Gaza/Mossoul: Quand l’assassinat devient spectacle (Looking back at Laurent Murawiec’s prophetic texts on today’s convergence of Western inversion of values and Islamic thirst for genocide)

S’ils disent la même chose que le Coran, ils sont inutiles; s’ils le contredisent, ils sont nuisibles; dans les deux cas, il faut les détruire. Calife Omar Al-Farouk (642)
Ceux qui brûlent des livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes. Heinrich Heine
Gaza : 4 tués par un raid dans un enterrement Quatre Palestiniens ont été tués aujourd’hui dans la ville de Gaza lors d’un raid aérien sur un cimetière où ils enterraient des proches tués plus tôt, ont indiqué les services de secours. Ces nouvelles victimes, quatre hommes, portent à au moins 19 le nombre de Palestiniens tués aujourd’hui. Ce bilan inclut quatre enfants. Les enfants et les adolescents représentent plus du quart des près de 2070 Palestiniens tués depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 8 juillet. Le Figaro (21.08.14)
5 terroristes ont été ciblés à Gaza tandis qu’ils s’apprêtaient à tirer des roquettes depuis un cimetière. Il avait été utilisé hier pour viser Ashkelon. Depuis le début de l’Opération Bordure Protectrice, environ 130 roquettes ont été tirées depuis des cimetières à Gaza sur Israël. Armée de défense Israël  (21.08.14)
Les services de renseignements américains et britanniques tentent d’identifier l’auteur de la décapitation de James Foley. Il pourrait venir de Londres ou du sud-est de l’Angleterre. (…)  sur les images authentifiées par le FBI, l’homme s’exprime en anglais avec un accent britannique. (…) Une hypothèse confortée par le témoignage de plusieurs ex-otages interrogés par le quotidien. Ces derniers identifient le bourreau comme étant «John», un Londonien parti faire le djihad. Intelligent, instruit et croyant en l’Islam radical, il serait le leader d’un groupe de trois combattants d’origine britannique qui s’occuperait spécifiquement des otages étrangers et des négociations avec leurs familles. Ce groupe serait surnommé «les Beatles» par les otages, du fait de leur nationalité. Pour le Pr Peter Neumann, directeur du Centre international d’études sur la radicalisation (ICSR) au King’s College de Londres, le djihadiste de la vidéo n’a pas été choisi par hasard. «Peu importe sa nationalité, ils avaient surtout besoin d’un anglophone, a-t-il expliqué au Guardian. Ils voulaient clairement quelqu’un qui parlait couramment l’anglais pour avoir un maximum d’impact en Occident et être sûrs que la vidéo serait diffusée sur toutes les chaînes de télévision américaines». D’ailleurs, l’anglais est la seule langue utilisée, seuls des sous-titres en arabe ont été ajoutés. Le Figaro
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
Le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes. Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas. La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital. Oren Kessler
Comme le Hamas le fait savoir à qui veut, il est braqué sur « la fin de l’occupation de la Palestine » – autrement dit mettre fin à l’existence d’Israël. Malheureusement, trop peu de gens le comprennent. Naturellement consternés par la mort et la dévastation dans la bande de Gaza, beaucoup de gens dans le monde, l’homme de la rue comme les dirigeants politiques, confondent la cause et la conséquence. Le Hamas ne cherche pas la liberté pour le peuple de Gaza quand il exige la « levée du siège », un port et un aéroport, et quand il tire des roquettes parce que ses exigences ne sont pas respectées. Il est, au contraire, à la recherche de la capacité de poursuivre son objectif de rayer Israël et donc de bloquer toutes ces pénibles restrictions sur sa capacité à construire une machine de guerre encore plus puissante. Le blocus israélo-égyptien n’est pas antérieur à la saisie violente de Gaza par le Hamas en 2007 ; il a été imposé après que les islamistes en aient pris le contrôle, et serait supprimé si la sécurité d’Israël n’était pas menacée par le Hamas et ses compagnons islamistes. Vous voulez alléger les souffrances des Israéliens ordinaires mais aussi des Gazaouis ordinaires ? Mettre fin au Hamas. Vous voulez au contraire leur assurer une plus grande souffrance ? Levez le blocus avec un Hamas toujours aux commandes. Effusions de sang garanties… (…) Mais c’est seulement si le Hamas croit que sa survie est en danger qu’il mettra un terme au feu. Et il faudrait une opération militaire beaucoup plus importante que le gouvernement israélien, conscient de ses conséquences en pertes probables, se prépare peut-être à mettre en place. Il faudrait aussi une évaluation bien différente du conflit par la communauté internationale – moins partiale et plus ingénieuse – afin de fournir un soutien plus fiable à Israël. (…) le Hamas (…) a signé un gouvernement d’unité avec Abbas au printemps dernier comme une étape vers la prise du pouvoir de l’Autorité palestinienne. En même temps, comme le Shin Bet l’a révélé lundi, il se préparait à une série d’attaques terroristes contre des cibles israéliennes, dans un complot élaboré visant à favoriser une troisième intifada et à renverser Abbas. Le Hamas ne se mettra jamais dans une position docile par rapport à Abbas. Au détriment des habitants de Gaza et des Israéliens, le Hamas n’est pas prêt à s’en remettre docilement à Abbas ni à personne. Le business du Hamas n’est pas de gouverner Gaza ; c’est celui du terrorisme. David Horowitz
Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ». A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes. Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste. (…)  Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ? Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux. J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels). D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ? On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites. La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche. Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature. (…) Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale. (…)  L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant. Laurent Murawiec
Les illusionnistes et les hypocrites – «je ne justifie pas, j’explique» – qui justifient tout invoqueront la coopération de Tony Blair avec Bush, mais ils ne pourront masquer la logique tribale qui préside à la stratégie et à la pratique islamistes : les islamistes ont déclaré la guerre à l’Occident, tous les Occidentaux sont donc coupables, jugés, assassinables, car ils participent de la substance qu’il faut détruire, le monde de l’Incroyance, dar el-Kufr. Ceux qui croient s’être mis à l’abri grâce à leurs complaisances envers Arafat, le Hamas, le Hezbollah, le régime des ayatollahs et le reste des dictateurs et des despotes arabo-musulmans ne récoltent que le mépris, qui mène inévitablement au rudoiement. Qui se conduit comme un dhimmi sera condamné à la dhimmitude. Quand un quotidien parisien titre «Al-Qaida punit Londres», je flaire dans cet intitulé toute la puanteur de la soumission. Il faut beaucoup d’aveuglement à nos dames patronnesses palestinophiles pour ne pas voir que le refus de la dhimmitude des Juifs d’Israël est précisément l’une des motivations fondamentales de ce que l’on appelle le «conflit israélo-palestinien». Soumettez-vous, il ne vous sera fait aucun mal, ou pas trop. Vous ne serez pas punis. Sinon, vous serez soumis aux bombes vivantes fabriquées à la chaîne par les usines à tueurs que sont les medersas du monde islamo-arabe. C’est qu’aucun «grief», aucune «revendication» ni «aspiration» ne sont justiciables de la terreur. Il faut avoir bu toute honte pour comparer à la Résistance française – qui refusait les attentats individuels (à l’exception des communistes, à la bonne école de la terreur soviétique) et ne s’attaqua jamais à civil, femme, enfant ou vieillard – le ramassis de nervis assoiffés de sang qui s’est autoproclamé porte-parole unique, qui des Palestiniens, qui du monde arabe, qui du monde musulman tout entier, et dont le programme, clairement énoncé, est exterminateur. Le culte de la mort et de la destruction, l’amour de la souffrance que l’on inflige, l’assassinat rendu spectacle et objet d’affirmation identitaire, la délectation devant l’humiliation que l’on inflige à ceux dont on va vidéofilmer la décapitation, l’égorgement, l’éventrement, la volonté de puissance illimitée qu’est le pouvoir d’infliger la mort : telle est la nature de la guerre islamiste contre l’Occident. Et de l’université d’al-Azhar pour les sunnites, de la ville de Qom pour les chiites, ne s’est élevée aucune condamnation, mais au contraire, l’éloge de la mort. Voilà qui doit faire entendre, comme le fait depuis longtemps remarquer l’islamologue Bernard Lewis, que l’objet de la haine inextinguible des djihadistes n’est point ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Hitler n’exterminait pas les Polonais à cause de leurs «crimes», de leurs «erreurs», de leur «injustice», mais pour des raisons métaphysiques, et de même que tous ceux qu’il vouait au statut de «races inférieures». Le philosophe germano-américain, Eric Voegelin, discerna dans les mouvements totalitaires du XXe siècle, qu’il conçut avec précision comme une «Gnose moderne», cette pseudo-religion qui croit trouver le Salut ici-bas, qui en connaît toutes les voies et tous les chemins, qui est dirigée par des prophètes omniscients, et qui est prête à sacrifier la moitié de l’espèce humaine pour parvenir à ses fins. C’est au nom des raisons irrationnelles de ces croyances, hier nazies et bolcheviques, aujourd’hui islamistes, que se déchaînent l’amour du carnage et la volonté de «purifier» l’univers entier du Mal, représenté par l’Autre, juif, koulak, infidèle. Nous pouvons coexister avec un monde de l’islam qui voudrait se moderniser, mais pas avec l’islamisme éradicateur. Il faut s’en pénétrer : nous sommes en guerre. Il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne. Theo Van Gogh adjura au dialogue celui qui allait l’égorger ! Contre ce djihad, il n’y a pas de guerre défensive, il n’y a pas de défense territoriale. L’islamisme a paralysé et phagocyté une grande partie de son environnement. Il faut y porter le fer. Il faut en même temps encourager et soutenir les aspirations à la modernité, à la liberté et à la démocratie dans le monde arabo-musulman, que les élections afghanes, irakiennes et libanaises viennent de concrétiser. Quand des enjeux de civilisation causent les guerres, la neutralité est proscrite. Les Etats-Unis ne s’attaquent pas aux mous et aux tièdes : ce sont les islamistes qui s’en chargent. Les jeux sont faits. Laurent Murawiec

