Affaire Mitterrand: Une affaire très française (In the protestant political cultures of the north Mitterrand would never have landed his job)

Fredo's bad lifeComme citoyen et comme ministre de la Culture et de la Communication, je ne veux pas qu’on traîne dans le caniveau des pirates ‘l’atmosphère, atmosphère’ d’Arletty, le « c’est dégueulasse » de Jean Seberg dans ‘A bout de souffle’, la biscotte de Michel Serreau dans ‘La cage aux folles' », « L’Hymne à l’amour » d’Edith Piaf (…). Je refuse que l’on violente « La Javanaise » de Serge Gainsbourg. Frédéric Mitterrand
Ca fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit. Frédéric Mitterrand
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
Puisque vous parlez d’ignominie, je pourrais moi aussi parler des ignominies que vous avez défendues en justifiant des actes vis-à-vis des enfants. François Bayrou
Bayrou a été a été très, très loin. Je ne me sens pas appartenir à ce type ou cette race d’hommes politiques qui sont prêts à tout pour essayer de gratter une petite place sur l’échiquier. Benoît Hamon (RTL, juin 2009)
Quant à l’ouverture, Frédéric Mitterrand, la caractérise magnifiquement. J’avais trouvé son livre « la Mauvaise Vie » courageux et talentueux (…) Nicolas Sarkozy
Je ne vois pas où est le problème, je ne vois pas pourquoi quand on soulève une polémique aussi pathétique que celle-ci avec autant de retard, on devrait en tirer des conséquences aussi radicales.(Guaino porte parole de l’Elysée)
Quand on le lisait dans le corps du texte, cela n’a choqué personne. Il a été reconnu comme un vrai écrivain avec ce livre-là. Betty Nialet (éditrice du livre)
Si je n’avais pas écrit ce chapitre-là (…) j’aurais menti. Et le but de ce livre était de ne pas mentir. Frédéric Mitterrand
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)

J’étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins. (…) Que vienne me jeter la première pierre celui qui n’a pas commis ce genre d’erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n’aurait pas commis ce genre d’erreur au moins une seule fois ? (…) « Ce n’est ni un roman, ni des Mémoires. J’ai préféré laissé les choses dans le vague. C’est un récit, mais au fond, pour moi, c’est un tract : une manière de raconter une vie qui ressemble à la mienne, mais aussi à celles de beaucoup d’autres gens.
Frédéric Mitterrand
La rumeur, Frédéric Mitterrand, c’est qu’on dit ‘Frédéric Mitterrand, il aime les petits garçons. On dit, il est pédophile’. Franz-Olivier Giesbert
C’est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, on imagine alors les petits garçons. Ça fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit qui fait que l’on veut toujours noircir le tableau, ça n’a aucun rapport. (…) Evidemment, je cours le risque de ce genre d’amalgame. Je le cours d’autant plus facilement ce risque-là puisqu’il ne me concerne pas. (…) Il faudrait que les gens lisent le livre et ils se rendraient compte qu’en vérité c’est très clair. Frédéric Mitterrand (émission « Culture et dépendances », le 6 avril 2005)

