mois, elle revint vers son père, et il accomplit sur elle le voeu qu’il avait fait. Juges 11: 30-40
Et Saül dit: Que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si tu ne meurs pas, Jonathan! Le peuple dit à Saül: Quoi! Jonathan mourrait, lui qui a opéré cette grande délivrance en Israël! Loin de là! L’Éternel est vivant! il ne tombera pas à terre un cheveu de sa tête, car c’est avec Dieu qu’il a agi dans cette journée. Ainsi le peuple sauva Jonathan, et il ne mourut point. I Samuel 14: 44-45
Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l’abomination de Moab, et pour Moloc, l’abomination des fils d’Ammon. I Rois 11: 7
Achaz (…) marcha dans la voie des rois d’Israël; et même il fit passer son fils par le feu, suivant les abominations des nations que l’Éternel avait chassées devant les enfants d’Israël. II Rois 16: 2-3
Manassé (…) fit passer son fils par le feu. II Rois 21: 1-6
Le roi Josias (…) souilla Topheth dans la vallée des fils de Hinnom, afin que personne ne fît plus passer son fils ou sa fille par le feu en l’honneur de Moloc. 2 Rois 23: 1-10
Et il s’éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de faire naufrage. Les mariniers eurent peur, ils implorèrent chacun leur dieu, et ils jetèrent dans la mer les objets qui étaient sur le navire, afin de le rendre plus léger. (…) Et il se rendirent l’un à l’autre: Venez, et tirons au sort, pour savoir qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. Alors ils lui dirent: Dis-nous qui nous attire ce malheur. (…) Ils lui dirent: Que te ferons-nous, pour que la mer se calme envers nous? Car la mer était de plus en plus orageuse. Il leur répondit: Prenez-moi, et jetez-moi dans la mer, et la mer se calmera envers vous; car je sais que c’est moi qui attire sur vous cette grande tempête. (…) Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Jonas 1: 15
Ils ont rempli ce lieu de sang innocent; Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, Pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal: Ce que je n’avais ni ordonné ni prescrit, Ce qui ne m’était point venu à la pensée. C’est pourquoi voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où ce lieu ne sera plus appelé Topheth et vallée de Ben Hinnom, Mais où on l’appellera vallée du carnage. Jérémie 19: 4-6
Je leur donnai aussi des préceptes qui n’étaient pas bons, et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre.Je les souillai par leurs offrandes, quand ils faisaient passer par le feu tous leurs premiers-nés; je voulus ainsi les punir, et leur faire connaître que je suis l’Éternel. Ezéchiel 20: 25-26
Avec quoi me présenterai-je devant l’Éternel, Pour m’humilier devant le Dieu Très Haut? Me présenterai-je avec des holocaustes, Avec des veaux d’un an? L’Éternel agréera-t-il des milliers de béliers, Des myriades de torrents d’huile? Donnerai-je pour mes transgressions mon premier-né, Pour le péché de mon âme le fruit de mes entrailles? – On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l’Éternel demande de toi, C’est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. Michée 6: 6-8
Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation… Donc j’ai dit: Voici, je viens. Psaume 40: 7-8
Le roi dit: Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Jugement de Salomon (I Rois 3: 25-26)
Il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Jésus (Matthieu 12: 39)
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Jésus (Matthieu 18: 10-14)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Nul ne peut ne pas mourir, mais l’homme seul peut donner sa vie. André Malraux
Après ce, vint une merdaille Fausse, traître et renoïe : Ce fu Judée la honnie, La mauvaise, la desloyal, Qui bien het et aimme tout mal, Qui tant donna d’or et d’argent Et promist a crestienne gent, Que puis, rivieres et fonteinnes Qui estoient cleres et seinnes En plusieurs lieus empoisonnerent, Dont pluseurs leurs vies finerent ; Car trestuit cil qui en usoient Assez soudeinnement moroient. Dont, certes, par dis fois cent mille En morurent, qu’a champ, qu’a ville. Einsois que fust aperceuë Ceste mortel deconvenue. Mais cils qui haut siet et louing voit, Qui tout gouverne et tout pourvoit, Ceste traïson plus celer Ne volt, enis la fist reveler Et si generalement savoir Qu’ils perdirent corps et avoir. Car tuit Juif furent destruit, Li uns pendus, li autres cuit, L’autre noié, l’autre ot copée La teste de hache ou d’espée. Et maint crestien ensement En morurent honteusement.  Guillaume de Machaut (Jugement du Roy de Navarre, v. 1349
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Dionysos contre le ‘crucifié’ : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyre – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le ‘crucifié’ en tant qu’il est ‘innocent’, sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Adolf Hitler
Les catholiques et les orthodoxes décrivent l’Eucharistie comme une véritable « actualisation », non sanglante, du sacrifice du Christ en vue du salut, par le ministère du prêtre. De leur côté, les protestants s’y refusent, considérant que cela diminue la dignité du sacrifice de la Croix et affirmant que le texte biblique ne soutient pas la théorie de la transsubstantiation enseignée par l’Église catholique. Les luthériens emploient le terme de consubstantiation. Chez les chrétiens évangéliques, on parle d’un mémorial du sacrifice de Jésus-Christ et d’une annonce de son retour. Wikipedia
Un homme pur recueillera la cendre de la vache, et la déposera hors du camp, dans un lieu pur; on la conservera pour l’assemblée des enfants d’Israël, afin d’en faire l’eau de purification. C’est une eau expiatoire. Nombres 19: 9
Le baptême ou baptême d’eau est un rite ou un sacrement symbolisant la nouvelle vie du croyant chrétien. Il est partagé par la quasi-totalité des Églises chrétiennes, étant donné son importance dans les textes bibliques. L’eau symbolise à la fois la mort par noyade des baptisés dans leur ancienne vie caractérisée par le péché, et leur nouvelle naissance dans une vie nouvelle et éternelle. (…) Dans le judaïsme, le mikvé est un bain rituel utilisé pour l’ablution nécessaire aux rites de pureté. L’immersion totale du corps dans l’eau du mikvé fait partie du processus de conversion au judaïsme. On y voit généralement l’ancêtre du baptême chrétien. Dans l’esprit de la Torah et dans les rites d’immersion juifs demandés à Moïse par YHWH, l’immersion représente l’engloutissement dans l’eau d’un corps qui a été touché par l’impur. Wikipedia
L’histoire de Caïn et Abel, rapportée dans le chapitre IV du livre de la Genèse (…) soulève la question de savoir si l’auto-domestication sacrificielle est une tâche dont les hommes peuvent venir à bout ou un travail sans cesse à reprendre pour ne pas retomber dans la barbarie. Des deux fils d’Adam et Ève, nous savons seulement que l’un et l’autre font des offrandes à Dieu. Abel, qui est éleveur, sacrifie les premiers-nés de son troupeau, Caïn, qui est agriculteur, fait des offrandes végétales. Or, Dieu accepte les offrandes d’Abel, mais refuse celles de Caïn, sans qu’on sache pourquoi. (…) Dieu n’agit pas de façon arbitraire, car il y a bien une différence cruciale entre les sacrifices offerts par les deux frères. Il accepte le sacrifice d’Abel, parce qu’il est sanglant, il refuse celui de Caïn, parce qu’il n’est pas sanglant. Dire qu’il accepte le premier est une manière théologique de dire que celui-ci est approprié et efficace, dire que le second est refusé, de laisser entendre qu’il est inapproprié et inefficace. La suite de l’histoire montre aussitôt en quoi consiste l’efficacité du sacrifice. Abel met à mort les premiers-nés de son troupeau et, pour cette raison, ne devient pas meurtrier, alors que Caïn, ne faisant pas de sacrifice animal, devient homicide. Il s’agit là, en quelque sorte, d’une loi naturelle, qui s’impose à Dieu lui-même, et qui explique la protection accordée à Caïn. Au fond, tout se passe comme si, faute de victime animale, la mise à mort d’Abel était ou valait un sacrifice, et donc comme si Caïn était une sorte de sacrificateur (…) Pour saisir toute la porté de ce passage de la Genèse, il faut le rapprocher de l’épisode non moins célèbre du sacrifice, ou de la «ligature », comme dit la tradition juive, d’Isaac. Cet épisode, ainsi que le thème récurrent du rachat des premiers-nés, montrent que chez les Hébreux, comme ailleurs, la victime sacrificielle idéale est un être humain, mais aussi qu’il est possible de détourner la violence rituelle et, avec elle, toute la violence humaine, sur une victime animale. En revanche, l’histoire de Caïn et Abel laisse entendre qu’il serait dangereux, ou du moins prématuré, de vouloir se soustraire totalement de l’ordre sacrificiel et s’affranchir de toute violence. Qui veut faire l’ange fait la bête. On peut sacrifier un animal à la place d’un homme, mais en voulant remplacer le sacrifice animal par des offrandes végétales, on prend le risque de retomber dans la violence même que l’on voulait éviter. Bref, le sacrifice est un moyen violent de tromper la violence, de lui céder localement du terrain pour mieux la dominer globalement et la contenir dans les limites les plus étroites possibles. Mais, sans que cette violence rituelle, on peut le craindre, puisse être réduite à zéro. Telle est la conjecture qui ressort de nos exemples. Jusqu’à preuve du contraire, elle semble corroborée par l’histoire, pleine de bruit et de fureur, des sociétés humaines. (…) si la théologie chrétienne traditionnelle a pu permettre à ses adversaires de lui imputer une réhabilitation du sacrifice humain et d’assimiler la communion à une nouvelle forme de cannibalisme, il est patent que le rituel chrétien, qui ici comme ailleurs constitue le noyau dur d’une religion, est, depuis toujours, et à l’instar, pourrait-on dire, du sacrifice de Caïn, aux antipodes du sacrifice humain. Ou plutôt, à l’instar de celui de Melchisédech, auquel il se réfère expressément, et qui est à peine un sacrifice, puisqu’il consiste en une simple offrande de pain et de vin. Le protestantisme a d’ailleurs rejeté, de longue date, toute interprétation sacrificielle du culte, et, cinq siècles plus tard, on s’aperçoit que, sans vraiment se l’avouer, le rituel catholique lui emboîte le pas. La «célébration eucharistique » tend à remplacer le «sacrifice de la messe », mettant l’accent sur le partage du pain et du vin, «fruit de la terre et du travail des hommes », entre les membres de la communauté, plutôt que sur le sacrifice du dieu ou au dieu. Mais, si cette sortie du sacrifice est indéniable, il est plus difficile de savoir s’il s’agit bien d’un progrès, comme le croient spontanément nos contemporains, chrétiens, irréligieux ou agnostiques, d’accord en cela avec Girard. (…) là aussi, l’acte central est un sacrifice, indéfiniment répété dans le repas de communion, pour la rémission des péchés, c’est-à-dire pour atténuer le mal sans pouvoir jamais s’y soustraire définitivement (…). Pour établir la supériorité du judaïsme sur le christianisme, certains auteurs juifs, tels que Hyam Maccoby, ont fait grief au second de retomber dans le sacrifice humain dont le premier avait su sortir depuis Abraham. Pour les raisons déjà dites, cet argument nous semble irrecevable. C’est un moyen maladroit de masquer le fait, apparemment difficile à assumer de nos jours, que le judaïsme est beaucoup plus sacrificiel que son rejeton chrétien. C’est, en effet, seulement à un accident historique, la destruction du Temple par les Romains, que le judaïsme doit d’avoir abandonné, ou plutôt interrompu, l’usage des sacrifices sanglants. Comme le rappellent les juifs orthodoxes, dès que le Temple sera reconstruit, il faudra y reprendre les sacrifices. Quant à la circoncision, qui se rattache au rachat des premiers-nés, et, en dernière instance, au sacrifice des enfants que pratiquaient les anciens Hébreux, elle est manifestement plus sacrificielle et sanglante que le baptême chrétien. Lucien Scubla
Du point de vue égyptien, le départ des Hébreux d’Egypte était en fait une expulsion justifiable. Les principales sources sont les écrits de Manéthon et Apion, qui sont résumés et réfutés dans l’ouvrage de Josephus contre Apion. . . Manetho était un prêtre égyptien à Héliopolis. Apion était un Égyptien qui écrivait en grec et qui joua un rôle de premier plan dans la vie culturelle et politique égyptienne. Son récit de l’Exode a été utilisé dans une attaque contre les revendications et les droits des Juifs d’Alexandrie. . . La version hellénistique-égyptienne de l’Exode peut être résumée comme suit: les Egyptiens faisaient face à une crise importante précipitée par une population souffrant de diverses maladies. Par crainte de voir la maladie se répandre ou que quelque chose de plus grave encore ne se produise, cette bande a été rassemblée et expulsée du pays. Sous la conduite d’un certain Moïse, ces personnes ont été renvoyées; puis elles se sont constituées en unité religieuse et nationale. Et elles se sont finalement établies à Jérusalem et sont devenues les ancêtres des juifs. James G. Williams
L’accusation de crime rituel à l’encontre des Juifs est l’une des plus anciennes allégations antijuives et antisémites de l’Histoire. En effet, bien que l’accusation de crime de sang ait touché d’autres groupes que les Juifs, dont les premiers chrétiens, certains détails, parmi lesquels l’allégation que les Juifs utilisaient du sang humain pour certains de leurs rituels religieux, principalement la confection de pains azymes (matza) lors de la Pâque, leur furent spécifiques. (…) Le premier exemple connu d’accusation de ce type précède le christianisme, puisqu’il est fourni, selon Flavius Josèphe, par Apion, un écrivain sophiste égyptien hellénisé ayant vécu au Ier siècle. (…) Après la première affaire à Norwich (Angleterre) en 1144, les accusations se multiplient dans l’Europe catholique. De nombreuses disparitions inexpliquées d’enfants et de nombreux meurtres sont expliqués par ce biais. Wikipedia
Le poète et musicien Guillaume de Machaut écrivait au milieu du XIVe siècle. Son Jugement du Roy de Navarre mériterait d’être mieux connu. La partie principale de l’œuvre, certes, n’est qu’un long poème de style courtois, conventionnel de style et de sujet. Mais le début a quelque chose de saisissant. C’est une suite confuse d’événements catastrophiques auxquels Guillaume prétend avoir assisté avant de s’enfermer, finalement, de terreur dans sa maison pour y attendre la mort ou la fin de l’indicible épreuve. Certains événements sont tout à fait invraisemblables, d’autres ne le sont qu’à demi. Et pourtant de ce récit une impression se dégage : il a dû se passer quelque chose de réel. Il y a des signes dans le ciel. Les pierres pleuvent et assomment les vivants. Des villes entières sont détruites par la foudre. Dans celle où résidait Guillaume – il ne dit pas laquelle – les hommes meurent en grand nombre. Certaines de ces morts sont dues à la méchanceté des juifs et de leurs complices parmi les chrétiens. Comment ces gens-là s’y prenaient-ils pour causer de vastes pertes dans la population locale? Ils empoisonnaient les rivières, les sources d’approvisionnement en eau potable. La justice céleste a mis bon ordre à ces méfaits en révélant leurs auteurs à la population qui les a tous massacrés. Et pourtant les gens n’ont pas cessé de mourir, de plus en plus nombreux, jusqu’à un certain jour de printemps où Guillaume entendit de la musique dans la rue, des hommes et des femmes qui riaient. Tout était fini et la poésie courtoise pouvait recommencer. (…) aujourd’hui, les lecteurs repèrent des événements réels à travers les invraisemblances du récit. Ils ne croient ni aux signes dans le ciel ni aux accusations contre les juifs mais ils ne traitent pas tous les thèmes incroyables de la même façon; ils ne les mettent pas tous sur le même plan. Guillaume n’a rien inventé. C’est un homme crédule, certes, et il reflète une opinion publique hystérique. Les innombrables morts dont il fait état n’en sont pas moins réelles, causées de toute évidence par la fameuse peste noire qui ravagea la France en 1349 et 1350. Le massacre des juifs est également réel, justifié aux yeux des foules meurtrières par les rumeurs d’empoisonnement qui circulent un peu partout. C’est la terreur universelle de la maladie qui donne un poids suffisant à ces rumeurs pour déclencher lesdits massacres. (…) Mais les nombreuses morts attribuées par l’auteur au poison judaïque suggèrent une autre explication. Si ces morts sont réelles – et il n’y a pas de raison de les tenir pour imaginaires – elles pourraient bien être les premières victimes d’un seul et même fléau. Mais Guillaume ne s’en doute pas, même rétrospectivement. A ses yeux les boucs émissaires traditionnels conservent leur puissance explicatrice pour les premiers stades de l’épidémie. Pour les stades ultérieurs, seulement, l’auteur reconnaît la présence d’un phénomène proprement pathologique. L’étendue du désastre finit par décourager la seule explication par le complot des empoisonneurs, mais Guillaume ne réinterprète pas la suite entière des événements en fonction de leur raison d’être véritable. (…) Même rétrospectivement, tous les boucs émissaires collectifs réels et imaginaires, les juifs et les flagellants, les pluies de pierre et l’epydimie, continuent à jouer leur rôle si efficacement dans le récit de Guillaume que celui-ci ne voit jamais l’unité du fléau désigné par nous comme la « peste noire ». L’auteur continue à percevoir une multiplicité de désastres plus ou moins indépendants ou reliés les uns aux autres seulement par leur signification religieuse, un peu comme les dix plaies d’Egypte. René Girard
Le passage du sacrifice humain au sacrifice animal (…) représente un progrès immense (…) que le judaïsme est le seul à interpréter dans le sacrifice d’Isaac. Le seul à le symboliser dans une grande scène qui est une des premières scènes de l’Ancien Testament. Il ne faut pas oublier ce dont ce texte tient compte et dont la tradition n’a pas assez tenu compte : tout l’Ancien Testament  se situe dans le contexte du sacrifice du premier né. Rattacher le christianisme au sacrifice du premier né est absurde, mais derrière le judaïsme se trouve ce qu’il y a dans toutes les civilisations moyen-orientales, en particulier chez les Phéniciens : le sacrifice des enfants. Lorsque Flaubert le représente dans  Salambo, Sainte-Beuve avait bien tort de se moquer de lui parce que ce dont parle Flaubert est très réel. Les chercheurs ont découvert dans les cimetières de Carthage des tombes qui étaient des mélanges d’animaux à demi-brulés et d’enfants à la naissance à demi-brulés. Il a beaucoup été reproché à Flaubert la scène du dieu Moloch où les parents carthaginois jettent leurs enfants dans la fournaise. Or, les dernières recherches lui donnent raison contre Sainte-Beuve. En définitive, c’est le romancier qui a raison : cette scène est l’un des éléments les plus terrifiants et magnifiques de  Salambo. La mode intellectuelle de ces dernières années selon laquelle la violence a été inventée par le monde occidental à l’époque du colonialisme est une véritable absurdité et les archéologues n’en ont pas tenu compte. Aux Etats-Unis, des programmes de recherche se mettent en place notamment sur les Mayas. Ces derniers ont souvent été considérés comme des « anti-Aztèques » : ils n’auraient pas pratiqué de sacrifices humains. Pourtant, dès que l’on fait la moindre fouille, on découvre des choses extraordinaires : chez les Mayas, il y a des kilomètres carrés de villes enfouies. C’est une population formidable avec de nombreux temples et les traces du sacrifice humain y sont partout : des crânes de petits-enfants mêlés à des crânes d’animaux. René Girard
Dans le christianisme, on ne se martyrise pas soi-même. On n’est pas volontaire pour se faire tuer. On se met dans une situation où le respect des préceptes de Dieu (tendre l’autre joue, etc.) peut nous faire tuer. Cela dit, on se fera tuer parce que les hommes veulent nous tuer, non pas parce qu’on s’est porté volontaire. Ce n’est pas comme la notion japonaise de kamikaze. La notion chrétienne signifie que l’on est prêt à mourir plutôt qu’à tuer. C’est bien l’attitude de la bonne prostituée face au jugement de Salomon. Elle dit : « Donnez l’enfant à mon ennemi plutôt que de le tuer. » Sacrifier son enfant serait comme se sacrifier elle-même, car en acceptant une sorte de mort, elle se sacrifie elle-même. Et lorsque Salomon dit qu’elle est la vraie mère, cela ne signifie pas qu’elle est la mère biologique, mais la mère selon l’esprit. Cette histoire se trouve dans le Premier Livre des Rois (3, 16-28), qui est, à certains égards, un livre assez violent. Mais il me semble qu’il n’y a pas de meilleur symbole préchrétien du sacrifice de soi par le Christ. René Girard
‘Ils m’ont haï sans cause’ (…) ‘Il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture’, ‘On l’a compté parmi les criminels [ou les transgresseurs]’ (…) C’est tout simplement le refus de la causalité magique, et le refus des accusations stéréotypées qui s’énonce dans ces phrases apparemment trop banales pour tirer à conséquence. C’est le refus de tout ce que les foules persécutrices acceptent les yeux fermés. C’est ainsi que les Thébains adoptent tous sans hésiter l’hypothèse d’un Oedipe responsable de la peste, parce qu’incestueux ; c’est ainsi que les Égyptiens font enfermer le malheureux Joseph, sur la foi des racontars d’une Vénus provinciale, tout entière à sa proie attachée. Les Égyptiens n’en font jamais d’autres. Nous restons très égyptiens sous le rapport mythologique, avec Freud en particulier qui demande à l’Égypte la vérité du judaïsme. Les théories à la mode restent toutes païennes dans leur attachement au parricide, à l’inceste, etc., dans leur aveuglement au caractère mensonger des accusations stéréotypées. Nous sommes très en retard sur les Évangiles et même sur la Genèse. René Girard
Les banlieues ont inventé une nouvelle forme de sacrifice : la destruction de l’objet symbolique fondamental de la société de consommation qu’est l’automobile. On se passe les nerfs en détruisant des automobiles. C’est très mauvais. Je ne suis pas du tout partisan de cela, mais on ne s’en prend pas aux personnes. René Girard
Voici quelques semaines, nous connûmes en France, pour la seconde fois, des révoltes sans morts, des violences déchaînées sans victimes humaines. Avons-nous vu, nous, vieillards, témoins des horreurs de la guerre et à qui l’histoire enseigna, contre le message d’Abraham et de Jésus, le bûcher de Jeanne d’Arc ou celui de Giordano Bruno ; avons-nous vu les révoltés en question ne brûler, par mimétisme, que des automobiles ; avons-nous observé la police, postée devant eux, épargner aussi les vies humaines ? Je vois ici une suite immanquable de votre anthropologie, où la violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Nous vivons dans un monde, je l’ai dit, qui se reproche sa propre violence constamment, systématiquement, rituellement. Nous nous arrangeons pour transposer tous nos conflits, même ceux qui se prêtent le moins à cette transposition, dans le langage des victimes innocentes. Le débat sur l’avortement par exemple : qu’on soit pour ou contre, c’est toujours dans l’intérêt des « vraies victimes », à nous en croire, que nous choisissons notre camp. Qui mérite le plus nos lamentations, les mères qui se sacrifient pour leurs enfants ou les enfants sacrifiés à l’hédonisme contemporain. Voilà la question. (…) Contrairement au totalitarisme d’extrême droite – celui qui est ouvertement païen, comme le nazisme, dont on parle plus que jamais, et qui est, je pense, complètement fini -, le totalitarisme d’extrême gauche a de l’avenir. Des deux totalitarismes c’est le plus malin, parce qu’il est le rival du christianisme, comme l’était déjà le marxisme. Au lieu de s’opposer franchement au christianisme, il le déborde sur sa gauche. Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui prend en compte et radicalise le souci des victimes, pour le paganiser. Ainsi, les puissances et les principautés reprochent au christianisme de ne pas défendre les victimes avec assez d’ardeur. Dans le passé chrétien elles ne voient que persécutions, oppressions, inquisitions. L’Antéchrist, lui, se flatte d’apporter aux hommes la paix et la tolérance que le christianisme leur promet et ne leur apporte pas. En réalité, c’est un retour très effectif à toutes sortes d’habitudes païennes : l’avortement, l’euthanasie, l’indifférenciation sexuelle, les jeux du cirque à gogo, mais sans victimes réelles, grâce aux simulations électroniques, etc. Le néo-paganisme veut faire du Décalogue et de toute la morale judéo-chrétienne une violence intolérable, et leur abolition complète est le premier de ses objectifs. Ce néo-paganisme situe le bonheur dans l’assouvissement illimité des désirs et, par conséquent, dans la suppression de tous les interdits. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter » la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier. » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ». » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne : » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de » bouc émissaire » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du » sacrifice parfait » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. René Girard
Ce que dit le texte, c’est qu’on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis. Le recours au même mot coupe court à l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence. René Girard
What a tragedy that the 100,000 pangolins that are purged every year are sacrificed over the false belief that their scales can aid in blood circulation and cure rheumatism! Melissa Chen
Given China’s relatively limited medical resources – its per capita number of intensive care beds and ventilators is far too small – Beijing can’t afford to fight a prolonged battle with the coronavirus. The county can only concentrate its fight on one front, and thus is transporting all the medical equipment it can there, and sending all the medical personnel it can as well. China can only mobilize its national medical resources to tackle the virus head-on in Wuhan. If this battle fails, the fate of the country is at stake. People in Wuhan and Hubei had no choice but to sacrifice themselves. This is the luck of the Chinese people and the misfortune of the people of Wuhan and Hubei. People blessed with luck need to be grateful. Wang Shuo
Epidémie de grippe saisonnière: une surmortalité de 21.000 décès cet hiver. France Soir (01/03/2017)
En dépit d’une loi qui l’interdit, la Cour constitutionnelle a décrété mercredi que le suicide assisté peut être jugé licite en Italie si une série de conditions sont réunies, une décision qualifiée de « victoire » par les partisans de l’euthanasie. Dans une sentence très attendue, la haute cour a estimé que l’aide au suicide « n’est pas punissable » quand sont respectés « le consentement éclairé » de la personne, « les soins palliatifs », « la sédation profonde » ainsi qu’un contrôle (« vérification de ces conditions et des modalités d’exécution » du suicide assisté) effectué par les autorités de santé publique après « avis du comité éthique » local. La Cour a souligné que l’aide au suicide ne peut concerner que des patients « maintenus en vie par des traitements vitaux et atteints d’une pathologie irréversible, source de souffrances physiques et psychologiques jugées insupportables, mais pleinement en mesure de prendre des décisions libres et conscientes ». La Cour a aussi précisé que sa décision était prise « dans l’attente d’une intervention indispensable du législateur », demandant donc au parlement de modifier la législation en vigueur. En Italie, pays à forte tradition catholique, l’euthanasie est interdite et le code pénal punit « l’instigation ou l’aide au suicide » avec des peines comprises entre 5 ans et 12 ans de prison. Les juges constitutionnels étaient saisis du cas de Marco Cappato, un responsable du Parti radical (historiquement favorable à l’avortement et à l’euthanasie), qui avait conduit un célèbre DJ italien en Suisse en 2017 pour un suicide assisté. Fabiano Antoniani, dit DJ Fabo, grand voyageur, pilote de moto-cross et musicien, était resté tétraplégique et aveugle après un accident de la route en 2014. « A partir d’aujourd’hui nous sommes tous plus libres, y compris ceux qui ne sont pas d’accord » avec l’euthanasie, s’est félicité M. Cappato sur Facebook, évoquant une « victoire de la désobéissance civile ». « Pour moi aider DJ Fabo était un devoir, la Cour a établi que c’était son droit », a-t-il ajouté. Beppino Englaro, papa d’Eluana, plongée dans un état végétatif et qui fut entre 2008 et sa mort en 2009 un symbole de la lutte pour l’euthanasie, a salué en M. Cappato « un pionnier qui a ouvert la voie vers l’établissement d’un droit ». Le Point
Nous, les ouvriers, on nous dit : ‘Allez travailler !’ Alors que les cadres travaillent depuis chez eux. M. Leroy (élu CGT, Wattrelos)
« Quarantaine à deux vitesses : repos et loisirs pour les uns, précarité et risque sanitaire pour les autres. » « Le confinement, c’est pour les riches. » « On est 300 à bosser sur le site et les cadres sont en télétravail. Nous, qu’on se mette en danger, tout le monde s’en fout. » Les riches à l’abri, les pauvres au turbin ? Les aisés, en télétravail depuis leur maison secondaire du bord de mer, les précaires à l’usine ?  La formule est caricaturale, mais illustre ce sentiment diffus qui pointe, depuis quelques jours, chez certains travailleurs de terrain : deux salles, deux ambiances. Ou plutôt, deux poids, deux mesures. Car si Bruno Le Maire a appelé ce mardi, sur BFMTV, « tous les salariés des entreprises qui sont encore ouvertes, des activités qui sont indispensables au fonctionnement du pays, à se rendre sur leurs lieux de travail », pointe parfois, chez ceux qui sont mobilisés sur le terrain, l’impression d’être « envoyé au front », dans les usines, les bureaux, pour faire tourner la machine, et s’exposer, pendant que les autres, les confinés, préservent, au chaud et en télétravail, leur santé. Et tout ça pour très peu de reconnaissance. Ils sont caissiers, ouvriers, préparateur de commandes, logisticien, travaillent dans les transports, le commerce, ce sont les invisibles, ceux qui travaillent dans les tréfonds des usines, ceux qui ont les mains dans le cambouis. D’après le ministère du Travail, c’est un peu plus de quatre emplois sur dix qui peuvent être exercés à distance. Mais dans la conjoncture actuelle, les remarques fusent : « On ne peut pas aller voir la grand-mère, ni la famille, mais par contre, vous pouvez aller bosser. Et empilés les uns sur les autres », dit un salarié. Lâchés seuls en première ligne ? (…) Ce qui entretient encore plus particulièrement le sentiment d’injustice, c’est qu’on « laisse ouvrir des activités qui devraient être fermées », souligne Laurent Degousée.  « Le 14 mars, on a un arrêté qui indique la fermeture des commerces non utiles. Le 15, un autre arrêté liste les exceptions : les magasins de vapotage ont le droit d’être ouvert, la jardinerie, animalerie, la téléphonie mobile… On  se moque de qui ? » Qu’est-ce qui est utile, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Pour certains salariés ou travailleurs, la réponse est toute trouvée : ils sont sacrifiés pour des besoins non-utiles. Les livreurs de plateformes se considèrent ainsi comme des « travailleurs sacrifiables pour du récréatif ».  LCI
Il ne faudrait pas qu’en gagnant la bataille sanitaire, on se dirige vers un drame économique. Or, d’ores et déjà, le sort à moyen terme d’environ 20 à 30% de la population, entrepreneurs, personnes à leur compte, est très délicat. João Miguel Tavares
L’idéologie de la peur est devenue extrêmement présente dans l’esprit de nos concitoyens. On trouve notamment des traces de cette idéologie dans les fictions hollywoodiennes qui nous décrivent des apocalypses écologiques. A la différence des années 50 où les apocalypses étaient fondées sur l’imaginaire des soucoupes volantes ou de la guerre thermonucléaire, aujourd’hui la fin des temps viendra de l’action de l’homme et des conséquences désastreuses de cette action. La caractéristique de cette idéologie de la peur, c’est la crainte a priori que l’action de l’homme puisse conduire à des déséquilibres de la nature. Cette crainte peut se muer en une détestation de l’homme, vu comme « vorace », et de son action, ce que j’appelle « l’anthrophobie ». (…) La loi sur la transition énergétique s’inscrit dans un fait historique qui est celui de la question climatique. Une question réelle, qu’il faut prendre au sérieux, mais qui sert en quelque sorte d’otage à cette idéologie de la peur. Sur la base des dérèglements climatiques, et des conséquences désastreuses qui ne manqueront pas de survenir, on en infère des scénarios apocalyptiques qui devraient suspendre toutes nos actions y compris nos actions technologiques. Or, je pense qu’il y a un grand danger à suspendre nos actions : c’est celui de ne pas penser les conséquences catastrophiques de notre inaction. En ce sens, la loi sur la transition énergétique tient compte d’un certain nombre d’enjeux idéologiques qui cherchent à regrouper des considérations opportunistes et qui n’ont pas grand-chose à faire ensemble. Par exemple, plafonner la production nucléaire en France est problématique si on considère que le but est de lutter contre les énergies émettrices de gaz à effet de serre. Dans ce cas, pourquoi ne pas plus se préoccuper d’autres énergies comme le gaz ou le pétrole ? [réenchanter le risque] C’est non seulement possible mais c’est absolument nécessaire. Je suis assez préoccupé du fait que toute l’idéologie contemporaine nous oriente vers les conséquences possibles de notre action. Si nous devons être comptables des conséquences de notre action, cette idéologie nous rend totalement aveugle quant aux conséquences possibles de notre inaction. Celle-ci pourrait avoir des coûts cataclysmiques. Par exemple, pour le vaccin, on constate que la couverture maximale baisse y compris dans notre pays et qu’augmentent les craintes concernant le vaccin. En 2000, 9 % des Français se méfiaient des vaccins, ils sont près de 40 % en 2010. Cette méfiance aura des conséquences terribles sur les générations futures. (…) Ces questions ne peuvent avoir que des réponses technologiques. Or, ces réponses technologiques, nous ne les avons pas encore. Toute tentative d’enfermement des technologies du présent pourrait constituer un drame pour les générations futures. En d’autres termes, bâillonner le présent, c’est désespérer le futur. Le réenchantement du risque passe par une première étape celui de la conscience que le risque zéro n’existe pas. En effet, chacune de nos actions charrie une part incompressible de risque. La seconde étape consiste à dire que nous ne pouvons pas ne pas prendre de risque et qu’il n’y a pas de plus grand risque que celui de ne pas en prendre. A partir de là, il nous faut gérer de manière beaucoup plus raisonnable le rapport des coûts et des bénéfices de toute innovation technologique. Gérald Bronner
Êtes-vous prêt à prendre le risque afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ? Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer. Je ne veux pas que tout le pays soit sacrifié. Dan Patrick (vice-gouverneur du Texas)
Coronavirus : sacrifier les personnes âgées pour sauver l’économie ? Les propos chocs du vice-gouverneur du Texas La Dépêche
Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche ! « L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ? Convergences révolutionnaires
Covid-19: les grands parents prêts à «se sacrifier» afin de sauver l’économie, affirme un vice-gouverneur du Texas Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position. Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick. «Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intelligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News. Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays. Sputnik
Lorsqu’une question se pose, il faut toujours avoir la prudence de considérer attentivement la question qui est posée et le contexte dans lequel elle est posée. Très souvent, c’est là que se trouve la réponse. On s’interroge il est vrai à propos de la question de savoir ce qu’il faut sauver en priorité : l’économie ou les vies humaines ? Cette question appelle quatre remarques. – En premier lieu, formulée telle quelle, cette question date. Donald Trump aux États Unis et Boris Johnson en Angleterre se la sont posée il y a plus d’une semaine déjà en clamant haut et fort qu’il fallait penser avant tout à sauver l’économie. La réalité s’est chargée d’apporter elle même la réponse. Face à l’afflux des malades dans les hôpitaux, face à l’inquiétude des populations, face au fait pour Boris Johnson d’avoir été testé comme étant positif au virus du Covid 19, que ce soit Donald Trump ou bien encore Boris Johnson, tous deux ont fait machine arrière en décidant 1). de s’occuper des vies humaines en mettant les moyens pour cela, 2). de sauver l’économie autrement, par une intervention de l’État allant contre le dogme libéral de sa non intervention dans l’économie.- Par ailleurs, il importe de ne pas oublier le contexte. Qui pose la question de savoir ce qu’il faut sauver ? Les plus grands dirigeants de la planète à savoir le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre de Grande Bretagne. Quand ils se posent cette question, comment le font ils ? Sous la forme d’une grande annonce extrêmement médiatisée. Pour qui ? Pour rassurer les milieux financiers. Sur le moment, ce coup d’éclat a l’effet de communication escompté. Il crée un choc psychologique qui rassure les milieux économiques avant de paniquer l’opinion publique. Moralité : la question de savoir s’il faut sauver les vies humaines ou l’économie est un coup politique qui commence sur le ton grandiloquent d’une tragédie cornélienne avant de s’effondrer lamentablement. On veut nous faire croire que certaines questions sont essentielles. Vu ceux qui la posent et le ridicule des réponses qui lui sont apportées qu’il soit permis d’en douter – Dans la façon dont la question et posée, quelque chose ne va pas. On oublie le temps. Lorsque l’épidémie du Corona virus a commencé, désireux de ne pas freiner l’économie, les autorités françaises ont reculé le plus possible la décision du confinement avant de ne pas pouvoir faire autrement. La nécessité économique a alors précédé l’urgence sanitaire. Aujourd’hui, l’urgence sanitaire est devenue première et l’urgence économique a été placée en second. Jusqu’au pic de l’épidémie cela va être le cas. Le temps sanitaire va l’emporter sur le temps économique. Dès que la décrue épidémiologique commencera, le temps économique va reprendre ses droits. En conséquence de quoi, qui décide de ce qui doit se faire ou pas ? Ce n’est pas l’économie ni la vie, mais l’opportunité et, derrière elle, c’est l’être humain capable de juger et d’avoir de la sagesse. – On oublie enfin les hommes. Dans le Cid de Corneille, Rodrigue le héros, se demande s’il doit choisir son amour contre l’honneur de sa famille ou l’honneur de sa famille contre son amour. Au théâtre, cette alternative est admirable. Elle crée le spectacle. Avec l’épreuve que l’humanité endure, on fera du bien à tout le monde en évitant de basculer dans le théâtre. Si on ne s’occupe pas des vies humaines, il y aura des morts et avec eux une inquiétude collective ainsi qu’un drame social qui pèsera sur l’économie. Si on ne s’occupe pas d’économie, il y aura des morts et un drame économique qui pèsera sur les vivants. Si on choisit l’économie contre la santé, il y aura des morts. Si on choisit la santé contre l’économie, il y aura des morts. De toute façon quoi que l’on choisisse et que l’on sacrifie, ne croyons pas qu’il n’y aura pas de morts. Il y en aura. Il est possible toutefois de limiter la casse. Entre la richesse et la mort, on oublie quelque chose d’énorme qui est plus riche que la richesse et plus vivant que la mort : il s’agit de nous. Il s’agit des hommes. Il s’agit des vivants. Si nous avons la volonté chevillée au corps de nous en sortir et si nous sommes solidaires, nous serons capables de surmonter cette crise. Nous devons être humains et forts comme jamais nous ne l’avons été. Nous avons la possibilité de l’être. La solidarité avec le personnel soignant tous les soirs à 20h montre que nous sommes capables de solidarité. L’humour qui circule montre que nous sommes capables de créativité. En ces temps de distanciation sociale, nous sommes en train de fabriquer des proximités inédites, totalement nouvelles et créatrices. Notre instinct de vie a parfaitement compris le message qui est lancé par ce qui se passe : soyez proches autrement. Là se trouve la richesse et la vie qui permettront de relever le défi économique et sanitaire qui est lancé. (…) Il y a deux façons de mesurer. La première se fait par le calcul et les mathématiques en appliquant des chiffres et des courbes à la réalité. La seconde se fait par l’émotion, la sensation, la sensibilité. Quand quelque chose plaît, je n’ai pas besoin de chiffres et de courbes pour savoir que cela plaît. Quand cela déplaît également. Lorsque Donald Trump a compris qu’il fallait s’occuper de la question sanitaire aux États-Unis et pas simplement d’économie, il n’a pas eu cette révélation à la suite d’un sondage. Il n’a pas utilisé les compétences d’instituts spécialisés. La réaction ne se faisant pas attendre, il a été plus rapide que les chiffres, les courbes et les sondages en changeant immédiatement son discours. Il a été découvert récemment que l’intelligence émotionnelle est infiniment plus rapide que l’intelligence mathématique, abstraite et calculatrice. On peut sur le papier démontrer que l’humain coûte trop cher. Lorsque dans la réalité concrète on ne s’en occupe pas assez et mal, on a immédiatement la réponse. Donald Trump s’en est très vite aperçu. (…) On veut des règles pour répondre à la question de savoir comment décider qui doit vivre ou pas et qui doit mourir ou pas. Les règles en la matière sont au nombre de deux : la première qui fonde toute notre civilisation consiste à dire que, par principe, on soigne tout le monde et on sauve tout le monde. Pour éviter la folie monstrueuse des régimes qui décident que telle classe de la population a le droit de vivre et pas telle autre, on n’a pas trouvé autre chose. La seconde règle est empirique. Tout médecin vous dira qu’en matière de vie et de mort aucun médecin ne sait. Ce qu’il faut faire est dicté par chaque malade, jour après jour. A priori, un médecin sauve tout le monde et soigne tout le monde, jusqu’au moment où, basculant du soin et du sauvetage dans l’acharnement et de l’acharnement dans l’absurde, il décide d’arrêter de soigner et de sauver. Ainsi, un médecin aujourd’hui soigne une vielle dame de quatre-vingt cinq ans grabataire et atteinte d’Alzheimer. Maintenant si dans une situation d’extrême urgence il faut choisir entre un jeune de vingt ans et cette vieille dame, le médecin choisira le jeune en plaçant la vie qui commence avant celle qui se termine. Il fera comme les médecins faisaient au XIXème siècle quand il s’agissait de savoir si, lors d’un accouchement qui se passe mal, il faut choisir la mère ou l’enfant. Il choisira l’enfant. Choix déchirant, tragique, insupportable, n’ayant aucune valeur de règle, la responsabilité face à la vie étant la règle. Et ce, parce qu’il ne faut jamais l’oublier : on choisit toujours la vie deux fois : la première contre la mort et la seconde contre la folie. D’où la complexité du choix, choisir la vie contre la folie n’allant jamais de soi. Relever la complexité de ce choix est risqué. On l’a par exemple vu sur tweeter, où de tels commentaires ont déchaîné la colère des internautes. Pourtant si la population grogne lorsqu’elle voit la courbe du chômage monter et les premières conséquences d’une économie au ralenti se concrétiser, n’est-ce pas également parce qu’elle est consciente que équation est impossible ? (…) L’expérience ne se transmet pas. Pour une raison très simple : c’est en ne se transmettant pas qu’elle transmet le message le plus essentiel qui soit afin de surmonter les crises : aucune crise ne ressemble à une autre. Chaque crise étant singulière, chaque crise a un mode de résolution qui lui est propre et qu’elle doit inventer. Quand une crise est résolue, cela vient de ce que ceux qui la traversent ont su inventer la solution qu’il faut pour cette crise précise. Le message des crises est de ce fait clair. Il convient de les étudier afin de comprendre l’originalité qui a été déployée pour sortir de la crise afin de cultiver sa propre originalité. Pour sortir de la crise que nous endurons, nous allons inventer une solution inédite et c’est cette invention qui nous permettra de sortir de cette crise. Bertrand Vergely
Et tout cela aura pour conséquence, dans l’année 2020 et aussi dans les années à venir, d’exclure certains travailleurs, de les marginaliser, de les contraindre à une misère sociale accrue. La France des « gilets jaunes », des zones périphériques, des précaires, des auto-entrepreneurs, des indépendants, va trinquer plus que celle des grands groupes ou de la fonction publique. Si nous étions cyniques (ou d’une lucidité froide), (mais nos sociétés ne le sont plus), nous aurions pu, collectivement, examiner le « coût » de deux stratégies : le confinement avec une décroissance massive et des conséquences négatives en chaîne sur les années à venir ; le maintien au ralenti de l’économie avec des mesures de protection individuelle massive. Une question n’est jamais posée, quand on compare la stratégie du Japon et celle de l’Europe : les choix faits l’ont-ils été par souci des populations et de la pandémie (avec un virus que nous ne connaissons pas et qui évolue d’une manière plus incontrôlée que ce que nous pouvions penser au début) ou pour suppléer l’incurie des politiques de santé publiques qui n’ont pas prévu ce genre de situation et n’ont rien fait pour nous donner les moyens d’y faire face. Damien Le Guay
Rappelons-nous tout d’abord que nous abordons la pandémie avec le regard d’une société individualiste. Nos ancêtres de 1914 ont accepté la mort pour la défense de la patrie parce qu’ils avaient le sentiment d’être un chaînon dans une lignée. Ils défendaient la terre de leurs ancêtres et ils la défendaient pour leurs enfants. Quelques générations plus tôt, quand il y avait encore des épidémies régulières, on prenait des mesures de précaution, on soignait, mais on acceptait la mort éventuelle parce qu’on avait le sentiment d’appartenir à une société. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un tout petit nombre de nos concitoyens qui a l’expérience de la guerre. Nous avons derrière nous 60 ans d’individualisme absolu. Le christianisme est devenu ultraminoritaire. Il s’agit donc, dans l’absolu, d’avoir « zéro mort ». Effectivement notre société semble prête à sacrifier l’économie. Sans se rendre compte que ce genre de mentalités n’amène pas le « zéro mort » mais une catastrophe sanitaire. Et qu’une crise économique aussi fait des morts. (…) L’une des leçons de la crise du COVID 19, c’est que nous avons sous nos yeux la preuve expérimentale des ravages causés par l’effondrement de l’Education Nationale. En particulier, l’enseignement de l’économie tel qu’il est dispensé dans nos lycées, depuis des années, très hostile à l’entreprise et incapable de faire comprendre la dynamique du capitalisme, aboutit aux discours que nous entendons aujourd’hui. Il y aurait des activités indispensables et d’autres qui ne le seraient pas ! En fait, une économie moderne repose sur un fonctionnement très complexe. Les fonctionnaires du Ministère de l’Economie ont pris peur quand ils ont vu le nombre de demandes de mise au chômage partiel ! Dans un Etat qui prélève et redistribue 57% du PIB, on redécouvre qu’il y a beaucoup plus d’emplois utiles que ce qu’on pensait ! Et l’on risque de découvrir, à ce rythme, qu’il y aura encore plus de personnes mourant du fait du ralentissement de l’économie qu’à cause de l’épidémie. On ne peut pas dire que l’histoire des crises et leur taux de mortalité ne soit pas connu: de la crise de 1929 à l’asphyxie de la Grèce par l’Eurogroupe depuis 2015, tout est documenté. (…) Nos gouvernants ne feront pas un choix, s’ils arbitrent entre deux maux. Actuellement, ils sont dans l’incapacité de choisir entre les personnes qu’ils doivent soigner quand elles arrivent à l’hôpital et qu’ils n’ont pas assez de lit. Donc ils appliquent une règle mécanique: au-dessus d’un certain âge, on n’est plus soigné. Ce n’est pas un choix, car choisir c’est faire exercice de sa liberté, c’est pouvoir se déterminer entre deux options. Pour pouvoir choisir, il faut « avoir le choix ». Nous pourrions choisir un type d’équilibre entre la lutte contre la pandémie et la protection de notre économie si nous avions agi en amont. Si nous avions fermé nos frontières, testé largement, distribué massivement des masques etc…Il ne peut pas y avoir, en bonne philosophie, de choix entre des catégories de morts qui seraient préférables. Quand on en est arrivé là c’est qu’on subit. En revanche, aujourd’hui, le gouvernement pourrait choisir d’autoriser la généralisation du traitement du Professeur Raoult. (…) En fait, je pense que le dilemme est entre le fatalisme et le désir d’échapper à un destin tracé. Rappelez-vous, il y a quelques semaines, Emmanuel Macron parlait des progrès « inexorables » de l’épidémie. Au contraire, Boris Johnson et Donald Trump, qui sont des lutteurs, des battants, des hommes de liberté, ont commencé par penser qu’il fallait laisser passer l’épidémie, en faisant confiance aux capacités d’immunisation de la population. Puis, ils ont compris que toutes les grippes ne se ressemblent pas et qu’il fallait prendre des mesures. Ils font passer leur société aux tests massifs et au confinement partiel. Le redémarrage de l’économie apparaîtra d’autant plus souhaitable à leurs concitoyens que l’épidémie aura été jugulée. Ce qui est à craindre en France, comme en Italie, c’est qu’on ait deux crises, sanitaire et économique, qui s’éternisent. (…) Si l’on se réfère à la tradition occidentale, née entre Jérusalem, Athènes et Rome, l’être humain est appelé à se libérer des déterminismes naturels ou sociaux. L’homme occidental est celui qui propose à toute l’humanité d’apprendre la liberté, c’est-à-dire le choix. De la Genèse, où l’homme se voit enjoindre de dominer la Création, à René Descartes (il nous faut devenir « comme maîtres et possesseurs de la nature »), on s’est efforcé d’émanciper l’individu. Le grand paradoxe du dernier demi-siècle a consisté dans l’introduction en Occident de philosophies profondément étrangères à la tradition de l’émancipation individuelle, des sagesses orientales à la vénération de la Terre-Mère. La crise du Coronavirus vient nous rappeler que la nature n’est pas cette force bienveillante envers l’humanité que décrivent les écologistes. Et le yoga et le New Age sont de peu de secours pour lutter contre la pandémie. Si j’avais à me tourner vers la théologie, pour dire la même pensée de l’émancipation individuelle, je citerais Saint Ignace: « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Quand on voit nos dirigeants avoir comme premier mouvement l’interdiction de la participation à un enterrement mais aussi la fermeture des églises, on se dit que ceux qui ne savent plus agir ne savent plus croire. (…) Tout doit être fait pour sortir du fatalisme ! C’est la seule possibilité de se garder une marge de manoeuvre. Le scénario le plus probable, actuellement dans notre pays est au contraire le cumul des crises, du fait de la passivité des gouvernants, qui prennent des décisions toujours trop tardives. Nous en revenons à la complexité des sociétés modernes. Elle peut être maîtrisée à condition, d’une part, de savoir traiter les innombrables données générées par chaque individu, chaque secteur d’activité; à condition, d’autre part, d’intégrer toutes les dimensions du problème à résoudre dans une stratégie unifiée. Réunir ces deux conditions, c’est commencer à pouvoir choisir ce qui servira le mieux la société et l’économie. Edouard Husson
Les hommes au paléolithique pratiquaient certainement la contraception. Déjà chez les Mésopotamiens (1600 av. J.-C.), les femmes utilisent des pierres pour ne pas concevoir: elles choisissent des pierres ovales ou arrondies qu’elles s’introduisent dans le vagin, le plus loin possible ; c’est la méthode intra-utérine. En Égypte, le Papyrus Ebers et Kahun prescrivent plusieurs recettes contraceptives, composées d’excréments de crocodile, de natron, de miel et de gomme arabique. Les remèdes de contraception dans l’Égypte antique sont des produits d’origine végétale, minérale ou animale. Certains sont aujourd’hui reconnus comme efficaces et utilisés dans les spermicides modernes.On dit aussi que les premiers préservatifs masculins seraient égyptiens, confectionnés avec des intestins de petits animaux (chats…). Selon certains auteurs5, il existerait aussi, dans les papyrus égyptiens, des écrits disant que Ramsès aurait fait distribuer à la population des contraceptifs pour limiter la surpopulation et les risques de famine. La sexualité dans le judaïsme se fonde sur la Bible et les Mishnas. La contraception n’est tolérée que dans certains cas et pour une durée définie. Le contrôle des naissances va à l’encontre de deux fondements du judaïsme, l’obligation de concevoir et l’interdiction d’onanisme. Néanmoins, selon le commentaire de la Bible du rabbin Raschi, Onan aurait été puni pour avoir transgressé les lois du lévirat, plus que « pour avoir gaspillé sa semence ». Les anciens Hébreux, qui pratiquaient la polygamie, étaient parfois autorisés des moyens contraceptifs si la grossesse risquait de mettre en danger la vie de la mère. Le droit talmudique, tiré de la Halakha admet la prévention mais en laisse uniquement l’initiative à la femme. De leur côté, les Araméennes de confession hébraïque utilisent, sur le conseil du rabbin (IIe siècle apr. J.-C.), le moukh, une éponge placée dans le vagin qui empêche le sperme d’atteindre l’utérus. (…) Les Grecs et les Romains ont quant à eux utilisé l’avortement et l’infanticide en cas d’échec des drogues et des amulettes, notamment pour éviter un enfant issu d’un riche citoyen et de son esclave. (…) Quant aux femmes, puisque l’allaitement arrête l’ovulation, la façon la plus naturelle pour elles de se protéger d’une éventuelle nouvelle grossesse était de prolonger la période pendant laquelle elles nourrissaient au sein leur enfant. Par ailleurs, le calcul des cycles menstruels devait leur permettre de savoir à quelles périodes elles étaient les plus fécondes ; on estimait alors qu’il s’agit de celles survenant juste avant ou juste après les menstruations. (…) Les études démographiques, telles celles de Louis Henry montrent que la fécondité diminue au sein de la bourgeoisie au XVIIe siècle. Cela va de pair avec la perte des recettes contraceptives des sorcières et sages-femmes. Au XVIIe siècle, la fécondité naturelle reprend. Les villes européennes croissent plus rapidement et apparaît alors des discussions et des controverses portant sur les avantages et les inconvénients de cette croissance. Nicolas Machiavel, un philosophe italien de la renaissance écrit alors que « Lorsque toutes les provinces du monde se seront remplies d’habitants tel qu’ils ne pourront plus subsister où ils sont ni se déplacer quelque part d’autre…alors le monde se purgera lui-même grâce à une de ces trois méthodes » en parlant des inondations, de la peste et des famines. Martin Luther affirme à cette époque que « Dieu fait les enfants. Il va aussi les nourrir ». (…) Les registres paroissiaux du XVIIIe siècle montrent un contrôle actif des naissances par la contraception, la continence ou le coït interrompu. Wikipedia
L’histoire de l’avortement remonte selon l’anthropologie à l’Antiquité. Pratiqué dans toutes les sociétés, les techniques (herbes abortives, utilisation d’objets tranchants, curetage, application d’une forte pression abdominale) et les conditions dans lesquelles l’avortement a été réalisé ont changé dans les pays où est reconnu le droit à l’avortement mais il demeure un fait de société. Le Code de Hammurabi daté d’environ 1750 av. J.-C. interdit l’avortement1. Le papyrus Ebers contient des prescriptions pour faire avorter les femmes. Ainsi, dès l’Antiquité, des politiques ont tenté de contrôler la fécondité. L’avortement est poursuivi très strictement chez les Hébreux. Dans la Grèce classique et la Rome antique, l’avortement est une pratique réprouvée (car elle prive le père de son droit de disposer de sa progéniture comme il l’entend) mais non interdite par un texte législatif. Ce n’est qu’avec l’expansion du christianisme et le besoin de gérer l’équilibre démographique que les empereurs romains Septime Sévère et Caracalla punissent dans des rescrits l’avortement au IIIe siècle. À cette époque, une plante (le silphium) servait principalement comme abortif et contraceptif. La très grande majorité des Églises chrétiennes condamnent fermement l’avortement mais au Moyen Âge, la sanction est différente selon que l’avortement est pratiqué avant ou après l’animation du fœtus. Au XIIIe siècle, les théologiens chrétiens optent pour une animation différenciée entre garçons et filles : ils fixent l’apparition d’une âme chez les fœtus à 40 jours pour les garçons et à 80 jours pour les filles. La Constitutio Criminalis Carolina, édictée par Charles Quint en 1532, fixe au milieu de la grossesse le moment de l’animation du fœtus, c’est-à-dire dès que la mère perçoit ses mouvements. Néanmoins, le pape Sixte Quint condamne de façon formelle l’avortement, quel qu’en soit le terme. Des femmes, au péril de leur vie en raison des techniques utilisées et du manque d’hygiène, s’avortent alors elles-mêmes, font appel à leur entourage ou recourent alors à un tiers. (…) Dès la fin du XVIIIe siècle en France et au XIXe siècle dans les autres pays d’Europe occidentale, les femmes mariées y recourent de plus en plus souvent afin de limiter la taille de leur famille. Elles font appel à des femmes sans qualification, surnommées « faiseuses d’anges », parmi lesquelles les « tricoteuses », célèbres pour leurs aiguilles à tricoter, qu’elles utilisent pour percer la poche des eaux ou ouvrir le col de l’utérus, et entraîner une fausse-couche. L’avortement dans ce contexte se pratique toujours dans la clandestinité, notamment par l’intervention appelée « dilatation et curetage ». La médecine du XIXe siècle voit des progrès dans les domaines de la chirurgie, de l’anesthésie et de l’hygiène. À la même époque, des médecins associés à l’Association médicale américaine font pression pour l’interdiction de l’avortement aux États-Unis alors que les interruptions de grossesse sont de plus en plus punies, comme en attestent en France l’article 317 du code pénal de 1810 qui punit de la réclusion d’un an à cinq ans aussi bien la femme qui avorte que le tiers avorteur, ou les articles 58 et 59 du Offences against the Person Act 1861 adoptés par le Parlement du Royaume-Uni qui criminalise l’avortement. Dans les années 1970, des féministes américaines développent la méthode de Karman qui permet d’avorter de manière sécuritaire. En Angleterre et aux États-Unis, cet avortement par aspiration se pratique en consultation externe, c’est ce que l’on appelle le « lunch-time abortion » (avortement pratiqué à l’heure du déjeuner). L’avortement devient plus sûr, ne nécessite aucun cadre hospitalier et peut même être réalisée par des non-médecins. Wikipedia
Des méthodes empiriques de variolisation sont apparues très tôt dans l’histoire de l’humanité, grâce à l’observation du fait qu’une personne qui survit à la maladie est épargnée lors des épidémies suivantes. L’idée de prévenir le mal par le mal se concrétise dans des pratiques populaires sur les continents asiatique et africain. La pratique de l’inoculation était en tout cas connue en Afrique depuis plusieurs siècles et c’est de son esclave Onésime que l’apprit le pasteur américain Cotton Mather. La première mention indiscutable de la variolisation apparaît en Chine au XVIe siècle. Il s’agissait d’inoculer une forme qu’on espérait peu virulente de la variole en mettant en contact la personne à immuniser avec le contenu de la substance qui suppure des vésicules d’un malade (le pus). Le risque n’était cependant pas négligeable : le taux de mortalité pouvait atteindre 1 ou 2 %. (…) Dans de très rares cas, la vaccination peut entraîner des effets indésirables sérieux et, exceptionnellement, fatals. Un choc anaphylactique, extrêmement rare, peut par exemple s’observer chez des personnes susceptibles avec certains vaccins (incidence de 0,65 par million, voir 10 par million pour le vaccin rougeole-rubéole-oreillons (RRO). En France, la loi prévoit le remboursement des dommages et intérêts par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux lorsqu’il s’agit de vaccins obligatoires. Wikipedia
La politique de vaccination française contre la grippe est de vacciner les personnes qui ont des risques de faire des complications suite à une grippe, des complications qui vont les emmener à l’hôpital, voire qui peuvent évoluer vers le décès [9 900 décès ont été attribués à la grippe en France pendant l’hiver 2018-2019]. Donc les gens à risque sont les personnes les plus âgées, à partir de 65 ans, les personnes qui ont un déficit de l’immunité, celles qui ont des maladies cardiaques, pulmonaires, respiratoires, rénales, hépatiques, neurologiques, et puis également les femmes enceintes. Il faut savoir que vacciner la femme enceinte protège aussi son bébé pour les 6 premiers mois de sa vie. Les personnes obèses sont également concernées. L’intérêt c’est de protéger toutes ces personnes-là. (…) Les personnes âgées (…) le vaccin marche moins bien chez elles, mais il y a aussi les adultes plus jeunes qui ont des complications, des maladies respiratoires, cardiaques… Ces personnes-là peuvent être protégées par la vaccination et puis on a aussi la possibilité de vacciner l’entourage, les gens qui vivent à proximité, en particulier les professionnels de santé, mais également l’entourage des petits nourrissons qu’on ne peut pas vacciner avant 6 mois. Dans ce cas, pour un nourrisson qui a des facteurs de risque, on va recommander la vaccination à son entourage. (…) On rencontre des difficultés à faire vacciner les professionnels de santé, d’abord parce que le vaccin de la grippe a lieu tous les ans, donc c’est relativement contraignant. Ensuite, parce que de façon générale le vaccin est responsable d’une réticence de la part des professionnels de santé, peut-être à cause de la vaccination hépatite B et des potentiels effets secondaires qui avaient été mis en doute à l’époque et qui depuis ont été infirmés. Aujourd’hui, on a une bonne couverture vaccinale chez les médecins et les étudiants en médecine, globalement on arrive à 60 -70% de couverture vaccinale, mais ça reste encore difficile chez les infirmières ou les aides soignantes. (…) Le vaccin antigrippal actuellement disponible en France ne comporte pas d’adjuvants, c’est peut-être aussi pour ça qu’il n’est pas aussi efficace que d’autres vaccins pour lesquels on a des adjuvants efficaces. Et les principaux effets secondaires, se font au moment de la vaccination donc soit au site d’injection, soit de la fièvre, un peu de fatigue et des douleurs articulaires et musculaires. Ensuite, il existe un effet secondaire, plus spécifique de la vaccination antigrippale, qui est lié au virus lui-même, une complication neurologique mais assez exceptionnelle avec le virus et encore plus exceptionnelle avec le vaccin, donc qui ne remet pas en cause l’intérêt même de ce vaccin. (…) Si vous n’êtes pas dans les populations à risque, vous pouvez vous faire vacciner d’une part pour protéger votre entourage éventuellement, et d’autre part pour vous protéger, vous. Il faut savoir que dans certains pays, pas très loin de chez nous au Royaume-Uni, la politique vaccinale est différente. On vaccine les enfants de façon généralisée pour qu’ils limitent la transmission de la grippe aux personnes fragiles, puisqu’on estime que pendant une épidémie de grippe environ 20% des enfants vont être affectés et seront donc le réservoir principal du virus. Dr. Odile Launay (Université de Paris, Centre d’Investigation Clinique Cochin-Pasteur)
Le saviez-vous ? 900 000 Juifs ont été exclus ou expulsés des Etats arabo-musulmans entre 1940 et 1970. L’histoire de la disparition du judaïsme en terres d’islam est la clef d’une mystification politique de grande ampleur qui a fini par gagner toutes les consciences. Elle fonde le récit qui accable la légitimité et la moralité d’Israël en l’accusant d’un pseudo « péché originel ». La fable est simpliste : le martyre des Juifs européens sous le nazisme serait la seule justification de l’État d’Israël. Sa « création » par les Nations Unies aurait été une forme de compensation au lendemain de la guerre. Cependant, elle aurait entraîné une autre tragédie, la « Nakba », en dépossédant les Palestiniens de leur propre territoire. Dans le meilleur des cas, ce récit autorise à tolérer que cet État subsiste pour des causes humanitaires, malgré sa culpabilité congénitale. Cette narration a, de fait, tout pour sembler réaliste. Elle surfe sur le sentiment de culpabilité d’une Europe doublement responsable : de la Shoah et de l’imposition coloniale d’Israël à un monde arabe innocent.  Dans le pire des cas, cette narration ne voit en Israël qu’une puissance colonialiste qui doit disparaître. Ce qui explique l’intérêt d’accuser sans cesse Israël de génocide et de nazisme : sa seule « raison d’être » (la Shoah) est ainsi sapée dans son fondement. La « Nakba » est le pendant de la Shoah. La synthèse politiquement correcte de ces deux positions extrêmes est trouvée dans la doctrine de l’État bi-national ou du « retour » des « réfugiés » qui implique que les Juifs d’Israël mettent en oeuvre leur propre destruction en disparaissant dans une masse démographique arabo-musulmane. Shmuel Trigano
Hors du sacrifice point de salut !
En ce 2020e vendredi saint …
Et premier jour de la Pâque juive …
Où nous chrétiens nous remémorons, à travers le don suprême de la vie du Christ, le sacrifice qui devait mettre fin à tous les sacrifices …
Et nos amis juifs, à travers leur expulsion pour crime rituel évidemment mythique mais contre-factuellement attribué à leur propre dieu des premiers nés égyptiens, le salut et la fondation de leur peuple …
Et où pour préserver aujourd’hui en une sorte de peur panique du risque, ses membres les plus vulnérables du virus chinois …
L’Humanité entière semble prête au sacrifice de l’avenir de ses propres enfants …
Comment ne pas voir à nouveau …
Derrière la longue histoire …
D’Isaac à Moïse et de la circoncision à l’eucharistie et au baptême comme de l’avortement à la contraception et de la vaccination à l’actuel confinement
De l’abandon comme de ses substituts et survivances …
L’ inévitable nécessité du sacrifice
Comme à la Nietzsche, élimination de l’autre …
Ou préfiguré par la bonne prostituée du jugement de Salomon …
Ou incarné par le Christ lui-même…
Du don ultime de soi ?

