Agression de NKM: Attention, une violence peut en cacher une autre ! (At last, extremism experts start to worry about the democratization of radicalism on the left)

18 juin, 2017
L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://media.townhall.com/townhall/reu/ha/2017/165/8a9a8a20-2069-4188-ba91-b4ef3c4c93d6.jpg
https://i2.wp.com/cdn.timesofisrael.com/uploads/2017/06/Screen-Shot-2017-06-17-at-5.17.11-PM-e1497709084178-635x357.png
https://cdn.jihadwatch.org/wp-content/uploads/2017/06/Three-Palestinians-killed-BBC.pngL’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les mots sont responsables: il leur est répondu. Les paroles de haine des avant-gardes ont préparé la mort des individus. (…) Pourquoi l’avant-garde a-t-elle été fascinée par le meurtre et a fait des criminels ses héros, de Sade aux sœurs Papin, et de l’horreur ses délices, du supplice des Cent morceaux en Chine à l’apologie du crime rituel chez Bataille, alors que dans l’Ancien Monde, ces choses là étaient tenues en horreur? (…) Il en résulte que la fascination des surréalistes ne s’est jamais éteinte dans le petit milieu de l’ intelligentsia parisienne de mai 1968 au maoïsme des années 1970. De l’admiration de Michel Foucault pour ‘l’ermite de Neauphle-le-Château’ et pour la ‘révolution’ iranienne à… Jean Baudrillard et à son trouble devant les talibans, trois générations d’intellectuels ont été élevées au lait surréaliste. De là notre silence et notre embarras. Jean Clair
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers.  Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres.  En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne (« Qu’ils s’en aillent tous ») ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifafs qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l’ »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d’ »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Les paiements versés par l’Autorité palestinienne aux terroristes et à leurs familles encouragent les attaques haineuses, comme celle que nous avons vue aujourd’hui. Les dirigeants palestiniens continuent à jurer qu’ils soutiennent la paix tout en versant de l’argent tous les mois aux terroristes et en éduquant leurs enfants à la haine. La communauté internationale doit demander que les Palestiniens mettent un terme à ces actes de violence intolérables. J’appelle le Conseil de sécurité à condamner immédiatement cet attentat terroriste. Danny Danon (ambassadeur israélien à l’ONU)
Les cambriolages se multiplient dans le secteur et rien n’est fait. Les gendarmes n’ont plus aucun moyen actuellement. Je suis hors de moi et j’invite le nouveau ministre de l’intérieur qui ne cesse de parler de sécurité à tout va à se rendre dans la France profonde. Vincent Debraize
Si la rencontre ne se fait pas avec les Français, si les électeurs préfèrent Nathalie Kosciusko-Morizet ou la ligne politique d’Edouard Philippe, j’en tirerai les conséquences. Jamais personne ne me fera voter pour Emmanuel Macron. Je veux défendre mes convictions. C’est une question de bon sens, de morale. J’assume totalement mes positions. Si en politique on n’assume pas ses positions aussi mûrement réfléchies auxquelles l’histoire a donné raison, ce n’est pas la peine de faire de la politique. Henri Guaino
L’électorat qui a voté dans la 2e circonscription de Paris est à mes yeux à vomir. D’un côté les bobos qui sont dans l’entre soi de leur égoïsme, de l’autre cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite qui va à la messe, envoie ses enfants au catéchisme et après vote pour un candidat qui pendant 30 ans a triché par tous les moyens. Des gens un peu pétainistes. (…) Aujourd’hui je suis libre, donc je peux dire ce que je pense. Henri Guaino
Je n’ai pas parlé de toute la France. je ne visais  que « les bobos qui vivent dans l’entre-soi » et « cette droite traditionnelle tellement hypocrite, au fond un peu pétainiste, qui n’est pas capable de se comporter conformément aux valeurs qu’elle proclame. Je n’ai pas insulté, j’ai dit ma vérité. A partir de dimanche soir je n’étais plus un homme politique, j’étais un citoyen. Henri Guaino
We accept that our original headline did not appropriately reflect the nature of the events and subsequently changed it. Whilst there was no intention to mislead our audiences, we regret any offence caused. BBC
I think we’re in a time when we can’t ignore the extremism from the Left. When we have anti-fascist counterprotests — not that they are the same as white supremacists — that can ratchet up the violence at these events, and it means we can see people who are violent on their own be attracted to that. I hate to say it, but it feels inevitable. Oren Segal (Center on Extremism, Anti-Defamation League)
 If you think about it, leftists never joined the National Rifle Association — unless they were radicals, they never thought about stockpiling weapons. Ok. Well, maybe we’re entering a period where leftists will start thinking about things in that way, like the eco-radicals did in the ’70s. These days, that kind of sentiment is popping up in the middle and on the left; it’s not just in the sovereign citizen movement. I’m really worried about rising civil strife in the U.S. Chris Hamilton (Washburn University, Topeka, Kansas)
 I’ve been going up and down the state of California meeting with law enforcement officials about this. I’m very concerned about it. What we’re seeing is the democratization of extremism and the tactics of radicalism. I’ve been warning about this, and nobody gave a shit. Brian Levin (Center for the Study of Hate and Extremism, California State University)
Left-wing extremism, of course, is nothing new. Groups like the Weather Underground and the Black Panthers have deep roots, and in the years after 9/11, Segal says, the largest source of extremist violence was from the Left: eco-terrorists and animal rights activists. But those later organizations mostly targeted institutions; in the modern era, politically motivated violence perpetrated by angry lone-wolf attackers bearing automatic rifles, of the sort carried out in Wednesday’s attack, has until now largely been a modus operandi of the far right. (…) Redneck Revolt doesn’t self-identify as “left,” but its ideals tend to fall along the liberal side of the spectrum: pro-Muslim, pro-immigrant, pro-LGBT, anti–economic inequality. But Mitch said that as the group has reached out to other organizations, like the local Three Percenter Militia, a largely right-wing, anti-Obama group, they found unlikely sources of commonality, particularly in their focus on local sovereignty, and general concerns about the direction of the country. Some former members of Three Percenters have even become involved in their activities — after “extensive vetting,” Mitch said. Vice

Attention: une violence peut en cacher une autre !

En ces temps décidément étranges et inquiétants …

Où contaminé par la fureur djihadiste …

Le premier suicidé ou déséquilibré venu se sent désormais obligé d’emporter avec lui qui une rue entière qui la totalité des 150 passagers d’un avion de ligne

Ou alors encore hier la jeune et courageuse vie d’une policière dont, pour cause de nationalité israélienne, aucune Tour Eiffel ne s’éteindra jamais …

Et au lendemain …

Coup sur coup, des deux côtés de l’Atlantique et en ce premier anniversaire du meurtre d’une jeune député travailliste

De l’agression sur un marché de la  « parachutée » de l’ancienne et si convoitée circonscription parisienne de François Fillon de Paris (5e, 6e et 7e arrondissements) …

Par le maire d’une petite commune normande et soutien d’un des adversaires de NKM au premier tour de la législative lui aussi malheureux, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy Henri Guaino …

Qui venait justement d’agresser verbalement les électeurs qu’il disait « vomir » de ne pas avoir voté pour lui …

Comment ne pas voir …

Au-delà de la colère qui monte de toute une partie de l’électorat se sentant non seulement délaissée mais méprisée par une nouvelle caste prétendument « progressiste » …

Dont tout drapé d’une fausse geste gaullienne après le véritable hold up électoral que l’on sait, l’actuel maitre du déni du réel de l’Elysée est devenu en France le nouveau chef de file …

L’irresponsabilité de ceux qui à droite font fi de la violence incitatrice et contagieuse,   complicité  des médias aidant, des mots comme des images

Mais aussi de l’autre bord dit « progressiste » la longue et tout aussi irresponsable complicité …

D’Hollywood à Saint Germain et entre appels à l’assassinat pour rire et têtes ensanglantées

Non seulement une violence verbale de nos belles âmes et beaux esprits des beaux quartiers …

Contre certes des responsables politiques qui de Marine Le Pen à Donald Trump manient et abusent eux aussi de l’agressivité verbale …

Mais aussi toute une violence de rue prétendument « antifachiste » ou « antisoniste » longtemps tolérée voire encouragée …

Dont les militants comme l’a montré la fusillade par un ancien fidèle de Bert Saunders contre des parlementaires républicains américains la semaine dernière …

Pourraient, selon certaines informations, désormais commencer à s’armer ?

Extremism experts are starting to worry about the left

WASHINGTON — In the spring of 2016, Brian Levin found himself in an uncomfortable position: trying to save the life of a Ku Klux Klan member.

Levin, a former New York City cop who studies domestic extremism as the director of the Center for the Study of Hate and Extremism at California State University, was documenting a Klan rally in Anaheim, California, when a counterprotest suddenly took a violent swing — forcing Levin to physically place himself between a Klansman and a furious, anti-fascist mob that seemed ready to kill.

It made Levin wonder if in his focus on the obvious subject — the white supremacists — he’d overlooked a growing source of extremism: the far left. “At that point, I said we have something coalescing on the hard left,” Levin told VICE News.

Wednesday morning’s shooting of Republican lawmakers at a baseball practice in Virginia seemed to raise the question again. The shooter, James T. Hodgkinson, was a Bernie Sanders-supporting man from Illinois with a record of anti-Trump rantings on social media. His politics have quickly become a talking point among some conservative pundits seeking a quick political score: proof of a looming leftist campaign against the government.

Experts in homegrown extremism say it’s not so simple — Hodgkinson had no known association to any left-wing extremist group. But they also say that the past few months have seen enough of a rise in politically motivated violence from the far left that monitors of right-wing extremism have begun shifting their focus, and sounding the alarm. They see indications that the uptick in extremist rhetoric and anti-government activism that characterized the early years of the Obama presidency are beginning to manifest on the far left in the early days of Trump’s, and that the two sides are increasingly headed for confrontation.

“I think we’re in a time when we can’t ignore the extremism from the Left,” said Oren Segal, the director of the Center on Extremism, an arm of the Anti-Defamation League. Over the past few months, the ADL, which hosts regular seminars on homegrown extremism for law enforcement officials, has begun warning of the rising threat posed by far-left groups, most recently at a seminar just this past Sunday. “When we have anti-fascist counterprotests — not that they are the same as white supremacists — that can ratchet up the violence at these events, and it means we can see people who are violent on their own be attracted to that,” Segal said. “I hate to say it, but it feels inevitable.”

The evidence is so far largely anecdotal. Levin says that since December 2015, he’s documented nearly two-dozen episodes in California where political events turned violent because of agitation on both sides, something he says he hardly ever saw before. Now, there are violent clashes on college campuses involving groups like Antifa, the anti-fascist group, taking on the alt-right; and aggressive anti-Trump rallies attended by members of the Redneck Revolt, a new pro-minority, anti-supremacist group that encourages its members to train with rifles. Online, hard leftists increasingly discuss politics in dire terms, and rationalize violence as a necessity— even the true inheritor of traditional progressive activism. (Or, in the case of the “Punch a Nazi” meme, a fun game.)

Left-wing extremism, of course, is nothing new. Groups like the Weather Underground and the Black Panthers have deep roots, and in the years after 9/11, Segal says, the largest source of extremist violence was from the Left: eco-terrorists and animal rights activists. But those later organizations mostly targeted institutions; in the modern era, politically motivated violence perpetrated by angry lone-wolf attackers bearing automatic rifles, of the sort carried out in Wednesday’s attack, has until now largely been a modus operandi of the far right.

In a recent interview with VICE News Tonight, a chapter leader of one newly formed anti-fascist group called Redneck Revolt said the group has taken up guns only in self-defense. “We are a response to a rise in politically motivated violence and intimidation against vulnerable communities,” said the chapter leader, who asked to be identified only by a first name, Mitch. “That doesn’t mean that we’re, like, looking for a fight. We’re just trying to defend ourselves.”

Redneck Revolt doesn’t self-identify as “left,” but its ideals tend to fall along the liberal side of the spectrum: pro-Muslim, pro-immigrant, pro-LGBT, anti–economic inequality. But Mitch said that as the group has reached out to other organizations, like the local Three Percenter Militia, a largely right-wing, anti-Obama group, they found unlikely sources of commonality, particularly in their focus on local sovereignty, and general concerns about the direction of the country. Some former members of Three Percenters have even become involved in their activities — after “extensive vetting,” Mitch said.

Chris Hamilton, an expert on American extremist movements at Washburn University in Topeka, Kansas, says anti-authoritarian sentiment may be blurring what once seemed to be clear ideological lines. “If you think about it, leftists never joined the National Rifle Association — unless they were radicals, they never thought about stockpiling weapons,” he said. “Ok. Well, maybe we’re entering a period where leftists will start thinking about things in that way, like the eco-radicals did in the ’70s.”

Hamilton says that as he browses far-left websites and listens to left-wing talk radio, he hears some of the same sentiments he’s been hearing for years on the right. “These days, that kind of sentiment is popping up in the middle and on the left; it’s not just in the sovereign citizen movement,” he said. “I’m really worried about rising civil strife in the U.S.”

Levin is worried about it too: The embrace by the far left of tactics that were previously the purview of the far right means the level of political tension in the country can only go up. “I’ve been going up and down the state of California meeting with law enforcement officials about this. I’m very concerned about it,” he said. “What we’re seeing is the democratization of extremism and the tactics of radicalism. I’ve been warning about this, and nobody gave a shit.”

Voir aussi:

The slow-burning hatred that led Thomas Mair to murder Jo Cox
25 years before he killed the MP, Mair told a far-right magazine that the ‘white race’ faced a long and very bloody struggle
Ian Cobain, Nazia Parveen and Matthew Taylor
The Guardian
23 November 2016

Reclusive, nervous and by his own account gripped by feelings of worthlessness, Thomas Mair struck his neighbours and many of his relatives as odd but quite harmless. “Tommy’s nowt to worry about,” they used to say on the Fieldhead estate in Birstall, West Yorkshire. “He wouldn’t hurt a fly.”

In truth, Mair was racist and a terrorist in the making, his home stuffed with far-right books and Nazi memorabilia and his mind brimming with a belief that white people were facing an existential threat. “The white race,” Mair once wrote, was about to be plunged into “a very bloody struggle”. His greatest obsession, however, and his deepest bitterness was over those white people whom he condemned in his writings as “the collaborators”: the liberals, the left and the media.

The seeds of the hatred that drove him to murder his MP, Jo Cox, appear to have been sown years earlier, when he began to acquire the means to kill. They germinated during the febrile countdown to the EU referendum.

Brexit campaigners were claiming that a remain vote would result in “swarms” of immigrants entering the UK, that it could trigger mass sexual attacks. Just hours before the murder, Ukip unveiled its infamous “breaking point” anti-immigration poster. Mair came to regard Cox as one of “the collaborators”, a traitor to his race. The passionate defender of immigration and the remain campaign was a legitimate target in his eyes.

Mair was an extremely slow burner. He appears to have fantasised about killing a “collaborator” for more than 17 years, drawing inspiration from another rightwing terrorist, David Copeland.

Over 13 days in April 1999, Copeland planted three nail bombs in London, targeting first black people, then Asians and finally gay people. Three died and more than 140 were injured, some losing limbs.

Copeland was a former member of the British National party (BNP) and an admirer of the late William Pierce, once the leader of a US neo-Nazi organisation, the National Alliance. Pierce’s novel The Turner Diaries, which depicts an apocalyptic race war, had been particularly influential.

Copeland was arrested on 30 April that year, shortly after planting his third and final bomb at the Admiral Duncan, a gay pub in the Soho area of the capital. He appeared in court four days later. The bombings were front-page news and dominated the airwaves. It is fair to assume that Mair would have been following events.

On 13 May 1999, 10 days after Copeland’s first court appearance, staff at the National Alliance offices near the small town of Hillsboro, West Virginia, were packing a consignment of goods to be sent to Mair’s home on the Fieldhead estate.

A packing slip subsequently obtained by the Southern Poverty Law Center (SPLC), a US civil rights body, showed Mair had bought a range of items from the organisation. They included manuals on the construction of bombs and the assembly of homemade pistols, six back issues of the Alliance journal called Free Speech, and a copy of Ich Kämpfe, a tract handed out to Nazi party members in 1943, the year that Germany’s wartime fortunes began to wane.

Having been galvanised by Copeland’s attacks, Mair took his first steps on the long road that would lead to his own hate crime.

Other records the SPLC obtained show this was one of a series of purchases that Mair made from the National Alliance over a four-year period. He began to subscribe to Free Speech, and other publications with titles such as Secret of the Runes and We Get Confessions were packed up in Hillsboro and sent to the semi-detached council house where Mair had been living alone since the death of his grandmother three years earlier. In total, he spent more than $620 (£500) on Alliance purchases.

Mair amassed a small library about the Nazis, German military history and white supremacy, which he kept in a bedroom at his home on a bookshelf topped by a gold-coloured Third Reich eagle with a swastika. SS Race Theory and Mate Selection Guidelines was the title of one, fairly typical text. Uniforms and Traditions of the Luftwaffe Volume Two was another.

He also subscribed to a rightwing magazine called SA Patriot, which was initially published in South Africa by the Springbok Club, but moved to the UK and became SA Patriot in Exile in 1991. That year, Mair had written a letter to the magazine in which he railed against the killing of loyalist paramilitaries in Northern Ireland and attacked the UK media’s coverage of South African affairs “which … never fails to present whites in the worst possible light”.

He tried to end his letter on a positive note: “Despite everything, I still have faith that the white race will prevail, both in Britain and in South Africa.” But then his pessimism got the better of him: “I fear that it’s going to be a very long and very bloody struggle.”

Eight years later, around the time Mair purchased the bomb-making manual from the US, the magazine ran another of his letters. He praised the publishers for “carrying on the struggle”, before returning to his ultimate obsession. “I was glad you strongly condemned collaborators in the white South African population. In my opinion the greatest enemy of the old apartheid system was not the ANC and the black masses but white liberals and traitors.”

The Springbok Club still runs a blog, which just two weeks before Cox’s murder urged UK readers to vote to leave the EU in order to renew links with their “ethnic brothers and sisters” elsewhere in the world.

The magazine’s editor, Alan Harvey, told the Guardian: “He sent us a fiver, which would have been enough for about five issues, but I’ve never met him. I know nothing at all about him.”

Because Mair was so reclusive, few people do.

Far-right links

Thomas Alexander Mair was born in the Scottish town of Kilmarnock in August 1963, the son of James, a machine operator in the lace industry, and Mary, a factory worker. He was named after his grandfathers. The Mairs had a second son, Scott, but the marriage did not last long, and Mary and the boys moved to Birstall, a mill town eight miles south-west of Leeds. Mary remarried, and Mair has a half brother, Duane St Louis.

Mair’s links with far-right groups in the US and South Africa are well documented, but his associations with similar organisations closer to home appear more tenuous. He told the SA Patriot in Exile that he had had some contact with the National Front in the early 1990s, he was seen at an English Defence League rally and attended a meeting of nationalists in London.

Supporters of various far-right organisations in West Yorkshire deny, however, that Mair was ever part of the local scene, and anti-fascist campaign groups say he had not crossed their radar. “He’s not on any of our lists,” a spokesman for one such group said, before adding quickly: “Not that we keep any lists, you understand.”

Nor had he ever come to the attention of the police. He had no previous convictions.

Speaking after the verdict Det Sup Nick Wallen, from West Yorkshire Police, said Mair had never had so much as a conversation with the police.

He described him as a “loner in the truest sense of the word.”

“This is a man who never held down a job never had a girlfriend never any friends to speak of.” Wallen said Mair had had never had “so much as a conversation” with the police.

There would have been no shortage of opportunities for Mair to make common cause with rightwing extremists in his area. The demographic changes in the towns and villages around Birstall and nearby Batley happened a generation or more ago, but it has remained fertile ground for the far right, for whom the many Muslims in the area represent a highly visible enemy.

In the mid-90s, one local man formed an offshoot of the National Alliance, which he called the National Socialist Alliance. In 2006, after a jury at Leeds crown court cleared Nick Griffin, the then BNP leader, and another party member of inciting racial hatred, Griffin hailed West Yorkshire as “an unusually radicalised” part of the UK; meaning, apparently, that he believed a considerable proportion of people there shared his views.

Three years later, when a list of BNP members was leaked, significant numbers were found to live in the towns and villages west of Leeds, with a couple of dozen near Birstall.

A year after that, police discovered 54 homemade bombs and a dozen firearms at a house in Batley. The occupant, Terence Gavan, a BNP member, was jailed for 11 years after admitting a series of offences under the Terrorism Act 2000. The court heard that Gavan showed “strong hostility” towards immigrants.

Since then, a number of smaller fringe groups – the British Movement, National Action, the National Front, the Yorkshire Infidels and Liberty GB – have recruited members in the area. The NF, the BNP and Liberty GB fielded candidates in the byelection triggered by the Labour MP’s murder. The Conservatives, Liberal Democrats and Ukip all declined to stand.

Members of the far right have staged several marches in the area over the past two years. Such was the level of concern this year at the local authority, Kirklees council, that it asked Tell Mama, an organisation that monitors anti-Muslim incidents, if it could help devise a strategy to ease community tensions that were being caused or exacerbated, in part, by the far right.

It appears that Mair, however, had little to do with such groups, perhaps because he was so reclusive. He preferred his relationships with the far right to be long-distance affairs.

He was a frequent visitor to Birstall’s public library, where he used the computers. One of the librarians, Beverley Fletcher, recalled how he would walk in and simply utter the word “computer”. “Thomas Mair doesn’t engage in conversation and he doesn’t give much eye contact,” she told police. “And I don’t remember him ever getting a book out of the library.”

Earlier this year he was using the library’s computers to research such matters as the BNP, white supremacists, Nazis and public shootings.

In the days before the murder he sought out information about the Ku Klux Klan, the Waffen SS, Israel, serial killers and matricide. He read up on the death of Ian Gow, the last MP to have been murdered, killed by an IRA car bomb in 1990. He accessed the Wikipedia page of the former foreign secretary William Hague, a Yorkshire politician who, like Cox, supported the campaign to remain in the UK.

Mair had acquired a firearm, a German made Weihrauch .22 bolt-action rifle, from which the stock and most of the barrel had been removed.

It was stolen from the boot of a sports utility vehicle in nearby Keighley in August 2015. But detectives admit they still do not know how “true loner” Mair, who had no social network, got hold of it.

“How he came to be in possession of that gun is an active line of inquiry for us,” said DS Wallen after verdict.

Mair had carried out online research into .22 ammunition, reading one page that offered an answer to the question: “Is a .22 round deadly enough to kill with one shot to a human’s head?” He also bought a replica British army second world war dagger.

Mair was particularly fascinated by the Norwegian Anders Breivik, who murdered 77 people in gun and bomb attacks in 2011, and kept newspaper clippings about the case. Despite his identification with violent figures of the far right, however, he made little effort to make any real contact with others of a like mind.

Mental health

In the immediate aftermath of the murder, there were suggestions among some neighbours that Mair had a history of mental illness.

According to members of his family, he had been treated for obsessive compulsive disorder, and it is said that he was so anxious about cleanliness that he had been known to scrub himself with pan scourers.

Police discovered evidence of behaviour associated with OCD when they searched his home. It was sparse and obsessively orderly, and inside his kitchen cupboards, tinned food was carefully arranged in precise rows, with each label pointing in exactly the same direction.

Mair himself claimed to be in need of treatment for mental health problems. In 2010, while volunteering at a country park near his home, he suggested to an interviewer from the Huddersfield Examiner that he had previously received such treatment. “Many people who suffer from mental illness are socially isolated and disconnected from society,” he said. “Feelings of worthlessness are also common, mainly caused by long-term unemployment.”

After his arrest, he was examined by a psychiatrist who could find no evidence that his mental health was so poor that he was not responsible for his actions. He was essentially a sane man.

Mair is clearly an extraordinarily troubled individual. Some psychologists who have studied people responsible for acts of “lone-wolf terrorism” have concluded that they frequently identify strongly with one group so strongly that they are prepared to make considerable sacrifices for what they see as the good of the group.

The authors of one study wrote that “positive identification with a group, combined with the perception that this group is being victimised, produces negative identification with the group perpetrating the injustice”. This appears to chime with Mair’s belief that “collaborators” were operating to the detriment of white people.

The authors also found that individuals who are radicalised by a sense of grievance “can be steady, planful and workmanlike – as indeed many lone-wolf attackers seem to have been”.

Those in Birstall who believed Mair to have been odd but harmless say he was devoted to his mother, who lived nearby, and many commented on the way he tended elderly neighbours’ gardens. Neighbours, who knew nothing of his links with white supremacists, said they had no reason to believe he was racist. His half-brother, Duane, whose late father, Reginald, was originally from Grenada, said he had never heard him express racist sentiments.

Others in the town tell a different story. A number of Asian taxi drivers say Mair would utter insulting comments to them. “He’d been reported by a few taxi drivers for making racist remarks,” said Zein Ali, a controller at Oakwell and Rex taxis. “When they dropped him off and he was paying them, he’d say racist things. We always thought he was a racist.”

The books and magazines that police recovered from his home and the examination of library computers on which he had browsed the internet left no room for doubt.

Turning to murder

The question remains as to why Mair turned to murder in June, 25 years after he first made contact with the Springbok Club and 17 years after he purchased a manual describing the assembly of a homemade pistol.

Copeland was also a slow burner, taking a number of years to convince himself that he should turn to terrorism. At his trial, the prosecuting counsel said he had told police that the seed had been planted in July 1996, when the Olympic Games in Atlanta were bombed. The following month, during the Notting Hill carnival in west London, Copeland found himself fantasising about a bomb exploding among the crowds.

“To start with he treated the thought as a joke, but he could not get it out of his head,” said Nigel Sweeney QC. “The thought became stronger. He woke up one day and decided he was going to do it.”

It appears that Mair also woke up one day and decided he was going to do it.

Cox was a vocal supporter of the remain campaign. Her constituency is a place where anti-European feelings run high, and each day during the referendum campaign, Mair was surrounded by red and orange Vote Leave notices. St George’s cross flags fluttered from windows. His “death to traitors” outburst during his first court appearance shows he regarded Cox as one of “the collaborators”, the white people who had betrayed their race.

Perhaps he was provoked by the far-right literature he devoured. It is possible that, like Copeland, he hoped to become the spark that would ignite a racial war. One of the last searches he conducted on Birstall library computers was into people who had been executed as traitors.

On 16 June, on a warm and sunny afternoon, Mair stepped out of a shadow as Cox walked towards the library where she was due to hold a surgery for constituents. He raised his sawn-off rifle and shot her. Then he pulled her to the ground, dragged her between two parked cars, and stabbed her repeatedly with his dagger. When Bernard Carter-Kenny, a 77-year-old passerby, tried to intervene, Mair stabbed him too. He then stepped back a little, as if he had finished. But when he heard Cox warn her two assistants to flee – shouting “get away, let him hurt me, don’t let him hurt you!” – he stood over her and shot her twice more, and stabbed her again.

Cox was shot twice in the head and once in the chest. Rounds passed through both hands as she tried to protect herself. Some of the eyewitnesses gave evidence at Mair’s trial, but one became so unwell as a consequence of what she saw that she could not attend. Mair was said to have appeared calm throughout. “Cold” was the word one witness used to describe him. They saw Mair swing the knife again and again as he stabbed Cox 15 times in her heart, lungs and abdomen. One blow pierced her chest after passing through her right arm.

He did so, according to the eyewitness, while saying: “Britain first, keep Britain independent, Britain will always come first.”

Finally, he yelled: “This is for Britain.”

Voir encore:

Solange Bied-Charreton
Valeurs actuelles

18 juin 2017

Polémique. Festivals interdits aux Blancs, communautarisme ethnique, instrumentalisation de la discrimination… La nouvelle nébuleuse antiraciste, rarement inquiétée par la justice, n’en finit pas d’attiser la haine.

Anne Hidalgo a trouvé « un accord ». Virulente tout d’abord, elle avait lâché, fin mai, le mot d’“interdiction”. Mais la maire de Paris a finalement opté pour un accommodement raisonnable permettant au festival afroféministe Nyansapo — dont 80 % des activités proposées sont réservées aux femmes noires — d’avoir lieu, fin juillet. La Générale, local initialement mis à disposition par la municipalité, accueillera l’espace ouvert à tous et la majeure partie du festival se tiendra quant à elle autre part. Racisme et discrimination sexuelle sont donc légitimés, permis, pourvu que leur scénario se déroule dans un cadre privé. Le collectif Mwasi, organisateur du festival, le précise tout de même : il n’est « ni contre les hommes ni contre les autres groupes ethno-raciaux ». Ceux-ci pourraient même se voir considérer comme alliés, « après concertation des membres du collectif ». Nous voilà rassurés.

Le rétropédalage de l’édile parisienne, qui avait d’abord demandé au préfet une interdiction du festival, en dit long sur l’impuissance politique face à la banalisation d’un phénomène qui a pris de l’ampleur depuis quelques années. En 2010 déjà, Lilian Thuram, les historiens Pascal Blanchard et François Durpaire, l’activiste Rokhaya Diallo et Marc Cheb Sun, alors directeur de la rédaction de Respect Mag, lançaient un appel, relayé par le Monde, pour « une République multiculturelle et post raciale ». Le gros du programme ayant été axé sur la culpabilité postcoloniale et la lutte contre les discriminations subies par les minorités visibles, il faisait présager pourtant exactement le contraire de cette France unie et réconciliée qu’il annonçait. De fait, il ouvrait la boîte de Pandore et une série de prises de parole et d’initiatives déroulent aujourd’hui la feuille de route du Parti des indigènes de la République (PIR), fondé cette même année 2010, sur la base du Mouvement du même nom, qui avait éclos cinq ans auparavant.

Si, pour Sadri Khiari, l’un de ses fondateurs, « le Blanc est un rapport social et non un fait naturel. Il n’existe en tant que tel que comme moment d’un rapport social d’oppression et de lutte contre cette oppression », c’est qu’il est coupable par principe. « Le Blanc est une forteresse inexpugnable », écrit encore Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République, dans les Blancs, les juifs et nous (La Fabrique Éditions). Un discours qui instrumentalise les notions d’exclusion et de discrimination pour faire valoir une prétendue égalité. Au coeur des idées indigénistes, la dénonciation d’un racisme d’État, mais surtout d’une oppression de fait des “racisés” par les “non-racisés”, logorrhée venant à l’appui d’une idéologie que l’espace médiatique, politique et public dans son ensemble tend de plus en plus à accepter et à banaliser. « Comme à l’extrême droite, il s’agit, explique Fatiha Boudjahlat, candidate MRC aux législatives dans la 4e circonscription de Haute-Garonne, cofondatrice, avec Céline Pina, de Viv(r)e la République, d’appliquer une stratégie de “retraditionnalisation” visant à coaliser une communauté, mise à mal dans une société ouverte comme la société occidentale. Avec, selon cette logique, l’idée raciste qu’on n’atteint l’authenticité qu’en restant entre soi, sans mélange. »

Le burkini, offensive islamiste, défendu au nom de la lutte contre l’islamophobie

La reconstruction de l’identité raciale a ses mentors et ses militants qu’ils forment, comme en août dernier, au “camp d’été décolonial” de Reims interdit aux Blancs, lequel n’avait rien provoqué de plus que de l’indignation et un débat dans la presse… Au même moment déferlait sur la France la polémique du burkini, offensive islamiste défendue par une partie des féministes, comme la journaliste militante Sihame Assbague, sur le principe de la lutte contre les discriminations envers les musulmans. On retrouvait également dans ces rangs l’historienne activiste Laurence De Cock, pour laquelle, par ailleurs, la question des femmes poussées hors de l’espace public dans le secteur la Chapelle-Pajol, à Paris, n’est qu’une expression parmi d’autres de la “panique identitaire” (du nom d’un ouvrage qu’elle a coécrit) de l’Occident face aux cultures venues d’ailleurs et se règle, comme le suggérait aussi Caroline De Haas, par des mesures d’aménagement urbain.

Dévoiement de l’antiracisme, dévoiement du féminisme

Omerta sur la violence d’un racisme excusé, accompagné le plus souvent d’un antisémitisme virulent, au prétexte de défendre de la cause palestinienne. Mépris du corps de la femme, de sa personne. Ce sont également les ingrédients du scandale qui, l’hiver dernier, émailla la bien-pensance en mal de figures victimaires autour de Mehdi Meklat, chroniqueur, écrivain et documentariste issu des banlieues qui crachait à longueur de tweets, depuis de nombreuses années, son admiration pour le djihadiste Mohammed Merah, sa haine des Français de France, des juifs, des homosexuels ou des femmes. Couvert par la presse de gauche, qui connaissait son pseudonyme et passait tout au jeune homme, au motif qu’il faisait partie de la caste des opprimés, sa success story était pourtant impeccable. Si l’emballement médiatique a eu raison de Meklat, une seule opération de com d’Anne Hidalgo a suffi au collectif Mwasi pour gagner la bataille du festival Nyansapo.

Dévoiement de l’antiracisme, dévoiement du féminisme, matérialisés par les ateliers “non mixtes” du festival, qui se tiendront comme prévu, fin juillet, malgré la condamnation de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), assimilée pour l’occasion par les organisateurs à l’extrême droite. « Une vraie régression ethnique », selon Fatiha Boudjahlat, qui rappelle que le développement séparé (femmes séparées des hommes, Noirs séparés des Blancs) est la définition même de l’apartheid. « La victoire politique d’Anne Hidalgo consiste à faire croire qu’elle s’est mobilisée contre le festival alors qu’elle n’a rien obtenu. Elle capitalise sur une absence de résultat. » Les enjeux sont pourtant d’importance si, à en croire les tweets de la maire de la capitale, « Paris est une ville mixte ». Les séminaires de réflexion réservés aux femmes ne datent pas d’hier, le féminisme des années 1970 en faisait son ordinaire, en France ou aux États-Unis. Ils auraient pour vocation d’amener les femmes à parler sans pression et sans jugement. Pourtant, pour ce qui concerne le festival Nyansapo, les intentions sont claires : il s’agit de former des militantes, non seulement en clivant les genres, mais surtout en séparant les ethnies. Ainsi, la présence des hommes, comme la présence des Blancs, est vécue comme une violence en elle-même.

« S’appuyant assez malhonnêtement sur le modèle de la ségrégation raciale aux États-Unis jusqu’aux années 1960, ils sont encore dans la phase de mobilisation et de militantisme, affirme Fatiha Boudjahlat, mais il existe bel et bien un agenda politique, avec des étapes, dont le but est la fragmentation de la société. » Elle oppose cet antiracisme — qui n’est qu’un ethno-différencialisme — au chemin d’émancipation de l’individu proposé par l’antiracisme initial, républicain, fondé sur l’universalisme, pour lequel ce n’est pas la commu nauté (raciale ou religieuse) qui constitue le projet politique commun, mais bien la nation.

Sans toutefois que le lieu en soit connu, un second camp d’été décolonial est déjà prévu, pour août prochain, « réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’État ». Fatiha Boudjahlat ne se fait aucune illusion. Le Grand Détournement, son livre, qui portera la réflexion sur ces questions, paraîtra aux Éditions du Cerf en septembre prochain.

Voir par ailleurs:

Netanyahu demande que l’AP condamne l’attentat de Jérusalem
Le Fatah a accusé Israël de “crime de guerre” pour la mort des terroristes ; Liberman et Rivlin ont rendu hommage à Hadas Malka, “une inspiration pour nous tous”
Times of Israel
18 juin 2017

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé samedi que l’Autorité palestinienne (AP) condamne l’attentat terroriste de Jérusalem commis par trois Palestiniens, qui ont poignardé à mort Hadas Malka, garde-frontière de 23 ans.

« Le Premier ministre demande que l’Autorité palestinienne condamne l’attentat, et attend que la communauté internationale le fasse aussi », a indiqué un communiqué de son bureau.

Vendredi soir, le Fatah a déclaré dans un communiqué que la mort des trois terroristes, qui ont attaqué en deux emplacements de la Vieille Ville de Jérusalem, était un « crime de guerre ».

Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, a sèchement répondu à la déclaration du Fatah, affirmant qu’elle « montre qu’il n’y a pas de partenaire [pour la paix] de l’autre côté. »

Liberman a rendu hommage à Malka, 23 ans, qui a tenté de prendre son arme et a combattu contre son attaquant pendant qu’il la poignardait, pour la « détermination et le courage » avec lesquels elle a agi. Elle était « une inspiration pour nous tous », a-t-il dit.

Le président Reuven Rivlin a lui aussi rendu hommage à Malka samedi.

« Mon cœur est avec la famille de Hadas, la gardienne de nos murs, pendant ces moments difficiles de profond chagrin, a dit Rivlin. Que sa mémoire soit bénie. »

« J’envoie de la consolation et de l’aide à sa famille, et je remercie profondément tous ceux qui combattent héroïquement et résolument pour la paix de nos citoyens », a dit Rivlin.

Malka a été enterrée à minuit et demi samedi soir, à Ashdod. Elle laisse derrière elle ses parents, ses trois sœurs et ses deux frères.

« Nos pensées vont avec cette combattante courageuse, qui, d’après ses photographies, semblaient pleine de joie de vivre, et d’un amour pour le service important auquel elle a voulu participer », a dit Rivlin.

Il a également rendu hommage aux forces de sécurité israéliennes.

« La réactivité de nos forces [de sécurité] nous permet de continuer à vivre ici, à Jérusalem, et dans tout le pays, une vie de sécurité et de routine face aux forces assassines des organisations terroristes », a ajouté Rivlin, promettant qu’Israël « poursuivra tous ceux qui aident le terrorisme, où qu’ils soient. »

Voir de plus:

France Soir
17 Juin 2017
INFO FRANCE SOIR – Un homme, maire de la petite commune de Champignolles (Eure, Haute-Normandie), est en garde à vue depuis 8h30 ce samedi dans l’affaire de l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il est le principal suspect de cette enquête ouverte pour violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public (Article mis à jour).
L’agresseur avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche.

INFO FRANCE SOIR – L’enquête progresse. Un homme a été interpellé ce samedi 17 au matin, soupçonné d’avoir agressé jeudi 15 Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate Les Républicains aux élections législatives, a-t-on appris de source proche du dossier.

Le suspect a été placé en garde à vue à 8h30 « pour des faits de violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public » après cette agression contre l’ancienne ministre sur un marché du Ve arrondissement, a indiqué cette source. Selon les informations de France Soir, il s’agirait de Vincent Debraize, 54 ans (4 septembre 1962), ex-UDI et maire de la petite commune de Champignolles dans l’Eure. L’homme avait donné son parrainage à Henri Guaino pour l’élection présidentielle 2017, le même Guaino qui a été éliminé au premier tour des législatives, dimanche 11, par NKM et Gilles Legendre (LREM), et s’est illustré le soir-même en dérapant en direct sur BFMTV. Il avait dit que les électeurs étaient « à vomir ».

De cet homme, FranceSoir a découvert qu’outre son mandat d’élu local il est gérant de la société Alkade (présentée comme une agence de publicité) domiciliée à Paris, dans le IXe arrondissement, après la liquidation d’une précédente société en 2016 (Qui est Vincent Debraize? Son portrait détaillé à lire ici). Son placement en garde à vue l’empêchera de tenir la présidence de l’unique bureau de vote de sa commune dimanche 18 pour le second tour des élections législatives comme il était prévu.

Après cette altercation en présences de journalistes, l’agresseur avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche. Un bénévole de l’équipe de NKM, Jean-Baptiste Goulard, a poursuivi dans le métro l’homme, qui est sorti à la station suivante, Cluny-La Sorbonne (ligne 10). Il a affirmé à avoir alors reçu des coups de sa part. L’homme a, là encore, pris la fuite. Son signalement a été donné à la police.

L’ancienne ministre avait été admise à l’hôpital Cochin à Paris dans la foulée de l’agression dont elle a été victime. Elle avait quitté l’établissement le lendemain après des examens. « Je voudrais profiter de votre présence pour remercier tout le personnel de l’hôpital Cochin qui a été absolument formidable, ceux qui m’ont témoigné leur sympathie et leur soutien, en particulier le Premier ministre qui s’est déplacé hier, et le président de la République qui m’a envoyé un message« , avait-elle expliqué à la presse à sa sortie de l’hôpital.

[MAJ à 15h55]: Afin que l’agresseur soit formellement identifié, NKM sera confrontée ce samedi en fin d’après-midi à Vincent Debraize selon les informations de BFMTV.

Voir également:

Qui est Vincent Debraize, maire dans l’Eure, en garde à vue après l’agression de NKM sur un marché

L’homme de 55 ans s’est présenté à la police après une convocation.

POLITIQUE – Il a été placé en garde-à-vue ce samedi 17 juin. Deux jours après l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet, Vincent Debraize s’est présenté à la police parisienne pour répondre à une convocation, selon RTL. Suspecté d’être l’homme qui a mis à terre la candidate LR, il est entendu pour des faits de « violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public ».

Âgé de 55 ans, cet homme est le maire sans-étiquette d’un petit village de l’Eure. Champignolles, situé à 35 km à l’ouest d’Evreux, ne compte en effet qu’une quarantaine d’habitants. Vincent Debraize, cadre dans le secteur privé a été élu en 2008 et réélu en 2014.

« Il a passé toute la journée de vendredi à Champignolles. Le soir, il a dit à des collègues qu’il devait remonter sur Paris parce qu’il était convoqué à la police. Et il leur a expliqué pourquoi », a raconté au Parisien un colistier de l’intéressé.

Quelques semaines après sa réélection, il avait lancé une pétition pour dénoncer « l’insécurité intolérable » rencontrée dans son canton. Dans un article publié par Le Réveil Normand à propos d’un cambriolage sanglant dans sa commune en 2014, le maire invitait « le nouveau ministre de l’intérieur [Bernard Cazeneuve, ndlr] qui ne cesse de parler de sécurité à tout va à se rendre dans la France profonde ».

À l’occasion de la dernière présidentielle, il faisait partie des 33 élus qui avaient parrainé la candidature de Henri Guaino; ce dernier a affronté NKM lors des législatives dans la 2e circonscription de Paris.

Vincent Debraize devait tenir le bureau de vote de sa commune dimanche matin pour le second tour des élections législatives, précise RTL. Des proches du maire ont confirmé au Parisien qu’il sera bien présent pour assurer cette permanence.

Voir enfin:

BBC News changes headline, deletes Tweet after anger at portrayal of terror attack in Jerusalem

On the evening of June 16th three Palestinian terrorists from a village near Ramallah carried out a combined attack in Jerusalem. Border Police officer Hadas Malka was critically wounded while responding to the incident and doctors were unable to save her life. In addition, four more people were wounded. While ISIS claimed responsibility for the attack, Hamas rejected that claim:

“Early on Saturday morning, Hamas rejected IS’s claim of responsibility, saying the three belonged to Palestinian terrorist organizations.

“The claim by the Islamic State group is an attempt to muddy the waters,” said Sami Abou Zouhri, spokesman for the terrorist group which runs the Gaza strip.

The attack was carried out by “two Palestinians from the Popular Front for the Liberation of Palestine and a third from Hamas,” he said.”

The BBC’s report on the attack currently appears on the BBC News website under the headline “Israeli policewoman stabbed to death in Jerusalem“. However, the article was originally titled “Three Palestinians killed after deadly stabbing in Jerusalem” and that was also how the BBC portrayed the incident on social media – much to the ire of many Twitter users.

 

As we see, that headline and sub-heading both fail to inform BBC audiences that the “Palestinians killed” were the terrorists who carried out the “deadly stabbing”.

As a result of public pressure, the BBC deleted that Tweet and posted a replacement some 24 hours after the attack took place. Readers may recall that this is by no means the first time that a BBC headline concerning a terror attack in Israel has prompted public outrage.

As is inevitably the case in BBC coverage of Palestinian terror attacks in Israel – and in stark contrast to BBC portrayal of similar attacks in Europe – the article does not describe the incident as a terror attack.

Moreover, in the later version of the report readers found the following representation of a statement from Israeli officials saying that there was no indication that the terrorists were connected to ISIS:

“Police said there was “no indication” of a link between the suspects and a terror group.”

In fact – as the Times of Israel reported:

“All three of the assailants were members of Palestinian terrorist organizations, according to… Israel’s Shin Bet…

The attackers were identified by the Shin Bet internal security agency as Bra’a Salah and Asama Atta, both born in 1998, and Adel Ankush, born the following year. They were shot dead by security forces as they carried out their attacks.

The three were from Deir Abu-Mashal, a village near Ramallah. All had previously been arrested for or involved in terrorist activity, a Shin Bet statement said.”

Erasing the foreign nationals (including one Palestinian) murdered by Palestinian terrorists over the last 21 months, the report tells readers that:

“Forty-two Israelis have been killed in knife, gun and car-ramming attacks by Palestinians or Israeli Arabs since October 2015.

In late 2015 and 2016, such attacks happened with near-daily frequency but the rate has declined in recent months.”

That latter inaccurate claim is recycled from a previous BBC report. In fact, while in late 2015 the frequency of attacks was far beyond “near-daily”, around a hundred attacks still take place every month meaning that they remain on average a daily occurrence on average, notwithstanding the BBC’s failure to cover the vast majority of attacks.

As readers then see, the BBC continues to employ the “Israel says” formula in its portrayal of Palestinian terrorists killed while carrying out attacks.

“More than 240 Palestinians – most of them attackers, Israel says – have also been killed in that period. Others have been killed in clashes with Israeli troops.” [emphasis added]

The article closes with a mantra that the BBC has been promoting for many months:

“Israel says Palestinian incitement has fuelled the attacks. The Palestinian leadership has blamed frustration rooted in decades of Israeli occupation.”

Once again, it is worth remembering that since the surge in terror attacks began in late 2015, the BBC has consistently failed to provide its audiences with any serious reporting on the topic of incitement and glorification of terrorism by Palestinian officials. Readers are hence unable to judge for themselves whether or not what ‘Israel says’ is accurate.

Likewise, it is noteworthy that the portrayal of terrorism as being attributable to “frustration rooted in decades of occupation” conforms to a guidance document for members of the international media put out by the PLO in November 2015.

Update:

According to Ynet, the BBC has released the following statement:

“We accept that our original headline did not appropriately reflect the nature of the events and subsequently changed it. Whilst there was no intention to mislead our audiences, we regret any offence caused.”


Présidence Macron: Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir (French-German broadcaster drops documentary for spilling the beans on the inherently anti-Semitic nature of anti-Zionism)

14 juin, 2017

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a "pro-Israel" light.

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The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings. The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves. The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003. The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ (…) In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation. In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts. That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation. By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum. (…) The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact. Amy Elman
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Mais est ce-que quelqu’un peut penser raisonnablement que élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ? Moi je n’y crois pas. Mais non seulement ça n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, car ce serait un hold-up. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. Corinne Lepage (2004)
« Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire. Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires. Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique. Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite. Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique. C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. (…) Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus. « On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ». De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles. La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. (…) Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul. Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019? Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen. The Huffington Post
The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives. These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us. Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities? In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges. Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all? The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance. In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent. Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.” Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists). But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”. (…) We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations. Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society. So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood. We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all. The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives. Melanie Phillips
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Souvenez-vous, le 25 mars dernier, un camion avait roulé sur une dizaine de tombes juives dans le cimetière de Pantin. Des sites communautaires avaient alors crié au scandale, même s’il avait été clairement établi qu’il ne s’agissait que d’un simple accident. Le 4 avril, soit une semaine plus tard, on apprend la mort de cette femme. Cette affaire intervient dans un moment de doute et de peur du FN. Les sites communautaires basculent en faveur de Macron. Médias et institution judiciaire se montrent alors extrêmement prudents sur ce meurtre. Au fond, tout le monde redoute que cette affaire ne fasse exploser les votes en faveur du FN. Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption. (…) L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits. (…) Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister… Céline Pina
L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules. C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée. Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables. C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».  (…) Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière… Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public. Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…» Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes». Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république. Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique» On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire. (…) Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique. Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…» Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche. C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier. Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés. Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter. Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs. À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive». De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux. Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison. Gilles-William Goldnadel 
Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. Ahmad Mansour (psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé)
Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée. Marco Nassivera (directeur de l’information d’Arte)
Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé. Alain Le Diberder (directeur des programmes d’Arte)
Ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.(…) cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter. Catherine Dupeyron
La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme. On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders. Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs. Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes. Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (…)  Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord (…) Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (…), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris… Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune… (…) Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle … Luc Rosenzweig
Je vais donner un exemple français. Parce qu’on ne voit plus que la Shoah, on ne comprend pas que l’antisémitisme qui se développe en France n’est pas de même nature. Ca n’est pas nazi, ça n’est pas la Nuit de Cristal, c’est autre chose. Je vous donnerai un exemple. Dans ce domaine, qui illustre mon propos au moment du meurtre d’Ilan Halimi en 2006, qui est un meurtre crapuleux mais aussi un meurtre antisémite. Non, on a du mal à comprendre que l’histoire ne se répète jamais, absolument jamais, et que donc que les formes de l’antisémitisme et ou de tout autre phénomène d’ailleurs, sont toujours nouvelles. Ca nous empêche de penser le présent, si vous voulez. C’est ça, le paradoxe. Ce qui était normalement une leçon d’histoire qui nous permettrait de mieux comprendre le présent, nous empêche aujourd’hui de le comprendre. c’est à force de l’enseignement de ne présenter les juifs que comme des victimes, on finit par croire qu’il n’y a pas de civilisation juive et que les juifs n’ont pas de raison d’existence que pour mourir. (…) L’histoire du sionisme est totalement inculpé. Finalement, à force de présenter les juifs essentiellement comme de victimes, on les socialise comme des victimes et c’est une façon qu’en les défendant on finit presque par justifier la persécution à venir demain. Georges Bensoussan
Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter. (…) Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France (…) la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien … Valeurs actuelles

Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir !

Alors qu’après le hold up électoral que l’on sait à la présidentielle

Entre, au premier comme au deuxième tour, assassinat politique et excommunication des adversaires …

Et la mise à l’écart de plus de la moitié des électeurs qui a suivi au premier tour des législatives …

La machine infernale médiatico-juridique est en train de dévorer à son tour ceux là mêmes qu’elle avait portés au pouvoir

Y compris, l’histoire est décidément sans pitié, le nouveau ministre de la justice

Au moment même où il s’apprête à présenter sa loi de moralisation de la vie publique …

Quel meilleur et plus inquiétant exemple …

De la continuation sous la présidence Macron …

De ce déni du réel devenu devoir civique

Après l’occultation pendant la campagne de la défenestration par l’un de ses voisins musulmans d’une vieille dame juive en plein coeur de Paris …

Que ce reportage qu’Arte vient de déprogrammer …

Pour ne s’être pas « cantonné à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite » …

Et d’avoir révélé derrière la nouvelles alliance entre les gauchistes en perte de vitesse idéologique et leur nouveau prolétariat messianique chez les enfants d’immigrés musulmans …

La nature intrinsèquement antisémite de l’antisionisme actuel ?

