Mondial 2018: A l’italienne (With the death of Spain’s sterile tiki-taka passing for passing’s sake and France’s final catenaccio win, will the 2018 World Cup also mark the end of beautiful football as we knew it ?)

Au coup d’envoi de France-Belgique, à Saint-Pétersbourg, le 10  juillet.
Le football est un sport simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, c’est l’Italie qui gagne. D’après Gary Linaker
La défense dicte ses lois à la guerre. Carl von Clausewitz
Pratiqué avec sérieux, le sport n’a rien à voir avec le fair-play. il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence; en d’autres mots, c’est la guerre, les fusils en moins. George Orwell
La main de Thierry Henry, c’est le summum de la chance. Il a fait son job, c’est l’arbitre qui aurait dû voir la main. Ce n’est pas de la tricherie, le football c’est comme ça. Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie)
La morale de ce match, c’est que l’on peut tricher du moment qu’on n’est pas pris. L’équipe de France va traîner pendant des années cette image d’équipe de tricheurs. Philippe de Villiers (Mouvement pour la France)
Si nous avons le ballon, les autres ne peuvent pas marquer. Johan Cruyff
On peut avoir le contrôle sans avoir le ballon. José Mourinho
Je préfère perdre avec la Belgique que gagner avec la France. On a le plus beau jeu, c’est plus mon style. Eden Hazard
Il n’y a pas eu beaucoup de mots dans le vestiaire après la défaite car il y avait beaucoup de tristesse. On méritait mieux sur ce match même si on s’attendait à une rencontre de la sorte avec une équipe qui défend bien et qui joue en contre. Le petit point noir, c’est évidemment ce but sur phase arrêtée. Mais on connaît la France de Deschamps, on s’attendait à cela et on n’a pas trouvé la petite étincelle pour marquer ce but. Je ne l’ai pas trouvée. La France a marqué en premier et cela devenait compliqué. Nous sommes tombés sur plus costauds. On aurait pu faire mieux mais on ne l’a pas fait. On aurait pu jouer 120 minutes s’il le fallait. On avait le ballon et tout le monde était à 100 %. Mais je suis très fier d’avoir fait partie de cette équipe. On a montré qu’en Belgique, on savait jouer au football. On est tous déçus mais heureux de ce qu’on a fait. En tant que capitaine, je suis fier. Eden Hazard
Trouvez-vous son comportement normal lorsqu’il prend son carton jaune? Mbappé doit faire attention car il a un capital sympathie très important, mais cela peut vite basculer. Malgré l’image de groupe sympathique que dégage l’équipe de France, je suis révolté devant autant de simulateurs, menteurs et tricheurs sur tous les matchs. Johnny Blanc
Je préfère gagner en étant beau. Il y a plus d’équipes qui ont gagné en étant belles que moches. Gagner en étant moche, c’est une exception. Et si la France devient championne du monde, ce sera le champion du monde le plus moche de l’histoire. Daniel Riolo
La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute. Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable. (…) On peut dire que si la France n’a pas eu vraiment à se dépasser pendant cette Coupe du monde, c’est parce qu’elle était tout simplement trop forte. Mais si la plus prestigieuse compétition footballistique peut être gagnée au petit galop, c’est qu’il y a peut-être un problème avec la course. The Irish Times
L’arbitrage vidéo a détruit la finale. Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux. (…) ces Bleus-là “ne seront certainement pas appréciés au-delà des frontières du pays. The Scotsman
 La main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale. Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité. De Standaard
Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A. Corriere dello Sport
Le sélectionneur des Bleus n’a jamais accordé d’importance à l’esthétique, et si l’Italie ne s’est pas qualifiée pour ce Mondial, la France nous la rappelle match après match. El Pais
Allons enfants de l’Italie, pourrait-on dire, pas seulement pour forcer la rime, mais car il y a beaucoup plus d’Italie que vous ne l’imaginez dans cette France qui pour la deuxième fois en vingt ans est championne du monde. La Gazzetta dello sport
Le sacre mondial de l’équipe de France de Didier Deschamps est salué par la presse internationale et européenne, pendant que les Bleus sont en train de rentrer en France. Les medias du monde entier ne manquent pas de souligner le style défensif de la formation de Didier Deschamps. Aux premiers rangs, les quotidiens italiens, et particulièrement la Gazzetta dello Sport, qui n’hésite pas à titrer «France championne à l’italienne». «Allons enfants de l’Italie, pourrait-on dire, pas seulement pour forcer la rime, mais car il y a beaucoup plus d’Italie que vous ne l’imaginez dans cette France qui pour la deuxième fois en vingt ans est championne du monde», débute le quotidien au papier rose sur sa deuxième page. «Souffrir, défendre, créer un groupe, voire devenir «uni», presque comme un bloc unique à la manière des Azzurri de Bearzot et de Lippi», décrit Fabio Licari, qui voit dans cette équipe de France un air d’Italie 2006. Mais ce qui sonne comme un compliment de l’autre côté des Alpes ne l’est pas forcément au-delà du Rhin. Pour le grand quotidien allemand die Welt, qui titre pourtant «Vive la France», une question se pose : «pourquoi le sélectionneur français s’est-il contenté d’un football cynique ?» «L’équipe de l’entraîneur Didier Deschamps a brillé au cours du tournoi avec un pragmatisme froid, malgré des footballeurs très talentueux comme Kylian Mbappé, Antoine Griezmann ou Paul Pogba, en laissant généralement le jeu à l’adversaire pour contre-attaquer au moment décisif», décrypte Christoph Cöln, pour qui «la finale 2018 n’était pas un feu d’artifice footballistique, malgré les nombreux buts». Un avis qui diffère de celui de la presse britannique. «Les meilleurs depuis 1966», titre le Daily Mail, quand le Mirror s’essaye aux jeux de mots : «Déjà Blue». Pour le Telegraph, qui n’hésite pas à dire que «la France règne en maître», «cette Coupe du Monde nous manquera comme aucune autre». «Le lendemain de la fête nationale, la France est championne et à juste titre. Mais seulement après la rencontre la plus remarquable, folle et controversée, contre une Croatie courageuse, lors de laquelle il y eut la VAR, une véritable tempête dans le ciel au-dessus de Moscou, un premier but contre son camp en finale de Coupe du Monde, une superbe frappe d’une nouvelle superstar mondiale, une horrible gaffe de gardien de but par l’homme qui a soulevé le trophée», narre Jason Burt. Le Figaro
Dans de nombreux journaux étrangers, la victoire des Bleus fait grincer des dents. “La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute”, admet du bout des lèvres The Irish Times. “Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable. » (…)  De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’emballement n’est pas non plus de mise. “L’arbitrage vidéo a détruit la finale”, se morfond The Scotsman. “Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux.” (…) Même analyse en Belgique : pour De Standaard, le quotidien de référence néerlandophone, la main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale”. “‘Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité.” (…) Bon joueur, le Corriere dello Sport salue les prouesses de Didier Deschamps, tout en précisant que le héros du jour est un sélectionneur “à l’italienne”. “Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A [qu’il a accompagné en tant qu’entraîneur, lors de la saison 2006-2007]”. Pour La Gazzetta dello Sport, c’est carrément toute la victoire qui est “à l’italienne”, puisque c’est indubitablement la carrière transalpine de Didier Deschamps qui lui a permis d’acquérir “l’art italien de la défense et de la tactique”. Courrier international
During the course of these four matches, they have completed an inherently unbelievable 3129 passes, an average of 782 passes per game. Argentina have the second most passes in the tournament, with some 800 passes less than what Spain has managed. The ‘Tiki-taka’ system came to prominence when Johann Cruyff took over the reigns of Barcelona during the late 80s and the early 90s. It continued to gain momentum even after his departure, with Van Gaal and Rijkaard following the same system. It reached its zenith at Barcelona when Pep Guardiola came to the fore – and arguably the greatest team in club football completed a sextuple of trophies playing some of the best football the world had ever seen. And then, it caught on to the Spanish national team. A major portion of that Barcelona team played for La Furia Roja, and when then manager Vincent Del Bosque integrated the style into the team’s play, it instantly paid dividends. Spain went on to win the 2008 Euros, the 2010 World Cup in South Africa, and the 2012 Euros, combining the tiki-taka with more direct football when the style suited them. This bastardized version was the brain child of Luis Aragones – the manager who led Spain to the 2008 Euros. Del Bosque’s system was more focused on the Barcelona style of the tiki-taka, a return to the basics that saw small, physically suspect players go toe to toe against the bigger, more physically endowed players. After Spain’s exit in Brazil, the system came under attack. The Netherlands had taken apart everything Spain stood for, and Van Persie’s soaring header was the cherry on top of a performance that showed the world that direct football could beat the slow build-up if done well. Then