Diversité: L’enfer, c’est les autres, mais j’ai besoin des oeufs ! (Hell is other people, but I need the eggs ! – How diversity is eating away at trust)

https://i1.wp.com/consumertraveler.com/wp-content/uploads/In-God-.jpghttps://i1.wp.com/edge.liveleak.com/80281E/ll_a_s/2013/Oct/23/LiveLeak-dot-com-f83_1382554898-USHasSpent37TrillionOnWelfareOverPast5Yearsprev.jpgMais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10: 34-36)
Je pensais à cette vieille blague, vous savez, ce-ce-ce type va chez un psychiatre et dit : « Doc, euh, mon frère est fou. Il se prend pour un poulet. » Et, euh, le docteur dit : « Et bien, pourquoi ne le faites-vous pas enfermer ? » Et le type dit : « J’aimerais bien, mais j’ai besoin des œufs. » Et bien, je crois que c’est ce que je ressens au sujet des relations. Vous savez, elles sont totalement irrationnelles et folles et absurdes et… mais, euh, je crois qu’on continue parce que, euh, la plupart d’entre nous ont besoin des œufs…  Woody Allen
Nous venons de terminer le cinquième exercice depuis que le président Obama a pris ses fonctions. Durant ces cinq années, le gouvernement fédéral a dépensé un total de 3,7  mille milliard de dollars pour environ 80 programmes sous condition de ressources différents contre la pauvreté et de protection sociale. La caractéristique commune des programmes d’aide sous condition de ressources est qu’ils sont gradués par apport au revenu d’une personne et que, contrairement aux programmes tels que la sécurité sociale ou l’assurance-maladie, ils sont un avantage gratuit sans aucune contribution du bénéficiaire. La somme énorme dépensée pourl’assistance sous condition de ressources est près de cinq fois supérieure au montant combiné consacré à la NASA et à l’éducation et à tous les projets de transport de compétence fédérale au cours de cette époque. (3,7 mille milliards de dollars n’est pas encore la totalité du montant dépensé pour le soutien fédéral de la pauvreté, les États membres contribuant pour plus de 200 milliards de dollars chaque année à ce lien fédéral, principalement sous forme de soins de santé gratuits à faible revenu.) Parce que le budget de l’aide sociale est tellement fragmenté — les coupons alimentaires ne sont qu’un des 15 programmes fédéraux qui fournissent une aide alimentaire, cela rend le contrôle efficace presque impossible, tout en masquant l’étendue tant aux contribuables qu’aux législateurs. Par exemple, il est plus facile pour les législateurs opposés aux réformes de s’opposer à des économies de coupons alimentaires en occultant le fait qu’un ménage qui reçoit des coupons alimentaires a souvent simultanément  droit à une myriade de programmes d’aide fédéraux y compris l’assistance de trésorerie, les logements subventionnés, les soins médicaux gratuits, la garde d’enfants gratuite et l’assistance énergétique à la maison. Commission sénatoriale du Budget
« Il est temps que l’Amérique comprenne que beaucoup des plus grandes disparités de la nation, de l’éducation à la pauvreté et à l’espérance de vie sont de plus en plus liées à la position de classe économique, » a déclaré William Julius Wilson, professeur de Harvard spécialiste des questions raciales et de la pauvreté. Il note par ailleurs que, malgré la persistance des difficultés économiques, les minorités sont plus optimistes quant à l’avenir après l’élection d’Obama, ce qui n’est pas les blancs qui se débattait. « Il y a la possibilité réelle que l’aliénation blanche va augmenter si des mesures ne sont pas prises pour mettre en évidence et lutter contre l’inégalité sur un large front, » a dit Ted Wilson. Parfois appelé « les pauvres invisibles » par les démographes, les blancs à faible revenu sont généralement dispersés dans les banlieues, mais aussi les petites villes rurales, où plus de 60% des pauvres sont blancs. Concentrés dans les Appalaches à l’est, ils sont également nombreux dans le Midwest industriel et  à travers le cœur de l’Amérique, du Missouri, de l’Arkansas et de l’Oklahoma jusqu’aux grandes plaines. Plus de 19 millions de blancs sont tombésen dessous du seuil de pauvreté de 23 021 $ pour une famille de quatre, représentant plus de 41 % de la nation démunis, près du double le nombre de pauvres noirs. CS monitor
« L’enfer c’est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’était toujours des rapports infernaux. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. Sartre
Chacun se croit seul en enfer et c’est cela l’enfer. René Girard
De toutes les menaces qui pèsent sur nous, la plus redoutable, nous le savons, la seule réelle, c’est nous-mêmes. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
Le 17 février 2001, un cargo vétuste s’échouait volontairement sur les rochers côtiers, non loin de Saint-Raphaël. À son bord, un millier d’immigrants kurdes, dont près de la moitié étaient des enfants. « Cette pointe rocheuse faisait partie de mon paysage. Certes, ils n’étaient pas un million, ainsi que je les avais imaginés, à bord d’une armada hors d’âge, mais ils n’en avaient pas moins débarqué chez moi, en plein décor du Camp des saints, pour y jouer l’acte I. Le rapport radio de l’hélicoptère de la gendarmerie diffusé par l’AFP semble extrait, mot pour mot, des trois premiers paragraphes du livre. La presse souligna la coïncidence, laquelle apparut, à certains, et à moi, comme ne relevant pas du seul hasard. Jean Raspail
Qu’est-ce que Big Other ? C’est le produit de la mauvaise conscience occidentale soigneusement entretenue, avec piqûres de rappel à la repentance pour nos fautes et nos crimes supposés –  et de l’humanisme de l’altérité, cette sacralisation de l’Autre, particulièrement quand il s’oppose à notre culture et à nos traditions. Perversion de la charité chrétienne, Big Other a le monopole du Vrai et du Bien et ne tolère pas de voix discordante. Jean Raspail
Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre les opinions exprimées à titre privé et celles tenues publiquement. Double langage et double conscience… À mes yeux, il n’y a pire lâcheté que celle devant la faiblesse, que la peur d’opposer la légitimité de la force à l’illégitimité de la violence. Jean Raspail
La véritable cible du roman, ce ne sont pas les hordes d’immigrants sauvages du tiers-monde, mais les élites, politiques, religieuses, médiatiques, intellectuelles, du pays qui, par lâcheté devant la faiblesse, trahissent leurs racines, leurs traditions et les valeurs de leur civilisation. En fourriers d’une apocalypse dont ils seront les premières victimes. Chantre des causes dé sespérées et des peuples en voie de disparition, comme son œuvre ultérieure en témoigne, Jean Raspail a, dans ce grand livre d’anticipation, incité non pas à la haine et à la discrimination, mais à la lucidité et au courage. Dans deux générations, on saura si la réalité avait imité la fiction. Bruno de Cessole
Délinquants itinérants issus des gens du voyage ou «petites mains» pilotées à distance par des mafias des pays de l’Est, ces bandes de cambrioleurs ignorant les frontières n’hésitent plus à couvrir des centaines de kilomètres lors de raids nocturnes pour repérer puis investir des demeures isolées. En quelques années, les «voleurs dans la loi» géorgiens sont devenus les «aristocrates» de la discipline. Organisés de façon quasi militaire et placés sous la férule de lieutenants, ces «Rappetout» venus du froid écument avec méthode les territoires les plus «giboyeux» du pays, notamment dans le Grand Ouest, les régions Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur ou encore Languedoc-Roussillon. Selon une estimation récente, la valeur marchande de leur colossal butin frise les 200.000 euros par semaine. Continuant à se propager dans les grandes villes, le fléau gangrène à une vitesse étourdissante les campagnes et les petites agglomérations: entre 2007 et 2012, le nombre de villas et résidences «visitées» en zone gendarmerie a bondi de 65 %. Soit 35.361 faits constatés de plus en cinq ans. En plein cœur du département de la Marne, où les cambriolages ont flambé de 47 % en un an, des clans albanais retranchés près de Tirana ont dépêché des «soldats» pour piller des maisons de campagne situées dans des villages jusque-là préservés tels que Livry-Louvercy, aux Petites-Loges ou encore à Gueux. Le Figaro
Le tout virtuel ne marche pas. Si les solutions pour travailler à distance existent, rien ne remplace le contact humain nécessaire au bon fonctionnement d’une entreprise. A la longue, communiquer uniquement par mail ou par téléphone devient pénible. Gauthier Toulemonde
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Page appelle ça le « paradoxe de diversité. » Il pense que les effets à la fois positifs et négatifs de la diversité peuvent coexister dans les communautés, mais qu’il doit y avoir une limite. » Si l’investissement civique tombe trop bas, il est facile d’imaginer que les effets positifs de la diversité puissent tout aussi bien commencer à s’affaiblir. Michael Jonas
Americans don’t trust each other anymore. We’re not talking about the loss of faith in big institutions such as the government, the church or Wall Street, which fluctuates with events. For four decades, a gut-level ingredient of democracy — trust in the other fellow — has been quietly draining away. These days, only one-third of Americans say most people can be trusted. Half felt that way in 1972, when the General Social Survey first asked the question. Forty years later, a record high of nearly two-thirds say “you can’t be too careful” in dealing with people. (…) Does it matter that Americans are suspicious of one another? Yes, say worried political and social scientists. What’s known as “social trust” brings good things. A society where it’s easier to compromise or make a deal. Where people are willing to work with those who are different from them for the common good. Where trust appears to promote economic growth. Distrust, on the other hand, seems to encourage corruption. At the least, it diverts energy to counting change, drawing up 100-page legal contracts and building gated communities. Even the rancor and gridlock in politics might stem from the effects of an increasingly distrustful citizenry, said April K. Clark, a Purdue University political scientist and public opinion researcher. “It’s like the rules of the game,” Clark said. “When trust is low, the way we react and behave with each other becomes less civil.” (…) There’s no single explanation for Americans’ loss of trust. The best-known analysis comes from “Bowling Alone” author Robert Putnam’s nearly two decades of studying the United States’ declining “social capital,” including trust. Putnam says Americans have abandoned their bowling leagues and Elks lodges to stay home and watch TV. Less socializing and fewer community meetings make people less trustful than the “long civic generation” that came of age during the Depression and World War II. Connie Cass