Contempler.
Le fils unique, le fils aimé
Le ciel s’ouvre devant le père brisé. Mais le fils seul entrevoit, au-delà, la splendeur de Dieu et la douleur humaine.
Gérard Billon
La Croix
24/02/2018

Le Sacrifice d’Isaac (1960-1966), peint par Marc Chagall, est conservé au Musée national Marc- Chagall à Nice. Adagp, Paris 2018

Nous percevons d’abord les couleurs : rouge, jaune, bleu. Claires, elles débordent le dessin, enveloppent les personnages, les recouvrent. Rouge pour Abraham hébété, jaune pour Isaac offert, bleu pour l’ange secourable. Couleurs premières d’une histoire qui nous défie.

Du ciel, un cri…
« C’est l’ange du Seigneur qui appelle : Abraham ! Abraham ! Réponse : Oui, je suis là. – Arrête-toi, dit-il, ne fais rien à l’enfant. Je sais. Tu crains Dieu… » (Gn 22,11-12). Privilège de la peinture : arrêter le flot narratif pour explorer une phrase et discerner l’indiscernable, ce qui est écrit mais que l’on ne voit pas, que l’on n’entend pas encore.

Dieu a parlé. Abraham est à l’épreuve : prendre son fils unique, son fils aimé, le rire de sa vieillesse touchée par la mort, et l’offrir en holocauste. Offrir, donner sans retour ce qui lui a été donné. L’obéissance peut-elle aller jusqu’à répandre le sang et brûler la chair ? Le père et le fils ont gravi ensemble la montagne. L’autel est dressé, et les bûches, le feu bientôt. Lentement, le père prend le couteau. Le fils, lui, se tait.

Le tableau, grand, presque carré (230 x 235 cm), s’insère dans les silences du récit. Marc Chagall, rêveur juif de Vitebsk exilé en France (1887-1985), l’a conçu comme partie d’un cycle de douze toiles intitulé Message biblique (1960-1966). Grâce à Adam, Noé, Abraham et Moïse, Dieu y dialogue avec nous. En contrepoint, cinq autres toiles chantent le Cantique des Cantiques.

Invisible, Dieu parle. Ses mots sont dans le geste de l’ange recouvert d’azur, bras tendus pour consoler après l’épreuve. Car l’épreuve s’achève. Au loin mais face à son mari, Sara angoissée respire et le bélier attend au pied d’un arbre. Abraham avait repoussé jusqu’à l’ultime instant le coup fatal. Son couteau, sa bouche se figent. Le couteau, serré entre les doigts multipliés, n’a pu encore se retourner vers l’enfant. Le sang qu’il n’a pas versé coule en pluie libératrice sur le père, atteint le fils mais ne peut entacher le soleil du corps offert.

La vision du fils
Isaac s’est abandonné. Librement. Dos sur le bûcher, il n’est pas lié, contrairement au récit biblique. Nu, il se sépare de son père pour contempler le ciel, un œil ouvert, l’autre fermé, encore ici, déjà ailleurs. Indifférent à l’ange consolateur, lui seul voit un deuxième ange, d’un blanc radieux, en haut à gauche. Fugitive gloire divine. Le bras pointe d’autres drames au-dessus du drame, en haut à droite. Au jeune et lumineux Isaac, au bel Isaac, est accordée une vision d’avenir, d’incendies et de pogroms : une mère serre son enfant, un homme porte sa croix – Jésus le juif solidaire des Juifs persécutés –, un rabbin fuit, on s’affole. Viendra un temps déraisonnable où l’homme, au contraire d’Abraham, agira vite, sauvage, et l’ange ne pourra suspendre son geste meurtrier. Un temps où la crainte de Dieu aura disparu.

Isaac voit. Contre l’inéluctable, il s’offre en victime innocente, pure et sans péché. Son offrande et l’épreuve de son père peuvent-elles changer l’avenir ? Pour le XXe siècle, il est trop tard, nous dit Chagall. Pour le XXIe, pour notre siècle, rien n’est perdu.

Voir par ailleurs:

Re-visions of Sacrifice

Abraham in Art and Interfaith Dialogue

Aaron Rosen reflects on the manifold ways in which  Abrahams near-sacrifice of Isaac has been portrayed in the ‘Abrahamic’ religions and in art and literature

In a poignant episode in his bestseller, Abraham: A Journey to the Heart of Three Faiths, Bruce Feiler relates a conversation in Jerusalem with Petra Heldt, a Lutheran minister. Despite witnessing the power of religious intolerance firsthand, Heldt – who suffered severe burns during a suicide bombing in 1997 – sketches an optimistic vision for interfaith dialogue. Like Feiler, she sees the greatest source of conversation and consensus between Jews, Christians, and Muslims in the shared figured of Abraham. If we can learn to alter our “exclusivist thinking”, she tells the author, we can “sit down and begin to draw a picture of Abraham”. The resulting image, she muses, will be a figure capable of “representing the best of ourselves. It’s beautiful,” she adds, “and it can happen.” Heldt no doubt intended this image metaphorically. But what if we take her words literally? What would happen if we really put Jews, Christians, and Muslims around a table together and asked them to sketch a portrait of this ancient forefather? Would all those invited even agree to such an exercise? And where would they even begin? One can only imagine the tricky task of drafting a patriarchal proboscis that appealed to all parties. While this thought experiment might seem a bit frivolous at first glance, looking closely at how we picture Abraham can disclose tensions which are often left unexamined when we engage in interfaith dialogue. Heldt’s vision is indeed a beautiful one, but it is stilmportant to identify the impediments to imagining a shared Abraham. This task is especially critical at a time when references to ‘the Abrahamic faiths’ have become seemingly indispensable when talking about relations between Jews, Christians, and Muslims. Numerous interfaith organisations have taken Abraham as a figurehead, including Abraham’s Vision and the Abrahamic Alliance International in the United States, Abraham House in the United Kingdom, and the Abraham Fund in Israel. Universities have followed suit, with Oxford and Cambridge respectively establishing professorships in “The Study of the Abrahamic Religions” and “Abrahamic Faiths and Shared Values The proliferation of such gatherings, institutions, and lectureships is certainly a boon to interfaith dialogue and academic study. The more traction the idea of the ‘Abrahamic’ has attained, however – the more it has solidified its place within our vocabulary – the less attentive we have become to what this label might obscure or ignore. If we are really aiming at an informed practice of interfaith dialogue, one of our first steps must be to reflect rigorously on the language we employ. If we are going to call for interfaith dialogue under the banner of ‘the Abrahamic’, we need to wrestle first of all with the legacy of Abraham himself. By looking at how artists from different backgrounds depict Abraham, I hope to show that the ways we imagine Abraham today are at once more promising and more problematic for interfaith dialogue than we usually recognise. There is no single Abraham whose dignified portrait we can hang above the mantle, expecting him to gaze down approvingly on our interfaith salons and seminars. What visual art can show us, more palpably than any other medium, is a multiplicity of Abrahams, figures who embrace and exclude each other at the same time. Seen in this light, what constitutes ‘the Abrahamic’ is not any immutable bond over a common forefather, but rather a fraternal tension; a spiritual tug-of-war which draws the participants closer, even as they struggle with one another. I want to explore this tension through works of art which depict Abraham’s near sacrifice of his son, understood as Isaac in Judaism and Christianity, and usually as Ishmael in Islam. This traumatic event, known to Jews as the Akedah , to Christians as the Sacrifice of Isaac, and to Muslims as the Dhabih , is a major theme in the scriptures, interpretive traditions, and practices of all three faiths. Indeed, for each religion – albeit in distinct ways – Abraham’s willingness to slaughter his son has come to be seen as the defining moment in the patriarch’s spiritual life. After familiarising ourselves with interpretations of this event in Judaism, Christianity, and Islam, we will turn our attention to revealing examples of modern art. By providing embodied visions of the characters in question, these works force us to examine possibilities for interfaith dialogue which we might otherwise pass over.At the core of this story is a terrible divine demand, and a horrifying human willingness to execute it. Even the notion that this sequence of events constitutes a test for the patriarch – a major theme in each of the Abrahamic religions – leaves faith and obedience worryingly entwined with violence and bloodshed. For some commentators, this is compelling evidence of the “violent legacy of monotheism”. While it is reductive to read the Akedah as a cause of contemporary violence, the story does reinforce a logic which values religious commitment above the preservation of human life; a hierarchy with a dubious historical track record. Yet rather than throwing the baby – or in this case Isaac – Jewish Quarterly — Summer 2014 11 The proliferation of such gatherings, institutions, and lectureships is certainly a boon to interfaith dialogue and academic study. The more traction the idea of the ‘Abrahamic’ has attained, however – the more it has solidified its place within our vocabulary – the less attentive we have become to what this label might obscure or ignore. If we are really aiming at an informed practice of interfaith dialogue, one of our first steps must be to reflect rigorously on the language we employ. If we are going to call for interfaith dialogue under the banner of ‘the Abrahamic’, we need to wrestle first of all with the legacy of Abraham himself. By looking at how artists from different backgrounds depict Abraham, I hope to show that the ways we imagine Abraham today are at once more promising and more problematic for interfaith dialogue than we usually recognise. There is no single Abraham whose dignified portrait we can hang above the mantle, expecting him to gaze down approvingly on our interfaith salons and seminars. What visual art can show us, more palpably than any other medium, is a multiplicity of Abrahams, figures who embrace and exclude each other at the same time. Seen in this light, what constitutes ‘the Abrahamic’ is not any immutable bond over a common forefather, but rather a fraternal tension; a spiritual tug-of-war which draws the participants closer, even as they struggle with one another. I want to explore this tension through works of art which depict Abraham’s near sacrifice of his son, understood as Isaac in Judaism and Christianity, and usually as Ishmael in Islam. This traumatic event, known to Jews as the Akedah , to Christians as the Sacrifice of Isaac, and to Muslims as the Dhabih , is a major theme in the scriptures, interpretive traditions, and practices of all three faiths. Indeed, for each religion – albeit in distinct ways – Abraham’s willingness to slaughter his son has come to be seen as the defining moment in the patriarch’s spiritual life. After familiarising ourselves with interpretations of this event in Judaism, Christianity, and Islam, we will turn our attention to revealing examples of modern art. By providing embodied visions of the characters in question, these works force us to examine possibilities for interfaith dialogue which we might otherwise pass over.At the core of this story is a terrible divine demand, and a horrifying human willingness to execute it. Even the notion that this sequence of events constitutes a test for the patriarch – a major theme in each of the Abrahamic religions – leaves faith and obedience worryingly entwined with violence and bloodshed. For some commentators, this is compelling evidence of the “violent legacy of monotheism”. While it is reductive to read the Akedah as a cause of contemporary violence, the story does reinforce a logic which values religious commitment above the preservation of human life; a hierarchy with a dubious historical track record. Yet rather than throwing the baby – or in this case Isaac – ‘What would happen if we put Jews, Christians, and Muslims around a table together and asked them to sketch a portrait of this ancient forefather?’ he boy or do anything to him; for now I know that you fear God, since you have not withheld your son, your only son, from me” (Gen. 22.12). Glancing up, Abraham spies a ram caught in a thicket, which he slaughters instead. After a second encomium booms down from heaven, the story concludes on a seemingly prosaic note. “Abraham returned to his young men” and journeys back to Beer-sheba (Gen. 22.19). Surprisingly, the Akedah barely features in the remainder of the Hebrew Bible. Coupled with the episode’s sparse and cryptic narration, the narrative absolutely clamors for interpretation. The rabbis were happy to oblige. Even the opening words: “After these things”, suggested a whole scene in which Satan baits God into testing Abraham, à la Job (1.6-12). In another tradition, of central importance in Islam, a devil appears to Abraham, Isaac, and Sarah, arguing that such a monstrous demand transgresses moral law; precisely the argument later made by Immanuel Kant! Some midrashim fly in the face of the text’s plain sense, claiming that Abraham had wounded or even slaughtered his son. In one version Isaac is whisked away to the Garden of Eden for three years to rehabilitate, presumably mentally as well as physically. According to another, “When Father Isaac was bound on the altar and reduced to ashes… [God] immediately brought upon him dew and revived him.” The site of Isaac’s sacrifice became identified with the Temple in Jerusalem and Isaac himself came to be construed as a willing adult, an exemplar for martyrs (e.g. 4 Macc. 13.12), especially during the persecution of Jews during the Crusades. While many of these associations have become muted for contemporary Jews, the blast of the shofar on High Holidays, continues to recall Isaac’s miraculous deliverance. The early followers of Jesus quickly recognised a powerful affinity between Abraham’s offering of Isaac and God’s sacrifice of his own beloved son. When Paul asserted in his Letter to the Romans that God “did not withhold his own Son, but gave him up for all of us” (8.32), he directly echoed the language of the Hebrew Bible, which praises Abraham for not withholding his son (Genesis 22.12, 16). The Letter to the Hebrews develops another influential line of thought: By faith Abraham, when put to the test, offered up Isaac. He who had received the promises was ready to offer up his only son, of whom he had been told, “It is through Isaac that descendants shall be named for you.” He considered the fact that God is able even to raise someone from the dead—and figuratively speaking, he did receive him back (11.17-19) Abraham’s deed became – first and foremost – a measure of faith; a familiar touchstone in Christian interpretations from Paul to Søren Kierkegaard. While Hebrews does not explicitly link the sacrifice of Isaac to Christ’s resurrection, later interpreters soon cemented this connection. Over the next several centuries, the Church Fathers wrote extensively on Genesis 22, frequently reading it as a prototype for the perfected sacrifice of Christ. Thus, for Saint Augustine, Isaac carrying the wood for the burnt offering anticipated Jesus shouldering the cross on his way to Golgotha. And the ram caught in thicket also became a symbol for the Saviour, “crowned with Jewish thorns before he was offered in sacrifice.” Taking their cue from such typologies, many churches today read Genesis 22 during the Easter Holy Week, when Christians remember Jesus’ sacrifice as the Paschal Lamb. If Genesis 22 is laconic, the Qur’anic rendering of this story is downright hermetic. Here it is in its entirety: And when (his son) was old enough to walk with him, (Abraham) said: O my dear son, I have seen in a dream that I must sacrifice thee. So look, what thinkest thou? He said: O my father! Do that which thou art commanded. Allah willing, thou shalt find me steadfast. Then, when they had both surrendered (to Allah), and he had flung him down upon his face, we called unto him: O Abraham! Thou hast already fulfilled the vision. Lo! Thus do we reward the good. Lo! that verily was a clear test. Then we ransomed him with a tremendous victim (q37.102-107) Certain elements are familiar, but the differences are crucial. Abraham receives God’s call in a dream, and rather than deliberately keeping his son in the dark, he immediately asks his opinion. For his part, the son is less like the naïve Isaac of Genesis and more like the steadfast martyr of midrash. It is not even clear which son is the protagonist. Early Islamic interpreters leaned towards Isaac and imagined the events transpiring near Jerusalem, while later interpreters favored Ishmael, and the Muslim holy city of Mecca as the setting. Although overall Ishmael features as the hero in only slightly more authoritative texts than Isaac, he is the overwhelming consensus among Muslims today. Picking up elements from both Jewish exegesis and pre-Islamic traditions, numerous sources describe Abraham and Isaac or Ishmael stoning Satan as he attempts to dissuade them from their sacrifice. This is the basis for the Hajj ritual in which pilgrims hurl pebbles at stone pillars representing the devil. The pilgrimage culminates with the Eid al- Adha , the Feast of the Sacrifice, in which an animal is slaughtered in memory of Abraham’s trial. While the texts and traditions of the Abrahamic faiths frequently intersect, this trend is even more pronounced when we turn to the visual arts. The binding or sacrifice has featured prominently in ancient synagogue mosaics and Christian funerary art, medieval Hebrews does not explicitly link the sacrifice of Isaac to Christ’s resurrection, later interpreters soon cemented this connection. Over the next several centuries, the Church Fathers wrote extensively on Genesis 22, frequently reading it as a prototype for the perfected sacrifice of Christ. Thus, for Saint Augustine, Isaac carrying the wood for the burnt offering anticipated Jesus shouldering the cross on his way to Golgotha. And the ram caught in thicket also became a symbol for the Saviour, “crowned with Jewish thorns before he was offered in sacrifice.” Taking their cue from such typologies, many churches today read Genesis 22 during the Easter Holy Week, when Christians remember Jesus’ sacrifice as the Paschal Lamb. If Genesis 22 is laconic, the Qur’anic rendering of this story is downright hermetic. Here it is in its entirety: And when (his son) was old enough to walk with him, (Abraham) said: O my dear son, I have seen in a dream that I must sacrifice thee. So look, what thinkest thou? He said: O my father! Do that which thou art commanded. Allah willing, thou shalt find me steadfast. Then, when they had both surrendered (to Allah), and he had flung him down upon his face, we called unto him: O Abraham! Thou hast already fulfilled the vision. Lo! Thus do we reward the good. Lo! that verily was a clear test. Then we ransomed him with a tremendous victim (q37.102-107) Certain elements are familiar, but the differences are crucial. Abraham receives God’s call in a dream, and rather than deliberately keeping his son in the dark, he immediately asks his opinion. For his part, the son is less like the naïve Isaac of Genesis and more like the steadfast martyr of midrash. It is not even clear which son is the protagonist. Early Islamic interpreters leaned towards Isaac and imagined the events transpiring near Jerusalem, while later interpreters favored Ishmael, and the Muslim holy city of Mecca as the setting. Although overall Ishmael features as the hero in only slightly more authoritative texts than Isaac, he is the overwhelming consensus among Muslims today. Picking up elements from both Jewish exegesis and pre-Islamic traditions, numerous sources describe Abraham and Isaac or Ishmael stoning Satan as he attempts to dissuade them from their sacrifice. This is the basis for the Hajj ritual in which pilgrims hurl pebbles at stone pillars representing the devil. The pilgrimage culminates with the Eid al- Adha , the Feast of the Sacrifice, in which an animal is slaughtered in memory of Abraham’s trial. While the texts and traditions of the Abrahamic faiths frequently intersect, this trend is even more pronounced when we turn to the visual arts. The binding or sacrifice has featured prominently in ancient synagogue mosaics and Christian funerary art, medieval Hebrews does not explicitly link the sacrifice of Isaac to Christ’s resurrection, later interpreters soon cemented this connection. Over the next several centuries, the Church Fathers wrote extensively on Genesis 22, frequently reading it as a prototype for the perfected sacrifice of Christ. Thus, for Saint Augustine, Isaac carrying the wood for the burnt offering anticipated Jesus shouldering the cross on his way to Golgotha. And the ram caught in thicket also became a symbol for the Saviour, “crowned with Jewish thorns before he was offered in sacrifice.” Taking their cue from such typologies, many churches today read Genesis 22 during the Easter Holy Week, when Christians remember Jesus’ sacrifice as the Paschal Lamb. If Genesis 22 is laconic, the Qur’anic rendering of this story is downright hermetic. Here it is in its entirety: And when (his son) was old enough to walk with him, (Abraham) said: O my dear son, I have seen in a dream that I must sacrifice thee. So look, what thinkest thou? He said: O my father! Do that which thou art commanded. Allah willing, thou shalt find me steadfast. Then, when they had both surrendered (to Allah), and he had flung him down upon his face, we called unto him: O Abraham! Thou hast already fulfilled the vision. Lo! Thus do we reward the good. Lo! that verily was a clear test. Then we ransomed him with a tremendous victim (q37.102-107) Certain elements are familiar, but the differences are crucial. Abraham receives God’s call in a dream, and rather than deliberately keeping his son in the dark, he immediately asks his opinion. For his part, the son is less like the naïve Isaac of Genesis and more like the steadfast martyr of midrash. It is not even clear which son is the protagonist. Early Islamic interpreters leaned towards Isaac and imagined the events transpiring near Jerusalem, while later interpreters favored Ishmael, and the Muslim holy city of Mecca as the setting. Although overall Ishmael features as the hero in only slightly more authoritative texts than Isaac, he is the overwhelming consensus among Muslims today. Picking up elements from both Jewish exegesis and pre-Islamic traditions, numerous sources describe Abraham and Isaac or Ishmael stoning Satan as he attempts to dissuade them from their sacrifice. This is the basis for the Hajj ritual in which pilgrims hurl pebbles at stone pillars representing the devil. The pilgrimage culminates with the Eid al- Adha , the Feast of the Sacrifice, in which an animal is slaughtered in memory of Abraham’s trial. While the texts and traditions of the Abrahamic faiths frequently intersect, this trend is even more pronounced when we turn to the visual arts. The binding or sacrifice has featured prominently in ancient synagogue mosaics and Christian funerary art, medieval Hebrews does not explicitly link the sacrifice of Isaac to Christ’s resurrection, later interpreters soon cemented this connection. Over the next several centuries, the Church Fathers wrote extensively on Genesis 22, frequently reading it as a prototype for the perfected sacrifice of Christ. Thus, for Saint Augustine, Isaac carrying the wood for the burnt offering anticipated Jesus shouldering the cross on his way to Golgotha. And the ram caught in thicket also became a symbol for the Saviour, “crowned with Jewish thorns before he was offered in sacrifice.” Taking their cue from such typologies, many churches today read Genesis 22 during the Easter Holy Week, when Christians remember Jesus’ sacrifice as the Paschal Lamb. If Genesis 22 is laconic, the Qur’anic rendering of this story is downright hermetic. Here it is in its entirety: And when (his son) was old enough to walk with him, (Abraham) said: O my dear son, I have seen in a dream that I must sacrifice thee. So look, what thinkest thou? He said: O my father! Do that which thou art commanded. Allah willing, thou shalt find me steadfast. Then, when they had both surrendered (to Allah), and he had flung him down upon his face, we called unto him: O Abraham! Thou hast already fulfilled the vision. Lo! Thus do we reward the good. Lo! that verily was a clear test. Then we ransomed him with a tremendous victim (q37.102-107) Certain elements are familiar, but the differences are crucial. Abraham receives God’s call in a dream, and rather than deliberately keeping his son in the dark, he immediately asks his opinion. For his part, the son is less like the naïve Isaac of Genesis and more like the steadfast martyr of midrash. It is not even clear which son is the protagonist. Early Islamic interpreters leaned towards Isaac and imagined the events transpiring near Jerusalem, while later interpreters favored Ishmael, and the Muslim holy city of Mecca as the setting. Although overall Ishmael features as the hero in only slightly more authoritative texts than Isaac, he is the overwhelming consensus among Muslims today. Picking up elements from both Jewish exegesis and pre-Islamic traditions, numerous sources describe Abraham and Isaac or Ishmael stoning Satan as he attempts to dissuade them from their sacrifice. This is the basis for the Hajj ritual in which pilgrims hurl pebbles at stone pillars representing the devil. The pilgrimage culminates with the Eid al- Adha , the Feast of the Sacrifice, in which an animal is slaughtered in memory of Abraham’s trial. While the texts and traditions of the Abrahamic faiths frequently intersect, this trend is even more pronounced when we turn to the visual arts. The binding or sacrifice has featured prominently in ancient synagogue mosaics and Christian funerary art, medieval Hebrews does not explicitly link the sacrifice of Isaac to Christ’s resurrection, later interpreters soon cemented this connection. Over the next several centuries, the Church Fathers wrote extensively on Genesis 22, frequently reading it as a prototype for the perfected sacrifice of Christ. Thus, for Saint Augustine, Isaac carrying the wood for the burnt offering anticipated Jesus shouldering the cross on his way to Golgotha. And the ram caught in thicket also became a symbol for the Saviour, “crowned with Jewish thorns before he was offered in sacrifice.” Taking their cue from such typologies, many churches today read Genesis 22 during the Easter Holy Week, when Christians remember Jesus’ sacrifice as the Paschal Lamb. If Genesis 22 is laconic, the Qur’anic rendering of this story is downright hermetic. Here it is in its entirety: And when (his son) was old enough to walk with him, (Abraham) said: O my dear son, I have seen in a dream that I must sacrifice thee. So look, what thinkest thou? He said: O my father! Do that which thou art commanded. Allah willing, thou shalt find me steadfast. Then, when they had both surrendered (to Allah), and he had flung him down upon his face, we called unto him: O Abraham! Thou hast already fulfilled the vision. Lo! Thus do we reward the good. Lo! that verily was a clear test. Then we ransomed him with a tremendous victim (q37.102-107) Certain elements are familiar, but the differences are crucial. Abraham receives God’s call in a dream, and rather than deliberately keeping his son in the dark, he immediately asks his opinion. For his part, the son is less like the naïve Isaac of Genesis and more like the steadfast martyr of midrash. It is not even clear which son is the protagonist. Early Islamic interpreters leaned towards Isaac and imagined the events transpiring near Jerusalem, while later interpreters favored Ishmael, and the Muslim holy city of Mecca as the setting. Although overall Ishmael features as the hero in only slightly more authoritative texts than Isaac, he is the overwhelming consensus among Muslims today. Picking up elements from both Jewish exegesis and pre-Islamic traditions, numerous sources describe Abraham and Isaac or Ishmael stoning Satan as he attempts to dissuade them from their sacrifice. This is the basis for the Hajj ritual in which pilgrims hurl pebbles at stone pillars representing the devil. The pilgrimage culminates with the Eid al- Adha , the Feast of the Sacrifice, in which an animal is slaughtered in memory of Abraham’s trial. While the texts and traditions of the Abrahamic faiths frequently intersect, this trend is even more pronounced when we turn to the visual arts. The binding or sacrifice has featured prominently in ancient synagogue mosaics and Christian funerary art, medieval over a bolster. Compared to the hand of Rembrandt’s Abraham, clamped like an octopus over Isaac’s face, the executioner’s hand rests almost gingerly across her victim’s throat. The young women in this tableau may be acting out the patriarchal roles assigned to them, but they do so dispassionately, rather than fired by religious fervor, like Rembrandt’s Abraham. And instead of the knife that plummets towards Isaac in Rembrandt, in Topçuoğlu the executioner brandishes the sharp edge of a book. But is the book ultimately any less dangerous? Is it any less of a weapon? The real violence, Topçuoğlu suggests, is hermeneutic: the way in which we interpret our holy books. As disturbing as Abraham’s readiness to sacrifice his son may be, his most dubious and enduring legacy may be his literalism.Perhaps it is fitting that we should look to an image to show us what is at stake in the relations between the “People of the Book”. Calls for dialogue between the Abrahamic faiths frequently begin with the assertion that what binds together Jews, Christians, and Muslims is, above all, their scriptural heritage. This emphasis has yielded some valuable insights into the intersecting traditions and practices of these religions, and stimulated interfaith exchange. Despite this rich textual legacy, however, these faiths are also people of the image . If we are willing to open our eyes to this fact, we will discover that visual art has an essential role to play in inter-religious dialogue. Art has the capacity to challenge fundamental preconceptions about the sacrifice of Isaac and Ishmael as a paradigm of faith and obedience. Together, Chagall, Kadishman, Mansour, and Topçuoğlu encourage us to pry open new spaces within accepted narratives, inhabiting received texts and traditions from different positions. If Abraham might look askance at such endeavors, perhaps his sons, and their mothers, would see things differently. The poet Eleanor Wilner imagines Sarah asking Isaac to run away with her on the eve of the Akedah, to join Hagar and Ishmael in exile, far away from Abraham. “But Ishmael,” said Isaac, “How should I greet him?” “As you greet yourself,” she said, “when you bend over the well to draw water and see your image, not knowing it reversed. You must know your brother now, or you will see your own face looking back the day you’re at each other’s throats.” The act of looking, as Sarah intuitively understands, is not merely incidental to dialogue, it is at its very heart. For Isaac and Ishmael – and their latter day descendants – the consequences of dis- regarding the Other can be fatal. Art may not be able to present us with a portrait of Abraham we can all agree on, but it can train us to see difference in a new light. —

Voir enfin:

Le sociologue Gerald Bronner : notre société doit accepter le risque

Déjà auteur d’un livre remarqué sur la dérégulation des médias, « La démocratie des crédules », le sociologue Gérald Bronner s’interroge dans un nouvel ouvrage, « La planète des hommes », sur le rejet par la société moderne de l’idée de risque et l’excès du principe de précaution.

