Antiracisme: A quand les charcuteries sans… porc? (A world full of Christian ideas gone mad)

Mc VeganLe monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. G. K. Chesterton
Pas de file d’attente, ni d’ordre de passage: ambiance gauloise oblige ! ! Seule condition requise pour manger avec nous: manger du cochon. En cas de doute, demander la carte d’adhérent à l’association Solidarité Des Français. Si la personne n’est pas en possession de sa carte, prendre ses coordonnées et lui signifier que son adhésion sera accordée lorsqu’elle fournira ses 2 parrainages d’adhérents à cours de cotisation. Bien faire comprendre que nous n’avons déjà pas assez pour les nôtres. Attention, fromage, dessert, café, vêtements, friandises, vont avec la soupe au cochon: pas de soupe, pas de dessert … Le seul mot d’ordre de notre action : les nôtres avant les autres. Solidarité des Français (fiche pratique)

Oui, outre la question des pratiques « discriminatoires » des associations caritatives communautaires hallal ou cachères …

Et sans se voiler la face sur la dimension explicitement polémique et les motivations probablement très douteuses des « identitaires français », niçois, parisiens, alsaciens et leurs soupes au cochon …

A quand des CHARCUTERIES systématiquement hallal ou cachères, ie. SANS… porc?

Ou même, pour ne pas offusquer les végétariens ou les fan de BB, des boucheries, ces archaïques vestiges des origines sacrificielles de nos cultures, sans… viande?

Au nom de quelle forme perverse d’apartheid d’un autre âge, les musulmans ou les juifs se verraient-ils interdire l’accès à ces commerces ?

Voir cette intéressante analyse de Resiliencetv :

La soupe au cochon et l’orthodoxie mentale
Laurent Fidès
Resiliencetv
le 04/01/2007

Depuis plus d’un an maintenant, les « identitaires » français, niçois, parisiens, alsaciens, organisent des soupes au cochon pour les SDF. Les bien-pensants s’acharnent à condamner ce qu’ils appellent de la discrimination. Articles virulents, propos frisant les appels au lynchage, contre-manifestations, gardes à vue, procès : les identitaires auront subi tous ces affronts pour avoir simplement proposé une soupe populaire non hallal et non kacher. Il faut donc s’entendre aujourd’hui sur le sens de « discrimination ». La dérive inquiétante que prend le discours anti-discrimination n’est pas un phénomène isolé. Elle accompagne une nouvelle forme de normativité et d’assujettissement de l’individu, formé à intérioriser des normes comportementales que l’école, les médias, la parole autorisée véhiculent en portant un message prétendument universel sur la tolérance, les valeurs républicaines, les droits de l’homme, l’égalité, la parité et le droit à la différence.

Il ne s’agit plus d’inculcation de préceptes stylisés dans la forme convenue d’une morale sociale ou d’une éducation civique, mais d’un micro-pouvoir anonyme, comme aurait dit Foucault, qui se loge un peu partout sans avoir l’air contraignant, sans présenter les défauts d’une pensée transmissive plus ou moins autoritaire. Qui plus est, le discours de la tolérance participe d’une normativité comportementale plus globale, qui tend vers une maîtrise quotidienne des corps et des gestes, je veux parler de cette façon de nous dire combien de verres de vin par repas nous ne devons pas dépasser, où nous devons fumer ou ne pas fumer, ce qu’il faut consommer (de préférence du bio), quelles technologies il faut utiliser pour ne pas être dépassé, etc. Il est probable qu’aucune société ne peut se passer de cette forme d’assujettissement qui joue le rôle de régulateur social quand la loi religieuse a disparu et que les lois civiles ne peuvent atteindre efficacement la sphère privée. A plus forte raison, pour garantir symboliquement l’unité sociale, nous dicte-t-on ce que nous devons dire et penser des ex-colonisés, des juifs, des Arméniens, des homosexuels, des femmes en politique, etc.

Je dis donc que le discours anti-discrimination n’est pas un discours simplement moral mais un vecteur de normalisation. Si on creuse un peu ce discours, on s’aperçoit que sa justification est le plus souvent sophistique. Par exemple, il est remarquable que l’on invoque un droit du sol, un droit historique, pour condamner les actes dits racistes : ces gens qu’on dit maghrébins sont français comme nous car ils sont nés ici. Un tel argument est paradoxal et l’autre vous répondra simplement : mais nous sommes là depuis plus longtemps qu’eux. Ou alors si on s’en tient à l’égalité garantie par la citoyenneté, critère intemporel et abstrait, on scotomise le doute légitime qui pèse sur l’acceptabilité d’un régime de citoyenneté accordé sans aucune délibération de la communauté nationale, sans aucun débat public, sans aucune possibilité réelle de discussion démocratique. Il n’est même pas admis par la pensée unique qu’un citoyen puisse considérer que dans de telles conditions le contrat social a été rompu, la loi n’étant plus l’expression de la volonté générale. La vérité est que l’idéologie et l’imposition de normes non démocratiques ont profondément entamé la légitimité du pacte républicain, à tel point qu’on ne voit pas comment celui-ci pourrait se redresser en repartant naïvement des conditions qui ont provoqué son ébranlement.