J’aurai raconté des histoires avec des filles, personne n’aurait rien remarqué.
Frédéric Mitterrand
En tant que ministre de la Culture, il s’illustre en prenant la défense d’un cinéaste accusé de viol sur mineure et il écrit un livre où il dit avoir profité du tourisme sexuel, je trouve ça a minima choquant (…) On ne peut pas prendre la défense d’un cinéaste violeur au motif que c’est de l’histoire ancienne et qu’il est un grand artiste et appartenir à un gouvernement impitoyable avec les Français dès lors qu’ils mordent le trait. (…) Au moment où la France s’est engagée avec la Thaïlande pour lutter contre ce fléau qu’est le tourisme sexuel, voilà un ministre du gouvernement qui explique qu’il est lui-même consommateur. Benoît Hamon (porte-parole du Parti socialiste)
On ne peut pas donner le sentiment qu’on protège les plus forts, les connus, les notables, alors qu’il y a les petits qui subissent la justice tous les jours. Ce sentiment qu’il y a deux justices est insupportable. Manuel Valls (député-maire PS)
Qu’est-ce qu’on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la Culture? Marine Le Pen (vice-présidente du FN)
A ce propos d’ailleurs, nous n’avons rien contre les homosexuels à Rue98 mais nous aimerions savoir comment Frédéric Mitterrand a pu adopter trois enfants, alors qu’il est homosexuel et qu’il le revendique, à l’heure où l’on refuse toujours le droit d’adopter aux couples homosexuels ? Pourquoi cette différence de traitement? Rue 98
Dans l’idéal démocratique, l’homme politique doit être irréprochable, même si cette règle connaît des accommodements en France. Aux Etats-unis, Frédéric Mitterrand aurait déjà démissionné depuis longtemps. Arnaud Mercier (spécialiste de la communication politique)
C’est une affaire très française, ou en tout cas sud-européenne, parce que dans les cultures politiques protestantes du nord, Mitterrand, âgé de 62 ans, n’aurait jamais décroché son travail. Son autobiographie sulphureuse, publiée en 2005, l’aurait rendu impensable. (…) Si un ministre confessait avoir fréquenté des prostituées par le passé, peu de gens en France s’en offusquerait. C’est la suspicion de pédophilie qui fait toute la différence. (…) Sarkozy, qui a lu livre en juin [et] l’avait trouvé  » courageux et talentueux » (…) s’est conformé à une tradition bien française selon laquelle la vie privée des personnes publiques n’est généralement pas matière à discussion. Il aurait dû se douter, compte tenu de la médiatisation de sa vie sentimentale, que cette vieille règle qui protège les élites avait volé en éclats. Charles Bremmer (The Times)

Le perfide puritanisme anglo-saxon aurait-il encore frappé?

Après les viles attaques, sans parler en plein scandale Abou Ghraib de Didier Bourguet, contre Cohn-Bendit puis Garcia Marquez

Et Roman Polanski par l’Amérique qui fait peur

Retour, avec le correspondant du Times à Paris Charles Bremmer et au lendemain d’une pathétique tentative d’autojustification de Frédéric Mitterrand hier soir en direct sur TFI, sur cette « affaire très française » et le méchant retour de bâton dont a été victime le neveu de Tonton et actuel ministre de la Culture français.

Mais surtout sur l’important changement des mentalités qu’elle représente pour le pays de Gide et de Proust avec l’effondrement apparemment irrémédiable de la tradition bien française de la défense de la vie privée des personnes publiques.

Cette « vieille règle qui protégeait les élites » et permettait notamment à une caste de privilégiés de « partir à l’étranger assouvir leurs fantasmes ou de fuir la justice de leur pays au nom de l’art »

Sarkozy’s gay minister fights for survival
Charles Bremmer

The Polanski case may end up costing the job of Frédéric Mitterrand, the popular nephew of the late president who became Nicolas Sarkozy’s Culture Minister four months ago.

You may have heard that Frédo, as he is known, been hit by a nasty boomerang. His outspoken defence of Roman Polanski on the paedophile charges last week opened a boulevard for the far right National Front to recall the minister’s own past as a practitioner of gay sex tourism.

This is a very French, or at least southern European, affair because in the protestant political cultures of the north, Mitterrand, 62, would never have landed his job. His sulphurous autobiography, published in 2005, would have made it unthinkable.

Sarkozy appointed Mitterrand, a presenter of television arts programmes, knowing that his book, La Mauvaise Vie (The Bad Life), recounted his visits to brothels in Thailand where he said he paid for sex with boys. Sarkozy, who read the book in June, said this summer that he found it « brave and full of talent ». In nominating the new Culture Minister, he was following the French tradition that the private lives of public figures are not a matter for public discussion. He should have known from his own much-reported love life that the old rules that protect the elite are breaking down.

When Mitterrand took office, everyone (including us) mentioned his homosexuality and alluded to the critically admired memoir, but very few raised the details. These have blown up in Mitterrand’s face, thanks to Marine Le Pen, heiress to her father’s xenophobic Front National. She read out extracts on television on Monday night. « I got into the habit of paying for boys, » said one line. « The profusion of very attractive and immediately available boys put me in a state of desire that I no longer needed to restrain or hide. »

There is much more of this lurid stuff. Mitterrand himself calls it sordid. He writes, in Proustian style,of the exquisite pleasure of paying for sex. He refers to the Thai male prostitutes as garçons and sometimes gosses (kids). You could feel the embarrassment in the political world as Sarkozy administration and the mainstream opposition flinched from touching a cause launched by the unspeakable far right. The Socialists finally jumped in yesterday and condemned Mitterrand without calling for resignation. Today’s main newspapers could still only bring themselves to give the affair minor mention.

