Médias: Attention, une retouche peut en cacher bien d’autres (From doctored smoke to Photoshopped missiles: Fauxtography debunking blogger finally vindicated)

https://i0.wp.com/graphics8.nytimes.com/images/2008/07/01/science/0709-lede-IRAN.jpg

Reuters: agence de fabrication et d’usage de faux photographiques et autres. Sa bonne foi a été moult fois surprise depuis 30 ans. Laurent Murawiec
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Charles Enderlin
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Brian X (Journaliste occidental anonyme)
L’objectif du test était d’envoyer un signal, l’Iran a donc à la fois exagéré les capacités du missile dans ses déclarations et semble-t-il également retouché les photos. Mark Fitzpatrick (Institut international d’études stratégiques, Londres)
L’Iran semble avoir tiré un seul missile aujourd’hui et non une nouvelle série comme le suggèrent les médias iraniens, a indiqué un responsable du département de la Défense américain. Le Figaro
C’est par “Little green footballs” que le scandale est arrivé: début août, ce blog américain conservateur accuse Adnan Hajj, photographe pigiste de l’agence Reuters, d’avoir manipulé par informatique une photo de Beyrouth pour épaissir la fumée après un bombardement israélien. Effectivement, la retouche est grossière. L’agence présente ses excuses et retire la photo incriminée. Mais le blog met ensuite en évidence une autre photo de M. Hajj, où il a dupliqué une fusée tirée par un avion israélien. Le photographe, qui ne maîtrise apparemment pas bien le logiciel de retouche Photoshop, est renvoyé, toutes ses archives effacées. “Il y a eu un enchaînement d’erreurs humaines, plaide Tom Szlukovenyi, directeur de la photographie chez Reuters. Cette histoire est contraire à tous nos principes et ne s’est jamais produite auparavant.” Claire Guillot (« Guerre du Liban et ‘fauxtographies’ ”, Le Monde du 16.09.06)

Alors que le faussaire de TFI tire finalement sa révérence
Et que celui de France 2 continue à sévir …
Après les fameux retouchages de clichés staliniens, voici, par la nouvelle « Haute-Volta avec des fusées »,… la retouche de photos de missiles!

Comme d’habitude, le principal intérêt d’un scandale, c’est de révéler la réalité de ce qui passe habituellement pour la normalité.

Cette fois, c’est, indépendamment des forts doutes sur la prétendue longue portée des engins en question déjà évoqués hier par Iran-Resist, une agence de presse iranienne qui a avant-hier retouché au Photoshop (pour dissimuler apparemment la défaillance d’un lanceur) une photo diffusée aux agences de presse mondiales pour illustrer un tir de missiles sol-sol.

Mais ce que ne nous disent pas nos chers médias (à l’exception du WP ?), c’est que, pour reprendre la formule utilisée par la journaliste du Monde Claire Guillot il y a deux ans pour régler leur sort à la « cabale » sur Internet de « dizaines de bloggeurs, pour la plupart américains ou israéliens, de droite ou d’extrême droite, se proclamant ‘citoyens journalistes’ et se mettant à enquêter depuis leur salon », « c’est [à nouveau] par “Little green footballs” que le scandale est arrivé« .

Autrement dit, c’est l’un de ces maudits empêcheurs de tourner en rond de blogs, « ignorants du travail des photographes ou du terrain », dont « les attaques sont reprises sans précaution par des milliers d’internautes, parfois même relayées par les médias traditionnels, voire par les politiques » et qui « éclaboussent l’ensemble de la profession ».

Qui, après avoir révélé en pleine guerre du Liban, plusieurs cas de manipulation informatique d’un photographe pigiste de l’agence Reuters (notamment l’épaississement de fumée d’un bombardement israélien sur Beyrouth puis la duplication d’une fusée – tiens ! tiens ! – tirée d’un avion israélien), met aujourd’hui en évidence (sans parler des multiples cas de mise en scène de prétendus crimes de guerre israéliens au Liban comme en Palestine) une grossière manipulation d’une agence de presse de l’Etat iranien.

Obligeant à nouveau les grandes agences de presse mondiales mais aussi les grands organes de presse qui achètent leurs images et dépêches à reconnaitre officiellement qu’ils avaient été victimes de manipulation (sans parler des services de renseignement et chercheurs occidentaux eux-mêmes contraints de sortir de leur silence!).

