Violences urbaines: La violence des images prépare à la violence des groupes (When our children’s games become more powerful than military training games)

Munch's ScreamUn des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
Après avoir vu des images violentes, les filles présentent des représentations de lutte ou de fuite dans les mêmes proportions que les garçons, mais qu’après avoir vu des images neutres, elles ont plus de représentations de négociation et de pacification. Autrement dit, face au traumatisme des images violentes, les filles renoncent aux modèles de pacification et de conciliation qui font partie des identifications précoces au rôle féminin traditionnel. (…)  Les images violentes accroissent donc la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes dans la mesure où ceux qui les ont vues éprouvent de sensations, des émotions et des états du corps difficiles à maîtriser et donc angoissants, et qu’ils sont donc particulièrement tentés d’adopter les repères que leur propose leur groupe d’appartenance, voire le leader de ce groupe. (…) Les images violentes semblent bien avoir des effets statistiquement néfastes : elles augmentent le recours à des comportements agressifs, elles rendent la violence « ordinaire » en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Mais, d’un autre côté, aucun de ces effets n’est systématique sur personne. Dans tous les cas, c’est l’intrication des images violentes avec de nombreux autres facteurs qui est décisive. Il n’y a jamais « l’enfant et les images », mais il y a toujours l’enfant, les images, sa famille, son environnement, ses copains, l’école, … et c’est tout cela qui organise ses attitudes futures. Si des parents parlent à leur enfant pour lui expliquer le monde, il aura confiance en eux parce qu’ils lui font confiance en lui parlant. Sinon, il développera un sentiment de solitude, d’insécurité intérieure, un langage pauvre, et donc il sera tenté de régler les problèmes de la vie en ayant davantage recours à la violence. Et s’il a été lui-même un enfant malmené, il aura d’autant plus tendance à prendre les images violentes qu’il voit comme un repère pour se défendre, agresser, ou même se venger sur d’autres des souffrances injustes qu’il estime avoir subies. (…) La violence du cinéma n’a jamais le pouvoir de déclencher à elle seule un comportement d’imitation dans la réalité si ce comportement entre en conflit avec les valeurs que les parents ont transmises à l’enfant. Et on comprend que ce soient les enfants les plus démunis sur le plan des modèles parentaux qui aient le plus tendance à chercher leurs repères de socialisation sur le petit écran. (…) si un enfant est entouré d’adultes qui semblent ne rien ressentir face aux images les plus violentes, il pense qu’être grand, c’est pouvoir tout regarder sans rien ressentir. Il apprend alors peu à peu à s’immuniser contre les spectacles horribles vus à la télévision ou au cinéma, et, finalement il s’immunise naturellement aussi contre le spectacle des horreurs réelles auxquelles il pourrait être confronté. Mais on voit que ce n’est pas la quantité d’images violentes qui sont vues qui détermine ce risque chez l’enfant, c’est l’attitude des adultes qui laissent penser qu’un « grand » n’éprouve jamais ni dégoût, ni malaise, ni gène, ni peur devant les images. C’est pourquoi le rôle éducatif des adultes par rapport aux images consiste d’abord à accepter de montrer à leurs enfants ce qu’ils éprouvent face à elles. (…) Parmi toutes les images, il en existe toutefois une catégorie particulièrement pernicieuse. Nous disions que c’est le bénéfice que le héros semble tirer de la situation qui peut pousser le spectateur à imiter. Plus ce bénéfice est rapide et visible, plus le désir d’imitation risque d’être grand. Or aucun bénéfice n’est plus rapide et plus visible que la jouissance manifeste qu’un acte procure, et cela d’autant plus que l’enfant reçoit chaque séquence pour elle-même sans forcément la situer dans l’ensemble de la narration. C’est ainsi que Scarface, de Brian de Palma, avec Al Pacino, a été un film culte pour beaucoup d’adolescents alors que le héros y meurt jeune et abandonné de tous. Mais auparavant, quelle jouissance ! Bref, la punition du héros malfaisant, quand elle finit par arriver, n’a guère de portée morale dans la mesure où elle n’est pas mise en relation émotionnelle avec l’intense jouissance qui a accompagné ses comportements délictueux tout au long du film. C’est l’intensité de la jouissance que le héros a tiré de sa violence que l’enfant retient, et c’est elle qui peut l’inciter à une violence proche dans sa propre vie. Tel est le plus grand problème posé aujourd’hui par la mise en scène de la violence. Son accomplissement est de plus en plus souvent le fait de criminels pervers dont la jouissance à transgresser les lois communes est presque le sujet principal du film, ce qui n’existait pratiquement pas il y a trente ans. Cela a peu d’importance lorsque les circonstances de leurs crimes sont tellement exceptionnelles que nul ne peut songer à les reproduire – comme c’est le cas dans Le Silence des Agneaux ou Hannibal le Cannibal, mais c’est beaucoup plus préoccupant lorsqu’il s’agit de personnages et de situations qui évoquent l’environnement familier des jeunes, comme dans Scream. C’est pourquoi les parents doivent aussi évoquer avec leurs enfants, le plaisir délictueux pris par ces « nouveaux héros » pour en dénoncer le caractère mensonger. Serge Tisseron

Quand les jeux de nos enfants deviennet encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire…

A l’heure où les jeunes incendiaires de bus de nos banlieues françaises …

Prennent, si l’on en croit certains témoins, leur inspiration directetement du cinéma …

Comme le film brésilien « La Cité de Dieu » où des enfants apprennent très tôt les vices de la rue jusqu’à devenir des maîtres du crime » et « se reconnaissant dans la figure de Zé Pequeno, antihéros tout droit sorti des favelas de Rio de Janeiro grâce au commerce de la drogue …

Sorte de « bébés Scarface, Capone en miniature, gosses sans repères, sans limites, dopés à l’ultraviolence »…

Retour avec cet éclairant texte du psychologue et spécialiste des effets des images animées (télévision, cinéma) sur les enfants Serge Tisseron …

Qui tout en  insistant sur la nécessaire médiatisation des images (elles n’agissent jamais directement) …

Rappelle l’effet de vulnérabilisation accrue qu’elles peuvent produire sur les enfants ou adolescents par rapport aux chefs de bande et aux comportements d’imitation (même si l’effet « première pierre » peut aussi avoir un sens positif) …

Y compris, ajouterions-nous, les images médiatiques (caillassages antimondialistes, étudiants ou lycéens) et leurs discours complaisants d’accompagnement (de politiciens, sociologues ou journalistes) dont nous suggérions ici même les effets de licitation et de légitimation …

Sans parler, même nos conspirationnistes de service l’ont compris, des effets mimétiques (copy-catting »)…

Les enfants et les adolescents face aux images
Serge Tisseron (1)

Deuxièmes rencontres nationales de la liste cdidoc-fr
Lyon 23-24 octobre 2003

La violence des images est souvent invoquée aujourd’hui. Pourtant ces trois mots « violence des images » sont loin de pouvoir recevoir une définition unique. En pratique il existe des images qui « font violence » alors qu’elles ne contiennent pas de scènes de violence explicite. C’est d’ailleurs ce qui complique tellement la tâche de tous ceux qui veulent protéger les enfants des images violentes en contrôlant celles-ci : chacun peut toujours être malmené gravement par une image qui laisse les autres indifférents. Au contraire, l’éducation aux images a pour but de préparer les enfants à faire face au stress qu’ils peuvent éprouver face à toute image, et pas seulement à celles que les adultes considèrent comme violentes. Et, pour cela, il est indispensable de connaître les processus que les jeunes utilisent spontanément pour y faire face afin de les aider à les renforcer.

1 – Images violentes et violence des images

2 – Le bébé et les images

3 – Le stress émotionnel des images violentes et les manières de s’en protéger

4 – Face aux images, les parents et les éducateurs ont un rôle essentiel

5 – Les images violentes encouragent la grégarité

6 – Qu’est-ce qui peut donner envie à un enfant d’imiter ce qu’il voit au cinéma ?

7 – Pourquoi recherche-t-on des images violentes ?

8 – L’éducation aux images

1 – Images violentes et violence des images

La violence des images peut bien entendu être identifiée aux images violentes. Cette définition est relative à chaque culture et à chaque époque, comme le prouve le fait que des images qui semblaient très violentes il y a vingt ans peuvent apparaître anodines aujourd’hui. Mais elle n’est pourtant pas inutile puisque c’est sur elle que se guide le pouvoir politique lorsqu’il décide d’interdire certaines catégories de spectacles aux enfants mineurs. Cette définition est donc extrêmement importante même si elle est toujours provisoire et appelée à évoluer.

Une seconde définition possible de la violence des images concerne celles qui sont violentes pour un spectateur sans l’être forcément pour un autre.

Cette définition, à la différence de la précédente, intéresse le parent et le pédagogue. On découvre en effet en questionnant des enfants combien chacun d’entre eux peut juger violentes des images qui laissent les autres indifférents. Par exemple, un enfant handicapé avait jugé terriblement violentes des images montrant des victimes d’accidents de la route obligées de se déplacer en fauteuil roulant. De la même manière, un enfant s’était déclaré très bouleversé par des images de pluies de cendres consécutives à une éruption volcanique parce que, disait-il, ces images lui rappelaient le nuage de cendres qui avait accompagné l’effondrement des Twin Towers lors de l’attentat du 11 septembre aux Etats-Unis.

Pour compliquer encore les choses, cette violence n’est pas toujours liée au contenu explicite des images, mais parfois à leur cadrage et à leur montage. Certains films contemporains proposent ainsi des juxtapositions de plans qui durent chacun quelques secondes et qui sont susceptibles de provoquer une tension nerveuse et une angoisse sans que la cause puisse en être identifiée par le spectateur. En outre, de plus en plus de bandes sons utilisent un mélange de percussions, de bruits cardiaques et de rythmes respiratoires qui troublent leurs auditeurs, surtout s’ils sont jeunes, sans qu’ils en comprennent la raison. A la limite, une image apparemment anodine peut être reçue comme terriblement violente. C’est ce qui s’est passé il y a quelques années avec un dessin animé japonais qui a provoqué des crises d’épilepsie chez plusieurs jeunes spectateurs. Mais sans avoir ce caractère extrême, beaucoup de spectacles contemporains, et notamment de dessins animés destinés aux enfants, peuvent provoquer des états de sidération et d’angoisse seulement par leur construction et leur montage (2).

Enfin, une dernière définition de la violence des images concerne la façon dont certaines d’entre elles se donnent pour être un simple reflet de la réalité. En pratique, de telles images concernent surtout le spectacle pornographique et … les actualités télévisées. Le problème est qu’une image qui se donne pour être un reflet de la réalité dissuade les opérations de transformation psychique par lesquelles chaque spectateur tente de se les approprier. A l’inverse, plus une image se donne pour être une transformation de la réalité qu’elle montre, et plus ces opérations psychiques se trouvent encouragées chez le spectateur.

Nous touchons là à un paradoxe important des images. Pour y éprouver des émotions comme devant la réalité, nous devons provisoirement suspendre notre jugement et y croire comme à du vrai. Mais pour pouvoir prendre de la distance par rapport à elles, nous devons être capables à tout moment de percevoir ces images comme des constructions dont nous sommes appelés à notre tour à nous donner nos propres constructions. C’est ce que font spontanément les jeunes, et c’est sur ce chemin qu’il faut les aider afin qu’ils puissent établir avec toutes les images la distance critique nécessaire.

2 – Le bébé et les images

Pour comprendre la complexité et la richesse de notre attitude vis-à-vis des images, rien ne vaut mieux que de partir du bébé. Celui-ci rencontre en effet les images de deux manières complémentaires : par celles « du dedans », c’est-à-dire ses représentations intérieures, et par celles dont il se forme l’image lorsqu’un objet est devant ses yeux.

Commençons par les « images du dedans ». Lorsque le bébé découvre les images, c’est d’abord sous la forme de sensations visuelles associées aux états du corps qui les accompagnent. Il ne se perçoit en effet pas du tout à ce moment comme un sujet regardant une image intérieure, ainsi que pourrait le faire un adulte. Sa posture est beaucoup plus proche de celle du rêveur qui se sent faire partie du rêve que, pourtant, il produit lui-même. Il est dans l’image, éprouvant des sensations, des émotions et des états du corps mêlés indissolublement à des représentations visuelles (3).

C’est seulement dans un second temps que le bébé constitue ces représentations visuelles sous son regard intérieur. Il acquiert la possibilité de se former une image de sa mère en son absence et de prendre conscience qu’il porte cette image à l’intérieur de lui alors que sa mère peut se trouver à ce moment-là absente de son champ visuel. Il est donc passé d’une image qui est un espace à la fois visuel, sensoriel et moteur à l’intérieur duquel il est pris, à une représentation visuelle devant laquelle il se trouve. Et ce passage se fait en s’engageant avec les images dans des opérations de transformation intérieure.

Ces deux désirs ne quitteront plus l’être humain : il rêve de créer des images qui soient des espaces contenants, pour lui et pour d’autres, dans lesquels il ait la possibilité d’aller et de venir. Et, pour passer de la position « dans l’image » à celle « devant l’image », il découvre très tôt qu’il doit les transformer pour s’en donner ses propres représentations. Tous les dispositifs d’images – depuis la peinture jusqu’aux écrans à cristaux liquides en passant par le cinéma et la télévision – répondent à ces deux objectifs complémentaires, et on peut parier que les prochains y obéiront encore. D’une part, ils constituent des espaces à explorer qui créent l’illusion d’une présence réelle des objets qui y sont représentés et dans lesquels le spectateur imagine pouvoir entrer avec d’autres spectateurs. Et d’autre part, ils ménagent la possibilité pour chacun de prendre à volonté de la distance par rapport à ces diverses illusions.

3 – Le stress émotionnel des images violentes et les manières de s’en protéger

Lorsque l’enfant grandit, certaines images – et notamment les images violentes – peuvent provoquer chez lui un stress émotionnel intense, sous la forme d’émotions massivement désagréables comme l’angoisse, la peur, la colère ou le dégoût, même si l’enfant ne les reconnaît pas comme telles. Et, pour se protéger contre ces images, il continue d’utiliser ses capacités de les transformer. Pour cela, il utilise en pratique trois moyens complémentaires : les mots, les scénarios intérieurs et la symbolisation sur un mode émotionnel, sensoriel et moteur.

Tout d’abord, les images violentes stimulent la mise en sens avec des mots. Les enfants qui ont vu des images violentes cherchent un interlocuteur alors que ceux qui ont vu des images ne contenant pas de scènes de violence s’en détournent. Autrement dit, ce qui fait plaisir n’appelle pas la mise en sens tandis que les images violentes, qui provoquent des émotions déplaisantes, suscitent la mise en sens même si, bien entendu, elles n’augmentent pas la capacité d’y parvenir (4).

Un second moyen qu’ont les jeunes spectateurs pour élaborer la forte charge émotive des images violentes consiste dans les scénarios intérieurs qu’ils imaginent. De la même façon que les images violentes poussent plus souvent les enfants à parler que les images neutres, elles les poussent plus souvent aussi à imaginer des représentations d’action (soit qu’ils imaginent les héros du film les accomplir, soit qu’ils s’imaginent eux-mêmes dans une situation semblable). Ces petits scénarios intérieurs sont parfois racontés, mais certains enfants ont besoin de passer par la construction d’images matérielles pour les communiquer, comme des dessins, des story-boards, des photographies ou la réalisation d’un petit film (5).

Enfin, un troisième moyen pour élaborer la forte charge émotive des images violentes consiste dans les manifestations non verbales. Les enfants confrontés à des images violentes présentent des attitudes, des mimiques et des gestes beaucoup plus nombreux que ceux qui ont été confrontés à des images neutres. Ces manifestations sont cohérentes avec le discours verbal et ne présentent pas de différence, ni en intensité ni en qualité, entre les enfants qui parlent plus volontiers et ceux qui parlent moins (6).

Pour ces deux raisons, on peut affirmer que ces attitudes, ces gestes et ces mimiques sont pour l’enfant – au même titre que le langage et les scénarios intérieurs – des façons pour lui d’organiser les émotions et les états du corps violents provoqués par les images. Ces manifestations ne s’opposent pas à une construction verbale du sens, mais la soutiennent et l’accompagnent. Il est donc essentiel, non seulement de ne pas les empêcher, mais aussi de les favoriser. L’ensemble de ces activités de transformation participe à un travail de mise à distance à la fois du contenu des images et des états émotionnels provoqués par elles.

On peut dire les choses autrement. Les jeunes qui transforment les images s’en fabriquent des métaphores, c’est à dire des images proches, un peu différentes, et qui évoquent celles qu’ils ont vues de manière décalée. Et cette mise à distance est encore facilitée quand les enfants savent comment les images qu’ils voient ont été fabriquées, c’est à dire quand ils peuvent distinguer ces images de la réalité qui est à leur origine. Bref, les images qui se donnent comme des représentations construites de la réalité encouragent les activités de transformation psychique des enfants tandis que celles qui se présentent comme un pur reflet de la réalité dissuadent cette activité.

Or il y a deux domaines où les images se donnent pour « être la vérité vraie » : la pornographie et les informations télévisées ! Il ne faut donc pas s’étonner que ce soit les deux domaines par lesquels les enfants petits se disent le plus maltraités, puisque ce sont ceux où ils sont le plus dissuadés de se construire leur propre approche de ce qu’ils voient !

4 – Face aux images, les parents et les éducateurs ont un rôle essentiel

D’un côté, les images violentes semblent bien avoir des effets statistiquement néfastes : elles augmentent le recours à des comportements agressifs, elles rendent la violence « ordinaire » en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Mais, d’un autre côté, aucun de ces effets n’est systématique sur personne. Dans tous les cas, c’est l’intrication des images violentes avec de nombreux autres facteurs qui est décisive. Il n’y a jamais « l’enfant et les images », mais il y a toujours l’enfant, les images, sa famille, son environnement, ses copains, l’école, … et c’est tout cela qui organise ses attitudes futures. Si des parents parlent à leur enfant pour lui expliquer le monde, il aura confiance en eux parce qu’ils lui font confiance en lui parlant. Sinon, il développera un sentiment de solitude, d’insécurité intérieure, un langage pauvre, et donc il sera tenté de régler les problèmes de la vie en ayant davantage recours à la violence. Et s’il a été lui-même un enfant malmené, il aura d’autant plus tendance à prendre les images violentes qu’il voit comme un repère pour se défendre, agresser, ou même se venger sur d’autres des souffrances injustes qu’il estime avoir subies.

Bref, l’important réside toujours dans la manière dont les modèles proposés par la télévision peuvent se trouver renforcés ou au contraire contredits par l’environnement réel de l’enfant. Si celui-ci voit beaucoup de conflits réglés par la violence à la télévision, mais qu’il grandit dans une famille dans laquelle c’est la négociation qui est privilégiée pour la résolution des tensions et des désaccords, il présentera moins de risques d’intérioriser les modèles violents de la télévision qu’un enfant vivant dans un milieu familial où sévit la violence. L’adoption des modèles se fait par essais-erreurs, c’est-à-dire que si un modèle ne s’avère pas donner les résultats escomptés, on l’abandonne et on en prend un autre. Il est donc inévitable que les modèles proposés par la télévision soient testés par l’enfant dans sa propre famille. Mais s’ils ne marchent pas parce que les parents et les frères et sœurs en valorisent d’autres, ils n’ont aucune chance d’être adoptés.

Plus tard, l’enfant tente de la même manière de tester ces modèles avec ses camarades. Et il ne les retient que s’ils trouvent une approbation et un renforcement dans son groupe social. C’est là que la culture ambiante joue évidemment un rôle capital. Aux Etats-Unis, la société violente et compétitive, axée sur l’individualisme et la réussite sociale à tout prix, renforce constamment les modèles proposés par les images violentes. La preuve en est que les mêmes films vus au Canada ne provoquent pas les mêmes effets parce que l’organisation sociale est beaucoup plus axée sur l’entraide communautaire et les liens d’interdépendance (7). Les mêmes modèles violents véhiculés par le cinéma de masse n’ont donc pas du tout les mêmes conséquences dans la culture américaine qui affirme sans cesse : « Que le meilleur gagne », et la culture canadienne qui clame : « Aidons-nous les uns les autres ».