Mitterrand has tried to take the high ground, saying: « If the National Front drags me through the mud, it is an honour. If a leftwing MP drags me through the mud, he should be ashamed. » Sarkozy’s team have tried to divert attention to the Front and invoked the old private-life defence. Xavier Darcos, a senior minister, said this morning: « It is the private life of a man which is in question, not the minister. » Darcos also cited the literary defence — that an author’s words do not necessarily report reality. Sarkozy’s advisers are talking about gutter tactics by the Front and a vile smear campaign.

These arguments do not wash. You can feel the tide turning. Mitterrand, a troubled soul with a gentle style, insisted on television after the book’s publication that he never had anything to do with « little boys ». But the damage has been done. France now knows that the holder of one the most prestigious government posts is an avowed practitioner of gay sex tourism.

It is unfair that Mitterrand is being crucified over a four-year-old book. And if a minister confessed to spending time with prostitutes in the past, there would be little fuss in broad-minded France. It is the suspicion of paedophilia that makes the difference. The possible involvement of children, that ultimate crime of our times, suggests that Frédo may be heading for the political guillotine.

Mitterrand is going on the main tv news tonight to account for himself. He is an eloquent and familiar figure after three decades as a television favourite and he will benefit from sympathy. It is possible that he will save his skin. Sarkozy will be very reluctant to fire a star appointee in response to a National Front campaign — greatly amplified by the internet. But Mitterrand is now damaged goods and Sarko does not like that in his ministers.

Update: On TF1 television tonight, Mitterrand delivered an indignant but confusing defence. His memoirs were partly fictional, he said. He conceded that he had paid « boys » for sex in Thailand but insisted that they were all consenting adults. He abhorred sex tourism and was outraged by the notion that he was advocating paedophilia. Sarkozy had full confidence in him, and so on. The appearance was highly emotional but it has not cleared the air.

Posted by Charles Bremner on October 08, 2009 at 12:28 PM in Books, Current Affairs, Film, Life-style, Media, Politics

Voir aussi:

Polanski, Mitterrand, Minor Sex and Relativism.

Tim Marshall

October 08, 2009

The moral maze in which Roman Polanski’s defenders have lost themselves may claim the career of a French Cabinet minister.

He is Frederic Mitterrand, culture minister of France, nephew of the late President Mitterrand, and late night visitor of Thai brothels where he bought young boys for sex.

Polanski’s story is well known; he has sex with a 13 year old girl, flees America, hides from justice for 30 years, is arrested in Switzerland, faces extradition, whereupon his act of paedophilia is again defended by people whose logic appears to be that sex , plus a 13 year old, minus being a famous artist, equals ‘oh come on it was all a long time ago’.

Less well known are the antics of the Minister for Culture. In his 2005 autobiography, My Bad Life, the former TV presenter, intellectual and all round national treasure, describes in sweaty detail how he ‘got into the habit of paying for boys …The profusion of young, very attractive and immediately available boys put me in a state of desire that I no longer needed to restrain or hide’.

Indeed why hide when you can write about it – and then be appointed Minister of State in one of the world’s leading powers? That allows you to find the arrest of Polanski « absolutely horrifying ». Why he asked, should Polanski be arrested ‘over ancient history’.

This attitude was prevalent across the French intellectual elite. Normally silent on issues of say, obscure van drivers being arrested for old paedophile related offences, they closed ranks on Polanski. Most of those defending him fall back on the argument of Polanski’s artistic brilliance and the passage of time.

Even Bernard Kouchner, the Foreign Minister, a man with an impeccable history of standing up for the defenceless thought the arrest ‘sinister’, arresting a man ‘of such talent, this is not nice at all’.

This is not an argument normally employed by the French elite for cases involving, say, Nazi war criminals, but their moral statue of limitations appears short for an ‘artistic genius’.

