Mollahland: La République islamique sera fondée sur la liberté (The Islamic republic will be founded on freedom)

Khomeini arriving in Tehran (1979)L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. Victor Klemperer
La République islamique sera fondée sur la liberté d’expression et luttera contre toute forme de censure. Khomeyni (Entretien avec Reuters, le 26 octobre 1978.)
Tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la République islamique n’est qu’une propagande hostile. (Dans le futur gouvernement), les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront, tout comme les hommes. Khomeyni (Entretien accordé à un groupe de reporters allemands à Paris, le 12 novembre 1978.)
La viande de cheval, de mulet et d’âne n’est pas recommandée. Elle est strictement défendue si l’animal a été sodomisé de son vivant par un homme. Dans ce cas, il faut emmener l’animal hors de la ville et le vendre. Si on commet un acte de sodomie avec le boeuf, le mouton ou le chameau, leur urine et leurs excréments deviennent impurs, et leur lait même n’est plus consommable.
Un homme peut épouser une fille plus jeune que neuf ans d’âge, même si la fille est encore un bébé au sein. Il ne doit pas avoir de relations sexuelles normales avec elle tant qu’elle n’a pas neuf ans, mais les caresses, les baisers et la sodomie sont permis. Si un homme qui a épousé une fille impubère la possède avant ses neuf ans révolus, il n’a pas commis un crime mais seulement une infraction, si la fille ne subit pas de dommage permanent. Si la fillette est blessée de façon permanente, l’homme devra veiller sur elle le reste de sa vie. Mais cette fille ne comptera pas parmi les quatre femmes permanentes. Khomeyni
La lapidation est une nécessité pour conserver la sanctification de la famille. Zahra Shojaii (juillet 2002)
En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur. Janet Afary et Kevin B. Anderson
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
Le jour approche où le monde musulman possédera des armes nucléaires, ce jour-là, la stratégie de l’Ouest sera caduque, car une unique bombe atomique a le pouvoir de complètement détruire Israël, alors qu’une contre-attaque israélienne ne peut causer que des dégâts mineurs au monde musulman. Rafsandjani (Journée de Jérusalem, le 14 décembre 2001, soit 3 mois après le 11 septembre)
L’Iran pourrait acquérir la capacité de fabriquer une arme atomique dans deux à cinq ans, mais il reste beaucoup de temps pour régler la question (…) Les inquiétudes existent, mais il ne faut pas les grossir… On a amplement le temps de discuter avec (l’Iran) et de dissiper ces craintes, pour aller vers plus de discussions plutôt que d’isolement. Mohammed El-Baredei (directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique)
A l’heure où, après son sanglant fiasco gazaouite et avec son premier Spoutnik diffusant ses Allah Akbar dans l’indifférence sidérale de sa population, le premier des deux derniers Etats-voyou revendiqués de la planète (pardon: la République islamique – peut-on imaginer plus pur oxymore ?) est censé fêter les 30 ans de sa révolution (du 1er au 11 février) …Et pendant que Biden en tête et entre deux couplets négationnistes ou dernière-solutionnistes de leurs homologues iraniens, nos munichois se réunissent très logiquement à Munich …

Retour, avec le site irano-américain Iranian et le journal libanais L’Orient-le Jour, sur la diaboliquement géniale invention de l’oxymore du siècle par, du fond de son exil de Neuphlé-le-château, le père-fondateur de ladite Révolution, l’ayatollah Khomeyni.

Il suffisait apparemment, entre une fausse constitution et un ou deux soi-disant massacres du Shah, d’une bonne dose de naïveté et de complaisance de la part de nos gouvernants et intellectuels (Iraniens compris), de remplacer gouvernement par « république ».

Pour, derrière l’hommage forcé de l’hypocrisie à la vertu, produire ce qui se révélera quand même comme non seulement un accident industriel aux dimensions quasi-soviétiques, mais l’un des systèmes politiques les plus oppressifs de la planète qui, via ses divers supplétifs, commanditera ou financera (jusqu’à ce jour) l’essentiel et les pires abominations du terrorisme des trente dernières années …

Comment Khomeyni nous a bernés
Esmail Nooriala
Iranian.com
Traduit par Courrier international
5 févr. 2009

En 1979, la gauche iranienne s’est laissé séduire par la rhétorique anti-impérialiste des mollahs. L’écrivain Esmail Nooriala revient sur cette méprise lourde de conséquences.

Extraits :

Lorsque Khomeyni est arrivé à Paris, il a rencontré de nombreux journalistes occidentaux. Dans ses interviews, il a légèrement adouci sa doctrine du “velayat-e faqih” [gouvernement des doctes]. A la place du “gouvernement” islamique, il s’est mis à parler de “république” islamique. Il évoquait pour la première fois la question du vote du peuple et les droits de l’homme, et les libertés sociales et politiques.