Autrement dit, une scène vue à la télévision ou au cinéma n’a jamais le pouvoir de déclencher à elle seule un comportement d’imitation dans la réalité si ce comportement entre en conflit avec les valeurs que les parents ont transmises à l’enfant. Et on comprend que ce soient les enfants les plus démunis sur le plan des modèles parentaux qui aient le plus tendance à chercher leurs repères de socialisation sur le petit écran.

5 – Les images violentes encouragent la grégarité

Aider les enfants à prendre de la distance par rapport aux images est d’autant plus important que celles dont la charge d’angoisse ne reçoit pas de mise en sens fait courir le risque de comportements grégaires. Une preuve en est donnée par le fait qu’après avoir vu des images violentes, les filles présentent des représentations de lutte ou de fuite dans les mêmes proportions que les garçons, mais qu’après avoir vu des images neutres, elles ont plus de représentations de négociation et de pacification. Autrement dit, face au traumatisme des images violentes, les filles renoncent aux modèles de pacification et de conciliation qui font partie des identifications précoces au rôle féminin traditionnel.

Les images violentes accroissent donc la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes dans la mesure où ceux qui les ont vues éprouvent de sensations, des émotions et des états du corps difficiles à maîtriser et donc angoissants, et qu’ils sont donc particulièrement tentés d’adopter les repères que leur propose leur groupe d’appartenance, voire le leader de ce groupe. On peut donc dire que la violence des images prépare à la violence des groupes et que la violence des groupes redouble la violence des images. On pourrait dire, en jouant sur le double sens du mot, que, si les enfants ne parviennent pas à assimiler les effets des images sur eux, ils courent un risque plus grand de se laisser eux-mêmes « assimiler » par leur groupe. En revanche, ce protocole ne permet pas de savoir si cet effet grégaire consécutif aux images violentes est durable ou non.

6 – Qu’est-ce qui peut donner envie à un enfant d’imiter ce qu’il voit au cinéma ?

Ce qui est déterminant, c’est que le film semble répondre, pour cet adolescent-là à ce moment-là, à une question qui le taraude, comme par exemple : « De quelle manière me faire respecter ? » ou « Qu’est ce qui donne le plus grand plaisir dans la vie ? », ou encore : « Comment obtenir d’une fille tout ce que j’en attends ?».

A partir de là, on peut comprendre que des images qui sont placées sans ambiguïté du côté de la fiction par la grande majorité de leurs spectateurs puissent être prises comme un modèle à imiter par certains d’entre eux. Preuve en est que l’imitation de modèles violents ne concerne pas seulement les images «réalistes» susceptibles de provoquer la confusion. Mêmes les images les plus irréalistes peuvent inspirer des imitateurs – heureusement rares – comme l’a montré cet admirateur des tableaux de Salvador Dali qui serait devenu tueur en série dans la région de Perpignan afin de reproduire dans la réalité les images violentes peintes par le surréaliste espagnol (8) !

En fait, parmi tous les personnages de fiction qu’il croise, l’adolescent retient les modèles qui lui semblent répondre à ses questions de façon crédible, c’est-à-dire sans entrer en contradiction trop brutale avec tout ce qu’il a appris et découvert auparavant. Et c’est là que l’éducation donnée depuis le plus jeune âge par les parents s’avère déterminante, puisque c’est elle qui fournit le cadre à partir duquel certains comportements seront jugés réalistes ou non. Les enfants construisent leurs modèles au carrefour des images qui les entourent, de leur histoire personnelle et de leur environnement, notamment familial. Les repères principaux des enfants, ce sont les parents qui les donnent, puis les copains et les copines, et pas la télévision. Et c’est seulement si certains groupes sont privés de repères qu’ils vont être tentés de bâtir leurs relations autour d’une expérience partagée, qui pourra être celle d’un « film culte ». Mais pour en arriver là, il faut que beaucoup de conditions soient réunies, et elles sont heureusement rares.

Parmi toutes les images, il en existe toutefois une catégorie particulièrement pernicieuse. Nous disions que c’est le bénéfice que le héros semble tirer de la situation qui peut pousser le spectateur à imiter. Plus ce bénéfice est rapide et visible, plus le désir d’imitation risque d’être grand. Or aucun bénéfice n’est plus rapide et plus visible que la jouissance manifeste qu’un acte procure, et cela d’autant plus que l’enfant reçoit chaque séquence pour elle-même sans forcément la situer dans l’ensemble de la narration. C’est ainsi que Scarface, de Brian de Palma, avec Al Pacino, a été un film culte pour beaucoup d’adolescents alors que le héros y meurt jeune et abandonné de tous. Mais auparavant, quelle jouissance ! Bref, la punition du héros malfaisant, quand elle finit par arriver, n’a guère de portée morale dans la mesure où elle n’est pas mise en relation émotionnelle avec l’intense jouissance qui a accompagné ses comportements délictueux tout au long du film. C’est l’intensité de la jouissance que le héros a tiré de sa violence que l’enfant retient, et c’est elle qui peut l’inciter à une violence proche dans sa propre vie. Tel est le plus grand problème posé aujourd’hui par la mise en scène de la violence. Son accomplissement est de plus en plus souvent le fait de criminels pervers dont la jouissance à transgresser les lois communes est presque le sujet principal du film, ce qui n’existait pratiquement pas il y a trente ans. Cela a peu d’importance lorsque les circonstances de leurs crimes sont tellement exceptionnelles que nul ne peut songer à les reproduire – comme c’est le cas dans Le Silence des Agneaux ou Hannibal le Cannibal, mais c’est beaucoup plus préoccupant lorsqu’il s’agit de personnages et de situations qui évoquent l’environnement familier des jeunes, comme dans Scream. C’est pourquoi les parents doivent aussi évoquer avec leurs enfants, le plaisir délictueux pris par ces « nouveaux héros » pour en dénoncer le caractère mensonger.

7 – Pourquoi recherche-t-on des images violentes ?

Nous avons vu que les images violentes ne procurent que peu de plaisir et qu’elles entraînent surtout de l’angoisse, de la peur de la colère et du dégoût (9) . Mais pourquoi alors les recherche-t-on ? Il y a trois raisons à cela. La première concerne le désir de l’être humain de se donner des représentations de ce qu’il éprouve, la seconde le déplacement des émotions intimes de la vie quotidienne sur des représentations sociales aisément partageables, et la troisième le devenir des traumatismes d’images précoces.

L’être humain ne progresse qu’en se donnant des représentations de ce qu’il éprouve, mais les états psychiques les plus précoces de la vie – qui ont pourtant laissé une empreinte puissante sur son fonctionnement psychique – sont particulièrement difficiles à se représenter. Ils concernent en effet des peurs et des désirs organisés autour du fait de manger ou d’être mangé, dont l’enfant s’est progressivement éloigné pour grandir, et dont les image – notamment d’arrachement, de dévoration ou de métamorphoses monstrueuses – sont évidemment terrifiantes pour l’adulte. Or ces images trouvent aujourd’hui des illustrations nombreuses dans les spectacles de science fiction !

La seconde raison qui explique le plaisir pris à voir des images violentes concerne non plus la vie psychique précoce et ses traces chez l’adulte, mais la vie quotidienne de chacun. Un grand nombre de personnes éprouvent en effet dans leur vie quotidienne des émotions désagréables, mais sans pouvoir les rattacher précisément à leur cause exacte. Les enfants subissent des attitudes éducatives de la part de leurs parents ou de leurs maîtres qu’ils peuvent juger humiliantes ou injustes. Les adultes peuvent éprouver les mêmes choses de la part de leurs supérieurs hiérarchiques, et même parfois d’un conjoint ou d’un ami. Or, lorsqu’il est impossible d’identifier la cause des émotions désagréables qui nous assaillent – que celles-ci soient liées à notre histoire passée ou à notre vie présente -, il est toujours possible de tenter d’en déplacer le point d’origine. Les personnes malmenées dans leur vie vont donc rechercher les images violentes comme un moyen de faire d’une pierre deux coups. Elles ne se percevront plus comme angoissées ou apeurées sans raison, mais en liaison avec les images qu’elles voient. Et d’autre part, ces images pourront être le point de départ d’échange et de socialisation : il est plus facile de parler entre amis d’un film horrible et bouleversant que d’une situation professionnelle ou familiale difficile.

Enfin, une troisième raison intervient dans la recherche de spectacles violents. Beaucoup d’enfants petits ont en effet vu, seuls ou avec leurs parents, des films dont certaines séquences les ont gravement bouleversés. Parfois, ils en ont seulement entendu la bande son, écoutée depuis leur lit alors que leurs parents regardaient la télévision ou le magnétoscope dans le salon tout proche. Les images intérieures qu’ils se sont fabriquées pour accompagner les bruits, les râles et les cris qu’ils entendaient n’ont alors souvent rien à envier, en cruauté, aux images réelles qu’ont vu leurs parents ! Ces enfants, devenus grands, vont alors parfois chercher des films violents pour se mettre en situation de revivre leurs terreurs passées. Mais il ne s’agit pas pour eux de revivre ce passé à l’identique, avec la charge d’angoisse qui l’a accompagné, mais justement de le revivre autrement, en pouvant cette fois le maîtriser. L’adulte peut en effet choisir de s’abandonner aux pouvoirs des images ou au contraire de leur résister alors que l’enfant était incapable de ce choix. Le goût pour les films d’horreur peut ainsi trouver sa motivation principale dans des spectacles terrifiants vus dans l’enfance

8- L’éducation aux images

L’éducation aux images n’est pas un moyen de prévenir les effets supposés néfastes des images violentes, mais de préparer chacun à vivre avec toutes celles qu’il peut rencontrer, en étant plus intelligent, plus heureux et plus responsable. Et pour y parvenir, elle doit associer trois aspects complémentaires : inviter les enfants à donner du sens aux images qu’ils voient, valoriser la reconnaissance et la mise en forme des émotions ; et enfin apprendre à faire la distinction entre les images matérielles que nous voyons et les images intérieures que nous nous en fabriquons. C’est en effet seulement à cette condition que l’enfant peut s’engager dans une distinction durable entre la réalité et ses images. Envisageons successivement ces trois aspects.

1. Donner du sens aux images

Nous avons vu que tous les enfants n’utilisent pas les mêmes moyens pour donner du sens aux images qu’ils voient. Certains d’entre eux ont besoin pour y parvenir d’avoir d’abord recours à des formes d’imitation ludiques : il s’agit par exemple pour eux de parler comme les personnages qu’ils ont vu ou encore d’accomplir en jouant les mêmes gestes que ceux qu’ils ont vu représentés sur les écrans. Et d’autres encore ont besoin de pouvoir fabriquer leurs propres images. Autrement dit, afin de donner à tous les enfants la possibilité d’élaborer les effets des images sur eux, il faut leur proposer d’abord des activités de jeux de rôle, puis des activités de création d’images, et enfin seulement dans un troisième temps de parler des images. Par le nombre d’enfants qu’elle touche, l’Education Nationale a évidemment un rôle fondamental à jouer dans ce domaine, à condition toutefois de comprendre que tous les enfants n’ont pas le langage comme mode d’appropriation privilégié du monde, et que ces diverses activités – qui n’ont rien à voir avec les tâches pédagogiques habituelles – devraient être menées par des intervenants spécialement formés venant de la filière éducative. Ces activités encadrées par des adultes auraient pour objectif de constituer de véritables « sas de décompression » permettant à des enfants qui ont regardé seuls la télévision le matin avant de venir à l’école et ont vécu des charges émotionnelles intense, de leur donner un sens, de les socialiser, et ainsi – au moins pour certains d’entre eux – de se rendre disponibles aux divers apprentissages qui leur sont proposés dans le reste de la journée (10) . Il est bien évident que cela nécessite dans tous les cas de partir des images que les enfants ont vécu avec le plus d’intensité – qu’il s’agisse des Pokémons, de Loft Story, d’une série jugée sans valeur par les adultes ou d’une séquence d’actualités télévisées – parce que c’est celles-là qui leur posent problème.

2. Le rôle des émotions

Pourtant, tous les moyens que nous venons d’indiquer ne sont vraiment utiles qu’à la condition que nous sachions d’abord reconnaître nos émotions face aux images. Leur impact joue en effet un rôle capital : trop important, il bloque la pensée ; absent, il ne la met pas en route. Entre ce trop et ce trop peu se tient toute la difficulté de leur utilisation.

En effet, si un enfant est entouré d’adultes qui semblent ne rien ressentir face aux images les plus violentes, il pense qu’être grand, c’est pouvoir tout regarder sans rien ressentir. Il apprend alors peu à peu à s’immuniser contre les spectacles horribles vus à la télévision ou au cinéma, et, finalement il s’immunise naturellement aussi contre le spectacle des horreurs réelles auxquelles il pourrait être confronté. Mais on voit que ce n’est pas la quantité d’images violentes qui sont vues qui détermine ce risque chez l’enfant, c’est l’attitude des adultes qui laissent penser qu’un « grand » n’éprouve jamais ni dégoût, ni malaise, ni gène, ni peur devant les images. C’est pourquoi le rôle éducatif des adultes par rapport aux images consiste d’abord à accepter de montrer à leurs enfants ce qu’ils éprouvent face à elles.

Pour cela, il est essentiel d’accueillir l’ensemble des réactions émotionnelles des enfants sans en condamner aucune. Face aux attentats du 11 septembre découverts à télévision, certains enfants ont eu besoin de manifester d’abord le fou rire ou la jubilation qui les avaient saisis lorsqu’il pensait encore qu’il s’agissait de fiction. C’était une manière pour eux de passer par la mise en forme émotionnelle de ce qu’ils avaient vécu avant de commencer à penser cette tragédie en elle-même. Empêcher les enfants, pour des raisons morales, d’évoquer les émotions qu’ils ont éprouvé face à des spectacles d’images, c’est les condamner à enfermer ces émotions au plus profond d’eux-mêmes, avec le risque de les perturber durablement.

3. Apprendre à déjouer les pièges de la confusion

Pour envisager toutes les images comme des constructions et renoncer totalement à l’idée que certaines d’entre elles puissent être de simples reflets – comme on le pense encore trop souvent des actualités télévisées – , il est essentiel d’apprendre à distinguer d’abord entre les images réelles et la représentation que nous nous en faisons.

Sous le mot ambiguë de « réalité » se cachent en effet trois « réalités » bien différentes. Pour les expliquer, prenons un exemple. Si je regarde à la télévision les images d’une manifestation, je suis confronté, à mon insu et en même temps, à trois formes de réalité. Tout d’abord, bien sûr, un événement a eu lieu qui ressemble à ce qui m’est montré : des gens ont manifesté. Mais il est tout aussi certain que cet événement a pu être différent: peut-être les manifestants étaient-ils plus (ou moins) nombreux, et peut-être la majeure partie d’entre eux ne ressemblaient-ils pas du tout à ceux que j’ai vu sur l’écran. Autrement dit, la réalité du monde est différente de celle des images. Les mêmes distinctions peuvent être établies face à un spectacle de fiction : si je regarde une scène d’amour au cinéma, cela prouve que des acteurs se sont bien embrassés devant la caméra… , mais ils ne l’ont peut-être pas fait comme la séquence retenue par le réalisateur le fait croire.

Jusqu’ici, tout semble simple. Il y a d’un côté la réalité du monde et de l’autre celle des images. Mais une troisième forme de réalité vient tout brouiller : face à un événement d’images tout comme face à un événement réel, chacun se construit une représentation personnelle de ce qu’il voit, au carrefour de son histoire et de ses préoccupations du moment. Preuve en est que si on demande à plusieurs personnes de parler d’une image qu’ils ont vue, personne ne le raconte de la même façon et chacun est totalement pris dans l’illusion que sa version est la bonne ! Ainsi, aussitôt que nous avons compris que l’image ne reflète pas la réalité du monde et qu’elle ne donne qu’un point de vue sur lui, nous sommes aussitôt guettés par une autre erreur, celle que nous voyons au moins l’image « telle qu’elle est » ! Bref, nous n’abandonnons l’illusion que les images soient le reflet du monde que pour plonger dans une autre, celle qu’elles coïncident exactement avec les représentations personnelles que nous nous en fabriquons.

C’est pourquoi il est essentiel de reconnaître que la « réalité » n’a pas qu’un seul aspect, ni même deux, mais trois indissociables. Il y a d’abord la réalité du monde objectif, puis celle des images de plus en plus nombreuses que les technologies nous en donnent et qui obéissent à leurs règles propres, et enfin celle des représentations personnelles que chacun s’en donne. Et le problème est que nous sommes chacun, sans cesse, menacés de confondre l’une avec l’autre…

L’éducation aux images ne doit pas seulement prendre en compte le risque de confondre les images matérielles avec la réalité, mais aussi celui de confondre les images que chacun voit avec celles qu’on nous montre – puisque chacun se fabrique une image personnelle des images qu’il voit – et même les images que chacun porte à l’intérieur de soi avec la réalité. La liberté face aux images passe par ce triple apprentissage : distinguer à tout moment entre la réalité, son image matérielle et l’image intérieure que nous nous en formons.

Il est bien évident que par rapport à ces difficultés, les enseignants et les enfants sont dans le même bain d’images et ils n’ont pas d’autres ressources que d’apprendre’ ensemble, à porter un autre regard sur l’ensemble des images.

En conclusion, il est essentiel de sensibiliser l’enfant au fait que les images sont un rapport de force

Et, pour cela, il faut éviter de créer autour d’elles d’autres rapports de force qui fassent oublier à l’enfant qu’elles sont le principal avec lequel il aura à négocier toute sa vie, et cela bien après qu’il n’ait plus affaire à ses parents ! C’est l’idée principale que les parents doivent toujours garder à l’esprit dans leurs propres relations aux images et dans la manière dont ils les présentent à leurs enfants. Et c’est pour cela que les parents ne doivent jamais interdire un spectacle à leurs enfants comme une merveilleuse friandise qui serait réservée aux adultes, en lui disant quelque chose comme : « Ce n’est pas pour toi, tu le verras quand tu seras plus grand. » Il aurait le sentiment d’être victime de leur violence ! Au contraire, les parents doivent expliquer à leur enfant qu’il n’est pas souhaitable qu’il voit ce spectacle, car celui-ci lui imposerait une violence à laquelle il aurait de la difficulté à résister, et qu’il ne pourrait prendre aucun recul tant il en serait bouleversé. Les enfants acceptent en général facilement ce raisonnement parce qu’il correspond souvent à une expérience d’images pénible qu’ils ont faite, en étant un jour surpris par des images qui les ont sidérés et empêchés de penser. Si les choses lui sont dites de cette manière, l’enfant est introduit à la fois à la violence des images, à la légitimité de son désir de les comprendre et de prendre de la distance par rapport à elles, et à la sollicitude de ses parents à son égard.

Serge Tisseron – octobre 2003

(1) Psychiatre et psychanalyste, auteur notamment de Enfants sous influence, les écrans rendent-ils les jeunes violents? (Armand Colin, 2000, Réed. 10/18, 2003) et de: Les Bienfaits des images (Odile Jacob, 2002, Prix Stassart de l’Académie Française, 2003)

(2) C’est ce qui m’a amené à distinguer deux formes de violence des images : l’une qui « fascine » et qui agit par son contenu spécifique. Et une autre qui « sidère » et qui agit par les procédés techniques qui sont employés pour déstabiliser le spectateur à son insu (ibidem).

(3) Les expériences du professeur Jouvet, à Lyon, ont montré que le bébé qui a faim pleure et crie, puis s’apaise spontanément sous l’effet d’une hallucination qui reproduit l’ensemble des satisfactions réelles accompagnant normalement le moment de la tétée.

(4) Serge Tisseron, op. cit.

(5) Ibidem

(6) Ibidem

(7) Comme le montre le film Bowling for Columbine, de Michael Moore

(8) Suzanne Lowry, « Salvador Dali a-t-il inspiré un tueur en série ? », The Sunday Telegraph, repris dans Courrier International, n° 485, 17-23 février 2000.

(9) Dans notre étude 16% des jeunes qui ont vu des images violentes disent y avoir pris du plaisir, soit autant que ceux qui disent y avoir éprouvé de l’angoisse, de la peur, de la colère ou du dégoût (op. cit.).