Boris Le Ngoc

Energie/Expansion

-SFEN
22 octobre 2014

Voir son interview intégrale sur le blog de la SFEN

Extraits :

Notre société est-elle gouvernée par « l’idéologie de la peur » ?

L’idéologie de la peur est devenue extrêmement présente dans l’esprit de nos concitoyens. On trouve notamment des traces de cette idéologie dans les fictions hollywoodiennes qui nous décrivent des apocalypses écologiques. A la différence des années 50 où les apocalypses étaient fondées sur l’imaginaire des soucoupes volantes ou de la guerre thermonucléaire, aujourd’hui la fin des temps viendra de l’action de l’homme et des conséquences désastreuses de cette action.

La caractéristique de cette idéologie de la peur, c’est la crainte a priori que l’action de l’homme puisse conduire à des déséquilibres de la nature. Cette crainte peut se muer en une détestation de l’homme, vu comme « vorace », et de son action, ce que j’appelle « l’anthrophobie ».

La loi sur la transition énergétique s’inscrit-elle dans cette idéologie ?

La loi sur la transition énergétique s’inscrit dans un fait historique qui est celui de la question climatique. Une question réelle, qu’il faut prendre au sérieux, mais qui sert en quelque sorte d’otage à cette idéologie de la peur. Sur la base des dérèglements climatiques, et des conséquences désastreuses qui ne manqueront pas de survenir, on en infère des scénarios apocalyptiques qui devraient suspendre toutes nos actions y compris nos actions technologiques.

Or, je pense qu’il y a un grand danger à suspendre nos actions : c’est celui de ne pas penser les conséquences catastrophiques de notre inaction. En ce sens, la loi sur la transition énergétique tient compte d’un certain nombre d’enjeux idéologiques qui cherchent à regrouper des considérations opportunistes et qui n’ont pas grand-chose à faire ensemble. Par exemple, plafonner la production nucléaire en France est problématique si on considère que le but est de lutter contre les énergies émettrices de gaz à effet de serre. Dans ce cas, pourquoi ne pas plus se préoccuper d’autres énergies comme le gaz ou le pétrole ?
(…)

Est-il possible de réenchanter le risque ?

C’est non seulement possible mais c’est absolument nécessaire. Je suis assez préoccupé du fait que toute l’idéologie contemporaine nous oriente vers les conséquences possibles de notre action. Si nous devons être comptables des conséquences de notre action, cette idéologie nous rend totalement aveugle quant aux conséquences possibles de notre inaction. Celle-ci pourrait avoir des coûts cataclysmiques.

Par exemple, pour le vaccin, on constate que la couverture maximale baisse y compris dans notre pays et qu’augmentent les craintes concernant le vaccin. En 2000, 9 % des français se méfiaient des vaccins, ils sont près de 40 % en 2010. Cette méfiance aura des conséquences terribles sur les générations futures.

(…) Ces questions ne peuvent avoir que des réponses technologiques. Or, ces réponses technologiques, nous ne les avons pas encore. Toute tentative d’enfermement des technologies du présent pourrait constituer un drame pour les générations futures. En d’autres termes, bâillonner le présent, c’est désespérer le futur.

Le réenchantement du risque passe par une première étape celui de la conscience que le risque zéro n’existe pas. En effet, chacune de nos actions charrie une part incompressible de risque. La seconde étape consiste à dire que nous ne pouvons pas ne pas prendre de risque et qu’il n’y a pas de plus grand risque que celui de ne pas en prendre. A partir de là, il nous faut gérer de manière beaucoup plus raisonnable le rapport des coûts et des bénéfices de toute innovation technologique.
(…)

Gérald Bronner est professeur de sociologie à l’université Paris Diderot.
« La planète des hommes » (réenchanter le risque) est publié aux PUF.


Virus de Wuhan: L’espèce ne survit que grâce aux sacrifices (Guess who just got pilloried for calling out the false dilemma of lives vs. money?)

