Médias: Attention, une meute peut en cacher une autre (Boys on the bus redux: What elite media bubble ?)

11 mars, 2017

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Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Stéphane Hessel
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Dans les médias de la communication, une chambre d’écho, ou chambre d’écho médiatique est une description métaphorique d’une situation dans laquelle l’information, les idées, ou les croyances sont amplifiées ou renforcées par la communication et la répétition dans un système défini. Il s’agit d’une analogie avec la chambre d’écho acoustique, ou chambre réverbérante, dans laquelle les sons sont réverbérés par les murs. À l’intérieur d’une chambre d’écho médiatique, les sources ne sont généralement pas remises en question et les points de vues opposés sont censurés ou sous-représentés. John Scruggs, lobbyiste chez le cigarettier Philip Morris, décrit en 1998 deux mécanismes de ce qu’il appelle les «chambres d’écho». Le premier consiste en la répétition d’un même message par différentes sources. Le second mécanisme consiste en la diffusion de messages similaires mais complémentaires par une seule source. Scruggs décrit la chambre d’écho comme stratégie pour augmenter la crédibilité de certaines informations au regard d’une audience cible. Avec la démocratisation de l’internet et l’arrivée des médias sociaux, les chambres d’écho se sont multipliées. Les algorithmes des réseaux sociaux agissent comme des filtres et engendrent ce qu’on a nommé des bulles de filtres. L’utilisateur à l’intérieur d’une telle bulle obtient de l’information triée à son insu en fonction de son activité sur un réseau. L’accessibilité accrue aux informations correspondant aux opinions des individus fait que ces derniers sont moins exposés à des opinions différentes des leurs. Dans les chambres d’échos, les opinions opposées à celles de la majorité sont peu diffusées et, lorsqu’elles le sont, sont souvent la cible d’attaques par cette majorité pour les discréditer. Lorsqu’une information est reprise par de nombreux médias, elle peut être déformée, exagérée, jusqu’à être plus ou moins dénaturée. En augmentant l’exposition à une fausse rumeur, sa crédibilité a tendance à augmenter. À l’intérieur d’une chambre d’écho, il peut ainsi arriver qu’une majorité d’individus croient en une version dénaturée d’une information véridique, ou en une information carrément fausse. Wikipédia
Les journalistes moyens à qui nous parlons ont 27 ans et leur seule expérience de journaliste, c’est de suivre les campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. (…) Nous avons créé une chambre d’écho. Ils disaient des choses qui validaient ce que nous leur avions donné à dire.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Une nouvelle couche de scandale est venue s’ajouter lundi aux soucis du président américain, lorsque l’agence de presse Associated Press a annoncé que deux mois de relevés d’appels de certains de ses journalistes avaient été saisis à l’instigation du parquet fédéral. L’agence a dénoncé une « intrusion massive et sans précédent », tandis que le département de la Justice s’est retranché derrière la nécessité de préserver « l’intégrité de l’enquête » dont les motifs restent encore flous. La Maison-Blanche a assuré n’avoir « aucune connaissance » de cette investigation. Toujours est-il que l’administration est « sous le feu » des critiques, constatait mardi le gros titre du journal USA Today. (…) Les services fiscaux américains (IRS) ont affirmé vendredi avoir ciblé environ 75 groupes proches de la mouvance conservatrice et anti-impôts du Tea Party. Lois Lerner, une responsable du fisc américain, a expliqué que des groupes comportant les mots « Tea Party » et « patriote » avaient été sélectionnés par les fonctionnaires d’une cellule centralisatrice à Cincinnati pour un examen approfondi, selon plusieurs médias. Les républicains ont bondi sur l’affaire et parlent déjà de scandale politique. « L’admission par l’administration Obama que le fisc a ciblé des opposants politiques fait écho à certains des abus de pouvoir les plus honteux de l’histoire américaine du 20e siècle », a déclaré John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants. Des enquêtes parlementaires vont être lancées au Congrès, y compris au Sénat, contrôlé par les alliés de Barack Obama. Certains conservateurs, élus ou éditorialistes, n’hésitent plus à évoquer ouvertement le fantôme du scandale du « Watergate » qui avait coûté sa présidence à Richard Nixon en 1974. Une enquête a été ouverte pour déterminer si l’administration fiscale américaine avait enfreint la loi, a annoncé mardi le ministre de la Justice, Eric Holder. Europe 1 (15 mai 2013)
The Guardian has learned that the FBI applied for a warrant from the foreign intelligence surveillance (FISA) court over the summer in order to monitor four members of the Trump team suspected of irregular contacts with Russian officials. The FISA court turned down the application asking FBI counter-intelligence investigators to narrow its focus. According to one report, the FBI was finally granted a warrant in October, but that has not been confirmed, and it is not clear whether any warrant led to a full investigation. The Guardian
With only days until Donald Trump takes office, the Obama administration on Thursday announced new rules that will let the NSA share vast amounts of private data gathered without warrant, court orders or congressional authorization with 16 other agencies, including the FBI, the Drug Enforcement Agency, and the Department of Homeland Security. The Intercept
Only days before the inauguration, President Obama also signed an executive order that allows the National Security Agency to share raw intercepts and data with the 16 other agencies in the intelligence community. NSA analysts used to filter out irrelevant information and minimize references to Americans. Now such material is being leaked anonymously. The Wall Street Journal
What you see in these leaks—David Ignatius of The Washington Post and others—are the intelligence agencies being manipulated by the left to destroy the Trump presidency and everybody around him. (…) The people that report on national intelligence at all the networks, including Fox—and I love Fox News—are scared of taking on the intelligence agencies because their sources will be cut off and they won’t have a profession anymore. Larry Klayman (Freedom Watch)
Les experts politiques ne sont pas un groupe très diversifié et ont tendance à accorder beaucoup de confiance aux opinions de leurs confrères et des autres membres de l’establishment politique. Une fois établi, le consensus tend à se renforcer jusqu’à et à moins que ne viennent l’interrompre des preuves absolument irréfutables. Les médias sociaux, Twitter en particulier, ne peuvent qu’aggraver encore le phénomène de pensée de groupe jusqu’à la création d’une véritable chambre d’écho. (…) Depuis au moins l’époque des « Boys on the bus, » le journalisme politique souffre d’une mentalité de meute. Les événements tels que les conventions et les débats rassemblent dans la même salle des milliers de journalistes; il suffit d’assister à l’un de ces événements pour presque littéralement sentir la nouvelle doxa se fabriquer en temps réel.  Nate Silver
Political experts aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber. James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” argues that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions: Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.” Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.” Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.” Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.” Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter. But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions. Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much. And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971. The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media. Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions. Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over. Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially. There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade: The share of total exposure for the top five news sources climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation. All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots. That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way. Nate Silver
La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement». Jean-Marie Pottier

Ce dont est victime François Fillon, c’est d’un système qui a été mis en place depuis des années au Parlement et qui consiste à rémunérer ou à accorder des compléments de rémunération aux parlementaires à travers le système des collaborateurs.

Patrick Stefanini (ancien directeur de campagne de Fillon)

Il décrit quelque chose qui est bien ce qu’il a dit, pas spécialement pour Fillon. Mais quand vous avez l’indemnité du parlementaire plus la rémunération du collaborateur qui atterrit dans le même ménage et assez largement sur le même compte en banque…Je vais dire quelque chose qui n’est pas politiquement correct du tout, qui a été abordée maladroitement par Alain Minc ou Henri Guaino: y a-t-il une question sur le niveau de la rémunération des parlementaires en France? La réponse est oui! Je le pense, et je le dis! C’est très difficile à expliquer mais ce salaire, qui est confortable, met les parlementaires français parmi les moins payés en Europe, je le dis.

Hervé Mariton

Quand payera-t-on décemment le métier politique? (…) Non ce n’est pas assez compte tenu des contraintes. Je pense qu’il faudrait indexer la rémunération des parlementaires sur celle des plus hauts fonctionnaires. C’est de l’ordre de 10.000 euros. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui est là pour faire la loi est moins payé que quelqu’un qui est payé pour appliquer la loi.

Alain Minc

Il a existé un système, ou une absence de contrôles, c’est vrai, jusqu’à il y a quelques années à l’Assemblée nationale, puisque le système de gestion était différent au Sénat, et notamment pour les collaborateurs familiaux.. Il y avait la capacité, jusqu’à une somme dont je n’ai pas le chiffre en mémoire, de récupérer le solde de crédit qui était affecté aux collaborateurs, puisqu’il n’était pas géré, comme au Sénat par une association. Ce système, il y a été mis fin à l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs à la fois Bernard Accoyer et Claude Bartolone qui me l’ont expliqué.

Gérard Larcher

Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. La première chose à faire, c’est d’interdire aux parlementaires toute autre fonction que la leur. Donc impossible pour un député ou un sénateur d’exercer une profession, de diriger une boîte de conseil, sauf à travailler à titre gratuit. Je pense, par exemple, aux médecins qui pourraient continuer à opérer pour ne pas perdre la main. Mais, dans ce cas, ils ne seraient pas payés. (…) Quand on aura fait ça, alors on pourra proposer d’allouer une rémunération de 9 000 euros net aux parlementaires et une enveloppe de 3 000 euros mensuel de frais divers. C’est le montant que nous avions estimé il y a quelques années quand on s’était penché sur la question.
Julien Dray
Les députés disposent d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros destinée à rémunérer de 1 à 5 assistants. La répartition et l’usage de cette somme sont à discrétion de chaque député. Avant le 1er janvier 2013, comme l’indique le site de l’Assemblée Nationale, les députés pouvaient effectivement conserver les montants non dépensés, dans la limite d’un plafond de 5958 euros par an. Soit moins de 6% de l’enveloppe, relève Le Monde. Reste la question de l’enrichissement personnel par proximité familiale de l’employeur et de son assistant. La pratique existe, bien qu’elle soit contrôlée. Le règlement, mis à jour en 2011, indique que la rémunération d’un emploi familial ne peut pas excéder la moitié de l’enveloppe annuelle du député. La France n’est en effet pas en tête des pays où les parlementaires sont les mieux payés: elle se classe au neuvième rang en Europe, si l’on se reporte au comparatif dressé en décembre 2016 par le site d’information irlandais The Journal. Avec un salaire de base de 85 713 euros bruts par an pour les députés du Palais Bourbon, la France est largement derrière le trio de tête composé par l’Italie (125 220 euros), l’Autriche (121 608 euros) et l’Allemagne (108 984 euros). Tout en bas du classement on retrouve la Roumanie et la Bulgarie, dont les parlementaires gagnent autour de 20 000 euros bruts par an.  Le Figaro  
L’ouvrage-choc de Christian Chesnot et Georges Malbrunot sur les liens ambigus entre certains politiques français et les richissimes monarchies du Golfe persique fait des vagues. Des personnalités ont contacté, en vain, l’ambassade du Qatar à Paris pour que celle-ci démente les accusations contenues dans le livre. Le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen et la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet sont les seuls, jusqu’ici, à avoir déposé plainte pour diffamation contre les auteurs du livre « Nos très chers émirs » (ed. Michel Lafon). Ils font partie des personnalités -de droite comme de gauche- épinglées par Christian Chesnot et Georges Malbrunot qui les accusent d’avoir profité des largesses de l’ambassade du Qatar à Paris. Dans leur liste non exhaustive, les deux grand reporters, ex-otages en Irak, désignent aussi Rachida Dati, le député socialiste du Pas-de-Calais Nicolas Bays ou Dominique de Villepin, qui exigeait de voyager en « First ». «De 2007 à 2013, à l’époque de l’ancien ambassadeur Al-Kuwari, la représentation qatarie en France était devenue la boutique du Père Noël », affirment les auteurs. Cette générosité a été bien mal récompensée. Le petit émirat supporte mal le « Qatar bashing », sa mise en cause dans le financement du terrorisme islamiste, y compris par des politiques français. Le filon va se tarir avec l’avènement du jeune émir Tamin qui a ordonné au nouvel ambassadeur Meshal de mettre un terme à cette politique des « petits cadeaux ». Aujourd’hui, le Qatar cherche à redorer son blason et « le distributeur à billets de 500 euros » est fermé. Dès sa publication, l’enquête de Chesnot et Malbrunot a mis en effervescence le petit monde des « amis » français de l’émirat qui pleurent leur mise à l’écart et la diète qui s’en est suivie. Le lendemain de la sortie du livre, le 21 octobre, l’ex-ministre Rachida Dati a envoyé deux émissaires à l’ambassade du Qatar qui ont exigé d’être reçus par l’ambassadeur Meshal. (…) Du côté de Jean-Marie Le Guen, c’est un proche qui a contacté l’ambassade qatarie à Paris avec en substance ce message: « Ce n’est pas bien de balancer auprès de la presse. Après cela, la France va lâcher le Qatar quand il y aura des accusations contre le terrorisme. On ne vous soutiendra plus ». (…) «Entre les partis politiques, c’est l’omerta, confie un parlementaire. Des gens de droite et d’autres de gauche sont mouillés. Il y a un intérêt commun à étouffer l’affaire. » Seul le député non inscrit Nicolas Dupont-Aignan a réclamé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée, tout en reconnaissant qu’il y avait peu de chance qu’elle aboutisse. Le député-maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromentin a posé pour sa part une question écrite au Premier ministre Manuel Valls. Depuis sa rupture avec l’UDI, il figure également parmi les indépendants à l’Assemblée. Quant au nouveau Parquet national financier, chargé de lutter contre la fraude et la corruption, il ne s’est encore saisi des graves accusations lancées par les deux journalistes. Paris Match
Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls. Medhi Meklat  (octobre 2012, sept mois après les meurtres de Merah)
Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde. Medhi Meklat (décembre 2002)
Cette génération qui vit sur Internet (…) et s’autorise les pires dérapages idéologiques sous prétexte qu’ils sont libres. Medhi Meklat (Minute)
J’espère qu’on m’accordera le crédit de la fiction,explique-t-il. Ce personnage [de Marcelin Deschamps] n’a pu exister que sur Twitter parce que c’était justement l’endroit de la fiction. (…) C’était un travail littéraire, artistique, on peut parler de travail sur l’horreur, en fait. Mehdi Meklat
Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif. Ils sont les invités de “Télérama” cette semaine. Télérama
Mise à jour : Que savions nous des tweets de Mehdi Meklat lorsque nous l’avons interviewé, avec son compère Badroudine, en octobre 2015 ? En aucun cas, nous n’avions eu connaissance de ses messages antisémites, homophobes et racistes, récemment ressurgis des tréfonds de Twitter. Sinon, nous ne l’aurions pas cautionné. Cela va sans dire. Alors pourquoi le préciser ? Parce qu’au regard de ce qu’on sait aujourd’hui, une remarque, publiée dans cet entretien vieux d’un an et demi, prête malheureusement à confusion : « vous participez au bruit ambiant, disions-nous, en publiant sur Twitter des blagues parfois limites »… Sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, Mehdi Meklat postait en effet des plaisanteries en cascade. Beaucoup étaient très drôles, mais d’autres étaient lestées d’une provocation aux franges de l’agressivité, ou d’une pointe de misogynie potache. C’est à cela que nous faisions allusion en parlant de « blagues limite ». A rien d’autre. Avons-nous à l’époque manqué de prudence ? Nous aurions pu passer des heures, voire des jours, à fouiller parmi ses dizaines de milliers de tweets déjà publiés, afin de vérifier qu’il ne s’y trouvait rien d’inacceptable. Mais pourquoi l’aurions-nous fait ? Tout, alors, dans sa production professionnelle (chroniques radio, documentaire, livre), témoignait au contraire d’un esprit d’ouverture qui nous a touchés. En octobre 2015, à nos yeux, Mehdi Meklat n’était absolument pas suspect d’intolérance. Découvrir aujourd’hui ses tweets haineux fut un choc pour nombre de nos lecteurs. Pour nous aussi. Ils sont aux antipodes des valeurs que Télérama défend numéro après numéro, depuis plus de soixante ans. Télérama
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Mehdi Meklat, écrivain talentueux de 24 ans, « issu des cités », promu et encensé depuis 2012 par la presse culturelle unanime sur son talent littéraire et qui abreuvait Twitter de sentences ultraviolentes à caractère antisémite, homophobe, misogyne. Il appelait également à des agressions physiques contre certaines personnalités et fit l’apologie du génocide nazi et du terrorisme, le tout sous couvert d’un pseudonyme (« Marcelin Deschamps ») connu de tous ceux qui continuaient de le soutenir. Cela dans la période où le pays subissait l’assassinat de militaires et d’enfants juifs, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes et la Belgique la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Citons quelques-uns de ces Tweet pour prendre la mesure de ce que cela signifie. « Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls », écrivait-il en octobre 2012 (sept mois après les meurtres de Merah), quand « madame Valls », de confession juive, passait pour« influencer » les positions de son mari sur la laïcité.« Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde »,trouve-t-on en décembre de la même année. (…) Les réseaux ­sociaux ont fait le relais. En d’autres ­termes, sans ces nouveaux médias, l’omerta serait restée entière. La faillite morale et professionnelle journalistique est totale. La question qui se pose est celle-ci : où, exactement, se trouve le vrai scandale ? Tâchons de raisonner de façon littéraire. Ouvrons Minute. Le livre imagine plusieurs personnages issus de classes sociales diverses dans la minute précédant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il commence ainsi : « A quoi devaient servir les écrivains ? A apporter du temps et du style. Le temps était effréné, tellement présent dans nos vies ordinaires qu’il en devenait absent, dissous. » Le personnage s’exprimant de cette façon, « l’Ecrivain », n’est pas sans évoquer Renaud Camus (et parfois Houellebecq), dans la mesure où il a été au centre d’un scandale littéraire et est membre du Front national. Plus tard dans le livre, il croise « deux jeunes romanciers », Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, lesquels le jugent « raciste », tandis que lui ne voit en eux que les représentants « d’une génération qui vit sur Internet et s’autorise les pires dérapages ». Dans la réalité, bien sûr, tous ont raison. Plus troublant encore, c’est par un ­raisonnement fort proche de celui de Renaud Camus autrefois que Meklat a tenté de justifier ses Tweet, notamment dans l’interview donnée au site de Télérama dans les jours suivant le scandale. Marc Weizman
« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’étend au mal », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Meh­di Meklat n’a pas seulement été toléré, il a été porté au pinacle par les organes du gauchisme culturel. Ceux-ci l’avaient élevé au rang de chantre ­semi-officiel de la «  culture de banlieue  ». Soit, pour eux, un mélange de cynisme roublard et de vulgarité ; la banalisation de l’insulte et de la menace ; le sens du «  respect  » dû au plus fort, au plus menaçant, au plus dangereux ; le mépris des femmes et des faibles, la haine des homosexuels. Bref, le côté «  racaille  » dans lequel ces journalistes à faible niveau culturel imaginent reconnaître les héritiers de la bohème antibourgeoise d’antan. Et qui sait  ? Une nouvelle avant-garde pleine de promesses. Il y avait un créneau. De petits malins dotés d’un fort sens du marketing se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont compris qu’il y avait des places à prendre dans les médias pour peu que l’on puisse étaler une origine outre-­méditerranéenne et que l’on se conforme aux stéréotypes construits par le gauchisme culturel : «  racaille  », mais politisé. De la gauche qu’il faut. Pas celle qui a hérité des Lumières le goût de la raison droite et du savoir qui émancipe. Non, la gauche branchouille qui a métamorphosé l’antiracisme en multiculturalisme ; l’indifférence envers les origines et les couleurs de peau en autant d’«  identités  » reposant étrangement sur des détails anatomiques ; l’émancipation envers les origines en assignations identitaires. Une gauche aussi into­lérante et violente que ce «  fascisme  » dont elle ne cesse de poursuivre le fantôme. (…) Depuis longtemps, un certain nombre d’intellectuels, comme Pierre-André Taguieff, Alain Finkielkraut ou Georges Bensoussan, tentent de mettre en garde contre un des aspects les plus exécrables de cette soi-disant «  culture de banlieue  » : le racisme, l’antisémitisme. Mais leurs voix étaient couvertes, leurs propos dénoncés, quand ils n’étaient pas traînés en justice, comme Bensoussan et Pascal Bruckner, pour avoir dit que le roi est nu. (…) Il est entendu que, en Europe, en France, le racisme ne saurait provenir que de la société d’accueil. Du côté de l’immigration, il est convenu qu’on en est indemne et qu’on «  lutte pour ses droits  ». En outre, la théorie de la «  convergence des luttes  » implique que les combats des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques se recoupent et se conjuguent, sous la direction éclairée d’une extrême gauche qui a trouvé dans ces «  minorités  » son prolétariat de substitution. (…) Mehdi Meklat avait franchi à une vitesse accélérée tous les échelons de la notoriété médiatique : rond de serviette chez Pascale Clark à France Inter, couverture de Télérama avec son compère Badrou («  les révoltés du Bondy Blog  »), «  textes  » publiés aux éditions du Seuil, adoubement par Christiane Taubira, qui a accepté de poser en couverture des Inrocks avec les deux compères sans se renseigner plus avant sur eux. Cette carrière fulgurante vient de dérailler alors qu’elle semblait toucher au sommet. Invité à La Grande Librairie sur France 5, l’«  enfant prodigue de Bondy  » est démasqué pour ses dizaines de milliers de tweets. Le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié ont lancé une alerte : le héraut de la culture de banlieue avait tweeté des milliers de messages injurieux, menaçants, antisémites. Sous un pseudonyme – Marcelin Deschamps, que bien des gens connaissaient –, il avait appelé à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, à «  enfoncer un violon dans le cul de madame Valls  », à «  enfoncer des ampoules brûlantes dans le cul de Brigitte Bardot. Jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang  ». Il appelait à «  casser les jambes  » d’Alain Finkiel­kraut. Ajoutant : «  J’opte pour l’effet béquille pour Finkielkraut, car ainsi il pourra être immobilisé et souffrir dans l’indifférence générale.  » Il a tweeté : «  Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent.  » Et «  LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP  » (pour as soon as possible – dès que possible). On en est là  ? Oui, on en est là. Lentement mais sûrement, le niveau de tolérance envers les intolérants avait monté. La cote d’alerte était atteinte et nous ne l’avions pas vue. Si l’affaire Meklat pouvait au moins servir d’avertissement… Comme on le sait de triste expérience, le sort réservé aux juifs, dans toutes les sociétés, est comparable à ces canaris que les mineurs emportaient dans les mines de charbon. Le canari succombe par asphyxie avant que les mineurs aient pris conscience de la présence de gaz dans la galerie. Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée. C’est pourquoi il faut refuser absolument la banalisation de l’anti­judaïsme. Brice Couturier

Attention: un effet de meute peut en cacher un autre !

A l’heure où derrière les cris d’orfraie qui ont suivi les allégations du président Trump concernant la surveillance de ses communications pendant sa campagne électorale …

De la part d’une administration qui en son temps – qui s’en souvient ? –  n’avait pas hésité à lancer le fisc sur ses ennemis ou faire écouter certains journalistes …

Se confirme, jour après jour et fuite après fuite, la véritable campagne de déstabilisation de la nouvelle administration américaine par la collusion des services secrets et de la presse …

Comment ne pas saluer le courageux mea culpa d’un des analystes électoraux les plus respectés pour le véritable accident industriel qu’a constitué pour la presse américaine aussi bien que pour ses collègues l’élection totalement imprévue de Donald Trump …

Alors que l’on redécouvre 40 ans après sa mise au jour par le fameux livre du journaliste de Rolling Stone Timothy Crouse sur le convoi de la presse présidentielle sous Nixon (The Boys on the Bus, 1974) …

Que la sorte de syndrome de Stockholm qu’avait alors généré, de bus en avions et d’un site de campagne à l’autre, leur cohabitation étroite et forcée a désormais fait place ….

A l’image de la fameuse chambre d’écho dont était si fier le conseiller à la sécurité d’Obama Ben Rhodes pour son tristement fameux accord sur le nucléaire iranien …

A une véritable mentalité de meute, renforcée tant par l’incroyable consanguinité de ses membres (pas plus de 7 % de Républicains déclarés) que par l’effet homogénéisant des médias sociaux et notamment Twitter ?

Mais comment aussi ne pas voir le parallèle de ce côté-ci de l’Atlantique …

Avec les longues semaines de véritable chasse à l’homme médiatico-judiciaire dont vient d’être victime, à quelques mois d’une élection présidentielle où la gauche était logiquement donnée perdante, le seul candidat crédible de la droite ?

Comme avec l’incroyable emballement médiatique dont a si longtemps bénéficié jusqu’à sa découverte par une enseignante anonyme il y a un mois …

Le jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes Mehdi Meklat ?

Mehdi Meklat, l’enfant gâté du gauchisme culturel

Quels mécanismes peuvent expliquer l’ascension médiatique du jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes ? Enquête.

Brice Couturier*

03/03/2017
Le Point

Présidentielle 2017: Contre le coup d’Etat des juges et des médias, tous au Trocadéro demain pour soutenir Fillon (As pressure grows on France’s conservative candidate to step down from the presidential race, who will deal with the country’s new faultline between globalization’s winners in the cosmopolitan cities and its losers in the periphery ?)

4 mars, 2017

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C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller du président Obama)
During his first presidential campaign in 2008, Mr. Obama used a secret back channel to Tehran to assure the mullahs that he was a friend of the Islamic Republic, and that they would be very happy with his policies. The secret channel was Ambassador William G. Miller, who served in Iran during the shah’s rule, as chief of staff for the Senate Select Committee on Intelligence, and as ambassador to Ukraine. Ambassador Miller has confirmed to me his conversations with Iranian leaders during the 2008 campaign. JTA
When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident. Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted. “Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded. Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said. “Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again. In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians. Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates. Mediaite
The Obama administration sought, and eventually obtained, authorization to eavesdrop on the Trump campaign; continued monitoring the Trump team even when no evidence of wrongdoing was found; then relaxed the NSA rules to allow evidence to be shared widely within the government, virtually ensuring that the information, including the conversations of private citizens, would be leaked to the media. John Pollack
Emmanuel Macron, c’est moi! François Hollande
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Anne Hidalgo s’oppose à un rassemblement de 2h organisé ar un candidat après avoir laissé Nuit debout squatter pendant des mois. David Lisnard (maire de Cannes)
Des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique et non le parlementaire… Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. Corinne Lepage
Quand vous êtes collaborateur parlementaire, quand vous êtes assistants parlementaires, vous pouvez même être payé à tricoter. Je ne dis pas que c’est bien mais ça veut dire que quand vous êtes sénateur ou député, c’est vous qui décidez de ce que vous donnez comme travail à votre collaborateur parlementaire. C’est une pratique qui existe pour tout le monde entre parenthèses, même si on ne cite que François Fillon. Dans le cas de François Fillon, on a parlé d’un livre politique, excusez-moi mais je ne vois pas en quoi écrire un livre ne fait pas partie du travail qui doit être fait. Sa fille est à ce moment-là payée pour assister un parlementaire donc si le parlementaire, dans le cadre de son travail, a besoin qu’on l’assiste pour faire un bouquin, c’est parfaitement dans les missions d’un collaborateur parlementaire. Florence Portelli (maire LR de Taverny et porte-parole de Fillon)
It has been many years since France last had a revolution, or even a serious attempt at reform. Stagnation, both political and economic, has been the hallmark of a country where little has changed for decades, even as power has rotated between the established parties of left and right. Until now. This year’s presidential election, the most exciting in living memory, promises an upheaval. The Socialist and Republican parties, which have held power since the founding of the Fifth Republic in 1958, could be eliminated in the first round of a presidential ballot on April 23rd. French voters may face a choice between two insurgent candidates: Marine Le Pen, the charismatic leader of the National Front, and Emmanuel Macron, the upstart leader of a liberal movement, En Marche! (On the Move!), which he founded only last year. The implications of these insurgencies are hard to exaggerate. They are the clearest example yet of a global trend: that the old divide between left and right is growing less important than a new one between open and closed. The resulting realignment will have reverberations far beyond France’s borders. It could revitalise the European Union, or wreck it. (…) One poll last year found that French people are the most pessimistic on Earth, with 81% grumbling that the world is getting worse and only 3% saying that it is getting better. Much of that gloom is economic. France’s economy has long been sluggish; its vast state, which absorbs 57% of GDP, has sapped the country’s vitality. A quarter of French youths are unemployed. Of those who have jobs, few can find permanent ones of the sort their parents enjoyed. In the face of high taxes and heavy regulation those with entrepreneurial vim have long headed abroad, often to London. But the malaise goes well beyond stagnant living standards. Repeated terrorist attacks have jangled nerves, forced citizens to live under a state of emergency and exposed deep cultural rifts in the country with Europe’s largest Muslim community. Many of these problems have built up over decades, but neither the left nor the right has been able to get to grips with them. France’s last serious attempt at ambitious economic reform, an overhaul of pensions and social security, was in the mid-1990s under President Jacques Chirac. It collapsed in the face of massive strikes. Since then, few have even tried. Nicolas Sarkozy talked a big game, but his reform agenda was felled by the financial crisis of 2007-08. Mr Hollande had a disastrous start, introducing a 75% top tax rate. He was then too unpopular to get much done. After decades of stasis, it is hardly surprising that French voters want to throw the bums out. (…) Look carefully, and neither insurgent is a convincing outsider. Ms Le Pen has spent her life in politics; her success has been to make a hitherto extremist party socially acceptable. Mr Macron was Mr Hollande’s economy minister. His liberalising programme will probably be less bold than that of the beleaguered Mr Fillon, who has promised to trim the state payroll by 500,000 workers and slash the labour code. Both revolutionaries would have difficulty enacting their agendas. Even if she were to prevail, Ms Le Pen’s party would not win a majority in the national assembly. Mr Macron barely has a party. The Economist
 Over the past few months almost all the most prominent of them, save Ms Le Pen, have thus been kicked. In the centre-right primary, held in November, voters rejected an ex-president, Nicolas Sarkozy, and an ex-prime minister, Alain Juppé. In January’s Socialist primary they turfed out another ex-prime minister, Manuel Valls. They would have rejected François Hollande, too, had he not already bowed out of the race—an unprecedented move for a sitting French president. This bonfire of the elites has left France with a slate of candidates all but one of whom were not considered serious contenders for any party’s nomination six months ago. One of them, Emmanuel Macron, a former Socialist economy minister, is a candidate without the backing of an established party but with a real chance of victory, another unprecedented development. Benoît Hamon, the Socialist Party’s candidate, is a former backbench rebel against his own party. The centre-right nominee, François Fillon, will be put under formal investigation on March 15th accused of abusing his office to pay unearned salaries to his family; nevertheless, he says he will fight on. And then there is Ms Le Pen. The populist leader, who has run the FN since 2011, leads The Economist’s poll of polls (…). There is a good chance that she will come top in the first round of the election—again, something for which there is no precedent. (…) In some ways, the emergence of Ms Le Pen matches a pattern of insurgent populism across Western liberal democracies. A fear of job losses due to automation and deindustrialisation; a backlash against immigration; a distrust of self-serving political elites; the echo-chamber effect of information spread on social media: common factors helping populist political movements elsewhere have touched France, too. Ms Le Pen’s support, like support for Mr Trump and Brexit, is well correlated with education. Only 8% of French citizens with a degree voted FN in 2014; 41% of those without a high-school diploma did. As with Mr Trump, men are better disposed to the FN than women. Ms Le Pen, like Mr Trump, is particularly popular in old industrial towns from which jobs and confidence have drained away, taking with them faith in parties of the left (…). Perhaps the most distinctive aspect of the FN vote, though, is the faultline it reveals between the country’s cosmopolitan cities, at ease with globalisation, and those in-between places where farmland gives way to retail sprawl and a sense of neglect. Between 2006 and 2011, the number of jobs in 13 big French cities—Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Rouen, Montpellier and Toulon—increased on average by 5%. In France as a whole, jobs were lost. These dynamic cities, with their elegant pedestrian centres, tech hubs and gourmet food, vote for the left (Lyon, Nantes, Rennes), the greens (Grenoble) or the centre-right (Bordeaux). They are not immune to France’s feeling of being fed up; in April and May, many of them may opt for Mr Macron. But none registers a strong vote for the FN. Around them, though, is what Christophe Guilluy, a geographer, calls “peripheral France”. This is the world of lost employers like the Lejaby lingerie factory in Bellegarde-sur-Valserine, in the foothills of the Alps, or the Moulinex factory in Alençon, in southern Normandy. It is a world where Uber, bike-share schemes and co-working spaces are nowhere to be found, and where people sense that globalisation has passed them by. It is a world where the FN is on the rise. The FN’s first base was in the south, where Mr Le Pen built support among French settlers returning from independent Algeria in the 1970s. Its second was the rust-belt of the north and east, where it scooped up the disappointed vote that once went to socialists or communists. Maps by Hervé Le Bras, a demographer, show that the FN now has a third home in Mr Guilluy’s peripheral areas—beyond the outskirts of the cities, but not deeply rural. In a ring of communes between 40km and 50km from the centre of Paris, for example, the FN’s candidate in the 2015 regional elections, Wallerand de Saint-Just, won 32% of the vote. In places 80km out or more, he scored fully 41% (…). Isolation boosts FN support. “The farther you live from a railway station”, says Mr Le Bras, “the more you are likely to vote FN.” France has high-quality public services, and its citizens have matching expectations for the fabric of their lives. When that fabric thins—when a local butcher closes, or a doctor leaves town—they feel neglect. A common factor behind the FN vote in such places, says Jérôme Fourquet, director of Ifop, is “a sense of abandonment, of being left behind by an elite that doesn’t care.” Ms Le Pen exploits this sentiment with uncanny skill. Born into politics and raised in a mansion in a swish Parisian suburb, she somehow manages to speak for those she calls the country’s “forgotten” in a way they find credible. The reason this works is partly Ms Le Pen’s shrewd feel for simple language and anti-elite slogans. But it is also because France has been going through an unusually unsettled time that has left people looking beyond the established parties and given French populism distinctive features. One is a sense that a great country, the cradle of human rights and the Enlightenment, has somehow lost its way. This is particularly obvious in economic terms. Since the end of the trente glorieuses, the three decades of strong growth that followed the second world war, it has been debt, rather than growth, that has financed the high-speed trains, the blooming municipal flower beds and the generous provisions for child care, ill health, job loss and old age that are the hallmark of France’s splendid public sector. French public spending now accounts for a greater share of GDP than it does in Sweden. But no French government has balanced its budget since 1974. Over the past 15 years, there has been a particular décrochage, or decoupling, between the French economy and that of Germany, its closest ally. In 2002 the two countries enjoyed comparable GDP per head. Germany, under Gerhard Schröder, began to reform itself. France, under Jacques Chirac, didn’t. Today, Germans have 17% more purchasing power per person. Labour costs in France have risen faster than in Germany, deterring the creation of permanent jobs and undermining competitiveness. The country’s share of all goods exports between EU countries has dropped from 13.4% to 10.5%. Most devastating is unemployment. In 2002, it was a tad higher in Germany. Today it has dropped to 4% on that side of the Rhine, but in France it remains stuck at 10%, and at 25% for the under-25s. Over 80% of new jobs are on short-term contracts, with “short-term” often meaning just a month. A generation of young French people has grown up outside the country’s famously protected job market. The votes for Mr Trump or Brexit were weakest among the under 25s; but the young French support the FN more than any other party. (Conversely, older voters have much less truck with Ms Le Pen than their Anglophone peers did with Brexit and Mr Trump; polls say they fear for their savings and pensions if France leaves the euro.) Economic self-doubt has been compounded by a sense of what Laurent Bouvet, a political scientist, calls “cultural insecurity”. Three big terrorist attacks within the space of 18 months, in 2015 and 2016, battered France’s confidence. The coming presidential election will be conducted under a state of emergency which has been renewed four times since November 2015. The French have had to learn to live with soldiers patrolling the streets and railway stations, a daily visual reminder of their vulnerability. Legitimate worries about terrorism have supplied fertile ground for insidious identity politics. As the home to one of Europe’s biggest Muslim minorities, France is more alert than, say, Italy or Spain to hints of religious extremism. Moreover, the country has a pre-existing and unforgiving framework for managing religious expression—known as laïcité—which recent governments, fearing a threat to secularism, have tightened up. When this provokes a row—over Muslim head-coverings, say—it plays straight into Ms Le Pen’s hands; she has little trouble persuading voters that their values are under threat. France, she tells her flag-waving rallies, faces nothing less than “submersion”. Ms Le Pen succeeds not because of the way her policies, which include a lower retirement age, more taxes on foreign workers and massive increases in spending on the armed forces, would tackle economic insecurity or the threat of terror (they wouldn’t). It is because of her talent for blending two strands of populism: anti-immigrant talk about values and churches, strong in the south, and anti-market discourse about jobs and the system, favoured in the north. On both counts, she can tap into French history. (…) A final ingredient gives French populism a further twist: Euroscepticism. Invaded three times by Germany since 1870, and on its fifth republic, France has a long disrupted history, insecure even in peace. After the second world war it dealt with this by building Europe—a project by which it sought to bind in Germany and to amplify its own power. The French regarded the ceding of sovereignty as a means of reinforcing, not undermining, their nation state. Europe remains an important part of French identity. But somewhere along the line the passion it once evoked cooled down, and the consensus supporting it faltered. Second thoughts spread long before the recent currency and refugee crises. In 1992, the French approved the launch of the union’s single currency by the slimmest of margins. In 2005 they rejected the draft EU constitution. The share of French people who see Europe favourably dropped from 69% in 2004 to 38% in 2016, according to Pew, a polling group; that makes the EU less popular in France than in Britain. This has given the FN a fresh electoral cause. Ms Le Pen speaks of Brexit as a model of emancipation from the shackles of what she calls the “European Soviet Union”. The feeling that France has lost its sense of purpose goes well beyond those tempted to vote for the FN. So does exasperation with the failures of both the left and the right to put the national interest first, and fix the country. At every national election for the past ten years, at all levels of government, the French have voted against the party in overall power; fully 89% of the French told a recent poll they thought the country was heading in the wrong direction. It is this that has opened the way for a party refusenik such as Mr Macron—who, should he win, will have to get the people to break their unerring habit of resisting the change they have just voted for, a habit that accounts for much of their frustration. In “Le Mal Français”, a book published in 1976, Alain Peyrefitte, a minister under Charles de Gaulle, lamented the fact that such a talented country had produced such a blocked system. Every now and then, it seems, France needs to go through convulsions of abrupt change in order to free itself from l’immobilisme (paralysis). History shows that such moments of upheaval can produce startling and creative forces for renewal. But they can also presage a slide into darkness. In Mr Macron’s cities, and Ms Le Pen’s peripheries, France is poised to go either way. The choice it makes could scarcely matter more. The Economist
Le Parlement européen a approuvé jeudi la levée de l’immunité parlementaire de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen dans l’affaire liée à la diffusion d’images d’exactions du groupe État islamique (ou Daech). Cette levée d’immunité était réclamée par la justice française. (…) En décembre 2015, la cheffe de file du Front national avait diffusé trois images violentes, en réaction à des propos du journaliste de BFMTV Jean-Jacques Bourdin lors d’une interview du spécialiste de l’islam Gilles Kepel. «Je voudrais revenir sur les liens… euh… entre Daech et le Front… enfin les liens, pas les liens directs, entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté d’esprit, parce que l’idée pour Daech c’est de pousser la société française au repli identitaire», avait déclaré le journaliste. Quelques minutes plus tard, Marine Le Pen avait alors posté sur son compte Twitter trois photos d’exactions commises par Daech, dont celles sur le journaliste américain James Foley et un pilote de l’armée de l’air de Jordanie, sans avertissement et sans masquer certaines zones des images. «Ça suffit. Cela commence à bien faire. Si ces attaques sont désormais la ligne de BFM, puisque Ruth Elkrief a osé le même rapprochement, il est temps que cela cesse», s’était justifiée l’eurodéputée auprès du Figaro. La présidente du FN avait finalement retiré les clichés dans la journée, sous la pression du ministère de l’Intérieur et de familles des victimes. Le Figaro
François Fillon a bénéficié, comme tant d’autres, d’un mode de fonctionnement inéquitable, incroyablement opaque, lui permettant d’employer des proches comme attachés parlementaires sans avoir de comptes à rendre ou presque sur leur salaire (plafonné à la moitié de l’enveloppe globale) et la nature de leur travail. Parce qu’il est devenu, du jour au lendemain, le favori de la présidentielle et qu’il a axé sa campagne sur la probité, de telles pratiques ont choqué, à juste titre. Mais il a payé pour tous les autres. Ceux qui avaient piqué dans la caisse, qui avaient nié leur évasion fiscale les yeux dans les yeux ou qui, simplement, s’étaient autoproclamés exemplaires alors qu’ils claquaient 10 000 euros par mois pour se faire shampouiner aux frais du contribuable. Dans une France qui totalise plus de six millions de chômeurs, près de neuf millions de pauvres et soixante-six millions de désenchantés, les petits arrangements comme les grosses arnaques ne passent plus. «Au début de l’année 2016, un député sur six employait parmi ses collaborateurs un membre de sa famille», rappelle pourtant René Dosière. Au-delà de cette dimension «morale», François Fillon a aussi essuyé les plâtres d’un projet sans doute mal ficelé, jugé par une partie de l’opinion trop libéral, trop imprécis et préjudiciable à la Sécurité sociale. En charge du dossier, le Parquet national financier a finalement ouvert une information judiciaire, de crainte que l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi ne prescrive les faits reprochés à François Fillon. Preuve que les éléments n’étaient sans doute pas si solides, en dépit du déchaînement médiatique qu’ils ont suscité. Trois juges d’instruction ont ainsi hérité de l’affaire, dont l’intraitable Serge Tournaire, réputé pour son intransigeance et sa ténacité, décrit par ses contempteurs comme «un type techniquement très compétent, avec une épouvantable mentalité d’inquisiteur». Nicolas Sarkozy peut en attester: c’est lui qui a décidé de le mettre en examen, dans le cadre du financement de sa campagne de 2012, contre l’avis de ses collègues Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loir. C’est encore lui qui a récemment tranché, dans l’affaire Bygmalion, pour son renvoi en correctionnelle, là aussi malgré le désaccord de Van Ruymbeke. On murmure que l’ambiance ne serait pas à la franche camaraderie entre les deux juges. Et là, patatras, le candidat des Républicains se voit convoqué le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen. Soit deux jours avant la date limite des dépôts de candidature pour la présidentielle. C’est fou ce que la justice française a fait comme progrès en termes de vélocité ces dernières semaines. Enfin, pas pour tout le monde. Personne n’a eu l’idée de venir enquiquiner François Bayrou, dont la secrétaire particulière a, pendant cinq ans, «été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens», révélait en 2015 Corinne Lepage dans son livre Les mains propres. En revanche, le Parlement européen semble très enclin à lever l’immunité de Marine Le Pen pour une ridicule histoire de tweets: l’eurodéputée frontiste avait eu l’outrecuidance de poster des visuels de crimes barbares de l’État islamique. Un dénouement qui surgit décidément à point nommé, pour une enquête ouverte en France en …2015. Faute de pouvoir la coincer sur les emplois présumés fictifs de ses assistants parlementaires, on fait avec ce qu’on a sous le coude.  Personne n’a eu la curiosité d’enquêter sur la fortune d’Emmanuel Macron qui, comme le résume le blog d’Olivier Berruyer les-crises.fr, a omis de déclarer son ISF à plusieurs reprises, a engrangé plus de 3,3 millions d’euros de revenus en six ans, et dispose de 266 000 euros de liquidités. De même, quand l’ouvrage Dans l’enfer de Bercy, des journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, mentionne qu’à son départ de Bercy en août dernier, il avait utilisé «à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère» beaucoup se demandent en vain si cet argent n’a pas servi à mettre sur pied son mouvement. Mais le vibrionnant énarque «en marche» est le candidat des médias et des milieux financiers. Pas touche. De telles inégalités de traitement laissent perplexe voire amer. «La justice est en train d’aller dans le mur», redoute Bernard Debré, fervent soutien de l’ex-premier ministre, qui parle, lui, d’un «assassinat politique» et d’un «État de droit violé». Comment ne pas lui donner raison, au vu de cette subite avalanche de procédures, d’accusations, de harcèlements, qui semblent n’avoir pour objectif que de confisquer le libre arbitre des votants, de jeter le trouble pour saborder tout discernement dans une course à l’Élysée de plus en plus abracadabrantesque, dont on voudrait nous imposer l’issue. François Fillon s’en remet au peuple, au fameux bon sens populaire. Le pari est risqué mais courageux. La posture se veut gaulliste pour remobiliser les troupes. Quelques rats s’empressent déjà de quitter le navire ; les fidèles, eux, devront faire bonne figure et «résister» aux intempéries. Il y a quelque chose de sacrément pourri dans les institutions françaises. Les voix de la démocratie auront le dernier mot. Eloïse Lenesley
C’est d’ailleurs au nom de cet enracinement qu’il [François Bayrou] a été le procureur le plus impitoyable de la candidature d’Emmanuel Macron, cet « hologramme » serviteur des plus gros intérêts financiers, selon ses propres mots. Il posait évidemment le bon diagnostic sur cette candidature hors-sol qui s’assumait, précisant, le front même pas rosi, que la culture française n’existait pas. (…) certes, il n’avait peut-être pas les moyens financiers, il ne pouvait peut-être pas prendre le risque d’être ruiné et de terminer sa carrière en dessous du seuil fatidique et symbolique des 5%. Mais à choisir, finalement, entre Fillon et Macron, n’était-il pas plus proche, par bien des égards, du Sarthois ? N’avait-il pas porté en 2012 le même projet que le candidat LR d’aujourd’hui, obsédé par le poids de la dette et de la remise en ordre des finances publiques ? N’avait-il pas plaidé à l’époque pour le même projet – sang et larmes compris ? Ce ralliement à la caricature du marketing électoral est bien piteux, François Bayrou. Vous voilà désormais avec Jacques Attali, l’homme qui peste contre l’enracinement, Pierre Bergé, l’homme qui explique qu’on peut bien prêter son utérus puisque les ouvriers prêtent leurs bras, et Patrick Drahi qui symbolise aujourd’hui la mainmise du fric sur les médias. Vous voilà condamné à subir une recomposition low-cost, et prendre le risque d’offrir à Marine Le Pen l’adversaire dont elle rêve nuit et jour. David Desgouilles
Alors que François Fillon et Marine Le Pen sont pointés du doigt pour leur implication présumée dans des affaires d’emplois fictifs, le MoDem de François Bayrou pourrait avoir eu recours à ce type de pratiques par le passé, comme l’indique un livre paru en 2014 et écrit par Corinne Lepage. (…) Dans son livre “Les mains propres”, paru en 2014, Corinne Lepage, ex-députée européenne aujourd’hui macroniste, évoquait les “nombreux emplois fictifs” du MoDem. “Des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire…” Précisément, l’ex-élue dénonçait dans l’ouvrage l’existence de “nombreux ’emplois fictifs’ pour assurer le secrétariat des uns ou des autres, grâce à des personnes payées par des entreprises publiques ou privées ‘amies’. […] C’est ainsi que des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire…” “Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister, mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence”, détaille aussi l’ancienne ministre. Valeurs actuelles
Le fondateur des Jeunes avec Macron est employé par le député macroniste Jean-Jacques Bridey, à mi-temps. Pratique : en deux jours, il gagne assez pour militer l’esprit léger les autres jours de la semaine. Ou comment dribbler la loi, qui interdit aux assistants parlementaires de participer à la campagne d’un candidat… Être bénévole sur une campagne électorale peut susciter des frustrations. Tant d’heures passées à militer, à se donner sans compter au service d’un candidat, le tout pour un résultat incertain… et zéro euro ! Il existe bien sûr la possibilité de demander à être salarié de l’association de financement de la campagne, mais les budgets sont si serrés que tout le monde ne peut y prétendre. Reste une alternative : trouver une autre source de salaire. Le tour de passe-passe réalisé par le député-maire macroniste de Fresnes (Val-de-Marne) Jean-Jacques Bridey et son nouveau collaborateur, le patron des « Jeunes avec Macron » Florian Humez, est à ce titre ingénieux. Depuis le 1er décembre, le jeune homme est salarié du parlementaire… tout en continuant à militer activement pour son candidat de cœur, Emmanuel Macron. La loi interdit pourtant aux collaborateurs parlementaires de participer à des campagnes politiques. Et ce, pour une raison facile à comprendre : le Parlement n’a pas vocation à financer, sur son budget, de campagnes électorales. Cette utilisation gratuite d’une main-d’œuvre qualifiée créerait de plus une inégalité entre les candidats. La Commission nationale des comptes de campagne rappelle donc tous les ans que les assistants parlementaires doivent « travailler uniquement pour le parlementaire dans le cadre de leur mission et leur participation à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite ». Contacté par Marianne, Florian Humez réfute tout cumul illégal. S’il travaille bien pour Jean-Jacques Bridey, ce n’est qu’à temps partiel, assure-t-il, plus précisément « le mardi et le mercredi, soit 18 heures par semaine ». Magie du mi-temps, cet emploi rémunéré lui permet de militer – bénévolement – pour les Jeunes avec Macron le reste de la semaine. Pas question pour autant de parler d’emploi de complaisance, selon le nouveau collaborateur, qui assure être devenu « les yeux et les oreilles du député à l’Assemblée ». Des yeux et des oreilles particulièrement discrets. En dépit de cette fonction stratégique, Florian Humez n’avait en effet jamais jugé bon de rendre public ce nouvel engagement professionnel. Et il se présente uniquement, sur les réseaux sociaux, comme « militant » et « co-fondateur des Jeunes avec Macron ». Dans un récent portrait qui lui est consacré par les Inrocks, publié le 12 février dernier, ce jeune homme de 25 ans reçoit d’ailleurs la journaliste dans un bureau situé au QG d’En Marche, dans le quinzième arrondissement de Paris. Il y détaille ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron et évoque les services d’une stagiaire qui l' »aide au niveau des territoires ». C’est dire si sa fonction est prenante… Pour que cette relation contractuelle insoupçonnée sorte au grand jour, il aura donc fallu que le bureau de l’Assemblée nationale prenne une décision importante, le mardi 21 février : les noms des collaborateurs parlementaires de chaque député sont désormais publiés, chaque mois, sur son site. Parmi eux, le patronyme de Florian Humez est apparu associé à celui de Jean-Jacques Bridey. Aujourd’hui, l’intéressé reconnaît s’être volontairement abstenu de communiquer sur cet emploi et ce, dit-il… pour ne pas prêter le flanc aux attaques. « Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique », nous explique-t-il en effet sans détour. Sollicité, Jean-Jacques Bridey nous assure également qu’il n’y aucune entourloupe : les missions de Florian Humez à ses côtés seraient particulièrement variées. « Il traite les courriers qui traînent, gère les relations avec les députés, il regarde les questions au gouvernement et me fait une revue de presse sur les questions de défense, qui relèvent de ma commission », égrène l’élu auprès de Marianne. Parmi ces tâches, un bon nombre n’ont plus lieu d’être, puisque la session parlementaire s’est achevée le jeudi 23 février. N’empêche, le jeune homme ne militera pas sur son temps de travail, maintient le député : « Ces deux activités sont indépendantes ». Florian Humez, lui voit les choses autrement : « Il y a un lien entre les deux activités. Je me sers de ce que j’ai appris à l’Assemblée quand je milite pour les Jeunes avec Macron, et inversement ».Pour tromper l’ennui le mardi et le mercredi, dans les prochains mois, le collaborateur-militant imagine « travailler sur des questions liées à l’actualité », en particulier en « discutant avec des députés ou collaborateurs » qu’il connaît. Une activité difficilement quantifiable, pour un salaire confortable : Florian Humez ne donne pas de chiffres mais confie gagner « suffisamment de quoi vivre dans une grande ville », grâce donc à ces deux journées par semaine. Concédant que cette somme dépasse, « malheureusement », ce que reçoivent bien des salariés pour un temps plein. Sur ce point, Jean-Jacques Bridey se refuse lui aussi à être précis : « Je rémunère mes collaborateurs comme je le veux et je ne donne pas les salaires », souffle-t-il, admettant simplement payer Florian Humez  » à un bon niveau ». Peu de doutes là-dessus puisque celui-ci est venu remplacer un collaborateur à temps-plein. Les deux autres collaborateurs parlementaires du député-maire, eux, sont de plus employés… à mi-temps par la mairie de Fresnes. L’élu se retrouve donc avec 9.561 euros à distribuer entre trois temps partiels. Ou quand le budget de l’Assemblée aide à militer l’esprit léger… Marianne
Des autorités judiciaires accusées de bafouer l’Etat de droit et de voler l’élection aux Français. Des journalistes hués. Mais jusqu’où est prêt à aller François Fillon pour se sauver ? Il en appelle au peuple contre le système. Les élus ? Rien à faire, le peuple est là. Le parti ? Idem… Lui, le pourfendeur de la France d’en haut ? Ne pas être énarque n’est pas un brevet d’anti-système… Quelle posture indigne pour un homme qui fait de la politique depuis 36 ans, qui a été conseiller général, maire, président de conseil général, président de région, député, sénateur, ministre… Qui est élu de l’arrondissement le plus huppé de France, le 7ème   arrondissement de Paris, après avoir abandonné sa circonscription historique dans la Sarthe  considérant qu’elle était  perdue, exfiltrant au Parlement européen son suppléant, qui avait eu la générosité d’embaucher Penelope Fillon…  Qui pratique un des sports les plus coûteux : la course automobile. Qui a, durant des années, passé des vacances dans les palais de Moubarak, chez Luca di Montezemolo, le richissime PDG de Ferrari ou dans le chalet de Courchevel de son ami et protecteur, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Qui ne jure que par Arnys (6.000 euros le costume). Qui a comme proches conseillers et amis d’éminents inspecteurs des Finances reconvertis dans la finance, qu’il s’agisse de l’ex-président d’Axa, Henri de Castries ou d’Antoine Gosset-Grainville, fondateur d’un des cabinets d’affaires les plus influents de Paris. Qui a reçu des émoluments de dizaine de milliers d’euros pour ses conseils avisés. Rien de cela n’est ni interdit, ni honteux, mais alors que  François Fillon arrête de fustiger le système et de jouer au héros de la France profonde martyrisée par le microcosme. (…) Non, François Fillon n’est pas la victime d’un acharnement judiciaire. Il n’est pas rare que les puissants, quand ils sont confrontés pour la première fois à la Justice, découvrent qu’il n’y a pas d’échappatoire, que celle-ci suit son cours, quoiqu’il arrive et leur première réaction est de dénoncer une machination politico-judiciaire. La justice serait trop rapide ? Mais c’est ce que voulait François Fillon, il l’avait même réclamé et de toute façon, le Parquet national financier (PNF), créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac, a fait de la célérité l’une de ses marques de fabrique, la justice financière étant régulièrement épinglée pour son manque de réactivité et ses délais d’enquête. Le candidat LR se plaint que la Chambre d’instruction de la cour d’appel n’ait pas accepté de statuer immédiatement sur les « irrégularités de la procédure ». Un reproche quelque peu étonnant. Durant l’enquête préliminaire, les avocats ne pouvaient pas déposer de recours. C’est la loi commune, celle du code de procédure pénale, qui s’applique à tous. C’est notamment pour cette raison que François Fillon réclamait l’ouverture d’une information judiciaire. Dès lors, ses avocats  ont le droit de contester tous les actes de l’instruction devant la Cour d’appel de Paris. Tout le reste n’est que fumée. (…) Alors, les conséquences juridiques des infractions qui lui sont reprochées sont disproportionnées ?  (…) Oui, la sanction est lourde. Mais il s’agit de la campagne présidentielle, du débat démocratique, de la France, de l’Europe… Et François Fillon  n’a cessé de prôner la probité. (…) Un dernier carré de fidèles à François Fillon est persuadé de pouvoir emporter la présidentielle en hystérisant une partie de l’électorat, en se  » trumpisant « . Même si 10.000 personnes, 30.000 personnes radicalisées et ameutées par la Manif pour tous se rendent au Trocadero, cela ne fera pas l’élection. Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection. Et ceux qui soutiennent mordicus François Fillon, quitte à admettre un discours populiste dangereux, vont devoir réfléchir au sondage que publie Odoxa. François Fillon est donné largement battu. Il serait disqualifié au premier tour. En revanche, si François Fillon décidait finalement de renoncer, les Français comme les sympathisants de droite souhaiteraient que ce soit Alain Juppé qui le remplace (52% contre 19% pour François Baroin). Et le maire de Bordeaux arriverait en tête au premier tour ! Avec 26,5% d’intentions de vote, soit 7,5 points de plus que François Fillon. Il devancerait Macron d’1,5 point (25%) et Le Pen de 2,5 points (24%). Alors qui vole l’élection à qui ? Et au-delà, qui détruit le débat démocratique, l’image de la France? Challenges
Fillon veut «réduire l’immigration légale au strict minimum» et que le Parlement adopte chaque année des «quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.» Macron s’est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Rappelons que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile sur la seule année de 2015. L’approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l’expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l’intégration (HCI), que le Parlement n’est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l’avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l’Etat. (…) Pour les citoyens, «intégration» signifie «intégration culturelle». C’est le résultat d’un processus qui conduit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation. C’est l’appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu’«il n’y a pas de culture française». L’intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l’exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l’identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui «fait mention à plusieurs reprises de l’exigence d’assimilation».  (…) [Macron] a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne: mondialiste et multiculturelle. D’où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française: une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n’y puise que ce qui lui sied. [Sur l’Algérie] Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l’encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu’on compare la démographie algérienne entre 1930 et 1962. À l’évidence, l’objectif était de séduire une partie de l’électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l’unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d’une gravité extrême à l’heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu’elle est et ce qu’elle a été. (…) Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s’interroge: «Comment on peut éviter la partition? […] Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.» Hollande «pense, depuis le début de l’année 2015, que le thème de l’identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle.» Ma conviction est qu’aujourd’hui un certain nombre d’opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat. En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Malika Sorel-Sutter
Au cours de ce dernier quinquennat, la France n’a pas entrepris les réformes tant attendues. Quarante économistes avaient lancé un appel en faveur du candidat de la gauche, pour un résultat économique nul! Appel relayé avec bienveillance par la presse sans échange contradictoire possible. Le silence des «instances de contrôle» sur cette intervention partisane reste une énigme. Une fois élu, le président a laissé ses ministres et collaborateurs se déchaîner contre leurs collègues allemands, qui eux avaient réformé leur pays avec courage, détermination. Monsieur Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, n’a pas cessé de demander à la France de respecter ses engagements et de faire les réformes attendues. Il ne fait qu’exprimer le bon sens, ignoré des dogmatiques de gauche. Monsieur Schäuble n’est pas antifrançais, il a rendu un vibrant hommage à Jacques Rueff en préfaçant le livre de l’ancien rédacteur en chef de la Voix-du-Nord, Gérard Minart, «Jacques Rueff, un libéral français». Seul François Fillon parmi les candidats à l’élection présidentielle a compris le rôle que doit jouer un gouvernement pour créer un environnement propice à la croissance par une économie libérée, comme souhaité par nos partenaires européens. Il a annoncé un programme cohérent pour créer le cadre incitatif tant attendu et pour redresser impérativement notre économie. Les résultats de la primaire de la Droite et du Centre le plébiscitent, alors pour tous ses adversaires il est subitement devenu: l’homme à abattre! Depuis quatre décennies notre peuple a choisi de privilégier l’assistanat à l’effort, pensant que l’Etat n’avait qu’à redistribuer des richesses, fussent-elles éphémères ou fragiles. La France avait besoin de l’effort de tous pour plus de créativité. Les Français n’ont pas vu le danger d’affaiblir la compétitivité industrielle, déjà frappée et mise à mal par les deux chocs pétroliers. La gauche et les radicaux-socialistes préfèrent exploiter tout simplement les mouvements d’opinion. Les partis veulent conquérir le pouvoir à tout prix mais n’analysent jamais leurs erreurs. Emmanuel Macron partage la responsabilité de l’échec de l’exécutif sortant, il tente un rassemblement du peuple par l’exaltation affective tous azimuts, au milieu de nombreuses incohérences, il trouve le moyen d’insulter notre histoire. En économie, il faut comprendre que pour redistribuer quelque chose, seule la richesse créée le permet! Les politiciens aux idées de gauche méprisent les principes élémentaires de l’économie de Milton Friedman ou de Jacques Rueff. Le pragmatisme du général de Gaulle l’opposait à tout ce qui a été entrepris depuis 1981: «Les gens de gauche ont rarement de grands projets. Ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940… Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux. Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vus dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes… parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux.» Le président sortant n’accepte pas l’idée que les Français se réveillent, sa gestion du pays est désavouée. Les performances économiques du pays placent la France en queue du classement européen. La Cour des Comptes n’est pas avare de critiques envers l’exécutif, le mot de Lamartine est à propos: «(…) Soit que déshérité de son antique gloire / De ses destins perdus il garde la mémoire (…)» (…) Ce n’est pas la première fois que des hommes politiques font usage de ces méthodes pour atteindre la sensibilité morale de l’électeur et orienter ou désorienter son vote au profit de leur candidat. La Ve République doit être ce que la république a toujours été, selon son fondateur: «La souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice.» En plébiscitant François Fillon lors de la primaire, les Français ont exprimé la force de leur raison, rien ne doit les distraire de la victoire. Arnaud Pineau-Valencienne
Macron suscite une ferveur réelle – même si elle semble faiblir. Mais il est aussi, et de plus en plus, le candidat du Parti des médias: non seulement, beaucoup de grands journaux, du Monde à l’Obs (sans oublier Marianne qui a récemment rejoint la chorale) le soutiennent, mais pas mal de ténors de la profession semblent avoir été personnellement maraboutés. Son entourage ayant refusé de nous accorder un entretien, suite à la parution sur le site Causeur.fr d’articles critiques sur lui (on est cools et ouverts mais quand même….), j’ignore si j’aurais été moi aussi touchée par la grâce. (…) Mais la possible victoire de Macron nous inquiète tous. Désolée, mais «une cuillère pour Jeanne d’Arc, une cuillère pour Steve Jobs», cela ne fait pas une vision pour la France. (…) Mais nous pensons tous que, si Fillon est battu, cela doit être à la loyale et pas au terme d’une opération de basse police politique. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (position ultraminoritaire j’en conviens), l’alliance contre lui de juges qui se pensent investis d’une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s’étalent dans un quotidien proche du pouvoir, la mainmise sur un dossier simple du Parquet national Financier, créé pour traiter les affaires complexes (en réalité les affaires tout court) en court-circuitant le Parquet de Paris et pour finir, la nomination du juge Tournaire, pourtant déjà fort occupé avec Bygmalion -le même qui, depuis deux ans essaie de se payer Sarkozy: d’abord en 2013 avec une invraisemblable mise en examen pour «abus de faiblesse» (qui a abouti à un non-lieu), ensuite il y a quelques semaines avec une ordonnance de renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer. Alors peut-être que Serge Tournaire est un magistrat très scrupuleux comme le clament ceux qui redoutent de se retrouver dans son bureau. Mais d’une part, il semble s’être donné pour mission de flinguer du politique, et d’autre part, il est tout de même étrange de nommer ce juge-là dans une affaire où la Justice devrait avoir à cœur de se montrer impartiale. «Ils n’oseront pas nommer Tournaire, ce serait un trop beau cadeau», me disait un proche du dossier il y a dix jours. Eh bien si, ils ont osé. Et au lieu de demander des comptes à ce sujet, les journalistes ânonnent le scénario concocté pour eux ailleurs. (…) Le mur des Cons, ça vous rappelle quelque chose? Cela dit, je ne crois pas qu’on ait affaire, dans le cas de Fillon, à des juges rouges ou à la botte du pouvoir. C’est pire: on dirait qu’ils sont en croisade et que l’idée d’intervenir dans le jeu politique ne les dérange pas du tout. En prime, ils sont du genre susceptible, presque autant que les journalistes. Il paraît que critiquer ces deux corporations, c’est attaquer la démocratie, la bonne blague. Voilà qui est bien pratique pour faire taire toute dissidence. Fillon a osé les attaquer frontalement. Ils ne le lui pardonneront pas. Certains journalistes sont aujourd’hui ivres de haine. Cela fait cinq semaines qu’ils répètent sur tous les tons qu’il ne peut pas tenir et il est encore là? Quel odieux crime de lèse-médias! Eh bien moi, pour cela, je suis prête à beaucoup lui pardonner – y compris d’avoir appuyé lui-même sur le bouton «vertu» avec, en prime, une grande inélégance à l’endroit de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas du tout s’il pourra tenir malgré la vague de défections – il y a des gens avec qui on ne partirait pas à la guerre… Mais s’il doit se retirer cela signifiera qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes. (…) Du reste, si Macron était seulement un nouveau Hollande, il serait sans doute moins haut dans les sondages. En réalité, Macron, c’est un produit classique dans un emballage nouveau: il est à la fois un héritier fidèle du hollandisme et un OVNI politique. On connaît sa ligne économique: plus d’Europe, plus de mondialisation, et à l’intérieur plus de libéralisme et l’intégration des banlieues par l’ubérisation. Du Terranova réactualisé, en somme. Si nous avons choisi, pour la «une», cet angle d’attaque plutôt que son genre «Prophète de bonheur» (ou petit joueur de flûteau d’Amiens…), c’est pour dévoiler une entourloupe. Macron essaie de faire croire qu’il sort de nulle part alors qu’il possède l’un des carnets d’adresse les plus fournis de Paris (ce qu’il doit au demeurant à ses multiples talents) ; il prétend être porteur d’une rupture, voire de plusieurs révolutions (comme le suggère le titre de son livre) alors qu’il n’a aucunement l’intention de rompre avec les grandes orientations des quarante dernières années ; il pense qu’il n’y a pas de culture française, mais une culture en France, et aussi que notre pays est structurellement coupable: c’est l’une des opinions les plus communes dans la famille politique dont il vient. Finalement, Macron, c’est du vieux avec du neuf. (…) Peut-être que François Hollande, qui est d’une autre génération et qui a quarante ans de PS derrière lui, n’irait pas jusque-là, mais dans l’ensemble, les orientations de Macron sont celles qu’il aurait pu adopter s’il n’avait pas eu le boulet PS au pied. Sur le plan politique, Macron est en quelque sorte un Hollande accompli, un Hollande libéré. (…) Soyons honnêtes: on en a pas mal de signes, dont je donne des exemples, mais aucune preuve. Cela dit, cela serait au moins une preuve de cohérence idéologique de la part du président. Tout le monde pense que ce serait une transgression de sa part de ne pas donner son soutien à Benoît Hamon. Mais pourquoi choisirait-il la fidélité boutiquière (et à une boutique qui lui a pourri la vie depuis cinq ans) plutôt que la fidélité idéologique? (…) Macron n’a pas été fabriqué par les médias, mais peut-être est-il la quintessence parfaite d’un certain esprit du temps: c’est Homo Festivus qui a fait l’ENA! (…) C’est un élément de nouveauté: en transcendant le clivage droite-gauche, Macron espère fédérer le bloc central de la société française qui est aujourd’hui coupé en deux politiquement, alors qu’il a des intérêts communs. Le projet de Chevènement était en quelque sorte symétrique: lui aussi voulait casser le clivage droite-gauche, mais pour redonner de la voix à cette France oubliée qu’on n’appelait pas encore périphérique, cette France des classes populaires d’avant qui n’apparaît décidément pas dans le radar high-tech d’Emmanuel Macron. Hervé Algalarrondo, qui voit encore en lui le meilleur espoir de la gauche raisonnable, redoute qu’au lieu de réconcilier toutes les France, comme il l’a promis, Macron ne se soucie que des «France du politiquement correct» – les bobos et les immigrés pour faire court. Bref, malgré ses manières de télévangéliste et ses exhortations à nous aimer les uns les autres, on peut craindre qu’il n’aggrave les fractures françaises. [ses déclarations sur la guerre d’Algérie et sur l’inexistence de la culture française] révèlent une idée de la France qui, pour le coup, est en rupture avec toute notre histoire et qui est, en outre, en train de nous emmener dans le mur. (…) Précisons que le multiculturalisme ne réside pas dans la coexistence de plusieurs cultures -qui est une donnée -, mais dans les modalités de cette coexistence. Macron, ce n’est pas l’identité heureuse, c’est l’identité à la carte. Et sa façon de draguer le vote immigré n’est pas très reluisante. Alors qu’il faudrait appeler tous les Français, quelle que soit leur origine, à retrouver le sens profond de la République, avec ses déclarations, tant sur l’Algérie que sur l’inexistence de la culture française, Macron adresse un message aux enfants d’immigrés: surtout ne faites aucun d’effort d’adaptation, ne changez rien, venez comme vous êtes. Alain Finkielkraut rappelle que la France n’est pas un open-space. Elle n’est pas non plus un McDonalds! Elisabeth Lévy
Le match laissera des traces, et ceux qui se déplaceront dimanche, place du Trocadéro, voteraient-ils Juppé dans cinquante jours?  La vérité est qu’une fois encore les représentants de la droite et du centre pensent que leur électorat leur appartient. Ils oublient que les élus n’ont jamais été aussi éloignés idéologiquement d’une grande partie de leurs électeurs. Une phrase répétée depuis deux jours par les partisans d’Alain Juppé en témoigne. C’est la suivante: «Le danger Marine Le Pen se fait de plus en plus précis.» Les études d’opinion confirment ce constat. En revanche, on comprend mal comment une candidature d’Alain Juppé parviendrait à contenir ce danger. À l’inverse, elle pourrait même provoquer l’hémorragie d’une large partie de l’électorat conservateur vers le FN (qui semble avoir mieux analysé la primaire de la droite que la droite elle-même). Quant au centre droit favorable à un modèle libéral-libertaire tempéré, il risque de préférer le sourire éclatant du «chérubin d’En marche!» (Pascal Bruckner) à l’austérité heureuse du maire de Bordeaux. Vincent de Tresmolets
Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération : le délai de mobilisation, la motivation des troupes, et d’autres paramètre sur lesquels les organisateurs ont plus ou moins de prise : la date, l’actualité à l’instant T, le lieu, la météo, etc. C’est tout un environnement qu’il faut prendre en compte, susciter, voire créer, de toute pièce. Les aléas sont nombreux : une averse peut décourager les familles à descendre dans la rue et diminuer par deux le nombre de manifestants. Une bonne organisation consiste avant tout à diminuer au maximum les risques. (…) Contrairement à certaines idées reçues, on ne descend pas dans la rue « pour » quelque chose, mais « contre ». Trois motifs peuvent conduire les gens à descendre massivement dans la rue : la remise en cause d’un intérêt personnel ou catégoriel ; l’émotion comme lors des marches blanches ; et la contestation, le refus catégorique voire l’exaspération face à un projet ou un événement. On observe depuis plusieurs mois dans cette campagne des rebondissements en série qui vont au-delà de  « House of cards » : la réalité dépasse la fiction. Rien n’est acquis. Tout peut arriver.  Il en va de même de l’issue de ce week-end où tout est possible. (…)Elle joue un rôle clé pour réussir une mobilisation massive. Qui est l’organisateur ? Quels sont les porte-paroles ? Quelle sera l’ambiance ? Quel est l’objectif ? Est-il atteignable ? Autant de questions dont les réponses doivent être claires dans l’esprit du public espéré. Il faut en faire l’événement où il faut être, « the place to be ». Dans ce domaine, la multiplicité des appels à manifester contribue à créer une dynamique. Lors de toutes les manifs pour tous, on a pu noter que la plupart des manifestants avaient reçu l’appel à battre le pavé de notre part, mais aussi de leurs amis, de leur famille, de leurs réseaux…. L’un des enjeux pour tout organisateur de manifestation est la viralité. Elle est amplifiée par une visibilité médiatique forte. En clair, il faut créer l’événement ! Il faut chercher le buzz. Le traitement par les chaines d’information en continu est un baromètre. Elles peuvent faire, volontairement ou involontairement, le succès d’une mobilisation. L’expérience montre qu’à trop en faire contre une cause ou un public, ils peuvent réveiller chez certains l’envie de descendre dans la rue. (…) Selon moi, les gens qui seront présents dimanche auront fait le déplacement avant tout pour des raisons de fond ; leur motivation n’est pas dans la défense de la personne de François Fillon, mais bien dans le soutien à son programme de droite tel qu’il a été présenté et plébiscité par les électeurs de la primaire. Ceux qui viendront au Trocadéro seront donc aussi là pour manifester leur refus d’un changement de candidat et donc de programme. Ils entendront affirmer leur attachement à un socle de valeurs. J’ajoute que le succès d’une manifestation repose sur de multiples facteurs. Si le nombre de manifestants est un indicateur, il n’est pas le seul. La détermination et l’enthousiasme en sont d’autres. Le défi à relever par François Fillon est simple : il doit réussir à transformer une foule de manifestants en une immense équipe de campagne. Albéric Dumont