(10) Dans un premier temps, l’efficacité de ces mesures pourrait être testée dans des zones difficiles en créant des activités d’accueil pour les enfants qui regardent seuls la télévision dans leur chambre le matin avant de venir à l’école.

Dernière modification de cette page le 08/01/2004
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Voir aussi:

Simulations de guerre, corruption, vidéos violentes, Pokémon : Nos enfants sont en danger de mort
Helga Zepp-LaRouche
29 mai 2007

/…/

Comment sont manipulés les enfants américains

/…/ Vendredi 13 est ce qu’on appelle un film d’horreur traditionnel, mais c’est, à ma connaissance, l’un des premiers films où le plaisir de tuer en masse constitue le but ultime du scénario. Il n’y a aucune résolution positive au conflit, aucune leçon à tirer, à l’opposé du drame classique, c’est uniquement une tuerie insensée dont les gens ressortent avec le seul sentiment d’horreur.

Déjà en 1972, un rapport du Surgeon General [inspecteur de la santé publique] dénonçait le lien entre la violence dans les médias et le comportement violent des enfants. Il y a quelques années, l’American Medical Association constatait que la violence dans les médias constituait le plus grave problème de santé publique. Pourquoi ce fait est-il constamment nié ? L’une des raisons en est que ceux qui en parlent en sont les propres responsables : les médias nationaux et l’industrie de la télévision.

Aujourd’hui, un enfant qui regarde des scènes de violence ou voit son père battre sa mère, est susceptible de reproduire ces actions à l’avenir. En effet, tout ce qu’un enfant vit au cours des cinq premières années de sa vie lui laisse une empreinte très, très forte.

Coïncidence ? La couverture de Newsweek du 6 mars promouvait des jeux vidéos violents pour enfants, celle du 13 mars rapportait le meurtre d’une fillette de six ans par l’un de ses camarades de classe qui utilisait ces jeux.
Bien avant le massacre au lycée Columbine de Littleton, qui provoqua une vague d’effroi, des dizaines et des dizaines de cas de violence et même de meurtres avaient eu lieu dans des écoles et des quartiers résidentiels, qui n’ont jamais été rapportés au-delà des informations locales. Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes : Jessica James, Kayce Steger, Nicole Marie Hadley, et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. Drogue et musique rock jouent également un rôle important dans ce genre de film.

Mme LaRouche a alors fait projeter des extraits de Tueurs nés, dans lequel la mère est brûlée vive dans son lit après que le père ait été poignardé et noyé. Pour avoir tué leur mère et leur père, ces enfants sont célébrés partout dans le monde. Dans Basketball Diaries, sur fond de heavy metal rock, un garçon pénètre dans une salle de classe et tue plusieurs élèves et un professeur.

En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné.

Jeux informatiques

Les parents des trois fillettes assassinées ont porté plainte contre les producteurs de ces jeux vidéos et films sataniques, réclamant 130 millions de dollars de dommages et intérêts. Leurs avocats font valoir que le film Basketball Diaries représente une glorification nihiliste de relations sexuelles irresponsables, de violence insensée et gratuite, haine de la religion, mépris pour l’autorité, consommation de drogue et autres comportements autodestructeurs, et qu’il a par conséquent une influence pernicieuse sur des mineurs impressionnables.

Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats. [Voir l’interview de David Grossman dans ce numéro.]

Certains jeux incorporent des éléments de jeu de rôle, créant une intrigue avec divers personnages. A la différence des autres formes de violence médiatique, on ne se contente pas ici de regarder un film, on en est soi-même acteur. On n’est pas seulement fasciné par un Schwarzenegger criblant de balles un méchant, on appuie soi-même sur la détente. Se faire tuer est embêtant parce qu’à ce moment-là, le jeu s’arrête. Donc, pour rester maître de ce nouvel univers intoxiquant, le seul moyen c’est de tuer.

Un père disait, « Oh, ce n’est pas si mauvais, ça permet à l’enfant d’avoir un sens de contrôle. Alors qu’il ne peut pas contrôler ce qu’il voit aux informations, dans ce petit morceau de réalité apparente, il a quelque chose à dire, il peut s’imposer. ».

La dernière version en date du jeu informatique « Daikatana » est censée vous donner une nouvelle dimension de réalisme, à l’aide de processeurs plus rapides et d’impressionnants graphiques en trois dimensions. Même si vous êtes assis devant votre ordinateur, manipulant une souris et un clavier, l’écran remplace votre champ de vision et vous avez vraiment l’impression de vous glisser le long des murs jusqu’au coin de la rue, craignant que l’ennemi ne soit tapi là, à vous attendre. Vous sentez votre pouls s’accélérer et lorsque le monstre s’élance sur vous, votre taux d’adrénaline augmente effectivement. Tout est si réel que vous pouvez presque sentir le sang des victimes.

(…)

Il est intéressant de mettre cela en parallèle avec ce que le philosophe allemand Moses Mendelssohn a dit à propos de la fonction du drame classique : dans la tragédie classique, les spectateurs, confrontés à des questions morales fondamentales, peuvent former et ennoblir leurs émotions, de telle sorte que, quand ils devront faire un choix moral dans la vie réelle, ce comportement noble sera devenu une seconde nature.

Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école. Des enquêteurs du Centre Simon Wiesenthal, à Los Angeles, ont remarqué qu’il avait incorporé le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible.

Voir aussi:

Violences
Les rédactions télé prises entre deux feux
Quitte à minimiser les violences, elles font le choix de souligner les initiatives «positives» dans les banlieues.
Raphaël Garrigos, Isabelle Roberts
Libération
30 octobre 2006

Le nom de celui qui a mis le feu aux télés est bien connu : Nicolas Sarkoz qui, le 19 octobre chez PPDA sur TF1, les a attaquées de front à propos de banlieues : «Je trouve d’assez mauvais goût toutes ces commémorations. C’est à se demander, à force d’envoyer force d’appareils photos et de caméras, si on ne veut pas que ça reprenne de façon artificielle.» Depuis, Jean-Pierre Chevènement, François Fillon ou encore Jean-François Copé ont entonné le même air. En 2005, au moment des émeutes, la stratégie était autre : le ministre de l’Intérieur s’était fendu d’un coup de fil à Robert Namias, directeur de l’information de TF1 et à Arlette Chabot, son homologue de France 2, pour les féliciter de leur circonspection… Cette année, il a devancé l’appel. Résultat, raconte un journaliste de France 2 : «Tout le monde pétoche.» A TF1, le mot d’ordre est clair explique un reporter : «Ne mettons pas le feu à la baraque.»

Carcasses.

Comme l’an dernier où les télés avaient vite arrêté le décompte des voitures brûlées par crainte de la surenchère, les rédactions sont d’une prudence de Sioux. D’une chaîne à l’autre, cela se traduit par le même dispositif observé toute cette semaine : mollo sur l’actualité immédiate et, systématiquement, un sujet dit « positif » sur des initiatives en banlieue. Et prudence encore sur les images : jamais, ou très rarement, on ne voit de bus en train de brûler, simplement les carcasses noircies, moins spectaculaires.

En coulisses, ça discute. «Nous avons eu une grosse réunion, raconte Jacques Cardoze, président de la société des journalistes de France 2, où il a été décidé de faire le moins possible de commémoration, et de montrer le plus d’initiatives positives possible.» Autocensure ? Dimanche 22, un sujet retraçant les émeutes de 2005 a été trappé du 20 heures. «Il était au conducteur [plan du JT, ndlr], témoigne Cardoze, mais à cause des incidents à Grigny dans l’après-midi, il y a eu un consensus pour l’enlever de peur de mettre le feu. Le problème c’est que le sujet n’est pas passé depuis…»

Ce même soir, France 3 a, en revanche, ouvert son 19/20 sur Grigny suivi d’un sujet d’archives sur les émeutes de 2005. «C’était le début d’une série, justifie Paul Nahon, directeur de la rédaction, nous sommes très prudents, et puis ce n’est pas nous qui mettons le feu aux banlieues, il n’y a qu’à voir les chiffres du chômage.» Et à TF1 ? «La direction a peur, raconte un journaliste, peur des politiques : on en fait le moins possible sur l’actu.» Un autre rit jaune : «Si ça pète et qu’il faut relayer un discours sécuritaire, on le relaiera…»

Couvercle.

Les chaînes ultra-perméables aux semonces des politiques, un air connu : «L’équilibre est difficile à trouver entre ceux qui nous accusent de minimiser l’événement et notre responsabilité de journalistes», soupire Jacques Cardoze. La responsabilité. Le mot est sur toutes les lèvres. «Mais mettre un couvercle sur ce qui se passe en banlieue serait la pire des solutions», prévient Bernard Zekri, directeur de la rédaction d’i-Télé. Et de renvoyer Sarkozy aux pelotes : «On ne peut pas à la fois convoquer les journalistes quand on fait une interpellation en banlieue, et ensuite les accuser de foutre le feu.

Voir enfin:

Vidéos violentes, nos enfants sont en danger de mort

Helga Zepp-LaRouche
Solidarité et progrès
29 mai 2007

Larges extraits d’un discours de Helga Zepp-LaRouche prononcé le 20 février 2002 lors d’une conférence de l’Institut Schiller en Virginie.

Suivi de : Comment les médias forment de jeunes meurtriers, un entretien avec le Pr David Grossman.

Si l’on considère la situation mondiale dans sa globalité, il est clair que nous sommes déjà au cœur d’une crise de civilisation potentiellement plus grave que tout autre effondrement social jamais subi par l’humanité.

Si je dis cela, ce n’est pas seulement à cause du chaos que pourrait provoquer l’effondrement du système financier ou à cause de la menace d’une nouvelle guerre mondiale, avec recours éventuel aux armes nucléaires, mais avant tout parce que nous sombrons dans une crise culturelle sans précédent qui nous ramène à l’état barbare. Et je n’exagère pas en parlant de barbarie, car le monde se déshumanise très rapidement et les hommes font des choses que même des bêtes ne feraient pas.

Le processus de désintégration de nations entières suit son cours et les conditions d’une confrontation stratégique entre puissances nucléaires se mettent en place. Derrière cette évolution s’active une oligarchie devenue folle, qui cherche à préserver un système condamné.

Le problème, c’est que la majorité des gens ne perçoit pas le monde dans son ensemble. Quand je suis aux Etats-Unis, notamment, la parabole de l’aveugle et de l’éléphant me vient toujours à l’esprit. Un aveugle essaie de se faire une idée ce qu’est un éléphant. Il lui tâte d’abord le tronc, ensuite la queue, puis, se mettant de côté, il lui prend une patte. Mais il n’arrive pas à réunir tous ces éléments pour appréhender l’idée d’éléphant. C’est de cette façon que beaucoup perçoivent la crise actuelle qui les frappe.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirme le président Clinton, un sans-abri de New York ou de Washington ne croit certainement pas que le pays soit en train de vivre la plus grande prospérité de tous les temps. Un malade qui doit être hospitalisé et ne trouve pas de lit aux urgences sait très bien que le système de santé privé des Etats-Unis (HMO) est un système qui tue. Le parent d’un enfant qui vient de tirer sur ses camarades comprend que quelque chose ne va vraiment pas dans le système scolaire et la vie culturelle des jeunes. Une mère dont le bébé vient de mourir dans l’un des 33 pays pauvres d’Afrique, ne croira jamais que la globalisation soit bonne pour ce pays.

Cependant, très peu perçoivent l’ensemble du tableau, la plupart d’entre eux restent dans l’obscurité. Et c’est voulu. Un ancien philosophe chinois l’a dit très simplement : Que le peuple reste stupide, il est plus facile de gouverner. Comme je vais le montrer, l’oligarchie fait tout pour abrutir la population, la désensibiliser, en recourant à des méthodes de modification du comportement et même de lavage de cerveau.

La majorité des citoyens ne s’en rend pas compte parce que ce processus de déshumanisation progresse par petites étapes et que la déchéance culturelle dure depuis un certain temps déjà. Je voudrais vous montrer que la méthode utilisée est toujours la même, que ce soit dans les simulations de « jeux de guerre », dans la spéculation financière, ou encore à travers le

Cette méthode se base, pour l’essentiel, sur les “Lumières” anglaises et les propositions mécanistes de John von Neumann et de Norbert Wiener, elles-mêmes inspirées de John Locke et surtout de son Essai sur l’entendement humain, selon lequel l’esprit humain serait une tabula rasa et les idées le résultat d’expériences sensuelles. Dans son livre La Cybernétique, Wiener infère que l’esprit humain fonctionne comme le chien de Pavlov, ce qui s’applique aussi, dans le fond, aux ordinateurs.

Une fois que nous avons identifié cette méthode, nous sommes alors en mesure de réagir. (…)

Mme Helga Zepp-LaRouche analyse ensuite la situation stratégique actuelle, notamment les dangers causés par la globalisation néolibérale, les réformes économiques imposées à la Russie et à d’autres pays de l’Est et la position confrontationniste vis-à-vis de la Chine, notamment en soutenant l’indépendance de Taïwan.

 Le scénario de guerre de Weinberger

Sir Caspar Weinberger [ancien ministre de la Défense du président Reagan] est co-auteur d’un livre paru en 1996 et intitulé The Next War (La prochaine guerre), dont l’introduction est de Lady Margaret Thatcher. Pour prévoir la performance des forces américaines et le résultat d’éventuelles confrontations pour les Etats-Unis et leurs alliés, les auteurs s’appuient sur les dernières évaluations les plus fiables des ressources technologiques de l’Amérique, de la disponibilité de ses troupes et de ses capacités de développement. Leurs scénarios sont modelés sur les simulations de guerre informatisées du Pentagone. (…)

Le département de la Défense met régulièrement en scène de tels jeux informatisés, dans lesquels les Etats-Unis se trouvent face à divers ennemis en différentes circonstances. Il est intéressant de constater que le livre de Weinberger prévoit des scénarios de guerre contre la Corée du Nord et la Chine, l’Iran, le Mexique, la Russie et, plus surprenant, le Japon

Prenons le cas d’une guerre entre les Etats-Unis d’une part et la Chine et la Corée du Nord de l’autre. (…) A la fin du scénario, le département de la Défense conclut que bon nombre des vies perdues auraient pu être sauvées si les Etats-Unis avaient mis au point et déployé des systèmes de défense anti-missiles. Aussi pour endiguer la Chine, les Etats-Unis devraient fournir à Taïwan des avions, des systèmes de défense aérienne et des navires modernes.

On peut prétendre, bien sûr, que tout cela n’est pas sérieux, que c’est seulement de la fiction. Mais Weinberger a tout de même été ministre de la Défense et c’est un pilier de l’establishment militaire du Parti républicain. (…) Et malheureusement, malgré le désir sincère du président Clinton d’établir un partenariat stratégique avec la Chine, la politique développée dans ce livre est activement suivie par certains responsables du Pentagone, comme l’actuel ministre de la Défense William Cohen, et toute la discussion sur la défense anti-missiles de théâtre va dans le même sens.

Les prémisses de ce scénario sont parfaitement ridicules. Les auteurs ne comprennent rien à la réalité de la Chine, à sa longue histoire, à ses belles traditions culturelles. Ils ne comprennent pas non plus que la Chine n’a aucun intérêt à se lancer dans une guerre avec quiconque, sans parler des Etats-Unis. C’est cependant ce type de logique qui peut mener à une troisième guerre mondiale.

Ce livre, comme d’autres récemment publiés sur le même thème, montrent comment préparer des confrontations militaires avec de prétendus « pays voyous ».

 Pessimisme culturel

Prenons maintenant un peu de recul pour voir les conséquences de l’unilatéralisme anglo-américain au niveau mondial. Dans un passé récent, un autre pays a cru pouvoir dominer le monde et ces douze années de nazisme ont débouché sur une catastrophe totale.

Plus tard, choqués, les gens se sont demandé comment les Allemands, les héritiers de Schiller et de Beethoven, avaient pu tomber si bas. On a de nombreuses explications sur la façon dont l’image de l’homme transmise par les classiques allemands a peu à peu été transformée en pessimisme culturel.

Aujourd’hui, il est grand temps de se demander, avant l’éclatement de la Troisième guerre mondiale, comment les Etats-Unis, la première vraie république souveraine, le « Temple de la liberté », ont pu devenir un pays redouté dans le monde entier, considéré comme le nouvel ennemi. (…)

Bien sûr, du point de vue historique, nous avons beaucoup d’éléments de réponse objectifs : le rôle de la monarchie britannique, l’assassinat [du président] McKinley, la Première Guerre mondiale, la mort prématurée de Franklin Roosevelt, etc. Mais nous devons aussi considérer de manière subjective ce qui s’est passé. Comment s’est développée cette dérive, au point que la jeunesse américaine soit devenue si violente aujourd’hui ? (…)

J’ai repensé à certains aspects historiques dont Lyn [Lyndon LaRouche] a souvent parlé. Après l’expérience de la Deuxième Guerre mondiale, par exemple, il était en quelque sorte évident pour les Américains que les Etats-Unis devaient aider le reste du monde à vaincre le sous-développement grâce à la technologie occidentale. Or Lyn a souvent évoqué la façon dont ses contemporains se sont laissés corrompre après guerre. J’ai réfléchi à cela car je pense que, pour comprendre le problème actuel, il faut identifier les erreurs commises à la fin des années 40 et au début des années 50.

J’ai donc lu quelques ouvrages, dont White Collar (Col blanc), qui décrit les mutations caractéristiques de la société américaine à cette époque. (…)

Il s’agit, en gros, des changements induits pendant la présidence Truman [1945-53) et la période maccarthyste, liés au développement du suburbia [les Américains qui en avaient les moyens quittaient alors les villes, jugées trop dangereuses et misérables, pour s’installer en banlieue] et aux valeurs afférentes, notamment la recherche du gain en tant que tel. Les gens du suburbia ne se préoccupaient que de choses tout à fait banales, qui ont changé leur façon de penser, et c’est sur les enfants de ces familles, les « baby boomers », que les parents ont projeté leurs frustrations, les accablant d’un trop plein d’indulgence, se faisant concurrence pour accaparer leur affection, ou leur imposant une sévère discipline pour qu’ils « vaillent quelque chose ». (…)

En fin de compte, l’acquisition de biens matériels devint l’aspect le plus important de toute leur vie sociale. Dans les entreprises, un nouveau type d’entrepreneurs s’imposa. Auparavant, la richesse n’était pas une valeur en soi, mais plutôt le moyen de s’assurer une vie relativement sans souci. L’ancienne classe moyenne, que décrit l’auteur W.E.H Lecky, se distinguait des autres couches sociales par son indépendance politique, sa prudence, son intelligence pratique, son industrie solide, sa grande moralité, elle était consciente de sa propre dignité. Aujourd’hui, la classe moyenne n’a plus la volonté de s’affirmer mais seulement une volonté tenace de lutter contre des menaces extérieures multiples. (…)

L’ancienne classe moyenne avait un esprit civique et les gens se mobilisaient volontiers pour des projets d’intérêt public. Par la suite, lorsque les grandes entreprises commencèrent à s’installer dans les petites villes et les banlieues, l’important était d’être invité à leurs événements sociaux (…). L’épouse du patron de grande entreprise devint un modèle pour la femme de l’ancienne classe moyenne. Le plus grand drame de la vie était de ne pas être invité à un événement quelconque. (…)

Puis, les anciens capitaines d’industrie ont été remplacés par des « managers ». Cette nouvelle élite était composée de ceux qui possédaient le maximum de tout ce qu’il fallait avoir. Même d’anciennes professions, comme la médecine et le droit, furent envahies par l’idéologie du « manager ». A la place du médecin de famille, s’est instaurée une bureaucratisation de la médecine et c’est ce qui a semé les graines de la corruption. Quand les décisions irresponsables prévalent et que les richesses ne sont pas proportionnellement distribuées, ceux qui prennent les décisions ont recours à la tromperie.

Les « intellectuels » employés dans ces bureaucraties se sont imposé une auto-censure pour que leurs opinions écrites et orales soient conformes à ce qu’ils pensaient être l’opinion de leur employeur. Ils sont ainsi devenus des porte-parole plutôt que des chercheurs en quête de vérité. Sans doute les intellectuels ont-ils toujours été attirés dans l’orbite de la classe dirigeante, mais au milieu du XXème siècle, la tendance à suivre cette ligne semble plus organisée et plus enracinée. (…)

L’homme politique était face à un dilemme car s’il exprimait vraiment ses convictions, il n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir. S’il se comportait de manière réaliste, c’est-à-dire dans la ligne des grands partis, il perdait très vite son enthousiasme pour la chose politique. De même, les artistes et les intellectuels indépendants, qui sont habituellement les plus aptes à résister aux stéréotypes et donc à la mort de la créativité, ont été de plus en plus nombreux à se soumettre au pouvoir.