CACHEZ CET ANTISÉMITISME QUE JE NE SAURAIS VOIR
Allegra
On sait maintenant la chape de plomb médiatique qui a pesé sur l’affaire du meurtre atroce de Sarah Halimi. Cet antisémitisme-là ne peut pas être mis en lumière. Parce qu’il l’avait illustré, Georges Bensoussan en a fait les frais. Comme on doit faire silence sur la traite négrière quand elle n’est pas le fait de l’Occident. Sinon, il vous en coûtera. Vous serez mis sur la sellette, et accusé de racisme.Ce que l’on connaît moins  c’est que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive…(celle qui sévit dans certains pays et dans une partie de la population française, pas celle qui existe souvent à l’extrême droite qui peut être nommée sans problème) était trop mise en lumière…Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.Luc Rosenzweig, ex-journaliste à Libération, devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite, explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»  (d’après William Goldnadel ici).Rosenzweig, qui a visionné le film, explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».Marlène Schiappa, la nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes, s’empresse également  de pousser une certaine crasse antisémite sous le tapis, et elle peut alors bravement annoncer qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans les quartiers populaires.Nos idéologues sont pris le nez dans le pot de confiture, et pourtant ils disent qu’ils n’ont jamais vu ce pot.Mais le déni de réalité est un dangereux cancer continuellement alimenté par des choix idéologiques. Les cancers tuent. Jusqu’où nous conduira celui-ci ?
Voir aussi:

Censure. Un documentaire portant sur l’antisémitisme arabo-musulman aurait dû être diffusé prochainement sur Arte. Mais la chaine franco-allemande a décidé de le déprogrammer. Outre-Rhin, la polémique enfle et on demande les images.
Rachel Binhas 
Valeurs actuelles
12 juin 2017

Depuis quelques semaines, la controverse autour du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe (Auserwählt und ausgegrenzt – Der Hass auf Juden in Europa) ne faiblit pas au pays de Goethe, bien au contraire. Bild, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Spiegel… autant de titres allemands qui se sont emparés de l’affaire.

Le 26 avril dernier, Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte, prenait la décision de ne pas diffuser un documentaire pourtant commandé deux ans auparavant. Ecrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner, le projet, financé par la chaine allemande WDR, avait pourtant reçu la bénédiction d’Arte lors de la conférence des programmes. De l’Allemagne à la France, en passant par Israël et les territoires palestiniens, le documentaire dresse le tableau de l’antisémitisme qui a cours dans les milieux d’extrême droite et arabo-musulmans, à Gaza ou dans les banlieues françaises. Et c’est là où le bât blesse…

La chaine, à l’aise quand il s’agit de dénoncer l’Holocauste, n’aurait pas apprécié l’accent mis sur l’antisémitisme qui se cache derrière une obsession antisioniste.

Bras de fer avec Arte

Déjà, en 2015, Joachim Schroeder s’était heurté aux objections d’Arte France qui voyait d’un mauvais œil la production d’un film dont la ligne éditoriale semblait diverger avec celle de la chaine. “Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée” confiera le directeur de l’information d’Arte, Marco Nassivera, au cinéaste. Si Arte France est plus que réservé, Arte Allemagne appuie le projet. Cherchant à se rassurer, Alain Le Diberder exige un coauteur au film : Ahmad Mansour, psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé. Par manque de temps, celui-ci proposera à Joachim Schroeder d’assurer une mission de consultant à chaque étape de la réalisation. Sophie Hafner cosignera les 90 minutes.

En décembre 2016, le film est envoyé à la direction de l’information d’Arte qui refuse de le traduire. Le couperet tombe : “Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé” affirme Alain Le Diberder. Une première pour les réalisateurs.

Les images interdites

Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter.

“Je suis surpris qu’une chaîne publique renommée comme Arte ait un problème avec la réalité” réagit Ahmad Mansour. Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France, “ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.” Selon elle, la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien : “cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, regrette-t-elle, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter.”

Seul espoir à présent, que la chaine WDR, voyant la polémique grandir, trouve un accord avec Alain Le Diberder pour diffuser les 90 minutes. “J’ai espoir que les choses évoluent” confie Joachim Schroeder. Désormais, la balle est dans le camp d’Arte.

Voir également:

Antisémitisme en banlieue: Arte censure un documentaire

Pas en adéquation avec sa ligne éditoriale…

Luc Rosenzweig
Causeur

01 juin 2017

La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme.

On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte.

Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande.

Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders.

Sur Arte, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à parler du nazisme et à mettre en accusation toutes les déclinaisons de l’extrême droite, du FN à Geert Wilders

Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs.

Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes.

Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (Cet extrait est une traduction de la lettre adressée en allemand aux responsables du pôle allemand d’Arte, dont la direction, contactée par nos soins, a refusé de nous transmettre sa version originale en français.) Précisons qu’Alain Le Diberder ne parle pas un mot d’allemand, et que le film qu’il condamne n’a pas de version française…

Un film remarquable

Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord, il poursuit : « Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. »

Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (dont nous publions ci-dessous la réponse à nos questions), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris…

Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune…

Une mise au pas idéologique d’Arte

Cette lamentable affaire pourrait être une péripétie, un dérapage isolé au sein d’une institution médiatique publique, comme il ne peut manquer de s’en produire dans un monde soumis aux tensions et pressions à l’œuvre dans les sphères du pouvoir et dans la société.

Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle depuis le départ de Jérôme Clément et de ses principaux collaborateurs de la direction d’Arte. En témoigne l’exclusion des programmes de Daniel Leconte, producteur depuis deux décennies de documentaires pour des soirées Thema qui abordaient, sans complexes ni inhibitions, ce type de sujets dérangeants. La nouvelle présidente d’Arte, Véronique Cayla, voulait explicitement la peau de Leconte dès son arrivée. Et elle l’a eue. Dans le milieu des auteurs et producteurs de documentaires, il est maintenant acté qu’il y a des sujets impossibles à faire passer sur Arte. Seules la dureté du marché et la rareté des cases documentaires sur les chaînes de télé les retiennent, pour l’instant, de dénoncer publiquement cet état de fait.

Sabine Rollberg, elle aussi, jette l’éponge. Elle a demandé sa mise en retraite anticipée de la WDR, qui interviendra cet automne. Cette parfaite francophone, qui a participé à l’aventure d’Arte depuis sa création en 1992, est fatiguée de se battre, telle la chèvre de M. Seguin, contre le pôle allemand d’Arte qui considère cette chaîne comme une vache à lait destinée à financer des programmes conçus pour le seul public allemand, et une direction française qui a une conception du pluralisme dans la culture et l’information plus proche de celles d’unVladimir Poutine et d’un Recep Tayyip Erdogan que d’une grande démocratie occidentale.

Réponse d’Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte GEIE, à Causeur

Strasbourg, 5 mai 2017

ARTE, chaîne franco-allemande, n’est pas une chaîne comme les autres, au sens où ses programmes proviennent de plusieurs pôles, répartis sur une quinzaine de sites en France et en Allemagne. Dès lors, depuis 25 ans, elle a dû adopter un fonctionnement original par rapport à ses confrères, certes plus lourd mais tout à fait transparent et contrôlable par tous. Une conférence des programmes, composée de quatre Allemands et de quatre Français, se réunit une fois par mois et accepte des projets après concertation. Par ses textes fondateurs, ARTE s’interdit de diffuser un programme qui n’a pas été accepté par la conférence, ou qui ne serait pas tel qu’il a été accepté par la conférence.

ARTE, chaîne résolument engagée contre l’antisémitisme, comme 25 ans de programmation en font foi, a ainsi accepté la proposition de la chaîne allemande WDR d’un programme présentant un panorama de la montée récente de l’antisémitisme en Europe. Il devait s’intégrer aux nombreuses émissions qu’ARTE consacre à l’Europe, autre thème cher à la chaîne, en particulier en cette année 2017 aux enjeux particulièrement importants. Le programme qui a été livré porte essentiellement sur le Moyen-Orient. Nous ne pouvions donc pas l’accepter. Cette position n’a rien à voir avec un quelconque jugement sur la qualité du film, et encore moins sur les thèses qu’il défend. Mais nous ne pouvons pas laisser l’initiative à un tiers de ne pas respecter nos procédures, quel que soit le thème du film, et de décider tout seul ce que nous devons ou pouvons diffuser. Ces « procédures » ne sont pas bureaucratiques, mais sont destinées au contraire à éviter tout arbitraire. Il ne s’agit donc pas d’un « blocage de la diffusion » ni d’un quelconque jugement de fond, mais bien de l’exercice de nos responsabilités collectives, dans le cadre de nos textes fondateurs. 

Voir de plus:

Franco-German TV network drops film on antisemitism because it is ‘pro-Israel’

Benjamin Weinthal
The Jerusalem Post
June 7, 2017

Television network ARTE is facing some serious backlash after deciding to drop a film it commissioned about antisemitism in Europe.

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a « pro-Israel » light. . (photo credit:screenshot)

Editors from the Franco- German TV network ARTE have reneged on showing a widely acclaimed documentary on the explosion of lethal antisemitism in Europe, because the film is considered pro-Israel.

ARTE commissioned the 90-minute documentary, Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe, in 2015.

Joachim Schroeder, who filmed the documentary, told The Jerusalem Post on Tuesday that the editors failed to recognize that “modern antisemitism is anti-Zionism.”

He added that there is fierce opposition within European television outlets to refrain from bashing Israel.

“You can’t make a film on antisemitism without saying every three minutes that the Palestinians are the victims of Israelis.”

Le Monde wrote in its headline about the row: “ARTE, a hint of the censor.”

Schroeder, along with Sophie Hafner from his Munich-based Preview Production company, covered the most serious outbreaks of violent antisemitism in Europe in the film, including the Islamic-animated murders of French Jews and Israelis in Belgium and France.

European political support of antisemitism targeting Israel is presented in the film, including a speech by the Palestinian Authority’s Mahmoud Abbas who told European lawmakers that rabbis urged Israel’s government to poison Arab water supplies.

The European Parliament rewarded Abbas with a standing ovation.

According to The New York Times, Abbas’s speech of June 23, 2016, recalled “antisemitic claims that led to the mass killings of European Jews in medieval times.” Martin Schulz, then-president of the European Parliament and currently the Social Democratic challenger to Chancellor Angela Merkel for the leadership of the German government, praised Abbas’s speech.

The film shows the growth of the BDS campaign targeting the Jewish state. The research into the film covered a BDS event in Munich, which in 2015 provided city-funded space to Christoph Glanz, a leading BDS advocate, to call for the boycott of Israel.

The Simon Wiesenthal Center cited Glanz, a public school teacher in the northern city of Oldenburg, in its list of the Top Ten Worst Anti-Semitic/ Anti-Israel Incidents in 2016.

“Glanz, who has tried posing as a Jew to avoid charges of antisemitism, recently called for the eradication of the State of Israel and relocation of its Jews to southwestern Germany,” the Wiesenthal Center noted.

Leading experts on antisemitism, Islamism and German history endorsed the film as an outstanding exposé on the new forms of antisemitism plaguing Europe.

Writing in the Berliner Zeitung daily, Götz Aly, a German historian who has written books about antisemitism, said ARTE’s decision to not show the film “stinks to high heaven.” He spoke of a censor at work. ARTE and its sister outlet in Germany, WDR, are publicly funded outlets.

Israeli-Arab psychologist Ahmed Mansour, in an email to Sabine Rollberg, the Cologne-based editor-in-chief of WDR/ARTE, said the film was “great” and “long-overdue.”

Mansour lives in Germany and is an expert on radicalization among Muslims.

Rollberg faced massive criticism because she voted at an editorial meeting to show the film. According to German media reports, ARTE editors ultimately decided not to show Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe because “The film is a provocation,” “The film pours oil into the fire,” “The film shouldn’t be shown because of terrorism,” “The film is anti-Protestant, anti-Muslim and pro-Israeli,” “The film is biased.”

ARTE, in a statement on Tuesday, said the accusation of antisemitism leveled against it is “grotesque,” and that for it “can attest to its engagement against antisemitism for the past 25 years and it will continue to do so in the future.”

ARTE claimed that Schroeder violated its program plan and focused largely on the Middle East, and did not address antisemitism in Norway, Sweden, the UK, Hungary and Greece.

Schroeder flatly denied ARTE’s account, saying that he delivered by filming antisemitism in Germany and France. A 90-minute film can’t possibly cover antisemitism “from Oslo to Minsk,” he added.

WDR said it “respects ARTE’s decision” and “rejects the accusation of antisemitism.”

Alex Feuerherdt, a journalist who has written extensively on German antisemitism, rejected ARTE’s assertion that it fights antisemitism. “ARTE has always in the past showed films in its program that present Israel in a dark light,” he noted.

A Post query to Tom Buhrow, the head of WDR in Cologne, was not immediately returned.

Voir encore:

G-W Goldnadel : « Ce que révèle l’indifférence vis-à-vis de la mort de Sarah Halimi »
Gilles William Goldnadel
Le Figaro
22/05/2017

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Dans sa chronique, Gilles-William Goldnadel dénonce l’occultation de la réalité qui entoure le « nouvel antisémitisme » en France. Avocat de la famille de Sarah Halimi, il revient notamment sur son assassinat, d’une violence inouïe.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules.

C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée.

Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables.

C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».

Son auteur s’appelle Luc Rosenzweig. Après avoir officié longtemps dans les colonnes du journal Libération, il est devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite.

Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière…

Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.

Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»

Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».

Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république.

Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique»

On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire.

Je précise, pour mettre en perspective, que le CSA ne s’était pas saisi, pas plus qu’il n’a encore répondu à ma saisine, des appels au meurtre d’un président démocratiquement élu à la présidence des Etats-Unis tenus par Laurent Ruquier sur la deuxième chaîne nationale de service public.

Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique.

Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…»

Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche.

C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier.

Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés.

Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter.

Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs.

À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive».

De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux.

Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison.

Mais ce qui serre le plus le cœur de l’homme et de l’avocat, ce qui révolte son esprit, ce qui fait chavirer son âme pourtant douloureusement habituée, s’appelle l’indifférence publique.

Je ne parle pas de l’opinion. La malheureuse est égarée depuis trop longtemps par ceux qui la font et la trompent, et lui montrent ce qu’ils veulent, et lui cachent ce qu’ils ne veulent montrer.

L’idéologie est un mauvais génie.

Elle s’appelait Sarah Halimi.

Voir par ailleurs:

Meurtre de Sarah Halimi : un appel pour que la lumière soit faite

Une quinzaine d’intellectuels français ont signé un appel pour que la vérité autour de ce meurtre soit enfin dite. L’essayiste Céline Pina nous explique pourquoi.

Le Point

02/06/2017

Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption.

Pensez-vous que l ‘institution judiciaire a fait preuve d ‘un doute coupable sur ce dossier ?

L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits.

Est-ce un meurtre à caractère antisémite ? Un acte terroriste ? Un coup de folie ?

Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister…

Voir aussi:

Ferrand, Sarnez, Bayrou… La spirale sans fin de la moralisation

Même sans suite judiciaire, les soupçons sur l’exemplarité des ministres sont devenus un motif d’appel à la démission. Pour le meilleur et pour le pire
Geoffroy Clavel
The Huffington Post
31/05/2017

POLITIQUE – « Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires.

Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique.

La polémique Ferrand n’est pas l’affaire Fillon: et alors?

Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite.

Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique.

C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. « La loi, elle ne suffit pas, il faut un climat de confiance. Il faut trouver un moyen d’éradiquer le doute », a renchéri la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les Français ne leurs donnent pas tort. 70% des personnes interrogées par Harris Interactive pour RMC et Atlantico estiment que le ministre de la Cohésion des territoires doit démissionner contre 30% qui estiment qu’il peut rester en place. D’après cette enquête, 73% des personnes interrogées jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves.

Une dénonciation politique se mue en motif de démission

Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus.

« On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ».

De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles.

La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. Selon l’étude Harris Interactive, 65% des Français jugent que les faits qui lui sont reprochés sont graves. 62% estiment qu’elle devrait démissionner.

La mise en examen, un critère bancal de démission

Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul.

Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019?

Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen.

Voir de même:

Gilles Kepel : « Les islamo-gauchistes, ces charlatans ! »

Dans l’entretien qu’il nous accordait à l’occasion de la sortie de son livre « la Fracture », Gilles Kepel accusait une partie des intellectuels de gauche, idéologues utiles des islamistes, de minimiser le phénomène djihadiste. Une cécité criminelle, dénonce le spécialiste de l’islam.

Sara Daniel
L’Obs
02 novembre 2016

Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’Ecole normale supérieure et professeur à Sciences-Po, Gilles Kepel publie cette semaine chez Gallimard « la Fracture », un livre conçu autour des chroniques radiophoniques qu’il a tenues chaque semaine sur France-Culture. Entretien.

Dans votre livre, vous dénoncez violemment « les autruches de la pensée dénégationniste », qui situent la cause du mal absolu dans l’islamophobie, notion que les islamistes et leurs compagnons de route ont fini par imposer pour interdire, dites-vous, tout débat sur la deuxième religion de France. A l’heure où le débat politique sur l’islam n’en finit pas de se crisper, y avait-il urgence à dénoncer le fonctionnement de ceux que vous qualifiez d' »islamo-gauchistes » ?

Oui, car ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ».

Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe.

Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche.

Selon vous, la fracture culturelle et civilisationnelle de la société française apparaît à la faveur des attentats du 7 janvier?

Précisément, ce qui fait que, du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ».

Dans votre livre, vous revisitez l’incroyable enchaînement des faits de l’été 2016 : de l’attentat de Nice à l’irruption de la question du burkini dans le débat public.

L’attentat à Nice le 14 juillet tue 86 personnes sur la promenade des Anglais, parmi lesquels du reste plus du tiers sont des musulmans (30 personnes). La cible est double. D’un côté, c’est le symbole de la « fête païenne » du 14-Juillet. La Révolution française se produit au même moment que l’émergence du wahhabisme en Arabie saoudite, c’est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, et en est l’exact contraire. Une victoire de la laïcité détestée. En même temps, l’attentat survient sur le lieu emblématique de l’hédonisme mondialisé. La promenade des Anglais, comme son nom l’indique, c’est international, c’est connu dans le monde entier. La French Riviera, la Côte d’Azur… Un attentat contre la civilisation hédoniste européenne.

Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau.

Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes.

Vous dites que se produit alors un refoulement psychanalytique, qui est l’occultation des attentats?

Oui, ce qui me ramène à une expérience personnelle. Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan.

Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar.

Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

C’est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix.

Certains positionnements par rapport à l’affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l’affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d’une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral?

Oui, et aussi, pour certains politiciens, par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental.

Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite.

D’ailleurs, dans un de vos livres précédents, « Passion française », vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012…

Oui, ils s’inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d’une « alliance anticapitaliste et antisioniste ». Lorsque Daech égorge des gens dans des vidéos, Soral et Dieudonné se gaussent de l’horreur que ressent la société en disant : mais, après tout, ça nous rappelle quelque chose, la « Terreur » n’était-elle pas le fondement de la Révolution ? Et la démocratie, la laïcité dont on se gargarise, sont bâties sur la décapitation de Louis XVI. Rachid Kassim, qui tient les têtes des chiites qu’il a exécutés, avant de faire un slam qu’il adresse à François Hollande, s’inscrirait dans cette continuité.

Comment expliquer l’omniprésence de l’islam dans les débats de la campagne électorale?

Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité.

A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues.

En 2012, les électeurs se déclarant musulmans ont voté majoritairement à gauche. Et, en 2017, comment vont-ils voter?

En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement.

La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme.

C’est la grande question qui déchire les spécialistes de l’islam : le salafisme conduit-il au jihadisme ? Peut-on dire qu’il est en expansion en France ?

Le mouvement salafiste émerge en France dans les années 1990, après que beaucoup de jeunes musulmans de l’époque ont soutenu Saddam Hussein contre l’Arabie saoudite, qui pourtant avait abondamment financé les mosquées. Pour regagner les cœurs, les Saoudiens vont envoyer de nombreux prédicateurs avec beaucoup d’argent pour développer des allégeances au salafisme en France. Ils ciblent les populations fragiles et en particulier les enfants de harkis, que ceux du FLN stigmatisent comme des agents de la France. Certains jeunes descendants de harkis, à ce moment-là, vont voir dans l’exacerbation de l’identité islamique une occasion de se défendre contre les gosses du FLN en se drapant dans le manteau du salafisme. Ce salafisme va se répandre dans la jeunesse en même temps que la situation sociale se dégrade dans les quartiers populaires. Lorsque j’ai publié en 1987 « les Banlieues de l’islam », les marqueurs de la salafisation (barbes, djellabas et niqabs) étaient inexistants. Un quart de siècle plus tard, ils sont monnaie courante.

Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront.

Olivier Roy réfute la thèse selon laquelle le jihadisme découle d’une radicalisation religieuse, et vous accuse de tout islamiser…

Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays.

Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène.

Donc vous rejetez complètement la thèse qui explique la tentation jihadiste par l’islamisation de la radicalité d’une partie de la jeunesse, et dont le meilleur argument, semble-t-il, réside dans le constat de l’analphabétisme doctrinal des terroristes ?

Mais au nom de quoi les jihadistes devraient-ils tous être des docteurs d’université !? Ça n’a jamais été le cas. Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément.

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde.

Comment combattre cette tentation jihadiste ?

En posant d’abord un diagnostic juste sur ce qui se passe en France. Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites.

Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent…

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans…

Propos recueillis par Sara Daniel

* Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Sciences-Po.

Voir aussi:

The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all?

The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam. Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing some of them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”.

In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

The chances of any of these measures being taken, though, are slim. There will be inevitable claims that judge-made human rights law, which has often protected the “rights” of extremists rather than their victims, cannot be set aside without “destroying British values”.

Jihadist terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

 Voir également:

What must be done to stop terror in Londonistan

June 7, 2017

In the wake of the latest Islamist atrocities in Britain, the murderous vehicular rampage on London Bridge and then the frenzied stabbing of people enjoying a Saturday night out in local eateries, the ensuing blame game has merely highlighted the need to start facing up to what it takes to defend a free society.

Join me here for my take on these grievous events and what Britain should now be doing. A transcript follows below the video.

Does the Prime Minister read my column? In yesterday’s Times, I wrote that the chances of Theresa May doing what needs to be done to tackle Islamist extremism and terrorism are slim because of the constraints of human rights law.

Lo and behold: last night Mrs May announced she would take further condign measures, such as making it easier to deport extremists and restricting the movements of terrorism suspects when there was evidence they posed a threat but which wasn’t enough to present to a court.

“If human rights laws get in the way of doing those things,” she said, “we will change those laws to make sure we can do them”.

Well, I’ll believe that when I see it. The hue and cry that she is proposing to “rip up human rights laws”, as the Guardian put it in its usual tendentious manner, has already started.

The former Director of Public Prosecutions and Labour’s shadow Brexit spokesman, Sir Keir Starmer, claimed on the Today programme this morning (0810) that human rights law had never prevented any Islamist extremist from being properly dealt with. Yet in case after case human rights law has prevented deportations from taking place on the grounds that the suspect’s right to family life takes precedence, or the absence of human rights in the country to which he would be deported meant he couldn’t be sent there, and so on.

The Labour leader, Jeremy Corbyn, says would-be terrorists won’t be deterred by restricting our rights at home. Instead he’s been blaming Mrs May for failing to keep Britain safe from terrorist attacks.

Coming from him, this charge is just astounding. For Corbyn and his Labour party colleagues, backed by the judiciary and the civil liberties lobby, opposed just about every single attempt over the years to beef up security on the grounds that these measures supposedly eroded fundamental human rights. The human rights, that is, of the extremists and terrorists rather than their victims’ right to life and safety.

Faced with the courts’ refusal to deport, the government wanted to lock upon foreign terror suspects. Faced with protests that such detention without trial breached suspects’ human rights, the government introduced control orders. Face with protests that control orders breached suspects’ human rights, the government introduced the deeply inadequate T-PIM restrictions. Yet despite having helped emasculate, cripple and paralyse Britain’s security, the Corbyn Labour party has the gall to pose, on the eve of the general election, as the guardians of public safety.

In the wake of the recent atrocities in London and Manchester there are indeed legitimate and necessary questions to be asked about intelligence and policing mistakes. We’ve learned, for example, that some of these terrorists were on the security radar for a while but then dropped off.

But the police and security service have been foiling plot after Islamist plot: five over the last three months, in addition to the three attacks that tragically did succeed during this period. Maybe there are just too many Islamists in Britain nowadays to cope with. MI5 is monitoring no fewer than 3,500 homegrown terrorist suspects. So it’s not surprising that Britain’s top counter-terrorism police officer, Mark Rowley, says Britain needs to radically rethink its strategy because the terrorism threat is now at a “completely different” level of danger.

But any such new strategy will also fail unless basic assumptions change. Because the elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge attack, Britain is still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers” or “sick cowards”, as some have described them. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In an article in The Times, the Communities Secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions” and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s really the case then why should Muslims need to do anything at all?

The west views Islam through its own cultural prism which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

In Australia Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia Muslim cleric who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadi Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world.

Which is why in 2015 Egypt’s President Abdel Fattah al Sisi remarkably told the imams of al Azhar university in Cairo – the epicentre of Islamic doctrinal edicts – that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants” and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam.

Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. A poll of British Muslims last year found that nearly a quarter wanted sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent – equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. Only one in three would report to the police someone supporting terrorism in Syria.

In other words, we need to see jihadi Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw sharia courts because, since sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

Subversion is the attempt to undermine and overthrow our free society. But the very concept of subversion has become identified with a suppression of free speech. The website of MI5 states:

“During much of the 20th century, subversion was a major concern for MI5. This threat diminished sharply following the end of the Cold War. We no longer undertake counter-subversion work, and would only resume doing so if our monitoring of emerging threats suggested an increase in the subversive threat”.

But the Islamic jihad aims to overthrow and conquer western society through both violence and cultural takeover. The Muslim Brotherhood has a stated programme of infiltrating western institutions to achieve that end. I’d say that represented a pretty major increase in the subversive threat, wouldn’t you? Isn’t it time the government banned the Muslim Brotherhood from Britain? Isn’t it time MI5 woke up from its politically-correct torpor to bring counter-subversion back from exile?

As I’ve said, though, any such measures will be opposed with inevitable claims that they will “cause social division” or “destroy British values”. Such protests are already being made.

Jihadi terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

Voir enfin:

Macron: “La langue française n’a pas à être protégée”

Notre entretien exclusif sur la France (1/2)

Causeur

12 avril 2017

Causeur. Après la polémique suscitée par vos déclarations en Algérie, vous avez tenu à revenir sur la question identitaire avec une tribune dans Le Figaro et un entretien auJDDC’est que, vous le savez, définir et préserver ce qui fait de nous un peuple importe à beaucoup de Français. Toutefois, on a l’impression que ces sujets ne vous passionnent pas et ne vous parlent guère. Vous dites que « notre nation est faite d’enracinement et d’ouverture » mais, au-delà de quelques gestes symboliques, vous êtes plus perçu comme le candidat de la nouveauté et de l’ouverture que comme celui de l’enracinement historique. Acceptez-vous ce diagnostic ?

Emmanuel Macron. Je ne l’accepte pas, mais il ne me surprend guère ! D’abord, sommes-nous si sûrs que l’identité n’est pas au cœur de la campagne ? J’entends, moi, le discours deMme Le Pen sur les frontières ou les propos de M. Fillon sur le « racisme antifrançais ». Si vous avez l’impression que ce discours ne prospère pas, c’est qu’il n’atteint pas les profondeurs du peuple français. Le génie français n’est pas dans ce culte rétréci d’une identité idéalisée. Il ne réside pas non plus dans le multiculturalisme, cette superposition de communautés hermétiques. Le génie français, c’est un imaginaire partagé. Cet imaginaire s’ancre dans notre langue commune. C’est notre premier enracinement. Il s’ancre dans une histoire, des territoires, des paysages. C’est notre second enracinement. Mais notre langue, notre histoire, nos territoires, nos paysages ne sont pas univoques. Ils ne sont pas une serge brute ni un patchwork mal cousu. La culture française est une moire. Alors oui, je le concède, la stérile opposition entre identité et multiculturalisme dans laquelle on veut nous enfermer et qui ne correspond à rien ne me passionne guère. La culture française me passionnelorsqu’elle est ce carrefour de sensibilités, d’expériences et d’influences. C’est ce que j’appelle l’ouverture. Je vois bien cependant l’usage politique que certains veulent faire de notre héritage commun pour l’opposer aux communautarismes : la passion de certains pour une identité française univoque et transhistorique est un geste de résistance aux dissolvants du multiculturalisme mondialisé. Eh bien, en ce qui me concerne, je ne souhaite pas transiger : je prends la culture française telle qu’elle est, avec ses complexités et ses confluences, et je l’oppose fièrement aux communautarismes rétrécis comme aux nationalismes simplistes.

Donc, vous aimez la culture comme carrefour. « Le fondement de la culture française,écrivez-vous, c’est une ouverture sans pareil. » Nous, c’est l’Autre. Alain Finkielkraut s’interroge et vous interroge : « Que partage-t-on quand on partage une ouverture ? »Vous dites aussi que la culture française est « un fleuve avec de nombreux confluents », mais vous semblez refuser l’idée que le fleuve, même ainsi enrichi, suit son propre cours…

Il est impossible de faire un pas dans notre culture sans tomber sur l’Autre. Cela en navrera certains mais c’est une vérité historique. Faut-il mentionner la civilisation romaine qui nous a façonnés ? Les invasions diverses qui ont irrigué nos territoires ? L’irruption de l’Italie au cœur de notre art ? La fascination de nos écrivains pour l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, la Russie, le Japon, le Maghreb, les États-Unis et tant d’autres cultures ? Nous nous sommes construits dans un tressage infini d’influences et d’attirances vertigineuses. Nous sommes un grand pays de passeurs et de traducteurs. Nous n’avons eu de cesse de sonder le génie de Shakespeare avec Stendhal et Hugo, celui de Dostoïevski avec Gide et Sartre, celui de Joyce avec Larbaud… mais notre creuset ultime reste la langue française, ce grand fleuve qu’alimentent tous ces confluents. Il y a influence, donc confluence. Ce n’est pas être multiculturaliste, cela. C’est regarder en face la vérité de notre culture. Les adeptes du repli identitaire trahissent notre génie national lorsqu’ils réduisent le panthéon de nos références culturelles à un corpus amaigri, excluant ce qui ne colle pas avec le projet politique qu’ils veulent porter. Voilà ce qu’on partage lorsqu’on partage l’ouverture : cette curiosité insatiable, cette recherche de l’autre qui n’est autre qu’une quête inlassable de l’universel. C’est cela, notre humanisme. D’autres cultures ont préféré explorer leurs racines, leur folklore, et s’inventer une identité où prime l’enracinement des générations, le legs ancestral d’une mémoire linéaire. Ils ont forgé une mythologie du sol et du sang. Le génie français ne repose pas sur le droit du sang.

Notre pays triomphe, dites-vous, avec des écrivains contemporains appelés Marie NDiaye, Leïla Slimani, Alain Mabanckou. Votre bibliothèque, comme le premier gouvernement de Sarkozy, ressemble à un casting. Et si on parle d’écrivains contemporains, il semble étonnant d’oublier des noms comme Houellebecq ou Carrère…

Permettez-moi de sourire devant tant d’assurance normative… Je vous laisse libre de votre jugement mais vous m’autoriserez à n’y pas souscrire. Ndiaye (dont la mère est française), Slimani (dont la mère est franco-algérienne), Mabanckou (qui est franco-congolais) sont advenus à la culture française par la langue française et ils y occupent une place éminente. C’est cela qui me semble essentiel. On devient français par la langue française. Michel Houellebecq fait par ailleurs partie des écrivains pour lesquels j’ai une admiration sincère car ses œuvres décryptent les vertiges et les peurs contemporains. Dans la même phrase, j’ai cité Kessel, Troyat et Apollinaire (sans doute encore un « casting »). J’aurais pu ajouter ici Alain Finkielkraut. Il est lui-même la preuve que sans avoir derrière soi des générations d’enracinés, on advient à la culture française d’éminente manière. Dans la langue française il a trouvé une mémoire, une sensibilité, une vision du monde, des valeurs qu’il a faites siennes et dont il est aujourd’hui un thuriféraire zélé et inquiet. Que l’Académie française l’ait accueilli dans ses rangs aux côtés d’héritiers patentés – qu’on songe à la longue histoire des d’Ormesson – est un motif de fierté nationale. Nous devons donc chérir notre héritage, mais faut-il oublier qu’il agrège des mémoires diverses ? La culture française n’a eu de cesse de se construire dans la contre-culture, de Villon à Artaud en passant par Sade et Baudelaire. La même année, Les Fleurs du mal et Madame Bovary furent condamnés et censurés par la justice. C’est cela, aussi, la France. Faut-il que la peur de la désagrégation nous fasse renoncer aux aspects subversifs de notre culture ? Faut-il que le désir d’opposer une identité marmoréenne aux aléas de la mondialisation nous fasse reconstruire une culture et une mémoire officielles ? On tombe dans les travers du casting lorsqu’on asservit notre culture à la visée politique de répliquer aux dérives multiculturalistes. Charles Péguy et Jeanne d’Arc deviennent les porte-enseignes de combats qu’ils n’ont jamais voulu livrer. Dans ma bibliothèque, comme vous dites, Saint-Simon côtoie Beckett, Ionesco fréquente Corneille, Proust voisine avec Kundera. Il n’y a là aucun relativisme culturel : simplement la certitude que notre culture, dont le socle est notre langue, n’a rien à gagner en s’efforçant de se réduire aux critères contemporains d’une « identité », c’est-à-dire à se ravaler elle-même au rang d’une communauté. Il n’y a pas de « communauté française », mais une nation et une culture qui transcendent absolument la géométrie réductrice des communautarismes.

Justement, vous affirmez la langue française est notre trésor commun. Fort bien. Que ferez-vous pour la protéger ? Que pensez-vous du slogan « Made for sharing » choisi pour la candidature de Paris aux JO ? Tout le monde a ricané sur la « clause Molière » mais si elle est une mauvaise réponse, n’y a-t-il pas une bonne question ?

La langue française n’a pas à être « protégée » : elle est la troisième langue la plus parlée dans le monde. Mais elle doit être enseignée avec intransigeance, car la cohésion nationale repose sur la maîtrise de la langue. Lire et écrire le français n’est pas seulement un passeport pour le marché du travail. C’est le vecteur premier d’intégration dans notre société. C’est pourquoi je souhaite que la lecture et l’écriture soient le premier combat de l’école. C’est pourquoi aussi j’assume une discrimination positive à l’égard de ceux qui sont les plus éloignés de la langue : c’est là un enjeu de reconquête républicaine comparable à celle menée dans nos campagnes reculées par les hussards noirs de Ferry. Ce combat, nous ne devons pas le perdre. Si nous ne partageons pas tous la langue française et ce qu’elle charrie de notre culture, notre pays se fragmentera en communautés hermétiques. La langue française est le remède antighetto. C’est pourquoi aussi je rétablirai l’enseignement du grec et du latin, qui en sont l’armature. C’est pourquoi enfin je souligne souvent la nécessité de revenir à l’histoire « chaude », celle des grandes figures et des héros de notre histoire : autour de ces figures, qu’il s’agisse de Bayard ou de Jean Moulin, nous construisons du commun. Je souhaite également que l’obtention de la nationalité repose sur la maîtrise de notre langue ; j’y veillerai. Enfin, je crois que la puissance publique doit donner l’exemple de l’amour et du soin de la langue française. J’ai ainsi proposé que l’emblématique château de Villers-Cotterêts, aujourd’hui laissé dans un état d’abandon contre lequel la mairie Front national se mobilise bien peu, devienne un haut lieu de la langue française et de la francophonie. Cela répond à votre question sur le choix fait par la Mairie de Paris. Quant à la clause dite Molière, elle me semble relever de Tartuffe : elle n’a rien à voir avec la promotion de la langue française et tout à voir avec la lutte contre les travailleurs détachés illégaux. Prenons ce problème économique à la racine au lieu de le faire par des voies de contournement un peu absurdes. Un travailleur détaché parlant français reste un travailleur détaché et cela ne résout pas le problème de fond.

Macron: “La France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle”

Notre entretien exclusif sur la France (2/2)

Causeur. On a souvent l’impression que vous tentez de satisfaire des aspirations opposées, ce qui est peut-être louable quand on prétend représenter et protéger l’intérêt général. Néanmoins, sur ce qui fait la cohésion culturelle de notre société, toutes les options ne sont pas conciliables. Historiquement, la France a préféré le modèle républicain (assimilation, puis intégration), qui demande aux nouveaux arrivants et à leurs enfants de s’adapter, au multiculturalisme, ce qui signifie que l’égalité entre les individus n’entraîne pas l’égalité entre les cultures. Ce modèle est-il rendu obsolète par la diversité de notre société ? Devons-nous rompre avec cette tradition pour accueillir des populations musulmanes venant de cultures plus « lointaines » ?

Emmanuel Macron. Le modèle républicain français repose sur l’intégration. Cela ne saurait être remis en cause. À son origine, il a pris pour s’imposer des mesures coercitives. Il a éliminé les parlers régionaux, uniformisé et centralisé les programmes scolaires, délégué dans les provinces nos hussards noirs. Puis, nous avons séparé l’Église et l’État pour asseoir la laïcité. Ce fut la République de conquête et de combat ; il le fallait. La victoire de la morale républicaine est passée par une certaine réécriture de l’histoire nationale, par la formation de canons littéraires un peu figés. La vision de l’identité nationale par la IIIe République, jacobine et laïque, put certes vaincre les communautarismes mais elle fit grincer des dents : l’Action Française lui opposa les beautés du félibrige et d’une France millénaire bâtie par la chrétienté. Il y a quelque miracle aujourd’hui à trouver dans le même camp des héritiers de Lavisse et des héritiers de Maurras. Les cris de joie des maurrassiens lorsque la IIIeRépublique s’effondra devraient à jamais séparer ces lignées. Mais la crainte du multiculturalisme communautariste aujourd’hui les réunit, et notamment le communautarisme musulman. Aux uns il semble défier radicalement les lois de la République, aux autres il semble contradictoire avec les racines chrétiennes de la France. Et lorsque je dis que je ne fais pas de la laïcité une arme de combat mais une arme de liberté, lorsque je dis que la France n’existe pas uniquement par ses racines chrétiennes, je déplais simultanément à M. Finkielkraut et à M. Buisson. Je suis en butte à la fois à Jacques Julliard et à Éric Zemmour. N’est-ce pas étonnant ?

Mais si vous êtes un défenseur de la langue française et de la laïcité, qu’est-ce qui vous distingue d’eux ?

La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique.

Tout de même, quand vous déclarez qu’il n’y a pas de culture française mais une culture en France, vous penchez vers le modèle multiculturel. Voilà ce qu’a écrit Alain Finkielkraut dans Causeur : « Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. Autrement dit, pour ceux qui se retrouvent sous cette bannière, la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace. L’espace-France accueille la diversité et sur cette diversité des goûts, des pratiques, des musiques, des origines, nulle antériorité ne saurait prévaloir, nulle hiérarchie n’est en droit de s’exercer. Tout est égal et puisque tout est différent, tout est pareil. De “français” à “en France”, il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle. Au nom du progrès, Emmanuel Macron nous invite à franchir ce pas. Au lieu de s’inquiéter de la désintégration française qui se produit sous nos yeux, il l’accompagne, il la conceptualise, il en recouvre la violence par l’éloge du multiple. » Que lui répondez-vous ?

Je regrette que le grand lecteur qu’est M. Finkielkraut n’ait pas fourni l’effort de lire mes propos plus attentivement. Il aurait constaté de lui-même que ce fantasme de l’égalisation culturelle, du « tout se vaut », du déracinement ne fait pas partie de mes valeurs ni de mes propositions. Il aurait vu combien le devenir de la langue française m’importe. Il m’aurait entendu dire combien j’aspire à ce que les enfants les plus éloignés de la culture s’en rapprochent – et non sous les dehors d’une culture adaptée à leur sociologie comme le rap ou le hip-hop, mais à travers le contact véritable avec les grandes œuvres. Si M. Finkielkraut m’avait lu, il saurait d’où je viens et sur quoi je fonde ma vision de la culture française. Il saurait par exemple que mon propos sur la « culture en France » s’oppose justement à la réduction par les identitaristes de notre culture à un arbre sans branches. André Chastel, dans son Introduction à l’histoire de l’art français, dit-il autre chose que cela ? Je le cite : « La France filtre. Elle reçoit et elle tamise. De tous les côtés, elle est pénétrable. Ses ouvriers, sûrs d’eux-mêmes, se servent à droite et à gauche, comme si tout leur appartenait de droit. En art, il n’y a jamais lieu d’établir des factures et de s’inquiéter de ses dus. On va de l’avant, outil en main. Cette démarche est constante dans le pays composite et riche de contraires qu’est la France. Si on la néglige, si on cherche une définition de l’art français en dehors de ces mouvements d’acquisitions et de filtrage, on n’arrive qu’à une notion pauvre et plutôt décevante, qui s’épuise vite dans la célébration de la finesse et de la clarté. » Ainsi, M. Finkielkraut a raison : je ne m’inquiète pas de la désagrégation française. Nous restons ces ouvriers sûrs d’eux-mêmes qui ne craignent pas de se dissoudre dans le divers, parce que nous avons derrière nous une histoire, un héritage, une force enfin qui nous préservent de la désagrégation. À nous de faire valoir cette force et cette volonté de poursuivre ensemble ce qui nous a fait. Craindre, s’inquiéter, redouter n’a jamais conduit à rien.

Si, à voir la réalité telle qu’elle est, y compris quand elle nous déplaît. Un certain nombre de Français pensent que notre identité collective est menacée par la montée de l’islam radical. Ont-ils tort ? Est-ce de l’islamophobie ?

Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille.

Cela suffira-t-il à endiguer la montée d’une forme de piété et de rigorisme qui tend à isoler du reste de la société. Au-delà du terrorisme, il y a un séparatisme pacifique. Le combattrez-vous et comment ? 

Le rôle d’un président de la République n’est pas de combattre les croyances mais de combattre les propos et les pratiques qui se placent en dehors de l’ordre public républicain. Si les courants religieux que vous décrivez aboutissent à remettre en cause l’ordre républicain, notamment dans la place qu’ils assignent à la femme, ils seront sanctionnés durement. Certains le sont déjà. Il faudra poursuivre. Pour détecter ces dérives, nous avons besoin de rétablir une police et des services de renseignements au plus proche du terrain. Je les rétablirai.

Notre pays est fracturé, là-dessus tout le monde est d’accord. Que proposez-vous pour faire aimer la France à tous les Français, ceux des banlieues et ceux de la Manif pour tous… ?

Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable.

Voir par ailleurs:

How European Agencies Suppress Key Anti-Semitism Data

Interview with Professor Amy Elman: The EU Agency repeatedly asked the Center for Research on Anti-Semitism to alter their ‘divisive’ findings connecting Muslims with the phenomenon.

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Dr. Manfred Gerstenfeld
Israel national news
23/09/14 06

“From the year 2000 on, anti-Semitic incidents in many European Union member states increased substantially. They were fired up by the second Palestinian intifada, the anti-Israel incitement at the 2001 Durban world anti-racism conference and 9/11. Admission by official European bodies of this ‘new’ anti-Semitism’s impact, and exposure of the originators was slow and often distorted.

“The European Monitoring Center for Racism and Xenophobia (EUMC) was officially established through a European Council Regulation in 1997. Its creation coincided with the 1997 Year against Racism, an outgrowth of the 1994/5 Commission on Racism and Xenophobia (the Kahn Commission).  In 2002, the EUMC embarked on a study on anti-Semitism. Its handling of the findings led to an international scandal.”

R. Amy Elman is the Weber Professor in Social Science at Kalamazoo College, Michigan. Her upcoming book The European Union, Anti-Semitism and the Politics of Denial explores the EU’s efforts against anti-Semitism and their consequences.[1]

“The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings.

“The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves.

“The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003.

“The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ The CRA also suffered as the EUMC had characterized its research – of which the EUMC itself had established the parameters – as ‘methodologically unsound.’

“In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation.

“In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts.

“That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation.

“By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum.

“Nowadays, the EUMC’s successor, the European Agency for Fundamental Rights (FRA) also seems reluctant to identify anti-Semitism and classify its perpetrators. In 2013, the FRA disavowed its predecessor’s working definition of anti-Semitism months before releasing its own report on anti-Semitism. Furthermore in a fact sheet summary of the methodology and key findings of the 2013 report (‘Jewish people’s experience of discrimination and hate crime in European Union Member States’) data pertaining to the perceived perpetrators is conspicuously absent.

“The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact.”

Sources:

[1] University of Nebraska Press, 2015


Guerre des Six-Jours/50e: Attention, une occupation peut en cacher une autre (Let’s stop the ahistoric occupation nonsense: it was annihilation, stupid !)

