Multiculturalisme: Le problème, c’est qu’on refuse de voir ce à quoi on ne veut pas croire (After the liberals, it’s the bobos’s turn to get mugged by reality)

4 septembre, 2016
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Ban the burka, says majority of the British public
... meanwhile in the UK, Muslim women in traditional dress enjoy the weather on Brighton beachpiege-voilepiege-voile-2
 
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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il y a plus de larmes versées sur les prières exaucées que sur celles qui ne le sont pas. Thérèse d’Avila
Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières. Oscar Wilde
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. G.K. Chesterton
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Toute vérité franchit trois étapes. Tout d’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été évidente. Arthur Schopenhauer
Nous appelions l’Amérique de nos voeux et nous sommes exaucés: même nos « problèmes », désormais, sont américains. René Girard
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde :on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
Un néoconservateur est un homme de gauche qui s’est fait agresser par la réalité. Un néolibéral est un homme de gauche qui s’est fait lui aussi agresser par la réalité, mais n’a pas porté plainte. Irving Kristol
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises. Bourdieu
Les groupes n’aiment guère ceux qui vendent la mèche, surtout peut-être lorsque la transgression ou la trahison peut se réclamer de leurs valeurs les plus hautes. (…) L’apprenti sorcier qui prend le risque de s’intéresser à la sorcellerie indigène et à ses fétiches, au lieu d’aller chercher sous de lointains tropiques les charmes rassurant d’une magie exotique, doit s’attendre à voir se retourner contre lui la violence qu’il a déchainée. Bourdieu
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Aujourd’hui, dans le contexte d’un affrontement de civilisations donnant lieu à un conflit armé ayant fait en un an des centaines de victimes sur le territoire national, il est logique que reviennent au premier plan les exigences de l’ordre public, et le juge des référés a d’ailleurs invoqué «le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats» pour justifier sa décision en la fondant sur «un risque de troubles à l’ordre public».  (…) L’islam est, par nature, politique. On ne saurait trop le rappeler: l’islam est un système total qui mêle le religieux, le politique, le juridique, la civilisation. L’islam est un code de droit qui prétend remplacer le droit du pays d’accueil. Si bien que toute concession faite à l’islam comme religion est un abandon consenti à l’islam comme système politico-juridique ainsi qu’à la civilisation islamique. Face à l’islam, la laïcité conçue comme neutralité ne suffit pas. Le cas de figure n’est pas le même qu’avec le catholicisme. Notre laïcité s’est certes construite contre l’Église, mais en accord avec les paroles fondatrices du christianisme: rendre à César et à Dieu ce qui leur revient respectivement. L’islam est au contraire l’anti-laïcité par excellence, si bien que notre État laïque devrait le combattre beaucoup plus durement qu’il n’a combattu le catholicisme. [La Corse] C’est un exemple des troubles à l’ordre public que peut entraîner cet étalage sur les plages françaises des pratiques identitaires islamiques. Surtout dans le contexte des récents massacres commis par des islamistes au nom de leur dieu. Par ailleurs, il est clair qu’en Corse où la population est restée plus près de son sol, plus ancrée dans ses villages, elle se montre plus réactive face au processus de la conquête islamiste non dite mais bien réelle dont l’Europe occidentale est l’objet. Cependant, même dans l’Hexagone, de plus en plus de gens ont conscience du lien qui existe entre les carnages des terroristes islamistes et le folklore identitaire arabo-musulman qui est le terreau où se nourrit le djihadisme. (…) Notre pays est actuellement en guerre, et s’il ne veut pas être vaincu dans cette guerre, il doit savoir contre qui et contre quoi il se bat. Pour ne pas perdre une guerre, il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double: d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie. À moyen et long terme, le plus grand danger pour les Français est la conquête feutrée de la France par le djihadisme civilisationnel, conquête qui s’opère au nom des droits de l’homme. Les femmes qui portent des vêtements de bain islamiques sont des militantes de la conquête de notre pays par un groupe humain porteur d’une civilisation antagoniste. Cet été, les plages sont la nouvelle partie de notre territoire que visent à s’approprier les islamistes. Jean-Louis Harouel
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Le 1er août 2016, les ministres de l’Intérieur et du Logement ont publié un communiqué passé totalement inaperçu dans la torpeur de l’été mais d’une importance capitale sur le plan de l’évolution des mentalités et de l’idéologie politique française. Ce texte marque une inflexion de la conception française de l’immigration. Jusqu’alors, celle-ci était fondée sur la distinction entre l’immigration régulière et l’immigration illégale. La première, conforme à la loi, était destinée par exemple à accueillir des travailleurs dont la France peut avoir besoin, à former des étudiants dans l’intérêt de la France ou du pays d’origine, ou bien à assurer le principe d’unité familiale. Elle était évaluée à environ 200 000 personnes par an. En revanche, les migrants en situation irrégulière, entrés ou séjournant en infraction avec la loi, devaient impérativement repartir dans leur pays, volontairement ou par la contrainte. Tel était le principe. Cette différence, pour la première fois depuis que l’immigration est devenue un sujet politique au début des années 1980, semble désormais ni par l’Etat. Le migrant en situation irrégulière n’a plus vocation à être reconduit dans son pays, mais à être accueilli en France et pris en charge par la puissance publique, au même titre qu’un étranger en situation régulière ou qu’un citoyen français en difficulté. (…) Ce communiqué enterre donc de fait toute notion d’immigration irrégulière. Il abolit le clivage entre légalité et illégalité en matière d’immigration. Il va dans le sens de la loi du 7 mars 2016, dont les dispositions reviennent à rendre très difficiles l’application des mesures d’éloignement. Il proclame que la France a le devoir d’accueillir et de prendre en charge tout étranger sur son territoire, qu’il soit autorisé à entrer et à séjourner ou qu’il ne le soit pas. De facto, le principe ainsi proclamé abroge l’idée de frontière ou de respect du droit de l’entrée et de séjour. Les associations humanitaires, les idéologues, les partisans de la liberté totale d’immigrer en rêvaient depuis au moins quarante ans. M. Cazeneuve et Mme Cosse l’ont fait. La question est de savoir quel sera l’ampleur de l’appel d’air que cette transformation profonde de tous les fondements de la politique d’immigration française est susceptible provoquer à terme. Le communiqué annonce une France ouverte, qui n’éloigne plus ses migrants illégaux mais au contraire les accueille. Le potentiel d’émigration est élevé: des centaines de millions de personnes déshéritées et désœuvrées, dans ce monde en ébullition, ne songent qu’à trouver un point d’accueil. Reste à savoir si la France, qui compte cinq millions de chômeurs, de gigantesques problèmes de logement, des centaines de milliers de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, un millier de cités sensibles dévastées par la violence, l’exclusion, le communautarisme, l’islamisme radical, si cette France a les moyens d’accueillir une immigration supplémentaire. Mais pour M. Cazeneuve et Mme Cosse, c’est une autre affaire. Et ce n’est visiblement pas la leur. Alexis Théas
Les policiers incarnent l’Etat, l’ordre public, la loi. Ils sont un symbole de la France traditionnelle. Dans une société en voie de décomposition, gagnée par une pagaille généralisée, la police incarne ce qui reste de l’ordre et de la discipline. Dans les zones de non droit gangrenées par le trafic de drogue, la violence aveugle, le communautarisme islamiste, le policier est le dernier gardien de la civilisation contre la barbarie. Tuer des policiers, pour le terroriste islamiste a une signification suprême: en finir avec le dernier vestige de l’autorité sur le territoire français. Le fait que le massacre du couple ait lieu à son domicile a un sens encore plus lourd. La guerre contre le monde occidental et la France est totale, sans concession, sans limites: tuer des personnes jusque dans le plus intime du foyer. La bataille a pour objectif le massacre pour le massacre. Elle est tournée vers une logique d’extermination. Mais la condition du policier français comme cible de la haine ne se limite pas au terrorisme islamiste. D’autres lui ont montré la voie… «A l’unisson, la foule chante: tout le monde déteste la police» rapporte un quotidien national le 5 avril dernier en compte-rendu d’une manifestation lycéenne. Chaque année, près de 8000 policiers et gendarmes sont blessés et une vingtaine tués. Les policiers, les gendarmes, parfois les militaires, sont en première ligne de toutes les expressions du chaos social et de la désintégration de l’autorité: violence des migrants clandestins du Calaisis et dans les squats, émeutes dirigées contre la loi «travail», à Paris comme en province, occupation de la place de la République par Nuit debout, violences lycéennes, déchaînement de hooliganisme à l’occasion de l’euro de football… A ces désordres ponctuels s’ajoute le chaos permanent des zones de non-droit et des cités sensibles: chaque année, près de 10% des policiers exerçant dans les départements les plus difficiles de la région parisienne sont blessés. Comment 120 000 policiers et un peu moins de gendarmes peuvent-ils tenir face à une telle exposition, un tel traitement? Tel est l’un des mystère de la France contemporaine. A la suite des attentats de «Charlie», des manifestations de solidarité avec la police se sont exprimées. Elles apparaissent aujourd’hui éphémères et sans lendemain. Le problème fondamental de la police de France est qu’elle n’est pas soutenue dans sa mission de protection de la société contre la barbarie. Les policiers en service dans les cités sensibles vivent un calvaire quotidien que la société veut ignorer: insultes, crachats, menaces de viol contre les femme policières, violences physiques. Les médias ne parlent jamais de ce sujet. Le réflexe «de la France d’en haut», des élites médiatiques, conditionnées depuis mai 1968 à haïr l’Etat et l’autorité, est de présenter le policier en oppresseur et le trublion ou le délinquant en victime. Les images de manifestants blessés dans l’activité de maintien de l’ordre public abondent dans les unes de la presse et des médias. En revanche, celles de policiers à terre sont soigneusement occultées. On parle abondamment des bavures policières mais jamais du martyre que subissent les policiers. Dans les commissariats les plus exposés, les suicides de policiers ne sont pas rares. De même, la justice a fait le choix de banaliser la police en la traitant sur le même plan que les auteurs d’infraction. En cas de plainte d’un policier blessé, les juridictions le placent sur le même plan que leur agresseur dans le cadre d’un procès à égalité des parties, avec confrontation obligatoire. Le malaise de la police française vient de ce qu’elle ne se sent pas protégée par la justice. Quant au pouvoir socialiste, obnubilé par sa posture de «gauche», et l’obsession de conserver ou reconquérir la sympathie des groupuscules gauchisants, il ne s’empresse pas d’apporter un soutien ferme et résolu à la police devenue le bouc-émissaire de la France du chaos. Policiers blessés ou tués, commissariats pris d’assaut et saccagés, voitures de police incendiées: la police porte aujourd’hui seule le poids du chaos français, dans un climat d’aveuglement et de déni généralisé. Le retour de l’autorité sur le territoire national et le respect de la police sera sans nul doute l’enjeu fondamental des élections de 2017. Pour l’instant, les politiques dans leur ensemble ne l’ont pas encore compris. Alexis Théas
There was a fundamental problem with the decision that you can see rippling now throughout the West. Ms. Merkel had put the entire burden of a huge cultural change not on herself and those like her but on regular people who live closer to the edge, who do not have the resources to meet the burden, who have no particular protection or money or connections. Ms. Merkel, her cabinet and government, the media and cultural apparatus that lauded her decision were not in the least affected by it and likely never would be. Nothing in their lives will get worse. The challenge of integrating different cultures, negotiating daily tensions, dealing with crime and extremism and fearfulness on the street—that was put on those with comparatively little, whom I’ve called the unprotected. They were left to struggle, not gradually and over the years but suddenly and in an air of ongoing crisis that shows no signs of ending—because nobody cares about them enough to stop it. The powerful show no particular sign of worrying about any of this. When the working and middle class pushed back in shocked indignation, the people on top called them “xenophobic,” “narrow-minded,” “racist.” The detached, who made the decisions and bore none of the costs, got to be called “humanist,” “compassionate,” and “hero of human rights.” The larger point is that this is something we are seeing all over, the top detaching itself from the bottom, feeling little loyalty to it or affiliation with it. It is a theme I see working its way throughout the West’s power centers. At its heart it is not only a detachment from, but a lack of interest in, the lives of your countrymen, of those who are not at the table, and who understand that they’ve been abandoned by their leaders’ selfishness and mad virtue-signalling. On Wall Street, where they used to make statesmen, they now barely make citizens. CEOs are consumed with short-term thinking, stock prices, quarterly profits. They don’t really believe that they have to be involved with “America” now; they see their job as thinking globally and meeting shareholder expectations. In Silicon Valley the idea of “the national interest” is not much discussed. They adhere to higher, more abstract, more global values. They’re not about America, they’re about . . . well, I suppose they’d say the future. In Hollywood the wealthy protect their own children from cultural decay, from the sick images they create for all the screens, but they don’t mind if poor, unparented children from broken-up families get those messages and, in the way of things, act on them down the road. From what I’ve seen of those in power throughout business and politics now, the people of your country are not your countrymen, they’re aliens whose bizarre emotions you must attempt occasionally to anticipate and manage. In Manhattan, my little island off the continent, I see the children of the global business elite marry each other and settle in London or New York or Mumbai. They send their children to the same schools and are alert to all class markers. And those elites, of Mumbai and Manhattan, do not often identify with, or see a connection to or an obligation toward, the rough, struggling people who live at the bottom in their countries. In fact, they fear them, and often devise ways, when home, of not having their wealth and worldly success fully noticed. Affluence detaches, power adds distance to experience. I don’t have it fully right in my mind but something big is happening here with this division between the leaders and the led. It is very much a feature of our age. But it is odd that our elites have abandoned or are abandoning the idea that they belong to a country, that they have ties that bring responsibilities, that they should feel loyalty to their people or, at the very least, a grounded respect. I close with a story that I haven’t seen in the mainstream press. This week the Daily Caller’s Peter Hasson reported that recent Syrian refugees being resettled in Virginia, were sent to the state’s poorest communities. Data from the State Department showed that almost all Virginia’s refugees since October “have been placed in towns with lower incomes and higher poverty rates, hours away from the wealthy suburbs outside of Washington, D.C.” Of 121 refugees, 112 were placed in communities at least 100 miles from the nation’s capital. The suburban counties of Fairfax, Loudoun and Arlington—among the wealthiest in the nation, and home to high concentrations of those who create, and populate, government and the media—have received only nine refugees. Some of the detachment isn’t unconscious. Some of it is sheer and clever self-protection. At least on some level they can take care of their own. Peggy Noonan
I have a fund of similar stories from female friends in France. There’s the one who was insulted by two women in headscarves while out jogging because she had on a pair of shorts; the friend who no longer travels on the Paris metro after a certain hour because, as a Muslim, she’s fed up with being insulted by men of her religion because she dares to wear a skirt and blouse; and the one who sold her baby’s car seat through an ad in the local paper. The man met her asking price but refused to shake the hand of a woman. Then there are the cases outside my immediate milieu. On the first day of Ramadan this year a Muslim waitress in a Nice bar was assaulted by two men. ‘Shame on you for serving alcohol during Ramadan,’ one of them screamed, as he attacked her. ‘If I were God, I would have you hanged.’ Last year in Reims a young woman sunbathing in a public park was set upon by a gang of teenage girls. They objected to her bikini, reported the newspapers, although the town’s authorities insisted there was no ‘religious’ aspect to the attack. Few believed them. That’s because such incidents are becoming more common across France. There was a spate of similar confrontations last summer in Lyon This important point is blithely ignored by naive liberal writers, particularly those in Britain, who have little understanding of the extent of extremism in France, where 100 of the country’s 2,500 mosques are controlled by Salafists, the most puritanical Islamic ideology. The Salafists want all women covered, at all times, and the burkini is part of their strategy. It is a symbol of Islamic purity with a clear message: good Muslims wear the burkini, bad ones wear the bikini. Toleration of the burkini will only embolden France’s ‘police of mores’ in their campaign of coercion. The Spectator
You may have noticed that Cannes, Nice, and a dozen other beach towns in France have just now adopted regulations banning the Islamic “burkini,” or full-body female swimsuit, from their beaches. And, as a result, we are right now undergoing a new outbreak of the by-now traditional and even folkloric American consternation over France and its antipathy to certain kinds of Islamic attire—the American consternation that, for a dozen years now, has rested on a single unchanging and unexamined assumption, as if nothing has changed during all these years, and no new information has emerged. The assumption is that France wants to regulate Islamic attire because the French are fundamentally biased against their Muslim minority. The French are frightened of the “Other.” They are unrepentant in their imperialist and colonialist hatreds for the peoples of North Africa. They are, in short, hopelessly racist. (…) Now, the American commentaries are, to be sure, not wrong in every instance. But they are wrong fundamentally, and the ways in which they are wrong seem never to diminish or vary or to yield to new information—which ought to alert us to their folkloric quality—namely, their origin in a folk belief about America. This is the belief that America is the home of the free, and France is not, and any desire to arrange things differently from how we Americans do can only be an aggression against common sense. In reality, the Islamic veil has a history in France. The North African immigrants who began arriving in France after World War II and especially in the 1960s were not fundamentalists, and they were not Islamists, and they did not normally dress in ostentatiously Islamic clothes. In the 1980s, the Islamist movement began to prosper in North Africa, however, and, after a while, a few imams with Islamist affiliations made their way to the French immigrant suburbs and housing projects. The Islamists recruited disciples. And they set about constructing their dreamed-of Quranic community as best they could—their proposed return to an imaginary 7th-century Medina, their effort to keep women out of sight or under wraps, their theory of a supernaturally evil Jewish conspiracy, and everything else. And the first step in their program was, of course, to impose the Islamist dress code on women. This meant obliging women to dress in a style that is indigenous to the Arabian peninsula, though not to North Africa—in clothing that is designed to conceal the female form and face, which the Islamists describe as authentically Islamic. (…) The French controversy over the veil—which, in the French debate, has meant the Islamic headscarf or hijab, too—got underway not with the arrival of the Muslim immigrants, but with the arrival of the Islamists. (…) And the question of how to interpret this dispute became, very quickly, a national debate in France, with plausible arguments on both sides. To wit, pro-veil: Shouldn’t a woman and even a schoolgirl have the right to dress in accordance with her own religious conscience? Isn’t religious attire a matter of individual right and religious freedom? (…) To which the anti-veil argument replied: No, the veil has been brought into the schools as a maneuver by a radical movement to impose its dress code. The veil is a proselytizing device, intended to intimidate the Muslim schoolgirls and to claim a zone of Islamist power within the school. And the dress code is the beginning of something larger, which is the Islamist campaign to impose a dangerous new political program on the public school curriculum in France. This is the campaign that has led students in the suburban immigrant schools to make a series of new demands—the demand that Rousseau and certain other writers no longer be taught; the demand that France’s national curriculum on WWII, with its emphasis on lessons of the Holocaust, be abandoned; the demand that France’s curricular interpretation of Middle Eastern history no longer be taught; the demand that co-ed gym classes no longer be held, and so forth. The wearing of veils in the schools, then—this is the beginning of a larger campaign to impose an Islamist worldview on the Muslim immigrants, and to force the rest of society to step aside and allow the Islamists to have their way. From this standpoint, opposition to the veil is a defense of the schools, and it is a defense of freedom and civilization in France, and it is not an anti-immigrant policy. (…) Naturally, the hearings and the passage of a law (about school dress) and then another law a few years later (about full-face veils in public) and the issuing of various regulations did not bring the argument to an end. That is because these controversies are, by nature, without any obvious resolution. On one side, in France, there is good reason for immigrants and their allies to complain about imperialist holdovers and larger bigotries in the culture, and reason to worry that anti-Islamist laws and regulations may spill over into an anti-immigrant campaign. And there has been no shortage of pious Muslim women willing to say that, in their own instance, they are not victims of the Islamists, and they wish to wear Islamic attire strictly for reasons of individual religious conscience, regardless of what anyone might say. These arguments are unanswerable. Then again, the French public as a whole, ancestral Gauls and new arrivals alike, has had every reason to grow ever more frightened of the Islamist movement, which has grown over the years, until by now it has come to dominate the young generation in entire neighborhoods in the immigrant districts—which means the French as a whole have every reason to look for simple regulatory ways to discourage the movement, beginning with legislation against the Islamist dress code. This argument, too, is unanswerable. Here, then, is a debate that will not come to a close. And yet, to read some of the American reporters and commentators, you would suppose that France has been consumed with these continuing quarrels, and that France’s Muslim population as a whole has been shuddering in resentment over the laws and regulations. But France has not been consumed, and the Muslims as a whole have not been shuddering, even if some have been. The most controversial of the laws was the first one, banning ostentatious religious symbols in the schools—which led a good many people to predict that, once the law was put into effect, the French Muslims were going to react furiously. But only the Americans were furious. President Barack Obama himself denounced the law (in his Cairo speech of 2009). A great many French Muslims appear, on the other hand, to have accepted and approved the law. It was because Muslim parents do not want their children to be drawn into a reactionary medievalist religio-political cult. They want their daughters to grow up to be Muslim Frenchwomen with the rights and privileges of other Frenchwomen. If the Islamists and their dress code are suppressed in the schools, then, this can only be good. But then, some commentators have always found it difficult to remember that Islamists are not the voice of authenticity for the Muslim immigrants in France. The Islamists are a threat to the immigrants, as well as to everyone else. And if the laws and regulations succeed in making life harder for the Islamist movement, the great mass of the French Muslims will be the first to benefit. (…) It is true that, in France, people take their secularism a little further than Americans tend to do, and this is partly on historical grounds. In America, we worry about freedom of religion, but in France, where everyone remembers the Catholic past and the religious wars, people worry about freedom from religion. They do not want to be tyrannized by theological fanatics. The Islamist movement is, from this point of view, all too familiar to the French—one more clericalist current that wishes to imposes its theological doctrines on everyone else. And, in the face of the Islamist fanaticism, the French are grateful for their secularist traditions and laws. Then again, the French take their secularism a little further than we Americans do also because they are willing to grant government a larger administrative role than Americans tend to do. Americans are allergic to government regulation, or pretend to be, but the French do not even pretend to be. I realize that a great many Americans believe that, as a result of the French willingness to accept government regulation, France has become an impoverished Communist despotism. But have you been to France? Perhaps it is true that labor regulations have lately become an obstacle to high employment. Even so, France is, in many respects, a better-run country than the United States. And the French naturally look to the government to apply secularist principles even in areas of life that Americans might regard as outside the zone of government, local or national. The permissibility of religious attire, for instance. And the French see something attractive in their government regulations. (…) The entirely comprehensible and translatable laïcité, which is the secular republican ideal: This is what most French people want—even if some French people are bigots. The secular republican ideal is what most French Muslims want—even if some French Muslims have been seduced by the Islamist manias and hatreds. This is what the immigrants from North Africa came to France in hope of finding. The debate over how best to contain and suppress the Islamist movement has taken place within the framework of that idea. (…) In France, there is an ancient and curious habit of mindless and self-flattering anti-Americanism, and in America, there is an ancient and curious and equivalent habit of sneering mindlessly at the French. This is the American habit that, for a dozen years now, has led the American commentators to see in France’s republican secularism a racist attack on individual freedom, instead of an antiracist defense of individual freedom. Paul Berman
En Syrie, à la guerre contre Daech se superposent d’autres guerres où les alliés d’hier dont devenus les ennemis d’aujourd’hui. Et inversement. Il n’y a pas une guerre mais des guerres en Syrie. Celle contre Daech, celle contre Bachar al-Assad et celle entre groupes rebelles. Au bout de cinq longues années de guerre civile, le pays est devenu une véritable mosaïque de factions armées. Forces Kurdes, islamistes ou rebelles « modérés », les alliances se font et se défont au gré des agendas politiques et militaires des uns et des autres, du rapport de force en présence ou des enjeux locaux. Les ennemis d’hier peuvent se retrouver les amis du jour et inversement. A cela s’ajoute les stratégies des puissances régionales et occidentales qui s’activent sur le terrain pour atteindre leurs objectifs parfois contradictoires : asseoir son hégémonisme régional ou lutter contre l’expansionnisme de Daech. Les deux pouvant s’entrechoquer. (…) Dans le nord de la Syrie, les Forces de protection du peuple (YPG) du Parti de l’union démocratique (PYD), proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc, dominent le terrain. Depuis octobre 2015, les YPG font partie des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), à dominante kurde, qui rassemble Kurdes, combattants arabes, Yézidis ou milices chrétiennes. Les FDS sont soutenus par Washington et Paris qui leur apportent l’appui de leurs aviations, du matériel (missiles, munitions) et formateurs sur le terrain dans leur guerre contre Daech.(…) Les YPG se sont donnés pour objectif la création d’un Kurdistan Syrien (Rojava) réunissant les trois cantons de Djézireh, Kobané et Afrin actuellement séparés des territoires kurdes par une zone de 65 km toujours aux mains de l’EI. Une réalisation que Recep Erdogan, le président Turc, ne veut voir aboutir pour rien au monde. L’opération lancée le 24 août par l’armée turque sur le territoire syrien, sous couvert de frapper des positions de Daech, n’a pour objectif que de stopper l’avancée des YPG  vers le canton d’Afrin, au nord-ouest de la Syrie. Afin d’éviter tout possibilité de constitution de ce Rojava. Marianne
Ce mercredi 24 août, l’armée turque a lancé ses soldats à l’assaut de Jarablos, ville syrienne frontalière de la Turquie, aux mains de l’EI depuis 2013. Sous le nom de code « Bouclier de l’Euphrate », le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a expliqué dans un communiqué que « les forces armées turques et les forces aériennes de la coalition internationale ont lancé une opération militaire visant à nettoyer le district de Jarablos de la province d’Alep de l’organisation terroriste Daech ». De son côté, le président Recep Erdogan, dans un discours à Ankara, a apporté une précision de taille : « Depuis quatre heures nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de Daech et du PYD ». Pour Erdogan, l’opération vise donc les combattants d’Abou Bakhr al Baghdadi mais aussi les Kurdes de Syrie de la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD), les Forces de protection du peuple (YPG). Des Kurdes qui se battent pour eux-mêmes sur place contre Daech, ennemi visé par Erdogan. (…) Le nom de l’opération « Bouclier de l’Euphrate » est d’ailleurs loin d’être anodin. Depuis les premières réussites militaires des YPG, Erdogan avait bien signifié que l’Euphrate constituait une « ligne rouge » à ne pas franchir pour les Kurdes. Mais forts de leurs victoires répétées sur le terrain, les YPG, après la formation des FDS en octobre 2015, avaient reçu le soutien des Etats-Unis. Appui de taille qui leur avait permis de franchir le Rubicon. Jusqu’à ce surprenant revirement de l’état-major américain qui se range du côté de cette entrée en guerre de la Turquie contre les YPG. Joe Biden, le vice-président américain, en visite ce 24 août à Ankara, a ainsi déclaré que les kurdes syriens perdraient le soutien des Etats-Unis s’ils ne se retiraient pas de la rive ouest de l’Euphrate. Un tournant d’autant plus surprenant qu’aux côtés des soldats d’Erdogan, à en croire les autorités turques, combattent des supplétifs issus de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Marianne
The Muslim population in Britain has grown by more than 500,000 to 2.4 million in just four years, according to official research collated for The Times. The population multiplied 10 times faster than the rest of society, the research by the Office for National Statistics reveals. In the same period the number of Christians in the country fell by more than 2 million. Experts said that the increase was attributable to immigration, a higher birthrate and conversions to Islam during the period of 2004-2008, when the data was gathered. They said that it also suggested a growing willingness among believers to describe themselves as Muslims because the western reaction to war and terrorism had strengthened their sense of identity. Muslim leaders have welcomed the growing population of their communities as academics highlighted the implications for British society, integration and government resources. David Coleman, Professor of Demography at Oxford University, said: “The implications are very substantial. Some of the Muslim population, by no means all of them, are the least socially and economically integrated of any in the United Kingdom … and the one most associated with political dissatisfaction. You can’t assume that just because the numbers are increasing that all will increase, but it will be one of several reasonable suppositions that might arise.” Professor Coleman said that Muslims would naturally reap collective benefits from the increase in population. “In the growth of any population … [its] voice is regarded as being stronger in terms of formulating policy, not least because we live in a democracy where most people in most religious groups and most racial groups have votes. That necessarily means their opinions have to be taken and attention to be paid to them.” The Times (2009)
De l’attaque de « Charlie Hebdo » et de l’« Hyper casher » en janvier 2015 à la mort du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-de-Rouvray, mardi 26 juillet, ce sont 236 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats et attaques terroristes, qui ont également fait des centaines de blessés. Les décodeurs
Il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain». Géraldine Smith
Selon un sondage YouGov publié ce jeudi, la majorité des Britanniques défend une interdiction de la burka, et près de la moitié celle du burkini. Contrairement à la France, aucune loi ne défend en Grande-Bretagne le port du voile intégral. Le débat sur le burkini n’agite pas seulement la France. Tout l’été, entre rixes en Corse et avis du Conseil d’Etat, l’actualité a été accaparée par la polémique sur ces maillots de bain islamiques, qui couvrent l’intégralité du corps. De l’autre côté de la Manche, un sondage YouGov vient d’être dévoilé, qui montre que la majorité des citoyens britanniques sont opposés à la burqa et au burkini dans leur pays. 57% des personnes interrogées se disent ainsi favorables à une interdiction du voile intégral, qui cache également le visage de la femme, contre seulement 25% opposés à cette mesure. Concernant le burkini, 46% des sondés estiment qu’il devrait être interdit sur les plages, quand 30% pensent le contraire. L’institut de sondage précise que plus le sondé est jeune, plus il a tendance à être opposé à l’interdiction. En revanche, le sexe de la personne interrogé n’est pas déterminant dans sa réponse, puisque 56% des femmes soutiennent l’interdiction de la burqa pour 58% de l’ensemble des répondants. Au Royaume-Uni, aucune loi n’interdit pour l’instant le port de la burqa, contrairement à la France. Valeurs actuelles
Here in Britain, banning the burka is a topic of discussion in the UKIP leadership contest after candidate Lisa Duffy called for a ban on wearing them in public places. New research from YouGov suggests this would be a popular policy with a majority of the public (57%) supporting a ban on wearing the burka in the UK, whilst just 25% are against outlawing it. (…) Looking at attitudes to burkinis, again the UK is more in favour of banning them, although less strongly – 46% of people would support a burkini ban and 30% would oppose one. Looking elsewhere, YouGov has found a similar level of support for a burka ban in Germany (62% supporting a ban and 27% opposing), whilst in the US a ban is strongly opposed, with 59% of people opposing the ban and just 27% supporting it. YouGov (2016/08/31)
Vous parlez de Marianne ! Marianne, le symbole de la République ! Elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple ! Elle n’est pas voilée, parce qu’elle est libre ! C’est ça la République ! C’est ça Marianne ! C’est ça que nous devons toujours porter ! Manuel Vals
Y a tout un conflit sur la poitrine dénudée de Marianne…(…) En fait, progressivement, deux images de Marianne co-existent et sont concurrentes, car il y a deux conceptions de la république (…) Il y a la marianne « sage », cheveux attachés, seins couverts, pas d’arme, sagement assise (…) Et la Marianne révolutionnaire, cheveux détachés, bonnet phrygien, poitrine découverte, combattante et armée (…) La première est la Marianne des républicains libéraux conservateurs, la seconde des radicaux révolutionnaires. Mathilde Larrere
Manuel Valls, the Socialist prime minister, called the burkini an “enslavement” of women, and claimed it was part of a political project to impose Islamist rules on France. He noted that Marianne, a female figure symbolising the French nation, is classically depicted bare-breasted. The implication seemed to be that women in burkinis are un-French, while true French women go topless. The Economist
À l’étranger, l’interdiction du burkini sur certaines plages françaises a suscité une vague de critiques dans les pays anglo-saxons, qui perçoivent la mise à l’index de vêtements religieusement connotés comme un frein à l’intégration. «Absurdité française», a lancé l’éditorialiste David Aaronovitch dans le quotidien The Times en estimant que de telles interdictions ne pouvaient qu’être l’œuvre d’«esprits tordus» et créer plus de problèmes. Croiser au Royaume-Uni une femme intégralement voilée dans certaines villes ou quartiers à forte population musulmane n’est pas chose rare et ne déclenche pas les mêmes polémiques qu’en France. (…) Ce clivage entre Britanniques et Français s’explique par les différences culturelles entre les deux pays, entre politique d’assimilation à la française et multiculturalisme britannique, avance le Dr Sara Silvestri, de la City University de Londres. «Ces deux modèles d’intégration sont en crise: ils ne sont plus appliqués ou compris de manière claire et chaque pays regarde ce que fait l’autre pour en tirer des leçons», note-t-elle. La Croix
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ…David Brooks
Well, my joke is that I consider myself a bobo with bad grades. If I’d studied more, I would have gotten into Harvard and I could afford the big kitchen and all that. But I am a bobo in some sense. You know, the essence of bobo life is people who consider themselves sort of artistic or writers or intellectuals but find themselves in the world of making money, in the world of commerce. And so I certainly am in that. You know, I consider myself a writer, and I live for ideas and things like that. But I also want a big house, so I’m caught between money and spirituality. David Brooks
Robert Putnam a découvert que plus la diversité dans une communauté est grande, moins les gens votent et moins ils donnent à des associations caritatives et travaillent à des projets communautaires. (…) Dans une étude récente, Glaeser et son collègue Alberto Alesina ont démontré qu’à peu près la moitié de la différence dans les dépenses sociales entre les Etats-Unis et l’Europe — l’Europe dépense bien plus — peut être attribuée à la diversité ethnique plus grande de la population américaine. Michael Jonas
Pour le chercheur en sciences politiques de l’Université du Michigan, Scoot Page, dans les lieux de travail de haut niveau, les différentes manières de penser parmi des personnes de différentes cultures peuvent être un avantage. “puisqu’elles voient et appréhendent le monde différemment que vous, c’est provocant. Mais la fréquentation de personnes différentes peut stimuler la créativité de tous. Les équipes diverses tendent à être plus productives.” (…) Autrement dit, les membres de communautés plus diverses peuvent faire plus de bowling seuls, mais les tensions créatrices lâchées par ces différences dans le lieu de travail peuvent propulser ces mêmes endroits à la pointe de l’économie et de la culture créatrice. (…) Page appelle ça le “paradoxe de diversité.” Il pense que les effets à la fois positifs et négatifs de la diversité peuvent coexister dans les communautés, mais qu’il doit y avoir une limite.” Si l’investissement civique tombe trop bas, il est facile d’imaginer que les effets positifs de la diversité puissent tout aussi bien commencer à s’affaiblir. Michael Jonas
Si les bobos vantent la diversité, ce sont les ouvriers français qui ont été au contact des immigrés dans la capitale. Ce sont eux qui ont amorti l’intégration. Michèle Tribalat
Ce concept de “droitisation” est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la “droitisation” consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se “droitise” en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du “transfrontiérisme” n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices. Patrick Buisson
On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction. Christophe Guilluy
Ce qui définit cette classe qui se sent menacée de déclassement, c’est son incapacité à ériger des frontières symboliques avec un monde qu’elle juge menaçant. Le bobo de Belleville, qui habite en plein cœur d’un quartier très métissé, peut résider dans un immeuble de lofts, socialement homogène, et contourner la carte scolaire. Les prolétaires de la Picardie, eux, n’ont pas les moyens d’ériger ce type de frontière invisible. C’est pour ça que cette classe populaire exprime aujourd’hui une demande d’Etat fort et de protectionnisme. La question sociale est centrale pour elle, à la condition qu’elle se combine avec une question d’ordre culturel. (…) Sur ces questions culturelles et identitaires, la gauche tient un discours peu clair. Car elle a la trouille de dire les choses. Je pense qu’on vit désormais dans une société multiculturelle sans oser le dire. Pour la première fois dans notre histoire, dans certains espaces, se pose la question d’appartenir à une majorité ou à une minorité relative. C’est ce que révèle l’épisode sur la viande halal : au-delà la question de l’étiquetage, le sentiment diffus de pouvoir devenir, sans le savoir, minoritaire, est très présent. (…) C’est compliqué pour [François Hollande] car il ne faut pas désespérer «Boboland», c’est-à-dire ces classes intellectuelles et supérieures qui vivent en centre-ville, profitent des bienfaits de la mondialisation et votent en majorité pour la gauche. Je dis cela sans mépris. C’est une réalité sociologique importante pour la gauche. Il est difficile de tenir un discours pour cette France des centres-ville et celle rejetée à la périphérie. Christophe Guilluy
Dans Bobo au contraire, il y a bourgeois […] Reste que le principe de générosité connaît ses limites. On peut soutenir les enfants de sans-papiers et contourner discrètement la carte scolaire. Par ailleurs, le bobo a beau se rattacher à la tradition ouvriériste du Paris faubourien, rien ne le déstabilise plus qu’un prolo blanc (…) Le pauvre du bobo, c’est l’étranger fraichement immigré qui vit à ses côtés dans les cités HLM du nord-est parisien. Contrairement au prolo, l’immigré est une personne éminemment sympathique, avec qui vous voudrez entretenir une relation placée sous le signe du rapport interculturel. Christophe Guilluy
Belleville est un territoire à part dans la métropole parisienne. On y retrouve des populations situées aux deux extrêmes de la pyramide sociale. D’un côté donc, les fameux bourgeois-bohèmes, qui investissent les anciens immeubles ouvriers remis à neuf. De l’autre, des familles maghrébines ou noires-africaines, regroupées dans les grands ensembles HLM. D’un côté, la constellation des bars «tendance» et des lofts pour bienheureux. De l’autre, des isolats comme la cité Piat, où se concentrent tous les stigmates de la précarité sociale : 17% de chômage, 22% de familles bénéficiaires d’aides sociales et une petite délinquance suffisamment ancrée pour que le quotidien des habitants soit rythmé par les descentes musclées des flics. (…) De fait, si les bourgeois-bohèmes sont souvent les premiers à se réjouir de la mixité colorée du quartier, leur arrivée massive se solde paradoxalement par l’éviction des classes populaires. (…) Vivre à Belleville n’est pas une punition. Et tous les enfants de la cité, loin s’en faut, ne sont pas dans la conflictualité. Certains tirent même partie des évolutions en cours. De jeunes patrons de bars kabyles ont su ainsi métamorphoser les vieux tripots communautaires de leurs pères pour les adapter au goût des branchés. De l’autre côté, tous les bobos ne vivent pas nécessairement en parias. Raul Velasco s’est fait voler un Nikon et du numéraire il y a quelques mois par une bande extérieure au quartier. Le «caïd du coin» a été contacté, et le Nikon est revenu dans la journée. Le Nouvel Obs
Si on abandonne l’assimilation, il faut également consentir à faire son deuil de la mixité sociale à laquelle les autochtones se plient à condition qu’on ne les oblige pas à voisiner avec des personnes dont le mode de vie est trop différent des leurs. On ne peut pas à la fois désirer respecter les différents usages et empêcher les individus de choisir leur voisinage. Philippe d’Iribarne
Je loue un appartement en face de l’église Saint-Bernard. Je me suis installée dans le quartier en 2004 parce que je voulais un peu d’exotisme. (…) Il y a trop de vandalisme, trop de violences, trop de jeunes encapuchonnés. Sylvia Bourdon
Nous avons tous plusieurs identités à la fois, d’où la complexité de s’intégrer, pas seulement pour les immigrés. “Je est un autre”, disait Rimbaud. “Je est une foule”, ai-je découvert rue Jean-Pierre Timbaud. (…) Avec ou sans “je”, on peut être de mauvaise foi. Mon but était d’être radicalement honnête, aussi sincère que je puisse l’être. En plus, l’emploi du “je” m’a libérée de toute prétention à vouloir expliquer globalement ce qui se passe aujourd’hui en France. Chaque école – sociologue, politologue, démographe – a ses certitudes, ses schémas explicatifs. Moi, je suis partie d’une question qui me minait depuis que je m’étais installée en famille dans un coin de Paris qui semblait incarner l’avenir d’une France ouverte et mélangée. Pourquoi ai-je fini par m’y sentir si mal à l’aise que j’étais contente d’en partir ? En l’absence d’une réponse satisfaisante, j’ai cherché le diable dans les détails de la vie quotidienne. (…) L’universel, je ne connais pas ! Je raconte mon expérience de cet échec mais je crois que beaucoup de gens s’y retrouveront, par exemple dans le dilemme que l’on ressent au moment où l’on se débrouille pour déroger à la carte scolaire ou pour mettre ses enfants dans le privé ; ou dans le malaise pour une femme de se promener en short dans un ”coin musulman”, par exemple à Belleville, tout en s’interdisant d’avouer sa gêne d’être gênée… La tolérance masque souvent une forme d’indifférence, ou de démission. Le haut de la rue Jean-Pierre Timbaud n’est un coin sympa où l’on va boire un verre entre potes que pour ceux qui refusent de voir que l’islam radical y a pris le pouvoir, chassant y compris des musulmans modérés ; pour ceux qui ne veulent pas voir que la mixité sociale du quartier est une façade. Je raconte mon rendez-vous avec Kader, 20 ans, que j’attendais dans un bar branché devant lequel il passe tous les jours, quasiment depuis sa naissance. Il n’y était jamais entré et n’osait pas pousser la porte. (…) Si mes rêves n’étaient que des baudruches gonflées à l’air chaud, autant le savoir. Du regret, oui. J’aurais préféré que mes rêves ne soient pas des illusions. Mais ça n’empêche pas de repartir sur de nouvelles bases plus saines, plus réalistes aussi. Il y a 15 ans, quand le boulanger intégriste servait avant moi les hommes qui faisaient la queue derrière moi, je faisais mine de ne pas avoir remarqué. Quand le préposé aux saucisses de la kermesse envoyait paître un parent demandant une merguez Halal avec un : “Oh ! Mais on est en France ici !”, je faisais comme si de rien n’était. Pourquoi ? Ce livre répond aussi à cette interrogation. (…) j’ai mis du temps à me rendre compte, notamment à travers ma propre expérience aux Etats-Unis, qu’un migrant n’est pas un être abstrait, en quelque sorte la plus petite unité des droits humains, mais une personne avec sa langue, sa culture, ses croyances, ses préjugés aussi. Donc, il faut repenser le “creuset”. La diversité, dans toutes ces dimensions, est une source mutuelle d’enrichissement, j’en suis convaincue. Tout le monde ne partage pas mon sentiment, et je comprends cette peur que certains ont de se perdre en s’ouvrant aux autres. Mais voilà, ce n’est pas comme si il y avait un choix. La France est aujourd’hui peuplée de citoyens français de toutes confessions, de “souche ou d’origines”, qui se côtoient avec leurs différences, et qui n’ont pas forcément envie de se couler dans un moule identique. “A Rome fais comme les Romains !”, dit-on. Soit. Mais le petit Bilel est désormais aussi Romain que le petit Edgar ! Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’apprendre à vivre ensemble. Or, ce n’est pas facile. (…)  je pensais que ce serait simple de faire abstraction des différences, qu’il suffisait de le vouloir et je me suis trompée. Ce n’est pas une raison pour renoncer. (…) Ce qui m’a le plus frappé, c’est la centralité de “la race” dans la société américaine. Je n’employais jamais ce mot et, comme on sait, il ne correspond à rien scientifiquement. Et soudain, sur chaque formulaire, il me fallait indiquer que j’étais “white” ou “caucasian” ! Mais, au moins, il m’a fait comprendre que notre alpha et oméga à nous Français, c’est à dire le statut socio-économique, “la classe”, est tout aussi réducteur de la “foule” identitaire qu’est chacun d’entre nous. Donc, je pense que le pluralisme vécu, le mélange plus heureux, attend encore la pensée et le langage dans lequel il peut s’exprimer. Géraldine Smith
La rue Jean-Pierre Timbaud a été d’abord le lieu de mes espoirs, puis de ma déception. Raconter son histoire sur vingt ans m’a permis de faire le point, de savoir où j’habite -non plus au propre mais au figuré. Nous avons vécu dans ce coin de Paris entre 1995 et 2007. Nos enfants sont allés à l’école catholique, mitoyenne d’une mosquée salafiste réputée pour son radicalisme et d’un centre pour enfants juifs handicapés. Quand nous nous sommes installés, j’étais enthousiasmée par la diversité sociale, religieuse et culturelle de ce quartier qui ressemblait à la «France plurielle» que j’appelais de mes vœux. Mais au fil des ans, je m’y suis sentie de plus en plus mal à l’aise, au point d’être contente d’en partir. Dans ce livre à la première personne, je décris mon quotidien de mère de famille, celui de nos enfants, les matchs de foot dans la cour de récré, les fêtes d’anniversaire… Les raisons de l’échec, qui m’est resté en travers de la gorge, émergent de ce récit d’une façon très concrète. C’est comme si je donnais à mon problème qui, bien sûr, n’est pas seulement le mien, une adresse à Paris. (…) Avant d’avoir des enfants, j’ai travaillé comme journaliste en Afrique. Mon mari, un Américain ayant appris le français à 25 ans, continue d’y passer le plus clair de son temps en reportage. Nous ne voulions pas élever nos enfants dans une bulle. Donc, nous étions ravis d’habiter des quartiers moins homogènes, à tous points de vue, que, par exemple, ceux de la Rive Gauche. La Seine est une ligne de démarcation bien réelle. Je raconte dans le livre avoir accompagné une sortie de CM1 au parc du Luxembourg: la majorité des enfants de Belleville n’avaient jamais traversé le fleuve. Un dimanche, venant de Pantin pour une promenade dans le Marais, mon propre fils me fait remarquer que, de l’autre côté, «les Blancs sont majoritaires». Il n’en avait pas l’habitude. (…) Les difficultés de l’école publique ou la petite délinquance n’avaient rien de nouveau. C’est ma perception de la rue qui change brusquement. Au moment où j’ouvre enfin les yeux, après un incident mineur – un homme en qamis m’insulte parce que je bois un Coca sur le trottoir -, je découvre tout à la fois des réalités anciennes et nouvelles. J’ai l’impression que la présence d’une mosquée salafiste est pour beaucoup dans la désintégration mais c’est en partie une illusion optique: l’slam radical est lui-même d’abord une conséquence avant de devenir une cause. Il révèle un malaise qu’il va ensuite exacerber. Prenez la cohabitation entre les sexes. Quand un boulanger sert systématiquement les hommes avant les femmes, quand les petits commerces sont remplacés par des librairies islamiques et les magasins de mode ne déclinent plus dans leurs vitrines que la gamme très réduite du voile intégral, l’atmosphère de la rue s’en ressent forcément. De même quand des petits groupes prosélytes abordent des jeunes du quartier pour leur intimer de se joindre à la prière, non pas une fois par semaine mais tous les jours. Les premières victimes de cette évolution ne sont pas les gens comme moi, qui peuvent partir en vacances, obtenir des dérogations à la carte scolaire ou, si rien n’y fait, déménager. Ce sont ceux sans recours ni moyens, comme ce pizzaiolo qui baisse les rideaux parce qu’on lui enjoint de ne plus vendre que du Coca arabe. Ou Malika, une Marocaine vivant là depuis 1987 et qui regrette avec amertume la liberté vestimentaire disparue de sa jeunesse. Mais ce n’est pas forcément dans la nature de l’Islam de devenir ainsi un rouleau compresseur civilisationnel. La religion agressive n’est pas un archaïsme, une survivance ancestrale qui renaîtrait de ses cendres au beau milieu de Paris. Au contraire, c’est une production moderne, made in France, qui sert d’exutoire à ce qui ne va pas chez nous pour trop de gens depuis trop longtemps. Pour certains, c’est la seule issue quand l’ascenseur social est cassé. (…) Parfois cela mène à l’islamisme de la deuxième génération, à force de frustration et de rage. (…) Les couleurs de peau et les religions m’importent peu. J’apprécie les gens pour ce qu’ils sont et, si leur fréquentation devait me changer, pourquoi pas! Personne n’a une identité dans sa poche, comme un passeport, une fois pour toutes. Mais j’ai mis du temps à m’avouer qu’il n’en allait pas ainsi pour tout le monde, que la tolérance n’était pas le bien le mieux partagé dans notre quartier et, de ce fait, que la convivialité n’y était pas au rendez-vous. Par exemple, mon fils et ses camarades ne sont jamais partis en voyage avec leur classe, en sept ans, parce qu’une majorité des parents musulmans ne voulaient pas que leurs filles voyagent avec les garçons. J’ai râlé intérieurement mais je n’ai rien fait, par peur de passer pour «réac» sinon islamophobe. (…) il est vrai que ma génération a biberonné le rejet du «franchouillard» et, par opposition, l’éloge du métissage. À tel point que, jusqu’à très récemment, la Marseillaise et le drapeau français avaient de facto été abandonnés au Front national. En même temps, moi sans doute plus que mes parents, j’ai fermé les yeux sur le fait que le dogme religieux, l’infériorité supposée des femmes, l’homophobie ou le chauvinisme national faisaient partie de la culture de bien des immigrés. Ma génération a transformé en une relique intouchable «la culture de l’Autre» alors que la nôtre devait être librement négociable! J’ai mis du temps à me demander pourquoi un Camerounais raciste ou macho devrait être moins critiquable qu’un Français «de souche» soutenant le FN. Dans ce monde courbe où nous prenons nos désirs pour des réalités, on passe avec un sourire gêné sur le racisme ou la misogynie d’un immigré alors qu’on n’a pas de mots assez durs pour le moindre beauf bien de chez nous. Le problème n’est pas que nous ne soyons pas tous d’accord sur les maux qui rongent notre société. Au contraire, ce serait étonnant voire malsain. Mais qu’on ne soit pas d’accord avec soi-même, qu’on refuse de voir ce à quoi on ne veut pas croire, c’est vraiment problématique. Mon livre dit à chaque page que la «petite» vie quotidienne nous livre une somme de vérités qui valent plus que «la» vérité détachée de notre vécu, celle qu’on porte en bandoulière comme une amulette politique, son fétiche de «bien- pensant». (…) Les réactions sont aussi diverses que la rue mais, très largement, positives. Ceux qui apparaissent dans le récit sont contents que leur témoignage se trouve maintenant sur la place publique. À tort ou à raison, ils avaient l’impression d’être invisibles. (…) Bien entendu, ceux qui ne se reconnaissent pas dans mon récit m’accusent d’avoir caricaturé leur quotidien. Sur les réseaux sociaux, quelques rares personnes disent que «je délire»: pour moi, ceux-là ne voient pas ce qui se passe dans leur rue parce qu’ils «coexistent» avec ceux qui ne leur ressemblent pas, mais ne partagent avec eux aucune forme de convivialité. Autant dire qu’on est dans les jeux de miroirs habituels des perceptions individuelles. Cependant, quand vous travaillez sur vingt ans, quand vous avez vécu sur place et interrogé beaucoup de gens pour croiser les regards, il n’est pas facile de vous reprocher, sérieusement, d’avoir inventé une réalité. Géraldine Smith
J’ai (…) décidé – ça m’a coûté ! – d’écrire comme « la mère de famille » que j’étais aussi, c’est-à-dire au raz du quotidien, dans mon corps-à-corps avec une réalité souvent frustrante, rarement glorieuse. Décrire ma colère après un goûter d’anniversaire qui tourne au fiasco, mon impuissance face à un père de famille algérien au chômage qui désespère de « sauver ses enfants de la racaille », c’est ma façon de dire – j’y vais tout droit – qu’il est plus facile de défendre l’ouverture totale des frontières lors d’un dîner dans le Ve arrondissement que de scolariser ses enfants dans un lycée public du XXe. (…) Grâce à l’Afrique, il n’y avait aucun risque que je confonde l’islam et l’islamisme, un hijab et une burqa, un croyant et un djihadiste. J’étais aussi moins intimidée à l’idée de me faire taxer de raciste ou d’islamophobe. Au début des années 90, j’avais vécu à Dakar dans un studio que me louait un chef traditionnel Lébou, qui était musulman comme la quasi-totalité des Sénégalais. Ma pièce donnait sur sa cour intérieure, qui se remplissait de fidèles au rythme des appels du muezzin. Il m’invitait à boire le thé, nous nous entendions bien. Il est le premier à m’avoir parlé d’une « menace fondamentaliste » dans un pays pourtant pourtant dominé, sur le plan religieux, par les confréries soufies. Sous l’influence de prédicateurs étrangers officiant dans des mosquées souvent bâties avec des fonds saoudiens, le salafisme se développait à cette époque au Sénégal. On voyait au marché les premières femmes portant le voile intégral, des prêcheurs commençaient à s’en prendre à un soufisme jugé trop mou. L’islamisme, l’instrumentalisation de la foi musulmane à des fins politiques, est un problème en Afrique comme à Paris. J’ajoute qu’il est plus facile de comprendre que l’intégration n’est pas un lit de roses quand on est soi-même immigrée – immigrée de luxe, certes, mais immigrée quand même – comme c’est mon cas aux États-Unis. Je m’accroche comme d’autres à ma langue, ma culture, mes habitudes, mes préjugés… Au quotidien, je négocie pied à pied ce qui est « à prendre ou à laisser » dans les deux mondes que je dois réconcilier : ça va de la nourriture au respect dû aux parents en passant par la longueur des jupes… Je n’ai jamais laissé ma fille porter ces shorts ultra-courts et moulants qui sont pourtant la règle aux États-Unis. Mais, venant d’un pays laïque (allez expliquer ce que ça veut dire en cinq minutes !), j’ai pourtant accepté que dieu se glisse dans le contrat social tous les matins quand nos enfants prêtaient allégeance avant de commencer leur journée à l’école publique. Bref, on apprend à faire la part du feu au jour le jour. [Mon fils] a vécu une variation sur le même thème : quand nous nous sommes installés en Caroline du Nord, en 2007, il a découvert qu’on pouvait même revendiquer des origines très lointaines dans le temps. Le premier jour d’école, à la cantine, il y avait des tablées séparées d’enfants noirs, asiatiques, latinos et blancs. Il n’avait jamais connu ça à Belleville. Ne parlant pas bien l’anglais, vulnérable, il s’est assis chez les Noirs, qui l’ont accueilli plutôt sympathiquement. Plus tard, un copain noir lui a expliqué : « On t’aime bien. T’es pas Blanc, t’es Français ». Autant dire qu’il reste du chemin à faire… Aux États-Unis, l’assignation raciale prime sur tout. Plus qu’évidente, elle passe pour « naturelle » alors qu’elle est tout sauf cela. Il n’y pas de « Latino » en dehors des Etats-Unis, aucun rapport entre un Camerounais francophone et un Noir américain, beaucoup de Noirs américains seraient ailleurs vu comme Blancs et, summum de tout, les « Caucasiens » doivent leur nom à un professeur allemand au 18ème siècle, Johann Friedrich Blumenbach, qui a défini une « race » à partir d’un seul crâne qu’il trouvait merveilleux ! Certains amis de Max ou de Lily sont dans des clubs ouvertement “racialisés”, comme Men of Color ou Mixed Race Coalition. J’ai du mal à comprendre de tels choix, qui enferment l’individu dans un seul groupe, une seule facette de son identité. En France, une communauté fondée sur la couleur de la peau est a priori suspecte. Le Conseil représentatif des associations noires, créé en 2005, peine à exister. Les musulmans français sont très peu « communautarisés ». L’idéal républicain français prétend gommer toutes les différences au nom de la fraternité. Y parvient-il dans les faits ? Non, pas plus que le « rêve américain » n’assure l’égalité des chances aux États-Unis. Mais maintenant qu’on n’y croit plus, en France, cet idéal républicain d’assimilation passe pour un leurre, une « arnaque » dont le but réel viserait à faire de tous un « Français moyen » qu’on devine blanc, catholique, amateur de vin et de bonnes chères, vaguement grivois. Bien sûr, ça ne passe plus. Pourquoi serait-on moins « français » parce que l’on est noir ou musulman ? Que signifie « être français » ? Pour moi, en attendant de trouver mieux comme contrat social, est Français qui a la nationalité française. À mes yeux, il n’y ni « Français de souche » ni « Français issu de l’immigration ». Puisque la citoyenneté fait la différence entre eux, on est soit immigré soit Français étant entendu que le passage d’un statut à l’autre est balisé de droits et d’obligations s’imposant à tous. La question de l’origine est différente de celle de la race, un concept qui n’a d’ailleurs aucun fondement scientifique. Aux Etats-Unis, on est fiers de ses origines italienne, irlandais, africaine… En France, dire d’un jeune né en France qu’il est Franco-Algérien ou Franco-Camerounais, c’est le stigmatiser, en faire un citoyen de seconde zone. Qui a raison ? Quand le jeune Kader, dans le livre, me dit qu’il est Franco-Marocain et fier de l’être parce que bien incapable de choisir entre les deux pays, je ne vois pas où est le problème. Il passe ses vacances au Maroc, il parle marocain, il appartient à deux nations et cultures, comme mes propres enfants qui sont franco-américains (et à qui personne n’intime l’ordre de choisir). En revanche, quand la maîtresse oblige Séverin à parler du Cameroun, où il n’a jamais mis les pieds, seulement parce qu’il est noir et son père un immigré camerounais, elle lui assigne une identité qui n’est pas la sienne. (…) En fait, ils ne se confrontent pas, ils s’évitent. Rue Jean-Pierre Timbaud, bobos, barbus, Loubavitch, Polonais, Nord-Africains, artistes et dealers, jeunes et vieux se côtoient sans se rencontrer… Il y a même quelques personnes fortunées, dans des lofts discrets dans les arrière-cours. Mais les uns et les autres ne se connaissent pas, ou mal, il n’y guère de convivialité. Dans mon livre, Malika se fâche lorsque je lui vante mixité sociale de la rue telle que je la perçois au début. Là où un bobo voit un bar sympa, elle voit du bruit et le vomi qu’il faut enjamber sur les trottoirs le matin. Et cette mosquée « qui ne gêne personne », elle la voit comme le lieu qui aspire son fils aîné dans un vortex de radicalisation. Les bobos ont leurs restaurants, leurs boutiques, leurs boulangeries, leurs dérogations à la carte scolaire. Dans le fond, ce qui me dérange, ce n’est pas leur mode de vie, qui est en partie le mien. Ce qui me gêne, c’est que la tolérance est devenue le masque de l’indifférence que portent les uns aux autres. On se prétend ouvert mais, en réalité, on se recroqueville dans son alvéole, quitte à abandonner la place publique aux islamistes, les seuls à avoir encore un projet collectif. (…) Je crains qu’il y ait dans beaucoup de capitales du monde de telles frontières invisibles. À Paris, historiquement, les quartiers  de la rive gauche et à l’Ouest ont été urbanisés le plus tardivement et certains villages, comme Monceau, n’ont été annexés que dans la seconde moitié du 19ème siècle. Plus récemment, la fréquentation de l’espace public a évolué avec l’apparition du RER, le métro de la grande banlieue : les Champs-Elysées, en haut desquels se trouve la station Charles de Gaulle, ou le Forum des Halles, ont ainsi été abandonnés par les « vrais » Parisiens aux « gens des cités », en plus des touristes. Tout cela pour dire qu’en effet, on ne croise pas beaucoup d’ouvriers boulevard Saint-Germain, ni de Noirs dans les jardins du Luxembourg. Que les enfants – nés à Paris – du boulanger de Ménilmontant ne soient jamais montés dans la tour Eiffel, ou que l’un de mes amis d’une grande famille bourgeoise n’ait jamais « passé le périph’» en dit effectivement long sur le cloisonnement social. C’est aussi une question de moyens : au café de Flore, le « petit noir » est à 4,60 euros, alors qu’on boit son expresso pour moins de 2 euros à Belleville. (…) Il ne s’agit pas de racisme. Ce jour là, j’ai honte, l’espace de quelques instants, d’être avec une femme qui hurle en arabe dans les jardins du Luxembourg. Puis, j’ai honte d’avoir honte d’elle et de son enfant. Cela ne fait pas de moi une raciste. Dans le fond, ce qui me gêne à ce moment là, ce n’est pas de me promener dans Paris avec une femme voilée (je viens de passer la journée avec elle), ce qui me gêne c’est qu’elle hurle dans un espace public dont je connais et partage les codes : au Luxembourg, on ne hurle pas… Si elle avait hurlé au Parc de Belleville, je n’y aurai même pas prêté attention. J’ai donc une réaction qui traduit notre différence sociale : ce n’est guère mieux, mais cela n’a rien à voir avec du racisme. Je lui en veux mais pas pour son origine. Je lui en veux parce qu’elle vient de faire éclater ma bulle de rêve. Je m’étais grisé de cette belle journée, des rires devant Guignol, j’avais regardé les gamins et je m’y étais cru, dans cette France cosmopolite de toutes les couleurs. Or, l’incident entre le gardien et la mère de Djed me ramène à la réalité. L’atterrissage est brutal. Je n’exclue pas avoir eu, en d’autres circonstances, un premier réflexe raciste. Par exemple, un Chinois crache dans le métro et je pense in petto: « Y’en a marre de tous ces Chinois qui crachent partout ! ». À mon avis, si l’on veut surmonter le racisme, il faut cesser de le présenter comme un sentiment extraterrestre, quelque chose qui n’arrive qu’aux autres. C’est pour cela que je rapporte dans le livre l’anecdote de Nelson Mandela qui, à peine sorti de 27 ans de prison, monte dans un avion, se rend compte que le pilote est noir et, par réflexe, se dit : « pas de chance ! ». Mandela en parle dans son autobiographie pour mettre en exergue la « banalité du mal », comme dirait Hannah Arendt. Si on avait tous ce courage, on pourrait accomplir un travail collectif pour aller à rebours de nos préjugés. On ne vaincra pas le racisme en mettant des procureurs généraux à tous les coins de rue, ou par auto-flagellation. (…) Des comptes rendus positifs et des interviews sont parues dans la presse de gauche comme de droite, du Figaro au Monde, de Marianne aux Inrockuptibles. On m’avait prédit le pire, que je devais me préparer à être violemment prise à partie mais rien de cela n’est arrivé. Cependant, une rencontre-débat dans une librairie près de la rue Jean-Pierre Timbaud a été annulée à a suite de menaces émanant d’abord de bobos, puis d’islamistes. Et les réactions des internautes sous les recensions ou les interviews sont souvent violentes. A droite, pour certains, je suis une « bobo repentie qui s’aveugle encore ». On devine que les gens qui « commentent » n’ont pas lu le livre, mais y trouvent quand même la preuve, s’il leur en fallait une, que l’islam est incompatible avec la France. A gauche, pour d’autres, je raconte n’importe quoi en « faisant passer le quartier pour une no-go zone alors que tout y est si cool ». Mais, dans l’ensemble, je suis agréablement surprise par l’espace qui est désormais ouvert en France pour débattre sans ambages de notre « vivre ensemble » en panne. (…) Je n’ai pas d’expertise pour juger du succès du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis mais, s’il visait l’émancipation plutôt que le « mélange », une notion assez confuse, un bon bout de chemin a été accompli. En l’absence de statistiques ethniques officielles, qui sont interdites en France, la comparaison entre les deux pays est difficile. À vue de nez,  il me semble effectivement que les villes françaises demeurent, malgré une communautarisation tardive mais croissante, plus mélangées, ethniquement et socialement, que les villes américaines. En revanche, les minorités sont bien plus visibles en Amérique qu’en France (un incontestable acquis de la lutte pour les droits civiques). Pour ne citer que cet exemple, on comptabilise 10 députés « issus de la diversité » sur 577 élus au parlement français. On est loin d’un « caucus » de poids ! Géraldine Smith
Géraldine Smith se lance (…) dans une aventure littéraire qui relève de l’exercice le plus difficile qui soit : l’approche critique de sa propre pensée. (…) Géraldine Smith dévoile honnêtement sa difficulté initiale à admettre l’échec du modèle d’intégration à la française, pensant qu’à force de bonne volonté, il doit être possible d’émousser la haine de certains, au profil de vie difficile. (…) Au départ (…) Géraldine croit au multiculturalisme et à une classe moyenne mélangée. Journaliste, comme son mari Stephen (Américain), elle fut reporter à Jeune Afrique puis rédactrice en chef de L’Autre Afrique. Stephen travaillait au Monde après avoir quitté Libération. Elle choisira de devenir pigiste après la naissance de ses enfants, afin de bénéficier de plus de souplesse. Le couple a tout d’une paire de bobos… Et puis le 11 septembre 2001 survint. Des avions s’encastrent dans les Tours jumelles à New York : les deux colosses, symboles des États-Unis, s’enflamment et s’effondrent. (…) Elle assiste ensuite, lentement mais inexorablement, à la progression de l’intégrisme : à la mosquée Omar, dans la rue Timbaud, dans les commerces. Elle note aussi l’antisémitisme grandissant de certains enfants musulmans. Dès lors, l’auteure constate qu’elle a commis plusieurs erreurs intellectuelles : penser d’abord qu’une tolérance sans bornes permet aux étrangers de mieux s’intégrer : hélas, tolérer de manière excessive vire souvent à la démission. (…) Deuxièmement, Géraldine Smith affirme que les difficultés socio-économiques ne suffisent pas à expliquer la « désintégration ». Troisièmement, le multiculturalisme fait des ravages parce qu’il conduit à penser qu’il existe un droit absolu à la différence autorisant à ne pas respecter la loi et les règles de vie d’une société au nom de sa singularité culturelle ou religieuse. Enfin, elle indique qu’elle a confondu la coexistence et le vivre-ensemble, la cohabitation et la convivialité. Faire nation constitue effectivement une chose bien plus complexe que juxtaposer des communautés. (…) En cette époque vindicative où rares sont ceux qui entendent la parole de l’Autre, c’est un exercice difficile et salutaire. A lire absolument pour jeter un regard humain et pourtant clinique sur un sujet capital. Eric Delbecque
Une journaliste a enquêté sur l’islamisation du quartier où elle a habité, celui de la rue Jean-Pierre-Timbaud, dans le XIe arrondissement de Paris. Une artère sous l’influence de la mosquée Omar. (…) Géraldine Smith (…) disait sa fierté d’habiter ce quartier populaire et mélangé. Ses enfants étaient scolarisés dans une petite école catholique qui accueillait beaucoup de musulmans, un établissement mitoyen de la mosquée Omar. Sous l’influence de ce haut lieu de l’islam radical, elle a vu le haut de la rue évoluer en une dizaine d’années, devenir un coin d’asphalte où les librairies intégristes évincent le petit commerce, où les femmes ne se risquent plus à se promener bras nus. Exilée depuis aux Etats-Unis, cette journaliste a continué à s’intéresser à cette enclave salafiste au cœur du pays des bourgeois bohèmes. En janvier 2015, elle tombe en arrêt devant la photo de la licence de foot des frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo, des gamins de l’Est parisien. « Les bourreaux, comme les victimes, faisaient partie de mon monde, cela m’a foudroyée », écrit-elle. Pour comprendre et expliquer, elle a retraversé l’Atlantique. Mené une minutieuse enquête à l’ombre de la mosquée, retrouvé ceux qui il y a dix ans jouaient avec ses enfants, interrogé les commerçants. Elle découvre qu’une cohabitation hostile s’est installée entre deux groupes qui s’ignorent ou se défient, c’est selon : les bobos et les barbus. Un récit glaçant, avec pour décor la capitale. Marianne
Le climat se dégrade insidieusement rue Jean-Pierre-Timbaud. […] A cette époque, les voyages scolaires habituellement organisés pour les élèves du CE2 au CM2 sont tout bonnement supprimés. Une majorité de parents musulmans refusant désormais de laisser partir leurs filles, par peur de la promiscuité avec les garçons, l’école ne parvient plus à atteindre le minimum d’élèves requis pour monter une « classe verte », un séjour à la montagne. Et encore moins le voyage en Angleterre que les institutrices faisaient miroiter comme récompense aux enfants depuis le CE1. […] La recomposition des équipes de football, la suppression des voyages ne sont que le reflet, chez les gamins, de la désintégration qui est à l’œuvre dans la rue. Sur fond de crise économique perpétuelle, il y a eu le 11 septembre, l’invasion de l’Irak, les grèves contre la réforme du système des retraites, voire la « canicule » de 2003 et, sans doute, bien d’autres choses encore. La France va mal : elle voulait croire qu’elle avait une « certaine idée » d’elle-même mais, là, elle n’a plus d’idées ni de certitudes du tout ; elle balance entre le grand mélange du « métissage » et la Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules d’un passé plus imaginaire que réel ; Raffarin-le-rond puis Villepin-l’agité sont Premiers ministres ; Sarko-le-Kärcher à l’Intérieur. Bizarrement, dans cet entre-deux où tout vaut tout et son contraire, la crise des banlieues de la fin de l’année 2005 passe quasiment inaperçue à Couronnes. A la lisière du XIe et du XXe, on ne brûle pas de voitures. On y est déjà trop engagés dans un jeu de go, dans le silence. L’enjeu est territorial. De part et d’autre, on pousse ses pions, sans piper mot. A tel point que beaucoup d’entre nous ne s’aperçoivent de rien ou se disent et répètent aux autres, face aux indices s’accumulant : « Mais c’est calme ici. » Avec le recul, cette phrase est devenue pour moi le Kyrie eleison d’un « positivisme » compulsif, l’aveu qu’on ferme les yeux pour mieux ne rien entendre. » Géraldine Smith
Oui, les faits sont têtus. Ayant été de ces quelques journalistes (les doigts d’une main devraient suffire) qui, depuis des décennies, ont alerté isolément sur l’immigration de peuplement, l’islam politique, le multiculturalisme, le somnambulisme des dirigeants, la lâcheté des bons sentiments, l’instrumentalisation des droits de l’homme, je sais ce que ces mises en garde m’ont valu de haussements d’épaules, d’insultes et de kahnneries dans Marianne, de caricatures en franchouillard halluciné, d’exclusions des débats médiatiques bien peignés. Or, jamais la remarque d’Arthur Schopenhauer, que je rappelle dans La guerre civile qui vient, n’a été aussi vraie : « Toute vérité franchit trois étapes. Tout d’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été évidente ». La troisième étape n’est pas loin d’être franchie. Quelques exemples, glanés ces derniers jours de vacances d’avril. Le Monde du 27 avril accorde une place de choix au livre de Géraldine Smith dans lequel, femme de gauche, elle déplore son propre aveuglement volontaire face à l’emprise islamiste de la rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris. Certes, le quotidien s’effraie encore un peu  des « remarques contestables sur l’islam » que la journaliste émet parfois, mais il lui donne néanmoins l’absolution : « Sous-entendre qu’elle est islamophobe (…) serait abusif ».  Dans FigaroVox, Géraldine Smith reconnaît : « Ma génération a transformé en une religion intouchable la « culture de l’Autre » alors que la nôtre devait être librement négociable ». Laurent Joffrin, qui dressait il y a peu des listes de « néo-réacs » et de « néo-fachos » coupables de ne pas se plier devant l’islam et de parler comme Mme Smith, dénonce à son tour (Libération, 29 avril) la « naïveté » de ceux qui ne veulent pas voir dans le voile islamique la marque de la domination masculine sur le corps féminin. Le voilà en soutien de Soufiane Zitouni, ce professeur de philosophe qui reconnaît l’existence d’un « antisémitisme islamique, si présent dans de nombreuses familles musulmanes depuis des siècles, et à notre époque plus que jamais, hélas ». Les lecteurs fidèles de ce blog connaissent aussi cette évidence depuis longtemps… Cependant ces quelques cas anecdotiques, s’ils illustrent bien la déroute des idéologies face aux réalités, ne sont rien en comparaison de la vague de rejet massif par l’opinion de l’immigration de peuplement, de l’islam politique, du multiculturalisme, ces sujets dont il était de bon ton d’assurer naguère qu’ils n’intéressaient personne hormis quelques esprits étriqués et monomaniaques. « Les socialistes, grands déçus de la politique », titrait Le Monde, jeudi. Alors que les « déclinistes », ainsi nommés par le Système pour faire taire leur tocsin,  étaient la cible principale du « progressisme », l’étude 2016 sur les Fractures françaises  fait apparaître que  seulement 31% des sympathisants socialistes pensent que la France « n’est pas en déclin ». Selon cette même étude, 65% des Français estiment qu’il y a trop d’étrangers en France. Le rejet de l’Union européenne, construite justement sur l’immigration de peuplement, procède de ce même refus de cautionner une politique d’immigration sacralisée par des commissaires européens non élus. Le Figaro de vendredi a mis au jour pour sa part l’image dégradée de l’islam, en France et en Allemagne. En France, 63% des sondés estiment que « l’influence et la visibilité de l’islam » sont « trop importants » (48% en Allemagne). Même les sympathisants socialistes se disent, à 55%, opposés au port du voile « dans la rue ». 52% des Français se disent également opposés à la l’édification de mosquées (49% en Allemagne). Quand Barack Obama dit dernièrement d’Angela Merkel que la chancelière allemande « est du bon côté de l’histoire » dans l’accueil des migrants, le président des Etats-Unis affiche son profond mépris pour les peuples européens qui voient très bien les dangers que recèlent, pour l’avenir des cohésions nationales, l’immigration de masse, l’islam conquérant, la confusion entre l’autre et le même. Si l’angélisme des faux gentils perdure jusqu’à attiser les rejets entre communautés, le sens de l’histoire rejoindra l’Autriche dont les citoyens, contre toute attente, ont placé un candidat du FPÖ, Norbert  Hofer, nettement en tête du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen s’est empressée de féliciter ses « amis du FPÖ » pour ce « résultat magnifique ». La droite officielle, elle, continue de dormir du sommeil du simplet. Ivan Rioufol
« Bobo  », « classe créative  », « branchés  »… Chacune de ces expressions recouvre une réalité un peu honteuse, celle de milieux mi-intellos, mi-artistes, conscients des enjeux politiques et sociaux de ce monde, mais qui, plutôt que de les affronter directement, préfèrent faire un pas de côté, en s’imaginant que des solutions esthétiques suffiront pour les apaiser. Ils investissent par exemple des quartiers populaires, croyant venir ajouter aux « United Colors of Benetton  ». Ils fréquentent des cafés à la mode, où l’on mange forcément bien parce que bio, et croient ainsi aider à réaliser les promesses d’une République fraternelle et solidaire, alors qu’ils viennent en fait profiter du repli communautaire pour s’inventer un monde à eux. Au fil du temps, la bonne conscience bobo ne tient toutefois pas le choc de la réalité. Dans son ouvrage sur la difficile coexistence communautaire rue Jean-Pierre-Timbaud, la journaliste Géraldine Smith ne se décrit pas elle-même comme bobo, même si elle reconnaît qu’elle trouvait « très cool  » d’habiter un quartier aussi bigarré. Après avoir élevé ses deux enfants à proximité, elle revient, plus de dix ans après, dans un quartier où l’islam intégriste et les petits vendeurs de drogue prospèrent, où la République n’arrive plus à intégrer ses enfants, et où les incivilités seraient devenues insupportables. Ces retrouvailles se font alors que c’est précisément ce Paris-là qui est devenu une scène d’attentats, en 2015. Avec son époux, Stephen Smith, ancien journaliste au Monde, Géraldine Smith a déjà fait paraître un ouvrage, Noir et français  ! (Ed. du Panama, 2006), sur la tentation identitaire qui traverse la communauté noire de France. Elle propose maintenant une enquête intime pour mieux comprendre comment elle s’est autopersuadée qu’« une tolérance sans borne était la meilleure manière d’aider les étrangers et leurs enfants français à s’intégrer  ». Ce n’est donc pas tant la transformation de ce quartier qui l’intéresse que sa propre réaction, ou son absence de réaction, aux changements qui se sont opérés quotidiennement autour d’elle. Car il y avait un pas à ne pas franchir  :« Pour nous, admettre qu’il y a un problème, c’est déjà faire un pas en ­direction du camp des “conservateurs”. » (…) Dans son roman La Vie devant soi, paru en 1975, Romain Gary inventait un Belleville, une France, régis par un ordre postcolonial où l’on sait se jouer des identités, où l’on peut tricher avec le regard des autres, se dire juif, puis musulman, ou bien français, puis africain, sans que cela porte à conséquence, parce que chacun veille à entretenir les réseaux de solidarité. Le livre de Géraldine Smith fait penser à ce ­roman, mais dans une version cauchemardesque. Son fils Max énonce avec ses mots d’enfant, sur un ton proche de celui du petit Momo imaginé par Romain Gary, des vérités que les adultes peinent à voir. « Je ne sais pas ce qui leur prend tout d’un coup  ; ils se prennent tous pour leur origine  », dit-il un jour en rentrant d’une partie de foot qui a opposé la « France  » au « reste du monde  », entre ceux qui se sont trouvés assimilés ce jour-là à l’ancien colonisateur et ceux qui revendiquent désormais leurs racines africaines et arabes. Le quartier aurait basculé au tournant des années 2000, dans cette nouvelle époque qui s’amorce avec les attaques contre le World Trade Center. Sous les traits de cette journaliste, il serait tentant de découvrir l’un de ces « catholiques zombies  » fustigés par Emmanuel Todd dans son essai Qui est Charlie  ? (Seuil, 2015). Le démographe visait ainsi cette frange de l’opinion de gauche qui a reçu une éducation catholique, mais qui, sans avoir la foi, en a gardé les réflexes xénophobes, notamment à l’égard des musulmans. Géraldine Smith, qui ne cache pas son éducation religieuse, pourrait entrer dans cette catégorie, mais ce serait sous-entendre qu’elle est islamophobe, ce qui serait abusif. Il est vrai qu’elle a parfois des remarques ­contestables sur l’islam, comme lorsqu’elle le compare à un « anticorps  » produit par les immigrés « dans un milieu français à haut risque de contagion  ». Mais Géraldine Smith porte un regard aussi sévère sur l’école. La mise en cause est générale, et surtout personnelle. Elle se réserve les plus durs reproches et, à travers elle, c’est bien la « classe créative  » qui est visée. Bobos, branchés et hipsters se retrouvent au Cannibale, un café bien connu de la rue Jean-Pierre-Timbaud. Les plus démonstratifs d’entre eux se font tatouer, portent la barbe et la chemise à carreaux. La toilette recherchée de ces coquets bûcherons est leur véritable habitat. Qu’ils résident rue Jean-Pierre-Timbaud ou dans le 5e arrondissement n’y change rien. Il y a encore autre chose qui définit « hipster  » et « bobo  ». C’est leur rôle dans les industries créatives, publicité, édition, télévision, etc. Parce qu’ils détiennent le capital intellectuel, si ce n’est le capital tout court, ils participent activement à définir le monde, à forger le discours dominant. Le temps du constat passé, on peut espérer qu’ils trouvent l’humour et la dérision nécessaires pour imaginer un quartier digne du Belleville de Romain Gary. Le Monde