Les moyens de communications ont été progressivement monopolisés par les machines des partis politiques, qui contrôlaient de ce fait toutes possibilités de changements réels. Ainsi, on a minimisé les occasions d’agir politiquement. Les intellectuels ont été amenés à adopter des positions contraires à celles qu’ils auraient voulu défendre. Tout ceci a fait naître chez les gens un sentiment de défaite et d’impuissance, et ils ont inventé en réponse le culte de l’aliénation et le fétichisme de l’« objectivité ».

Chez le vendeur aussi, lui qui, auparavant, essayait d’offrir à son client une meilleure qualité et tirait une certaine fierté de son travail, on a constaté un changement d’identité. Quant aux cols blancs, en raison de la bureaucratisation, tout ce qui compte désormais pour eux, c’est la hiérarchie – qui donne les ordres ? On veut se sentir proche du patron parce que comme cela, on se sent puissant. (…)

On donne énormément d’importance au statut – c’est la lutte pour l’apparence, non pour la vérité. Les loisirs de nombreuses personnes de la classe moyenne sont entièrement consacrés à la gratification de leurs revendications statutaires. (…)

Tout comme le travail est vidé de sa substance par l’apitoiement sur son propre sort, les loisirs eux-mêmes perdent leur sens à cause du snobisme et de l’obligation de consommer d’une certaine façon. On veut impressionner les autres par sa capacité à acheter. L’apparence de succès est encore plus importante que la substance. Les émotions deviennent donc un cérémonial par lequel on revendique un statut, totalement coupées des sentiments intimes. (…).

Les vacances deviennent alors le summum du statut, car on peut s’acheter le sentiment d’un rang plus élevé, ne serait-ce que pour une semaine. Et pour éprouver un tel plaisir une fois dans l’année, on passe d’interminables journées de travail ennuyeuses. (…)

Avant d’en arriver au thème central de ma présentation, je voudrais encore ajouter une réflexion. Dans le contexte de la mondialisation et de l’effort pour établir un gouvernement mondial, on assiste à une grande offensive contre l’Etat-nation. En Europe, cela prend la forme de scandales de corruption qui, après avoir détruit l’Italie, affectent aujourd’hui l’Allemagne et la France. (…) En Allemagne, Helmut Kohl, le chancelier de la réunification, pourrait bien être emprisonné et la CDU est dans une crise profonde à cause des caisses noires et de la corruption. (…)

Je voudrais maintenant aborder le processus de corruption. S’il est vrai que des pots de vin ont été acceptés et des millions de marks distribués, il est néanmoins incroyable de voir à quel point chacun joue son rôle dans ce scénario de bas niveau, dont le but est la destruction du système politique allemand. (…)

 La corruption, une méthode oligarchique

Néanmoins, je veux considérer ce problème pour une autre raison, parce qu’il est important de montrer qu’il ne s’agit pas seulement d’une dégénérescence politique mais que la corruption constitue la méthode même par laquelle l’oligarchie règne et qu’on peut l’étudier en tant que telle.

J’ai trouvé un livre tout à fait révélateur dans ce sens, publié seulement en allemand mais qui vaut la peine d’être lu : Die hohe Kunst der Korruption (Le grand art de la corruption), de Horst-Eberhard Richter, un psychologue pervers qui démontre de manière systématique comment la corruption est l’instrument de contrôle indispensable pour la classe dominante. Il appelle ouvertement à la réhabilitation de la corruption en tant que méthode légitime et rapporte qu’il a dirigé des séminaires de formation à l’ars corrumpendi pour cadres et hommes politiques.

Il affirme :

Qui veut gouverner doit corrompre. L’interaction entre l’ars corrumpendi et la docilité des corrompus crée et maintient l’ordre.

Comme l’élite qui dirige véritablement la société ne représente qu’un nombre très restreint d’individus, il n’est pas si difficile d’organiser pour elle une formation discrète sous forme d’instruction individuelle ou de petits séminaires.

Il recommande l’utilisation des « parangons de corruption » comme modèles, citant Machiavel selon lequel le corrupteur doit être convaincu que ceux qu’il corrompt le sont tous de manière latente. Si jamais il les croit capables de sincérité, de justice et d’amour pour l’humanité, alors il a perdu la partie. Dans l’histoire humaine, écrit-il, se manifeste inlassablement le désir d’une société utopique de douceur et d’amour. Même un politique ou un homme d’affaires de haut niveau peut parfois être contaminé par ce virus et c’est alors une catastrophe totale. Dans les séminaires qu’il dirige, Richter s’efforce de faire changer ces personnes afin qu’elles terminent la session en égocentriques avides de pouvoir, en arrivistes sans scrupules.

Pour que l’entraînement psychologique réussisse, il faut, selon lui, fournir une légitimation « scientifique » et pour cela, il est essentiel de se débarrasser de l’idée gênante de conscience qu’il considère comme une construction de l’esprit complètement artificielle. Il en veut pour preuve que le petit enfant n’a pas de conscience ; il arrache les pattes des mouches et se comporte souvent en destructeur

Horst-Eberhard Richter ajoute :

Les objectifs de notre société – l’expansion, la force, l’accroissement du pouvoir – nécessitent des vainqueurs types qui incarnent ces objectifs. Mais seul peut gagner celui qui veut vaincre autrui, l’opprimer, affirmer son pouvoir et l’accroître, être craint des autres. Le mythe de la conscience signifierait, si les meilleurs d’entre nous y succombaient, la mort du progrès.

Il se dit très déçu lorsque certains de ses étudiants très doués continuent à croire qu’il existe une conscience universelle valable. Certes, il existe bien cette chose bizarre qu’est l’amour, qui découle de l’instinct fondamental pour la préservation de l’espèce, et il est plus développé chez les femmes parce qu’elles doivent prendre soin des enfants. Mais il ose espérer que l’accès des femmes à des postes de responsabilité n’est qu’un virus temporaire !

Autrefois, rappelle Richter, les élites au pouvoir savaient exactement comment se débarrasser des dangereux rebelles qui voulaient changer le monde sur la base de la conscience. Socrate a dû boire du poison pour avoir mis en danger les dogmes publics et enseigné aux jeunes une éthique de vérité. Jésus a été cloué sur la croix pour avoir enseigné l’agapê et l’amour de l’humanité

Puis il ajoute :

En politique, il n’y a pas de place pour la conscience ! Parce que cela signifie l’incapacité d’agir. A une éthique de la conscience, préférons une éthique de la responsabilité, parce que cette notion est assez élastique ». Puis, il cite Max Weber : « Aucune éthique au monde ne peut contourner le fait que, dans bien des cas, pour atteindre des objectifs nobles (…), on doit utiliser des moyens douteux ou dangereux.

On peut dire que s’il y a bien eu corruption morale, les corrupteurs l’ont fait très consciemment. Un changement de valeurs a donc été imposé ; les gens attentifs à leur conscience intérieure, préoccupés par la vérité, voulant œuvrer pour le bien-être général, cherchant à mener une vie utile pour les autres, ont été transformés en monstres avides, uniquement préoccupés par leurs gratifications et leurs plaisirs. Ce changement de paradigme est intervenu durant ces cinquante dernières années, depuis la Deuxième Guerre mondiale. Pendant tout ce temps, à l’Institut Tavistock, au MIT et ailleurs, une petite élite réfléchissait à la façon de corrompre plus efficacement encore la population.

Dans un certain sens, [l’ancien chancelier] Helmut Kohl en est un exemple typique. Même s’il a accompli certaines bonnes choses, comme la Réunification, à l’accusation d’avoir accepté des millions de dollars de dessous de tables, il a déclaré avoir agi seulement « pour le bien du parti ». On s’aperçoit maintenant que ce n’était bon ni pour le parti, puisque la CDU est en voie de dissolution, ni pour le pays qui en subit les conséquences.

Le chapitre suivant s’appelle « Maîtres et idiots ». Richter écrit : « Je vois un grand avantage, en Allemagne, dans la tendance à s’en tenir aux principes et à être conséquent. Aucun autre pays n’a aussi bien réussi à maintenir avec soin les intellectuels à l’esprit critique, les esthètes sensibles et les humanistes, aussi éloignés des centres de pouvoir politique et économique. »

L’élimination chirurgicale de la prétendue conscience des domaines politique et économique n’est pas une invention allemande, écrit-il, mais provient des Lumières anglaises. Il reprend à sa façon l’argument de Mandeville. Selon lui, les universités se sont particulièrement bien adaptées à cette tendance, en séparant des disciplines autrefois liées en différentes catégories et en dissociant, au niveau des sciences, le monde intérieur du monde extérieur. Dans les disciplines du « monde intérieur », on peut réfléchir tout son soûl à l’ennoblissement de l’âme, l’harmonie sociale, etc.

Dans ses séminaires de formation, Richter cherche à amener les « âmes sensibles » – celles qui sont orientées vers le monde intérieur – à « composer » avec les hommes de pouvoir : « Si tu me laisses tranquille dans mon monde intérieur, tu peux faire ce que tu veux dans le domaine de l’économie et de la politique ». Pour sa part, l’homme puissant dit : « Dans la mesure où tu abandonnes tes tentatives de transposer tes idéaux dans la réalité, je te donne une liberté apparente. Tu peux me mépriser autant que tu le veux, tu as le droit de développer en toi tous les sentiments se rapprochant de qualités divines et même d’en parler ». Il importe avant tout d’empêcher le virus de l’idéalisme utopique de sortir de la réserve du monde intérieur.

Mais dans le cas où un penseur original se présente quand même, qui ne puisse être acheté avec des prix, des honneurs, des distinctions ou autre, alors il faut crier haro. Au nom des normes acceptées et des standards politiques, il faut l’éliminer du domaine du pouvoir, le ramener dans le ghetto de l’intellect, le stigmatiser comme un griffon ou un rat (…)

Ceci vous donne une bonne idée de pourquoi ces gens considèrent un homme comme LaRouche, qui parle d’âme et de conscience, et nous tous, comme si dangereux pour l’oligarchie.

Ensuite Richter parle du lavage de cerveau opéré par la télévision : « Que la télévision, utilisée de manière appropriée, soit l’instrument le plus merveilleux de corruption mentale, est un fait qu’on n’a pas besoin d’enseigner à l’élite politique. » Cela correspond, selon lui, au désir inconscient de ne pas avoir à penser par soi-même. Il recommande le rite de la « déclaration de deux minutes », parce que, quelle que soit la question, ce type de déclaration empêche toute réflexion approfondie. La culture télévisuelle préfère « l’actualité » à l’histoire. Le public ne voit que « la surface du processus, pas son évolution historique et surtout pas de projection dans l’avenir. Il pense que ces déclarations de deux minutes créent un genre de « maladie d’Alzheimer synthétique ».

 Comment sont manipulés les enfants américains

Si ce que décrit Richter pour l’Allemagne est vrai, c’est encore pire aux Etats-Unis. J’arrive ainsi au dernier thème de ma présentation en posant cette question : comment se fait-il que les Américains soient devenus si passifs que seuls 30 % des électeurs inscrits votent ? Et encore, leur vote ne pèse-t-il pas bien lourd puisque les deux grands partis et les médias manipulent d’avance les choix.

Il est plus pertinent de se demander comment les Américains sont devenus si indifférents à la misère du monde. Comment sont-ils devenus à ce point crédules qu’ils pensent vivre dans la prospérité alors qu’ils sont en réalité prisonniers de l’illusion ? Pour le comprendre, il faut considérer la longue histoire de la « guerre mentale » menée, étape par étape, par les oligarques, pour amener les gens à accepter toujours plus de corruption, les médias et l’industrie des loisirs y jouant un rôle décisif. Depuis des années, nous assistons à un processus visant à rendre la violence et la perversion de plus en plus acceptables, à telle enseigne que les gens ne les remarquent même plus.

Maintenant, je vais vous administrer une overdose du genre de choses que les enfants voient tous les jours à la télévision, afin que vous puissiez reconnaître l’ennemi.

Helga Zepp-LaRouche a alors montré des extraits extrêmement violents de films et de vidéos de grande diffusion, d’abord un extrait de Vendredi 13, puis un clip publicitaire pour L’art de l’horreur de Clyde Parker, suivi d’un extrait du film Basketball Diaries, qui a joué un rôle important dans le massacre commis au lycée de Littleton.

Le film Tueurs nés.
Le film Basketball Diaries.

Vendredi 13 est ce qu’on appelle un film d’horreur traditionnel, mais c’est, à ma connaissance, l’un des premiers films où le plaisir de tuer en masse constitue le but ultime du scénario. Il n’y a aucune résolution positive au conflit, aucune leçon à tirer, à l’opposé du drame classique, c’est uniquement une tuerie insensée dont les gens ressortent avec le seul sentiment d’horreur.

Déjà en 1972, un rapport du Surgeon General [inspecteur de la santé publique] dénonçait le lien entre la violence dans les médias et le comportement violent des enfants. Il y a quelques années, l’American Medical Association constatait que la violence dans les médias constituait le plus grave problème de santé publique. Pourquoi ce fait est-il constamment nié ? L’une des raisons en est que ceux qui en parlent en sont les propres responsables : les médias nationaux et l’industrie de la télévision.

Aujourd’hui, un enfant qui regarde des scènes de violence ou voit son père battre sa mère, est susceptible de reproduire ces actions à l’avenir. En effet, tout ce qu’un enfant vit au cours des cinq premières années de sa vie lui laisse une empreinte très, très forte.

La couverture de Newsweek du 6 mars promouvait des jeux vidéos violents pour enfants…
…celle du 13 mars rapportait le meurtre d’une fillette de six ans par l’un de ses camarades de classe qui utilisait ces jeux.

Bien avant le massacre au lycée Columbine de Littleton, qui provoqua une vague d’effroi, des dizaines et des dizaines de cas de violence et même de meurtres avaient eu lieu dans des écoles et des quartiers résidentiels, qui n’ont jamais été rapportés au-delà des informations locales. Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes : Jessica James, Kayce Steger, Nicole Marie Hadley, et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. Drogue et musique rock jouent également un rôle important dans ce genre de film.

Mme LaRouche a alors fait projeter des extraits de Tueurs nés, dans lequel la mère est brûlée vive dans son lit après que le père ait été poignardé et noyé. Pour avoir tué leur mère et leur père, ces enfants sont célébrés partout dans le monde. Dans Basketball Diaries, sur fond de heavy metal rock, un garçon pénètre dans une salle de classe et tue plusieurs élèves et un professeur.

En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné.

 Jeux informatiques

Les parents des trois fillettes assassinées ont porté plainte contre les producteurs de ces jeux vidéos et films sataniques, réclamant 130 millions de dollars de dommages et intérêts. Leurs avocats font valoir que le film Basketball Diaries représente une glorification nihiliste de relations sexuelles irresponsables, de violence insensée et gratuite, haine de la religion, mépris pour l’autorité, consommation de drogue et autres comportements autodestructeurs, et qu’il a par conséquent une influence pernicieuse sur des mineurs impressionnables.

Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats. [Voir l’interview avec David Grossman.]

Certains jeux incorporent des éléments de jeu de rôle, créant une intrigue avec divers personnages. A la différence des autres formes de violence médiatique, on ne se contente pas ici de regarder un film, on en est soi-même acteur. On n’est pas seulement fasciné par un Schwarzenegger criblant de balles un méchant, on appuie soi-même sur la détente. Se faire tuer est embêtant parce qu’à ce moment-là, le jeu s’arrête. Donc, pour rester maître de ce nouvel univers intoxiquant, le seul moyen c’est de tuer.

Un père disait :

Oh, ce n’est pas si mauvais, ça permet à l’enfant d’avoir un sens de contrôle. Alors qu’il ne peut pas contrôler ce qu’il voit aux informations, dans ce petit morceau de réalité apparente, il a quelque chose à dire, il peut s’imposer.

La dernière version en date du jeu informatique « Daikatana » est censée vous donner une nouvelle dimension de réalisme, à l’aide de processeurs plus rapides et d’impressionnants graphiques en trois dimensions. Même si vous êtes assis devant votre ordinateur, manipulant une souris et un clavier, l’écran remplace votre champ de vision et vous avez vraiment l’impression de vous glisser le long des murs jusqu’au coin de la rue, craignant que l’ennemi ne soit tapi là, à vous attendre. Vous sentez votre pouls s’accélérer et lorsque le monstre s’élance sur vous, votre taux d’adrénaline augmente effectivement. Tout est si réel que vous pouvez presque sentir le sang des victimes.

A ce point, il faut préciser que l’oligarchie cherche à détruire tout ce qu’il y a d’humain dans l’être humain. Pour cela, elle utilise certaines techniques pour induire des modifications de comportement et un lavage de cerveau, car on ne peut pas appeler ça autrement. Si les gens regardent sans cesse ces spectacles, leur esprit meurt.

C’est donc une politique tout à fait consciente de la part de l’oligarchie, des maîtres de Hollywood, etc., pour déshumaniser et désensibiliser la population. L’on est censé réagir par pur réflexe et tirer avant d’avoir eu le temps de développer des scrupules. C’est ce qui explique le fameux cas des quatre policiers new-yorkais qui ont tiré 41 balles sur un homme non armé, car ils avaient été entraînés pour réagir de la sorte. Si vous tirez des milliers de fois sur un objet, ce comportement devient pour vous une seconde nature.

Il est intéressant de mettre cela en parallèle avec ce que le philosophe allemand Moses Mendelssohn a dit à propos de la fonction du drame classique : dans la tragédie classique, les spectateurs, confrontés à des questions morales fondamentales, peuvent former et ennoblir leurs émotions, de telle sorte que, quand ils devront faire un choix moral dans la vie réelle, ce comportement noble sera devenu une seconde nature.

Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école. Des enquêteurs du Centre Simon Wiesenthal, à Los Angeles, ont remarqué qu’il avait incorporé le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible.

 Les Pokémon arrivent

Si tout cela est déjà effrayant, il y a quelque chose de plus dangereux encore, bien que 99,9 % des parents n’en soient même pas conscients. C’est un phénomène dont j’ai pris connaissance il y a quatre semaines seulement – les Pokémon. On peut dire que c’est un véritable virus qui contamine l’esprit de millions d’enfants en Amérique.

Il y a donc quelques semaines, un jeune garçon de six ans, avec qui je discutais par hasard, m’a parlé pour la première fois des Pokémon. Ce gentil petit garçon, très éveillé par ailleurs, ne parlait que de ça : Pokémon par ci, Pokémon par là. Au bout d’une demi-heure de conversation, j’étais horrifiée par le type de valeurs que ce petit garçon avait adopté dans le contexte de ce jeu. Pour lui, par exemple, se battre, c’est bien parce qu’on devient plus fort et qu’on peut détruire son ennemi. Il faut écraser le pauvre, parce que celui-ci va devenir un voleur et te tuer, il faut donc le tuer avant, et ainsi de suite. Ce petit garçon me disait tout cela sans émotion, sans le moindre signe de compassion, mais avec les préjugés les plus incroyables. J’étais véritablement choquée. Ce fut le point de départ du projet que je vous présente aujourd’hui.

J’ai donc décidé de m’informer sur les Pokémon. Comme moi, beaucoup d’autres adultes à qui j’en ai parlé ne savaient rien à ce sujet. C’est alors que j’ai vu une annonce dans le Washington Post concernant un « tournoi de Pokémon » organisé dans un centre commercial près de Washington. Sacrifiant un dimanche après-midi, je m’y suis rendue. C’était une énorme exposition s’étendant d’un bout à l’autre du centre commercial.

Il y avait d’abord une grande table où des enfants jouaient avec des cartes Pokémon – il y en a 150 en tout. Il faut savoir que le tournoi faisait partie d’une stratégie de marketing très agressive, incluant toute une industrie de T-shirts, draps de lits, tasses, etc. L’équipe commerciale se rend dans une vingtaine de villes américaines, invitant des milliers d’enfants à participer à des concours, à l’issue desquels les noms des vainqueurs seront publiés. C’est tout un univers !