A l’heure où même les plus démagogiques de nos dirigeants atteignent des sommets d’impopularité …

Et où, attirés par le grand festin de l’Etat-tout-Providence, les réfugiés économiques du Tiers-Monde comme les nouveaux barbares de l’est déferlent par vagues entières sur nos côtes et nos villes …

Pendant que, par manque de contact humain, un chef d’entreprise français, pourtant armé des dernières technologies numériques et d’un sacré sens de l’auto-promotion, se voit contraint après 40 jours à peine de mettre un terme à son expérience de Robinson virtuel …

Comment ne pas voir avec les résultats d’une grande enquête américaine sur les modes de vie …

Que contre les prédictions les plus naïves ou les plus roublardes de nos hérauts de la diversité …

Mais conformément aux prévisions des plus lucides de nos sociologues ou, accessoirement, de nos propres Evangiles …

Ce n’est pas nécessairement, derrière les spectaculaires et indéniables prodiges de nos nouvelles technologies, à plus de paix et d’harmonie que va aboutir le formidable rassemblement de population – proprement inouï dans l’Histoire de l’humanité – que nous connaissons actuellement …

Mais bien, très probablement, à des niveaux de conflit dont nous n’avons pas encore idée ?

In God we trust, maybe, but not each other

Connie Cass

WASHINGTON (AP) — You can take our word for it. Americans don’t trust each other anymore.

We’re not talking about the loss of faith in big institutions such as the government, the church or Wall Street, which fluctuates with events. For four decades, a gut-level ingredient of democracy — trust in the other fellow — has been quietly draining away.

These days, only one-third of Americans say most people can be trusted. Half felt that way in 1972, when the General Social Survey first asked the question.

Forty years later, a record high of nearly two-thirds say “you can’t be too careful” in dealing with people.

An AP-GfK poll conducted last month found that Americans are suspicious of each other in everyday encounters. Less than one-third expressed a lot of trust in clerks who swipe their credit cards, drivers on the road, or people they meet when traveling.

“I’m leery of everybody,” said Bart Murawski, 27, of Albany, N.Y. “Caution is always a factor.”

Does it matter that Americans are suspicious of one another? Yes, say worried political and social scientists.

What’s known as “social trust” brings good things.

A society where it’s easier to compromise or make a deal. Where people are willing to work with those who are different from them for the common good. Where trust appears to promote economic growth.

Distrust, on the other hand, seems to encourage corruption. At the least, it diverts energy to counting change, drawing up 100-page legal contracts and building gated communities.

Even the rancor and gridlock in politics might stem from the effects of an increasingly distrustful citizenry, said April K. Clark, a Purdue University political scientist and public opinion researcher.

“It’s like the rules of the game,” Clark said. “When trust is low, the way we react and behave with each other becomes less civil.”

There’s no easy fix.

In fact, some studies suggest it’s too late for most Americans alive today to become more trusting. That research says the basis for a person’s lifetime trust levels is set by his or her mid-twenties and unlikely to change, other than in some unifying crucible such as a world war.

People do get a little more trusting as they age. But beginning with the baby boomers, each generation has started off adulthood less trusting than those who came before them.

The best hope for creating a more trusting nation may be figuring out how to inspire today’s youth, perhaps united by their high-tech gadgets, to trust the way previous generations did in simpler times.

There are still trusters around to set an example.

Pennsylvania farmer Dennis Hess is one. He runs an unattended farm stand on the honor system.

Customers pick out their produce, tally their bills and drop the money into a slot, making change from an unlocked cashbox. Both regulars and tourists en route to nearby Lititz, Pa., stop for asparagus in spring, corn in summer and, as the weather turns cold, long-neck pumpkins for Thanksgiving pies.

“When people from New York or New Jersey come up,” said Hess, 60, “they are amazed that this kind of thing is done anymore.”

Hess has updated the old ways with technology. He added a video camera a few years back, to help catch people who drive off without paying or raid the cashbox. But he says there isn’t enough theft to undermine his trust in human nature.

“I’ll say 99 and a half percent of the people are honest,” said Hess, who’s operated the produce stand for two decades.

There’s no single explanation for Americans’ loss of trust.

The best-known analysis comes from “Bowling Alone” author Robert Putnam’s nearly two decades of studying the United States’ declining “social capital,” including trust.

Putnam says Americans have abandoned their bowling leagues and Elks lodges to stay home and watch TV. Less socializing and fewer community meetings make people less trustful than the “long civic generation” that came of age during the Depression and World War II.

University of Maryland Professor Eric Uslaner, who studies politics and trust, puts the blame elsewhere: economic inequality.

Trust has declined as the gap between the nation’s rich and poor gapes ever wider, Uslaner says, and more and more Americans feel shut out. They’ve lost their sense of a shared fate. Tellingly, trust rises with wealth.

