Vote ONU/Palestine: A quand un Yad Vashem palestinien ? (It’s monkey see monkey do, stupid!)

61463_468177469892194_1364727104_nEt je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom (…) qui ne seront pas effacés. Esaïe 56: 5
Imaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Il n’y a jamais eu de temple ici. (…) C’est tous des menteurs. Gardien musulman de l’Esplanade du Temple (pardon: « des mosquée » , discussion avec l’auteur, Jérusalem, juillet 2011)
Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. Communiqué du ministère palestinien de l’Information (10 décembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq [Mur des Lamentations] et sa place sont une propriété religieuse musulmane…[Il fait] partie de la mosquée Al Aqsa. Les Juifs n’ont aucun lien avec cet endroit. Mufti de Jérusalem (nommé par Yasser Arafat, Al Ayyam [journal de l’Autorité palestinienne], 22 novembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq est une propriété musulmane et fait partie de la mosquée Al Aqsa. Hassan Tahboob (Ministre des Affaires religieuses de Yasser Arafat, dans interview accordée à l’agence de presse, IMRA, le 22 novembre 1997)
Ce n’est pas du tout le mur des Lamentations, mais un sanctuaire musulman. Yasser Arafat (Maariv, 11 octobre 1996)
Tous les événements liés au roi Saul, au roi David et au roi Rehoboam se sont déroulés au Yémen, et aucun vestige hébreu n’a été trouvé en Israël pour la bonne et simple raison qu’ils n’y ont jamais vécu. Jarid al-Kidwa (historien arabe, au cours d’un programme éducatif de l’OLP, juin 1997, cité dans Haaretz le 6 juillet 1997)
Jérusalem n’est pas une ville juive, en dépit du mythe biblique qui a été semé dans certains esprits…Il n’y a pas d’évidence tangible de l’existence juive d’un soi-disant « Temple du mont Era »…on doute de l’emplacement du mont du Temple…il se peut qu’il ait été situé à Jéricho ou ailleurs. Walid Awad (directeur des publications pour l’étranger du ministère de l’Information de l’OLP, interviewé par l’agence de presse IMRA, le 25 décembre 1996)
Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat (Jerusalem Report, 26 décembre 1996)
[La Shoah] est un mensonge des Sionistes concernant de soi-disant massacres perpétrés contre les Juifs. Al Hayat Al Jadeeda ( journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997)
[Notre but est] d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat qui soit entièrement palestinien. Yasser Arafat (session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996)
La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. Bassam-abou-Sharif (porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency – Agence de presse koweïtienne, 31 mai 1996)
A document found in the Cairo Geniza describes the way in which Umar I brought a group of Jews to the site of the Temple in order to clean it. The Jewish elders were asked to identify the stone known as the Foundation Stone. When it was found and identified, Umar ordered « a sanctuary to be built and a dome to be erected over the stone and overlaid with gold. » As a reward, Umar permitted the Jews to return to Jerusalem and establish the Jewish Quarter. Reuven Hammer
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Un nouveau type de guerre s’est en effet installé, dite « asymétrique », une guérilla disposant d’armes importantes qui utilise les civils comme bouclier et vise sauvagement les civils ennemis. Ce type de guerre n’engage pas des armées des deux côtés. (…) L’indécision, l’atermoiement du gouvernement Olmert dans la conduite de ces opérations dont l’ambition se voulait limitée s’accompagna de pressions occidentales pour empêcher Israël de gagner la bataille. C’est là une récurrence dans ce conflit : l’Occident vient toujours au dernier moment pour sauver les ennemis d’Israël d’une défaite annoncée, ce qui fait de lui le principal et démoniaque artisan de ce conflit qui n’en finit pas. (…) Deux faits peuvent l’illustrer. Le plus manifeste est l’œuvre des Etats européens qui veulent interdire à Israël le droit à la légitime défense tout en se recommandant de la mémoire de la Shoah. La déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères lors de la récente crise est significative : tant qu’Israël ne pénètre pas à Gaza, il est légitime, mais il ne l’est plus si il y entre. Un fait stupéfiant illustre cette état d’esprit : pendant que le Hamas tirait 1500 roquettes sur Israël, Israël continuait de lui fournir, eau, électricité, nourriture et médicaments. On n’a vu une telle chose nulle part au monde. En somme, l’Europe lui demande de se laisser passivement trucider tandis que lui nourrit et renforce son ennemi. L’humanité d’Israël (sous le jour de la Shoah) n’est « reconnue » qu’à la condition de son statut victimaire. Les trésors d’ingéniosité déployés par Israël pour toucher le moins de civils possibles ont quelque chose de fascinant quand on les compare avec la brutalité du Hamas. C’est tout à son honneur quoique cela n’influe aucunement sur une quelconque « reconnaissance » d’Israël par les grands moralistes d’Occident qui exaltent toujours l’humanité souffrante d’organisations terroristes et réduisent Israël à une soldatesque anonyme. La « guerre chirurgicale », technocratique, technique, à distance ne réussira jamais à obtenir une victoire. « Messieurs les Anglais, tirez les premiers » ? Bien au contraire, c’est sa cruauté qui est fustigée, renforcée par la disparité des moyens. La débilitation morale induite par ce scénario est immense et il envoie un signe mortifère à la nation israélienne et plus largement à l’esprit du peuple juif.  Shmuel Trigano
Avec un ennemi il est parfois possible de discuter et faire la paix, avec un rival, c’est impossible car ce qu’il veut, c’est être à votre place, être vous-même, se parer de vos habits et endosser votre rôle. L’ennemi agit de manière rationnelle et peut décider à un moment ou à un autre de cesser les hostilités et passer à autre chose. Le rival, quant à lui, livre un combat radical et irrationnel car pour lui il n’y a pas de place pour deux. Il n’aura donc de cesse que l’Autre disparaisse totalement. (…) Le conflit qui oppose le mouvement national juif à son miroir arabe palestinien est du même ordre. Il tire ses sources du plus profond de la religion musulmane qui pensait avoir définitivement remplacé le Judaïsme tout comme l’Eglise catholique le pensait durant des siècles. La date symbolique du 29 novembre choisie par Abou Mazen pour demander un vote de l’ONU sur la création d’un Etat virtuel de Palestine résume à elle seule la nature du conflit qui nous oppose aux Arabes palestiniens. Le 29 novembre 2012 doit remplacer le 29 novembre 1947, date du fameux vote de partage de la Palestine occidentale en deux Etats, rejeté par le monde arabe.(…) Dans cette tentative de substitution, l’Occident jour un rôle extrêmement pervers, laissant s’installer depuis longtemps le discours palestinien comme étant celui du Droit, de la Justice et de la Vérité, et ne concédant à Israël que l’exigence de sécurité. Si l’ONU vote jeudi la création d’un Etat de Palestine, cela ne changera pas grande chose sur le terrain dans l’immédiat. Mais il s’agira d’une nouvelle victoire sur les consciences collectives à partir de laquelle les terroristes de l’AP vont construire leur stratégie future. Shraga Blum