Les révolutionnaires de gauche, en multipliant les erreurs, lui ont conféré le pouvoir absolu. Mehdi Bazargan et ses partisans du Mouvement de la liberté [Nezhat e-azadi], ainsi que le Front national [Jebhe-e melli, héritiers de Mossadegh] ont chassé le Premier ministre du chah, Chapour Bakhtiar, sans avoir le moindre programme défini. Le parti communiste Tudeh (dont le mot d’ordre était d’agir sans attirer l’attention) s’est aligné sur l’imam Khomeyni en le considérant comme un guide anti-impérialiste. Mais il est vite devenu clair que les belles paroles de Khomeyni à Paris n’étaient que des mensonges. Son seul objectif était de combattre ses rivaux et d’arriver au pouvoir. C’est alors qu’il a décidé d’appliquer les idées de son livre sur le gouvernement islamique en utilisant le terme de république.

Voir aussi:

IRAN – Deux discours, une même révolution
L’Orient-Le Jour
Traduit par Courrier international
5 févr. 2009

Une fois rentré en Iran, l’ayatollah Khomeyni, guide spirituel de la révolution iranienne de 1979, a tenu un discours radicalement différent de celui qu’il tenait en exil. L’Orient-Le Jour s’est amusé à confronter des citations des deux périodes.

Depuis son exil de Neauphle-le-Château, en France, l’ayatollah Ruhollah Khomeyni (1902-1989) a régulièrement détaillé, dans de nombreuses déclarations publiques, sa vision de la future République islamique. Il évoquait ainsi des questions relatives au respect des droits de l’homme, de la liberté d’expression et de la démocratie. Toutefois, peu après son retour à Téhéran, le guide suprême de la révolution iranienne a changé radicalement de discours. Pour les spécialistes de l’Iran, cette volte-face s’explique, en partie, par la situation instable qui régnait dans le pays après l’instauration de la République islamique, en 1979.

En exil
« Il n’y aura pas d’oppression sous le régime islamique. » (Entretien avec l’AFP, le 25 octobre 1978.)

« La République islamique sera fondée sur la liberté d’expression et luttera contre toute forme de censure. » (Entretien avec Reuters, le 26 octobre 1978.)

« Dans la république islamique d’Iran, les médias sont libres de peindre les réalités du pays telles quelles. » (Entretien avec le journal italien Paese Sera, le 2 novembre 1978.)

« Nous aimerions diriger le futur gouvernement islamique conformément aux fondements de l’islam pour que les gens découvrent la différence entre la démocratie islamique et les autres démocraties. Si les peuples du monde entier connaissent les bienfaits de l’islam, mon espoir est qu’ils se convertissent tous à l’islam. » (Entretien accordé à un groupe de journalistes français, à Paris, le 9 novembre 1978.)

« Tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la République islamique n’est qu’une propagande hostile. (Dans le futur gouvernement), les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront, tout comme les hommes. » (Entretien accordé à un groupe de reporters allemands à Paris, le 12 novembre 1978.)

« Les femmes sont libres de choisir le mode vestimentaire qu’elles désirent. » (Entretien avec The Guardian, le 6 novembre 1978.)

De retour en Iran

« N’écoutez pas ceux qui parlent de démocratie. Ils sont contre l’islam et veulent éloigner le pays de sa mission. Nous allons briser les plumes empoisonnées de ceux qui parlent de nationalisme, de démocratie et de ce genre de choses. » (Lors d’une réunion avec des étudiants et des enseignants à Qom, le 13 mars 1979.)

« Nous allons détruire les gens qui s’opposent à l’islam avec la même force que nous avons utilisée pour détruire le régime (du chah). Attention à vos déclarations. Abstenez-vous d’écrire. » (Discours prononcé à l’école Faiziyah, à Qom, le 5 juin 1979.)

« Nous devons avertir ces intellectuels qu’ils seront écrasés s’ils n’arrêtent pas leurs ingérences. Nous vous avons, jusque-là, traité avec clémence dans l’espoir que vous cessiez votre malfaisance. […] Ces proaméricains doivent savoir que nous pouvons les exterminer quand nous le voudrons en très peu de temps. » (Dans une déclaration adressée au peuple iranien, le 8 août 1979.)

« Dorénavant, nous n’allons autoriser que les partis dont les activités sont jugées convenables. Nous n’accorderons plus la même liberté que par le passé. C’était une erreur de notre part. » (Lors d’une réunion avec des membres du Congrès à Qom, le 18 août 1979.)

« Ceux qui ne veulent pas voter en faveur de la République islamique souhaitent le retour de l’ancien régime. Ceux qui s’abstiennent de voter sont des provocateurs et des comploteurs. Nous allons les traiter comme des ennemis et nous allons les opprimer. » (Discours prononcé à la fin du ramadan, le 3 septembre 1979.)

Un commentaire pour Mollahland: La République islamique sera fondée sur la liberté (The Islamic republic will be founded on freedom)

  1. […] que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan […]

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