Après les neocons, les bobos !

A l’heure où la polémique aussi piégée que savamment orchestrée qui avait tant agité nos plages …

Et valu au pays européen qui, possédant la plus grande minorité de musulmans et une frontière directe avec le Monde musulman, vient d’offrir en à peine 18 mois des centaines de ses ressortissants à la fureur sacrificielle de nos djihadistes …

La condamnation quasi-unanime de la bien-pensance de pays qui n’en ont respectivement que moins de 5 % pour les Britanniques et moins d’1% pour les Américains …

Semble repartir chez nos voisins britanniques (mais aussi allemands) avec un sondage révélant une majorité favorable à l’interdiction du port de la burka (contre 27% aux EU) et près de la moitié à celle de sa version plage …

Pendant qu’avec le triple jeu de nos amis turcs, pourrait bien repartir de plus belle l’invasion arabe de l’Europe tant célébrée par ceux là mêmes qui en sont les plus protégés

Comment ne pas repenser à l’accueil pour le moins mitigé juste avant l’été d’un livre dont l’auteure se voyait quasiment traiter de « catholique zombie » et d’islamophobe  …

Pour avoir reconnu suite à son émigration aux Etats-unis et à l’instar de ces gens de gauche que leur agression par la réalité avaient convertis en néoconservateurs  …

Sa foi exagérée au multiculturalisme et pris acte de l’échec du modèle d’intégration à la française

Et surtout, trahissant les secrets de la tribu, de n’avoir pas su trouver « l’humour et la dérision nécessaires pour imaginer un quartier digne du Belleville de Romain Gary » ?

Les ratés de la mixité sociale dans l’Est parisien
Marc-Olivier Bherer
Le Monde
26.04.2016

« Bobo   », « classe créative  », « branchés  »… Chacune de ces expressions recouvre une réalité un peu honteuse, celle de milieux mi-intellos, mi-artistes, conscients des enjeux politiques et sociaux de ce monde, mais qui, plutôt que de les affronter directement, préfèrent faire un pas de côté, en s’imaginant que des solutions esthétiques suffiront pour les apaiser. Ils investissent par exemple des quartiers populaires, croyant venir ajouter aux « United Colors of Benetton  ». Ils fréquentent des cafés à la mode, où l’on mange forcément bien parce que bio, et croient ainsi aider à réaliser les promesses d’une République fraternelle et solidaire, alors qu’ils viennent en fait profiter du repli communautaire pour s’inventer un monde à eux.

Au fil du temps, la bonne conscience bobo ne tient toutefois pas le choc de la réalité. Dans son ouvrage sur la difficile coexistence communautaire rue Jean-Pierre-Timbaud, la journaliste Géraldine Smith ne se décrit pas elle-même comme bobo, même si elle reconnaît qu’elle trouvait « très cool  » d’habiter un quartier aussi bigarré. Après avoir élevé ses deux enfants à proximité, elle revient, plus de dix ans après, dans un quartier où l’islam intégriste et les petits vendeurs de drogue prospèrent, où la République n’arrive plus à intégrer ses enfants, et où les incivilités seraient devenues insupportables. Ces retrouvailles se font alors que c’est précisément ce Paris-là qui est devenu une scène d’attentats, en 2015.

Avec son époux, Stephen Smith, ancien journaliste au Monde, Géraldine Smith a déjà fait paraître un ouvrage, Noir et français  ! (Ed. du Panama, 2006), sur la tentation identitaire qui traverse la communauté noire de France. Elle propose maintenant une enquête intime pour mieux comprendre comment elle s’est autopersuadée qu’« une tolérance sans borne était la meilleure manière d’aider les étrangers et leurs enfants français à s’intégrer  ». Ce n’est donc pas tant la transformation de ce quartier qui l’intéresse que sa propre réaction, ou son absence de réaction, aux changements qui se sont opérés quotidiennement autour d’elle. Car il y avait un pas à ne pas franchir  :« Pour nous, admettre qu’il y a un problème, c’est déjà faire un pas en ­direction du camp des “conservateurs”. »

Elle fait donc le récit de sa vie dans ces rues. On croise amis et connaissances, parents d’élèves, directeurs d’école publique ou privée, cafetiers, mais aussi les enfants laissés à eux-­mêmes, les dealers, les mamans voilées, les boulangers musulmans qui servent les femmes en dernier, le tout dans une ambiance qui s’alourdit sous le poids d’un islam de plus en plus intolérant, qui flique et quadrille le quartier grâce à la tristement célèbre mosquée Omar, au coin des rues Jean-Pierre-Timbaud et Morand, et aux librairies des alentours.

Un tournant après le 11-Septembre

Dans son roman La Vie devant soi, paru en 1975, Romain Gary inventait un Belleville, une France, régis par un ordre postcolonial où l’on sait se jouer des identités, où l’on peut tricher avec le regard des autres, se dire juif, puis musulman, ou bien français, puis africain, sans que cela porte à conséquence, parce que chacun veille à entretenir les réseaux de solidarité.

Le livre de Géraldine Smith fait penser à ce ­roman, mais dans une version cauchemardesque. Son fils Max énonce avec ses mots d’enfant, sur un ton proche de celui du petit Momo imaginé par Romain Gary, des vérités que les adultes peinent à voir. « Je ne sais pas ce qui leur prend tout d’un coup  ; ils se prennent tous pour leur origine  », dit-il un jour en rentrant d’une partie de foot qui a opposé la « France  » au « reste du monde  », entre ceux qui se sont trouvés assimilés ce jour-là à l’ancien colonisateur et ceux qui revendiquent désormais leurs racines africaines et arabes. Le quartier aurait basculé au tournant des années 2000, dans cette nouvelle époque qui s’amorce avec les attaques contre le World Trade Center.

Sous les traits de cette journaliste, il serait tentant de découvrir l’un de ces « catholiques zombies  » fustigés par Emmanuel Todd dans son essai Qui est Charlie  ? (Seuil, 2015). Le démographe visait ainsi cette frange de l’opinion de gauche qui a reçu une éducation catholique, mais qui, sans avoir la foi, en a gardé les réflexes xénophobes, notamment à l’égard des musulmans. Géraldine Smith, qui ne cache pas son éducation religieuse, pourrait entrer dans cette catégorie, mais ce serait sous-entendre qu’elle est islamophobe, ce qui serait abusif.

Des remarques contestables sur l’islam

Il est vrai qu’elle a parfois des remarques ­contestables sur l’islam, comme lorsqu’elle le compare à un « anticorps  » produit par les immigrés « dans un milieu français à haut risque de contagion  ». Mais Géraldine Smith porte un regard aussi sévère sur l’école. La mise en cause est générale, et surtout personnelle. Elle se réserve les plus durs reproches et, à travers elle, c’est bien la « classe créative  » qui est visée.

Bobos, branchés et hipsters se retrouvent au Cannibale, un café bien connu de la rue Jean-Pierre-Timbaud. Les plus démonstratifs d’entre eux se font tatouer, portent la barbe et la chemise à carreaux. La toilette recherchée de ces coquets bûcherons est leur véritable habitat. Qu’ils résident rue Jean-Pierre-Timbaud ou dans le 5e arrondissement n’y change rien.

Il y a encore autre chose qui définit « hipster  » et « bobo  ». C’est leur rôle dans les industries créatives, publicité, édition, télévision, etc. Parce qu’ils détiennent le capital intellectuel, si ce n’est le capital tout court, ils participent activement à définir le monde, à forger le discours dominant. Le temps du constat passé, on peut espérer qu’ils trouvent l’humour et la dérision nécessaires pour imaginer un quartier digne du Belleville de Romain Gary.

Voir aussi:
Le sens de l’histoire contrarie les idéologues
Ivan Rioufol
1 mai 2016

Oui, les faits sont têtus. Ayant été de ces quelques journalistes (les doigts d’une main devraient suffire) qui, depuis des décennies, ont alerté isolément sur l’immigration de peuplement, l’islam politique, le multiculturalisme, le somnambulisme des dirigeants, la lâcheté des bons sentiments, l’instrumentalisation des droits de l’homme, je sais ce que ces mises en garde m’ont valu de haussements d’épaules, d’insultes et de kahnneries dans Marianne, de caricatures en franchouillard halluciné, d’exclusions des débats médiatiques bien peignés. Or, jamais la remarque d’Arthur Schopenhauer, que je rappelle dans La guerre civile qui vient, n’a été aussi vraie : « Toute vérité franchit trois étapes. Tout d’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été évidente ». La troisième étape n’est pas loin d’être franchie. Quelques exemples, glanés ces derniers jours de vacances d’avril. Le Monde du 27 avril accorde une place de choix au livre de Géraldine Smith dans lequel, femme de gauche, elle déplore son propre aveuglement volontaire face à l’emprise islamiste de la rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris. Certes, le quotidien s’effraie encore un peu  des « remarques contestables sur l’islam » que la journaliste émet parfois, mais il lui donne néanmoins l’absolution : « Sous-entendre qu’elle est islamophobe (…) serait abusif ».  Dans FigaroVox, Géraldine Smith reconnaît : « Ma génération a transformé en une religion intouchable la « culture de l’Autre » alors que la nôtre devait être librement négociable ». Laurent Joffrin, qui dressait il y a peu des listes de « néo-réacs » et de « néo-fachos » coupables de ne pas se plier devant l’islam et de parler comme Mme Smith, dénonce à son tour (Libération, 29 avril) la « naïveté » de ceux qui ne veulent pas voir dans le voile islamique la marque de la domination masculine sur le corps féminin. Le voilà en soutien de Soufiane Zitouni, ce professeur de philosophe qui reconnaît l’existence d’un « antisémitisme islamique, si présent dans de nombreuses familles musulmanes depuis des siècles, et à notre époque plus que jamais, hélas ». Les lecteurs fidèles de ce blog connaissent aussi cette évidence depuis longtemps…

Cependant ces quelques cas anecdotiques, s’ils illustrent bien la déroute des idéologies face aux réalités, ne sont rien en comparaison de la vague de rejet massif par l’opinion de l’immigration de peuplement, de l’islam politique, du multiculturalisme, ces sujets dont il était de bon ton d’assurer naguère qu’ils n’intéressaient personne hormis quelques esprits étriqués et monomaniaques. « Les socialistes, grands déçus de la politique », titrait Le Monde, jeudi. Alors que les « déclinistes », ainsi nommés par le Système pour faire taire leur tocsin,  étaient la cible principale du « progressisme », l’étude 2016 sur les Fractures françaises  fait apparaître que  seulement 31% des sympathisants socialistes pensent que la France « n’est pas en déclin ». Selon cette même étude, 65% des Français estiment qu’il y a trop d’étrangers en France. Le rejet de l’Union européenne, construite justement sur l’immigration de peuplement, procède de ce même refus de cautionner une politique d’immigration sacralisée par des commissaires européens non élus. Le Figaro de vendredi a mis au jour pour sa part l’image dégradée de l’islam, en France et en Allemagne. En France, 63% des sondés estiment que « l’influence et la visibilité de l’islam » sont « trop importants » (48% en Allemagne). Même les sympathisants socialistes se disent, à 55%, opposés au port du voile « dans la rue ». 52% des Français se disent également opposés à la l’édification de mosquées (49% en Allemagne). Quand Barack Obama dit dernièrement d’Angela Merkel que la chancelière allemande « est du bon côté de l’histoire » dans l’accueil des migrants, le président des Etats-Unis affiche son profond mépris pour les peuples européens qui voient très bien les dangers que recèlent, pour l’avenir des cohésions nationales, l’immigration de masse, l’islam conquérant, la confusion entre l’autre et le même. Si l’angélisme des faux gentils perdure jusqu’à attiser les rejets entre communautés, le sens de l’histoire rejoindra l’Autriche dont les citoyens, contre toute attente, ont placé un candidat du FPÖ, Norbert  Hofer, nettement en tête du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen s’est empressée de féliciter ses « amis du FPÖ » pour ce « résultat magnifique ». La droite officielle, elle, continue de dormir du sommeil du simplet.

Voir également:

Rue Jean-Pierre Timbaud ou la République effacée…
Eric Delbecque
Tribune littéraire d’Eric Delbecque
25 août 2016

Rue Jean-Pierre Timbaud. Une vie de famille entre barbus et bobos (Stock, 2016) est un beau livre. D’abord parce que l’intention qui fait vivre l’ouvrage s’abreuve à une source de générosité intellectuelle et morale. Géraldine Smith se lance en effet dans une aventure littéraire qui relève de l’exercice le plus difficile qui soit : l’approche critique de sa propre pensée. En faisant le récit de la progression de l’islamisation radicale de la rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris, c’est-à-dire de sa prise en main au fil des années par des intégristes nullement désireux de faire progresser le « vivre-ensemble ». Elle raconte la radicalisation de la mosquée Omar (avec Mohamed Hammami), la progression du Tabligh (un courant religieux fondamentaliste), l’éviction des petits commerces non islamiques, l’implantation des librairies intégristes, etc. Elle pèse ses mots, tente d’évaluer les choses au plus juste en se montrant la plus bienveillante possible. Géraldine Smith dévoile honnêtement sa difficulté initiale à admettre l’échec du modèle d’intégration à la française, pensant qu’à force de bonne volonté, il doit être possible d’émousser la haine de certains, au profil de vie difficile. Elle a le souvenir d’une enfance où les origines ne comptaient pas autant.

Son intention initiale dans ces pages ? Savoir si une autre voie était possible. Si d’autres choix auraient pu favoriser la cohésion sociale plutôt qu’une cohabitation mêlant au fur et à mesure l’indifférence, l’hostilité et la rancœur ? Au départ, son quartier témoigne d’une diversité souriante. Quelques adolescents turbulents, mais rien de grave. Géraldine croit au multiculturalisme et à une classe moyenne mélangée. Journaliste, comme son mari Stephen (Américain), elle fut reporter à Jeune Afrique puis rédactrice en chef de L’Autre Afrique. Stephen travaillait au Monde après avoir quitté Libération. Elle choisira de devenir pigiste après la naissance de ses enfants, afin de bénéficier de plus de souplesse. Le couple a tout d’une paire de bobos… Mais Géraldine se met à observer avec de plus en plus d’attention, sans que sa probité intellectuelle ne soit altérée par sa bienveillance à l’égard de ses voisines et de son environnement quotidien. Elle s’affirme convaincue que la tolérance, l’ouverture d’esprit, finira par voir raison des malentendus, de l’incompréhension culturelle entre les différentes classes sociales et les communautés.

Et puis le 11 septembre 2001 survint. Des avions s’encastrent dans les Tours jumelles à New York : les deux colosses, symboles des États-Unis, s’enflamment et s’effondrent. Des mots s’imposent alors dans le vocabulaire, en particulier Al-Qaïda et Oussama Ben Laden. Géraldine Smith écrit avec tristesse que ce dernier, dans son quartier, fascine autant qu’il suscite le rejet. L’ambiance change dans la rue et la religion devient un sujet de conversation. Sa nouvelle fille au pair, une australienne de 17 ans, qui passe pour une américaine, sera agressée par un groupe de quatre jeunes beurettes s’enivrant de slogans anti-américains. Elle assiste ensuite, lentement mais inexorablement, à la progression de l’intégrisme : à la mosquée Omar, dans la rue Timbaud, dans les commerces. Elle note aussi l’antisémitisme grandissant de certains enfants musulmans.

Dès lors, l’auteure constate qu’elle a commis plusieurs erreurs intellectuelles : penser d’abord qu’une tolérance sans bornes permet aux étrangers de mieux s’intégrer : hélas, tolérer de manière excessive vire souvent à la démission. Comme elle l’explique parfaitement, on glisse vite de l’un à l’autre : lorsqu’on laissa les fidèles de la mosquée Omar prier dans la rue, un trouble à l’ordre public devint une habitude et encouragea les islamistes à menacer des commerçants, à mettre l’alcool à l’index ou à insulter les femmes qui refusaient de se plier à leurs exigences. Ce qu’il est important de saisir, c’est que l’intégrisme islamiste forme un programme totalitaire, un univers holistique (où le Tout s’impose aux individus) qui méprise le libre arbitre et vient combler une attente identitaire en valorisant la violence politique dans sa forme terminale.

Deuxièmement, Géraldine Smith affirme que les difficultés socio-économiques ne suffisent pas à expliquer la « désintégration ». Troisièmement, le multiculturalisme fait des ravages parce qu’il conduit à penser qu’il existe un droit absolu à la différence autorisant à ne pas respecter la loi et les règles de vie d’une société au nom de sa singularité culturelle ou religieuse. Enfin, elle indique qu’elle a confondu la coexistence et le vivre-ensemble, la cohabitation et la convivialité. Faire nation constitue effectivement une chose bien plus complexe que juxtaposer des communautés.

Il jaillit de tout cela un livre émouvant, calme et nuancé, s’interrogeant avec bienveillance et goût de l’exactitude sur l’avenir de la France, son identité et son modèle d’intégration. En cette époque vindicative où rares sont ceux qui entendent la parole de l’Autre, c’est un exercice difficile et salutaire. A lire absolument pour jeter un regard humain et pourtant clinique sur un sujet capital.

Eric Delbecque, Chef du département intelligence stratégique de SIFARIS et Président de l’ACSE– Auteur de : Idéologie sécuritaire et société de surveillance (Vuibert) Site : intelligences-croisees.com

Voir encore:

Entre bobos et barbus, la rue Jean-Pierre-Timbaud, enclave salafiste au coeur de Paris
Soazig Quéméner
Marianne
22 Avril 2016

Une journaliste a enquêté sur l’islamisation du quartier où elle a habité, celui de la rue Jean-Pierre-Timbaud, dans le XIe arrondissement de Paris. Une artère sous l’influence de la mosquée Omar. Entre bobos et barbus, un récit édifiant, émouvant et glaçant.

Géraldine Smith a longtemps arpenté la rue Jean-Pierre-Timbaud, cette longue artère parisienne qui court du sud du boulevard de Belleville jusqu’au boulevard du Temple, entre le XIe et le XXe arrondissement de Paris. Elle disait sa fierté d’habiter ce quartier populaire et mélangé. Ses enfants étaient scolarisés dans une petite école catholique qui accueillait beaucoup de musulmans, un établissement mitoyen de la mosquée Omar. Sous l’influence de ce haut lieu de l’islam radical, elle a vu le haut de la rue évoluer en une dizaine d’années, devenir un coin d’asphalte où les librairies intégristes évincent le petit commerce, où les femmes ne se risquent plus à se promener bras nus.

Exilée depuis aux Etats-Unis, cette journaliste a continué à s’intéresser à cette enclave salafiste au cœur du pays des bourgeois bohèmes. En janvier 2015, elle tombe en arrêt devant la photo de la licence de foot des frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo, des gamins de l’Est parisien. « Les bourreaux, comme les victimes, faisaient partie de mon monde, cela m’a foudroyée », écrit-elle. Pour comprendre et expliquer, elle a retraversé l’Atlantique. Mené une minutieuse enquête à l’ombre de la mosquée, retrouvé ceux qui il y a dix ans jouaient avec ses enfants, interrogé les commerçants. Elle découvre qu’une cohabitation hostile s’est installée entre deux groupes qui s’ignorent ou se défient, c’est selon : les bobos et les barbus. Un récit glaçant, avec pour décor la capitale.

Le silence de 2005« Le climat se dégrade insidieusement rue Jean-Pierre-Timbaud. […] A cette époque, les voyages scolaires habituellement organisés pour les élèves du CE2 au CM2 sont tout bonnement supprimés. Une majorité de parents musulmans refusant désormais de laisser partir leurs filles, par peur de la promiscuité avec les garçons, l’école ne parvient plus à atteindre le minimum d’élèves requis pour monter une « classe verte », un séjour à la montagne. Et encore moins le voyage en Angleterre que les institutrices faisaient miroiter comme récompense aux enfants depuis le CE1. […] La recomposition des équipes de football, la suppression des voyages ne sont que le reflet, chez les gamins, de la désintégration qui est à l’œuvre dans la rue. Sur fond de crise économique perpétuelle, il y a eu le 11 septembre, l’invasion de l’Irak, les grèves contre la réforme du système des retraites, voire la « canicule » de 2003 et, sans doute, bien d’autres choses encore.

La France va mal : elle voulait croire qu’elle avait une « certaine idée » d’elle-même mais, là, elle n’a plus d’idées ni de certitudes du tout ; elle balance entre le grand mélange du « métissage » et la Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules d’un passé plus imaginaire que réel ; Raffarin-le-rond puis Villepin-l’agité sont Premiers ministres ; Sarko-le-Kärcher à l’Intérieur. Bizarrement, dans cet entre-deux où tout vaut tout et son contraire, la crise des banlieues de la fin de l’année 2005 passe quasiment inaperçue à Couronnes. A la lisière du XIe et du XXe, on ne brûle pas de voitures. On y est déjà trop engagés dans un jeu de go, dans le silence. L’enjeu est territorial. De part et d’autre, on pousse ses pions, sans piper mot. A tel point que beaucoup d’entre nous ne s’aperçoivent de rien ou se disent et répètent aux autres, face aux indices s’accumulant : « Mais c’est calme ici. » Avec le recul, cette phrase est devenue pour moi le Kyrie eleison d’un « positivisme » compulsif, l’aveu qu’on ferme les yeux pour mieux ne rien entendre. »

Voir de plus:

”Nous avons tous plusieurs identités à la fois, d’où la complexité de s’intégrer”
Journaliste française ayant émigré aux Etats-Unis, Géraldine Smith publie ”Rue Jean-Pierre Timbaud” pour raconter son expérience à Belleville, entre obsession du vivre-ensemble et désillusions du modèle d’intégration français
Les Inrocks
27/04/2016

Dans son livre, Rue Jean-Pierre Timbaud, Géraldine Smith revient sur ses vingt années passées dans le quartier de Belleville à Paris pour tenter d’expliquer ses désillusions et l’échec du ‘’modèle d’intégration français’’ auquel elle croyait. Journaliste émigrée aux Etats-Unis, elle raconte comment les attentats contre Charlie Hebdo l’ont convaincue d’écrire sur sa propre expérience. Cette chronique, racontée à la première personne, décrit avec honnêteté la métamorphose d’une rue emblématique d’un Paris mixte mais victime de ségrégation. L’influence de l’islamisme radical, les déceptions, les exils et les craintes d’habitants ponctuent le récit qui met en perspective un certain vivre-ensemble condamné à l’échec puisque mal appréhendé.

Vous avouez avoir été “très émue” en travaillant à ce récit. Ce livre est-il le travail d’une journaliste, d’une romancière ou d’un témoin ?

Géraldine Smith : C’est le fond de mon livre : nous avons tous plusieurs identités à la fois, d’où la complexité de s’intégrer, pas seulement pour les immigrés. “Je est un autre”, disait Rimbaud. “Je est une foule”, ai-je découvert rue Jean-Pierre Timbaud.

Concrètement, j’ai écrit un récit, le témoignage d’une mère de famille, d’une habitante du quartier qui se trouve être journaliste. Bien sûr, ma profession et ses réflexes m’ont aidée : j’ai l’habitude d’observer et de prendre des notes. Par exemple, les mères africaines qui s’en prennent aux Asiatiques dans un conseil d’école. Ou la bérézina de l’anniversaire de Max, dans tous ses détails. Rien n’est romancé. En complément d’enquête, j’ai revu des amis perdus de vue et des jeunes que je connaissais quand ils avaient quatre ans. J’ai aussi interviewé d’autres riverains. Beaucoup m’ont émue par leur histoire, leurs mots, leur façon de raconter. Parmi eux, Lucette, bimbelotière dans la rue depuis 1941. Ou Malika, une amie marocaine, nostalgique d’une France de son enfance qu’elle idéalisait.

C’est un récit à la première personne, pourtant il y a une vraie ambition d’objectivité. Pourquoi avoir décidé de mener ce travail sous cette forme et ne pas avoir fait une enquête journalistique plus classique en extirpant votre vécu ?

Avec ou sans “je”, on peut être de mauvaise foi. Mon but était d’être radicalement honnête, aussi sincère que je puisse l’être. En plus, l’emploi du “je” m’a libérée de toute prétention à vouloir expliquer globalement ce qui se passe aujourd’hui en France. Chaque école – sociologue, politologue, démographe – a ses certitudes, ses schémas explicatifs. Moi, je suis partie d’une question qui me minait depuis que je m’étais installée en famille dans un coin de Paris qui semblait incarner l’avenir d’une France ouverte et mélangée. Pourquoi ai-je fini par m’y sentir si mal à l’aise que j’étais contente d’en partir ? En l’absence d’une réponse satisfaisante, j’ai cherché le diable dans les détails de la vie quotidienne.

Avec du recul, pensez-vous être parvenue à raconter ‘’cet échec du modèle d’intégration français’’ ? Qu’est ce qui peut être universel dans votre vécu et dans votre expérience ?

L’universel, je ne connais pas ! Je raconte mon expérience de cet échec mais je crois que beaucoup de gens s’y retrouveront, par exemple dans le dilemme que l’on ressent au moment où l’on se débrouille pour déroger à la carte scolaire ou pour mettre ses enfants dans le privé ; ou dans le malaise pour une femme de se promener en short dans un ”coin musulman”, par exemple à Belleville, tout en s’interdisant d’avouer sa gêne d’être gênée… La tolérance masque souvent une forme d’indifférence, ou de démission. Le haut de la rue Jean-Pierre Timbaud n’est un coin sympa où l’on va boire un verre entre potes que pour ceux qui refusent de voir que l’islam radical y a pris le pouvoir, chassant y compris des musulmans modérés ; pour ceux qui ne veulent pas voir que la mixité sociale du quartier est une façade. Je raconte mon rendez-vous avec Kader, 20 ans, que j’attendais dans un bar branché devant lequel il passe tous les jours, quasiment depuis sa naissance. Il n’y était jamais entré et n’osait pas pousser la porte.

‘’Le souvenir d’un vivre-ensemble entre le métro Couronnes et la rue Saint-Maur (…) des souvenirs fragiles et ambigus qui risquent de s’abîmer dans l’”après-coup”. On décèle une sorte d’amertume. Ce livre est-il une manière d’enterrer ses rêves et ses anciennes valeurs ? Ou justement un moyen pour ne pas que ces souvenirs s’abîment dans l’après coup ?

Pas d’amertume. Si mes rêves n’étaient que des baudruches gonflées à l’air chaud, autant le savoir. Du regret, oui. J’aurais préféré que mes rêves ne soient pas des illusions. Mais ça n’empêche pas de repartir sur de nouvelles bases plus saines, plus réalistes aussi. Il y a 15 ans, quand le boulanger intégriste servait avant moi les hommes qui faisaient la queue derrière moi, je faisais mine de ne pas avoir remarqué. Quand le préposé aux saucisses de la kermesse envoyait paître un parent demandant une merguez Halal avec un : “Oh ! Mais on est en France ici !”, je faisais comme si de rien n’était. Pourquoi ? Ce livre répond aussi à cette interrogation.

Pourquoi était-il si important pour vous de croire à la réussite de ce creuset cosmopolite, à cette mixité sociale et culturelle ?

Pour la même raison pour laquelle, quand on est jeune, c’est-à-dire sans expérience, on croit que l’Onu est forcément meilleure qu’un gouvernement national. Puis, on se rend compte que l’Onu n’est qu’une grande bureaucratie élue par personne. Bref, j’ai mis du temps à me rendre compte, notamment à travers ma propre expérience aux Etats-Unis, qu’un migrant n’est pas un être abstrait, en quelque sorte la plus petite unité des droits humains, mais une personne avec sa langue, sa culture, ses croyances, ses préjugés aussi. Donc, il faut repenser le “creuset”.

La diversité, dans toutes ces dimensions, est une source mutuelle d’enrichissement, j’en suis convaincue. Tout le monde ne partage pas mon sentiment, et je comprend cette peur que certains ont de se perdre en s’ouvrant aux autres. Mais voilà, ce n’est pas comme si il y avait un choix. La France est aujourd’hui peuplée de citoyens français de toutes confessions, de “souche ou d’origines”, qui se côtoient avec leurs différences, et qui n’ont pas forcément envie de se couler dans un moule identique. “A Rome fais comme les Romains !”, dit-on. Soit. Mais le petit Bilel est désormais aussi Romain que le petit Edgar ! Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’apprendre à vivre ensemble.

Or, ce n’est pas facile. Je vous donne un exemple tout simple : en 7 ans à l’école de la rue Jean-Pierre Timbaud, les enfants ne sont pas partis une seule fois en voyage avec leur classe. Au dernier moment, tous les ans, le voyage dont la classe avait rêvé toute l année était annulé, parce qu’une majorité de parents refusait de laisser leurs filles voyager avec les garçons. Résultat, une occasion idéale de mieux se connaître, de partager quelque chose, éliminée. C’est ça la vie ordinaire ! Alors oui, je pensais que ce serait simple de faire abstraction des différences, qu’il suffisait de le vouloir et je me suis trompée. Ce n’est pas une raison pour renoncer.

Si la mixité sociale est impossible, est-ce à cause de l’identité ?

La mixité sociale n’est pas impossible, à condition de ne pas l’imaginer comme un interrupteur qui allume ou éteint. C’est quand la mixité est figée, soit comme un absolu ou un interdit, qu’elle échoue. En ce sens elle est en effet liée aux identités – au pluriel – qui, elles aussi, sont forcément fluides. On n’a pas “son” identité dans la poche, une fois pour toutes. Elle change tout le temps, parfois presque imperceptiblement, parfois très vite. Les gens que j’ai croisés ne sont pas quelque chose une fois pour toutes. C’est comme moi en quittant la France et en arrivant aux Etats-Unis. Alors, si c’est effectivement ainsi, le “modèle républicain” ici, ou la foi en la Constitution en Amérique, ne doivent pas renvoyer à des identités prescrites, à prendre ou à laisser. Ce sont des modes d’emploi pour négocier, collectivement, les fluidités des identités individuelles.

Est-il possible de comparer brièvement votre expérience aux Etats-Unis et celle en France ? 

Ce qui m’a le plus frappé, c’est la centralité de “la race” dans la société américaine. Je n’employais jamais ce mot et, comme on sait, il ne correspond à rien scientifiquement. Et soudain, sur chaque formulaire, il me fallait indiquer que j’étais “white” ou “caucasian” ! Mais, au moins, il m’a fait comprendre que notre alpha et oméga à nous Français, c’est à dire le statut socio-économique, “la classe”, est tout aussi réducteur de la “foule” identitaire qu’est chacun d’entre nous. Donc, je pense que le pluralisme vécu, le mélange plus heureux, attend encore la pensée et le langage dans lequel il peut s’exprimer.

Propos recueillis par Hélène Gully

Edité par les éditions stock, Rue Jean-Pierre Timbaud, sera disponible dès le 27 avril.

Voir de même:

«Entre bobos et barbus, ma rue Jean-Pierre Timbaud»
Vincent Tremolet de Villers
29/04/2016

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- Géraldine Smith vient de publier un passionnant essai sur une rue de Paris, sorte de précipité des fractures françaises. Où l’on mesure le déni d’une partie de la société.


Géraldine Smith est l’auteur de Rue Jean-Pierre Timbaud, une vie de famille entre bobos et barbus (Stock, 2016).


LE FIGARO. – Pourquoi avoir décidé de consacrer un livre à une rue de Paris?

Parce que la rue Jean-Pierre Timbaud a été d’abord le lieu de mes espoirs, puis de ma déception. Raconter son histoire sur vingt ans m’a permis de faire le point, de savoir où j’habite -non plus au propre mais au figuré. Nous avons vécu dans ce coin de Paris entre 1995 et 2007. Nos enfants sont allés à l’école catholique, mitoyenne d’une mosquée salafiste réputée pour son radicalisme et d’un centre pour enfants juifs handicapés. Quand nous nous sommes installés, j’étais enthousiasmée par la diversité sociale, religieuse et culturelle de ce quartier qui ressemblait à la «France plurielle» que j’appelais de mes vœux. Mais au fil des ans, je m’y suis sentie de plus en plus mal à l’aise, au point d’être contente d’en partir. Dans ce livre à la première personne, je décris mon quotidien de mère de famille, celui de nos enfants, les matchs de foot dans la cour de récré, les fêtes d’anniversaire… Les raisons de l’échec, qui m’est resté en travers de la gorge, émergent de ce récit d’une façon très concrète. C’est comme si je donnais à mon problème qui, bien sûr, n’est pas seulement le mien, une adresse à Paris.

À vous lire, le choix de vous installer rue Jean-Pierre Timbaud puis en Seine-Saint-Denis semble orienté par la volonté d’une mixité sociale et culturelle. Cette mixité, était-ce, pour vous, un désir théorique ou réalité vécue?

Avant d’avoir des enfants, j’ai travaillé comme journaliste en Afrique. Mon mari, un Américain ayant appris le français à 25 ans, continue d’y passer le plus clair de son temps en reportage. Nous ne voulions pas élever nos enfants dans une bulle. Donc, nous étions ravis d’habiter des quartiers moins homogènes, à tous points de vue, que, par exemple, ceux de la Rive Gauche. La Seine est une ligne de démarcation bien réelle. Je raconte dans le livre avoir accompagné une sortie de CM1 au parc du Luxembourg: la majorité des enfants de Belleville n’avaient jamais traversé le fleuve. Un dimanche, venant de Pantin pour une promenade dans le Marais, mon propre fils me fait remarquer que, de l’autre côté, «les Blancs sont majoritaires». Il n’en avait pas l’habitude.

La liquéfaction de la sociabilité dans votre quartier semble ne pas avoir de facteur unique. Tout paraît céder en même temps: l’école, la civilité, la sécurité, la sociabilité élémentaire qu’incarnent, dans notre imaginaire, les boulangeries et les cafés. Le développement de l’islam radical est-ce selon vous un symptôme ou la cause profonde de cette liquéfaction?

Tout ne cède pas en même temps. Les difficultés de l’école publique ou la petite délinquance n’avaient rien de nouveau. C’est ma perception de la rue qui change brusquement. Au moment où j’ouvre enfin les yeux, après un incident mineur – un homme en qamis m’insulte parce que je bois un Coca sur le trottoir -, je découvre tout à la fois des réalités anciennes et nouvelles. J’ai l’impression que la présence d’une mosquée salafiste est pour beaucoup dans la désintégration mais c’est en partie une illusion optique: l’slam radical est lui-même d’abord une conséquence avant de devenir une cause. Il révèle un malaise qu’il va ensuite exacerber.

Prenez la cohabitation entre les sexes. Quand un boulanger sert systématiquement les hommes avant les femmes, quand les petits commerces sont remplacés par des librairies islamiques et les magasins de mode ne déclinent plus dans leurs vitrines que la gamme très réduite du voile intégral, l’atmosphère de la rue s’en ressent forcément. De même quand des petits groupes prosélytes abordent des jeunes du quartier pour leur intimer de se joindre à la prière, non pas une fois par semaine mais tous les jours. Les premières victimes de cette évolution ne sont pas les gens comme moi, qui peuvent partir en vacances, obtenir des dérogations à la carte scolaire ou, si rien n’y fait, déménager. Ce sont ceux sans recours ni moyens, comme ce pizzaiolo qui baisse les rideaux parce qu’on lui enjoint de ne plus vendre que du Coca arabe. Ou Malika, une Marocaine vivant là depuis 1987 et qui regrette avec amertume la liberté vestimentaire disparue de sa jeunesse. Mais ce n’est pas forcément dans la nature de l’Islam de devenir ainsi un rouleau compresseur civilisationnel. La religion agressive n’est pas un archaïsme, une survivance ancestrale qui renaîtrait de ses cendres au beau milieu de Paris. Au contraire, c’est une production moderne, made in France, qui sert d’exutoire à ce qui ne va pas chez nous pour trop de gens depuis trop longtemps. Pour certains, c’est la seule issue quand l’ascenseur social est cassé. Je me souviens du père algérien de Massiwan, un camarade de classe de notre fils. Cet homme est l’archétype de l’immigré modèle: poli, travailleur, toujours en costume-cravate… Il inscrit son fils à toutes les activités gratuites de la mairie. Il surveille ses devoirs, l’empêche de trainer avec les racailles. Or, que me dit-il quand je le croise un jour: “Quand mon fils me regarde, il voit quoi? Un père qui a ‘bien travaillé’ toute sa vie et qui ne peut même pas lui offrir un ballon de foot! La vérité, il a honte de ses parents… Vous voyez, je ne sais pas où tout cela va nous emmener”. Parfois cela mène à l’islamisme de la deuxième génération, à force de frustration et de rage.

Alain Finkielkraut (dont le père avait son atelier rue Jean-Pierre Timbaud) aime à citer cette phrase de Charles Péguy, «le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit». Diriez-vous que vous vous êtes volontairement aveuglée?

Oui, tout à fait. J’avais tellement envie que ça marche! Je n’ai jamais eu peur de perdre mon identité en m’ouvrant aux autres. Les couleurs de peau et les religions m’importent peu. J’apprécie les gens pour ce qu’ils sont et, si leur fréquentation devait me changer, pourquoi pas! Personne n’a une identité dans sa poche, comme un passeport, une fois pour toutes. Mais j’ai mis du temps à m’avouer qu’il n’en allait pas ainsi pour tout le monde, que la tolérance n’était pas le bien le mieux partagé dans notre quartier et, de ce fait, que la convivialité n’y était pas au rendez-vous. Par exemple, mon fils et ses camarades ne sont jamais partis en voyage avec leur classe, en sept ans, parce qu’une majorité des parents musulmans ne voulaient pas que leurs filles voyagent avec les garçons. J’ai râlé intérieurement mais je n’ai rien fait, par peur de passer pour «réac» sinon islamophobe. Je racontais cette anecdote il y a quelques jours à une institutrice qui m’a dit: “Nous avons eu le même problème dans mon établissement, et nous l’avons résolu en négociant avec les parents des filles un compromis: deux mères musulmanes pratiquantes, voilées, ont chaperonné le voyage. Au moins, les enfants n’ont pas été pénalisés.” C’est un pis-aller, certainement pas une solution idéale mais au moins, cela a donné une chance aux enfants d’apprendre à «vivre ensemble» pendant une semaine.

Vos parents dans votre livre montrent une grande ouverture dans les gestes et un discours «réac» dans les mots. Diriez-vous qu’une partie de la génération qui a suivi a fait l’inverse: de grands discours mais peu de choses dans les actes? Quel rôle a joué, selon vous, l’antiracisme et la victimisation de «l’Autre» dans ce refus de voir la réalité?

Ce serait sans doute trop abusif de mettre dans le même sac toute une génération, celle de mes parents ou la mienne. Il y a toujours eu des «réacs» à la fois dans leurs mots et dans leurs gestes, et d’autres qui ne l’étaient pas. Mais il est vrai que ma génération a biberonné le rejet du «franchouillard» et, par opposition, l’éloge du métissage. À tel point que, jusqu’à très récemment, la Marseillaise et le drapeau français avaient de facto été abandonnés au Front national. En même temps, moi sans doute plus que mes parents, j’ai fermé les yeux sur le fait que le dogme religieux, l’infériorité supposée des femmes, l’homophobie ou le chauvinisme national faisaient partie de la culture de bien des immigrés. Ma génération a transformé en une relique intouchable «la culture de l’Autre» alors que la nôtre devait être librement négociable! J’ai mis du temps à me demander pourquoi un Camerounais raciste ou macho devrait être moins critiquable qu’un Français «de souche» soutenant le FN. Dans ce monde courbe où nous prenons nos désirs pour des réalités, on passe avec un sourire gêné sur le racisme ou la misogynie d’un immigré alors qu’on n’a pas de mots assez durs pour le moindre beauf bien de chez nous. Le problème n’est pas que nous ne soyons pas tous d’accord sur les maux qui rongent notre société. Au contraire, ce serait étonnant voire malsain. Mais qu’on ne soit pas d’accord avec soi-même, qu’on refuse de voir ce à quoi on ne veut pas croire, c’est vraiment problématique. Mon livre dit à chaque page que la «petite» vie quotidienne nous livre une somme de vérités qui valent plus que «la» vérité détachée de notre vécu, celle qu’on porte en bandoulière comme une amulette politique, son fétiche de «bien- pensant».

Votre fils se désole à un moment que ses camarades de classe «se prennent tous pour leur origine». Comment articuler les racines familiales et culturelles (l’homme n’est pas un voyageur sans bagage) et les ailes de l’universalisme?

On comprend immédiatement ce qu’il a voulu dire mais ce n’est pas si facile de mettre le doigt dessus. Il me semble qu’il pointait la fuite en retraite identitaire de ses camarades de classe. Vous avez évidemment raison, nous partons tous dans la vie avec un «bagage» familial, social, religieux, national, etc. D’ailleurs, précisément pour cette raison, les immigrés ne sont pas toujours un «cadeau» pour les pays où ils s’installent puisqu’ils fuient des lieux où ce «bagage» pose problème d’une façon ou d’une autre. En même temps, ils sont des pionniers prêts à recommencer à zéro, à se réinventer dans un contexte différent. Seulement, si les conditions se prêtent si peu à faire du neuf à partir du vieux que même la deuxième génération ne se sent pas chez elle dans le pays où elle est née, le parcours des parents «en direction de la France» est pour ainsi dire anéanti, il ne compte pour rien. Les copains de Max, en l’occurrence tous nés à Belleville, se réfugient dans un ailleurs imaginaire, leur «origine», un pays où ils n’ont souvent jamais mis les pieds, une langue et une culture qu’ils ne connaissent pas forcément. Ils se prennent pour leur origine à défaut de se sentir acceptés tels qu’ils sont là où ils sont.

Vos enfants vivent-ils à Paris?

Non, ils étudient tous les deux aux Etats-Unis. Leur identité a changé de la façon que je viens de décrire: ils sont maintenant à la fois français et américains, pas seulement du fait de leur double nationalité ou de leur bilinguisme mais de cœur et d’esprit. Leur parcours américain les a changés à bien des égards mais il y a toujours un petit Bellevillois qui sommeille en eux, comme chez leurs anciens copains à Paris qui s’identifient comme «BLV» sur les réseaux sociaux. Mais le vieux et le neuf posent moins de problèmes pour nos enfants aux États-Unis. Leur «francitude» ne vient pas nier leur «américanité» ou s’y opposer comme un paradis perdu. En plus de leurs études, ils se sont inscrits à la fac de français «pour rester dans le bain». Personne ne leur reproche leur origine, ne leur demande de choisir entre deux identités qui ne font qu’une chez eux. Ils seraient bien en peine de le faire. Depuis l’Ohio où il est maintenant, mon fils continue de soutenir le PSG!

Quelles sont les réactions de vos amis qui vivent dans cette rue depuis la sortie de votre livre?

Les réactions sont aussi diverses que la rue mais, très largement, positives. Ceux qui apparaissent dans le récit sont contents que leur témoignage se trouve maintenant sur la place publique. À tort ou à raison, ils avaient l’impression d’être invisibles. D’autres m’écrivent ou m’interpellent pour ajouter leur grain de sel, dans un sens ou dans l’autre. Bien entendu, ceux qui ne se reconnaissent pas dans mon récit m’accusent d’avoir caricaturé leur quotidien. Sur les réseaux sociaux, quelques rares personnes disent que «je délire»: pour moi, ceux-là ne voient pas ce qui se passe dans leur rue parce qu’ils «coexistent» avec ceux qui ne leur ressemblent pas, mais ne partagent avec eux aucune forme de convivialité. Autant dire qu’on est dans les jeux de miroirs habituels des perceptions individuelles. Cependant, quand vous travaillez sur vingt ans, quand vous avez vécu sur place et interrogé beaucoup de gens pour croiser les regards, il n’est pas facile de vous reprocher, sérieusement, d’avoir inventé une réalité.

Voir de plus:

Géraldine Smith : retour à Belleville
Contreligne
juillet 2016

Dans son livre Rue Jean-Pierre Timbaud paru au printemps 2016, Géraldine Smith raconte une vie de famille dans un quartier de Paris qui, par la confrontation de populations très différentes, « bobos et barbus » comme dit son sous-titre, nous semble révélateur d’une certaine France d’aujourd’hui.  La forme de son récit est par ailleurs très intéressante :  sans prétentions sociologiques ou politiques, elle part de ses souvenirs, parents et enfants dans les écoles, amitiés, antipathies, espaces publics et privés….toute la politique de la vie quotidienne. 

Il semble que les débats qui ont suivi la publication de Rue Jean-Pierre Timbaud  aient parfois eu du mal à rendre compte de tant de complexités, et c’est pour cela que nous avons voulu poser à Géraldine Smith, qui réside maintenant aux Etats-Unis, ces quelques questions provoquées par un livre perspicace, courageux, original.   Ndlr —————–

Propos recueillis pour Contreligne par Alice Kaplan

Alice Kaplan – Pourquoi cette envie d’écrire sur ce sujet, et sur le mode autobiographique ?

Géraldine Smith – A l’origine de ce projet, il y a mon incompréhension et ma déception face à un échec personnel. En 1995, quand commence le récit, je suis journaliste, spécialiste de l’Afrique où j’ai vécu plusieurs années. Stephen, mon mari américain, qui est également journaliste, a longtemps vécu au sud du Sahara et continue alors de couvrir l’Afrique depuis Paris. Il est à l’époque le responsable des pages Afrique de Libération, un quotidien de gauche. Quand nous nous installons en famille dans un petit coin de Belleville populaire et très mélangé, socialement et ethniquement, nous sommes convaincus d’avoir trouvé un lieu qui nous ressemble. Rue Jean-Pierre Timbaud, en face de l’ancien siège du syndicat de la métallurgie, l’école catholique est mitoyenne d’une mosquée et d’un centre juif pour enfants handicapés. Ce télescopage me fascine. Il me semble refléter l’image d’une France que j’appelle de mes vœux. Or, dix ans plus tard, je quitte le quartier sans regrets. Plusieurs de nos amis, comme nous désabusés, déménagent aussi. Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? C’est le sujet de mon livre.

J’ai commencé à l’écrire comme un reportage. Mais je me suis rendue compte que l’exposé des faits, sans implication, ne traduisait ni mes émotions, ni mes erreurs. Plus grave, deux ex machina de mon histoire, j’avais tendance à réinterpréter les événement avec le bénéfice du recul. Le résultat était une narration « édifiante » là où je voulais traquer mon malaise. J’ai alors décidé – ça m’a coûté ! – d’écrire comme « la mère de famille » que j’étais aussi, c’est-à-dire au raz du quotidien, dans mon corps-à-corps avec une réalité souvent frustrante, rarement glorieuse. Décrire ma colère après un goûter d’anniversaire qui tourne au fiasco, mon impuissance face à un père de famille algérien au chômage qui désespère de « sauver ses enfants de la racaille », c’est ma façon de dire – j’y vais tout droit – qu’il est plus facile de défendre l’ouverture totale des frontières lors d’un dîner dans le Ve arrondissement que de scolariser ses enfants dans un lycée public du XXe.

 

Votre connaissance de l’Afrique vous a-t-elle donné une sensibilité particulière à la vie quotidienne de la rue Jean-Pierre-Timbaud ?

Grâce à l’Afrique, il n’y avait aucun risque que je confonde l’islam et l’islamisme, un hijab et une burqa, un croyant et un djihadiste. J’étais aussi moins intimidée à l’idée de me faire taxer de raciste ou d’islamophobe. Au début des années 90, j’avais vécu à Dakar dans un studio que me louait un chef traditionnel Lébou, qui était musulman comme la quasi-totalité des Sénégalais. Ma pièce donnait sur sa cour intérieure, qui se remplissait de fidèles au rythme des appels du muezzin. Il m’invitait à boire le thé, nous nous entendions bien. Il est le premier à m’avoir parlé d’une « menace fondamentaliste » dans un pays pourtant pourtant dominé, sur le plan religieux, par les confréries soufies. Sous l’influence de prédicateurs étrangers officiant dans des mosquées souvent bâties avec des fonds saoudiens, le salafisme se développait à cette époque au Sénégal. On voyait au marché les premières femmes portant le voile intégral, des prêcheurs commençaient à s’en prendre à un soufisme jugé trop mou. L’islamisme, l’instrumentalisation de la foi musulmane à des fins politiques, est un problème en Afrique comme à Paris.

J’ajoute qu’il est plus facile de comprendre que l’intégration n’est pas un lit de roses quand on est soi-même immigrée – immigrée de luxe, certes, mais immigrée quand même – comme c’est mon cas aux États-Unis. Je m’accroche comme d’autres à ma langue, ma culture, mes habitudes, mes préjugés… Au quotidien, je négocie pied à pied ce qui est « à prendre ou à laisser » dans les deux mondes que je dois réconcilier : ça va de la nourriture au respect dû aux parents en passant par la longueur des jupes… Je n’ai jamais laissé ma fille porter ces shorts ultra-courts et moulants qui sont pourtant la règle aux États-Unis. Mais, venant d’un pays laïque (allez expliquer ce que ça veut dire en cinq minutes !), j’ai pourtant accepté que dieu se glisse dans le contrat social tous les matins quand nos enfants prêtaient allégeance avant de commencer leur journée à l’école publique. Bref, on apprend à faire la part du feu au jour le jour.

J’aime beaucoup la formule de votre fils Max : « Papa, je ne sais pas ce qu’ils ont tout d’un coup : ils se prennent tous pour leur origine. » (p. 122) Là, il s’agit de disputes en classe autour du foot, du petit Kader qui se sent obligé de soutenir l’équipe marocaine et de se désolidariser du PSG. Voilà ce qu’on appelle, dans le contexte américain, « identity politics »… Je voudrais savoir si Max a connu la même situation depuis, aux Etats-Unis.  

Il a vécu une variation sur le même thème : quand nous nous sommes installés en Caroline du Nord, en 2007, il a découvert qu’on pouvait même revendiquer des origines très lointaines dans le temps. Le premier jour d’école, à la cantine, il y avait des tablées séparées d’enfants noirs, asiatiques, latinos et blancs. Il n’avait jamais connu ça à Belleville. Ne parlant pas bien l’anglais, vulnérable, il s’est assis chez les Noirs, qui l’ont accueilli plutôt sympathiquement. Plus tard, un copain noir lui a expliqué : « On t’aime bien. T’es pas Blanc, t’es Français ». Autant dire qu’il reste du chemin à faire… Aux États-Unis, l’assignation raciale prime sur tout. Plus qu’évidente, elle passe pour « naturelle » alors qu’elle est tout sauf cela. Il n’y pas de « Latino » en dehors des Etats-Unis, aucun rapport entre un Camerounais francophone et un Noir américain, beaucoup de Noirs américains seraient ailleurs vu comme Blancs et, summum de tout, les « Caucasiens » doivent leur nom à un professeur allemand au 18ème siècle, Johann Friedrich Blumenbach, qui a défini une « race » à partir d’un seul crâne qu’il trouvait merveilleux !

