Sommet de Washington: Cachez cette religion que je ne saurai voir (It’s the religion of the sword, stupid: After snubbing Paris and Auschwitz, Obama’s dog and pony show goes for semantics)

19 février, 2015
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https://i0.wp.com/www.je-suis-stupide-j-ai-vote-hollande.fr/blog/wp-content/uploads/recensement-profanations-1.jpgLe fascisme est bien plus sain que n’importe quelle conception hédoniste de la vie (…) Alors que le socialisme et même le capitalisme – plus à contrecoeur – ont dit aux gens: « Je vous offre du bon temps », Hitler leur a dit: « Je vous offre la lutte, le danger et la mort » et le résultat a été qu’un nation entière se jeta à ses pieds. Orwell
Le fait est qu’il y a quelque chose de profondément attirant chez lui. […] Hitler sait que les êtres humains ne veulent pas seulement du confort, de la sécurité, des journées de travail raccourcies, de l’hygiène, de la contraception et du bon sens en général ; ils souhaitent aussi, au moins de temps en temps, vivre de luttes et de sacrifice de soi, sans mentionner les tambours, les drapeaux et les défilés patriotiques. George Orwell
D’après de récentes informations, Ben Laden a obtenu de la part d’un religieux saoudien dévoyé un édit l’autorisant à utiliser l’arme nucléaire contre l’Amérique. Avec cela, plus rien ne fera reculer ceux qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001 s’ils ont la possibilité de causer mille fois plus de morts. Imaginez l’impact qu’aurait l’explosion d’une arme atomique à New York, Londres, Paris, Sydney ou Los Angeles, ou pire, deux ou trois ! Toute la civilisation moderne est fondée sur des bases économiques et technologiques que les terroristes veulent détruire. Deux bombes ont permis la destruction de l’industrie touristique de Bali en 2002. Quel serait l’effet d’une attaque encore plus dévastatrice ? Il est temps de reconnaître le danger qui nous menace, un danger pour notre existence même qui trouve sa source dans le wahabisme et le salafisme. Abdurrahman Wahid (Ancien président de l’Indonésie, 30 décembre 2005)
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Dans l’après-midi du jeudi 12 février, les cinq garçons se trouvent une occupation pendant leurs vacances scolaires : aller au cimetière juif. Ils commencent à jouer et là, selon le procureur de Saverne, « le jeu a dérapé ». Un premier acte déclenche « une sorte de frénésie collective ». Les stèles sont lourdes, mais anciennes et fragiles : ils les cassent une à une. Ils font des saluts nazis. Ils crachent sur les symboles juifs. En guise d’accompagnement sonore, ils crient ces mots : « Sales juifs », « Sale race », « Heil Hitler », « Sieg Heil ». (…) Les cinq mineurs n’ont aucun antécédent judiciaire. La justice ne leur connaît pas « de convictions idéologiques qui pourraient expliquer leur comportement », note le procureur. Ils sont issus de « familles bien », qui « ne posent pas de problèmes particuliers et ne sont pas dans le besoin », affirme-t-on à la mairie de Sarre-Union. L’un est le fils d’une institutrice, l’autre le petit-fils d’un proviseur. Tous sont « calmes, discrets, pas bagarreurs, n’ont rien de spécial », disent leurs camarades. Quatre sur les cinq habitent Sarre-Union, trois y sont scolarisés dans l’unique lycée. Les élèves de catégorie socio-professionnelle (CSP) favorisée y sont légèrement en dessous de la moyenne académique, les CSP défavorisés sont légèrement au-dessus, mais le taux de réussite au bac se situe entre 90 % et 100 %. « Un établissement sans problème particulier », assure Jacques-Pierre Gougeon, recteur de l’académie de Strasbourg. Pierre B. avait étrangement un ennemi déclaré : « le fascisme ». Il portait des slogans antifascistes sur ses vêtements. « On ne parlait pas politique mais si on évoquait le Front national, il se mettait sur ses deux pattes arrière et se mettait à grogner, raconte Gaëtan. Il prétendait se battre contre le fascisme et était très remonté contre la police. Il traitait les policiers et les militaires de fascistes, avec une hargne qui me mettait mal à l’aise. » Pierre était parti au lycée de Sarrebourg (Moselle) mais il passait voir ses copains à Sarre-Union. La mort récente de son père l’avait rendu un peu plus distant. (…)  L’Alsace, région limitrophe de l’Allemagne et ballottée par l’Histoire, est « l’une des régions où le travail sur le passé et la mémoire est le plus important », souligne M. Gougeon. Cours de religion, conférences de témoins de la Shoah, parfois voyages à Auschwitz… (…) Le profil des cinq jeunes n’est pas la seule énigme. Le petit cimetière de Sarre-Union, joli et discret, en est à sa sixième profanation depuis la Libération. Les précédents les plus marquants ont eu lieu en 1988 et 2001. Le sociologue Freddy Raphaël relève que « les trois quarts des cimetières juifs de la campagne alsacienne ont été profanés à un moment ou à un autre ». Il constate presque à chaque fois les mêmes stratégies de défense : réduire la profanation au rang du vandalisme. Les cinq mineurs de Sarre-Union ont usé du même argument : « On croyait que c’était abandonné », « on ne savait pas que c’était un cimetière juif… » Dans les villages d’Alsace, les cimetières juifs présentent il est vrai un avantage pour les profanateurs : ils sont toujours situés un peu à l’écart du village. Un double effet de l’existence d’un « judaïsme rural », spécifique en France à l’Alsace, et de la Révolution française, qui donna aux juifs le statut de citoyens français et leur permit enfin de bénéficier d’un cimetière de proximité. A une condition toutefois : que celui-ci se situe à la marge du bourg, et à un endroit que personne n’aurait envie de leurs disputer : là où l’équarrisseur enterrait ses bêtes crevées, ou sur ce terrain en pente près d’une rivière, donc humide et difficilement constructible, comme à Sarre-Union. Si l’on est vandale et antisémite, il y a ici un autre avantage : les cimetières juifs ruraux d’Alsace sont peu fréquentés. La Shoah et, pour les survivants, l’exode vers les villes, ont fait disparaître des villages la population juive. Il reste trois juifs à Sarre-Union, dont le « représentant de la communauté juive de Sarre-Union », Jacques Wolff. Ils étaient 400 familles au XVIIIe siècle. Les cimetières juifs ont toujours l’air vieux. Il n’y a plus de descendants pour entretenir les tombes et contrairement aux cimetières chrétiens, les concessions sont perpétuelles. Les morts ne s’en vont pas. « Cela joue dans l’inconscient collectif », souligne Claude Heymann, adjoint au grand rabbin de Strasbourg. Le cimetière se dit en hébreu « la maison des vivants » (Beth Ha’Haym). C’est l’image du juif qui est toujours là, qui aurait dû disparaître et qui revient. Encore de l’eau au moulin des antisémites : « Le juif est toujours celui qui s’en sort. » Pour le rabbin Heymann, la profanation du cimetière de Sarre-Union va au-delà de l’antisémitisme. « Cet acte est représentatif de l’incapacité pour les jeunes d’entrevoir un avant eux-mêmes. Ils vivent dans un monde virtuel et autocentré. Il n’y a qu’eux, le présent, leurs parents, leurs grands-parents s’ils les voient. En cela, c’est emblématique d’une époque. » Le Monde
There is a slogan repeated continuously by apologetic ‘du’at’ [callers for Islam] when flirting with the West and that is their statement: ‘Islam is the religion of peace,’ and they mean pacifism by the word peace. They have repeated this slogan so much to the extent that some of them alleged that Islam calls [for] permanent peace with kufr and the kafirin [unbelievers]. How far is their claim from the truth, for Allah has revealed Islam to be the religion of the sword, and the evidence for this is so profuse that only a zindiq (heretic) would argue otherwise. Islamic State
These extremists distort the idea of jihad into a call for terrorist murder against Christians and Hindus and Jews — and against Muslims, themselves, who do not share their radical vision. George Bush (November 11, 2005)
L’analogie que nous utilisons ici parfois, et je pense que c’est exact, c’est que si une équipe de juniors met l’uniforme des Lakers, cela n’en fait pas des Kobe Bryant. Obama (27 janvier 2014)
Al-Qaïda et le groupe Etat islamique recherchent désespérément une légitimité. Ils tentent de se dépeindre comme des leaders religieux et ils diffusent l’idée que l’Occident est en guerre contre l’islam. Nous ne devons jamais accepter les principes qu’ils mettent en avant, et nous devons leur refuser la légitimité qu’ils recherchent. Ce ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes ! Barack Obama
The United States does not support Egyptian and Emirati airstrikes against Islamist militias in Libya because the U.S. believes the crisis in Libya must be resolved politically and without outside interference. Department of Defense spokesman
Nous parlons des terroristes de l’Etat islamique, mais nous avons oublié que le régime syrien tue davantage, chaque jour. Ils sont passés sous la couverture radar. Nous sommes distraits par le groupe Etat islamique. Il doit bien entendu être éliminé, tout comme le régime, qui est la cause de tout ce problème, doit être éliminé. Oussama Jammal (Conseil américain des organisations musulmanes)
Le problème est le message et les actes, c’est ça l’important. Si nous étions clairement en faveur d’une paix juste, équitable et durable entre Israéliens et Palestiniens, ce serait vraiment important. Les actes comptent plus que les vecteurs d’information. Riedel (Institut Brookings)
A particularly virulent strain of extremist ideology has tried to insert itself in the Muslim community.(…) They would love nothing more than for the U.S. or the West to engage in a religious war. This is not a religious war. This is not a war on Islam. White House press secretary Josh Earnest
Here he has the summit, no heads of government coming, the participation has not been at a particularly high level. We’ll have foreign ministers, we’ll be speaking to the Egyptian foreign minister shortly, who will be participating, but there hasn’t been a whole lot of support from Europe or the Middle East at a very high level for what the president is setting out here. It seems to be more of a dog and pony show. Andrea Mitchell
President Obama claims he inherited a mess in the Middle East. Not so. (…) In Iraq, U.S. strategy hinged on forcing the fledgling democracy to create loose alliances between Kurds, Shiites, and Sunnis, with the understanding that they would all resist both al-Qaeda and Iranian-sponsored Shiite affiliates. And from 2009 to 2011, consensual government in Iraq seemed to be working, albeit mostly through the implied threats that nearby U.S. troops would intervene if it did not. The country was more quiet than not. Indeed, the U.S. military there was losing more personnel each month to accidents than to combat. In December 2009, three Americans were killed in Iraq — the lowest figure for any month since the war began. In December 2011, no Americans were lost. Obama, who had opposed the Iraq war, termed the country “secure” and “stable.” Vice President Joe Biden, who as senator had voted for the war, bragged that it might become the Obama administration’s “greatest achievement.” American proconsuls kept the pressure on Iranophile Prime Minister Nouri al-Maliki to treat Sunni tribes more equitably, and to keep Iraqi territory free of the Iranian military. Al-Qaeda in Iraq was comatose. Most Sunni Islamists had no desire for a replay of the Anbar Awakening and the Surge. Then, for the sake of a 2012 reelection campaign point, Obama pulled out all U.S. constabulary troops at the end of 2011. The result was a void that drew in the dregs of the Middle East, as ISIS and the Iranian-back militias fought over the corpse of what used to be Syria and Iraq. At the same time, the administration proclaimed empty red lines to Assad, in the manner it had given Iran empty deadlines — even as President Obama called ISIS a “jayvee” team that posed little threat to the U.S., or at least no more worries than what street criminals pose to the average big-city mayor. A growing ISIS soon appealed to disenchanted Sunni tribes who felt that they had been ostracized by Baghdad, even as Iran encouraged the Iraqi government to ostracize them even more. The ayatollahs’ great fear from 2008 to 2011 was that a viable, consensual Iraq on their border might weaken their theocratic control in Iran. Such anxiety vanished, replaced by a new confidence that, in the absence of U.S. garrisons, Tehran had turned Iraq into a vassal state. Victor Davis Hanson
The NATO allies are terrified that Putin will next attack the NATO-member Baltic states — and that their own paralysis will mean the embarrassing end of the once-noble alliance. The United States has now fled from four Middle Eastern countries. It forfeited its post-surge victory in Iraq. It was chased out of Libya after the killings of Americans in Benghazi. American red lines quickly turned pink in Syria. U.S. Marines just laid down their weapons and flew out of the closed American embassy in Yemen. America has convinced its European partners to drop tough sanctions against Iran. In the manner of the Allies in 1938 at Munich, they prefer instead to charm Iran, in hopes it will stop making a nuclear bomb. The Islamic State has used almost a year of unchallenged aggression to remake the map of the Middle East. President Obama had variously dismissed it as a jayvee team or merely akin to the problems that big-city mayors face. Europeans pay out millions to ransom their citizens from radical Islamic hostage-beheaders. Americans handed over terrorist kingpins to get back a likely Army deserter. Then we come to the return of the Jewish question. Seventy years after the end of the Holocaust, Jews are once again leaving France. They have learned that weak governments either will not or cannot protect them from Islamic terrorists. In France, radical Islamists recently targeted a kosher market. In Denmark, they went after a synagogue. In South Africa, students demanded the expulsion of Jewish students from a university. A Jewish prosecutor who was investigating the 1994 bombing of a Jewish community center in Argentina was found mysteriously murdered. Meanwhile, Israeli prime minister Benjamin Netanyahu is being blamed for stoking Middle Eastern tensions. Who cares that he resides over the region’s only true democracy, one that is stable and protects human rights? Obama-administration aides have called him a coward and worse. President Obama has dismissed the radical Islamists’ targeting of Jews in France merely as “randomly shoot[ing] a bunch of folks in a deli.” Putin, the Islamic State, and Iran at first glance have as little in common as did Germany, Italy, and Japan. But like the old Axis, they are all authoritarians that share a desire to attack their neighbors. And they all hate the West. The grandchildren of those who appeased the dictators of the 1930s once again prefer in the short term to turn a blind eye to the current fascists. And the grandchildren of the survivors of the Holocaust once again get blamed. The 1930s should have taught us that aggressive autocrats do not have to like each other to share hatred of the West. The 1930s should have demonstrated to us that old-time American isolationism and the same old European appeasement will not prevent but only guarantee a war. And the 1930s should have reminded us that Jews are usually among the first — but not the last — to be targeted by terrorists, thugs, and autocrats. Victor Davis Hanson
Il est très important que les musulmans répondent aux questions qui leur sont adressées : pourquoi ces criminels ont-ils pu interpréter le Coran et l’islam dans un sens qui les a conduits à justifier leurs agissements? Récemment, j’ai entendu ici un imam expliquer que les musulmans avaient le droit de répondre à l’injustice par leur coeur, leur tête ou leurs mains. Un de ses fidèles a rétorqué que c’était ce que les criminels avaient fait à Paris, en prenant des kalachnikovs au nom des injustices qu’ils dénonçaient. On est là au coeur du débat. Ces criminels ont construit leur démonstration à partir de l’islam. Dire que l’islam n’a rien à voir avec leurs actions, c’est vraiment absurde. (…) Les musulmans européens doivent faire pression sur leurs leaders religieux pour qu’ils se saisissent de ce débat. Si, aujourd’hui, je suis à la recherche sur Google d’un cheikh, d’un guide spirituel, je tomberai seulement sur des vidéos de radicaux. Pourquoi les leaders religieux modérés sont-ils absents d’Internet ? Pourquoi n’y apparaissent-ils pas pour donner leur propre version du Coran? (…) Nous avons la chance de bénéficier, en Occident, d’une liberté d’expression qui nous autorise à poser des questions dans l’espace public sans encourir de châtiment. N’ayons pas peur d’utiliser cette liberté. (…) Chacun a tendance à comprendre ce qui l’arrange. J’entends trop souvent : « Je condamne ce qui s’est passé à Paris, mais… ». Il n’y a pas de « mais » possible. Une condamnation collective et visible par les représentants de l’islam servirait à la stabilité sociale et à une meilleure compréhension des musulmans néerlandais. Cela agirait comme un remède social. Malheureusement, j’ai échoué à organiser un tel mouvement de condamnation, alors qu’il s’est manifesté en Allemagne grâce à la communauté turque, dotée d’une plus forte conscience politique que celles des Marocains et des Algériens des Pays-Bas et de France. Le taux d’illettrisme des Marocains vivant aux Pays-Bas est, il est vrai, élevé, et beaucoup dans cette communauté n’ont accès à l’islam qu’en écoutant les imams, pas en lisant le Livre saint. (…) Il faut distinguer plusieurs cercles. Ceux qui sont à la marge peuvent être ramenés dans le giron de la cité par un travail d’éducation, d’intégration et de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances. A ceux qui veulent vivre à Raqqa [en Syrie], siège du groupe Etat islamique, je dis : si telle est votre volonté, soyez conséquent et rendez-moi votre passeport. Car le passeport néerlandais, c’est plus qu’un document de voyage : c’est une partie de votre identité et un engagement de défendre la société ouverte fondée sur le compromis qui est celle des Pays- Bas. Si vous ne vous reconnaissez pas dans ces valeurs, partez et allez demander à M.Baghdadi [chef de l’organisation Etat islamique] de nouveaux papiers d’identité ! Ce disant, j’assume mon désaccord avec la politique actuelle du gouvernement, qui confisque les passeports des candidats au djihad afin de les empêcher de partir.(…) Arrêtons de les appeler « radicaux ». Etre radical, c’est un droit dans une société démocratique. Mais ceux qui recourent aux armes, comme en France, sont des criminels qui relèvent de la police et des services de sécurité. Il faut les mettre hors d’état de nuire. (…) Certains élus mettent en avant les conditions sociales défavorables, les discriminations, l’échec scolaire, le racisme… Franchement, je ne vois aucune preuve à l’appui de cette thèse. Pourquoi des millionnaires saoudiens partent-ils pour Raqqa? A cause de la misère, du racisme? En réalité, ces gens-là se construisent leurs propres vérités, qu’ils souhaitent imposer à d’autres à coups de kalachnikov. A la différence des terroristes d’extrême gauche de la Fraction armée rouge, dans les années 1970, qui étaient politiquement motivés, c’est leur interprétation de la religion qui les pousse à agir. (…) Quand j’entends à Amsterdam un gosse de 6 ans crier dans la rue « Mort aux juifs ! », je me doute bien que de tels mots de haine ne lui sont pas venus spontanément à la bouche. C’est pour cela que, lors des cérémonies de citoyenneté à l’hôtel de ville, au moment de remettre aux immigrants leurs nouveaux passeports néerlandais, j’insiste pour leur dire qu’en recevant une nouvelle identité ils obtiennent les droits conférés par la Constitution, mais aussi le devoir de protéger nos libertés fondamentales intangibles. Ici, rien ne vous empêche de brandir un Coran dans la rue ; en Arabie saoudite, si vous brandissez une Bible, vous pouvez être tué. (…)  en France, en Belgique, comme aux Pays-Bas, les foyers musulmans doivent s’interroger : comment est-il possible que des criminels soient capables de détourner leurs croyances et de passer à la violence en leur nom ? Et ce, alors que le plus grand nombre de ces victimes du terrorisme sont des musulmans! (…) Au moment où nous parlons, une flopée de bateaux, petits et grands, traverse la Méditerranée, pour la plupart en provenance du monde musulman, chargés d’hommes et de femmes en quête de liberté et de sécurité en Occident. Je les comprends. Il y a quarante ans, ma famille a suivi la même route pour les mêmes motifs. En général, ces réfugiés sont bien traités en Europe. Mais faut-il continuer à les accueillir alors même que certains parmi ces migrants ou, à plus long terme, leurs enfants vont nous menacer ? Est-ce la meilleure manière de remercier ceux qui les ont accueillis ? C’est une question légitime et je comprends que de nombreux Européens se la posent. La négliger serait irresponsable et il appartient aux musulmans issus de l’immigration d’y répondre. (…) La question est de savoir quelle est la place à donner à l’islam en Europe. Ce que je dis aux musulmans, c’est que plus ils embrasseront sincèrement notre Constitution et l’Etat de droit, plus leur place sera assurée. Inversement, s’ils pensent que l’islam prévaut sur la Constitution, cette place se réduira. Ahmed Aboutaleb (maire de Rotterdam)
People want to absolve Islam. It’s this ‘Islam is a religion of peace’ mantra. As if there is such a thing as ‘Islam’! It’s what Muslims do, and how they interpret their texts. Those texts are shared by all Sunni Muslims, not just the Islamic State. And these guys have just as much legitimacy as anyone else. Slavery, crucifixion, and beheadings are not something that freakish [jihadists] are cherry-picking from the medieval tradition.  Islamic State fighters “are smack in the middle of the medieval tradition and are bringing it wholesale into the present day. (…) What’s striking about them is not just the literalism, but also the seriousness with which they read these text. There is an assiduous, obsessive seriousness that Muslims don’t normally have. The Wahhabis were not wanton in their violence. They were surrounded by Muslims, and they conquered lands that were already Islamic; this stayed their hand. ISIS, by contrast, is really reliving the early period. Early Muslims were surrounded by non-Muslims, and the Islamic State, because of its takfiri tendencies, considers itself to be in the same situation. (…) The only principled ground that the Islamic State’s opponents could take is to say that certain core texts and traditional teachings of Islam are no longer valid. That really would be an act of apostasy. Bernard Haykel (Princeton)
The reality is that the Islamic State is Islamic. Very Islamic. Yes, it has attracted psychopaths and adventure seekers, drawn largely from the disaffected populations of the Middle East and Europe. But the religion preached by its most ardent followers derives from coherent and even learned interpretations of Islam. Virtually every major decision and law promulgated by the Islamic State adheres to what it calls, in its press and pronouncements, and on its billboards, license plates, stationery, and coins, “the Prophetic methodology,” which means following the prophecy and example of Muhammad, in punctilious detail. Muslims can reject the Islamic State; nearly all do. But pretending that it isn’t actually a religious, millenarian group, with theology that must be understood to be combatted, has already led the United States to underestimate it and back foolish schemes to counter it. We’ll need to get acquainted with the Islamic State’s intellectual genealogy if we are to react in a way that will not strengthen it, but instead help it self-immolate in its own excessive zeal. Without acknowledgment of these factors, no explanation of the rise of the Islamic State could be complete. But focusing on them to the exclusion of ideology reflects another kind of Western bias: that if religious ideology doesn’t matter much in Washington or Berlin, surely it must be equally irrelevant in Raqqa or Mosul. When a masked executioner says Allahu akbar while beheading an apostate, sometimes he’s doing so for religious reasons.(…) Some observers have called for escalation, including several predictable voices from the interventionist right (Max Boot, Frederick Kagan), who have urged the deployment of tens of thousands of American soldiers. These calls should not be dismissed too quickly: an avowedly genocidal organization is on its potential victims’ front lawn, and it is committing daily atrocities in the territory it already controls.(…) It would be facile, even exculpatory, to call the problem of the Islamic State “a problem with Islam.” The religion allows many interpretations, and Islamic State supporters are morally on the hook for the one they choose. And yet simply denouncing the Islamic State as un-Islamic can be counterproductive, especially if those who hear the message have read the holy texts and seen the endorsement of many of the caliphate’s practices written plainly within them. Graeme Wood

C’est la religion de l’épée, imbécile !