10 juin, 2017
https://i2.wp.com/coolisrael.fr/files/2017/06/kotel19672-600x394.jpg
https://i2.wp.com/www.mrdrybones.com/blog/D17605_1.gifSouviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. Exode 20: 8-11
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer. (…) En quoi, pourquoi Israël est-il l’Europe ? Certes par l’origine de ceux qui ont bâti son État, imposé les conditions du rassemblement de son peuple. Mais cela ne suffirait pas, si l’Europe historique, d’où étaient revenus ces revenants, n’avait été elle-même modelée sur l’histoire du peuple hébreu, n’avait repris la mission du peuple de Dieu dans une « chrétienté ». La couronne du Saint Empire portait l’effigie de David et celle de Salomon, la politique de nos rois en France – avant Bossuet, de l’aveu même de Machiavel – était « tirée de l’écriture sainte », et les nations, jusque dans l’hérésie jacobine et révolutionnaire, imitaient un dialogue immortel entre la naissance et l’obéissance au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. L’échec final de la Chrétienté en Europe, et de sa « mission » sur les autres continents, rendant apparemment vaine la diaspora, la dispersion du peuple juif, permettant à de modernes empires de prétendre que la croix elle-même avait été vaine, restituait nécessairement aux Juifs leur charge originelle, l’idée de cette charge, transformée par l’aventure de vingt siècles. Échec déjà évident autour de la première guerre mondiale qui justifia la première entreprise sioniste, mais combien plus éclatant et terrible avec la seconde et l’entreprise démoniaque du germanisme hitlérien. Toute l’Europe en fut victime, mais nul peuple, nulle communauté comme les Juifs ; s’ils avaient espéré que l’échec du Christ et de la Chrétienté les libérerait, les assimilerait, si les « libéraux » ou « révolutionnaires », parmi eux avaient contribué puissamment à cet échec selon le monde, bref s’ils étaient souvent restés « Juifs charnels » selon Saint Paul, à mesure que les chrétiens le devenaient, l’atroce massacre désabusait à jamais les survivants, autant que les chrétiens antisémites : la croix gammée avait bien élevé sa prétention abominable contre la croix du Christ, et c’est d’un même Dieu, le Dieu judéo-chrétien qu’elle avait proclamé la mort, avec un sérieux pratique supérieur à toutes les mythologies du marxisme ou de l’existentialisme athées. La création de l’État d’Israël fut la seule rançon, la seule création positive répondant à l’horreur infinie de la seconde guerre mondiale. Cette guerre finalement « victorieuse », libérant quelques-unes des nations opprimées, consacrant ou renouvelant la servitude de beaucoup d’autres, n’a symboliquement et directement produit que cette liberté-là. Elle a donné aux « Européens » qui avaient le plus souffert de l’entreprise contre ce qui restait de la Chrétienté (paradoxalement aux Juifs qui, dispersés, étaient, dans la vraie conception du monde ancien, une part significative de cette Chrétienté, même quand ils étaient persécutés par elle), le droit à exister comme État et dans l’histoire.  Oui l’Europe qui avait, par la première guerre mondiale, perdu sa primauté réelle, devait, par la seconde, en perdre jusqu’aux restes et aux apparences. Et les perdre au profit de deux images d’elle-même accomplies en cauchemar, des deux puissances issues de deux « diasporaï » de l’ancienne Chrétienté, celle des « pères fondateurs » de l’Amérique, pèlerins du Mayflower, et celle des prophètes de la révolution accomplissant, ou abolissant, leur rêve dans la nouvelle Russie. Quelque puissance limitée, au niveau des nations, et quelque ferment de son ancienne grandeur selon l’esprit, lui restaient ; mais non comme Europe, et nullement comme effet de la « victoire ». L’unique nouveauté qui eût son visage, qui ressemblât à ses douleurs, qui réunît ses espérances, ce fut Israël. L’extraordinaire (hors d’un ordre chrétien qui n’avait pas réussi à modeler l’histoire, mais fidèle à l’origine même de cet ordre) n’était pas demeuré impossible. Et les chrétiens de nos antiques nations ne pouvaient voir en ce retour une contradiction à leur espérance en la conversion finale du dernier Juif, qui doit précéder la « parousie » : d’abord parce que l’État d’Israël ne rassemblerait jamais tous les Juifs ; ensuite parce que la nature fondamentalement théocratique de cet État, son enracinement dans le sacré, en dépit de toutes les grimaces laïques et démocratiques, constituaient par eux-mêmes une sorte de « conversion », et une promesse de retour à la source première, où la naissance et le Christ ne s’opposent pas, mais fondent ensemble la « nation », pour les autres peuples enracinés dans l’histoire chrétienne. Pierre Boutang (1er juin 1967)
Israël n’est pas incompatible avec l’existence des peuples arabes, en leur diversité, et qui auraient oublié le principe conquérant de l’islam si quelques démagogues (d’ailleurs inspirés d’un autre islam, celui du germanisme nazi) ne l’avaient réveillé, et réveillé contre les seuls juifs. Pierre Boutang
Comme à l’origine, Israël est signe de contradictions, pierre de touche pour les nations et les empires dont il fait apparaître les contradictions, lui même restant, d’une manière inconnue, le lieu toujours privilégié de la contradiction utile, entre l’homme et son Dieu. (…)  Jérusalem pour des raisons bibliques, mais aussi de très concrètes et proche histoire ne peut qu’être confiée à la garde de l’État et du soldat juifs. La décadence et les crimes de notre Europe, anciennement chrétienne ont conduit à ce châtiment mystérieux, ce signe de contradiction ineffable comme tout ce qui tient à Israël. Pierre Boutang
On est capable en Occident, du moins certains d’entre nous, de dénoncer le totalitarisme, le colonialisme, la traite des Noirs ou l’extermination des Indiens d’Amérique. Mais je n’ai pas vu les descendants des Aztèques, les Hindous ou les Chinois, faire une autocritique analogue, et je vois encore aujourd’hui les Japonais nier les atrocités qu’ils ont commises pendant la Seconde guerre mondiale. La colonisation de certains pays arabes par les Européens a duré, dans le pire des cas, 130 ans: c’est le cas de l’Algérie, de 1830 à 1962. Mais ces mêmes Arabes ont été réduits à l’esclavage et colonisés par les Turcs pendant cinq siècles. La domination turque sur le Proche et le Moyen-Orient commence au XVe siècle et se termine en 1918. Il se trouve que les Turcs étaient musulmans – donc les Arabes n’en parlent pas. L’épanouissement de la culture arabe s’est arrêté vers le XIe, au plus le XIIe siècle, huit siècles avant qu’il soit question d’une conquête par l’Occident. Et cette même culture arabe s’était bâtie sur la conquête, l’extermination et/ou la conversion plus ou moins forcée des populations conquises. En Egypte, en 550 de notre ère, il n’y avait pas d’Arabes – pas plus qu’en Libye, en Algérie, au Maroc ou en Irak. Ils sont là comme des descendants des conquérants venus coloniser ces pays et convertir, de gré ou de force, les populations locales. Mais je ne vois aucune critique de ces faits dans le cercle civilisationnel arabe. De même, on parle de la traite des Noirs par les Européens à partir du XVIe siècle, mais on ne dit jamais que la traite et la réduction systématique des Noirs en esclavage a été introduite en Afrique par les marchands arabes à partir des XI-XIIe siècles (avec, comme toujours, la participation complice des rois et chefs de tribus noirs), que l’esclavage n’a jamais été aboli spontanément en pays islamique et qu’il subsiste toujours dans certains d’entre eux. Castorius Castoriadis
Je ne dis pas que tout cela efface les crimes commis par les Occidentaux, je dis seulement ceci: que la spécificité de la civilisation occidentale est cette capacité de se mettre en question et de s’autocritiquer. Il y a dans l’histoire occidentale, comme dans toutes les autres, des atrocités et des horreurs, mais il n’y a que l’Occident qui a créé cette capacité de contestation interne, de mise en cause de ses propres institutions et de ses propres idées, au nom d’une discussion raisonnable entre êtres humains qui reste indéfiniment ouverte et ne connaît pas de dogme ultime. (…) L’écrasante majorité de la planète ne vit pas l' »égalisation des conditions », mais la misère et la tyrannie. Et, contrairement à ce que croyaient aussi bien les libéraux que les marxistes, elle n’est nullement en train de se préparer pour accueillir le modèle occidental de la république capitaliste libérale. Tout ce qu’elle cherche dans le modèle occidental, ce sont des armes et des objets de consommation – ni le habeas corpus, ni la séparation des pouvoirs. C’est éclatant pour les pays musulmans – un milliard d’habitants -, pour l’Inde – presque un autre milliard -, dans la plupart des pays du Sud-Est asiatique et d’Amérique latine. La situation mondiale, extrêmement grave, rend ridicules aussi bien l’idée d’une « fin de l’histoire » que d’un triomphe universel du « modèle démocratique » à l’occidentale. Et ce « modèle » se vide de sa substance-même dans ses pays d’origine. Castorius Castoriadis
Égorge, égorge, égorge et sois sans pitié,  Égorge, égorge, égorge, et lance leurs têtes Dans le désert,  Égorge, égorge, égorge Tout ce que tu voudras,  Égorge tous les Juifs et tu vaincras. Oum Kalsoum (1967)
L’existence d’Israël est une erreur qu’il faut rectifier ; Voici enfin l’occasion d’effacer la honte qui s’est abattue sur nous depuis 1948 : notre objectif est clair :rayer Israël de la carte. Radio Damas (28 mai 1967)
Notre objectif sera la destruction d’Israël. Le peuple arabe veut se battre. Nasser
Appelons-la tout simplement la Guerre des six jours, comme pour évoquer les six jours de la création. Rabin
En reconnaissance pour sa contribution, Rabin reçut l’honneur de nommer la guerre pour les Israéliens. Des suggestions proposées, dont  « La Guerre de l’audace », « La Guerre du salut » et « La Guerre des fils de la lumière », il choisit la formule la moins ostentatoire, la Guerre des Six Jours, évoquant les jours de la création. Michael Oren
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
Définir un ‘peuple’ par deux adjectifs… expliquer l’impérialisme israélien par la nature éternelle, l’instinct dominateur du peuple juif… Les Juifs de France ou, pour mieux dire, du monde entier, ont immédiatement saisi la portée historique des quelques mots prononcés le 28 novembre 1967 par le président de la République… Aucun homme d’État occidental n’avait parlé des Juifs dans ce style, ne les avait caractérisés comme ‘peuple’ par deux adjectifs. (…) Le général de Gaulle a, sciemment, volontairement, ouvert une nouvelle période de l’histoire juive et peut-être de l’antisémitisme. Tout redevient possible. Tout recommence. Pas question, certes, de persécution : seulement de ‘malveillance’. Pas le temps du mépris : le temps du soupçon.  (…) Pourquoi le général de Gaulle a-t-il solennellement réhabilité l’antisémitisme ? Afin de se donner le plaisir du scandale ? Pour punir les Israéliens de leur désobéissance et les juifs de leur anti-gaullisme occasionnel ? Pour interdire solennellement toute velléité de double allégeance ? Pour vendre quelques Mirage de plus aux pays arabes ? Visait-il les États-Unis en frappant les juifs ? Voulait-il soumettre à une nouvelle épreuve l’inconditionnalité de certains de ses fidèles qui ont souffert sous Charles de Gaulle ? Je l’ignore. Raymond Aron (1968)
Une troisième guerre mondiale a-t-elle commencé le matin du 5 juin 1967 ? La Croix (6 juin 1967)
Ceux qui ont montré tant de passion pour soutenir Israël dans la guerre devraient s’employer à convaincre les Israéliens que rendre justice aux Arabes est le meilleur moyen de construire la paix. (…) si Israël ne sait pas dominer sa victoire, il lui faudra recommencer dans dix ans, dans vingt ans. La Croix (7 juin 1967)
Les Israéliens ont eu la vitesse et la force. Les Arabes songent aujourd’hui que, pour leur part, ils auront le temps et l’espace : après avoir perdu la guerre de cent heures, ne pourraient-ils pas gagner la guerre de cent ans ? La Croix (8 juin 1967)
J’ai demandé à des familles aux Etats-Unis de me montrer les lettres que leur envoyaient à l’époque leurs proches vivant en Israël. J’en ai lu près de 500. Presque toutes, en 1966 et 1967, mentionnent la crainte d’un nouvel holocauste. C’est la grande peur, une panique sincère de la destruction imminente, qui s’infiltre dans tous les recoins de la société.  (…) Le conflit était en fait inévitable, car Israël était trop faible pour ne pas attaquer. J’ai établi une chronique de la montée de l’irrationnel. Lors des discussions de janvier 1967 entre le gouvernement et les services secrets du Mossad, on spécule sur les options de Hussein de Jordanie. Mais une conclusion s’impose clairement: en cas de conflit, l’annexion de la rive occidentale du Jourdain et de Jérusalem-Est ne serait pas dans l’intérêt national d’Israël. Le 5 juin 1967, quand les troupes de Hussein attaquent, la raison succombe aux pulsions viscérales. Certes, la guerre est gagnée. Le danger principal, l’Egypte, a été écarté après la destruction de 400 de ses avions. Mais on opte, néanmoins, pour l’offensive contre la Jordanie, pour l’occupation de la rive ouest et surtout celle de Jérusalem- Est. Israël va s’emparer de lieux saints musulmans et chrétiens, un geste aux conséquences internationales immenses. Pourtant, lors de la réunion avec Eshkol, l’état-major et le Mossad, il n’y a même pas eu un juriste pour évaluer les risques. On y va, c’est tout. On ne réfléchit pas. On reste au niveau du fantasme et du rêve. (…) Mais ne soyez pas tenté de voir dans cette décision un calcul politique, une manoeuvre cynique pour résoudre la crise intérieure de l’époque. Nous sommes dans le champ de l’irréfléchi. Je me souviens, d’ailleurs, m’être précipité, à l’époque, pour aller voir Jérusalem-Est, car j’étais persuadé que, dans les jours qui suivraient, nos troupes devraient partir. Tout le monde partageait l’opinion que le cours des événements nous forcerait à revenir au statu quo ante. En fait, Israël venait de passer le point de non-retour. D’après les documents que j’ai obtenus, Hussein était pourtant prêt à une paix durable si on lui rendait Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Mais, politiquement et psychologiquement, il nous était devenu impossible de le faire de notre plein gré. A posteriori, se forgeait le mythe qu’il relevait de la mission, de l’essence d’Israël de détenir tout Jérusalem. C’est étrange car, en fait, hormis le mur des Lamentations, il n’y a pas grand-chose de juif là-bas. Et, d’une manière ou d’une autre, les lieux de prière auraient pu être rendus accessibles sans recourir à l’annexion. (…) Un souvenir personnel de juin 1967: en passant en voiture en Cisjordanie, j’ai voulu prendre une photo d’une colonne de réfugiés sur le bord de la route. Mes camarades ont tenté de m’en empêcher, comme s’ils refusaient de matérialiser leur existence. Tout le monde savait qu’il fallait trouver immédiatement une solution pour les Palestiniens, profiter au mieux du choc initial pour assurer les déplacements de population. L’idée la plus simple consistait à les installer en Cisjordanie. Le plan n’aurait coûté que 40 millions de dollars en dix ans – une misère! – et tous les grands philanthropes juifs, à commencer par les Rothschild français, étaient partants pour financer l’opération. Mais non… Notre gouvernement semble alors incapable de prendre une décision et s’enfonce dans le déni. Il s’en tient à une ligne: c’est à l’ONU de s’occuper des Palestiniens. Et Israël ne peut être tenu responsable de leur sort. Les projets les plus loufoques sont alors débattus, visant à les reloger dans le Sinaï, mais surtout à l’étranger: au Canada. Ou en Irak! En lisant cette dernière proposition, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague, avant de me rendre compte que Eshkol en avait expressément discuté avec le président américain Lyndon Johnson! (…) Johnson était opposé à la guerre, essentiellement parce qu’il craignait qu’elle ne tourne mal pour les Israéliens, qui se seraient alors trouvés contraints de lui demander son aide militaire, alors qu’il est lui-même en plein marasme vietnamien. Mais la CIA, enragée contre Nasser, l’assure que Tsahal remportera une victoire en six à dix jours… L’Amérique donne son feu vert. (…) La victoire de 1967 offre un second souffle au sionisme. Un sentiment de toute-puissance enivre le pays. Longtemps, jusqu’à la grande claque de la guerre du Kippour (octobre 1973), les Israéliens se répétaient cette boutade: «Qu’est-ce qu’on fait à midi? – On envahit Le Caire! – D’accord. Mais qu’est-ce qu’on fait dans l’après-midi?» 1967 a aussi contribué à l’isolement d’Israël, à substituer aux racines européennes et à l’ouverture antérieure au monde un lien exclusif avec les Etats-Unis. (…) Notre jeunesse ne croit plus à la paix. Pragmatique et désabusée, elle se satisferait d’une bonne gestion des hostilités. Et ce qui m’a frappé dans le dernier épisode, l’offensive au Liban de l’été 2006, c’est, plus que l’inanité d’Ehud Olmert – certainement le pire Premier ministre de notre histoire – le fait que notre armée ne sait plus faire la guerre. Tout un symbole. Tsahal est devenue, au fil des décennies, une gendarmerie conçue pour être un outil d’oppression. Tom Segev
Depuis le 15 mai 1967 les menaces de Nasser n’étaient plus verbales, mais s’accompagnaient de déploiement de forces. Les armées de Nasser s’apprêtaient à fondre sur les nôtres, pour nous exterminer. A nouveau la chape de plomb, l’esseulement abyssal. Les radios arabes nous apportaient les hurlements déments des dictateurs arabes ou de leurs porte-parole. C’était en arabe le même déploiement de menaces mortelles que celles qui nous poursuivaient en Europe hitlérienne. Il ne s’agissait pas de nous présenter tels que nous sommes, mais tels que nous devrions être pour justifier les grands massacres que l’on nous promettait au Caire, à Damas, à Amman. « Egorge, égorge, égorge et sois sans pitié, Egorge, égorge, égorge, et lance leur tête Dans le désert, Egorge, égorge, égorge Tout ce que tu voudras,  Egorge tous les sionistes et tu vaincras » chantait, au Caire et à Damas, Oum Kalsoum. Pour que nous soyons égorgeables, sans trop de remords, il fallait que dans l’esprit de nos égorgeurs éventuels nous cessions d’avoir figure d’hommes. Ainsi les colonialistes et les racistes avaient-ils mis au point une technique de propagande très efficace destinée à déshumaniser l’ennemi – celui qu’il faut continuer à exploiter ou qu’il faut assassiner -, au point de le réduire à l’état d’objet, non de personne. Le meurtre alors n’est plus gêné par la mauvaise conscience. Ces recettes avaient fait leurs preuves dans les différents pays d’Asie et d’Afrique où des Occidentaux s’opposaient à des peuples colonisés. Mais, en l’espèce, elles furent utilisées par les dictateurs arabes contre Israël. Pour nous, le blocus du détroit de Tiran décrété par Nasser le 22 mai, les incessantes attaques de notre territoire par les Syriens, le dur bombardement de Jérusalem par les Jordaniens au matin du 5 juin 1967 constituaient des manœuvres agressives caractérisées. Or les chefs arabes continuent de parler de l’agression israélienne. A vrai dire, ils ont raison à leur manière puisqu’ils dénie notre droit de vivre. Le seul fait de notre existence, en tant qu’Etat, introduit un trouble dans l’ordre du monde, constitue une agression permanente contre « leur » paix. Même si nous passions notre temps à chanter, jour et nuit, des psaumes et des cantiques, nous n’en continuerions pas moins notre diabolique agression qui ne pourrait prendre fin qu’avec le terme de notre existence. Nous étions donc persuadés qu’un triomphe arabe réaliserait les prophéties et les ambitions de Choukeïri : l’extermination des survivants des massacres hitlériens. Au terme de la guerre des Six jours, les hommes menacés que nous étions se retrouvaient soudain en position de force : nous étions à la tête d’un Empire plus vaste que nos ancêtres ne l’avaient jamais rêvé ; nous étions des occupants et, par la force des choses, nous devenions aussi des policiers. Etrange destin que celui qui vouait les exterminateurs au rôle de victimes et les candidats au martyre, aux fonctions de bourreau. Soulagement de la victoire : il s’est exprimé chez nous avec beaucoup de pondération. Nous savions que nous n’avions pas fini de gravir notre calvaire. C’était plutôt pour nous le franchissement d’une étape et non le havre souhaité. Israël était devenu l’occupant malgré lui, vainqueur grâce à l’obstination aveugle de ses ennemis. Soudain le problème se compliquait redoutablement ; jadis, la situation était pour nous relativement simple ; il s’agissait d’être ou de ne pas être : les choses étaient claires. Nous remplissions notre rôle vis-à-vis de nous-mêmes et nous correspondions à l’idée que le monde depuis quatre mille ans se faisait de nous : des sursitaires. Au suspense de notre destin, il était possible de prévoir et d’attendre une fin tragique, la continuation de l’œuvre de mort. Après tout, tant qu’il y avait un Juif vivant, il y aurait suffisamment de place pour lui dans les grands cimetières de l’histoire ou la fumée des crématoires. La victoire pipait tous les dés, faussait tous les calculs : le petit Juif du ghetto trichait aux yeux du monde en devenant d’indésirable vainqueur d’une guerre qui constituait sans doute l’insurpassable chef-d’œuvre de la stratégie conventionnelle. Le monde entier pouvait s’attendre avec nous à une fin convenable du trouble qu’Israël n’a cessé d’apporter dans l’histoire depuis la folle aventure d’Abraham : l’effondrement militaire de l’armée juive, les hordes arabes se ruant sur nos femmes, nos enfants, nos foyers, pour parachever splendidement l’œuvre que Hitler n’avait pas su mener à son terme logique. Aux yeux du monde, la victime est devenue bourreau et nous sommes à la tête d’un Empire qui va des pentes de l’Hermon au canal de Suez, du golfe d’Akaba aux rives du Jourdain. Sûrs de nous-mêmes et dominateurs, par cela même faussaires, trublions renversant l’échelle des valeurs. Nietzsche lui-même ne reconnaîtrait plus ses Juifs : d’esclaves, les voici soudain promus au rang de seigneurs. Mais cela même nous a surpris et blessés : nous étions moins en quête de domination que de liberté et de vie. L’image nouvelle de nous-mêmes qui étonnait le monde ne cesse de nous troubler : les uns, d’ivresse, les autres, de nostalgie. La situation nouvelle provoque un universel scandale, le bouleversement de toutes les valeurs, des stéréotypes les plus invétérés. (…) A mesure que la tragédie s’approfondit, que les attentats font davantage de victimes et que la répression sème la peur, les extrémistes se renforcent : Nasser, le grand vaincu de juin 1967, continue de prêcher l’extermination d’Israël. Quelques propagandistes arabes, plus nuancés, essaient de distinguer entre le génocide et ce qu’ils appellent le politicide : il ne s’agissait plus de tuer les Juifs d’Israël mais leur Etat ; comme si ceux-ci pouvaient survivre à celui-là. En face de ces menaces qui nous rappellent certaines voix arabes de 1967 et celles qui, en allemand, annonçaient, aux années 40, de définitifs massacres, nous entendons s’élever quelques voix juives tremblantes d’angoisse qui exigent de l’Etat d’Israël une défense radicale de nos vies par une élimination violente des dangers du terrorisme. D’un côté, on souhaite que la Palestine soit tout entière arabe, tandis que de l’autre on n’attribue de chances de survie à Israël que dans le cadre d’un Etat juif allant des flancs de l’Hermon aux rives du Jourdain et du canal de Suez. André Chouraqui
Cinquante ans après, les poisons que recélait cette victoire inattendue se sont répandus et dans le pays et dans la région. Amos Oz et Avraham Shapira avaient alors effectué une campagne d’enregistrements des soldats vainqueurs. Un film vient de sortir, on les voit aujourd’hui, devenus de vieux messieurs : assis devant des magnétophones qu’on a heureusement conservé de cette haute époque, ils écoutent leurs propres voix d’autrefois. S’ils se déclarent souvent encore heureux d’avoir contribué à sauver Israël de l’anéantissement, certains expriment leur malaise devant les opérations d’occupation et d’évacuation qu’ils ont dû mener. « J’ai vieilli d’un seul coup », dit l’un. Et l’autre ajoute : nous avons cru assurer l’avenir de nos enfants. Mais, avec l’occupation, quel sort avons-nous préparé à nos petits enfants ? France inter
Le 15 mai 1967, c’est le 19 ème anniversaire d’Israël. (…) La capitale d’Israël est coupée en deux par un mur depuis le 29 mai 1948. La légion arabe du roi Abdallah a en effet conquis la vieille ville pendant la guerre d’indépendance et massacré les juifs qui s’y trouvaient. Elle a également pris d’assaut l’hôpital Hadassah et l’université hébraïque sur le mont Scopus, mais aussi profané les cimetières et transformé les synagogues en écuries et urinoirs.
Le Kotel, le mur occidental du Temple, est bien sur interdit d’accès depuis 1948. (…) [Les] Israéliens (…) vivent dans la menace de la destruction de leur pays qui n’a même pas 20 ans d’existence. Israël est un pays minuscule, aussi grand que trois départements français dans lequel vivent à peine 2,7 millions d’habitants. Au niveau de Natanya, le pays est moins large que la ligne de métro 1 à Paris entre le château de Vincennes et alors le pont de Neuilly. Le 1 er juin, Ahmed Choukeiri, le président de l’Organisation de libération de la Palestine, auquel Yasser Arafat va succéder, ne laisse pas de place au moindre doute. Il hurle : « Il n’y aura pas de moyen terme. Il ne restera pas de survivants juifs ! » Au Caire, à Damas, à Bagdad et dans l’ensemble du monde arabe, les déclarations, les manifestations, les chants, les slogans sont les mêmes : « Avec l’aide de Dieu, nous allons nous retrouver à Tel-Aviv et on les égorgera tous ! » Israël sait qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air. Le colonel Gamal Abdel Nasser amasse les troupes égyptiennes à la frontière. Il a exigé le départ des Casques bleus de l’ONU qui faisaient tampon depuis la guerre du Sinaï depuis 1956. Les troupes jordaniennes sont placées sous le commandement de l’Egypte, le roi Hussein espérant agrandir son royaume à peu de frais. La Syrie, qui depuis les hauteurs du Golan, tire régulièrement sur les agriculteurs israéliens aux abords du Kineret, le lac de Tibériade, est prête à prendre elle aussi sa part au massacre promis. Gamal Abdel Nasser franchit un pas supplémentaire en fermant le détroit de Tiran L’accès à Eilat est désormais bloqué. Israël se sent abandonné par le monde entier. L’Union soviétique soutient et envoie des armes aux Arabes. Les Etats-Unis, empêtrés dans la guerre au Vietnam, ne veulent rien faire. Le général De Gaulle vient de planter un poignard dans le dos, lui qui, il ya quelques années avait affirmé à David Ben-Gourion qu’Israël était l’ami et l’allié de la France. Les Israéliens pressentent que la menace d’anéantissement se rapproche. Le 1er juin, le Premier ministre Israélien Levi Eshkol met en place un gouvernement d’union nationale. Il appelle à ses cotés Menahem Begin, le chef de l’opposition et surtout Moshé Dayan, qui devient ministre de la défense. Israël doit absolument agir pour repousser la tentative d’étranglement. Le 5 juin au matin pendant que les pilotes égyptiens prennent leur petit-déjeuner, l’armée de l’air cloue au sol la presque totalité des avions. Les forces terrestres complètent l’opération .En quatre jours, elles font reculer l’armée égyptienne de Gaza, Sharm-el –Sheik et atteignent le canal de Suez. La Jordanie attaque le 5 juin. Elle n’a pas voulu écouter le message qui lui avait été transmis par Israël : « Ne bougez pas !» Le lendemain, les parachutistes israéliens encerclent le vieille ville de Jérusalem, et le 7 au matin, ils arrivent au Kotel. Tsahal va poursuivre son action de riposte, et va repousser les Jordaniens et dans ce but s’emparer de la Judée et de la Samarie. Le 6 juin, les Syriens lancent des attaques contre Israël, mais Tsahal réagit et s’empare du Golan. Le samedi 10 juin, la guerre est finie. Israël est venu à bout des armées égyptienne , jordanienne et syrienne. Les troupes que devaient envoyer d’autres pays arabes, n’ont pas eu le temps d’arriver. Tsahal a gagné, mais 800 Israéliens sont morts et 4500 sont blessés. Le gouvernement confie à Itzhak Rabin, le chef de l’état-major de choisir un nom pour qualifier la troisième guerre d’Israël depuis sa fondation. « Appelons-la tout simplement la Guerre des six jours, comme pour évoquer les six jours de la création », propose Rabin. Haim Musicant
Le 5 juin d’il y a 40 ans, jour pour jour, j’entendis avec stupeur à la radio que l’aviation israélienne était au-dessus du Caire, ayant cloué au sol son homologue égyptienne… J’étais soulagé et inquiet. Depuis près d’un mois, depuis que Nasser avait bloqué le Détroit de Tiran pour étouffer le port juif  d’Eilat et empêcher Israël de recevoir le pétrole, on assistait à un véritable ameutement des foules arabes, orchestré par les chefs d’Etat et par le chef palestinien de l’époque autour du mot d’ordre: les Juifs à la mer. Même la suave chanteuse égyptienne Oum Kalsoum chauffait les masses du Caire par un hymne dont le refrain était adbah! (égorge!). A l’époque, je faisais une thèse de math et de la philo, cela faisait un an que j’étais au Parti communiste pour combattre l’impérialisme et le capitalisme. J’étais plutôt méfiant envers les chefs israéliens, qui étaient du reste plutôt distants envers « les Juifs », comme s’ils croyaient à leur mythe de créer l’homme nouveau. Mais le spectre de l’Extermination, 22 ans à peine après Auschwitz, était présent dans certaines têtes, dont la mienne. Je quittai donc le PC car son discours sur « Israël tête-de-pont-de-l’impérialisme-américain » ne collait pas avec les faits. Bien sûr, je me raisonnais: « les Etats arabes ne pourront pas comme ça effacer Israël », mais je m’objectais: « Et pourquoi pas? Pourquoi les mépriser d’avance? Ils sont armés et nombreux… » Même les Marocains envoyaient des blindés; il n’y avait pas que la Syrie , l’Egypte, la Jordanie qui ameutaient. L’Irak aussi… (…) Plus tard, on s’est dit qu’Israël n’aurait pas dû être l’agresseur. Mais  la Guerre du Kippour en  73 a confirmé que s’il n’attaque pas le premier, vu sa petite taille, c’est le massacre, et il est vite menacé dans son existence. Des historiens nous disent que cette Guerre des Six jours (dont nos manuels scolaires ne parlent pas) éclata par inadvertance. Un acte manqué, en somme; mais alors, qui révèle le fond des choses: l’humiliation subie par le monde arabe, dans cette guerre, renouvela celle qu’il a subie en 48 à la naissance de l’Etat juif. Un véritable traumatisme, car en principe, dans l’identité islamique instaurée par le Coran, la question juive était réglée: les vrais bons juifs sont musulmans, comme ceux de la Bible , les autres sont des pervers dans l’ensemble, parfois des braves gens isolément; mais l’idée qu’ils aient un jour une souveraineté est exclue. Dès lors, dans la mentalité officielle arabo-musulmane, Israël était à effacer. Même si des Arabes lucides lui vouent une certaine admiration. Mais avec  la Guerre des Six jours, on ne l’effaçait pas, il était victorieux. A partir de là, on observa de curieux phénomènes. D’abord une sorte de greffe: du fait qu’Israël devenait ponctuellement occupant colonisant les territoires conquis, on greffa sur lui ces deux traits et cela le rend globalement occupant et colonialiste; on pouvait donc ameuter contre lui toutes les forces anti-coloniales. Il y eut aussi des surenchères morales chez les Juifs; certains, comme Y. Leibovitch fustigeant Israël comme nouvel Etat nazi, pas moins. Ce qui permit à des cohortes d’humanistes en manque d’indignation d’emboîter le pas: Oui, Ramallah c’est Auschwitz, déclara un prix Nobel de littérature. Autre fait, plus positif: il fallait rendre les territoires. Avant 67, on ne parlait pas de les rendre puisqu’on allait, un jour, libérer toute la Palestine. Mais depuis 67, Gaza, que l’Egypte occupait et n’a jamais pensé à rendre, devint une terre à restituer de même que la Cisjordanie occupée par  la Jordanie qui ne pensait pas davantage à la restituer. Ce fut une sorte de transmutation: ces terres devenaient palestiniennes du fait d’être passées entre des mains israéliennes. Il faut dire qu’avant, même les Palestiniens n’exigeaient pas des Etats arabes d’avoir d’abord Gaza et  la Cisjordanie comme base de départ dans leur lutte contre Israël. Etonnant. (…)  C’est donc curieusement après  la Guerre des Six jours que cette idée a pu devenir assez concrète. Ce qui ne veut pas dire praticable. A preuve, depuis que Gaza a été « restitué », les Palestiniens s’y battent entre eux, les plus fanatiques envoient des fusées sur Israël, retardant la restitution – pourtant prévue – d’une partie de la Cisjordanie : en effet, si celle-ci était rendue, on pourrait envoyer de là des fusées sur Tel Aviv, vu les distances; alors c’est l’existence quotidienne d’Israël qui serait mise en question. Donc, nouveau paradoxe, grâce à la libération de Gaza, et à ce qu’elle a révélé, celle de la Cisjordanie paraît peu probable, pour l’instant. De sorte que même ceux qui réécrivent l’histoire après-coup – et il y en a – n’ont pas la tâche facile. Quand ils disent qu’Israël aurait dû rendre très vite les Territoires, ils oublient qu’un groupe armé quelconque à Ramallah ou à Gaza, s’il veut se réchauffer l’âme et se sentir plus près d’Allah, peut envoyer des bombes (ou des hommes-bombes) sur Israël et redéclencher la guerre. Donc, il faut être bien prétentieux pour s’installer sur un promontoire élevé et juger que, de ci de là, il y a eu « de grosses erreurs ». Ces deux peuples là-bas, quand ils se battent (car il faut reconnaître qu’il y a de longues périodes de paix, et que la seconde Intifada, longue et meurtrière, a fait en tout 3 000 morts des deux côtés, ce qui est tragique mais peu comparable aux 250 000 morts des guerres ethniques dans l’ex-Yougoslavie), quand il se battent donc, c’est pour des raisons qui leur échappent, des raisons inconscientes qu’on hésite à élucider, mais d’où émerge cette question simple: une terre devenue islamique (par conquête) peut-elle supporter de retrouver (par conquête) sa souveraineté juive antérieure? Ou encore: l’islam ayant pris le relais du message hébreu, peut-il honorer sa dette symbolique envers ses sources juives en laissant une part infime de son immense territoire redevenir un Etat juif? (…) Ces problèmes de cohabitation entre islam et monde judéo-chrétien vont peu à peu s’observer bien ailleurs, en Europe, et un jour proche on pourra en parler plus franchement. Autre remarque: c’est la Guerre des Six jours qui instaura la « ligne verte », frontière apparente et improbable entre deux Etats. Elle a eu dans certains discours un aspect intangible, rigide, absolu, comme si elle existait de tout temps. C’est qu’elle incarne une revendication toute autre: effacer l’humiliation de 67. Or celle-ci est captée par une autre humiliation, plus profonde, celle de l’islam conquérant arrêté par l’Occident sur une frontière instable qui va bientôt faire parler d’elle. Daniel Sibony
Pourquoi la guerre a-t-elle eu lieu ? La question se pose parce que, comme la Première Guerre mondiale, personne n’avait prévu ni ne voulait cette guerre. La recherche d’Oren offre un aperçu de son caractère tout à fait accidentel. En novembre 1966, par exemple, après le meurtre de trois policiers israéliens aux mains de terroristes, basés en Jordanie, l’ambassadeur généralement efficace des États-Unis en Israël a attendu quelques jours pour transmettre un message de condoléances du roi Hussein de Jordanie au Premier ministre israélien. Son retard a poussé les Israéliens à se venger, et les représailles à leur tour sont devenues un épisode majeur dans l’escalade de la guerre. Le rôle des évènements fortuits doit être gardé à l’esprit ces jours-ci, alors qu’il y a de la guerre dans l’air à nouveau au Moyen-Orient: Le moindre faux pas pourrait provoquer un éclatement. Comment les Forces de défense israéliennes ont-elles pu gagner de façon si écrasante ? par une pratique méticuleuse et un réalisme absolu, contrairement aux militaires arabes, qui vivaient dans un monde fantastique. Si les Israéliens étaient tous nerveux à l’approche de la guerre – Le chef d’état-major Yitzhak Rabin souffrait d’une dépression – les dirigeants arabes étaient extrêmement confiants. Un général syrien prédisait une victoire sur Israël en quatre jours « au maximum. » Le président égyptien Gamal Abdel Nasser ne montrait aucun signe d’inquiétude, insistant sur le fait que les Israéliens étaient incapables de monter précisément l’attaque aérienne surprise qu’ils ont en fait réussie. Plus largement, un haut fonctionnaire égyptien a déclaré au sujet du leadership de son équipe qu’il croyait que «la destruction d’Israël était un jeu d’enfant qui ne nécessitait que l’accrochage d’une ligne téléphonique chez le commandant et l’écriture de slogans de victoire. » (Washington, comble d’ironie, a été plus confiant que Tel-Aviv sur une victoire israélienne ; deux semaines avant que la guerre n’ait éclaté, déclare Oren, le secrétaire américain à la Défense avait prédit que si Israël devançait, il battrait ses trois ennemis dans la semaine – précisément ce qui s’est passé.) Comment la guerre a-t-elle affecté la diplomatie israélo-arabe ? – Elle en a fondamentalement changé les termes. Déjà à la mi-mai, quelques semaines avant que les hostilités n’aient commencé, l’influence du Moyen-Orient à la Maison Blanche, Harold Saunders, a suggéré qu’Israël devrait être toléré le temps d’écraser ses ennemis, voyant en ceci « un moyen de régler les frontières et, peut-être même les réfugiés ». Dès le deuxième jour de la guerre, le président Lyndon Johnson avait formulé les grandes lignes de la politique la terre- en échange- de la paix que 35 ans plus tard, la diplomatie américaine conduit encore à l’égard du conflit israélo-arabe: Israël doit restituer la terre conquise en 1967 en échange de sa reconnaissance par les Arabes. Les Américains attendaient l’ampleur du triomphe militaire d’Israël pour montrer aux Arabes l’inutilité de leurs espoirs de détruire l’Etat juif, une analyse qui rencontra l’approbation immédiate chez certains Israéliens (y compris Yitzhak Rabin, plus tard le premier ministre qui a initié les négociations d’Oslo, qui ont été fondées précisément sur cette hypothèse). Mais, comme les événements récents l’ont prouvé de façon si frappante, la prémisse terre contre paix était fausse. A quelques exceptions près (comme le président égyptien Anouar El-Sadate), la bonne volonté d’Israël de faire cet échange a hâté la violence des Arabes contre elle, non pas leur acceptation. Oren montre comment la terre contre la paix est fondée sur des espoirs américains, et non pas sur les réalités du Moyen-Orient ; sa recherche montre que cette politique n’a pas besoin finalement d’être remplacée par une approche plus réaliste. Daniel Pipes
Those who say that we should have evacuated the territories at once need to be reminded what it was like here before the Six-Day War: a country whose border was near the outskirts of greater Tel Aviv, and which was only 15-kilometers wide. Does anyone want to go back to that? With all the problems, our situation today is a thousand times better. Gilad Sharon
I am embarrassed that we started the war in the first place. An unnecessary war that followed 19 years after another unnecessary war that we also lost. I am embarrassed that we let hatred drive our decision to go to war. I am embarrassed that we did not take Israel’s offer right after the war to make peace in exchange for land. I am embarrassed that since then, Egypt’s and Jordan’s realization of the foolishness of war was not matched by the rest of the Arab world, particularly my own country of Lebanon. I am embarrassed that we never made a single credible comprehensive offer of peace to Israel. I am embarrassed that still today, 69 years after our first war against Israel, we still use the Palestinians as pawns in our war of hatred. I am embarrassed that instead of denouncing the hatred, much of the world has joined with us in attacking the Jews’ right to self-determination. I am embarrassed that I, and the few other Arabs who stand up to hatred, cannot do much more than speak up, and that we have not moved to action even our fellow Arabs who live comfortably in the West. I am embarrassed as a citizen of the West because we pay lip service to Israel but we cannot provide substantial support to Israel, for example against the Arab attempts to rewrite the past and erase the Jewish history of Jerusalem. I am embarrassed that we in the West are too beholden to Arab dictators to even take the symbolic step of recognizing that Jerusalem is an indivisible part of Israel. I am embarrassed to ethnically belong to a group that thrives on hatred and to geographically belong to a group that appeases haters. I am embarrassed to belong to a human race that has learned nothing from the lessons of the past and that continues to let antisemitism fester and grow. I am embarrassed that I cannot write these words in an Arab publication or even in a mainstream Western publication because hatred and appeasement are too strong. Fred Maroun
Dès le lendemain de la Guerre des Six Jours, la gauche israélienne a créé son propre “narratif” au sujet de la guerre, dans un livre fameux, Sia’h Lohamim (“Paroles de combattants”) qui s’est imposé dans une certaine mesure comme un discours officiel israélien concernant les événements de mai-juin 1967. Dans ce livre, des soldats issus pour la plupart des kibboutzim des mouvements de la gauche et de l’extrême-gauche (Hashomer Hatzaïr), expriment leurs doutes et leur désarroi après la victoire et relatent les dilemmes moraux auxquels ils ont été confrontés pendant la guerre. Ce document avait été distribué à l’époque par le ministère des Affaires étrangères aux représentations diplomatiques israéliennes à l’étranger, dans le but de montrer le “visage humain” de l’armée israélienne. Mais ce narratif humaniste, souvent émouvant mais pétri de culpabilité, reposait sur un mensonge par omission, qui a été depuis lors exposé au grand jour. Une partie significative des témoignages des soldats recueillis lors de la réalisation de ce document ont en effet été écartés et censurés, car ils ne correspondaient pas aux opinions politiques mises en avant par les auteurs de “Voix de combattants”. Les voix censurées étaient notamment celles de soldats issus de la Yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, institution phare du sionisme religieux, qui exprimaient leur joie après la victoire miraculeuse, la réunification de Jérusalem et le retour du peuple d’Israël dans le coeur de sa patrie ancestrale. L’occultation délibérée de ces témoignages, non conformes au narratif de la gauche kibboutzique, s’inscrivait dans une tentative d’écriture d’une “histoire officielle” de la Guerre des Six Jours, dans un sens idéologique bien particulier. Comme le rapporte Gilad Zweik, les auteurs de “Voix de combattants”, parmi lesquels l’écrivain Amos Oz, éprouvaient un mépris non dissimulé pour les sentiments de joie exprimés par la majorité des Israéliens au lendemain de la victoire de juin 1967. Evoquant son camarade Micha Heyman, tué pendant les durs combats de la “Colline des munitions” à Jerusalem, Amos Oz déclare ainsi que “de son point de vue, on aurait pu dynamiter le Kotel pour sauver Michi”. Un autre soldat interrogé dans le livre déclare que les “sonneries de Choffar [du rav Goren devant le Kottel libéré] lui faisaient mal à la tête…” On comprend, en lisant ces lignes, que la question de la souveraineté juive à Jérusalem (sans même parler de la Judée et de la Samarie) est tout autant, voire plus, une question intérieure israélienne et juive, qu’une question de droit et de politique internationale. Dans ce contexte, il convient d’observer que la récente condamnation internationale de la “colonisation” par le Conseil de Sécurité des Nations unies dans la résolution 2334 s’est produite quelques semaines après l’intervention devant ce même Conseil de sécurité de deux représentants israéliens des organisations d’extrême-gauche Betselem et La Paix Maintenant, qui ont apporté leur justification morale et politique à la condamnation d’Israël par la communauté internationale. Plus généralement, une large partie de la gauche israélienne a adopté aujourd’hui le narratif jadis minoritaire, défaitiste et auto-accusateur, des combattants de l’Hashomer Hatzaïr. Mais alors que ces derniers, en tant que soldats et patriotes israéliens, exprimaient leurs critiques et leurs doutes à destination du public israélien en priorité, leurs héritiers actuels adressent leurs attaques contre le gouvernement et l’armée d’Israël au public international, se transformant en dénonciateurs de leur propre peuple devant le tribunal des nations. Pierre Lurçat
In June 1967 Arab leaders declared their intention to annihilate the Jewish state, and the Jews decided they wouldn’t sit still for it. For the crime of self-preservation, Israel remains a nation unforgiven. Unforgiven, Israel’s milder critics say, because the Six-Day War, even if justified at the time, does not justify 50 years of occupation. They argue, also, that Israel can rely on its own strength as well as international guarantees to take risks for peace. This is ahistoric nonsense. On June 4, 1967, the day before the war, Israel faced the fact that United Nations peacekeepers in Sinai, intended as a buffer with Egypt, had been withdrawn at Cairo’s insistence; that France, hitherto Israel’s ally, had imposed an arms embargo on it; and that Lyndon Johnson had failed to deliver on previous American assurances to break any Egyptian blockade of the Israeli port of Eilat (…) before we fall prey to the lazy trope of “50 years of occupation,” inevitably used to indict Israel, let’s note the following: There would have been no occupation, and no settlements, if Egypt and its allies hadn’t recklessly provoked a war. Or if the “international community” hadn’t fecklessly abandoned Israel in its desperate hours. Or if Jordan hadn’t foolishly ignored Israel’s warnings to stay out of it. Or if the Arab League hadn’t arrogantly rejected the possibility of peace. A Palestinian state would most likely exist if Arafat hadn’t adopted terrorism as the calling card of Palestinian aspirations. Or if he hadn’t rejected the offer of a state 17 years ago. Or if he hadn’t renounced his renunciation of terror. A Palestinian state would also most likely exist if Arafat’s successor, Mahmoud Abbas — now in the 13th year of his elected four-year term — hadn’t rejected it again nine years ago, and if Gazans hadn’t turned their territory into a terrifying model of Palestinian statehood, and if the United Nations didn’t treat Hamas’s attacks on Israel as a nuisance but Israel’s self-defense as a crime against humanity. (…) The Middle East doesn’t need another failed state in its midst. Israel doesn’t need another Hamastan on its border. Palestinians in the West Bank don’t need it over their heads. In 1967 Israel was forced into a war against enemies who then begrudged it the peace. Egypt, at least, found its Sadat. The drama of the Six-Day War will close when Palestinians find theirs. Bret Stephens

Attention: une occupation peut en cacher une autre !

« Guerre qui n’a rien réglé« , « victoire qui n’en est pas une », « guerre empoisonnée » …

En ce 7e jour où, fidèles à l’injonction du  4e commandement, nos amis juifs se rappellent la création du monde …

Qui se trouve être aussi le 50e anniversaire, jour pour jour, de la fin de la Guerre dite précisément des Six-jours …

Et de la libération de leur capitale et de leurs lieux les plus saints …

Pendant que de Manchester à Londres ou Paris …

Après Jérusalem ou Tel Aviv et en fait un ensemble du Moyen-Orient pratiquement juden ou christianrein …

La religion de paix rappelle à coup de voiture-bélier ou de couteau de boucher  …

Le sort qui attend ceux qui ne s’y soumettent pas

Qui rappelle …

A l’heure où rivalisant de révisonnisme articles après articles …

Nos médias n’ont que le mot « occupation » à la bouche …

Non seulement l’hommage discret à la création du monde qu’y avait alors inscrit le général Rabin …

Mais aussi entre les appels de Nasser à la destruction d’Israël …

Et les refrains de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum à « égorger les juifs »

La véritable guerre d’annihilation que, 22 ans après Auschwitz, ladite guerre avait alors empêchée …

Comme après la confirmation de la Guerre du Kippour et la série ininterrompue d’ attentats qui a suivi …

La même poursuite de la Solution finale que l’actuelle « occupation » continue de prévenir ?

Six Days and 50 Years of War

Bret Stephens

The New York Times

June 2, 2017

In June 1967 Arab leaders declared their intention to annihilate the Jewish state, and the Jews decided they wouldn’t sit still for it. For the crime of self-preservation, Israel remains a nation unforgiven.

Unforgiven, Israel’s milder critics say, because the Six-Day War, even if justified at the time, does not justify 50 years of occupation. They argue, also, that Israel can rely on its own strength as well as international guarantees to take risks for peace.

This is ahistoric nonsense.

On June 4, 1967, the day before the war, Israel faced the fact that United Nations peacekeepers in Sinai, intended as a buffer with Egypt, had been withdrawn at Cairo’s insistence; that France, hitherto Israel’s ally, had imposed an arms embargo on it; and that Lyndon Johnson had failed to deliver on previous American assurances to break any Egyptian blockade of the Israeli port of Eilat.

On June 5, the first day of the war, the Israeli government used three separate diplomatic channels to warn Jordan — then occupying the West Bank — not to initiate hostilities. The Jordanians ignored the warning and opened fire with planes and artillery. Some 6,000 shells landed on the western side of Jerusalem alone.

On June 19, 1967 — nine days after the end of the war — the Israeli cabinet decided it would offer the return of territories conquered from Egypt and Syria in exchange for peace, security and recognition. The Arab League categorically rejected peace with Israel at its summit in Khartoum later that year.

In 1973 Egypt and Syria unleashed a devastating surprise attack on Israel, puncturing the myth of Israeli invulnerability.

It took a decade after 1967 for the Egyptian government of Anwar Sadat finally to accept Israel’s legitimacy. When he did he recovered every inch of Sinai — from Menachem Begin, Israel’s right-wing prime minister. Syria remains unreconciled.

It took another decade for Yasir Arafat’s Palestine Liberation Organization to recognize Israel and formally forswear terrorism. But its pledges were insincere. Only after the Soviet Union’s collapse and Arafat’s disastrous support for Saddam Hussein in the gulf war did the P.L.O. finally seem to get serious. It led to the Oslo Accords of 1993 and further Israeli withdrawals.

In 2000, at Camp David, Israel offered Arafat a state. He rejected it. “I regret that in 2000 he missed the opportunity to bring that nation” — Palestine — “into being,” was Bill Clinton’s bitter verdict on the summit’s outcome. Within two years Arafat was calling on a million “martyrs” to march on Jerusalem.

In 2005, another right-wing Israeli government removed its soldiers, settlers and settlements from the Gaza Strip. Two years later Hamas seized control of the territory and used it to start three wars in seven years.

In 2008, Prime Minister Ehud Olmert offered a Palestinian state in Gaza and 93 percent of the West Bank. The Palestinians rejected the proposal out of hand.

This is a truncated history. Israel is not a nation of saints and has made its mistakes. The most serious of those is proliferation of West Bank settlements beyond those in historically recognized blocs.

But before we fall prey to the lazy trope of “50 years of occupation,” inevitably used to indict Israel, let’s note the following:

There would have been no occupation, and no settlements, if Egypt and its allies hadn’t recklessly provoked a war. Or if the “international community” hadn’t fecklessly abandoned Israel in its desperate hours. Or if Jordan hadn’t foolishly ignored Israel’s warnings to stay out of it. Or if the Arab League hadn’t arrogantly rejected the possibility of peace.

A Palestinian state would most likely exist if Arafat hadn’t adopted terrorism as the calling card of Palestinian aspirations. Or if he hadn’t rejected the offer of a state 17 years ago. Or if he hadn’t renounced his renunciation of terror.

A Palestinian state would also most likely exist if Arafat’s successor, Mahmoud Abbas — now in the 13th year of his elected four-year term — hadn’t rejected it again nine years ago, and if Gazans hadn’t turned their territory into a terrifying model of Palestinian statehood, and if the United Nations didn’t treat Hamas’s attacks on Israel as a nuisance but Israel’s self-defense as a crime against humanity.

The cover of a recent issue of The Economist purports to answer the question “Why Israel Needs a Palestinian State.” The argument isn’t wrong. It just isn’t wise.

Israel needs a Palestinian state to safeguard its democratic future — in the long term. But the character of such a state matters at least as much as its mere existence. The Middle East doesn’t need another failed state in its midst. Israel doesn’t need another Hamastan on its border. Palestinians in the West Bank don’t need it over their heads.

In 1967 Israel was forced into a war against enemies who then begrudged it the peace. Egypt, at least, found its Sadat. The drama of the Six-Day War will close when Palestinians find theirs.

Voir aussi:

Half a century after the euphoria of the Six-Day War, some Israelis are wondering if it was a victory

Hundreds of guests and dignitaries gathered at the Knesset, the Israeli parliament, for a special session Tuesday marking the 1967 Six-Day War. It was a celebration of Israel’s lightning military victory over Arab armies in the Sinai Peninsula, Golan Heights, West Bank and East Jerusalem that forever changed the landscape of the Middle East.

In an address that waxed nostalgic for the euphoria that swept Israel in the war’s aftermath, Prime Minister Benjamin Netanyahu invoked the biblical history of the Jewish people in Hebron and Nablus, the West Bank cities that were captured during the conflict. “The Six-Day War returned us to the country from where we had been cut off for generations,” he said. “This is our land.’’

Absent from the parliamentary party, however, were legislators from Israel’s pro-peace Meretz party. Not enough attention, they said, was being paid to the consequences of Israel’s unending control over millions of Palestinians who live in the lands occupied 50 years ago this week.

Tamar Zandberg, one of the party’s parliament members, complained that the celebrations ignored the fact that the West Bank has lived under military rule for 50 years.

“This casts the biggest shadow over Israel’s democracy in its history — and for its continued existence,” she said on the parliament television channel. “This reality is really abnormal — it’s distorted, and we need as quickly as possible to reach a solution to this in the form of an agreement.”

The dissonance between the prime minister and the opposition politician highlights the extent to which the anniversary of the war is stirring a debate in Israel over whether one of the country’s most storied military victories planted the seeds of a modern political disaster.

Israel scored a total defeat against Egyptian, Jordanian and Syrian forces, perhaps one of the last moments in the Middle East that a military conflict has been decided so decisively. The victory transformed Israel from a small, vulnerable outpost teetering on the eastern shelf of the Mediterranean into a regional power player with ample territorial buffers against any potential new attacks.

After surviving a traumatic surprise attack in 1973 by Egypt and Syria in an attempt to recover their territories, Israel eventually traded Sinai for a peace accord with Cairo in 1979 and established full diplomatic ties with Jordan in 1994.

But the 1967 war also began Israel’s self-declared military occupation of the West Bank and the Gaza Strip, along with its controversial annexation of East Jerusalem, which formerly belonged to Jordan.

Described as temporary, the occupation gave Israel control over the lives of a Palestinian population that today numbers 4.9 million.

It also opened the door to establishing hundreds of Jewish settlements and outposts in those territories — neighborhoods that many right-wing Israelis, including Netanyahu, now consider an inseparable part of the country.

At official ceremonies and academic symposiums and on the opinion pages of newspapers, the anniversary has become an occasion among Israelis for taking stock of what was gained, and the continuing costs of the country’s failure to turn those 50-year-old military gains into lasting security.

“It’s a moment of clarification that is forcing Israelis to be more honest about where we are heading,” said Ehud Eiran, a professor of political science at Haifa University. “There’s a growing belief that this reflects a permanent reality, rather than the stories we told ourselves that it’s a temporary occupation.”

In a late May survey by the Israel Democracy Institute released this week, about 62% of Jewish Israelis disagreed with the idea that control over the West Bank constituted a military occupation.

Although a two-thirds majority considered control of the West Bank to be a boost for Israel’s security, the survey also found that the public was evenly split over calls by right-wing politicians to annex the territory.