31 mars, 2020


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Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Jonas 1: 15
Le roi dit: Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Jugement de Salomon (I Rois 3: 25-26)
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Jésus (Matthieu 18: 10-14)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Dionysos contre le ‘crucifié’ : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyre – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le ‘crucifié’ en tant qu’il est ‘innocent’, sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Adolf Hitler
Le marxisme doit mourir pour que la nation renaisse. Banderole de la Grand messe nazie de Berlin (1933)
Nul ne peut ne pas mourir, mais l’homme seul peut donner sa vie. André Malraux
La vérité, dit-on, est la première victime de la guerre. Philip Snowden (1916)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (1968)
L’éthique de la victime innocente remporte un succès si triomphal aujourd’hui dans les cultures qui sont tombées sous l’influence chrétienne que les actes de persécution ne peuvent être justifiés que par cette éthique, et même les chasseurs de sorcières indonésiens y ont aujourd’hui recours. La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Les banlieues ont inventé une nouvelle forme de sacrifice : la destruction de l’objet symbolique fondamental de la société de consommation qu’est l’automobile. On se passe les nerfs en détruisant des automobiles. C’est très mauvais. Je ne suis pas du tout partisan de cela, mais on ne s’en prend pas aux personnes. René Girard
Voici quelques semaines, nous connûmes en France, pour la seconde fois, des révoltes sans morts, des violences déchaînées sans victimes humaines. Avons-nous vu, nous, vieillards, témoins des horreurs de la guerre et à qui l’histoire enseigna, contre le message d’Abraham et de Jésus, le bûcher de Jeanne d’Arc ou celui de Giordano Bruno ; avons-nous vu les révoltés en question ne brûler, par mimétisme, que des automobiles ; avons-nous observé la police, postée devant eux, épargner aussi les vies humaines ? Je vois ici une suite immanquable de votre anthropologie, où la violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter » la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier. » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ». » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne : » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de » bouc émissaire » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du » sacrifice parfait » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Il me semblait que la définition traditionnelle de la Passion en termes de sacrifice fournissait des arguments supplémentaires à ceux qui voulaient assimiler le christianisme à une religion archaïque , et je l’ai longtemps rejetée. (…) Je voulais seulement dissiper chez les non-chrétiens et, de nos jours, chez les chrétiens eux-mêmes, l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de ‘sacrifice’. Ce souci reste légitime à mes yeux mais il ne faut pas l’absolutiser. (…) le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère, il me semble, quelque chose d’essentiel, à savoir l’unité paradoxale du religieux d’un bout à l’autre de l’histoire humaine. (…) Plus les extrêmes sont éloignés l’un de l’autre et plus leur union en un même mot, paradoxalement, suggère un au-delà de l’opposition. Le jugement de Salomon suggère cet au-delà. (…) Nous disons très bien nous-mêmes que la seconde femme sacrifie la rivalité à son enfant, alors que la première acceptait de sacrifier l’enfant à sa rivalité. Ce que dit le texte, c’est qu’on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis. Le recours au même mot coupe court à l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère ‘post-chrétienne’ est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en ‘radicalisant’ le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et ‘radicalise’ le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Rappelons que, selon la tradition chinoise, les catastrophes naturelles peuvent annoncer que la dynastie régnante a perdu le « mandat du Ciel » et doit donc laisser la place. Jean-Philippe Béja
The world is in your debt. The people of that city have gone through an extraordinary period and they’re still going through it. Bruce Aylward (WHO)
Governments, citizens, media, key influencers and communities have an important role to play in preventing and stopping stigma surrounding people from China and Asia in general. WHO
Social stigma in the context of health is the negative association between a person or group of people who share certain characteristics and a specific disease. In an outbreak, this may mean people are labelled, stereotyped, discriminated against, treated separately, and/or experience loss of status because of aperceived linkwith a disease. Such treatment can negatively affect those with the disease, as well as their caregivers, family, friends and communities. People who don’t have the disease but share other characteristics with this group may also suffer from stigma. The current COVID-19 outbreak has provoked social stigma and discriminatory behaviours against people of certain ethnic backgrounds as well as anyone perceived to have been in contact with the virus. The level of stigma associated with COVID-19 is based on three main factors: 1) it is a disease that’s new and for which there are still many unknowns; 2) we are often afraid of the unknown; and 3) it is easy to associate that fear with ‘others’. It is understandable that there is confusion, anxiety, and fear among the public. Unfortunately, these factors are also fueling harmful stereotypes. Stigma can undermine social cohesion and prompt possible social isolation of groups, which might contribute to a situation where the virus is more, not less, likely to spread. This can result in more severe health problems and difficulties controlling a disease outbreak. WHO
When we give talks we’re careful to call it 1918 influenza – there’s no way its origin was Spain. There’s a joke that when an epidemic is said to emerge first in a place, it almost certainly didn’t. Except Wuhan might actually be right. Prof Julia Gog (Cambridge)
When did patient zero begin in US? How many people are infected? What are the names of the hospitals? It might be US army who brought the epidemic to Wuhan. Be transparent! Make public your data! US owe us an explanation! Zhao Lijian (Chinese foreign ministry spokesman)
It is highly irresponsible for some media to dub it « China virus ». We firmly oppose that. I want to stress two points. First, no conclusion has been reached yet on the origin of the virus, as relevant tracing work is still underway. The WHO has said many times that what we are experiencing now is a global phenomenon with its source still undetermined, and we should focus on containing it and avoid stigmatizing language toward certain places. The name COVID-19 was chosen by the WHO for the purpose of making no connections between the virus and certain places or countries. Dr. Zhong Nanshan, respiratory specialist and member of the Chinese Academy of Engineering, said that the epidemic was first reported in China but was not necessarily originated in China. Second, we should all say no to « information virus » and « political virus ». By calling it « China virus » and thus suggesting its origin without any supporting facts or evidence, some media clearly want China to take the blame and their ulterior motives are laid bare. The epidemic is a global challenge. The right move should be working together to fight it, which means no place for rumors and prejudice. We need science, reason and cooperation to drive out ignorance and bias.  Zhao Lijian (Chinese Foreign Ministry Spokesperson, March 4, 2020)
As China spares no efforts and makes huge sacrifices to fight the novel coronavirus (COVID-19) outbreak, some U.S. individuals and media outlets have alleged the virus « originated in China » and demanded an apology from the country. This kind of absurd argument smears the Chinese people and runs counter to the urgent need of international collaboration in the face of the epidemic. Such an argument, like a « political virus, » is even more dangerous than COVID-19. It reveals nothing but prejudice, arrogance and ignorance. The epidemic was first reported in China but that does not mean it necessarily originated in China, specialists have explained. The World Health Organization (WHO) has said many times that COVID-19 is a global phenomenon with its source still undetermined. The name COVID-19 was chosen by the WHO for the purpose of making no connections between the virus and certain places or countries. Moreover, no matter where the origin is, China and other countries hit by the epidemic are all victims of the virus and are faced with a serious battle against the outbreak. What is the point of blaming the victim and arguing that someone should apologize for it? However, there are people who ignore the facts, put political interests above public interests and science, spread rumors and incite ideological prejudices, even racial discrimination and xenophobia. What are they up to? Viruses know no borders. To protect the health and safety of the people across the world, the Chinese people have made huge sacrifices and major contributions. Since the outbreak, China has been fighting at the forefront against the epidemic. The country has taken the utmost effort to contain the epidemic and shared information and experience with the rest of the world. As WHO Director-General Tedros Adhanom Ghebreyesus said, China’s containment of the outbreak has bought time for the rest of the world. Bruce Aylward, an epidemiologist who recently headed the WHO-China Joint Mission on COVID-19, spelled out the impact of aggressive containment measures adopted by the Chinese government. He told reporters following his visit to Wuhan, the epicenter of the outbreak and an 11-million-metropolis that has been under lockdown for more than a month, that it is important to recognize the people of Wuhan. « The world is in your debt. » COVID-19 is a virus of humanity, not of any certain country. WHO has published data that over 17,000 cases have been confirmed in 88 countries and regions outside China by Friday, calling for early and aggressive measures to break the chain of transmission worldwide. As the saying goes, a small leak will sink a great ship. What we need in the face of the epidemic is not stigmatizing a country or attacking a country, but science, rationality and solidarity. These are the most powerful weapons against our common enemy. If there is anyone who owes the world an apology, it must be those who spread « political virus » that smears China. Xinhua
Despite the fact that the WHO has officially named this novel type of coronavirus, (a) certain American politician, disrespecting science and the WHO decision, jumped at the first chance to stigmatize China and Wuhan with it. We condemn this despicable practice. Geng Shuang
Given China’s relatively limited medical resources – its per capita number of intensive care beds and ventilators is far too small – Beijing can’t afford to fight a prolonged battle with the coronavirus. The county can only concentrate its fight on one front, and thus is transporting all the medical equipment it can there, and sending all the medical personnel it can as well. China can only mobilize its national medical resources to tackle the virus head-on in Wuhan. If this battle fails, the fate of the country is at stake. People in Wuhan and Hubei had no choice but to sacrifice themselves. This is the luck of the Chinese people and the misfortune of the people of Wuhan and Hubei. People blessed with luck need to be grateful. Wang Shuo
No less authority than the Chinese Communist Party said it came from Wuhan. So don’t take Mike Pompeo’s word for it. We have pretty high confidence that we know where this began. Mike Pompeo
We might be heading into first global recession caused by CCP mismanagement. Previous manmade disasters in China since 1949 never really spread outside the PRC’s borders in meaningful ways. This time looks to be different, and being the proximate cause of a global recession may not be helpful to the PRC’s global image and aspirations. And that is likely one of the reasons the propaganda apparatus and PRC officials are pushing so hard the idea that virus may not have originated in China. Now is not the time for apportioning blame, and the PRC government does deserve credit for its brutal, herculean and effective efforts to arrest the outbreak inside China, once it got past the initial coverup and missteps that allowed the epidemic to explode into something that threatens people everywhere. Bill Bishop
I think the consensus is still clearly that the virus did originate in China. This would appear to be a nationalist narrative aimed at countering criticism of the Chinese government for not better managing the outbreak in its early stages. Jane Duckett (University of Glasgow)
This is a propaganda effort aimed at the domestic audience. Among the Chinese public, there is a general awareness that delays in notifying the public led to many more infections in Wuhan. This campaign is aimed at distracting the public from the party’s delayed response. Victor Shih (UC, San Diego)
Tout ça, ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de ceux d’en haut qui ne m’avaient pas donné le feu vert. Zhou Xianwang (maire de Wuhan)
Le point de départ de cette pandémie, c’est un marché ouvert de Wuhan dans lequel s’accumulent des animaux sauvages, serpents, chauves-souris, pangolins, conservés dans des caisses en osier. En Chine, ces animaux sont achetés pour la fête du Rat. Ils coûtent assez cher et ce sont des aliments de choix. Sur ce marché, ils sont touchés par les vendeurs, dépecés, alors qu’ils sont maculés d’urine et que les tiques et les moustiques font une sorte de nuage autour de ces pauvres animaux, par milliers. Ces conditions ont fait que quelques animaux infectés ont forcément infecté d’autres animaux en quelques jours. On peut faire l’hypothèse qu’un vendeur s’est blessé ou a touché des urines contaminantes avant de porter la main à son visage. Et c’est parti ! Ce qui me frappe toujours, c’est l’indifférence au point de départ. Comme si la société ne s’intéressait qu’au point d’arrivée : le vaccin, les traitements, la réanimation. Mais pour que cela ne recommence pas, il faudrait considérer que le point de départ est vital. Or c’est impressionnant de voir à quel point on le néglige. L’indifférence aux marchés d’animaux sauvages dans le monde est dramatique. On dit que ces marchés rapportent autant d’argent que le marché de la drogue. Au Mexique, il y a un tel trafic que les douaniers retrouvent même des pangolins dans des valises… (…) Les animaux sont (…) à l’origine de la plupart des crises épidémiques depuis toujours : le VIH, les grippes aviaires type H5N1, Ebola. Ces maladies virales viennent toujours d’un réservoir de virus animal. Et on ne s’y intéresse pratiquement pas. C’est la même chose pour la dengue. (…) C’est exactement comme le travail qui reste à faire sur les chauves-souris. Elles sont elles-mêmes porteuses d’une trentaine de coronavirus ! Il faut que l’on mène des travaux sur ces animaux. Evidemment, ce n’est pas très facile : aller dans des grottes, bien protégé, prendre des vipères, des pangolins, des fourmis, regarder les virus qu’ils hébergent, ce sont des travaux ingrats et souvent méprisés par les laboratoires. Les chercheurs disent : ‘Nous préférons travailler dans le laboratoire de biologie moléculaire avec nos cagoules de cosmonautes. Aller dans la jungle, ramener des moustiques, c’est dangereux.’ Pourtant, ce sont de très loin les pistes essentielles. Par ailleurs, on sait que ces épidémies vont recommencer dans les années à venir de façon répétée si on n’interdit pas définitivement le trafic d’animaux sauvages. Cela devrait être criminalisé comme une vente de cocaïne à l’air libre. Il faudrait punir ce crime de prison. Je pense aussi à ces élevages de poulet ou de porc en batterie que l’on trouve en Chine. Ils donnent chaque année de nouvelles crises grippales à partir de virus d’origine aviaire. Rassembler comme cela des animaux, ce n’est pas sérieux. C’est comme si l’art vétérinaire et l’art médical humain n’avaient aucun rapport. L’origine de l’épidémie devrait être l’objet d’une mobilisation internationale majeure. Il faut essayer de reconstituer le parcours épidémiologique qui fait que la chauve-souris tolère des coronavirus depuis des millions d’années, mais aussi qu’elle les disperse. Elle contamine ainsi d’autres animaux. Lorsque les chauves-souris sont accrochées dans les grottes et meurent, elles tombent par terre. Alors les serpents, les vipères en particulier, qui raffolent de leurs cadavres, les mangent. Tout comme les petits chauves-souriceaux enfants qui tombent et sont dévorés immédiatement par ces serpents qui sont donc probablement des hôtes intermédiaires des virus. En plus, il y a dans ces grottes des nuages de moustiques et de tiques et il faudrait essayer de voir quels sont les insectes qui sont aussi éventuellement transmetteurs du virus. Une autre hypothèse porte sur la transmission qui se produit quand les chauves-souris sortent la nuit manger des fruits, en particulier dans les bégoniacées. Elles ont un réflexe quasiment automatique, dès qu’elles déglutissent, elles urinent. Elles vont donc contaminer les fruits de ces arbres et les civettes, qui adorent les mêmes fruits, se contaminent en les mangeant. Les fourmis participent aux agapes et les pangolins – pour lesquels la nourriture la plus merveilleuse est constituée de fourmis – dévorent les fourmis et s’infectent à leur tour. C’est toute cette chaîne de contamination qu’il faut explorer. Les réservoirs de virus les plus dangereux sont probablement les serpents, car ce sont eux qui se nourrissent perpétuellement des chauves-souris, elles-mêmes porteuses des coronavirus. Il se pourrait donc que les serpents hébergent ces virus en permanence. Mais c’est justement cela qu’il faut savoir et vérifier. Il faudrait donc que des chercheurs capturent des chauves-souris, mais aussi qu’ils fassent le même travail sur les fourmis, les civettes, les pangolins et essayent de comprendre leur tolérance au virus. C’est un peu ingrat, mais essentiel. (…) Ce qui m’a frappé au Laos, où je vais souvent, c’est que la forêt primaire est en train de régresser parce que les Chinois y construisent des gares et des trains. Ces trains, qui traversent la jungle sans aucune précaution sanitaire, peuvent devenir le vecteur de maladies parasitaires ou virales et les transporter à travers la Chine, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et même Singapour. La route de la soie, que les chinois sont en train d’achever, deviendra peut-être aussi la route de propagation de graves maladies. Sur place, les grottes sont de plus en plus accessibles. Les humains ont donc tendance à s’approcher des lieux d’habitation des chauves-souris, qui sont de surcroît des aliments très recherchés. Les hommes construisent aussi désormais des parcs d’arbres à fruit tout près de ces grottes parce qu’il n’y a plus d’arbres en raison de la déforestation. Les habitants ont l’impression qu’ils peuvent gagner des territoires, comme en Amazonie. Et ils construisent donc des zones agricoles toutes proches de zones de réservoir de virus extrêmement dangereuses. (…) Le réseau des Instituts Pasteurs – qui existent dans plusieurs pays – est une structure que le monde nous envie. Mais des instituts comme celui du Laos ont besoin d’être aidé beaucoup plus qu’il ne l’est actuellement. Ces laboratoires ont du mal à boucler leur budget et ils ont aussi de la peine à recruter des chercheurs. La plupart d’entre eux préfèrent être dans leur laboratoire à l’Institut Pasteur à Paris ou dans un laboratoire Sanofi ou chez Merieux, mais se transformer en explorateur dans la jungle, il n’y a pas beaucoup de gens qui font cela. Or c’est ce que faisait Louis Pasteur, il allait voir les paysans dans les vignes, il allait voir les bergers et leurs moutons. Il sortait de son laboratoire. Tout comme Alexandre Yersin qui était sur le terrain, au Vietnam, quand il a découvert le bacille de la peste. (…) Parce que ce qui fascine les candidats au Prix Nobel, c’est de trouver un traitement ou un nouveau virus en biologie moléculaire et pas de reconstituer les chaînes épidémiologiques. Or les grandes découvertes infectieuses sont nées ainsi : l’agent du paludisme, le Plasmodium, a été découvert par un Français, Alphonse Laveran sur le terrain, en Tunisie. Et ce sont des recherches qui sont fondamentales et qui sont faites à une échelle qu’on a un peu oubliée. Comme si la vision micro avait fini par faire disparaître l’importance du macro. (…) La peste reste un exemple passionnant. Le réservoir de la peste, ce sont les rats. Il y a des populations de rats qui sont très résistantes et qui transmettent le bacille de la peste, mais s’en fichent complètement. Et puis, il y a des populations de rats très sensibles. Il suffit qu’un jour, quelques individus de la population de rats sensible rencontrent la population de rats qui est résistante pour qu’ils se contaminent. Les rats sensibles meurent. A ce moment là, les puces qui se nourrissent du sang des rats, désespérées de ne plus avoir de rats vivants, vont se mettre à piquer les hommes. Reconstituer ce tout début de la chaîne de transmission permet d’agir. Dans les endroits où la peste sévit encore, en Californie, à Madagascar, en Iran ou en Chine, lorsque l’on constate que quelques rats se mettent à mourir, c’est exactement le moment où il faut intervenir : c’est extrêmement dangereux car c’est le moment où les puces vont se mettre à vouloir piquer les humains. Dans les régions pesteuses, lorsque l’on voit des centaines de rats morts, c’est une véritable bombe. Heureusement, la peste est une maladie du passé. Il doit y avoir encore 4 000 ou 5 000 cas de peste dans le monde. Ce n’est pas considérable et puis les antibiotiques sont efficaces. Mais c’est un exemple, pour montrer que l’origine animale est fondamentale et toujours difficile à appréhender. Elle est néanmoins essentielle pour la compréhension et permet de mettre en place des politiques de prévention. Aujourd’hui, si l’on continue à vendre des animaux sauvages sur un marché, on est dans une situation délirante. Il faut appliquer le principe de précaution. (…) en Chine, notamment, cette convention internationale n’est pas respectée. Il faudrait créer une sorte de tribunal sanitaire international. On voit bien que si on demande à chaque pays de s’organiser nationalement, rien ne changera. La Chine a fait pression au début sur l’OMS pour qu’on ne dise pas qu’il s’agissait d’une pandémie. Elle a tenté de bloquer les choses, car elle contribue fortement au financement de l’OMS. Il serait donc important que ce soit un tribunal sanitaire totalement indépendant, comme un tribunal international pour les crimes de guerre, avec des inspecteurs indépendants qui vérifient ce qui se passe sur le terrain. Au Laos, dans la campagne, il y a beaucoup de marchés où les animaux sauvages sont vendus comme des poulets ou des lapins. Dans l’indifférence générale, car c’est la culture locale. Or la culture est la chose la plus difficile à faire évoluer dans un pays. Didier Sicard
Nous, les Cantonais, nous sommes convaincus depuis toujours que la viande de serpent guérit les maladies. En plus de cela, elle est nutritive et protège du rhume”. M. Qiu
L’appétit toujours plus grand des Cantonais pour les plats à base d’espèces rares pourrait bien entraîner l’éradication des pangolins, des serpents sauvages et autres salamandres géantes. (…) De nombreux Cantonais n’aiment rien tant que de prendre un bol de soupe au serpent bien chaude au petit déjeuner pour lutter contre le froid. (…) Le marché de la viande d’animaux sauvages est en plein essor. Ainsi, les restaurants font de bonnes affaires, même s’ils flirtent avec l’illégalité. Des espèces protégées comme les varans ou les pangolins sont chassées et vendues illégalement, puis finissent dans les assiettes des clients. La réputation qu’ont les Cantonais de manger des animaux sauvages n’est pas usurpée : cette tradition ancrée fait partie de la culture du Lingnan (la zone comprenant Canton et les provinces avoisinantes). Un salarié du bureau chinois de la Wildlife Conservation Society (WCS) affirme que les Cantonais “mangent absolument de tout” – les mets les plus recherchés étant des espèces en voie de disparition. Parmi les espèces les plus consommées à Canton, on trouve le varan, la salamandre géante de Chine, des serpents sauvages, des hiboux et le bruant auréole. Une fois préparé, un hibou entier peut valoir environ 1 800 yuans [221 euros]. Les pangolins se vendent à 500 yuans [61 euros] le jin [env. 500 grammes], les varans à environ 100 yuans [12 euros]. (…) Préparer ces mets délicats est une activité des plus sanguinaires. Un cuisinier d’un restaurant de Shenzhen (province de Canton), nous explique comment on tue et on prépare le pangolin : d’abord, on l’assomme d’un coup de marteau sur la tête, puis on le suspend au bout d’une corde, et on l’égorge à l’aide d’un couteau pour le saigner. Ensuite, on le plonge dans l’eau bouillante pour enlever les écailles – comme on plume un poulet. Puis, il faut le passer à feu doux pour enlever les poils fins. Enfin, on le vide, on le lave et on le cuit. La viande peut ensuite être braisée, cuite à la vapeur dans une soupe claire ou cuite en ragoût. “La plupart des habitués ne paient pas eux-mêmes la note, explique un patron de restaurant. Les hommes d’affaires qui doivent leur demander une faveur invitent lesdits habitués à dîner, soit pour étaler leur cash, soit pour régaler un fonctionnaire”. Et ce sont ces mêmes fonctionnaires qui protègent les restaurants où l’on vend de la viande illégale. La passion des Chinois pour la consommation d’animaux sauvages est liée aux propriétés médicinales qu’ils prêtent à ces aliments. D’anciens écrits médicaux attribuent de telles vertus à presque toutes les plantes et animaux – et même aux organes d’animaux, à leurs excréments, leurs humeurs, leur peau ou leurs plumes. La médecine chinoise considère que l’art médical et la nourriture puisent aux mêmes sources. Ces conceptions sont encore extrêmement répandues, et même les illettrés peuvent citer un certain nombre de “prescriptions” pour diverses affections : des alcools faits à partir de pénis de tigre ou de testicules de bélier pour la virilité, ou encore des os de tigre pour un squelette solide et des muscles vigoureux. Et il est généralement admis qu’on préserve mieux sa santé par son régime que par la médecine. Mais ces idées sont poussées de plus en plus loin. Presque toutes les plantes et les animaux rares ou inhabituels se voient maintenant conférer des propriétés médicinales ou nutritionnelles extraordinaires. (…) Feng Yongfeng, journaliste spécialisé dans l’environnement au Quotidien de Guangming, fait valoir que la plupart des bienfaits de ces aliments sont psychologiques. Il n’en reste pas moins que ces idées d’un autre âge entraînent encore l’abattage d’animaux sauvages. M. Luo, un habitant de Guangzhou avec qui nous nous sommes entretenus, reconnaît qu’il mange de la viande de ces animaux, mais qu’il aurait dû mal à changer ses habitudes du jour au lendemain. Par ailleurs, il estime que les autorités devraient davantage communiquer sur l’interdiction de consommer des espèces protégées. “Les pouvoirs publics et les médias ont incité les gens à ne pas manger d’aileron de requin, de pénis de tigre et de patte d’ours, alors je n’en mange pas”, concède-t-il. Mais il ajoute qu’il a mangé du pangolin pendant dix ans avant d’apprendre qu’il s’agissait d’une espèce protégée. A l’en croire, il faudrait dire clairement aux citoyens ce qu’ils peuvent et ce qu’ils ne peuvent pas manger.
La récente plainte déposée par Huawei France contre Valérie Niquet, chercheuse à la FRS et experte reconnue du monde asiatique, vient opportunément souligner la sensibilité du sujet et le caractère devenu épidermique de la question abordée par Antoine Izambard, journaliste au magazine économique Challenges. La Chine mène une politique expansionniste directement sous le contrôle de Xi Jinping et du Parti communiste chinois visant à établir un leadership mondial incontesté, et la France constitue une cible de choix de par sa puissance économique, industrielle et scientifique, même si celle-ci est en relatif déclin. Et ce n’est pas la reconnaissance historique de la RPC par le général de Gaulle en 1964 qui préserve encore notre pays des ambitions de Pékin et de l’emploi de méthodes plutôt discutables pour piller nos pépites technologiques. D’où l’intérêt de ce livre plutôt corrosif et remettant en cause certaines pratiques où l’aveuglement français laisse sans voix. S’appuyant sur des exemples et des faits très concrets, le constat est sévère en dévoilant de véritables failles sécuritaires. Les enjeux sont importants, car Pékin dispose d’une arme quasi absolue : sa puissance financière sans limites, lui permettant de financer toutes ses acquisitions et pouvant acheter une clientèle aveugle sur leurs compromissions potentielles. Antoine Izambard propose ainsi plusieurs approches illustrant ce rouleau compresseur chinois utilisant toutes les ressources du soft power, dont l’espionnage à outrance, notamment via l’envoi d’étudiants « bien sous tout rapport », mais qui permettent à Pékin de siphonner notre technologie. Le cas de Toulouse et de ses universités scientifiques en est une illustration. Pékin s’appuie aussi sur un réseau d’influenceurs, mêlant politiques, diplomates et hommes d’affaires souhaitant favoriser les échanges entre les deux pays, mais souvent à la naïveté confondante face à la prédation quasi systémique pilotée par la Chine. Le mirage du grand marché chinois a tant fasciné que les principes de précaution face à une future concurrence n’ont pas été respectés. Ainsi, nos laboratoires de recherche et nos universités accueillent pléthore d’étudiants et étudiantes dont certains sont très avides d’informations et pillent sans vergogne les travaux effectués. Curieusement, les universités à dominante SHS (sciences humaines et sociales) sont peu concernées, le risque étant pour le Parti communiste chinois d’avoir alors de futurs contestataires potentiels. Et si le rachat de grands crus bordelais peut contribuer à rééquilibrer notre balance commerciale, d’autres pratiques sont plus douteuses comme l’a démontré le fiasco autour de l’aéroport de Toulouse dont les propriétaires chinois ont pratiqué une gouvernance pour le moins baroque. Parmi les autres points soulevés par l’auteur, il y a l’intérêt suspect pour la Bretagne avec une présence importante dans les universités dont particulièrement l’UBO (université de Bretagne occidentale), mais aussi la présence d’un institut Confucius à Brest sur les 14 présents en France, deuxième port militaire de France avec notamment la Force océanique stratégique (Fost) basée dans la rade à l’île Longue. Cette coïncidence n’est pas due au hasard et soulève bien des interrogations. Il y a également le rachat du groupe Demos faisant de la formation professionnelle continue et qui possède entre autres la Revue d’études préparant les militaires à différents concours, avec environ 2 000 élèves par an, et dont le fichier pourrait être intéressant à exploiter. Faut-il pour autant cesser toute activité avec Pékin ? Ce serait impossible et inutile tant l’interdépendance est désormais irréversible. Par contre, il est urgent de faire preuve de plus de réalisme et d’exercer un contrôle accru sur les investissements chinois. Cela signifie également une réponse européenne plus solide et consciente des enjeux de souveraineté actuellement remis en cause par Pékin. En effet, les efforts chinois sont tous azimuts et visent également les instances internationales avec un succès certain favorisé par la candeur de nombreux États devenus « clients ». Ainsi, les Chinois sont à la tête de l’Organisation de l’aviation civile internationale (2015), de l’Union internationale des télécommunications (2018) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (2019), pouvant d’ores et déjà influer sur les normes de régulation internationales de demain dans des domaines clés. Cette mainmise sur ces organisations doit désormais inquiéter. (…) La lucidité est indispensable alors que la naïveté de certains dirigeants politiques et économiques est une faute, et fragilise notre indépendance et notre souveraineté. Jérôme Pellistrandi
Décidément la Chine est placée sous le signe des catastrophes sanitaires à répétition. En 2003, ce fut l’épidémie du SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] qui se répandit à travers le monde et fit plus de huit cents morts. Durant l’année du cochon, qui vient de se terminer ce 24 janvier, ce sont plus de trois cents millions de porcs qui ont dû être abattus dans le pays, et maintenant que l’année du rat débute, on se demande si ce n’est pas la mauvaise habitude des gourmets chinois de rechercher des aliments « exotiques » comme le rat des bambous ou la chauve-souris qui ont provoqué l’irruption d’un nouveau virus mortel à Wuhan. Déjà en 2003, l’épidémie du SRAS avait été provoquée dans la province du Guangdong par la consommation de civettes qui avaient été infectées par les chauves-souris qui pullulent dans la province voisine du Yunnan. Quelles que soient les causes de l’épidémie, ce qui frappe le plus les observateurs, c’est la façon dont les autorités chinoises ne parviennent pas à se défaire d’un vieux réflexe bureaucratique issu de la tradition communiste : cacher les problèmes aussi longtemps que possible, afin d’éviter de porter la responsabilité du drame. La catastrophe de Tchernobyl est évoquée sur les réseaux chinois par les internautes qui discutent fiévreusement de l’évolution de ce qui ressemble de plus en plus à une pandémie. Si le gouvernement avait pris les mesures requises à temps, en serions-nous là aujourd’hui, se demandent-ils. L’épidémie du SRAS avait commencé à la fin de l’année 2002, mais il a fallu attendre que des victimes soient reconnues à Hongkong avant que Pékin ne décide de prendre des mesures à l’échelle nationale en février 2003. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la liberté d’expression a été mise à rude épreuve. Aujourd’hui le seul média qui s’autorise encore à communiquer quelques informations est le journal en ligne Caixin. D’après ce média, le premier cas avéré de malade atteint par le coronavirus a été découvert à Wuhan le 8 décembre 2019. Les autorités locales ont choisi de ne pas transmettre l’information à la direction du Parti. A la fin du mois de décembre 2019, les autorités centrales commencent à s’inquiéter. Une information interne circule à Pékin, et des fuites parviennent à informer quelques Chinois actifs sur les réseaux. Le pot aux roses est dévoilé et c’est le 31 décembre seulement que les autorités de Wuhan envoient le virus pour le faire analyser à Pékin. Le 2 janvier, le virus est identifié et les annonces commencent : il y a bien une épidémie à Wuhan, mais « tout est sous contrôle ». Réaction locale ? Huit internautes sont accusés de « transmettre des rumeurs » et sont arrêtés à Wuhan. Aujourd’hui, l’exaspération de la population chinoise est à son comble. La décision de fermer la ville de Wuhan, ainsi qu’une dizaine de villes avoisinantes, c’est-à-dire à isoler près de soixante millions de Chinois passe d’autant plus mal qu’elle a été prise du jour au lendemain, et sans avertir au préalable la population. Et ceci dans les pires conditions, puisque le réveillon du Nouvel an était le 24 janvier et c’est le moment de l’année où plusieurs centaines de millions de migrants retournent dans leur village, et où de nombreux habitants de Wuhan sont en vacances. Les voyageurs dont la plaque d’immatriculation montrait qu’ils venaient de Wuhan ont été aussitôt interdits de séjour partout où ils passaient : ni les hôtels, ni les restaurants n’acceptaient de les laisser entrer dans leur établissement ! (…) Le problème fondamental en Chine aujourd’hui, c’est que plus personne ne croit en la parole officielle. Il existe du coup un nouveau type d’information privée créée par des intellectuels émigrés : des émissions sur YouTube commentent l’actualité chinoise avec un professionnalisme qui convainc le public chinois. Décryptant les reportages et l’actualité en Chine, ils parviennent à en donner une lecture objective. Désormais les seules informations non censurées viennent des réseaux sociaux. Avec des faits mais aussi des rumeurs même si colportées de bonne foi. Le nombre des contaminations n’en parait pas moins déjà beaucoup plus important que celui reconnu par les autorités. Le directeur de la faculté de médecine de Hongkong University assure que les malades se comptent par dizaine de milliers et non par milliers. Sans être démenti. Il a fallu attendre le 24 janvier pour que le gouvernement chinois se réunisse en urgence. Un groupe de commandement national a été créé pour gérer la crise, et le premier ministre Li Keqiang en a pris la direction. Il ne s’est rendu à Wuhan que le 27 janvier. Quelques jours plus tôt, le 20 janvier, le maire de Wuhan, qui n’a pourtant pas l’habitude de s’exprimer devant les médias, a accepté une interview de la chaîne officielle, CCTV 13, où il explique maladroitement pourquoi il n’a pas pu s’exprimer plus tôt. Traduction : « Tout ça, ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de ceux d’en haut qui ne m’avaient pas donné le feu vert ». Comme l’écrivit en 2003 Liu Xiaobo [Prix Nobel de la paix 2010 mort en prison en juillet 2017] : « Les services de la santé du Parti communiste chinois ont caché des nouvelles déterminantes. Ce que ce genre de censure provoque, ce n’est pas seulement la mort de la presse, mais c’est aussi la vie des citoyens qui est mise en danger. » Cette déclaration n’a rien perdu de son actualité. Marie Holzman
La fête des morts en Chine, c’est le 5 avril. Il faut que les gens soient enterrés, qu’ils puissent pleurer leurs morts. Les autorités avaient décidé que, pendant le pic de l’épidémie, il n’était pas question de remettre les urnes des morts aux familles parce que tout cela était en pleine épidémie. Les gens ne pouvaient pas venir chercher les urnes, donc elles ont été empilées et ils n’ont commencé à les distribuer que là, il y a quelques jours.  Marie Holzman
I wondered if [the municipal health authority] got it wrong. I had never expected this kind of thing to happen in Wuhan, in central China.  If coronaviruses were the culprit, could they have come from our lab? (…) The Wuhan outbreak is a wake-up call.” (…) What we have uncovered is just the tip of an iceberg. Bat-borne coronaviruses will cause more outbreaks. We must find them before they find us. Dr. Shi Zhengli
A Chinese doctor who exposed the cover-up of China’s SARS outbreak in 2003 has been barred from traveling to the United States to collect a human rights award, a friend of the doctor and a human rights group said this week. The doctor, Jiang Yanyong, a retired surgeon in the People’s Liberation Army, was awarded the Heinz R. Pagels Human Rights of Scientists Award by the New York Academy of Sciences. (…) Dr. Jiang rose to international prominence in 2003, when he disclosed in a letter circulated to international news organizations that at least 100 people were being treated in Beijing hospitals for severe acute respiratory syndrome, or SARS. At the time, the Chinese medical authorities were asserting that the entire nation had only a handful of cases of the disease. The revelation prompted China’s top leaders to acknowledge that they had provided false information about the epidemic. The health minister and the mayor of Beijing were removed from their posts. SARS eventually killed more than 800 people worldwide, and the government came under international scrutiny for failing to provide timely information that medical experts said might have saved lives. Dr. Jiang was initially hailed as a hero in Chinese and foreign news media. He used his new prestige in 2004 to press China’s ruling Politburo Standing Committee to admit that the leadership had made a mistake in ordering the military to shoot unarmed civilians on June 3 and 4, 1989, when troops were deployed to suppress democracy protests that began in Tiananmen Square in Beijing. Dr. Jiang, who treated Beijing residents wounded in the 1989 assault, contended that the official line that the crackdown was necessary to put down a rebellion was false. His statement antagonized party leaders, who consider the crackdown a matter of enormous political sensitivity. Jiang Zemin, then the leader of the military, ordered the detention of Dr. Jiang, who spent several months in custody, people involved in his defense say. Dr. Jiang was eventually allowed to return to his home but remained under constant watch. He has not been allowed to accept press requests for interviews or to visit family members who live in the United States, friends and human rights groups say. NYT (2007)
The Chinese government locked down Wuhan on Jan. 23, halting all public transportation going in and out of the city. The following day an order was issued suspending group travel within China. But in a blunder that would have far reaching consequences, China did not issue an order suspending group travel to foreign countries until three days later, on Jan. 27. In retrospect, it was a painful mistake. This is what happened in those critical three days: The weeklong Lunar New Year string of holidays began on Jan. 24, with the outbound traffic peak lasting through Jan. 27. The Chinese government let the massive exodus of group travelers continue despite the public health crisis. No explanation has been given. Furthermore, while suspending group travel, China did nothing to limit individuals traveling overseas. Groups account for less than half of all Chinese tourists heading abroad. Chinese travelers journeyed to Japan, South Korea, Italy, Spain, France, the U.K., Australia, North America and South America, one planeload after another. This was happening while many restaurants in China were unable to open for business due to the outbreak. It is said that once abroad, many Chinese prolonged their vacations as much as possible to avoid having to return home. The number of infections gradually increased at popular winter destinations, such as Japan’s Hokkaido. In other destinations like Thailand, cases have surged in recent days. A considerable number of Chinese individual travelers were staying put in the Hokkaido capital of Sapporo in mid-February, even after the annual Snow Festival ended. (…) And as the doctor predicted, infections spread to many people, and across the world. Now we are seeing the « second wave » that the team talked about. After the first wave hit China, the outbreak went on a second wave across the world, especially in Europe. The number of deaths from the coronavirus in Italy, home to many Chinese residents, has topped 2,100. The delay in the Chinese government’s ban on group travel to foreign countries may have helped to double or possibly triple the number of people infected. In the days before Wuhan was locked down on Jan. 23, as many as 5 million of its 11 million citizens had already left the city, as the mayor and others have testified.
Nous ne savons pas quel sera le niveau de décès supplémentaires dans l’épidémie, à savoir, à la fin de l’année, quelle proportion de personnes décédées du coronavirus seraient décédées [de toute façon] ? Cela pourrait représenter jusqu’à la moitié ou les deux tiers des décès que nous voyons, car ce sont des personnes en fin de vie ou ayant des conditions sous-jacentes, donc ce sont des considérations à avoir. Les décès sont probablement peu susceptibles de dépasser 20 000 avec les stratégies de distanciation sociale, mais cela pourrait être considérablement inférieur à cela et c’est là qu’une analyse en temps réel sera nécessaire. Professeur Neil Ferguson
The situation is tough for young people. They were hit hard by the Great Recession, and their labour market situation has improved only little since. This is a problem we must address now urgently. Kicking it down the road will hurt our children and society as a whole. Current working-age, middle-class groups are increasingly concerned with their and their children’s job prospects. An increasing number of people think children in their country will be worse off financially than their parents. Angel Gurría (OECD)
We’ve never had, since the dawn of capitalism really, this situation of a population that is ageing so much and in some countries also shrinking, and we just don’t know whether we can continue growing the economy in the same way we once have. Prof Diane Coyle
La Génération Y (composée de ceux qui sont nés entre 1980 et 1995) est la grande oubliée des trente dernières années de croissance dans les pays développés. Les journalistes britanniques se sont penchés sur la vaste base de données du Luxembourg Income Study, et en ont tirés plusieurs enseignements très intéressants sur les niveaux de richesse des différentes générations dans huit pays développés (la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Italie et l’Espagne). Dans tous ces pays, exceptés l’Australie, le revenu disponible (c’est à dire celui qui reste après avoir payé ses impôts) des vingtenaires a progressé beaucoup plus lentement que celui des Baby-boomers et retraités. Pire, dans certains pays comme la France et les Etats-Unis, le revenu disponible de la Génération Y est inférieur de 20% à la moyenne nationale. Alors qu’en 1978, les jeunes de cet âge avaient plutôt tendance à être plus riches que la moyenne ! La situation est complètement inédite et explique le sentiment croissant de déclassement ressentis par certains jeunes comme l’exprime Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, au Guardian : “Un nombre croissant de gens pensent que dans leur pays les enfants gagneront moins bien leur vie que leurs parents”. Pour expliquer cette progression déséquilibrée du revenu disponible, le quotidien britannique avance plusieurs causes : la crise économique et le chômage bien sûr qui empêchent les jeunes d’accéder à un poste stable et rémunérateur, mais aussi le poids croissant de la dette, surtout pour les diplômés aux Etats-Unis, et la hausse des prix de l’immobilier. Les conséquences de ces inégalités entre générations pourraient se révéler dramatiques. D’abord parce qu’elles menacent la cohésion sociale mais aussi parce qu’elles aggravent les inégalités entre classes sociales, les jeunes étant de plus en plus dépendants de l’aide de leurs parents à un moment clé de leur vie, celui du passage à l’âge adulte. Enfin, la faiblesse des revenus des jeunes adultes peut les contraindre à rester plus longtemps chez leurs parents, les empêchant ainsi de fonder leur propre famille. En Espagne par exemple, 8 jeunes sur 10 vivent encore chez leurs parents à trente ans. Cela risque d’avoir un impact négatif plus large sur la natalité dans les pays développés déjà confrontés à une population vieillissante. Les Echos
I turn 70 next week. (…) So I’m automatically in the high risk pool. (…) I’m living smart. Listening to the president, the CDC guidelines like all people should. But I’m not living in fear of covid19. What I’m living in fear of is what’s happening to this country. And you know no one reached out to me and said: as a senior citizen, are you willing to take a chance for your survival in exchange for keeping the America that all America loves for your children and grandchildren? And if that’s the exchange, I’m all in. And that doesn’t make me nobler or braver or anything like that. I just think there are lots of grandparents out there in this country like me — I have 6 grandchildren — that, what we all care about, and what we love more than anything are those children. And I want to live smart and see through this, but I don’t want the whole country to be sacrificed. And that’s what I see. I’ve talked to hundreds of people in just the last week, making calls all the time. And everyone says pretty much the same thing. That we can’t lose our whole country. We’re having an economic collapse. I’m also a small businesman, I understand it. And I talk to business people all the time. My heart is lifted tonight by what I heard the president say, because we can’t do more than one thing at a time. We can’t do two things. So, my message is that, let’s get back to work. Let’s get back to living, let’s be smart about it, and those of us who are 70-plus, we’ll take care of ourselves. But don’t sacrifice the country. (…) Look, I’m going to do everything I can to live. But if you said, ‘Are you willing to take a chance’ — you know and if I get sick, I’ll go and try to get better. But if I don’t, I don’t. And I’m not trying to think in any kind of morbid way. But I’m just saying that we’ve got a choice here. We’re going to be in a total collapse, recession, depression, collapse in our society if this goes on another several months. There won’t be any jobs to come back to for many people. So I’m going to be smart. I think all of my fellow grand parents out there, they’re going be smart. We all want to live, we all want to live with our grand children as long as we can. But the point is, our biggest gift we give to our country and our children and our grand children is the legacy of a country. And right now that is at risk. And I feel, as the president said, the mortality rate is so low, do we have to shut down the whole country for this? I think we can get back to work. And I think we should wait out this time. And if he says we need we need another week, I trust his judgment. But we have to have a time certainty. We can’t say in three months or six months or twelve months. These businesses can’t wait that long.(…) I’m optimistic. We’re going to make it. Dan Patrick (Texas Lieutenant-governor)
Obviously we put life and this virus first, as the president does, but we also have to measure that and weigh that with people losing their jobs and losing their businesses. As a senior citizen, my focus is on my grandchildren and your grandchildren and the entire next generation, that we have an America to leave them. And on the path that we are on right now, if we close down America, that American dream is going to disappear very quickly. (…) If he needs more time, let’s trust his judgment. (…)  when people go back to work they will be smarter. Dan Patrick (Texas Lieutenant-governor)
Êtes-vous prêt à prendre le risque afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ? Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer. Je ne veux pas que tout le pays soit sacrifié. Dan Patrick (vice-gouverneur du Texas)
Coronavirus : sacrifier les personnes âgées pour sauver l’économie ? Les propos chocs du vice-gouverneur du Texas La Dépêche
Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche ! « L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ? Convergences révolutionnaires
Covid-19: les grands parents prêts à «se sacrifier» afin de sauver l’économie, affirme un vice-gouverneur du Texas Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position. Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick. «Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intelligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News. Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays. Sputnik
La crise sanitaire est rude pour les démocraties libérales. Impréparées face à une telle onde de choc, le défi est immense pour ces nations plus que jamais ouvertes à une mondialisation où le rôle de l’Etat se réduit à peau de chagrin. Désormais, les démocraties doivent résoudre une équation complexe ; entre garantie des libertés individuelles et efficacité de la gestion de la crise. L’action trop tardive des gouvernements européens lors des premières semaines a provoqué une propagation non maitrisée du Covid-19 sur plusieurs pays avec un foyer très actif en Italie. En France, le discours affirmant que le pays était largement équipé et que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière dominait largement. Comme du temps de la ligne Maginot et de la guerre éclair (Blitzkrieg), les certitudes d’une protection totalement étanche ont été battues en brèche par les faits. Désormais, la crise est au cœur du Vieux Continent et la politique de rigueur budgétaire et ses 3% de déficit semble bien dérisoire face aux funestes conséquences des fermetures de lits, des délocalisations de la production de denrées médicales et des baisses de commandes de masques. Au pied du mur, le gouvernement fait le choix d’un comité scientifique sur lequel il fonde ses décisions. Le rôle du politique est pourtant, en consultation étroite avec les experts, d’arbitrer selon des valeurs et avec humanité, il est impensable en démocratie de déléguer le pouvoir démocratique aux mêmes experts. En parallèle de cette gouvernance des experts, la tentation de la surveillance de masse devient l’un des remèdes qui s’instille insidieusement dans les esprits depuis quelques jours. Des drones sont ainsi déployés dans les rues de Nice ou Paris afin de rappeler à l’ordre les citoyens. Si ce type d’usages reste circonscrit en France, en Asie son usage est bien plus contestable. En Corée du Sud, la stratégie numérique d’identification des citoyens est mise en place et les déplacements des individus sont tracés et contrôlés à distance à l’aide des smartphones. A la manière des récits de science-fiction des années 1980, l’Asie du sud-est devient un terrain d’expérimentation pour une surveillance orwellienne profitant du climat de pandémie. Là-bas, les individus se déplacent sous l’œil acéré d’un « big brother étatique ». Partout dans le monde, le e-commerce devient incontournable en temps de crise et se donne quasiment une mission de service public auprès des citoyens ; derrière cette image vertueuse et bienveillante reste pourtant un nouveau pouvoir désormais incontournable, aux capacités de surveillance immenses. La France est aujourd’hui tentée d’emprunter cette voie. Certains experts réclament au comité scientifique français d’explorer ces mesures venues d’Asie. (…) Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire, il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace. Ouvrir la voie à de telles mesures, quand bien même nous soyons face à une pandémie, est la garantie de décennies bien plus funestes à l’issue de la crise. Outre la dimension liberticide de la surveillance de masse, son efficacité très limitée doit être relevée. Les premiers retours d’expérience étrangers montrent que le confinement strict et la distribution massive de masques sont les seules façons d’endiguer le mal en attendant un remède. Ceci réclame de la part de la France deux réponses ; logistique et juridique. Le basculement réel et profond de l’économie nationale afin de mobiliser pleinement l’appareil productif (réquisition de sites industriels notamment) et l’utilisation de l’arsenal juridique dont la constitution de 1958 voulut par le Général de Gaulle permet de disposer en cas de crise. La sortie de crise nécessite un Etat fort s’inscrivant dans le strict respect des libertés publiques et dans une action politique au service des citoyens. C’est dans les temps de crise que les démocraties doivent demeurer des lueurs d’espoir, sans jamais éteindre leur humanité au nom d’une hypothétique rationalité, fussent-elles professées par des « experts ». L’après crise ne pourra se passer d’une réflexion collective, pour choisir les nouveaux fondamentaux qui demain orchestreront notre quotidien. Demain, l’expertise devra être citoyenne ! Paul Melun et Philippe Dorthe
Le Covid-19 prendra des milliers de vies et chaque vie perdue trop tôt est une mort de trop. Il fallait lutter de manière déterminée contre cette épidémie. Mais ne faut-il pas aussi raison garder? Selon les propos de Monsieur Macron, la situation prouverait que «la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe». N’est-ce pas l’inverse? Peut-être payons-nous aujourd’hui des décennies d’étatisation de la santé en France qui ont conduit à une insuffisance du nombre de généralistes et autres praticiens, des urgences en surchauffe permanente et des hôpitaux publics qui manquent de moyens par suite de quotas stupides imposés depuis des décennies aux examens de médecine, d’une sécurité sociale impotente et qui paupérise progressivement médecins et personnels hospitaliers, d’une politique centralisatrice, restrictive et néanmoins très onéreuse, représentant 11,2% du PIB en 2018, parmi les quatre pays dont le financement est le plus élevé de l’OCDE? Peut-on, doit-on faire confiance à cet État qui n’a pas prévu de stocks suffisants de masques et de tests, qui s’inquiète de l’insuffisance de lits respiratoire et tarde à en appeler aux lits inoccupés des hôpitaux privés? L’État ne sait pas tout! D’autres politiques étaient possibles. Sans confinement généralisé, la Corée du Sud et Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, ont réussi à maîtriser la propagation de la maladie avec des distributions ou ventes massives de masques de protection et la multiplication des dépistages permettant un suivi des parcours du virus pour chaque patient. L’État pourtant s’institue désormais en grand ordonnateur. Puisqu’il a renvoyé les salariés chez eux et que d’autres utilisent leur droit de retrait, qui leur permet de quitter leur travail en cas de danger tout en étant payé, il lui faut venir au secours des entreprises en perdition. Va-t-il prendre en charge les loyers des commerces fermés, s’opposer aux cessations de paiement, réquisitionner… et à quel coût? Il a annoncé des dizaines de milliards et il en faudra peut-être des centaines… à la charge des contribuables bien sûr, car ce sont toujours eux qui payent à la fin. Pourtant, avec l’argent perdu par tant d’activités étouffées dans l’industrie et le commerce, combien d’autres vies aurions-nous pu sauver par la recherche, la découverte accélérée d’autres remèdes et vaccins? Et combien d’autres morts ou d’autres malades causeront indirectement ces faillites inévitables, le chômage qui s’ensuivra, la pauvreté et la détresse qui augmenteront? Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas! Mais l’État aura pris déjà soin des affaires de tous. Il se croira indispensable. Sûr que sa douce tyrannie est bonne, n’en profitera-t-il pas, comme en Chine, pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit qu’il confinera aussi dans une pensée correcte? Pour le craindre, il suffit de lire le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 selon lequel «la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires (…)». Il s’agit de nos libertés essentielles, constitutionnelles. Et on les supprime dans une loi d’urgence qui sera adoptée en catimini dans des hémicycles désertés par la peur! Il n’est pas sûr que ce soit conforme à la Constitution, mais qui osera s’y opposer puisque nous sommes en guerre! (…) Une nouvelle religion de précaution se sera répandue pour croire que l’héroïsme conduit à vivre chez soi s’il est dangereux d’en sortir. Tous se seront accoutumés à une présence publique plus tutélaire que jamais. Patrons, indépendants et salariés garderont tendue la main qui réclame l’aumône que l’État leur consent après en avoir prélevé le montant sur leur dos. Les libertés dédaignées seront amoindries et difficiles à recouvrer. Jean-Philippe Delsol
I’m deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life” could be “graver than the direct toll of the virus itself. Dr. David Katz (Yale-Griffin Prevention Research Center)
Essentially, what flattening the curb does is keep people away from one another and away from the virus so the virus doesn’t spread. But you also don’t cultivate any immunity. If you do a really, effective job of locking everybody in place and preventing viral transmission, there’s still some low level potential for viral exposure out in the world. But very few of us get that exposure. The minute you release those clams and let people back into the world, we’re all vulnerable, so most of the models suggest that flattening the curve makes sense in phase one so you don’t overwhelm medical systems, for example, but you ve got to have a phase two. If you dont transition to a phase two, whenever you release the clamps, the virus is out in the world waiting for you, everybody’s vulnerable and that big peak in cases – that big peak you’re trying to avoid – it really just happens at a later date. (…) So let let me start by saying essentially what I reject, because I think we’re very polarized society. I think the way media hype things up actually amplifies the extremes. So one extreme, we ve got the lock everything down, hunker in a bunker, until a) there’s a vaccine, eighteen months or years or whenever; b) forever or c) you die of something else whichever comes first. That’s just horrible, it’s inhumane, makes no sense. But at the other extreme, we ve got the liberate blank fill in the name of the state, which is basically everybody in the water, including grandma, and never mind the riptides and the sharks, every man for himself. That’s also absurd. So in the middle, what you do is you identify who is at risk of a severe case of this infection and who’s not. Who is at risk of dying of this with a pretty high frequency and who’s at extremely low risk. So, this is just like risks we take every day: some young people will die of this, but sadly, tragically some young people die crossing the street or in a car crash every day. There are risks we willingly take on every day. Sweden’s approach is a little too close to the everybody in the water, don’t worry about the riptide end of the spectrum for my taste. I think we can do a little better. We can kind of look around the world and say: okay, if you don’t lock this down at all, if you don’t protect the vulnerable, mortality in Sweden does look to me to be higher, not massively higher than every place else, but higher. Why put those lives at risk. On the other hand, if you lock everything down, you destroy livelihoods, you destroy jobs. And what I was saying, and what I didn’t really think was a controversial oped at the beginning, is there’s really more than one way, Bill, for this situation, to hurt people or even kill them, and all of them are bad. And there’s more than one way to protect people and save them, and all of those are good. So one thing we want to do is keep those vulnerable to severe infection away from this nasty bug, but we don’t want to destroy people’s lives and livelihoods and means of feeding their families. And interestingly, I’m just back from three days in an emergency department, in the Bronx, where I was volunteering as a physician to support my colleagues who I applaud. You know they’ve been in there from the beginning, they’ll be there through the end. But this is exactly the view that prevails there, you know, there might be the notion that the frontline people, they’re much more concerned about staying away from the virus than they are about can we open society up. Not true, they’re parents. You know, I was talking to my colleague, who say I’m really struggling to balance my clinical duties with home schooling my kids. And think of a scenario like this: dad is a nurse, mom’s a paramedic. They’ve got two kids at home, and there’s no school, no daycare, no nannies, no au pairs, nothing for them to do. One of these frontline people who really wants to be in the battle has to stay home to take care of the kids and they’re really torn. So there’s a middle path and the middle path essentially is high risk people are protected from exposure, low risk people go out in the world early and here’s the odd part, though, that I think people have a hard time confronting and accepting we actually kind of want to get this and get it over with and be immune, because that is the path to the all clear that doesn’t require us to make way for a vaccine which optimistically is eighteen months away, but could be much longer.(…) But the simple fact is: we should come together in common cause, on common ground. Maybe there’s a real opportunity here for an American moment. that’s between the extremes of left and right, where we all say, yeah, actually, we want to save as many lives as possible. And one of the interesting things, Bill, is sort of the left side of the spectrum, the liberal ideology, that seems to be so resistant to talking at all about unemployment and the economy. But that’s the very same camp that tends to appreciate that the single leading driver of bad health outcomes is poverty. Social determinants of health are massively important, so, frankly, thirty million people unemployed, that falls disproportionately hard on the people, who can least bear the unemployed, wo are at most risk of food insecurity, who are at most risk of depression and addiction. All that’s important too, so maybe there is a real opportunity here to say: hey, there’s a middle path we’ve been neglecting it, it’s the way through this thing, and it leads to total harm minimization. We want to minimize deaths and severe cases of the infection We also want to minimize the fall out. The health fall out of societal collapse and economic ruin. (…) So from the beginning, we ve been posting materials, my colleagues and I, under the rubric total harm minimization, this is we want to achieve here. (…) But on the testing front, we’re making a mistake, Bill, because we do have testing. It’s not great by the way, one day, one of these twelve hours in the emergency room in the Bronx we admitted, maybe twenty people we were sure had Covid. You know there is no doubt about it. They absolutely positively had covered and either nineteen or twenty of them tested negative so that the testing not great and the false negative rate is high. Some of the tasks were pretty well there, certainly better than nothing and here’s the thing. What we are going to have any time soon is the capacity to test the whole population, but we deal with at all the time the CDC routinely does what’s called representative random sampling, randomly select people and make sure that day first, the gamut of age and so economics and zip code and health status, and you extrapolate the whole population. We could do that with ten thousand people, and we have the tests for that. So we really need grown ups in charge, need federal oversight. We need a commitment to getting the critical data and frightening. That could happen fast as the work of seventy two hours, in the absence of that were turning to state, so, for example, we just heard there is widespread testing in New York. I think the governor is doing a great job there and it looks like at least twenty percent of the population in Europe may have antibodies. Well, that’s close. The four million people and what that means is the death toll in New York, tragic though it is in again, These tests are real people and my condolences to the families, but just looking at the statistics for a minute, twenty thousand deaths out of four million people- that’s half a percent- you know what we’re starting to see that the mortality toll of this when you get the denominator, really small and I think the denominators even bigger than that, so we’re not totally blind yet I think we do have to fly in a bit of a fog but we’re not totally blind. (…) First of all, I just want people to understand. Again, I’m a physician, I do public health, I’m trained in epidemiology. It really still looks to me as it did that month ago, when I wrote my piece for the New York Times: 98 to 99 % of the cases of this infection are mild. Most people don’t even seem to know they have it, and this is true even in the emergency department. A small portion of the cases are potentially severe and that’s what makes your point so important, Bill. The severe cases occur in people who are old and people who are sick. Now, those things go together, but sadly in America, they also splay apart. There are a lot of young people with coronary disease, obesity, type 2 diabetes, hypertension. And by and large, those are diseases of lifestyle. I’m a past president of the American College of Lifestyle medicine. That’s what we advocate. Lifestyle is medicine because it can fix all of that. Here’s the interesting bit: the stuff we can’t sell to people: eat well, exercise, don’t smoke, don’t drink excessively, get enough sleep, manage your stress because it’s such potent medicine, we can’t sell it because the timeline for harm is too long. Essentially, heart disease stalks you in slow motion, type two diabetes stalks you in slow motion and our DNA is wired to fight or flight: if it’s not coming at me in minutes or days, I’m sort of blind to it. Well, Covid is coming at you in minutes and days and everybody is alarmed and all the same things are risk factors. So essentially, what this pandemic has done has turned America’s chronic health liabilities into an acute threat. There is an opportunity, a crisis is an opportunity, the very things that we’re always telling people to do to promote their long term health actually do fortify your immunity against this virus. If you start eating right, start fitting physical activity into your routine, if you get enough sleep, it can effect your immune system to function in hours, certainly in days and a whole lot in a span of weeks, there’s been no better time for America to get healthy. If I were one of the grown ups in charge of this mess, I would have a national health promotion campaign as part of what we do in an organised way look we’re all social distancing sheltering placed. Let’s make lemonade from the lemons. Let’s turn this into an opportunity to get healthy, it will protect you in the short run. It will protect your loved ones and when this is over we’ll be a healthier nation into the bargain. Dr. David Katz
By now, commentators have noted the similarities between our coronavirus crisis and the classic “trolley problem,” first formulated by the late philosopher Philippa Foot. Imagine there’s a runaway trolley heading straight for five people who will be killed. You’re standing next to a lever. If you pull it, the trolley will switch to a different track where only one person will be killed. Most people say the moral choice is to spare the five and sacrifice the one. This may be akin to how many conceive of extreme measures to limit the spread of the novel coronavirus: The right thing to do is to issue and enforce stay-at-home orders and shutter businesses for as long as it takes to spare the maximum number of people at greatest risk from the virus. For many of those who are certain that this is the only moral solution, the choice seems crystal clear. It appears to be a tradeoff between lives and money — that is, between a sacred value and a secular interest. This is what social scientist Philip Tetlock calls a “taboo tradeoff.” When a tradeoff is taboo, there is no discussion or debate possible. Choosing the sacred value is entirely uncontroversial. As New York Governor Andrew Cuomo put it, “I’m not willing to put a price on a human life,” and “we’re not going to accept a premise that human life is disposable.” (…) using this lens, skeptics aren’t the cold-hearted monsters they’re made out to be. It’s not that they care more about money than your grandmother’s life. Instead, they are thinking about the people who will suffer from unemployment, poverty, loneliness, and despair. And they are imagining some point in the future when an unknown number could die from increases in child and domestic abuse, addiction and overdose, unmet medical needs, suicide, and so on. Dr. David Katz of the Yale-Griffin Prevention Research Center articulated this view when he wrote about the “unemployment, impoverishment, and despair likely to result” from a long-term economic shutdown. He is “deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life” could be “graver than the direct toll of the virus itself.” From this perspective, the tradeoff is not taboo. We aren’t talking about substituting lives for money, but one set of lives for another. We aren’t talking about substituting lives for money, but one set of lives for another. In all of these trolley scenarios tragedy ensues regardless of the choice. There is no happy solution. There are no uncontroversial answers. These are the hallmarks of a classic moral dilemma. (…) This brings us to the larger point. We urgently need to reject the idea that these choices are uncontroversial. It is all too easy to cast some people as saints and others as knaves. And we must get past the false debate of lives-versus-money. The harder but truer and more productive debate rejects casting moral aspersions. It involves recognizing that we share common goals but have different views about how to achieve them, based on our different ways of conceptualizing unknowables and prioritizing immediate versus future dangers. In order to solve pressing problems, we need to free our minds from the constraints that drive us to interpret and represent our ideological opponents’ ideas as attacks from enemies. Instead, we need to be able to use their ideas to test, strengthen, and build on our own. This requires habits of mind that in recent times we have practiced too seldom and valued too little: Approaching dissenters’ views with curiosity, critical thinking, intellectual humility, and a willingness to be wrong; using the principle of charity when evaluating ideological opponents’ ideas; thoroughly considering views before rejecting them; refusing to assign malign intentions to those whose ideas we dislike; accepting that for some problems there are no risk-free solutions; and welcoming dissent and disagreement as necessary to a functioning liberal democracy. One of the chief reasons these habits of a free mind are so essential is that without exercising them, we cannot even get to the point of having the right conversations. Having the right conversation doesn’t guarantee that we will get to the right answer, but at least it gives us a fighting chance. Pamela Paresky
Nous poursuivons nos efforts de préparation à la survenue d’une éventuelle pandémie, grâce à la constitution de stocks de masques et de vaccins. Nous serions, d’après certains observateurs, parmi les pays les mieux préparés au monde. Xavier Bertrand (ministre de la santé et des solidarités, 22 janvier 2007)
A la suite de l’épidémie de grippe aviaire (H5N1) de 2006 et à l’initiative du sénateur Francis Giraud (1932-2010), le gouvernement de l’époque a fait adopter, en mars 2007, une loi au titre prémonitoire : « Loi relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur ». Elle comportait deux dispositions essentielles. D’abord, la création du fameux corps de réserve sanitaire, sur lequel on ne s’attardera pas ici, et, ensuite, celle d’un nouvel établissement public, l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), dont la mission principale était « l’acquisition, la fabrication, l’importation, le stockage, la distribution et l’exportation des produits et services nécessaires à la protection de la population face aux mesures sanitaires graves », y compris bien sûr les vaccins et les fameux masques chirurgicaux et FFP2 ! La crise H5N1 avait en effet mis en évidence diverses faiblesses dans la réponse logistique de l’Etat. Les moyens dévolus à cette toute petite structure (17 agents en 2007 et 30 en 2015), cofinancée par l’Etat et l’Assurance-maladie, étaient considérables. On ne résiste pas à l’envie de citer l’inventaire estimé à un milliard d’euros qu’en fait l’exposé des motifs de la loi : 70 millions de vaccins antivarioliques et autant d’aiguilles, embouts et pipettes ; 81,5 millions de traitements d’antibiotiques en cas d’attaque bioterroriste de charbon, peste ou tularémie ; 11,7 millions de traitements antiviraux et 11,5 tonnes de substance active (oseltamivir) en cas de pandémie grippale ; 285 millions de masques de filtration de type FFP2 et 20 millions de boîtes de 50 masques chirurgicaux (soit le milliard de masques après lequel le ministre de la santé, Olivier Véran, court aujourd’hui) ; 2 100 respirateurs et bouteilles d’oxygène ; 20 équipements de laboratoires d’analyse (automates PCR et extracteurs ADN/ARN) ; 11 000 tenues de protection NRBC et accessoires. (…) Comment est-on passé de la pléthore à la pénurie ? L’événement majeur est, à mon sens, la crise du H1N1 de 2008-2009. Au-delà des critiques politiques virulentes et souvent injustes adressées à la ministre de l’époque, Roselyne Bachelot, elle a fait naître dans une partie de la haute administration de la santé le sentiment d’en avoir trop fait, d’avoir surestimé la crise et, finalement, d’avoir inutilement gaspillé des fonds publics au profit des laboratoires pharmaceutiques. L’horreur ! La Cour des comptes a estimé à près de 450 millions d’euros l’ensemble des dépenses d’achat spécifiquement liées à la lutte contre la grippe H1N1, y compris une indemnisation de 48,5 millions due aux laboratoires pour rupture unilatérale de contrat. L’Etat s’est ainsi convaincu qu’une réduction de la voilure était nécessaire, d’autant que le déficit de la Sécurité sociale avait atteint ces années-là des records « abyssaux » : 27 milliards d’euros en 2010 ! Le budget de l’Eprus a donc été drastiquement réduit, passant de 281 millions en 2007 – avant la crise H1N1 – à 25,8 millions en 2015 (10,5 pour l’Etat et 15,3 pour l’Assurance-maladie) selon un rapport du sénateur Francis Delattre. Parallèlement, les stocks ont été considérablement réduits en ne renouvelant pas, par exemple, des marchés concernant des biens arrivés à leur date de péremption. Estimée à 992 millions d’euros en 2010, la valeur du stock avait été réduite de moitié en 2014, à 472 millions, avant la disparition de l’établissement. (…) Outre ces questions économiques, la crise due au H1N1 a poussé à une réflexion sur la gouvernance du système de réponse aux crises sanitaire. Le ministère de la santé a toujours confiné l’Eprus dans une simple fonction logistique, sans aucune marge d’autonomie. La convention-cadre avec l’Etat précise que celui-ci ne peut réaliser aucune opération d’acquisition de produits de santé sans en avoir préalablement reçu l’ordre par le ministre chargé de la santé. (…) [soit] la disparition pure et simple de l’Eprus, qui est intégré en 2016 dans le nouvel Institut national de prévention, de veille et d’intervention en santé publique, plus connu sous son nom « commercial » de Santé publique France. Il rejoignait ainsi l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Claude Le Pen
Lorsqu’une question se pose, il faut toujours avoir la prudence de considérer attentivement la question qui est posée et le contexte dans lequel elle est posée. Très souvent, c’est là que se trouve la réponse. On s’interroge il est vrai à propos de la question de savoir ce qu’il faut sauver en priorité : l’économie ou les vies humaines ? Cette question appelle quatre remarques. – En premier lieu, formulée telle quelle, cette question date. Donald Trump aux États Unis et Boris Johnson en Angleterre se la sont posée il y a plus d’une semaine déjà en clamant haut et fort qu’il fallait penser avant tout à sauver l’économie. La réalité s’est chargée d’apporter elle même la réponse. Face à l’afflux des malades dans les hôpitaux, face à l’inquiétude des populations, face au fait pour Boris Johnson d’avoir été testé comme étant positif au virus du Covid 19, que ce soit Donald Trump ou bien encore Boris Johnson, tous deux ont fait machine arrière en décidant 1). de s’occuper des vies humaines en mettant les moyens pour cela, 2). de sauver l’économie autrement, par une intervention de l’État allant contre le dogme libéral de sa non intervention dans l’économie.- Par ailleurs, il importe de ne pas oublier le contexte. Qui pose la question de savoir ce qu’il faut sauver ? Les plus grands dirigeants de la planète à savoir le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre de Grande Bretagne. Quand ils se posent cette question, comment le font ils ? Sous la forme d’une grande annonce extrêmement médiatisée. Pour qui ? Pour rassurer les milieux financiers. Sur le moment, ce coup d’éclat a l’effet de communication escompté. Il crée un choc psychologique qui rassure les milieux économiques avant de paniquer l’opinion publique. Moralité : la question de savoir s’il faut sauver les vies humaines ou l’économie est un coup politique qui commence sur le ton grandiloquent d’une tragédie cornélienne avant de s’effondrer lamentablement. On veut nous faire croire que certaines questions sont essentielles. Vu ceux qui la posent et le ridicule des réponses qui lui sont apportées qu’il soit permis d’en douter – Dans la façon dont la question et posée, quelque chose ne va pas. On oublie le temps. Lorsque l’épidémie du Corona virus a commencé, désireux de ne pas freiner l’économie, les autorités françaises ont reculé le plus possible la décision du confinement avant de ne pas pouvoir faire autrement. La nécessité économique a alors précédé l’urgence sanitaire. Aujourd’hui, l’urgence sanitaire est devenue première et l’urgence économique a été placée en second. Jusqu’au pic de l’épidémie cela va être le cas. Le temps sanitaire va l’emporter sur le temps économique. Dès que la décrue épidémiologique commencera, le temps économique va reprendre ses droits. En conséquence de quoi, qui décide de ce qui doit se faire ou pas ? Ce n’est pas l’économie ni la vie, mais l’opportunité et, derrière elle, c’est l’être humain capable de juger et d’avoir de la sagesse. – On oublie enfin les hommes. Dans le Cid de Corneille, Rodrigue le héros, se demande s’il doit choisir son amour contre l’honneur de sa famille ou l’honneur de sa famille contre son amour. Au théâtre, cette alternative est admirable. Elle crée le spectacle. Avec l’épreuve que l’humanité endure, on fera du bien à tout le monde en évitant de basculer dans le théâtre. Si on ne s’occupe pas des vies humaines, il y aura des morts et avec eux une inquiétude collective ainsi qu’un drame social qui pèsera sur l’économie. Si on ne s’occupe pas d’économie, il y aura des morts et un drame économique qui pèsera sur les vivants. Si on choisit l’économie contre la santé, il y aura des morts. Si on choisit la santé contre l’économie, il y aura des morts. De toute façon quoi que l’on choisisse et que l’on sacrifie, ne croyons pas qu’il n’y aura pas de morts. Il y en aura. Il est possible toutefois de limiter la casse. Entre la richesse et la mort, on oublie quelque chose d’énorme qui est plus riche que la richesse et plus vivant que la mort : il s’agit de nous. Il s’agit des hommes. Il s’agit des vivants. Si nous avons la volonté chevillée au corps de nous en sortir et si nous sommes solidaires, nous serons capables de surmonter cette crise. Nous devons être humains et forts comme jamais nous ne l’avons été. Nous avons la possibilité de l’être. La solidarité avec le personnel soignant tous les soirs à 20h montre que nous sommes capables de solidarité. L’humour qui circule montre que nous sommes capables de créativité. En ces temps de distanciation sociale, nous sommes en train de fabriquer des proximités inédites, totalement nouvelles et créatrices. Notre instinct de vie a parfaitement compris le message qui est lancé par ce qui se passe : soyez proches autrement. Là se trouve la richesse et la vie qui permettront de relever le défi économique et sanitaire qui est lancé. (…) Il y a deux façons de mesurer. La première se fait par le calcul et les mathématiques en appliquant des chiffres et des courbes à la réalité. La seconde se fait par l’émotion, la sensation, la sensibilité. Quand quelque chose plaît, je n’ai pas besoin de chiffres et de courbes pour savoir que cela plaît. Quand cela déplaît également. Lorsque Donald Trump a compris qu’il fallait s’occuper de la question sanitaire aux États-Unis et pas simplement d’économie, il n’a pas eu cette révélation à la suite d’un sondage. Il n’a pas utilisé les compétences d’instituts spécialisés. La réaction ne se faisant pas attendre, il a été plus rapide que les chiffres, les courbes et les sondages en changeant immédiatement son discours. Il a été découvert récemment que l’intelligence émotionnelle est infiniment plus rapide que l’intelligence mathématique, abstraite et calculatrice. On peut sur le papier démontrer que l’humain coûte trop cher. Lorsque dans la réalité concrète on ne s’en occupe pas assez et mal, on a immédiatement la réponse. Donald Trump s’en est très vite aperçu. (…) On veut des règles pour répondre à la question de savoir comment décider qui doit vivre ou pas et qui doit mourir ou pas. Les règles en la matière sont au nombre de deux : la première qui fonde toute notre civilisation consiste à dire que, par principe, on soigne tout le monde et on sauve tout le monde. Pour éviter la folie monstrueuse des régimes qui décident que telle classe de la population a le droit de vivre et pas telle autre, on n’a pas trouvé autre chose. La seconde règle est empirique. Tout médecin vous dira qu’en matière de vie et de mort aucun médecin ne sait. Ce qu’il faut faire est dicté par chaque malade, jour après jour. A priori, un médecin sauve tout le monde et soigne tout le monde, jusqu’au moment où, basculant du soin et du sauvetage dans l’acharnement et de l’acharnement dans l’absurde, il décide d’arrêter de soigner et de sauver. Ainsi, un médecin aujourd’hui soigne une vielle dame de quatre-vingt cinq ans grabataire et atteinte d’Alzheimer. Maintenant si dans une situation d’extrême urgence il faut choisir entre un jeune de vingt ans et cette vieille dame, le médecin choisira le jeune en plaçant la vie qui commence avant celle qui se termine. Il fera comme les médecins faisaient au XIXème siècle quand il s’agissait de savoir si, lors d’un accouchement qui se passe mal, il faut choisir la mère ou l’enfant. Il choisira l’enfant. Choix déchirant, tragique, insupportable, n’ayant aucune valeur de règle, la responsabilité face à la vie étant la règle. Et ce, parce qu’il ne faut jamais l’oublier : on choisit toujours la vie deux fois : la première contre la mort et la seconde contre la folie. D’où la complexité du choix, choisir la vie contre la folie n’allant jamais de soi. Relever la complexité de ce choix est risqué. On l’a par exemple vu sur tweeter, où de tels commentaires ont déchaîné la colère des internautes. Pourtant si la population grogne lorsqu’elle voit la courbe du chômage monter et les premières conséquences d’une économie au ralenti se concrétiser, n’est-ce pas également parce qu’elle est consciente que équation est impossible ? (…) L’expérience ne se transmet pas. Pour une raison très simple : c’est en ne se transmettant pas qu’elle transmet le message le plus essentiel qui soit afin de surmonter les crises : aucune crise ne ressemble à une autre. Chaque crise étant singulière, chaque crise a un mode de résolution qui lui est propre et qu’elle doit inventer. Quand une crise est résolue, cela vient de ce que ceux qui la traversent ont su inventer la solution qu’il faut pour cette crise précise. Le message des crises est de ce fait clair. Il convient de les étudier afin de comprendre l’originalité qui a été déployée pour sortir de la crise afin de cultiver sa propre originalité. Pour sortir de la crise que nous endurons, nous allons inventer une solution inédite et c’est cette invention qui nous permettra de sortir de cette crise. Bertrand Vergely
Le choix est tout sauf évident – même s’il s’impose d’une façon majoritaire en faveur d’un confinement. Un choix est fait, dont nous ne mesurons pas toutes les conséquences : étouffer l’économie, la mettre sous cloche, faire porter sur les générations futures la santé des contemporains, plutôt que de laisser la pandémie se dérouler comme toutes les pandémies en protégeant les individus. D’une certaine manière, nous nous donnons le choix, nous croyons avoir le choix, pour être des économies riches et pour faire porter par la solidarité collective une grosse partie du coût de cet étouffement économique. Et, dans des économies plus libérales que les nôtres, comme les pays anglo-saxons, ce choix, quand il est fait en faveur du confinement, pèse plus lourdement sur les individus eux-mêmes. Certains économistes vont même jusqu’à considérer que dans le monde cette crise va provoquer 25 millions de chômeurs. Je note que la Japon, par exemple, pour être plus prévoyant, pour avoir plus de masques, pour avoir une discipline sociale plus grande, ne pratique pas (du moins jusqu’à présent) ce confinement massif. De toute évidence, dans sa culture, comme dans celles de beaucoup de pays asiatiques, le souci du collectif prend le pas sur le souci individuel. Et le sens du sacrifice semble être accepté plus facilement. Dès lors, quatre facteurs semblent entrer en ligne de compte pour opter, ou non, pour une mise en quarantaine sur plusieurs semaines, des travailleurs et de l’activité économique : un niveau de protection social plus ou moins important pour prendre en charge le coût économique de cet arrêt d’activité ; un sens plus ou moins fort du collectif au détriment de l’individuel ; une discipline sociale plus ou moins naturelle qui fait que la population accepte plus aisément les « gestes-barrières » édictés par les autorités ; une anticipation (ou non) des Etats de ce genre de risques avec toute la panoplie des outils nécessaires pour y faire face. De toute évidence, en France, ces quatre facteurs nous ont conduits à choisir, sans hésiter pour le confinement et la mise à l’arrêt de l’économie. Nous misons sur l’Etat-Providence ; l’individu est privilégié ; nous manquons de discipline collective ; l’incurie de l’Etat est flagrante en matière de prévoyance d’un risque sanitaire pandémique. (…) Mourir d’une épidémie et les situations de détresse sociale qui peuvent pousser certains individus au désespoir, ne sont pas du même ordre. Ne confondons pas tout. Par contre, il est vrai que ce qui est fait d’un côté, avec des mesures d’urgence, pour tenter de gérer une épidémie, au point d’appuyer sur le frein de l’économie, avec l’espoir qu’une fois la crise passée, l’économie pourra repartir d’une bonne allure, aura, indéniablement, des conséquences lourdes, durables sur l’Economie – avec des conséquences catastrophiques sur bien des secteurs. Lesquels ? Affaiblissement de la santé des entreprises. Crise de trésorerie. Paupérisation des travailleurs. Augmentation du chômage. Diminution des revenus d’un grand nombre de salariés. Et tout cela aura pour conséquence, dans l’année 2020 et aussi dans les années à venir, d’exclure certains travailleurs, de les marginaliser, de les contraindre à une misère sociale accrue. La France des « gilets jaunes », des zones périphériques, des précaires, des auto-entrepreneurs, des indépendants, va trinquer plus que celle des grands groupes ou de la fonction publique. Si nous étions cyniques (ou d’une lucidité froide), (mais nos sociétés ne le sont plus), nous aurions pu, collectivement, examiner le « coût » de deux stratégies : le confinement avec une décroissance massive et des conséquences négatives en chaîne sur les années à venir ; le maintien au ralenti de l’économie avec des mesures de protection individuelle massive. Une question n’est jamais posée, quand on compare la stratégie du Japon et celle de l’Europe : les choix faits l’ont-ils été par souci des populations et de la pandémie (avec un virus que nous ne connaissons pas et qui évolue d’une manière plus incontrôe que ce que nous pouvions penser au début) ou pour suppléer l’incurie des politiques de santé publiques qui n’ont pas prévu ce genre de situation et n’ont rien fait pour nous donner les moyens d’y faire face. Nous sommes ravis que la médecine, en France, puisse apparaître excellente quand il faut faire des opérations extraordinaires comme, dernièrement, séparer deux sœurs siamoises ou faire des reconstructions faciales ou même dépenser beaucoup d’argent pour des recherches sur des maladies rares qui touchent peu de monde. Ces technologies médicales de haute précision sont superbes. Mais, en même temps, n’a-t-on pas oublié de faire provision d’outils simples qui nous auraient permis, aujourd’hui, d’envisager autrement cette pandémie : des centaines de millions de masques de protection, de tests de dépistages, de gels hydro-alcooliques, des équipements de protection, des respirateurs artificiels…. N’a-t-on pas oublié d’anticiper et d’établir, par avance, des « plans orsec » contre les pandémies ? N’a-t-on pas, en voulant faire des économies de bout de chandelle sur les stocks sanitaires, mis en danger des soignants et autres intervenants de première ligne ? (…) l’équation est impossible. Les choix tragiques. Qui pourrait dire qu’il « accepte » des morts aujourd’hui pour éviter du chômage demain ? Qui pourrait assumer de mettre la santé de l’Economie avant celle des Français ? Qui pourrait ne pas prendre les mesures adaptées aujourd’hui pour préserver les entreprises ? Qui ? Personne. Surtout dans nos démocraties compassionnelles. Surtout quand on croit que tout est possible et que « la santé n’a pas de prix » – pour reprendre les mots du président de la République. Surtout quand on croit que la générosité de l’État (et donc de la France de demain qui devra payer les dettes d’aujourd’hui) est sans limite, sans fond, sans contrainte. L’Etat se croit généreux pour les Français d’aujourd’hui en multipliant les amortisseurs sociaux, les prises en charge collectives, en creusant les déficits alors qu’il ne fait qu’arbitrer, sans le dire, entre la France d’aujourd’hui (qui se protège) et la France de demain qui devra payer, en remboursant la dette, les protections d’aujourd’hui. Si l’équation est impossible, n’est-elle pas, cependant, au cœur du politique et des choix à faire – qui, comme il se doit, ont de multiples composantes. Souvent, le « en même temps » est impossible pour, à terme, n’être gagnant sur aucun des deux tableaux. S’agit-il de déclarer une impossible guerre à un ennemi invisible que nous portons tous sans le savoir, ou d’arbitrer entre deux choix impossibles. Dura lex, sed lex. Dure est la loi politique, mais telle est la loi du politique : faire des choix tragiques, tous plus improbables, loin des évidences, pour le salut d’une nation. Si les responsables politiques se posent la question comme Donald Trump l’a mis en évidence et comme le gouvernement français l’exprime avec plus de subtilité, les citoyens seront probablement de moins en moins au clair sur leurs propres sentiments au fur et à mesure que les effets sociaux se feront sentir. Et que nous enseigne l’expérience des crises précédentes ? (…) Ce principe nous dit quelque chose qui est vrai sur le papier et inapplicable tel quel dans la réalité. Quand on a affaire aux êtres humains, rien ne se règle uniquement par un choix rationnel. La raison en est simple. Quand on fait un choix optimal, on sacrifie forcément un certain nombre de choses. Quand ce sont des hommes que l’on sacrifie pour faire exister ce choix optimal, les sacrifiés tôt ou tard vont réagir Et, réagissant, ils peuvent pourrir la vie. L’histoire a sacrifié beaucoup de monde. Aujourd’hui encore, les sacrifiés et la descendance de ces sacrifiés continue de crier sa colère et sa souffrance. On parle d’économie et de choix optimal. C’est bien. Il faut être rationnel. Mais il ne faut jamais oublier que l’on parle d’économie et de choix optimal dans un cadre humain et pour les hommes. Si on n’en tient pas compte, on est sûr à un moment ou à un autre de se retrouver avec une addition salée. C’est la raison pour laquelle l’économie est toujours associée à la politique. (…) La philosophie nous apprend la prudence. Les Grecs l’appelaient du nom de sophrosune. La prudence n’est pas la frilosité de la pensée et de l’action mais son acuité, c’est-à-dire son sens du détail. Quand il s’agit d’évaluer une situation, il convient de tenir compte de tout. Ainsi, dans les choix qui nous sont proposés, il importe de penser avec l’urgence sanitaire, avec l’économie, mais aussi avec le temps et avec les hommes ainsi que leurs ressources qui sont immenses. Quant à la théologie, elle nous enseigne à aller au plus profond en ne perdant jamais de vue que l’humanité est reliée à un plan céleste qui ne nous abandonne jamais, malgré les apparences qui peuvent laisser croire le contraire. Il y a eu par le passé une théologie accusatrice qui pensait d’abord à culpabiliser les hommes à propos de ce qui leur arrive. La véritable théologie pense non pas à accuser mais à dire et à redire en permanence que le monde peut être sauvé. Beaucoup de personnes aujourd’hui rentrent en elles-mêmes à l’occasion du confinement en faisant la découverte de ressources d’une force incroyable. Puisqu’il est demandé d’aller vers l’intérieur, elles vont vers l’intérieur et là où il y avait désespoir et colère montent force, confiance, solidarité. Cela va bientôt être Pâques pour les chrétiens, Pâques pour les juifs et le ramadan pour les musulmans. Pâques est la fête de la victoire de la vie sur l’enfer. Aujourd’hui, sans le savoir, toute l’humanité est en train de vivre une formidable marche vers la victoire de la vie sur les enfers. Aussi n’y a t-t-il qu’une seule chose qu’il importe de se dire et de dire parce qu’elle est la plus sage et la plus spirituelle qui soit : plus que jamais restons forts et unis. En ce sens, comment choisir ? Comment choisit-on de préférer une mort à une autre ? Comment justifier un tel choix auprès d’une population bouleversée par la crise sanitaire qu’elle traverse ? (…) Si l’art de gouverner est impossible, la critique est facile – et pourtant elle est nécessaire et ne doit en rien être étouffée sous une « union nationale » un peu trop martiale. Il est sûr que fermer les frontières de l’Europe en mars, en pleine crise sanitaire, semble risible, quand il eut été plus efficace de prendre cette même mesure mi-janvier. Il est sûr qu’envoyer dix-sept tonnes, prélevées sur les stocks français de masques, gel et autres matériels de protection (et plus de cinquante en Europe) mi-février pour la Chine, avec l’espoir, avéré faux, de « contenir » le Corona là-bas, semble une décision presque criminelle, quand on constate que depuis lors des médecins de premières ligne sont morts faute de protection et que nombreux sont les fonctionnaires ou les membres des équipes médicales qui n’arrivent toujours pas à se protéger autant qu’ils le devraient. Il est sûr que les atermoiements du discours gouvernemental, que les informations contradictoires de certains, que les promesses non-tenues, depuis des semaines, sur l’arrivée de masques de protection qui « arrivent » qui «seront-là à disposition », qui « vont être livrés », ne font rien pour renforcer l’autorité de la parole politique. Il est sûr que les déclarations de Madame Buzyn indiquant, après coup, qu’elle avait prévenu le Premier ministre, fin janvier, que la crise allait être gravissime, et qu’il fallait donc différer les élections municipales de mars, donnent l’impression d’un amateurisme au plus haut niveau de l’État. Alors, aujourd’hui, s’il fallait tenir un autre discours, mettant l’accent sur l’économie et la santé des entreprises, personne ne comprendrait pourquoi maintenant. Et donc malheureusement, nous aurons et la crise sanitaire et la crise économique – sans parler de la crise de l’épargne que nous avons déjà subie. Il n’est plus possible de faire machine arrière. Nous allons payer tout cela pendant des années – avec une reprise poussive, des déficits massifs, un chômage de masse, une épargne amputée durablement et le risque d’un retour de l’inflation. (…) Le problème (et nous le découvrons brutalement avec cette crise sanitaire) est que nous payons aujourd’hui une double défaillance : une défaillance stratégique de nos politiques publiques qui ont, en Europe, favorisé la mondialisation au détriment des intérêts stratégiques nationaux, sans définir des secteurs à protéger et sans mettre en place, au niveau des pays ou de l’Europe, des coordinations en cas de risques sanitaires ; une défaillance des entreprises pharmaceutiques et de santé publique qui ont cru qu’elles pouvaient se délester de secteurs entiers jugés « peu rentables », comme les systèmes de protections, la fabrication des médicaments génériques, les masques. La Chine, « usine du monde », détient ces marchés et ne peuvent répondre quand le monde entier passe d’énorme commande. La mondialisation se retourne contre les Nations en cas de crise. Elle se grippe avec une pandémie mondiale. Et les individus nationaux paient le prix de cette mondialisation défaillante. Pour toutes ces raisons, nous n’avons plus la possibilité d’avoir le choix. Nos défaillances collectives nous font faire des choix malgré nous. L’Etat imprévoyant, l’Europe tatillonne pour les détails et aveugle sur les grands défis de santé publique et, pour finir, les entreprises médicales inconséquentes, soucieuses d’augmenter leurs profits, ont décidé à notre place. Ils nous ont privés du choix d’avoir le choix. Damien Le Guay
Rappelons-nous tout d’abord que nous abordons la pandémie avec le regard d’une société individualiste. Nos ancêtres de 1914 ont accepté la mort pour la défense de la patrie parce qu’ils avaient le sentiment d’être un chaînon dans une lignée. Ils défendaient la terre de leurs ancêtres et ils la défendaient pour leurs enfants. Quelques générations plus tôt, quand il y avait encore des épidémies régulières, on prenait des mesures de précaution, on soignait, mais on acceptait la mort éventuelle parce qu’on avait le sentiment d’appartenir à une société. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un tout petit nombre de nos concitoyens qui a l’expérience de la guerre. Nous avons derrière nous 60 ans d’individualisme absolu. Le christianisme est devenu ultraminoritaire. Il s’agit donc, dans l’absolu, d’avoir « zéro mort ». Effectivement notre société semble prête à sacrifier l’économie. Sans se rendre compte que ce genre de mentalités n’amène pas le « zéro mort » mais une catastrophe sanitaire. Et qu’une crise économique aussi fait des morts. (…) L’une des leçons de la crise du COVID 19, c’est que nous avons sous nos yeux la preuve expérimentale des ravages causés par l’effondrement de l’Education Nationale. En particulier, l’enseignement de l’économie tel qu’il est dispensé dans nos lycées, depuis des années, très hostile à l’entreprise et incapable de faire comprendre la dynamique du capitalisme, aboutit aux discours que nous entendons aujourd’hui. Il y aurait des activités indispensables et d’autres qui ne le seraient pas ! En fait, une économie moderne repose sur un fonctionnement très complexe. Les fonctionnaires du Ministère de l’Economie ont pris peur quand ils ont vu le nombre de demandes de mise au chômage partiel ! Dans un Etat qui prélève et redistribue 57% du PIB, on redécouvre qu’il y a beaucoup plus d’emplois utiles que ce qu’on pensait ! Et l’on risque de découvrir, à ce rythme, qu’il y aura encore plus de personnes mourant du fait du ralentissement de l’économie qu’à cause de l’épidémie. On ne peut pas dire que l’histoire des crises et leur taux de mortalité ne soit pas connu: de la crise de 1929 à l’asphyxie de la Grèce par l’Eurogroupe depuis 2015, tout est documenté. (…) Nos gouvernants ne feront pas un choix, s’ils arbitrent entre deux maux. Actuellement, ils sont dans l’incapacité de choisir entre les personnes qu’ils doivent soigner quand elles arrivent à l’hôpital et qu’ils n’ont pas assez de lit. Donc ils appliquent une règle mécanique: au-dessus d’un certain âge, on n’est plus soigné. Ce n’est pas un choix, car choisir c’est faire exercice de sa liberté, c’est pouvoir se déterminer entre deux options. Pour pouvoir choisir, il faut « avoir le choix ». Nous pourrions choisir un type d’équilibre entre la lutte contre la pandémie et la protection de notre économie si nous avions agi en amont. Si nous avions fermé nos frontières, testé largement, distribué massivement des masques etc…Il ne peut pas y avoir, en bonne philosophie, de choix entre des catégories de morts qui seraient préférables. Quand on en est arrivé là c’est qu’on subit. En revanche, aujourd’hui, le gouvernement pourrait choisir d’autoriser la généralisation du traitement du Professeur Raoult. (…) En fait, je pense que le dilemme est entre le fatalisme et le désir d’échapper à un destin tracé. Rappelez-vous, il y a quelques semaines, Emmanuel Macron parlait des progrès « inexorables » de l’épidémie. Au contraire, Boris Johnson et Donald Trump, qui sont des lutteurs, des battants, des hommes de liberté, ont commencé par penser qu’il fallait laisser passer l’épidémie, en faisant confiance aux capacités d’immunisation de la population. Puis, ils ont compris que toutes les grippes ne se ressemblent pas et qu’il fallait prendre des mesures. Ils font passer leur société aux tests massifs et au confinement partiel. Le redémarrage de l’économie apparaîtra d’autant plus souhaitable à leurs concitoyens que l’épidémie aura été jugulée. Ce qui est à craindre en France, comme en Italie, c’est qu’on ait deux crises, sanitaire et économique, qui s’éternisent. (…) Si l’on se réfère à la tradition occidentale, née entre Jérusalem, Athènes et Rome, l’être humain est appelé à se libérer des déterminismes naturels ou sociaux. L’homme occidental est celui qui propose à toute l’humanité d’apprendre la liberté, c’est-à-dire le choix. De la Genèse, où l’homme se voit enjoindre de dominer la Création, à René Descartes (il nous faut devenir « comme maîtres et possesseurs de la nature »), on s’est efforcé d’émanciper l’individu. Le grand paradoxe du dernier demi-siècle a consisté dans l’introduction en Occident de philosophies profondément étrangères à la tradition de l’émancipation individuelle, des sagesses orientales à la vénération de la Terre-Mère. La crise du Coronavirus vient nous rappeler que la nature n’est pas cette force bienveillante envers l’humanité que décrivent les écologistes. Et le yoga et le New Age sont de peu de secours pour lutter contre la pandémie. Si j’avais à me tourner vers la théologie, pour dire la même pensée de l’émancipation individuelle, je citerais Saint Ignace: « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Quand on voit nos dirigeants avoir comme premier mouvement l’interdiction de la participation à un enterrement mais aussi la fermeture des églises, on se dit que ceux qui ne savent plus agir ne savent plus croire. (…) Tout doit être fait pour sortir du fatalisme ! C’est la seule possibilité de se garder une marge de manoeuvre. Le scénario le plus probable, actuellement dans notre pays est au contraire le cumul des crises, du fait de la passivité des gouvernants, qui prennent des décisions toujours trop tardives. Nous en revenons à la complexité des sociétés modernes. Elle peut être maîtrisée à condition, d’une part, de savoir traiter les innombrables données générées par chaque individu, chaque secteur d’activité; à condition, d’autre part, d’intégrer toutes les dimensions du problème à résoudre dans une stratégie unifiée. Réunir ces deux conditions, c’est commencer à pouvoir choisir ce qui servira le mieux la société et l’économie. Edouard Husson
Puisque les ressources sont rares (et pas seulement les FFP2 et le PQ), nous avons besoin de l’analyse économique (l’oral de rattrapage du pêché originel). Car une seule chose est sûre dans un monde qui (à cause d’Eve !) connait la rareté : l’absence de calcul économique tue. Vous savez déjà que l’absence de calcul conduit à des décisions à l’aveuglette, émotives, au petit bonheur la chance : car vous vous souvenez de la présidence de François Hollande. Il se trouve que l’inefficacité est aussi meurtrière, comme un satané virus, mais en pire : car il n’y a pas de pause dans ce genre d’épidémie, et le R0 est monstrueux, surtout en France où on observe une application très sporadique de l’analyse économique, n’incluant pas une véritable réflexion sur la valeur implicite donnée à la vie humaine au-delà de quelques calculs dans le domaine de l’évaluation de grands projets de transports publics. Il y a inefficacité (et donc des vies inutilement perdues) lorsque les moyens ne sont pas affectés aux actions qui apportent le meilleur « rendement » en termes de nombre de vies sauvées, quel que soit le domaine d’action. Le fait de ne pas adopter une valeur unique de la vie humaine, appliquée de manière cohérente dans tous les domaines de l’action, conduit à la mort de nombreux individus qui auraient pu être sauvés avec les mêmes moyens. (…) C’est particulièrement bien documenté pour l’action publique. En effet, nous ne sommes plus seulement des enfants de Dieu, mais aussi des citoyens-contribuables de l’Etat Providence, et vu l’état des ressources publiques, si vous dépensez des milliards sur un projet de radars qui sauve peu de vies (les 80km/h sur les départementales pour consoler un premier ministre qui ne sert à rien), vous ne pourrez pas les utiliser pour un projet qui en sauverait plus (des masques, des tests, au hasard) mais qui passait jusqu’ici sous les radars médiatiques. Il existe pourtant en France une valeur tutélaire, officielle, de la vie humaine : elle a été fixée en 2013 à 3 millions d’euros par tête (rapport Quinet : Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective, « Éléments pour une révision de la valeur de la vie humaine », 2013), et évolue depuis au rythme de la croissance du PIB par habitant. Je ne suis pas un spécialiste mais cette valeur me parait raisonnable, dans la lignée des chiffres antérieurs de Marcel Boiteux, proche de la médiane européenne et proche de ce que les agents économiques révèlent dans leurs choix concrets (par exemple, en matière d’assurance). Ce chiffre circule surtout dans les administrations pour évaluer les gains liés à un investissement. On dit souvent que c’est du cynisme (le cynique connait le prix de chaque chose et la valeur d’aucune), porté par des économistes impitoyables, mais quand une deux voies peut devenir une trois ou quatre voies plus sûre, mais que cela coûte cher, comment pourrez vous savoir si vous faîtes un bon choix, sans une approximation du prix du temps, et sans une valeur monétaire de la vie ? Notez qu’il existe sur le marché deux méthodes principales pour ce type de calcul, et que la 2e méthode tend à remplacer la première : 1/ la méthode du capital humain perdu par la société lors d’un décès : une mesure monétaire et tangible, la somme de la production future de l’individu (ici, l’analyste financier vaut plus que le laveur de carreaux, c’est dire si ce n’est pas incontestable). Elle reste à la base de la détermination de la valeur de la vie dans le contexte judiciaire, comme le montre les indemnités accordées aux familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis (les indemnités ont varié en fonction des salaires espérés, de 300 000$ pour un individu de 65 ans qui gagnait 10 000$/an, à 4,35 millions de dollars pour un trentenaire gagnant 175.000$/an). On en reparlera peut-être lors du procès Buzin… 2/ la méthode du consentement à payer des individus pour éviter un accroissement de risque : la méthode moderne, qui gagne du terrain car elle part du terrain, des choix opérés par les agents. Aux Etats-Unis, les données issues du marché de l’emploi concluent à un prix de la vie d’environ 9 millions de dollars, c’est à dire qu’un emploi donnant une chance sur 10 000 de mourir dans l’année donnera lieu à une compensation de 900$/an (par rapport à un emploi équivalent sans risque). Cet ordre de grandeur est globalement repris par les agences de régulation US, sans que cela empêche un certain nombre d’incohérences (mais au moins peut-on trouver plus de données explicites chez eux que chez nous) (honte, soi dit en passant, sur notre Parlement, qui devrait s’occuper de l’évaluation des politiques publiques mais qui ne sait pas ce qu’est un taux d’actualisation ou une valeur implicite de la vie) (et honte à la « sécurité » routière, qui base le plus gros de sa propagande sur une étude ancienne et partielle, et fait fi des études nombreuses qui démontent la formule de Nilsson). Bref. Nous valons 3 millions, mais nous n’utilisons que très imparfaitement cette valeur pour améliorer nos décisions publiques. (…) Continuons notre tentative de réponse. Maintenant que nous savons ce que l’on vaut économiquement parlant (ou à peu près), nous pouvons nous faire une idée plus juste de certaines politiques publiques. Deux exemples. L’argent placé dans la protection nucléaire est largement excessif, depuis le début, et même en tenant compte de toutes les redondances nécessaires : l’atome provoquera toujours une peur irrationnelle. Il en va de même pour le Sida dans le domaine de la santé (nul besoin de suivre le professeur Raoult dans son idée que le vaccin est illusoire : la comparaison avec d’autres virus ou maladie moins richement dotés sur le plan budgétaire suffit largement). Comment se situe le Coronavirus dans cette échelle du nombre de vies sauvées par milliard dépensé ? Il nous faut dessiner les contours d’un arbitrage et d’un pic de protection (ce qui n’est pas évident à ce stade, répétons que notre approche est une TENTATIVE). Kip Viscusi est l’universitaire américain de référence sur le sujet du prix de la vie humaine, et son analyse défend l’existence d’une « borne haute » au-delà de laquelle les efforts de sécurité mandatés par la collectivité sont contre-productifs. Selon lui, la mise en œuvre d’une nouvelle régulation de sécurité s’assimile à une réaffectation de moyens, depuis des revenus privés « libres » vers une dépense contrainte visant au respect de la régulation. Or l’espérance de vie des individus s’améliore systématiquement avec leur niveau de revenus (en devenant plus riches, les hommes et les femmes allouent une part croissante de leurs moyens à la santé, réduisant leurs risques de mortalité ; la santé est un « bien supérieur »). Il existe dès lors un point au-delà duquel à trop réduire les revenus privés « libres », on aboutit à réduire l’espérance de vie de la population de l’équivalent d’une vie statistique : ce point se situerait entre 15 et 50 millions de dollars aux USA (donc autour de 15 millions d’euros chez nous, si j’applique les estimations officielles qui toutes considèrent qu’un Américain « vaut » entre deux et trois Français). Au moins une « vie statistique » serait perdue à chaque fois qu’une régulation imposerait 15 millions de dépenses contraintes par tête ; car toute régulation d’amélioration portant une valeur de la vie humaine supérieure à 15 millions d’euros va en fait augmenter le nombre de morts puisque la dépense contrainte de la régulation apporte moins de vies sauvées que la dépense « libre ». Appliquons ce raisonnement à la régulation en cours de division par 4 ou 5 des interactions sociales (le « confinement »). Je fais un vol de concept et de nombreuses approximations, mais ne sommes-nous pas dans l’urgence ?? Cette mesure de sécurité qu’est le confinement ne doit donc pas conduire à plus de 15 millions par mort, c’est-à-dire ne pas coûter à la fin plus de 15M x 20 000 (je suppose que c’est le nombre de morts que nous aurons, en scénario central, sous cette régulation, une fois comptabilisés les morts à domicile et dans les EPAD) = 300 milliards d’euros. Comme l’INSEE nous dit qu’un mois de confinement coûte à l’économie 3 points de PIB annuel, et que nous serons isolés disons 2 mois, le coût économique est de 6% de 2500 milliards, disons 150 milliards (je ne compte pas les atteintes à la croissance potentielle car ici le choc est de court terme, sans grand impact sur le capital humain ou sur le capital physique). Pour l’heure, nous respectons donc largement la norme de Viscusi. Mais de toute façon nous n’avons pas vraiment le choix : compte tenu de la nocivité du virus, de son caractère exponentiel et résilient, un confinement moindre n’allègerait pas du tout la note finale ; si un Français sur 3 chope le virus, et en appliquant une mortalité de 2% (hypothèse très conservatrice, car à ce moment là tout le système sanitaire et politique aura déjà sauté depuis longtemps…), cela donne 500 000 morts (dont au moins 100 000 appartenant à la force de travail, soit 5% de notre main d’œuvre), et alors le plafond de Viscusi se situerait à trois années de PIB pour le pays, c’est-à-dire plus que le coût de la dernière guerre mondiale (l’appareil industriel était encore là, il suffisait de demander à nos industriels de ne plus produire de chars pour les Allemands). En fait, sacrifier deux trimestres de croissance aujourd’hui est une OBLIGATION, pas seulement morale et religieuse, mais aussi économique, et encore plus si on factorise un peu la croissance de long terme. C’est comme ça. Il est vrai que vous avez dans l’autre sens trois fois plus de risques de décéder si vous êtes chômeur. Quand on nous dit que le chômage américain pourrait passer de 3% à 20% (c’est très exagéré mais cela vient du secrétaire mafieux au Trésor, Steven Mnuchin), cela doit peser dans la balance. La crise des opioïdes (qui pour la seule année 2016 a tué plus d’Américains que l’ensemble de leurs soldats morts au Vietnam) a eu pour base la désespérance d’une partie de l’Amérique qui ne bénéficiait pas de la reprise économique. Pierre Meneton de l’INSERM a conclu en 2015 à environ 14 000 décès par an dus au chômage en France (mais c’est surtout valable pour le chômage de longue durée, moins pour les chômeurs conjoncturels liés à une crise du type covid19). A cause des suicides, des addictions, d’un moindre recours au système de santé, etc. Pour mémoire, « on » a imposé de rouler à 80 km/h pour éviter (selon une règle de trois archi-contestable) 400 morts par an, mais passons. 14 000 morts chaque année multipliés par 1,5 millions (si la vie d’un chômeur vaut 50% de la vie d’un non-chômeur, je sens que je vais encore me faire des amis), cela donne une vingtaine de milliards d’euros : vous comprenez pourquoi je ne suis pas néo-autrichien en matière de politique monétaire, pourquoi je milite depuis des années pour une action contra-cyclique déterminée, et pour la fin d’une BCE sponsorisée par Dunlopilo. Car ce petit calcul morbide ne vaut que si les chômeurs conjoncturels se transforment massivement en chômeurs structurels : ce n’est pas un appel à ne pas respecter un confinement strict, c’est à appel à agir rapidement par la politique monétaire et par tous les canaux possibles. Et au final c’est bien ainsi qu’ont calculé les Chinois à la mi-janvier, eux qui n’ont pas trop lu le Talmud mais qui savent compter : ils auraient aimé réduire l’addition de court terme, qui les obligeait à renoncer à leur prévision de croissance 2020 (un 5,7% était nécessaire pour respecter l’engagement d’un doublement du produit national sur 2010-2020), qui les exposait à une crise sociale, et qui leur faisait perdre la face. Mais imaginez 20% de votre population atteinte d’un virus 30 fois plus mortel que la grippe, et sans pouvoir compter de façon sûre sur une solution vaccinale avant un an ou deux : ce n’est pas seulement l’économie qui aurait sauté, mais aussi le régime. Même embourgeoisé, le Parti a encore un certain sens de la conservation : après quelques hésitations, transactions et cafouillages (que nous reverrons en Europe puis aux USA dans les semaines suivantes…), il a tout arrêté pour que tout puisse repartir, façon Lampudesa. Si les responsables politiques se posent la question comme Donald Trump l’a mis en évidence et comme le gouvernement français l’exprime avec plus de subtilité, les citoyens seront probablement de moins en moins au clair sur leurs propres sentiments au fur et à mesure que les effets sociaux se feront sentir. (…) L’utilitarisme est vraiment une position dégueulasse, et conduit souvent à jouer avec le feu : tous les sociologues efféminés nous le disent à longueur de colonnes, de même que nos philosophes universitaires, qui n’ont jamais connu le moindre conflit en dehors de la dialectique et à qui on ne demande jamais de procéder à de vraies décisions en dehors de la notation des copies. Mais la situation pourrait devenir très tendue dans les jours à venir, et relever plus de Jack Bauer que de la revue du MAUSS. « La décision est l’art d’être cruel à temps ». Quand les choses tournent vraiment mal, à la guerre comme à la guerre : et l’utilitarisme revient, ce même utilitarisme qui vers 1945 a sauvé la vie d’un demi million de jeunes Américains, et des millions de Japonais sur des années, au prix de 150 000 morts japonais en 72 heures. Il n’y a pas beaucoup de belles plages sur les côtes nippones, et plein de jolies montagnes propices à la guérilla. Plaçons-nous toutefois dans le pire des scénarios pour nous rendre compte que l’utilitarisme et le calcul économique pur et dur auront bien du mal à passer, ou du moins que ce sera compliqué. Dans ce cadre du pire, et le temps que le vaccin soit produit à grande échelle (un temps considérable), on a deux solutions. Soit « on » choisit un principe de tirage au sort, soit « on » hiérarchise les individus en fonction de leur utilité sociale (c’est déjà ce que font nos réanimateurs, sans trop le dire). On retrouvera ce choix, au-delà des urgences, pour distribuer les doses de vaccin (ou de chloroquine) : la première méthode, le hasard, la file d’attente (disons la méthode soviético-athénienne) a le mérite d’être aveugle, et donc juste, puisque la justice est aveugle (en théorie). Mais ce n’est pas la méthode la plus efficace : ce rationnement par les quantités est très inférieur au rationnement par les prix ; et ce dernier est souvent aussi, au final, plus juste, tant il est vrai que certains dans la file d’attente seront « plus égaux que d’autres » (de nombreuses expériences, tout au long du XXe siècle…). Seulement voilà : un vaccin pricé, quoté ou mis aux enchères provoquerait des remous tels qu’il échouerait certainement. De plus, il faudra bien que tout le monde reçoive sa dose, au final : si la courbe épidémique a été maitrisée par le confinement, le vaccin n’aura qu’une valeur-temps, qui se prête plutôt bien à la file d’attente. Ajoutons que, dans nos sociétés, ce sont les vieux qui ont l’argent, ce qui reviendrait une nouvelle fois à les privilégier en cas de recours au marché, comme depuis 40 ans, sur tout, des finances publiques au combat contre une inflation qui n’existe plus ; rappelons qu’ils sont certes plus exposés, mais qu’ils incorporent moins de vie potentielle. (…) On sait par avance qu’une forme ou une autre de tirage au sort ou de file d’attente sera privilégiée, de sorte que l’espace du marché serait limité à un marché noir par internet où les plus riches, les plus averses au risque ou les plus impatients se soigneront (ou se feront rouler) sous les crachats des médias et du grand public. Ce n’est pas un optimum, au sens de Pareto ou de n’importe qui. Mais ce n’est qu’un scénario, ce n’est qu’une ébauche de réflexion sur ce thème délicat, et, après avoir commencé par le Talmud, finissons par le folklore yiddish : « on doit continuer de vivre, ne serait-ce que par curiosité’. Mathieu Mucherie