Attention: un coup de force peut en cacher un autre !

A l’heure où l’on apprend qu’une Administration Obama qui avait passé dans l’indifférence générale sa première campagne électorale en pourparlers secrets avec un Iran complice des attentats du 11/9 …

Et été surprise lors de la seconde à faire passer des messages secrets à son homologue russe …

A aussi passé ses derniers mois à la Maison Blanche à écouter les communications de son successeur …

Et que fidèles à leur réputation de droite la plus bête du monde de ce côté-ci de l’Atlantique …

La plupart des pontes du parti républicain ou du centre abandonnent le navire …

Quand ils ne font pas de plateau en plateau campagne contre leur propre candidat …

Ou avec l’identité heureuse à la Juppé, tentent d’ajouter au hold up judiciaire et médiatique

Le casse politique d’une véritable alternance aux demies mesures socialistes incarnées par le chérubin et faux nez hollandais de l’austérité heureuse …

Sans parler pour l’autre candidate qui dérange du parti des bonnes questions et des mauvaises solutions …

D’une improbable et étonnamment opportune, à quelques semaines de l’élection, demande de levée d’immunité parlementaire européenne …

Pour trois photos de l’Etat islamique destinées à montrer ce qu’étaient vraiment des exactions à un prétendu journaliste qui s’était permis de comparer son parti à la barbarie djihadiste …

Comment ne pas voir contre les cris d’orfraie et l’étrange unanimité de nos médias et politiques réunis …

Les mêmes qui avaient laissé, sans compter les manifestations anti-Israël aux cris de mort au juif sous les drapeaux du djihad, des militants souvent violents squatter pendant des mois la place de la République à Paris …

La nécessité de la mobilisation de demain au Trocadéro …

Et à défaut d’un large sursaut comme pour l’élection de Trump avant lui dans l’isoloir des vrais patriotes …

La nouvelle catastrophe, entre votes Macron pour la sécurité ou FN pour l’économie, qui se profile pour l’avenir de notre pays ?

Albéric Dumont : « Fillon n’a pas d’autre choix que d’assumer ses valeurs de droite s’il veut réussir le pari du Trocadéro »
Valeurs actuelles

3 mars 2017

La Manif pour Tous. Accusée à tort de gérer le rassemblement prévu ce dimanche au Trocadéro pour soutenir François Fillon, La Manif pour Tous a cependant une grande expérience dans l’organisation de ce genre d’événements. Son vice-président, Albéric Dumont, estime que pour réussir son pari, François Fillon doit impérativement assumer devant ses troupes ses valeurs de droite, et fixer un objectif clair à la mobilisation.

Valeurs actuelles. Au printemps 2013, vous avez organisé les plus importantes manifestations de la Ve République, réunissant jusqu’à 1,4 million de personnes pour défendre le mariage, la filiation et la famille. Lors de tous les événements publics de La Manif Pour Tous, vous assurez la direction des opérations. Alors que l’équipe de campagne de François Fillon a annoncé il y a deux jours une manifestation dimanche prochain, pensez-vous possible de réussir une mobilisation massive dans un délai aussi court ?

Albéric Dumont. D’expérience, toute manifestation comporte naturellement une prise de risque. Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération : le délai de mobilisation, la motivation des troupes, et d’autres paramètres sur lesquels les organisateurs ont plus ou moins de prise : la date, l’actualité à l’instant T, le lieu, la météo, etc. C’est tout un environnement qu’il faut prendre en compte, susciter, voire créer, de toute pièce. Les aléas sont nombreux : une averse peut décourager les familles à descendre dans la rue et diminuer par deux le nombre de manifestants. Une bonne organisation consiste avant tout à diminuer au maximum les risques.

VA. Quels sont les moteurs d’une telle mobilisation ?

Contrairement à certaines idées reçues, on ne descend pas dans la rue « pour » quelque chose, mais « contre ». Trois motifs peuvent conduire les gens à descendre massivement dans la rue : la remise en cause d’un intérêt personnel ou catégoriel ; l’émotion comme lors des marches blanches ; et la contestation, le refus catégorique voire l’exaspération face à un projet ou un événement. On observe depuis plusieurs mois dans cette campagne des rebondissements en série qui vont au-delà de  « House of cards » : la réalité dépasse la fiction. Rien n’est acquis. Tout peut arriver.  Il en va de même de l’issue de ce week-end où tout est possible.

VA. Alors qu’une large partie des médias et des personnalités politiques parlent négativement de ce rassemblement anti-coup d’Etat des juges, quel est l’impact de la communication de l’équipe Fillon ?

Elle joue un rôle clé pour réussir une mobilisation massive. Qui est l’organisateur ? Quels sont les porte-paroles ? Quelle sera l’ambiance ? Quel est l’objectif ? Est-il atteignable ? Autant de questions dont les réponses doivent être claires dans l’esprit du public espéré. Il faut en faire l’événement où il faut être, « the place to be ». Dans ce domaine, la multiplicité des appels à manifester contribue à créer une dynamique. Lors de toutes les manifs pour tous, on a pu noter que la plupart des manifestants avaient reçu l’appel à battre le pavé de notre part, mais aussi de leurs amis, de leur famille, de leurs réseaux….

L’un des enjeux pour tout organisateur de manifestation est la viralité. Elle est amplifiée par une visibilité médiatique forte. En clair, il faut créer l’événement ! Il faut chercher le buzz. Le traitement par les chaines d’information en continu est un baromètre. Elles peuvent faire, volontairement ou involontairement, le succès d’une mobilisation. L’expérience montre qu’à trop en faire contre une cause ou un public, ils peuvent réveiller chez certains l’envie de descendre dans la rue.

VA. Quels sont les facteurs qui, dans la dernière ligne droite, peuvent faire basculer ce rassemblement dans la catégorie des moments forts de la campagne, avec une mobilisation réussie?

Dans le cas précis de la manifestation de dimanche, certaines conditions sont déjà réunies : il y a un enjeu politique évident et une médiatisation importante. Mais il  reste un élément clé : il faut que la raison qui justifie l’effort de manifester soit claire et qu’elle rejoigne les aspirations profondes des manifestants potentiels. Seul un retour aux fondamentaux qui ont fait le succès écrasant de François Fillon à la primaire peut servir de déclic pour une mobilisation massive lui permettant de poursuivre sa campagne. Il n’a d’autre choix que d’assumer les valeurs qu’il a défendues lors de la primaire. Celles-ci doivent être réaffirmées par lui-même, ses soutiens et largement relayées par ses équipes d’ici dimanche. Il reste encore quelques heures.

Selon moi, les gens qui seront présents dimanche auront fait le déplacement avant tout pour des raisons de fond ; leur motivation n’est pas dans la défense de la personne de François Fillon, mais bien dans le soutien à son programme de droite tel qu’il a été présenté et plébiscité par les électeurs de la primaire. Ceux qui viendront au Trocadéro seront donc aussi là pour manifester leur refus d’un changement de candidat et donc de programme. Ils attendront que soit affirmé l’attachement à un socle de valeurs. J’ajoute que le succès d’une manifestation repose sur de multiples facteurs. Si le nombre de manifestants est un indicateur, il n’est pas le seul. La détermination et l’enthousiasme en sont d’autres. Le défi à relever par François Fillon est simple : il doit réussir à transformer une foule de manifestants en une immense équipe de campagne. C’est ce qui permettra de dire dimanche soir si son pari est réussi.

Voir aussi:

Affaire Fillon, «plan B», retour de Juppé : le chemin de croix des électeurs de droite
Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
03/03/2017

FIGAROVOX/ANALYSE- Alors que les démissions se multiplient autour de François Fillon, nombre de poids lourds et militants de droite se tournent vers Alain Juppé. Au risque d’oublier que pour les électeurs de la primaire, les candidats comme les programmes ne sont pas interchangeables.


Vincent Tremolet de Villers est rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et du FigaroVox


«Pour 2 euros, t’as plus rien!»Cette réflexion prosaïque hante les esprits d’une large partie du peuple de droite. Que peuvent penser d’autre les électeurs de la primaire devant leurs élus qui, de plateau en plateau, font campagne contre leur propre candidat? Sont-ils dupes une fois encore de l’invocation des grands principes au nom des petits intérêts? Comprennent-ils qu’un perdant à la primaire qui a rallié François Fillon fasse désormais campagne pour le finaliste malheureux de cette élection? Qu’un ancien secrétaire généralde l’Élysée, qui citait Rimbaud quand les juges s’approchaient trop près de Jacques Chirac, rejoigne ce mouvement abracadabrantesque?

Qu’un candidat susceptible d’être mis en examen pour emploi fictif soit remplacé par un autre condamné pour les mêmes motifs?

On serait découragé pour moinsque ça. D’autant que ce bon électeur a dû supporter une à une les révélations sur François Fillon, son épouse, ses enfants. Les déclarations contradictoires sur la justice qui «doit faire vite» et qui désormais va trop vite. Les promesses de renoncement en cas de mise en examen avant de renoncer au renoncement…

C’était une élection imperdable, elle tourne au chemin de croix. Hollande qui a tout raté se pavane, son disciple Macron marche sur l’eau: on comprendrait que LR installe des cellules de soutien psychologiques dans toutes les fédérations.

Pourtant, une partie importante de l’électorat de droite continue de croire que François Fillon peut être l’instrument de l’alternance. Le champion d’hier n’avance plus. Il tient debout, péniblement, comme un pénitent, mais son discours parvient encore à saisir les ressorts de l’inconscient collectif de ses électeurs. Les politiques, comme nombre de commentateurs, semblent oublier que les candidats ne sont pas interchangeables, surtout quand leurs lignes sont opposées. On invoque les bons sondages d’Alain Juppé, on oublie qu’ils étaient excellents avant la primaire et que le mairede Bordeaux, qui devait triomphalement l’emporter, n’a réuni sur son nom que 35 % des votants du deuxième tour (chiffre qu’il faut réduire à 25 %, selon Jérôme Fourquet, si l’on écarte les électeurs de gauche venus voter à la primaire de la droite). Certes, ce n’est pas le même électorat, mais on imagine mal Alain Juppé prononcer le discours vigoureusement à droite que les militants des Républicains ont applaudi à tout rompre, à Nîmes, jeudi soir. On imagine encore moins le défenseur de l’identité heureuse se faire le porte-voix de l’inquiétude de la dépossession. Il a toujours fait le choix de la bienveillance médiatique, quand Fillon s’est fait l’écho de la défiance de ses électeurs pour le «parti des médias». Ce sont tous ces thèmes qui, dans les meetings du candidat, font s’agiter les drapeaux tricolores.

Enfin, la mêlée éprouvante qui oppose le pack des Fillonistes et le reste du personnel politico-médiatique divise les gradins depuis des semaines. Le match laissera des traces, et ceux qui se déplaceront dimanche, place du Trocadéro, voteraient-ils Juppé dans cinquante jours?

La vérité est qu’une fois encore les représentants de la droite et du centre pensent que leur électorat leur appartient. Ils oublient que les élus n’ont jamais été aussi éloignés idéologiquement d’une grande partie de leurs électeurs. Une phrase répétée depuis deux jours par les partisans d’Alain Juppé en témoigne. C’est la suivante: «Le danger Marine Le Pen se fait de plus en plus précis.» Les études d’opinion confirment ce constat. En revanche, on comprend mal comment une candidature d’Alain Juppé parviendrait à contenir ce danger. À l’inverse, elle pourrait même provoquer l’hémorragie d’une large partie de l’électorat conservateur vers le FN (qui semble avoir mieux analysé la primaire de la droite que la droite elle-même). Quant au centre droit favorable à un modèle libéral-libertaire tempéré, il risque de préférer le sourire éclatant du «chérubin d’En marche!» (Pascal Bruckner) à l’austérité heureuse du maire de Bordeaux.

Entre le protectionnisme intégral du FN et le libéralisme intégral de Macron subsiste un espace étroit (mais peut-être suffisant pour atteindre le second tour) pour un camp libéral-conservateur. Fillon en a été le représentant presque malgré lui. Il brouille aujourd’hui ce message par ses ennuis personnels, il est peu audible, certes, mais, dans cette campagne, qui peut tenir cette ligne? La sacrifier, c’est installer durablement la bipolarisation Le Pen-Macron.

Voir également:

Rassemblement du Trocadero: qui viendra à la recousse de Fillon, qui ne viendra pas?

François Fillon compte réunir des dizaines de milliers de militants ce dimanche. Mais il ne devrait pas y avoir beaucoup de cadres Républicains

Alexandre Boudet
HuffPost
04/03/2017

POLITIQUE – Combien seront-ils? Des dizaines de milliers, peut-être même 100.000 espère le camp Fillon. Combien de cadres seront là? Nettement moins. S’il compte sur « la base militante » pour tenir bon, l’ancien premier ministre doit faire face à la défection des cadres du parti Les Républicains. Et même parmi ceux qui le soutiennent encore, la manifestation prévue ce dimanche au Trocadéro est loin de faire l’unanimité.

Ce rassemblement qui sera la nouvelle rampe de lancement de sa campagne ou son baroud d’honneur a semé le trouble dès qu’il a été annoncé mercredi, notamment en raison d’un mot d’ordre très flou et des réseaux très conservateurs qui ont été mobilisés. Conséquence: on n’a pas du mal à savoir qui sera aux côtés de l’ancien premier ministre.

Parmi les ténors Républicains on peut faire ressortir trois catégories: ceux qui ont lâché François Fillon et voient dans ce rassemblement quelque chose de dangereux, ceux qui soutiennent encore le vainqueur de la primaire mais déplorent la tenue du meeting et ceux qui seront aux côtés du député de Paris.

Pour eux, le rassemblement a été la goutte d’eau

À l’annonce du meeting qui a eu lieu dans la foulée de la conférence de presse de François Fillon mercredi, le mot d’ordre du rassemblement a ébranlé la droite. Cette manifestation serait l’occasion pour le peuple de droite de dire sa colère vis-à-vis des juges et des médias qui nourriraient un complot visant à abattre le candidat; les propos sévères tenus jeudi lors d’un meeting à Nîmes ont renforcé cette idée.

Même si depuis, l’ancien premier ministre a adouci son propos et même si son camp évoque désormais un rassemblement de soutien à François Fillon, le mal a été fait. À l’image de Dominique Bussereau ou Pierre-Yves Bournazel, les juppéistes considèrent que la manifestation « fait le jeu du populisme » et qu’elle est donc une mauvaise idée. Après avoir lâché le candidat, ils continuent d’appeler les électeurs de droite à ne pas s’y rendre.

« Comment restaurer l’autorité de l’Etat en critiquant la justice. Ce n’est pas en faisant venir des cars qu’on va changer le destin du pays », dit aussi le lemairiste Franck Riester. Même chose pour Nadine Morano qui a commencé par dire que l’événement est une mauvaise idée avant de claquer finalement la porte. Le sarkozyste Georges Fenech craint pour sa part des affrontements au Trocadero.

Ils ne l’ont pas (encore) lâché mais n’y seront pas

Christian Estrosi est de ceux-là. Dans une interview à Nice Matin, le président LR de Paca ne demande pas encore à François Fillon de se retirer. Il l’invite cependant à renoncer au meeting de dimanche pour deux raisons: « Il apparaît clairement que La manif pour tous et Sens commun sont en première ligne dans l’organisation de cette manifestation, et cela me gêne », dit d’abord l’ancien maire de Nice. « Ce rendez-vous donne l’impression d’un défi aux institutions de notre pays. Après avoir pris la défense des policiers, je ne souhaite pas que l’on crée artificiellement des conditions susceptibles de générer des tensions », ajoute-t-il.

« On ne fait pas campagne contre les juges », explique pour sa part Jean-Frédéric Poisson qui invite les militants de son mouvement (Le Parti chrétien démocrate) à ne pas se rendre au Trocadéro même s’il garde encore personnellement son soutien au candidat. « C’est une mauvaise idée », a également confié l’entourage de NKM à BFMTV; si plusieurs de ses proches ont lâché le candidat, elle le soutient toujours officiellement. Même ligne chez Jean-François Copé. Quant à Xavier Bertrand, il passera son dimanche dans sa région des Hauts-de-France plutôt qu’au Trocadéro. Idem pour le filloniste de la première heure Gérard Larcher qui sera dans les Yvelines, ou Valérie Pécresse.

Les derniers fidèles qui seront là

Autour du candidat, il ne reste que sa garde historique de fidèles incarnée par le sénateur de Vendée Bruno Retailleau ou les députés Valérie Boyer, Jérôme Chartier et Lionel Tardy. Ils seront présents au Trocadéro tandis que son futur ex-directeur de campagne Patrick Stefanini reste l’organisateur de la manifestation avant de céder sa place.

Mais finalement François Fillon compte surtout sur la société civile pour montrer qu’il est soutenu; c’est d’ailleurs le président de ce comité de la société civile (l’ancien patron de Numéricable Pierre Danon) qui pilote la mobilisation. Cela s’incarnera aussi pas la présence de tous les cadres de Sens Commun (l’émanation de La Manif pour tous chez les Républicains) à commencer par son président Christophe Billan ou sa porte-parole Madeleine de Jessey.

Un rassemblement, des risques de débordements?

L’une des craintes de la droite est que l’événement donne lieu à des débordements. Pour l’éviter, l’organisateur Pierre Danon explique qu’il ne s’agit pas d’une manifestation mais un rassemblement. « C’est ni plus ni moins qu’un grand meeting en plein air », confirme au HuffPost le président de Sens Commun Christophe Billan. Pour sécuriser le périmètre, les équipes de François Fillon disent avoir prévu un contingent important de forces de sécurité avec des filtrages aux abords du parvis des droits de l’Homme. On a interdit toutes les pancartes. Comme ça on est sûr qu’il n’y aura pas de débordements. La seule chose que l’on a autorisée, ce sont les drapeaux bleu – blanc – rouge », dit encore sur France Info Pierre Danon.

Voir encore:

François Fillon et le grand bal des Tartuffes

Eloïse Lenesley
Le Figaro

01/03/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- François Fillon maintient sa candidature à la présidentielle, mais certains de ses soutiens l’abandonnent. Pour Eloise Lenesley, cet acharnement judiciaire montre que tout a été fait pour abattre le candidat dans sa course à l’Élysée.

Journaliste, Éloïse Lenesley collabore notamment à Causeur.


Il a dit non. Non au renoncement, non à l’acharnement judiciaire, non au diktat des médias qui exhibent à foison des pièces d’un dossier résolument à charge au mépris de la présomption d’innocence. Non à ceux qui cherchent à l’abattre depuis que les primaires l’ont mis sur orbite. François Fillon est entré en résistance et appelle les électeurs à faire bloc. «Je ne reconnais pas les faits. Je n’ai pas détourné d’argent public. Je n’ai pas été traité en justiciable comme les autres», martèle-t-il avec une âpre détermination.

François Fillon a bénéficié, comme tant d’autres, d’un mode de fonctionnement inéquitable, incroyablement opaque, lui permettant d’employer des proches comme attachés parlementaires sans avoir de comptes à rendre ou presque sur leur salaire (plafonné à la moitié de l’enveloppe globale) et la nature de leur travail. Parce qu’il est devenu, du jour au lendemain, le favori de la présidentielle et qu’il a axé sa campagne sur la probité, de telles pratiques ont choqué, à juste titre. Mais il a payé pour tous les autres. Ceux qui avaient piqué dans la caisse, qui avaient nié leur évasion fiscale les yeux dans les yeux ou qui, simplement, s’étaient autoproclamés exemplaires alors qu’ils claquaient 10 000 euros par mois pour se faire shampouiner aux frais du contribuable. Dans une France qui totalise plus de six millions de chômeurs, près de neuf millions de pauvres et soixante-six millions de désenchantés, les petits arrangements comme les grosses arnaques ne passent plus. «Au début de l’année 2016, un député sur six employait parmi ses collaborateurs un membre de sa famille», rappelle pourtant René Dosière. Au-delà de cette dimension «morale», François Fillon a aussi essuyé les plâtres d’un projet sans doute mal ficelé, jugé par une partie de l’opinion trop libéral, trop imprécis et préjudiciable à la Sécurité sociale.

En charge du dossier, le Parquet national financier a finalement ouvert une information judiciaire, de crainte que l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi ne prescrive les faits reprochés à François Fillon. Preuve que les éléments n’étaient sans doute pas si solides, en dépit du déchaînement médiatique qu’ils ont suscité. Trois juges d’instruction ont ainsi hérité de l’affaire, dont l’intraitable Serge Tournaire, réputé pour son intransigeance et sa ténacité, décrit par ses contempteurs comme «un type techniquement très compétent, avec une épouvantable mentalité d’inquisiteur». Nicolas Sarkozy peut en attester: c’est lui qui a décidé de le mettre en examen, dans le cadre du financement de sa campagne de 2012, contre l’avis de ses collègues Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loir. C’est encore lui qui a récemment tranché, dans l’affaire Bygmalion, pour son renvoi en correctionnelle, là aussi malgré le désaccord de Van Ruymbeke. On murmure que l’ambiance ne serait pas à la franche camaraderie entre les deux juges.

Et là, patatras, le candidat des Républicains se voit convoqué le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen. Soit deux jours avant la date limite des dépôts de candidature pour la présidentielle. C’est fou ce que la justice française a fait comme progrès en termes de vélocité ces dernières semaines. Enfin, pas pour tout le monde. Personne n’a eu l’idée de venir enquiquiner François Bayrou, dont la secrétaire particulière a, pendant cinq ans, «été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens», révélait en 2015 Corinne Lepage dans son livre Les mains propres. En revanche, le Parlement européen semble très enclin à lever l’immunité de Marine Le Pen pour une ridicule histoire de tweets: l’eurodéputée frontiste avait eu l’outrecuidance de poster des visuels de crimes barbares de l’État islamique. Un dénouement qui surgit décidément à point nommé, pour une enquête ouverte en France en …2015. Faute de pouvoir la coincer sur les emplois présumés fictifs de ses assistants parlementaires, on fait avec ce qu’on a sous le coude.

Personne n’a eu la curiosité d’enquêter sur la fortune d’Emmanuel Macron qui, comme le résume le blog d’Olivier Berruyer les-crises.fr, a omis de déclarer son ISF à plusieurs reprises, a engrangé plus de 3,3 millions d’euros de revenus en six ans, et dispose de 266 000 euros de liquidités. De même, quand l’ouvrage Dans l’enfer de Bercy, des journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, mentionne qu’à son départ de Bercy en août dernier, il avait utilisé «à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère» beaucoup se demandent en vain si cet argent n’a pas servi à mettre sur pied son mouvement. Mais le vibrionnant énarque «en marche» est le candidat des médias et des milieux financiers. Pas touche.

De telles inégalités de traitement laissent perplexe voire amer. «La justice est en train d’aller dans le mur», redoute Bernard Debré, fervent soutien de l’ex-premier ministre, qui parle, lui, d’un «assassinat politique» et d’un «État de droit violé». Comment ne pas lui donner raison, au vu de cette subite avalanche de procédures, d’accusations, de harcèlements, qui semblent n’avoir pour objectif que de confisquer le libre arbitre des votants, de jeter le trouble pour saborder tout discernement dans une course à l’Élysée de plus en plus abracadabrantesque, dont on voudrait nous imposer l’issue. François Fillon s’en remet au peuple, au fameux bon sens populaire. Le pari est risqué mais courageux. La posture se veut gaulliste pour remobiliser les troupes. Quelques rats s’empressent déjà de quitter le navire ; les fidèles, eux, devront faire bonne figure et «résister» aux intempéries. Il y a quelque chose de sacrément pourri dans les institutions françaises. Les voix de la démocratie auront le dernier mot.

Voir de même:

Malika Sorel-Sutter «Fillon veut continuer la France quand, pour Macron, la culture française n’existe pas»
Alexandre Devecchio
Le Figaro

04/03/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- Malika Sorel-Sutter compare les programmes des deux candidats en matière d’éducation, d’immigration et d’intégration. Selon elle, Fillon défend l’héritage culturel national tandis que Macron rêve d’une « France aux portes et fenêtres battantes ».

Ingénieur de l’École polytechnique d’Alger, diplômée de Sciences Po Paris, Malika Sorel est ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l’auteur de Décomposition française (éd. Fayard, 2015) qui a reçu le prix «Honneur et Patrie» des Membres de la Société de la Légion d’honneur et qui vient de paraître en édition «poche».


FIGAROVOX.- Quelles sont les orientations de Macron et Fillon à propos des questions régaliennes et culturelles, en particulier concernant la question de l’intégration?

Malika SOREL-SUTTER.- Avant l’intégration, il convient d’aborder l’immigration. Fillon veut «réduire l’immigration légale au strict minimum» et que le Parlement adopte chaque année des «quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.» Macron s’est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Rappelons que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile sur la seule année de 2015. L’approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l’expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l’intégration (HCI), que le Parlement n’est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l’avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l’Etat.

Venons-en à l’intégration. Pour les citoyens, «intégration» signifie «intégration culturelle». C’est le résultat d’un processus qui conduit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation. C’est l’appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu’«il n’y a pas de culture française». L’intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l’exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l’identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui «fait mention à plusieurs reprises de l’exigence d’assimilation». Il lui reste à en tirer les conséquences. La démocratie suppose l’existence d’un corps politique. Or, citoyenneté et identité ont été dissociées. Elles doivent de nouveau coïncider. Il est aujourd’hui bien plus aisé d’obtenir la nationalité française qu’un titre de séjour. C’est une hérésie.

Le programme de Macron reste flou. A-t-il réellement une ligne définie sur ces questions?

Son programme n’est ni flou ni inconnu. Il a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne: mondialiste et multiculturelle. D’où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française: une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n’y puise que ce qui lui sied.

Existe-t-il également un vrai clivage en matière d’éducation?

Ils se rejoignent dans la prise de conscience que la réussite ou l’échec scolaire se jouent très tôt. Mais ni l’un ni l’autre n’identifient les vraies sources de ce drame. Et, en effet, cela se joue dès la maternelle, en grande partie au travers du dictionnaire de mots maîtrisés par le jeune enfant ainsi que par l’attitude des parents vis-à-vis de la culture de l’école. Vont-ils l’accompagner ou, sans le vouloir, entraver les enseignants dans leur mission en raison de l’existence de problèmes de «compatibilité culturelle entre l’école et la maison» (voir le rapport Bentolila de 2007)?

Concernant leurs programmes, je distingue deux volets: la transmission culturelle et la pure gestion. Dans le premier, il n’y a guère de point commun entre les deux candidats, et pour cause. Pour l’un, la culture française n’existe pas, quand l’autre s’inscrit dans une volonté de continuer la France d’un point de vue culturel. Par contre, tous deux prônent une plus grande autonomie du système éducatif, pensant – à tort – que là réside l’un des principaux remèdes à la régression scolaire. Or les innombrables alertes remontées au HCI ont montré que l’urgence commande, tout au contraire, de tourner le dos à la libéralisation de notre système éducatif. De veiller à l’unicité des programmes et à un contrôle effectif des connaissances à travers tout le territoire. De faire en sorte que le corps enseignant continue de dépendre hiérarchiquement du ministère, et non des chefs d’établissement. Si l’État avait promptement réagi pour soutenir les enseignants à chaque fois que l’un d’eux s’est trouvé confronté à une remise en cause des contenus ou du bien-fondé des principes républicains (laïcité, égalité filles-garçons), nous n’en serions pas là! Combien d’enseignants, voulant signaler des situations anormales, se sont vu accuser de ne pas savoir «tenir leur classe», de ne pas être suffisamment «accommodants», parfois abandonnés par leurs chefs d’établissement et leurs autorités académiques. Certains ont abdiqué, quand ils ne se sont pas convertis au relativisme culturel pour avoir la paix. Si j’avais été ministre de l’Éducation nationale, j’aurais aussitôt installé une ligne directe entre le cabinet et le corps enseignant afin que chacun puisse obtenir écoute et soutien. L’Éducation est le domaine régalien par excellence.

Que vous inspirent les propos de Macron sur la guerre d’Algérie?

Du sel sur des plaies non cicatrisées. Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l’encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu’on compare la démographie algérienne entre 1930 et 1962. À l’évidence, l’objectif était de séduire une partie de l’électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l’unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d’une gravité extrême à l’heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu’elle est et ce qu’elle a été.

Macron rejoue-t-il la stratégie Terra Nova de François Hollande?

Il suffit d’analyser ses propositions et l’électorat qu’il cible pour le comprendre. Macron s’inscrit dans la continuité de cette stratégie qui avait donné lieu à la refondation des politiques d’intégration en 2013 par Jean-Marc Ayrault. Avant d’accoucher de cinq rapports qui nous promettaient, en guise de projet de société, l’«apprentissage d’un savoir-faire avec l’hétérogénéité et dans la conflictualité», cette refondation s’était d’abord appuyée sur le rapport «La grande nation pour une société inclusive» du conseiller d’État Thierry Tuot, qui y moquait l’attachement des Français à leurs grands principes: «Droits et Devoirs! Citoyenneté! Histoire! Œuvre! Civilisation Française! Patrie! Identité! France! […] Au XXIe siècle, on ne peut plus parler en ces termes à des générations de migrants […] on ne peut plus leur tenir un discours qui fait sourire nos compatriotes par son archaïsme et sa boursouflure.» Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, c’est au même Thierry Tuot qu’Emmanuel Macron confie une mission de réflexion et de propositions.

D’après les sondages, les Français jugent Marine Le Pen plus crédible sur ces questions…

Marine Le Pen a beaucoup fait évoluer son parti sur les points abordés ici depuis l’époque où le député Jean-Marie Le Pen déclarait, à l’Assemblée nationale, le 28 janvier 1958: «Ce qu’il faut dire aux Algériens, si nous voulons en faire des Français, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux.» Il y affirmait que «sur l’essentiel, les préceptes de la religion musulmane sont les mêmes que la religion chrétienne» et s’interrogeait: «Qui peut évaluer en milliards de dollars ou de roubles ce que vaut pour une nation le fait d’avoir dix millions de citoyens de plus?» Aujourd’hui, Marine Le Pen regarde un certain nombre de réalités en face. Mais le «on est chez nous» scandé à tout-va dans ses meetings signale que le logiciel de ses troupes est resté à l’heure du seul droit du sang. Or les véritables artisans de la décomposition française sont les apprentis-sorciers occidentaux (donc «de souche») de la mondialisation, pour qui l’immigration a été une véritable aubaine. Ce sujet ne se réglera pas par un lapidaire «on est chez nous».

Le FN est au plus haut. François Hollande a-t-il une responsabilité dans cet état de fait?

Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s’interroge: «Comment on peut éviter la partition? […] Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.» Hollande «pense, depuis le début de l’année 2015, que le thème de l’identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle.» Ma conviction est qu’aujourd’hui un certain nombre d’opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat. En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Or, François Hollande le dit: «Emmanuel Macron, c’est moi!» Si ce thème venait à être versé au débat, Macron en serait comptable.

Voir de plus:

Emplois fictifs au Modem ? Les grandes lignes de l’affaire qui agite les réseaux sociaux

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

Ok Central

Atlantico

1 Mars 2017

La redécouverte de quelques lignes oubliées a provoqué une avalanche de réactions dans la matinée du 28 février. Sur Twitter, un court extrait du livre de Corinne Lepage, Les Mains Sales (2015) est partagé par des centaines de personnes.

Son contenu a de quoi faire bondir de nombreux soutiens de François Fillon et de Marine Le Pen, tous les deux mis en cause dans des affaires d’emplois fictifs, à l’Assemblée Nationale pour l’un et au Parlement européen pour l’autre. Évoquant son éloignement du Modem qu’elle avait fondé avec Bayrou en 2008, la présidente de LRC-Cap21 y dénonçait un étrange manège au sein du parti de François Bayrou. Une pétition en ligne est même lancée, comptant le 28 février au soir près de 1 000 signataires et demandant que le parquet se saisisse du dossier. L’affaire – qui ne date donc pas d’hier – est loin d’être anodine, surtout quand on sait que Corinne Lepage puis François Bayrou et la majorité de ses équipes du Modem se retrouvent depuis peu au sein d’En Marche ! , et sont donc à priori nouveaux alliés dans cette campagne.

« Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. »

Contactée pour connaître son avis, Corinne Lepage a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire et s’est contentée de rappeler que le livre a reçu le Prix du Livre Politique du Barreau de Paris en 2015.

Si la plupart des députés Modem de l’époque n’ont pas répondu à nos appels, Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, a en revanche tenu à s’exprimer. « Tout ce que [Corinne Lepage] a dit est faux », s’étonnant de voir resurgir cette affaire en 2017 et indiquant l’avoir déjà commentée en 2015 dans un communiqué (que nous avons par ailleurs cherché sans succès). Pour elle, il s’agirait d’une rumeur aux motifs troubles « Ce qui est intéressant, c’est de voir que tout cela semble venir d’un milieu composé de soutiens de François Fillon […] Je n’ai jamais vu ça, c’est le degré zéro de la politique ! »

Jean-François Kahn, ancien rédacteur en chef de Marianne et ancien élu Modem -avant de se désister- en 2009 dit ne pas avoir eu connaissance ni de tels agissements, ni d’une telle demande de la part de la formation centriste. Il exprime d’ailleurs son étonnement : lors de ses différentes rencontres avec les parlementaires européens du Modem, ceux-ci étaient bel et bien accompagnés d’assistants, et donc non consacrés aux activités nationales du parti. Faut-il encore rappeler qu’il est prévu pour les députés européens une enveloppe de 21 209 euros, à répartir entre trois assistants au maximum par élu.

Nicolas Hervieu, juriste en droit public et européen affirme que si l’affaire était avérée, il s’agirait de fait d’un cas en tout point similaire à celui qui touche Marine Le Pen aujourd’hui. Comme pour la présidente du Front National, l’affaire serait entre les mains de l’Office européen de la lutte contre la fraude, qui a le pouvoir de sanctionner financièrement et disciplinairement mais non pénalement. Passer au pénal demanderaient des éléments plus précis (par exemple l’usage de faux) et serait alors du ressort du Parquet national financier, également impliqué dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs des membres de la famille Fillon.

Les retrouvailles des anciens fondateurs du Modem sous la bannière d’En Marche! pourraient être plus compliquées que prévues… Le vent de fraîcheur que souhaite insuffler le mouvement d’Emmanuel Macron résistera-t-il aux vieilles rancœurs ? Le mouvement de l’ancien ministre, contacté lui-aussi, n’a pas souhaité réagir.

Voir de même:

L’emploi parlementaire sur mesure du fondateur des Jeunes avec Macron

Le fondateur des Jeunes avec Macron est employé par le député macroniste Jean-Jacques Bridey, à mi-temps. Pratique : en deux jours, il gagne assez pour militer l’esprit léger les autres jours de la semaine. Ou comment dribbler la loi, qui interdit aux assistants parlementaires de participer à la campagne d’un candidat…

Être bénévole sur une campagne électorale peut susciter des frustrations. Tant d’heures passées à militer, à se donner sans compter au service d’un candidat, le tout pour un résultat incertain… et zéro euro ! Il existe bien sûr la possibilité de demander à être salarié de l’association de financement de la campagne, mais les budgets sont si serrés que tout le monde ne peut y prétendre. Reste une alternative : trouver une autre source de salaire.

Le tour de passe-passe réalisé par le député-maire macroniste de Fresnes (Val-de-Marne) Jean-Jacques Bridey et son nouveau collaborateur, le patron des « Jeunes avec Macron » Florian Humez, est à ce titre ingénieux. Depuis le 1er décembre, le jeune homme est salarié du parlementaire… tout en continuant à militer activement pour son candidat de cœur, Emmanuel Macron.

Magie du mi-temps

La loi interdit pourtant aux collaborateurs parlementaires de participer à des campagnes politiques. Et ce, pour une raison facile à comprendre : le Parlement n’a pas vocation à financer, sur son budget, de campagnes électorales. Cette utilisation gratuite d’une main-d’œuvre qualifiée créerait de plus une inégalité entre les candidats. La Commission nationale des comptes de campagne rappelle donc tous les ans que les assistants parlementaires doivent « travailler uniquement pour le parlementaire dans le cadre de leur mission et leur participation à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite« .

Contacté par Marianne, Florian Humez réfute tout cumul illégal. S’il travaille bien pour Jean-Jacques Bridey, ce n’est qu’à temps partiel, assure-t-il, plus précisément « le mardi et le mercredi, soit 18 heures par semaine ». Magie du mi-temps, cet emploi rémunéré lui permet de militer – bénévolement – pour les Jeunes avec Macron le reste de la semaine. Pas question pour autant de parler d’emploi de complaisance, selon le nouveau collaborateur, qui assure être devenu « les yeux et les oreilles du député à l’Assemblée« .

Des yeux et des oreilles particulièrement discrets. En dépit de cette fonction stratégique, Florian Humez n’avait en effet jamais jugé bon de rendre public ce nouvel engagement professionnel. Et il se présente uniquement, sur les réseaux sociaux, comme « militant » et « co-fondateur des Jeunes avec Macron ». Dans un récent portrait qui lui est consacré par les Inrocks, publié le 12 février dernier, ce jeune homme de 25 ans reçoit d’ailleurs la journaliste dans un bureau situé au QG d’En Marche, dans le quinzième arrondissement de Paris. Il y détaille ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron et évoque les services d’une stagiaire qui l' »aide au niveau des territoires« . C’est dire si sa fonction est prenante…

« Activités indépendantes »

Pour que cette relation contractuelle insoupçonnée sorte au grand jour, il aura donc fallu que le bureau de l’Assemblée nationale prenne une décision importante, le mardi 21 février : les noms des collaborateurs parlementaires de chaque député sont désormais publiés, chaque mois, sur son site. Parmi eux, le patronyme de Florian Humez est apparu associé à celui de Jean-Jacques Bridey. Aujourd’hui, l’intéressé reconnaît s’être volontairement abstenu de communiquer sur cet emploi et ce, dit-il… pour ne pas prêter le flanc aux attaques. « Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique« , nous explique-t-il en effet sans détour.

Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique.

Sollicité, Jean-Jacques Bridey nous assure également qu’il n’y aucune entourloupe : les missions de Florian Humez à ses côtés seraient particulièrement variées. « Il traite les courriers qui traînent, gère les relations avec les députés, il regarde les questions au gouvernement et me fait une revue de presse sur les questions de défense, qui relèvent de ma commission« , égrène l’élu auprès de Marianne. Parmi ces tâches, un bon nombre n’ont plus lieu d’être, puisque la session parlementaire s’est achevée le jeudi 23 février. N’empêche, le jeune homme ne militera pas sur son temps de travail, maintient le député : « Ces deux activités sont indépendantes« . Florian Humez, lui voit les choses autrement : « Il y a un lien entre les deux activités. Je me sers de ce que j’ai appris à l’Assemblée quand je milite pour les Jeunes avec Macron, et inversement ».Pour tromper l’ennui le mardi et le mercredi, dans les prochains mois, le collaborateur-militant imagine « travailler sur des questions liées à l’actualité« , en particulier en « discutant avec des députés ou collaborateurs » qu’il connaît. Une activité difficilement quantifiable, pour un salaire confortable : Florian Humez ne donne pas de chiffres mais confie gagner « suffisamment de quoi vivre dans une grande ville », grâce donc à ces deux journées par semaine. Concédant que cette somme dépasse, « malheureusement« , ce que reçoivent bien des salariés pour un temps plein.

Sur ce point, Jean-Jacques Bridey se refuse lui aussi à être précis : « Je rémunère mes collaborateurs comme je le veux et je ne donne pas les salaires« , souffle-t-il, admettant simplement payer Florian Humez  » à un bon niveau« . Peu de doutes là-dessus puisque celui-ci est venu remplacer un collaborateur à temps-plein. Les deux autres collaborateurs parlementaires du député-maire, eux, sont de plus employés… à mi-temps par la mairie de Fresnes. L’élu se retrouve donc avec 9.561 euros à distribuer entre trois temps partiels. Ou quand le budget de l’Assemblée aide à militer l’esprit léger…

Voir encore:

Élisabeth Lévy : «Si Fillon est battu, cela doit être à la loyale»

  • Vianney Passot
  • Le Figaro
  • 04/03/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- A l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, «Au secours, Hollande revient!» Élisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Elle revient sur l’affaire Fillon et sur Emmanuel Macron, «un vieux produit dans un emballage nouveau».


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro affiche en une Emmanuel Macron, et est titré «Au secours, Hollande revient!»


FIGAROVOX.- Ce mois-ci, c’est Emmanuel Macron qui fait la une de Causeur, comme de tant de magazines… Ne cédez-vous pas à la facilité?

Élisabeth LÉVY.- Emmanuel Macron est l’un des favoris, voire le favori de l’élection présidentielle, cela mérite bien une «une» de Causeur, non? De surcroît, il est sans doute celui dont les Français connaissent le moins les intentions, à la fois à cause de sa jeunesse, de sa faible expérience en politique et de sa stratégie qui fait prévaloir la personnalité sur le programme. Enfin, peut-être ne vous a-t-il pas échappé que nous ne partageons pas l’enthousiasme d’une grande partie de nos confrères. Macron suscite une ferveur réelle – même si elle semble faiblir. Mais il est aussi, et de plus en plus, le candidat du Parti des médias: non seulement, beaucoup de grands journaux, du Monde à l’Obs (sans oublier Marianne qui a récemment rejoint la chorale) le soutiennent, mais pas mal de ténors de la profession semblent avoir été personnellement maraboutés. Son entourage ayant refusé de nous accorder un entretien, suite à la parution sur le site Causeur.fr d’articles critiques sur lui (on est cools et ouverts mais quand même….), j’ignore si j’aurais été moi aussi touchée par la grâce. Si ça se trouve, je serais en train de crier «Macron président!» au signal (par tweet) de la «team Ambiance».

En somme, vous vous vengez parce qu’il vous a refusé une interview?

Mais non au contraire, je dis merci! Vincent Castagno écrit drôlement que, «si Macron pouvait serrer la main de tous les Français, il serait élu avec 100 % des voix». Est-ce parce que, à Causeur, on n’a pas pu faire l’expérience quasiment ontologique de cette fameuse poignée de main? Malgré notre diversité idéologique, Macron fait quasiment l’unanimité – contre lui. Notre joyeuse équipe comptait trois ou quatre macronistes farouches il y a un mois. Aujourd’hui, il en reste un, de raison plus que de passion. Quoi qu’il en soit, tout l’arc électoral étant représenté dans la rédaction, Causeur ne soutient aucun candidat. Mais la possible victoire de Macron nous inquiète tous. Désolée, mais «une cuillère pour Jeanne d’Arc, une cuillère pour Steve Jobs», cela ne fait pas une vision pour la France.

Vous ne soutenez aucun candidat, la bonne blague. Causeur ne cesse de défendre Fillon!

Vous vous trompez, d’ailleurs le plus énervé par l’affaire Fillon est Régis de Castelnau, qui est avocat et communiste…Mais nous pensons tous que, si Fillon est battu, cela doit être à la loyale et pas au terme d’une opération de basse police politique. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (position ultraminoritaire j’en conviens), l’alliance contre lui de juges qui se pensent investis d’une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s’étalent dans un quotidien proche du pouvoir, la mainmise sur un dossier simple du Parquet national Financier, créé pour traiter les affaires complexes (en réalité les affaires tout court) en court-circuitant le Parquet de Paris et pour finir, la nomination du juge Tournaire, pourtant déjà fort occupé avec Bygmalion -le même qui, depuis deux ans essaie de se payer Sarkozy: d’abord en 2013 avec une invraisemblable mise en examen pour «abus de faiblesse» (qui a abouti à un non-lieu), ensuite il y a quelques semaines avec une ordonnance de renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer. Alors peut-être que Serge Tournaire est un magistrat très scrupuleux comme le clament ceux qui redoutent de se retrouver dans son bureau. Mais d’une part, il semble s’être donné pour mission de flinguer du politique, et d’autre part, il est tout de même étrange de nommer ce juge-là dans une affaire où la Justice devrait avoir à cœur de se montrer impartiale. «Ils n’oseront pas nommer Tournaire, ce serait un trop beau cadeau», me disait un proche du dossier il y a dix jours. Eh bien si, ils ont osé. Et au lieu de demander des comptes à ce sujet, les journalistes ânonnent le scénario concocté pour eux ailleurs.

Vous accusez la Justice de partialité?

Le mur des Cons, ça vous rappelle quelque chose? Cela dit, je ne crois pas qu’on ait affaire, dans le cas de Fillon, à des juges rouges ou à la botte du pouvoir. C’est pire: on dirait qu’ils sont en croisade et que l’idée d’intervenir dans le jeu politique ne les dérange pas du tout. En prime, ils sont du genre susceptible, presque autant que les journalistes. Il paraît que critiquer ces deux corporations, c’est attaquer la démocratie, la bonne blague. Voilà qui est bien pratique pour faire taire toute dissidence. Fillon a osé les attaquer frontalement. Ils ne le lui pardonneront pas. Certains journalistes sont aujourd’hui ivres de haine. Cela fait cinq semaines qu’ils répètent sur tous les tons qu’il ne peut pas tenir et il est encore là? Quel odieux crime de lèse-médias! Eh bien moi, pour cela, je suis prête à beaucoup lui pardonner – y compris d’avoir appuyé lui-même sur le bouton «vertu» avec, en prime, une grande inélégance à l’endroit de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas du tout s’il pourra tenir malgré la vague de défections – il y a des gens avec qui on ne partirait pas à la guerre… Mais s’il doit se retirer cela signifiera qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes.

Revenons à Macron qui apparaît sur votre une avec ce titre: «Au secours Hollande revient!» Pourtant, le patron d’En Marche! est ultralibéral, voire libertaire, en plus d’être jeune et séduisant… La comparaison tient-elle vraiment la route?

Oui, et plus que la comparaison physique pourrait le laisser penser. Ceci étant, une «une» est un raccourci, parfois une blague et celle-ci, je vous l’accorde volontiers, ne dit que la moitié du personnage. Du reste, si Macron était seulement un nouveau Hollande, il serait sans doute moins haut dans les sondages. En réalité, Macron, c’est un produit classique dans un emballage nouveau: il est à la fois un héritier fidèle du hollandisme et un OVNI politique. On connaît sa ligne économique: plus d’Europe, plus de mondialisation, et à l’intérieur plus de libéralisme et l’intégration des banlieues par l’ubérisation. Du Terranova réactualisé, en somme. Si nous avons choisi, pour la «une», cet angle d’attaque plutôt que son genre «Prophète de bonheur» (ou petit joueur de flûteau d’Amiens…), c’est pour dévoiler une entourloupe. Macron essaie de faire croire qu’il sort de nulle part alors qu’il possède l’un des carnets d’adresse les plus fournis de Paris (ce qu’il doit au demeurant à ses multiples talents) ; il prétend être porteur d’une rupture, voire de plusieurs révolutions (comme le suggère le titre de son livre) alors qu’il n’a aucunement l’intention de rompre avec les grandes orientations des quarante dernières années ; il pense qu’il n’y a pas de culture française, mais une culture en France, et aussi que notre pays est structurellement coupable: c’est l’une des opinions les plus communes dans la famille politique dont il vient. Finalement, Macron, c’est du vieux avec du neuf.

Permettez-moi d’insister, mais Macron est favorable aux réductions de la taxe d’habitation et de l’ISF.

Peut-être que François Hollande, qui est d’une autre génération et qui a quarante ans de PS derrière lui, n’irait pas jusque-là, mais dans l’ensemble, les orientations de Macron sont celles qu’il aurait pu adopter s’il n’avait pas eu le boulet PS au pied. Sur le plan politique, Macron est en quelque sorte un Hollande accompli, un Hollande libéré.

En tout cas, on ne peut plus dire, comme vous l’écrivez que «le programme, c’est lui»!

Macron a fini par publier un projet, mais ce qui compte, c’est qu’il fait don de sa jeune et accorte personne à la France. Alors on a envie de savoir de quel bois se chauffe cette personne.

Vous sous-entendez dans votre article que Macron et Hollande travaillent ensemble en sous-main.

Soyons honnêtes: on en a pas mal de signes, dont je donne des exemples, mais aucune preuve. Cela dit, cela serait au moins une preuve de cohérence idéologique de la part du président. Tout le monde pense que ce serait une transgression de sa part de ne pas donner son soutien à Benoît Hamon. Mais pourquoi choisirait-il la fidélité boutiquière (et à une boutique qui lui a pourri la vie depuis cinq ans) plutôt que la fidélité idéologique?

Causeur, comme FigaroVox, avait prédit l’éclatement de la bulle médiatique Macron, qui ne s’est toujours pas produit. Vous êtes-vous trompés?

Face à un phénomène auquel on se sent étranger et qu’on ne comprend pas, comme le succès de Macron, on peut être tenté d’adopter des explications rassurantes. Toutefois, je n’ai jamais pensé ni écrit que Macron était une bulle médiatique, je ne crois pas que les médias aient le pouvoir de créer cet engouement, même si, aujourd’hui, il est clairement leur candidat. Normal: il est un peu à la politique ce que Mathieu Pigasse est à la presse. Macron n’a pas été fabriqué par les médias, mais peut-être est-il la quintessence parfaite d’un certain esprit du temps: c’est Homo Festivus qui a fait l’ENA!

Emmanuel Macron souhaite incarner le candidat hors du système, qui dépasse les lignes politiques classiques. Vous, la chevènementiste de 2002, vous n’êtes pas séduite?