Certains amis de Max ou de Lily sont dans des clubs ouvertement “racialisés”, comme Men of Color ou Mixed Race Coalition. J’ai du mal à comprendre de tels choix, qui enferment l’individu dans un seul groupe, une seule facette de son identité. En France, une communauté fondée sur la couleur de la peau est a priori suspecte. Le Conseil représentatif des associations noires, créé en 2005, peine à exister. Les musulmans français sont très peu « communautarisés ». L’idéal républicain français prétend gommer toutes les différences au nom de la fraternité. Y parvient-il dans les faits ? Non, pas plus que le « rêve américain » n’assure l’égalité des chances aux États-Unis. Mais maintenant qu’on n’y croit plus, en France, cet idéal républicain d’assimilation passe pour un leurre, une « arnaque » dont le but réel viserait à faire de tous un « Français moyen » qu’on devine blanc, catholique, amateur de vin et de bonnes chères, vaguement grivois. Bien sûr, ça ne passe plus. Pourquoi serait-on moins « français » parce que l’on est noir ou musulman ? Que signifie « être français » ? Pour moi, en attendant de trouver mieux comme contrat social, est Français qui a la nationalité française. À mes yeux, il n’y ni « Français de souche » ni « Français issu de l’immigration ». Puisque la citoyenneté fait la différence entre eux, on est soit immigré soit Français étant entendu que le passage d’un statut à l’autre est balisé de droits et d’obligations s’imposant à tous.

La question de l’origine est différente de celle de la race, un concept qui n’a d’ailleurs aucun fondement scientifique. Aux Etats-Unis, on est fiers de ses origines italienne, irlandais, africaine… En France, dire d’un jeune né en France qu’il est Franco-Algérien ou Franco-Camerounais, c’est le stigmatiser, en faire un citoyen de seconde zone. Qui a raison ? Quand le jeune Kader, dans le livre, me dit qu’il est Franco-Marocain et fier de l’être parce que bien incapable de choisir entre les deux pays, je ne vois pas où est le problème. Il passe ses vacances au Maroc, il parle marocain, il appartient à deux nations et cultures, comme mes propres enfants qui sont franco-américains (et à qui personne n’intime l’ordre de choisir). En revanche, quand la maîtresse oblige Séverin à parler du Cameroun, où il n’a jamais mis les pieds, seulement parce qu’il est noir et son père un immigré camerounais, elle lui assigne une identité qui n’est pas la sienne.

Rue Jean-Pierre Timbaud, des populations différentes les unes des autres se confrontent dans la rue sans jamais vraiment se fréquenter. 

En fait, ils ne se confrontent pas, ils s’évitent. Rue Jean-Pierre Timbaud, bobos, barbus, Loubavitch, Polonais, Nord-Africains, artistes et dealers, jeunes et vieux se côtoient sans se rencontrer… Il y a même quelques personnes fortunées, dans des lofts discrets dans les arrière-cours. Mais les uns et les autres ne se connaissent pas, ou mal, il n’y guère de convivialité. Dans mon livre, Malika se fâche lorsque je lui vante mixité sociale de la rue telle que je la perçois au début. Là où un bobo voit un bar sympa, elle voit du bruit et le vomi qu’il faut enjamber sur les trottoirs le matin. Et cette mosquée « qui ne gêne personne », elle la voit comme le lieu qui aspire son fils aîné dans un vortex de radicalisation. Les bobos ont leurs restaurants, leurs boutiques, leurs boulangeries, leurs dérogations à la carte scolaire. Dans le fond, ce qui me dérange, ce n’est pas leur mode de vie, qui est en partie le mien. Ce qui me gêne, c’est que la tolérance est devenue le masque de l’indifférence que portent les uns aux autres. On se prétend ouvert mais, en réalité, on se recroqueville dans son alvéole, quitte à abandonner la place publique aux islamistes, les seuls à avoir encore un projet collectif.

On découvre, dans votre livre, une géographie parisienne fortement ségréguée.  Beaucoup de camarades de classe de vos enfants, et même leurs parents, n’ont jamais traversé la Seine : l’excursion au jardin du Luxembourg se déroule comme une visite dans un autre pays.  

Je crains qu’il y ait dans beaucoup de capitales du monde de telles frontières invisibles. À Paris, historiquement, les quartiers  de la rive gauche et à l’Ouest ont été urbanisés le plus tardivement et certains villages, comme Monceau, n’ont été annexés que dans la seconde moitié du 19ème siècle. Plus récemment, la fréquentation de l’espace public a évolué avec l’apparition du RER, le métro de la grande banlieue : les Champs-Elysées, en haut desquels se trouve la station Charles de Gaulle, ou le Forum des Halles, ont ainsi été abandonnés par les « vrais » Parisiens aux « gens des cités », en plus des touristes. Tout cela pour dire qu’en effet, on ne croise pas beaucoup d’ouvriers boulevard Saint-Germain, ni de Noirs dans les jardins du Luxembourg. Que les enfants – nés à Paris – du boulanger de Ménilmontant ne soient jamais montés dans la tour Eiffel, ou que l’un de mes amis d’une grande famille bourgeoise n’ait jamais « passé le périph’» en dit effectivement long sur le cloisonnement social. C’est aussi une question de moyens : au café de Flore, le « petit noir » est à 4,60 euros, alors qu’on boit son expresso pour moins de 2 euros à Belleville.

La scène du « convoi vers la rive gauche » est l’un des moments forts de votre livre.  Arrivant au Théâtre des Marionnettes, on sent le doux souffle de l’universalisme : tous les enfants sont impliqués comme spectateurs.  Puis Djed déconne, sa mère hurle. Et le gardien du parc lance, « On n’est pas au souk ici. »  Vous avez alors honte de lui dans « votre » jardin du Luxembourg. Nous, lecteurs, sommes gênés par votre honte, puis nous y identifions.   Vous dites que la reconnaissance de son propre racisme peut être une aubaine, pourrait nous avancer. Reconnaître son propre racisme, son propre sexisme, comment cela marcherait-il ? 

Il ne s’agit pas de racisme. Ce jour là, j’ai honte, l’espace de quelques instants, d’être avec une femme qui hurle en arabe dans les jardins du Luxembourg. Puis, j’ai honte d’avoir honte d’elle et de son enfant. Cela ne fait pas de moi une raciste. Dans le fond, ce qui me gêne à ce moment là, ce n’est pas de me promener dans Paris avec une femme voilée (je viens de passer la journée avec elle), ce qui me gêne c’est qu’elle hurle dans un espace public dont je connais et partage les codes : au Luxembourg, on ne hurle pas… Si elle avait hurlé au Parc de Belleville, je n’y aurai même pas prêté attention. J’ai donc une réaction qui traduit notre différence sociale : ce n’est guère mieux, mais cela n’a rien à voir avec du racisme. Je lui en veux mais pas pour son origine. Je lui en veux parce qu’elle vient de faire éclater ma bulle de rêve. Je m’étais grisé de cette belle journée, des rires devant Guignol, j’avais regardé les gamins et je m’y étais cru, dans cette France cosmopolite de toutes les couleurs. Or, l’incident entre le gardien et la mère de Djed me ramène à la réalité. L’atterrissage est brutal.

Je n’exclue pas avoir eu, en d’autres circonstances, un premier réflexe raciste. Par exemple, un Chinois crache dans le métro et je pense in petto: « Y’en a marre de tous ces Chinois qui crachent partout ! ». À mon avis, si l’on veut surmonter le racisme, il faut cesser de le présenter comme un sentiment extraterrestre, quelque chose qui n’arrive qu’aux autres. C’est pour cela que je rapporte dans le livre l’anecdote de Nelson Mandela qui, à peine sorti de 27 ans de prison, monte dans un avion, se rend compte que le pilote est noir et, par réflexe, se dit : « pas de chance ! ». Mandela en parle dans son autobiographie pour mettre en exergue la « banalité du mal », comme dirait Hannah Arendt. Si on avait tous ce courage, on pourrait accomplir un travail collectif pour aller à rebours de nos préjugés. On ne vaincra pas le racisme en mettant des procureurs généraux à tous les coins de rue, ou par auto-flagellation.

Qu’est-ce que l’aspect autobiographique par lequel vous avez abordé votre sujet vous a permis de voir ou de faire que les spécialistes de l’islam comme Gilles Kepel ou Olivier Roy ne voient pas ? 

J’apprécie et Gilles Kepel et Olivier Roy, je les lis depuis mes années d’étudiante en sciences politiques. Ils ont chacun leur grille de lecture et enrichissent notre compréhension de l’islam en France. Ils en ont fait leur métier. Moi, non. Je chronique mon expérience quotidienne de mère et de femme sur vingt ans dans une rue de Paris, quelques centaines de mètres. Bien sûr, je pense que mes observations peuvent recouper d’autres réalités ailleurs en France. Mais je ne sors pas de mon « terrain ». Je laisse aux lecteurs le soin d’établir des parallèles ou de relever des contradictions, en un mot : de faire le travail de la généralisation, là où cela a un sens.  Pour le meilleur et pour le pire, je les invite à partager mon vécu – et non pas une analyse. Je n’ai pas de magistère mais la liberté d’exprimer ma subjectivité. On s’y retrouve ou pas, dans les deux cas, mon récit ouvre un débat qui est différent du débat habituel autour du « malaise social » en France. Je donne à ce malaise une adresse postale, le visage de quelques dizaines de témoins, un cadre et des circonstances précis. Cela change la conversation.

Que dire de la réception de votre livre ? Comment la jugez-vous ?  Sentiez-vous de la réticence de la part des journalistes ou, au contraire, de l’intérêt ?

Des comptes rendus positifs et des interviews sont parues dans la presse de gauche comme de droite, du Figaro au Monde, de Marianne aux Inrockuptibles. On m’avait prédit le pire, que je devais me préparer à être violemment prise à partie mais rien de cela n’est arrivé. Cependant, une rencontre-débat dans une librairie près de la rue Jean-Pierre Timbaud a été annulée à a suite de menaces émanant d’abord de bobos, puis d’islamistes. Et les réactions des internautes sous les recensions ou les interviews sont souvent violentes. A droite, pour certains, je suis une « bobo repentie qui s’aveugle encore ». On devine que les gens qui « commentent » n’ont pas lu le livre, mais y trouvent quand même la preuve, s’il leur en fallait une, que l’islam est incompatible avec la France. A gauche, pour d’autres, je raconte n’importe quoi en « faisant passer le quartier pour une no-go zone alors que tout y est si cool ». Mais, dans l’ensemble, je suis agréablement surprise par l’espace qui est désormais ouvert en France pour débattre sans ambages de notre « vivre ensemble » en panne.

J’ai le sentiment que la France est plus mélangée que les États-Unis.  Notre mouvement américain des droits civiques déclenché dans les années 60 a-t-il échoué ?

Je n’ai pas d’expertise pour juger du succès du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis mais, s’il visait l’émancipation plutôt que le « mélange », une notion assez confuse, un bon bout de chemin a été accompli. En l’absence de statistiques ethniques officielles, qui sont interdites en France, la comparaison entre les deux pays est difficile.

À vue de nez,  il me semble effectivement que les villes françaises demeurent, malgré une communautarisation tardive mais croissante, plus mélangées, ethniquement et socialement, que les villes américaines. En revanche, les minorités sont bien plus visibles en Amérique qu’en France (un incontestable acquis de la lutte pour les droits civiques). Pour ne citer que cet exemple, on comptabilise 10 députés « issus de la diversité » sur 577 élus au parlement français. On est loin d’un « caucus » de poids !

A lire

Rue Jean-Pierre-Timbaud. Une vie de famille entre barbus et bobos, de Géraldine Smith. Stock, 194 pages, 18,50 euros.

Voir par ailleurs:

Europe

Why the French Ban the Veil
The secular republic debates how best to contain and suppress the Islamist movement
Paul Berman
Tablet
August 29, 2016

You may have noticed that Cannes, Nice, and a dozen other beach towns in France have just now adopted regulations banning the Islamic “burkini,” or full-body female swimsuit, from their beaches. And, as a result, we are right now undergoing a new outbreak of the by-now traditional and even folkloric American consternation over France and its antipathy to certain kinds of Islamic attire—the American consternation that, for a dozen years now, has rested on a single unchanging and unexamined assumption, as if nothing has changed during all these years, and no new information has emerged.

The assumption is that France wants to regulate Islamic attire because the French are fundamentally biased against their Muslim minority. The French are frightened of the “Other.” They are unrepentant in their imperialist and colonialist hatreds for the peoples of North Africa. They are, in short, hopelessly racist. Worse: The French left is just as bad as the French right in these regards, and the Socialist Party, as exemplified lately by the prime minister, Manuel Valls, is especially bad.

And yet, the American interpretation acknowledges a complicating point, which is this: The French, who are hopelessly racist, do not appear to believe they are hopelessly racist. On the contrary, they have talked themselves into the belief that, in setting out to regulate Islamic attire, they are acting in exceptionally high-minded ways—indeed, are acting in accordance with a principle so grand and lofty that French people alone are capable of understanding it.

This principle is a French absurdity that, in its loftiness, cannot even be stated in down-to-earth English, but can only be expressed with an incomprehensible, untranslatable and unpronounceable French locution, which is laïcité. Over the years, the word laïcité has figured repeatedly in the American commentaries. The French, we are told, invoke this word to defend their unjustifiable and racist persecutions. And yet, like all words that are untranslatable and incomprehensible, laïcité turns out merely to be a cover. It is a ten-dollar word employed to justify France’s fear of the “Other”; France’s zeal for maintaining the racial superiority of the non-Muslim French; France’s enduring imperialist and colonialist hatred for native peoples; France’s obsession with telling women what to do; and generally France’s urge to be parochial, petty, ultraconservative, and intolerant.

So argue the American commentators. I invite you to look up a dozen years’ worth of reports and judgments to see for yourself. Now, the American commentaries are, to be sure, not wrong in every instance. But they are wrong fundamentally, and the ways in which they are wrong seem never to diminish or vary or to yield to new information—which ought to alert us to their folkloric quality—namely, their origin in a folk belief about America. This is the belief that America is the home of the free, and France is not, and any desire to arrange things differently from how we Americans do can only be an aggression against common sense.

***

In reality, the Islamic veil has a history in France. The North African immigrants who began arriving in France after World War II and especially in the 1960s were not fundamentalists, and they were not Islamists, and they did not normally dress in ostentatiously Islamic clothes. In the 1980s, the Islamist movement began to prosper in North Africa, however, and, after a while, a few imams with Islamist affiliations made their way to the French immigrant suburbs and housing projects. The Islamists recruited disciples. And they set about constructing their dreamed-of Quranic community as best they could—their proposed return to an imaginary 7th-century Medina, their effort to keep women out of sight or under wraps, their theory of a supernaturally evil Jewish conspiracy, and everything else. And the first step in their program was, of course, to impose the Islamist dress code on women. This meant obliging women to dress in a style that is indigenous to the Arabian peninsula, though not to North Africa—in clothing that is designed to conceal the female form and face, which the Islamists describe as authentically Islamic.

The French controversy over the veil—which, in the French debate, has meant the Islamic headscarf or hijab, too—got underway not with the arrival of the Muslim immigrants, but with the arrival of the Islamists. This was in 1989. Schoolgirls in the town of Creil, outside Paris, began to insist on their right to wear the Islamic veil in school. This was unprecedented, and the school authorities forbade it. The schoolgirls insisted, even so. And the question of how to interpret this dispute became, very quickly, a national debate in France, with plausible arguments on both sides.

To wit, pro-veil: Shouldn’t a woman and even a schoolgirl have the right to dress in accordance with her own religious conscience? Isn’t religious attire a matter of individual right and religious freedom? More: If Muslim schoolgirls are displaying fidelity to their own religion and its traditions, shouldn’t this be deemed an enrichment of the broader French culture? Shouldn’t the French welcome the arrival of a new kind of piety? And if, instead, the French refuse to welcome, shouldn’t their refusal be seen as the actual problem—not the pious immigrant schoolgirls, but the anti-immigrant bigots?

To which the anti-veil argument replied: No, the veil has been brought into the schools as a maneuver by a radical movement to impose its dress code. The veil is a proselytizing device, intended to intimidate the Muslim schoolgirls and to claim a zone of Islamist power within the school. And the dress code is the beginning of something larger, which is the Islamist campaign to impose a dangerous new political program on the public school curriculum in France. This is the campaign that has led students in the suburban immigrant schools to make a series of new demands—the demand that Rousseau and certain other writers no longer be taught; the demand that France’s national curriculum on WWII, with its emphasis on lessons of the Holocaust, be abandoned; the demand that France’s curricular interpretation of Middle Eastern history no longer be taught; the demand that co-ed gym classes no longer be held, and so forth. The wearing of veils in the schools, then—this is the beginning of a larger campaign to impose an Islamist worldview on the Muslim immigrants, and to force the rest of society to step aside and allow the Islamists to have their way. From this standpoint, opposition to the veil is a defense of the schools, and it is a defense of freedom and civilization in France, and it is not an anti-immigrant policy.

The French have engaged in a very vigorous and nuanced public debate over these matters. And yet, for some reason, in the reporting by American journalists and commentators, the nuances tend to disappear, and the dispute is almost always presented in its pro-veil version, as if it were an argument between individual religious freedom and anti-immigrant bigots, and not anything else. To report both sides of the dispute ought not to be so hard, however. The French government held formal hearings on these questions, with both sides represented. It was just that, once the hearings were over, the anti-veil side was deemed to have been more persuasive. Crucially influential were Muslim schoolgirls who, given the chance to speak, testified that, in the schools, Islamist proselytizers had become a menace to girls like themselves. And the National Assembly passed a law banning the Islamic veil, along with all “ostentatious” religious symbols, from the schools. The purpose of this law was not to suppress Islam. Students could continue to wear discreet symbols in school, according to the new law, and anything they wanted, outside of school. But ostentatious symbols were banned from the schools, in the hope of putting a damper on the Islamist proselytizing.

Naturally, the hearings and the passage of a law (about school dress) and then another law a few years later (about full-face veils in public) and the issuing of various regulations did not bring the argument to an end. That is because these controversies are, by nature, without any obvious resolution. On one side, in France, there is good reason for immigrants and their allies to complain about imperialist holdovers and larger bigotries in the culture, and reason to worry that anti-Islamist laws and regulations may spill over into an anti-immigrant campaign. And there has been no shortage of pious Muslim women willing to say that, in their own instance, they are not victims of the Islamists, and they wish to wear Islamic attire strictly for reasons of individual religious conscience, regardless of what anyone might say. These arguments are unanswerable.

Then again, the French public as a whole, ancestral Gauls and new arrivals alike, has had every reason to grow ever more frightened of the Islamist movement, which has grown over the years, until by now it has come to dominate the young generation in entire neighborhoods in the immigrant districts—which means the French as a whole have every reason to look for simple regulatory ways to discourage the movement, beginning with legislation against the Islamist dress code. This argument, too, is unanswerable. Here, then, is a debate that will not come to a close.

And yet, to read some of the American reporters and commentators, you would suppose that France has been consumed with these continuing quarrels, and that France’s Muslim population as a whole has been shuddering in resentment over the laws and regulations. But France has not been consumed, and the Muslims as a whole have not been shuddering, even if some have been. The most controversial of the laws was the first one, banning ostentatious religious symbols in the schools—which led a good many people to predict that, once the law was put into effect, the French Muslims were going to react furiously. But only the Americans were furious. President Barack Obama himself denounced the law (in his Cairo speech of 2009). A great many French Muslims appear, on the other hand, to have accepted and approved the law. It was because Muslim parents do not want their children to be drawn into a reactionary medievalist religio-political cult. They want their daughters to grow up to be Muslim Frenchwomen with the rights and privileges of other Frenchwomen. If the Islamists and their dress code are suppressed in the schools, then, this can only be good.

But then, some commentators have always found it difficult to remember that Islamists are not the voice of authenticity for the Muslim immigrants in France. The Islamists are a threat to the immigrants, as well as to everyone else. And if the laws and regulations succeed in making life harder for the Islamist movement, the great mass of the French Muslims will be the first to benefit.

***

What about laïcité, then—this French concept that gets invoked in the debate, yet cannot even be expressed in English? In reality, laïcité is entirely translatable. It means secularism. There is no reason for English speakers to use the French word. And the concept is perfectly comprehensible. It is the Jeffersonian principle of a wall between church and state, in its French version. The Jeffersonian principle in America means that, regardless of what the churches may do or say, the American state will remain strictly nonreligious. The French version is the same. The public schools, for instance, must not become creatures of the churches—which, in our present situation, means the Islamist imams.

It is true that, in France, people take their secularism a little further than Americans tend to do, and this is partly on historical grounds. In America, we worry about freedom of religion, but in France, where everyone remembers the Catholic past and the religious wars, people worry about freedom from religion. They do not want to be tyrannized by theological fanatics. The Islamist movement is, from this point of view, all too familiar to the French—one more clericalist current that wishes to imposes its theological doctrines on everyone else. And, in the face of the Islamist fanaticism, the French are grateful for their secularist traditions and laws.

Then again, the French take their secularism a little further than we Americans do also because they are willing to grant government a larger administrative role than Americans tend to do. Americans are allergic to government regulation, or pretend to be, but the French do not even pretend to be. I realize that a great many Americans believe that, as a result of the French willingness to accept government regulation, France has become an impoverished Communist despotism. But have you been to France? Perhaps it is true that labor regulations have lately become an obstacle to high employment. Even so, France is, in many respects, a better-run country than the United States. And the French naturally look to the government to apply secularist principles even in areas of life that Americans might regard as outside the zone of government, local or national. The permissibility of religious attire, for instance. And the French see something attractive in their government regulations.

Republican secularism is not, after all, merely a negative concept, useful for fending off religious fanatics. Republican secularism is a positive principle. It offers something to the individual. This is citizenship. In its French version, republican secularism says to every individual: The “rights of man and the citizen” are your own rights, regardless of what some church might say. The aspirations of the French Republic are open to you, as well as to everyone. These are the aspirations of the French Revolution. You have access to political freedom and a modern education and a modern culture and an advanced welfare state. At least, you ought to have access, and, if you find that you do not, you have a right to march in the streets and to vote for the political party that speaks for you. You have a right to be a Muslim, or to adhere to any other religion, or to none, and this right is yours precisely because, as a citizen of France, you enjoy rights on the broadest of scales. The French republican idea, with its secularism—this idea is, in short, grander than anything the Islamists can offer. The Islamist ideal is an ugly and deceptive promise. It is a self-oppression. But the French republican ideal is a liberation—at least, in principle.

The entirely comprehensible and translatable laïcité, which is the secular republican ideal: This is what most French people want—even if some French people are bigots. The secular republican ideal is what most French Muslims want—even if some French Muslims have been seduced by the Islamist manias and hatreds. This is what the immigrants from North Africa came to France in hope of finding. The debate over how best to contain and suppress the Islamist movement has taken place within the framework of that idea. It has been a good debate.

Is it too much to expect the American commentary on France to show a little more respect for how seriously that debate has been conducted? Alas, it is too much to expect. In France, there is an ancient and curious habit of mindless and self-flattering anti-Americanism, and in America, there is an ancient and curious and equivalent habit of sneering mindlessly at the French. This is the American habit that, for a dozen years now, has led the American commentators to see in France’s republican secularism a racist attack on individual freedom, instead of an antiracist defense of individual freedom.

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Voir aussi:

France’s identity politics
Ill-suited
As its presidential race kicks off, France argues over burkinis
The Economist
Sep 3rd 2016

THIS week France came back from the beach for la rentrée, the return to school and work after the August holiday. The summer had been far from restful. It began with two terrorist attacks in Nice and Normandy, followed by a weeks-long political fixation with the “burkini”, a cross between a burqa and a swimsuit, which dozens of mayors of seaside resorts tried to ban from their beaches. The resurgence of identity politics in France, at a time of heightened tension over Islam and security, now looks likely to frame next year’s presidential election.

The row over the burkini will probably abate as the beaches empty. On August 26th France’s highest administrative court suspended a ban imposed in the Mediterranean resort of Villeneuve-Loubet after it was challenged by human-rights groups. The court ruled that the mayor had not proved any risk to public order, and that the ban constituted a “manifestly illegal” infringement of “fundamental liberties”.

Had France not been under a state of emergency, the matter might not have flared up as it did. But the French are hyper-sensitive to signs of overt Muslim religiosity. Politicians, roused from their holiday hide-outs, seized on the burkini row—and not just on the right. Manuel Valls, the Socialist prime minister, called the burkini an “enslavement” of women, and claimed it was part of a political project to impose Islamist rules on France. He noted that Marianne, a female figure symbolising the French nation, is classically depicted bare-breasted. The implication seemed to be that women in burkinis are un-French, while true French women go topless.

France has a long history of trying to keep religion out of public life. A law of 1905 entrenched the principle of laïcité, or strict secularism, after a struggle against authoritarian Catholicism. The country banned the headscarf and other “conspicuous” religious symbols from state schools in 2004, and the face-covering burqa from public places in 2010. Indeed, such laws enjoy broad cross-party support. Yet secular zeal at times overrides common sense, or sensitivity to France’s Muslim minority, estimated to form about 10% of the population. Unlike the burqa, which is banned from the beach, the burkini does not even cover the face. As Olivier Roy, a French scholar of Islam, points out, it also offers a certain modern liberty to Muslim women who otherwise might not swim. Hardline Islamists, he says, would not allow women to bathe in the first place.

The burkini frenzy sets the tone for an election season of culture wars over French identity. Nicolas Sarkozy, a former president vying for the nomination of the conservative Republican party, says he wants to ban the burkini altogether. So does Marine Le Pen, leader of the far-right National Front, who claims that the “soul of France” is at stake. Yet amid this feverish identity politics, some voices are trying to appeal for calm. One is Alain Juppé, a centre-right former prime minister and presidential hopeful. He backed the local burkini bans, but says national legislation would be provocative. Another, on the left, is Emmanuel Macron, who resigned on August 30th as economy minister.

Mr Macron’s departure had been widely expected. In April he launched a new political movement, En Marche! (“On the Move!”). Although he stopped short of declaring this week that he would run for president, that may be a matter of time. A former adviser to President François Hollande, Mr Macron is now an unambiguous rival to his Socialist former mentor, whose own chances of running for re-election dwindle by the day. The ex-minister is trying to build a platform of economic reform to resist populist nationalism.

Post-socialist international

On leaving his ministry, Mr Macron said that his government experience had taught him the limits of the current political system. He now hopes to redraw the partisan map, pulling in support from both left and right for a pro-European, centrist movement that embraces globally-minded progressive politics. This is a daunting challenge, not least because Mr Macron has never stood for election for any office before, is short of money and has little parliamentary support.

It also seems to cut against the national mood. After 18 months of barbaric terrorist attacks, France is leaning towards tightening restrictions on liberty, not loosening them. Freed from the constraints of the economics portfolio, Mr Macron will now be able to speak out on matters such as terrorism and religion. With the country so on edge, France could do with a dose of measured reflection.

Voir aussi:

France is right to ban the burkini

Gavin Mortimer

The Spectator

25 August 2016

May I interrupt, for a moment, the howls of anguish from those liberals in uproar at the news that authorities in France are banning burkinis on their beaches? I’d like to relate an incident that occurred earlier this month in France.

It involved my girlfriend, who was on her way from Paris to visit her grandmother in eastern France. An hour into her journey she pulled into a service station to fill up with petrol. On returning to her car she made a small sign of the cross as she slid into her seat. Navigating one’s way on a French motorway during the height of summer can be a fraught experience, particularly for the nervous driver. Suddenly there was a violent thump on her window. She jumped with fright. A man stooped so his face was level with hers. ‘Why do you make that sign?’ he asked, menacingly. ‘You don’t make the sign of the cross in France.’ The man then ran his eyes over my girlfriend’s summer dress. ‘And next time you go out,’ he sneered, ‘cover yourself up.’ She was still in shock when she phoned moments later. Did you get his number plate? I asked. She hadn’t, she’d been too bewildered. But she’d spotted the headscarved woman in the front passenger seat.

I have a fund of similar stories from female friends in France. There’s the one who was insulted by two women in headscarves while out jogging because she had on a pair of shorts; the friend who no longer travels on the Paris metro after a certain hour because, as a Muslim, she’s fed up with being insulted by men of her religion because she dares to wear a skirt and blouse; and the one who sold her baby’s car seat through an ad in the local paper. The man met her asking price but refused to shake the hand of a woman.

Then there are the cases outside my immediate milieu. On the first day of Ramadan this year a Muslim waitress in a Nice bar was assaulted by two men. ‘Shame on you for serving alcohol during Ramadan,’ one of them screamed, as he attacked her. ‘If I were God, I would have you hanged.’ Last year in Reims a young woman sunbathing in a public park was set upon by a gang of teenage girls. They objected to her bikini, reported the newspapers, although the town’s authorities insisted there was no ‘religious’ aspect to the attack. Few believed them.

That’s because such incidents are becoming more common across France. There was a spate of similar confrontations last summer in Lyon, prompting Jacqueline Costa-Lascoux, a director for the French National Centre for Scientific Research, the largest governmental research organisation in the country, to explain: ‘We’re seeing the emergence of a police of mores who are principally targeting young women on the issue of modesty.’

This important point is blithely ignored by naive liberal writers, particularly those in Britain, who have little understanding of the extent of extremism in France, where 100 of the country’s 2,5000 mosques are controlled by Salafists, the most puritanical Islamic ideology. The Salafists want all women covered, at all times, and the burkini is part of their strategy. It is a symbol of Islamic purity with a clear message: good Muslims wear the burkini, bad ones wear the bikini. Toleration of the burkini will only embolden France’s ‘police of mores’ in their campaign of coercion, a point emphasised by Nicolas Sarkozy in an interview to be published in Friday’s Le Figaro magazine. ‘Wearing a burkini is a political act, it’s militant, a provocation,’ said Sarkozy, styling himself as the uncompromising centre-right candidate ahead of next year’s Presidential elections. ‘If we do not put an end to this, there is a risk that in 10 years, young Muslim girls who do not want to wear the veil or burkini will be stigmatised and peer-pressured.’

The Guardian and the Telegraph are among several British papers to have run articles in recent days shrilly denouncing the ban. The headline in the former was glibly entitled ‘Five reasons to wear a burkini – and not just to annoy the French.’ Thursday’s Evening Standard draws a fatuous comparison between a burkini and a nun’s habit with the writer wondering why Sister Marie isn’t being forced ‘to shed the wimple’.

Many British media organisations have reproduced the series of photographs of policemen on a Nice beach ordering a woman to remove what appears to be a burkini. The pictures – which some believe were staged – have now gone viral and the reaction on social media has been one of predictable childish hysteria. Of course the French authorities don’t consider the burkini a terrorist threat but, as Sarkozy says, allowing it would ‘suggest France appears weak’. Engaged as they are in a bloody struggle with homegrown Islamists , France must stay strong in the ideological war against the Salafists.

One wonders how the twitterati would have reacted had they been in Corsica a fortnight ago when a large Muslim family arrived on a beach. While the women bathed – not in burkinis, as originally reported, but in full Islamic dress – the men set about protecting their modesty by ‘privatising the beach’. When a group of local teenagers refused to leave, they were viciously assaulted by three brothers.

Those Corsican youngsters were courageous in standing up to the swaggering threats of the Islamists, and similar bravery was shown earlier this year by a Muslim organisation called ‘Women Without Veils. Based in Aubervilliers, a suburb of Paris with a reputation for Islamic extremism,  ‘Women Without Veils’ published a statement on 8 March, International Women’s Day, entitled ‘The Veil; denier of liberty and equality’. In the statement they declared: ‘We refuse to wear the veil because it represents a symbolic violence visible in a public space… the Islamists are formalising the inequality of the sexes in the family and social context at the expense of the fundamental values of the Republic.’

These women have a deeper understanding of the Republic than people like Herve Lavisse, a leader in The League of Human Rights, who in condemning the burkini ban on Côte d’Azur beaches, said: ‘It is time for politicians in this region to calm their discriminatory ardour and defend the spirit of the Republic.’ In banning the burkini France is defending the secular spirit of the Republic, and Lavisse and his ilk would see that if only they took their heads out of the sand.

Voir également:

Meurtre de Magnanville : de l’état d’urgence à l’état de chaos
Alexis Théas
Le Figaro
14/06/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE – Un commandant de police et sa compagne ont été assassinés par un homme se revendiquant de l’Etat islamique. Le meurtre de policiers, pour le terroriste islamiste, revient à en finir avec le dernier vestige de l’autorité sur le territoire français, estime Alexis Théas.

Alexis Théas est juriste et universitaire.

Le meurtre d’un couple de policiers à son domicile à Magnanville le 13 juin par un terroriste islamiste, revendiqué par l’Etat islamique, Daech est un fait sans précédent historique dans la France contemporaine. Certes trois policiers ont été tués lors des attentats de janvier 2015, mais ils étaient en mission. Cette fois-ci, un palier supplémentaire dans l’atrocité a été franchi. Chez eux, en dehors du service, un homme et une femme ont été pris pour cible et massacrés en tant que policiers.

Cet assassinat est chargé de signification. Les policiers incarnent l’Etat, l’ordre public, la loi. Ils sont un symbole de la France traditionnelle. Dans une société en voie de décomposition, gagnée par une pagaille généralisée, la police incarne ce qui reste de l’ordre et de la discipline. Dans les zones de non droit gangrenées par le trafic de drogue, la violence aveugle, le communautarisme islamiste, le policier est le dernier gardien de la civilisation contre la barbarie. Tuer des policiers, pour le terroriste islamiste a une signification suprême: en finir avec le dernier vestige de l’autorité sur le territoire français. Le fait que le massacre du couple ait lieu à son domicile a un sens encore plus lourd. La guerre contre le monde occidental et la France est totale, sans concession, sans limites: tuer des personnes jusque dans le plus intime du foyer. La bataille a pour objectif le massacre pour le massacre. Elle est tournée vers une logique d’extermination.

Tuer des policiers, pour le terroriste islamiste a une signification suprême: en finir avec le dernier vestige de l’autorité sur le territoire français.
Mais la condition du policier français comme cible de la haine ne se limite pas au terrorisme islamiste. D’autres lui ont montré la voie… «A l’unisson, la foule chante: tout le monde déteste la police» rapporte un quotidien national le 5 avril dernier en compte-rendu d’une manifestation lycéenne. Chaque année, près de 8000 policiers et gendarmes sont blessés et une vingtaine tués. Les policiers, les gendarmes, parfois les militaires, sont en première ligne de toutes les expressions du chaos social et de la désintégration de l’autorité: violence des migrants clandestins du Calaisis et dans les squats, émeutes dirigées contre la loi «travail», à Paris comme en province, occupation de la place de la République par Nuit debout, violences lycéennes, déchaînement de hooliganisme à l’occasion de l’euro de football… A ces désordres ponctuels s’ajoute le chaos permanent des zones de non-droit et des cités sensibles: chaque année, près de 10% des policiers exerçant dans les départements les plus difficiles de la région parisienne sont blessés. Comment 120 000 policiers et un peu moins de gendarmes peuvent-ils tenir face à une telle exposition, un tel traitement? Tel est l’un des mystère de la France contemporaine.

A la suite des attentats de «Charlie», des manifestations de solidarité avec la police se sont exprimées. Elles apparaissent aujourd’hui éphémères et sans lendemain. Le problème fondamental de la police de France est qu’elle n’est pas soutenue dans sa mission de protection de la société contre la barbarie. Les policiers en service dans les cités sensibles vivent un calvaire quotidien que la société veut ignorer: insultes, crachats, menaces de viol contre les femme policières, violences physiques. Les médias ne parlent jamais de ce sujet. Le réflexe «de la France d’en haut», des élites médiatiques, conditionnées depuis mai 1968 à haïr l’Etat et l’autorité, est de présenter le policier en oppresseur et le trublion ou le délinquant en victime.

Les images de manifestants blessés dans l’activité de maintien de l’ordre public abondent dans les unes de la presse et des médias. En revanche, celles de policiers à terre sont soigneusement occultées.
Les images de manifestants blessés dans l’activité de maintien de l’ordre public abondent dans les unes de la presse et des médias. En revanche, celles de policiers à terre sont soigneusement occultées. On parle abondamment des bavures policières mais jamais du martyre que subissent les policiers. Dans les commissariats les plus exposés, les suicides de policiers ne sont pas rares. De même, la justice a fait le choix de banaliser la police en la traitant sur le même plan que les auteurs d’infraction. En cas de plainte d’un policier blessé, les juridictions le placent sur le même plan que leur agresseur dans le cdre d’un procès à égalité des parties, avec confrontation obligatoire. Le malaise de la police française vient de ce qu’elle ne se sent pas protégée par la justice.

Quant au pouvoir socialiste, obnubilé par sa posture de «gauche», et l’obsession de conserver ou reconquérir la sympathie des groupuscules gauchisants, il ne s’empresse pas d’apporter un soutien ferme et résolu à la police devenue le bouc-émissaire de la France du chaos. Policiers blessés ou tués, commissariats pris d’assaut et saccagés, voitures de police incendiées: la police porte aujourd’hui seule le poids du chaos français, dans un climat d’aveuglement et de déni généralisé. Le retour de l’autorité sur le territoire national et le respect de la police sera sans nul doute l’enjeu fondamental des élections de 2017. Pour l’instant, les politiques dans leur ensemble ne l’ont pas encore compris.

Voir aussi:

Le burkini, nouvel outil de l’offensive islamiste (1/2)

Analyse d’un projet de conquête

Jean-Claude Allard
est Général de division (2° S).
Causeur
02 septembre 2016

Sous les huées des associations de défense des droits de l’homme, les maires signataires des arrêtés anti-burkini ont montré que ce vêtement n’était pas seulement un attribut religieux ou une contrainte sociétale. Analyse d’un objet éminemment politique.

Dans la chaleur de l’été, quelques maires se sont lancés dans de multiples « batailles du burkini » qui se terminent par des défaites en rase campagne. Conclusion tactique inévitable lorsque l’on ne dispose pas de renforts pour manœuvrer. Ils attendaient Grouchy, ce fut le Conseil d’État1 Soudain, joyeux, il dit : « Grouchy ! » – C’était Blucher », Victor Hugo, Les Châtiments.]! Mais rien ne devrait être perdu car il y a plus de leçons à tirer d’une défaite que d’une victoire.

De quoi le burkini est-il le nom?

Le burkini, comme son nom le suggère, est une adaptation à la baignade des diverses tenues féminines portées par les musulmanes voulant donner une dimension visible à leur pratique religieuse. À cet effet, en 2004, sa créatrice, Aheda Zanetti, a demandé et obtenu la validation de ce concept vestimentaire par le grand mufti de Sydney, Taj-Eldin Hilali.  Le port du burkini parait donc lié à une pratique religieuse exigeant la dissimulation la plus complète possible du corps féminin qui semble remonter aux origines de l’Islam. Dans les Chroniques (Al-Sira)2, il est rapporté qu’après le mariage du Prophète avec Zaynab bint Jahsh, un verset fut révélé qui exigeait que les croyants ne parlent aux épouses du Prophète qu’à travers un voile (XXXIII-53), complété par un verset demandant aux femmes de « ramener sur elles leurs grands voiles » pour être « plus vite reconnues et éviter d’être offensées » (XXXIII-59). Il s’agit ici d’une mesure à portée sociétale.

Il y a donc une importante difficulté à concilier une république laïque qui voudrait confiner la religion à la sphère privée et une religion comme l’islam qui demande des manifestations physiques de piété quasi permanentes et donc nécessairement publiques : ici le costume, mais aussi les cinq prières quotidiennes (voir l’article 2 de la loi travail), le jeûne diurne pendant un mois ou les interdits alimentaires et qui se préoccupe de questions sociétales. Le projet de définition d’un « Islam de France » parait donc une gageure, et ce d’autant plus que la pratique des signes extérieurs se renforce. Il y eut en effet un « Islam de France », manifestement plus spirituel que gestuel, pratiqué par les premières générations de musulmans installés en France. Il disparait3, miné par les politiques conduites depuis le milieu des années 1970, qui ont abandonné toute idée d’assimilation qui pouvait aussi s’entendre de l’assimilation aux pratiques religieuses alors en vigueur.

Un objet politique

Isolés, les maires n’avaient aucune chance de réussite, mais ils ont le mérite d’avoir mis en évidence la lente mais profonde modification de notre société et d’avoir poussé les forces en présence à se manifester. Ils ont rencontré, contre toute attente (ou comme il fallait s’y attendre), l’opposition des associations de défense des droits de l’homme, de défense des droits des musulmans, des militantes féministes, des libres penseurs, d’une assez large partie de la classe politique, y compris au sein du gouvernement.

Les islamistes ont donc désormais une vision consolidée du théâtre d’opération français ouvert par l’esprit « Je suis Charlie » et un nouvel outil stratégique. Le vêtement n’est en effet pas seulement un attribut religieux ou une contrainte sociétale, il est aussi un objet politique et donc un outil stratégique.

Dans tous les pays musulmans au cours des siècles passés, les non croyants avaient un statut particulier (Dhimmi) qui comprenait de nombreuses obligations, notamment vestimentaires (y compris aux bains dans lesquels ils devaient porter un signe distinctif autour du cou) afin d’être bien identifiés comme non-musulman, individus sur lesquels les Musulmans avaient des passe-droits4 que chacun pouvait exercer à sa guise, y compris dans l’espace public. A contrario, dans l’impossibilité présente d’imposer un vêtement aux « mécréants » en France, burkini « religieux » et autres tenues peuvent avoir une utilisation stratégique pour marquer une appartenance politique et donc une force qui monte à laquelle les indécis pourront se rallier. N’oublions pas la promesse du Calife Ibrahim lorsqu’il a restauré la Califat en juin 2014 : « conquérir Cham, restaurer l’Oumma et s’emparer de Rome », afin de permettre aux musulmans de « marcher partout en maitres la tête haute ».

Logique de “caïdat”

Pour atteindre ces buts, les affichages vestimentaires ou comportementaux, tout comme, il faut bien l’avoir à l’esprit, les attentats ne sont pas les buts mais les moyens : exciter l’opinion et les politiques dans une direction pour consolider ailleurs des positions réellement stratégiques, c’est-à-dire indispensables au projet de conquête politique. Ainsi, il était surprenant de voir le soulagement des autorités lorsqu’elles ont pu déclarer que, à Sisco, « le burkini n’était pas en cause ». Ce qui est en cause à Sisco, est bien plus grave, c’est une occupation communautaire d’un espace public, une « logique de caïdat » selon le procureur qui résonne fortement avec la promesse du Calife.

Soulagement compréhensible mais coupable de la part d’un État qui a déjà abandonné des pans entiers de sa souveraineté sur son territoire même, acceptant les stratégies de « déni d’accès »5 opposées aux forces de l’ordre et aux services publics. Car ces territoires érigés en « caïdats » sont indispensables pour préparer les actions puis ensuite offrir un refuge aux terroristes. L’un de ces territoires n’a-t-il pas permis au terroriste le plus recherché d’Europe d’échapper aux policiers pendant quatre mois ? Mais ils sont surtout indispensables pour bâtir une « communauté », donc un groupe s’excluant volontairement du destin républicain commun. Une communauté soudée et tenue en main par des chefs politico-religieux distillant une idéologie conquérante et destinée à jouer un rôle politique. Le droit de vote des étrangers (non membres de l’UE pour qui il est acquis) aux élections municipales en projet fournira un excellent tremplin au projet politique qui, faut-il le rappeler, n’est pas le terrorisme mais la conquête.

à suivre…

  1. « Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire. Il avait l’offensive et presque la victoire ; […
  2. Mahmoud Hussein, Al-Sira, tome 2, p.373-374, collection Pluriel.
  3. Gilles Kepel, Terreur dans l’hexagone, Gallimard.
  4. Bernard Lewis, Islam, Quarto Gallimard, p. 472.
  5. Terme militaire employé ici à dessein car il s’agit de prémices d’actions militaires.

Voir également:

Le burkini, nouvel outil de l’offensive islamiste? (2/2)

Comment contrer ce projet de conquête

Jean-Claude Allard
est Général de division (2° S).

02 septembre 2016

Le Conseil d’Etat nous a fait perdre la première bataille du burkini. Mais la guerre n’est pas encore pliée. Pour peu que nous renouions avec nos valeurs émancipatrices, notamment à l’école, nous avons les moyens de vaincre les formes conquérantes de l’islam.

Que faire pour contrer l’offensive islamiste dont le burkini n’est que l’outil vestimentaire ?Reconquérir les cœurs perdus de la République

Cesser de consommer nos armées, nos forces de sécurité et notre justice pour faire appliquer des lois inapplicables et défendre tout et rien. Pour elles, l’urgence absolue est dans la reconquête des « territoires perdues de la République », dans le strict respect de « la ligne rouge des droits de l’homme » (Manuel Valls). Reconquête qui conduira de facto à la reconquête des « cœurs et des esprits » des personnes qui les habitent, trop longtemps laissées sous la domination des bandes de trafiquants, des « grands frères » et désormais des « frères musulmans » et affidés. Plus que du recul de l’État islamique en Irak/Syrie, c’est de l’avancée des idées islamistes en France qu’il faut se préoccuper. La « ligne rouge des droits de l’homme » doit être tracée autour de ceux qui les bafouent par les tueries, par les contraintes religieuses intégristes (contraintes qui s’exercent en premier et fort logiquement sur les musulmans ainsi canalisés dans leur pratique) et offrir à tous, la protection de la République : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne » (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 3).

 Le respect, ça s’inculque

Cesser de remanier au gré des changements de ministre (trois en quatre ans) organisations et méthodes de l’Education nationale pour se concentrer sur la transmission de savoirs et de savoirs-être. Avant d’être une question de religion, nous faisons face à un problème de multiplication et de normalisation des comportements agressifs à l’égard d’une République qui ne sait plus se faire respecter, y compris par des enfants et adolescents, pourtant simplement en recherche de repères. Ce vieux pays a pourtant un patrimoine immense dans lequel des millions d’immigrés s’étaient jusqu’à fondus et qu’ils ont contribué à valoriser. Pourquoi prétendre que les nouveaux arrivants ne pourraient pas s’y retrouver aussi et vouloir les raccrocher à leur passé alors qu’ils sont venus trouver un nouvel avenir en France ? Notre pays mérite-t-il tant de haine et les immigrants méritent-ils tant de mépris que l’on ne veuille pas partager avec eux notre fierté d’être Français et l’histoire qui a fait la grandeur de notre pays ?

Redonner vie à la liberté d’expression et à la pensée critique telles que nous les ont enseignées les penseurs des Lumières. Un corset législatif et moralisateur sclérose toute réflexion sur les problématiques actuelles. Il empêchera tout travail constructif sur l’islam de France voulu par le gouvernement, comme il empêche déjà toute appréciation de situation stratégique et la désignation claire de l’ennemi. Alors que nos armées se battent au Mali, en Syrie/Irak, sont déployées en armes sur le territoire national, que des Français meurent au cœur de notre capitale, ou le jour de notre fête nationale, un haut fonctionnaire n’a-t-il pas récemment dit craindre une « guerre civile ». Ne serions donc pas déjà en guerre pour défendre notre liberté ?

Sauve qui peut l’Etat

Faire évoluer les règles du droit international et du droit national pour prendre en compte les nouveaux acteurs perturbateurs. Élaborées après 1945, ces règles ne tiennent compte que de deux acteurs : les États et leurs citoyens et présupposent que les premiers sont des oppresseurs potentiels des seconds. Elles tétanisent donc les gouvernements dans leurs combats contre les entités transnationales (grand banditisme comme islamisme). Or, aujourd’hui, les citoyens se retournent vers les États pour demander une protection que ceux-ci ne savent, ne peuvent, voire ne veulent plus leur donner. Là est le grand malaise de l’Union européenne et de chacun de ses États membres. Et ce ne sont pas les projets de relance de l’UE par de nouvelles structures de  Défense qui y changeront quelque chose. La maladie de l’UE, et de la plupart de ses États membres, est d’abord la vacuité politique dans les fonctions régaliennes.

En conclusion, la priorité et l’urgence pour les pouvoirs publics n’est pas de légiférer sur les tenues vestimentaires. Qu’ils laissent les associations de défense des droits et les libres penseurs assumer leurs responsabilités morales et se préoccuper de ce qui n’est, pour l’instant, que discriminations manifestement visibles qu’imposent normes religieuses ou sociétales.

La responsabilité des pouvoirs publics est dans l’exercice de la souveraineté de l’État, et donc du peuple en son entier : « La France est une République indivisible » et non d’une communauté qui se créerait à l’instigation d’idéologues extrémistes : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. 1 La priorité et l’urgence est de faire respecter la Constitution sur tout le territoire national. Ne détournons pas les yeux : il est gravissime d’avoir les représentants de l’État voire les citoyens interdits d’accès ici ou là, il est anecdotique d’avoir des femmes en burkini sur la plage.

  1. Constitution de la République française, articles 1 et 3.

Voir encore:

Burkini : toujours des débats en France, pas à l’étranger
La Croix avec AFP

20/08/2016

Alors que plusieurs stations balnéaires du sud de la France ont pris de nouveaux arrêtés interdisant le burkini, suscitant une controverse dans le pays, le port de ce vêtement ne crée pas les mêmes polémiques dans les pays anglo-saxons.

Les communes balnéaires du sud-est de la France multiplient les arrêtés interdisant le burkini sur leurs plages, dont Nice et Fréjus, en attendant que la justice, saisie par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), se prononce lundi 20 août à Nice.

Les arrêtés d’interdiction, pris jusqu’à fin août ou mi-septembre selon les cas, sont semblables à celui qu’avait adopté la municipalité de Mandelieu-la-Napoule, la première à avoir édicté l’interdiction en 2013, renouvelée depuis.

À l’instar des autres municipalités, Nice a interdit, dans son arrêté du 18 août, l’accès aux plages publiques «à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité et respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades».

Dans les Alpes-Maritimes, 13 communes ont interdit, après Cannes le 27 juillet, le port de telles tenues de plage couvrant le corps et la tête des baigneuses, parmi lesquelles Menton, Cannes, Villeneuve-Loubet, Saint-Laurent-du-Var, Beaulieu-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Six femmes verbalisées

À Cannes, 6 femmes ont été verbalisées à ce jour – sur 12 contrôles effectués – pour s’être baignées vêtues d’un burkini ou de tenues intégrales.

Tandis que cinq communes du Var ( Le Lavandou, Cavalaire-sur-mer, Cogolin, Sainte-Maxime et Fréjus ) ont également pris un arrêté similaire, d’autres municipalités, ailleurs en France, comme Le Touquet et Oye-Plage (Pas-de-Calais), Sisco et Ghisonaccia (Haute-Corse), et Leucate (Aude) ont pris la même initiative.

Toutefois, les burkinis restent extrêmement rares sur les plages françaises. Sur la côte méditerranéenne, une minorité de femmes musulmanes demeurent voilées et couvertes sur la plage ou pendant la baignade.

Décision attendue lundi à Nice

Vendredi 20 août, le tribunal de Nice a examiné la demande de suspension de l’arrêté anti-burkini à Villeneuve-Loubet déposée par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) alors que le premier ministre Manuel Valls a apporté son soutien aux maires de droite ayant pris de tels arrêtés.

Pour l’avocat de la LDH, Me Patrice Spinosi, aucune des justifications avancées ne justifie une telle «atteinte» aux libertés fondamentales.

«Aujourd’hui, ce sont les plages, demain ce seront les rues», a lancé l’avocat, qui craint que cela n’aboutisse à «exacerber les tensions que ces arrêtés prétendent précisément atténuer».

Le tribunal rendra sa décision lundi. À deux reprises il a déjà rejeté, pour des vices de forme, les requêtes contre les arrêtés pris à Cannes et à Villeneuve Loubet.

« Absurdité française »

À l’étranger, l’interdiction du burkini sur certaines plages françaises a suscité une vague de critiques dans les pays anglo-saxons, qui perçoivent la mise à l’index de vêtements religieusement connotés comme un frein à l’intégration.

«Absurdité française», a lancé l’éditorialiste David Aaronovitch dans le quotidien The Times en estimant que de telles interdictions ne pouvaient qu’être l’œuvre d’«esprits tordus» et créer plus de problèmes.

Croiser au Royaume-Uni une femme intégralement voilée dans certaines villes ou quartiers à forte population musulmane n’est pas chose rare et ne déclenche pas les mêmes polémiques qu’en France.

Des musulmanes très critiques

Le sujet n’en intéresse pas moins les Britanniques et la plupart des médias ont consacré ces derniers jours reportages et éditoriaux à l’affaire du burkini français, la BBC en particulier livrant des témoignages très critiques de musulmanes.

Ce clivage entre Britanniques et Français s’explique par les différences culturelles entre les deux pays, entre politique d’assimilation à la française et multiculturalisme britannique, avance le Dr Sara Silvestri, de la City University de Londres.

«Ces deux modèles d’intégration sont en crise: ils ne sont plus appliqués ou compris de manière claire et chaque pays regarde ce que fait l’autre pour en tirer des leçons», note-t-elle.

Un durcissement à l’égard des migrants

Pour Patrick Simon, un expert de l’Institut national d’études démographiques français, «il y a une difficulté dans le modèle français d’intégration à concevoir la visibilité des pratiques culturelles et religieuses dans la vie sociale et en particulier dans l’espace public français».

Il note «un durcissement à l’égard des immigrants, particulièrement les musulmans, en France ces vingt dernières années».

«Tout ce qu’on dit sur le burkini et tout le reste conduit à penser que le problème vient de minorités et pas de l’organisation de la société française», estime-t-il, en soulignant également l’impact des récents attentats en France, qui «tend à favoriser l’idée que cette diversité peut être problématique et menace la cohésion nationale. Cette idée est devenue très forte dans l’opinion publique et est portée par beaucoup de forces politiques», relève-t-il.

Voir par ailleurs:

‘CITIZENS SUPPORT BEACH BAN’

Provocative French writer says ‘If you’re upset by burkini cop image, you’ve have been sucked in by Islamist propaganda

A different view on the pictures of a Muslim mum being forced to take her clothes off on a French beach

THEY are the pictures that whipped the world up into a righteous fury.

One shows a woman wrapped in a DIY burkini on a beach in Nice, France, surrounded and visibly interrogated by no fewer than four armed policemen.

The next shows the woman having to take off her tunic under the watchful eye of the cops, looming threateningly over her.

“Forced to strip”, went one headline, retweeted tens of thousands of times.

The chorus on social media was deafening. The poor woman only wanted a bit of sun and a swim, dressed as she pleased, and is subjected to this disgusting affront.

It has become a frequent collective howl, the outrage at secular France’s decision to ban burkinis on more than a dozen beaches to calm religious tension.

Yet the pictures also tell another story.

Most citizens support burkini ban

Look closer, especially at the photo taken BEFORE the police show up.

One shows the woman seemingly sleeping, alone, lying directly on the sand.

She has no book, no sun cream, no beach bag. Her clothes are not suited to swimming.

Another shows her sitting quietly, looking around, as if waiting for the police to come. Hoping for the police to come?

As one French Muslim journalist, Ahmed Meguini, tweeted under the picture: “It’s 35C! Off to the beach for a nap in the sun in my ski outfit, like, totally normally.”

The pictures — sold worldwide by an agency — are not credited. They are, however, professionally shot.

The photographer was there long before the incident.

A belief shared by many is that this “victim” and the snapper wanted the police to intervene — the photos are brilliant Islamist propaganda.

They will provoke and inflame, foster a resentful mindset among French Muslims and encourage the narrative of “victimisation” that cripples action on Islamic extremism

Among those furious at the pictures is the Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) — an activist outfit that has taken the French State to court in a series of high-profile cases.

Its attempts to have the burkini beach bans declared illegal have lost in local courts but yesterday, it won the right to make a case in front of the Council of State, France’s highest administrative court.

But the truth is that most French citizens at both ends of the political spectrum SUPPORT the bans.

This includes French Muslims, especially women.

They agree with Laurence Rossignol, France’s Socialist women’s minister, who suggested burkinis were designed to “hide women’s bodies in order better to control them”.

To liberal Muslims — still the majority in France, where the burka has been banned since 2010 — the burkini is the latest of encroaching advances made by the ultra-conservative Salafist Muslims.

Other demands include school meals to be halal and for municipal swimming pools to segregate boys and girls.

The French have been the victims of many acts of terrorism in recent years.

Burkinis serve as a painful reminder of an unwanted and extreme take on Islam.

Anne-Elisabeth Moutet is a writer and broadcaster.

Ban the burka, says majority of the British public

By a margin of more than two to one, the public wants to ban people from wearing the burka

Over the last few weeks France has been consumed by a heated debate on Islamic dress after the mayors of more than 30 seaside towns instituted a ban on burkinis at their beaches. The ban was later struck down by the country’s high court, but the debate has exposed significant cultural tensions in French society. Former president, and current presidential candidate, Nicholas Sarkozy promising to change the French constitution to ban burkinis should he be elected next year. Sarkozy instituted a ban on burkas and niqabs while he was in power.

Here in Britain, banning the burka is a topic of discussion in the UKIP leadership contest after candidate Lisa Duffy called for a ban on wearing them in public places. New research from YouGov suggests this would be a popular policy with a majority of the public (57%) supporting a ban on wearing the burka in the UK, whilst just 25% are against outlawing it.

Although proponents of a ban suggest it as a way of helping to promote women’s rights, the research shows that women are about as likely to support a ban as men (56% and 58% respectively). Support for a ban rises as people get older, with just 34% of 18-24 year older supporting the ban, rising to 78% of those aged 65 or older. Working class people are also more likely to support the ban than middle class people (61% vs 54%).

A burka ban is supported by 84% of all 2015 UKIP voters and 66% of Conservatives. Fewer than half of Labour (48%) and Lib Dem (42%) voters support the ban, but it is still a more popular choice than opposing the ban (37% and 30% respectively).

There are only two demographic groups that are more likely to oppose a ban than support it: 18-24 year olds and Remain voters. Even then the numbers are relatively closely – Remain voters are net opposed to the ban by just 3%, whilst 18-24 year olds are 6% net opposed to the ban.

Looking at attitudes to burkinis, again the UK is more in favour of banning them, although less strongly – 46% of people would support a burkini ban and 30% would oppose one.

Looking elsewhere, YouGov has found a similar level of support for a burka ban in Germany (62% supporting a ban and 27% opposing), whilst in the US a ban is strongly opposed, with 59% of people opposing the ban and just 27% supporting it. (Please note that the question asked in Germany and the US was different to the one asked in the UK survey).

Voir aussi:

5 facts about the Muslim population in Europe

Recent killings in Paris as well as the arrival of hundreds of thousands of mostly Muslim refugees in Europe have drawn renewed attention to the continent’s Muslim population. In many European countries, including France, Belgium, Germany, the United Kingdom and the Netherlands, concerns about growing Muslim communities have led to calls for restrictions on immigration. But just how large is Europe’s Muslim population, and how fast is it growing?

Using the Pew Research Center’s most recent population estimates, here are five facts about the size and makeup of the Muslim population in Europe:

1Germany and France have the largest Muslim populations among European Union member countries. As of 2010, there were 4.8 million Muslims in Germany (5.8% of the country’s population) and 4.7 million Muslims in France (7.5%). In Europe overall, however, Russia’s population of 14 million Muslims (10%) is the largest on the continent.

2The Muslim share of Europe’s total population has been increasing steadily. In recent decades, the Muslim share of the population throughout Europe grew about 1 percentage point a decade, from 4% in 1990 to 6% in 2010. This pattern is expected to continue through 2030, when Muslims are projected to make up 8% of Europe’s population.

3Muslims are younger than other Europeans. In 2010, the median age of Muslims throughout Europe was 32, eight years younger than the median for all Europeans (40). By contrast, the median age of religiously unaffiliated people in Europe, including atheists, agnostics and those with no religion in particular, was 37. The median age of European Christians was 42.

4Views of Muslims vary widely across European countries. A Pew Research Center survey conducted this spring in 10 nations found that in eastern and southern Europe, negative views prevailed. However, the majority of respondents in the UK, Germany, France, Sweden and the Netherlands gave Muslims a favorable rating. Views about Muslims are tied to ideology. While 47% of Germans on the political right give Muslims an unfavorable rating, just 17% on the left do so. The gap between left and right is also roughly 30 percentage points in Italy and Greece.

5As of 2010, the European Union was home to about 13 million Muslim immigrants. The foreign-born Muslim population in Germany is primarily made up of Turkish immigrants, but also includes many born in Kosovo, Iraq, Bosnia-Herzegovina and Morocco. The roughly 3 million foreign-born Muslims in France are largely from France’s former colonies of Algeria, Morocco and Tunisia.

Voir aussi:

UK: Muslim population rising 10 times faster than non-Muslim population

“The implications are very substantial. Some of the Muslim population, by no means all of them, are the least socially and economically integrated of any in the United Kingdom … and the one most associated with political dissatisfaction.”

The implications of this are more substantial than that. Among the Muslims in Britain are a substantial number who believe that Sharia ought ultimately to be imposed upon that nation. The growing number of Muslims in the U.K. will make that call increasingly harder to ignore or resist.

Demographic Jihad. “Muslim population ‘rising 10 times faster than rest of society,’” by Richard Kerbaj for The Times, January 30 (thanks to all who sent this in):

The Muslim population in Britain has grown by more than 500,000 to 2.4 million in just four years, according to official research collated for The Times.

The population multiplied 10 times faster than the rest of society, the research by the Office for National Statistics reveals. In the same period the number of Christians in the country fell by more than 2 million.

Experts said that the increase was attributable to immigration, a higher birthrate and conversions to Islam during the period of 2004-2008, when the data was gathered. They said that it also suggested a growing willingness among believers to describe themselves as Muslims because the western reaction to war and terrorism had strengthened their sense of identity.

Muslim leaders have welcomed the growing population of their communities as academics highlighted the implications for British society, integration and government resources.

David Coleman, Professor of Demography at Oxford University, said: “The implications are very substantial. Some of the Muslim population, by no means all of them, are the least socially and economically integrated of any in the United Kingdom … and the one most associated with political dissatisfaction. You can’t assume that just because the numbers are increasing that all will increase, but it will be one of several reasonable suppositions that might arise.”

Professor Coleman said that Muslims would naturally reap collective benefits from the increase in population. “In the growth of any population … [its] voice is regarded as being stronger in terms of formulating policy, not least because we live in a democracy where most people in most religious groups and most racial groups have votes. That necessarily means their opinions have to be taken and attention to be paid to them.” […]

Muhammad Abdul Bari, general secretary of the Muslim Council of Britain, predicted that the number of mosques in Britain would multiply from the present 1,600 in line with the rising Islamic population. He said the greater platform that Muslims would command in the future should not be perceived as a threat to the rest of society.

“We each have our own set of beliefs. This should really be a source of celebration rather than fear as long as we all clearly understand that we must abide by the laws of this country regardless of the faith we belong to,” he said.

The Cohesion Minister, Sadiq Khan, told The Times: “We in central Government and local authorities need to continue our work to ensure that our communities are as integrated and cohesive as possible.”…

Voir enfin:

Casse-tête syrien
Bruno Rieth
Marianne
En Syrie, à la guerre contre Daech se superposent d’autres guerres où les alliés d’hier dont devenus les ennemis d’aujourd’hui. Et inversement.

Il n’y a pas une guerre mais des guerres en Syrie. Celle contre Daech, celle contre Bachar al-Assad et celle entre groupes rebelles. Au bout de cinq longues années de guerre civile, le pays est devenu une véritable mosaïque de factions armées. Forces Kurdes, islamistes ou rebelles « modérés », les alliances se font et se défont au gré des agendas politiques et militaires des uns et des autres, du rapport de force en présence ou des enjeux locaux. Les ennemis d’hier peuvent se retrouver les amis du jour et inversement. A cela s’ajoute les stratégies des puissances régionales et occidentales qui s’activent sur le terrain pour atteindre leurs objectifs parfois contradictoires : asseoir son hégémonisme régional ou lutter contre l’expansionnisme de Daech. Les deux pouvant s’entrechoquer. Décryptage.

► Bachar al-Assad contre l’opposition (et Daech)

Influencée par la vague des printemps arabes, la Syrie, à partir de 2011, voit l’apparition d’un mouvement d’ampleur de contestation du régime en place. Mais face aux manifestations pacifistes, Bachar al-Assad fait le choix de la force, dans un premier temps, en réprimant par les armes cette opposition politique qui se constitue. Après avoir tenté de calmer le jeu en proposant un certain nombre de réformes, Assad se retrouve face à un mouvement qui se militarise peu à peu. C’est le début d’une guerre civile dont le nombre de morts est particulièrement dur à évaluer. Mais depuis cinq ans, on estime au bas mot que plus de 400 000 personnes ont péri sur le territoire syrien.

Bachar al-Assad porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle. Notamment lorsqu’en mai 2011, il décide de libérer des centaines d’islamistes de ses geôles pour qu’ils viennent grossir les rangs de l’opposition. La formation de Katibas (bataillons) islamistes puis djihadistes, aux côtés des autres groupes rebelles, lui permet de désigner à l’Occident un autre ennemi que sa simple personne. La Russie saute sur l’occasion et lui apporte tout son soutien.