came Barcelona’s slight falling out with the system as well. Luis Enrique’s system at Barcelona invited contempt and concern from many a fan who had watched the beautiful passing from the years gone by. It was considered too direct to be played by Barcelona, and despite a treble in his first season and a double in the second, Enrique was shown the door after his third season at the club. Bayern Munich shifted to a form of tiki-taka when Guardiola took over at the club, but after his departure they have returned back to their original blitzkrieg style of play. Arsenal have lost all semblance of proper tactics during the last year of Wenger, and at present only Manchester City, under the tutelage of Pep Guardiola, are the last proponents of the system. (…) Spain’s newer system saw passes, but no urgency. It was possession for the sake of possession, and not possession that has the intent to score. At times, it was more boring than the ‘bus-parking’ by Mourinho, and that is saying a lot. Most of the time, the ball remained in the Spanish half – with the defenders passing the ball over and over to each other, while the Russians stayed back and bided their time.The reason the plan failed was because tiki-taka in its basic form is designed to sandbag the opponent. It aims to hit the opponent with a continuous flow of attack and tire out the defenders. It operates with the assumption that the ball should be regained within the opposition half, and never let them have a moment of respite. The initial success of tiki-taka happened because the teams were not used to it, and got tired from chasing the ball for too long. Against a Russian team that did not fall into their trap, Spain was all bark and no bite. And when the plan failed, Spain did not have a fail-safe. Putting crosses into the box after taking out Diego Costa, unsurprisingly, did not work. All the players on the field tried to pass themselves into a corner, before switching the ball to the other wing – rinsing and repeating till the final whistle. Maybe Lopetegui’s Spain would have done better, but that is not a question we can know the answer to. The fact is that Spain’s tiki-taka failed, and rather spectacularly considering how well their opponents exposed a critical flaw in its design. Football evolves with time. Just like how ‘total football’ came into praise and then disappeared from the limelight, it is time for tiki-taka to take a step back. As teams get more and more defensive when playing against the possession based sides, they should at least temper their football with a good plan B if they want to get anywhere near a trophy again. Sportskeeda
Le football français est longtemps passé pour un indécrottable romantique, dont on célébrait les glorieuses défaites, Séville 1982 par exemple, tandis que les autres nations accumulaient les titres. Fidèle à ce qu’il était sur le terrain, un travailleur de l’ombre et un apôtre de la victoire avant tout, Didier Deschamps a transformé son équipe de France en une terrible machine à gagner. (…) A défaut d’être impressionnante par son niveau de jeu, cette finale, décousue, a été la plus prolifique depuis l’unique sacre anglais à domicile face à la RFA en 1966 (4-2). Qu’importe la manière, dans dix ans, seule cette deuxième étoile ajoutée au maillot tricolore pendant l’été moscovite restera. La leçon de l’Euro 2016 a été bien apprise. Deschamps n’aime pas perdre et c’est certainement pour cela qu’il a presque tout gagné dans sa carrière : notamment deux Ligues des champions, un Euro et, désormais, deux Coupes du monde… (…) Pourtant, cette finale, spécialement la première période, aura été paradoxalement l’un des matchs les moins aboutis des Bleus, depuis l’entame contre l’Australie, le 16 juin. Une ouverture du score contre son camp de Mario Mandzukic et un penalty contestable (une main d’Ivan Perisic qui semblait non intentionnelle) obtenu grâce à la VAR (arbitrage vidéo), voilà les deux maigres coups d’éclat qui ont permis aux Français de faire basculer la rencontre. Le troisième but tricolore, inscrit par Paul Pogba, au terme d’une contre-attaque, et la frappe chirurgicale de Kylian Mbappé pour le quatrième, n’ont été que la punition attendue et infligée à un adversaire qui, mené et épuisé par ses trois prolongations successives, devait dès lors se découvrir. En capitaine fair-play, le gardien Hugo Lloris a offert aux Croates, d’une relance calamiteuse, la réduction du score. Pas certain que cela suffise à les consoler, pas plus que le titre de meilleur joueur de la Coupe du monde attribué au capitaine Luka Modric. Le Monde
Revers de la médaille : le temps de jeu, beaucoup plus important pour les Croates, est devenu le principal désavantage de la sélection au damier – les Bleus ont donc l’avantage, ayant également profité d’une journée supplémentaire de repos. La solidité de la défense française, verrouillée autour de Rafael Varane et N’Golo Kanté, scellée par l’efficacité d’Hugo Lloris dans les buts, permet aux Bleus de garder un bloc bas et d’attendre les offensives de leurs adversaires. Les deux équipes se complètent à ce stade, puisque pour la Croatie, c’est l’inverse : le sélectionneur Zlatko Dalic encourage ses joueurs à garder le ballon le plus loin de leur but – et donc de maintenir un bloc haut. Luka Modrić se charge de l’animation offensive, permettant aux Croates de déclencher rapidement leurs actions vers l’avant. Comme face à l’Argentine et à l’Uruguay, les défenseurs français pourraient donc profiter d’un coup de pied arrêté dans la surface adverse pour exploiter les failles de la Croatie. Les courses de Kylian Mbappé vers l’avant, précieuses pour percer le premier rideau croate, vont constituer une des clefs de la rencontre. Le Monde
Largement favoris, les Bleus s’appuient sur une ossature défensive ultrasolide, autour d’une charnière centrale dominatrice dans les airs et protégée par un N’Golo Kanté qui ratisse tous les ballons. Si l’on ajoute un Hugo Lloris en grande forme dans les buts, cela donne le cocktail idéal pour jouer très bas : domination physique, grande discipline (seulement six fautes commises face à la Belgique) et pensée collective. (…) A l’inverse, la Croatie, positionnée en moyenne beaucoup plus haut sur le terrain, se protège en éloignant au maximum le ballon de sa cage. En multipliant les passes, elle élabore certes des offensives qui doivent déstabiliser l’adversaire, mais elle impose surtout son propre tempo à la partie. A la façon de l’Espagne 2010, elle endort parfois plus qu’elle ne crée. (…) Le symbole de cette philosophie ambivalente se nomme Luka Modric, génial milieu du Real Madrid, dont la candidature au prochain Ballon d’or prend chaque jour un peu plus d’épaisseur. Au cœur du jeu, il est le baromètre, tantôt devant la défense comme pendant une heure face à la Russie, tantôt relayeur voire numéro 10. A travers Modric, ce sont bien sûr les forces mais aussi, et peut-être surtout, toutes les faiblesses croates qui apparaissent au grand jour. Car si son importance dans l’orientation et la gestion du jeu est cruciale, il doit être mis dans les bonnes conditions pour briller et déchargé d’une partie du travail défensif. D’où le recours au pressing, stratégie peu utilisée dans cette Coupe du monde qui, bien appliquée, oblige l’adversaire à se précipiter et à rendre le ballon. (…) Le football est imprévisible, mais le rapport de force semble jusqu’ici nettement à l’avantage des Bleus : pourquoi Samuel Umtiti et Raphaël Varane, impeccables face aux grands gabarits belges et uruguayens lors des deux derniers matchs et même buteurs de la tête, ne pourraient-ils pas réitérer la performance contre un adversaire qui peine à défendre dans sa surface ? C’est cette question, et l’évidence de la réponse malgré la taille de l’attaquant Mario Mandzukic, qui laisse imaginer un match à la physionomie similaire à ceux contre la Belgique et l’Argentine. Un adversaire qui veut le ballon, une équipe de France très contente de le laisser, et une grosse bataille au milieu pour rendre les attaques croates les plus inoffensives possibles. Si l’Angleterre, qui défendait à huit en laissant deux attaquants prêts à contre-attaquer, a été trahie par son infériorité numérique au milieu (un 5-3-2 où la ligne de trois doit couvrir toute la largeur), la France a prouvé qu’elle n’avait pas peur de mettre dix joueurs dans son camp, la vitesse de Kylian Mbappé suffisant à se montrer dangereux une fois le ballon récupéré. Tout le monde, à l’exception parfois du Parisien, est donc concerné par cette récupération, avec une stratégie simple : Antoine Griezmann et Olivier Giroud empêchent les milieux d’être trouvés dans de bonnes conditions, Paul Pogba se charge de marquer le passeur et N’Golo Kanté se concentre sur la cible. Contre l’Argentine, ce n’est pas tant en défendant bien sur Lionel Messi qu’en le coupant d’Ever Banega, son principal pourvoyeur de ballons, que la France avait tué la menace dans l’œuf. Si Marouane Fellaini fut également géré facilement, Pogba, qui est le plus apte à remplir le rôle à condition de permuter avec Blaise Matuidi au milieu, pourrait trouver en Modric son adversaire le plus coriace… Car la Croatie, dont le jeu peut vite devenir stéréotypé, entre actions individuelles des ailiers Ivan Perisic et Ante Rebic et multiples centres des latéraux Vrsaljko et Strinic, est jusqu’ici animée d’une force qui dépasse la tactique – là où la France, qui adapte la sienne à l’adversaire, n’a jamais eu besoin d’exploits. Christophe Kuchly