Attention: une perversion peut en cacher une autre !

Alors qu’après plus d’un mois de massacre dûment orchestré et chorégraphé, nos médias et nos belles âmes continuent sans se poser la moindre question à marteler contre le seul Etat d‘Israël la même propagande des bouchers du Hamas à Gaza …

Pendant que juste à côté, en Irak ou en Syrie ou plus loin en Afrique, les tenants du même islam et du même coran enlève, massacre, décapite, enterre vivant, crucifie, découpe en morceaux hommes, femmes et enfants et à nouveau nos propres journalistes par nos propres ressortissants

Comment ne pas repenser à ces analyses si lumineuses du politologue franco-américain Laurent Murawiec décédé  il y a cinq ans …

Qui pointait déjà à l’époque, concernant ces mêmes belles âmes, gouvernants et médias confondus, le même aveuglement complice comme la même  « inversion des valeurs » et « perversion du réel » devant « l’assassinat rendu spectacle » …

Et cette même incapacité à comprendre que, de Gaza à l’Irak et de la Syrie à l’Afrique ou nos propres territoires, « avec l’islamisme éradicateur, nous sommes en guerre et qu’il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne » ?

Inversion des valeurs, perversion du réel
Laurent Murawiec
Metula News Agency
4 février 2009

La caractéristique de l’idéologie, c’est de voir ce que l’on croit au lieu de croire ce que l’on voit, avait jadis écrit Alain Besançon. Une vision sélective et déformée du réel le transforme en ce que l’on désire, on prend ses désirs pour la réalité ; le « voyant » réduit le réel à ce qui cadre avec la conception qui l’anime à l’exclusion de tout le reste.

