Israël: Un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur (A new tech boom but also a new vulnerability)

Start up nation
Hitler-Wittgenstein school pic
Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967)
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali

Dur dur, d’être toujours le 1er de la classe! (surtout quand on est dans une classe de cancres!)

54% des champions du monde d’échecs et 27% des lauréats des Nobel de physique pour 0,2% de la population mondiale, 21% des étudiants des meilleures universités du pays et 51% des lauréats des prix Pulitzer en «nonfiction» pour 2% de la population américaine, plus de start-ups technologiques par tête que n’importe quel autre pays, deuxième derrière les Etats-Unis pour le nombre de compagnies listées sur le Nasdaq, autant Israël, avec sept millions d’habitants, de capital risque que la France et l’Allemagne réunis …

A lire dans le NYT (et sur Slate.fr), au risque de voir confirmer le fameux jugement de De Gaulle de 1967, la reprise de l’éditorialiste David Brooks du dernier livre de Steven Pease (« The Golden Age of Jewish Achievement”) et de celui de Senor et Singer dont nous avions parlé précédemment .

Qui montre la nouvelle et formidable avance technologique qu’Israël est en train de prendre sur ses voisins et leurs milliards de pétrodollars (77 brevets aux EU pour les Saudis de 1980 à 2000 contre 7,652 pour les Israéliens !).

Mais aussi, pendant que les Palestiniens s’enlisent dans leurs petits jeux pyrotechniques, la nouvelle vulnérabilité que cela implique.

Cette nouvelle classe d’innovateurs pouvant à tout moment, ce qu’ont (contrairement à nos belles âmes occidentales) bien compris les mollahs, repartir si on leur fait assez peur pour les silicon valleys américaines où ils ont souvent gardé non seulement des contacts mais des résidences secondaires …

Israël, le nouveau dragon
LU SUR LE NEW YORK TIMES
Slate.fr
18 January 2010

Les Juifs ne représentent que 0,2% de la population mondiale, mais 54% des champions du monde d’échecs, 27% des lauréats des Nobel de physique. Ils sont 2% de la population américaine mais 21% des étudiants des meilleures universités du pays, 51% des lauréats des prix Pulitzer en «nonfiction».

David Brooks, éditorialiste du New York Times, commente le livre [3]: «L’âge d’or de la réussite des Juifs», dans lequel l’auteur, Steven L. Pease, liste quelques explications possibles d’une telle réussite: le fait que le judaïsme soit basé sur la connaissance plus que sur les rites, sur une croyance dans le progrès et la responsabilité personnelle…

«Ce qui est étrange, c’est qu’Israël n’a pas été, traditionnellement, le meilleur là où les Juifs de la diaspora l’étaient. Au lieu d’exceller dans la recherche et le commerce, les Israéliens ont été contraints de dédier leur énergie au combat et à la politique.»

Mais cela est en train de changer souligne Brooks. Avec les réformes économiques de Netanyahou, l’arrivée de millions de Russes en Israël, le processus de paix au point mort, un changement historique a eu lieu. Les Israéliens les plus débrouillards se reconvertissent dans la technologie et le commerce—pas la politique. Ce qui a eu un impact négatif sur la vie publique du pays, mais positif sur son économie.

La ville de Tel Aviv est devenue l’une des places les plus actives dans le monde en terme d’innovation. Israël a désormais plus de start-ups technologiques par tête que n’importe quel autre pays, et de loin. Il se place deuxième derrière les Etats-Unis pour le nombre de compagnies listées sur le Nasdaq. Israël, avec sept millions d’habitants, attire autant de capital risque que la France et l’Allemagne réunis.

Le succès technologique d’Israël est le fruit du rêve sioniste selon Brooks. «Le pays n’a pas été fondé pour que quelques colons isolés se retrouvent au milieu de Palestiniens en colère à Hébron. Il a été fondé pour que les Juifs puissent vivre en lieu sûr et créer, inventer, pour le reste du monde.»

Ce changement historique pourrait, pour certains, faire d’Israël le Hong Kong du Moyen-Orient et enrichir toute la région; pour d’autres cela pourrait creuser encore davantage l’écart de richesse entre Israël et ses voisins. En outre, ces nouveaux entrepreneurs sont une ressource fragile: beaucoup ont des contacts permanents voire des domiciles aux Etats-Unis. Il suffirait que l’Iran fasse peser trop lourdement la menace nucléaire pour qu’ils s’exilent.