A l’heure où certains groupes chrétiens en sont à expurger leur traductions arabes ou turques de la Bible pour ne pas froisser leurs lecteurs musulmans …

Et où après avoir abandonné l’Irak et traité l’Etat islamique d’équipe juniors …

Puis séché Paris et Auschwitz …

Et tout récemment critiqué la Jordanie et l’Egypte pour s’être défendu contre la barbarie islamique  ….

L’Administration Obama pousse le déni, avec un sommet de Washington contre « l’extrémisme violent » reprenant la terminologie de ses prédécesseurs tout en multipliant discrètement les éliminations ciblées, de toute référence à l’islam …

Pendant qu’après avoir pendant si longtemps fermé les yeux sur la montée de l’antisémitisme en France, un pouvoir aux abois tente de nous refaire aujourd’hui le coup de Carpentras

Comment ne pas voir, avec l’islamologue de Princeton Bernard Haykel, les limites d’un tel déni

Face à des djihadistes qui eux n’ont pas peur de prendre leurs textes sacrés à la lettre ?

What ISIS Really Wants
The Islamic State is no mere collection of psychopaths. It is a religious group with carefully considered beliefs, among them that it is a key agent of the coming apocalypse. Here’s what that means for its strategy—and for how to stop it.
Graeme Wood
The Atlantic
March 2015

What is the Islamic State?

Where did it come from, and what are its intentions? The simplicity of these questions can be deceiving, and few Western leaders seem to know the answers. In December, The New York Times published confidential comments by Major General Michael K. Nagata, the Special Operations commander for the United States in the Middle East, admitting that he had hardly begun figuring out the Islamic State’s appeal. “We have not defeated the idea,” he said. “We do not even understand the idea.” In the past year, President Obama has referred to the Islamic State, variously, as “not Islamic” and as al-Qaeda’s “jayvee team,” statements that reflected confusion about the group, and may have contributed to significant strategic errors.

The group seized Mosul, Iraq, last June, and already rules an area larger than the United Kingdom. Abu Bakr al-Baghdadi has been its leader since May 2010, but until last summer, his most recent known appearance on film was a grainy mug shot from a stay in U.S. captivity at Camp Bucca during the occupation of Iraq. Then, on July 5 of last year, he stepped into the pulpit of the Great Mosque of al-Nuri in Mosul, to deliver a Ramadan sermon as the first caliph in generations—upgrading his resolution from grainy to high-definition, and his position from hunted guerrilla to commander of all Muslims. The inflow of jihadists that followed, from around the world, was unprecedented in its pace and volume, and is continuing.

Our ignorance of the Islamic State is in some ways understandable: It is a hermit kingdom; few have gone there and returned. Baghdadi has spoken on camera only once. But his address, and the Islamic State’s countless other propaganda videos and encyclicals, are online, and the caliphate’s supporters have toiled mightily to make their project knowable. We can gather that their state rejects peace as a matter of principle; that it hungers for genocide; that its religious views make it constitutionally incapable of certain types of change, even if that change might ensure its survival; and that it considers itself a harbinger of—and headline player in—the imminent end of the world.

The Islamic State, also known as the Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS), follows a distinctive variety of Islam whose beliefs about the path to the Day of Judgment matter to its strategy, and can help the West know its enemy and predict its behavior. Its rise to power is less like the triumph of the Muslim Brotherhood in Egypt (a group whose leaders the Islamic State considers apostates) than like the realization of a dystopian alternate reality in which David Koresh or Jim Jones survived to wield absolute power over not just a few hundred people, but some 8 million.

We have misunderstood the nature of the Islamic State in at least two ways. First, we tend to see jihadism as monolithic, and to apply the logic of al‑Qaeda to an organization that has decisively eclipsed it. The Islamic State supporters I spoke with still refer to Osama bin Laden as “Sheikh Osama,” a title of honor. But jihadism has evolved since al-Qaeda’s heyday, from about 1998 to 2003, and many jihadists disdain the group’s priorities and current leadership.

Bin Laden viewed his terrorism as a prologue to a caliphate he did not expect to see in his lifetime. His organization was flexible, operating as a geographically diffuse network of autonomous cells. The Islamic State, by contrast, requires territory to remain legitimate, and a top-down structure to rule it. (Its bureaucracy is divided into civil and military arms, and its territory into provinces.)

We are misled in a second way, by a well-intentioned but dishonest campaign to deny the Islamic State’s medieval religious nature. Peter Bergen, who produced the first interview with bin Laden in 1997, titled his first book Holy War, Inc. in part to acknowledge bin Laden as a creature of the modern secular world. Bin Laden corporatized terror and franchised it out. He requested specific political concessions, such as the withdrawal of U.S. forces from Saudi Arabia. His foot soldiers navigated the modern world confidently. On Mohammad Atta’s last full day of life, he shopped at Walmart and ate dinner at Pizza Hut.
Nearly all the Islamic State’s decisions adhere to what it calls, on its billboards, license plates, and coins, “the Prophetic methodology.”

There is a temptation to rehearse this observation—that jihadists are modern secular people, with modern political concerns, wearing medieval religious disguise—and make it fit the Islamic State. In fact, much of what the group does looks nonsensical except in light of a sincere, carefully considered commitment to returning civilization to a seventh-century legal environment, and ultimately to bringing about the apocalypse.

The most-articulate spokesmen for that position are the Islamic State’s officials and supporters themselves. They refer derisively to “moderns.” In conversation, they insist that they will not—cannot—waver from governing precepts that were embedded in Islam by the Prophet Muhammad and his earliest followers. They often speak in codes and allusions that sound odd or old-fashioned to non-Muslims, but refer to specific traditions and texts of early Islam.

To take one example: In September, Sheikh Abu Muhammad al-Adnani, the Islamic State’s chief spokesman, called on Muslims in Western countries such as France and Canada to find an infidel and “smash his head with a rock,” poison him, run him over with a car, or “destroy his crops.” To Western ears, the biblical-sounding punishments—the stoning and crop destruction—juxtaposed strangely with his more modern-sounding call to vehicular homicide. (As if to show that he could terrorize by imagery alone, Adnani also referred to Secretary of State John Kerry as an “uncircumcised geezer.”)

But Adnani was not merely talking trash. His speech was laced with theological and legal discussion, and his exhortation to attack crops directly echoed orders from Muhammad to leave well water and crops alone—unless the armies of Islam were in a defensive position, in which case Muslims in the lands of kuffar, or infidels, should be unmerciful, and poison away.

The reality is that the Islamic State is Islamic. Very Islamic. Yes, it has attracted psychopaths and adventure seekers, drawn largely from the disaffected populations of the Middle East and Europe. But the religion preached by its most ardent followers derives from coherent and even learned interpretations of Islam.

Virtually every major decision and law promulgated by the Islamic State adheres to what it calls, in its press and pronouncements, and on its billboards, license plates, stationery, and coins, “the Prophetic methodology,” which means following the prophecy and example of Muhammad, in punctilious detail. Muslims can reject the Islamic State; nearly all do. But pretending that it isn’t actually a religious, millenarian group, with theology that must be understood to be combatted, has already led the United States to underestimate it and back foolish schemes to counter it. We’ll need to get acquainted with the Islamic State’s intellectual genealogy if we are to react in a way that will not strengthen it, but instead help it self-immolate in its own excessive zeal.
Control of territory is an essential precondition for the Islamic State’s authority in the eyes of its supporters. This map, adapted from the work of the Institute for the Study of War, shows the territory under the caliphate’s control as of January 15, along with areas it has attacked. Where it holds power, the state collects taxes, regulates prices, operates courts, and administers services ranging from health care and education to telecommunications.
I. Devotion

In November, the Islamic State released an infomercial-like video tracing its origins to bin Laden. It acknowledged Abu Musa’b al Zarqawi, the brutal head of al‑Qaeda in Iraq from roughly 2003 until his killing in 2006, as a more immediate progenitor, followed sequentially by two other guerrilla leaders before Baghdadi, the caliph. Notably unmentioned: bin Laden’s successor, Ayman al Zawahiri, the owlish Egyptian eye surgeon who currently heads al‑Qaeda. Zawahiri has not pledged allegiance to Baghdadi, and he is increasingly hated by his fellow jihadists. His isolation is not helped by his lack of charisma; in videos he comes across as squinty and annoyed. But the split between al-Qaeda and the Islamic State has been long in the making, and begins to explain, at least in part, the outsize bloodlust of the latter.

Zawahiri’s companion in isolation is a Jordanian cleric named Abu Muhammad al Maqdisi, 55, who has a fair claim to being al-Qaeda’s intellectual architect and the most important jihadist unknown to the average American newspaper reader. On most matters of doctrine, Maqdisi and the Islamic State agree. Both are closely identified with the jihadist wing of a branch of Sunnism called Salafism, after the Arabic al salaf al salih, the “pious forefathers.” These forefathers are the Prophet himself and his earliest adherents, whom Salafis honor and emulate as the models for all behavior, including warfare, couture, family life, even dentistry.
The Islamic State awaits the army of “Rome,” whose defeat at Dabiq, Syria, will initiate the countdown to the apocalypse.

Maqdisi taught Zarqawi, who went to war in Iraq with the older man’s advice in mind. In time, though, Zarqawi surpassed his mentor in fanaticism, and eventually earned his rebuke. At issue was Zarqawi’s penchant for bloody spectacle—and, as a matter of doctrine, his hatred of other Muslims, to the point of excommunicating and killing them. In Islam, the practice of takfir, or excommunication, is theologically perilous. “If a man says to his brother, ‘You are an infidel,’ ” the Prophet said, “then one of them is right.” If the accuser is wrong, he himself has committed apostasy by making a false accusation. The punishment for apostasy is death. And yet Zarqawi heedlessly expanded the range of behavior that could make Muslims infidels.

Maqdisi wrote to his former pupil that he needed to exercise caution and “not issue sweeping proclamations of takfir” or “proclaim people to be apostates because of their sins.” The distinction between apostate and sinner may appear subtle, but it is a key point of contention between al-Qaeda and the Islamic State.

Denying the holiness of the Koran or the prophecies of Muhammad is straightforward apostasy. But Zarqawi and the state he spawned take the position that many other acts can remove a Muslim from Islam. These include, in certain cases, selling alcohol or drugs, wearing Western clothes or shaving one’s beard, voting in an election—even for a Muslim candidate—and being lax about calling other people apostates. Being a Shiite, as most Iraqi Arabs are, meets the standard as well, because the Islamic State regards Shiism as innovation, and to innovate on the Koran is to deny its initial perfection. (The Islamic State claims that common Shiite practices, such as worship at the graves of imams and public self-flagellation, have no basis in the Koran or in the example of the Prophet.) That means roughly 200 million Shia are marked for death. So too are the heads of state of every Muslim country, who have elevated man-made law above Sharia by running for office or enforcing laws not made by God.

Following takfiri doctrine, the Islamic State is committed to purifying the world by killing vast numbers of people. The lack of objective reporting from its territory makes the true extent of the slaughter unknowable, but social-media posts from the region suggest that individual executions happen more or less continually, and mass executions every few weeks. Muslim “apostates” are the most common victims. Exempted from automatic execution, it appears, are Christians who do not resist their new government. Baghdadi permits them to live, as long as they pay a special tax, known as the jizya, and acknowledge their subjugation. The Koranic authority for this practice is not in dispute.
Musa Cerantonio, an Australian preacher reported to be one of the Islamic State’s most influential recruiters, believes it is foretold that the caliphate will sack Istanbul before it is beaten back by an army led by the anti-Messiah, whose eventual death— when just a few thousand jihadists remain—will usher in the apocalypse. (Paul Jeffers/Fairfax Media)

Centuries have passed since the wars of religion ceased in Europe, and since men stopped dying in large numbers because of arcane theological disputes. Hence, perhaps, the incredulity and denial with which Westerners have greeted news of the theology and practices of the Islamic State. Many refuse to believe that this group is as devout as it claims to be, or as backward-looking or apocalyptic as its actions and statements suggest.

Their skepticism is comprehensible. In the past, Westerners who accused Muslims of blindly following ancient scriptures came to deserved grief from academics—notably the late Edward Said—who pointed out that calling Muslims “ancient” was usually just another way to denigrate them. Look instead, these scholars urged, to the conditions in which these ideologies arose—the bad governance, the shifting social mores, the humiliation of living in lands valued only for their oil.

Without acknowledgment of these factors, no explanation of the rise of the Islamic State could be complete. But focusing on them to the exclusion of ideology reflects another kind of Western bias: that if religious ideology doesn’t matter much in Washington or Berlin, surely it must be equally irrelevant in Raqqa or Mosul. When a masked executioner says Allahu akbar while beheading an apostate, sometimes he’s doing so for religious reasons.

Many mainstream Muslim organizations have gone so far as to say the Islamic State is, in fact, un-Islamic. It is, of course, reassuring to know that the vast majority of Muslims have zero interest in replacing Hollywood movies with public executions as evening entertainment. But Muslims who call the Islamic State un-Islamic are typically, as the Princeton scholar Bernard Haykel, the leading expert on the group’s theology, told me, “embarrassed and politically correct, with a cotton-candy view of their own religion” that neglects “what their religion has historically and legally required.” Many denials of the Islamic State’s religious nature, he said, are rooted in an “interfaith-Christian-nonsense tradition.”

Every academic I asked about the Islamic State’s ideology sent me to Haykel. Of partial Lebanese descent, Haykel grew up in Lebanon and the United States, and when he talks through his Mephistophelian goatee, there is a hint of an unplaceable foreign accent.

According to Haykel, the ranks of the Islamic State are deeply infused with religious vigor. Koranic quotations are ubiquitous. “Even the foot soldiers spout this stuff constantly,” Haykel said. “They mug for their cameras and repeat their basic doctrines in formulaic fashion, and they do it all the time.” He regards the claim that the Islamic State has distorted the texts of Islam as preposterous, sustainable only through willful ignorance. “People want to absolve Islam,” he said. “It’s this ‘Islam is a religion of peace’ mantra. As if there is such a thing as ‘Islam’! It’s what Muslims do, and how they interpret their texts.” Those texts are shared by all Sunni Muslims, not just the Islamic State. “And these guys have just as much legitimacy as anyone else.”

All Muslims acknowledge that Muhammad’s earliest conquests were not tidy affairs, and that the laws of war passed down in the Koran and in the narrations of the Prophet’s rule were calibrated to fit a turbulent and violent time. In Haykel’s estimation, the fighters of the Islamic State are authentic throwbacks to early Islam and are faithfully reproducing its norms of war. This behavior includes a number of practices that modern Muslims tend to prefer not to acknowledge as integral to their sacred texts. “Slavery, crucifixion, and beheadings are not something that freakish [jihadists] are cherry-picking from the medieval tradition,” Haykel said. Islamic State fighters “are smack in the middle of the medieval tradition and are bringing it wholesale into the present day.”
Our failure to appreciate the essential differences between ISIS and al-Qaeda has led to dangerous decisions.

The Koran specifies crucifixion as one of the only punishments permitted for enemies of Islam. The tax on Christians finds clear endorsement in the Surah Al-Tawba, the Koran’s ninth chapter, which instructs Muslims to fight Christians and Jews “until they pay the jizya with willing submission, and feel themselves subdued.” The Prophet, whom all Muslims consider exemplary, imposed these rules and owned slaves.

Leaders of the Islamic State have taken emulation of Muhammad as strict duty, and have revived traditions that have been dormant for hundreds of years. “What’s striking about them is not just the literalism, but also the seriousness with which they read these texts,” Haykel said. “There is an assiduous, obsessive seriousness that Muslims don’t normally have.”

Before the rise of the Islamic State, no group in the past few centuries had attempted more-radical fidelity to the Prophetic model than the Wahhabis of 18th‑century Arabia. They conquered most of what is now Saudi Arabia, and their strict practices survive in a diluted version of Sharia there. Haykel sees an important distinction between the groups, though: “The Wahhabis were not wanton in their violence.” They were surrounded by Muslims, and they conquered lands that were already Islamic; this stayed their hand. “ISIS, by contrast, is really reliving the early period.” Early Muslims were surrounded by non-Muslims, and the Islamic State, because of its takfiri tendencies, considers itself to be in the same situation.

If al-Qaeda wanted to revive slavery, it never said so. And why would it? Silence on slavery probably reflected strategic thinking, with public sympathies in mind: when the Islamic State began enslaving people, even some of its supporters balked. Nonetheless, the caliphate has continued to embrace slavery and crucifixion without apology. “We will conquer your Rome, break your crosses, and enslave your women,” Adnani, the spokesman, promised in one of his periodic valentines to the West. “If we do not reach that time, then our children and grandchildren will reach it, and they will sell your sons as slaves at the slave market.”

In October, Dabiq, the magazine of the Islamic State, published “The Revival of Slavery Before the Hour,” an article that took up the question of whether Yazidis (the members of an ancient Kurdish sect that borrows elements of Islam, and had come under attack from Islamic State forces in northern Iraq) are lapsed Muslims, and therefore marked for death, or merely pagans and therefore fair game for enslavement. A study group of Islamic State scholars had convened, on government orders, to resolve this issue. If they are pagans, the article’s anonymous author wrote,

Yazidi women and children [are to be] divided according to the Shariah amongst the fighters of the Islamic State who participated in the Sinjar operations [in northern Iraq] … Enslaving the families of the kuffar [infidels] and taking their women as concubines is a firmly established aspect of the Shariah that if one were to deny or mock, he would be denying or mocking the verses of the Koran and the narrations of the Prophet … and thereby apostatizing from Islam.