Une vision non-idéologique, au contraire, s’efforce de bricoler un modèle de la réalité qui ne lui soit pas trop infidèle : elle est, par définition, connaissance approchée. Elle essaie de converger cahin-caha avec le réel. L’idéologue, lui, croit en une version inconditionnelle des choses, et que nul fait ne pourra réfuter (voir ce qu’en dit le philosophe Karl Popper).

Le croyant sait qu’il croit, l’idéologue croit qu’il sait, différence essentielle, puisque l’un fonde la religion, qui parle du surnaturel en sachant qu’il « n’est pas de ce monde », alors que l’autre prétend parler du réel et ne parle que de son fantasme du monde.

Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ».

A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes.

Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste.

Étrange distorsion : en 1970, lors de « Septembre Noir », les Jordaniens ont occis 30 000 Palestiniens, femmes et enfants compris, en bombardant à l’aveuglette les camps palestiniens d’Amman. En 1982, le dictateur syrien Assad (père), fit donner l’artillerie et l’aviation sur le centre ville de Hama (400 000 habitants) et exterminer 20 à 25 000 de ses compatriotes. Dans les années 80, la coalition syro-palestinienne et associés massacra les autres Libanais, chrétiens au premier chef, par dizaines de milliers. L’ayatollah Khomeiny et ses séides exterminèrent tant et plus, par centaines des milliers, des enfants envoyés marcher à travers les champs de mines, avec, au cou, une clé en plastique « pour entrer au Paradis ».

Nasser, Sadate et Moubarak pendirent, torturèrent, firent tirer dans le tas sans vergogne ; Saddam Hussein gaza les villageois, massacra par familles et clans entiers. La liste n’est pas limitative. Chacun des grands massacres commis par les dirigeants arabes et musulmans a tué bien plus que la totalité des victimes arabes du conflit israélo-palestinien. Aux yeux des bavards professionnels, l’Arabe en général ne vaut rien : c’est un sous-homme; le seul Arabe médiatique, c’est le Palestinien mort. Ne comptez pas sur CNN pour s’intéresser aux autres. Dans les pays arabes, les assassins au pouvoir, solidaires, font le silence sur les atrocités commises par leurs frères en infamie, sauf si un avantage propagandiste passager peut y être gagné : le silence de l’intelligentsia arabe sur les crimes de Saddam Hussein contre le peuple irakien fut assourdissant.

Comme s’en indignait l’intellectuel irakien Kanan Makiya dans son grand livre Silence and Cruelty : War,Tyranny, Uprising and Massacre in the Arab World (Le silence et la cruauté : guerre, tyrannie, insurrection et massacre dans le monde arabe). Comme les régimes, partout, contrôlent les médias, la « rue arabe » n’en apprend rien. Elle pourra d’autant mieux gigoter en face des caméras quand on lui en donnera le signal.

Mais ici, en Occident, prévaut la formidable disproportion entre l’inattention prêtée aux immenses crimes commis d’un côté, et l’attention obsessionnelle prêtée au résultat des actions menées par Israël ; cette disproportion révèle une distorsion mentale bien plus qu’elle ne reflète une réalité quelconque. C’est une singulière déformation du réel dans la vision du monde qui présente une image faussée du Moyen Orient. Cette déformation est d’autant plus frappante, qu’elle est systématique, permanente et à sens unique. Mais elle n’est pas sans précédent.

Hier c’était l’adulation des régimes « progressistes » arabes, le despote Nasser en tête, le « socialisme » syrien, l’islamo-marxisme iranien, le « progressisme » de Saddam. Aujourd’hui, c’est la passion qui s’empare des journalistes justiciers et moralisateurs pour la Victime parfaite, le Palestinien – et, comme chaque victime absolue a besoin d’être causée par un diable, l’Ange violenté l’est par un Satan. Je ne suis pas le premier à m’émerveiller devant cette pure et simple répétition de la haine des Juifs du monde médiéval européen.

