Immigration: Attention, une vérité qui dérange peut en cacher une autre ! (Better green than dead: What other unconvenient truth ?)

10 août, 2018

 
feuxQuand les mille ans seront accomplis, Satan (…) sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Jean (Apocalypse 20: 7-9)
Le titre m’est venu de la lecture de l’Apocalypse, du chapitre 20, qui annonce qu’au terme de mille ans, des nations innombrables venues des quatre coins de la Terre envahiront « le camp des saints et la Ville bien-aimée ». Jean Raspail
Le 17 février 2001, un cargo vétuste s’échouait volontairement sur les rochers côtiers, non loin de Saint-Raphaël. À son bord, un millier d’immigrants kurdes, dont près de la moitié étaient des enfants. Cette pointe rocheuse faisait partie de mon paysage. Certes, ils n’étaient pas un million, ainsi que je les avais imaginés, à bord d’une armada hors d’âge, mais ils n’en avaient pas moins débarqué chez moi, en plein décor du Camp des saints, pour y jouer l’acte I. Le rapport radio de l’hélicoptère de la gendarmerie diffusé par l’AFP semble extrait, mot pour mot, des trois premiers paragraphes du livre. La presse souligna la coïncidence, laquelle apparut, à certains, et à moi, comme ne relevant pas du seul hasard. Jean Raspail
Qu’est-ce que Big Other ? C’est le produit de la mauvaise conscience occidentale soigneusement entretenue, avec piqûres de rappel à la repentance pour nos fautes et nos crimes supposés –  et de l’humanisme de l’altérité, cette sacralisation de l’Autre, particulièrement quand il s’oppose à notre culture et à nos traditions. Perversion de la charité chrétienne, Big Other a le monopole du Vrai et du Bien et ne tolère pas de voix discordante. Jean Raspail
Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre les opinions exprimées à titre privé et celles tenues publiquement. Double langage et double conscience… À mes yeux, il n’y a pire lâcheté que celle devant la faiblesse, que la peur d’opposer la légitimité de la force à l’illégitimité de la violence. Jean Raspail
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. (…) Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident « le monde libre » par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce « monde libre », fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein. Robert Redeker
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement. Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion. The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects ». Al Jazeera (2003)
Farmers accuse local politicians of allowing water to be diverted from their areas in return for bribes. While the nationwide protests in December and January stemmed from anger over high prices and alleged corruption, in rural areas, lack of access to water was also a major cause, analysts say. In Syria, drought was one of the causes of anti-government protests which broke out in 2011 and led to civil war, making the Iranian drought particularly sensitive. Approximately 97 percent of the country is experiencing drought to some degree, according to the Islamic Republic of Iran Meteorological Organization. Rights groups say it has driven many people from their homes. A United Nations report last year noted, “Water shortages are acute; agricultural livelihoods no longer sufficient. With few other options, many people have left, choosing uncertain futures as migrants in search of work.” In early January, protests in the town of Qahderijan, some 10 km (6 miles) west of Isfahan, quickly turned violent as security forces opened fire on crowds, killing at least five people, according to activists. One of the dead was a farmer, CHRI said, and locals said water rights were the main grievance. Hassan Kamran, a parliamentarian from Isfahan, publicly criticised energy minister Reza Ardakanian this month, accusing him of not properly implementing a water distribution law. “The security and intelligence forces shouldn’t investigate our farmers. The water rights are theirs,” he told a parliamentary session. In early March, Ardakanian set up a working group comprising four ministers and two presidential deputies to deal with the crisis. Since the January protests, Rouhani has repeatedly said the government will do what it can to address grievances. But there is no quick fix for deeply rooted environmental issues like drought, observers say. Reuters
Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes. (…) Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. (…) En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées. La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. (…) Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée. Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau. (…) Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime. Jacques Benillouche
Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas. Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas. Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables. À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs. Les rapports indiquent que des milliers de dounams [1/10e d’hectare] de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole. Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie. Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux. La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues. Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium. Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ». Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ». Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour. Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie. Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits. Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger. Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées. Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger. (…) La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur. Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies. Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés. L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes. (…) Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires. Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains. Jean Vercors (Dreuz)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Comme au bon vieux temps de la Terreur, quand les gens venaient assister aux exécutions à la guillotine sur la place publique. Maintenant, c’est par médias interposés que la mort fait vibrer les émotions (…) Les médias filment la mort comme les réalisateurs de X filment les ébats sexuels. Bernard Dugué
Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. James Alan Fox (Northeastern University)
Voyez comme c’est devenu énorme, en seulement quelques jours… Voyez à quelle vitesse cet incendie du ‘Mendocino Complex’ est monté dans le classement des sinistres. Scott Mclean (Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie)
Holy Fire 2018: Man arrested on suspicion of arson as ‘DOOMSDAY’ fire spreads. California authorities have charged a 51-year-old man with felony arson for allegedly starting the Holy Fire that has been ripping through the Orange and Riverside counties in Southern California as locals describe « doomsday » scenario. » The Express
Deux foyers qui ravagent le nord de la Californie ont formé ensemble, lundi 6 août, le plus grand incendie de l’histoire de cet État de l’ouest des États-Unis, annoncent les autorités. Appelés « incendie du Mendocino Complex », les deux brasiers ont réduit en cendres plus de 114 850 hectares – une superficie proche de la taille de l’immense ville de Los Angeles – et ne sont maîtrisés qu’à 30% environ, a annoncé Calfire, le service californien de lutte contre les incendies. (…) Le « Mendocino Complex » a surpassé en superficie détruite l’incendie Thomas, qui avait détruit 114 078 hectares en décembre 2017. L’incendie Carr, qui sévit également dans le nord de la Californie, a tué sept personnes et détruit plus de 1 600 bâtiments, dont un millier de logements. (…) L’autre grand incendie de la région, surnommé « Ferguson », qui a provoqué la fermeture partielle du parc national de Yosemite, en pleine saison touristique, était contenu à 38%. Plus de 14 000 pompiers combattent les divers incendies en cours dans l’État de Californie. Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées depuis le début de cette série de sinistres. Francetv info
A wildland fire is devouring thousands of acres of grass and brush and some rustic cabins as well in Orange and Riverside counties. It’s dubbed the Holy fire, because it started in the Holy Jim Canyon area, near a road with that name. The Orange county register
Unlike hurricanes, wildfires are not named from a predetermined list. They are named by officials, who choose names based on “a geographical location, local landmark, street, lake, mountain, peak, etc.,” the California Department of Forestry and Fire Protection said. Officials said that quickly coming up with a label provides firefighters another way to locate the blaze and allows officials to track and prioritize incidents by name. A Twitter hashtag that identified the devastating fires in San Diego in 2007 — #sandiegofire — proved useful as people used it to organize information about road closures and evacuations, officials said. (…) Even names that would seem to have little to do with geography often tie back to location somehow. The 2007 Witch Fire, which destroyed about 1,650 structures, had nothing to do with sorcery, but it did originate in an area of San Diego County known as Witch Creek. (…) during the summer of 2015, there were so many fires, officials named one in southeast Idaho “Not Creative,” according to reports. A spokeswoman for the Idaho Department of Lands rationalized the choice to NPR, saying the name was selected after a long day of firefighting and after officials realized there were no significant landmarks nearby. Then there is the 416 Fire. The blaze, which has blackened more than 50,000 acres in Colorado since June, was named by the Durango Interagency Dispatch Center after its “system-generated number,” officials explained. The conflagration was the 416th “incident” in the San Juan National Forest — where the dispatch center is — this year, officials said. (…) The process of naming hurricanes is much more complicated. An international panel of meteorologists actually names the storms years in advance. Meteorologists use six lists of alphabetically arranged female and male names, which are used in rotation. (The 2018 list will be used again in 2024.) But if a storm is so destructive that using its name again would seem insensitive, a committee can remove the name from the list and select a replacement. For instance, Katrina will not be used again. The World Meteorological Organization said the names are never in reference to a particular person. Instead, the group said, the names are meant to be “familiar to the people in each region” because, just as with fires, the point is for the public to be able to remember them. NYT
Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans). Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers. Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou. Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis. A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité. Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs. Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent. (…) Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur… Xavier Raufer
Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a (…) découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place. L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph, elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post. (…) Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles».  (…) Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point. L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées. Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Le Figaro
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)
Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français: ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites. Juan Pedro Quiñonero (ABC)
L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites. Comité d’orientation des retraites
Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques. Xavier Chojnicki
Maintenant, je me sens carrément isolée, je suis une toute petite minorité. C’est difficile de devenir une minorité chez soi, vous savez (…). Ce qui est nouveau, c’est que les Français d’origine étrangère se replient sur leur origine, ne se sentent plus français. Et moi, Française, je me sens mal (…) Même mes fils sont d’une autre culture que moi. Pour eux, être français, ça ne veut rien dire. Ils n’ont plus de nationalité, ils s’identifient de manière vague à une religion, celle qui est majoritaire. Ils observent les gestes de l’islam, une façon musulmane d’être et de parler, ils sont fiers d’appartenir à la majorité. Ils ne veulent pas être français, ils ne veulent pas s’intégrer dans la société, ils voudraient être blacks et beurs comme tout le monde, mais ils ne se comportent pas comme des musulmans. Tant de choses incohérentes. Christine C. (47 ans, cinq enfants, 28 ans de Courneuve, Le Monde, 12.11. 05)
L’explosion de l’immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l’entrée légale de travailleurs dans les années 1970. (…) à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l’entrée de nouveaux travailleurs au nom d’une certaine forme de «préférence nationale».(…) Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l’asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d’accueil !… On convient d’appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s’embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction… Mais on considère comme immigrante régulière l’adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d’adoption comme son «épouse» légitime…(…)De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil. L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait. (…) La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre ! (…) Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté. Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge. (…) La fracture nationale fait au moins l’affaire des classes supérieures qui tirent parti de leurs atouts (éducation, héritage) pour renforcer leur position sociale comme le démontre le chercheur Éric Maurin. Dans les «ghettos blancs» du VIIe arrondissement, de Neuilly, de Saint-Germain-en-Laye ou Chevreuse… les privilégiés considèrent avec détachement les troubles qui agitent le reste du pays. Qu’ont-ils à craindre ?… De l’École Alsacienne au lycée Henri IV, leurs enfants bénéficient d’un parcours fléché qui leur garantit de conserver leur statut social et les préserve de tout mélange. Les revenus de ces classes supérieures progressent à qui mieux mieux tandis que les classes moyennes voient les leurs stagner ou régresser sous le fardeau d’un État boulimique et impotent. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les enfants des classes populaires et immigrées n’ont plus guère l’espoir d’accéder un jour aux premières places de la fonction publique et des grandes entreprises. Depuis un quart de siècle, l’ascenseur social est en panne et les clivages culturels, religieux et linguistiques qui se mettent en place rendent plus minces encore leurs chances de promotion. (…) La très grande majorité des immigrants qui affluent en Europe par-dessus la Méditerranée ou le Bosphore n’ont pas de qualification professionnelle. Ils sont exclus des emplois légaux et grossissent l’économie souterraine (travail au noir, réseaux esclavagistes…), à moins qu’ils ne se cantonnent dans des emplois précaires (vigiles, nurses, aides-ménagères…). Quant aux diplômés du tiers monde qui quittent leur pays, ils choisissent unanimement les États-Unis et le Canada, assurés de pouvoir y travailler et développer leurs talents dans d’excellentes conditions et sans restrictions administratives (la moitié des 180.000 immigrants qu’a reçus le Canada en 2005 avaient un niveau d’études supérieures. Sans commentaire !). (…) Des démographes mandatés par l’ONU ont publié en 2000 un rapport mi-sérieux, mi-ironique où ils faisaient valoir que la France aurait besoin de 25 millions d’immigrants d’ici 2025 pour combler les postes vacants dans les entreprises… en l’absence de toute réforme d’envergure et à supposer que l’on trouve dans le tiers monde les compétences indispensables aux besoins d’une économie moderne. Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir ! (…) Il est antinomique de faire venir de l’étranger des laveurs de carreaux, des infirmières ou des bûcherons et de prétendre résorber le chômage massif chez les jeunes Français issus des précédentes vagues de travailleurs immigrés. Les petits (et grands) patrons de la restauration jurent leurs grands dieux qu’ils ne trouvent personne à qui confier leur plonge ou même leur cuisine en-dehors d’Africains de la brousse n’ayant jamais touché la queue d’une poêle. Comment est-il possible dans ces conditions que McDonald’s arrive à recruter des jeunes dans les banlieues ou les milieux estudiantins pour des travaux similaires ? Les petits (et grands) patrons du bâtiment expliquent de la même façon qu’ils ne trouvent personne pour les emplois de manœuvres ou même de maçons et doivent recourir à des travailleurs africains. Mais comment se peut-il que les centres de tri d’ordures ménagères arrivent à recruter du personnel dans les milieux populaires pour des travaux autrement plus pénibles ? (…) Les sociétés de gardiennage recourent désormais de façon presque systématique à des immigrés africains… mais les entreprises de logistique trouvent bien à employer des jeunes Français dans des tâches autrement plus éprouvantes. Et que dire des musées ? La plupart, y compris les plus prestigieux, confient désormais la garde de leurs salles à des personnes étrangères qui souvent maîtrisent à peine la langue française. (…) La France n’échappera sans doute pas au retour des internats surveillés ni à l’apprentissage dès 14 ans (au lieu de 16) pour lutter contre la déscolarisation (pourquoi pas aussi des études surveillées dans les écoles jusqu’en fin de soirée pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu Françoise Dolto ?). Un service civique obligatoire et universel devrait compenser la suppression hâtive du service militaire, qui était le seul lieu où les jeunes déclassés pouvaient rencontrer des Français d’autres milieux que le leur. Ce service civique devrait privilégier les échanges entre jeunes Français(es) de milieux différents, les plus favorisé(e)s instruisant les autres (alphabétisation, instruction civique, tenue d’un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle…). André Larané
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas
L’humoriste Yassine Belattar (…) est venu à Nantes, pour rencontrer les proches d’Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet par un tir policier, parler aux animateurs du quartier du Breil où a eu lieu le drame, aux avocats de la famille… Sans mettre en avant sa nouvelle casquette de membre du Conseil présidentiel des villes. L’humoriste issu des banlieues franciliennes a une voix qui porte, quitte à faire grincer des dents, et il n’est pas du genre à la fermer quand un sujet lui tient à cœur. « Ça sert à quoi, sinon, d’être artiste ? » Jordan, 24 ans, habitant du Breil et  «meilleur ami» d’Aboubakar se tient à ses côtés. Ils partagent la même indignation.  « Pendant 48 heures, notre ami s’est fait traiter de voyou. Il a été insulté sur les réseaux sociaux. Des commentaires racistes se sont réjouis de sa mort ! Une double peine pour sa famille,  se désole le jeune Nantais.  « Tout ça parce que la police – via les médias- a laissé croire qu’il avait été tué dans un acte de légitime défense »,  renchérit Yassine. Ils racontent : «  Ce garçon de 22 ans vivait à Nantes depuis un an et neuf mois. Ok, il avait fait des conneries à Garges-lès-Gonesses, difficile d’y échapper quand on grandit dans l’une des banlieues les plus mal famées de France. Mais, fort d’une famille très unie, aimante, il était parti à Nantes pour se reconstruire, trouver du travail. Et il est victime d’un fait divers affreux. »  Yassine Belattar ajoute : « Je suis tombé de ma chaise quand je me suis rendu compte que le policier avait menti ! » Le drame a provoqué cinq nuits d’émeutes à Nantes : 175 voitures brûlées, une trentaine de bâtiments public et commerces dégradés ou ravagés par des incendies… Un choc pour la ville.  « En banlieue parisienne, ça aurait été bien pire, affirme Belattar.  Ici, les habitants espèrent encore dans la justice, les associations sont présentes dans des quartiers qui ne sont pas éloignés du centre-ville. Mais la violence n’est pas une solution. Ce n’est pas en brûlant une bibliothèque qu’on va faire revivre Aboubakar. Le problème des émeutes, c’est qu’au bout d’un moment, ça devient comme une espèce de jeu pour des très jeunes gens. Et dans cinq ans, à cause de ça, le gamin qui aura marqué Breil sur son CV ne va pas forcément se faire rappeler ». Ils ne veulent pas évoquer les suites judiciaires de cette affaire, pour laisser le champ aux avocats de la famille. Mais l’humoriste, confirmant que le CRS auteur du tir est d’origine maghrébine, balaie l’hypothèse d’un homicide raciste :  « Pour nous, ce n’est pas un Rebeu qui a tué un Noir. C’est un policier qui a tué un jeune. Voilà le problème. »  Jordan et lui espèrent que le « mensonge » initial du policier, provoquera un déclic,  « un renouveau »,  dans les relations devenues détestables entre les forces de l’ordre et les jeunes.  « C’est peut-être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il faut qu’ils se parlent. Qu’ils crèvent l’abcès pour de vrai. Oui, des policiers n’en peuvent plus de se faire insulter. Oui, certains peuvent friser le  burn-out . Oui, les gens des quartiers se font maltraiter, insultés eux aussi et ont peur de la police, contrairement aux gens des centres-villes, martèle l’humoriste. Ouest France
Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences. La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales. C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance. Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère. Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ». Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère. Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple. Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses. Gilles-William Goldnadel
Mais le peuple, c’est pas le peuple qui  gouverne, c’est pas le peuple qui décide de quelle loi on doit faire à un instant T. Si on écoutait le peuple on aurait encore la peine de mort, nous aurions l’alcool au volant et peut-être d’autres excèsC’est pas au peuple de décider si on doit recevoir ou pas ces migrants, c’est au gouvernement pour qui le peuple a voté. (…) Même s’il y a des manifestations contre les migrants, ça ne change rien au fait qu’on doit au moins les accueillir … Jimmy Mohamed (médecin urgentiste, RMC, 14.08.2018)
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe) (…) y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière
Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux. Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne. Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité. L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme. Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme. La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006. Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe. Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire. A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité. J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED. Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration. Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct. (…) L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire. (…) Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe. On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants. Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années. Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini. Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment. La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites. Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ». Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration. En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression. (…) D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe» Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes. L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir. Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue. Polemia
Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait. L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique. L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral. Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales). Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. (…) Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié. Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Boulevard Voltaire
Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies. A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation. Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ? Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens. Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes. Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même. Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation. Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis. Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites. Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal. Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents. L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète. La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne. Europe-Etats-Unis-Israel-Australie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon. Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »… Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés. Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale. Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer. En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme. En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse. Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité. En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi. Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême ! Quoi ? Serait-ce possible ? Les Américains n’ont plus honte d’être américains ? Quoi! Les Juifs ne se cachent plus ! Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ? Sydney Touati
Si on peut se poser une question ici, ce n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu’il faudrait pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu des tas d’occasions. Les ennemis d’Israël nous ont donné bien plus d’occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l’État Islamique. (…) Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d’Israël à Londres ou dans d’autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d’ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d’Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d’antagonisme encore. Il est possible que certains pensent qu’Israël n’est tout simplement pas sur le même continent que l’Europe et que, bien qu’elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu’une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth. Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c’est parce qu’en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C’est qu’Israël est considéré comme différent parce que lorsqu’Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n’est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d’une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui. (…) Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l’État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d’attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie. On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l’ont bien cherché. (…) Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd’hui. Douglas Murray
We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly. (…)Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe. And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies. (…) And the people arriving are bringing a very literal faith with them. (…) Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now. Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem. (…) I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that. (…) everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism? (…) The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it? (…) And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us. (…) The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of. There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home. Douglas Murray
Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions ogayf pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.) But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs. (…) The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.) He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else. (…) Yet (…) For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines? More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”. The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. The Guardian
The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism. (…) But (…) he cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”. (…) Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp. The Economist

Cachez cette invasion que je ne saurai voir  !

A l’heure où de la Californie à Grèce et de la Suède au Portugal …

Oubliant commodément, entre cycles climatiques, sururbanisation et bétonisation, une myriade d’autres facteurs possibles …

Et sans compter, comme en Israël depuis des mois et dans la plus grande indifférence, les pyromanes

Ou en Iran nos amis les mollahs détourneurs et voleurs d’eau

On nous bassine ou nous anathémise avec un changement climatique encore largement hypothétique …

Entre deux égorgements (pardon: agressions au couteau), émeutes ou marches silencieuses

Ou retour aux pissotières comme  il y a 50 ans pendant qu’on exporte des sanisettes futuristes en Amérique …

Sans parler, entre deux « fake news » (pardon: « erreurs de formulation »), de l’effet contaminateur et incitatif comme pour les fusillades de lycées de nos apprentis-sorciers de médias, leurs interviews des suspects et leurs fascinantes listes de records (jusqu’à littéralement jouer avec le feu entre scénarios du jugement dernier et des noms d’incendies comme Holy fire !) …

Pendant qu’aux Etats-Unis, on découvre par hasard un camp d’entrainement d’enfants, fusils d’assaut et champ de tir compris, pour futures fusillades scolaires créé par le fils d’un ancien membre de la Nation of islam de Farrakhan et  imam d’une mosquée de Brooklyn impliqué dans le premier attentat du World Trade Center

Retour avec la récente traduction française du bestseller de l’an dernier du journaliste britannique Douglas Murray …

Qui montre exemple après exemple et après les prophéties de Powell ou de Raspail

Comment à coups de prétendue inéluctabilité, politique du fait accompli, déni, complicité, camouflage des informations dérangeantes, diversion, chantage au racisme, propagande, intimidation ou répression

Et sans compter, derrière les intérêts bien compris de quelques uns, l’effet paradoxal de l’aide

L’Europe contribue à sa propre disparition …

Sidney Touati
Dreuz
4 août 2018
« Là où un musulman a prié, la terre appartient à l’islam »

Cet article est librement inspiré d’un ouvrage dont je recommande la lecture. Il s’agit du livre de Douglas Murray : L’étrange suicide de l’Europe*.

Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies.

A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation.

Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ?

Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens.

Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes.

Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même.

Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation.

Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis.

Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites.

Psychiatrisation de la politique de l’Union européenne.

Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal.

Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents.

L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète.

La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne.

Europe-Etats-Unis-Israel-Austalie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon.

Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »…

Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés.

Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale.

La Renaissance

Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer.

En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme.

En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse.

Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité.

En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi.

Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême !

Quoi ? Serait-ce possible ?

Les Américains n’ont plus honte d’être américains ?

Quoi! Les Juifs ne se cachent plus !

Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ?

Les dirigeants masochistes de France, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suède et d’ailleurs continuent à courber l’échine et à demander que leur peuple respectif soit martyrisé jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Puisque les dirigeants de l’Union européenne aspirent à mourir, alors qu’ils appliquent à eux-mêmes la thérapie qu’ils imposent par la contrainte aux autres. Qu’ils laissent enfin la place à ceux qui aiment sans complexe la vieille, la riche, la belle civilisation européenne, c’est-à-dire la grande majorité des citoyens.

Envoyons des fouets à Macron, à Merkel et autres masochistes.

Qu’ils se punissent puisque tel est le fondement de leur politique.

Qu’ils nous laissent vivre dans le cadre de notre culture européenne qui repose sur Jérusalem-Athènes-Rome.

Voir aussi:

« L’Etrange Mort de l’Europe : immigration, identité et islam » de Douglas Murray présenté par Michèle Tribalat (*)

Polemia

11 septembre 2017

♦ Douglas Murray est un écrivain, journaliste et commentateur politique britannique. Il exprime régulièrement à la télévision, à la radio et dans de nombreux périodiques un point de vue critique envers l’islam.

En 2017, son livre The Strange Death of Europe: immigration, identity and islam, est un grand succès de librairie en Grande-Bretagne.


  • Culpabilisme et exaltation des autres : l’Europe a perdu de vue ce qu’elle était

Culpabilisme et détestation de soi

Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux.

Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne.

Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité.

L’exaltation des autres

L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme.

Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme.

La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social.

  • Les nouveaux dissidents

Les dissidents de D. Murray

  1. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière.
  2. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006.

Les dissidents que D. Murray aurait pu citer

Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe.

Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire.

A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité.

J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED.

Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration.

Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct.

  • La dissidence face aux obstacles et aux contraintes selon D. Murray

L’inéluctabilité

L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire.

La politique du fait accompli

Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe.

Le déni

On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants.

  • Complicité et camouflage des informations dérangeantes

Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années.

La diversion

Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini.

Vous n’aurez pas ma haine

Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment.

La propagande

La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites.

L’intimidation

Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ».

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement.

La répression

Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration.

En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression.

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation des envahisseurs.

  • Le « Que faire ?» de D. Murray

L’auteur ne semble guère proposer de solutions. Tout au plus il ne fait qu’inviter les politiciens à reconnaître le bien-fondé de certains griefs. C’est timide. Qu’il lise les propositions de R. Camus et des Identitaires. En fait il ne va pas au bout de ses constats.

Ces politiciens, en réalité, n’y peuvent pas grand-chose. Soit ils subissent, soit ils exécutent consciemment une politique venue d’ailleurs. Celle-ci, inspirée par l’oligarchie mondialiste, théorisée par l’ONU et toutes les organisations internationales périphériques, relayée par l’Europe de Bruxelles, appliquée délibérément et obstinément par les gouvernements français depuis 40 ans, est déterminée à faire disparaître les verrous des Etats nations et à établir au sein de l’Europe un magma humain de consommateurs sans frontières subventionnés par les autochtones pour le plus grand profit de cette oligarchie.

  • Conclusion.

D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe»

Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes.

L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir.

Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue.

Douglas Murray, The Strange Death of Europe : Immigration, Identity, Islam, (Anglais)), éditions Bloomsbury Continuum, 4 mai 2017, 352 pages.

(*) Note : Voir le site de Michèle Tribalat : http://www.micheletribalat.fr/435549315

Voir également:

Livre/ L’Étrange Suicide de l’Europe, de Douglas Murray

Ce livre fondamental, passionnant, très bien écrit, qui est (à juste titre !) numéro 1 des ventes en Grande-Bretagne, vient d’être traduit en français. Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait.

L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique.

L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral.

Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales).

Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. Néanmoins, l’auteur est allé à la rencontre de migrants et, pour lui, certains d’entre eux ont des raisons valables de venir chez nous. Il comprend la réaction de Mme Merkel qui, en 2015, a fait preuve de générosité en ouvrant toutes grandes les frontières de l’Allemagne. Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié.

Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Voir de même:

NPR

NPR’s Robert Siegel talks to Douglas Murray about his new book, The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. He argues that European civilization is dying as a result of immigration.

ROBERT SIEGEL, HOST:

The way the British writer Douglas Murray sees it, European civilization is in the process of suicide by immigration. Western Europe in particular, after encouraging immigration to fill low-wage jobs, now finds itself defending traditional values against those of largely Muslim immigrants and their descendants. Mr. Murray’s new book is called « The Strange Death Of Europe, » and he joins us from London. Welcome to the program.

DOUGLAS MURRAY: Very good to be with you.

SIEGEL: First, what does it mean in your view for Europe to die as opposed to change with changing populations?

MURRAY: We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly.

SIEGEL: Very different attitudes, you believe, being essentially Muslim attitudes, is what you’re – what you’re writing about here?

MURRAY: That is obviously the one that is – that Europe is finding it hardest to digest, yes.

SIEGEL: Let me cut to what, for me, is the chase here. As a Jew, I mean, I have to ask you – what is so different about contemporary opposition to Muslim immigrants from 19th and 20th century European anti-Semitism? Things were said about the Jews – that they wouldn’t fit in or would bring radical ideas from Eastern Europe with them into the West.

MURRAY: Well, the difference is the facts, isn’t it? That’s the first thing – and secondly, of course, the numbers. Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe.

And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies.

SIEGEL: One fundamental difference that you write about is – you write that for, well, going on two centuries, in Britain and other parts of Europe, religious faith has been moving from the literal to the metaphorical.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And the people arriving are bringing a very literal faith with them.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And that seems to be one of the basic dissonances that you’re writing about.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: Do you feel that’s what makes you and the people you grew up with fundamentally different from many of the people arriving now?

MURRAY: Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now.

Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem.

SIEGEL: Yeah. And you represent the other side of that coin, which is someone taking what would be described as a very – your critics would say a very intolerant attitude of immigrants. But you’re openly gay and…

MURRAY: Well, I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that.

SIEGEL: Yeah, there’s no – fair enough. But as a gay man, one of the – one of the traditional values that you’re saying is under assault is a degree of tolerance that’s developed in Britain and other European societies.

MURRAY: Of course. We all – we all know – it’s a grade-school question of the level at which you can decide to be tolerant of an intolerant belief.

SIEGEL: Do you accept, though, that there’s something odd and almost comical about a Brit saying, we never asked for Pakistanis to come to our country en masse when, in fact, no one on the Indian subcontinent, to my knowledge, ever asked Britain to come and set up an empire there and decide that it was fit to rule over hundreds of millions of people in that part of the world?

MURRAY: It’s one interpretation and usage of the word comic. Ironic, perhaps, you’d say. But no, if that is the comparison you’d like to make, then I would throw a question back to you.

SIEGEL: Yeah.

MURRAY: Which is everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism?

SIEGEL: Well, you’re using the construct of punishment. I was saying it’s a fairly natural consequence, just as the French have a very large population that are – originates in North Africa, where they had decided for some time they should rule.

MURRAY: Yeah, but this doesn’t – this doesn’t work…

SIEGEL: It’s human nature to do that.

MURRAY: The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it?

SIEGEL: Fair enough. That’s not the same.

MURRAY: And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us.

SIEGEL: If what you call the strange death of Europe is – if it remains a process rather than a condition, what would be your solution to reverse the process?

MURRAY: The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of.

There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home.

SIEGEL: Douglas Murray, author of « The Strange Death Of Europe: Immigration, Identity, Islam. » Thanks for talking with us today.

MURRAY: Great pleasure.

Voir de plus:

Drawbridge up
Fearing the “suicide” of Europe
A polemic on Islam and migration hits on unhappy truths, but paints only a partial picture
The Economist
Jun 17th 2017

The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. By Douglas Murray. Bloomsbury; 343 pages; $26.00 and £18.99.

“EUROPE is committing suicide,” says Douglas Murray in the opening words of his book. The British journalist thinks cities such as London or Malmo in Sweden have been irrevocably changed by migration. European culture has been diminished by a mixture of self-abnegation and political correctness, while declining Christian values have left most western European countries unmoored. Strands of Islam, he feels, are bringing with them the kinds of prejudices any liberal society should abhor. Terrorism, sexual assault and female genital mutilation are, in his telling, all on the rise.

Mr Murray backs up this bleak vision with reporting from squalid refugee camps in Greece; from asylum shelters in Germany; and from a conference held by the Sweden Democrats, a right-wing political party. The central event in the book is the migration crisis of 2015, in which over 1m asylum-seekers from Syria, Afghanistan, Iraq and elsewhere came to Europe (most to Germany and Sweden). But Mr Murray’s views have also been formed by four decades in Britain. The Muslim population of England and Wales increased from 1.5m in 2001 to 2.7m in 2011.

The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism.

The book would benefit, however, from far more reporting. Meeting an Afghan asylum-seeker who had been tortured and raped by the Taliban, Mr Murray momentarily seems to understand the “generous instinct” that led European politicians to welcome refugees two years ago. But in support of his idea that Islam has no place in Europe, he lets fear trump analysis. He cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”.

As a result, he shows an incomplete picture of Europe today. Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp.

Voir encore:

The Manchester Attack and the Death of Europe

 

A new book by Douglas Murray sheds light on the passivity and exhaustion that characterized the recent terror attack in the U.K.The terror attack in Manchester had any number of new disturbing elements. The choice of target, a concert full of young girls and their parents was especially heinous. There was the sophistication of the bomb and the subsequent investigation, which suggest an active terror network that may strike again. But what’s most troubling is that the public reaction to the attack was one of such passivity, and resignation. It expressed itself in the thousands of faux-serious commentators who counseled people that there was nothing that could be done to stop soft-target terror attacks. It expressed itself in the way that people reached for dumb clichés about responding with “hope, not hate.” Or in the way the British chattering class redirected their anger at right-wing provocateurs such as Katie Hopkins, who gamely played the role of opportunistic demagogue when her countrymen needed someone safe to hate.

This frighteningly passive, and frightfully boring, set of responses contrasts with the presence of Douglas Murray’s lively new book, The Strange Death of Europe, on the bestseller charts in the U.K. At first blush it looks like the latest in a long series of books with “Islam and immigration” figuring in the subtitle. But Murray’s book is informed by actual reporting across the Continent, and a quality of writing that manages to be spritely and elegiac at the same time. Murray’s is also a truly liberal intellect, in that he is free from the power that taboo exerts over the European problem, but he doesn’t betray the slightest hint of atavism or meanspiritedness.

Yes, Murray is quite good at piling up the numbers that outline the collapse of European populations and the explosion of migration in the past decades and especially over the past two years. He’s also quite good at batting down the facile arguments for allowing migration on this scale. Why must Germany turn to Eritrea for a work force when youth unemployment around the European Mediterranean is between 25 and 30 percent? But he distinguishes his book from others on precisely the deformed spirit and mind of Europe.

In a chapter on “Tiredness,” Murray jumps from different attempts to diagnose European exhaustion. It is partly found in the frenzy of activity urged on us by modern capitalism. “If the burden of working for little reward in an isolating society stripped of any overriding purpose can be recognised to have an effect on individuals, how could it not also be said to have an effect on society as a whole?” Murray asks, “Or to put it the other way around, if enough people in a society are suffering from a form of exhaustion, might it not be that the society they are living in has become exhausted?”

But it is also found in the loss of faith in the Christian religion and the decomposition of all national myths before revisionist scholarship. Europe suffers from “an exhaustion caused by a loss of meaning, an awareness that the civilisation was ‘no longer accumulating’ but living off a dwindling cultural capital.” Substitute faiths, whether in the high cultural visions of Wagner or the political theories of Marx, have also failed and been discarded.

Murray is especially pungent when he looks at the doubt-plagued, death-haunted, and deconstructed edifice of contemporary European philosophy. He recalls a conference in which the “full catastrophe of German thought” dawned on him:

A group of academics and others had gathered to discuss the history of Europe’s relations with the Middle East and North Africa. It soon became clear that nothing would be learned because nothing could be said. A succession of philosophers and historians spent their time studiously attempting to say nothing as successfully as possible. The less that was successfully said, the greater the relief and acclaim. No attempt to address any idea, history or fact was able to pass without first being put through the pit-stop of the modern academy. No generality could be attempted and no specific could be uttered. It was not only history and politics that were under suspicion. Philosophy, ideas and language itself had been cordoned off as though around the scene of a crime.

It may seem like a long way from a conference of German academicians to the morning chat shows on the BBC, but the sentimentality and emptiness of the bubbly TV anchor after the Manchester bombing are directly related to the pseudo-sophisticated nullity of the former. Nothing of substance can be said, because nothing should be known, because to know anything is to become dangerous to oneself and the world. And thus Europe’s story is to enthrone all of its opposite values, where there was national self-assertion, now there is national abasement. Where there were dons who guarded the West’s knowledge, now there are professors who guard against the possibility of knowing anything, where religiosity meant the reign of peace and looking forward to the life to come, now it means a reign of terror and the death of civilization itself. Europe is in a bad way, and I fear that if terror cannot wake it from sleep, neither will elegant books.

Voir aussi:

Yanis Varoufakis and Douglas Murray: why Europe is weary
Juliet Samuel
The Telegraph
6 May 2017

Juliet Samuel reviews The Strange Death of Europe by Douglas Murray (Bloomsbury) and Adults in the Room by Yanis Varoufakis (Bodley Head)

Europe is tired. It’s tired of crisis, tired of sameness and tired of change, tired of its elites and tired of its voters. Even the revolutionaries in the May Day parade last week in London seemed tired, their cheerful banners of Stalin and bobbing rows of hammers and sickles held by grey-bearded men in macs.

It might seem odd for Europe’s exhaustion to be the central argument in a polemic about immigration. But it was when I reached the chapter titled simply “Tiredness” in Douglas Murray’s book, The Strange Death of Europe, that I understood the nature of the “strange death” he describes. European civilisation, Murray argues, has left behind the rock-solid moral certainties of empire, passed through the disillusionment brought by two world wars and totalitarianism, and emerged sad and unsure.

What’s left is just a vague belief in human rights and democracy for all – but since Europe now views its own history as a source of guilt, it has no sense of how it arrived at these praiseworthy values. This, in turn, has led the Continent’s ruling elite into the fatal mistake of believing their values can only be truly enacted by inviting “the world” to participate in them: not abroad in imperial ventures, as before in earlier centuries, but in the form of mass migration into Europe.

The problem, Murray points out, is that much of “the world” neither understands nor particularly wants to embrace these values that Europeans take to be so self-evidently good, and because we are so busy negating and apologising for our history, we have forgotten how to promulgate them. By contrast, he says, the Islamic beliefs that many migrants bring with them are held with conviction and confidence.

The likely outcome, in Murray’s view, is that European civilisation, faced with this influx of energetic religious fervour and startlingly quick demographic change, will keep failing to confront the problems it brings – over women’s rights or anti-Semitism, for example – and will instead accept defeat and wither away. It is a compelling argument and, for any readers inclined to liberal views on immigration, a challenging one.

For those already convinced that Europe is doomed, there is plenty of fodder here; and indeed, the book sometimes strays into alarmism. Murray cites, for example, the astounding rise in the number of rapes in Sweden over the period when its Muslim population increased, from 421 in 1975 to 6,620 in 2014, but he fails to mention that over this period Sweden also enormously broadened its legal definition of rape. The figures do show a steady rise, but perhaps not quite of the magnitude that he suggests.

Despite his critique of European lethargy, Murray himself is not tired. In fact, he’s furious, which seems to be the only available alternative to tiredness. His most blistering rage is reserved for elites in denial. Over decades, he points out, politicians have consistently underestimated the number of immigrants or refugees who will come as a result of their policies; how many will stay; how many of those without a right to stay will actually be deported; and how difficult it will be to integrate those who remain.

Instead, intellectuals and leaders invented the idea of multiculturalism – and clung to it long after it was discredited, shutting down critics with counter-accusations of racism. This way of thinking, in its hideous extreme, contributed to cases such as the Rotherham child abuse ring. Voters witnessing this saga are, Murray suggests, understandably cynical and anxious about the demographic changes taking place around them.

He has a tendency toward fatalism and his argument unfortunately attaches too little importance to the differences between European countries’ experiences and what that might teach us about integration – Britain’s Muslim population, for example, is manifestly more integrated than France’s. But his overall thesis, that a guilt-driven and exhausted Europe is playing fast and loose with its precious modern values by embracing migration on such a scale, is hard to refute.

The sense that a tired Europe has lost its way is also a pervasive theme of Adults in the Room, an account by former Greek finance minister Yanis Varoufakis of his six months in office. Readers might have encountered Varoufakis as the leather-jacket-wearing, motorcycle-riding heart-throb of the Greek Left, who drove Greece to the edge of a tumultuous exit from the euro by trying and failing to stand up to its EU creditors.

Having covered the eurozone crisis as a reporter for some years, I came to the book a sceptic, familiar with Varoufakis’s love of dramatic gestures and ultra-Left-wing economics. Undeniably, Varoufakis has axes to grind, and this book reads at times as though he were imagining himself as a movie hero. Its first 200 pages could be usefully condensed. But at heart, Adults in the Room is a convincing critique of Germany’s brutal ideological domination of Europe through the euro, and its sacrifice of Greece on the altar of “discipline”.

The most jaw-dropping segments are the accounts of phone calls and closed-door meetings – often verbatim, courtesy of his secret recordings – between ministers and technocrats, from IMF chief Christine Lagarde to German finance minister Wolfgang Schäuble. We see duplicity and cynicism ruling supreme, as all of Europe’s power players tiptoe around the iron-fisted Schäuble, feeling forced to defend their own mistakes. Senior figures privately admit to Varoufakis that Greece’s bail-out programme is unrealistic, but they won’t lend their public support to his battle against its creditors.

The institutions governing the EU are portrayed as deformed by the crisis, with those who are formally meant to wield authority, like EU economics commissioner Pierre Moscovici, yielding meekly to German demands.

Whenever Varoufakis tries to present his analysis of Greece’s debt or engage his opponents in substantive argument, he is either sent on bureaucratic wild goose chases or frozen out by blank stares. Simultaneously, a vicious Brussels media campaign paints him as an incompetent narcissist full of half-baked ideas. Our own government, having just received a similar battering, should take note.

Varoufakis is somewhat blind to his own faults, implying incorrectly that Greece, after living well beyond its means for years, could have escaped any austerity if everyone had been clever enough to listen to him. He downplays the way radical Left-wing colleagues’ incompetence undermined any trust Greece’s creditors might have had in him – and he ignores the atmosphere of confusion and panic that informed the choices made by EU leaders early on in the crisis.

By the time he took the reins, however, the bureaucrats and politicians had simply dug in to defend their mistakes. The book’s most revealing moments take place during private exchanges between Varoufakis and Schäuble, or the “big bad Wolf”, as he’s known. Schäuble suggests that Greece take a time out from the euro, only to find himself undermined by his own chancellor, Angela Merkel.

The finance minister, Varoufakis recalls, “looked as if he had had the wind knocked out of him… he has been overcome by a genuine helplessness”.

Exhausted, Schäuble seemed out of ideas, his logic going around in circles. It becomes clear that he, and EU policy, were driven not by a great ideal but by fear, as Schäuble says: “The only way I can hold this thing [the euro] together is by greater discipline.” This German commitment to discipline might have been sorely needed to make the euro work, but it has now taken over totally from the European dream of democracy.

It is no coincidence that both these books, from radically different perspectives, arrive at similar conclusions about Europe’s sickness. The continent is old and out of ideas. Its leaders have conducted huge experiments with their societies – the euro and mass immigration – and are now struggling to deal with the consequences while taking their voters with them. The EU will probably muddle through for now. But “muddling through” is no way to sustain a great civilisation.

Voir également:

The Strange Death of Europe by Douglas Murray review – gentrified xenophobia
The rightwing journalist and commentator cites Enoch Powell and wants to protect white Christian Europe from ‘outsiders’
Gaby Hinsliff
The Guardian
Gaby Hinsliff
6 May 2017

Gentrification comes for everything eventually. Down-at-heel neighbourhoods, peasant cuisines, football: all have been polished up for middle-class consumption. So perhaps it was only a matter of time before someone gave xenophobia the same treatment.

Naked racism may still be unacceptable in polite society. But post-Brexit vote there’s a clear market emerging for a slightly posher, better-read, more respectable way of saying that you’d rather not live next door to Romanians or think Muslims are coming to rape your womenfolk. Think Daily Mail columnist Katie Hopkins, but with longer words, and for people who wouldn’t be seen dead on an English Defence League march – although one of the more ridiculous contentions in this book by the journalist Douglas Murray is that the EDL are actually terribly misunderstood chaps, who have a point, and aren’t really to blame for the way their rallies regularly end in violence.

So here it is; a book for all those who found David Goodhart’s recent arguments about “white self-interest” – or preferring one’s own ethnic grouping, which he says is definitely not the same as racism – just too woolly liberal. A proper book, with footnotes and everything, about how godless Europe is dying in front of our eyes; and all because it’s too knackered and feeble to resist the barbarian hordes, welcomed in by idiots who’d gladly trade a few beheadings for some colourful ethnic restaurants. (I paraphrase, but barely.) And it probably won’t even matter, for true believers, that it is all so badly argued.

Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions of pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.)

But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs.
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Much of this is familiar Ukip territory, of course. The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.)

He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else.

Yet even Murray seems to acknowledge at one point that in recent years Europe has had little choice but to respond to a flow of desperate migrants in its direction. There are two chapters that barely seem to fit with the rest of the book and they are the ones in which he travels to Greece and Sicily to meet the boat people come ashore, interviewing some to hear stories of why they came.

The tone is quiet reportage rather than rage, and all the better for it. At the end, he concedes that German chancellor Angela Merkel did hit on at leastpart of the answer “by recognising that our continent is probably doing the only thing that a civilised people can do in rescuing such people, welcoming them and trying to give them safety”. But before long the book is ripping into Merkel for taking them in. What, exactly, does he want?

For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines?

More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”.

The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. Sooner or later, someone will write a terrific book about that. This isn’t it.

• The Strange Death of Europe is published by Bloomsbury. To order a copy for £14.24 (RRP £18.99) go to bookshop.theguardian.com or call 0330 333 6846. Free UK p&p over £10, online orders only. Phone orders min p&p of £1.99.

Voir par ailleurs:

Explosion des attaques au couteau et de la criminalité au Royaume-Uni : comme un air de déjà vu de ce coté ci de La Manche
La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle.
Mêmes causes (taubiresques), mêmes effets
Atlantico
18 Juin 2018

La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle. Etablissons-le *:

– du 1e janvier 2018 à fin mai, la métropole de Londres, fief de Scotland Yard (Metropolitan Police) recense 69 homicides, dont 43 à l’arme blanche. + 21 % sur les mêmes mois de 2017. Au même moment, New York enregistre  50 homicides.

– Londres encore : mai 2017 à mai 2018, 22 025 vols violents commis en scooter (moped crimes), 60 par jour, + 50% sur l’année d’avant. Le Far West disent les média

– De mai 2017 à mai 2018 (Pour tout le royaume) quelque 50 000 Robberies (vols à main armée plus vols avec violence), + 33% en un an.

– Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans).

Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « Libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers.

Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou.

Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis.

A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité.

Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs.

Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent.

Angleterre + Galles : 527 000 inculpations en 2016-2017, moins 65 000 sur 2015-2016 – alors que sur 2015-2017, les infractions connues y bondissent de + 750 000.

Et les infractions chaque jour plus nombreuses de possession et usage d’une arme

Voici les derniers chiffres (mars 2018) de l’ONS :

En 2017, la justice britannique a rendu 20 982 sentences pour infraction avec arme blanche (sous le niveau de la blessure physique) :

– 4 067 peines avec sursis,

– 7 628 peines de prison ferme (36% du total ; 43% des adultes et 14% des mineurs). Peine moyenne : 7,5 modestes mois en prison,

– 9 287 simples et platoniques « avertissements ».

Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur…

________________

* D’usage, les statistiques criminelles de Londres concernent l’Angleterre et le Pays de Galles. Ecosse et Irlande du Nord publient leurs propres données qui aujourd’hui confirment les anglaises. Quand ces données concernent tout le royaume, nous précisons « ONS-Office for National Statistics« .

Voir de plus:

Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles
6 août 2018

 

Edito. Chaque semaine, l’avocat Gilles-William Goldnadel livre aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l’actualité.

Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences.

La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales.

C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance.

Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère.

Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ».

Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère.

Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple.

Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses.

En mémoire d’Adrien.

Voir de même:

Plus de 20 incendies ont éclaté aujourd’hui en Israël, provoqués par des cerfs-volants incendiaires et des ballons à l’hélium envoyés par le Hamas depuis la bande de Gaza.
Jean Vercors
Dreuz
20 juin 2018

Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas.

Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas.

Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables.

À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs.

Les rapports indiquent que des milliers de dounams de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole.

Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie.

Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux.

La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues.

Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium.

Les hôpitaux de Gaza fournissent de l’hélium médical pour les ballons de terreur équipés de bombes incendiaires.

Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ».

Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ».

Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour.

Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie.

Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits.

Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger.

Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées.

Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger.

Bien que nous soyons extrêmement reconnaissants pour la protection fournie par les forces de défense d’Israël et les équipes d’intervention rapide dans chaque communauté, nous sommes conscients qu’il est impossible que ces héros soient partout à tout moment, couvrant de vastes territoires.

L’armée en particulier reste occupée à déjouer les attaques quotidiennes de jet de pierres et de bombes incendiaires sur nos routes, ce qui d’ailleurs justifie rarement une couverture quelconque dans les médias traditionnels.

Un habitant d’un kibboutz près de Gaza déclarait « Avec l’approche de l’été et les températures toujours plus élevées, nous espérons que nos ennemis n’utiliseront pas le terrorisme agricole pour perturber nos vies, afin de nous nuire et nous infliger la peur, qui est l’objectif du terrorisme dans toutes ses formes ».

Il y a soixante-dix ans, Kfar Etzion et les communautés environnantes du Gush ont été entièrement brûlées par les colons arabes et à l’époque il n’y avait ni peuple palestinien ni de territoires occupés. Nous n’avons pas l’intention de laisser cela se produire aujourd’hui.

Le terrorisme agricole a aussi atteint les champs du kibboutz Mizra dans la vallée de Jezreel le mois dernier, quand des dizaines de palettes de tuyaux d’irrigation qui devaient être répartis sur 300 dunams de champs de tournesols ont été incendiés.

Au 4 juin, entre 9 000 et 17 500 dounams de terre (900 à 1750 hectares) ont été incendiés par la dernière forme de terrorisme sortant de la bande de Gaza.

La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur.

Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies.

Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés.

L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes.

Le gouvernement israélien doit impérativement former une unité spéciale pour lutter contre le terrorisme agricole, ou du moins que le ministère de l’Agriculture finance des patrouilles de la même manière que les agents de sécurité protègent les bus, les centres commerciaux ou les écoles. Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires.

Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains.

Là où il y a de la fumée, dit le dicton, il y a du feu. Mais si vous êtes Palestiniens et commettez des incendies de masse contre les Israéliens, il n’y aura pas de couverture médiatique. Aucun journaliste français en poste en Israël n’a rapporté le terrorisme agricole des Palestiniens.

La plupart des médias, malgré les dommages stupéfiants à l’économie et à la propriété d’Israël, ont ignoré ce qui devrait être une news de première page.

Les journalistes trop paresseux et surtout malhonnêtes ignorent les histoires qui illustrent la souffrance israélienne, préférant plutôt des reportages narratifs qui dépeignent les Israéliens comme des agresseurs et les Palestiniens comme des victimes éternelles. En effet, la presse semble souvent incapable d’écrire sur les crimes palestiniens lorsqu’Israël ne peut être blâmé.

Dans la même famille, je peux citer sans hésiter une seconde les hypocrites de l’Union Européenne, les diplomates des Nations Unies qui votent régulièrement des résolutions anti israéliennes mais aussi les écologistes fervents défenseurs des terroristes du Hamas et du mouvement d’inspiration nazie BDS qui n’ont toujours pas condamné cette pratique de la terre brûlée.

Avec les incendies qui font rage dans le sud d’Israël, il est devenu évident que de nombreux médias donnent aux lecteurs un bref reportage trop souvent biaisé sur le conflit israélo-palestinien et dansent autour d’histoires qui ne correspondent pas à leur récit préexistant. Ils soufflent de la fumée et ignorent le terrorisme agricole des Palestiniens envers « leur » prétendue terre qu’ils disent aimer.

Pendant qu’Israël investit pour faire fleurir le désert, le Hamas investit pour brûler la terre. C’est toute la différence !

Sources

Voir encore:

Un corps d’enfant retrouvé dans le campement sordide découvert aux États-Unis
Blandine Le Cain
Le Figaro
09/08/2018

Une perquisition de police pour retrouver un garçon disparu avait permis de découvrir un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans des conditions insalubres. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des enfants a expliqué avoir été entraîné au maniement des armes à feu.

L’histoire a débuté avec des soupçons d’enlèvement d’enfant par son père, elle s’est transformée en sordide affaire d’entraînement aux armes d’enfants et adolescents séquestrés. Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a en effet découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place.

L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph , elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post . En vain.

Au fil des mois, les enquêteurs soupçonnent pourtant la présence du père et de son fils dans une propriété située dans un tout autre lieu, au Nouveau-Mexique, un État situé dans le sud du pays. L’endroit, un «campement de fortune entouré de pneus et d’un chemin de terre», est surveillé après un signalement de voisins, précise NBC, mais la police ne détecte pas la présence du duo et ne dispose pas des éléments suffisants pour obtenir un mandat de perquisition. À ce stade, le FBI, le bureau d’enquête fédéral, est impliqué dans les investigations.

Des occupants lourdement armés

La situation change le 2 août, lorsque les enquêteurs reçoivent, par le biais d’un intermédiaire, un message envoyé depuis l’intérieur de la propriété, dont les auteurs disent être affamés et avoir besoin de nourriture et d’eau. Le shérif de Taos, le comté où se trouve la propriété, planifie alors une intervention sur les lieux, tout en sachant que «les occupants étaient probablement armés et considérés comme extrémistes», selon ses propos rapportés par le National Post.

Lors de l’opération de police, le père du garçonnet et un autre homme sont découverts à proximité du lieu, au milieu des buissons du désert, détaille l’AFP. Ils sont munis d’un fusil semi-automatique, de cinq chargeurs de 30 balles pleins et quatre pistolets chargés. Trois femmes sont également arrêtées. Au total, onze enfants seront retrouvés, âgés de 1 à 15 ans. Ils ont été pris en charge par les autorités.