A quand un Yad Vashem palestinien ?

 « Palestine », diaspora », sionisme, « exode », « exil », « droit du retour », « peuple palestinien », « nationalité » palestinienne aux personnages bibliques,  Jésus « premier résistant palestinien qui voulait chasser l’occupant « , Jérusalem perle du monde arabe et « sommet de toutes ses joies », assimilation du martyrologue juif,  discours victimaire transformant les Israéliens en nazis modernes et les Palestiniens en « juifs des juifs », « camps de concentration », étoile du drapeau d’Israël remplacée par une croix gammée, « victimes d’hier devenues bourreaux d’aujourd’hui », Tsahal armée de « barbares nazis qui assassinent femmes et enfants », « génocide »,  « résistants », « Jour de la Nakba » avec minute de silence et sirènes, théâtre de rue

Au lendemain de l’infamie et de la forfaiture que l’on sait, le jour anniversaire même de l’acte de naissance d’Israël, du Pays autoproclamé des droits de l’homme …

Comment ne pas voir, avec le journaliste israélien Shraga Blum sur le blog de notre consoeur Aschkel, l’évidence de l’insatiable rivalité identitaire qui motive les musulmans en général et les Palestiniens en particulier …

Et une tentative de captation d’héritage qui, comme René Girard nous l’a appris, ne se satisfera jamais que de la totale disparition de l’Etat dont il a fait son double identitaire, à savoir Israël?

Mais aussi partant l’invraisemblable naïveté (ou perversité?) de nos gouvernants occidentaux et de l’incroyable jeu dangereux que depuis des décennies ils sont en train de nous faire jouer?

Proche-orient : 29 novembre 2012, symbole d’une rivalité identitaire

Depuis l’apparition d’un mouvement national palestinien sous l’impulsion des pays arabes, ses dirigeants n’ont jamais caché qu’il s’agissait de supprimer totalement l’entité sioniste, considérée comme une « anomalie de l’Histoire » ainsi qu’une insulte à l’Islam et à la « Oumma »

Shraga Blum

 Aschkel

novembre 27th, 2012

Mon maître Rav Léon Ashkenazy (Manitou) zatzal avait une prédilection pour les personnages de la Genèse, archétypes caractérologiques qui devaient nous apprendre quelles seraient les identités qui réapparaîtraient à différents carrefours de l’Histoire d’Israël. Il enseignait notamment que chacun de nos patriarches se heurtait à deux types bien distincts d’antagonistes : l’ennemi et le rival. Chacun d’eux a une stratégie bien distincte : l’ennemi combat au nom d’une revendication bien précise qui peut être d’ordre politique, économique, territorial ou religieux alors que le rival ne vise qu’une seule chose : vous remplacer totalement et par tous les moyens.

Avec un ennemi il est parfois possible de discuter et faire la paix, avec un rival, c’est impossible car ce qu’il veut, c’est être à votre place, être vous-même, se parer de vos habits et endosser votre rôle. L’ennemi agit de manière rationnelle et peut décider à un moment ou à un autre de cesser les hostilités et passer à autre chose. Le rival, quant à lui, livre un combat radical et irrationnel car pour lui il n’y a pas de place pour deux. Il n’aura donc de cesse que l’Autre disparaisse totalement.

Tout au long de l’Histoire, des pays et des peuples se sont livrés des guerres terribles mais ont su également tourner la page : l’Allemagne et la France étaient ennemies mais non rivales, car ni la France ne voulait remplacer l’Allemagne ni l’inverse. Leur contentieux était de nature patriotique et territoriale mais il a finalement pris fin à l’issue de trois guerres dévastatrices et au prix de millions de morts. Et aujourd’hui, 67 ans après la fin des hostilités, ces deux pays forment le duo le plus solide de l’Union Européenne. Il n’est pas faux par contre de penser que l’antisémitisme nazi était d’un autre ordre, celui de la rivalité et non de l’adversité. La haine irrationnelle d’Hitler, telle qu’elle émane de « Mein Kampf » reconnaissait implicitement au peuple juif un rôle dans ce monde qui ne pouvait de ce fait subsister aux côtés du messianisme nazi. Il fallait donc que le peuple juif disparaisse pour que le « Reich de mille ans » puisse régner.