C’est un élément de nouveauté: en transcendant le clivage droite-gauche, Macron espère fédérer le bloc central de la société française qui est aujourd’hui coupé en deux politiquement, alors qu’il a des intérêts communs. Le projet de Chevènement était en quelque sorte symétrique: lui aussi voulait casser le clivage droite-gauche, mais pour redonner de la voix à cette France oubliée qu’on n’appelait pas encore périphérique, cette France des classes populaires d’avant qui n’apparaît décidément pas dans le radar high-tech d’Emmanuel Macron. Hervé Algalarrondo, qui voit encore en lui le meilleur espoir de la gauche raisonnable, redoute qu’au lieu de réconcilier toutes les France, comme il l’a promis, Macron ne se soucie que des «France du politiquement correct» – les bobos et les immigrés pour faire court. Bref, malgré ses manières de télévangéliste et ses exhortations à nous aimer les uns les autres, on peut craindre qu’il n’aggrave les fractures françaises.

Que vous inspirent ses déclarations sur la guerre d’Algérie et sur l’inexistence de la culture française?

De l’inquiétude et de la colère, car elles révèlent une idée de la France qui, pour le coup, est en rupture avec toute notre histoire et qui est, en outre, en train de nous emmener dans le mur. Permettez-moi de citer le très beau texte d’Alain Finkielkraut: «Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. De «français» à «en France», il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle.» Précisons que le multiculturalisme ne réside pas dans la coexistence de plusieurs cultures -qui est une donnée -, mais dans les modalités de cette coexistence. Macron, ce n’est pas l’identité heureuse, c’est l’identité à la carte. Et sa façon de draguer le vote immigré n’est pas très reluisante. Alors qu’il faudrait appeler tous les Français, quelle que soit leur origine, à retrouver le sens profond de la République, avec ses déclarations, tant sur l’Algérie que sur l’inexistence de la culture française, Macron adresse un message aux enfants d’immigrés: surtout ne faites aucun d’effort d’adaptation, ne changez rien, venez comme vous êtes. Alain Finkielkraut rappelle que la France n’est pas un open-space. Elle n’est pas non plus un McDonalds!

Voir aussi:

L’affaire François Fillon? Un complot pour éloigner la France du redressement économique

Deux interventions de personnalités hautement respectables viennent confirmer leur soutien à François Fillon et démontrent une machination indigne orchestrée dans l’orbite du pouvoir, avance Arnaud Pineau-Valencienne, partisan affirmé du candidat de la droite et du centre

Arnaud Pineau-Valencienne, consultant
2 mars 2017

Au cours de ce dernier quinquennat, la France n’a pas entrepris les réformes tant attendues. Quarante économistes avaient lancé un appel en faveur du candidat de la gauche, pour un résultat économique nul! Appel relayé avec bienveillance par la presse sans échange contradictoire possible. Le silence des «instances de contrôle» sur cette intervention partisane reste une énigme.

Une fois élu, le président a laissé ses ministres et collaborateurs se déchaîner contre leurs collègues allemands, qui eux avaient réformé leur pays avec courage, détermination. Monsieur Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, n’a pas cessé de demander à la France de respecter ses engagements et de faire les réformes attendues. Il ne fait qu’exprimer le bon sens, ignoré des dogmatiques de gauche. Monsieur Schäuble n’est pas antifrançais, il a rendu un vibrant hommage à Jacques Rueff en préfaçant le livre de l’ancien rédacteur en chef de la Voix-du-Nord, Gérard Minart, «Jacques Rueff, un libéral français».

Un programme cohérent

Seul François Fillon parmi les candidats à l’élection présidentielle a compris le rôle que doit jouer un gouvernement pour créer un environnement propice à la croissance par une économie libérée, comme souhaité par nos partenaires européens. Il a annoncé un programme cohérent pour créer le cadre incitatif tant attendu et pour redresser impérativement notre économie. Les résultats de la primaire de la Droite et du Centre le plébiscitent, alors pour tous ses adversaires il est subitement devenu: l’homme à abattre!

Depuis quatre décennies notre peuple a choisi de privilégier l’assistanat à l’effort, pensant que l’Etat n’avait qu’à redistribuer des richesses, fussent-elles éphémères ou fragiles. La France avait besoin de l’effort de tous pour plus de créativité. Les Français n’ont pas vu le danger d’affaiblir la compétitivité industrielle, déjà frappée et mise à mal par les deux chocs pétroliers. La gauche et les radicaux-socialistes préfèrent exploiter tout simplement les mouvements d’opinion. Les partis veulent conquérir le pouvoir à tout prix mais n’analysent jamais leurs erreurs. Emmanuel Macron partage la responsabilité de l’échec de l’exécutif sortant, il tente un rassemblement du peuple par l’exaltation affective tous azimuts, au milieu de nombreuses incohérences, il trouve le moyen d’insulter notre histoire.

Les principes de Jacques Rueff et Milton Friedman

En économie, il faut comprendre que pour redistribuer quelque chose, seule la richesse créée le permet! Les politiciens aux idées de gauche méprisent les principes élémentaires de l’économie de Milton Friedman ou de Jacques Rueff.

Le pragmatisme du général de Gaulle l’opposait à tout ce qui a été entrepris depuis 1981: «Les gens de gauche ont rarement de grands projets. Ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940… Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux. Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vus dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes… parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux.»

Le président sortant n’accepte pas l’idée que les Français se réveillent, sa gestion du pays est désavouée. Les performances économiques du pays placent la France en queue du classement européen. La Cour des Comptes n’est pas avare de critiques envers l’exécutif, le mot de Lamartine est à propos: «(…) Soit que déshérité de son antique gloire / De ses destins perdus il garde la mémoire (…)»

L’assassinat politique démasqué révèle l’exécutif à la manœuvre

Deux interventions de personnalités hautement respectables, aux compétences morales et juridiques incontestables, viennent confirmer leur soutien à François Fillon et démontrent une machination indigne orchestrée dans l’orbite du pouvoir. Elles décortiquent le processus mis en œuvre à la lumière des principes de droit et des dispositions constitutionnelles. Une pression sournoise est exercée sur le peuple pour orienter son jugement, capter son vote, cela par instruction judiciaire interposée…

– Aline Lizotte philosophe, théologienne et enseignante nous interpelle: «Une seule issue, la colère du peuple».

– Treize juristes de haut vol, professeurs de droit, avocats, se réunissent pour dénoncer ensemble «un coup d’Etat institutionnel» de l’exécutif contre François Fillon.

Ce n’est pas la première fois que des hommes politiques font usage de ces méthodes pour atteindre la sensibilité morale de l’électeur et orienter ou désorienter son vote au profit de leur candidat.

La Ve République doit être ce que la république a toujours été, selon son fondateur: «La souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice.» En plébiscitant François Fillon lors de la primaire, les Français ont exprimé la force de leur raison, rien ne doit les distraire de la victoire.


La liste des juristes cités par Atlantico est composée de: André Decocq, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Geoffroy de Vries Avocat au barreau de Paris, Yves Mayaud, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Serge Guinchard, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, ancien recteur, Pauline Corlay, Professeur agrégé des facultés de droit, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, Guillaume Drago, Professeur à l’Université Panthéon-Assas Paris II, Guillaume Masse, Avocat au barreau de Paris, Jean-Luc Elhoueiss, Avocat au barreau de Paris, Maître de conférences, Georges Bonet, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Raymonde Vatinet, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit public à l’université Rennes-I, Bernard de Froment, Avocat au barreau de Paris.

Voir par ailleurs:

Présidentielle 2017
L’édito
Non, Monsieur Fillon, vous n’êtes pas une victime !
Le candidat LR se fait passer pour la victime d’une machination et se fait le héros du peuple contre le microcosme, alors qu’il en est l’incarnation. Ce faisant, il abîme la démocratie.
Challenges
03.03.2017

Des autorités judiciaires accusées de bafouer l’Etat de droit et de voler l’élection aux Français. Des journalistes hués. Mais jusqu’où est prêt à aller François Fillon pour se sauver ? Il en appelle au peuple contre le système. Les élus ? Rien à faire, le peuple est là. Le parti ? Idem… Lui, le pourfendeur de la France d’en haut ? Ne pas être énarque n’est pas un brevet d’anti-système… Quelle posture indigne pour un homme qui fait de la politique depuis 36 ans, qui a été conseiller général, maire, président de conseil général, président de région, député, sénateur, ministre… Qui est élu de l’arrondissement le plus huppé de France, le 7ème   arrondissement de Paris, après avoir abandonné sa circonscription historique dans la Sarthe  considérant qu’elle était  perdue, exfiltrant au Parlement européen son suppléant, qui avait eu la générosité d’embaucher Penelope Fillon…  Qui pratique un des sports les plus coûteux : la course automobile. Qui a, durant des années, passé des vacances dans les palais de Moubarak, chez Luca di Montezemolo, le richissime PDG de Ferrari ou dans le chalet de Courchevel de son ami et protecteur, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Qui ne jure que par Arnys (6.000 euros le costume). Qui a comme proches conseillers et amis d’éminents inspecteurs des Finances reconvertis dans la finance, qu’il s’agisse de l’ex-président d’Axa, Henri de Castries ou d’Antoine Gosset-Grainville, fondateur d’un des cabinets d’affaires les plus influents de Paris. Qui a reçu des émoluments de dizaine de milliers d’euros pour ses conseils avisés. Rien de cela n’est ni interdit, ni honteux, mais alors que  François Fillon arrête de fustiger le système et de jouer au héros de la France profonde martyrisée par le microcosme.

Tout cela n’est que fumée

Il est insupportable d’entendre dans les rangs de ses militants, des exaltés qui véhiculent les pires rumeurs colportées jusqu’alors par le FN. Ces jusqu’au-boutistes nous accusent nous les médias (qualifiés de « merdias ») de ne pas dénoncer les 3 millions volés par Emmanuel Macron ! Volés ? Il a gagné cela en brut dans une banque, c’est beaucoup, mais légal. Légal. Ce mot veut encore dire quelque chose. Et si François Fillon voulait gagner de l’argent, rien ne l’empêchait d’aller dans le privé ! Et quand on dit cela, quand on dit qu’Emmanuel Macron n’a pas volé d’argent, on se fait insulter par mail, ou dans les réseaux sociaux, on se fait traiter de salope vendue à Macron ! François Fillon cautionne-t-il ces comportements de caniveaux ? Comme ce dirigeant d’un micro-parti d’extrême droite qui appelle à manifester au Trocadéro contre  » l’oligarchie cosmopolite  » ! Même dans l’entourage de François Fillon on reconnait  » oui, il y a des relents malsains « .

Non, François Fillon n’est pas la victime d’un acharnement judiciaire. Il n’est pas rare que les puissants, quand ils sont confrontés pour la première fois à la Justice, découvrent qu’il n’y a pas d’échappatoire, que celle-ci suit son cours, quoiqu’il arrive et leur première réaction est de dénoncer une machination politico-judiciaire. La justice serait trop rapide ? Mais c’est ce que voulait François Fillon, il l’avait même réclamé et de toute façon, le Parquet national financier (PNF), créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac, a fait de la célérité l’une de ses marques de fabrique, la justice financière étant régulièrement épinglée pour son manque de réactivité et ses délais d’enquête. Le candidat LR se plaint que la Chambre d’instruction de la cour d’appel n’ait pas accepté de statuer immédiatement sur les « irrégularités de la procédure ». Un reproche quelque peu étonnant. Durant l’enquête préliminaire, les avocats ne pouvaient pas déposer de recours. C’est la loi commune, celle du code de procédure pénale, qui s’applique à tous. C’est notamment pour cette raison que François Fillon réclamait l’ouverture d’une information judiciaire. Dès lors, ses avocats  ont le droit de contester tous les actes de l’instruction devant la Cour d’appel de Paris. Tout le reste n’est que fumée.

Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection

Alors, les conséquences juridiques des infractions qui lui sont reprochées sont disproportionnées ? Alors, voir échapper une élection présidentielle qui devait couronner sa carrière, perdue pour avoir simplement tordu les règles de rémunération des assistants parlementaires, c’est trop cher payé ? On a vu, dans d’autres démocraties des carrières défaites pour beaucoup moins, une carte bancaire utilisée à mauvais escient, une photo sur un yacht avec des mannequins… Et les faits reprochés à François Fillon ne sont pas anodins, comme il le laisse entendre. Embaucher des membres de sa famille serait chose courante, dit-il. Un tiers des députés auraient recours à cette pratique. D’abord ce n’est pas un tiers, mais 20%. Et pour la plupart, il s’agit d’un travail effectif, ce n’est pas la même chose. Or le moins qu’on puisse dire c’est que le candidat LR n’a pas réussi à convaincre que son épouse effectuait un travail réel, auprès de lui, ou de son suppléant Marc Joulaud, ou au sein de la Revue des deux mondes… Et ne parlons pas du niveau des salaires accordés à ses enfants ou à son épouse, hors de proportion. D’ailleurs dans son entourage, on reconnait que c’est indéfendable. Oui, la sanction est lourde. Mais il s’agit de la campagne présidentielle, du débat démocratique, de la France, de l’Europe… Et François Fillon  n’a cessé de prôner la probité.

Un dernier carré de fidèles à François Fillon est persuadé de pouvoir emporter la présidentielle en hystérisant une partie de l’électorat, en se  » trumpisant « . Même si 10.000 personnes, 30.000 personnes radicalisées et ameutées par la Manif pour tous se rendent au Trocadero, cela ne fera pas l’élection. Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection. Et ceux qui soutiennent mordicus François Fillon, quitte à admettre un discours populiste dangereux, vont devoir réfléchir au sondage que publie Odoxa. François Fillon est donné largement battu. Il serait disqualifié au premier tour. En revanche, si François Fillon décidait finalement de renoncer, les Français comme les sympathisants de droite souhaiteraient que ce soit Alain Juppé qui le remplace (52% contre 19% pour François Baroin). Et le maire de Bordeaux arriverait en tête au premier tour ! Avec 26,5% d’intentions de vote, soit 7,5 points de plus que François Fillon. Il devancerait Macron d’1,5 point (25%) et Le Pen de 2,5 points (24%).

Alors qui vole l’élection à qui ? Et au-delà, qui détruit le débat démocratique, l’image de la France?

Voir en contrepoint:

Choix personnel
EDLF
5 février 2017

Deux commentaires sur un article précédent me demandent pourquoi je me suis rallié à Emmanuel Macron. Ils s’interrogent aussi sur son programme et son équipe.
J’avais commencé à répondre à leur commentaire, mais la réponse prenant de la longueur je pense plus simple d‘en faire un article.

J’ai été assez long à me rallier à Emmanuel Macron, dont je ne voyais pas ce qui dans son passé pouvait justifier son ambition. J’étais pourtant progressivement obligé de constater qu’il était le seul à occuper une place de centre gauche, sociale libérale pour simplifier, qui correspond de fait à mon positionnement politique. A la suite de Pascal Lamy, je trouve que F Hollande n’a pas fait une si mauvaise politique, mais qu’il l’a fait trop tard et pas assez fort. C’était apparemment aussi le positionnement de l’ancien ministre des finances.

Ce qui m’a fait sauter le pas, c’est qu’il déclarait avoir fait un diagnostic avec son mouvement En Marche, avant de se lancer dans la construction de propositions.
Or je suis convaincu, et je l’ai écrit sur la page d’accueil de ce site, que c’est le diagnostic qui est essentiel, et que c’est d’abord sur cela que se distinguent les partis et les candidats. L’article publié récemment par Protéos sur le programme de Benoit Hamon l’illustre encore une fois: c’est le diagnostic du candidat que Protéos remet en cause (à mon avis avec raison). Après, on peut toujours discuter les mesures, mais de toutes manières il faudra s’adapter à la réalité et les événements peuvent modifier les mesures, pas les orientations.
Donc une bonne démarche, et ce que j’en voyais m’allait bien.

J’ai lu ensuite son livre et je m’y suis retrouvé à plus de 90 %. Et le meeting de Lyon que j’ai regardé hier m’a confirmé dans mon point de vue. Je cite quelques-uns des points que je trouve essentiels comme E Macron :
• La révolution numérique en cours est en train de transformer en profondeur notre économie, avec le risque que les GAFA ne confisquent le plus important de la valeur ajoutée et que les pays européens (qui sont très en retard sur le sujet) ne soient plus que des exécutants
• Cette révolution va puissamment accélérer un phénomène annoncé depuis plusieurs décennies : la transformation régulière des emplois qui va obliger des millions de travailleurs à se recycler voire à se reconvertir. Revoir en profondeur la formation professionnelle continue est incontournable
• Les jeunes qui sortent du système sans qualification ont une « chance » sur deux d’être au chômage plutôt qu’en emploi. Il en sort 100 000 par an. Renforcer fortement l’encadrement du CP et du CE dans les ZEP fait partie de la réponse à donner.
• On ne peut pas relancer l’Europe sans relancer le couple Franco-Allemand, et on ne le fera pas en continuant à renvoyer à plus tard le respect des critères de Maastricht. Si on veut malgré tout investir plus, il faut réduire les dépenses de fonctionnement
• Il faut revoir le fonctionnement du système politique : la défiance envers notre classe politique est en train de menacer gravement la démocratie. E Macron estime que l’affaire Pénélope prouve que le candidat de la droite vit encore avec le logiciel du 20ème siècle. Il est très loin d’être le seul au sein de la classe politique française, quels que soient les partis !
• Il est nécessaire de libérer l’économie des contraintes qui laissent des secteurs entiers dormir sans progresser car la concurrence n’existe pas, comme il faut absolument aider tous ceux qui veulent créer de l’activité (voir ce que je dis sur Colbert et Lénine)

S’il y avait d’autres candidats qui avaient un diagnostic semblable, je pourrais encore me poser des questions. Ce n’est malheureusement pas le cas, et ce qu’on voit ce sont plutôt des programmes qui semblent montrer surtout une incompréhension totale de ce qui se passe.

Le mouvement En Marche a lancé un processus participatif de réflexion pour alimenter le programme. C’est utile, parce qu’il peut en sortir des idées intéressantes et que cela montre aussi ce que les citoyens préfèrent. Mais honnêtement, c’est surtout les experts dont j’attends qu’ils fassent leur travail (le programme est annoncé pour début mars). Tout en étant conscient de l’importance de la manière dont on « vend » un programme.

L’un des risques majeurs du participatif, c’est l’addition de propositions coûteuses. A Lyon, E Macron a été clair : il veut respecter nos engagements européens, et pas de temps en temps, toujours. Donc un déficit de moins de 3% Il a été également dit que des économistes comme Elie Cohen ou Hervé Lorenzi ont rejoint Macron, en plus de Jean Pisani Ferry. Cela me rassure beaucoup.

J’ai aussi été rassuré au niveau des valeurs par ceux que je rencontre dans le mouvement En Marche, lesquels sont de vrais démocrates. Et j’ai apprécié le soutien apporté par Macron à Merkel lors de son voyage à Berlin, à propos de sa politique migratoire.
Enfin, l’Europe, à laquelle je suis très profondément attaché : lors du meeting de Lyon, comme aux précédents, il y avait de nombreux drapeaux européens, en plus des drapeaux français. Et on a entendu plusieurs fois la foule scander « Europe, Europe », au cours du discours du candidat. Sur le sujet, il est bien seul parmi les candidats : il n’y a que des eurosceptiques (sauf peut être le candidat écologique ?) !

Quelle équipe ? Il a promis d’avoir la moitié de nouveaux parmi les candidats. Sur le terrain, je rencontre des hommes et des femmes de valeur. Je pense qu’on devrait trouver. Et quand je vois certains ministres de ce quinquennat et du précédent, je pense qu’il ne sera pas si difficile de faire mieux, surtout sans la contrainte des logiques de courants !
A l’heure où j’écris, le site du mouvement En Marche affiche 182 505 adhérents. 17 500 de plus que la semaine précédente à la même heure, 29 000 de plus que deux semaines avant ! Je ne crois pas vraiment que trouver des équipes sera un problème.

Voir de même:

jeudi 2 mars 2017

Un moment clé de la vie politique

La campagne présidentielle de 2017, bien qu’elle ne soit pas encore terminée, est un moment clé de l’histoire politique de la Cinquième République. Le nombre de personnalités de premier plan qui se sont fait dégager est absolument impressionnant : Hollande, Valls, Sarkozy, Juppé, Bayrou, Duflot, Montebourg, Copé. S’ils n’ont pas été purement et simplement battus à une primaire, c’est qu’ils ont renoncé, avec plus ou moins d’élégance, à se présenter. François Fillon est en train de subir le même sort, et s’il se débat encore, en utilisant toutes les ficelles du populisme, le lacet se resserre implacablement. De plus en plus, c’est un deuxième tour Macron-Le Pen qui se dessine, une perspective encore impensable il y a 6 mois.

Cette situation ne me surprend pas, voire même me rassure. La colère et le désarroi de la population française face à ses dirigeants politiques sont palpables depuis de longs mois. Tous ceux qui sont en contact, un tant soit peu, avec le « terrain » sentent cette immense aspiration au changement. Il est vrai que le degré de déliquescence des élites françaises a atteint un niveau jamais atteint. Il est donc rassurant qu’au moment du grand rendez-vous électoral qu’est la présidentielle, cela se traduise très concrètement par une série de baffes distribuées à tous les sortants. Cela permet d’éviter que l’aspiration des électeurs à un changement profond ne se traduise autrement que dans le cadre du processus électoral. En terme de renouvellement des têtes, Macron devrait pouvoir faire l’affaire. Certes, il vient du cœur du système avec un bon profil « blanc-propre sur lui », mais on dit souvent que les vraies révolutions, celles qui arrivent à atterrir sans trop de dommages, viennent de l’intérieur même du système. Il faut quand même s’en assurer, car Marine Le Pen à la présidence, c’est la sortie de route assurée.

Reste par contre à traiter un autre aspect, celui du renouvellement des pratiques, car l’attente ne se limite pas à de nouvelles têtes. C’est le fonctionnement même du système politique qui doit changer, sinon, tout cela ne servira à rien, et ouvrira toutes grandes les portes du pouvoir à Marine Le Pen en 2022.

Sur ce plan, je suis plus inquiet. En cas de victoire de Macron à la présidentielle, sa majorité législative ne pourra être composée que de ces deux mouvements, avec éventuellement quelques supplétifs au centre, mais cela restera marginal. Même battue, la droite conservatrice restera ce qu’elle est, un parti qui considère être le seul légitime à gouverner, et qui donc refuse toute collaboration avec le camp d’en face. Une grande coalition à l’allemande n’est tout simplement pas envisageable en France. Je vois mal Wauquiez, Bertrand ou Baroin entrer au gouvernement aux cotés des centristes et des socialistes. Je crains qu’il ne soit difficile au futur président d’avoir une majorité parlementaire solide, et donc une capacité à faire voter les lois nécessaires à la mise en œuvre des réformes promises. Si c’est une coalition de droite qui se dégage, et que l’on entre en cohabitation, ce sera un échec majeur.

Je suis également un peu inquiet quand je lis les programmes des partis qui pourraient composer la coalition gouvernementale. On y trouve plein de belles idées très généreuses, mais pas toujours très applicables, ainsi que des trucs assez farfelus. Pour le point qui m’intéresse plus particulièrement, l’exercice du pouvoir et l’organisation des institutions, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Aucun candidat ne revient, quoi qu’ils en disent, sur l’équilibre actuel, avec une omniprésidence, où le Parlement est écrasé. Rien sur l’équilibre entre président et premier ministre, sur l’indépendance de la justice et la montée en puissance d’un véritable pouvoir judiciaire. Le programme de Macron serait même une régression pour le Parlement, qui serait voué à devenir un mélange entre le CESE et la Cour des Comptes, qui ne doit surtout pas passer trop de temps à légiférer. Peu de choses réalistes sur les moyens de limiter l’emprise de la haute fonction publique sur les circuits de décision, qui est pourtant un problème. Enfin, rien, absolument rien, sur le déverrouillage de la vie politique, cadenassée par les lois sur le financement de la vie politique.

Cela ne veut pas dire que rien ne sera fait. On a souvent vu des candidats ne pas tenir leurs promesses, et faire des choses qu’ils n’avaient pas promises. Cela pose un problème politique et démocratique, car c’est au moment de l’élection qu’il faut annoncer la couleur, et à défaut de formuler des propositions précises, il faut au moins donner la philosophie et les grands axes de la politique qui sera menée. Il reste encore 50 jours de campagne pour arriver à cela. J’espère que la période qui s’ouvre va permettre aux différents partis qui pourraient être amenés à gouvernement, d’être plus précis sur ces sujets.

Cette élection présidentielle est donc cruciale, car le changement ne peut se faire que par le haut, la « société civile » française ayant malheureusement montré qu’elle n’est pas suffisamment forte pour imposer des réformes par le bas. Nous n’attendrons pas 5 ans de plus dans l’immobilisme et le conservatisme, c’est dès l’été 2017 que le signal du changement réel doit être donné. Le pays est prêt à suivre, il faut juste que le personnel politique soit à la hauteur, sur le fond comme sur la forme.

Voir aussi:

On passe à coté des vrais enjeux de l’affaire Fillon

Depuis la révélation de l’affaire « Pénélope Fillon » les regards sont tournés brutalement vers la situation des collaborateurs parlementaires ayant un lien familial avec le parlementaire qui les emploient. On ne découvre rien, cette pratique est connue et a été chiffrée. Le seul apport des enquêtes lancées par des journalistes, comme par exemple les décodeurs du Monde, est d’affiner un peu les chiffres. Et encore, on reste dans l’ordre de grandeur qui a été précédemment défini. Pour le reste, l’analyse est absente, et c’est un peu ça le drame. Mis à part Mathilde Mathieu de Médiapart, qui bosse le sujet depuis des années, et qui cherche à faire parler les données, le reste de la troupe se contente de publier des statistiques. Ce n’est malheureusement pas cela qu’on attend des journalistes, et dans le cas qui nous intéresse, se contenter de ça est même très mauvais, les journalistes passant complètement à coté des vrais enjeux.

La question des collaborateurs parlementaires « familiaux » n’est pas nouvelle, loin de là même, et périodiquement, elle resurgit. Les journalistes des médias « mainstream » ne s’y intéressent malheureusement que lorsqu’un scandale éclate. C’est le premier problème, car ils sont alors en réaction par rapport à une demande de leur lectorat. Le biais par lequel l’information est traitée est imposé par le lecteur. Dans le cas de l’affaire « Pénélope Fillon », c’est même flagrant. Le public est scandalisé, à juste titre, par le fait qu’on ait pu payer de telles sommes à une personne, sans contrepartie effective. Quand en plus, le « coupable » est un homme politique qui aspire aux plus hautes fonctions, et qui s’est présenté comme un parangon de vertu et d’honnêteté, cela donne un retentissement particulier à l’affaire. De manière quasi automatique, la demande du rédacteur en chef à ses journalistes va être de creuser ce sillon, de « documenter » le cas et d’aller chercher si d’autres ne font pas pareil. On va donc aller chercher des données (par ailleurs disponibles depuis 2014) de manière plus ou moins efficace et respectueuse des personnes concernées. Que les parlementaires et leurs collaborateurs aient eu le sentiment d’une chasse, dont ils sont le gibier, n’est pas infondé. Les journalistes auront beau se récrier que c’est faux (et le pire, c’est qu’ils sont souvent de bonne foi), le fait est qu’en se contentant d’apporter de l’eau au moulin du public, sans toucher aux questionnements et aux biais selon lesquels le débat a été posé, ils n’ont pas fait leur job.

De cette affaire, va juste ressortir un peu plus de ressentiment de la population envers les élus. Comme si on avait besoin de cela ! Par contre, les vrais enjeux n’auront pas été abordés, les bonnes questions n’auront pas été posées, et donc des solutions n’auront pas été proposées. Cette affaire « Pénélope Fillon » permet pourtant de poser la question qui fâche : « qu’est ce qu’on doit attendre du travail d’un assistant parlementaire ? » et derrière cette question, une deuxième encore plus importante « Quel doit être le travail d’un parlementaire ? ». Autant de questions qui amènent à l’enjeu de la « redevabilité », l’accountability des anglo-saxons. Un élu doit rendre des comptes à ses électeurs, sur un bilan concret, bien entendu, mais également sur la manière dont il exerce son mandat. C’est sur ce deuxième aspect que le bât blesse très sérieusement, car les parlementaires refusent, avec une obstination phénoménale, que la question soit même posée. Ils partent du principe qu’ils sont totalement libres de s’organiser comme ils le veulent, que cette question est hors du champ démocratique, avec un discours bien rôdé autour de la liberté de l’élu, du refus du mandat impératif. On est dans un véritable trou noir démocratique, où la demande citoyenne est de plus en plus forte, et se heurte à un refus catégorique.

Pour moi, le parlementaire doit des comptes sur la manière dont il exerce son mandat, notamment sur l’efficience de l’utilisation des fonds publics qui sont mis à sa disposition pour l’exercice de son mandat. Une grande partie de cet argent sert à payer les collaborateurs. Les citoyens sont donc fondés à demander aux élus des comptes sur la manière dont travaillent leurs collaborateurs. C’est là qu’on se rend compte que Pénélope Fillon est l’arbre qui cache la forêt, car comme le montre un chercheur, les parlementaires qui emploient un membre de leur famille sont ceux qui ont les plus mauvaises statistiques d’activité sur nosdéputés.fr. Cela est corroboré par des constatations de terrain que peuvent faire tous les assistants en poste : beaucoup d’épouses de députés, si elles sont présentes et travaillent, ne « foutent pas lourd » et sont clairement très bien payées au regard de la masse de travail fourni. Le vrai coupable est le député, qui peut se permettre d’employer une équipe peu ou pas efficace, car lui-même ne bosse pas beaucoup…

Quand on tire le fil, on arrive à s’interroger sur ce que doit être le travail d’un député (et donc les tâches de ses collaborateurs), et sur la manière de l’évaluer. Se focaliser sur le fait qu’un député salarie sa femme, c’est passer à coté de l’enjeu essentiel, qui est celui du travail que doit faire un député et des comptes qu’il doit rendre à ses électeurs sur la manière dont il remplit le contrat passé au moment de l’élection. On est malheureusement devant une page blanche, où tout ou presque est à écrire et à inventer.

Voir par ailleurs:

France’s next revolution
The vote that could wreck the European Union
Why the French presidential election will have consequences far beyond its borders
The Economist
Mar 4th 2017

IT HAS been many years since France last had a revolution, or even a serious attempt at reform. Stagnation, both political and economic, has been the hallmark of a country where little has changed for decades, even as power has rotated between the established parties of left and right.

Until now. This year’s presidential election, the most exciting in living memory, promises an upheaval. The Socialist and Republican parties, which have held power since the founding of the Fifth Republic in 1958, could be eliminated in the first round of a presidential ballot on April 23rd. French voters may face a choice between two insurgent candidates: Marine Le Pen, the charismatic leader of the National Front, and Emmanuel Macron, the upstart leader of a liberal movement, En Marche! (On the Move!), which he founded only last year.

The implications of these insurgencies are hard to exaggerate. They are the clearest example yet of a global trend: that the old divide between left and right is growing less important than a new one between open and closed. The resulting realignment will have reverberations far beyond France’s borders. It could revitalise the European Union, or wreck it.

Les misérables

The revolution’s proximate cause is voters’ fury at the uselessness and self-dealing of their ruling class. The Socialist president, François Hollande, is so unpopular that he is not running for re-election. The established opposition, the centre-right Republican party, saw its chances sink on March 1st when its standard-bearer, François Fillon, revealed that he was being formally investigated for paying his wife and children nearly €1m ($1.05m) of public money for allegedly fake jobs. Mr Fillon did not withdraw from the race, despite having promised to do so. But his chances of winning are dramatically weakened.

Further fuelling voters’ anger is their anguish at the state of France (see article). One poll last year found that French people are the most pessimistic on Earth, with 81% grumbling that the world is getting worse and only 3% saying that it is getting better. Much of that gloom is economic. France’s economy has long been sluggish; its vast state, which absorbs 57% of GDP, has sapped the country’s vitality. A quarter of French youths are unemployed. Of those who have jobs, few can find permanent ones of the sort their parents enjoyed. In the face of high taxes and heavy regulation those with entrepreneurial vim have long headed abroad, often to London. But the malaise goes well beyond stagnant living standards. Repeated terrorist attacks have jangled nerves, forced citizens to live under a state of emergency and exposed deep cultural rifts in the country with Europe’s largest Muslim community.

Many of these problems have built up over decades, but neither the left nor the right has been able to get to grips with them. France’s last serious attempt at ambitious economic reform, an overhaul of pensions and social security, was in the mid-1990s under President Jacques Chirac. It collapsed in the face of massive strikes. Since then, few have even tried. Nicolas Sarkozy talked a big game, but his reform agenda was felled by the financial crisis of 2007-08. Mr Hollande had a disastrous start, introducing a 75% top tax rate. He was then too unpopular to get much done. After decades of stasis, it is hardly surprising that French voters want to throw the bums out.

Both Mr Macron and Ms Le Pen tap into that frustration. But they offer radically different diagnoses of what ails France and radically different remedies. Ms Le Pen blames outside forces and promises to protect voters with a combination of more barriers and greater social welfare. She has effectively distanced herself from her party’s anti-Semitic past (even evicting her father from the party he founded), but she appeals to those who want to shut out the rest of the world. She decries globalisation as a threat to French jobs and Islamists as fomenters of terror who make it perilous to wear a short skirt in public. The EU is “an anti-democratic monster”. She vows to close radical mosques, stanch the flow of immigrants to a trickle, obstruct foreign trade, swap the euro for a resurrected French franc and call a referendum on leaving the EU.

Mr Macron’s instincts are the opposite. He thinks that more openness would make France stronger. He is staunchly pro-trade, pro-competition, pro-immigration and pro-EU. He embraces cultural change and technological disruption. He thinks the way to get more French people working is to reduce cumbersome labour protections, not add to them. Though he has long been short on precise policies (he was due to publish a manifesto as The Economist went to press), Mr Macron is pitching himself as the pro-globalisation revolutionary.

Look carefully, and neither insurgent is a convincing outsider. Ms Le Pen has spent her life in politics; her success has been to make a hitherto extremist party socially acceptable. Mr Macron was Mr Hollande’s economy minister. His liberalising programme will probably be less bold than that of the beleaguered Mr Fillon, who has promised to trim the state payroll by 500,000 workers and slash the labour code. Both revolutionaries would have difficulty enacting their agendas. Even if she were to prevail, Ms Le Pen’s party would not win a majority in the national assembly. Mr Macron barely has a party.

La France ouverte ou la France forteresse?

Nonetheless, they represent a repudiation of the status quo. A victory for Mr Macron would be evidence that liberalism still appeals to Europeans. A victory for Ms Le Pen would make France poorer, more insular and nastier. If she pulls France out of the euro, it would trigger a financial crisis and doom a union that, for all its flaws, has promoted peace and prosperity in Europe for six decades. Vladimir Putin would love that. It is perhaps no coincidence that Ms Le Pen’s party has received a hefty loan from a Russian bank and Mr Macron’s organisation has suffered more than 4,000 hacking attacks.

With just over two months to go, it seems Ms Le Pen is unlikely to clinch the presidency. Polls show her winning the first round but losing the run-off. But in this extraordinary election, anything could happen. France has shaken the world before. It could do so again.

Voir encore:

Fractured France
An unprecedented election, with unprecedented risks
A new social faultline in France has reshaped the country’s politics and sidelined its main parties
The Economist
Mar 4th 2017

Cogolin and Paris: With its shuttered façades, narrow streets and shaded main square, this small southern town has a certain Provençal charm. It boasts a twice-weekly market, two well-equipped sports halls, a public library and a narrow strip of beach. Yet an intangible air of disappointment hangs over Cogolin. Its poverty rate is well above the national average. Unemployment, at 18%, is nearly twice that of France as a whole. Many of those with jobs belong to the army of workers who repaint, clean, mow and cook at the villas and yachts of nearby Saint-Tropez. In 2014 the town elected a mayor from the xenophobic National Front (FN) with 53% of the vote.

Nearly three years into his term, Marc Etienne Lansade embodies the new-look FN. There are no shaven heads to be found at the town hall. With his monogrammed shirts and leather loafers, this former property developer from a chic suburb of Paris talks at length of his plans to develop Cogolin’s marina. He has taken on debt, partly to pay for extra local policemen. He is unapologetic about favouring expressions of Roman Catholic identity, such as a Christmas nativity scene in the town hall, dismissing critics of such gestures as “leftist Islamophiles”. He may come across as a hard-right deal-maker, but not as a thug.

Local opponents accuse him of financing his development plans in “opaque” ways and an “ideological” hostility to cultural diversity, such as North African songs or dances in schools. The voters, though, seem undeterred. The year after they elected Mr Lansade, 54% of voters in Cogolin backed the FN candidate, Marion Maréchal-Le Pen, niece of Marine Le Pen, the FN’s leader, at regional elections. And a great many will vote for Ms Le Pen herself in the first round of the forthcoming presidential election on April 23rd.

No precedents for the president

At a Cogolin bakery where Algerian pastries are nestled next to the baguettes, a middle-aged woman, asked about her country’s politicians, says she has “a real desire to kick them all up the backside”. Over the past few months almost all the most prominent of them, save Ms Le Pen, have thus been kicked. In the centre-right primary, held in November, voters rejected an ex-president, Nicolas Sarkozy, and an ex-prime minister, Alain Juppé. In January’s Socialist primary they turfed out another ex-prime minister, Manuel Valls. They would have rejected François Hollande, too, had he not already bowed out of the race—an unprecedented move for a sitting French president.

This bonfire of the elites has left France with a slate of candidates all but one of whom were not considered serious contenders for any party’s nomination six months ago. One of them, Emmanuel Macron, a former Socialist economy minister, is a candidate without the backing of an established party but with a real chance of victory, another unprecedented development. Benoît Hamon, the Socialist Party’s candidate, is a former backbench rebel against his own party. The centre-right nominee, François Fillon, will be put under formal investigation on March 15th accused of abusing his office to pay unearned salaries to his family; nevertheless, he says he will fight on.

And then there is Ms Le Pen. The populist leader, who has run the FN since 2011, leads The Economist’s poll of polls (see chart 1). There is a good chance that she will come top in the first round of the election—again, something for which there is no precedent. (When her father, Jean-Marie Le Pen, the FN’s founder and former leader, got into the second round in 2002 it was as the first-round runner-up, with just 17% of the vote). For the other candidates the election has become a race to stand against her in the second round on May 7th, and the campaign a test of the ability of mainstream politicians to shape a response to renascent nationalism.

Ms Le Pen will find it difficult to win in the second round; as yet, no poll has shown her doing so. One recently found her losing to Mr Macron by 42% to 58%; against Mr Fillon she does a bit better. But the margins leave little room for complacency. She is a strong campaigner, with a well organised party. Mr Macron, for all that he is fighting an insurgent campaign, can be painted as a very establishment character—of the sort who came off much worse in the votes for Brexit and Donald Trump than elite opinion expected. Many voters remain undecided, and more may still be biddable. Over two-fifths of those who have made a choice admit that they may yet change it.

Nicolas Baverez, a lawyer and commentator, compares France’s mood to that of 1930, when fascism was on the rise, or even 1789, the eve of the French revolution. In the parquet-floored salons of Paris, conversation readily turns to such sombre parts of history. “The historian in me is very pessimistic,” says Dominique Moïsi, of the Institut Montaigne, a think-tank, “because I know that these things can happen.”

The election of Ms Le Pen would not only bring to power a leader who has compared Muslims praying in the street to the Nazi occupation of France. It would prompt a crisis of government: the FN is highly unlikely to win a majority in June’s legislative elections, even if she is president. And it would threaten the future of Europe. Ms Le Pen has promised to abandon the euro in favour of a new franc and to hold a referendum on leaving the EU within her first six months (though she would need parliamentary approval to do so). The EU can survive the loss of Britain; the loss of France would bring the project that has underpinned the European order for the past 60 years to a close.

The new geography puts all in doubt

In some ways, the emergence of Ms Le Pen matches a pattern of insurgent populism across Western liberal democracies. A fear of job losses due to automation and deindustrialisation; a backlash against immigration; a distrust of self-serving political elites; the echo-chamber effect of information spread on social media: common factors helping populist political movements elsewhere have touched France, too.

Ms Le Pen’s support, like support for Mr Trump and Brexit, is well correlated with education. Only 8% of French citizens with a degree voted FN in 2014; 41% of those without a high-school diploma did. As with Mr Trump, men are better disposed to the FN than women. Ms Le Pen, like Mr Trump, is particularly popular in old industrial towns from which jobs and confidence have drained away, taking with them faith in parties of the left (see chart 2).

Perhaps the most distinctive aspect of the FN vote, though, is the faultline it reveals between the country’s cosmopolitan cities, at ease with globalisation, and those in-between places where farmland gives way to retail sprawl and a sense of neglect. Between 2006 and 2011, the number of jobs in 13 big French cities—Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Rouen, Montpellier and Toulon—increased on average by 5%. In France as a whole, jobs were lost. These dynamic cities, with their elegant pedestrian centres, tech hubs and gourmet food, vote for the left (Lyon, Nantes, Rennes), the greens (Grenoble) or the centre-right (Bordeaux). They are not immune to France’s feeling of being fed up; in April and May, many of them may opt for Mr Macron. But none registers a strong vote for the FN.

Around them, though, is what Christophe Guilluy, a geographer, calls “peripheral France”. This is the world of lost employers like the Lejaby lingerie factory in Bellegarde-sur-Valserine, in the foothills of the Alps, or the Moulinex factory in Alençon, in southern Normandy. It is a world where Uber, bike-share schemes and co-working spaces are nowhere to be found, and where people sense that globalisation has passed them by. It is a world where the FN is on the rise.

The FN’s first base was in the south, where Mr Le Pen built support among French settlers returning from independent Algeria in the 1970s. Its second was the rust-belt of the north and east, where it scooped up the disappointed vote that once went to socialists or communists. Maps by Hervé Le Bras, a demographer, show that the FN now has a third home in Mr Guilluy’s peripheral areas—beyond the outskirts of the cities, but not deeply rural. In a ring of communes between 40km and 50km from the centre of Paris, for example, the FN’s candidate in the 2015 regional elections, Wallerand de Saint-Just, won 32% of the vote. In places 80km out or more, he scored fully 41% (see chart 3).

Isolation boosts FN support. “The farther you live from a railway station”, says Mr Le Bras, “the more you are likely to vote FN.” France has high-quality public services, and its citizens have matching expectations for the fabric of their lives. When that fabric thins—when a local butcher closes, or a doctor leaves town—they feel neglect. A common factor behind the FN vote in such places, says Jérôme Fourquet, director of Ifop, is “a sense of abandonment, of being left behind by an elite that doesn’t care.”

Ms Le Pen exploits this sentiment with uncanny skill. Born into politics and raised in a mansion in a swish Parisian suburb, she somehow manages to speak for those she calls the country’s “forgotten” in a way they find credible. The reason this works is partly Ms Le Pen’s shrewd feel for simple language and anti-elite slogans. But it is also because France has been going through an unusually unsettled time that has left people looking beyond the established parties and given French populism distinctive features.

One is a sense that a great country, the cradle of human rights and the Enlightenment, has somehow lost its way. This is particularly obvious in economic terms. Since the end of the trente glorieuses, the three decades of strong growth that followed the second world war, it has been debt, rather than growth, that has financed the high-speed trains, the blooming municipal flower beds and the generous provisions for child care, ill health, job loss and old age that are the hallmark of France’s splendid public sector. French public spending now accounts for a greater share of GDP than it does in Sweden. But no French government has balanced its budget since 1974.

Over the past 15 years, there has been a particular décrochage, or decoupling, between the French economy and that of Germany, its closest ally. In 2002 the two countries enjoyed comparable GDP per head. Germany, under Gerhard Schröder, began to reform itself. France, under Jacques Chirac, didn’t. Today, Germans have 17% more purchasing power per person. Labour costs in France have risen faster than in Germany, deterring the creation of permanent jobs and undermining competitiveness. The country’s share of all goods exports between EU countries has dropped from 13.4% to 10.5%.

Most devastating is unemployment. In 2002, it was a tad higher in Germany. Today it has dropped to 4% on that side of the Rhine, but in France it remains stuck at 10%, and at 25% for the under-25s. Over 80% of new jobs are on short-term contracts, with “short-term” often meaning just a month. A generation of young French people has grown up outside the country’s famously protected job market. The votes for Mr Trump or Brexit were weakest among the under 25s; but the young French support the FN more than any other party. (Conversely, older voters have much less truck with Ms Le Pen than their Anglophone peers did with Brexit and Mr Trump; polls say they fear for their savings and pensions if France leaves the euro.)

Shame isn’t a strong enough emotion

Economic self-doubt has been compounded by a sense of what Laurent Bouvet, a political scientist, calls “cultural insecurity”. Three big terrorist attacks within the space of 18 months, in 2015 and 2016, battered France’s confidence. The coming presidential election will be conducted under a state of emergency which has been renewed four times since November 2015. The French have had to learn to live with soldiers patrolling the streets and railway stations, a daily visual reminder of their vulnerability.

Legitimate worries about terrorism have supplied fertile ground for insidious identity politics. As the home to one of Europe’s biggest Muslim minorities, France is more alert than, say, Italy or Spain to hints of religious extremism. Moreover, the country has a pre-existing and unforgiving framework for managing religious expression—known as laïcité—which recent governments, fearing a threat to secularism, have tightened up. When this provokes a row—over Muslim head-coverings, say—it plays straight into Ms Le Pen’s hands; she has little trouble persuading voters that their values are under threat. France, she tells her flag-waving rallies, faces nothing less than “submersion”.

Ms Le Pen succeeds not because of the way her policies, which include a lower retirement age, more taxes on foreign workers and massive increases in spending on the armed forces, would tackle economic insecurity or the threat of terror (they wouldn’t). It is because of her talent for blending two strands of populism: anti-immigrant talk about values and churches, strong in the south, and anti-market discourse about jobs and the system, favoured in the north. On both counts, she can tap into French history.

Ms Le Pen may have purged the FN of the overt anti-Semitism and neo-Nazi imagery of her father’s era. Yet her party remains originally rooted in a nostalgia for colonial Algeria and supporters of Marshal Pétain, who collaborated with the Nazis. Churches, flags and the homeland remain potent symbols in this world. Campaigning in Provence Ms Maréchal-Le Pen frequently recalls the country’s roots in Christendom. At her aunt’s political rallies, supporters can be heard chanting: “On est chez nous” (This is our home).

At the same time, anti-establishment politics fits her compatriots’ self-image as a nation of revolutionaries, pitchforks in hand. When Mr Le Pen was first elected to the National Assembly, in 1956, it was on a list led by Pierre Poujade, who evoked this tradition when he spoke up for “the little people”: “The downtrodden, the trashed, the ripped off, the humiliated.” It is no coincidence that Ms Le Pen’s campaign slogan is “In the name of the people”.

A final ingredient gives French populism a further twist: Euroscepticism. Invaded three times by Germany since 1870, and on its fifth republic, France has a long disrupted history, insecure even in peace. After the second world war it dealt with this by building Europe—a project by which it sought to bind in Germany and to amplify its own power. The French regarded the ceding of sovereignty as a means of reinforcing, not undermining, their nation state.

Europe remains an important part of French identity. But somewhere along the line the passion it once evoked cooled down, and the consensus supporting it faltered. Second thoughts spread long before the recent currency and refugee crises. In 1992, the French approved the launch of the union’s single currency by the slimmest of margins. In 2005 they rejected the draft EU constitution. The share of French people who see Europe favourably dropped from 69% in 2004 to 38% in 2016, according to Pew, a polling group; that makes the EU less popular in France than in Britain. This has given the FN a fresh electoral cause. Ms Le Pen speaks of Brexit as a model of emancipation from the shackles of what she calls the “European Soviet Union”.

The feeling that France has lost its sense of purpose goes well beyond those tempted to vote for the FN. So does exasperation with the failures of both the left and the right to put the national interest first, and fix the country. At every national election for the past ten years, at all levels of government, the French have voted against the party in overall power; fully 89% of the French told a recent poll they thought the country was heading in the wrong direction. It is this that has opened the way for a party refusenik such as Mr Macron—who, should he win, will have to get the people to break their unerring habit of resisting the change they have just voted for, a habit that accounts for much of their frustration.

In “Le Mal Français”, a book published in 1976, Alain Peyrefitte, a minister under Charles de Gaulle, lamented the fact that such a talented country had produced such a blocked system. Every now and then, it seems, France needs to go through convulsions of abrupt change in order to free itself from l’immobilisme (paralysis). History shows that such moments of upheaval can produce startling and creative forces for renewal. But they can also presage a slide into darkness. In Mr Macron’s cities, and Ms Le Pen’s peripheries, France is poised to go either way. The choice it makes could scarcely matter more.

Voir enfin:

Presswire

Dec 23, 2011

NEW YORK, Dec. 23, 2011 /PRNewswire-USNewswire/ — A federal district court in Manhattan yesterday entered a historic ruling that reveals new facts about Iran‘s support of al Qaeda in the 9/11 attacks.  U.S. District Judge George B. Daniels ruled yesterday that Iran and Hezbollah materially and directly supported al Qaeda in the September 11, 2001 attacks and are legally responsible for damages to hundreds of family members of 9/11 victims who are plaintiffs in the case.

Judge Daniels had announced his ruling in Havlish, et al. v. bin Laden, et al., in open court on Thursday, December 15, 2011, following a three-hour courtroom presentation by the families’ attorneys.  Judge Daniels entered a written Order of Judgment yesterday backed by 53 pages of detailed Findings of Fact and Conclusions of Law.

Fiona Havlish, whose husband Donald perished in the World Trade Center North Tower on 9/11 said, « This is a historic day.  For ten years we’ve wanted the truth to be known about who was responsible for our losses.  Now we have that answer. »

Ellen Saracini, the wife of United Airlines 175 pilot Victor Saracini, which the hijackers crashed into the WTC South Tower, said after the hearing last Thursday, « We just came from Judge Daniels’ court where he ruled in favor of holding accountable those who perpetrated the attacks of 9/11… I just smiled up to Victor and I said we’re still thinking about you … we’re there for you … we’ll always be there for you.  But today‘s very special. »

In Havlish, et al. v. bin Laden, et al., Judge Daniels held that the Islamic Republic of Iran, its Supreme Leader Ayatollah Ali Hosseini Khamenei, former Iranian president Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, and Iran‘s agencies and instrumentalities, including, among others, the Iranian Revolutionary Guard Corps (« IRGC »), the Iranian Ministry of Intelligence and Security (« MOIS »), and Iran‘s terrorist proxy Hezbollah, all materially aided and supported al Qaeda before and after 9/11.

« The families have waited a very long time for this day and they have been through a lot.  So I was greatly relieved that the families received an answer to the question that they asked me ten years ago: they asked who was the responsible party?  How did this happen?  Today a federal court judge has said that a principal responsible party is the Islamic Republic of Iran, » said Thomas E. Mellon, Jr. of Doylestown, Pennsylvania, law firm of Mellon Webster & Shelly, the lead attorney for the Havlish plaintiffs.

The evidence was developed over a seven-year international investigation by the Havlish attorneys who pursued the 9/11 Commission’s recommendation regarding an apparent link between Iran, Hezbollah, and the 9/11 hijackers, following the Commission’s own eleventh-hour discovery of significant National Security Agency (« NSA ») intercepts: « We believe this topic requires further investigation by the U.S. government. »  9/11 Commission Report, p. 241.  The Havlish evidence included sworn testimony and affidavits from the following:

  • Ten expert witnesses including three former 9/11 Commission staff members, two former CIA case officers, two investigative journalists, and an Iran analyst who has testified in 25 cases involving Iranian terrorism.
  • Three Iranian defectors who were operatives of MOIS and the IRGC.  Witness X, whose dramatic testimony was previously filed under seal, was revealed to be Abolghasem Mesbahi, a former MOIS operative in charge of Iran‘s espionage operations in Western Europe.  Judge Daniels found that Mesbahi has testified in numerous prosecutions of Iranian and Hezbollah terrorists, including the Mykonos case in Germany and the AMIA case in Argentina, and found to be highly reliable and credible.  Judge Daniels also credited Mesbahi’s testimony that he received messages during the summer of 2001 from inside the Iranian government that an Iranian contingency plan for unconventional warfare against the U.S. called « Shaitan dar Atash » had been activated.  « This is compelling proof that Iran was deeply involved in the 9/11 conspiracy, » said Tim Fleming, lead investigative attorney for the Havlish group.

Included among Judge Daniels’ findings in Havlish are the following:

  • Members of the 9/11 Commission staff testified that Iran aided the hijackers by concealing their travel through Iran to access al Qaeda training camps in Afghanistan.  Iranian border inspectors refrained from stamping the passports of 8 to 10 of the 9/11 hijackers because evidence of travel through Iran would have prevented the hijackers from obtaining visas at U.S. embassies abroad or gaining entry into the United States.  The 9/11 Commission Report addressed these facts and called for further investigation.  9/11 Commission Report at pp. 240-41.
  • Expert and U.S. government evidence also confirmed that Iran facilitated the escape of al Qaeda leaders and members from the U.S. invasion of Afghanistan into Iran and provided safe haven inside Iran after 9/11.
  • Abolghasem Mesbahi testified he was part of an IRGC-MOIS task force that designed contingency plans for unconventional warfare against the U.S., code-named « Shaitan dar Atash » (« Satan in Flames ») which included crashing hijacked passenger airliners into the World Trade Center, the Pentagon, and the White House.  During the weeks before 9/11, Mesbahi received three coded messages from a source inside Iran‘s government indicating that the Shaitan dar Atash plan had been activated.
  • Mesbahi also testified that in 2000 Iran used front companies to obtain a Boeing 757-767-777 flight simulator for training the terrorists.  Due to U.S. trade sanctions, Iran has never had any Boeing 757-767-777 aircraft, but all the airplanes hijacked on 9/11 were Boeing 757 or 767 aircraft.
  • A May 14, 2001 memorandum from inside the Iranian government demonstrating that Iran‘s Supreme Leader, Ayatollah Khamenei, was aware of the impending attacks and instructing intelligence operatives to restrict communications to existing contacts with al Qaeda’s Ayman al Zawahiri and Hizballah’s Imad Mughniyah.
  • Documents obtained from German federal prosecutors showing that 9/11 coordinator Ramzi Binalshihb traveled to Iran in January 2001 on his way to Afghanistan to brief Osama bin Laden on the plot’s progress.
  • Evidence from the 9/11 Commission Report that a « senior Hezbollah operative, » which the Havlish evidence identifies as Hezbollah terrorist chief Imad Mughniyah, coordinated activities in Saudi Arabia and was present (or his associate) on flights the hijackers took to and from Beirut and Iran.  9/11 Commission Report at pp. 240-41.  Mughniyah, a longtime agent of Iran, orchestrated a string of terror operations against the U.S. and Israel during the 1980s and 1990s.  He was assassinated in Syria in February of 2008.

Attorneys emphasized that it is important to understand that Iran, Hezbollah, and al Qaeda formed a terror alliance in the early 1990s.  The attorneys cited their national security and intelligence experts, including Dr. Patrick Clawson, Dr. Bruce Tefft, Clare Lopez, Kenneth Timmerman, Dr. Ronen Bergman, Edgar Adamson, and 9/11 Commission staff members Dietrich Snell, Dr. Daniel Byman, and Janice Kephart, as well as the published writings of Robert Baer, to explain how the pragmatic terror leaders overcame the Sunni-Shi’a divide in order to confront the U.S. (the « Great Satan ») and Israel (the « Lesser Satan »).  Iran and Hezbollah then provided training to members of al Qaeda in, among other things, the use of explosives to destroy large buildings.  The Iran-Hezbollah-al Qaeda alliance led to terror strikes against the U.S. at Khobar Towers, Saudi Arabia (1996), the simultaneous U.S. embassy bombings in Kenya and Tanzania (1998), and the USS Cole (2000).  Shortly after the Cole attack, Iran was facilitating the international travel of the 9/11 hijackers.

« It was a wonderful day.  A great day where the truth was finally revealed in a court of law with strong, strong evidence.  The judge allowed us to put on and present all the evidence that we had filed directly or under seal and he accepted it and made a ruling in our favor, » said Dennis Pantazis, one of the Havlish attorneys.  « Now we go on to prove damages for each one of the family members, » he added.

The case is Fiona Havlish, et al v. Usama Bin Laden, et al,  03-CV-9848 (GBD), and is part of the consolidated proceeding In Re Terrorist Attacks on September 11, 2001, Civil Action No. 03 MDL 1570 (GBD).

For full story information, background documents, and links to broadcast quality footage, including soundbites from Havlish attorneys and plaintiffs, please visit the case website at www.Iran911case.com.