L’enfant de Siraj Wahhaj, en revanche, n’a pas été retrouvé lors de l’opération. Le père a refusé de donner une quelconque information à son sujet, selon le document du tribunal que le Telegraph a pu consulter. À l’issue de l’interrogatoire des suspects, les policiers sont néanmoins retournés sur les lieux. Ils ont alors retrouvé les restes d’un enfant de 4 ans, le jour du quatrième anniversaire de l’enfant recherché. L’identité n’a pas encore été confirmée, mais les enquêteurs pensent qu’il pourrait s’agir de cet enfant.

Restés sans nourriture depuis plusieurs jours

Le campement était confectionné avec des palettes, des bâches en plastique et d’autres déchets, avec très peu de nourriture et d’eau. Les enfants y étaient vêtus de guenilles. Les enquêteurs y ont découvert une caravane à moitié enterrée et un tunnel d’une trentaine de mètres et d’un peu moins d’un mètre de diamètre. Des couchages avaient été installés dans certaines cavités. «Les conditions de vie, de santé et de bien-être des enfants étaient profondément déplorables», a expliqué le shérif, ajoutant qu’ils n’avaient accès ni à l’eau potable, ni à de la nourriture, ni à l’électricité et qu’ils n’avaient probablement pas été nourris depuis plusieurs jours.

Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles». Aucun autre détail précis n’a été donné sur ce point.

Cinq arrestations, le rôle de chacun en question

Le père, Siraj Wahhaj, a été immédiatement placé en détention en vertu du mandat d’arrêt émis en Géorgie pour enlèvement d’enfant. Il est «un danger pour la communauté», a par la suite indiqué le bureau du procureur dans un document de justice consulté par l’AFP.

Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point.

L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées.

Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Elles ont comparu devant le tribunal de Taos, tout comme Siraj Wahhaj, mercredi.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting
James Alan Fox
USA Today
May 20, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

More from USA TODAY opinion: Flashback: Here’s what it was like to watch my friends die in Room 1216

School shootings are not the new normal, despite statistics that stretch the truth

After Parkland shooting, reject ‘nothing can be done,’ look for new solutions: John Walsh

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.

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Mondial 2018: A l’italienne (With the death of Spain’s sterile tiki-taka passing for passing’s sake and France’s final catenaccio win, will the 2018 World Cup also mark the end of beautiful football as we knew it ?)

16 juillet, 2018
Au coup d’envoi de France-Belgique, à Saint-Pétersbourg, le 10  juillet.
Le football est un sport simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, c’est l’Italie qui gagne. D’après Gary Linaker
La défense dicte ses lois à la guerre. Carl von Clausewitz
Pratiqué avec sérieux, le sport n’a rien à voir avec le fair-play. il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence; en d’autres mots, c’est la guerre, les fusils en moins. George Orwell
La main de Thierry Henry, c’est le summum de la chance. Il a fait son job, c’est l’arbitre qui aurait dû voir la main. Ce n’est pas de la tricherie, le football c’est comme ça. Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie)
La morale de ce match, c’est que l’on peut tricher du moment qu’on n’est pas pris. L’équipe de France va traîner pendant des années cette image d’équipe de tricheurs. Philippe de Villiers (Mouvement pour la France)
Si nous avons le ballon, les autres ne peuvent pas marquer. Johan Cruyff
On peut avoir le contrôle sans avoir le ballon. José Mourinho
Je préfère perdre avec la Belgique que gagner avec la France. On a le plus beau jeu, c’est plus mon style. Eden Hazard
Il n’y a pas eu beaucoup de mots dans le vestiaire après la défaite car il y avait beaucoup de tristesse. On méritait mieux sur ce match même si on s’attendait à une rencontre de la sorte avec une équipe qui défend bien et qui joue en contre. Le petit point noir, c’est évidemment ce but sur phase arrêtée. Mais on connaît la France de Deschamps, on s’attendait à cela et on n’a pas trouvé la petite étincelle pour marquer ce but. Je ne l’ai pas trouvée. La France a marqué en premier et cela devenait compliqué. Nous sommes tombés sur plus costauds. On aurait pu faire mieux mais on ne l’a pas fait. On aurait pu jouer 120 minutes s’il le fallait. On avait le ballon et tout le monde était à 100 %. Mais je suis très fier d’avoir fait partie de cette équipe. On a montré qu’en Belgique, on savait jouer au football. On est tous déçus mais heureux de ce qu’on a fait. En tant que capitaine, je suis fier. Eden Hazard
Trouvez-vous son comportement normal lorsqu’il prend son carton jaune? Mbappé doit faire attention car il a un capital sympathie très important, mais cela peut vite basculer. Malgré l’image de groupe sympathique que dégage l’équipe de France, je suis révolté devant autant de simulateurs, menteurs et tricheurs sur tous les matchs. Johnny Blanc
Je préfère gagner en étant beau. Il y a plus d’équipes qui ont gagné en étant belles que moches. Gagner en étant moche, c’est une exception. Et si la France devient championne du monde, ce sera le champion du monde le plus moche de l’histoire. Daniel Riolo
La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute. Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable. (…) On peut dire que si la France n’a pas eu vraiment à se dépasser pendant cette Coupe du monde, c’est parce qu’elle était tout simplement trop forte. Mais si la plus prestigieuse compétition footballistique peut être gagnée au petit galop, c’est qu’il y a peut-être un problème avec la course. The Irish Times
L’arbitrage vidéo a détruit la finale. Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux. (…) ces Bleus-là “ne seront certainement pas appréciés au-delà des frontières du pays. The Scotsman
 La main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale. Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité. De Standaard
Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A. Corriere dello Sport
Le sélectionneur des Bleus n’a jamais accordé d’importance à l’esthétique, et si l’Italie ne s’est pas qualifiée pour ce Mondial, la France nous la rappelle match après match. El Pais
Allons enfants de l’Italie, pourrait-on dire, pas seulement pour forcer la rime, mais car il y a beaucoup plus d’Italie que vous ne l’imaginez dans cette France qui pour la deuxième fois en vingt ans est championne du monde. La Gazzetta dello sport
Le sacre mondial de l’équipe de France de Didier Deschamps est salué par la presse internationale et européenne, pendant que les Bleus sont en train de rentrer en France. Les medias du monde entier ne manquent pas de souligner le style défensif de la formation de Didier Deschamps. Aux premiers rangs, les quotidiens italiens, et particulièrement la Gazzetta dello Sport, qui n’hésite pas à titrer «France championne à l’italienne». «Allons enfants de l’Italie, pourrait-on dire, pas seulement pour forcer la rime, mais car il y a beaucoup plus d’Italie que vous ne l’imaginez dans cette France qui pour la deuxième fois en vingt ans est championne du monde», débute le quotidien au papier rose sur sa deuxième page. «Souffrir, défendre, créer un groupe, voire devenir «uni», presque comme un bloc unique à la manière des Azzurri de Bearzot et de Lippi», décrit Fabio Licari, qui voit dans cette équipe de France un air d’Italie 2006. Mais ce qui sonne comme un compliment de l’autre côté des Alpes ne l’est pas forcément au-delà du Rhin. Pour le grand quotidien allemand die Welt, qui titre pourtant «Vive la France», une question se pose : «pourquoi le sélectionneur français s’est-il contenté d’un football cynique ?» «L’équipe de l’entraîneur Didier Deschamps a brillé au cours du tournoi avec un pragmatisme froid, malgré des footballeurs très talentueux comme Kylian Mbappé, Antoine Griezmann ou Paul Pogba, en laissant généralement le jeu à l’adversaire pour contre-attaquer au moment décisif», décrypte Christoph Cöln, pour qui «la finale 2018 n’était pas un feu d’artifice footballistique, malgré les nombreux buts». Un avis qui diffère de celui de la presse britannique. «Les meilleurs depuis 1966», titre le Daily Mail, quand le Mirror s’essaye aux jeux de mots : «Déjà Blue». Pour le Telegraph, qui n’hésite pas à dire que «la France règne en maître», «cette Coupe du Monde nous manquera comme aucune autre». «Le lendemain de la fête nationale, la France est championne et à juste titre. Mais seulement après la rencontre la plus remarquable, folle et controversée, contre une Croatie courageuse, lors de laquelle il y eut la VAR, une véritable tempête dans le ciel au-dessus de Moscou, un premier but contre son camp en finale de Coupe du Monde, une superbe frappe d’une nouvelle superstar mondiale, une horrible gaffe de gardien de but par l’homme qui a soulevé le trophée», narre Jason Burt. Le Figaro
Dans de nombreux journaux étrangers, la victoire des Bleus fait grincer des dents. “La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute”, admet du bout des lèvres The Irish Times. “Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable. » (…)  De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’emballement n’est pas non plus de mise. “L’arbitrage vidéo a détruit la finale”, se morfond The Scotsman. “Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux.” (…) Même analyse en Belgique : pour De Standaard, le quotidien de référence néerlandophone, la main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale”. “‘Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité.” (…) Bon joueur, le Corriere dello Sport salue les prouesses de Didier Deschamps, tout en précisant que le héros du jour est un sélectionneur “à l’italienne”. “Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A [qu’il a accompagné en tant qu’entraîneur, lors de la saison 2006-2007]”. Pour La Gazzetta dello Sport, c’est carrément toute la victoire qui est “à l’italienne”, puisque c’est indubitablement la carrière transalpine de Didier Deschamps qui lui a permis d’acquérir “l’art italien de la défense et de la tactique”. Courrier international
During the course of these four matches, they have completed an inherently unbelievable 3129 passes, an average of 782 passes per game. Argentina have the second most passes in the tournament, with some 800 passes less than what Spain has managed. The ‘Tiki-taka’ system came to prominence when Johann Cruyff took over the reigns of Barcelona during the late 80s and the early 90s. It continued to gain momentum even after his departure, with Van Gaal and Rijkaard following the same system. It reached its zenith at Barcelona when Pep Guardiola came to the fore – and arguably the greatest team in club football completed a sextuple of trophies playing some of the best football the world had ever seen. And then, it caught on to the Spanish national team. A major portion of that Barcelona team played for La Furia Roja, and when then manager Vincent Del Bosque integrated the style into the team’s play, it instantly paid dividends. Spain went on to win the 2008 Euros, the 2010 World Cup in South Africa, and the 2012 Euros, combining the tiki-taka with more direct football when the style suited them. This bastardized version was the brain child of Luis Aragones – the manager who led Spain to the 2008 Euros. Del Bosque’s system was more focused on the Barcelona style of the tiki-taka, a return to the basics that saw small, physically suspect players go toe to toe against the bigger, more physically endowed players. After Spain’s exit in Brazil, the system came under attack. The Netherlands had taken apart everything Spain stood for, and Van Persie’s soaring header was the cherry on top of a performance that showed the world that direct football could beat the slow build-up if done well. Then came Barcelona’s slight falling out with the system as well. Luis Enrique’s system at Barcelona invited contempt and concern from many a fan who had watched the beautiful passing from the years gone by. It was considered too direct to be played by Barcelona, and despite a treble in his first season and a double in the second, Enrique was shown the door after his third season at the club. Bayern Munich shifted to a form of tiki-taka when Guardiola took over at the club, but after his departure they have returned back to their original blitzkrieg style of play. Arsenal have lost all semblance of proper tactics during the last year of Wenger, and at present only Manchester City, under the tutelage of Pep Guardiola, are the last proponents of the system. (…) Spain’s newer system saw passes, but no urgency. It was possession for the sake of possession, and not possession that has the intent to score. At times, it was more boring than the ‘bus-parking’ by Mourinho, and that is saying a lot. Most of the time, the ball remained in the Spanish half – with the defenders passing the ball over and over to each other, while the Russians stayed back and bided their time.The reason the plan failed was because tiki-taka in its basic form is designed to sandbag the opponent. It aims to hit the opponent with a continuous flow of attack and tire out the defenders. It operates with the assumption that the ball should be regained within the opposition half, and never let them have a moment of respite. The initial success of tiki-taka happened because the teams were not used to it, and got tired from chasing the ball for too long. Against a Russian team that did not fall into their trap, Spain was all bark and no bite. And when the plan failed, Spain did not have a fail-safe. Putting crosses into the box after taking out Diego Costa, unsurprisingly, did not work. All the players on the field tried to pass themselves into a corner, before switching the ball to the other wing – rinsing and repeating till the final whistle. Maybe Lopetegui’s Spain would have done better, but that is not a question we can know the answer to. The fact is that Spain’s tiki-taka failed, and rather spectacularly considering how well their opponents exposed a critical flaw in its design. Football evolves with time. Just like how ‘total football’ came into praise and then disappeared from the limelight, it is time for tiki-taka to take a step back. As teams get more and more defensive when playing against the possession based sides, they should at least temper their football with a good plan B if they want to get anywhere near a trophy again. Sportskeeda
Le football français est longtemps passé pour un indécrottable romantique, dont on célébrait les glorieuses défaites, Séville 1982 par exemple, tandis que les autres nations accumulaient les titres. Fidèle à ce qu’il était sur le terrain, un travailleur de l’ombre et un apôtre de la victoire avant tout, Didier Deschamps a transformé son équipe de France en une terrible machine à gagner. (…) A défaut d’être impressionnante par son niveau de jeu, cette finale, décousue, a été la plus prolifique depuis l’unique sacre anglais à domicile face à la RFA en 1966 (4-2). Qu’importe la manière, dans dix ans, seule cette deuxième étoile ajoutée au maillot tricolore pendant l’été moscovite restera. La leçon de l’Euro 2016 a été bien apprise. Deschamps n’aime pas perdre et c’est certainement pour cela qu’il a presque tout gagné dans sa carrière : notamment deux Ligues des champions, un Euro et, désormais, deux Coupes du monde… (…) Pourtant, cette finale, spécialement la première période, aura été paradoxalement l’un des matchs les moins aboutis des Bleus, depuis l’entame contre l’Australie, le 16 juin. Une ouverture du score contre son camp de Mario Mandzukic et un penalty contestable (une main d’Ivan Perisic qui semblait non intentionnelle) obtenu grâce à la VAR (arbitrage vidéo), voilà les deux maigres coups d’éclat qui ont permis aux Français de faire basculer la rencontre. Le troisième but tricolore, inscrit par Paul Pogba, au terme d’une contre-attaque, et la frappe chirurgicale de Kylian Mbappé pour le quatrième, n’ont été que la punition attendue et infligée à un adversaire qui, mené et épuisé par ses trois prolongations successives, devait dès lors se découvrir. En capitaine fair-play, le gardien Hugo Lloris a offert aux Croates, d’une relance calamiteuse, la réduction du score. Pas certain que cela suffise à les consoler, pas plus que le titre de meilleur joueur de la Coupe du monde attribué au capitaine Luka Modric. Le Monde
Revers de la médaille : le temps de jeu, beaucoup plus important pour les Croates, est devenu le principal désavantage de la sélection au damier – les Bleus ont donc l’avantage, ayant également profité d’une journée supplémentaire de repos. La solidité de la défense française, verrouillée autour de Rafael Varane et N’Golo Kanté, scellée par l’efficacité d’Hugo Lloris dans les buts, permet aux Bleus de garder un bloc bas et d’attendre les offensives de leurs adversaires. Les deux équipes se complètent à ce stade, puisque pour la Croatie, c’est l’inverse : le sélectionneur Zlatko Dalic encourage ses joueurs à garder le ballon le plus loin de leur but – et donc de maintenir un bloc haut. Luka Modrić se charge de l’animation offensive, permettant aux Croates de déclencher rapidement leurs actions vers l’avant. Comme face à l’Argentine et à l’Uruguay, les défenseurs français pourraient donc profiter d’un coup de pied arrêté dans la surface adverse pour exploiter les failles de la Croatie. Les courses de Kylian Mbappé vers l’avant, précieuses pour percer le premier rideau croate, vont constituer une des clefs de la rencontre. Le Monde
Largement favoris, les Bleus s’appuient sur une ossature défensive ultrasolide, autour d’une charnière centrale dominatrice dans les airs et protégée par un N’Golo Kanté qui ratisse tous les ballons. Si l’on ajoute un Hugo Lloris en grande forme dans les buts, cela donne le cocktail idéal pour jouer très bas : domination physique, grande discipline (seulement six fautes commises face à la Belgique) et pensée collective. (…) A l’inverse, la Croatie, positionnée en moyenne beaucoup plus haut sur le terrain, se protège en éloignant au maximum le ballon de sa cage. En multipliant les passes, elle élabore certes des offensives qui doivent déstabiliser l’adversaire, mais elle impose surtout son propre tempo à la partie. A la façon de l’Espagne 2010, elle endort parfois plus qu’elle ne crée. (…) Le symbole de cette philosophie ambivalente se nomme Luka Modric, génial milieu du Real Madrid, dont la candidature au prochain Ballon d’or prend chaque jour un peu plus d’épaisseur. Au cœur du jeu, il est le baromètre, tantôt devant la défense comme pendant une heure face à la Russie, tantôt relayeur voire numéro 10. A travers Modric, ce sont bien sûr les forces mais aussi, et peut-être surtout, toutes les faiblesses croates qui apparaissent au grand jour. Car si son importance dans l’orientation et la gestion du jeu est cruciale, il doit être mis dans les bonnes conditions pour briller et déchargé d’une partie du travail défensif. D’où le recours au pressing, stratégie peu utilisée dans cette Coupe du monde qui, bien appliquée, oblige l’adversaire à se précipiter et à rendre le ballon. (…) Le football est imprévisible, mais le rapport de force semble jusqu’ici nettement à l’avantage des Bleus : pourquoi Samuel Umtiti et Raphaël Varane, impeccables face aux grands gabarits belges et uruguayens lors des deux derniers matchs et même buteurs de la tête, ne pourraient-ils pas réitérer la performance contre un adversaire qui peine à défendre dans sa surface ? C’est cette question, et l’évidence de la réponse malgré la taille de l’attaquant Mario Mandzukic, qui laisse imaginer un match à la physionomie similaire à ceux contre la Belgique et l’Argentine. Un adversaire qui veut le ballon, une équipe de France très contente de le laisser, et une grosse bataille au milieu pour rendre les attaques croates les plus inoffensives possibles. Si l’Angleterre, qui défendait à huit en laissant deux attaquants prêts à contre-attaquer, a été trahie par son infériorité numérique au milieu (un 5-3-2 où la ligne de trois doit couvrir toute la largeur), la France a prouvé qu’elle n’avait pas peur de mettre dix joueurs dans son camp, la vitesse de Kylian Mbappé suffisant à se montrer dangereux une fois le ballon récupéré. Tout le monde, à l’exception parfois du Parisien, est donc concerné par cette récupération, avec une stratégie simple : Antoine Griezmann et Olivier Giroud empêchent les milieux d’être trouvés dans de bonnes conditions, Paul Pogba se charge de marquer le passeur et N’Golo Kanté se concentre sur la cible. Contre l’Argentine, ce n’est pas tant en défendant bien sur Lionel Messi qu’en le coupant d’Ever Banega, son principal pourvoyeur de ballons, que la France avait tué la menace dans l’œuf. Si Marouane Fellaini fut également géré facilement, Pogba, qui est le plus apte à remplir le rôle à condition de permuter avec Blaise Matuidi au milieu, pourrait trouver en Modric son adversaire le plus coriace… Car la Croatie, dont le jeu peut vite devenir stéréotypé, entre actions individuelles des ailiers Ivan Perisic et Ante Rebic et multiples centres des latéraux Vrsaljko et Strinic, est jusqu’ici animée d’une force qui dépasse la tactique – là où la France, qui adapte la sienne à l’adversaire, n’a jamais eu besoin d’exploits. Christophe Kuchly

Et à la fin, c’est l’Italie qui gagne !

Entre le tika-taka démonétisé et stérile de l’Espagne ….
Le catenaccio « pas emballant et cynique » mais finalement victorieux de la France …
Et le beau jeu, finalement défait, quelque part entre la Belgique et la Croatie …
Comment ne pas voir …
Bien cachée sous les tombereaux d’hagiographies dont nous bassinent nos médias hexagonaux …
Mais s’étalant pourtant en grosses lettres – et en français, s’il vous plait ! – en une de la Gazzetta dello sport
La vérité de cette improbable victoire des Bleus à Moscou …
Orchestrée avec certes un petit coup de pouce tant de la chance que de la bienveillance de l’arbitrage
Par l’un des plus italiens, entre trois saisons comme joueur et une saison comme entraineur à la Juventus, des sélectionneurs français ?

Non, le monde entier ne se réjouit pas de la victoire des Bleus

Carole Lyon et Sasha Mitchell

Courrier international
16/07/2018

D’accord, d’accord, la France a gagné. Mais était-ce bien mérité ? N’est-ce pas un peu grâce à nous ? Et d’ailleurs, est-ce si important ? Dans de nombreux journaux étrangers, la victoire des Bleus fait grincer des dents.

“La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute”, admet du bout des lèvres The Irish Times. “Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable.”

Pour le quotidien de Dublin, la sélection de Didier Deschamps inspire, “avec réticence”, “du respect plutôt que de l’admiration, de la stupéfaction et de la tendresse”. Et le journal irlandais d’enfoncer le clou, en usant d’une métaphore équestre : “On peut dire que si la France n’a pas eu vraiment à se dépasser pendant cette Coupe du monde, c’est parce qu’elle était tout simplement trop forte. Mais si la plus prestigieuse compétition footballistique peut être gagnée au petit galop, c’est qu’il y a peut-être un problème avec la course.”

“Un penalty discutable a fait basculer la finale”

De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’emballement n’est pas non plus de mise. “L’arbitrage vidéo a détruit la finale”, se morfond The Scotsman. “Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux.” Le journal d’Edimbourg, s’il salue une équipe solide dotée de fabuleux (jeunes) joueurs, assure dans la foulée que ces Bleus-là “ne seront certainement pas appréciés au-delà des frontières du pays”.
Même analyse en Belgique : pour De Standaard, le quotidien de référence néerlandophone, la main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale”. “‘Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité.”

La France n’a clairement pas donné le meilleur d’elle-même, ajoute La Libre Belgique, qui a vu des Bleus “pas emballants, cyniques”, et glisse :

Les plus caustiques diront que les Français n’ont jamais autant couru vers l’avant qu’au moment d’aller embrasser l’un des quatre buteurs de l’après-midi”.

Plus généralement, la presse belge a surtout choisi de parler d’autre chose. Fait assez rare dans le pays, les quotidiens francophones et flamands consacrent leurs unes à un même sujet : l’accueil triomphal des Diables rouges sur la Grand-Place de Bruxelles, au lendemain de leur victoire en petite finale.

“La très grande majorité des Italiens soutenait le camp adverse”

C’est d’ailleurs aussi ce que fait le journal italien Tuttosport, qui titre, pour le sixième jour consécutif, sur le transfert de Cristiano Ronaldo à la Juventus de Turin.

Bon joueur, le Corriere dello Sport salue les prouesses de Didier Deschamps, tout en précisant que le héros du jour est un sélectionneur à l’italienne”. “Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A [qu’il a accompagné en tant qu’entraîneur, lors de la saison 2006-2007]”.

Pour La Gazzetta dello Sport, c’est carrément toute la victoire qui est “à l’italienne”, puisque c’est indubitablement la carrière transalpine de Didier Deschamps qui lui a permis d’acquérir “l’art italien de la défense et de la tactique”.

Enfin, dans son éditorial, le directeur du Corriere dello Sport tâche de prendre acte.

La France est donc championne du monde pour la deuxième fois en vingt ans. Le grand rêve d’un petit pays [la Croatie] ne s’est pas réalisé. Mauvaise pioche également pour une très large majorité des Italiens – dont votre serviteur –, qui, au cours de cette finale pauvre en tactique et déterminée par les circonstances, soutenait le camp adverse.”

Mais “il faut tout de même admettre que le succès des Français est mérité”.

Voir aussi:

Un sacre «à l’italienne» : la presse étrangère salue, ou regrette, la victoire des Bleus
Romain Bougourd
Le Figaro
16/07/2018

Le titre de l’équipe de France ne laisse pas insensible la presse internationale, qui salue Didier Deschamps ou regrette son jeu défensif.

Le sacre mondial de l’équipe de France de Didier Deschamps est salué par la presse internationale et européenne, pendant que les Bleus sont en train de rentrer en France. Les medias du monde entier ne manquent pas de souligner le style défensif de la formation de Didier Deschamps. Aux premiers rangs, les quotidiens italiens, et particulièrement la Gazzetta dello Sport, qui n’hésite pas à titrer «France championne à l’italienne». «Allons enfants de l’Italie, pourrait-on dire, pas seulement pour forcer la rime, mais car il y a beaucoup plus d’Italie que vous ne l’imaginez dans cette France qui pour la deuxième fois en vingt ans est championne du monde», débute le quotidien au papier rose sur sa deuxième page.

«Souffrir, défendre, créer un groupe, voire devenir «uni», presque comme un bloc unique à la manière des Azzurri de Bearzot et de Lippi», décrit Fabio Licari, qui voit dans cette équipe de France un air d’Italie 2006. Mais ce qui sonne comme un compliment de l’autre côté des Alpes ne l’est pas forcément au-delà du Rhin. Pour le grand quotidien allemand die Welt, qui titre pourtant «Vive la France», une question se pose : «pourquoi le sélectionneur français s’est-il contenté d’un football cynique ?» «L’équipe de l’entraîneur Didier Deschamps a brillé au cours du tournoi avec un pragmatisme froid, malgré des footballeurs très talentueux comme Kylian Mbappé, Antoine Griezmann ou Paul Pogba, en laissant généralement le jeu à l’adversaire pour contre-attaquer au moment décisif», décrypte Christoph Cöln, pour qui «la finale 2018 n’était pas un feu d’artifice footballistique, malgré les nombreux buts».

«La France règne en maître»

Un avis qui diffère de celui de la presse britannique. «Les meilleurs depuis 1966», titre le Daily Mail, quand le Mirror s’essaye aux jeux de mots : «Déjà Blue». Pour le Telegraph, qui n’hésite pas à dire que «la France règne en maître», «cette Coupe du Monde nous manquera comme aucune autre». «Le lendemain de la fête nationale, la France est championne et à juste titre. Mais seulement après la rencontre la plus remarquable, folle et controversée, contre une Croatie courageuse, lors de laquelle il y eut la VAR, une véritable tempête dans le ciel au-dessus de Moscou, un premier but contre son camp en finale de Coupe du Monde, une superbe frappe d’une nouvelle superstar mondiale, une horrible gaffe de gardien de but par l’homme qui a soulevé le trophée», narre Jason Burt.

Mais les médias étrangers mettent particulièrement en avant le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps. Le Corrierre dello Sport, en premier lieu, l’affiche en Une : «Deschamps Elysées». «Au-delà de la ligne d’arrivée, il y a la Coupe du Monde remportée grâce à la qualité de ses talents mais aussi grâce à l’ingéniosité de Deschamps. Il a relevé son équipe nationale après la défaite contre le Portugal en finale des derniers Championnats d’Europe, en faisant confiance à ces garçons qui, en moyenne 26 ans, garantissent un avenir glorieux pour la France», avance le quotidien sportif italien.

La victoire de Didier Deschamps

Même son de cloche chez les Catalans de Mundo Deportivo. «Il (Deschamps) a établi un plan pour gagner la Coupe du monde, qu’il avait déjà emporté comme joueur en 1998 (…). Ses joueurs ont cru au plan de son entraîneur et cela a été remarqué sur le terrain. Didier Deschamps n’a trompé personne. La liste des 23 qu’il a choisi annonçait déjà ses plans», raconte le quotidien sportif. Un deuxième sacre de champion du monde, comme joueur puis comme entraîneur, qui n’empêche pas la presse croate d’encenser ses «héros». «Merci héros! Vous nous avez tout donné», titre le quotidien sportif Sportske Novosti. «’Flamboyants’, vous êtes les plus grands, vous êtes notre fierté, vos noms seront écrits à jamais en lettres d’or!», commente Sportske Novosti.

Voir également:

Vu de l’étranger. Les “Terminators” français s’offrent une finale de Coupe du monde

Corentin Pennarguear

Courrier international
11/07/2018

Les Bleus ont battu la Belgique 1-0, mardi 10 juillet, et se qualifient pour la finale de la Coupe du monde. Qu’elle affronte la Croatie ou l’Angleterre dimanche, la France sera favorite, s’accorde à dire la presse étrangère.

Pendant le match, les supporters des deux camps ont régulièrement oublié de chanter et d’encourager leur sélection. “Parfois, on avait l’impression de se trouver au beau milieu d’un tournoi d’échecs”, relate la Süddeutsche Zeitung. Mais ce n’était pas par manque de spectacles ou d’émotions, pointe le quotidien allemand. Car entre la France et la Belgique ce mardi 10 juillet, “il s’agissait plutôt d’un match de boxe étincelant”.

“Les yeux dans les yeux, les deux camps se sont fixés tout le long du match, prêts à asséner à l’autre le coup de poing décisif, raconte la SZ. À chaque action, chaque ballon distribué, on approchait le KO, l’échec et mat. Haletant.”

“Ce duel était ce qu’a offert de mieux la Coupe du monde jusqu’à présent”, enchaîne la Frankfurter Allgemeine Zeitung de l’autre côté du Rhin. Le journal de Francfort estime avoir assisté à “une demi-finale palpitante entre les deux équipes les plus complètes au monde”.

Une équipe “impossible à briser”

Dans ce match serré, tendu à l’extrême, c’est la France qui l’a emporté grâce à une tête rageuse du défenseur Samuel Umtiti et à un combat des Bleus sur chaque ballon. “La France a été tellement forte, tellement impossible à briser…”, reconnaît The Independent. Pour le quotidien britannique en ligne, “les Bleus ont réduit en miettes la confiance et la verve de cette équipe belge”.

Si Kylian Mbappé, le numéro 10 français, “est encore celui qui a attiré tous les regards”, explique la publication de Londres, “il a été soutenu par énormément de joueurs français déterminés à se battre pour gagner le ballon”. À tel point, selon The Independent, que “même N’Golo Kanté n’est pas sorti du lot sur ce point”.

Avec cette bataille physique et malgré le potentiel offensif des joueurs sur le terrain, “on a eu droit à un match tactique, fermé, cloisonné par une formation hexagonale pas forcément chatoyante mais très impressionnante d’organisation, de maîtrise et d’efficacité”, admet Le Soir. D’après le journal belge, “cette équipe de France est plus que jamais à l’image de son entraîneur, Didier Deschamps. L’homme qui contrôle tout et qui s’adapte à toutes les oppositions a créé un collectif prêt à mettre le talent individuel au service de l’intérêt général et de la roublardise.” Et le quotidien de Bruxelles de plier genou : “Chapeau.”

Avec ce parcours qui la conduit en finale du Mondial 2018, un aspect de cette équipe de France devient de plus en plus évident, souligne The Wall Street Journal: “un nouveau sentiment de sérénité.” Si les Bleus gardent “des joueurs d’instinct comme Mbappé”, les hommes de Deschamps sont avant tout destinés à la contre-attaque, juge le quotidien américain. Et par conséquent, “dès que la France a pris l’avantage, la panique s’est doucement répandue dans les rangs belges”.

Et au final, “c’est la France qui a imposé sa loi”, titre le quotidien espagnol El País après le match. “Brillante, juste et efficace dès qu’elle le peut” : pour le journal de Madrid, cette sélection a la patte de l’influence italienne de Didier Deschamps.

Le sélectionneur des Bleus n’a jamais accordé d’importance à l’esthétique, et si l’Italie ne s’est pas qualifiée pour ce Mondial, la France nous la rappelle match après match.”

Résultat, “les Bleus jouent le genre de football qui inspire davantage le respect que l’amour”, considère The Irish Times, qui a vu des “Terminators” sur le terrain face aux Belges. Le journal irlandais focalise son analyse sur Kylian Mbappé, “la différence majeure par rapport à la France de 2016”, qui a perdu la finale de l’Euro face au Portugal : “Il peut détruire les défenseurs adverses comme aucun autre footballeur sur la planète à l’heure actuelle ; il peut les dribbler, tourner autour d’eux, les battre à la course sur cinq mètres ou cinquante mètres ; il peut réaliser une passe parfaite à son coéquipier sans que vous-même n’ayez vu qu’il était là.”

Des revanches à prendre

Avec cette équipe, dimanche, la France peut prendre deux revanches. D’abord, “celle qui résulte de cette finale frustrante de l’Euro 2016 contre le Portugal”, se souvient The Independent. Ensuite, “refermer une blessure de 12 ans qui n’a toujours pas cicatrisé, quand elle tenait la finale de la Coupe du monde face à l’Italie entre ses mains et que la tête de Zinédine Zidane s’est abattue sur le torse de Marco Materazzi”, écrit La Nación, en Argentine.

“Les Bleus sont favoris pour soulever le trophée, que ce soit l’Angleterre ou la Croatie en face”, assure The Guardian depuis Londres. Même sentiment à Madrid, El Mundo voit “une France tout en muscles qui sent bon la coupe du monde”.

“L’équipe de Deschamps a atteint une troisième finale de championnat du monde sans passer par les prolongations, avec une solidité de champion”, apprécie également La Vanguardia, avant de lancer un rappel tranchant : “Il y a deux ans, avant la finale de l’Euro, cette même équipe avait crié victoire trop tôt. Elle sera son pire ennemi dimanche prochain.”

Voir également:

Gary Neville: France deserved World Cup win despite VAR ‘Middleweight versus heavyweight in Moscow’
Skysport
16/07/18

Gary Neville paid tribute to France after their World Cup triumph, declaring that the best team had prevailed at Russia 2018.

In an incident-packed showpiece, France led 2-1 at half-time after a Mario Mandzukic own goal and an Antoine Griezmann penalty controversially awarded via VAR, with Ivan Perisic briefly bringing Croatia level.

But quickfire strikes by Paul Pogba and Kylian Mbappe midway through the second half put France on course for glory, and rendered a Hugo Lloris error academic.

Neville admitted the penalty call left « a bit of a cloud » over the result but was in no doubt that France deserved their second World Cup crown.

« There’s a little bit of a cloud because of the penalty decision in the first half but the best team won, » Neville said.

« To beat an Argentina team with Lionel Messi, a Uruguay side with Luis Suarez, with Diego Godin that also does the horrible stuff, to beat a Belgium side with Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku… they’ve come through everything.

« They can win all types of games. They haven’t got just good, skilful players in Kylian Mbappe and Antoine Griezmann – players who’ve lit up this World Cup in moments – they’re also tough and resilient. »

Neville conceded Zlatko Dalic’s side had a right to feel aggrieved but said the final felt like a mismatch in the end.

« The Croatians will be upset – they’ll say they were hard done-by but you felt whatever happened, France would step up a gear and get through it, » Neville told ITV.

« Croatia deserve all the respect in the world but it felt like middleweight versus heavyweight. France were able to land the blows. They were more powerful.

« We’ve become accustomed to thinking possession is the dominating factor in the game because of what Spain and Pep Guardiola have done but it’s changed a bit in this World Cup. France counter-attacked, punched them and knocked them out.

« Don’t let Croatia’s possession convince you that France weren’t in control of that game. They were the best team in the competition. They deserved it. »

Voir de même:

World Cup final VAR: BBC pundits slam referee over France vs Croatia decisionsVAR took centre stage in the first half of the World Cup final – but not everyone agreed with the decisions that went France’s way.
Aaron Stokes
Daily Express
Jul 15, 2018

Didier Deschamps’ men went in front thanks to a Mario Mandzukic own goal in the first half.

But Antoine Griezmann has been criticised for diving to earn a free-kick before the Croatia striker headed into his own net.

After conceding an Ivan Perisic goal moments later, France looked to regain the lead.

And when the Inter Milan forward handled in his own area, the referee pointed to spot, allowing Griezmann to slot home his fourth of the tournament.

But BBC pundits Alan Shearer and Rio Ferdinand were not happy with the referee or VAR in the first period

« Two bad decisions have turned the game on its head, » said Ferdinand.

« The character the players have shown has been phenomenal.

« They have got around this French team, got in their faces and shown their experience and guile.

« Croatia are the team who have come out and said ‘we’re going to win this World Cup.’ And yet they’re behind. »

Shearer then added: « It will be such a shame if this game is decided on that decision.

« That is not a deliberate handball and it shouldn’t be a penalty.

« The referee didn’t give it initially, but then he is certain he has made an error after going to the VAR?

« I don’t agree with it. »

Voir encore:

Fans fume over ‘absolute amateur’ refereeing decision
7Sport
11 Jul. 2018

Belgium fans were left fuming during their World Cup semi-final loss to France when a blatant foul on Eden Hazard went unpunished.

The Belgian star was hacked down by Olivier Giroud on the edge of the area in the 79th minute of France’s 1-0 victory on Wednesday morning.

The ensuing foul would have given Belgium a golden opportunity to equalise from the set piece, but the referee inexplicably allowed play to continue.

Belgian players were gobsmacked, and fans took to social media to vent.

One social media user even labelled the referee an ‘absolute amateur’ over the bizarre call.

Samuel Umtiti was the unlikely hero as France reached the World Cup final for the third time in 20 years.

Defender Umtiti headed home a corner from Antoine Griezmann in the 51st minute to settle the all-European tie, booking Les Bleus a trip to Moscow and a clash against either Croatia or England.

Goalkeepers Hugo Lloris and Thibaut Courtois both made smart saves to make sure an intriguing game remained scoreless at the interval.

However, Umtiti popped up with the game’s telling moment early in the second half, nodding the ball home to score his third international goal.

Belgium pushed hard for an equaliser but Roberto Martinez watched on as his team suffered their first defeat in 25 outings, ending their hopes of winning the tournament for the first time in history as their so-called golden generation came up short.

Voir par ailleurs:

Coupe du monde 2018 : France-Croatie, bataille d’idées pour un trophée
La Croatie et la France, qui partira favorite de ce match, ont des approches tactiques opposées, liées aux caractéristiques de leur défense.
Christophe Kuchly
Le Monde
13.07.2018

Analyse tactique. « La défense dicte ses lois à la guerre. » La maxime est de Carl von Clausewitz, théoricien militaire prussien et auteur du traité fondateur De la guerre, dans lequel les partisans du catenaccio (« verrou ») se retrouvent sans doute beaucoup plus que ceux du football total. Près de deux siècles plus tard, cette phrase apparemment sans rapport avec la finale de la Coupe du monde, qui opposera la France à la Croatie dimanche 15 juillet à Moscou, résume pourtant l’un des enjeux tactiques de cette rencontre. C’est en effet la protection de son propre but, plus que l’attaque de celui de l’adversaire, qui dictera le comportement des deux équipes.

Est-ce à dire que Croates et Français passeront le match repliés dans leur camp et que personne ne prendra l’initiative ? Pas vraiment. Car les deux formations ont des approches opposées, liées aux caractéristiques de leur arrière-garde. Largement favoris, les Bleus s’appuient sur une ossature défensive ultrasolide, autour d’une charnière centrale dominatrice dans les airs et protégée par un N’Golo Kanté qui ratisse tous les ballons. Si l’on ajoute un Hugo Lloris en grande forme dans les buts, cela donne le cocktail idéal pour jouer très bas : domination physique, grande discipline (seulement six fautes commises face à la Belgique) et pensée collective. De quoi suivre José Mourinho, quand il assure : « On peut avoir le contrôle sans avoir le ballon. »

Philosophie ambivalente

A l’inverse, la Croatie, positionnée en moyenne beaucoup plus haut sur le terrain, se protège en éloignant au maximum le ballon de sa cage. En multipliant les passes, elle élabore certes des offensives qui doivent déstabiliser l’adversaire, mais elle impose surtout son propre tempo à la partie. A la façon de l’Espagne 2010, elle endort parfois plus qu’elle ne crée. Et rappelle la fameuse phrase de Johan Cruyff, dont le romantisme n’était pas toujours téméraire : « Si nous avons le ballon, les autres ne peuvent pas marquer. » Le symbole de cette philosophie ambivalente se nomme Luka Modric, génial milieu du Real Madrid, dont la candidature au prochain Ballon d’or prend chaque jour un peu plus d’épaisseur. Au cœur du jeu, il est le baromètre, tantôt devant la défense comme pendant une heure face à la Russie, tantôt relayeur voire numéro 10.

A travers Modric, ce sont bien sûr les forces mais aussi, et peut-être surtout, toutes les faiblesses croates qui apparaissent au grand jour. Car si son importance dans l’orientation et la gestion du jeu est cruciale, il doit être mis dans les bonnes conditions pour briller et déchargé d’une partie du travail défensif. D’où le recours au pressing, stratégie peu utilisée dans cette Coupe du monde qui, bien appliquée, oblige l’adversaire à se précipiter et à rendre le ballon.

Face à la Russie, en quarts de finale, Modric n’avait pas suivi le déplacement de Denis Cheryshev, bien content alors de profiter d’un peu d’espace pour frapper en lucarne. Contre l’Angleterre, mercredi soir, un retour en catastrophe mais mal maîtrisé lui avait fait commettre une faute à l’entrée de la surface, convertie directement par Kieran Trippier. Les autres buts concédés par la Croatie ? Un penalty à la suite d’une main du défenseur Dejan Lovren contre l’Islande, une touche mal défendue face au Danemark et une tête russe sur coup franc. Et qui sait quelle serait l’affiche de la finale si, en début de prolongation, Sime Vrsaljko n’avait pas sauvé sur la ligne une tête de l’Anglais John Stones sur… corner, la seule phase arrêtée où la Croatie n’a pas encore été battue.

Le football est imprévisible, mais le rapport de force semble jusqu’ici nettement à l’avantage des Bleus : pourquoi Samuel Umtiti et Raphaël Varane, impeccables face aux grands gabarits belges et uruguayens lors des deux derniers matchs et même buteurs de la tête, ne pourraient-ils pas réitérer la performance contre un adversaire qui peine à défendre dans sa surface ? C’est cette question, et l’évidence de la réponse malgré la taille de l’attaquant Mario Mandzukic, qui laisse imaginer un match à la physionomie similaire à ceux contre la Belgique et l’Argentine. Un adversaire qui veut le ballon, une équipe de France très contente de le laisser, et une grosse bataille au milieu pour rendre les attaques croates les plus inoffensives possibles.

La défense française dicte ses lois

Si l’Angleterre, qui défendait à huit en laissant deux attaquants prêts à contre-attaquer, a été trahie par son infériorité numérique au milieu (un 5-3-2 où la ligne de trois doit couvrir toute la largeur), la France a prouvé qu’elle n’avait pas peur de mettre dix joueurs dans son camp, la vitesse de Kylian Mbappé suffisant à se montrer dangereux une fois le ballon récupéré. Tout le monde, à l’exception parfois du Parisien, est donc concerné par cette récupération, avec une stratégie simple : Antoine Griezmann et Olivier Giroud empêchent les milieux d’être trouvés dans de bonnes conditions, Paul Pogba se charge de marquer le passeur et N’Golo Kanté se concentre sur la cible. Contre l’Argentine, ce n’est pas tant en défendant bien sur Lionel Messi qu’en le coupant d’Ever Banega, son principal pourvoyeur de ballons, que la France avait tué la menace dans l’œuf. Si Marouane Fellaini fut également géré facilement, Pogba, qui est le plus apte à remplir le rôle à condition de permuter avec Blaise Matuidi au milieu, pourrait trouver en Modric son adversaire le plus coriace…

Car la Croatie, dont le jeu peut vite devenir stéréotypé, entre actions individuelles des ailiers Ivan Perisic et Ante Rebic et multiples centres des latéraux Vrsaljko et Strinic, est jusqu’ici animée d’une force qui dépasse la tactique – là où la France, qui adapte la sienne à l’adversaire, n’a jamais eu besoin d’exploits. Ni un penalty raté en fin de prolongation en huitième de finale, ni une égalisation concédée sur le fil en quart, ni la fatigue accumulée, n’ont empêché les hommes de Zlatko Dalic, menés lors de leurs trois dernières rencontres, de poursuivre l’aventure. Et si Lovren a échoué cette année en finale de Ligue des champions, les titres européens accumulés par Rakitic, Modric, Mandzukic, Kovacic (huit C1 et une C3 à eux quatre) et Vrsaljko (une C3), font plus qu’équilibrer la balance de l’expérience des grands rendez-vous.

D’autant qu’il reste une variable de taille : comment la France, qui devrait être capable de provoquer des déséquilibres partout sur le terrain, réagirait-elle en cas de scénario défavorable ? Menée presque par hasard par l’Argentine, elle était partie à l’attaque, les boulevards défensifs de l’Albiceleste et une volée de Benjamin Pavard inversant immédiatement la dynamique. Neuf minutes de course-poursuite suffisent-elles à juger de la percussion d’une équipe qui semblait presque inoffensive sur attaque placée il y a de cela un mois ? Si la défense française dicte ses lois dans ce Mondial, la puissance de son attaque n’a pas encore été inscrite dans les textes.

Voir aussi:

Finale France-Croatie : le pragmatisme des Bleus face à l’héroïsme des « Vatreni »
Lors d’une finale inédite, des Croates fatigués mais galvanisés tenteront de renverser l’équipe de France, favorite au terme d’une Coupe du monde maîtrisée.
Le Monde
15.07.2018

Dimanche 15 juillet, à partir de 17 heures, l’équipe de France de football tentera d’inscrire sur son maillot une deuxième étoile de champion du monde, vingt ans après le sacre à domicile des Bleus d’Aimé Jacquet.

Face à une sélection croate héroïque – les joueurs de Zlatko Dalic ont été menés dans deux des trois rencontres de la phase à élimination directe, sont allés trois fois en prolongation et ont remporté deux séances de tirs au but – les Français restent favoris, mais attention : forts de leurs stars européennes et poussés par 4 millions de supporters, les Croates ont de légitimes chances de croire en leur victoire dans le stade Loujniki de Moscou, pour ce qui serait un succès inédit en cinq participations à la Coupe du monde.

Léger avantage statistique aux Français

Depuis le début de la Coupe du monde, les Bleus n’ont encaissé que quatre buts – dont trois contre l’Argentine, en huitième de finale – contre cinq pour les Croates, sans compter les penaltys encaissés par ceux-ci lors des deux séances de tirs au but.

Les Croates ont, cependant, l’avantage côté offensif : douze buts inscrits, contre huit seulement pour la France en six matchs. Ils ont aussi mieux réussi leur phase de poule, avec trois victoires en trois matchs, dont une de prestige face à l’Argentine (3-0).

Les « Vatreni » entre fougue et fatigue

C’est l’une des principales certitudes avant la rencontre de dimanche : les Croates ne lâcheront rien. Extrêmement soudé, le collectif guidé par Luka Modrić a montré une grande ténacité depuis le début de la phase finale : face au Danemark, « les Enflammés », leur surnom, ont subi le score avant de remporter la rencontre aux tirs au but – la première de l’histoire de la Coupe du monde avec cinq arrêts de la part des gardiens, dont trois pour le portier de Monaco, Danijel Subašić.

Face à la Russie, l’histoire se répète : à égalité à la fin des prolongations, après avoir été menés, les Croates l’emportent aux tirs au but. En demi-finale, cette fois face à l’Angleterre, l’attaquant Mario Mandžukić libère ses coéquipiers en inscrivant, une nouvelle fois en prolongation, le but qualifiant son équipe pour la finale face à la France.

Revers de la médaille : le temps de jeu, beaucoup plus important pour les Croates, est devenu le principal désavantage de la sélection au damier – les Bleus ont donc l’avantage, ayant également profité d’une journée supplémentaire de repos.

L’opposition de style défensif, enjeu central de la finale

La solidité de la défense française, verrouillée autour de Rafael Varane et N’Golo Kanté, scellée par l’efficacité d’Hugo Lloris dans les buts, permet aux Bleus de garder un bloc bas et d’attendre les offensives de leurs adversaires.

Les deux équipes se complètent à ce stade, puisque pour la Croatie, c’est l’inverse : le sélectionneur Zlatko Dalic encourage ses joueurs à garder le ballon le plus loin de leur but – et donc de maintenir un bloc haut. Luka Modrić se charge de l’animation offensive, permettant aux Croates de déclencher rapidement leurs actions vers l’avant.

Comme face à l’Argentine et à l’Uruguay, les défenseurs français pourraient donc profiter d’un coup de pied arrêté dans la surface adverse pour exploiter les failles de la Croatie. Les courses de Kylian Mbappé vers l’avant, précieuses pour percer le premier rideau croate, vont constituer une des clefs de la rencontre.

L’espoir du Ballon d’or pour Luka Modrić

Vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid, véritable star dans son pays et grand animateur du jeu croate, le milieu de terrain pourrait, en ramenant chez lui la première Coupe du monde de l’histoire de sa sélection, décrocher dans quelque mois le Ballon d’Or.

« Quand on parle de toi sur ce genre de sujet c’est super et agréable, mais je ne me préoccupe pas de cela, préfère-t-il répondre face à la presse. Je veux que mon équipe gagne, que, si Dieu veut, on remporte la Coupe »

Côté français, malgré les bonnes saisons d’Antoine Griezmann à l’Atlético Madrid et de Kylian Mbappé au Paris-Saint-Germain, une victoire en Coupe du monde ne suffirait pas à espérer le titre de meilleur joueur de la planète.

Voir encore:

World Cup 2018: Time for Spain to move away from tiki-taka
Shyam Kamal
Sportskeeda
2 Jul, 2018

Spain’s famed Tiki-taka system failed to match against some astute defending
If there was one thing that Vincent Del Bosque’s Spain was known for, other than their 2010 World Cup win – it was their style of play. It was Spain’s greatest ever team playing one of the most attractive styles of football, and it looked set for Spain to dominate football like Brazil had done in the past.

Oh, how the mighty have fallen!

In the 2018 World Cup, Spain ended the tournament with just one win to their name – a sluggish win against Iran in the second round of the group stage, and 3 draws (losing the last one to penalties against Russia).

In the process, they have conceded 6 goals, and scored 7; 3-3 against Portugal, 1-0 against Iran, 2-2 against Morocco and finally, 1-1 against Russia.

During the course of these four matches, they have completed an inherently unbelievable 3129 passes, an average of 782 passes per game. Argentina have the second most passes in the tournament, with some 800 passes less than what Spain has managed.

The origin
Without the very best players, Tiki-taka as a system has its downfalls

The ‘Tiki-taka’ system came to prominence when Johann Cruyff took over the reigns of Barcelona during the late 80s and the early 90s. It continued to gain momentum even after his departure, with Van Gaal and Rijkaard following the same system.

It reached its zenith at Barcelona when Pep Guardiola came to the fore – and arguably the greatest team in club football completed a sextuple of trophies playing some of the best football the world had ever seen.

And then, it caught on to the Spanish national team. A major portion of that Barcelona team played for La Furia Roja, and when then manager Vincent Del Bosque integrated the style into the team’s play, it instantly paid dividends.

Spain went on to win the 2008 Euros, the 2010 World Cup in South Africa, and the 2012 Euros, combining the tiki-taka with more direct football when the style suited them. This bastardized version was the brain child of Luis Aragones – the manager who led Spain to the 2008 Euros.

Del Bosque’s system was more focused on the Barcelona style of the tiki-taka, a return to the basics that saw small, physically suspect players go toe to toe against the bigger, more physically endowed players.

After Spain’s exit in Brazil, the system came under attack. The Netherlands had taken apart everything Spain stood for, and Van Persie’s soaring header was the cherry on top of a performance that showed the world that direct football could beat the slow build-up if done well.

The Nadir
Then came Barcelona’s slight falling out with the system as well.

Luis Enrique’s system at Barcelona invited contempt and concern from many a fan who had watched the beautiful passing from the years gone by. It was considered too direct to be played by Barcelona, and despite a treble in his first season and a double in the second, Enrique was shown the door after his third season at the club.

Bayern Munich shifted to a form of tiki-taka when Guardiola took over at the club, but after his departure they have returned back to their original blitzkrieg style of play.

Arsenal have lost all semblance of proper tactics during the last year of Wenger, and at present only Manchester City, under the tutelage of Pep Guardiola, are the last proponents of the system.

Spain came into the World Cup armed by only one established striker in Diego Costa, and a midfield that is enough to make any team envious. It did not feel the need for them to have another striker, considering that their midfield would be holding the ball most of the time anyway.

As it turns out, holding the ball is the only thing they know to do. Against Russia, Spain kept passing the ball with nothing coming out of it, and their play had no urgency whatsoever. They recorded their first shot on target only after Russia scored the equalizer, and even then it was too late.

The reason the plan failed was because tiki-taka in its basic form is designed to sandbag the opponent.

It aims to hit the opponent with a continuous flow of attack and tire out the defenders. It operates with the assumption that the ball should be regained within the opposition half, and never let them have a moment of respite.

That is where Spain failed.

Spain’s newer system saw passes, but no urgency. It was possession for the sake of possession, and not possession that has the intent to score. At times, it was more boring than the ‘bus-parking’ by Mourinho, and that is saying a lot.

Most of the time, the ball remained in the Spanish half – with the defenders passing the ball over and over to each other, while the Russians stayed back and bided their time. The initial success of tiki-taka happened because the teams were not used to it, and got tired from chasing the ball for too long.

Against a Russian team that did not fall into their trap, Spain was all bark and no bite
And when the plan failed, Spain did not have a fail-safe. Putting crosses into the box after taking out Diego Costa, unsurprisingly, did not work.