II. Territory

Tens of thousands of foreign Muslims are thought to have immigrated to the Islamic State. Recruits hail from France, the United Kingdom, Belgium, Germany, Holland, Australia, Indonesia, the United States, and many other places. Many have come to fight, and many intend to die.

Peter R. Neumann, a professor at King’s College London, told me that online voices have been essential to spreading propaganda and ensuring that newcomers know what to believe. Online recruitment has also widened the demographics of the jihadist community, by allowing conservative Muslim women—physically isolated in their homes—to reach out to recruiters, radicalize, and arrange passage to Syria. Through its appeals to both genders, the Islamic State hopes to build a complete society.

In November, I traveled to Australia to meet Musa Cerantonio, a 30-year-old man whom Neumann and other researchers had identified as one of the two most important “new spiritual authorities” guiding foreigners to join the Islamic State. For three years he was a televangelist on Iqraa TV in Cairo, but he left after the station objected to his frequent calls to establish a caliphate. Now he preaches on Facebook and Twitter.

Cerantonio—a big, friendly man with a bookish demeanor—told me he blanches at beheading videos. He hates seeing the violence, even though supporters of the Islamic State are required to endorse it. (He speaks out, controversially among jihadists, against suicide bombing, on the grounds that God forbids suicide; he differs from the Islamic State on a few other points as well.) He has the kind of unkempt facial hair one sees on certain overgrown fans of The Lord of the Rings, and his obsession with Islamic apocalypticism felt familiar. He seemed to be living out a drama that looks, from an outsider’s perspective, like a medieval fantasy novel, only with real blood.

Last June, Cerantonio and his wife tried to emigrate—he wouldn’t say to where (“It’s illegal to go to Syria,” he said cagily)—but they were caught en route, in the Philippines, and he was deported back to Australia for overstaying his visa. Australia has criminalized attempts to join or travel to the Islamic State, and has confiscated Cerantonio’s passport. He is stuck in Melbourne, where he is well known to the local constabulary. If Cerantonio were caught facilitating the movement of individuals to the Islamic State, he would be imprisoned. So far, though, he is free—a technically unaffiliated ideologue who nonetheless speaks with what other jihadists have taken to be a reliable voice on matters of the Islamic State’s doctrine.

We met for lunch in Footscray, a dense, multicultural Melbourne suburb that’s home to Lonely Planet, the travel-guide publisher. Cerantonio grew up there in a half-Irish, half-Calabrian family. On a typical street one can find African restaurants, Vietnamese shops, and young Arabs walking around in the Salafi uniform of scraggly beard, long shirt, and trousers ending halfway down the calves.

Cerantonio explained the joy he felt when Baghdadi was declared the caliph on June 29—and the sudden, magnetic attraction that Mesopotamia began to exert on him and his friends. “I was in a hotel [in the Philippines], and I saw the declaration on television,” he told me. “And I was just amazed, and I’m like, Why am I stuck here in this bloody room?”

The last caliphate was the Ottoman empire, which reached its peak in the 16th century and then experienced a long decline, until the founder of the Republic of Turkey, Mustafa Kemal Atatürk, euthanized it in 1924. But Cerantonio, like many supporters of the Islamic State, doesn’t acknowledge that caliphate as legitimate, because it didn’t fully enforce Islamic law, which requires stonings and slavery and amputations, and because its caliphs were not descended from the tribe of the Prophet, the Quraysh.

Baghdadi spoke at length of the importance of the caliphate in his Mosul sermon. He said that to revive the institution of the caliphate—which had not functioned except in name for about 1,000 years—was a communal obligation. He and his loyalists had “hastened to declare the caliphate and place an imam” at its head, he said. “This is a duty upon the Muslims—a duty that has been lost for centuries … The Muslims sin by losing it, and they must always seek to establish it.” Like bin Laden before him, Baghdadi spoke floridly, with frequent scriptural allusion and command of classical rhetoric. Unlike bin Laden, and unlike those false caliphs of the Ottoman empire, he is Qurayshi.

The caliphate, Cerantonio told me, is not just a political entity but also a vehicle for salvation. Islamic State propaganda regularly reports the pledges of baya’a (allegiance) rolling in from jihadist groups across the Muslim world. Cerantonio quoted a Prophetic saying, that to die without pledging allegiance is to die jahil (ignorant) and therefore die a “death of disbelief.” Consider how Muslims (or, for that matter, Christians) imagine God deals with the souls of people who die without learning about the one true religion. They are neither obviously saved nor definitively condemned. Similarly, Cerantonio said, the Muslim who acknowledges one omnipotent god and prays, but who dies without pledging himself to a valid caliph and incurring the obligations of that oath, has failed to live a fully Islamic life. I pointed out that this means the vast majority of Muslims in history, and all who passed away between 1924 and 2014, died a death of disbelief. Cerantonio nodded gravely. “I would go so far as to say that Islam has been reestablished” by the caliphate.

I asked him about his own baya’a, and he quickly corrected me: “I didn’t say that I’d pledged allegiance.” Under Australian law, he reminded me, giving baya’a to the Islamic State was illegal. “But I agree that [Baghdadi] fulfills the requirements,” he continued. “I’m just going to wink at you, and you take that to mean whatever you want.”

To be the caliph, one must meet conditions outlined in Sunni law—being a Muslim adult man of Quraysh descent; exhibiting moral probity and physical and mental integrity; and having ’amr, or authority. This last criterion, Cerantonio said, is the hardest to fulfill, and requires that the caliph have territory in which he can enforce Islamic law. Baghdadi’s Islamic State achieved that long before June 29, Cerantonio said, and as soon as it did, a Western convert within the group’s ranks—Cerantonio described him as “something of a leader”—began murmuring about the religious obligation to declare a caliphate. He and others spoke quietly to those in power and told them that further delay would be sinful.
Social-media posts from the Islamic State suggest that executions happen more or less continually.

Cerantonio said a faction arose that was prepared to make war on Baghdadi’s group if it delayed any further. They prepared a letter to various powerful members of ISIS, airing their displeasure at the failure to appoint a caliph, but were pacified by Adnani, the spokesman, who let them in on a secret—that a caliphate had already been declared, long before the public announcement. They had their legitimate caliph, and at that point there was only one option. “If he’s legitimate,” Cerantonio said, “you must give him the baya’a.”

After Baghdadi’s July sermon, a stream of jihadists began flowing daily into Syria with renewed motivation. Jürgen Todenhöfer, a German author and former politician who visited the Islamic State in December, reported the arrival of 100 fighters at one Turkish-border recruitment station in just two days. His report, among others, suggests a still-steady inflow of foreigners, ready to give up everything at home for a shot at paradise in the worst place on Earth.
Bernard Haykel, the foremost secular authority on the Islamic State’s ideology, believes the group is trying to re-create the earliest days of Islam and is faithfully reproducing its norms of war. “There is an assiduous, obsessive seriousness” about the group’s dedication to the text of the Koran, he says. (Peter Murphy)

In London, a week before my meal with Cerantonio, I met with three ex-members of a banned Islamist group called Al Muhajiroun (The Emigrants): Anjem Choudary, Abu Baraa, and Abdul Muhid. They all expressed desire to emigrate to the Islamic State, as many of their colleagues already had, but the authorities had confiscated their passports. Like Cerantonio, they regarded the caliphate as the only righteous government on Earth, though none would confess having pledged allegiance. Their principal goal in meeting me was to explain what the Islamic State stands for, and how its policies reflect God’s law.

Choudary, 48, is the group’s former leader. He frequently appears on cable news, as one of the few people producers can book who will defend the Islamic State vociferously, until his mike is cut. He has a reputation in the United Kingdom as a loathsome blowhard, but he and his disciples sincerely believe in the Islamic State and, on matters of doctrine, speak in its voice. Choudary and the others feature prominently in the Twitter feeds of Islamic State residents, and Abu Baraa maintains a YouTube channel to answer questions about Sharia.

Since September, authorities have been investigating the three men on suspicion of supporting terrorism. Because of this investigation, they had to meet me separately: communication among them would have violated the terms of their bail. But speaking with them felt like speaking with the same person wearing different masks. Choudary met me in a candy shop in the East London suburb of Ilford. He was dressed smartly, in a crisp blue tunic reaching nearly to his ankles, and sipped a Red Bull while we talked.

Before the caliphate, “maybe 85 percent of the Sharia was absent from our lives,” Choudary told me. “These laws are in abeyance until we have khilafa”—a caliphate—“and now we have one.” Without a caliphate, for example, individual vigilantes are not obliged to amputate the hands of thieves they catch in the act. But create a caliphate, and this law, along with a huge body of other jurisprudence, suddenly awakens. In theory, all Muslims are obliged to immigrate to the territory where the caliph is applying these laws. One of Choudary’s prize students, a convert from Hinduism named Abu Rumaysah, evaded police to bring his family of five from London to Syria in November. On the day I met Choudary, Abu Rumaysah tweeted out a picture of himself with a Kalashnikov in one arm and his newborn son in the other. Hashtag: #GenerationKhilafah.

The caliph is required to implement Sharia. Any deviation will compel those who have pledged allegiance to inform the caliph in private of his error and, in extreme cases, to excommunicate and replace him if he persists. (“I have been plagued with this great matter, plagued with this responsibility, and it is a heavy responsibility,” Baghdadi said in his sermon.) In return, the caliph commands obedience—and those who persist in supporting non-Muslim governments, after being duly warned and educated about their sin, are considered apostates.

Choudary said Sharia has been misunderstood because of its incomplete application by regimes such as Saudi Arabia, which does behead murderers and cut off thieves’ hands. “The problem,” he explained, “is that when places like Saudi Arabia just implement the penal code, and don’t provide the social and economic justice of the Sharia—the whole package—they simply engender hatred toward the Sharia.” That whole package, he said, would include free housing, food, and clothing for all, though of course anyone who wished to enrich himself with work could do so.

Abdul Muhid, 32, continued along these lines. He was dressed in mujahideen chic when I met him at a local restaurant: scruffy beard, Afghan cap, and a wallet outside of his clothes, attached with what looked like a shoulder holster. When we sat down, he was eager to discuss welfare. The Islamic State may have medieval-style punishments for moral crimes (lashes for boozing or fornication, stoning for adultery), but its social-welfare program is, at least in some aspects, progressive to a degree that would please an MSNBC pundit. Health care, he said, is free. (“Isn’t it free in Britain, too?,” I asked. “Not really,” he said. “Some procedures aren’t covered, such as vision.”) This provision of social welfare was not, he said, a policy choice of the Islamic State, but a policy obligation inherent in God’s law.
Anjem Choudary, London’s most notorious defender of the Islamic State, says crucifixion and beheading are sacred requirements. (Tal Cohen/Reuters)
III. The Apocalypse

All Muslims acknowledge that God is the only one who knows the future. But they also agree that he has offered us a peek at it, in the Koran and in narrations of the Prophet. The Islamic State differs from nearly every other current jihadist movement in believing that it is written into God’s script as a central character. It is in this casting that the Islamic State is most boldly distinctive from its predecessors, and clearest in the religious nature of its mission.

In broad strokes, al-Qaeda acts like an underground political movement, with worldly goals in sight at all times—the expulsion of non-Muslims from the Arabian peninsula, the abolishment of the state of Israel, the end of support for dictatorships in Muslim lands. The Islamic State has its share of worldly concerns (including, in the places it controls, collecting garbage and keeping the water running), but the End of Days is a leitmotif of its propaganda. Bin Laden rarely mentioned the apocalypse, and when he did, he seemed to presume that he would be long dead when the glorious moment of divine comeuppance finally arrived. “Bin Laden and Zawahiri are from elite Sunni families who look down on this kind of speculation and think it’s something the masses engage in,” says Will McCants of the Brookings Institution, who is writing a book about the Islamic State’s apocalyptic thought.

During the last years of the U.S. occupation of Iraq, the Islamic State’s immediate founding fathers, by contrast, saw signs of the end times everywhere. They were anticipating, within a year, the arrival of the Mahdi—a messianic figure destined to lead the Muslims to victory before the end of the world. McCants says a prominent Islamist in Iraq approached bin Laden in 2008 to warn him that the group was being led by millenarians who were “talking all the time about the Mahdi and making strategic decisions” based on when they thought the Mahdi was going to arrive. “Al-Qaeda had to write to [these leaders] to say ‘Cut it out.’ ”

For certain true believers—the kind who long for epic good-versus-evil battles—visions of apocalyptic bloodbaths fulfill a deep psychological need. Of the Islamic State supporters I met, Musa Cerantonio, the Australian, expressed the deepest interest in the apocalypse and how the remaining days of the Islamic State—and the world—might look. Parts of that prediction are original to him, and do not yet have the status of doctrine. But other parts are based on mainstream Sunni sources and appear all over the Islamic State’s propaganda. These include the belief that there will be only 12 legitimate caliphs, and Baghdadi is the eighth; that the armies of Rome will mass to meet the armies of Islam in northern Syria; and that Islam’s final showdown with an anti-Messiah will occur in Jerusalem after a period of renewed Islamic conquest.

The Islamic State has attached great importance to the Syrian city of Dabiq, near Aleppo. It named its propaganda magazine after the town, and celebrated madly when (at great cost) it conquered Dabiq’s strategically unimportant plains. It is here, the Prophet reportedly said, that the armies of Rome will set up their camp. The armies of Islam will meet them, and Dabiq will be Rome’s Waterloo or its Antietam.

“Dabiq is basically all farmland,” one Islamic State supporter recently tweeted. “You could imagine large battles taking place there.” The Islamic State’s propagandists drool with anticipation of this event, and constantly imply that it will come soon. The state’s magazine quotes Zarqawi as saying, “The spark has been lit here in Iraq, and its heat will continue to intensify … until it burns the crusader armies in Dabiq.” A recent propaganda video shows clips from Hollywood war movies set in medieval times—perhaps because many of the prophecies specify that the armies will be on horseback or carrying ancient weapons.

Now that it has taken Dabiq, the Islamic State awaits the arrival of an enemy army there, whose defeat will initiate the countdown to the apocalypse. Western media frequently miss references to Dabiq in the Islamic State’s videos, and focus instead on lurid scenes of beheading. “Here we are, burying the first American crusader in Dabiq, eagerly waiting for the remainder of your armies to arrive,” said a masked executioner in a November video, showing the severed head of Peter (Abdul Rahman) Kassig, the aid worker who’d been held captive for more than a year. During fighting in Iraq in December, after mujahideen (perhaps inaccurately) reported having seen American soldiers in battle, Islamic State Twitter accounts erupted in spasms of pleasure, like overenthusiastic hosts or hostesses upon the arrival of the first guests at a party.

The Prophetic narration that foretells the Dabiq battle refers to the enemy as Rome. Who “Rome” is, now that the pope has no army, remains a matter of debate. But Cerantonio makes a case that Rome meant the Eastern Roman empire, which had its capital in what is now Istanbul. We should think of Rome as the Republic of Turkey—the same republic that ended the last self-identified caliphate, 90 years ago. Other Islamic State sources suggest that Rome might mean any infidel army, and the Americans will do nicely.
After mujahideen reported having seen American soldiers in battle, Islamic State Twitter accounts erupted in spasms of pleasure, like overenthusiastic hosts upon the arrival of the first guests at a party.

After its battle in Dabiq, Cerantonio said, the caliphate will expand and sack Istanbul. Some believe it will then cover the entire Earth, but Cerantonio suggested its tide may never reach beyond the Bosporus. An anti-Messiah, known in Muslim apocalyptic literature as Dajjal, will come from the Khorasan region of eastern Iran and kill a vast number of the caliphate’s fighters, until just 5,000 remain, cornered in Jerusalem. Just as Dajjal prepares to finish them off, Jesus—the second-most-revered prophet in Islam—will return to Earth, spear Dajjal, and lead the Muslims to victory.

“Only God knows” whether the Islamic State’s armies are the ones foretold, Cerantonio said. But he is hopeful. “The Prophet said that one sign of the imminent arrival of the End of Days is that people will for a long while stop talking about the End of Days,” he said. “If you go to the mosques now, you’ll find the preachers are silent about this subject.” On this theory, even setbacks dealt to the Islamic State mean nothing, since God has preordained the near-destruction of his people anyway. The Islamic State has its best and worst days ahead of it.
Abu Bakr al-Baghdadi was declared caliph by his followers last summer. The establishment of a caliphate awakened large sections of Koranic law that had lain dormant, and required those Muslims who recognized the caliphate to immigrate. (Associated Press)

IV. The Fight

The ideological purity of the Islamic State has one compensating virtue: it allows us to predict some of the group’s actions. Osama bin Laden was seldom predictable. He ended his first television interview cryptically. CNN’s Peter Arnett asked him, “What are your future plans?” Bin Laden replied, “You’ll see them and hear about them in the media, God willing.” By contrast, the Islamic State boasts openly about its plans—not all of them, but enough so that by listening carefully, we can deduce how it intends to govern and expand.

In London, Choudary and his students provided detailed descriptions of how the Islamic State must conduct its foreign policy, now that it is a caliphate. It has already taken up what Islamic law refers to as “offensive jihad,” the forcible expansion into countries that are ruled by non-Muslims. “Hitherto, we were just defending ourselves,” Choudary said; without a caliphate, offensive jihad is an inapplicable concept. But the waging of war to expand the caliphate is an essential duty of the caliph.

Choudary took pains to present the laws of war under which the Islamic State operates as policies of mercy rather than of brutality. He told me the state has an obligation to terrorize its enemies—a holy order to scare the shit out of them with beheadings and crucifixions and enslavement of women and children, because doing so hastens victory and avoids prolonged conflict.

Choudary’s colleague Abu Baraa explained that Islamic law permits only temporary peace treaties, lasting no longer than a decade. Similarly, accepting any border is anathema, as stated by the Prophet and echoed in the Islamic State’s propaganda videos. If the caliph consents to a longer-term peace or permanent border, he will be in error. Temporary peace treaties are renewable, but may not be applied to all enemies at once: the caliph must wage jihad at least once a year. He may not rest, or he will fall into a state of sin.

One comparison to the Islamic State is the Khmer Rouge, which killed about a third of the population of Cambodia. But the Khmer Rouge occupied Cambodia’s seat at the United Nations. “This is not permitted,” Abu Baraa said. “To send an ambassador to the UN is to recognize an authority other than God’s.” This form of diplomacy is shirk, or polytheism, he argued, and would be immediate cause to hereticize and replace Baghdadi. Even to hasten the arrival of a caliphate by democratic means—for example by voting for political candidates who favor a caliphate—is shirk.

It’s hard to overstate how hamstrung the Islamic State will be by its radicalism. The modern international system, born of the 1648 Peace of Westphalia, relies on each state’s willingness to recognize borders, however grudgingly. For the Islamic State, that recognition is ideological suicide. Other Islamist groups, such as the Muslim Brotherhood and Hamas, have succumbed to the blandishments of democracy and the potential for an invitation to the community of nations, complete with a UN seat. Negotiation and accommodation have worked, at times, for the Taliban as well. (Under Taliban rule, Afghanistan exchanged ambassadors with Saudi Arabia, Pakistan, and the United Arab Emirates, an act that invalidated the Taliban’s authority in the Islamic State’s eyes.) To the Islamic State these are not options, but acts of apostasy.

The United States and its allies have reacted to the Islamic State belatedly and in an apparent daze. The group’s ambitions and rough strategic blueprints were evident in its pronouncements and in social-media chatter as far back as 2011, when it was just one of many terrorist groups in Syria and Iraq and hadn’t yet committed mass atrocities. Adnani, the spokesman, told followers then that the group’s ambition was to “restore the Islamic caliphate,” and he evoked the apocalypse, saying, “There are but a few days left.” Baghdadi had already styled himself “commander of the faithful,” a title ordinarily reserved for caliphs, in 2011. In April 2013, Adnani declared the movement “ready to redraw the world upon the Prophetic methodology of the caliphate.” In August 2013, he said, “Our goal is to establish an Islamic state that doesn’t recognize borders, on the Prophetic methodology.” By then, the group had taken Raqqa, a Syrian provincial capital of perhaps 500,000 people, and was drawing in substantial numbers of foreign fighters who’d heard its message.

If we had identified the Islamic State’s intentions early, and realized that the vacuum in Syria and Iraq would give it ample space to carry them out, we might, at a minimum, have pushed Iraq to harden its border with Syria and preemptively make deals with its Sunnis. That would at least have avoided the electrifying propaganda effect created by the declaration of a caliphate just after the conquest of Iraq’s third-largest city. Yet, just over a year ago, Obama told The New Yorker that he considered ISIS to be al-Qaeda’s weaker partner. “If a jayvee team puts on Lakers uniforms that doesn’t make them Kobe Bryant,” the president said.