Le mot discrimination fonctionne dans ce régime spécial de non-démocratie (qui n’est pas franchement antidémocratique comme le sont les régimes tyranniques ou totalitaires). Il devient naturel de se représenter la soupe au cochon comme discriminatoire en soi.
Cela veut dire que le charcutier doit aussi se sentir coupable,
puisque les juifs et les musulmans ne vont pas entrer dans sa boutique.

Proposer un choix limité, c’est désormais exclure. Voilà qui est dit, sans arrogance, par les magiciens du politiquement correct. Cette perversion de la pensée doit devenir la seule manière de penser. A la limite, il serait moins choquant qu’on renonce à toute soupe populaire en appliquant la loi du tout ou rien. L’école publique a fait ce choix : plus de signes religieux visibles, car soit on les prend tous, soit on les refuse tous. Mais même dans ces conditions, certains ont crié à la discrimination, sous le prétexte que cette loi aurait visé essentiellement l’islam, dans les intentions sinon dans le texte. La laïcité n’est-elle pas un choix philosophique, donc une option parmi d’autres, qui n’a pas de légitimité autre qu’historique ? On voit comment le piège se referme sur les adeptes de l’orthodoxie mentale. Les arroseurs arrosés devraient comprendre que c’est la notion de choix qui est mise en question. Lutter contre la discrimination, c’est forcément, en définitive, refuser de choisir, repousser toute notion de préférence.

Un grand nombre de questions apparemment politiques devront être soustraites à toute décision politique si la notion de suffrage enveloppe une part de décision personnelle, de choix. Les philosophies contemporaines les plus sophistiquées, celles-là même qui passent pour les théories de la démocratie, je pense par exemple à l’éthique de la discussion de Habermas, mettent en scène une communauté de participants argumentant jusqu’à ce que l’échange communicationnel expurge tout résidu vraiment personnel : ne reste alors que la rationalité procédurale, garante de l’impartialité des jugements. Ce modèle, très pratique pour penser une morale universelle idéale, et certainement irréprochable sur ce terrain, s’applique malheureusement, dans les systèmes auxquels je pense, à l’espace publique et devient même le seul modèle soi-disant acceptable pour penser l’espace public. J’y vois là quelque chose de très déroutant et au fond de très anti-individuel pour la question de la soupe au cochon ; pourquoi des citoyens n’auraient-ils pas leur mot à dire sur la culture qu’ils préfèrent promouvoir, sans obliger personne à y adhérer… ? Pourquoi cela serait-il jugé scandaleux en République ?

Rousseau estimait qu’en politique les différences individuelles se neutralisent. C’était encore accepter l’idée que la démocratie suppose au départ des préférences. Rawls lui-même considérait dans sa fiction du voile d’ignorance que chacun a des intérêts à défendre bien qu’il ignore lesquels, ne connaissant pas, par hypothèse, sa position dans la société. Un penseur de talent comme Habermas franchit un pas de plus vers l’abstraction et le refus de choisir.
Bien qu’il ne le dise pas en ces termes, on sent bien que choisir, c’est être hérétique.

C’est d’ailleurs le sens premier de ce mot…

Voir aussi:

aucune association ou organisation religieuse musulmane ou juive n’avait protesté … lorsque des personnes musulmanes refusent de manger du porc, elles se voient proposer autre chose

Le Conseil d’Etat refuse la distribution à Paris de la « soupe au cochon »
Le Monde avec AFP
06.01.07

Le Conseil d’Etat a refusé vendredi 5 janvier au soir la distribution par une association d’extrême droite, à Paris, d’une « soupe au cochon » aux sans abri : la plus haute juridiction administrative a annulé une ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait suspendu, mardi, l’arrêté du préfet de police de Paris du 28 décembre interdisant à Solidarité des Français de distribuer cette nourriture à base de porc.

Saisi de l’appel formé par le ministre de l’intérieur, le juge des référés du Conseil d’Etat, Christian Vigouroux, a estimé qu’en interdisant les distributions, le préfet de police n’avait pas porté une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de manifestation. Le représentant du ministère de l’intérieur, Me Jean-François Boutet, avait qualifié ces distributions de soupe de « discriminatoires », et donc susceptibles de troubler l’ordre public. Il a cité une phrase du site internet de SDF (« Pas de soupe, pas de dessert, les nôtres avant les autres »), ajoutant que la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) s’était émue de l’aspect discriminatoire de ces « soupes au cochon », de même que deux délibérations du Conseil municipal de Paris. Le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, avait demandé qu’il soit fait appel de l’ordonnance du tribunal administratif concernant cette « initiative aux relents xénophobes ».