“People who believe the world is a good place and it’s going to get better and you can help make it better, they will be trusting,” Uslaner said. “If you believe it’s dark and driven by outside forces you can’t control, you will be a mistruster.”

African-Americans consistently have expressed far less faith in “most people” than the white majority does. Racism, discrimination and a high rate of poverty destroy trust.

Nearly 8 in 10 African-Americans, in the 2012 survey conducted by NORC at the University of Chicago with principal funding from the National Science Foundation, felt that “you can’t be too careful.” That figure has held remarkably steady across the 25 GSS surveys since 1972.

The decline in the nation’s overall trust quotient was driven by changing attitudes among whites.

It’s possible that people today are indeed less deserving of trust than Americans in the past, perhaps because of a decline in moral values.

“I think people are acting more on their greed,” said Murawski, a computer specialist who says he has witnessed scams and rip-offs. “Everybody wants a comfortable lifestyle, but what are you going to do for it? Where do you draw the line?”

Ethical behavior such as lying and cheating are difficult to document over the decades. It’s worth noting that the early, most trusting years of the GSS poll coincided with Watergate and the Vietnam War. Trust dropped off in the more stable 1980s.

Crime rates fell in the 1990s and 2000s, and still Americans grew less trusting. Many social scientists blame 24-hour news coverage of distant violence for skewing people’s perceptions of crime.

Can anything bring trust back?

Uslaner and Clark don’t see much hope anytime soon.

Thomas Sander, executive director of the Saguaro Seminar launched by Putnam, believes the trust deficit is “eminently fixable” if Americans strive to rebuild community and civic life, perhaps by harnessing technology.

After all, the Internet can widen the circle of acquaintances who might help you find a job. Email makes it easier for clubs to plan face-to-face meetings. Googling someone turns up information that used to come via the community grapevine.

But hackers and viruses and hateful posts eat away at trust. And sitting home watching YouTube means less time out meeting others.

“A lot of it depends on whether we can find ways to get people using technology to connect and be more civically involved,” Sander said.

“The fate of Americans’ trust,” he said, “is in our own hands.”

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Associated Press Director of Polling Jennifer Agiesta and AP News Survey Specialist Dennis Junius contributed to this report.

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Online:

AP-GfK Poll: http://www.ap-gfkpoll.com

General Social Survey: http://www3.norc.org/GSS+Website

Voir aussi:

L’exil du patron Robinson sur une île déserte touche à sa fin

Isabelle de Foucaud

le Figaro

18/11/2013

Gauthier Toulemonde est parti 40 jours sur une île de l’archipel indonésien pour démontrer que le télétravail n’est plus une utopie avec les technologies de communication.

Gauthier Toulemonde, qui a décidé de passer 40 jours sur une île au large de l’Indonésie pour tester des conditions «extrêmes» de télétravail, a pu gérer son entreprise sans encombre. Il sera de retour en France d’ici à la fin de la semaine.

Gauthier Toulemonde prépare ses valises avec le sentiment du devoir accompli. Il doit quitter mardi son île déserte de l’archipel indonésien, longue de 700 mètres, large de 500 et située à cinq heures de bateau du village le plus proche, sur laquelle il vient de passer 40 jours dans des conditions extrêmes. «J’appréhende le retour à la vie moderne après cette longue période de solitude. Je ne sais plus ce que c’est de prendre le métro ou d’être coincé dans les embouteillages», confie-t-il au figaro.fr par téléphone satellitaire ce lundi, à la veille de son départ.

A 54 ans, l’entrepreneur de Saint-André-lez-Lille (Nord), qui a partagé son expérience sur un blog, ne voulait pas seulement réaliser un «rêve d’enfant» en montant cette expédition à la Robinson Crusoé. Certes, il a passé ce séjour dans l’isolement total, mais ultra connecté. Un ordinateur, une tablette numérique et deux téléphones satellitaires alimentés par des panneaux solaires étaient du voyage. «Mon but était de démontrer que je pouvais continuer à gérer mon entreprise à distance, grâce aux nouvelles technologies», explique Gauthier Toulemonde , propriétaire de la société Timbropresse qui publie le mensuel Timbres magazine, et par ailleurs rédacteur en chef de L’Activité immobilière.

Un pari réussi. «Nous avons bouclé, avec mon équipe à distance, chaque magazine dans les délais et avec les mêmes contenus et paginations que d’habitude», se réjouit-il, en assurant avoir assumé sans encombre l’ensemble de ses responsabilités. Choix des sujets, attribution aux journalistes et pigistes, réalisation d’interviews et lancement des pages en production … «Les communications étaient réduites a minima et je privilégiais les échanges par mail plutôt que par téléphone satellitaire, ces appels étant beaucoup plus coûteux.» Le patron Robinson est parti avec un budget de «moins de 10.000 euros», sans sponsor, et s’est fixé comme limite stricte 20 euros de frais Internet par jour.

Les limites du «tout virtuel»

Autre complication: le décalage horaire de six heures (en plus) qui a considérablement rallongé les journées de Gauthier Toulemonde afin qu’il puisse «croiser» un minimum sa dizaine de salariés en France. «Lorsque je prenais du retard sur la rédaction d’un article, en revanche, ce décalage devenait un sérieux avantage pour moi en me donnant un peu plus de temps.»

Si les solutions pour travailler à distance existent et fonctionnent, rien ne remplace le contact humain nécessaire au bon fonctionnement d’une entreprise

Des délais souvent bienvenus alors que ce chef d’entreprise – parti quand même avec des rations de survie de pâtes et de riz – devait en plus assurer sa subsistance en pêchant, chassant ou cueillant des végétaux dès 5 heures du matin. Le tout dans un environnement dominé par des rats, serpents et varans. «Ma plus grande crainte était de perdre ma connexion», confie cependant l’aventurier. Parti en pleine saison des pluies, il a subi des intempéries qui l’ont parfois fait vivre pendant quelques jours sur ses réserves d’énergie.

Ces frayeurs ont-elles refroidi l’enthousiasme de l’entrepreneur pour le télétravail? «Le tout virtuel ne marche pas. Si les solutions pour travailler à distance existent, rien ne remplace le contact humain nécessaire au bon fonctionnement d’une entreprise», conclut Gauthier Toulemonde, en confiant au passage qu’«à la longue, communiquer uniquement par mail ou par téléphone devient pénible».

Voir encore:

Real-life Robinson Crusoe who decided to run his Paris business from a remote Indonesian island goes home after being put off by the snakes, spiders and sky-high phone bills

Gauthier Toulemonde, 54, moved to a 700×500-metre island for 40 days

He scavenged for vegetables and fish, and ‘detoxed from modern life’

Only companion was a ‘rented’ dog that scared off wildlife for him

Says lack of human contact and fear of losing web signal was unbearable

Mia De Graaf

The Daily Mail

 30 November 2013

A French businessman who realised his childhood dream to relocate to a desert island has been driven home by wild Indonesian creatures and unaffordable phone bills.

Gauthier Toulemonde, 54, had been getting increasingly frustrated with his stagnant life commuting from Lille to Paris every day to his office job as a publicist.

Last Christmas, the sorry sight of distinctly un-merry Parisians lugging presents through the station compelled him to finally take a leap.

Deserted: Gauthier Toulemonde, 54, relocated his work as a publicist to one of Indonesia’s 17,000 islands

Deserted: Gauthier Toulemonde, 54, relocated his work as a publicist to one of Indonesia’s 17,000 islands

Moving to one of Indonesia’s 17,000 islands like Robinson Crusoe moved to Trinidad, Mr Toulemonde ‘detoxed from modern life’ by scavenging for food, being in touch with nature, and having little to no contact with other human beings.