For the religious nationalist leaders who lead the settlement movement, the jubilee anniversary is being hailed as a sign of the settlements’ permanence. Tens of thousands of religious nationalist supporters gathered at the Western Wall plaza on the Hebrew calendar anniversary of the capture of East Jerusalem in late May to celebrate.

“When I am asked about what is the full vision, what is the future of Judea and Samaria in our eyes, I answer that I want to see, with the help of God, one million Israelis living in Judea and Samaria,” Avi Roeh, who heads the Yesha settlers council, wrote on Facebook, referring to the biblical names for the West Bank.

“It used to seem like a far off, impossible dream…. But today, it’s possible to believe that we’re on the right track.”

In an effort to push back against public perception that the Jewish settlements in the West Bank are an asset to security, the Molad center, a left-wing research institute, released a paper based on interviews with former Israel Defense Forces generals arguing that large amounts of resources are being diverted to the protection of settlements.

Israel’s left wing, which has seen its influence and power diminish over the last two decades, has also been focusing this week on the moral implications of continued control over Palestinians in the West Bank and what it means for the country’s democratic values.

“The settlers have succeeded in creating, on the ground, exactly what they wanted. A reality in which it will be very difficult to draw a border line, which will prevent a separation between us and the Palestinians,” David Grossman, a prominent Israeli author, told the daily newspaper Yediot Aharonot.

“This forces us into making a choice between a few tragic options for those who want a democratic state and a Jewish home. In this sense, the settlers create a danger for the future of the state of Israel, they are dragging us into an abyss.”

Writing in the same newspaper, the son of former Israeli Prime Minister Ariel Sharon dismissed such concerns.

“Those who say that we should have evacuated the territories at once need to be reminded what it was like here before the Six-Day War: a country whose border was near the outskirts of greater Tel Aviv, and which was only 15-kilometers wide,” wrote Gilad Sharon. “Does anyone want to go back to that? With all the problems, our situation today is a thousand times better.”

Gerald Steinberg, a political science professor at Bar Ilan University, argued that Israelis on both sides of the political spectrum do agree that the government needs to come up with a definitive policy to end the state of political limbo started in June 1967.
“Whether you’re on the right or left, the continuing uncertainty for 10 or 20 more years is untenable,” he said. The longer the temporary aspect of the situation lasts, the more unhealthy it is for Israel.”

Voir également:

J’ai lu Israël dans la presse bretonne
9 juin 2017

En France, la presse quotidienne régionale – la PQR – est puissante. En Bretagne par exemple, ces quotidiens structurent l’information.

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Leur influence vient de la verticalité des informations qu’ils traitent : infos locales, régionales, nationales, internationales. De ce fait, ils sont naturellement considérés par la population comme neutres, peu politisés et objectifs. Ils participent fortement au bruit de fond collectif.

Ouest France, 1er quotidien français, couvre le Nord Ouest français, a le 9e site d’info le plus lu en France. Né de Ouest Eclair après la guerre, il est le quotidien historique de la démocratie chrétienne et le soutien des industries agroalimentaires, traditionnellement puissantes.

Le Télégramme devance OF en pointe bretonne, il a été élu meilleur quotidien de France deux fois dans les six dernières années : il est reconnu pour son sérieux.

Publi-Hebdo est le troisième grand acteur de l’info avec une panoplie d’hebdomadaires, et des sites actifs chaque jour, très influents localement, ces derniers se consacrant à l’actualité d’une seule ville.

La place d’Israël

Ici, de Quimper, j’ai compté les occurrences apparues entre le 1er janvier et le 1er juillet 2016 dans la PQR. J’ai noté 14 articles dont 13 que j’ai jugés négatifs à très négatifs, 1 neutre : le 7 mai, une page intitulée Repères dans Le Télégramme.

Les pages analysées sont les pages internationales, mais aussi locales – où apparaissent les communiqués locaux d’associations antisionistes haineuses. *

La PQR n’est pas à négliger

Vous en conviendrez aisément, il ne faut pas mépriser la PQR, c’est là où l’on s’informe des résultats de l’équipe de foot de son quartier, de sa commune, où on recherche des visages connus tout en lisant les fraîches nouvelles du monde.

Cependant, défiance et hostilité y ont remplacé sympathie et empathie à l’adresse d’Israël.

Quelles conséquences l’ image d’un pays présenté comme dissident et sulfureux aura t-elle pour l’avenir ?
Le bruit de fond local ose associer désormais aux mots « apartheid, colonies, guerre » un pays démocratique, protecteur de toutes les minorités qui ont exactement et strictement les mêmes droits que la majorité – comme 1,5 millions d’Arabes musulmans israéliens – au milieu d’une région ayant liquidé toutes ses communautés juives et actuellement plusieurs minorités arabes ou chrétiennes.

Faut-il laisser la PQR aux seuls suppôts de thèses antisionistes ?

Dans l’image, dans l’esprit, dans le cœur, le planteur d’arbre, le philosophe humaniste, l’ingénieur, l’architecte inspiré, sont remplacés par le seul uniforme de Tsahal. Israël n’est vu qu’à travers le prisme très biaisé du conflit territorial.

Il faut regagner les cœurs de ceux qui perdent la Raison. En relayant localement le vrai visage d’Israël.
Ceci passera par l’échange physique, par internet mais également par la presse locale. Car nous le savons : la « vérité » de tous est dessinée chaque jour par le consensus, et ne se superpose pas nécessairement à la réalité des faits.

La liberté de la presse est un droit des citoyens, montrer le vrai visage d’Israël est également un droit, et un devoir.
* valeur indicative et non statistique, n’ayant pas pu quotidiennement lire chaque édition locale

** Pour ce qui est de la Bretagne, sa tradition philosémite séculaire est historiquement remise en cause à chaque fois que nous oublions qu’un Breton judéophobe est un Breton qui se trahit ou trahit son histoire.

Voir de plus:

Juin 67 : la guerre des Six jours et la réécriture de l’histoire israélienne
Pierre Lurçat

The Times of israel

25 mai 2017

Dès le lendemain de la Guerre des Six Jours, la gauche israélienne a créé son propre “narratif” au sujet de la guerre, dans un livre fameux, Sia’h Lohamim (“Paroles de combattants”) qui s’est imposé dans une certaine mesure comme un discours officiel israélien concernant les événements de mai-juin 1967.

Dans ce livre, des soldats issus pour la plupart des kibboutzim des mouvements de la gauche et de l’extrême-gauche (Hashomer Hatzaïr), expriment leurs doutes et leur désarroi après la victoire et relatent les dilemmes moraux auxquels ils ont été confrontés pendant la guerre.

Ce document avait été distribué à l’époque par le ministère des Affaires étrangères aux représentations diplomatiques israéliennes à l’étranger, dans le but de montrer le “visage humain” de l’armée israélienne.

Mais ce narratif humaniste, souvent émouvant mais pétri de culpabilité, reposait sur un mensonge par omission, qui a été depuis lors exposé au grand jour.

Une partie significative des témoignages des soldats recueillis lors de la réalisation de ce document ont en effet été écartés et censurés, car ils ne correspondaient pas aux opinions politiques mises en avant par les auteurs de “Voix de combattants”.

Les voix censurées étaient notamment celles de soldats issus de la Yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, institution phare du sionisme religieux, qui exprimaient leur joie après la victoire miraculeuse, la réunification de Jérusalem et le retour du peuple d’Israël dans le coeur de sa patrie ancestrale.

L’occultation délibérée de ces témoignages, non conformes au narratif de la gauche kibboutzique, s’inscrivait dans une tentative d’écriture d’une “histoire officielle” de la Guerre des Six Jours, dans un sens idéologique bien particulier.

Comme le rapporte Gilad Zweik (1), les auteurs de “Voix de combattants”, parmi lesquels l’écrivain Amos Oz, éprouvaient un mépris non dissimulé pour les sentiments de joie exprimés par la majorité des Israéliens au lendemain de la victoire de juin 1967.

Evoquant son camarade Micha Heyman, tué pendant les durs combats de la “Colline des munitions” à Jerusalem, Amos Oz déclare ainsi que “de son point de vue, on aurait pu dynamiter le Kotel pour sauver Michi”. Un autre soldat interrogé dans le livre déclare que les “sonneries de Choffar [du rav Goren devant le Kottel libéré] lui faisaient mal à la tête…”

On comprend, en lisant ces lignes, que la question de la souveraineté juive à Jérusalem (sans même parler de la Judée et de la Samarie) est tout autant, voire plus, une question intérieure israélienne et juive, qu’une question de droit et de politique internationale.
Dans ce contexte, il convient d’observer que la récente condamnation internationale de la “colonisation” par le Conseil de Sécurité des Nations unies dans la résolution 2334 s’est produite quelques semaines après l’intervention devant ce même Conseil de sécurité de deux représentants israéliens des organisations d’extrême-gauche Betselem et La Paix Maintenant, qui ont apporté leur justification morale et politique à la condamnation d’Israël par la communauté internationale.

Plus généralement, une large partie de la gauche israélienne a adopté aujourd’hui le narratif jadis minoritaire, défaitiste et auto-accusateur, des combattants de l’Hashomer Hatzaïr (2).

Mais alors que ces derniers, en tant que soldats et patriotes israéliens, exprimaient leurs critiques et leurs doutes à destination du public israélien en priorité, leurs héritiers actuels adressent leurs attaques contre le gouvernement et l’armée d’Israël au public international, se transformant en dénonciateurs de leur propre peuple devant le tribunal des nations (*).

(1) Dans son article “Voix de combattants, les bobines oubliées, une manipulation transparente”, Mida 8.7.2015, http://mida.org.il/)

(2) Un recueil de témoignages d’habitants des kibboutz de l’Hashomer Hatzaïr récemment publié en Israël montre comment les jeunes de ce mouvement sioniste-socialiste d’orientation pro-soviétique parvenaient à concilier, non sans difficultés et au prix de contradictions parfois insurmontables, leur admiration pour la “patrie du socialisme” et son dirigeant Joseph Staline, et leur engagement sioniste.

* Sur ce sujet, je renvoie à mon dernier livre, “La trahison des clercs d’Israël”, La Maison d’édition

Voir de même:

Ayelet Shaked contre Breaking the Silence : mettre fin à l’hypocrisie et à la duplicité
Pierre Lurçat

The Times of Israel

9 juin 2017

En demandant au procureur d’ouvrir une enquête contre le porte-parole de Breaking The Silence, Din Issacharoff, qui a déclaré publiquement avoir frappé violemment un Palestinien alors qu’il était soldat dans l’unité du Nahal à Hébron, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a exposé au grand jour l’hypocrisie et la duplicité de l’association d’extrême-gauche, qui lutte ouvertement pour ternir l’image de Tsahal aux yeux de l’opinion internationale.

Comme le rapportent les médias israéliens , Issacharoff a été filmé il y a deux mois, pendant un rassemblement de Breaking the Silence, en train de confesser publiquement avoir frappé un Palestinien.

« Le porte-parole de Breaking the Silence se lève et dit qu’il a lui-même commis un crime contre un Palestinien et l’a roué de coups, a dit Shaked. Si c’est vraiment ce qu’il s’est passé, il devrait faire l’objet d’une enquête et être puni. Si cela n’est pas arrivé, l’Etat doit déclarer officiellement que cela n’est pas arrivé. »

La réaction d’Ayelet Shaked est salutaire et bienvenue, n’en déplaise aux éditorialistes du journal Ha’aretz, qui dénoncent une « instrumentalisation politique » de la justice. En réalité, la ministre de la Justice est tout à fait dans son rôle en appelant le procureur de l’Etat à ouvrir une enquête.

De deux choses l’une en effet : soit le porte-parole de BTS dit la vérité, et alors il doit être jugé, selon les normes appliquées par l’armée israélienne et selon les critères moraux que son association elle-même revendique et accuse Tsahal de ne pas appliquer en cas d’atteinte aux droits de l’homme de la part de Tsahal.

Soit il ment, comme l’affirment plusieurs soldats de son unité, et dans ce cas, Ayelet Shaked a raison d’appeler le gouvernement à exposer publiquement la calomnie que constituent ses accusations. Au-delà même du cas spécifique d’Issacharoff, c’est toute la duplicité de son association qui est ainsi exposée au grand jour.

Voilà des années que Breaking the silence, Yesh Din, La Paix maintenant et les autres associations d’extrême-gauche, financées par l’Union européenne et par des fondations étrangères antisionistes, sapent les fondements de la démocratie israélienne et calomnient les institutions de l’Etat, menant ouvertement et sans encombre leur action subversive.

La réaction salutaire d’Ayelet Shaked est l’occasion de rouvrir le dossier de ces associations financées par des pays et entités étrangères pour lutter contre Israël de l’intérieur. L’Etat juif, en guerre permanente contre les ennemis extérieurs aux frontières Nord (le Hezbollah, bras armé de l’Iran) et Sud (le Hamas et l’Etat islamique) ne peut se permettre le luxe de laisser des ennemis de l’intérieur attaquer Tsahal et exposer ses soldats et officiers à des actions judiciaires malveillantes devant les tribunaux internationaux ou étrangers. Il en va de la sécurité de l’Etat et de ses institutions.

* Mon dernier livre, La trahison des clercs d’Israël, est en vente sur le site de l’éditeur, La Maison d’édition et dans les bonnes librairies.

Jacques Benhamou m’a récemment invité à ce sujet dans son émission Côté Cour sur RCJ.

Voir encore:

Juin 1967 : Six jours pour sauver Israël

Haim Musicant
Cool Israel
9 June 2017
Le 15 mai 1967, c’est le 19 ème anniversaire d’Israël.

Le matin, Tsahal défile à Jérusalem.

Le soir a lieu le festival de la chanson au Palais de la Nation.
Une jeune inconnue de 20 ans s’avance avec sa guitare sur la scène.
Elle s’appelle Shuly Natan.
Naomi Shemer lui a offert d’interpréter une nouvelle chanson.
C’est le maire, Teddy Kollek, qui a demandé à la célèbre compositrice d’écrire une ballade consacrée à Jérusalem.

La capitale d’Israël est coupée en deux par un mur depuis le 29 mai 1948.
La légion arabe du roi Abdallah a en effet conquis la vieille ville pendant la guerre d’indépendance et massacré les juifs qui s’y trouvaient. Elle a également pris d’assaut l’hôpital Hadassah et l’université hébraïque sur le mont Scopus, mais aussi profané les cimetières et transformé les synagogues en écuries et urinoirs.
Le Kotel, le mur occidental du Temple, est bien sur interdit d’accès depuis 1948.

Shuli Natan interprète ce 15 mai, une chanson émouvante et triste.
Elle chante Jérusalem, cette ville qui est « prisonnière du rêve, solitaire, avec le Mur enfermé dans son cœur ».
Cette chanson, c’est « Yérushalayim shel zaav », « Jérusalem d’or ».

Quand elle interprète cette mélodie, Shuli Nathan rêve-t-elle un seul instant que quelques semaines plus tard, le 7 juin, Tsahal va libérer Jérusalem ?
S’imagine-t-elle que le grand rabbin de l’armée, Shlomo Goren, va prendre une Thorah à la main, et faire sonner avec l’autre le shofar devant le Kotel, et dire tout simplement « Réjouissons-nous ! »

Mais le retour à Jérusalem, en ce mois de juin 1967, n’est pas dans la tête des Israéliens.
Au contraire, ils vivent dans la menace de la destruction de leur pays qui n’a même pas 20 ans d’existence.
Israël est un pays minuscule, aussi grand que trois départements français dans lequel vivent à peine 2,7 millions d’habitants.
Au niveau de Natanya, le pays est moins large que la ligne de métro 1 à Paris entre le château de Vincennes et alors le pont de Neuilly.

Le 1 er juin, Ahmed Choukeiri, le président de l’Organisation de libération de la Palestine, auquel Yasser Arafat va succéder, ne laisse pas de place au moindre doute. Il hurle : « Il n’y aura pas de moyen terme. Il ne restera pas de survivants juifs ! »

Au Caire, à Damas, à Bagdad et dans l’ensemble du monde arabe, les déclarations, les manifestations, les chants, les slogans sont les mêmes : « Avec l’aide de Dieu, nous allons nous retrouver à Tel-Aviv et on les égorgera tous ! »

Israël sait qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air.

Le colonel Gamal Abdel Nasser amasse les troupes égyptiennes à la frontière. Il a exigé le départ des Casques bleus de l’ONU qui faisaient tampon depuis la guerre du Sinaï depuis 1956.
Les troupes jordaniennes sont placées sous le commandement de l’Egypte, le roi Hussein espérant agrandir son royaume à peu de frais.
La Syrie, qui depuis les hauteurs du Golan, tire régulièrement sur les agriculteurs israéliens aux abords du Kineret, le lac de Tibériade, est prête à prendre elle aussi sa part au massacre promis.
Gamal Abdel Nasser franchit un pas supplémentaire en fermant le détroit de Tiran L’accès à Eilat est désormais bloqué.

Israël se sent abandonné par le monde entier.

L’Union soviétique soutient et envoie des armes aux Arabes. Les Etats-Unis, empêtrés dans la guerre au Vietnam, ne veulent rien faire. Le général De Gaulle vient de planter un poignard dans le dos, lui qui, il ya quelques années avait affirmé à David Ben-Gourion qu’Israël était l’ami et l’allié de la France.

Les Israéliens pressentent que la menace d’anéantissement se rapproche.

Le 1er juin, le Premier ministre Israélien Levi Eshkol met en place un gouvernement d’union nationale. Il appelle à ses cotés Menahem Begin, le chef de l’opposition et surtout Moshé Dayan, qui devient ministre de la défense.
Israël doit absolument agir pour repousser la tentative d’étranglement.

Le 5 juin au matin pendant que les pilotes égyptiens prennent leur petit-déjeuner, l’armée de l’air cloue au sol la presque totalité des avions .Les forces terrestres complètent l’opération .En quatre jours, elles font reculer l’armée égyptienne de Gaza, Sharm-el –Sheik et atteignent le canal de Suez.

La Jordanie attaque le 5 juin. Elle n’a pas voulu écouter le message qui lui avait été transmis par Israël : « Ne bougez pas !» Le lendemain, les parachutistes israéliens encerclent le vieille ville de Jérusalem, et le 7 au matin, ils arrivent au Kotel.
Tsahal va poursuivre son action de riposte, et va repousser les Jordaniens et dans ce but s’emparer de la Judée et de la Samarie.

Le 6 juin, les Syriens lancent des attaques contre Israël, mais Tsahal réagit et s’empare du Golan.

Le samedi 10 juin, la guerre est finie. Israël est venu à bout des armées égyptienne , jordanienne et syrienne. Les troupes que devaient envoyer d’autres pays arabes, n’ont pas eu le temps d’arriver.

Tsahal a gagné, mais 800 Israéliens sont morts et 4500 sont blessés.

Le gouvernement confie à Itzhak Rabin, le chef de l’état-major de choisir un nom pour qualifier la troisième guerre d’Israël depuis sa fondation.
« Appelons-la tout simplement la Guerre des six jours, comme pour évoquer les six jours de la création », propose Rabin.

Naomi Shemer, elle, change les paroles de « Yérushalayim shel zaav ».Elle ajoute : « Nous sommes de retour…et un shofar retentit sur le mont du Temple dans la vieille ville ».

Voir aussi:

07 juin 2007

2/6/07 – Guerre des Six jours – ou: Les bluffs dangereux

Dans cet article paru dans Libé, Rebonds, du 7/6/2007, vous trouverez en caractères gras les passages qui ont été coupés.

Le 5 juin d’il y a 40 ans, jour pour jour, j’entendis avec stupeur à la radio que l’aviation israélienne était au-dessus du Caire, ayant cloué au sol son homologue égyptienne… J’étais soulagé et inquiet. Depuis près d’un mois, depuis que Nasser avait bloqué le Détroit de Tiran pour étouffer le port juif d’Eilat et empêcher Israël de recevoir le pétrole, on assistait à un véritable ameutement des foules arabes, orchestré par les chefs d’Etat et par le chef palestinien de l’époque autour du mot d’ordre: les Juifs à la mer. Même la suave chanteuse égyptienne Oum Kalsoum chauffait les masses du Caire par un hymne dont le refrain était adbah! (égorge!). A l’époque, je faisais une thèse de math et de la philo, cela faisait un an que j’étais au Parti communiste pour combattre l’impérialisme et le capitalisme. J’étais plutôt méfiant envers les chefs israéliens, qui étaient du reste plutôt distants envers « les Juifs », comme s’ils croyaient à leur mythe de créer l’homme nouveau. Mais le spectre de l’Extermination, 22 ans à peine après Auschwitz, était présent dans certaines têtes, dont la mienne. Je quittai donc le PC car son discours sur « Israël tête-de-pont-de-l’impérialisme-américain » ne collait pas avec les faits. Bien sûr, je me raisonnais: « les Etats arabes ne pourront pas comme ça effacer Israël », mais je m’objectais: « Et pourquoi pas? Pourquoi les mépriser d’avance? Ils sont armés et nombreux… » Même les Marocains envoyaient des blindés; il n’y avait pas que la Syrie , l’Egypte, la Jordanie qui ameutaient. L’Irak aussi…

Israël a donc attaqué le premier, a vaincu les armées arabes en 6 jours et ses soldats ont pu toucher l’élément originaire, le symbole fort: la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple – sur lequel les troupes islamiques, treize siècles avant, avaient mis leurs emblèmes victorieux, le Dôme et la Mosquée.

Plus tard, on s’est dit qu’Israël n’aurait pas dû être l’agresseur. Mais  la Guerre du Kippour en  73 a confirmé que s’il n’attaque pas le premier, vu sa petite taille, c’est le massacre, et il est vite menacé dans son existence. Des historiens nous disent que cette Guerre des Six jours (dont nos manuels scolaires ne parlent pas) éclata par inadvertance. Un acte manqué, en somme; mais alors, qui révèle le fond des choses: l’humiliation subie par le monde arabe, dans cette guerre, renouvela celle qu’il a subie en 48 à la naissance de l’Etat juif. Un véritable traumatisme, car en principe, dans l’identité islamique instaurée par le Coran, la question juive était réglée: les vrais bons juifs sont musulmans, comme ceux de la Bible , les autres sont des pervers dans l’ensemble, parfois des braves gens isolément; mais l’idée qu’ils aient un jour une souveraineté est exclue. Dès lors, dans la mentalité officielle arabo-musulmane, Israël était à effacer. Même si des Arabes lucides lui vouent une certaine admiration. Mais avec  la Guerre des Six jours, on ne l’effaçait pas, il était victorieux.

A partir de là, on observa de curieux phénomènes. D’abord une sorte de greffe: du fait qu’Israël devenait ponctuellement occupant colonisant les territoires conquis, on greffa sur lui ces deux traits et cela le rend globalement occupant et colonialiste; on pouvait donc ameuter contre lui toutes les forces anti-coloniales. Il y eut aussi des surenchères morales chez les Juifs; certains, comme Y. Leibovitch fustigeant Israël comme nouvel Etat nazi, pas moins. Ce qui permit à des cohortes d’humanistes en manque d’indignation d’emboîter le pas: Oui, Ramallah c’est Auschwitz, déclara un prix Nobel de littérature.

Autre fait, plus positif: il fallait rendre les territoires. Avant 67, on ne parlait pas de les rendre puisqu’on allait, un jour, libérer toute la Palestine. Mais depuis 67, Gaza, que l’Egypte occupait et n’a jamais pensé à rendre, devint une terre à restituer de même que la Cisjordanie occupée par  la Jordanie qui ne pensait pas davantage à la restituer. Ce fut une sorte de transmutation: ces terres devenaient palestiniennes du fait d’être passées entre des mains israéliennes. Il faut dire qu’avant, même les Palestiniens n’exigeaient pas des Etats arabes d’avoir d’abord Gaza et  la Cisjordanie comme base de départ dans leur lutte contre Israël. Etonnant.

[1] . Proche-Orient. Psychanalyse d’un conflit, (Seuil, 2003).

Mon hypothèse, que j’étaie dans un livre[1], est que de façon très spontanée, le monde arabo-musulman avait fait des Palestiniens le fer de lance ou l’emblème de son refus d’Israël, en tant que souveraineté juive; et quand on est un fer de lance ou un emblème, on n’a pas l’idée d’exister pour son propre compte. C’est donc curieusement après  la Guerre des Six jours que cette idée a pu devenir assez concrète. Ce qui ne veut pas dire praticable. A preuve, depuis que Gaza a été « restitué », les Palestiniens s’y battent entre eux, les plus fanatiques envoient des fusées sur Israël, retardant la restitution – pourtant prévue – d’une partie de la Cisjordanie : en effet, si celle-ci était rendue, on pourrait envoyer de là des fusées sur Tel Aviv, vu les distances; alors c’est l’existence quotidienne d’Israël qui serait mise en question. Donc, nouveau paradoxe, grâce à la libération de Gaza, et à ce qu’elle a révélé, celle de la Cisjordanie paraît peu probable, pour l’instant.

De sorte que même ceux qui réécrivent l’histoire après-coup – et il y en a – n’ont pas la tâche facile. Quand ils disent qu’Israël aurait dû rendre très vite les Territoires, ils oublient qu’un groupe armé quelconque à Ramallah ou à Gaza, s’il veut se réchauffer l’âme et se sentir plus près d’Allah, peut envoyer des bombes (ou des hommes-bombes) sur Israël et redéclencher la guerre. Donc, il faut être bien prétentieux pour s’installer sur un promontoire élevé et juger que, de ci de là, il y a eu « de grosses erreurs ». Ces deux peuples là-bas, quand ils se battent (car il faut reconnaître qu’il y a de longues périodes de paix, et que la seconde Intifada, longue et meurtrière, a fait en tout 3000 morts des deux côtés, ce qui est tragique mais peu comparable aux 250000 morts des guerres ethniques dans l’ex-Yougoslavie), quand il se battent donc, c’est pour des raisons qui leur échappent, des raisons inconscientes qu’on hésite à élucider, mais d’où émerge cette question simple: une terre devenue islamique (par conquête) peut-elle supporter de retrouver (par conquête) sa souveraineté juive antérieure? Ou encore: l’islam ayant pris le relais du message hébreu, peut-il honorer sa dette symbolique envers ses sources juives en laissant une part infime de son immense territoire redevenir un Etat juif?

Le peuple juif, lui, se serait bien contenté de l’émancipation, des Droits de l’homme que la Révolution

française a mis deux ans à lui reconnaître; il se serait même bien passé d’un Etat. Mais des forces inconscientes et historiques ayant fait resurgir cet Etat, c’est de façon très aiguë que la question se pose: projet d’anéantissement, ou cohabitation mouvementée?

Ces problèmes de cohabitation entre islam et monde judéo-chrétien vont peu à peu s’observer bien ailleurs, en Europe, et un jour proche on pourra en parler plus franchement.

Autre remarque: c’est la Guerre des Six jours qui instaura la « ligne verte », frontière apparente et improbable entre deux Etats. Elle a eu dans certains discours un aspect intangible, rigide, absolu, comme si elle existait de tout temps. C’est qu’elle incarne une revendication toute autre: effacer l’humiliation de 67. Or celle-ci est captée par une autre humiliation, plus profonde, celle de l’islam conquérant arrêté par l’Occident sur une frontière instable qui va bientôt faire parler d’elle.

En tout cas, là-bas, la paix « définitive » a peu de chance, car pour régler une dette, il faut se reconnaître endetté, et rien ne peut vous y forcer quand la dette est symbolique. Mais il y aura souvent la paix. Et il y aura aussi bientôt une ambiance analogue à celle qui précéda juin 67, si la bombe iranienne est au point, et si les chefs islamiques (non arabes cette fois) orchestrent à nouveau le « haro ».

Car il faut pointer ici un curieux fait psychologique: des chefs tels que Nasser, Saddam Hussein, Ahmadinejad, se lancent chacun dans un grand bluff, mais ils font en sorte qu’on les croie vraiment. Nasser, s’il ne voulait pas attaquer a quand même fait acte de guerre (bloquer Eilat); S. Hussein a fait croire qu’il avait des armes de destruction massive, il ne les avait pas, mais il a massivement massacré les Kurdes. Reste le chef iranien: il menace et prépare l’instrument. L’ironie de l’histoire va-t-elle faire que c’est lui, justement, qu’on choisira de ne pas croire?

Voir également:

Les plaies d’Israël

Par propos recueillis par Philippe Coste

L’Express

05/06/2007

Chef de file des «nouveaux historiens» de l’Etat hébreu, Tom Segev, réfractaire aux épopées officielles, poursuit la chronique incisive, implacable mais profondément humaine, de son pays. Avec son dernier ouvrage, 1967, Six jours qui ont changé le monde*, il décrypte sans concessions les errements et les choix d’une guerre qui – il s’en explique pour L’Express – hante toujours l’Israël d’aujourd’hui.

Ce livre semble être le tournant de votre carrière d’historien. Comment en avez-vous eu l’idée?

C’est le résultat de cinq ans de recherches, en Europe, aux Etats-Unis et bien sûr en Israël. Chez nous, les archives sont plus accessibles qu’en France et, surtout, nos dirigeants ont cette habitude louable d’emporter à leur domicile des dossiers confidentiels, sans jamais les rapporter au bureau.

Aussi le talent de nos historiens se mesure-t-il souvent à leur capacité à approcher les veuves dépositaires de ces écrits et à gagner leur sympathie. C’est ainsi que j’ai déniché des trésors: des comptes rendus entiers de Conseils de ministres ou les rapports détaillés sur les pourparlers avec les Palestiniens après la guerre des Six-Jours.

Venons-en au fond. Votre livre décrit les événements de 1967 moins comme un épisode glorieux que comme l’origine des maux actuels d’Israël…

Les débats d’aujourd’hui, aussi virulents soient-ils, sont la reproduction exacte, au mot près, de ceux de 1967. Comme si aucune nouvelle idée n’avait pu émerger. Comme si, quarante ans plus tard, nous restions figés dans les choix et les erreurs de l’époque, qui conditionnent toujours nos rapports avec les Palestiniens.

Vous consacrez une place énorme à l’avant-guerre, ce moment d’intense désarroi national. Pourquoi?

C’est essentiel pour entrevoir les racines du conflit. Au milieu des années 1960, Israël incarnait une success story unique au monde. Un Etat – une nation – s’était construit, qui avait remporté deux guerres [en 1948 et en 1956] et accueilli 2 millions d’immigrants supplémentaires depuis sa fondation. Tout cela sans freiner un boom sidérant. En 1965, les enfants israéliens avaient remporté les championnats mondiaux de mathématique, battant les petits Américains à plate couture.

On parlait d’un programme spatial israélien. L’écrivain Shmuel Yosef Agnon allait remporter le prix Nobel de littérature [1966]. D’Alfred Hitchcock à Jean-Paul Sartre, les stars venaient du monde entier observer le prodige. Et puis, début 1966, tout s’arrête, tout s’effondre. Commencent à cette période une récession brutale et un chômage désespérant. Les Israéliens quittent alors le pays. A la fin de l’année 1966, le nombre des partants dépasse celui des arrivants. Nul ne peut imaginer pire affront à l’ego sioniste. On se met à débattre du post-sionisme, comme on le ferait aujourd’hui… La cause semble perdue pour les générations futures.

C’est le temps des incertitudes politiques…

L’ère du père fondateur, l’héroïque David Ben Gourion, s’est achevée. Lui a succédé le prosaïque Premier ministre Levi Eshkol, cruellement raillé pour son apparente indécision. L’ambiance est délétère. Pour apprécier l’intensité du malaise, il faut se souvenir de la capacité des Israéliens, tout au long de leur histoire, à passer en un instant de l’extase à la déprime la plus complète.

Pour aggraver la situation, les attentats commencent…

Progressivement, à partir de 1965. Une bombe ici. Un soldat tué là. Un civil blessé ailleurs. Certes, le terrorisme est sans commune mesure avec celui qui frappera dans les années 1970. Mais la tension monte et Eshkol se tourne vers l’armée, qui lui répond qu’elle n’a aucune solution à sa disposition. Afin de régler le problème naissant du Fatah, les militaires n’ont qu’une idée: s’en prendre à la Syrie, accusée de faciliter le passage des poseurs de bombes. Au même moment, la situation se dégrade à la frontière sud avec l’Egypte. A mon sens, l’état de déliquescence du pays et la faiblesse de ses dirigeants rendent les Israéliens psychologiquement incapables de mesurer rationnellement la réalité du danger.

C’est alors qu’apparaissent les premières références à l’Holocauste…

J’ai demandé à des familles aux Etats-Unis de me montrer les lettres que leur envoyaient à l’époque leurs proches vivant en Israël. J’en ai lu près de 500. Presque toutes, en 1966 et 1967, mentionnent la crainte d’un nouvel holocauste. C’est la grande peur, une panique sincère de la destruction imminente, qui s’infiltre dans tous les recoins de la société.

Cette paranoïa est-elle la cause de la guerre?

Le conflit était en fait inévitable, car Israël était trop faible pour ne pas attaquer. J’ai établi une chronique de la montée de l’irrationnel. Lors des discussions de janvier 1967 entre le gouvernement et les services secrets du Mossad, on spécule sur les options de Hussein de Jordanie. Mais une conclusion s’impose clairement: en cas de conflit, l’annexion de la rive occidentale du Jourdain et de Jérusalem-Est ne serait pas dans l’intérêt national d’Israël. Le 5 juin 1967, quand les troupes de Hussein attaquent, la raison succombe aux pulsions viscérales. Certes, la guerre est gagnée. Le danger principal, l’Egypte, a été écarté après la destruction de 400 de ses avions. Mais on opte, néanmoins, pour l’offensive contre la Jordanie, pour l’occupation de la rive ouest et surtout celle de Jérusalem- Est. Israël va s’emparer de lieux saints musulmans et chrétiens, un geste aux conséquences internationales immenses. Pourtant, lors de la réunion avec Eshkol, l’état-major et le Mossad, il n’y a même pas eu un juriste pour évaluer les risques. On y va, c’est tout. On ne réfléchit pas. On reste au niveau du fantasme et du rêve.

Pour vous, il s’agit du moment clef. Peut-on parler d’une erreur fondamentale?

Certainement. Mais ne soyez pas tenté de voir dans cette décision un calcul politique, une manoeuvre cynique pour résoudre la crise intérieure de l’époque. Nous sommes dans le champ de l’irréfléchi. Je me souviens, d’ailleurs, m’être précipité, à l’époque, pour aller voir Jérusalem-Est, car j’étais persuadé que, dans les jours qui suivraient, nos troupes devraient partir. Tout le monde partageait l’opinion que le cours des événements nous forcerait à revenir au statu quo ante. En fait, Israël venait de passer le point de non-retour. D’après les documents que j’ai obtenus, Hussein était pourtant prêt à une paix durable si on lui rendait Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Mais, politiquement et psychologiquement, il nous était devenu impossible de le faire de notre plein gré. A posteriori, se forgeait le mythe qu’il relevait de la mission, de l’essence d’Israël de détenir tout Jérusalem. C’est étrange car, en fait, hormis le mur des Lamentations, il n’y a pas grand-chose de juif là-bas. Et, d’une manière ou d’une autre, les lieux de prière auraient pu être rendus accessibles sans recourir à l’annexion.

C’est aussi le moment où Israël découvre les Palestiniens…

Après avoir trop longtemps nié leur existence! Un souvenir personnel de juin 1967: en passant en voiture en Cisjordanie, j’ai voulu prendre une photo d’une colonne de réfugiés sur le bord de la route. Mes camarades ont tenté de m’en empêcher, comme s’ils refusaient de matérialiser leur existence. Tout le monde savait qu’il fallait trouver immédiatement une solution pour les Palestiniens, profiter au mieux du choc initial pour assurer les déplacements de population. L’idée la plus simple consistait à les installer en Cisjordanie. Le plan n’aurait coûté que 40 millions de dollars en dix ans – une misère! – et tous les grands philanthropes juifs, à commencer par les Rothschild français, étaient partants pour financer l’opération. Mais non… Notre gouvernement semble alors incapable de prendre une décision et s’enfonce dans le déni. Il s’en tient à une ligne: c’est à l’ONU de s’occuper des Palestiniens. Et Israël ne peut être tenu responsable de leur sort. Les projets les plus loufoques sont alors débattus, visant à les reloger dans le Sinaï, mais surtout à l’étranger: au Canada. Ou en Irak! En lisant cette dernière proposition, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague, avant de me rendre compte que Eshkol en avait expressément discuté avec le président américain Lyndon Johnson!

Justement, quelle est la position des Etats-Unis?

Johnson était opposé à la guerre, essentiellement parce qu’il craignait qu’elle ne tourne mal pour les Israéliens, qui se seraient alors trouvés contraints de lui demander son aide militaire, alors qu’il est lui-même en plein marasme vietnamien. Mais la CIA, enragée contre Nasser, l’assure que Tsahal remportera une victoire en six à dix jours… L’Amérique donne son feu vert.

Aujourd’hui, Israël ne vit-il pas toujours dans le contexte de cet après-guerre?

Oui. La victoire de 1967 offre un second souffle au sionisme. Un sentiment de toute-puissance enivre le pays. Longtemps, jusqu’à la grande claque de la guerre du Kippour (octobre 1973), les Israéliens se répétaient cette boutade: «Qu’est-ce qu’on fait à midi? – On envahit Le Caire! – D’accord. Mais qu’est-ce qu’on fait dans l’après-midi?» 1967 a aussi contribué à l’isolement d’Israël, à substituer aux racines européennes et à l’ouverture antérieure au monde un lien exclusif avec les Etats-Unis.

A ce jour, après la terrible déception qui a suivi les accords d’Oslo, quel est le bilan?

Notre jeunesse ne croit plus à la paix. Pragmatique et désabusée, elle se satisferait d’une bonne gestion des hostilités. Et ce qui m’a frappé dans le dernier épisode, l’offensive au Liban de l’été 2006, c’est, plus que l’inanité d’Ehud Olmert – certainement le pire Premier ministre de notre histoire – le fait que notre armée ne sait plus faire la guerre. Tout un symbole. Tsahal est devenue, au fil des décennies, une gendarmerie conçue pour être un outil d’oppression.

Votre père a été tué lors de la guerre de 1948. Vous n’aviez que 3 ans. Cette disparition tragique a-t-elle contribué à faire germer votre vocation d’historien?

Sa mort n’a rien eu d’héroïque. Il est tombé du toit où il montait la garde, lors d’un échange de tirs. Mais je me souviens des lettres officielles que nous recevions à chaque commémoration. Elles étaient signées par une machine. Surtout, en déplorant le sacrifice des soldats, elles assuraient que nos dirigeants ?uvraient inlassablement pour la paix. Ces mots ont fini par m’intriguer. Que faisaient-ils vraiment pour la paix?

Tom Segev

1935
Ses parents fuient l’Allemagne nazie et s’installent en Palestine.
1945
Naissance à Jérusalem.
1948
Son père est tué pendant la première guerre israélo-arabe.Service militaire au collège de la Défense nationale.Etudes d’histoire et de sciences politiques à la Hebrew University.Doctorat d’histoire sur les commandants de camps de concentration nazis, de la Boston University.
Auteur de:
Les Premiers Israéliens,Calmann-Lévy (1998).
C’était en Palestine au temps des coquelicots, Liana Levi (2000).
Le Septième Million,Liana Levi (2003).

Voir de plus:

« Six jours de guerre »
Daniel Pipes
The New York Post
4 juin 2002

Version originale anglaise: [Michael Oren’s] « Six Days of War »
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

La victoire la plus écrasante dans les annales de la guerre a eu lieu en Juin, il y a 35 ans, lorsque les forces israéliennes ont défait les forces armées égyptiennes, jordaniennes et syriennes en seulement six jours. Et ce [mois de ] Juin là est marqué par la publication de Six Days of War : June 1967 and the Making of the Modern Middle East (Six jours de guerre : juin 1967 et la genèse de l’Orient moderne) (Oxford University Press) de Michael Oren, le plus beau livre jamais paru sur ce sujet.

Oren, un chercheur israélien d’origine américaine, raconte son histoire, de manière sobre, directe et palpitante, pleine de citations percutantes.

Six Days of War (Six jours de guerre) bénéficie de sources en six langues et c’ est le premier compte-rendu à s’appuyer sur les archives d’Etat récemment ouvertes, qui permettent au compte-rendu de fournir ce qui jusque-là était inconnu [et qui touche]au coeur de l’histoire, y compris un certain nombre de mesures publiées en exclusivité (telles que les plans pour la conquête arabe en Israël, ou la manière dont les ordres du ministre de la Défense Moshe Dayan pour s’emparer des hauteurs du Golan ont violé son mandat). Pas étonnant qu’il soit un best-seller américain avant même sa sortie officielle.

Plusieurs questions perdurent encore sur la guerre 67, et Oren fournit des informations utiles pour y répondre. Voici trois explications clés:

Pourquoi la guerre a-t-elle eu lieu ? La question se pose parce que, comme la Première Guerre mondiale, personne n’avait prévu ni ne voulait cette guerre. La recherche d’Oren offre un aperçu de son caractère tout à fait accidentel. En novembre 1966, par exemple, après le meurtre de trois policiers israéliens aux mains de terroristes, basée en Jordanie, l’ambassadeur généralement efficace des États-Unis en Israël a attendu quelques jours pour transmettre un message de condoléances du roi Hussein de Jordanie au Premier ministre israélien. Son retard a poussé les Israéliens à se venger, et les représailles à leur tour sont devenues un épisode majeur dans l’escalade de la guerre.

Le rôle des évènements fortuits doit être gardé à l’esprit ces jours-ci, alors qu’il y a de la guerre dans l’air à nouveau au Moyen-Orient: Le moindre faux pas pourrait provoquer un éclatement.

Comment les Forces de défense israéliennes ont-elles pu gagner de façon si écrasante ? par une pratique méticuleuse et un réalisme absolu, contrairement aux militaires arabes, qui vivaient dans un monde fantastique.

Si les Israéliens étaient tous nerveux à l’approche de la guerre – Le chef d’état-major Yitzhak Rabin souffrait d’une dépression – les dirigeants arabes étaient extrêmement confiants. Un général syrien prédisait une victoire sur Israël en quatre jours « au maximum. » Le président égyptien Gamal Abdel Nasser ne montrait aucun signe d’inquiétude, insistant sur le fait que les Israéliens étaient incapables de monter précisément l’attaque aérienne surprise qu’ils ont en fait réussie..

Plus largement, un haut fonctionnaire égyptien a déclaré au sujet du leadership de son équipe qu’il croyait que «la destruction d’Israël était un jeu d’enfant qui ne nécessitait que l’accrochage d’une ligne téléphonique chez le commandant et l’écriture de slogans de victoire. »

(Washington, comble d’ironie, a été plus confiant que Tel-Aviv sur une victoire israélienne ; deux semaines avant que la guerre n’ait éclaté, déclare Oren, le secrétaire américain à la Défense avait prédit que si Israël devançait, il battrait ses trois ennemis dans la semaine – précisément ce qui s’est passé.)

Comment la guerre a-t-elle affecté la diplomatie israélo-arabe ? – Elle en a fondamentalement changé les termes. Déjà à la mi-mai, quelques semaines avant que les hostilités n’aient commencé, l’influence du Moyen-Orient à la Maison Blanche, Harold Saunders, a suggéré qu’Israël devrait être tolérée le temps d’écraser ses ennemis, voyant en ceci « un moyen de régler les frontières et, peut-être même les réfugiés ».

Dès le deuxième jour de la guerre, le président Lyndon Johnson avait formulé les grandes lignes de la politique la terre- en échange- de la paix que 35 ans plus tard, la diplomatie américaine conduit encore à l’égard du conflit israélo-arabe: Israël doit restituer la terre conquise en 1967 en échange de sa reconnaissance par les Arabes.

Les Américains attendaient l’ampleur du triomphe militaire d’Israël pour montrer aux Arabes l’inutilité de leurs espoirs de détruire l’Etat juif, une analyse qui rencontra l’approbation immédiate chez certains Israéliens (y compris Yitzhak Rabin, plus tard le premier ministre qui a initié les négociations d’Oslo, qui ont été fondées précisément sur cette hypothèse).

Mais, comme les événements récents l’ont prouvé de façon si frappante, la prémisse terre contre paix était fausse. A quelques exceptions près (comme le président égyptien Anouar El-Sadate), la bonne volonté d’Israël de faire cet échange a hâté la violence des Arabes contre elle, non pas leur acceptation.
Oren montre comment la terre contre la paix est fondée sur des espoirs américains, et non pas sur les réalités du Moyen-Orient ; sa recherche montre que cette politique n’a pas besoin finalement d’être remplacée par une approche plus réaliste.

Comme le sous-titre d’Oren le suggère, ces six jours de la guerre ont eu des conséquences vraiment profondes.

Voir enfin:

Lettre à un Ami arabe

Convergences – pages 242 à 253
Lettre à un Ami arabe – Prix Sévigné, 5ème édition, Mame, 1969, réédition J. C. Lattès 1994
ISBN : 2709613808 – 317 pages.

Depuis cinquante ans, Juifs et Arabes se disputent en brandissant les titres qu’ils prétendent avoir à la possession de la Terre sainte. « Terre arabe »; dites-vous, « Terre hébraïque » répondons-nous. Les Juifs se fondent sur la Bible et sur leurs aspirations millénaires à obtenir la réparation du tort que l’impérialisme romain leur avait causé au 1er siècle de notre ère. Aux racines, chez les Musulmans, la conscience aiguë qu’une terre qui a appartenu à l’Islam, à quelque moment que ce soit, reste à jamais terre d’Islam : « D’ailleurs, nous sommes les héritiers des Anglais et des Turcs !  » ; « S’il y a prescription en matière de souveraineté, vous êtes forclos comme vous prétendez que nous le sommes !… » Les thèses s’imbriquent et s’opposent si étroitement qu’on pourrait en discuter jusqu’à la fin du monde : les neuf cent quatre-vingt onze pages du dossier israélo-arabe publié par les Temps Modernes, en juin 1967, ne constituent, malgré son épaisseur, qu’une minuscule partie des millions de pages, des milliards de mots publiés en cette affaire. trois cent soixante pages d’accusations arabes, répondent trois cent vingt pages de justification d’Israël. A chaque argument arabe, la pensée juive oppose dix réponses. A chacune d’entre elles, un esprit délié pourrait trouver cent répliques définitives, auxquelles pourraient s’opposer mille raisons, et ainsi de suite…

Pendant toutes ces années, j’ai suivi pas à pas l’évolution de ta pensée dans les articles que tu publiais dans les revues et les journaux arabes, dans ce que la presse rapportait de tes discours.

Je connaissais la clarté de ton intelligence, la vigueur de ton style, le courage qui te portait toujours au-delà de ce que la prudence, et parfois la raison, pouvaient conseiller. Je savais aussi les liens qui t’unissaient à Israël : ta famille venait d’un de ces villages des monts de Judée où, comme en Galilée, la population n’a jamais été renouvelée. Tu aimais à te proclamer, et avec toutes les évidences de ton côté, un vrai descendant du peuple de la Bible. Comme beaucoup de Palestiniens, tu parlais l’hébreu avec un accent oriental qui me ravissait : tu réhabilitais notre langue déformée par un grand nombre d’Israéliens originaires d’Europe qui renoncent à prononcer les gutturales, comme elles doivent l’être. Tu étais nourri de culture hébraïque, imprégné des idéaux du libéralisme français, ivre aussi de sentir au fond de ton être une puissance qui aspirait à se manifester par la pensée, par l’écrit, par la parole, par l’action enfin. Sans parler des liens affectifs qui t’unissaient à tant de Juifs. Je recherchais dans ton oeuvre une trace de ce qui était pour moi ton vrai visage : il ne restait rien de cette partie de toi qui t’unissait si profondément à moi, à Israël. Tu avais effacé tout le passé judéo-arabe, tu voulais ignorer les réalisations du sionisme israélien, il n’existait pour toi aucune possibilité d’une nouvelle symbiose israélo-arabe mise au service des peuples du Moyen-Orient et de la paix mondiale. Tu étais épris d’idéaux démocratiques : la dictature nassérienne te paraissait cadrer avec la conception nouvelle que tu te faisais du socialisme. Enfin, je voyais naître sous ta plume le Monstre que les propagandes arabes s’efforçaient d’interposer entre nous, un Juif hideux, synthèse repoussante des caricatures proposées par la haine antisémite du Moyen Age et du parti national-socialiste allemand. A te lire, je sentais rnon nez devenir crochu, mes yeux s’exorbiter, mes oreilles se décoller, mes doigts se pourvoir de griffes, mes pieds devenir semblables à ceux du diable. Je me sentais prêt à boire le sang des enfants chrétiens… Rappelle-toi ce dessin qui représente un Juif horrible, au nez aussi crochu que possible, le cou pris dans l’hexagone central du sceau de Salomon, tandis qu’un Arabe chevaleresque et justicier tire très fort la pointe des deux triangles entrelacés. La haine a de ces inventions… Les thèmes de la propagande arabe concernant Israël sont peu nombreux mais constamment ressassés et avec tant de conviction qu’ils finissent par troubler même la bonne conscience de l’honnête homme. Par violence, Sarah obtint d’Abraham qu’il chasse Agar, la servante, et son fils, Ismaël dans les déserts dont il devint le fils. Par ruse, Jacob usurpa d’Isaac la bénédiction qui revenait à Ésaü. Les propagandistes arabes avec fureur disent au monde : « L’histoire biblique continue: par violence et par ruse, les juifs nous ont dépossédés de nos terres, de nos biens, de notre honneur, de notre liberté. Nous n’aurons de cesse que lorsque nous nous serons vengés. » Et de fait la blessure faite à l’âme arabe est profonde. La critique arabe dénie toute ombre de valeur aux thèses sionistes : elle s’évertue avec beaucoup d’ingéniosité, et depuis peu de temps, avec un certain succès, à donner du Juif une image peut-être ressemblante mais dans laquelle nous avons du mal à nous reconnaître. Faut-il revenir sur les thèmes de cette propagande ? Nous sommes des impérialistes, des colonialistes, des voleurs de terre, des usurpateurs qui ont trompé non seulement les nations arabes mais les Nations unies. Nous sommes des étrangers sur notre propre terre à laquelle ni la Bible, ni l’histoire, ni les décisions des Nations unies, n’ont jamais donné aucun droit, des agresseurs assoiffés de sang, des brigands que le Conseil de sécurité n’a jamais cessé de condamner, des racistes qui vouent des minorités au désespoir et à la honte, au déshonneur et à la misère. Nous sommes les metteurs en scène et les profiteurs de la tragédie des réfugiés.