Le conflit qui oppose le mouvement national juif à son miroir arabe palestinien est du même ordre. Il tire ses sources du plus profond de la religion musulmane qui pensait avoir définitivement remplacé le Judaïsme tout comme l’Eglise catholique le pensait durant des siècles. La date symbolique du 29 novembre choisie par Abou Mazen pour demander un vote de l’ONU sur la création d’un Etat virtuel de Palestine résume à elle seule la nature du conflit qui nous oppose aux Arabes palestiniens. Le 29 novembre 2012 doit remplacer le 29 novembre 1947, date du fameux vote de partage de la Palestine occidentale en deux Etats, rejeté par le monde arabe.

Depuis l’apparition d’un mouvement national palestinien sous l’impulsion des pays arabes, ses dirigeants n’ont jamais caché qu’il s’agissait de supprimer totalement l’entité sioniste, considérée comme une « anomalie de l’Histoire » ainsi qu’une insulte à l’Islam et à la « Oumma ». Selon une méthode très vicieuse, le narratif palestinien s’est construit dès ses origines sur une image en miroir de l’Histoire juive. Dans le dictionnaire arabe palestinien, on trouve ainsi des termes tels que « diaspora », « exode », « exil » ou « droit du retour ». Le narratif arabe palestinien fait remonter la présence d’un « peuple palestinien » en Erets Israël à neuf millénaires, accorde la « nationalité » palestinienne à tous les personnages bibliques et pousse le bouchon jusqu’à dire que Jésus « était le premier résistant palestinien qui voulait chasser l’occupant » ! Et Jérusalem, qui n’est jamais citée dans le Coran est subitement devenue la perle du monde arabe et le « sommet de toutes ses joies » !

Mais cette identification va plus loin encore et atteint des sommets d’abjection : le narratif palestinien s’est collé au martyrologue juif et a intégré un discours victimaire transformant les Israéliens en nazis modernes et les Palestiniens en « juifs des juifs » : les camps de réfugiés sont des « camps de concentration », Tsahal est une armée de « barbares nazis qui assassinent femmes et enfants », qui pratique un « génocide », et les terroristes palestiniens sont des « résistants ». Lors du « Jour de la Nakba », les Arabes palestiniens mais aussi les Arabes israéliens observent une minute de silence sous les sirènes en imitant les Israéliens le Jour du Souvenir et il n’est pas incongru de penser que les responsables terroristes rêvent d’un « Yad Vashem » inversé qui serait une station obligée de chaque invité officiel.

Malgré la grossièreté et l’indécence de la comparaison, elle est entrée dans les consciences collectives puisque les slogans scandés et les bannières brandies lors des manifestations anti-israéliennes à travers le monde suivent ce schéma : l’étoile du drapeau d’Israël est remplacée par une croix gammée et on peut lire « que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui ».

Cette tentative d’usurpation identitaire effectuée par les Arabes palestiniens a également des conséquences en Israël entre ceux qui avec lucidité décèlent ce phénomène et veulent agir en conséquence et ceux qui ne le voient pas ou font semblant de ne pas le voir. Elle est la ligne de partage des eaux entre ceux qui considèrent le conflit israélo-palestinien comme uniquement politique et territorial, donc résoluble au moyens de concessions territoriales israéliennes, et ceux qui ont compris qu’il s’agissait d’une rivalité qui impliquait la victoire nette et sans appel d’Israël.

Dans cette tentative de substitution, l’Occident jour un rôle extrêmement pervers, laissant s’installer depuis longtemps le discours palestinien comme étant celui du Droit, de la Justice et de la Vérité, et ne concédant à Israël que l’exigence de sécurité.

Si l’ONU vote jeudi la création d’un Etat de Palestine, cela ne changera pas grande chose sur le terrain dans l’immédiat. Mais il s’agira d’une nouvelle victoire sur les consciences collectives à partir de laquelle les terroristes de l’AP vont construire leur stratégie future.

Mais aussi questionnement pour nous…

Voir aussi:

Israël : « Colonne de Nuée » : un écran de fumée ?

L’Occident vient toujours au dernier moment pour sauver les ennemis d’Israël d’une défaite annoncée, ce qui fait de lui le principal et démoniaque artisan de ce conflit qui n’en finit pas.

 Shmuel Trigano

chronique sur Radio J le vendredi 23 novembre 2012

Aschkel

novembre 28th, 2012

L’opération israélienne « Pilier de défense » est profondément perturbante à de nombreux points de vue et à différents étages de la réalité. La déception d’une grande partie de la société israélienne est manifeste. L’opinion en ressort déconcertée du fait de la dissymétrie entre l’importante mobilisation en hommes et en esprit et les résultats obtenus. Le mythe de Netanyahou en ressort profondément ébranlé et sa position politique s’en ressentira. Le sentiment d’une opération brisée dans son élan est prégnant. Il faut faire le point.

Réussites et défaillances

Il y a bien sûr des succès. Avant tout, la guerre a été écartée avec son cortège de victimes probables. Peut-être aussi, en cette conjoncture précise (menaces israéliennes sur l’Iran, deuxième cadence d’Obama), Israël a-t-il évité un piège tendu par l’Iran très intéressé à l’enferrer dans une intrusion militaire à Gaza ?

Il est sûr que le Hamas a été militairement affaibli, en tout cas pour un certain temps (c’est là le problème en fait). De même, le dispositif du « Dôme de fer » a fait une entrée fracassante dans l’arène des techniques de la défense : il minorise, sans l’éliminer totalement, la menace des missiles, au sud et au nord. Pour l’instant le cessez-le feu semble observé mais les négociations prévues entre le Hamas et Israël n’ont pas encore abouti au Caire. Nous verrons bien. Incertitude donc.