His only companion was Gecko, a dog borrowed from a Chinese woman, to scare off the wildlife.

He told The Guardian he wanted to be the first ‘Web Robinson’ to persuade French people to abandon the tiring, demoralising commute and work remotely.

He added: ‘I found myself in Gare Saint Lazare in Paris just before Christmas watching the continuous stream of people passing by.

Idyllic: He was bound by Indonesian law to keep the exact location of the 700×500-metre island a secret

Idyllic: He was bound by Indonesian law to keep the exact location of the 700×500-metre island a secret

‘Web Robinson’: Toulemonde filmed his experiment testing if it was possible to work this far from the office

‘Web Robinson’: Toulemonde filmed his experiment testing if it was possible to work this far from the office

‘They had this sad look on their faces, even though they were carrying Christmas presents. It had long seemed to me absurd this travelling back and forth to offices.

‘My idea of going away had been growing for a while, but it was on that day, I decided to leave.’

It took him six months – and numerous run-ins with the Indonesian government – to find the perfect uninhabited island for a six-week trial run. Although he managed to persuade officials to let him go, he was ordered by law not to reveal the exact location of the hideaway, that is just 700-by-500 metres.

Finally, in October he set off – with just a tent, four solar panels, a phone, a laptop, rice and pasta for supplies.

Guard dog: Gecko, a dog he borrowed from a Chinese woman, helped scare off the wildlife

Guard dog: Gecko, a dog he borrowed from a Chinese woman, helped scare off the wildlife

Isolated: Toulemonde was banned from revealing the exact location of the uninhabited island

Isolated: Toulemonde was banned from stating the exact location of the uninhabited island in the Indian Ocean

Every day he woke at 5am and went to bed at midnight.

He would scavenge for vegetables on the island and fish in the sea before simply reclining to ‘detox from modern life’.

‘Those days, for me it was like being in quarantine,’ he told Le Figaro.

‘I used the time as a detox from modern life.’

He told Paris Match: ‘What gave me most joy was living – stripped bare – in the closest possible contact with nature. Every day was magical.’

However, it was not stress-free: his company had to publish two editions of Stamps Magazine.

Snakes: Toulemonde was surrounded by Indonesia’s wildlife ranging from small snakes to giant pythons

Snakes: Toulemonde was surrounded by Indonesia’s wildlife ranging from small snakes to giant pythons

Rats: He said living on the island with pests such as rats for any more than 40 days would be too much to handle

Rats: He said living on the island with pests such as rats for any more than 40 days would be too much to handle

Diary: He wrote a blog and made videos tracking his progress. He admitted he won’t go out again

Diary: He wrote a blog and made videos tracking his progress. He admitted he won’t go out again

He allowed himself 20 euros a day for internet to email his employees – and abandoned extortionate phone calls early on.

But after completing his trial, Mr Toulemonde has conceded that he cannot do it forever.

Although he claims the ‘telecommuting’ experiment was a success, he told French broadcasters My TF1 News that the snakes and rats were intolerable – and fear of losing Internet connection was even worse.

The biggest challenge was lack of human contact.

He said: ‘Telecommuting really works but doing everything virtually has its limits. Working from distance might be doable, but nothing can replace human contact.’

Voir par ailleurs:

Exclusive: Signs of declining economic security

Hope Yen

Jul. 28, 2013

ECONOMIC INSECURITY

Chart shows cumulative economic insecurity by age; 2c x 4 inches; 96.3 mm x 101 mm;

WASHINGTON (AP) — Four out of 5 U.S. adults struggle with joblessness, near poverty or reliance on welfare for at least parts of their lives, a sign of deteriorating economic security and an elusive American dream.

Survey data exclusive to The Associated Press points to an increasingly globalized U.S. economy, the widening gap between rich and poor and loss of good-paying manufacturing jobs as reasons for the trend.

The findings come as President Barack Obama tries to renew his administration’s emphasis on the economy, saying in recent speeches that his highest priority is to « rebuild ladders of opportunity » and reverse income inequality.

Hardship is particularly on the rise among whites, based on several measures. Pessimism among that racial group about their families’ economic futures has climbed to the highest point since at least 1987. In the most recent AP-GfK poll, 63 percent of whites called the economy « poor. »

« I think it’s going to get worse, » said Irene Salyers, 52, of Buchanan County, Va., a declining coal region in Appalachia. Married and divorced three times, Salyers now helps run a fruit and vegetable stand with her boyfriend, but it doesn’t generate much income. They live mostly off government disability checks.

« If you do try to go apply for a job, they’re not hiring people, and they’re not paying that much to even go to work, » she said. Children, she said, have « nothing better to do than to get on drugs. »

While racial and ethnic minorities are more likely to live in poverty, race disparities in the poverty rate have narrowed substantially since the 1970s, census data show. Economic insecurity among whites also is more pervasive than is shown in government data, engulfing more than 76 percent of white adults by the time they turn 60, according to a new economic gauge being published next year by the Oxford University Press.

The gauge defines « economic insecurity » as experiencing unemployment at some point in their working lives, or a year or more of reliance on government aid such as food stamps or income below 150 percent of the poverty line. Measured across all races, the risk of economic insecurity rises to 79 percent.

« It’s time that America comes to understand that many of the nation’s biggest disparities, from education and life expectancy to poverty, are increasingly due to economic class position, » said William Julius Wilson, a Harvard professor who specializes in race and poverty.

He noted that despite continuing economic difficulties, minorities have more optimism about the future after Obama’s election, while struggling whites do not.

« There is the real possibility that white alienation will increase if steps are not taken to highlight and address inequality on a broad front, » Wilson said.

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Sometimes termed « the invisible poor » by demographers, lower-income whites are generally dispersed in suburbs as well as small rural towns, where more than 60 percent of the poor are white. Concentrated in Appalachia in the East, they are also numerous in the industrial Midwest and spread across America’s heartland, from Missouri, Arkansas and Oklahoma up through the Great Plains.

More than 19 million whites fall below the poverty line of $23,021 for a family of four, accounting for more than 41 percent of the nation’s destitute, nearly double the number of poor blacks.

Still, while census figures provide an official measure of poverty, they’re only a temporary snapshot. The numbers don’t capture the makeup of those who cycle in and out of poverty at different points in their lives. They may be suburbanites, for example, or the working poor or the laid off.

In 2011 that snapshot showed 12.6 percent of adults in their prime working-age years of 25-60 lived in poverty. But measured in terms of a person’s lifetime risk, a much higher number — 4 in 10 adults — falls into poverty for at least a year of their lives.

The risks of poverty also have been increasing in recent decades, particularly among people ages 35-55, coinciding with widening income inequality. For instance, people ages 35-45 had a 17 percent risk of encountering poverty during the 1969-1989 time period; that risk increased to 23 percent during the 1989-2009 period. For those ages 45-55, the risk of poverty jumped from 11.8 percent to 17.7 percent.

By race, nonwhites still have a higher risk of being economically insecure, at 90 percent. But compared with the official poverty rate, some of the biggest jumps under the newer measure are among whites, with more than 76 percent enduring periods of joblessness, life on welfare or near-poverty.

By 2030, based on the current trend of widening income inequality, close to 85 percent of all working-age adults in the U.S. will experience bouts of economic insecurity.

« Poverty is no longer an issue of ‘them’, it’s an issue of ‘us’, » says Mark Rank, a professor at Washington University in St. Louis who calculated the numbers. « Only when poverty is thought of as a mainstream event, rather than a fringe experience that just affects blacks and Hispanics, can we really begin to build broader support for programs that lift people in need. »

Rank’s analysis is supplemented with figures provided by Tom Hirschl, a professor at Cornell University; John Iceland, a sociology professor at Penn State University; the University of New Hampshire’s Carsey Institute; the Census Bureau; and the Population Reference Bureau.