All the players on the field tried to pass themselves into a corner, before switching the ball to the other wing – rinsing and repeating till the final whistle.

Maybe Lopetegui’s Spain would have done better, but that is not a question we can know the answer to. The fact is that Spain’s tiki-taka failed, and rather spectacularly considering how well their opponents exposed a critical flaw in its design.

Football evolves with time. Just like how ‘total football’ came into praise and then disappeared from the limelight, it is time for tiki-taka to take a step back.

As teams get more and more defensive when playing against the possession based sides, they should at least temper their football with a good plan B if they want to get anywhere near a trophy again.

Voir enfin:

La France remporte la Coupe du monde : vingt ans après, les Bleus de nouveau sur le toit du monde
Les Bleus ont montré, dimanche à Moscou, une impressionnante détermination pour battre la Croatie (4-2) et ainsi remporter leur deuxième titre de champion du monde.
Anthony Hernandez (envoyé spécial à Moscou)
Le Monde
15.07.2018

Le football français est longtemps passé pour un indécrottable romantique, dont on célébrait les glorieuses défaites, Séville 1982 par exemple, tandis que les autres nations accumulaient les titres. Fidèle à ce qu’il était sur le terrain, un travailleur de l’ombre et un apôtre de la victoire avant tout, Didier Deschamps a transformé son équipe de France en une terrible machine à gagner. Ironie de l’histoire, pour quelqu’un qui était surnommé « la Dèche » et a connu le cauchemar bulgare de 1993.

Dimanche 15 juillet, au stade Loujniki de Moscou, les Tricolores se sont montrés impitoyables (4-2) face à des Croates méritants, pour remporter le Mondial 2018. Pendant que le président russe Vladimir Poutine, enfin sorti de sa tanière, s’éloignait sous le déluge moscovite comme étranger à la joie tricolore, les joueurs français pouvaient brandir un trophée historique, vingt ans après les deux coups de tête victorieux de Zinédine Zidane au Stade de France. 1998-2018, le lien est tout trouvé : le capitaine Didier Deschamps devenu le sélectionneur Didier Deschamps.

La leçon de l’Euro 2016 a été bien apprise
A défaut d’être impressionnante par son niveau de jeu, cette finale, décousue, a été la plus prolifique depuis l’unique sacre anglais à domicile face à la RFA en 1966 (4-2). Qu’importe la manière, dans dix ans, seule cette deuxième étoile ajoutée au maillot tricolore pendant l’été moscovite restera. La leçon de l’Euro 2016 a été bien apprise. Deschamps n’aime pas perdre et c’est certainement pour cela qu’il a presque tout gagné dans sa carrière : notamment deux Ligues des champions, un Euro et, désormais, deux Coupes du monde… « Une finale, cela se gagne, oui. Parce que celle qu’on a perdue il y a deux ans, on ne l’a toujours pas digérée », avait-il dit mardi soir.

Les bras tendus vers le ciel et le poing rageur, le sélectionneur tricolore pouvait laisser exploser une joie mêlée à sa légendaire rage de vaincre. Après le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer, il peut désormais s’enorgueillir d’être le troisième à avoir gagné la Coupe du monde à la fois en tant que joueur et en tant qu’entraîneur.

Une performance inimaginable pour celui qui, au départ, n’était jamais le meilleur footballeur, ni le meilleur entraîneur, mais qui a toujours su transmettre sa hargne et sa détermination à un groupe. « C’est tellement beau, tellement merveilleux, a-t-il exulté, Je suis super heureux pour ce groupe-là, car on est partis de loin quand même. Cela n’a pas été toujours simple, mais à force de travail, d’écoute… Là, ils sont sur le toit du monde pour quatre ans. »

Solidité défensive
Kylian Mbappé poursuit, lui, sa quête de records : à 19 ans, il est le deuxième plus jeune buteur en finale d’une Coupe du monde, derrière le Brésilien Pelé (en 1958). Sans forcément en être conscient, le Parisien, désigné meilleur jeune du tournoi, restera sur l’une des images fortes de ce mois de compétition, l’unique accroc à l’opération de communication maîtrisée du Kremlin : son high five avec l’une des quatre Pussy Riot, affublées d’un costume policier, et dont le mouvement a revendiqué l’envahissement de la pelouse en deuxième période.

Elu homme du match, parfois éclipsé par son jeune coéquipier, Antoine Griezmann a, lui, répondu présent au meilleur moment d’un coup franc précis sur le premier but, d’un penalty plein de sang-froid sur le deuxième et grâce, en général, à une performance éclatante tout au long des quatre-vingt-dix minutes.

Plus globalement, comme sa devancière de 1998, cette équipe de France aura bâti son succès sur une solidité défensive insoupçonnée avant la compétition, à laquelle elle aura ajouté un jeu ultra-direct et rapide, redoutable pour forcer les défenses adverses.

Un mur de damiers rouge et blanc
Pourtant, cette finale, spécialement la première période, aura été paradoxalement l’un des matchs les moins aboutis des Bleus, depuis l’entame contre l’Australie, le 16 juin. Une ouverture du score contre son camp de Mario Mandzukic et un penalty contestable (une main d’Ivan Perisic qui semblait non intentionnelle) obtenu grâce à la VAR (arbitrage vidéo), voilà les deux maigres coups d’éclat qui ont permis aux Français de faire basculer la rencontre.

Le troisième but tricolore, inscrit par Paul Pogba, au terme d’une contre-attaque, et la frappe chirurgicale de Kylian Mbappé pour le quatrième, n’ont été que la punition attendue et infligée à un adversaire qui, mené et épuisé par ses trois prolongations successives, devait dès lors se découvrir. En capitaine fair-play, le gardien Hugo Lloris a offert aux Croates, d’une relance calamiteuse, la réduction du score. Pas certain que cela suffise à les consoler, pas plus que le titre de meilleur joueur de la Coupe du monde attribué au capitaine Luka Modric.

Aux abords du stade Loujniki, comme à l’intérieur des tribunes de ce gigantesque stade, théâtre des Jeux de Moscou en 1980, les Français ont dû faire face à une forte adversité. Tout d’abord à la forte supériorité numérique des supporteurs croates, 10 000 balkaniques qui ont constitué un véritable mur de damiers rouge et blanc. Puis au soutien massif des autres spectateurs à l’outsider. Brésiliens, qui se voyaient en finale, Colombiens, Sud-Coréens ou Mexicains, beaucoup avouaient soutenir la Croatie.

L’égale de l’Argentine et de l’Uruguay
« Elle joue avec le cœur, avec plus de passion. Pour clôturer cette Coupe du monde folle, la victoire d’une équipe inattendue serait idéale. Mais je pense que la France va gagner, vous avez les meilleurs joueurs », prophétisait Leandro, venu de Rio avec ses amis. Les Bleus pouvaient tout de même compter sur quelques soutiens éparpillés, à l’image de Munzi, un Malaisien fanatique de Mbappé, ou de Kensuke, un Japonais qui arborait le maillot d’un certain Lilian Thuram, double buteur lors de la demi-finale du Mondial 1998 contre… la Croatie.

Avec ce deuxième succès sur les six dernières Coupes du monde, l’équipe de France distance l’Angleterre et l’Espagne. Surtout, elle égale des nations de football telles que l’Uruguay et l’Argentine. Devant, il ne reste plus que l’Italie et l’Allemagne (quatre titres) et le Brésil (cinq titres). Nantis d’une moyenne d’âge de 25 ans et 10 mois, ces Bleus paraissent armés pour continuer à gagner.

Didier Deschamps sera normalement encore aux commandes jusqu’à l’Euro 2020, au moins. Quoi de plus logique pour ce père la victoire, qui a su s’adapter à une jeune génération qui le lui rend à merveille, comme le prouve l’intrusion joyeuse et festive de ses joueurs en conférence de presse. « Excusez-les, ils sont jeunes et heureux », a résumé Deschamps, arrosé d’eau des pieds à la tête.


Effet spectateur: C’est le mimétisme, imbécile ! (Monkey see, monkey do: New example of bystander effect on Paris commuter train confirms everything is mimetic in whatever we do whether good or bad, but compounded by the effect of diversity)

4 juillet, 2018

Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 40)
Un docteur de la loi (…) voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. Jésus (Luc 10 : 25-37)
Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. Jean 8: 3-11
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
« Que celui qui se croit sans péché lui jette la première pierre ! » Pourquoi la première pierre ? Parce qu’elle est seule décisive. Celui qui la jette n’a personne à imiter. Rien de plus facile que d’imiter un exemple déjà donné. Donner soi-même l’exemple est tout autre chose. La foule est mimétiquement mobilisée, mais il lui reste un dernier seuil à franchir, celui de la violence réelle. Si quelqu’un jetait la première pierre, aussitôt les pierres pleuvraient. En attirant l’attention sur la première pierre, la parole de Jésus renforce cet obstacle ultime à la lapidation. Il donne aux meilleurs de cette foule le temps d’entendre sa parole et de s’examiner eux-mêmes. S’il est réel, cet examen ne peut manquer de découvrir le rapport circulaire de la victime et du bourreau. Le scandale qu’incarne cette femme à leurs yeux, ces hommes le portent déjà en eux-mêmes, et c’est pour s’en débarrasser qu’ils le projettent sur elle, d’autant plus aisément, bien sûr, qu’elle est vraiment coupable. Pour lapider une victime de bon coeur, il faut se croire différent d’elle, et la convergence mimétique, je le rappelle, s’accompagne d’une illusion de divergence. C’est la convergence réelle combinée avec l’illusion de divergence qui déclenche ce que Jésus cherche à prévenir, le mécanisme du bouc émissaire. La foule précède l’individu. Ne devient vraiment individu que celui qui, se détachant de la foule, échappe à l’unanimité violente. Tous ne sont pas capables d’autant d’initiative. Ceux qui en sont capables se détachent les premiers et, ce faisant, empêchent la lapidation. (…) A côté des temps individuels, donc, il y a toujours un temps social dans notre texte, mais il singe désormais les temps individuels, c’est le temps des modes et des engouements politiques, intellectuels, etc. Le temps reste ponctué par des mécanismes mimétiques. Sortir de la foule le premier, renoncer le premier à jeter des pierres, c’est prendre le risque d’en recevoir. La décision en sens inverse aurait été plus facile, car elle se situait dans le droit fil d’un emballement mimétique déjà amorcé. La première pierre est moins mimétique que les suivantes, mais elle n’en est pas moins portée par la vague de mimétisme qui a engendré la foule. Et les premiers à décider contre la lapidation ? Faut-il penser que chez eux au moins il n’y a aucune imitation ? Certainement pas. Même là il y en a, puisque c’est Jésus qui suggère à ces hommes d’agir comme ils le font. La décision contre la violence resterait impossible, nous dit le christianisme, sans cet Esprit divin qui s’appelle le Paraclet, c’est-à-dire, en grec ordinaire, « l’avocat de la défense » : c’est bien ici le rôle de Jésus lui-même. Il laisse d’ailleurs entendre qu’il est lui-même le premier Paraclet, le premier défenseur des victimes. Et il l’est surtout par la Passion qui est ici, bien sûr, sous-entendue. La théorie mimétique insiste sur le suivisme universel, sur l’impuissance des hommes à ne pas imiter les exemples les plus faciles, les plus suivis, parce que c’est cela qui prédomine dans toute société. Il ne faut pas en conclure qu’elle nie la liberté individuelle. En situant la décision véritable dans son contexte vrai, celui des contagions mimétiques partout présentes, cette théorie donne à ce qui n’est pas mécanique, et qui pourtant ne diffère pas du tout dans sa forme de ce qui l’est, un relief que la libre décision n’a pas chez les penseurs qui ont toujours la liberté à la bouche et de ce fait même, croyant l’exalter, la dévaluent complètement. Si on glorifie le décisif sans voir ce qui le rend très difficile, on ne sort jamais de la métaphysique la plus creuse. Même le renoncement au mimétisme violent ne peut pas se répandre sans se transformer en mécanisme social, en mimétisme aveugle. Il y a une lapidation à l’envers symétrique de la lapidation à l’endroit non dénuée de violence, elle aussi. C’est ce que montrent bien les parodies de notre temps. Tous ceux qui auraient jeté des pierres s’il s’était trouvé quelqu’un pour jeter la première sont mimétiquement amenés à n’en pas jeter. Pour la plupart d’entre eux, la vraie raison de la non-violence n’est pas la dure réflexion sur soi, le renoncement à la violence : c’est le mimétisme, comme d’habitude. Il y a toujours emballement mimétique dans une direction ou dans une autre. En s’engouffrant dans la direction déjà choisie par les premiers, les « mimic men » se félicitent de leur esprit de décision et de liberté. Il ne faut pas se leurrer. Dans une société qui ne lapide plus les femmes adultères, beaucoup d’hommes n’ont pas vraiment changé. La violence est moindre, mieux dissimulée, mais structurellement identique à ce qu’elle a toujours été. Il n’y a pas sortie authentique du mimétisme, mais soumission mimétique à une culture qui prône cette sortie. Dans toute aventure sociale, quelle qu’en soit la nature, la part d’individualisme authentique est forcément minime mais pas inexistante. Il ne faut pas oublier surtout que le mimétisme qui épargne les victimes est infiniment supérieur objectivement, moralement, à celui qui les tue à coups de pierres. Il faut laisser les fausses équivalences à Nietzsche et aux esthétismes décadents. Le récit de la femme adultère nous fait voir que des comportements sociaux identiques dans leur forme et même jusqu’à un certain point dans leur fond, puisqu’ils sont tous mimétiques, peuvent néanmoins différer les uns des autres à l’infini. La part de mécanisme et de liberté qu’ils comportent est infiniment variable. Mais cette inépuisable diversité ne prouve rien en faveur du nihilisme cognitif ; elle ne prouve pas que les comportements sont incomparables et inconnaissables. Tout ce que nous avons besoin de connaître pour résister aux automatismes sociaux, aux contagions mimétiques galopantes, est accessible à la connaissance. René Girard
Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter » la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier. » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ». » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne : » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de » bouc émissaire » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du » sacrifice parfait » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. (…) En même temps, le devoir du chrétien est de dénoncer le péché là où il se trouve. Le communisme a pu s’effondrer sans violence parce que le monde libre et le monde communiste avaient accepté de ne plus remettre en cause les frontières existantes ; à l’intérieur de ces frontières, des millions de chrétiens ont combattu sans violence pour la vérité, pour que la lumière soit faite sur le mensonge et la violence des régimes qui asservissaient leurs pays. Encore une fois, face au danger de mimétisme universel de la violence, vous n’avez qu’une réponse possible : le christianisme. René Girard
Si nous voulons aborder le « fait religieux » autrement que sous la forme d’une collection de savoirs, forcément émiettés et terriblement lacunaires, une voie peut être l’approfondissement d’un texte assez bien choisi pour qu’il rende le « religieux » intelligible. Ce postulat d’intelligibilité fonde le christianisme par essence. Il ne saurait y avoir contradiction, en toute dernière instance, entre ce message « religieux » et la rationalité, et ce malgré le contentieux historique lourd entre l’Eglise et la philosophie des Lumières. Ce texte en est une illustration magnifique. Il suffit de le lire en oubliant qu’il nous a été transmis par une institution religieuse pour qu’il nous devienne singulièrement utile, et pour commencer sur le plan professionnel. Voilà une situation dite de « conflit » et qui pourrait dégénérer en « violence ». Cette fois c’est l’analyse du philosophe René Girard qui peut servir d’éclairage. Comme F. Quéré, il observe que l’épisode marque une étape dans un drame qui aboutira à l’explosion de violence du Golgotha, lieu où Jésus mourra crucifié. Mais au cours de cette scène qui se déroule au Temple, la spirale de violence est enrayée. Cette spirale, que Girard nomme aussi « l’escalade » est toujours mimétique ; elle procède d’un entraînement mutuel et aboutit dans un cercle fermé, où, comme dans un chaudron, la tension monte, les pulsions violentes convergeant vers une victime placée sans défense « au milieu du groupe ». La réponse apportée par cet artiste de la non violence qu’est Jésus tient ici d’abord à une attitude. « Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer des traits sur le sol ». Les yeux baissés évitent ainsi la rencontre des regards. Or c’est de leur croisement que procède la violence mimétique. Il faut en avoir fait l’expérience pour comprendre à quel point une formule comme « Regarde-moi dans les yeux ! » peut être vécue comme agressive lorsque le maître, outré, croit ainsi provoquer les aveux de l’élève ! Donc, sans regarder cette troupe d’excités, Jésus s’absorbe dans une autre occupation : « il trace des traits sur le sol ». (…) Le verbe « graphein » qui a donné « graphie » pointe aussi bien l’écriture que le dessin. Dommage pour les commentateurs ultérieurs qui y voyaient la relativisation de la Loi de l’Ancien Testament, destinée à être dépassée, puisqu’écrite sur le sable. Mais le terme « gué » n’a pas ce sens : c’est la « terre », ou le « sol », ce socle qui nous est commun, que nous soyons agresseurs ou agressés. Il est possible d’ailleurs que Jésus ait su lire, mais non écrire, ce qui était courant à l’époque. Tout au plus, mais c’est là l’interprétation que me suggère mon enthousiasme, pourrait-on comprendre que l’activité graphique, par la concentration qu’elle requiert, oblige à prendre du recul, et contribue à la résolution du conflit ! (…) Les peintres quant à eux, astreints à rassembler dans une image immobile un développement narratif, anticiperont souvent la suite, et inscriront dans leur représentation la parole de Jésus : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Cette phrase est un coup de génie, parce que c’est aussi la solution la plus simple. D’abord l’énonciation se fait au singulier, sans pour autant désigner nommément quelqu’un. La spirale du « défoulement », toujours collectif, est rompue. Mais avec un grand doigté, par un protagoniste qui prend le risque calculé de l’accompagner : « Allez-y, lapidez-la, mais… ». La phrase reprend très certainement la disposition juridique du Deutéronome relative aux témoins, mais en procurant un éclairage aigu sur son fondement. En matière de lapidation, c’est « commencer » qui est la grande affaire ! Le fait de pointer ainsi la nature du phénomène suffit apparemment à l’inverser : le cercle mortel se défait, et les agresseurs s’en vont, « à commencer par les plus vieux ». Jean-Marc Muller
Des neurones qui stimulent en même temps, sont des neurones qui se lient ensemble. Règle de Hebb (1949)
Le phénomène est déjà fabuleux en soi. Imaginez un peu : il suffit que vous me regardiez faire une série de gestes simples – remplir un verre d’eau, le porter à mes lèvres, boire -, pour que dans votre cerveau les mêmes zones s’allument, de la même façon que dans mon cerveau à moi, qui accomplis réellement l’action. C’est d’une importance fondamentale pour la psychologie. D’abord, cela rend compte du fait que vous m’avez identifié comme un être humain : si un bras de levier mécanique avait soulevé le verre, votre cerveau n’aurait pas bougé. Il a reflété ce que j’étais en train de faire uniquement parce que je suis humain. Ensuite, cela explique l’empathie. Comme vous comprenez ce que je fais, vous pouvez entrer en empathie avec moi. Vous vous dites : « S’il se sert de l’eau et qu’il boit, c’est qu’il a soif. » Vous comprenez mon intention, donc mon désir. Plus encore : que vous le vouliez ou pas, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même chose, de vous donner la même envie. Si je baille, il est très probable que vos neurones miroir vont vous faire bailler – parce que ça n’entraîne aucune conséquence – et que vous allez rire avec moi si je ris, parce que l’empathie va vous y pousser. Cette disposition du cerveau à imiter ce qu’il voit faire explique ainsi l’apprentissage. Mais aussi… la rivalité. Car si ce qu’il voit faire consiste à s’approprier un objet, il souhaite immédiatement faire la même chose, et donc, il devient rival de celui qui s’est approprié l’objet avant lui ! C’est la vérification expérimentale de la théorie du « désir mimétique » de René Girard ! Voilà une théorie basée au départ sur l’analyse de grands textes romanesques, émise par un chercheur en littérature comparée, qui trouve une confirmation neuroscientifique parfaitement objective, du vivant même de celui qui l’a conçue. Un cas unique dans l’histoire des sciences ! (…) Notre désir est toujours mimétique, c’est-à-dire inspiré par, ou copié sur, le désir de l’autre. L’autre me désigne l’objet de mon désir, il devient donc à la fois mon modèle et mon rival. De cette rivalité naît la violence, évacuée collectivement dans le sacré, par le biais de la victime émissaire. À partir de ces hypothèses, Girard et moi avons travaillé pendant des décennies à élargir le champ du désir mimétique à ses applications en psychologie et en psychiatrie. En 1981, dans Un mime nommé désir, je montrais que cette théorie permet de comprendre des phénomènes étranges tels que la possession – négative ou positive -, l’envoûtement, l’hystérie, l’hypnose… L’hypnotiseur, par exemple, en prenant possession, par la suggestion, du désir de l’autre, fait disparaître le moi, qui s’évanouit littéralement. Et surgit un nouveau moi, un nouveau désir qui est celui de l’hypnotiseur. (…) et ce qui est formidable, c’est que ce nouveau « moi » apparaît avec tous ses attributs : une nouvelle conscience, une nouvelle mémoire, un nouveau langage et des nouvelles sensations. Si l’hypnotiseur dit : « Il fait chaud » bien qu’il fasse frais, le nouveau moi prend ces sensations suggérées au pied de la lettre : il sent vraiment la chaleur et se déshabille. De toutes ces applications du désir mimétique, j’en suis venu à la théorie plus globale d’une « psychologie mimétique » – qui trouve également une vérification dans la découverte des neurones miroirs et leur rôle dans l’apprentissage. Le désir de l’autre entraîne le déclenchement de mon désir. Mais il entraîne aussi, ainsi, la formation du moi. En fait, c’est le désir qui engendre le moi par son mouvement. Nous sommes des « moi du désir ». Sans le désir, né en miroir, nous n’existerions pas ! Seulement voilà : le temps psychologique fonctionnant à l’inverse de celui de l’horloge, le moi s’imagine être possesseur de son désir, et s’étonne de voir le désir de l’autre se porter sur le même objet que lui. Il y a là deux points nodaux, qui rendent la psychologie mimétique scientifique, en étant aussi constants et universels que la gravitation l’est en physique : la revendication du moi de la propriété de son désir et celle de son antériorité sur celui de l’autre. Et comme la gravitation, qui permet aussi bien de construire des maisons que de faire voler des avions, toutes les figures de psychologie – normale ou pathologique – ne sont que des façons pour le sujet de faire aboutir ces deux revendications. On comprend que la théorie du désir mimétique ait suscité de nombreux détracteurs : difficile d’accepter que notre désir ne soit pas original, mais copié sur celui d’un autre. (…) Boris Cyrulnik explique (…) que – souvent par défaut d’éducation et pour n’avoir pas été suffisamment regardé lui-même – l’être humain peut ne pas avoir d’empathie. Les neurones miroirs ne se développent pas, ou ils ne fonctionnent pas, et cela donne ce que Cyrulnik appelle un pervers. Je ne sais pas si c’est vrai, ça mérite une longue réflexion. (…) Ce rôle de la pression sociale est extraordinairement bien expliqué dans Les Bienveillantes, de Jonathan Littel. Il montre qu’en fait, ce sont des modèles qui rivalisent : révolté dans un premier temps par le traitement réservé aux prisonniers, le personnage principal, officier SS, finit par renoncer devant l’impossibilité de changer les choses. Ses neurones miroirs sont tellement imprégnés du modèle SS qu’il perd sa sensibilité aux influences de ses propres perceptions, et notamment à la pitié. Il y a lutte entre deux influences, et les neurones miroirs du régime SS l’emportent. La cruauté envers les prisonniers devient finalement une habitude justifiée. Plutôt qu’une absence ou carence des neurones miroirs, cela indique peut-être simplement la force du mimétisme de groupe. Impossible de rester assis quand la « ola » emporte la foule autour de vous lors d’un match de football – même si vous n’aimez pas le foot ! Parce que tous vos neurones miroirs sont mobilisés par la pression mimétique de l’entourage. De même, les campagnes publicitaires sont des luttes acharnées entre marques voisines pour prendre possession, par la suggestion, des neurones miroirs des auditeurs ou spectateurs. Et c’est encore la suggestion qui explique pourquoi les membres d’un groupe en viennent à s’exprimer de la même façon. Il semblerait normal que les neurones miroirs soient dotés, comme les autres, d’une certaine plasticité. Ils agissent en tout cas tout au long de la vie. Et la pression du groupe n’a pas besoin d’être totalitaire : dans nos sociétés, c’est de façon « spontanée » que tout le monde fait la même chose. Jean-Michel Oughourlian
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
J’étais à l’étage inférieur quand j’ai entendu des premiers gémissements, assez faibles. J’ai pensé à des enfants qui avaient fait une bêtise. Les gémissements ont recommencé encore une fois, puis une autre alors je suis montée voir à l’étage ce qu’il se passait. Avec une autre dame, Aurélie, nous nous sommes retrouvées seules. Tous les gens qui étaient là sont descendus à Auber. On a vu la maman vaciller. Nous l’avons allongée et j’ai juste eu le temps de prendre le bébé qui arrivait dans mes bras. (…) Ce qui est grave, c’est l’indifférence. Personne n’est allé voir pourquoi cette dame gémissait, ce qui se passait. Et puis, tous les gens sont descendus sans apporter de l’aide. Ça aurait pu mal finir ou être encore plus grave. Eliane (cadre commerciale)
Il suffit d’une toute petite étincelle et c’est tout le groupe qui s’élève contre l’agresseur. […] Le but ce n’est pas de faire de chacun d’entre nous un super-héros, mais juste de savoir que l’union fait la force. Aurélia Bloch (france info)
Bibb Latané et John Darley, deux chercheurs américains en psychologie sociale, ont mis en lumière l’existence de ce « bystander effect », ou « effet spectateur ». En laboratoire, un participant est installé dans un box, avec un système d’interphone. Un complice, présent dans la discussion, simule alors une crise d’épilepsie. Les chercheurs constatent que si le participant pense être le seul interlocuteur de la victime, il aura davantage tendance à intervenir. Par contre, s’il est dans une discussion de groupe et que les autres ne réagissent pas, c’est le contraire. « L’effet spectateur, c’est le fait que plus il y a de témoins, moins on est poussé à agir parce que la réaction individuelle est influencée par celle des autres », explique Olivia Mons, porte-parole de la fédération France Victimes, à franceinfo. Lorsqu’un groupe de personnes assiste à une scène de détresse, un phénomène de « dilution de la responsabilité » opère. Ainsi, « plus on est nombreux, moins on va réagir », affirme Martine Batt, professeure de psychologie à l’université de Lorraine. Est-ce que j’interprète bien ce qui est en train de se passer, ou bien peut-être que j’exagère ce que je vois ? Pourquoi réagirais-je, alors que les autres ne le font pas ? Est-ce que je suis légitime à intervenir ou est-ce que je vais être ridicule ? Toutes ces interrogations retardent le temps d’action, voire empêchent toute intervention des témoins. Lorsque quelqu’un est le seul spectateur des faits, « il peut y avoir une espèce de calcul qui va se faire », explique Peggy Chekroun, professeure de psychologie sociale à l’université de Paris Nanterre. Il opère alors, « assez automatiquement, rapidement et pas forcément de manière consciente », la balance « coût-bénéfice » de sa propre intervention. Ces facteurs peuvent être personnels (« Vais-je perdre du temps ? ») ou collectifs (« Que va-t-on penser de moi si je n’interviens pas ? »). « La réponse va sortir en fonction de ce calcul », conclut l’enseignante. Sans compter la peur que peut inspirer une situation surprenante et inhabituelle. « C’est une émotion très puissante qui peut être vraiment inhibitrice d’une aide », rappelle Olivia Mons. (…) Culpabilité, honte… Les témoins passifs vivent avec le poids de leur apathie. « On a parfois des personnes qui viennent nous voir en se sentant quasiment autant victimes que la victime directe », explique Olivia Mons. « Bien sûr que la société condamne la non-réaction, on dit toujours ‘Moi j’aurais fait mieux’, parce qu’on a le syndrome du sauveur… Mais il faut nuancer ! », surenchérit-elle. A cause de ces mécanismes de psychologie sociale et de la peur paralysante d’une telle situation, elle appelle à « relativiser le côté ‘je suis témoin et je me sauve parce que je suis lâche' ». Mais pour les victimes, cette apathie de la part des témoins est désastreuse. Elle peut être ressentie comme une double peine : « La peine d’avoir été agressé et la peine surtout de ne pas avoir de valeur aux yeux des autres et d’être rien », analyse Aurélia Bloch, lors de son passage dans l’émission « C à vous », en décembre 2015. L’article 223-6 du Code pénal prévoit une peine de cinq ans de prison et une amende de 75 000 euros pour non-assistance à personne en danger. Mais peu de témoins passifs sont poursuivis en justice : « C’est quelque chose sur lequel on n’a pas beaucoup de jurisprudence », explique Jean-Philippe Vauthier, professeur de droit à l’université de Guyane. Le procureur de Lille avait, dans un premier temps, envisagé des poursuites dans l’affaire de Cécile P., avant d’abandonner, faute d’informations suffisantes sur les témoins. La non-assistance à personne en danger existe « pour combattre l’égoïsme sans imposer l’héroïsme », rappelle Jean-Philippe Vauthier. « Il faut que l’intervention soit sans péril pour moi ou pour les autres, décrypte le spécialiste. Tout va dépendre du mode d’action choisi. On ne va pas forcer quelqu’un à intervenir directement, mais si la personne n’appelle pas les secours, ça pourra lui être reproché. » Comment lutter contre notre inclinaison à rester inactifs ? Qu’il s’agisse d’un accident de la route, un malaise dans la rue ou du harcèlement dans les transports, des attitudes peuvent permettre de contrer l’apathie des témoins. « Il y a différents degrés d’action. Tirer une sonnette d’alarme à quai, avoir une intervention active en cas de harcèlement… ça peut être aussi un simple sourire, se lever ou se rapprocher… ça peut aider, le fait de montrer par un moyen ou un autre une sorte d’empathie avec la victime », argue Olivia Mons La connaissance de « l’effet spectateur » pourrait en limiter les conséquences. « On peut éduquer très tôt contre ses effets, expliquer comment appeler à l’aide et faire des enseignements sur les effets de groupe », prône Martine Batt. Aurélia Bloch en est persuadée, « si c’était à refaire, [elle] ne referai[t] pas du tout de la même façon » : « À l’époque, je ne savais pas du tout quoi faire. […] En fait, je pense que j’étais comme la plupart des personnes qui sont témoins. Je n’étais pas formée. » France info

C’est monkey see, monkey do, imbécile !

A l’heure où l’on reparle …

Avec cet accouchement spontané dans le RER parisien il y a deux semaines où quasiment personne n’est intervenu …

Du fameux effet spectateur

Comment ne pas repenser à ce fascinant documentaire de 2015 d’une journaliste de Franceinfo …

Mais aussi aux lumineuses analyses du regretté René Girard

Montrant l’importance, pour toutes nos actions et confirmé par la découverte des « neurones miroirs », de l’effet mimétique …

Et ce aussi bien pour le mal (les effets de lynchage) …

Que, mondialisation oblige, pour le bien (les effets de sauvetage) …

Ou même ses parodies (les emballements que l’on sait du politiquement correct) …

Et donc de l’importance, à l’instar du fameux épisode évangélique de la femme adultère, de la première pierre …

Ou plus précisément du refus de la première pierre qui peut entrainer tous les autres ?

Mais comment aussi ne pas repenser …

En ces temps d’invasion migratoire (pardon: « mixité sociale » !) imposée

Où entre déséquilibrés ou crieurs d’Allah akbaru la moindre rencontre peut se révéler fatale …

Aux célèbres analyses de Robert Putnam …

Et en particulier au facteur aggravant de la diversité

Qui loin des discours émerveillés et édifiants de nos élites protégées des conséquences de leurs propres décisions …

Peut nous pousser à ne plus faire confiance non seulement à ceux qui ne sont pas comme nous …

Mais aussi à ceux qui nous ressemblent ?

Ils assistent à une agression ou à un accident mais ne font rien : on vous explique le « bystander effect »
Une femme accouche dans une rame de RER et seulement deux personnes parmi les nombreuses présentes lui viennent en aide. Une autre se fait sexuellement agresser sur un quai de métro et aucun des dix témoins ne réagit… Etonnant ?
Lison Verriez
Franceinfo
03/07/2018

Il est environ 11 heures, ce lundi 18 juin. Les passagers du RER A arrivent en gare d’Auber, lorsque des gémissements commencent à se faire entendre à l’étage supérieur de la rame. Lamata Karamoko vient de perdre les eaux et s’apprête à accoucher dans le wagon. « Personne n’est allé voir pourquoi cette dame gémissait, ce qu’il se passait, témoigne Eliane, qui a assisté à la scène, dans Le ParisienEt puis tous les gens sont descendus sans apporter de l’aide. » Avec une autre passagère, elle tente d’épauler la jeune maman.

Et vous, qu’auriez-vous fait ? Accidents, malaises, agressions… Ces dernières années, la presse s’est fait l’écho à de nombreuses reprises de la passivité des témoins de certains faits-divers. Ce phénomène a un nom : le « bystander effect ».

« Plus on est nombreux, moins on va réagir »

Le concept émerge après le meurtre de Kitty Genovese en 1964. Cette New-Yorkaise de 28 ans est agressée, violée et poignardée en pleine rue dans un quartier tranquille du Queens, vers 3 heures du matin, alors qu’elle rentrait du travail. Le lendemain, la presse (en anglais) dénonce le silence des 38 témoins qui auraient assisté, depuis leur domicile, à la lente agonie de la jeune femme. Si le nombre de témoins a par la suite été contesté, des scientifiques se sont emparés de ce cas pour interroger la réaction – ou l’absence de réaction – des témoins.

Bibb Latané et John Darley, deux chercheurs américains en psychologie sociale, ont mis en lumière l’existence de ce « bystander effect », ou « effet spectateur ». En laboratoire, un participant est installé dans un box, avec un système d’interphone. Un complice, présent dans la discussion, simule alors une crise d’épilepsie. Les chercheurs constatent que si le participant pense être le seul interlocuteur de la victime, il aura davantage tendance à intervenir. Par contre, s’il est dans une discussion de groupe et que les autres ne réagissent pas, c’est le contraire.

« L’effet spectateur, c’est le fait que plus il y a de témoins, moins on est poussé à agir parce que la réaction individuelle est influencée par celle des autres », explique Olivia Mons, porte-parole de la fédération France Victimes, à franceinfo. Lorsqu’un groupe de personnes assiste à une scène de détresse, un phénomène de « dilution de la responsabilité » opère. Ainsi, « plus on est nombreux, moins on va réagir », affirme Martine Batt, professeure de psychologie à l’université de Lorraine. Est-ce que j’interprète bien ce qui est en train de se passer, ou bien peut-être que j’exagère ce que je vois ? Pourquoi réagirais-je, alors que les autres ne le font pas ? Est-ce que je suis légitime à intervenir ou est-ce que je vais être ridicule ? Toutes ces interrogations retardent le temps d’action, voire empêchent toute intervention des témoins.

Lorsque quelqu’un est le seul spectateur des faits, « il peut y avoir une espèce de calcul qui va se faire », explique Peggy Chekroun, professeure de psychologie sociale à l’université de Paris Nanterre. Il opère alors, « assez automatiquement, rapidement et pas forcément de manière consciente », la balance « coût-bénéfice » de sa propre intervention. Ces facteurs peuvent être personnels (« Vais-je perdre du temps ? ») ou collectifs (« Que va-t-on penser de moi si je n’interviens pas ? »). « La réponse va sortir en fonction de ce calcul », conclut l’enseignante. 

Sans compter la peur que peut inspirer une situation surprenante et inhabituelle. « C’est une émotion très puissante qui peut être vraiment inhibitrice d’une aide », rappelle Olivia Mons.

« J’ai été témoin d’un viol et je n’ai pas bougé »

« Je suis coupable de non-assistance à personne en danger », reconnaît Aurélia Bloch, dans son documentaire du même nom, diffusé le 8 décembre 2015 sur France 5. Un dimanche d’avril 2004, elle s’installe dans son train apparemment vide, en direction de Paris. Les voix d’une femme et de plusieurs hommes s’élèvent dans la rame. Elle ne les voit pas, mais entend des bruits de coups, la femme dire non et les hommes, ricaner. L’alarme du train est loin. « Elle ne demande pas d’aide », « elle est sûrement consentante », « j’ai peur de passer pour une folle »« Je me posais plein de questions », raconte la journaliste à franceinfo. Elle se terre dans son fauteuil, le reste du trajet, « trente minutes figées, comme anesthésiée », commente-t-elle dans son film.

On est dans la culpabilité sans en parler. […] C’était quelque chose de très enfoui, ça ne faisait pas l’objet d’une culpabilité quotidienne.Aurélia Bloch, journalisteà franceinfo

Jusqu’à l’affaire de Cécile P., en 2014. Sur un quai de métro lillois, cette jeune femme est sexuellement agressée par un homme aux alentours de 22h30. Autour d’elle, une dizaine de témoins, mais aucune réaction. L’affaire, très médiatisée, réveille les souvenirs d’Aurélia Bloch.

C’est une sorte d’exutoire. […] C’était une façon, en comprenant pourquoi les témoins étaient passifs, de comprendre pourquoi je l’avais été.Aurélia Bloch, journalisteà franceinfo

Culpabilité, honte… Les témoins passifs vivent avec le poids de leur apathie. « On a parfois des personnes qui viennent nous voir en se sentant quasiment autant victimes que la victime directe », explique Olivia Mons. « Bien sûr que la société condamne la non-réaction, on dit toujours ‘Moi j’aurais fait mieux’, parce qu’on a le syndrome du sauveur… Mais il faut nuancer ! », surenchérit-elle. A cause de ces mécanismes de psychologie sociale et de la peur paralysante d’une telle situation, elle appelle à « relativiser le côté ‘je suis témoin et je me sauve parce que je suis lâche' ».

Mais pour les victimes, cette apathie de la part des témoins est désastreuse. Elle peut être ressentie comme une double peine : « La peine d’avoir été agressé et la peine surtout de ne pas avoir de valeur aux yeux des autres et d’être rien », analyse Aurélia Bloch, lors de son passage dans l’émission « C à vous », en décembre 2015.

L’article 223-6 du Code pénal prévoit une peine de cinq ans de prison et une amende de 75 000 euros pour non-assistance à personne en danger. Mais peu de témoins passifs sont poursuivis en justice : « C’est quelque chose sur lequel on n’a pas beaucoup de jurisprudence », explique Jean-Philippe Vauthier, professeur de droit à l’université de Guyane. Le procureur de Lille avait, dans un premier temps, envisagé des poursuites dans l’affaire de Cécile P., avant d’abandonner, faute d’informations suffisantes sur les témoins.

La non-assistance à personne en danger existe « pour combattre l’égoïsme sans imposer l’héroïsme », rappelle Jean-Philippe Vauthier. « Il faut que l’intervention soit sans péril pour moi ou pour les autres, décrypte le spécialiste. Tout va dépendre du mode d’action choisi. On ne va pas forcer quelqu’un à intervenir directement, mais si la personne n’appelle pas les secours, ça pourra lui être repproché. »

« Il y a différents degrés d’action »

Comment lutter contre notre inclinaison à rester inactifs ? Qu’il s’agisse d’un accident de la route, un malaise dans la rue ou du harcèlement dans les transports, des attitudes peuvent permettre de contrer l’apathie des témoins. « Il y a différents degrés d’action. Tirer une sonnette d’alarme à quai, avoir une intervention active en cas de harcèlement… ça peut être aussi un simple sourire, se lever ou se rapprocher… ça peut aider, le fait de montrer par un moyen ou un autre une sorte d’empathie avec la victime », argue Olivia Mons.

Il suffit d’une toute petite étincelle et c’est tout le groupe qui s’élève contre l’agresseur. […] Le but ce n’est pas de faire de chacun d’entre nous un super-héros, mais juste de savoir que l’union fait la force.Aurélia Bloch, journalisteà franceinfo

La connaissance de « l’effet spectateur » pourrait en limiter les conséquences. « On peut éduquer très tôt contre ses effets, expliquer comment appeler à l’aide et faire des enseignements sur les effets de groupe », prône Martine Batt. Aurélia Bloch en est persuadée, « si c’était à refaire, [elle] ne referai[t] pas du tout de la même façon » : « À l’époque, je ne savais pas du tout quoi faire. […] En fait, je pense que j’étais comme la plupart des personnes qui sont témoins. Je n’étais pas formée. »

Voir aussi:

Bébé né dans le RER : «J’ai eu très peur mais j’étais contente de l’entendre pleurer»
Elia Dahan et Nicolas Maviel

Le Parisien

19 juin 2018

Nous avons rencontré la femme qui a mis au monde, ce lundi, un bébé dans le RER A avec l’aide de deux femmes présentes. Maman et bébé vont bien.
Allongée sur son lit d’hôpital Lamata, 28 ans, se remet doucement de son accouchement, ce mardi soir. A ses côtés, Mohamed, en layette bleu, dort à poings fermés. Le bébé, prénommé Mohamed, du RER est serein, il mesure 51 cm et pèse 3,4 kilos. L’enfant et sa mère sont arrivés à l’hôpital de Clamart (Hauts-de-Seine) lundi 18 juin vers 18 heures. Quelques heures plus tôt, Lamata donnait naissance à son troisième enfant à la station Auber du RER. « J’étais avec mes deux enfants et je me rendais à l’hôpital, raconte la mère de famille. J’avais rendez-vous ce jeudi, mais je sentais des contractions donc j’ai voulu y aller plus tôt. » Mais dans le RER, les contractions s’accentuent. Lamata, avec ses deux aînés, âgés de 7 et 2 ans se trouve alors à l’étage du wagon. « Il n’y avait personne à ce moment-là, se souvient la jeune maman. Puis mes enfants se sont mis à pleurer, et des gens sont venus. Je ne pensais pas du tout que j’étais en train d’accoucher. » Il est 11h10 et Mohamed pousse son premier cri dans le train. « J’ai eu très peur, mais j’étais contente de l’entendre pleurer », confie la jeune femme. Encore alitée, elle peut compter sur le soutient de sa famille, et de sa cousine, Makoulanga, qui s’est rendu à son chevet ce mardi soir après le travail. « Je m’occupe de ses enfants qui vivent chez moi à Antony pour l’instant », confie cette-dernière en caressant la tête du nouveau-né. Latima a encore à réaliser le caractère exceptionnel de son accouchement. Pour l’instant elle récupère et prend doucement son petit dernier dans ses bras quand il se met à crier pour lui donner le biberon.

Eliane, cadre commerciale, est encore toute bouleversée et émue par son lundi dans le RER A mais aussi… révoltée. Cette maman de quatre grands enfants, entre 20 et 25 ans, a aidé Lamata à accoucher avec une autre passagère, Aurélie.

« J’étais à l’étage inférieur quand j’ai entendu des premiers gémissements, assez faibles. J’ai pensé à des enfants qui avaient fait une bêtise. Les gémissements ont recommencé encore une fois, puis une autre alors je suis montée voir à l’étage ce qu’il se passait », explique cette habitante du Val-de-Marne qui revenait d’un cours d’anglais sur les Champs-Elysées (VIIIe). Et d’enchaîner : « Avec une autre dame, Aurélie, nous nous sommes retrouvées seules. Tous les gens qui étaient là sont descendus à Auber. On a vu la maman vaciller. Nous l’avons allongée et j’ai juste eu le temps de prendre le bébé qui arrivait dans mes bras. »

« Les minutes m’ont paru interminables »
Les deux femmes demandent alors à un monsieur qui passait par là, de tirer la sonnette d’alarme et d’appeler les secours. La maman et ses deux « sages-femmes » se retrouvent à nouveau seules dans leur wagon. « Les minutes m’ont paru interminables avant que les secours n’arrivent. Moi, je ne pensais qu’à mettre le bébé de côté pour qu’il puisse respirer et à couper le cordon ombilical. Aurélie faisait en sorte que la maman reste consciente et que le bébé n’ait pas froid », détaille Eliane.

Si, depuis lundi soir, les enfants d’Eliane sont encore plus fiers de leur maman, cette dernière est très remontée, comme sa comparse. « Ce qui est grave, c’est l’indifférence. Personne n’est allé voir pourquoi cette dame gémissait, ce qu’il se passait. Et puis, tous les gens sont descendus sans apporter de l’aide. Ça aurait pu mal finir ou être encore plus grave », conclut Eliane qui sourit toujours lorsqu’elle repense à ce petit garçon qu’elle a accueilli.


Télévision/Three girls: Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe (Political correctness gone wild: BBC Muslim gang rapes mini-series reveals how the police and social workers abandoned hundreds of British girls to Pakistani prostitution rings for years)