Our failure to appreciate the split between the Islamic State and al-Qaeda, and the essential differences between the two, has led to dangerous decisions. Last fall, to take one example, the U.S. government consented to a desperate plan to save Peter Kassig’s life. The plan facilitated—indeed, required—the interaction of some of the founding figures of the Islamic State and al-Qaeda, and could hardly have looked more hastily improvised.
Given everything we know about the Islamic State, continuing to slowly bleed it appears the best of bad military options.

It entailed the enlistment of Abu Muhammad al Maqdisi, the Zarqawi mentor and al-Qaeda grandee, to approach Turki al-Binali, the Islamic State’s chief ideologue and a former student of Maqdisi’s, even though the two men had fallen out due to Maqdisi’s criticism of the Islamic State. Maqdisi had already called for the state to extend mercy to Alan Henning, the British cabbie who had entered Syria to deliver aid to children. In December, The Guardian reported that the U.S. government, through an intermediary, had asked Maqdisi to intercede with the Islamic State on Kassig’s behalf.

Maqdisi was living freely in Jordan, but had been banned from communicating with terrorists abroad, and was being monitored closely. After Jordan granted the United States permission to reintroduce Maqdisi to Binali, Maqdisi bought a phone with American money and was allowed to correspond merrily with his former student for a few days, before the Jordanian government stopped the chats and used them as a pretext to jail Maqdisi. Kassig’s severed head appeared in the Dabiq video a few days later.

Maqdisi gets mocked roundly on Twitter by the Islamic State’s fans, and al‑Qaeda is held in great contempt for refusing to acknowledge the caliphate. Cole Bunzel, a scholar who studies Islamic State ideology, read Maqdisi’s opinion on Henning’s status and thought it would hasten his and other captives’ death. “If I were held captive by the Islamic State and Maqdisi said I shouldn’t be killed,” he told me, “I’d kiss my ass goodbye.”

Kassig’s death was a tragedy, but the plan’s success would have been a bigger one. A reconciliation between Maqdisi and Binali would have begun to heal the main rift between the world’s two largest jihadist organizations. It’s possible that the government wanted only to draw out Binali for intelligence purposes or assassination. (Multiple attempts to elicit comment from the FBI were unsuccessful.) Regardless, the decision to play matchmaker for America’s two main terrorist antagonists reveals astonishingly poor judgment.

Chastened by our earlier indifference, we are now meeting the Islamic State via Kurdish and Iraqi proxy on the battlefield, and with regular air assaults. Those strategies haven’t dislodged the Islamic State from any of its major territorial possessions, although they’ve kept it from directly assaulting Baghdad and Erbil and slaughtering Shia and Kurds there.

Some observers have called for escalation, including several predictable voices from the interventionist right (Max Boot, Frederick Kagan), who have urged the deployment of tens of thousands of American soldiers. These calls should not be dismissed too quickly: an avowedly genocidal organization is on its potential victims’ front lawn, and it is committing daily atrocities in the territory it already controls.

One way to un-cast the Islamic State’s spell over its adherents would be to overpower it militarily and occupy the parts of Syria and Iraq now under caliphate rule. Al‑Qaeda is ineradicable because it can survive, cockroach-like, by going underground. The Islamic State cannot. If it loses its grip on its territory in Syria and Iraq, it will cease to be a caliphate. Caliphates cannot exist as underground movements, because territorial authority is a requirement: take away its command of territory, and all those oaths of allegiance are no longer binding. Former pledges could of course continue to attack the West and behead their enemies, as freelancers. But the propaganda value of the caliphate would disappear, and with it the supposed religious duty to immigrate and serve it. If the United States were to invade, the Islamic State’s obsession with battle at Dabiq suggests that it might send vast resources there, as if in a conventional battle. If the state musters at Dabiq in full force, only to be routed, it might never recover.
Abu Baraa, who maintains a YouTube channel about Islamic law, says the caliph, Baghdadi, cannot negotiate or recognize borders, and must continually make war, or he will remove himself from Islam.

And yet the risks of escalation are enormous. The biggest proponent of an American invasion is the Islamic State itself. The provocative videos, in which a black-hooded executioner addresses President Obama by name, are clearly made to draw America into the fight. An invasion would be a huge propaganda victory for jihadists worldwide: irrespective of whether they have given baya’a to the caliph, they all believe that the United States wants to embark on a modern-day Crusade and kill Muslims. Yet another invasion and occupation would confirm that suspicion, and bolster recruitment. Add the incompetence of our previous efforts as occupiers, and we have reason for reluctance. The rise of ISIS, after all, happened only because our previous occupation created space for Zarqawi and his followers. Who knows the consequences of another botched job?

Given everything we know about the Islamic State, continuing to slowly bleed it, through air strikes and proxy warfare, appears the best of bad military options. Neither the Kurds nor the Shia will ever subdue and control the whole Sunni heartland of Syria and Iraq—they are hated there, and have no appetite for such an adventure anyway. But they can keep the Islamic State from fulfilling its duty to expand. And with every month that it fails to expand, it resembles less the conquering state of the Prophet Muhammad than yet another Middle Eastern government failing to bring prosperity to its people.

The humanitarian cost of the Islamic State’s existence is high. But its threat to the United States is smaller than its all too frequent conflation with al-Qaeda would suggest. Al-Qaeda’s core is rare among jihadist groups for its focus on the “far enemy” (the West); most jihadist groups’ main concerns lie closer to home. That’s especially true of the Islamic State, precisely because of its ideology. It sees enemies everywhere around it, and while its leadership wishes ill on the United States, the application of Sharia in the caliphate and the expansion to contiguous lands are paramount. Baghdadi has said as much directly: in November he told his Saudi agents to “deal with the rafida [Shia] first … then al-Sulul [Sunni supporters of the Saudi monarchy] … before the crusaders and their bases.”
Musa Cerantonio and Anjem Choudary could mentally shift from contemplating mass death to discussing the virtues of Vietnamese coffee, with apparent delight in each.

The foreign fighters (and their wives and children) have been traveling to the caliphate on one-way tickets: they want to live under true Sharia, and many want martyrdom. Doctrine, recall, requires believers to reside in the caliphate if it is at all possible for them to do so. One of the Islamic State’s less bloody videos shows a group of jihadists burning their French, British, and Australian passports. This would be an eccentric act for someone intending to return to blow himself up in line at the Louvre or to hold another chocolate shop hostage in Sydney.

A few “lone wolf” supporters of the Islamic State have attacked Western targets, and more attacks will come. But most of the attackers have been frustrated amateurs, unable to immigrate to the caliphate because of confiscated passports or other problems. Even if the Islamic State cheers these attacks—and it does in its propaganda—it hasn’t yet planned and financed one. (The Charlie Hebdo attack in Paris in January was principally an al‑Qaeda operation.) During his visit to Mosul in December, Jürgen Todenhöfer interviewed a portly German jihadist and asked whether any of his comrades had returned to Europe to carry out attacks. The jihadist seemed to regard returnees not as soldiers but as dropouts. “The fact is that the returnees from the Islamic State should repent from their return,” he said. “I hope they review their religion.”

Properly contained, the Islamic State is likely to be its own undoing. No country is its ally, and its ideology ensures that this will remain the case. The land it controls, while expansive, is mostly uninhabited and poor. As it stagnates or slowly shrinks, its claim that it is the engine of God’s will and the agent of apocalypse will weaken, and fewer believers will arrive. And as more reports of misery within it leak out, radical Islamist movements elsewhere will be discredited: No one has tried harder to implement strict Sharia by violence. This is what it looks like.

Even so, the death of the Islamic State is unlikely to be quick, and things could still go badly wrong: if the Islamic State obtained the allegiance of al‑Qaeda—increasing, in one swoop, the unity of its base—it could wax into a worse foe than we’ve yet seen. The rift between the Islamic State and al-Qaeda has, if anything, grown in the past few months; the December issue of Dabiq featured a long account of an al‑Qaeda defector who described his old group as corrupt and ineffectual, and Zawahiri as a distant and unfit leader. But we should watch carefully for a rapprochement.

Without a catastrophe such as this, however, or perhaps the threat of the Islamic State’s storming Erbil, a vast ground invasion would certainly make the situation worse.
V. Dissuasion

It would be facile, even exculpatory, to call the problem of the Islamic State “a problem with Islam.” The religion allows many interpretations, and Islamic State supporters are morally on the hook for the one they choose. And yet simply denouncing the Islamic State as un-Islamic can be counterproductive, especially if those who hear the message have read the holy texts and seen the endorsement of many of the caliphate’s practices written plainly within them.

Muslims can say that slavery is not legitimate now, and that crucifixion is wrong at this historical juncture. Many say precisely this. But they cannot condemn slavery or crucifixion outright without contradicting the Koran and the example of the Prophet. “The only principled ground that the Islamic State’s opponents could take is to say that certain core texts and traditional teachings of Islam are no longer valid,” Bernard Haykel says. That really would be an act of apostasy.

The Islamic State’s ideology exerts powerful sway over a certain subset of the population. Life’s hypocrisies and inconsistencies vanish in its face. Musa Cerantonio and the Salafis I met in London are unstumpable: no question I posed left them stuttering. They lectured me garrulously and, if one accepts their premises, convincingly. To call them un-Islamic appears, to me, to invite them into an argument that they would win. If they had been froth-spewing maniacs, I might be able to predict that their movement would burn out as the psychopaths detonated themselves or became drone-splats, one by one. But these men spoke with an academic precision that put me in mind of a good graduate seminar. I even enjoyed their company, and that frightened me as much as anything else.

Non-muslims cannot tell Muslims how to practice their religion properly. But Muslims have long since begun this debate within their own ranks. “You have to have standards,” Anjem Choudary told me. “Somebody could claim to be a Muslim, but if he believes in homosexuality or drinking alcohol, then he is not a Muslim. There is no such thing as a nonpracticing vegetarian.”

There is, however, another strand of Islam that offers a hard-line alternative to the Islamic State—just as uncompromising, but with opposite conclusions. This strand has proved appealing to many Muslims cursed or blessed with a psychological longing to see every jot and tittle of the holy texts implemented as they were in the earliest days of Islam. Islamic State supporters know how to react to Muslims who ignore parts of the Koran: with takfir and ridicule. But they also know that some other Muslims read the Koran as assiduously as they do, and pose a real ideological threat.

Baghdadi is Salafi. The term Salafi has been villainized, in part because authentic villains have ridden into battle waving the Salafi banner. But most Salafis are not jihadists, and most adhere to sects that reject the Islamic State. They are, as Haykel notes, committed to expanding Dar al-Islam, the land of Islam, even, perhaps, with the implementation of monstrous practices such as slavery and amputation—but at some future point. Their first priority is personal purification and religious observance, and they believe anything that thwarts those goals—such as causing war or unrest that would disrupt lives and prayer and scholarship—is forbidden.

They live among us. Last fall, I visited the Philadelphia mosque of Breton Pocius, 28, a Salafi imam who goes by the name Abdullah. His mosque is on the border between the crime-ridden Northern Liberties neighborhood and a gentrifying area that one might call Dar al-Hipster; his beard allows him to pass in the latter zone almost unnoticed.
A theological alternative to the Islamic State exists—just as uncompromising, but with opposite conclusions.

Pocius converted 15 years ago after a Polish Catholic upbringing in Chicago. Like Cerantonio, he talks like an old soul, exhibiting deep familiarity with ancient texts, and a commitment to them motivated by curiosity and scholarship, and by a conviction that they are the only way to escape hellfire. When I met him at a local coffee shop, he carried a work of Koranic scholarship in Arabic and a book for teaching himself Japanese. He was preparing a sermon on the obligations of fatherhood for the 150 or so worshipers in his Friday congregation.

Pocius said his main goal is to encourage a halal life for worshipers in his mosque. But the rise of the Islamic State has forced him to consider political questions that are usually very far from the minds of Salafis. “Most of what they’ll say about how to pray and how to dress is exactly what I’ll say in my masjid [mosque]. But when they get to questions about social upheaval, they sound like Che Guevara.”

When Baghdadi showed up, Pocius adopted the slogan “Not my khalifa.” “The times of the Prophet were a time of great bloodshed,” he told me, “and he knew that the worst possible condition for all people was chaos, especially within the umma [Muslim community].” Accordingly, Pocius said, the correct attitude for Salafis is not to sow discord by factionalizing and declaring fellow Muslims apostates.

Instead, Pocius—like a majority of Salafis—believes that Muslims should remove themselves from politics. These quietist Salafis, as they are known, agree with the Islamic State that God’s law is the only law, and they eschew practices like voting and the creation of political parties. But they interpret the Koran’s hatred of discord and chaos as requiring them to fall into line with just about any leader, including some manifestly sinful ones. “The Prophet said: as long as the ruler does not enter into clear kufr [disbelief], give him general obedience,” Pocius told me, and the classic “books of creed” all warn against causing social upheaval. Quietist Salafis are strictly forbidden from dividing Muslims from one another—for example, by mass excommunication. Living without baya’a, Pocius said, does indeed make one ignorant, or benighted. But baya’a need not mean direct allegiance to a caliph, and certainly not to Abu Bakr al‑Baghdadi. It can mean, more broadly, allegiance to a religious social contract and commitment to a society of Muslims, whether ruled by a caliph or not.

Quietist Salafis believe that Muslims should direct their energies toward perfecting their personal life, including prayer, ritual, and hygiene. Much in the same way ultra-Orthodox Jews debate whether it’s kosher to tear off squares of toilet paper on the Sabbath (does that count as “rending cloth”?), they spend an inordinate amount of time ensuring that their trousers are not too long, that their beards are trimmed in some areas and shaggy in others. Through this fastidious observance, they believe, God will favor them with strength and numbers, and perhaps a caliphate will arise. At that moment, Muslims will take vengeance and, yes, achieve glorious victory at Dabiq. But Pocius cites a slew of modern Salafi theologians who argue that a caliphate cannot come into being in a righteous way except through the unmistakable will of God.

The Islamic State, of course, would agree, and say that God has anointed Baghdadi. Pocius’s retort amounts to a call to humility. He cites Abdullah Ibn Abbas, one of the Prophet’s companions, who sat down with dissenters and asked them how they had the gall, as a minority, to tell the majority that it was wrong. Dissent itself, to the point of bloodshed or splitting the umma, was forbidden. Even the manner of the establishment of Baghdadi’s caliphate runs contrary to expectation, he said. “The khilafa is something that Allah is going to establish,” he told me, “and it will involve a consensus of scholars from Mecca and Medina. That is not what happened. ISIS came out of nowhere.”

The Islamic State loathes this talk, and its fanboys tweet derisively about quietist Salafis. They mock them as “Salafis of menstruation,” for their obscure judgments about when women are and aren’t clean, and other low-priority aspects of life. “What we need now is fatwa about how it’s haram [forbidden] to ride a bike on Jupiter,” one tweeted drily. “That’s what scholars should focus on. More pressing than state of Ummah.” Anjem Choudary, for his part, says that no sin merits more vigorous opposition than the usurpation of God’s law, and that extremism in defense of monotheism is no vice.

Pocius doesn’t court any kind of official support from the United States, as a counterweight to jihadism. Indeed, official support would tend to discredit him, and in any case he is bitter toward America for treating him, in his words, as “less than a citizen.” (He alleges that the government paid spies to infiltrate his mosque and harassed his mother at work with questions about his being a potential terrorist.)

Still, his quietist Salafism offers an Islamic antidote to Baghdadi-style jihadism. The people who arrive at the faith spoiling for a fight cannot all be stopped from jihadism, but those whose main motivation is to find an ultraconservative, uncompromising version of Islam have an alternative here. It is not moderate Islam; most Muslims would consider it extreme. It is, however, a form of Islam that the literal-minded would not instantly find hypocritical, or blasphemously purged of its inconveniences. Hypocrisy is not a sin that ideologically minded young men tolerate well.

Western officials would probably do best to refrain from weighing in on matters of Islamic theological debate altogether. Barack Obama himself drifted into takfiri waters when he claimed that the Islamic State was “not Islamic”—the irony being that he, as the non-Muslim son of a Muslim, may himself be classified as an apostate, and yet is now practicing takfir against Muslims. Non-Muslims’ practicing takfir elicits chuckles from jihadists (“Like a pig covered in feces giving hygiene advice to others,” one tweeted).

I suspect that most Muslims appreciated Obama’s sentiment: the president was standing with them against both Baghdadi and non-Muslim chauvinists trying to implicate them in crimes. But most Muslims aren’t susceptible to joining jihad. The ones who are susceptible will only have had their suspicions confirmed: the United States lies about religion to serve its purposes.

Within the narrow bounds of its theology, the Islamic State hums with energy, even creativity. Outside those bounds, it could hardly be more arid and silent: a vision of life as obedience, order, and destiny. Musa Cerantonio and Anjem Choudary could mentally shift from contemplating mass death and eternal torture to discussing the virtues of Vietnamese coffee or treacly pastry, with apparent delight in each, yet to me it seemed that to embrace their views would be to see all the flavors of this world grow insipid compared with the vivid grotesqueries of the hereafter.

I could enjoy their company, as a guilty intellectual exercise, up to a point. In reviewing Mein Kampf in March 1940, George Orwell confessed that he had “never been able to dislike Hitler”; something about the man projected an underdog quality, even when his goals were cowardly or loathsome. “If he were killing a mouse he would know how to make it seem like a dragon.” The Islamic State’s partisans have much the same allure. They believe that they are personally involved in struggles beyond their own lives, and that merely to be swept up in the drama, on the side of righteousness, is a privilege and a pleasure—especially when it is also a burden.

Fascism, Orwell continued, is

psychologically far sounder than any hedonistic conception of life … Whereas Socialism, and even capitalism in a more grudging way, have said to people “I offer you a good time,” Hitler has said to them, “I offer you struggle, danger, and death,” and as a result a whole nation flings itself at his feet … We ought not to underrate its emotional appeal.

Nor, in the case of the Islamic State, its religious or intellectual appeal. That the Islamic State holds the imminent fulfillment of prophecy as a matter of dogma at least tells us the mettle of our opponent. It is ready to cheer its own near-obliteration, and to remain confident, even when surrounded, that it will receive divine succor if it stays true to the Prophetic model. Ideological tools may convince some potential converts that the group’s message is false, and military tools can limit its horrors. But for an organization as impervious to persuasion as the Islamic State, few measures short of these will matter, and the war may be a long one, even if it doesn’t last until the end of time.

Graeme Wood is a contributing editor at The Atlantic. His personal site is gcaw.net.

Voir aussi:

Effrayant : Attentats islamistes en Europe, l’analyse de Bat Ye’or
Dreuz info

fév 20, 20152

Pour pallier les déficiences des analyses géopolitiques et à l’indigence du débat d’idée des grands médias, nous avons demandé à notre amie Bat Ye’or, historienne et spécialiste de l’histoire de la dhimmitude des chrétiens et des juifs dans le Moyen Orient islamique, de porter son regard sur les récents attentats qui ont déchiré la France et le Danemark.
Pour rappel, et selon l’analyse de Bat Ye’or, la dhimmitude ne peut se comprendre que dans le cadre du djihad – Jean-Patrick Grumberg

Les accords Eurabia ont-ils été rompus unilatéralement par les musulmans ?
Qu’est-ce que vous entendez par « accords Eurabia » ? Si ce sont des documents officiels ponctuels signés entre chefs d’Etat, ces accords n’existent que partiellement et sont relatifs à Israël. Pour simplifier, Eurabia représente deux stratégies connexes et inséparables conçues par l’Europe avec ses partenaires de la Ligue arabe: 1) la création de la Palestine qui remplacera Israël, et 2) le projet méditerranéen de fusion euro-arabe, projet fondateur d’une civilisation commune méditerranéenne. Les deux stratégies sont liées.