Ces griefs anciens sont considérablement amplifiés depuis la guerre de juin 1967, dont les résultats confirment aux yeux de nos censeurs toutes les accusations dont ils nous abreuvent depuis vingt ans. Après avoir fait à peu près tout ce qu’il fallait pour nous entraîner dans ce beau gâchis, ils se tournent à nouveau vers le monde en criant : « Nous vous l’avions bien dit ! » Un pamphlet, publié par l’ambassade d’Irak à Paris au lendemain de la guerre des Six Jours, résume bien ce point de vue : Israël ne se compose que d’un groupe d’hommes de nationalités diverses venues des quatre coins du monde pour s’emparer des terres et des biens de tout un peuple, le chasser de son foyer, poussés par un mobile fondé exclusivement sur le racisme et faisant table rase du principe du règne de la majorité et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette campagne a un but très évident : effrayer le monde : « Le sionisme est parvenu en utilisant toutes sortes de pressions à dominer la plupart des moyens d’information pour dénaturer à son profit des faits incontestables, ayant pour objectif d’étendre d’une manière définitive sa domination sur le monde. » Les écrivains, arabes ou pro-arabes qui ont versé leur témoignage au dossier israélo-arabe des Temps modernes déploient leur science et leur talent pour analyser ces grands thèmes, les approfondir, les étayer d’arguments fondés en théologie, en en droit, en fait, au regard de la morale, de la justice, de l’humanité. Leur plaidoyer prend même la défense des intérêts du judaïsme et des Juifs qui devraient comprendre d’eux-mêmes l’étendue de leurs torts, demander pardon, plier bagage, et laisser enfin la place aux Arabes, avant que ceux-ci ne les exterminent. C’est ce que me disait une bonne Chrétienne arabe de ce pays, le 3 juin 1967 !… C’est ce qu’écrivaient les meilleurs parmi les penseurs, les philosophes, les juristes, les sociologues arabes ou pro-arabes tel Maxime Rodinson pour qui Israël n’est qu’un « fait colonial ». Mounthir Anabtawi dépasse cette prudence en accusant Israël d’être un « mouvement colonialiste, chauvin et militariste », représentant un danger permanent pour la liberté des peuples et la paix mondiale. Abdul Wahhab Kayyali, que tu connais bien pour son action au Centre des Recherches de l’Organisation de Libération de la Palestine, insiste surtout sur « le caractère expansionniste agressif de l’Etat d’Israël ».

Le problème des réfugiés constitue la source des arguments les plus difficilement réfutables de la thèse arabe, fortifiée encore par la grande pitié des victimes de la dernière guerre. Loufti El Kholi dénonce en Israël un ghetto et un bastion de l’impérialisme. Pour renforcer cette thèse, on a recours à un Marocain généralement mieux inspiré, Abdallah Laroui qui nie le caractère socialiste – au sens scientifique du terme – de l’État d’Israël. Si l’Égypte de Nasser est à ses yeux l’exemple parfait du socialisme appliqué, je me crois prêt, ma foi, à souscrire à son jugement. Un autre Marocain, Tahar Benziane, conclut une longue analyse d’une manière drastique : « Si les Juifs, au contraire, refusent de s’intégrer, la Palestine n’aura d’autre solution que de rejeter ce corps étranger et agressif qui ne veut pas obéir aux lois élémentaires de l’humanité. » Par bonheur, il m’excepte de l’anathème : « Les Juifs originaires de Palestine, eux, en tout état de cause, sont sur leur propre terre qui est celle de leurs ancêtres palestiniens de confession juive. » Si j’avais la moindre envie de polémiquer, je demanderais à Benziane ce qu’il fait des quatre ou cinq cent mille Juifs d’Afrique du Nord qui, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, étaient, en tout état de cause sur leur propre terre qui est celle de leurs ancêtres maghrébins de confession juive et, qui néanmoins, durent partir, dépossédés de tous leurs biens.

Un admirable cri du coeur d’un Égyptien, Ali Alsamman, que tu as dû rencontrer à Paris où il est le correspondant de dant de AI Abram clôture l’exposé des thèses arabes réunies par les Temps modernes : « Je hais ce sionisme qui sépare l’Arabe du Juif. » Cri d’amour et de haine à la fois, peut-on mieux avouer l’impasse où aboutit l’actuel point de vue arabe sur Israël ?

Il y a le sang versé, il y a les souffrances inimaginables des survivants : les veuves, les orphelins, les parents des sol dats tués au front. Il y a aussi les indicibles malheurs des réfugiés.

As-tu lu cet affreux récit publié par le Monde où l’un d’eux raconte comment, mû par le désespoir, il a noyé dans le Jourdain sa fille, un bébé ?

Il y a les dangers de guerre mondiale que le conflit proche-oriental porte en lui. Il y a la flambée des milliards de dollars jetés dans les caisses étrangères des marchands de canon et de… Mirages. Il y a la perte d’indépendance que ce conflit absurde provoque en nous jetant dans la dépendance des grandes puissances qui se servent des Juifs et des Arabes pour leur propre politique à l’échelle de la planète : dans cette perspective, notre conflit fait de nous des pions sur un échiquier.

Mais plus gravement encore, peut-être, à mes yeux, vingt ans de guerre ont fait de nous, qui vivions comme des frères, des étrangers. Je recherche, dans ton visage marqué par la tragédie de ta guerre et de ta défaite, tes expressions d’enfant et d’adolescent, celui que j’ai connu et aimé à Jérusalem, à Paris. Où est la fraîcheur de ton rire, le pli rieur de tes yeux, la confiance détendue de notre étroite amitié : nous n’avions pas de secret l’un pour l’autre, David et Jonathan ressuscités sur les collines de Judée au grand vent de nos promenades ? Je te vois ravagé, intérieurement miné par ta déception personnelle liée au grand drame, aux souffrances inouïes de ton peuple. Au bout de vingt ans, nous sommes devenus des étrangers l’un pour l’autre et pourtant notre ascendance, nos études, les projets que nous faisions, nous préparaient à un même avenir.

Je suis maintenant attelé aux affaires d’un Etat qui n’est pas tien et ta défaite explique ma survie. J’avais grandi en milieu arabe; mon fils, à Jérusalem, n’avait jamais vu d’Arabe avant notre rencontre, et la seule expression de l’arabisme qui soit jamais parvenue à ses oreilles était l’explosion des balles que la Légion arabe tirait parfois sur nos fenêtres.

En Israël, la minorité arabe, victime du conflit qui nous déchirait, vivait repliée sur elle-même et n’avait à peu près aucun contact avec les Juifs. En pays arabes, l’idéal était de faire comme si Israël n’existait pas : on supprimait son nom sur les cartes, sur les placards publicitaires des journaux et même, dans certaines églises du Liban, des Psaumes que les fidèles récitaient. Les surfaces de contact entre Arabes et Juifs qui, voici vingt ans, couvraient toute l’étendue du monde arabe avaient subi le sort de la peau de chagrin ; les ponts sautaient partout : nous ne touchions qu’aux points les plus douloureux et les plus critiques.

En pays arabes, les communautés juives avaient été liquidées sans phrase, en créant des centaines de milliers de réfugiés dont personne ne parle et qu’aucun organisme international n’a songé à prendre en charge: des Juifs tout juste bons à être abandonnés à la charge de la juiverie. Dans toute l’étendue des terres d’Islam, à chaque secousse provoquée par le conflit israélo-arabe, les Juifs abandonnaient les pays dans lesquels ils étaient établis depuis des millénaires, et où ils étaient arrivés souvent avant la conquête musulmane. En Asie, en Afrique du Nord, le triomphe du nationalisme s’est partout accompagné de la liquidation totale ou partielle des communautés juives. La totalité des Juifs du Yemen, quatre-vingt-dix-huit pour cent des Juifs irakiens, d’Aden, tous les Juifs de Jordanie, quatre-vingt-quinze pour cent des Juifs syriens, quatre-vingt-seize pour cent des Juifs égyptiens, quatre-vingt-quinze pour cent Juifs libyens, la plupart des Juifs afghans, kurdes, indiens, une importante partie des Juifs iraniens, turcs, libanais, quatre-vingt-dix pour cent des Juifs tunisiens, quatre-vingt-dix-neuf pour cent des Juifs algériens, près de quatre-vingt-dix pour cent des Juifs marocains ont quitté leur pays natal depuis la création de l’État d’Israël. Leur exode souvent a été dramatique, dans la nuit de la clandestinité où la police les reléguait. Le plus souvent, ils partaient en laissant tous leurs biens, aussitôt confisqués par les gouvernements arabes. Des sommes considérables, représentant des générations de travail et d’économie ont été ainsi perdues pour ces réfugiés dont la plupart refirent leur vie en Israël en partant de zéro. Je préfère passer sur la manière dont les Juifs habitant les pays musulmans ont appris à connaître les bienfaits de la police syrienne, égyptienne ou marocaine ; oui, passons…

La guerre de 1948, les accords d’armistice avaient transformé l’Etat d’Israël en une forteresse fermée hermétiquement du côté des Arabes. Pendant vingt ans, l’abîme s’était creusé si profondément entre Arabes et Juifs qu’il semblait que nous habitions non pas les parties différentes d’un même pays, mais deux planètes. les contacts étaient devenus à peu près impossibles ou inefficaces : en Israël, une frontière sanglante nous séparait. Ailleurs, en Afrique du Nord, en Libye, en Egypte, au Liban, en Syrie, en Irak, en Jordanie, au Yémen, les Juifs qui survivaient au grand exode n’avaient plus la possibilité d’un échange libre.

Le conflit empoisonnait les relations entre Arabes et Juifs partout où ils cohabitaient et ruinait toute chance de dialogue. j’eus souvent pendant cette période l’occasion de parler avec des Arabes. En Israël, leur situation portait à faux : quels que fussent leurs opinions et l’avantage ou le désavantage qu’ils retiraient de notre présence, ils ne pouvaient s’exprimer sans complexe. La frontière qui séparait les pays arabes d’Israël passait à vrai dire par leur cœur, les déchirait, et souvent les torturait. Nous le sentions si bien que nous avions fini par n’en plus parler. Nos problèmes quotidiens étaient suffisants pour nous occuper les uns et les autres. Nous étions voués à la construction du pays. Pendant vingt ans, malgré les incitations venues de l’étranger, la coexistence fut paisible encore que dépourvue de véritables échanges. Chacun couvait sa peine : l’Arabe, sa guerre, le Juif, sa quête du repos ; comme dans les vieux ménages aux disputes sclérosées, on vivait ensemble sans se parler.

La solitude arabe, au fond, était pire que la nôtre, à bien des égards. En Israël, ils étaient les citoyens d’un Etat, dont, pour la plupart, ils n’avaient pas voulu la naissance, et qui était contraint de prendre à leur encontre des mesures de sécurité difficilement supportées. L’Etat d’Israël devait d’abord penser à sa survie : quelle qu’ait pu être sa volonté en ce qui concerne l’intégration des Arabes, il était soumis à des impératifs politiques qui aboutissaient à des mesures, ressenties de la part de la population arabe, comme injurieuses et discriminatoires. L’effort fait par le Gouvernement d’Israël dans le domaine de l’habitant, de l’instruction, de l’hygiène, ne changeait rien au drame vécu par les Arabes d’Israël. Ils pouvaient jouir du plus haut niveau de vie connu dans toute l’étendue du monde arabe, ils pouvaient avoir atteint le plus haut degré de scolarisation pour leur jeunesse, ils pouvaient même voir combien vaine et folle était la querelle de l’Egypte contre Israël : cela ne changeait rien à leur déchirement, intérieur, bruyamment entretenu par les radios du Caire, d’Amman, de Damas, de Bagdad. Je comprenais bien leur drame aggravé par les conséquences du partage, la séparation des familles, le départ des réfugiés, la confiscation ou l’expropriation de certaines terres. L’hébraïsation de l’Etat rendait plus difficile leur intégration : d’ailleurs le principe d’égalité ne pouvait plus jouer dans l’économie de la guerre qui nous déchirait.

Aussi, certains Arabes d’Israël avaient-ils beau jeu de se plaindre de leur sort dans un rapport adressé en 1964 au secrétaire général des Nations unies. Ils se déclaraient les victimes d’une politique d’oppression de discrimination raciale, et en butte à la persécution du gouvernement israélien. Pour eux, celui-ci poursuivait une politique de haine contre les Arabes, et stimulait des sentiments hostiles parmi le peuple juif, les écoliers, les étudiants. Davantage que dans le domaine des sentiments et de la propagande, les Arabes dénonçaient les violations réelles de leurs droits : ils se référaient aux conséquences e la guerre de 1948, à certaines expropriations de terres (Loi sur la propriété des personnes absentes de 1950, critiquée dans son principe même), de certaines destructions de villages, Ikret par exemple, ou d’expropriations légales, mais faites à des prix peu satisfaisants. Toute la législation israélienne promulguée pour faciliter l’hébraïsation de l’Etat, la judaïsation de la Galilée, était âprement dénoncée comme contraire à l’ordre et aux engagements internationaux de l’Etat. Le problème posé par les biens des fondations religieuses (Waqfs), pris en charge par l’administration israélienne, en l’absence de leurs bénéficiaires, était soulevé : les mesures prises par les Juifs étaient dénoncées avec passion.

L’autorité militaire, chargée de sauvegarder l’ordre et la sécurité dans les parties arabes du territoire, était dénoncée comme l’œuvre du diable ; d’après ce rapport, elle ne faisait que « propager la dissension, la peur, la terreur » ; elle ne servait qu’à aggraver la politique de discrimination menée contre les Arabes d’Israël dans tous les aspects de la vie publique et privée.

Ce rapport s’inspirait des revendications du groupe « Al Ard » qui souhaitait pour tous kes Arabes d’Israël la fin de la discrimination et de l’oppression ; l’adoption du plan de partage de la Palestine de 1947, qui à l’époque avait été accepté par les Juifs et refusé par les Arabes ; la reconnaissance du nationalisme arabe, socialiste et neutraliste. Al Ard était persuadé, surtout après qu’il eut été interdit par décision judiciaire, que le Gouvernement d’Israël avait pour but de « créer un état de peur, de désespoir, de soumission (1) ». Les lois d’urgence : toute cette écume que les vagues de la guerre ont fait déferler sur notre pays étaient dénoncées avec violence.

Bien entendu, le point de vue d’Al Ard était partagé par un grand nombre d’Arabes. Pour eux, les promesses du Caire et des autres capitales arabes étaient réelles. Leur situation de minoritaires – même privilégiés par rapport à la situation de leurs frères des autres pays arabes – sur le plan économique notamment, était transitoire. Viendrait le jour de la vengeance et du salut. 1948, 1956 avaient déçu les espérances du nationalisme arabe, mais si deux batailles avaient été perdues, la guerre continuait. Ainsi quand la crise de mai 1967 commença, les nationalistes arabes, d’inspiration nassérienne, crurent arrivé le jour de gloire. « Pourquoi ne quittez-vous pas le pays avant que les Egyptiens ne vous exterminent, me dit l’un d’eux ; vous auriez du moins la vie sauve. » D’autres cherchaient à repérer les maisons qu’ils occuperaient après leur victoire. Certains étudiants arabes conseillaient à leurs camarades israéliens d’acheter des maillots de bain qui, après tout, pourraient ne pas être inutiles lorsque les Egyptiens, les Syriens et les Jordaniens les auraient rejetés à la mer.

Rancœur et esprit de revanche qui n’étaient pas partagés par une grande partie de la population arabe, soucieuse avant tout de paix, ni par les Druzes, profondément intégrés en Israël et conscients d’y jouir d’une pleine égalité des droits et des devoirs.

Depuis le 15 mai 1967 les menaces de Nasser n’étaient plus verbales, mais s’accompagnaient de déploiement de forces. les armées de Nasser s’apprêtaient à fondre sur les nôtres, pour nous exterminer. A nouveau la chape de plomb, l’esseulement abyssal. Les radios arabes nous apportaient les hurlements déments des dictateurs arabes ou de leurs porte-parole. C’était en arabe le même déploiement de menaces mortelles que celles qui nous poursuivaient en Europe hitlérienne. Il ne s’agissait pas de nous présenter tels que nous sommes, mais tels que nous devrions être pour justifier les grands massacres que l’on nous promettait au Caire, à Damas, à Amman.

« Egorge, égorge, égorge et sois sans pitié,
Egorge, égorge, égorge, et lance leur tête
Dans le désert,
Egorge, égorge, égorge
Tout ce que tu voudras,
Egorge tous les sionistes et tu vaincras »
chantait, au Caire et à Damas, Oum Kalsoum. Pour que nous soyons égorgeables, sans trop de remords, il fallait que dans l’esprit de nos égorgeurs éventuels nous cessions d’avoir figure d’hommes. Ainsi les colonialistes et les racistes avaient-ils mis au point une technique de propagande très efficace destinée à déshumaniser l’ennemi – celui qu’il faut continuer à exploiter ou qu’il faut assassiner -, au point de le réduire à l’état d’objet, non de personne. Le meurtre alors n’est plus gêné par la mauvaise conscience. Ces recettes avaient fait leurs preuves dans les différents pays d’Asie et d’Afrique où des Occidentaux s’opposaient à des peuples colonisés. Mais, en l’espèce, elles furent utilisées par les dictateurs arabes contre Israël.

Pour nous, le blocus du détroit de Tiran décrété par Nasser le 22 mai, les incessantes attaques de notre territoire par les Syriens, le dur bombardement de Jérusalem par les Jordaniens au matin du 5 juin 1967 constituaient des manœuvres agressives caractérisées. Or les chefs arabes continuent de parler de l’agression israélienne. A vrai dire, ils ont raison à leur manière puisqu’ils dénie notre droit de vivre. Le seul fait de notre existence, en tant qu’Etat, introduit un trouble dans l’ordre du monde, constitue une agression permanente contre « leur » paix. Même si nous passions notre temps à chanter, jour et nuit, des psaumes et des cantiques, nous n’en continuerions pas moins notre diabolique agression qui ne pourrait prendre fin qu’avec le terme de notre existence.

Nous étions donc persuadés qu’un triomphe arabe réaliserait les prophéties et les ambitions de Choukeïri : l’extermination des survivants des massacres hitlériens. Au terme de la guerre des Six jours, les hommes menacés que nous étions se retrouvaient soudain en position de force : nous étions à la tête d’un Empire plus vaste que nos ancêtres ne l’avaient jamais rêvé ; nous étions des occupants et, par la force des choses, nous devenions aussi des policiers. Etrange destin que celui qui vouait les exterminateurs au rôle de victimes et les candidats au martyre, aux fonctions de bourreau. Soulagement de la victoire : il s’est exprimé chez nous avec beaucoup de pondération. Nous savions que nous n’avions pas fini de gravir notre calvaire. C’était plutôt pour nous le franchissement d’une étape et non le havre souhaité. Israël était devenu l’occupant malgré lui, vainqueur grâce à l’obstination aveugle de ses ennemis. Soudain le problème se compliquait redoutablement ; jadis, la situation était pour nous relativement simple ; il s’agissait d’être ou de ne pas être : les choses étaient claires. Nous remplissions notre rôle vis-à-vis de nous-mêmes et nous correspondions à l’idée que le monde depuis quatre mille ans se faisait de nous : des sursitaires. Au suspense de notre destin, il était possible de prévoir et d’attendre une fin tragique, la continuation de l’œuvre de mort. Après tout, tant qu’il y avait un Juif vivant, il y aurait suffisamment de place pour lui dans les grands cimetières de l’histoire ou la fumée des crématoires.

La victoire pipait tous les dés, faussait tous les calculs : le petit Juif du ghetto trichait aux yeux du monde en devenant d’indésirable vainqueur d’une guerre qui constituait sans doute l’insurpassable chef-d’œuvre de la stratégie conventionnelle. Le monde entier pouvait s’attendre avec nous à une fin convenable du trouble qu’Israël n’a cessé d’apporter dans l’histoire depuis la folle aventure d’Abraham : l’effondrement militaire de l’armée juive, les hordes arabes se ruant sur nos femmes, nos enfants, nos foyers, pour parachever splendidement l’œuvre que Hitler n’avait pas su mener à son terme logique.

Aux yeux du monde, la victime est devenue bourreau et nous sommes à la tête d’un Empire qui va des pentes de l’Hermon au canal de Suez, du golfe d’Akaba aux rives du Jourdain. Sûrs de nous-mêmes et dominateurs, par cela même faussaires, trublions renversant l’échelle des valeurs. Nietzsche lui-même ne reconnaîtrait plus ses Juifs : d’esclaves, les voici soudain promus au rang de seigneurs. Mais cela même nous a surpris et blessés : nous étions moins en quête de domination que de liberté et de vie. L’image nouvelle de nous-mêmes qui étonnait le monde ne cesse de nous troubler : les uns, d’ivresse, les autres, de nostalgie. La situation nouvelle provoque un universel scandale, le bouleversement de toutes les valeurs, des stéréotypes les plus invétérés.

Les plus faibles, sans doute, se réfugient derrière cette victoire pour rêver une solution qui délivrerait à jamais Israël des ses ennemis : garder tous les territoires conquis, se situer en position de force jusqu’à l’effondrement total de la résistance arabe et sa reddition. les autres rêvent de paix, de délivrance messianique : ils ont physiquement besoin de voir le lion brouter en paix aux côtés de l’agneau et gémissent après les visions de chars convertis en charrues. Débats tragiques et dérisoires, débats de Juifs.

A l’intérieur des frontières, nous, Israéliens, nous nous déchirons dans nos contradictions et nos luttes intérieurs, stérilement, comme nos ancêtres épilaient leur barbe aux arguties du Talmud. Notre déchirement aboutit à un débat académique tandis qu’en face de nous, ceux qui devraient être nos interlocuteurs sont bloqués par la peur et par la honte de leur défaite.

A mesure que la tragédie s’approfondit, que les attentats font davantage de victimes et que la répression sème la peur, les extrémistes se renforcent : Nasser, le grand vaincu de juin 1967, continue de prêcher l’extermination d’Israël. Quelques propagandistes arabes, plus nuancés, essaient de distinguer entre le génocide et qu’ils appellent le politicide : il ne s’agissait plus de tuer les Juifs d’Israël mais leur Etat ; comme si ceux-ci pouvaient survivre à celui-là. En face de ces menaces qui nous rappellent certaines voix arabes de 1967 et celles qui, en allemand, annonçaient, aux années 40, de définitifs massacres, nous entendons s’élever quelques voix juives tremblantes d’angoisse qui exigent de l’Etat d’Israël une défense radicale de nos vies par une élimination violente des dangers du terrorisme. D’un côté, on souhaite que la Palestine soit tout entière arabe, tandis que de l’autre on n’attribue de chances de survie à Israël que dans le cadre d’un Etat juif allant des flancs de l’Hermon aux rives du Jourdain et du canal de Suez.

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Note : (1) Le conflit israélo-arabe, Les Temps Modernes, Paris 1967, p. 792


Terrorisme: L’islam est-il en train de réaliser la prophétie d’Enoch Powell ? (Is the Tide of Hope reverting to Rivers of Blood ?)

5 juin, 2017
https://i1.wp.com/www.dreuz.info/wp-content/uploads/2017/06/unnamed-1-2.jpgNul n’est prophète en son pays. Jésus
Vous plairait-il de trouver une nation d’une telle humeur barbare qui éclatant en violence hideuse ne vous permettrait pas d’habiter la terre ? Que penseriez-vous d’être ainsi utilisé?  (…) C’est le cas des étrangers et telle est votre inhumanité monstrueuse. Shakespeare
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
40 years ago, Enoch Powell’s speech in this hotel, made to a handful of activists, electrified Britain. It elated some. It terrorised others. Its timing was a tragedy for our nation. Historically we are diverse, open-minded, and anti-racist. But every now and again we forget our true character. And April 20 1968 was the start of a forty year aberration for which we have since paid dearly. Just at the moment when we were about to pass what were then the most progressive race relations laws in Europe we were plunged into a forty-year bout of racial introspection. In the year that four young British musicians captivated the planet with their charm, confidence and their talent, our politicians were forced to wrestle with the fears of an anxious majority convinced that their rights were about to be usurped by a greedy minority. And in the past forty years, when we could justifiably have been boasting of our success in creating a multicultural, multiethnic society, we found ourselves mired in a ghastly stand-off about race relations which has spawned unnecessary division and inequality. Yet in spite of all this, today, I believe that Britain remains, at heart, that open-minded, anti-racist nation. And that this 20th of April offers us a chance to throw off the shadow of the past forty years. I want to tell you why I believe that right now, the urgency of change demands a new social contract in which we the British people reap the benefits of managed migration by pursuing a positive policy of active integration. In my lifetime there has never been a more vital moment for such a profound shift in thinking. There are no rivers of blood in prospect. Rather there is today a tide of hope that is carrying 200 million and more migrants across the globe in search of a better life. Some are British. Many are highly-skilled and qualified. They look in our direction, but they have choices. Like every other prosperous developed nation we know that if we don’t get our share of this wave of talent we risk becoming an economic backwater. But we also know that with the benefits of migration come costs. So my speech today is about how, we maximise the benefits and minimise the costs. If we fail, our children and our grandchildren won’t be arguing about how many immigrants we can take into Britain; they’ll be wondering how they can get a work permit to the dominant economies of China, India and Brazil. (…) So why, given its impact, did Powellism fail so dismally? I think there are three reasons. First the doctrine utterly failed to understand the essential attitude of British people to difference. We are not racists. How could we be? We are an ancient multilingual state forged from at least four different ethnicities, with a people built on and used to intermarriage, compromise and negotiation. (…) I think the second reason for the Powellites’ failure is that they wanted to promote a British identity rooted in an Empire that by 1968 was already in rapid decline. And finally, perhaps most important of all, the Powellites fatally confused race and immigration. We can see today why this is a mistake. In the last decade, when we have had higher net immigration than at any time in the past forty years, large numbers – over half a million between 2004 and 2006 of immigrants are white. (…) The warning of the River Tiber foaming with much blood comes from the Cumaean Sybil, one of the prophetesses of Roman legend. Virgil says that she told Aeneas, the Trojan, not to go to Rome because there’d be trouble. In fact he ignored the warning, he went on to found the dynasty that built Rome – we remember Romulus and Remus – the centre of arguably the most successful multiethnic and multi-faith empire in the history of the world. Perhaps what happened to the Sybil is a warning. She was granted eternal life by the God Apollo, but forgot to ask for an eternal body. So though she still had the gift of prophecy, she withered away until she was just a disembodied voice. Eventually she disappeared never to be heard from again. I think that’s food for thought for all aspiring prophets. So in short, after forty years I think we can say with confidence that we don’t need to ask if Powellism was ever right. All we need to know is that it wrong now. That story is over. Goodbye Alf Garnett. But that does not mean that the political challenge of immigration is over. On the contrary. We’ve only just begun to prepare the ground to debate the greatest challenge of our time. I believe that there are two fundamental challenges facing western nations today. One is how we live with our planet. The other is how we live with each other. The second – in Sir Isaiah Berlin’s phrase – « living together graciously » – is in my view the more urgent. If we cannot get along with our neighbours we have no hope of taking the concerted action we need to reverse climate change. There’s just no mileage in talking about car pools if you loathe your neighbours so much that you can’t bear to share a car ride with them. (…) So I want to propose first that we simply abandon the unproven Powellite assertion that if we get immigration numbers down, we’ll have less trouble. Instead I want to argue that our history shows that immigration and integration are reciprocal. That is to say, that if we needed, perhaps for economic reasons, to admit more immigrants we would have to work harder at integration; but equally, that if we are better at our integration, we can probably accommodate more immigrants. And just as Powellism had its three central principles – assimilation, separation and domination – I want to propose three new principles for an integrated society, based on our Commission’s core values – equality, human rights and good relations. (…) We cannot allow discussion of race and immigration forever to be seen as playing into the hands of extremists. The forty-year old shockwave of fear has gagged us all for too long. Our aim is the integrated society – one built on fairness, respect and dignity, confident in all aspects of its diversity. We need to start a new conversation about how we get there, a dialogue has to be guided not by fear, but by hope. Trevor Phillips (2008)
Le discours des fleuves de sang est un discours prononcé le 20 avril 1968 par Enoch Powell, parlementaire conservateur britannique, critiquant le multiculturalisme et opposé à l’immigration venant des pays du Commonwealth. Le discours a été prononcé devant une réunion régionale du Conservative Political Centre, au moment où la loi Race Relations Bill 1968 était en discussion au Parlement à majorité travailliste. Son auteur l’appelait « discours de Birmingham ». Il tire son nom de cet extrait : « Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant ». Le sujet du discours était l’immigration ; Powell désirait avertir le peuple que, selon lui, celle-ci menaçait le Royaume-Uni. Il déplorait le fait que des Anglais ne trouvassent pas d’emploi à cause de la main-d’œuvre que constituaient les immigrés (principalement des Jamaïcains), dénonçant le comportement de ceux-ci à l’aide de nombreux exemples destinés à marquer l’auditoire. Le discours provoqua une vaste polémique dans la classe politique, la presse et la société britannique, mais un sondage de l’organisation Gallup réalisé fin avril 1968 montra que 74 % de la population était d’accord avec lui. Sous la pression de ses collègues, il dut démissionner du cabinet fantôme conservateur où il occupait le poste de ministre de la Défense. Dans son livre Reflections on the Revolution in Europe: Immigration, Islam and the West (2009), traduction Une révolution sous nos yeux (2011), Christopher Caldwell relève que les prévisions chiffrées d’Enoch Powell sont assez exactement réalisées, mais pas les catastrophes annoncées. Wikipedia
Europe could face a new wave of migrant arrivals this summer, a leaked German government report has warned. Up to 6.6m people are waiting in countries around the Mediterranean to cross into Europe, according to details of the classified report leaked to Bild newspaper. They include more than 2.5m in North Africa waiting to attempt the perilous crossing by boat. Angela Merkel’s government has not commented on the report, which the newspaper says was marked for internal use only. There are fears of a dramatic rise in arrivals as the summer weather turns favourable for sea crossings. Growing numbers of migrants are known to be attempting to reach Europe by boat in the wake of the closure of the Balkan land route last year. They include refugees fleeing the turmoil in Syria and Iraq as well as economic migrants from Africa, the Middle East and Asia. The report warns the number waiting to cross into Europe has risen by 650,000 since the end of January alone — an increase of 12 per cent. It says 1m are waiting in Libya, where smugglers use small and often unseaworthy boats to carry migrants to outlying Italian islands. Another 1m are waiting in Egypt, 430,000 in Algeria, 160,000 in Tunisia, and 50,000 in Morocco. Others are waiting in transit countries along the route, with up to 720,000 in Jordan. The numbers also include 3.3m waiting in Turkey, most of whom are currently prevented from crossing into Europe by the EU’s migrant deal with President Recep Tayyip Erdogan’s government. The Telegraph
Les penseurs sunnites qui ont soutenu que le Coran pouvait servir à la modernisation se sont empêtrés dans un bourbier conceptuel, ce qui explique la crise de la pensée islamique aujourd’hui. Le Coran légitime nombre de choses embarrassantes pour les musulmans modernistes: l’esclavage, le djihad armé, le contrôle des femmes, la polygamie et des aberrations scientifiques. Suleiman Mourad
Cessons de parler d’État Islamique, ils trahissent la religion qu’ils prétendent servir. Ce sont juste des assassins. Christophe Castaner (porte-parole du gouvernement Philippe)
Ce n’est pas la première fois que l’on hésite à qualifier cette organisation terroriste par autre chose que par un acronyme. Laurent Fabius quand il était au quai d’Orsay avait affirmé une préférence pour Daech plutôt que pour État Islamique. Barack Obama n‘a jamais parlé de terrorisme islamiste et François Hollande non plus, sauf dans les confidences faîtes à Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans le livre Un président ne devrait pas dire ça. La pudeur linguistique n’est donc pas le seul fait de M. Castaner. (…) Elle est essentielle. Camus l’a dit et nous le répétons sans cesse «Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde». Dire que ce terrorisme n’est lié a aucune religion c’est tout simplement faux. Le calife et ses soutiens se revendiquent de l’islam. C’est un des visages, fort heureusement pas le seul et pas le principal, mais c’est un des visages de l’islam. En outre, si toutes les religions comptent dans leurs rangs des criminels et des assassins, la systématisation de la terreur n’appartient aujourd’hui qu’à la sphère islamique. Le nier c’est se priver du moyen de désigner ceux qui veulent nous tuer et qui le font comme à Londres «au nom d’Allah». Personne aujourd’hui ne tue au nom de Jésus, Vishnou ou Moïse. Rachid Kassim, l’un des organisateurs des attentats en France l’avait déclaré avant d’être tué par un drone américain: ses motivations n’étaient ni sociales, ni idéologiques (colonisation) mais religieuses. On ne peut en rien exonérer l’islam des crimes qui sont commis en son nom. Ceux qui le font rejoignent le discours de Tariq Ramadan qui veut noyer la singularité d’une grande confession dans la masse des crimes mondiaux, dans la nuit de l’équivalence. (…) C’est l’esprit d’une motion que Trudeau a fait voter il y a quelques semaines au Canada et qui, en substance, empêche toute critique de l’islam. L’islam est en train d’acquérir un brevet de religion intouchable. La confession la plus gangrenée par la violence est repeinte en religion de tolérance et d’amour. On ne peut pas continuer à rester dans le conte de fées pour échapper à l’accusation de racisme et d’amalgame. Adonis, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Abdenour Bidart pourtant ne cessent de nous mettre en garde. Au fond, cette rhétorique est très anglo-saxonne. Pour les Américains et les Anglais, toute religion est bonne en soi. Mais l’islam n’a pas connu les lumières et la réforme interne. La vérité que nous sommes obligés de répéter sans cesse est la suivante: ces massacres n’ont pas de causes sociales, économiques, pathologiques mais bien théologiques. Garder les yeux grands fermés comme M. Castaner augure mal de la politique du gouvernement. Pascal Bruckner
Le modèle assimilationniste accorde un privilège à la culture de la société d’accueil, sans être ni culturaliste ni inégalitaire. C’est même tout le contraire puisqu’il suppose une capacité d’adaptation des migrants et de leurs descendants à un environnement culturel différent du leur. Le multiculturalisme est un modèle asymétrique d’un autre type. Il favorise le séparatisme et l’entre-soi, mais seulement pour les nouveaux venus. Cet entre-soi ne peut, en effet, être étendu aux autochtones, sous peine de susciter des discriminations. Les « minorités » reçoivent alors un traitement qui ne peut être concédé aux autochtones. C’est un modèle culturaliste et inégalitaire qui renverse l’asymétrie du modèle assimilationniste. Il ne reconnaît pas de droit à la persistance culturelle de la société d’accueil. L’assimilation nécessite un certain nombre de conditions et, notamment, l’engagement du corps social dans son entier, élites comprises. La pression sociale exercée par les autochtones, généralement ceux des catégories populaires qui voisinent avec les populations aux modes de vie dépaysants, doit être considérée comme légitime et encouragée. Selon Paul Collier (Exodus, dont une traduction est à paraître à l’Artilleur l’année prochaine), les autochtones doivent être « les prosélytes de leur propre nation ». Pour être convaincant, ce prosélytisme nécessite une certaine fierté. Si j’insiste sur ces caractéristiques, c’est parce qu’elles dessinent, en creux, tout ce qui manque aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans une disposition d’esprit propre à susciter l’assimilation. L’ascendant culturel des catégories populaires, autrefois motrices dans l’assimilation, est désormais contesté. Elles ont cessé d’être les prosélytes de la nation, d’espérer que leurs voisins s’adapteront et préfèrent vivre dans des lieux où il leur sera plus facile de maintenir leur propre mode de vie. Elles se sont éloignées des grands centres urbains (voir Christophe Guilluy), évitement qui a renforcé les concentrations ethniques, lesquelles favorisent l’entre-soi et le maintien des habitudes culturelles. On a là un cercle vicieux sur lequel les exhortations à la mixité sociale (euphémisme pour mixité ethnique) ont peu de prise. L’autodénigrement a remplacé le prosélytisme. Pourquoi chercherait-on à s’assimiler à un pays aussi détestable dont on ressasse avec gourmandise les tares passées ? (…) la politique fondée sur des droits encourage, paradoxalement, la migration irrégulière. Une fois qu’on a mis le pied en Europe, on a de bonnes chances de pouvoir y demeurer. En France, la perception du phénomène est obscurcie par des discours mal informés sur le régime migratoire actuel. Récemment, dans Libération, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration, a justifié l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle par le fait qu’ « on a accueilli très peu de migrants ces dernières années ! ». Je laisse le lecteur en juger à la lumière de ce graphique. J’ai, par ailleurs, montré que le taux d’accroissement de la proportion d’immigrés depuis le début des années 2000 est voisin de celui observé pendant les Trente Glorieuses. (…) Si l’option assimilationniste a été abandonnée très tôt en France (on peut remonter jusqu’en 1991 pour situer la bifurcation diversitaire de l’intégration théorisée par le Haut Conseil à l’intégration), c’est dans le cadre européen qu’a été élaborée plus finement l’option multiculturaliste à laquelle la France a souscrit. Je n’ai pas eu d’écho d’une opposition française aux onze principes de base communs adoptés par le Conseil européen du 19 novembre 2004. La France n’avait d’ailleurs dépêché, pour l’occasion, que son représentant permanent. L’intégration est désignée, dans le premier principe, comme « un processus à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres ». La littérature européenne nous éclaire sur le but de l’intégration : tolérance et respect ! L’UE, par construction, est favorable au développement du multiculturalisme. S’y ajoutent les craintes alimentées par les projections démographiques d’Eurostat, qui incitent l’UE à voir dans l’immigration la solution pour éviter un déclin démographique trop marqué. (…)  L’islam change la donne par la taille de la population musulmane, l’importance que les musulmans accordent à la religion, une tendance à la désécularisation, une transmission religieuse qui s’est améliorée et une endogamie religieuse très forte. Le tout dans un contexte que je vous ai décrit plus haut. Les mariages mixtes ont toujours été le carburant de l’assimilation : en épousant des autochtones, les migrants ou leurs descendants s’inscrivent dans l’héritage historique français. Éric Kaufmann considère que l’exogamie des musulmans est « l’épreuve de vérité de l’assimilation ». Pourtant, l’endogamie est la règle. Elle vaut pour toutes les religions, a fortiori pour l’islam : parmi les musulmans présents en 2008 et âgés de 18-50 ans, 90 % des premiers mariages des hommes et des femmes nés en France ou qui y sont venus alors qu’ils étaient encore enfants ont été célébrés avec un conjoint musulman. Paradoxalement, cette endogamie est plus faible chez les migrants arrivés célibataires à l’âge adulte qui ne se sont pas frottés à la société française dans leur jeune âge. (…)  Lorsque les Polonais sont arrivés en France il y a bien longtemps, il passaient pour inassimilables. Mais il étaient catholiques et ont pu, au fil du temps et des générations, finalement, « trouver chaussure à leur pied » parmi les catholiques autochtones. Paradoxalement, l’endogamie religieuse a favorisé l’exogamie ethnique. Le catholicisme faisait partie des éléments culturels communs. Tel n’est pas le cas des musulmans qui apportent l’islam dans leurs bagages. Par ailleurs, la société, jusque dans les années 1960-70, n’était guère encline à célébrer la diversité comme on le fait aujourd’hui. (…) Nous avons actuellement la plus mauvaise combinaison : immigration étrangère importante + multiculturalisme mâtiné d’une rhétorique républicaine. Comme l’explique très bien Paul Collier dans son livre, le développement de diasporas (populations qui n’ont pas été absorbées par la population du pays d’accueil) favorise les flux d’immigration fondés sur les liens diasporiques. L’assimilation limite ce développement alors que le multiculturalisme le favorise. L’existence de larges diasporas n’est pas non plus propice à l’assimilation. Des flux plus modérés et une politique d’assimilation résolue constitueraient une meilleure combinaison. C’est d’autant plus vrai que les étrangers nouvellement accueillis sont plus difficiles à assimiler que prévu. Mais ce n’est pas la route sur laquelle nous cheminons. La régulation des flux migratoires est du ressort des pays d’accueil et il faut cesser de se bercer d’illusions avec le développement des pays de départ qui serait la solution miraculeuse. Leur développement est une bonne chose en soi, mais ne participera pas à réduire les candidats à la migration, bien au contraire. L’amélioration du niveau de vie fournira, en effet, à plus de candidats les moyens de partir. Il faut savoir que la politique migratoire est une compétence partagée avec l’UE. La Cour de justice de l’UE (CJUE) veille au respect des divers règlements et directives et élabore une jurisprudence qui encadre la politique des États. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme et des Cours nationales. Michèle Tribalat
Cette enquête est troublante. Elle révèle quelque chose que l’on n’a pas reconnu jusque-là : l’apparition d’une nation dans la nation, avec sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre avenir. (…) il faut abandonner le multiculturalisme soft et adopter une approche d’intégration beaucoup plus musclée. Trevor Phillips (2016)
Pendant longtemps, je pensais que les musulmans (…) abandonneraient petit à petit leurs coutumes ancestrales, qu’ils se fondraient dans le paysage britannique divers. Mais j’ai eu tort. Trevor Phillips (2016)
In the wake of the jihadi human bomb attack in Manchester, Britain’s Prime Minister Theresa May said: “We struggle to comprehend the warped and twisted mind that sees a room packed with young children not as a scene to cherish but an opportunity for carnage.” Germany’s Chancellor Angela Merkel said: “ It is unbelievable that somebody has used a joyful pop concert to kill or seriously injure so many people.” A headline in the Washington Post read: “In suburban Manchester, a search for what might have motivated the attacker”. “Struggle to comprehend”? “Unbelievable”? “What might have motivated the attacker”? Really?? In 2006 I published my book Londonistan which analysed the supine response of the British political, legal and religious establishment to Islamic jihadi terrorism and the Islamisation of Britain. What follows below is the concluding chapter of that book. As the army patrols the streets of Britain to guard against further expected terrorist attacks, my warning about the deadly failure to face up to the true nature of the threat facing the west is surely even more urgent today. (…) Britain is in denial. Having allowed the country to turn into a global hub of the Islamic jihad without apparently giving it a second thought, the British establishment is still failing even now — despite the wake-up calls of both 9/11 and the London bomb attacks of 2005 — to acknowledge what it is actually facing and take the appropriate action. Instead, it is deep into a policy of appeasement of the phenomenon that threatens it, throwing sops to both radical Islamism and the Muslim community in a panic-stricken attempt to curry favour and buy off the chances of any further attacks. This disastrous policy ignores the first law of terrorism which is that it preys on weakness. The only way to defeat it is through strength — the strength of a response based on absolute consistency and moral integrity, which arises in turn from the strength of belief in the values that are being defended. By choosing instead the path of least resistance, Britain is advertising its fundamental weakness and is thus not only greatly enhancing the danger to itself but is also enfeebling the alliance in the defence of the west. Britain has a long and inglorious history of appeasing terrorism, thus bringing true the aphorism in which its ruling class so cynically believes that ‘terrorism works’. Now, however, this dubious national trait has been cemented even more firmly into the national psyche by the governing doctrine of multiculturalism, which has made it all but impossible even to acknowledge that this is a problem rooted within the religion of a particular minority community. The fervent embrace of ‘victim culture’ means instead that this minority has to be treated on its own assessment as a victim of the majority and its grievances attended to on the basis that it is these grievances which are the cause of terrorism. At the same time, however, this minority disavows any connection with terrorism and vilifies anyone who dares suggest to the contrary. Thus Britain is being forced to act on the basis that if it does not do so it will be attacked — by people who claim that terrorism runs totally counter to the values of their religion, but then demand that the grievances of members of that religion are addressed as the price of averting further attacks. This deeply manipulative and mind-twisting behaviour is the equivalent of holding a gun to Britain’s head while denying that this is being done, and threatening to run out of town anyone who points it out. The intersection of an aggressive religious fanaticism with the multicultural ideology of victimhood has created a state of paralysis across British institutions. The refusal to admit the religious character of the threat means not only that Britain is failing to take the action it should be taking but, worse still, is providing Islamist ideologues with an even more powerful platform from which to disseminate the anti-western views which have so inflamed a section of Britain’s Muslims. The refusal to acknowledge that this is principally a war of religious ideology, and that dangerous ideas that can kill are spread across a continuum of religious thought which acts as a recruiting-sergeant for violence, is the most egregious failure by the British political and security establishment. The deeply-rooted British belief that violence always arises from rational grievances, and the resulting inability to comprehend the cultural dynamics of religious fanaticism, have furthermore created a widespread climate of irrationality and prejudice in which the principal victims of the war against the west, America and Israel, are demonised instead as its cause. This mindset and the corresponding terror of being thought ‘Islamophobic’ have prevented the British from acknowledging the eruption of Islamist violence not just in Britain but around the western world. The British media either ignore it — as with disturbances in Sweden or Belgium — or, when they do report it, insist that Islam has nothing to do with it. (…) One of the reasons why people shy away from acknowledging the religious aspect of this problem is, first, the very proper respect that should be afforded to people’s beliefs and, second, the equally proper fear of demonising an entire community. There is indeed a risk of such a discussion exposing innocent Muslims to attack. But there is a greater risk to the whole community if the roots of the problem are censored and never dealt with. The key issue is the inability to grasp that, just because a problem has a religious character, this does not mean that all members of that religion suffer from that problem. There is a distinction to be drawn between Muslims and Islamists. Islamism is the politicised interpretation of the religion which aims to Islamicise societies. Many Muslims in Britain and elsewhere would not subscribe to this ideology. But it is the dominant strain throughout the Muslim world, and there has been so far no serious challenge to it — not least because those who do speak out against it run the risk of being killed. Because it is so dominant, backed by powerful Muslim states and even more crucially by Islamic religious authorities, it constantly spreads its extremist messages of religious fanaticism and political sedition. That is why the development of the Muslim Brotherhood infrastructure in Britain was so calamitous. It is also why the most bitter criticism of the government’s subsequent appeasement of the Brotherhood has come from liberal British Muslims, who feel understandably betrayed as the ground is cut from under their feet. The charge that pointing out the religious nature of this extremism is an act of bigotry against Muslims is deployed to shut down a vital debate which urgently needs to be had, not least within the Muslim community itself. The claim is a form of crude intimidation, and the fact that Britain is so cowed by it in itself shows how far it has already travelled down this dangerous path. It also ignores the fact that some Muslims themselves are speaking out in similar vein. (…) Such courageous Muslims are being betrayed by Britain’s pusillanimity. The Muslim community has got to come up with a different response from blaming Britain and the west. While no-one has the right to tell it how to organise its own religion, it does have a responsibility to address those aspects of its culture which threaten the state. Britain does this community no favours by pandering to its own tendency to self-delusion. For Britain to start to address this properly, it would have to take a number of steps which showed unequivocally that it was refusing to compromise not just with terror but with the ideology that fuels it. That would mean showing that, while it had no problem with the practice of Islam as a minority faith that observed the same rules as all other minority faiths, it would not countenance the practice of Islamism, or clerical fascism, and would take steps to stop it. (…) Next, a properly motivated nation would set about the remoralisation and re-culturation of Britain by restating the primacy of British culture and citizenship. To do this, it would recognise that British nationhood has been eviscerated by the combination of three things: mass immigration, multiculturalism and the onslaught mounted by secular nihilists against the country’s Judeo-Christian values. It would institute tough controls on immigration while Britain assimilates the people it has already got. The principal reason behind the cultural segregation of Britain’s Muslims is their practice of marrying their young people to cousins from the Indian subcontinent. That has got to stop because it is simply a threat to social cohesion. The usual charges of racism would be faced down by reaffirming two things simultaneously: that Britain values its immigrants who make a great contribution to the country; and that in order to integrate them properly into British society, their numbers must be controlled. It would abolish the doctrine of multiculturalism by reaffirming the primacy of British values. It would ensure that British political history is once again taught in schools, and that Christianity is restored to school assemblies. It would stop the drift towards the creation of a parallel Islamic jurisdiction under Sharia and would no longer turn a blind eye to the practice of polygamy, following the recommendation of Dr Ghayasuddin Siddiqui that imams should only be allowed to officiate at marriages upon the production of a civil marriage certificate. (…) Unfortunately, there is very little chance of any of this happening. Britain is currently locked into such a spiral of decadence, self-loathing and sentimentality that it is incapable of seeing that it is setting itself up for cultural immolation. In the short term, this is likely to lead to the increasing marginalisation of British Jews, Hindus, Sikhs and other minorities caught in a pincer movement between radical Islamists on the one hand and a craven establishment on the other that is pandering to Islamist extremism. So much for the multicultural nirvana. (…) The cultural deformities of moral relativism and victim culture that have done such damage in Britain are present in American society too. At present, they are locked in conflict with traditional values in America’s culture wars. But it doesn’t take too much imagination to envisage that, if a different administration were installed in the White House, Britain’s already calamitous slide into cultural defeatism might boost similar forces at play in the United States. Britain is the global leader of English speaking culture. It was Britain which first developed the western ideas of the rule of law, democracy and liberal ideals and exported them to other countries. Now Britain is leading the rout of those values, allowing its culture to become vulnerable to the predations of militant Islam. If British society goes down under this twin assault, the impact will be incalculable — not just for the military defence of the west against radical Islamism, but for the very continuation of western civilisation itself. The west is under threat from an enemy which has shrewdly observed the decadence and disarray in Europe where western civilisation first began. And the greatest disarray of all is in Britain, the very cradle of western liberty and democracy, but whose cultural confusion is now plain for all to see in Londonistan. The Islamists chose well. Britain is not what it once was. Whether it will finally pull itself together and stop sleepwalking into cultural oblivion is a question on which the future of the west may now depend. Melanie Phillips
Donald Trump, le zozo de service selon le camp du Bien, mène contre le terrorisme islamique une politique aux effets spectaculaires. Ce lundi, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahrein et les Emirats arabes unis ont, tour à tour, annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ce partenaire de la France est accusé de « soutien au terrorisme », dont Al-Qaïda, l’Etat islamique et les Frères musulmans. Lors de son discours du 21 mai à Riyad (Arabie saoudite), tenu devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans, le président américain avait invité à vaincre « l’extrémisme islamiste », alimenté notamment par l’Iran, selon lui. Trump avait incité à la création d’une « coalition de peuples qui se liguent pour éradiquer le terrorisme ». Il avait mis les leaders musulmans devant leur responsabilité. « Chassez (les terroristes) de vos lieux de culte, de vos terres sacrées, de vos communautés et de vos territoires ». L’Arabie saoudite, berceau du salafisme, se serait-elle soudainement convertie à la tolérance ? Le doute reste de mise pour l’instant. Néanmoins, cet engagement de quatre pays musulmans à vaincre la violence djihadiste met fin à la négation du lien entre l’islam et le terrorisme mené au nom d’Allah. Ce mensonge sert de prétexte commode en Europe, et surtout en France, à exonérer l’islam de toute responsabilité et de tout effort de réforme. La bonne nouvelle est d’observer un réveil venu de musulmans eux-mêmes. Parions que la trumpophobie médiatique, cette autre pensée unique, aura du mal à admettre que Trump a marqué un point important dans l’incitation à la lucidité face aux dérives de l’islam politique. Ce matin, sur Europe 1, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a préféré parler « d’assassins et de voyous » pour désigner les trois britanniques islamistes qui ont une nouvelle fois attaqué Londres, samedi soir (7 morts, 50 blessés), au nom de l’Etat islamique. (…) En France, les yeux restent clos devant la contre-société qui se consolide dans les cités, au risque de constituer demain une nation dans la nation, si ne n’est déjà le cas. Cette évolution démographique et identitaire devrait être au cœur des préoccupations politiques. Il n’en est rien avec Emmanuel Macron, qui ne voit la France que comme une addition de communautés bienveillantes. Vendredi, après la décision de Trump de se retirer des accords de Paris sur le climat, le président français a déclaré : « La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’homme tout entier. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant garde de la lutte contre le changement climatique ». La posture consensuelle est facile. En France, les Frères musulmans, jugés terroristes par l’Arabie, l’Egypte, Bahrein et les Emirats, se portent bien, merci. Ivan Rioufol
Aucune leçon n’a été tirée par le gouvernement britannique des deux premières attaques. On peut s’attendre à ce qu’aucune leçon ne soit tirée cette fois encore.  Il y aura sans doute des bougies, des fleurs, des petits cœurs en papier rose, des paroles disant que les terroristes sont répugnants et que la vie va continuer comme avant. C’est précisément là le problème : la population britannique est une population devenue incapable de colère et incapable de soutenir les mesures qui s’imposeraient. Theresa May est à l’image de la population britannique et n’est pas même une pâle copie de Margaret Thatcher. Son adversaire, Jeremy Corbyn, le gauchiste antisémite et sympathisant de causes islamistes est encore plus inquiétant qu’elle, et de loin. Il ne sera vraisemblablement pas en position de devenir Premier ministre, mais ce que décidera Theresa May a peu d’importance.  Le Royaume Uni compte moins de Musulmans en son sein que la France, mais il est plus infesté qu’elle. On y trouve des zones de non droit qui s’affirment explicitement zones d’application de la charia. On y trouve aussi des écoles islamiques financées par le gouvernement, et j’en passe. On peut y rencontrer quelques intellectuels lucides, tels Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe). Il y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, etl’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière

L’islam est-il en train de réaliser la prophétie d’Enoch Powell ?