15 juin, 2018
 
robbie-williams-middle-finger-world-cup-opening-ceremonyMedine
 
Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Il faut peut-être entendre par démocratie les vices de quelques-uns à la portée du plus grand nombre. Henry Becque
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
Selon Stanley Cohen (1972), une « panique morale » surgit quand « une condition, un événement, une personne ou un groupe de personnes est désigné comme une menace pour les valeurs et les intérêts d’une société ». Le sociologue propose également qu’on reconnaisse dans toute « panique morale » deux acteurs majeurs : les « chefs moraux » (« moral entrepreneurs »), initiateurs de la dénonciation collective ; et les « boucs-émissaires » (« folk devils »), personnes ou groupes désignés à la vindicte. Des chercheurs spécialisés dans la culture numérique, tels Henry Jenkins aux Etats-Unis, ou Hervé Le Crosnier, maître de conférence à l’université de Caen, utilisent également le terme de panique morale pour désigner la peur disproportionnée des médias et d’une partie de la population face à la transformation induite par tout changement technologique, perçue comme un grand danger à la portée de chacun. Les « paniques morales » sont souvent liées à des controverses, et sont généralement nourries par une couverture médiatique intense (bien que des paniques semi-spontanées puissent exister. L’hystérie collective peut être une composante de ces mouvements, mais la panique morale s’en distingue parce que constitutivement interprétée en termes de moralité. Elle s’exprime habituellement davantage en termes d’offense ou d’outrage qu’en termes de peur. Les « paniques morales » (telles que définies par Stanley Cohen) s’articulent autour d’un élément perçu comme un danger pour une valeur ou une norme défendue par la société ou mise en avant par les médias ou institutions. L’un des aspects les plus marquants des paniques morales est leur capacité à s’auto-entretenir. La médiatisation d’une panique tendant à légitimer celle-ci et à faire apparaître le problème (parfois illusoire), comme bien réel et plus important qu’il n’est. La médiatisation de la panique engendrant alors un accroissement de la panique. Les effets de ce genre de réactions sont par ailleurs nombreux dans le domaine politique et juridique. (…) Le terme « panique morale » a été inventé par Stanley Cohen (en 1972 pour décrire la couverture médiatique des Mods et des Rockers au Royaume-Uni dans les années soixante. On fait remonter aux Middletown Studies, conduites en 1925 pour la première fois, la première analyse en profondeur de ce phénomène : les chercheurs découvrirent que les communautés religieuses américaines et leurs chefs locaux condamnaient alors les nouvelles technologies comme la radio ou l’automobile en arguant qu’elles faisait la promotion de conduites immorales. Un pasteur interrogé dans cette étude désignait ainsi l’automobile comme une « maison close sur roues » et condamnait cette invention au motif qu’elle donnait aux citoyens le moyen de quitter la ville alors qu’ils auraient dû être à l’église. Cependant, dès les années 30, Wilhem Reich avait développé le concept de peste émotionnelle qui, sous une forme plus radicale, est la base théorique de la panique morale. (…) Le risque lié aux paniques morales est multiple. Les plus importants sont de ne plus croire ce qui est rapporté par les médias ou même de ne plus croire les informations justes, constituant ainsi le terreau du complotisme qui se répand au XXIe siècle avec la prédominance des échanges sur internet. C’est aussi mettre sur un même plan d’importance des éléments pourtant très différents. Ainsi,  certaines paniques dites “mineures” par Divan Frau-Meigs pourraient se retrouver à une même importance que des paniques morales majeures (le traitement de l’obésité au même niveau que la peur du terrorisme par exemple). Wikipedia
It has been Cohen’s longstanding contention that the term moral panic is, for its utility, problematic insofar as the term ‘panic’ implies an irrational reaction which a researcher is rejecting in the very act of labelling it such. That was the case when he was studying the media coverage of the Mods and Rockers and when Young was studying the reaction to drug taking in the late 1960s and the early 1970s. Currently , Cohen has started to feel uncomfortable with the blanket application the term ’panic’ in the study of any reactions to deviance, as he argues for its possible use in ‘good moral panics’. Cohen discusses the changes that have occurred in society and how this has had re-directed the ‘moral panic’ analysis and has contributed to the development of the concept. To begin with, the modern moral entrepreneurs have adopted a status similar to the social analyst (in terms of class, education and ideology) and the likelihood for the two of them to perceive the problem in the same way has increased substantially. Secondly, the alliances between the various political forces has become more flexible and as a result, panics about ‘genuine’ victims (of natural disasters or terrorist attacks) are more likely to generate consensus that the ‘unworthy’ victims (the homeless). Thirdly, whereas the traditional moral panics where in nature elite-engineered, the contemporary ones are much more likely to populist-based, giving more space for social movements’ and victims’ participation in the process. Fourthly, in contrast to the old moral panics, the new ones are interventionist-focused. The new criminalizers who address the moral panics are either post-liberals who share a common background with a decriminalized generation, or are from the new right who argue for increased focus on private morality (sexuality, abortion, lifestyle). In addition, Cohen considers the possibility of certain moral panics being understood as ‘anti-denial’ movements. In contemporary times the denial of certain events, their cover-up, evasion and tolerance is perceived as morally wrong, and such denied realities should be brought to the public attention, which would result in widespread moral condemnation and denunciation. In this sense, it could be argued that certain panics should also be considered as ‘acceptable’ and thus a binarity between ‘good’ and ‘bad’ moral panics can be developed. Such as heuristic between ‘good’ and ‘bad’ can be useful as such a distinction in effect widens the scope of moral panic studies beyond those examples that are regarded as ‘inappropriate’ and ‘irrational’. Potentially, this could also lead to the questioning of the notions of rationality, disproportionality and other normative judgements that have characterised the studies of moral panics. Such an approach of analysing ‘moral panics’ is in contrast with the work of Critcher, to whom the concept of can be best understood in the relations of power and regulation. Whereas both Critcher and Cohen agree that each moral panic should be seen in a wider conceptual framework, the latter does not adopt Critcher’s suggestion that the term ‘moral’ panic should not be applied in cases where dominant elites reinforce dominant practices by way of scapegoating outsiders. By contrast to Critcher, Cohen accepts the possibility of counter-hegemonic moral panics. In addition, Critcher stresses the need to focus not only on the politics of moral panics, but also consider the economic factors that might limit or promote their development. Moving beyond moral panics, Hunt has argued that a shift has taken place in the processes of moral regulation over the past century, whereby the boundaries that separate morality from immorality have been blurred. As a result, an increasing number of everyday activities have become moralized and the expression of such moralization can be found in hybrid configurations of risk and harm. The moralization of everyday life contains a dialectic that counterposes individualizing discourses against collectivizing discourses and moralization has become an increasingly common feature of contemporary political discourse. Moral panics can also be seen as volatile manifestations of an ongoing project of moral regulation, where the ‘moral’ is represented as practices that are specifically designed to promote the care of the self. With the shift towards neo-liberalism, such regulatory scripts have taken the form of discourses of risk, harm and personal responsibility. As Hier the implementation of such a ‘personalization’ discourse is not straightforward due to the fact that moral callings are not always accepted. The moral codes that are supposed to regulate behaviour, expression and self-presentation are themselves contestable and their operation is not bound in a time-space frame. Thus, ‘moralization’ is conceptualized as a recurrent sequence of attempts to negotiate social life; a temporary ‘crisis’ of the ‘code’ (moral panic) is therefore far more routine than extraordinary. The problems with such an argument for expanding the focus of moral panics to encompass forms of moral regulation is that it is too broad and a more specific scope of moral regulation should be defined in order to conduct such analysis. Dimitar Panchev (2013)
« We do more workshops in middle schools than in high schools, » says Bell, executive director of Bebashi-Transition to Hope, the local nonprofit that works on prevention of HIV and other sexually transmitted diseases. « Teachers call us because their kids are acting out sexually. They’ll catch them in the bathroom or the stairwell. They hear that kids are cutting schools to have orgies. » (…) « We follow 200 teenagers with HIV, and the youngest is 12, » says Jill Foster, director of the Dorothy Mann Center for Pediatric and Adolescent HIV at St. Christopher’s Hospital for Children. « When we started doing HIV treatment in 1998, the average age of patients was 16 or 17. The first time we got a 13-year-old was mind-blowing. » (…) Because a recent report from the Centers for Disease Control and Prevention has identified Philadelphia as having the earliest age of sexual initiation – 13 – among cities participating in the study, she says, it’s crucial to make condoms available to younger kids. People gasp at that, says Foster, who diagnoses new HIV cases at a rate of two to three teens a month, up from one every four months just a decade ago. « But people have no idea how tough it is to be a kid who’s exposed to sexual media images and peer pressure. It’s routine for 12- and 13-year-olds to talk about sex. Younger kids hear them and they want to be part of that ‘older’ world, » she says. « They don’t have maturity or impulse control, so if we can get them to have condoms with them when they start having sex, they are going to be safer. « I wish it weren’t necessary, » she says. « Unfortunately, it is. » It would be easy to play the « appalled citizen » card and decry the inclusion of kids as young as 11 in Philadelphia’s STD-prevention campaign. But I won’t. Because there are two groups of children in this city: Those lucky enough to have at least one caring, available adult to guide them through sex-charged adolescence. And those left on their own. Like the child being raised by a single mom whose two jobs keep her from supervising her child. Or the kids being raised by a tired grandmom who’s asleep by 9 and doesn’t know that the kids have snuck out of the house. Or the homeless teen who crashes on couches and must choose between saying no to a friend’s creepy uncle or wandering the streets at night. These kids deserve protection from the fallout of STDs and unplanned pregnancy as much as kids from « good » families do – kids who, by the way, get in trouble, too. They just have more support to get them through it. « We know that sexual activity in young adolescents doesn’t change overnight, » says Donald Schwarz, a physician who worked with adolescents for years at Children’s Hospital of Philadelphia before being appointed city health commissioner in 2008. « But children need to be protected while we get our heads around whatever the long-term strategies should be here. » He mentions a recent, awful survey of sixth-graders in West Philly, which showed that 25 percent of the children, who were just 11 years old, had had sex. « Clearly, we don’t think it’s OK for 11-year-olds to be having sex, » says Schwarz. « But we don’t have the infrastructure in place to fix [that] problem fast. We can, however, make condoms available fairly quickly to whoever needs them. (…) There are no easy solutions. This is a complicated problem, exacerbated by generational poverty and family collapse that paralyzes our cities in ways too myriad to address in one column. Ronnie Polaneczky
Giving out free condoms at school is not a surefire way to avoid teenage pregnancy – or it might not be enough. Access to condoms in schools increases teen fertility rates by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame. However the increase happened in schools where no counseling was provided when condoms were given out – and giving out guidance as well as birth control could have the opposite effect, economists Kasey Buckles and Daniel Hungerman said in the study. Access to other kinds of birth control, such as the contraceptive pill, IUDs and implants, has been shown to lower teen fertility rates – but condoms might have opposite consequences due to their failure rate as well as the time and frequency at which they’re used. (…) Times have changed already and teenagers today are overall less likely to have sex and less likely to become pregnant, they wrote. Most of the free condoms programs in the study began in 1992 or 1993 and about two thirds involved mandatory counseling. The 10 per cent increased occurred as a result of schools that gave out condoms without counseling, Buckles and Hungerman said. ‘These fertility effects may have been attenuated, or perhaps even reversed, when counseling was mandated as part of condom provision,’ they wrote. Teenage girls were also more likely to develop  gonorrhea when condoms were given for free – and again, the increase happened as a result of schools giving out condoms without counseling. Access to contraceptives in general has been shown to lower teen fertility, Buckles and Hungerman noted, or in some cases had no effect at all. But condoms might have a different impact because of several factors, such as the fact that their failure rate is more important than that of other contraceptives. Condoms also rely ‘more heavily on the male partner’, which is an important factor given that an unplanned pregnancy will have different consequences for each gender, Buckle and Hungerman wrote. The time at which condoms are used could also explain why they have a different impact than other types of birth control. Condoms have to be used at the time of intercourse, whereas the pill, IUDs and implants are all taken in advance. Using condoms also results from a short-term decision rather than long-term. Free condom programs in schools could have led to two additional births per 1,000 teenage women so far, Buckle and Hungerman found. This could increase to 5 extra births per 1,000 teenage girls if the country’s entire high-school-aged population had access to condoms. Condom distribution programs could promote the use of condoms over more efficient birth control methods, drive schools to use their resources for condom distribution rather than more effective programs, or might encourage ‘risky’ sexual behaviors, Buckle and Hungerman wrote. Daily Mail
L’upskirt (anglicisme argotique, littéralement « sous la jupe ») est une forme d’érotisme ou de pornographie particulièrement présente sur Internet, constituée de photographies ou de videos prises sous les jupes des femmes (le plus souvent en contre-plongée en position debout, ou de face en position assise), dans le but de montrer leurs sous-vêtements, voire leurs parties génitales et/ou leurs fesses. Bien que les prises de vues puissent être faites avec le consentement des sujets, les spectateurs de ce type de scènes recherchent le plus souvent des clichés pris furtivement, notamment dans des lieux publics, et donc, selon toute vraisemblance, à l’insu des personnes représentées, ce qui fait de l’upskirt une forme de voyeurisme. L’avènement des téléphones mobiles équipés d’appareils photo et de caméras est souvent présenté comme étant à l’origine du développement de cette pratique, mais en réalité, l’upskirt existe depuis que la mode a démocratisé la minijupe, c’est-à-dire vers le milieu des années 60. Une telle pratique sans le consentement de la personne photographiée peut être considérée comme illégale dans certaines juridictions. Wikipedia
Critiqué par ses fans pour avoir accepté de chanter lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, Robbie Williams a terminé sa prestation en faisant un doigt d’honneur. Un geste, réalisé juste après avoir rajouté un «I did it for free» dans les paroles de «Rock DJ», qui a immédiatement été très commenté sur les réseaux sociaux. L’Equipe
il s’agit de respecter une souffrance. Samia Maktouf (avocate de familles de victimes de l’attentat islamiste du Bataclan en réaction à la programmation dans la salle d’un certain Médine ayant intitulé l’un de ses disques « Jihad »)
Finalement, Viktor Orban pourrait avoir gagné. Le maître de Budapest fut le premier à dresser des barbelés contre l’exode, celui des Syriens en août 2015. Sa prophétie n’est pas loin de se réaliser quand l’Italie, jusqu’ici ouverte à la misère du monde, renvoie en pleine mer un bâtiment chargé de 629 migrants africains. Basculement. Électrochoc. Malgré le trouble d’Angela Merkel et les blâmes d’Emmanuel Macron, la question pour l’Europe n’est plus de savoir si elle doit renforcer sa frontière commune. Mais si elle peut encore éviter le retour aux barrières nationales. En trois ans, l’exception hongroise s’est propagée à toute l’Europe centrale. Varsovie, Prague et Bratislava jurent avec Budapest que la religion musulmane n’est pas soluble dans l’UE. Tous applaudissent le coup de force italien. À ce quatuor de Visegrad, il faudrait désormais ajouter un trio d’acteurs qui va de l’extrême droite à la droite dure: l’Italien Matteo Salvini, l’Autriche de Sebastian Kurz et Horst Seehofer, monument bavarois et ministre allemand de l’Intérieur. Ces trois-là forment le nouvel «axe» anti-immigration que décrit le jeune chancelier autrichien, avant de prendre la présidence tournante de l’UE le 1er juillet. La fronde dessine un périmètre curieusement semblable à celui de l’empire des Habsbourg. Elle est aussi pétrie de contradictions. Même s’ils partagent la hantise de l’islam, Viktor Orban et ses amis d’Europe centrale se garderont bien de rejoindre l’axe autrichien. Et inversement. À l’intérieur de l’axe alpin, la pire chose qui puisse arriver au chancelier Kurz serait que Matteo Salvini, nouvel homme fort du pouvoir romain, obtienne ce qu’il demande: le partage avec le reste de l’Europe – Autriche comprise – de tout ou partie des quelque 500.000 «irréguliers» qui croupissent en Italie. Quant au projet prêté à Horst Seehofer d’expulser d’Allemagne tous les migrants déjà enregistrés ailleurs dans l’UE, il n’inquiète pas que la Chancellerie à Berlin. Si cette foule doit vraiment retraverser la montagne, c’est bien évidemment en Autriche puis en Italie qu’elle aboutira. Là est le problème des slogans «populistes» et autres remèdes réputés nationaux. Sur le papier, ils sont identiques et se prêtent à de magnifiques alliances. Dans la réalité, ils sont incompatibles, sauf à fâcher les voisins et à cadenasser toutes les frontières. (…) Cynisme contre hypocrisie, Emmanuel Macron et Matteo Salvini ont vidé mardi leur aigreur à propos de l’Aquarius et des 629 clandestins repêchés au nord de la Libye. Du côté français comme du côté allemand, il apparaît que les deux semaines qui mènent au sommet vont décider si Rome penche vers l’ouest ou vers l’est. Paris admet que l’Union européenne a un problème quand l’Italie doit accueillir 80 % des migrants venus de Libye. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, reconnaît qu’il faut se forcer «à voir la réalité à travers d’autres regards européens». L’Élysée a confirmé jeudi des pistes déjà explorées pour rendre la réalité plus supportable à des Italiens confrontés, chez eux, à des centaines de points de fixation comparables à l’ex-ghetto de migrants à Calais. Il sera donc question d’aides financières démultipliées par l’UE et de mobilisation du contingent de gardes-frontières européens. Au-delà de ces palliatifs communautaires, la France et ses voisins doivent se préparer à deux exutoires plus vigoureux s’il faut vraiment soulager l’Italie, prévient Pierre Vimont, ex-pilier du Quai d’Orsay et conseiller de l’UE durant la crise de 2015-2016. D’abord l’accueil direct des rescapés de la Méditerranée sur leur territoire, sujet jusqu’ici tabou que l’Espagne a commencé de rompre en acceptant les passagers de l’Aquarius. (…) Ensuite, l’ouverture de «centres de tri» hors de l’UE (peut-être en Albanie), ce qui permettrait d’évacuer le problème italien. (…) Mais attention, prévient l’ambassadeur Vimont, «il ne s’agit pas de s’en laver les mains. Si la question africaine n’est pas réglée dans la durée, les migrants reviendront inévitablement frapper à notre porte». Le Figaro
C’est une information qui devrait compter dans les débats bioéthiques du moment. Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita (1) et dévoilé aujourd’hui par La Croix souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français. Pour l’association, il s’agit avant tout de braquer les projecteurs sur l’un des enjeux des discussions actuelles sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, envisagée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Ainsi, 93 % des Français considèrent que les pères ont un « rôle essentiel pour les enfants », tandis que les trois quarts d’entre eux adhèrent à l’affirmation selon laquelle « les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires » ; et 89 % jugent que « l’absence de père, c’est quelque chose qui marque toute la vie ». (…) À un moment où la question sur la PMA polarise toutes les attentions, selon ce sondage, 61 % des Français estiment qu’« il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médical d’infertilité ». Mais 39 % jugent plutôt qu’« il faut privilégier le désir d’enfant en permettant la PMA sans père pour les femmes seules ou les couples de femmes ». Des chiffres qui peuvent surprendre comparés aux autres enquêtes menées par l’Ifop, notamment celles publiées dans La Croix et L’Obs en janvier, ou encore cette semaine par Ipsos pour France Télévisions. Ces enquêtes donnaient systématiquement des proportions opposées quant à l’adhésion des Français à l’extension de la PMA : 60 % y étaient favorables, 40 % étaient contre.(…) Si les Français portent un regard très majoritairement positif sur le rôle des pères, il existe cependant des différences d’approche, notamment entre les hommes qui sont pères et ceux qui ne connaissent pas l’expérience de la paternité. Ainsi 58 % des pères sont tout à fait d’accord lorsqu’on leur demande si « l’absence de père est quelque chose qui marque toute une vie ». Le chiffre tombe à 41 % pour les hommes qui n’ont pas d’enfants. Soit une différence de 17 points. Autre intervalle notable : celui qui s’établit entre les générations : 39 % des 18-24 ans estiment qu’il ne faut pas étendre la PMA, alors qu’ils sont 78 % des plus de 65 ans. « C’est la preuve qu’au fur et à mesure des générations, les références traditionnelles vont être chamboulées », estime Jérôme Fourquet. La Croix
Tout dépend de la manière dont on pose la question : si on met en avant l’ouverture d’un droit, en demandant aux Français s’ils sont pour une extension de la PMA, ils y sont majoritairement favorables. En revanche, si on présente le droit de l’enfant à avoir un père, ils sont majoritairement opposés à une évolution de la loi. (…) Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent. Ce sont ces derniers qui portent la tension éthique et dont la réponse peut varier selon la façon dont la question est posée. Jérome Fourquet
On assiste aujourd’hui à un grand affaiblissement de l’image du père dans nos sociétés. C’est aussi le cas pour celle de la mère. La paternité est par nature une expérience subjective, mais je vois aujourd’hui beaucoup de couples qui, au milieu de la trentaine, hésitent à être parents. Les naissances surviennent plus tard qu’auparavant : cela montre bien que l’aventure de la paternité est devenue quelque chose d’éminemment subjectif, et donc de plus fragile. Elle n’est plus portée par la société et ne bénéficie plus d’un soutien collectif. Jacques Sédat (psychanalyste)
Le militant nationaliste britannique Tommy Robinson a été arrêté à Leeds et presque immédiatement condamné à 13 mois de prison ferme alors qu’il tentait de filmer les suspects d’un procès dont les médias locaux n’ont pas le droit de parler. Un épais voile noir n’en finit plus d’envelopper la liberté d’expression dans les démocraties occidentales. Il se montre particulièrement oppressant dès lors qu’il s’agit de museler des opinions critiques au sujet de la crise migratoire, des dangers de l’islamisme et, plus largement, du dogme multiculturaliste comme modèle supposé de société. Ces opinions critiques, si elles peuvent en choquer moralement certains, ne constituent pourtant pas des délits, ou en tout cas, pas encore…Les voies employées sont multiples et complémentaires. Sur le plan répressif, on peut mentionner les fermetures abusives et arbitraires de comptes sur les réseaux sociaux, soit par décision hautement inquisitrice des autorités facebookiennes (comme ce fut le cas par exemple pour Génération identitaire dont le compte a été récemment clos sans autre forme de procès), soit sous pression d’activistes qui, en procédant à des signalements massifs se lancent dans des sortes de fatwas numériques et finissent promptement par obtenir la fermeture des comptes qui les dérangent. On pense notamment au truculent dessinateur Marsault, mais les cas semblables sont légion. La voie judiciaire est également très utilisée pour faire taire les récalcitrants. On a pu assister par exemple à la condamnation ubuesque d’Éric Zemmour pour ce qui finit par s’apparenter, ni plus ni moins, à du délit d’opinion et à l’introduction piano sano d’un délit d’islamophobie et de blasphème dans les cours européennes. Le sort actuel de l’activiste britannique, Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon), s’inscrit dans ce contexte sinistré. Le britannique de 35 ans, fondateur de l’English Defence League, hostile à l’islam radical et à la charia (ce qui peut plaire ou déplaire mais demeure une conviction de l’ordre de l’opinion et ne constitue donc pas un délit), est dans le collimateur des autorités de son pays. L’homme a été arrêté, le vendredi 25 mai, tandis qu’il diffusait une vidéo filmée en direct des abords du tribunal de Leeds où se tenait un procès mystérieux. Mystérieux car il existe une disposition du droit britannique permettant aux autorités judiciaires d’ordonner une « reporting restriction ». C’est-à-dire un embargo pendant lequel personne n’a le droit d’évoquer publiquement (journalistes inclus, donc) une affaire en cours de jugement. Cette mesure est décidée dans un but de bonne administration de la justice, de bon déroulement des procès, afin que l’émoi populaire suscité par telle ou telle affaire ne vienne pas nuire à la bonne et sereine marche d’une justice que l’on imagine naturellement impartiale, afin également d’en protéger les parties, plaignants ou accusés. Tommy Robinson, et c’est là son tort et sa limite, n’a pas souhaité se soumettre à cette curieuse loi d’airain, et s’est donc tout de même rendu au palais de justice pour y interpeller les accusés de ce qu’il a décrit comme étant supposément le procès des viols de fillettes dont les accusés sont des gangs pakistanais, notamment dans la région de Telford, exactions qui se sont produites pendant plusieurs décennies et qui ont mis un temps infini à être révélées puis prises en compte par des autorités surtout préoccupées par le risque de stigmatisation des communautés ethno-religieuses concernées, plutôt que par la protection des populations locales. Cette information sur la nature réelle du procès n’a pas pu être formellement vérifiée ni énoncée puisque, de toute façon, dans cette situation orwellienne, la presse n’est pas autorisée à en parler. Il s’agit donc ici de propos qu’on n’a pas le droit de tenir au sujet d’une affaire qu’il faut taire. Tommy Robinson a été interpellé et, dans une hallucinante et inhabituelle célérité, la justice l’a presque immédiatement condamné à une peine ferme de 13 mois de prison, sans que celui-ci n’ait pu avoir droit à un procès équitable ni consulter l’avocat de son choix. Tout ceci s’est déroulé sans que la presse n’ait vraiment le droit d’évoquer son cas, puisque les juges ont appliqué à sa condamnation une seconde « reporting restriction », sorte de couche supplémentaire dans le mille-feuille de silences et de censures nimbant déjà ce dossier décidément gênant. Au pays de l’Habeas corpus, cette affaire fait du bruit. Aussitôt, une pétition rassemblant vite plus de 500 000 signatures a circulé dans le monde entier, et l’émoi que l’on voulait mater s’est au contraire amplifié, par le biais notamment des réseaux sociaux dont on comprend bien qu’ils fassent l’objet de toutes les tentatives de restrictions et de lois liberticides à venir. Des personnalités aussi diverses que la demi-sœur de Meghan Markle ou le fils de Donald Trump, le leader néerlandais Geert Wilders, le chanteur Morrissey ou la secrétaire générale adjointe des Républicains, Valérie Boyer, et beaucoup d’autres célèbres ou anonymes, se sont émus et ont interpellé les autorités britanniques sur cette curieuse conception de la justice, expéditive pour les uns, anormalement complaisante et longue pour les autres. Des manifestants excédés ont même fini par s’en prendre à la police, samedi 9 juin, près de Trafalgar Square à Londres. Tommy Robinson se savait attendu au tournant ; il a toutefois bravé la loi en toute connaissance de cause, comme il l’avait déjà fait dans un précédent procès sur une affaire similaire, écopant alors de trois mois avec sursis, lesquels sont alors venus s’ajouter à la peine récemment prononcée pour « atteinte à l’ordre public ». On peut toutefois légitimement s’interroger sur plusieurs points qui choquent l’opinion publique ainsi que le bon sens. Tout d’abord, est-il judicieux bien que judiciaire, de la part des autorités britanniques, de décider de faire régner de nouveau le silence dans le traitement d’une affaire dans laquelle, précisément, c’est le silence complice des autorités qui est en partie mis en cause par les opinions publiques ? N’est-ce pas redoubler le mal et contribuer à rendre légitimes les soupçons d’étouffement de ces affaires pour des motifs idéologiques ? Peut-on encore parler du réel, le nommer, le montrer, sans encourir les foudres morales ni risquer l’embastillement ou le sort d’Oscar Wilde à la Reading Gaol ? Les démocraties occidentales qui se conçoivent pourtant comme « libérales » et s’opposent idéologiquement à ce qu’elles qualifient dédaigneusement de « démocraties illibérales » et populistes, ont-elles conscience de déroger, par ces silences complices et ces actions douteuses de musèlement, au libéralisme d’opinion qui fonde les régimes démocratiques et institue, normalement, les libertés fondamentales ? Ont-elles conscience de renforcer le fort soupçon de manipulation des opinions qui pèse de plus en plus sur elles, Brexit après Brexit, vote « populiste » après vote « populiste », rejet après rejet ? Ont-elles conscience que plus une censure s’applique, plus la réaction à cette censure est forte, que plus elles se conduisent ainsi, plus la colère et la révolte – qu’elles s’imaginent étouffer – grondent ? Ont-elles conscience que loin de protéger l’image des populations prétendument stigmatisées dans ces affaires, elles ne font que nourrir les interrogations et les soupçons à leur sujet ? (…) Les autorités ignorent-elles par ailleurs le sort réservé aux militants de ces mouvances hostiles à l’islam radical lorsqu’ils sont jetés ainsi en pâture dans des prisons tenues par les gangs que ces militants dénoncent précisément ? Kevin Crehan, condamné à 12 mois de prison pour avoir (certes stupidement) jeté du bacon sur une mosquée, n’a pas survécu à son incarcération. Tommy Robinson, lui-même précédemment incarcéré dans une affaire de prêt familial, a été victime de graves violences.  Sa sécurité fait-elle l’objet de garanties spécifiques au vu du contexte ? Enfin, le silence gêné de certains des principaux médias sur cette affaire ne pose-t-il pas de nouveau la question du pluralisme et de la liberté d’expression réelle dans le paysage médiatique occidental ? Anne-Sophie Chazaud (Causeur)
A man who drove a van into a crowd of Muslims near a London mosque has been found guilty of murder. Darren Osborne, 48, ploughed into people in Finsbury Park in June last year, killing Makram Ali, 51, and injuring nine others. Osborne, from Cardiff, was also found guilty of attempted murder and is due to be sentenced on Friday. (…) Police later found a letter in the van written by Osborne, referring to Muslim people as « rapists » and « feral ». He also wrote that Muslim men were « preying on our children ». The trial heard Osborne became « obsessed » with Muslims in the weeks leading up to the attack, having watched the BBC drama Three Girls, about the Rochdale grooming scandal. BBC
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Ahmed (violeur pakistanais)
A l’exception d’un demandeur d’asile afghan, tous sont d’origine pakistanaise. Toutes les filles sont blanches. L’équation est aussi froide et simple qu’explosive, dans un Royaume-Uni en proie au doute sur son modèle multiculturel. (…) Dans les semaines suivant le procès, les médias égrènent les noms de villes où des gangs similaires à celui de Rochdale sont démantelés : Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe… Et, fin octobre, c’est à nouveau à Rochdale qu’un groupe de neuf hommes est appréhendé. Chaque fois, les violeurs sont en grande majorité d’origine pakistanaise. Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d’affaires – des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en « milieu ouvert » – sont d’origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d’origine pakistanaise évaluée à 7 %. (…) En septembre, un rapport gouvernemental conclura à un raté sans précédent des services sociaux et de la police, qui renforce encore l’opinion dans l’idée qu’un « facteur racial » a joué dans l’affaire elle-même, mais aussi dans son traitement par les autorités : entre 2004 et 2010, 127 alertes ont été émises sur des cas d’abus sexuels sur mineurs, bon nombre concernant le groupe de Shabir Ahmed, sans qu’aucune mesure soit prise. A plusieurs reprises, les deux institutions ont estimé que des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans « faisaient leurs propres choix de vie ». Pour Ann Cryer, ancienne députée de Keighley, une circonscription voisine, aucun doute n’est permis : police et services sociaux étaient « pétrifiés à l’idée d’être accusés de racisme ». Le ministre de la famille de l’époque, Tim Loughton, reconnaît que « le politiquement correct et les susceptibilités raciales ont constitué un problème ». L’air est d’autant plus vicié que, à l’audience, Shabir Ahmed en rajoute dans la provocation. Il traite le juge de « salope raciste » et affirme : « Mon seul crime est d’être musulman. » Un autre accusé lance : « Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. » (…) un employé de la mairie s’interroge. Anonymement. « Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du « déchet blanc », c’est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées. » A quelques rues de là, dans sa permanence, Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale qui a été l’un des premiers à parler publiquement d’un « facteur racial », juge tout aussi déterminant ce qu’il appelle le « facteur social » : « Les responsables des services sociaux ont pu imaginer que ces filles de même pas 15 ans se prostituaient, alors qu’ils en auraient été incapables à propos de leurs propres enfants. » (…) Mohammed Shafiq estime qu’ »une petite minorité d’hommes pakistanais voient les femmes comme des citoyens de seconde catégorie et les femmes blanches comme des citoyens de troisième catégorie ». Mais, pour lui, les jeunes filles agressées étaient surtout vulnérables. « Le fait qu’elles traînent dehors en pleine nuit, qu’elles soient habillées de façon légère, renforçait les agresseurs dans leur idée qu’elles ne valaient rien, qu’elles étaient inférieures. Mais cela faisait surtout d’elles des proies faciles, alors que les filles de la communauté pakistanaise sont mieux protégées par leur famille, et qu’un abus sexuel y est plus difficilement dissimulable. » Le Monde
Evocation juste et déchirante de la difficulté de la dénonciation de viols par des gamines de quinze ans dans le Nord de l’Angleterre, “Three Girls” est une œuvre puissante et nécessaire, inspirée de faits réels. A revoir en replay sur Arte.tv jusqu’au 21 juin 2018. Holly, 15 ans, est nouvelle dans son lycée. Elle a peu d’amis, à part deux sœurs désœuvrées qu’elle suit souvent dans un restaurant pakistanais où les employés les traitent comme des reines. Holly ne voit pas le piège qui se referme, jusqu’à ce qu’un des commerçants la viole dans l’arrière-boutique. La police ne prête pas attention à ses dires. Même ses parents doutent d’elle et ne la voient pas s’enfoncer dans l’engrenage d’un réseau de prostitution. Inspirée d’une histoire vraie, Three Girls nous plonge, avec un réalisme déchirant, dans l’horreur d’un trafic sexuel de grande ampleur, en n’éludant aucun aspect dérangeant, comme la terrible négligence des services sociaux et de la police. Une illustration supplémentaire de l’incommensurable difficulté de la dénonciation d’un viol, pour des victimes que la société juge, consciemment ou non, coupables (la retranscription des vraies paroles des avocats de la défense lors des scènes de procès est effarante). Three Girls est une œuvre formellement percutante, interprétée par des actrices formidables (Molly Windsor vient de remporter un Bafta pour le rôle de Holly). Une fois de plus, les Britanniques proposent une approche lucide et rigoureuse, quasi journalistique, de l’injustice et des défaillances de leurs institutions. Courageux et nécessaire. Télérama
Les tabloïds se sont contentés de rester en surface. Three Girls creuse en profondeur les faits et leur impact sur les victimes. Nous voulions faire entendre leurs voix, trop longtemps ignorées. Il nous a ­fallu trois ans pour engager le dia­logue et obtenir leur confiance. Cela a été un véritable travail de mémoi­re, où chaque nouvelle discussion ­apportait son lot de détails. (…) Three Girls est aussi l’histoire d’un intolérable mépris envers les classes sociales les plus pauvres, que l’on refuse de voir et d’écouter. Les victimes de Rochdale étaient des « filles à problèmes », venant de familles avec des antécédents criminels. Elles avaient sans doute bien cherché ce qui leur arrivait…(…) C’est d’autant plus une œuvre d’utilité publique que la BBC nous a soutenus de bout en bout. La charte de la chaîne dit qu’elle doit « divertir, éduquer et informer ». Nous n’avons pas cherché à divertir, seulement à éduquer et informer. Simon Lewis
Ces filles ont vécu l’horreur avant d’être humiliées par la police et les services sociaux, qui les ont traitées de menteuses et de gamines narcissiques. Personne n’a voulu les croire quand elles ont dénoncé leurs agresseurs ! Chacun des trois épisodes de la série s’attache à montrer les ratés de la police, puis de la justice et des services sociaux. (…) Il a fallu imaginer une narration rapide, pleine d’ellipses, au risque de ne pas coller à l’ensemble des faits. Mais chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire. Rien n’est gratuit ni n’a été imaginé pour manipuler les émotions des téléspectateurs. (…) J’ai commencé ma carrière en réalisant des documentaires et j’ai ­appliqué les mêmes techniques de ­recherche et de mise en scène. Mais nous ne pouvions pas montrer le ­visage des filles et de leurs familles, révéler leur identité. Nous avons donc dû tourner un drame au plus près des faits — les scènes de tribunal respectent mot pour mot les ­minutes du procès —, et l’écriture ­fictionnelle nous a permis d’être au plus près des émotions des dif­férents protagonistes. (…)  La série a été diffusée peu de temps avant les élections générales bri­tanniques [l’équivalent de nos légis­latives, ndlr], en mai 2017, et a sans doute profité de l’appétit politique du public. Plus de huit millions de télé­spectateurs l’ont suivie lors de sa ­diffusion sur la BBC, et nous avons été assaillis de demandes pour la diffuser dans des écoles ou des centres culturels. Avec, à chaque fois, une même envie d’apprendre des erreurs qui y sont dénoncées. Philippa Lowthorpe
By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013). This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete. (…) Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete. The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.” Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups. Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent). By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”. Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white. Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care. The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin. Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials. Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions. (…) Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation. “They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.” Channel 4 news
Child sexual exploitation is one of the most sickening crimes of our age, yet the scale is unknown because, by its very nature, boys and girls frequently go missing in an underworld of systematic abuse. Barnardo’s has 22 projects across the country dedicated to finding and helping these young people, and has been campaigning for years to bring the issue to the forefront of the government’s agenda. The past weeks have seen a welcome shift in recognition of this problem, but the focus has been on the ethnicity of abusers, based on two high-profile cases in particular parts of England. It’s crucial to recognise that just as the ethnicity of the perpetrators differs across the UK, so does that of the children. We need to pull away from the growing stereotypes: it is not just Asian men who commit this crime, nor are the victims only white – black and Asian girls are targeted too. They are used like puppets by these abhorrent men and women – groomed and manipulated to a point where they are brainwashed, raped and scarred for life. I have met some very brave girls and boys who we are helping to overcome the tragic childhood that they will never get back. One of them is Aaliyah. Her story isn’t unusual. As 14 she began to become estranged from her parents and started to go out a lot. She was introduced to men older than her, who would impress her with their flash cars and gifts. Desperate for love and attention the affection they showed her seemed very real, until it turned nasty. The unthinkable cruelty she suffered will never be forgotten – Aaliyah was physically and mentally abused, with one so-called boyfriend pulling her out of his car by her hair and threatening to cut her legs off with an axe before driving her to a hotel room, « to have his friends come over and do what they wanted to me ». We worked with more than a thousand children and young people like Aaliyah last year, and we believe that is likely to be the tip of the iceberg. Wherever we have looked for exploitation, we have found it. We need to use the momentum of current debate to highlight what really matters: protecting these vulnerable children. It is 16 years since Barnardo’s opened its first service dedicated to sexually exploited children in Bradford. Today we release a report, Puppet on a String, that highlights three new issues: trafficking around the UK is becoming more common; sexual exploitation is more organised and grooming more sophisticated, with technology being used to find, isolate and control victims; and increasingly younger children are being abused. Emma’s sexual exploitation began in a similar way to Aaliyah’s. When, aged 14, she met a man in his early 30s who showered her with gifts and attention, she fell in love, but soon her « boyfriend » began abusing her and forcing her to sleep with different men. Her words are heartbreaking: « I just hoped that one day one of the men would be a real boyfriend, that he’d like me for the real me and that he’d want to save me. But it never happened. » Anne-Marie Carrie
By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media. Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further. (…) the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000 (…) Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent). But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things? (…) Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world. How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people. It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web. (…) if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown? (…) We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off. What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion. Joseph Harker
In May 2012, nine men from the Rochdale area of Manchester were found guilty of sexually exploiting a number of underage girls. Media reporting on the trial focused on the fact that eight of the men were of Pakistani descent, while all the girls were white. Framing similar cases in Preston, Rotherham, Derby, Shropshire, Oxford, Telford and Middlesbrough as ethnically motivated, the media incited moral panic over South Asian grooming gangs preying on white girls. While these cases shed light on the broader problem of sexual exploitation in Britain, they also reveal continuing misconceptions that stereotype South Asian men as ‘natural’ perpetrators of these crimes due to culturally-specific notions of hegemonic masculinity. Examining newspaper coverage from 2012 to 2013, this article discusses the discourse of the British media’s portrayal of South Asian men as perpetrators of sexual violence against white victims, inadvertently construing ‘South Asian men’ as ‘folk devils’. Aisha K Gill (University of Roehampton) and Karen Harrison (University of Hull)
In more inflammatory terms, the Mail Online referred to the perpetrators as a ‘small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens’ (Dewsbury 2012) Aisha K Gill (University of Roehampton) and Karen Harrison (University of Hull)
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)

Attention: un entrainement peut en cacher un autre !

Au lendemain de la diffusion sur Arte, un an après la Grande-Bretagne, de la mini-série britannique Three girls

Sur la découverte, contre les services de la police et des services sociaux, d’un trafic sexuel de jeunes mineures par notamment des réseaux d’origine pakistanaise qui a touché pendant des années une dizaine de villes britanniques …

A l’heure où les peuples européens commencent à se rebiffer contre la folie tant immigrationniste que « sociétale » que prétendent leur imposer à coup de sondages ventriloques des dirigeants eux-mêmes protégés des conséquences de leurs décisions …

Pendant qu’entre nos écrans, nos scènes musicales et les téléphones portables de nos jeunes, l’on rivalise de vulgarité et d’irrespect y compris pour les morts …

Comment ne pas voir une nouvelle illustration de ce politiquement correct …

Qui contre les membres mêmes de ces communautés les plus lucides comme la baronesse Warsi ou l’imam d’Oxford Taj Hargey, va jusqu’à nier l’évidence …

A savoir l’existence et la sur-représentation d’une partie des immigrés pakistanais et donc musulmans qui considèrent les femmes et les filles blanches comme des « proies faciles » et des « citoyennes de 3e zone » …

Mais aussi contre le discours déligitimateur de nos sociologues maitres ès « paniques morales » qui à force de crier au loup finissent par produire les passages à l’acte mêmes des individus ou des groupes qu’ils dénoncent …

La dimension éminemment salutaire de ce sursaut de lucidité …

Face tant à la conjonction de la désagrégation des familles blanches les plus fragilisées et de l’indéniable radicalisation des prêches de certains imams …

Qu’à cette perversion de la démocratie qui voudrait, entre deux distributions de préservatifs et bientôt de godemichés (pardon: de « sex toys » !) à des gamines de 11 ans

Imposer « au plus grand nombre », selon le mot d’Henry Berque, les « vices de quelques-uns » ?

Entretien
“Three Girls”, une série qui révèle “l’intolérable mépris envers les classes les plus pauvres”
Pierre Langlais
Télérama
14/06/2018

iaux : une minisérie de la BBC revient sur l’inaction des institutions britanniques dans l’affaire des adolescentes de Rochdale, victimes de trafic sexuel. Fruit d’un minutieux “travail de mémoire”, elle a contribué à libérer la parole outre-Manche.

Entre 2008 et 2010, quarante-sept adolescentes, pour les plus jeunes âgées d’à peine 13 ans, ont été victimes d’un réseau de trafic sexuel à Roch­dale, dans la banlieue de Manchester, dans le nord de l’Angleterre. Three Girls, minisérie de la BBC en trois épisodes, reconstitue le calvaire de trois d’entre elles dans un drame bouleversant, ­rigoureusement documenté. Une œuvre filmée à hauteur de ses jeunes héroïnes, doublée d’une dénonciation puissante des injustices sociales et des ratés institutionnels que l’affaire révéla, comme l’expliquent sa réalisatrice, Philippa Lowthorpe, et son producteur, Simon Lewis (1).

La presse britannique a largement relaté cette affaire à l’époque des faits. Qu’aviez-vous à ajouter ?

Simon Lewis : Les tabloïds se sont contentés de rester en surface. Three Girls creuse en profondeur les faits et leur impact sur les victimes. Nous voulions faire entendre leurs voix, trop longtemps ignorées. Il nous a ­fallu trois ans pour engager le dia­logue et obtenir leur confiance. Cela a été un véritable travail de mémoi­re, où chaque nouvelle discussion ­apportait son lot de détails.

C’est aussi l’histoire d’un terrible manquement des institutions…

Philippa Lowthorpe : Ces filles ont vécu l’horreur avant d’être humiliées par la police et les services sociaux, qui les ont traitées de menteuses et de gamines narcissiques. Personne n’a voulu les croire quand elles ont dénoncé leurs agresseurs ! Chacun des trois épisodes de la série s’attache à montrer les ratés de la police, puis de la justice et des services sociaux.

S.L. : Three Girls est aussi l’histoire d’un intolérable mépris envers les classes sociales les plus pauvres, que l’on refuse de voir et d’écouter. Les victimes de Rochdale étaient des « filles à problèmes », venant de familles avec des antécédents criminels. Elles avaient sans doute bien cherché ce qui leur arrivait…

Chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire.”

Comment condenser en trois heures une affaire qui a duré cinq ans [le procès a eu lieu en 2012, ndlr] ?

P.L. : Il a fallu imaginer une narration rapide, pleine d’ellipses, au risque de ne pas coller à l’ensemble des faits. Mais chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire. Rien n’est gratuit ni n’a été imaginé pour manipuler les émotions des téléspectateurs.

Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir choisi la forme documentaire ?

P.L. : J’ai commencé ma carrière en réalisant des documentaires et j’ai ­appliqué les mêmes techniques de ­recherche et de mise en scène. Mais nous ne pouvions pas montrer le ­visage des filles et de leurs familles, révéler leur identité. Nous avons donc dû tourner un drame au plus près des faits — les scènes de tribunal respectent mot pour mot les ­minutes du procès —, et l’écriture ­fictionnelle nous a permis d’être au plus près des émotions des dif­férents protagonistes.

“Three Girls” a été diffusé sur le service public. Le considérez-vous comme une œuvre d’utilité publique ?

P.L. : La série a été diffusée peu de temps avant les élections générales bri­tanniques [l’équivalent de nos légis­latives, ndlr], en mai 2017, et a sans doute profité de l’appétit politique du public. Plus de huit millions de télé­spectateurs l’ont suivie lors de sa ­diffusion sur la BBC, et nous avons été assaillis de demandes pour la diffuser dans des écoles ou des centres culturels. Avec, à chaque fois, une même envie d’apprendre des erreurs qui y sont dénoncées.

S.L. : C’est d’autant plus une œuvre d’utilité publique que la BBC nous a soutenus de bout en bout. La charte de la chaîne dit qu’elle doit « divertir, éduquer et informer ». Nous n’avons pas cherché à divertir, seulement à éduquer et informer.

(1) Interview réalisée dans le cadre du Festival de la fiction TV de La Rochelle, en septembre 2017.


on aime passionnément Three Girls, jeudi à 20.55 sur Arte et dès maintenant sur arte.tv.

Voir aussi:

Streaming
Regardez en replay “Three Girls”, mini-série puissante et nécessaire

Sébastien Mauge
Télérama
15/06/2018

Evocation juste et déchirante de la difficulté de la dénonciation de viols par des gamines de quinze ans dans le Nord de l’Angleterre, “Three Girls” est une œuvre puissante et nécessaire, inspirée de faits réels. A revoir en replay sur Arte.tv jusqu’au 21 juin 2018.

Holly, 15 ans, est nouvelle dans son lycée. Elle a peu d’amis, à part deux sœurs désœuvrées qu’elle suit souvent dans un restaurant pakistanais où les employés les traitent comme des reines. Holly ne voit pas le piège qui se referme, jusqu’à ce qu’un des commerçants la viole dans l’arrière-boutique. La police ne prête pas attention à ses dires. Même ses parents doutent d’elle et ne la voient pas s’enfoncer dans l’engrenage d’un réseau de prostitution.

Inspirée d’une histoire vraie, Three Girls nous plonge, avec un réalisme déchirant, dans l’horreur d’un trafic sexuel de grande ampleur, en n’éludant aucun aspect dérangeant, comme la terrible négligence des services sociaux et de la police. Une illustration supplémentaire de l’incommensurable difficulté de la dénonciation d’un viol, pour des victimes que la société juge, consciemment ou non, coupables (la retranscription des vraies paroles des avocats de la défense lors des scènes de procès est effarante). Three Girls est une œuvre formellement percutante, interprétée par des actrices formidables (Molly Windsor vient de remporter un Bafta pour le rôle de Holly). Une fois de plus, les Britanniques proposent une approche lucide et rigoureuse, quasi journalistique, de l’injustice et des défaillances de leurs institutions. Courageux et nécessaire.

The Oxford sex ring and the preachers who teach young Muslim men that white girls are cheap

The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community.

It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration.

There is no doubt that the evil deeds of these men have badly set back the cause of cross-community harmony.

In its harrowing details, this grim saga of exploitation, misogyny, perversion and cruelty fills me not only with desperate sorrow for those girls and their families, but also with dread and despair.

Seven members of a paedophile ring were found guilty at the Old Bailey of a catalogue of child sex abuse charges: The case has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community

If I were the judge in this case, I would hand out the harshest possible jail sentences to these monstrous predators, both to see that justice is done for their victims and to send out a message to other exploiters.

And when I say harsh, I mean it: none of this fashionable nonsense about prisoners being released only a quarter of the way through their sentences. There is no pattern of good conduct these men could follow behind bars that could possibly make up for all the terrible suffering they have inflicted on others.

Depravity

But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities.

The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases.

Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’.

Brothers Bassam Karrar (left) and Mohammed Karrar (right) were found guilty at the Old Bailey yesterday. It can not be ignored that all all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim

But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality.

Commentators and poli-ticians tip-toe around it, hiding behind weasel words.

We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case.

One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls.

‘As so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to the reality that their actions are tied up with religion and race’

But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby.

In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls.

Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population.

To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial.

But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes.

Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse.

Brothers Anjum Dogar (left) and Akhtar Dogar (right) have been convicted of offences involving underage girls. one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’

Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity.

Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’.

In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia.

Zeeshan Ahmed (left) and Kamar Jamil (right) were among those who were convicted at the Old Bailey. Some aspects of the trial highlighted an attitude where women are seen as nothing more than personal property

What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism.

If they had been real, genuine followers of Islam, they would not have dreamt of indulging in such vile crimes, for true Islam preaches respect for women and warns against all forms of sexual licence, including adultery and exploitation.

Contempt

Assad Hussain was convicted of having sex with a child. Reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims

By all accounts, this was not the version that these men heard in their mosques. On the contrary, they would have been drip-fed for years a far less uplifting doctrine, one that denigrates all women, but treats whites with particular contempt.

In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority.

That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls.

There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property.

The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers.

Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded.

Brutish

On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring.

For those of us who support effective and meaningful integration, it is dispiriting to see how little these criminals, several of them second-generation Britons, have been integrated into our society.

If they were possessed by the slightest sense of belonging or shared citizenship, they would have had some respect for the welfare of these girls.

Instead, they saw only people from an alien world with which they felt no connection. For them, there was no sense of kinship or solidarity for people in their neighbourhood who were not Muslims.

It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case.

We will build a secure society only when we are all taught to have respect for one another, regardless of creed or colour.

Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism.

Voir aussi:

Full interview with Baroness Warsi: Father asked me ‘why be a leader if you don’t take the lead?’
Joe Murpy
The Evening Standard
18 May 2012

Baroness Warsi may be a Cabinet minister with all the finely-honed minds of the civil service to call upon, but sometimes the adviser she trusts most is simply her dad.

So it was when the horrific details of the Rochdale sexual grooming scandal poured out in a shocking court case this month.

Five white girls, aged 13 to 15, were plied with alcohol, food and money and subjected to multiple sex attacks. The guilty men were Muslims of mainly Pakistani origin, some regarded as pillars of their community.

Shortly after nine men were convicted, Lady Warsi sat down to dinner at her parents’ house and her father asked what the Government was going to do about it. She did not know. The baroness recalled: “Dad then said, ‘Well, what are you doing about it?’ I said, ‘Oh, it’s not me, it’s a Home Office issue’.” At this her father, Safdar, gave her a remarkable lecture.

“He said to me: ‘Sayeeda, what is the point in being in a position of leadership if you don’t lead on issues that are so fundamental? This is so stomach churningly sick that you should have been out there condemning it as loudly as you could. Uniquely, you are in a position to show leadership on this.’

“I thought to myself, he’s absolutely right.” Today she has decided to use an interview with the Evening Standard to do as her father advised.

Until now, Lady Warsi — Britain’s most senior Muslim politician and the first Muslim woman to reach the Cabinet — has declined media requests for comment on the case. But in fact, the 41-year-old former solicitor has strong views of what went so badly wrong in a community just like the one in which she was raised.

“There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game,” she said — choosing her words with care but not mincing them. “And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first.”

She is clear that the colour of the victims’ skin, as well as their vulnerability, helped to make them a target. “This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against,” she said.

This puts her at odds with some commentators who argue that the racial element was coincidental and that sex abuse occurs in white gangs. She says the Rochdale case was “even more disgusting” than cases of girls being passed around street gangs. “These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own,” she said. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong.”

Her second challenge is to British Muslim leaders and preachers who have been equally appalled but nervous of speaking out.

“In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them,” she said. “Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’.”

So far, she added, the response from organisations like the British Muslim Forum and the Muslim Council of Britain has been “fantastic”.

Her third plea is for the authorities to stop being squeamish about investigating allegations involving minorities. “Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law,” she said.

Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled”.  The leader of the racist BNP, Nick Griffin, has already gloated about “Muslim paedophile rapists”.

Nobody could accuse Lady Warsi of what she calls “pussyfooting” around political minefields. In her five years as a top-level Tory she has hit out at voting fraud, attacked “militant secularisation”, been pelted by eggs and gone eyeball to eyeball against Mr Griffin.

But she says her aim is to resolve this issue, not pick a fight. “Leadership is about moving people with you, not just pissing them off,” she said.

Her passion is catching. She talks non-stop in a broad Yorkshire accent, acquired in her childhood in Dewsbury where she went to a state school.

Fluent in English, Urdu and Punjabi, she is a comfortable mix of cultures. Her mum, Hafeeza, arranged her first marriage, which lasted 17 years. In  2009 she married ”my rock”,  Iftikhar Azam, in a ceremony at her parents’ house in Dewsbury.  Although a practicing Muslim, who eschews alcohol and fasts at Ramadan, she hints at bending some rules. “Strictly, I should be doing my prayers five times a day. But I hate answering that: If I answer it truthfully my mum won’t be best pleased. If I said I was perfect, I would be lying.”

THE key to her confidence and success was a father whom she describes as “an amazing feminist” as well as a remarkable success story. Safdar Hussain came to Britain from a rural village in the Punjab with £2.50 to his name and worked double-shifts in a rag mill to make ends meet.

He became a bus conductor, bus driver, taxi driver and driving instructor before co-founding a firm manufacturing hand-made beds that now turns over £5 million a year.

Safdar encouraged his wife to have driving lessons in the Seventies, put his five daughters through university and into professional careers — and told them all to embrace the best of their Pakistani heritage as well as British culture.

When travelling abroad, she urges Muslim parents to give their girls the same chances, arguing that the Koran clearly exhorts followers to acquire knowledge. “Nowhere does it say, ‘Only if you are a bloke’.”

It’s hard to imagine any bloke telling Lady Warsi what to do. Except, of course, her dad.

Voir également:

Sexual exploitation of children: Derby and Rochdale are tip of an iceberg
Grooming is becoming more widespread and sophisticated throughout the UK. We must tackle the full horror of this abhorrent abuse
Anne Marie Carrie
The Guardian
17 January 2011

Child sexual exploitation is one of the most sickening crimes of our age, yet the scale is unknown because, by its very nature, boys and girls frequently go missing in an underworld of systematic abuse. Barnardo’s has 22 projects across the country dedicated to finding and helping these young people, and has been campaigning for years to bring the issue to the forefront of the government’s agenda.

The past weeks have seen a welcome shift in recognition of this problem, but the focus has been on the ethnicity of abusers, based on two high-profile cases in particular parts of England. It’s crucial to recognise that just as the ethnicity of the perpetrators differs across the UK, so does that of the children. We need to pull away from the growing stereotypes: it is not just Asian men who commit this crime, nor are the victims only white – black and Asian girls are targeted too.

They are used like puppets by these abhorrent men and women – groomed and manipulated to a point where they are brainwashed, raped and scarred for life. I have met some very brave girls and boys who we are helping to overcome the tragic childhood that they will never get back.

One of them is Aaliyah. Her story isn’t unusual. As 14 she began to become estranged from her parents and started to go out a lot. She was introduced to men older than her, who would impress her with their flash cars and gifts. Desperate for love and attention the affection they showed her seemed very real, until it turned nasty. The unthinkable cruelty she suffered will never be forgotten – Aaliyah was physically and mentally abused, with one so-called boyfriend pulling her out of his car by her hair and threatening to cut her legs off with an axe before driving her to a hotel room, « to have his friends come over and do what they wanted to me ».

We worked with more than a thousand children and young people like Aaliyah last year, and we believe that is likely to be the tip of the iceberg. Wherever we have looked for exploitation, we have found it. We need to use the momentum of current debate to highlight what really matters: protecting these vulnerable children.

It is 16 years since Barnardo’s opened its first service dedicated to sexually exploited children in Bradford. Today we release a report, Puppet on a String, that highlights three new issues: trafficking around the UK is becoming more common; sexual exploitation is more organised and grooming more sophisticated, with technology being used to find, isolate and control victims; and increasingly younger children are being abused.

Emma’s sexual exploitation began in a similar way to Aaliyah’s. When, aged 14, she met a man in his early 30s who showered her with gifts and attention, she fell in love, but soon her « boyfriend » began abusing her and forcing her to sleep with different men. Her words are heartbreaking: « I just hoped that one day one of the men would be a real boyfriend, that he’d like me for the real me and that he’d want to save me. But it never happened. »

If we are to truly learn from the lessons of the cases in Derby and Rochdale, the government must recognise this as a child protection issue and appoint a dedicated children’s minister to formulate a national action plan to fully address the scale and horror of child sexual exploitation in the UK.

This issue must not be a flash in the pan – we need to use the leverage that the current media debate has given us to ensure that this hidden issue is now very much out in the open and tackled at all levels.

Our « Cut them free » campaign hopes to turn around the lives of these young victims. We want better training for professionals who work with children in order to improve early identification of child sexual exploitation, including police, schools and social services. Statutory responses and the provision of services for exploited children must also be improved. We need greater clarity about the numbers of children abused in this way, so methods of gathering evidence and data kept on the numbers of children being sexually exploited should be strengthened. And we absolutely must see improvements in prosecution procedures in order to increase the number of cases that lead to a conviction.

We need to send a loud and clear message to perpetrators – we will find them and they will be punished for the intolerable abuse they have inflicted upon so many young lives.

Voir de plus:

Finsbury Park van attack
How London mosque attacker became a terrorist in three weeks
Darren Osborne’s warped beliefs led him to Finsbury Park, where he killed Makram Ali for his faith
Vikram Dodd Crime correspondent

The Guardian

1 Feb 2018

Darren Osborne rented a van and drove from Cardiff to London intending to kill Muslims. Photograph: Frank Augstein/AP
In a country that prides itself on tolerance, and in a city that celebrates its diversity, Makram Ali’s final journey to honour his god ended with him being murdered for his religion.

He lived in Finsbury Park, north London, about 400 yards from the mosque he had attended for the past 25 years, located in Muslim Welfare House.

On a warm June evening last year, Ali walked, through pain and with the aid of a stick, to join late-night prayers. It was Ramadan, an especially holy time for Muslims.

Ali’s faith guided a life that saw him raise four daughters and two sons, and feel pride in seeing two of the eldest children reach university. Those who knew him knew a man who demonstrated the values of a model British citizen, despite hardships with health and money that would lead others to make excuses and embrace the worst values. Ali, 51, was about to come across one such person.

In the weeks before that day, Darren Osborne had found a warped belief system, styling himself as an extremist rightwing “soldier”. On 18 June 2017, he left his home in Cardiff in a rented van and drove to London, looking for Muslims to kill.

He scoured the centre of London for an Islamic pro-Palestinian march, and then moved on to the south in search of a mosque. By 11.30pm, he found a target in the north of the city. Having reached the Finsbury Park area, Osborne asked for directions to the mosque, and left his van to walk there, police believe, to carry out reconnaissance ahead of his attack.

Just after midnight, prayers ended. As worshippers headed home, Ali fell to the floor, unwell, on a cul-de-sac off Seven Sisters Road. He was breathing, speaking barely audibly, but still alive.

Makram Ali had six children and was said to be a model British citizen. Photograph: Metropolitan police/PA
Other Muslims rushed to Ali’s aid, offering him water and help. For Osborne, the crowd, some of them wearing Islamic clothing, was the target he sought for his hatred.

He was driving a rented white Citroën, which veered left across Seven Sisters Road, across a bus lane, and then across the pavement.

Osborne was driving at 16mph (26km/h) as his van slammed into the crowd. It was the fourth terrorist attack in Britain in three months, but this time, the ideology behind it was not Islamist.

Ibrahim Benaounda described the impact as like “being on a rollercoaster, spinning round and round. I felt everything. I felt my bones breaking”.

Mohammed Geedi was also knocked to the ground. When he got up, he said he saw people “splattered all over the place”.

Adnan Mohamud had called 999 for help for the stricken Ali. He was still on the phone when the van hit.

Mohamud shouted: “Someone’s just come and run over a whole lot of people … People are dying, man.”

One witness described a limb being stuck under the van’s wheel. Waleed Salim said he and others tried to lift the van to get his cousin, Hamdi Alfaiq, out from underneath it. Alfaiq, who suffered extensive injuries and needed months of rehabilitation, was one of 12 people wounded.