Ces accords euro-arabes concernant Israël cités dans mon livre Eurabia *, sont :

Bruxelles 6 novembre 1973 résolution conjointe de la CEE.
Copenhague 15 décembre 1973, sommet de la CEE entérinant son alignement sur les conditions énoncées par le VIe Sommet arabe tenu à Alger le 26-28 novembre 1973 soit : recul d’Israël sur les lignes de 1949, reconnaissance de la Palestine avec Jérusalem comme capitale arabe, reconnaissance d’Arafat comme seul représentant de la Palestine, arrêt du soutien militaire et économique de l’Europe à Israël.
New York, Assemblée générale de l’ONU 26 septembre 1977, déclaration d’Henri Simonet, ministre belge des Affaires étrangères et président du Conseil de la CEE énonçant la position des Neufs conforme à celle de la Ligue Arabe.
Venise, 13 juin 1980, Déclaration du Conseil européen sur le Moyen-Orient qui entérine toutes les exigences arabes et impliquent l’Europe dans un processus pro-palestinien et anti-israélien.
Des sanctions contre Israël pour l’obliger à remplir les promesses faîtes par les Européens aux peuples arabes
Ces accords sont les premiers et postulent la position de l’Europe, d’autres suivirent. Or une lettre du 10/12 2010 adressée par d’anciens leaders, ambassadeurs et fonctionnaires de l’UE exhorte leurs remplaçants actuels à contraindre Israël par tous les moyens pour qu’il exécute les obligations prises par les Européens envers les Arabes relatives au territoire israélien, à sa population et à sa capitale. Ceci indique que l’UE, non seulement a adopté une position anti-israélienne dans un conflit qui ne la concernait pas, mais s’est engagée directement auprès de ses partenaires arabes à obliger Israël à s’exécuter. (usmep.us/2010-12-10-EFLG-letter-to-EU.pdf). Ces réclamations des pays arabes envers l’Europe ressortent de nombreux documents que j’ai examinés.

La stratégie du projet méditerranéen relève d’une autre structure. Il n’y a pas « d’accords» stricto sensu.

Elle consiste en un ensemble de lobbies et de réseaux officieux regroupant des parlementaires représentant tous les partis européens de la gauche à la droite, et leurs collègues arabes délégués par les parlements arabes. Ces parlementaires arabes et européens travaillaient ensemble dans divers comités spécifiques sous la double présidence de la Commission européenne et de la Ligue arabe. Michel Jobert, ministre français des Affaires étrangères nomma cette structure en 1974 le Dialogue euro-arabe. Saleh A. al-Mani, professeur saoudien à l’université King Saoud, la définit comme « une diplomatie associative » titre de son livre édifiant : The Euro-Arab Dialogue: A Study in Associative Diplomacy * (1983).

Ces réseaux établirent les fondations de la civilisation euro-arabe basée sur l’immigration, le multiculturalisme et l’antisionisme
Dès 1974 ces réseaux établirent au niveau européen et dans tous les secteurs d’activités les fondations idéologiques, politiques, culturelles, économiques, médiatiques, universitaires de la civilisation euro-arabe méditerranéenne basée sur l’immigration, le multiculturalisme et l’antisionisme. Une profusion de documents attestent l’existence et les activités de ces réseaux efficaces jusqu’à aujourd’hui. Le Dialogue euro-arabe, le Processus de Barcelone (1995), la Fondation Anna Lindh (2003), le Parlement euro-méditerranéen, l’Union méditerranéenne, Medea et bien d’autres instruments financiers, culturels et stratégiques démontrent l’existence de cette politique. Eurabia est tout cet ensemble qui repose sur un nombre très variés de documents.

Cette politique fut conçue par la France dans les années 60. Après plusieurs années d’efforts infructueux pour y associer les pays de la Communauté Européenne rebutés par ce projet antisémite sorti des cartons du nazisme, la France obtint l’adhésion à son projet en 1973. Sous les coups de boutoir du terrorisme international palestinien et du terrorisme économique de la Ligue arabe qui menaçait de boycott tout pays ami d’Israël, les neuf pays de la Communauté européenne adhérèrent à la politique française.

Pour répondre à votre question, si « les musulmans ont rompu les accords », mot confus dans ce contexte, je ne le crois pas. Un nouveau facteur est apparu : l’Etat islamique qui s’inscrit dans la pérennité théologique et juridique du jihad et de la guerre contre les mécréants.

Compte tenu qu’il n’y a jamais eu un aggiornamento théologique de l’islam et que les pays musulmans ont reconnu dans la charte de l’OCI (2008) s’enraciner dans les principes de l’islam, on doit pour comprendre la situation de l’Europe, l’interpréter selon le cadre juridique et idéologique dans lequel la situe le jihad qui n’a jamais été abrogé. On pourrait dire qu’Eurabia instaurait un état de trêve conditionnelle qui n’excluait pas le terrorisme pour obliger l’Europe à exécuter à la fois ses obligations contre Israël, et sur le plan intérieur la promotion de l’immigration musulmane, clé de voûte du projet méditerranéen.

Maintenant, l’Europe et l’Amérique ont donné un coup de pied dans la fourmilière, prodigué des armes aux islamistes qu’elles ont poussé à la rébellion contre les anciens dictateurs. L’Ummah a éclaté en tribus et clans hostiles les uns aux autres et manipulés par les financiers de la guerre.

La présence en Europe de millions d’immigrants qui refusent de s’intégrer et affiliés à leur pays d’origine importera en Europe les conflits et les divisions de ces pays
Dans certaines régions, il n’y a plus d’Etats, les frontières héritées de la colonisation après la Ier Guerre mondiale n’existent plus. L’Etat islamique qui règnent sur ces régions agit conformément aux règles du jihad, il se considère en guerre contre les Etats occidentaux qui combattent les mouvements islamistes en Afrique et au Levant. Il a donc ordonné à ses cellules dormantes en Europe de tuer ses citoyens et de les terroriser. Cela n’a rien à voir avec une soi-disant discrimination sociale de racistes blancs. Il est clair que la présence en Europe de millions d’immigrants qui refusent de s’intégrer et affiliés à leur pays d’origine importera en Europe les conflits et les divisions de ces pays.

Ont-ils perdu le contrôle de leurs éléments les plus radicaux qui déclenchent des attentats « spontanés » ?
Ces éléments obéissent à l’Etat islamique.

Mais on ne peut s’empêcher de penser que peut-être d’autres pressions utilisent le terrorisme pour obtenir de l’Europe les atouts qui ont toujours été exigés par la terreur depuis les années 1960 :

la reconnaissance de la Palestine obtenue de plusieurs états européens sous une très forte menace terroriste ;
l’aggravation des sanctions en Europe contre l’islamophobie et un renforcement de la censure culturelle contre la liberté d’opinion ;
une plus grande représentativité musulmane à des postes politiques importants et dans les médias. Cet argument d’ailleurs a été repris par la presse et des politiciens pour exonérer les coupables, culpabiliser la société européenne et promouvoir une plus forte influence islamique à tous les niveaux sociaux. Ce sont des demandes constantes formulées par l’Organisation de la Coopération Islamique.
Est-ce l’effet de la division entre l’Etat islamiste et les pays du « statu quo » qui rejailli sur des musulmans incontrôlés nés en Europe, et dans ce cas l’avenir proche promet d’être cauchemardesque ?
Les musulmans d’Europe ne sont pas incontrôlés. Les terroristes sont organisés et agissent rationnellement dans la logique du djihad et du dar al-Harb. Ce sont les Européens et leurs leaders qui sont fautifs d’ignorer leurs principes et leurs croyances.
La division est devenue un chaos de guerres et de barbarie qui n’épargnent personne. Mais les musulmans d’Europe ne sont pas incontrôlés. Les terroristes sont organisés et agissent rationnellement dans la logique du jihad et du dar al-Harb. Ce sont les Européens et leurs leaders qui sont fautifs d’ignorer leurs principes et leurs croyances. Ces leaders ont fait preuve de leur incroyable incompétence pour n’avoir pas prévu ce désastre en s’étant installés dans le déni depuis quarante ans alors qu’ils ont l’obligation d’assurer la sécurité de leurs concitoyens.

S’agit-il d’un prélude pour exiger de l’Europe plus de soumission, plus d’acceptation de l’Islam, et un rejet plus offensif d’Israël ?
Oui c’est exactement cela, et les concessions ont déjà commencé.

En fait ils veulent empêcher les juifs d’aller en Israël pour ne pas irriter leurs alliés arabes
Je ne crois pas du tout aux larmes de crocodile et aux mines contrites des leaders européens sur l’antisémitisme alors qu’ils financent par milliards – avec l’argent de leurs contribuables – les ONG de la haine contre Israël et contre le peuple juif qu’ils tentent de détruire de l’intérieur en corrompant des Israéliens et des juifs. Ils s’indignent de l’émigration de leurs concitoyens juifs quand ils ont tout fait pour créer la culture antisémite/antisioniste actuelle. En fait ils veulent les empêcher d’aller en Israël pour ne pas irriter leurs alliés arabes.

Comment analysez-vous le futur ?
Catastrophique pour tout le monde. L’UE ne changera pas de politique, elle s’est trop engagée pour reculer. Elle a mené trois politiques parallèles et connexes :

l’affaiblissement d’Israël pour lui substituer la Palestine qu’elle a soutenue, financée et formée dans ce but
la destruction des nations européennes pour construire l’UE
la construction de la civilisation euro-méditerranéenne, c’est-à-dire euro-arabe par l’immigration, la mixité des populations, la suppression du judéo-christianisme afin de rendre les populations européennes islamo-compatibles.
Eventuellement l’UE pourrait mener des actions militaires contre Israël si la campagne BDS qu’elle préconise et soutient en sous-main s’avérait insuffisante.
Et avec cela, comme si ce n’était pas assez, Obama pousse à la confrontation avec la Russie, rêvant de recréer la guerre en Europe et le chaos qu’il a semé dans les pays musulmans.

Voir également:

Fox attacks Obama for anti-terror rhetoric that Bush admin recommended
Julie Millican & Eric Shroeck

Media matters

June 3, 2010

Fox & Friends criticized the Obama administration’s « new national security strategy » because it will « no longer make references to radical Islamic extremism or jihad. » However, this policy is not new; indeed, Bush administration officials discouraged the use of such terms, which they said « unintentionally legitimize » violent extremists.

Fox & Friends attack reported ban on « references to radical Islamic extremism or jihad » as « insulting » and « mindboggling »
From the June 3 broadcast of Fox News’ Fox & Friends:

BRIAN KILMEADE (co-host): As part of the new national security strategy, the Obama administration says they will no longer make references to radical Islamic extremism or jihad. But our next guest says that is like fighting blindfolded.

Walid Phares, expand on that. You’re a Fox News terrorism analyst and senior fellow at the Foundation for the Defense of Democracies. Aren’t we not insulting the nonradical Islamists by not bringing that up? Is this making them feel better?

PHARES: Absolutely. This is the most stunning statement in a war with the terrorists that lasted nine years so far. At the ninth year, we are not able to define what is the ideology of the enemy? The administration said, yes, we’re fighting Al Qaeda and the Taliban. But what is the ideology of Al Qaeda and the Taliban? How can we have plans — how can we de-radicalize people? If we capture people, how can we de-radicalize them if we don’t even understand what’s their ideology. It is just mindboggling.
Bush administration also discouraged use of such terms
Karen Hughes — Bush’s « top diplomat to the Muslim world » — advised against using « the language of religion. » An April 7 Associated Press article reported that the Obama administration « will remove religious terms such as ‘Islamic extremism’ from the central document outlining the U.S. national security strategy. » The AP further noted that during the Bush administration, Karen Hughes, President Bush’s « top diplomat to the Muslim world, » urged against the use of phrases such as « Islamic extremists » and « radical jihadists. » The AP reported that « Hughes and Juan Zarate, Bush’s former deputy national security adviser, said Obama’s efforts build on groundwork from Bush’s second term, when some of the rhetoric softened. » From the AP article:

But the Bush administration struggled with its rhetoric. Muslims criticized him for describing the war against terror as a « crusade » and labeling the invasion of Afghanistan « Operation Infinite Justice » — words that were seen as religious. He regularly identified America’s enemy as « Islamic extremists » and « radical jihadists. »

Karen Hughes, a Bush confidant who served as his top diplomat to the Muslim world in his second term, urged the White House to stop.

« I did recommend that, in my judgment, it’s unfortunate because of the way it’s heard. We ought to avoid the language of religion, » Hughes said. « Whenever they hear ‘Islamic extremism, Islamic jihad, Islamic fundamentalism,’ they perceive it as a sort of an attack on their faith. That’s the world view Osama bin Laden wants them to have. »

Hughes and Juan Zarate, Bush’s former deputy national security adviser, said Obama’s efforts build on groundwork from Bush’s second term, when some of the rhetoric softened.
Bush administration document: « Never use the term ‘jihadist.’  » A May 2008 UPI article stated: « U.S. officials are being advised in internal government documents to avoid referring publicly to al-Qaida and other terrorist groups as Islamic or Muslim, and not to use terms like jihad or mujahedin, which ‘unintentionally legitimize’ terrorism. » The document discourages the use of « ill-defined and offensive terminology, » such as  » ‘Islamo-fascism,’ which are considered offensive by many Muslims. » The document from the National Counterterrorism Center goes on to state: « [N]ever use the terms ‘jihadist’ or ‘mujahideen’ in conversation to describe the terrorists. A mujahed, a holy warrior, is a positive characterization in the context of a just war. In Arabic, jihad means ‘striving in the path of God’ and is used in many contexts beyond warfare. Calling our enemies jihadis and their movement a global jihad unintentionally legitimizes their actions. »

Bush administration Homeland Security document cautions against « using terms such as, ‘jihadist,’ ‘Islamic terrorist,’ ‘Islamist,’ and ‘holy warrior.’  » A January 2008 Homeland Security document summarized recommendations made by Muslim leaders and scholars about proper and strategic terminology to use while discussing terrorism and stated that « the experts counseled caution in using terms such as ‘jihadist,’ ‘Islamic terrorist,’ ‘Islamist,’ and ‘holy warrior’  » in order to « avoid unintentionally portraying terrorists, who lack moral and religious legitimacy, as brave fighters, legitimate soldiers, or spokesmen for ordinary Muslims »:

Expert Recommendation 2 — Do not give the terrorists the legitimacy that they seek.

What terrorists fear most is irrelevance; what they need most is for large numbers of people to rally to their cause. There was a consensus that the USG should avoid unintentionally portraying terrorists, who lack moral and religious legitimacy, as brave fighters, legitimate soldiers, or spokesmen for ordinary Muslims. Therefore, the experts counseled caution in using terms such as, « jihadist, » « Islamic terrorist, » « Islamist, » and « holy warrior » as grandiose descriptions.

Using the word « Islamic » in a phrase will sometimes be necessary in order to distinguish terrorists who claim the banner of Islam from other extremist groups who do not invoke religion, or who invoke other faiths. Nevertheless, CRCL [Office for Civil Rights and Civil Liberties] understands the experts’ caution in this regard to be rooted in the concern that we should not concede the terrorists’ claim that they are legitimate adherents of Islam. Therefore, when using the word, it may be strategic to emphasize that many so-called « Islamic » terrorist groups twist and exploit the tenets of Islam to justify violence and to serve their own selfish political aims.
The same is true of the moniker « Islamist » (or the related « Islamism »), which many have used to refer to individuals who view Islam as a political system in addition to a religion. The experts we consulted did not criticize this usage based on accuracy; indeed, they acknowledged that academics and commentators, including some in the Arab and Muslim Worlds, regularly use « Islamist » to describe people and movements. Nevertheless, they caution that it may not be strategic for USG of£icials to use the term because the general public, including overseas audiences, may not appreciate the academic distinction between Islamism and Islam. In the experts’ estimation, this may still be true, albeit to a lesser extent, even if government officials add qualifiers, e.g. « violent Islamists » or « radical Islamism. »

Regarding jilzad, even if it is accurate to reference the term (putting aside polemics on its true nature), it may not be strategic because it glamorizes terrorism, imbues terrorists with religious authority they do not have, and damages relations with Muslims around the globe.
Some say that this is a war against « Salafis. » However, Salafism is a belief system that many people follow. This includes al-Qaeda leadership, as well as many individuals who are not violent at all. Again, if we assign this term to al-Qaeda, we will be handing them legitimacy that they do not have, but are desperately seeking.
The consensus is that we must carefully avoid giving bin Laden and other al-Qaeda leaders the legitimacy they crave, but do not possess, by characterizing them as religious figures, or in terms that may make them seem to be noble in the eyes of some.
Right-wing media previously attacked Brennan over statements about jihad
As Media Matters has noted, right-wing media have claimed Obama administration counterterrorism adviser John Brennan’s statement that jihad is a « legitimate tenet of Islam » is « absurd » and « frightening » and indicates Brennan is « deranged. » But Bush similarly stated that extremists « distort the idea of jihad » to support their terrorist acts.

Brennan: U.S. doesn’t « describe our enemy as jihadists or Islamists because jihad is holy struggle, a legitimate tenet of Islam meaning to purify oneself of one’s community. » In a May 26 speech to the Center for Strategic and International Studies, Brennan said that the U.S. doesn’t « describe our enemy as jihadists or Islamists because jihad is holy struggle, a legitimate tenet of Islam meaning to purify oneself of one’s community » and that « [i]t would play into the false perception that they are religious leaders defending a holy cause when in fact, they are nothing more than murderers, including the murder of thousands upon thousands of Muslims. » Brennan also said that « [o]ur enemy is al-Qaida and its terrorist affiliates. For it was al-Qaida who attacked us so viciously on 9/11 and whose desire to attack the United States, our allies and our partners remains undiminished. »

Bush repeatedly said « extremists distort the idea of jihad. » In a November 11, 2005, speech, Bush said that « [t]hese extremists distort the idea of jihad into a call for terrorist murder against Christians and Hindus and Jews — and against Muslims, themselves, who do not share their radical vision. » In an October 17, 2005, speech, Bush said that « [t]hese extremists distort the idea of jihad into a call for terrorist murder against anyone who does not share their radical vision, including Muslims from other traditions, who they regard as heretics. »

Voir aussi:

‘Jihadist’ booted from U.S. government lexicon
Bush administration targets language in war on terrorism
AP/NBC news

4/24/2008

WASHINGTON — Don’t call them jihadists any more.

And don’t call al-Qaida a movement.

The Bush administration has launched a new front in the war on terrorism, this time targeting language.

Federal agencies, including the State Department, the Department of Homeland Security and the National Counter Terrorism Center, are telling their people not to describe Islamic extremists as « jihadists » or « mujahedeen, » according to documents obtained by The Associated Press. Lingo like « Islamo-fascism » is out, too.

The reason: Such words may actually boost support for radicals among Arab and Muslim audiences by giving them a veneer of religious credibility or by causing offense to moderates.

For example, while Americans may understand « jihad » to mean « holy war, » it is in fact a broader Islamic concept of the struggle to do good, says the guidance prepared for diplomats and other officials tasked with explaining the war on terror to the public. Similarly, « mujahedeen, » which means those engaged in jihad, must be seen in its broader context.

U.S. officials may be « unintentionally portraying terrorists, who lack moral and religious legitimacy, as brave fighters, legitimate soldiers or spokesmen for ordinary Muslims, » says a Homeland Security report. It’s entitled « Terminology to Define the Terrorists: Recommendations from American Muslims. »

« Regarding ‘jihad,’ even if it is accurate to reference the term, it may not be strategic because it glamorizes terrorism, imbues terrorists with religious authority they do not have and damages relations with Muslims around the world, » the report says.

‘Official use only’
Language is critical in the war on terrorism, says another document, an internal « official use only » memorandum circulating through Washington entitled « Words that Work and Words that Don’t: A Guide for Counterterrorism Communication. »

The memo, originally prepared in March by the Extremist Messaging Branch at the National Counter Terrorism Center, was approved for diplomatic use this week by the State Department, which plans to distribute a version to all U.S. embassies, officials said.

« It’s not what you say but what they hear, » the memo says in bold italic lettering, listing 14 points about how to better present the war on terrorism.

« Don’t take the bait, » it says, urging officials not to react when Osama bin Laden or al-Qaida affiliates speak. « We should offer only minimal, if any, response to their messages. When we respond loudly, we raise their prestige in the Muslim world. »

« Don’t compromise our credibility » by using words and phrases that may ascribe benign motives to terrorists.

Some other specifics:

« Never use the terms ‘jihadist’ or ‘mujahedeen’ in conversation to describe the terrorists. … Calling our enemies ‘jihadis’ and their movement a global ‘jihad’ unintentionally legitimizes their actions. »
« Use the terms ‘violent extremist’ or ‘terrorist.’ Both are widely understood terms that define our enemies appropriately and simultaneously deny them any level of legitimacy. »
On the other hand, avoid ill-defined and offensive terminology: « We are communicating with, not confronting, our audiences. Don’t insult or confuse them with pejorative terms such as ‘Islamo-fascism,’ which are considered offensive by many Muslims. »
The memo says the advice is not binding and does not apply to official policy papers but should be used as a guide for conversations with Muslims and media.