Among the findings:

—For the first time since 1975, the number of white single-mother households who were living in poverty with children surpassed or equaled black ones in the past decade, spurred by job losses and faster rates of out-of-wedlock births among whites. White single-mother families in poverty stood at nearly 1.5 million in 2011, comparable to the number for blacks. Hispanic single-mother families in poverty trailed at 1.2 million.

—The share of children living in high-poverty neighborhoods — those with poverty rates of 30 percent or more — has increased to 1 in 10, putting them at higher risk of teen pregnancy or dropping out of school. Non-Hispanic whites accounted for 17 percent of the child population in such neighborhoods, up from 13 percent in 2000, even though the overall proportion of white children in the U.S. has been declining.

The share of black children in high-poverty neighborhoods dropped sharply, from 43 percent to 37 percent, while the share of Latino children ticked higher, from 38 to 39 percent.

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Going back to the 1980s, never have whites been so pessimistic about their futures, according to the General Social Survey, which is conducted by NORC at the University of Chicago. Just 45 percent say their family will have a good chance of improving their economic position based on the way things are in America.

The divide is especially evident among those whites who self-identify as working class: 49 percent say they think their children will do better than them, compared with 67 percent of non-whites who consider themselves working class.

In November, Obama won the votes of just 36 percent of those noncollege whites, the worst performance of any Democratic nominee among that group since 1984.

Some Democratic analysts have urged renewed efforts to bring working-class whites into the political fold, calling them a potential « decisive swing voter group » if minority and youth turnout level off in future elections.

« They don’t trust big government, but it doesn’t mean they want no government, » says Republican pollster Ed Goeas, who agrees that working-class whites will remain an important electoral group. « They feel that politicians are giving attention to other people and not them. »

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AP Director of Polling Jennifer Agiesta, News Survey Specialist Dennis Junius and AP writer Debra McCown in Buchanan County, Va., contributed to this report.

Voir aussi:

Report: U.S. Spent $3.7 Trillion on Welfare Over Last 5 Years

Dutch King: Say Goodbye to Welfare State

AMSTERDAM September 17, 2013 (AP)

Toby Sterling Associated Press

King Willem-Alexander delivered a message to the Dutch people from the government Tuesday in a nationally televised address: the welfare state of the 20th century is gone.

In its place a « participation society » is emerging, in which people must take responsibility for their own future and create their own social and financial safety nets, with less help from the national government.

The king traveled past waving fans in an ornate horse-drawn carriage to the 13th-century Hall of Knights in The Hague for the monarch’s traditional annual address on the day the government presents its budget for the coming year. It was Willem-Alexander’s first appearance on the national stage since former Queen Beatrix abdicated in April and he ascended to the throne.

« The shift to a ‘participation society’ is especially visible in social security and long-term care, » the king said, reading out to lawmakers a speech written for him by Prime Minister Mark Rutte’s government.

« The classic welfare state of the second half of the 20th century in these areas in particular brought forth arrangements that are unsustainable in their current form. »

Rutte may be hoping that the pomp and ceremony surrounding the king and his popular wife, Queen Maxima, will provide a diversion from the gloomy reality of a budget full of unpopular new spending cuts he revealed later in the day.

A series of recent polls have shown that confidence in Rutte’s government is at record low levels, and that most Dutch people — along with labor unions, employers’ associations and many economists — believe the Cabinet’s austerity policies are at least partially to blame as the Dutch economy has worsened even as recoveries are underway in neighboring Germany, France and Britain.

After several consecutive years of government spending cuts, the Dutch economy is expected to have shrunk by more than 1 percent in 2013, and the agency is forecasting growth of just 0.5 percent next year.

« The necessary reforms take time and demand perseverance, » the king said. But they will « lay the basis for creating jobs and restoring confidence. »

Willem-Alexander said that nowadays, people expect and « want to make their own choices, to arrange their own lives, and take care of each other. »

The ‘participation society’ has been on its way for some time: benefits such as unemployment compensation and subsidies on health care have been regularly pruned for the past decade. The retirement age has been raised to 67.

The king said Tuesday some costs for the care of the elderly, for youth services, and for job retraining after layoffs will now be pushed back to the local level, in order to make them better tailored to local circumstances.

The monarchy was not immune to cost-cutting and Willem-Alexander’s salary will be cut from around 825,000 euros ($1.1 million) this year to 817,000 euros in 2014. Maintaining the Royal House — castles, parades and all — costs the government around 40 million euros annually.

A review of the government’s budget by the country’s independent analysis agency showed that the deficit will widen in 2014 to 3.3 percent of GDP despite the new spending cuts intended to reduce it.

Eurozone rules specify that countries must keep their deficit below 3 percent, and Rutte has been among the most prominent of European leaders, along with Germany’s Angela Merkel, in insisting that Southern European countries attempt to meet that target.

Among other measures, the government announced 2,300 new military job cuts. That follows a 2011 decision to cut 12,000 jobs — one out of every six defense employees — between 2012 and 2015.

However, the government said Tuesday it has decided once and for all not to abandon the U.S.-led « Joint Strike Fighter » program to develop new military aircraft. The program has suffered cost overruns and created divisions within Rutte’s governing coalition.

A debate over the budget later this week will be crucial for the future of the coalition, as it does not command a majority in the upper house, and it must seek help from opposition parties to have the budget approved.

Challenged as to whether his Cabinet may be facing a crisis, Rutte insisted in an interview with national broadcaster NOS on Tuesday that he ultimately will find support for the budget.

« At crucial moments, the opposition is willing to do its share, » he said.

Geert Wilders, whose far right Freedom Party currently tops popularity polls, called Rutte’s budget the equivalent of « kicking the country while it’s down. »

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History suggests that era of entitlements is nearly over

Michael Barone

The Examiner

January 11, 2013

It’s often good fun and sometimes revealing to divide American history into distinct periods of uniform length. In working on my forthcoming book on American migrations, internal and immigrant, it occurred to me that you could do this using the American-sounding interval of 76 years, just a few years more than the biblical lifespan of three score and ten.

It was 76 years from Washington’s First Inaugural in 1789 to Lincoln’s Second Inaugural in 1865. It was 76 years from the surrender at Appomattox Courthouse in 1865 to the attack at Pearl Harbor in 1941.

Going backward, it was 76 years from the First Inaugural in 1789 to the Treaty of Utrecht in 1713, which settled one of the British-French colonial wars. And going 76 years back from Utrecht takes you to 1637, when the Virginia and Massachusetts Bay colonies were just getting organized.

As for our times, we are now 71 years away from Pearl Harbor. The current 76-year interval ends in December 2017.

Each of these 76-year periods can be depicted as a distinct unit. In the Colonial years up to 1713, very small numbers of colonists established separate cultures that have persisted to our times.

The story is brilliantly told in David Hackett Fischer’s « Albion’s Seed. » For a more downbeat version, read the recent « The Barbarous Years » by the nonagenarian Bernard Bailyn.

From 1713 to 1789, the Colonies were peopled by much larger numbers of motley and often involuntary settlers — slaves, indentured servants, the unruly Scots-Irish on the Appalachian frontier.

For how this society became dissatisfied with the Colonial status quo, read Bailyn’s « The Ideological Origins of the American Revolution. »

From 1789 to 1865, Americans sought their manifest destiny by expanding across the continent. They made great technological advances but were faced with the irreconcilable issue of slavery in the territories.