Terrorisme: Attention, un aveuglement peut en cacher un autre (Rhetorical tricks aside, the reality is that during Obama’s tenure scores of innocent Americans have been murdered on U.S. soil by jihadists, mostly inspired by or acting under the direction of foreign terror groups)

26 février, 2017
https://pibillwarner.files.wordpress.com/2016/12/26581-terrorthreatsnapshot_sept_website.png?w=450&h=428https://counterjihadnews.files.wordpress.com/2016/02/terrorthreatsnapshot_february_social-media-862x1024.png?w=450&h=535
https://i2.wp.com/inhomelandsecurity.com/wp-content/uploads/2016/12/Terror-threat-snapshot-December.jpghttps://infogram.io/p/dea9a0118ed0319648c2609ed7d0088a.png
https://swedishsurveyor.files.wordpress.com/2014/11/immigrationeurope.jpg?w=451&h=353
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Daech dispose d’équipements militaires nombreux, rustiques mais aussi lourds et sophistiqués. Plus que d’une mouvance terroriste, nous sommes confrontés à une véritable armée encadrée par des militaires professionnels. Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les Etats-Unis. Général Vincent Desportes (17.12.2014)
We should take great pride in the progress that we’ve made over the last eight years. That’s the bottom line. No foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland. (…) The most deadly attacks on the homeland over the last eight years have not been carried out by operatives with sophisticated networks or equipment directed from abroad. “They’ve been carried out by home-grown and largely isolated individuals who were radicalized online. Barack Hussein Obama (MacDill Air Force Base, Tampa, Fla., Dec. 6, 2016)
L’Amérique est un endroit meilleur et plus fort qu’il ne l’était quand nous avons commencé. (…) Si je vous avais dit il y a huit ans que l’Amérique renverserait une grande récession, redémarrerait notre industrie automobile et entammerait la plus longue période de création d’emplois de notre histoire … si je vous avais dit que nous ouvririons un nouveau chapitre avec le peuple cubain , que nous fermerions le programme d’armes nucléaires de l’Iran sans tirer un coup de feu, et tuer le cerveau des attentats du 9/11 … si je vous avais dit que nous gagnerions l’égalité au mariage et le droit à l’assurance maladie pour 20 millions de nos concitoyens – Vous auriez pu dire que nos objectifs étaient un peu trop élevés. (…) Les relations raciales sont meilleures qu’avant, croyez-moi, mais nous se sommes pas encore où nous devons être. (…) En raison de l’extraordinaire courage de nos hommes et de nos femmes en uniforme, des officiers du renseignement, des forces de l’ordre et des diplomates qui les soutiennent, aucune organisation terroriste étrangère n’a planifié et exécuté avec succès une attaque dans notre pays ces huit dernières années. Et bien que Boston et Orlando nous rappellent à quel point la radicalisation peut être dangereuse, nos forces de l’ordre sont plus efficaces et plus vigilantes que jamais. Barack Hussein Obama (Chicago, 10.01.2017)
Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l’aurait cru ? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l’auraient jamais pensé. Donald Trump
La sécurité nationale commence par la sécurité aux frontières. Les terroristes étrangers ne pourront pas frapper l’Amérique s’ils ne peuvent entrer dans notre pays. Regardez ce qui se passe en Europe! Regardez ce qui passe en Europe! J’adore la Suède mais les gens là-bas comprennent que j’ai raison. J’ai un ami, c’est quelqu’un de très très important. Il adore la Ville lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa femme et sa famille. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps et j’ai dit “Jim, comment va Paris?”; “Je n’y vais plus. Paris n’est plus Paris. Il n’aurait jamais raté une occasion. Aujourd’hui, il n’envisage même plus d’y aller. Donald Trump
Je ne ferai pas de comparaison, mais ici il n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule. François Hollande
Examinant mon passeport, il relève que j’ai bénéficié récemment d’un visa « J1 », accordé notamment aux universitaires. J’ai été, en effet, professeur invité à l’Université Columbia de New York, de septembre 2016 à janvier 2017. Il conclut que je suis donc revenu travailler « illégalement » avec un visa expiré. J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait. N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction. La décision sera confirmée plus tard par son supérieur hiérarchique – que je n’aurai pas la possibilité de rencontrer. (…) Vers 21h, il reste une demi-douzaine de personnes, somnolentes et inquiètes, un Africain ne parlant pas bien l’anglais, les autres sans doute d’origine latino-américaine. Je suis apparemment le seul Européen – le seul « blanc ». Arrivent alors deux officiers de police. Ils se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut-être un Mexicain, bien mis de sa personne. Ils lui montrent un billet d’avion et lui disent qu’ils vont l’emmener. Invité à se lever, il est alors menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit: la policière qui lui met les fers aux pieds est une Africaine-Américaine, vaguement gênée. J’imagine le temps qu’il va mettre pour rejoindre la porte d’embarquement. Je me demande surtout si c’est le même sort qui nous attend. Je préfère croire que lui a commis un délit sérieux. J’apprendrai par la suite que « c’est la procédure ». Cette façon de faire – proprement indigne – serait exigée par les compagnies aériennes. Je ne suis pas sûr, au demeurant, que les conditions d’expulsion soient plus humaines chez nous.A 1h 30 du matin – cela fait plus de 26 heures que j’ai quitté mon domicile parisien – je vois une certaine agitation. Une policière vient vers moi et me demande quelle est ma destination finale aux États-Unis et si quelqu’un m’attend à l’aéroport. (…) Quelques minutes plus tard, un policier au ton cette fois amical me rend mon téléphone et mon passeport, dûment tamponné, et me déclare autorisé à entrer aux États-Unis. Les restrictions qui m’ont été imposées sont levées, ajoute-t-il, sans que je puisse savoir ce qui va rester dans leurs fichiers. Il m’explique que le fonctionnaire qui a examiné mon dossier était « inexpérimenté » et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception et pouvaient parfaitement être menées avec un simple visa touristique. « Il ne savait pas ». Abasourdi, je lui demande, ou plutôt je déclare que c’était donc une erreur. Il ne me répond pas. Il me laisse simplement entendre qu’ayant, lui, une longue expérience, il a vu le problème en prenant son poste en début de nuit. Il aura l’amabilité de me raccompagner à la sortie d’un aéroport totalement désert, m’indiquant l’adresse d’un hôtel dans la zone portuaire. À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés. En réalité, ma libération n’a rien eu de fortuit. Elle est la conséquence de l’intervention de mon collègue auprès du président de l’université Texas A & M, d’une professeure de droit chargée des questions d’immigration, et de plusieurs avocats. Sans eux, j’aurais été conduit menotté, enchaîné, et entravé à l’embarquement pour Paris. Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier. J’y pense d’autant plus que j’ai connu l’expulsion et l’exil dans mon enfance. Pour expliquer ce qui s’est passé, j’en suis rendu aux conjectures. Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ». Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis. Henry Rousso
La chancelière allemande Angela Merkel et les Premiers ministres des 16 Landers allemands ont conclu jeudi un accord visant à faciliter les expulsions de réfugiés dont la demande d’asile a été rejetée. Les expulsions sont normalement du ressort des landers, mais Merkel souhaite coordonner un certain nombre de choses au niveau fédéral pour accélérer les procédures. Le gouvernement fédéral veut s’accaparer plus de pouvoirs pour refuser des permis de séjour et effectuer lui-même les expulsions. L’un des objectifs centraux du plan en 16 points est de construire un centre de rapatriement à Potsdam (Berlin) qui comptera un représentant pour chaque lander. En outre, il prévoit la création de centres d’expulsion à proximité des aéroports pour faciliter les expulsions collectives. Un autre objectif est de faciliter l’expulsion des immigrants qui présentent un danger pour la sécurité du pays et de favoriser les «retours volontaires» d’autres migrants par le biais d’incitations financières s’ils acceptent de quitter le pays avant qu’une décision ait été prise au regard de leur demande d’asile. Une somme de 40 millions d’euros est consacrée à ce projet. Selon le ministère allemand de l’Intérieur, 280.000 migrants ont sollicité l’asile en Allemagne en 2016. C’est trois fois moins que les 890.000 de l’année précédente, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe. Près de 430 000 demandes d’asile sont encore en cours d’instruction. L’Express
When President Trump last week raised Sweden’s problematic experience with open door immigration, skeptics were quick to dismiss his claims. Two days later an immigrant suburb of Stockholm was racked by another riot. No one was seriously injured, though the crowd burned cars and hurled stones at police officers. Mr. Trump did not exaggerate Sweden’s current problems. If anything, he understated them. Sweden took in about 275,000 asylum-seekers from 2014-16—more per capita than any other European country. Eighty percent of those who came in 2015 lacked passports and identification, but a majority come from Muslim nations. Islam has become Sweden’s second-largest religion. In Malmö, our third-largest city, Mohamed is the most common name for baby boys. The effects are palpable, starting with national security. An estimated 300 Swedish citizens with immigrant backgrounds have traveled to the Middle East to fight for Islamic State. Many are now returning to Sweden and are being welcomed back with open arms by our socialist government. In December 2010 we had our first suicide attack on Swedish soil, when an Islamic terrorist tried to blow up hundreds of civilians in central Stockholm while they were shopping for Christmas presents. Thankfully the bomber killed only himself. Riots and social unrest have become a part of everyday life. Police officers, firefighters and ambulance personnel are regularly attacked. Serious riots in 2013, involving many suburbs with large immigrant populations, lasted for almost a week. Gang violence is booming. Despite very strict firearm laws, gun violence is five times as common in Sweden, in total, as in the capital cities of our three Nordic neighbors combined. Anti-Semitism has risen. Jews in Malmö are threatened, harassed and assaulted in the streets. Many have left the city, becoming internal refugees in their country of birth. The number of sex crimes nearly doubled from 2014-15, according to surveys by the Swedish government body for crime statistics. One-third of Swedish women report that they no longer feel secure in their own neighborhoods, and 12% say they don’t feel safe going out alone after dark. A 1996 report from the same government body found that immigrant men were far likelier to commit rape than Swedish men.  (…) Our nation’s culture hasn’t been spared either. Artists accused of insulting Islam live under death threats. Dance performances and art exhibitions have been called off for fear of angering Islamists. Schools have prohibited the singing of traditional Christian hymns because they don’t want to “insult” non-Christian immigrants. Yet reports made with hidden cameras by journalists from Swedish public media show mosques teaching fundamentalist interpretations of Islam. Sweden’s government now spends an incredible amount of money caring for newly arrived immigrants each year. The unemployment rate among immigrants is five times as high as that of native Swedes. Among some groups, such as Somalis, in places like Malmö unemployment reaches 80%. Jimmie Åkesson and Mattias Karlsson
Sweden has the highest rape rate in Europe, author Naomi Wolf said on the BBC’s Newsnight programme recently. (…) The Swedish police recorded the highest number of offences – about 63 per 100,000 inhabitants – of any force in Europe, in 2010. The second-highest in the world. This was three times higher than the number of cases in the same year in Sweden’s next-door neighbour, Norway, and twice the rate in the United States and the UK. It was more than 30 times the number in India, which recorded about two offences per 100,000 people. On the face of it, it would seem Sweden is a much more dangerous place than these other countries. But that is a misconception, according to Klara Selin, a sociologist at the National Council for Crime Prevention in Stockholm. She says you cannot compare countries’ records, because police procedures and legal definitions vary widely. « In Sweden there has been this ambition explicitly to record every case of sexual violence separately, to make it visible in the statistics, » she says. « So, for instance, when a woman comes to the police and she says my husband or my fiance raped me almost every day during the last year, the police have to record each of these events, which might be more than 300 events. In many other countries it would just be one record – one victim, one type of crime, one record. » The thing is, the number of reported rapes has been going up in Sweden – it’s almost trebled in just the last seven years. In 2003, about 2,200 offences were reported by the police, compared to nearly 6,000 in 2010. So something’s going on. But Klara Selin says the statistics don’t represent a major crime epidemic, rather a shift in attitudes. The public debate about this sort of crime in Sweden over the past two decades has had the effect of raising awareness, she says, and encouraging women to go to the police if they have been attacked. The police have also made efforts to improve their handling of cases, she suggests, though she doesn’t deny that there has been some real increase in the number of attacks taking place – a concern also outlined in an Amnesty International report in 2010. « There might also be some increase in actual crime because of societal changes. Due to the internet, for example, it’s much easier these days to meet somebody, just the same evening if you want to. Also, alcohol consumption has increased quite a lot during this period. « But the major explanation is partly that people go to the police more often, but also the fact that in 2005 there has been reform in the sex crime legislation, which made the legal definition of rape much wider than before. » The change in law meant that cases where the victim was asleep or intoxicated are now included in the figures. Previously they’d been recorded as another category of crime. BBC
Comment se fait-il, alors, qu’en 2008, le Danemark, voisin de la Suède, avait seulement 7,3 viols pour cent mille habitants par rapport à 53,2 en Suède ? La législation danoise n’est pas très différente de celle de la Suède et il n’y a aucune raison évidente pour laquelle les femmes danoises auraient moins tendance à signaler un viol que les femmes suédoises. En 2011, six mille cinq cent neuf viols ont été signalés à la police suédoise – mais seulement trois cent quatre vingt douze au Danemark. La population du Danemark est d’environ la moitié de celle de Suède et, même ajustée à ces chiffres, la différence est donc significative. En Suède, les autorités font ce qu’elles peuvent pour dissimuler l’origine des violeurs. Au Danemark, l’Office Statistique Officiel de l’État, Statistics Denmark, a révélé qu’en 2010, plus de la moitié des violeurs condamnés étaient issus de l’immigration. Depuis 2000, il n’y a eu qu’un seul rapport de recherche sur la criminalité des immigrants. Cela a été fait en 2006 par Ann-Christine Hjelm de l’Université Karlstads. Il est apparu que, en 2002, 85% des personnes condamnées à au moins deux ans de prison pour viol par Svea hovrätt, une cour d’appel, étaient nées à l’étranger ou étaient des immigrants de deuxième génération. Un rapport de 1996 du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime est arrivé à la conclusion que les immigrants en provenance d’Afrique du Nord (Algérie, Libye, Maroc et Tunisie) étaient vingt-trois fois plus susceptibles de commettre des viols que les Suédois. Les chiffres pour les hommes venus d’Irak, de Bulgarie et de Roumanie étaient, respectivement de vingt, dix-huit et dix-huit. Les hommes venant du reste de l’Afrique étaient seize fois plus susceptibles de commettre un viol ; et les hommes originaires d’Iran, du Pérou, de l’Équateur et de Bolivie, dix fois plus enclins à en commettre que les Suédois. Une nouvelle tendance a frappé la Suède de plein fouet au cours des dernières décennies : le viol collectif – pratiquement inconnu auparavant dans l’histoire criminelle suédoise. Le nombre de viols collectifs a augmenté de façon spectaculaire entre 1995 et 2006. Depuis lors, aucune étude n’a été faite à ce sujet. L’un des pires cas s’est produit en 2012, quand une femme de trente ans a été violée par huit hommes dans une cité pour demandeurs d’asile, dans la petite ville de Mariannelund. Cette femme était une connaissance d’un Afghan qui avait vécu en Suède pendant un certain nombre d’années. Il l’a invitée à sortir avec lui. Elle avait accepté. Cet Afghan l’avait emmenée dans une cité pour réfugiés et l’y avait laissée, sans défense. Pendant la nuit, elle a été violée à plusieurs reprises par des demandeurs d’asile et quand son « ami » est revenu, il l’a violée aussi. Le lendemain matin, elle a réussi à appeler la police. Le Procureur de la Suède a qualifié cet incident de « pire crime de viol de l’histoire criminelle suédoise. » Gatestone institute
Depuis les Attentats du 11 septembre 2001, la France doit faire face, comme d’autres pays, à une menace plus diffuse et qui n’émane plus d’États bien identifiés. Les attentats les plus récents sont généralement revendiqués par l’État islamique. Eric Denécé évalue à 102 morts le nombre de victimes françaises du terrorisme islamiste entre 2001 et le 5 mai 20156. Les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban font un total de 8 morts dont l’agresseur. Les attentats de janvier 2015 à Paris et dans sa région (au siège de Charlie Hebdo, à Montrouge, à Dammartin-en-Goële et la prise d’otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes) font un total de 20 morts dont les trois terroristes. Le 19 avril 2015 Sid Ahmed Ghlam assassine Aurélie Châtelain à Villejuif et se blesse avant de pouvoir attaquer plusieurs églises. Le 26 juin 2015, attentat de Saint-Quentin-Fallavier: Yassin Salhi décapite son patron et fait deux blessés. Il se suicide en prison 6 mois plus tard. Lors des attentats du 13 novembre 2015 en France, deux kamikazes font détoner leur ceinture d’explosifs au Stade de France, faisant une victime ; en même temps, diverses fusillades à la Kalachnikov visent des restaurants situés dans le 10e et 11e arrondissements de Paris, suivies d’une nouvelle fusillade puis d’une prise d’otages au Bataclan, qui se soldera après assaut des forces de l’ordre par la mort de 89 otages et des trois terroristes impliqués. Au total, le bilan s’élève à 130 morts et 415 blessés7. Les attentats seront revendiqués par l’État islamique8. Tous les terroristes sont abattus par les forces de l’ordre ou meurent dans ce qui sont les premiers attentats suicides en France, sauf Salah Abdeslam qui sera capturé 4 mois plus tard en Belgique Le 13 juin 2016, un terroriste, Larossi Abballa (Français d’origine marocaine), ayant fait allégeance à l’État islamique perpètre un double meurtre sur des fonctionnaires de police, un commandant et sa compagne, agent administratif, par arme blanche, à leur domicile9. Le bilan est de trois morts, dont l’assassin, abattu lors de l’assaut du RAID. Le couple laisse un jeune enfant. Lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel fonce délibérément sur la promenade des Anglais à Nice, au volant d’un poids lourd de 19 tonnes avec lequel il écrase de nombreux passants qui regardaient la fin du feu d’artifice lors de la fête nationale française. L’attentat fait 86 morts et 434 blessés, dont de nombreux enfants. Le terroriste est abattu par la police à bord de son véhicule. Le père Jacques Hamel est égorgé le mardi 26 juillet 2016 lors de l’attentat de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ses deux assassins sont abattus par la police alors qu’il sortaient avec des otages. Le 3 février 2017 se déroule une attaque au Musée du Louvre à Paris. Des militaires sont agressés par un homme les attaquant avec deux machettes. L’un d’eux est légèrement blessé et ses camarades neutralisent l’assaillant en ouvrant le feu. Plusieurs projets d’attentats sont déjoués en 2015, notamment contre des églises et des bases militaires10. Le plus spectaculaire est l’attentat du train Thalys le 21 août 2015 où Ayoub El Khazzani est arrêté dans sa tentative par un français et des militaires américains en permission. Une tentative d’attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris par des femmes est déjoué en septembre 2016. En 2016, de nombreux projets sont également déjoués dans le pays11. En France, la région parisienne, la région Rhône-Alpes et l’agglomération Roubaix-Tourcoing sont considérées comme des « viviers du terrorisme islamique » selon Claude Moniquet, codirecteur de l’European strategic Intelligence and Security Center. En France, environ 5000 personnes font l’objet d’une fiche « S » (Sûreté de l’État) et la majorité des terroristes de la seconde vague d’attentats qui ont touché la France étaient fichés « S » eux aussi. Wikipedia
Les déclarations controversées de Donald Trump associant immigration et criminalité en Suède ont involontairement ravivé le débat dans le pays scandinave sur les réussites et les échecs de sa politique d’intégration. Deux jours après les propos du président américain samedi en Floride, des émeutes dans un quartier nord de Stockholm où vit une majorité de personnes issues de l’immigration ont semblé mettre en pièces l’argumentaire déployé pour lui répondre. (…) Lundi soir en effet, plusieurs dizaines de jeunes ont affronté les policiers venus procéder à l’arrestation d’un trafiquant de drogue, incendiant des voitures, pillant des commerces. Les forces de l’ordre ont effectué un tir à balles réelles pour se dégager, a indiqué à l’AFP Lars Byström, porte-parole de la police de la capitale. Les images ont fait le tour du monde, brouillant la réponse des autorités suédoises à Donald Trump et à la chaîne Fox News qui a diffusé un reportage sur l’insécurité en Suède dont le président républicain s’était inspiré. Pour Tove Lifvendahl, éditorialiste du quotidien Svenska Dagbladet, il existe bel et bien « une once de vérité dans ce qu’a dit Trump ». « Que cela nous plaise ou non, c’est l’occasion de se demander si la perception que l’étranger a de nous et la perception que nous avons de nous-mêmes coïncident », écrivait-elle mercredi. Les contradicteurs de M. Trump font valoir que la Suède n’a pas connu d’attentat depuis 2010, qu’elle n’enregistre pas d’inflation criminelle depuis l’accueil de 244.000 migrants en 2014 et 2015 –un record en Europe par habitant –, et qu’elle demeure au total un pays parmi les plus sûrs du monde. Parmi les plus riches aussi. Si la Suède n’est pas épargnée par les difficultés de l’intégration, elle est loin de connaître les tensions entre communautés, les inégalités, la pauvreté et la violence à l’oeuvre aux États-Unis, soulignent-ils. Une autre vision met en avant la surreprésentation des personnes d’origine étrangère dans les statistiques de la délinquance, leur sous-activité professionnelle, les règlements de compte, les quelque 300 jeunes partis faire le jihad en Syrie et en Irak, le repli religieux, l’existence présumée de zones de non-droit… (…) Benjamin Dousa, un élu local conservateur d’origine turque, dénonce lui dans une tribune « une émeute par mois, un incendie de voitures par jour et le plus fort taux d’homicides par balles au niveau national » par habitant. En tout état de cause, le président américain a tort de stigmatiser une population en raison de son origine ethnique ou religieuse, estiment les sociologues Susanne Urban et Oskar Adenfelt. La clé de l’intégration est sociale et passe par « l’accès à l’État-providence, aux services sociaux, à l’emploi, à une école de qualité, à la mixité et au droit de peser sur la vie locale », défendaient-ils mercredi dans le grand quotidien Dagens Nyheter. Le Point/AFP

Attention: un aveuglement peut en cacher un autre !

Alors qu’après ses récentes allusions aux problèmes soulevés par l’immigration et le terrorisme islamiques en Europe nos médias se sont dument gaussés de la prétendue ignorance du président Trump …

Inspiré certes pour la Suède d’un reportage quelque peu sensationaliste sur un pays qui, sans compter un attentat-suicide d’un immigré irakien heureusement sans victimes il y a sept ans, tout en ayant apparemment dramatiquement sa définition du viol se trouve avoir ces dernières années le record du nombre de viols comme de migrants par habitant …

Et que refusant toute « comparaison » après, sans parler il y a deux mois ou encore hier en une Allemagne en pleine révision de sa politique migratoire, la quarantaine d’attentats et projets d’attentats islamistes depuis 2012 pour quelque 240 morts et 800 blessés, un président français nous assure qu’ « ici (…) il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule »

Pendant qu’apparemment victime du zèle d’un employé inexpérimenté et d’un contrôle de sécurité prolongé à un aéroport américain un mois à peine après un attentat à l’aéroport de Fort Lauderdale ayant fait cinq morts et six blessés, un universitaire français né en Egypte, porteur d’un ancien visa de travail et en route pour une conférence rémunérée se fend d’une tribune entière déplorant avec force « images d’esclaves » que « les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis » …

Comment ne pas repenser à un autre président américain

Qui au terme de deux mandats qui, suite à l’abandon d’un Irak alors sécurisé, ont vu pas moins de 124 attentats ou tentatives d’attentats islamiques

Dont une douzaine, entre Little Rock, Fort Hood, Boston, Moore (Oklahoma), Queens, Brooklyn, Garland, Chattanooga, San Bernardino, Orlando, St. Cloud (Minnesota), New York,  Columbus, d’attaques majeures …

Nous annonçait tranquillement il y a un mois qu’ « aucune organisation terroriste étrangère n’a planifié et exécuté avec succès une attaque dans notre pays ces huit dernières années » ?

A Complete List of Radical Islamic Terror Attacks on U.S. Soil Under Obama

James Barrett

Dailywire
December 7, 2016

In a speech at MacDill Air Force Base in Tampa, Florida on Tuesday, President Obama declared that « [n]o foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland. » The claim earned perfunctory applause, but a closer look at the reaction of many of the servicemen and women there made clear what they really thought about the administration’s handling of national security.

The President’s claim — which he has repeated in some form or fashion over the last few years — is an obvious rhetorical attempt to gloss over the reality of the threat of radical Islamic terror on American soil. The attempt to disconnect « lone wolf » terrorists from the terror organizations who often inspire them does nothing to alleviate the pain of those who have suffered at the hands of jihadists and only hurts prevention efforts. Rhetorical tricks aside, the reality is that during Obama’s tenure scores of innocent Americans have been murdered on U.S. soil by jihadists, most of whom were inspired by or acting under the direction of foreign terror groups, particularly the Islamic state.

Below is a list of the major, verifiable radical Islamic terror attacks « successfully planned and executed » on U.S. soil since Obama first took office in 2009 (the first section provided by Daily Wire’s Aaron Bandler):

Little Rock, Arkansas, June 1, 2009. Abdulhakim Mujahid Muhammad shot and murdered one soldier, Army Pvt. William Andrew Long, and injured another, Pvt. Quinton Ezeagwula, at a military recruiting station in Little Rock. Muhammad reportedly converted to Islam in college and was on the FBI’s radar after being arrested in Yemen–a hotbed of radical Islamic terrorism–for using a Somali passport, even though he was a U.S. citizen. In a note to an Arkansas judge, Muhammad claimed to be a member of al-Qaeda in the Arab Peninsula, the terror group’s Yemen chapter.

Fort Hood, Texas, November 5, 2009. Major Nidal Malik Hasan shot up a military base in Fort Hood and murdered 14 people. Hasan was in contact with al-Qaeda terrorist Anwar al-Awlaki prior to the attack and shouted « Allahu Akbar! » as he fired upon the soldiers on the Fort Hood base. After being sentenced to death, Hasan requested to join ISIS while on death row. It took six years for Obama to acknowledge the shooting as a terror attack instead of « workplace violence. »

Boston, Massachusetts, April 15, 2013. Tamerlan and Dhozkar Tsarnaev set off two bombs at the 2013 Boston marathon, killing three and injuring over 260 people. The Tsarnaev brothers later shot and murdered Massachusetts Institute of Technology police officer Sean Collier. The Tsarnaev brothers were self-radicalized through online jihadist propaganda and through a mosque with ties to al-Qaeda.

Moore, Oklahoma, September 24, 2014. Alton Nolen beheaded a woman, Colleen Huff, at a Vaughan Foods plant and stabbed and injured another person. While Nolen’s motives are unclear, he appears to have been another radicalized Muslim who was obsessed with beheadings.

Queens, New York, October 23, 2014. Zale Thompson, another self-radicalized Muslim, injured two police officers with a hatchet before being shot dead by other cops. Thompson reportedly indoctrinated himself with ISIS, al-Qaeda and al-Shabab–a Somali jihadist terror group–websites and was a lone wolf attacker.

Brooklyn, New York, December 20, 2014. Ismaayil Brinsley shot and murdered two police officers execution-style and his Facebook page featured jihadist postings and had ties to a terror-linked mosque.

Garland, Texas, May 3, 2015. Two gunmen shot up the Curtis Culwell Center in Garland, where a Mohammed cartoon contest was taking place, and were killed by a police officer. ISIS claimed responsibility for the attack.

Chattanooga, Tennessee, July 16, 2015. Muhammad Youssef Abdulazeez shot and killed four Marines and a sailor at a military base in Chattanooga and was believed to have been inspired by ISIS.

San Bernardino, California, December 14, 2015. Two radical Islamists, Syed Farook and Tashfeen Malik, shot and murdered 14 people and injured 22 others at an office holiday party.

Orlando, Florida, June 12, 2016. Omar Mateen, 29, opened fire at a gay nightclub, killing 49 and injuring 53. The FBI investigated Mateen twice before his rampage, but did not take any substantive action. Officials believe Mateen was self-radicalized but he pledged fealty to ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi before his death. « The real muslims will never accept the filthy ways of the west, » Mateen posted on his Facebook page after committing his heinous act at Pulse nightclub. « I pledge my alliance to (ISIS leader) abu bakr al Baghdadi..may Allah accept me, » he wrote.

St. Cloud, Minnesota, September 17, 2016. Dahir Ahmed Adan, a 20-year-old Somali refugee, began hacking at people with a steak knife at a Minnesota mall, injuring nine people before he was shot dead by off-duty police officer Jason Falconer. The FBI said numerous witnesses heard Adan yelling « Allahu akbar! » and « Islam! Islam! » during the rampage. He also asked potential victims if they were Muslims before inflicting wounds in their heads, necks, and chests. The FBI believe he had recently become self-radicalized. (As the Daily Wire highlighted, the Minneapolis Star Tribune attempted to blame « anti-Muslim tensions » for his murderous actions.)

New York City/New Jersey, September 17, 2016. Ahmad Khan Rahami, a 28-year-old naturalized citizen from Afghanistan, set off multiple bombs in New York and New Jersey. In Chelsea, his bomb resulted in the injury of over 30 people. Rahami wrote in his journal that he was connected to « terrorist leaders, » and appears to have been heavily influenced by Sheikh Anwar, Anwar al-Awlaki, Nidal Hassan, and Osama bin Laden. « I pray to the beautiful wise ALLAH, [d]o not take JIHAD away from me, » Rahami wrote. « You [USA Government] continue your [unintelligible] slaught[er] » against the holy warriors, « be it Afghanistan, Iraq, Sham [Syria], Palestine … « 

Columbus, Ohio, November 28, 2016. Abdul Razak Ali Artan, an ISIS-inspired 20-year-old Somali refugee who had been granted permanent legal residence in 2014 after living in Pakistan for 7  years, attempted to run over his fellow Ohio State students on campus. After his car was stopped by a barrier, he got out of the vehicle and began hacking at people with a butcher knife before being shot dead by a campus police officer. He injured 11 people, one critically. ISIS took credit for the attack, describing Artan as their « soldier. » Just three minutes before his rampage, Artan posted a warning to America on Facebook that the « lone wolf attacks » will continue until America « give[s] peace to the Muslims. » He also praised deceased al-Qaeda cleric Anwar Al-Awlaki as a « hero. »

Voir aussi:

Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis?
Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale.
Henry Rousso
Historien, directeur de recherches au CNRS (Institut d’histoire du temps présent)
Le Hugffington Post

26.02.2017

Le 22 février dernier, j’ai atterri vers 14h30 à l’aéroport de Houston, aux États-Unis, en provenance de Paris. Je devais me rendre à un colloque de la Texas A&M University (College Station), où j’ai été invité à plusieurs reprises ces dernières années. Au guichet de l’immigration, une fonctionnaire me refuse l’entrée et m’emmène dans une salle attenante pour contrôle, sans explications. Une trentaine de personnes y attendent que l’on statue sur leur sort. J’observe machinalement une certaine fréquence dans les entrées et sorties. Au bout de trois quarts d’heure, alors que la plupart de ceux qui attendent repartent sans problèmes, un jeune officier de police me demande de le suivre dans un bureau particulier. Commence alors un interrogatoire informel. Je lui demande ce qui me vaut d’être là. Il me répond : « contrôle aléatoire » (random check). Il me demande ce que je viens faire aux États-Unis. Je lui présente alors la lettre d’invitation de l’université. Cette intervention doit-elle être rémunérée ? Je confirme – c’est la règle dans beaucoup universités Nord-américaines. Il m’objecte alors que je n’ai qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail. Je lui réponds que je n’en ai pas besoin, que l’université s’est occupée comme d’habitude des formalités et, surtout, que je fais cela depuis plus de trente ans sans jamais avoir eu le moindre ennui. Son attitude se fait alors encore plus suspicieuse. Examinant mon passeport, il relève que j’ai bénéficié récemment d’un visa « J1 », accordé notamment aux universitaires. J’ai été, en effet, professeur invité à l’Université Columbia de New York, de septembre 2016 à janvier 2017. Il conclut que je suis donc revenu travailler « illégalement » avec un visa expiré. J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait. N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction. La décision sera confirmée plus tard par son supérieur hiérarchique – que je n’aurai pas la possibilité de rencontrer.

On bascule alors dans une autre dimension. Le policier me fait prêter serment et me soumet à un interrogatoire étendu : questions sur mon père, ma mère, ma situation familiale, me posant près d’une dizaine de fois les mêmes questions: qui m’emploie, où j’habite, etc. J’ai la copie du procès-verbal. Il relève toutes mes empreintes digitales, pourtant déjà enregistrées dans le système comme pour tous les visiteurs. Il opère une fouille au corps en règle, malgré mes protestations. « C’est la procédure », me rétorque-t-il. Il m’informe ensuite que je vais être refoulé (deported) et mis dans le prochain avion en partance pour Paris. Il ajoute que je ne pourrai plus jamais entrer dans le pays sans un visa particulier. Je suis stupéfait mais ne peux rien faire sinon prévenir mon collègue de l’université. Le policier me demande si je veux contacter le Consulat de France à Houston. Je réponds par l’affirmative mais c’est lui qui se charge de composer le numéro, plusieurs heures après, aux alentours de 19h, appelant le standard et non le numéro d’urgence, donc sans résultat. Il m’indique également qu’il n’arrive pas à contacter Air France pour mon billet. Cela fait déjà près de cinq heures que je suis détenu et je comprends alors que rien ne se passera avant le lendemain.

Je m’apprête donc à passer encore entre une dizaine ou une vingtaine d’heures installé sur une chaise, sans téléphone – l’usage en est interdit –, avant de pouvoir occuper un fauteuil un peu plus adapté à la situation de personnes ayant effectué un long voyage. Toutes les heures, un fonctionnaire vient nous proposer à boire ou à manger, et nous fait signer un registre comme quoi nous avons accepté ou refusé. Malgré la tension, j’observe ce qui se passe dans ce lieu insolite, à la fois salle d’attente anodine et zone de rétention. Si la plupart des policiers adoptent un ton réglementaire, non discourtois, quelques-uns ricanent discrètement en observant cette population hétéroclite sous leur contrôle. Une policière engueule une femme dont le garçon de trois ans court dans tous les sens. Un homme se lève pour demander ce qu’il en est de sa situation. Trois policiers lui hurlent de s’asseoir immédiatement.

Vers 21h, il reste une demi-douzaine de personnes, somnolentes et inquiètes, un Africain ne parlant pas bien l’anglais, les autres sans doute d’origine latino-américaine. Je suis apparemment le seul Européen – le seul « blanc ». Arrivent alors deux officiers de police. Ils se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut-être un Mexicain, bien mis de sa personne. Ils lui montrent un billet d’avion et lui disent qu’ils vont l’emmener. Invité à se lever, il est alors menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit: la policière qui lui met les fers aux pieds est une Africaine-Américaine, vaguement gênée. J’imagine le temps qu’il va mettre pour rejoindre la porte d’embarquement. Je me demande surtout si c’est le même sort qui nous attend. Je préfère croire que lui a commis un délit sérieux. J’apprendrai par la suite que « c’est la procédure ». Cette façon de faire – proprement indigne – serait exigée par les compagnies aériennes. Je ne suis pas sûr, au demeurant, que les conditions d’expulsion soient plus humaines chez nous.

L’attente continue, cette fois avec une réelle angoisse. A 1h 30 du matin – cela fait plus de 26 heures que j’ai quitté mon domicile parisien – je vois une certaine agitation. Une policière vient vers moi et me demande quelle est ma destination finale aux États-Unis et si quelqu’un m’attend à l’aéroport. Je réponds avec un début d’énervement – à éviter absolument dans ce genre de situations – que le chauffeur de l’université, qui se trouve à deux heures de route, est sans doute reparti… Elle me prie alors de ne pas me rendormir car je vais être appelé. Quelques minutes plus tard, un policier au ton cette fois amical me rend mon téléphone et mon passeport, dûment tamponné, et me déclare autorisé à entrer aux États-Unis. Les restrictions qui m’ont été imposées sont levées, ajoute-t-il, sans que je puisse savoir ce qui va rester dans leurs fichiers. Il m’explique que le fonctionnaire qui a examiné mon dossier était « inexpérimenté » et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception et pouvaient parfaitement être menées avec un simple visa touristique. « Il ne savait pas ». Abasourdi, je lui demande, ou plutôt je déclare que c’était donc une erreur. Il ne me répond pas. Il me laisse simplement entendre qu’ayant, lui, une longue expérience, il a vu le problème en prenant son poste en début de nuit. Il aura l’amabilité de me raccompagner à la sortie d’un aéroport totalement désert, m’indiquant l’adresse d’un hôtel dans la zone portuaire. À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés.

En réalité, ma libération n’a rien eu de fortuit. Elle est la conséquence de l’intervention de mon collègue auprès du président de l’université Texas A & M, d’une professeure de droit chargée des questions d’immigration, et de plusieurs avocats. Sans eux, j’aurais été conduit menotté, enchaîné, et entravé à l’embarquement pour Paris.

Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier. J’y pense d’autant plus que j’ai connu l’expulsion et l’exil dans mon enfance. Pour expliquer ce qui s’est passé, j’en suis rendu aux conjectures. Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ». Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.

 Voir aussi:
Valeurs actuelles

25 février 2017 

Irrespect. Suite à une nouvelle critique du président américain sur la situation sécuritaire de la France et de sa capitale, François Hollande a de nouveau dérapé. Une faute que la droite n’a pas manqué de souligner.

François Hollande a sans doute la mémoire courte. Alors que Donald Trump citait vendredi “un ami” effrayé par l’insécurité qui règne à Paris, le chef de l’État a tenté de répliquer, samedi 25 février, affirmant qu’en France il “n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule”.

“Comment François Hollande peut-il ainsi effacer les victimes ?”

Passablement remontée contre cette réponse fallacieuse, qui fait fi des dizaines de victimes récentes du terrorisme dans l’Hexagone, la droite a confronté le président socialiste à ses incohérences. François Fillon a par exemple rappelé les drames de “Toulouse, Charlie, Bataclan, Nice” et dénoncé un “effacement” des victimes.

Du côté du Front national, Florian Philippot s’est insurgé contre le “manque de respect pour les familles des victimes des attentats” et l’“indécence” du locataire de l’Élysée, quand Nicolas Bay a fustigé un “oubli [des victimes] du Bataclan et de Charlie Hebdo”.

Voir également:

L’effet Trump? La Suède s’interroge sur sa politique d’intégration

Le Point/ AFP

22/02/2017

Voir de même:

Trump Is Right: Sweden’s Embrace of Refugees Isn’t Working

The country has accepted 275,000 asylum-seekers, many without passports—leading to riots and crime.

Jimmie Åkesson and Mattias Karlsson
The Wall Street Journal
Feb. 22, 2017

When President Trump last week raised Sweden’s problematic experience with open door immigration, skeptics were quick to dismiss his claims. Two days later an immigrant suburb of Stockholm was racked by another riot. No one was seriously injured, though the crowd burned cars and hurled stones at police officers.

Mr. Trump did not exaggerate Sweden’s current problems. If anything, he understated them. Sweden took in about 275,000 asylum-seekers from 2014-16—more per capita than any other European country. Eighty percent of those who came in 2015 lacked passports and identification, but a majority come from Muslim nations. Islam has become Sweden’s second-largest religion. In Malmö, our third-largest city, Mohamed is the most common name for baby boys.

The effects are palpable, starting with national security. An estimated 300 Swedish citizens with immigrant backgrounds have traveled to the Middle East to fight for Islamic State. Many are now returning to Sweden and are being welcomed back with open arms by our socialist government. In December 2010 we had our first suicide attack on Swedish soil, when an Islamic terrorist tried to blow up hundreds of civilians in central Stockholm while they were shopping for Christmas presents. Thankfully the bomber killed only himself.

Riots and social unrest have become a part of everyday life. Police officers, firefighters and ambulance personnel are regularly attacked. Serious riots in 2013, involving many suburbs with large immigrant populations, lasted for almost a week. Gang violence is booming. Despite very strict firearm laws, gun violence is five times as common in Sweden, in total, as in the capital cities of our three Nordic neighbors combined.

Anti-Semitism has risen. Jews in Malmö are threatened, harassed and assaulted in the streets. Many have left the city, becoming internal refugees in their country of birth.

The number of sex crimes nearly doubled from 2014-15, according to surveys by the Swedish government body for crime statistics. One-third of Swedish women report that they no longer feel secure in their own neighborhoods, and 12% say they don’t feel safe going out alone after dark. A 1996 report from the same government body found that immigrant men were far likelier to commit rape than Swedish men. Last year our party asked the minister of justice to conduct a new report on crime and immigration, and he replied: “In light of previous studies, I do not see that a further report on recorded crime and individuals’ origins would add knowledge with the potential to improve the Swedish society.”

Our nation’s culture hasn’t been spared either. Artists accused of insulting Islam live under death threats. Dance performances and art exhibitions have been called off for fear of angering Islamists. Schools have prohibited the singing of traditional Christian hymns because they don’t want to “insult” non-Christian immigrants. Yet reports made with hidden cameras by journalists from Swedish public media show mosques teaching fundamentalist interpretations of Islam.

Sweden’s government now spends an incredible amount of money caring for newly arrived immigrants each year. The unemployment rate among immigrants is five times as high as that of native Swedes. Among some groups, such as Somalis, in places like Malmö unemployment reaches 80%.

Our party, the Sweden Democrats, wants to put the security and welfare of Swedish citizens first. We are surging in the opinion polls and seem to have a good chance of becoming the country’s largest party during the elections next year. We will not rest until we have made Sweden safe again.

For the sake of the American people, with whom we share so many strong historical and cultural ties, we can only hope that the leaders in Washington won’t make the same mistakes that our socialist and liberal politicians did.

Mr. Åkesson is party chairman of the Sweden Democrats. Mr. Karlsson is the party’s group leader in Parliament.

Voir par ailleurs:

Hommage national aux victimes du terrorisme: Trois décennies d’attentats en France

Laure Cometti

20 minutes

L’hommage national aux victimes du terrorisme, qui a lieu chaque année le 19 septembre, depuis 1998, prend ce lundi un écho particulier. Depuis janvier 2015, 236 personnes sont mortes dans des attentats en France, sur un total de 271 en trente ans. 20 Minutes revient sur les attaques terroristes perpétrées dans l’Hexagone au cours des trois dernières décennies.

1986

Cette année est marquée par neuf attaques terroristes, dont six sont meurtrières. Elles s’inscrivent dans une vague d’attentats, de décembre 1985 à septembre 1986, dont certains seront imputés au Hezbollah.

Le mois de septembre est particulièrement meurtrier. Le 8, une explosion fait un mort et dix-huit blessés dans le bureau de poste de l’Hôtel de Ville à Paris. Le 12, plus d’une cinquantaine de personnes sont blessées par une bombe placée dans un magasin Casino à la Défense. Le 14, une nouvelle explosion tue deux personnes dans le pub Renault des Champs-Elysées. Le lendemain, c’est la préfecture de police de Paris qui est visée : une bombe fait un mort et 51 blessés. Le 17, ce mois de septembre meurtrier s’achève par un attentat à la bombe devant le magasin Tati de la rue de Rennes, toujours à Paris. Le bilan est de sept morts et une cinquantaine de blessés.

1995

Entre juillet et novembre, l’Hexagone est le théâtre d’une série d’attaques à la bombe imputées à l’organisation terroriste algérienne du Groupe islamique armé (GIA). La seule attaque meurtrière est celle de la station de RER B Saint-Michel à Paris, le 25 juillet. Le bilan est de huit tués et plus d’une centaine de blessés.

Près de Lyon, une bombe est découverte le 26 août sur une ligne de TGV. Les empreintes digitales de Khaled Kelkal sont retrouvées sur l’engin explosif. Le jeune homme, impliqué dans l’attentat de la station Saint-Michel, est abattu par la police le 29 septembre. Arrêté deux jours auparavant, son complice Karim Koussa a été jugé et condamné à de la prison. Deux autres membres du GIA ont été arrêtés le 1er novembre dans le cadre de l’enquête sur cette vague d’attentats, Boualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem, tous deux jugés et incarcérés.

Le 3 septembre, une bombe blesse quatre personnes sur un marché du boulevard Richard Lenoir à Paris.

Les transports en commun de la capitale sont ciblés à deux autres reprises, sans faire de morts : le 6 octobre à Maison-Blanche (seize blessés) et le 17 octobre dans une rame du RER C, entre les stations Saint-Michel et Quai d’Orsay (une trentaine de blessés).

1996

Le 3 décembre, une explosion tue quatre personnes et en blesse plus de 90 à la station de RER B de Port-Royal. Les auteurs de l’attaque n’ont pas été identifiés.

2000

Le 19 avril, une bombe explose dans un restaurant de la chaîne McDonald’s à Quévert (ôtes-d’Armor), tuant une employée. L’enquête démontrera plus tard que la bombe devait exploser pendant la nuit. Trois hommes appartenant à la mouvance indépendantiste bretonne seront jugés puis acquittés dans cette affaire qui n’a pas été élucidée à ce jour.

2007

Le 6 décembre, un colis piégé explose dans un cabinet d’avocat au 52, boulevard Malesherbes à Paris. La secrétaire du cabinet est tuée sur le coup. L’affaire n’est pas élucidée à ce jour.

2012

En mars, Mohamed Merah tue sept personnes par balle à Toulouse et Montauban. Il s’agit de trois militaires et de  trois élèves et un professeur d’une école juive. Le terroriste islamiste est abattu le 22 mars après une intervention du Raid dans le quartier de Côte Pavée à Toulouse.

2015

Le début de l’année est marquée par la tuerie au siège de Charlie Hebdo. Les frères Saïd et Chérif Kouachi, qui affirment agir au nom de l’organisation Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), abattent le 7 janvier huit membres de la rédaction de l’hebdomadaire, un dessinateur invité à la conférence du journal, deux policiers et un agent de maintenance de l’entreprise Sodexo. Les terroristes sont tués deux jours plus tard à Dammartin-en-Goële.

Le lendemain, une policière municipale est tuée à Montrouge par Amédy Coulibaly qui mènera la prise d’otages du magasin Hypercacher de la Porte de Vincennes, le 9 janvier. Le terroriste, qui se revendique du groupe Etat islamique (EI) dans une vidéo, est abattu après avoir tué un employé et trois clients de la boutique vendant des produits casher.

Le 26 juin, Yassin Salhi décapite son patron sur le site de l’usine AirProducts. Fiché S pour ses liens avec l’islam radical, le présumé coupable s’est suicidé en prison le 23 décembre de la même année.

Le 13 novembre au soir, des attaques simultanées à Saint-Denis et Paris font 130 morts et plus de 400 blessés. Il s’agit des pires attaques terroristes de l’histoire de la France. Tous les auteurs de ces attentats, revendiqués par Daesh, sont morts en kamikazes. Salah Abdeslam, l’unique membre encore vivant des commandos, a été arrêté en le 18 mars 2016 en Belgique et remis à la France où il a été écroué.

2016

Le 13 juin, un policier de Magnanville et sa compagne employée au commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sont assassinés chez eux par  Larossi Abballa, qui avait revendiqué son action sur Twitter et Facebook au nom de Daesh. Le terroriste est abattu par le Raid.

Le soir de la fête nationale, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, au volant d’un camion, fonce dans la foule quelques instants après le feu d’artifice du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice. Le bilan est de 86 morts et plus de 300 blessés. L’attaque est revendiquée par Daesh.

Le 26 juillet, un prêtre est tué lors d’une prise d’otages pendant la messe dans une église catholique à Saint-Etienne-du-Rouvray. Les auteurs, deux djihadistes sont abattus par les forces de l’ordre. Cette attaque est aussi revendiquée par Daesh..

Voir de même:

Nordactu.fr

19/07/2016

Alors que le bilan humain de l’attentat de Nice du 14 juillet n’est pas encore définitif, Nord Actu a dressé la liste chronologique des attentats terroristes islamistes qui ont touché la France depuis début 2012, ainsi que les tentatives déjouées par les services de sécurité dont nous avons eu connaissance. La liste des projets d’attentats est donc non-exhaustive, mais permet de se faire une idée sur la quantité d’actions islamistes entreprises depuis 4 ans en France. Le bilan humain provisoire de cette guerre fait état de 254 morts et 684 blessés.

(NDLR: les attentats ayant « abouti » apparaissent en gras)

Attentats de mars 2012 par Mohammed Merah : 8 morts et 6 blessés.

Attentat du 25 mai 2013, un individu tente d’égorger un militaire à la Défense : 1 blessé.

Attentat déjoué en octobre 2013 : Un homme arrêté à Lille après son retour de Syrie.

Attentat déjoué en février 2014 : Le carnaval de Nice.

Attentat déjoué en juillet 2014 : Des lieux chiites à Créteil.

Attentat déjoué en août 2014 : Des synagogues à Lyon.

Attentat déjoué en septembre 2014 : Une réunion du CRIF à Lyon.

Attentat du 20 décembre 2014 à Joué les Tours, un individu attaque le commissariat à l’arme blanche, il est abattu : 1 mort et 3 blessés.

Attentat du 21 décembre 2014 à Dijon, un individu fonce dans la foule avec son véhicule au cri d’ «Allah Ahkbar» : 13 blessés.

Attentat du 22 décembre 2014 à Nantes, modus operandi similaire à l’attaque de Dijon : 1 mort et 10 blessés.

Attentats de janvier 2015 (Charlie hebdo + Montrouge + Hyper Kasher) : 17 morts et 22 blessés.

Attentat du 3 février 2015 à Nice, Moussa Coulibaly attaque des militaires à l’arme blanche : 3 blessés.

Attentat du 19 avril 2015 : Meurtre d’Aurélie Châtelain à Villejuif par Sid Ahmed Ghlam lors du vol de son véhicule devant servir à des actions contre des églises (voir ci-dessous) : 1 mort.

Attentat déjoué en avril 2015 : Une ou plusieurs églises en région parisienne par Sid Ahmed Ghlam (le suspect avait effectué des repérages autour du Sacré Cœur  de Montmartre et de deux églises de Villejuif).

Attentat de Saint-Quentin-Fallavier 26 juin 2015 : 1 mort et 2 blessés.

Attentat déjoué en juillet 2015 : Une base militaire dans les Pyrénées-Orientales.

Attentat du 21 août 2015 (attaque d’un train Thalys entre Bruxelles et Paris) : 3 blessés.

Attentat déjoué en octobre 2015 : Hakim Marnissi voulait attaquer la base navale de Toulon.

Attentat déjoué en octobre 2015 : Arrestation à Fontenay-sous-Bois, Salim et Ahmed M., deux frères « velléitaires pour le jihad syrien » qui ont planifié de s’en prendre à « des militaires, des policiers et/ou des juifs ».

Attentats du 13 novembre 2015 (Bataclan + terrasses de cafés + Stade de France + St Denis) : 137 morts et 413 blessés.

Attentat déjoué en novembre 2015 : Le quartier de la Défense.

Attentat déjoué en décembre 2015 : « Des représentants de la force publique » dans la région d’Orléans. Les deux suspects voulaient s’en prendre notamment au préfet du Loiret et à une centrale nucléaire.

Attentat déjoué en décembre 2015 : Interpellation d’un couple à Montpellier, la femme aurait dû commettre un attentat suicide à l’aide d’un faux-ventre de femme enceinte rempli d’explosifs.

Attentat du 1er janvier 2016 à Valence : un individu fonce sur des militaires avec son véhicule. Il doit être neutralisé par des tirs, un passant est blessé : 3 blessés au total.

Attentat du 7 janvier 2016 au commissariat de la Goutte d’Or à Paris : 1 mort (l’assaillant).

Attentat du 11 janvier 2016 à Marseille, un kurde de 15 ans attaque un enseignant juif à la machette : 1 blessé. Des policiers étaient également visés.

Attentat déjoué en janvier 2016 : Fort Béar dans les Pyrénées orientales, un gradé devait être kidnappé puis décapité. 3 interpellés.

Attentat déjoué du 2 février 2016 : Arrestation à Lyon de 6 individus qui projetaient d’attaquer des « clubs échangistes en France ».

Attentat déjoué du 9 mars 2016 : Un individu radicalisé d’une trentaine d’années a embarqué à l’aéroport de Nantes en direction de Fès. Il a été arrêté au Maroc par les autorités marocaines. Il était en possession de plusieurs armes blanches et une bonbonne de gaz.

Attentat déjoué du 9 mars  2016 : Un franco-algérien a délibérément lancé sa voiture contre la façade d’un commissariat de police à Firminy. D’après Noëlle Deraime, directrice départementale de la sécurité publique, il ne s’agit pas d’un accident.

Attentat déjoué en mars 2016 : 4 jeunes femmes devaient attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris.

Attentat déjoué en mars 2016: Quatre personnes (3 hommes et 1 femme) ont été interpellées par la DGSI dans le XVIIIe arrondissement de Paris ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Elles sont suspectées de s’être préparées à commettre des attentats dans la capitale.

Attentat déjoué en mars 2016 : Arrestation de Rada Kriket à Boulogne Billancourt, d’Anis B. à Rotterdam et d’Abderahmane Ameuroud  à Bruxelles pour « risque imminent d’action terroriste ».

Attentat déjoué le 8 avril 2016: Arrestation de Mohamed Abrini, recherché depuis les attentats du 13 novembre, à Anderlecht. Il révèle que le commando des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles devait à nouveau frapper la France.

Attentat du 24 avril 2016: Un militaire de l’opération Sentinelle est agressé au cutter par un individu tenant des propos en arabe à Strasbourg. L’agresseur prend la fuite et est interpellé le 4 mai 2016. Bilan : 1 blessé.

Attentat contre un couple de policiers du 13 juin 2016 à Magnanville par Larossi Abballa : 3 morts.

Attentat du 14 juin 2016 à Rennes, une lycéenne âgée de 19 ans est agressée à coups de couteau par un homme de 32 ans connu des services de police qui voulait procéder à un « sacrifice » au cours du ramadan, selon ses propres termes. Bilan : 1 blessé.

Attentat déjoué le 16 juin 2016: Un jeune homme de 22 ans arrêté par la DGSI à la gare de Carcassonne en possession d’un couteau et d’une machette projetant un attentat en s’attaquant à des touristes américains et anglais ainsi qu’aux forces de l’ordres et « mourir en martyr ».

Attentat déjoué le 17 juin 2016: À Béziers, un détenu converti à l’islam et radicalisé voulait commettre un attentat contre un club naturiste au Cap d‘Agde car il n’aimait pas les « culs-nus ». L’individu s’est fait allonger sa peine de 6 mois supplémentaires.

Attentat du 14 juillet 2016 à Nice : 84 morts et 202 blessés

Le détail des attentats déjoués en France depuis un an

INFO LE FIGARO – Des projets d’assassinats et d’attentats, visant notamment un centre commercial, une salle de spectacle ou encore une centrale nucléaire, ont été révélés devant la commission d’enquête parlementaire.

«Nous avons tout eu»: le 18 mai, devant la commission d’enquête, le coordonnateur national du renseignement, Didier Le Bret, résume en une formule les multiples attaques, contrecarrées ou non, qui ont visé le pays. Pour la première fois, le rapport de Sébastien Pietrasanta fournit le détail d’une dizaine d’attentats déjoués en France en un an. Certains, comme celui ciblant la base militaire de Port Vendres où trois djihadistes voulaient filmer la décapitation d’un haut gradé ou celui en octobre contre des militaires de la base de Toulon, sont connus. D’autres sont restés plus confidentiels. Ainsi, le document révèle que, le 16 mars, «quatre jeunes femmes, dont trois mineures (…) ont été interpellées à Roubaix, Lyon et Brie-Comte-Robert» alors qu’«elles avaient formé le projet d’attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris».

Ce coup de filet a lieu huit jours avant que la DGSI interpelle Reda Kriket à Boulogne-Billancourt et découvre à Argenteuil une «cache» remplie d’armes de guerre et d’explosifs susceptible de perpétrer une attaque au nom de Daech. Les 15 et 16 décembre dernier, la DGSI arrêtait Rodrigue D. et Karim K., deux terroristes en puissance qui «projetaient de s’attaquer à des militaires et des policiers orléanais». Le rapport dévoile que «tout en minimisant son implication dans ce projet», Karim K. a «reconnu vouloir assassiner le préfet du Loiret et s’attaquer à une centrale nucléaire». Avant de préciser que «les deux mis en cause ont confirmé le rôle d’Anthony D., djihadiste français de l’EI évoluant en Syrie depuis fin 2014, comme soutien financier».

Communications cryptées

Au même moment, la DGSI, toujours elle, appréhendait, à Tours, Issa Khassiev, un Russe d’origine tchétchène «susceptible d’avoir rejoint la Syrie en 2013» et qui envisageait de «réaliser une action violente en France avant de regagner la zone syro-irakienne pour y mourir en martyr». Lors d’une perquisition, celui qui a prêté «allégeance à l’EI» avait «proféré des menaces à l’encontre des fonctionnaires de police présents». Outre le cas d’un radicalisé en prison projetant d’assassiner une députée parisienne interpellé en octobre «après s’être lui-même dénoncé (…)», le document évoque aussi l’arrestation, à Fontenay-sous-Bois, de Salim et Ahmed M., deux frères «velléitaires pour le djihad syrien» qui voulaient s’en prendre à des «militaires, des policiers et/ou des juifs». Ces réussites policières ne peuvent cependant obérer les échecs des attentats de janvier et de novembre qui enseignent que «les terroristes ne relèvent plus d’aucune logique nationale ni dans leur profil ou leur recrutement, ni dans leur mode opératoire et la conception de leurs attaques».

Rappelant que «les commandos ne se sont effectivement rendus sur le territoire français que la veille des attaques, un délai peut-être trop bref pour être repérés par les seuls services français», Sébastien Pietrasanta considère que «cette tactique a également si bien fonctionné parce que les terroristes ont encore accru leur mobilité par une bien plus grande furtivité que par le passé». Le directeur général de la sécurité extérieure, Bernard Bajolet, l’a concédé devant la commission Fenech: «La difficulté à laquelle nous nous heurtons est que ces terroristes sont rompus à la clandestinité et font une utilisation très prudente, très parcimonieuse, des moyens de communication: les téléphones ne sont utilisés qu’une seule fois, les communications sont cryptées et nous ne pouvons pas toujours les décoder.» «Pour connaître leurs projets, il faut avoir des sources humaines directement en contact avec ces terroristes, décrit le patron de la DGSE. Or ces réseaux sont très cloisonnés, ils peuvent recevoir des instructions de caractère général, mais avoir ensuite une certaine autonomie dans la mise en œuvre de la mission qui leur est confiée.» (…). Et le rapporteur Pietrasanta de conclure: «L’explosion des communications électroniques, le développement du darknet, la mise à portée de tous de moyens de communication bénéficiant de puissants chiffrements – telle que l’application de messagerie Telegram – rendent les terroristes plus furtifs aux yeux des services de renseignements et leur imposent d’opérer des sauts capacitaires réguliers.»

Voir de plus:

Sweden’s rape rate under the spotlight

  • 15 September 2012

The Julian Assange extradition case has put Sweden’s relatively high incidence of rape under the spotlight. But can such statistics be reliably compared from one country to another?

Which two countries are the kidnapping capitals of the world?

Australia and Canada.

Official figures from the United Nations show that there were 17 kidnaps per 100,000 people in Australia in 2010 and 12.7 in Canada.

That compares with only 0.6 in Colombia and 1.1 in Mexico.

So why haven’t we heard any of these horror stories? Are people being grabbed off the street in Sydney and Toronto, while the world turns a blind eye?

No, the high numbers of kidnapping cases in these two countries are explained by the fact that parental disputes over child custody are included in the figures.

If one parent takes a child for the weekend, and the other parent objects and calls the police, the incident will be recorded as a kidnapping, according to Enrico Bisogno, a statistician with the United Nations.

Comparing crime rates across countries is fraught with difficulties – this is well known among criminologists and statisticians, less so among journalists and commentators.

Sweden has the highest rape rate in Europe, author Naomi Wolf said on the BBC’s Newsnight programme recently. She was commenting on the case of Julian Assange, the Wikileaks founder who is fighting extradition from the UK to Sweden over rape and sexual assault allegations that he denies.

Is it true? Yes. The Swedish police recorded the highest number of offences – about 63 per 100,000 inhabitants – of any force in Europe, in 2010. The second-highest in the world.

This was three times higher than the number of cases in the same year in Sweden’s next-door neighbour, Norway, and twice the rate in the United States and the UK. It was more than 30 times the number in India, which recorded about two offences per 100,000 people.

On the face of it, it would seem Sweden is a much more dangerous place than these other countries.

But that is a misconception, according to Klara Selin, a sociologist at the National Council for Crime Prevention in Stockholm. She says you cannot compare countries’ records, because police procedures and legal definitions vary widely.

« In Sweden there has been this ambition explicitly to record every case of sexual violence separately, to make it visible in the statistics, » she says.

« So, for instance, when a woman comes to the police and she says my husband or my fiance raped me almost every day during the last year, the police have to record each of these events, which might be more than 300 events. In many other countries it would just be one record – one victim, one type of crime, one record. »

The thing is, the number of reported rapes has been going up in Sweden – it’s almost trebled in just the last seven years. In 2003, about 2,200 offences were reported by the police, compared to nearly 6,000 in 2010.

So something’s going on.

But Klara Selin says the statistics don’t represent a major crime epidemic, rather a shift in attitudes. The public debate about this sort of crime in Sweden over the past two decades has had the effect of raising awareness, she says, and encouraging women to go to the police if they have been attacked.

The police have also made efforts to improve their handling of cases, she suggests, though she doesn’t deny that there has been some real increase in the number of attacks taking place – a concern also outlined in an Amnesty International report in 2010.

« There might also be some increase in actual crime because of societal changes. Due to the internet, for example, it’s much easier these days to meet somebody, just the same evening if you want to. Also, alcohol consumption has increased quite a lot during this period.

« But the major explanation is partly that people go to the police more often, but also the fact that in 2005 there has been reform in the sex crime legislation, which made the legal definition of rape much wider than before. »

The change in law meant that cases where the victim was asleep or intoxicated are now included in the figures. Previously they’d been recorded as another category of crime.

So an on-the-face-of-it international comparison of rape statistics can be misleading.

Botswana has the highest rate of recorded attacks – 92.9 per 100,000 people – but a total of 63 countries don’t submit any statistics, including South Africa, where a survey three years ago showed that one in four men questioned admitted to rape.

In 2010, an Amnesty International report highlighted that sexual violence happens in every single country, and yet the official figures show that some countries like Hong Kong and Mongolia have zero cases reported.

Evidently, women in some countries are much less likely to report an attack than in others and are much less likely to have their complaint recorded.

UN statistician Enrico Bisogno says surveys suggest that as few as one in 10 cases are ever reported to the police, in many countries.

« We often present the situation as kind of an iceberg where really what we can see is just the tip while the rest is below the sea level. It remains below the radar of the law enforcement agencies, » he says.

Naomi Wolf has also written that Sweden has the lowest conviction rate in Europe.

She was relying on statistics from a nine-year-old report, which calculated percentage conviction rates based on the number of offences recorded by the police and the number of convictions. But this is a problematic way of analysing statistics, as several offences could be committed by one person.

The United Nations holds official statistics on the number of convictions for rape per 100,000 people and actually, by that measure, Sweden has the highest number of convictions per capita in Europe, bar Russia. In 2010, 3.7 convictions were achieved per 100,000 population.

Though it’s still the case, as Wolf pointed out to the BBC, that women in Sweden report a high number of offences – and only a small number of rapists are punished.

So there’s a lot that official statistics don’t tell us. They certainly don’t reveal the real number of rapes that happen in Sweden, or any other country. And they don’t give a clear view of which countries have worse crime rates than others.

Rape is particularly complex, but you’d think it would be straightforward to analyse murder rates across different countries – just count up the dead bodies, and compare and contrast.

If only, says Enrico Bisogno. « For example, if I punch somebody and the person eventually dies, some countries can consider that as an intentional murder, others as a manslaughter. Or in some countries, dowry killings are coded separately because there is separate legislation. »

What’s more, a comparison of murder rates between developed and less developed countries may tell you as much about health as crime levels, according to Professor Chris Lewis, a criminologist from Portsmouth University in the UK.

The statistics are to some unknown degree complicated by the fact that you’re more likely to survive an attack in a town where you’re found quickly and taken to a hospital that’s well-equipped.