Et à la fin, c’est l’Italie qui gagne !

Entre le tika-taka démonétisé et stérile de l’Espagne ….
Le catenaccio « pas emballant et cynique » mais finalement victorieux de la France …
Et le beau jeu, finalement défait, quelque part entre la Belgique et la Croatie …
Comment ne pas voir …
Bien cachée sous les tombereaux d’hagiographies dont nous bassinent nos médias hexagonaux …
Mais s’étalant pourtant en grosses lettres – et en français, s’il vous plait ! – en une de la Gazzetta dello sport
La vérité de cette improbable victoire des Bleus à Moscou …
Orchestrée avec certes un petit coup de pouce tant de la chance que de la bienveillance de l’arbitrage
Par l’un des plus italiens, entre trois saisons comme joueur et une saison comme entraineur à la Juventus, des sélectionneurs français ?

Non, le monde entier ne se réjouit pas de la victoire des Bleus

Carole Lyon et Sasha Mitchell

Courrier international
16/07/2018

D’accord, d’accord, la France a gagné. Mais était-ce bien mérité ? N’est-ce pas un peu grâce à nous ? Et d’ailleurs, est-ce si important ? Dans de nombreux journaux étrangers, la victoire des Bleus fait grincer des dents.

“La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute”, admet du bout des lèvres The Irish Times. “Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable.”

Pour le quotidien de Dublin, la sélection de Didier Deschamps inspire, “avec réticence”, “du respect plutôt que de l’admiration, de la stupéfaction et de la tendresse”. Et le journal irlandais d’enfoncer le clou, en usant d’une métaphore équestre : “On peut dire que si la France n’a pas eu vraiment à se dépasser pendant cette Coupe du monde, c’est parce qu’elle était tout simplement trop forte. Mais si la plus prestigieuse compétition footballistique peut être gagnée au petit galop, c’est qu’il y a peut-être un problème avec la course.”

“Un penalty discutable a fait basculer la finale”

De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’emballement n’est pas non plus de mise. “L’arbitrage vidéo a détruit la finale”, se morfond The Scotsman. “Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux.” Le journal d’Edimbourg, s’il salue une équipe solide dotée de fabuleux (jeunes) joueurs, assure dans la foulée que ces Bleus-là “ne seront certainement pas appréciés au-delà des frontières du pays”.
Même analyse en Belgique : pour De Standaard, le quotidien de référence néerlandophone, la main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale”. “‘Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité.”

La France n’a clairement pas donné le meilleur d’elle-même, ajoute La Libre Belgique, qui a vu des Bleus “pas emballants, cyniques”, et glisse :

Les plus caustiques diront que les Français n’ont jamais autant couru vers l’avant qu’au moment d’aller embrasser l’un des quatre buteurs de l’après-midi”.

Plus généralement, la presse belge a surtout choisi de parler d’autre chose. Fait assez rare dans le pays, les quotidiens francophones et flamands consacrent leurs unes à un même sujet : l’accueil triomphal des Diables rouges sur la Grand-Place de Bruxelles, au lendemain de leur victoire en petite finale.

“La très grande majorité des Italiens soutenait le camp adverse”

C’est d’ailleurs aussi ce que fait le journal italien Tuttosport, qui titre, pour le sixième jour consécutif, sur le transfert de Cristiano Ronaldo à la Juventus de Turin.

Bon joueur, le Corriere dello Sport salue les prouesses de Didier Deschamps, tout en précisant que le héros du jour est un sélectionneur à l’italienne”. “Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A [qu’il a accompagné en tant qu’entraîneur, lors de la saison 2006-2007]”.

Pour La Gazzetta dello Sport, c’est carrément toute la victoire qui est “à l’italienne”, puisque c’est indubitablement la carrière transalpine de Didier Deschamps qui lui a permis d’acquérir “l’art italien de la défense et de la tactique”.

Enfin, dans son éditorial, le directeur du Corriere dello Sport tâche de prendre acte.

La France est donc championne du monde pour la deuxième fois en vingt ans. Le grand rêve d’un petit pays [la Croatie] ne s’est pas réalisé. Mauvaise pioche également pour une très large majorité des Italiens – dont votre serviteur –, qui, au cours de cette finale pauvre en tactique et déterminée par les circonstances, soutenait le camp adverse.”

Mais “il faut tout de même admettre que le succès des Français est mérité”.

Voir aussi:

Un sacre «à l’italienne» : la presse étrangère salue, ou regrette, la victoire des Bleus
Romain Bougourd
Le Figaro
16/07/2018

Le titre de l’équipe de France ne laisse pas insensible la presse internationale, qui salue Didier Deschamps ou regrette son jeu défensif.

Le sacre mondial de l’équipe de France de Didier Deschamps est salué par la presse internationale et européenne, pendant que les Bleus sont en train de rentrer en France. Les medias du monde entier ne manquent pas de souligner le style défensif de la formation de Didier Deschamps. Aux premiers rangs, les quotidiens italiens, et particulièrement la Gazzetta dello Sport, qui n’hésite pas à titrer «France championne à l’italienne». «Allons enfants de l’Italie, pourrait-on dire, pas seulement pour forcer la rime, mais car il y a beaucoup plus d’Italie que vous ne l’imaginez dans cette France qui pour la deuxième fois en vingt ans est championne du monde», débute le quotidien au papier rose sur sa deuxième page.