The front van’s offside wheel ran over Ali on the upper right side of his chest, leaving a tyre track across his torso. Within an hour, he died, struck down 100 yards from where he lived.

Watching were some of his family, who had been alerted that Ali had fallen ill. Toufik Kacimi of Muslim Welfare House said: “His daughter saw the van hit her dad.”

Osborne fled the van. Despite his claims to the contrary at the trial, where he said he had been changing his trousers in the footwell while someone else drove, CCTV footage showed he was alone. He tried to escape, shouting “I want to kill more Muslims”. The Muslim people Osborne had tried to murder captured him, then saved him.

Mohammed Mahmoud, the mosque’s imam, shielded Osborne from the crowd. He told Woolwich crown court: “I shouted ‘No one touch him’ [and] told people to get back, and said: ‘We are handing him in unscathed to the police’.

“He should answer for his crime in a court, and not in a court in the street.”

In the van, Osborne had left a note, which he had written 24 hours before in a Cardiff pub, from which he was ejected after making racist and anti-Muslim remarks.

The note gave voice to what was inside him, and showed the attack was premeditated.

“Why are their terrorists on our streets today? We’ve had three recent terror attacks …” Osborne wrote.

It referenced the Rotherham sexual abuse scandal, which involved gruesome attacks by men from a mainly Pakistani, and therefore Muslim, background. It had led to claims that surfaced in mainstream media debate that there was something in the men’s heritage that made them target white girls.

The note railed against the Labour leader, Jeremy Corbyn, and the London mayor, Sadiq Khan. It mentioned the Islamist terrorist attacks on London and Manchester between March and June 2017. It echoed the talking points of extremist propaganda.

Osborne launched into further diatribes while in police custody. But in contrast to some other committed violent extremists, he started to ramble about losing control of the van, rather than claiming the attack as a deliberate act of which he was proud.

Commander Dean Haydon of Scotland Yard’s counter-terrorism command said: “He is a devious, vile and hate-filled individual.”

Despite his violence, Osborne had not been a hardcore, long-term ideologue. Unlike Thomas Mair, who murdered the MP Jo Cox in 2016, he did not have a longstanding interest in extremist rightwing propaganda.

Some of his behaviour in court was jarringly mundane. In the dock as the prosecution started its case against him, Osborne turned to one of his guards. She was young, female and black. Osborne smiled and winked at her. She smiled back, then turned her head out of his view and let the disgust show on her face.

Sarah Andrews, his estranged partner, told detectives that Osborne was radicalised into a terrorist murderer in three weeks. Friends and family say there were no previous signs of racism or extremism.

The catalyst, police believe, came three weeks before the attack, when his attitudes began to metastasise after he watched Three Girls, a BBC TV drama about the Rochdale grooming scandal. He also read extremist rightwing propaganda online that left him “brainwashed” and a “ticking timebomb”.
Paul Gill, a terrorism expert and senior lecturer at at University College London, said radicalisation can be rapid, making it almost impossible to detect.

“It is rare, but violent extremism can occur quickly,” he said. “Brusthom Ziamani was a Jehovah’s Witness three months prior to his arrest for an Isis-inspired plot. It is usually expedited by primitive attack plans and a history of criminal activity and violence.”

Andrews, for her part, said she believed Osborne had become angry “about seeing young girls exploited” and developed his fixation with Muslims from that point.

“In recent weeks, he has become obsessed with Muslims, accusing them all of being rapists and being part of paedophile gangs,” she said.

Osborne gorged on social media postings by the former EDL leader Tommy Robinson, as well as members of the far-right group Britain First.

Like much of the modern British far right, it rails against multiculturalism and Muslims.

Osborne had not worked for a decade and had mental health issues, as well as problems with alcohol and drug abuse. He had convictions for violence, once serving a two-year jail term, and had an unpredictable temper.

Haydon confirmed that none of the material Osborne viewed from the extreme right crossed the line into being either criminal or breaking terrorism laws. “We are concerned about the role the internet played in this case,” he said.

Some see the pathway to Osborne’s extreme rightwing views being smoothed by some mainstream media opinion allegedly demonising all Muslims for the atrocities and violent extremist views of a small minority.

Harun Khan, the secretary general of the Muslim Council of Britain, said: “Osborne was motivated by anti-Muslim groups and Islamophobic tropes not only prevalent in far-right circles, but also made acceptable in our mainstream. The case tells us that we must all exercise caution when tempted to stigmatise any group of people.”

Security officials fear Osborne may be more than a one-off. They are concerned about extremist rightwing attacks being incited in the same way as Islamist violence: insidious propaganda cast out wide online, only needing some people to be infected by it to believe they should carry out violence. The consequent effects on society would be, to put it mildly, destabilising.

One senior counter-terrorism source told the Guardian that extremist rightwing activity was on the increase and a growing threat to national security. But there were also concerns that violence from Islamists and white terrorists would become symbiotic, citing the fear of each other to bolster support for their calls to terrorism.

The government has banned three far-right groups, and counter-terrorism sources say operations targeting the extreme right are increasing. Haydon said 30% of referrals to Prevent concern domestic extremism.

Gill said: “If you’ve got nothing else going on in your life and experience personal grievances, then rightwing propaganda helps turn your sadness from something personal into something much bigger.”

Osborne’s rage came as his life had stalled, and the hatred from extremist propaganda spoke to, then exacerbated, his existing demons. It was a tragedy for Ali’s family that Osborne found his voice only in such dangerous and destructive language.

Voir encore:

By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media.

Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further.

Imagine you were living in a town of 20,000 people – the size of, say, Penzance in Cornwall – and one day it was discovered that one of its residents had been involved in a sex crime. Would it be reasonable to say that the whole town had a cultural problem, that it needed to address the scourge – that anyone not doing so was part of a « conspiracy of silence »? But the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000: one person per Penzance.

Make no mistake, the Rochdale crimes were vile, and those convicted deserve every year of their sentences. But where, amid all the commentary, was the evidence that this is a racial issue; that there’s something inherently perverted about Muslim or Asian culture?

Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent).

But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things?

In fact, Penzance had not just one paedophile, but a gang of four. They abused 28 girls, some as young as five, and were finally convicted two years ago. All were white. And last month, at a home affairs select committee, deputy children’s commissioner Sue Berelowitz quoted a police officer who had told her that « there isn’t a town, village or hamlet in which children are not being sexually exploited ».

Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world.

How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people.

It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web.

Despite all we know about racism, genocide and ethnic cleansing, the Rochdale case showed how shockingly easy it is to demonise a community. Before long, the wider public will believe the problem is endemic within that race/religion, and that anyone within that group who rebuts the claims is denying this basic truth. Normally, one would expect a counter-argument to force its way into the discussion. But in this case the crimes were so horrific that right-thinking people were naturally wary of being seen to condone them. In fact, the reason I am writing this is that I am neither Asian nor Muslim nor Pakistani, so I cannot be accused of being in denial or trying to hide a painful truth. But I am black, and I know how racism works; and, more than that, I have a background in maths and science, so I know you can’t extrapolate a tiny, flawed set of data and use it to make a sweeping generalisation.

I am also certain that, if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown?

While our media continue to exclude minority voices in general, such lazy racial generalisations are likely to continue. Even the story of a single Asian man acting alone in a sex case made the headlines. As in Derby this month, countless similar cases involving white men go unreported.

We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off.

What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion.

But in Asia, Pakistan or Islam there is no culture of grooming or sex abuse – any more than there is anywhere else in the world – so the tiny number of cases have no cultural significance. Which means those who believe it, or perpetuate it, are succumbing to racism, much as they may protest. Exactly the same mistake was made after 9/11, when the actions of a tiny number of fanatics were used to cast aspersions against a 1.5 billion-strong community worldwide. Motives were questioned: are you with us or the terrorists? How fundamental are your beliefs? Can we trust you?

Imagine if, after Anders Breivik’s carnage in Norway last year, which he claimed to be in defence of the Christian world, British people were repeatedly asked whether they supported him? Lumped together in the same white religious group as the killer and constantly told they must renounce him, or explain why we should believe that their type of Christianity – even if they were non-believers – is different from his. « It’s nothing to do with me », most people would say. But somehow that answer was never good enough when given by Muslims over al-Qaida. And this hectoring was self-defeating because it caused only greater alienaton and resentment towards the west and, in particular, its foreign policies.

Ultimately, the urge to vilify groups of whom we know little may be very human, and helps us bond with those we feel are « like us ». But if we are going to deal with the world as it is, and not as a cosy fantasyland where our group is racially and culturally supreme, we have to recognise when sweeping statements are false.

And if we truly care about the sexual exploitation of girls, we need to know that we must look at all communities, across the whole country, and not just at those that play to a smug sense of superiority about ourselves.

Voir encore:

What do we know about the grooming gangs?
Patrick Worrall
Channel 4 Fact check
28 Aug 2014

The publication of a damning report into how the authorities handled child exploitation in Rotherham has prompted the leader of the local council to resign.

The independent inquiry by Professor Alexis Jay found that 1,400 youngsters suffered sexual exploitation including rape and trafficking in the South Yorkshire town over a 16-year period.

We know that the case which led to the conviction of five men in Rotherham is not the only one of its kind. Could the abuse that has already come to light be just the tip of the iceberg?

Here’s what we know (and what we don’t) about the child grooming gangs.

How many gangs?

The Child Exploitation and Online Protection Centre (Ceop) – the national anti-paedophile police command – divides networks of sex offenders into two groups.

So-called “Type 1 offenders” target young people “on the basis of their vulnerability, rather than as a result of a specific preferential sexual interest in children”.

Ceop received intelligence from 31 out of 43 police forces on groups like this who were known or suspected to have abused vulnerable children in 2012.

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There were 57 such groups, ranging from two to 25 suspects, on the radar of those 31 constabularies. We don’t know if any have now been convicted.

So-called “Type 2” groups – where the offenders have a long-standing sexual interest in children, were much less common. Only seven known or suspected paedophile rings were reported to Ceop.

It is possible to track cases that have been through the courts via media reports, although this is pretty unscientific.

In 2011 the Times journalist Andrew Norfolk identified 17 cases that had led to convictions where there had been a similar pattern of grooming.

In all cases, the victims were vulnerable teenage girls, often in the care of social services. They were approached on the street by men, befriended and plied with alcohol or drugs, before being sexually abused.

Updating the list to include more recent convictions that fit the same pattern, we find that there have been at least 27 similar cases in the last decade.

By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013).

This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete.

Race and religion

The Jay report into failings in Rotherham says: “By far the majority of perpetrators were described as Asian by victims, yet throughout the entire period, councillors did not engage directly with the Pakistani-heritage community to discuss how best they could jointly address the issue.

“Some councillors seemed to think it was a one-off problem, which they hoped would go away. Several staff described their nervousness about identifying the ethnic origins of perpetrators for fear of being thought racist; others remembered clear direction from their managers not to do so.”

Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete.

The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.”

Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups.

Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent).

By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”.

Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white.

Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care.

The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin.

Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials.

Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions.

Why are so many victims white?

We’re into the realm of opinion now.

Sentencing nine men in 2012 over offences in Rochdale, judge Gerald Clifton told the defendants they had treated their victims “as though they were worthless and beyond all respect”, adding: “I believe that one of the factors that led to that was that they were not of your community or religion.”

But at the Derby trial in 2010 the judge said he thought the race of the victims and their abusers was “coincidental”.

One of the victims of the Oxford gang told the Guardian that her abusers had asked her to recruit other teenagers and “specified that they wanted only white girls”.

Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation.

“They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.”

How many children are at risk?

A report by the Office of the Children’s Commissioner found that 2,409 children were confirmed as victims of sexual exploitation in gangs and groups in the 14 months between August 2010 to October 2011.

If that sounds low compared to the 1,400 identified in Rotherham alone, remember that this number covers 16 years.

This probably only scratches the surface of the real number of victims, and the children’s commissioner said that at least 16,500 children had been identified as being “at risk of sexual exploitation” during one year.

Voir encore:

Gangs, Girls and Grooming: The Truth

Standpoint
December 2010

At Sheffield Crown Court throughout September and October, eight men sat in the dock accused of rape and other sexual crimes against four girls, three aged 13 and one 16. The case resulted in five being convicted and three acquitted. All of the eight defendants were Pakistani Muslims and the girls white British. Does this matter? Not for the reasons the British National Party would have us believe, but it is nonetheless significant.

Razwan Razaq, 30, his 24-year-old brother Umar, Muhammed Zafran Ramzan, 21, Adil Hussain, 20, and Mohsin Khan, 21, were sent to prison for between four-and-a-half to 11 years.

The crimes were committed in and around Rotherham, a fairly typical south Yorkshire town. Although unemployment is fairly high, Rotherham is now also a popular summer visitors’ destination when All Saints Square is transformed into a seaside beach. Every month, there is a farmers’ market that sells produce from local farmers and traders, and Jamie Oliver’s TV series, Jamie’s Ministry of Food, tried to teach the town’s inhabitants to establish healthy eating as part of daily life.

But many parents are concerned far more with the safety of their children than with organic food. Rotherham, along with many other towns, cities and villages in northern England has become infected with the vile activities of criminal gangs using children as currency. While child sexual abuse occurs in every community and culture, what is happening in Rotherham and elsewhere in Yorkshire and Lancashire is organised pimping of girls by Asian gangs who trade their victims for cash and favours.

« These men all know and trust each other, » says Jane, the mother of one of the victims. « They don’t abuse these girls because they are Muslim, but because they are criminals who think they are above the law. »

Although there is no hard evidence of financial gain in the Rotherham case, child protection professionals tell me that the pattern in such cases is that the girls are traded for cash as well as favours between criminals. A number of the gangs operating in the region have found that the sharp drop in the price of drugs has led them to losing considerable income, and that selling girls is increasingly filling the gap.

Jane’s daughter Sophie (not their real names) was a happy, ordinary 12-year-old until she met a group of adult males who would control every aspect of her life. Before she escaped, a year later, Sophie had been raped by the gang members as a way of « breaking her in » and then passed around various other men for sex.

The methods used by the pimps are sophisticated and sinister. First, the girls are identified in locations, such as parks, schools, leisure facilities and shopping malls after which boys of their age are sent to befriend them. After a friendship is established, the boys introduce their contacts to young men whom they often describe as cousins.

Then the grooming process gets really under way. The young man will take the girl out in his car, give her vodka, cigarette and cannabis, and take her to venues she would not normally experience until older.

Often giving the girl a mobile telephone as a « gift », the pimp is then able to track her every move by calls and texting, which eventually will be used by him to send instructions as to details of arrangements with punters. The men sell the girls on to contacts for around £200 a time or as currency for a business deal. « I was always asked why I kept going back to my pimp, » says Sophie, « but they flatter you and make you think you are really loved. I thought he was my boyfriend until it was too late to get away. » Another tactic of the pimp is getting the girl to despise and mistrust her own parents in order that he can achieve total control over her. The pimps routinely tell their victims that their parents are racist towards Asian people and that they disapprove of the relationships because the men are of Pakistani Muslim heritage, not because they are older. Some of the parents I met were racist, and some had developed almost a phobia against Asian men, fuelled by the misinformation and bigotry trotted out by racist groups in response to the pimping gangs.

The Leeds-based Coalition for the Removal of Pimping (Crop) supports the families of children caught up in sexual exploitation networks. Crop is understandably reticent about commenting on any issues concerning the race or religion of child abusers and pimps. As far as it is concerned, we should not focus on one particular ethnic group because the problem is about men’s abuse of children. Its research earlier this decade found that the vast majority of the children groomed are white and the majority of perpetrators of Asian origin. « Society seeks to condemn female sexual activity, and culturally within the statutory sector and community the victims are seen as asking for it, » says Crop’s Rachel Loise. « The perpetrators are the last to be condemned. Prosecutions are rare, and sentencing is not severe enough. »

Unfortunately, the reluctance of the various anti-child abuse campaigns and charities to engage openly with the fact that, in the north of England, the majority of men involved in child-grooming criminal gangs are Pakistani Muslim means that racist organisations such as the BNP hijack the issue.

« The fact that these particular gangs are made up of Pakistani men is significant but not in the way racists would have us believe, » says one child protection expert who asked not to be named. « While the BNP would have us believe that abusing white girls is an endemic part of these men’s culture — which it absolutely is not — the truth is that these men are aware that the police do not want to be accused of racism in today’s climate. »

In 2004, Channel 4 withdrew Edge of the City, its controversial documentary made by Annie Hall that depicted parents trying to stop groups of young Asian men grooming white girls as young as 11 for sex. It had been seized on by the BNP as a party political broadcast.

Colin Cramphorn, the then Chief Constable of West Yorkshire, joined groups such as Unite against Fascism in calling for the documentary to be withdrawn. Channel 4 complied, saying that the issue was not censorship but timing because of the proximity with the local and European elections. But many argued at the time that the delay in transmission had strengthened the case of the BNP.

After the film was withdrawn, one of the mothers sent Annie Hall a text message: « It’s a real shame when votes come before young girls’ lives. »

For many white girls growing up in fairly traditional communities, the unfamiliarity of boys and men from different ethnic backgrounds can be exciting and attractive.

« The man I thought was my boyfriend used to dress really well and always smelt nice, » says Sophie, « and I thought it were dead nice the way he talked, and even his manners seemed better than boys I were used to. »

Emma Jackson knows exactly how the pimping gangs operate in Rotherham because she was also a victim of one. When Emma was 12, she was befriended by Asian boys around her own age who soon introduced her to relatives in their twenties and thirties.

Emma had no idea she was being groomed and brainwashed until one day, totally out of the blue, she was taken to wasteland and raped by the gang leader. The attack was watched by laughing gang members and recorded on a number of mobile phones.

« People ask me why I kept going back to Tarik, even after he raped me, » says Emma, « but he threatened to firebomb my home and rape my own mother if I tried to escape. »

Emma now gives support, through a charity set up to prevent the sexual abuse of children, to a number of victims of pimping gangs and has found that the girls are being targeted at an even younger age.

« The gangs want virgins and girls who are free of sexual diseases. Most of the men buying sex with the girls have Muslim wives and they don’t want to risk infection. The younger you look, the more saleable you are. »

One youth worker in south Yorkshire told me that because religious Muslims are being pressurised to marry virgins within their own extended family networks, it means that some are more likely to view white girls as easily available and « safer » than Pakistani girls.

When I first wrote about the issue of Asian grooming gangs in 2007, my name was included on the website Islamophobia Watch: Documenting anti-Muslim Bigotry. So was that of Ann Cryer, the former Labour MP for Keighley in Yorkshire, who had been at the forefront of attempting to tackle the problem, after receiving requests for help from some of the parents of children caught up with the gangs in her constituency.

According to some of the mothers, a fear of being branded racist makes many of the police and social services reluctant to investigate the crimes as organised and connected. One mother from Rotherham, whose 14-year-old daughter was groomed into prostitution and multiply raped during a 12-month period, told me that almost every man convicted of these crimes in the north of England is from Pakistan but that the authorities insist that it is not relevant.

There are, however, a growing number of individuals within the Muslim communities who are willing to speak out against the criminals. Mohammed Shafiq, the director of the Lancashire-based Ramadhan Foundation, a charity working for peaceful harmony between different ethnic communities, advocates better education about sexual exploitation to be disseminated through imams and other community leaders.

« I was one of the first within the Muslim community to speak out about this, four years ago, » says Shafiq, « and at the time I received death threats from some black and Asian people. But what I said has been proved right — that if we didn’t tackle it there would be more of these abusers and more girls getting harmed. »

Shafiq says he is « disgusted » to hear some perpetrators refer to their victims as « white trash ». He adds: « I say to them, would you treat your sister or daughter like this? »

Joyce Thacker, the strategic director of the children and young people’s services directorate at Rotherham Metropolitan Borough Council, has a vast amount of experience in dealing with sexual exploitation of young people. She says that it is « interesting » to note that most of the men involved are Asian but that it is primarily an issue of the abuse of children by older men.

« What about the younger boys who are sent to befriend the girls in the first place? » says Thacker, « Are they also victims of abuse? Certainly we need to ensure that more work is done within all communities that explores positive, healthy relationships, or these young men may end up being the abusers themselves. »

Rotherham-based Apna Haq offers support for women and their children suffering domestic abuse. Its director Zlakha Ahmed told me that much of the community express their disgust at what came out in the recent trial in private and that there needs to be more public discussion of the issues. « This abuse is appalling and needs to be raised within the community. There are still people denying that it happens so the more of us who speak out about it the better. »

Emma Jackson is now 22 and devotes much of her time raising awareness about grooming networks among child-protection workers, police officers and the general community. Much remains to be done, she says, to end the complacency in dealing with the criminal gangs. « I didn’t have much help from police or agencies because grooming and sexual exploitation had not been recognised and understood when it happened to me. Now it has, I think it’s important that all agencies work together to protect these children and their families to help stamp out the problem. »

These gangs will be allowed to operate with impunity if we deny their existence in some sort of twisted attempt to be anti-racist and culturally sensitive. Some people, including many white liberals, are loath to admit what it is going on. If we do not tackle the problem head-on, and work together to combat this dreadful abuse of children, the only beneficiaries will be the extremists.

Voir par ailleurs:

Darren Osborne guilty of Finsbury Park mosque murder

BBC

1 February 2018

A man who drove a van into a crowd of Muslims near a London mosque has been found guilty of murder.

Darren Osborne, 48, ploughed into people in Finsbury Park in June last year, killing Makram Ali, 51, and injuring nine others.

Osborne, from Cardiff, was also found guilty of attempted murder and is due to be sentenced on Friday.

Prosecutors said they were « clear throughout that this was a terrorist attack ».

The jury took an hour to return the verdict at Woolwich Crown Court after a nine day trial.

Sue Hemming, from the Crown Prosecution Service, said: « Darren Osborne planned and carried out this attack because of his hatred of Muslims. He must now face the consequences of his actions. »

Cdr Dean Haydon from the Metropolitan Police said: « Osborne’s evil and cowardly actions meant a family has tragically lost a husband, father and grandfather. »

Some of those injured « could suffer from health issues for the rest of their lives », he added.

Jurors heard the area outside the Muslim Welfare House had been busy with worshippers attending Ramadan prayers on 19 June.

Mr Ali had collapsed at the roadside in the minutes before the attack.

Several of those who went to help him said he was alive and conscious in the moments before being struck by the van.

Osborne drove the van into the crowd at about 00:15. Jurors were told the van only stopped when it hit some bollards.

He then got out of the van and ran towards the crowd.

Police later found a letter in the van written by Osborne, referring to Muslim people as « rapists » and « feral ».

He also wrote that Muslim men were « preying on our children ».

The trial heard Osborne became « obsessed » with Muslims in the weeks leading up to the attack, having watched the BBC drama Three Girls, about the Rochdale grooming scandal.

Analysis

Dominic Casciani, BBC home affairs correspondent

In just a few weeks, Darren Osborne went from a troubled, angry and unpredictably violent alcoholic to a killer driven by ideology.

The rapid radicalisation – the way he became fixated on the idea that Muslims in Britain were some kind of nation within a nation, is one of the most shocking parts of this awful crime.

The sources of that radicalisation, including his obsession with a television programme about the Rochdale abuse scandal, show how difficult it is to predict who will become a danger to society.

But the fact that he smiled contentedly after he had run over and killed Makram Ali proved to the jury that his motive was ideological.

Osborne is not the first terrorist to have radicalised so quickly. In 2014, a young man who was groomed by Islamists went through a similarly rapid change.

The speed at which these men and others went from a change of mindset to planning an attack is one of the issues that most concerns the security services.

Osborne told the court he had originally hired the van to kill Labour leader Jeremy Corbyn at a march he was due to attend.

He said it « would have been even better » if London Mayor Sadiq Khan had been present, adding: « It would have been like winning the lottery. »

Responding to the verdict, Mr Corbyn – who is MP for the area where the attack took place – said it was « a hate-filled attack that… shocked us all ».

« I was proud of how, in the wake of this terrible event, we all came together to reject hate and embrace hope, and that is the kind of country we live in, » he added.

‘Loner and alcoholic’

A statement from his partner Sarah Andrews, read out in court, said he seemed « brainwashed » and « totally obsessed ».

Ms Andrews – who had been in a relationship with Mr Osborne for about 20 years and with whom she had four children – described him as a « loner and a functioning alcoholic » with an « unpredictable temperament ».

Osborne started following Tommy Robinson, one of the founders of the English Defence League (EDL), and other far-right leaders on social media, in the fortnight before the attack.

Mr Robinson sent him a group email saying: « There is a nation within a nation forming beneath the surface of the UK. It is a nation built on hatred, on violence and on Islam. »

Cdr Haydon said the investigation had the « full weight » of the Met’s Counter Terrorism Command behind it.

He warned that online material had played a « significant role » in how Osborne was radicalised and « brainwashed ».

If Osborne’s aim had been to « create divisions and hate between communities », then he had « failed », he said.

« The response [of those involved], and the overwhelmingly positive reaction my officers and teams have witnessed since, highlights how far from reality Osborne’s sick and twisted views really are, » he added.

‘Scars will stay’

The Muslim Council of Britain (MCB) welcomed the verdict, but added: « We cannot be complacent and regard this as a one-off terrorist incident. »

Harun Khan, secretary general of the MCB, said: « The scenes we witnessed last summer were the most violent manifestation of Islamophobia yet in our country.

« The case tells us that we must all exercise caution when tempted to stigmatise any group of people, regardless of colour, creed or community. »

Khalid Oumar, a trustee of the mosque and founder of the Finsbury Park Attack victims’ voice forum, praised the strength of the community, adding: « The scars will stay with them forever, but the community is determined to go about daily life without fear and to stand together against victimisation and violence. »

Voir aussi:

Ronnie Polaneczky: If you think 11-year-olds in this city don’t need condoms, think again
Ronnie Polaneczky
The Enquirer
April 13, 2011

THE EMAIL was from a wigged-out mom I know well.

She was appalled that the city’s campaign to reduce sexually transmitted diseases allows kids as young as 11 to get free condoms via mail-order from the Public Health Department. Eleven!

Go to the website www.takecontrolphilly.org and see for yourself. Be warned: The site contains very straightforward info, including explicit animations illustrating the proper way to don or insert a condom.

« Every girl is different, » the website notes in its instructions on female-condom use. « Figure out what position works for you. You can stand with one foot on a chair, sit on the edge of a chair, lie down, squat, or for fun, have your partner help you out. »

The idea of an 11-year-old reading this makes me want to cry.

« As a parent, I am personally outraged, » wrote my friend, who has a 14-year-old. « What’s the back story on this campaign? What is it telling our youth? I get the sex-education thing for kids in schools, but mail-order condoms for 11-year-olds??? It’s shocking to me. »

We don’t know the half of what’s going on out there.

Depress us, Gary Bell.

« We do more workshops in middle schools than in high schools, » says Bell, executive director of Bebashi-Transition to Hope, the local nonprofit that works on prevention of HIV and other sexually transmitted diseases. « Teachers call us because their kids are acting out sexually. They’ll catch them in the bathroom or the stairwell. They hear that kids are cutting schools to have orgies. »

Good Lord. Orgies?

« Yes, indeed, » says Bell. « It’s sad. It’s horrifying. »

But no longer startling to those on the front lines of adolescent sexuality.

« We follow 200 teenagers with HIV, and the youngest is 12, » says Jill Foster, director of the Dorothy Mann Center for Pediatric and Adolescent HIV at St. Christopher’s Hospital for Children. « When we started doing HIV treatment in 1998, the average age of patients was 16 or 17. The first time we got a 13-year-old was mind-blowing. »

Now, Foster and her colleagues barely twitch when a child barely in his or her teens tests positive for HIV.

Because a recent report from the Centers for Disease Control and Prevention has identified Philadelphia as having the earliest age of sexual initiation – 13 – among cities participating in the study, she says, it’s crucial to make condoms available to younger kids.

People gasp at that, says Foster, who diagnoses new HIV cases at a rate of two to three teens a month, up from one every four months just a decade ago.

« But people have no idea how tough it is to be a kid who’s exposed to sexual media images and peer pressure. It’s routine for 12- and 13-year-olds to talk about sex. Younger kids hear them and they want to be part of that ‘older’ world, » she says.

« They don’t have maturity or impulse control, so if we can get them to have condoms with them when they start having sex, they are going to be safer.

« I wish it weren’t necessary, » she says. « Unfortunately, it is. »

It would be easy to play the « appalled citizen » card and decry the inclusion of kids as young as 11 in Philadelphia’s STD-prevention campaign. But I won’t. Because there are two groups of children in this city:

Those lucky enough to have at least one caring, available adult to guide them through sex-charged adolescence.

And those left on their own.

Like the child being raised by a single mom whose two jobs keep her from supervising her child. Or the kids being raised by a tired grandmom who’s asleep by 9 and doesn’t know that the kids have snuck out of the house.

Or the homeless teen who crashes on couches and must choose between saying no to a friend’s creepy uncle or wandering the streets at night.

These kids deserve protection from the fallout of STDs and unplanned pregnancy as much as kids from « good » families do – kids who, by the way, get in trouble, too. They just have more support to get them through it.

« We know that sexual activity in young adolescents doesn’t change overnight, » says Donald Schwarz, a physician who worked with adolescents for years at Children’s Hospital of Philadelphia before being appointed city health commissioner in 2008. « But children need to be protected while we get our heads around whatever the long-term strategies should be here. »

He mentions a recent, awful survey of sixth-graders in West Philly, which showed that 25 percent of the children, who were just 11 years old, had had sex.

« Clearly, we don’t think it’s OK for 11-year-olds to be having sex, » says Schwarz. « But we don’t have the infrastructure in place to fix [that] problem fast. We can, however, make condoms available fairly quickly to whoever needs them.

« I don’t have all the answers on this, » says Schwarz. « But I do think in economic terms. I think that jobs and education are the key to turning this ship. But it will take time and hard work in a period when the city is struggling financially. »

There are no easy solutions. This is a complicated problem, exacerbated by generational poverty and family collapse that paralyzes our cities in ways too myriad to address in one column.

Like I said, thinking about it makes me want to cry.

But that’s not a good enough reason to keep condoms out of the backpacks of 11-year-olds who will be sexually active whether we like it or not.

Voir de même:

Free condoms at school don’t always help teen girls avoid pregnancy and when given out can actually INCREASE fertility rates
Access to condoms in school increases teen fertility rates by about 10 per cent according to a new study
However giving teens counseling in addition to birth control could have the opposite effect, Notre Dame researchers found
Access to other kinds of birth control has been shown to lower teen fertility rate – or do nothing at all
But condoms might have a different effect because of their failure rate and the time and frequency at which they’re used
Access to free condoms in high schools could have led to two extra births per 1,000 teenage women so far
Clemence Michallon

The Daily mail

4 July 2016

Giving out free condoms at school is not a surefire way to avoid teenage pregnancy – or it might not be enough.

Access to condoms in schools increases teen fertility rates by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame.

However the increase happened in schools where no counseling was provided when condoms were given out – and giving out guidance as well as birth control could have the opposite effect, economists Kasey Buckles and Daniel Hungerman said in the study.

Access to other kinds of birth control, such as the contraceptive pill, IUDs and implants, has been shown to lower teen fertility rates – but condoms might have opposite consequences due to their failure rate as well as the time and frequency at which they’re used.

Access to condoms in schools increases teen fertility by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame (file picture)
Buckles and Hungerman looked at 22 school districts located in 12 different states, using data from the 1990s.
Times have changed already and teenagers today are overall less likely to have sex and less likely to become pregnant, they wrote.

Most of the free condoms programs in the study began in 1992 or 1993 and about two thirds involved mandatory counseling.

The 10 per cent increased occurred as a result of schools that gave out condoms without counseling, Buckles and Hungerman said.

‘These fertility effects may have been attenuated, or perhaps even reversed, when counseling was mandated as part of condom provision,’ they wrote.

Teenage girls were also more likely to develop  gonorrhea when condoms were given for free – and again, the increase happened as a result of schools giving out condoms without counseling.

Access to contraceptives in general has been shown to lower teen fertility, Buckles and Hungerman noted, or in some cases had no effect at all.

But condoms might have a different impact because of several factors, such as the fact that their failure rate is more important than that of other contraceptives.

Condoms also rely ‘more heavily on the male partner’, which is an important factor given that an unplanned pregnancy will have different consequences for each gender, Buckle and Hungerman wrote.

The time at which condoms are used could also explain why they have a different impact than other types of birth control. Condoms have to be used at the time of intercourse, whereas the pill, IUDs and implants are all taken in advance.

Using condoms also results from a short-term decision rather than long-term.

Free condom programs in schools could have led to two additional births per 1,000 teenage women so far, Buckle and Hungerman found.

This could increase to 5 extra births per 1,000 teenage girls if the country’s entire high-school-aged population had access to condoms.

Condom distribution programs could promote the use of condoms over more efficient birth control methods, drive schools to use their resources for condom distribution rather than more effective programs, or might encourage ‘risky’ sexual behaviors, Buckle and Hungerman wrote.

But these findings should be used with caution when reflecting on policy proposals, they added.

Health clinics based in schools that offered contraceptives were shown to significantly lower teen fertility in a 2014 study.

‘If health clinics can effectively combine contraception access and counseling, this may lead to very different effects than access alone,’ Buckle and Hungerman said.

Voir de plus:

Ce si gênant Tommy Robinson…

La condamnation du militant nationaliste pose la question de la liberté d’expression


Le militant nationaliste britannique Tommy Robinson a été arrêté à Leeds et presque immédiatement condamné à 13 mois de prison ferme alors qu’il tentait de filmer les suspects d’un procès dont les médias locaux n’ont pas le droit de parler. 

Un épais voile noir n’en finit plus d’envelopper la liberté d’expression dans les démocraties occidentales. Il se montre particulièrement oppressant dès lors qu’il s’agit de museler des opinions critiques au sujet de la crise migratoire, des dangers de l’islamisme et, plus largement, du dogme multiculturaliste comme modèle supposé de société. Ces opinions critiques, si elles peuvent en choquer moralement certains, ne constituent pourtant pas des délits, ou en tout cas, pas encore…Les voies employées sont multiples et complémentaires. Sur le plan répressif, on peut mentionner les fermetures abusives et arbitraires de comptes sur les réseaux sociaux, soit par décision hautement inquisitrice des autorités facebookiennes (comme ce fut le cas par exemple pour Génération identitaire dont le compte a été récemment clos sans autre forme de procès), soit sous pression d’activistes qui, en procédant à des signalements massifs se lancent dans des sortes de fatwas numériques et finissent promptement par obtenir la fermeture des comptes qui les dérangent. On pense notamment au truculent dessinateur Marsault, mais les cas semblables sont légion.

La voie judiciaire est également très utilisée pour faire taire les récalcitrants. On a pu assister par exemple à la condamnation ubuesque d’Éric Zemmour pour ce qui finit par s’apparenter, ni plus ni moins, à du délit d’opinion et à l’introduction piano sano d’un délit d’islamophobie et de blasphème dans les cours européennes.

Tommy Robinson et ce dont on ne doit pas dire le nom

Le sort actuel de l’activiste britannique, Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon), s’inscrit dans ce contexte sinistré. Le britannique de 35 ans, fondateur de l’English Defence League, hostile à l’islam radical et à la charia (ce qui peut plaire ou déplaire mais demeure une conviction de l’ordre de l’opinion et ne constitue donc pas un délit), est dans le collimateur des autorités de son pays. L’homme a été arrêté, le vendredi 25 mai, tandis qu’il diffusait une vidéo filmée en direct des abords du tribunal de Leeds où se tenait un procès mystérieux. Mystérieux car il existe une disposition du droit britannique permettant aux autorités judiciaires d’ordonner une « reporting restriction ». C’est-à-dire un embargo pendant lequel personne n’a le droit d’évoquer publiquement (journalistes inclus, donc) une affaire en cours de jugement.

Cette mesure est décidée dans un but de bonne administration de la justice, de bon déroulement des procès, afin que l’émoi populaire suscité par telle ou telle affaire ne vienne pas nuire à la bonne et sereine marche d’une justice que l’on imagine naturellement impartiale, afin également d’en protéger les parties, plaignants ou accusés.

Tommy Robinson, et c’est là son tort et sa limite, n’a pas souhaité se soumettre à cette curieuse loi d’airain, et s’est donc tout de même rendu au palais de justice pour y interpeller les accusés de ce qu’il a décrit comme étant supposément le procès des viols de fillettes dont les accusés sont des gangs pakistanais, notamment dans la région de Telford, exactions qui se sont produites pendant plusieurs décennies et qui ont mis un temps infini à être révélées puis prises en compte par des autorités surtout préoccupées par le risque de stigmatisation des communautés ethno-religieuses concernées, plutôt que par la protection des populations locales. Cette information sur la nature réelle du procès n’a pas pu être formellement vérifiée ni énoncée puisque, de toute façon, dans cette situation orwellienne, la presse n’est pas autorisée à en parler. Il s’agit donc ici de propos qu’on n’a pas le droit de tenir au sujet d’une affaire qu’il faut taire.

Le vendredi noir de Tommy Robinson

Tommy Robinson a été interpellé et, dans une hallucinante et inhabituelle célérité, la justice l’a presque immédiatement condamné à une peine ferme de 13 mois de prison, sans que celui-ci n’ait pu avoir droit à un procès équitable ni consulter l’avocat de son choix. Tout ceci s’est déroulé sans que la presse n’ait vraiment le droit d’évoquer son cas, puisque les juges ont appliqué à sa condamnation une seconde « reporting restriction », sorte de couche supplémentaire dans le mille-feuille de silences et de censures nimbant déjà ce dossier décidément gênant. Au pays de l’Habeas corpus, cette affaire fait du bruit.

Aussitôt, une pétition rassemblant vite plus de 500 000 signatures a circulé dans le monde entier, et l’émoi que l’on voulait mater s’est au contraire amplifié, par le biais notamment des réseaux sociaux dont on comprend bien qu’ils fassent l’objet de toutes les tentatives de restrictions et de lois liberticides à venir. Des personnalités aussi diverses que la demi-sœur de Meghan Markle ou le fils de Donald Trump, le leader néerlandais Geert Wilders, le chanteur Morrissey ou la secrétaire générale adjointe des Républicains, Valérie Boyer, et beaucoup d’autres célèbres ou anonymes, se sont émus et ont interpellé les autorités britanniques sur cette curieuse conception de la justice, expéditive pour les uns, anormalement complaisante et longue pour les autres. Des manifestants excédés ont même fini par s’en prendre à la police, samedi 9 juin, près de Trafalgar Square à Londres.

Tommy Robinson se savait attendu au tournant ; il a toutefois bravé la loi en toute connaissance de cause, comme il l’avait déjà fait dans un précédent procès sur une affaire similaire, écopant alors de trois mois avec sursis, lesquels sont alors venus s’ajouter à la peine récemment prononcée pour « atteinte à l’ordre public ». On peut toutefois légitimement s’interroger sur plusieurs points qui choquent l’opinion publique ainsi que le bon sens.

Les démocraties libérales contre elles-mêmes

Tout d’abord, est-il judicieux bien que judiciaire, de la part des autorités britanniques, de décider de faire régner de nouveau le silence dans le traitement d’une affaire dans laquelle, précisément, c’est le silence complice des autorités qui est en partie mis en cause par les opinions publiques ? N’est-ce pas redoubler le mal et contribuer à rendre légitimes les soupçons d’étouffement de ces affaires pour des motifs idéologiques ? Peut-on encore parler du réel, le nommer, le montrer, sans encourir les foudres morales ni risquer l’embastillement ou le sort d’Oscar Wilde à la Reading Gaol ? Les démocraties occidentales qui se conçoivent pourtant comme « libérales » et s’opposent idéologiquement à ce qu’elles qualifient dédaigneusement de « démocraties illibérales » et populistes, ont-elles conscience de déroger, par ces silences complices et ces actions douteuses de musèlement, au libéralisme d’opinion qui fonde les régimes démocratiques et institue, normalement, les libertés fondamentales ? Ont-elles conscience de renforcer le fort soupçon de manipulation des opinions qui pèse de plus en plus sur elles, Brexit après Brexit, vote « populiste » après vote « populiste », rejet après rejet ? Ont-elles conscience que plus une censure s’applique, plus la réaction à cette censure est forte, que plus elles se conduisent ainsi, plus la colère et la révolte – qu’elles s’imaginent étouffer – grondent ? Ont-elles conscience que loin de protéger l’image des populations prétendument stigmatisées dans ces affaires, elles ne font que nourrir les interrogations et les soupçons à leur sujet ?

Certes, Tommy Robinson est condamné pour avoir troublé le bon fonctionnement d’un procès, tel est le motif juridique invoqué contre lui. Mais personne n’est dupe du montage judiciaire qui a abouti à son arrestation, jugement et emprisonnement en 5 heures chrono. Les autorités ignorent-elles par ailleurs le sort réservé aux militants de ces mouvances hostiles à l’islam radical lorsqu’ils sont jetés ainsi en pâture dans des prisons tenues par les gangs que ces militants dénoncent précisément ? Kevin Crehan, condamné à 12 mois de prison pour avoir (certes stupidement) jeté du bacon sur une mosquée, n’a pas survécu à son incarcération. Tommy Robinson, lui-même précédemment incarcéré dans une affaire de prêt familial, a été victime de graves violences.  Sa sécurité fait-elle l’objet de garanties spécifiques au vu du contexte ? Enfin, le silence gêné de certains des principaux médias sur cette affaire ne pose-t-il pas de nouveau la question du pluralisme et de la liberté d’expression réelle dans le paysage médiatique occidental ?

Voir  également:

Un nouvel «axe alpin» se constitue en Europe contre les migrants

De notre correspondant à Bruxelles,

Finalement, Viktor Orban pourrait avoir gagné. Le maître de Budapest fut le premier à dresser des barbelés contre l’exode, celui des Syriens en août 2015. Sa prophétie n’est pas loin de se réaliser quand l’Italie, jusqu’ici ouverte à la misère du monde, renvoie en pleine mer un bâtiment chargé de 629 migrants africains. Basculement. Électrochoc. Malgré le trouble d’Angela Merkel et les blâmes d’Emmanuel Macron, la question pour l’Europe n’est plus de savoir si elle doit renforcer sa frontière commune. Mais si elle peut encore éviter le retour aux barrières nationales. En trois ans, l’exception hongroise s’est propagée à toute l’Europe centrale. Varsovie, Prague et Bratislava jurent avec Budapest que la religion musulmane n’est pas soluble dans l’UE. Tous applaudissent le coup de force italien.

À ce quatuor de Visegrad, il faudrait désormais ajouter un trio d’acteurs qui va de l’extrême droite à la droite dure: l’Italien Matteo Salvini, l’Autriche de Sebastian Kurz et Horst Seehofer, monument bavarois et ministre allemand de l’Intérieur. Ces trois-là forment le nouvel «axe» anti-immigration que décrit le jeune chancelier autrichien, avant de prendre la présidence tournante de l’UE le 1er juillet.

La fronde dessine un périmètre curieusement semblable à celui de l’empire des Habsbourg. Elle est aussi pétrie de contradictions. Même s’ils partagent la hantise de l’islam, Viktor Orban et ses amis d’Europe centrale se garderont bien de rejoindre l’axe autrichien. Et inversement. À l’intérieur de l’axe alpin, la pire chose qui puisse arriver au chancelier Kurz serait que Matteo Salvini, nouvel homme fort du pouvoir romain, obtienne ce qu’il demande: le partage avec le reste de l’Europe – Autriche comprise – de tout ou partie des quelque 500.000 «irréguliers» qui croupissent en Italie.

» LIRE AUSSI – Les pays de l’Est veulent avoir voix au chapitre sur l’avenir du projet européen

Quant au projet prêté à Horst Seehofer d’expulser d’Allemagne tous les migrants déjà enregistrés ailleurs dans l’UE, il n’inquiète pas que la Chancellerie à Berlin. Si cette foule doit vraiment retraverser la montagne, c’est bien évidemment en Autriche puis en Italie qu’elle aboutira. Là est le problème des slogans «populistes» et autres remèdes réputés nationaux. Sur le papier, ils sont identiques et se prêtent à de magnifiques alliances. Dans la réalité, ils sont incompatibles, sauf à fâcher les voisins et à cadenasser toutes les frontières.

Cynisme contre hypocrisie

Les Italiens, même déçus de l’UE et gouvernés par des extrémistes, restent assez réalistes pour chercher la solution dans un cadre européen, plutôt qu’à Vienne ou à Budapest. C’est donc à Paris et à Berlin que Giuseppe Conte a pris des rendez-vous, avant son premier sommet à Bruxelles le 28 juin. De leur côté, l’Allemagne et la France surmontent leurs réticences à accueillir à bras ouverts le rejeton de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles. Si l’on suit la fameuse formule de Lyndon B. Johnson, mieux vaut que l’Italie soit à l’intérieur de la tente pissant à l’extérieur, plutôt que l’inverse.

» LIRE AUSSI – Aquarius: retour sur la passe d’armes entre Paris et Rome

Cynisme contre hypocrisie, Emmanuel Macron et Matteo Salvini ont vidé mardi leur aigreur à propos de l’Aquarius et des 629 clandestins repêchés au nord de la Libye. Du côté français comme du côté allemand, il apparaît que les deux semaines qui mènent au sommet vont décider si Rome penche vers l’ouest ou vers l’est. Paris admet que l’Union européenne a un problème quand l’Italie doit accueillir 80 % des migrants venus de Libye. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, reconnaît qu’il faut se forcer «à voir la réalité à travers d’autres regards européens».

L’Élysée a confirmé jeudi des pistes déjà explorées pour rendre la réalité plus supportable à des Italiens confrontés, chez eux, à des centaines de points de fixation comparables à l’ex-ghetto de migrants à Calais. Il sera donc question d’aides financières démultipliées par l’UE et de mobilisation du contingent de gardes-frontières européens.

Au-delà de ces palliatifs communautaires, la France et ses voisins doivent se préparer à deux exutoires plus vigoureux s’il faut vraiment soulager l’Italie, prévient Pierre Vimont, ex-pilier du Quai d’Orsay et conseiller de l’UE durant la crise de 2015-2016. D’abord l’accueil direct des rescapés de la Méditerranée sur leur territoire, sujet jusqu’ici tabou que l’Espagne a commencé de rompre en acceptant les passagers de l’Aquarius. À charge pour ces capitales de traiter les demandes d’asile et de renvoyer les déboutés au sud du Sahara. Ensuite, l’ouverture de «centres de tri» hors de l’UE (peut-être en Albanie), ce qui permettrait d’évacuer le problème italien. C’est un projet imaginé par David Cameron que ressuscitent aujourd’hui Vienne et Copenhague. Mais attention, prévient l’ambassadeur Vimont, «il ne s’agit pas de s’en laver les mains. Si la question africaine n’est pas réglée dans la durée, les migrants reviendront inévitablement frapper à notre porte».

Voir de même:

GB: les photos sous les jupes des filles bientôt passibles de prison

Prendre secrètement une photo sous la robe d’une personne devrait devenir une infraction passible de deux ans d’emprisonnement au Royaume-Uni, après que le gouvernement britannique a décidé de soutenir une proposition de loi en ce sens. « Ce type de comportement est une intrusion odieuse dans la vie privée, qui laisse les victimes en détresse », a déclaré la secrétaire d’État à la Justice, Lucy Frazer.

« En faisant de ce comportement une infraction spécifique, nous envoyons un message clair que cela ne sera pas toléré et que les auteurs seront punis », a-t-elle ajouté. Elle a salué la campagne menée par Gina Martin, une jeune femme de 26 ans, elle-même victime de cette pratique voyeuriste désignée par le terme « upskirting » en anglais. La jeune femme avait lancé une campagne pour demander aux autorités de légiférer sur la question.

« C’est évidemment une excellente nouvelle », a réagi l’intéressée, « et c’est grâce à toutes celles et ceux qui nous ont soutenu dans notre démarche. Il reste du chemin à faire, mais il semble désormais que cela aboutira sans trop d’accrocs ». Gina Martin s’était lancée dans cette campagne en 2017, après que deux hommes avaient pris une photo sous sa jupe lors d’un festival à Londres. Alors qu’ils partageaient la photo à partir de leurs téléphones, Gina Martin avait tenté d’alerter la police, mais aucune poursuite n’avait pu être engagée.

L’interdiction de tels comportements doit être intégrée dans une proposition de loi contre le voyeurisme portée par la députée Wera Hobhouse, membre du Parti libéral-démocrate. Le texte est soumis vendredi au vote de la Chambre des Communes. Il a reçu un soutien trans-partis et la position du gouvernement devrait faciliter son adoption. « Le fait que le gouvernement ait entendu notre appel témoigne du large consensus sur l’existence d’une lacune dans la loi à laquelle il fallait s’attaquer », a commenté Wera Hobhouse.

Voir encore:

À deux jours de la fête des pères, dimanche 17 juin, un sondage Ifop mené pour Alliance Vita met en lumière l’importance de la figure paternelle.

Une donnée essentielle dans le débat entre les partisans et les opposants de l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français.

C’est une information qui devrait compter dans les débats bioéthiques du moment. Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita (1) et dévoilé aujourd’hui par La Croix souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français. Pour l’association, il s’agit avant tout de braquer les projecteurs sur l’un des enjeux des discussions actuelles sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, envisagée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

Ainsi, 93 % des Français considèrent que les pères ont un « rôle essentiel pour les enfants », tandis que les trois quarts d’entre eux adhèrent à l’affirmation selon laquelle « les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires » ; et 89 % jugent que « l’absence de père, c’est quelque chose qui marque toute la vie ».

Sondage Les Français et la paternité

Ifop pour Alliance VITA

« Il est frappant de voir à quel point le rôle du père est consensuel, alors que nous assistons aujourd’hui à un fort questionnement de son rôle », analyse le délégué général d’Alliance Vita, Tug­dual Derville. « Il apparaît aussi clairement que le fait de connaître son père relève de l’intérêt supérieur de l’enfant pour une majorité de nos concitoyens », poursuit-il. À un moment où la question sur la PMA polarise toutes les attentions, selon ce sondage, 61 % des Français estiment qu’« il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médical d’infertilité ». Mais 39 % jugent plutôt qu’« il faut privilégier le désir d’enfant en permettant la PMA sans père pour les femmes seules ou les couples de femmes ».

« Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent »

Des chiffres qui peuvent surprendre comparés aux autres enquêtes menées par l’Ifop, notamment celles publiées dans La Croix et L’Obs en janvier, ou encore cette semaine par Ipsos pour France Télévisions. Ces enquêtes donnaient systématiquement des proportions opposées quant à l’adhésion des Français à l’extension de la PMA : 60 % y étaient favorables, 40 % étaient contre.

« Ces résultats ne sont absolument pas contradictoires », affirme Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion et Stratégies de l’Ifop. « Tout dépend de la manière dont on pose la question : si on met en avant l’ouverture d’un droit, en demandant aux Français s’ils sont pour une extension de la PMA, ils y sont majoritairement favorables. En revanche, si on présente le droit de l’enfant à avoir un père, ils sont majoritairement opposés à une évolution de la loi. »

En France, un enfant sur trente est conçu grâce à la PMA

Faut-il y voir un signe de la versatilité de l’opinion publique ? « Non, répond Jérôme Fourquet. Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent. Ce sont ces derniers qui portent la tension éthique et dont la réponse peut varier selon la façon dont la question est posée. »

Des différences d’approche

Si les Français portent un regard très majoritairement positif sur le rôle des pères, il existe cependant des différences d’approche, notamment entre les hommes qui sont pères et ceux qui ne connaissent pas l’expérience de la paternité. Ainsi 58 % des pères sont tout à fait d’accord lorsqu’on leur demande si « l’absence de père est quelque chose qui marque toute une vie ». Le chiffre tombe à 41 % pour les hommes qui n’ont pas d’enfants. Soit une différence de 17 points.

Autre intervalle notable : celui qui s’établit entre les générations : 39 % des 18-24 ans estiment qu’il ne faut pas étendre la PMA, alors qu’ils sont 78 % des plus de 65 ans. « C’est la preuve qu’au fur et à mesure des générations, les références traditionnelles vont être chamboulées », estime Jérôme Fourquet.

Extension de la PMA, les médecins plus réticents que l’ensemble des Français

Une analyse que ne partage pas Tugdual Derville, le délégué général d’Alliance Vita. « Je ne pense pas que nous soyons face à une évolution inéluctable, avance-t-il. J’y vois plutôt le poids de l’expérience : lorsque l’on est père, on se rend davantage compte de la nécessité de cette présence. Dans tous ces sujets, l’expérience de la vie n’est pas inutile. »

––

« L’aventure de la paternité n’est plus portée par la société »

Jacques Sédat, Psychanalyste, membre d’Espace analytique (1)

« On assiste aujourd’hui à un grand affaiblissement de l’image du père dans nos sociétés. C’est aussi le cas pour celle de la mère. La paternité est par nature une expérience subjective, mais
je vois aujourd’hui beaucoup de couples qui, au milieu de la trentaine, hésitent à être parents. Les naissances surviennent plus tard qu’auparavant : cela montre bien que l’aventure de la paternité est devenue quelque chose d’éminemment subjectif, et donc de plus fragile. Elle n’est plus portée par la société et ne bénéficie plus d’un soutien collectif. »

(1) Auteur de Sigmund Freud. Les grandes étapes de la pensée freudienne, Armand Colin, 2e édition, 2013.