Histoire: Plus inconnu que le soldat inconnu… le déserteur ! (Dos Passos was right: Book reveals how gangs of AWOL GIs terrorized WWII Paris with a reign of mob-style violence)

23 février, 2017
Glass's study of the very different stories and men grouped together under the label, Deserters

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Cela met en lumière ce que cela signifie pour un homme de conviction et de foi de se retrouver dans une situation infernale… et, au milieu de ce cauchemar, cet homme est en mesure d’approfondir sa spiritualité et d’accomplir quelque chose de plus grand. Mel Gibson
Oscars Poll: 60 percent of Americans can’t name one best picture nominee (…) For most of the best picture nominees, Clinton voters were more likely to have seen the various films when compared to Trump voters. The big exception was Hacksaw Ridge, which Trump voters were considerately more likely (27%) than Clinton voters (18%). The Hollywood Reporter
Après les vives polémiques provoquées par La Passion du Christ (2004) puis Apocalypto (2006) (…) Mel Gibson a choisi de mettre en scène Desmond Doss, objecteur de conscience américain, qui tint à aller au front comme infirmier pendant la Seconde Guerre mondiale, sans jamais porter d’arme. Les images sanglantes, christiques, cruelles de son film font écho à celles de ses réalisations précédentes. (…) Dans chacun de ses films, Mel Gibson, fervent catholique, explore une figure isolée, prête à soulever les foules, mais aussi à subir les exactions de ses pourfendeurs. Le paroxysme de ce postulat –  la cruauté humaine envers ses semblables – est atteint avec La passion du Christ, où la foule déchaînée s’acharne sans relâche pour faire crucifier Jésus. Le film suscitera une immense controverse autour du réalisateur, accusé de véhiculer un message profondément antisémite, les Juifs étant représentés comme un peuple cruel et déicide. Cette foule haineuse, on la retrouve aussi dans Braveheart (1995) avant le sacrifice de William Wallace, torturé puis tué dans d’atroces souffrances. Dans Tu ne tueras point, le choix de Desmond Doss de ne pas porter d’armes déplaît fortement aux autres soldats qui le prennent pour un lâche, le torturent psychologiquement puis le passent lâchement à tabac en pleine nuit. (…) Tu ne tueras point, met en scène la figure ô combien christique de Desmond Doss, adventiste du septième jour, objecteur de conscience qui sauva 75 de ses camarades pendant la bataille d’Okinawa. Le tout, renforcé par des plans sans ambiguïté : Wallace les bras en croix avant la torture, ou Desmond, filmé allongé sur son brancard, en contre-plongée, les bras ouverts, comme appelé par les cieux. Télérama
“Don’t think I’m sticking up for the Germans,” puts in the lanky young captain in the upper berth, “but…” “To hell with the Germans,” says the broad-shouldered dark lieutenant. “It’s what our boys have been doing that worries me.” The lieutenant has been talking about the traffic in Army property, the leaking of gasoline into the black market in France and Belgium even while the fighting was going on, the way the Army kicks the civilians around, the looting. “Lust, liquor and loot are the soldier’s pay,” interrupts a red-faced major. (…) A tour of the beaten-up cities of Europe six months after victory is a mighty sobering experience for anyone. Europeans. Friend and foe alike, look you accusingly in the face and tell you how bitterly they are disappointed in you as an American. They cite the evolution of the word “liberation.” Before the Normandy landings it meant to be freed from the tyranny of the Nazis. Now it stands in the minds of the civilians for one thing, looting. (…) Never has American prestige in Europe been lower. People never tire of telling you of the ignorance and rowdy-ism of American troops, of out misunderstanding of European conditions. They say that the theft and sale of Army supplies by our troops is the basis of their black market. They blame us for the corruption and disorganization of UNRRA. (…) The Russians came first. The Viennese tell you of the savagery of the Russian armies. They came like the ancient Mongol hordes out of the steppes, with the flimsiest supply. The people in the working-class districts had felt that when the Russians came that they at least would be spared. But not at all. In the working-class districts the tropes were allowed to rape and murder and loot at will. When victims complained, the Russians answered, “You are too well off to be workers. You are bourgeoisie.” When Americans looted they took cameras and valuables but when the Russians looted they took everything. And they raped and killed. From the eastern frontiers a tide of refugees is seeping across Europe bringing a nightmare tale of helpless populations trampled underfoot. When the British and American came the Viennese felt that at last they were in the hands of civilized people. (…) We have swept away Hitlerism, but a great many Europeans feel that the cure has been worse than the disease. John Dos Passos (Life, le 7 janvier 1946)
lls sont venus, ils ont vaincu, ils ont violé… Sale nouvelle, les beaux GI débarqués en 1944 en France se sont comportés comme des barbares. Libération (mars 2006)
Oui, les libérateurs pratiquaient un racisme institutionnalisé et ils condamnèrent à mort des soldats noirs, accusés à tort de viols. En son temps, l’écrivain Louis Guilloux, qui fut l’interprète officiel des Américains en 1944 en Bretagne, assista à certains de ces procès en cour martiale. Durablement marqué, il relata son expérience dans OK, Joe !, un récit sobre, tranchant, qui a la puissance d’un brûlot. Loin du mélo. Télérama (décembre 2009)
Sur fond d’histoire d’amour impossible, Les Amants de l’ombre nous transportent dans une période méconnue de la Seconde Guerre mondiale où l’armée américaine, présentée comme libératrice, n’hésitait pas à condamner à mort des soldats noirs accusés à tort de viol. Métro (dec. 2009)
Soviet and German treatment of deserters, a story of pitiless savagery, is not mentioned here. Glass is concerned only with the British and Americans in the second world war, whose official attitudes to the problem were tortuous. In the first world war, the British shot 304 men for desertion or cowardice, only gradually accepting the notion of « shell-shock ». In the United States, by contrast, President Woodrow Wilson commuted all such death sentences. In the second world war, the British government stood up to generals who wanted to bring back the firing squad (the Labour government in 1930 had abolished the death penalty for desertion). Cunningly, the War Office suggested that restoration might suggest to the enemy that morale in the armed forces was failing. President Roosevelt, on the other hand, was persuaded in 1943 to suspend « limitations of punishment ». In the event, the Americans shot only one deserter, the luckless Private Eddie Slovik, executed in France in January 1945. He was an ex-con who had never even been near the front. Slovik quit when his unit was ordered into action, calculating that a familiar penitentiary cell would be more comfortable than being shot at in a rainy foxhole. His fate was truly unfair, set against the bigger picture. According to Glass, « nearly 50,000 American and 100,000 British soldiers deserted from the armed forces » during the war. Some 80% of these were front-line troops. Almost all « took a powder » (as they said then) in the European theatres of war; there were practically no desertions from US forces in the Pacific, perhaps because there was nowhere to go. By the end of the conflict, London, Paris and Naples, to name only a few European cities, swarmed with heavily-armed Awol servicemen, many of them recruited into gangs robbing and selling army supplies. Units were diverted from combat to guard supply trains, which were being hijacked all over liberated Europe. Paris, where the police fought nightly gun battles with American bandits, seemed to be a new Chicago. The Guardian
Thousands of American soldiers were convicted of desertion during the war, and 49 were sentenced to death. (Most were given years of hard labor.) Only one soldier was actually executed, an unlucky private from Detroit named Eddie Slovik. This was early 1945, at the moment of the Battle of the Bulge. Mr. Glass observes: “It was not the moment for the supreme Allied commander, Gen. Dwight Eisenhower, to be seen to condone desertion.” There were far more desertions in Europe than in the Pacific theater. In the Pacific, there was nowhere to disappear to. “In Europe, the total that fled from the front rarely exceeded 1 percent of manpower,” Mr. Glass writes. “However, it reached alarming proportions among the 10 percent of the men in uniform who actually saw combat.” (…) Too few men did too much of the fighting during World War II, the author writes. Many of them simply cracked at the seams. Poor leadership was often a factor. “High desertion rates in any company, battalion or division pointed to failures of command and logistics for which blame pointed to leaders as much as to the men who deserted,” he says. Mr. Glass adds, “Some soldiers deserted when all the other members of their units had been killed and their own deaths appeared inevitable.” The essential unfairness of so few men seeing the bulk of the combat was undergirded by other facts. Many men never shipped out. Mr. Glass cites a statistic that psychiatrists allowed about 1.75 million men to avoid service for “reasons other than physical.”This special treatment led to bitterness. Mr. Glass quotes a general who wrote, “When, in 1943, it was found that 14 members of the Rice University football team had been rejected for military service, the public was somewhat surprised.”Mr. Glass provides information about desertions in other American wars. During the Civil War, more than 300,000 troops went AWOL from the Union and Confederate armies. He writes, “Mark Twain famously deserted from both sides.” The NYT
In the weeks following liberation from the Nazis, Paris was hit by wave of crime and violence that saw the city compared to Prohibition New York or Chicago. And the cause was the same: American Gangsters. While the Allies fought against Hitler’s forces in Europe, law enforcers fought against the criminals who threatened that victory. Men who had abandoned the ‘greater good’ in favour of self-interest, black-market profits and the lure of the cafes and brothels of Paris: deserters. Highly organised, armed to the teeth and merciless, these deserters used their US uniforms as another tool of their trade along with the vast arrays of stolen weapons, forged passes and hijacked vehicles they had at their disposal. Between June 1944 and April 1945 the US army’s Criminal Investigation Branch (CBI) handled a total of 7,912 cases. Forty per cent involved misappropriation of US supplies. Greater yet was the proportion of crimes of violence – rape, murder, manslaughter and assault which accounted for 44 per cent of the force’s workload. The remaining 12 per cent were crimes such as robbery, housebreaking and riot.Many were afraid. They had reached a point beyond which they could not endure and chosen disgrace over the grave. Some recounted waking, as if from a dream, to find their bodies had led them away from the battelfield. (…)  Others, like Weiss, fought until their faith in their immediate commanders disappeared. Was it a form of madness or a dawning lucidity that led them to desert? Glass does not claim to be able to answer that question to which Weiss himself had devoted his latter years to addressing to no avail. Others still deserted to make money, stealing and selling the military supplies that their comrades at the front needed to survive. Opportunists and crooks, certainly, but not cowards – the life they chose was every bit as violent and bloody as battle. 50,000 American and 100,000 British soldiers deserted during World War II. Yet according to Glass the astounding fact is not that so many men deserted, but that so few did. Only one was executed for it, Eddie Slovik. He was, until that point, by his own assessment the unluckiest man alive.He never fought a battle. He never went on the run as most deserters did. He simply made it clear that he preferred prison to battle.  Of the 49 Americans sentenced to death for desertion during the Second World War he was the only one whose appeal for commutation was rejected. His greatest sin, as Glass tells it, was his timing. His appeal came in January 1945 just as the German counter-offensive, the Battle of the Bulge, was at its peak. Allied forces were near breaking point. It was not, Supreme Allied Commander, General Dwight Eisenhower decided, time to risk seeming to condone desertion. (…) Led by an ex-paratrooper sergeant, raids were planned like military operations. Whitehead himself admitted, ‘we stole trucks, sold whatever they carried, and used the trucks to rob warehouses of the goods in them.’ They used combat tactics, hijacked goods destined for front-line troops. Their crimes even spread into Belgium. They attacked civilians and military targets indiscriminately. His gangland activities gave Whitehead ‘a bigger thrill than battle.’ Quoting from the former soldier’s memoir Glass recounts his boasts: ‘We robbed every café in Paris, in all sectors except our own, while the gendarmes went crazy.’ They robbed crates of cognac and champagne, hijacked jeeps and raided private houses whose bed sheets and radios were ‘easy to fence.’ They stole petrol, cigarettes, liquor and weapons. Within six months Whitehead reckoned his share of the plunder at $100,000. Little wonder that when Victory in Europe was announced on 7 May 1945, Whitehead admitted, ‘That day and night everyone in Paris and the rest of Europe was celebrating, but I just stayed in my apartment thinking about it all.’ (…) Ultimately Whitehead was captured and court martialled. He was dishonourably discharged and spent time in the Delta Disciplinary Training Barracks in the south of France and in federal penitentiaries in New Jersey. Many years later he had that ‘dishonourable discharge,’ turned into a General one on rather disingenuous legal grounds.
En Allemagne, on dresse depuis 1986 des monuments aux déserteurs allemands de la seconde guerre mondiale. En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, personne, jusqu’il y a peu, ne voulait aborder cette thématique historique des déserteurs des armées de la coalition anti-hitlérienne. Charles Glass, ancien correspondant d’ABC pour le Moyen Orient, otage de milices chiites au Liban pendant 67 jours en 1987, vient d’innover en la matière: il a brisé ce tabou de l’histoire contemporaine, en racontant par le menu l’histoire des 50.000 militaires américains et des 100.000 militaires britanniques qui ont déserté leurs unités sur les théâtres d’opération d’Europe et d’Afrique du Nord. Le chiffre de 150.000 hommes est énorme: cela signifie qu’un soldat sur cent a abandonné illégalement son unité. Chez les Américains, constate Glass, les déserteurs ne peuvent pas être considérés comme des lâches ou des tire-au-flanc; il s’agit souvent de soldats qui se sont avérés des combattants exemplaires et courageux, voir des idéalistes qui ont prouvé leur valeur au front. Ils ont flanché pour les motifs que l’on classe dans la catégorie “SNAFU” (“Situation Normal, All Fucked Up”). Il peut s’agir de beaucoup de choses: ces soldats déserteurs avaient été traités bestialement par leurs supérieurs hiérarchiques incompétents, leur ravitaillement n’arrivait pas à temps, les conditions hygiéniques étaient déplorables; aussi le fait que c’était toujours les mêmes unités qui devaient verser leur sang, alors que personne, dans la hiérarchie militaire, n’estimait nécessaire de les relever et d’envoyer des unités fraîches en première ligne. Dans une telle situation, on peut comprendre la lassitude des déserteurs surtout que certaines divisions d’infanterie en France et en Italie ont perdu jusqu’à 75% de leurs effectifs. Pour beaucoup de GI’s appartenant à ces unités lourdement éprouvées, il apparaissait normal de déserter ou de refuser d’obéir aux ordres, même face à l’ennemi. (…) Au cours de l’automne 1944, dans l’US Army en Europe, il y avait chaque mois près de 8500 déserteurs ou de cas d’absentéisme de longue durée, également passibles de lourdes sanctions. La situation était similaire chez les Britanniques: depuis l’offensive de Rommel en Afrique du Nord, le nombre de déserteurs dans les unités envoyées dans cette région a augmenté dans des proportions telles que toutes les prisons militaires du Proche Orient étaient pleines à craquer et que le commandant-en-chef Claude Auchinleck envisageait de rétablir la peine de mort pour désertion, ce qui n’a toutefois pas été accepté pour des motifs de politique intérieure (ndt: ou parce que les Chypriotes grecs et turcs ou les Juifs de Palestine avaient été enrôlés de force et en masse dans la 8ème Armée, contre leur volonté?). Les autorités britanniques ont dès lors été forcées d’entourer tous les camps militaires britanniques d’une triple rangée de barbelés pour réduire le nombre de “fuites”. Le cauchemar du commandement allié et des décideurs politiques de la coalition anti-hitlérienne n’était pas tellement les déserteurs proprement dits, qui plongeaient tout simplement dans la clandestinité et attendaient la fin de la guerre, mais plutôt ceux d’entre eux qui se liguaient en bandes et se donnaient pour activité principale de piller la logistique des alliés et de vendre leur butin au marché noir. La constitution de pareilles bandes a commencé dès le débarquement des troupes anglo-saxonnes en Italie, où les gangs de déserteurs amorcèrent une coopération fructueuse avec la mafia locale. Parmi elles, le “Lane Gang”, dirigé par un simple soldat de 23 ans, Werner Schmeidel, s’est taillé une solide réputation. Ce “gang” a réussi à s’emparer d’une cassette militaire contenant 133.000 dollars en argent liquide. A l’automne 1944, ces attaques perpétrées par les “gangs” a enrayé l’offensive du Général Patton en direction de l’Allemagne: des déserteurs américains et des bandes criminelles françaises avaient attaqué et pillé les véhicules de la logistique amenant vivres et carburants. La situation la plus dramatique s’observait alors dans le Paris “libéré”, où régnait l’anarchie la plus totale: entre août 1944 et avril 1945, la “Criminal Investigation Branch” de l’armée américaine a ouvert 7912 dossiers concernant des délits importants, dont 3098 cas de pillage de biens militaires américains et 3481 cas de viol ou de meurtre (ou d’assassinat). La plupart de ces dossiers concernaient des soldats américains déserteurs. La situation était analogue en Grande-Bretagne où 40.000 soldats britanniques étaient entrés dans la clandestinité et étaient responsables de 90% des délits commis dans le pays. Pour combattre ce fléau, la justice militaire américaine s’est montrée beaucoup plus sévère que son homologue britannique: de juin 1944 à l’automne 1945, 70 soldats américains ont été exécutés pour avoir commis des délits très graves pendant leur période de désertion. La masse énorme des déserteurs “normaux” était internée dans d’immenses camps comme le “Loire Disciplinary Training Center” où séjournait 4500 condamnés. Ceux-ci y étaient systématiquement humiliés et maltraités. Des cas de décès ont été signalés et attestés car des gardiens ont à leur tour été traduits devant des juridictions militaires. En Angleterre, la chasse aux déserteurs s’est terminée en pantalonnade: ainsi, la police militaire britannique a organisé une gigantesque razzia le 14 décembre 1945, baptisée “Operation Dragnet”. Résultat? Quatre arrestations! Alors qu’à Londres seulement, quelque 20.000 déserteurs devaient se cacher. Au début de l’année 1945, l’armée américaine se rend compte que la plupart des déserteurs condamnés avaient été de bons soldats qui, vu le stress auquel ils avaient été soumis pendant de trop longues périodes en zones de combat, auraient dû être envoyés en clinique plutôt qu’en détention. Les psychologues entrent alors en scène, ce qui conduit à une révision de la plupart des jugements qui avaient condamné les soldats à des peines entre 15 ans et la perpétuité. En Grande-Bretagne, il a fallu attendre plus longtemps la réhabilitation des déserteurs malgré la pression de l’opinion publique. Finalement, Churchill a cédé et annoncé une amnistie officielle en février 1953. Wolfgang Kaufmann 

C’est Dos Passos qui avait raison !

Combattants exemplaires et courageux, voire idéalistes qui craquent, bandes de charognards sans scrupule pillant la logistique de vivres et de carburants des Alliés et les revendant au marché noir, violeurs notamment noirs ou assassins …

A la veille d’une cérémonie des Oscars …

Où face à des films nombriliste (La la land) ou très marqués minorités (Hidden figures, Fences) voire minorités/homosexualité (Moonlight) ou étranger (Lion) ou la chronique sociale d’une communauté de marins prolétaires (Manchester by the sea), la science fiction classique (Arrival/Premier contact) ou le néo-western (Hell or high water/Comancheria) …

Emerge notamment du côté des électeurs républicains, avec quand même six nominations, par le réalisateur controversé de la Passion du Christ …

L’étrange ovni (souligné par ailleurs par son titre français tiré tout droit du décalogue) du film de guerre religieux  (Hacksaw ridge/Tu ne tueras point) …

Avec cette histoire vraie mais ô combien christique du seul objecteur de conscience américain à recevoir la médaille d’honneur …

Ce guerrier sans armes qui tout en s’en tenant à sa volonté de ne pas porter d’armes parvint à sauver des dizaines de soldats (ennemis compris !) …

Retour, avec le livre du journaliste-historien Charles Glass d’il y a quatre ans …

Sur ces oubliés des oubliés de notre dernière grande guerre …

A savoir les déserteurs !

Une étude sur les déserteurs des armées alliées pendant la deuxième guerre mondiale
Wolfgang Kaufmann

Snerfies

16 janvier 2014

En Allemagne, on dresse depuis 1986 des monuments aux déserteurs allemands de la seconde guerre mondiale. En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, personne, jusqu’il y a peu, ne voulait aborder cette thématique historique des déserteurs des armées de la coalition anti-hitlérienne. Charles Glass, ancien correspondant d’ABC pour le Moyen Orient, otage de milices chiites au Liban pendant 67 jours en 1987, vient d’innover en la matière: il a brisé ce tabou de l’histoire contemporaine, en racontant par le menu l’histoire des 50.000 militaires américains et des 100.000 militaires britanniques qui ont déserté leurs unités sur les théâtres d’opération d’Europe et d’Afrique du Nord. Le chiffre de 150.000 hommes est énorme: cela signifie qu’un soldat sur cent a abandonné illégalement son unité.

Chez les Américains, constate Glass, les déserteurs ne peuvent pas être considérés comme des lâches ou des tire-au-flanc; il s’agit souvent de soldats qui se sont avérés des combattants exemplaires et courageux, voir des idéalistes qui ont prouvé leur valeur au front. Ils ont flanché pour les motifs que l’on classe dans la catégorie “SNAFU” (“Situation Normal, All Fucked Up”). Il peut s’agir de beaucoup de choses: ces soldats déserteurs avaient été traités bestialement par leurs supérieurs hiérarchiques incompétents, leur ravitaillement n’arrivait pas à temps, les conditions hygiéniques étaient déplorables; aussi le fait que c’était toujours les mêmes unités qui devaient verser leur sang, alors que personne, dans la hiérarchie militaire, n’estimait nécessaire de les relever et d’envoyer des unités fraîches en première ligne.

Dans une telle situation, on peut comprendre la lassitude des déserteurs surtout que certaines divisions d’infanterie en France et en Italie ont perdu jusqu’à 75% de leurs effectifs. Pour beaucoup de GI’s appartenant à ces unités lourdement éprouvées, il apparaissait normal de déserter ou de refuser d’obéir aux ordres, même face à l’ennemi. Parmi les militaires qui ont réfusé d’obéir, il y avait le Lieutenant Albert C. Homcy, de la 36ème division d’infanterie, qui n’a pas agi pour son bien propre mais pour celui de ses subordonnés. Il a comparu devant le conseil de guerre le 19 octobre 1944 à Docelles, qui l’a condamné à 50 ans de travaux forcés parce qu’il avait refusé d’obéir à un ordre qui lui demandait d’armer et d’envoyer à l’assaut contre les blindés allemands des cuisiniers, des boulangers et des ordonnances sans formation militaire aucune.

Au cours de l’automne 1944, dans l’US Army en Europe, il y avait chaque mois près de 8500 déserteurs ou de cas d’absentéisme de longue durée, également passibles de lourdes sanctions. La situation était similaire chez les Britanniques: depuis l’offensive de Rommel en Afrique du Nord, le nombre de déserteurs dans les unités envoyées dans cette région a augmenté dans des proportions telles que toutes les prisons militaires du Proche Orient étaient pleines à craquer et que le commandant-en-chef Claude Auchinleck envisageait de rétablir la peine de mort pour désertion, ce qui n’a toutefois pas été accepté pour des motifs de politique intérieure (ndt: ou parce que les Chypriotes grecs et turcs ou les Juifs de Palestine avaient été enrôlés de force et en masse dans la 8ème Armée, contre leur volonté?). Les autorités britanniques ont dès lors été forcées d’entourer tous les camps militaires britanniques d’une triple rangée de barbelés pour réduire le nombre de “fuites”.

Le cauchemar du commandement allié et des décideurs politiques de la coalition anti-hitlérienne n’était pas tellement les déserteurs proprement dits, qui plongeaient tout simplement dans la clandestinité et attendaient la fin de la guerre, mais plutôt ceux d’entre eux qui se liguaient en bandes et se donnaient pour activité principale de piller la logistique des alliés et de vendre leur butin au marché noir. La constitution de pareilles bandes a commencé dès le débarquement des troupes anglo-saxonnes en Italie, où les gangs de déserteurs amorcèrent une coopération fructueuse avec la mafia locale. Parmi elles, le “Lane Gang”, dirigé par un simple soldat de 23 ans, Werner Schmeidel, s’est taillé une solide réputation. Ce “gang” a réussi à s’emparer d’une cassette militaire contenant 133.000 dollars en argent liquide. A l’automne 1944, ces attaques perpétrées par les “gangs” a enrayé l’offensive du Général Patton en direction de l’Allemagne: des déserteurs américains et des bandes criminelles françaises avaient attaqué et pillé les véhicules de la logistique amenant vivres et carburants.

La situation la plus dramatique s’observait alors dans le Paris “libéré”, où régnait l’anarchie la plus totale: entre août 1944 et avril 1945, la “Criminal Investigation Branch” de l’armée américaine a ouvert 7912 dossiers concernant des délits importants, dont 3098 cas de pillage de biens militaires américains et 3481 cas de viol ou de meurtre (ou d’assassinat). La plupart de ces dossiers concernaient des soldats américains déserteurs. La situation était analogue en Grande-Bretagne où 40.000 soldats britanniques étaient entrés dans la clandestinité et étaient responsables de 90% des délits commis dans le pays. Pour combattre ce fléau, la justice militaire américaine s’est montrée beaucoup plus sévère que son homologue britannique: de juin 1944 à l’automne 1945, 70 soldats américains ont été exécutés pour avoir commis des délits très graves pendant leur période de désertion. La masse énorme des déserteurs “normaux” était internée dans d’immenses camps comme le “Loire Disciplinary Training Center” où séjournait 4500 condamnés. Ceux-ci y étaient systématiquement humiliés et maltraités. Des cas de décès ont été signalés et attestés car des gardiens ont à leur tour été traduits devant des juridictions militaires. En Angleterre, la chasse aux déserteurs s’est terminée en pantalonnade: ainsi, la police militaire britannique a organisé une gigantesque razzia le 14 décembre 1945, baptisée “Operation Dragnet”. Résultat? Quatre arrestations! Alors qu’à Londres seulement, quelque 20.000 déserteurs devaient se cacher.

Au début de l’année 1945, l’armée américaine se rend compte que la plupart des déserteurs condamnés avaient été de bons soldats qui, vu le stress auquel ils avaient été soumis pendant de trop longues périodes en zones de combat, auraient dû être envoyés en clinique plutôt qu’en détention. Les psychologues entrent alors en scène, ce qui conduit à une révision de la plupart des jugements qui avaient condamné les soldats à des peines entre 15 ans et la perpétuité.

En Grande-Bretagne, il a fallu attendre plus longtemps la réhabilitation des déserteurs malgré la pression de l’opinion publique. Finalement, Churchill a cédé et annoncé une amnistie officielle en février 1953.

Wolfgang KAUFMANN.

(article paru dans “Junge Freiheit”, n°49/2013; http://www.jungefreiheit.de ).

Charles GLASS, The Deserters. A hidden history of World War II, Penguin Press, New York, 2013, 380 pages, ill., 20,40 euro.

The untold truth about WWII deserters the US Army tried to hide: New book reveals how gangs of AWOL GIs terrorized WWII Paris with a reign of mob-style violence

In the weeks following liberation from the Nazis, Paris was hit by wave of crime and violence that saw the city compared to Prohibition New York or Chicago.

And the cause was the same: American Gangsters.

While the Allies fought against Hitler’s forces in Europe, law enforcers fought against the criminals who threatened that victory. Men who had abandoned the ‘greater good’ in favour of self-interest, black-market profits and the lure of the cafes and brothels of Paris: deserters.

Glass’s study of the very different stories and men grouped together under the label, Deserters

Highly organised, armed to the teeth and merciless, these deserters used their US uniforms as another tool of their trade along with the vast arrays of stolen weapons, forged passes and hijacked vehicles they had at their disposal.

Between June 1944 and April 1945 the US army’s Criminal Investigation Branch (CBI) handled a total of 7,912 cases. Forty per cent involved misappropriation of US supplies.

Greater yet was the proportion of crimes of violence – rape, murder, manslaughter and assault which accounted for 44 per cent of the force’s workload. The remaining 12 per cent were crimes such as robbery, housebreaking and riot.

Former Chief Middle East correspondent for ABC News, the book’s author Charles Glass had long harboured an interest in the subject. But it was only truly ignited by a chance meeting with Steve Weiss – decorated combat veteran of the US 36th Infantry Division and former deserter.

Glass was giving a talk to publicise his previous book, ‘Americans in Paris: Life and Death under Nazi Occupation’ when the American started asking questions. It was clear, Glass recounts, that the questioner’s knowledge of the French Resistance was more intimate than his own.

Tested beyond endurance: This official US Army photograph taken in Pozzuoli near Naples in August 1944, captured Private First Class Steve Weiss boarding a British landing craft. He is climbing the gangplank on the right-hand side of the photograph. The Deserters, A Hidden History of World War II by Charles Glass

Hero or Coward? Steve Weiss receives the Croix de Guerre in July 1946 yet 2 years earlier the US army jailed him as a deserter

They met for coffee and Weiss asked Glass what he was working on. Glass recalls: ‘I told him it was a book on American and British deserters in the Second World War and asked if he knew anything about it.

‘He answered, « I was a deserter. »‘

This once idealistic boy from Brooklyn who enlisted at 17, had fought on the beachhead at Anzio and through the perilous Ardennes forest, he was one of the very few regular American soldiers to fight with the Resistance in 1944. And he had deserted.

His story was, Glass realised, both secret and emblematic of a group of men, wreathed together under a banner of shame that branded them cowards. Yet the truth was far more complex.

Many were afraid. They had reached a point beyond which they could not endure and chosen disgrace over the grave. Some recounted waking, as if from a dream, to find their bodies had led them away from the battelfield.

Others, like Weiss, fought until their faith in their immediate commanders disappeared. Was it a form of madness or a dawning lucidity that led them to desert? Glass does not claim to be able to answer that question to which Weiss himself had devoted his latter years to addressing to no avail

Others still deserted to make money, stealing and selling the military supplies that their comrades at the front needed to survive. Opportunists and crooks, certainly, but not cowards – the life they chose was every bit as violent and bloody as battle.

50,000 American and 100,000 British soldiers deserted during World War II. Yet according to Glass the astounding fact is not that so many men deserted, but that so few did.

Only one was executed for it, Eddie Slovik. He was, until that point, by his own assessment the unluckiest man alive.

The Unluckiest Man: Eddie Slovik, left, was the only American executed for desertion as his trial fell at a time when General Dwight Eisenhower, right, decided he could not risk appearing lenient on the crime

He never fought a battle. He never went on the run as most deserters did. He simply made it clear that he preferred prison to battle.

Of the 49 Americans sentenced to death for desertion during the Second World War he was the only one whose appeal for commutation was rejected. His greatest sin, as Glass tells it, was his timing.

His appeal came in January 1945 just as the German counter-offensive, the Battle of the Bulge, was at its peak. Allied forces were near breaking point. It was not, Supreme Allied Commander, General Dwight Eisenhower decided, time to risk seeming to condone desertion.

Slovik was shot for his crime on the morning of 31 January 1945.

He was dispatched in the remote French village of Sainte-Marie-aux-Mines and the truth concealed even from his wife, Antoinette.

She was informed that her husband had died in the European Theatre of Operations.

His identity was ultimately revealed in 1954 and twenty years later Martin Sheen played him in the television film, The Execution of Private Slovik.

In it Sheen recites the words Slovik spoke before the firing squad shot him.

‘They’re not shooting me for deserting the United States Army,’ he said.

‘They just need to make an example out of somebody and I’m it because I’m an ex-con.

‘I used to steal things when I was a kid, and that’s what they are shooting me for.

‘They’re shooting me for the bread and chewing gum I stole when I was 12 years old.’

Private Alfred T Whitehead’s was a very different story.

He was a farm boy from Tennessee who rushed to join up to escape a life of brutalising poverty and violence at the hands of his stepfather.

He ended up a gangster tearing through Paris.

Whitehead fought at Normandy and claims to have stormed the beaches on the D-Day landings.

He considered himself a battle-hardened professional soldier and bit by bit the small reserve of mercy that had survived his childhood evaporated in the heat of war.

He had been in continuous combat with them from D-Day to 30th December 1944. He had earned the Silver Star, two Bronze Stars, Combat Infantry Badge and Distinguished Unit Citation.

When he was invalided out to Paris with appendicitis and assumed that he would rejoin his unit, the 2nd Division, on his recovery.

Instead he was sent to the 94th Reinforcement Battalion, a replacement depot in Fontainebleau.

When a young lieutenant presented Whitehead with a First World War vintage rifle for guard duty, he told the officer to take the ‘peashooter’ and ‘shove it up his ass.’

Loyalties Lost: Before deserting Alfred T Whitehead was decorated for bravery he has identified himself as the third soldier on the right, visible in profile, at the front of this D-Day landing craft approaching Normandy 6 June 1944

He demanded the weapons he was used to – a .45 pistol, a Thompson sub-machine gun and a trench knife.

His actual desertion was unspectacular. Whitehead was looking for a drink. The American Service Club refused him entrance because he didn’t have a pass and so he wandered on ‘in search of a bed in a brothel.’

He found one. By morning he was officially AWOL. The next day a waitress in a café took pity on him and added fried eggs and potatoes to his order of soup and bread. When Military Police came in and started asking questions she gave Whitehead the key to her room in a cheap hotel and told him to wait for her there.

From decorated soldier he moved seamlessly into life as a criminal in the Paris underworld.

A chance meeting led to him taking his place as a member of one of the many gangs of ex-soldiers terrorizing Paris.

Led by an ex-paratrooper sergeant, raids were planned like military operations. Whitehead himself admitted, ‘we stole trucks, sold whatever they carried, and used the trucks to rob warehouses of the goods in them.’

They used combat tactics, hijacked goods destined for front-line troops.

Their crimes even spread into Belgium. They attacked civilians and military targets indiscriminately.

His gangland activities gave Whitehead ‘a bigger thrill than battle.’ Quoting from the former soldier’s memoir Glass recounts his boasts: ‘We robbed every café in Paris, in all sectors except our own, while the gendarmes went crazy.’

They robbed crates of cognac and champagne, hijacked jeeps and raided private houses whose bed sheets and radios were ‘easy to fence.’ They stole petrol, cigarettes, liquor and weapons.
Within six months Whitehead reckoned his share of the plunder at $100,000.

Little wonder that when Victory in Europe was announced on 7 May 1945, Whitehead admitted, ‘That day and night everyone in Paris and the rest of Europe was celebrating, but I just stayed in my apartment thinking about it all.’

Because Private Whitehead’s desertion did not end his war – it was a part of it. As it was a part of many soldiers’ wars that has long gone unrecorded.

Ultimately Whitehead was captured and court martialled. He was dishonourably discharged and spent time in the Delta Disciplinary Training Barracks in the south of France and in federal penitentiaries in New Jersey.

Many years later he had that ‘dishonourable discharge,’ turned into a General one on rather disingenuous legal grounds.

In peacetime appearances mattered more to Whitehead than they ever had in war.

Back then, he admitted: ‘I never knew what tomorrow would hold, so I took every day as it came. War does strange things to people, especially their morality.’

Those ‘strange things’ rather than the false extremes of courage and cowardice are the truths set out in this account of the War and its deserters.

The Deserters: A Hidden History of world War II by Charles Glass is published by The Penguin Press, 13 June, Price $27.95. Available on Amazon by clicking here.

Voir également:

Deserter: The Last Untold Story of the Second World War by Charles Glass: review
Nearly 150,000 Allied soldiers deserted during the Second World War – some through fear and some for love. Nicholas Shakespeare uncovers their story, reviewing Deserter by Charles Glass.
The Telegraph
09 Apr 2013

In 1953, Winston Churchill gave an amnesty for wartime deserters as part of the celebrations for the coronation. According to Charles Glass, nearly 100,000 British and 50,000 American soldiers had deserted the armed forces during the Second World War, but only one was executed for this (theoretically) capital offence: a 25-year-old US infantryman who preferred to go to prison than into battle, and was condemned “to death by musketry” in January 1945. His story was finally told, a year after Churchill’s amnesty, in William Bradford Huie’s The Execution of Private Slovik, which remains, according to Glass, “almost the only full-length discussion of the subject”.

Who were the other deserters, why did they desert – and what happened to them? The absence of readily available material is a blood-red rag to a bullish reporter like Glass. Following his masterful study into the activities of his compatriots in Nazi-occupied France, Americans in Paris (2009), Glass has unearthed a shameful and inconvenient cluster of tragedies, which history – unreliably narrated by the victors – has whitened over.

At the opposite end to Pte Slovik was Pte Wayne Powers, an army truck driver from Missouri who absconded for love and was one of a few convicted deserters to get off scot-free. Buried in Glass’s introduction, and casually discarded, is the account of Powers’s elopement with a dark-haired French girl in November 1944. Hiding in her family house near the Belgian border, the couple had five children. For the next 14 years, Powers stayed a wanted man but undetected – until 1958, when a car crashed into the house, and a policeman, taking down details, noticed a face peering through the curtains. Court-martialed, Powers was released after 60,000 letters appealed for clemency; but his haunted gaze in the window is what lingers, and unites him with each deserter: an ever-present fear of capture, “an overshadowing presence that darkened my consciousness”, in the words of John Bain, a 23-year-old British soldier finally run to ground in Leeds.

Neither the conscientious objector Slovik nor the love-struck Powers were emblematic of the vast majority who deserted from the ranks. John Bain, the only British example explored by Glass, is a more satisfying representative. A boxer-poet like Byron, Bain is known today by the cover name that he adopted when on the run, Vernon Scannell (“a name picked from a passport in a brothel”). He had wandered away from his post in Wadi Akarit, trance-like, in “a kind of disgust”, after seeing his friends loot the corpses of their own men. His punishment was consistent both with US Gen George Patton’s remedy for malingerers – in Sicily, Patton famously slapped a shell-shocked soldier – and with US Brig Gen Elliot Cooke’s suspicion of “psychiatricks”.

Bain was imprisoned in Mustafa Barracks near Alexandria, snarled at by officers (“You’re all cowards. You’re all yellow”) and brutalised by guards, not one of whom had been within range “of any missile more dangerous than a flying cork” writes Glass. Captured in Leeds after going awol a third time, Bain told his interrogators that he wished to write poetry. Only then was his condition recognised. “We’ll send him to a psychiatrist. He’s clearly mad.”

Bain, who would go on to write some of the best poetry of the war, observed that “the dramatically heroic role is for the few”. He had left the battlefield to preserve his humanity, his time in the Army “totally destructive of the human qualities I most valued, the qualities of imagination, sensitivity and intelligence”.

With his own skill and sensitivity, Glass recreates the inhuman scenes that pummel the other soldiers he examines. Almost all of them were brave men like Bain. They knew what it was to be bombed by your own side. Slog through minefields littered with bloated, blackened bodies. Sit in foxholes knee-deep in your own excrement. Listen to the rising screams of the wounded. Struggle to obey orders that were impossible to carry out.

All too frequently, as in William Wharton’s memorable novel A Midnight Clear, your own commanders posed the greatest danger. Bain’s captain deserted from the Mareth Line in 1943, only to bob up as a major. Conversely, in the US 36th Division, which boasted the highest number of deserters, Lt Albert Homcy, already singled out for “exceptionally meritorious conduct” in Italy, was sentenced to 50 years of hard labour after he refused to lead untrained men to certain death.

Glass displays an unusual degree of empathy and kinship with these men. It causes him to focus on those he senses to have been misjudged or misdiagnosed, and whose condition cried out for treatment rather than punishment. There is a deficit in his book of more flagrant, less nuanced absconders. With a slight air of duty and disdain, one feels, he tracks the fate of Sgt Al Whitehead from Tennessee, who deserted for reasons of avarice and goes “to live it up” in Paris, where he became part of a GI gang that stole Allied supplies and shot at military policemen. Glass leaves us thirsty for details about these gangsters (also observed in Naples, with exemplary dry comedy, by Norman Lewis) and their British equivalents in Egypt.

Given the author’s knowledge of Paris – “home to deserters from most of the armies of Europe” – the absence of any French, German or Italian examples is also a curious omission. Deserter is unashamedly an Anglo-American story. In its selection of hitherto suppressed voices, it is refreshing and stimulating – history told from the loser’s perspective. But if I have a quibble, it is that the author concentrates too much on too few.

Even so Glass’s principal guide, on whom the narrative depends, is a compelling choice to lead the author’s project of rehabilitation. Pte Steve Weiss, who after the war became (of all things) a psychiatrist, is perhaps not your typical deserter, but if anyone deserves a sympathetic hearing, it is Weiss. Enlisting against his father’s wishes at 18, and determined to play a meaningful part in the war, Weiss joined the French Resistance after being separated from the 36th Division near Valence; for his courage, he would earn the Légion d’honneur. Eventually reunited with his company, he was treated like just another round of ammunition. After one earth tremor too many, he stumbled off into a forest during an artillery barrage. Discovered in a shell-shocked state by American troops, having slept for six days, Weiss was tried before a court-martial that lasted a mere five hours, including one hour for lunch, and condemned to hard labour for life.

His father complained: “This is the thanks he received for giving his all to his country.” Later interviewed by a military psychiatrist in the Loire Disciplinary Training Camp, Weiss was told: “You don’t belong here. You belong in a hospital.” It is altogether fitting that when Glass accompanies 86-year-old Weiss back to Bruyères to look for the courtroom in which the US Army delivered its ludicrous sentence, they cannot find it.

Deserter: The Last Untold Story of the Second World War

by Charles Glass

400pp, Harperpress, t £23 (PLUS £1.35 p&p) Buy now from Telegraph Books (RRP £25, ebook £12.50)

Voir encore:

Deserter: The Untold Story of WWII by Charles Glass – review

The shocking stories of three young men who fled the battlefield leave Neal Ascherson wondering why more soldiers don’t go awol
Neal Ascherson
The Guardian
28 March 2013

Desertion in war is not a mystery. It can have contributory motives – « family problems » at home, hatred of some officer or moral reluctance to kill are among them. But the central motive is the obvious one: to get away from people who are trying to blow your head off or stick a bayonet through you. Common sense, in other words. So the enigma is not why soldiers desert. It is why most of them don’t, even in battle and even in the face of imminent defeat (remember the stubborn Wehrmacht in the second world war). They do not run away, but stand and fight. Why?

That is the most interesting thing in Charles Glass‘s new book. He takes three young men – boys, really – who were drafted into the infantry in the last European war, who fought, deserted, and yet often fought again. Steve Weiss was from a Jewish family in Brooklyn; his father had been wounded and gassed in the first world war. Alfred Whitehead came from the bleakest rural poverty in Tennessee. John Bain was English (and after the war became famous as the poet Vernon Scannell); he was desperate to get away from his sadistic father, another veteran of the trenches.

All three quit their posts for solid and obvious reasons. Two of them deserted several times over. They saw heartbreaking horrors, or were tempted by women, booze and loot in a liberated city, or were shattered by prolonged artillery barrages, or realised – suddenly, and with cold clarity – that they would almost certainly be killed in the next few days.

The common sense of desertion was plain to almost anyone who had actually been under fire. Again and again, Glass’s book tells how these men on the run were fed, sheltered, comforted and transported by soldiers close to the front line. But the further away from the guns they got, entering the reposeful regions of pen-pushing « rear echelons », the more wary, disapproving and uncomprehending their compatriots became. Ultimately they would end up in the hands of the military police, and then in some nightmare « stockade » or military prison where shrieking, muscle-bound monsters who had never been within miles of a mortar « stonk » devoted themselves to breaking their spirit.

Soviet and German treatment of deserters, a story of pitiless savagery, is not mentioned here. Glass is concerned only with the British and Americans in the second world war, whose official attitudes to the problem were tortuous.

In the first world war, the British shot 304 men for desertion or cowardice, only gradually accepting the notion of « shell-shock ». In the United States, by contrast, President Woodrow Wilson commuted all such death sentences. In the second world war, the British government stood up to generals who wanted to bring back the firing squad (the Labour government in 1930 had abolished the death penalty for desertion). Cunningly, the War Office suggested that restoration might suggest to the enemy that morale in the armed forces was failing. President Roosevelt, on the other hand, was persuaded in 1943 to suspend « limitations of punishment ». In the event, the Americans shot only one deserter, the luckless Private Eddie Slovik, executed in France in January 1945. He was an ex-con who had never even been near the front. Slovik quit when his unit was ordered into action, calculating that a familiar penitentiary cell would be more comfortable than being shot at in a rainy foxhole.

His fate was truly unfair, set against the bigger picture. According to Glass, « nearly 50,000 American and 100,000 British soldiers deserted from the armed forces » during the war. Some 80% of these were front-line troops. Almost all « took a powder » (as they said then) in the European theatres of war; there were practically no desertions from US forces in the Pacific, perhaps because there was nowhere to go. By the end of the conflict, London, Paris and Naples, to name only a few European cities, swarmed with heavily-armed Awol servicemen, many of them recruited into gangs robbing and selling army supplies. Units were diverted from combat to guard supply trains, which were being hijacked all over liberated Europe. Paris, where the police fought nightly gun battles with American bandits, seemed to be a new Chicago.

But none of Glass’s three subjects left the front as soon as fighting began. They tried to do their duty for as long as they could. Steve Weiss first encountered battle in Italy, posted to the 36th infantry division near Naples after the Salerno and Anzio landings. He was 18 years old. At Anzio he saw for the first time deserters in a stockade yelling abuse at the army, found that a friend had collapsed with « battle fatigue », and was bombed from the air.

Soon he was fighting his way up Italy with « Charlie Company », facing artillery and snipers by day and night. Once, exhausted, rain-drenched and on his own, he broke down in tears of fatigue and terror and cried out for his mother. Next day he was street-fighting in the ruins of Grosseto. What kept him going? Not ideals about the war. He had seen Naples, now run by the Mafia boss Vito Genovese in cahoots with the Americans, and the notion that Roosevelt’s « Four Freedoms » could matter to starving Italians was a joke. What kept him and the other two going was comradeship: trust in a friend, or in some older and more experienced member of the squad. For Weiss in Italy, it was Corporal Bob Reigle, and later in France, a Captain Binoche in the resistance. For the truculent Alfred Whitehead, who survived Omaha Beach and the murderous battles of the Normandy « Bocage », it was his fellow-Tennessean Paul « Timmiehaw » Turner; staying drunk helped too. For John Bain, with the 51st Highland Division in North Africa and Normandy, it was his foul-mouthed, loyal pal Hughie from Glasgow.

The war was crazy, the army was brainless and callous, but there were these men who would never let you down, and for whose sake you bore the unbearable. When Weiss rejoined his company in the Vosges and found how many comrades were dead, when « Timmiehaw » was killed by a mine near St-Lo and Hughie by a mortar barrage near Caen, the psychic exhaustion all three young men had been suppressing finally kicked in.

Whitehead left to become a gangster in liberated Paris. Weiss and a few mates ran away from the winter battles in the Vosges hills; he did time in a military prison and eventually became a psychiatrist in California. Bain had already deserted once before, in Tunisia, and served a sentence in the appalling Mustafa Barracks « glasshouse » near Alexandria. Badly wounded in Normandy, he deserted again after the war was over because he couldn’t wait to be demobbed, and vanished into London to become poet and boxer Scannell.

Not much of this book, it should be said, is about deserting. Most of it consists of the three men’s own narratives of « their war », published or unpublished, and – because they are the stories of individual human beings who eventually cracked under the strain of hardly imaginable fear and misery – they are wonderful, unforgettable acts of witness, something salvaged from a time already sinking into the black mud of the past. I’ll certainly remember Bain watching his mates rifling the pockets of their own dead, Weiss witnessing the botched hanging of black soldiers for rape, Whitehead hijacking an American supply truck in the middle of the Paris traffic.

Memorable, too, is the astonishing Psychology for the Fighting Man, a work of startling empathy and humanity, produced in 1943 and distributed to American forces. Glass posts extracts at the outset of each chapter. « Giving up is nature’s way of protecting the organism against too much pain. » Or « There are a few men in every army who know no fear – just a few. But these men are not normal. » Statements of the obvious? Maybe. But in the madness of war, the right to state the obvious becomes worth fighting for.

Neal Ascherson’s Black Sea is published by Vintage.

Voir de plus:

Stories about cowardice can be as gripping as those about courage. One tells us about who we’d like to be; the other tells us about who we fear we are.

Nearly 50,000 American and 100,000 British soldiers deserted from the armed forces during World War II. (The British were in the war much longer.) Some fell into the arms of French or Italian women. Some became black-market pirates. Many more simply broke under the strain of battle.

These men’s stories have rarely been told. During the war, newspapers largely abstained from writing about desertions. The topic was bad for morale and could be exploited by the enemy. In more recent decades the subject has been essentially taboo, as if to broach it would dent the halo around the Greatest Generation.

Gen. George S. Patton wanted to shoot the men, whom he considered “cowards.” Other commanders were more humane. “They recognized that the mind — subject to the daily threat of death, the concussion of aerial bombardment and high-velocity artillery, the fear of land mines and booby traps, malnutrition, appalling hygiene and lack of sleep — suffered wounds as real as the body’s,” Mr. Glass writes. “Providing shattered men with counseling, hot food, clean clothes and rest was more likely to restore them to duty than threatening them with a firing squad.”

Thousands of American soldiers were convicted of desertion during the war, and 49 were sentenced to death. (Most were given years of hard labor.) Only one soldier was actually executed, an unlucky private from Detroit named Eddie Slovik. This was early 1945, at the moment of the Battle of the Bulge. Mr. Glass observes: “It was not the moment for the supreme Allied commander, Gen. Dwight Eisenhower, to be seen to condone desertion.”

There were far more desertions in Europe than in the Pacific theater. In the Pacific, there was nowhere to disappear to. “In Europe, the total that fled from the front rarely exceeded 1 percent of manpower,” Mr. Glass writes. “However, it reached alarming proportions among the 10 percent of the men in uniform who actually saw combat.”

It is among this book’s central contentions that “few deserters were cowards.” Mr. Glass also observes, “Those who showed the greatest sympathy to deserters were other front-line soldiers.”

Too few men did too much of the fighting during World War II, the author writes. Many of them simply cracked at the seams. Poor leadership was often a factor. “High desertion rates in any company, battalion or division pointed to failures of command and logistics for which blame pointed to leaders as much as to the men who deserted,” he says.

Mr. Glass adds, “Some soldiers deserted when all the other members of their units had been killed and their own deaths appeared inevitable.”

The essential unfairness of so few men seeing the bulk of the combat was undergirded by other facts. Many men never shipped out. Mr. Glass cites a statistic that psychiatrists allowed about 1.75 million men to avoid service for “reasons other than physical.”This special treatment led to bitterness. Mr. Glass quotes a general who wrote, “When, in 1943, it was found that 14 members of the Rice University football team had been rejected for military service, the public was somewhat surprised.”Mr. Glass provides information about desertions in other American wars. During the Civil War, more than 300,000 troops went AWOL from the Union and Confederate armies. He writes, “Mark Twain famously deserted from both sides.” Nearly all of the information I have provided about “The Deserters” thus far comes from its excellent introduction. The rest of the book is not nearly so provocative or rending.

Mr. Glass abandons his textured overview of his topic to focus almost exclusively on three individual soldiers, men who respectively abandoned their posts in France, Italy and Africa.

One was a young man from Brooklyn who fought valiantly with the 36th Infantry Division in Italy and France before coming unglued. Another is the English poet Vernon Scannell, who suffered in Mustafa Barracks, the grim prison camp in Egypt. The third was a Tennessee farm boy who fought bravely with the 2nd Infantry Division before deserting and becoming a criminal in post-liberation Paris.

These men’s stories are not uninteresting, but Mr. Glass tells them at numbing length in bare, reportorial prose that rarely picks up much resonance. On the rare occasions the author reaches for figurative language, he takes a pratfall: “Combat exhaustion was etched into each face as sharp as a bullet hole.”The lives and times of Mr. Glass’s three soldiers slide by slowly, as if you were scanning microfilm. We lose sight of this book’s larger topic for many pages at a time. The men’s stories provide limited points of view. From the author we long for more synthesis and sweep and argument and psychological depth.

Terminology changes. Before we had post-traumatic stress disorder we had battle fatigue, and before that, in World War I, there was shell shock. In her lovely book “Soldier’s Heart: Reading Literature Through Peace and War at West Point” (2007), Elizabeth D. Samet reminds us that “soldier’s heart” was another and quite resonant term for much the same thing.

At its best, “The Deserters” has much to say about soldier’s hearts. It underscores the truth of the following observation, made by a World War II infantry captain named Charles B. MacDonald: “It is always an enriching experience to write about the American soldier in adversity no less than in glittering triumph.”

THE DESERTERS

A Hidden History of World War II

By Charles Glass

Illustrated. 380 pages. The Penguin Press. $27.95.

Voir encore:
“Tu ne tueras point“ : violence, religion et sacrifice chez Mel Gibson

Dans son dernier film, le réalisateur poursuit une œuvre où les héros se débattent dans une vallée de sang et de larmes. Pour tenter de saisir la spiritualité du Christ.

En 1995, dans Braveheart, Mel Gibson se mettait en scène sous les traits et les peintures de guerre de William Wallace. Soumis à la torture à la fin du film, le héros du peuple écossais rendait l’âme en hurlant : « Liberté ! » Pouvait-on se douter que ce dénouement aussi sanglant qu’exalté placerait toute la carrière du réalisateur – jusqu’à Tu ne tueras point aujourd’hui – sous le signe du sacrifice ?

Le lien avec La Passion du Christ (2004) et Apocalypto (2006) semble évident, le premier sur la crucifixion de Jésus, le second sur les sacrifices humains au crépuscule de la civilisation maya. Les deux sont des hécatombes. Pas de sacrifice, chez Gibson, sans tripes ni hémoglobine. Si cette vision a été critiquée pour son simplisme, elle n’en témoigne pas moins d’une conviction de réalisateur : montrer dans le détail la réalité charnelle de la passion du Christ aide à en saisir la dimension spirituelle. Gibson semble friand de ce paradoxe catholique voulant que le salut puisse passer par le spectacle ou le récit de la déchéance. Ce qu’il illustrera d’ailleurs jusque dans sa vie privée par ses frasques et sa traversée du désert après 2006 : problèmes d’alcool, violence, propos antisémites…

L’histoire de Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge en VO) ne dépareille pas dans ce tableau : pendant la Seconde Guerre mondiale, un objecteur de conscience qui s’est engagé comme infirmier dans l’armée américaine, se retrouve propulsé dans la boucherie de la bataille d’Okinawa. Le champ de bataille que le héros Desmond Doss foule du pied est littéralement tapissé de corps déchiquetés. À un moment du film, un blessé se cache dans la terre pour échapper à la vigilance de ses ennemis, offrant la vision saisissante d’une terre humanisée et, inversement, d’une humanité rabaissée à sa seule condition terrestre. Mais à ces corps rampants répond à la fin du film un plan sur le corps suspendu de Doss, sur fond de nuages radieux. Le héros de Gibson est un saint, c’est-à-dire un trait d’union entre la terre et le ciel. Une idée qui pourra être diversement prise au sérieux, mais dont l’évidence esthétique ne peut que frapper ici.

Gibson semble friand de ce paradoxe catholique voulant que le salut puisse passer par le spectacle ou le récit de la déchéance.

De Braveheart à Tu ne tueras point, l’idée de sacrifice permet à Mel Gibson de faire le pont entre plusieurs idées contradictoires. Le rapport entre la force et la justice, par exemple : tous les héros gibsonniens, victimes d’une injustice initiale, s’interrogent en retour sur l’usage de leur puissance. L’Écossais, après avoir fédéré la rébellion, donne sa mort en exemple. L’Amérindien capturé par des guerriers mayas devient un héros parce qu’il doit sauver sa famille. Et bien sûr Jésus, pourtant le plus puissant de tous, laisse s’abattre sur lui une violence inouïe. Au-delà même de la question de la foi, ces personnages se distinguent par leur capacité à tracer leur propre chemin dans des vallées de sang et de larmes.

Rien d’étonnant, dans ce contexte, à ce que Gibson s’intéresse cette fois-ci à un objecteur de conscience. La représentation de la violence dans le film pose évidemment un certain nombre de problèmes, qui sont intéressants dans la mesure où ils répondent aux questions que se pose Doss sur la guerre. La position de ce dernier est compliquée : adventiste, il ne veut pas toucher à une arme mais veut bien aller au combat. Il y a très vite un écart entre la radicalité de sa position et la casuistique qu’elle finit par impliquer. Ne pourrait-on pas considérer qu’en se battant au côté des soldats, il contribue tout de même à tuer ?

Il y a une ambiguïté équivalente dans la manière dont Gibson représente le déchaînement de la puissance de feu des Américains. C’est comme si le sacrifice de Doss (faire la guerre, mais avant tout pour sauver ses camarades blessés) était augmenté et sublimé par la vision de l’enfer même qu’il est censé avoir refusé. Toujours ce rapport contourné de Gibson à la force, que l’on retrouve chez un autre des personnages du film : le père de Desmond Doss, un pacifiste paradoxalement violent et tourmenté par la vision des boyaux de ses amis morts au combat lors de la Première Guerre mondiale.

Au-delà même de la question de la foi, les personnages de Mel Gibson se distinguent par leur capacité à tracer leur propre chemin dans des vallées de sang et de larmes.

Le sacrifice est enfin, pour Mel Gibson, une sorte de pivot entre les religions païennes et la religion chrétienne, qu’il aime mettre en regard. Apocalypto racontait la fin de la civilisation maya et la manière dont un sacrifice héroïque pouvait prendre le pas sur les sacrifices humains. En toute logique, la fin ouvrait sur l’arrivée des colons chrétiens. Dans Tu ne tueras point, la confrontation avec l’altérité religieuse, tournant à nouveau autour du sacrifice, vient de l’affrontement avec les Japonais, qui ont des kamikazes en guise de héros. La scène de hara kiri d’un général japonais, typiquement gibsonnienne, est une sorte de version négative du sacrifice de Doss.

Tu ne tueras point est à bien des égards un film naïf – ne serait-ce que dans son portrait d’un héroïsme conciliant gaiement la guerre à l’objection de conscience –, mais il l’est de manière audacieuse. La simplicité est un trait de personnalité de Doss, qui est présenté de la même manière étrange que les personnages d’Apocalypto, sans abuser des ficelles canoniques de l’identification. Ce côté très entier du personnage est à l’image d’un film qui va jusqu’au bout de son système : au bord du ridicule sans jamais y basculer totalement, portant la violence jusqu’au grotesque et l’héroïsme jusqu’à la sainteté.

Passé par plusieurs années de purgatoire à Hollywood, essentiellement en raison de ses dérapages personnels, Mel Gibson a-t-il choisi à dessein ce sujet ? Difficile de ne pas se poser la question, tant c’est au cœur des visions infernales et des pulsions bellicistes que le cinéaste semble vouloir ménager pour ses héros – et pour lui-même ? – un horizon pacifique.

Voir enfin:
THOU SHALL NOT KILL
He was devoutly Christian, a member of the Seventh-day Adventist Church, and was unusually, unfashionably (even for America, even for the 1940s) tenacious in his beliefs. Unable to reconcile his adherence to the commandment “Thou shalt not kill” with a role as a soldier, but nonetheless patriotic, he was classed as a conscientious objector and joined the army as a medic. Unlike many other medics, he also refused to carry any form of knife or gun, determined that, no matter what situation he found himself in, he would not take the life of another human being. Instead, Doss’s heroism took another form: he is remembered today for the number of lives he saved.
Original estimates places the number of lives saved at 100: Doss (both modest and rigorously honest) later insisted that “it couldn’t have been more than 50”, and the 75 figure was agreed as a compromise.
In some ways, Doss himself – a man who combined staunch religious faith with patriotism and outstanding bravery – feels like the perfect movie subject for both the traditional American heartlands and for Gibson himself, who is Catholic and often described as an ultra-conservative. But Doss’s story is also a very human one, with a much wider importance and appeal.
Whether or not the film will really restore Gibson to awards-ceremony respectability and acclaim remains to be seen – but it looks as if one of America’s most unlikely heroes may have finally received a fitting cinematic tribute.
Desmond Doss was born in Lynchburg, Virginia, son of William Thomas Doss, a carpenter, and Bertha E. (Oliver) Doss. Enlisting voluntarily in April 1942, Doss refused to kill an enemy soldier or carry a weapon (pistol) into combat because of his personal beliefs as a Seventh-day Adventist. He consequently became a medic, and while serving in the Pacific theatre of World War II, he saved the lives of numerous comrades, while at the same time adhering to his religious convictions. Doss was wounded three times during the war, and shortly before leaving the Army, he was diagnosed with tuberculosis, which cost him a lung. Discharged from the Army in 1946, he spent five years undergoing medical treatment for his injuries and illness….