«Souffrir, défendre, créer un groupe, voire devenir «uni», presque comme un bloc unique à la manière des Azzurri de Bearzot et de Lippi», décrit Fabio Licari, qui voit dans cette équipe de France un air d’Italie 2006. Mais ce qui sonne comme un compliment de l’autre côté des Alpes ne l’est pas forcément au-delà du Rhin. Pour le grand quotidien allemand die Welt, qui titre pourtant «Vive la France», une question se pose : «pourquoi le sélectionneur français s’est-il contenté d’un football cynique ?» «L’équipe de l’entraîneur Didier Deschamps a brillé au cours du tournoi avec un pragmatisme froid, malgré des footballeurs très talentueux comme Kylian Mbappé, Antoine Griezmann ou Paul Pogba, en laissant généralement le jeu à l’adversaire pour contre-attaquer au moment décisif», décrypte Christoph Cöln, pour qui «la finale 2018 n’était pas un feu d’artifice footballistique, malgré les nombreux buts».

«La France règne en maître»

Un avis qui diffère de celui de la presse britannique. «Les meilleurs depuis 1966», titre le Daily Mail, quand le Mirror s’essaye aux jeux de mots : «Déjà Blue». Pour le Telegraph, qui n’hésite pas à dire que «la France règne en maître», «cette Coupe du Monde nous manquera comme aucune autre». «Le lendemain de la fête nationale, la France est championne et à juste titre. Mais seulement après la rencontre la plus remarquable, folle et controversée, contre une Croatie courageuse, lors de laquelle il y eut la VAR, une véritable tempête dans le ciel au-dessus de Moscou, un premier but contre son camp en finale de Coupe du Monde, une superbe frappe d’une nouvelle superstar mondiale, une horrible gaffe de gardien de but par l’homme qui a soulevé le trophée», narre Jason Burt.

Mais les médias étrangers mettent particulièrement en avant le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps. Le Corrierre dello Sport, en premier lieu, l’affiche en Une : «Deschamps Elysées». «Au-delà de la ligne d’arrivée, il y a la Coupe du Monde remportée grâce à la qualité de ses talents mais aussi grâce à l’ingéniosité de Deschamps. Il a relevé son équipe nationale après la défaite contre le Portugal en finale des derniers Championnats d’Europe, en faisant confiance à ces garçons qui, en moyenne 26 ans, garantissent un avenir glorieux pour la France», avance le quotidien sportif italien.

La victoire de Didier Deschamps

Même son de cloche chez les Catalans de Mundo Deportivo. «Il (Deschamps) a établi un plan pour gagner la Coupe du monde, qu’il avait déjà emporté comme joueur en 1998 (…). Ses joueurs ont cru au plan de son entraîneur et cela a été remarqué sur le terrain. Didier Deschamps n’a trompé personne. La liste des 23 qu’il a choisi annonçait déjà ses plans», raconte le quotidien sportif. Un deuxième sacre de champion du monde, comme joueur puis comme entraîneur, qui n’empêche pas la presse croate d’encenser ses «héros». «Merci héros! Vous nous avez tout donné», titre le quotidien sportif Sportske Novosti. «’Flamboyants’, vous êtes les plus grands, vous êtes notre fierté, vos noms seront écrits à jamais en lettres d’or!», commente Sportske Novosti.

Voir également:

Vu de l’étranger. Les “Terminators” français s’offrent une finale de Coupe du monde

Corentin Pennarguear

Courrier international
11/07/2018

Les Bleus ont battu la Belgique 1-0, mardi 10 juillet, et se qualifient pour la finale de la Coupe du monde. Qu’elle affronte la Croatie ou l’Angleterre dimanche, la France sera favorite, s’accorde à dire la presse étrangère.

Pendant le match, les supporters des deux camps ont régulièrement oublié de chanter et d’encourager leur sélection. “Parfois, on avait l’impression de se trouver au beau milieu d’un tournoi d’échecs”, relate la Süddeutsche Zeitung. Mais ce n’était pas par manque de spectacles ou d’émotions, pointe le quotidien allemand. Car entre la France et la Belgique ce mardi 10 juillet, “il s’agissait plutôt d’un match de boxe étincelant”.

“Les yeux dans les yeux, les deux camps se sont fixés tout le long du match, prêts à asséner à l’autre le coup de poing décisif, raconte la SZ. À chaque action, chaque ballon distribué, on approchait le KO, l’échec et mat. Haletant.”

“Ce duel était ce qu’a offert de mieux la Coupe du monde jusqu’à présent”, enchaîne la Frankfurter Allgemeine Zeitung de l’autre côté du Rhin. Le journal de Francfort estime avoir assisté à “une demi-finale palpitante entre les deux équipes les plus complètes au monde”.

Une équipe “impossible à briser”

Dans ce match serré, tendu à l’extrême, c’est la France qui l’a emporté grâce à une tête rageuse du défenseur Samuel Umtiti et à un combat des Bleus sur chaque ballon. “La France a été tellement forte, tellement impossible à briser…”, reconnaît The Independent. Pour le quotidien britannique en ligne, “les Bleus ont réduit en miettes la confiance et la verve de cette équipe belge”.

Si Kylian Mbappé, le numéro 10 français, “est encore celui qui a attiré tous les regards”, explique la publication de Londres, “il a été soutenu par énormément de joueurs français déterminés à se battre pour gagner le ballon”. À tel point, selon The Independent, que “même N’Golo Kanté n’est pas sorti du lot sur ce point”.

Avec cette bataille physique et malgré le potentiel offensif des joueurs sur le terrain, “on a eu droit à un match tactique, fermé, cloisonné par une formation hexagonale pas forcément chatoyante mais très impressionnante d’organisation, de maîtrise et d’efficacité”, admet Le Soir. D’après le journal belge, “cette équipe de France est plus que jamais à l’image de son entraîneur, Didier Deschamps. L’homme qui contrôle tout et qui s’adapte à toutes les oppositions a créé un collectif prêt à mettre le talent individuel au service de l’intérêt général et de la roublardise.” Et le quotidien de Bruxelles de plier genou : “Chapeau.”

Avec ce parcours qui la conduit en finale du Mondial 2018, un aspect de cette équipe de France devient de plus en plus évident, souligne The Wall Street Journal: “un nouveau sentiment de sérénité.” Si les Bleus gardent “des joueurs d’instinct comme Mbappé”, les hommes de Deschamps sont avant tout destinés à la contre-attaque, juge le quotidien américain. Et par conséquent, “dès que la France a pris l’avantage, la panique s’est doucement répandue dans les rangs belges”.

Et au final, “c’est la France qui a imposé sa loi”, titre le quotidien espagnol El País après le match. “Brillante, juste et efficace dès qu’elle le peut” : pour le journal de Madrid, cette sélection a la patte de l’influence italienne de Didier Deschamps.

Le sélectionneur des Bleus n’a jamais accordé d’importance à l’esthétique, et si l’Italie ne s’est pas qualifiée pour ce Mondial, la France nous la rappelle match après match.”

Résultat, “les Bleus jouent le genre de football qui inspire davantage le respect que l’amour”, considère The Irish Times, qui a vu des “Terminators” sur le terrain face aux Belges. Le journal irlandais focalise son analyse sur Kylian Mbappé, “la différence majeure par rapport à la France de 2016”, qui a perdu la finale de l’Euro face au Portugal : “Il peut détruire les défenseurs adverses comme aucun autre footballeur sur la planète à l’heure actuelle ; il peut les dribbler, tourner autour d’eux, les battre à la course sur cinq mètres ou cinquante mètres ; il peut réaliser une passe parfaite à son coéquipier sans que vous-même n’ayez vu qu’il était là.”