Caution against ‘grandiose descriptions’
At least at the top level, it appears to have made an impact. Secretary of State Condoleezza Rice, who once frequently referred to « jihad » in her public remarks, does not appear to have used the word, except when talking about the name of a specific terrorist group, since last September.

The memo mirrors advice distributed to British and European Union diplomats last year to better explain the war on terrorism to Muslim communities there.

It also draws heavily on the Homeland Security report that examined the way American Muslims reacted to different phrases used by U.S. officials to describe terrorists and recommended ways to improve the message.

Because of religious connotations, that report, released in January and obtained by AP this week, counseled « caution in using terms such as, ‘jihadist,’ ‘Islamic terrorist,’ ‘Islamist,’ and ‘holy warrior’ as grandiose descriptions. »

« We should not concede the terrorists’ claim that they are legitimate adherents of Islam, » the report said, adding that bin Laden and his adherents fear « irrelevance » more than anything else.

« We must carefully avoid giving bin Laden and other al-Qaida leaders the legitimacy they crave, but do not possess, by characterizing them as religious figures, or in terms that may make them seem to be noble in the eyes of some, » it said.

Voir également:

Op-Ed
President Obama: Our fight against violent extremism
Barack Obama
LA Times
February 17, 2015

The United States has made significant gains against terrorism. We’ve decimated the core al Qaeda leadership, strengthened homeland security and worked to prevent another large-scale attack like 9/11.

At the same time, the threat has evolved. The al Qaeda affiliate in Yemen actively plots against us. Since 9/11, terrorists have murdered U.S. citizens overseas, including in the attacks in Benghazi, Libya. Here in the United States, Americans have been killed at Ft. Hood and during the Boston Marathon.

In Syria and Iraq, the terrorist group we call ISIL has slaughtered innocent civilians and murdered hostages, including Americans, and has spread its barbarism to Libya with the murder of Egyptian Christians. In recent months, we’ve seen deadly attacks in Ottawa, Sydney, Paris and Copenhagen.

Elsewhere, the Pakistan Taliban massacred more than 100 schoolchildren and their teachers. From Somalia, al-Shabaab has launched attacks across East Africa. In Nigeria and neighboring countries, Boko Haram kills and kidnaps men, women and children.

In the face of this challenge, we must stand united internationally and here at home. We know that military force alone cannot solve this problem. Nor can we simply take out terrorists who kill innocent civilians. We also have to confront the violent extremists — the propagandists, recruiters and enablers — who may not directly engage in terrorist acts themselves, but who radicalize, recruit and incite others to do so.
lRelated Islamic State’s badass path to paradise

This week, we’ll take an important step forward as governments, civil society groups and community leaders from more than 60 nations gather in Washington for a global summit on countering violent extremism. Our focus will be on empowering local communities.

Groups like al Qaeda and ISIL promote a twisted interpretation of religion that is rejected by the overwhelming majority of the world’s Muslims. The world must continue to lift up the voices of Muslim clerics and scholars who teach the true peaceful nature of Islam. We can echo the testimonies of former extremists who know how terrorists betray Islam. We can help Muslim entrepreneurs and youths work with the private sector to develop social media tools to counter extremist narratives on the Internet.
Our campaign to prevent people around the world from being radicalized to violence is ultimately a battle for hearts and minds. -

We know from experience that the best way to protect people, especially young people, from falling into the grip of violent extremists is the support of their family, friends, teachers and faith leaders. At this week’s summit, community leaders from Los Angeles, Minneapolis and Boston will highlight innovative partnerships in their cities that are helping empower communities to protect their loved ones from extremist ideologies.

More broadly, groups like al Qaeda and ISIL exploit the anger that festers when people feel that injustice and corruption leave them with no chance of improving their lives. The world has to offer today’s youth something better.

Governments that deny human rights play into the hands of extremists who claim that violence is the only way to achieve change. Efforts to counter violent extremism will only succeed if citizens can address legitimate grievances through the democratic process and express themselves through strong civil societies. Those efforts must be matched by economic, educational and entrepreneurial development so people have hope for a life of dignity.

Finally — with al Qaeda and ISIL peddling the lie that the United States is at war with Islam — all of us have a role to play by upholding the pluralistic values that define us as Americans. This week, we’ll be joined by people of many faiths, including Muslim Americans who make extraordinary contributions to our country every day. It’s a reminder that America is successful because we welcome people of all faiths and backgrounds.

That pluralism has at times been threatened by hateful ideologies and individuals from various religions. We’ve seen tragic killings at a Sikh temple in Wisconsin in 2012 and at a Jewish community center in Kansas last year.

We do not yet know why three young people, who were Muslim Americans, were brutally killed in Chapel Hill, N.C. But we know that many Muslim Americans across our country are worried and afraid. Americans of all faiths and backgrounds must continue to stand united with a community in mourning and insist that no one should ever be targeted because of who they are, what they look like, or how they worship.

Our campaign to prevent people around the world from being radicalized to violence is ultimately a battle for hearts and minds. With this week’s summit, we’ll show once more that — unlike terrorists who only offer misery and death — it is our free societies and diverse communities that offer the true path to opportunity, justice and dignity.

Barack Obama is the president of the United States.

Voir encore:
Sommet à Washington: Obama refuse la stigmatisation des musulmans

RFI

19-02-2015

Au sommet contre le terrorisme à Washington, la journée du mercredi 18 février a été consacrée aux initiatives menées par les communautés, les opérateurs privés et les organisations gouvernementales. L’administration américaine, hôte de la manifestation, a insisté sur l’importance de ne pas stigmatiser les musulmans, dont de nombreux représentants étaient invités à la Maison Blanche. Le président Obama, qui a clos cette journée de travail, a demandé à chacun de prendre ses responsabilités.
Avec notre correspondante et notre envoyé spécial à Washington,  Anne-Marie Capomaccio  et  Guillaume Deltheil

« Ce n’est pas en ignorant nos carences, exploitées par les terroristes, que nous réglerons le problème », a déclaré Barack Obama venu clore cette journée de travail en refusant le « politiquement correct ». Les groupes al-Qaïda et Etat islamique s’engouffrent dans les faiblesses de nos sociétés pour recruter, a expliqué le président américain, qui évoque le chômage des jeunes, la perte de l’identité, ou encore l’impression d’être un citoyen de seconde zone.

Nos gouvernements doivent faire face, a dit Barack Obama, et reconnaître le problème. Les leaders religieux doivent davantage prendre la parole et s’exprimer haut et fort pour refuser aux terroristes le droit de se dire musulmans. « Al-Qaïda et le groupe Etat islamique recherchent désespérément une légitimité. Ils tentent de se dépeindre comme des leaders religieux et ils diffusent l’idée que l’Occident est en guerre contre l’islam, a déclaré Barack Obama. Nous ne devons jamais accepter les principes qu’ils mettent en avant, et nous devons leur refuser la légitimité qu’ils recherchent. Ce ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes ! »

Le président des Etats-Unis n’est pas venu annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme, mais plutôt appeler chacun à prendre ses responsabilités. Un travail d’introspection dans chaque société est, selon lui, nécessaire. Et c’est à certains pays qui participent au sommet que le président des Etats-Unis s’est adressé à ce moment là. La démocratie, l’égalité entre hommes et femmes, et la lutte contre la corruption sont les meilleurs remèdes contre le terrorisme.

Les collectivités territoriales à la pointe de la déradicalisation

La journée de ce mercredi 18 février était par ailleurs consacrée à l’action des collectivités locales et de la sociétés civile. Un échange sur les « bonnes pratiques », selon les mots du ministre américain de la Sécurité nationale, Jeh Johnson, à savoir les programmes de déradicalisation comme ceux mis en place dans trois villes des Etats-Unis : Boston, Los Angeles et Minneapolis.

À Minneapolis, le phénomène des combattants étrangers n’est pas apparu avec le conflit syrien. La ville a vu plusieurs dizaines de ses jeunes rejoindre les shebabs dans la corne de l’Afrique. Des jeunes issus de l’immigration somalienne. Une communauté dont la structure sociale a été bouleversée. « Comme dans tant d’autres, ce sont les anciens qui ont l’autorité dans les familles de la communauté somalienne, souligne le sénateur démocrate du Minnesota, Al Franken. Mais quand vous changez de pays et que les enfants sont ceux qui connaissent la langue, la culture, cela s’inverse. »

Pour répondre au défi de la radicalisation, ces programmes pilotes misent sur un rappel à la loi combiné à des programmes sociaux. Mais il y a aussi une importante dimension sociétale, souligne la chercheuse Saïda Abdi, membre du comité pilote du programme de Boston. « Nous ne devons pas seulement travailler sur les formations et les programmes sociaux qui permettent aux jeunes de se sentir membres de la communauté, mais nous devons aussi nous battre contre les stratégies qui aliènent, marginalisent les jeunes encore plus. »

Un message entendu à la Maison Blanche. Barack Obama reconnaît que les jeunes musulmans souffrent de discrimination. Pour le président américain, la réponse est de « renforcer le dialogue et la confiance ». Une bataille idéologique qui n’empêchera pas, sur le terrain, les raids aériens de la coalition de continuer de plus belle.

Anne Hidalgo: « Je souhaite faire travailler l’ensemble des autorités religieuses, mais aussi des mouvements laïcs »

Promouvoir une approche globale au défi que représente la radicalisation : la réponse est donc sécuritaire mais aussi sociale et culturelle. Une approche que salue la maire de Paris, Anne Hidalgo, présente à Washington. Elle répond, dit-elle, à la politique mise en place dans la capitale française depuis plusieurs années.

« Nous investissons plus dans les quartiers populaires. C’est là que nous avons créé ces dernières années les écoles, les lieux culturels, etc. Nous avons beaucoup investi et nous allons continuer à le faire. J’ai un investissement sur ma mandature de 10 milliards d’euros, qui vont être essentiellement concentrés vers ces quartiers. Au-delà de ça, j’ai proposé d’ouvrir les écoles le samedi matin à Paris, parce qu’il faut que nous ayons des lieux. Pour que l’on puisse accompagner de façon bienveillante les enfants dans la réussite scolaire, en plus  de ce qui existe déjà. Ouvrir aussi ces lieux publics pour qu’il puisse y avoir des débats. Qu’on puisse s’enrichir mutuellement. J’ai proposé la mise en place d’une conférence de partage le 12 mars prochain. Je souhaite faire travailler l’ensemble des autorités religieuses, mais aussi des mouvements laïcs, pour qu’on trouve ensemble des solutions très concrètes. »

Terrorisme : le sommet qui ne sert à rien

Français et Américains devaient organiser un sommet sur le terrorisme. C’est devenu un colloque sans intérêt qui ne débouche sur aucune décision.
À la conférence sur l’extrémisme violent qui s’est tenue aux États-Unis, la maire de Paris Anne Hidalgo a tenu un discours creux, estime Sophie Coignard.

Sophie Coignard

Le Point

19/02/2015
Dans la foulée des attentats terroristes de Paris, les gouvernements français et américain s’accordent sur la nécessité d’un sommet pour lutter contre le terrorisme. Il doit se tenir à Washington. Cet événement doit réunir, entre autres, Barack Obama et François Hollande, dont la venue est annoncée sans l’être. Puis, au fil des jours, la baudruche se dégonfle. Il ne s’agit plus d’un sommet, mais d’un colloque sur l' »extrémisme violent ». Voilà pour la phraséologie officielle, pour le moins étrange : il y aurait donc un extrémisme tranquille… Très vite, en vérité, cette initiative prise sous le coup de l’émotion ennuie tout le monde. Les diplomates les plus aguerris le disent presque ouvertement : cette manifestation est inutile, c’est une perte de temps et d’énergie. Elle se tient néanmoins sur deux journées : le mercredi 18 à la Maison-Blanche ; le jeudi 19 au Département d’État, l’équivalent américain du ministère des Affaires étrangères.

Quels responsables politiques pour faire ce déplacement ? Plus question de François Hollande, vu la minceur du programme et la qualité des intervenants. Manuel Valls, alors ? Non, deux autres personnalités sont retenues : Anne Hidalgo pour la partie Maison-Blanche, qui réunit des maires de grandes villes le mercredi ; Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, pour la seconde partie, plus sérieuse, au Département d’État le jeudi. Barack Obama apparaît durant ces deux journées pour pratiquer l’art dans lequel il excelle : la communication

Hidalgo en version originale non sous-titrée

Il a ainsi clôturé la rencontre des maires, mercredi soir, en « vendant » la politique de sécurité américaine et en accordant un moment à plusieurs participants, parmi lesquels Anne Hidalgo. Le discours que la maire de Paris a prononcé dans la matinée – en anglais dans le texte – a dû laisser quelques-uns de ses auditeurs particulièrement songeurs. Exemple : le « pacte contre l’exclusion », dont elle a annoncé la signature imminente, est mis en oeuvre « dans le but de réduire de façon drastique le nombre de personnes sans abri à l’horizon 2020″. Et d’ajouter : « Je voudrais vous rappeler que les frères Kouachi, qui ont perpétré les attaques contre Charlie Hebdo, ont vécu dans la rue pendant un moment… »

Des phrases qui suscitent, au mieux, la perplexité : ne pas avoir de logement conduit donc à se radicaliser, à s’armer et à commettre des attentats ? On espère ne pas voir poindre, derrière ces propos, la fameuse excuse sociale longtemps chère à une partie de la gauche. D’autant que le discours se poursuit ainsi : « Depuis plus de dix ans, nous investissons plus dans les quartiers populaires que dans quoi que ce soit d’autre, et nous concentrons nos efforts sur l’école, la santé, le logement… » Quel constat d’échec ! Et c’est avec sa trouvaille du jour, le « pacte contre l’exclusion », que la maire de Paris compte venir à bout du terrorisme ? Pardon, de l' »extrémisme violent » ?

Voir de plus:

Ahmed Aboutaleb: « L’islam doit se remettre en question »

Jean-Michel Demetz
L’Express
17/02/2015

« Foutez le camp! » La vive réaction d’Ahmed Aboutaleb, maire de Rotterdam, à l’encontre des djihadistes, le jour de l’attentat perpétré contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo, lui a valu immédiatement la notoriété au-delà des frontières de sa ville. Les demandes d’interviews ont afflué du monde entier. Mais c’est à un magazine français que le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, a voulu réserver ses explications.
Premier maire musulman d’une métropole européenne, cet élu social-démocrate est à la tête de la deuxième ville des Pays-Bas depuis 2009. Ses succès contre la délinquance et sa popularité personnelle ont permis sa réélection, alors même que la droite s’est renforcée au conseil municipal. Alarmé de longue date par le péril djihadiste, ce Marocain d’origine, pratiquant, appelle les musulmans à se mobiliser contre la violence, à Paris comme à Copenhague.

Quelques heures après l’attentat contre Charlie Hebdo, vous avez invité les candidats au djihad « qui n’aiment pas la liberté » à « foutre le camp ». Ces propos directs ont eu un large écho au-delà des Pays-Bas. Qu’avez-vous voulu dire?

J’étais en colère, et ce n’était pas du théâtre, croyez-moi! Ces mots, je les ai prononcés pour être sûr d’être compris, comme maire de Rotterdam mais aussi comme un musulman en colère. A Rotterdam, une cité où cohabitent 174 nationalités, nous devrions, chaque jour, célébrer la liberté. La liberté, c’est bien sûr le droit de provoquer par des caricatures, mais c’est aussi la protection accordée à l’individu contre l’intervention de l’Etat, c’est aussi la liberté de croire et de fonder des institutions religieuses.

Je peux comprendre que certains de mes coreligionnaires aient pu se sentir offensés par Charlie Hebdo mais, dans ce cas, il existe des protocoles tels que le recours aux tribunaux. J’ai voulu dire que si l’on revendique le vivre ensemble, il faut accepter le compromis; ceux qui s’y refusent n’ont qu’à faire leur examen de conscience et avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il n’y a pas de place pour eux ici. Le drame de Paris a été douloureusement ressenti par de nombreux musulmans, car il faut désormais renouer le dialogue avec les autres communautés et les autres religions. L’attentat contre Charlie Hebdo force l’islam à se remettre en question.

Vraiment?

Oui. Il est très important que les musulmans répondent aux questions qui leur sont adressées : pourquoi ces criminels ont-ils pu interpréter le Coran et l’islam dans un sens qui les a conduits à justifier leurs agissements? Récemment, j’ai entendu ici un imam expliquer que les musulmans avaient le droit de répondre à l’injustice par leur coeur, leur tête ou leurs mains. Un de ses fidèles a rétorqué que c’était ce que les criminels avaient fait à Paris, en prenant des kalachnikovs au nom des injustices qu’ils dénonçaient. On est là au coeur du débat. Ces criminels ont construit leur démonstration à partir de l’islam. Dire que l’islam n’a rien à voir avec leurs actions, c’est vraiment absurde.

Les autorités religieuses musulmanes ont-elles été à la hauteur des attentats commis à Paris?

Non, et c’est bien le problème. La révolution au sein de l’islam ne commencera pas dans cet hôtel de ville, mais on peut d’ici lancer l’étincelle qui allumera la mèche. Les musulmans européens doivent faire pression sur leurs leaders religieux pour qu’ils se saisissent de ce débat. Si, aujourd’hui, je suis à la recherche sur Google d’un cheikh, d’un guide spirituel, je tomberai seulement sur des vidéos de radicaux. Pourquoi les leaders religieux modérés sont-ils absents d’Internet ? Pourquoi n’y apparaissent-ils pas pour donner leur propre version du Coran?

Cette mobilisation de l’islam modéré doit-elle se faire d’abord en Europe?

Nous avons la chance de bénéficier, en Occident, d’une liberté d’expression qui nous autorise à poser des questions dans l’espace public sans encourir de châtiment. N’ayons pas peur d’utiliser cette liberté.

Comment réagissent les imams que vous rencontrez quand vous les pressez de la sorte?

Chacun a tendance à comprendre ce qui l’arrange. J’entends trop souvent : « Je condamne ce qui s’est passé à Paris, mais… ». Il n’y a pas de « mais » possible. Une condamnation collective et visible par les représentants de l’islam servirait à la stabilité sociale et à une meilleure compréhension des musulmans néerlandais. Cela agirait comme un remède social. Malheureusement, j’ai échoué à organiser un tel mouvement de condamnation, alors qu’il s’est manifesté en Allemagne grâce à la communauté turque, dotée d’une plus forte conscience politique que celles des Marocains et des Algériens des Pays-Bas et de France. Le taux d’illettrisme des Marocains vivant aux Pays-Bas est, il est vrai, élevé, et beaucoup dans cette communauté n’ont accès à l’islam qu’en écoutant les imams, pas en lisant le Livre saint.

« Une condamnation collective et visible [des attentats] par les représentants de l’islam servirait à la stabilité sociale. »

Dressez-vous un parallèle entre l’attentat de Paris, en janvier dernier, les fusillades de Copenhague du 14 février et le meurtre du cinéaste Théo Van Gogh, en 2004, à Amsterdam?

Oui, bien sûr. Van Gogh était un simple particulier avec une grande gueule. Il ne menaçait personne. Lorsqu’il a été assassiné par Mohammed Bouyeri, je m’étais adressé à ceux qui se réjouissaient de ce crime : « Partez !, leur avais-je dit. Vous serez plus heureux en Afghanistan ou au Soudan! Après tout, il y a des avions qui décollent d’Amsterdam toutes les cinq minutes… » Je n’ai pas changé de position.

Mais comment faire face à ceux qui veulent porter leur combat ici?

Il faut distinguer plusieurs cercles. Ceux qui sont à la marge peuvent être ramenés dans le giron de la cité par un travail d’éducation, d’intégration et de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances. A ceux qui veulent vivre à Raqqa [en Syrie], siège du groupe Etat islamique, je dis : si telle est votre volonté, soyez conséquent et rendez-moi votre passeport. Car le passeport néerlandais, c’est plus qu’un document de voyage : c’est une partie de votre identité et un engagement de défendre la société ouverte fondée sur le compromis qui est celle des Pays- Bas.

Si vous ne vous reconnaissez pas dans ces valeurs, partez et allez demander à M.Baghdadi [chef de l’organisation Etat islamique] de nouveaux papiers d’identité ! Ce disant, j’assume mon désaccord avec la politique actuelle du gouvernement, qui confisque les passeports des candidats au djihad afin de les empêcher de partir.