Loup Besmond de Senneville

(1) Réalisé entre le 7 et le 11 juin 2018, par questionnaire auto-administré, auprès de 2016 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas

Voir enfin:

Good Moral Panics and Late Modernity

Dimitar Panchev

Lasala foundation

2013

/…/

As Rohloff and Wright (2010) point out, the concept of ‘moral panic’ has several problems. The first one is the problem of normativity. Since its introduction the concept has been used as a form of social critique where panics were characterised as social reactions that are ‘irrational’ and misdirected (Rohloff and Wright, 2010). Hier (2002a) argues that it is the concept’s normativity that has made it unappealing to newer developments in social theory. Second comes the problem of temporality, according to which moral panics can be characterized as short-lived episodes (exceptions are Hall et al.’s (1978) analysis of the mugging panic and Jenkins’ (1998) study on child molestation). In other words, the moral panics studied do not focus on the historically structured processes that have an impact on the development of the moral panics in the first place. Subsequent revisions have led to the acknowledgement of the necessity for a time-frame and contextual analysis: ‘…Moral panics are a crucial element of the fabric of social change. They are not marginal, exotic, trivial phenomena, but one key by which we can unlock the mysteries of social life…’ (Goode and Ben – Yehuda, 1994: 229). The third problem is the one of (un)intentionality which ultimately is concerned with the question of responsibility. In Cohen’s (1972) original analysis, the moral panic surrounding the mods and the rockers was presented as unintended and unanticipated, with focus being placed on the media as medium for deviancy amplification and stigmatization. In contrast, the analysis of the mugging moral panic (Hall et al. 1978) presented the scare as a strategy on behalf of the ruling elites in order to divert public attention from the crisis in the capitalist system. Last but not least, Goode and Ben-Yehuda (1994) constructed the problem as one of intentional actions versus unintentional developments. Their approach distinguished between grassroots, interest groups and elite- engineered moral panics.

The first model based the problem onto sentiments that were present in society in the general. The second model suggested that the reaction should be considered as an outcome of the efforts of specific moral entrepreneurs and particular interest groups in society. The last model, the elite-engineered panic, was presented as a deliberated organised propaganda campaign aimed at diverting attention from real structural problems. Revision of these ‘ideal types’ (ibid.) of moral panics have moved towards the more rigorous appreciation of the plurality of reactions that might accompany the process of moral assertion and an appreciation of the resistance efforts which might occur in line with the panics (Hier, 2002b; McRobbie & Thorton, 1995; de Young, 2004). Even with such contribution being made, the concept has been criticised for falling short of providing alternative means of explanation and theorisation (Hier, 2008).

Attempts have been made to tackle the ‘heuristic’ nature of the concept by incorporating the developments in risk theory and the works of Norbert Elias (Rohloff and Wright, 2010). A fourth problem is the one of anthropomorphizing. The claim that a society can engage in hysterical, panic-stricken behaviour has been criticised on the grounds that collective social processes cannot be rendered as individual psychological ones. Some of the earlier analyses of moral panics discussed ‘society’ and ‘social reaction’ as if they were unified and undifferentiated, when in fact the interests of the police, the media and the public were quite different (McRobbie and Thornton, 1995). Another problem, outlined by Garland (2008) is concerned with the ethics of attribution, according to which the critical ascriptions which the concept carries also have an impact on its use. This creates situations in which the conditions for the analysis of a moral panic exist, but due to ethical consideration such an inquiry is not pursued. An example is the post- 9/11 response of the media and the government (ibid.).

The aftermath of the tragedy contained all the necessary conditions included in the definition of the concept – expressed concern, hostility, disproportionality, consensus and a moral dimension was attached to all of the above, yet the episode itself was not categorised as a moral panic. The commentators involved into the analysis of the terrorist attack avoid the use of the term and considerable caution was exercised when discussing the event (Walker, 2002). According to Garland (2008) one explanation is the widespread uncertai nty of the nature of the attack itself. Secondly, and what he considers more important, the reluctance of applying the label ‘successfully’ was based on ethical reasons. The use of the concept would clash with the prevailing moral sentiments of fear and grief that drove the reaction to the attack.

Thus it took some time for the first academic publication considering the post- 9/11 as an example of a moral panic to be published (Rothe and Muzzatti, 2004; Welch, 2006). Even though Garland (2008) himself notes that the ethical inhibitors might not be as important, they will have some impact on the way in which tragedies and disasters are approached by ‘moral panic’ scholars. What it shows, however, is the relationship that exists between the analysts and the social actors and the way in which they influence each other. It has been Cohen’s longstanding contention that the term moral panic is, for its utility, problematic insofar as the term ‘panic’ implies an irrational reaction which a researcher is rejecting in the very act of labelling it such. That was the case when he was studying the media coverage of the Mods and Rockers and when Young was studying the reaction to drug taking in the late 1960s and the early 1970s.

Currently , Cohen has started to feel uncomfortable with the blanket application the term ’panic’ in the study of any reactions to deviance, as he argues for its possible use in ‘good moral panics’ (Cohen, 2002: xxxi – xxxv). Cohen (2011) discusses the changes that h ave occurred in society and how this has had re – directed the ‘moral panic’ analysis and has contributed to the development of the concept. To begin with, the modern moral entrepreneurs have adopted a status similar to the social analyst (in terms of class, education and ideology) and the likelihood for the two of them to perceive the problem in the same way has increased substantially. Secondly, the alliances between the various political forces has become more flexible and as a result, panics about ‘genuin e’ victims (of natural disasters or terrorist attacks) are more likely to generate consensus that the ‘unworthy’ victims (the homeless). Thirdly, whereas the traditional moral panics where in nature elite – engineered, the contemporary ones are much more lik ely to populist – based, giving more space for social movements’ and victims’ participation in the process. Fourthly, in contrast to the old moral panics, the new ones are interventionist – focused.

The new criminalizers (Cohen, 1988) who address the moral panics are either post – liberals who share a common background with a decriminalized generation, or are from the new right who argue for increased focus on private morality (sexuality, abortion, lifestyle). In addition, Cohen (2011) considers the possibility of certain moral panics being understood as ‘anti – denial’ movements. In contemporary times the denial of certain events, their cover – up, evasion and tolerance is perceived as morally wrong, and such denied realities should be brought to the public attentio n, which would result in widespread moral condemnation and denunciation. In this sense, it could be argued that certain panics should also be considered as ‘acceptable’ and thus a binarity between ‘good’ and ‘bad’ moral panics can be developed. Such as heu ristic between ‘good’ and ‘bad’ can be useful as such a distinction in effect widens the scope of moral panic studies beyond those examples that are regarded as ‘inappropriate’ and ‘irrational’. Potentially, this could also lead to the questioning of the notions of rationality, disproportionality and other normative judgements that have characterised the studies of moral panics. Such an approach of analysing ‘moral panics’ is in contrast with the work of Critcher (2003, 2009; 2011), to whom the concept of can be best understood in the relations of power and regulation.

Whereas both Critcher and Cohen agree that each moral panic should be seen in a wider conceptual framework, the latter does not adopt Critcher’s suggestion that the term ‘moral’ panic should not be applied in cases where dominant elites reinforce dominant practices by way of scapegoating outsiders. By contrast to Critcher, Cohen accepts the possibility of counter – hegemonic moral panics. In addition, Critcher stresses the need to focus not only on the politics of moral panics, but also consider the economic factors that might limit or promote their development. Moving beyond moral panics, Hunt (1999 ) has argued that a shift has taken place in the processes of moral regulation over the past centu ry, whereby the boundaries that separate morality from immorality have been blurred. As a result, an increasing number of everyday activities have become moralized and the expression of such moralization can be found in hybrid configurations of risk and harm. The moralization of everyday life contains a dialectic that counterposes individualizing discourses against collectivizing discourses and moralization has become an increasingly common feature of contemporary political discourse (Garland, 2001; Biressi and Nunn, 2003; Haggerty, 2003).

Moral panics (Hier, 2002a, 2008) can also be seen as volatile manifestations of an ongoing project of moral regulation, where the ‘moral’ is represented as practices that are specifically designed to promote the care of th e self. With the shift towards neo – liberalism, such regulatory scripts have taken the form of discourses of risk, harm and personal responsibility. As Hier (2008) the implementation of such a ‘personalization’ discourse is not straightforward due to the fa ct that moral callings are not always accepted. The moral codes that are supposed to regulate behaviour , expression and self – presentation are themselves contestable and their operation is not bound in a time – space frame. Thus, ‘moralization’ is conceptualized as a recurrent sequence of attempts to negotiate social life; a temporary ‘crisis’ of the ‘code’ (moral panic) is therefore far more routine than extraordinary. The problems with such an argument for expanding the focus of moral panics to encompass for ms of moral regulation is that it is too broad (Critcher, 2009) and a more specific scope of moral regulation should be defined in order to conduct such analysis.

Conclusion

The aim of the following paper was to provide an overview of the concept of ‘moral panics’ and the possibility for applying its analytical tools in the study of ‘good moral panics’. As the focus of the concept was expanded significantly over the past 40 years, it can be argued that such a task is within the scope of academia due the cha nging nature of the contemporary world and social relation. In fact, in such a world full of insecurity and one that is characterized by a constant fear of falling (Young, 2007a) such an approach of putting reality on trial would be much appreciated.


Transhumanisme: Quand les branches se rebellent contre l’arbre (C.S. Lewis: Man’s final conquest has proved to be the abolition of Man)

7 juin, 2018
Si tu te glorifies, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte. Paul (Lettre aux Romains 11: 18)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Dyson et Tolkien remarquèrent que si dans un conte païen, je rencontrais la notion de sacrifice, cela ne me gênait aucunement. Là où un dieu s’offrait en sacrifice à lui-même, cela me plaisait beaucoup et me procurait une mystérieuse émotion ; l’idée du dieu qui mourait puis revenait à la vie (par exemple Baldur, Adonis ou Bacchus) me touchait, pourvu que ce soit dans un autre contexte que celui des Evangiles… Or l’histoire du Christ constitue simplement un mythe véridique, un mythe qui produit sur nous le même effet que les autres, mais à une importante différence près : il s’agit d’événements qui ont réellement eu lieu. Il faut se contenter d’accepter ce mythe de la même manière, en se rappelant que c’est le mythe de Dieu, alors que les autres sont les mythes des hommes. Je veux dire par là que dans les contes païens, Dieu s’exprime au travers des esprits des poètes, et se sert des images qu’Il y trouve… Je suis sûr, à présent, qu’en un sens il faut aborder l’histoire chrétienne de la même manière que j’aborde les autres mythes. CS Lewis
J’ai le plus profond respect pour les mythes païens eux-mêmes, et à plus forte raison encore pour les mythes dans l’Ecriture Sainte. CS Lewis
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Si les rêves de certains planificateurs scientifiques se réalisent, la conquête humaine de la nature sera synonyme de domination de quelques centaines d’individus sur des milliards d’êtres humains. Dans ce cas, il n’y a et ne peut y avoir d’augmentation du pouvoir de l’homme. Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Au moment de la victoire de l’homme sur la nature, on constatera que l’humanité tout entière est assujettie à certains individus et que ces derniers sont eux-mêmes soumis à ce qui est purement ″naturel″ en eux, c’est-à-dire à leurs pulsions irrationnelles. La nature, qui ne sera plus entravée par les valeurs, régnera sur les maîtres du conditionnement et, à travers eux, sur toute l’humanité. La conquête humaine de la nature s’avérera être, au moment de son succès apparent, la victoire de la nature sur l’homme . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendreIl y avait très peu de magie au Moyen Age ; c’est au seizième et au dix-septième siècle que la magie a atteint son apogée. L’investigation magique et l’investigation scientifique, menées avec sérieux, sont deux entreprises jumelles : l’une était malade et mourut ; l’autre était vigoureuse et a prospéré. Mais c’étaient bien des sœurs jumelles. Elles sont nées du même désir . (…) Il y a quelque chose qui unit la magie et la science appliquée tout en les séparant toutes les deux de ce que les siècles précédents appelaient la ″sagesse″. Pour les sages d’autrefois, le problème essentiel était de mettre l’âme en conformité avec la réalité, et les moyens d’y parvenir étaient principalement la connaissance, l’autodiscipline et la vertu. Pour la magie, aussi bien que pour la science appliquée, le problème principal est de soumettre la réalité aux désirs humains ; et la solution est une technique ; dans la mise en pratique de cette dernière, toutes les deux sont disposées à faire des choses considérées jusqu’alors comme repoussante et impies –comme déterrer et mutiler les morts . (…) Quand on a discrédité tout ce qui dit ″c’est bien″, il ne reste plus que ce qui dit, ″j’ai envie″. Sic volo, sic jubeo . (…) Si on ne veut ni obéir au Tao, ni se suicider, il ne nous reste pas d’autre possibilité que d’obéir à nos pulsions (et par conséquent, à long terme, à la nature). (…) Le naturel est le contraire de l’artificiel, du civilisé, de l’humain, du spirituel et du surnaturel . » Clive Staples Lewis (1943)

En ces temps dévoyés de transhumanisme et de post-humanisme

Petit retour à la réalité avec C.S. Lewis …

L’abolition de l’homme par C.S. Lewis

L’homme aboli

L’abolition de l’homme

Alors que les hommes sont en guerre, que l’Europe est sous la botte nazie, et que l’on ignore encore qui, de la liberté ou de la tyrannie, sortira vainqueur de l’apocalypse, un homme, écrivain et professeur, un Irlandais habitant en Angleterre, donne une série de cours sur l’éducation à l’université de Durham en février 1943. Cet homme, Clives Staples Lewis, est horrifié par la lecture d’un manuel scolaire qui, sous des aspects pédagogiques, tend à supprimer la notion même de morale universelle. Et cette idée, présente dans un manuel à destination de la jeunesse, blesse tant l’auteur, qu’il se décide à en faire le point de départ de son cours, donnant ainsi trois brèves conférences, publiées par la suite sous le titre, L’abolition de l’homme. L’homme aboli, ce pourrait être cet Allemand vitrifié par la pensée nazie, ou ce Russe, déshumanisé par le communisme ; mais non, l’homme aboli c’est n’importe quel homme qui rejette toute idée de morale universelle, et ce que perçoit et dénonce Lewis, c’est qu’il se trouve aussi dans les démocraties qui se battent pour la liberté.

Le texte a été écrit en 1943, et on le croirait sorti d’une plume d’hier. Il trouve sa source et sa motivation dans un manuel scolaire anglais des années 1940, et il pourrait être né de l’inquiétude d’un contemporain sur la tournure des événements actuels. Ce texte est bref, 90 pages, mais il dit tout, tout ce qu’est l’actuelle vision de l’homme. Il devrait être lu par tous les professeurs soucieux de donner un esprit à leurs élèves, il devrait être médité par tous les parents, désireux de transmettre une âme à leurs enfants. Ce texte parle d’éducation, il parle de morale, et il parle de l’homme.

L’orientation nouvelle de l’éducation

Lewis n’a rien d’un réactionnaire moisi, et s’il rechigne sur les évolutions morales de son époque, ce n’est pas par nostalgie du passé, c’est par souci de révéler de très grands maux. Son ouvrage n’a rien de politicien. Il n’évoque jamais l’actualité, la guerre, les combats, à tel point que si l’on ignorait la date de rédaction, on pourrait croire ce texte rédigé dans son cottage, à l’ombre de la paix et de sa tasse de thé. Pour autant, Lewis a des idées claires sur l’instruction de la jeunesse. Il est essentiel pour lui de bannir la relativité des idées morales, et de fournir à la jeunesse des idées solides, afin que celle-ci puisse affronter la vie. Dans cette optique, il lui apparaît de tout premier ordre de former le cœur, ce qui passe par l’acquisition de sentiments. Vouloir faire des hommes durs, des hommes sans cœur, c’est soumettre la jeunesse à la tyrannie des propagandes futures.

« Faire dépérir la sensibilité de nos étudiants fera d’eux des proies encore plus faciles pour les propagandes à venir. Car il faut bien que la nature affamée se venge, et un cœur endurci n’est pas une protection infaillible contre un cerveau ramolli . »

La sensibilité marche de concert avec l’esprit. Bannir la première de l’éducation, c’est condamner la raison à être faible et à manquer de capacité. Les hommes munis de cœur auront un bon cerveau. Glosant sur une citation d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque, il rappelle que “Le but de l’éducation est d’apprendre aux gens à aimer et à haïr, ce qu’il convient d’aimer et de haïr”. Pour être d’accord avec cela encore faut-il être persuadé que le relativisme moral n’a pas de légitimité, et qu’il y a des choses bonnes et des choses mauvaises par elles-mêmes. Or, la stabilité morale, c’est justement ce que l’éducation nouvelle refuse. Ce thème nous est aujourd’hui familier, et l’on découvre –non sans une certaine stupeur- qu’il était déjà présent à l’époque de Lewis. On devine alors l’historien et spécialiste de la littérature médiévale quand il distingue les deux types d’éducation, au prise l’une avec l’autre pour l’hégémonie sur les esprits.

« Là où l’ancienne éducation initiait, la nouvelle ″conditionne″. Avec l’ancienne, on traitait les élèves comme les oiseaux traitent leurs petits pour leur apprendre à voler ; dans la nouvelle, on les traite plutôt comme un éleveur traite ses jeunes volailles, pour des raisons dont elles ignorent tout. En un mot, l’ancienne éducation était une sorte de propagation –des hommes transmettant la force de leur humanité aux hommes-, la nouvelle n’est que propagande . »

Propagation ou propagande ? Il fallait un certain sens de la provocation pour avancer cette dialectique en pleine guerre mondiale. La propagande, c’est-à-dire l’éducation chargée d’engraisser les hommes sans vouloir les rendre capable de voler, n’est pas seulement le propre des régimes que l’Angleterre combat. Et la propagation, c’est-à-dire la transmission des savoirs et l’élévation vers l’humanisation, est une fonction essentielle de l’éducation qui se fait ranger au placard. Entre l’instruction limitée à l’accumulation des savoirs, et l’éducation uniquement tournée vers le développement des sentiments, il y a un parallèle commun. La première crée des esprits, la seconde modèle des animaux, mais aucune ne forme un homme.

« La tête gouverne les entrailles par l’intermédiaire du cœur – le siège, comme Alain de Lille nous le dit-, de la magnanimité, des émotions organisées en sentiments stables par des habitudes bien entraînées. Le cœur, la magnanimité, le sentiment, tels sont les indispensables agents de liaison entre l’homme cérébral et l’homme viscéral. On peut sans doute même dire que c’est cet élément médiateur qui fait de l’homme un homme ; car par son intellect, il est simplement esprit et par ses appétits, simplement animal . »

Cette nouvelle éducation modifie donc la conception de l’homme.

« Les professeurs ne façonnaient pas l’homme selon un modèle choisi. Ils transmettaient ce qu’ils avaient reçu ; l’enseignant initiait le jeune néophyte au mystère de l’humain qui les recouvrait l’un et l’autre de sa majesté. (. . .) Cela change désormais. Les valeurs ne sont plus que de simples phénomènes naturels. Dans le cadre du conditionnement, on s’efforce de produire chez l’élève des jugements de valeur. (. . .) Ils [les pédagogues] savent comment produire une conscience et décident quel genre de conscience ils veulent produire. Eux-mêmes se situent en dehors, au-dessus . »

Produire des consciences en fonction des nécessités du moment, et pour des orientations bien précises, telles semblent être les volontés de ces nouveaux professeurs.

« Les conditionneurs vont par conséquent devoir choisir quel genre de Tao artificiel ils veulent, pour des raisons qui leur sont propres, produire dans l’espèce humaine. Ils pousseront les autres à agir, ils seront créateurs de motivations. Mais d’où tireront-ils eux-mêmes leurs motifs d’agir ? »

Voilà une question qui est pertinemment posée. S’il s’agit de transmettre la morale naturelle, il est facile de la trouver et de la propager. Mais si l’on veut bâtir une nouvelle morale, sur quoi celle-ci va-t-elle reposer, et comment est-il possible de la justifier ? Car si l’on refuse toute valeur, comment faire perdurer le système ? Les premiers vont enseigner des valeurs, parce qu’ils ont été formés avec l’ancienne morale qu’ils ont aboli. Malgré eux ils sont conditionnés par elle et vont la transmettre. Mais ces valeurs se délitent à chaque génération, et arrive un moment où les nouvelles générations n’ont plus été élevées dans cette morale, qui est notamment la morale de la transmission. Et si la valeur de la transmission n’est plus transmise, comment peut-on justifier de transmettre quelque chose aux autres ?

« Ce n’est pas que ce soit des hommes mauvais ; ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils ont sauté dans le vide. Ceux qui leur sont soumis ne sont pas non plus nécessairement des gens malheureux. Ils ont perdu toute humanité ; ce sont des produits fabriqués. La conquête finale de l’homme s’avère être l’abolition de l’homme . »

La disparition de la morale conduit nécessairement à la disparition de l’homme lui-même.

La disparition de la morale

Morale, le mot fait peur. Pourquoi ? Parce que morale est devenue synonyme de restriction et d’interdiction, alors même que c’est elle qui assure la liberté. Oui, sans morale, pas de liberté possible. Et la disparition de l’une rend Lewis inquiet sur la pérennité de l’autre. Si, dans l’éducation, le cœur et le sentiment ont été rejetés, que reste-t-il pour fonder la morale ? L’instinct. Et voilà l’homme qui retombe dans ses travers animaux, alors même que l’on pensait que le combat contre les sentiments allait l’en délivrer. Et si c’est l’instinct qui gouverne, alors la morale est réduite aux volontés des personnes. Chacun son instinct, donc chacun sa morale. Chacun sa morale, cela porte un nom ; c’est le relativisme. “Si rien n’est obligatoire en soi, rien n’est obligatoire du tout .” Et voilà comment une conception erronée de l’éducation donne une compréhension faussée de ce qu’est la morale.

Ainsi, devient moral ce qui est voulu, ce qui est guidé par l’instinct. Et l’homme bâti sa propre morale, sans se demander si celle-ci est fondée sur la raison et si elle repose sur la justice. L’homme veut donc créer une nouvelle éthique, mais a-t-il ce pouvoir ? “D’où est-ce que le Novateur tire cette autorité de prendre et de choisir ce qui lui convient ? ” s’interroge Lewis. Et plus loin de répondre :

« La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace . »

Non, la morale ne dépend pas d’une volonté humaine, la morale est une découverte, une compréhension de ce qu’est l’homme, la morale fait partie de la nature même de l’homme, l’on ne peut donc pas la modifier, à moins de vouloir modifier l’homme. Ce fixisme moral ne signifie pas qu’il n’y a pas d’évolution possible, mais les évolutions, ou les améliorations, doivent venir de la morale elle-même, et non pas de l’extérieur. Ce sont plutôt des approfondissements que des créations. Le rejet du concept de valeur amène les sceptiques à vouloir trouver de nouvelles normes, alors même qu’ils ont rejeté les anciennes. Cette attitude n’a pas beaucoup de sens.

L’homme aboli

Quel est donc cet homme aboli dont parle Lewis dès le titre de son livre ? C’est l’homme qui a perdu le combat mené contre la nature, un combat perdu dans la victoire. C’est là que l’historien se fait jour, et qu’il comprend le drame qui se tisse en Europe depuis plusieurs siècles. L’homme a en effet la capacité de plier la nature à sa volonté, il a, grâce au développement technique, la possibilité que celle-ci lui soit ordonnée, et l’homme cherche de plus en plus à s’en affranchir. Or maîtriser la nature et la mettre au service de l’homme est une chose, mais cette situation aboutie, paradoxalement, au contrôle de l’homme.

« Si les rêves de certains planificateurs scientifiques se réalisent, la conquête humaine de la nature sera synonyme de domination de quelques centaines d’individus sur des milliards d’êtres humains. Dans ce cas, il n’y a et ne peut y avoir d’augmentation du pouvoir de l’homme. Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . »

Maîtriser la nature revient à donner à quelques hommes le pouvoir de contrôler les autres. Sur ce point Lewis évoque, à de nombreuses reprises, la question de la contraception. Cela surprend le lecteur d’aujourd’hui car la libéralisation de la contraception n’est pas un thème très développé des années 1940. Nous sommes encore loin des mouvements pour la dépénalisation de l’avortement ou de la pilule. Pour autant il en parle, et il voit juste. Sa justesse est prophétique, tant il perçoit clairement les distorsions anthropologiques que la contraception amènent. La contraception est liée à la définition de la morale. Celle-ci conditionne toutes les questions de morale sexuelle, car désormais il ne s’agit plus de perpétuer l’espèce mais d’obtenir du plaisir. Le plaisir n’est pas un moyen de la perpétuation des personnes mais la fin de l’acte. C’est donc le bon vouloir qui conduit les êtres, la satisfaction égoïste a pris le pas sur la raison. Le plaisir individualiste ayant dépassé l’intérêt général, cela touche d’autres secteurs, comme les relations familiales ou sociales. La morale elle-même n’est plus fondée sur la justice ou le bien commun, mais sur le plaisir de chacun. Devient juste ce qui me plaît, devient juste la relativité des émotions.

Non seulement la contraception modifie les règles de la morale mais elle modifie également les rapports humains : elle détruit l’amour comme fondement pour le remplacer par l’intérêt. Avec la contraception il est possible de pratiquer l’eugénisme et la sélection humaine, c’est donc donner aux générations présentes un pouvoir sur les générations futures, ce qui introduit une défiance entre les générations : l’enfant n’est pas le fruit de l’amour de ses parents, mais de leur besoin. Si l’enfant n’avait pas correspondu à leurs besoins il aurait été éliminé. Dans ces conditions, comment pourrait-il avoir confiance en eux ? Et sans confiance, comment l’éducation peut-elle être assurée ?

La victoire de l’homme se fait donc au dépend de celui-ci :

« Au moment de la victoire de l’homme sur la nature, on constatera que l’humanité tout entière est assujettie à certains individus et que ces derniers sont eux-mêmes soumis à ce qui est purement ″naturel″ en eux, c’est-à-dire à leurs pulsions irrationnelles. La nature, qui ne sera plus entravée par les valeurs, régnera sur les maîtres du conditionnement et, à travers eux, sur toute l’humanité. La conquête humaine de la nature s’avérera être, au moment de son succès apparent, la victoire de la nature sur l’homme . »

Puisque la morale a disparu et que la seule règle valable consiste à faire ce que les pulsions commandent, l’homme libéré se retrouve plus que jamais enchaîné par sa nature propre. Le général qui pavoise sur son char n’est qu’un esclave regimbant dans sa prison. Ce phénomène touche tous les pays, et pas seulement ceux que combattent les démocraties.

« Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre . »

Il faut un certain courage à Lewis pour proclamer le parallèle entre nazis et démocrates au moment où son pays est en guerre contre l’Allemagne. Pour autant, il n’hésite pas à aller plus loin, et à faire remonter à la soif de science les origines de l’abolition de l’homme, une soif de science qui est liée à la magie :

« Il y avait très peu de magie au Moyen Age ; c’est au seizième et au dix-septième siècle que la magie a atteint son apogée. L’investigation magique et l’investigation scientifique, menées avec sérieux, sont deux entreprises jumelles : l’une était malade et mourut ; l’autre était vigoureuse et a prospéré. Mais c’étaient bien des sœurs jumelles. Elles sont nées du même désir . »

Et plus loin :

« Il y a quelque chose qui unit la magie et la science appliquée tout en les séparant toutes les deux de ce que les siècles précédents appelaient la ″sagesse″. Pour les sages d’autrefois, le problème essentiel était de mettre l’âme en conformité avec la réalité, et les moyens d’y parvenir étaient principalement la connaissance, l’autodiscipline et la vertu. Pour la magie, aussi bien que pour la science appliquée, le problème principal est de soumettre la réalité aux désirs humains ; et la solution est une technique ; dans la mise en pratique de cette dernière, toutes les deux sont disposées à faire des choses considérées jusqu’alors comme repoussante et impies –comme déterrer et mutiler les morts . »

Non pas se conformer à la réalité mais conformer la réalité à ses désirs, voilà le grand tournant de l’homme, un tournant qui l’a conduit à porter sa foi dans la technique et à rejeter les sentiments. Comme le fait remarquer Lewis :

« Quand on a discrédité tout ce qui dit ″c’est bien″, il ne reste plus que ce qui dit, ″j’ai envie″. Sic volo, sic jubeo . »

Que reste-t-il donc à l’homme ? La mort.

« Si on ne veut ni obéir au Tao, ni se suicider, il ne nous reste pas d’autre possibilité que d’obéir à nos pulsions (et par conséquent, à long terme, à la nature) . »

C’est-à-dire que l’homme qui croit maîtriser la nature se délivre de la morale naturelle, et que cette délivrance le fait retomber dans la nature, à un degré qu’il n’avait même jamais atteint. La nature a donc conquis son farouche vainqueur et cette conquête sonne le glas de la civilisation.

« Le naturel est le contraire de l’artificiel, du civilisé, de l’humain, du spirituel et du surnaturel . »

Cette dernière sentence siffle comme un couperet. Lewis montre très bien comment l’homme civilisé annihile sa propre civilisation et que cette annihilation n’est pas le résultat d’une déviance, mais la conséquence d’une route bien suivie. Comment ne pas être stupéfait de lire ces lignes en 1943, au moment même où la technique a semé la terreur et la mort en Europe, au moment même où l’homme artificiel est retombé dans la barbarie primaire. Relire ces lignes à l’aune des événements qui se sont succédés par la suite, c’est mieux comprendre le lien invisible mais solide, qui relie le nazisme au communisme, et finalement au matérialisme pratique des démocraties. Rejeter la morale, rejeter la nature, c’est rejeter l’homme. ″La nature est contraire au spirituel et au surnaturel″, écrit le chrétien Lewis, convertit en 1931. L’athéisme qui s’abat en Europe au moment où il donne ces coursa prouvé de façon pratique ce que Lewis avance de manière théorique. « Un monde totalement transparent est un monde invisible. ″Percer tout à jour″, c’est ne plus rien voir du tout . » Lewis a réussi à associer le fait de percer à jour son époque et ses drames tout en continuant à voir clairement les conséquences des actions des hommes, voilà pourquoi son œuvre éclaire encore ceux qui veulent sortir du monde invisible.

«Nous faisons des hommes sans coeur et attendons d’eux vertu et hardiesse. Nous tournons l’honneur en dérision et sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous.»
Les trois chapitres qui composent L’abolition de l’homme nous entraînent dans une démonstration dont l’intensité va crescendo.
Alerté par une expression malencontreuse qu’il a trouvée dans un manuel scolaire. C.S. Lewis la soumet à l’analyse et il y décèle une vision du monde qui nie toute valeur objective.
Cette étude le conduit à démasquer les sinistres conséquences d’un rejet de toute morale et elle se termine par la description apocalyptique de l’instant où l’homme fera de lui-même la matière de ses propres manipulations.
L’avertissement que Lewis nous lance n’a pas pris une ride : en tentant de nous libérer de toute valeur en refusant de soumettre nos découvertes scientifiques à des normes morales universelles nous tendons toujours plus à abolir l’humain dans ce qu’il a d’unique et de sacré

Le remplacement du sexe par le genre, de la biologie par la grammaire est une variante moderne d’un ancien mouvement religieux. Cet ancien mouvement, le gnosticisme, qui était très compliqué et avait de nombreuses variantes, dénigrait en général le monde matériel. La réalité matérielle n’est pas l’œuvre du Dieu très haut, mais celle d’un être inférieur et nous devons chercher à lui échapper. Le gnosticisme moderne ne cherche pas à s’échapper du monde, mais à le renommer. On substitue à la réalité des conventions sociales et culturelles qui peuvent être changées afin de s’adapter aux goûts des diverses époques.

utilise le terme chinois Tao, la voie, pour désigner cet ensemble de principes partagés par la plupart des races humaines au cours de l’histoire.

Dans bien des situations, opérer une discrimination est nécessaire. Pour se nourrir, il faut établir une discrimination entre le pain et la paille, pour étancher sa soif entre la limonade et l’essence, pour adoucir son café entre la saccharine et la strychnine.

Le mal causé par le préjudice racial n’est pas dû au fait qu’il y a discrimination entre les Blancs et les Noirs, mais au fait que, de l’observation légitime d’une différence, on tire la conclusion erronée que cette différence justifie que les uns soient honorés et les autres maltraités. Mettre sur un pied d’égalité la discrimination entre les sexes et la discrimination sexuelle crée un continuum erroné. Ces discriminations diffèrent l’une de l’autre. Une simple observation le montre. Les rapports entre un homme et une femme de race différente peuvent produire un enfant, quelles que soient les races des époux. Les rapports entre un membre de la race noire et un autre de la race blanche ne produiront rien à moins que l’un soit un homme et l’autre une femme.

Trois chapitres composent ce livre qui, comme le rappelle la préface, correspondent à trois cours que l’auteur donna en 1943 à l’université de Durham. Il n’est pas dans mon propos, ici, d’examiner en détail l’essai de Lewis et je préfère qu’on aille y voir par soi-même. Disons cependant que, dans le premier chapitre, « Des hommes sans cœur »,  l’auteur commence par proposer à ses auditeurs, devenus ses lecteurs, l’examen d’un manuel de pédagogie. Analysant un passage célèbre où, mettant en présence deux promeneurs devant une chute d’eau, Coleridge fait dire à l’un que cette chute est sublime, et à l’autre qu’elle est simplement jolie, les auteurs du manuel cherchent à dénigrer toute objectivité à la réalité admirée. Pour ces auteurs  dont Lewis tait les noms, il ne peut être question, d’un point de vue humain, d’affirmer que cette réalité observée est sublime, mais simplement que le sentiment que nous éprouvons exprime quelque chose de cet ordre. A partir de cet exemple, Lewis commence une démonstration visant à mettre en évidence que le subjectivisme radical proposé par le manuel conduit à des aberrations. Il n’est pas douteux, affirme Lewis, que la chute d’eau est sublime et, si l’on cherche absolument à dire quelque chose du sentiment éprouvé par l’observateur de ce pan de nature «  il serait plus convenable de traduire par J’ai des sentiments d’humilité. » Le déni d’objectivité ou de réalité proposés par les auteurs du manuel, continue Lewis, conduirait inévitablement à des absurdités. Appliquée de façon systématique, leur conception du réel « contraindrait nos deux enseignants à soutenir que la phrase Vous êtes méprisables veut dire Mes sentiments sont méprisables, et qu’en fait Vos sentiments sont méprisables signifie Mes sentiments sont méprisables. »

         Est-il utile de souligner que la conception des auteurs du manuel examiné par Lewis signifie la négation de toute hiérarchie des valeurs, puisque tout jugement de valeur est précisément réduit à un simple état émotionnel exprimé par celui qui parle ? Est-il utile de rappeler à quel point cette conception est aujourd’hui la nôtre, à quel point elle s’est généralisée ? Depuis l’école, où l’on encourage l’élève à dire ce qu’il ressent face à un texte ou un tableau et à l’exprimer, comme si cette expression était la seule valeur objective possible, jusqu’à nos débats d’adultes, où la concurrence des émotions, des indignations  et des raisons arbitraires est une règle, les auteurs du manuel semblent avoir triomphé. Mais que peut-on opposer à cet égalitarisme plat, où le monde semble se réduire à une seule dimension, sur laquelle nous promenons notre subjectivité jugée irremplaçable, irrécusable ? Puisant à de nombreuses sources – Saint Augustin, Platon, Aristote, mais aussi, en fin de volume, l’Egypte, l’Inde ou la Chine anciennes – Lewis montre que, à l’opposé de ce « face-à-face entre le monde des faits, sans la moindre trace de valeur, et le monde des sentiments, sans la moindre trace de vérité ou d’erreur, de justice ou d’injustice », pendant des millénaires, l’éducation s’est appuyée au contraire sur la certitude que l’univers dans lequel nous vivons « était tel que certaines réactions émotionnelles  pouvaient être ou non en accord avec lui ». L’éducation, par conséquent, est un apprentissage précoce de valeurs assemblées selon des hiérarchies. Elle nous enseigne ce qu’il convient d’admettre ou réfuter, d’aimer ou de haïr, selon que les choses sont belles ou laides, vraies ou fausses. Bref, il existe une « doctrine de l’objectivité des valeurs, la conviction que certaines attitudes sont véritablement conformes à la réalité de ce qu’est l’univers et de ce que nous sommes, tandis que d’autres ne le sont pas. » Cette doctrine, Lewis, le chrétien Lewis la nomme le Tao, la Voie, le Chemin.

      Toute la suite de son essai va consister à envisager les conséquences de notre position vis-à-vis du monde, selon que l’on se place à l’intérieur ou  l’extérieur du Tao. Ceux qui se placent à l’extérieur doivent admettre, poursuit l’auteur, qu’on doit considérer tous les sentiments comme irrationnels et « comme une sorte de brouillard entre nous et les objets réels. » La conséquence logique de cette attitude est qu’un éducateur doit tenir éloigné ses élèves de tout sentiment, ou bien alors encourager arbitrairement certains sentiments au détriment des autres.  Cette attitude construit, selon le titre du premier chapitre, des « hommes sans cœur » à qui, si on est tout de même porté à enseigner des valeurs, on doit tout de même enseigner le courage, l’amour de la justice et toutes les valeurs positives. Mais le risque énorme de cette vision du monde est qu’on livre les élèves et les hommes à la propagande, qui est un autre nom pour désigner l’arbitraire.

         Dans le second chapitre, Lewis examine cette doctrine traditionnelle qu’il choisit, par facilité, de nommer Tao ; mais le chapitre essentiel est le troisième, qui donne son titre à l’ouvrage, L’abolition de l’homme. Un monde qui n’admet aucune base rationnelle, ne peut fonder sur rien de stable les sentiments ou les pensées humaines, livre donc la plupart des hommes à la propagande et au pouvoir de quelques uns, les « conditionneurs », sur tous les autres. Ces conditionneurs, nous dit Lewis, ne seront même plus des hommes ; ils auront choisi de sacrifier « leur part d’humanité au sens traditionnel pour se consacrer à la tâche de décider ce que l’humanité doit signifier à l’avenir. »  Que ces hommes soient bons, qu’ils soient bien intentionnés, ajoute Lewis, ne change rien à l’affaire, puisque, décideurs, conditionneurs, ce seront eux qui, de toute façon, décideront de ce qui est bon ou mauvais. Quant aux autres, « ceux qui leur sont soumis », ne seront pas nécessairement des gens malheureux. « Ils ont perdu toute humanité : ce sont des objets fabriqués. La conquête finale de l’homme s’avère être l’abolition de l’homme. »

On pourrait croire que Lewis exagère ; cependant, il faut se souvenir qu’il écrit dans les années quarante et que l’évolution des sociétés semble lui avoir donné raison. On ne peut qu’être fasciné ou horrifié, en lisant ce qu’il écrit, de voir que, en de nombreuses pages, l’auteur paraît avoir prévu par exemple le développement de ce courant de pensée que ses adeptes nomment « transhumanisme », lequel ne se propose pas moins, selon ce qu’il affirme dans une Déclaration solennelle, que de rendre obsolète l’homme tel qu’il se présente encore aujourd’hui, avec son existence humaine limitée. « Nous envisageons, disent les transhumanistes, la possibilité que l’être humain puisse subir des modifications, tel que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers. »  On peut penser que ces transhumanistes sont des farfelus ; il n’est cependant pas certains qu’ils le soient et les progrès de la science leur donnent chaque jour davantage de leviers sur la société. Quoi qu’il en soit, le monde décrit par Lewis, dans lequel les sentiments et les pensées n’ont plus aucune objectivité est notre réalité. Que penser de sociétés où, dès lors qu’il s’agit par exemple de mesurer le caractère rationnel et l’impact sur lesdites sociétés de religions aussi différentes que le christianisme et l’islam, dénient à tous ceux qui le prétendent le droit d’avancer des arguments pour disqualifier l’une ou l’autre de ces religions ? Les raisons sont aujourd’hui systématiquement refusées à ceux qui ne veulent pas considérer les religions uniquement comme la mise en action de sentiments intimes et individuels, indiscutables et inopposables ; la critique rationnelle, la critique fondée, est ramenée, dans le débat public, aux sentiments de ceux qui avancent les arguments du débat. Si je dis, en m’appuyant sur l’étude des textes, que le bouddhisme ou l’islam peuvent être des religions tyranniques, insolubles dans une société démocratique, comme dans la phrase de Lewis que je citais plus haut, – Vous êtes méprisables veut dire Mes sentiments sont méprisables – cela ne peut signifier qu’une chose : que mes sentiments sont hostiles, que je suis islamophobe ou bouddhistophobe.

       Lewis, à la fin de son essai, donne en appendice de nombreux exemples de ce qu’il appelle la Loi naturelle. Parmi toutes ces citations magnifiques, empruntées à toutes les traditions, il n’est pas interdit d’avoir ses préférences.  Celle-ci par exemple : « On ne doit jamais frapper une femme, même avec une fleur. » (Inde, Janet, I, 8) Cette autre : « On rapporte que, dans la tribu des Daleburas, une femme, infirme de naissance, fut portée à tour de rôle par les membres de la tribu jusqu’à sa mort, à l’âge de soixante-six ans ; ils n’abandonnent jamais les malades » (Aborigènes d’Australie). Une dernière enfin : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perdra. (Jean 12, 24-25).

Voir aussi:

A propos de C.S. Lewis

Rémi Brague

Le nom de Clive Staple Lewis est récemment devenu mondialement célèbre. La cause en est le succès du film qui a été tiré du premier de ses romans pour enfants, les sept volumes des Chroniques de Narnia (1950-1956). Les héros constituent une population bigarrée, dont les hommes ne constituent qu’une petite minorité : les nains, elfes, trolls, géants, faunes, etc. y pullulent. Cela témoigne de l’imagination puissamment féconde de l’écrivain. Mais cette imagination n’est jamais « débordante » au sens propre, car elle ne quitte jamais le cadre de la raison la plus exigeante. Lewis était un rationaliste décidé, bien que chrétien convaincu – ou plutôt précisément parce qu’il était un chrétien convaincu. Au moment où les événements nous invitent, voire nous contraignent à réfléchir sur la valeur de la raison et sur la place qui lui est assignée dans les diverses religions, il a quelque chose à nous dire. Quelque chose sur l’homme et sur la raison.

Un souci animait constamment Lewis, celui de comprendre et de défendre cette raison qui constitue l’humanité de l’homme. Il faut pour ce faire bien comprendre en quoi elle réside. Ce n’est pas la forme du corps.

Dans le premier roman de sa trilogie cosmique, Out of the Silent Planet (1938), la population de Mars certes moins variée qu’à Narnia, mais quand même composée de trois espèces de créatures rationnelles, d’allure et de compétences très différentes : des phoques poilus, chasseurs et poètes, des géants maigres, éleveurs et astronomes, des crapauds mineurs et métallurgistes. Les trois espèces se comprennent et s’entendent bien. Aucune ne domine l’autre, chacune respecte les talents des deux autres et les utilise au besoin. Il faut aussi savoir respecter l’homme tel qu’il est, à sa place entre l’animal et l’ange.

Dans le dernier volume de sa trilogie cosmique, That Hideous Strength (1945), des chercheurs deviennent à leur insu les complices de puissances démoniaques. Ils veulent nettoyer la planète de toute vie « inférieure » et créer un nouvel homme artificiel. Ils finissent massacrés par les animaux promis à la vivisection et échappés de leurs laboratoires. Il n’y a là nulle condamnation de l’amélioration du sort de l’homme par le progrès technique. Lewis met seulement en garde contre le projet d’un règne de l’homme : une logique interne le pousse à se changer en une domination de certains hommes sur d’autres au moyen de la technique, voire en une tentative pour dépasser l’homme qui n’est plus à la hauteur de sa propre tâche de domination.

Dans ce qui est peut-être son chef d’œuvre, le bref  » L’abolition de l’homme » (1943), Lewis reprend l’anthropologie développée par Platon dans la République, et en montre la puissante actualité. Il le fait d’ailleurs négativement, en montrant que, sans cette anthropologie ou du moins sans son contenu, lequel reste valable même si les détails un peu mythiques peuvent disparaître, on ne peut penser l’homme, et peut-être pas non plus le respecter.

Platon distingue non pas deux parties dans l’âme humaine, mais trois. La plus haute, qui trône dans la tête, est la capacité de calcul ; nous en avons fait, à partir du latin ratio, de reor, « calculer », la « raison ». La plus basse, reléguée dans l’abdomen, est formée par les désirs : faim, soif, appétit sexuel. Entre les deux, et donc située dans le thorax, Platon loge une faculté qu’il appelle thymos. Ce mot grec désigne le bouillonnement de la colère.

La colère
C’est la colère qui nous permet de refuser le déshonneur de se soumettre, de nous affirmer nous-mêmes dans notre indépendance. La faculté intermédiaire est ainsi le principe de notre identité et de notre liberté. Elle est le principe de notre action. La faculté calculante et le désir ont un point en commun : ils nous laissent passifs devant le résultat de nos calculs ou devant la pulsion qui nous entraîne vers l’objet désiré. La « raison », nous l’avons en commun avec les anges, s’ils existent. Et à supposer qu’elle ne soit que calcul, les ordinateurs l’ont aussi, et peut-être mieux que nous. Les désirs, nous les partageons avec les animaux. La « colère », elle, n’existe que chez l’homme dont elle est le privilège.

La faculté intermédiaire permet à la raison d’agir sur les désirs, de les réprimer quand ils passent leurs bornes, de les guider quand ils se trompent sur l’objet qui peut vraiment les satisfaire, et donc de les éduquer, de les raffiner. Elle permet aussi, à l’inverse, à la raison de ne pas se contenter de regarder passivement ce qui s’offre à son regard contemplatif, mais de s’engager dans l’action. C’est par elle que la raison devient pratique – une expression de Kant, mais qu’il avait empruntée à une tradition bien plus ancienne, qui trouve son origine chez Aristote

Celui-ci ne parle pas du thymos au sens de Platon, mais il reconnaît lui aussi son équivalent dans l’âme humaine. Il préfère y voir une dimension inférieure de la raison, qui n’est pas elle-même capable de parler, mais qui peut au moins comprendre ce que lui conseille la raison proprement dite. Peu importe le nom de cet intermédiaire. Mais sans lui, il n’y a plus rien qui puisse nous dire comment bien faire : manières de table, politesse, morale, tout ce que l’on appelle « culture » disparaît.

Qui plus est, c’est cette faculté intermédiaire qui nous unifie. Sans elle, nous serions une raison posée sur des désirs. Il serait tentant de se croire issu d’une chute de la raison exilée dans la boue des désirs. Tentant aussi d’avoir honte de ce corps désirant et impur, et de tenter par tous les moyens de le fuir au plus vite. La présence médiatrice du thymos permet à l’homme de vivre en paix avec soi-même, elle le réconcilie avec son destin d’être intermédiaire, ni ange ni bête.

Le danger des hommes « sans thorax » ?
Or donc, Lewis dit redouter l’avènement de ce qu’il appelle bizarrement des « hommes sans thorax ». Par allusion avec la façon dont Platon situe les facultés de l’âme dans diverses parties du corps, il entend par là des hommes auxquels manquerait le thymos. En rigueur de termes, ils ne seraient même plus hommes, mais ce que dit bien plus tard un penseur du Moyen Age, Pierre de Jean Olivi, à propos de créatures à qui manquerait la liberté : des « bêtes dotées d’un intellect ».

Chez de tels êtres, la raison ne pourrait pas agir sur les désirs. Les deux facultés extrêmes seraient laissées chacune à elle-même, se portant du coup à sa forme la plus intense et la plus exclusive. La raison s’affolerait dans un rêve de calculabilité et de planification universelle.

De leur côté, les désirs se refuseraient à tout ce qui pourrait les ennoblir. Lorsque les deux se rencontreraient, ce serait pour mettre la technique la plus perfectionnée au service des instincts les plus brutaux : la physique nucléaire au service de la guerre, la chimie au service de la Shoah, Internet au service de la pornographie. Notre tâche actuelle n’est surtout pas de limiter la « raison superbe », même si nous nous imaginons par là, pour reprendre une formule de Kant, faire place à la foi. Elle est au contraire de redonner à la raison sa pleine dimension, de la rendre à nouveau capable de nous dire non seulement ce qui est vrai, mais aussi ce qui vaut la peine d’être fait, de reconquérir tout ce que nous risquons d’abandonner à l’irrationnel.

Voir également:

Contre l’abolition de l’homme
De la bataille contre le Système, épisode VI

Pierre Vaudan

Dedefensa
Certains livres vous tombent dessus comme un météore dont l’impact n’est que lumière. C’est ainsi qu’au détour d’un échange avec un éditeur suisse installé à Paris, j’ai entendu parler pour la première fois de “L’abolition de l’homme”, un bouquin fulgurant, d’une actualité sidérante, pourtant écrit durant la Seconde guerre mondiale par l’auteur irlandais C.S. Lewis (1). L’écrivain y démontre que le rejet de toute morale universelle, le subjectivisme absolu de notre modernité en somme, a conduit notre civilisation à remplacer l’éducation des individus par leur “conditionnement” à des valeurs détachées du réel et qui, à terme, conduisent à la “capitulation de la Nature humaine” au profit d’une élite de surmorts (2). L’occasion idéale d’un épisode VI donc, à notre série “De la bataille contre le Système» (3)…

De Orwell à Huxley
Dans son roman “1984”, Orwell avait imaginé un Etat totalitaire s’imposant par la violence, la surveillance, la manipulation de la langue et le contrôle des médias. Dans son “Meilleur des mondes” (4), Huxley avait quant à lui eu l’intuition que le totalitarisme auquel aboutirait fatalement le capitalisme dans sa version ultime serait un totalitarisme dans lequel, ivres de consommation et gavés de divertissements (5), les esclaves auraient «l’amour de leur servitude».

Aujourd’hui, nous constatons que la réalité qui s’impose peu à peu se situe exactement entre les deux: surveillance, Novlangue et contrôle des médias pour tous ; “amour de la servitude” pour ceux que le Système a correctement formatés et, lorsque la situation l’exige (et elle l’exigera toujours davantage à mesure qu’il deviendra impossible de satisfaire aux désirs des masses), violence et répression pour les récalcitrants.

@INTERTITRE =Dans l’intime du processus de déshumanisation

L’immense mérite de C.S. Lewis est de nous conduire dans l’intime de ce processus de formatage, de déshumanisation qui permet au Système d’inculquer in fine aux esclaves “l’amour de leur servitude”.

Son postulat est clair. C’est le rejet par le Système de toute morale universelle, le dénigrement des valeurs traditionnelles et le subjectivisme qui en découle, qui permettent, grâce à une éducation pervertie, de détacher l’homme de son humanité en le transformant en un “produit fabriqué”.

Pour Lewis en effet, toutes les grandes civilisations et religions se recoupent sur les principes moraux essentiels, attestant de “l’objectivité des valeurs”.

Cet ordre moral objectif, cette loi naturelle, forme ainsi un socle commun permettant à chacun de s’épanouir en harmonie avec la vérité du monde et de la condition humaine. Certaines attitudes sont ainsi réellement justes, d’autres réellement fausses, c’est-à-dire «conformes à la réalité de ce qu’est l’univers et de ce que nous sommes».

La juste valeur
Contrairement à ce que préconise l’éducation moderne où le concept même de “jugement de valeur” est devenu péjoratif, où tout n’est que subjectivité, il rappelle que le jugement de valeur n’a rien de subjectif justement, mais s’appuie sur des vérités reconnues, identifiées comme telles par l’ensemble des civilisations et religions.

Les choses sont ainsi objectivement belles ou laides, bonnes ou mauvaises, et on peut les apprécier à leur juste valeur car elles en ont une; ou les haïr dans une juste proportion au regard de ce qu’elles ont d’objectivement haïssable. A l’appui de sa thèse, il cite notamment Aristote: «Le but de l’éducation est d’apprendre à aimer et à haïr ce qu’il convient d’aimer et de haïr» ; puis Platon: «Le jeune homme bien élevé blâme et hait le laid avec un juste dégoût, et loue avec délice la beauté en l’accueillant dans son âme et en s’en nourrissant pour devenir un homme au cœur doux».

Ainsi, les émotions ou sentiments ne sont peut-être pas logiques, mais ils sont «soit raisonnables ou déraisonnables», en fonction de leur adéquation à la juste valeur des choses sur lesquels ils portent. Pour Lewis, «la tête gouverne les entrailles par l’intermédiaire du cœur, qui est le siège d’émotions organisées en sentiments stables par des habitudes bien entraînées».