Hollywood led the field in incredible Polanski statements. Drugging and buggering a 13 year old girl was ‘an error of judgement’, and ‘a little mistake’. Whoopi Goldberg said it ‘wasn’t rape, rape’. But it was Mitterrand who was the first senior politician to weigh in.

What has changed is that Mitterrand has been called on his fatuous logic. Alas, it has taken a verbal barrage from the leader of the fascistic Front Nationale to bring calls for his resignation to national attention. With the intellectual dyke breached, some on the left are joining calls for Mitterrand to go.

Marine Le Pen, daughter of Jean Marie, was involved in a fierce debate on French television this week. With the
presenter and the panel of the great and the good shaking their brain heavy heads in dismay, she tore into Mitterrand. When they tried to silence her she read out extracts from the autobiography. « All these rituals of the market for youths, the slave market excited me enormously ».

How the slave remark fits with the French policy on combating the slave trade in the sex market is a conundrum for the man who, just three months ago, appointed Mitterrand to his post – President Sarkozy.

Mitterrand is the first openly gay, senior, French Cabinet minister and is part of Sarkozy’s ‘Rainbow Coalition’. His defence of his proclivity for Thai brothels is that his term ‘young boys’, and ‘youths’ did not mean the people he bought for sex were underage. He says homosexuals call all men ‘boys’. Vraiment?

Either way he has now defended a man accused of child rape, criticised the legal system of a friendly country, and written about buying young boys in the sex industry. And he’ s still in his job.

What lies behind this extraordinary state of events appears to be the French penchant, shared by artistic ‘intellectuals’ across the Western world, to believe that crimes committed by their peers, are somehow lesser than crimes committed by other less brilliant people.

6 commentaires pour Affaire Mitterrand: Une affaire très française (In the protestant political cultures of the north Mitterrand would never have landed his job)

  1. SD dit :

    Internet est décidément impitoyable : si maintenant on conserve en mémoire ce qu’on dit politiques et intellectuels, où va-t-on ?

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  2. theresa carney dit :

    I think that Frederic Mitterand is disgusting,but he is part of a complete degradation of culture through out the ‘rich ‘western culture,especially among the media ,and elite, whose purpose as always is money and power over others .
    It is total nonsense to say that ‘protestant ‘cultures’ are immune.Not only are they not immune ,but they lead the ‘liberal’ politically correct from Sweden U.K.North America’s Protestant establishment in marriage ,adoption etc . for same sex couples.
    So I think you are deluded ,and lying,and it does not help in a discussion, to elevate cultural mores,
    that you so obviously are prejudiced towards Catholicism,instead of towards those who are NOT spiritual in any way, but degraded so called human beings.

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  3. jcdurbant dit :

    J’avais oublié BHL qui , pour défendre son pote Mitterrand, remonte aux frasques, sans oublier Genet, de Malraux, Blum, Gide et Rousseau ! …

    « André Malraux, qui fit publiquement l’aveu d’un penchant pour les paradis artificiels contracté dans sa jeunesse et jamais véritablement conjuré, ne resterait, aujourd’hui, pas ministre cinq minutes.

    Blum à qui il arriva, au temps de La Revue blanche, de faire l’éloge de l’adultère et de l’extrême liberté de mœurs pour les jeunes filles emprisonnées dans le carcan des familles, devrait se tenir à carreaux de peur d’être dénoncé comme pédophile par les Benoît Hamon de service.

    Gide ne publierait pas Corydon ou ne prendrait plus, s’il l’avait fait, la présidence des Comités antifascistes de 1934 ; Jean-Jacques juge de Rousseau finirait avec ses Confessions pendues autour du cou ; et ne parlons pas de Jean Genet dont le Journal d’un voleur ne trouverait tout simplement plus éditeur. »

    BHL (Et si on inculpait Léon Blum ?)

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  4. […] si, contre toute attente et tous nos stratèges en chambre, c’était le ministre sycophante qui du haut de sa villa d’Hammamet avait le plus approché la vérité de l’actuel […]

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  5. […] si, a pesar de todo y de todos nuestros stratèges en chambre, , fue el  ministro adulador quien desde la cumbre de su villa en Hammanet se había acercado a la  la […]

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