Et que faire des mineurs tentés par la violence?

Ceux-là ne sont pas conscients de ce qu’ils font et nous devons les ramener dans le droit chemin, en leur prenant leur passeport et en leur fournissant toute l’aide psychologique nécessaire. Il faut les protéger. Et si nous considérons qu’ils sont en danger, il est possible de les soustraire à leurs parents. Le problème est de déterminer à partir de quel moment, lorsqu’on s’oppose à la société, on se met en danger.

Et pour ceux qui passent à l’action violente?

Arrêtons de les appeler « radicaux ». Etre radical, c’est un droit dans une société démocratique. Mais ceux qui recourent aux armes, comme en France, sont des criminels qui relèvent de la police et des services de sécurité. Il faut les mettre hors d’état de nuire.

Comment devient-on un extrémiste?

J’en ai débattu avec le conseil municipal. Certains élus mettent en avant les conditions sociales défavorables, les discriminations, l’échec scolaire, le racisme… Franchement, je ne vois aucune preuve à l’appui de cette thèse. Pourquoi des millionnaires saoudiens partent-ils pour Raqqa? Acause de la misère, du racisme? En réalité, ces gens-là se construisent leurs propres vérités, qu’ils souhaitent imposer à d’autres à coups de kalachnikov. A la différence des terroristes d’extrême gauche de la Fraction armée rouge, dans les années 1970, qui étaient politiquement motivés, c’est leur interprétation de la religion qui les pousse à agir.

A quel niveau est-on le plus efficace pour combattre la tentation djihadiste, celui de l’Etat ou celui de la ville?

Au niveau local, assurément. L’Etat définit les règles et est responsable des forces de sécurité. Mais ce sont les élus locaux qui sont directement en butte aux extrémistes. Je sens chaque jour sur ma nuque le souffle de ces gars. C’est pour cela que j’ai organisé, dans les quartiers de Rotterdam, huit rencontres avec le public consacrées aux attentats de Paris, afin que les opinions divergentes puissent se confronter. Comprenez- moi bien : c’est aux familles, aux imams, aux enseignants, aux travailleurs sociaux et aux élus de sonner l’alarme lorsque point la menace de la violence.

Quand j’entends à Amsterdam un gosse de 6 ans crier dans la rue « Mort aux juifs ! », je me doute bien que de tels mots de haine ne lui sont pas venus spontanément à la bouche. C’est pour cela que, lors des cérémonies de citoyenneté à l’hôtel de ville, au moment de remettre aux immigrants leurs nouveaux passeports néerlandais, j’insiste pour leur dire qu’en recevant une nouvelle identité ils obtiennent les droits conférés par la Constitution, mais aussi le devoir de protéger nos libertés fondamentales intangibles. Ici, rien ne vous empêche de brandir un Coran dans la rue ; en Arabie saoudite, si vous brandissez une Bible, vous pouvez être tué.

Estimez-vous que la France et les Pays-Bas sont dans une situation comparable?

D’un point de vue social, les musulmans de France sont mieux outillés que ceux des Pays-Bas. Vous avez de nombreux intellectuels musulmans, nous n’en avons pas autant, car notre immigration est plus récente. Mais en France, en Belgique, comme aux Pays-Bas, les foyers musulmans doivent s’interroger : comment est-il possible que des criminels soient capables de détourner leurs croyances et de passer à la violence en leur nom ? Et ce, alors que le plus grand nombre de ces victimes du terrorisme sont des musulmans! Je voudrais ajouter autre chose.

Au moment où nous parlons, une flopée de bateaux, petits et grands, traverse la Méditerranée, pour la plupart en provenance du monde musulman, chargés d’hommes et de femmes en quête de liberté et de sécurité en Occident. Je les comprends. Il y a quarante ans, ma famille a suivi la même route pour les mêmes motifs. En général, ces réfugiés sont bien traités en Europe. Mais faut-il continuer à les accueillir alors même que certains parmi ces migrants ou, à plus long terme, leurs enfants vont nous menacer ? Est-ce la meilleure manière de remercier ceux qui les ont accueillis ? C’est une question légitime et je comprends que de nombreux Européens se la posent. La négliger serait irresponsable et il appartient aux musulmans issus de l’immigration d’y répondre. Ces propos sont durs, mais je les assume. Au moins on ne pourra pas taxer un Aboutaleb de racisme.

Craignez-vous pour votre sécurité?

De nos jours, si vous remplissez une charge publique, vous courez toujours un danger.

Votre vision du multiculturalisme néerlandais a-t-elle évolué?

La question est de savoir quelle est la place à donner à l’islam en Europe. Ce que je dis aux musulmans, c’est que plus ils embrasseront sincèrement notre Constitution et l’Etat de droit, plus leur place sera assurée. Inversement, s’ils pensent que l’islam prévaut sur la Constitution, cette place se réduira.

Vous êtes bien plus populaire que le Parti du Travail (social-démocrate), auquel vous appartenez. Les Pays-Bas pourraient-ils être, avec vous à sa tête, le premier pays européen à se doter d’un chef de gouvernement musulman?

Je n’ai jamais planifié ma vie, car on ne sait pas comment les choses évoluent. J’ai promis de rester maire de Rotterdam jusqu’en 2021. Pour être honnête, je ne crois pas qu’il soit réaliste d’envisager un Premier ministre musulman dans ce pays dans les cinquante ans qui viennent. Mais on ne sait jamais.

Ahmed Aboutaleb en 6 dates
1961 Naissance à Beni Sidel, au Maroc. 1976 Emigre avec ses parents aux Pays-Bas. 1987 Diplômé d’un institut de technologie. 1991 Chargé de la presse au ministère de la Santé. 2007 Secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Emploi dans le gouvernement Balkenende. 2009 Maire de Rotterdam.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/ahmed-aboutaleb-l-islam-doit-se-remettre-en-question_1652295.html#KGIEv8KaFBuHgoKq.99

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Voir encore:

Five Middle East Blunders
The underlying causes of chaos in the Middle East are indigenous. But Obama hasn’t helped.
Victor Davis Hanson

National Review Online

February 17, 2015

President Obama claims he inherited a mess in the Middle East. Not so.

Fracking and horizontal drilling on private lands in the U.S. had taken off in the last years of the Bush administration and by 2009 were set to revolutionize America’s energy future. By 2011, the U.S. had cut way back its dependence on Middle Eastern gas and oil imports, which in turn gave American diplomats a measure of immunity from petro-blackmail, and therefore far more clout in the region. Iraq was mostly stable; in Anbar Province tens of thousands of jihadists had been killed by U.S. troops and their tribal allies. Iran’s scope was limited by a new moderate axis of Sunni states, Israel, and the United States. A bruised Hezbollah faced a huge rebuilding tab in southern Lebanon. Libya was beginning to shed at least some of its bizarre past. The Palestinians had no desire for another Intifada. The Middle East was looking to the U.S. for leadership, inasmuch as the surge in Iraq had regained respect for American arms and determination.

All that now is ancient history. In five critical areas, the U.S. blew it.

I. Iran

Sanctions were starting to squeeze Iran, which had been unable to absorb Shiite-dominated Iraq. Unrest in Iran was rising, spearheaded by pro-Western young reformers. Less than a month after Barack Obama’s inauguration, over a million Iranians hit the streets to protest their country’s rigged elections. The Europeans were beginning to understand that a nuclear Iran posed a greater threat of nuclear blackmail to the EU than to the U.S.

Poland and the Czech Republic had agreed to partner with the U.S. in creating an anti-ballistic missile system to deter Iran’s growing missile program. The U.S. and its friends occasionally sent armadas slowly through the Strait of Hormuz to remind Iran that we were determined that international waters would always remain international.

So what happened?

The new Obama administration kept silent as the pro-Western Iranian protests deflated. In herky-jerky style, Obama at first upped the sanctions as Tehran ignored his serial empty deadlines on curbing enrichment. Then, unilaterally and without much warning, Obama relaxed sanctions. He reopened negotiations, even as Iran’s centrifuges multiplied. Currently, Iran is on the cusp of nuclear acquisition, and it quietly advises its supporters that the U.S. is both weak and naïve — and will soon be gone from the region.

Tehran is creating a sort of Co-Prosperity Sphere at the expense of Sunni and Western interests, as it sabotages Iraq, Yemen, Syria, and Lebanon. There is no longer talk of regional U.S.-led missile defense.

In brilliantly diabolical fashion, Iran has maneuvered a deer-in-the-headlights U.S. into an embarrassing de facto alliance with it against ISIS in Iraq and Syria. The partnership was designed by Tehran to save the pro-Iranian Assad government, to bolster Hezbollah, to relieve diplomatic pressures on its own nuclear-enrichment program, and to increase tensions between the U.S. and the Sunni moderate states like Jordan and the Gulf monarchies.

There has never been a greater likelihood than there is now, under Obama, that Iran will get the bomb, that it will create a radical theocratic Shiite alliance from Yemen to Iraq to Syria to Lebanon, and that it will direct Hamas and Hezbollah to start another war against Israel — this time backed by an Iranian nuclear deterrent.

II. Iraq

In Iraq, U.S. strategy hinged on forcing the fledgling democracy to create loose alliances between Kurds, Shiites, and Sunnis, with the understanding that they would all resist both al-Qaeda and Iranian-sponsored Shiite affiliates. And from 2009 to 2011, consensual government in Iraq seemed to be working, albeit mostly through the implied threats that nearby U.S. troops would intervene if it did not.

The country was more quiet than not. Indeed, the U.S. military there was losing more personnel each month to accidents than to combat. In December 2009, three Americans were killed in Iraq — the lowest figure for any month since the war began. In December 2011, no Americans were lost.

Obama, who had opposed the Iraq war, termed the country “secure” and “stable.” Vice President Joe Biden, who as senator had voted for the war, bragged that it might become the Obama administration’s “greatest achievement.” American proconsuls kept the pressure on Iranophile Prime Minister Nouri al-Maliki to treat Sunni tribes more equitably, and to keep Iraqi territory free of the Iranian military. Al-Qaeda in Iraq was comatose. Most Sunni Islamists had no desire for a replay of the Anbar Awakening and the Surge.

Then, for the sake of a 2012 reelection campaign point, Obama pulled out all U.S. constabulary troops at the end of 2011. The result was a void that drew in the dregs of the Middle East, as ISIS and the Iranian-back militias fought over the corpse of what used to be Syria and Iraq.

At the same time, the administration proclaimed empty red lines to Assad, in the manner it had given Iran empty deadlines — even as President Obama called ISIS a “jayvee” team that posed little threat to the U.S., or at least no more worries than what street criminals pose to the average big-city mayor.

A growing ISIS soon appealed to disenchanted Sunni tribes who felt that they had been ostracized by Baghdad, even as Iran encouraged the Iraqi government to ostracize them even more.

The ayatollahs’ great fear from 2008 to 2011 was that a viable, consensual Iraq on their border might weaken their theocratic control in Iran. Such anxiety vanished, replaced by a new confidence that, in the absence of U.S. garrisons, Tehran had turned Iraq into a vassal state.

III. Libya

When President Obama took office, Moammar Qaddafi was a psychotic monster in rehab. The U.S. was opening a new embassy in Tripoli. U.S. military officials were allowed nearly complete freedom to round up defunct WMD programs.

Western investors were welcomed in Libya. Westerners were talking of investing in Libyan enterprise zones, improving Libya’s oil and gas network, and reopening spectacular archaeological sites to tourism. Qaddafi had clamped down on Islamists, and seemed increasingly to be leaving decisions in the hands of his progeny. The Westernized next generation of Qaddafis were courted by the international jet set, and were subtly sending signals that even greater liberalization was on the horizon. Qaddafi had become a buffoon, not a beheader.

All that vanished when Hillary Clinton, Samantha Power, and Susan Rice ordered the bombings that turned Libya into a terrorist paradise, whose ultimate trajectory was Benghazi. They had turned up a day late and a dollar short in piggybacking on the Arab Spring unrest in Cairo. This time around they wanted to ride rather than watch the growing protests against Qaddafi — an odd thing, given their prior warnings about Bush-administration naïveté in trying to promote consensual government in the volatile Middle East by force of arms.

The first thing that went wrong was that the U.S. intervention violated U.N. resolutions — which we had supported — about actions limited to humanitarian assistance and no-fly zones. That double cross alienated the snookered Russians, who had signed on to the U.N. resolution.

Then the U.S. ceded its traditional military leadership to the French and British through a lead-from-behind recessional. It turned a new diplomatic presence into dead Americans and a wrecked consulate in Benghazi.

Libya’s oil and gas industries currently resemble Nigeria’s — on a good day. Tripoli is a Mogadishu on the Mediterranean. No Westerner in his right mind will set foot on Libyan soil. The Obama administration’s experience in Libya can be summed up by its election-cycle fraud of jailing an obscure video maker for supposedly causing a “spontaneous” demonstration in which the consulate was ruined and four Americans were killed, including the ambassador — a yarn that even its promulgators no longer believe.

IV. Egypt

In Egypt, the old kleptocrat Hosni Mubarak was accustomed to chronic U.S. scoldings to democratize, even as he kept offering his own pushback warnings about the worse alternative of Islamic theocracy. If Egypt was not so stable, it was also not chaotic.

Unfortunately, the U.S. saw the Arab Spring as an excuse to dump a tired old ally and to welcome in his stead the U.S.-educated Mohamed Morsi and the Islamists of the Muslim Brotherhood. Obama’s team perhaps believed we were the belated avatars of the Arab Spring, as if the latter were analogous to our own revolution rather than something akin to the 1917 nightmare in Russia or the 1950s cutthroat Baathist takeover from the old corrupt Middle East monarchs.

The administration assured us that the Brothers were “largely secular,” even as they almost immediately went to work Islamicizing the largest nation in the Arab world and subverting the very elections that had brought them to power.

Here the administration’s achievement is quite surreal: Somehow we remain Egypt’s largest donor while being hated by all three of Egypt’s major groups — Islamists, the army, and the rest — who hate each other only slightly less than they do us. In practical terms, the administration earned the hatred of the vibrant General Abdel Fattah el-Sisi in place of the good will of his decrepit mentor Mubarak — at the same cost of multi-billion-dollar-a-year subsidies.

V. Israel

Israel recently inflicted serious damage on Hezbollah in the 2006 war in Lebanon. For all the talk of Israeli ineptitude in that war, the final toll on Iranian interests was considerable. There seemed no desire on Hezbollah’s part to replay its aggression. Strong U.S. support for Israeli defensive measures discouraged Islamists from starting a new Intifada on the West Bank or in Gaza. Iranians worried that the U.S. might at any moment preempt their nuclear facility or welcome an Israeli strike on them.

Not now. The Obama administration immediately berated Israel for building houses around Jerusalem. Then came the Palestinian flotilla, and more American ambiguity. Then lectures during the Gaza war. The United States’ relationship with Israel is now at its weakest since the founding of the Jewish State. Administration aides leak slurs about war hero and prime minister Benjamin Netanyahu, calling him a “coward” and “chickensh-t,” as if Obama’s open-mic smear of Netanyahu during the G-20 summit in Cannes was not enough.

The radical Arab world has a hunch that another war launched from Gaza, the West Bank, Syria, or Lebanon would not entirely anger a U.S. administration that is more worried about Jews building houses in Jerusalem than about Iranian subsidies to and military support of Hamas. When an American president characterizes an Islamic hit on a kosher market in Paris as a random attack, then it is clear — both to Americans and to the enemies of America — that Jews and Israel are mostly on their own.

Meet the new Middle East: a soon-to-be-nuclear and ascendant Iran, the spreading ISIS wasteland, Egypt and Libya as Somalia, and the end of Syria and Iraq. This was not foreordained, but instead the result of a series of bad U.S. mistakes.

Voir également:

Our Dangerous Historical Moment
Obama and European leaders are repeating the mistakes of their 1930s predecessors.

Victor Davis Hanson

National Review Online

February 19, 2015

World War II was the most destructive war in history. What caused it?

The panic from the ongoing and worldwide Depression in the 1930s had empowered extremist movements the world over. Like-minded, violent dictators of otherwise quite different Nazi Germany, Fascist Italy, Imperial Japan, and the Communist Soviet Union all wanted to attack their neighbors.

Yet World War II could have been prevented had Western Europe united to deter Germany. Instead, France, Britain, and the smaller European democracies appeased Hitler.

The United States turned isolationist. The Soviet Union collaborated with the Third Reich. And Italy and Japan eventually joined it.

The 1930s saw rampant anti-Semitism. Jews were blamed in fascist countries for the economic downturn. They were scapegoated in democracies for stirring up the fascists. The only safe havens for Jews from Europe were Jewish-settled Palestine and the United States.

Does all this sound depressingly familiar?

The aftershocks of the global financial meltdown of 2008 still paralyze the European Union while prompting all sorts of popular extremist movements and opportunistic terrorists.

After the Iraq and Afghanistan wars, America has turned inward. The Depression and the lingering unhappiness over World War I did the same to Americans in the 1930s.

Premodern monsters are on the move. The Islamic State is carving up Syria and Iraq to fashion a fascist caliphate.

Vladimir Putin gobbles up his neighbors in Ossetia, Crimea, and eastern Ukraine, in crude imitation of the way Germany once swallowed Austria, Czechoslovakia, and Poland.

Theocratic Iran is turning Yemen, Iraq, and Lebanon into a new Iranian version of Japan’s old Greater East Asia Co-Prosperity Sphere.

The Western response to all this? Likewise, similar to the 1930s.

The NATO allies are terrified that Putin will next attack the NATO-member Baltic states — and that their own paralysis will mean the embarrassing end of the once-noble alliance.

The United States has now fled from four Middle Eastern countries. It forfeited its post-surge victory in Iraq. It was chased out of Libya after the killings of Americans in Benghazi. American red lines quickly turned pink in Syria. U.S. Marines just laid down their weapons and flew out of the closed American embassy in Yemen.

America has convinced its European partners to drop tough sanctions against Iran. In the manner of the Allies in 1938 at Munich, they prefer instead to charm Iran, in hopes it will stop making a nuclear bomb.

The Islamic State has used almost a year of unchallenged aggression to remake the map of the Middle East. President Obama had variously dismissed it as a jayvee team or merely akin to the problems that big-city mayors face.

Europeans pay out millions to ransom their citizens from radical Islamic hostage-beheaders. Americans handed over terrorist kingpins to get back a likely Army deserter.

Then we come to the return of the Jewish question. Seventy years after the end of the Holocaust, Jews are once again leaving France. They have learned that weak governments either will not or cannot protect them from Islamic terrorists.

In France, radical Islamists recently targeted a kosher market. In Denmark, they went after a synagogue. In South Africa, students demanded the expulsion of Jewish students from a university. A Jewish prosecutor who was investigating the 1994 bombing of a Jewish community center in Argentina was found mysteriously murdered.

Meanwhile, Israeli prime minister Benjamin Netanyahu is being blamed for stoking Middle Eastern tensions. Who cares that he resides over the region’s only true democracy, one that is stable and protects human rights? Obama-administration aides have called him a coward and worse. President Obama has dismissed the radical Islamists’ targeting of Jews in France merely as “randomly shoot[ing] a bunch of folks in a deli.”

Putin, the Islamic State, and Iran at first glance have as little in common as did Germany, Italy, and Japan. But like the old Axis, they are all authoritarians that share a desire to attack their neighbors. And they all hate the West.

The grandchildren of those who appeased the dictators of the 1930s once again prefer in the short term to turn a blind eye to the current fascists. And the grandchildren of the survivors of the Holocaust once again get blamed.

The 1930s should have taught us that aggressive autocrats do not have to like each other to share hatred of the West.

The 1930s should have demonstrated to us that old-time American isolationism and the same old European appeasement will not prevent but only guarantee a war.

And the 1930s should have reminded us that Jews are usually among the first — but not the last — to be targeted by terrorists, thugs, and autocrats.

Voir de même:

Wonderful Copenhagen: Lessons for 2016

Roer L. Simon
PJ media
February 14th, 2015

Oh, no.. Don’t tell me ISIS has got us surrounded in Anbar?  Sorry, I meant ISIL.  I thought they were the jayvee team.  Oh, right, they’re “on the defensive”  and Congress has an ““extraordinary opportunity.”