Des revanches à prendre

Avec cette équipe, dimanche, la France peut prendre deux revanches. D’abord, “celle qui résulte de cette finale frustrante de l’Euro 2016 contre le Portugal”, se souvient The Independent. Ensuite, “refermer une blessure de 12 ans qui n’a toujours pas cicatrisé, quand elle tenait la finale de la Coupe du monde face à l’Italie entre ses mains et que la tête de Zinédine Zidane s’est abattue sur le torse de Marco Materazzi”, écrit La Nación, en Argentine.

“Les Bleus sont favoris pour soulever le trophée, que ce soit l’Angleterre ou la Croatie en face”, assure The Guardian depuis Londres. Même sentiment à Madrid, El Mundo voit “une France tout en muscles qui sent bon la coupe du monde”.

“L’équipe de Deschamps a atteint une troisième finale de championnat du monde sans passer par les prolongations, avec une solidité de champion”, apprécie également La Vanguardia, avant de lancer un rappel tranchant : “Il y a deux ans, avant la finale de l’Euro, cette même équipe avait crié victoire trop tôt. Elle sera son pire ennemi dimanche prochain.”

Voir également:

Gary Neville: France deserved World Cup win despite VAR ‘Middleweight versus heavyweight in Moscow’
Skysport
16/07/18

Gary Neville paid tribute to France after their World Cup triumph, declaring that the best team had prevailed at Russia 2018.

In an incident-packed showpiece, France led 2-1 at half-time after a Mario Mandzukic own goal and an Antoine Griezmann penalty controversially awarded via VAR, with Ivan Perisic briefly bringing Croatia level.

But quickfire strikes by Paul Pogba and Kylian Mbappe midway through the second half put France on course for glory, and rendered a Hugo Lloris error academic.

Neville admitted the penalty call left « a bit of a cloud » over the result but was in no doubt that France deserved their second World Cup crown.

« There’s a little bit of a cloud because of the penalty decision in the first half but the best team won, » Neville said.

« To beat an Argentina team with Lionel Messi, a Uruguay side with Luis Suarez, with Diego Godin that also does the horrible stuff, to beat a Belgium side with Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku… they’ve come through everything.

« They can win all types of games. They haven’t got just good, skilful players in Kylian Mbappe and Antoine Griezmann – players who’ve lit up this World Cup in moments – they’re also tough and resilient. »

Neville conceded Zlatko Dalic’s side had a right to feel aggrieved but said the final felt like a mismatch in the end.

« The Croatians will be upset – they’ll say they were hard done-by but you felt whatever happened, France would step up a gear and get through it, » Neville told ITV.

« Croatia deserve all the respect in the world but it felt like middleweight versus heavyweight. France were able to land the blows. They were more powerful.

« We’ve become accustomed to thinking possession is the dominating factor in the game because of what Spain and Pep Guardiola have done but it’s changed a bit in this World Cup. France counter-attacked, punched them and knocked them out.

« Don’t let Croatia’s possession convince you that France weren’t in control of that game. They were the best team in the competition. They deserved it. »

Voir de même:

World Cup final VAR: BBC pundits slam referee over France vs Croatia decisionsVAR took centre stage in the first half of the World Cup final – but not everyone agreed with the decisions that went France’s way.
Aaron Stokes
Daily Express
Jul 15, 2018

Didier Deschamps’ men went in front thanks to a Mario Mandzukic own goal in the first half.

But Antoine Griezmann has been criticised for diving to earn a free-kick before the Croatia striker headed into his own net.

After conceding an Ivan Perisic goal moments later, France looked to regain the lead.

And when the Inter Milan forward handled in his own area, the referee pointed to spot, allowing Griezmann to slot home his fourth of the tournament.

But BBC pundits Alan Shearer and Rio Ferdinand were not happy with the referee or VAR in the first period

« Two bad decisions have turned the game on its head, » said Ferdinand.

« The character the players have shown has been phenomenal.

« They have got around this French team, got in their faces and shown their experience and guile.

« Croatia are the team who have come out and said ‘we’re going to win this World Cup.’ And yet they’re behind. »

Shearer then added: « It will be such a shame if this game is decided on that decision.

« That is not a deliberate handball and it shouldn’t be a penalty.

« The referee didn’t give it initially, but then he is certain he has made an error after going to the VAR?

« I don’t agree with it. »

Voir encore:

Fans fume over ‘absolute amateur’ refereeing decision
7Sport
11 Jul. 2018

Belgium fans were left fuming during their World Cup semi-final loss to France when a blatant foul on Eden Hazard went unpunished.

The Belgian star was hacked down by Olivier Giroud on the edge of the area in the 79th minute of France’s 1-0 victory on Wednesday morning.

The ensuing foul would have given Belgium a golden opportunity to equalise from the set piece, but the referee inexplicably allowed play to continue.

Belgian players were gobsmacked, and fans took to social media to vent.

One social media user even labelled the referee an ‘absolute amateur’ over the bizarre call.

Samuel Umtiti was the unlikely hero as France reached the World Cup final for the third time in 20 years.

Defender Umtiti headed home a corner from Antoine Griezmann in the 51st minute to settle the all-European tie, booking Les Bleus a trip to Moscow and a clash against either Croatia or England.

Goalkeepers Hugo Lloris and Thibaut Courtois both made smart saves to make sure an intriguing game remained scoreless at the interval.

However, Umtiti popped up with the game’s telling moment early in the second half, nodding the ball home to score his third international goal.

Belgium pushed hard for an equaliser but Roberto Martinez watched on as his team suffered their first defeat in 25 outings, ending their hopes of winning the tournament for the first time in history as their so-called golden generation came up short.

Voir par ailleurs:

Coupe du monde 2018 : France-Croatie, bataille d’idées pour un trophée
La Croatie et la France, qui partira favorite de ce match, ont des approches tactiques opposées, liées aux caractéristiques de leur défense.
Christophe Kuchly
Le Monde
13.07.2018

Analyse tactique. « La défense dicte ses lois à la guerre. » La maxime est de Carl von Clausewitz, théoricien militaire prussien et auteur du traité fondateur De la guerre, dans lequel les partisans du catenaccio (« verrou ») se retrouvent sans doute beaucoup plus que ceux du football total. Près de deux siècles plus tard, cette phrase apparemment sans rapport avec la finale de la Coupe du monde, qui opposera la France à la Croatie dimanche 15 juillet à Moscou, résume pourtant l’un des enjeux tactiques de cette rencontre. C’est en effet la protection de son propre but, plus que l’attaque de celui de l’adversaire, qui dictera le comportement des deux équipes.

Est-ce à dire que Croates et Français passeront le match repliés dans leur camp et que personne ne prendra l’initiative ? Pas vraiment. Car les deux formations ont des approches opposées, liées aux caractéristiques de leur arrière-garde. Largement favoris, les Bleus s’appuient sur une ossature défensive ultrasolide, autour d’une charnière centrale dominatrice dans les airs et protégée par un N’Golo Kanté qui ratisse tous les ballons. Si l’on ajoute un Hugo Lloris en grande forme dans les buts, cela donne le cocktail idéal pour jouer très bas : domination physique, grande discipline (seulement six fautes commises face à la Belgique) et pensée collective. De quoi suivre José Mourinho, quand il assure : « On peut avoir le contrôle sans avoir le ballon. »

Philosophie ambivalente

A l’inverse, la Croatie, positionnée en moyenne beaucoup plus haut sur le terrain, se protège en éloignant au maximum le ballon de sa cage. En multipliant les passes, elle élabore certes des offensives qui doivent déstabiliser l’adversaire, mais elle impose surtout son propre tempo à la partie. A la façon de l’Espagne 2010, elle endort parfois plus qu’elle ne crée. Et rappelle la fameuse phrase de Johan Cruyff, dont le romantisme n’était pas toujours téméraire : « Si nous avons le ballon, les autres ne peuvent pas marquer. » Le symbole de cette philosophie ambivalente se nomme Luka Modric, génial milieu du Real Madrid, dont la candidature au prochain Ballon d’or prend chaque jour un peu plus d’épaisseur. Au cœur du jeu, il est le baromètre, tantôt devant la défense comme pendant une heure face à la Russie, tantôt relayeur voire numéro 10.