Le succès politique le plus important tient sans doute à la relative marginalisation de l’Iran et de l’axe shiite à Gaza au profit de l’axe sunnite (Egypte et Turquie, quoique uniquement sous pression américaine, malgré leur hostilité) et l’apparence d’une coopération Netanyahou-Obama, alors que l’on pouvait craindre le pire.

Les défaillances dans la gestion de la crise sont, cependant, multiples.

1) La sécurité d’Israël a été confiée à l’Egypte des frères Musulmans, en charge du contrôle du cessez-le-feu, ce qui peut lui fournir un moyen de pression politique et de chantage. Morsi, qui s’est transformé aussitôt en dictateur après avoir donné ce gage à Obama, est le grand vainqueur de l’opération Pilier de défense.

Que le cessez le feu ait été obtenu via l’Egypte et la Turquie représente certes une prouesse diplomatique, dont tout le mérite revient à Obama, mais c’est aussi une réalité à double tranchant pour Israël, non seulement vis à vis de ces deux puissances mais aussi d’Obama. Les Américains réussiront-ils, par ailleurs, à éliminer les transferts d’armes dans le Sinaï ? C’est à voir, car ce type de dispositions n’a jamais marché dans le passé (à preuve l’échec de la force de l’ONU dans les terres du Hezbollah après la deuxième guerre du Liban).

2) Le Hamas sort politiquement renforcé de l’opération. Il a reçu le soutien de nombre de délégations arabes venues l’encourager sur son territoire, il a tenu 8 jours face à Israël en le bombardant de 1500 roquettes, atteint (symboliquement) Tel Aviv et Jérusalem et surtout obtenu la reconnaissance de facto d’Israël puisqu’Israël négocie avec lui. On peut ajouter que sur le plan de la symbolique arabe, le Hamas sort militairement vainqueur.

Cette réussite signe peut-être le déclin de l’Autorité palestinienne. Le Hamas peut en effet prétendre auprès des Palestiniens avoir obtenu quelque chose d’Israël d’égal à égal. Mais peut-être aussi Israël veut-il qu’un Etat-Hamas séparé se crée effectivement à Gaza pour consacrer la rupture avec la Judée-Samarie et l’Autorité palestinienne et éviter une situation impossible dans laquelle l’Autorité Palestinienne pourrait couper Israël en deux pour établir un lien avec Gaza ?

3) Il est clair enfin que c’est du fait de la pression très « ferme » des Etats Unis que le gouvernement n’a pas donné l’ordre d’entrer à Gaza alors que 70 000 réservistes étaient sur le pied de guerre. Cette pression augure d’autres pressions. La couleur a été annoncée dès l’annonce du cessez le feu avec la nécessité maintenant d’une solution du conflit du Proche Orient. Israël pourra-t-il résister ultérieurement à l’imposition d’une « solution » américaine ?

Le vrai problème : le renoncement à une victoire

Tout cela contribue à planter le paysage de la réalité, néanmoins le cœur du problème que pose cette opération militaire est ailleurs : dans les symboles et l’esprit. « Pilier de défense » est la troisième opération de Tsahal qui finit en queue de poisson : obtention d’un calme limité mais suspension de la marche à une défaite claire de l’ennemi, ce qui occasionne une nouvelle opération.

La guerre contre le Hezbollah au Liban inaugura ce modèle, puis Plomb Durci à Gaza et Pilier de défense. Cette dernière opération illustre rétroactivement l’échec à long terme de Plomb durci qui laisse aussi augurer d’une deuxième confrontation avec le Hezbollah et sans doute une troisième à Gaza. Entre temps, Israël a laissé s’installer à ses portes deux terribles ennemis en leur offrant une pré-emption sur la population civile israélienne. Jamais avant Oslo cela n’aurait été toléré par le gouvernement israélien.

On peut penser très clairement qu’Israël n’a pas voulu vaincre son ennemi dans ces 3 opérations, ce qui tranche en effet sur ce que fut sa doctrine stratégique jusqu’alors. D’où le malaise. Pouvait-il l’éliminer ? C’est là la question. Un nouveau type de guerre s’est en effet installé, dite « asymétrique », une guérilla disposant d’armes importantes qui utilise les civils comme bouclier et vise sauvagement les civils ennemis. Ce type de guerre n’engage pas des armées des deux côtés.

Du temps d’Olmert, l’opération contre le Hezbollah fut la première du genre. Pour l’observateur, ce fut un cauchemar désespérant car on eut l’impression d’une improvisation totale, d’absence d’objectifs clairs, allant jusqu’à la débandade : on découvrit avec stupéfaction que l’intendance ne suivait pas, abandonnant les soldats engagés à leur triste sort, tandis que les villes israéliennes se retrouvaient sous les missiles iraniens.

L’indécision, l’atermoiement du gouvernement Olmert dans la conduite de ces opérations dont l’ambition se voulait limitée s’accompagna de pressions occidentales pour empêcher Israël de gagner la bataille. C’est là une récurrence dans ce conflit : l’Occident vient toujours au dernier moment pour sauver les ennemis d’Israël d’une défaite annoncée, ce qui fait de lui le principal et démoniaque artisan de ce conflit qui n’en finit pas. C’est bien ce qui s’est passé dans ces 3 opérations.

Je mets aussi en rapport ces 3 opérations avec la doctrine stratégique de Ehud Barak. Elle est sans doute liée aussi à son credo politique dans le sillage des « Accords d’Oslo », un tournant qui a changé la donne stratégique pour Israël, notamment sur le plan de la vision des choses israélienne et des illusions tenaces envers un pseudo « partenaire de paix »… Les Israéliens jouent naïvement, ou formellement, ce jeu, sans doute poussés par les Occidentaux, mais il y a aussi de graves illusions qui l’obèrent.