« Pokémon » est l’abrégé de« pocket monster » (monstre de poche). Ces monstres sont dotés de différents « pouvoirs ». Dans le « jeu du stade », il y a un grand écran et une vingtaine d’écrans plus petits où des parents et des enfants jouent comme s’ils étaient hypnotisés. Chaque joueur peut choisir six Pokémon et quatre techniques de combat.

Je demandais à certains enfants qui attendaient leur tour pour jouer : – « Pourquoi aimez-vous ce jeu ? » « Parce qu’ils combattent, parce qu’ils combattent », m’ont-ils répondu. « Qu’y a-t-il donc de si bien à combattre ? N’est-ce pas mieux si les gens sont gentils entre eux et s’entendent bien ? », demandais-je. « Non, non, non », s’écriaient-ils tous.

C’était de petites explosions d’agressivité. Voulant en savoir plus, j’ai pris mon tour dans la file d’attente et au bout d’une demi-heure, j’ai pu jouer contre un enfant de six ans. Le mystère s’est vite dissipé parce qu’une fois qu’on a compris le jeu, c’est très facile. Comme je l’ai dit, on choisit six Pokémon sur 150 et on dispose de quatre types d’armes. On peut attaquer son adversaire avec du feu, de l’électricité, des éclairs, des chocs sismiques, etc. et, peut-être, le détruire.

C’est totalement mécaniste, il n’y a pas d’autre moyen d’influencer le jeu qu’en poussant mécaniquement des boutons. Aucune créativité, aucune cognition, c’est pire que le chien de Pavlov, à qui on donne au moins quelque chose à manger au début…

J’ai demandé à des parents s’ils ne craignaient pas que leur enfant devienne plus agressif. « Non, non, répondirent-ils, mon enfant n’est pas agressif. Les autres enfants, peut-être, mais pas le mien. ».

Poursuivant mon enquête, je me suis rendue dans un magasin de vidéos pour voir si je pouvais me procurer une cassette Pokémon, ne voulant pas dépenser inutilement de l’argent pour acheter un Gameboy. Dans ce magasin, j’ai observé un père et son petit garçon. Tandis que le premier cherchait des vidéos pornographiques et violentes pour ses divertissements de week-end, le petit garçon trépignait : « Je veux des Pokémon, je veux des Pokémon ! ». Evidemment, le père ne s’intéressait pas aux désirs de son fils, car il avait lui-même la tête pleine de fantasmes.

Dans ces dessins animés de Pokémon, des enfants de huit à dix ans dirigent et combattent les monstres. L’une de ces histoires raconte l’aventure de Sabrina, une fillette attaquée par le « mangeur de rêves », un Pokémon de gaz qui lui aspire l’âme, tandis qu’apparaît soudainement un esprit de haut niveau qui dérobe l’âme des gens avant de disparaître. S’ensuit alors un dialogue entre les enfants sur ce qu’il faut faire : « Nous avons juré de prendre notre revanche, nous combattrons jusqu’au bout. »

Ils parlent aussi de Sabrina qui, à ce moment-là, est pratiquement morte parce que son âme a été absorbée : « Qui aurait cru qu’une fille si gentille soit aussi rongée par le désir de se venger ? », avant d’ajouter : « L’esprit a peut-être mangé son âme, mais elle est encore en mesure de nous dire où elle est, par télépathie. »

Tout ceci est complètement ridicule et n’a rien à voir avec la réalité, mais cela empoisonne l’esprit de la pire manière.

 L’effet d’une drogue

La stratégie de marketing est incroyablement agressive. Dans le centre commercial où je me trouvais, il y avait une vingtaine de vendeurs qui dirigeaient les opérations : « Moins de lumière ici, plus de son là », et qui donnaient aux enfants des conseils sur la façon de jouer. On avait l’impression d’assister au recrutement des enfants dans une armée. Ils voulaient les convaincre de devenir « entraîneur » ou de rejoindre un club de Pokémon, leur indiquant l’adresse du magasin de Pokémon le plus proche. Et les enfants étaient totalement fascinés, mesmérisés.

Il y avait là une très petite fille et j’ai demandé à son père quel âge elle avait. Trois ans, répondit-il, et il était très fier qu’elle sache déjà jouer. On peut imaginer l’influence que ce jeu – qui est entièrement basé sur le combat, l’agression, l’attaque, la revanche, la destruction de l’adversaire – exerce sur l’esprit et la sensibilité d’un enfant de trois ans.

J’ai demandé à l’un des vendeurs, qui devait avoir entre 18 et 20 ans, s’il jouait aussi aux Pokémon. « Oh, non, j’ai des jeux plus élaborés. » Evidemment, Pokémon est comme une drogue douce utilisée pour initier les victimes à des drogues plus dures.

Comme chacun sait, il est facile d’influencer les enfants parce qu’ils apprennent avant tout par l’imitation et le jeu. Mais que doit-on imiter dans le cas de Pokémon ? L’agression. Ce qui manque totalement, c’est l’amour, la compassion, la joie, la beauté. Le jeu est entièrement mécaniste. C’est exactement à cela que pensait Norbert Wiener dans son livre Cybernetics, quand il affirme qu’il faut trouver un mécanisme neurologique qui corresponde à la théorie de John Lockesur l’association d’idées à partir d’expériences sensuelles. Dans Pokémon, il n’y a aucune découverte, aucune hypothèse, aucune créativité, aucune âme, aucune cognition. Pokémon est le Mangeur de Rêves qui dévore l’âme de l’enfant et le transforme en une petite machine à tuer potentielle.

Les parents des trois fillettes tuées dans le massacre de Paducah ont porté plainte contre les sociétés de jeux et de films vidéos suivantes : ID Software, GT Interactive Software, Midway Home Entertainment, AtariCorporation,InterplayProduction,Nintendo of America, Atavision, Hepcon Entertainment, Sony International, Interactive Studios of America, Eidos Interactive et huit autres, et contre les producteurs de films suivants : Time Warner, Polygram Film Entertainment, Island Pictures, Palm Pictures, New Line Cinema et deux fournisseurs d’Internet.

Je pense que, pour commencer, c’est une bonne liste et que nous devrions ajouter celles qui n’y sont pas encore. Je suis d’accord avec Jack Thompson, l’un des avocats représentant les parents, quand il déclare qu’il faut mener l’équivalent d’une guerre nucléaire contre ces gens.

Thompson travaille aussi avec des enseignants, des parents et des étudiants d’une école de Flint (Michigan), dans laquelle les enfants reçoivent de l’argent pour remettre leurs jeux vidéos violents afin qu’ils soient détruits. Je propose que cet exemple soit repris à travers les Etats-Unis et partout dans le monde, car une oligarchie véritablement satanique a déclaré la guerre à nos enfants. Déclarons-lui la guerre !

Il dépend de vous que ce pays, et le reste du monde, aient une chance de survivre car, comme j’ai tenté de le démontrer, les jeux de guerre et ces jeux informatiques sont basés sur une même méthode.

Les armes à feu ne sont pas le problème en tant que tel – les enfants entraînés aux Pokémon vous tueront avec des flammes, des éclairs, de l’électricité ou n’importe quoi. Et plus il y aura de liens entre l’Internet et l’école, sans changement fondamental du système scolaire par ailleurs, plus nous aurons de petits monstres. Et ce ne seront plus uniquement des monstres Pokémon.

 Comment les médias forment de jeunes meurtriers

Interview avec le Pr David Grossman, psychologue militaire et ancien lieutenant-colonel de l’Armée américaine.

Co-auteur, avec Gloria DeGateano, du livre Stop Teaching our Kids to Kill (Arrêtez d’apprendre à nos enfants à tuer), paru en 1999, M. Grossman est actuellement l’un des experts cités par la partie civile dans un procès intenté contre d’importants producteurs de l’Académie militaire de West Point et de l’Université d’Arkansas, il dirige un centre de recherche sur le crime à Jonesboro, dans l’Arkansas, et conduit des séminaires de formation pour soldats, policiers et secouristes. Voici des extraits de l’interview qu’il a accordée le 4 mars dernier à nos correspondants Jeffrey Steinberg et Dennis Speed, de l’Executive Intelligence Review.

Tout d’abord, lorsqu’on parle de corrélation entre la violence dans les médias et la criminalité chez les jeunes, il faut souligner qu’en ce qui concerne les jeux informatiques et vidéo, il s’agit avant tout d’impressions optiques. L’écrit ne peut pas être traité par les enfants de moins de huit ans, et encore, il est filtré par l’esprit rationnel. Quant à l’oral, il doit être travaillé dans le cerveau antérieur avant d’avoir un effet sur le centre émotionnel. Pour les impressions optiques, c’est différent : à l’âge de 18 mois, l’enfant est capable de percevoir et d’imiter ce qu’il voit. A cet âge, les images d’actes violents, que ce soit à la télévision, dans des films ou des jeux informatiques, opèrent directement sur le centre émotionnel.

Dans ce domaine, les recherches sont abondantes et nous les documentons à la fin de notre livre. Par exemple, une étude de l’UNESCO réalisée en 1998 note qu’il existe une culture mondiale de la violence, alimentée par les médias, et c’est surtout la violence des médias américains qui est exportée partout dans le monde, comme un roi colombien de la cocaïne exporte la mort et l’horreur avec sa drogue. (…) Bien sûr, les médias nient farouchement toute responsabilité. Comme les représentants de l’industrie du tabac qui, récemment encore, niaient en bloc tout lien entre tabac et cancer, ils mentent. Ils me rappellent aussi ceux qui remettent en cause l’Holocauste.

 Apprendre à tuer

Jeunes assidus des jeux vidéos.

Quant à l’impact des jeux de tir, il faut savoir que tuer un être humain n’est pas naturel, cela doit s’apprendre. Nous avons une inhibition biologique à tuer un membre de notre espèce. Dans une étude sur la guerre de Sécession, Patty Griffith constate qu’avec les armes et la stratégie de l’époque, un régiment aurait pu tuer 500 à 1000 personnes par minute. Or, en réalité, seulement un à deux soldats tombaient chaque minute. Bien qu’étant prêts à mourir s’il le fallait, eux-mêmes n’arrivaient pas à tuer. C’est quelque chose qu’il faut acquérir.

Nous avons fait une expérience semblable pendant la Deuxième Guerre mondiale, la majorité de nos fantassins n’était pas capable de tuer. Ils avaient suivi un entraînement sur cibles, mais une fois sur le champ de bataille, où ils n’avaient pas de cible devant les yeux, ils n’avaient plus le réflexe de tirer. Nous avons alors développé des simulateurs plus sophistiqués. Au lieu de cibles-panneaux, nous avons d’abord utilisé des silhouettes humaines en carton, que l’on faisait apparaître à l’horizon. Aujourd’hui, nous disposons avant tout de simulateurs- il s’agit de tirer sur des images d’hommes se déplaçant sur l’écran. Dans la mesure du possible, nous essayons de reproduire la situation réelle du champ de bataille. Il y a un énorme fossé entre un citoyen sain d’esprit et celui capable de tuer un homme. Pour traverser ce fossé, il faut passer par une étape transitoire, intermédiaire, non seulement pour s’entraîner à effectuer les gestes, mais avant tout pour préparer et former l’attitude mentale qui doit les guider.

Nous disposons désormais d’appareils de ce type auxquels nous avons recours pour l’entraînement militaire. Ainsi, leMarine Corps a obtenu les droits sur le jeu informatique Doom qu’il utilise pour l’entraînement tactique. L’Armée, quant à elle, a choisi le Super-Nintendo. Vous connaissez certainement le vieux « tir au canard » qu’on trouvait dans les fêtes foraines. Nous y avons remplacé les fusils par un avion M-16 en plastique et au lieu de canards nageant sur l’eau, des silhouettes d’homme se déplacent sur l’écran. Il existe maintenant des milliers d’appareils de ce type qui sont utilisés dans le monde entier pour l’entraînement. Ils se sont avérés très efficaces.

Je maintiens que ce type d’entraînement est utile pour nos soldats et pour nos policiers, car si nous reconnaissons la nécessité de leur donner des armes, nous avons alors la responsabilité de leur fournir l’entraînement, mental et physique, pour les utiliser à bon escient. Evidemment, entre personnes de bonne volonté, les opinions sur ce sujet peuvent différer. Mais tout le monde sera d’accord pour dire que nos enfants ne doivent, en aucun cas, avoir accès à des appareils avec lesquels ils peuvent apprendre à tuer, c’est-à-dire à des simulateurs de meurtre. Si beaucoup répugnent à les mettre entre les mains de professionnels, ils seront d’autant plus horrifiés à l’idée que nos enfants puissent, sans surveillance, les utiliser.

Les jeux informatiques utilisés par les forces de l’ordre sont appelés « simulateurs d’entraînement aux armes à feu » (FATS en anglais). On y voit des hommes se déplacer sur un grand écran et si l’un d’entre eux commet un acte pour lequel, selon la loi, le policier est en droit de tirer, il peut le faire. Aux côtés de l’instructeur, l’officier de police se tient devant le simulateur, l’arme à la main. Lorsqu’il appuie sur la gâchette, la glissière s’actionne, il ressent le recul. S’il atteint la cible sur l’écran, elle tombe ; s’il la rate, c’est la cible qui lui tire dessus.

Rendez-vous maintenant dans une salle de jeux pour jouer à « la crise du temps ». Vous tenez un pistolet à la main, vous actionnez la gâchette et vous sentez le recul. Vous frappez la cible, qui tombe. Dans le cas contraire, c’est elle qui vous tue. Ce jeu est un simulateur de meurtre ; son seul et unique objectif est d’inculquer à l’enfant la capacité et la volonté de tuer. Il faut bien comprendre que les réflexes qu’on induit dans des situations de stress sont profondément assimilés et se manifesteront à l’occasion.

Jadis, lorsqu’on utilisait des revolvers, nos policiers allaient s’exercer sur le champ de tir avec six balles. Pour ne pas avoir à ramasser plus tard les douilles usagées, ils les mettaient dans la poche de leur chemise avant de recharger. C’est une chose impensable au cours d’une vraie fusillade – lorsqu’on a évidemment mieux à faire. Or qu’avons-nous constaté ? A la fin de fusillades réelles, certains policiers se retrouvaient la poche pleine de métal, sans pouvoir dire comment il y était parvenu ! Voilà les résultats de l’entraînement.

 La sous-conscience

Lorsque les enfants pratiquent des jeux informatiques violents, ils s’exercent à tuer. Ils s’exercent inlassablement, pas deux fois par an comme certains professionnels, mais ils passent des soirées entières à tirer sur toute créature animée qui apparaît à l’écran, jusqu’à ce que cibles ou munitions soient épuisées.

Pour ce qui est des massacres de Pearl (Mississippi), de Paducah (Kentucky) ou de Jonesboro (Arkansas), il semble à peu près certain que les jeunes n’aient eu l’intention de tuer qu’une personne – par exemple une amie, ou, dans un cas, un enseignant, en tout cas quelqu’un qui les avait déçus. Mais une fois qu’ils ont commencé à tirer, ils ne pouvaient plus s’arrêter. Ils tiraient sur tout ce qui bougeait – tant qu’il leur restait des cibles ou des munitions…

Lors des interrogatoires, les policiers ont demandé aux jeunes : « D’accord, tu as tué la personne contre laquelle tu étais fâché. Mais pourquoi as-tu tiré sur tous les autres ? Certains étaient tes amis. » Et les enfants ne savaient pas pourquoi !

 La culture de la violence

Quelques jours après la tuerie de Flint, dans le Michigan [commise par un garçon de six ans], il y a eu un incident à Washington. Ayant pris un fusil dans le haut d’une armoire et l’ayant chargé, un jeune est sorti dans la rue et a tiré deux balles sur un groupe d’enfants. Lorsque la police lui a demandé où il avait appris à charger et à utiliser cette arme – pensant que son père avait eu l’imprudence de le lui montrer – il a répondu en toute innocence : « Je l’ai appris à la télévision. »

Dans le cas du Michigan, le père de l’enfant, qui se trouvait en prison, a dit, en substance, au shérif : « Dès que j’ai entendu la nouvelle, mon sang s’est glacé parce que je savais que c’était mon garçon. Mon petit a toujours beaucoup aimé les films violents. »

Normalement les enfants de deux à six ans sont horrifiés par ce genre de violence et de froideur face à la cruauté. Mais si l’on y travaille vraiment, on peut faire les amener à l’aimer dès l’âge de six ans ! Et cela, c’est vraiment ignoble.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Japonais utilisaient un type classique de conditionnement. Pour leur faire accepter de commettre des atrocités, les soldats étaient amenés à éprouver du plaisir à la vue de personnes en train de souffrir ou de mourir. Ils étaient soumis à des méthodes de conditionnement pavloviennes. De jeunes soldats, qui n’avaient jamais participé à un combat, devaient assister à des massacres horribles, au carnage de prisonniers innocents – chinois, britanniques, américains. On les poussait à rire de la souffrance des autres, à y applaudir des deux mains. Puis, dans la soirée, on leur servait le meilleur repas qu’ils aient eu depuis des semaines, avec du saké et des filles. (…)

Une jeune fille de la Chatham School de Littleton (Colorado) m’a confié dans une lettre que lorsqu’il a été annoncé par haut-parleur que plusieurs élèves de l’école voisine (Columbine) avaient été tués, ses camarades ont applaudi ! D’après elle, les applaudissements étaient si forts qu’on pouvait même les entendre depuis le bureau administratif, à l’autre bout du couloir. On amène nos enfants à éprouver du plaisir devant la souffrance et la mort !

C’est exactement ce qui s’est passé avec ce petit de six ans devenu un assassin. Je parie tout ce que j’ai qu’il jouait à des jeux informatiques violents. Parce qu’il n’a tiré qu’une seule balle, atteignant directement la base du crâne de sa victime. Ce n’est pas facile du tout de viser avec précision, mais les jeux informatiques développent justement ce type d’habileté et dans beaucoup de jeux, on reçoit des points supplémentaires si l’on atteint la cible à la tête. Sa précision laisse penser qu’il était habitué à ces jeux. En outre, son père le laissait regarder des films violents à la télévision. Maintenant, nous récoltons ce que nous avons semé.

Un exemple type de cet entraînement nous est donné à Paducah, dans l’Etat du Kentucky. Un jeune de 14 ans a volé un pistolet chez un voisin. Auparavant, il n’avait jamais tiré au pistolet de sa vie. Dans la nuit précédant le massacre, il fit quelques essais avec l’enfant du voisin. Le lendemain, il a amené le pistolet à l’école et a tiré huit fois.

D’après les études du FBI sur le sujet, au cours d’une fusillade, un officier bien entraîné atteint en moyenne une cible pour cinq balles tirées. Dans le cas d’Amadou Diallo [un homme innocent abattu par la police de New York en 1999], sur les 41 coups de feu tirés à bout portant par les policiers, seulement 19 l’ont touché. Autre exemple : le fou qui a ouvert le feu dans une crèche juive de Los Angeles a atteint cinq enfants alors qu’il avait tiré 70 fois.

Et ce garçon de Paducah, combien de buts a-t-il marqués ? Huit balles, huit coups au but sur huit enfants différents – cinq d’entre eux en pleine tête, les trois autres au thorax. C’est un résultat époustouflant ! D’où lui vient une capacité aussi développée ? Selon les déclarations de témoins, il s’est campé solidement sur ses deux pieds, tenant le pistolet à deux mains, les bras allongés. Il n’a jamais pivoté à droite ni à gauche, il a simplement mis, méthodiquement, une balle dans chaque cible qui apparaissait dans son champ visuel, comme si c’était sur son écran.

Dans sa tête, il jouait à ce grotesque jeu vidéo ! Il n’est pas naturel de tirer une balle sur chaque cible. Le réflexe naturel consiste en effet à tirer sur la cible jusqu’à ce qu’elle tombe, avant de passer à la suivante. Mais dans les jeux vidéos, on vous apprend à tirer un seul coup par cible – avec un bonus si on frappe à la tête.

Affiche des Pokémon.