Mon maître, Léon Poliakov, avait élaboré le concept profond de « causalité diabolique » pour la décrire : il fallait un Satan pour pseudo-expliquer les infortunes du monde. Hosanna ! Nous avions perdu notre Satan aux alentours de 1945. Nous l’avons re-trouvé ! Réjouissons-nous, le monde marche de nouveau, non plus sur ses pieds, ce qui était inconvenant, mais sur sa tête, sans s’encombrer de cette fâcheuse importunité qu’est la réalité. Les fictionnaires ne prennent qu’une photo unique : celle de la femme palestinienne qui a perdu sa maison éventrée.

Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ?

Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux.

J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels).

D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ?

On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites.

La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche.

Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature.

Un exemple entre tant d’autres, le même poète français qui écrivait, en 1937, « Il nous faut un Guépéou » (au beau milieu des méga-massacres commis par la police politique de Staline) expliqua, dans son exaltation, que « nous fûmes les premiers à voir les nuages plus bas que nous » ! Assis sur des monceaux de cadavres, ce Louis Aragon, qui acclamait le crime, se croyait artisan de la rédemption du monde ; il n’était que le plumitif des criminels. On n’en finirait pas d’énumérer ces interprétations délirantes. Le «Grand Bond en Avant » (1959), qui fit 30 millions de morts, et la Révolution culturelle chinoise (1965), qui ajouta plusieurs millions de morts au palmarès, créaient l’Homme nouveau. Pol Pot (formé par des intellectuels communistes français) « libérait» le Cambodge en 1975 et lançait l’extermination de 30 à 40 pour cent de la population du pays, mais il était également libérateur. Tortionnaire et geôlier, Fidel Castro était l’idole. L’assassin exalté Che Guevara devenait la rock star de la révolution. Et j’en oublie tant, du chef communiste Ho Chi-Minh, qui sacrifia des millions de Vietnamiens à ses lubies idéologiques (ses successeurs mendient aujourd’hui les investissements étrangers qu’il voulait chasser), aux émules exterminatrices qui régnaient en Angola, au Mozambique, en Ethiopie, au Ghana et en Guinée, au Nicaragua et au Zimbabwe, et dont le « socialisme » à la sauce africaine, asiatique ou latino-américaine se traduisait immanquablement par le règne de la mort et l’essor des cimetières.

Aujourd’hui, c’est cette icône à la vulgarité gluante d’Hugo Chavez, avec les ficelles de caudillo sanguinaire qui lui pendouillent de partout, qui est l’idole des pervers de l’intellect assemblés au Forum social mondial. Et sous la même bannière socialiste ou communiste, le monde arabo-musulman ne restait pas en arrière : quel pavillon plus apte à déguiser la soif effrénée de pouvoir de psychopathes convaincus de leur « mission » ? Ce qui importe, de la canonisation des assassins à la Robespierre ou Saint-Just à l’adulation vouée à Arafat, c’est l’imposition d’une version de l’Histoire où l’anticapitalisme, l’anti-impérialisme, l’antisionisme, la haine de l’Occident et de leurs figures symboliques, devenaient des vertus.

Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale.

Un politique français, aujourd’hui oublié, mais qui joua longtemps un rôle de premier plan, le radical Edouard Herriot, visita l’Ukraine en1933, alors qu’agonisaient six à sept millions de paysans à raison d’une famine artificielle, orchestrée par Staline et son régime. Le dramaturge et socialiste britannique George Bernard Shaw fit de même : l’un et l’autre proclamèrent urbi et orbi que tout le monde mangeait à sa faim en Ukraine, et que les rumeurs de famine n’étaient que racontars antisoviétiques. Ah ! Quels beaux esprits ! Il fallait le génie d’un George Orwell pour démonter leurs ressorts et les montrer dans toute leur misère morale et intellectuelle. Les bavards et les menteurs ne lui ont pardonné ni 1984 ni La ferme des animaux, ces portraits violemment ressemblants, pas plus qu’ils n’ont pardonné aux grands démystificateurs, comme Raymond Aron ou Albert Camus, qui s’étaient exclus de la communion des « grands esprits » serviles à l’Esprit du Temps et à ses maîtres-tueurs.