For dueling accounts of the period, read the pro-Andrew Jackson Democrat Sean Wilentz’s « The Rise of American Democracy » and the pro-Henry Clay Whig Daniel Walker Howe’s « What Hath God Wrought. » Both are sparklingly written and full of offbeat insights and brilliant apercus.

The 1865-to-1941 period saw a vast efflorescence of market capitalism, European immigration and rising standards of living. For descriptions of how economic change reshaped the nation and its government, read Morton Keller’s « Affairs of State » and « Regulating a New Society. »

The 70-plus years since 1941 have seen a vast increase in the welfare safety net and governance by cooperation among big units — big government, big business, big labor — that began in the New Deal and gained steam in and after World War II. I immodestly offer my own « Our Country: The Shaping of America from Roosevelt to Reagan. »

The original arrangements in each 76-year period became unworkable and unraveled toward its end. Eighteenth-century Americans rejected the Colonial status quo and launched a revolution, then established a constitutional republic.

Nineteenth-century Americans went to war over expansion of slavery. Early-20th-century Americans grappled with the collapse of the private-sector economy in the Depression of the 1930s.

We are seeing something like this again today. The welfare state arrangements that once seemed solid are on the path to unsustainability.

Entitlement programs — Social Security, Medicare, Medicaid — are threatening to gobble up the whole government and much of the private sector, as well.

Lifetime employment by one big company represented by one big union is a thing of the past. People who counted on corporate or public-sector pensions are seeing them default.

Looking back, we are as far away in time today from victory in World War II in 1945 as Americans were at the time of the Dred Scott decision from the First Inaugural.

We are as far away in time today from passage of the Social Security in 1935 as Americans then were from the launching of post-Civil War Reconstruction.

Nevertheless our current president and most politicians of his party seem determined to continue the current welfare state arrangements — historian Walter Russell Mead calls this the blue-state model — into the indefinite future.

Some leaders of the other party are advancing ideas for adapting a system that worked reasonably well in an industrial age dominated by seemingly eternal big units into something that can prove workable in an information age experiencing continual change and upheaval wrought by innovations in the market economy.

The current 76-year period is nearing its end. What will come next?

Michael Barone,The Examiner’s senior political analyst, can be contacted at mbarone@washingtonexaminer.com

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America’s Fourth Revolution: The Coming Collapse of the Entitlement Society-and How We Will Survive It

James Piereson

The United States has been shaped by three far-reaching political revolutions: Jefferson’s “revolution of 1800,” the Civil War, and the New Deal. Each of these upheavals concluded with lasting institutional and cultural adjustments that set the stage for new phases of political and economic development. Are we on the verge of a new upheaval, a “fourth revolution” that will reshape U.S. politics for decades to come? There are signs to suggest that we are.

America’s Fourth Revolution describes the political upheaval that will overtake the United States over the next decade as a consequence of economic stagnation, the growth of government, and the exhaustion of post-war arrangements that formerly underpinned American prosperity and power. The inter-connected challenges of public debt, the retirement of the « baby boom » generation, and slow economic growth have reached a point where they can no longer be addressed by incremental adjustments in taxes and spending, but will require profound changes in the role of government in American life. At the same time, the widening gulf between the two political parties and the entrenched power of interest groups will make it difficult to negotiate the changes needed to renew the system.

America’s Fourth Revolution places this impending upheaval in historical context by reminding readers that Americans have faced and overcome similar challenges in the past and that they seem to resolve their deepest problems in relatively brief but intense periods of political conflict. In contrast to other books which claim that the United States is in decline, America’s Fourth Revolution argues that Americans will struggle over the next decade to form a governing coalition that will guide the nation on a path of renewed dynamism and prosperity.

Voir enfin:

L’enfer c’est les autres

1964 et 1970

L’existentialisme athée

par Jean-Paul Sartre

Extrait du CD « Huis clos » et de « L’Existentialisme est un humanisme »

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L’enfer, c’est les autres [1]

Quand on écrit une pièce, il y a toujours des causes occasionnelles et des soucis profonds. La cause occasionnelle c’est que, au moment où j’ai écrit Huis clos, vers 1943 et début 44, j’avais trois amis et je voulais qu’ils jouent une pièce, une pièce de moi, sans avantager aucun d’eux. C’est-à-dire, je voulais qu’ils restent ensemble tout le temps sur la scène. Parce que je me disais que s’il y en a un qui s’en va, il pensera que les autres ont un meilleur rôle au moment où il s’en va. Je voulais donc les garder ensemble. Et je me suis dit, comment peut-on mettre ensemble trois personnes sans jamais en faire sortir l’une d’elles et les garder sur la scène jusqu’au bout, comme pour l’éternité. C’est là que m’est venue l’idée de les mettre en enfer et de les faire chacun le bourreau des deux autres. Telle est la cause occasionnelle. Par la suite, d’ailleurs, je dois dire, ces trois amis n’ont pas joué la pièce, et comme vous le savez, c’est Michel Vitold, Tania Balachova et Gaby Sylvia qui l’ont jouée.

Mais il y avait à ce moment-là des soucis plus généraux et j’ai voulu exprimer autre chose dans la pièce que, simplement, ce que l’occasion me donnait. J’ai voulu dire « l’enfer c’est les autres ». Mais « l’enfer c’est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’était toujours des rapports infernaux. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c’est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnes que vous entendrez dans Huis clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes tous vivants et qu’ils sont morts. Bien entendu, ici, « morts » symbolise quelque chose. Ce que j’ai voulu indiquer, c’est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d’habitudes, de coutumes, qu’ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu’ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts, en ce sens qu’ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes et qu’ils restent ainsi victimes souvent des jugements que l’on a portés sur eux.

À partir de là, il est bien évident qu’ils sont lâches ou méchants. Par exemple, s’ils ont commencé à être lâches, rien ne vient changer le fait qu’ils étaient lâches. C’est pour cela qu’ils sont morts, c’est pour cela, c’est une manière de dire que c’est une « mort vivante » que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements et d’actions que l’on ne veut pas changer.

De sorte que, en vérité, comme nous sommes vivants, j’ai voulu montrer, par l’absurde, l’importance, chez nous, de la liberté, c’est-à-dire l’importance de changer les actes par d’autres actes. Quel que soit le cercle d’enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c’est encore librement qu’ils y restent. De sorte qu’ils se mettent librement en enfer.

Vous voyez donc que « rapport avec les autres », « encroûtement » et « liberté », liberté comme l’autre face à peine suggérée, ce sont les trois thèmes de la pièce.

Je voudrais qu’on se le rappelle quand vous entendrez dire… « L’enfer c’est les autres ».

Je tiens à ajouter, en terminant, qu’il m’est arrivé en 1944, à la première représentation, un très rare bonheur, très rare pour les auteurs dramatiques : c’est que les personnages ont été incarnés de telle manière par les trois acteurs, et aussi par Chauffard, le valet d’enfer, qui l’a toujours jouée depuis, que je ne puis plus me représenter mes propres imaginations autrement que sous les traits de Michel Vitold, Gaby Sylvia, de Tania Balachova et de Chauffard. Depuis, la pièce a été rejouée par d’autres acteurs, et je tiens en particulier à dire que j’ai vu Christiane Lenier, quand elle l’a jouée, et que j’ai admiré quelle excellente Inès elle a été.

L’existence précède l’essence [2]

Est-ce qu’au fond, ce qui fait peur, dans la doctrine que je vais essayer de vous exposer, ce n’est pas le fait qu’elle laisse une possibilité de choix à l’homme ? Pour le savoir, il faut que nous revoyions la question sur un plan strictement philosophique.