Toute une mentalité accompagne cet état de faits et c’est ce qui est le plus inquiétant quand nous le percevons à partir de l’Europe, car nous avons vu, depuis 12 ans, quelle était l’évolution inquiétante de l’Europe en regard des Juifs et avant tout d’Israël. Il a fallu des années aux Israéliens pour commencer seulement à y comprendre quelque chose. Le problème c’est que beaucoup d’entre eux ont oublié qu’ils étaient plus que des Israéliens et qu’ils restaient des Juifs, au regard de l’imaginaire séculaire des autres.

Le plus grave

Pour qui a suivi pendant des heures les débats organisés par la télévision israélienne, tout au long de l’opération, un fait est frappant. Dans une partie de l’opinion israélienne et en tout cas de la majeure partie des journalistes, le souci de la reconnaissance internationale, de la légitimité, de la justification de l’opération militaire auprès du tribunal occidental et de la pseudo « communauté internationale » est central.

J’ai même entendu évoquer le Rapport Goldstone comme une menace juridique et morale très sérieuse sur laquelle Israël devrait se régler. C’est une donnée accablante quand on connaît la falsification qui inspire ce document et la très petite moralité des puissances occidentales et des organismes internationaux dont aucune n’est en position de faire la morale à qui que ce soit, surtout sur de semblables faits de guerre (la Libye, l’Irak, l’Afghanistan, l’Afrique noire, le Rwanda, pour les puissance occidentales, sans compter la corruption des pétrodollars arabes ; le Kurdistan pour les Turcs, les Coptes pour l’Egypte, etc).

Le plus grave est ailleurs car ces Israéliens croient profondément dans la validité normative d’un jugement qui n’est pas seulement l’expression d’acteurs, eux mêmes immoraux, mais d’acteurs qui ne leur veulent pas du bien, qui sont les porteurs de valise des Palestiniens et des Arabes et dont les entreprises visent uniquement et systématiquement à ce qu’il n’y ait jamais de victoire israélienne qui mette un terme à la guerre contre lui et permette d’installer un système international durable dans la région. On sait très bien, on l’a vu, qu’une telle victoire serait limitée du fait de la petitesse de la nation israélienne et de son caractère démocratique, alors qu’une victoire arabe verrait la destruction d’Israël.

Que les Israéliens se sentent dépendant dans leur sentiment de légitimité d’un tel aréopage est moralement et même « métaphysiquement » accablant. C’est un manque de réalisme qui entraîne nécessairement une analyse stratégique défaillante. Cela montre une aliénation fondamentale dans la conception de soi, une régression dans l’idée et le sentiment de souveraineté. C’est le signe qu’Israël n’est pas conscient de la perversité morale de cet environnement qui sous prétexte de compassion veut l’enferrer dans une impasse mortelle. J’ai eu l’occasion de l’étudier en profondeur dans Les frontières d’Auschwitz, le dérapage du devoir de mémoire » (LP-Hachette).

Deux faits peuvent l’illustrer. Le plus manifeste est l’œuvre des Etats européens qui veulent interdire à Israël le droit à la légitime défense tout en se recommandant de la mémoire de la Shoah. La déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères lors de la récente crise est significative : tant qu’Israël ne pénètre pas à Gaza, il est légitime, mais il ne l’est plus si il y entre.

Un fait stupéfiant illustre cette état d’esprit : pendant que le Hamas tirait 1500 roquettes sur Israël, Israël continuait de lui fournir, eau, électricité, nourriture et médicaments. On n’a vu une telle chose nulle part au monde. En somme, l’Europe lui demande de se laisser passivement trucider tandis que lui nourrit et renforce son ennemi. L’humanité d’Israël (sous le jour de la Shoah) n’est « reconnue » qu’à la condition de son statut victimaire.

Les trésors d’ingéniosité déployés par Israël pour toucher le moins de civils possibles ont quelque chose de fascinant quand on les compare avec la brutalité du Hamas. C’est tout à son honneur quoique cela n’influe aucunement sur une quelconque « reconnaissance » d’Israël par les grands moralistes d’Occident qui exaltent toujours l’humanité souffrante d’organisations terroristes et réduisent Israël à une soldatesque anonyme. La « guerre chirurgicale », technocratique, technique, à distance ne réussira jamais à obtenir une victoire. « Messieurs les Anglais, tirez les premiers » ? Bien au contraire, c’est sa cruauté qui est fustigée, renforcée par la disparité des moyens.

La débilitation morale induite par ce scénario est immense et il envoie un signe mortifère à la nation israélienne et plus largement à l’esprit du peuple juif. Il y a quelque chose que les Juifs n’ont pas compris en politique : la légitimité d’un sujet ne vient pas de la reconnaissance des autres mais de l’affirmation de sa propre souveraineté. C’est ce qui a donné naissance à un Etat d’Israël !

Schmuel Trigano vient de publier, en rapport avec cette analyse, La Nouvelle Idéologie Dominante, le Post-modernisme (Ed. Hermann) et annonce, pour janvier, Politique du Peuple Juif, les Juifs, lePeuple d’Israël et le Monde (ed. François Bourin).