Et grâce à l’appui indéféctible de l’Iran, du Hezbollah libanais et de l’entrée en jeu récente de l’aviation Russe, Bachar al-Assad a repris du terrain. Contre l’opposition surtout, et contre les forces de l’EI un peu. Dernier exemple en date, la reprise de Palmyre aux mains de Daech depuis 2015. Mais pour l’universitaire Jean-Pierre Filiu, homme de terrain et ancien diplomate, Bachar al-Assad « est absolument incapable de reprendre des territoires stratégiques à Daech » car « 95% de la violence d’Assad, de la Russie et de l’Iran, est concentrée contre l’opposition Syrienne et une part marginale contre Daech. »

► L’Armée Syrienne Libre sur tous les fronts

A Alep, dans le nord-ouest du pays, ce n’est pas une guerre contre Daech qui se déroule. Mais celle qui voit s’affronter les forces armées de Bachar al-Assad aux différentes factions de l’opposition. Le groupe Etat islamique, lui, se tient pour le moment à l’écart et compte les points.

On retrouve l’Armée Syrienne libre (ASL), créée en 2011, qui, au fil des années, faute de moyens, a rapidement était détrônée par des groupes djihadistes et salafistes financés par l’Arabie Saoudite, le Qatar ou la Turquie. Encore bien présente dans le sud du pays, l’ASL se retrouve sur trois fronts. Contre les forces loyales à Assad, contre Daech et contre les groupes islamistes de l’opposition. Alors que dans le sud, l’ASL peut se retrouver aux côtés du Front Fatah al Cham – anciennement Front al Nosra -dans le nord, . Dans un , Jamal Maarouf, ancien commandant du Front des révolutionnaires syriens, réfugié en Turquie, affirme même qu’ » aujourd’hui, l’ASL est sous la coupe de Nosra (…) Les principaux chefs de l’ASL (…) sont obligés de se faire tout petits ».

► L’ex-Front al Nosra rival de Daech

Le Front Fatah al-Cham, qui a récemment rompu (sur le papier en tout cas) avec la maison mère Al Qaïda, est la force djihadiste, après Daech, la plus importante de Syrie. Eux aussi multiplient les fronts, principalement contre les troupes d’Assad, mais aussi contre celles de l’ASL et contre Daech.

Le groupe a bénéficié longtemps de la mansuétude des chancelleries occidentales. Laurent Fabius, en décembre 2012, alors ministre des Affaires étrangères, avait ainsi estimé que le groupe « faisait du bon boulot sur le terrain » contre Daech. Le Canard enchainé affirmait même en 2015 que « les pilotes américains et alliés ont, voilà plus d’un an, reçu l’ordre de ne jamais balancer le moindre missile sur ces héritiers de Ben Laden. Une interdiction encore valable aujourd’hui« . Mais depuis cet été, un accord de coopération militaire en Syrie entre les Etats-Unis et Vladimir Poutine contre les groupes djihadistes, Etat islamique et Front Fatah al-Cham compris, est sur la table. Un projet qui explique en grande partie le changement de nom du groupe.

Aux côtés des anciens du Front al Nosra, gravitent plusieurs groupes. Parmi eux, le groupe salafiste Ahar al-Cham ou les combattants de Jaich al-Islam.

Le 29 janvier dernier, , lors de très officiels pourparlers organisés par l’ONU sur la Syrie. Pourtant, ces factions ont été impliquées à plusieurs reprises dans des affrontements avec les Kurdes des YPG comme à Alep, pour le contrôle d’un quartier du nord de la ville. Autre groupe, le mouvement Nour al-Din al-Zenki s’est lui , à l’arrière d’un pick-up, un jeune palestinien de 13 ans soupçonné de renseigner les forces loyalistes au régime. Des groupes soutenus par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. Soit financièrement, soit militairement.

► Les Kurdes contre Daech et pour l’établissement d’un Kurdistan syrien

Dans le nord de la Syrie, les Forces de protection du peuple (YPG) du Parti de l’union démocratique (PYD), proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc, dominent le terrain. Depuis octobre 2015, les YPG font partie des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), à dominante kurde, qui rassemble Kurdes, combattants arabes, Yézidis ou milices chrétiennes. Les FDS sont soutenus par Washington et Paris qui leur apportent l’appui de leurs aviations, du matériel (missiles, munitions) et formateurs sur le terrain dans leur guerre contre Daech. Particulièrement aguerris au combat, les Kurdes des YPG et des YPJ (les sections féminines Kurdes) apparaissent dans le radar médiatique des pays occidentaux fin 2014 lorsqu’ils réussissent l’exploit de tenir tête aux tentatives de Daech de prendre la ville de Kobané, dans le nord du pays. Assiégés par les soldats d’Abou Bakr al-Baghdadi, le « calife » autoproclamé de l’Etat islamique, les Kurdes finissent par les déloger de la ville fin janvier 2015.

Les YPG se sont aussi distingués lors de la bataille de Sinjar, dans le nord-ouest de l’Irak, en réussissant à ouvrir un corridor humanitaire aux Yézidis qui s’étaient réfugiés sur le mont Sinjar après la débandade des peshmergas, les forces armées du président du Kurdistan irakien Massoud Barzani, face aux troupes de l’Etat islamique. Naîtront les unités de résistance de Sinjar (YBS), milice yézidie formée et alliée par les YPG. Dans un récent entretien à Marianne, le Général Dominique Trinquand les qualifiait Ils viennent ainsi de, ville du province d’Alep dans le nord-ouest de la Syrie, des griffes de l’EI. Les YPG se sont donnés pour objectif la création d’un Kurdistan Syrien (Rojava) réunissant les trois cantons de Djézireh, Kobané et Afrin actuellement séparés des territoires kurdes par une zone de 65 km toujours aux mains de l’EI. Une réalisation que Recep Erdogan, le président Turc, ne veut voir aboutir pour rien au monde.

, sous couvert de frapper des positions de Daech, n’a pour objectif que de stopper l’avancée des YPG  vers le canton d’Afrin, au nord-ouest de la Syrie. Afin d’éviter tout possibilité de constitution de ce Rojava.


Burkini: Aussi symbolique de l’islam que le col Mao de la culture chinoise (Look what they’ve done to our nuns’s coiffe, Ma !)

22 août, 2016
KabulIranFemale_hijab_in_Islamburkini-not-allowedcol-mao LangJack_Lang_MottakiFencingJe suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin  
Le tourisme halal est une sous-catégorie du tourisme religieux qui s’adresse aux familles musulmanes se conformant aux règles de l’islam. Les hôtels de ces destinations ne servent pas d’alcool et ont des piscines et spas séparés pour les hommes et les femmes. La Malaisie, la Turquie ainsi que beaucoup d’autres pays tentent d’attirer les touristes musulmans du monde entier en leur proposant des services conformes à leurs convictions religieuses. L’industrie du tourisme Halal offre aussi des vols où l’on ne sert ni alcool ni produits à base de porc, où les horaires de prière sont annoncés et où des émissions religieuses font partie des divertissements proposés à bord de l’avion. Wikipedia
En Turquie, les hôtels répondant aux règles islamiques voient leur fréquentation croître de façon exponentielle. Cet engouement va de pair avec l’enrichissement de classes sociales amatrices d’un tourisme de loisir mais aussi culturel. Saphir news
Austria‘s alpine towns of Zell am See and Kaprun have been criticised for producing an eight-page guide for Middle Eastern tourists, featuring « cultural advice » on how to behave. The booklet, in English and Arabic, features tips such as the idea that Austrian shopkeepers do not expect haggling over prices, and that eating on the floor in hotel rooms is a « no-no ». Drivers are informed that wearing seatbelts is compulsory, and they will be given guidance on understanding road signs, to reduce their risks while driving. Visitors are also advised not to wear burkas, and to « adopt the Austrian mentality ». (…) It explains that there are many restaurants where Halal meat is served, and with Arabic-speaking staff, but that Austrians also pride themselves on their food. (…) Alpine destinations are exceedingly popular in the summer with Middle Eastern travellers, who look to escape the extreme heat of their home countries. (…) Leo Bauernberger, executive director of the Salzburger Land Tourism company, told the Austria Press Agency that « Arabs are here in the summer for more than 470,000 nights, making them the second largest visitor group after Germans ». But Peter Padourek, mayor of Zell am See, said that tourists wearing the burka was a cause of friction in the area.(…) But other hotel operators have criticised the leaflets, saying that it unfairly stigmatised Arab visitors – who spend an average of £195 per person per day; more than double the daily amount dispensed with by European tourists. Telegraph
SURFERS Paradise and Broadbeach will convert to Islam and feature more prayer rooms, halal restaurants and extended trading hours, says Mayor Tom Tate. On his return from the Middle East, Cr Tate will meet with traders, restaurant owners, hotels and marketing bodies to look at how both tourism areas can better cater for high-yield Middle Eastern tourists. He also wants to extend trading hours during Ramadan to cater for the later rising and dining tourists as one of the major criticisms was the early closing hours of many Gold Coast restaurants. About 20,000 Gulf tourists visit the region each year, staying on average for about a month with combined spending of between $53 million and $75 million.  Gold coast.com
C’est en fait un bikini deux pièces islamique, ce qui peut sembler idiot. Aheda Zanetti 
Le climat politique actuel n’est pas facile, les musulmans sont scrutés à la loupe et j’espère que les gens comprennent à travers moi ce que veut dire être musulmane. Ibtihaj Muhammad
In 2009, a public swimming pool in Emerainville excluded a burkini-wearing woman, on the grounds that she violated pool rules by wearing street clothes. But burkinis only erupted into a national political issue on Aug. 12 when the mayor of Cannes, a resort town on the French Riviera, banned burkinis (without legally defining what exactly they are) on the Cannes beaches because it represents Islamism. (…) This development astonishes me, someone who has argued that the burqa (and the niqab, a similar article of clothing that leaves a slit for the eyes) needs to be banned from public places on security grounds. Those formless garments not only hide the face, permitting criminals and jihadis to hide themselves but they permit the wearer to hide, say, an assault rifle without anyone knowing. Men as well as women use burqas as accessories to criminal and jihadi purposes. Indeed, I have collected some 150 anecdotes of bank robberies, abductions, murders, and jihadi attacks since 2002; Philadelphia has become the Western capital of burqas and niqabs as criminal accessories, with at least 34 incidents in 9 years. In contrast, the burkini poses no danger to public security. Unlike the burqa or niqab, it leaves the face uncovered; relatively tight-fitting, it leaves no place to hide weapons. Men cannot wear it as a disguise. Further, while there are legitimate arguments about the hygiene of large garments in pools (prompting some hotels in Morocco to ban the garment), this is obviously not an issue on the coastal beaches of France.Accordingly, beach burkinis should be allowed without restriction. Cultural arguments, such as the one made by Valls, are specious and discriminatory. If a woman wishes to dress modestly on the beach, that is her business, and not the state’s. It’s also her prerogative to choose unflattering swimwear that waterlogs when she swims. The Islamist threat to the West is very real, from the Rushdie rules to sex gangs, taharrush, polygyny, honor killings, partial no-go zones, and beheadings. With the influx to Europe of millions of unvetted Muslim migrants, these problems will grow along with the number of Islamists. Nerves are on edge and the political scene is changing rapidly, as symbolized by half the vote for president of Austria recently going to a hardline anti-immigration politician.Issues concerning Islam are arguably Europe’s number-one concern, ahead even of the European Union and the financial crisis; they need to be dealt with by confronting real problems, not by focusing on symbolic irrelevancies such as burkinis, halal shops, and minarets. Burqas and niqabs must be banned (as the German government may soon do), freedom of speech about Islam and Muslims must be reconfirmed, Saudi and Iranian funding for religious purposes must be cut, and a single legal code must apply to all. So, my advice: focus on these real problems and let Muslims wear what they wish to the beach. Daniel Pipes
« What is it about Philadelphia, burqas, and robberies? » (…) The demographics of Philadelphia, whose Muslim population is among the largest in the U.S., make it particularly fertile ground. While only a very small percentage of Philadelphians wear niqabs, they are sufficiently numerous to be seen with regularity. Desensitizing the public to this radical attire opens many doors. (…) Simply put, the increasing prevalence of face-cloaking Islamic garb is rendering traditional masks obsolete. Both provide anonymity, but a niqab grants the wearer access that a mask does not. Whereas spotting a masked individual entering a bank or business strongly indicates a robbery, someone in a niqab doing so may represent just another patch in Philadelphia’s multicultural quilt. Indecision about the wearer’s motives — indeed, most women in niqabs do not have criminal intent — buys crucial time for a heist to unfold on the perpetrator’s terms. The relatively common sight of niqabs, as opposed to masks, also enables a robber to travel to the crime scene in the same face-blocking apparel, further lowering the chances of being identified. Moreover, they take advantage of political correctness, which cautions against scrutinizing people who don such clothes. (…) Islamists promote this cultural paralysis. Case in point: the victimhood narrative pushed in the wake of the latest Philadelphia robberies. One imam declared them « a hate crime against Muslims, » as they allegedly put Muslim women « in danger of being stereotyped, victimized, and ostracized. » City Councilman Curtis Jones Jr. doubled down on the persecution theme: « In many ways I’m reminded of the shooting of Trayvon Martin, stereotyped because of a garment called a hoodie. » Ibrahim Hooper of the Council on American-Islamic Relations (CAIR) chimed in as well. « Islamophobes love to see this sort of thing, because it gives them fuel to express their hatred, » he claimed. « Now they can say, ‘See, this is why Muslim women shouldn’t dress the way they do.' » Therefore, banks must run the gauntlet of « Islamophobia » charges if they pursue a seemingly obvious remedy: forbidding attire that hides customers’ faces from security cameras. Financial institutions nationwide have worked to deter more conventional robberies, reportedly with some success, by implementing dress codes that ban hats, hoods, and sunglasses, but Islamists have fought restrictions on headgear. When disputes arose several years ago over women being asked to remove headscarves or be served in alternate areas, CAIR characteristically demanded more sensitive policies and issued dubious calls for federal probes. Just as predictably, the banks and credit unions tended to cave and exempt hijabs. No doubt robbers note the deference toward Islam enforced by Islamists — a phenomenon exacerbated in cities like Philadelphia with copious Muslims and an aggressive CAIR chapter. (…) How to proceed? The ultimate solution would entail proscribing face-covering apparel everywhere in public, as France and Belgium have done. Yet American banks enjoy plenty of leeway to ban it on their premises right now, assuming that they ignore CAIR’s specious threats and frequently bogus tales of Muslim victimhood. The First Amendment may protect niqabs on the streets, but banks are private entities and thus not bound by it. They also are not listed in Title II of the 1964 U.S. Civil Rights Act among « places of public accommodation » where religiously discriminating against clients is illegal — not that faith-neutral dress codes are « discriminatory » anyway, regardless of Islamists’ pleas. In addition, though numerous states, including Pennsylvania, have civil rights laws that are more expansive than the federal version, the various requirements to accommodate religious practices of customers or employees are not absolute and typically must be balanced against the hardships imposed on others. One can debate whether banks should tolerate hijabs, which often obscure less of the face than hoodies or caps, but it is inconceivable that banks are somehow obligated to welcome niqabs that purposefully hide the face and burden others by undermining safety in a venue where security is paramount. If ski masks are not permitted, niqabs should not be either. Drawing the line with clear policies that prohibit all criminal-friendly garments on bank property would be a significant step in the appropriate direction — and almost certainly a legal one. Situated at the leading edge of this problem in the U.S., Philadelphians have a special responsibility to find effective solutions. Other American cities must stay alert as well, because the ingredients that make Philadelphia a prime target exist elsewhere; Detroit comes to mind. If Philadelphia manages to curtail the trend, its approach can be a template for comparable cities to follow. But if it fails, criminals in the country’s niqab-heavy metropolitan areas may soon thank the trailblazing burqa bandits of Philadelphia for having provided a successful model of their own. David J. Rusin
Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. (…) À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.» Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016. (…) D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues. Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants. Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020. Le Figaro
Contraction de « bikini » et « burqa », le burkini est un costume de bain qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles. Son invention est attribuée à l’Australienne Aheda Zanetti, qui a lancé sa gamme de tenues pratiques pour le sport et « religieusement correctes » en 2003. En Australie, où la plage est une véritable « culture », que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait « un vide qu’il fallait combler », expliquait-elle à l’Agence France-Presse en 2007. (…) Dans le livre sacré des musulmans, explique Franck Fregosi, spécialiste de l’islam, « il y a des éléments relatifs aux règles de pudeur, mais pas de codification ». Si plusieurs versets du Coran mentionnent le voile, son port n’est pas explicitement exigé, et les avis divergent quant à l’interprétation des textes. (…) Le burkini ne cache pas le visage. Comme le voile, il est donc autorisé en France dans les lieux publics. Seul le voile dissimulant le visage (niqab) est proscrit dans l’espace public depuis 2011. Les municipalités côtières qui ont récemment pris des arrêtés prohibant le burkini sur les plages ont mis en avant le risque de « troubles à l’ordre public » dans le contexte de menaces d’attentats. Le Point
Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes
Amid all this intellectual and moral confusion, Ian Buruma and Avishai Margalit have deftly proposed the notion of « Occidentalism. » This is a play on « Orientalism, » the formulation advanced by the late Edward Said, whereby a society or its academics and intellectuals can be judged by their attitude to the « other. » Avishai Margalit is a professor at the Hebrew University of Jerusalem and has been very much identified with the secular and internationalist wing of the Israeli peace camp. Ian Buruma is known to a large audience for his witty and profound studies of Asia, Germany and England. Both authors had in common a friendship with, and a strong admiration for, Isaiah Berlin. … The authors demonstrate that there is a long history of anti-Western paranoia in the intellectual tradition of the « East, » but that much of this is rooted in non-Muslim and non-Oriental thinking. Indeed, insofar as the comparison with fascism can be made, it can be derived from some of the very origins and authors that inspired fascism itself. In many areas of German, Russian and French culture, one finds the same hatred of « decadence, » the same cultish worship of the pitiless hero, the same fascination with the infallible « leader, » the same fear of a mechanical civilization as opposed to the « organic » society based on tradition and allegiance. Christopher Hitchens
We generally understand « radical Islam » as a purely Islamic phenomenon, but Buruma and Margalit show that while the Islamic part of radical Islam certainly is, the radical part owes a primary debt of inheritance to the West. Whatever else they are, al Qaeda and its ilk are revolutionary anti-Western political movements, and Buruma and Margalit show us that the bogeyman of the West who stalks their thinking is the same one who has haunted the thoughts of many other revolutionary groups, going back to the early nineteenth century. In this genealogy of the components of the anti-Western worldview, the same oppositions appear again and again: the heroic revolutionary versus the timid, soft bourgeois; the rootless, deracinated cosmopolitan living in the Western city, cut off from the roots of a spiritually healthy society; the sterile Western mind, all reason and no soul; the machine society, controlled from the center by a cabal of insiders, often jews, pulling the hidden levers of power versus an organically knit-together one, a society of « blood and soil. » The anti-Western virus has found a ready host in the Islamic world for a number of legitimate reasons, they argue, but in no way does that make it an exclusively Islamic matter. The Economist
They are not expressions of an outburst in the West of the [Israeli-Palestinian] conflict in the Middle East. It is truly modern, aimed against American imperialism, capitalism, etc. In other words, they occupy the same space that the proletarian left had thirty years ago, that Action Directe had twenty years ago. . . . It partakes henceforth of the internal history of the West. (…) It can feel like a time-warp, a return to the European left of the 1970s and early 1980s. Europe’s radical-mosque practitioners can appear, mutatis mutandis, like a Muslim version of the hard-core intellectuals and laborers behind the aggrieved but proud Scottish National party in its salad days. (…) In the last three centuries, Europe has given birth and nourishment to most of mankind’s most radical causes. It shouldn’t be that surprising to imagine that Europe could nurture Islamic militancy on its own soil. (…) In Europe as elsewhere, Westernization is the key to the growth and virulence of hard-core Islamic radicalism. The most frightening, certainly the most effective, adherents of bin Ladenism are those who are culturally and intellectually most like us. The process of Westernization liberates a Muslim from the customary sanctions and loyalties that normally corralled the dark side of the human soul. (…) It would be a delightful irony if the more progressive political and religious debates among the Middle East’s Muslims saved their brethren in the intellectually backward lands of the European Union. Reuel Marc Gerecht
Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. It is a war against a particular idea of the West – a bourgeois society addicted to money, creature comforts, sex, animal lusts, self-interest, and security – which is neither new nor unique to Islamist extremism. This idea has historical roots that long precede any form of ‘U.S. imperialism’ . (…) Blood, soil, and the spirit of the Volk were what German romantics in the late 18th and early 19th centuries invoked against the universalist claims of the French Enlightenment, the French Revolution, and Napoleon’s invading armies. This notion of national soul was taken over by the Slavophiles in 19th-century Russia, who used it to attack the « Westernizers, » that is, Russian advocates of liberal reforms. It came up again and again, in the 1930s, when European fascists and National Socialists sought to smash « Americanism, » Anglo-Saxon liberalism, and « rootless cosmopolitanism » (meaning Jews). Aurel Kolnai, the great Hungarian scholar, wrote a book in the 1930s about fascist ideology in Austria and Germany. He called it War Against the West. Communism, too, especially under Stalin, although a bastard child of the Enlightenment and the French Revolution, was the sworn enemy of Western liberalism and « rootless cosmopolitanism. » Many Islamic radicals borrowed their anti-Western concepts from Russia and Germany. The founders of the Ba’ath Party in Syria were keen readers of prewar German race theories. Jalal Al-e Ahmad, an influential Iranian intellectual in the 1960s, coined the phrase « Westoxification » to describe the poisonous influence of Western civilization on other cultures. He, too, was an admirer of German ideas on blood and soil. Clearly, the idea of the West as a malign force is not some Eastern or Middle Eastern idea, but has deep roots in European soil. Defining it in historical terms is not a simple matter. Occidentalism was part of the counter-Enlightenment, to be sure, but also of the reaction against industrialization. Some Marxists have been attracted to it, but so, of course, have their enemies on the far right. Occidentalism is a revolt against rationalism (the cold, mechanical West, the machine civilization) and secularism, but also against individualism. European colonialism provoked Occidentalism, and so does global capitalism today. But one can speak of Occidentalism only when the revolt against the West becomes a form of pure destruction, when the West is depicted as less than human, when rebellion means murder. Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. Isaiah Berlin once described the German revolt against Napoleon as « the original exemplar of the reaction of many a backward, exploited, or at any rate patronized society, which, resentful of the apparent inferiority of its status, reacted by turning to real or imaginary triumphs and glories in its past, or enviable attributes of its own national or cultural character. » The same thing might be said about Japan in the 1930s, after almost a century of feeling snubbed and patronized by the West, whose achievements it so fervently tried to emulate. It has been true of the Russians, who have often slipped into the role of inferior upstarts, stuck in the outer reaches of Asia and Europe. But nothing matches the sense of failure and humiliation that afflicts the Arab world, a once glorious civilization left behind in every respect by the post-Enlightenment West. Humiliation can easily turn into a cult of the pure and the authentic. Among the most resented attributes of the hated Occident are its claims to universalism. Christianity is a universalist faith, but so is the Enlightenment belief in reason. Napoleon was a universalist who believed in a common civil code for all his conquered subjects. The conviction that the United States represents universal values and has the God-given duty to spread democracy in the benighted world belongs to the same universalist tradition. Some of these values may indeed be universal. One would like to think that all people could benefit from democracy or the use of reason. The Code Napoleon brought many benefits. But when universal solutions are imposed by force, or when people feel threatened or humiliated or unable to compete with the powers that promote such solutions, that is when we see the dangerous retreat into dreams of purity. Not all dreams of local authenticity and cultural uniqueness are noxious, or even wrong. As Isaiah Berlin also pointed out, the crooked timber of humanity cannot be forcibly straightened along universal standards with impunity. The experiments on the human soul by Communism showed how bloody universalist dreams can be. And the poetic romanticism of 19th-century German idealists was often a welcome antidote to the dogmatic rationalism that came with the Enlightenment. It is when purity or authenticity, of faith or race, leads to purges of the supposedly inauthentic, of the allegedly impure, that mass murder begins. The fact that anti-Americanism, anti-Zionism, anti-Semitism, and a general hostility to the West often overlap is surely no coincidence. Even in Japan, where Jews play no part in national life, one of the participants at the 1942 Kyoto conference suggested that the war against the West was a war against the « poisonous materialist civilization » built on Jewish financial capitalist power. At the same time, European anti-Semites, not only in Nazi Germany, were blaming the Jews for Bolshevism. Both Bolshevism and capitalism are universalist systems in the sense that they do not recognize national, racial, or cultural borders. Since Jews are traditionally regarded by the defenders of purity as the congenital outsiders, the archetypal « rootless cosmopolitans, » it is no wonder that they are also seen as the main carriers of the universalist virus. To be sure, Jews had sound reasons to be attracted to such notions as equality before the law, secular politics, and internationalism, whether of a socialist or capitalist stamp. Exclusivity, whether racial, religious, or nationalist, is never good for minorities. Only in the Middle East have Jews brought their own form of exclusivity and nationalism. But Zionism came from the West. And so Israel, in the eyes of its enemies, is the colonial outpost of « Westoxification. » Its material success only added to the Arab sense of historic humiliation. The idea, however, that Jews are a people without a soul, mimics with no creative powers, is much older than the founding of the State of Israel. It was one of the most common anti-Semitic slurs employed by Richard Wagner. He was neither the first to do so, nor very original in this respect. Karl Marx, himself the grandson of a rabbi, called the Jews greedy parasites, whose souls were made of money. The same kind of thing was often said by 19th-century Europeans about the British. The great Prussian novelist Theodor Fontane, who rather admired England, nonetheless opined that « the cult of the Gold Calf is the disease of the English people. » He was convinced that English society would be destroyed by « this yellow fever of gold, this sellout of all souls to the devil of Mammon. » And much the same is said today about the Americans. Calculation — the accounting of money, interests, scientific evidence, and so on — is regarded as soulless. Authenticity lies in poetry, intuition, and blind faith. The Occidentalist view of the West is of a bourgeois society, addicted to creature comforts, animal lusts, self-interest, and security. It is by definition a society of cowards, who prize life above death. As a Taliban fighter once put it during the war in Afghanistan, the Americans would never win, because they love Pepsi-Cola, whereas the holy warriors love death. This was also the language of Spanish fascists during the civil war, and of Nazi ideologues, and Japanese kamikaze pilots. The hero is one who acts without calculating his interests. He jumps into action without regard for his own safety, ever ready to sacrifice himself for the cause. And the Occidentalist hero, whether he is a Nazi or an Islamist, is just as ready to destroy those who sully the purity of his race or creed. It is indeed his duty to do so. When the West is seen as the threat to authenticity, then it is the duty of all holy warriors to destroy anything to do with the « Zionist Crusaders, » whether it is a U.S. battleship, a British embassy, a Jewish cemetery, a chunk of lower Manhattan, or a disco in Bali. The symbolic value of these attacks is at least as important as the damage inflicted. What, then, is new about the Islamist holy war against the West? Perhaps it is the totality of its vision. Islamism, as an antidote to Westoxification, is an odd mixture of the universal and the pure: universal because all people can, and in the eyes of the believers should, become orthodox Muslims; pure because those who refuse the call are not simply lost souls but savages who must be removed from this earth. Hitler tried to exterminate the Jews, among others, but did not view the entire West with hostility. In fact, he wanted to forge an alliance with the British and other « Aryan » nations, and felt betrayed when they did not see things his way. Stalinists and Maoists murdered class enemies and were opposed to capitalism. But they never saw the Western world as less than human and thus to be physically eradicated. Japanese militarists went to war against Western empires but did not regard everything about Western civilization as barbarous. The Islamist contribution to the long history of Occidentalism is a religious vision of purity in which the idolatrous West simply has to be destroyed. The worship of false gods is the worst religious sin in Islam as well as in ancient Judaism. The West, as conceived by Islamists, worships the false gods of money, sex, and other animal lusts. In this barbarous world the thoughts and laws and desires of Man have replaced the kingdom of God. The word for this state of affairs is jahiliyya, which can mean idolatry, religious ignorance, or barbarism. Applied to the pre-Islamic Arabs, it means ignorance: People worshiped other gods because they did not know better. But the new jahiliyya, in the sense of barbarism, is everywhere, from Las Vegas and Wall Street to the palaces of Riyadh. To an Islamist, anything that is not pure, that does not belong to the kingdom of God, is by definition barbarous and must be destroyed. Just as the main enemies of Russian Slavophiles were Russian Westernizers, the most immediate targets of Islamists are the liberals, reformists, and secular rulers in their own societies. They are the savage stains that have to be cleansed with blood. But the source of the barbarism that has seduced Saudi princes and Algerian intellectuals as much as the whores and pimps of New York (and in a sense all infidels are whores and pimps) is the West. And that is why holy war has been declared against the West. Ian Buruma
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear
Le multiculturalisme c’est justement accepter que l’autre soit culturellement différent, et l’on ne peut imposer une culture exclusive sans aliéner ceux qui s’en sentent exclus. Annika
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear. In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers. All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam. That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet. This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community. In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.) Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon. Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands. In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment. By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America. Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.) The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out. Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries. These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others. All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go topless.) Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam. This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization. It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it. It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war. The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab. Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law. (…) The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine. Amir Taheri

Attention: une coiffe peut en cacher une autre !

A l’heure où la température du débat sur le burkini va bientôt dépasser celle du soleil sur nos plages …

Et que de l’autre côté de l’Atlantique, l’on présente comme une grande avancée de l’émancipation féminine une musulmane qui pousse la pudeur jusqu’à porter le masque sous son masque d’escrimeuse …

Pendant que pour  fustiger une France qui a dix fois plus de musulmans, le NYT lui-même monte au créneau …

Pendant que de l’autre côté de la Méditerranée l’on interdit tranquillement dans les piscines des grands hôtels …

Ou qu’entre la Turquie et la Malaisie ou l’Autriche ou l’Australie se développe le « tourisme halal »

Peut-être faudrait-il aussi rappeler avec le politologue irano-américain Amir Taheri …

Qu’au-delà des radicaux qui récupèrent ou tirent plus ou moins les ficelles derrière …

Ou, contrairement au burkini légalement non-sanctionnable, des petits malins qui s’en servent pour commettre des délits

Et bien après les pratiques ancestrales qu’elles sont censées reprendre et sans compter les fantasmes de nos orientalistes …

Le hijab comme la version plage de la burkha (c’est l’étymologie proprement oxymorique – voire « idiote » du propre aveu de sa créatrice libano-australienne – du terme burkini) sont, comme l’islamisme, toutes des inventions récentes inspirées et imitées d’inventions occidentales (la tunique, le voile et la guimpe de nos religieuses, notamment au Liban pour le premier, les tenues de plongée moderne pour le second) …

Par des musulmans immigrés en Occident ou occidentalisés redécouvrant et faisant redécouvrir à leurs contemporains, en réaction avec l’Occident qui les fascine et donc comme nouveau marqueur identitaire à la manière de nos « born again » et avec le zèle du nouveau converti (voire, pour les plus intellos, comme l’équivalent féminin de la vareuse, de la casquette ou du col du Grand Timonier aux 30 millions de morts qu’appréciaient tant nos jeunes gens engagés des années 60 ou du keffieh des terroristes palestiniens si tendance d’aujourd’hui) …

Une pratique de l’islam largement et souvent volontairement oubliée comme rétrograde par la génération de leurs parents à leur âge, Iran comme Algérie ou Afghanistan compris …

Et donc que l’on est et que l’on reste effectivement en plein multiculturalisme, invention aussi occidentale que récente !

This is Not Islam

FRANCE’S Prime Minister Jean-Pierre Raffarin has just appointed a committee to draft a law to ban the Islamist hijab (headgear) in state-owned establishments, including schools and hospitals. The decision has drawn fire from the French “church” of Islam, an organization created by Raffarin’s government last spring.

Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear.

In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers.

All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam.

That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet.

This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community.

In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.)

Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon.

Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands.

In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment.

By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America.

Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.)

The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out.

Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries.
These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others.

All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go Topless.)

Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam.

This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization.

It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it.
It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war.

The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab.

Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law.

Last year, the Islamist regime authorized a number of girl colleges in Tehran to allow students to discard the hijab while inside school buildings. The experiment was launched after a government study identified the hijab as the cause of “widespread depression and falling academic standards” and even suicide among teenage girls.

The Ministry of Education in Tehran has just announced that the experiment will be extended to other girls schools next month when the new academic year begins. Schools where the hijab was discarded have shown “real improvements” in academic standards reflected in a 30 percent rise in the number of students obtaining the highest grades.

Meanwhile, several woman members of the Iranian Islamic Majlis (parliament) are preparing a draft to raise the legal age for wearing the hijab from six to 12, thus sparing millions of children the trauma of having their heads covered.

Another sign that the Islamic Republic may be softening its position on hijab is a recent decision to allow the employees of state-owned companies outside Iran to discard the hijab. (The new rule has enabled hundreds of women, working for Iran-owned companies in Paris, London, and other European capitals, for example, to go to work without the cursed hijab.)

The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine.

The hijab-wearing militants have a right to promote their political ideology. But they have no right to speak in the name of Islam.

Voir aussi:

France’s Burkini Bigotry

By THE EDITORIAL BOARD
The NYT

After bans on full-face veils, head scarves in schools and rules about students’ skirt lengths, France’s perennial problem with Muslim women’s attire has taken its most farcical turn yet with a new controversy over the “burkini,” body-covering swimwear whose name is an amalgam of burqa and bikini. As of Thursday, five French mayors had banned the burkini, calling it, variously, a threat to public order, hygiene, water safety and morality, tantamount to a new weapon of war against the French republic. Thierry Migoule, an official with the city of Cannes, the first to ban the burkini, declared the swimwear “clothing that conveys an allegiance to the terrorist movements that are waging war against us.”

This hysteria threatens to further stigmatize and marginalize France’s Muslims at a time when the country is listing to the Islamophobic right in the wake of a series of horrific terrorist attacks. And with presidential elections scheduled for next spring and the right-wing National Front’s popularity on the rise, French officials and politicians have leapt to support the mayors.

Prime Minister Manuel Valls on Wednesday called the burkini a symptom of “the enslavement of women” that “is not compatible with the values of France” and said “the nation must defend itself.” France’s women’s rights minister, Laurence Rossignol, declared the burkini “the beach version of the burqa” and said “it has the same logic: Hide women’s bodies in order to better control them.”

Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear.

The fact that French parents are increasingly dressing their toddlers in remarkably similar suits to protect them from the sun, or that a wet suit also covers the head and body, adds to the hypocrisy of this debate. But at the heart of the dispute is something far darker: French politicians’ paternalistic pronouncements on the republic’s duty to save Muslim women from enslavement — by dictating to them what they can and can’t wear. The burkini rumpus is also a convenient distraction from the problems France’s leaders have not been able to solve: high unemployment, lackluster economic growth and a still very real terrorist threat.

Voir également:

Burkini®, une marque déposée en 2006 en Australie

La société Ahiida a été créé en Australie en 2004 par Aheda Zanetti. Elle est aujourd’hui implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. D’autres marques se sont lancées sur ce créneau.

Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. En pleine polémique sur le burkini en France -qui s’étend en Espagne-, des voix s’élèvent pour demander une loi afin d’interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes. À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.»

Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016.

À l’international, Ahiida a désormais un pied sur chaque continent. L’entreprise est, d’après son site, implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. «Nous sommes ravis du volume de commandes internationales, passées par des femmes en quête de tenues de bain et de sports pudiques», commente Aheda Zanetti. «Nos marchés les plus importants sont les États-Unis, le Canada et l’Europe.» Selon elle, les ventes de l’entreprise ne souffrent pas des interdictions prononcées dans certains pays, comme cela a été le cas au Maroc. «Nous pensons que les femmes européennes, notamment, ont adhéré à nos lignes Burkini Swimwear et Hijood Sportwear et à ce qu’elles représentent.» D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues.

Boom de la consommation musulmane

Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants.

Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020.

Voir encore:

Histoire du burkini, des origines aux polémiques

Après la polémique, retour sur l’histoire du burkini : son invention, son apparition en France, et le marché qu’il représente aujourd’hui.

Source AFP

 Le Point
17/08/2016|

RIO 2016: L’athlétisme va-t-il rejoindre les sports pharmacologiques ? (There’s more than the stride, stupid ! – The wierd science behind Usain Bolt’s speed)

20 août, 2016
crouch1887-Bobby-McDonald-kangoroo-start-Aborigines-in-Sport-Tatz-1987-p12boltBolt-ischio cupping_treatment cupping-therapy2On ne peut pas réécrire les livres d’histoire. Lamine Diack (ancien président de la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme)
Sacré dimanche lors du relais 4×100 mètres masculin, le nageur américain Michael Phelps a depuis remporté la médaille d’or du 200 mètres papillon mardi 9 août. Puis, quelques dizaines de minutes plus tard, c’est avec l’équipe américaine que le champion olympique a remporté l’or du relais 4×200 mètres nage libre. Celui qui a désormais 21 titres olympiques et quelque 25 médailles à son compteur, tous métaux confondus, semble désormais inarrêtable. Mais quel est son secret ? Il se pourrait bien que la recette de son succès réside dans un autre mystère : celui de ces énormes tâches, le long de son épaule notamment. À quoi peuvent-elles bien correspondre ? Elles sont tout simplement les marques laissées par la « cupping therapy », en français, la médecine dite des ventouses. Cette médecine n’est autre qu’un mélange de kinésithérapie, d’ostéopathie et de médecine chinoise dont le but est d’éliminer les toxines. Les ventouses, généralement en verre, sont chauffées puis appliquées sur le corps dans des zones stratégiques. Une fois refroidies, elles exercent ainsi une pression sur des points précis. Le tout élimine donc les toxines, mais améliore également la circulation du sang et supprime le stress et autres tensions rendant alors le sportif plus performant. L’internaute
Bolt isn’t kicking into another gear and running away from the field. Instead, he’s slowing down at a slower rate than anyone else. … Bolt is significantly taller than the competition, and his ability to take quick steps, known as stride frequency, is about as good as anyone else’s. He can cover more ground with fewer steps, allowing him to complete 100 meters with just 41 strides, while his opponents average about 45. If the muscles are becoming less powerful with each step, then by taking fewer steps, Bolt’s muscles are becoming less fatigued. That would explain why in the final 20 meters he essentially is slowing down slower than everyone else. So, take fewer steps and you can beat Bolt, right? Well, no. Sprinting effectively means finding the right balance between stride length and stride frequency. Long strides that stretch too far beyond a sprinter’s center of gravity act like a jab to the chin. Each too-long stride breaksforward momentum. However, strides that are too short don’t cover enough ground, and human legs can only turn over so quickly… The WSJ
Bolt invente le triple triplé (…) Et de trois qui font neuf. En l’emportant en finale du relais 4x100m (37 »27), les Jamaïcains (Asafa Powell, Yohan Blake, Nick Ashmeade et Usain Bolt) ont donné à Bolt son troisième titre olympique à Rio, et sa neuvième médaille d’or en trois olympiades (3 sur 100m, 3 sur 200m et 3 sur le relais 4x100m). Les Japonais, à la faveur d’un nouveau record d’Asie (37 »60), finissent surprenants deuxièmes, les Etats-Unis ont terminé troisièmes (37 »62) avant d’être disqualifiés pour mauvais passage de témoin, offrant le bronze au Canada. Usain Bolt n’aura donc perdu dans toute sa carrière qu’une seule des courses olympiques auxquelles il aura participé, à 17 ans en série du 200m des Jeux d’Athènes (2004). Les sprinters américains verront partir Bolt à la retraite avec plaisir. Depuis l’avènement de la star jamaïcaine à Pékin en 2008, et jusqu’à la victoire du relais jamaïcain hier sur 4x100m, les Américains n’ont plus gagné un seul titre olympique ou mondial en sprint. Que ce soit sur 100m, 200m ou le relais 4x100m, la Jamaïque a tout raflé. Sur 100m et 200m, Usain Bolt a quasiment tout emporté (6 titres olympiques, 5 titres aux championnats du monde). Sa seule fausse note date de la finale du 100m aux Mondiaux de 2011, où il avait été disqualifié pour un faux départ. Mais la victoire était revenue à son compatriote Yoann Blake. En relais 4×100, la Jamaïque s’est imposé à chaque échéance mondiale, en 2009, 2011, 2013 et 2015 aux mondiaux. En 2008, 2012 et donc 2016 aux JO. Libération
In 1887 at the Carrington Ground in Sydney, the Aboriginal sprinter Bobby McDonald from Cummeragunga Mission surprised everybody by starting from the crouch position, also known as the kangaroo or the Australian start. McDonald later described this in a letter to the Referee sporting journal in July 1913 as a position he had developed in at least 1884, because it was more efficient and also to ward off the cold when he was waiting on the track. This position was first seen in America at Long Island New York when it was demonstrated by C H Sherrill of Yale in 1888. Australia.gov
In 1887 Bobby McDonald, a talented young indigenous runner from Cummeragunga Mission in northern Victoria, became the first person to officially begin a running race using a crouch-start. He later explained that he’d been using position for a while. He talked of discovering its advantage by accident when a starter began a race while he was crouched down to avoid the cold wind while waiting at the start line. This start position was adopted by many competitive runners and is still used today, although the competitive advantage of starting from this position is debated. Australian geographic
Another aboriginal athlete highlighted is Bobby McDonald, who is said to have invented the 100-metre crouch in 1887, when he was cold before a race start. « Many believed it was modelled on the stance of the kangaroo, » writes Mr. Weller. The Globe and Mail
Qui, à rebours de l’évolution de l’espèce humaine, a un jour osé se mettre à quatre pattes au lieu de se redresser afin de mieux s’élancer ? Quel est le Fosbury du sprint, à l’instar de l’américain qui se mit dos à la barre pour remporter le concours du saut en hauteur aux Jeux de Mexico en 1968 ? De même que Dick Fosbury est resté dans la postérité pour son « flop », Thomas Burke, le champion des Jeux rénovés de 1896 est souvent associé au départ accroupi, alors qu’en fait, aucun des deux n’est l’inventeur de ces techniques. L’histoire du « crouch start » se perd entre les chroniques anglophones du XIXè siècle et les revendications d’invention, parfois sincères, de coachs ou d’athlètes. Le plus ancien document photographique attestant de cette pratique date du 12 mai 1888. Il montre quatre concurrents alignés lors d’un meeting amateur à Cedarhurst (New York). Charles Hitchcock Sherrill, longiligne athlète d’1 m 82 pour 59 kg, est le seul à ne pas partir debout et gagne, coïncidence ou pas, le 100 yards en 10 sec ½. Cet étudiant de Yale à l’éphémère parcours athlétique fera carrière en politique en tant qu’ambassadeur, avec une certaine fascination pour les dictateurs européens… Parmi les plus crédibles auto-attributions de découverte, il y a celle de Bobby McDonald. En 1887 au Carrington Ground à Sydney, le sprinteur aborigène fait sensation en partant les mains au sol… et l’emporte. Son auteur expliquera quelques années plus tard qu’il avait adopté ce « départ kangourou » dès 1884 après avoir observé l’animal. Le fléchissement des jambes induit une sorte de bondissement avant de se mettre en course. La technique a mis quelques années avant de se répandre, le temps que les athlètes perdent l’habitude d’utiliser à l’envi toutes les variantes possibles de départ : debout, fléchi, une main au sol, bras ouverts ou serrés… Jusqu’alors, la plupart des courses étaient des duels, fortement récompensés par des parieurs. Le départ était le plus souvent donné par consentement mutuel, qui était répété jusqu’à ce que les deux professionnels s’élancent enfin simultanément. Le nombre de faux-départ, parfois vingt à la suite, bien que permettant de faire durer le spectacle, était une épreuve pour les nerfs autant pour les concurrents que pour le public… Le show proposait parfois des courses à handicap, déjà en vogue au XVIIIe siècle, attribuant une avance de plusieurs mètres au moins côté, ou encore, à partir des années 1840, en pénalisant le favori par une position désavantageuse. Parmi elles : le départ accroupi ! La rumeur de son efficacité tient paradoxalement à des victoires inattendues, et certainement à un effet de mode suscité par les victoires telles que celles de Sherrill aux USA ou McDonald en Australie. L’avènement du sport universitaire et amateur déplace les compétitions des voies publiques vers les stades et va accélérer le processus d’adoption du départ accroupi. Les diverses positions des concurrents, de plus en plus nombreux, brouille en effet la lisibilité du départ. Les juges veillant à l’équité de la compétition plébiscitent cette méthode, où l’athlète peut rester stable et immobile en attendant le signal. Selon le décompte de l’entraîneur de Harvard J.G. Lathrop, sur 150 départs, aucun ne fut anticipé durant hiver 1891-92, et seulement un l’année suivante. Pierre-Jean Vazel
Avec un taux de 18 % de blessés, les athlètes sont souvent victimes de lésions musculaire et tendineuses. 61 % des problèmes surviennent à l’entraînement, une statistique qui devrait inciter à revoir les pratiques de préparation à l’effort. Le fait que les champions olympiques en titre (Usain Bolt, Shelly-Ann Fraser, Aries Merritt et Sally Pearson) des courses les plus courtes du programme (100 m, 100 m haies et 110 m haies), ainsi que les champions du monde en titre du 100 m (Yohan Blake et Carmelita Jeter) soient actuellement tous blessés aux ischio-jambiers et indisponibles pour la compétition montre bien la spécificité d’un sport où l’entraînement et la fréquence des compétitions poussent les organismes à leur extrême limite. Tous sports confondus, le maillon faible des sportifs semble d’ailleurs être la cuisse. Le rapport de 2008 montrait que 147 des 1108 blessures comptabilisées à Pékin se produisaient sur cette partie du corps, le plus souvent par des contractions ou ruptures musculaires. Suivie de près par le genou (12 %) et la tête (9 %). Pierre-Jean Vazel
Tyson Gay (…) explique ses blessures chroniques par le fait qu’il « court trop vite pour (son) corps ». C’est peut-être aussi le cas d’Usain Bolt, pour son anatomie hors norme : une taille d’1,96 m avec une scoliose (colonne vertébrale déformée dans les trois plans de l’espace) et une jambe droite plus courte d’1,5 cm que la gauche. Quand il court à près de 45 km/h, le Jamaïcain doit supporter lors de chaque appui une force verticale au sol équivalente à 4,5 fois le poids de son corps, d’après des mesures effectuées en Slovénie en 2011. Lors de son record du monde à Berlin en 2009, sa jambe droite produisait des foulées environ 20 cm plus petites que sa jambe gauche, ce qui a été confirmé en conditions expérimentales lors de tests réalisés en Grande-Bretagne avant les Jeux Olympiques (2 m 59 pour la jambe droite contre 2 m 79 pour la gauche). Ces asymétries ne sont pas évidentes lorsqu’on voit les foulées apparemment harmonieuses de l’homme le plus rapide du monde, pourtant, elles ont martyrisé ses ischios du côté gauche – le plus sollicité – depuis le début de sa carrière. D’avril à juillet 2004, le jeune Bolt, alors âgé de 17 ans, ne parvient pas à guérir cette cuisse qui l’empêche de participer aux Championnats du Monde Juniors. Il est alors envoyé à Munich dans la clinique du Dr Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt. Le médecin de l’équipe allemande de football, et particulièrement du Bayern Munich, était déjà réputé à l’époque pour avoir soigné les trois derniers champions olympique du 100m, Linford Christie, Donovan Bailey et Maurice Greene. Lors du Mondial 2006 en Allemagne, une polémique avait éclaté au sein de l’équipe de France quand Bixente Lizarazu, alors au Bayern Munich, avait conseillé à Patrick Vieira, blessé, de consulter le docteur Müller-Wohlfahrt pour se faire injecter de l’Actovegin. Le médecin des Bleus s’y était alors opposé. Car si l’Actovegin, une substance à base de sang de veau, ne figure pas sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage, sa vente est interdite en France et aux Etats-Unis, notamment. En 2000, l’Actovegin avait été au coeur de l’enquête judiciaire qui avait visé l’US Postal de Lance Armstrong après le Tour de France. Au moins, de ce côté de Munich, les meilleurs sprinteurs de la planète sont depuis longtemps sur un pied d’égalité puisque les convalescents Powell, Blake, Jeter et Gay sont aussi des clients réguliers du guérisseur controversé. (…) Müller-Wohlfahrt a observé empiriquement que la colonne vertébrale est impliquée dans 90 % des cas de problèmes musculaire, et on voit bien que la scoliose de l’homme le plus rapide du monde a fait l’objet de toutes les attentions. Comme il n’est pas possible de changer la forme de sa colonne, Bolt doit vivre et s’entrainer avec. Depuis deux olympiades, il s’astreint donc à des exercices spécifiques trois fois par semaine, il est suivi en permanence par un masseur et doit se rendre en moyenne trois fais par an à la clinique. Pierre-Jean Vazel

Après la natation qui avait failli rejoindre les sports mécaniques …

Au lendemain du triple triplé historique du sprinter jamaïcain Usain Bolt …

En une compétition qui nous a aussi fait découvrir outre des équipes mystérieusement qualifiées malgré les preuves massives de dopage d’Etat …

Des extraterrestres aux 31 ans et 25 médailles tout aussi mystérieusement tuméfiés pour cause de traitement à base de ventouses censées éliminer toxines, stress et autres tensions …

Retour sur cette étrange discipline où, « à rebours de l’évolution de l’espèce humaine », on « se met à quatre pattes au lieu de se redresser afin de mieux s’élancer » …

Où l’on est contraint à la redistribution des médailles et à la réécriture régulières de l’histoire ….

Et où quand ils n’ont pas purgé dix ans de suspension pour dopage, ses meilleurs champions « courent trop vite pour leur corps » …

Et ne peuvent en fait survivre qu’à coup de doses massives et régulières d’anesthésiants, acides aminés et anti-inflammatoires dans le dos pour « bloquer les fonctions nerveuses et améliorer le métabolisme » …

Pourquoi les sprinteurs partent accroupis ?
Pierre-Jean Vazel
Vazel blog
14 août 2016

Ils sont huit à s’agenouiller aux ordres du starter, prêts à bondir derrière la ligne de départ du 100 m olympique. Mais pourquoi ?

Départ kangourou

Qui, à rebours de l’évolution de l’espèce humaine, a un jour osé se mettre à quatre pattes au lieu de se redresser afin de mieux s’élancer ? Quel est le Fosbury du sprint, à l’instar de l’américain qui se mit dos à la barre pour remporter le concours du saut en hauteur aux Jeux de Mexico en 1968 ? De même que Dick Fosbury est resté dans la postérité pour son « flop », Thomas Burke, le champion des Jeux rénovés de 1896 est souvent associé au départ accroupi, alors qu’en fait, aucun des deux n’est l’inventeur de ces techniques.

L’histoire du « crouch start » se perd entre les chroniques anglophones du XIXè siècle et les revendications d’invention, parfois sincères, de coachs ou d’athlètes. Le plus ancien document photographique attestant de cette pratique date du 12 mai 1888. Il montre quatre concurrents alignés lors d’un meeting amateur à Cedarhurst (New York). Charles Hitchcock Sherrill, longiligne athlète d’1 m 82 pour 59 kg, est le seul à ne pas partir debout et gagne, coïncidence ou pas, le 100 yards en 10 sec ½. Cet étudiant de Yale à l’éphémère parcours athlétique fera carrière en politique en tant qu’ambassadeur, avec une certaine fascination pour les dictateurs européens…

Parmi les plus crédibles auto-attributions de découverte, il y a celle de Bobby McDonald. En 1887 au Carrington Ground à Sydney, le sprinteur aborigène fait sensation en partant les mains au sol… et l’emporte. Son auteur expliquera quelques années plus tard qu’il avait adopté ce « départ kangourou » dès 1884 après avoir observé l’animal. Le fléchissement des jambes induit une sorte de bondissement avant de se mettre en course.

Handicap

La technique a mis quelques années avant de se répandre, le temps que les athlètes perdent l’habitude d’utiliser à l’envi toutes les variantes possibles de départ : debout, fléchi, une main au sol, bras ouverts ou serrés… Jusqu’alors, la plupart des courses étaient des duels, fortement récompensés par des parieurs. Le départ était le plus souvent donné par consentement mutuel, qui était répété jusqu’à ce que les deux professionnels s’élancent enfin simultanément. Le nombre de faux-départ, parfois vingt à la suite, bien que permettant de faire durer le spectacle, était une épreuve pour les nerfs autant pour les concurrents que pour le public… Le show proposait parfois des courses à handicap, déjà en vogue au XVIIIe siècle, attribuant une avance de plusieurs mètres au moins côté, ou encore, à partir des années 1840, en pénalisant le favori par une position désavantageuse. Parmi elles : le départ accroupi ! La rumeur de son efficacité tient paradoxalement à des victoires inattendues, et certainement à un effet de mode suscité par les victoires telles que celles de Sherrill aux USA ou McDonald en Australie.

L’avènement du sport universitaire et amateur déplace les compétitions des voies publiques vers les stades et va accélérer le processus d’adoption du départ accroupi. Les diverses positions des concurrents, de plus en plus nombreux, brouille en effet la lisibilité du départ. Les juges veillant à l’équité de la compétition plébiscitent cette méthode, où l’athlète peut rester stable et immobile en attendant le signal. Selon le décompte de l’entraîneur de Harvard J.G. Lathrop, sur 150 départs, aucun ne fut anticipé durant hiver 1891-92, et seulement un l’année suivante.

Très bien, mais les sprinteurs partent-ils plus vite pour autant ? Même au sein de l’Université de Harvard, où la technique du crouch start est enseignée avec des consignes précises d’écart de pied et de répartitions de masses sur les appuis, la réponse n’est pas évidente: au début des années 1890, Edward Bloss, détenteur du record mondial du triple saut (14 m 78), possède aussi les meilleures références connues de l’époque sur 15, 20, 30, 40, 50 et 75 yards en salle grâce à son départ debout et certainement à son gabarit explosif (1 m 63 pour 62 kg).

Départs à bloc

Cette incertitude quant à l’efficacité de la station basse a-t-elle changé avec les starting-blocks ? Contrairement à l’idée reçue, il n’ont jamais fait l’unanimité : malgré le gain de 0 s 034 vendu par George Bresnahan, l’inventeur du « support de pied » dont il a déposé le brevet en 1927, de prestigieux sprinteurs s’en sont longtemps passé, malgré l’autorisation un peu tardive de l’appareil par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) en 1937. Le record du monde du 100 yards de Georges Simpson en 1932 (de Ohio State, comme Jesse Owens) avait bien donné quelques idées au champion américain de l’époque Frank Wykoff, mais des essais infructueux l’ont reconduits à ses habitudes.

Le Britannique Allan Wells adepte du départ sans blocs, a dû s’y adapter pour remporter le titre olympique en 1980, forcé par un tout nouveau règlement de l’IAAF imposant dans chaque couloir un appareil de détection de faux-départ niché dans les starts. Est-ce un hasard si en passant de 10 s 15 en 1978 à 10 s 11 en ¼ de finale des JO, il s’est amélioré de la marge prévue par Bresnahan ?

Le départ accroupi a aussi connu une déclinaison, le trépied, osé par Valeri Borzov en 1974 lors des championnats d’Europe en salle et en plein air. Technique issue de tests secrets réalisés en URSS ? Blessure à la main ? Le champion olympique avait laissé malicieusement planer le doute sur ses réelles motivations face aux questions des curieux. En 2012, il m’a finalement expliqué avoir expérimenté toutes sortes de figures durant sa carrière, y compris le trépied, rapidement interdit par l’IAAF pour obliger de poser les deux mains au sol, mais rien ne lui avait permis de mieux jaillir et accélérer que le traditionnel « crouch start ».

À Rio, tous les concurrents du 100 m seront égaux sous les ordres du starter. Mais l’œil aiguisé décèlera quelques subtiles variantes : bassin plus ou moins élevé, espacement des bras et des jambes, orteils calés à l’extrémité haute des blocs, mains posées légèrement en décalage pour synchroniser leur premier mouvement avec celui des jambes… La médaille d’or se joue peut-être dans ces détails, avant même le coup de feu du starter !

Voir aussi:

Docteur Müller, plus fort que la douleur des sprinteurs
Pierre-Jean Vazel
Vazel blog
02 mai 2013

Les meilleurs sprinteurs mondiaux rendent régulièrement visite à Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt, le médecin des footballeurs du Bayern Munich, aux méthodes non conventionnelles. La plupart viennent consulter le « Docteur Müller » pour des douleurs aux ischio-jambiers. C’est le cas d’Usain Bolt, qui a annoncé ce mardi son forfait pour le 200 m du meeting de Kingston en raison d’une « légère contracture ». Éclairage sur le traitement atypique de la blessure typique des sprinteurs par l’homéopathe bavarois.

Trop vite pour leurs corps

Lors des Jeux Olympiques de Londres l’an passé, tous sports confondus, six blessures musculaires sur dix étaient localisées sur les cuisses. Chez les spécialistes du sprint, le maillon faible des chaines musculaires est la partie postérieure de la cuisse, où s’insèrent les ischio-jambiers. Leur fonction est de fléchir le genou, et en course de vitesse, ils contribuent, avec les fessiers notamment, à étendre la hanche. Alors que la saison d’athlétisme ne fait que commencer, Usain Bolt est la dernière victime en date de l’épidémie de blessures aux ischios qui perturbe les rentrées des stars du sprint. Le 30 mars, Asafa Powell, l’ancien détenteur du record du monde du 100 m, déclarait forfait pour la finale d’une compétition en Australie après avoir ressenti une gêne aux ischios gauches lors des séries. Puis ce fut au tour des champions du monde en titre du 100 m : Yohan Blake le 13 avril à Kingston, fauché en pleine course par ses ischios droits, et Carmelita Jeter sept jours plus tard à Walnut, forcée de ralentir alors qu’elle était sur la voie d’une meilleure performance mondiale de l’année.

Tyson Gay, lui, touche du bois. Épargné cette saison alors que son bilan médical est aussi long que son palmarès, il explique ses blessures chroniques par le fait qu’il « court trop vite pour (son) corps ». C’est peut-être aussi le cas d’Usain Bolt, pour son anatomie hors norme : une taille d’1,96 m avec une scoliose (colonne vertébrale déformée dans les trois plans de l’espace) et une jambe droite plus courte d’1,5 cm que la gauche. Quand il court à près de 45 km/h, le Jamaïcain doit supporter lors de chaque appui une force verticale au sol équivalente à 4,5 fois le poids de son corps, d’après des mesures effectuées en Slovénie en 2011. Lors de son record du monde à Berlin en 2009, sa jambe droite produisait des foulées environ 20 cm plus petites que sa jambe gauche, ce qui a été confirmé en conditions expérimentales lors de tests réalisés en Grande-Bretagne avant les Jeux Olympiques (2 m 59 pour la jambe droite contre 2 m 79 pour la gauche). Ces asymétries ne sont pas évidentes lorsqu’on voit les foulées apparemment harmonieuses de l’homme le plus rapide du monde, pourtant, elles ont martyrisé ses ischios du côté gauche – le plus sollicité – depuis le début de sa carrière.

D’avril à juillet 2004, le jeune Bolt, alors âgé de 17 ans, ne parvient pas à guérir cette cuisse qui l’empêche de participer aux Championnats du Monde Juniors. Il est alors envoyé à Munich dans la clinique du Dr Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt. Le médecin de l’équipe allemande de football, et particulièrement du Bayern Munich, était déjà réputé à l’époque pour avoir soigné les trois derniers champions olympique du 100m, Linford Christie, Donovan Bailey et Maurice Greene.

Lors du Mondial 2006 en Allemagne, une polémique avait éclaté au sein de l’équipe de France quand Bixente Lizarazu, alors au Bayern Munich, avait conseillé à Patrick Vieira, blessé, de consulter le docteur Müller-Wohlfahrt pour se faire injecter de l’Actovegin. Le médecin des Bleus s’y était alors opposé. Car si l’Actovegin, une substance à base de sang de veau, ne figure pas sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage, sa vente est interdite en France et aux Etats-Unis, notamment. En 2000, l’Actovegin avait été au coeur de l’enquête judiciaire qui avait visé l’US Postal de Lance Armstrong après le Tour de France.

Au moins, de ce côté de Munich, les meilleurs sprinteurs de la planète sont depuis longtemps sur un pied d’égalité puisque les convalescents Powell, Blake, Jeter et Gay sont aussi des clients réguliers du guérisseur controversé. Tous sont sans doute repartis avec la liste d’exercices de renforcement musculaire que m’avait donné le docteur pour le champion de France Ronald Pognon, lors de notre première visite chez lui en 2007 sur les conseils de footballeurs. Il m’avait aussi remis un rapport de trente-cinq pages intitulé « diagnostic et traitement des contractures et ruptures de fibres musculaires chez les athlètes de haut niveau ». Un document intéressant puisqu’il n’a jamais été publié et qu’il donne un éclairage sur la blessure chronique dont Usain Bolt, en raison de sa scoliose, ne parviendra jamais à se débarrasser.

Les secrets du médecin du Bayern Munich

Dans son communiqué, Bolt fait état d’une « légère contracture (slight strain) » de « grade 1 », d’après le diagnostic effectué sur son lieu d’entrainement. Ce n’est pas exactement la terminologie utilisée par Müller-Wohlfahrt. Pas question non plus d’élongation, de claquage ou de déchirure. Pour lui, la distinction des blessures « ne peut pas se baser sur leur sévérité et leur grade ». La différence n’est donc pas quantitative mais qualitative et il ne voit que deux natures : les « contractures » et les « ruptures de fibres ». Une contracture est caractérisée par une détérioration neuromusculaire plutôt qu’une perturbation des fibres musculaires, elle altère la fonction de l’organe mais laisse l’anatomie intacte. « Chez les footballers, les contractures arrivent en général en première mi-temps ou dès les premières minutes, tandis que les ruptures interviennent en fin de match. » Müller-Wohlfahrt a observé empiriquement que la colonne vertébrale est impliquée dans 90 % des cas de problèmes musculaire, et on voit bien que la scoliose de l’homme le plus rapide du monde a fait l’objet de toutes les attentions. Comme il n’est pas possible de changer la forme de sa colonne, Bolt doit vivre et s’entrainer avec. Depuis deux olympiades, il s’astreint donc à des exercices spécifiques trois fois par semaine, il est suivi en permanence par un masseur et doit se rendre en moyenne trois fais par an à la clinique.

L’originalité de cette méthode repose moins sur le diagnostic que sur le traitement. Faire en sorte de réduire l’hypertonicité musculaire causée par des mauvais alignements du squelette, des amplitudes articulaires réduites, des rigidités causées par la fatigue et le stress émotionnel. Vous souffrez des ischios ? Pas de repos, le docteur vous met au boulot. Il passe une éponge glacée, masse, étire, puis vous allonge sur le ventre.  Les yeux fermés pour mieux palper l’épiderme du dos, il plante d’une main ferme et sûre six, sept, huit seringues, longues comme des couteaux de cuisine, de part et d’autre de la colonne. Les produits injectés, Meaverin, Actovegin et Traumeel (anesthésiants, acides aminés et anti-inflammatoires), sont censés bloquer les fonctions nerveuses et améliorer le métabolisme. La pharmacopée munichoise est en principe homéopathique, naturelle et non synthétique. Et dès le premier jour, il faut s’entrainer. Jogging ou vélo, « la course fait partie des modalités du traitement » pour stimuler l’organisme. Le lendemain et le surlendemain, deux entrainements d’endurance de 20 min et de nouvelles infiltrations, dans un protocole qui inclut kinésithérapie, électrothérapie et thermothérapie. Au 4ème jour, l’entrainement peut reprendre là où l’athlète l’avait laissé. En cas de rupture de fibres, le délai est de dix à quatorze jours minimum, si le patient est immédiatement pris en charge. Sinon, « chaque minute perdue dans les dix premières minutes suivant la blessure peut-être un jour de perdu ».

La contracture ayant eu lieu le week-end dernier, Bolt peut en théorie s’aligner sur le 100m du meeting des îles Caïman le 8 mai. La douleur, réveillée à la fin des championnats jamaïquains en juillet dernier, s’était tue jusqu’à ce printemps, et le dernier détour par Munich début avril n’a manifestement pas été suffisant. On pourrait donc ne pas revoir les foulées asymétriques de « la Foudre » avant le 6 Juin lors du meeting Rome. Il lui reste encore suffisamment de temps – 100 jours exactement – pour préparer les Mondiaux de Moscou (du 10 au 18 août) où il remerciera peut-être encore publiquement le Docteur Müller, comme il l’avait fait à Londres après ses trois titres olympiques.

Voir également:

La qualification de Bolt à Rio, quels scénarios ?