« UNE SOUPE DE PAUVRE »

Me Bruno Le Griel, avocat de Solidarité des Français, a soutenu en revanche que la requête du ministère de l’intérieur était « irrecevable ». Il a ajouté qu' »aucun fait de discrimination n’avait été rapporté » et qu’aucune association ou organisation religieuse musulmane ou juive n’avait protesté. Il a assuré que « lorsque des personnes musulmanes refusent de manger du porc, elles se voient proposer autre chose ». Il a déclaré que « traditionnellement la soupe au lard est une soupe de pauvre » et que « ceux qui ne veulent pas manger de porc peuvent toujours aller vers des associations caritatives musulmanes ».

Le juge des référés du tribunal administratif avait déjà annulé, le 22 décembre, un précédent arrêté d’interdiction pris par la préfecture de police de Paris.

4 commentaires pour Antiracisme: A quand les charcuteries sans… porc? (A world full of Christian ideas gone mad)

  1. jcdurbant dit :

    Voir aussi, pour la confirmation des intentions explicitement
    polémiques et les effectivement peu ragoûtants précédents de l’initiative en question, le petit rappel historique sur le site Libres échanges de l’Humanité:

    Ces soupes « identitaires » ne sont pas une nouveauté. Elles ont débuté en 2004 dans le quartier de la Gare de l’Est à Paris. Au départ, c’est le groupuscule fasciste « Bloc Identitaire » qui fait ces distributions. Dans leur journal de l’époque, « Jeune Résistance », un compte-rendu de cette « soupe identitaire » a été fait. On peut y lire qu’a été distribué « un délicieux bouillon de légumes et lardons enrichi aux oreilles de cochon- ah, ça c’est sûr y’en a pas pour toutes les religions au bistro du cœur des Identitaires… Pendant deux heures, ce coin de France occupé a été libéré ». On ne peut pas être plus clair. Aujourd’hui, c’est l’association Solidarité des Français (pour SDF), qui s’occupe des distributions de soupes au cochon. Elle est présidée par les époux Bonnivard, ex membres du MNR mégrétiste, aujourd’hui militants au Bloc Identitaire. Et voilà comment Odile Bonnivard présente son action au journal d’extrême droite, Minute : « Nous avons décidé d’aider « les nôtres » avant « les autres ». Il suffit d’observer la rue pour réaliser que la majorité des marginaux qui dorment dehors sont des Européens, pour la simple raison que les refuges et les centres d’accueil sont submergés par une misère venue d’ailleurs, souvent du Maghreb. Il y règne un climat de terreur et de violence. Nous favorisons notre communauté. »

    Petit rappel historique : les « soupes identitaires » ont commencé dans les années 30 avec le parti nazi qui offraient des soupes uniquement aux « aryens ». En France, c’est le Parti Populaire Français, organisation fasciste de Jacques Doriot, qui faisait ces distributions, fin des années 30. On a les références que l’on peut. Et que l’on veut.

    Abel Mattioli Mestre

    Voir également, en revanche, l’avis, pour nous peu convainquant, de la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg d’il y a exactement un an rejetant le recours des auteurs de l’initiative contre le motif d’atteinte à l’ordre public et qui rappelle d’ailleurs notamment que:

    la liberté de réunion garantie par l’article 11 de la Convention protège aussi les manifestations susceptibles de heurter ou mécontenter des éléments hostiles aux idées ou revendications qu’elles veulent promouvoir (Plattform « Ärtze für das Leben » c. Autriche, 21 juin 1988, §32, série A no 139).

    La décision du préfet entérinée par le Conseil d’Etat nous semblant, outre les problèmes d’application que peut poser l’arrêt anti-lancer de nains dit Morsang Sur Orge de 1995 (ajoutant, à la définition traditionnelle de l’ordre public comme tranquilité, salubrité et sécurité publiques, la dignité humaine), avoir été sensiblement au-delà de l’arrêt Benjamin de mai 1933 sur la question de la proportionnalité de l’interdiction:

    L’éventualité de troubles, alléguée par le maire de Nevers, ne présentait pas un degré de gravité tel qu’il n’ait pu, sans interdire la conférence, maintenir l’ordre en édictant les mesures de police qu’il lui appartenait de prendre ; que, dès lors, sans qu’il y ait lieu de statuer sur le moyen tiré du détournement de pouvoir, les requérants sont fondés à soutenir que les arrêtés attaqués sont entachés d’excès de pouvoir.

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