Héritage Obama: Attention, un monstre peut en cacher un autre ! (The “Legacy of Obama” can be explained in one word: Trump)

20 février, 2017
osmonster obamaangel
Obamastein

Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. Marx
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. George Orwell
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. La Fontaine
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller du président Obama)
When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident. Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted. “Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded. Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said. “Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again. In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians. Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates. Mediaite
Donald Trump est ici ce soir et je sais qu’il s’est pris des critiques ces derniers temps, mais personne n’est plus heureux, plus fier, que cette affaire de certificat de naissance soit enfin réglée que le Donald. Et c’est parce qu’il va maintenant pouvoir se concentrer sur les problèmes importants. Par exemple, notre vol sur la Lune était-il un faux? Qu’est-il vraiment arrivé à Roswell? Et où sont Biggie et Tupac ?  Barack Obama
Cette soirée d’humiliation publique, plutôt que d’éloigner M. Trump (de la scène politique), a accéléré ses efforts féroces pour gagner en stature au sein du monde politique. Et cela illustre jusqu’à quel point la campagne de Trump est inspirée par un besoin profond (qui est) parfois obscurci par ses fanfaronnades et vantardises : un désir d’être pris au sérieux. The NY Times
La présidence Obama a inventé une propagande branchée, une communication cool. Au cœur de cette stratégie  : les réseaux sociaux, qui ont largement porté sa victoire en 2008. L’engagement numérique de la campagne du «Yes We Can» a d’ailleurs été décortiqué par les équipes de com du monde entier. Tandis que la droite américaine propageait son venin conspirationniste par de bonnes vieilles chaînes de mails –  le candidat démocrate aurait menti sur son certificat de naissance, serait musulman…  –, Obama prenait mille longueurs d’avance, touchant un public beaucoup plus large, plus jeune. «En 2008, les efforts de son adversaire, John McCain, pour tenter de le rattraper sur les réseaux sociaux étaient presque pathétiques», se souvient Michael Barris, coauteur de The Social Media President (Palgrave, 2013). L’équipe du sénateur de l’Illinois a compris l’intérêt de Facebook, de Twitter –  plus tard viendront Instagram, Snapchat, LinkedIn…  – pour lever des fonds, diffuser des messages, obtenir des soutiens, grâce à ce porte-à-porte virtuel d’un nouveau genre. «Obama s’est fait élire sur des promesses de démocratie participative via les réseaux sociaux, rappelle Michael Barris. Mais finalement, les réseaux sociaux ont surtout été pour lui un formidable outil de diffusion, de validation par le public, et de promotion d’une image très positive : celle d’un président branché, connecté, proche des gens.» Viser un public, via le bon médium, avec le bon ton : huit ans que le président américain, avec son équipe de quatorze personnes dédiée à la stratégie numérique, montre sa maîtrise. Et son adaptation à l’évolution des usages. La Maison Blanche est devenue une véritable boîte de production, avec plus de 500 vidéos réalisées chaque année (infographies, coulisses…), distribuées sur les différentes plateformes (site officiel, YouTube, Facebook…). «Le premier président de l’ère des médias sociaux a fixé les règles d’interactions numériques entre politiques et électeurs, écrit le Washington Post. Certains chefs d’Etat se préoccupaient des chaînes d’info ; Obama est le président ­Netflix.» (….) Mais le président américain ne laisse rien au hasard : cette spontanéité est surtout parfaitement chorégraphiée, écrite à l’avance par des équipes d’auteurs talentueux. D’autodérision, il en a beaucoup fait preuve lors du dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche, véritable scène de stand-up pour le président sortant. Maîtrise des silences, des regards, intonations, vidéos bien ficelées… Ces soirs-là, Obama fait de l’humour une technique de dégoupillage imparable des critiques. Comme en 2011, alors que la droite le harcèle une nouvelle fois sur son certificat de naissance. Pour faire taire les rumeurs, il annonce la «diffusion exclusive de la vidéo de sa mise au monde» –  en fait, le début du Roi Lion de Disney. Dans la salle, Donald Trump, déjà porte-voix de ces allégations, ne moufte pas. Les journalistes, qui rient à gorge déployée, ont laissé leurs armes au vestiaire. Libération
Chacun sait que notre époque de fausse liberté a accouché d’une tyrannie de la pensée dont la sage-femme devenue folle était déguisée en antiraciste diplômée. Valeurs Actuelles en a fait les frais en osant voiler Marianne pour défendre la laïcité républicaine contre les menées islamistes et Pascal Bruckner comme Georges Bensoussan payeront peut-être le prix pour des raisons voisines. Silence dans les rangs de la gauche paraît-il démocratique. Mais aujourd’hui vient d’éclater une tout autre affaire dans laquelle, au contraire, le racisme comme l’antisémitisme n’ont rien d’imaginaire. Et je prends le pari, qu’ici, précisément, les organisations prétendument antiracistes resteront aux abris. La vedette s’appelle Mehdi Meklat, hier encore il était la coqueluche de la famille islamo-gauchiste et de tous ses compagnons de chambrée. Dans le numéro du 1er février des Inrockuptibles il partageait la une avec l’icône Taubira. Il collaborait aussi avec le Bondy Blog, très engagé dans le combat actuel contre les policiers considérés uniment comme des tortionnaires racistes. Il était encore récemment chroniqueur de la radio active de service public France Inter. Oui mais voilà, patatras, on a retrouvé parmi les milliers de tweets qu’il n’a pas réussi à effacer des gazouillis racistes du dernier cri strident. Échantillons choisis : “je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie hebdo”. “Sarkozy = la synagogue = les juifs = Shalom = oui, mon fils = l’argent”, “Faites entrer Hitler pour tuer les juifs”, “j’ai gagné 20 $ au PMU, je ne les ai pas rejoués parce que je suis un juif”, “les Blancs vous devez mourir asap” etc. Avec une touchante spontanéité, à présent qu’ils ont été découverts, voici ce que notre Mehdi a tweeté samedi dernier : “je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes”. Bah voyons, certains datent de 2012, autant dire le déluge. J’en connais qui vont fouiller les poubelles du père Le Pen, d’autres qui reprochent à un ancien conseiller de Sarkozy d’avoir dirigé Minute il y a 30 ans, mais dans notre cas, certains plaident déjà l’Antiquité… Gilles-William Goldnadel
Mehdi Meklat, 24 ans, était jusqu’ici connu pour son ton décalé. Du Bondy Blog, à France Inter en passant par Arte, le chroniqueur, journaliste et auteur, s’est taillé, avec son compère Badrou (« les Kids », époque France Inter) une réputation de porte-voix de la jeunesse, « à l’avant garde d’une nouvelle génération venue de banlieue » écrivaient encore Les Inrocks le 1er février. Sauf qu’entre temps, des internautes ont exhumé des tweets de Meklat : injures antisémites, homophobes, racistes, misogynes. Un florilège qui provoque la sidération. De son côte, le jeune homme s’excuse, dépublie, et assure qu’il s’agissait « de questionner la notion d’excès et de provocation » à travers un « personnage fictif ». Faire mentir les stéréotypes sur les-jeunes-de-banlieue. Sans rien renier de soi. Depuis ses débuts au Bondy Blog en 2008, c’est ce que Mehdi Meklat tente de faire, au gré d’une exposition médiatique précoce. A 24 ans désormais, après avoir fait ses premiers pas de journaliste au Bondy Blog à 16 ans, puis tenu chronique pendant six ans chez France Inter en duo avec son ami Badrou (« les Kids »), Meklat le touche à tout (réalisateur, blogueur, reporter) est en promo pour un second livre. Mehdi et Badrou « l’avant-garde d’une nouvelle génération venue de banlieue qui compte bien faire entendre sa voix » écrivaient les Inrocks qui leur consacraient une couverture le 1er février en compagnie de Christiane Taubira. Un binôme qui avait tapé dans l’œil de l’animatrice de France Inter Pascale Clark dès 2010, pour son ton « décalé », sa capacité à chroniquer avec autant d’acuité la vie de l’autre côté du périph (Meklat a grandi à Saint-Ouen, Badrou à la Courneuve) que le tout venant de l’actualité plus « médiatique ». Et voilà que depuis quelques jours, après son passage sur le plateau de l’émission la Grande Librairie (France 5) pour la promo de son second livre, le roman « Minute » (co-écrit avec Badrou), Meklat est dans l’œil du cyclone Twitter. Propulsé dans les sujets les plus discutés non pas pour la promotion de son nouvel ouvrage dédié à Adama Traoré. Mais pour des tweets, exhumés ces derniers jours par plusieurs internautes. Pas quelques tweets isolés. Mais des messages par dizaines, anciens (2012) et pour certains plus récents (2016) dans lesquels Meklat tape tous azimuts sur « les Français », « les juifs », « les homos », Alain Finkelkraut, Charlie Hebdo, les séropositifs, les « travelos »… La liste est longue, et les messages à même d’interpeller. Une prose en 140 signes qui tranche avec l’image de jeune talent à la plume « poétique » et acérée que Meklat s’était jusqu’ici taillée et qui lui a valu jusqu’à aujourd’hui des articles dithyrambiques dans la presse culturelle. Quelques heures auront suffit pour que, soient exhumés et massivement partagés des dizaines de messages issus de son compte twitter personnel @mehdi_meklat. (…) Parmi les premiers et les plus zélés chasseurs de tweets, la fachosphère s’est ruée sur l’occasion. Le blog d’extrême droite Fdesouche publie à tout-va plus d’une cinquantaine de messages de Meklat « journaliste homophobe et antisémite du Bondy blog ». Le site d’extrême droite Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, trouve là prétexte à acculer la « gauchosphère sous son vrai visage », quand l’ex-porte parole de génération identitaire s’en donne, lui aussi, à coeur joie. Très vite rejoint dans cette avalanche d’indignation par Marion Maréchal Le Pen. Ce dimanche, la twitta-éditorialiste du Figaro Eugénie Bastié y allait aussi de ses commentaires en 140 signes, suivis d’un article corrosif, soulignant bien au passage que Meklat avait fondé il y a peu avec le journaliste Mouloud Achour (CliqueTV) les « éditions du grand Remplacement » qui ont lancé en juin dernier un magazine baptisé « Téléramadan ». Cette nouvelle revue annuelle qui entend parler d’islam de façon dépassionnée, avait su trouver un titre pied-de-nez déjà à même de faire bondir certains. Mais dans le cas des tweets de Meklat, de fait, la sidération dépasse de loin la sphère des militants de droite et d’extrême droite. D’autres aussi s’indignent : de simples twittos, mais aussi des journalistes, tels Françoise Laborde, Claude Askolovitch, des élus PS comme la ministre de la Famille Laurence Rossignol, ou encore la conseillère municipale Elodie Jauneau sans compter le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme Gille Clavreul. Ils interpellent les Inrocks qui ont placé Meklat en Une de leur numéro du 1er février au côté de Taubira. Ils apostrophent également les éditions du Seuil où Meklat vient de publier son ouvrage, et font part de leur stupéfaction. A l’image de l’auteur de bande dessinée, romancier et réalisateur, Joann Sfar qui s’étrangle : « Je découvre tout ça ce matin, il semble que c’est authentique. Je trouve ça inexcusable quand on se veut représentant de la jeunesse. » Face à l’avalanche de messages indignés, sommé de s’expliquer, samedi après-midi, Meklat se fend finalement de quatre tweets d’excuse et d’explication : « je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes », assure Meklat qui supprimera dans la foulée la totalité de ses tweets d’avant février 2017 (plus de 30 000). Surtout, il affirme que ces messages ne reflètent en rien sa pensée. Il ne nie pas en être l’auteur, mais assure qu’il s’agit de messages parodiques. « Jusqu’en 2015, sous le pseudo Marcelin Deschamps, j’incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter ». Marcellin Deschamps ? Un « personnage fictif », assure-t-il par lequel il avait entrepris de « questionner la notion d’excès et de provocation ». Mais, il l’affirme : les propos de ce personnage « ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l’inverse. » Sur Twitter, une fois troqué son pseudo contre son vrai patronyme, le jeune homme n’a pas supprimé ces anciens messages, apparaissant depuis sous son vrai nom Mehdi Meklat. Dans la foulée, ce samedi, l’animatrice radio Pascale Clark, ex chaperonne de Meklat à France Inter (2010-2015) a pris sa défense « Son personnage odieux, fictif, ne servait qu’à dénoncer », assure-t-elle sur Twitter avant de préciser dans un second message : « Les comiques font ça à longueur d’antenne et tout le monde applaudit ». Un peu facile de se cacher derrière un personnage fictif ? A la remarque de plusieurs internautes, le journaliste Claude Askolovitch tempère : « c’est même piteux. Mais cela ne change pas la nature de ses messages pourris – une énorme connerie, pas des appels au meurtre ». Si le journaliste ne cache pas son dégoût pour ces messages qu’il assimile à « des excréments verbaux », « des blagues absolument laides, impardonnables, perverses », « dans un jeu périlleux », il se refuse à y voir de « vraies prises de position ». Tout en tançant « un mec qui s’est cru assez malin pour twitter des immondices ». « Twitter des immondices », sous pseudo dans « un jeu périlleux » ? Yagg, le site de presse LGBT y avait vu davantage qu’un jeu. Le site avait bondi en mars 2014 quand Meklat écrivait sur Twitter : « Christophe Barbier a des enfants séropo ». Yagg le taxe alors d’ « humour sérophobe », « au goût douteux » (visant des personnes séropositives). Le site avait contacté Meklat pour qu’il s’en explique. Réponse de l’intéressé : « J’ai un pseudo sur Twitter, il ne faut pas faire d’amalgame entre mon personnage et moi-même ». Contacté par Yagg, il développait : « Je peux comprendre qu’on se sente insulté par mes tweets, car ils sont parfois extrêmes, provocants ou insultants, mais il ne faut pas en faire des tonnes(…) J’ai créé un personnage violent, provocant, méchant. Pourquoi? Je ne me l’explique pas à moi-même, alors je ne peux pas l’expliquer aux autres. Mais je ne suis pas du tout homophobe. » En octobre 2012, les Inrocks consacraient un portrait élogieux (comme beaucoup) aux gamins précoces Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, alias « les Kids » de France inter qui entamaient leur quatrième saison sur les ondes de la radio publique. « Un matin, ils partent avec leur micro enregistrer la plainte de la vallée de Florange abandonnée, le lendemain ils sont à l’Elysée et tapent la discute avec Michael Haeneke » écrivent les Inrocks qui dressent le portrait de deux « gamins « talentueux », de « vrais passe-murailles ». Comme beaucoup, l’hebdo s’enthousiasme de leur « reportages poétiques » et de leur « style unique ». Les Inrocks notent : « ils attirent les sympathies ». Quant à Meklat ? Au passage, l’hebdo raconte que c’est « le plus provoc » de deux. « Il faut le voir sur Twitter, vaguement caché derrière un pseudo depuis longtemps éventé : c’est une vraie terreur. Il se pose en métallo furieux, insulte à tout va, se moque de tout et de tous avec une férocité indécente » écrivent les Inrocks qui commentent : « Ça peut aller trop loin (France Inter lui a déjà demandé de retirer un tweet) mais la plupart du temps, c’est drôle à mourir. » Et Meklat d’expliquer déjà que sur le réseau social il « joue un personnage » : « Je ne suis attaché à rien, je n’ai de comptes à rendre à personne, j’ai la liberté de dire ce que je veux. C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout, je ne me mets pas de limite. » Trois ans plus tard. Octobre 2015. Les « Kids » de Pascale Clark ont grandi. Lorsque Le Monde les interviewe pour la sortie de leur premier livre, la journaliste s’attarde sur le cas Meklat. « Si doux et poli à la ville, Mehdi s’est inventé sur Twitter un double diabolique, qui insulte à tout-va », écrit Le Monde. Meklat commente alors : « Tout est trop convenu, on n’ose plus s’énerver. L’idée de casser ça en étant méchant gratuitement me plaît ». En septembre 2016, dans un long article, la journaliste Marie-France Etchegoin revenait pour M le magazine du Monde sur le parcours et l’état d’esprit du tandem Mehdi-Badrou, « une nouvelle génération, à la fois cool et dure, investissant le champ de la culture plutôt que celui des partis politiques, et extrêmement engagée ». Engagée, brillante et convoitée. Comme l’explique M, le duo Mehdi-Badrou est sollicité de toutes parts, ces dernier temps. Ici pour pour un projet avec la Fondation Cartier, là pour écrire un dossier de presse pour un long-métrage avec Depardieu. Ou encore pour mettre en scène la pièce d’un auteur suédois. Quant à leur magazine Téléramadan, la revue annuelle « des musulmans qui ne veulent plus s’excuser d’exister », la journaliste explique que « Pierre Bergé mais aussi Agnès b ont accepté de soutenir la revue ». Parfait. Seul bémol dans la success story, observe la journaliste : « Les bonnes fées qui accompagnent les deux garçons depuis l’adolescence observent leur évolution, avec parfois une pointe d’inquiétude, qui n’empêche ni bienveillance ni compréhension. » Concrètement ? Il est question notamment de Meklat et de son usage de Twitter. « Un troll déchaîné qui déconne et dézingue à tout-va. «Giclez-lui sa mère», «On s’en bat les couilles», «Elle est pas morte, celle-là?» « , énumère la journaliste qui constate : « il se défoule sur des personnalités dont les manières ou les prises de position sur l’islam n’ont pas l’heur de lui plaire ». Certains parrains et autres bonnes fées, explique la journaliste, s’en soucient : « «Arrête ces Tweets! Tu n’es pas dans une cour de récréation!» Mouloud Achour le met en garde: «Les écrits restent, un jour on te les ressortira.». Quant à Mehdi, raconte la journaliste, il « se défend, la main sur le cœur: «Ce n’est pas moi, c’est un personnage que j’ai inventé», ne pouvant s’empêcher d’ajouter, comme dans un lapsus: «Mes Tweets sont des pulsions!» » Meklat et son avatar pulsionnel, une histoire qui ne date pas d’hier. Un double « je » qui ne semble pas géner Meklat, mais qui ne met pas tout le monde à l’aise. Ce dimanche, l’animateur de la Grande Librairie (France 5) François Busnel, qui avait invité Meklat cette semaine publie un communiqué pour prendre ses distances avec son invité. Busnel y affirme que si il avait eu connaissance de ces messages, il n’aurait pas invité le jeune homme dans son émission. Samedi, le Bondy Blog, pressé par une foule d’internautes de réagir, avait également publié un message sur Twitter , expliquant que « les tweets de Meklat n’engagent en aucun cas la responsabilité de la rédaction ». Et le média de préciser : « Puisqu’il y a des évidences qu’il faut affirmer, le Bondy Blog ne peut cautionner des propos antisémites, sexistes, homophobes, racistes, ou tout autre propos discriminatoires et stigmatisants, même sur le ton de l’humour ». Arrêt sur images
Des milliers de manifestants anti-Trump ont défilé à New York lundi et dans plusieurs villes américaines à l’occasion du « Presidents Day », un jour férié en l’honneur des présidents des Etats-Unis. Au cri de « Pas mon président! », quelque 10’000 manifestants  – selon une estimation officieuse de la police – de tous âges et toutes origines se sont rassemblés devant le Trump International Hotel de New York près de Central Park, pour exprimer une nouvelle fois leur opposition au milliardaire républicain un mois jour pour jour après son entrée en fonction.  Les activistes anti-Trump avaient appelé à détourner les célébrations du « Presidents Day » au profit d’un « Not My President Day » avec des rassemblements dans plusieurs villes, dont Los Angeles, Chicago, Atlanta et Washington. Par ailleurs, environ 7000 opposants à Donald Trump ont manifesté lundi aux abords du parlement britannique contre le projet de visite d’Etat du président américain à Londres. Cela au moment même où les députés débattaient du sujet. Une pétition demandant que sa visite ne soit pas « d’Etat » – ce qui pourrait mettre la reine dans l’embarras -, a recueilli 1,8 million de signatures. RTS info
Fuir Washington, le temps d’un week-end de trois jours. Donald Trump attendait impatiemment cette escapade en Floride, devant ses irréductibles supporteurs, fidèles de la première heure, qui se font si rares depuis un mois à Washington. Oublier le froid, le crachin pendant le discours d’investiture, ces médias «malhonnêtes», ces manifestants acrimonieux, les fuites des services secrets, la fronde de la Justice face à son décret sur l’immigration, celle du Congrès face à ses plans grandioses de mur à la frontière mexicaine, le limogeage à contrecœur du général Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, éclaboussé par la «Russian Connection», et les centaines de nominations gouvernementales en souffrance. Mais tout cela n’a que peu d’importance pour le «peuple de Trump». «Nous l’aimons et nous sommes venus le lui dire», s’exclame Sheila Gaylor, une résidente de Melbourne, où le président fait escale le temps d’un rassemblement populaire. Comme durant la campagne, lorsque l’adrénaline le poussait de l’avant. Cette ivresse s’est tarie, mais voici l’occasion de la ressusciter, grâce à un bain de foule régénérateur, et de remettre le tribun sur orbite, loin du «marigot» fédéral si difficile à «assécher». Dans le hangar 6 de l’aérodrome local, plusieurs milliers de Floridiens, blancs pour la plupart, se pressent pour apercevoir la tignasse blonde la plus célèbre du monde, et la silhouette élégante de sa femme, Melania. C’est ici, à Melbourne, en septembre 2016, que 15 000 supporteurs déchaînés ont offert au candidat républicain l’une de ses escales les plus mémorables. Peu importe que les opposants se fassent entendre au dehors, réclamant la destitution du président milliardaire.«Ils ne sont que quelques milliers, alors que nous sommes 50 000. Vous croyez que les médias malhonnêtes vont parler de quoi?» gronde une femme à crinière blonde, reprenant le discours officiel.Les pro-Trump ne sont en réalité que 9 000, selon la police de Melbourne sur Twitter, mais leur enthousiasme, débordant, est récompensé par un vrombissement dans le ciel: le Boeing présidentiel Air Force One surgit en rase-mottes, déclenchant les vivats. Le quadriréacteur s’immobilise dans le soleil couchant, et le couple présidentiel apparaît. Dans un tonnerre d’ovations, le chef de l’État s’empresse de révéler la raison de sa venue sur la Space Coast: «Je suis ici parce que je veux être parmi mes amis, et parmi le peuple. Je veux être au même endroit que des patriotes travailleurs qui aiment leur pays, qui saluent le drapeau et prient pour un avenir meilleur.» Ce même peuple qui l’a porté au pouvoir et continue de lui vouer une loyauté sans faille. Ce soutien est inestimable, et probablement fondamental: apprenant à naviguer dans l’air vicié de Washington, le milliardaire va devoir pérenniser sa base militante, surtout s’il compte briguer une réélection en 2020. C’est d’ailleurs son comité de soutien officiel, lancé le 20 janvier, qui finance l’événement du jour, annonciateur de raouts semblables à l’avenir. Bronzé et visiblement détendu, Donald Trump s’amuse avec la foule. Il recycle ses thèmes les plus populaires et désigne ses boucs émissaires habituels. (…) Un mot, un seul, à l’adresse des médias, une allusion (erronée) à «tous ces grands présidents, comme Thomas Jefferson, qui se sont souvent battus avec les médias, ont dénoncé leurs mensonges», et des centaines de poings rageurs se dressent vers la forêt de caméras. Que ses ouailles se rassurent: «La Maison-Blanche tourne comme sur des roulettes!» «CNN craint!» renchérit la foule en chœur. «Je peux vous parler directement, sans le filtre des fausses informations», poursuit Trump. (…) À l’applaudimètre, celui que «nous attendions depuis si longtemps», selon Claudia, une mère au foyer venue de Titusville, un rejeton assoupi dans les bras, ce «héros qui va se dresser», selon l’expression imprimée sur les badges d’accès, l’emporte en évoquant les emplois, le business, qui vont décoller sous son mandat, ces contrats militaires bons pour la région, et, surtout, ce «fichu islamisme radical que nous allons tenir à distance de notre pays». (…) «Il est vraiment formidable, il est comme nous, il parle comme nous, confient d’une seule voix Jake et Colleen, un couple de retraités débonnaire exhibant toute la panoplie du parfait petit supporteur, croisé dans la pénombre en bordure d’aérodrome, pour voir s’envoler le Boeing présidentiel. Il est en train de tenir toutes ses promesses, encore plus vite que prévu. Au-delà de toutes nos attentes!» Le Figaro
Thank you, President Barack Obama, for serving the country for the past eight years. (…) Thank you for the Iran deal. Before the deal, Iran was weeks from attaining nuclear bomb capability. Now the world has a decade before the mullahs have the capability of developing a bomb. (…) Thank you for killing Osama bin Laden. And for taking out al-Qaida’s senior leadership. And for stopping and reversing gains by ISIS. (…) Thank you for standing up to Vladimir Putin. You saw the expansionist, anti-democratic nature of Putin’s actions in Ukraine and quickly confronted him. Perhaps that opposition slowed what may have been an inevitable march through the Baltics. (….) Thank you for recognizing our Cuba embargo was a failed policy and that the time for change had come. Thank you for steering the country through the recession. Thank you for cutting unemployment in half. And for doing so in the face of Republican obstructionism on the kind of infrastructure bill that your successor now likely will get through. Thank you for doubling clean energy production. For recognizing that our dependence on fossil fuels can’t help but degrade our environment and hold us back from being competitive in the green energy future, and embolden corrupt and backward regimes from Venezuela to the Middle East to Russia. (…) Thank you for the Affordable Care Act. It has brought the security of health care to millions. It has saved lives. It has kept the rate of cost increases in premiums lower in the past eight years than they were in the previous eight years. It needs to be fixed — what doesn’t? — but only with better ideas, not worse ones. (…) Thank you for trying to get immigration reform through Congress, and for pursuing the policy known as Deferred Action for Childhood Arrivals, which let 5 million people already living and working here come out of the shadows. (…) Thank you for trying. You grappled with one great chaos after another, and sometimes you fell short. In Syria, you needed a smarter course of action. In Israeli-Palestinian peacemaking, you underestimated the need, early on, to deal with Israeli fears and Palestinian obstructionism. As for ending the Sudan embargo, the jury is out. (…) Thank you. Thank you for not embarrassing us, your family or yourself. Though your opponents and their friends at “Fox and Friends” tried to pin scandals to you, none could stick. In my lifetime, there has never been an administration so free from personal and professional moral stain. Thank you for the seriousness, dignity, grace, humor and cool you brought to the Oval Office. Thank you for being my president. Rob Eshman
I think it’s important not to dismiss the president’s reply simply as dumb. We ought to assume that it’s darkly brilliant — if not in intention than certainly in effect. The president is responding to a claim of fact not by denying the fact, but by denying the claim that facts are supposed to have on an argument. He isn’t telling O’Reilly that he’s got his facts wrong. He’s saying that, as far as he is concerned, facts, as most people understand the term, don’t matter: That they are indistinguishable from, and interchangeable with, opinion; and that statements of fact needn’t have any purchase against a man who is either sufficiently powerful to ignore them or sufficiently shameless to deny them — or, in his case, both. (…) But the most interesting conversation is not about why Donald Trump lies. Many public figures lie, and he’s only a severe example of a common type. The interesting conversation concerns how we come to accept those lies. Nearly 25 years ago, Daniel Patrick Moynihan, the great scholar and Democratic Senator from New York, coined the phrase, “defining deviancy down.” His topic at the time was crime, and how American society had come to accept ever-increasing rates of violent crime as normal. “We have been re-defining deviancy so as to exempt much conduct previously stigmatized, and also quietly raising the ‘normal’ level in categories where behavior is now abnormal by any earlier standard,” Moynihan wrote. You can point to all sorts of ways in which this redefinition of deviancy has also been the story of our politics over the past 30 years, a story with a fully bipartisan set of villains. I personally think we crossed a rubicon in the Clinton years, when three things happened: we decided that some types of presidential lies didn’t matter; we concluded that “character” was an over-rated consideration when it came to judging a president; and we allowed the lines between political culture and celebrity culture to become hopelessly blurred. But whatever else one might say about President Clinton, what we have now is the crack-cocaine version of that. If a public figure tells a whopping lie once in his life, it’ll haunt him into his grave. If he lies morning, noon and night, it will become almost impossible to remember any one particular lie. Outrage will fall victim to its own ubiquity. It’s the same truth contained in Stalin’s famous remark that the death of one man is a tragedy but the death of a million is a statistic. One of the most interesting phenomena during the presidential campaign was waiting for Trump to say that one thing that would surely break the back of his candidacy. Would it be his slander against Mexican immigrants? Or his slur about John McCain’s record as a POW? Or his lie about New Jersey Muslims celebrating 9/11? Or his attacks on Megyn Kelly, on a disabled New York Times reporter, on a Mexican-American judge? Would it be him tweeting quotations from Benito Mussolini, or his sly overtures to David Duke and the alt-right? Would it be his unwavering praise of Vladimir Putin? Would it be his refusal to release his tax returns, or the sham that seems to been perpetrated on the saps who signed up for his Trump U courses? Would it be the tape of him with Billy Bush? None of this made the slightest difference. On the contrary, it helped him. Some people became desensitized by the never-ending assaults on what was once quaintly known as “human decency.” Others seemed to positively admire the comments as refreshing examples of personal authenticity and political incorrectness. (…) Donald Trump’s was the greatest political strip-tease act in U.S. political history: the dirtier he got, the more skin he showed, the more his core supporters liked it. Abraham Lincoln, in his first inaugural address, called on Americans to summon “the better angels of our nature.” Donald Trump’s candidacy, and so far his presidency, has been Lincoln’s exhortation in reverse. Bret Stephens
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
To me, the “Legacy of Obama” can be explained in one word: Trump. Hallie Lerman
Once hailed as a political genius, Obama’s radicalism led his party into disarray, and repeated electoral disaster, with some 1000 national and state legislative seats and many Governorships lost during his tenure. Ungenerous to his political opponents, he ultimately was quite uncaring about his own political party too. The black community faired quite economically poorly during his two terms. And, abandoning his roots, Barack Obama has sadly accepted no accountability for the years-long murder wave gripping Chi-town. Barack Hussein Obama chose purposefully to assail American allies abroad, befriend tyrannies, abandon dissidents and victims abroad, and attack traditional Americans and economic growth at home. He was also never a truth teller about Islamic Jihad and the challenge of radical Islam’s assaults on Americans within our own borders. His legacy is to have made America less safe and sovereign, less prosperous and entrepreneurial, and less united than the promised hope and change campaign of 2008. Larry Greenfield
Tiré à quatre épingles, col blanc éclatant et cravate rouge vif, l’homme grand, noir, élégant, fait son apparition sur scène devant des milliers de drapeaux américains portés par une marée humaine en délire. Des applaudissements se mélangent aux cris hystériques, pleurs et voix hurlant en chœur « Yes we can ». Les larmes coulent sur les joues du révérend Jesse Jackson qui vient d’apprendre que le rêve de Martin Luther King s’est réalisé en ce 4 novembre 2008. Et le monde entier assiste, le souffle coupé, à cette scène inédite de l’histoire. « Hello Chicago », lance le quadragénaire avec un sourire tiré des publicités de dentifrice. « S’il y a encore quelqu’un qui doute que l’Amérique est un endroit où tout est possible, ce soir, vous avez votre réponse. » Et la foule s’enflamme. Ce soir-là, Barack Obama a réussi son pari en devenant le premier président noir des Etats-Unis. Aux yeux de ses électeurs, il n’était pas seulement l’incarnation de l’ » American dream ». Il était aussi celui qui allait tendre l’oreille aux difficultés des minorités, sortir une nation de la pire crise économique depuis la Grande Dépression, ramasser les pots cassés de George W. Bush, soigner les plaies d’un pays hanté par la guerre et l’insécurité, rendre aux familles leurs soldats partis en Irak et en Afghanistan, offrir des soins de santé aux plus démunis… La liste est sans fin. (…) Les attentes étaient particulièrement grandes au sein de la communauté afro-américaine (…) « Tout le monde a cru qu’avec Obama nous allions rentrer dans une ère post-raciale. C’est donc assez ironique que la race soit devenue un problème majeur sous sa présidence », affirme Robert Shapiro, politologue à l’université new-yorkaise de Columbia. (…) Outre quelques discours, le Président se distingue par le peu d’initiatives prises en faveur de sa communauté. Certes, il a nommé un nombre sans précédent de juges noirs. Et, paradoxalement, cette reprise de la lutte pour l’égalité est parfois notée comme une victoire du Président, malgré lui. (…) Dans un premier temps, l’ancien sénateur a aussi suscité la colère des immigrés en situation irrégulière en autorisant un nombre record d’expulsions. Barack Obama finira par faire volte-face et s’engagera dans une lutte féroce pour faire passer au Congrès le « Dream Act », projet de loi légalisant 2 millions de jeunes sans-papiers. En vain. Furieux, le chef d’Etat signera alors un décret permettant à ceux-ci d’obtenir un permis de travail et donc de les protéger. Aussi, peu de présidents américains peuvent se targuer d’avoir fait autant progresser la protection des droits des homosexuels. En mai 2012, « Newsweek » surnommait Barack Obama « the first gay president », pour saluer sa décision de soutenir le mariage homosexuel. Quelques mois plus tard, la loi « Don’t ask, don’t tell », interdisant aux militaires d’afficher leur homosexualité, était abrogée. Et, en 2015, Barack Obama criait « victoire », alors que la Cour suprême venait de légaliser le mariage gay. Reste que le natif de Hawaii n’est pas parvenu à réduire les inégalités sociales et raciales qui sévissent toujours aux Etats-Unis. En 2012, 27,2 % des Afro-Américains et 25,6 % des Latinos vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des Blancs. Autre épine dans le pied du Démocrate : la débâcle de la ville de Detroit, majoritairement peuplée par des Noirs et déclarée en banqueroute de 2013 à 2014. (…) Peut-être était-il trop dépensier. Surnommé « Monsieur 20 trillions », Barack Obama est accusé d’avoir doublé la dette publique. (…) L’histoire se souviendra d’Obama comme de celui qui aura doté les Etats-Unis d’un système d’assurance santé universelle. L’ »Affordable Care Act », lancé en 2010 après quinze mois de tractations, est « la » grande victoire du Démocrate. (…) Mais (…) le système montre-t-il ses limites puisque (…) il comprend (…) trop de personnes malades, nécessitant des soins, et pas assez de personnes en bonne santé. Ce problème est devenu récurrent et des compagnies d’assurances quittent le programme », explique Victor Fuchs, spécialiste américain de l’économie de la santé. (…) En 2009, le Président envoie 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, pour ensuite déclarer la fin des opérations militaires en Irak, avant de bombarder la Libye. (…) Sa crédibilité en prend un coup lorsqu’il refuse de frapper la Syrie, même après que Bachar Al-Assad eut franchi la fameuse ligne rouge, tracée par Obama lui-même, en utilisant des armes chimiques contre les rebelles. En huit ans, le prix Nobel de la paix, arrivé au pouvoir comme un Président antiguerre, aura entériné le recours à la force militaire dans neuf pays (Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, Yémen, Somalie, Ouganda et Cameroun). Le « New York Times » indique d’ailleurs que « si les Etats-Unis restent au combat en Afghanistan, Irak et Syrie jusqu’à la fin de son mandat […] il deviendra de façon assez improbable le seul président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre ». Le Congrès aura été le talon d’Achille de Barack Obama. (…) Résultat : l’adepte du « centrisme » laissera derrière lui un paysage politique plus polarisé que jamais. « Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique. Les érudits aiment à découper notre pays entre Etats rouges et Etats bleus […] mais j’ai une nouvelle pour eux. Nous formons un seul peuple », avait-il pourtant déclaré lors de la Convention démocrate de Boston le 27 juillet 2004. Ce jour-là, une star politique était née. Barack Obama avait tout : la rhétorique enflammée, le charisme hors norme, l’intelligence, le parcours au parfum de rêve américain et la famille idéale. Avec son style châtié, son allure juvénile, sa capacité à susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs, il était le candidat parfait du XXIe siècle. Trop parfait, peut être. A tel point qu’il aura suscité plus d’espoirs qu’il ne pouvait en porter. « Il a été meilleur candidat en campagne qu’il n’a été président », regrette M. McKee. La Libre Belgique

Attention: un monstre peut en cacher un autre !

En ce Washington’s Day devenu Presidents’ Day

Et, si l’on en croit nos valeureux journalistes,  Not my Presidents’ Day

Pendant qu’en Floride la part maudite de l’Amérique encensait son élu …

Dont on se souvient la part qu’avait pu avoir dans sa décision de briguer la Maison Blanche …

L’humiliation qu’il avait reçue de son prédecesseur il y a six ans lors d’un tristement fameux dîner annuel des correspondants …

Et qu’en France nos propres juges comme nos médias montrent le vrai prix, selon la tête du client, qu’ils attachent à la vérité

Comment ne pas voir …

Par l’un de ces effets de balancier dont l’histoire est friande …

La radicalité encouragée par la trop grande adulation et indulgence de toute une presse et finalement tant d’entre nous

D’un certain Dr. Frankenstein dont l’actuel président américain ne serait au bout du compte que la créature ?

Voir aussi:

Le bilan Obama
Barack Obama, le président dont on attendait trop
Maria Udrescu
La Libre Belgique
2016

Le Président n’a pas pu sortir de baguette magique pour laisser derrière lui une Amérique idéale.

Tiré à quatre épingles, col blanc éclatant et cravate rouge vif, l’homme grand, noir, élégant, fait son apparition sur scène devant des milliers de drapeaux américains portés par une marée humaine en délire. Des applaudissements se mélangent aux cris hystériques, pleurs et voix hurlant en chœur « Yes we can ». Les larmes coulent sur les joues du révérend Jesse Jackson qui vient d’apprendre que le rêve de Martin Luther King s’est réalisé en ce 4 novembre 2008. Et le monde entier assiste, le souffle coupé, à cette scène inédite de l’histoire. « Hello Chicago », lance le quadragénaire avec un sourire tiré des publicités de dentifrice. « S’il y a encore quelqu’un qui doute que l’Amérique est un endroit où tout est possible, ce soir, vous avez votre réponse. » Et la foule s’enflamme.

Ce soir-là, Barack Obama a réussi son pari en devenant le premier président noir des Etats-Unis. Aux yeux de ses électeurs, il n’était pas seulement l’incarnation de l’ » American dream ». Il était aussi celui qui allait tendre l’oreille aux difficultés des minorités, sortir une nation de la pire crise économique depuis la Grande Dépression, ramasser les pots cassés de George W. Bush, soigner les plaies d’un pays hanté par la guerre et l’insécurité, rendre aux familles leurs soldats partis en Irak et en Afghanistan, offrir des soins de santé aux plus démunis…

La liste est sans fin. Et huit ans plus tard, d’aucuns applaudissent les réussites du Démocrate malgré un contexte hostile – un Congrès aux mains des Républicains – et une situation dramatique héritée de son prédécesseur. D’autres s’étonnent de voir que ce Président, qui aura suscité un enthousiasme quasi messianique, n’ait pas sorti sa baguette magique pour laisser derrière lui une Amérique idéale, ou même pour tenir toutes ses promesses de campagne.

La désillusion des minorités

Les attentes étaient particulièrement grandes au sein de la communauté afro-américaine, même si Barack Obama, né d’un père kenyan, ne s’est jamais présenté comme un « président des Noirs ». « Tout le monde a cru qu’avec Obama nous allions rentrer dans une ère post-raciale. C’est donc assez ironique que la race soit devenue un problème majeur sous sa présidence », affirme Robert Shapiro, politologue à l’université new-yorkaise de Columbia.

En 2014, des vagues de protestation ont secoué la ville de Ferguson après la mort de Michael Brown, un Afro-Américain tué par un policier blanc. Un an plus tôt, le « Black Lives Matter » naissait dans la foulée de l’acquittement de George Zimmerman, policier ayant abattu Trayvon Martin, un jeune Noir. Barack Obama avait alors célèbrement déclaré : « Trayvon Martin, ça aurait pu être moi il y a trente-cinq ans »

Outre quelques discours, le Président se distingue par le peu d’initiatives prises en faveur de sa communauté. Certes, il a nommé un nombre sans précédent de juges noirs. Et, paradoxalement, cette reprise de la lutte pour l’égalité est parfois notée comme une victoire du Président, malgré lui. « Le ‘Black Lives Matter’ rappelle enfin que des problèmes liés à l’héritage de discrimination raciale existent encore aux Etats-Unis, comme dans la justice ou la distribution des richesses », explique William Howell, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago. Mais, « Barack Obama a été réticent à prendre des mesures qui affectent uniquement les Afro-Américains, au risque de voir les électeurs blancs l’accuser de se charger uniquement de ‘ses gens’ », observe Seth McKee, de la Texas Tech University. Dans un premier temps, l’ancien sénateur a aussi suscité la colère des immigrés en situation irrégulière en autorisant un nombre record d’expulsions. Barack Obama finira par faire volte-face et s’engagera dans une lutte féroce pour faire passer au Congrès le « Dream Act », projet de loi légalisant 2 millions de jeunes sans-papiers. En vain. Furieux, le chef d’Etat signera alors un décret permettant à ceux-ci d’obtenir un permis de travail et donc de les protéger.

Aussi, peu de présidents américains peuvent se targuer d’avoir fait autant progresser la protection des droits des homosexuels. En mai 2012, « Newsweek » surnommait Barack Obama « the first gay president », pour saluer sa décision de soutenir le mariage homosexuel. Quelques mois plus tard, la loi « Don’t ask, don’t tell », interdisant aux militaires d’afficher leur homosexualité, était abrogée. Et, en 2015, Barack Obama criait « victoire », alors que la Cour suprême venait de légaliser le mariage gay.

Une croissance florissante, mais inégale

Reste que le natif de Hawaii n’est pas parvenu à réduire les inégalités sociales et raciales qui sévissent toujours aux Etats-Unis. En 2012, 27,2 % des Afro-Américains et 25,6 % des Latinos vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des Blancs. Autre épine dans le pied du Démocrate : la débâcle de la ville de Detroit, majoritairement peuplée par des Noirs et déclarée en banqueroute de 2013 à 2014.

Barack Obama peut néanmoins rétorquer que c’est le bien-être économique de tout un pays qu’il a dû relever, à la sueur de son front. En effet, »personne ne peut dire, objectivement, que l’économie est dans un pire état aujourd’hui que lorsqu’Obama est devenu président. En 2008, le taux de chômage présentait deux chiffres, la Bourse était en chute libre, les banques fermaient, c’était un chaos total », rappelle M. Howell. Aujourd’hui, l’Amérique s’est remise de la grande récession de 2008, présentant un taux de chômage de 5 %, une croissance de 2,4 % et une Bourse au plus haut. Pendant ses mandats, l’Amérique a créé près de 16 millions d’emplois et le rachat de General Motors et Chrysler en a sauvé 3 millions.

Peut-être aurait-il pu faire plus. « Mais gardez à l’esprit qu’il a dû faire avec un Congrès qui ne voulait lui accorder aucune victoire », rappelle M. Howell. A défaut de convaincre les Républicains de relever le salaire minimum bloqué à 7,25 dollars de l’heure, le Président a dû se résoudre à le faire par décret pour les employés des sociétés privées au service de l’Etat.

Peut-être était-il trop dépensier. Surnommé « Monsieur 20 trillions », Barack Obama est accusé d’avoir doublé la dette publique. Mais ce phénomène est en grande partie dû aux dépenses liées au paiement des retraites et, surtout, à la santé.

L’Obamacare, légendaire, mais sur la sellette

L’histoire se souviendra d’Obama comme de celui qui aura doté les Etats-Unis d’un système d’assurance santé universelle. L’ »Affordable Care Act », lancé en 2010 après quinze mois de tractations, est « la » grande victoire du Démocrate. Honni des Républicains et traîné par trois fois devant la Cour suprême, l’Obamacare a malgré tout accordé une couverture médicale à près de 20 millions de personnes. « La réforme a aussi interdit aux compagnies d’assurances de refuser de couvrir une personne en raison de son état de santé et relevé l’âge en dessous duquel les enfants peuvent être couverts par l’assurance de leurs parents. Mais est-ce tout ce dont Obama a rêvé ? Sûrement pas. Est-ce que ça a résolu la crise des soins de santé aux Etats-Unis ? Sûrement pas », analyse M. Howell.

Tout d’abord parce que la Cour suprême a donné, en 2012, le choix aux Etats d’adopter ou non Medicaid, assurance santé destinée aux Américains les plus pauvres. Aussi, le système montre-t-il ses limites puisque « l’amende infligée à ceux qui n’y participent pas n’est pas suffisamment élevée (1 % du salaire brut la première année et en augmentation les années suivantes, NdlR). Il comprend donc trop de personnes malades, nécessitant des soins, et pas assez de personnes en bonne santé. Ce problème est devenu récurrent et des compagnies d’assurances quittent le programme », explique Victor Fuchs, spécialiste américain de l’économie de la santé.

De façon générale, selon Seth McKee, « l’‘Affordable Care Act’ est une législation polarisante. Mais c’est une réforme massive telle qu’on n’en a plus vu depuis le président Johnson, dans les années 60 ».

Un Président engagé contre le réchauffement climatique

Le locataire de la Maison-Blanche s’était aussi lancé le défi de convaincre les Etats-Unis de mieux préserver la planète. En juin 2008, Obama s’exclamait : « Nous pourrons nous souvenir de ce jour et dire à nos enfants qu’alors la montée des océans a commencé à ralentir et la planète à guérir ».

Huit ans plus tard, les Américains sont loin d’avoir adopté un esprit vert, malgré des signes alarmants tels que la sécheresse en Californie ou les inondations en Louisiane. La majorité des tentatives du chef d’Etat pour limiter la pollution – comme son projet de loi plafonnant les émissions de carbone – ont été torpillées par les Républicains.

Mais Barack Obama n’en est pas au point de décoller son étiquette de « green president ». Ainsi, le « New York Times » l’a-t-il surnommé le « monument maker », soulignant que le Démocrate a créé 23 espaces protégés et la plus grande réserve naturelle marine au monde. Il a été le premier chef d’Etat américain à se rendre en Alaska pour y mettre en relief les effets du changement climatique, même si, peu après sa visite, il décida maladroitement d’autoriser Shell à forer dans la mer des Tchouktches. En novembre 2015, il a mis son veto à l’oléoduc Keystone, qui devait relier le Canada au golfe du Mexique. « Last but not least », le président américain a convaincu Pékin de s’engager à ses côtés pour permettre aux négociations climatiques d’aboutir à Paris.

Une diplomatie tantôt gauche, tantôt fructueuse

La politique internationale est d’ailleurs le domaine où Barack Obama a accumulé le plus de victoires… et d’échecs. Ni messianique ni indifférent, le Démocrate dit être un « réaliste », prêt à faire la balance entre les intérêts des Etats-Unis et ceux de ses alliés. Lorsqu’il prend place derrière le Bureau ovale, l’Amérique a mauvaise presse. Le pays avait sorti le plus grand mensonge de l’histoire de l’espionnage pour envahir l’Irak et était en passe de perdre une guerre en Afghanistan.

Les premiers pas du leader américain sur la scène internationale sont prometteurs. Quelques mois après son investiture, il prononce le discours du Caire visant à améliorer les relations entre Washington et le monde musulman. Mais entre une Amérique plus modeste, recentrée sur ses défis nationaux, et un interventionnisme militaire digne de la plus grande puissance mondiale, son cœur balance.

En 2009, le Président envoie 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, pour ensuite déclarer la fin des opérations militaires en Irak, avant de bombarder la Libye. Barack Obama avait pourtant promis de tourner la page des années George W. Bush. Et l’exécution d’Oussama Ben Laden, le chef d’Al Qaïda, devait y mettre le point final. Mais le printemps arabe lui force la main et rappelle les Etats-Unis au Proche-Orient. Sa crédibilité en prend un coup lorsqu’il refuse de frapper la Syrie, même après que Bachar Al-Assad eut franchi la fameuse ligne rouge, tracée par Obama lui-même, en utilisant des armes chimiques contre les rebelles.

En huit ans, le prix Nobel de la paix, arrivé au pouvoir comme un Président antiguerre, aura entériné le recours à la force militaire dans neuf pays (Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, Yémen, Somalie, Ouganda et Cameroun). Le « New York Times » indique d’ailleurs que « si les Etats-Unis restent au combat en Afghanistan, Irak et Syrie jusqu’à la fin de son mandat […] il deviendra de façon assez improbable le seul président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre ».

Le dirigeant américain ne manque pas pour autant de faire honneur à son prix Nobel. Le 10 décembre 2013, il échange une poignée de main historique avec le dirigeant cubain Raúl Castro. C’est le début du dégel des relations entre les deux pays, après plus d’un demi-siècle d’animosités et de sanctions économiques. Autre grand succès diplomatique de l’ancien sénateur : l’accord sur le nucléaire iranien, que les Républicains n’ont pas réussi à bloquer.

Ces derniers parviendront par contre à tuer dans l’œuf un autre de ses projets : la fermeture de Guantanamo. S’il ne reste plus que 61 prisonniers dans le centre ouvert à Cuba en 2002, Barack Obama aura échoué à verrouiller définitivement les portes de ce site.

Une Amérique divisée

Le Congrès aura été le talon d’Achille de Barack Obama. La droite ne pouvait avaler sa double défaite face à un Démocrate, noir et fils d’un immigré musulman, qui plus est. Le cœur du Parti républicain a presque fait de la dénonciation du Président son seul programme politique. « De façon générale, pour toute une partie de l’Amérique, avoir un Président afro-américain, issu des grandes universités de la côte Est, qui est ouvert sur le monde et prône le multiculturalisme et la tolérance vis-à-vis de l’islam, c’est insupportable », observe Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

De son côté, Barack Obama a voulu effacer ce qui avait fait de lui l’homme providentiel, symbole d’une nouvelle ère, pour apparaître comme un « président normal ». Aussi, « il n’a pas eu la motivation suffisante de travailler avec le Congrès, raison pour laquelle il ne s’est pas donné les moyens de le faire. Il a presque abandonné avant même d’essayer », estime Seth McKee. Résultat : l’adepte du « centrisme » laissera derrière lui un paysage politique plus polarisé que jamais.

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique. Les érudits aiment à découper notre pays entre Etats rouges et Etats bleus […] mais j’ai une nouvelle pour eux. Nous formons un seul peuple », avait-il pourtant déclaré lors de la Convention démocrate de Boston le 27 juillet 2004. Ce jour-là, une star politique était née. Barack Obama avait tout : la rhétorique enflammée, le charisme hors norme, l’intelligence, le parcours au parfum de rêve américain et la famille idéale. Avec son style châtié, son allure juvénile, sa capacité à susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs, il était le candidat parfait du XXIe siècle. Trop parfait, peut être. A tel point qu’il aura suscité plus d’espoirs qu’il ne pouvait en porter. « Il a été meilleur candidat en campagne qu’il n’a été président », regrette M. McKee.

« Barack Obama ne figurera pas sur la liste des grands présidents américains, réservée à ceux qui étaient en fonction pendant les grandes guerres », estime M. Shapiro. « Mais plutôt sur celle des bons présidents, aux côtés de Truman, Reagan ou encore Jefferson. Parce qu’il a engrangé beaucoup de réussites, parce qu’il a fait face à de grands défis économiques et militaires, et parce qu’il est le premier Président noir des Etats-Unis. »

Voir aussi:

A legacy of O
Larry Greenfield
JTA
Jan 17, 2017

When he ran for President, Barack Obama promoted “we are not red states or blue states, but the United States.” He didn’t mean it.

Radicalized by his prolific communist mentor Frank Marshall Davis, Barry (Soetero) enjoyed his pot-smoking “choom gang” in high school, and then regularly attended socialist conferences while in college.

He became a community organizer in Chicago and close friend of the radical Rev. Jeremiah Wright, and the domestic terrorist Bill Ayers, his philosophical and political influencers. Obama’s “Dreams from My Father” were calculations against the American Dream.

As Presidential candidate in 2008, Senator Obama declared the cumulative national debt, at 8 Trillion dollars, “unpatriotic.” But his unprecedented generational assault on America’s children has now resulted in a staggering debt of 20 Trillion dollars, and all-time high levels of government dependency in “food stamp nation”.

For that bill, taxpayers could have easily covered all the medical care of the uninsured without imposing the Obamacare disaster. But the Affordable Care Act was never about affordability, access, reducing health care costs, or keeping your insurance or your doctor.  It was always about federal control and a path to socialized health care through an eventual single-payer system.

Obama’s legacy therefore is a decline of consumer choice and health care competition, with providers and doctors walking away, and middle class Americans shocked at their skyrocketing insurance premiums and extremely high insurance deductibles.

Since 1790, the annual average domestic economic growth rate in our nation is just under 4%. Having never worked in the private sector, Barack Obama has presided over the poorest-ever 8 year national economic performance, a mere 1.5% annual growth.

Declaring “I won”, President Obama promoted an extreme and often petty partisanship, incessantly castigating, and never compromising with Congress.

He demoralized entrepreneurs (“you didn’t build that”), demonized the “bitter clingers” to their guns and religion, opposed domestic energy production (Keystone pipeline) and ridiculed doctors “seeking profit”.

A former adjunct law professor, Obama’s executive over-reach was repeatedly repudiated by the Courts.

Mr. Obama promised transparency, but his administration produced a stunning collection of scandals:

Fast & Furious gun running to Mexican drug lords, the IRS assault on Conservatives, the targeting of James Rosen and AP reporters, released GITMO terrorists returning to battle, the Benghazi failure to anticipate, protect, defend, or admit the truth about the planned 9/11 anniversary assault on U.S. assets, Healthcare Insurance Fraud, the woeful Bo Berghdahl trade, Auto Dealergate, the DOJ Black Panther whitewash, the NEA Art scandal, the Sestak affair, Inspector General Gerald Walpin’s firing, the mis-spending of Stimulus Funds , the DOJ propaganda unit, Solyndra, the Attorney General held in contempt of Congress, and massive failures at the Veterans Administration, the CDC, and the Secret Service.  The list goes on and on.

As Commander in Chief, Mr. Obama, absent any national security experience or credentials, called our troops “corpsemen” and oversaw significant declines in military preparedness and troops, tanks, planes, and warship levels.

His human rights record is a disaster — diffidence about assaults on Christians, and Yazidi and Nigerian girls sold into slavery without rescue, and unforgivable decisions to side against dissidents from Tehran to Eastern Europe.  Mr. Obama took the wrong side in Honduras and Egypt (Moslem Brotherhood), and sought to appease and empower the Castro regime in Cuba and the Mullah tyranny in Iran.  He didn’t extract concessions; he conceded, over and over, to our enemies.

The Russian re-set was an historic blunder (“Tell Vladimir I’ll have more flexibility after I’m re-elected”) and Obama failed to retaliate against Chinese cyber hacking, a lesson Russians must have learned.

The Nobel Peace Prize winner managed a tripling of US combat deaths in Afghanistan over his predecessor, and his most unfortunate withdrawal of all U.S. troops from Iraq, which VP Biden had declared stable, helped to unleash the barbarism of ISIS (“a JV Team”, “contained”).

Secretaries of State Clinton and Kerry exhibited remarkable ineffectiveness in promoting stability in the Middle East, encouraging Palestinian irredentism and resulting in failed states in Libya and Yemen.

UN Ambassador Samantha Power who literally wrote the book on R2P, the “responsibility to protect” against genocide, failed her mission. Responsibility was abandoned to beg favor with the Iranians, who received not further sanction but billions of American dollars and a green light to continue regional domination and terror, support of Assad in Syria, and threats against Israel.

Most egregiously, President Obama failed to enforce his own red line in Syria or even create no fly zones, after the Assad regime used chemical weapons. There is no more Syrian state, 500,000 are dead, and millions of refugees are flooding into Europe, destabilizing the West.  History will judge this administration harshly.

The Obama Doctrine (“offend friends and hug thugs”) was perhaps most calculated to undermine Bibi Netanyahu, (including Obama sending his political team and U.S. taxpayer funds to influence the Israeli elections).  Seeking “daylight” between special allies, Mr. Obama used every opportunity to destroy the bi-partisan tradition of U.S. diplomatic and political support for the Jewish state.  During the Iran Deal debate, Mr. Obama sank to new lows, castigating opponents (the majority in Congress and in public opinion) as dual loyalists.

Once hailed as a political genius, Obama’s radicalism led his party into disarray, and repeated electoral disaster, with some 1000 national and state legislative seats and many Governorships lost during his tenure. Ungenerous to his political opponents, he ultimately was quite uncaring about his own political party too.

The black community faired quite economically poorly during his two terms.  And, abandoning his roots, Barack Obama has sadly accepted no accountability for the years-long murder wave gripping Chi-town.

Barack Hussein Obama chose purposefully to assail American allies abroad, befriend tyrannies, abandon dissidents and victims abroad, and attack traditional Americans and economic growth at home.

He was also never a truth teller about Islamic Jihad and the challenge of radical Islam’s assaults on Americans within our own borders.

His legacy is to have made America less safe and sovereign, less prosperous and entrepreneurial, and less united than the promised hope and change campaign of 2008.


Larry Greenfield has served as executive director of the Reagan Legacy Foundation, the Jewish Institute for National Security Affairs, and the Republican Jewish Coalition of California. He is long associated with the Claremont Institute for the Study of Statesmanship & Political Philosophy.

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Thank you, Obama

Thank you, President Barack Obama, for serving the country for the past eight years.

Thank you, Obama, for not moving the American embassy in Tel Aviv to Jerusalem. You were wise enough to follow the lead of your Democratic and Republican predecessors and realize the chaos such a move could cause would not be worth the cost. There is no doubt the embassy should be in Jerusalem. There is no question that Jerusalem is the eternal and contemporary capital of Israel. But thank you for knowing that not every right must be claimed at any cost.

Thank you for protecting Israel when and where it mattered most: with off-budget millions for Iron Dome, for standing up for Israel’s right to defend itself in the Gaza war, for a record-setting $38 billion in aid.

Thank you for declaring as eloquently as any president ever has, and in as many international forums as possible, the value and justice of a Jewish state. Thank you for trying to protect that state from pursuing policies that will endanger its own existence.

Thank you for the Iran deal. Before the deal, Iran was weeks from attaining nuclear bomb capability. Now the world has a decade before the mullahs have the capability of developing a bomb. You tackled a problem that only had gotten worse under previous American and Israeli leaders. Despite fierce opposition, you found a solution that even those Israelis who hated it have grown to see as beneficial.

Thank you for killing Osama bin Laden. And for taking out al-Qaida’s senior leadership. And for stopping and reversing gains by ISIS. You know who’s really happy to see you go? Abu Bakr al-Baghdadi.

Thank you for standing up to Vladimir Putin. You saw the expansionist, anti-democratic nature of Putin’s actions in Ukraine and quickly confronted him. Perhaps that opposition slowed what may have been an inevitable march through the Baltics. There is nothing wrong with having positive relations with Russia, but “positive” cannot mean giving the Putin regime a pass.

Thank you for recognizing our Cuba embargo was a failed policy and that the time for change had come.

Thank you for steering the country through the recession. Thank you for cutting unemployment in half. And for doing so in the face of Republican obstructionism on the kind of infrastructure bill that your successor now likely will get through.

Thank you for doubling clean energy production. For recognizing that our dependence on fossil fuels can’t help but degrade our environment and hold us back from being competitive in the green energy future, and embolden corrupt and backward regimes from Venezuela to the Middle East to Russia.

Thank you for saving the American auto industry. You revived General Motors with $50 billion in loans, saving 1.2 million jobs and creating $35 billion in tax revenue so far. Have you checked out GM’s Chevy Bolt? All electric, 240 miles per charge, drives like a rocket and made in Detroit. They should call it the “Obamacar.”

Thank you for the Paris Agreement to address climate change. Thank you for throwing America’s lot in with the rest of the planet.

Thank you for the Affordable Care Act. It has brought the security of health care to millions. It has saved lives. It has kept the rate of cost increases in premiums lower in the past eight years than they were in the previous eight years. It needs to be fixed — what doesn’t? — but only with better ideas, not worse ones.

Thank you for Merrick Garland. It was a great idea while it lasted.

Thank you for trying to get immigration reform through Congress, and for pursuing the policy known as Deferred Action for Childhood Arrivals, which let 5 million people already living and working here come out of the shadows.

Thanks for Michelle. Not just her brains and biceps, but her choice of causes. Your wife saw all the good the food movement had accomplished from the grass roots up and planted it squarely in the front yard of the White House, where it would grow even more from the top down.

Thank you for trying. You grappled with one great chaos after another, and sometimes you fell short. In Syria, you needed a smarter course of action. In Israeli-Palestinian peacemaking, you underestimated the need, early on, to deal with Israeli fears and Palestinian obstructionism. As for ending the Sudan embargo, the jury is out. Stateside, your administration should have put some of the bad guys of the recession behind bars and found fixes that better addressed the wealth gap.

Time will reveal more blemishes — and heal some of the scars. But in the meantime:

Thank you. Thank you for not embarrassing us, your family or yourself. Though your opponents and their friends at “Fox and Friends” tried to pin scandals to you, none could stick. In my lifetime, there has never been an administration so free from personal and professional moral stain.

Thank you for the seriousness, dignity, grace, humor and cool you brought to the Oval Office. Thank you for being my president.


ROB ESHMAN is publisher and editor-in-chief of TRIBE Media Corp./Jewish Journal. Email him at robe@jewishjournal.com. You can follow him on Instagram and Twitter @foodaism and @RobEshman.

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Media
Bret Stephens
Time
Feb 18, 2017

Bret Stephens writes the foreign-affairs column of the Wall Street Journal, for which he won the 2013 Pulitzer Prize for commentary.

Bret Stephens delivered the Daniel Pearl Memorial Lecture this week at the University of California, Los Angeles. Read the full text of his remarks below:

I’m profoundly honored to have this opportunity to celebrate the legacy of Danny Pearl, my colleague at The Wall Street Journal.

My topic this evening is intellectual integrity in the age of Donald Trump. I suspect this is a theme that would have resonated with Danny.

When you work at The Wall Street Journal, the coins of the realm are truth and trust — the latter flowing exclusively from the former. When you read a story in the Journal, you do so with the assurance that immense reportorial and editorial effort has been expended to ensure that what you read is factual.

Not probably factual. Not partially factual. Not alternatively factual. I mean fundamentally, comprehensively and exclusively factual. And therefore trustworthy.

This is how we operate. This is how Danny operated. This is how he died, losing his life in an effort to nail down a story.

In the 15 years since Danny’s death, the list of murdered journalists has grown long.

Paul Klebnikov and Anna Politkovskaya in Russia.

Zahra Kazemi and Sattar Behesti in Iran.

Jim Foley and Steve Sotloff in Syria.

Five journalists in Turkey. Twenty-six in Mexico. More than 100 in Iraq.

When we honor Danny, we honor them, too.

We do more than that.

We honor the central idea of journalism — the conviction, as my old boss Peter Kann once said, “that facts are facts; that they are ascertainable through honest, open-minded and diligent reporting; that truth is attainable by laying fact upon fact, much like the construction of a cathedral; and that truth is not merely in the eye of the beholder.”

And we honor the responsibility to separate truth from falsehood, which is never more important than when powerful people insist that falsehoods are truths, or that there is no such thing as truth to begin with.

So that’s the business we’re in: the business of journalism. Or, as the 45th president of the United States likes to call us, the “disgusting and corrupt media.”

Some of you may have noticed that we’re living through a period in which the executive branch of government is engaged in a systematic effort to create a climate of opinion against the news business.

The President routinely describes reporting he dislikes as FAKE NEWS. The Administration calls the press “the opposition party,” ridicules news organizations it doesn’t like as business failures, and calls for journalists to be fired. Mr. Trump has called for rewriting libel laws in order to more easily sue the press.

This isn’t unprecedented in U.S. history, though you might have to go back to the Administration of John Adams to see something quite like it. And so far the rhetorical salvos haven’t been matched by legal or regulatory action. Maybe they never will be.

But the question of what Mr. Trump might yet do by political methods against the media matters a great deal less than what he is attempting to do by ideological and philosophical methods.

Ideologically, the president is trying to depose so-called mainstream media in favor of the media he likes — Breitbart News and the rest. Another way of making this point is to say that he’s trying to substitute news for propaganda, information for boosterism.