Hors du sacrifice point de salut !

En ces temps étranges …

Où pour faire la guerre, l’on se voit sommé par un gouvernement « En marche »… de rester chez soi !

Où, en un incroyable rituel 500 ans après les sanguinaires Aztèques, nos populations entières se voient conviées chaque soir à la même heure au décompte des victimes sacrificiées du jour …

Où reprenant les prédictions proprement apocalyptiques d’un expert britannique qui annonce à présent que du fait qu’elles étaient en fin de vie ou de leurs conditions sous-jacentes jusqu’à deux tiers des victimes du coronavirus seraient mortes n’importe comment à la fin de l’année

Le conseiller scientifique du président américain annonce à son pays et au monde entier la mort possible, pour sa propre nation, de l’équivalent des victimes combinées d’Hiroshima et de Nagasaki

Où la planète entière se lance au même moment dans la plus folle des surenchères au harakiri économique

Où l’origine géographique même d’un virus ne peut plus être mentionnée …

Alors qu’en un véritable  Etat voyou chinois prêt, comme la dernière fois après ses criminelles semaines de mensonges du départ, à reprendre ses pires habitudes

Et en train de régler définitivement à elle toute seule, en une sorte de potlatch proprement planétaire, le problème des espèces animales protégées

Un journal  confirme, ce qu’a pu représenter pour la ville-martyre de Wuhan, le prix du sauvetage des bouchers de Tiananmen

Comment ne pas voir …

Dans le scandale même qu’ont soulevé les propos chocs du vice-gouverneur du Texas …

Appelant non comme on l’a dit à sacrifier les personnes âgées sur l’autel des profits

Ni même à exiger que lesdites personnes âgées se sacrifient

Mais annonçant tout simplement sa résolution à lui et à d’autres membres de sa génération, à se battre, au prix de sa vie pour éviter le sacrifice de l’avenir de toute une génération

La vérité que tiennent tant à cacher, première victime de toute guerre comme on le sait, nos dirigeants les mieux-pensants …

Derrière la fausse alternative entre les vies et l’économie …

Et le véritable potlatch, en centaines de milliards d’euros sans compter nos libertés, qu’ils se préparent à faire …

A savoir comme le rappelait hier même le philosophe Damien Le Guay sur le site Atlantico …

Qu’une crise économique fait aussi des morts …

Et que derrière la générosité jour après jour exhibée de l’Etat pour ses citoyens peut aussi se cacher sans le dire …

Au-delà de la nécessité de dissimuler, à présent éclatante, l’incurie et l’imprévision de décennies …

Un « arbitrage entre la France d’aujourd’hui qui se protège et la France de demain qui devra payer, en remboursant la dette, les protections d’aujourd’hui » … ?

Mais surtout comment ne pas voir …

En cette veille de Pâques …

La vérité bien plus profonde enfin toute nue et crue …

Si brillamment redécouverte, cachée depuis la fondation du monde on s’en souvient, par le philosophe René Girard …

Et regrettée par à la fois Nietzche et Hitler …

Mais déjà évoquée bien avant tout au long des Ecritures sacrées juives…

Notamment dans le fameux jugement de Salomon …

Puis énoncée, sans le savoir nous dit le texte, par le sacrificateur Caïphe il y a 2 000 ans…

Et enfin parfaitement explicitée, en paroles comme dans le don suprême de sa propre vie, par le Christ lui-même …

A savoir contre « l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence » …

L’incontournable fait …

Que l’ « on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis »  ?

La palme du cynisme

Convergences révolutionnaires

30 mars 2020

Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche !

« L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ?

Voir aussi:

Sputnik

Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position.

Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick.

«Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intélligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News

Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays.Selon les dernières évaluations de l’Université John-Hopkins, les États-Unis comptent pour le moment 46.450 cas confirmés d’infection au coronavirus, soit le troisième pays le plus touché au monde, ainsi que près de 600 décès.

Voir également:

Coronavirus : Le vice-gouverneur du Texas estime que les personnes âgées devraient se sacrifier pour l’économie

Dan Patrick, lieutenant-gouverneur du Texas (équivalent de vice-gouverneur), a estimé que les grands-parents, comme lui, devaient être prêts à mourir pour sauver l’économie du pays.

Invité lundi soir sur Fox News, il a assuré que le confinement de la population, et donc le ralentissement général de l’économie, était la plus grande menace pour les Etats-Unis.

«Êtes-vous prêt à prendre le risque [d’être malade] afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ?» a lancé celui qui est âgé de 69 ans et a six petits-enfants. «Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer», a-t-il expliqué, assurant qu’il ne voulait pas «que tout le pays soit sacrifié».

Devant ce discours peu ordinaire, le journaliste a souhaité être sûr de ce que Dan Patrick pensait. «Donc, vous dites essentiellement que cette maladie pourrait vous tuer, mais que ce n’est pas la chose la plus effrayante pour vous. Il y a quelque chose qui serait pire que de mourir ?», a-t-il demandé. Ce à quoi le lieutenant-gouverneur répondu par l’affirmative.

Cette position du responsable républicain, qui peut paraître étonnante, est pourtant en accord avec celle de Donald Trump. Lundi, le président américain a exprimé des doutes sur les restrictions mises en place face au coronavirus, déplorant leur impact sur l’économie. «Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même», a-t-il tweeté.

Voir de même:

Texas Lt. Gov. Dan Patrick spurns shelter in place, urges return to work, suggests grandparents should sacrifice

“My message is that let’s get back to work,” Patrick said on Fox News. “And those of us who are 70 plus, we’ll take care of ourselves. But don’t sacrifice the country.”

« Crise sanitaire: les libertés abandonnées ne seront pas retrouvées intactes »
Avec les meilleures intentions, l’Etat devient plus tutélaire que jamais, s’inquiète l’essayiste Jean-Philippe Delsol. Dans quel état sera, demain, la liberté en France?
Jean-Philippe Delsol
Le Figaro
30 mars 2020

Jean-Philippe Delsol est avocat et président de l’Institut de Recherches Économiques et Fiscales (think-tank libéral). Il a notamment publié Éloge de l’inégalité (Manitoba, 2019).


Le Covid-19 prendra des milliers de vies et chaque vie perdue trop tôt est une mort de trop. Il fallait lutter de manière déterminée contre cette épidémie. Mais ne faut-il pas aussi raison garder? Selon les propos de Monsieur Macron, la situation prouverait que «la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe». N’est-ce pas l’inverse? Peut-être payons-nous aujourd’hui des décennies d’étatisation de la santé en France qui ont conduit à une insuffisance du nombre de généralistes et autres praticiens, des urgences en surchauffe permanente et des hôpitaux publics qui manquent de moyens par suite de quotas stupides imposés depuis des décennies aux examens de médecine, d’une sécurité sociale impotente et qui paupérise progressivement médecins et personnels hospitaliers, d’une politique centralisatrice, restrictive et néanmoins très onéreuse, représentant 11,2% du PIB en 2018, parmi les quatre pays dont le financement est le plus élevé de l’OCDE?

Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, a réussi à maîtriser la propagation de la maladie sans confinement généralisé

Peut-on, doit-on faire confiance à cet État qui n’a pas prévu de stocks suffisants de masques et de tests, qui s’inquiète de l’insuffisance de lits respiratoire et tarde à en appeler aux lits inoccupés des hôpitaux privés? L’État ne sait pas tout! D’autres politiques étaient possibles. Sans confinement généralisé, la Corée du Sud et Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, ont réussi à maîtriser la propagation de la maladie avec des distributions ou ventes massives de masques de protection et la multiplication des dépistages permettant un suivi des parcours du virus pour chaque patient.

L’État pourtant s’institue désormais en grand ordonnateur. Puisqu’il a renvoyé les salariés chez eux et que d’autres utilisent leur droit de retrait, qui leur permet de quitter leur travail en cas de danger tout en étant payé, il lui faut venir au secours des entreprises en perdition. Va-t-il prendre en charge les loyers des commerces fermés, s’opposer aux cessations de paiement, réquisitionner… et à quel coût? Il a annoncé des dizaines de milliards et il en faudra peut-être des centaines… à la charge des contribuables bien sûr, car ce sont toujours eux qui payent à la fin.

Pourtant, avec l’argent perdu par tant d’activités étouffées dans l’industrie et le commerce, combien d’autres vies aurions-nous pu sauver par la recherche, la découverte accélérée d’autres remèdes et vaccins? Et combien d’autres morts ou d’autres malades causeront indirectement ces faillites inévitables, le chômage qui s’ensuivra, la pauvreté et la détresse qui augmenteront? Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas!

Sûr que sa douce tyrannie est bonne, l’État n’en profitera-t-il pas pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit?

Mais l’État aura pris déjà soin des affaires de tous. Il se croira indispensable. Sûr que sa douce tyrannie est bonne, n’en profitera-t-il pas, comme en Chine, pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit qu’il confinera aussi dans une pensée correcte? Pour le craindre, il suffit de lire le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 selon lequel «la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires (…)». Il s’agit de nos libertés essentielles, constitutionnelles. Et on les supprime dans une loi d’urgence qui sera adoptée en catimini dans des hémicycles désertés par la peur! Il n’est pas sûr que ce soit conforme à la Constitution, mais qui osera s’y opposer puisque nous sommes en guerre!

Certes, je n’imagine pas que MM. Macron et Philippe instituent aujourd’hui un État totalitaire, mais ils habituent la politique française à ces mesures sur la base d’une situation décrétée d’urgence absolue dans des conditions qui ne le méritaient peut-être pas. Ils augurent mal de l’avenir pour lequel déjà ils parlent de nationaliser, de contrôler la production…

Les libertés dédaignées seront amoindries.

Une nouvelle religion de précaution se sera répandue pour croire que l’héroïsme conduit à vivre chez soi s’il est dangereux d’en sortir. Tous se seront accoutumés à une présence publique plus tutélaire que jamais. Patrons, indépendants et salariés garderont tendue la main qui réclame l’aumône que l’État leur consent après en avoir prélevé le montant sur leur dos. Les libertés dédaignées seront amoindries et difficiles à recouvrer. La puissance publique régnera et aura pris plaisir à son obésité. Sauf si nous savons réagir bien sûr et prendre mesure de toutes choses. Face au Coronavirus, gardons en tête ces mots de Corneille dans Polyeucte: «Je ne hais point la vie, et j’en aime l’usage, / Mais sans attachement qui sente l’esclavage.»

Voir encore:

Crise sanitaire : la dangereuse tentation de la surveillance de masse

Paul Melun et Philippe Dorthela mettent en garde contre la tentation de la surveillance de masse pour régler la crise en cours.

La crise sanitaire est rude pour les démocraties libérales. Impréparées face à une telle onde de choc, le défi est immense pour ces nations plus que jamais ouvertes à une mondialisation où le rôle de l’Etat se réduit à peau de chagrin. Désormais, les démocraties doivent résoudre une équation complexe ; entre garantie des libertés individuelles et efficacité de la gestion de la crise.

L’Europe en crise

L’action trop tardive des gouvernements européens lors des premières semaines a provoqué une propagation non maitrisée du Covid-19 sur plusieurs pays avec un foyer très actif en Italie. En France, le discours affirmant que le pays était largement équipé et que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière dominait largement. Comme du temps de la ligne Maginot et de la guerre éclair (Blitzkrieg), les certitudes d’une protection totalement étanche ont été battues en brèche par les faits.

Désormais, la crise est au cœur du Vieux Continent et la politique de rigueur budgétaire et ses 3% de déficit semble bien dérisoire face aux funestes conséquences des fermetures de lits, des délocalisations de la production de denrées médicales et des baisses de commandes de masques. Au pied du mur, le gouvernement fait le choix d’un comité scientifique sur lequel il fonde ses décisions. Le rôle du politique est pourtant, en consultation étroite avec les experts, d’arbitrer selon des valeurs et avec humanité, il est impensable en démocratie de déléguer le pouvoir démocratique aux mêmes experts.

Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace

En parallèle de cette gouvernance des experts, la tentation de la surveillance de masse devient l’un des remèdes qui s’instille insidieusement dans les esprits depuis quelques jours. Des drones sont ainsi déployés dans les rues de Nice ou Paris afin de rappeler à l’ordre les citoyens. Si ce type d’usages reste circonscrit en France, en Asie son usage est bien plus contestable. En Corée du Sud, la stratégie numérique d’identification des citoyens est mise en place et les déplacements des individus sont tracés et contrôlés à distance à l’aide des smartphones. A la manière des récits de science-fiction des années 1980, l’Asie du sud-est devient un terrain d’expérimentation pour une surveillance orwellienne profitant du climat de pandémie.

Là-bas, les individus se déplacent sous l’œil acéré d’un « big brother étatique ». Partout dans le monde, le e-commerce devient incontournable en temps de crise et se donne quasiment une mission de service public auprès des citoyens ; derrière cette image vertueuse et bienveillante reste pourtant un nouveau pouvoir désormais incontournable, aux capacités de surveillance immenses.

La France est aujourd’hui tentée d’emprunter cette voie. Certains experts réclament au comité scientifique français d’explorer ces mesures venues d’Asie. Face à cela Jacques Toubon le défenseur des droits appelle, à raison, à la plus grande prudence sur les libertés individuelles. Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace. Ouvrir la voie à de telles mesures, quand bien même nous soyons face à une pandémie, est la garantie de décennies bien plus funestes à l’issue de la crise.

Une tentation liberticide et inefficace

Outre la dimension liberticide de la surveillance de masse, son efficacité très limitée doit être relevée. Les premiers retours d’expérience étrangers montrent que le confinement strict et la distribution massive de masques sont les seules façons d’endiguer le mal en attendant un remède. Ceci réclame de la part de la France deux réponses ; logistique et juridique. Le basculement réel et profond de l’économie nationale afin de mobiliser pleinement l’appareil productif (réquisition de sites industriels notamment) et l’utilisation de l’arsenal juridique dont la constitution de 1958 voulut par le Général de Gaulle permet de disposer en cas de crise.

Demain, l’expertise devra être citoyenne !

La sortie de crise nécessite un Etat fort s’inscrivant dans le strict respect des libertés publiques et dans une action politique au service des citoyens. C’est dans les temps de crise que les démocraties doivent demeurer des lueurs d’espoir, sans jamais éteindre leur humanité au nom d’une hypothétique rationalité, fussent-elles professées par des « experts ». L’après crise ne pourra se passer d’une réflexion collective, pour choisir les nouveaux fondamentaux qui demain orchestreront notre quotidien. Demain, l’expertise devra être citoyenne !

Voir par ailleurs:

Two thirds of coronavirus victims may have died this year anyway, government adviser says

Professor Neil Ferguson said experts were now expecting around 20,000 deaths, although said it may turn out to be a lot less

Up to two thirds of people who die from coronavirus in the next nine months are likely to have died this year from other causes, a government advisor has said.

Professor Neil Ferguson, who is recovering at home from Covid-19, told the Science and Technology Committee that experts were now expecting around 20,000 deaths, although said it may turn out to be a lot less.