Au lendemain d’un troisième attentat islamique en Grande-Bretagne en moins de trois mois …

Qui sur fond d‘israélisation forcée et derrière son désormais habituel flot d’images de bougies et d’ours en peluche …

Ne fait que confirmer tant la folie migratoire d’Angela Merkel et de ses amis …

Que la justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires

Ou du double ou triple jeu de nos prétendus alliés arabes

Comment ne pas repenser …

Au fameux et si décrié discours il y a bientôt 50 ans dit « des fleuves de sang » de l’ancien député conservateur Enoch Powell …

Dont jusqu’ici seulement les chiffres s’étaient confirmés …

Mais qui avec l’essor de l’islam radical …

Comme l’émergence d’un discours politiquement correct toujours plus aveugle …

Semble désormais se vérifier littéralement et presque quotidiennement sous nos yeux ?

Moins de deux semaines après l’attentat djihadiste de Manchester, et moins de trois mois après un autre attentat djihadiste à Londres, la ville de Londres a été à nouveau frappée

Guy Millière
 Dreuz
4 juin 2017

Aucune leçon n’a été tirée par le gouvernement britannique des deux premières attaques. On peut s’attendre à ce qu’aucune leçon ne soit tirée cette fois encore.

Il y aura sans doute des bougies, des fleurs, des petits cœurs en papier rose, des paroles disant que les terroristes sont répugnants et que la vie va continuer comme avant. C’est précisément là le problème : la population britannique est une population devenue incapable de colère et incapable de soutenir les mesures qui s’imposeraient. Theresa May est à l’image de la population britannique et n’est pas même une pâle copie de Margaret Thatcher. Son adversaire, Jeremy Corbyn, le gauchiste antisémite et sympathisant de causes islamistes est encore plus inquiétant qu’elle, et de loin. Il ne sera vraisemblablement pas en position de devenir Premier ministre, mais ce que décidera Theresa May a peu d’importance.

Le Royaume Uni compte moins de Musulmans en son sein que la France, mais il est plus infesté qu’elle. On y trouve des zones de non droit qui s’affirment explicitement zones d’application de la charia. On y trouve aussi des écoles islamiques financées par le gouvernement, et j’en passe. On peut y rencontrer quelques intellectuels lucides, tels Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe). Il y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes :

  • l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et
  • l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.

Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas.

La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.

L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.

Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam.

Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.

Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs.

Pour ce qui me concerne, je regarde tout cela de loin, avec tristesse, depuis le pays de Donald Trump, et je préfère être au pays de Donald Trump que dans un pays régi par Theresa May, Emmanuel Macron, le roi soleil de carton pâte, ou Angela Merkel.

Voir aussi:

Denial still flows over Londonistan

May 25, 2017

In the wake of the jihadi human bomb attack in Manchester, Britain’s Prime Minister Theresa May said: “We struggle to comprehend the warped and twisted mind that sees a room packed with young children not as a scene to cherish but an opportunity for carnage.”

Germany’s Chancellor Angela Merkel said: “ It is unbelievable that somebody has used a joyful pop concert to kill or seriously injure so many people.”

A headline in the Washington Post read: “In suburban Manchester, a search for what might have motivated the attacker”.

“Struggle to comprehend”? “Unbelievable”? “What might have motivated the attacker”? Really??

In 2006 I published my book Londonistan which analysed the supine response of the British political, legal and religious establishment to Islamic jihadi terrorism and the Islamisation of Britain. What follows below is the concluding chapter of that book. As the army patrols the streets of Britain to guard against further expected terrorist attacks, my warning about the deadly failure to face up to the true nature of the threat facing the west is surely even more urgent today.

LONDONISTAN CONCLUSION

Britain is in denial. Having allowed the country to turn into a global hub of the Islamic jihad without apparently giving it a second thought, the British establishment is still failing even now — despite the wake-up calls of both 9/11 and the London bomb attacks of 2005 — to acknowledge what it is actually facing and take the appropriate action. Instead, it is deep into a policy of appeasement of the phenomenon that threatens it, throwing sops to both radical Islamism and the Muslim community in a panic-stricken attempt to curry favour and buy off the chances of any further attacks.

This disastrous policy ignores the first law of terrorism which is that it preys on weakness. The only way to defeat it is through strength — the strength of a response based on absolute consistency and moral integrity, which arises in turn from the strength of belief in the values that are being defended. By choosing instead the path of least resistance, Britain is advertising its fundamental weakness and is thus not only greatly enhancing the danger to itself but is also enfeebling the alliance in the defence of the west.

Britain has a long and inglorious history of appeasing terrorism, thus bringing true the aphorism in which its ruling class so cynically believes that ‘terrorism works’. Now, however, this dubious national trait has been cemented even more firmly into the national psyche by the governing doctrine of multiculturalism, which has made it all but impossible even to acknowledge that this is a problem rooted within the religion of a particular minority community. The fervent embrace of ‘victim culture’ means instead that this minority has to be treated on its own assessment as a victim of the majority and its grievances attended to on the basis that it is these grievances which are the cause of terrorism. At the same time, however, this minority disavows any connection with terrorism and vilifies anyone who dares suggest to the contrary. Thus Britain is being forced to act on the basis that if it does not do so it will be attacked — by people who claim that terrorism runs totally counter to the values of their religion, but then demand that the grievances of members of that religion are addressed as the price of averting further attacks. This deeply manipulative and mind-twisting behaviour is the equivalent of holding a gun to Britain’s head while denying that this is being done, and threatening to run out of town anyone who points it out.

The intersection of an aggressive religious fanaticism with the multicultural ideology of victimhood has created a state of paralysis across British institutions. The refusal to admit the religious character of the threat means not only that Britain is failing to take the action it should be taking but, worse still, is providing Islamist ideologues with an even more powerful platform from which to disseminate the anti-western views which have so inflamed a section of Britain’s Muslims. The refusal to acknowledge that this is principally a war of religious ideology, and that dangerous ideas that can kill are spread across a continuum of religious thought which acts as a recruiting-sergeant for violence, is the most egregious failure by the British political and security establishment. The deeply-rooted British belief that violence always arises from rational grievances, and the resulting inability to comprehend the cultural dynamics of religious fanaticism, have furthermore created a widespread climate of irrationality and prejudice in which the principal victims of the war against the west, America and Israel, are demonised instead as its cause.

This mindset and the corresponding terror of being thought ‘Islamophobic’ have prevented the British from acknowledging the eruption of Islamist violence not just in Britain but around the western world. The British media either ignore it — as with disturbances in Sweden or Belgium — or, when they do report it, insist that Islam has nothing to do with it. When Muslim riots engulfed France in November 2005, the reaction of most of the British (and European) media was that they were caused by the poverty, unemployment and discrimination endured by the alienated youths who torched the country from Normandy to Toulouse. One writer suggested that those who saw Islamism on the march in France were merely exponents of a particularly virulent form of conservative thinking, expressed variously around the world through Russian racism, demagogic Hindu nationalism, Gallic exceptionalism, US Christian fundamentalism and Muslim fundamentalism which were all marching shoulder to shoulder in an attempt to stop the clock of history.

Yet the vast majority of the French rioters were Muslims; the rioters screamed ‘Allahu akhbar’, talked about jihad and expressed admiration for Osama bin Laden; and, more pertinently still, the French government asked Muslim imams to calm the unrest, which they did ‘in the name of Allah’ and issued a fatwa telling the rioters that such behaviour went against the religion. Yet despite all this evidence, British commentators insisted that Islam was irrelevant.

There was a similar reaction to the riots in Australia involving Lebanese Muslims in December 2005. Trouble flared on Cronulla beach in New South Wales when thousands of drunken white youths went on the rampage, attacking police and people of Middle Eastern appearance. It spread later with retaliatory attacks by groups of Arab youths who stabbed one man and smashed dozens of cars. Almost universally, the media described what happened as white racists attacking Arabs and described the disturbances, which went on for several days, as ‘race riots’.

But race was not the issue here. It was culture. There had never been any trouble with Lebanese Christians in Australia who had integrated well and were prospering. While white racists were certainly involved, the unrest was actually sparked by Lebanese Muslim attacks on two white Australian lifeguards, the tip of an iceberg of aggression by this minority which had gone all but unreported. It was the Muslim community which had been giving rise for years to a major problem of aggression but which Australia’s rigid multiculturalist mindset had transformed into Muslim grievances and never properly addressed.

One of the reasons why people shy away from acknowledging the religious aspect of this problem is, first, the very proper respect that should be afforded to people’s beliefs and, second, the equally proper fear of demonising an entire community. There is indeed a risk of such a discussion exposing innocent Muslims to attack. But there is a greater risk to the whole community if the roots of the problem are censored and never dealt with.

The key issue is the inability to grasp that, just because a problem has a religious character, this does not mean that all members of that religion suffer from that problem. There is a distinction to be drawn between Muslims and Islamists. Islamism is the politicised interpretation of the religion which aims to Islamicise societies. Many Muslims in Britain and elsewhere would not subscribe to this ideology. But it is the dominant strain throughout the Muslim world, and there has been so far no serious challenge to it — not least because those who do speak out against it run the risk of being killed.

Because it is so dominant, backed by powerful Muslim states and even more crucially by Islamic religious authorities, it constantly spreads its extremist messages of religious fanaticism and political sedition. That is why the development of the Muslim Brotherhood infrastructure in Britain was so calamitous. It is also why the most bitter criticism of the government’s subsequent appeasement of the Brotherhood has come from liberal British Muslims, who feel understandably betrayed as the ground is cut from under their feet.

The charge that pointing out the religious nature of this extremism is an act of bigotry against Muslims is deployed to shut down a vital debate which urgently needs to be had, not least within the Muslim community itself. The claim is a form of crude intimidation, and the fact that Britain is so cowed by it in itself shows how far it has already travelled down this dangerous path.

It also ignores the fact that some Muslims themselves are speaking out in similar vein. Sheikh Abd Al-Hamid Al-Ansari, the former Dean of the Faculty of Sharia at the University of Qatar, wrote in the London-based Arabic-language daily Al-Hayat:

‘Why won’t we take the opportunity of the appearance of the 9/11 Commission’s report to ponder why destructive violence and a culture of destruction have taken root in our society? Why won’t we take this opportunity to reconsider our educational system, our curricula, including the religious, media, and cultural discourse that cause our youth to live in a constant tension with the world?’

Aisha Siddiqa Qureshi wrote in Muslim World Today that ‘radical Islam threatens to subjugate the world and murder, enslave or convert all non-Muslims’, that radical Muslims ‘share Hitler’s goal’, and that liberals were not willing to defend their own institutions against this threat.

And Mansoor Ijaz wrote in the Financial Times shortly after the first set of London attacks:

‘It is hypocritical for Muslims living in western societies to demand civil rights enshrined by the state and then excuse their inaction against terrorists hiding among them on grounds of belonging to a borderless Islamic community. It is time to stand up and be counted as model citizens before the terror consumes us all.’

Such courageous Muslims are being betrayed by Britain’s pusillanimity. The Muslim community has got to come up with a different response from blaming Britain and the west. While no-one has the right to tell it how to organise its own religion, it does have a responsibility to address those aspects of its culture which threaten the state. Britain does this community no favours by pandering to its own tendency to self-delusion.

For Britain to start to address this properly, it would have to take a number of steps which showed unequivocally that it was refusing to compromise not just with terror but with the ideology that fuels it. That would mean showing that, while it had no problem with the practice of Islam as a minority faith that observed the same rules as all other minority faiths, it would not countenance the practice of Islamism, or clerical fascism, and would take steps to stop it.

It would first have to take robust steps to counter the specific threat posed by Islamist terrorism. To do this properly, it needs to recognise that this particular threat really is something new and does not properly correspond either to our definition of terrorism or to our definition of war but sits somewhere between the two. Consequently, it needs to develop new structures and new principles to deal with this new phenomenon. A start would be to construct special courts to deal with particularly sensitive cases in which intelligence could safely be brought forward as evidence, which is not the case at present.

To enable it to expel foreign radicals, it would repeal its Human Rights Act and either derogate or withdraw from both the European Convention on Human Rights and the UN Convention on Refugees, drafting its own legislation defining refugee status. The claim that abolishing human rights legislation would be a regressive move that would leave Britain a less free society is very wide of the mark. Britain was arguably a freer society before European human rights law eroded the foundation of British liberty, the common law.

A properly motivated Britain would put a stop to the funding and recruitment for terrorism taking place under the umbrella of charitable work through intensive investigations of such organisations. It would shut down newspapers and TV stations spreading incitement to terrorism and war against the west. It would ban extremist organisations like Hizb ut Tahrir and the Muslim Association of Britain, recognising that while they may not advocate terrorism their advocacy of Islamification creates a conveyor belt to violence. It would certainly not grant Sheikh Qaradawi an entry visa. And it would introduce surveillance of subversives on campus through targeted covert work, as suggested by Professor Anthony Glees and Chris Pope.

Recognising that Islamist ideology is a conveyor belt to terror, it would end its strategy of cosying up to Islamist radicals. Instead, any materials advocating an Islamic takeover of the west would be treated as subversion, sedition or even treason and prosecuted. The curricula used in Muslim schools would be inspected by Arabic speakers and if contained similar incitement would be similarly dealt with. Imams would be regulated and monitored. Extremist imams would be expelled and extremist mosques closed down.

The message conveyed by all such moves would be that Britain has no problem with Islam as long as it poses no danger to the state. Since the Muslim community insists that it is moderate and has no truck with extremism, it should have no objection to such measures which would ensure that this would be the case.

Next, a properly motivated nation would set about the remoralisation and re-culturation of Britain by restating the primacy of British culture and citizenship. To do this, it would recognise that British nationhood has been eviscerated by the combination of three things: mass immigration, multiculturalism and the onslaught mounted by secular nihilists against the country’s Judeo-Christian values. It would institute tough controls on immigration while Britain assimilates the people it has already got. The principal reason behind the cultural segregation of Britain’s Muslims is their practice of marrying their young people to cousins from the Indian subcontinent. That has got to stop because it is simply a threat to social cohesion. The usual charges of racism would be faced down by reaffirming two things simultaneously: that Britain values its immigrants who make a great contribution to the country; and that in order to integrate them properly into British society, their numbers must be controlled.

It would abolish the doctrine of multiculturalism by reaffirming the primacy of British values. It would ensure that British political history is once again taught in schools, and that Christianity is restored to school assemblies. It would stop the drift towards the creation of a parallel Islamic jurisdiction under Sharia and would no longer turn a blind eye to the practice of polygamy, following the recommendation of Dr Ghayasuddin Siddiqui that imams should only be allowed to officiate at marriages upon the production of a civil marriage certificate.

It would halt the drift towards social suicide by ending the culture of equal entitlement ushered in by the application of secular human rights doctrine. An agenda that seeks to destroy western values by abolishing moral norms altogether and replacing them by transgressive behaviour has been serviced by human rights law. An end to this victim culture is essential both to restore social order to Britain and give it back its sense of its own identity. While it is being undermined from within it is not able properly to defend itself against the threat from without.

Finally, it would undertake a major educational exercise for both Muslims and non-Muslims. It would teach Muslims what being a minority means, and that certain ideas to which they may subscribe are simply unacceptable or demonstrably untrue. It would say loud and clear that the double standards from which Muslims think they suffer are actually a form of double-think. Any administration that was really concerned to fight racism would educate the nation in the historical truths about Israel and the Arabs, and tell Muslims in terms that they have systematically been fed a diet of lies about Israel and the Jews.

If Britain really understood the threat to the west, this is the kind of programme it would now be introducing. Unfortunately, there is very little chance of any of this happening. Britain is currently locked into such a spiral of decadence, self-loathing and sentimentality that it is incapable of seeing that it is setting itself up for cultural immolation. In the short term, this is likely to lead to the increasing marginalisation of British Jews, Hindus, Sikhs and other minorities caught in a pincer movement between radical Islamists on the one hand and a craven establishment on the other that is pandering to Islamist extremism. So much for the multicultural nirvana.

America’s principal ally is currently at a crossroads. With Islamist terrorism having erupted in London and still worse atrocities feared to be in the offing, the British government has even now only tightened up a few procedures. If there were to be more attacks, it is possible that it would finally be forced to take a more tough-minded approach. But to date, Londonistan still flourishes. Yes, a few more extremists have been locked up. Yes, a few thinkers have now questioned the wisdom of multiculturalism. But the push for Islamisation continues, British Muslims are still being recruited for the jihad, and the country’s elites are still in the grip of the nation-busting, universalist mindset that has hollowed out Britain’s values and paralysed it in the face of the assault by Islamism. A liberal society is in danger of being destroyed by its own ideals.

The emergence of Londonistan should be of the greatest concern to America, for which it poses acute dangers. Clearly, the fact that Britain has become Europe’s Islamist terror factory presents immediate and obvious risks to America’s physical security. On another level, there is the danger that Britain might cease to play such a staunch role in the continuing defence against the war upon the west. Tony Blair has said he will not stand again as Labour’s leader. Given the hostility of his party towards America, Israel and Iraq his successor is unlikely to share his passion for the cause. As for the Conservative party, which might come to power instead, it has lost its ideological way with many in its ranks having come to share the shrill prejudices of the left and a new leader, David Cameron, who has announced that he ‘loves Britain as it is, not as it once was’.

At a deeper, cultural level there is now a risk of the special relationship between Britain and America fracturing as Britain slides further into appeasement. But there is a more subtle peril still for America. After all, if Britain slept on its watch, so too did America and for similar reasons. Like British politicians and British intelligence, successive American administrations along with the CIA and FBI similarly failed to pay attention to or understand the rise of fanatical Islamism and what this meant for the world. Like their British counterparts, American officials dismissed the warnings they were given by occasional far-sighted officials and other players who did understand that a religious war was brewing. Indeed, America has an even greater horror than Britain of encroaching on religion’s private space. It too has gone to great lengths to avoid referring to the religious nature of the war declared on the west, calling the struggle instead — absurdly — a ‘war on terrorism’. As a Pentagon briefing paper observed:

‘America’s political leaders still think Muslim terrorists, even suicide bombers, are mindless ‘criminals’ motivated by ‘hatred of our freedoms’ rather than religious zealots motivated by their faith. And as a result, we have no real strategic plan for winning a war against jihadists.’

The cultural deformities of moral relativism and victim culture that have done such damage in Britain are present in American society too. At present, they are locked in conflict with traditional values in America’s culture wars. But it doesn’t take too much imagination to envisage that, if a different administration were installed in the White House, Britain’s already calamitous slide into cultural defeatism might boost similar forces at play in the United States.

Britain is the global leader of English speaking culture. It was Britain which first developed the western ideas of the rule of law, democracy and liberal ideals and exported them to other countries. Now Britain is leading the rout of those values, allowing its culture to become vulnerable to the predations of militant Islam. If British society goes down under this twin assault, the impact will be incalculable — not just for the military defence of the west against radical Islamism, but for the very continuation of western civilisation itself.

The west is under threat from an enemy which has shrewdly observed the decadence and disarray in Europe where western civilisation first began. And the greatest disarray of all is in Britain, the very cradle of western liberty and democracy, but whose cultural confusion is now plain for all to see in Londonistan. The Islamists chose well. Britain is not what it once was. Whether it will finally pull itself together and stop sleepwalking into cultural oblivion is a question on which the future of the west may now depend.

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KATIE HOPKINS: You’re right, Theresa. We cannot go on like this. But do you have the balls to do what’s REALLY needed and lock up the 3,000 terror suspects tomorrow?

Two weeks ago, in the wake of the Manchester bombing, I mistweeted and it cost me.

Everyone knows what I said and I’m not going to repeat it here.

The wording was horrible. Loaded with unintended meaning. Quickly deleted, amended to make clear, and apologised for live on TV and radio.

I have no excuses. And I take full accountability — disasters, triumphs, I must treat them just the same.

In truth, I woke up to the news of the terror attack in Manchester on our young girls and I saw red. As a mum, I felt fear. And I raged.

And now I am raging again. And now, more than ever, I stand by what I MEANT those words to say. This. Cannot. Go. On.

Whatever we are doing now is clearly not working. We need a radical rethink.

It is a pure rage against a leadership so castrated by fear of offending anyone not specifically wielding a machete or a bomb, that they are impotent to take action.

So frightened someone might cry Islamophobia, they peddle anything but the facts. They talk about ‘the evil’ that motivated the attacker, they talk about hate. They condemn ‘the attack’.

But still refuse to acknowledge the massive elephant in the room. They refuse to acknowledge any link between these attacks and Islamic extremism. Imagining that by failing to give such horror a label, they can somehow mystify it away — and distance Islamic extremism from blame.

Even when ISIS called for these attacks in the ninth, Ramadan edition of their magazine, Rumiyah, urging their supporters to target civilians with edged weapons, firearms, vehicle ramming and fire, in locations such as shopping malls, restaurants and clubs.

Our process for dealing with terror cannot be words or vigils. It must be internment and deportation, writes Katie Hopkins

Even when an eyewitness, Eric, heard the attacker cry, ‘This is for Allah,’ we are supposed to swallow the news feed that the motive is unclear.

Decent Brits are capable of understanding that these individuals do not represent all Muslims. (Though it would help us if ALL imams would stand up to denounce unequivocally these attacks committed in the name of their religion.)

But the terrorists do represent a strand of Islamic extremism and the twisted beliefs of ISIS. They are motivated, determined, and not limited by fear of their own mortality.

I say again: we need a lasting solution to terror.

It is urgent. Imperative. We cannot go on like this. No one is carrying on as normal when our own Met police tweet for us to RUN, HIDE, TELL.

Can you kid yourself you are ‘carrying on as normal’ as you are evicted from a bar with your hands on your head, running for your life? When our hospitals are in lock-down to protect even the sick from terror, no target is too soft. There is no humanity here.

We have reached the ultimate tipping point, where even the hardy believers have lost hope, and those keen to cling to the narrative ‘we stand defiant’ are lying heartbroken on the floor. Even the most tolerant liberals are emailing me privately to let me know they doubt everything they believed before, that they can’t tell their friends, but we have made mistakes and are paying the price.

But you can take action. You are in control of your truth.

Do not let them tell you we stand united. Do not let them tell you we are not cowed. Do not let them tell you we fight cowardice with British spirit. Do not buy into this propaganda, circulated by those who have failed us, the fascist liberals.

Their words are meaningless.

If this is terror losing, I don’t think victory matters. It is time to fight back.

The question is, how do we ensure this never happens again?

Today Theresa May stood outside Downing Street and articulated what everyone feels today. Enough is enough. We can’t go on this way.

What she DIDN’T offer was much concrete to change things on the home-front beyond a crackdown on Islamic extremism, tougher sentences and another assault on the social media giants’ role in allowing terrorists the means of communication and propaganda.

But I’m sorry, Prime Minister, neither of the last two things is going to make much difference at all and the first will only work if you follow through with real, tough action.

Before the Bank Holiday weekend Mark Rowley, the UK’s most senior counter-terrorism officer suggested they’d rounded up much of the Manchester bomber’s ‘network’ and advised us all to: ‘Go out and enjoy yourselves.’

Today Theresa May stood outside Downing Street and articulated what everyone feels today. Enough is enough. We can’t go on this way.

Well that’s exactly what the victims of last night’s attack were doing. Enjoying the multicultural heart of London, drinking and eating. Right up until someone stormed into the restaurant and stabbed them in the face with a 12-inch hunting knife.

We can’t just respond again by organising a benefit concert and waiting for a sympathetic world to light up its landmarks in red, white and blue. We, the British people, the good people of Britain, need to stand united in demanding drastic measures.

Firstly, as Tarique Ghaffur – Assistant Commissioner at Scotland Yard when the 7/7 bombings took place – proposed last weekend, we need to round up the terror watch list, all 3,000 of them, and intern the lot.

And secondly, we need to lock down the 650 jihadis we allowed to return to the UK or get them out. If they went to Saudi or Syria to train, they can go back there. And their passport and right to British nationality hits the incinerator on their way out.

I know all the arguments against internment – the camps become universities for terror, it will alienate other Muslims and help radicalise extremist sympathisers.

And a few weeks ago I’d probably have said that tipped the balance. But we are way beyond that now.

Our security services clearly cannot cope in monitoring all the threats out there against us so it’s time we took the most obvious ones off the streets.

If we breed more homegrown terror, we incarcerate or deport. A or B.

Thirdly, Theresa has to mean what she says about cracking down on extremism.

She has to drain the swamps of hate. That means zero tolerance of the people in the Muslim community peddling this breed of hatred, the ultra-conservative imams, the extremist mosques that encourage new Jihadi recruits to seek vengeance on the British way of life. Close down Saudi-funded mosques, charge ultra-conservative imams; incarcerate or deport.

Do not let the liberals speak to you of protecting British values of tolerance and decency. Many extreme Islamists are fighting against the very values we cherish. They want to oppress and frighten our women and girls indoors. Islamic extremists are at war with our culture. They have no wish to integrate and are proud to live apart in ghettos of extremist hate.

And they signpost themselves clearly. They are not hard to find. They are against the Prevent Strategy. They are the sickening preachers of CAGE, given platform by fawning liberals. They are monsters hiding in plain sight. And they are known to the authorities.

To the police, the politicians, the people in power, I say this: we are sick, SICK, of hearing that these animals are known to the authorities.

Why are we the casualties in a game of war where the human rights of the terrorists are prioritised above the right to life of our baby girls and regular Brits out with their families for a meal and a drink?

Our process for dealing with terror cannot be words or vigils. It must be internment and deportation. And we keep deporting until our house is in order.

And broader than that, we need to rebuild broken Britain into a secular nation that is host to many religions and none. Where true leadership from those who integrate — such as the beautiful Sikh community — is rewarded. And those who seek to carve out enclaves guided by their religious identity are not housed or funded by the British taxpayer.

If leaders think our fantastic emergency services are the ANSWER to co-ordinated terror attacks, they are asking the wrong question. If Sadiq believes, as he said, that voting on Thursday shows we are not cowed, we are scraping new depths of desperation. London Bridge has fallen down on his watch, and the whole world sees us fail.

We are under attack. It is co-ordinated and determined, and the attackers’ own mortality is no deterrent.

It is time to begin the fight back for Britain

Voir également:

Europe could face a new wave of migrant arrivals this summer, a leaked German government report has warned. Up to 6.6m people are waiting in countries around the Mediterranean to cross into Europe, according to details of the classified report leaked to Bild newspaper.

They include more than 2.5m in North Africa waiting to attempt the perilous crossing by boat. Angela Merkel’s government has not commented on the report, which the newspaper says was marked for internal use only.

There are fears of a dramatic rise in arrivals as the summer weather turns favourable for sea crossings. Growing numbers of migrants are known to be attempting to reach Europe by boat in the wake of the closure of the Balkan land route last year.

They include refugees fleeing the turmoil in Syria and Iraq as well as economic migrants from Africa, the Middle East and Asia. The report warns the number waiting to cross into Europe has risen by 650,000 since the end of January alone — an increase of 12 per cent.

It says 1m are waiting in Libya, where smugglers use small and often unseaworthy boats to carry migrants to outlying Italian islands. Another 1m are waiting in Egypt, 430,000 in Algeria, 160,000 in Tunisia, and 50,000 in Morocco. Others are waiting in transit countries along the route, with up to 720,000 in Jordan.

The numbers also include 3.3m waiting in Turkey, most of whom are currently prevented from crossing into Europe by the EU’s migrant deal with President Recep Tayyip Erdogan’s government.

Mrs Merkel’s Christian Democrat party (CDU) is reportedly to call for similar deals with North African countries in its manifesto ahead of September’s elections.

The manifesto will include plans for “those who are rescued from drowning” while attempting the crossing to be returned to where they set out, according to Bild. The German chancellor is currently riding high in the opinion polls, discontent at her “open-door” refugee policy behind her.

But any repeat of the chaotic scenes of 2015 could threaten her chances of re-election. More than 50,000 migrants have arrived in Italy by boat so far this year, an increase of 45 per cent compared to last year, though still far fewer than in 2015. More than half are reportedly economic migrants from Nigeria, Bangladesh, Guinea, Cote d’Ivoire and the Gambia.

The Italian government at the weekend signed an agreement with Libya, Niger and Chad to stem the flow by boosting border controls and setting up reception centres for asylum-seekers in North Africa. But conditions in asylum-seekers’ camps in Libya have come under heavy criticism. Filippo Grandi, the UN High Commissioner for Refugees, said he was “shocked” after visiting a camp in Tripoli at the weekend.

“Killings, rape and torture are allegedly commonplace” in Libyan camps, according to Fatou Bensouda, chief prosecutor at the International Criminal Court.

Voir de même:

Musulmans britanniques : une “nation dans la nation” ?
Judith Sinnige
Courrier international
13/04/2016

L’intégration des musulmans britanniques a échoué. C’est ce qu’affirme un récent sondage, qui a fait l’objet d’un documentaire diffusé à la télévision britannique et qui a aussitôt déclenché une polémique dans la presse.

“Que pensent vraiment les musulmans britanniques ?” C’est le titre d’un documentaire diffusé sur la chaîne britannique Channel 4 à la suite d’un sondage d’opinion réalisé auprès de Britanniques de confession musulmane. Le documentaire se conclut sur l’idée que l’intégration des musulmans est insuffisante et que leurs valeurs se heurtent aux valeurs britanniques.

Principal intervenant du documentaire, Trevor Phillips, ancien président de la commission Egalité et Droits humains (EHCR) au Royaume-Uni, commente les résultats de l’enquête dans The Times, les qualifiant de “frappants” :
“Cette enquête est troublante. Elle révèle quelque chose que l’on n’a pas reconnu jusque-là : l’apparition d’une nation dans la nation, avec sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre avenir.”

“L’homosexualité devrait être illégale”

Certes “8 musulmans sur 10 se sentent Britanniques”, mais “1 musulman britannique sur 3 soutient l’idée que l’homme devrait avoir le droit d’avoir plusieurs épouses”, “52 % estiment que l’homosexualité devrait être illégale” et “23 % soutiennent l’idée d’introduire la charia au Royaume-Uni”. Trevor Phillips en conclut que leur intégration a largement échoué :

Pendant longtemps, je pensais que les musulmans (…) abandonneraient petit à petit leurs coutumes ancestrales, qu’ils se fondraient dans le paysage britannique divers. Mais j’ai eu tort.”

Des résultats qui l’amènent aussi à dire qu’“il faut abandonner le multiculturalisme soft et adopter une approche d’intégration beaucoup plus musclée”.

Le titre du documentaire “Que pensent vraiment les musulmans” dérange Miqdad Versi, secrétaire général du Conseil musulman britannique. Dans The Guardian, il regrette que “cette question implique qu’il ne faut pas croire ce que vous disent vos voisins musulmans, quoi qu’ils vous disent”.

“Une enquête biaisée”

Il contredit avec fermeté la conclusion du documentaire selon laquelle les musulmans sont mal intégrés et forment “une nation dans la nation”.

On compte treize députés musulmans, un candidat musulman pour la mairie de Londres [Sadiq Khan], un entrepreneur musulman dans “Dragons’ Den” [compétition télévisée où des entrepreneurs cherchent des investisseurs], et un gagnant musulman au “Great British Bake Off” [équivalent du “Meilleur pâtissier” sur M6]. Il me semble que les musulmans font bel et bien partie de la société britannique.”

M. Versi dénonce aussi la méthodologie “biaisée” du sondage. Exemple : elle révèle que 34 % seulement des musulmans seraient prêts à dénoncer une personne qui a des liens avec le terrorisme en Syrie, sans préciser que dans le groupe de tous les Britanniques confondus, ce pourcentage est encore plus bas : 30 %.

En outre, il estime que l’enquête n’est pas représentative de la population musulmane britannique : “Elle a été menée dans des régions où les musulmans représentent plus de 20 % de la population. Or il se trouve qu’il s’agit des quartiers les plus démunis de Grande-Bretagne […], pauvres et conservateurs sur le plan religieux. Les résultats de l’enquête parlent pour ces endroits-là, mais pas pour les musulmans britanniques au niveau national.”

“Non à l’agrandissement de la communauté musulmane”

Au contraire, le magazine conservateur The Spectator félicite M. Phillips d’avoir “brisé un tabou” et estime même qu’il ne va pas assez loin. Il aurait dû tirer la conclusion qui fâche, à savoir qu’il faut réduire l’immigration de gens de confession musulmane au Royaume-Uni :

Quand une communauté met [notre société] face à de nombreux défis, pourquoi diable ne chercherait-on pas à circonscrire l’accroissement de cette communauté ? La seule réponse, c’est la crainte de passer pour un islamophobe.”

Le journal prévoit que “dans dix ans M. Phillips sera d’accord avec moi pour dire que c’est de la folie de laisser la migration faire croître une population qui pose autant de problèmes d’intégration”.

 Voir aussi:

Trevor Phillips: political correctness ushered in the populist wave

The equality expert has taken flak for challenging ideals he used to champion

A former president of the National Union of Students and chair of the Equality and Human Rights Commission, Trevor Phillips was once a leading member of what might be called the metropolitan liberal elite. He had the ear of everyone who mattered in the Labour party, and on matters of race and equality he was the go-to guy.

But then he began to have doubts about many of the political positions he held and started confronting what he saw as right-on shibboleths. Pretty soon he was being denounced as a turncoat in the same terms that he had once denounced others. In recent years, he has made several documentaries, with attention-grabbing titles such as Things We Won’t Say About Race That Are True, that have aimed to challenge received wisdoms. The latest, which sounds like a homage to a Daily Telegraph letters page correspondent, is entitled Has Political Correctness Gone Mad?

I meet Phillips at his production office in Kentish Town, north London. Now 63, with greying hair and a slight stoop, he’s no longer the youthfully strutting figure who seemed to be everywhere in the 1990s. But as soon as he gets talking, the eyes light up and the old passion comes pouring out.

Political correctness is one of those terms that mean different things to different people. What does it mean to him? “The title is not mine,” he says, a little defensively. “It’s a Channel 4 title. I do not normally ever use the term political correctness, except with a heavy dose of doubt about its usefulness, because basically it has become a stick with which the right beats everyone else.”

In fact Phillips has used the term before. Two years ago he wrote in the Daily Mail and Sunday Times of “po-faced political correctness that cramps all conventional parties”. Still, his thesis in the film is that by trying to corral political debate into a tightly policed acceptability, the political establishment has created the conditions for insurgent figures such as Nigel Farage, Jeremy Corbyn and Donald Trump.

It’s a perfectly reasonable argument but the programme is a little too wide-ranging in its targets to make its case. It jumps from the anti-Islamic group Pegida to censorious transgender activists to social media trolls to students banning sombreros. Although worthy subjects for investigation, they don’t quite gel as an explanation for the rise of Corbyn, let alone Trump.

But what they do point to is Phillips’s increasing frustration with the conviction that if we can only control the expression of ideas, we will all be able to live together in peace and harmony. October 2000 saw the publication of a report commissioned by Phillips, then chair of the Runnymede Trust, called The Future of Multi-Ethnic Britain. It marked perhaps the high-water mark of multicultural thinking, and suggested that Britain should become a “community of communities” in which each community would respect the other by avoiding causing offence.

“Well I think it would be fair to say that I made a big mistake,” he says now. “It was a clear statement that some groups can play by their own rules. That to me runs counter to my own political beliefs. Why I am still a supporter of the Labour party is because I believe fundamentally in solidarity and reciprocity, and I think most on the left have forgotten both of those things.”

Four years after that report, Phillips wrote an article in which he compared a critique by David Goodhart of multiculturalism to the “jottings from the BNP leader’s weblog”. Two months later, he suddenly announced the end of multiculturalism and called for “a core of Britishness” to be asserted. Not long afterwards, Ken Livingstone suggested that Phillips had swung so far to the right that he would soon be joining the BNP.

Goodhart and Phillips are now good friends. “I think Trevor has been intellectually and morally brave,” says Goodhart. “He took a lot of flak for looking past the cliches of the anti-racist left. He is regarded as a curious Uncle Tom figure by a lot of the black and ethnic minority establishment. Trevor still thinks of himself as a somewhat sceptical member of the left family and at times has, I think, felt quite wounded by the attacks.”

I ask Phillips if the threat of expulsion from his political tribe does act as a disincentive to speak out about what he really thinks.

“Depends how much of your life you want to spend lying to yourself,” he says. “I think it’s pretty wearying to get up each day and tell yourself to go advocate for something that you know not to be true. And what is even worse is if you’re in public office or politics and everyone you’re telling this to also knows it isn’t true. Not only are you a liar, you’re also an idiot.”

If, as Goodhart says, he has been wounded by his ostracising, he doesn’t appear to nurture any regrets. “I have lost lots and lots of friends. My view is if you can’t tolerate that I want to have this discussion, then we can’t really be friends. What you’re asking me to do is collude in a lie with you rather than argue it out. A big part of it is that on the left, if you look like me, you’re supposed to think in a particular way. And they just hate it if a black person isn’t the person they want him to be.”

He believes that we all have to get used to and get over being offended. “I don’t care about offending people,” he says. “And I don’t really care about being offended. There are quite a lot of people I actually want to offend. And I want to offend them all the time. But if somebody stands on the other side of the street and shouts nigger at me – I’m not going to be thrilled, but I’m not going to argue for him to get locked up.”

Then why was he “appalled” at what he saw as antisemitic bigotry in the Labour party? Surely by his own reckoning, he shouldn’t much care. “Oh the problem with that,” he says, “is not that people were using the word Zio, but that people were making it impossible for Jewish students to have meetings. There is an important distinction between words and actions.”

But his complaints were not just about actions, I suggest. Was he not also concerned that the Labour party had played down antisemitic attitudes by some of its members? “Yes,” he agrees. “There are people who believe there is no real distinction between Jews, Zionists and Israelis. And the party doesn’t want to get into that at all because, let’s be frank, it’s increasingly dependent on a demographic group – Muslims – within which a sizable minority subscribes to that view.”

Phillips studied chemistry at Imperial College, London, and, he says, it’s his science training that made him change his mind about how race was discussed in this country. By the turn of the millennium, he says, it was obvious that it made little sense to classify people as black, brown and white. He has little time for designations such as BAME (black, Asian and minority ethnic).

“If you look at Indians and Pakistanis, they have completely different life chances. It’s the same with Afro-Caribbeans and West Africans. I’m not clever enough to have a Damascene conversion. I just look at the numbers and if they clash with how I think the world should be working, I’ve got to change the picture.”

Fair enough, but his critics will say that Phillips is making straw man arguments. After all, who is stopping him from saying what he wants? He’s got a TV documentary and coverage in national newspapers. Where is this politically correct establishment that’s trying to stifle him?

“A ruling elite maintains an idea of what’s good and reasonable by a whole series of methods,” he counters. “Who gets advancement, rewards and status? If you don’t hold to the orthodoxy, you stop being invited to meetings. There’s a phrase that people in centre-left politics use: oh he’s very good. What they actually mean is: I agree with him.”

Phillips has grown used to people not agreeing with him. Perhaps a little too used to it. As one old comrade says: “He can’t resist tweaking the nose of the bien pensant.”

But in these disagreeable times, dissenting voices will make themselves heard. The liberal consensus has broken down, and rehashing the old pieties won’t put it back together again. Whether or not he receives an invitation, Phillips is determined to have his say.

Has Political Correctness Gone Mad? Channel 4, 9pm, Thursday 23 February

This article orginally contained some editing errors, amended on 21 February 2017. The headline put quote marks around words he did not say in the interview. When discussing alleged antisemitism within Labour he referred to the use of the term “Zio” [a shorthand for Ziocon, a perjorative abbreviation of Zionist neoconservative]. This was mistakenly changed in subediting to Zion, a synonym for Jerusalem.

Voir aussi:

Britain risks “flames” of racial and religious conflict because of a “liberal self-delusion” over the impact of mass immigration, the former head of the equality watchdog Trevor Phillips claims today.

In a startling assault on decades of official multiculturalism and diversity policy, the founding  chair of the Equality and Human Rights Commission argues the UK is being allowed to “sleepwalk to catastrophe” by leaders too “touchy”, “smug”, “complacent” and “squeamish” to talk about race.

Drawing a direct parallel with Enoch Powell’s notorious “rivers of blood” speech, he likens Britain’s politicians, media and educated elite in general to the Emperor Nero fiddling while Rome burned, unable even to recognise the “dark side of the diverse society”.

Ominous “muttering in the pub or grumbling at the school gate” about foreigners could, he insists, be the first signs of a backlash many thought could not happen in Britain because of a history of relative success in integrating new arrivals.

Significantly, he claims the arrival of some Muslim groups in particular who are actively “resistant to the traditional process of integration” threatens to shake the foundations of “liberal democracy” itself.

In a 100-page paper, published by the think-tank Civitas set to provoke uproar, he argues that a new brand of “superdiversity” is bringing challenges to the Western way of life, far removed from those of immigration of the past.

Crucially, he says, race is no longer a “purely black and white affair” but a divide between the majority and people with different “values and behaviours”.

But, he argues, liberal opinion in Britain has been almost unique in its unwillingness even to speak about the issue – possibly because of the backlash to Enoch Powell a generation ago.

Rome may not yet be in flames, but I think I can smell the smouldering whilst we hum to the music of liberal self-delusionTrevor Phillips

“Squeamishness about addressing diversity and its discontents risks allowing our country to sleepwalk to a catastrophe that will set community against community, endorse sexist aggression, suppress freedom of expression, reverse hard-won civil liberties, and undermine the liberal democracy that has served this country so well for so long,” he insists.

Race does, he says, rear its head in rows about the use of supposedly racist language or concerns about practices such as female genital mutilation.

“But these are not the topics that generate public unease,” he says.

“Rather it is the appearance of non-English names above the shop-fronts in the high street; the odd decision to provide only halal meat in some schools; evidence of corruption in municipal politics dominated by one ethnic group or another.

“Such headlines, frequently misreported, but often grounded in some real change, provoke muttering in the pub, or grumbling at the school gate.

“They become gathering straws in a stiffening breeze of nativist, anti-immigrant sentiment.

“And still, our political and media elites appear not to have scented this new wind.

“We maintain a polite silence masked by noisily debated public fictions such as ‘multiculturalism’ and ‘community cohesion’.

“Rome may not yet be in flames, but I think I can smell the smouldering whilst we hum to the music of liberal self-delusion.”

He pointedly draws comparisons between his remarks and those of Enoch Powell.

“He too summoned up echoes of Rome with his reference to Virgil’s dire premonition of the River Tiber ‘foaming with much blood’,” said Mr Phillips.

“This much-studied address is, simultaneously, lauded as an epic example of the use of political rhetoric – and also as a ghastly testament to the power of unbridled free speech. Either way, it effectively put an end to Powell’s career as an influential leader.

“Everyone in British public life learnt the lesson: adopt any strategy possible to avoid saying anything about race, ethnicity (and latterly religion and belief) that is not anodyne and platitudinous.”

Citing the examples of the Rotherham and Rochdale grooming scandals, the sexual assaults in Cologne at New Year and earlier findings from Sweden he calls for frank and open discussion of the possibility of a link between rape and the perpetrators’ “cultural background”.

“The typical response of Britain’s political and media elite confronted with awkward facts has been evasion, because – we say – talking about these issues won’t solve the problem; instead, it will stigmatise vulnerable minority groups,” he said.

“Any attempt to ask whether aspects of minority disadvantage may be self-inflicted is denounced as ‘blaming the victim’.

“Instead, we prefer to answer any difficult questions by focusing on the historic prejudices of the dominant majority.

The picture is by no means as grim as Phillips paintsHope Not Hate

“In short, it’s all about white racism.”

A spokesman for the anti-racism campaign group Hope Not Hate said: « Attention does need to be paid to extremists on all sides, and also to the plight of the white working class in de-industrialised areas, who are often abandoned to the likes to Ukip.

« But the picture is by no means as grim as Phillips paints. »

He added:  » Yes, a diverse society does face problems and yes we do need to talk openly about the issues ahead.

« But people are already talking, across the divide.

« Certainly we believe that the majority of people want to solve the problems our society faces constructively and peacefully, and the Muslim community – or rather, the Muslim communities – are also evolving rapidly. »

Voir également:

 
The Guardian

Trevor Phillips asked us on Channel 4 last week whether political correctness had gone mad. He ended the programme with the insight: “The path to real progress may include learning to live with offence.”

It is hard to imagine just how – in a climate where politicians openly assert that a nation produces rapists and black women are compared to apes wearing lipstick – Phillips thinks political correctness has stifled rightwing views too much. But it’s easy to understand why he might think it has become irrelevant.

Political correctness was, after all, supposed to be about the creation of a social code to define what is acceptable in a society that wants to be open, non-prejudiced, and inclusive. Right now society feels anything but those things. It has become acceptable to harass me in an airport because of the colour of my skin or the sound of my surname – even in the “land of the free”. The issue in my life isn’t having to live with offence, it’s having to get used to it. It’s the reason why, when my friends ask whether the numbers marching against Trump make me optimistic, I respond with a decisive “no”. Tens of thousands of protesters do not fill me with hope – I feel scared that so many feel they have to take to the streets.

Perhaps a better question for Phillips would have been whether the path to progress requires us to actually partake in the soul-searching that political correctness originally intended. Not to say, as Phillips did in his Daily Mail article, that because of political correctness, he was not surprised to be called a racist even as a black man. But instead to accept how deeply sad it is that as people of colour, we can hold racist views ourselves. That we, too, might make judgments about how much more “competent” a white candidate seems for a role, because the image of success we are so often fed is prepackaged in a white, male, heterosexual form. The question is not whether political correctness is mad, but whether its binary distinction between “correct” and “incorrect” doesn’t allow us to have an ongoing discussion about all of the grey areas in between.

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Trevor Phillips discusses oversensitivity towards race on This Morning

Racism is not just calling me a “Paki”. It’s the thing that makes you ask how mentally stable a terrorist was only when he has skin a different colour than mine. But to understand that, we have to accept that all “isms” are insidious, shape-shifting creatures that follow us and cling on whenever they can. And they affect all of us. Even those who believe ourselves to be the most upstanding, liberal members of society. Even those of us who are women. Even those of us who are non-white. Even those in the LGBT community.

Accepting that doesn’t need to make us haughty, as Phillips seems to suggest; instead, it gives us a place in common from which to speak. To admit that I chose to play with the white girls in my school as a child because, somewhere deep down inside, I knew that they might help me to escape some of the social-tarring of my own skin colour. Or how I mocked my dad’s Bangladeshi accent among my white friends because it ingratiated me with them, and indicated to them: “I’m one of you, honest.”

Of course, admitting that can be hard. It can be hard in the way that requires getting over the childish, human instinct that you feel when you’ve been caught doing something wrong, that urges you to say, “stop being offended”, rather than to think about what you’ve actually done. Instead of going on the defensive, and shifting the emphasis to take action on to those who feel under attack themselves, we should be asking: where does that take us? How can we move on? Because Phillips responding to the death and rape threats that Caroline Criado-Perez received online by asking why she doesn’t just quit the internet, doesn’t feel like moving forward. It feels horribly similar to exactly what Phillips claims he is complaining about: shutting the conversation down.

Voir encore:

Trevor Phillips is finally discovering the pitfalls of the term ‘Islamophobia’

Douglas Murray

The former head of the UK Equality and Human Rights Commission has once again said the ‘unsayable’.  In a piece for the Sunday Times (ahead of a Channel 4 documentary to go out on Wednesday) Trevor Phillips unveils an in-depth new poll carried out by ICM (which can be viewed here).

The findings include the facts that:

  • 23 percent of British Muslims polled support the idea of there being areas of the UK where sharia law is introduced instead of British law.
  • 39 percent believe wives should always obey their husbands.
  • 31 percent believe it is acceptable for British Muslims to keep more than one wife.
  • 52 percent think homosexuality should be illegal in the UK.