His objection to, say, the New York Times, isn’t that there’s a liberal bias in the paper that gets in the way of its objectivity, which I think would be a fair criticism. His objection is to objectivity itself. He’s perfectly happy for the media to be disgusting and corrupt — so long as it’s on his side.

But again, that’s not all the president is doing.

Consider this recent exchange he had with Bill O’Reilly. O’Reilly asks:

Is there any validity to the criticism of you that you say things that you can’t back up factually, and as the President you say there are three million illegal aliens who voted and you don’t have the data to back that up, some people are going to say that it’s irresponsible for the President to say that.

To which the president replies:

Many people have come out and said I’m right.

Now many people also say Jim Morrison faked his own death. Many people say Barack Obama was born in Kenya. “Many people say” is what’s known as an argumentum ad populum. If we were a nation of logicians, we would dismiss the argument as dumb.

We are not a nation of logicians.

I think it’s important not to dismiss the president’s reply simply as dumb. We ought to assume that it’s darkly brilliant — if not in intention than certainly in effect. The president is responding to a claim of fact not by denying the fact, but by denying the claim that facts are supposed to have on an argument.

He isn’t telling O’Reilly that he’s got his facts wrong. He’s saying that, as far as he is concerned, facts, as most people understand the term, don’t matter: That they are indistinguishable from, and interchangeable with, opinion; and that statements of fact needn’t have any purchase against a man who is either sufficiently powerful to ignore them or sufficiently shameless to deny them — or, in his case, both.

If some of you in this room are students of political philosophy, you know where this argument originates. This is a version of Thrasymachus’s argument in Plato’s Republic that justice is the advantage of the stronger and that injustice “if it is on a large enough scale, is stronger, freer, and more masterly than justice.”

Substitute the words “truth” and “falsehood” for “justice” and “injustice,” and there you have the Trumpian view of the world. If I had to sum it up in a single sentence, it would be this: Truth is what you can get away with.

If you can sell condos by claiming your building is 90% occupied when it’s only 20% occupied, well, then—it’s 90% occupied. If you can convince a sufficient number of people that you really did win the popular vote, or that your inauguration crowds were the biggest—well then, what do the statistical data and aerial photographs matter?

Now, we could have some interesting conversations about why this is happening—and why it seems to be happening all of a sudden.

Today we have “dis-intermediating” technologies such as Twitter, which have cut out the media as the middleman between politicians and the public. Today, just 17% of adults aged 18-24 read a newspaper daily, down from 42% at the turn of the century. Today there are fewer than 33,000 full-time newsroom employees, a drop from 55,000 just 20 years ago.

When Trump attacks the news media, he’s kicking a wounded animal.

But the most interesting conversation is not about why Donald Trump lies. Many public figures lie, and he’s only a severe example of a common type.

The interesting conversation concerns how we come to accept those lies.

Nearly 25 years ago, Daniel Patrick Moynihan, the great scholar and Democratic Senator from New York, coined the phrase, “defining deviancy down.” His topic at the time was crime, and how American society had come to accept ever-increasing rates of violent crime as normal.

“We have been re-defining deviancy so as to exempt much conduct previously stigmatized, and also quietly raising the ‘normal’ level in categories where behavior is now abnormal by any earlier standard,” Moynihan wrote.

You can point to all sorts of ways in which this redefinition of deviancy has also been the story of our politics over the past 30 years, a story with a fully bipartisan set of villains.

I personally think we crossed a rubicon in the Clinton years, when three things happened: we decided that some types of presidential lies didn’t matter; we concluded that “character” was an over-rated consideration when it came to judging a president; and we allowed the lines between political culture and celebrity culture to become hopelessly blurred.

But whatever else one might say about President Clinton, what we have now is the crack-cocaine version of that.

If a public figure tells a whopping lie once in his life, it’ll haunt him into his grave. If he lies morning, noon and night, it will become almost impossible to remember any one particular lie. Outrage will fall victim to its own ubiquity. It’s the same truth contained in Stalin’s famous remark that the death of one man is a tragedy but the death of a million is a statistic.

One of the most interesting phenomena during the presidential campaign was waiting for Trump to say that one thing that would surely break the back of his candidacy.

Would it be his slander against Mexican immigrants? Or his slur about John McCain’s record as a POW? Or his lie about New Jersey Muslims celebrating 9/11? Or his attacks on Megyn Kelly, on a disabled New York Times reporter, on a Mexican-American judge? Would it be him tweeting quotations from Benito Mussolini, or his sly overtures to David Duke and the alt-right? Would it be his unwavering praise of Vladimir Putin? Would it be his refusal to release his tax returns, or the sham that seems to been perpetrated on the saps who signed up for his Trump U courses? Would it be the tape of him with Billy Bush?

None of this made the slightest difference. On the contrary, it helped him. Some people became desensitized by the never-ending assaults on what was once quaintly known as “human decency.” Others seemed to positively admire the comments as refreshing examples of personal authenticity and political incorrectness.

Shameless rhetoric will always find a receptive audience with shameless people. Donald Trump’s was the greatest political strip-tease act in U.S. political history: the dirtier he got, the more skin he showed, the more his core supporters liked it.

Abraham Lincoln, in his first inaugural address, called on Americans to summon “the better angels of our nature.” Donald Trump’s candidacy, and so far his presidency, has been Lincoln’s exhortation in reverse.

Here’s a simple truth about a politics of dishonesty, insult and scandal: It’s entertaining. Politics as we’ve had it for most of my life has, with just a few exceptions, been distant and dull.

Now it’s all we can talk about. If you like Trump, his presence in the White House is a daily extravaganza of sticking it to pompous elites and querulous reporters. If you hate Trump, you wake up every day with some fresh outrage to turn over in your head and text your friends about.

Whichever way, it’s exhilarating. Haven’t all of us noticed that everything feels speeded up, more vivid, more intense and consequential? One of the benefits of an alternative-facts administration is that fiction can take you anywhere.

Earlier today, at his press conference, the president claimed his administration is running like a “fine-tuned machine.” In actual fact, he just lost his Labor Secretary nominee, his National Security Adviser was forced out in disgrace, and the Intelligence Community is refusing to fully brief the president for fear he might compromise sources and methods.

But who cares? Since when in Washington has there been a presidential press conference like that? Since when has the denial of reality been taken to such a bald-faced extreme?

At some point, it becomes increasingly easy for people to mistake the reality of the performance for reality itself. If Trump can get through a press conference like that without showing a hint of embarrassment, remorse or misgiving—well, then, that becomes a new basis on which the president can now be judged.

To tell a lie is wrong. But to tell a lie with brass takes skill. Ultimately, Trump’s press conference will be judged not on some kind of Olympic point system, but on whether he “won”—which is to say, whether he brazened his way through it. And the answer to that is almost certainly yes.

So far, I’ve offered you three ideas about how it is that we have come to accept the president’s behavior.

The first is that we normalize it, simply by becoming inured to constant repetition of the same bad behavior.

The second is that at some level it excites and entertains us. By putting aside our usual moral filters—the ones that tell us that truth matters, that upright conduct matters, that things ought to be done in a certain way—we have been given tickets to a spectacle, in which all you want to do is watch.

And the third is that we adopt new metrics of judgment, in which politics becomes more about perceptions than performance—of how a given action is perceived as being perceived. If a reporter for the New York Times says that Trump’s press conference probably plays well in Peoria, then that increases the chances that it will play well in Peoria.

Let me add a fourth point here: our tendency to rationalize.

One of the more fascinating aspects of last year’s presidential campaign was the rise of a class of pundits I call the “TrumpXplainers.” For instance, Trump would give a speech or offer an answer in a debate that amounted to little more than a word jumble.

But rather than quote Trump, or point out that what he had said was grammatically and logically nonsensical, the TrumpXplainers would tell us what he had allegedly meant to say. They became our political semioticians, ascribing pattern and meaning to the rune-stones of Trump’s mind.

If Trump said he’d get Mexico to pay for his wall, you could count on someone to provide a complex tariff scheme to make good on the promise. If Trump said that we should not have gone into Iraq but that, once there, we should have “taken the oil,” we’d have a similarly high-flown explanation as to how we could engineer this theft.

A year ago, when he was trying to explain his idea of a foreign policy to the New York Times’s David Sanger, the reporter asked him whether it didn’t amount to a kind of “America First policy”—a reference to the isolationist and anti-Semitic America First Committee that tried to prevent U.S. entry into World War II. Trump clearly had never heard of the group, but he liked the phrase and made it his own. And that’s how we got the return of America First.

More recently, I came across this headline in the conservative Washington Times: “How Trump’s ‘disarray’ may be merely a strategy,” by Wesley Pruden, the paper’s former editor-in-chief. In his view, the president’s first disastrous month in office is, in fact, evidence of a refreshing openness to dissent, reminiscent of Washington and Lincoln’s cabinet of rivals. Sure.

Overall, the process is one in which explanation becomes rationalization, which in turn becomes justification. Trump says X. What he really means is Y. And while you might not like it, he’s giving voice to the angers and anxieties of Z. Who, by the way, you’re not allowed to question or criticize, because anxiety and anger are their own justifications these days.

Watching this process unfold has been particularly painful for me as a conservative columnist. I find myself in the awkward position of having recently become popular among some of my liberal peers—precisely because I haven’t changed my opinions about anything.

By contrast, I’ve become suddenly unpopular among some of my former fans on the right—again, because I’ve stuck to my views. It is almost amusing to be accused of suffering from something called “Trump Derangement Syndrome” simply because I feel an obligation to raise my voice against, say, the president suggesting a moral equivalency between the U.S. and Vladimir Putin’s Russia.

The most painful aspect of this has been to watch people I previously considered thoughtful and principled conservatives give themselves over to a species of illiberal politics from which I once thought they were immune.

In his 1953 masterpiece, “The Captive Mind,” the Polish poet and dissident Czeslaw Milosz analyzed the psychological and intellectual pathways through which some of his former colleagues in Poland’s post-war Communist regime allowed themselves to be converted into ardent Stalinists. In none of the cases that Milosz analyzed was coercion the main reason for the conversion.

They wanted to believe. They were willing to adapt. They thought they could do more good from the inside. They convinced themselves that their former principles didn’t fit with the march of history, or that to hold fast to one’s beliefs was a sign of priggishness and pig-headedness. They felt that to reject the new order of things was to relegate themselves to irrelevance and oblivion. They mocked their former friends who refused to join the new order as morally vain reactionaries. They convinced themselves that, brutal and capricious as Stalinism might be, it couldn’t possibly be worse than the exploitative capitalism of the West.

I fear we are witnessing a similar process unfold among many conservative intellectuals on the right. It has been stunning to watch a movement that once believed in the benefits of free trade and free enterprise merrily give itself over to a champion of protectionism whose economic instincts recall the corporatism of 1930s Italy or 1950s Argentina. It is no less stunning to watch people who once mocked Obama for being too soft on Russia suddenly discover the virtues of Trump’s “pragmatism” on the subject.

And it is nothing short of amazing to watch the party of onetime moral majoritarians, who spent a decade fulminating about Bill Clinton’s sexual habits, suddenly find complete comfort with the idea that character and temperament are irrelevant qualifications for high office.

The mental pathways by which the new Trumpian conservatives have made their peace with their new political master aren’t so different from Milosz’s former colleagues.

There’s the same desperate desire for political influence; the same belief that Trump represents a historical force to which they ought to belong; the same willingness to bend or discard principles they once considered sacred; the same fear of seeming out-of-touch with the mood of the public; the same tendency to look the other way at comments or actions that they cannot possibly justify; the same belief that you do more good by joining than by opposing; the same Manichean belief that, if Hillary Clinton had been elected, the United States would have all-but ended as a country.

This is supposed to be the road of pragmatism, of turning lemons into lemonade. I would counter that it’s the road of ignominy, of hitching a ride with a drunk driver.

So, then, to the subject that brings me here today: Maintaining intellectual integrity in the age of Trump.

When Judea wrote me last summer to ask if I’d be this year’s speaker, I got my copy of Danny’s collected writings, “At Home in the World,” and began to read him all over again. It brought back to me the fact that, the reason we honor Danny’s memory isn’t that he’s a martyred journalist. It’s that he was a great journalist.

Let me show you what I mean. Here’s something Danny wrote in February 2001, almost exactly a year before his death, from the site of an earthquake disaster in the Indian town of Anjar.

What is India’s earthquake zone really like? It smells. It reeks. You can’t imagine the odor of several hundred bodies decaying for five days as search teams pick away at slabs of crumbled buildings in this town. Even if you’ve never smelled it before, the brain knows what it is, and orders you to get away. After a day, the nose gets stuffed up in self-defense. But the brain has registered the scent, and picks it up in innocent places: lip balm, sweet candy, stale breath, an airplane seat.

What stands out for me in this passage is that it shows that Danny was a writer who observed with all his senses. He saw. He listened. He smelled. He bore down. He reflected. He understood that what the reader had to know about Anjar wasn’t a collection of statistics; it was the visceral reality of a massive human tragedy. And he was able to express all this in language that was compact, unadorned, compelling and deeply true.

George Orwell wrote, “To see what is in front of one’s nose needs a constant struggle.” Danny saw what was in front of his nose.

We each have our obligations to see what’s in front of one’s nose, whether we’re reporters, columnists, or anything else. This is the essence of intellectual integrity.

Not to look around, or beyond, or away from the facts, but to look straight at them, to recognize and call them for what they are, nothing more or less. To see things as they are before we re-interpret them into what we’d like them to be. To believe in an epistemology that can distinguish between truth and falsity, facts and opinions, evidence and wishes. To defend habits of mind and institutions of society, above all a free press, which preserve that epistemology. To hold fast to a set of intellectual standards and moral convictions that won’t waver amid changes of political fashion or tides of unfavorable opinion. To speak the truth irrespective of what it means for our popularity or influence.

The legacy of Danny Pearl is that he died for this. We are being asked to do much less. We have no excuse not to do it.

Thank you.

Voir par ailleurs:

Trump retrouve «son» peuple, le temps d’un meeting en Floride

Maurin Picard

19/02/2017

VIDÉO – À Melbourne, le président américain s’est remis sur orbite le temps d’une escale devant des supporters de la première heure, soutien inestimable.

De notre envoyé spécial à Melbourne (Floride)

Fuir Washington, le temps d’un week-end de trois jours. Donald Trump attendait impatiemment cette escapade en Floride, devant ses irréductibles supporteurs, fidèles de la première heure, qui se font si rares depuis un mois à Washington. Oublier le froid, le crachin pendant le discours d’investiture, ces médias «malhonnêtes», ces manifestants acrimonieux, les fuites des services secrets, la fronde de la Justice face à son décret sur l’immigration, celle du Congrès face à ses plans grandioses de mur à la frontière mexicaine, le limogeage à contrecœur du général Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, éclaboussé par la «Russian Connection», et les centaines de nominations gouvernementales en souffrance.

Mais tout cela n’a que peu d’importance pour le «peuple de Trump». «Nous l’aimons et nous sommes venus le lui dire», s’exclame Sheila Gaylor, une résidente de Melbourne, où le président fait escale le temps d’un rassemblement populaire. Comme durant la campagne, lorsque l’adrénaline le poussait de l’avant. Cette ivresse s’est tarie, mais voici l’occasion de la ressusciter, grâce à un bain de foule régénérateur, et de remettre le tribun sur orbite, loin du «marigot» fédéral si difficile à «assécher».

Dans le hangar 6 de l’aérodrome local, plusieurs milliers de Floridiens, blancs pour la plupart, se pressent pour apercevoir la tignasse blonde la plus célèbre du monde, et la silhouette élégante de sa femme, Melania. C’est ici, à Melbourne, en septembre 2016, que 15 000 supporteurs déchaînés ont offert au candidat républicain l’une de ses escales les plus mémorables. Peu importe que les opposants se fassent entendre au dehors, réclamant la destitution du président milliardaire.«Ils ne sont que quelques milliers, alors que nous sommes 50 000. Vous croyez que les médias malhonnêtes vont parler de quoi?» gronde une femme à crinière blonde, reprenant le discours officiel.Les pro-Trumpne sont en réalité que 9 000, selon la police de Melbourne sur Twitter, mais leur enthousiasme, débordant, est récompensé par un vrombissement dans le ciel: le Boeing présidentiel Air Force One surgit en rase-mottes, déclenchant les vivats. Le quadriréacteur s’immobilise dans le soleil couchant, et le couple présidentiel apparaît. Dans un tonnerre d’ovations, le chef de l’État s’empresse de révéler la raison de sa venue sur la Space Coast: «Je suis ici parce que je veux être parmi mes amis, et parmi le peuple. Je veux être au même endroit que des patriotes travailleurs qui aiment leur pays, qui saluent le drapeau et prient pour un avenir meilleur.» Ce même peuple qui l’a porté au pouvoir et continue de lui vouer une loyauté sans faille. Ce soutien est inestimable, et probablement fondamental: apprenant à naviguer dans l’air vicié de Washington, le milliardaire va devoir pérenniser sa base militante, surtout s’il compte briguer une réélection en 2020. C’est d’ailleurs son comité de soutien officiel, lancé le 20 janvier, qui finance l’événement du jour, annonciateur de raouts semblables à l’avenir.

Bronzé et visiblement détendu, Donald Trump s’amuse avec la foule. Il recycle ses thèmes les plus populaires et désigne ses boucs émissaires habituels. Puis, il invite à ses côtés Gene Huber, un inconditionnel fier d’avoir patienté depuis 4 heures du matin et autorisé par le président en personne à enjamber la barrière, au grand dam du Secret Service. Un mot, un seul, à l’adresse des médias, une allusion (erronée) à «tous ces grands présidents, comme Thomas Jefferson, qui se sont souvent battus avec les médias, ont dénoncé leurs mensonges», et des centaines de poings rageurs se dressent vers la forêt de caméras. Que ses ouailles se rassurent: «La Maison-Blanche tourne comme sur des roulettes!» «CNN craint!» renchérit la foule en chœur. «Je peux vous parler directement, sans le filtre des fausses informations», poursuit Trump. «Je ne regarde même plus le Saturday Night Live!» s’esclaffe une supportrice tout de rouge vêtue, affichant son soutien au site conspirationniste infowars.com.

À l’applaudimètre, celui que «nous attendions depuis si longtemps», selon Claudia, une mère au foyer venue de Titusville, un rejeton assoupi dans les bras, ce «héros qui va se dresser», selon l’expression imprimée sur les badges d’accès, l’emporte en évoquant les emplois, le business, qui vont décoller sous son mandat, ces contrats militaires bons pour la région, et, surtout, ce «fichu islamisme radical que nous allons tenir à distance de notre pays». «Ce gouvernement va tenir toutes ses promesses», martèle le chef de l’État, sur un air des Rolling Stones, avant de rembarquer à bord d’Air Force One.

«Il est vraiment formidable, il est comme nous, il parle comme nous, confient d’une seule voix Jake et Colleen, un couple de retraités débonnaire exhibant toute la panoplie du parfait petit supporteur, croisé dans la pénombre en bordure d’aérodrome, pour voir s’envoler le Boeing présidentiel. Il est en train de tenir toutes ses promesses, encore plus vite que prévu. Au-delà de toutes nos attentes!»

Voir encore

Donald Trump’s Presidential Run Began in an Effort to Gain Stature

Donald J. Trump arrived at the White House Correspondents’ Association Dinner in April 2011, reveling in the moment as he mingled with the political luminaries who gathered at the Washington Hilton. He made his way to his seat beside his host, Lally Weymouth, the journalist and socialite daughter of Katharine Graham, longtime publisher of The Washington Post.

A short while later, the humiliation started.

The annual dinner features a lighthearted speech from the president; that year, President Obama chose Mr. Trump, then flirting with his own presidential bid, as a punch line.

He lampooned Mr. Trump’s gaudy taste in décor. He ridiculed his fixation on false rumors that the president had been born in Kenya. He belittled his reality show, “The Celebrity Apprentice.”

Mr. Trump at first offered a drawn smile, then a game wave of the hand. But as the president’s mocking of him continued and people at other tables craned their necks to gauge his reaction, Mr. Trump hunched forward with a frozen grimace.

After the dinner ended, Mr. Trump quickly left, appearing bruised. He was “incredibly gracious and engaged on the way in,” recalled Marcus Brauchli, then the executive editor of The Washington Post, but departed “with maximum efficiency.”

That evening of public abasement, rather than sending Mr. Trump away, accelerated his ferocious efforts to gain stature within the political world. And it captured the degree to which Mr. Trump’s campaign is driven by a deep yearning sometimes obscured by his bluster and bragging: a desire to be taken seriously.

That desire has played out over the last several years within a Republican Party that placated and indulged him, and accepted his money and support, seemingly not grasping how fervently determined he was to become a major force in American politics. In the process, the party bestowed upon Mr. Trump the kind of legitimacy that he craved, which has helped him pursue a credible bid for the presidency.

“Everybody has a little regret there, and everybody read it wrong,” said David Keene, a former chairman of the American Conservative Union, an activist group Mr. Trump cultivated. Of Mr. Trump’s rise, Mr. Keene said, “It’s almost comical, except it’s liable to end up with him as the nominee.”

Repeatedly underestimated as a court jester or silly showman, Mr. Trump muscled his way into the Republican elite by force of will. He badgered a skittish Mitt Romney into accepting his endorsement on national television, and became a celebrity fixture at conservative gatherings. He abandoned his tightfisted inclinations and cut five- and six-figure checks in a bid for clout as a political donor. He courted conservative media leaders as deftly as he had the New York tabloids.

At every stage, members of the Republican establishment wagered that they could go along with Mr. Trump just enough to keep him quiet or make him go away. But what party leaders viewed as generous ceremonial gestures or ego stroking of Mr. Trump — speaking spots at gatherings, meetings with prospective candidates and appearances alongside Republican heavyweights — he used to elevate his position and, eventually, to establish himself as a formidable figure for 2016.

In an interview on Friday, Mr. Trump acknowledged that he had encountered many who doubted or dismissed him as a political force before now. “I realized that unless I actually ran, I wouldn’t be taken seriously,” he said. But he denied having been troubled by Mr. Obama’s derision.

“I loved that dinner,” Mr. Trump said, adding, “I can handle criticism.”

Phantom Campaign

Even before the correspondents’ dinner, Mr. Trump had moved to grab a bigger role in political affairs. In February, he addressed the annual Conservative Political Action Conference. Organizers gave Mr. Trump an afternoon speaking slot, and Mr. Keene perceived him as an entertaining attraction, secondary to headliners like Mitch Daniels, then the governor of Indiana.

But Mr. Trump understood his role differently. Reading carefully from a prepared text, he tested the themes that would one day frame his presidential campaign: American economic decline, and the weakness and cluelessness of politicians in Washington.

Over the next few months, Mr. Trump met quietly with Republican pollsters who tested a political message and gauged his image across the country, according to people briefed on his efforts, some of whom would speak about them only on the condition of anonymity.

One pollster, Kellyanne Conway, took a survey that showed Mr. Trump’s negative ratings were sky-high, but advised him there was still an opening for him to run.

Another, John McLaughlin, who had been recommended to Mr. Trump by the former Clinton adviser Dick Morris, drew up a memo that described how Mr. Trump could run as a counterpoint to Mr. Obama in 2012, and outshine Mr. Romney with his relentless antagonism of the president.

Roger Stone, a longtime Trump adviser, wrote a column on his website envisioning a Trump candidacy steamrolling to the nomination, powered by wall-to-wall media attention.

After all that preparation, Mr. Trump rejected two efforts to “draft” him set up by close advisers. If his interest in politics was growing, he was not yet prepared to abandon his career as a reality television host: In mid-May, Mr. Trump announced that he would not run and canceled a planned speech to a major Republican fund-raising dinner in Iowa.

Latching On to Romney

Having stepped back from a campaign of his own, Mr. Trump sought relevance through Mr. Romney’s. Again, Mr. Trump’s determination to seize a role for himself collided with the skepticism of those he approached: While he saw himself as an important spokesman on economic issues and a credible champion for the party, the Romney campaign viewed him as an unpredictable attention-seeker with no real political foundation.

Still, given his expansive media platform — in addition to his reality-show franchise, Mr. Trump was a frequent guest on Fox News — and a fortune that he could theoretically bestow upon a campaign, Mr. Trump was drawing presidential candidates seeking his support to his Fifth Avenue high-rise. In September 2011, Mr. Romney made the trip, entering and exiting discreetly, with no cameras on hand to capture the event.

The decision to court Mr. Trump, former Romney aides said in interviews, stemmed partly from the desire to use him for fund-raising help, but also from the conviction that it would be more dangerous to shun such an expert provocateur than to build a relationship with him and try to contain him.

The test of that strategy came in January 2012, before the make-or-break Florida primary, when Mr. Trump reached out to say he wanted to endorse Mr. Romney at a Trump property in the state. Wary of such a spectacle in a crucial state, Mr. Romney’s aides began a concerted effort to relegate Mr. Trump’s endorsement to a sideshow.

The Romney campaign conducted polling in four states that showed Mr. Trump unpopular everywhere but Nevada, and suggested to Mr. Trump that they hold an endorsement event there, far away from Florida voters.

On the day he was to deliver the endorsement in Las Vegas, according to Mr. Romney’s advisers, Mr. Trump met with Romney aides and said he hoped to hold a joint news conference with Mr. Romney, raising for the campaign the terrifying possibility that Mr. Romney might end up on camera responding to reporters’ questions next to a man who had spent months questioning whether the president was an American citizen.

In an appeal to Mr. Trump’s vanity, the Romney campaign stressed that his endorsement was so vital — with such potential to ripple in the media — that it would be a mistake to dilute the impact with a question-and-answer session.

“The self-professed genius was just stupid enough to buy our ruse,” said Ryan Williams, a former spokesman for the Romney campaign. While they agreed to hold the event in a Trump hotel, the campaign put up blue curtains around the ballroom when the endorsement took place, so that Mr. Romney did not appear to be standing “in a burlesque house or one of Saddam’s palaces,” Mr. Williams said. On stage, as the cameras captured the moment, Mr. Romney seemed almost bewildered. “There are some things that you just can’t imagine happening in your life,” he told reporters as he took the podium, taking in his surroundings. “This is one of them.”

Mr. Trump insisted in the interview that the Romney campaign had strenuously lobbied for his support, and described his own endorsement as the biggest of that year. “What they’re saying is not true,” he said.

But if Mr. Trump expected a major role in the Romney campaign, he was mistaken. While Mr. Trump hosted fund-raising events for Mr. Romney, the two men never hit the campaign trail together. The campaign allowed Mr. Trump to record automated phone calls for Mr. Romney, but drew the line at his demand for a prominent speaking slot at the Republican National Convention. (Mr. Trump recorded a video to be played on the first day of the convention, but the whole day’s events were canceled because of bad weather.)

Stuart Stevens, a senior strategist for Mr. Romney, believed that Mr. Trump had been strictly corralled. “He wanted to campaign with Mitt,” Mr. Stevens wrote in an email. “Nope. Killed. Wanted to speak at the convention. Nope. Killed.”

Still, to Mr. Romney’s opponent that year, the accommodation of Mr. Trump looked egregious. Mr. Obama, in a speech on Friday, said Republicans had long treated Mr. Trump’s provocations as “a hoot” — just as long as they were directed at the president.

Building an Operation

Only a handful of people close to Mr. Trump understood the depth of his interest in the presidency, and the earnestness with which he eyed the 2016 campaign. Mr. Trump had struck up a friendship in 2009 with David N. Bossie, the president of the conservative group Citizens United, who met Mr. Trump through the casino magnate Steve Wynn.

Mr. Trump conferred with Mr. Bossie during the 2012 election and, as 2016 approached, sought his advice on setting up a campaign structure. Mr. Bossie made recommendations for staff members to hire, and Mr. Trump embraced them.

Mr. Trump also carefully cultivated relationships with conservative media outlets, reaching out to talk radio personalities and right-wing websites like Breitbart.com.

By then, Mr. Trump had won a degree of acceptance as a Republican donor. Advised by Mr. Stone, one of his longest-serving counselors, he had abandoned his long-held practice of giving modest sums to both parties, and opened his checkbook for Republicans with unprecedented enthusiasm.

Mr. Trump began a relationship with Reince Priebus, the Republican National Committee chairman, who was trying to rescue the party from debt. He gave substantial donations to “super PACs” supporting Republican leaders on Capitol Hill.

In 2014, he cut a quarter-million dollar check to the Republican Governors Association, in response to a personal entreaty from the group’s chairman — Chris Christie. Still, Mr. Trump’s intentions seemed opaque.

In January 2015, Mr. Trump met for breakfast in Des Moines with Newt and Callista Gingrich. Having traveled to Iowa to speak at a conservative event, Mr. Trump peppered Mr. Gingrich with questions about the experience of running for president, asking about how a campaign is set up, what it is like to run and what it would cost.

Mr. Gingrich said he had seen Mr. Trump until then as “a guy who is getting publicity, playing a game with the birther stuff and enjoying the limelight.” In Iowa, a different reality dawned.

“That’s the first time I thought, you know, he is really thinking about running,” Mr. Gingrich said.

On June 16, 2015, after theatrically descending on the escalator at Trump Tower, Mr. Trump announced his candidacy for president, hitting the precise themes he had laid out in the Conservative Political Action Conference speech five years earlier.

“We are going to make our country great again,” Mr. Trump declared. “I will be the greatest jobs president that God ever created.”

Still, rival campaigns and many in the news media did not regard him seriously, predicting that he would quickly withdraw from the race and return to his reality show. Pundits seemed unaware of the spade work he had done throughout that spring, taking a half dozen trips to early voting states of Iowa, New Hampshire and South Carolina and using forums hosted by Mr. Bossie’s group to road test a potential campaign.

Even as he jumped to an early lead, opponents suggested that he was riding his celebrity name recognition and would quickly fade. It was only late in the fall, when Mr. Trump sustained a position of dominance in the race — delivering a familiar, nationalist message about immigration controls and trade protectionism — that his Republican rivals began to treat him as a mortal threat.

Mr. Trump, by then, had gained the kind of status he had long been denied, and seemed more and more gleeful as he took in the significance of what he had achieved.

“A lot of people have laughed at me over the years,” he said in a speech days before the New Hampshire primary. “Now, they’re not laughing so much.”

Voir de même:

Hélène Garçon
Femmes.orange.fr

Personne ne pensait cela possible. Et pourtant ! Donald Trump a bel et bien coiffé Hillary Clinton au poteau en remportant les élections présidentielles américaines dans la nuit du mardi 8 novembre 2016. Comment ce puissant businessman sorti de nulle part, a-t-il pu accéder au rang de président des États-Unis ? Une question sur toutes les bouches, à laquelle la rédaction a tenté de répondre.

Théorie n°1 : il se laisse tenter par le défi d’un twittos

Si la moitié des électeurs américains n’ont pas fermé l’oeil dans la nuit du 8 novembre 2016, Russell Steinberg, lui, a dû passer une soirée plus compliquée encore que celle des autres. Cet internaute pourrait, en effet, avoir instillé dans l’esprit de Donald Trump l’idée de se présenter, et ce, par la force d’un seul tweet. L’histoire remonte à février 2013. À cette époque, Donald Trump prend un malin plaisir à descendre en flèche les moindres faits et gestes du président démocrate Barack Obama sur les réseaux sociaux. Lassé des diatribes du businessman critiquant en permanence le pays, Russel Steinberg a jugé bon de lui répondre sur Twitter en optant pour la carte de l’ironie dans un tweet aujourd’hui supprimé.

« Si vous détestez tant l’Amérique, vous devriez vous présenter à la présidentielle et arranger les choses« . Ce à quoi Donald Trump a répondu par une menace : « Faites attention !« . Résultat : l’homme d’affaires l’a visiblement pris au pied de la lettre, en déposant sa candidature deux ans plus tard, en 2015, et en remportant les élections en novembre 2016. Il y en a un qui doit se mordre les doigts !

Théorie n°2 : humilié par Obama, il prend sa revanche

Donald Trump n’a jamais caché son aversion pour Barack Obama. Lequel n’a pas non plus été tendre avec lui. Alors que le milliardaire enchaînait les apparitions télé en 2011, demandant à consulter le certificat de naissance du président pour vérifier s’il était vraiment américain, celui-ci décidait de contre-attaquer lors du dîner des correspondants à la Maison Blanche, le 30 avril 2011. Le chef d’État s’en est alors donné à coeur joie en humiliant, avec sa verve légendaire, le milliardaire.

« Donald Trump est ici ce soir et je sais qu’il a encaissé des critiques ces derniers temps, mais personne n’est plus heureux, plus fier que cette affaire d’acte de naissance soit enfin réglée que le Donald« , lançait Barack Obama au moment de son discours. « Et c’est parce qu’il va maintenant pouvoir se concentrer sur les problèmes importants. Par exemple, notre vol sur la Lune était-il un faux? Qu’est-il vraiment arrivé à Roswell? Et où sont Biggie et Tupac ?« . Une pique qui aurait servi de déclic au businessman, lequel ne supporterait pas l’humiliation selon Isabelle Hanne, journaliste à Libération, qui a rapporté la scène. La vengeance est un plat qui se mange froid : cinq ans après, Donald Trump a finalement eu sa revanche sur Barack Obama.

Théorie n°3 : il souhaite détruire le parti Républicain

C’est la rumeur la plus folle qui a fait trembler la toile pendant la course à la présidentielle américaine : Donald Trump, serait en réalité un partisan d’Hillary Clinton, et se serait lancé dans la course à l’investiture dans l’unique but de devenir président et de détruire le parti républicain, sous la bannière duquel il a mené toute sa campagne. Une théorie complètement tirée par les cheveux, mais à laquelle ont adhéré de nombreux internautes après que l’ancienne amitié des Trump et des Clinton ait été révélée au grand jour, au début de l’année 2016.

En plus de partager le même cercle d’amis que sa rivale Hillary Clinton, qu’il a d’ailleurs invitée au mariage de sa fille, il a été découvert que Donald Trump et sa famille ont participé financièrement à la campagne de la démocrate en 2008, et ont également fait un don de 100 000 dollars à la Fondation Clinton. Un geste généreux qui aurait mis la puce à l’oreille de nombreux internautes, qui ont alors immédiatement crié au complot.

Voir de plus:

Obama blues

Obama et la com : la politique du rire

Sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux des late-night shows, Obama aura démontré son talent d’humoriste et un grand sens de l’autodérision, inventant une communication bien à lui pour toucher un public plus jeune.

Isabelle Hanne

Libération
20 janvier 2017 

Cet article a été publié fin octobre dans notre supplément «Obama Blues».

Un président qui vient dérouler son bilan en musique, devant des millions de téléspectateurs, un public applaudissant à tout rompre et un présentateur acquis à sa cause. Vous n’êtes pas dans une dictature d’Asie centrale, mais sur le plateau du Tonight Show de Jimmy Fallon sur NBC, le late-night show (émission de troisième partie de soirée) le plus regardé des Etats-Unis. Avec, dans le rôle de l’autocrate-crooner, Barack Obama, venu en juin se prêter à une session de «slow jam the news» – les invités racontent l’actu en musique, «slow jams» désignant ces romantiques ballades r’n’b. Economie, santé, mariage gay, accord transpacifique… Les années Obama y passent en sept minutes, ponctuées de blagues de Fallon et soulignées par la mélodie sensuelle des Roots, le groupe résident du show. La vidéo a été vue 11 millions de fois sur YouTube.

Evidemment, le «Preezy of the United Steezy», comme l’appelle Jimmy Fallon, ne fait pas ça que pour s’amuser. En deux mandats, l’entertainer Obama s’est servi des shows comiques –  lisant les «méchants tweets» à son encontre chez Jimmy Kimmel, remplaçant Stephen Colbert pour son Colbert Report sur Comedy Central  – pour appuyer sa communication. Avec, dans le viseur, les jeunes, plus prompts à partager des vidéos marrantes qu’à écouter des longs discours.

Porte-à-porte virtuel

Fin 2013, le démarrage des plateformes en ligne de mutuelles privées, au cœur de l’Obamacare, son emblématique réforme de la santé, est catastrophique. Bugs, méfiance du public, peu d’inscrits… «Barry» prend alors sa perche à selfie de pèlerin. A coups de vidéos et de GIF sur Buzzfeed –  Things Everybody Does But Doesn’t Talk About («Les choses que tout le monde fait, mais dont personne ne parle»), 60 millions de vues  –, ou lors d’une interview lunaire et hilarante à Between Two Ferns, le faux talk-show de Zach Galifianakis diffusé sur la plateforme Funny or Die, le commander-in-chief se plie à l’exercice pour promouvoir sa réforme. Au passage, il renforce sa street cred.

La présidence Obama a inventé une propagande branchée, une communication cool. Au cœur de cette stratégie  : les réseaux sociaux, qui ont largement porté sa victoire en 2008. L’engagement numérique de la campagne du «Yes We Can» a d’ailleurs été décortiqué par les équipes de com du monde entier. Tandis que la droite américaine propageait son venin conspirationniste par de bonnes vieilles chaînes de mails –  le candidat démocrate aurait menti sur son certificat de naissance, serait musulman…  –, Obama prenait mille longueurs d’avance, touchant un public beaucoup plus large, plus jeune. «En 2008, les efforts de son adversaire, John McCain, pour tenter de le rattraper sur les réseaux sociaux étaient presque pathétiques», se souvient Michael Barris, coauteur de The Social Media President (Palgrave, 2013). L’équipe du sénateur de l’Illinois a compris l’intérêt de Facebook, de Twitter –  plus tard viendront Instagram, Snapchat, LinkedIn…  – pour lever des fonds, diffuser des messages, obtenir des soutiens, grâce à ce porte-à-porte virtuel d’un nouveau genre.

«Obama s’est fait élire sur des promesses de démocratie participative via les réseaux sociaux, rappelle Michael Barris. Mais finalement, les réseaux sociaux ont surtout été pour lui un formidable outil de diffusion, de validation par le public, et de promotion d’une image très positive : celle d’un président branché, connecté, proche des gens.» Viser un public, via le bon médium, avec le bon ton : huit ans que le président américain, avec son équipe de quatorze personnes dédiée à la stratégie numérique, montre sa maîtrise. Et son adaptation à l’évolution des usages. La Maison Blanche est devenue une véritable boîte de production, avec plus de 500 vidéos réalisées chaque année (infographies, coulisses…), distribuées sur les différentes plateformes (site officiel, YouTube, Facebook…). «Le premier président de l’ère des médias sociaux a fixé les règles d’interactions numériques entre politiques et électeurs, écrit le Washington Post. Certains chefs d’Etat se préoccupaient des chaînes d’info ; Obama est le président ­Netflix.»

«Un humour naturel»

Il use, sur Twitter comme dans les late-night shows, d’un humour contemporain, ultra-référencé, abreuvé de culture web et de culture populaire tout court. Pour le Washington Post, il est même le «premier président alt comedy», cette catégorie d’humour alternatif maniant l’ironie, centré sur soi. «Pour la plupart des chefs d’Etat, l’humour est considéré comme une marque de faiblesse, avance l’universitaire Arie Sover, qui dirige l’Israeli Society for Humor Studies. Il faut montrer qu’on est dur, qu’on ne plaisante pas. Vous avez déjà vu rire, même sourire, Erdogan ou Poutine  ?»

A l’autre bout du spectre, Obama rit, montre ses émotions, fait des vannes questionnant son hétérosexualité –  il raconte que son vice-président, Joe Biden, et lui sont «si proches» qu’ils ne pourraient pas aller dans une pizzeria de l’Indiana, en référence à un restaurant qui refusait ses services de traiteur pour les mariages gays. «Non seulement Obama a de l’humour, mais en plus c’est un humour naturel, spontané, décrit Arie Sover. L’humour en politique permet de toucher son public au cœur. Et Obama pratique l’autodérision, la forme la plus élevée d’humour.»

Mais le président américain ne laisse rien au hasard : cette spontanéité est surtout parfaitement chorégraphiée, écrite à l’avance par des équipes d’auteurs talentueux. D’autodérision, il en a beaucoup fait preuve lors du dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche, véritable scène de stand-up pour le président sortant. Maîtrise des silences, des regards, intonations, vidéos bien ficelées… Ces soirs-là, Obama fait de l’humour une technique de dégoupillage imparable des critiques. Comme en 2011, alors que la droite le harcèle une nouvelle fois sur son certificat de naissance. Pour faire taire les rumeurs, il annonce la «diffusion exclusive de la vidéo de sa mise au monde» –  en fait, le début du Roi Lion de Disney. Dans la salle, Donald Trump, déjà porte-voix de ces allégations, ne moufte pas. Les journalistes, qui rient à gorge déployée, ont laissé leurs armes au vestiaire.

Voir enfin:

‘I Don’t Know What You’re Referring To’: NBC’s Katy Tur Doesn’t Remember Obama Promising Putin ‘Flexibility’

 Alex Griswold

When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident.

Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted.

“Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded.

Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said.

“Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again.

In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians.

Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates.

Voir par ailleurs:

Goldnadel : “Lorque Medhi s’éclate…”

Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles

20 février 2017

Il y a évidemment pire que les excès de la liberté d’expression : son absence. Mais il y a le pire du pire: la liberté d’expression à la tête du client. Du racisme à l’état pur. L’hypocrisie en prime. Chacun sait que notre époque de fausse liberté a accouché d’une tyrannie de la pensée dont la sage-femme devenue folle était déguisée en antiraciste diplômée. Valeurs Actuelles en a fait les frais en osant voiler Marianne pour défendre la laïcité républicaine contre les menées islamistes et Pascal Bruckner comme Georges Bensoussan payeront peut-être le prix pour des raisons voisines. Silence dans les rangs de la gauche paraît-il démocratique. Mais aujourd’hui vient d’éclater une tout autre affaire dans laquelle, au contraire, le racisme comme l’antisémitisme n’ont rien d’imaginaire. Et je prends le pari, qu’ici , précisément, les organisations prétendument antiracistes resteront aux abris. La vedette s’appelle Mehdi Meklat, hier encore il était la coqueluche de la famille islamo-gauchiste et de tous ses compagnons de chambrée. Dans le numéro du 1er février des Inrockuptibles il partageait la une avec l’icône Taubira. Il collaborait aussi avec le Bondy Blog, très engagé dans le combat actuel contre les policiers considérés uniment comme des tortionnaires racistes. Il était encore récemment chroniqueur de la radio active de service public France Inter.

Oui mais voilà, patatras, on a retrouvé parmi les milliers de tweets qu’il n’a pas réussi à effacer des gazouillis racistes du dernier cri strident. Échantillons choisis : “je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie hebdo”. “Sarkozy = la synagogue = les juifs = Shalom = oui, mon fils = l’argent”, “Faites entrer Hitler pour tuer les juifs”, “j’ai gagné 20 $ au PMU, je ne les ai pas rejoués parce que je suis un juif”, “les Blancs vous devez mourir asap” etc.

Avec une touchante spontanéité, à présent qu’ils ont été découverts, voici ce que notre Mehdi a tweeté samedi dernier : “je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes”.

Bah voyons, certains datent de 2012, autant dire le déluge. J’en connais qui vont fouiller les poubelles du père Le Pen, d’autres qui reprochent à un ancien conseiller de Sarkozy d’avoir dirigé Minute il y a 30 ans, mais dans notre cas, certains plaident déjà l’Antiquité.

Car le plus grave n’habite pas dans la tête dérangée d’un islamo-gauchiste finalement assez classique, il demeure dans le silence gêné de la gauche donneuse de leçons. Il réside plus encore dans les combles du gauchisme médiatique façon France Inter. Ainsi, Pascale Clark maîtresse d’école antiraciste en chef et qui a eu l’effronterie de tenter d’expliquer que son petit Mehdi était dans la provocation… D’autres expliquent qu’il faut prendre cela au troisième degré… Evidemment, puisque c’est de gauche , c’est plus subtil… Il arrive parfois que l’ignoble atteigne les sommets du sublime.

Que cela plaise ou non à Madame Clark, Mehdi Meklat a rejoint Messieurs de Lesquen et Bourbon dans le même bataillon. Il y a encore pire que l’absence de liberté d’expression : la liberté d’expression à la tête du client.

Voir de même:

Mehdi Meklat, jeune écrivain prodige, et son double antisémite et homophobe
L’ex-chroniqueur (France Inter, Bondy Blog) pris à son double « Je » : sidération sur Twitter

Manuel Vicuña

Arrêt sur images

20/02/2017

Mehdi Meklat, 24 ans, était jusqu’ici connu pour son ton décalé. Du Bondy Blog, à France Inter en passant par Arte, le chroniqueur, journaliste et auteur, s’est taillé, avec son compère Badrou (« les Kids », époque France Inter) une réputation de porte-voix de la jeunesse, « à l’avant garde d’une nouvelle génération venue de banlieue » écrivaient encore Les Inrocks le 1er février. Sauf qu’entre temps, des internautes ont exhumé des tweets de Meklat : injures antisémites, homophobes, racistes, misogynes. Un florilège qui provoque la sidération. De son côte, le jeune homme s’excuse, dépublie, et assure qu’il s’agissait « de questionner la notion d’excès et de provocation » à travers un « personnage fictif ».

Faire mentir les stéréotypes sur les-jeunes-de-banlieue. Sans rien renier de soi. Depuis ses débuts au Bondy Blog en 2008, c’est ce que Mehdi Meklat tente de faire, au gré d’une exposition médiatique précoce. A 24 ans désormais, après avoir fait ses premiers pas de journaliste au Bondy Blog à 16 ans, puis tenu chronique pendant six ans chez France Inter en duo avec son ami Badrou (« les Kids »), Meklat le touche à tout (réalisateur, blogueur, reporter) est en promo pour un second livre. Mehdi et Badrou « l’avant-garde d’une nouvelle génération venue de banlieue qui compte bien faire entendre sa voix » écrivaient les Inrocks qui leur consacraient une couverture le 1er février en compagnie de Christiane Taubira. Un binôme qui avait tapé dans l’œil de l’animatrice de France Inter Pascale Clark dès 2010, pour son ton « décalé », sa capacité à chroniquer avec autant d’acuité la vie de l’autre côté du périph (Meklat a grandi à Saint-Ouen, Badrou à la Courneuve) que le tout venant de l’actualité plus « médiatique ».

Et voilà que depuis quelques jours, après son passage sur le plateau de l’émission la Grande Librairie (France 5) pour la promo de son second livre, le roman « Minute » (co-écrit avec Badrou), Meklat est dans l’œil du cyclone Twitter. Propulsé dans les sujets les plus discutés non pas pour la promotion de son nouvel ouvrage dédié à Adama Traoré. Mais pour des tweets, exhumés ces derniers jours par plusieurs internautes.

Pas quelques tweets isolés. Mais des messages par dizaines, anciens (2012) et pour certains plus récents (2016) dans lesquels Meklat tape tous azimuts sur « les Français », « les juifs », « les homos », Alain Finkelkraut, Charlie Hebdo, les séropositifs, les « travelos »… La liste est longue, et les messages à même d’interpeller. Une prose en 140 signes qui tranche avec l’image de jeune talent à la plume « poétique » et acérée que Meklat s’était jusqu’ici taillée et qui lui a valu jusqu’à aujourd’hui des articles dithyrambiques dans la presse culturelle. Quelques heures auront suffit pour que, soient exhumés et massivement partagés des dizaines de messages issus de son compte twitter personnel @mehdi_meklat.

Ici un tweet de 2011 dans lequel Meklat « regrette que Ben Laden soit mort. Il aurait pu tout faire péter ». Là, Meklat au sujet du dessinateur de Charlie Hebdo, Charb : « Je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et de Charlie Hebdo » (le 30 décembre 2012, avant la tuerie qui a décimé la rédaction). Plus récemment, Alain Finkelkraut qui pointe son nez à un rassemblement de Nuit Debout en avril 2016 : « fallait lui casser la jambe à ce fils de putes ». Plus en amont dans son fil Twitter : « Vive les PD vive le sida avec Hollande » (3 décembre 2013). La campagne de Sarkozy en 2012 ? « Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent ». La remise des Césars la même année ? « Faites entrer Hitler pour tuer les juifs » (24/02/2012). Toute cette vaste littérature en 140 caractères est subitement remontée à la surface de Twitter et a été, depuis, copieusement documentée.

Parmi les premiers et les plus zélés chasseurs de tweets, la fachosphère s’est ruée sur l’occasion. Le blog d’extrême droite Fdesouche publie à tout-va plus d’une cinquantaine de messages de Meklat « journaliste homophobe et antisémite du Bondy blog ». Le site d’extrême droite Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, trouve là prétexte à acculer la « gauchosphère sous son vrai visage », quand l’ex-porte parole de génération identitaire s’en donne, lui aussi, à coeur joie. Très vite rejoint dans cette avalanche d’indignation par Marion Maréchal Le Pen.

Ce dimanche, la twitta-éditorialiste du Figaro Eugénie Bastié y allait aussi de ses commentaires en 140 signes, suivis d’un article corrosif, soulignant bien au passage que Meklat avait fondé il y a peu avec le journaliste Mouloud Achour (CliqueTV) les « éditions du grand Remplacement » qui ont lancé en juin dernier un magazine baptisé « Téléramadan ». Cette nouvelle revue annuelle qui entend parler d’islam de façon dépassionnée, avait su trouver un titre pied-de-nez déjà à même de faire bondir certains.

« excréments verbaux »

Mais dans le cas des tweets de Meklat, de fait, la sidération dépasse de loin la sphère des militants de droite et d’extrême droite. D’autres aussi s’indignent : de simples twittos, mais aussi des journalistes, tels Françoise Laborde, Claude Askolovitch, des élus PS comme la ministre de la Famille Laurence Rossignol, ou encore la conseillère municipale Elodie Jauneau sans compter le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme Gille Clavreul.

Ils interpellent les Inrocks qui ont placé Meklat en Une de leur numéro du 1er février au côté de Taubira. Ils apostrophent également les éditions du Seuil où Meklat vient de publier son ouvrage, et font part de leur stupéfaction. A l’image de l’auteur de bande dessinée, romancier et réalisateur, Joann Sfar qui s’étrangle : « Je découvre tout ça ce matin, il semble que c’est authentique. Je trouve ça inexcusable quand on se veut représentant de la jeunesse. »

Face à l’avalanche de messages indignés, sommé de s’expliquer, samedi après-midi, Meklat se fend finalement de quatre tweets d’excuse et d’explication : « je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes », assure Meklat qui supprimera dans la foulée la totalité de ses tweets d’avant février 2017 (plus de 30 000). Surtout, il affirme que ces messages ne reflètent en rien sa pensée. Il ne nie pas en être l’auteur, mais assure qu’il s’agit de messages parodiques. « Jusqu’en 2015, sous le pseudo Marcelin Deschamps, j’incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter ».

Marcellin Deschamps ? Un « personnage fictif », assure-t-il par lequel il avait entrepris de « questionner la notion d’excès et de provocation ». Mais, il l’affirme : les propos de ce personnage « ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l’inverse. » Sur Twitter, une fois troqué son pseudo contre son vrai patronyme, le jeune homme n’a pas supprimé ces anciens messages, apparaissant depuis sous son vrai nom Mehdi Meklat.

Dans la foulée, ce samedi, l’animatrice radio Pascale Clark, ex chaperonne de Meklat à France Inter (2010-2015) a pris sa défense « Son personnage odieux, fictif, ne servait qu’à dénoncer », assure-t-elle sur Twitter avant de préciser dans un second message : « Les comiques font ça à longueur d’antenne et tout le monde applaudit ».

Un peu facile de se cacher derrière un personnage fictif ? A la remarque de plusieurs internautes, le journaliste Claude Askolovitch tempère : « c’est même piteux. Mais cela ne change pas la nature de ses messages pourris – une énorme connerie, pas des appels au meurtre ». Si le journaliste ne cache pas son dégoût pour ces messages qu’il assimile à « des excréments verbaux », « des blagues absolument laides, impardonnables, perverses », « dans un jeu périlleux », il se refuse à y voir de « vraies prises de position ». Tout en tançant « un mec qui s’est cru assez malin pour twitter des immondices ».

« Twitter des immondices », sous pseudo dans « un jeu périlleux » ? Yagg, le site de presse LGBT y avait vu davantage qu’un jeu. Le site avait bondi en mars 2014 quand Meklat écrivait sur Twitter : « Christophe Barbier a des enfants séropo ». Yagg le taxe alors d’ « humour sérophobe », « au goût douteux » (visant des personnes séropositives). Le site avait contacté Meklat pour qu’il s’en explique. Réponse de l’intéressé : « J’ai un pseudo sur Twitter, il ne faut pas faire d’amalgame entre mon personnage et moi-même ». Contacté par Yagg, il développait : « Je peux comprendre qu’on se sente insulté par mes tweets, car ils sont parfois extrêmes, provocants ou insultants, mais il ne faut pas en faire des tonnes(…) J’ai créé un personnage violent, provocant, méchant. Pourquoi? Je ne me l’explique pas à moi-même, alors je ne peux pas l’expliquer aux autres. Mais je ne suis pas du tout homophobe. »

« C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout »

En octobre 2012, les Inrocks consacraient un portrait élogieux (comme beaucoup) aux gamins précoces Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, alias « les Kids » de France inter qui entamaient leur quatrième saison sur les ondes de la radio publique. « Un matin, ils partent avec leur micro enregistrer la plainte de la vallée de Florange abandonnée, le lendemain ils sont à l’Elysée et tapent la discute avec Michael Haeneke » écrivent les Inrocks qui dressent le portrait de deux « gamins « talentueux », de « vrais passe-murailles ».

Comme beaucoup, l’hebdo s’enthousiasme de leur « reportages poétiques » et de leur « style unique ». Les Inrocks notent : « ils attirent les sympathies ». Quant à Meklat ? Au passage, l’hebdo raconte que c’est « le plus provoc » de deux. « Il faut le voir sur Twitter, vaguement caché derrière un pseudo depuis longtemps éventé : c’est une vraie terreur. Il se pose en métallo furieux, insulte à tout va, se moque de tout et de tous avec une férocité indécente » écrivent les Inrocks qui commentent : « Ça peut aller trop loin (France Inter lui a déjà demandé de retirer un tweet) mais la plupart du temps, c’est drôle à mourir. » Et Meklat d’expliquer déjà que sur le réseau social il « joue un personnage » : « Je ne suis attaché à rien, je n’ai de comptes à rendre à personne, j’ai la liberté de dire ce que je veux. C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout, je ne me mets pas de limite. »

Trois ans plus tard. Octobre 2015. Les « Kids » de Pascale Clark ont grandi. Lorsque Le Monde les interviewe pour la sortie de leur premier livre, la journaliste s’attarde sur le cas Meklat. « Si doux et poli à la ville, Mehdi s’est inventé sur Twitter un double diabolique, qui insulte à tout-va », écrit Le Monde. Meklat commente alors : « Tout est trop convenu, on n’ose plus s’énerver. L’idée de casser ça en étant méchant gratuitement me plaît ».

En septembre 2016, dans un long article, la journaliste Marie-France Etchegoin revenait pour M le magazine du Monde sur le parcours et l’état d’esprit du tandem Mehdi-Badrou, « une nouvelle génération, à la fois cool et dure, investissant le champ de la culture plutôt que celui des partis politiques, et extrêmement engagée ». Engagée, brillante et convoitée. Comme l’explique M, le duo Mehdi-Badrou est sollicité de toutes parts, ces dernier temps. Ici pour pour un projet avec la Fondation Cartier, là pour écrire un dossier de presse pour un long-métrage avec Depardieu. Ou encore pour mettre en scène la pièce d’un auteur suédois.

Quant à leur magazine Téléramadan, la revue annuelle « des musulmans qui ne veulent plus s’excuser d’exister », la journaliste explique que « Pierre Bergé mais aussi Agnès b ont accepté de soutenir la revue ». Parfait. Seul bémol dans la success story, observe la journaliste : « Les bonnes fées qui accompagnent les deux garçons depuis l’adolescence observent leur évolution, avec parfois une pointe d’inquiétude, qui n’empêche ni bienveillance ni compréhension. » Concrètement ? Il est question notamment de Meklat et de son usage de Twitter. « Un troll déchaîné qui déconne et dézingue à tout-va. «Giclez-lui sa mère», «On s’en bat les couilles», «Elle est pas morte, celle-là?» « , énumère la journaliste qui constate : « il se défoule sur des personnalités dont les manières ou les prises de position sur l’islam n’ont pas l’heur de lui plaire ». Certains parrains et autres bonnes fées, explique la journaliste, s’en soucient : « «Arrête ces Tweets! Tu n’es pas dans une cour de récréation!» Mouloud Achour le met en garde: «Les écrits restent, un jour on te les ressortira.». Quant à Mehdi, raconte la journaliste, il « se défend, la main sur le cœur: «Ce n’est pas moi, c’est un personnage que j’ai inventé», ne pouvant s’empêcher d’ajouter, comme dans un lapsus: «Mes Tweets sont des pulsions!» »

Meklat et son avatar pulsionnel, une histoire qui ne date pas d’hier. Un double « je » qui ne semble pas géner Meklat, mais qui ne met pas tout le monde à l’aise. Ce dimanche, l’animateur de la Grande Librairie (France 5) François Busnel, qui avait invité Meklat cette semaine publie un communiqué pour prendre ses distances avec son invité. Busnel y affirme que si il avait eu connaissance de ces messages, il n’aurait pas invité le jeune homme dans son émission.

Samedi, le Bondy Blog, pressé par une foule d’internautes de réagir, avait également publié un message sur Twitter , expliquant que « les tweets de Meklat n’engagent en aucun cas la responsabilité de la rédaction ».

Et le média de préciser : « Puisqu’il y a des évidences qu’il faut affirmer, le Bondy Blog ne peut cautionner des propos antisémites, sexistes, homophobes, racistes, ou tout autre propos discriminatoires et stigmatisants, même sur le ton de l’humour ».

Voir aussi pour mémoire:

Les réactions en France

Le Nouvel Obs

07 novembre 2008

LES POLITIQUES 

A droite :

Jacques Chirac, ancien président : « Alors que votre élection suscite dans le monde émotion et espoir en ces temps difficiles, je ne doute pas que la France et le peuple français auront à coeur d’entretenir et d’approfondir avec votre pays et le peuple américain, les liens d’amitié et de coopération si intenses qu’une longue histoire commune a forgés ». « En récompensant votre inlassable engagement en faveur des valeurs fondamentales de liberté, de démocratie et de progrès, le peuple américain a adressé au monde un message d’ouverture et d’optimisme », affirme également Jacques Chirac, en adressant à Barack Obama ses « félicitations les plus vives et les plus chaleureuses pour cette très brillante victoire ». (Lettre adressée à Barack Obama)

Nicolas Sarkozy chef de l’Etat français : « Quel que soit le pays, quelle que soit la région du monde, c’est le changement qui avait gagné, qu’Obama avait dans cette campagne incarné la rupture. L’Amérique a fait hier soir le choix de la rupture ». « Les Etats-Unis avaient vécu une belle campagne présidentielle avec un taux de participation record de 66%, une campagne entre un fils d’immigré kenyan d’un côté, et de l’autre un héros de la guerre, John McCain ».
« Toute cette campagne et son dénouement traduisaient la capacité de la démocratie américaine à se renouveler, à se régénérer. Il a indiqué que le nouveau président, Barack Obama, avait compris que l’Amérique devait à nouveau se tourner vers le monde et qu’il y aurait incontestablement des opportunités de renforcement des liens transatlantiques ». (Porte-parole de Nicolas Sarkozy)

Jean-Marie Le Pen, président du Front national : « Le sénateur Obama n’a pas fait sa campagne électorale sur sa couleur, au contraire. Ce n’est pas le fils d’un Noir américain, c’est un métis, fils d’un Noir africain, qui ne porte donc pas sur les épaules le poids de l’esclavage et qui par conséquent est beaucoup plus à l’aise que quiconque ». Il s’agit « d’une victoire conjoncturelle, c’est-à-dire que c’est la présidence de Bush qui est condamnée ». Jean-Marie le Pen dit ne pas être « choqué » par l’élection d’un Noir. « Ca me choque d’autant moins que la première fois que j’ai été élu député, en 1956, mon deuxième de liste était un Noir. (…) Je n’ai pas de leçons à recevoir ». (Vidéo mise en ligne sur son site).

Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration : L’élection de Barak Obama allait « changer le regard des Français et en général des Européens sur les Etats-Unis ». « Il y a aussi un côté symbolique puisque chacun sait que Barak Obama est d’une famille issue de l’immigration ». « C’est le témoignage que le défi de l’intégration peut être relevé ». « L’apport de l’immigration est lié intrinsèquement à l’histoire des Etats Unis ». « En Europe, même si les politiques d’intégration ont globalement échoué, je pense qu’on peut être optimiste ». « En France et en Europe, ces politiques sont à bout de souffle. C’est pour cela que j’ai organisé la conférence européenne de Vichy ». « La démarche d’Obama symbolise le renouvellement et sans doute la rupture après deux mandats d’administration républicaine et aussi la crise financière ». (Déclaration à la presse)

François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem) : « Après le désastre des années Bush (…), l’élection de Barack Obama fait que le monde respire mieux ». « Nous savons que le nouveau président n’aura pas une baguette magique, qu’il ne résoudra pas tous les problèmes en un jour », et que « dans l’ombre, de puissants intérêts ne se laisseront pas oublier ». « Mais au moins pouvons-nous espérer qu’une nouvelle vision, plus ouverte, plus généreuse, plus sociale, inspire la politique américaine ». « Nous pouvons espérer qu’Europe et Etats-Unis, avec les autres grandes régions du monde, inventent ensemble un partenariat pour la planète ». « Ensemble, ils peuvent répondre à la grande question : la démocratie peut-elle gouverner le monde, au lieu de la force militaire ou de la force de l’argent ? ». Cette élection représente également « un message personnel à des centaines de millions d’hommes et de femmes, de garçons et de filles, à la peau noire, qui ont vécu l’expérience de la discrimination ». « Pour eux, ce n’est pas seulement une grande nouvelle politique, c’est une grande nouvelle humaine, un grand espoir pour leur vie ». (Communiqué)

Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi: « On a l’impression que tout à coup, on a ouvert les fenêtres sur une politique américaine qui sentait la naphtaline » (Déclaration à la sortie du conseil des ministres).
« On a la même analyse des choses. Ca devrait permettre d’avoir des points de convergence (entre la France et les Etats-Unis) mais ce n’est pas parce qu’Obama est génial – ce dont je suis convaincu – que c’est nécessairement bon pour notre pays ». Il faut « qu’on regarde comment le travail ensemble va se faire. Notre job, c’est de s’assurer que les intérêts des Etats-Unis convergent avec les nôtres. » (Déclaration sur Canal +)

Nadine Morano
, secrétaire d’Etat en charge de la Famille: « En élisant Barack Obama, le peuple américain a changé le visage du monde (…) Un président métis à la Maison Blanche, c’est le sens de l’histoire qui est en marche ». (Communiqué)

Alain Juppé, ancien Premier ministre : « Il y a une espèce d’enthousiasme un peu partout, (mais) il faut quand même se dire que le monde ne va pas changer du jour au lendemain et que la tâche qui attend Obama est formidable, dans tous les sens du mot : à la fois enthousiasmante et un peu effrayante ». (Déclaration sur Canal+)

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre : « c’est une formidable victoire pour les Etats-Unis, pour la démocratie américaine mais c’est surtout la fierté retrouvée pour les Américains. (…) (Il y a une) incertitude parce que se retrouver président des Etats-Unis dans un moment de crise sans avoir eu d’expérience préalable de grande fonction dans l’administration américaine, c’est évidemment un pari ». (Déclaration sur LCI)

Axel Poniatowski (UMP), président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale : « C’est avant tout l’espoir d’une approche américaine plus multilatérale dans les affaires internationales. C’est aussi l’espoir de sortir plus vite de la crise économique et financière en parvenant à un accord consensuel sur une économie de marché mieux régulée et mieux encadrée ». (Communiqué)
« Notre vie politique n’a pas connu encore le renouvellement que connaissent aujourd’hui les Etats-Unis: nous avons d’un côté un parti de mouvement et de rupture, de l’autre côté un parti de contestation, il reste à inventer un grand mouvement de réconciliation. Mais force est de constater qu’en France, personne ne revendique aujourd’hui cette stratégie ».
Selon l’ancien Premier ministre, la différence entre Nicolas Sarkozy et le président américain élu Barack Obama, c’est que le premier prône « la rupture » là où le deuxième incarne « la réconciliation ». (Déclaration sur Europe 1)

Valérie Létard
, secrétaire d’Etat à la solidarité: La victoire de Barack Obama est « un espoir pour l’évolution du droit des femmes » car il « s’est engagé pour la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes » (Communiqué)

Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la Ville: salue « un formidable exemple d’un renouveau du rêve américain, où chacun, quelle que soit son origine sociale ou ethnique, peut se dire que c’est possible. Barack Obama, incarne pour toute une jeunesse, notamment celle des quartiers populaires, le symbole d’un espoir, d’un changement pour le progrès de l’humanité ». (Déclaration)

Mouvement national républicain (MNR, extrême-droite) : « S’étonne des réactions outrancières voire parfois délirantes de la classe politico-journalistique après l’élection de Barack Obama (qui) relèvent d’un parti pris idéologique dépourvu de toute rationalité puisqu’elles ne se fondent que sur la personne du nouveau président et nullement sur son programme » (Communiqué).

Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale : « L’élection de Barack Obama ouvre une ère nouvelle pour l’Amérique et marque la force et la vitalité de la démocratie américaine ». « Lors de sa première visite en France, j’aurai le plaisir et l’honneur de l’inviter à s’exprimer devant l’Hémicycle de l’Assemblée nationale ».

Nicolas Sarkozy, chef de l’Etat français, félicite Barack Obama pour sa « victoire brillante ». « Recevez mes félicitations les plus chaleureuses, et à travers moi, celles du peuple français tout entier. Votre victoire brillante récompense un engagement inlassable au service du peuple américain. Elle couronne également une campagne exceptionnelle, dont le souffle et l’élévation ont prouvé au monde entier la vitalité de la démocratie américaine, en même temps qu’ils le tenaient en haleine », écrit le chef de l’Etat. « En vous choisissant, c’est le choix du changement, de l’ouverture et de l’optimisme qu’a fait le peuple américain. Alors que le monde est dans la tourmente et qu’il doute, le peuple américain, fidèle à ses valeurs qui font depuis toujours l’identité même de l’Amérique, a exprimé avec force sa foi dans le progrès et dans l’avenir », juge-t-il. « Ce message du peuple américain résonne bien au-delà de vos frontières. Au moment où nous devons faire face tous ensemble à d’immenses défis, votre élection soulève en France, en Europe et au-delà dans le monde un immense espoir. Celui d’une Amérique ouverte, solidaire et forte qui montrera à nouveau la voie, avec ses partenaires, par la force de l’exemple et l’adhésion à ses principes ». « La France et l’Europe, qui sont unies depuis toujours aux Etats-Unis par les liens de l’histoire, des valeurs et de l’amitié, y puiseront une énergie nouvelle pour travailler avec l’Amérique à préserver la paix et la prospérité du monde. Soyez assuré que vous pourrez compter sur la France et sur mon soutien personnel ».

François Fillon, Premier ministre : « Votre si belle victoire est historique. Elle illustre la vitalité et la maturité de la démocratie américaine. Elle consacre votre parcours exceptionnel qui constitue un symbole éclatant de renouveau et de rassemblement ». « Votre succès est le signe que le rêve américain continue d’inspirer votre peuple. Et ce rêve transcende aujourd’hui les frontières. Votre victoire adresse au monde un message d’espoir et d’ouverture ». « Votre élection célèbre la force des idéaux américains. Elle vous place devant de très hautes responsabilités. Face aux défis de notre temps – qu’il s’agisse de la crise financière, du changement climatique ou de la paix au Proche-Orient – je tiens à vous assurer de l’importance qu’attache mon gouvernement au lien transatlantique. La France sera à vos côtés pour répondre à ces défis, comme elle l’a toujours été au cours de la longue histoire qui unit fraternellement nos deux pays ».

Christine Lagarde, la ministre de l’Economie a salué l’élection « symboliquement extraordinaire » de Barack Obama et estimé que l’arrivée au pouvoir d’un représentant d’une minorité s’était déjà « un peu produite en France » avec l’élection de Nicolas Sarkozy.
« C’est symboliquement extraordinaire de voir un représentant d’une minorité prendre les commandes d’un pays qui est la première puissance économique, la première puissance militaire au monde ».
« Le président de la République aujourd’hui, à plusieurs reprises, a indiqué qu’il était lui-même le représentant d’une minorité ». Concernant l’impact de l’élection de Barack Obama sur la crise économique, Christine Lagarde a estimé qu' »il ne (fallait) pas soulever trop d’espérance », ajoutant que le nouveau président américain devra faire face « à une situation sur le plan financier et économique extrêmement détériorée ». « Je serais très étonnée qu’il ne souhaite pas avancer dans la même direction que nous : c’est-à-dire plus de supervision, des marchés organisés (…), pas de produits financiers à risque et puis pas d’acteurs financiers qui opèrent (…) sans surveillance ». (Déclaration sur France 2)

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères : L’élection de Barack Obama est une « occasion historique de conjuguer nos efforts ». Il salue la victoire d' »un homme attaché au dialogue ». « J’adresse mes plus chaleureuses et très amicales félicitations au sénateur Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique et lui souhaite le plus grand succès pour son action future à la tête de son pays ». « Ensemble, nous devons saisir l’occasion historique de conjuguer nos efforts pour relever les défis économiques, climatiques ou de sécurité auxquels nous sommes tous également confrontés ». « Je rends hommage à l’esprit d’engagement, de générosité et de tolérance qui anime Barack Obama ». Le monde a « besoin de son dynamisme, de son refus des injustices et de sa volonté d’aller de l’avant pour bâtir un monde plus stable, plus sûr et plus juste ».

Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP : « Les Américains ont aujourd’hui élu le rêve américain. En quelques heures, les Etats-Unis sont redevenus aux yeux du monde ce qu’ils ont commencé d’être au jour de leur création : le pays de la jeunesse et de l’égalité, la nation de tous les possibles, un modèle pour les peuples démocratiques et ceux qui aspirent à le devenir ». « A l’heure où, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, l’Europe propose de fonder un nouvel ordre mondial, nous avions besoin que la première puissance du monde recouvrât son autorité morale : Barack Obama, parce qu’il est l’enfant du métissage, l’incarnation du mérite et de l’effort, avait le pouvoir d’opérer ce changement en un jour ». « Un point décisif a donc été marqué ; il faut à présent transformer l’essai. Il faut que le président Obama soit à la hauteur de l’espérance immense qu’il a suscitée de part et d’autre de l’Atlantique ». « Nul doute que le phénomène Obama aura une influence en Europe et en France ».

Bruno Gollnisch
vice-président exécutif du FN aux relations internationales: « je présente nos félicitations à M. Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. (…) Attaché à la souveraineté des Etats et à la liberté des nations, le Front national portera avant tout son attention » à « sa politique étrangère, dont les conséquences importent à la France », et notamment à « son respect des règles du droit international » et « son action en faveur d’une paix véritable au Moyen-Orient« .

Hervé Morin, président du Nouveau Centre, ministre de la Défense: « Demain, nous retiendrons que 2008 fut cette année où l’élection du président américain a débouché sur une grande leçon pour le monde entier : une leçon de liberté. Une leçon également pour la démocratie française et sa capacité à porter l’égalité des chances et l’accès de tous aux fonctions politiques, quel que soit son continent d’origine ou la couleur de sa peau ». (communiqué)

Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme: « L’Amérique d’aujourd’hui, de 2008, n’est pas la même qu’avant. Nous assistons à la fin d’un monde et au début d’un autre, plein de promesses ». « Ce qui s’est passé là, c’est une chute du mur de Berlin fois dix ». « Je crois que ce matin, nous avons tous envie d’être Américains ». « J’ai le cœur, pardon, alourdi par l’émotion, une émotion qui me fait dire que si elle est comme ça la vie, elle vaut la peine d’être vécue ». Rama Yade a estimé que cette élection était « un défi qui est lancé à une bonne partie du monde ». « C’est à nous de relever le gant pour ne pas vieillir trop vite ». « Je crois que Barack Obama n’appartient pas ce matin à l’Amérique seulement, mais à l’ensemble du monde ». ( Déclaration sur Europe 1 et France Info)
« On sort de l’unilatéralisme de combat, on sort de l’idéologie dans les relations internationales, il (M. Obama) est dans une logique beaucoup plus pragmatique, de dialogue et d’ouverture » dans un monde « instable et dangereux. On vérifiera la mise en pratique sur certains dossiers très chauds, la fermeture de Guantanamo bien évidemment, le retrait des troupes en Irak (…), l’Afghanistan (…) ». Elle a également cité la question « des menaces plus précises au niveau de certains Etats ». (Déclaration à l’émission Questions d’info (LCP-France Info-AFP)

Yves Jégo, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer: « Dans un monde bouleversé, il n’est pas anodin que l’homme réputé le plus puissant de la planète soit un métis qui plonge une partie de ses racines en Afrique. Un nouvel espoir est né pour l’Amérique bien sûr qui aspirait au changement mais pour le monde entier qui espère que Barack Obama saura être un artisan de la paix et de la prospérité partagée. Il faut saluer la démocratie américaine qui sait ouvrir de telles perspectives ». (communiqué)

Parti radical (associé à l’UMP) : « Symbole de l’évolution de la société américaine vers une plus grande égalité des chances », la victoire d’Obama « constitue un exemple et apporte un espoir pour les communautés à l’écart de l’accès aux plus hautes fonctions ». (Communiqué)

Nicolas Dupont-Aignan
, président de Debout la République : « Après huit années d’une présidence Bush catastrophique, la victoire de Barack Obama prouve qu’il ne faut jamais désespérer de la démocratie. (…) Cette belle leçon de démocratie aux Etats-Unis oblige la France et l’Europe à une réelle rénovation de leur projet et de leurs pratiques politiques ». (Communiqué)

Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement : « La victoire d’Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007 ». (Communiqué)

Jean-François Copé
, président du groupe UMP à l’Assemblée : « Ce qui est très intéressant, c’est d’aller un peu au-delà de cette Obamania, parce qu’il y a un petit côté (…) un peu naïf. Il faut éviter de tomber dans une trop grande naïveté », a ajouté Jean-François Copé, pour qui Barack Obama « a surtout créé une espérance formidable. Et du coup, comme tous les présidents élus qui créent ces espérances, (…) assez vite il faut éviter de la décevoir.Etre capable de réconcilier l’Amérique avec elle-même, et en même temps la réconcilier avec le monde, parfois, ce sont deux objectifs qui peuvent être contradictoires. Attendons de voir le résultat. »

A gauche

Arlette Laguiller
, porte-parole de LO: « On peut éprouver une certaine satisfaction à l’élection d’Obama, car elle signifie l’échec du camp (…) du conservatisme social et de la bigoterie affichée. C’est le désaveu de Bush ». Mais « Obama gouvernera, comme tous ses prédécesseurs, en fonction des intérêts de la grande bourgeoisie américaine ». (Communiqué)

Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR : Aux Etats-Unis, cette élection « est vécue comme une victoire symbolique majeure contre le racisme. Une page se tourne ». Mais « Barack Obama, c’est le candidat qu’a choisi une grande partie de la classe possédante et des milieux d’affaire de ce pays, pour prendre des mesures de sauvetage du capitalisme et de leurs intérêts ». « Aucune mesure favorable aux travailleurs ne figure à son programme ».
Il souhaite que « la liesse populaire ouvre la voie » à « la mobilisation pour imposer des mesures sociales » et « le retrait immédiat des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan ». (Communiqué, vendredi 7 novembre)
« Ce qu’on peut espérer en tous les cas, c’est que la classe politique française ne se rue pas sur l’effet Obama pour en faire un effet marketing, et nous sortir une belle unanimité qui ne sera qu’une unanimité de façade ». « Avant qu’en France, il y ait des Noirs, des Arabes, des ouvriers, des femmes, et des jeunes sur les bancs de l’Assemblée nationale, il y a encore du chemin ». (Déclaration sur France 3)

Marie-George Buffet
, secrétaire nationale du PCF: « Pour celles et ceux qui se battent contre le racisme, les discriminations, dans le combat pour l’égalité, il y aura un avant et un après 4 novembre 2008. (…) Le défi est immense et le plus dur reste à faire, à savoir ne pas décevoir les attentes que la campagne du sénateur de l’Illinois a suscité aux Etats-Unis mais aussi dans le monde ». (Communiqué)

Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de gauche : « La victoire historique de Barack Obama est celle de la générosité, de la fraternité et de l’espoir de paix dans le monde. Après huit ans de présidence Bush l’attente est forte d’une Amérique réconciliée avec elle-même et avec les autres nations ». (Déclaration à la presse)

Les Verts : « C’est un symbole d’une portée immense pour un pays marqué par l’histoire de l’esclavage et la discrimination, et pour le monde entier. La victoire de Barack Obama est une formidable leçon pour la classe politique en France qui peine encore à élire des représentants issus de la diversité. Au-delà même de ce symbole, l’élection de Barack Obama est porteuse d’espoirs ». (Déclaration à la presse)

Laurent Fabius, ancien Premier ministre : « Il va y avoir sûrement plus de multilatéralisme, mais en même temps Obama sera un partenaire très coriace. (…) Il y a une grande inconnue, c’est quelle va être son attitude vis-à-vis de la crise économique. Les Etats-Unis sont quand même à l’origine d’une grande partie de la crise économique par leur endettement. » (Déclaration sur Canal+)

François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste a salué l’élection « si symbolique » de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, et appelé à « un dialogue nouveau » de l’Europe et de la France avec l’Amérique. « L’élection de Barack Obama est une victoire, d’abord, du peuple américain. Il a eu cette audace, ce courage, cette force de choisir, non pas simplement le camp du progrès (…) mais un homme dont chacun connaissait les origines, les positions, la couleur de peau ». « C’est un choix qui a une résonance au-delà même des Etats-Unis d’Amérique ». Cependant, a-t-il souligné, « si le monde est forcément concerné par cette belle élection si symbolique, l’élection du président des Etats-Unis n’est pas l’élection du président du monde ». « Barack Obama est un grand président des Etats-Unis mais il est le président des Etats-Unis. Il défendra – et c’est son devoir – les Etats-Unis d’Amérique et non pas le monde ». « Le rôle de l’Europe, le rôle de la France, est d’engager un dialogue nouveau avec l’Amérique, de le faire avec le respect qui s’attache à ce qui a été la volonté du peuple américain, avec l’admiration qui peut être vouée à Barack Obama, mais aussi avec le sens des intérêts du monde ». (Déclaration à la presse)

Ségolène Royal, en lice pour la conquête du PS au congrès de Reims : « L’élection de Barack Obama est un extraordinaire message d’espoir. C’est un changement d’époque car le monde vient de franchir un nouveau cap ». « Je forme le vœu que l’Amérique métissée fasse du même coup progresser partout la fraternité mondiale ».
« Trois chantiers doivent désormais avancer en partenariat avec l’Europe. Premièrement, résoudre la crise sociale et financière en changeant les règles du jeu; deuxièmement, agir pour la paix; troisièmement, lutter contre le réchauffement planétaire ». (Communiqué à la presse)

La maire de Lille, Martine Aubry : « C’est avec une grande émotion que j’ai appris avec des millions de Français l’éclatante victoire de Barack Obama ». « Le grand peuple américain a réalisé le formidable rêve de Martin Luther King, en portant un homme noir à la présidence des Etats-Unis d’Amérique ». « L’élection de Barack Obama est un message de paix, de justice et de fraternité au monde entier. C’est aussi un espoir d’une vie meilleure pour des millions d’Américains ». (Déclaration à la presse)

Bertrand Delanoë, maire de Paris et candidat au poste de premier secrétaire du PS, a vu dans l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis « un formidable message d’espoir et de sursaut dans un monde en proie au doute et à la confusion ».
« Au nom de Paris et en mon nom personnel, je salue donc sa magnifique victoire et je forme des voeux pour que sa présidence fasse écho à l’espérance de paix, de progrès et de justice à laquelle son projet, son nom, et son image sont désormais associés ».
« Symboliquement », cette élection « illustre la force et la richesse d’une société multi-culturelle, quand elle sait puiser dans toutes ses ressources ».
« Les Européens peuvent voir dans la remarquable victoire du candidat démocrate, la perspective de rapports plus fructueux, plus constructifs, plus solidaires et d’un dialogue indispensable à la résolution des grands problèmes internationaux, dont le combat universel pour la défense de l’environnement ». (Communiqué)

Jack Lang
 (PS), député et ancien ministre : « L’Amérique que nous aimons est de retour: l’Amérique de l’audace, de la générosité. C’est un grand et beau jour pour le monde. (…) L’élection de Barack Obama aura un effet électrochoc et sera porteuse d’une révolution des esprits et des pratiques politiques. Puisse cet exemple inciter les pays d’Europe à s’engager à leur tour sur la voie de vrais changements. Dans ce nouveau contexte, la métamorphose de la gauche française s’impose plus que jamais ».

Arnaud Montebourg, député PS : « Cette victoire est une immense émotion pour le monde entier qui observe un grand peuple, le peuple américain, porter un homme de gauche, noir, jeune, à la tête de la première puissance mondiale. En rejetant massivement les abus, les dangers et les injustices du pouvoir républicain, les Américains viennent de montrer la générosité dont ils savent faire preuve dans les moments difficiles de l’Histoire. C’est un nouveau chemin pour le monde que nous pourrons, espérons-le, à nouveau tracer avec le peuple américain pour le reste de la planète ». (déclaration à l’AFP)

Victorin Lurel, député socialiste et président du Conseil régional de la Guadeloupe : « Cette élection, la première d’un homme noir, métis, démontre que les Etats-Unis s’acceptent comme une nation multiculturelle et multiethnique, qui plus est autour de valeurs très progressistes. Il faut croire en la puissante valeur symbolique de cet exemple, en particulier dans notre République ». (communiqué)

Le Parti communiste français: « L’élection d’un président noir est un fait de grande portée dans l’histoire des Etats-Unis et un facteur d’encouragement pour toutes celles et ceux qui agissent, partout, contre le racisme et les discriminations ». (communiqué)

Harlem Désir, eurodéputé PS, ancien président de SOS Racisme : « C’est l’ensemble du peuple qui vient d’élire un homme en dépit de la couleur de sa peau ou y compris à cause de la couleur de sa peau, pour envoyer un signal d’optimisme et d’espoir au monde. C’est un peu une prise de la Bastille: elle a une portée universelle, elle nous parle de notre propre rapport à la diversité ». (Déclaration sur RTL)

Benoît Hamondéputé européen : « Les Américains ont pris la mesure du renversement de cycle auquel est confronté le monde, notamment en raison de la faillite du système libéral. Ils ont clairement fait le choix du changement ». « Les Français déclarent que s’ils étaient Américains, ils voteraient Obama. Pour vérifier si cela serait possible en France encore faudrait-il que les partis présentent des Obama, déjà à des élections locales pour commencer.Je ne suis pas Noir mais j’ai quand même trois défauts au parti socialiste: je suis issu d’un milieu modeste, je suis fils d’ouvrier et pas énarque et je suis de gauche et je l’assume » (Conférence de presse)

AUTRES

Pierre Henry, directeur de France Terre d’asile: C’est « un moment d’espoir et d’émotion pour les progressistes du monde entier ».(Communiqué).

François Chérèque (CFDT): « J’espère qu’on aura enfin un chef d’Etat de la plus grande puissance mondiale qui amènera ses collègues chefs d’Etat vers une politique de justice au niveau mondial » et que « son origine africaine le fera agir pour une meilleure répartition des richesses dans le monde et chez lui » (Déclaration).

CFTC: Cette élection « fait germer une grande espérance en même temps qu’une exigence pour une autre politique, un autre modèle de société plus équitable, plus solidaire et plus humain » (Communiqué)

Agir contre le chômage: « Nous souhaitons au président Obama bonne chance, mais lui disons aussi que les lobbies financiers et économiques demeurent très puissants » (Communiqué)

Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples): Cette victoire est « un défi à l’ensemble de la société française, qui n’arrive pas à assumer sa diversité et à la traduire dans la représentation nationale ». « Il est urgent de regarder en face l’immense décalage entre les proclamations des valeurs universelles et leurs pratiques, et de passer des paroles aux actes » (Communiqué).

Samuel Solvit, président du comité français de soutien à Barack Obama: « lorsqu’on a su qu’Obama avait gagné, ça a été de la folie, une formidable explosion. En vérité, les mots je ne les trouve pas, c’est tout simplement historique, quel espoir et quels challenges à accomplir, pour les Etats-Unis et pour le monde, même si évidemment ce sera dur! Ce qui compte ce matin c’est l’espoir ». (déclaration à l’AFP)

Le Conseil représentatif des institutions juives de France : « Convaincu que le nouveau président s’attachera à renforcer les relations avec la France pour consolider la paix et la démocratie dans le monde », le Crif « espère que le nouveau chef de l’exécutif américain s’opposera avec détermination et sans angélisme aux projets nucléaires du régime iranien fanatique, agressif et négationniste ». Il « émet des vœux pour que la nouvelle administration américaine favorise par des mesures réalistes la paix au Proche Orient ». (Communiqué)

Le MEDEF a salué « l’élection historique de Barack Obama qui devient le 44e président des Etats-Unis d’Amérique ». « Comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises au cours de leur histoire, les citoyens américains ont su renouveler hier la promesse du rêve américain ». Pour Laurence Parisot, présidente du MEDEF, « cette élection prouve l’extraordinaire capacité de l’Amérique à se réinventer et être toujours à la pointe de la modernité ». « C’est la victoire de la jeunesse et de la diversité. C’est l’image d’une Amérique qui croit en elle-même et qui adresse par cette élection un message d’espoir au monde ». Le MEDEF « souhaite que cette élection donne une nouvelle impulsion à la relation transatlantique pour que des solutions communes puissent être élaborées et mises en œuvre dans le difficile contexte financier et économique auquel le monde doit faire face ». (Communiqué)

Le Conseil représentatif des organisations noires (Cran), son président, Patrick Lozès salue un résultat qui « soulève un immense espoir non seulement pour les Noirs mais pour la justice dans le monde ». Aujourd’hui, les Noirs de France regardent vers les Etats-Unis où le rêve américain est à nouveau relancé. Une délégation du Cran, qui demande à Nicolas Sarkozy de ne pas « ignorer cette revendication urgente d’égalité des noirs de France », se rendra « aujourd’hui (mercredi) à 16H00 à l’Elysée afin de porter de vive voix, son message à Nicolas Sarkozy« . (Communiqué)

Dominique Sopo, président de SOS Racisme : « Par son parcours qui en fait aujourd’hui le premier président ‘noir’ des Etats-Unis, Barack Obama nous montre la valeur de l’engagement citoyen » après que « plusieurs générations se sont battues pour l’égale dignité entre les citoyens ».Dominique Sopo souhaite que le succès d’Obama inspire « les responsables politiques d’autres pays – dont le nôtre – quant à la possibilité de concilier l’honnêteté du discours politique et la capacité à soulever des rêves et des espoirs fondés sur le vivre-ensemble et sur le progrès pour tous ». (communiqué)

Fodé Sylla, ancien président de SOS racisme : « Mieux qu’une leçon, c’est un conseil que nous donnent les citoyens nord-américains : celui d’ouvrir les portes des institutions de la République aux Français issus de l’immigration (…) depuis les mairies jusqu’à l’Assemblée nationale ou encore au Parlement européen. Les prochaines élections européennes seront un premier test qui montrera si les partis politiques français ont compris ce message ». (Communiqué)

Lilian Thuram, ancien capitaine de l’équipe de France de football, originaire de Guadeloupe : « Un président noir, la première femme des Etats-Unis noire, c’est une grande leçon de la société américaine. Cela va dans le sens qu’il faut sur la réflexion qu’on doit avoir sur l’homme ».
« C’est extraordinaire quand on connaît l’histoire des Etats-Unis, l’esclavage, la lutte des Noirs pour exister dans cette société, avec Rosa Parks la première à avoir dit non, les mouvements civiques qu’il a fallu ». « Cela donne envie d’avoir confiance en l’avenir, il faut espérer une réelle réflexion sur notre société en mouvement. Il faut espérer qu’il en découle une société plus juste et un visage du monde plus équitable ». (Déclaration à la presse)


Présidence Trump: Vous avez dit surréaliste ? (It’s the unbearable smugness of the press, stupid !)

19 février, 2017
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Montage - Parler comme Macron

Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. LaFontaine
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
Les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes. Mais sans l’amitié et sans les boules… Emmanuel Macron
La politique internationale que je veux conduire pour notre émancipation vraie et donc pour notre sécurité, c’est celle qui respectera l’équilibre, qui préservera l’indépendance française, qui assurera la stabilité des Etats et qui, partout, défendra nos valeurs et nos principes. Emmanuel Macron
Coup sur coup, Emmanuel Macron nous a dit en deux déclarations son rapport à l’Histoire. Affirmant qu’il n’existe pas de culture française, il s’inscrit , digne enfant du «terranovisme», dans cette perspective sans racines que le rapport avorté du conseiller d’Etat Tuot exaltait en 2013 pour mieux reconstruire un passé accueillant aux vents de tous les communautarismes. L’assimilation de la colonisation française en Algérie à un «crime contre l’humanité», outre qu’elle sur-infecte des plaies mémorielles chez nombre de nos compatriotes pieds noirs et harkis, criminalise notre histoire au service d’une repentance dont la visée électorale n’échappe à personne . Cette double prise de position à quinze jours d’intervalles efface les clins d’œil plus anciens à Jeanne d’Arc et au récit national que sa visite ministérielle au Puy-du-fou en terre vendéenne avait esquissé. Accélérant sa campagne, toute de symboles bien plus que d’offre programmatique, Macron déroule le discours dominant, celui de la com’, celui de la sidération par l’activisme communicant et par l’exaltation d’un imaginaire rallié au culte de l’immédiat . Le jeune Macron n’aime pas l’ancien ; il le fait savoir et à son corps défendant il en vient même parfois à l’avouer jusque dans une rhétorique post-oratoire nourrie d’un phrasé saccadé tout droit issu de cette culture «power-point» qu’il parle couramment à l’instar des nouvelles élites sans lettre ni mémoires. Macron s’installe ainsi, jour après jour, comme la plus exacerbée et exacerbante métaphore de la com’. Il en délivre tous les rythmes et tous les codes. Les premiers se manifestent par une hyper-saturation de l’espace médiatique, par un face-à-face permanent et construit avec les médias, par une économie de la com’ qui circule non pas du candidat au peuple mais du produit au people… Le marketing n’est pas tant celui du préau , du marché – lieux de mémoire des vieilles politiques républicaines – que celui des scènes calculées avec ses plans médias, ses salles chauffées par des agitateurs de shows télévisés, ses photos calculées à destination d’une presse magazine friande de poses prétendument spontanées mais millimétriquement sophistiquées. Macron reflète la société médiatique ; il en est tout à la fois le Narcisse et la Léthé, la déesse de l’oubli … Car là où souffle l’esprit de la com’ se déploie aussi le voile de l’amnésie. La com’ agit par magie ; elle vise d’abord à transformer notre rapport au réel, soit en le liquidant par dénégation et en lui substituant un avenir tout d’optimisme et d’harmonie, soit en exorcisant son passé. Macron joue des deux registres: il promet un horizon de bonheur consumériste et liquide les spectres d’une histoire lourde, belliqueuse, conflictuelle, traumatisante… Il est le héraut des générations mainstream pour lesquelles il n’y a pas d’Histoire mais des histoires qui viennent se greffer les unes aux autres, morceaux d’un puzzle très «united color» à la mode Benetton… Macron préfère la publicité au réel, on l’aura compris. Cette vieille culture française, son Histoire, il n’a sans doute pas appris à les aimer… et en ce sens il est le produit d’un temps où les maîtres ont failli à transmettre . Quand il n’y a plus de transmission reste alors la com’… Arnaud Benedetti
C’est une manière de s’exprimer qui rappelle la campagne de Tony Blair, en Grande-Bretagne. On l’appelait aussi le candidat du flou (« Tony Blur »). Enoncer des lieux communs permet à chacun de comprendre ce qu’il a envie de comprendre. Tout cela est très fluide et offre donc peu de prises à ses adversaires, au-delà du ‘ »ah, mais vous n’avez pas de programme !' » (…) Ces dix dernières années, nous avons eu des programmes-catalogues de plus en plus précis jusqu’aux 1.000 pages de Bruno Le Maire. Or, ça ne fonctionne pas car les Français n’y croient plus. La présidentielle se joue surtout autour de la confiance en un homme ou une femme politique. Emmanuel Macron préfère donc créer un imaginaire autour de sa candidature en utilisant des mots apaisants. Le programme de Macron, c’est Macron. Christian Delporte
Chaque réunion publique est guettée par les médias car elle révélera une facette inédite, tenue secrète longtemps et indéfiniment annoncée, du ‘produit’ fini (ici le programme), qui est toujours en projet, fruit d’ajustements en fonction du marché politique et des « feedbacks » de clients/électeurs sur les phases bêta. Cécile Alduy
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Gilles Kepel
Nous pourrons nous souvenir de ce jour et dire à nos enfants (…) qu’alors la montée des océans a commencé à ralentir et la planète à guérir. Barack Hussein Obama (discours de nomination, St Paul, 04.06. 2008)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je ne sais pas, on m’a donné cette information. En fait, j’ai vu passer cette information. Mais c’était une victoire très substantielle, vous ne croyez pas ? Donald Trump (18.02.2017)
Je ne considère pas le président-élu comme un président légitime. Je pense que les Russes ont contribué à aider cet homme à être élu. Et ils ont aidé à détruire la candidature d’Hillary Clinton. Ça n’est pas bien, ça n’est pas juste et ça n’est pas le processus démocratique. Je n’irai pas à l’investiture. John Lewis
Look, to be totally honest, if things are so bad as you say with the white, working class, don’t you want to get new Americans in? Bill Kristol
I think she’s the favorite. I have a sense that it would have happened anyway and that, at the end of the day, people were going to come home to who they were. And what’s depressed me, frankly, most about this race is, we went into this country a divided nation, and now the chasms are just solidified, so divided along race, divided along gender, urban/rural, college-educated/non-college-educated. We can go down the list. And, basically, less educated or high school-educated whites are going to Trump. It doesn’t matter what the guy does. And college-educated going to Clinton. Everyone is dividing based on demographic categories. And, sometimes, you get the sense that the campaign barely matters. People are just going with their gene pool and whatever it is. And that is one of the more depressing aspects of this race for me. (…) And, well, it’s a campaign of hate. Obama is a campaign of at least hope. At least his first campaign was. This is just a campaign of hate. And, you know, people who don’t like Trump really don’t like Trump. And I guess I’m among them. And we just saw in our report about the Trump voters in Pennsylvania. Did you see — when they were shouting on the road, did you see anything nice about Trump? No. Send Clinton to jail. (…) So we had a lot of good things over the years that were really good for America. I think globalization has been really good for America. I think the influx of immigrants has been really good for America. Feminism has been really good for America. But there are a lot of people who used to be up in society, because of those three good things, are now down, a lot of high school-educated white guys. And they have been displaced. And shame on us for not paying attention to that and helping them out. And, therefore, as a result, what happened was, they were alienated, they got super cynical, because they really were being shafted. And so they react in an angry way. David Brooks (November 5, 2016)
Theodore White wrote that America is Republican until 5:00 or 6:00 at night. And that’s when working people and their families got off work, had supper, and if America is going to vote — be Democratic, it’s going to happen between 5:30 and 8:00 at night. That has been totally turned on its ear. The working-class, blue-collar, non-college-educated base of the Democratic Party is the base of Donald Trump’s campaign this year. And the Democrats are now an upscale party. Mark Shields
How can we get rid of Trump ?  We’re just a month into the Trump presidency, and already so many are wondering: How can we end it? One poll from Public Policy Polling found that as many Americans — 46 percent — favor impeachment of President Trump as oppose it. Ladbrokes, the betting website, offers even odds that Trump will resign or leave office through impeachment before his term ends. Sky Bet, another site, is taking wagers on whether Trump will be out of office by July. (…) Trump still has significant political support, so the obstacles are gargantuan. But the cleanest and quickest way to remove a president involves Section 4 of the 25th Amendment and has never been attempted. It provides that the cabinet can, by a simple majority vote, strip the president of his powers and immediately hand power to the vice president. The catch is that the ousted president can object, and in that case Congress must approve the ouster by a two-thirds vote in each chamber, or the president regains office. The 25th Amendment route is to be used when a president is “unable” to carry out his duties. I asked Laurence Tribe, the Harvard professor of constitutional law, whether that could mean not just physical incapacity, but also mental instability. Or, say, the taint of having secretly colluded with Russia to steal an election? Tribe said that he believed Section 4 could be used in such a situation. (…) The better known route is impeachment. But for now it’s hard to imagine a majority of the House voting to impeach, and even less conceivable that two-thirds of the Senate would vote to convict so that Trump would be removed. Moreover, impeachment and trial in the Senate would drag on for months, paralyzing America and leaving Trump in office with his finger on the nuclear trigger. My take is that unless things get much worse, removal may be a liberal fantasy. Progressives thought that Trump would never win the nomination or the election. He survived the “Access Hollywood” tape and countless crises that pundits thought would doom him, so it’s not clear why Republicans would desert him now that he’s president. Some people believe that the 2018 midterm elections will be so catastrophic for the G.O.P. that everyone will be ready to get rid of him. I’m skeptical. In the Senate, the map is disastrous for Democrats in 2018: The Republicans will be defending only eight Senate seats, while Democrats will in effect be defending 25. (…) And what does it say about a presidency that, just one month into it, we’re already discussing whether it can be ended early? Nicholas Kristof
We have never taken seriously from the very beginning Russia hacked our election. That was a 9/11 scale event. They attacked the core of our very democracy. That was a Pearl Harbor scale event. Can you imagine if Hillary Clinton were where Trump was, what the right would be doing on this issue? This goes to the very core of our democracy. Thomas Friedman
L’enjeu est trop important pour demeurer silencieux (…) Nous croyons que la grave instabilité émotionnelle révélée par le discours et les actions de M Trump le rend incapable de servir comme président de façon sécuritaire. Lettre ouverte de 35 psychiatres et personnels psychiatriques
Lancer des insultes psychiatriques est une mauvaise façon de répliquer aux attaques de M Trump contre la démocratie. Allen Frances
It was a wild press conference. (…) He spent the first part of his remarks talking about accomplishments that he thought the media, the fake media, whatever he wants to call us, we’re not paying enough attention to. But then, instead of focusing on these accomplishments and offering an optimistic, positive view of what he’s doing for this country, it was an airing of grievances. It was Festivus. It was complaints about the media. At one point, he said the leaks were real, but the news is fake, which doesn’t make any sense whatsoever. He said things that were not true. Peter Alexander from NBC pointed out one of them when (Trump) said he had the biggest electoral victory win since Ronald Reagan. That’s not true. Clinton, Clinton, Obama, Obama, George H. W. Bush, all were bigger. But, moving on. If you are a soldier in harm’s way right now, if you are a hungry child in Appalachia or the inner city, if you are an unemployed worker in a hollow shell of a steel town, that’s not a President that seemed focused on your particular needs and wants. That’s a President focused on his bad press. It was unhinged, it was wild and I can’t believe that there are Republicans on Capitol Hill and in the White House who don’t understand that might play well with the 44% of the population that voted for the President, but a lot of Americans are going to watch that press conference and think ‘That guy isn’t focused on me.’ I don’t know even what he’s focused on. Jack Tapper (CNN)
En août dernier, Donald Trump avait qualifié Barack Obama de «pire président» de l’histoire américaine. Avide consommateur de médias (même s’il les déteste), Donald Trump a sans doute vu passer l’enquête réalisée par la chaîne parlementaire C-SPAN. Et il n’a sans doute pas apprécié les résultats. Selon cette étude, publiée vendredi, les historiens classent Barack Obama au douzième rang des présidents américains, la meilleure performance depuis la neuvième place de Ronald Reagan en 1988. Dans trois catégories, Obama entre dans le top 10 : «quête d’une justice égale pour tous» (3e), «autorité morale» (7e) et «gestion économique» (8e). En revanche, il se classe parmi les derniers (39e sur 44) en matière de relations avec le Congrès et termine à une très moyenne 24e place en relations internationales. A en croire cette étude, les trois meilleurs présidents de l’histoire se nomment Abraham Lincoln, George Washington et Franklin Delano Roosevelt. Libération
Avec son sens du détail et son éloquence habituels, Donald Trump résume ainsi sa position : «Je regarde deux Etats ou un Etat, et j’aime la solution que les deux parties aiment. Les deux me conviennent». En une petite phrase digne d’un élève de CM1, Donald Trump balaie plusieurs décennies de diplomatie américaine. Le négociateur-en-chef est déjà au travail. Libération
I’ve got to say, with all due respect, Mika, you and immediate members of your family didn’t care four years ago or eight years ago when you all were running around screaming hope and change. Hope and change. What does that mean? And Barack Obama, remember? He said when I get elected, people will look back on this as the moment when the oceans began to recede. Joe Scarborough (July 2016)
Have you heard the one about the presidential candidate who was once so popular that comedians were frightened to make jokes about him? (…) Mr Obama has provided rich fodder for comedians looking to prick his pomposity, predicting that people would look back at his nomination as the moment « when the rise of the oceans began to slow ». He also told Congressmen that his campaign was « the moment . . . that the world is waiting for ». The attitude was summed up by Dana Milbank, the Washington Post’s resident political humourist, who declared: « Barack Obama has long been his party’s presumptive nominee. Now he’s becoming its presumptuous nominee. » Mr Letterman listed top ten signs that Barack Obama is overconfident, which included « Offered Bush 20 bucks for the ‘Mission Accomplished’ banner » and « Having head measured for Mount Rushmore. » Mr Obama is also under fire for moving politically towards the centre ground, moderating positions he had once boasted were evidence of his unique appeal. Jay Leno, of the long-running Tonight Show, said: « Barack Obama now says he’s open to offshore oil drilling. So, apparently, when he promised change, he was talking about his mind. » The Telegraph (09 Aug 2008)
Nobody could describe Donald Trump as lacking in self-confidence, but the billionaire egomaniac is emotional jelly compared with King Barack. Even before he won the Nobel peace prize, Obama was telling America that his elevation to the presidency would be remembered as ‘the moment when the rise of the oceans began to slow’. He doesn’t have Mr Trump’s gold-plated helicopter, private jet, penthouse and yacht. But when it comes to self-reverence and sheer hauteur there is no one to beat him. Someone who believes his political personality can reverse global warming will have no doubts about his ability to persuade the British people to stay in the European Union. Just a few of his mellifluous sentences and a flash of those teeth and surely the British people will go weak at the knees! The polls show that Britain is split on the EU, so King Barack will come and help the nation resolve its indecision — to the delight of David Cameron and George Osborne. The timing of his visit, halfway through the EU referendum debate, is no accident. There is a longstanding international understanding that world leaders don’t visit during election campaigns — but such conventions were obviously designed for lesser mortals. Obama has no qualms and the Prime Minister has no shame: he needs every endorsement he can get. The Chancellor is pulling all the strings he can so the likes of the IMF’s Christine Lagarde ask us to stay in. Short of engineering a Second Coming, a visitation from King Barack is to their minds the best plug imaginable. That enthusiasm does not seem to be shared as much by British voters. Polls show that only 4 per cent of us think Mr -Obama’s primary reason for wanting us to stay in the EU is because ‘he cares about Britain’. A majority of us recognise that Mr Obama finds it easier ‘to deal with Europe as one bloc’. It’s not, as some Tory MPs have alleged, that Obama hates Britain. It’s just that he cares less about us — and our neighbours — than any of his recent predecessors. The ‘pivot’ to Asia, turning America’s strategic gaze away from Europe and towards the Pacific, has been his chief international objective. The turmoil in Europe and the Middle East — the Ukraine and Syrian refugee crises which have, at the very least, been encouraged by US withdrawal from the world — were distractions from his focus on China and the rising economies of East Asia. The world has not become a safer place as a result of Obama’s policy of ‘leading from behind’. (…) The arrogance is breathtaking but it is far from the only manifestation of, dare I say it, the madness of King Barack. Mr Obama does not let any adviser, voter or foreign leader get in his way. During his two-term presidency, his Democratic party has lost control of both the House of Representatives and the Senate. But King Barack was unimpressed at the verdicts of the people. By royal decree, or as the White House calls it, executive order, he has attempted to stop illegal immigrants being deported, increase the minimum wage, intensify gun regulation and cut greenhouse gas emissions. All of these policies may be cheered from Europe. But the US constitution is quite clear: it’s the job of the House of Representatives and the Senate to pass laws and it’s the job of the President to either veto or implement them. There is a word for ignoring and overruling the legislative branches of the American government and that word is ‘undemocratic’. It was not supposed to be this way when Mr Obama launched his transformational bid for the presidency. He came to national attention with an uplifting speech to the 2004 Democratic Convention. He told his party about gay Americans living in red-leaning Republican states and how blue-leaning Democratic states worshipped ‘an awesome God’. There weren’t red states or blue states but ‘one America: red, white, and blue’. An America demoralised by the Iraq war, the global recession and bitterness towards the often tongue-tied George W. Bush embraced Obama and his soaring oratory in 2008, in the hope that he would unite an unhappy, fractious nation. It has not come to pass, of course. Whether it’s the Black Lives Matter protests at police violence or the fact that only 1 per cent of Americans think the people who caused the 2008 crash have been brought to justice, the American left is as energised and angry as the right. Today, barely a quarter of Americans think their country is heading in the right direction. They are more pessimistic about their economic prospects than the Brits or Germans. You would, perhaps, expect the American right to be angry, because Mr Obama does little to build ties with them. He didn’t attend the funeral of the conservative Supreme Court justice Antonin Scalia or that of Nancy Reagan — choosing to speak at a music festival instead. But his lack of respect and charity is not confined to Republicans. It recently emerged that Obama declined to invite the Clintons to dinner at the White House because Michelle, the First Lady, has struggled to forgive Bill Clinton for criticising her husband. Jeffrey Goldberg’s extraordinary recent essay in the Atlantic magazine about Obama’s foreign policy gave insight after insight into the President’s arrogance. Angela Merkel is ‘one of the few foreign leaders Obama respects’. When Obama reversed his Syrian policy and decided that President Assad’s crossing of those famous ‘red lines’ would not, after all, be punished, his secretary of state, John Kerry, and defence secretary, Chuck Hagel, found out hours after he’d told his advisers. It’s a common experience for so many of his colleagues. Hillary Clinton was overruled on Syria, generals were overruled on Iraq. Obama blamed David Cameron and Nicolas Sarkozy for the Libyan ‘shit show’. It is never King Barack’s fault. Obama’s election in 2008 inspired the world. But after eight years, it’s hard not to blame his abrasive style of politics for the rise of anti-politicians such as Bernie Sanders and Donald Trump. Americans are rebelling against the emergence of an imperial presidency. As Barack Obama offers his hand to the Queen this week, and lectures the British on their place in the world, voters here might feel somewhat resentful, too. Tim Montgomerie
Tiré à quatre épingles, col blanc éclatant et cravate rouge vif, l’homme grand, noir, élégant, fait son apparition sur scène devant des milliers de drapeaux américains portés par une marée humaine en délire. Des applaudissements se mélangent aux cris hystériques, pleurs et voix hurlant en chœur « Yes we can ». Les larmes coulent sur les joues du révérend Jesse Jackson qui vient d’apprendre que le rêve de Martin Luther King s’est réalisé en ce 4 novembre 2008. Et le monde entier assiste, le souffle coupé, à cette scène inédite de l’histoire. « Hello Chicago », lance le quadragénaire avec un sourire tiré des publicités de dentifrice. « S’il y a encore quelqu’un qui doute que l’Amérique est un endroit où tout est possible, ce soir, vous avez votre réponse. » Et la foule s’enflamme. Ce soir-là, Barack Obama a réussi son pari en devenant le premier président noir des Etats-Unis. Aux yeux de ses électeurs, il n’était pas seulement l’incarnation de l’ » American dream ». Il était aussi celui qui allait tendre l’oreille aux difficultés des minorités, sortir une nation de la pire crise économique depuis la Grande Dépression, ramasser les pots cassés de George W. Bush, soigner les plaies d’un pays hanté par la guerre et l’insécurité, rendre aux familles leurs soldats partis en Irak et en Afghanistan, offrir des soins de santé aux plus démunis… La liste est sans fin. (…) Les attentes étaient particulièrement grandes au sein de la communauté afro-américaine (…) « Tout le monde a cru qu’avec Obama nous allions rentrer dans une ère post-raciale. C’est donc assez ironique que la race soit devenue un problème majeur sous sa présidence », affirme Robert Shapiro, politologue à l’université new-yorkaise de Columbia. (…) Outre quelques discours, le Président se distingue par le peu d’initiatives prises en faveur de sa communauté. Certes, il a nommé un nombre sans précédent de juges noirs. Et, paradoxalement, cette reprise de la lutte pour l’égalité est parfois notée comme une victoire du Président, malgré lui. (…) Dans un premier temps, l’ancien sénateur a aussi suscité la colère des immigrés en situation irrégulière en autorisant un nombre record d’expulsions. Barack Obama finira par faire volte-face et s’engagera dans une lutte féroce pour faire passer au Congrès le « Dream Act », projet de loi légalisant 2 millions de jeunes sans-papiers. En vain. Furieux, le chef d’Etat signera alors un décret permettant à ceux-ci d’obtenir un permis de travail et donc de les protéger. Aussi, peu de présidents américains peuvent se targuer d’avoir fait autant progresser la protection des droits des homosexuels. En mai 2012, « Newsweek » surnommait Barack Obama « the first gay president », pour saluer sa décision de soutenir le mariage homosexuel. Quelques mois plus tard, la loi « Don’t ask, don’t tell », interdisant aux militaires d’afficher leur homosexualité, était abrogée. Et, en 2015, Barack Obama criait « victoire », alors que la Cour suprême venait de légaliser le mariage gay. Reste que le natif de Hawaii n’est pas parvenu à réduire les inégalités sociales et raciales qui sévissent toujours aux Etats-Unis. En 2012, 27,2 % des Afro-Américains et 25,6 % des Latinos vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des Blancs. Autre épine dans le pied du Démocrate : la débâcle de la ville de Detroit, majoritairement peuplée par des Noirs et déclarée en banqueroute de 2013 à 2014. (…) Peut-être était-il trop dépensier. Surnommé « Monsieur 20 trillions », Barack Obama est accusé d’avoir doublé la dette publique. (…) L’histoire se souviendra d’Obama comme de celui qui aura doté les Etats-Unis d’un système d’assurance santé universelle. L’ »Affordable Care Act », lancé en 2010 après quinze mois de tractations, est « la » grande victoire du Démocrate. (…) Mais (…) le système montre-t-il ses limites puisque (…) il comprend (…) trop de personnes malades, nécessitant des soins, et pas assez de personnes en bonne santé. Ce problème est devenu récurrent et des compagnies d’assurances quittent le programme », explique Victor Fuchs, spécialiste américain de l’économie de la santé. (…) En 2009, le Président envoie 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, pour ensuite déclarer la fin des opérations militaires en Irak, avant de bombarder la Libye. (…) Sa crédibilité en prend un coup lorsqu’il refuse de frapper la Syrie, même après que Bachar Al-Assad eut franchi la fameuse ligne rouge, tracée par Obama lui-même, en utilisant des armes chimiques contre les rebelles. En huit ans, le prix Nobel de la paix, arrivé au pouvoir comme un Président antiguerre, aura entériné le recours à la force militaire dans neuf pays (Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, Yémen, Somalie, Ouganda et Cameroun). Le « New York Times » indique d’ailleurs que « si les Etats-Unis restent au combat en Afghanistan, Irak et Syrie jusqu’à la fin de son mandat […] il deviendra de façon assez improbable le seul président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre ». Le Congrès aura été le talon d’Achille de Barack Obama. (…) Résultat : l’adepte du « centrisme » laissera derrière lui un paysage politique plus polarisé que jamais. « Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique. Les érudits aiment à découper notre pays entre Etats rouges et Etats bleus […] mais j’ai une nouvelle pour eux. Nous formons un seul peuple », avait-il pourtant déclaré lors de la Convention démocrate de Boston le 27 juillet 2004. Ce jour-là, une star politique était née. Barack Obama avait tout : la rhétorique enflammée, le charisme hors norme, l’intelligence, le parcours au parfum de rêve américain et la famille idéale. Avec son style châtié, son allure juvénile, sa capacité à susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs, il était le candidat parfait du XXIe siècle. Trop parfait, peut être. A tel point qu’il aura suscité plus d’espoirs qu’il ne pouvait en porter. « Il a été meilleur candidat en campagne qu’il n’a été président », regrette M. McKee. La Libre Belgique
My frustration (…) is that for eight years, I wanted the press to press President Obama on things like the jayvees, the red line, leading from behind, Aleppo, and they didn’t. And in the first month, they’re pressing Trump, and they’re upset that he’s not saying (…) things that Manhattan-Beltway media elites want him to say. Instead, he says this. Let me play for you, I think, the key line in the 77 minute press conference yesterday, is this one, cut number four: « Look, I want to see an honest press. When I started off today by saying that it’s so important to the public to get an honest press, the public doesn’t believe you people anymore. » (…) that’s the key. The public doesn’t believe you people anymore. (…) He never corrects anything that he says, and he says lots of wrong things. But that one comment, they don’t trust you anymore, is a summation of where we are in America, because I really do think Manhattan-Beltway elites have lost the country. They’ve lost it. There’s just no confidence in, I’m not going to say us, because I am neither in nor of the Beltway-Manhattan media elite. I live in California still. Hugh Hewitt
It’s not because of anything obviously Donald Trump did. The press did all that good work ruining its reputation on its own, and we can have a long conversation about what created that. Part of it, though, is what you mentioned about the local weather report, which is to say a lot of hysterical coverage about every little last thing that doesn’t warrant it. John Dickerson
If there are winners and losers in America, I know the losers. They lost jobs to China and Vietnam. And they’re dying younger, caught in an endless cycle of jail, drug charges and applying for disability to pay the child support bill. They lost their influence, their dignity and their shot at the American Dream, and now they’re angry. They’re angry at Washington and Wall Street, at big corporations and big government. And they’re voting now for Donald Trump. My Republican friends are for Trump. My state representative is for Trump. People who haven’t voted in years are for Trump. He’ll win the primary here on March 15 and he will carry this county in the general. His supporters realize he’s a joke. They do not care. They know he’s authoritarian, nationalist, almost un-American, and they love him anyway, because he disrupts a broken political process and beats establishment candidates who’ve long ignored their interests. Michael Cooper (writer, attorney, and liberal Democrat who lives in rural North Carolina, March 2016)
The mood in the Washington press corps is bleak, and deservedly so. It shouldn’t come as a surprise to anyone that, with a few exceptions, we were all tacitly or explicitly #WithHer, which has led to a certain anguish in the face of Donald Trump’s victory. More than that and more importantly, we also missed the story, after having spent months mocking the people who had a better sense of what was going on. This is all symptomatic of modern journalism’s great moral and intellectual failing: its unbearable smugness. Had Hillary Clinton won, there’d be a winking “we did it” feeling in the press, a sense that we were brave and called Trump a liar and saved the republic. So much for that. The audience for our glib analysis and contempt for much of the electorate, it turned out, was rather limited. This was particularly true when it came to voters, the ones who turned out by the millions to deliver not only a rebuke to the political system but also the people who cover it. Trump knew what he was doing when he invited his crowds to jeer and hiss the reporters covering him. They hate us, and have for some time. And can you blame them? Journalists love mocking Trump supporters. We insult their appearances. We dismiss them as racists and sexists. We emote on Twitter about how this or that comment or policy makes us feel one way or the other, and yet we reject their feelings as invalid. It’s a profound failure of empathy in the service of endless posturing. There’s been some sympathy from the press, sure: the dispatches from “heroin country” that read like reports from colonial administrators checking in on the natives. But much of that starts from the assumption that Trump voters are backward, and that it’s our duty to catalogue and ultimately reverse that backwardness. What can we do to get these people to stop worshiping their false god and accept our gospel? We diagnose them as racists in the way Dark Age clerics confused medical problems with demonic possession. Journalists, at our worst, see ourselves as a priestly caste. We believe we not only have access to the indisputable facts, but also a greater truth, a system of beliefs divined from an advanced understanding of justice. You’d think that Trump’s victory – the one we all discounted too far in advance – would lead to a certain newfound humility in the political press. But of course that’s not how it works. To us, speaking broadly, our diagnosis was still basically correct. The demons were just stronger than we realized. This is all a “whitelash,” you see. Trump voters are racist and sexist, so there must be more racists and sexists than we realized. Tuesday night’s outcome was not a logic-driven rejection of a deeply flawed candidate named Clinton; no, it was a primal scream against fairness, equality, and progress. Let the new tantrums commence! That’s the fantasy, the idea that if we mock them enough, call them racist enough, they’ll eventually shut up and get in line. It’s similar to how media Twitter works, a system where people who dissent from the proper framing of a story are attacked by mobs of smugly incredulous pundits. Journalists exist primarily in a world where people can get shouted down and disappear, which informs our attitudes toward all disagreement. Journalists increasingly don’t even believe in the possibility of reasoned disagreement, and as such ascribe cynical motives to those who think about things a different way. We see this in the ongoing veneration of “facts,” the ones peddled by explainer websites and data journalists who believe themselves to be curiously post-ideological. That the explainers and data journalists so frequently get things hilariously wrong never invites the soul-searching you’d think it would. Instead, it all just somehow leads us to more smugness, more meanness, more certainty from the reporters and pundits. Faced with defeat, we retreat further into our bubble, assumptions left unchecked. No, it’s the voters who are wrong. As a direct result, we get it wrong with greater frequency. Out on the road, we forget to ask the right questions. We can’t even imagine the right question. We go into assignments too certain that what we find will serve to justify our biases. The public’s estimation of the press declines even further — fewer than one-in-three Americans trust the press, per Gallup — which starts the cycle anew. There’s a place for opinionated journalism; in fact, it’s vital. But our causal, profession-wide smugness and protestations of superiority are making us unable to do it well. Our theme now should be humility. We must become more impartial, not less so. We have to abandon our easy culture of tantrums and recrimination. We have to stop writing these know-it-all, 140-character sermons on social media and admit that, as a class, journalists have a shamefully limited understanding of the country we cover. What’s worse, we don’t make much of an effort to really understand, and with too few exceptions, treat the economic grievances of Middle America like they’re some sort of punchline. Will Rahn (CBS, 10.11.2016)
When he makes claims like this, the press takes him literally, but not seriously; his supporters take him seriously, but not literally. Salena Zito
Les journalistes prennent toujours Trump au pied de la lettre mais sans le prendre au sérieux. Ses électeurs, en revanche, le prennent au sérieux mais ne le prennent pas au pied de la lettre. Par exemple, quand il propose de construire un mur à la frontière mexicaine, les journalistes exigent des détails, veulent savoir comment il va s’y prendre. Ses électeurs comprennent qu’il ne veut pas vraiment édifier un mur. Ils entendent simplement qu’il propose une politique migratoire plus saine et plus intelligente. Peter Thiel
I expected some broken dishes, some firings, some chaos, and some rookie mistakes. We got all of that. But I also expect a systems-thinker to tame the chaos over time as he learns on the job. For example, the leaks will stop as soon as Trump fires the right people. He’ll figure out which meetings he can skip. He’ll know who to trust. He’ll learn where all the buttons and levers are. It’s a process. If you are comparing the incoming Trump administration to the smooth transfer of power that defines our modern history, that’s an irrational comparison. If the country wanted a smooth ride it would have elected Hillary Clinton. Instead, voters opted to “drain the swamp.“ And you can’t drain the swamp without angering the alligators and getting some swamp water on your pants. That’s what we’re watching now. My liberal friends are gleefully scouring the semi-fake news and sending me articles that show Trump is “incompetent.” That’s the new narrative on the left. The Hitler illusion is starting to fade because Trump refuses to build concentration camps as his critics hallucinated he would. And Israel likes Trump, which is making the Hitler illusion harder to maintain. So the critics are evolving their main line of attack from Hitler to “incompetent,” with a dash of “chaos.” You’ll see those two words all over the Opposition Media’s coverage. It isn’t a coincidence. Persuasion-wise, focusing on incompetence and chaos is a strong play by the anti-Trumpers. One would expect the new Trump administration to have lots of growing pains. That means the Opposition Media will have plenty of fodder that they can frame as incompetence and chaos. Confirmation bias will make it all seem to fit the narrative. This is the same persuasion play that Trump used when he assigned to his opponents nicknames such as Lyin’ Ted and Crooked Hillary. He depended on future news cycles to serve up lots of confirmation bias to make his labels more credible over time. Trump’s opposition is running the same persuasion play on him. Now everything he does will be seen through their frame of “incompetence” and “chaos.” Even if it isn’t. That is strong persuasion. If you step out of the Opposition Media’s framing of Trump, another frame that fits the data is that he’s learning on the job, just like he learned every other field that he entered and eventually mastered. I don’t know what you expected when Trump went to Washington, but it isn’t too different from what I imagined. I assumed there would be broken dishes. And I assumed it would take him months to get his systems in place. When I worked in corporate America, I was usually involved in setting goals for the department. When we didn’t meet those goals, I always pointed out that the problem could be on either end. Either the goals were unrealistic or the performance was bad. Both explanations fits the data. Likewise, Trump’s first few weeks do look exactly like “incompetence” and “chaos” if you are primed to see it that way. But they also look like a systems-thinker simultaneously draining the swamp and learning on the job. Scott Adams
We live in our own personal movies. This is a perfect example. Millions of Americans looked at the same press conference and half of us came away thinking we saw an entirely different movie than the other half. Many of us saw Trump talking the way he normally does, and saying the things he normally says. Other people saw a raving lunatic, melting down. Those are not the same movies. So how can we know who is hallucinating in this case? The best way to tell is by looking for the trigger for cognitive dissonance. In this case, the trigger is clear. Trump’s unexpected win forced the Huffington Post to rewrite their mental movies from one in which they were extra-clever writers to one in which they were the dumbest political observers in the entire solar system. You might recall that the Huffington Post made a big deal of refusing to cover Trump on their political pages when he first announced