But he said that many of those deaths were likely to be old and seriously ill people who would have died from other conditions before the end of the year.

Appearing via videolink, and drinking from a Keep Calm and Carry On mug, Prof Ferguson said: “We don’t know what the level of excess deaths will be in the epidemic, in that, by the end of the year what proportion of people who died from covid would have died? It might be as much as half or two thirds of the deaths we see, because these are people at the end of their lives or have underlying conditions so these are considerations. Fatalities are probably unlikely to exceed 20,000 with social distancing strategies but it could be substantially lower than that and that’s where real time analysis will be needed.”

Prof Ferguson, who sits on the government’s Scientific Advisory Group for Emergencies (Sage) said that the decision to lockdown Britain had been taken because the NHS simply could not have coped with the surge in demand, which would have had a huge knock-on effect for other health services, potentially having unintended consequences.

He said that he expected the virus to peak within 2.5 to three weeks before tailing off and said that the warmer weather could also see transmision dip by up to 20 per cent.

The government’s strategy is to keep people apart to flatten the peak so that the health service can cope with the cases until a vaccine or anti-viral is ready, which is unlikely before the end of the year.

Prof Ferguson said that the new social distancing measures announced by Boris Johnson earlier in the week meant the NHS would now be able to handle the incoming cases of coronavirus.

“The strategy being done now in some areas ICUs will get close to capacity but it won’t be reached at a national level,” he said.

“We are reasonably confident that at a national level we will be within capacity.”

The government has faced widespread criticism for failing to test people in the community and trace the people they have come into contact with, unlike other countries such as South Korea, which managed to contain the virus far more quickly.

But Prof Ferguson said they were unable to adopt a similar strategy because Public Health England (PHE) had informed the Sage committee in January that there was not the capacity to test that number of people.

Instead, the current strategy aim is to suppress transmission indefinitely until other counter-measures are put in place, including a vaccine.

Prof Ferguson said it was clear that widespread testing was needed to help move the country from suppression measures and lockdown into something the country can manage longer-term.

He suggested that local areas may face lockdown if they have especially high rates of infection.

« There will be some resurgence of transmission but the hope is that by employing more focused policies to suppress those local outbreaks, we can maintain infection levels at low levels in the country as a whole indefinitely,” he said.

« It remains to be seen how we achieve this and how practical it proves to be. The long-term exit from this is clearly the hopes around a vaccine.”

However Sage was criticised for its slow response by the Editor of the medical journal the Lancet, who said experts had failed to appreciate just how serious the situation was in China by January, and the risk to Britain.

Richard Horton, said the group did not seem to have read important modelling papers that Chinese scientists had produced early in the epidemic.

There was a mismatch between the urgent warning that was coming from the frontline in China and the pedestrian evaluation of what the likely severity of the outbreak would be,” he told MPs.

“That suggests to me that we didn’t understand fully what was taking place. I think the perspective was largely on the UK but I haven’t seen an outreach to the scientists in China,

“China has top scientists who are doing cutting edge work and have responded in the most unbelievably rapid way so if I had been chair of sage I would have wanted to go to those scientists on the frontline to find out what is coming for us in the UK.”

Voir aussi:

 


21 000 MORTS !!!! (L’Europe prête au sacrifice de ses forces vives pour sauver… ses octogénaires !!)

20 mars, 2020

Graphique: Les vagues de chaleur les plus meurtrières | StatistaImage result for longévité hommes europeImage result for loi sur l'euthanasie en Europe
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Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi? Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 44-45)
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’exigence chrétienne a produit une machine qui va fonctionner en dépit des hommes et de leurs désirs. Si aujourd’hui encore, après deux mille ans de christianisme, on reproche toujours, et à juste titre, à certains chrétiens de ne pas vivre selon les principes dont ils se réclament, c’est que le christianisme s’est universellement imposé, même parmi ceux qui se disent athées. Le système qui s’est enclenché il y a deux millénaires ne va pas s’arrêter, car les hommes s’en chargent eux-mêmes en dehors de toute adhésion au christianisme. Le tiers-monde non chrétien reproche aux pays riches d’être leur victime, car les Occidentaux ne suivent pas leurs propres principes. Chacun de par le vaste monde se réclame du système de valeurs chrétien, et, finalement, il n’y en a plus d’autres. Que signifient les droits de l’homme si ce n’est la défense de la victime innocente? Le christianisme, dans sa forme laïcisée, est devenu tellement dominant qu’on ne le voit plus en tant que tel. La vraie mondialisation, c’est le christianisme! René Girard
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
L’idée d’une Chine naturellement pacifique et trônant, satisfaite, au milieu d’un pré carré qu’elle ne songe pas à arrondir est une fiction. L’idée impériale, dont le régime communiste s’est fait l’héritier, porte en elle une volonté hégémoniste. La politique de puissance exige de « sécuriser les abords ». Or les abords de la Chine comprennent plusieurs des grandes puissances économiques du monde d’aujourd’hui : la « protection » de ses abords par la Chine heurte de plein fouet la stabilité du monde. Et ce, d’autant qu’elle est taraudée de mille maux intérieurs qui sont autant d’incitations aux aventures extérieurs et à la mobilisation nationaliste. Que veut la République Populaire ? Rétablir la Chine comme empire du Milieu. (…) À cet avenir glorieux, à la vassalisation par la Chine, les Etats-Unis sont l’obstacle premier. La Chine ne veut pas de confrontation militaire, elle veut intimider et dissuader, et forcer les Etats-Unis à la reculade.  (…) Pékin a récupéré Hong-Kong – l’argent, la finance, les communications. L’étape suivante, c’est Taïwan – la technologie avancée, l’industrie, d’énormes réserves monétaires. Si Pékin parvient à imposer la réunification à ses propres conditions, si un « coup de Taïwan » réussissait, aujourd’hui, demain ou après-demain, tous les espoirs seraient permis à Pékin. Dès lors, la diaspora chinoise, riche et influente, devrait mettre tous ses œufs dans le même panier ; il n’y aurait plus de centre alternatif de puissance. La RPC contrôlerait désormais les ressources technologiques et financières de l’ensemble de la « Grande Chine ». Elle aurait atteint la masse critique nécessaire à son grand dessein asiatique. Militairement surclassés, dénués de contrepoids régionaux, les pays de l’ASEAN, Singapour et les autres, passeraient alors sous la coupe de la Chine, sans heurts, mais avec armes et bagages. Pékin pourrait s’attaquer à sa « chaîne de première défense insulaire » : le Japon, la Corée, les Philippines, l’Indonésie. La Corée ? Privée du parapluie américain, mais encore menacée par l’insane régime nord-coréen, elle ferait face à un choix dramatique : soit accepter l’affrontement avec le géant chinois, se doter d’armes nucléaires et de vecteurs balistiques, et d’une défense antimissiles performante, soit capituler, et payer tribut, tel un vassal, au grand voisin du sud. Elle pourrait théoriquement s’allier au Japon pour que les deux pays – dont les rapports ne sont jamais faciles – se réarment et se nucléarisent ensemble. Il est également possible – c’est le plan chinois – qu’ils se résolvent tous deux à capituler. Le Japon, géant techno-industriel, nain politico militaire, archipel vulnérable, serait confronté au même dilemme. L’Asie du Sud-Est, sans soutien américain ni contrepoids à la Chine en Asie du Nord, est désarmée. Tous montreraient la porte aux Etats-Unis, dont les bases militaires seraient fermées, en Corée et au Japon. Les Etats-Unis seraient renvoyés aux îles Mariannes, Marshall et à Midway – comme l’entendait le général Tojo, le chef des forces armées impériales du Japon et l’amiral Yamamoto, le stratège de l’attaque de Pearl Harbour en 1941. La Chine est-elle maîtresse de l’Asie ? Reste à neutraliser l’Inde, l’égale démographique, la rivale démocratique, anglophone, peu disposée à s’en laisser compter. Mais il faut la clouer sur sa frontière occidentale par l’éternel conflit avec le Pakistan islamiste et nucléaire. La Chine doit neutraliser l’Inde, ou l’attaquer, avant que ses progrès économiques et militaires ne lui confèrent une immunité stratégique. La Mongolie « extérieure » est récupérée, Pékin ne s’étant jamais accommodé de son indépendance ni de sa soumission à la Russie. Plus loin, le traité de Pékin de 1860, qui donna à la Russie les territoires de l’Extrême-Orient russe, pourra être effacé ou abrogé, la faiblesse russe allant s’aggravant. Au XXIe siècle, l’hégémonie asiatique, c’est le tremplin vers la domination mondiale. Harold Mackinder, le géopoliticien britannique, affirmait il y a un siècle que la domination du cœur de l’Eurasie, c’était la domination du monde. Les déplacements tectoniques intervenus dans l’économie et la politique mondiale font de l’Asie peuplée, riche et inventive, le pivot de la domination mondiale. Tel est le grand dessein chinois, à un horizon qui peut être placé entre 2025 et 2050. Pour qu’il réussisse, la condition nécessaire est l’élimination des Etats-Unis comme facteur stratégique majeur dans l’Asie-Pacifique. Objectera-t-on qu’il y a là une bonne dose d’irréalisme ? Le PNB du Japon de 1941 ne se montait guère qu’à 20 pour cent de celui des Etats-Unis. L’erreur de calcul est commune dans les affaires internationales, et fournit souvent la poudre dont sont faites les guerres. L’aptitude à se méprendre du tout au tout sur les rapports de force est caractéristique des dictatures. La Pax Sinica désirée par le nouvel hégémon bute sur bien d’autres obstacles. La course au nationalisme des dirigeants du régime est non seulement le produit atavique d’une tradition dont nous avons démonté les ressorts – « de même qu’il n’y a pas deux soleils dans le ciel, il ne peut y avoir qu’un empereur sur terre », dit le Livre des rites confucéen – elle est également le produit d’une fuite en avant provoquée par les multiples crises qui affligent la Chine. Le régime devrait résoudre la quadrature du cercle pour maîtriser ces crises : la perspective est improbable. L’échec probable rend possible l’ouverture d’un nouveau cycle de crise systémique. L’agressivité nationaliste du régime en serait aggravée. Jamais ses chefs n’ont été aussi isolés de la société, jamais la Chine n’a été aussi anomique qu’elle ne l’est devenue sous la férule de Jiang Zemin. L’absurde méga-projet de projet de barrage des Trois-Gorges sur le Yangzien en est l’éclatante démonstration : ce chantier pharaonique absorbe des investissements gigantesques au détriment de bien des projets plus réalistes, dans le but de résoudre en quelque sorte d’un seul coup la pénurie d’électricité nationale. Les études de faisabilité et d’impact environnemental ont été bâclées : nu ne sait ce qui adviendra de ce bricolage géant sur le géant fluvial de Chine du Sud. Les risques de catastrophe écologique sont considérables. Des millions de villageois ont été délogés. La corruption s’est emparée du projet, au point de menacer la stabilité et la solidité du barrage : le sable a remplacé le béton dans un certain nombre d’éléments du barrage. Une société moderne ne peut être gérée sur la base des choix arbitraires de quelques centaines de dirigeants reclus, opérant dans le secret et en toute souveraineté. Ce que les tenants, aujourd’hui déconfits, des « valeurs asiatiques », n’avaient pas compris, dans leurs plaidoyers pro domo en faveur d’un despotisme qu’ils prétendaient éclairé, c’est que les contre-pouvoirs, les contrepoids, que sont une opposition active, une presse libre et critique, des pouvoirs séparés selon les règles d’un Montesquieu, l’existence d’une société civile et de multitudes d’organisations associatives, font partie de la nécessaire diffusion du pouvoir qui peut ainsi intégrer les compétences, les intérêts et les opinions différentes. Mais, pour ce faire, il convient de renoncer au modèle chinois, c’est-à-dire au monolithisme intérieur. La renonciation au monolithisme extérieur n’est pas moins indispensable : la Chine doit participer à un monde dont elle n’a pas créé les règles, et ces règles sont étrangères à l’esprit même de sa politique multimillénaire. La Chine vit toujours sous la malédiction de sa propre culture politique. La figure que prendra le siècle dépendra largement du maintien de la Chine, ou de l’abandon par elle, de cette culture, et de sa malédiction. Laurent Murawiec (2000)
Based on the data, I believe that the current dire models radically overestimate the ultimate death toll. There are three reasons for this. First, they underestimate the rate of adaptive responses, which should slow down the replication rate. Second, the models seem to assume that the vulnerability of infection for the older population—from 70 upward—gives some clue as to the rate of spread over the general population, when it does not. Third, the models rest on a tacit but questionable assumption that the strength of the virus will remain constant throughout this period, when in fact its potency should be expected to decline over time, in part because of temperature increases. As of March 16, the data from the United States falls short of justifying the draconian measures that are now being implemented. As of two days ago, 39 states have declared states of emergency, and they have been joined at the federal level with President Trump’s recent declaration to the same effect. These declarations are meant to endow governments with the power to impose quarantines and travel bans, close schools, restrict public gatherings, shut down major sporting events, stop public meetings, and close restaurants and bars. Private institutions are imposing similar restrictions. The one-two punch of public and private restrictions has caused a huge jolt to the economy. The irony here is that even though self-help measures like avoiding crowded spaces make abundant sense, the massive public controls do not. In light of the available raw data, public officials have gone overboard. To begin with, the word pandemic should not be lightly used. Recall that the Spanish influenza pandemic, fully worthy of the name, resulted in perhaps as many as a half-billion infections and between 50 and 100 million deaths, world-wide, of which some 675,000 were Americans, many coming back from Europe in the aftermath of the First World War. The World Health Organization recently declared coronavirus a pandemic at a time when the death count was at 4,000, presently being just over 6,500. It will surely rise no matter what precautions are taken going forward, but what is critical is some estimate of the rate. By way of comparison, the toll from the flu in the United States since October ran as follows: between 36 to 51 million infections, between 370 thousand to 670 thousand flu hospitalizations, and between 22 thousand to 55 thousand flu deaths. That works out to between roughly between 230,000 to 320,000 new infections per day, and between 140 to 350 deaths per day for an overall mortality rate of between 0.044 percent to 0.152 percent. As we think about the mortality rate of COVID-19, there are some important pieces of data to consider. (…) Washington state, with 676 reported cases and 42 deaths, has a mortality rate of 6.21 percent, which can be traced to a nursing facility in Kirkland Washington. While only contributing 57 cases, it was the source of 27 of the reported deaths, almost two-thirds of the fatalities. (We should expect, as has been the case, that the mortality rate in Washington will decline as the newer cases will not come exclusively from that high-risk population.) The next three states have 1,577 diagnosed cases and 11 deaths for a mortality rate of 0.69 percent, a number which has trended lower over the last few days. Unlike the deadly exposures in Kirkland, the exposures in New York state produced many documented illnesses, but only two deaths even after two weeks of exposure. And while it is easy to miss latent cases, it is harder to miss any virus-related death. Given that the incubation period is about two-weeks, the pool of cases before March 1 should be small. Many of the dire media accounts do not mention evolution. After the initial outburst in Kirkland, the target population was fitter. It is instructive therefore to look at the total number of cases, which spiked from 70 cases on March 5 to 672 cases on March 15. But those figures do not presage an increase into the thousands of daily cases that would be needed to reach the totals of the flu season. The current numbers are about 3 per cent of the rate of new flu cases in the 2019-2020 virus season. Even if there is some undercounting, it is highly unlikely, given the relatively short (two-week) incubation period, that the number of current cases will more than double or triple. It is also unlikely that most of the increase in reported cases (as opposed to deaths) will be in the population over age 70. More importantly, these numbers, as reported by the Centers for Disease Control, do not give any indication of heightened severity. What, then, does all of this portend for the future of COVID-19 in the United States? Good news is more likely than bad, notwithstanding the models that predict otherwise. The deaths in Washington have risen only slowly, even as the number of infections mount. The New York cases have been identified for long enough that they should have produced more deaths if the coronavirus was as dangerous as is commonly believed. (…) The theoretical answer to the question of how deadly the virus will turn out lies in part in a strong analytical relationship between the rate of spread and the strength of the virus. Start with the simple assumption that there is some variance in the rate of seriousness of any virus, just as there is in any trait for any species. In the formative stage of any disease, people are typically unaware of the danger. Hence, they take either minimal or no precautions to protect themselves from the virus. In those settings, the virus—which in this instance travels through droplets of moisture from sneezing and bodily contact—will reach its next victim before it kills its host. Hence the powerful viruses will remain dominant only so long as the rate of propagation is rapid. But once people are aware of the disease, they will start to make powerful adaptive responses, including washing their hands and keeping their distance from people known or likely to be carrying the infection. Various institutional measures, both private and public, have also slowed down the transmission rate. At some tipping point, the most virulent viruses will be more likely to kill their hosts before the virus can spread. In contrast, the milder versions of the virus will wreak less damage to their host and thus will survive over the longer time span needed to spread from one person to another. Hence the rate of transmission will trend downward, as will the severity of the virus. It is a form of natural selection. One key question is how rapidly this change will take place. There are two factors to consider. One is the age of the exposed population, and the other is the rate of change in the virulence of the virus as the rate of transmission slows, which should continue apace. By way of comparison, the virulent AIDS virus that killed wantonly in the 1980s crested and declined in the 1990s when it gave way to a milder form of virus years later once the condition was recognized and the bath houses were closed down. Part of the decline was no doubt due to better medicines, but part of it was due to this standard effect for diseases. Given that the coronavirus can spread through droplets and contact, the consequences of selection should manifest themselves more quickly than they did for AIDS. It is instructive to see how this analysis fares by taking into account the Korean data, which is more complete than the American data. South Korea has been dealing with the coronavirus since January 20. Since that time, the Korean government has administered a total of 261,335 tests to its citizens. In press releases updated every day, the Korean CDC is reporting (as of March 15) 8,162 total infections against 75 deaths for an overall mortality rate of 0.92 percent. But as shown in the table below, the age-disparity in outcome is striking: Clearly, the impact on elderly and immunocompromised individuals is severe, with nearly 90% of total deaths coming from individuals 60 and over. But these data do not call for shutting down all public and private facilities given the extraordinarily low rates of death in the population under 50. The adaptive responses should reduce the exposures in the high-risk groups, given the tendency for the coronavirus to weaken over time. My own guess is that the percentage of deaths will decline in Korea for the same reasons that they are expected to decline in the United States. It is highly unlikely that there will ever be a repetition of the explosive situation in Wuhan, where air quality is poorer and smoking rates are higher. So what then should be done? The first point is to target interventions where needed, toward high-risk populations, including older people and other people with health conditions that render them more susceptible to disease. But the current organized panic in the United States does not seem justified on the best reading of the data. In dealing with this point, it is critical to note that the rapid decline in the incidence of new cases and death in China suggests that cases in Italy will not continue to rise exponentially over the next several weeks. Moreover, it is unlikely that the healthcare system in the United States will be compromised in the same fashion as the Italian healthcare system in the wake of its quick viral spread. The amount of voluntary and forced separation in the United States has gotten very extensive very quickly, which should influence rates of infection sooner rather than later. Perhaps my analysis is all wrong, even deeply flawed. But the stakes are too high to continue on the current course without reexamining the data and the erroneous models that are predicting doom. Richard Epstein
In the earlier, March 16, 2020 version, of this essay, I made the single largest unforced intellectual error in my entire academic career, when I included numerical estimates about the possible impact of the coronavirus in terms of life and death. Those estimates were obviously ridiculously too low. Those mistakes brought on a torrent of criticism, pointing out the magnitude of those errors. Unfortunately, those responses detracted from the main purpose of that initial essay, which was to question some of the basic assumptions of the standard model. I regret those mistakes, and of course, I retract them. It is, however, important to stress that those errors were in no way essential to the central point that I made there, and continue to put forward—namely the serious overprojection of cases and deaths found in the New York Times graphic below, and in similar studies that predict tens of millions of coronavirus cases, and upwards of one million deaths. These proposals all rest on some version of the standard (“logistic”) models. In the constant efforts to criticize the incorrect numbers, little or no attention has been paid to my substantive queries as to the soundness of the standard models, by taking into account both the evolutionary forces of natural selection on the one side and the individual and institutional responses to incentives on the other. Adding those two elements into the mix led me to suggest that the estimates generated by the standard model would turn out to be far too high, perhaps by an order of magnitude. I have recently come across this extraordinary interview by Professor Knut Wittkowski, an epidemiologist which states in powerful form why the current policies of social distancing will prolong but not eliminate the disease. His insights go a long way toward explaining why, in the three weeks that have followed, the recent data has not come close to reaching those high estimates, and it seems unlikely that they will. The recent data shows that as of Monday morning April 6, 2020 the number of deaths in the United States stood at 9,655, and the total number of cases stood at 336,776, distributed as follows (where the sharp decline on April 5, 2020 may reflect some Sunday underreporting): These numbers are far below those predicted by the conventional models, and it is important to explain the discrepancy. As I mentioned in the initial version of this essay, I am fully aware that these views are contrary to the standard wisdom. But I hope that even my strongest critics will address the substantive arguments raised here against the conventional model, which seems systematically to have overpredicted the duration and severity of the current coronavirus pandemic. Richard Epstein
The immune system is a marvel of complexity and efficiency. It is designed to protect us from foreign invaders of all kinds, the most important of which are infectious agents, and from dangerous enemies that are generated within, like cancer. It is composed of a variety of defense strategies: it can generate chemicals to kill invaders; it can mobilize armies of cells to swallow them up; and it has an elaborate system whereby it can recognize thousands of substances that are foreign to our bodies and then neutralize them. For years it was thought by immunologists to be an autonomous system, though there were disconcerting stories about patients along the way that suggested that the mind might have something to do with the way it worked. For the most part these stories were discounted by the experts, but now there is concrete evidence that cannot be ignored that the brain is involved in the system. (…) there is a long history of awareness that the emotions have something to do with our susceptibility to or ability to fight off infection, but none of it is generally accepted by medical doctors and rarely applied in everyday practice. Frequent colds and genitourinary infections are among the most common but it is likely that psychological factors play a role in all infectious processes. As with cancer, it is the efficiency of the immune system to do its job of eradicating the infectious agent that is at issue. Stressful emotions can reduce that effectiveness and allow the infection to flourish but there is ample anecdotal evidence that people have the capacity to enhance immunologic efficiency by improving their emotional states. John E. Sarno (Healing back pain, 1991)
Selon un communiqué du 22 mars 2007 de l’Inserm, le nombre de décès du fait de la canicule 2003 s’élève à 19 490 en France et à 20 089 en Italie ; pour l’ensemble de l’Europe, il est de l’ordre de 70 000. Le chiffre de 25 000 morts des conséquences de la canicule est avancé par les syndicats des urgentistes de France. Wikipedia
Overall, this Review suggests that the psychological impact of quarantine is wide-ranging, substantial, and can be long lasting. This is not to suggest that quarantine should not be used; the psychological effects of not using quarantine and allowing disease to spread might be worse. However, depriving people of their liberty for the wider public good is often contentious and needs to be handled carefully. If quarantine is essential, then our results suggest that officials should take every measure to ensure that this experience is as tolerable as possible for people. This can be achieved by: telling people what is happening and why, explaining how long it will continue, providing meaningful activities for them to do while in quarantine, providing clear communication, ensuring basic supplies (such as food, water, and medical supplies) are available, and reinforcing the sense of altruism that people should, rightly, be feeling. Health officials charged with implementing quarantine, who by definition are in employment and usually with reasonable job security, should also remember that not everyone is in the same situation. If the quarantine experience is negative, the results of this Review suggest there can be long-term consequences that affect not just the people quarantined but also the health-care system that administered the quarantine and the politicians and public health officials who mandated it. The Lancet
Freshly killed hens are much better than frozen meat in supermarkets, if you want to make perfect chicken soup. The flavor is richer. Ran
Traditional medicine is a treasure of Chinese civilization, embodying the wisdom of the nation and its people. Xi Jinping
What a tragedy that the 100,000 pangolins that are purged every year are sacrificed over the false belief that their scales can aid in blood circulation and cure rheumatism! Melissa Chen
Wet markets, like the one in Wuhan that was ground zero for the COVID-19 pandemic raging across the globe, are common throughout Asia. The larger newly-industrialized cities in China play host to hundreds of such markets, providing fresh produce and meat but also functioning as social nuclei. Dubious food safety and hygiene standards aside, what made the Wuhan Seafood Market such a swarming petri dish for viral pathogens is the compendium of dead and live wildlife that were kept in close proximity, sometimes festering in their own fecal matter. Pictures and video clips circulated on Weibo and other social media platforms showed the range of animals on sale — wolf pups, rats, peacocks, raccoons, porcupines, snakes, crocodiles and foxes, all jammed side-by-side in flimsy cages awaiting their own slaughter, making it easy for zoonotic diseases to leap from species to species and from animals to humans. Scientists believe that the pangolin, an endangered Southeast Asian mammal that looks like the lovechild of a scaly anteater and an armadillo, was the intermediary that helped bridge the novel coronavirus’s jump from its original host, bats, to humans. To date, the virus has infected more than 200,000 and killed more than 8,000 people worldwide. The Chinese preference for wet markets and exotic wildlife has deep social, historical and cultural roots. Around 1960, Chairman Mao’s disastrous Great Leap Forward led to agricultural collapse and the starvation of tens of millions of people, a trauma that continues to make an indelible print on China’s collective psyche today. For one, it necessitated a scarcity mindset. Under starvation conditions, does it really matter what vessel of bodily flesh was delivering your next caloric intake? Why would you squander any body part? There’s an old Cantonese saying that goes, ‘anything that walks, swims, crawls, or flies with its back to heaven is edible’. The myth that freshly killed animals taste superior is very pervasive, particularly among the older generation. ‘Freshly killed hens are much better than frozen meat in supermarkets, if you want to make perfect chicken soup,’ a 60-year-old woman named Ran told Bloomberg while shopping at a Chinese wet market. ‘The flavor is richer.’ Perhaps because home refrigeration only became widespread in China in the last few decades, Chinese folks with rural roots still associate freshness with how recently the meat was slaughtered. This is why sellers keep their animals alive and only butcher them before their customers’ eyes. As for what’s driving the demand for exotic wildlife, we need only look to Traditional Chinese Medicine (TCM) which is very widely-adopted in China and among the Chinese diaspora. Its philosophical roots can be traced all the way back to the ancient text The Yellow Emperor’s Classic of Medicine, written roughly 2,000 years ago. This is the source material that lays out the various therapeutic effects of specific wild animal parts and suggests that consuming exotic meats confers wealth and status upon its devotee. What a tragedy that the 100,000 pangolins that are purged every year are sacrificed over the false belief that their scales can aid in blood circulation and cure rheumatism! Meanwhile, Beijing continues to aggressively promote TCM both internationally and domestically, in a bid to project nationalistic pride and soft power. Late last year, the state-run China Daily news website reported Xi Jinping saying that ‘traditional medicine is a treasure of Chinese civilization, embodying the wisdom of the nation and its people’. Most recently, Chinese officials have also been touting the success of deploying TCM methods to treat over half of the hospitalized COVID-19 patients in Hubei province, an ironic move given that it was the very indulgence of magical belief in traditional remedies that most likely caused the coronavirus outbreak in the first place. To its credit, the Chinese government has since taken swift action to close down some 20,000 wildlife farms and punish over 2,000 people for wildlife crimes since COVID-19 broke out uncontrollably. They have also temporarily banned the wildlife trade until the epidemic is over, but not without carving out exceptions for wild animals for the purposes of TCM. Unless this loophole is closed, people can and will simply abuse the system and use TCM as an excuse to smuggle in more meat and partake in the trade. Meanwhile, several articles have decried the problematic ways in which Chinese eating and hygiene habits have been discussed in light of the outbreak, especially because they may lead to stereotyping Chinese people as a whole for being barbaric and uncivilized. These stereotypes, they fear, will only end up fueling xenophobia and racism. The temptation here is to avoid falling into the trap of cultural relativism. It’s perfectly appropriate to criticize China’s rampant consumption of exotic animals, lack of hygiene standards and otherwise risky behavior that puts people at risk for zoonotic infections. Until these entrenched behaviors based on cultural or magical beliefs are divorced from Chinese culture, wet wildlife markets will linger as time-bombs ready to set off the next pandemic, which in a globalized age is proving only too easy to do. We already know that more than 75 percent of emerging diseases originate in animals and that in the last century, at least 10 infectious diseases jumped from animals to people. China should be aghast at its role setting off the global domino effect at Wuhan Seafood Market in late 2019. After countless infections and death, the obliteration of trillions of dollars and the radical retooling of modern life as we know it, the least China could do is introduce higher food safety regulations, eradicate all wet markets and ban the wildlife trade, once and for all. Melissa Chen
As early as Dec 27, a Guangzhou-based genomics company had sequenced most of the virus from fluid samples from the lung of a 65-year old deliveryman who worked at the seafood market where many of the first cases emerged. The results showed an alarming similarity to the deadly Sars coronavirus that killed nearly 800 people between 2002 and 2003. Around that time, local doctors sent at least eight other patient samples from hospitals around Wuhan to multiple Chinese genomics companies, including industry heavyweight BGI, as they worked to determine what was behind a growing number of cases of unexplained respiratory disease. The results all pointed to a dangerous Sars-like virus. That was days before China notified the World Health Organisation (WHO) on Dec 31 about the emergence of an unidentified infectious disease, two weeks before it shared the virus’ genome sequence with the world, and crucially, more than three weeks before Chinese authorities confirmed publicly that the virus was spreading between people. Concerns about the new disease were initially kept within a small group of medical workers, researchers and officials. On Dec 30, Dr Li Wenliang was one of several in Wuhan who sounded the first alarms and released initial evidence online. Dr Li, who was punished for releasing the information, would perish from the disease five weeks later, after contracting it from a patient. On Jan 1, after several batches of genome sequence results had been returned to hospitals and submitted to health authorities, an employee of one genomics company received a phone call from an official at the Hubei Provincial Health Commission, ordering the company to stop testing samples from Wuhan related to the new disease and destroy all existing samples. (…) Then on Jan 3, China’s National Health Commission (NHC), the nation’s top health authority, ordered institutions not to publish any information related to the unknown disease, and ordered labs to transfer any samples they had to designated testing institutions, or to destroy them. The order, which Caixin has seen, did not specify any designated testing institutions. It was Jan 9 when the Chinese authorities finally announced that a novel coronavirus was behind Wuhan’s viral pneumonia outbreak. Even then, the transmissibility of the virus was downplayed, leaving the public unaware of the imminent danger. Finally, on Jan 20, Dr Zhong Nanshan, a leading authority on respiratory health who came to national attention in his role fighting Sars, confirmed in a TV interview that the disease was spreading from person-to-person. (…) On the evening of Dec 30, several doctors in Wuhan, including the late Dr Li Wenliang, privately shared CapitalBio’s results as a warning to friends and colleagues to take protective measures. Those messages then circulated widely online and sparked a public uproar demanding more information. Several people, including Dr Li and two other doctors who sent the messages that night, were later punished by the authorities for « spreading rumours ». Caixa Global (29.02. 2020)As early as Dec 27, a Guangzhou-based genomics company had sequenced most of the virus from fluid samples from the lung of a 65-year old deliveryman who worked at the seafood market where many of the first cases emerged. The results showed an alarming similarity to the deadly Sars coronavirus that killed nearly 800 people between 2002 and 2003. Around that time, local doctors sent at least eight other patient samples from hospitals around Wuhan to multiple Chinese genomics companies, including industry heavyweight BGI, as they worked to determine what was behind a growing number of cases of unexplained respiratory disease. The results all pointed to a dangerous Sars-like virus. That was days before China notified the World Health Organisation (WHO) on Dec 31 about the emergence of an unidentified infectious disease, two weeks before it shared the virus’ genome sequence with the world, and crucially, more than three weeks before Chinese authorities confirmed publicly that the virus was spreading between people. Concerns about the new disease were initially kept within a small group of medical workers, researchers and officials. On Dec 30, Dr Li Wenliang was one of several in Wuhan who sounded the first alarms and released initial evidence online. Dr Li, who was punished for releasing the information, would perish from the disease five weeks later, after contracting it from a patient. On Jan 1, after several batches of genome sequence results had been returned to hospitals and submitted to health authorities, an employee of one genomics company received a phone call from an official at the Hubei Provincial Health Commission, ordering the company to stop testing samples from Wuhan related to the new disease and destroy all existing samples. (…) Then on Jan 3, China’s National Health Commission (NHC), the nation’s top health authority, ordered institutions not to publish any information related to the unknown disease, and ordered labs to transfer any samples they had to designated testing institutions, or to destroy them. The order, which Caixin has seen, did not specify any designated testing institutions. It was Jan 9 when the Chinese authorities finally announced that a novel coronavirus was behind Wuhan’s viral pneumonia outbreak. Even then, the transmissibility of the virus was downplayed, leaving the public unaware of the imminent danger. Finally, on Jan 20, Dr Zhong Nanshan, a leading authority on respiratory health who came to national attention in his role fighting Sars, confirmed in a TV interview that the disease was spreading from person-to-person. (…) On the evening of Dec 30, several doctors in Wuhan, including the late Dr Li Wenliang, privately shared CapitalBio’s results as a warning to friends and colleagues to take protective measures. Those messages then circulated widely online and sparked a public uproar demanding more information. Several people, including Dr Li and two other doctors who sent the messages that night, were later punished by the authorities for « spreading rumours ». Caixa Global (29.02. 2020)As early as Dec 27, a Guangzhou-based genomics company had sequenced most of the virus from fluid samples from the lung of a 65-year old deliveryman who worked at the seafood market where many of the first cases emerged. The results showed an alarming similarity to the deadly Sars coronavirus that killed nearly 800 people between 2002 and 2003. Around that time, local doctors sent at least eight other patient samples from hospitals around Wuhan to multiple Chinese genomics companies, including industry heavyweight BGI, as they worked to determine what was behind a growing number of cases of unexplained respiratory disease. The results all pointed to a dangerous Sars-like virus. That was days before China notified the World Health Organisation (WHO) on Dec 31 about the emergence of an unidentified infectious disease, two weeks before it shared the virus’ genome sequence with the world, and crucially, more than three weeks before Chinese authorities confirmed publicly that the virus was spreading between people. Concerns about the new disease were initially kept within a small group of medical workers, researchers and officials. On Dec 30, Dr Li Wenliang was one of several in Wuhan who sounded the first alarms and released initial evidence online. Dr Li, who was punished for releasing the information, would perish from the disease five weeks later, after contracting it from a patient. On Jan 1, after several batches of genome sequence results had been returned to hospitals and submitted to health authorities, an employee of one genomics company received a phone call from an official at the Hubei Provincial Health Commission, ordering the company to stop testing samples from Wuhan related to the new disease and destroy all existing samples. (…) Then on Jan 3, China’s National Health Commission (NHC), the nation’s top health authority, ordered institutions not to publish any information related to the unknown disease, and ordered labs to transfer any samples they had to designated testing institutions, or to destroy them. The order, which Caixin has seen, did not specify any designated testing institutions. It was Jan 9 when the Chinese authorities finally announced that a novel coronavirus was behind Wuhan’s viral pneumonia outbreak. Even then, the transmissibility of the virus was downplayed, leaving the public unaware of the imminent danger. Finally, on Jan 20, Dr Zhong Nanshan, a leading authority on respiratory health who came to national attention in his role fighting Sars, confirmed in a TV interview that the disease was spreading from person-to-person. (…) On the evening of Dec 30, several doctors in Wuhan, including the late Dr Li Wenliang, privately shared CapitalBio’s results as a warning to friends and colleagues to take protective measures. Those messages then circulated widely online and sparked a public uproar demanding more information. Several people, including Dr Li and two other doctors who sent the messages that night, were later punished by the authorities for « spreading rumours ». Caixa Global (29.02. 2020)
We routinely differentiate between two kinds of military action: the inevitable carnage and collateral damage of diffuse hostilities, and the precision of a “surgical strike,” methodically targeted to the sources of our particular peril. The latter, when executed well, minimizes resources and unintended consequences alike. As we battle the coronavirus pandemic, and heads of state declare that we are “at war” with this contagion, the same dichotomy applies. This can be open war, with all the fallout that portends, or it could be something more surgical. The United States and much of the world so far have gone in for the former. I write now with a sense of urgency to make sure we consider the surgical approach, while there is still time. (…) What we know so far about the coronavirus makes it a unique case for the potential application of a “herd immunity” approach, a strategy viewed as a desirable side effect in the Netherlands, and briefly considered in the United Kingdom. The data from South Korea, where tracking the coronavirus has been by far the best to date, indicate that as much as 99 percent of active cases in the general population are “mild” and do not require specific medical treatment. (…) These conclusions are corroborated by the data from Wuhan, China, which show a higher death rate, but an almost identical distribution. The higher death rate in China may be real, but is perhaps a result of less widespread testing. South Korea promptly, and uniquely, started testing the apparently healthy population at large, finding the mild and asymptomatic cases of Covid-19 other countries are overlooking. The experience of the Diamond Princess cruise ship, which houses a contained, older population, proves the point. The death rate among that insular and uniformly exposed population is roughly 1 percent. We have, to date, fewer than 200 deaths from the coronavirus in the United States — a small data set from which to draw big conclusions. Still, it is entirely aligned with the data from other countries. The deaths have been mainly clustered among the elderly, those with significant chronic illnesses such as diabetes and heart disease, and those in both groups. (…) The clustering of complications and death from Covid-19 among the elderly and chronically ill, but not children (there have been only very rare deaths in children), suggests that we could achieve the crucial goals of social distancing — saving lives and not overwhelming our medical system — by preferentially protecting the medically frail and those over age 60, and in particular those over 70 and 80, from exposure. (…) I am deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life — schools and businesses closed, gatherings banned — will be long lasting and calamitous, possibly graver than the direct toll of the virus itself. The stock market will bounce back in time, but many businesses never will. The unemployment, impoverishment and despair likely to result will be public health scourges of the first order. (…) in more and more places we are limiting gatherings uniformly, a tactic I call “horizontal interdiction” — when containment policies are applied to the entire population without consideration of their risk for severe infection. But as the work force is laid off en masse (our family has one adult child home for that reason already), and colleges close (we have another two young adults back home for this reason), young people of indeterminate infectious status are being sent home to huddle with their families nationwide. And because we lack widespread testing, they may be carrying the virus and transmitting it to their 50-something parents, and 70- or 80-something grandparents. If there are any clear guidelines for behavior within families — what I call “vertical interdiction” — I have not seen them. Such is the collateral damage of this diffuse form of warfare, aimed at “flattening” the epidemic curve generally rather than preferentially protecting the especially vulnerable. I believe we may be ineffectively fighting the contagion even as we are causing economic collapse. There is another and much overlooked liability in this approach. If we succeed in slowing the spread of coronavirus from torrent to trickle, then when does the society-wide disruption end? When will it be safe for healthy children and younger teachers to return to school, much less older teachers and teachers with chronic illnesses? When will it be safe for the work force to repopulate the workplace, given that some are in the at-risk group for severe infection? (…) We just don’t know. We could wait until there’s an effective treatment, a vaccine or transmission rates fall to undetectable levels. But what if those are a year or more away? Then we suffer the full extent of societal disruption the virus might cause for all those months. The costs, not just in money, are staggering to contemplate. So what is the alternative? Well, we could focus our resources on testing and protecting, in every way possible, all those people the data indicate are especially vulnerable to severe infection: the elderly, people with chronic diseases and the immunologically compromised. (…) But there are several major problems with subsuming the especially vulnerable within the policies now applied to all. First, the medical system is being overwhelmed by those in the lower-risk group seeking its resources, limiting its capacity to direct them to those at greatest need. Second, health professionals are burdened not just with work demands, but also with family demands as schools, colleges and businesses are shuttered. Third, sending everyone home to huddle together increases mingling across generations that will expose the most vulnerable. As the virus is already circulating widely in the United States, with many cases going undetected, this is like sending innumerable lit matches into small patches of tinder. (…)This focus on a much smaller portion of the population would allow most of society to return to life as usual and perhaps prevent vast segments of the economy from collapsing. Healthy children could return to school and healthy adults go back to their jobs. Theaters and restaurants could reopen, though we might be wise to avoid very large social gatherings like stadium sporting events and concerts. So long as we were protecting the truly vulnerable, a sense of calm could be restored to society. Just as important, society as a whole could develop natural herd immunity to the virus. The vast majority of people would develop mild coronavirus infections, while medical resources could focus on those who fell critically ill. Once the wider population had been exposed and, if infected, had recovered and gained natural immunity, the risk to the most vulnerable would fall dramatically. (…) The path we are on may well lead to uncontained viral contagion and monumental collateral damage to our society and economy. A more surgical approach is what we need. David L. Katz
Epidémie de grippe saisonnière: une surmortalité de 21.000 décès cet hiver. France Soir (01/03/2017)
En dépit d’une loi qui l’interdit, la Cour constitutionnelle a décrété mercredi que le suicide assisté peut être jugé licite en Italie si une série de conditions sont réunies, une décision qualifiée de « victoire » par les partisans de l’euthanasie. Dans une sentence très attendue, la haute cour a estimé que l’aide au suicide « n’est pas punissable » quand sont respectés « le consentement éclairé » de la personne, « les soins palliatifs », « la sédation profonde » ainsi qu’un contrôle (« vérification de ces conditions et des modalités d’exécution » du suicide assisté) effectué par les autorités de santé publique après « avis du comité éthique » local. La Cour a souligné que l’aide au suicide ne peut concerner que des patients « maintenus en vie par des traitements vitaux et atteints d’une pathologie irréversible, source de souffrances physiques et psychologiques jugées insupportables, mais pleinement en mesure de prendre des décisions libres et conscientes ». La Cour a aussi précisé que sa décision était prise « dans l’attente d’une intervention indispensable du législateur », demandant donc au parlement de modifier la législation en vigueur. En Italie, pays à forte tradition catholique, l’euthanasie est interdite et le code pénal punit « l’instigation ou l’aide au suicide » avec des peines comprises entre 5 ans et 12 ans de prison. Les juges constitutionnels étaient saisis du cas de Marco Cappato, un responsable du Parti radical (historiquement favorable à l’avortement et à l’euthanasie), qui avait conduit un célèbre DJ italien en Suisse en 2017 pour un suicide assisté. Fabiano Antoniani, dit DJ Fabo, grand voyageur, pilote de moto-cross et musicien, était resté tétraplégique et aveugle après un accident de la route en 2014. « A partir d’aujourd’hui nous sommes tous plus libres, y compris ceux qui ne sont pas d’accord » avec l’euthanasie, s’est félicité M. Cappato sur Facebook, évoquant une « victoire de la désobéissance civile ». « Pour moi aider DJ Fabo était un devoir, la Cour a établi que c’était son droit », a-t-il ajouté. Beppino Englaro, papa d’Eluana, plongée dans un état végétatif et qui fut entre 2008 et sa mort en 2009 un symbole de la lutte pour l’euthanasie, a salué en M. Cappato « un pionnier qui a ouvert la voie vers l’établissement d’un droit ». Le Point
En Italie, le patient « zéro » n’a pas pu être identifié. Seul le patient «un» est connu: un cadre de 38 ans, pris en charge au service des urgences de Codogno, en Lombardie et qui semble avoir été un amplificateur majeur de la diffusion initiale du nouveau coronavirus. On ignore toutefois comment cet homme a contracté l’infection, n’ayant pas voyagé lui-même dans une zone à risque, ni fréquenté des personnes déjà malades. Une hypothèse évoque une contamination à Munich, en Allemagne, auprès d’une personne en provenance de Shanghai. « Le virus est probablement arrivé d’un autre pays européen, donc pas directement de Chine. Puis il a circulé de façon souterraine de fin janvier au 21 février, explique le Pr Massimo Galli chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital Luigi Sacco (Milan). Il s’est diffusé de façon très efficace dans la zone rouge, sans qu’aucune mesure de contrôle ne soit mise en place. » À ce stade, les premiè·res malades n’ont donc pas été diagnostiqué·es, leurs symptômes pouvant être assimilés à de simples grippes saisonnières. Ce n’est que dans la dernière semaine de février qu’une première alerte a pu être donnée, notamment grâce à Attilio Fontana, président de la Lombardie, qui a annoncé s’être mis de lui-même en quarantaine, un de ses collaborateurs ayant été infecté par le virus. Il a alors annoncé cette décision sur Facebook via une vidéo où on le voit en train de mettre un masque chirurgical. Plus de 300 personnes avaient alors déjà été testées positives en Lombardie. On devait également découvrir que l’Italie n’avait pas fait de véritable contrôle des retours d’Italien·nes en provenance de Chine en janvier. Le gouvernement avait certes interdits certains vols, mais des Italien·nes qui étaient en Chine sont rentré·es en Italie par des voies différentes, via d’autres pays –de même que des citoyen·nes chinois·es ont pu venir par ces mêmes voies en Italie. « Je crois que nous avons fait des erreurs, reconnaît Mateo Renzi. L’Italie était la première à décider d’arrêter les vols entre la Chine et l’Italie en janvier. Cette décision semblait une très bonne décision mais c’était seulement un bloc de vols directs. Mais beaucoup de Chinois ont décidé d’arriver en Italie avec d’autres vols. Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire d’arrêter les vols directs. Ce qui est nécessaire, c’est d’arrêter les occasions de rendez-vous, les échanges. Aujourd’hui, c’est plus important de fermer les écoles que les vols directs. » Ce fut l’une des premières explications avancées par les spécialistes italien·nes pour expliquer la situation de leur pays: on y pratiquait beaucoup plus de tests de dépistage que dans les autres pays d’Europe. Ainsi, les patient·es présentant des symptômes mais ne nécessitant pas d’hospitalisation étaient d’emblée comptabilisé·es. (…) Les explications des spécialistes italien·nes peuvent sans aucun doute expliquer l’augmentation du nombre de cas détectés en Italie. Pour autant elles ne suffisent pas à expliquer l’important taux de mortalité du coronavirus observé dans le pays. Une analyse complète publiée le 17 février par le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CCDC) établit que le taux de létalité du Covid-19 augmente avec l’âge: 3,6% chez les 60-69 ans, 8% chez les 70-79 ans et 14,8% chez les plus de 80 ans. Or on sait que la population italienne est celle dont la moyenne d’âge est la plus élevée de l’Union européenne. Près d’un·e Italien·ne sur quatre (23%, contre 19,6% en France –données Eurostat) est âgé·e de plus de 65 ans. Et au niveau mondial, l’Italie occupe la deuxième place derrière le Japon. Est-ce suffisant pour expliquer le nombre important de cas et de décès observés dans le pays? Les avis des spécialistes, ici, divergent. (…) La situation ainsi créée met avant tout en lumière les difficultés massives rencontrées par un système sanitaire devant, en urgence, répondre à un afflux massif et brutal de malades. La leçon est d’autant plus importante que ce phénomène a concerné la Lombardie, l’une des régions les plus riches d’Europe et les mieux équipées, en infrastructures comme en compétences. « S’il y a autant de morts, c’est que nous n’avons pas réussi à les soigner, estime l’épidémiologiste italien Carlo La Vecchia. En Italie, les services sanitaires ne sont plus en mesure de fournir d’assistance respiratoire. Il n’y a pas assez d’appareils, mais surtout il n’y a pas assez de personnel en mesure de les utiliser. Nous manquons de structures adaptées. » (…) L’un des meilleurs systèmes de santé au monde, celui de la Lombardie, est à deux pas de l’effondrement», explique le Dr Pesenti dans une interview au quotidien milanais Il Corriere della Sera. (…) « C’est un cauchemar, confie le Dr Bassetti. Nous avons beaucoup de patients âgés avec des comorbidités, mais nous avons aussi beaucoup de patients plus jeunes, qui souffrent de pneumonies avec une insuffisance respiratoire», explique le médecin, ce qui requiert «une ventilation pendant une semaine ou deux ». (…) Il faut se rappeler que la pandémie de grippe de 1918 (très bien étudiée aux États-Unis) avait diffusée en trois vagues successives. La première (fin du printemps 1918) souvent appelée «annonciatrice» avait des caractéristiques qui ressemblent un peu à la dynamique observée actuellement avec le Covid-19. La deuxième (au début de l’automne 1918) fut la plus haute et la plus meurtrière. Quant à la troisième (hiver 1918-1919) elle fut plus haute que la première, mais inférieure à la deuxième. Un tel scénario est tout à fait envisageable désormais avec le Covid-19. Nous assisterions alors aujourd’hui à des soubresauts un peu erratiques qui ne seraient que le tout début d’un processus qui s’annoncerait prolongé mais long et entrecoupé de répits durant les périodes estivales, au moins dans les latitudes tempérées. Un élément plaide pour une telle «pause estivale»: c’est le calme relatif actuellement observé dans l’hémisphère sud. Cette hypothèse se verrait renforcée si nous devions observer, à l’approche de l’hiver austral (juin-septembre), une émergence marquée de l’activité virale en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et en Amérique Latine. Slate
L’âge moyen des personnes décédées en Italie et testées positives au Covid-19 est de 79,5 ans et les hommes représentent 70% des morts, a annoncé l’Institut supérieur de la santé (ISS) qui publie régulièrement ses statistiques. Sur un échantillon de 2.003 morts, sur les 2.503 que le pays avait enregistrés mardi, 707 se trouvaient dans la tranche d’âge 70-79 ans, 852 dans la tranche d’âge 80-89 ans et 198 ont plus de 90 ans, selon un communiqué de l’ISS. « Dix-sept personnes positives au Covid-19 de moins de 50 ans sont mortes. En particulier, cinq de ces personnes avaient moins de 40 ans, toutes de sexe masculin, avec un âge compris entre 31 et 39 ans, avec de graves pathologies précédentes », précise l’ISS. Recensant une dizaine de pathologies les plus courantes relevées sur les personnes décédées, dont les plus fréquentes sont l’hypertension, le diabète ou la cardiopathie ischémique, l’ISS souligne que 48,5% des personnes décédées souffraient de 3 ou plus de ces pathologies et 25,6% de 2 pathologies. Seulement 0,8% des personnes, trois au total, n’avaient aucune pathologie, selon la même source. AFP
85 ans en France, contre 77 ans en Bulgarie : l’espérance de vie à la naissance des femmes connaît de grandes disparités en Europe. Le constat est identique en ce qui concerne les hommes. Les Françaises ont une espérance de vie de 85,3 ans à la naissance (données 2011), contre 77,8 ans pour les Bulgares. Chez les hommes, les Suédois et les Italiens peuvent espérer vivre un peu plus de 79 ans, contre aux alentours de 71 ans pour les Hongrois, Roumains et Bulgares. Au sein de l’Europe, les populations les mieux loties ont une longévité supérieure d’environ 9 ans à celles pour qui l’espérance de vie est la moins élevée. Les écarts sont aussi marqués entre hommes et femmes : les Français ont une espérance de vie à peine supérieure aux Roumaines. Mais les disparités entre les sexes ne sont pas équivalentes au sein de chaque pays : de près de 5 ans en Grèce et de 4 ans en Suède, on passe à 7 et 8,5 ans respectivement en France et en Pologne. Quelques changements apparaissent dans la hiérarchie des pays dès lors que l’on tient compte de l’espérance de vie en bonne santé. Cet indice mesure le nombre d’années qu’une personne peut potentiellement vivre sans subir de handicaps majeurs. Dans ce cas de figure, les écarts entre les femmes et les hommes se réduisent considérablement. L’espérance de vie en bonne santé est même supérieure pour les hommes en Suède (69,2 contre 68,7 années pour les femmes). Les Portugaises ont l’espérance de vie la plus faible, avec 57,2 années. Pour les hommes, ce sont les Autrichiens qui connaissent le niveau le plus bas (58 ans). Mais attention, il s’agit d’indicateurs subjectifs : ce sont les personnes interrogées qui indiquent être ou non en bonne santé. La perception d’être en « bonne » santé peut varier d’un pays à un autre. Inégalités
Si seulement il avait mentionné les caissières ! Vous n’imaginez pas comme on aurait été fières ! Caissière
Nous, les ouvriers, on nous dit : ‘Allez travailler !’ Alors que les cadres travaillent depuis chez eux. M. Leroy (élu CGT, Wattrelos)
La seule consigne que nous avons est de ne pas faire signer les clients sur nos téléphones. Pour le reste, c’est comme si de rien n’était : nous n’avons pas de mètre de sécurité car c’est impossible à appliquer, nous continuons le tri côte-à-côte. [Le gel hydroalcoolique] en tournée il est impossible de s’en servir toutes les demi-heures où dès que l’on touche une lettre ou un colis: Nous n’avons aucun gant ni masque, on nous dit que le masque n’est pas obligatoire. Les voitures sont partagées et non désinfectées, nous sommes ensemble 6 jours sur 7 sans protection, nous touchons les sonnettes, les portes… Nos chefs s’en fichent royalement, les syndicats nous disent que nous ne pouvons pas appliquer le droit de retrait car toutes les mesures de sécurité sont prises… Du gel hydroalcoolique  ! En vérité nous sommes juste résignés à attendre la maladie. Et pourtant, j’aime mon travail. Ils sont en train de nous dégoûter. Je suis tellement déçue. Factrice
« Quarantaine à deux vitesses : repos et loisirs pour les uns, précarité et risque sanitaire pour les autres. » « Le confinement, c’est pour les riches. » « On est 300 à bosser sur le site et les cadres sont en télétravail. Nous, qu’on se mette en danger, tout le monde s’en fout. » Les riches à l’abri, les pauvres au turbin ? Les aisés, en télétravail depuis leur maison secondaire du bord de mer, les précaires à l’usine ?  La formule est caricaturale, mais illustre ce sentiment diffus qui pointe, depuis quelques jours, chez certains travailleurs de terrain : deux salles, deux ambiances. Ou plutôt, deux poids, deux mesures. Car si Bruno Le Maire a appelé ce mardi, sur BFMTV, « tous les salariés des entreprises qui sont encore ouvertes, des activités qui sont indispensables au fonctionnement du pays, à se rendre sur leurs lieux de travail », pointe parfois, chez ceux qui sont mobilisés sur le terrain, l’impression d’être « envoyé au front », dans les usines, les bureaux, pour faire tourner la machine, et s’exposer, pendant que les autres, les confinés, préservent, au chaud et en télétravail, leur santé. Et tout ça pour très peu de reconnaissance. Ils sont caissiers, ouvriers, préparateur de commandes, logisticien, travaillent dans les transports, le commerce, ce sont les invisibles, ceux qui travaillent dans les tréfonds des usines, ceux qui ont les mains dans le cambouis. D’après le ministère du Travail, c’est un peu plus de quatre emplois sur dix qui peuvent être exercés à distance. Mais dans la conjoncture actuelle, les remarques fusent : « On ne peut pas aller voir la grand-mère, ni la famille, mais par contre, vous pouvez aller bosser. Et empilés les uns sur les autres », dit un salarié. Lâchés seuls en première ligne ? (…) Ce qui entretient encore plus particulièrement le sentiment d’injustice, c’est qu’on « laisse ouvrir des activités qui devraient être fermées », souligne Laurent Degousée.  « Le 14 mars, on a un arrêté qui indique la fermeture des commerces non utiles. Le 15, un autre arrêté liste les exceptions : les magasins de vapotage ont le droit d’être ouvert, la jardinerie, animalerie, la téléphonie mobile… On  se moque de qui ? » Qu’est-ce qui est utile, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Pour certains salariés ou travailleurs, la réponse est toute trouvée : ils sont sacrifiés pour des besoins non-utiles. Les livreurs de plateformes se considèrent ainsi comme des « travailleurs sacrifiables pour du récréatif ».  LCI