Pierre-Jean Vazel

02 juillet 2016

Un ischio (encore) récalcitrant lors des sélections jamaïcaines a contraint la nuit dernière Usain Bolt, champion olympique des 100 m, 200 m et relais 4×100 m en 2008 et 2012, au forfait pour la finale du 100 m, ainsi que pour l’épreuve du 200 m à Kingston. En théorie, seuls les 3 premiers sont qualifiés pour les Jeux, remplissant le quota autorisé de 3 athlètes par discipline et par pays. Et contrairement aux championnats du monde, les tenants du titre ne sont pas invités aux JO. Alors, depuis, la question agite les réseaux sociaux : Rio ne verrait donc pas la star du sprint tenter de tripler son triplé ?

Selon les règles jamaïcaines…

En pratique, des subtilités réglementaires permettent en fait au sprinteur, nonobstant l’évolution de sa blessure, d’être sélectionné dans les épreuves individuelles, sous certaines conditions. Tout d’abord, les modalités de sélections de l’Association administrative d’athlétisme jamaïcaine (JAAA) prévoient de sauver une star en difficulté : « Les athlètes classés/listés dans le top 3 mondial de leur épreuve qui sont malades ou blessés au moment des Championnats Nationaux et bénéficient d’une dispense de concourir aux championnats peuvent encore être sélectionnables, pourvu qu’ils soient capables de prouver l’état de forme de leur classement mondial avant la soumission finale des inscriptions pour la compétition. »

Bolt répond à ces critères sur 100 m puisqu’avec ses 9 s 88, il possède le 2e chrono de l’année derrière le Français Jimmy Vicaut (9 s 86). Par contre, il n’a pas encore couru de 200 m en 2016. Mais étant donné que les performances qualificatives pour Rio, selon le système fixé par la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme (IAAF), doivent être réalisées entre le 1er mai 2015 et le 11 juillet 2016, on peut imaginer que la JAAA inclura la notion de classement mondial dans cette période. Cette interprétation permettrait à Bolt d’être sélectionnable sur la base de sa victoire en août dernier lors des championnats du monde en 19 s 55, meilleur chrono de 2015.

Pour autant, Bolt n’est pas tiré d’affaire. Si sa sélection dans l’équipe du relais 4×100 m jamaïcain, invaincu en grands championnats depuis sa 2e place aux mondiaux de 2007 ne fait de doute pour personne, il reste que les athlètes qui constitueront les podiums des 100 m et des 200 m à Kingston prétendront légitimement à une sélection pour Rio en individuel. Et, second problème, Bolt ne pourra pas « prouver l’état de forme de son classement mondial » avant que sa cuisse ne guérisse et sa prochaine compétition à Londres prévue le 22 juillet, après la clôture des inscriptions olympiques fixée le 18 juillet. Quels scénarios s’offrent à Bolt pour que la JAAA inscrive sa star à Rio sans éliminer les médaillés de ses championnats nationaux ?

Selon les règles internationales…

Carole Fuchs, Administratrice aux Inscriptions Sportives lors des Jeux de Londres 2012, spécialiste d’athlétisme et rompue aux méandres des règlements, va nous aider à y voir plus clair en décrivant trois possibilités. Le texte qui suit est ce qu’elle nous écrit au sujet du cas de Bolt, d’après les procédures usuelles d’accréditation des athlètes :

Pour les championnats du monde il est possible d’engager 4 athlètes et de décider à la dernière minute quels sont les 3 engagés définitifs. Aux Jeux Olympiques, ça ne marche pas tout à fait de la même manière car le CIO ne peut pas se permettre d’accréditer des athlètes en catégorie AA (athlètes participants) si en fin de compte ils ne participent pas (question de la maîtrise du nombre final d’athlètes qui est un problème sensible pour la gestion des Jeux). En même temps, il y a un délai d’environ 4 semaines entre la clôture des inscriptions et le début des épreuves, donc plein de choses peuvent se passer dans cette période… En 2012, il y a eu presque 80 athlètes qui ont été engagés à la date limite des inscriptions des JO et qui n’ont finalement pas pris part à la compétition principalement pour blessure et dopage. Par conséquent, il y existe 3 manières de gérer les réserves :

N’ inscrire que 3 athlètes et le 4e n’a pas d’accréditation. Le remplacement se fait par la procédure du « remplacement tardif des athlètes«  en fournissant documents médicaux ou justificatifs, le remplacement doit être validé par le CIO et l’IAAF. Dernier délai: la réunion technique. L’athlète retiré perd son accréditation et son droit de concourir dans d’autres épreuves.
En inscrire 3 et inscrire la réserve pour « Athlètes remplaçants avec une accréditation P ». C’est une accréditation réduite qui permet d’accéder aux stades d’entraînement mais pas de dormir au village par exemple. L’athlète n’est pas dans le quota de la délégation. Tous les frais sont à la charge du comité olympique national. Là encore, le remplacement se fait par la procédure du « remplacement tardif des athlètes » en fournissant documents médicaux ou justificatifs, le remplacement doit être validé par le CIO et l’IAAF. Dernier délai: 24 heures avant la confirmation finale des participants pour l’épreuve. L’athlète retiré perd son accréditation et son droit de concourir dans d’autres épreuves.
Une réserve participant dans une autre épreuve. L’athlète a déjà une accréditation AA du fait qu’il participe dans une épreuve. Il peut être inscrit comme réserve dans une autre. Dans ce cas, du fait qu’il n’y a pas de changement d’accréditation à faire, la décision des 3 participants peut se faire au moment de la confirmation finale des participants pour l’épreuve, sans avoir à passer par le processus de « remplacement tardif des athlètes » .
Pour Bolt, on se retrouverait dans le cas 3, car à moins d’une blessure qui mette un terme à sa saison, il aura au minimum une inscription au 4×100 m. Donc la Jamaïque peut décider ce qu’elle veut à la dernière minute pour le 100 m et le 200 m. Le reste, c’est finalement une question de communication publique.

Voir encore:

Dopage : les records d’Europe d’athlétisme bientôt revus et corrigés
Pierre-Jean Vazel
19 mai 2016

Dans le sillage des derniers scandales de dopage, l’Association européenne d’athlétisme a pris une décision inédite : évaluer la crédibilité de chacun de ses records. Svein Arne Hansen, élu l’an dernier à la présidence de la fédération continentale, avait réagit mercredi à l’annonce des 31 nouveaux cas positifs des JO de Pékin 2008 par un message sur twitter:

A statement from our @SvenPres on @iocmedia & @Olympics findings following retesting of Beijing 2008 samples. pic.twitter.com/C0Mm5GhqtT

— European Athletics (@EuroAthletics) 17 mai 2016
« Suite aux résultats du CIO d’après les retests des échantillons des JO de Pékin 2008, je veux réaffirmer ma position qu’il n’est jamais trop tard pour corriger les erreurs du passé et de s’assurer que les athlètes propres soient légitimement récompensés ». Pour se faire, le président de l’AEA précise qu’il « supporte pleinement le retrait de tous les tricheurs des livres d’histoire, peu importe combien de temps après les dates originales des compétitions ».

Groupe de travail à l’étude

L’entraîneur américain Dan Pfaff (coach de champions olympiques et du monde dont le sprinteur Donovan Bailey et du sauteur en longueur Greg Rutherford) a alors interpelé Hansen sur l’acceptation des records établis par les Allemands de l’Est « faciles à corriger ». De nombreux documents et témoignages attestent l’existence d’un programme de dopage en RDA appelé plan d’État 14.25, l’administration de stéroïdes anabolisants à près de 10 000 sportifs – menée clandestinement pendant un quart de siècle jusqu’en 1989. Hansen a répondu que le Conseil de l’AEA vient tout juste d’approuver « un Groupe de travail chargé d’étudier la validité et la crédibilité de tous les records d’Europe. » Il s’agit de passer au crible les records des 41 épreuves masculines et 43 féminines, sans compter les records en salle et par catégorie d’âge.

@PfaffSC @EuroAthletics Council has just approved Working Group 2 study validity & credibility of all Euro Recs.Names to be announced in Jun

— Svein Arne Hansen (@SvenPres) 18 mai 2016
Pour le blog Plus vite, plus haut, plus fort, Svein Arne Hansen donne quelques précisions sur ce projet :

Le Président est en train de finaliser avec le Conseil exécutif de l’AEA la liste des personnes qui travailleront dans le Groupe de travail.
Les noms seront rendus publics courant juin 2016.
Le Groupe sera composé d’un large panel de gens représentant différents secteurs du sport.
Il décidera sur quels documents, témoignages ou preuves s’appuyer pour évaluer la probité de chaque record et communiquera les résultats de son travail au Conseil exécutif.
Il est encore trop tôt pour annoncer une date de publication de la nouvelle liste des Records d’Europe. (Toutefois, selon les Règlements des records continentaux, l’AEA doit publier la liste de ses record à chaque 1er janvier).
La position du président Svein Arne Hansen est à l’opposé de celle de son ancien homologue à la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme Lamine Diack qui avait déclaré qu’on ne pouvait pas « réécrire les livres d’histoire ». Pas très raccord non plus avec la prescription de l’Agence Mondiale Antidopage dans l’Article 17 de son Code mondial antidopage : « Aucune procédure pour violation des règles antidopage ne peut être engagée contre un sportif ou une autre personne sans que la violation des règles antidopage n’ait été notifiée conformément à l’article 7 ou qu’une tentative de notification n’ait été dument entreprise, dans les dix ans à compter de la date de la violation alléguée. »

Des aveux de dopage athlètes permettraient de supprimer leurs records, d’après la Condition 7 des Règlements des records continentaux, sans prescription. Les auteurs de certaines performances jugées imbattables, comme Marita Koch et ses 47 s 60 au 400 m qui ont fêté leurs 30 ans, ont toujours farouchement nié et il est peu probable que d’autres anciennes gloires se mettent à table.

Par où commencer ?

Une manière de se débarrasser de records gênants se trouve peut-être dans cette Condition du règlement : « Les tests (antidopage) doivent être en accord avec les Règles des Compétitions de l’IAAF en cours et des règlements antidopage concernant les Records du Monde. » En l’élargissant, on pourrait se servir de dates à partir desquelles les techniques de contrôles antidopage ont changé et considérer que les records établis auparavant ne correspondent plus aux critères actuels d’homologation. Un peu comme lorsqu’en 1977, les chronos manuels n’ont plus été reconnus comme records et ont été remplacés par les chronos électriques. De la même façon qu’un anémomètre est nécessaire pour valider une performance, l’AEA pourrait statuer que des contrôles antidopage utilisant des techniques modernes le sont aussi, et ne plus reconnaitre les records antérieurs à ces quatre dates, au choix :

1984 : décision que chaque record du monde devra être accompagné d’un certificat de contrôle antidopage, prise lors du Conseil de l’IAAF à Manille du 16-18 décembre 1983. 5 records d’Europe masculins et 5 féminins ont été établis sans ce certificat.

1986 : interdiction du dopage sanguin par le Code antidopage du Comité International Olympique, décidée lors de la 90ème Session du CIO à Berlin les 4 et 5 juin 1985. Cette pratique concernant surtout les épreuves de longue durée, 7 records d’Europe masculins et 5 féminins ont été établis avant que ne soient formellement interdites les transfusions sanguines.

1990 : introduction des contrôles antidopage hors compétitions dans les Règles de l’IAAF en 1989 ; le programme est défini lors de la Commission Dopage de l’IAAF à Londres les 6 et 7 janvier 1990. 14 records d’Europe masculins et 15 féminins ont été établis à une époque où les athlètes n’étaient pas contrôlés en dehors des compétitions.

2009 : amendement du Code mondial antidopage pour autoriser à partir du 1er janvier l’utilisation du profil longitudinal afin d’établir une violation des règles antidopage, sur la base du Passeport Biologique des Athlètes. 31 records d’Europe masculins et 39 féminins ont été établis avant que les athlètes ne soient contrôlés par cette méthode de contrôle antidopage dite indirecte.

Si ces considérations historiques devraient être évoquées par le Groupe de travail, les plus vieux records ne sont pas les plus en danger : le cas le plus évident est celui du 10000 m féminin détenu depuis 2008 par la Turque Elvan Abeylegesse, suspendue pour deux ans par sa fédération nationale en mars 2015 après le retest positif de son échantillon des championnats du monde 2007. Cette sanction devrait entraîner l’annulation de son record, mais l’athlète a entamé une action légale contre l’IAAF devant le Tribunal Abitral du Sport pour des erreurs techniques dans les procédures de son contrôle. Les retests des JO de 2008 et 2012 pourraient apporter d’autres éléments au dossier Abeylegesse et peut-être confondre d’autres détentrices de records, notamment des coureuses et marcheuses russes qui ont brillé lors ces des compétitions.

Un obstacle demeure à la destitution de certains records : dans la forme actuelle des Régulations de l’AEA, la Condition 2 impose qu’une performance ratifiée par l’IAAF soit automatiquement reconnue comme Record continental. On en trouve 28 chez les femmes contre 8 chez les hommes. Interpelé sur ce cas de figure, Svein Arne Hansen a répondu en mettant Sebastian Coe, actuel président de l’IAAF et toujours détenteur de 2 Records d’Europe (1000 m depuis 1981 et 4×800 m depuis 1982), face ses responsabilités : « Mon but est de restaurer un maximum de crédibilité et Seb Coe fera de même à l’IAAF ».

@pahunt1978 @PfaffSC My goal is to restore maximum credibility 2 @EuroAthletics & @sebcoe will do likewise @IAAF. #takestime #wewillgetthere

— Svein Arne Hansen (@SvenPres) 18 mai 2016
La France détient actuellement 10 records d’Europe senior en plein air :

Hommes

100 m 9 s 86 Jimmy Vicaut, Paris Saint-Denis, 2015
3000 m steeple 8 min 0 s 09 Mahiedine Mekhissi-Benabbad, Paris Saint-Denis, 2013
400 m haies 47 s 37 Stéphane Diagana, Lausanne, 1995
Perche 6 m 16 Renaud Lavillenie, Donetsk, 2014
Relais 4×200 m Equipe de France, Nassau, 2014
Marathon 2 h 06 s 36 Benoit Zwierchlewski, Paris, 2003
50,000 m marche (piste) 3 h 35 min 27 s 2 Yohann Diniz, Reims, 2011
20 km marche (route) 1 h 17 min 02 Yohann Diniz, Arles, 2015
50 km marche (route) 3 h 32 min 33 Yohann Diniz, Zurich, 2014

Femmes

100 m 10.73 Christine Arron, Budapest, 1998

(Les performances de Diniz sur 50,000 m  et 50 km et de Lavillenie sont aussi des Records du Monde)

Voir par ailleurs:

Schwazer: le module stéroïdien du passeport biologique en est marche

Pierre-Jean Vazel

24 juin 2016

Exemple de module stéroïdien typique (à gauche) et atypique (à droite) par le Laboratoire Suisse d’Analyse du Dopage
Le marcheur italien Alex Schwazer pourrait bien entrer dans l’histoire. Non pas comme un énième dopé repenti repris une nouvelle fois par la patrouille antidopage, mais comme le premier sportif confondu par le module stéroïdien du Passeport Biologique des Athlètes.
Le conditionnel s’impose tant que la procédure n’est pas terminée – l’athlète clame son innocence et évoque un complot – mais cette information publiée hier par le Corriere Della Sera indique que le passeport stéroïdien apporte enfin ses premiers résultats deux ans et demi après son instauration. Et qu’il va être fatal à de nombreux sportifs…

Sang, urine et hormones

On connaissait le module hématologique du Passeport, opérationnel depuis 2009, qui consiste à observer les variations de paramètres sanguins dans le temps chez un même sportif (hémoglobine, hématocrite, réticulocytes…) pour détecter les effets indirects de dopage sanguin, tel que transfusions sanguines ou prises d’EPO, souvent indétectables par les techniques d’analyses directes d’échantillons de sang. Sa première « prise » fut le marathonien portugais Hélder Ornelas en Mai 2012. Ce module concerne surtout les sportifs d’endurance bien qu’il ait aussi piégé des spécialistes de force-vitesse, tels que la double championne d’Europe du 100 m haies Nevin Yanit (Turquie). Or pour ces derniers, des scientifiques allemands, belges et suisses ont travaillé depuis plus de 10 ans sur l’élaboration de protocoles d’analyses permettant à l’Agence Mondiale Antidopage de valider la mise en place, officielle et légale depuis janvier 2014, d’un deuxième module, dit stéroïdien.

Depuis les années 80 et les travaux du Dr Donike, pour détecter un dopage à la testostérone, les laboratoires antidopage mesurent dans les échantillons urinaires le ratio entre la testostérone et une molécule quasi-jumelle, l’épitestostérone. Étant donné que le ratio naturel T/E est de 1.0 et qu’en cas de dopage stéroïdien, seule la part de testostérone augmente, un résultat supérieur à 4.0 – plafond statistique adopté par les autorités antidopage – est considéré comme une preuve. Preuve toute relative puisque les chercheurs savent que la concentration de ces marqueurs biologiques dans les urines diffèrent d’une personne à l’autre, selon ses conditions génétiques et ethniques (par exemple, la majorité de la population asiatique possède un ratio de 0.1). Or, les contrôles étant anonymes, il n’est pas possible de tenir compte de ces paramètres individuels et vire souvent au casse-tête, aux doutes bénéficiant au sportif voire aux joutes judiciaires.

C’est encore l’équipe du Dr Donike de Cologne qui a publié en 1994 une évaluation longitudinale et individuelle du ratio T/E, première étude scientifique sur le sujet (1). Vingt-deux ans plus tard, le labo allemand a pu passer de la théorie à la pratique avec le cas Schwazer. Selon Corriere, le ratio du marcheur a été mis en graphique à chaque contrôle de 2016 : les 1er et 24 janvier, le 2 février, le 27 avril, un autre en mars, jusqu’au dernier réalisé en compétition lors de son retour victorieux à la Coupe du Monde de marche à Rome le 8 mai afin de valider la procédure du passeport. C’est ce dernier qui a fait pencher la courbe et mis en évidence celui du 1er janvier, le rejetant hors de la variation physiologique naturelle tolérée. À la demande du laboratoire de Montréal, celui de Cologne a donc retesté l’échantillon en question par une procédure longue (48 heures) et coûteuse (environ 400 euro), l’analyse par « spectrométrie de masse de rapport isotopique » (SMRI), qui a révélé la présence de testostérone synthétique. Cette « prise » – si la procédure aboutit à une sanction – montre à nouveau que le dopage stéroïdien n’est pas plus le domaine des sportifs de force-vitesse que le dopage hématologique n’est celui des spécialistes d’endurance.

Le dopage favori

Le dopage stéroïdien est apparu selon certains témoignages vers la fin des années 50 aux États-Unis, probablement plus tard en URSS en raison de la répression politique stalinienne exercée sur les travaux scientifiques portant sur les hormones à partir de 1950 et qui s’est prolongée pendant une dizaine d’années. En Allemagne de l’Est, le Plan d’État 14.25 consistant en l’administration systématique de stéroïdes anabolisants, a permis des progressions de performances spectaculaires chez ses athlètes en l’espace d’une olympiade, selon les estimations d’un rapport de la Stasi de 1977 (2) :

400 m féminin : progrès de 4 à 5 sec
800 m féminin : 5 à 10 sec
1500 m féminin : 7 à 10 sec
Lancer du poids masculin : 2,5 m à 4 m ; féminin : 4,5 à 5m
Lancer du disque masculin : 10 à 12 m ; féminin : 11 à 20 m
Lancer du marteau masculin : 6 à 10 m
Lancer du javelot féminin : 8 à 15 m
Pentathlon féminin : 20 % de points

Les agents anabolisants sont encore les dopants « favoris » des tricheurs – et manifestement pas que des spécialistes de force-vitesse – si l’on croit le dernier Rapport de l’Agence Mondiale Antidopage. Il comptabilise 1479 résultats d’analyses anormaux, soit 48 % du total rapporté par le logiciel ADAMS en 2014, tous sports confondus. Mais après 217 762 contrôles effectués, cela représente 0,68 % de positifs, un taux qui reflète moins la réalité des pratiques dopantes que l’inefficacité de la méthode de contrôle analytique classique… Il n’existe pas d’étude évaluant la prévalence du dopage stéroïdien chez les athlètes, mais la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme avait estimé dans un article scientifique de 2011 (3) qu’une moyenne de 14 % d’athlètes élites avait eu recours au dopage sanguin sur la population étudiée durant la période 2001-2009 d’après les données du module hématologique. Le Passeport Biologique des Athlète n’était alors pas légalement approuvé, et donc ne pouvait être utilisé pour suspendre les athlètes.

Néanmoins, depuis sa mise en place, son taux de réussite en matière de contrôles pour le dopage sanguin n’a toujours pas dépassé le 1 %, et il s’est avéré être manipulable par ceux qui avaient la gestion des résultats. Malgré des « prises » prestigieuses qui auraient été impossibles sans le passeport, le bilan du module hématologique est loin d’être satisfaisant. L’Agence Mondiale Antidopage compte bien sur son nouveau module stéroïdien, resté au stade expérimental pendant 20 ans, pour inverser la tendance. Un troisième, l’endocrinien qui devra s’attaquer aux facteurs de croissance, est encore dans les cartons.

1) Donike M Évaluation d’études longitudinales, détermination des variations de références par sujets du ratio testostérone/épitestostérone. In Avancée récentes d’analyses de dopage, Actes du 11e Séminaire de Cologne sur les analyses de dopage. Sport und Buch Strausse Edition Sport, Cologne (1994).

2) Höppner M Rapport Technique du 3.3.1977, BStU, ZA, MfS, A/637/79, partie II, volume 2, p. 243-244.

3) Sottas P Prévalence du dopage sanguin dans les échantillons collectés sur des athlètes élite, f Clinical Chemistry, 57:5 p. 762-769 (2011)

Voir encore:

The Science Behind Sprinter Usain Bolt’s Speed
Usain Bolt, the fastest-ever human, appears to have an extra gear that propels him ahead of other sprinters. But that’s not what’s going on.
Matthew Futterman
July 28, 2016
Sprinters who have taken on Usain Bolt in the 100-meter dash often describe a moment in the second half of the race when the world’s fastest-ever human just runs away from them.

One minute they are shoulder-to-shoulder with Bolt, believing that this will be the night the legend will be toppled. The next they are staring at his back, watching him raise his hands in triumph, sometimes many meters before he crosses the finish line.

Last week Bolt expressed his usual, unflappable confidence, even though a hamstring injury kept him from Jamaica’s track and field trials. Granted a medical exemption by the country’s athletics federation, he was named to the team even though he couldn’t qualify at the national trials.

“My chances are always the same: Great!” he said. “If everything goes smoothly the rest of the time and the training goes well, I’m going to be really confident going to the championship.”

Rio Olympics 2016
Fans have grown familiar with his methods, too. Bolt, who is 6 feet, 5 inches tall, has won all but one Olympic and World Championship 100-meter race since 2008. The lone exception is the 2011 World Championships, where a false start got him disqualified.
“Anybody can be beaten, but he is a crazy talent and something that we have never seen in the sport,” said Lance Brauman, who has coached many of the world’s top sprinters, including Tyson Gay, who won the 100 at the 2007 World Championships, right before Bolt’s era of dominance began. “You are hoping you have your best day and hope he doesn’t have his.”

Bolt seems to have another gear that no one else does. He accelerates, and no one can keep up. At least that’s what our eyes tell us is happening—but it’s not so.

Bolt is no different from every other incredibly fast man, hitting his top speed of about 27 miles per hour at about the 70-meter mark. From there, his speed drops, if only by a few hundredths of a second for each 10 meters, but in a race that is determined by whiskers, every fraction of a second is vital.

What this means is that Bolt isn’t kicking into another gear and running away from the field. Instead, he’s slowing down at a slower rate than anyone else.

So, beating him should be simple, right? Just don’t slow down. Of course it’s not that easy, and scientists are still figuring out why humans—and cheetahs and pronghorns and other fast mammals—slow down so quickly.
Bolt crossed the finish line to win the final of the men’s 4×100 meter relay for the Jamaican team at the 2015 IAAF World Championships in Beijing in August 2015. Photo: FRANCK FIFE/AFP/Getty Images
For decades, researchers have theorized that deceleration starts as energy stored in the muscles is used up. “All mammals engaged in intense exercise, be it a human marathoner, a cheetah trying to catch prey or the prey trying to avoid becoming a meal, rely on energy stored in the body, usually as glycogen,” said Karen Steudel, a professor of zoology at the University of Wisconsin. “Once this is depleted, the human or cheetah is basically out of gas.”

However, a 2012 study by Matthew Bundle of the University of Montana in Missoula and Peter Weyand at Southern Methodist University in Dallas, showed that the greatest decrease in muscular performance occurs within the first seconds of a sprint when runners are still accelerating, which would suggest that deceleration in a race as short as 100 meters may not be related to how sprinters metabolize glycogen.

“Muscle fatigue happens contraction by contraction,” Weyand said. He argues that the biological process that causes the fatigue is still a mystery. It also is very hard to measure, because it is difficult to examine what is happening to an incredibly fast person’s muscles when he can only run at full speed for roughly three seconds.

Still, the idea that muscle fatigue begins instantaneously and with each muscle contraction may say plenty about why Bolt is so hard to beat.

Bolt is significantly taller than the competition, and his ability to take quick steps, known as stride frequency, is about as good as anyone else’s. He can cover more ground with fewer steps, allowing him to complete 100 meters with just 41 strides, while his opponents average about 45.

If the muscles are becoming less powerful with each step, then by taking fewer steps, Bolt’s muscles are becoming less fatigued. That would explain why in the final 20 meters he essentially is slowing down slower than everyone else.

So, take fewer steps and you can beat Bolt, right? Well, no. Sprinting effectively means finding the right balance between stride length and stride frequency. Long strides that stretch too far beyond a sprinter’s center of gravity act like a jab to the chin. Each too-long stride breaksforward momentum. However, strides that are too short don’t cover enough ground, and human legs can only turn over so quickly.

“You’re always asking, ‘How can I get a little stronger, have a little more finesse, have a little more patience and run faster?’ ” said John Smith, considered by many to be the top sprint coach in the U.S.

Every sprinter says the key to winning is to pay attention only to what is happening in one’s own lane, because that is all that can be controlled. Bolt is trying for an unprecedented “triple-triple”—gold medals in the 100, 200 and 400-by-100 meter relay. If he pulls it off, he will surely be considered the greatest track and field athlete of all time.

Go ahead, try not paying attention to that.

Voir enfin:

Athlétisme

Une nuit au stade: Bolt invente le triple triplé

Retour sur les temps forts d’une soirée qui a vu le Jamaïcain réussir son pari historique de gagner à nouveau le 4×100 m après le 100 et le 200m

Bolt, un 5000 mètres et une première pour le Tadjikistan : retour sur les temps fort de la soirée d’athlétisme de vendredi.

Cédric Mathiot, (à Rio)

20 août 2016

4x100m hommes : Bolt réussit son pari, le Japon créé la surprise

Et de trois qui font neuf. En l’emportant en finale du relais 4x100m (37 »27), les Jamaïcains (Asafa Powell, Yohan Blake, Nick Ashmeade et Usain Bolt) ont donné à Bolt son troisième titre olympique à Rio, et sa neuvième médaille d’or en trois olympiades (3 sur 100m, 3 sur 200m et 3 sur le relais 4x100m). Les Japonais, à la faveur d’un nouveau record d’Asie (37 »60), finissent surprenants deuxièmes, les Etats-Unis ont terminé troisièmes (37 »62) avant d’être disqualifiés pour mauvais passage de témoin, offrant le bronze au Canada.

Usain Bolt n’aura donc perdu dans toute sa carrière qu’une seule des courses olympiques auxquelles il aura participé, à 17 ans en série du 200m des Jeux d’Athènes (2004).  (Photo Reuters)

Bon débarras

Les sprinters américains verront partir Bolt à la retraite avec plaisir. Depuis l’avènement de la star jamaïcaine à Pékin en 2008, et jusqu’à la victoire du relais jamaïcain hier sur 4x100m, les Américains n’ont plus gagné un seul titre olympique ou mondial en sprint.

Que ce soit sur 100m, 200m ou le relais 4x100m, la Jamaïque a tout raflé. Sur 100m et 200m, Usain Bolt a quasiment tout emporté (6 titres olympiques, 5 titres aux championnats du monde). Sa seule fausse note date de la finale du 100m aux Mondiaux de 2011, où il avait été disqualifié pour un faux départ. Mais la victoire était revenue à son compatriote Yoann Blake. En relais 4×100, la Jamaïque s’est imposé à chaque échéance mondiale, en 2009, 2011, 2013 et 2015 aux mondiaux. En 2008, 2012 et donc 2016 aux JO.

Les filles du relais 4×100 américain doublent l’or

Les Américaines ont vengé les Américains. Le relais féminin 4x100m l’a emporté sur les Jamaïcaines en 41 »01 et conserve son titre olympique de Londres. Sur les quatre partantes du relais américain, trois avaient déjà gagné un médaille à Rio, mais aucune sur 100m. Tianna Bartoletta avait pris l’or à la longueur, Allyson Felix l’argent sur 400m et Tori Bowie le bronze sur 200m. (photo AFP)

Voir par ailleurs:

Sport
Michael Phelps : qu’est-ce que la Cupping therapy, à l’origine des grosses tâches sur son épaule ?

La Rédaction (La Rédaction), Mis à jour le 10/08/16 15:19

Sous le feu des projecteurs, Michael Phelps bat tous les records aux JO de Rio. Mais qu’en est-il de ces inquiétantes tâches sur son corps ?

[Mis à jour le 10 août 2016 à 15h19] Sacré dimanche lors du relais 4×100 mètres masculin, le nageur américain Michael Phelps a depuis remporté la médaille d’or du 200 mètres papillon mardi 9 août. Puis, quelques dizaines de minutes plus tard, c’est avec l’équipe américaine que le champion olympique a remporté l’or du relais 4×200 mètres nage libre. Celui qui a désormais 21 titres olympiques et quelque 25 médailles à son compteur, tous métaux confondus, semble désormais inarrêtable. Mais quel est son secret ?

Il se pourrait bien que la recette de son succès réside dans un autre mystère : celui de ces énormes tâches, le long de son épaule notamment. À quoi peuvent-elles bien correspondre ? Elles sont tout simplement les marques laissées par la « cupping therapy », en français, la médecine dite des ventouses. Cette médecine n’est autre qu’un mélange de kinésithérapie, d’ostéopathie et de médecine chinoise dont le but est d’éliminer les toxines. Les ventouses, généralement en verre, sont chauffées puis appliquées sur le corps dans des zones stratégiques. Une fois refroidies, elles exercent ainsi une pression sur des points précis. Le tout élimine donc les toxines, mais améliore également la circulation du sang et supprime le stress et autres tensions rendant alors le sportif plus performant.
« Selon l’endroit où est posée la ventouse, il est possible d’améliorer l’action par voie réflexe et l’action antalgique évite l’apparition de douleurs dues à l’effort. La méthode permet aussi de décongestionner certaines zones inflammatoires, redoutables donc pour prévenir les crampes. Enfin, en stimulant certains points [tirés de la médecine chinoise], la ventouse peut aider à mieux gérer ses émotions. Une sorte de ‘dopage soft physiologique' », comme le détaille Daniel Henry, spécialiste interviewé sur la question par Metronews. Et bonne nouvelle ! La cupping therapy n’est pas un art exclusivement réservé aux sportifs de haut niveau. Il existe d’ailleurs peut de contre-indications, hormis peut-être pour certaines personnes qui prennent des médicaments tels que des anticoagulants. Chacun est donc libre de s’offrir une petite séance revigorante !

 

 

 

 


Aubervilliers: A quand le racisme anti-grand-mères ? (Like their cash-laden tourist cousins from the mainland, Chinese-French find out the hard way they too have become easy targets for muggers)

19 août, 2016
ChineseYou can’t turn the ghetto into black Korea. Ice cube
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. (…) Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur. (…) Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme. (…) Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. » (…) De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre. (…) C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer. « Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. » La Voix du nord (16.01.2016)
Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables. Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire. Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ». S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  (…) Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple). Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros. Le Messager (2012)
A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion. Li Lang (marketing manager of Guangzhou-based travel agency)
Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average. « There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. » Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said. Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said. (…) Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash. (…) The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital. Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe. South China Morning Post
One explanation is that Chinese tourists often carry large amounts of cash. Chinese and Japanese tourists are also known to spend freely, with an average of between €800-€1,200 ($1,000-$1,500), mostly in luxury Champs Elysées boutiques. With expensive brand names on their shopping bags, they are an easy prey for thieves, especially in the suburban hotels where many stay. The most audacious thefts can occur even before Chinese visitors set foot in the city, on the A1 motorway from the airport, which is notorious for traffic jams. On at least two occasions, organised gangs attacked tourist minibuses. They wait for the bus to reach a standstill, break the windows and snatch bags from terrified occupants. (…) In central Paris the pickpockets are mainly young eastern Europeans controlled by criminal networks that are hard to dismantle, especially since the thieves are teenagers and don’t carry IDs. Being under age, they are released very quickly. Furthermore, Asian tourists (…) rarely file complaints. The police station by the Eiffel Tower only gets between 60 and 80 per month. « The tourists are usually with tour operators and simply don’t have two hours to spend in a police station, » said Serge Leduc, head of security at the Louvre.In 2010, the Chinese diaspora in the Belleville district of Paris demonstrated against the attacks, especially those during weddings when people traditionally offer cash gifts. Now complaint forms are available in Chinese. (…)  The regional tourist office says that the figures show no drop in Asian visitors but the chairman, Jean-Pierre Blat, has long-term concerns: « With the growth of emerging countries, we could see between 10-15 million more tourists by 2020, and we just don’t have the capacity to deal with them. » One problem is the lack of security in suburban hotels. In central Paris, hotel capacity is at saturation point and new ones can only be built outside the ring road, in precisely the areas now avoided by the Chinese tour operators. Jean-François Zhou, the founder of Ansel Travel, says that the Chinese blacklist hotels whose clients have been the victims of theft. He now tries to get his clients into central hotels, even if it raises the cost of his services. (…) The long-term aim is to change their cash habits by promoting awareness and working with the Chinese, Japanese and South Korean embassies. The Guardian
Chaolin Zhang, un couturier de 49 ans, était hospitalisé depuis lundi dernier à la fondation Rothschild à Paris (XIXe) dans un état de santé désespéré. Selon ses proches, il aurait succombé à une hémorragie cérébrale. Dans l’agression, un coup violent au sternum l’a projeté à terre. Les premiers éléments de l’enquête montrent que cette chute serait à l’origine d’une grave blessure à la tête.La deuxième victime s’est remise de ses blessures. Selon son témoignage, trois jeunes garçons seraient les auteurs de l’agression. L’enquête, confiée à la sûreté territoriale, n’a pas encore abouti à l’arrestation de suspects. Le Parisien
Ce crime est d’autant plus odieux que son mobile crapuleux se double d’un ciblage raciste. Meriem Derkaoui (maire PCF, Aubervilliers)
La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider. Lei
Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches. J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac !  Fang (étudiante d’Aubervilliers)
Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien. Epouse de Chaolin Zhang
Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. Rui Wang
Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes. Denis
Ici, toutes les communautés sont touchées, mais les Chinois sont particulièrement stigmatisés. Habitante d’Aubervilliers
La situation actuelle est l’illustration de la transformation d’un racisme latent en racisme ordinaire.  Rui Wang
C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. Rui Wang (président de l’association des jeunes Chinois en France)
L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidents et de touristes, bouleverse profondément cette image. Changhang Wu
La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres.  Xuewu Long (secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France)
Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. » Le Parisien
La communauté chinoise (…) est (…) de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics. (…) Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Licra
Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés. « Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique. Le Parisien
Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter. Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue. Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration. La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne. Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles» Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis. Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé. Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine. La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage. Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente. Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler. (…) Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation. Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini. Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique. Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques. Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit. C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel
C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux… Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !” Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts ! « Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire… (…) Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite. Amaury Grandgil
« La violence, c’est un problème pour tout le quartier. Rui Wang (président de l’Association des Jeunes Chinois de France)
À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture. Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle. Le Point

Crime raciste », « crime au ciblage raciste », « ciblage raciste », « meurtre à caractère raciste », « violences racistes », « racisme anti-asiatiques », « racisme silencieux », référence à l’affaire Halimi …

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

Au lendemain du tragique décès d’un ressortissant chinois d’Aubervilliers suite à sa chute apparemment contre un trottoir après une tentative de vol de sacoche …

Et des qualifications de crime raciste qui, des associations chinoises, de la Licra ou de la maire d’Aubervilliers elle-même, ont fusé dans la presse …

Pendant que sur fond d’attentats et de coups de force plagiers, djihadistes violents comme culturels poussent leurs pions …

Comment ne pas voir …

Non seulement le triste état de la sécurité des personnes et des relations inter-communautaires actuellement en France …

Mais aussi l’étrange confusion de certains esprits …

Face à l’apparente émergence, suite notamment à la meilleure protection des commerçants comme le reconnait elle-même une conseillère municipale de la ville, d’une nouvelle vulnérabilité d’une population …

Qui, à l’instar des personnes âgées ou des touristes voire des sans-papiers ou des travailleurs clandestins, semble posséder en fait nombre des caractéristiques de la proie idéale pour ce genre de vols …

A savoir, la  moindre familiarité avec les lieux, la moindre tendance à se défendre ou à porter plainte et surtout le port fréquent de sommes importantes d’argent liquide  ?

Violence anti-asiatique : où sont passés les antiracistes ?

  • Gilles William Goldnadel
    Le Figaro
  • 15/08/2016

FIGAROVOX/HUMEUR – Dimanche 14 août à Aubervilliers, plusieurs milliers de personnes, dénonçant une violence anti-asiatique, ont rendu hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel s’étonne du silence des associations antiracistes.

Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter.

Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue.

Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration.

La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne.

Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles»

Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis.

Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé.

Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine.

La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage.

Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente.

Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler.

Comme je l’écrivais la semaine dernière: trop simple et indiscutable pour intéresser un monde médiatique idéologique précisément séduit par la spéculation polémique.

Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation.

Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini.

Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique.

Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques.

Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit.

C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» J’ai évidemment trop de respect obséquieux pour notre radio nationale de service public pour oser lui demander si elle n’avait pas par hasard obliqué de la gauche vers son extrême. Il faut dire que cette thématique orientée de notre antenne radiophonique n’a fait que reprendre l’antienne socialiste que cette semaine a entonné désespérément M. Cambadélis.

Celui-ci a en effet reproché à Nicolas Sarkozy de «tutoyer» de plus en plus le Front National. De la part d’un ancien trotskiste à tu et à toi avec les communistes, en ce compris électoralement, la grosse ficelle est usée jusqu’à la corde avec laquelle les antifascistes et antiracistes d’opérette pourront bientôt se pendre.

Car oui, le dévoilement de la réalité est aujourd’hui tel, que les dénis oui -oui peuvent à présent être démasqués sans que ceux qui les démasquent se retrouvent expédiés dans un goulag moral.

N’en déplaise à tous les antiracistes subventionnés, à la gauche morale démoralisée et à toutes les radios actives cultivées.

Voir aussi:

Pas d’indignation pour les Asiatiques de France
L’idéologie de la diversité face à ses tabous
Amaury Grandgil
Causeur
16 août 2016

Un couturier de 49 ans, Chaolin Zhang, a été assassiné sauvagement à Aubervilliers il y a quelques jours au cours d’une agression par des « jeunes » selon le terme pudique en vigueur, sans doute de jeunes dépressifs fragilisés. Il a été vraisemblablement agressé en raison de son origine chinoise. Dimanche, 500 personnes ont défilé calmement dans une atmosphère de colère sourde, scandalisés par l’indifférence des gouvernants et de la plupart des observateurs politiques assermentés.

C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux…

Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !”

Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts !

« Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire…

Je ne ferai pas d’eux non plus évidemment un portrait idéal, il existe aussi une délinquance dans les quartiers marqués par l’Extrême-Orient dans Paris comme il y en a partout là où se trouvent des être humains car « là où il y a de l’homme il y a de l’hommerie » pour reprendre la phrase de saint François de Sales.

On me rétorquera également que de nombreux humoristes et comiques douteux de gauche, à l’humour engagé et concerné, le fameux « humour de combat » de Jean-Michel Ribes, n’hésitent jamais devant une bonne blague sur les Vietnamiens, les Chinois, les Japonais. Avec un accent caricatural et une élégance dans le trait à faire rougir de confusion Michel Leeb lui qui « imitait » les Africains dans les années 80. Là par contre, dans son cas, les arbitres des élégances politiques poussaient les hauts cris, en appelaient au risque de retour des fameuses heures les plus sombres de notre histoire etc….

Dans les films des comiques de cette obédience, tels ceux d’Eric et Ramzy, on trouve toujours des bonnes blagues racistes d’une manière souvent très primaire : dans La Tour Montparnasse Infernale dans Halal police d’état. Mais ces grasses plaisanteries ne déclenchent jamais aucune manifestation, aucune indignation vertueuse alors que ce racisme est d’une abjection aussi intolérable…
À moins qu’il ne s’agisse de la fameuse dérision citoyenne…

Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite.

Voir également:

Aubervilliers : le racisme anti-asiatiques tue
Zhang Chaolin, homme de 49 ans d’origine chinoise, est décédé vendredi 12 août des suites des blessures liées à l’agression qu’il a subie en pleine rue, à Aubervilliers, le 7 août dernier.

La communauté chinoise et la maire d’Aubervilliers ont dénoncé le caractère raciste de cette agression. Cette communauté est en effet de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics.

Il est essentiel désormais que l’enquête fasse la lumière au plus vite sur les circonstances ayant conduit à la mort de Zhang Chaolin. La commission juridique de la LICRA est immédiatement saisie afin d’examiner au plus vite les conditions d’une constitution de partie civile dans cette affaire.

Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Il suffit d’entendre certains commentateurs des Jeux Olympiques devant des athlètes asiatiques pour comprendre le poids des idées reçues et de la bêtise à l’égard de nos compatriotes d’origine asiatique.

Voir encore:

Aubervilliers : le deuil et la colère après la mort de Chaolin Zhang
Floriane Louison

Le Parisien

14 août 2016

« La communauté chinoise meurt en silence », a-t-il écrit en rouge sur son t-shirt maculé de fausses taches de sang. Maike Song, un Parisien d’origine chinoise, est venu, ce dimanche, rendre hommage à Chaoling Zhang. Vendredi dernier, cet homme de 49 ans, père de deux enfants, est décédé de ses blessures après une agression cinq jours plus tôt, rue des Ecoles à Aubervilliers. Devant la mairie, ils étaient au moins 500, selon la préfecture, à se recueillir et, aussi, à dire leur colère.

« La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider », exprime une jeune fille, Lei. Devant le portrait de la victime, entouré de ses proches, elle attend son tour pour déposer une bougie et une fleur.

Dans cette foule en deuil, surveillée par un important dispositif policier, la tension est palpable, et le mot est lâché : « agression anti-asiatique ». Il est relayé par la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui. Elle n’était pas présente à l’hommage mais dans un communiqué, elle dénonce « le ciblage raciste du crime. »

Son épouse attend que « justice soit rendue »

Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés.

100 vols depuis novembre contre les Chinois d’Aubervilliers

« Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique.

« Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches », estime Fang, une étudiante d’Aubervilliers. « J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac ! »

Après l’hommage, la famille et ses soutiens ont marché jusqu’à la rue des Ecoles. « Il y a déjà eu des dizaines d’agressions ici ! », interpelle le comité de soutien qui réclame des mesures concrètes, notamment l’installation de caméras supplémentaires. Ils seront reçus, ce mercredi, par la préfecture pour examiner leurs demandes. « Nous souhaitons aussi préparer un travail, ensemble, pour faire mieux connaître la communauté chinoise », précise aussi la préfecture. La Région a elle aussi réagi en proposant son aide pour sécuriser la ville d’Aubervilliers.

Voir  de même:

Agression d’Aubervilliers : les Chinois disent stop à la violence
Floriane Louison

Le Parisien

17 août 2016

Il est rare que les représentants de la communauté chinoise montent au créneau sur la place publique. « Mais, cette fois, c’est trop grave », lance Hua Qin Cao, président de l’association de l’amitié chinoise en France qui a participé ce mercredi à une réunion en préfecture de Seine-Saint-Denis, avec d’autres représentants de la communauté, après avoir été reçu mardi au conseil régional.

Vendredi dernier, Chaolin Zhang, un couturier chinois de 49 ans travaillant en France, a succombé à ses blessures après une agression, cinq jours plus tôt, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « Un drame prévisible », dénonce Hua Qin Cao. Dans cette ville, depuis janvier, il recense, au sein de sa communauté, des victimes quasi quotidiennes de vols violents.

Son association ne se contente pas de compter les blessés mais elle les accompagne aussi à l’hôpital, au commissariat et jusqu’au tribunal si les suspects sont arrêtés. Surtout, elle organise « l’auto-défense » de la communauté chinoise d’Aubervilliers. Hua Qin Cao est alerté par les victimes après toutes les agressions ou presque via le réseau social chinois WeChat. A chaque fois, il se déplace. « En Seine-Saint-Denis, différents groupes de protection se sont ainsi mis en place », décrit-il. Mais la série noire continue. « Alors, maintenant, il faut nous aider ! »

Une liste alarmante de victimes

Sur son téléphone, il fait défiler des noms et des photos. Une liste alarmante qui commence le 27 décembre. Le 3 janvier, il y a déjà onze victimes : Y. et F., les visages contusionnés après un vol de portefeuille, Mme Wu, délestée de son sac à main, S., agressée, avec ses deux filles. « Les voleurs l’ont suivi depuis le métro jusqu’à sa maison », se rappelle le représentant qui a consigné « 105 cas similaires, la plupart dans le seul quartier des Quatre-Chemins à Aubervilliers. » Un chiffre confirmé par la préfecture de Seine-Saint-Denis qui constate une augmentation du phénomène dans cette ville.

Une explosion des violences

5 %.

Aubervilliers compte 3 000 à 4 000 habitants chinois ou originaires de Chine, soit près de 5 % de sa population de 80 000 habitants.

105.

Entre janvier et août, le nombre de vols avec violence ciblant les Chinois à Aubervilliers a été multiplié par trois par rapport à l’année dernière sur la même période, passant de 35 (2015) à 105 agressions (2016).

16 %.

Depuis janvier, sur les 666 vols avec violence dénombrés à Aubervilliers — soit presque trois par jour —, environ 16 % touchent la communauté chinoise. L’an dernier, sur les 466 vols violents sur la même période, seuls 7 % concernaient des Chinois.

« Et Aubervilliers n’est pas la seule ville touchée », assure Wansheng Chi, président de l’association des Chinois résidants en France qui cite aussi, en Seine-Saint-Denis, La Courneuve et Pantin. « Plus généralement, un sentiment d’insécurité grandit au sein de la communauté chinoise en France depuis environ cinq ans. Il est également ressenti très fortement par les touristes chinois (lire ci-dessous). »

Le mot « psychose » est lâché. « Tout le monde a peur, j’ai déjà été agressée trois fois, je ne sors même plus avec un sac dans la rue », expliquait dimanche dernier, Fang, une étudiante d’Aubervilliers, lors d’un hommage à Chaolin Zhang. Après son décès, la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, a dénoncé le « ciblage raciste » de l’agression. Rui Wang, président de l’association des jeunes Chinois en France partage cette analyse : « C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. »

« Un racisme latent qui se transforme en racisme violent »

« Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien », répète son épouse dévastée. « A Aubervilliers, la plupart des victimes sont, comme lui, des travailleurs modestes », ajoute Ling Lenzi, conseillère municipale (LR) à Aubervilliers et seule élue de la communauté. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi » (NDLR : un jeune juif enlevé et tué en 2006 par un gang qui espérait une rançon), dénonçait la Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), mardi, s’inquiétant de la montée d’un racisme anti-asiatique.

« Cette hausse de la violence » effraie le comité de soutien à la famille de Chaolin Zhang, créé après son décès. Il réclame « justice », mais aussi des « mesures concrètes pour la sécurité avant un autre mort ». A Aubervilliers, le travail est déjà engagé depuis plusieurs mois avec, entre autres, l’embauche d’un interprète sinophone au commissariat pour aider les victimes à porter plainte. Les représentants de la communauté chinoise demandent des mesures plus fortes.

Pour tenter de rassurer cette comunauté effrayée par tant de violence, la préfecture a annoncé hier une première série de mesure à l’issue de la réunion avec les associations. Au menu : extension de la vidéoprotection à Aubervilliers, réunion sur place en septembre avec le commissariat et les asssociations, et cofinancement d’actions pour « faire connaître et impliquer la communauté ». « Cette connaissance contribuera à lutter contre les clichés, eux-mêmes souvent source des agressions », estime la préfecture, qui évaluera ce dipositif de prévention deux fois par an avec les asssociations.

« Ces agressions bouleversent l’image de la France » « Tous les médias chinois m’ont appelé ces derniers jours ! » explique Changhang Wu, journaliste à « Huarenjiebao », un journal en chinois publié en France. En Chine, l’agression de Chaolin Zhang a été suivie de près. « Toute la presse en parle, des médias plus nationalistes et pro-gouvernementaux, comme « Xinhua » ou « Global News », aux journaux en ligne très suivis par les jeunes comme « Sina » ou « NetEase », en passant par RFI », précise une journaliste d’origine chinoise travaillant en France. « Quand se termineront ces crimes racistes ? » titre par exemple, « Xinhua ».

Pour Changhang Wu, « il y aura des conséquences ». « L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidants et de touristes, bouleverse profondément cette image. » Xuewu Long, secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France souligne l’impact fort de ces agressions sur le tourisme chinois en France. « La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres. »

Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. »

Voir de plus:

A Aubervilliers, la colère sourde de la communauté chinoise
Le Monde.fr avec AFP

14.08.2016

« Mort pour rien. » Un rassemblement silencieux a été organisé par le comité de soutien à la famille de Zhang Chaolin, dimanche 14 août à 15 heures, devant la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Ce Chinois de 49 ans est mort, vendredi en fin d’après-midi, après cinq jours de coma. Il avait été agressé le 7 août par trois individus alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, d’origine chinoise, dans cette ville du nord-est de Paris, où vit une importante communauté asiatique, active, notamment, dans le secteur du textile.

Les agresseurs auraient voulu voler la sacoche de l’autre homme, qui s’est vu prescrire cinq jours d’interruption totale de travail, selon une source proche du dossier.

Dans les quartiers chinois, la peur s’installe
Dimanche après-midi, une file d’une centaine de mètres s’est formée devant la mairie d’Aubervilliers où les soutiens déposaient, chacun à leur tour, un cierge et une fleur. Dans ce rassemblement, pas de slogan, de simples pancartes en carton où l’on pouvait lire au feutre « Sécurité pour tous ».

Un important dispositif policier attendait le millier de personnes rassemblées sur le parvis de l’hôtel de ville. La colère s’est exprimée au sujet des agressions dont sont victimes des membres de la communauté chinoise. Dans la ville, des réseaux se sont d’ailleurs mis en place pour escorter des personnes seules jusqu’au métro. Plusieurs témoins, notamment, affirment ne plus rentrer seuls à la nuit tombée.

Elodie raconte ainsi qu’un agresseur a voulu voler le sac de sa mère : « Elle était dans une voiture avec une fenêtre entrouverte. Une main a voulu se glisser, mais on a réussi à l’empêcher de voler le sac. » Elle-même déclare adopter certains réflexes et éviter certaines rues.

Les habitants des quartiers chinois détaillent avec émotion la peur qui s’installe depuis quelques années, avec, selon eux, une violence qui augmente lors des agressions. « Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches, détaille Rui Wang, à l’origine d’un collectif de soutien à la famille endeuillée. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. »

« Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes », s’agace Denis, d’origine chinoise, qui habite, lui, dans le sud de Paris.

« Ciblage raciste »
« Les habitants de Seine-Saint-Denis et plus particulièrement ceux d’origine chinoise (…) sont les victimes quotidiennes d’agressions, de vols, de plus en plus violents à leur encontre », a dénoncé le comité dans un communiqué, ajoutant qu’« aujourd’hui, devant l’inefficacité des mesures prises par les autorités, la colère des habitants monte, la tension entre les communautés est palpable ».

La maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui (Parti communiste), a dénoncé, samedi, un crime au « mobile crapuleux » et au « ciblage raciste », appelant à ne pas « céder à la division et à la stigmatisation », tout en réclamant des renforts policiers. A l’initiative de la municipalité, une centaine de personnes s’étaient déjà réunies, jeudi soir, devant la mairie.

Voir aussi:

Aubervilliers : la communauté chinoise s’organise face aux agressions

La recrudescence des crimes à caractère raciste oblige les quelque 4 000 Chinois ou personnes d’origine chinoise que compte la ville à se mobiliser.

Source AFP

Le Point
16/08/2016

Messages d’alerte en cas d’agression, escortes autour du métro, manifestations… La communauté chinoise d’Aubervilliers se mobilise après des actes de violence répétés qui ont coûté la vie à l’un de ses membres vendredi.

Lors d’un rassemblement organisé dimanche en mémoire de Zhang Chaolin, plusieurs personnes présentes ont ainsi témoigné leur ras-le-bol face aux violences racistes : « j’ai été agressé deux fois cette année », « je ne sors plus avec un sac à main », « aujourd’hui c’était lui, demain, ça peut être moi »…

Une hausse du « racisme anti-asiatique »

Zhang Chaolin, couturier de 49 ans et père de deux enfants, est mort le 12 août, après avoir été agressé cinq jours plus tôt en pleine rue par trois hommes qui voulaient voler le sac d’un ami, lui aussi d’origine chinoise. Un drame « prévisible », qui « aurait pu être évité », estime-t-on au parmi les 3 000 à 4 000 personnes originaires de Chine qui vivent dans cette ville de 80 000 habitants.

Ils dénoncent une « situation qui se dégrade », avec des agressions « de plus en plus violentes » motivées par des « préjugés » selon lesquels les Chinois seraient porteurs d’importantes sommes d’argent liquide. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi », a regretté la Licra mardi dans un communiqué, pointant un « racisme anti-asiatique » qui « a pris une ampleur inédite dans certains quartiers ».

Des agressions qui se concentrent sur « les petites gens »

À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture.

Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle.

Les associations se mobilisent

Depuis le début de l’année, l’Association de l’amitié chinoise en France se consacre exclusivement à la prise en charge des victimes d’agressions. Quand certains habitants s’organisent pour faire à plusieurs le chemin du métro à leur domicile, l’association a, elle, mis en place des groupes de discussions sur la messagerie instantanée chinoise WeChat. « Si quelqu’un se fait attaquer, il peut poster un appel au secours », explique le président Cao Hua Qin. « Nous nous chargeons de l’amener à l’hôpital et de prévenir la police ou d’organiser un rendez-vous au commissariat pour déposer une plainte », ajoute-t-il.

Dimanche, le comité de soutien à la famille de M. Zhang a réclamé « au moins 10 caméras supplémentaires dans les rues sensibles » et un renfort de policiers. Une demande également formulée par la maire PCF de la ville, Meriem Derkaoui, qui a écrit en ce sens en juillet au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Dénonçant un « crime au ciblage raciste », elle a assuré que le fonctionnement de la police municipale serait « revu » à la rentrée. La préfecture a de son côté annoncé la tenue mercredi d’une réunion de travail « avec les associations qui le souhaitent ». Certaines associations soulignent toutefois que l’insécurité touche toutes les communautés. « La violence, c’est un problème pour tout le quartier », souligne Rui Wang, président de l’Association des Jeunes Chinois de France. Il se félicite d’ailleurs d’avoir vu dans le rassemblement en mémoire de M. Zhang « des militants noirs et arabes venus en solidarité ».

Voir également:

Agressions à domicile: des voleurs de plus en plus violents?

Depuis le début du mois, plusieurs agressions ont eu lieu, visant des personnes âgées et vulnérables. Les auteurs de ces home-jackings n’ont pas hésité à utiliser la torture pour obtenir ce qu’ils étaient venus chercher : argent liquide, objets de valeur, voitures.

Robert Lefebvre, avec nos rédactions locales

La Voix du nord

16/01/2016

La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. Décryptage.

1. Un phénomène ancien

Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur.

2. Les personnes âgées ou aisées, principales cibles

Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme.

3. La violence liée aux auteurs

Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. »

4. Se prémunir

De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre.

«C’est comme de la science-fiction»
C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer.

« Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. »

Ils réclamaient 30 000 euros

Le but des malfaiteurs : récupérer une rançon de 30 000 euros auprès des parents de la victime. « L’objectif était de lui mettre la pression afin qu’il leur donne une somme d’argent, lors d’un rendez-vous quelques jours plus tard », dit une source judiciaire qui évoque des « faits complexes ». Finalement, rien n’a été donné aux voyous.

L’un des suspects a été interpellé en septembre, rue Nationale à Lille. Recherché par la justice pour deux condamnations à quatre et six ans de prison, dans des affaires de trafic de drogue, dégradations et port d’arme, ce Lillois d’une trentaine d’années a été placé en détention provisoire.

Voir par ailleurs:

Chablais

Les personnes âgées, cibles privilégiées des voleurs et des escrocs
Amélie Lécoyer
Le Messager

03/05/2012

Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables.

Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire.
Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ».
S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  Entre octobre 2011 et début avril, nous avons eu trois cas de faux voisins, deux cas de faux éboueurs et deux cas de faux plombiers  », détaille l’officier.

Délinquance ou criminalité organisée
Une personne qui se présente comme étant un voisin se contente généralement, une fois entrée au domicile de sa victime, et profitant d’un moment d’inattention de cette dernière, de lui dérober son porte-monnaie, voire quelques bijoux s’ils sont à portée de main (lire ci-dessous). Dans le cas des faux plombiers ou faux éboueurs, l’organisation fait moins preuve d’amateurisme. Ces personnes bénéficient en effet du soutien d’un réseau qui lui apporte notamment une aide logistique (vêtements, véhicules…) « Contrairement aux faux voisins, il s’agit de d élinquance, voire de criminalité organisée, affirme le commissaire Maniglier. Ce sont des personnes qui présentent bien et qui parlent bien. Lorsqu’elles s’introduisent au domicile d’une victime, la valeur de ce qu’elles dérobent peut s’élever à plusieurs milliers d’euros ». « Ces personnes agissent rarement seules mais sont généralement par groupe de 2 ou 4 , poursuit l’officier de police. Elles restent sur une commune ou un groupe de communes pas plus de 5 jours. Elles peuvent, par exemple, être à Thonon, puis partir sur Annecy, puis Aix, avant de filer sur Paris… » Et de rappeller : « Il ne faut jamais laisser entrer une personne qui ne peut justifier de sa qualité. De toute façon, un plombier n’intervient jamais sans qu’on l’appelle…»
Isoler toujours plus sa victime
Itinérants, ces délinquants sont donc particulièrement difficiles à interpeller. Ces affaires exigent, pour être résolues, une coordination, a minima départementale, entre police et gendarmerie. « La dernière arrestation date de 2008 », remarque ainsi le commissaire.
S’agissant des abus de faiblesse, ils touchent plus globalement les personnes vulnérables, que ce soit en raison de leur âge ou de leur maladie. Le principe  ? Profiter de l’isolement d’une personne plutôt aisée pour gagner sa confiance et bénéficier de sa fortune. « L’individu va croiser une personne âgée dans la rue, va essayer de créer un lien de confiance, de se faire inviter chez elle, et profiter de ses largesses  », explique le commissaire Maniglier. Dans des cas plus rares, il peut aussi s’agir d’une aide à domicile qui « un jour, va franchir la ligne rouge ». « Dans le premier cas, ce sont des spécialistes, dans le second cas ce ne sont pas forcément des personnes chevronnées », précise l’officier.
Les victimes sont des personnes seules et le but de ces individus peu scrupuleux est de les isoler davantage. « Habiles à jouer sur les sentiments, ces individus gagnent la confiance de la victime en écartant petit à petit tous ses contacts et amis jusqu’à devenir indispensables, poursuit-il.  La difficulté dans ce genre d’affaires est qu’il ne s’agit pas d’un fait délinquant unique mais de petits ponctionnements d’argent sur une longue période ».
Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple).
Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros.

Voir aussi:

«Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe» par Aalam Wassef
L’éditeur égyptien Aalam Wassef met en garde contre l’influence en France du wahhabisme, dont le burkini serait l’un des symboles.

Libération

17 août 2016

Au lendemain de l’interdiction du port du burkini à Cannes puis en Corse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) a dénoncé un acte islamophobe et une atteinte à la liberté d’expression des femmes musulmanes. Cette dénonciation mérite qu’on s’y attarde et qu’on l’explique.

En adoptant cette position le CCIF s’érige en défenseur non pas «des musulmans de France», mais d’une mouvance extrémiste très singulière, le wahhabisme de France. Si le CCIF est libre de s’associer au wahhabisme par choix ou par ignorance, il est en revanche du devoir de l’État français d’en protéger l’ensemble de ses citoyens.

Pour des raisons historiques et idéologiques le mot wahhabisme est interchangeable avec celui de salafisme, plus connu des Français. Les wahhabis eux-mêmes préfèrent se décrire comme «salafistes» pour se distancier d’une appellation péjorative deux fois centenaire. Au milieu du XVIIIe siècle, quand il émerge dans les zones arides du Najd, de l’actuelle Arabie saoudite, le wahhabisme est immédiatement mis au ban de l’Islam. Puritains autoproclamés, les wahhabis promeuvent en effet un rejet total et meurtrier de toute forme d’Islam ou de pratique religieuse différente de la leur.

Le wahhabisme, le courant religieux le plus riche du monde
Dès les années 1970, l’Arabie saoudite modernisée, désormais à la tête de la plus grande fortune au monde, s’emploie à exporter son idéologie: universités, écoles, livres, cassettes, DVD, universités, bourses d’études, fondations caritatives, formation d’imams, chaînes satellites, mode de vie, mode vestimentaire, voile, niqab, burkini, lieux de rencontre et de culte, sites Internet, quotidiens et hebdomadaires… Depuis 1970, on évalue les sommes investies dans la propagation du wahhabisme à 100 milliards de dollars. C’est à ce prix que le wahhabisme donne l’illusion d’être l’Islam «le plus authentique», «le plus pur». Ni plus authentique, ni plus pur, le wahhabisme est simplement le courant religieux le plus jeune, et le plus riche au monde.

Occupés à convertir le monde entier depuis moins de quarante ans, les pétro-wahhabis ne se laissent pas pour autant divertir et se préoccupent tout particulièrement des femmes, de leur corps, de leurs devoirs, de leur pudeur et, peut-on entendre aussi, de leur honneur. En 2016 une femme saoudienne digne de ce nom ne circule qu’en compagnie d’un homme, dissimule son corps tout entier et ne conduit pas. Son apparence et son comportement public sont les unités de mesure par lesquelles s’évalue la dignité de son mari et de sa communauté tout entière. Les écarts sont sanctionnés lourdement. Derrière le niqab ou le burkini, c’est aussi cela qui s’exporte en France, mais dans des versions nécessairement édulcorées parce que la loi française protège les femmes.

Confronté à la juridiction française le wahhabisme militant doit composer avec un contexte qui lui résiste, mais dans lequel les brèches semblent nombreuses. La première d’entre elles, et la plus dangereuse, c’est la culture contemporaine des «droits individuels» ou s’est abîmée la liberté. Il est fréquent d’entendre que le niqab, le voile ou le burkini relèvent de «la liberté d’expression» ou du «droit des femmes à disposer de leur corps». S’y opposer, c’est être «islamophobe», c’est-à-dire s’attaquer à tous les musulmans. L’objectif est naturellement que toute condamnation justifiée du wahhabisme institutionnel en particulier soit rapidement perçue et narrée comme visant les musulmans français en général.

Barrer la route à l’extrémisme islamiste
Bien sûr toutes les femmes qui portent des burkinis en France ne sont pas des émissaires wahhabites mais ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe. Il n’y a aucune honte à condamner l’extrémisme islamiste et à lui barrer la route par tous les moyens légaux possibles. Il n’y a là rien de politiquement incorrect ou de comparable au discours raciste et antimusulman du Front National. Cela ne revient pas non plus à ignorer que des actes antimusulmans sont perpétrés en France. Leur nombre de 140 en 2014 a triplé durant la triste année 2015. David Lisnard, le maire de Cannes, a fait dans sa ville ce qu’il fallait faire. Interdire les burkinis dont le nom s’amuse jusqu’à la nausée de la burqa des talibans n’est pas un acte islamophobe. C’est plutôt le signe que nous n’avons pas peur de dire qu’Islam et wahhabisme sont deux choses radicalement distinctes, et que le second menace le premier depuis plus de deux siècles.

Voir par ailleurs:

Saint-Denis : des touristes coréens s’égarent dans une cité et se font dévaliser
Quatre touristes coréens qui rejoignaient leur hôtel vendredi soir se sont apparemment égarés dans une cité de Saint-Denis, où ils ont été dévalisés.