Autrement dit, la véritable information dans l’information (au moins pour le grand public que nous sommes) révélée par ce nouveau cas de manipulation d’images (et donc d’information) et sur laquelle nos journalistes n’ont apparemment pas trop intérêt à insister, c’est la chaine de dépendance qui lie tout le (petit) monde de l’information.

Dépendance des grands journaux d’un nombre réduit d’agence de presse mondiales (notamment Reuters et l’AFP).

Dépendance des grandes agences mondiales d’autres agences étrangères (plus ou moins dignes de foi) avec lesquelles elles ont des accords (comme l’avait récemment signalé le site d’opposants iraniens Iran-Resist pour l’AFP).

Dépendance des grandes agences mondiales, comme l’avait révélé l’affaire de la fausse fumée de Beyrouth, de leurs employés locaux (photographes, cameramen ou journalistes).

Dépendance enfin des journalistes occidentaux (eg. Charles Enderlin), comme l’avait révélé la prétendue « mort en direct du petit Mohamed » de Gaza sous les balles israéliennes, d’assistants locaux (les fameux « stringers » comme le cameraman palestinien Talal Abou Rahmeh) eux-mêmes plus ou moins consciencieux, militants ou victimes de pressions locales.

Sans parler, comme en témoignait presque malgré elle l’article de Claire Guillot et au-delà d’indéniables erreurs ou emballements conspirationnistes de certains blogs, de la propre faillibilité des journalistes occidentaux eux-mêmes (erreurs ou imprécisions dans les légendes, recours plus ou moins judicieux et autorisé au logiciel Photoshop).

Mais aussi, rarement explicités par les intéressés, ces myriades de « petits arrangements » suscités par la compétition pour de belles images comme par les intimidations et leurs propres engagements idéologiques…
Tir de missiles iraniens: une photo a été retouchée
Agence France-Presse
Cyberpresse
Londres

Le jeudi 10 juillet 2008Une photographie diffusée mercredi par l’Iran pour illustrer le tir réussi de quatre missiles sol/sol a été retouchée pour ajouter le quatrième, ont affirmé jeudi plusieurs experts interrogés par l’AFP.

La photographie, publiée par les Gardiens de la révolution, montre quatre missiles lancés d’un endroit non précisé du désert iranien, laissant derrière eux une traînée et des nuages de fumée au sol.

Cette photo –reprise notamment par l’Agence France-Presse et largement utilisée par des journaux et sites internet dans le monde entier– était censée illustrer le lancement par les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime iranien, d’un total de neuf missiles. Dont un missile Shahab-3 qui serait capable d’atteindre Israël, selon la chaîne de télévision iranienne en arabe Al-Alam.

Mais l’un des quatre missiles présents sur la photo a «semble-t-il» été ajouté en copiant des éléments pris des autres engins, tels que les panaches de fumée et les nuages de poussière, a estimé Mark Fitzpatrick, un expert de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), basé à Londres.

«On dirait vraiment que l’Iran a retouché la photo pour dissimuler ce qui était apparemment l’échec d’un tir de missile», a déclaré à l’AFP M. Fitzpatrick, un ancien responsable au département d’État américain.

«L’objectif du test était d’envoyer un signal, l’Iran a donc à la fois exagéré les capacités du missile dans ses déclarations et semble-t-il également retouché les photos», a-t-il ajouté.

La chaîne Al-Alam a pour sa part affirmé que, parmi les missiles testés, l’un d’entre eux, le Shahab-3, était capable de transporter une ogive d’une tonne sur 2000 km, soit suffisamment pour frapper Israël.

Toutefois, M. Fitzpatrick considère que c’est «très peu probable».

«Le Shahab-3 a normalement une portée de 1300 km, qui peut être étendue à 2000 km, mais cela nécessiterait une ogive beaucoup plus légère (qu’une tonne, ndlr). C’est typique de l’Iran d’exagérer les capacités des missiles et de son programme nucléaire», a noté encore l’analyste.