Quel monde moderne rempli d’idées chrétiennes devenues folles ?

A l’heure où avec 372 morts en deux mois pour la France …

Contre 21 000 pour l’hiver d’il y a trois ans …

Ou les 70 000 de la canicule de l’été 2003

Et une moyenne d’âge des décès en Italie de 79,5 ans

Dont 99, 2% à une ou plusieurs comorbidités …

Pour la pire réplique sur le continent européen de l’épidémie chinoise, initialement cachée, du coronovirus …

Pour cause, dans l’une des régions les plus riches d’Italie, du manque d’isolement des premiers malades

Mais au moment aussi où la grogne monte, pendant que les riches se prélassent ou télétravaillent dans leurs gentilhommières, de toute une chair à canon de petits métiers

Comment ne pas voir …

Non seulement l’incroyable disproportion

Mais la véritable hystérie collective …

En une Europe où, sur fond d’appel à la décroissance, certains se battent, y compris en Italie, pour la généralisation de l’euthanasie active ou passive …

D’un pays prêt, via le confinement prolongé forcé, au suicide économique et au sacrifice de la totalité de ses forces vives…

Pour sauver en un hiver apparemment un peu plus rigoureux que d’habitude …

Habitudes culinaires et médicinales si particulières de nos amis chinois obligent …

Ses octogénères ???

Epidémie de grippe saisonnière: une surmortalité de 21.000 décès cet hiver
France Soir
01/03/2017

« Cette hausse » de la mortalité, toutes causes confondues, « concerne quasi-exclusivement les personnes âgées de 65 ans ou plus », a précisé l’agence de santé publique. « La très grande majorité de ces décès sont liés à la grippe », directement ou indirectement, estimait la semaine dernière, lors d’un précédent bilan, Daniel Levy-Bruhl, responsable de l’unité infections respiratoires à l’agence sanitaire. La surmortalité s’élevait alors à 19.400, selon ce précédent bilan. Le nombre de cas de grippe n’a pas été particulièrement important cette année (1,9 million de consultations), mais ils ont été « quasiment exclusivement occasionnés par un virus de la famille H3N2, particulièrement dangereux pour les personnes les plus fragiles », a expliqué l’épidémiologiste. Cette caractéristique a provoqué un taux d’hospitalisation important, en particulier chez les personnes âgées, à l’origine d’un engorgement dans certains hôpitaux au cours des dernières semaines de 2016. En France métropolitaine, la semaine dernière, le taux d’incidence des cas de syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimé à 52 cas pour 100.000 habitants, en dessous du seuil épidémique (150 cas pour 100.000 habitants)…

 Voir aussi:

Italie: l’âge moyen des décédés du virus est de 79,5 ans

L’âge moyen des personnes décédées en Italie et testées positives au Covid-19 est de 79,5 ans et les hommes représentent 70% des morts, a annoncé l’Institut supérieur de la santé (ISS) qui publie régulièrement ses statistiques. Sur un échantillon de 2.003 morts, sur les 2.503 que le pays avait enregistrés mardi, 707 se trouvaient dans la tranche d’âge 70-79 ans, 852 dans la tranche d’âge 80-89 ans et 198 ont plus de 90 ans, selon un communiqué de l’ISS. « Dix-sept personnes positives au Covid-19 de moins de 50 ans sont mortes. En particulier, cinq de ces personnes avaient moins de 40 ans, toutes de sexe masculin, avec un âge compris entre 31 et 39 ans, avec de graves pathologies précédentes », précise l’ISS. Recensant une dizaine de pathologies les plus courantes relevées sur les personnes décédées, dont les plus fréquentes sont l’hypertension, le diabète ou la cardiopathie ischémique, l’ISS souligne que 48,5% des personnes décédées souffraient de 3 ou plus de ces pathologies et 25,6% de 2 pathologies. Seulement 0,8% des personnes, trois au total, n’avaient aucune pathologie, selon la même source…

 Voir également:

Qui vit le plus longtemps en Europe ?

Données 25 août 2011

85 ans en France, contre 77 ans en Bulgarie : l’espérance de vie à la naissance des femmes connaît de grandes disparités en Europe. Le constat est identique en ce qui concerne les hommes.

Europe Conditions de vie

Les Françaises ont une espérance de vie de 85,3 ans à la naissance (données 2011), contre 77,8 ans pour les Bulgares. Chez les hommes, les Suédois et les Italiens peuvent espérer vivre un peu plus de 79 ans, contre aux alentours de 71 ans pour les Hongrois, Roumains et Bulgares. Au sein de l’Europe, les populations les mieux loties ont une longévité supérieure d’environ 9 ans à celles pour qui l’espérance de vie est la moins élevée. Les écarts sont aussi marqués entre hommes et femmes : les Français ont une espérance de vie à peine supérieure aux Roumaines. Mais les disparités entre les sexes ne sont pas équivalentes au sein de chaque pays : de près de 5 ans en Grèce et de 4 ans en Suède, on passe à 7 et 8,5 ans respectivement en France et en Pologne.

Espérance de vie à la naissance en Europe
Unité : années
Femmes Hommes Écart femmes/hommes
Pays-Bas 83,2 79,9 3,3
Royaume-Uni 82,8 79,2 3,6
Suède 84,1 80,4 3,7
Norvège 84,2 80,5 3,7
Irlande 83,4 79,6 3,8
Danemark 82,7 78,8 3,9
Italie 84,9 80,3 4,6
Belgique 83,4 78,7 4,7
Allemagne 83,1 78,3 4,8
Autriche 83,7 78,8 4,9
Grèce 83,7 78,5 5,2
Union européenne (28 pays) 83,3 77,9 5,4
Espagne 85,7 80,1 5,6
Finlande 84,4 78,7 5,7
Portugal 84,3 78,1 6,2
France 85,5 79,2 6,3
Hongrie 79,0 72,3 6,7
Pologne 81,6 73,5 8,1
Source : Eurostat – Données 2015 – © Observatoire des inégalités

Quelques changements apparaissent dans la hiérarchie des pays dès lors que l’on tient compte de l’espérance de vie en bonne santé. Cet indice mesure le nombre d’années qu’une personne peut potentiellement vivre sans subir de handicaps majeurs. Dans ce cas de figure, les écarts entre les femmes et les hommes se réduisent considérablement. L’espérance de vie en bonne santé est même supérieure pour les hommes en Suède (69,2 contre 68,7 années pour les femmes). Les Portugaises ont l’espérance de vie la plus faible, avec 57,2 années. Pour les hommes, ce sont les Autrichiens qui connaissent le niveau le plus bas (58 ans). Mais attention, il s’agit d’indicateurs subjectifs : ce sont les personnes interrogées qui indiquent être ou non en bonne santé. La perception d’être en « bonne » santé peut varier d’un pays à un autre.

Espérance de vie en bonne santé
Unité : années
Femmes Hommes
Suède 68,7 69,2
Royaume-Uni 66,3 65
Grèce 65,8 65,4
Bulgarie 65,5 61,9
Irlande 65 63,2
France 64,2 62,4
Belgique 63,8 63,2
Espagne 63,3 63,8
Pologne 62,6 58,4
Roumanie 62,6 60
Union européenne 62 60,9
Italie 61,2 62,4
Danemark 60,7 62,3
Pays-Bas 59,8 62,4
Autriche 59,5 58
Finlande 59,4 58,6
Hongrie 58 54,6
Allemagne 57,4 55,8
Portugal 57,2 59
Source : Eurostat – 2008

On sait en réalité assez mal expliquer ces écarts. L’espérance de vie tient à de très nombreux facteurs, où se mêlent l’accès aux soins, les conditions et la durée du travail, les modes de vie (consommation de tabac, d’alcool, etc.), etc. La qualité du système de soins ne joue que très partiellement, ce qui explique par exemple que l’espérance de vie des Polonaises soit proche de celle des Danoises, alors que leur système de santé n’est pas comparable.

Voir de plus:

Italie: la Cour constitutionnelle rend possible le suicide assisté

Le Point/AFP

Voir encore:

Les différentes législations et pratiques de l’euthanasie en Europe

Alors que des heurts ont opposé mardi 10 février des manifestants anti et pro-euthanasie en Italie après la mort d’Eluana, devenue le symbole de la lutte pour le droit de mourir, état des lieux des différentes pratiques de l’euthanasie.

L’Obs

En Europe, seuls les Pays-Bas et la Belgique ont légalisé l’euthanasie, la Suisse la tolère tandis qu’au Luxembourg le processus de légalisation est en cours.

– Les pays qui ont légalisé l’euthanasie

Le 1er avril 2002, les Pays-Bas deviennent le premier pays au monde à légaliser l’euthanasie: la loi exempte le médecin de poursuites judiciaires s’il respecte certains « critères de minutie ».
La Belgique suit en septembre 2002.
Le 18 décembre 2008, les députés luxembourgeois se sont prononcés en faveur de la légalisation de l’euthanasie, en cas de situation médicale « sans issue », mais l’interdisent pour les mineurs. La validation du texte, auquel s’oppose le grand-duc Henri, pourrait prendre du temps, une loi réduisant ses pouvoirs n’étant pas entrée en vigueur.

– Les pays qui interdisent l’euthanasie mais autorisent une forme d’aide à la mort

En Italie, l’euthanasie est interdite. Le droit de refuser des soins est reconnu par la Constitution.
En France, la Loi Leonetti du 22 avril 2005 a instauré un droit au « laisser mourir », sans permettre aux médecins de pratiquer l’euthanasie.
En Suisse, un médecin peut fournir à un malade condamné et désirant mourir une dose mortelle d’un médicament qu’il prendra lui-même.
En Grande-Bretagne, l’euthanasie est interdite. Depuis 2002, la justice autorise l’interruption des soins dans certains cas.
En Allemagne, l’euthanasie passive, comme le fait de débrancher une machine n’est pas illégale si le patient a donné son consentement. La situation est sensiblement la même en Autriche.
En Espagne, l’euthanasie n’est pas autorisée mais la loi reconnaît aux malades le droit de refuser d’être soignés. Le gouvernement, après avoir envisagé une légalisation du suicide assisté, a indiqué en janvier qu’il ne prévoyait pas de loi en la matière sous cette législature.
Au Portugal, l’euthanasie comme le suicide assisté sont considérés par le code pénal comme des homicides qualifiés. Selon le nouveau code déontologique des médecins, adopté en janvier, « l’utilisation de moyens extraordinaires pour maintenir la vie » peut être interrompue en cas de mort cérébrale ou à la demande du malade, mais en aucun cas l’hydratation ou l’alimentation même administrées artificiellement.
En Norvège, un médecin peut décider de ne pas traiter un patient agonisant à sa demande, ou, s’il ne peut communiquer, à celle de ses proches.
Au Danemark, depuis fin 1992, on peut faire un « testament médical » que les médecins doivent respecter. En Suède, une assistance médicale au suicide est possible.
En Hongrie, les malades incurables peuvent refuser leur traitement ainsi qu’en République tchèque.
En Slovaquie, si « l’euthanasie et le suicide assisté sont inacceptables », le personnel médical « atténue la douleur des malades incurables et des mourants (…) et respecte les souhaits du patient en accord avec la législation ».

– Les pays où l’euthanasie est strictement interdite et qui ne prévoient pas d’aide à la mort

L’euthanasie est interdite en Grèce, comme en Roumanie, où elle est passible d’une peine allant jusqu’à sept ans de prison.
La Bosnie, la Croatie et la Serbie considèrent l’euthanasie comme un homicide qu’ils punissent.
En Pologne, l’euthanasie est passible de 3 mois à 5 ans de prison, mais « dans des cas exceptionnels » le tribunal peut appliquer une atténuation extraordinaire de la peine, voire renoncer à l’infliger.

Voir aussi:

 

We routinely differentiate between two kinds of military action: the inevitable carnage and collateral damage of diffuse hostilities, and the precision of a “surgical strike,” methodically targeted to the sources of our particular peril. The latter, when executed well, minimizes resources and unintended consequences alike.

As we battle the coronavirus pandemic, and heads of state declare that we are “at war” with this contagion, the same dichotomy applies. This can be open war, with all the fallout that portends, or it could be something more surgical. The United States and much of the world so far have gone in for the former. I write now with a sense of urgency to make sure we consider the surgical approach, while there is still time.

Outbreaks tend to be isolated when pathogens move through water or food, and of greater scope when they travel by widespread vectors like fleas, mosquitoes or the air itself. Like the coronavirus pandemic, the infamous flu pandemic of 1918 was caused by viral particles transmitted by coughing and sneezing. Pandemics occur when an entire population is vulnerable — that is, not immune — to a given pathogen capable of efficiently spreading itself.

Immunity occurs when our immune system has developed antibodies against a germ, either naturally or as a result of a vaccine, and is fully prepared should exposure recur. The immune system response is so robust that the invading germ is eradicated before symptomatic disease can develop.

Importantly, that robust immune response also prevents transmission. If a germ can’t secure its hold on your body, your body no longer serves as a vector to send it forward to the next potential host. This is true even if that next person is not yet immune. When enough of us represent such “dead ends” for viral transmission, spread through the population is blunted, and eventually terminated. This is called herd immunity.

What we know so far about the coronavirus makes it a unique case for the potential application of a “herd immunity” approach, a strategy viewed as a desirable side effect in the Netherlands, and briefly considered in the United Kingdom.

The data from South Korea, where tracking the coronavirus has been by far the best to date, indicate that as much as 99 percent of active cases in the general population are “mild” and do not require specific medical treatment. The small percentage of cases that do require such services are highly concentrated among those age 60 and older, and further so the older people are. Other things being equal, those over age 70 appear at three times the mortality risk as those age 60 to 69, and those over age 80 at nearly twice the mortality risk of those age 70 to 79.

These conclusions are corroborated by the data from Wuhan, China, which show a higher death rate, but an almost identical distribution. The higher death rate in China may be real, but is perhaps a result of less widespread testing. South Korea promptly, and uniquely, started testing the apparently healthy population at large, finding the mild and asymptomatic cases of Covid-19 other countries are overlooking. The experience of the Diamond Princess cruise ship, which houses a contained, older population, proves the point. The death rate among that insular and uniformly exposed population is roughly 1 percent.

We have, to date, fewer than 200 deaths from the coronavirus in the United States — a small data set from which to draw big conclusions. Still, it is entirely aligned with the data from other countries. The deaths have been mainly clustered among the elderly, those with significant chronic illnesses such as diabetes and heart disease, and those in both groups.

This is not true of infectious scourges such as influenza. The flu hits the elderly and chronically ill hard, too, but it also kills children. Trying to create herd immunity among those most likely to recover from infection while also isolating the young and the old is daunting, to say the least. How does one allow exposure and immunity to develop in parents, without exposing their young children?

The clustering of complications and death from Covid-19 among the elderly and chronically ill, but not children (there have been only very rare deaths in children), suggests that we could achieve the crucial goals of social distancing — saving lives and not overwhelming our medical system — by preferentially protecting the medically frail and those over age 60, and in particular those over 70 and 80, from exposure.

Why does this matter?

I am deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life — schools and businesses closed, gatherings banned — will be long lasting and calamitous, possibly graver than the direct toll of the virus itself. The stock market will bounce back in time, but many businesses never will. The unemployment, impoverishment and despair likely to result will be public health scourges of the first order.

Worse, I fear our efforts will do little to contain the virus, because we have a resource-constrained, fragmented, perennially underfunded public health system. Distributing such limited resources so widely, so shallowly and so haphazardly is a formula for failure. How certain are you of the best ways to protect your most vulnerable loved ones? How readily can you get tested?

We have already failed to respond as decisively as China or South Korea, and lack the means to respond like Singapore. We are following in Italy’s wake, at risk of seeing our medical system overwhelmed twice: First when people rush to get tested for the coronavirus, and again when the especially vulnerable succumb to severe infection and require hospital beds.

Yes, in more and more places we are limiting gatherings uniformly, a tactic I call “horizontal interdiction” — when containment policies are applied to the entire population without consideration of their risk for severe infection.

But as the work force is laid off en masse (our family has one adult child home for that reason already), and colleges close (we have another two young adults back home for this reason), young people of indeterminate infectious status are being sent home to huddle with their families nationwide. And because we lack widespread testing, they may be carrying the virus and transmitting it to their 50-something parents, and 70- or 80-something grandparents. If there are any clear guidelines for behavior within families — what I call “vertical interdiction” — I have not seen them.

Such is the collateral damage of this diffuse form of warfare, aimed at “flattening” the epidemic curve generally rather than preferentially protecting the especially vulnerable. I believe we may be ineffectively fighting the contagion even as we are causing economic collapse.

There is another and much overlooked liability in this approach. If we succeed in slowing the spread of coronavirus from torrent to trickle, then when does the society-wide disruption end? When will it be safe for healthy children and younger teachers to return to school, much less older teachers and teachers with chronic illnesses? When will it be safe for the work force to repopulate the workplace, given that some are in the at-risk group for severe infection?

When would it be safe to visit loved ones in nursing homes or hospitals? When once again might grandparents pick up their grandchildren?

There are many possible answers, but the most likely one is: We just don’t know. We could wait until there’s an effective treatment, a vaccine or transmission rates fall to undetectable levels. But what if those are a year or more away? Then we suffer the full extent of societal disruption the virus might cause for all those months. The costs, not just in money, are staggering to contemplate.

So what is the alternative? Well, we could focus our resources on testing and protecting, in every way possible, all those people the data indicate are especially vulnerable to severe infection: the elderly, people with chronic diseases and the immunologically compromised. Those that test positive could be the first to receive the first approved antivirals. The majority, testing negative, could benefit from every resource we have to shield them from exposure.

To be sure, while mortality is highly concentrated in a select groups, it does not stop there. There are poignant, heart-rending tales of severe infection and death from Covid-19 in younger people for reasons we do not know. If we found over time that younger people were also especially vulnerable to the virus, we could expand the at-risk category and extend protections to them.

We have already identified many of the especially vulnerable. A detailed list of criteria could be generated by the Centers for Disease Control and Prevention, updated daily and circulated widely to health professionals and the public alike. The at-risk population is already subject to the protections of our current policies: social distancing, medical attention for fever or cough. But there are several major problems with subsuming the especially vulnerable within the policies now applied to all.

First, the medical system is being overwhelmed by those in the lower-risk group seeking its resources, limiting its capacity to direct them to those at greatest need. Second, health professionals are burdened not just with work demands, but also with family demands as schools, colleges and businesses are shuttered. Third, sending everyone home to huddle together increases mingling across generations that will expose the most vulnerable.

As the virus is already circulating widely in the United States, with many cases going undetected, this is like sending innumerable lit matches into small patches of tinder. Right now, it is harder, not easier, to keep the especially vulnerable isolated from all others — including members of their own families — who may have been exposed to the virus.

If we were to focus on the especially vulnerable, there would be resources to keep them at home, provide them with needed services and coronavirus testing, and direct our medical system to their early care. I would favor proactive rather than reactive testing in this group, and early use of the most promising anti-viral drugs. This cannot be done under current policies, as we spread our relatively few test kits across the expanse of a whole population, made all the more anxious because society has shut down.

This focus on a much smaller portion of the population would allow most of society to return to life as usual and perhaps prevent vast segments of the economy from collapsing. Healthy children could return to school and healthy adults go back to their jobs. Theaters and restaurants could reopen, though we might be wise to avoid very large social gatherings like stadium sporting events and concerts.

So long as we were protecting the truly vulnerable, a sense of calm could be restored to society. Just as important, society as a whole could develop natural herd immunity to the virus. The vast majority of people would develop mild coronavirus infections, while medical resources could focus on those who fell critically ill. Once the wider population had been exposed and, if infected, had recovered and gained natural immunity, the risk to the most vulnerable would fall dramatically.

A pivot right now from trying to protect all people to focusing on the most vulnerable remains entirely plausible. With each passing day, however, it becomes more difficult. The path we are on may well lead to uncontained viral contagion and monumental collateral damage to our society and economy. A more surgical approach is what we need.

David L. Katz is a specialist in preventive medicine and public health, president of True Health Initiative and the founding director of Yale University’s Yale-Griffin Prevention Research Center.

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Les riches à la maison, les pauvres envoyés au front ? Le sentiment d’injustice monte chez les non-confinés

GUERRE DES MONDES ? – Avec les mesures de confinement, se dessinent deux réalités pour les travailleurs : ceux qui peuvent se préserver, en télétravail, et ceux qui sont sur le terrain. Avec parfois, le sentiment d’y risquer leur santé.

« Quarantaine à deux vitesses : repos et loisirs pour les uns, précarité et risque sanitaire pour les autres. » « Le confinement, c’est pour les riches. » « On est 300 à bosser sur le site et les cadres sont en télétravail. Nous, qu’on se mette en danger, tout le monde s’en fout. » Les riches à l’abri, les pauvres au turbin ? Les aisés, en télétravail depuis leur maison secondaire du bord de mer, les précaires à l’usine ?  La formule est caricaturale, mais illustre ce sentiment diffus qui pointe, depuis quelques jours, chez certains travailleurs de terrain : deux salles, deux ambiances. Ou plutôt, deux poids, deux mesures.Car si Bruno Le Maire a appelé ce mardi, sur BFMTV, « tous les salariés des entreprises qui sont encore ouvertes, des activités qui sont indispensables au fonctionnement du pays, à se rendre sur leurs lieux de travail », pointe parfois, chez ceux qui sont mobilisés sur le terrain, l’impression d’être « envoyé au front », dans les usines, les bureaux, pour faire tourner la machine, et s’exposer, pendant que les autres, les confinés, préservent, au chaud et en télétravail, leur santé. Et tout ça pour très peu de reconnaissance.
Ils sont caissiers, ouvriers, préparateur de commandes, logisticien, travaillent dans les transports, le commerce, ce sont les invisibles, ceux qui travaillent dans les tréfonds des usines, ceux qui ont les mains dans le cambouis. D’après le ministère du Travail, c’est un peu plus de quatre emplois sur dix qui peuvent être exercés à distance. Mais dans la conjoncture actuelle, les remarques fusent : « On ne peut pas aller voir la grand-mère, ni la famille, mais par contre, vous pouvez aller bosser. Et empilés les uns sur les autres », dit un salarié. Lâchés seuls en première ligne ? L’incompréhension monte. Le sentiment d’injustice aussi. Tout ça prépare la colère, car ils se sentent en danger.A la RATP, c’est un salarié affecté au Poste de manœuvre local, qui dit : « Nous sommes déjà 7 et j’ai déjà croisé plus de 15 collègues ! Je ne suis pas en train de dire que je refuse de travailler, je souhaite et j’exige des précautions pour nous protéger. » A La Poste, c’est une employée qui travaille sur un site logistique, mêlant facteurs, colis et courriers, qui raconte l’inquiétude, et même la frayeur, qui s’insinue, peu à peu. « Un agent a signalé que son enfant avait 40 de fièvre et une toux, et que lui-même commençait à tousser. Il a demandé au chef de se mettre lui-même en quarantaine, il n’a pas voulu », nous confie-t-elle. « Donc, nous avons un cas possiblement porteur du virus avec nous. Un autre agent, dont la femme est suspectée de coronavirus, a été mis en quarantaine, mais personne au bureau n’est au courant, à part quelques-uns. Dans un bureau voisin, ils ont laissé partir une factrice avec de la fièvre en tournée. »
En vérité nous sommes juste résignés à attendre la maladie– Une factrice
La Poste se veut rassurante : « Nous nous adaptons un peu tous les jours », indique-t-on à LCI, en insistant sur l’attention portée aux règles d’hygiène : « Seuls 1600 bureaux sont ouverts sur 7700 en France, nous faisons tourner les équipes avec certaines qui restent chez elles, pour ne pas exposer tout le monde. Et pour les 80% de facteurs qui continuent les tournées le matin, tout est fait pour qu’ils aient le moins de contacts possible: on ne fait plus signer sur les smartphones, on va se laver les mains chez les buralistes. Mais notre rôle est aussi de rassurer la population, il est hyper important. »Depuis le terrain, la factrice tique : « La seule consigne que nous avons est de ne pas faire signer les clients sur nos téléphones, raconte-t-elle. « Pour le reste, c’est comme si de rien n’était : nous n’avons pas de mètre de sécurité car c’est impossible à appliquer, nous continuons le tri côte-à-côte. » Elle a bien reçu des gels hydroalcoolique, la semaine dernière, « mais en tournée il est impossible de s’en servir toutes les demi-heures où dès que l’on touche une lettre ou un colis » : « Nous n’avons aucun gant ni masque, on nous dit que le masque n’est pas obligatoire. Les voitures sont partagées et non désinfectées, nous sommes ensemble 6 jours sur 7 sans protection, nous touchons les sonnettes, les portes…  » Elle est désabusée : « Nos chefs s’en fichent royalement, les syndicats nous disent que nous ne pouvons pas appliquer le droit de retrait car toutes les mesures de sécurité sont prises… Du gel hydroalcoolique  ! » Elle en rit jaune, vert, bleu, elle en grince : « En vérité nous sommes juste résignés à attendre la maladie », reprend-elle. « Et pourtant, j’aime mon travail. Ils sont en train de nous dégoûter. Je suis tellement déçue. »
C’est une dinguerie ce qu’il se passe. Les salariés vont bosser la boule au ventre– Laurent Degousée, de Sud Commerce
Reste ce sentiment d’être envoyé au casse-pipe que perçoivent bien les syndicats, qui relaient depuis quelques jours ces inquiétudes. Que des commerces doivent ouvrir ? Aucun problème, c’est une évidence, pour Laurent Degousée, co-délégué de la fédération Sud-Commerces. « Je ne remets évidemment pas en cause le fait que, de Franprix à Carrefour, il faut que ce soit ouvert », explique le syndicaliste à LCI. « Mais les salariés travaillent dans des situation indigentes, malgré des mesures de protection extrêmement simples à mettre en œuvre. » « C’est une situation d’incurie, avec impréparation complète du côté des employeurs et du gouvernement », pointe-t-il. « En première ligne, on a le service public et les soignants, mais aussi 700.000 salariés de la distribution alimentaire. Et c’est une dinguerie ce qu’il se passe. Les salariés vont bosser la boule au ventre. »Le syndicaliste raconte pèle-mêle les témoignages qu’il n’arrête plus de recevoir : « Cela va des gens qui n’ont pas de gants, à ceux qui en ont, mais des gants pour le pain qui se déchirent au bout de dix minutes, à ceux qui n’ont pas de masques, parce qu’on leur dit que c’est anxiogène. Ce sont encore des salariés qui doivent s’acheter eux-mêmes le gel hydroalcoolique. Et ceux qui, quand ils en ont, ils ne disposent pas de temps de pause pour se laver les mains. » Il pointe aussi le non-respect des distances de sécurité, le fait qu’il n’y ait pas toujours d’agents de sécurité – alors que certains magasins ont vécu des incidents parfois violents… Ce sont, aussi des vitres de protection boutiquées avec du plastique et des films alimentaires… « Mais avant de vouloir fabriquer des vitres en plexiglas, donnez donc d’abord des gants ! » martèle-t-il.
Ce qui entretient encore plus particulièrement le sentiment d’injustice, c’est qu’on « laisse ouvrir des activités qui devraient être fermées », souligne Laurent Degousée.  « Le 14 mars, on a un arrêté qui indique la fermeture des commerces non utiles. Le 15, un autre arrêté liste les exceptions : les magasins de vapotage ont le droit d’être ouvert, la jardinerie, animalerie, la téléphonie mobile… On  se moque de qui ? » Qu’est-ce qui est utile, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Pour certains salariés ou travailleurs, la réponse est toute trouvée : ils sont sacrifiés pour des besoins non-utiles. Les livreurs de plateformes se considèrent ainsi comme des « travailleurs sacrifiables pour du récréatif ».

La colère des salariés de terrain

Certains sites de production font face à une grogne des équipes, depuis quelques jours. Comme La Redoute, à Wattrelos dans le Nord où, explique 20 minutes Lille, 20 salariés ont débrayé mardi matin ; ou encore Amazon, particulièrement dans le collimateur des syndicats. Laurent Degousée y va à la sulfateuse pour « dénoncer l’attitude criminelle de la direction » : « La seule chose qu’ils ont, dans les entrepôts, ce sont des gants. Les mêmes qu’en temps normal, contre les coupures. Le respect de la distance minimale de sécurité, le fait de pouvoir se laver les mains, il n’y a rien. La seule mesure forte, c’est, à la cantine, de laisser un siège à côté de soi ! »De son côté, Amazon assure que la sécurité des personnels est « la priorité absolue », et souhaite aussi « pouvoir continuer à livrer les clients les plus touchés, dont beaucoup n’ont aucun autre moyen d’obtenir des produits essentiels. » Et rappelle les mesures prises : nettoyage de tous les installations, désinfection des postes au début et à la fin des shifts, l’aménagement des lieux de travail pour garder une « distance sociale », la mise en place de « pauses échelonnées » pour réduire le nombre de personnes dans les espaces de restauration.Pas suffisant pour la CFDT Amazon electrics : « Pour la direction, tout va bien, il faut travailler, quelques lingettes par-ci par-là, un peu de gel hydroalcoolique. Mais nous sommes des centaines de personnes à nous croiser chaque jour sur ces sites logistiques. » Et dénonce au passage des petits coups de pression : « Amazon en est à proposer des augmentations de salaire temporaires, jusqu’au 30 avril, pour faire venir les salariés. Les services RH Amazon menacent également les salariés faisant usage de leur droit de retrait. » Or, les syndicats appellent ainsi à ce droit de retrait : « L’activité d’Amazon n’est pas essentielle à la nation, les godemichets et DVD attendront quelques semaines pour être livrés », indiquait la CFDT dans un communiqué. D’autant que l’inquiétude sourd : « Plusieurs salariés Amazon sont désormais confinés chez eux car malades et suspectés de coronavirus », indique la CFDT.

Et le droit de retrait ?

Ce droit de retrait, souvent invoqué par les syndicats, reste délicat dans la pratique. Il est en effet prévu par le Code du travail, et permet à tout salarié de quitter son poste s’il s’estime soumis à un « danger grave et imminent », et que son employeur ne le protège pas. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, puis la ministre du travail Muriel Pénicaud, ont redit début mars que ce droit de retrait ne pouvait pas être invoqué dans le cas de l’épidémie en cours, si l’employeur a mis en place les précautions de sécurité sur le lieu de travail. Solliciter son droit de retrait dans ces conditions, c’est donc s’exposer sur le moment à une perte de salaire. Qui pourrait être invalidée par les Prud’hommes, mais dans de long mois. Ce qui rend beaucoup de salariés frileux, comme le raconte cet employé de la RATP : « J’ai milité auprès de mes collègues pour un droit de retrait afin de réclamer des mesures adéquates aux instructions données et également pour avoir des réponses aux questions qu’on se pose. Ils sont tous d’accord avec moi mais personne n’est prêt à exercer son droit ! »Dans certaines usines, le rapport de force se fait en faveur des ouvriers. Est-ce un effet de l’exemple italien, où des usines de tous secteurs se sont mises en grève la semaine dernière pour obtenir des règles de sécurité strictes et des protocoles de sécurité ? Quoi qu’il en soit, le constructeur automobile PSA a annoncé lundi qu’il fermait ses usines en Europe. Renault a stoppé l’usine de Douai dans la foulée. Chez Amazon, la mobilisation est lancée : selon les syndicats, environ 200 salariés du site de Douai (Nord) ont fait valoir mardi leur droit de retrait. Mercredi, ce sont 50% des CDI qui ont fait la même démarche ou étaient en débrayage à Montélimar (Drôme). En attendant, la CFDT prêche dorénavant pour une sorte grève du zèle… par l’hygiène, en appliquant les consignes à la lettre : 1 mètre entre chaque salarié, du gel hydroalcoolique à chaque changement de chariot, s’hydrater toutes les 15 minutes, et donc prévenir son manager qu’on va aux toilettes, nettoyer ses outils dès qu’ils changent… « Amazon veut qu’on vienne bosser, faisons-le sans penser productivité. »
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Coronavirus : dans toute la France, les caissières en première ligne

Raphaëlle Rérolle , Marie-Béatrice Baudet , Béatrice Gurrey et Annick Cojean

Le Monde

22 mars 2020

Enquête La plupart des « hôtesses de caisse » n’ont pas cessé le travail depuis le début de l’épidémie, obligées de rester fidèles au poste, malgré la peur d’être exposées au virus.

Ces gants-là, ça ne vaut rien. Assise derrière la caisse, elle regarde sa main comme un objet étrange, dans un bref moment d’accalmie. Ces doigts en plastique transparent, beaucoup trop larges, la légère transpiration à l’intérieur… Elle l’agite comme une marionnette et on entend le froissement du plastique. Un peu plus tard, elle accepte de donner son numéro de téléphone pour raconter, à l’abri des oreilles indiscrètes, sa vie de caissière pendant l’épidémie.