EH

France 3
06 août 2016

Entre 21h30 et 22h00, ces vacanciers ont été délestés par « un groupe d’individus » de leurs effets personnels dans la cité Gabriel-Péri qui se situe à un kilomètre de la basilique où reposent les rois de France, principale attraction touristique
de la plus grande ville de Seine-Saint-Denis. Ils ont été ont reçu molestés mais n’ont pas souhaité se rendre aux urgences.

Mardi, « entre cinq et dix individus », selon une source policière, avaient détroussé un car de touristes chinois devant un hôtel de Gonesse (Val-d’Oise), non loin de l’aéroport de Roissy, au nord de Paris.

Voir aussi:

Robberies of cashed-up Chinese tourists rise steeply in Paris

Mainlanders’ preference for carrying large amounts of cash makes them easy targets

Teddy Ng

South China Morning Post

30 May, 2013

A sharp increase in robberies of Chinese tourists in Paris has prompted calls for the French government to step up security and for shoppers to use credit cards instead of carrying large amounts of cash.

The number of reports of such crimes is up by « more than 10 per cent » since last year, said Li Ping , head of consular affairs at the Chinese embassy in Paris.

Two cases this week grabbed headlines. On Tuesday, a crew of China Central Television reporters covering the French Open tennis tournament had their car windows smashed and their wallets, phones and passports grabbed, mainland media reported. A source familiar with the situation confirmed the incident to the South China Morning Post.

A day earlier, film producer Dong Dake , returning from the Cannes Film Festival, was robbed at his hotel in Paris. He was said to have lost equipment worth about 200,000 yuan (HK$250,000) and « countless photos » taken at private parties.

The Chinese embassy in Paris said they were not isolated cases.

« We have made representations to the French government, » Li said. « We hope the French side will take proper measures to protect the safety of tourists and curb illegal behaviour. »

France, battling with unemployment and an economic downturn, has witnessed a surge in crime. French newspaper Le Figaro reported that the number of reported thefts in January had risen 50 per cent year on year, while burglaries had jumped by nearly 60 per cent.

Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average.

A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion
Li Lang, marketing manager of Guangzhou-based travel agency

« There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. »

Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said.

Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said.

A Singaporean tourist, who did not want to be named, recalled the terror as she and her sister were robbed inside a taxi taking them from the airport to a hotel in the heart of the city on May 13.

« Two men suddenly came up, smashed the car windows and snatched our bags. We were bleeding, » she said. There was further frustration when they had to spend more than three hours filing a report at a police station.

« The French police did not speak English and offered no help, » she said. « They just asked us to go to the police station in the damaged taxi, even though we were hurt and bleeding. »

Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash.

The French embassy in Beijing said the French government was determined to ensure the safety of all foreign tourists.

« The vast majority of Chinese visitors’ trips go on without trouble, » the embassy said.

The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital.

Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe.

 Voir de même:

Now it is China’s turn to face the brunt of complaints. The grievances are familiar — they gawk, they shove, they eschew local cuisine, and last year, 83 million mainland Chinese spent $102 billion abroad — overtaking Americans and Germans — making them the world’s biggest tourism spenders, according to the United Nations World Tourism Organization.

Their numbers have also placed them among the most resented tourists. Mainland Chinese tourists, often laden with cash and unfamiliar with foreign ways, are tumbling out of tour buses with apparently little appetite for hotel breakfast buffets and no concept of lining up.

The frustrations with the new tourists were summed up on a Thai online message board last spring, when users posted complaints about Chinese tourists using outdoor voices inside and spitting in public, among other transgressions.

Last year, Thierry Gillier, a French fashion designer who founded the Zadig and Voltaire label, caused a small scandal when he told Women’s Wear Daily that Chinese tourists would not be welcome at his new Parisian boutique hotel. A barrage of international criticism persuaded him to apologize.

Like their predecessors, the Chinese are newly wealthy and helpless with foreign languages, a combination complicated by their developing country’s historical isolation.

Despite these faux pas, countries are practically tripping over themselves to attract Chinese tourists. Wedding companies in South Korea are trying to lure Chinese couples with bling-heavy ceremonies inspired by the viral music video “Gangnam Style.” A coastal county outside Sydney, Australia, is building a $450 million Chinese theme park centered on a full-size replica of the gates to the Forbidden City and a nine-story Buddhist temple. France, one of the most popular destinations for Chinese tourists already — 1.4 million visited in 2012 — is working to further bolster its appeal.

Parisian officials recently published a manual for the service industry that offers transliterated Mandarin phrases and cultural tips for better understanding Chinese desires, including this tidbit: “They are very picky about gastronomy and wine.”

To judge from the grumbling across the globe, such guidelines may be necessary. But the greatest opprobrium seems to be coming from fellow Chinese. In May, a mainland Chinese tourist in Luxor, Egypt, discovered that a compatriot had carved his own hieroglyphics on the wall of a 3,500-year-old temple. “Ding Jinhao was here,” it declared. A photo of the offending scrawl spread rapidly on Chinese social media, and outraged citizens tracked down the 15-year-old vandal. The uproar subsided after his parents issued a public apology.

Embarrassed by the spate of bad press that month, Wang Yang, China’s vice premier, publicly railed against the poor “quality and breeding” of Chinese tourists who tarnish their homeland’s reputation. “They make loud noises in public, scratch graffiti on tourist attractions, ignore red lights when crossing the road and spit everywhere,” he said, according to People’s Daily.

Despite his admonition, articles with headlines like “Chinese Bride Brawls in French Lavender Field” continue to appear in the state media.

Ms. Hung, the blogger, blames the Communist Party’s tumultuous rule for China’s uncivilized behavior abroad. “There’s an entire generation who learned you don’t pay attention to grooming or manners because that’s considered bourgeois,” she said. While Chinese are more open to Western ideas now, that has not necessarily sunk in when actually interacting with the outside world. “They think, ‘The hell with etiquette. As long as I have money, foreigners will bow to my cash.’ ”

Most mainland Chinese vacationers have a splendid time abroad. In May, Huang Honglin, 53, and his wife paid $8,000 for a 16-day group tour of the United States, a country he last visited on a business trip 25 years ago. That was long before he joined China’s growing middle class as the owner of a trading company.

This time around, Mr. Huang had money to burn.

“We went shopping for gems in Hawaii and bought Prada bags in New York,” he recalled. Mr. Huang never made it to the chic boutiques of Manhattan. Instead, he traveled an hour north to the Woodbury Common Premium Outlets, where many designer stores have recently hired employees who speak Chinese.

His only complaint was that they had to race through the racks before the bus departed. “Time was so short, it felt like war,” he said.

According to a McKinsey & Company report, nearly 70 percent of Chinese luxury consumers buy their Tiffany baubles and Hermès scarves abroad to avoid higher sales tax on such goods at home, which can reach 60 percent. Take the black Louis Vuitton “Neverfull” handbag, a hefty status symbol with straps that costs 14,400 renminbi in China, or $2,335 — over $350 more than the same item in the United States.

In 2007, China granted the United States “approved destination status,” which opened the doors to Chinese group leisure travel to America beginning in 2008. Last year, 1.5 million Chinese arrived on American shores, spending nearly $8.8 billion, according to the Commerce Department. Today, around 150 travel agencies in the United States have the approval of the National Tour Association, an American trade group, to organize trips from China, many of them owned and operated by Chinese-Americans.

But the industry has experienced growing pains. Despite years of meetings in China and decades of leading motor coach tours across the United States, the travel agency AmericanTours International learned that Chinese tourists required a special touch. For one, people from Beijing and Shanghai cannot travel on the same bus.

“They clashed,” recalled Nick Hentschel, the company’s director of business development.

Last year, 1,500 Chinese took the company’s “Hollywood to Broadway” bus tour, a 20-day cross-country journey intended for mainlanders with stops that included a Las Vegas casino; the bridges of Madison County, Iowa; Niagara Falls; the White House; and the Empire State Building.

If the sights are crowd-pleasers, the overnight stays can sometimes prove challenging. “Smoking in hotel rooms is always a problem,” Mr. Hentschel said, a habit that can cost tourists hundreds of dollars in hotel cleaning bills. Then there was the episode last summer, he said, when a tour group caused a scene at a hotel in Cody, Wyo., after mistakenly thinking another busload of compatriots had been given preference at breakfast. The police were called to escort them out of town, he said.

More often, Chinese tourists find themselves victims of unscrupulous tour operators. On a weeklong guided tour through Thailand in 2009, Qi Lingfeng, 27, was one of several people in his group who refused to sign up for costly excursions like speedboat rides and concerts. As punishment, he said, the local guide locked them out of their hotel rooms. Other tourists at the same hotel, he said, were forced off their bus for the same transgression.

“It was so crazy, we even thought about calling the Chinese embassy in Bangkok,” he said.

During a group tour of the Siberian city of Vladivostok in January, Chen Xu, 47, a scientist from the coastal city of Xiamen, said the “ethnic Russian dancing” excursion, which cost $80, turned out to be a woman in a bikini twirling around a stripper pole.

“When the parents saw what was happening, they took their kids and left the room,” he said.

Surrounded by so many foreign stimuli, many yearn for a taste of home while abroad. Xie Nuoyan, 20, a college student from Beijing, felt as much during a recent visit to New York. While she appreciated the drinkable tap water, she said Chinatown was a letdown.

“I was really disappointed to see it’s not like in the movies, where there are lots of lanterns and performances everywhere,” she said.

On the upside, finding an abundance of Chinese food after days of consuming only strange Western concoctions redeemed the neighborhood.

“The sight of rice moved me to tears,” she said.

 Voir de plus:
Tear gas attack on 27 Chinese tourists in Paris, robbed by gang aboard airport bus
Two tourists injured by raiders who stole visitors’ luggage
Reuters/ South China Post
03 August, 2016Twenty-seven Chinese tourists were assaulted on Tuesday by half a dozen men as they boarded a bus that was to take them to Paris’s Charles de Gaulle airport, a French police source said.The assailants stole some pieces of luggage and injured two of the tourists, who were taken to hospital for treatment.“They sprayed the driver with tear gas and hit two tourists,” the source said.

The value of the goods stolen could not immediately be established.

Attacks on Chinese, Korean and Japanese tourists are frequent in the French capital as robbers believe they carry large sums in cash and their suitcases are stuffed with luxury goods purchased in Paris.

In May, Paris Mayor Anne Hidalgo travelled to Beijing to reassure Chinese authorities that the world’s most visited city had taken measures to beef up its security.

Chinese tourists shun western Europe in wake of violence as travel to France drops 15 per cent

Tourist traffic in Paris has dropped significantly since bloody attacks by Islamist militants last November, leading to sharp declines in sales for luxury goods makers but also for the capital’s retailers, hotels and restaurants.

Big luxury brands such as LVMH’s Dior and Louis Vuitton and Richemont’s Cartier have been hit hard by the drop in the number of free-spending Asian tourists in Paris as they make a significant proportion of their annual sales in the French capital.

Voir enfin:

POP VIEW; Rap After the Riot: Smoldering Rage And No Apologies

Ice Cube does some gloating on his new album, « The Predator. » « Anything you wanted to know about the riot was in the records before the riot, » he says in an interview-style interlude. « All you had to do was go to the Ice Cube library and pick a record. »

He’s right: « Death Certificate, » released on Halloween in 1991, not only articulated the rage surrounding the beating of Rodney King, but showed exactly where the flashpoint would be in the April riots in Los Angeles. The album included « Black Korea, » which revealed the deep resentment between Korean shopkeepers (whom Ice Cube, in one ignorant flourish, described as « chop-suey-eatin’ « ) and blacks, who felt they were being treated more like potential criminals than customers; when the riots came, Korean businesses became targets.

The album was vengeful and divisive, airing deep-seated prejudices and treating ethnic groups as if they were warring gangs that could never share turf. But it was also prophetic, which may be one reason « The Predator » shot to No. 1 on Billboard’s album chart upon release at the end of November. In the wake of the riot, people had been waiting for rap’s next bulletin from the front.

Before South-Central Los Angeles went up in a billion dollars’ worth of flames, the only voices from the area that most Americans had heard were the swaggering storytellers of gangster rap. Taking violence for granted, flaunting ugly attitudes toward women and homosexuals, savoring gory details, gangster rappers weren’t documentarians or responsible spokesmen; they were pulp auteurs, exploiting America’s appetite for violent entertainment while dropping enough local details or « reality » to sound credible.

When Los Angeles burned, the reality dwarfed gangster rap’s tales of drive-by shootings and petty but deadly feuds. Yet amid the violence, the rappers suddenly seemed like experts. And as the immediacy of the riots faded, rappers are again the voices most likely to be heard outside the ghetto. They are not diplomatic or conciliatory with the outside world; they have little to say about the riot victims or about rebuilding burned-out areas. That’s for politicians and community leaders to take care of. Rappers talk about how they feel.

Hip-hop is by far the most topical zone of popular music, so it was inevitable that the riots would make their way into rap’s fall releases. For the most part, Los Angeles rappers have preferred to stay with their usual postures and material, with increasingly redundant tales of crime, sex and battling machismo. Although explicit post-riot raps are greatly outnumbered by more typical gangster material, they have been emerging on new recordings over the last month. They suggest that the acquittal of the police officers who beat Rodney King has left enduring anger and that racial and ethnic polarization has only increased.

There are no apologies, just a few second thoughts. On recent releases, gangster rappers like Ice Cube vent rage and vow retribution, while noting with approval the post-riot truce between the two most entrenched Los Angeles gangs, the Crips and the Bloods. More politically inclined rappers, like Paris (from Oakland, Calif.), ricochet between fantasizing about terrorism and trying to draw broader lessons from the carnage.

The usually outspoken Public Enemy (from New York) plays defense. In « Tie Goes to the Runner » on the new album « Greatest Misses, » Chuck D says he’s « not suprised at all about the riots, » but his only word about the situation is to insist that raps like « Black Korea » didn’t create the problems: « This was predicted, not self-inflicted/ By the rap out of the ‘hood that kicked it good. » Sound bites from news coverage of the riots also appear as signs of authenticity on efforts like « Whut? Thee Album » by Redman, a performer from Newark who starts the album by placing himself in a « psycho » ward, talking out his sociopathic fantasies. The album includes « News Break, » in which a fictitious interviewer asks Redman about reaction to the riots. « Yeah, they still mad, » he says, and threatens the interviewer.

As with the rest of hip-hop, pluralism reigns. But the sentiment they share is that it took an all-out insurrection to get the attention of a white power structure.

Ice Cube, the best-known voice of South-Central, is involved not just on « The Predator » but on a forthcoming album by a rapper called Kam, due in February, and on an all-star post-riot single called « Get the Fist, » which Mercury Records released but made little effort to promote. Sales of the single, a sequence of snippets by Ice Cube, Yo-Yo, Cypress Hill, Kam and others, benefit the Brotherhood Movement, which was formed in the aftermath of the 1965 Watts riots and is currently working to rebuild South-Central. But it’s obvious why Mercury didn’t try to turn it into another « We Are the World »; « Get the Fist » is probably the most belligerent charity single ever made.

It starts with on-the-spot defiance — « I’m black and I’m proud to be lootin’ in your face » — and moves on to calls for black unity against the police and whites: « Not black on black/ The other color gets beat. » « Get the Fist » also includes part of Ice Cube’s riot commentary from « The Predator, » « We Had to Tear This — Up. » In the complete song, between news bulletins about the verdict and the riots, Ice Cube raps about looting (« Now I got a laptop computer ») and fantasizes about killing the policemen who beat Mr. King and the jury members who acquitted them. His conclusion is that the riots were necessary for blacks « to get some respect. »

Kam’s single « Peace Treaty, » due in January, praises the gang truce but starts out discussing the riots: « It wasn’t just the blacks, everybody was looting and had each other’s backs. . . . We all had a hand in the cookie jar and took it far enough to make a statement. »

Paris echoes that sentiment on his second album, « Sleeping With the Enemy »: « Don’t be tellin’ me to get the nonviolent spirit/ When I’m violent is the only time you devils hear it. » Those lines are part of « Bush Killa, » Paris’s vision of assassinating the President, a calculated provocation to draw attention to what he sees as genocide against American blacks (« I hope he thinks of how he done us when he’s laid to waste/ From guns given to my people for my own kind »).

Talking about the riots themselves, in a simulated telephone conversation that opens « Long Hot Summer, » Paris and a friend dismiss those who are looting sneaker stores as « tired » and worries that in the aftermath of the riots, blacks will benefit as little as they did after the Watts riots. « If we don’t think about things that we need to do for ourselves, » he says, « this is just going to happen again and again and again and again. » But in the rap that follows, he plays a gun-toting guerrilla stalking cops, with a chorus of « rat-a-tat-tat from my gat. »

In cities where pistols are used to settle schoolyard arguments, it’s pointless to wish for gun control in rap lyrics. And while no one should take such songs literally, they do reflect a pathology born of all-American myths and of smoldering frustrations. Weaned on the image of the frontier gunslinger who can single-handedly clean up a town, or the Rambo who can refight and win the Vietnam War without a shirt, rappers aren’t the only ones who long for decisive action backed by armed force.

Rappers have all sorts of motives, ethical and unethical, to remind the outside world about their frustration, and in the commercial realm of popular culture, no motives are entirely unmixed. A rapper can identify with his or her community, hoping to shock listeners into paying attention to real troubles, and simultaneously realize that contention and notoriety and sensationalism will publicize and sell recordings. For rappers who portray their characters as gunslingers and guerrillas, there’s also a large component of machismo, the determination to convince the archetypal street-level listener that the performer is as « hard » as the competition.

Post-riot raps don’t offer practical solutions to urban unemployment, declining education, drugs and crime, any more than governmental bodies have. Instead, they shout and snarl about an escalating desperation that makes all sides seek scapegoats, raising friction and shutting off the possibility of dialogue.

Amid the gunplay and vengeance fantasies, the raps make one thing clear. While April’s flames may have been quenched, the hostility that ignited them has not gone away. « I do want the white community to understand our community more, » Ice Cube says on « The Predator. » « I’ve given so many warnings on what’s gonna happen if we don’t get these things straight in our lives. » His conclusion: « Armageddon is near. »


Humanisme: Le monde moderne est bien trop bon (Making the decisions while bearing none of the costs: It’s the decriminalization, stupid !)

16 août, 2016
Merkel Merkel2
heroin
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Jésus (Matthieu 12 : 43-45)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine. There was generally a relationship between the organization’s political cause and its violent activities. Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West. Some commentators claim that an attack like the one in Nice is “blowback” from Western foreign policy, but it’s difficult to discern any rational relationship between Western policy in Iraq or Libya and the murder of revelers on a promenade. (…) Whatever one thinks of the activities of groups like the I.R.A. or the P.L.O., those activities were governed by certain norms and contained a rational kernel. It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying. What defines jihadist violence today is not righteous anger or political fury but a sense of inchoate, often personal, rage. Such rage is not uniquely Islamist. (…) In the past, the distinction between political violence and sociopathic rage was relatively clear. No longer. There seems today almost a continuum between ideological violence, disjointed fury and some degree of sociopathy or mental illness. What constitutes ideological violence has decayed; instead, amorphous rage has become a persistent feature of public life. One reason is the breakdown of social and moral boundaries that once acted as firewalls against such behavior. Western societies have become more socially atomized and more riven by identity politics. The influence of institutions from the church to labor unions that once helped socialize individuals and inculcate them with a sense of obligation to others has declined. As broader identities have eroded, and traditional social networks and sources of authority have weakened, people’s sense of belonging has become more parochial. Progressive movements that gave social grievance a political form have faded. Instead, the new oppositional movements are often rooted in religious or ethnic identity and take sectarian or separatist forms. There is a growing disaffection with anything “mainstream,” and a perception of the world as out of control and driven by malign forces. All this has helped incubate a sense of rage without an outlet, undermined people’s ties to others as human beings, and weakened the distinction between sociopathy and political violence. It is a world in which, as Chancellor Angela Merkel of Germany observed last week, the “taboos of civilization” are too easily broken. It is not so much the acts of violence themselves as the seeming fragility of our social and moral orders that makes contemporary terrorism so threatening. Kenan Malik
Palestinian culture encourages suicidal youngsters to kill by offering a simple bargain: Murder a Jew, and you instantly become a hero. While the West has long turned a blind eye to this behavior, its refusal to look reality in the face is now coming back to haunt it. For today, the Islamic State is making the very same tempting offer to distraught Muslims in Western countries–murder a Westerner, and you can instantly become a hero instead of a failure. It’s no accident that several recent terror attacks in Western countries have been carried out by people who apparently had histories of mental illness, including Nice, Orlando, and several attacks in Germany. Nor is it any accident that the Islamic State is cultivating such people. As with many other terrorist techniques pioneered by the Palestinians, ISIS has copied this one precisely because it proved successful–and not just as a means of recruiting assailants.This tactic also serves two other important purposes. First, it encourages an already strong Western tendency to ignore the terrorists’ true aims. I discussed this with regard to the Palestinians in my previous post; a classic example concerning the Islamic State was Kenan Malik’s op-ed in the New York Times on Tuesday. “In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine,” Malik wrote. “Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West.” In reality, Islamic State is quite open about its aims: It wants to destroy the West and establish a global Islamic caliphate. Indeed, being open about its goals is part of how it attracts new recruits, just as Palestinian organizations attract support by boasting of their efforts to destroy the Jewish state. But at the same time, both the Palestinians and ISIS would prefer that the West not take their goals too seriously since, if it did, it might stop supporting the Palestinians or actually get serious about destroying ISIS. The use of emotionally distressed recruits is an ideal way for terrorists to foster confusion about their aims because it makes it even easier for well-meaning Westerners to reassure themselves that Islamist death cults, which exploit such distress to turn people into killers, aren’t actually the problem. The real issue, they tell themselves, is mental health or social alienation.Second, this tactic helps divide the West and turn it against itself, because it reinforces another existing tendency of many well-meaning Westerners–blaming the victim for having driven the attacker to such a dreadful deed. Westerners have been blaming Palestinian terror on Israel for years, and now, many are blaming themselves for ISIS. (…) Using assailants with a history of mental or emotional problems is an ideal way for terrorists to reinforce this tendency as well, because it enables people to focus on the assailant’s distress, and society’s failure to deal with it, rather than on the evil intent of those who incited him to kill by telling him he would thereby become a hero instead of a loser. Yet both gambits are working for ISIS now precisely because Westerners were conditioned for decades to believe them by the way their own journalists, academics, and political leaders insistently treated Palestinian terror as Israel’s fault. Some Westerners, like the young Parisians (…) have so internalized this attitude that they simply transfer it to their own countries; asserting that their society, too, must be to blame for the attacks against it. Others, like Malik, perform a kind of inversion: Indoctrinated to believe that terror is the victim’s fault, yet unable to believe their own societies evil enough to merit such attacks, they resolve the dilemma by asserting that unlike Palestinian violence–which Malik deems “rational” and “governed by certain norms”– jihadist violence must be senseless than rather than purposeful. “It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying,” he proclaimed (he evidently thinks murdering random civilians in Israel is well within moral bounds). But whichever approach they choose, the one thing people like Malik and those young Parisians aren’t doing is putting the blame where it belongs: on the terrorist leaders who groom perpetrators to commit mass murder by indoctrinating them to believe that the road to glory runs through killing others. Terror can never be defeated until Westerners recognizes the crucial role played by this glorification of murder. And that won’t happen as long as the West keeps giving it a pass among the Palestinians, for they are the ones who pioneered this culture of death and inspired all the subsequent copycats. Evelyn Gordon
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Une piscine située dans un hôtel à Marrakech a décidé d’interdire le port du burkini. (…) L’établissement hôtelier, qui n’a pas souhaité être mentionné dans cet article, justifie cette interdiction par des « raisons de sécurité et d’hygiène ». L’administration a donc exigé que les femmes désirant nager dans les piscines portent un maillot de bain et a même installé un panneau interdisant l’usage du burkini. Face à cette interdiction inhabituelle, certains internautes ont exprimé leur colère: « La femme voilée est devenue interdite telle un chien dans un hôtel ! » D’autres ont posé des questions sur l’application des droits de l’homme et des libertés individuelles au Maroc. Ce n’est pas la première fois qu’un incident de ce genre arrive dans le royaume. L’année dernière, une piscine de Casablanca avait aussi interdit le burkini et avait imposé le maillot de bain comme seule possibilité pour les femmes. D’autres hôtels et piscines avaient également prohibé la « combinaison islamique ». L’hôtel Ibis d’El Jadida et de nombreux hôtels à Marrakech appliquent cette interdiction. Le Tamaris Aqua Park, situé à quelques kilomètres de Casablanca s’était également opposé au port du burkini pour des raisons officiellement liées à l’hygiène. Une polémique qui refait surface chaque été au Maroc. Site info
Aujourd’hui, dans le contexte d’un affrontement de civilisations donnant lieu à un conflit armé ayant fait en un an des centaines de victimes sur le territoire national, il est logique que reviennent au premier plan les exigences de l’ordre public, et le juge des référés a d’ailleurs invoqué «le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats» pour justifier sa décision en la fondant sur «un risque de troubles à l’ordre public».  (…) L’islam est, par nature, politique. On ne saurait trop le rappeler: l’islam est un système total qui mêle le religieux, le politique, le juridique, la civilisation. L’islam est un code de droit qui prétend remplacer le droit du pays d’accueil. Si bien que toute concession faite à l’islam comme religion est un abandon consenti à l’islam comme système politico-juridique ainsi qu’à la civilisation islamique. Face à l’islam, la laïcité conçue comme neutralité ne suffit pas. Le cas de figure n’est pas le même qu’avec le catholicisme. Notre laïcité s’est certes construite contre l’Église, mais en accord avec les paroles fondatrices du christianisme: rendre à César et à Dieu ce qui leur revient respectivement. L’islam est au contraire l’anti-laïcité par excellence, si bien que notre État laïque devrait le combattre beaucoup plus durement qu’il n’a combattu le catholicisme. [La Corse] C’est un exemple des troubles à l’ordre public que peut entraîner cet étalage sur les plages françaises des pratiques identitaires islamiques. Surtout dans le contexte des récents massacres commis par des islamistes au nom de leur dieu. Par ailleurs, il est clair qu’en Corse où la population est restée plus près de son sol, plus ancrée dans ses villages, elle se montre plus réactive face au processus de la conquête islamiste non dite mais bien réelle dont l’Europe occidentale est l’objet. Cependant, même dans l’Hexagone, de plus en plus de gens ont conscience du lien qui existe entre les carnages des terroristes islamistes et le folklore identitaire arabo-musulman qui est le terreau où se nourrit le djihadisme. (…) Notre pays est actuellement en guerre, et s’il ne veut pas être vaincu dans cette guerre, il doit savoir contre qui et contre quoi il se bat. Pour ne pas perdre une guerre, il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double: d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie. À moyen et long terme, le plus grand danger pour les Français est la conquête feutrée de la France par le djihadisme civilisationnel, conquête qui s’opère au nom des droits de l’homme. Les femmes qui portent des vêtements de bain islamiques sont des militantes de la conquête de notre pays par un groupe humain porteur d’une civilisation antagoniste. Cet été, les plages sont la nouvelle partie de notre territoire que visent à s’approprier les islamistes. Jean-Louis Harouel
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Le 1er août 2016, les ministres de l’Intérieur et du Logement ont publié un communiqué passé totalement inaperçu dans la torpeur de l’été mais d’une importance capitale sur le plan de l’évolution des mentalités et de l’idéologie politique française. Ce texte marque une inflexion de la conception française de l’immigration. Jusqu’alors, celle-ci était fondée sur la distinction entre l’immigration régulière et l’immigration illégale. La première, conforme à la loi, était destinée par exemple à accueillir des travailleurs dont la France peut avoir besoin, à former des étudiants dans l’intérêt de la France ou du pays d’origine, ou bien à assurer le principe d’unité familiale. Elle était évaluée à environ 200 000 personnes par an. En revanche, les migrants en situation irrégulière, entrés ou séjournant en infraction avec la loi, devaient impérativement repartir dans leur pays, volontairement ou par la contrainte. Tel était le principe. Cette différence, pour la première fois depuis que l’immigration est devenue un sujet politique au début des années 1980, semble désormais ni par l’Etat. Le migrant en situation irrégulière n’a plus vocation à être reconduit dans son pays, mais à être accueilli en France et pris en charge par la puissance publique, au même titre qu’un étranger en situation régulière ou qu’un citoyen français en difficulté. (…) Ce communiqué enterre donc de fait toute notion d’immigration irrégulière. Il abolit le clivage entre légalité et illégalité en matière d’immigration. Il va dans le sens de la loi du 7 mars 2016, dont les dispositions reviennent à rendre très difficiles l’application des mesures d’éloignement. Il proclame que la France a le devoir d’accueillir et de prendre en charge tout étranger sur son territoire, qu’il soit autorisé à entrer et à séjourner ou qu’il ne le soit pas. De facto, le principe ainsi proclamé abroge l’idée de frontière ou de respect du droit de l’entrée et de séjour. Les associations humanitaires, les idéologues, les partisans de la liberté totale d’immigrer en rêvaient depuis au moins quarante ans. M. Cazeneuve et Mme Cosse l’ont fait. La question est de savoir quel sera l’ampleur de l’appel d’air que cette transformation profonde de tous les fondements de la politique d’immigration française est susceptible provoquer à terme. Le communiqué annonce une France ouverte, qui n’éloigne plus ses migrants illégaux mais au contraire les accueille. Le potentiel d’émigration est élevé: des centaines de millions de personnes déshéritées et désœuvrées, dans ce monde en ébullition, ne songent qu’à trouver un point d’accueil. Reste à savoir si la France, qui compte cinq millions de chômeurs, de gigantesques problèmes de logement, des centaines de milliers de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, un millier de cités sensibles dévastées par la violence, l’exclusion, le communautarisme, l’islamisme radical, si cette France a les moyens d’accueillir une immigration supplémentaire. Mais pour M. Cazeneuve et Mme Cosse, c’est une autre affaire. Et ce n’est visiblement pas la leur. Alexis Théas
The heroin epidemic was caused by the legalization of marijuana. We wanted legal weed, and for the most part, we got it. Four states have legalized it outright, others have decriminalized it, and in many jurisdictions police refuse to enforce the laws that are on the books, creating a de facto street legalization. Good news, right? Not for the Sinaloa Cartel, which by the time Colorado passed Amendment 64 in 2012 had become the dominant cartel in Mexico. Weed was a major profit center for them, but suddenly they couldn’t compete against a superior American product that also had drastically lower transportation and security costs. In a single year, the cartel suffered a 40 percent drop in marijuana sales, representing billions of dollars. Mexican marijuana became an almost worthless product. They’ve basically stopped growing the shit: Once-vast fields in Durango now lie fallow. More good news, right? Yeah, no. Guzmán and his boys are businessmen. They’re not going to take a forty-point hit and not do something about it. They had to make up those profits somewhere. Looking at the American drug market as it existed, Guzmán and his partners saw an opportunity. An increasing number of Americans were addicted to prescription opioids such as Oxycontin. And their addiction was expensive. One capsule of Oxy might sell on the street for thirty dollars, and an addict might need ten hits a day. Well, shit, they thought. We have some of the best poppy fields in the world. Opium, morphine, Oxy, heroin—they’re basically the same drug, so … The Sinaloa Cartel decided to undercut the pharmaceutical companies. They increased the production of Mexican heroin by almost 70 percent, and also raised the purity level, bringing in Colombian cooks to create « cinnamon » heroin as strong as the East Asian product. They had been selling a product that was about 46 percent pure, now they improved it to 90 percent. Their third move was classic market economics—they dropped the price. A kilo of heroin went for as much as $200,000 in New York City a few years ago, cost $80,000 in 2013, and now has dropped to around $50,000. More of a better product for less money: You can’t beat it. At the same time, American drug and law-enforcement officials, concerned about the dramatic surge in overdose deaths from pharmaceutical opioids (165,000 from 1999 to 2014), cracked down on both legal and illegal distribution, opening the door for Mexican heroin, which sold for five to ten bucks a dose. But pill users were not accustomed to the potency of this new heroin. Even heroin addicts were taken by surprise. As a result, overdose deaths have skyrocketed, more than doubling from 2000 to 2014. More people—47,055—died from drug overdoses in 2014 than in any other year in American history. (Perhaps the most famous of these, Philip Seymour Hoffman, died on February 2, 2014, right at the height of the epidemic.) That’s 125 people a day, more than five lives every hour, a fatality level that matched the AIDS epidemic’s peak in 1995. (…)  Just as this mess was heating up, a new drug—actually an old drug—entered the scene. Fentanyl is a synthetic opioid that is thirty to fifty times as strong as heroin. It was developed in 1960 by Janssen Pharmaceuticals (now a division of Johnson & Johnson) as a treatment for the severe pain caused by terminal cancer. Fentanyl is so powerful that the DEA warns police that they can be injured just by touching it, and it can be taken as a pill (brand names: Duragesic, Actiq, and Fentora), a spray, snorted, shot, used as a transdermal patch, mixed with heroin, you name it. Prince died from an overdose of fentanyl; as many as seven hundred Americans overdosed on the drug last year. (…) In New Orleans, The Times-Picayune reported that fentanyl deaths exceeded the number of murders for the first month of 2016. In Connecticut, fentanyl-related deaths increased by 151 percent between 2014 and 2015 and are expected to rise another 77 percent in 2016. For the narcos, the advantages of fentanyl over heroin are enormous. First of all, it’s made in a lab, so you don’t need fields of poppies that can be raided, fumigated, or seized. You don’t need hundreds of campesinos to harvest your crop and you don’t need to take or control territory. (Well, not territory for cultivation—you still have to control access to smuggling turf, hence the renewed violence in Baja, where the murder rate has tripled.) But it’s the profits that will make fentanyl the new crack cocaine, which created the enormous wealth of the Mexican cartels in the eighties and nineties. A kilo of fentanyl can be stepped on sixteen to twenty-four times to create an astounding return on investment of $1.3 million per kilo, compared with $271,000 per kilo of heroin. No wonder the DEA estimates that the importation of fentanyl from Mexico is up by 65 percent from 2014. Because fentanyl is now often mixed with heroin to increase the latter’s potency, unaware heroin users are dying from the same doses that used to just get them well. EMTs, ER personnel, and cops don’t know what they’re looking at, or that they need twice the dosage of naloxone, or Narcan, to revive an addict whose respiratory system has been shut down by fentanyl. Those who survive become more addicted. The cartels mix fentanyl with heroin because once an addict has shot that mix, they won’t go back to « just heroin, » since they can’t get high on it anymore. The combination of lab-produced illegal fentanyl and the fracturing of the Sinaloa Cartel is a catastrophe for law enforcement and American society as a whole but an absolute boon for the narcos seeking to supplant the old order. Splinter groups such as CJNG can easily use the enormous profit potential of fentanyl to fund their rebellions, and those same profits will encourage them toward violence to control the smuggling routes. ISIS is waning in Iraq largely because it can no longer pay its fighters. Fentanyl assures the new narcos that they will not have that problem. All they’ll need is the will for violence, and they already have that, in spades. Mexico has done little to fill the vacuum created by Guzmán’s fall. As a result, there will not be three groups seeking to fill that gap, there will be dozens. On the American side, the rise of splinter groups makes it all the harder for law enforcement to track and intercept the drug. We’ll no longer know where’s it coming from, and worse, what’s in it. First responders will not be able to tell if they’re dealing with pure heroin, heroin laced with fentanyl, pure fentanyl, fentanyl cut with God knows what … there will be pharmacological chaos. We talk about the heroin epidemic. Fentanyl will be the plague. (…) In the Middle East, we traded the devil we knew for the devils we didn’t. In Mexico, the devils we know will be replaced by a multiplicity of devils we’ll never know. The ability to hide production (unlike marijuana or poppy fields) and the anonymity of communicating on social media will create anarchy. The era of the cartel might be coming to an end. (…) So Guzmán is behind bars, it’s over, and we won. Just like we won when Hussein literally reached the end of his rope. The Los Angeles Times estimates that two thirds of Mexican drug lords have been either killed or imprisoned. And what’s the result? Drugs are more plentiful, more potent, and cheaper than ever. Deaths from overdoses are at an all-time high. Violence in Mexico, once declining, is starting to rise again. Just last week, I looked at photographs of the bodies of four people stuffed into a car trunk in Tijuana. The bodies showed signs of torture. Gang violence is on the rise in every major American city, most notably Chicago and New York, and the cowardly lions in Congress will do exactly shit about either the drugs or the guns that fuel and enable the killings and deaths—more than ISIS ever dreamed of. Seems like old times. There will be more phone calls and more overdoses. Someone will replace El Chapo, just as he replaced his predecessors. My bet’s on El Mencho, but it really doesn’t matter. That’s the lesson we seem to have to learn over and over and over again, world without end, amen. Guzmán was right: « If there was no consumption, there would be no sales. » I’m always amazed that progressive young millennials will picket a grocery chain for not buying fair-trade coffee but will go home and do drugs that are brought to them by the killers, torturers, and sadists of the cartels. We’re as addicted to the War on Drugs as we are to the drugs themselves. Our justice system is a machine fueled by hundreds of thousands of arrests, trials, and imprisonments. As long as the U. S. and Europe continue to buy billions of dollars’ worth of drugs a year while at the same time spending billions to intercept them, we will create an endless succession of Chapos and Menchos. An entire economy is based on drug prohibition and punishment, something to the tune of $50 billion a year, more than double the estimated $22 billion we spend on heroin. Don Winslow
There was a fundamental problem with the decision that you can see rippling now throughout the West. Ms. Merkel had put the entire burden of a huge cultural change not on herself and those like her but on regular people who live closer to the edge, who do not have the resources to meet the burden, who have no particular protection or money or connections. Ms. Merkel, her cabinet and government, the media and cultural apparatus that lauded her decision were not in the least affected by it and likely never would be. Nothing in their lives will get worse. The challenge of integrating different cultures, negotiating daily tensions, dealing with crime and extremism and fearfulness on the street—that was put on those with comparatively little, whom I’ve called the unprotected. They were left to struggle, not gradually and over the years but suddenly and in an air of ongoing crisis that shows no signs of ending—because nobody cares about them enough to stop it. The powerful show no particular sign of worrying about any of this. When the working and middle class pushed back in shocked indignation, the people on top called them “xenophobic,” “narrow-minded,” “racist.” The detached, who made the decisions and bore none of the costs, got to be called “humanist,” “compassionate,” and “hero of human rights.” The larger point is that this is something we are seeing all over, the top detaching itself from the bottom, feeling little loyalty to it or affiliation with it. It is a theme I see working its way throughout the West’s power centers. At its heart it is not only a detachment from, but a lack of interest in, the lives of your countrymen, of those who are not at the table, and who understand that they’ve been abandoned by their leaders’ selfishness and mad virtue-signalling. On Wall Street, where they used to make statesmen, they now barely make citizens. CEOs are consumed with short-term thinking, stock prices, quarterly profits. They don’t really believe that they have to be involved with “America” now; they see their job as thinking globally and meeting shareholder expectations. In Silicon Valley the idea of “the national interest” is not much discussed. They adhere to higher, more abstract, more global values. They’re not about America, they’re about . . . well, I suppose they’d say the future. In Hollywood the wealthy protect their own children from cultural decay, from the sick images they create for all the screens, but they don’t mind if poor, unparented children from broken-up families get those messages and, in the way of things, act on them down the road. From what I’ve seen of those in power throughout business and politics now, the people of your country are not your countrymen, they’re aliens whose bizarre emotions you must attempt occasionally to anticipate and manage. In Manhattan, my little island off the continent, I see the children of the global business elite marry each other and settle in London or New York or Mumbai. They send their children to the same schools and are alert to all class markers. And those elites, of Mumbai and Manhattan, do not often identify with, or see a connection to or an obligation toward, the rough, struggling people who live at the bottom in their countries. In fact, they fear them, and often devise ways, when home, of not having their wealth and worldly success fully noticed. Affluence detaches, power adds distance to experience. I don’t have it fully right in my mind but something big is happening here with this division between the leaders and the led. It is very much a feature of our age. But it is odd that our elites have abandoned or are abandoning the idea that they belong to a country, that they have ties that bring responsibilities, that they should feel loyalty to their people or, at the very least, a grounded respect. I close with a story that I haven’t seen in the mainstream press. This week the Daily Caller’s Peter Hasson reported that recent Syrian refugees being resettled in Virginia, were sent to the state’s poorest communities. Data from the State Department showed that almost all Virginia’s refugees since October “have been placed in towns with lower incomes and higher poverty rates, hours away from the wealthy suburbs outside of Washington, D.C.” Of 121 refugees, 112 were placed in communities at least 100 miles from the nation’s capital. The suburban counties of Fairfax, Loudoun and Arlington—among the wealthiest in the nation, and home to high concentrations of those who create, and populate, government and the media—have received only nine refugees. Some of the detachment isn’t unconscious. Some of it is sheer and clever self-protection. At least on some level they can take care of their own. Peggy Noonan

Attention: une ignorance peut en cacher une autre !

Ouverture à tout va allemande des vannes face à l’immigration majoritairement musulmane, célèbration par le Pape lui-même de l’invasion qui s’en est suivi,  abolition discrète française, sous la menace désormais constante des djihadistes tant violents que « civilisationnels », de la frontière entre immigration régulière et irrégulière, accès du mariage et bientôt de l’adoption et de la gestation pour autrui aux couples de même sexe, légalisation rampante de l’inceste, véritable explosion aux Etats-Unis, suite entre autres à la dépénalisation du cannabis, de la consommation d’héroïne et du nombre de victimes de surdoses …

Y a-t-il une mesure aberrante que nos apprentis sorciers de gouvernants n’auront pas prise ?

Et de mots assez durs, dans la bouche des mêmes et de leur claque médiatique, pour qualifier ces masses prétendument ignorantes …

Qui comme le rappelle très judicieusement l’éditorialiste du Wall Street Journal Peggy Noonan …

Vont seules en subir les conséquences ?

How Global Elites Forsake Their Countrymen
Those in power see people at the bottom as aliens whose bizarre emotions they must try to manage.
Peggy Noonan
The Wall Street Journal
Aug. 11, 2016

This is about distance, and detachment, and a kind of historic decoupling between the top and the bottom in the West that did not, in more moderate recent times, exist.

Recently I spoke with an acquaintance of Angela Merkel, the German chancellor, and the conversation quickly turned, as conversations about Ms. Merkel now always do, to her decisions on immigration. Last summer when Europe was engulfed with increasing waves of migrants and refugees from Muslim countries, Ms. Merkel, moving unilaterally, announced that Germany would take in an astounding 800,000. Naturally this was taken as an invitation, and more than a million came. The result has been widespread public furor over crime, cultural dissimilation and fears of terrorism. From such a sturdy, grounded character as Ms. Merkel the decision was puzzling—uncharacteristically romantic about people, how they live their lives, and history itself, which is more charnel house than settlement house.

Ms. Merkel’s acquaintance sighed and agreed. It’s one thing to be overwhelmed by an unexpected force, quite another to invite your invaders in! But, the acquaintance said, he believed the chancellor was operating in pursuit of ideals. As the daughter of a Lutheran minister, someone who grew up in East Germany, Ms. Merkel would have natural sympathy for those who feel marginalized and displaced. Moreover she is attempting to provide a kind of counter-statement, in the 21st century, to Germany’s great sin of the 20th. The historical stain of Nazism, the murder and abuse of the minority, will be followed by the moral triumph of open arms toward the dispossessed. That’s what’s driving it, said the acquaintance.

It was as good an explanation as I’d heard. But there was a fundamental problem with the decision that you can see rippling now throughout the West. Ms. Merkel had put the entire burden of a huge cultural change not on herself and those like her but on regular people who live closer to the edge, who do not have the resources to meet the burden, who have no particular protection or money or connections. Ms. Merkel, her cabinet and government, the media and cultural apparatus that lauded her decision were not in the least affected by it and likely never would be.

Nothing in their lives will get worse. The challenge of integrating different cultures, negotiating daily tensions, dealing with crime and extremism and fearfulness on the street—that was put on those with comparatively little, whom I’ve called the unprotected. They were left to struggle, not gradually and over the years but suddenly and in an air of ongoing crisis that shows no signs of ending—because nobody cares about them enough to stop it.

The powerful show no particular sign of worrying about any of this. When the working and middle class pushed back in shocked indignation, the people on top called them “xenophobic,” “narrow-minded,” “racist.” The detached, who made the decisions and bore none of the costs, got to be called “humanist,” “compassionate,” and “hero of human rights.”

And so the great separating incident at Cologne last New Year’s, and the hundreds of sexual assaults by mostly young migrant men who were brought up in societies where women are veiled—who think they should be veiled—and who chose to see women in short skirts and high heels as asking for it.

Cologne of course was followed by other crimes.

The journalist Chris Caldwell reports in the Weekly Standard on Ms. Merkel’s statement a few weeks ago, in which she told Germans that history was asking them to “master the flip side, the shadow side, of all the positive effects of globalization.”

Caldwell: “This was the chancellor’s . . . way of acknowledging that various newcomers to the national household had begun to attack and kill her voters at an alarming rate.” Soon after her remarks, more horrific crimes followed, including in Munich (nine killed in a McDonald’s ) Reutlingen (a knife attack) and Ansbach (a suicide bomber).

***

The larger point is that this is something we are seeing all over, the top detaching itself from the bottom, feeling little loyalty to it or affiliation with it. It is a theme I see working its way throughout the West’s power centers. At its heart it is not only a detachment from, but a lack of interest in, the lives of your countrymen, of those who are not at the table, and who understand that they’ve been abandoned by their leaders’ selfishness and mad virtue-signalling.

On Wall Street, where they used to make statesmen, they now barely make citizens. CEOs are consumed with short-term thinking, stock prices, quarterly profits. They don’t really believe that they have to be involved with “America” now; they see their job as thinking globally and meeting shareholder expectations.

In Silicon Valley the idea of “the national interest” is not much discussed. They adhere to higher, more abstract, more global values. They’re not about America, they’re about . . . well, I suppose they’d say the future.

In Hollywood the wealthy protect their own children from cultural decay, from the sick images they create for all the screens, but they don’t mind if poor, unparented children from broken-up families get those messages and, in the way of things, act on them down the road.

From what I’ve seen of those in power throughout business and politics now, the people of your country are not your countrymen, they’re aliens whose bizarre emotions you must attempt occasionally to anticipate and manage.

In Manhattan, my little island off the continent, I see the children of the global business elite marry each other and settle in London or New York or Mumbai. They send their children to the same schools and are alert to all class markers. And those elites, of Mumbai and Manhattan, do not often identify with, or see a connection to or an obligation toward, the rough, struggling people who live at the bottom in their countries. In fact, they fear them, and often devise ways, when home, of not having their wealth and worldly success fully noticed.

Affluence detaches, power adds distance to experience. I don’t have it fully right in my mind but something big is happening here with this division between the leaders and the led. It is very much a feature of our age. But it is odd that our elites have abandoned or are abandoning the idea that they belong to a country, that they have ties that bring responsibilities, that they should feel loyalty to their people or, at the very least, a grounded respect.

I close with a story that I haven’t seen in the mainstream press. This week the Daily Caller’s Peter Hasson reported that recent Syrian refugees being resettled in Virginia, were sent to the state’s poorest communities. Data from the State Department showed that almost all Virginia’s refugees since October “have been placed in towns with lower incomes and higher poverty rates, hours away from the wealthy suburbs outside of Washington, D.C.” Of 121 refugees, 112 were placed in communities at least 100 miles from the nation’s capital. The suburban counties of Fairfax, Loudoun and Arlington—among the wealthiest in the nation, and home to high concentrations of those who create, and populate, government and the media—have received only nine refugees.

Some of the detachment isn’t unconscious. Some of it is sheer and clever self-protection. At least on some level they can take care of their own.

Voir aussi:

Le communiqué qui nie la notion d’immigration illégale
Alexis Théas
Le Figaro
12/08/2016

FIGAROVOX/OPINION – Une communiqué du ministère de l’Intérieur et du Logement nie de fait la distinction entre immigration régulière et immigration illégale. Alexis Théas redoute l’appel d’air que pourrait suciter cette évolution de la politique d’immigration française.

Alexis Théas est universitaire et juriste.

Le 1er août 2016, les ministres de l’Intérieur et du Logement ont publié un communiqué passé totalement inaperçu dans la torpeur de l’été mais d’une importance capitale sur le plan de l’évolution des mentalités et de l’idéologie politique française. Ce texte marque une inflexion de la conception française de l’immigration. Jusqu’alors, celle-ci était fondée sur la distinction entre l’immigration régulière et l’immigration illégale. La première, conforme à la loi, était destinée par exemple à accueillir des travailleurs dont la France peut avoir besoin, à former des étudiants dans l’intérêt de la France ou du pays d’origine, ou bien à assurer le principe d’unité familiale. Elle était évaluée à environ 200 000 personnes par an. En revanche, les migrants en situation irrégulière, entrés ou séjournant en infraction avec la loi, devaient impérativement repartir dans leur pays, volontairement ou par la contrainte. Tel était le principe. Cette différence, pour la première fois depuis que l’immigration est devenue un sujet politique au début des années 1980, semble désormais ni par l’Etat. Le migrant en situation irrégulière n’a plus vocation à être reconduit dans son pays, mais à être accueilli en France et pris en charge par la puissance publique, au même titre qu’un étranger en situation régulière ou qu’un citoyen français en difficulté.

Communiqué du 1er août 2016 : «Créé le 25 février dernier à l’initiative de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et d’Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, le comité de suivi du plan de mise à l’abri des migrants sans-abri s’est à nouveau réuni mardi 26 juillet 2016. Présidée par Emmanuelle Cosse, en présence de représentants du Ministère de l’Intérieur, du Ministère de la Famille, de l’Enfance et des Droits des Femmes et de la Préfecture du Pas- de-Calais, cette séance a rassemblé une trentaine d’associations engagées dans l’accompagnement des migrants. Les pouvoirs publics ont tenu à saluer leur travail et leur mobilisation pour faire face à cette crise migratoire sans précédent. A cette occasion, le ministère de l’Intérieur et le ministère du Logement et de l’Habitat durable ont présenté aux associations la Charte de fonctionnement des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO). Répondant à un souhait partagé de l’Etat et des acteurs associatifs, et rédigée au terme de plusieurs semaines de dialogue avec les opérateurs des CAO, cette charte édicte des règles claires de fonctionnement et décrit les principales prestations délivrées aux migrants sans-abri qui y sont accueillis: conditions d’accueil et de localisation, taux d’encadrement, restauration, évaluation – juridique, sociale et médicale – de la situation des personnes accueillies et accompagnement adapté, sécurité, etc. La prise en charge en CAO doit ainsi permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d’un temps de répit et d’engager, si elles le souhaitent, une démarche de demande d’asile. Elle leur permet également d’avoir accès à une offre de soins adaptée et d’être orientées rapidement vers des structures qui correspondent à leur situation (CADA pour les demandeurs d’asile, etc.). Depuis le 27 octobre dernier, 148 Centres d’accueil et d’orientation ont été ouverts sur l’ensemble du territoire national pour un total de près de 2000 places qui ont permis de mettre l’abri plus de 4700 personnes dans des délais très resserrés.»

Ce communiqué enterre donc de fait toute notion d’immigration irrégulière. Il abolit le clivage entre légalité et illégalité en matière d’immigration. Il va dans le sens de la loi du 7 mars 2016, dont les dispositions reviennent à rendre très difficiles l’application des mesures d’éloignement. Il proclame que la France a le devoir d’accueillir et de prendre en charge tout étranger sur son territoire, qu’il soit autorisé à entrer et à séjourner ou qu’il ne le soit pas. De facto, le principe ainsi proclamé abroge l’idée de frontière ou de respect du droit de l’entrée et de séjour. Les associations humanitaires, les idéologues, les partisans de la liberté totale d’immigrer en rêvaient depuis au moins quarante ans. M. Cazeneuve et Mme Cosse l’ont fait. La question est de savoir quel sera l’ampleur de l’appel d’air que cette transformation profonde de tous les fondements de la politique d’immigration française est susceptible provoquer à terme. Le communiqué annonce une France ouverte, qui n’éloigne plus ses migrants illégaux mais au contraire les accueille. Le potentiel d’émigration est élevé: des centaines de millions de personnes déshéritées et désœuvrées, dans ce monde en ébullition, ne songent qu’à trouver un point d’accueil. Reste à savoir si la France, qui compte cinq millions de chômeurs, de gigantesques problèmes de logement, des centaines de milliers de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, un millier de cités sensibles dévastées par la violence, l’exclusion, le communautarisme, l’islamisme radical, si cette France a les moyens d’accueillir une immigration supplémentaire. Mais pour M. Cazeneuve et Mme Cosse, c’est une autre affaire. Et ce n’est visiblement pas la leur.

Voir encore:

Jean-Louis Harouel : «Les femmes qui portent le burkini sont des militantes»

Alexandre Devecchio

Le Figaro

16/08/2016

FIGAROVOX/ANALYSE – Pour Jean-Louis Harouel, l’interdiction du burkini sur certaines plages est parfaitement conforme au droit. Pour lui, le port du vêtement islamique traduit une volonté politique d’imposer une culture et des modes de vie contraires à notre histoire et nos valeurs.


Jean-Louis Harouel est professeur agrégé de droit à Paris II et auteur de «La grande falsification. L’art contemporain», «Le vrai génie du christianisme» et «Revenir à la nation» (Editions Jean-Cyrille Godefroy). Son dernier ouvrage Les droits de l’homme contre le peuple est paru aux éditions Desclée de Brouwer.


LE FIGARO – La justice a validé ce week-end l’arrêté municipal interdisant le port du burkini à Cannes. Des associations «anti-islamophobie» réclamant en urgence la suspension de l’arrêté municipal cannois du 28 juillet se sont vues déboutées par le tribunal administratif de Nice. Cette décision est-elle surprenante? Vous semble-t-elle conforme au droit français?

Jean-Louis HAROUEL – Cette décision n’est aucunement surprenante car parfaitement conforme à la jurisprudence du Conseil d’État, sachant que celle-ci n’a pas été statique à travers le temps mais a évolué en fonction du contexte politique et social. Dans des périodes relativement apaisées, cette jurisprudence était résolument libérale et faisait passer les libertés avant les soucis de l’ordre public, comme en témoigne le célèbre arrêt Benjamin de 1933. Cependant, dans la seconde moitié des années 1930, les passions politiques s’exacerbant et l’ordre public étant sans cesse plus menacé, intervient en 1936 le tournant de l’arrêt Bucard, par lequel le Conseil d’État a abandonné cette jurisprudence libérale pour faire prévaloir les impératifs de l’ordre public. Et il faudra attendre 1953 pour que s’opère avec l’arrêt Naud un retour au libéralisme de la jurisprudence Benjamin.

Aujourd’hui, dans le contexte d’un affrontement de civilisations donnant lieu à un conflit armé ayant fait en un an des centaines de victimes sur le territoire national, il est logique que reviennent au premier plan les exigences de l’ordre public, et le juge des référés a d’ailleurs invoqué «le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats» pour justifier sa décision en la fondant sur «un risque de troubles à l’ordre public».

Le juge note en outre que «sont respectées les dispositions de l’article 1er de la Constitution («La France est une République laïque»), qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers.»

Certes, mais en l’occurrence, il ne s’agit pas d’un service public, mais d’une plage…

Le fait d’administrer et gérer au bénéfice des usagers une portion du domaine public affectée à l’usage du public constitue une activité exercée dans l’intérêt général, et relève donc de la notion de service public.

Est-ce un premier pas vers l’interdiction de tous les signes religieux dans l’espace public? N’est-ce pas une vision de la laïcité excessive? Cette dernière sert-elle de cache-sexe à un combat plus spécifique contre l’islam politique?

L’islam est, par nature, politique. On ne saurait trop le rappeler: l’islam est un système total qui mêle le religieux, le politique, le juridique, la civilisation. L’islam est un code de droit qui prétend remplacer le droit du pays d’accueil. Si bien que toute concession faite à l’islam comme religion est un abandon consenti à l’islam comme système politico-juridique ainsi qu’à la civilisation islamique.

Face à l’islam, la laïcité conçue comme neutralité ne suffit pas. Le cas de figure n’est pas le même qu’avec le catholicisme. Notre laïcité s’est certes construite contre l’Église, mais en accord avec les paroles fondatrices du christianisme: rendre à César et à Dieu ce qui leur revient respectivement. L’islam est au contraire l’anti-laïcité par excellence, si bien que notre État laïque devrait le combattre beaucoup plus durement qu’il n’a combattu le catholicisme.

Ainsi que je le préconise dans mon récent livre Les droits de l’homme contre le peuple, il faut pour l’islam un régime dérogatoire comme en Suisse où la construction de minarets est interdite alors qu’on peut bien sûr y construire des clochers.

Cela vient après l’affaire du parc aquatique privatisé pour les salafistes dans les Bouches-du-Rhône. Ce genre de pratique est tolérée dans certaines villes pour la communauté juive par exemple. Que répondez-vous à ceux qui dénoncent le «deux poids, deux mesures»?

Peut-on citer le nom de quelqu’un ayant opéré un massacre en France au nom d’une quelconque mouvance du judaïsme?

En Corse, la baignade de jeunes filles en burkini a provoqué une violente rixe entre jeunes corses et jeunes d’origine maghrébine. Que cela vous inspire-t-il?

C’est un exemple des troubles à l’ordre public que peut entraîner cet étalage sur les plages françaises des pratiques identitaires islamiques. Surtout dans le contexte des récents massacres commis par des islamistes au nom de leur dieu.

Par ailleurs, il est clair qu’en Corse où la population est restée plus près de son sol, plus ancrée dans ses villages, elle se montre plus réactive face au processus de la conquête islamiste non dite mais bien réelle dont l’Europe occidentale est l’objet. Cependant, même dans l’Hexagone, de plus en plus de gens ont conscience du lien qui existe entre les carnages des terroristes islamistes et le folklore identitaire arabo-musulman qui est le terreau où se nourrit le djihadisme.

Après l’arrêté de Cannes, pris le 28 juillet, une autre commune des Alpes-Maritimes interdit la baignade en burkini: Villeneuve-Loubet. Cela est-il le signe d’une prise de conscience face au danger de l’islam politique, au-delà de la menace terroriste?

On peut l’espérer. Notre pays est actuellement en guerre, et s’il ne veut pas être vaincu dans cette guerre, il doit savoir contre qui et contre quoi il se bat. Pour ne pas perdre une guerre, il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double: d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie.

À moyen et long terme, le plus grand danger pour les Français est la conquête feutrée de la France par le djihadisme civilisationnel, conquête qui s’opère au nom des droits de l’homme. Les femmes qui portent des vêtements de bain islamiques sont des militantes de la conquête de notre pays par un groupe humain porteur d’une civilisation antagoniste. Cet été, les plages sont la nouvelle partie de notre territoire que visent à s’approprier les islamistes.

Voir enfin:

El Chapo and the Secret History of the Heroin Crisis
If you wonder why America is in the grips of a heroin epidemic that kills two hundred people a week, take a hard look at the legalization of pot, which destroyed the profits of the Mexican cartels. How did they respond to a major loss in revenue? Like any company, they created an irresistible new product and flooded the market. The scariest part: this might not have happened with El Chapo in charge.
Don Winslow
Esquire
Aug. 9, 2016

The phone rang. It was July 2014, and I was in a motel room in Tucumcari, New Mexico, about to step into the shower. My wife and I were two days into a cross-country drive from our home in California, and I wanted to clean up before we went to a sports bar across the parking lot to grab something to eat.

Looking at the phone, I recognized the number and felt my heart drop. The woman was a close friend. Her twenty-three-year-old son had struggled with heroin addiction for several years.

I knew the young man. He was smart, talented, funny—and charming when he wasn’t high or jonesing. He was supposed to have called me that day to discuss getting back into school.

I didn’t get that call.

It was his mother on the phone, sobbing, barely able to stammer out the words that I already knew she was going to say. « He’s gone. »

That afternoon, she told me, he was walking to a treatment center that finally had a bed for him, but he stopped for one last « get well » fix. He died on the sidewalk.

His mother and I were on the phone for quite a while. Mostly I listened, because what was there to say? Then I got into the shower and cried.

I’ve been writing about and researching the so-called War on Drugs for more than twenty years. During that time I’ve been to funerals, I’ve sat with the families of teenage hitmen, I’ve explained to people why their loved ones were killed, providing information that the government would not. I’ve analyzed autopsy photos, trying to put names to anonymous victims. I’ve watched the atrocity videos. I thought I was inured to it, hardened to insensitivity by the numbing sameness of this never-ending tragedy. I thought I was beyond tears.

This one hurt. It was personal (why hadn’t he called me, why the fuck hadn’t he called me?), and, moreover, I knew how it had happened.

It was his mother on the phone, sobbing, barely able to stammer out the words that I already knew she was going to say. « He’s gone. »
The heroin that killed him came from Mexico. The people who grew the poppies, manufactured the drug, and shipped it north were members of Mexico’s most powerful drug-trafficking organization, and the death of my friend’s son came as a direct result of a business decision made by several of these men.

One of them was Joaquín Guzmán Loera.

The jefe of the Sinaloa Cartel, the largest drug trafficker in the world. Aka « El Chapo. »

Yeah, him.

Guzmán and I go way back. (I resist calling him El Chapo because the diminutive makes him seem like some sort of cute Disney dwarf who whistles while he works rather than the mass murderer he is.) I remember the days when young Joaquín was learning the pista secreta as an errand boy/driver for the old giants of the trade, such as Pedro Avilés Pérez and Rafael Caro Quintero.

Guzmán had worked and killed his way up to the big leagues by the time he first went to prison, in 1993. While he was running his business from his suite inside Puente Grande federal prison, I was working on a book called The Power of the Dog, the first of three novels I’ve written about the evolution of the Mexican drug scene. I was talking to cops and convicts, drug traffickers and addicts, gangbangers and their families. I was in the prisons and on the streets, in the archives and the courts, on the border and across it. I was still working on that book when Guzmán made his first escape in 2001.

At the time, Mexican drug traffic was divided among several major and a dozen minor groups, the most important being the Juárez Cartel, the Tijuana Cartel, and the Gulf Cartel, with its hyperviolent armed wing, the Zetas.

When Guzmán got out of Puente Grande, he sought to control the entire Mexican drug business under the name of the Sinaloa Cartel. Over the next ten years, he went to war against the other traffickers.

That war took more than a hundred thousand lives in Mexico, with more than twenty-two thousand people still « missing. » It’s been a catastrophe on this side of the border, too, directly causing, among other things, the recent heroin epidemic that has killed thousands, among them my friend’s son.

Last summer I went on a book tour for my novel The Cartel. At every stop on that tour, I met people who had lost a loved one to drug-related violence in Mexico or to a drug overdose here in the U. S. In Scottsdale a woman asked me if I knew anything about her best friend’s murder. (I did.) In Seattle a man asked if I had any information about his brother-in-law’s kidnapping. (I didn’t.)

One night was the anniversary of my friend’s son’s death. I called her from outside a bookstore in a Los Angeles mall and then went in to talk about the damn novel.

THE POT PARADOX
Okay, I’m going to say it: The heroin epidemic was caused by the legalization of marijuana.

We wanted legal weed, and for the most part, we got it. Four states have legalized it outright, others have decriminalized it, and in many jurisdictions police refuse to enforce the laws that are on the books, creating a de facto street legalization.

Good news, right?

Not for the Sinaloa Cartel, which by the time Colorado passed Amendment 64 in 2012 had become the dominant cartel in Mexico. Weed was a major profit center for them, but suddenly they couldn’t compete against a superior American product that also had drastically lower transportation and security costs.

In Scottsdale a woman asked me if I knew anything about her best friend’s murder. (I did.) In Seattle a man asked if I had any information about his brother-in-law’s kidnapping. (I didn’t.)
In a single year, the cartel suffered a 40 percent drop in marijuana sales, representing billions of dollars. Mexican marijuana became an almost worthless product. They’ve basically stopped growing the shit: Once-vast fields in Durango now lie fallow.

More good news, right?

Yeah, no. Guzmán and his boys are businessmen. They’re not going to take a forty-point hit and not do something about it. They had to make up those profits somewhere.

Looking at the American drug market as it existed, Guzmán and his partners saw an opportunity. An increasing number of Americans were addicted to prescription opioids such as Oxycontin.

And their addiction was expensive. One capsule of Oxy might sell on the street for thirty dollars, and an addict might need ten hits a day.

Well, shit, they thought. We have some of the best poppy fields in the world. Opium, morphine, Oxy, heroin—they’re basically the same drug, so …

The Sinaloa Cartel decided to undercut the pharmaceutical companies. They increased the production of Mexican heroin by almost 70 percent, and also raised the purity level, bringing in Colombian cooks to create « cinnamon » heroin as strong as the East Asian product. They had been selling a product that was about 46 percent pure, now they improved it to 90 percent.

Their third move was classic market economics—they dropped the price. A kilo of heroin went for as much as $200,000 in New York City a few years ago, cost $80,000 in 2013, and now has dropped to around $50,000. More of a better product for less money: You can’t beat it.