A travers Modric, ce sont bien sûr les forces mais aussi, et peut-être surtout, toutes les faiblesses croates qui apparaissent au grand jour. Car si son importance dans l’orientation et la gestion du jeu est cruciale, il doit être mis dans les bonnes conditions pour briller et déchargé d’une partie du travail défensif. D’où le recours au pressing, stratégie peu utilisée dans cette Coupe du monde qui, bien appliquée, oblige l’adversaire à se précipiter et à rendre le ballon.

Face à la Russie, en quarts de finale, Modric n’avait pas suivi le déplacement de Denis Cheryshev, bien content alors de profiter d’un peu d’espace pour frapper en lucarne. Contre l’Angleterre, mercredi soir, un retour en catastrophe mais mal maîtrisé lui avait fait commettre une faute à l’entrée de la surface, convertie directement par Kieran Trippier. Les autres buts concédés par la Croatie ? Un penalty à la suite d’une main du défenseur Dejan Lovren contre l’Islande, une touche mal défendue face au Danemark et une tête russe sur coup franc. Et qui sait quelle serait l’affiche de la finale si, en début de prolongation, Sime Vrsaljko n’avait pas sauvé sur la ligne une tête de l’Anglais John Stones sur… corner, la seule phase arrêtée où la Croatie n’a pas encore été battue.

Le football est imprévisible, mais le rapport de force semble jusqu’ici nettement à l’avantage des Bleus : pourquoi Samuel Umtiti et Raphaël Varane, impeccables face aux grands gabarits belges et uruguayens lors des deux derniers matchs et même buteurs de la tête, ne pourraient-ils pas réitérer la performance contre un adversaire qui peine à défendre dans sa surface ? C’est cette question, et l’évidence de la réponse malgré la taille de l’attaquant Mario Mandzukic, qui laisse imaginer un match à la physionomie similaire à ceux contre la Belgique et l’Argentine. Un adversaire qui veut le ballon, une équipe de France très contente de le laisser, et une grosse bataille au milieu pour rendre les attaques croates les plus inoffensives possibles.

La défense française dicte ses lois

Si l’Angleterre, qui défendait à huit en laissant deux attaquants prêts à contre-attaquer, a été trahie par son infériorité numérique au milieu (un 5-3-2 où la ligne de trois doit couvrir toute la largeur), la France a prouvé qu’elle n’avait pas peur de mettre dix joueurs dans son camp, la vitesse de Kylian Mbappé suffisant à se montrer dangereux une fois le ballon récupéré. Tout le monde, à l’exception parfois du Parisien, est donc concerné par cette récupération, avec une stratégie simple : Antoine Griezmann et Olivier Giroud empêchent les milieux d’être trouvés dans de bonnes conditions, Paul Pogba se charge de marquer le passeur et N’Golo Kanté se concentre sur la cible. Contre l’Argentine, ce n’est pas tant en défendant bien sur Lionel Messi qu’en le coupant d’Ever Banega, son principal pourvoyeur de ballons, que la France avait tué la menace dans l’œuf. Si Marouane Fellaini fut également géré facilement, Pogba, qui est le plus apte à remplir le rôle à condition de permuter avec Blaise Matuidi au milieu, pourrait trouver en Modric son adversaire le plus coriace…

Car la Croatie, dont le jeu peut vite devenir stéréotypé, entre actions individuelles des ailiers Ivan Perisic et Ante Rebic et multiples centres des latéraux Vrsaljko et Strinic, est jusqu’ici animée d’une force qui dépasse la tactique – là où la France, qui adapte la sienne à l’adversaire, n’a jamais eu besoin d’exploits. Ni un penalty raté en fin de prolongation en huitième de finale, ni une égalisation concédée sur le fil en quart, ni la fatigue accumulée, n’ont empêché les hommes de Zlatko Dalic, menés lors de leurs trois dernières rencontres, de poursuivre l’aventure. Et si Lovren a échoué cette année en finale de Ligue des champions, les titres européens accumulés par Rakitic, Modric, Mandzukic, Kovacic (huit C1 et une C3 à eux quatre) et Vrsaljko (une C3), font plus qu’équilibrer la balance de l’expérience des grands rendez-vous.

D’autant qu’il reste une variable de taille : comment la France, qui devrait être capable de provoquer des déséquilibres partout sur le terrain, réagirait-elle en cas de scénario défavorable ? Menée presque par hasard par l’Argentine, elle était partie à l’attaque, les boulevards défensifs de l’Albiceleste et une volée de Benjamin Pavard inversant immédiatement la dynamique. Neuf minutes de course-poursuite suffisent-elles à juger de la percussion d’une équipe qui semblait presque inoffensive sur attaque placée il y a de cela un mois ? Si la défense française dicte ses lois dans ce Mondial, la puissance de son attaque n’a pas encore été inscrite dans les textes.

Voir aussi:

Finale France-Croatie : le pragmatisme des Bleus face à l’héroïsme des « Vatreni »
Lors d’une finale inédite, des Croates fatigués mais galvanisés tenteront de renverser l’équipe de France, favorite au terme d’une Coupe du monde maîtrisée.
Le Monde
15.07.2018

Dimanche 15 juillet, à partir de 17 heures, l’équipe de France de football tentera d’inscrire sur son maillot une deuxième étoile de champion du monde, vingt ans après le sacre à domicile des Bleus d’Aimé Jacquet.

Face à une sélection croate héroïque – les joueurs de Zlatko Dalic ont été menés dans deux des trois rencontres de la phase à élimination directe, sont allés trois fois en prolongation et ont remporté deux séances de tirs au but – les Français restent favoris, mais attention : forts de leurs stars européennes et poussés par 4 millions de supporters, les Croates ont de légitimes chances de croire en leur victoire dans le stade Loujniki de Moscou, pour ce qui serait un succès inédit en cinq participations à la Coupe du monde.

Léger avantage statistique aux Français

Depuis le début de la Coupe du monde, les Bleus n’ont encaissé que quatre buts – dont trois contre l’Argentine, en huitième de finale – contre cinq pour les Croates, sans compter les penaltys encaissés par ceux-ci lors des deux séances de tirs au but.

Les Croates ont, cependant, l’avantage côté offensif : douze buts inscrits, contre huit seulement pour la France en six matchs. Ils ont aussi mieux réussi leur phase de poule, avec trois victoires en trois matchs, dont une de prestige face à l’Argentine (3-0).

Les « Vatreni » entre fougue et fatigue

C’est l’une des principales certitudes avant la rencontre de dimanche : les Croates ne lâcheront rien. Extrêmement soudé, le collectif guidé par Luka Modrić a montré une grande ténacité depuis le début de la phase finale : face au Danemark, « les Enflammés », leur surnom, ont subi le score avant de remporter la rencontre aux tirs au but – la première de l’histoire de la Coupe du monde avec cinq arrêts de la part des gardiens, dont trois pour le portier de Monaco, Danijel Subašić.