A propos de l’émission sur les Pokémon, au Japon, [pendant et après un dessin animé de Pokémon, plusieurs centaines d’enfants ont dû être hospitalisés d’urgence suite à des crises d’épilepsie], de nombreux experts se sont prononcés. Il en ressort que les producteurs utilisaient des fréquences de couleurs susceptibles de provoquer cet effet épileptique chez les enfants. L’industrie télévisuelle recherche intensivement de nouvelles fréquences, des couleurs exactes et l’intervalle optimal de succession des scènes ; elle consacre des milliards de dollars à cet effort. Pourquoi ? Pour mieux captiver les enfants. Les chaînes de télévision cherchent, par tous les moyens et avec tous les atouts de la science moderne, à augmenter le nombre de leurs téléspectateurs. Dans ce cas, la chaîne a vraiment exagéré et a dû faire marche arrière. Mais on assiste tous les jours à ce type d’agression.

Laissez-moi vous parler un peu de la télévision. Beaucoup de gens y sont vraiment accrochés. Les images qui défilent si rapidement font l’effet d’une drogue. L’effet est encore renforcé par la violence, surtout chez les enfants ; fascinés, ils n’arrivent plus à en détourner leur regard. Cela comporte aussi un aspect biologique lié à la survie. Il est en effet vital, du point de vue biologique, de savoir reconnaître la violence. (…)

Tout ce que j’ai dit jusqu’à présent est bien établi et traduit nos connaissances scientifiques actuelles. Maintenant, je voudrais aborder un aspect qui fait encore l’objet de recherches, même si les données disponibles indiquent un lien étroit entre la télévision et une certaine difficulté de concentration. Nous exposons nos enfants à cette succession d’images ultrarapide. Le constant changement d’écran agresse leur cerveau, comme un martèlement dans la tête. Par conséquent, l’enfant s’habitue à recevoir des données en images fugitives, sans jamais développer la capacité de se concentrer sur une période de temps plus longue. La télévision détruit cette faculté. Puis, lorsqu’il a six ans, on envoie l’enfant à l’école. Là, debout devant la classe, l’enseignante parle comme un disque qui tourne trop lentement : L-e v-e-r-b-e t-r-a-n-s-i-t-i-f e-s-t… Assis à sa place, l’enfant essaie désespérément de changer de chaîne ! Il devient fou d’impatience, il n’en peut plus. Quelle est la réponse « normale » des adultes à ce type de situation ? On prescrit des médicaments, sous prétexte que l’enfant souffre d’un trouble de l’attention, qu’il est trop agité pour se concentrer.

On peut comparer cette situation au sida. Le sida ne tue pas en tant que tel, mais rend la victime vulnérable à d’autres facteurs – pneumonie, grippe, etc. – qui peuvent lui être fatals parce que son système immunitaire est extrêmement affaibli. De la même manière, dans notre société, nous perdons notre immunité vis-à-vis de la violence.

 Que peut-on faire ?

Beaucoup de gens sont contre le fait que les policiers et les soldats s’entraînent à tuer sur des simulateurs. Logiquement, ils devraient alors les interdire absolument aux enfants, car il est criminel de leur donner ces jeux.

Que peut-on faire ? L’éducation est très importante pour réfuter les mensonges d’une industrie irresponsable. Il y aussi la loi – dans le fond, il faudrait appliquer les règles en usage dans d’autres banches commerciales, où l’on utilise la mention « réservé aux adultes », par exemple dans le cas de l’alcool ou de la pornographie. Cela voudrait dire qu’un tel jeu peut être dangereux pour les enfants.

En dehors de l’éducation et de la législation, reste encore le recours à la justice. Actuellement, un procès a été intenté [par les familles des victimes] contre les producteurs de jeux vidéos à la suite du massacre de Paducah. C’est un moyen important, même s’il n’aboutit pas toujours. A New York, un guichet de métro a brûlé il y a quelque temps. Un groupe d’enfants avait versé de l’essence près de la porte, puis tracé à partir de là une ligne de gouttes menant un peu plus loin, avant d’y mettre le feu, brûlant grièvement l’agent qui s’y trouvait.

Ils imitaient ainsi le crime perpétré dans le film Money Train. La famille de la victime avait l’intention de porter plainte contre le producteur,puis soudainement on n’en a plus entendu parler. Que s’est-il passé ? Apparemment, ils ont trouvé un règlement à l’amiable. Les producteurs sont prêts à verser une importante somme d’argent à la famille de la victime (et à leur avocat) tant qu’ils garderont le silence. Partout aux Etats-Unis, ce type de litige est réglé en dehors de la justice.

Les responsables de ces jeux doivent être redevables de leurs effets sur nos enfants. C’est notre devoir de les obliger à répondre. Si l’on attrape un jeune de douze ans en possession de crack, qu’est-ce qui arrive ? On le lui confisque, bien sûr, mais on cherche surtout à savoir quel est son fournisseur et on remonte la filière. De même, il faut investiguer tous les liens existants entre la violence des médias et les crimes commis par des jeunes. Comme cela, on a de bonnes chances de surmonter ce problème.

Voir enfin:

« The Mark of the Beast »
America’s Children Are In Mortal Danger
Conference Keynote
Helga Zepp LaRouche
Schiller institute
Presidents Day, 2000

Mrs. Helga Zepp LaRouche, the president of the International Advisory Board of the Schiller Institute, gave this speech to the Presidents’ Day conference of the Schiller Institute and International Caucus of Labor Committees in Reston, Virginia on Febrary 20, 2000. She made extensive use of film clips and other graphic material, which are not represented here; the text has been edited accordingly. A videotape of the speech can be ordered by email or phone.

If you look at the world situation today, as a totality, then it is clear that we are already, now, in a civilizational crisis, which could become much worse than any collapse of society in the history of mankind so far.

And I’m not only saying that because soon we could have a new world war–and I’m going to talk about that–including the use of nuclear weapons; the collapse of the financial system into total chaos; but maybe even the worst aspect, the plunge into a moral and cultural crisis, on such a low level, as has never existed before. A plunge into barbarism worldwide, and when I say barbarism, I really mean barbarism, because the world is becoming very quickly completely dehumanized, in ways which are really worse than the beasts. And I’m going to prove that to you today.

This process of disintegration of entire nations, and the strategic confrontation among nuclear powers, is already going on, and it’s being driven by a mad oligarchy, which is trying to preserve a system which cannot be preserved. The problem is, that people don’t see the world as a totality, and the oligarchy makes a great effort to keep the population blindfolded. Especially in America–also elsewhere, but especially in the United States–I always have the image of the blind man and the elephant. The blind man tries to get an idea of what the elephant looks like. So, one time, he stands in front of the elephant, and he catches the trunk. Then he stands behind, and he touches the tail. Sometimes, he’s on the side, and he has a leg. So, the problem is, with all these things together, he cannot get the idea of the elephant.

And, in the same way, many people are seeing aspects of the crisis as it affects them.

So, a homeless person, in Washington or in New York, for sure does not believe what Clinton said in the State of the Union address, that this is the biggest, longest prosperity ever. Now, a sick person, who has to get to the hospital, and does not find an emergency room when he needs it, for sure understands that the HMO system, and what is happening to the health sector, is kiling people. A parent whose 14-year-old child just murdered somebody in the neighborhood, for sure understands that the educational system, and the situation with the youth, are completely out of control. An African mother whose baby just died in one of the 33 poor countries in Africa, for sure does not believe what President Clinton just declared at the Washington summit, that globalization is good for Africa.

But hardly anybody puts the whole picture together. And therefore people are largely in the dark. And this is deliberately so.

The method of the oligarchy
An old Chinese philosopher once said it very openly: Keep the people stupid; it’s easier to rule. And, as I will demonstrate, the oligarchy is involved in a gigantic effort to dumb down the population, to desensitize them, to put them under direct behavior modification, and even use brainwashing techniques on a large scale.

The reason most people don’t realize what the situation really has come to, is because this process of desensitization has gone on step by step, and the cultural decay has occurred over a long period of time. As I will demonstrate, the method used for the strategic confrontation with Russia and China, the war game simulations done by the military, the method of the speculation of the financial bubble, and the films and video games which turn children in America, and elsewhere in the world, into killers, as happened in Littleton–this method is the same.

This method is essentially based on the British Enlightenment, and on the mechanistic assumptions of John von Neumann, and Norbert Wiener, who all go back to John Locke, and especially his Essay Concerning Human Understanding, namely, the idea that the human mind is a tabula rasa, and that so-called ideas are the result of sensuous experiences. Wiener, in his book Cybernetics, makes the argument that the human mind is like a Pavlovian dog, and that computers function on the same basis.

When we recognize that that method is being applied in the various fields of life, and is turning the world into hell, then we have the means to change it. But first, we have to recognize what that method is. So, therefore, I want to first look at the real world, at the strategic situation, and then, at how that method is being applied to turn it into a virtual reality, which nevertheless has devastating effects in the real world.

The strategic crisis

Now, especially the present strategic situation, between the United States, or the West more generally, and Russia and China, is a very, very advanced one. After the collapse of the Soviet Union, there was actually no real reason for NATO to continue to exist, because the entire self-definition of NATO was as a defensive alliance against the Soviet Union. But unfortunately, when the Soviet Union collapsed, George Bush, who was President at that time, proclaimed during the Gulf War, the New World Order, which, unfortunately, has been the policy of the United States, with very few interruptions, because the U.S. was basically put on auto-pilot during the Clinton administration.

And with this New World Order, there was the escalation of globalization, world government, Anglo-American unilateralism, and, despite the fact that President Clinton, here and there, tried to break out of this by trying to form a strategic partnership with China, by having a decent relationship with Russia, it was generally Gore, the Vice President, who was in charge of the policy toward Russia, and therefore the IMF reforms, which are regarded by Russia as complete aggression, with the aim of the destruction of Russia.

Now when the global financial crisis, after the Asia crisis, entered into its second phase, and there was a de facto state bankruptcy in August 1998, the financial oligarchy, that which we call the British-American-Commonwealth oligarchy, decided to have an escalation, both in terms of NATO expansion, and in having wars around the globe as a means to control the system. President Clinton in this period was completely knocked out, through the impeachment process, and up to now, he has not recovered at all. And the policy of Anglo-American unilateralism went into a new phase.

First came, in August 1998, the bombing of the pharmaceutical plant in Sudan, and now it is an established fact that Madame Albright knew, ahead of time, that this was not a weapons factory, but that it was the only pharmaceutical plant Sudan had, so it was a deliberate, one can really say, murderous calculation.

Then came the bombing of Iraq, in 1998, which basically put the UN Security Council out of business. And then came the NATO war against Yugoslavia in March 1999, which–and that has to be stressed–really had nothing to do with genocide committed by Milosevic, but the NATO war in the Balkans was the instrumentality of a regional conflict for global purposes. And the idea was, basically, to drive Russia out of the Balkans.

Now, as everybody admits by now, this war has turned out to be a complete, utter military disaster, proving that the United States and NATO are practically incapable of winning a war. What they have done, is they have unleashed enormous destruction from the air, but the Yugoslavian army was not destroyed, and the hostile territory not occupied, but now all the countries of the Balkans–Romania, Bulgaria, Hungary, and naturally all the countries around Serbia, and Bosnia, and Kosovo, and so forth–are completely destroyed. And what you see there, is the concept of the military term, the glacis, destroying the territory, denying the territory to your opponent. These Balkan countries are never supposed to become part of NATO, but they, like other countries further east and southeastward, are supposed to build a glacis around Russia. That is why there was no reconstruction after the war, and there is a similar policy toward Central Asia. That’s why these Islamic terrorists are being deployed in Chechnya, Dagestan, and other Central Asian countries, and the Russians have made very clear, that this effort to drive NATO further and further, and to contain the Russians further and further, that this is for them a line in the sand, where they do not accept any further pushing.

Now, after the bombing of the Chinese Embassy in Belgrade, Russia and China were convinced that NATO was really aiming against them, and that this was a first signal indicating to them, that they were the target. Now, as a result, Russia has decided on a new national security doctrine, which is a significant change, insofar as they say that they do not exclude the first use of nuclear weapons, even if the attack on them is only conventional.

Now, for electoral purposes, Putin and others have said, no, we really didn’t mean it this way. But if you listen, for example, to what the President of Belarus, Lukachenko, is saying, who just announced the new military union between Belarus and Russia, to build a troop contingent of several hundred thousand people, against the new enemy, meaning Poland (because Poland is now the eastern border of NATO), then it becomes very clear how dangerous this situation has become.

Ukraine is a complete powderkeg. These reform policies, and manipulations from the West, have turned Ukraine into a de facto dictatorship. Again, I doubt very much that Ukraine ever will become a NATO member, but it will be destroyed as part of this glacis conception.

The Ukrainian state is de facto bankrupt. They have to pay $3 billion to service the foreign debt this year, and they have $1 billion in reserves left. And it’s a completely terrible economic catastrophe in this country.

Now, Defense Secretary Cohen, at the annual Wehrkunde conference, a big military conference which takes place every year in Munich, announced, somewhat surprisingly, that there is an enormous threat to the United States from the so-called rogue states. And then he lists those rogue states, as being Iraq, Iran, Libya, now North Korea. Now, there is something very nasty developing concerning Iraq. We have all kinds of signs that some new operation is being prepared. The German United Nations coordinator for the Iraqi food distribution, just resigned in protest against the continuous sanctions, and the devastating effects this has on the civilian population in Iraq. And we have indications that something more is behind that.

But, the claim that there are missile threats from these rogue states, is then being used to justify the need for a national missile defense program.

General Leonid Ivashov, from the General Staff of Russia, the Russian Armed Forces, immediately countered what Secretary Cohen said, by saying it was ridiculous to speak of a North Korean threat, because this country had no economic basis for such an attack at all. And it is only a disguise for the fact that the U.S. National Missile Defense System would be aimed against Russia and China. And I can assure you, that people in Russia are convinced that Brzezinski is not a lone voice, when he says that Russia should be split up. And it is also clear that people in China are fully aware of the fact that there are certain factions in the United States, Great Britain, and elsewhere, who are determined to prevent China from becoming a superpower, which is estimated to occur around the year 2010.

But the most sensitive strategic situation for China right now, is the Taiwan situation, where the present pro-Japanese, pro-Anglo-American President, Lee Teng-hui, who last summer had said that from now on, the relationship between the mainland and Taiwan, should be like that between two different states–which is completely unacceptable for the mainland–is a very tense situation. There will be an election in Taiwan on the 18th of March, and, depending on who will be the new President, we could have an early eruption of a conflict over Taiwan.

In the U.S. Congress, a bill was passed just recently, the so-called Taiwan Security Enhancement Act, with a vote of 341 to 70, which was immediately denounced by the Chinese Deputy Foreign Minister, Yang Yeshi, as a serious encroachment on China’s sovereignty, and a gross interference in China’s internal affairs. The reason for this heavy statement, was that this Act would establish direct military communication between Washington and Taipei, expand the U.S. training of Taiwanese officers, and basically include Taiwan in the planned National Missile Defense system over the United States and Japan.

Now it is exactly that kind of policy, which Clinton had already announced that he would veto, which will possibly lead to an early war between the United States and China. And here you have a blatant example of the method of war games, of taking real situations, and putting them into computer simulations, which can eventually lead to World War III.

The Weinberger war scenario-

Sir Caspar Weinberger–and I remind you that Sir Caspar Weinberger, the great American patriot, received the honorary knighthood, Grand Cross of the Most Excellent Order of the British Empire, from Queen Elizabeth personally–has written a book, which was published in 1996, The Next War, with an introduction by Lady Margaret Thatcher.

Now, to predict the performance of U.S. forces, and the outcome for America and her allies, the authors used the latest and most authoritative assessment of our technological resources, troop preparedness, and development capabilities, modelling their narrative on the Pentagon computerized war simulations (Figure 1).

Factors in projecting the cause of events, are geography, demographics, the so-called psychological traits of leaders (and how ridiculous that is, I will show you in a second); the political interests are just some of the additional ingredients which go into this war game mix.

Now, the Pentagon regularly conducts such fictional computerized war games, in which the U.S. is pitted against a variety of adversaries, under multiple conditions. And, interestingly, in this Weinberger book, they have simulations of such wars against North Korea and China, Iran, Mexico, Russia, and surprisingly, Japan.

Now, I will describe to you the scenario used in the war between the United States and North Korea and China, to give you the kind of thinking which these people are exhibiting.

It starts off that Kim Il-sung of North Korea, and Gen. Hu Chi, the chief of China’s Central Military Commission, meet. They decide to launch a dual military action against South Korea and Taiwan. The assumption is that the U.S. cannot deal with two situations at the same time.

On the 15th of April, 1998, the KPA tank formations from North Korea move across the border into South Korea. The U.S. Air Force engages KPA air forces in battle. If the Republic of Korea and the Second Division cannot hold, the Allied air bases in South Korea would be overrun in a matter of days. That would compel the U.S. Air Force to retreat to Japan, seriously complicating air operations. Air power could help defeat the enemy, but it alone could not win the war.

Then the narrative describes how Kim Il-sung is sitting in his bunker, detached from carnage and violence.

The attack on South Korea puts the U.S. forces around the world on a full alert. They expect a war with China to start soon. Meanwhile, North Korea is on a total war footing; 800,000 armed forces, and 4 million military reservists are on the move. Soon, U.S. forces and Korean forces have to flee Seoul and retreat to Taegu, a base, and basically the U.S. is confident of winning the air battle, but worried about the situation on the ground.

Two days after the North Koreans cross the Demilitarized Zone, Japan enters the war. Tokyo agrees to commit air, naval, and limited ground forces. The government allows the U.S. Air Force access to several air bases on the Japanese archipelago, since in South Korea, the U.S. air bases will be overrun within days. Soon, Eagles from the 366th Tactical Wing, take off from Okinawa.

One day later, mainland China attacks the island of Quemoy, and Taiwan itself. The U.S. Marine Expeditionary Force, based in Okinawa, is already en route from Pusan to Taegu. The U.S. Army Second Division retreats to Taegu; Seoul and Quemoy fall on the same day. U.S. military commanders fear that if they effectively stop the KPA offensive, North Korea will use nuclear weapons. The elimination of North Korean nuclear weapons, therefore, is the most pressing concern.

The U.S. has 500 combat aircraft in the area, including 120 U.S. Air Force planes in Japan, the U.S. Seventh Fleet is deployed in the Sea of Japan, two aircraft carriers with a total of 116 strike and fighter aircraft.

The frightening shadow of KPA nuclear weapons still hangs over the Peninsula. The KPA not only has missiles that could hit U.S. forces in South Korea, but also possesses the No-Dong-X ballistic missile, that could strike Japan, and even the West Coast of the United States, and all of Alaska. Since the United States has no defense against ballistic missiles, the only chance is to fight, find the sites, and hit them before these weapons can be launched. The problem is, if you do not hit them all at once, Pyongyang could be tempted to strike.

The idea is, use them, or lose them.

In the meantime, the question arises whether a U.S. war with China is on the agenda, since Taiwan is running the risk of occupation, if the U.S. does not support Taiwan. U.S. intelligence observers detect a full mobilization of the PLA forces. Over 1,000 aircraft from the mainland are now involved in operations against Taiwan. Taiwan’s defense system has not advanced enough, because of U.S. reluctance to sell materiel to them, in order not to upset Beijing.

And then Weinberger says, « When General Hu heard the news about the stunning victory of mainland airplanes in Taiwan, he had no expression of joy. »

And now comes one of these « deep insights » into the psychological traits of leaders. « In fact, he was almost emotionless, as he shoveled food in his mouth. Hu always ate with the speed of a small dog, consuming meat in the presence of a larger dog. »

Now, that shows the level of thinking, and I can assure you, it is not better concerning the other assumptions.

In the meantime, U.S. forces, and KPA forces in South Korea, get deadlocked.

North Korea fires an M-11 single-stage missile, topped with a 20 kiloton warhead, against the 25th division of Taegu. The U.S. President orders an immediate counterstrike.

General Hu accuses President Kim of madness, and impatiently waits for Taipei to surrender. War between the United States and China now seems to be inevitable.

But the Taiwanese fleet makes a surprise attack on the mainland fleet, and then American carriers, battle groups, are cutting into the South China Sea. An EC2A reconnaissance plane gets shot down, and the order for a full contingent of American fighter aircraft to be launched from both carriers is given. The U.S. is now at war with China.