[Lire l’article complet sur le Nytimes [3]]

The Tel Aviv Cluster
David Brooks
The New York Times
January 12, 2010

Jews are a famously accomplished group. They make up 0.2 percent of the world population, but 54 percent of the world chess champions, 27 percent of the Nobel physics laureates and 31 percent of the medicine laureates.

Jews make up 2 percent of the U.S. population, but 21 percent of the Ivy League student bodies, 26 percent of the Kennedy Center honorees, 37 percent of the Academy Award-winning directors, 38 percent of those on a recent Business Week list of leading philanthropists, 51 percent of the Pulitzer Prize winners for nonfiction.

In his book, “The Golden Age of Jewish Achievement,” Steven L. Pease lists some of the explanations people have given for this record of achievement. The Jewish faith encourages a belief in progress and personal accountability. It is learning-based, not rite-based.

Most Jews gave up or were forced to give up farming in the Middle Ages; their descendants have been living off of their wits ever since. They have often migrated, with a migrant’s ambition and drive. They have congregated around global crossroads and have benefited from the creative tension endemic in such places.

No single explanation can account for the record of Jewish achievement. The odd thing is that Israel has not traditionally been strongest where the Jews in the Diaspora were strongest. Instead of research and commerce, Israelis were forced to devote their energies to fighting and politics.

Milton Friedman used to joke that Israel disproved every Jewish stereotype. People used to think Jews were good cooks, good economic managers and bad soldiers; Israel proved them wrong.

But that has changed. Benjamin Netanyahu’s economic reforms, the arrival of a million Russian immigrants and the stagnation of the peace process have produced a historic shift. The most resourceful Israelis are going into technology and commerce, not politics. This has had a desultory effect on the nation’s public life, but an invigorating one on its economy.

Tel Aviv has become one of the world’s foremost entrepreneurial hot spots. Israel has more high-tech start-ups per capita than any other nation on earth, by far. It leads the world in civilian research-and-development spending per capita. It ranks second behind the U.S. in the number of companies listed on the Nasdaq. Israel, with seven million people, attracts as much venture capital as France and Germany combined.

As Dan Senor and Saul Singer write in “Start-Up Nation: The Story of Israel’s Economic Miracle,” Israel now has a classic innovation cluster, a place where tech obsessives work in close proximity and feed off each other’s ideas.

Because of the strength of the economy, Israel has weathered the global recession reasonably well. The government did not have to bail out its banks or set off an explosion in short-term spending. Instead, it used the crisis to solidify the economy’s long-term future by investing in research and development and infrastructure, raising some consumption taxes, promising to cut other taxes in the medium to long term. Analysts at Barclays write that Israel is “the strongest recovery story” in Europe, the Middle East and Africa.

Israel’s technological success is the fruition of the Zionist dream. The country was not founded so stray settlers could sit among thousands of angry Palestinians in Hebron. It was founded so Jews would have a safe place to come together and create things for the world.

This shift in the Israeli identity has long-term implications. Netanyahu preaches the optimistic view: that Israel will become the Hong Kong of the Middle East, with economic benefits spilling over into the Arab world. And, in fact, there are strands of evidence to support that view in places like the West Bank and Jordan.

But it’s more likely that Israel’s economic leap forward will widen the gap between it and its neighbors. All the countries in the region talk about encouraging innovation. Some oil-rich states spend billions trying to build science centers. But places like Silicon Valley and Tel Aviv are created by a confluence of cultural forces, not money. The surrounding nations do not have the tradition of free intellectual exchange and technical creativity.

For example, between 1980 and 2000, Egyptians registered 77 patents in the U.S. Saudis registered 171. Israelis registered 7,652.

The tech boom also creates a new vulnerability. As Jeffrey Goldberg of The Atlantic has argued, these innovators are the most mobile people on earth. To destroy Israel’s economy, Iran doesn’t actually have to lob a nuclear weapon into the country. It just has to foment enough instability so the entrepreneurs decide they had better move to Palo Alto, where many of them already have contacts and homes. American Jews used to keep a foothold in Israel in case things got bad here. Now Israelis keep a foothold in the U.S.

During a decade of grim foreboding, Israel has become an astonishing success story, but also a highly mobile one.

One Response to Israël: Un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur (A new tech boom but also a new vulnerability)

  1. Thot Har Megiddo dit :

    Les barbares ont entraîné la chute de la brillante civilisation gréco-romaine grâce d’ailleurs à sa collaboration, de son organisation, et de son avance scientifique, et il a fallu attendre 14 siècles pour revenir au même niveau. Donc méfiance. Le déclin n’est pas qu’un fantasme

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