En résumé : «Le cœur ne peut prendre la place de la tête, mais il doit lui obéir (…). Ne pas être résolu sur les fondements ultimes, soit de la raison théorique soit de la raison pratique, est [dès lors] bêtise pure.»

Un nouveau catéchisme perverti
Pour Lewis, ce condensé de croyances fondamentales, cette loi naturelle reconnue par toutes les civilisations et religions – et qui permet d’organiser les émotions en “sentiments stables” – est logiquement «la seule source de tous les jugements de valeur».

Il estime ainsi que l’homme de peut pas davantage “créer” de nouvelles valeurs qu’il ne peut «créer de nouvelles couleurs». «Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de jugement de valeur radicalement nouveau dans l’histoire de l’humanité.»

Dès lors, la prétention de notre modernité à rejeter les valeurs traditionnelles pour leur en substituer de nouvelles est une formidable supercherie. Supercherie commandée au demeurant par une minorité d’individus encagée dans une idéologie.

Pour Lewis, ces prétendues “nouvelles valeurs” ne sont en effet que des fragments de la morale universelle «arrachés arbitrairement de leur contexte global et démesurément gonflés jusqu’à la folie dans leur isolement».

Et c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie par exemple le principe d’égalité entre homme et femme jusqu’à vouloir les confondre au point, comme le prophétisait Nietzsche, «qu’il leur deviendra impossible de s’aimer»; c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie le principe de liberté au point d’imposer partout laideur et vulgarité ; c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie le principe de tolérance et prétend faire de la déviance la norme, voire de la norme la déviance ; c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie enfin sa vertu autoproclamée tout en en faisant un instrument de guerre pour convertir la planète à sa nouvelle morale dégénérée.

De l’éducation à la propagande
Bien sûr, souligne Lewis, la morale universelle admet un développement de l’intérieur, car c’est de l’intérieur que vient la seule autorité pour la faire évoluer. Donc par ceux qui en ont une connaissance profonde, qui en sont pénétrés, et non pas par quelques philosophes-amateurs, militants encagés dans leur idéologie et leur temps. C’est la différence entre «transformer de l’intérieur et modifier depuis l’extérieur, la différence entre l’organique et le chirurgical».

Aujourd’hui, le dénigrement des valeurs traditionnelles et le subjectivisme totalitaire ont donc permis l’instauration d’un nouveau catéchisme, d’une nouvelle morale qui se veut à portée universelle alors qu’elle est construite sur des “valeurs” amputées, perverties, tronquées ou «amplifiées jusqu’à la folie dans leur isolement», des valeurs qui ont pour point commun toutefois de servir l’idéologie nihiliste du Système et du Marché, au seul profit de l’élite qui les gouvernent.

Il faut donc, insiste Lewis, «reconnaître une validité absolue aux truismes fondamentaux de la raison pratique». Car seule la morale universelle fournit à l’action humaine «une loi commune qui peut à la fois englober les gouvernants et les gouvernés», qui «permet à l’autorité de ne pas être tyrannie, à l’obéissance de ne pas être esclavage.»

Or si l’ancienne éducation, fondée sur les valeurs traditionnelles, était «une sorte de propagation où des hommes transmettaient la force de leur humanité aux hommes, résume Lewis, la nouvelle n’est que propagande. Là où l’ancienne éducation initiait, la nouvelle conditionne.»

Soumettre la nature, puis l’homme
Cette volonté de s’émanciper des contraintes morales de la nature humaine n’est qu’une suite logique à notre prétendue domination sur la Nature.

Puisque nous nous sommes rendus maîtres de notre environnement, pensent les faux-prophètes du Système, nous pouvons nous débarrasser de toute morale universelle, de toute loi naturelle bref, de toutes les scories des dieux que nous avons brûlés pour inventer notre propre religion, reformater une humanité selon nos seuls désirs, nos seuls instincts, mais dans le respect des lois du Marché bien entendu.

Sur cette idée de domination de l’homme sur la Nature, Lewis apporte un démenti cinglant. «Le pouvoir de l’homme sur la nature, dit-il, n’est que le pouvoir de certains hommes sur d’autres». Le pouvoir de générations qui, par leurs choix, limitent le pouvoir des suivantes. «Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est un pouvoir sur l’homme. Chaque progrès le rend à la fois plus fort et plus faible, puisque chaque progrès s’impose à l’homme, conditionne son avenir et limite ses choix.»

«L’étape ultime sera atteinte lorsque l’homme, par l’eugénisme, le conditionnement prénatal et une éducation et une propagande fondée sur une psychologie parfaitement appliquée, sera parvenu à exercer un contrôle total sur lui-même. La nature humaine sera la dernière composante de la Nature à capituler devant l’homme.»

L’hyper-pouvoir contre l’humanité
Bien sûr, de tous temps, on a essayé de faire capituler la Nature humaine pour façonner un nouvel homme. Mais sans jamais y parvenir.

Sauf que, prophétise Lewis dès 1943, «les façonneurs des humains de l’ère nouvelle seront dotés des pouvoirs d’un Etat omni-compétent et armés de techniques scientifiques irrésistibles. Nous serons enfin face à une race de conditionneurs qui pourront réellement façonner toute postérité dans le moule qui leur convient.»

Inutile de dire que cette phrase peut-être réécrite désormais au présent. Dans le premier épisode de «La bataille contre le Système» (6), nous avons détaillé l’hyperpuissance dont disposent aujourd’hui les nouveaux maîtres du monde, et le caractère effectivement «irrésistibles» des techniques de conditionnement dont ils disposent.

Et à la question de savoir si ces “conditionneurs” sont intrinsèquement mauvais, Lewis apporte une réponse vertigineuse : «Pour eux, le bon et le mauvais sont vides de sens, puisque c’est d’eux que doit dépendre le sens de ces mots. (…) Je ne crois pas que ces hommes soient mauvais, je crois plutôt que ce ne sont pas du tout des hommes (dans l’ancienne acception du mot). En d’autres mots, ce sont des gens qui ont sacrifié leur part d’humanité au sens traditionnel du terme pour se consacrer à la tâche de décider ce que l’humanité doit signifier à l’avenir.»

En reniant la morale universelle, la loi naturelle, souligne Lewis, «ils ont sauté dans le vide».

Quant aux esclaves dont le formatage aura réussi, Lewis estime qu’il ne s’agit pas nécessairement de gens malheureux, mais de gens qui ont «perdu toute humanité: ce sont des produits fabriqués».

Et de prononcer sa sentence finale : «La conquête finale de l’homme s’avère être l’abolition de l’homme».

Conclusion
Reconnaître comme intangible la loi naturelle et la morale universelle partagées par les civilisations et les religions depuis des temps immémoriaux; reconnaître qu’elles sont le fondement unique de jugements de valeur objectifs : voilà qui vous place immédiatement, selon le nouveau catéchisme, dans la catégorie des obscurantistes.

Mais on pourrait toujours rétorquer qu’il ne s’agit finalement là que d’un jugement de valeur, sans valeur donc. Petite pirouette qui permet au passage de souligner la bêtise d’une nouvelle philosophie dont le principe fondateur porte en lui l’évidence de son impossibilité.

Au final, ce livre de C.S. Lewis est un monument d’intelligence et d’intuition haute, qui nous dit beaucoup de l’idéologie nihiliste du Système et de sa mécanique intime.

Le constat est là : l’éducation moderne et la propagande diffusée par des médias sous contrôle ne visent en rien à éveiller les hommes et à les élever, mais au contraire à créer dans leur cœur et leur esprit un brouillard insensé qui permet à l’élite des surmorts du Système de les réduire en esclavage.

Reste donc à savoir si une révolte est possible face à un formatage de l’humanité opéré avec une telle puissance. La crainte est en effet très forte que, comme la grenouille plongée dans un bain porté lentement à ébullition ne s’aperçoit de rien et fini bouillie sans le savoir, les hommes s’habituent, d’une génération à l’autre, à vivre sans autres valeurs que celle de leur Moi surdimensionné, sans autres valeurs que celle de leur désirs et de leur plaisirs confondus, dans l’amour de leur servitude.

«On ne regarde plus les arbres comme les dryades et on n’en voit plus la beauté dès l’instant où on les débite en planches, explique Lewis. Le premier à le faire à sans doute ressentit cruellement ce qu’il en coûtait.» Mais ensuite?

Le regard glacé que nous force à poser sur les choses le nouveau catéchisme du Système est celui du scientifique formaté qui s’interdit tout jugement de valeur sur l’objet observé, en nie toute valeur objective et, ainsi, le prive d’une partie de sa réalité, peut-être même la plus importante.

Avec son nouveau catéchisme, le Système nous éduque désormais à réduire notre vision du monde à quelque chose de totalement subjectif et, ce faisant, il nous impose d’en nier la valeur au sens traditionnel du terme, d’en nier la part divine en somme.

C’est la vision que portent sur le monde les surmorts qui prétendent façonner l’homme nouveau: un monde sans dieu, sans humanité, sans valeur et sans âme, un monde déjà mort, comme eux.

Un regard glacé et glaçant qu’à terme, ils nous invitent à poser sur nous-mêmes.

A bon entendeur comme on dit…

Pierre Vaudan

Notes
1). C.S Lewis

2). Nous avons emprunté le terme de “surmorts” à l’écrivain et poète suisse Maurice Chappaz qui, dans une lettre de 1968 écrivait : «J’ai localisé le pouvoir réel, brutal dans l’économie et vu les velléités, les complicités, les mensonges, le blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comporté pour moi un élément de dégoût que tu ne peux imaginer: le nazisme. Le commercial totalitaire le resuce en lui: cette tuerie d’arbres, de phoques, cet empoisonnement de l’air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette réclame pour l’englobant industriel, le «progrès» carrément détachés de l’humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, spéculateurs, menteurs en tous produits et appétits. Nous connaissons aussi ces volontés de puissance à l’œil parfois très intelligent de surmorts, qui délèguent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des espèces de chauves graisseux moins costaux qu’eux-mêmes. Les surmorts ont besoin d’otages, de médiocres qui limitent toujours un pays aux affaires.»

3). Tous les épisodes de La bataille contre le Système

4). Une interview de Aldous Leonard Huxley

5). Voir aussi le concept de “Tittytainment”

6). De la bataille contre le Système, épisode

Voir encore:

L’Abolition de l’homme, de C.S. Lewis

Nunzio Casalaspro

31 mars 2011

Le chahut invraisemblable qu’on a fait autour du petit livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous, aura eu peut-être un mérite : celui de rappeler que notre époque gagnerait à se tourner vers des maîtres à pensée ou, pour employer une expression plus modeste, des hommes qui nous inciteraient à réfléchir. Gourous de l’indignation, nous le sommes tous, et à peu de frais. Il suffit de se regarder soi-même, au quotidien. Notre besoin d’indignation, notre appétit d’émotions sont impossible à rassasier et l’actualité se charge de les alimenter sans cesse. Il est devenu banal de le dire, et cependant il faut le redire, ce que nous nommons « l’actualité » est devenu un objet de consommation parmi d’autres et nous voici des consommateurs d’émotions fortes, centrées sur une actualité particulière, avant qu’une actualité plus brûlante, selon la formule devenue officielle, ne vienne la remplacer. Oubliées la Côte d’Ivoire, l’Égypte, oublié Haïti : voyeurs émus, nous vibrons, minute par minute, devant le grand spectacle du monstre nucléaire japonais, qui pourrait lâcher son venin radioactif, lui-même déjà remplacé par la féérie grandiose des missiles luminescents volant, en feu d’artifice, dans le ciel nocturne de la Libye.

            Contre cette tyrannie du fait, contre cet appétit de gourous ès indignation, je suggère donc qu’on cherche des maîtres à réfléchir. Il en existe. L’Humanité en a donné beaucoup, à vrai dire ; mais si on les veut proches de nous, dans le temps, je propose de lire un inconnu fameux, C.S. Lewis. Lewis est l’auteur d’une oeuvre mondialement célèbre, la série Narnia ; et cependant, cet auteur irlandais, né à Belfast en 1898, demeure méconnu ; je ne suis pas certain qu’ils soient nombreux ceux qui ont connaissance de son oeuvre principal – ses ouvrages de critique littéraire, ses essais. Ainsi, telles ces consonnes qu’on n’entend pas – le p dans le chiffre « sept » – consonnes que les grammairiens, comme le rappelle Pascal Quignard dans son livre La Haine de la musique, nommaient consonnes ineffables, le grand oeuvre de C.S. Lewis est lisible mais reste dans l’ombre, méconnu.

      Comme un autre britannique fameux, Chesterton, dont on gagnerait à le rapprocher, Lewis est un converti. C’est en 1929 qu’il trouve le chemin du christianisme dont il fera l’apologie à la manière de l’auteur de Orthodoxie, en théologien laïc. Et cependant, comme celle de Chesterton encore, l’œuvre de Lewis peut toucher – et elle touche certainement – bien au-delà des cercles chrétiens : dès lors qu’il s’agit de proposer une anthropologie, il n’est pas de chapelle qui tienne. Avec moins d’humour que l’auteur de Hérésies, sans doute, et cependant avec une liberté de parole égale, Lewis se propose d’examiner ce qu’est l’Homme et quel peut être son devenir.

     Si l’on devait conseiller un premier livre à ceux qui sont ignorants de l’œuvre de Lewis, probablement pourrait-on suggérer la lecture d’un petit ouvrage, à peine plus lourd en main que celui de Hessel, et cependant bien plus profond : L’Abolition de l’homme. Trois chapitres composent ce livre qui, comme le rappelle la préface, correspondent à trois cours que l’auteur donna en 1943 à l’université de Durham. Il n’est pas dans mon propos, ici, d’examiner en détail l’essai de Lewis et je préfère qu’on aille y voir par soi-même. Disons cependant que, dans le premier chapitre, « Des hommes sans cœur »,  l’auteur commence par proposer à ses auditeurs, devenus ses lecteurs, l’examen d’un manuel de pédagogie. Analysant un passage célèbre où, mettant en présence deux promeneurs devant une chute d’eau, Coleridge fait dire à l’un que cette chute est sublime, et à l’autre qu’elle est simplement jolie, les auteurs du manuel cherchent à dénigrer toute objectivité à la réalité admirée. Pour ces auteurs  dont Lewis tait les noms, il ne peut être question, d’un point de vue humain, d’affirmer que cette réalité observée est sublime, mais simplement que le sentiment que nous éprouvons exprime quelque chose de cet ordre. A partir de cet exemple, Lewis commence une démonstration visant à mettre en évidence que le subjectivisme radical proposé par le manuel conduit à des aberrations. Il n’est pas douteux, affirme Lewis, que la chute d’eau est sublime et, si l’on cherche absolument à dire quelque chose du sentiment éprouvé par l’observateur de ce pan de nature «  il serait plus convenable de traduire par J’ai des sentiments d’humilité. » Le déni d’objectivité ou de réalité proposés par les auteurs du manuel, continue Lewis, conduirait inévitablement à des absurdités. Appliquée de façon systématique, leur conception du réel « contraindrait nos deux enseignants à soutenir que la phrase Vous êtes méprisables veut dire Mes sentiments sont méprisables, et qu’en fait Vos sentiments sont méprisables signifie Mes sentiments sont méprisables. »

         Est-il utile de souligner que la conception des auteurs du manuel examiné par Lewis signifie la négation de toute hiérarchie des valeurs, puisque tout jugement de valeur est précisément réduit à un simple état émotionnel exprimé par celui qui parle ? Est-il utile de rappeler à quel point cette conception est aujourd’hui la nôtre, à quel point elle s’est généralisée ? Depuis l’école, où l’on encourage l’élève à dire ce qu’il ressent face à un texte ou un tableau et à l’exprimer, comme si cette expression était la seule valeur objective possible, jusqu’à nos débats d’adultes, où la concurrence des émotions, des indignations  et des raisons arbitraires est une règle, les auteurs du manuel semblent avoir triomphé. Mais que peut-on opposer à cet égalitarisme plat, où le monde semble se réduire à une seule dimension, sur laquelle nous promenons notre subjectivité jugée irremplaçable, irrécusable ? Puisant à de nombreuses sources – Saint Augustin, Platon, Aristote, mais aussi, en fin de volume, l’Egypte, l’Inde ou la Chine anciennes – Lewis montre que, à l’opposé de ce « face-à-face entre le monde des faits, sans la moindre trace de valeur, et le monde des sentiments, sans la moindre trace de vérité ou d’erreur, de justice ou d’injustice », pendant des millénaires, l’éducation s’est appuyée au contraire sur la certitude que l’univers dans lequel nous vivons « était tel que certaines réactions émotionnelles  pouvaient être ou non en accord avec lui ». L’éducation, par conséquent, est un apprentissage précoce de valeurs assemblées selon des hiérarchies. Elle nous enseigne ce qu’il convient d’admettre ou réfuter, d’aimer ou de haïr, selon que les choses sont belles ou laides, vraies ou fausses. Bref, il existe une « doctrine de l’objectivité des valeurs, la conviction que certaines attitudes sont véritablement conformes à la réalité de ce qu’est l’univers et de ce que nous sommes, tandis que d’autres ne le sont pas. » Cette doctrine, Lewis, le chrétien Lewis la nomme le Tao, la Voie, le Chemin.

      Toute la suite de son essai va consister à envisager les conséquences de notre position vis-à-vis du monde, selon que l’on se place à l’intérieur ou  l’extérieur du Tao. Ceux qui se placent à l’extérieur doivent admettre, poursuit l’auteur, qu’on doit considérer tous les sentiments comme irrationnels et « comme une sorte de brouillard entre nous et les objets réels. » La conséquence logique de cette attitude est qu’un éducateur doit tenir éloigné ses élèves de tout sentiment, ou bien alors encourager arbitrairement certains sentiments au détriment des autres.  Cette attitude construit, selon le titre du premier chapitre, des « hommes sans cœur » à qui, si on est tout de même porté à enseigner des valeurs, on doit tout de même enseigner le courage, l’amour de la justice et toutes les valeurs positives. Mais le risque énorme de cette vision du monde est qu’on livre les élèves et les hommes à la propagande, qui est un autre nom pour désigner l’arbitraire.

         Dans le second chapitre, Lewis examine cette doctrine traditionnelle qu’il choisit, par facilité, de nommer Tao ; mais le chapitre essentiel est le troisième, qui donne son titre à l’ouvrage, L’abolition de l’homme. Un monde qui n’admet aucune base rationnelle, ne peut fonder sur rien de stable les sentiments ou les pensées humaines, livre donc la plupart des hommes à la propagande et au pouvoir de quelques uns, les « conditionneurs », sur tous les autres. Ces conditionneurs, nous dit Lewis, ne seront même plus des hommes ; ils auront choisi de sacrifier « leur part d’humanité au sens traditionnel pour se consacrer à la tâche de décider ce que l’humanité doit signifier à l’avenir. »  Que ces hommes soient bons, qu’ils soient bien intentionnés, ajoute Lewis, ne change rien à l’affaire, puisque, décideurs, conditionneurs, ce seront eux qui, de toute façon, décideront de ce qui est bon ou mauvais. Quant aux autres, « ceux qui leur sont soumis », ne seront pas nécessairement des gens malheureux. « Ils ont perdu toute humanité : ce sont des objets fabriqués. La conquête finale de l’homme s’avère être l’abolition de l’homme. »

On pourrait croire que Lewis exagère ; cependant, il faut se souvenir qu’il écrit dans les années quarante et que l’évolution des sociétés semble lui avoir donné raison. On ne peut qu’être fasciné ou horrifié, en lisant ce qu’il écrit, de voir que, en de nombreuses pages, l’auteur paraît avoir prévu par exemple le développement de ce courant de pensée que ses adeptes nomment « transhumanisme », lequel ne se propose pas moins, selon ce qu’il affirme dans une Déclaration solennelle, que de rendre obsolète l’homme tel qu’il se présente encore aujourd’hui, avec son existence humaine limitée. « Nous envisageons, disent les transhumanistes, la possibilité que l’être humain puisse subir des modifications, tel que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers. »  On peut penser que ces transhumanistes sont des farfelus ; il n’est cependant pas certains qu’ils le soient et les progrès de la science leur donnent chaque jour davantage de leviers sur la société. Quoi qu’il en soit, le monde décrit par Lewis, dans lequel les sentiments et les pensées n’ont plus aucune objectivité est notre réalité. Que penser de sociétés où, dès lors qu’il s’agit par exemple de mesurer le caractère rationnel et l’impact sur lesdites sociétés de religions aussi différentes que le christianisme et l’islam, dénient à tous ceux qui le prétendent le droit d’avancer des arguments pour disqualifier l’une ou l’autre de ces religions ? Les raisons sont aujourd’hui systématiquement refusées à ceux qui ne veulent pas considérer les religions uniquement comme la mise en action de sentiments intimes et individuels, indiscutables et inopposables ; la critique rationnelle, la critique fondée, est ramenée, dans le débat public, aux sentiments de ceux qui avancent les arguments du débat. Si je dis, en m’appuyant sur l’étude des textes, que le bouddhisme ou l’islam peuvent être des religions tyranniques, insolubles dans une société démocratique, comme dans la phrase de Lewis que je citais plus haut, – Vous êtes méprisables veut dire Mes sentiments sont méprisables – cela ne peut signifier qu’une chose : que mes sentiments sont hostiles, que je suis islamophobe ou bouddhistophobe.

       Lewis, à la fin de son essai, donne en appendice de nombreux exemples de ce qu’il appelle la Loi naturelle. Parmi toutes ces citations magnifiques, empruntées à toutes les traditions, il n’est pas interdit d’avoir ses préférences.  Celle-ci par exemple : « On ne doit jamais frapper une femme, même avec une fleur. » (Inde, Janet, I, 8) Cette autre : « On rapporte que, dans la tribu des Daleburas, une femme, infirme de naissance, fut portée à tour de rôle par les membres de la tribu jusqu’à sa mort, à l’âge de soixante-six ans ; ils n’abandonnent jamais les malades » (Aborigènes d’Australie). Une dernière enfin : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perdra. (Jean 12, 24-25).

Voir enfin:

The Abolition of Man
C.S. Lewis

It came burning hot into my mind, whatever he said and however he flattered, when he got me home to his house, he would sell me for a slave.—John Bunyan

`Man’s conquest of Nature’ is an expression often used to describe the progress of applied science. `Man has Nature whacked,’ said someone to a friend of mine not long ago. In their context the words had a certain tragic beauty, for the speaker was dying of tuberculosis. `No matter’ he said, `I know I’m one of the casualties. Of course there are casualties on the winning as well as on the losing side. But that doesn’t alter the fact that it is winning.’ I have chosen this story as my point of departure in order to make it clear that I do not wish to disparage all that is really beneficial in the process described as `Man’s conquest’, much less all the real devotion and self-sacrifice that has gone to make it possible. But having done so I must proceed to analyse this conception a little more closely. In what sense is Man the possessor of increasing power over Nature? Let us consider three typical examples: the aeroplane, the wireless, and the contraceptive. In a civilized community, in peace-time, anyone who can pay for them may use these things. But it cannot strictly be said that when he does so he is exercising his own proper or individual power over Nature. If I pay you to carry me, I am not therefore myself a strong man. Any or all of the three things I have mentioned can be withheld from some men by other men—by those who sell, or those who allow the sale, or those who own the sources of production, or those who make the goods. What we call Man’s power is, in reality, a power possessed by some men which they may, or may not, allow other men to profit by. Again, as regards the powers manifested in the aeroplane or the wireless, Man is as much the patient or subject as the possessor, since he is the target both for bombs and for propaganda. And as regards contraceptives, there is a paradoxical, negative sense in which all possible future generations are the patients or subjects of a power wielded by those already alive. By contraception simply, they are denied existence; by contraception used as a means of selective breeding, they are, without their concurring voice, made to be what one generation, for its own reasons, may choose to prefer. From this point of view, what we call Man’s power over Nature turns out to be a power exercised by some men over other men with Nature as its instrument.

It is, of course, a commonplace to complain that men have hitherto used badly, and against their fellows, the powers that science has given them, But that is not the point I am trying to make. I am not speaking of particular corruptions and abuses which an increase of moral virtue would cure: I am considering what the thing called `Man’s power over Nature’ must always and essentially be. No doubt, the picture could be modified by public ownership of raw materials and factories and public control of scientific research. But unless we have a world state this will still mean the power of one nation over others. And even within the world state or the nation it will mean (in principle) the power of majorities over minorities, and (in the concrete) of a government over the people. And all long-term exercises of power, especially in breeding, must mean the power of earlier generations over later ones.

The latter point is not always sufficiently emphasized, because those who write on social matters have not yet learned to imitate the physicists by always including Time among the dimensions. In order to understand fully what Man’s power over Nature, and therefore the power of some men over other men, really means, we must picture the race extended in time from the date of its emergence to that of its extinction. Each generation exercises power over its successors: and each, in so far as it modifies the environment bequeathed to it and rebels against tradition, resists and limits the power of its predecessors. This modifies the picture which is sometimes painted of a progressive emancipation from tradition and a progressive control of natural processes resulting in a continual increase of human power. In reality, of course, if any one age really attains, by eugenics and scientific education, the power to make its descendants what it pleases, all men who live after it are the patients of that power. They are weaker, not stronger: for though we may have put wonderful machines in their hands we have pre-ordained how they are to use them. And if, as is almost certain, the age which had thus attained maximum power over posterity were also the age most emancipated from tradition, it would be engaged in reducing the power of its predecessors almost as drastically as that of its successors. And we must also remember that, quite apart from this, the later a generation comes—the nearer it lives to that date at which the species becomes extinct—the less power it will have in the forward direction, because its subjects will be so few. There is therefore no question of a power vested in the race as a whole steadily growing as long as the race survives. The last men, far from being the heirs of power, will be of all men most subject to the dead hand of the great planners and conditioners and will themselves exercise least power upon the future.

The real picture is that of one dominant age—let us suppose the hundredth century A.D.—which resists all previous ages most successfully and dominates all subsequent ages most irresistibly, and thus is the real master of the human species. But then within this master generation (itself an infinitesimal minority of the species) the power will be exercised by a minority smaller still. Man’s conquest of Nature, if the dreams of some scientific planners are realized, means the rule of a few hundreds of men over billions upon billions of men. There neither is nor can be any simple increase of power on Man’s side. Each new power won by man is a power over man as well. Each advance leaves him weaker as well aas stronger. In every victory, besides being the general who triumphs, he is also the prisoner who follows the triumphal car.

I am not yet considering whether the total result of such ambivalent victories is a good thing or a bad. I am only making clear what Man’s conquest of Nature really means and especially that final stage in the conquest, which, perhaps, is not far off. The final stage is come when Man by eugenics, by pre-natal conditioning, and by an education and propaganda based on a perfect applied psychology, has obtained full control over himself. Human nature will be the last part of Nature to surrender to Man. The battle will then be won. We shall have `taken the thread of life out of the hand of Clotho’ and be henceforth free to make our species whatever we wish it to be. The battle will indeed be won. But who, precisely, will have won it?

For the power of Man to make himself what he pleases means, as we have seen, the power of some men to make other men what they please. In all ages, no doubt, nurture and instruction have, in some sense, attempted to exercise this power. But the situation to which we must look forward will be novel in two respects. In the first place, the power will be enormously increased. Hitherto the plans of educationalists have achieved very little of what they attempted and indeed, when we read them—how Plato would have every infant « a bastard nursed in a bureau », and Elyot would have the boy see no men before the age of seven and, after that, no women,1 and how Locke wants children to have leaky shoes and no turn for poetry2—we may well thank the beneficent obstinacy of real mothers, real nurses, and (above all) real children for preserving the human race in such sanity as it still possesses. But the man-moulders of the new age will be armed with the powers of an omnicompetent state and an irresistible scientific technique: we shall get at last a race of conditioners who really can cut out all posterity in what shape they please.

The second difference is even more important. In the older systems both the kind of man the teachers wished to produce and their motives for producing him were prescribed by the Tao—a norm to which the teachers themselves were subject and from which they claimed no liberty to depart. They did not cut men to some pattern they had chosen. They handed on what they had received: they initiated the young neophyte into the mystery of humanity which over-arched him and them alike. It was but old birds teaching young birds to fly. This will be changed. Values are now mere natural phenomena. Judgements of value are to be produced in the pupil as part of the conditioning. Whatever Tao there is will be the product, not the motive, of education. The conditioners have been emancipated from all that. It is one more part of Nature which they have conquered. The ultimate springs of human action are no longer, for them, something given. They have surrendered—like electricity: it is the function of the Conditioners to control, not to obey them. They know how to produce conscience and decide what kind of conscience they will produce. They themselves are outside, above. For we are assuming the last stage of Man’s struggle with Nature. The final victory has been won. Human nature has been conquered—and, of course, has conquered, in whatever sense those words may now bear.

The Conditioners, then, are to choose what kind of artificial Tao they will, for their own good reasons, produce in the Human race. They are the motivators, the creators of motives. But how are they going to be motivated themselves?

For a time, perhaps, by survivals, within their own minds, of the old `natural’ Tao. Thus at first they may look upon themselves as servants and guardians of humanity and conceive that they have a `duty’ to do it `good’. But it is only by confusion that they can remain in this state. They recognize the concept of duty as the result of certain processes which they can now control. Their victory has consisted precisely in emerging from the state in which they were acted upon by those processes to the state in which they use them as tools. One of the things they now have to decide is whether they will, or will not, so condition the rest of us that we can go on having the old idea of duty and the old reactions to it. How can duty help them to decide that? Duty itself is up for trial: it cannot also be the judge. And `good’ fares no better. They know quite well how to produce a dozen different conceptions of good in us. The question is which, if any, they should produce. No conception of good can help them to decide. It is absurd to fix on one of the things they are comparing and make it the standard of comparison.

To some it will appear that I am inventing a factitious difficulty for my Conditioners. Other, more simple-minded, critics may ask, `Why should you suppose they will be such bad men?’ But I am not supposing them to be bad men. They are, rather, not men (in the old sense) at all. They are, if you like, men who have sacrificed their own share in traditional humanity in order to devote themselves to the task of deciding what `Humanity’ shall henceforth mean. `Good’ and `bad’, applied to them, are words without content: for it is from them that the content of these words is henceforward to be derived. Nor is their difficulty factitious, « We might suppose that it was possible to say `After all, most of us want more or less the same things—food and drink and sexual intercourse, amusement, art, science, and the longest possible life for individuals and for the species. Let them simply say, This is what we happen to like, and go on to condition men in the way most likely to produce it. Where’s the trouble?’ But this will not answer. In the first place, it is false that we all really like the same things. But even if we did, what motive is to impel the Conditioners to scorn delights and live laborious days in order that we, and posterity, may have what we like? Their duty? But that is only the Tao, which they may decide to impose on us, but which cannot be valid for them. If they accept it, then they are no longer the makers of conscience but still its subjects, and their final conquest over Nature has not really happened. The preservation of the species? But why should the species be preserved? One of the questions before them is whether this feeling for posterity (they know well how it is produced) shall be continued or not. However far they go back, or down, they can find no ground to stand on. Every motive they try to act on becomes at once petitio. It is not that they are bad men. They are not men at all. Stepping outside the Tao, they have stepped into the void. Nor are their subjects necessarily unhappy men. They are not men at all: they are artefacts. Man’s final conquest has proved to be the abolition of Man.

Yet the Conditioners will act. When I said just now that all motives fail them, I should have said all motives except one. All motives that claim any validity other than that of their felt emotional weight at a given moment have failed them. Everything except the sic volo, sic jubeo has been explained away. But what never claimed objectivity cannot be destroyed by subjectivism. The impulse to scratch when I itch or to pull to pieces when I am inquisitive is immune from the solvent which is fatal to my justice, or honour, or care for posterity. When all that says It is good’ has been debunked, what says 1 want’ remains. It cannot be exploded or `seen through’ because it never had any pretentions. The Conditioners, therefore, must come to be motivated simply by their own pleasure. I am not here speaking of the corrupting influence of power nor expressing the fear that under it our Conditioners will degenerate. The very words corrupt and degenerate imply a doctrine of value and are therefore meaningless in this context. My point is that those who stand outside all judgements of value cannot have any ground for preferring one of their own impulses to another except the emotional strength of that impulse.

We may legitimately hope that among the impulses which arise in minds thus emptied of all `rational’ or `spiritual’ motives, some will be benevolent. I am very doubtful myself whether the benevolent impulses, stripped of that preference and encouragement which the Tao teaches us to give them and left to their merely natural strength and frequency as psychological events, will have much influence. I am very doubtful whether history shows us one example of a man who, having stepped outside traditional morality and attained power, has used that power benevolently. I am inclined to think that the Conditioners will hate the conditioned. Though regarding as an illusion the artificial conscience which they produce in us their subjects, they will yet perceive that it creates in us an illusion of meaning for our lives which compares favourably with the futility of their own: and they will envy us as eunuchs envy men. But I do not insist on this, for it is a mere conjecture. What is not conjecture is that our hope even of a `conditioned’ happiness rests on what is ordinarily called `chance’—the chance that benevolent impulses may on the whole predominate in our Conditioners. For without the judgement `Benevolence is good’—that is, without re-entering the Tao—they can have no ground for promoting or stabilizing these impulses rather than any others. By the logic of their position they must just take their impulses as they come, from chance. And Chance here means Nature. It is from heredity, digestion, the weather, and the association of ideas, that the motives of the Conditioners will spring. Their extreme rationalism, by `seeing through’ all `rational’ motives, leaves them creatures of wholly irrational behaviour. If you will not obey the Tao, or else commit suicide, obedience to impulse (and therefore, in the long run, to mere `nature’) is the only course left open.

At the moment, then, of Man’s victory over Nature, we find the whole human race subjected to some individual men, and those individuals subjected to that in themselves which is purely `natural’—to their irrational impulses. Nature, untrammelled by values, rules the Conditioners and, through them, all humanity. Man’s conquest of Nature turns out, in the moment of its consummation, to be Nature’s conquest of Man. Every victory we seemed to win has led us, step by step, to this conclusion. All Nature’s apparent reverses have been but tactical withdrawals. We thought we were beating her back when she was luring us on. What looked to us like hands held up in surrender was really the opening of arms to enfold us for ever. If the fully planned and conditioned world (with its Tao a mere product of the planning) comes into existence, Nature will be troubled no more by the restive species that rose in revolt against her so many millions of years ago, will be vexed no longer by its chatter of truth and mercy and beauty and happiness. Ferum victorem cepit: and if the eugenics are efficient enough there will be no second revolt, but all snug beneath the Conditioners, and the Conditioners beneath her, till the moon falls or the sun grows cold.

My point may be clearer to some if it is put in a different form. Nature is a word of varying meanings, which can best be understood if we consider its various opposites. The Natural is the opposite of the Artificial, the Civil, the Human, the Spiritual, and the Supernatural. The Artificial does not now concern us. If we take the rest of the list of opposites, however, I think we can get a rough idea of what men have meant by Nature and what it is they oppose to her. Nature seems to be the spatial and temporal, as distinct from what is less fully so or not so at all. She seems to be the world of quantity, as against the world of quality; of objects as against consciousness; of the bound, as against the wholly or partially autonomous; of that which knows no values as against that which both has and perceives value; of efficient causes (or, in some modern systems, of no causality at all) as against final causes. Now I take it that when we understand a thing analytically and then dominate and use it for our own convenience, we reduce it to the level of `Nature’ in the sense that we suspend our judgements of value about it, ignore its final cause (if any), and treat it in terms of quantity. This repression of elements in what would otherwise be our total reaction to it is sometimes very noticeable and even painful: something has to be overcome before we can cut up a dead man or a live animal in a dissecting room. These objects resist the movement of the mind whereby we thrust them into the world of mere Nature. But in other instances too, a similar price is exacted for our analytical knowledge and manipulative power, even if we have ceased to count it. We do not look at trees either as Dryads or as beautiful objects while we cut them into beams: the first man who did so may have felt the price keenly, and the bleeding trees in Virgil and Spenser may be far-off echoes of that primeval sense of impiety. The stars lost their divinity as astronomy developed, and the Dying God has no place in chemical agriculture. To many, no doubt, this process is simply the gradual discovery that the real world is different from what we expected, and the old opposition to Galileo or to `body-snatchers’ is simply obscurantism. But that is not the whole story. It is not the greatest of modern scientists who feel most sure that the object, stripped of its qualitative properties and reduced to mere quantity, is wholly real. Little scientists, and little unscientific followers of science, may think so. The great minds know very well that the object, so treated, is an artificial abstraction, that something of its reality has been lost.

From this point of view the conquest of Nature appears in a new light. We reduce things to mere Nature in order that we may `conquer’ them. We are always conquering Nature, because `Nature’ is the name for what we have, to some extent, conquered. The price of conquest is to treat a thing as mere Nature. Every conquest over Nature increases her domain. The stars do not become Nature till we can weigh and measure them: the soul does not become Nature till we can psychoanalyse her. The wresting of powers from Nature is also the surrendering of things to Nature. As long as this process stops short of the final stage we may well hold that the gain outweighs the loss. But as soon as we take the final step of reducing our own species to the level of mere Nature, the whole process is stultified, for this time the being who stood to gain and the being who has been sacrificed are one and the same. This is one of the many instances where to carry a principle to what seems its logical conclusion produces absurdity. It is like the famous Irishman who found that a certain kind of stove reduced his fuel bill by half and thence concluded that two stoves of the same kind would enable him to warm his house with no fuel at all. It is the magician’s bargain: give up our soul, get power in return. But once our souls, that is, ourselves, have been given up, the power thus conferred will not belong to us. We shall in fact be the slaves and puppets of that to which we have given our souls. It is in Man’s power to treat himself as a mere `natural object’ and his own judgements of value as raw material for scientific manipulation to alter at will. The objection to his doing so does not lie in the fact that this point of view (like one’s first day in a dissecting room) is painful and shocking till we grow used to it. The pain and the shock are at most a warning and a symptom. The real objection is that if man chooses to treat himself as raw material, raw material he will be: not raw material to be manipulated, as he fondly imagined, by himself, but by mere appetite, that is, mere Nature, in the person of his de-humanized Conditioners.

We have been trying, like Lear, to have it both ways: to lay down our human prerogative and yet at the same time to retain it. It is impossible. Either we are rational spirit obliged for ever to obey the absolute values of the Tao, or else we are mere nature to be kneaded and cut into new shapes for the pleasures of masters who must, by hypothesis, have no motive but their own `natural’ impulses. Only the Tao provides a common human law of action which can over-arch rulers and ruled alike. A dogmatic belief in objective value is necessary to the very idea of a rule which is not tyranny or an obedience which is not slavery.

I am not here thinking solely, perhaps not even chiefly, of those who are our public enemies at the moment. The process which, if not checked, will abolish Man goes on apace among Communists and Democrats no less than among Fascists. The methods may (at first) differ in brutality. But many a mild-eyed scientist in pince-nez, many a popular dramatist, many an amateur philosopher in our midst, means in the long run just the same as the Nazi rulers of Germany/Traditional values are to be `debunked’ and mankind to be cut out into some fresh shape at the will (which must, by hypothesis, be an arbitrary will) of some few lucky people in one lucky generation which has learned how to do it. The belief that we can invent `ideologies’ at pleasure, and the consequent treatment of mankind as mere υλη, specimens, preparations, begins to affect our very language. Once we killed bad men: now we liquidate unsocial elements. Virtue has become integration and diligence dynamism, and boys likely to be worthy of a commission are `potential officer material’. Most wonderful of all, the virtues of thrift and temperance, and even of ordinary intelligence, are sales-resistance.

The true significance of what is going on has been concealed by the use of the abstraction Man. Not that the word Man is necessarily a pure abstraction. In the Tao itself, as long as we remain within it, we find the concrete reality in which to participate is to be truly human: the real common will and common reason of humanity, alive, and growing like a tree, and branching out, as the situation varies, into ever new beauties and dignities of application. While we speak from within the Tao we can speak of Man having power over himself in a sense truly analogous to an individual’s self-control. But the moment we step outside and regard the Tao as a mere subjective product, this possibility has disappeared. What is now common to all men is a mere abstract universal, an H.C.F., and Man’s conquest of himself means simply the rule of the Conditioners over the conditioned human material, the world of post-humanity which, some knowingly and some unknowingly, nearly all men in all nations are at present labouring to produce.

Nothing I can say will prevent some people from describing this lecture as an attack on science. I deny the charge, of course: and real Natural Philosophers (there are some now alive) will perceive that in defending value I defend inter alia the value of knowledge, which must die like every other when its roots in the Tao are cut. But I can go further than that. I even suggest that from Science herself the cure might come.

I have described as a `magician’s bargain’ that process whereby man surrenders object after object, and finally himself, to Nature in return for power. And I meant what I said. The fact that the scientist has succeeded where the magician failed has put such a wide contrast between them in popular thought that the real story of the birth of Science is misunderstood. You will even find people who write about the sixteenth century as if Magic were a medieval survival and Science the new thing that came in to sweep it away. Those who have studied the period know better. There was very little magic in the Middle Ages: the sixteenth and seventeenth centuries are the high noon of magic. The serious magical endeavour and the serious scientific endeavour are twins: one was sickly and died, the other strong and throve. But they were twins. They were born of the same impulse. I allow that some (certainly not all) of the early scientists were actuated by a pure love of knowledge. But if we consider the temper of that age as a whole we can discern the impulse of which I speak.

There is something which unites magic and applied science while separating both from the wisdom of earlier ages. For the wise men of old the cardinal problem had been how to conform the soul to reality, and the solution had been knowledge, self-discipline, and virtue. For magic and applied science alike the problem is how to subdue reality to the wishes of men: the solution is a technique; and both, in the practice of this technique, are ready to do things hitherto regarded as disgusting and impious—such as digging up and mutilating the dead.

If we compare the chief trumpeter of the new era (Bacon) with Marlowe’s Faustus, the similarity is striking. You will read in some critics that Faustus has a thirst for knowledge. In reality, he hardly mentions it. It is not truth he wants from the devils, but gold and guns and girls. `All things that move between the quiet poles shall be at his command’ and `a sound magician is a mighty god’.3 In the same spirit Bacon condemns those who value knowledge as an end in itself: this, for him, is to use as a mistress for pleasure what ought to be a spouse for fruit.4 The true object is to extend Man’s power to the performance of all things possible. He rejects magic because it does not work;5 but his goal is that of the magician. In Paracelsus the characters of magician and scientist are combined. No doubt those who really founded modern science were usually those whose love of truth exceeded their love of power; in every mixed movement the efficacy comes from the good elements not from the bad. But the presence of the bad elements is not irrelevant to the direction the efficacy takes. It might be going too far to say that the modern scientific movement was tainted from its birth: but I think it would be true to say that it, was born in an unhealthy neighbourhood and at an inauspicious hour. Its triumphs may have-been too rapid and purchased at too high a price: reconsideration, and something like repentance, may be required.

Is it, then, possible to imagine a new Natural Philosophy, continually conscious that the `natural object’ produced by analysis and abstraction is not reality but only a view, and always correcting the abstraction? I hardly know what I am asking for. I hear rumours that Goethe’s approach to nature deserves fuller consideration—that even Dr Steiner may have seen something that orthodox researchers have missed. The regenerate science which I have in mind would not do even to minerals and vegetables what modern science threatens to do to man himself. When it explained it would not explain away. When it spoke of the parts it would remember the whole. While studying the It it would not lose what Martin Buber calls the Thou-situation. The analogy between the Tao of Man and the instincts of an animal species would mean for it new light cast on the unknown thing, Instinct, by the only known reality of conscience and not a reduction of conscience to the category of Instinct. Its followers would not be free with the words only and merely. In a word, it would conquer Nature without being at the same time conquered by her and buy knowledge at a lower cost than that of life.

Perhaps I am asking impossibilities. Perhaps, in the nature of things, analytical understanding must always be a basilisk which kills what it sees and only sees by killing. But if the scientists themselves cannot arrest this process before it reaches the common Reason and kills that too, then someone else must arrest it. What I most fear is the reply that I am `only one more’ obscurantist, that this barrier, like all previous barriers set up against the advance of science, can be safely passed. Such a reply springs from the fatal serialism of the modern imagination—the image of infinite unilinear progression which so haunts our minds. Because we have to use numbers so much we tend to think of every process as if it must be like the numeral series, where every step, to all eternity, is the same kind of step as the one before. I implore you to remember the Irishman and his two stoves. There are progressions in which the last step is sui generis—incommensurable with the others—and in which to go the whole way is to undo all the labour of your previous journey. To reduce the Tao to a mere natural product is a step of that kind. Up to that point, the kind of explanation which explains things away may give us something, though at a heavy cost. But you cannot go on `explaining away’ for ever: you will find that you have explained explanation itself away. You cannot go on `seeing through5 things for ever. The whole point of seeing through something is to see something through it. It is good that the window should be transparent, because the street or garden beyond it is opaque. How if you saw through the garden too? It is no use trying to `see through’ first principles. If you see through everything, then everything is transparent. But a wholly transparent world is an invisible world. To `see through’ all things is the same as not to see.

Notes:

1. The Boke Named the Governour, I. iv: `Al men except physitions only shulde be excluded and kepte out of the norisery.’ I. vi: `After that a childe is come to seuen yeres of age… the most sure counsaile is to withdrawe him from all company of women.’

2. Some Thoughts concerning Education,§7:1 will also advise his Feet to be wash’d every Day in cold Water, and to have his Shoes so thin that they might leak and let in Water, whenever he comes near it.’ §174: `If he have a poetick vein, ’tis to me the strangest thing in the World that the Father should desire or suffer it to be cherished or improved. Methinks the Parents should labour to have it stifled and suppressed as much as may be.’ Yet Locke is one of our most sensible writers on education.

3. Dr Faustus, 77-90.

4. Advancement of Learning, Bk I (p. 60 in Ellis and Spedding, 1905; p. 35 in Everyman Edition).

5. Filum Labyrinthi, i.
Transcriber’s Notes
Buber, Martin (1878-1965) philosopher who said the I-Thou approach to relationships is the only way people can be fully authentic; only a part of our humanity is expressed in the I-It relationship.

Clotho – of the three Fates of Greek mythology, she was the one who wove the fabric of life

factitious – contrived, artificial

Faustus – the magician of Renaisance legend who bargained his soul to the devil in exchange for power

Ferum victorem cepit – from Horace Graecia capta ferum victorem cepit et/ Artes intulit agresti Latio.: « Greece, once overcome, overcame her wild conqueror,/ And brought the arts into rustic Latium. » The vanquished were actually the victors; Lewis is saying that nature, being conquered, is the true winner.

Francis Bacon – proponent (1561-1626) of the « scientific revolution » who advocated science as a tool to gain power over nature; he is known more for his polemical writings on science than his advancement of human knowledge

Goethe Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) Romantic poet who reverenced nature as divine

H.C.F. – highest common factor

Inter alia – Amongst other things

Paracelsus – (1493-1541), more properly Theophrastus Phillippus Aureolus Bombastus von Hohenheim, who was known for his medical innovations during the Renaisance. Traditionally it has been said that Paracelsus was taught by several bishops and the occultist abbot of Sponheim, Johannes Trithemius.

Petitio – short for petitio principii or begging the question: a logical fallacy in which the thing to be proved is implicitly assumed.

Sic volo, sic jubeo – short for sic volo, sic jubeo, stat pro ratione voluntas: « Thus I will, thus I command, my pleasure stands for law. »

Sui generis – adj. [literally, of its own kind] constituting a class alone: unique, peculiar.

υλη – hule or matter, as used by Aristotle


Edwy Plenel: C’est la logique du bouc émissaire, imbécile ! (It’s scapegoating, stupid !)