Qu’est-ce qu’on appelle existentialisme ? La plupart des gens qui utilisent ce mot seraient bien embarrassés pour le justifier, puisque aujourd’hui [1945], que c’est devenu une mode, on déclare volontiers qu’un musicien ou qu’un peintre est existentialiste. Un échotier de Clartés signe l’Existentialiste ; et au fond le mot a pris aujourd’hui une telle largeur et une telle extension qu’il ne signifie plus rien du tout. Il semble que, faute de doctrine d’avant-garde analogue au surréalisme, les gens avides de scandale et de mouvement s’adressent à cette philosophie, qui ne peut d’ailleurs rien leur apporter dans ce domaine ; en réalité c’est la doctrine la moins scandaleuse, la plus austère ; elle est strictement destinée aux techniciens et aux philosophes. Pourtant, elle peut se définir facilement. Ce qui rend les choses compliquées, c’est qu’il y a deux espèces d’existentialistes : les premiers, qui sont chrétiens, et parmi lesquels je rangerai Jaspers et Gabriel Marcel, de confession catholique ; et, d’autre part, les existentialistes athées parmi lesquels il faut ranger Heidegger, et aussi les existentialistes français et moi-même. Ce qu’ils ont en commun, c’est simplement le fait qu’ils estiment que l’existence précède l’essence, ou, si vous voulez, qu’il faut partir de la subjectivité. Que faut-il au juste entendre par là ? Lorsqu’on considère un objet fabriqué, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a été fabriqué par un artisan qui s’est inspiré d’un concept ; il s’est référé au concept de coupe-papier, et également à une technique de production préalable qui fait partie du concept, et qui est au fond une recette. Ainsi, le coupe-papier est à la fois un objet qui se produit d’une certaine manière et qui, d’autre part, a une utilité définie, et on ne peut pas supposer un homme qui produirait un coupe-papier sans savoir à quoi l’objet va servir. Nous dirons donc que, pour le coupe-papier, l’essence — c’est-à-dire l’ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir — précède l’existence ; et ainsi la présence, en face de moi, de tel coupe-papier ou de tel livre est déterminée. Nous avons donc là une vision technique du monde, dans laquelle on peut dire que la production précède l’existence.

Lorsque nous concevons un Dieu créateur, ce Dieu est assimilé la plupart du temps à un artisan supérieur ; et quelle que soit la doctrine que nous considérions, qu’il s’agisse d’une doctrine comme celle de Descartes ou de la doctrine de Leibniz, nous admettons toujours que la volonté suit plus ou moins l’entendement, ou tout au moins l’accompagne, et que Dieu, lorsqu’il crée, sait précisément ce qu’il crée. Ainsi, le concept d’homme, dans l’esprit de Dieu, est assimilable au concept de coupe-papier dans l’esprit de l’industriel ; et Dieu produit l’homme suivant des techniques et une conception, exactement comme l’artisan fabrique un coupe-papier suivant une définition et une technique. Ainsi l’homme individuel réalise un certain concept qui est dans l’entendement divin. Au XVIIIe siècle, dans l’athéisme des philosophes, la notion de Dieu est supprimée, mais non pas pour autant l’idée que l’essence précède l’existence. Cette idée, nous la retrouvons un peu partout : nous la retrouvons chez Diderot, chez Voltaire, et même chez Kant. L’homme est possesseur d’une nature humaine ; cette nature humaine, qui est le concept humain, se retrouve chez tous les hommes, ce qui signifie que chaque homme est un exemple particulier d’un concept universel, l’homme ; chez Kant, il résulte de cette universalité que l’homme des bois, l’homme de la nature, comme le bourgeois sont astreints à la même définition et possèdent les mêmes qualités de base. Ainsi, là encore, l’essence d’homme précède cette existence historique que nous rencontrons dans la nature.

L’existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme ou, comme dit Heidegger, la réalité humaine. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après.

L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. L’homme est seulement, non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence ; l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme.

C’est aussi ce qu’on appelle la subjectivité, et que l’on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l’homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l’homme existe d’abord, c’est-à-dire que l’homme est d’abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l’avenir. L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n’existe préalablement à ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être. Non pas ce qu’il voudra être. Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c’est une décision consciente, et qui est pour la plupart d’entre nous postérieure à ce qu’il s’est fait lui-même. Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n’est qu’une manifestation d’un choix plus originel, plus spontané que ce qu’on appelle volonté. Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est. Ainsi, la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence.

Ma volonté engage l’humanité entière [3]

Ainsi, notre responsabilité est beaucoup plus grande que nous ne pourrions le supposer, car elle engage l’humanité entière. Si je suis ouvrier, et si je choisis d’adhérer à un syndicat chrétien plutôt que d’être communiste, si, par cette adhésion, je veux indiquer que la résignation est au fond la solution qui convient à l’homme, que le royaume de l’homme n’est pas sur la terre, je n’engage pas seulement mon cas : je veux être résigné pour tous, par conséquent ma démarche a engagé l’humanité tout entière. Et si je veux, fait plus individuel, me marier, avoir des enfants, même si ce mariage dépend uniquement de ma situation, ou de ma passion, ou de mon désir, par là j’engage non seulement moi-même, mais l’humanité tout entière sur la voie de la monogamie. Ainsi je suis responsable pour moi-même et pour tous, et je crée une certaine image de l’homme que je choisis ; en me choisissant, je choisis l’homme.

L’angoisse et la mauvaise foi [4]

Ceci nous permet de comprendre ce que recouvrent des mots un peu grandiloquents comme angoisse, délaissement, désespoir. Comme vous allez voir, c’est extrêmement simple. D’abord, qu’entend-on par angoisse ? L’existentialiste déclare volontiers que l’homme est angoisse. Cela signifie ceci : l’homme qui s’engage et qui se rend compte qu’il est non seulement celui qu’il choisit d’être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soi l’humanité entière, ne saurait échapper au sentiment de sa totale et profonde responsabilité. Certes, beaucoup de gens ne sont pas anxieux ; mais nous prétendons qu’ils se masquent leur angoisse, qu’ils la fuient ; certainement, beaucoup de gens croient en agissant n’engager qu’eux-mêmes, et lorsqu’on leur dit : « mais si tout le monde faisait comme ça ? » ils haussent les épaules et répondent : « tout le monde ne fait pas comme ça. » Mais en vérité, on doit toujours se demander : qu’arriverait-il si tout le monde en faisait autant ? Et on n’échappe à cette pensée inquiétante que par une sorte de mauvaise foi. Celui qui ment et qui s’excuse en déclarant : tout le monde ne fait pas comme ça, est quelqu’un qui est mal à l’aise avec sa conscience, car le fait de mentir implique une valeur universelle attribuée au mensonge. Même lorsqu’elle se masque l’angoisse apparaît. C’est cette angoisse que Kierkegaard appelait l’angoisse d’Abraham.