Then there is a big psychological reflection. General Hu says, « What is at stake? » If his gambit succeeded, his ambition told him that China would rewrite the entire international political order. A humbled America would be supplanted by a fast-rising, expansive China, eager to protect its interest. However, the consequences of failure would be just as revolutionary. Defeat would mean an overthrow of the Chinese domestic order, the likely dismembering of the Communist state, and the birth of a westernized regime.

So obviously, that is what the concern is, in terms of the future relations.

Then the book continues to describe what happens. « The killing fields west of Taegu were unlike anything even the most hardened veterans had seen in combat. Remnants of nuclear radiation still clung in the air. The walking ill were a common sight, easily recognized by their thinning hair, persistent vomiting, and heavy fatigue. »

What follows is an allied counterattack, including forces from Japan, France, and Great Britain. Eventually China sends six rockets to Okinawa; five get intercepted by Patriots, but one gets through. It only has a conventional warhead, and therefore it’s understood as a signal, as a warning, against further attacks on the mainland.

In the meantime, a top North Korean general assassinates Kim Il-sung, because he thinks it’s crazy to throw around nuclear weapons, but eventually the situation requires China to use a nuclear weapon, and throws it at the Second Armored Division. Both sides then start to negotiate an end to the war.

Now, the story ends, with a so-called postwar strategic assessment by the Department of Defense, that the U.S. suffered 18,124 casualties, and that many of these deaths could have been avoided. For several years, the United States possessed the technological ability to develop and to deploy theater missile-defense systems. However, the failure of previous administrations to develop, and to deploy, these systems, led directly to the loss of life. This conflict also exposed the deficiencies of American policy toward Taiwan. Containment of China requires that America allow for the role of advanced aircraft, air defense systems, and naval vessels to Taipei. We should anticipate further conflict with China in the not-too-distant future. Computer simulations conducted by the Naval War College in 1994 and the CIA in 1995, predicted that a war between the United States and China in 2005, would lead probably to a victory for Beijing.

« Conclusion: failure to expand American military capabilities, and to support the procurement of advanced weapons systems by Taiwan, will doom the United States to further defeats in Asia. »

Now, when you read this, you can dismiss it, it’s just stupid fiction. But the scary thing is, that Weinberger, who was after all Defense Secretary in the Reagan administration, and a British asset, as became obvious later, for those who couldn’t see it before, this person is part of the Republican military establishment. And while Weinberger now works with Forbes, Forbes magazine, he is in the orbit of what the Bush-McCain policy would be. And the scary thing is that despite President Clinton’s genuine efforts–and I really believe that he genuinely wanted to have a positive relation with China, a strategic partnership–this policy, as it is expressed in this war game, has been on auto-pilot, and is now being implemented by people in the Pentagon, by Defense Secretary Cohen, and the whole discussion about the TMD is exactly what this was aiming at.

Now, as you could see, the assumptions of this scenario are all completely ridiculous. It shows no understanding about the reality of China, the old history, the beautiful cultural traditions; it has no real understanding of what China’s intentions are. That China has no interest whatsoever in going to war with anybody, let alone the United States. But it is the kind of thinking which, for sure, will lead to World War III.

And the reason I spent some time to show you this scenario, is because, if you read the whole book, and similar new books which have come out, it shows how their planned confrontation with Iran, Iraq, and all the other « rogue » countries is viewed.

What went wrong in America?
Now, let us take a step back, and look at the world, at what Anglo-American unilateralism is doing right now to the world. Not too long ago, there was once the idea that one country would dominate the world. And the 12 years of Nazism led to a total catastrophe.

Afterwards, in 1945, people were shocked, and they said, « How could this happen? How could the beautiful Germany, the country of Schiller and Beethoven, fall so low? » And there are many explanations of how the beautiful image of man of the German Classical period, of the Weimar Classics, step by step, turned into cultural pessimism. And maybe it is high time that we, today, ask ourselves, before World War III happens, how could it happen that the United States, the first true sovereign republic, the first sovereign nation-state, the Beacon of hope, the Temple of Liberty, has turned into a country which is feared around the world.

I assure you, I know for a fact, and I can bring thousands and thousands of witnesses: The United States is feared in Africa, by all the good forces. It’s feared by many people in Latin America, and in Asia. It is no longer trusted as a strategic partner by Russia and China. But it is now regarded as the new enemy, aiming to destroy these countries.

Sure, we know a good deal about how this happened. The role of the British, the assassination of McKinley, [the roles of] Teddy Roosevelt and Woodrow Wilson, how the United States entered World War|I on the side of the British, and that Franklin D. Roosevelt died too early. But we have to look very, very strongly, at what went wrong subjectively; what was the process which allowed things to go so far, that today the youth of America is so dangerous, as we have seen in all these incidents, like Littleton.

Now, why is it that the American population allows the institutions of the BAC oligarchy to become such a threat in the world? How could it be that the country of Benjamin Franklin, George Washington, Alexander Hamilton, John Quincy Adams, Lincoln, and FDR, became like this?

I started to look at some of the things Lyn [Lyndon LaRouche] has been talking about, the experience from World War II, when it was, in a certain sense, self-evident that the United States would help the rest of the world to overcome their underdevelopment with Western technology.

White collar’ moral corruption
Lyn has talked many times about the corruption of his peers in the postwar period, and I studied this a little bit, because I think if you want to see how this step-by-step corruption occurred, you really have to look at what went wrong in the period of the end of the ’40s, the begining of the ’50s.

I read a couple of books. One of them is called White Collar, and you get a real insight, because what they describe are the characteristic changes of American society, in this period. Lyn was talking yesterday about the insanity of the population–and the funny thing is that this author describes it as a psychiatric investigation.

By and large, the changes that took place in the Truman period, the so-called McCarthy period, the development of suburbia and the values associated with it, the development of a greed for gain, that people more and more, in suburbia, were concerned with trivial affairs, which absorbed their attention, and shaped their characters. The children of these families, who then became the Baby Boomers, often were the objects upon which parental frustrations were projected. So, the parents either burdened them with overindulgence, fighting, competing for their affection, or imposed strong discipline, so that the child would « amount to something. »

Generally, there was much misery and defeat for these youth.

The desire for gain became uppermost, and spread into all of social life. There was a shift from the old entrepreneur, to a new type of entrepreneur. For the old one, wealth was not a value in itself, but rather a means for an unruffled way of life. The old middle class, about whom another author, W.E.H. Lecky, wrote in 1896, was distinguished beyond all others for its political independence, its caution, its solid practical intelligence, its steady industry, its moral standard, a class of serious moral habits, filled with its own dignity. No longer is there the effective will to power of the old middle class, but rather the tenacious will to fight off encircling competitive menaces.

From this series of small-scale wretchedness, a fretful assertiveness is fed. Human relations are poisoned, and a personality is formed with whom it is not pleasant to exchange political greetings.

The old middle class had a civic spirit, where people would try to benefit the community by voluntary work for its public enterprises. Then, big business moved into the small towns and suburbs, and the issue became to be invited to their social affairs, to marry your children into these circles. And those who could not keep up with the Joneses, or would refuse to recognize this new dynamic, they would be regarded either as eccentric dwarfs, or cheap imitations. The wives of the officialdom of the big firms, became the models for the wives of the old middle class. And the biggest crisis in these suburbs, was not to be invited.

A new type of entrepreneur emerged–the idea was to get ahead. Don’t expect that things can be done legitimately. And often these new types were not so bright, and it was hard to say if they could get ahead based on their own wits, or the lack of wits of others. The old captains of industry were replaced by managers, the CEOs. The new elite was the people who had the most of whatever there was to have.

Also, the old professions, such as medicine and law, were invaded by the managerial demiurge. Instead of the old family doctor, the bureaucratization of medicine began. The effect of this bureaucratization was that it sowed the seed of corruption. When irresponsible decisions prevail, and values are not proportionately distributed, universal deception must be practiced by and for those who make the decisions.

Now, the intellectuals who worked for these bureaucracies imposed on themselves a mental self-censorship, to have their published and spoken opinions conform with what they thought was the opinion of the organization they worked for. So they became mouthpieces, rather than truth-seeking people. Perhaps the intellectuals were always drawn into the orbit of the ruling class, but there, in the middle of the twentieth century, the recoil from detachment and the falling into line, seems more organized, more solidly rooted, in the centralization of power. Intellectuals became helpless in a fundamental sense, that they felt that they could not control what they were able to foresee. Naturally, such frustrations only would arise in those who had a feeling, a compulsion, to act, because the detached spectator would not even feel his helplessness, because he never tried to surmount it.

Now, for the political man, there was a dilemma, because if he tried to state his convictions, he could never have the chance to win power. If he behaved realistically, that is, in line with the major parties, he would not be able to sustain any enthusiasm for politics. And the artists, the independent artists and intellectuals, who normally are the ones who should be able to resist stereotyping, and consequently the death of creativity, they were pulled more and more into the demand of power as well.

The channels of communication became more and more monopolized by the political party machines, based on vested shams who continued to monopolize the chances of effective political organization. So, the opportunities to act, and communicate politically, became minimized, and the intellectuals became employees of tendencies they opposed, and were opposite to what they would like to stand for. This all gave people a sense of defeat and powerlessness, and they invented for that the cult of alienation, and the fetish of objectivity.

There was, at the same time, a change in the identity of the salesperson. The old salesperson would try to improve things for the customer, and would have some professional pride, to make things work better. Now, there would be a sense of powerlessness: People would turn into social pretenders–saying, « I really don’t have to work, I’m just doing it for the fun of it »–and at the same time, there was a change in the white collar workers, with this bureaucratization, where basically, the key question was the hierarchy in the office: who can give the orders.

And let me just tell you. One thing which is the most striking for any European who comes to America, is this unbelievable hierarchical snobbism, that whoever has epaulets is allowed to say something, and somebody who may not be in the position, but has very good ideas, is completely ignored.

Now, this has to do with the fictitious sense of closeness to the manager or the boss. That this closeness actually brings prestige. So if you can say, « the boss said, » that gives you authority, and rarely ever, do the people themselves have such authority. But by inner identification, they often have a strong illusion of authority, and by outward manner they impress it on others.

Then there is the status panic, the struggle for appearance, not truth. Therefore, the leisure of many middle-class people is entirely taken up by attempts to gratify their status claims. You see that, because if you go to a mall, you see these poor people who work all week and are two hours in a traffic jam, so they have really no time whatsoever, but then, on their free days, they go to these ugly, terrible malls, just to « keep up with the Joneses, » and that way their whole life is taken away.

So, just as work is made empty by the process of self-lament, so leisure is made hollow by status snobbery and the demands of emulative consumption. One does not make much of a showing, except by the unremitting demonstration of the ability to pay. This is the only means to impress others. So you have to have the appearance of success rather than substance. Therefore, emotions become a ceremonial gesture by which status is claimed, alienated from the inner feeling they supposedly express.

Vacation is the high point of status change, because one can buy the feeling of a higher status, even if it’s only for one week. And for this experience once a year, often long stretches of gray workdays are taken into account.

Now, I think you get the flavor of how people in suburban life turned into phonies, and why these parents of the Baby Boomers were not able to instill that quality of truth-seeking in their children which would have prevented them from becoming an easy prey for the kinds of cultural paradigm shifts which the oligarchy then imposed in the middle of the ’60s, with the sex-drug-rock counterculture and the utopia of the post-industrial society.

So, if you look at the corruption of Lyn’s peers, how they were unable to prevent the Baby Boomers from turning into such spoiled brats, and how these Baby Boomer parents are unable to protect their children from what is being done to them now, then you see the full tragedy of American cultural decay.
Attack on the sovereign nation-state
Now let me–before I come to the actual point of my presentation, I would like to add one more reflection. As part of the total globalization and the effort to establish world government, there is presently taking place a complete attack on the sovereign nation-state around the world. The form it takes in Europe is to basically attack, with corruption scandals–in Italy, which is already completely destroyed, in one sense, but also in Germany and France; then you have this farce around this so-called new danger around Haider in Austria, which is a complete joke. Where were the demonstrations against Margaret Thatcher, who was worse than Haider in every respect of policy? But, if you look at what happens in Germany right now, where Kohl, the Chancellor of unification, possibly could go to jail, the CDU, the most state-caring party of the postwar period, is in a deep crisis, and will have to pay 40 million deutschemark fines, or something, for the corruption and bribes they took.

Now, I have stated elsewhere, and I will not do that at this point, that the context of this present dismantling of the political institutions in Germany was the geopolitical decisions around German reunification in 1989-90, the Gulf War, the imposition of the European Monetary Union, and the elimination of the German mark. But now, I just want to identify this context here. I want to basically talk about the method of this corruption, because it is true, bribes were given, millions of marks were distributed, but it is unbelievable how now everybody is completely acting out their part in a script of a soap opera, leading to the total self-destruction of the German political system. And I can only tell you, that what is happening now in Germany, can only be compared to the barrage of TV and radio news about the impeachment of Clinton–Paula Jones, Monica Lewinsky–I mean, you have a similar attack on the political system right now in Germany, completely dominating everything.

But, I want to look at that for a different reason, because it is extremely important that this is not just a degeneration, but that you can study that corruption is the method of the oligarchy, and is the method of the system.
Richter’s `high art’ of corruption –

Now, I found a very revealing book, which, unfortunately only exists in German, but it is definitely worth reading. It’s called The High Art of Corruption, written by a very evil person called Horst-Eberhard Richter, who develops in this book, in a systematic fashion, why corruption is an indispensable instrument of the ruling class. He calls openly for the rehabilitation of corruption as a legitimate method, and describes how he has training seminars for top managers and politicians in the Ars Corrumpendi, the Art of Corrupting. He says:

« Who wants to govern must corrupt. The interaction of the corruptors and the willingness of the corrupted is what creates and maintains order. Since the real leading elites in society only consist of a very small number of people, discreet training, in the form of individual instruction, and in smaller seminars, is not problematic. »

And then he advocates the use of paragons of corruption as guiding stars, and then quotes Machiavelli to the effect that the corrupter has to be convinced that the corrupted ones are all latently corrupt. If he ever would trust that they were capable of love of humanity, truthfulness, and justice, he would be lost. In human history, now and again there appear longings for a utopian society of mildness and love. Even, rarely, a top politician or top manager becomes infected by this virus. That is then a complete catastrophe. And therefore, Richter uses his training seminars to do everything to stop such a person and to have them leave his course as happy, power-egocentrics, and unencumbered « elbow-athletes. »

So, for the psychological fitness training to succeed, he ways, it’s important to have a scientific legitimization, and the key is to get rid of this uncomfortable idea of a conscience. And he wants to demonstrate that this is a completely artificial construct, and the so-called proof is that a small child has no conscience whatsoever, because it rips out the legs of a fly, it tortures little animals in general, destroys everything it can get ahold of. Then he says, « The goals of our society–expansion, strength, increase of power–demand victory types who represent these goals. But only he can win who wants to defeat others, expand, push others back, occupy power and increase it, keep others down. The myth of conscience would be, should our best fall for it, the death of progress. »

Then he says, the biggest disappointment is if some among his students who are highly gifted, stick to this belief of a universally binding conscience. And he says, therefore, yeah sure, this love thing, it occurs because there is a basic instinct of species preservation, and that is better preserved in women, because they have to take care of infants, but women in leadership are only a temporary viral infection, one hopes.

And then he says, « In the old days, power elites knew exactly how to get rid of dangerous rebels who wanted to change the world based on their conscience. Socrates had to drink poison when he tried to shake public dogmas, and tried to teach the youth an ethic of truth. Jesus Christ was nailed to the cross for his teaching of agape and love of mankind. »

And then he says, « To be blunt, conscience has no place in politics because that means the inability to act. Rather than having an ethic of conscience, let’s have an ethic of responsibility, because this is a nice flexible notion. » And then he quotes Max Weber, « No ethics in the world gets around the fact that for the achievement of good aims, in many cases, one has to use morally doubtful or dangerous means. »

Look at it this way: The morals of the people got corrupted, but the people who did the corrupting did it very consciously. The people who imposed all these value shifts, away from inner-directed people, away from truth-seeking people, people who wanted to work for the general welfare, who wanted to have a meaningful life, turning them into greedy monsters, people only concerned with their gratification, with their pleasures–all these changes which have occurred in the 50 years since the Second World War–there was an elite all the time, sitting somewhere at Tavistock or MIT or I don’t know exactly where, who thought, how can we corrupt the people consciously?

And, you know, Kohl is a typical example, because while he did certain things for unification, after he was caught with these millions of bribes, he said, « I only took these millions for the sake of the party. » Now, it turns out that it was neither good for the party, because the party is now dissolving, nor was it good for the country, because it’s now being destroyed as a result of this.

Then the book continues with a chapter called « Masters and Idiots. » And Richter says: « It’s a big advantage in Germany that the tendency to stick to principles has led to a situation where, in no other country has one been so successful in keeping critical intellectuals, sensitive aesthetical humanists, totally separated from the political and economic power centers. This surgical removal of the so-called conscience from politics and economics naturally is not a German invention, but »–he gives the credit to the British Enlightenment, Mandeville, and others. « Universities have perfectly adopted this new trend to have the inner-world subjects where one can think as much as one wants about the ennoblement of the soul, the inner purification of social harmony, separated from the power-oriented subjects. »

In his training courses, Richter makes sure to discourage sensitive lilies: The inner-world-oriented ones have a deal with the power-oriented ones: « If you don’t intrude in my inner world, you can do, in the sphere of the economy and politics, what you want. » The powerful one, on the other side, says, « In return for your willingness to give up any effort to realize your ideals in reality, I give you a false freedom. You can have a total contempt for me, but you have the right to develop any feeling of God-likeness, and you can even speak about it. » Preventing the virus of utopian idealism from breaking out of the reservation of the inner world, is the key issue.

« If, however, an original thinker comes along, who cannot be bought off through prizes, honors, and so forth, then one has to be aware of the beginnings. In the name of accepted norms and political standards, they have to be eliminated from the realm of power, driven back into the ghetto of intellect, firebranded as rats and roaches. »

Now, if you think of what they have done to Lyn and to us, I think that this gives you a very good insight into why they fear that a person who talks about the soul, about conscience in this way, is regarded by the oligarchy as such a threat.

Then Richter talks about brainwashing through TV. He says that « the TV, used in an appropriate fashion, is a most wonderful instrument for mental corruption–one does not have to teach anybody in the power elite. It corresponds to the unconscious desire not to have to think yourself. » Then he advocates bite-sized answers, because « no matter what the question is, the bite-sized answer immediately covers the issue up and prevents deeper reflections. The TV man actually likes actuality, not history. The audience only sees the top of the process, and not its historical evolution, and especially not any directionality into the future. » He calls this bite-sized thinking a « synthetic Alzheimer’s disease. »
The brainwashing of American children

So, if what Richter describes for Germany is true, I can assure you, it is worse by several orders of magnitude for the United States. And, I come now to the last chapter of this report. And again, I want to pose the question: How come the American people have become so passive, that only 30% of the eligible voters vote? And even that doesn’t mean much, because if the election is rigged between the leadership of the two parties and the media, there remains actually no choice. But the more compelling question is, how come the American people have become so indifferent to the suffering in the world, which is so obvious? How have they become so credulous, that they think they live in prosperity when they are only bound by the chains of illusion? It is only explainable by the long story of the mind-war escalating step-by-step, conducted by the oligarchs, getting people to accept more corruption, and more corruption. And the role of the media and the entertainment are the most crucial thing. A process over years and years has made violence and perversion more acceptable; people don’t even notice it any more.

Now, I’m going to present to you an overdose of the kind of thing that children see every day on TV all the time. And I’m only doing this, so that you can recognize this as the enemy.

Actually, I would like to ask all the children in the room, when the videoclip starts, to close your eyes. And I put you on your honor, that you will only open your eyes when I say you should do so.

The first clip I’m going to show you, from « Friday, the 13th, » is actually a very old one. It’s made in the ’60s, when the Baby Boomers were teenagers, and it is today a so-called cult movie.

Scary sounds. « It must be my imagination. » Screams. « Bill|… » Screams. Scary music. « Kill her, Mommy. Kill her. »

« She can’t hide. No place to hide. »

More scary music. Screams.