Face à la Russie, l’histoire se répète : à égalité à la fin des prolongations, après avoir été menés, les Croates l’emportent aux tirs au but. En demi-finale, cette fois face à l’Angleterre, l’attaquant Mario Mandžukić libère ses coéquipiers en inscrivant, une nouvelle fois en prolongation, le but qualifiant son équipe pour la finale face à la France.

Revers de la médaille : le temps de jeu, beaucoup plus important pour les Croates, est devenu le principal désavantage de la sélection au damier – les Bleus ont donc l’avantage, ayant également profité d’une journée supplémentaire de repos.

L’opposition de style défensif, enjeu central de la finale

La solidité de la défense française, verrouillée autour de Rafael Varane et N’Golo Kanté, scellée par l’efficacité d’Hugo Lloris dans les buts, permet aux Bleus de garder un bloc bas et d’attendre les offensives de leurs adversaires.

Les deux équipes se complètent à ce stade, puisque pour la Croatie, c’est l’inverse : le sélectionneur Zlatko Dalic encourage ses joueurs à garder le ballon le plus loin de leur but – et donc de maintenir un bloc haut. Luka Modrić se charge de l’animation offensive, permettant aux Croates de déclencher rapidement leurs actions vers l’avant.

Comme face à l’Argentine et à l’Uruguay, les défenseurs français pourraient donc profiter d’un coup de pied arrêté dans la surface adverse pour exploiter les failles de la Croatie. Les courses de Kylian Mbappé vers l’avant, précieuses pour percer le premier rideau croate, vont constituer une des clefs de la rencontre.

L’espoir du Ballon d’or pour Luka Modrić

Vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid, véritable star dans son pays et grand animateur du jeu croate, le milieu de terrain pourrait, en ramenant chez lui la première Coupe du monde de l’histoire de sa sélection, décrocher dans quelque mois le Ballon d’Or.

« Quand on parle de toi sur ce genre de sujet c’est super et agréable, mais je ne me préoccupe pas de cela, préfère-t-il répondre face à la presse. Je veux que mon équipe gagne, que, si Dieu veut, on remporte la Coupe »

Côté français, malgré les bonnes saisons d’Antoine Griezmann à l’Atlético Madrid et de Kylian Mbappé au Paris-Saint-Germain, une victoire en Coupe du monde ne suffirait pas à espérer le titre de meilleur joueur de la planète.

Voir encore:

World Cup 2018: Time for Spain to move away from tiki-taka
Shyam Kamal
Sportskeeda
2 Jul, 2018

Spain’s famed Tiki-taka system failed to match against some astute defending
If there was one thing that Vincent Del Bosque’s Spain was known for, other than their 2010 World Cup win – it was their style of play. It was Spain’s greatest ever team playing one of the most attractive styles of football, and it looked set for Spain to dominate football like Brazil had done in the past.

Oh, how the mighty have fallen!

In the 2018 World Cup, Spain ended the tournament with just one win to their name – a sluggish win against Iran in the second round of the group stage, and 3 draws (losing the last one to penalties against Russia).

In the process, they have conceded 6 goals, and scored 7; 3-3 against Portugal, 1-0 against Iran, 2-2 against Morocco and finally, 1-1 against Russia.

During the course of these four matches, they have completed an inherently unbelievable 3129 passes, an average of 782 passes per game. Argentina have the second most passes in the tournament, with some 800 passes less than what Spain has managed.

The origin
Without the very best players, Tiki-taka as a system has its downfalls

The ‘Tiki-taka’ system came to prominence when Johann Cruyff took over the reigns of Barcelona during the late 80s and the early 90s. It continued to gain momentum even after his departure, with Van Gaal and Rijkaard following the same system.

It reached its zenith at Barcelona when Pep Guardiola came to the fore – and arguably the greatest team in club football completed a sextuple of trophies playing some of the best football the world had ever seen.

And then, it caught on to the Spanish national team. A major portion of that Barcelona team played for La Furia Roja, and when then manager Vincent Del Bosque integrated the style into the team’s play, it instantly paid dividends.

Spain went on to win the 2008 Euros, the 2010 World Cup in South Africa, and the 2012 Euros, combining the tiki-taka with more direct football when the style suited them. This bastardized version was the brain child of Luis Aragones – the manager who led Spain to the 2008 Euros.

Del Bosque’s system was more focused on the Barcelona style of the tiki-taka, a return to the basics that saw small, physically suspect players go toe to toe against the bigger, more physically endowed players.

After Spain’s exit in Brazil, the system came under attack. The Netherlands had taken apart everything Spain stood for, and Van Persie’s soaring header was the cherry on top of a performance that showed the world that direct football could beat the slow build-up if done well.

The Nadir
Then came Barcelona’s slight falling out with the system as well.

Luis Enrique’s system at Barcelona invited contempt and concern from many a fan who had watched the beautiful passing from the years gone by. It was considered too direct to be played by Barcelona, and despite a treble in his first season and a double in the second, Enrique was shown the door after his third season at the club.

Bayern Munich shifted to a form of tiki-taka when Guardiola took over at the club, but after his departure they have returned back to their original blitzkrieg style of play.

Arsenal have lost all semblance of proper tactics during the last year of Wenger, and at present only Manchester City, under the tutelage of Pep Guardiola, are the last proponents of the system.

Spain came into the World Cup armed by only one established striker in Diego Costa, and a midfield that is enough to make any team envious. It did not feel the need for them to have another striker, considering that their midfield would be holding the ball most of the time anyway.

As it turns out, holding the ball is the only thing they know to do. Against Russia, Spain kept passing the ball with nothing coming out of it, and their play had no urgency whatsoever. They recorded their first shot on target only after Russia scored the equalizer, and even then it was too late.

The reason the plan failed was because tiki-taka in its basic form is designed to sandbag the opponent.

It aims to hit the opponent with a continuous flow of attack and tire out the defenders. It operates with the assumption that the ball should be regained within the opposition half, and never let them have a moment of respite.

That is where Spain failed.

Spain’s newer system saw passes, but no urgency. It was possession for the sake of possession, and not possession that has the intent to score. At times, it was more boring than the ‘bus-parking’ by Mourinho, and that is saying a lot.

Most of the time, the ball remained in the Spanish half – with the defenders passing the ball over and over to each other, while the Russians stayed back and bided their time. The initial success of tiki-taka happened because the teams were not used to it, and got tired from chasing the ball for too long.

Against a Russian team that did not fall into their trap, Spain was all bark and no bite
And when the plan failed, Spain did not have a fail-safe. Putting crosses into the box after taking out Diego Costa, unsurprisingly, did not work.

All the players on the field tried to pass themselves into a corner, before switching the ball to the other wing – rinsing and repeating till the final whistle.

Maybe Lopetegui’s Spain would have done better, but that is not a question we can know the answer to. The fact is that Spain’s tiki-taka failed, and rather spectacularly considering how well their opponents exposed a critical flaw in its design.

Football evolves with time. Just like how ‘total football’ came into praise and then disappeared from the limelight, it is time for tiki-taka to take a step back.

As teams get more and more defensive when playing against the possession based sides, they should at least temper their football with a good plan B if they want to get anywhere near a trophy again.

Voir enfin:

La France remporte la Coupe du monde : vingt ans après, les Bleus de nouveau sur le toit du monde
Les Bleus ont montré, dimanche à Moscou, une impressionnante détermination pour battre la Croatie (4-2) et ainsi remporter leur deuxième titre de champion du monde.
Anthony Hernandez (envoyé spécial à Moscou)
Le Monde
15.07.2018

Le football français est longtemps passé pour un indécrottable romantique, dont on célébrait les glorieuses défaites, Séville 1982 par exemple, tandis que les autres nations accumulaient les titres. Fidèle à ce qu’il était sur le terrain, un travailleur de l’ombre et un apôtre de la victoire avant tout, Didier Deschamps a transformé son équipe de France en une terrible machine à gagner. Ironie de l’histoire, pour quelqu’un qui était surnommé « la Dèche » et a connu le cauchemar bulgare de 1993.