The usual people are trying to find ways to quibble with the authority or depth of this poll.  Their effort only proves once again that however bad the facts, some people remain so sectarian that they will continue to blame everything except the problem for the problem (‘How dare that bigoted polling company discover our dirty laundry?’)

But in some ways the Phillips piece is most important for what he himself admits.  Among other things Phillips confesses that Britain has for years been telling itself a lie in relation to its Muslim populations – not least in pretending that they will blend in just like everyone else.  Phillips writes:

‘Britain desperately wants to think of its Muslims as versions of the Great British Bake Off winner Nadiya Hussain, or the cheeky-chappie athlete Mo Farah. But thanks to the most detailed and comprehensive survey of British Muslim opinion yet conducted, we now know that just isn’t how it is.

He even recognises that the authority for these views may in fact come from Muslim scriptures and traditions.  After a discussion of British Muslim attitudes towards women he says:

‘We didn’t get to discuss whether the injunction at sura 4:34 of the Koran to chastise your wife falls under this rubric. I have no doubt that many husbands will claim that it does. The bland Koranic platitude, in my view, hides a clear invitation to legitimise domestic violence.

For all of which – and more – Trevor Phillips deserves considerable praise.  Once again he has proved able to break taboos which too many liberals in the UK are keen to continue enforcing in the face of all available evidence.

But a problem remains which Trevor Phillips himself continues to be a part of.  While admitting to the fact that he and others woefully misunderstood the nature of Muslim attitudes in the UK, and while admitting that many British liberals continue to be too frightened to face up to the facts, he says near the outset of his piece:

‘When I was chairman of the Equality and Human Rights Commission, I played a principal role in the creation of UK laws against religious discrimination — and it was a report that I commissioned exactly 20 years ago that first introduced the term Islamophobia to Britain.’

Later on he says:

‘Twenty years ago, when, as chair of the Runnymede Trust, I published the report titled Islamophobia: A Challenge for Us All, we thought that the real risk of the arrival of new communities was discrimination against Muslims.’

And then:

‘Non-Muslims who live and work in areas with a large Muslim presence have been uneasily aware of the emerging differences for a long time, but many are too worried about being tagged as Islamophobes to raise the debate.

Well isn’t that the problem right there? I am as happy as anyone to see the liberal dams cracking when it comes to the big issues of our time.  But it is harder to celebrate those causing those cracks when they are the very people who put up those dams in the first place.

It was the mainstreaming of the fraudulent concept of ‘Islamophobia’ and the whole grievance-industry set up by Trevor Phillips, the Equalities and Human Rights Commission and their ilk that made Britain so incapable of answering this problem any earlier.  Even now Trevor Phillips remains principally helpful in waking up to things just a few years too late.  So although his proscriptions for how to deal with this problem may be helpful, even this late in the day, they miss perhaps the biggest remaining ‘unsayable’.

So having mapped the fact that Muslims are uniquely unwilling to integrate into Britain, Phillips writes:

‘There are now nearly 3m Muslims living in Britain. Half of them were born abroad, and their numbers are being steadily reinforced by immigration from Africa, the Middle East, eastern Europe and the Far East, as well as the traditional flow from the Indian subcontinent. The best projections suggest that, by the middle of the century, the number of Muslims in Britain and elsewhere in Europe will at least double, given the youthfulness of the communities.

Now if you accept the reality that Phillips now does accept – and that mainstream opinion across Europe is coming to accept – would one particular answer not stand out as eminently sensible at this juncture?  Such as turning that flow into the merest trickle?  If a community is currently causing a lot of challenges and looks like posing them for many generations to come, why on earth would you not slow that ‘steady reinforcement’?  Other than out of fear that you might be branded an ‘Islamophobe’?

I know from experience what an honourable and decent man Trevor Phillips is.  So here is a prediction.  In ten years time he will agree with people like me that the numbers matter, and that it is purest insanity to continue encouraging through migration the growth of a population which raises so many problems of integration once it is here.  Of course for another ten years those of us who do say that will be pelted with the same insults Phillips and some of his colleagues set in motion all those years ago.  And when he does say it there will be as much rejoicing as there is today for these latest statements.  The only snag is that ten years from now, when Trevor finds it comfortable to say this, it will be even later in the day to turn these trends around.

Voir enfin:

What do British Muslims really think?

Should homosexuality be illegal? Should wives always obey their husbands? And can a man have more than one wife? The most comprehensive survey of British Muslims ever conducted reveals controversial attitudes. Trevor Phillips argues that the time has come for a more muscular approach to integration

As a doctrine of religious belief, Islam has never held any terrors for me. I was born in London but grew up in a developing country, now called Guyana, where one in 10 people worshipped Allah — roughly twice the proportion in Britain today. To me, the Muslims were just boys with names like Mohammed and Ishmael; in most things that mattered — could they play cricket or do calculus, for example — they seemed no different from the rest of us.

Liberal opinion in Britain has, for more than two decades, maintained that most Muslims are just like everyone else, but with more modest dress sense and more luxuriant facial hair; any differences would fade with time and contact. Britain desperately wants to think of its Muslims as versions of the Great British Bake Off winner Nadiya Hussain, or the cheeky-chappie athlete Mo Farah. But thanks to the most detailed and comprehensive survey of British Muslim opinion yet conducted, we now know that just isn’t how it is.

The survey of British Muslim opinion — What British Muslims Really Think — will be published in full by Channel 4 later this week. I was asked to examine the results and interpret them. When I was chairman of the Equality and Human Rights Commission, I played a principal role in the creation of UK laws against religious discrimination — and it was a report that I commissioned exactly 20 years ago that first introduced the term Islamophobia to Britain.

I thought this latest exercise would be intriguing. In fact, it has turned out to be astonishing. The data collected by the respected research firm ICM shows what the polling experts call “a chasm” opening between Muslims and non-Muslims on such fundamentals as marriage, relations between men and women, schooling, freedom of expression and even the validity of violence in defence of religion. And the chasm isn’t going to disappear any time soon; indeed, the gaps between Muslim and non-Muslim youngsters are nearly as large as those between their elders.

The good news is that the new survey tells us that the majority of British Muslims probably do identify with Nadiya and Mo — albeit with some worrying exceptions. What British Muslims Really Think reveals a Britain we normally don’t hear from. Too often, this section of society is spoken for by self-styled community leaders, or interpreted by academic experts. What’s different about this survey is that it reveals British Muslims speaking for themselves.

To start with, the research was conducted in the old-fashioned way — face to face. The pollster, ICM, was determined to avoid the failures associated with phone and internet polls that led to the political miscalculations in both last year’s general election and the Scottish referendum. It also wanted to avoid the perils of “code-switching”: the all-too-human minority impulse to fit in, to shape your response to meet the expectations of the majority population and to disguise the answer that you think will be too disturbing for people from a different culture to hear. The ICM methodology makes this probably the most revealing inquiry into Muslim opinion yet conducted in this country.

Its findings are striking. And they provide the sternest test yet for diverse Britain’s moral agenda: do we still believe in diversity — even when it collides head-on with our national commitment to equality, between men and women, gay and straight, believers and non-believers? For many years we’ve dodged the tough questions, so this research makes for troubling reading. What it reveals is the unacknowledged creation of a nation within the nation, with its own geography, its own values and its own very separate future.

Wives should always obey their husbands — 39% agree (strongly agree 15%, tend to agree 24%)

There are now nearly 3m Muslims living in Britain. Half of them were born abroad, and their numbers are being steadily reinforced by immigration from Africa, the Middle East, eastern Europe and the Far East, as well as the traditional flow from the Indian subcontinent. The best projections suggest that, by the middle of the century, the number of Muslims in Britain and elsewhere in Europe will at least double, given the youthfulness of the communities.

More than eight in 10 Muslims say that they are happy living here, and feel British. Their preoccupations aren’t that different from most people’s: family life, their children ’s future, economic security. But Muslims also prize the British way of life for a reason increasingly unimportant to non-Muslims: freedom to practise their religion any way they see fit. In the Indian subcontinent, Muslims are subject to Hindu persecution. In Nigeria, north Africa and the Middle East, the brutal Islamists of Boko Haram, Isis and al-Qaeda make the slightest deviation a potential suicide mission.

As a young stand-up comic, Aatif Nawaz, told me: “It’s a privilege to live in a country like the UK, which lets us practise our belief. I firmly take this as a privilege. We’re free to go to the mosque, we can pray, we can dress the way we want. We’ve got halal food pretty much everywhere in the UK now — what a time to be alive!”

But while Muslims clearly like Britain, many are not as enthusiastic about their non-Muslim compatriots. Levels of intermarriage are extremely low compared with other minorities: according to the ONS, fewer than one in 10 Muslim Britons of Pakistani or Bangladeshi heritage are in inter-ethnic relationships. (Whereas more than four in 10 African-Caribbeans are in a mixed relationship.) Even fewer relationships between Muslims and non-Muslims produce children — just 3% of Pakistani or Bangladeshi-heritage children live in mixed households. According to ICM, more than half mix with non-Muslims daily, probably at work or college — but 30% never translate that into a friendship that would take them into a non-Muslim’s house more than once a year. One in five never enter a non-Muslim home.

I have some sympathy for this apparent standoffishness. This isn’t always a deliberate policy of self-segregation. As a child, I had some friends whose homes were effectively barred to me — kids I’d played football with all day would be bustled inside at tea time with no invitation to cross the threshold. One of my sisters discovered that her “best” friend had somehow forgotten to invite her to her 17th birthday party. But the separation here isn’t just down to white bigotry. It’s also a consequence of the entrenched residential segregation of which I warned over a decade ago, when I spoke of Britain “sleepwalking to segregation”. Today, according to Policy Exchange’s David Goodhart, author of The British Dream, more than half of ethnic-minority children attend schools where white British children are in the minority.

The social costs are still to be reckoned. Anjum Anwar cuts an unlikely figure when we meet her in Blackburn Cathedral, in an elegant dark suit and close-fitting headscarf. But she is a key figure in the local effort to shed the town’s unenviable status as one of Britain’s most segregated towns. She told us that the Muslim population, now approaching 30%, barely mixed with whites.

“There are certain areas that are wholly Asian, others wholly white. So if you have a child who’s attending a school in an area that is predominantly Asian, where would that child meet children and people of other faiths? They’re restricted, aren’t they? So you have a child who goes to school from nine o’clock till about four o’clock, then he will go to mosque maybe, and then Monday to Friday he is in that area. So where would an Asian and a white child actually meet?”

It’s not as though we couldn’t have seen this coming. But we’ve repeatedly failed to spot the warning signs. Twenty years ago, when, as chair of the Runnymede Trust, I published the report titled Islamophobia: A Challenge for Us All, we thought that the real risk of the arrival of new communities was discrimination against Muslims. Our 1996 survey of recent incidents showed that there was plenty of it around. But we got almost everything else wrong. We estimated that the Muslim population of the UK would be approaching 2m by 2020. We underestimated by nearly a million. We predicted that the most lethal threat to Muslims would come from racial attacks and social exclusion. We completely failed to foresee the urban conflicts of 2001 that ravaged our northern cities. And of course we didn’t dream of 9/11 and the atrocities in Madrid, Paris, Istanbul, Brussels and London.

For a long time, I too thought that Europe’s Muslims would become like previous waves of migrants, gradually abandoning their ancestral ways, wearing their religious and cultural baggage lightly, and gradually blending into Britain’s diverse identity landscape. I should have known better.

It is acceptable for a British Muslim to keep more than one wife — 31% agree (strongly agree 14%, tend to agree 16%)

Just months after I had taken over as head of the Commission for Racial Equality in 2003, I visited the town of Oldham, where some one in five of the population are British Muslims. Two years earlier the town had been torn apart by some of the worst race riots Britain had seen in my lifetime. An official government report had spoken of white and Asian communities living “parallel lives”. It couldn’t really be as bad as that, I thought. In fact, it was worse. Speaking to a hall of more than 200 students, one thing was immediately obvious: groups of white and Asian students sat in the same hall — but the groups didn’t mix. It was like looking at a living chess board. And to drive it home, one of the white students made no bones about what was going on. He told me, without rancour or aggression: “When we’re here it’s fine, we get on. But when we leave here on Friday, we won’t see them [Asians] until Monday.” No one dissented.

After the northern riots of 2001, wise heads, such as Professor Ted Cantle, who had written the “parallel lives” report, warned that we could not afford to allow things to drift. But not even Cantle — much less me — foresaw just how divisive the consequences of this kind of segregation would become. Today, we can see that on certain key issues Britain is nurturing communities with a complete set of alternative values. None is more alarming than attitudes towards women.

The contempt for white girls among some Muslim men has been highlighted by the recent scandals in Rotherham, Oxford, Rochdale and other towns. But this merely reflects a deeply ingrained sexism that runs through Britain’s Muslim communities.

Most people think that some Muslim men’s attitudes to women may be a little antediluvian. But it comes as a shock to hear a respected Asian head teacher, Noshaba Hussain, soberly recount the behaviour of small boys in her school — which they had surely picked up from the men in their families.

“The boys used to act as thought police. You know, they would go around and actually hit the girls on their heads if their heads weren’t covered. I even had one boy, one nine-year-old boy, say to me, ‘Why haven’t you covered your head? It is only slags who don’t cover their head.’ ”

Would you support or oppose there being areas of Britain in which Sharia law is introduced instead of British law? — 23% support (strongly support 7%, tend to support 17%)

The ICM survey provides a torrent of data that backs up the impression that this is a community whose idea of women’s equality lies eons away from the mainstream. Two out of five Muslims — men and women — say they believe that a woman should always obey her husband. Nusrat, a highly intelligent and scholarly student, Sudanese in origin, told me: “If the husband is saying ‘obey’ in the context of asking me to do things that are pleasing to Allah, then by all means, because ultimately my faith teaches me — and teaches many Muslims — that our duty is to Allah first.”

We didn’t get to discuss whether the injunction at sura 4:34 of the Koran to chastise your wife falls under this rubric. I have no doubt that many husbands will claim that it does. The bland Koranic platitude, in my view, hides a clear invitation to legitimise domestic violence.

One in three British Muslims supports the right of a man to have more than one wife, even though it is illegal in the UK. While the support for such a policy is strongest among older Muslims, they are nearly matched in their enthusiasm for polygamy by young Muslims aged 18 to 24. Such unions, of course, would be recognised by sharia law. Amra, a female sharia court judge, says: “In my experience, it’s not men who have demanded it; it’s women. I personally have met women who have said to me, ‘I do not want a full-time husband. I don’t want him under my feet.’ For a man it’s a huge responsibility. For a woman it’s a privilege. ”

The ever-pragmatic Nusrat chimed into our conversation with some advice for the aspirant bigamist: “You have to make sure that you are actually treating your wives in a fair way. I think even Islam says, that even within the Koran, if you have more than one wife, if you can’t do justice to them, don’t have them at all. So you have to actually make sure that you are doing justice by them.”

More than half of the sample reported that they believe that homosexuality should be illegal. Even more opposed gay marriage, and nearly half thought that it was unacceptable for a gay person to teach their children. A quarter supported the introduction of sharia law in parts of the UK — presumably those areas where they thought Muslims constitute a majority — instead of the common statute laid down by parliament. Allah’s law, apparently, need take no heed of democracy.

Homosexuality should be legal in Britain — 18% agree (strongly agree 8%, tend to agree 10%) and 52% disagree (strongly disagree 38%, tend to disagree 14%)

It should come as no surprise that Muslim liberals are in despair. They knew all of this long ago. And unlike the political elite and the liberal media, they recognise that British Muslim opinion is hardening against them. The journalist Yasmin Alibhai-Brown, who has had to seek police protection because of her liberal views, argues that the optimistic belief that time and social contact will naturally lead to the integration of Muslims is mistaken: “You know, we [liberal Muslims] are a dying breed — in 10 years there will be very few of us left unless something really important is done.”

The results of the Channel 4 survey are hard to argue with. While the majority of Muslims are keen on Britain, a significant minority really would prefer to live their own lives further away from the rest of us. Non-Muslims who live and work in areas with a large Muslim presence have been uneasily aware of the emerging differences for a long time, but many are too worried about being tagged as Islamophobes to raise the debate.

Many people, however, are just unaware. Not long ago, I had an exchange with a leading newspaper columnist who airily assured me that he had many Muslim friends, and that they were integrating just as his Irish Catholic forebears did a couple of generations ago. He could not accept that his own circle of acquaintances — probably doctors, lawyers, journalists — might not be typical of the British Muslim experience.

The problem with Britain’s liberal white elite is twofold. First, they find it hard to grasp that people of colour may not want to reveal their true selves to people who do not share their backgrounds. The fact is that most people of colour are raised to expect that white folks will let them down. And to be frank, most black and Asian Britons will tell you that their expectations are seldom confounded.

Second, Britain’s increasingly deracinated opinion-forming classes are puzzled by the fierce attachment to religion among ethnic minorities. The number of places of worship attended mostly by Muslims and black evangelicals is rising. The fact that Britain’s ethnic minorities are intensely committed to their religious beliefs and practices seems baffling to secular liberals — indeed, somewhat threatening. Some of my journalist friends imagine that, with time, the Muslims will grow out of it. They won’t.

“What I eat is according to my sharia, how I pray is according to my sharia, how I dress is according to my sharia, how I treat the stranger and family members is according to sharia,” says Anjum Anwar. “I think people misunderstand the concept of sharia law. Their only thinking is, uh-oh, once you’ve got the sharia you’ll be chopping heads off and hands off. That is not the case.”

She’s saying to faithless modern hipsters that she isn’t going to give it up. Anwar spends her time actively working to promote integration. But for her that doesn’t mean adoption of non-Muslim ways. The chasm discovered by ICM isn’t going to close any time soon.

Little of this will surprise Britain’s Muslims, even if many would rather it were not said in public. In our northern cities, many of the non-Muslims I’ve met will also recognise the picture we are painting. It won’t be easy to change. Britain’s Muslims are a diverse group; but, rich or poor, British-born or not, most have a deep commitment to their faith. Many are distressed by what they see as white Britain’s increasing secularism, low morals and loss of confidence in many of its own values. Those who told ICM’s researchers that they would prefer to live a more separate life in Britain are sending a clear signal: they really don’t want to adopt much of our decadent way of life.

Oddly, the biggest obstacles we now face in addressing the growth of this nation-within-a-nation are not created by British Muslims themselves. Many of our (distinctly un-diverse) elite political and media classes simply refuse to acknowledge the truth. Any undesirable behaviours are attributed to poverty and alienation. Backing for violent extremism must be the fault of the Americans. Oppression of women is a cultural trait that will fade with time, nothing to do with the true face of Islam.

Tell me whether you sympathise with or condemn people who take part in stoning those who commit adultery — 79% condemn (completely condemn 66%, condemn to some extent 13%) and 5% sympathise (completely sympathise 2%, tend to sympathise 3%)

Even when confronted with the growing pile of evidence to the contrary, and the angst of the liberal minority of British Muslims, clever, important people still cling to the patronising certainty that British Muslims will, over time, come to see that “our” ways are better. And since there are so few Muslims in the corridors of power, they seldom run into anyone who can show them the reality. Those who do want to make a difference are often consumed by fear that they will be seen as prejudiced. So while our liberal elite wrings its hands in anguish and makes school children celebrate Eid, Diwali, Hanukkah — and Easter — hundreds of young people are being seduced to join Islamist fanatics abroad, thousands of young girls are shipped off to have their genitals mutilated, and many more are pressured into marriages they do not want.

I passionately believe that our society is one of the most open and adaptable on Earth. For centuries we have managed to absorb people of many different backgrounds; Britain has changed them and they have changed us, both almost always for the better. But the integration of Muslims will probably be the hardest task we’ve ever faced. It will mean abandoning the milk-and-water multiculturalism still so beloved of many, and adopting a far more muscular approach to integration.

We’ve been here before. When I was head of the equalities commission, it never occurred to me that we should not take action where people claimed their cultural sensitivities required them to discriminate — for example, the Islington registrar who refused to sanction civil partnerships, or the Bristol relationship counsellor sacked for refusing to give advice to gay couples. Both these individuals were black, like me, and cited their profoundly held religious beliefs in defence of their actions. I understood their background, as I share much of it. But my respect for their sincerity did not for a second deter me from opposing what they did.

While many of us are comfortable condemning less numerous and less powerful minorities, we are reluctant to speak clearly when it comes to Muslims. I know that the muscular integration I want to see will be difficult to implement.

It will mean halting the growth of sharia courts and placing them under regulation, even perhaps insisting that they sit in public. It will mean ensuring that, whatever the composition of a school, its governance never falls into the hands of a single-minority group, as in the “Trojan horse” episode in Birmingham.

It will also mean ensuring mosques that receive a steady flow of funds from foreign governments such as Saudi Arabia, however disguised, are forced to reduce their dependency on Wahhabi patronage. And it will mean an end to the silence-for-votes understanding between local politicians and Muslim leaders — the sort of Pontius Pilate deal that had such catastrophic outcomes in Rotherham and Rochdale.

If we really want to create a society in which Muslims and non-Muslims share the burdens and benefits of our democracy, we have a lot of work to do. And that work has to begin by listening to, and hearing, what British Muslims really think, working out how to support them where possible — and deciding how to confront their thinking where it collides with our fundamental values.

Methodology

  • ICM Unlimited interviewed a random sample of 1,081 adults aged 18+ who self-identified as belonging to the Muslim faith. Interviews were carried out face to face, in the home, in geographical areas in which the minimum proportion of Muslims was confirmed by census to be 20%. Interviews took place between April 25 and May 31, 2015, and the data has been weighted to be representative of all Muslims by age, gender, work status and region. A nationally representative control sample of 1,008 adults aged 18+ was also conducted, by telephone, on June 5-7, 2015. Interviews were conducted across the country and the results have been weighted to the profile of all adults.

What British Muslims Really Think is on Channel 4 at 10pm on Wednesday

Voir de plus:

Not A River of Blood, But A Tide of Hope
Managed Immigration, Active Integration
Speech by Trevor Phillips, Birmingham, April 20 2008
« A week or two ago, I fell into conversation……the black man will have the whip hand over the white man…..How dare I say such a horrible thing…..I do not have the right not to do so. » – Enoch Powell, Birmingham, April 20 1968.

The Legacy of April 20 1968

40 years ago, Enoch Powell’s speech in this hotel, made to a handful of activists, electrified Britain.

It elated some. It terrorised others.

Its timing was a tragedy for our nation.

Historically we are diverse, open-minded, and anti-racist. But every now and again we forget our true character. And April 20 1968 was the start of a forty year aberration for which we have since paid dearly.

Just at the moment when we were about to pass what were then the most progressive race relations laws in Europe we were plunged into a forty-year bout of racial introspection.

In the year that four young British musicians captivated the planet with their charm, confidence and their talent, our politicians were forced to wrestle with the fears of an anxious majority convinced that their rights were about to be usurped by a greedy minority.

And in the past forty years, when we could justifiably have been boasting of our success in creating a multicultural, multiethnic society, we found ourselves mired in a ghastly stand-off about race relations which has spawned unnecessary division and inequality.

Yet in spite of all this, today, I believe that Britain remains, at heart, that open-minded, anti-racist nation. And that this 20th of April offers us a chance to throw off the shadow of the past forty years.

I want to tell you why I believe that right now, the urgency of change demands a new social contract in which we the British people reap the benefits of managed migration by pursuing a positive policy of active integration.

In my lifetime there has never been a more vital moment for such a profound shift in thinking. There are no rivers of blood in prospect. Rather there is today a tide of hope that is carrying 200 million and more migrants across the globe in search of a better life. Some are British. Many are highly-skilled and qualified.

They look in our direction, but they have choices. Like every other prosperous developed nation we know that if we don’t get our share of this wave of talent we risk becoming an economic backwater.

But we also know that with the benefits of migration come costs.

So my speech today is about how, we maximise the benefits and minimise the costs. If we fail, our children and our grandchildren won’t be arguing about how many immigrants we can take into Britain; they’ll be wondering how they can get a work permit to the dominant economies of China, India and Brazil.

Powell and Powellism
During the past four decades it has become common to suggest that the views in that speech on April 20 1968 were those of just one man. Powell himself suggested that he was the only public figure prepared to « speak for England ».

But the truth is, these sentiments were not unique to Powell. What he said reflected one aspect of an underlying unease about race amongst Britons of all kinds. That didn’t make him right, but it would be wrong not to acknowledge that Powell’s public rhetoric reflected the private thoughts of many white Britons.

This unease was felt very differently by black families like my own. And felt to the extent that the year before, my own parents decided that the friendly shore to which they had sailed in 1960 had turned into a hostile frontier.

My family had arrived with the brightest of hopes. They went to work with gusto in the Post office, in North London sweatshops and the NHS. I don’t think that my parents quite expected me to arrive, I was their seventh child; but like most immigrants they made the best of a bad break. They were used to bad breaks. For many who came much of what they found in the promised land was not streets paved with gold, but drudgery, disappointment, and discrimination.

By the mid nineteen sixties, my mother, who had coped with years of Rachman style landlords, and dreary shift work decided she’d had enough. After all, she reasoned that if you found yourself at a party where you weren’t welcome you shouldn’t hang around.

In 1967 my family left for the United States. They sent me back to Guyana.

So on April 20th 1968, I, and most of my siblings had already departed for what seemed like less menacing territory. But when we read about Mr Powell’s speech, we knew exactly what was happening.

The Britain of 1968 was a very different place. This was a Britain which had recently emerged from National Service and rationing. The nation had just discovered colour TV and we were hiding behind the sofas from the Daleks the first time around.

It was a country in which fewer women worked, and where the Chief Prosecutor could ask the jury at the trial of the publishers of Lady Chatterley’s Lover « Is this a book you would wish your wife or your servants to read? »

Disabled, lesbian and gay people, to all intents and purposes, did not exist in polite society.

The sentiments in Powell’s speech had been muttered quietly in workplaces, painted surreptitiously on walls, blustered openly in pubs for years. They were daily translated into the language of the playground, that christened every black or brown-skinned child « coon-features » or « nig-nog » or « wogface ».

My brother was chased home by Teddy Boys. We learned quickly about the unspoken subtleties of racism. Some houses you just couldn’t go into, some kids just weren’t allowed to come to yours. My sister found the girl she thought was her best friend had thrown a birthday party and somehow forgotten to invite her.

Some of it wasn’t subtle at all. As a skinny, opinionated, possibly too-clever by half black kid, one of only half a dozen or so in my grammar school, I learnt the value of knuckledusters from my friend – let’s call him Winston – at the secondary modern across the way. You could borrow them for those days when you thought the bigger boys might corner you in the playground and you wouldn’t be able to talk your way out of trouble. I know that some people in this room are familiar with this scenario.

So even though I was thousands of miles away at the time, I understood the Britain into which this speech was launched only too well.

Much has been already been said this week about Enoch Powell’s words that day. But though the moment that took place here forty years ago mattered, I believe that what took place in the years afterwards mattered much more. Not because there were rivers of blood, or ever likely to be; but because the shockwave of fear that followed still reverberates through our society today.

As far as the facts are concerned, we know now that some of his forecasts were within hailing distance of reality. He suggested that there would be five to seven million Commonwealth immigrants in the UK by the year 2000; official figures say that there are today six million or so foreign-born residents in the UK.

But what was important in that speech was not the predictions but the principles it set out. In the years that followed others created a doctrine in his name that tried to build on and justify those principles. Today we would call that doctrine Powellism, and it is Powellism that I want to address rather than Powell himself.

At the heart of this doctrine are three key propositions.

First – racial integration is impossible. Powell called it « a dangerous delusion ». Powellism argued that people of different races and traditions cannot, by their very nature, ever enjoy good relations unless the majority race or tradition is numerically so dominant that the minority eventually gives up all aspects of its special identity. We would today call this assimilation.

In effect Powellites believed that we are all prisoners of our race, our heritage or our religious beliefs. And just as they lost sleep over interracial relationships, I guess we could see a parallel with people who are today consumed with fear at sharing the planet with lesbian or gay people.

The second article of the Powellite faith, was that every single immigrant , no matter what skills or resource they bring, is one too many and adds to social fragmentation. Now there’s no evidence or logic here, but neither is a feature of this particular doctrine. And the corollary is that if you can get rid of some – or all – immigrants by repatriation then you are on the way to creating a better society.

Third, if for some reason you are forced to accommodate different kinds of people in one society, then you must ensure, by any means necessary, an overwhelming cultural domination by the majority, so that all other traditions wither on the vine. This is socially engineered assimilation pure and simple, and it goes with repugnance for any law that protects the rights of minorities.

So how have these principles survived the past forty years?

Well we have certainly seen violent incidents involving different racial groups. Some have been monstrous. For example we will this week mark the fifteenth anniversary of the murder of Stephen Lawrence by racist thugs. But have we as a nation been consumed by racial war?

I don’t think so. Let me clear. I do not underestimate the significance of some of the events that have taken place. This issue of racial violence is not an abstraction for me. As a student leader and a journalist over the past thirty years I have had cause on three separate occasions to wonder if I had personally contributed, however indirectly, to the death of someone else by not taking the danger of racial conflict seriously enough.

The first occasion followed the death of a young student, Kevin Gately, from Warwick University, killed in an anti-racist demonstration at Red Lion Square in 1978. As the then President of the NUS I had given the instruction to mobilise students, and had consented to the arrangements for the demonstration. Should I have been more aware of the risks?

Second, In 1983, as a young television producer, I made a film about the Broadwater Estate in Tottenham. In it young black men we interviewed prophesied that there could be lethal racial violence at any time. Two years later, in October 1985, PC Keith Blakelock, the beat police officer for the road in which I myself lived in Haringey was hacked to death during a ferocious riot on that estate. Had it been irresponsible, as some in our company believed, to broadcast those interviews in ’83?

And also in 1985, David Hodge, a fellow journalist and good friend from my student days, was killed whilst covering the Brixton riots that year – riots which I too was reporting.

So I’ve had real reason to wonder whether I underestimated the significance of the racial conflict in Britain.

But the fact is that we know that almost all these disturbances were not about black against white.

Kevin Gately was a young white man, who died protesting against racism arm in arm with black and Asian students.

Keith Blakelock was the victim of an appalling crime that would repulse any decent person of any race – and did.

And David died because like the courageous journalist he was, he chose to cover the story from the no man’s land between two sides of a vicious conflict.

Even if I hadn’t had to reflect on it personally I think I would take the word of Mr Powell’s most famous protégé, that the racial rivers of blood never materialised.

Margaret Thatcher robustly refused to attribute the riots in 1981 and 1985 to a fundamental incompatibility between races. She instead cited economic causes – unemployment and urban decay. Indeed it was she who memorably said on the night of her 1987 election victory that her government’s first task would be to regenerate the inner cities.

Our true British instinct has been shown time and again in times of crisis – after the eighties disturbances, the Northern riots in 2001, after the 7/7 bombings, we chose not to isolate and attack the minority, but to respond with unity and compassion rather than conflict.

Yet the fear that followed Powellism still stalks Britain.

The gap between people’s real experience and their politically-inspired fears is illustrated in virtually every survey of opinion. Asked about their own experience British people always describe a country that is tranquil where people that they know get along with each other. Asked about Britain as a whole they describe a country awash with conflict and tension.

Yet the principles that underlie Powellism still govern political debate about immigration and race.

And the forty year shadow persists even though it has largely achieved the opposite of what the Powellites hoped.

To begin with, they wanted to make immigration the touchstone political issue. In fact, for four decades serious political debate about immigration has been suppressed in every part of the political spectrum with smears and name calling standing in for genuine debate.

On the right immigration has remained a taboo subject. Conservatives fear being associated with Powellism and condemned as racist. The right’s public justification for reticence is usually that political correctness has unfairly silenced them. Somewhat comically, this point of view has been widely and consistently peddled by writers and publications which hardly ever stop yelling about immigration, only pausing from time to time to complain that they are being gagged, before resuming a deafening roar of outrage.

But the left too has played its part in this deadly silence. Centre left politicians have, since the late 1960s persuaded themselves that immigration is an issue which favours the right. The left still fears that a free and open debate on these issues would lead to the release of a caged beast of an essentially reactionary public opinion.

So for forty years we have, by mutual consent, sustained a political silence on the one issue where British people most needed articulate political leadership.

But the shockwave of fear hasn’t just affected what politicians said. It also critically determined what they did. And that too has mostly been the opposite of what the Powellites hoped.

To start with by closing down debate about immigration, they allowed successive governments to avoid having much of a policy at all. In essence Powellism so discredited any talk of planning that we’ve limped along with an ad-hoc approach to immigration whose only consistent aspect has been its racial bias; a non-policy that may have led to Britain admitting more immigrants rather than fewer over this period.

Worse still, the Powellite attack on integration so scared lazy officialdom that they colluded with old-guard ethnic leaders to warp a progressive and very British recognition of diversity in the early nineteen eighties into a bureaucratic version of multiculturalism which today keeps many communities closed and separate. We know the result – people who want to scale the cultural walls that separate them, are blocked by institutions which insist on pigeonholing them by their race, colour and religion.

And in the end Powellism failed in its most important aim – to demonstrate the prophetic vision that ethnic diversity would lead to chaos and hatred. It just hasn’t happened.

This week’s survey from for the BBC shows that the perception of racial prejudice is down yet again with just 20% of British people admitting to feeling any prejudice.

According to the government’s citizenship survey in 2007, 81 per cent of people in England agreed that their local area is a place where people of different backgrounds get on well together. Of course this may well reflect the English propensity to get on with other people by not talking to them at all – but I’ll return to that later.

And though I am always cautious about interpreting the popularity of marriage as an indicator of goodwill, it must stand for something that rates of intermarriage in this country are a) rising and b) higher than anywhere else in Europe and of course the United States.

So why, given its impact, did Powellism fail so dismally?

I think there are three reasons.

First the doctrine utterly failed to understand the essential attitude of British people to difference. We are not racists. How could we be? We are an ancient multilingual state forged from at least four different ethnicities, with a people built on and used to intermarriage, compromise and negotiation.

Our defining monarch, Elizabeth 1 set out the doctrine of toleration, asserting according to Sir Francis Bacon that she would not open a window into men’s souls – that is to say that this is a nation which would not judge people according to their faith, as long as they followed the rule of law and observed the common good. This lies at the heart of the live and let live philosophy that makes cities like London and Birmingham vibrant, multicultural places.

And when we get it right, British tolerance isn’t some grim passive acceptance of difference. It is an active enjoyment of different food, music and ways of worship for example. And at its finest it is allied to a passion for justice that has become part of our culture, perhaps best summed up in the expression « standing up for the underdog ».

Our greatest playwright, William Shakespeare, wrote a famous speech which he put in the mouth of one of our sturdiest advocates of the British tradition of dissent, Sir Thomas More. More quells a London mob bent on violence against asylum seekers with these words:

« Would you be pleased
To find a nation of such barbarous temper
That breaking out in hideous violence
Would not afford you an abode on earth….
…what would you think
To be thus used? This is the strangers’ case,
And this your mountainish inhumanity »

I think the second reason for the Powellites’ failure is that they wanted to promote a British identity rooted in an Empire that by 1968 was already in rapid decline.

And finally, perhaps most important of all, the Powellites fatally confused race and immigration. We can see today why this is a mistake. In the last decade, when we have had higher net immigration than at any time in the past forty years, large numbers – over half a million between 2004 and 2006 of immigrants are white.

On the basis of Powellite doctrine we should welcome today’s immigrants, since they dilute even further the non-white presence here. A true Powellite should today be encouraging more, not less migration from eastern Europe. In fact, anti-immigrant groups still don’t quite know what to say about the Poles.

Because I am a pedant, and had the benefit of the sort of British colonial education that Mr Powell would have valued, I can’t resist pointing out that even the Latin reference that gave Powell’s original speech its name does not in reality point to discord.

The warning of the River Tiber foaming with much blood comes from the Cumaean Sybil, one of the prophetesses of Roman legend. Virgil says that she told Aeneas, the Trojan, not to go to Rome because there’d be trouble. In fact he ignored the warning, he went on to found the dynasty that built Rome – we remember Romulus and Remus – the centre of arguably the most successful multiethnic and multi-faith empire in the history of the world.

Perhaps what happened to the Sybil is a warning. She was granted eternal life by the God Apollo, but forgot to ask for an eternal body. So though she still had the gift of prophecy, she withered away until she was just a disembodied voice. Eventually she disappeared never to be heard from again. I think that’s food for thought for all aspiring prophets.

So in short, after forty years I think we can say with confidence that we don’t need to ask if Powellism was ever right. All we need to know is that it wrong now.

That story is over. Goodbye Alf Garnett.

Immigration Now : The New World
But that does not mean that the political challenge of immigration is over. On the contrary. We’ve only just begun to prepare the ground to debate the greatest challenge of our time.

I believe that there are two fundamental challenges facing western nations today. One is how we live with our planet. The other is how we live with each other. The second – in Sir Isaiah Berlin’s phrase – « living together graciously » – is in my view the more urgent.

If we cannot get along with our neighbours we have no hope of taking the concerted action we need to reverse climate change. There’s just no mileage in talking about car pools if you loathe your neighbours so much that you can’t bear to share a car ride with them.
So how should we approach this great challenge?

A New Social Contract: Managed immigration, Active Integration
Let me start with some straight views of my own.

I do not believe in an open door immigration policy. I support unreservedly, for example the government’s managed migration points system. I welcome how Liam Byrne is cutting through the paralysis of the last 40 years. However, though we might want to be more selective about who comes into Britain, managing immigration is not automatically the same as reducing numbers of immigrants.

Nor do I believe that good race relations has to be dependent on reducing migrant numbers. There is no evidence that reducing numbers has anything to do with better race relations. And the so-called commonsense view that « we can’t take any more » is daily refuted by the migrants who have added to the richness and prosperity of our society.

So I want to propose first that we simply abandon the unproven Powellite assertion that if we get immigration numbers down, we’ll have less trouble.

Instead I want to argue that our history shows that immigration and integration are reciprocal. That is to say, that if we needed, perhaps for economic reasons, to admit more immigrants we would have to work harder at integration; but equally, that if we are better at our integration, we can probably accommodate more immigrants.

And just as Powellism had its three central principles – assimilation, separation and domination – I want to propose three new principles for an integrated society, based on our Commission’s core values – equality, human rights and good relations.

But first, central to any approach to immigration today is an acceptance of reality, recognised even by Enoch Powell’s own heirs.

Last October here is what David Cameron had to say:
« The gaps in the labour market are very naturally being filled by migrant workers. That in itself is a good thing, not a bad thing. We should not try to unlock the potential of our own citizens by locking out the citizens of other countries… skilled foreign workers expand our economy and make us more competitive. »

Whatever we feel about immigrants, immigration is part of our future. The real question will be whether we can, as a modern economy, seize the restless tide of talent that is currently sweeping across the globe in search of a place to deploy its skills and its ambitions. So far we are lagging behind our competitors.

According to a World Bank study of 52 million migrants in 20 rich countries, one in three migrants worldwide has a university education. But while we cower in fear and fret about whether to admit clever foreigners from other nations – America, Australia and Canada are already sailing on that tide of talent.

Canada for example predicts that by 2011 all long term population growth will be due to immigration; and by 2021 every single extra worker in Canada will be an immigrant – already the case in the booming city of Toronto. The Canadians are making it easier, not harder for immigrants to become citizens so that they can compete with the pull of the US.

Yet our businesses are being asked to compete for talent against a background of politically inspired anti immigrant noise which risks discouraging the very people we want to coax here.

Curiously we ignore the fact that we have here in Britain probably the clearest example anywhere in the world of why any country with its act together will want to attract talented immigrants. And it’s an example that illustrates some of the principles by which we could marry a policy of managed migration with active integration and gain popular support for both.

Imagine a British business whose revenues have risen tenfold in the past fifteen years, making it the largest of its kind outside the USA. Consider a business whose exports are so lucrative that it has a presence in more than 200 countries. Think of a sector in which 62% of the key employees are immigrants, some here for the long term, some here just for a few years. And marvel that though the non-whites in this business were once the subject of vicious abuse, today, they are the idols of millions.

Beginning to get the picture?

Britain’s Premier league football is watched each week by half a billion people in over two hundred countries. It is the most successful sporting league outside America. Its revenues are touching two billion. Its foreign stars can earn in excess of in excess of 100,000 pounds every week – but their good fortune does not depress the wages of the home-grown talent.

We have an effective system of controlling entry; and none of the teams for which the foreigners play needs some kind of bureaucratic multiculturalism to effect their integration to their club. No-one has had to abandon their flair and brilliance in order to fit in. In fact the migrant players have for the most part played by the rules, learnt our habits, and I would say many have become better at their jobs for learning British ways.

Didier Drogba (my own team is Chelsea) has learnt that he should try not fall over when a defender breathes too heavily in his direction. Cristiano Ronaldo finally grasped that it wasn’t smart to get someone sent off. And far from displacing the best of our players these immigrants have lifted the standards and the earnings of the game. Today three out of Europe’s top four sides are English. Eight of the richest twenty clubs in the world play in the Premier League.

I’ll go further. These people don’t just take the money and run. The best of the foreign players set a wonderful example in their contribution to British life. Many do charitable work with young people.

And for those who worry that promoting the use of English is somehow an imposition on immigrants, I wish you could have seen, as I did, the recent pregame pep talk by William Gallas the French Arsenal captain, delivered in English and with the passion ironically that we usually associate with Henry V before Agincourt.

Foreign players like Eric Cantona stood together with Brits, in launching the campaign to kick racism out of football. A few years back a drive led by Thierry Henry and others to sell anti racist wrist bands resulted in a fund of a million pounds which we were able to give to local amateur sports clubs for activity directed at racial equality and integration.

One result of all this is that in spite of legitimate worries about the quality of the English team there is no real appetite for limits on the numbers of foreign players in British football. And no-one has seriously questioned the appointment of foreigners to manage our national side because they are foreign.We probably should have had Jose Mourinho but there you go.

I’m not naive. Football is a metaphor not a model. We are talking about a few hundred incredibly privileged men who are more likely to buy a bus for their children than ride in one. They aren’t jostling with us for space in the Tube and they won’t be standing in front of us at our GP’s surgery. Their children won’t be adding to the churn confronting many teachers in our inner city schools.

But the metaphor does suggest some lessons about immigration in the 21st century world that we would do well to heed.

First that the need of the market for skilled labour is more important than anxieties about cultural difference. No-one asks players where they come from; clubs and fans only ask what they bring. Our immigration laws have therefore made it relatively easy to bring in these talented people without too much trouble.

Second, the shared desire to win status and rewards means that players find ways of communicating and accepting that they need to make some compromises for the common good. Those that don’t accept that don’t stay long.

Third, the fact that we have foreign players in our game does not make our own home-grown heroes less bankable or less part of the game. And our country as a whole has benefited in a way that no-one could have imagined just twenty years ago.

Fourth none of this happens by accident. There has been control and regulation that governs who is admitted. We know what the facts about numbers of players are. Everyone plays to the same rule book; there is no special treatment for any cultural group.

And there has been a relentless effort by the authorities to put a stop to the kind of abusive and discriminatory treatment that used to be doled out to foreign and minority players – led by the way by one of our Commission’s forerunners, the CRE.

It hasn’t all been sweetness and light. We still don’t have very many minority authority figures in the game – managers or referees for example.

But it shows that we can manage this new world.

However we have urgently to get our house in order, because that world is changing by the day. We read anxiously about the millions poised to come to the UK. But we shouldn’t kid ourselves. We are not the automatic destination of choice for this wave of talent.

A study of Polish immigrants in Britain, conducted by Warsaw’s Centre for International Relations showed that we weren’t their first choice – a third, for example, sought jobs in Germany before turning to Britain.

And in case we ever become arrogant enough to believe that once people have tasted the delights of a British summer they’ll never return to their homelands, the same survey showed that though a quarter wanted to stay, 51% had no intention of remaining permanently in Britain. Their target would probably be to return home or to move on to richer pastures like the USA.

So in the coming years, the key question we will be asking ourselves is not how many of the wrong sort of immigrants we can afford; it will be how many of the right sort immigrants we can attract.

This wave of human talent carries huge benefits for us.

But it also carries some costs.

The Cost of Immigration
It may be true that as suggested by the recent report by the Select Committee of the House of Lords on Economic Affairs that each of us individually would be hard put to identify the addition to the Gross Domestic Product of our own households, made possible by recent migration.

But as much as I respect the economic expertise of their Lordships, I think we should also pay attention to the opinion of people who actually create wealth. Bill Gates, the boss of Microsoft, frustrated by what he sees as the restrictive immigration policies of the United States Congress, has decided to expand the company’s vital research and development operations not in the USA but across the border in immigration friendly Canada.
And what their Lordships didn’t do was to address what is nowadays called the counterfactual: what would life for our society as a whole be like without the immigrants?

In the real world we know some real people who would have their lives transformed and not for the better. Take three examples which apply to millions of British people.

To start with many families have benefited from the fact that they now have two salaries coming in – mostly because women have joined the workforce. But that was made possible for some only by of the availability of capable and qualified immigrant carers.

In the next twenty years our need for personal care for the elderly will double. Unless women are forced out of work, we know who will fill the void. Tens of thousands of qualified care workers from the rest of Europe, Africa and elsewhere.

Immigration is also changing some of our public services for the better. We all know that there would be no NHS without foreign doctors, nurses, cleaners and administrators. We all know that there will be no Crossrail in London, no Olympics, no new wave of housing starts without immigrant carpenters, electricians and bricklayers.

And many of our schools are benefiting from the presence of clever immigrant children. For example, Paul McAteer, the Head of Slough’s Langleywood School , described a few years back by the Daily Mail as « the worst school in Britain » now says that migrant pupils have been a « big factor » in transforming its performance. He goes on to say that « Foreign children have improved our results…white British parents who live close to the school want their children to come here again ».

So as a nation we have travelled a long way from the view that immigration is in and of itself a danger to our social tranquillity.

The Political Costs of Immigration
But it would be a return to the worst days of our forty-year silence to ignore the fact that many people are deeply unsettled by the pace and nature of change.

It is true that the small minority of people in this country who are genuine racists are obsessed with immigration. But that does not mean that the large number of people who do worry about immigration are all racists.

Any policy of managed migration and active integration has to be a policy embraced by the whole nation.

And that policy has to acknowledge the pressures that come with the benefits of immigration.

To deal effectively with those pressures we need to confront four key problems.

First, the poverty of timely information about the impact migration is having on our communities. We can see on the ground that the systems of funding for local services are not keeping up with the rate of change; leading to irresponsible rumour mongering about immigrants committing more crime and cheating the housing system.

Most of this is froth and nonsense. Police chiefs this week said there was no basis for the first allegation; independent research commissioned by ourselves and the Local Government Association show there’s no evidence of the second. But we do need more timely, and independent information so that ordinary people can see what is true and what is not.

Second, though there are benefits to migration, they aren’t shared out equally. The problem is that though the inequality may actually be caused by a lack of public investment, it may be attributed to the presence of immigrants.

Thus, for every professional woman who is able to go out to work because she has an Eastern European nanny, there is probably a young mother who watches her child struggle in a classroom where a harassed teacher faces too many children with too many languages between them.

Wanting a better deal for her child doesn’t make her anti-immigrant – but if we can’t find a better response for her frustration, then she soon will be.

For every boss whose bacon is saved by the importation of skilled IT professionals or skilled craftspeople or health professionals, there are a thousand people who are wondering every morning why they have to put up with the misery of a packed train carriage or bus – if they can get on in the first place.

Wanting an infrastructure that doesn’t make getting to work daily hell does not make someone a natural voter for an anti-immigrant party. But it soon will.

As the novelist Rose Tremain told the Guardian yesterday in describing Britain as « bipolar » on immigration « I do worry about immigration. Just the sheer crowds….it certainly feels vexing when you can’t even get a doctor’s appointment. Yet I don’t like the fact that I worry about it. »

Third, there is unfairness in the workplace. There is very little evidence that home-grown workers’ wages are depressed because of migration, so the likelihood is that there has been little impact on current workers. If there is an economic slowdown, that may change. But we’re not there yet.

There are however, two major issues which do demand action now.

One is the sheer exploitation of some low paid immigrants, illustrated by the fate of cockle pickers who died in Morecambe Bay in 2004. They were just the tip of an iceberg of human-trafficking and near-slavery, which can only be held in check by better policing and sharper regulation.

The other major issue is the question of why employers should invest in training and skills for home-grown workers when they can get the readymade thing from abroad? Easyjet delivers easymigrant to your door with all his or her skills, readiness to work over the hours and probably a university degree to boot. How can our million or so young people who are not in education, employment or training possibly compete?

The fourth key problem is the ever-present challenge of how to keep communities which are changing faster ever year from fragmenting. Powell predicted « hot » conflict and violence. We don’t see too much of that, and where it does occur it tends to be within specific communities – gun crime in some black communities for example.

However we have seen the emergence of a kind of cold war in some parts of the country, where very separate communities exist side by side, increasing the likelihood of little interaction and with poor communication across racial or religious lines. This is not purely an old style anti-black phenomenon. There are divisions between minority communities as we saw here in Lazelles two and a half years ago and increasingly there is little difference in attitudes to immigration between ethnic minorities and the majority. So how do we reconcile good relations and stable communities with our need to ride the tide of global migration?

There is perhaps another way to put all these questions.

How can we use a policy of managed migration and active integration to create a Britain that is fairer, built on dignity and respect, and where people are confident in all aspects of their diversity?

The Commission’s mandate and brief don’t run to controlling the immigration system, I’m happy to say. That’s someone else’s job. But our job is above all fostering good relations, and within that to make a reality of a policy of active integration.

So I want to end this morning by briefly setting out three key principles for our integrated society.

Three Principles for An Integrated Society.
The First Principle is that Integration is a two-way street
I know that some people are nervous about the use of the word integration. But most British people know what it means, and frankly, I can’t help feeling that if Powellites were against it I should be for it. But let me say what I mean by it in practice.

Immigrants change us, mostly for the better. They don’t just bring their labour with them – they create more choice for everyone – of food, of music, of literature – all aspects of the benefits of two-way integration. They compete hard, they lift our standards. And in a global economy they are beginning to give us the edge in markets – India for example – that we would not otherwise enjoy.

Most immigrants change too. We expect those who come to Britain to play by the rules and to do their best to share in the responsibilities of living together as well as enjoying the rights – for example by learning English so that they can participate fully in the workplace and in the life of the community. And if people want the rules to be different they campaign to change them by the democratic means we have available.