Ces clercs qui faisaient et font profession de penser ont trahi la vocation censée être la leur : au lieu d’analyser le monde, ils ne pensent plus, ils sont la claque des égorgeurs. Ils ont prit Marx au mot, « Il ne s’agit plus de comprendre le monde, il s’agit de le transformer ». Ce mot d’ordre lapidaire est parfaitement clair : il faut déformer le monde et en donner un rendu trompeur afin de faire nos quatre volontés. Ils sont les porteurs de l’abomination que j’ai dénommée l’inversion du réel, parce que leurs valeurs sont inverties : la destruction, le néant, la ruine du monde occidental sont leurs idéaux. Ils se sont faits les agents de l’effondrement qu’ils appellent de leurs vœux ; ils sont ce que Goethe faisait dire à son Méphistophélès, Ich bin derGeist, der stets verneint, « je suis l’esprit qui toujours nie ».

Comment s’attendre à ce que les versions désaxées du réel qu’ils composent et distribuent reflètent en quoi que ce soit la réalité ? Ce qu’ils disent, écrivent et montrent n’exhibe que leurs paysages intérieurs dévastés. C’est à ce compte qu’Israel attaqué devient l’agresseur, que la mort de 600 miliciens terroristes devient un génocide, qu’Hamas (dénoncé même, grande première, par quelques ONG ces jours derniers – après des années de criminalité sans frein – pour violations majeures des droits de l’Homme à Gaza) est « la voix du peuple palestinien » – la belle affaire, ils tuent quiconque fait mine de n’être pas d’accord !

Palestinien = victime. Hamas = Palestiniens. Actions de Hamas = résistance. Israel = criminel. La faiblesse d’esprit requise pour accepter cette chaîne « logique » ne peut provenir que de la perversion des valeurs que j’examine ici. L’époque est telle que cette lamentable liturgie domine sans partage la diplomatie internationale. Les Nations-Unies convoquent une conférence de suivi sur l’antiracisme, baptisée « Durban II », d’après le nom de la ville sud-africaine où s’était tenue la première : on y avait fait des Protocoles des Sages de Sion, faux célèbre qui fut le bréviaire antisémite des Nazis, le plat de résistance des débats. La conférence, loin de s’intéresser aux droits de l’Homme partout où ils sont foulés aux pieds – il n’y a qu’à consulter le classement des pays qui va de « libre » à « non libre », que publie chaque année Freedom House à New York : on y trouve les coupables de façon documentée – tourna à l’orgie de haine du Juif. La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, présidée par l’Iran, par la Libye, par Cuba, etc., se consacre exclusivement à diaboliser Israël. Ce qui s’appelait jadis le « bloc afro-asiatique », les pays arabes, musulmans et leurs obligés, stipendiés et achetés, et les pleutres d’Europe occidentale, qui pleurnichent pour imiter les crocodiles dans l’espoir d’en recevoir quelque faveur et de n’être mangés que plus tard, fait la loi à l’ONU, et impose, à l’UNESCO et à d’autres organismes spécialisés, sa vulgate invertie

.C’est ainsi que les pays de la Conférence islamique essaient d’imposer un morceau de Charia – concernant le « blasphème – c’est-à-dire la moindre approche critique – pour abolir la liberté d’opinion et la liberté de la presse. L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant.