Vous connaissez l’histoire : Un ange a ordonné à Abraham de sacrifier son fils : tout va bien si c’est vraiment un ange qui est venu et qui a dit : tu es Abraham, tu sacrifieras ton fils. Mais chacun peut se demander, d’abord, est-ce que c’est bien un ange, et est-ce que je suis bien Abraham ? Qu’est-ce qui me le prouve ? Il y avait une folle qui avait des hallucinations : on lui parlait par téléphone et on lui donnait des ordres. Le médecin lui demanda : « Mais qui est-ce qui vous parle ? » Elle répondit : « Il dit que c’est Dieu. » Et qu’est-ce qui lui prouvait, en effet, que c’était Dieu ? Si un ange vient à moi, qu’est-ce qui prouve que c’est un ange ? Et si j’entends des voix, qu’est-ce qui prouve qu’elles viennent du ciel et non de l’enfer, ou d’un subconscient, ou d’un état pathologique ? Qui prouve qu’elles s’adressent à moi ? Qui prouve que je suis bien désigné pour imposer ma conception de l’homme et mon choix à l’humanité ? Je ne trouverai jamais aucune preuve, aucun signe pour m’en convaincre. Si une voix s’adresse à moi, c’est toujours moi qui déciderai que cette voix est la voix de l’ange ; si je considère que tel acte est bon, c’est moi qui choisirai de dire que cet acte est bon plutôt que mauvais. Rien ne me désigne pour être Abraham, et pourtant je suis obligé à chaque instant de faire des actes exemplaires. Tout se passe comme si, pour tout homme, toute l’humanité avait les yeux fixés sur ce qu’il fait et se réglait sur ce qu’il fait. Et chaque homme doit se dire : suis-je bien celui qui a le droit d’agir de telle sorte que l’humanité se règle sur mes actes ? Et s’il ne se dit pas cela, c’est qu’il se masque l’angoisse. Il ne s’agit pas là d’une angoisse qui conduirait au quiétisme, à l’inaction. Il s’agit d’une angoisse simple, que tous ceux qui ont eu des responsabilités connaissent. Lorsque, par exemple, un chef militaire prend la responsabilité d’une attaque et envoie un certain nombre d’hommes à la mort, il choisit de le faire, et au fond il choisit seul. Sans doute il y a des ordres qui viennent d’en haut, mais ils sont trop larges et une interprétation s’impose, qui vient de lui, et de cette interprétation dépend la vie de dix ou quatorze ou vingt hommes. Il ne peut pas ne pas avoir, dans la décision qu’il prend, une certaine angoisse.

Tous les chefs connaissent cette angoisse. Cela ne les empêche pas d’agir, au contraire, c’est la condition même de leur action ; car cela suppose qu’ils envisagent une pluralité de possibilités, et lorsqu’ils en choisissent une, ils se rendent compte qu’elle n’a de valeur que parce qu’elle est choisie. Et cette sorte d’angoisse, qui est celle que décrit l’existentialisme, nous verrons qu’elle s’explique en outre par une responsabilité directe vis-à-vis des autres hommes qu’elle engage. Elle n’est pas un rideau qui nous séparerait de l’action, mais elle fait partie de l’action même.

L’homme est condamné à être libre [5]

Et lorsqu’on parle de délaissement, expression chère à Heidegger, nous voulons dire seulement que Dieu n’existe pas, et qu’il faut en tirer jusqu’au bout les conséquences. L’existentialiste est très opposé à un certain type de morale laïque qui voudrait supprimer Dieu avec le moins de frais possible.

Lorsque, vers 1880, des professeurs français essayèrent de constituer une morale laïque, ils dirent à peu près ceci : Dieu est une hypothèse inutile et coûteuse, nous la supprimons, mais il est nécessaire cependant, pour qu’il y ait une morale, une société, un monde policé, que certaines valeurs soient prises au sérieux et considérées comme existant a priori ; il faut qu’il soit obligatoire a priori d’être honnête, de ne pas mentir, de ne pas battre sa femme, de faire des enfants, etc., etc.. Nous allons donc faire un petit travail qui permettra de montrer que ces valeurs existent tout de même, inscrites dans un ciel intelligible, bien que, par ailleurs, Dieu n’existe pas. Autrement dit, et c’est, je crois, la tendance de tout ce qu’on appelle en France le radicalisme, rien ne sera changé si Dieu n’existe pas ; nous retrouverons les mêmes normes d’honnêteté, de progrès, d’humanisme, et nous aurons fait de Dieu une hypothèse périmée qui mourra tranquillement et d’elle-même.

L’existentialiste, au contraire, pense qu’il est très gênant que Dieu n’existe pas, car avec lui disparaît toute possibilité de trouver des valeurs dans un ciel intelligible ; il ne peut plus y avoir de bien a priori, puisqu’il n’y a pas de conscience infinie et parfaite pour le penser ; il n’est écrit nulle part que le bien existe, qu’il faut être honnête, qu’il ne faut pas mentir, puisque précisément nous sommes sur un plan où il y a seulement des hommes. Dostoïevsky avait écrit : « Si Dieu n’existait pas, tout serait permis. » C’est là le point de départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s’accrocher. Il ne trouve d’abord pas d’excuses. Si, en effet, l’existence précède l’essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté. Si, d’autre part, Dieu n’existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite. Ainsi, nous n’avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses. C’est ce que j’exprimerai en disant que l’homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait.

L’existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu’une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l’homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse. Il pense que l’homme est responsable de sa passion. L’existentialiste ne pensera pas non plus que l’homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l’orientera ; car il pense que l’homme déchiffre lui-même le signe comme il lui plaît. Il pense donc que l’homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l’homme.

Le désespoir [6]

Quant au désespoir, cette expression a un sens extrêmement simple. Elle veut dire que nous nous bornerons à compter sur ce qui dépend de notre volonté, ou sur l’ensemble des probabilités qui rendent notre action possible.

Quand on veut quelque chose, il y a toujours des éléments probables. Je puis compter sur la venue d’un ami. Cet ami vient en chemin de fer ou en tramway ; cela suppose que le chemin de fer arrivera à l’heure dite, ou que le tramway ne déraillera pas. Je reste dans le domaine des possibilités ; mais il ne s’agit de compter sur les possibles que dans la mesure stricte où notre action comporte l’ensemble de ces possibles. À partir du moment où les possibilités que je considère ne sont pas rigoureusement engagées par mon action, je dois m’en désintéresser, parce qu’aucun Dieu, aucun dessein ne peut adapter le monde et ses possibles à ma volonté. Au fond, quand Descartes disait : « Se vaincre plutôt soi-même que le monde », il voulait dire la même chose : agir sans espoir.

[1] Extrait audio et texte de Jean-Paul Sartre, Huis clos, Groupe Frémeaux Colombini SAS © 2010 (La Librairie Sonore en accord avec Moshé Naïm Emen © 1964 et Gallimard © 2004, ancien exploitant).

[2] Jean-Paul Sartre, L’Existentialisme est un humanisme, Éditions Nagel © 1970, pages 15 à 24.

Extrait audio de Luc Ferry, Mythologie, Frémeaux & Associés © 2010, CD2-[8], L’invention de la liberté, 0:07 à 3:34.

[3] Ibid. pages 26 et 27.

[4] Ibid. pages 27 à 33.

[5] Ibid. pages 33 à 38.

[6] Ibid. pages 49 à 51.

Philo5…

… à quelle source choisissez-vous d’alimenter votre esprit?

2 commentaires pour Diversité: L’enfer, c’est les autres, mais j’ai besoin des oeufs ! (Hell is other people, but I need the eggs ! – How diversity is eating away at trust)

  1. jcdurbant dit :

    Une étude britannique confirme Putnam …

    There has long been an « assumption » increasing ethnic diversity in an area undermines residents’ social cohesion. On one hand our study supports this, for example where people report feeling happier when they move out of diverse areas and into neighbourhoods where they are surrounded by more people like them.(…) Increasing diversity may reduce cohesion as people simply see their neighbours as being more different to them; that they may have different values, different interests and different norms, which can hold up contact.

    Dr James Laurence

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