But an integrated society isn’t only the sum of what individuals do. It’s also what governments and civil society do too. So that means we all – immigrant and home-grown – have the right to expect that we will be treated fairly, not exploited and that our dignity is respected.

That means we need to redouble our efforts to stamp out trafficking and exploitation at work. Our Commission is already starting to work closely with trades unions on these issues and I look forward to sitting down with employers too.

It means that the Equality and Human Rights Commission has launched a 10 million pound grants programme much of which is going to local voluntary organisations dedicated to bringing different groups together.

It means that this summer we will pilot a programme of summer camps expressly designed to get young people of different backgrounds to learn more about each other.

And it means that when we talk about active integration let me repeat: we are not talking about assimilation. But because integration is a two way street, we know that on this two way street, that there will sometimes be friction.

It is our job as a Commission, to help to minimise those frictions by establishing some rules of the road. These need to be more than traditional British courtesy and good manners – though frankly that would be a good place to start these days.

We need some more fundamental agreement on common values. These in my view are best based on our human rights principles.

I don’t mean by this the distorted view of human rights in which clever and malicious people take advantage of the rest of the community.

I mean the commonsense approach to human rights that is deeply ingrained in our British history, that tells us for example, that while free speech cannot be traded for cultural sensitivity, the right to offend does not imply an obligation to insult.

I also mean that these basic values and freedoms must apply to all. For example, that while the equality of women and the protection of children can never be modified in any way by cultural tradition, where fundamental protections are not undermined, we have to be ready to accept that minorities of which we are not a part ourselves have the right to be different.

For example we make a legal distinction between forced marriage – illegal – and arranged marriage, perfectly legal. I guess arranged marriages are unlikely to catch on in a big way outside some communities, they are now a legitimate part of British life. That is what being at ease with our diversity means.

And it also means that where law may not compel we have to find new ways of creating change.

For example our political parties remain desperately unrepresentative. They need to change. Pronto.

What legitimacy is there in a Parliament which makes crucial decisions on immigration with just fifteen ethnic minority MPs when there should be more than sixty? How can a House of Commons expect its decisions on counter-terrorism to be taken seriously by Muslim communities when there are only four Muslim MPs in the House of Commons?

I also believe that we should take opportunities to celebrate those new neighbours on our two-way street who make it a better place.

Our system of honours currently does not fully recognise those who have made a contribution here if they were born outside the Commonwealth. Bob Geldof, for example can’t properly be addressed as Sir Bob because he is not a Commonwealth citizen – surely a relic of our imperial past.

Well, we can’t change that but later this year our Commission intends to announce a special annual scheme that will celebrate the contribution to British life of individuals who were born elsewhere but have made the UK their home.

The Second Principle: Fairness is not just for minorities
We can no longer identify those who are not flourishing in our society by colour-coding them. For example, it has recently become clear that when it comes to educational failure and that million young people I mentioned earlier, the people with whom the system is having least success and who should today most concern us are young white men emerging into adulthood with no qualifications, no skills and in some cases no aspirations.

Our equality effort should be directed at them too, especially at a time when so many jobs that are available are going to immigrants simply because they are better qualified.

Our equality work should deal with mainstream issues. So when the government’s welcome plan to build 3 million more homes and five new eco-towns by 2020 is put into practice, good relations must be the heart of the design of those homes and those towns – so that they become mixed communities that bring people together rather than drive them apart.

We will only win popular support for an integrated society if we are seen to be fair to everyone, majority and minority. That is why we need better, more transparent information about the impact of immigration.

That is why I intend to propose to our Commissioners that we should publish, every year from next year, an annual good relations barometer which sets out honestly the state of relations, positive and negative, in communities across the country. It will draw on independent survey evidence, the experience of our frontline networks and the views of our voluntary sector partners.

And in our effort to provide a better evidence base, the Commission today publishes on its website a series of maps that show exactly where migrant communities are concentrated across Britain. (you can view the maps here)

We see this kind of openness as a platform for a no doubt difficult, but ultimately honest and better informed debate about how we live together graciously.

The Third Principle: We Must Share the benefits and burdens of migration fairly
Much of the reason for unease over immigration is no longer about foreigners’ difference. It is about whether those who benefit from their presence are also bearing their share of cost. There are two aspects to this.

One is whether all parts of the country are benefiting in the same way. All the evidence suggests that they aren’t. Many areas of England are accommodating many migrants for economic reasons without having had the time or resource to build up the necessary infrastructure. On the other hand some parts of the country aren’t getting enough migrants. That is why we think balancing measures are vital – such as incentives under the points system that will draw migrants to under-populated Scotland; and we’d like to see more funds going faster to parts of the country which are experiencing population surges.

The other aspect is the question of how we share the costs between settled communities, migrants and employers; to what extent should those who benefit from immigrants’ presence including immigrants themselves also bear some of the increased costs.

The government has recently acknowledged this by suggesting that whilst English lessons might be made free for those who intend to settle here, it is right that those who come just work – the easymigrant – and their employers should bear the cost of their English classes. I believe that this is right.

In other countries, many experts are considering whether there is value in the idea of a migrant tax, which would be used to defray some infrastructure costs.

But there are many complex issues here, and I believe that our Commissioners would object to anything which smacked of back-door discrimination. And anything which actually turned the tide of talent away from Britain would be utterly counterproductive.

So we need to do some thinking. Later this year the Commission, in partnership with the Migration Policy Institute of Washington, will hold an international summit of bodies like our own and NGOs which will consider these issues. We will draw on the expertise of people here and abroad to try to understand how we can start to reconcile the claims of those who are settled with those who come to support us and our economy for a period.

Conclusion
These are just some of my own ideas to start with. There will be many more as we debate these issues, starting this morning.

But the best ideas will emerge if we are now willing to have an open, honest and informed debate about a new social contract, about managed migration and active integration.
I believe that the more we talk about immigration the better. Many think that this isn’t the time or place for this debate. And I understand their anxieties.

I know that I will somehow be misquoted.
I know, without doubt some people will misuse the opportunity of open debate to cloak their racist motives.

But if not now, when?

We cannot allow discussion of race and immigration forever to be seen as playing into the hands of extremists. The forty-year old shockwave of fear has gagged us all for too long.

Our aim is the integrated society – one built on fairness, respect and dignity, confident in all aspects of its diversity.

We need to start a new conversation about how we get there, a dialogue has to be guided not by fear, but by hope.

Voir enfin:

Des fleuves de sang

Boulevard Voltaire

Alors qu’en 1968, le gouvernement travailliste s’apprête à voter des lois contre la discrimination raciale, Enoch Powell, figure majeure du parti conservateur, premier ministrable potentiel, respecté de tous pour son intégrité, prononce — sans consulter son parti — un discours sur l’immigration qui enflamme le pays. Ce discours du 20 avril 1968 marque un tournant dans l’histoire politique de la Grande-Bretagne.

A la suite de ses déclarations, Enoch Powell est exclus du Shadow Cabinet (les conservateurs sont alors dans l’opposition). Une véritable fièvre s’empare du pays et un élan populaire massif lui apporte son soutien. Powell reçoit 100.000 lettres dont seule une infime partie lui sont hostiles. Toutes réclament la fin de l’immigration. Un mouvement anti-raciste nait en réaction et se manifeste avec une égale ardeur.

A la suite de remous importants et de l’élection en 1970 de Edward Heath au poste de 1er ministre, la brillante carrière politique de Powell s’achève. Tournant le dos à la volonté populaire, les gouvernements successifs s’engagent dans une voie opposée à celle défendue par Powell : c’est l’avènement du multi-culturalisme qui, théorisé, devient la politique officielle de la Grande-Bretagne.

« Des fleuves de sang »
Discours d’Enoch Powell du 20 avril 1968

La fonction suprême de l’homme d’état est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…»

Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi.

Les hommes politiques qui s’y soustraient en connaissance de cause méritent — et reçoivent d’ailleurs fréquemment — les critiques de leurs successeurs. Il y a 1 à 2 semaines, je discutais dans ma circonscription avec un homme d’une quarantaine d’années qui travaille dans l’une de nos entreprises nationalisées. Après quelques mots sur la pluie et le beau temps, il me dit soudainement : « Si j’avais les moyens, je quitterais le pays. » Je lui fis quelques reproches, lui faisant remarquer que le gouvernement actuel ne durerait pas éternellement. Mais il n’y prêta pas attention et poursuivit : « J’ai trois enfants. Ils ont tous le bac [grammar school], deux d’entre eux sont mariés et ont une famille. Mais je ne serai heureux que lorsque je les aurai tous vu partir à l’étranger. Dans ce pays, dans 15 à 20 ans, les noirs domineront les blancs. »

J’entends déjà les cris d’orfraie. Comment puis-je dire une chose aussi horrible ? Comment puis-je jeter le trouble et déchaîner les passions en relatant une telle conversation ? Ma réponse est que je m’interdis de ne pas le faire. Dans ma propre ville, au grand jour, un brave et honnête compatriote me dit à moi, son député, qu’il ne fera pas bon vivre dans son pays pour ses propres enfants. Je n’ai tout simplement pas le droit de hausser les épaules et de passer à autre chose. Ce que dit cet homme, des milliers, des centaines de milliers de gens le pensent et le disent. Peut-être pas dans tout le pays, mais partout où s’opère la transformation radicale à laquelle nous assistons aujourd’hui, et qui n’a aucun parallèle connu en 1000 ans d’histoire.

Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée.

Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures.

Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%.

La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur.

Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée.

J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. Nous sommes devenus fous au point de permettre à des célibataires d’immigrer ici dans le but de fonder une famille avec des conjoints ou des fiancés qu’ils n’ont jamais vus. Ne croyez pas que cet afflux de population diminuera de lui-même. Bien au contraire. Même au rythme actuel de 5 000 admissions par an et par quota, ce chiffre est suffisant pour faire croître le nombre de personnes à charge de 25 000 par an, et à l’infini, sans compter l’immense réservoir des liens familiaux existant avec le pays d’origine – et tout cela sans parler de l’immigration clandestine.

Dans de telles circonstances, la seule mesure adaptée est de réduire, toutes affaires cessantes, le rythme de l’immigration jusqu’à des chiffres négligeables, et de prendre sans délai les mesures législatives et administratives qui s’imposent.

J’en viens maintenant au retour au pays. Si toute immigration cessait demain, la croissance de la population immigrée ou d’origine immigrée serait substantiellement réduite, mais l’importance numérique de ces populations ne modifierait pas les fondamentaux du danger qui nous préoccupe. Et cet aspect du problème ne peut être traité que lorsqu’une proportion importante des populations immigrées est encore composée de personnes arrivées récemment, durant les 10 dernières années. D’où l’urgence de mettre en œuvre dès aujourd’hui ce second volet de la politique du Parti conservateur : encourager la ré-émigration. Personne n’est en mesure d’estimer le nombre de ceux qui, moyennant une aide généreuse, choisiraient soit de retourner dans leur pays d’origine, soit d’aller dans d’autres pays désireux de recevoir main d’œuvre et savoir-faire. Personne ne le sait, car jusqu’à présent, aucune politique de cet ordre n’a été mise en œuvre. Tout ce que je puis dire, c’est qu’actuellement encore, des immigrés de ma circonscription viennent me voir de temps à autre pour me demander de bénéficier d’une aide au retour. Si une telle politique était adoptée et mise en place, avec la détermination que justifie la gravité de la situation, les flux sortants pourraient sensiblement modifier les perspectives d’avenir.

Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement.

Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.

Rien n’est plus trompeur que de comparer la situation de l’immigré du Commonwealth [ancien empire britannique] qui arrive en Grande-Bretagne avec celle du noir américain. Les noirs, qui étaient déjà présents avant que les Etats-Unis ne deviennent une nation, ont d’abord été des esclaves, au vrai sens du terme. Le droit de vote, et d’autres, leurs ont été accordés seulement par la suite, droits qu’ils ne sont parvenus à exercer que peu à peu, et encore incomplètement. L’immigré du Commonwealth lui, est arrivé en Grande-Bretagne comme citoyen à part entière, dans un pays qui ne pratique pas la discrimination, un pays où il obtient immédiatement les mêmes droits que tout le monde, du droit de vote à la gratuité des soins de la Sécurité sociale. Les difficultés rencontrées par les immigrés ne proviennent ni des lois, ni de la politique du gouvernement ou de l’administration, mais de leur situation personnelle, et des événements fortuits qui font, et feront toujours, que le destin et l’expérience d’un homme ne sont pas ceux d’un autre.

Mais alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays.

Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables.

Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé.

Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. Et je vais donner l’occasion à l’une de ces personnes de parler à ma place :

« Il y a 8 ans, dans une rue paisible de Wolverhampton, une maison a été vendue à un noir. Aujourd’hui, il ne reste plus dans cette rue qu’une femme blanche, une retraitée, et voici son histoire : cette femme a perdu son mari et ses deux fils, morts à la Guerre. Elle a transformé sa maison de 7 pièces, son seul bien, en chambres à louer. Elle y a mis toute son énergie et elle a bien réussi, remboursant son emprunt et commençant à épargner pour ses vieux jours. Puis des immigrés sont venus s’installer. Avec une appréhension croissante, elle a vu les maisons se faire racheter les unes après les autres. La rue, autrefois paisible, est devenue bruyante et chaotique. A regret, elle a vu ses locataires blancs partir un à un.

Le lendemain du jour où son dernier locataire est parti, elle a été réveillée à 7 heures du matin par deux hommes noirs qui, disaient-ils, voulaient utiliser son téléphone pour appeler leur employeur. Elle a refusé, comme elle aurait refusé à n’importe qui à cette heure matinale. Elle a alors été injuriée. Sans la chaîne qui bloquait sa porte, elle a craint d’être agressée. Depuis, des familles d’immigrés ont essayé de lui louer des chambres, mais elle a toujours refusé. Ses petites économies se sont épuisées, et après avoir payé ses impôts, il ne lui reste que 2 livres par semaine. Elle a demandé une réduction d’impôts et a été reçue par une jeune femme qui, voyant qu’elle possédait une maison de 7 pièces, lui a conseillé d’en louer une partie. Quand elle a répondu que les seuls locataires qui se présentaient étaient noirs, la jeune employée lui a répondu : « Les préjugés raciaux ne vous mèneront nulle part dans ce pays. » Elle est rentrée chez elle.

Le téléphone est son seul lien avec l’extérieur. Sa famille paye la facture, et l’aide autant qu’elle peut. Des immigrés lui ont proposé d’acheter sa maison, pour un prix que les acheteurs potentiels pourraient récupérer en la louant en quelques semaines, ou du moins en quelques mois. Elle a désormais peur de sortir. Ses fenêtres sont cassées. Elle trouve des excréments dans sa boîte aux lettres. Quand elle sort faire ses courses, elle est suivie par de charmants petits noirs, très souriants. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais il existe un mot qu’ils connaissent très bien : « Raciste ! » scandent-ils derrière elle. Lorsque cette nouvelle loi sur les relations interraciales sera votée, cette femme est convaincue qu’elle ira en prison. A-t-elle tort ? Je commence moi aussi à me poser la question…

L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît.

Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. Les mots que je vais citer ne sont pas les miens, je les reprends tels quels de la presse locale du 17 février [1968], ils sont d’un député travailliste, ministre du gouvernement actuel : « Il faut déplorer la campagne menée par la communauté Sikh pour conserver des coutumes inadéquates. Ils travaillent en Grande-Bretagne, dans la fonction publique qui plus est. Ces personnes doivent accepter les conditions liées à leur emploi. Réclamer des droits particuliers pour leur communauté (ou devrait-on parler de rites ?) mène à un dangereux clivage au sein de la société. Ce communautarisme est un chancre : qu’il soit revendiqué par un camp ou par un autre, il faut le condamner sévèrement. » Il faut remercier John Stonehouse pour sa lucidité et pour avoir eu le courage d’évoquer ce sujet.

Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis.

Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure.

Voir encore:

Michèle Tribalat : « L’Europe nous a imposé un modèle multiculturel auquel la France n’a jamais vraiment cherché à s’opposer »
La démographe republie « Assimilation, la fin du modèle français. » Selon elle, il manque plusieurs facteurs pour que l’assimilation fonctionne de nouveau en France..
Atlantico
5 Juin 2017

Vous republiez « Assimilation : la fin du modèle français » (Editions de l’Artilleur). Qu’est-ce qui vous fait faire ce constat de la défaite du modèle français en matière d’intégration aujourd’hui ?

Michèle Tribalat : L’assimilation ne relève pas d’une législation. Elle ne s’ordonne pas par la loi. C’est un processus social de convergence des comportements dans lequel la mixité des unions joue un rôle fondamental. L’assimilation, comme le multiculturalisme à sa manière, s’effectue dans un rapport asymétrique entre la société d’accueil et les nouveaux venus. Le modèle assimilationniste accorde un privilège à la culture de la société d’accueil, sans être ni culturaliste ni inégalitaire. C’est même tout le contraire puisqu’il suppose une capacité d’adaptation des migrants et de leurs descendants à un environnement culturel différent du leur. Le multiculturalisme est un modèle asymétrique d’un autre type. Il favorise le séparatisme et l’entre-soi, mais seulement pour les nouveaux venus. Cet entre-soi ne peut, en effet, être étendu aux autochtones, sous peine de susciter des discriminations. Les « minorités » reçoivent alors un traitement qui ne peut être concédé aux autochtones. C’est un modèle culturaliste et inégalitaire qui renverse l’asymétrie du modèle assimilationniste. Il ne reconnaît pas de droit à la persistance culturelle de la société d’accueil.

L’assimilation nécessite un certain nombre de conditions et, notamment, l’engagement du corps social dans son entier, élites comprises. La pression sociale exercée par les autochtones, généralement ceux des catégories populaires qui voisinent avec les populations aux modes de vie dépaysants, doit être considérée comme légitime et encouragée. Selon Paul Collier (Exodus, dont une traduction est à paraître à l’Artilleur l’année prochaine), les autochtones doivent être « les prosélytes de leur propre nation ». Pour être convaincant, ce prosélytisme nécessite une certaine fierté.

Si j’insiste sur ces caractéristiques, c’est parce qu’elles dessinent, en creux, tout ce qui manque aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans une disposition d’esprit propre à susciter l’assimilation. L’ascendant culturel des catégories populaires, autrefois motrices dans l’assimilation, est désormais contesté. Elles ont cessé d’être les prosélytes de la nation, d’espérer que leurs voisins s’adapteront et préfèrent vivre dans des lieux où il leur sera plus facile de maintenir leur propre mode de vie. Elles se sont éloignées des grands centres urbains (voir Christophe Guilluy), évitement qui a renforcé les concentrations ethniques, lesquelles favorisent l’entre-soi et le maintien des habitudes culturelles. On a là un cercle vicieux sur lequel les exhortations à la mixité sociale (euphémisme pour mixité ethnique) ont peu de prise. L’autodénigrement a remplacé le prosélytisme. Pourquoi chercherait-on à s’assimiler à un pays aussi détestable dont on ressasse avec gourmandise les tares passées ?

La question des flux migratoires est souvent très débattue car très incertaine. Entre les deux extrêmes du Grand Remplacement et d’une société mondiale ouverte, quelle observation peut-on faire ?

C’est, paradoxalement, lorsque le gouvernement a souhaité arrêter l’immigration, au milieu des années 1970, que s’est dessiné un régime juridique très favorable à l’immigration. Les velléités de suspendre, pour un temps l’immigration, n’ont été possibles que pour la migration directement économique. Le Conseil d’État, avant les Cours européennes, a forcé le gouvernement de l’époque à laisser ouvert le canal de l’immigration familiale. S’est ensuite développé un régime juridique fondé sur des droits ouverts aux étrangers respectant un certain nombre de conditions. Si l’immigration étrangère a été freinée jusqu’au milieu des années 1990, une nouvelle vague migratoire de grande ampleur s’est alors développée. Comme l’écrit Paul Collier, les standards selon lesquels les Cours européennes jugent que l’on peut renvoyer un immigrant, contre sa volonté, dans son pays d’origine, sont incroyablement élevés. Si bien que la politique fondée sur des droits encourage, paradoxalement, la migration irrégulière. Une fois qu’on a mis le pied en Europe, on a de bonnes chances de pouvoir y demeurer. En France, la perception du phénomène est obscurcie par des discours mal informés sur le régime migratoire actuel. Récemment, dans Libération, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration, a justifié l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle par le fait qu’ « on a accueilli très peu de migrants ces dernières années ! ». Je laisse le lecteur en juger à la lumière de ce graphique. J’ai, par ailleurs, montré que le taux d’accroissement de la proportion d’immigrés depuis le début des années 2000 est voisin de celui observé pendant les Trente Glorieuses.

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Entrées d’immigrés (Insee) et admissions au séjour, en fonction de la définition et des organismes producteurs ou diffuseurs de l’information (chiffres provisoires en 2014 et 2015 pour l’Insee et en 2016 pour le ministère de l’Intérieur). Champ : France métropolitaine pour le ministère de l’Intérieur ; France (hors Mayotte jusqu’en 2013, avec Mayotte ensuite) pour l’Insee et probablement aussi pour Eurostat. Les entrées estimées par l’Insee ne se limitent pas à celles en provenance de pays tiers à l’Union européenne. EAR = enquête annuelle de recensement.
Qu’est ce qui vous fait dire que le cadre européen est peu propice à une amélioration de la situation actuelle (on revient à l’assimilation, je suppose ) ?

Si l’option assimilationniste a été abandonnée très tôt en France (on peut remonter jusqu’en 1991 pour situer la bifurcation diversitaire de l’intégration théorisée par le Haut Conseil à l’intégration), c’est dans le cadre européen qu’a été élaborée plus finement l’option multiculturaliste à laquelle la France a souscrit. Je n’ai pas eu d’écho d’une opposition française aux onze principes de base communs adoptés par le Conseil européen du 19 novembre 2004. La France n’avait d’ailleurs dépêché, pour l’occasion, que son représentant permanent. L’intégration est désignée, dans le premier principe, comme « un processus à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres ». La littérature européenne nous éclaire sur le but de l’intégration : tolérance et respect ! L’UE, par construction, est favorable au développement du multiculturalisme. S’y ajoutent les craintes alimentées par les projections démographiques d’Eurostat, qui incitent l’UE à voir dans l’immigration la solution pour éviter un déclin démographique trop marqué.

Pourquoi déclarez-vous qu’en terme d’intégration, l’Islam « change la donne » ?

L’islam change la donne par la taille de la population musulmane, l’importance que les musulmans accordent à la religion, une tendance à la désécularisation, une transmission religieuse qui s’est améliorée et une endogamie religieuse très forte. Le tout dans un contexte que je vous ai décrit plus haut. Les mariages mixtes ont toujours été le carburant de l’assimilation : en épousant des autochtones, les migrants ou leurs descendants s’inscrivent dans l’héritage historique français. Éric Kaufmann considère que l’exogamie des musulmans est « l’épreuve de vérité de l’assimilation ». Pourtant, l’endogamie est la règle. Elle vaut pour toutes les religions, a fortiori pour l’islam : parmi les musulmans présents en 2008 et âgés de 18-50 ans, 90 % des premiers mariages des hommes et des femmes nés en France ou qui y sont venus alors qu’ils étaient encore enfants ont été célébrés avec un conjoint musulman. Paradoxalement, cette endogamie est plus faible chez les migrants arrivés célibataires à l’âge adulte qui ne se sont pas frottés à la société française dans leur jeune âge.

Comment est-ce qu’évolue la population musulmane en France ? Pourquoi l’immigration actuelle est différente de l’immigration que l’on a connue précédemment ?
Nous avons eu, exceptionnellement, en 2008, dans l’enquête Trajectoires et origines réalisée par l’Ined et l’Insee, des informations sur les affiliations religieuses qui ont permis une estimation de la population musulmane. J’ai estimé à 4,2 millions, le nombre de musulmans fin 2008. Mais, nous n’avons rien de solide depuis 2008. J’ai pu évaluer le taux d’accroissement dans l’année 2008 à 3,7 %. Si ce rythme d’accroissement s’est maintenu dans les années qui suivent, la population musulmane devrait être proche de 5,6 millions fin 2016.

Les enquêtes menées par les instituts sondages privés ne sont vraiment représentatives que sur les variables qui ont servi à établir les quotas (sexe, catégorie socio-professionnelle du chef de ménage, critères géographiques généralement) et ne sont pas un bon outil. Les estimations au doigt mouillé non plus. Lorsque François Héran, qui a pourtant été directeur de l’Ined pendant dix ans, prétend qu’un habitant sur huit, soit environ 8 millions, est d’origine musulmane, c’est au pifomètre, sans aucune justification méthodologique. Il faut donc attendre une nouvelle enquête publique recueillant l’affiliation religieuse pour se faire une idée sérieuse sur l’évolution du nombre de musulmans.

Lorsque les Polonais sont arrivés en France il y a bien longtemps, il passaient pour inassimilables. Mais il étaient catholiques et ont pu, au fil du temps et des générations, finalement, « trouver chaussure à leur pied » parmi les catholiques autochtones. Paradoxalement, l’endogamie religieuse a favorisé l’exogamie ethnique. Le catholicisme faisait partie des éléments culturels communs. Tel n’est pas le cas des musulmans qui apportent l’islam dans leurs bagages. Par ailleurs, la société, jusque dans les années 1960-70, n’était guère encline à célébrer la diversité comme on le fait aujourd’hui.

Comment la France peut-elle tenter de reprendre la main sur sa politique migratoire aujourd’hui ?

Nous avons actuellement la plus mauvaise combinaison : immigration étrangère importante + multiculturalisme mâtiné d’une rhétorique républicaine. Comme l’explique très bien Paul Collier dans son livre, le développement de diasporas (populations qui n’ont pas été absorbées par la population du pays d’accueil) favorise les flux d’immigration fondés sur les liens diasporiques. L’assimilation limite ce développement alors que le multiculturalisme le favorise. L’existence de larges diasporas n’est pas non plus propice à l’assimilation. Des flux plus modérés et une politique d’assimilation résolue constitueraient une meilleure combinaison. C’est d’autant plus vrai que les étrangers nouvellement accueillis sont plus difficiles à assimiler que prévu. Mais ce n’est pas la route sur laquelle nous cheminons.

La régulation des flux migratoires est du ressort des pays d’accueil et il faut cesser de se bercer d’illusions avec le développement des pays de départ qui serait la solution miraculeuse. Leur développement est une bonne chose en soi, mais ne participera pas à réduire les candidats à la migration, bien au contraire. L’amélioration du niveau de vie fournira, en effet, à plus de candidats les moyens de partir.

Il faut savoir que la politique migratoire est une compétence partagée avec l’UE. La Cour de justice de l’UE (CJUE) veille au respect des divers règlements et directives et élabore une jurisprudence qui encadre la politique des États. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme et des Cours nationales. Je ne sais pas quand et comment la France gagnera la maîtrise de sa politique migratoire, mais je suis sûre que l’on aurait intérêt à faciliter le débat sur la question. Sauf à considérer que les flux migratoires sont comme le climat et qu’il faut faire avec. Alors, bannissons de notre vocabulaire et de nos discussions la notion même de politique migratoire.

Voir par ailleurs:


Accord de Paris: Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre ! (Pittsburgh finally gets its say on Paris climate accord)

4 juin, 2017
Poignée de main musclée entre Donald Trump et Emmanuel Macron, le 25 mai 2017, en marge du sommet de l'Otan, à Bruxelles. L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://i2.wp.com/a57.foxnews.com/media2.foxnews.com/BrightCove/694940094001/2017/05/25/780/438/694940094001_5448810511001_Obama-takes-shot-at-Trump-with-wall-comment.jpg
La démocratie, c’est aussi la grande question par rapport à la tentation autoritaire que l’on voit surgir et notamment aux Etats-Unis. François Hollande
J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de Paris. Donald Trump
Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité. Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus. Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter. Emmanuel Macron
Il est difficile de taxer Emmanuel Macron de racisme ou de légèreté. Il a eu l’occasion de s’exprimer sur ces sujets, notamment au cours de la campagne lors de son déplacement à Mayotte. C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être. Quant à l’idée qu’il y aurait deux poids deux mesures : la différence c’est que contrairement à certaines autres personnes, Emmanuel Macron a une ligne claire vis-à-vis de l’immigration clandestine et des migrants. Il a par exemple été l’un des premiers à saluer la politique migratoire d’Angela Merkel. Cellule de communication de l’Élysée
Tout ce que j’ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent. Je ne suis pas inquiété par la justice, j’ai ma conscience pour moi. Richard Ferrand
Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. Un président en fonction, la première dame et sa famille tentent de ruiner ma vie. Vous le connaissez, il n’arrêtera pas. C’est l’Amérique, nous ne sommes pas censés mourir pour ça. Aujourd’hui, c’est moi, et demain, ça pourrait être vous. Je fais de l’humour provocateur, je vais continuer de me moquer de Trump. Je l’ai fait sous Bush et Clinton, et personne n’a essayé de me tuer. Kathy Griffin
Les médias sont unanimes : Emmanuel Macron est sorti vainqueur de sa poignée de main avec Donald Trump. La scène, filmée jeudi dernier à Bruxelles lors du sommet de l’OTAN, est passée en boucle sur les télévisions, avec arrêts sur image et gros plans sur les doigts du président américain : ils lâchent prise mais restent enserrés encore une seconde. Interrogé sur cette insignifiance par le JDD, le président français a déclaré : « Ma poignée de main avec lui ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique, mais un moment de vérité (…) Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques ». Dans cet univers artificiel, fait de signes prémédités, Macron confirme ses dons d’acteur et de communicant. « Un sans-faute », ont dit les choeurs. Reste que ce recours au théâtre muet, intrusion du mime Marceau en politique, infantilise un peu plus la chose publique. Macron n’a évidemment pas vaincu Trump ce jour-là. Mais le président a décidé d’écrire son épopée. Le pire est que ce narcissisme fait mouche. La presse est majoritairement conquise par le personnage. Est-elle encore un contre-pouvoir? Pour l’instant, elle est tout contre. « Nous n’avons jamais eu ce climat de béatitude », grinçait, lundi, Bernard Cazeneuve, l’ancien premier ministre. Mais les limites de l’euphorie sont visibles. L’envoûtement que Macron croyait avoir eu sur l’Américain n’empêchera pas Trump de garder sa liberté sur l’accord sur le climat. Il aura également incité l’Otan à se concentrer sur la lutte contre l’immigration et le terrorisme djihadiste, ces sujets délaissés par l’Union européenne, obnubilée par le danger russe. Ivan Rioufol
Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family. And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is. Republican White House insider
I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.  They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream. Trump adviser
Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in. Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue. White House official
The early few months of the Trump presidency are, in many ways, Claudian. Trump is likewise an outsider who, in the view of the Washington aristocracy, should never have been president. The thrice-married Trump was supposedly too old, too crude, too coarse, and too reckless in his past private life. His critics now allege that the blunt-talking Trump suffers from some sort of psychological or physical ailment, given that his accent, diction, grammar, and general manner of speaking, as well as his comportment, just don’t seem presidential. If Claudius constantly scribbled down observations on imperial life (unfortunately now mostly lost), Trump is an incessant tweeter, who daily issues forth a litany of impromptu impressions, half-baked thoughts, and assertions—that are likewise the stuff of ridicule by journalists. The media and the Washington establishment—like Claudius’s elite critics, Seneca, Suetonius, and Tacitus—focus mostly on the psychodramas of the president. But while they obsess over the frequent absence of First Lady Melania, Trump’s two-scoop ice cream deserts, the supposed undue and sinister influence of Trump’s daughter Ivanka and son-in-law Jared Kushner, the insider spats between the New York moderates and the Steve Bannon true-blue populists, the assorted firings of former Obama appointees, and investigations of Trump associates—the American government, like Rome under Claudius, goes on. Critics also miss the fact that Trump is not a catalyst but a reflection of contemporary culture, in the way that the world portrayed in Petronius’s Satyricon both pre- and postdated Claudius. The Neroian crudity, obscenity, and vulgarity of a Madonna, Bill Maher, or Steven Colbert—or DNC head Tom Perez or California Senator Kamala Harris—had nothing to do with Donald Trump. The real story of the Trump administration is not the messy firing of James Comey or the hysterical attacks on Trump by the media, or even his own shoot-from-the-hip excesses. Rather Trump, also like Claudius, has assembled a first-rate team of advisors and cabinet officials. Secretary of State Rex Tillerson, Defense Secretary James Mattis, National Security Advisor H.R. McMaster, and Homeland Security Director John Kelly—and the dozens of professionals who work for them—comprise the most astute and experienced group of strategists, diplomats, world travelers, and foreign policy thinkers since the Truman and Eisenhower administrations. Never have so many cabinet officers been given such responsibility and autonomy. It is unlikely that a Mattis or McMaster—outsiders who lack bureaucratic portfolios—would have ever held such office under either a progressive Democratic president or an establishment Republican one. A mercurial and unpredictable president gives a Secretary of Defense or State more leverage abroad than does an apologetic sounding and predictably complacent Commander in Chief. The result is a recovering military and a slow restoration of American deterrence abroad that will ultimately make the world safer and the need for America to intervene less likely. Trump’s Justice Department under former Senator Jeff Sessions and his Deputy Rod Rosenstein is likewise a vast improvement over the one headed by Eric Holder and Loretta Lynch, which politicized and even nullified federal law. So far, any diagnosis of what our contemporary Claudius has done in his first three months rather than what he has said—or what the media says he has said or done—suggests national improvement. The stock market is up over the last four months. Unemployment is down. Labor participation is inching up. Business confidence polls stronger. Illegal immigration has dropped by 70 percent. Federal revenues are increasing while federal spending is declining. Neil Gorsuch and other federal judicial appointees are being roundly praised. Local police and federal law enforcement officials are re-enthused after years of demoralization. Trump’s executive orders on the Keystone and Dakota pipelines, and the reenergized support for the coal industry, will bring more jobs and lower energy costs. Industries like steel, aluminum, and beef are talking about exporting and hiring in a way that they have not in years. While the media caricatures Trump’s propensity to jawbone companies about outsourcing jobs abroad, corporations themselves see executive orders on deregulation, promises of tax reform, and a new attitude of “America first” as incentives to stay home and hire Americans. (…) In the end, Claudius was likely murdered by dynastic rivals and relatives who thought that a young, glib, handsome, intellectual, and artistic Nero would be a pleasant relief from the awkwardness, bluntness, and weirdness of Claudius. What followed was the triumph of artists, intellectuals, stylish aristocrats, obsequious dynastic insiders, and flatterers—many of them eventually to be consumed by the reign of terror they so eagerly helped to usher in. Victor Davis Hanson
Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress. On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord. Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him. Ryan Lizza
On April 29th Donald Trump rang Rodrigo Duterte, the president of the Philippines. According to a leaked transcript, he said: “I just want to congratulate you because I am hearing of the unbelievable job on the drug problem.” Since Mr Duterte was elected in June last year, his anti-drugs campaign has led to the killing of around 9,000 people, mainly petty dealers and users. A couple of weeks earlier, Mr Trump had called the Turkish president, Recep Tayyip Erdogan, to congratulate him on winning a referendum granting him sweeping new powers. Since an attempted coup last year, more than 100,000 Turks have been arrested or detained: the judiciary has been shredded, journalists jailed and media outlets shut down Last week, in Saudi Arabia on the first leg of a nine-day foreign trip, Mr Trump praised Egypt’s president, Abdel Fattah al-Sisi (pictured). “Safety seems to be very strong” in Egypt, he gushed. Mr Sisi’s regime has locked up tens of thousands of dissidents. Not once in Saudi Arabia did Mr Trump raise the kingdom’s habit of flogging, torturing and not letting people choose their government, preferring to trumpet a $110bn arms deal: “Hundreds of billions of dollars of investments into the United States and jobs, jobs, jobs.” Mr Trump’s meetings later in his trip with NATO and G7 heads of government were, by contrast, sour affairs. The pattern is clear: this is a president who gets on better with authoritarian regimes than America’s traditional democratic partners. (…) This represents a rupture with at least four decades of bipartisan consensus in favour of liberal internationalism. Far from conflicting with America’s interests, argues Ted Piccone, a former foreign policy adviser in the Clinton administration now at the Brookings Institution, advancing normative values is essential to those interests, and is the basis for America’s national prestige and international legitimacy. (…) Barack Obama did not resile from the human-rights agenda. But he became increasingly doubtful about using military force to buttress it. Ms Green, who served in the American agency for international development under Mr Obama, says he set great store by “civic-society engagement” to push authoritarian regimes towards international norms. He also believed that speaking out on human rights when meeting autocrats boosted campaigners, even when his lecturing grated. Mr Obama was more of a Wilsonian than a neo-Wilsonian; his idealism tempered by a cool realism that verged on cynicism. For him the Middle East, exemplified by Libya, was a “shit show” that America could do little to change. But critics saw his reluctance to intervene in Syria as an abdication of American responsibility. Mr Obama reflected a loss of confidence in the certainties of the neolibs and neocons. He may have allowed the pendulum to swing back too far, but he reflected the mood of war-weary voters. Mr Trump stands for something different and darker: a contemptuous repudiation of the use of American strength in the service of anything other than self-interest. His enthusiasm for a brute like Mr Duterte gives heart to brutes everywhere. The consequences for America’s power and influence are likely to be grave. The Economist
On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord. Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué. Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe. Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus. Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens. Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias. Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques. (…) Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème. Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien. Patrick Aulnas
President Obama signed the agreement last September, albeit by ducking the two-thirds majority vote in the Senate required under the Constitution for such national commitments. The pact includes a three-year process for withdrawal, which Mr. Trump could short-circuit by also pulling out of the United Nations Framework Convention on Climate Change. Paris was supposed to address the failures of the 1997 Kyoto protocol, which Bill Clinton signed but George W. Bush refused to implement amid similar outrage. The Kyoto episode is instructive because the U.S. has since reduced emissions faster than much of Europe thanks to business innovation—namely, hydraulic fracturing that is replacing coal with natural gas. While legally binding, Kyoto’s CO 2 emissions targets weren’t strictly enforced. European countries that pursued aggressive reductions were engaging in economic masochism. According to a 2014 Manhattan Institute study, the average cost of residential electricity in 2012 was 12 cents per kilowatt hour in the U.S. but an average 26 cents in the European Union and 35 cents in Germany. The average price of electricity in the EU soared 55% from 2005 to 2013. Yet Germany’s emissions have increased in the last two years as more coal is burned to compensate for reduced nuclear energy and unreliable solar and wind power. Last year coal made up 40% of Germany’s power generation compared to 30% for renewables, while state subsidies to stabilize the electric grid have grown five-fold since 2012. But the climate believers tried again in Paris, this time with goals that are supposedly voluntary. China and India offered benchmarks pegged to GDP growth, which means they can continue their current energy plans. China won’t even begin reducing emissions until 2030 and in the next five years it will use more coal. President Obama, meanwhile, committed the U.S. to reducing emissions by between 26% and 28% below 2005 levels by 2025. This would require extreme changes in energy use. Even Mr. Obama’s bevy of anti-carbon regulations would get the U.S. to a mere 45% of its target. Meeting the goals would require the Environmental Protection Agency to impose stringent emissions controls on vast stretches of the economy including steel production, farm soil management and enteric fermentation (i.e., cow flatulence). Don’t laugh—California’s Air Resources Board is issuing regulations to curb bovine burping to meet its climate g oal. (…) The Big Con at the heart of Paris is that even its supporters concede that meeting all of its commitments won’t prevent more than a 0.17 degree Celsius increase in global temperatures by 2100, far less than the two degrees that is supposedly needed to avert climate doom. It’s also rich for Europeans to complain about the U.S. abdicating climate leadership after their regulators looked the other way as auto makers, notably Volkswagen , cheated on emissions tests. This allowed Europeans to claim they were meeting their green goals without harming the competitiveness of their auto makers. The EPA had to shame the EU into investigating the subterfuge. Ruth King
Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. » But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens. All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees. Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior. Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better. In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate (né global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money »? I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009. (…) So I (…) asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. Roger L Simon
Yes, there’s a threat to civilization and it’s not global warming, manmade or otherwise.  And anyone who isn’t comatose should know what it is. Islam, like cancer, needs a cure. And we all  have to participate in the search for one before it’s too late. Yes, this is about Islam, not « radical » Islam or some other off-shoot, real or imagined, because the tenets that have inspired the non-stop spate of terrorism across the world in recent years are spelled out clearly in sections of the Koran and the Hadith and other holy works of Islam. They provide justification for ISIS and a hundred other groups that may or may not replace them, now and in the future. This cannot continue — unless we really do want to destroy ourselves. To be clear, this is not about bad people (many Muslims are fine human beings), but about a malignant ideology from the seventh century that must be expunged for the survival of all. But the majority of Western leaders don’t want to know that.  In fact, I’d wager that most have not even bothered to educate themselves in any serious way about Islam nearly sixteen years after 9/11 and with all the constant carnage that has gone on since and has been increasing significantly, not just in London and Manchester but virtually everywhere. These Westerners are not only willfully blind, they are suicidal.  But we cannot let them commit suicide for the rest of us.  They have to go. Similarly, the recent Paris climate accord is not only based on bad or « cooked » Climategate science, it is a deliberate conscious/unconscious deflection from the genuine « present danger » in front of us.  It is no more than obfuscation allowing moral narcissists to feel good about themselves, virtue signaling about an environmental armageddon that hasn’t happened and may never happen while, in real life, people are actually murdered on London bridges and in Cairo churches. What we need now is an international terrorism accord — and, unlike the climate accord, a binding one — that would commit the world, including the Muslim nations themselves, to the complete reformation of Islam that is the necessary basis for an end to this terrorism. President Trump made a good start in Riyadh in his address to the Sunni leaders, but we must go much further.  It is correct that the Islamic world should be the ones to change their religion, but the rest of us on the planet are too affected by the results to stand by and wait.  From the horrifying (London this weekend) to the daily (the constant of indignity of being scanned at airports, concerts, museums, etc.), we are all victims of Islamic ideology.  We have a right, indeed an obligation, to participate in and demand its change. Otherwise, it will only get worse. Since Trump had the courage to open the discussion in Saudi Arabia, he should attempt to expand the dialogue and create this global accord. Egypt’s el-Sisi would be a good partner because he already had the guts to criticize his own religion.  All should be invited, even those who would never come (like the mullahs).  All must confront the question of why Islam, unique among the world’s religions today, has so much violence committed in its name. What is it about Islam that attracts this?  What therefore has to be changed, both in behavior and ideology ? (…) The time for diplomatic politesse is long over. Islam must be forced to join modernity. Reactionary multiculturalists among us must be ignored, along with their hypocritical (and nonsensical) belief that all religions are equal.  To do otherwise would be to treat Muslim people like children.  And that is what the West has been doing for some time — with atrocious results for all. Roger L Simon

Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre !

Alors qu’avec un troisième attentat en moins de trois mois en Grande-Bretagne, l’actualité se charge de rappeler …

Contre l’angélisme d’une Merkel qui avait engagé tout un continent sans consulter personne dans la folie migratoire que l’on sait …

La justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires …

Et que pour protéger leur propre camp après le déni de justice et de démocratie que nous venons de vivre en France, l’on voit nos nouveaux Fouquier-Tinville reprendre les mêmes arguments que leur ancienne victime …

Qui prend la peine, avec Roger L Simon, de rappeler …

Entre photos délirantes de tête ensanglantée et duels dérisoires de poignées de main

Qu’à l’instar de l’accord nucléaire avec l’Iran comme de la mise sur mise sur écoutes massive et secrète d’une bonne partie de ses compatriotes

Et sans parler de l’Obamacare qui n’avait obtenu aucune voix de l’opposition …

Son refus de punir Pittsburgh pour ne pas désespérer Paris

Se trouve être l’un trois domaines où son prédécesseur avait justement choisi de court-circuiter l’aval du Congrès ?

Paris: Trump Blocks First of Obama’s ‘Three Authoritarianisms’

Roger L Simon
PJ media
June 1, 2017

Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. »

But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens.

All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees.

Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior.

Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better.

In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate ( global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money« ?

I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009.  That the event occurred in near-blizzard conditions with temperatures hovering close to single digits was the least of it.  As we all know, that’s weather, not climate. Right?

Naturally, most of the conference was deadly dull — except for watching junketing U.S. politicians scarfing down modernist Danish jewelry in the Marriott gift shop. But during one of the tedious panel discussions, I found myself sitting next to the representative of one of the Pacific islands said to be on the edge of being submerged.  A pleasant fellow, I engaged him in conversation, attempting to commiserate with him about the fate of his homeland. The diplomat started laughing. « Don’t you believe in global warming? » I asked.  « It’s nonsense, » he said.  He went to explain that his island was just fine.  They had some bad weather and had put up sandbags, but now they were gone.  So I then asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. (Okay, I wouldn’t have been the first.)

Voir aussi:

Accord sur le climat : Trump face à l’hypocrisie

Le Président Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retiraient de l’Accord de Paris. Le tollé qu’il suscite est-il vraiment justifié ?

Patrick Aulnas

Contrepoints

4 juin 2017

On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord.

L’accord de Paris, un engagement purement moral

Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué.

Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe.

Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus.

L’honnêteté de Trump

Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens.

La réalité économique résiste

Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias.

Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques.

Les bons et les méchants

Il en résulte qu’obliger les États à s’engager moralement a une grande importance pour les idéologues de l’écologisme militant. Même si les engagements de l’accord de Paris restent flous, il sera possible à l’avenir de stigmatiser publiquement les pécheurs.

Par exemple, dans cinq ans, un premier bilan permettra de trier le bon grain de l’ivraie : les bons seront les pays ayant progressé (réduit leurs émissions) et les mauvais tous les autres. La propagande pourra ainsi se poursuivre sur les bases statistiques donnant un semblant de scientificité aux idéologues.

Une méthode éprouvée

Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème.

Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien.

Avec l’accord de Paris, l’enjeu était beaucoup plus important. Il s’agissait de permettre au clergé écologiste de classer les États eux-mêmes du côté du diable ou du côté du bon Dieu. On comprend la déception des dévots qui n’auront plus la suprême jouissance de faire des États-Unis le grand Satan.

Puissance idéologique de l’écologisme

La puissance de l’écologisme résulte ainsi de sa capacité à synthétiser une dimension religieuse, une dimension idéologique et une dimension scientifique. L’aspect religieux réside dans le manichéisme : le bien écologique s’oppose au mal industriel. L’aspect idéologique consiste à théoriser la société future puis à chercher à la construire par l’influence politique.

Cette société aura une caractéristique dominante : la science, la technique et l’économie seront entièrement déterminées par le politique (lois, normes, fiscalité, etc.). En général, les individus n’ayant pas perdu toute capacité de réflexion qualifient de dictature un tel régime politique. Mais la capacité de réflexion recule…

La science elle-même vient au secours de l’écologisme car elle lui fournit de multiples observations dans de très nombreux domaines. Il suffit de choisir les observations les plus significatives et de les compiler conformément à un résultat imposé idéologiquement pour obtenir les rapports du GIEC.

Relativiser le dogme écologiste

Trump, le rustre bien connu, n’a pas respecté le subtil agencement juridico-politico-éthique de l’écologisme militant. S’il ne s’agissait que de Trump, nos idéologues ne s’alarmeraient pas. Mais il s’agit de la première puissance économique mondiale. L’économie aurait-elle l’audace de relativiser le dogme écologiste ?

Voir également:

How Climate Change Saved Steve Bannon’s Job
Ryan Lizza
The New Yorker
June 2, 2017

Trump makes decisions that align with Steve Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

Reports of Steve Bannon’s death were greatly exaggerated. Just a few weeks ago, President Trump’s chief political adviser and the most controversial figure in the West Wing was considered a spent force. Some reports said he was going to resign. Others predicted Trump was about to fire him. “Bannon is on his way out,” a person close to Bannon, who worked on the Trump campaign, predicted to me last month. “He’ll probably go back to Breitbart or do something with the Mercers”—the billionaire political donors who have funded Breitbart and several of Bannon’s other political projects—“but I think it’s sort of a fait accompli at this point, because of the infighting.”

Trump himself strongly suggested, in mid-April, that Bannon’s White House service was approaching its end. He told the Wall Street Journal that Bannon was simply “a guy who works for me.” When the New York Post asked Trump if he “still has confidence in Bannon,” Trump declined to say yes. “I like Steve, but you have to remember he was not involved in my campaign until very late,” the President told the newspaper. “I had already beaten all the senators and all the governors, and I didn’t know Steve. I’m my own strategist, and it wasn’t like I was going to change strategies because I was facing crooked Hillary.”

The roots of Bannon’s alleged demise were the long-running battle he was waging with the so-called “globalist” faction in the White House, led by Trump’s son-in-law, Jared Kusher. For the past two years, one rule has defined Trumpland: if you cross Kushner or his wife, Ivanka Trump, you get fired. That’s how Bannon got his job in the first place. Kushner ousted Trump’s first campaign manager, Corey Lewandowski, who was replaced by Paul Manafort. Eventually, Manafort lost Kushner’s confidence and was replaced by the team of Bannon and Kellyanne Conway, who were strongly backed by the Mercers. “When Corey was leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Corey Lewandowski,” the Trump adviser said. “So Steve is leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Steve Bannon.”

Earlier this spring, when the press was filled with accounts of Bannon’s looming dismissal, other Trump advisers noted that the stories were overblown. “Everyone is saying, ‘Oh, there’s been a shift, Bannon is on his way out,’ ” a Republican close to the White House told me at the time, referring sarcastically to the rumors. “No, he’s not. Bannon is still there. And he’s still the main adviser to the President of the United States. And I believe that there’s always going to be this fight between these different wings of really different philosophies for him. And that’s how the President wants it.”

More recently, there have been nearly weekly reports of a dramatic White House shakeup. Trump’s senior advisers—people like Sean Spicer, Reince Priebus, Conway, and Bannon—are routinely described as being on their way out. Much of this information comes from Trump advisers in competing factions, inside and outside the White House, who are trying to push rivals to the exits. Reporting on Trump’s inner circle is akin to writing dispatches from inside a hall of mirrors. Aides regularly lie, distort, and feed journalists misinformation. “It’s easier to understand the papal elections than to understand these fucking nut cases,” the Trump adviser who believed Bannon would soon be fired said.

Two important things changed since the “Bannon is dead” narrative took hold, in April. The first is the Russia investigation. So far, Bannon has not been connected to the investigation. He joined the campaign after Carter Page and Roger Stone, two early Trump campaign advisers caught up in the probe, left, and right before Manafort, who is a major focus of the F.B.I. investi