Voir également:

Analyse du discours de Mahmoud Abbas

Victor Perez

30 novembre 2012

Il y aurait trop à redire sur le discours du 29 novembre à l’Assemblée générale de l’Onu du Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour perdre son temps ici à le décortiquer. Mensonges, omissions et mauvaise foi y paradent librement. Il est en revanche intéressant de s’arrêter sur sa profession de foi quant aux négociations et à la paix qu’il propose.
« Nous adhérons à la possibilité de négocier une solution durable au conflit, conformément aux résolutions de la légitimité internationale. Ici, je déclare que l’OLP est prête à retourner immédiatement à la table des négociations sur la base des termes de référence adoptés basés sur la légitimité internationale et une cessation complète des activités de colonisation ».
En clair, les pourparlers devront tourner autour d’un retrait aux lignes d’armistice de 1949 dénommée abusivement « frontières de 1967 » et d’un arrêt total du développement des implantions existantes qui, au final, deviendront israéliennes sur le papier. Ceci sans oublier l’exigence d’un abandon de la ville sainte de Jérusalem, renoncement inimaginable aux yeux du peuple juif dans sa quasi totalité.
Seuls les plus naïfs attendront donc la reprise de ces négociations !
Le plus grotesque n’est pourtant pas sur ce point.
« L’objectif du peuple palestinien est la réalisation de ses droits nationaux inaliénables dans son État indépendant de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, sur tout le territoire de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la bande de Gaza, occupée par Israël pendant la guerre de juin 1967, en conformité avec les résolutions de la légitimité internationale ainsi que la réalisation d’une solution juste et convenue à la question des réfugiés palestiniens conformément à la résolution 194, tel que stipulé dans l’Initiative de paix arabe, qui a présenté la vision consensuelle arabe pour résoudre le cœur du conflit israélo-arabe et de parvenir à une paix juste et globale ».
Non content de réclamer « la réalisation des droits nationaux inaliénables dans l’état de Palestine », il lui faut également une « solution juste sur la question des réfugiés » basée sur une résolution onusienne non contraignante et, de surcroît, ne mentionnant nullement le terme ‘’palestinien’’. Chacun comprendra, par cette exigence, que l’Etat du peuple juif devra, au nom de cette ‘’Paix’’, solutionner ce ‘’problème’’ à ses dépens. Un problème qui n’en serait pas un s’il ne s’agissait pas d’incorporer, non pas les véritables réfugiés de 1948 maintenant quasiment disparus, mais des centaines de milliers de leurs descendants. Un problème consciencieusement entretenu par le monde musulman (et la communauté internationale) dans l’objectif unique de submerger l’état juif par la démographie et, ainsi, obtenir ce qu’il n’a pu obtenir par les moyens de la guerre.
A savoir la fin d’Israël transformé en un énième état musulman.
Quel être censé peut croire un seul instant que le peuple israélien va accepter l’oukase des frontières d’Auschwitz, l’abandon du premier lieu saint de leur foi et l’immigration de centaines de milliers de musulmans revanchards et haineux ? Quel être censé peut croire que les Israéliens abandonneront « leurs droits nationaux et inaliénables » et qu’ainsi la paix adviendra ?
Le conflit va donc encore perdurer des années jusqu’à ce que les pays occidentaux, la France en tête, par manque de courage et intérêts mercantiles cèdent à nouveau aux exigences de l’Ouma et fassent plier l’état juif.
A l’état d’Israël de prendre les devants et de poser ses propres conditions afin de contraindre les puissances occidentales, censées défendre les droits de l’homme, à s’élever contre l’éradication de l’état du peuple juif.
Ne pas s’atteler à cette tâche sera prendre un risque pour la pérennité du pays.
Voir enfin:

 Discours de Mahmoud Abbas à l’ONU

29.11.12

Monsieur le Président de l’Assemblée générale,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La Palestine vient aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations Unies à une époque où elle panse encore ses blessures et enterre encore ses martyrs bien-aimés, enfants, femmes et hommes, victimes de la récente agression israélienne, toujours à la recherche des traces de vie au milieu des ruines de maisons détruites par les bombes israéliennes sur la bande de Gaza, détruisant des familles entières, leurs hommes, femmes et enfants assassinés avec leurs rêves, leurs espoirs, leur avenir et leur désir de vivre une vie ordinaire et de vivre dans la liberté et la paix.

La Palestine vient aujourd’hui à l’Assemblée générale, car elle croit à la paix, parce que son peuple, comme prouvé ces derniers jours, a désespérément besoin d’elle.

La Palestine vient aujourd’hui devant cette prestigieuse tribune internationale, représentante et protectrice de la légitimité internationale, réaffirmer sa conviction que la communauté internationale se trouve maintenant devant la dernière chance de sauver la solution de deux États.

La Palestine vient vers vous aujourd’hui à un moment décisif régional et international, en vue de réaffirmer sa présence et d’essayer de protéger les possibilités et les fondations d’une paix juste, profondément espérée dans notre région.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

L’agression israélienne contre notre peuple dans la bande de Gaza a confirmé une fois de plus la nécessité urgente et impérieuse de mettre fin à l’occupation israélienne et pour notre peuple de gagner sa liberté et son indépendance. Cette agression confirme également la continuité voulue du gouvernement israélien de sa politique d’occupation, de sa force brutale et de la guerre, qui oblige en retour la communauté internationale à assumer ses responsabilités envers le peuple palestinien et pour la paix.

C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.

Je le dis avec une grande douleur et du chagrin … il n’y a certainement pas un individu au monde qui aurait exigé que des dizaines d’enfants palestiniens perdent la vie dans le but de réaffirmer les faits mentionnés ci-dessus. Il n’y avait pas besoin de milliers de raids meurtriers et de tonnes d’explosifs pour rappeler au monde qu’il y a une occupation qui doit toucher à sa fin et qu’il ya un peuple qui doit être libéré. Et, il n’y avait pas besoin d’une nouvelle guerre dévastatrice pour que nous soyons conscients de l’absence de paix.