Voir aussi:

Le djihad n’admet aucune troisième voie
Laurent Murawiec
Le Figaro
18/07/2005

L’islamisme radical avait frappé à Bali et tué 88 Australiens et 38 Balinais non musulmans. La réaction de l’Australie, aux antipodes de Zapatero et des plaintives ritournelles qui s’élèvent d’Europe sur le thème «c’est pas nous, c’est eux !», fut de réélire le premier ministre John Howard, allié de Bush dans la guerre. Puis les Pays-Bas, d’un tolérantisme sans rivage envers les idéologies et les pratiques les plus extrêmes, furent frappés en la personne de Theo Van Gogh ; ils sont en plein réexamen des questions de fond posées par la présence d’une minorité violente, inassimilable et animée d’une hostilité au vitriol envers les valeurs, la culture et la société où elle s’est incrustée, et dont elle profite. Avec les attentats de Londres, l’islam radical vient de remuer violemment une eau qui dormait, mais que seuls les fous agitent : contrairement à l’ambition de leur machination, la rage de John Bull, même en ces temps postmodernes, sera terrible.

Bien sûr, la gauche intellectuelle anglaise, la gauche travailliste islamophile seront disponibles pour trouver les justifications et les alibis, et tourneront leur prose négativiste contre les «vrais» coupables, Bush et Blair, comme chacun sait, et Sharon, ne l’oublions pas. Les conquérants, nous dit Clausewitz, sont pacifiques : du moment que leurs proies capitulent, ils ne font pas la guerre. Les lâches ont toujours d’excellentes raisons de capituler, et de blâmer qui résiste pour les brûlures de la bataille. Mais ce serait mal connaître l’Anglais que d’attendre un réflexe d’avachissement.

Ce que l’islamisme, aveuglé par les acides de son propre bouillon d’inculture, ne conçoit pas, c’est que les attaques font fléchir les faibles mais radicalisent les forts. Ils viennent de démontrer à des Anglais qui suivaient mollement Tony Blair que la longue patience britannique envers les volcans d’extrémisme, de fanatisme et de haine qu’abritent les quartiers pakistanais et les mosquées islamistes du royaume, surnommés collectivement le «Londonistan», non seulement ne paie pas, mais rend les assassins sûrs de leur force et de leur impunité (les coudées franches laissées aux ultras de l’islam à Londres en font partie). Tout avait commencé par la réaction atone des autorités londoniennes à la fatwa de l’ayatollah Khomeiny, qui condamnait Salman Rushdie à mort : la gauche travailliste avait violemment attaqué Rushdie, elle avait adopté le discours khomeiniste. Elle aurait bien fait de méditer le propos du grand poète allemand Heinrich Heine : «Ceux qui brûlent des livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes.» La facture des grandes erreurs n’est pas forcément due au comptant. Quand elle vient à terme, elle est terrible.

Les illusionnistes et les hypocrites – «je ne justifie pas, j’explique» – qui justifient tout invoqueront la coopération de Tony Blair avec Bush, mais ils ne pourront masquer la logique tribale qui préside à la stratégie et à la pratique islamistes : les islamistes ont déclaré la guerre à l’Occident, tous les Occidentaux sont donc coupables, jugés, assassinables, car ils participent de la substance qu’il faut détruire, le monde de l’Incroyance, dar el-Kufr. Ceux qui croient s’être mis à l’abri grâce à leurs complaisances envers Arafat, le Hamas, le Hezbollah, le régime des ayatollahs et le reste des dictateurs et des despotes arabo-musulmans ne récoltent que le mépris, qui mène inévitablement au rudoiement. Qui se conduit comme un dhimmi sera condamné à la dhimmitude. Quand un quotidien parisien titre «Al-Qaida punit Londres», je flaire dans cet intitulé toute la puanteur de la soumission. Il faut beaucoup d’aveuglement à nos dames patronnesses palestinophiles pour ne pas voir que le refus de la dhimmitude des Juifs d’Israël est précisément l’une des motivations fondamentales de ce que l’on appelle le «conflit israélo-palestinien». Soumettez-vous, il ne vous sera fait aucun mal, ou pas trop. Vous ne serez pas punis. Sinon, vous serez soumis aux bombes vivantes fabriquées à la chaîne par les usines à tueurs que sont les medersas [1] du monde islamo-arabe.