At the same time, American drug and law-enforcement officials, concerned about the dramatic surge in overdose deaths from pharmaceutical opioids (165,000 from 1999 to 2014), cracked down on both legal and illegal distribution, opening the door for Mexican heroin, which sold for five to ten bucks a dose.

But pill users were not accustomed to the potency of this new heroin. Even heroin addicts were taken by surprise.

As a result, overdose deaths have skyrocketed, more than doubling from 2000 to 2014. More people—47,055—died from drug overdoses in 2014 than in any other year in American history. (Perhaps the most famous of these, Philip Seymour Hoffman, died on February 2, 2014, right at the height of the epidemic.) That’s 125 people a day, more than five lives every hour, a fatality level that matched the AIDS epidemic’s peak in 1995.

PANDORA’S NEW BOX
On February 21, 2014, after thirteen years of being the most wanted man in Mexico (despite frequent appearances at restaurants, concerts, and holiday parties), Guzmán was recaptured.

When journalists called to get my comment, I had a one-word answer: Iraq.

« What do you mean? » they asked. I reminded them that in the power vacuum that followed Saddam Hussein’s capture and subsequent execution, Iraq splintered into sectarian violence, Shiite against Sunni. ISIS came into being, overran Iraqi and Syrian cities, and launched a reign of terror.

Look, I shed no tears for either Hussein or Guzmán. Both were killers and torturers. But the fact is that the horrific violence of Guzmán’s war of conquest had largely abated by 2014, precisely because he had won the war (with at least the passive assistance of the Mexican and U. S. governments) and established what’s come to be called the Pax Sinaloa.

The Sinaloan Peace.

Historically, the Sinaloa Cartel has been the least violent of the Mexican drug-trafficking organizations. Admittedly, this isn’t a high bar to clear, but it has long been axiomatic that the Mexican government felt that it could at least talk to Guzmán and his partners in ways it never could with, for instance, the Zetas.

Many journalists and writers, myself among them, believe that the Mexican government eventually supported the Sinaloa Cartel during the worst years of the drug war in an attempt to establish some modicum of order. The numbers back this theory—the Sinaloa Cartel, while by far the largest group, makes up only 12 percent of the thousands of police and military arrests and killings of narcos.

Guzmán and his partners were famously averse to violence against civilians (again, this is all relative). For instance, Guzmán prohibited his people from carrying out kidnappings, a lucrative business for the other cartels.

The overwhelming power of the Sinaloa Cartel, led by Guzmán and his partners Ismael « El Mayo » Zambada García and (the possibly late) Juan Jose Esparragoza-Moreno, was holding together a fragile peace among scores of smaller trafficking organizations.

Which is why the Mexican government was, shall we say, ambivalent about Guzmán’s capture in the first place. And let’s face it—if corruption were an Olympic event, Mexico would be a perennial gold-medal winner. The Sinaloa Cartel had simply purchased elements of the Mexican government on the local, state, and federal levels. Zambada in particular was the political connection between the cartel and the Mexican government and business powers.

That, coupled with the fact that the cartels control somewhere between 8 and 12 percent of the Mexican economy, gave the Sinaloans enormous power and influence. With billions of dollars in drug profits invested in legitimate business, the economy of Mexico is simply dependent on the drug trade.

Just seven months after Guzmán’s capture, as the Sinaloan Peace faltered, Mexico saw its highest-profile massacre in years. On September 26, 2014, forty-three students from the Ayotzinapa teachers college went missing in Iguala, Mexico, a town three hours south of Mexico City.

International outrage and mass protests forced the government to launch a cover-up—er, investigation, which eventually determined that Mexican police took the students off four buses they had commandeered to travel to a protest in Mexico City and turned them over to an up-and-coming drug-trafficking organization with the vainglorious name of Guerreros Unidos (United Warriors).

The students were taken to a dump on the outskirts of the nearest town. Fifteen died of suffocation on the drive there. The rest were interrogated and then killed, their bodies burned with gasoline and old tires.

The students’ crime? One version has it that the local mayor simply didn’t like the students’ left-wing politics. Okay, so they had their police turn them over to…narcos? Sure, that makes sense, about as much sense as any of the other cover stories that Mexican president Enrique Peña Nieto’s government has asked us to accept.

The second explanation is a Mexican classic that gets reheated every time there’s a massacre—the narcos of Guerreros Unidos suspected some of the students of being associated with a rival trafficking group, Los Rojos.

It’s possible, and this is where the Iraq analogy plays out. Just as Hussein’s demise unleashed ancient hatreds, Guzmán’s capture revived old blood feuds, the complexity of which could fill a season of Game of Thrones.

The condensed version: Guzmán and the four Beltrán Leyva brothers were once close friends, but they had a falling out after Guzmán had one of the brothers arrested and another was killed during an arrest attempt. One of the battlefields of the ensuing war between the Beltrán Leyva Organization and the Sinaloa Cartel was Guerrero State, where the students were massacred. The Sinaloa Cartel took it from BLO after bloody fighting.

The Guerreros Unidos narcos who murdered the students were a faction loyal to BLO who only reluctantly gave their fealty to the Sinaloans after being defeated in the war. Now, in the aftermath of Guzmán’s capture, the remnants of BLO saw the opportunity for a comeback.

Los Rojos, the other insurgent group fighting for Guerrero, also has scores to settle, both with Guerreros Unidos and the Sinaloans. A faction of the old Gulf Cartel, it had fought against BLO when it was still part of the Sinaloa coalition. In the perceived vacuum created by Guzmán’s arrest, it saw its chance to recapture territory.

Sunni versus Shiite.

In a Sinaloa Cartel–controlled Guerrero, the murders of forty-three college students would have required Guzmán’s explicit permission, which he would not have given. That Guerreros Unidos felt free to perpetrate this massacre is deeply problematic for the future of a peaceful Mexico.

EL CHAPO’S « ESCAPE »
The end of the Pax Sinaloa probably also had something to do with Guzmán’s second escape from prison, on July 12, 2015.The details of the caper were catnip to the media—the story was that Guzmán had gone through a trapdoor in his shower (yes, he had a private shower, complete with a « privacy wall »; I will leave you to ponder the concept of a privacy wall in a maximum-security prison) into a mile-long tunnel through which he rode a motorcycle, right under the noses of oblivious prison authorities who apparently heretofore believed they had a wicked gopher problem.

For the record, Guzmán did not go out that tunnel on a motorcycle. Steve McQueen escapes on motorcycles. My money says that Guzmán didn’t go into that tunnel at all; anyone who can afford to pay $50 million in bribes and finance the excavation of a mile-long tunnel can also afford not to use it.

Gentle reader, the man is worth $1 billion. He was thinking about buying the Chelsea Football Club. He went out the front door.

After Chapo Guzmán became a household name, the media was voracious for details about his life. He grew up poor, harvesting opium in the fields when he was eight years old. He started selling his own cocaine at age fifteen. All of this is true. He gave money to the poor. (True.) He built schools, clinics, churches. (True, true, true.) He was good to his mother. (True.)

He had escaped before. (Sort of true.) We’d better run this down here, because the history of Guzmán’s various arrests and escapes gets a bit confusing:

1993: Guzmán was arrested and sentenced to twenty years at a maximum-security prison, which he ran as his personal country club, replete with call girls, gourmet food and wine, and weekly movie nights.

2001: Guzmán made his first « escape, » which, like his most recent one, wasn’t an escape at all. (An escape generally doesn’t involve the active participation of one’s jailers.) The cover story that year was that he went out in a laundry cart, but insiders allege he actually went off the roof in a helicopter.

2014: Guzmán was recaptured, probably in a deal that his partner Zambada made to get Zambada’s son out of a ten-to-life cocaine-trafficking rap in Arizona. (The son has disappeared from any U. S. federal-prison registries—read: Witness Protection Program.)

2015: Guzmán escaped again, the cover story this time being the tunnel.

I gave the same explanation to the media over and over again: Guzmán didn’t escape; he was let out so that he could try to reestablish order.

THE ISIS OF MEXICO
If Mexico has become Iraq, then the Jalisco New Generation Cartel (CJNG) is the country’s ISIS. Even its name suggests that it considers itself something different, a new breed of narco ready to take over and correct the failures of the previous generation. There’s some truth to that viewpoint—one of the Sinaloa Cartel’s problems is indeed generational. The frankly brilliant leadership that brought it to prominence is dead or graying.

The Jalisco New Generation Cartel used to be a wing of the Sinaloa Cartel under the leadership of Ignacio « Nacho » Coronel. But Nacho’s organization broke in half after he was killed in a shootout with the Mexican army in 2010, and one of those factions, Los Torcidos (the Twisted Ones), evolved into CJNG.

The CJNG boss, Nemesio Oseguera Cervantes, « El Mencho, » did three years in a California prison for heroin trafficking and then came back to Mexico to head up the assassination squad of the Torcidos. At the time, their major target was the rival Zetas, and El Mencho carried out the 2011 massacre of thirty-five of them in Veracruz, then another thirty-two a month later.

El Mencho’s son, inevitably glossed « El Menchito, » was once a close Guzmán ally, but he was captured in January 2014. A month later, Guzmán was arrested and El Mencho saw his opportunity to split from the Sinaloa Cartel.

What makes CJNG so ISIS-like is that they just don’t give a shit. To consolidate power, El Mencho allegedly authorized the murder of Jalisco’s tourism secretary and the assassination of a congressman.
In March 2015, lugging assault rifles and grenade launchers, CJNG gunmen rolled into a town and killed five police officers. Two weeks later, they ambushed a police convoy and killed fifteen officers. The next day, they murdered the police chief of another town.

In April 2016, they shot down a military helicopter with a rocket launcher. Now they are taking on the Sinaloa Cartel in Baja, threatening the stability of the border region. Law-enforcement sources tell me that CJNG has also allied with a revived Beltrán Leyva group to take on their old bosses in Acapulco, leading to renewed violence in that resort town.

Just as this mess was heating up, a new drug—actually an old drug—entered the scene. Fentanyl is a synthetic opioid that is thirty to fifty times as strong as heroin. It was developed in 1960 by Janssen Pharmaceuticals (now a division of Johnson & Johnson) as a treatment for the severe pain caused by terminal cancer.

Fentanyl is so powerful that the DEA warns police that they can be injured just by touching it, and it can be taken as a pill (brand names: Duragesic, Actiq, and Fentora), a spray, snorted, shot, used as a transdermal patch, mixed with heroin, you name it. Prince died from an overdose of fentanyl; as many as seven hundred Americans overdosed on the drug last year.

It’s a versatile killer.

Crystal Sharee Moulden’s body was found in a Baltimore alley last June. The straight-A student had shot a dose of fentanyl-laced heroin. She was sixteen years old. Photos on her obituary page show a smiling girl with her cheerleading squad.

In New Orleans, The Times-Picayune reported that fentanyl deaths exceeded the number of murders for the first month of 2016. In Connecticut, fentanyl-related deaths increased by 151 percent between 2014 and 2015 and are expected to rise another 77 percent in 2016.

For the narcos, the advantages of fentanyl over heroin are enormous.

First of all, it’s made in a lab, so you don’t need fields of poppies that can be raided, fumigated, or seized. You don’t need hundreds of campesinos to harvest your crop and you don’t need to take or control territory. (Well, not territory for cultivation—you still have to control access to smuggling turf, hence the renewed violence in Baja, where the murder rate has tripled.)

But it’s the profits that will make fentanyl the new crack cocaine, which created the enormous wealth of the Mexican cartels in the eighties and nineties. A kilo of fentanyl can be stepped on sixteen to twenty-four times to create an astounding return on investment of $1.3 million per kilo, compared with $271,000 per kilo of heroin.

No wonder the DEA estimates that the importation of fentanyl from Mexico is up by 65 percent from 2014.
Because fentanyl is now often mixed with heroin to increase the latter’s potency, unaware heroin users are dying from the same doses that used to just get them well. EMTs, ER personnel, and cops don’t know what they’re looking at, or that they need twice the dosage of naloxone, or Narcan, to revive an addict whose respiratory system has been shut down by fentanyl.

Those who survive become more addicted. The cartels mix fentanyl with heroin because once an addict has shot that mix, they won’t go back to « just heroin, » since they can’t get high on it anymore.

The combination of lab-produced illegal fentanyl and the fracturing of the Sinaloa Cartel is a catastrophe for law enforcement and American society as a whole but an absolute boon for the narcos seeking to supplant the old order. Splinter groups such as CJNG can easily use the enormous profit potential of fentanyl to fund their rebellions, and those same profits will encourage them toward violence to control the smuggling routes.

ISIS is waning in Iraq largely because it can no longer pay its fighters. Fentanyl assures the new narcos that they will not have that problem. All they’ll need is the will for violence, and they already have that, in spades. Mexico has done little to fill the vacuum created by Guzmán’s fall. As a result, there will not be three groups seeking to fill that gap, there will be dozens.

On the American side, the rise of splinter groups makes it all the harder for law enforcement to track and intercept the drug. We’ll no longer know where’s it coming from, and worse, what’s in it. First responders will not be able to tell if they’re dealing with pure heroin, heroin laced with fentanyl, pure fentanyl, fentanyl cut with God knows what … there will be pharmacological chaos.

We talk about the heroin epidemic.

Fentanyl will be the plague.

SEAN PENN WHO?
Guzmán’s months of freedom after July 2015 were a farce. As the media played an endless game of « Where’s Waldo? » (he’s in Colombia, he’s in Costa Rica, he’s in Los Angeles, he’s in Donald Trump’s hair), Mexican and American intelligence almost certainly had a line on Guzmán’s whereabouts from the moment that he didn’t emerge from the tunnel.

Certainly by the fall, Mexican authorities knew that Guzmán was frequenting the coastal town of Los Mochis, in Sinaloa State, where he was eventually captured. The house he was living in wasn’t remote but on a four-lane boulevard around the corner from the mother of Sinaloa’s governor.

(Shades of Abbottabad, anyone?)

There is no question that Guzmán got overconfident and sloppy, starting to believe his own press. He let his son Ivan, who makes Anthony Junior in The Sopranos look like Michael Corleone in The Godfather, put a photo of him out on social media with the location identified as Costa Rica. This led to breathless speculation that Guzmán had fled Mexico, although as a few of us tried to point out, Costa Rica is also the name of a town in Sinaloa.

At one point he threatened to have Donald Trump whacked. (Oddly enough, Trump didn’t respond with a dismissive nickname, maybe because, of all the Mexicans who would scratch a check for the wall, Guzmán would have jumped at the chance, as it would increase his profits.)

Then Guzmán pissed off a lot of people by trying to take over the domestic sale of drugs, especially heroin, from the independent storefront sellers in Sinaloa. This uncharacteristically stupid move caused an uprising in the southern half of Sinaloa and constricted Guzmán’s freedom of movement. The gangs who controlled the local markets wanted Guzmán’s hands out of their pockets and were ready to go to the AKs to do it, threatening to derail the whole gravy train—tens of billions of dollars that Guzmán’s partners were making from international trafficking of heroin, cocaine, methamphetamine, and, to a shrinking extent, marijuana.

Guzmán’s partners in the Sinaloa Cartel were getting fed up with his high-profile antics—Ismael Zambada, for instance, cannot have been pleased by Guzmán’s new media stardom—and were ready to have their old cuate back behind bars where it would be harder for him to mess up their business.

The deal the cartel made with the Mexican government probably went something like this: Please get the guy out of our hair, but whatever you do, don’t kill him. He’s made us a lot of money and we still have strong ties with his family and with loyalists.

The only people not shot in the raid that recaptured Guzmán were the guy himself and his right-hand man, and if you think that’s a coincidence, I have a tunnel you can bid on.

In the interim came the squalid burlesque involving Sean Penn and Kate del Castillo.

Del Castillo had been vocal in her praise of Guzmán, declaring on social media that she believed in Guzmán more than she believed in governments and urging him to become a modern-day Robin Hood, in which case he would « become a hero of heroes. »

She added, « Let’s traffic in love, you know how. » Guzmán was definitely interested in trafficking in love.

Look, he wasn’t the first guy to get taken in by a beautiful, ambitious actress who wanted to further her career, and he won’t be the last, but the sorry fact is that the most powerful drug lord in the world, a man who had created a multibillion-dollar empire, got suckered by a pretty face.

You almost feel bad for Guzmán. His texts to del Castillo are pathetic: « I really want to meet you and become good friends. You are the best thing in the world. » He asks her to visit him. « Have faith that you’ll be comfortable. I’ll watch you more than I do my own eyes. »

Del Castillo plays him. « I’m so moved you say you’ll look after me. No one ever has. »

Guzmán worked with his lawyer to facilitate communications with del Castillo, insisting that the attorney get her a pink BlackBerry, which, tragically, the company didn’t make.

Then del Castillo told the lawyer she wanted to bring Sean Penn along.

Guzmán didn’t know who Penn was, but he wasn’t going to let that get in the way. « Have her bring the actor. If she needs to bring more people, bring them. As she wishes. »

Their meeting took place on October 2, 2015. A few days later, in a move that Mexican authorities later said was « helped » by the del Castillo-Penn visit but was more likely a result of American cell-phone intercepts, the Mexican marines raided the ranch where Guzmán fled with his two personal chefs. Marine snipers have said that they had him in their sights but were ordered not to fire, as our hero had a little girl in his arms as a shield.

On January 8, 2016, he was captured in Los Mochis. All the authorities had to do was follow the monkey.

That’s right. It wasn’t a Hollywood actor that did Chapo Guzmán in. It wasn’t even a sexy soap-opera star that got him recaptured a year after his « dramatic, » « daring » (read: « bullshit ») « escape » from a maximum-security (I’d hate to see a minimum-security) Mexican prison. It was a monkey.

The story goes that Guzmán asked for his twin daughters’ pet monkey, Boots, to be sent to the not-so-safe house where he was hiding, and the Mexican authorities had a line on the little bastard. So Mexican and American intelligence were already monitoring Guzmán when Sean Penn and Kate del Castillo made their farcical pilgrimage, after which Guzmán, always the optimist, reportedly visited Tijuana for erectile-dysfunction surgery. (You can’t make this shit up. I try, but it’s futile.)

Whether it was the monkey or the soap-opera star or American cell-phone intercepts, the deal was in place, and the Mexican marines went in shooting. A few hours later you had one of the most powerful men in the world popping up out of a sewer lid in the middle of a street like some sort of narco whack-a-mole game. Two cops picked him up and then realized—holy shit—what they had on their hands and were so scared they actually turned him over rather than negotiate a Get out of Jail for a Million card.

In the Middle East, we traded the devil we knew for the devils we didn’t. In Mexico, the devils we know will be replaced by a multiplicity of devils we’ll never know. The ability to hide production (unlike marijuana or poppy fields) and the anonymity of communicating on social media will create anarchy. The era of the cartel might be coming to an end.

Where does this leave Guzmán? If you didn’t know the things he’s done, it would be tempting to view him as a tragic figure, a Gabriel García Márquez character living out his twilight years in the shadows of his lost hopes.

He’s been moved to a prison in Juárez, Cefereso #9, a facility known for its violence, in a city where he has many enemies. Mexico’s Ministry of Foreign Affairs has cleared the way for his extradition to the United States, but there are still many court challenges to go. Some Mexican legal experts I spoke to said that it will be at least two years, if it happens at all. I doubt that he’ll ever be extradited, but you never know. He might push for it now rather than face the threat of an assisted suicide in a Mexican cell.

The prison now has dogs taste Guzmán’s food in case it’s been poisoned (personally, I wouldn’t sacrifice Spot to save Guzmán), and two « elite » guards with GoPro cameras on their helmets watch him 24/7.

MONEY MONSTER
So Guzmán is behind bars, it’s over, and we won. Just like we won when Hussein literally reached the end of his rope.

The Los Angeles Times estimates that two thirds of Mexican drug lords have been either killed or imprisoned. And what’s the result? Drugs are more plentiful, more potent, and cheaper than ever. Deaths from overdoses are at an all-time high. Violence in Mexico, once declining, is starting to rise again. Just last week, I looked at photographs of the bodies of four people stuffed into a car trunk in Tijuana. The bodies showed signs of torture.

Gang violence is on the rise in every major American city, most notably Chicago and New York, and the cowardly lions in Congress will do exactly shit about either the drugs or the guns that fuel and enable the killings and deaths—more than ISIS ever dreamed of.

Seems like old times. There will be more phone calls and more overdoses. Someone will replace El Chapo, just as he replaced his predecessors. My bet’s on El Mencho, but it really doesn’t matter. That’s the lesson we seem to have to learn over and over and over again, world without end, amen. Guzmán was right: « If there was no consumption, there would be no sales. » I’m always amazed that progressive young millennials will picket a grocery chain for not buying fair-trade coffee but will go home and do drugs that are brought to them by the killers, torturers, and sadists of the cartels.

We’re as addicted to the War on Drugs as we are to the drugs themselves. Our justice system is a machine fueled by hundreds of thousands of arrests, trials, and imprisonments. As long as the U. S. and Europe continue to buy billions of dollars’ worth of drugs a year while at the same time spending billions to intercept them, we will create an endless succession of Chapos and Menchos.

An entire economy is based on drug prohibition and punishment, something to the tune of $50 billion a year, more than double the estimated $22 billion we spend on heroin.

That’s a lot of money. There will inevitably be another Guzmán, but he’ll be a distraction, too. Don’t follow the monkey. Follow the money.

Voir par ailleurs:

Le burkini interdit dans une piscine de Marrakech

Une piscine située dans un hôtel à Marrakech a décidé d’interdire le port du burkini. Cette mesure semble ne pas plaire à tout le monde…

L’établissement hôtelier, qui n’a pas souhaité être mentionné dans cet article, justifie cette interdiction par des « raisons de sécurité et d’hygiène ». L’administration a donc exigé que les femmes désirant nager dans les piscines portent un maillot de bain et a même installé un panneau interdisant l’usage du burkini.

Face à cette interdiction inhabituelle, certains internautes ont exprimé leur colère: « La femme voilée est devenue interdite telle un chien dans un hôtel ! » D’autres ont posé des questions sur l’application des droits de l’homme et des libertés individuelles au Maroc.

Ce n’est pas la première fois qu’un incident de ce genre arrive dans le royaume. L’année dernière, une piscine de Casablanca avait aussi interdit le burkini et avait imposé le maillot de bain comme seule possibilité pour les femmes. D’autres hôtels et piscines avaient également prohibé la « combinaison islamique ».

L’hôtel Ibis d’El Jadida et de nombreux hôtels à Marrakech appliquent cette interdiction. Le Tamaris Aqua Park, situé à quelques kilomètres de Casablanca s’était également opposé au port du burkini pour des raisons officiellement liées à l’hygiène. Une polémique qui refait surface chaque été au Maroc.

These Days of Rage
Kenan Malik
The New York Times
Aug. 9, 2016

LONDON — On July 14, Bastille Day, in Nice, France, 85 people died after being mowed down on the promenade by a man driving a truck. Four days later, a 17-year-old man attacked passengers with an ax on a train near Würzburg, Germany. Four days after that, an 18-year-old man shot dead nine people in a Munich shopping mall.

Two days later, a 27-year-old man blew himself up outside a music festival in Ansbach, in southern Germany. That same day, a 21-year-old Syrian refugee hacked a woman to death in Reutlingen, near Stuttgart, also in Germany.

Two days after that, two young men stormed a church in St.-Étienne-du-Rouvray, in northern France, and slit a priest’s throat. Last week, one person was killed when a man with a knife went on the rampage in Central London.

Little wonder that an article last month in the German newsmagazine Der Spiegel asked “Has the world gone mad?” We seem to be living in an age of psychopathic violence and political rage. “Many of us,” the article concluded, “simply don’t understand the world anymore.”

It is not that Europe has suddenly become susceptible to terrorist attacks. The Global Terrorism Database shows that in Western Europe, deaths from terrorism have decreased since the early 1990s. What’s changed is the character of terrorism.

In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine. There was generally a relationship between the organization’s political cause and its violent activities.

Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West. Some commentators claim that an attack like the one in Nice is “blowback” from Western foreign policy, but it’s difficult to discern any rational relationship between Western policy in Iraq or Libya and the murder of revelers on a promenade.

Of course, in the mind of the perpetrators, there is always a relationship; they are waging a righteous war against the West, which they see as an almost mythical, all-encompassing monster. That is why a jihadist act is rarely linked to a political demand but is seen rather as an existential struggle to cut the monster down, in which almost any act becomes acceptable.

Whatever one thinks of the activities of groups like the I.R.A. or the P.L.O., those activities were governed by certain norms and contained a rational kernel. It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying.

What defines jihadist violence today is not righteous anger or political fury but a sense of inchoate, often personal, rage. Such rage is not uniquely Islamist.

When a gunman of Iranian origin went berserk in a Munich shopping mall last month, it was immediately assumed that he was an Islamist terrorist. The man, Ali David Sonboly, might have been a terrorist, but he was no Islamist. He was apparently a mentally disturbed young man proud of sharing his birthday with Hitler and obsessed with mass shootings and in particular with Anders Breivik, the Norwegian neo-Nazi who killed 77 people in 2011.

Mr. Sonboly is not unique in being a non-Islamist killer driven by rage. In June, a British member of Parliament, Jo Cox, was shot and stabbed to death in the Yorkshire town of Birstall while campaigning ahead of the referendum on Britain’s membership in the European Union. When asked his name in court, the man accused of killing her, Thomas Mair, responded, “My name is death to traitors, freedom for Britain.”

A year earlier, Dylann Roof, a 21-year-old American obsessed with white supremacist ideas, shot dead nine African-American worshipers in a church in Charleston, S.C. Last month, Micah Xavier Johnson, an African-American Army veteran, fatally shot five police officers in Dallas, apparently in revenge for police shootings of black people.

Neither the attack in London nor the one near Stuttgart was politically driven; both seem rather the actions of mentally disturbed individuals. Some people, however, refused to believe that they were not jihadist attacks, warning darkly of a conspiracy to hide the truth. This may be irrational, but it also reflects the shifting character of public violence.

In the past, the distinction between political violence and sociopathic rage was relatively clear. No longer. There seems today almost a continuum between ideological violence, disjointed fury and some degree of sociopathy or mental illness. What constitutes ideological violence has decayed; instead, amorphous rage has become a persistent feature of public life.

One reason is the breakdown of social and moral boundaries that once acted as firewalls against such behavior. Western societies have become more socially atomized and more riven by identity politics. The influence of institutions from the church to labor unions that once helped socialize individuals and inculcate them with a sense of obligation to others has declined.

As broader identities have eroded, and traditional social networks and sources of authority have weakened, people’s sense of belonging has become more parochial. Progressive movements that gave social grievance a political form have faded. Instead, the new oppositional movements are often rooted in religious or ethnic identity and take sectarian or separatist forms.

There is a growing disaffection with anything “mainstream,” and a perception of the world as out of control and driven by malign forces. All this has helped incubate a sense of rage without an outlet, undermined people’s ties to others as human beings, and weakened the distinction between sociopathy and political violence.

It is a world in which, as Chancellor Angela Merkel of Germany observed last week, the “taboos of civilization” are too easily broken. It is not so much the acts of violence themselves as the seeming fragility of our social and moral orders that makes contemporary terrorism so threatening.

Kenan Malik is the author, most recently, of “The Quest for a Moral Compass: A Global History of Ethics” and a contributing opinion writer.

Voir enfin:

ISIS Copies a Palestinian Tactic
Evelyn Gordon

Commentary

Aug. 15, 2016

In my last post, I discussed how Palestinian culture encourages suicidal youngsters to kill by offering a simple bargain: Murder a Jew, and you instantly become a hero. While the West has long turned a blind eye to this behavior, its refusal to look reality in the face is now coming back to haunt it. For today, the Islamic State is making the very same tempting offer to distraught Muslims in Western countries–murder a Westerner, and you can instantly become a hero instead of a failure.

It’s no accident that several recent terror attacks in Western countries have been carried out by people who apparently had histories of mental illness, including Nice, Orlando, and several attacks in Germany. Nor is it any accident that the Islamic State is cultivating such people. As with many other terrorist techniques pioneered by the Palestinians, ISIS has copied this one precisely because it proved successful–and not just as a means of recruiting assailants.

This tactic also serves two other important purposes. First, it encourages an already strong Western tendency to ignore the terrorists’ true aims. I discussed this with regard to the Palestinians in my previous post; a classic example concerning the Islamic State was Kenan Malik’s op-ed in the New York Times on Tuesday. “In the past, groups employing terrorism, such as the Irish Republican Army or the Palestine Liberation Organization, were driven by specific political aims: a united Ireland or an independent Palestine,” Malik wrote. “Jihadists are different. They have little or no explicit political aim but are driven by a visceral hatred of the West.”

In reality, Islamic State is quite open about its aims: It wants to destroy the West and establish a global Islamic caliphate. Indeed, being open about its goals is part of how it attracts new recruits, just as Palestinian organizations attract support by boasting of their efforts to destroy the Jewish state. But at the same time, both the Palestinians and ISIS would prefer that the West not take their goals too seriously since, if it did, it might stop supporting the Palestinians or actually get serious about destroying ISIS.

The use of emotionally distressed recruits is an ideal way for terrorists to foster confusion about their aims because it makes it even easier for well-meaning Westerners to reassure themselves that Islamist death cults, which exploit such distress to turn people into killers, aren’t actually the problem. The real issue, they tell themselves, is mental health or social alienation.

Second, this tactic helps divide the West and turn it against itself, because it reinforces another existing tendency of many well-meaning Westerners–blaming the victim for having driven the attacker to such a dreadful deed. Westerners have been blaming Palestinian terror on Israel for years, and now, many are blaming themselves for ISIS.

A classic example of this tendency emerged the day after deadly attacks killed 129 people at the Bataclan concert hall and other venues around Paris last November. Anshel Pfeffer of Haaretz visited the 11th arrondissement, one of the neighborhoods where attacks took place and discovered that people “aren’t angry, at least not at the perpetrators.”

The terrorists are “stupid, but they aren’t evil,” a woman who works at one of the district’s theaters told him. “They are victims of a system that excluded them from society, that’s why they felt this doesn’t belong to them and they could attack. There are those who live here in alienation, and we are all to blame for this alienation.”

Some of the others blamed French or American foreign policy. But “no one wanted to talk about Islamists or the Islamic State, even after it took responsibility for the attacks,” Pfeffer wrote. “It was hard to find anyone at this gathering who would say a bad word about the attackers.”

Using assailants with a history of mental or emotional problems is an ideal way for terrorists to reinforce this tendency as well, because it enables people to focus on the assailant’s distress, and society’s failure to deal with it, rather than on the evil intent of those who incited him to kill by telling him he would thereby become a hero instead of a loser.

Yet both gambits are working for ISIS now precisely because Westerners were conditioned for decades to believe them by the way their own journalists, academics, and political leaders insistently treated Palestinian terror as Israel’s fault.

Some Westerners, like the young Parisians interviewed by Pfeffer, have so internalized this attitude that they simply transfer it to their own countries; asserting that their society, too, must be to blame for the attacks against it. Others, like Malik, perform a kind of inversion: Indoctrinated to believe that terror is the victim’s fault, yet unable to believe their own societies evil enough to merit such attacks, they resolve the dilemma by asserting that unlike Palestinian violence–which Malik deems “rational” and “governed by certain norms”– jihadist violence must be senseless than rather than purposeful. “It is the arbitrariness of jihadist violence and its disregard for moral bounds that make it terrifying,” he proclaimed (he evidently thinks murdering random civilians in Israel is well within moral bounds).

But whichever approach they choose, the one thing people like Malik and those young Parisians aren’t doing is putting the blame where it belongs: on the terrorist leaders who groom perpetrators to commit mass murder by indoctrinating them to believe that the road to glory runs through killing others.

Terror can never be defeated until Westerners recognizes the crucial role played by this glorification of murder. And that won’t happen as long as the West keeps giving it a pass among the Palestinians, for they are the ones who pioneered this culture of death and inspired all the subsequent copycats.


Mariage pour tous: Pourquoi ce qui est bon pour Woody ne serait pas bon pour l’Amérique ? (From incest to consensual incest to Genetic Sexual Attraction: Just rebrand it, stupid !)

11 août, 2016

Big time director Woody Allen and wife Soon-Yi Previn along with daughters Bechet and Manzie Tio were at the Beverly Wilshire hotel in Beverly Hills, CA on June 15th, 2012.

MaresPetersonincest2
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Il ne faut pas dissimuler que les institutions démocratiques développent à un très haut niveau le sentiment de l’envie dans le coeur humain. Ce n’est point tant parce qu’elle offrent à chacun les moyens de s’égaler aux autres, mais parce que ces moyens défaillent sans cesse à ceux qui les emploient. Les institutions démocratiques réveillent et flattent la passion de l’égalité sans pouvoir jamais la satisfaire entièrement. Cette égalité complète s’échappe tous les jours des mains du peuples au moment où il croit la saisir, et fuit, comme dit Pascal, d’une fuite éternelle; le peuple s’échauffe à la recherche de ce bien d’autant plus précieux qu’il est assez proche pour être connu et assez loin pour ne pas être goûté. Tout ce qui le dépasse par quelque endroit lui paraît un obstacle à ses désirs, et il n’y a pas de supériorité si légitime dont la vue ne fatigue sas yeux. Tocqueville
Il y a en effet une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands ; mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté. Tocqueville
Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité?  (…) Le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. Tocqueville
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
North Carolina remains in the spotlight as home to the most preposterous arguments over not only privacy issues, but the subject of “transgender children” as well. The latest news to pop up this week was a pending decision by the Charlotte-Mecklenburg School System (CMS) to adjust their policies so that teachers and administrators will no longer refer to students as boys or girls. (…) It’s easy enough to try to shrug your shoulders or laugh this off as yet another case of Social Justice Warriors running the system off the rails, but there are serious concerns to be dealt with here. As I’ve written repeatedly, what adults do is pretty much up to them if they’re not harming or imposing on the rights of anyone else as far as I’m concerned. But children are a different matter. It’s true that some families have obviously fallen into this trap and are going along with the idea of their offspring impersonating the gender opposite to their chromosomal structure, but unless they involve a doctor and start pumping chemicals into the kids to thwart their physical development there’s not much we can do about it. But even if we accept that sad situation as a given, the ones who still want to take an active role in the development and protection of their children should at least be given the chance. Look at the potential fallout from these guidelines. Would you want your daughter being sent to an all girl sleepover camp in a group including boys dressed as girls without your knowing it? And if your own child began “identifying” as the wrong gender, as a parent shouldn’t you at least have the right to be involved in that conversation whether you support such a course of action or not? This is nothing short of insanity. We’re talking about impressionable children here who aren’t legally considered responsible enough to give consent for taking an aspirin if they have a headache at school. And the administration is going to intentionally hide this sort of behavior from the parents? If you live in this district or any other in the country considering such policies it’s high time you look into homeschooling options. The country is losing its collective mind and taking your children with it. Hot air
L’inceste (du latin incestum : souillure, à rapprocher de incesto rendre impur1) désigne une relation sexuelle entre membres proches d’une même famille. Considéré comme un tabou dans la plupart des sociétés, il prend cependant différentes formes selon les formations sociales, concernant non seulement la sexualité mais également les mécanismes de filiation et de mariage. La définition de la parenté, et ce que sont des parents trop proches, varie selon les sociétés et les époques, et selon les circonstances. Il y a une typologie de l’inceste fondée sur le discours social à propos du degré de proximité et le genre de parenté biologique, imaginaire et symbolique, discours social d’où découle le sentiment incestueux. Il y a une importante distance entre culture et nature puisque des études en Islande, ont montré que les mariages entre cousins du troisième et quatrième degré seraient plus féconds que des mariages entre personnes non apparentées. (…) La notion d’inceste est variable d’une époque à l’autre et d’un groupe social à un autre, comme le reflète la différence des législations. Il faut distinguer la criminalisation de l’inceste, c’est-à-dire son appréhension par le droit pénal, et les règles de droit civil régissant le mariage, ainsi que le fait que l’inceste soit commis sur un mineur (majorité civile, et non simplement sexuelle) ou entre personnes majeures et consentantes. Nombre de pays s’abstiennent de criminaliser l’inceste entre personnes majeures et consentantes tout en interdisant le mariage entre proches, par parenté ou filiation. En revanche, l’inceste sur mineur est le plus souvent considéré comme une forme d’agression sexuelle ou, plus généralement, d’abus sexuel sur mineur. (…) Le droit français ne mentionne pas explicitement l’inceste, pas plus que dans la législation de l’Ancien Régime. Cependant, le Code pénal reconnaît comme circonstance aggravante le fait qu’une agression sexuelle, une atteinte sexuelle ou un viol sur un mineur soit commis par un « ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime ». Par ailleurs, le Code civil interdit, depuis 1804, le mariage entre personnes dont les liens de parenté vont jusqu’au troisième degré. Wikipedia
Le terme est inventé aux États-Unis dans les années 1980 par Barbara Gonyo, fondatrice de Truth Seekers In Adoption, un groupe de soutien, basé à Chicago, destiné aux personnes adoptées ainsi qu’à leurs nouveaux parents. L ’attirance sexuelle génétique est présumée résulter d’une séquelle possible réunissant des liens consanguins à l’âge adulte, généralement en tant qu’élément constitutif de retrouvailles tardives survenant après une scission originelle consécutive à une mesure d’adoption ayant séparé une fratrie ou tout autre lien familial durant les premières années de l’existence. Le nombre croissant de retrouvailles intervenant entre frères et sœurs à la faveur du développement des moyens mis en œuvre (dont l’accès à Internet) ainsi que la popularisation des tests ADN laisse augurer la perspective que le phénomène pourrait bel et bien s’amplifier avec les années. Si la relation sexuelle est consommée, elle est alors non seulement confrontée au tabou de l’inceste mais elle tombe également sous le coup de la loi avec toutes les conséquences juridiques susceptibles d’en découler, tant pour les deux parties impliquées que pour les familles directement ou indirectement associées à l’équation. L’ASG ne survient que rarement entre enfants ayant grandi ensemble en raison d’une sublimation de l’attrait sexuel, plus connue sous l’appellation d’effet Westermarck, qui désactive naturellement la propension à un quelconque rapprochement physique érotisé. L’hypothèse la plus couramment admise étant que cette désensibilisation par rapport à une éventuelle forme d’attirance sexuelle consanguine intervient naturellement à dessein de prévenir toute inflexion procréatrice intrafamiliale qui serait alors génératrice de consanguinité. Wikipedia

Après le mariage, l’inceste pour tous !

A l’heure où après la guerre des toilettes …

C’est à l’appellation genrée « fille » ou « garçon » elle-même que s’attaquent au nom de la lutte contre le harcèlement les plus progressistes des écoles américaines …

Comment ne pas voir l’implacable logique de la prochaine étape où nous entraine la lutte pour l’égalité à tout prix ….

A savoir le plus ancien des tabous …

Et la simplicité quasi-biblique de la méthode employée pour y arriver:

Suffisait de le rebaptiser « attirance sexuelle consanguine » ?

True love can do anything. This whole case is about whether I have the right to love somebody and I sure as hell have the right to love Monica. You can’t tell me who to love, who not to love. Caleb Peterson
I’ve told them I still love you guys either way. I support them. I would like to see the government get out of their business and let them live a normal life – let them live how they want to live. It would be different if it was a domestic violence situation but it’s not. My point of view is they need to be allowed to live just how they are that’s what America is built on. Dayton Chavez (Mares’ ex and father to two of her sons)
What goes on between consenting adults in private should not be legislated. That is not the proper domain of our law. … If we assume for a moment that both parties [involved in incest] are consenting, then why are we prosecuting this? David Epstein (Columbia University political science professor)
Academically, we are obviously all morally opposed to incest and rightfully so. At the same time, there is an argument to be made in the Swiss case to let go what goes on privately in bedrooms. It’s ok for homosexuals to do whatever they want in their own home. How is this so different? We have to figure out why some behaviour is tolerated and some is not. Matthew Galluzzo (lawyer)
The basic question is, should consenting adults be denied their fundamental right to be together? Marriage equality blog
Imagine a man and woman meet in a bar. They’ve never met before. They go outside for a smoke. They get into an argument and the jerk slugs her. That is assault. But is it domestic violence? No? What if I told you that unbeknownst to them, they have the same genetic father, a sperm donor neither one has met? Is it domestic violence then? No? What if… instead of slugging her, he wasn’t a jerk and instead romanced her for the evening and they ended up having passionate sex. Is that incest? You can say it is incest biologically, but not sociologically. They were not raised together. They aren’t even aware they are related yet. Things like this have happened. Some people who experience Genetic Sexual Attraction had no idea they were genetically related before they met, fell in love, had sex, or even had children together. Judgmental finger-waggers cite the genetic connection as to why this is incest. This is because « she raised him » is not an option for why they are upset. The finger-waggers like to use that one when, say, a man and his grown stepdaughter have sexual relationship. Some finger-waggers go even further. Let’s say that instead of starting a relationship with his grown stepdaughter, his son, whom the stepdaughter never lived with, meets her as an adult and starts a relationship with her. Some of the finger-waggers still say this is wrong, even if the man is no longer married to her mother. People would use just about any argument to condemn a relationship with which they are not comfortable. But we’d all be a lot better off if we put aside our prejudices and recognized that consenting adults should be free to share love, sex, residence, and marriage. Even if someone is disgusted. We’d also be better off if we recognized that Genetic Sexual Attraction does exist, and it is a mitigating factor when, say, a 32 year-old woman breaks California’s age of consent barrier with a 16 year-old. The problem with calling the Atkinson case incest is that incest conjures up images of (in this case) a woman grooming the boy she is raising to be her assault victim. This is a case of Genetic Sexual Attraction and statutory rape. She did not raise him. She was not his guardian. This was a case where one of the participants was not a legal adult, able to legally consent. When the participants are consenting adults, I prefer the term consanguinamory to distinguish loving, consensual sex from images of some vile old man raping an prepubescent girl. Rape and love are not the same things. There is no good reason why adults who are not violating existing vows to others, who are right for each other, should feel a need to refrain from being together in whatever way they want. Unfortunately, laws and prejudices in many places still need to catch up with reality. But what about finding support from others in the same situation? Genetic Sexual Attraction is a phenomenon that may or may not actually lead to sex. However, if sex is involved, it is not incest from the sociological perspective, but still may be considered incest by outsiders, including law enforcement, as it is incest in the genetic sense. It is very easy for people who haven’t experience GSA or witnessed it happening first-hand to scoff and deny it’s reality. But ignorance does not determine reality. Marriage equality blog
At a genetic level we are conditioned to find people who look like us attractive. In the first seconds of meeting someone, we make a judgement about whether they are friend or foe, and whether they can help us reproduce our genes. We have an almost tribal connection with family members with similar features. At the same time, people who are adopted or fostered feel deeply rejected. They have experienced a profound wound which isn’t easily healed. So when a son meets his birth mother, he feels a great rush of need. There’s an attraction and a longing there, and when it’s combined with the appeal of genetic similarity, it becomes a very powerful and complex cocktail which is incredibly seductive. Corinne Sweet

Après le mariage, l’inceste pour tous !

A l’heure où après la guerre des toilettes …

C’est à l’appellation genrée « fille » ou « garçon » elle-même que s’attaquent au nom de la lutte contre le harcèlement les plus plus progressistes des écoles américaines …

Comment ne pas voir l’implacable logique de la prochaine étape où nous entraine la lutte pour l’égalité à tout prix ….

A savoir le plus ancien des tabous …

Et la simplicité quasi-biblique de la méthode employée pour y arriver:

Suffisait de le rebaptiser « attirance sexuelle consanguine » ?

7 sur 7
9/08/16
Source: Daily Mail

S’ils sont déclarés coupables d’inceste, Monica Mares (36 ans) et son fils Caleb Peterson (19 ans) risquent 18 mois de prison et une amende de 5.000 dollars dans l’état du Nouveau Mexique (États-Unis).

Comme le relatent plusieurs médias locaux, le juge devra trancher dans cette affaire délicate. C’est que Monica Mares (36 ans) et son fils Caleb Peterson (19 ans) entretiennent une relation particulière. S’ils sont déclarés coupables d’inceste, ils risquent 18 mois de prison et une amende de 5.000 dollars dans l’état du Nouveau Mexique (États-Unis). Ils seront fixés sur leur sort le 15 septembre prochain.

Un « coup de foudre »
Monica Mares, qui est tombée enceinte à l’âge de 16 ans, avait d’abord fait adopter son fils. Arrivé à sa majorité, Caleb Peterson (qui s’appelait d’abord Carlos à sa naissance) a contacté sa mère via Facebook. La maman, très émue à l’heure de revoir son fils, a été lui rendre visite dans sa maison au Texas.

À en croire leurs paroles, Monica Mares et Caleb Peterson ont eu un « coup de foudre » pour leurs retrouvailles.

« Il ressent le besoin de prendre soin d’elle »
« Caleb a reconnu avoir eu plusieurs relations sexuelles avec sa mère. Il a déclaré que sa mère avait toujours eu la poisse avec les hommes. Caleb a ressenti le besoin de prendre soin d’elle », précise la presse américaine.

Monica Mares a brisé le silence dans le Daily Mail. Elle a affirmé être prête à aller en prison par amour pour son fils.

Condamnable dans 50 états mais…
« Je me dois d’être avec lui. Quand je sors de prison, je compte aller dans un état qui nous permettra d’être ensemble », a-t-elle confié.

L’inceste est un délit condamnable dans 50 états des États-Unis mais les détails et les peines de prison varient d’un état à l’autre.

« Aucune manière de nous séparer »
« S’ils doivent m’enfermer par amour et bien qu’ils le fassent. Il n’y a aucune manière de nous séparer. La vérité est que je l’aime. Être loin de lui me fait mal », a ajouté Monica Mares.

Dans l’attente de leur jugement, Monica Mares et Caleb Peterson ne peuvent plus se contacter.

Voir aussi:
The Daily Mail
8 August 2016
A mother and son whose forbidden love affair could land them each a lengthy jail sentence have declared they are ‘madly in love’ and nothing will tear them apart.Monica Mares, 36, and her son Caleb Peterson, 19, face up to 18 months in prison if found guilty of incest at a trial later this year in New Mexico.But the mother and son couple have vowed to fight for their right to have a sexual relationship and are appealing to the public to donate to their legal fund.In an exclusive individual interviews with Daily Mail Online, they told how they are willing to risk everything to be together – and have decided to go public with their affair in a bid to raise awareness of Genetic Sexual Attraction (GSA) relationships.GSA is defined as sexual attraction between close relatives, such as siblings or half-siblings, a parent and offspring, or first and second cousins, who first meet as adults.Mares said: ‘He is the love of my life and I don’t want to lose him.My kids love him, my whole family does. Nothing can come between us not courts, or jail, nothing.’I have to be with him. When I get out of prison I will move out of Clovis to a state that allows us to be together.’Incest is a crime in all 50 states, but the specifics of the laws and punishment vary greatly from state to state.

Mother-of-nine Mares said she would even give up the right to see her other children if she was asked to choose between them and her lover.

The couple who currently live separately in Clovis, New Mexico – and are banned from having any contact with each other by the courts – first embarked on their love affair towards the end of last year.

Mares was just 16 when she gave birth to Peterson – whose pre-adoption name was Carlos – and he was adopted as a baby.

The 36-year-old, who didn’t raise Peterson, saw him for the first time in 18 years last Christmas when she picked him up at his adoptive father’s house in Texas and brought him to her home after the pair got in touch over Facebook.

The couple soon developed romantic feelings for each other and their relationship became sexual a few weeks later.

‘The first time I met my son in person I was so happy and excited I gave him a big hug,’ Mares said.’I went to go pick him up at his dad’s house in Texas.

‘He gave me a call and asked me to pick him up, I got butterflies in my stomach.

‘I met him outside and I knew it was him when he came towards me. He was crying and he gave me a hug.

‘It was almost love at first sight but first it was mother love. He gave me a mother hug.

‘He came home in the truck and came to live with me and we were both happy as mother and son.’

Mares said that at first nothing happened but she then started getting these ‘crazy’ feelings.

She said it felt different because she didn’t raise him as her child yet after all these years he came back to her.

‘It felt like I met somebody new in my life and I fell in love with him,’ she explained.

She continued: ‘At first I told him, « I’m sorry I don’t know how you are going to react to this. I’m your mom and you’re my son, but I’m falling in love with you ».

‘And he said: « You know what I am too. I was scared to let you know ». He was falling in love with his mom and I was falling in love with my son.

‘We talked about it and we took off to the park. I said, « Would you ever date your mom? » And he said: « would you ever date your son? » And I said, « Honest truth yes I would ».’

Mares says Peterson is the best thing that has happened to her in the past 19 years and wants to be with him for the rest of her life.

She understands that she risks losing all her children and going to state prison but they both want to fight it.

‘Caleb is willing to go through the same thing. Whatever it takes to be together,’ she said.

At first the couple lived happily together in Mares’ mobile home with her two youngest children Uriah and Joseph – keeping their relationship a secret from the world.

Mares’ youngest son even began calling Peterson ‘dad’.

But police soon found out about the clandestine affair during a call over a row between the family and some neighbors.

The couple was charged with incest – a fourth-degree felony in New Mexico – following the February 25th incident.

They were arraigned and appeared jointly in court in April – but were held in custody for breaching their no-contact order.

They were released on $5,000 bond and now face a trial by jury in September.

Currently Mares is not allowed to see any of her children or have any contact at all with Peterson.Yet she maintains that is has all been worth it.

‘It is every bit worth it,’ she said. ‘If they lock me up for love then they lock me up. There is no way anybody could pull us apart, and I really do love him.

‘It hurts he is far away. It hurts really bad. I wish I could see him, talk to him, but I can’t risk it.’

Peterson said he started falling love with his mom about a week after meeting her – but claims as he grew up with an adopted parents he never really saw Mares as his mother.

‘I never had anyone cook me meals or give me anything,’ he said. ‘I never got anything my entire life and she went out of her way to make me happy and after about a week or so I started having feelings for her and I guess I fell in love.

‘It went beyond a mother-son relationship I never really viewed her as my mom. In certain aspects I do but mostly I don’t.

‘I never thought I was crazy for having these feelings because I didn’t see her as my mom, it was more like going to a club and meeting a random person. It didn’t feel wrong, it felt normal.’

Peterson claims it was him who made the first move not his mom.

He recalls: ‘We were hanging out just talking and I looked at her and she looked at me and I kissed her.

‘It was a real kiss it had feelings behind it, there was a spark that ever since then it just stayed.

‘Honestly I never thought we would get into trouble for our relationship. We were both consenting adults – when it comes down to it.

‘She’s adult I’m adult I can make my own decisions. I never thought it would blow up into something like this.’

Mares also said that it didn’t feel strange or wrong when the couple began their sexual relationship – but admits that it probably wouldn’t have happened if she had raised Peterson.

‘The first time we were physical ended up holding hands and then we ended up kissing and the kissing led to other things,’ she said. ‘I felt comfortable with him and we fell even more deeply in love.

‘If he had been with me all his life I don’t think anything would have happened between us.’

As well as legal trouble, the couple has met opposition from friends, neighbors, family members and the wider community.

Mares has been attacked outside her home and subjected to death threats.

She said: ‘I’ve been having a lot of trouble from the people in Clovis. They call me incest.

Mares says other moms she knows don’t understand what she’s going through but says her kids have said they will love her no matter what.

But with a torn look on her face, she added: ‘But if I had to choose between my son and all my other kids I’d chose him.’

Peterson added: ‘My dad walked out on me because of it.

‘There’s a lot of negative comments I read on Facebook and things – people say it’s disgusting, it’s gross, she’s your mom but it doesn’t hurt me or affect me at all.

‘If they were in my situation or if they were to find out that somebody they loved was actually related to them then they’d be saying the exact opposite.’

Peterson admits that sometimes he wonders if he should have done things differently – if only to spare his family the pain.

But he said that even if the judge offered to spare him jail if he stopped all contact with his mother, he would refuse.

And he has vowed to wait for Mares if she is jailed and he isn’t.

‘Sometimes the easy way isn’t the best way,’ he said. ‘Sometimes we have to make that life decision that’s going to change and affect everything but when it comes down to it, it’s worth it.

‘I will wait for her if she gets a jail sentence and I don’t. For me it’s not about patience it’s about commitment.

‘If I’m committed to something I follow it through that’s the kind of person I am.

‘If I love her enough and I’m crazy enough to stay in Clovis for her and crazy enough to face all the courts for her then waiting a bit of time to have the rest of my life being happy then I’m willing to do that.’

Daily Mail Online interviewed the couple separately to ensure they did not breach their court order.

As a sign of his love and commitment, Peterson left a rose for Mares on the bench at the park in Clovis where the couple first expressed their love for each other.

He said: ‘She’s never had anyone give her a rose. If I could I’d give her everything she wants. I miss talking to her and seeing her. There’s not a day that goes by that I don’t think about her.

‘If I could speak to her now I would say to her: « I love you and I miss you and I can’t wait to see you again. »‘

Despite the immense opposition to the couple’s relationship, Mares and Peterson do have supporters in the community – including Dayton Chavez, Mares’ ex and father to two of her sons Moses, nine, and Joseph, 12.

He said: ‘I’ve told them I still love you guys either way. I support them.

‘I would like to see the government get out of their business and let them live a normal life – let them live how they want to live.

‘It would be different if it was a domestic violence situation but it’s not.

‘My point of view is they need to be allowed to live just how they are that’s what America is built on.’

Voir également:

The Telegraph
11 April 2016
Isn’t it disgusting? Isn’t it funny? The woman who fell in love with her son.But laugh I did not, as I read the tale of Kim West – the 51-year-old who entered a romantic relationship with her child 30 years after giving him up for adoption.Her story was splashed over the newspapers last week after she revealed how a reunion between the pair sparked an intense romance. Now they want to get married and start a family.
No one had their confetti ready though.
Across the internet, West and her toy boy lover were treated as circus freaks, called “sick on every level”. Some even demanded that West be sectioned and now it’s emerged they’ve gone into hiding fearing a jail sentence.It’s interesting that the public was so outraged, because the couple’s story is far from unique. In fact, a number of family romances have emerged over the last decade – and I can’t see them stopping any time soon. There have been cases of grandparents settling down with grandchildren, fathers and daughters in love, and even twins twinned up.What makes all these relationships tick isn’t love, or looks, or destiny, but – more likely – Genetic Sexual Attraction (GSA). It’s the phenomenon no one wants to talk about – because it raises a taboo topic: incest.
But it’s real – and with advances in fertility options, something we need to get our heads round. Fast.GSA describes a powerful sexual attraction that occurs when biological relatives – parent and offspring, siblings or half siblings or first and second cousins – meet for the first time as adults. It was first identified in the 1980s by Barbara Gonyo, who fell madly in love with her son. After they reunited in adulthood, Gonyo struggled for 13 years to break off feelings for him.That’s what GSA is: a struggle. When people criticise West, they overestimate her degree of control in the situation. Often GSA sufferers feel powerless – as if their feelings are impossible to change. There have been heartbreaking cases of families broken apart by GSA. It’s an affliction; a curse for all those involved.
« A number of family romances have emerged over the last decade – and I can’t see them stopping any time soon. »
Quite why GSA occurs is still up for discussion. There isn’t a great deal of research into the area, because who wants a PhD in incest? Some researchers have hypothesised, however, that an effect in infancy protects against GSA. When families live closely together, they become desensitised to each other as sexual prospects. This desensitisation effect is said to happen between birth and age six. Without it, and when relatives meet later in life, GSA can occur. Evidence from the Post-Adoption Centre and University College London suggests that GSA it happens in 50 percent of reunion cases.Put in this context, West becomes far less of a freak and more of regularity. It is only her pride in her relationship that has perplexed others, as many GSA couples feel deeply upset about what’s happened to them. There are even communities online for them to anonymously discuss their relationships.In the future, I hope they won’t have to hide away. I think that will be less likely as a result of increases in fertility options, which have dramatically upped the potential for GSA cases.
The anonymity in sperm and egg donation could lead to more GSA Credit: Alamy
Perhaps one of the biggest causes for concern is egg and sperm donation. Over the last few decades, it has never been easier for organisations – and individuals – to dish out large quantities of eggs and sperm to different locations. The last Human Fertilisation & Embryology (HFEA) report shows that sperm donations, especially, have been rising since 2005 – with many coming from the US and Denmark.This seed sprinkling will essentially mean lots of children go through life without ever knowing their biological father and/ or mother, and other important close relatives, in the time where the desensitisation effect should happen.
« Those who succumb to GSA are not sickos, or freaks, but victims who desperately need help and understanding. »
Should they never meet with their (unknown) biological family, then they will never put themselves at risk of GSA. But such reunions have become much easier – especially as new rules brought out by the HFEA mean that any child conceived on or after April 2005 can now seek information on their parents when they turn 16 years old. This will inevitably mean more children discovering their biological relatives in adulthood, with the potential for hundreds, if not thousands, of more GSA cases.And when these individuals do find that they have suddenly fallen in love with Mummy, Daddy, or Cousin Jimmy, there will be very limited routes to help them. Just as there are for Kim West.Instead of mocking this tale of motherly love (gone too far), I wish people though of West as an opportunity to consider GSA, and how we can prevent and treat it in the future. Those who succumb to GSA are not sickos, or freaks, but victims who desperately need help and understanding. Their feelings are not controllable, but with scientific research and support, we can give them some degree in control over this devastating affliction. And stop the cases we know are bound to come and keep coming.
Voir encore:

Psychologist Corinne Sweet said « people who are adopted or fostered feel deeply rejected. They have experienced a profound wound which isn’t easily healed »

A man and his biological mother have sparked headlines around the world after announcing they are planning to marry and have children after becoming involved in a sexual relationship.

Ben Ford, 32, was reunited with his mother Kim West, 51, in December 2013, nearly 30 years after she gave him up for adoption.

After experiencing an ‘instant bond’ they started a sexual relationship which resulted in Ben leaving his wife – named as Victoria.

The couple insist their ‘incredible’ sex life is not incest, but ‘Genetic Sexual Attraction’, a term used for relatives who feel sexual attraction for each other after meeting as adults.

Genetic Sexual Attraction (GSA) is when sexual feelings develop between two family members who first meet as adults.

It can happen to siblings, half-siblings, parents and children, usually when one has been abandoned, adopted or raised apart due to divorce or separation.

In the UK, sex with a parent, child, sibling, nephew, niece, uncle or aunt is defined as incest and is illegal under the Sexual Offences Act 2003 with a maximum two-year penalty.

In the US, rules vary and the state of Rhode Island actually decriminalised incest in 1989.

The term GSA was coined in the US in the 1980s by Barbara Gonyo, who founded a support group after her experience with the son she met 26 years after adoption.

What the expert says

Writing in the New Day newspaper, psychologist Corinne Sweet explained: « At a genetic level we are conditioned to find people who look like us attractive.

« In the first seconds of meeting someone, we make a judgement about whether they are friend or foe, and whether they can help us reproduce our genes.

« We have an almost tribal connection with family members with similar features.

Kim West, 51, and son Ben Ford, 32, have spoken to the New Day about their relationship

« At the same time, people who are adopted or fostered feel deeply rejected.

« They have experienced a profound wound which isn’t easily healed.

« So when a son meets his birth mother, he feels a great rush of need.

« There’s an attraction and a longing there, and when it’s combined with the appeal of genetic similarity, it becomes a very powerful and complex cocktail which is incredibly seductive. »

Switzerland recently de-criminalized “adult” consensual incest. Germany’s Max Planck Institute finds that countries without criminal incest provisions include China, France, Israel, the Ivory Coast, the Netherlands, Russia, Spain and Turkey. It reports that three U.S. states – Michigan, New Jersey and Rhode Island – do not have incest laws. It also found that criminal incest provisions were in effect in 14 of the 22 countries included in the study: all of the Australian states and territories, Canada, Chile, Denmark, England (and Wales), Germany, Greece, Hungary, Italy, Poland, Romania and Sweden as well as nearly all U.S. states.
Incest haunts the West. The Judeo-Christian Bible is richly illustrated with incest stories. Among the most famous incest tales are those involving the sons and daughters of Adam and Eve (Genesis 4). These illicit couplings included Abraham marrying his half-sister Sarah (Genesis 20:12); Lot and his daughters (Genesis 19); Moses’ father, Amram, marring his aunt, Jochebed (Exodus 6:20); and David’s son, Amnon, with his half-sister Tamar (2 Samuel 13). Among these tales, the stories of Tamar and Lot involve forced, nonconsensual incest, rape.
Over the last few years, pedophilia scandals involving Catholic priests, Jerry Sandusky (the Penn State football coach), Jimmy Savile (the English DJ and BBC TV host) and at the Horace Mann School (an elite New York City private academy) have raised public awareness about age-inappropriate – nonconsensual — sex. These pedophilia cases come at a time when teen sexuality is fully integrated into the marketplace.
Incest is an age-old taboo, a unique human sexual intimacy. Will America’s new market-driven sexual culture accept the difference between “consensual” and “nonconsensual” incest as it has accepted 21st century consensual sex in general? Accepting this difference changes age-old values.
Acceptance of this change may be on its way. A few years ago David Epstein, a Columbia University political science professor, gained his Warhol-15-minutes-of-notoriety when charged with having a three-year consensual sexual relationship with his 24-year-old daughter. He was arrested and arraigned on a single felony incest count. He insisted on his innocence: “What goes on between consenting adults in private should not be legislated. That is not the proper domain of our law. … If we assume for a moment that both parties [involved in incest] are consenting, then why are we prosecuting this?
” He ultimately pleaded guilty to a misdemeanor charge and remains at Columbia.

A CMS presentation to principals and counselors recommends kids are not referred to as boys and girls, but instead as scholars and students.

DOCUMENT: CMS transgender student presentation

Eliminating boy and girl references is one of several policies included in the CMS bully prevention regulations.

One policy allows students to participate in extracurricular activities and overnight field trips based on their gender identity. A student who identifies as a girl would be allowed to participate in an « all-girl » overnight trip.

Another policy says CMS must evaluate all gender-based activities and « maintain only those that have clear and sound pedagogical purpose. »

The North Carolina Values Coalition calls the rules radical and a violation of privacy.

« School is no longer about reading, writing and arithmetic. It is now about gender fluidity, » Tami Fitzgerald of the NC Values Coalition said.

CMS officials say the policies in the presentation are meant to serve as guidelines.

« CMS remains fully committed to supporting its transgender students and nurturing a safe and welcoming environment for every student and employee, » CMS Chief Communications Officer Kathryn Block said.

A well-known part of the policy has to do with bathrooms. It says students can use the bathroom of the gender they identify with. However that won’t be implemented at the start of school because the U.S. Supreme Court put a hold on a federal judge’s order that would have allowed this.

The NC Values Coalition plans to hold a rally outside the Government Center before the school board meeting Tuesday.

Voir enfin:

La polygamie, de plus en plus populaire aux États-Unis

Tatiana Chadenat
Le Figaro madame
10 juin 2015
Longtemps ultra marginale et décriée, la polygamie est aujourd’hui (un peu) mieux acceptée aux États-Unis. En décembre 2013, elle a même été dépénalisée dans l’Utah, l’État de Salt Lake City, le temple du mormonisme. Un pas vers sa légalisation ?

Un homme et son harem. Aux États-Unis, l’idée n’est plus si baroque qu’il n’y paraît. Alors qu’en 2001, seulement 7 % des Américains voyaient dans la polygamie une pratique « moralement acceptable », ils sont aujourd’hui 16 % à la considérer favorablement, selon le sondage Gallup. Depuis le début des années 2000, cet institut prend le pouls de la population sur des sujets de société sensibles aux États-Unis, comme l’euthanasie, l’avortement ou la peine de mort.

Certes, ces 16 % de la population à considérer la polygamie comme « moralement acceptable » représentent toujours une minorité. Mais parmi les dix-neuf « tabous » évoqués dans le sondage, il est celui qui a connu la plus grande évolution vers l’acceptation. Dans les résultats de l’enquête publiée le 26 mai dernier, la polygamie arrivait en cinquième position des thèmes controversés dont l’image s’était améliorée, juste après les relations homosexuelles, le fait d’avoir un enfant et des relations sexuelles hors mariage, le divorce et la recherche médicale sur les cellules souches obtenues à partir d’embryons humains. Aujourd’hui aux États-Unis, il est même plus acceptable d’être polygame que d’entretenir des relations extraconjugales (ce que seuls 8 % des Américains juge moralement admissible).