C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Le peuple palestinien, est miraculeusement ressorti des cendres de la Nakba de 1948, qui visait à le faire disparaître et à l’ expulser dans le but de le déraciner et d’effacer sa présence, alors qu’il était enraciné dans les profondeurs de sa terre et les profondeurs de l’histoire . En ces jours sombres, durant lesquels des centaines de milliers de Palestiniens ont été arrachés à leurs foyers et déplacés à l’intérieur et à l’extérieur de leur patrie, jetés hors de leur beau, accueillant et prospère pays dans des camps de réfugiés dans l’une des pires campagnes de nettoyage ethnique et de dépossession que l’histoire moderne ait connu. En ces jours sombres, notre peuple s’était tourné vers l’Organisation des Nations Unies comme un phare d’espoir et un appel pour mettre fin à l’injustice et à la réalisation de la justice et de la paix, de la réalisation de nos droits et notre peuple y croit toujours et continue d’ attendre.

C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

Dans le cadre de notre longue lutte nationale, notre peuple a toujours cherché à assurer l’harmonie et la conformité entre les objectifs et les moyens de combattre le droit international, l’esprit de l’époque en fonction des réalités qui prévalent et des changements. Et, notre peuple s’est toujours efforcé de ne pas perdre son humanisme et au plus haut niveau, ses valeurs morales profondément ancrées et ses capacités innovantes pour survivre tels que la fermeté, la créativité et l’espoir, malgré les horreurs qui l’ont frappé et continuent encore aujourd’hui, comme une conséquence de la Nakba et de ses horreurs.

Malgré l’énormité et le poids de cette tâche, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), seul représentant légitime du peuple palestinien et chef fidèle de de leur révolution et de leur lutte, s’est toujours battu pour atteindre cette harmonie et cette conformité.

Lorsque le Conseil national palestinien décidait en 1988 de poursuivre l’initiative de paix palestinienne et adoptait la Déclaration d’Indépendance basée sur la résolution 181 (II) (29 Novembre 1947), adoptée par votre auguste institution, elle avait en fait entrepris, sous le leadership du défunt Président Yasser Arafat, une décision historique difficile et courageuse, qui définissait les exigences pour une réconciliation historique qui tournerait la page de la guerre, de l’agression et de l’occupation.

Ce n’était pas une mince affaire. Pourtant, nous avons eu le courage et un sens élevé des responsabilités pour prendre la bonne décision afin de protéger les intérêts supérieurs nationaux de notre peuple et de confirmer notre attachement à la loi internationale, et ce fut une décision qui, au cours de la même année, avait été accueillie, soutenue et bénie par cette importante Assemblée qui se réunit aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

Nous avons entendu et vous aussi avez entendu parler, spécifiquement au cours des derniers mois, du flot incessant de menaces israéliennes en réponse à notre effort politique et diplomatique pour que la Palestine puisse acquérir le statut d’Etat observateur non-membre de l’Organisation des Nations-Unies. Et, vous avez sûrement été le témoin de quelques-unes de ces menaces qui ont été lancées de manière barbare et atroce il y a quelques jours, dans la bande de Gaza.

Nous n’avons pas entendu un seul mot de la part d’un quelconque officiel israélien exprimant une préoccupation sincère pour sauver le processus de paix. Au contraire, notre peuple a été témoin et continue de subir une intensification sans précédent des attaques militaires, de blocus, d’activités de colonisation et de nettoyage ethnique, en particulier dans la Jérusalem-Est occupée, ainsi que des arrestations massives, des attaques par les colons et d’autres pratiques par lesquelles cette occupation israélienne devient synonyme d’un système d’apartheid régi par l’occupation coloniale, qui institutionnalise le racisme et amène la plaie que représente l’incitation à la haine.

Ce qui permet au gouvernement israélien de manière flagrante de poursuivre sa politique agressive, et la perpétration de crimes de guerre provient de sa conviction qu’il est au-dessus des lois et qu’il bénéficie d’une immunité quant à ses responsabilités et les conséquences de ces actes. Cette conviction est renforcée par l’échec de ceux qui tentent de le condamner et le manque d’exigence de la cessation de ses violations et ses crimes et par un positionnement qui assimilerait victime et bourreau.

Le moment est venu pour le monde de dire clairement : assez d’agression, de colonies et d’occupation.

C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

Nous ne venons pas ici chercher à délégitimer un État établi il y a des années, et c’est Israël ; mais nous sommes plutôt venus affirmer la légitimité de l’Etat qui doit maintenant réaliser son indépendance, et c’est la Palestine. Nous ne sommes pas venus ici pour ajouter des complications supplémentaires au processus de paix que la politique d’Israël a renvoyé à l’unité des soins intensifs. Nous sommes plutôt venus pour lancer une dernière tentative sérieuse pour parvenir à la paix. Notre démarche ne vise pas à mettre fin à ce qui reste du processus de négociations, qui a perdu toute finalité et crédibilité, mais plutôt pour essayer de donner un nouveau souffle aux négociations et fixer une nouvelle base solide fondée sur les termes de référence des résolutions internationales pertinentes, en vue de mener ces négociations à la réussite.

Mesdames et Messieurs,

Au nom de l’Organisation de Libération de la Palestine, je dis : nous n’abandonnerons pas, nous ne nous lasserons pas, et notre détermination ne faiblira pas et nous continuerons à nous efforcer de parvenir à une paix juste.