Dimanche 15 juillet, au stade Loujniki de Moscou, les Tricolores se sont montrés impitoyables (4-2) face à des Croates méritants, pour remporter le Mondial 2018. Pendant que le président russe Vladimir Poutine, enfin sorti de sa tanière, s’éloignait sous le déluge moscovite comme étranger à la joie tricolore, les joueurs français pouvaient brandir un trophée historique, vingt ans après les deux coups de tête victorieux de Zinédine Zidane au Stade de France. 1998-2018, le lien est tout trouvé : le capitaine Didier Deschamps devenu le sélectionneur Didier Deschamps.

La leçon de l’Euro 2016 a été bien apprise
A défaut d’être impressionnante par son niveau de jeu, cette finale, décousue, a été la plus prolifique depuis l’unique sacre anglais à domicile face à la RFA en 1966 (4-2). Qu’importe la manière, dans dix ans, seule cette deuxième étoile ajoutée au maillot tricolore pendant l’été moscovite restera. La leçon de l’Euro 2016 a été bien apprise. Deschamps n’aime pas perdre et c’est certainement pour cela qu’il a presque tout gagné dans sa carrière : notamment deux Ligues des champions, un Euro et, désormais, deux Coupes du monde… « Une finale, cela se gagne, oui. Parce que celle qu’on a perdue il y a deux ans, on ne l’a toujours pas digérée », avait-il dit mardi soir.

Les bras tendus vers le ciel et le poing rageur, le sélectionneur tricolore pouvait laisser exploser une joie mêlée à sa légendaire rage de vaincre. Après le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer, il peut désormais s’enorgueillir d’être le troisième à avoir gagné la Coupe du monde à la fois en tant que joueur et en tant qu’entraîneur.

Une performance inimaginable pour celui qui, au départ, n’était jamais le meilleur footballeur, ni le meilleur entraîneur, mais qui a toujours su transmettre sa hargne et sa détermination à un groupe. « C’est tellement beau, tellement merveilleux, a-t-il exulté, Je suis super heureux pour ce groupe-là, car on est partis de loin quand même. Cela n’a pas été toujours simple, mais à force de travail, d’écoute… Là, ils sont sur le toit du monde pour quatre ans. »

Solidité défensive
Kylian Mbappé poursuit, lui, sa quête de records : à 19 ans, il est le deuxième plus jeune buteur en finale d’une Coupe du monde, derrière le Brésilien Pelé (en 1958). Sans forcément en être conscient, le Parisien, désigné meilleur jeune du tournoi, restera sur l’une des images fortes de ce mois de compétition, l’unique accroc à l’opération de communication maîtrisée du Kremlin : son high five avec l’une des quatre Pussy Riot, affublées d’un costume policier, et dont le mouvement a revendiqué l’envahissement de la pelouse en deuxième période.

Elu homme du match, parfois éclipsé par son jeune coéquipier, Antoine Griezmann a, lui, répondu présent au meilleur moment d’un coup franc précis sur le premier but, d’un penalty plein de sang-froid sur le deuxième et grâce, en général, à une performance éclatante tout au long des quatre-vingt-dix minutes.

Plus globalement, comme sa devancière de 1998, cette équipe de France aura bâti son succès sur une solidité défensive insoupçonnée avant la compétition, à laquelle elle aura ajouté un jeu ultra-direct et rapide, redoutable pour forcer les défenses adverses.

Un mur de damiers rouge et blanc
Pourtant, cette finale, spécialement la première période, aura été paradoxalement l’un des matchs les moins aboutis des Bleus, depuis l’entame contre l’Australie, le 16 juin. Une ouverture du score contre son camp de Mario Mandzukic et un penalty contestable (une main d’Ivan Perisic qui semblait non intentionnelle) obtenu grâce à la VAR (arbitrage vidéo), voilà les deux maigres coups d’éclat qui ont permis aux Français de faire basculer la rencontre.

Le troisième but tricolore, inscrit par Paul Pogba, au terme d’une contre-attaque, et la frappe chirurgicale de Kylian Mbappé pour le quatrième, n’ont été que la punition attendue et infligée à un adversaire qui, mené et épuisé par ses trois prolongations successives, devait dès lors se découvrir. En capitaine fair-play, le gardien Hugo Lloris a offert aux Croates, d’une relance calamiteuse, la réduction du score. Pas certain que cela suffise à les consoler, pas plus que le titre de meilleur joueur de la Coupe du monde attribué au capitaine Luka Modric.

Aux abords du stade Loujniki, comme à l’intérieur des tribunes de ce gigantesque stade, théâtre des Jeux de Moscou en 1980, les Français ont dû faire face à une forte adversité. Tout d’abord à la forte supériorité numérique des supporteurs croates, 10 000 balkaniques qui ont constitué un véritable mur de damiers rouge et blanc. Puis au soutien massif des autres spectateurs à l’outsider. Brésiliens, qui se voyaient en finale, Colombiens, Sud-Coréens ou Mexicains, beaucoup avouaient soutenir la Croatie.

L’égale de l’Argentine et de l’Uruguay
« Elle joue avec le cœur, avec plus de passion. Pour clôturer cette Coupe du monde folle, la victoire d’une équipe inattendue serait idéale. Mais je pense que la France va gagner, vous avez les meilleurs joueurs », prophétisait Leandro, venu de Rio avec ses amis. Les Bleus pouvaient tout de même compter sur quelques soutiens éparpillés, à l’image de Munzi, un Malaisien fanatique de Mbappé, ou de Kensuke, un Japonais qui arborait le maillot d’un certain Lilian Thuram, double buteur lors de la demi-finale du Mondial 1998 contre… la Croatie.

Avec ce deuxième succès sur les six dernières Coupes du monde, l’équipe de France distance l’Angleterre et l’Espagne. Surtout, elle égale des nations de football telles que l’Uruguay et l’Argentine. Devant, il ne reste plus que l’Italie et l’Allemagne (quatre titres) et le Brésil (cinq titres). Nantis d’une moyenne d’âge de 25 ans et 10 mois, ces Bleus paraissent armés pour continuer à gagner.

Didier Deschamps sera normalement encore aux commandes jusqu’à l’Euro 2020, au moins. Quoi de plus logique pour ce père la victoire, qui a su s’adapter à une jeune génération qui le lui rend à merveille, comme le prouve l’intrusion joyeuse et festive de ses joueurs en conférence de presse. « Excusez-les, ils sont jeunes et heureux », a résumé Deschamps, arrosé d’eau des pieds à la tête.

One Response to Mondial 2018: A l’italienne (With the death of Spain’s sterile tiki-taka passing for passing’s sake and France’s final catenaccio win, will the 2018 World Cup also mark the end of beautiful football as we knew it ?)

  1. jcdurbant dit :

    JUST ASK THE FRENCH !

    « Just ask the French football team. Not all of those folks looked like Gauls to me. But they’re French! »

    Barack Hussein Obama

    IN REALITY, AFRICA WON THE WORLD CUP

    « The French team seems like the African team, in reality Africa won, the African immigrants who arrived in France. How much have they despised Africa, and in the football World Cup France won the trophy thanks to African players or the sons of Africans.

    Nicolas Maduro

    https://www.news24.com/Africa/News/in-reality-africa-won-the-world-cup-says-venezuelas-maduro-20180717

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