Now, this is an old-fashioned horror movie, but it is one of the first movies, to my knowledge, where the notion of a killing-spree, is the ultimate purpose of the movie, where there is absolutely no positive resolution, no lesson to be learned, as in a Classical drama, but only a senseless killing which leaves people with a complete sense of horror.

Now already in 1972, the Surgeon General’s report was already warning about a link between media violence and violent behavior of children. The American Medical Association, years ago, already said that media violence is America’s number-one health-care emergency. Why is there such a constant denial and obfuscation of that fact? The answer is that the people who should report about it are the very people who are doing it, namely, the national media, the television industry, and they know that they are the responsible ones, as military psychologist Lt. Col. David Grossman says.

Now, a child who watches this, or who watches [someone] beat his Mom, or who watches 100 violent acts on TV, is primed to repeat these actions in the future. Why does a child repeat behavior? Because the behavior children observe in the first five years of their lives cannot be unlearned.

I’ll give you another short example of what one can see, and versions thereof, because there are literally thousands of such things on TV every day.

Voice: « Twelve in the night. Feasting on blood and the sins of our flesh. The haunt of their power lies in the bloodstone. »

Another voice: « She stole the stone from me. »

Third voice: « Kill her. BLOOD! » Screams.

Voice: « An evil from another dimension has possessed the children. »

Voice: « She is the first to be sacrificed! »

Voice: « It’s controlling their minds and feeding their hates. »

Voice: « Presenting Clyde Barker, `The Art of Horror,’ a spellbinding 30-minute look at the man who created the classic `Hellraiser’ film series. »

Voice: « If you do have a motivation, however outrageous it is, however erotic, however dark, however forbidden the imagery is, I think people have an appetite for it. So I always say, just get on and do it. If we care about the craft we’re involved in, we care about it because it can communicate to large numbers of people. »

Screams. Loud music, noise.

« Jesus Christ! »

« Not quite. » More screams.

Zepp-LaRouche: If you are horrified, that’s good, because I want you to be horrified.

Long before the massacre in Columbine High School in Littleton took place, which caused a national outcry, there were dozens and dozens of cases of violence and even killings in schools and neighborhoods, which never made it beyond the local news. On Dec. 1, 1997, in Paducah, Kentucky, the 14-year-old Michael Carneal took six guns, waited for the daily prayer session in the school to stop, and then shot three girls: Jessica James, Kayce Steger, Nicole Marie Hadley, and wounded five others. Later, the police seized his computer, and it turns out that he was an avid computer user, who had looked many times on the Internet for obscene and violent movies. One of the movies he was hooked on, was called « Basketball Diaries, » together with another one called « Natural Born Killers, » which also played a key role in the Littleton massacre. Here is a film clip:

Rock music. Laughter. Gunshots. « Greasy, f– pig!|… You’re less than a man. Are you clean? or are you sloppy and wet? »
« You stupid b–! » Crash. Ghoulish laughter. Screams.

Zepp-LaRouche: Now they burn the mother in the bed, after they have stabbed and drowned the father.

Screams. Rock music. « They’re hot. They’re hot. »

Zepp-LaRouche: Here, they’re being celebrated by teenagers around the world as heroes, shown on TV, because they killed Mother and Father.

Rock music. Yelling. Gunshots. Screams. « You ain’t seen nothin’ yet. » Laughter.

« Sh– man. I’m a natural-born killer. »

Zepp-LaRouche: Now, from the « Basketball Diaries »:

« It was Death for the first time. His face was thin and wrinkled, almost ape-like. His hair, just gray patches on his scalp. He looked 60 years old, and he was 16.

Rock song: He was 12 years old, fell from the roof on East Two-Nine. Kathy was 11 when she pulled the plug; 20 cigarettes and a bottle of wine; Bobby … looked like 55 when he died. He was a friend of mine.

« Might as well mainline. I’m scared of needles. But I gave in. » Loud music.

Zepp-LaRouche: The role of drugs is an extremely crucial element in this:

« It was like a long heatwave through my body. Any ache or pain or sadness or guilty feeling was completely flushed out. »

Woman’s voice: « You just go right down to this corner and you make a left. It’s right there. What are you doing? Let go. Let go. Let go of that [loud noises, scuffle]–SCREAMS.

Male voice: « What are you doin’?

Screams. « GO! » Traffic noise.

Loud rock music.

Boy goes into the classroom and shoots the students and the teacher.

Zepp-LaRouche: Now, this is exactly the scene which was repeated in Littleton, modelled on this.

Heavy metal rock; percussive sounds. Weird voices. Screams. Roars. Male voice: « I love the ritual. »

Female voice: « Oh, Mary, if you can…. » Drug dealers in action are shown.

Zepp-LaRouche: This is what the head of the New York stock exchange supports, Mr. Grasso.

More rock music. « F– em! »

« What’s your problem, man? »

« What’s your problem, man? »

« You sold my girlfriend some sh– the other day, you almost killed her. What’d you put in it–rat poison? »

« Hey, Mom, I need you to give me some money. Okay?

« I want the money. I want the money in the house. Where’s the f– money? » Aagghh! Screams. « NO!! »

Rock music. Heavy beat.
(end clip)

Zepp LaRouche: So, I hope that you see that this is going on in America every day. When the police looked into the computer games that Michael Carneal had used, they discovered that he was also hooked on the famous game « Doom, » which is a pattern of moving quickly from one target to another with an emphasis on headshots. Carneal, a 14-year-old boy, who had never shot a gun before, hit eight people with eight bullets, five to the head, three in the torso.

The parents of the three girls who were killed are now suing the producers of these satanic video games and movies in a $130 million suit. The attorneys make the argument that the « Basketball Diaries » movie represents a nihilistic glamorization of irresponsible sex, senseless and gratuitous violence, hatred of religion, disregard of authority, castigation of family, drug use, and other self-destructive behavior, and that therefore, it is a harmful influence on impressionable minors.

The military psychologist Colonel Grossman, who teaches courses on the psychology of killing to the Green Berets and Federal agents, has been hired as an expert witness in this case. He points out that point-and-shoot video games have the same effect as military training techniques used to break down a soldier’s aversion to killing. These games, however, he says, are more powerful than military training games. Therefore, the United States Marines has now bought a version of this « Doom » to train their soldiers.

Some games incorporate role-playing elements and the creation of a plot with characters. What makes these games unlike any other form of media violence, is that you are not just watching a movie, you are in the movie. You are not just fascinated by Schwarzenegger blasting a bad guy to pieces. You are actually pulling the trigger. Getting killed is a drag, because suddenly the game is over, and the only way to remain master of it in this intoxicating new universe, is to kill.

One father said, oh, it’s not so bad, because it gives the children a better sense of control. Because what they see in the news, they have no actual control over, but they can take this little piece of mirrored reality and control and beat it.

A later version of one of these computer games called « Daikatana » supposedly gives a new dimension of realism, taking advantage of the roaring processing speed of computers and powerful three-dimensional graphics, accelerator cards. Physical reality suggests that you are sitting in a chair, operating a mouse and a keyboard. The computer screen replaces your field of vision and you believe that you are actually creeping around a corner, afraid the enemy is lying in wait. You feel your pulse quicken. When the monster jumps out, real adrenalin roars through your body. Everything is so lifelike, you almost can feel the wet blood.

What this is, is that the oligarchy is consciously destroying whatever is human in the human being. It’s using certain techniques for a deliberate behavior modification and even brainwashing, because this is brainwashing. If people see this again and again, their minds are dead.

So it’s a very conscious policy by the oligarchy, by Hollywood, to dehumanize the population, to desensitize them, and to develop the idea that when you shoot, an automatic reaction sets in before you even have time to take a moral choice about what to do.

This is why these police shootings, like the famous [Diallo] case on trial in New York right now, where four policemen shot 41 bullets at an unarmed man, was just on the basis of such police training.

Now, if you are killing an object, thousands and thousands of times, it becomes your second nature. Now just confront with that what Moses Mendelssohn had said about Classical drama and why great Classical drama is necessary, so that people can confront themselves with the great issues, to train their emotion to feel noble and elevated so that when they are confronted with a moral choice in real life, that moral behavior becomes their second nature.

Now, one of the Littleton killers, Eric Harris, had worked up to 100 hours reprogramming the « Doom » video game to make it more or less explicitly the plan for his attack. Investigators of the Simon Wiesenthal Center in Los Angeles concluded that he had incorporated the Columbine High School floorplan into the game. So, Harris had reprogrammed the game also to be in a « God » mode, in which the player is invincible.

The cult of Pokémon
If this is horrible, and it is, there is something even more dangerous. It is something about which 99.9% of the parents are absolutely clueless. It is something which I have only known about for four weeks, and it’s Pokémon, and it is, in the truest sense of the word, a bug which is infesting the minds of millions of children in America.

A couple of weeks ago, I got accidentally into a discussion with a little boy of six years old, who told me for the first time about Pokémon. I had never heard of it. And he was a very nice little boy, a very bright kid, and he was bubbling over, « Pokémon this, Pokémon that. » So, after half an hour of conversation, I was absolutely horrified about the set of values this little boy had adopted in the context of the Pokémon fever. For example, fighting is good, because you have more power to smash your enemy. You have to smash the poor, because the poor will become robbers and kill you, and therefore you have to kill them. And things like that. The little boy was just saying these things–no sign of compassion, and the most unbelievable prejudices. I was completely shocked, and that actually was the beginning of this project which I’m presenting to you today.

So, I tried to find out what this Pokémon was, and I was clueless, like all adults. I asked everybody, nobody knew; so I saw an advertisement in the Washington Post about a so-called Pokémon tournament in a mall near Washington. So, I took one Sunday afternoon and went there–and what there was, was a huge display–I mean, since all malls in America are the same, you can imagine, it went from Sears all the way to Hechts! So it started in front of Sears in the middle, inner aisle, and there was a big table, a display, where children were playing so-called Pokémon cards. It’s the question–you can have more powerful cards. There are actually 150 Pokémons.

There’s an unbelievably aggressive marketing strategy behind the tournament. The sales team is going to 20 American cities, inviting thousands and thousands of children to play in a tournament, get their name posted–it’s a whole inner world.

There are actually 150 Pokémons. Pokémon is the short form of « pocket monster, » and these different pocket monsters have different powers, so you can play a game, a newer game, called a stadium game, where they have a big screen and 20 smaller screens, and mesmerized little children and their parents playing this. The idea is, you pick six Pokémons and you have four fighting techniques.

I asked some of the little girls and boys standing in line waiting to play this, « Why do you like this game? » And they said, « Because they’re fighting! Because they’re fighting! »

I said, « What’s so great about fighting? Isn’t it nicer if people love each other and get along well? »

« No! No! No! »

They were just like aggressive explosions. So, for the sake of this project, because I wanted to find out, I put myself in line waiting to play this Pokémon game, and after half an hour I was finally in the place, and I could play against a six-year-old.

So, the mystery dissolved very quickly, because once you know, it’s very simple. As I said, you pick six or so of the 150 Pokémons, and you have four types of weapons in this particular game (there are other games), and then you can attack your opponent either through fire–you throw fire at them–or electricity, lightning, or you destroy them through seismic shock, and eventually you outdo your opponent.

It’s totally mechanistic; there is no way to influence this game, other than this mechanistic pushing of the buttons. No creativity. No cognition. It is less than a Pavlovian dog, because the Pavlovian dog at least gets something to eat in the beginning.

So, I asked some parents, « Don’t you feel that this game will further the aggressions of the children? » and these parents had no idea. They said, « No, no, my child is not aggressive. These other children may be aggressive, but my child–not. »

Then I tried to actually get more involved and find out more about it, so I went to a video store, to see if I could get a video of this Pokémon, because I didn’t want to waste money to buy a Game Boy, because only if you have a Game Boy can you play the Pokémon game. In this video store, I saw a father and a little son. And what did the father do, he looked at porno videos, violent videos, just stocking his weekend supply, and the little boy said, « I want Pokémon! I want Pokémon! » Naturally, the father had no idea, he wasn’t interested in what the little boy was demanding, because he had his mind full of his own fantasies.

Now, next video clip please:

Sounds of crashing, smashing, screaming, « Mommy Mommy. » Electronically amplified voice over loudspeakers: « Our next match is between Hit and Steel Dude, and Steel Dude is hard as a rock. » « Yo Dude, this time hit Hit??? »

Sounds of crashing and thudding. Female voice: « Don’t show any mercy! Kick, kick, kick, kick. »

More sounds of electronic music thumping pounding. Unintelligible yelling. Screaming, sounds of engines vrooming.

Adult voice: « You did it! » Kid’s voice: « All right! »

More horrible sounds of voices, one voice cuts in, « What are you doing? »

« Kick, Kick »

Voice sounding like Donald Duck: « Your secret weapon is ready! »

« All you gotta do now is use this remote control. »

« Have Hit jump up and then flip the switch. One hundred thousand volts will run through the ring followed by an explosion. » Maniacal laughter.

« One thing’s wrong. »

Unintelligible screaming.

Kid’s voice: « All right! Use the seismic guns now. »

Crashing, screaming.

Kid’s voice: « We did it! »

Horrible noises.

« We did it! »

Sounds of audience cheering.

« It’s been quite awhile since he sent me a new Pokémon. I wonder what he’s captured this time? »

« What is that smell? »

Horrible noises, running water, panting and gasping.

« We could have suffocated. »

Donald Duck voice: « The city has been plunged into darkness by a power failure. »

« A power failure is it? I can identify with failure. »

Zepp LaRouche: Now, that is what is on Fox TV every afternoon, on the children’s program, and all the latch-key children and many others are consuming it. There’s a whole industry around it, tee-shirts, bed sheets, watches, and many, many, many things.

Now you have to understand that this poisons the minds of children up from the level of three years old.

Now in these Pokémon cartoons–this comes from a cartoon series–you have eight- to ten-year-old kids who direct and fight these monsters.

For example, there’s one story where Sabrina, one of the girls, gets attacked by the Dream-Eater, which is a gas Pokémon which sucks out the opponent’s soul. (That’s actually written there.) So, then you have a high-level haunter who appears suddenly, steals people’s souls, and then vanishes. And there’s a dialogue among the kids about what to do: « We have vowed that we have our revenge, so we will keep fighting till the bitter end. »

Then they say about Sabrina, who is by now dead, because her soul has been sucked out, « Who would have thought that such a sweet girl like her would become so consumed with the desire for revenge? » Then they say, « The haunter may have eaten her soul, but she’s still able to tell us where she is, through telepathy. »

It’s completely insane, and has no connection to reality, but it is a poisoning of the mind in the worst way.

As I said, they have an extremely aggressive marketing strategy. When I was in this mall, there were about 20 salespersons who were directing things, « More light here, more sound there. » There, children engaged, « pull them here, pull them there. » It was unbelievable, it was like an army trying to lure these children there. They tried to get them to become trainers of this game, and basically to get them into a Pokémon League. They say how you can get to the next store, which is the road to becoming the world’s greatest trainer, so there really is an effort, and there’s a craze–you should see these little kids, they are completely mesmerized. They are totally obsessed.

Now, there was one little girl in line, a tiny little girl. And I asked her Hispanic-looking father how old is she, and he said, three years old. And he was very proud that his little girl could already play this. Now, what does it do to the mind and soul of a three-year-old child, to play such a game, which is entirely based on fighting, aggression, attack, revenge, smashing your opponent? I asked one of the salesmen, who was maybe between 18 and 20 years old, if he played Pokémon too, and he said, « Oh no, I play some of the more challenging games. » And you know, obviously, Pokémon is the initiating soft drug leading to the hard drug.

Now as everybody knows, the minds of children are completely impressionable, because children learn primarily through imitation and through play. But what is there here to imitate? Aggression. And what is completely lacking? Love, compassion, joy, beauty. The play is completely mechanistic. It is exactly what Norbert Wiener poses as a task in his book Cybernetics, that one has to find a neurological mechanism, matching the theory of John Locke about the association of thought based on sensuous experience. Now in Pokémon, there is no discovery, there is no hypothesis, no creativity, no soul, no cognition. Pokémon is the Dream-Eater which sucks the soul out of the child and turns it into a potential little killing machine.

The parents of the three dead girls from the Paducah killing have sued the following video game and movie companies: ID Software, GT Interactive Software, Midway Home Entertainment, Atari Corporation, Interplay Production, Nintendo of America, Atavision, Hepcon Entertainment, Sony International, Interactive Studios of America, Eidos Interactive, and eight more companies. And the following movie producers: Time Warner, Polygram Film Entertainment, Island Pictures, Palm Pictures, New Line Cinema, and two Internet providers.

Now I think that’s a good list for starters, and we should add the ones which are not yet on that.

Jack Thompson, one of the lawyers representing the parents, declared, « We need a nuclear war against these people. » And I agree.

Thompson is also working with teachers, parents, and students at a school in Flint, Michigam in a project to pay children to turn in their violent video games to be destroyed. I propose that that example be repeated throughout the United States and all over the world, because a truly Satanic oligarchy has declared war against our children. Let’s declare war against them!

It is up to you if this country, and for that matter the rest of the world–because, as I tried to demonstrate, the large issues, the war games, and these computer games are based on the same method; therefore it is a question of the rest of the world–have a chance to survive only if these things are eliminated.

Don’t worry about guns, because Pokémon-trained kids will kill you with fire, lightning, electricity, or anything else. And the more Internet connections to schools we have, if there are no fundamental changes in the education system, the more little monsters you will have–and they are not going to be Pokémon monsters.

And that is my report.

6 Responses to Violences urbaines: La violence des images prépare à la violence des groupes (When our children’s games become more powerful than military training games)

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  2. […] Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron […]

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  3. jcdurbant dit :

    … he was also an avid player of first-person shoot-em-up video games.

    Bavarian prosecutor Thomas Steinkraus-Koch has confirmed Sonboly feared contact with others and had previously been treated for mental health problems at a psychiatric inpatient in 2015.

    Police have been probing claims that the killer felt bullied by his peers and that he may have been inspired by Norwegian mass murderer Anders Breivik, who killed 77 people exactly five years before the Munich shootings.

    Just weeks before the shooting, Sonboly had warned a 14-year-old girl living in his apartment block: « I will kill you all. »

    http://news.sky.com/story/friend-of-munich-gunman-arrested-over-attack-10511723

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  4. jcdurbant dit :

    IT WOULD BE HIS MESSAGE TO THE WORLD

    New information presented in court Friday suggested that Hribal’s attack was inspired by the shooting rampage at Columbine High School that happened 15 years ago. Hribal even wanted to carry out his attack on April 20, the anniversary of the Columbine tragedy, but moved the date because school was not in session that day. (…) According to the psychologist testimony, Hribal says he related to how the Columbine attackers felt — and that he felt ostracized in school. He also said he didn’t expect to survive the knife attack, that it would be his message to the world.

    http://pittsburgh.cbslocal.com/2014/09/26/franklin-regional-stabbing-suspect-expected-in-court-judge-to-mull-housing/

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  5. jcdurbant dit :

    WE WOULD DISCUSS CHEMICALS AND HOW TO MIX THEM

    “A lot of us were very into science; we would discuss chemicals and how to mix them and which ones were dangerous. We were into weapons and stuff. A lot of us did role-playing, and RPG [role-playing games]; we’d have foam weapons and act out a battle.”

    Cassia Schultz

    Schultz described Conditt as a “pretty normal kid.” She said that a lot of children who were part of RIOT carried knives and learned how to shoot guns at gun ranges, but she didn’t recall bombs or bomb-making being a specific topic of discussion at RIOT…

    https://www.buzzfeed.com/tasneemnashrulla/austin-bombing-suspect-mark-anthony-conditt

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  6. jcdurbant dit :

    DANGEROUS GAMES (Quand la Roquette joue à la guerre des gangs américains)

    Une vingtaine de jeunes de la bande de Riquet – un quartier sensible du XIXe – armés de bâtons et de couteaux, seraient venus narguer une dizaine de personnes d’un groupe du XIe arrondissement, en train de tourner un clip de rap, rue de la Roquette. C’est au cours d’un bref affrontement, mais d’une rare violence, survenu devant des passants impuissants que l’adolescent a été poignardé. Hospitalisé en urgence à La Salpêtrière (XIIIe), il a succombé à ses blessures peu de temps après son arrivée…

    http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-emotion-apres-la-mort-d-un-ado-de-15-ans-rue-de-la-roquette-14-01-2018-7500603.php

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