C’est qu’aucun «grief», aucune «revendication» ni «aspiration» ne sont justiciables de la terreur. Il faut avoir bu toute honte pour comparer à la Résistance française – qui refusait les attentats individuels (à l’exception des communistes, à la bonne école de la terreur soviétique) et ne s’attaqua jamais à civil, femme, enfant ou vieillard – le ramassis de nervis assoiffés de sang qui s’est autoproclamé porte-parole unique, qui des Palestiniens, qui du monde arabe, qui du monde musulman tout entier, et dont le programme, clairement énoncé, est exterminateur. Le culte de la mort et de la destruction, l’amour de la souffrance que l’on inflige, l’assassinat rendu spectacle et objet d’affirmation identitaire, la délectation devant l’humiliation que l’on inflige à ceux dont on va vidéofilmer la décapitation, l’égorgement, l’éventrement, la volonté de puissance illimitée qu’est le pouvoir d’infliger la mort : telle est la nature de la guerre islamiste contre l’Occident. Et de l’université d’al-Azhar pour les sunnites, de la ville de Qom pour les chiites, ne s’est élevée aucune condamnation, mais au contraire, l’éloge de la mort.

Voilà qui doit faire entendre, comme le fait depuis longtemps remarquer l’islamologue Bernard Lewis, que l’objet de la haine inextinguible des djihadistes n’est point ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Hitler n’exterminait pas les Polonais à cause de leurs «crimes», de leurs «erreurs», de leur «injustice», mais pour des raisons métaphysiques, et de même que tous ceux qu’il vouait au statut de «races inférieures». Le philosophe germano-américain, Eric Voegelin, discerna dans les mouvements totalitaires du XXe siècle, qu’il conçut avec précision comme une «Gnose moderne», cette pseudo-religion qui croit trouver le Salut ici-bas, qui en connaît toutes les voies et tous les chemins, qui est dirigée par des prophètes omniscients, et qui est prête à sacrifier la moitié de l’espèce humaine pour parvenir à ses fins. C’est au nom des raisons irrationnelles de ces croyances, hier nazies et bolcheviques, aujourd’hui islamistes, que se déchaînent l’amour du carnage et la volonté de «purifier» l’univers entier du Mal, représenté par l’Autre, juif, koulak, infidèle.

Nous pouvons coexister avec un monde de l’islam qui voudrait se moderniser, mais pas avec l’islamisme éradicateur. Il faut s’en pénétrer : nous sommes en guerre. Il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne. Theo Van Gogh adjura au dialogue celui qui allait l’égorger ! Contre ce djihad, il n’y a pas de guerre défensive, il n’y a pas de défense territoriale. L’islamisme a paralysé et phagocyté une grande partie de son environnement. Il faut y porter le fer. Il faut en même temps encourager et soutenir les aspirations à la modernité, à la liberté et à la démocratie dans le monde arabo-musulman, que les élections afghanes, irakiennes et libanaises viennent de concrétiser. Quand des enjeux de civilisation causent les guerres, la neutralité est proscrite. Les Etats-Unis ne s’attaquent pas aux mous et aux tièdes : ce sont les islamistes qui s’en chargent. Les jeux sont faits.

© Laurent Murawiec *

* Directeur de recherche à l’Institut Hudson, Washington. Voir à son propos notre Fiche-Auteur, ainsi que son interview par Check-Point, reproduite sur notre site sous le titre « Le noeud gordien n’a pas été tranché ».

2 commentaires pour Gaza/Mossoul: Quand l’assassinat devient spectacle (Looking back at Laurent Murawiec’s prophetic texts on today’s convergence of Western inversion of values and Islamic thirst for genocide)

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