Mais, avant tout et après tout, j’affirme que notre peuple ne renoncera pas à ses droits nationaux inaliénables, tels que définis par les résolutions des Nations-Unies. Et notre peuple s’accroche au droit de se défendre contre l’agression et l’occupation, et il continuera sa résistance populaire pacifique et sa fermeté épique et il continuera de construire sur ses terres. Et, il mettra fin à la division et renforcera son unité nationale. Nous n’accepterons rien de moins que l’indépendance de l’Etat de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, sur tout le territoire palestinien occupé, en 1967, de vivre en paix et en sécurité aux côtés de l’État d’Israël, et une solution au problème des réfugiés sur la base de la résolution 194 (III), conformément au dispositif opératoire de l’Initiative de paix arabe.

Pourtant, nous devons répéter ici une fois de plus notre avertissement : la fenêtre d’opportunités se rétrécit et le temps s’écoule rapidement. La corde de la patience diminue et l’espoir se dessèche. Les vies innocentes qui ont été prises par les bombes israéliennes – plus de 168 martyrs, principalement des enfants et des femmes, dont 12 membres d’une même famille, la famille Dalou, dans la bande de Gaza – sont un rappel douloureux au monde que cette occupation coloniale raciste fait de la solution de deux États et de la perspective de la réalisation de la paix, un choix très difficile, voire impossible.

Il est temps d’agir et c’est le moment d’avancer.

C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Il est demandé au monde aujourd’hui de procéder à une étape importante dans le processus de rectification de l’injustice historique sans précédent qui a été infligée au peuple palestinien depuis la Nakba en 1948.

Chaque voix soutenant notre démarche aujourd’hui est la voix de courage la plus précieuse, et tout État qui accordera son soutien aujourd’hui à la demande de la Palestine pour le statut d’Etat observateur non-membre affirme son soutien moral pour la liberté et pour le droit des peuples, du droit international et de la paix .

Votre appui à notre démarche d’aujourd’hui enverra un message prometteur – pour des millions de Palestiniens sur la terre de Palestine, dans les camps de réfugiés, tant dans la patrie que dans la Diaspora, pour les prisonniers qui luttent pour leur liberté dans les prisons israéliennes – celui que la justice est possible et qu’il y a une raison d’espérer et que les peuples du monde n’acceptent pas la poursuite de l’occupation.

C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.

Votre appui à notre démarche d’aujourd’hui donnera une raison d’espérer à un peuple assiégé par une occupation raciste, coloniale. Votre soutien permettra de confirmer à notre peuple qu’il n’est pas seul et que le respect du droit international ne sera jamais une proposition perdue.

Dans notre effort aujourd’hui d’obtenir le statut d’État non-membre de la Palestine aux Nations -Unies, nous réaffirmons que la Palestine adhérera et respectera toujours la Charte et les résolutions de l’Organisation des Nations-Unies et le droit international humanitaire, faire respecter l’égalité, garantir les libertés civiles, soutenir la règle du droit, promouvoir la démocratie et le pluralisme, et défendre et protéger les droits des femmes.

Comme nous l’avons promis à nos amis et à nos frères et sœurs, nous continuerons à les consulter en vue de l’approbation par votre organe estimé, de notre requête qui est d’élever le niveau du statut de la Palestine. Nous agirons de façon responsable et positive dans nos prochaines étapes, et nous travaillerons au renforcement de la coopération avec les pays et les peuples du monde pour la sauvegarde d’une paix juste.

Mesdames et Messieurs,

Il y a soixante-cinq ans, ce même jour, l’Assemblée générale des Nations- Unies adoptait la résolution 181 (II), qui partageait la terre historique de la Palestine en deux États, et donnait aussi à Israël son certificat de naissance.

Soixante-cinq ans plus tard, ce même jour que votre organisation a choisi de désigner comme étant la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, l’Assemblée générale a un devoir moral, qu’elle ne doit pas hésiter à entreprendre, et se trouve devant un devoir historique, qui ne peut plus prendre de retard, et devant une charge qui permettra de récupérer les chances de paix, ce qui est urgent et ne peut être reporté.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

L’Assemblée générale est appelée aujourd’hui à émettre un certificat de naissance sur la réalité de l’Etat de Palestine.

C’est pourquoi, en particulier, nous sommes ici aujourd’hui.

Merci

12 Responses to Vote ONU/Palestine: A quand un Yad Vashem palestinien ? (It’s monkey see monkey do, stupid!)

  1. […] israélien Shraga Blum sur le blog de notre consoeur Aschkel, l’évidence de l’insatiable rivalité identitaire qui motive les musulmans en général et les Palestiniens en particulier […]

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  2. […] pour voir et des oreilles pour entendre, a eu au moins le mérite de confirmer l’évidence de l’insatiable rivalité identitaire qui motive les musulmans en général et les Palestiniens en particulier […]

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  5. […] a eu au moins le mérite de confirmer, après celle de la barbarie de leurs chefs, l’évidence de l’insatiable rivalité identitaire qui motive les musulmans en général et les Palestiniens en particulier […]

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  6. […] a eu au moins le mérite de confirmer, après celle de la barbarie de leurs chefs, l’évidence de l’insatiable rivalité identitaire qui motive les musulmans en général et les Palestiniens en particulier […]

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  7. […] a eu au moins le mérite de confirmer, après celle de la barbarie de leurs chefs, l’évidence de l’insatiable rivalité identitaire qui motive les musulmans en général et les Palestiniens en particulier […]

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  8. […] en mal d’un mariage dont plus personne ne voulait, chacun revendique la place de la victime […]

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  9. […] épisode d’un syndrome mimétique et de la concurrence des victimes qui est ici en train de se rejouer dans ce cimetière rempli […]

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  10. […] épisode d’un syndrome mimétique et de la concurrence des victimes qui est ici en train de se rejouer dans ce cimetière rempli […]

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