16 avril, 2018
Chaillot
 
macron eveques islam laicite
N’allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et à la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemi les gens de sa famille. Jésus (Matthieu 10, 34-36)
Alors le roi dira (…) j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 34-40)
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
A cause de l’influence judaïque et chrétienne, le phénomène ne se produit plus à notre époque que de façon honteuse, furtive, clandestine. (…) Entre les phénomènes d’expulsion atténuée que nous observons tous les jours dans notre monde et le rite antique du bouc émissaire aussi bien que mille autres rites du même genre, les analogies sont trop parfaites pour  ne pas être réelles. Lorsque nous soupçonnons nos voisins de céder à la tentation du bouc émissaire, nous les dénonçons avec indignation. Nous stigmatisons férocement les phénomènes de bouc émissaire dont nos voisins se rendent coupable, sans  parvenir à  nous passer nous-mêmes de victimes de rechange. Nous essayons tous de croire que nous n’avons que des rancunes légitimes et des haines justifiées mais nos certitudes en ce domaine sont plus fragiles que celles de nos ancêtres. Nous pourrions utiliser avec délicatesse la perspicacité dont nous faisons preuve à l’égard de nos voisins, sans trop humilier ceux que nous prenons en flagrant délit de chasse au bouc émissaire mais, le plus souvent, nous faisons de notre savoir une arme, un moyen non seulement de perpétuer les vieux conflits mais de les élever au niveau supérieur de subtilité exigé par l’existence même de ce savoir, et par sa diffusion dans toute la société. Nous intégrons à nos système de défense, en somme, la problématique judéo-chrétienne. Au lieu de nous critiquer nous-mêmes, nous faisons un mauvais usage de notre savoir, nous le retournons contre autrui et nous pratiquons une chasse du bouc émissaire au second degré, une chasse aux chasseurs de bouc émissaire. La compassion obligatoire dans notre société autorise de nouvelles formes de cruauté. (…) La perspicacité au sujet des boucs émissaires est une vraie supériorité de notre société sur toutes les sociétés antérieures, mais, comme tous les progrès du savoir, c’est aussi une occasion de mal aggravé. Moi qui dénonce les boucs émissaires de mes voisins avec une satisfaction mauvaise, je continue à tenir les miens pour objectivement coupables. Mes voisins, bien entendu, ne se font pas faute de dénoncer chez moi la perspicacité sélective que je dénonce chez eux. Les phénomènes de bouc émissaire ne peuvent survivre dans bien des cas qu’en se faisant plus subtils, en égarant dans des méandres toujours plus complexes la réflexion morale qui les suit comme leur ombre. Nous ne pourrions plus recourir à un malheureux bouc pour nous débarrasser de nos ressentiments, nous avons besoin de procédures moins comiquement évidentes. C’est la privation des mécanismes victimaires et à ses conséquences terribles que Jésus fait allusion, je pense, quand il présente l’avenir du monde christianisé en termes de conflits entre les êtres les plus proches. Dans un univers privé de protections sacrificielles, les rivalités mimétiques se font souvent moins violentes mais s’insinuent jusque dans les rapports les plus intimes. (…) Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie  de toute lamentation; on se lamente enfin sur le christianisme, indispensable bouc émissaire car il n’est pas de rit sans victime et, de nos jours, la victime, c’est toujours lui: il est the scapegoast of last resort (…) Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont toujours celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête. (…) La surenchère permanente transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. (…)  L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le triomphe du souci des victimes, ce n’est pourtant pas le christianisme qui en profite dans notre monde, c’est ce qu’il faut appeler l’autre totalitarisme, le plus malin des deux, le plus riche d’avenir, de toute évidence, ausi bien que de présent, celui qui, au lieu de s’opposer ouvertement aux aspirations judéo-chrétiennes, les revendique, comme sa chose à lui, et conteste l’authenticité du souci des victimes chez les chrétiens (non sans sans une certaine apparence de raison au niveau de l’action concrète, de l’incarnation historique du christianisme réel au cours de l’histoire). Au lieu de s’opposer franchement au christianisme, l’autre christianisme le déborde sur sa gauche. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Dans le langage symbolique du Nouveau Testament, on peut dire que que, pour essayer de se rétablir et de triompher à nouveau, Satan dans notre monde emprunte le langage des victimes. Satan  imite de mieux en mieux le Christ et prétend le dépasser. (…) C’est le processus que le Nouveau Testament évoque dans le langage de l’Antéchrist. (…) L’Antéchrist se flatte d’apporter  aux hommes la paix et la tolérance que le christianisme leur promet mais ne leur apporte pas. En réalité, ce que le radicalisation de la victimologie contemporaine apporte, c’est un retour très effectif à toutes sortes d’habitudes païennes, l’avortement, l’euthanasie, l’indifférenciation sexuelle, les jeux de cirque à gogo, mais sans victimes réelles, grâce aux simulations electroniques, etc. Le néo-paganisme veut faire du Décalogue et de toute la morale judéo-chrétienne une violence intolérable  et leur abolition complète  est le premier de ses objectifs. L’observance fidèle de la loi morale est perçue comme une complicité avec les forces de persécution qui seraient essentiellement religieuses. Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. Ce néo-paganisme situe le bonheur dans l’assouvissement des désirs et, par conséquent, dans la suppression de tous les interdits. L’idée acquiert un semblant de vraisemblance dans le domaine limité des biens de consommation dont la multiplication prodigieuse, grâce au progrès technique, atténue certaines rivalités mimétiques, conférant une apparence de plausibilité à la thèse qui fait de toute loi morale un pur instrument de répression et de persécution. René Girard (Je vois Satan tomber comme l’éclair, pp. 241-279, 1999)
Depuis deux ans, selon notre sondage, la croyance en Dieu a progressé chez les jeunes Français âgés de 18 à 30 ans. Les croyants sont même devenus légèrement majoritaires, à 52 %, alors qu’ils n’étaient que 46 % en 2016. Et moins d’un jeune sur cinq (19 %) considère l’existence de Dieu comme totalement exclue (contre 23 % en 2016). Cette évolution s’accompagne d’une hausse importante du nombre de jeunes qui jugent importante la dimension spirituelle dans leur vie personnelle (39 %, + 9 % depuis juillet 2016). L’intérêt pour la foi de cette génération contraste aussi avec l’étude européenne réalisée par l’Institut catholique de Paris et l’université londonienne St Mary’s qui faisait apparaître une jeunesse éloignée des appartenances religieuses mais ne posait pas la question du rapport à Dieu. (…) Le sentiment d’appartenance à une religion est lui aussi en hausse : 57 % des Français de 18 à 30 ans déclarent avoir une religion. Ils étaient 53 % en 2016, et seulement 34 % il y a dix ans. Mais, en ce début de XXIe siècle, croire en Dieu ne signifie pas forcément se reconnaître dans une religion… Ainsi, près du quart des sondés se déclarant « sans religion » tiennent l’existence de Dieu pour « certaine ou probable ». (…) La deuxième vague de ce sondage montre également des jeunes très à l’aise avec le pluralisme religieux. En effet 63 % des personnes interrogées jugent « facile » d’échanger avec des personnes d’autres religions, et 56 % d’assumer son statut de croyant dans la société française (ils ne sont toutefois que 9 % à trouver cela « très facile »). Ces résultats en hausse par rapport au sondage de juillet 2016 montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les diverses controverses sur la laïcité qui ont émaillé l’actualité – crèches de Noël dans les mairies, menus sans porc dans les cantines, débat sur le « burkini » ou sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel – n’atteignent pas du tout les jeunes. (…) Le ressenti des jeunes concernant la facilité d’assumer sa croyance en France est toutefois à nuancer selon les religions. En effet, la majorité (57 %) des croyants non chrétiens – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des musulmans – trouve difficile d’être croyant en France. Une différence significative apparaît aussi entre hommes et femmes, ces dernières n’étant que 48 % à assumer facilement leur croyance, contre 63 % des hommes. Quant au dialogue avec des personnes d’autres convictions religieuses que les siennes, il faut également noter qu’il apparaît plus difficile aux non-croyants (43 %) qu’aux croyants (29 %). La France, qui fut parmi les premiers pays en matière de sécularisation, connaît-elle désormais avant les autres un retour du religieux ? La Croix
Cette génération est plus pragmatique et moins idéologue que les précédentes. Pour eux, la prière et les rassemblements ont aussi une dimension esthétique. Des non-croyants vont aimer aller à la messe pour vivre une expérience culturelle un peu étrange, le silence par exemple. (…) Ils ne comprennent pas comment on peut avoir ce genre de débats aujourd’hui. Pour eux, ces polémiques sur la laïcité sont d’un autre âge. Ils n’associent pas l’Église au prosélytisme. (…) « Même s’il y a moins de préjugés qu’avant, le fait de n’avoir aucun contact avec les religions peut entretenir une peur, confirme Mgr Bordeyne. Ma génération a grandi avec des professeurs très laïques pour lesquels les religions étaient clivantes. Cette enquête, au contraire, montre que la religion ouvre davantage aux autres que l’absence de foi. C’est cela aussi qui fait que les jeunes s’y intéressent : ils voient bien que l’absence de religion ne favorise pas spécialement le dialogue. Mgr Philippe Bordeyne (Institut catholique de Paris)
Le Nord-Pas-de-Calais, certaines banlieues parisiennes, et les quartiers Nord de Marseille sont les lieux où nous avons mesuré la plus grande radicalité. Dans certains établissements, la proportion «d’absolutistes» monte à plus de 40 %. On note aussi un effet «ségrégation» : quand le taux d’élèves musulmans est très important dans un lycée, ceux-ci sont plus radicaux qu’ailleurs. Mais partout, les élèves musulmans sont plus radicaux religieusement que les autres. (…) L’«effet islam» explique bien mieux la radicalité que des facteurs socio-économiques. C’est un résultat important. Le niveau social de la famille, l’optimisme ou le pessimisme du lycéen face à l’emploi ou à ses résultats scolaires n’ont aucun effet sur le degré d’adhésion à des idées religieuses radicales. (…) le sentiment de discrimination (…) a tendance à augmenter, chez les jeunes musulmans, le niveau de radicalité religieuse et la tolérance à la violence religieuse. Nous avons aussi tenté d’explorer la piste de ce que certains chercheurs nomment «le malaise identitaire» : un groupe minoritaire peut se sentir l’objet de l’hostilité du groupe majoritaire, sans pour autant subir de discrimination. Nous avons ainsi demandé aux jeunes s’ils se sentaient français, s’ils étaient solidaires avec le peuple palestinien, quel était leur regard sur les tensions interreligieuses… Ces variables jouent, preuve qu’il y a donc bien un effet identitaire. Mais celui-ci n’efface pas la question religieuse. In fine, l’effet islam reste très marqué. Il faudrait maintenant mener des recherches complémentaires auprès des jeunes musulmans pour explorer de manière plus approfondie la façon dont ils investissent la religion.(…) Un effet religion existe bien puisque 8 % des chrétiens répondent qu’il est acceptable de combattre les armes à la main pour sa religion, ce n’est pas négligeable. On monte à 20 % des musulmans. Mais le facteur qui détermine le plus fortement le soutien à la violence religieuse est la tolérance à la violence et aux déviances en général : voler un scooter, tricher lors d’un examen, participer à une action violente pour défendre ses idées, affronter la police… C’est un résultat important, qui conduit à constater un indéniable «effet ZUS» [zone urbaine sensible, ndlr]. Dans certaines zones du territoire, on devine qu’une socialisation à la déviance et à la violence explique sans doute la perméabilité à la violence religieuse. On y observe une «culture déviante». (…) en France, les manifestations de radicalité religieuse concernent essentiellement le monde musulman, les autres sont très circonscrites.(…) je pense qu’une partie de la sociologie est aveugle, sous prétexte de ne pas stigmatiser. La discrimination existe, c’est prouvé scientifiquement. Mais il ne faut pas non plus envisager ces jeunes-là uniquement d’un point de vue victimaire. Sinon, on ne peut pas les considérer comme les acteurs sociaux qu’ils sont. Cette sociologie-là est trop idéologique, elle s’est appuyée trop exclusivement sur l’analyse des discriminations. La neutralité axiologique est importante, elle est trop souvent oubliée aujourd’hui. Olivier Galland
The general feeling shared by Jews, as individuals and as a community, is that anti-Semitism has entered a new phase, and is widespread in most parts of the world. In many parts of Europe, Jewish communities and institutions can only operate under strict security measures. Fences, surveillance and police and military protection have become part of our daily lives. In parallel, as our institutions become bunkers, helpless individuals become more vulnerable to isolated attacks. What evil can compel someone to commit some gruesome, despicable crimes? The answer is very clear, anti-Semitism de-humanizes Jews. And when people, Jews, we are de-humanized, anything goes. Dr. Moshe Kantor (European Jewish Congress)
Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions. Le problème … réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé. Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique. Anne-Marie Chazaud
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine. (…) Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire. Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement. Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus. Edwy Plenel
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Sur ces questions Mandela a été très ferme (…) En 2001, aux Etats-Unis, lors d’une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: « C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid » car, dit-il, « les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l’occupation: « Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (…) Israël, c’était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un « Etat » mais à une « séparation » avec des guillemets qui renvoient à l’apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger et montrer l’actualité de ces combats. Edwy Plenel
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. Julien Salingue
The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman. Arjan El Fassed
En adoubant Plenel, [Emmanuel Macron] intronise un homme qui, il y  quelques mois, quand les menaces de mort pleuvaient sur le journal de Charb pour cause de lèse-Ramadan (Tariq), a cru bon d’en rajouter en écrivant que Charlie menait « une guerre contre les musulmans ». Le patron de Mediapart ne voulait sans doute pas délivrer un blanc-seing aux assassins. Vexé comme un pou d’avoir été épinglé par Charlie avec l’ex-idole des jeunes musulmans, il avait réagi par un pétage de plomb ridicule et pathétique, invoquant, entre autres balivernes,  l’Affiche rouge des nazis sur le réseau Manouchian. Cet incident aurait dû, au minimum entamer son crédit. Mais, étrangement pour un homme qui a fait du « pas de pardon » le cœur de son éthique journalistique, Plenel survit à tous ses ratages – pour être polie. (…) Au moins sera-t-on d’accord avec lui sur un point, le patron de Mediapart n’est pas n’importe quel journaliste. Il est doublement idéologue, animé par une vision robespierriste du monde et de son métier. On suppose qu’il sera poli et se gardera de rappeler à son partenaire d’un soir, Jean-Jacques Bourdin, sa condition de salarié de Patrick Drahi. Convaincu d’incarner le seul et vrai journalisme, Plenel adore faire la leçon au reste de la profession et citer Mediapart comme l’étalon de la vertu. Mais on dirait que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est faire peur. C’est bien sûr un hasard si, sur certaines photos, il présente une ressemblance frappante avec Staline. Reste qu’au nom de l’intérêt supérieur de la démocratie dont il estime avoir la charge, il pratique un journalisme policier et redresseur de torts dont la réussite se mesure au nombre de têtes qu’il fait tomber. Il aimerait bien, en guise d’apothéose, faire rouler celle de Sarkozy, mais en dépit d’un acharnement qui a stimulé le zèle des juges, son affaire de financement libyen ne semble guère inquiéter l’entourage de l’ex-président. Plenel défend en outre une conception particulière de la France et du monde, qu’il a lui-même définie comme une forme de trotskisme culturel et qui est à la croisée du nuitdeboutisme et de l’indigénisme, le tout noyé dans un fond de sauce anticapitaliste et tiers-mondiste. Ainsi, depuis le 7 janvier 2015, s’évertue-t-il à nous expliquer que le principal danger qui menace la France, c’est l’islamophobie, tandis qu’une représentante de sa rédaction affirme candidement sur un plateau de télévision que « l’islam radical n’est pas un gros problème ». Toujours prompt à dénoncer le « racisme d’Etat » et la résurgence d’un pétainisme qu’il ne craint pas de déceler chez Alain Finkielkraut, Edwy Plenel prétend œuvrer « pour les musulmans », titre de l’un de ses ouvrages, mais il a choisi les fondamentalistes contre tous ceux et plus encore toutes celles qui, dans les quartiers islamisés, se battent contre la pesante domination des barbus. J’ignore quels sombres calculs de communicants ont présidé au choix de l’Elysée. On n’ose penser qu’il vise à neutraliser le pouvoir de nuisance plenélien. S’agit-il, pour Emmanuel Macron, d’apparaître comme le porte-parole de la gauche raisonnable ? De montrer qu’il ne craint pas d’affronter un adversaire dont les frisottis de moustache et les plissements d’yeux  en ont terrassé plus d’un ? Alors que la question de la laïcité et de la capacité de l’islam à s’y conformer organise un clivage bien plus existentiel que le clivage droite/gauche, alors que le séparatisme islamiste, et l’antisémitisme qui va avec, continuent à progresser, choisir comme interlocuteur un homme qui refuse de les nommer, c’est adresser un signal déplorable à l’ensemble du camp laïque. Et c’est une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo. Elisabeth Lévy
Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans. Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République. Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français ! Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi. Roland Jaccard
Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême. Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne. Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice. Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (…). Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient. Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État. Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (…). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir. Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent. Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Médiapart
 Attention: un bouc émissaire peut en cacher un autre !
En ces temps étranges où le religieux semble faire son retour …
A Hollywood et dans le cinéma français
Comme, sondages à l’appui mais avec une sur-radicalité du côté musulman, dans la jeunesse française …
Et où après une première allocution où il  avait appelé, ouvrant la voie à d’autres communautés religieuses, à une plus grande mobilisation politique des catholiques …
Le président vient de nous  octroyer un entretien télévisé …
Présenté,  dans toute la simplicité art-déco du théâtre de Chaillot avec vue, s’il vous plait, sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars …

Comme en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle »…

Sous le feu roulant notamment des questions d’un journaliste qui il y a 40 ans appelait au soutien inconditionnel des terroristes des Jeux de Münich …
Ou, plus récemment, encensait un théologien islamiste actuellement en prison pour violences sexuelles présumées …
Comment ne pas repenser …
A la relecture de l’interview que ce dernier avait accordé à 20 minutes il y a quatre ans à l’occasion de son
J’accuse pour les musulmans …
Dans laquelle il dénonçait la bouc-émissarisation de ceux-ci par la société française …
A l’avertissement du regretté René Girard …
Sur la double face du savoir tout particulier que les textes judéo-chrétiens ont mis à la disposition de l’Occident et de proche en proche à la planète entière …
A savoir ce souci singulier et cette sensibilité proprement inouïe aux victimes …
Mais aussi la tentation d’utiliser un tel savoir comme arme …
Pour une sorte de « chasse au bouc émissaire au second degré » ?

Edwy Plenel: «C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe»

INTERVIEW Le cofondateur de Mediapart signe un pamphlet contre le silence sur la stigmatisation des musulmans de France…

Propos recueillis par Anissa Boumediene

20 minutes

Il lance un cri d’alarme contre ceux qui voudraient importer en France un choc des civilisations. Dans Pour les musulmans (éd. La Découverte), Edwy Plenel dénonce une «guerre des mondes qui désigne nos compatriotes musulmans comme les responsables indistincts des crimes et violences indûment commis au nom de l’islam» par des fanatiques ultra-minoritaires. Le journaliste revient pour «20 Minutes» sur l’objet de son indignation.

Pourquoi ce livre, et pourquoi maintenant ?

Pour se poser contre la banalisation dans les médias et dans le monde intellectuel d’une forme d’islamophobie bienséante, qui n’hésite pas à stigmatiser nos compatriotes musulmans. Il y a mille façons  d’être musulman, comme il y a mille façons d’être juif, chrétien ou non croyant.

C’est un geste de solidarité. Face à tout ce que l’on connaît, la montée de ces opinions xénophobes, que montre la Commission consultative des droits de l’homme, les agressions qui visent les musulmans de France, j’ai été choqué par le très grand silence et la trop grande indifférence qui fait qu’on les laisse seuls subir tout cela, sans se dresser pour dire que c’est inadmissible de construire « un problème musulman » aujourd’hui en France. C’est comme cela que commencent les pires perditions.

Comment expliquez-vous ce silence autour de l’islamophobie en général et par exemple autour de l’agression cette semaine de Maghrébins?

Je ne l’explique pas, je le constate. Il y a derrière cela un verrou que l’on n’a pas encore fait sauter, cet inconscient colonial qui fait qu’il y a un regard de supériorité posé sur cette partie de notre peuple qui est issue de notre relation à l’Afrique, à la Méditerranée. Une communauté envers laquelle nos dirigeants n’ont pas cette sensibilité spontanée de solidarité et d’égalité. Ils devraient réclamer pour ces compatriotes le droit de pouvoir se dire musulman et Français, l’un en même temps que l’autre, se réclamer d’un imaginaire français qui nous permette de penser dans l’égalité de chacun la richesse de notre diversité. C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine.

Pourquoi l’opinion dominante oppose-t-elle l’islam à la laïcité?

C’est un moyen de légitimer cette islamophobie. Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire.

Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement.  Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il  a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus.

La communauté musulmane peut-elle se sortir de ce malaise malgré ce contexte?

Je l’espère bien ! Elle compte parmi les forces vives de ce pays, crée des richesses et est au cœur de la vitalité populaire de la France. l faut cesser d’être indifférents à sa solitude, c’est un engrenage qui embarquera tout le monde : les Noirs, les juifs, les Roms et les musulmans. Et qui risque d’engendrer le repli. La stigmatisation crée en retour une quête de fierté, en réponse à l’humiliation, et engendre des radicalisations qui peuvent amener à des chemins de perdition. Il faut faire notre chemin ensemble, assumer la réalité de la France de la diversité et libérer la solidarité.

Voir aussi:

Valeurs actuelles

5 avril 2018 

Histoire. CheckNews de Libération revient sur la chronique du co-fondateur de Mediapart publiée dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en 1972. A l’époque, l’organisation palestinienne, Septembre Noir, avait tué 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.

Cette révélation a été faite en 2008 dans l’ouvrage Enquête sur Edwy Plenel, du journaliste Laurent Huberson. Mais elle refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. En 1972, Edwy Plenel, le co-fondateur de Mediapart, était chroniqueur dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il avait alors appelé à « défendre inconditionnellement » les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui avait assassiné 11 membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, cette même année.

« Nous devons défendre les militants de cette organisation »

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage », avait écrit à l’époque Edwy Plenel, sous le pseudonyme de Joseph Krasny.

Contacté par CheckNews de Libération, Edwy Plenel est revenu sur cette chronique. « Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui », a-t-il indiqué dans un mail. « Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël », a-t-il conclu.

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Valeurs actuelles

6 novembre 2017

 Complicité. Le patron de Mediapart regrette “la diabolisation” du prédicateur islamiste, accusé de viol et de harcèlement sexuel.

“Je dénonce depuis des années la duplicité de Tariq Ramadan. Il aura fallu du temps, finalement, la triste vérité, celle-là”, a réagi Manuel Valls, invité ce dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/CNews. “À la justice, maintenant, de l’établir mais enfin, les faits semblent très concordants”, a ajouté l’ancien Premier ministre socialiste, en réaction aux accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre l’islamologue suisse controversé.

“Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !”, a encore martelé le député de l’Essonne, également interrogé sur la une de Charlie Hebdo, dont les journalistes sont menacés de mort.

“C’est un intellectuel très respectable”, déclarait ainsi le patron de Mediapart sur le plateau du Petit Journal de Canal Plus (vidéo ci-dessous, à partir de 3:30), en janvier 2015, rappelle Europe 1. “Il y a quelque chose de très détestable à l’égard de Tariq Ramadan. Moi je lis, j’écoute tout ce qu’il a dit. On a parlé pendant trois heures et demi, nous n’avions aucun désaccord sur le fond. Il a été très ferme dans la solidarité, sur la liberté d’expression, dans la condamnation des attentats.”

“Je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté”

Edwy Plenel accusait même les détracteurs du théologien suisse d’user d’islamophobie. “Et qu’est-ce qu’on dit ? ‘Ah, il n’est pas clair. Ah, il a un double langage’. Encore une fois, je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté. Et il a fait plein de livres. Qu’est-ce que ça dit ce truc ‘il est ambigu ? Ah l’arabe, il est un peu fourbe. Ah l’arabe, il a double langage”, poursuivait-il. “Il ne faut pas diaboliser quelqu’un parce que c’est un intellectuel musulman.”

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Parmi les “complices” de Tariq Ramadan, Manuel Valls n’a pas oublié dimanche les médias de gauche qui ont promu ses idées radicales ces dernières années. “On est complice quand il y a de la complaisance par rapport à des individus, à des organisations comme les Frères musulmans, comme les Indigènes de la République”, a ajouté l’ancien Premier ministre.

“Quand une partie de la presse progressiste, une presse de qualité, je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog, quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 et c’est toujours le même journaliste Frédéric Taddeï qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou Soral, alors on abdique”, a-t-il conclu.

Mediapart et “l’épouvantail” Tariq Ramadan

Sur BFM TV, Edwy Plenel a, de son côté, réagi à l’affaire judiciaire et à la polémique. “Dans le cas de Tariq Ramadan, où il y a des témoignages consistants, où il y a des plaintes, où la justice va enquêter, si les faits sont totalement établis par la justice, (…) c’est très grave pour l’individu qui est Tariq Ramadan et qui devra en rendre compte”, a-t-il déclaré. “Il y a une gravité plus forte encore, et pour le dire tout net, qui ressemble au cas des prêtres pédophiles.”

Le patron de Mediapart s’est par ailleurs défendu d’avoir été au courant de rumeurs sur des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement. “Personne d’entre nous à Mediapart ne savait quand nous avons fait cette enquête”, a assuré le cofondateur du média, en référence à une enquête en cinq volets sur “l’épouvantail” Tariq Ramadan, publiée par le site en 2016 et qui revenait notamment sur “les fantasmes qui entourent l’islamologue” (sic).

Plenel regrette la “diabolisation” de Tariq Ramadan

“Je n’ai croisé M. Ramadan dans ma vie que deux fois”, a enfin rétorqué Edwy Plenel, en réaction aux propos de Manuel Valls. “De cela est fait un amalgame qui relève pour moi d’une chasse aux sorcières, comme du temps du McCarthysme ou de l’inquisition”, a-t-il critiqué, regrettant même sa “diabolisation” à la suite des propos de l’ex-Premier ministre. “J’ai toujours été contre sa diabolisation, comme je suis contre, au prétexte du terrorisme, de diaboliser nos compatriotes musulmans quels qu’ils soient”, a-t-il déclaré.

Pour défendre le théologien islamiste, le journaliste militant et ancien trotskiste avait même souligné, en 2015, que le livre “Déviances et incohérences chez les penseurs de la décadence”, qui contredit les thèses de Ramadan, avait été retrouvé chez le terroriste Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats de janvier 2015. Aujourd’hui, l’islamologue est visé par deux plaintes pour viol et accusé par quatre anciennes élèves d’avoir eu des relations sexuelles avec elles alors qu’elles étaient mineures.

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Macron, Bourdin, Plenel: le petit théâtre de bavards

L’interview présidentielle a viré au ridicule

Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans.

Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est…

Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français !

A lire aussi: Emmanuel Macron peut remercier Bourdin et Plenel

Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi.

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Macron face à Bourdin et Plenel : ce qu’il faut retenir de l’interview

C.Si.
Le Parisien
15 avril 2018

Près de trois heures d’entretien. Un ton parfois virulent, et beaucoup de dossiers traités, dont la Syrie et les multiples conflits sociaux. Notre résumé de l’entretien d’Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin.

De la Syrie aux différents mouvements sociaux en passant par le port du voile, Emmanuel Macron a répondu dans une ambiance souvent électrique aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).

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Voici ce qu’il faut retenir de cette soirée au théâtre de Chaillot, thématique par thématique.

Les frappes sur la Syrie. Emmanuel Macron a défendu la « légitimité » de « l’action multilatérale » des troupes françaises, américaines et britanniques dans la nuit de vendredi à samedi sur trois sites liés au programme d’armement chimique syrien. Alors que certains lui reprochaient d’être intervenu hors du cadre de Nations Unies, « c’est la communauté internationale qui est intervenue », a rétorqué le chef des armées. « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad », a-t-il rappelé dans la lignée de ses alliés.

S’il pousse la voie de la « solution politique », il a aussi accusé explicitement Vladimir Poutine et la Russie d’être «complices » des crimes en Syrie. Le président français s’est par ailleurs enorgueilli d’avoir « convaincu » Donald Trump de rester engagé « dans la durée » dans ce conflit, aux airs de bourbier, ayant déjà fait plus de 350 000 morts.

Mécontentements sociaux. C’est durant cette thématique que le ton s’est fait le plus offensif entre Emmanuel Macron comme d’Edwy Plenel. « Je conteste l’orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements », a lâché le président français. Pas de convergence des luttes donc. « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années… ».

Comme jeudi midi sur TF1, il a également rappelé qu’il comptait mener à son terme la réforme abrasive de la SNCF, excluant au passage toute privatisation. « C’est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j’assume, une réforme que nous mènerons jusqu’au bout », a-t-il développé. « A partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra une partie de la dette », a également déclaré le chef d’Etat, comme il l’avait laissé entendre sur TF1.

Autre secteur en difficulté, le monde hospitalier ne fera pas l’objet d’économies « durant son quinquennat », a-t-il expliqué, promettant des « décisions précises » fin mai.

Une deuxième journée de solidarité ? « Je ne suis pas contre, je pense que c’est une piste intéressante, il faut le regarder », a assuré Emmanuel Macron. L’idée a déjà été évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de financer l’accompagnement des personnes âgées et des handicapés. La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Le débat « président des riches ». Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a dit assumer ses réformes et la théorie des « premiers de cordée ». Sur la réforme de l’ISF : « Les choix qui ont été faits, quels sont leurs objectifs ? Garder les talents et les attirer, et leur permettre de réinvestir dans l’économie. Je veux que les chefs d’entreprise avec leurs salariés soient en position de se décider. Il faut donc des règles qui favorisent les entrepreneurs et les investisseurs ». Sur la CSG : Macron « sait l’effort » qu’il a demandé aux retraités.

Il a également promis que la fiscalité n’augmenterait pas en France durant son quinquennat et qu’aucun nouvel impôt, ni local ni national, ne serait créé.

La colère des zadistes et des étudiants. « L’ordre républicain » et rien d’autre. Il a répété l’expression à l’envi au moment d’évoquer la contestation « illégitime » des zadistes expulsés à Notre-Dame-des-Landes et l’occupation de plusieurs universités françaises. Celles-ci seraient aux mains de « professionnels du désordre », les étudiants étant selon lui « souvent minoritaires ». Quant à Notre-Dame-des-Landes, « tout ce qui doit être évacué, le sera » à l’issue du nouveau délai d’expulsion.

Laïcité. Cette thématique a rapidement débordé sur celle de l’islam. Macron déclarant que le port du voile « n’était pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays ». « Je ne veux pas de loi qui l’interdise dans la rue, ce serait contre-productif, a-t-il poursuivi. La société n’est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c’est qu’aucune femme ne soit obligée de le porter le voile ».

Interrogé sur des propos du ministre de l’Education, qui estime qu’un parent accompagnant ne devrait « normalement » pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, M. Macron a qualifié cette position de « conviction personnelle » de Jean-Michel Blanquer.

Loi Asile et immigration. Comme depuis des semaines, Emmanuel Macron s’est appuyé sur tandem « humanisme » pour les personnes éligibles à l’asile et « efficacité » dans le renvoi des autres. Il a aussi indiqué vouloir « adapter » mais pas « supprimer » le délit de solidarité, distinguant ceux qui « aident consciemment ou inconsciemment les passeurs » des autres « qui sauvent des vies ».

Alors que le projet de loi doit être examinée par les députés à partir de lundi, le chef de file des élus macronistes a eu le droit aux félicitations du président. « Richard Ferrand fait son rôle de chef de groupe et il le fait très bien », a-t-il déclaré. Il y a quelques jours, M. Ferrand a menacé d’exclusion ceux qui voteraient contre ce texte.

L’instant Hollande. Emmanuel Macron a récusé dimanche toute « duplicité » lorsqu’il était conseiller puis ministre de François Hollande. Tout en considérant qu’être membre d’un gouvernement, ce n’est pas « être un obligé ». Il a précisé qu’il lirait « sans doute » le livre polémique de François Hollande. Un livre qui a « sa part de vérité » et un homme pour lequel il a « du respect ».

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Macron face à Bourdin et Plenel : un drame en cinq actes

Au Théâtre national de Chaillot ce soir, le président de la République affronte deux journalistes qui ont juré sa perte. Un grand spectacle ?

Sylvain Courage

Trois comédiens, une table et deux heures de spectacle. Ô magie des tréteaux ! Le public du théâtre subventionné, rompu aux mises en scène exigeantes, ne sera pas surpris par l’unique représentation de « l’Interview », ce dimanche, à 20h35, au foyer du Théâtre national de Chaillot. Dans un décor art-déco grandiose avec vue sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars, Emmanuel Macron, l’étoile de l’Elysée, tiendra le rôle du jeune prince. Jean-Jacques Bourdin, héraut des matinées de BFMTV, incarnera le  tribun du peuple. Et Edwy Plenel, le tragédien de Mediapart, jouera le grand prêtre moustachu.

Une distribution exceptionnelle ! « On avait fait des propositions à l’Elysée depuis plusieurs mois, à l’occasion du premier anniversaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et, il y a environ un mois maintenant, l’Elysée est revenu vers nous en nous faisant une proposition d’une émission avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel », a expliqué Hervé Béroud, directeur général de BFMTV et metteur en scène de la soirée événement.

Huit caméras à l’intérieur, deux à l’extérieur permettront de cerner le jeu des acteurs. « Le décor est fort mais l’interview très simple : un homme face à deux intervieweurs pendant deux heures. Il n’y aura ni sujets vidéos, ni interpellation des Français », a précisé Céline Pigalle, directrice de l’information de BFMTV. Des mots, rien que des mots !

Drame hyper-contemporain

Création originale et éphémère, « l’Interview » repose entièrement sur les capacités d’improvisation des acteurs. Pas de texte établi, pas de répétitions mais une série de problématiques dont s’empareront les acteurs et qui formeront la trame d’un drame hyper-contemporain. Mécontentement social, politique économique, laïcité, sécurité, terrorisme, questions migratoires, frappes en Syrie… La scénographie se veut en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle ». « Chacun doit être soi-même », insiste Hervé Béroud :

« On connaît Jean-Jacques Bourdin accrocheur et Edwy Plenel est quelqu’un de très engagé, qui aura envie de demander des comptes au président de la République. »Tandis que Bourdin et Plenel ont travaillé leur questionnement et leur placement en effectuant des exercices de respiration ventrale, Emmanuel Macron a opté pour la « construction du personnage » développée par Constantin Stanislavski. « Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, l’important c’est qu’il soit vrai », disait l’immense dramaturge russe.

Quelle est la routine du président pour puiser dans son subconscient ? « Il s’enferme dans son bureau avec ses fiches et il bachote comme un étudiant », explique son entourage. Le chef de l’Etat a aussi « beaucoup consulté » et « déjeuné avec François Bayrou et Marielle de Sarnez mercredi à l’Elysée pour avoir leurs remontées de terrain ». Ne laissant rien au hasard, l’artiste du Palais s’est aussi « renseigné sur les sujets phares des deux présentateurs, leurs marottes, histoire d’avoir quelques repères d’ici dimanche soir ».

Attelage fragile

Artiste militant, Edwy Plenel a dénoncé, par le passé, cet « exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ». Mais il dit avoir accepté le défi pour ne pas se « dérober » et « relayer le questionnement sans concession de la société » dans la grande tradition du Théâtre national populaire. Pas question d’oublier le peuple ! Dès 19 heures, la rédaction de Mediapart dressera le bilan de cette présidence « et de droite et de droite » en donnant la parole aux mouvements sociaux. Et l’entretien présidentiel sera suivi d’un plateau de commentatrices réservé aux femmes pour compenser le choix de deux intervieweurs « mâles de plus de 60 ans ». Qui dit mieux ?

Jean-Jacques Bourdin, lui, n’a pas ce genre de préventions. Viril et dominant, il a simplement promis de « cogner » le président et croit tenir enfin l’occasion de laver l’affront fait à sa profession par Laurent Delahousse, auteur en décembre dernier d’une interview de Macron qu’il a publiquement critiquée pour sa complaisance… « Michel Drucker l’aurait mieux fait ! », avait alors grincé Bourdin.

« Quand on fait du journalisme, qu’est-ce qu’on fait ? On pose des questions précises. Et celui qui est en face, qu’est-ce qu’il doit faire ? Il doit répondre à des questions précises. C’est comme ça que cela se passe. Sinon c’est pas la peine. » Ce Figaro parle comme la plèbe. Mais il se fait autant la voix des usagers de la SNCF pris en otage que des cheminots en lutte. Son théâtre populaire s’accordera-t-il avec celui de Plenel ? L’alliance des deux bêtes de scène est improbable. S’ils font cause commune, ils surjoueront. S’ils s’écharpent, ils passeront pour des cabots. C’est le dilemme dont Emmanuel Macron compte bien profiter. Les spadassins lancés à sa poursuite pourraient s’entretuer. Au cinquième acte, le jeune prince, qui les a manipulés, espère bien être couronné. Shakespearien !

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Entretien avec Emmanuel Macron, dimanche 15 avril: rendez-vous dès 19h sur Mediapart

Mediapart

6 avr. 2018

Emmanuel Macron répondra aux questions d’Edwy Plenel et de Jean-Jacques Bourdin dimanche soir 15 avril. Un rendez-vous exceptionnel à suivre dès 19h en direct sur Mediapart. Et qui sera précédé, le mercredi 11 avril, d’un MediapartLive entièrement consacré aux mouvements sociaux qui s’opposent à sa politique.

L’heure du premier bilan a sonné. Voilà presque un an qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République. À l’avant-veille de sa victoire, celui qui n’était encore que candidat était venu à Mediapart répondre aux questions de la rédaction. Dimanche 15 avril, à 20 h 35, il sera interrogé à Paris pendant deux heures par Edwy Plenel, aux côtés de Jean-Jacques Bourdin. Cet événement sera retransmis en direct sur notre site, BFM-TV et RMC. En amont, mercredi 11 avril, nous recevrons le mouvement social dans sa diversité. Explications à nos lecteurs.

Tout a commencé le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen. Emmanuel Macron répond longuement aux journalistes de Mediapart (à lire ici et à voir ) : il déploie son argumentaire électoral tout en donnant des indications détaillées sur le type de chef de l’État qu’il entend être. Les jalons qu’il pose alors de sa « start-up nation » permettent aujourd’hui à chacun d’évaluer l’écart entre les promesses et les actes. À l’issue de l’entretien, notre hôte s’engage à revenir à Mediapart s’il est élu.

Un an plus tard, nous lui avons rappelé son « chiche ! ». Il ne nous a pas répondu « non », ce « non » qui nous est opposé par la plupart des ministres (à l’exception du premier d’entre eux, c’est à revoir ici), peu soucieux des règles d’une démocratie équilibrée supposant que les interrogations des citoyens, relayées par les journalistes, soient entendues. L’Élysée recourt à son traditionnel « en même temps », se disant prêt à l’exercice, mais dans un tout autre cadre.

Oui à un entretien avec Mediapart mais dans une formule différente, et en association avec un autre média, BFM-TV/RMC. Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel. Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême.

Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne.

Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice.

Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle.

Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (revoir ici les rencontres de cet anniversaire et  notre colloque sur le droit de savoir).

Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient.

Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État.

Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (lire ici). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir.

Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent.

Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Une heure et demie avant la diffusion de l’entretien, l’équipe de Mediapart sera en direct depuis la rédaction pour présenter l’inventaire de la présidence Macron. À l’issue de l’interview du chef de l’État, qui commencera peu après 20 h 30, nous donnerons la parole à des acteurs engagés de la société civile et intellectuelle, qui nous aideront à décrypter ses réponses.

Pendant toute cette période, nous comptons sur nos abonnés : le Club de Mediapart est plus que jamais ouvert à toutes vos idées, remarques et suggestions.

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Discours de Macron aux Évêques de France: la courte échelle aux islamistes


La Rose blanche/75e: Après la tragédie, la farce (75 years after the WWII anti-nazi student group, Hollywood’s joke of an anti-sexual harassment movement picks up the white rose symbol)

26 février, 2018
Hans et Sophie Scholl et leur ami Christoph ProbstHegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Marx
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
La Rose blanche (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d’un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés. Wikipedia
We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance. Voices in Entertainment
 The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement. The Guardian
When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home. Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie. But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit. It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy. I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck. And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission. Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush. The Spectator
On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts. Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée. Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée. La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ». Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite. Zeev Sternhell
The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost. It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask. It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this. Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas. The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation. There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. Bret Stephens
Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes. Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes. Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. (…) Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive. S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux. Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins. Elisabeth Lévy
 Attention: une rose blanche peut en cacher une autre !

Au lendemain du 75e anniversaire de la décapitation du groupe de résistance d’étudiants antinazis dit de la Rose blanche

Et la reprise du même symbole par Hollywood et le monde de la chanson pour symboliser sa lutte contre le harcèlement sexuel …
Pendant que déguisé en acteur de Bollywood, la véritable caricature de progressisme qui sert actuellement de premier ministre à nos pauvres amis canadiens achevait de ridiculiser son pays sur la scène internationale …
Et qu’oubliant qu’il n’y avait pas dans les années 30 de « Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes », un historien israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts » se voit gratifié d’une tribune du Monde
Comment ne pas repenser …
Pour qualifier cette étrange époque que nous vivons entre « Génération Flocon de neige » et « idées chrétiennes devenues folles » …
Au fameux mot de Marx sur la répétition tragi-comique, par son premier président et dernier monarque de la nation française de neveu, du coup d’État du 18 brumaire par Napoléon un demi-siècle après ?

Zeev Sternhell, savant utile de l’antisionisme
L’historien israélien a comparé l’Etat hébreu au « nazisme à ses débuts »…
Elisabeth Lévy
Causeur
20 février 2018

Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une  pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes.

Sternhell, leur « bon juif » idéal

Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes.

Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. Saluons donc Bernard Guetta qui, ce mardi matin, a remis les pendules à l’heure.

Tout n’est pas faux, bien sûr, dans le libelle publié, lundi 19 février, par Le Monde sous le titre accrocheur : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ». Sternhell s’appuie sur des projets du gouvernement de geler par la loi et pour toujours le statut de Jérusalem, ainsi que sur des signes réels de la montée d’un nationalisme raciste. Mais, faute de regard historique (ou, dit plus simplement, de la prise en compte du contexte), il sort subrepticement de la route de l’argumentation pour dérouler un scénario qui conduit au mieux à l’apartheid et au pire suivez mon regard.

La hallalisation des esprits fait son chemin

Il y a en effet en Israël des rabbins qui ont appelé à l’assassinat d’Yitzhak Rabin, ou des élus qui réclament des salles d’accouchement séparées pour les Arabes et pour les Juives. Le nationalisme extrémiste, volontiers raciste sur les bords, progresse, y compris dans l’armée. En tout cas, la hallalisation des esprits (c’est-à-dire la propension à diviser le monde entre pur et impur) fait son chemin chez pas mal de juifs.

Mais il y a aussi des juifs pour la Palestine, des soldats militant pour la paix, une presse déchaînée, des ONG brailleuses et une intelligentsia raffinée, sans oublier une justice, une police et tout le reste, pour défendre l’Etat de droit s’il est menacé. Bref, toute une cacophonie judéo-israélienne dans laquelle on souhaite bonne chance à un dictateur.

Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive.

Sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif

S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux.

Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain  dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins.

Voir aussi:

Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »
Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)
Le Monde
18.02.2018

[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?

La réponse, dira peut-être l’historien, se trouve en microcosme dans les idées et les activités de deux importants députés de la majorité, Miki Zohar (Likoud) et Bezalel Smotrich (Le Foyer juif), fidèles représentants de la politique gouvernementale, récemment propulsés sur le devant de la scène. Mais ce qui est plus important encore, c’est le fait que cette même idéologie se trouve à la base des propositions de loi dites « fondamentales », c’est-à-dire constitutionnelles, que la ministre de la justice, Ayelet Shaked, avec l’assentiment empressé du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se propose de faire adopter rapidement par la Knesset.

Shaked, numéro deux du parti de la droite religieuse nationaliste, en plus de son nationalisme extrême, représente à la perfection une idéologie politique selon laquelle une victoire électorale justifie la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale, depuis l’administration jusqu’à la justice, en passant par la culture. Dans l’esprit de cette droite, la démocratie libérale n’est rien qu’un infantilisme. On conçoit facilement la signification d’une telle démarche pour un pays de tradition britannique qui ne possède pas de Constitution écrite, seulement des règles de comportement et une armature législative qu’une majorité simple suffit pour changer.

« Il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que Mme Le Pen n’oserait pas proposer »

L’élément le plus important de cette nouvelle jurisprudence est une législation dite « loi sur l’Etat-nation » : il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que le nationalisme intégral maurrassien d’antan n’aurait pas renié, que Mme Le Pen, aujourd’hui, n’oserait pas proposer, et que le nationalisme autoritaire et xénophobe polonais et hongrois accueillera avec satisfaction. Voilà donc les juifs qui oublient que leur sort, depuis la Révolution française, est lié à celui du libéralisme et des droits de l’homme, et qui produisent à leur tour un nationalisme où se reconnaissent facilement les plus durs des chauvinistes en Europe.

L’impuissance de la gauche

En effet, cette loi a pour objectif ouvertement déclaré de soumettre les valeurs universelles des Lumières, du libéralisme et des droits de l’homme aux valeurs particularistes du nationalisme juif. Elle obligera la Cour suprême, dont Shaked, de toute façon, s’emploie à réduire les prérogatives et à casser le caractère libéral traditionnel (en remplaçant autant que possible tous les juges qui partent à la retraite par des juristes proches d’elle), à rendre des verdicts toujours conformes à la lettre et à l’esprit de la nouvelle législation.

Mais la ministre va plus loin encore : elle vient juste de déclarer que les droits de l’homme devront s’incliner devant la nécessité d’assurer une majorité juive. Mais puisque aucun danger ne guette cette majorité en Israël, où 80 % de la population est juive, il s’agit de préparer l’opinion publique à la situation nouvelle, qui se produira en cas de l’annexion des territoires palestiniens occupés souhaitée par le parti de la ministre : la population non-juive restera dépourvue du droit de vote.

Grâce à l’impuissance de la gauche, cette législation servira de premier clou dans le cercueil de l’ancien Israël, celui dont il ne restera que la déclaration d’indépendance, comme une pièce de musée qui rappellera aux générations futures ce que notre pays aurait pu être si notre société ne s’était moralement décomposée en un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons.

Aujourd’hui, la gauche n’est plus capable de faire front face à un nationalisme qui, dans sa version européenne, bien plus extrême que la nôtre, avait presque réussi à anéantir les juifs d’Europe. C’est pourquoi il convient de faire lire partout en Israël et dans le monde juif les deux entretiens faits par Ravit Hecht pour Haaretz (3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) avec Smotrich et Zohar. On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts.

Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée.

Le spectre de l’apartheid

Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée.

Pour Miki Zohar, les Palestiniens “souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs”

La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ».

Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite.

Voir de même:
Don’t Count Bibi Out — Yet
Bret Stephens
The NYT
Feb. 23, 2018

If you follow the news from Israel, you might surmise that Benjamin Netanyahu’s days as prime minister are numbered. The police recommend that he be charged on multiple counts of bribery, fraud and breach of trust. Fresh charges may yet be brought in additional investigations. A former top aide to Netanyahu agreed this week to serve as a witness against him. Press reports suggest a man clinging to power.

Don’t be so sure. If an election were held tomorrow, Bibi — as Netanyahu is universally known in Israel — and his Likud party would likely win, according to recent polls. Roughly half of Israelis think the prime minister should quit, but that’s down from 60 percent in December. Netanyahu has no intention of resigning, even if the attorney general chooses to indict him. The Likud rank-and-file remain loyal to their leader. His coalition partners may detest him, but for now they see greater political advantage in a wounded prime minister than in a fresh one.

Besides, Bibi has been, for Israelis, a pretty good prime minister. Some indicators:

Economy: Since Netanyahu returned to power in 2009, the economy has grown by nearly 30 percent in constant dollars — nearly twice the growth rate of Germany or the United States. Some 3.6 million tourists visited Israel in 2017, a record for the Jewish state. On Monday, Israel announced a $15 billion dollar deal to export natural gas to Egypt from its huge offshore fields.

Diplomacy: Netanyahu’s personal ties to Indian Prime Minister Narendra Modi are exceptionally close, as they are with Japan’s Shinzo Abe. Israel’s relations with African countries and the Arab world are the best they’ve been in decades; reaction in Riyadh and Cairo to the Trump administration’s decision to move the U.S. embassy to Jerusalem amounted to a shrug. Netanyahu’s 2015 speech to Congress opposing the Iran deal, billed as an affront to the Obama administration, turned out to be an inspiration for Israel’s neighbors. And Netanyahu’s arguments against the deal now prevail in the current White House.

Security: In 2002, at the height of the second intifada, Israelis suffered more than 400 terrorism fatalities. In 2017 there were fewer than two dozen. Two wars in and around Gaza, both initiated by Hamas, were devastating for Palestinians but resulted in relatively few Israeli casualties. The Israeli Air Force lost an F-16 after coming under heavy Syrian antiaircraft fire, but that seems to have been a fluke. For the most part, Israel has been able to strike Syrian, Iranian and Hezbollah targets at will.

None of this makes much of an impression on non-Israelis. Diaspora Jews were infuriated last year by the government’s backtracking on a plan to let men and women pray together at the Western Wall. Israel’s bad decision to forcibly deport African migrants has stirred additional, and warranted, indignation.

And then there are the Palestinians. The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost.

It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask.

It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this.

Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas.

The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation.

There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. ☐

Voir également:

Justin Trudeau takes his Captain Snowflake act to India
Stephen Daisley
The Spectator
24 February 2018

If your week was less than fun, spare a thought for Justin Trudeau. The Canadian Prime Minister’s seven-day visit to India went down like an undercooked biriyani on the subcontinent.

When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home.

Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie.

But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit.

It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy.

I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck.

And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission.

Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush.

Voir encore:

White roses and black velvet: the Grammys red carpet
Monochrome dominated the award ceremony last night, as politics remained fashionable for celebrities
Lauren Cochrane
The Guardian
29 Jan 2018

On the Grammys red carpet on Sunday, celebrities spelt out messages in black and white. While the Golden Globes earlier this month saw black dominate as a protest in line with the Times Up campaign, music’s biggest award ceremony switched to monochrome as default setting.

Some stuck to the black dress code, such as Miley Cyrus, Beyoncé, Lady Gaga and Sarah Silverman.

Others went for the impact of white. SZA, Cardi B and Childish Gambino were in this camp, while Lana Del Rey took the angelic angle further. She wore a gown embroidered with silver stars, accessorised with a halo.

Some celebrities carried white roses with them, with men including Kendrick Lamar and Trevor Noah pinning them to their lapels, and Cyrus licking hers with that famous tongue.

This was a campaign in support of the Times Up initiative. The rose idea was pushed by Meg Harkins, senior vice president of marketing at Roc Nation, Karen Rait, head of rhythm promotions at Interscope Geffen A&M Records, and other high-profile women in the music industry. “We all agreed it was really necessary,” Harkins said. “We’ve all felt the political and cultural change in the last couple of months.” In an email sent to attendees of the Grammys, the collective explained their choice of the flower. “We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance,” it read.

The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement.

Beyoncé, never one to miss an opportunity to win at visual statements, skipped the red carpet and the white rose, but her six-year-old daughter, Blue Ivy, was dressed in head-to-toe white. Kesha – an artist who has firsthand experience of sexual misconduct – performed all in white, with a supporting cast including Cyndi Lauper and Camilla Cabelo also in the colour.

Other microtrends were noted too – there was an upswing of trousers for women, with Janelle Monae, Anna Kendrick and Kesha wearing them. This in itself is a protest against the pageant-y end of the red carpet. Burgundy seemed to be a sleeper colour, worn by both multiple winner Bruno Mars and Hillary Clinton during an onscreen cameo. Rihanna saw the opportunity to wear three outfits – a brown PVC wrap dress, pink slipdress and black and gold metallic co-ords.

White roses might be more discreet, and politics might have been less in the foreground for fashion at the Grammys, but the 2018 red carpet remains a place where protest can be signposted. These visual statements arguably stand with the signs on the Women’s March last weekend. As images that will be broadcast around the world, the optics are undeniable. This award season, a political issue remains the best accessory.

Voir enfin:

22 février 1943
Décapitation de la « Rose blanche »

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d’une vingtaine d’années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche » (Die Weiße Rose en allemand).

Comment, de juin 1942 à février 1943 une poignée de jeunes étudiants chrétiens ont-ils pu défendre les valeurs démocratiques au prix de leur vie ? Comment ont-ils pu diffuser six tracts incendiaires tout en écrivant le soir des slogans pacifistes et antinazis sur les murs de Munich ?

Pierre Le Blavec de Crac’h
Hérodote
2018-02-18

Les prémices de la résistance

Résidant à Ulm et âgé de 14 ans en 1933, le lycéen Hans Scholl n’est pas au début insensible aux discours de Hitler. Comme tous les jeunes Allemands de son âge, il s’engage avec sa soeur Sophie (12 ans) dans les Jeunesses Hitlériennes mais prend assez vite ses distances.

Aidé par ses parents et encouragé par l’éditeur Carl Muth du mensuel catholique Hochland, il rompt avec le national-socialisme et se consacre à ses études de médecine. Il lit les penseurs chrétiens (Saint Augustin, Pascal) et l’écriture sainte. Mais il est arrêté et emprisonné en 1938 pour sa participation à un groupe de militants catholiques.

Quatre ans plus tard, sa décision est prise. Il décide d’entrer en résistance par l’écrit après avoir lu des sermons de l’évêque de Münster Mgr von Galen dénonçant  la politique du gouvernement à l’égard des handicapés.

Un noyau dur se constitue autour de Hans et Sophie Scholl (protestants) et de trois étudiants en médecine que lie une solide amitié : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d’un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans.

En juin 1942, alors que Hitler est au sommet de sa puissance, le petit groupe décide d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». Sophie se garde d’informer de ses actions son fiancé, un soldat engagé sur le front de l’Est.

La rose s’épanouit

En moins de quinze jours, les jeunes gens rédigent et diffusent 4 tracts, signés « La Rose blanche » (Die Weiße Rose). Imprimés dans l’atelier de Munich mis à leur disposition par l’écrivain catholique Théodore Haecker, ils sont diffusés de la main à la main, déposés chez des restaurateurs de la ville ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d’université, des directeurs d’établissements scolaires, des libraires ou des médecins soigneusement choisis.

Les tracts font référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citent parfois la Bible. Leurs lecteurs sont invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de gens.

Willi Graf est enrôlé dans l’armée en juillet 1942 et découvre à cette occasion nombre d’atrocités. Quant à Hans Scholl et Alexander Schmorell, incorporés comme maréchal des logis dans la Wehrmacht en tant qu’étudiants en médecine, ils passent trois mois sur le front russe et constatent avec effroi l’horreur des traitements infligés aux juifs, aux populations locales et aux prisonniers soviétiques.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficient du soutien de leur professeur Kurt Huber (49 ans, catholique convaincu) de l’université de Munich, qui devient leur mentor. Ils impriment et diffusent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin !

Le petit groupe collecte en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupe de leurs familles. Il est toutefois déçu par le peu d’écho de ses initiatives au sein de la population étudiante.

Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » est distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich ! Plus fort encore, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : « Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler !… »

Imprimé à plus de 2.000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste, le sixième et dernier tract commente la défaite de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Comme quelques centaines de ces tracts n’ont pu être expédiés, Hans Scholl décide de les diffuser dans l’Université de médecine.

Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont aussitôt arrêtés avec leurs amis, livrés à la Gestapo (la police politique) et emprisonnés à Stadelheim.

Un procès expéditif

Le 22 février 1943, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures.

Il est présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l’un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son « interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable.

Freisler prononce lui-même la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst – baptisé quelques heures avant son exécution par un prêtre de la prison.

Sophie et Hans sont exécutés par les fonctionnaires de la prison de Stadelheim après avoir revu une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl. Hans Scholl s’écrie « Vive la Liberté ! » avant de mourir sur la guillotine (cet instrument a été importé de France en Bavière au XIXe siècle, à la suite des guerres napoléoniennes). Depuis, les trois jeunes martyrs reposent les uns à côté des autres dans le cimetière voisin de la forêt de Perlach.

Quelques mois plus tard, un second procès frappe quatorze accusés pris dans la même vague d’arrestations : le professeur Kurt Huber, Alexander Schmorell et son camarade Willi Graf sont condamnés à mort. À l’automne 1943, le réseau de Hambourg est lui aussi démantelé par la Gestapo.

Dix autres membres de la Rose Blanche – amis des Scholl, jeunes étudiants des universités d’Ulm et de Sarrebruck, ou sympathisants actifs comme Eugen Grimminger qui les avait aidés financièrement – sont envoyés en camp de concentration où ils paieront aussi de leur vie leur participation aux activités du mouvement.

Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie d’une notoriété nationale et même mondiale. Le 27 juin 1943, parlant de « la naissance d’une foi nouvelle, celle de l’honneur et de la liberté », l’écrivain allemand en exil Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l’été 1943, l’aviation anglaise jette sur le pays un million d’exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber.

L’ami de coeur de Sophie, qui était sur le front de l’Est, obtient une permission sitôt qu’il apprend son arrestation mais il arrive à Munich deux heures après son exécution. Il va entrer dès lors dans la résistance au péril de sa vie…

La Rose Blanche a vécu à peine un an mais la mémoire d’une lutte héroïque – contre la résignation et pour la défense de la liberté d’opinion lorsqu’elle est menacée -, elle, ne s’éteindra jamais.

Un film émouvant et vrai

Sophie Scholl, le dernier jourLe cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (en allemand Sophie Scholl, die letzten Tage). Il relate l’arrestation du groupe de jeunes gens, l’instruction de leur procès et leur exécution.

Son film suit fidèlement la réalité historique telle que relatée dans le livre de souvenirs publié en 1953 par la soeur de Hans et Sophie Scholl : Die weisse Rose (mal traduit, l’ouvrage a répandu dans le public français quelques erreurs factuelles, notamment en traduisant le mot allemand Fallbeil par hache au lieu de guillotine).