Un responsable américain des services de renseignement a indiqué pour sa part que «bien qu’il ne puisse commenter d’une façon ou d’une autre ces photos en particulier, il serait faux de penser que la communauté américaine du renseignement prend au pied la lettre ce que les Iraniens divulguent sur leurs tests de missiles».

Plusieurs professionnels de l’image ont également exprimé de très fortes suspicions sur la présence d’un des quatre missiles, le deuxième à partir de la droite sur la photo.

«C’est une photo truquée. On voit tout de suite que le missile a été dupliqué», a assuré Gérard Issert, technicien en traitement d’images aux laboratoires Granon, l’un des grands laboratoires photo parisiens, interrogé par l’AFP, en marge des «Rencontres de photographie d’Arles» (sud de la France). «C’est fabriqué de toutes pièces», a-t-il ajouté.

Grégoire Korganow, photographe au quotidien français Libération de 1993 à 2002, s’est dit «sûr que l’image a été retravaillée».

«C’est un faux… Il y a eu peut-être un tir, peut-être deux, mais pas quatre», a renchéri le photographe Thierry Cohen, qui a notamment travaillé pour le magazine français Le Monde 2.

Le quotidien iranien Jamejam a pour sa part publié sur son site internet une photographie identique au cliché controversé, à une exception près: on y voit trois –et non quatre– missiles en train de décoller, un quatrième demeurant sur sa rampe de lancement mobile.

Voir aussi:

Iran : L’AFP signe un accord de coopération avec les mollahs

Iran-Resist
24.10.2007Notre site a été créé pour parler de l’Iran, le vrai, celui qui souffre, mais aussi pour faire des décodages des dépêches écrites par les journalistes iraniens travaillant pour l’AFP car ces dépêches évoquent les points de vue du régime des mollahs.Décodages | C’est ainsi que ce site a inventé l’expression « faux opposants » et a mis un point d’honneur à reconstituer le parcours tortueux de ces personnes qui cherchent à se substituer aux vrais opposants. Au service du régime, ces faux-opposants délivrent un message hybride hostile à tout changement de régime.

Notre tâche est d’autant plus difficile que les iraniens de l’AFP parlent sans relâche des modérés ou des pragmatiques sans rappeler le passé de ces modérés aux mains sales, parfois sous mandat d’arrêt international pour crime contre l’humanité ou pour meurtres des vrais opposants exilés.

D’ailleurs les dépêches écrites par ces iraniens de l’AFP sont des copies conformes des dépêches iraniennes composées par l’agence de presse officielle du régime des mollahs, l’IRNA !

Désormais notre tâche sera encore plus difficile puisque c’est à Paris dans les locaux de l’AFP, que les directeurs généraux des agences de presse iranienne, IRNA, et française, AFP, ont signé un accord pour promouvoir leur coopération.

Le milicien des Pasdaran, Jalal Fayyazi (IRNA) et Pierre Louette (AFP) ont évoqué les liens passés qui unissent ces deux agences et ont affirmé leur décision de multiplier les échanges de dépêches, de photographies, de vidéos ! Des séminaires seront organisés pour la formation des personnels qui doivent composer les dépêches qui conviennent à Téhéran. C’est une nouvelle bien effrayante parce que l’ensemble des articles de la presse française est composé avec des dépêches de l’AFP !

Avant d’accéder à la direction de l’IRNA, Jalal Fayyazi, brigadier général des Pasdaran, était chargé du bureau politique de cette milice terroriste, il a également dirigé le quotidien fondamentaliste Qods (nom islamiste de Jérusalem que les Pasdaran veulent libérer).

3 Responses to Médias: Attention, une retouche peut en cacher bien d’autres (From doctored smoke to Photoshopped missiles: Fauxtography debunking blogger finally vindicated)

  1. Israel dit :

    Classique chez nos « cousins » :)

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  2. […] à la Dennis Rodman et ses troupes jouant aux pompoms girls mais aussi au-delà de ses manifestes photomontages à l’iranienne de vraies cannonages, attaques informatiques et essais nucléaires et surtout le soutien chinois, […]

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  3. […] avec les bouffons utiles à la Dennis Rodman, troupes jouant aux pompoms girls, grossiers photomontages à l’iranienne, essais nucléaires plus ou moins bidonnés mais vrais cannonages et attaques informatiques […]

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