La culture pop a peut-être contribué à démocratiser la polygamie, devenue tour à tour sujet d’une fiction diffusée sur HBO depuis 2013, Big Love, et de deux émissions de téléréalité, « My Five Wives » et « Sister Wives ». Mais certains attribuent cette évolution à « une vision libertaire, à un laissez-faire des jeunes Américains en ce qui concerne le sexe, le mariage et la vie de famille » (Brad Wilcox du National Marriage Project (NMP)), tandis que d’autres y voient un « effondrement des valeurs » ou une conséquence du lobbying LGBT. L’origine de ce changement est peut-être plus complexe, car la pratique polygame se trouve à la croisée des chemins de plusieurs influences américaines, entre « le libéralisme social, le fondamentalisme religieux et le polyamour radical », explique Samantha Allen, journaliste du Daily Beast. Aujourd’hui, les polygames seraient entre 50.000 et 100.000 et, pour la plupart, « musulmans et mormons fondamentalistes », poursuit-elle, en précisant que la majorité sont polygynes (un homme avec plusieurs femmes) et non polyandres (une femme avec plusieurs hommes).

Si déjà plusieurs observateurs prédisent sa légalisation – elle sera reconnue « en 2040, dans l’indifférence générale », déclare l’éditorialiste Ross Douthat en conclusion de son article dans le New York Times -, la pratique, malgré sa petite popularité, a toujours mauvaise presse. Car elle reste associée à des affaires sordides de violences domestiques, de crimes, de problèmes mentaux et de viols. Il y a donc peu de risques de voir de sitôt se multiplier les familles avec un homme et plusieurs femmes – et inversement – vivant sous un même toit.


Chrislam: Attention, un syncrétisme peut en cacher un autre (If you can’t beat them, join them: Welcome to Chrislam, the latest mix-and-match solution to all our problems)

8 août, 2016
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Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. Genèse 22 :1-2
Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: ‹Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses›. (Ismaël) dit: ‹Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants› (…) Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux.  Le Coran (37, 101-102 & 112)
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. (…) C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Jésus (Mat 7: 15-20)
The same sun that dries the clothes of Muslims also dries the clothes of Christians. I don’t believe God loves Christians any more than Muslims. Tela Tella (founder of « Chrislam »)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Je n’aime pas parler de violence islamique : si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. Je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Mais on ne peut pas dire — je crois que cela n’est pas vrai et que ce n’est pas juste — que l’islam est terroriste. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Les Chrétiens et les juifs parlent d’un livre «inspiré» par Dieu mais nullement une œuvre de Dieu. Pour les musulmans, le Coran est un «miracle» qui «éblouit le monde», c’est-à-dire une œuvre purement divine, incréée et présente depuis l’éternité. Il est donc par définition infaillible. Il n’a pas à être interprété ou analysé, la Parole de Dieu ne peut l’être, elle ne peut qu’être suivie. (…) Du point de vue coranique, un terroriste musulman n’est pas en contradiction avec les préceptes du Coran et reste donc un bon musulman. D’ailleurs les fatwas touchent des démocrates et tout à fait exceptionnellement des terroristes musulmans, il a fallu attendre jusqu’à mars 2005 pour qu’une fatwa soit lancée contre Oussama Ben Laden, émanant de la commission islamique d’Espagne. Louis Chagnon
 C’est une religion aux préceptes assez simples et convaincants. Un seul Dieu, qui ordonne toute chose dans le monde… Pour adhérer à l’islam, il suffit de prononcer une formule : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu et que Mahomet est son prophète. » Avec cela, vous êtes musulman. Il est de coutume de circoncire les nouveaux fidèles. Mais ce n’est pas obligatoire. Si les soldats de Napoléon ne se sont pas convertis à l’islam, c’est que les savants musulmans, en fait très ennuyés par la perspective d’une conversion aussi massive, ont imposé deux conditions : la circoncision et l’interdiction de boire du vin. Cette dernière était inacceptable. Et voilà pourquoi les Français sont chrétiens et pas musulmans.  Maxime Rodinson
D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé. Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges. (…) L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte. (…) C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran. Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible. Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran. L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale. (…) À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin. Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin. André Frament
D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes. Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher. (…) De fait,certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens. (…) Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours: · La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques. · La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï. · La troisième idée était la conquête de Jérusalem. · La quatrième était la libération complète de la Palestine juive. · La cinquième était la conquête du monde entier. Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles. (…) Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam. De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis… (…) Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens. (…) Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. (…) Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne. André Frament
La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82. E.-M. Gallez
C’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée. (…) Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise. (…) Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen. EM Gellez
Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujoAurd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier. EM Gellez
Du fait de l’hyperspécialisation, très peu d’islamologues s’étaient intéressés aux textes de la mer Morte qui, particulièrement dans leur version la plus récente, reflètent une parenté avec le texte coranique ; et, en sens inverse, tout aussi peu de qoumranologues, d’exégètes ou de patrologues avaient porté de l’intérêt au Coran et à l’Islam. Or ces deux côtés de la recherche s’éclairent mutuellement, ils constituent en quelque sorte le terminus a quo et le terminus ad quem de celle-ci, renvoyant à une même mouvance religieuse : celle que des ex-judéo-chrétiens ont structurée vers la fin du Ier siècle. On la connaît surtout sous la qualification de “nazaréenne” ; les membres de cette secte apocalyptico-messianiste avaient en effet gardé l’appellation de nazaréens que les premiers judéo-chrétiens avaient portée (durant très peu d’années) avant de s’appeler précisément chrétiens d’après le terme de Messie (c’est-à-dire christianoï ou Mesihayé). Il s’agit évidemment des naçârâ du texte coranique selon le sens qu’y avait encore ce mot avant le VIIIe siècle et selon le sens qu’indiquent certains traducteurs à propos de passages où l’actuelle signification de chrétiens ne convient visiblement pas ; au reste, à propos de ces nazaréens, même certains sites musulmans libéraux en viennent aujourd’hui à se demander si leur doctrine n’était pas celle de Mahomet. À la suite de Ray A. Pritz, l’auteur préconise l’appellation de judéo-nazaréens pour éviter toute ambiguïté ; l’avantage est également de rappeler l’origine judéenne (ainsi qu’un lien primitif avec la communauté de Jacques de Jérusalem, selon les témoignages patristiques). Signalons en passant que l’auteur établit un parallélisme avec une autre mouvance qui prend sa source dans les mêmes années, le gnosticisme ; ceci offre un certain intérêt car les deux mouvances partent dans des directions qu’il présente comme radicalement opposées. L’apparition de l’islam tel qu’il se présente aujourd’hui s’explique de manière tout à fait cohérente dans le cadre de cette synthèse. À la suite de la rupture bien compréhensible avec les judéonazaréens, les nouveaux maîtres arabes du Proche-Orient ont été obligés d’inventer des références exclusivement arabes pour justifier leur pouvoir, explique l’auteur. Ceci rend compte en particulier d’une difficulté à laquelle tout islamologue est confronté, à savoir la question du polythéisme mecquois. Comment les Mecquois pouvaient-ils être convaincus par une Révélation qui leur aurait été impossible à comprendre ? Le détail du texte coranique ne s’accorde pas avec un tel présupposé. À supposer justement que Mahomet ait vécu à La Mecque avant que l’Hégire le conduise à Yathrib-Médine (en 622) : la convergence de nombreuses études, généralement récentes, oriente dans une autre direction. Le travail de recoupement et de recherche effectué par l’auteur débouche sur un tableau d’ensemble ; celui-ci fait saisir pourquoi la biographie du Prophète de l’Islam, telle qu’elle s’est élaborée et imposée deux siècles après sa mort, présente le contenu que nous lui connaissons. M.-Th. Urvoy
Christoph Luxenberg considère (…) que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. Claude Gilliot
Comment a fait Dieu pour revenir dans nos sociétés. C’est le grand paradoxe : grâce aux musulmans. Ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société. Cardinal Tauran
« 4 ou 5 chapitres du Coran sont assez agréablement tournés, j’en conviens ; mais… qu’est-ce que peuvent faire 5 chapitres pour racheter les prodigieuses niaiseries, les maximes jetées sans ordre, les hiéroglyphes bizarres, les non-sens habituels et les flagrantes contradictions qui remplissent les 114 chapitres de ce tome indigeste ? (…) Dans le Coran je n’ai rien trouvé de bien neuf. Presque tout, excepté les infamies, y est emprunté et contrefait. Ce qui est vrai se trouve dans le Pentateuque et dans l’Evangile ; ce qui est faux, dans le Talmud, dans les légendes arabes ou sabéennes, dans les évangiles apocryphes… Or, on voudrait faire descendre fraîchement du Ciel ce qui est déjà vieux sur la terre, et ce que je rencontre au fond de la boue !  (…) Parce que Jésus s’était choisi 12 apôtres parmi les fidèles, Mahomet en choisit 12 parmi ses sectateurs, ce qui l’a fait appeler par un écrivain du Moyen Age le ’copieur de Dieu’. »… A la place de la simplicité, de la douceur, de la bénignité, de l’esprit de paix et de pardon, de la pauvreté volontaire, de l’humilité, de l’amour des souffrances de Jésus, vous voyez éclater dans Mahomet la duplicité, la cruauté, la soif des jouissances, du butin, de la domination, de la vengeance et de l’orgueil, à leur paroxysme le plus élevé.  (…) Pourquoi suis-je obligé de taire ses 21 épouses qu’il se donne après s’être engagé à n’en avoir que 4, sans compter ses 4 concubines, et cette infâme loi qui lui accorde toute femme musulmane dont le coeur se sentira incliné vers lui », fût-ce une fillette de 8 ans ?… (…) Le Coran exprime, en de pompeuses paroles, les grandes idées des vertus naturelles, et lâche en même temps ouvertement la bride aux penchants les plus violents et les plus sulfureux… Il supprime les remords en introduisant le fatalisme… Mahomet, vaincu par la chair, accepte comme une loi divine sa domination absolue », par ses instincts les plus indignes. (…) Mahomet emprunte à chacune des religions existantes à son époque une portion de ses doctrines, et de cet amalgame incohérent qui prétend ménager le Chrétien, le juif, le sabéen, l’idolâtre, il forme son symbole et lui donne pour suprême couronnement son aphorisme : ’Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète’… Il se fonde sur l’amalgame des doctrines, et se couronne par l’orgueil de la personne »… « Mais la vérité n’est pas une propriété dont on puisse abandonner même une parcelle, dans l’intérêt prétendu de la paix. Monseigneur Louis Pavy (Alger, 1853)
Une certaine bourgeoisie belge traditionnelle n’a jamais vraiment accepté notre modernité capitaliste, individualiste, compétitive. Le prêtre Harpigny, qui fut certainement un bon élève, ne se sent pas à l’aise dans cette société belge laïque où les femmes sont trop libres et égoïstes. Alors, même inconsciemment, il trouve des beautés dans la civilisation musulmane traditionnelle, avec son esprit de partage, la chaleur des relations humaines, les femmes voilées et obéissantes. Et puis, surtout, «les musulmans, eux, ils croient». Et Guy Harpigny, comme tous les prêtres dialogueux massignoniens, estime qu’il vaut mieux croire à quelque chose que de ne rien croire du tout, et ils s’imaginent (ou veulent s’imaginer) que puisqu’ils croient, ils croient à peu près à la même chose. Ils confondent ainsi allègrement foi et religion dans une cécité volontaire ou involontaire. Anne-Marie Delcambre
Before Islam and Christianity arrived in Africa, people here « believed in deities being close » – in gods who resided in trees or rivers and helped or hurt locals daily. You in the West are satisfied with one hour of church on Sunday. But for people in Africa, who he says need so many solutions, « This is about a practical way of life, » about a willingness to combine Christianity or Islam with their own traditions to « see if they can make something new » – something that will help. Kamaldeen Balogun (Olabisi Onabanjo University, Nigeria)
The broader context here is Africa’s dramatic shift in recent decades to Christianity and Islam. During the 20th century, fully 40 percent of Africa’s population moved from traditional religions to « different shades of Christianity, » says Philip Jenkins, a history and religion professor at the University of Pennsylvania. It is, he adds, « the largest religious change that has ever occurred in history. » There are debates about whether Christianity or Islam is spreading faster in Africa, but clearly they’re both on the rise – and sometimes are the source of tension. In Nigeria’s religious city of Jos (short for « Jesus Our Savior ») the government says 50,000 people died between 1999 and 2004 in sectarian clashes. Until a peace deal last year, Sudan’s northern Muslims and southern Christians were at war for two decades. Clearly, the religious revolution is still shaking out. « People are converting rapidly, but they don’t necessarily have instruction » in the details of their faiths, says Boston University’s Professor Robert. Nor have they had « time for their belief system to solidify. » It is, she says, « still shifting. » She argues that eventually the faithful will choose one religion or another, and the hybrids will fade away. (…) Healing is a regularly promised feature of churches across Africa. It’s symbolic of a key element of the continent’s religious explorations – fusing faith and rationality, Professor Balogun says. According to Western thought, with its emphasis on rationality, « Everything that goes up must come down, » he says. But a more African approach is that, « By divine intervention it may not come down. » In fact, his university is initiating a degree focusing on the religion-science nexus. The Christian Science Monitor
L’appel à la violence ne tire pas son origine du Coran, qui est la loi divine, mais exclusivement de la jurisprudence, c’est-à-dire de l’interprétation du Coran, devenue tradition islamique au cours des siècles. Or les radicaux méconnaissent la loi. De même qu’il n’existe dans le Coran ni polygamie, ni injonction de porter le hidjab ou le niqab pour les femmes – autant de traditions pré-islamiques – ni lapidation. La jurisprudence islamique est tout bonnement une nouvelle religion. (…) J’ai lu le livre de Abdallah Azzam, le théoricien d’Al Qaida, sur le djihad. Tous ses arguments sont tirés de la jurisprudence islamique établie par des penseurs du 8ème et 9ème siècle. Cette tradition-là préconise de cultiver la haine à l’égard des gens qui ne croient pas comme eux. C’est malheureusement sur ces interprétations que se fonde la pratique religieuse actuelle. La plupart des imams ne lisent le Coran que pour la prière, et non pour le comprendre. Mon job, c’est de faire le travail qu’ils ne font pas. Car le Prophète a laissé le Coran pour que nous l’interprétions sans intermédiaires. (…) notre problème, c’est qu’à cette tradition issue de l’interprétation des paroles prophétiques a été donnée une dimension sacrée. Moi je prétends qu’elle n’est qu’humaine. Malheureusement, les musulmans n’ont pas compris cela. Comme ils n’ont pas compris qu’elle était instrumentalisée par des pouvoirs politiques. (…) Parce que les Etats arabes tirent leur légitimité de la religion. Raison pour laquelle l’interprétation qu’ils en font renforce leur pouvoir. Quand on ne veut pas d’opposition idéologique, on fait croire qu’il s’agit d’une opposition à Dieu. L’opposant devient un mécréant. C’était déjà le cas au 8ème siècle où les Byzantins avaient été désignés comme des ennemis de l’islam. Puis au temps des Croisades, l’accusation de mécréant s’est dirigée sur l’Occident. Elle y est restée figée depuis. Il ne manquait que la colonisation pour la renforcer encore un peu plus. Alors que si on revient au Coran, on y découvre que l’homme est libre de penser ce qu’il veut. (…) le Prophète n’a pas interprété le Coran, qui a été laissé à l’interprétation selon l’espace et l’époque! Il suffirait d’en faire une lecture contemporaine, et cela fait quarante-cinq ans que je m’y emploie! (…) On me marginalise afin que personne ne m’entende. Beaucoup de chaînes de télévision arabes me boycottent. Pourtant, j’observe que plusieurs de mes livres sont des best-sellers au Moyen-Orient. Ces populations se rendent compte que ces guerres et ces attentats sont le signe que quelque chose dans l’islam ne tourne pas rond. Elles sont en train de se réveiller, de constater la nécessité d’une réforme. Mais elles ne peuvent pas parler. [Mais les musulmans d’Europe] sont tiraillés entre deux forces, la jurisprudence islamique qu’on leur rabâche et la loi civile. Ils sont dans une forme de schizophrénie. Pour les en délivrer, il faut réformer la jurisprudence. Leur montrer que la pluralité est un principe du Coran, qu’il admet le judaïsme, le christianisme et toutes les sectes. Le Prophète a créé une constitution respectueuse des diversités. Il a créé un Etat civil dissocié de la religion. Le christianisme a attendu le 18ème siècle et la Révolution française pour cela. Mais après la mort du Prophète, on a échoué à la mettre en œuvre, à cause de l’esprit tribal de l’époque. Probablement était-elle trop avant-gardiste. Et l’islam a été instrumentalisé. (…) Il ne faut pas faire de concessions sur ce terrain. Seul l’Etat possède des outils de coercition, non la religion. La religion doit être spirituelle et non politique. L’autorité du Coran, c’est la conscience, l’autorité de l’Etat, c’est la loi. Il faut obéir à l’Etat, pas aux muftis. (…) Le salafisme, comme le mouvement des Frères musulmans, a assis son pouvoir sur l’ignorance des peuples. Après les indépendances des pays arabes, trois phénomènes ont obstrué les consciences du monde musulman: Le pan-islamisme, qui jugeait l’Occident comme au temps des croisades, le nationalisme pan-arabe, qui a assis sa haine de l’Occident sur le prétexte colonial, et le marxisme, qui a donné naissance à des gouvernements tyrans. Les deux derniers courants devenus ce que l’on sait, n’est resté que le pan-islamisme pour toute culture. Le terrorisme est issu de l’ignorance sacrée.  Muhammad Shahrour
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux: la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le « dialogue des civilisations ». Christian Makarian
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. A l’égard de l’islam, les chrétiens ont battu leur coulpe. Au point d’oublier que le Coran a récupéré et transposé leur patrimoine symbolique. Les figures bibliques majeures (Abraham, Moïse, Jésus) sont en effet totalement transformées, islamisées, dans le but d’accuser les  » juifs » et les  » chrétiens » d’être des falsificateurs de la Révélation, de s’être volontairement détournés de la vérité qu’ils avaient reçue à l’origine. Il y a, dans le Coran, à la fois imitation et rejet du judéo-christianisme. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de  » greffe » du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci. Et, au XXe siècle, les chrétiens ont eu une lucidité critique à l’égard du judaïsme, en reconnaissant qu’ils avaient pu faire une lecture abusive, antijuive de leurs Ecritures. Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial : certains éléments sont montés en épingle, d’autres sont occultés. La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard

Après le mariage, la religion pour tous !

En ces temps proprement apocalyptiques

Où pris à son tour sous la directe menace du totalitarisme musulman …

Lui-même emporté par le rouleau compresseur de la modernité et l’incroyable pouvoir dissolvant du judéo-christianisme

L’Occident se voit tenté de trouver des excuses à ses ennemis ou de se plier à tous les accommodements

Quel meilleur exemple de ce sansfrontiérisme devenu fou et de ce syndrome de Stockholm généralisé …

Que ces réformateurs auto-proclamés de l’islam qui  se défaussent de la dimension intrinsèquement violente de leur religion sur la seule jurisprudence post-Mahomet …

Ou de ceux qui  nous présentent comme solution à tout conflit des formes syncrétiques africaines du type Chrislam  …

Face à une religion issue elle-même justement d’un syncrétisme totalement remanié du corpus judéo-chrétien …

A laquelle, comme l’a montré René Girard, il manque l’essentiel …

A savoir le refus de réhabilitation guerrière de la victime que symbolise la croix

Où le Créateur lui-même accepte de donner sa vie pour sa créature ?

«Le terrorisme est issu de l’ignorance sacrée»
Exégète du Coran, le Syrien Muhammad Shahrour appelle à réformer l’islam. Car la jurisprudence islamique porte les germes de la violence. A 78 ans, il espère encore convaincre, même si de nombreux pays arabes ne tolèrent pas son discours

Le Temps

Voilà quarante-cinq ans qu’il tente de faire entendre sa voix. Celle d’un exégète du Coran qui s’inscrit en faux contre les islamistes. Né en 1938 à Damas, professeur de génie civil, Muhammad Shahrour publie en 1990 Le Livre et le Coran, dans lequel il propose une nouvelle lecture de celui-ci. Très critique vis-à-vis de l’interprétation jurisprudentielle du Coran perpétuée dans la tradition arabo-musulmane, il oppose à l’islam politique un islam spirituel. Ce qui lui vaut les foudres des traditionalistes dont certains le déclarent apostat.

Plusieurs de ses ouvrages sont même interdits à la vente dans certains pays arabes, ce qui n’empêche pas l’homme de s’exprimer, y compris sur les réseaux sociaux où il cartonne. Invité par l’Association de l’Appel spirituel de Genève, qui s’oppose à l’abus du religieux comme source de violence, il livre au Temps ses réflexions.

– Le Temps: L’islam porte-t-il en lui les germes de la violence?

– Muhammad Shahrour: Absolument. L’appel à la violence ne tire pas son origine du Coran, qui est la loi divine, mais exclusivement de la jurisprudence, c’est-à-dire de l’interprétation du Coran, devenue tradition islamique au cours des siècles. Or les radicaux méconnaissent la loi. De même qu’il n’existe dans le Coran ni polygamie, ni injonction de porter le hidjab ou le niqab pour les femmes – autant de traditions pré-islamiques – ni lapidation. La jurisprudence islamique est tout bonnement une nouvelle religion.

– Si l’islam n’est que miséricorde et tolérance, comment se fait-il qu’autant de musulmans se fourvoient?

– J’ai lu le livre de Abdallah Azzam, le théoricien d’Al Qaida, sur le djihad. Tous ses arguments sont tirés de la jurisprudence islamique établie par des penseurs du 8ème et 9ème siècle. Cette tradition-là préconise de cultiver la haine à l’égard des gens qui ne croient pas comme eux. C’est malheureusement sur ces interprétations que se fonde la pratique religieuse actuelle. La plupart des imams ne lisent le Coran que pour la prière, et non pour le comprendre. Mon job, c’est de faire le travail qu’ils ne font pas. Car le Prophète a laissé le Coran pour que nous l’interprétions sans intermédiaires.

– Au mépris de cette jurisprudence?

– Oui, car notre problème, c’est qu’à cette tradition issue de l’interprétation des paroles prophétiques a été donnée une dimension sacrée. Moi je prétends qu’elle n’est qu’humaine. Malheureusement, les musulmans n’ont pas compris cela. Comme ils n’ont pas compris qu’elle était instrumentalisée par des pouvoirs politiques.

Pourquoi la réflexion critique sur l’islam n’est-elle pas possible?

Parce que les Etats arabes tirent leur légitimité de la religion. Raison pour laquelle l’interprétation qu’ils en font renforce leur pouvoir. Quand on ne veut pas d’opposition idéologique, on fait croire qu’il s’agit d’une opposition à Dieu. L’opposant devient un mécréant. C’était déjà le cas au 8ème siècle où les Byzantins avaient été désignés comme des ennemis de l’islam. Puis au temps des Croisades, l’accusation de mécréant s’est dirigée sur l’Occident. Elle y est restée figée depuis. Il ne manquait que la colonisation pour la renforcer encore un peu plus. Alors que si on revient au Coran, on y découvre que l’homme est libre de penser ce qu’il veut.

– Mais alors, est-il possible de réformer l’islam de l’intérieur?

– Oui, absolument. Parce que le Prophète n’a pas interprété le Coran, qui a été laissé à l’interprétation selon l’espace et l’époque! Il suffirait d’en faire une lecture contemporaine, et cela fait quarante-cinq ans que je m’y emploie!

– Etes-vous l’objet de menaces?

– Oui, mais indirectes. On me marginalise afin que personne ne m’entende. Beaucoup de chaînes de télévision arabes me boycottent. Pourtant, j’observe que plusieurs de mes livres sont des best-sellers au Moyen-Orient. Ces populations se rendent compte que ces guerres et ces attentats sont le signe que quelque chose dans l’islam ne tourne pas rond. Elles sont en train de se réveiller, de constater la nécessité d’une réforme. Mais elles ne peuvent pas parler.

– Mais les musulmans d’Europe, eux, pourraient le faire!

– Ils sont tiraillés entre deux forces, la jurisprudence islamique qu’on leur rabâche et la loi civile. Ils sont dans une forme de schizophrénie. Pour les en délivrer, il faut réformer la jurisprudence. Leur montrer que la pluralité est un principe du Coran, qu’il admet le judaïsme, le christianisme et toutes les sectes. Le Prophète a créé une constitution respectueuse des diversités. Il a créé un Etat civil dissocié de la religion. Le christianisme a attendu le 18ème siècle et la Révolution française pour cela. Mais après la mort du Prophète, on a échoué à la mettre en œuvre, à cause de l’esprit tribal de l’époque. Probablement était-elle trop avant-gardiste. Et l’islam a été instrumentalisé.

– Faut-il que l’Occident admette les revendications d’un islam politique ou qu’il les combatte?

– Il ne faut pas faire de concessions sur ce terrain. Seul l’Etat possède des outils de coercition, non la religion. La religion doit être spirituelle et non politique. L’autorité du Coran, c’est la conscience, l’autorité de l’Etat, c’est la loi. Il faut obéir à l’Etat, pas aux muftis.

– Pour vous, le salafisme est-il à l’origine de cet islam terroriste?

– Le salafisme, comme le mouvement des Frères musulmans, a assis son pouvoir sur l’ignorance des peuples. Après les indépendances des pays arabes, trois phénomènes ont obstrué les consciences du monde musulman: Le pan-islamisme, qui jugeait l’Occident comme au temps des croisades, le nationalisme pan-arabe, qui a assis sa haine de l’Occident sur le prétexte colonial, et le marxisme, qui a donné naissance à des gouvernements tyrans. Les deux derniers courants devenus ce que l’on sait, n’est resté que le pan-islamisme pour toute culture. Le terrorisme est issu de l’ignorance sacrée.

Voir aussi:

In Africa, Islam and Christianity are growing – and blending
Abraham McLaughlin

The Christian Science Monitor

January 26, 2006

LAGOS, NIGERIA — At first, it seems a surprising sight: inside a two-story mosque in sub-Saharan Africa’s largest metropolis hangs a life-size portrait of Jesus Christ.

Yet worshipers at « The True Message of God Mission » say it’s entirely natural for Christianity and Islam to cexist, even overlap. They begin their worship by praying at the Jesus alcove and then « running their deliverance » – sprinting laps around the mosque’s mosaic-tiled courtyard, praying to the one God for forgiveness and help. They say it’s akin to Israelites circling the walls of Jericho – and Muslims swirling around the Ka’ba shrine in Mecca.

This group – originally called « Chris-lam-herb » for its mix-and-match approach to Christianity, Islam, and traditional medicine – is a window on an ongoing religious ferment in Africa. It’s still up for debate whether this group, and others like it, could become models for Muslim-Christian unity worldwide or whether they’re uniquely African. But either way, they are « part of a trend, » says Dana Robert, a Boston University religion professor.

Amid intense sectarian violence in this half- Muslim, half-Christian country, these groups serve as tolerant peacemakers. Also, with widespread poverty and health concerns here, people are seeking practical, profitable religion more than rigid doctrine.

Before Islam and Christianity arrived in Africa, people here « believed in deities being close » – in gods who resided in trees or rivers and helped or hurt locals daily, explains Kamaldeen Balogun, an Islamic studies professor at Olabisi Onabanjo University in southeastern Nigeria.

« You in the West are satisfied with one hour of church on Sunday, » says Mr. Balogun. But for people in Africa, who he says need so many solutions, « This is about a practical way of life, » about a willingness to combine Christianity or Islam with their own traditions to « see if they can make something new » – something that will help.

Worshipers at the « True Message » mission say unifying the two theologies has made a major difference in their lives.

A slight woman with a quick smile, Kuburat Hamzat says she came here in 1998 with a severe menstruation problem. She was embraced by the mission’s « man of God, » a soft-spoken, bald man named Samusideen Saka. He told her, « Dancing will not kill you » and prescribed 91 laps of « running deliverance » each day. He also explained the commonalities of the great faiths to Ms. Hamzat who had grown up in Islam. That understanding, she says, changed her. « Because I understood that in my mind, I got healed, » she says. Her problem hasn’t recurred, she says. Others say they’ve been cured of barrenness, mental illness, and other troubles.

Pastor Saka explains that his father was an herbalist and that both Muslims and Christians would come to him for healing. Although he grew up Muslim, and has been to Mecca on pilgrimage several times, he couldn’t comprehend Nigeria’s sectarian strife. He now considers himself a Christian, « but that doesn’t mean Islam is bad. »

Quite the opposite. Next to his mosque is a televangelist’s dream – an auditorium with 1,500 seats, banks of speakers, a live band, and klieg lights. On Sundays the choir switches easily between Muslim and Christian songs, and Pastor Saka preaches from both the Bible and the Koran. His sermons are often broadcast on local TV.

The broader context here is Africa’s dramatic shift in recent decades to Christianity and Islam. During the 20th century, fully 40 percent of Africa’s population moved from traditional religions to « different shades of Christianity, » says Philip Jenkins, a history and religion professor at the University of Pennsylvania. It is, he adds, « the largest religious change that has ever occurred in history. » There are debates about whether Christianity or Islam is spreading faster in Africa, but clearly they’re both on the rise – and sometimes are the source of tension.

In Nigeria’s religious city of Jos (short for « Jesus Our Savior ») the government says 50,000 people died between 1999 and 2004 in sectarian clashes. Until a peace deal last year, Sudan’s northern Muslims and southern Christians were at war for two decades.

Clearly, the religious revolution is still shaking out. « People are converting rapidly, but they don’t necessarily have instruction » in the details of their faiths, says Boston University’s Professor Robert. Nor have they had « time for their belief system to solidify. » It is, she says, « still shifting. » She argues that eventually the faithful will choose one religion or another, and the hybrids will fade away.

But the ferment is quite evident on the chaotic streets of Lagos, which is home to some 10 million people. Hundreds of church-sponsored banners scream out, « It’s your day of RECOVERY @ LAST where life’s pains are healed » or « Jesus Christ: A friend indeed! Even in times of need!! »

Healing is a regularly promised feature of churches across Africa. It’s symbolic of a key element of the continent’s religious explorations – fusing faith and rationality, Professor Balogun says. According to Western thought, with its emphasis on rationality, « Everything that goes up must come down, » he says. But a more African approach is that, « By divine intervention it may not come down. » In fact, his university is initiating a degree focusing on the religion-science nexus.

Meanwhile, it’s not just Saka who’s exploring the common ground between Christianity and Islam. Sitting in a wrought-iron throne, swathed in silky white fabric, the founder of « Chrislam » has these words for followers of the two great faiths: « The same sun that dries the clothes of Muslims also dries the clothes of Christians. » Stroking his beard, the man named Tela Tella says, « I don’t believe God loves Christians any more than Muslims. »

His followers calls him His Royal Holiness, The Messenger, Ifeoluwa or « The Will of God. » Since the religion’s founding two decades ago, this small band has been gathering almost daily to hear his message of inclusiveness – that Christians and Muslims, « who are sons of Abraham, can be one. »

Voir également:

Chrislam – the Bottom of the Slide

While Terry Jones wanted to burn the Qur’an there are pastors that want to read the Qur’an in church to their congregations. In response to a local Qur’an burning, Larry Reimer, a minister of the United Church of Gainesville, decided to read Scripture from the Qur’an as part of worship services on September 12, 2010, prodded further about religious relatives. “Christianity, Judaism, and Islam are all part of the Abrahamic tree of faith. We all believe in the same God, and in many aspects we are all trying to accomplish the same goals.”
http://www.freerepublic.com/focus/f-news/2584630/posts

Islam recital in Methodist church http://www.youtube.com/watch?v=ybSAinBMb_g

This GROWING TREND is a natural slide to the bottom for common ground to have a peaceful coexistence. There is a movement saying that other religions are as valid as “Christianity.” Unfortunately the way Christianity is practiced today, there may be some truth to this. But if one were to go by the Bible and live Christianity the way it was originally taught, it becomes as different as night and day (Christianity being the day.

Chrislam is an interfaith movement that is a dialogue with Islam – a syncretistic movement that speaks about “spirituality without boundaries.” These churches, softening John 14:6, are opening the door to allow the conversion of their people. Because to them it matters not what you are anymore. For the most part, the majority of these churches are already removed from the faith, so this is expected in the days we live in.

It was Robert Schuller, pastor of Crystal Cathedral, that began this process by housing the offices for « Christians and Muslims for Peace. » Schuller had told an Imam of the Muslim American Society that « if he came back in 100 years and found his descendants Muslims, it wouldn’t bother him…. » (The Berean Call (April 1998), -What’s Happening to the Faith? by Dave Hunt ). That should bother any authentic Christian, but not those who espouse the “new Christianity” of our modern times.

The assumption is that Christians and Muslims all worship the same God; they, along with the Jews, are all faiths from Abraham. This is something we have steadily warned about for years. When you see people make the name Allah acceptable, that it is suitable for a Christian to pray in his name because it is the same God, or that Muslim converts can continue to go into their Mosques and pray and worship as if nothing happened to them, this is leading Christians toward accepting the Qur’an as equal in inspiration as the Bible (both Old and New Testament) when it contradicts it more than it agrees.

Consider the story of Rev. Ann Holmes Redding, an Episcopal priest for about 21 years, who says, « I am both Muslim and Christian » On Sunday mornings, Redding puts on the white collar of an Episcopal priest. On Fridays, she ties on a black headscarf to pray with her Muslim group. She says both Islam and Christianity are compatible at the most basic level.

Are they? Can one be a Christian and a Muslim at the same time? Islam’s Jesus is not divine in the Qur’an; Jesus is not the only-begotten Son of God, nor the Messiah, God in human flesh; He did not die on the cross for our sins; He did not resurrect. Islam denies the gospel of Christianity – the core reason Jesus came to earth for. This is what these churches want to make peace with!

We have no commonality with Islam. The Bible says, “For what fellowship has righteousness with lawlessness? And what communion has light with darkness. This movement is apostasy in action, and we can expect more of this type of compromise.
A few years ago, 138 Muslim scholars and clerics sent an open letter to leaders of Christian churches, titled “A Common Word Between Us and You.” Many of America’s top Christian leaders and known scholars signed in support to find commonality between the religions, ignorant that it contained a rebuke and an Islamic warning.

Now we have Chrislam, which blends the minimalist parts of Christ with Islam, with the intention of making them as equal faiths. In some churches, the Qur’an is placed in the pews next to the Bible; all of this is promoted under “loving your neighbor,” which was part of this open letter that the unwary undiscerning Christians signed to have peace.

This is part of a Jihad: to expose those who normally would not be interested in the Islamic religion, (of course it will be all the peace quotes). Muslims certainly know how to take advantage of this new openness to convert the kafirs to Islam. Islam condemns the belief in the divinity of Jesus as shirk, so to an authentic Christian –born of the Sprit of God there is no debate in this matter.

But to others who name themselves as Christians but care little of Jesus as the truth, they want a peaceful coexistence with those that demean their religion.
The National Cathedral in Washington, D.C. along with 50 churches in 26 states have already joined the effort, As MORE THAN FIFTY CHURCHES AGREE TO HOLD QUR’AN READINGS “Faith Shared is a project of Interfaith Alliance and Human Rights First.”

My immediate reaction to the first line… is it faith SHARED?
Christian clergy at churches across the country hosted readings from the Qur’an and other sacred religious texts as they welcomed their Muslim and Jewish colleagues on Sunday, June 26, 2011. Their purpose was to counter the Anti-Muslim bigotry. On the website sponsoring this (faithshared.org): “Tensions around Islam in America have erupted throughout the country in the past year, leading to misconceptions, distrust and in some cases violence.”

I have to disagree with their premise. Bigotry is part of Islam, as they have no allowance for other religions, even those they call “people of the book.” Tensions and violence have come from Islam itself, not just in our country but all over the world. This becomes enigmatic when you are including the Jews of whom Islam has an open war with and the religious leaders in their most religious lands vow to eliminate. Are people deaf and blind to what is taking place? Leave it to those who accept everything to ignore the obvious. Liberal thinking rules over all logic and common sense.

So we need to ask: What would Jesus do? We know he NEVER once read or quoted from another religion of his day to promote his teaching. He instructed and rebuked when necessary those of his own religion that spoke incorrectly. Which certainly would be applicable in this case with those who profess to be his followers, who apply his name to themselves and call themselves a church.

 Stahnke, director of policy and programs for Human Rights First, stated, “We want to send a message to the world,” he said, “that Americans do respect religious differences and reject religious bigotry and the demonization of Islam or any other religion.”

If I may make sense of his false argument by allowing reality to intrude … America has always allowed all kinds of religions to worship in our country, including Islam. It is the Islamic countries that do not allow the other religions to freely worship. They have no integration in their lands or culture, and they certainly do not allow any integration with their religion.

We have a conundrum; they are the ones who are intolerant; they have bigotry thriving; but it is implied that we are the bigots and haters because we quote their own sermons and measure their actions.

Are we to intentionally put aside hundreds of statements like this to show we are not bigots?
Narrated Abu Huraira: Allah ’s Apostle said, “I have been ordered to fight with the people till they say, ‘None has the right to be worshipped but Allah,’ and whoever says, ‘None has the right to be worshipped but Allah,’ his life and property will be saved by me except for Islamic law, and his accounts will be with Allah, (either to punish him or to forgive him.)” (Bukhari, Hadith, Vol. 4, Book 52, 196)

It’s not whether we respect them, but do they respect us, or others? Do we see Islam asking for rights of other religions in their own land? Of course not. In fact, in most Islamic countries other religions are OUTLAWED. Once they live by Sharia law it becomes difficult for them to allow anything that is contrary. Let’s not overlook the obvious, which would be the things right in front of your nose in plain view (called the news). Of all the compromises made these days, this has got to be the most asinine, irrational, and ignorant.

We have freedom to worship any way we want in America. Go try to have the same freedom, or promote your interfaith in one of the countries that have Islam as the state religion. This is why the whole matter is self-defeating and an exercise in futility.

The fact is, the only religion that is being used for violence is Islam, so we must ask why? Why are the majority of terrorists throughout the world Muslim? It’s because of the Qur’an, not their ethnicity; it is their religion that can affect their person and culture.

The idea of appeasement may exhibit tolerance to Islam, but it exhibits disloyalty to Christ. It is these people who call themselves a church that are not going to stand up against the tide of persecution. You can’t uphold what you don’t know. They will probably convert, since they are halfway there already. They are Christian in name only because they will not stand up for Christ or his gospel. This shows who the head of their church is. For the Lord is not consulted, they have abandoned the head of the body for spiritual correctness and the way of the world.

This supposedly includes reaching out to the Jews. They want to read from each other’s “sacred texts.” Do we expect the Hebrew or Christian Scripture to be read or spoken well in the Mosques? Is it too much to ask to see them do the same for Israel that they do for Islam and stand up for their right to exist and practice their religion not only in their homeland but in Muslim lands.

The Berean Call: Even Atheists on occasion recognize that the real threat to them is not biblical Christianity, but Islam. Consider the comments below, prompted by an article from the Religion News Service printed in the Salt Lake Tribune.
“More than 50 Churches Agree to Hold Koran Readings!!”

In the past I have stated I am not religious, but my goal is to help educate and unite Atheists and members of non-Islamic religions against a common enemy. That enemy is Islam. The good news is that our voice against Islam is clearly getting louder, the bad news is that far too many Americans who identify themselves as « Christians » are taking the easy way out and bowing down to Islam, in an effort to avoid a conflict that has been raging for 1400 years.

Muslim Hadith Book 019, Number 4366: « It has been narrated by ‘Umar b. al-Khattib that he heard the Messenger of Allah (may peace be upon him) say: I will expel the Jews and Christians from the Arabian Peninsula and will not leave any but Muslim. »
A conflict in which Christians are clearly losing!

[The author then quotes the article from the Salt Lake Tribune.] Pulpit pals: Christians, Jews, Muslims plan shared worship « Religious and human rights activists are asking U.S. churches to invite Jewish and Muslim clergy to their sanctuaries to read from sacred texts next month in an initiative designed to counter anti-Muslim bigotry.

The June 26 initiative, called « Faith Shared: Uniting in Prayer and Understanding, » is co-sponsored by the Interfaith Alliance and Human Rights First. Leaders of the two Washington-based groups said the event hopes to demonstrate respect for Islam in the wake of Quran burnings in recent months….
(Adelle Banks, « Pulpit pals: Christians, Jews, Muslims plan shared worship, » Religion News Service, May 17 2011).

There are some trying to respect a religion that considers itself superior to all religions and challenges the Bible on nearly everything it says, giving untrue alternate stories.

Agenzia Fides (the information service of the Pontifical Mission Societies) Continental News reports an increase in rape and forced marriage to convert to Islam of Christian and Hindu girls in Pakistan, a Muslim nation. This has been taking place at a larger scale in Africa. This is what Islam allows with Sharia law? We see no repercussions for this from Islam. Is this what they want us to respect?

Modern History of the Chrislam Movement

Nigeria, like many other African countries, has been experiencing increased violence between Muslims and Christians; the answer came religiously not politically.

The most popular Chrislam movement in Lagos, Nigeria at present is called Oke Tude: Mountain of Loosing Bondage. The older Chrislam movement is called Ifeoluwa: The Will of God Mission.

Oke Tude was founded in 1999 by a Muslim man calling himself Prophet Dr. Samsindeen Saka who was born in a Muslim family. He believed in Allah and went on a pilgrimage to Mecca four times. “During Saka’s second hajj in 1990, he received a divine call by Allah, telling him that he had to unite Christians and Muslims by enlightening them that they are serving the same God, but in different ways:

“The vision to bring mutual understanding between Muslims and Christians was revealed to me by Almighty God, when I rested near the Ka‘aba. In a dream God showed me pictures of religious intolerance in Nigeria, and He assigned me to bridge the misunderstanding between the two religions, to stop the killings. Initially, I didn’t understand the dream. On New Year’s Eve I called several Muslim scholars to my house. They prayed and afterwards fell asleep. It turned out that they all had the same dream: in their dream they saw me bringing together Christians and Muslims. This is how it started.” (Chrislam: Forging Ties in a Multi-Religious Society)

As far back as January 26, 2006, Christian Science Monitor did an article on this movement stating:

“Pastor Saka explains that his father was an herbalist and that both Muslims and Christians would come to him for healing. Although he grew up Muslim, and has been to Mecca on pilgrimage several times, he couldn’t comprehend Nigeria’s sectarian strife. He now considers himself a Christian, ‘but that doesn’t mean Islam is bad.’ Quite the opposite. Next to his mosque is a televangelist’s dream – an auditorium with 1,500 seats, banks of speakers, a live band, and klieg lights. On Sundays the choir switches easily between Muslim and Christian songs, and Pastor Saka preaches from both the Bible and the Koran. His sermons are often broadcast on local TV.” (In Africa, Islam and Christianity are growing – and blending)

Think about what is being said. That God (Allah) told him that he is the same God of both religions and to stop the killing (which was from the Muslims initially). This new revelation from a Muslim started this new synthetic blend that has become the answer for their conflicts.
This is what is being termed “Muslim-Christian coexistence” to accept the premise and practice of the coexistence movement you must depart from faith in Jesus Christ and what He said in the word of God. These religions are not to be united but to stay separated. Clearly, we have prior examples for us today: “They are turned back to the iniquities of their forefathers, which refused to hear my words; and they went after other gods to serve them”(Jeremiah 11:10). Islam believes Christianity has another God but will feign being of a kindred source when it is advantageous to them.
See: http://www.pbs.org/wnet/religionandethics/episodes/february-13-2009/chrislam/2236/

The Modern Chrislam movement in Lebanon
The main Chrislam organization on the web has a minimal amount of content. On its home page, it has a quote by Malcom X. This organization is more about dialogue and recognition of equality with the Abrahamic religions. But it does have some interesting points made in its agenda. We are told that “The members of the Committee are de facto members of the Arab Group for Islamic-Christian Dialogue, affiliated to the Middle East Council of Churches. Some are founding members of this Group.”

It appears there are two main people involved; Emir Hares Chakib Chehab and Mr. Mohammad As- Sammak. Emir Hares Chakib Chehab is the General Secretary of the Committee. Emeritus President of the Maronite League. Emeritus President of the Union of Christian Leagues in Lebanon. Maronite Syriac Church of Antioch is an Eastern Catholic Church in full communion with the Holy See of Rome.
Emirs Chehab, jurist and lawyer, is a consultant in the field of public relations and the owner of the Arab News Agency, which he founded after leaving his key position in the Ministry of Information.

According to the Maronite Syriac Church, they believe in the human nature of Jesus Christ and the reality of the incarnation of the Son of God for our Salvation; they hold to the divinity of Christ. So how this can be reconciled with Islam that calls this blasphemy is perplexing.

Mr. Mohammad As – Sammak is listed as no.101 on the common word website. Sammaka Political scientist – Secretary General of the Islamic Spiritual Summit in Lebanon member in the National Lebanese Unesco Committee, Editor in Chief of the review Al-Ijtihad and writes in several other newspapers. He represents Dar Al-Fatwa on the Committee, which is a Sunni council upholding Sharia law.

Dar al-Fatwa has commissioned lawyers to prepare a lawsuit against Aoun leader of the Free Patriotic Movement who has taken “stances hostile to Islam and Arabism since he began interacting with public affairs.” They accuse him of inciting tensions among sects in Lebanon and of defamation against the Sunni sect:

http://www.nowlebanon.com/NewsArchiveDetails.aspx?ID=274837#ixzz1PYadEL7x

 http://www.naharnet.com/stories/en/7018-dar-al-fatwa-to-sue-aoun-for-inciting-strife-advises-him-to-treat-himself

Dr. Jean Salmanian is the Chancellor of the Armenian Prelacy of Lebanon, representing the Armenian Orthodox Church.

Mr. Camille Menassa is Director of “L’Orient- le Jour,” newspaper and CEO of the publishing house “L’Orient-le Jour.” He is a professor at Saint-Joseph University, Vice-President of the Arab World Cultural Council. He represents the Greek Catholic Partriachate of Antioch and all the East.

Judge Abbas Selim El-Halabi- Jurist and judge as a background, he is member of the Permanent Secretariat of the Islamic Spiritual Summit and in charge of the key responsibilities in the Druze Community who appointed him as her representative to the Vatican Synod for Lebanon in 1995.
He represents the Druze House of the Community on the Committee

Mr. Michel Elias Abs is Professor at Saint-Joseph University of Beirut, he is the former Chairman of Department and Sociology and Anthropology. He is the former Director of the Lebanon Emergency and Development Program of the Middle East Council of Churches. He represents the Greek Orthodox Patriarchate of Antioch and all the East.

Dr. Ali El-Hassan is the founder of “The Lebanese- German Friendship Society » in Germany, the founder and chairman of « The Graduates of German Speaking Universities » in Lebanon, the Vice-President of the « 5th of June society » and a Co-founder of « AMAL Organization,” Dr. El-Hassan was a close associate to Imam Moussa El-Sader in his various political and social endeavors. He represents the Chiite Islamic Supreme Council on the Committee.
See also: chrislam.org website : http://www.chrislam.org/actions.html

[Moussa El-Sader was a Lebanese Shiite religious and political leader who came from Iran to Lebanon. He founded the Amal Movement the “Brigades of the Lebanese Resistance,” the military wing of the movement of the Deprived, which fought alongside the Lebanese National Movement and the Palestinian Resistance.
Lebanon has a real potpourri of political parties at work. Progressive Socialist Party, Socialist Arab Union Lebanese Communist, Party Syrian Social Nationalist Party, Syrian Social Nationalist Party, Christian Democratic Party, Hezbolla, Islamic Gathering Movement, Islamic Jihad Movement, Union of Muslim Ulama, Free Patriotic Movement, Democratic Secular Party, Arab Democratic Party. Many other parties take part in politics and the landscape is constantly changing as new parties spring up and others become defunct.
On the Chrislam site: Under the link “actions” Islamic-Christian National Dialogue Committee- Unified Working Paper, The Islamic-Christian National Dialogue Committee

“On the basis of the fundamental principles on which the Lebanese are agreed, as enshrined in the Document of National Entente (1989), and which affirm the commitment to Lebanon as the definitive country of all its people in its internationally recognized borders, with its Arab identity and membership of the Arab world;

“As an ample human terrain for freedom and dialogue between the followers of the divinely revealed religions, a land of life shared in common between Christians and Muslims, in which the aspirations and goodwill of all Lebanese come together and interact to build their state and political entity on the basis of a free republican, parliamentary, democratic system, under the protection of complete equality in rights and duties between all the people of one single country;
A state committed to the principle of freedom of religion, thought and information, as well as economic freedom, without monopoly and anarchy.” (underline mine)

What they call Chrislamogy is coming from Lebanon. The Lebanese population consists of 28 percent Sunni Muslim, 28 percent Shi’a Muslim, 5 percent Druze, 22 percent Maronite Christian, 8 percent Greek Orthodox,  and 4 percent Greek Catholic. There are also very small numbers of Jews, Bahai’s, and Hindus.

On the site: 4-Christian-Muslim Dialogue

“The coexistence between all denominations of Muslims and Christians is Lebanon’s greatest value. It is Lebanon’s mission to the world, in that it is a pattern of life, as well as a relationship of constant dialogue between the Christian and Islamic worlds, a link of continuity to enrich the values imprinted on human character by these two divinely revealed messages. To safeguard this formula of civilization and emphasize its credibility are therefore both a Lebanese and a human responsibility. However, since the struggle of power is usually exercised in a way that harms this formula, the establishment of a balanced political system constitutes a bulwark to protect this formula from any evil exploitation.
“National fraternization between Christians and Muslims in Lebanon is not merely a commitment dictated by the essentials of coexistence or a necessity for avoiding sectarian strife, but also a destiny, a choice, and a noble human task which makes Lebanon have a world mission. For this purpose, we have to work to unify national oratory so that it transcends sectarian selfishness, rising to openness and the interest of one country, for all denominations and all Lebanese.

“This requires the establishment of a just and conscious national state, which will open up horizons for emerging national forces to participate in creating a better tomorrow, reassure citizens and encourage them to shift from the shadow of the sect to the protection of the state which is responsible for their security and stability, and for providing them with the essential elements of a life of freedom and dignity.”

We need to pay attention to these next statements:
“These include the necessary guarantees of work, education, medical treatment and other social guarantees. The return of all displaced persons to their villages and houses, and a halt to the exploitation of their agonies and sufferings, are considered an essential basis for strengthening the credibility of the state as the protector of all citizens.” (underline mine)

The coexistence movement is not only interfaith but has strong elements of communism. Those involved in Chrislam make Lebanon sound like a prototype for a new world model.

These concepts are lofty goals under the heading of “moving forward” to forge unity. Yet we need to have a better name for Chrislam – maybe Islam-ity, as it is part of the Islamization of Christianity in America.

Voir encore:

What is Chrislam?

Nick Peters

CARM

In an age of pluralism, it’s not really a surprise to see an attempt to mix Christianity and Islam. This has been attempted by Shamsuddin Saka, a pastor in Lagos, Nigeria. His church is highly unusual in that when one looks on the lectern in it, one will see both the Bible and the Qur’an.

The basis for this is Saka going on the Hajj, the pilgrimage to Mecca. According to Saka, this was nineteen years ago (from the time of this writing) when he was in prayer and told by God to make peace between the two religions. While there is nothing wrong with peace between the two religions, provided they are allowed to disagree and reasonably discuss their disagreements, there is a problem with trying to take two contrary worldviews and put them together.

In the services at Saka’s church, they begin with a Qur’anic prayer. The mood of the prayer is intense and like that of what we’d see in a Pentecostal service. There is nothing wrong with expressive worship of course, but one has to be on guard to make sure one’s mind is fully aware of what is going on and able to deal with the information that is coming in.

After this, the sermon speaks on prayerfulness and the commonality between Islam and Christianity. Of course, there are some similarities between the two religions. Both see Jesus as sinless, sent by God, Messiah, and born of a virgin. Both believe in a God who is omnipotent, omniscient, and omnipresent. It is where they differ that matters, such as Islam’s denial of the deity of Christ and the triune nature of God.

Also noteworthy of what happens in Saka’s church is that Christianity appears to be taught as a Word of Faith Christianity with an emphasis on miracles being done. There are reports of women who say that they were unable to conceive and then came to Saka’s church and conceived.

Saka himself drives a Hummer. While this raises some eyebrows, Saka assures those who question him that it does not come from the money he gets from the ministry, as not much is collected. Instead, this was a gift to Saka from some followers based on an answer to prayer. It is a wonder, however, why it is that those who have an answered prayer give a gift to the pastor instead.

How ought Christians to respond? First, it the major differences that exist between Islam and Christianity should be noted. Of course, each person has the freedom to hold his own views and we do not want to see Christianity spread by the sword. However, we also do not want the faiths to be seen as equally valid paths to the same God. Christians should familiarize themselves with the Qur’an. It would do no harm for many a Christian to actually read Islam’s holy book in order to better be able to dialogue with Muslims.

Second, Christians also need to be wary of people who say, “God told me.” Of course, there’s no denying that God can tell a message to someone if he desires, but that message should be authenticated somehow, be it by checking prior revelation given or by some kind of bona fide miracle, much like Jesus and the apostles did. Of course, we must also remember that according to Deuteronomy 13, doing a miracle is not enough. The checking of prior revelation is more important.

Third, Christians should be aware of the health and wealth gospel taught by the Word of Faith churches. Faithfulness to God is not measured by how much money is in one’s bank account, but about how much treasure one has built up for himself in Heaven, something we cannot see on this side of eternity.

Finally, Christians need to make sure they know the essentials of their own faith and how to share it. What difference does the Trinity make and how can it be demonstrated from Scripture? Why should it be important for a Christian to know that Islam does, in fact, teach the virgin birth? Can a Christian answer the questions that Muslims have for them on topics relevant to Christianity?

At the time, this is a small movement, but Christians do need to be aware of attempts to synchronize contrary faiths. While there are areas of disagreement allowable within Christian circles, Islam denies that which is essential to the Christian faith, so Christians cannot view Islam as a valid path to God.

Sources:

http://www.pri.org/theworld/?q=node/24682
http://www.pri.org/politics-society/religion/chrislam.html
http://www.pbs.org/newshour/extra/video/blog/2009/05/chrislam_combines_christian_an.html

Voir de plus:

Chrislam — What is it?
Chrislam is a modern-day attempt to blend the teachings and practices of Christianity and Islam. Historically, Chrislam began under a Nigerian leader named Tela Tella in the 1970s. It recognizes both the Bible and Qur’an as holy books and reads from both sources during its gatherings. Likewise, both Christian and Muslim holidays are celebrated as equal. God and Allah are considered the same god.

While the number of Chrislam adherents in Nigeria is few, the concepts of Chrislam have spread worldwide in recent years. Many have claimed that the interfaith movements that incorporate both Christian and Muslim teaching in the West are Chrislam, while some Eastern movements have used elements of both religions in blended, syncretistic movements. Some also wrongly confuse Chrislam with Christian-Islam dialogue since the website chrislam.org uses the term in this way in Lebanon. However, dialogue is a different matter than blending Christianity and Islam into one religion.

Both biblical Christianity and traditional Islam reject modern attempts of Chrislam. The Bible teaches there is one God (Genesis 1:1) and that Jesus Christ is the only way to God (John 14:6; Acts 4:12). Islam rejects the idea of Jesus as divine, rejects the Christian view of God as Triune, and rejects the Christian belief in salvation by faith alone. These two religions logically contradict one another in numerous ways. The only way in which these two belief systems can be blended into one is to choose only those beliefs that fit one’s preconceived notions or to reinterpret both the Bible and Qur’an to fit a particular agenda.

Chrislam came into particular spotlight in 2009 following megachurch pastor Rick Warren’s address at the ISNA 2009 gathering (a major Muslim national event). Accusations were made that Warren had preached a message of Chrislam, that both religions were one. Warren soon responded with a clear rejection of these Chrislam accusations and a reaffirmation of orthodox Christianity. However, the events surrounding this controversy led to much attention regarding the definition of Chrislam and its spread throughout America.

Some have begun calling interfaith gatherings in the U.S. that involve combined worship services with Muslim and Christian elements Chrislam. Theologically, this label is accurate, though these participants are not connected with the movement in Nigeria and would likely reject the label.

Ultimately, however, Christians must be aware that the blending of Islamic worship elements with Christian worship is to be rejected (Jude 3). Instead, Muslims need a clear example of Christians who stand firm in their faith, present the biblical view of Jesus Christ, and live the teachings of the Bible. Only then will the biblical gospel message be clear to Muslims who seek salvation.

Voir par ailleurs:

“If They Can Burn It, We Can Read It.”

A UCC Minister’s Response to Burning the Qur’an.

 Zachary

The Creative Seminole

August 19, 2010

There are some things that really get under my skin. One of those things is religious intolerance, be it from Christians, Muslims, Jews, Agnostics, Pagans, Pastafarians, or the like.

Larry Reimer, a minister of the United Church of Gainesville, has decided to read scripture from the Qur’an in worship service in response to a local Qur’an burning. It’s good to know that I’m not the only one, then, who sees Gainesville, Florida’s Dove World Outreach Center’s plan to burn as many copies of the Qur’an as possible a stab in the heart to groups of religious followers that care about tolerance. Larry Reimer is a minister at the United Church of Gainesville, a deep advocate of civil rights, and the man responsible for what seems to be a very intelligent response to Dove’s outlash at Islam.

“If they can burn it, then we can read it,” said Reimer from an armchair across from mine in his office, lined with bookshelves and photos from many events canvassing the years. On a side table next to me, there’s a statue of the Buddha, along with various other spiritually-themed trinkets that seem to indicate that this office does not belong to a spiritually firm-handed man.

Reimer, along with other Gainesville religious leaders, will read scripture from the Qur’an as part of worship services on Sunday, September 12.

When asked about how he came about with the idea, “Almost right away, members of the congregation here asked me, ‘what are we going to do about this?’ Originally, I had the intention of giving [Dove Center] no more attention in the media. But as I thought about it, I asked myself what we could do that would be effective and proactive in promoting cooperation among our religious relatives.”

I prodded further about religious relatives. “Christianity, Judaism, and Islam are all part of the Abrahamic tree of faith. We all believe in the same God, and in many aspects we are all trying to accomplish the same goals. And in Islam, there are things that I think any follower of any other religion could learn from. Take prayer, for example. In Islam, one prays at least five times a day. The discipline to do that? Few of us have it. And like Christianity and Judaism, there is a strong call to love God and your neighbor.”

We chat on for a bit about the differences and similarities that each of the Abrahamic religions have when he says to me, “You know, we learn best from our rival siblings. We might not always agree with them, but they always point out our shortcomings. And in the end, we have the most in common with them. We pull from one another and make each whole.

“Look at FSU and UF, or Michigan and Ohio State. All students who grew up together, went to the same high schools, and in reality should be the most understanding of one another. Now that they’re on opposite sides of the stadium, they act like they have nothing in common. But they do, and if each member stopped for a minute and thought about it, they would realize they’re the same students, with the same dreams, looking and hoping to do the same things when they graduate.”

Then I ask him why he thinks these negative attitudes toward Islam exist. “The average American inherently assumes that Islam is violent and decidedly anti-American because we haven’t taken the time to experience Islam from an individual perspective or as a faith up close. A friend of mine was in Egypt when news of Dove Outreach’s Qur’an burning hit, and he told me that it was represented as mainstream Christianity, much in the same way that the violent acts we hear about here are represented as mainstream Islam. Here, Islam is still associated with terrorism. The acts of September 11th were not acts that were Islamic in nature. They were acts of fanatical extremists. And fanaticism is not confined to any one faith. I think that there’s no better time than September 12th to remind ourselves of this, and to read from Qur’an in worship to point out how much we really do have in common.”

Then I asked him the big one. If you could preach to the members of Dove Outreach Center for even five minutes, what would you say? “The danger to our faith comes not most from outside, but from the shadows within. We must pay attention to our neglect to look at ourselves, instead of automatically pointing the finger elsewhere. God’s call is for constant opening.”

Already, Larry has been interviewed for the New York Times. As of now, Fifteen religious leaders in Gainesville have agreed to share verses from the Qur’an on Sunday, September 12th. And he thinks that more will follow. “I’m not trying to make this a national or international event, but I feel that those who understand that allowing [the Qur’an burning] to pass silently by allows Dove Outreach to win in the fight against tolerance and religious compassion will stand up and share scripture from the Qur’an.”

Not a moment too soon. In the words of German poet Heinrich Heine written in 1820, now enshrined on a plaque at the site of Nazi Propoganda Minster Joseph Goebbels’ book burnings, “There, where they burn books, they will in the end burn people.”

Voir encore:

Le Pape sur les terroristes de Bruxelles: «Ils venaient d’un ghetto»
C. TQ
Le Soir

17 mai 2016

Pour le souverain pontife, le pire accueil que l’Europe peut faire aux migrants est de les « ghettoïser » et préconise l’intégration.

Le 16 avril dernier, le pape François ramenait douze réfugiés de l’île grecque de Lesbos à Rome . Un geste symbolique prônant l’accueil des migrants sur le Vieux Continent. Dans un entretien accordé au journal La Croix ce mardi, le souverain pontife est revenu sur la vague de migration qui touche l’Europe. «  On ne peut pas ouvrir grand les portes de façon irrationnelle. Mais la question de fond à se poser est pourquoi il y a tant de migrants aujourd’hui.  »

« Le pire accueil ? Le ghetto »
Le Pape accuse les guerres au Moyen-Orient et le sous-développement de l’Afrique d’être le problème initial du phénomène migratoire et prône l’intégration pour vivre en harmonie. «  Le pire accueil est de ghettoïser les migrants alors qu’il faut au contraire les intégrer. À Bruxelles, les terroristes étaient des Belges, enfants de migrants, mais ils venaient d’un ghetto. À Londres, le nouveau maire (le musulman Sadiq Khan) a prêté serment dans une cathédrale et sera sans doute reçu par la reine. Cela montre pour l’Europe l’importance de retrouver sa capacité d’intégrer. »

Le Pape s’est également exprimé sur l’éventuelle crainte de certains Européens face à la religion islamique. «  Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. »

Tenir compte de chaque culture
Il rappelle l’importance du facteur culturel en géopolitique.« Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  »

Et de conclure : «  Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. »

Voir enfin:

Rémi Brague : ne pas renvoyer dos à dos islam et christianisme
Par Rémi Brague
Le Figaro
Publié le 01/08/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le pape a déclaré que s’« il devait parler de violence islamique, alors il devait (aussi) parler de violence catholique». Le philosophe Rémi Brague rappelle que les textes sacrés des deux religions ne justifient pas la violence de la même manière.
Le FigaroVox publie de nouveau cette tribune de Rémi Brague, parue le 24 mai dernier. Le philosophe, professeur émérite à la Sorbonne, était alors «perplexe» quand le pape relevait une similitude dans l’esprit de conquête de l’islam et du christianisme. Une perplexité qui fait écho aux propos tenus ce dimanche par le pape Français à propos de la violence islamique et de la violence catholique.

Rémi Brague est un philosophe français, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive. Membre de l’Institut de France, il est professeur émérite de l’Université Panthéon-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages, notamment Europe, la voie romaine (éd. Criterion, 1992, rééd. NRF, 1999), il a dernièrement publié Le Règne de l’homme: Genèse et échec du projet moderne (éd. Gallimard, 2015) et Où va l’histoire? Entretiens avec Giulio Brotti (éd. Salvator, 2016).

Les déclarations publiques du pape François suscitent toujours l’intérêt. L’entretien accordé par le Souverain Pontife à deux journalistes de La Croix, publié dans ledit quotidien le 17 mai, contient ainsi une quantité de choses excellentes, et même réjouissantes. Par exemple, sa conception du rôle que le christianisme pourrait et devrait jouer envers les cultures, dont l’européenne, ou encore ses réflexions sur les causes de la crise migratoire et son traitement possible, enfin son amusante dénonciation du cléricalisme. Il y a là-dedans de quoi provoquer une réflexion approfondie, et l’on souhaite que nos décideurs en prennent de la graine.

D’autres points sont affaire de goût, et le mien ne coïncide pas toujours avec celui du Pape. Ainsi, nommer sur le même plan Maurice Blondel et Jean Guitton, et plus encore les deux jésuites Henri de Lubac et Michel de Certeau, me fait personnellement un peu sourire. Mais rien ne prouve que ce soit mon goût qui soit le bon…

En revanche, un passage suscite en moi une perplexité certaine, et c’est celui sur l’islam. Là aussi, il contient d’ailleurs de très bonnes choses, par exemple sur l’imprudence arrogante avec laquelle l’Occident a essayé d’imposer son régime politique à des régions mal préparées. Il est juste aussi de dire que la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible, même si les exemples de l’Argentine, avec son 1,5% de musulmans, et surtout du Liban, doivent être pris avec prudence. Tant qu’il s’agit de faire vivre ensemble des personnes, qu’il est déjà maladroit de réduire à leur seule affiliation religieuse, on a le droit d’espérer et le devoir d’agir en ce sens.

L’entreprise devient plus difficile là où l’on compare non plus des personnes, mais des systèmes religieux considérés dans leurs documents normatifs. De ce point de vue, un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)».

Le but du christianisme est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir.
On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens.

Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)».

Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu.

Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion.


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