Maintenant on dit « hôtesse de caisse », mais il faudrait, en temps de guerre contre le coronavirus, parler de bons petits soldats, voire de chair à canon, tant elles ont subi – ce sont des femmes à 90 % – l’assaut d’une clientèle devenue folle, juste avant le confinement, décrété mardi 17 mars à midi.

Elles sont de moins en moins nombreuses depuis dix ans dans les super et les hypermarchés, avec l’apparition des caisses automatiques. Une baisse d’environ 10 %, soit un bataillon de 150 000 équivalents temps plein, selon la Fédération du commerce et de la distribution. Mais il est chaque jour au front depuis que tous les commerces « non indispensables » ont fermé. On ne peut plus dire « l’intendance suivra ». Elle précède tout.

Bénédicte, le prénom qu’elle a choisi pour ne pas être reconnue, a 30 ans et travaille en Normandie pour une chaîne de supermarchés de hard discount. « Ce sont des gants de boulangerie, on s’en sert pour mettre les viennoiseries en rayon, question d’hygiène. On se protège comme on peut mais ce n’est pas pratique pour rendre la monnaie. » La jeune femme travaille là depuis plusieurs années, payée au smic avec un contrat de 30 heures : « C’était ça ou rien. Quand il y a un rush on fait un avenant au contrat. »

Du jamais vu

Pour un rush, c’en était un, du jamais vu. Une heure et demie de queue devant le magasin, dès que les rumeurs de confinement ont commencé à courir, vendredi. Lundi, ce fut bien pire. « J’avais l’impression qu’on n’allait pas s’en sortir. Forcément, la contamination on y pense. On est en communication avec les microbes », dit cette mère de deux jeunes enfants.

Ses journées durent dix heures. Après le paiement, les clients sont à touche-touche avec elle car les caisses n’ont pas de rebord, à dessein : « Faut que ça soit du tac au tac, que ça dégage vite. On doit passer 3 000 articles à l’heure, c’est l’objectif fixé. » Quand il y a moins de monde, Bénédicte fait le ménage ou de la mise en rayon. Pour la semaine du 23 mars, on leur a promis un bouclier de Plexiglas. Mais toujours pas de masques.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Nous, les ouvriers, on nous dit : “Allez travailler !” alors que les cadres travaillent depuis chez eux »

Des masques, il n’en manque pas dans cet hypermarché d’Ille-et-Vilaine. Au rayon frais, charcuterie et fromage, les deux vendeuses articulent haut et fort pour être comprises des clients. Jeudi, la circulation des chariots est plutôt fluide dans les allées, où des hommes, masqués eux aussi, réapprovisionnent les rayons.

Aux caisses, en revanche, le visage de Manon se montre à découvert. « J’ai essayé le masque mais ça me gêne, ça m’oppresse. Je n’en ai jamais porté, je n’ai pas l’habitude, c’est pas comme les soignants », explique la jeune femme, en apparence guère affolée.

Au sol, des lignes bleues marquent l’espacement obligatoire entre chaque chariot, « 1 mètre », répète une voix au micro. Nathalie, qui officie à la caisse prioritaire pour femmes enceintes et handicapées, apprécie cette précaution mais a renoncé au masque : « J’ai essayé, mais très vite je ne vois plus rien, tellement j’ai de buée sur mes lunettes. »

Petit salaire et horaires de fou

Ce sont les invisibles, les discrètes, les modestes. Les fragiles, souvent. Celles qui se perdent dans le décor, confondues avec la caisse qui semble faire le seul travail incontestable : compter. Celles à qui l’on ne reconnaît aucune expertise – et pourtant. « Les hôtesses de caisse, on passe pour des nulles, tranche Déborath, 38 ans. Mais s’il fallait que les clients prennent notre place, ils ne tiendraient pas cinq minutes. »

Elle travaille dans un hypermarché du Var, très saisonnier, la première ville est à 5 km. Elle aime bien rire, Déborath, mais il était temps qu’un peu de reconnaissance arrive, enfin, avec le virus : « Pour une fois, la roue tourne. Ils ont besoin de nous pour manger. C’est con hein, mais un merci et un bravo, c’est la première fois et ça fait du bien. » Elle raconte le petit salaire, les horaires de fou, les gens qui les prennent pour des idiotes « alors qu’il faut gérer les clients, les problèmes de prix, les conflits entre personnes ».

Déborath, caissière : « On aurait dit qu’on allait tous mourir. Les gens se battaient pour des produits d’entretien et du papier toilette »

Le jour de la grande ruée l’a mise en colère : « C’était genre fin du monde. On aurait dit qu’on allait tous mourir. Les gens se battaient pour des produits d’entretien et du papier toilette. S’il y en avait un de contaminé, on le sera tous. » Les trois agents de sécurité étaient débordés, les clients se servaient sur les palettes : « J’étais du soir, on est partis à 21 heures au lieu de 20 h 30. Il a fallu ramasser la cinquantaine de chariots abandonnés dans le magasin. » Puis tout remettre en rayon, sauf le frais et le surgelé, partis à la poubelle. Combien de manipulations ? Cela fait quelques jours maintenant, et cela semble une éternité : « On était très en colère contre l’humain ce jour-là. » Déborath se demande encore comment des clients ont pu faire, qui 650 euros de courses, qui 900 euros : « D’où ils les sortent ? »

« Ce que j’ai ressenti, c’est de la peur, de l’angoisse, du stress, malgré toutes les précautions prises ici », dit-elle. Peur de contaminer sa mère de 70 ans, avec laquelle elle vit. Angoisse de voir resurgir une crise de polyarthrite, dont elle-même est atteinte. Stress de journées qui ne ressembleront plus à celles d’avant. Que faire aujourd’hui de ces deux heures de pause qui lui permettaient d’aller à la plage ou d’aller se balader dans le centre commercial ?

C’est un sujet de discussion avec le directeur du magasin, qui s’est montré exemplaire, assure la trentenaire : « Ça va être un moment compliqué à vivre ensemble et il n’a pas envie qu’on tombe malade. Sa femme travaille dans la santé. » Une entrée au lieu de trois habituellement, un système de barrières, des intérimaires embauchés, travail nocturne pour les manutentionnaires, « qui ont énormément apprécié, parce qu’ils ne sont plus en présence des gens », gants obligatoires, gel hydroalcoolique à disposition et conseils d’hygiène. Aux caisses, elles ne sont plus qu’une sur deux et les clients ne passent plus devant elles. Ils récupèrent leur marchandise au bout du comptoir, en passant par-derrière.

« Malade ou pas ? On se croirait dans un film mais ce n’est pas un film »

« L’ambiance est bizarre. Un client qui porte un masque, on se pose la question à chaque fois. Malade ou pas ? On se croirait dans un film mais ce n’est pas un film. » Cette atmosphère irréelle, presque de science-fiction, tient aussi aux confinements individuels improvisés dans les magasins, telles ces caissières de Chamalières (Puy-de-Dôme) entourées d’un habillage en cellophane, comme une sorte de cloche, ou les vitres de protection en Plexiglas, apparues ici ou là.

Ce n’est pas le cas partout. Aucun masque, aucune explication, aucune réunion, par exemple, dans ce grand magasin de proximité parisien. Une chaîne pourtant « branchée » qui s’est adaptée à son public de bobos. Une de ces femmes-troncs remarque, sans perdre son sourire, qu’on ne les a pas averties non plus du changement d’horaire, survenu du jour au lendemain pour avancer la fermeture du magasin, habituellement nocturne. Aucune instruction sur l’hygiène et les comportements à observer avec la clientèle. Les gants jetables que l’on a mis à leur disposition se trouent à la première occasion.

« La trouille au ventre »

Le directeur, lui, est parti en vacances et la chef du secteur caisses aussi. « Nous sommes livrées à nous-mêmes. Et j’ai la trouille au ventre, conclut une brune dynamique. On sait que la maladie circule parmi nos clients et qu’on finira par l’avoir. Comment faire autrement ? Ils sont proches de nous, on sent souvent leur souffle… »

Un client de ce quartier cossu lui a confié l’autre jour que sa fille, restée à la maison, avait le Covid-19. Il attendait peut-être du réconfort, mais il lui parlait à moins de 1 mètre, sans penser un instant qu’il la mettait en danger. Elle, elle l’avait bien en tête. « J’étais glacée d’angoisse mais je n’ai rien montré. C’est la règle. Et quand ils sont agressifs on serre les dents. Sinon, nous serions dans notre tort. »

Un droit de retrait ? Bien sûr que non ! Elles ont trop peur de perdre leur job, ces femmes, ces mères de famille, parfois célibataires ou divorcées. « Avec un loyer qui prend plus de la moitié de mon salaire net, 1 200 euros, je n’ai aucune marge de manœuvre », explique l’une d’elles.

Seules quelques mamans de très jeunes enfants ont demandé à ne pas venir pendant quelques jours. Une autre hôtesse nuance : « Ce n’est pas qu’une histoire d’argent. Les caissières ont aussi une conscience professionnelle ! On est là en temps de crise. On assure un service public. On ne flanche pas. »

« Si seulement Macron avait mentionné les caissières ! Vous n’imaginez pas comme on aurait été fières ! »

Elles ont noté – et approuvé – l’hommage appuyé du président de la République, Emmanuel Macron, aux personnels soignants, l’autre soir, à la télévision. Mais elles auraient aimé un mot, rien qu’un mot, pour les « obscurs », les « petites mains », les « chevilles ouvrières », qui contribuent à l’effort pour que le pays continue à manger, à boire, à vivre. « Si seulement il avait mentionné les caissières ! Vous n’imaginez pas comme on aurait été fières ! »

Dans ce magasin bio de Haute-Loire, situé dans une ville de 6 800 habitants, Maxime, le gérant, a reçu, lui, une avalanche d’instructions de sa chaîne, réactualisées plusieurs fois par jour, comme le lavage des mains tous les quarts d’heure. « Nous ne portons pas de gants, c’est un faux ami qui donne une impression de sécurité alors qu’on peut avoir les mains sales », détaille-t-il. Deux gros bidons de gel hydroalcoolique, fabriqué par une entreprise locale, attendent les clients à l’entrée. « Je ne suis pas angoissé du tout, assure Thomas, un caissier de 32 ans. Ce n’est pas dans ma nature et nos clients sont respectueux. »

Le port du masque peut être inconfortable quand on n’y est pas habitué, certains n’en portent donc pas. Ici à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le 18 mars. LUCAS BARIOULET POUR LE MONDE

Mercredi 18 mars, Maxime, dépité de s’être vu refuser des masques à la pharmacie, s’est approvisionné en visières transparentes, celles dont on se sert pour éviter les projections dans les opérations de tronçonnage. Au petit supermarché voisin, les caissières portent toutes ces masques tant convoités et réservés aux soignants. « Ce sont des réserves de la dernière épidémie de grippe. Mais on en a peu, alors on les garde toute la journée », précise l’une d’elles. Il ne faut pourtant pas les conserver plus de quatre heures pour s’assurer de leur efficacité…

« Quand on voit des gens venir acheter une bouteille de bière toutes les deux heures, une par une, on se dit qu’ils n’ont rien compris »

Dans une moyenne surface du même département, les caissières s’ennuient un peu derrière leur vitre de Plexiglas, maintenant que l’heure du reflux a sonné. Se sentent-elles rassurées dans ce magasin dépeuplé ? « Bah, quand on voit des gens venir acheter une bouteille de bière toutes les deux heures, une par une, on se dit qu’ils n’ont rien compris », se désole Sylvie.

Au moins, se sentent-elles un peu mieux protégées que leurs collègues, à 15 km de là. De vagues morceaux de carton, de moins d’un mètre de côté, taillés dans de vieux emballages, ont été placés devant les caisses. « C’est tout ce que le gérant a trouvé pour nous protéger », déplore Monique.

La foule s’est évanouie et un aspirateur vrombit. Les caissières montent la garde derrière leur illusoire bouclier de carton. Angoissées mais étonnamment stoïques, quand des clients, âgés pour la plupart, passent leur tête sur les côtés pour mieux les entendre. Comme si le carton n’existait pas. Comme si l’épidémie n’existait pas. Comme si de rien n’était.

Voir enfin:

« Nous, les ouvriers, on nous dit : ‘Allez travailler !’ alors que les cadres travaillent depuis chez eux »

Alors que l’épidémie de coronavirus prend de l’ampleur, le gouvernement surveille de près le climat social, notamment dans le secteur de la grande distribution alimentaire où de nombreux salariés hésitent à se rendre au travail.

Audrey Tonnelier, Bertrand Bissuel, Juliette Garnier, Cécile Prudhomme, Perrine Mouterde, Eric Béziat, Véronique Chocron et Jordan Pouille

Le Monde

19 mars 2020 

Face à la pandémie liée au coronavirus, la colère gronde chez les salariés maintenus en poste, faute de pouvoir télétravailler. Et la peur tétanise de nombreux employés des secteurs jugés « essentiels ». PSA a fermé tous ses sites de production européens. Renault a suspendu la production de ses douze usines en France. Les manufactures Chanel sont à l’arrêt. « Alors, pourquoi pas nous ? », s’agace un manutentionnaire, Jean-Christophe Leroy, élu CGT de La Redoute. A Wattrelos (Nord), une trentaine des 50 salariés de l’entreprise de vente à distance ont alerté la société, mardi 17 mars, lors d’un débrayage au sein de ce site qui expédie ses colis. Malgré la réduction des effectifs, la fermeture des vestiaires pour éviter la promiscuité et la distribution de gants, « il est aberrant de nous faire travailler pour expédier des tee-shirts », juge M. Leroy.

Le président délégué du Medef s’alarme déjà d’un « changement d’attitude brutal » des salariés, depuis l’adoption de mesures de confinement mardi. Car « de nombreux salariés ont demandé à ce que leurs employeurs prennent des mesures d’activité partielle sans quoi ils exerceraient un droit de retrait », a déclaré Patrick Martin mercredi, à l’Agence France-Presse (AFP), se disant « très préoccupé » par la situation.

Conditions de sécurité insuffisantes

Chez Amazon, la fronde menace. Alors que le site de vente en ligne connaît un regain d’activité depuis la fermeture des magasins non alimentaires, samedi 14 mars, « les consignes contre le coronavirus ne sont pas respectées », assure Gaël Begot, élu CGT au sein de l’entrepôt du groupe américain, situé à Lauwin-Planque (Nord). Depuis mardi, des salariés Amazon s’y mobilisent contre les conditions de sécurité jugées insuffisantes et mal appliquées. Deux autres sites, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et Montélimar (Drôme), sont aussi concernés, souligne Julien Vincent, délégué général CFDT Amazon. Plus d’une centaine d’employés ont exercé leur droit de retrait, estimant que le coronavirus les met en danger sur leur lieu de travail, selon la CFDT. SUD-Solidaires à Saran et la CGT à Lauwin-Planque l’envisagent aussi.

A Strasbourg, dans l’usine Punch Powerglide (ex-General Motors), qui fabrique des boîtes de vitesse, les élus du personnel ont croisé le fer avant d’obtenir le chômage partiel. « Deux de nos collègues, infectés, ont été hospitalisés », rapport Julien Laurent (CFDT). D’après lui, des « mesures de confinement de la fonderie » ont été réclamées par les salariés, car un ouvrier de cette unité est tombé malade. En vain. « Révoltés » par l’attitude de leur employeur et inquiets pour la santé du personnel, les élus du comité social et économique de l’entreprise ont exigé l’arrêt de l’activité, mardi. Toujours en vain. Mercredi matin, aux aurores, « tous les gens sont sortis et ont fait jouer leur droit de retrait », raconte M. Laurent. Leur initiative a alors porté ses fruits : Punch Powerglide va passer en chômage partiel durant quatre semaines.

Chez Valeo, la CFDT espère obtenir « la fermeture provisoire des sites de production », confie un élu, Ivan Estlimbaum, selon lequel dans toutes les usines de l’équipementier auto les distances de sécurité sur les chaînes d’assemblage ne sont pas respectées. Et les gants et gels hydroalcooliques manquent.

Ces équipements font aussi défaut dans les agences bancaires qui, elles, resteront ouvertes au public. Les banques ayant le statut d’opérateur d’importance vitale (OIV), leurs activités sont considérées comme indispensables pour la population qui doit conserver l’accès à son argent. « Compte tenu du statut OIV, les salariés qui se sentent en danger sur leur lieu de travail ne peuvent pas exercer leur droit de retrait », souligne Frédéric Guyonnet, le président national du syndicat SNB-CFE-CGC, pour qui l’angoisse est palpable.

Gants, masques, gel hydroalcoolique

Or, partout, gants, masques et bidons de gel hydroalcoolique font défaut. Et ce manque d’équipements alimente un fort sentiment d’injustice. Y a-t-il deux poids deux mesures dans une même entreprise ?, s’interrogent les ouvriers. « Nous, les ouvriers, on nous dit : Allez travailler !”, s’agace M. Leroy, élu CGT à Wattrelos, alors que les cadres travaillent depuis chez eux. »

« La protection des travailleurs en activité [est] un gros point noir », a résumé Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, sur France Inter, mercredi 18 mars. « Il y a des insuffisances », a-t-il relevé, plaidant pour que ceux qui poursuivent leurs activités soient équipés « de manière rapide. »

A défaut, l’exercice du droit de retrait – il est ouvert à tout salarié si la situation de travail présente un danger grave et imminent – pourrait vite prendre de l’ampleur, y compris au sein d’entreprises dites essentielles. Parce que La Poste a pris des mesures « insuffisantes pour protéger leur santé », selon le syndicat SUD-PTT, des préposés y ont eu recours dans des bureaux de poste de Loire-Atlantique, mais aussi à Grenoble. Des agents de la SNCF l’ont aussi exercé, reconnaît la société.

Face à ce phénomène, le gouvernement table sur l’instauration de l’état d’urgence sanitaire pour maintenir l’activité dans les entreprises « de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale », selon le texte du projet de loi discuté, mercredi 18 mars après-midi, en conseil des ministres. Objectif : éviter un arrêt complet de l’économie tricolore, alors que la France s’impose des mesures de confinement pour lutter contre l’épidémie due au coronavirus.

Quelques heures avant la discussion du projet, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, avait invité « tous les salariés des entreprises encore ouvertes et des activités indispensables au bon fonctionnement du pays nettoyage, traitement des eaux, industrie agroalimentaire, grande distribution à se rendre sur leur lieu de travail ».

Jeudi 19 mars, c’est Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire, qui a publié une lettre ouverte aux agents et salariés de l’énergie, des transports, de l’eau et des déchets, dans laquelle elle loue leur « rôle fondamental pour la vie de la nation ».

Cette reconnaissance sera-t-elle suffisante, alors que les salariés du secteur de traitement des déchets commencent aussi à se mobiliser ? En Seine-Saint-Denis, chez Otus, filiale de Veolia, certains camions-poubelles sont restés au garage, mercredi 18 mars. Dix-huit éboueurs ont exercé leur droit de retrait, rapporte Abdelkader Dif, représentant du personnel CGT. En cause, entre autres : un nombre insuffisant de flacons de gel hydroalcoolique. « Quatorze pour 130 salariés. Nous travaillons par équipes de trois, ça ne fait même pas un gel par équipe ! »

« On ne veut pas y laisser notre peau »

Des employés de la Blanchisserie blésoise, près de Blois, envisagent eux aussi d’avoir recours à ce droit, assure Eric Gondy, secrétaire général Force ouvrière du Loir-et-Cher. Dans ce site industriel où, de jour comme de nuit, 180 opérateurs lavent le linge d’hôpitaux franciliens, « nous avons du gel, des gants, mais pas de masques », déplore l’un d’entre eux en évoquant « les chariots de draps souillés, parfois gorgés de sang et d’excréments » qui y sont triés. « Or si le linge sort parfaitement propre, les chariots de transport ne sont pas décontaminés comme il le faudrait et cela représente un risque pour les opérateurs. On sait tous qu’il faut continuer de traiter le linge pour ne pas paralyser les hôpitaux, mais on ne veut pas y laisser notre peau », explique ce dernier.

Qu’en sera-t-il dans les secteurs de la grande distribution, de ses fournisseurs et de ses transporteurs ? Le président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), Richard Girardot, a mis en garde mercredi contre d’éventuelles difficultés logistiques de nature à perturber le fonctionnement des magasins. Le gouvernement y surveille de près le climat social. « Il n’y a pas de problème d’approvisionnement aujourd’hui (…), mais il commence à y avoir une tension dans un certain nombre de supermarchés, de commerces, en matière de salariés », a reconnu le ministre des finances, Bruno Le Maire, à l’issue du conseil des ministres, mercredi soir.

Le gouvernement multiplie les gestes d’encouragement aux caissières, employés et manutentionnaires qui travaillent dans les grandes surfaces. Mercredi, le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, et M. Le Maire ont diffusé dans la matinée un message « d’encouragement et de reconnaissance » aux salariés du secteur, saluant leur « sens des responsabilités » qui permet « d’assurer aux Français qu’ils pourront se nourrir sainement et sans privation ». « Nous comptons sur vous », ont fait valoir les deux ministres en promettant qu’« en retour, l’Etat sera à [leurs] côtés pour traverser cette période difficile ».

En première ligne

Car, partout en France, en magasin, à l’entrée, derrière la caisse, en réserve ou lors des livraisons, les employés des supermarchés sont en première ligne. La foule se presse en magasins depuis plusieurs jours, accroissant les risques de propagation du virus. « Les employés sont très angoissés, mais ils viennent quand même », rapporte Laurence Gilardo, déléguée syndicale FO du Groupe Casino. Lundi 16 mars, Carrefour avait enregistré moins de 10 % d’absentéisme dans ses effectifs. Ont-ils toujours le choix ? « Certains magasins Leclerc mettent la pression sur les salariés pour qu’ils ne se mettent pas en arrêt pour s’occuper de leurs enfants », a dénoncé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Dans le secteur du transport, ce taux d’absentéisme ne cesse de croître. « Nous sommes un peu plus inquiets qu’hier [mardi] », déclare Alexis Degouy, délégué général de l’Union des entreprises transport et logistique de France. Est-ce aussi un effet collatéral de l’indemnisation élargie du chômage partiel ? A l’en croire, « c’est une très bonne mesure pour les salariés, mais elle fonctionne aussi comme une incitation à rester à la maison ».

Voir par ailleurs:

Coronavirus Perspective

Richard A. Epstein

Hoover

March 16, 2020

[This article has been revised on April 6, 2020, and the updated version can be found here.]

The world is in a full state of panic about the spread and incidence of COVID-19. The latest world-wide tallies, as of this writing are:

The most dramatic news of the day has been the sudden spike in the number of Italian cases, totaling 24,747 with 1,809 deaths, which may grow to exceed the 3,099 in China.

Overlooked is the good news coming out of China, where the latest report shows 16 new cases and 14 new deaths, suggesting that the number of deaths in the currently unresolved group will be lower than the 5.3 percent conversion rate in the cases resolved to date. In my view, we will see a similar decline in Italy, for reasons that I shall outline in the remainder of this article.

From this available data, it seems more probable than not that the total number of cases world-wide will peak out at well under 1 million, with the total number of deaths at under 50,000. In the United States, the current 67 deaths should reach about 5000 (or ten percent of my estimated world total, which may also turn out to be low).

[Correction & Addendum as of March 24, 2020: 

My original erroneous estimate of 500 dead in the US is a number ten times smaller than I intended to state, and it too could prove somewhat optimistic. But any possible error rate in this revised projection should be kept in perspective. The current U.S. death toll stands at 592 as of noon on March 24, 2020, out of about 47,000 cases. So my adjusted figure, however tweaked, remains both far lower, and I believe far more accurate, than the common claim that there could be a million dead in the U.S. from well over 150 million coronavirus cases before the epidemic runs its course.]

Of course, every life lost is a tragedy—and the potential loss of 50,000 lives world-wide would be appalling—but those deaths stemming from the coronavirus are not more tragic than others, so that the same social calculus applies here that should apply in other cases.

These are deeply contrarian estimates. In dealing with any future prediction it is necessary to develop some model. Right now, the overwhelming consensus, based upon the most recent reports, is that the rate of infection will continue to increase so that the most severe interventions are needed to control what will under the worst of circumstances turn into a high rate of death. This pessimistic view is well captured in an op-ed by Nicholas Kristof and Stuart Thompson, who offer this graph to stress the importance and the immediacy of the looming crisis.

The model here projects a slow takeoff, a sharp rise, and an equally dramatic decline, with a huge cumulative total of deaths. The authors allow that if moderate precautions are taken, these totals might be reduced by about half. The key assumption of this model is a replication rate of 2.3, whereby each person who is infected then infects two others, seemingly without end. But the model does not specify the periodicity of the replication rate or allow it to vary with any downward changes in viral toxicity or human behavioral responses that delay interaction. Nor does the model recognize that if the most vulnerable people are hit first, subsequent iterations will be slower because the remaining pool of individuals is more resistant to infection. And finally, the model explicitly ignores the possibility that the totals will decline as the weather gets warmer.

The writer Tomas Pueyo has struck a similar chord with his viral post “Coronavirus: Why You Must Act Now.” That article contains graph after graph indicating an exponential expansion of cases in the last several days, and then claims that these infections will translate themselves into a similar number of deaths down the line unless radical countermeasures are taken.

Much of the current analysis does not explain how and why rates of infection and death will spike, so I think that it is important to offer a dissenting voice. In what follows, I look first at the trends in the American data, and then, building on my conclusions there, I construct a theoretical framework to evaluate the evolution of the coronavirus in other places.

Based on the data, I believe that the current dire models radically overestimate the ultimate death toll. There are three reasons for this.

First, they underestimate the rate of adaptive responses, which should slow down the replication rate. Second, the models seem to assume that the vulnerability of infection for the older population—from 70 upward—gives some clue as to the rate of spread over the general population, when it does not. Third, the models rest on a tacit but questionable assumption that the strength of the virus will remain constant throughout this period, when in fact its potency should be expected to decline over time, in part because of temperature increases.

As of March 16, the data from the United States falls short of justifying the draconian measures that are now being implemented. As of two days ago, 39 states have declared states of emergency, and they have been joined at the federal level with President Trump’s recent declaration to the same effect. These declarations are meant to endow governments with the power to impose quarantines and travel bans, close schools, restrict public gatherings, shut down major sporting events, stop public meetings, and close restaurants and bars. Private institutions are imposing similar restrictions. The one-two punch of public and private restrictions has caused a huge jolt to the economy.

The irony here is that even though self-help measures like avoiding crowded spaces make abundant sense, the massive public controls do not. In light of the available raw data, public officials have gone overboard. To begin with, the word pandemic should not be lightly used. Recall that the Spanish influenza pandemic, fully worthy of the name, resulted in perhaps as many as a half-billion infections and between 50 and 100 million deaths, world-wide, of which some 675,000 were Americans, many coming back from Europe in the aftermath of the First World War. The World Health Organization recently declared coronavirus a pandemic at a time when the death count was at 4,000, presently being just over 6,500. It will surely rise no matter what precautions are taken going forward, but what is critical is some estimate of the rate.

By way of comparison, the toll from the flu in the United States since October ran as follows: between 36 to 51 million infections, between 370 thousand to 670 thousand flu hospitalizations, and between 22 thousand to 55 thousand flu deaths. That works out to between roughly between 230,000 to 320,000 new infections per day, and between 140 to 350 deaths per day for an overall mortality rate of between 0.044 percent to 0.152 percent.

As we think about the mortality rate of COVID-19, there are some important pieces of data to consider. The chart below documents the most current numbers reported by the New York Times (as of March 16) for the four hardest hit states:

Note that Washington state, with 676 reported cases and 42 deaths, has a mortality rate of 6.21 percent, which can be traced to a nursing facility in Kirkland Washington. While only contributing 57 cases, it was the source of 27 of the reported deaths, almost two-thirds of the fatalities. (We should expect, as has been the case, that the mortality rate in Washington will decline as the newer cases will not come exclusively from that high-risk population.) The next three states have 1,577 diagnosed cases and 11 deaths for a mortality rate of 0.69 percent, a number which has trended lower over the last few days. Unlike the deadly exposures in Kirkland, the exposures in New York state produced many documented illnesses, but only two deaths even after two weeks of exposure. And while it is easy to miss latent cases, it is harder to miss any virus-related death. Given that the incubation period is about two-weeks, the pool of cases before March 1 should be small.

Many of the dire media accounts do not mention evolution. After the initial outburst in Kirkland, the target population was fitter. It is instructive therefore to look at the total number of cases, which spiked from 70 cases on March 5 to 672 cases on March 15. But those figures do not presage an increase into the thousands of daily cases that would be needed to reach the totals of the flu season. The current numbers are about 3 per cent of the rate of new flu cases in the 2019-2020 virus season. Even if there is some undercounting, it is highly unlikely, given the relatively short (two-week) incubation period, that the number of current cases will more than double or triple. It is also unlikely that most of the increase in reported cases (as opposed to deaths) will be in the population over age 70. More importantly, these numbers, as reported by the Centers for Disease Control, do not give any indication of heightened severity.

What, then, does all of this portend for the future of COVID-19 in the United States? Good news is more likely than bad, notwithstanding the models that predict otherwise. The deaths in Washington have risen only slowly, even as the number of infections mount. The New York cases have been identified for long enough that they should have produced more deaths if the coronavirus was as dangerous as is commonly believed.

But why might the dire predictions be wrong?  Consider the New York Times graphic below, which catalogs the daily totals of new coronavirus cases:

The theoretical answer to the question of how deadly the virus will turn out lies in part in a strong analytical relationship between the rate of spread and the strength of the virus. Start with the simple assumption that there is some variance in the rate of seriousness of any virus, just as there is in any trait for any species. In the formative stage of any disease, people are typically unaware of the danger. Hence, they take either minimal or no precautions to protect themselves from the virus. In those settings, the virus—which in this instance travels through droplets of moisture from sneezing and bodily contact—will reach its next victim before it kills its host. Hence the powerful viruses will remain dominant only so long as the rate of propagation is rapid. But once people are aware of the disease, they will start to make powerful adaptive responses, including washing their hands and keeping their distance from people known or likely to be carrying the infection. Various institutional measures, both private and public, have also slowed down the transmission rate.

At some tipping point, the most virulent viruses will be more likely to kill their hosts before the virus can spread. In contrast, the milder versions of the virus will wreak less damage to their host and thus will survive over the longer time span needed to spread from one person to another. Hence the rate of transmission will trend downward, as will the severity of the virus. It is a form of natural selection.

One key question is how rapidly this change will take place. There are two factors to consider. One is the age of the exposed population, and the other is the rate of change in the virulence of the virus as the rate of transmission slows, which should continue apace. By way of comparison, the virulent AIDS virus that killed wantonly in the 1980s crested and declined in the 1990s when it gave way to a milder form of virus years later once the condition was recognized and the bath houses were closed down. Part of the decline was no doubt due to better medicines, but part of it was due to this standard effect for diseases. Given that the coronavirus can spread through droplets and contact, the consequences of selection should manifest themselves more quickly than they did for AIDS.

It is instructive to see how this analysis fares by taking into account the Korean data, which is more complete than the American data. South Korea has been dealing with the coronavirus since January 20. Since that time, the Korean government has administered a total of 261,335 tests to its citizens. In press releases updated every day, the Korean CDC is reporting (as of March 15) 8,162 total infections against 75 deaths for an overall mortality rate of 0.92 percent. But as shown in the table below, the age-disparity in outcome is striking:

Clearly, the impact on elderly and immunocompromised individuals is severe, with nearly 90% of total deaths coming from individuals 60 and over. But these data do not call for shutting down all public and private facilities given the extraordinarily low rates of death in the population under 50. The adaptive responses should reduce the exposures in the high-risk groups, given the tendency for the coronavirus to weaken over time. My own guess is that the percentage of deaths will decline in Korea for the same reasons that they are expected to decline in the United States. It is highly unlikely that there will ever be a repetition of the explosive situation in Wuhan, where air quality is poorer and smoking rates are higher.

So what then should be done?

The first point is to target interventions where needed, toward high-risk populations, including older people and other people with health conditions that render them more susceptible to disease. But the current organized panic in the United States does not seem justified on the best reading of the data. In dealing with this point, it is critical to note that the rapid decline in the incidence of new cases and death in China suggests that cases in Italy will not continue to rise exponentially over the next several weeks. Moreover, it is unlikely that the healthcare system in the United States will be compromised in the same fashion as the Italian healthcare system in the wake of its quick viral spread. The amount of voluntary and forced separation in the United States has gotten very extensive very quickly, which should influence rates of infection sooner rather than later.

Perhaps my analysis is all wrong, even deeply flawed. But the stakes are too high to continue on the current course without reexamining the data and the erroneous models that are predicting doom.

Voir enfin:

Richard A. Epstein
Hoover
Monday, April 6, 2020

In the earlier, March 16, 2020 version, of this essay, I made the single largest unforced intellectual error in my entire academic career, when I included numerical estimates about the possible impact of the coronavirus in terms of life and death. Those estimates were obviously ridiculously too low. Those mistakes brought on a torrent of criticism, pointing out the magnitude of those errors. Unfortunately, those responses detracted from the main purpose of that initial essay, which was to question some of the basic assumptions of the standard model. I regret those mistakes, and of course, I retract them.

It is, however, important to stress that those errors were in no way essential to the central point that I made there, and continue to put forward—namely the serious overprojection of cases and deaths found in the New York Times graphic below, and in similar studies that predict tens of millions of coronavirus cases, and upwards of one million deaths. These proposals all rest on some version of the standard (“logistic”) models. In the constant efforts to criticize the incorrect numbers, little or no attention has been paid to my substantive queries as to the soundness of the standard models, by taking into account both the evolutionary forces of natural selection on the one side and the individual and institutional responses to incentives on the other.

Adding those two elements into the mix led me to suggest that the estimates generated by the standard model would turn out to be far too high, perhaps by an order of magnitude. I have recently come across this extraordinary interview by Professor Knut Wittkowski, an epidemiologist which states in powerful form why the current policies of social distancing will prolong but not eliminate the disease. His insights go a long way toward explaining why, in the three weeks that have followed, the recent data has not come close to reaching those high estimates, and it seems unlikely that they will. The recent data shows that as of Monday morning April 6, 2020 the number of deaths in the United States stood at 9,655, and the total number of cases stood at 336,776, distributed as follows (where the sharp decline on April 5, 2020 may reflect some Sunday underreporting):

These numbers are far below those predicted by the conventional models, and it is important to explain the discrepancy. As I mentioned in the initial version of this essay, I am fully aware that these views are contrary to the standard wisdom. But I hope that even my strongest critics will address the substantive arguments raised here against the conventional model, which seems systematically to have overpredicted the duration and severity of the current coronavirus pandemic.

The first paragraphs of the earlier version of this essay have been deleted. The remainder, is as it appeared on March 16, 2020.

***

These are deeply contrarian estimates. In dealing with any future prediction it is necessary to develop some model. Right now, the overwhelming consensus, based upon the most recent reports, is that the rate of infection will continue to increase so that the most severe interventions are needed to control what will under the worst of circumstances turn into a high rate of death. This pessimistic view is well captured in an op-ed by Nicholas Kristof and Stuart Thompson, who offer this graph to stress the importance and the immediacy of the looming crisis.

The model here projects a slow takeoff, a sharp rise, and an equally dramatic decline, with a huge cumulative total of deaths. The authors allow that if moderate precautions are taken, these totals might be reduced by about half. The key assumption of this model is a replication rate of 2.3, whereby each person who is infected then infects two others, seemingly without end. But the model does not specify the periodicity of the replication rate or allow it to vary with any downward changes in viral toxicity or human behavioral responses that delay interaction. Nor does the model recognize that if the most vulnerable people are hit first, subsequent iterations will be slower because the remaining pool of individuals is more resistant to infection. And finally, the model explicitly ignores the possibility that the totals will decline as the weather gets warmer.

The writer Tomas Pueyo has struck a similar chord with his viral post “Coronavirus: Why You Must Act Now.” That article contains graph after graph indicating an exponential expansion of cases in the last several days, and then claims that these infections will translate themselves into a similar number of deaths down the line unless radical countermeasures are taken.

Much of the current analysis does not explain how and why rates of infection and death will spike, so I think that it is important to offer a dissenting voice. In what follows, I look first at the trends in the American data, and then, building on my conclusions there, I construct a theoretical framework to evaluate the evolution of the coronavirus in other places.

Based on the data, I believe that the current dire models radically overestimate the ultimate death toll. There are three reasons for this.

First, they underestimate the rate of adaptive responses, which should slow down the replication rate. Second, the models seem to assume that the vulnerability of infection for the older population—from 70 upward—gives some clue as to the rate of spread over the general population, when it does not. Third, the models rest on a tacit but questionable assumption that the strength of the virus will remain constant throughout this period, when in fact its potency should be expected to decline over time, in part because of temperature increases.

As of March 16, the data from the United States falls short of justifying the draconian measures that are now being implemented. As of two days ago, 39 states have declared states of emergency, and they have been joined at the federal level with President Trump’s recent declaration to the same effect. These declarations are meant to endow governments with the power to impose quarantines and travel bans, close schools, restrict public gatherings, shut down major sporting events, stop public meetings, and close restaurants and bars. Private institutions are imposing similar restrictions. The one-two punch of public and private restrictions has caused a huge jolt to the economy.

The irony here is that even though self-help measures like avoiding crowded spaces make abundant sense, the massive public controls do not. In light of the available raw data, public officials have gone overboard. To begin with, the word pandemic should not be lightly used. Recall that the Spanish influenza pandemic, fully worthy of the name, resulted in perhaps as many as a half-billion infections and between 50 and 100 million deaths, world-wide, of which some 675,000 were Americans, many coming back from Europe in the aftermath of the First World War. The World Health Organization recently declared coronavirus a pandemic at a time when the death count was at 4,000, presently being just over 6,500. It will surely rise no matter what precautions are taken going forward, but what is critical is some estimate of the rate.

By way of comparison, the toll from the flu in the United States since October ran as follows: between 36 to 51 million infections, between 370 thousand to 670 thousand flu hospitalizations, and between 22 thousand to 55 thousand flu deaths. That works out to between roughly between 230,000 to 320,000 new infections per day, and between 140 to 350 deaths per day for an overall mortality rate of between 0.044 percent to 0.152 percent.

As we think about the mortality rate of COVID-19, there are some important pieces of data to consider. The chart below documents the most current numbers reported by the New York Times (as of March 16) for the four hardest hit states:

Note that Washington state, with 676 reported cases and 42 deaths, has a mortality rate of 6.21 percent, which can be traced to a nursing facility in Kirkland Washington. While only contributing 57 cases, it was the source of 27 of the reported deaths, almost two-thirds of the fatalities. (We should expect, as has been the case, that the mortality rate in Washington will decline as the newer cases will not come exclusively from that high-risk population.) The next three states have 1,577 diagnosed cases and 11 deaths for a mortality rate of 0.69 percent, a number which has trended lower over the last few days. Unlike the deadly exposures in Kirkland, the exposures in New York state produced many documented illnesses, but only two deaths even after two weeks of exposure. And while it is easy to miss latent cases, it is harder to miss any virus-related death. Given that the incubation period is about two-weeks, the pool of cases before March 1 should be small.

Many of the dire media accounts do not mention evolution. After the initial outburst in Kirkland, the target population was fitter. It is instructive therefore to look at the total number of cases, which spiked from 70 cases on March 5 to 672 cases on March 15. But those figures do not presage an increase into the thousands of daily cases that would be needed to reach the totals of the flu season. The current numbers are about 3 per cent of the rate of new flu cases in the 2019-2020 virus season. Even if there is some undercounting, it is highly unlikely, given the relatively short (two-week) incubation period, that the number of current cases will more than double or triple. It is also unlikely that most of the increase in reported cases (as opposed to deaths) will be in the population over age 70. More importantly, these numbers, as reported by the Centers for Disease Control, do not give any indication of heightened severity.

What, then, does all of this portend for the future of COVID-19 in the United States? Good news is more likely than bad, notwithstanding the models that predict otherwise. The deaths in Washington have risen only slowly, even as the number of infections mount. The New York cases have been identified for long enough that they should have produced more deaths if the coronavirus was as dangerous as is commonly believed.

But why might the dire predictions be wrong?  Consider the New York Times graphic below, which catalogs the daily totals of new coronavirus cases:

The theoretical answer to the question of how deadly the virus will turn out lies in part in a strong analytical relationship between the rate of spread and the strength of the virus. Start with the simple assumption that there is some variance in the rate of seriousness of any virus, just as there is in any trait for any species. In the formative stage of any disease, people are typically unaware of the danger. Hence, they take either minimal or no precautions to protect themselves from the virus. In those settings, the virus—which in this instance travels through droplets of moisture from sneezing and bodily contact—will reach its next victim before it kills its host. Hence the powerful viruses will remain dominant only so long as the rate of propagation is rapid. But once people are aware of the disease, they will start to make powerful adaptive responses, including washing their hands and keeping their distance from people known or likely to be carrying the infection. Various institutional measures, both private and public, have also slowed down the transmission rate.

At some tipping point, the most virulent viruses will be more likely to kill their hosts before the virus can spread. In contrast, the milder versions of the virus will wreak less damage to their host and thus will survive over the longer time span needed to spread from one person to another. Hence the rate of transmission will trend downward, as will the severity of the virus. It is a form of natural selection.

One key question is how rapidly this change will take place. There are two factors to consider. One is the age of the exposed population, and the other is the rate of change in the virulence of the virus as the rate of transmission slows, which should continue apace. By way of comparison, the virulent AIDS virus that killed wantonly in the 1980s crested and declined in the 1990s when it gave way to a milder form of virus years later once the condition was recognized and the bath houses were closed down. Part of the decline was no doubt due to better medicines, but part of it was due to this standard effect for diseases. Given that the coronavirus can spread through droplets and contact, the consequences of selection should manifest themselves more quickly than they did for AIDS.

It is instructive to see how this analysis fares by taking into account the Korean data, which is more complete than the American data. South Korea has been dealing with the coronavirus since January 20. Since that time, the Korean government has administered a total of 261,335 tests to its citizens. In press releases updated every day, the Korean CDC is reporting (as of March 15) 8,162 total infections against 75 deaths for an overall mortality rate of 0.92 percent. But as shown in the table below, the age-disparity in outcome is striking:

Clearly, the impact on elderly and immunocompromised individuals is severe, with nearly 90% of total deaths coming from individuals 60 and over. But these data do not call for shutting down all public and private facilities given the extraordinarily low rates of death in the population under 50. The adaptive responses should reduce the exposures in the high-risk groups, given the tendency for the coronavirus to weaken over time. My own guess is that the percentage of deaths will decline in Korea for the same reasons that they are expected to decline in the United States. It is highly unlikely that there will ever be a repetition of the explosive situation in Wuhan, where air quality is poorer and smoking rates are higher.

So what then should be done?

The first point is to target interventions where needed, toward high-risk populations, including older people and other people with health conditions that render them more susceptible to disease. But the current organized panic in the United States does not seem justified on the best reading of the data. In dealing with this point, it is critical to note that the rapid decline in the incidence of new cases and death in China suggests that cases in Italy will not continue to rise exponentially over the next several weeks. Moreover, it is unlikely that the healthcare system in the United States will be compromised in the same fashion as the Italian healthcare system in the wake of its quick viral spread. The amount of voluntary and forced separation in the United States has gotten very extensive very quickly, which should influence rates of infection sooner rather than later.

Perhaps my analysis is all wrong, even deeply flawed. But the stakes are too high to continue on the current course without reexamining the data and the erroneous models that are predicting doom.

Correction & Addendum, added March 24, 2020: 

That estimate is ten times greater than the 500 number I erroneously put in the initial draft of the essay, and it, too, could prove somewhat optimistic. But any possible error rate in this revised projection should be kept in perspective. The current U.S. death toll stands at 592 as of noon on March 24, 2020, out of about 47,000 cases. So my adjusted figure, however tweaked, remains both far lower, and I believe far more accurate, than the common claim that there could be a million dead in the U.S. from well over 150 million coronavirus cases before the epidemic runs its course.