That’s fine then. Don’t be upset, you “progressives” at the Huffington Post and Vox.  This is just a police matter — like parking tickets or, at worst, running a red light. All this 1938 talk is a bunch of nonsense from wingnuts.  History never repeats itself except, as Marx told us, as farce.  Chairman Barack’s got it all handled.  He’s holding a conference on “extremism.”  And he has a new pen pal.  No, it’s not Netanyahu.

Okay, enough of this.  The “liberals” around us are hopeless useful idiots who wouldn’t know what was happening to them after two years in the Warsaw Ghetto. Maybe Marx was right about the farce.

But we don’t have the luxury.  With each passing day it becomes increasingly clear we are in a huge war of civilizations.  This is a bigger deal than anything since WWII.  Nothing could be more obvious.   That means 2016 is about as serious as it gets.  We need our Churchill fast, but in searching for him (or her) we cannot afford a bloodletting.  We have to treat this as a wartime situation because it is.

Frankly, I haven’t seen a single candidate do that yet. I’m looking for that person.  Everything else is secondary or tertiary.  They’re all irrelevant, even a distraction at this point, if we don’t win the war.  And don’t think we can’t lose.  Our technology is only a small advantage and has already been ripped off and used against us.  The will to win is far more important and our will is next to non-existent, especially at the top.  And as everyone knows, or should, we have almost lost twice before.  It took a Charles Martel at Tours to beat back Islam and, much later, the battle at the Gates of Vienna.  But don’t expect much help at Vienna this time. News from Austria is not great, where Muslims already outnumber Catholics in Vienna schools.  That gates are open.  And if Obama gives Iran the bomb, who needs gates?

So we need somebody relatively fast and somebody who, above all, is a great commander-in-chief.  I’ve said this several times before and will keep saying it until he or she is in place. Moreover, by focusing on winning the war, Republicans will have the best possible chance of winning the election.  The country will be with us.  The average American, smarter than the elites, realizes the danger of losing. They care about their country unambivalently.  But we have to keep up the flow of information to them. We have to inspire them. We cannot stop.  We cannot give up.  We have everything to lose

Voir par ailleurs:

The battle for accurate Bible translation in Asia
Local pastors and churches object to translations that call God the father ‘the great protector’ and Jesus the ‘representative of God’
Emily Belz
World mag

Feb. 13, 2012

Fikret Bocek says that Turkish quince, a fruit like a pear, takes a long time to grow and ripen, but it’s delicious. Patience is key for good quince, he says, and also for the salvation of his fellow Turks, most of whom are Muslim like he once was.

Patience was key when the Turkish police arrested and imprisoned him for 10 days in 1988, when he was beaten, verbally abused, and tortured with electrical shocks. The police ordered Bocek, then a teenager and a new convert to Christianity, to recite the shahada, « There is no God but Allah. » Despite a crippling fear, he found he could not physically open his mouth to say it, which he attributes to divine intervention.

Patience, a fierce patience, was key in 2007 when a group of Muslims brutally murdered a close friend of his and two other Christians while they were meeting for a Bible study in Malatya, Turkey. The Muslims, who had pretended that they were interested in Christianity, murdered the three men in a two-hour torture session the killers filmed. They finally slit the Christians’ throats from ear to ear.

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Bocek, 40, now a pastor and church planter in the coastal town of Izmir, Turkey, tells Western mission agencies to be more patient for faith to ripen in Muslims in his country, and not to alter key biblical phrases in translations for the sake of outreach. The phrase « Son of God » is offensive to Muslims because it seems to imply that God was a physical father to Jesus through a sexual union with Mary, so some translators have sought to find alternate terms to describe that relationship. « They get involved in these translations because they see that there is no fruit, » Bocek said. « We have results. But you have to be patient and take it really, really slow. » He and his fellow pastors address the offensive connotations of « Son of God » by explaining what it really means. « For centuries, » he said, « that’s the way it went. »

Western mission agencies now are feeling a wave of backlash against these « contextualized » translations-not just from a few conservative denominations in the United States, but from an array of local churches in the countries where these translations are going out. While some Turkish pastors, including several contacted for this article, preferred to let Western mission agencies sort out the controversy on their own, others are taking action. At least a dozen Turkish pastors, as well as some whole churches from the Turkish cities of Adana, Samsun, and Bodrum, have signed a petition condemning a new Turkish translation of Matthew. Harun Ibrahim, the director of Al Hayat TV, a Christian satellite television station that broadcasts to millions in the Middle East, also signed the petition. And the Pakistan Bible Society is ending its two decades of partnership with SIL, a translation partner of Wycliffe Bible Translators, over the issue.

A team of translators with Frontiers helped produce the disputed translation of Matthew in Turkish, and SIL said some of its consultants helped at certain points in the process. Sabeel Media, a partner organization of SIL, published the translation in August 2011, printing it in book form and posting it online. In the Turkish Matthew, the « alternative form » for « Son of God » is something along the lines of « representative of God, » according to Turkish speakers, and « God the Father » has become « great protector. » A footnote explains the alternate terms: « According to the Jews, ‘God’s Son’ means ‘God’s beloved ruler’ and is equivalent with the title ‘Messiah.' »

The alternative translation runs on pages on the right, while the pages on the left have an « interlinear » translation with the original Greek words and Turkish underneath, containing the literal translation of the divine familial terms. Bocek, however, said Turks are unlikely to read the literal version on the left-hand side, where the Turkish words run underneath the Greek, but rather the right-hand page that is just Turkish.

The translators emphasize their desire to promote evangelism. Bob Blincoe, the U.S. director of Frontiers, cited in an email lack of growth as one reason for the translation: « The big problem is that church planting among the tens of millions of religious Muslims in Turkey has not been successful; it has not even begun. » Turkey is 99.8 percent Muslim, according to the CIA World Factbook. Turks estimate that their country has about 5,000 Christians now, but when Bocek became a Christian in 1988, he was one of a total of 80 Protestants in the country. « One significant barrier may be the existing translation of the Bible, » Blincoe wrote in an email: « These are paraphrases that help a conservative Sunni Muslim audience know what the Bible really says. »

As a Sunni Muslim himself, Bocek also found the phrase « Son of God » offensive: « I could not accept Jesus being the Son of God or God being the Father or the deity of Christ. … Basically God just worked in my heart. » Bocek grew up in Istanbul and the Turkish national television had one channel and showed one movie a week, he said. One day it showed Ben Hur, which depicts Jesus’ crucifixion. That began his search for answers about Jesus. He eventually found an international church and spent months studying the Bible from beginning to end, until he had « nothing else left » but to accept faith.

Bocek, trained in linguistics at a Turkish university, then studied at Westminster Seminary California, graduating in 1998 and returning to Turkey to plant a church in 2001 with his wife. During the process of translating Matthew, a Frontiers missionary consulted with Bocek about the book. Bocek said he objected to the alterations to the familial terms, but that wasn’t the only problem with the translation: He said the Turkish was unnatural and contained grammatical errors. A Turkish translation of the Bible exists already, but the Frontiers translators explained to supporters that they needed another translation to reach conservative Muslims.

« There is no cause for anyone to be alarmed by the accuracy of this translation, » said Blincoe, the Frontiers director. He said the petition against the Turkish Matthew amounts to « slander » and is « like yelling, ‘Fire!’ in a theater. » The petition « has been a great disservice to the peace and unity of the church, » he said. He emphasized that the Turkish-Greek translation on the left-hand page preserves the literal terms for Son of God and God the Father. When I said that Turkish speakers say the translation on the right-hand page alters those familial terms, he responded, « You and I don’t know what the paraphrase says. »

But then Blincoe said the translation team doesn’t have plans to translate the other books of the New Testament, so I asked why not if he thought this was an important tactic to reach unreached people. He said that was simply what workers in the field had told him: « Let’s give it a chance to do its work. » In an email he added, « The team believes that if Turks do not take ownership, the project will just fade away, as the teacher Gamaliel commented about human efforts in Acts 5. »

Blincoe said Frontiers has contacted a number of local pastors in the last few weeks and urged them to read the translation for the first time (implying that critics hadn’t read it). He said many approve. Bocek countered that many Turkish pastors have read the translation, and still disapprove. He and the other Protestant pastors he knows oppose it-not just Reformed pastors like himself, but also those at « extreme charismatic » churches. « They’re not listening, » he said about the missions agencies: « They come with theories and they leave with theories. … We are going to be the ones who are going to be sweeping up all their mistakes. »

Thomas Cosmades, a Turkish Christian who translated the New Testament into Turkish from the original Greek, mailed a letter to Frontiers at the end of 2007 after he saw a copy of the Turkish Matthew. (Several hundred were printed before the official publication in 2011). Cosmades died in 2010, at age 86, just after he published a new edition of his New Testament. In his letter he wrote that he was « highly disquieted » by the paraphrased Matthew and proceeded to analyze the debatable phrases in detail.

« This translation is not seeking to emphasize the value of the incarnation, » he wrote. « Should the trend continue, who knows where it will lead the coming generation? If Athanasius of old would have encountered such departure from biblical Christology he would have placed these redactors far below the Arians. » He continued: « Undoubtedly the people who are working hard on this paraphrase have given much of their valuable time, probably meaning well. I wish I had a positive word concerning their efforts, but I regret that this is not the case. In this paraphrase the stakes are high; the pitfalls dismal. »

Blincoe couldn’t answer whether the translation had been changed in response to Cosmades’ critiques before its official publication in 2011, but Bocek said, « The kinds of words [Cosmades] said they’re using, it’s still there. » Cosmades’ wife Lila also signed the petition condemning the translation of Matthew.

Everyone interviewed who was critical of the translation said they believe a small minority of individuals in these mission agencies is pushing these translations in Turkey and other countries, and most missionaries are faithful to the Bible. « Missionaries give their lives for us, » said Samuel Naaman, a Pakistani believer who now teaches at Moody Bible Institute: « You’re hearing from a person who came to Christ through the power of missionaries’ prayers for 18 years. I was discipled and trained by the missionaries. »

Naaman said « contextualizing » the gospel for the local culture is fine: « Christ himself came to us, and was born as a human. … He is the founder and the basis of contextualization. » He is nevertheless worried about the consequences of contextualized translations for the church in Pakistan: « Many of the pastors don’t even know that this curse is being imposed on us. … Then they will have to face the repercussions. »

The Pakistan church at large may not know about the debate, but the Pakistan Bible Society (PBS) does. After 20 years of work together, the Bible society and SIL are parting ways over the issue, which is a blow to SIL because now it must operate without the imprimatur of the premier local publisher. SIL said in a statement that the decision not to work together on one project was mutual, the result of « translation style differences, » not just the debate on divine familial terms.

But the general secretary of the Pakistan Bible Society, Anthony Lamuel, wrote in a letter on Jan. 26 that the issue of altering terms for target audiences was central in the decision, and added that such translations have resulted in the « water downing » of Christian concepts: « We the Pakistan Bible Society will not promote experiments with the translation at the cost of hurting the church. »

A woman working on another translation project in Central Asia, who asked for anonymity for the sake of her work, said the debate on the « Son of God » issue in her translation team has deadlocked their project and stirred confusion among local believers who don’t have a Bible in their own language as a reference: « It has eroded their faith in the authority of the Word of God and in us as foreigners who are supposed to be the ‘teachers’ but can’t seem to agree on some basic truths of who Christ said he was. … Sadly it raises doubts and endless discussion, wasting a lot of time. »

Anwar Hussain, the head of the Bangladesh Bible Society, has been at the forefront of efforts in his country the last few years to repel Bible translations from various groups that change divine familial terms. Hussain grew up Muslim, and when he professed Christ as a young man, his family cut ties with him. Edward Ayub, another Christian of Muslim background, is the moderator of the Presbyterian Church of Bangladesh and-alongside Hussain-has vigorously opposed the translations. « I want to die for the Bible, » not a misleading translation, Ayub said. « The harm they are doing now for the church will be long-lasting. »

Back in Turkey, Bocek recalled meeting a young Muslim who was in school in Izmir, and who planned to train for jihad. He offered the young man a Bible, and the man took it, saying he would prove « the Bible is a corrupt book. » The young man read through the whole Bible and met with Bocek regularly to talk about it over the course of almost a year. « He started saying he saw the real corruption, » Bocek said. « He realized his heart was corrupt. » When the man became a Christian, his parents sought to kill him, and the church had to hide him for two years. « These are the kinds of things that happen, » Bocek said, « when they say there’s no fruit. »

(Editor’s note: The article has been corrected to reflect new details concerning the three Christians who were murdered in Malatya, Turkey, in 2007. Early reports of the murders included other details and those reports have been repeated since, but individuals who saw the bodies confirmed to WORLD that those early reports were inaccurate.)

Pamela Geller

January 29, 2012

Mainline Christian organizations are changing their holy scripture to avoid offending Muslims. Not only does this violate their scripture, but it also defeats the purpose of their mission–to share the Gospel. If mainline Christian organizations fear Muslims so much that they have to edit what they believe to be the Word of God, how far can they be from submission? Where are the righteous, the outraged, the proud?

It is Islamic authorities who should be excising the quran and hadith of the ideology that calls for jihad, genocide, subjugation and oppression of women, Jews, Christians, Hindus, Sikhs and all non-Muslims. It is the ummah who should be calling for sharia bans. Instead, the Christians are bastardizing their scripture?  The Muslims refer to Christians in their daily prayers as « those who are led astray » (Muslims curse Christians and Jews multiple times in daily prayers). This madness validates their contempt and supremacism:

Concerned Christian missionaries, Bible translators, pastors, and national church leaders have come together with a public petition to stop these organizations. They claim a public petition is their last recourse because meetings with these organizations’ leaders, staff resignations over this issue and criticism and appeals from native national Christians concerned about the translationshave failed to persuade these agencies to retain “Father” and “Son” in the text of all their translations.”

Biblical Missiology, a ministry of Boulder, Colorado-based Horizon International, is sponsoring the petition. The main issues of this controversy surround new Arabic and Turkish translations. Here are three examples native speakers give:

First, Wycliffe and SIL have produced Stories of the Prophets, an Arabic Bible that uses an Arabic equivalent of “Lord” instead of “Father” and “Messiah” instead of “Son.”

Second, Frontiers and SIL have produced Meaning of the Gospel of Christ , an Arabic translation which removes “Father” in reference to God and replaces it with “Allah,” and removes or redefines “Son.”

For example, the verse which Christians use to justify going all over the world to make disciples, thus fulfilling the Great Commission (Matthew 28:19) reads, “Cleanse them by water in the name of Allah, his Messiah and his Holy Spirit” instead of “baptizing them in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit.” Rev. Bassam Madany, an Arab American who runs Middle East Resources, terms these organization’s efforts as “a western imperialistic attempt that’s inspired by cultural anthropology, and not by biblical theology.” (more here)

Report: American Bible translators bowdlerize scriptures to avoid offending Muslims: no « Father » and « Son » Jihadwatch

If this is true, for the parties they are trying not to offend, anything short of Islam — of professing that there is no god but Allah, and that Muhammad is his messenger — would be « offensive. » This is not making Christianity more palatable. It is de-Christianizing it. It is manufacturing yet another Christian heresy.

Indeed, for many denominations, the validity of baptism depends on the words used: « I baptize you in the name of the Father, and of the the Son, and of the Holy Spirit. » No euphemisms, no nicknames: for example, trial balloons aiming to portray a more gender-neutral God have already been burst: the use of « Creator, Redeemer, and Sanctifier » in baptism has been rejected by the Catholic Church, if not others.

Those who truly believe they are winning souls for Christ would not risk the validity of baptism, and those who are genuinely convinced that they possess the truth will not apologize or worry it is offensive.

As a technical matter, one wonders how the translators handle the words: « Who is a liar but he that denies that Jesus is the Christ? He is antichrist, that denies the Father and the Son » (1 John 2:22). And « But whosoever shall deny me before men, him will I also deny before my Father who is in heaven » (Matthew 10:33).

One last bit of holy writ: « You might as well fall flat on your face as lean over too far backward. » – James Thurber

« ‘Father’ and ‘Son’ Ousted from the Trinity in New Bible Translations, » by Hussein Hajj Wario for the Yahoo! Contributor Network, January 27 (thanks to CGW):

A controversy is brewing over three reputable Christian organizations, which are based in North America, whose efforts have ousted the words « Father » and « Son » from new Bibles. Wycliffe Bible Translators, Summer Institute of Linguistics (SIL) and Frontiers are under fire for « producing Bibles that remove « Father, » « Son » and « Son of God » because these terms are offensive to Muslims. » Concerned Christian missionaries, Bible translators, pastors, and national church leaders have come together with a public petition to stop these organizations. They claim a public petition is their last recourse because meetings with these organizations’ leaders, staff resignations over this issue and criticism and appeals from native national Christians concerned about the translations « have failed to persuade these agencies to retain « Father » and « Son » in the text of all their translations. »

Clearly, they fail to appreciate the far-reaching ramifications that Christians not only may dare, but are commanded to call on the Creator of the Universe as « Father. » That fundamentally re-wires one’s relationship with God and describes a unique intimacy and bond of love that ought not be squandered to score short-term points.

Biblical Missiology, a ministry of Boulder, Colorado-based Horizon International, is sponsoring the petition.

The main issues of this controversy surround new Arabic and Turkish translations. Here are three examples native speakers give:

First, Wycliffe and SIL have produced Stories of the Prophets, an Arabic Bible that uses an Arabic equivalent of « Lord » instead of « Father » and « Messiah » instead of « Son. »
Second, Frontiers and SIL have produced Meaning of the Gospel of Christ , an Arabic translation which removes « Father » in reference to God and replaces it with « Allah, » and removes or redefines « Son. » For example, the verse which Christians use to justify going all over the world to make disciples, thus fulfilling the Great Commission (Matthew 28:19) reads, « Cleanse them by water in the name of Allah, his Messiah and his Holy Spirit » instead of « baptizing them in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit. » Rev. Bassam Madany, an Arab American who runs Middle East Resources, terms these organization’s efforts as « a western imperialistic attempt that’s inspired by cultural anthropology, and not by biblical theology. »

Third, Frontiers and SIL have produced a new Turkish translation of the Gospel of Matthew that uses Turkish equivalents of « guardian » for « Father » and « representative » or « proxy » for « Son. » To Turkish church leader Rev. Fikret Böcek, « This translation is ‘an all-American idea’ with absolutely no respect for the ‘sacredness’ of Scripture, or even of the growing Turkish church. »

SIL has issued a public response stating « all personnel subscribe to a statement of faith which affirms the Trinity, Christ’s deity, and the inspiration of Scripture. » However, in the same statement, which is similar to Wycliffe’s, it claims « word-for-word translation of these titles would communicate an incorrect meaning (i.e. that God had physical, sexual relationships with Mary) [sic], » thus justifying substituting « Father » and « Son » in new translations. Calls and emails to Wycliffe and SIL to clarify their positions were not returned. Frontiers responded to calls with articles that critics have already dismissed as skirting omissions of « Father » and « Son » in new Bible translations.

The point about sexual connotations is baloney. Many of these countries have, or once had indigenous Christian populations with scriptures in indigenous languages where this was not a problem. If they’re coming up with something untoward, they need better translators.

Voir enfin:

U.S. Department of Homeland Security
Washington, DC 20528
Office for Civil Rights and Civil Liberties
January 2008
TERMINOLOGY TO DEFINE THE TERRORISTS: RECOMMENDATIONS FROM AMERICAN MUSLIMS

Words matter. The terminology that senior government officials use must accurately identify the nature of the challenges that face our generation. It is critical that all Americans properly understand the gravity of the threats we face, and prepare themselves to take the steps necessary to build a secure future. We are facing an enemy that holds a totalitarian ideology, and seeks to impose that ideology through force across the globe. We must resist complacency. The language that senior government officials use can help to rally Americans to vigilance.

At the same time, the terminology should also be strategic – it should avoid helping the terrorists by inflating the religious bases and glamorous appeal of their ideology. One of the most common concerns expressed by Muslims in America, and indeed the West, is that senior government officials and commentators in the mass media regularly indict all Muslims for the acts of a few. They argue that terminology can cr
eate either a negative climate, in which acts of harassment or discrimination occur, or, by contrast, a positive climate, such as President Bush’s remarks while visiting a mosque in the days after 9/11.
If senior government officials
carefully select strategic term
inology, the government’s public
statements will encourage vigilance without uni
ntentionally undermining security objectives.
That is, the terminology we use must be accurate with
respect to the very real threat we face. At
the same time, our terminology must be properly ca
librated to diminish the recruitment efforts of
extremists who argue that the West is at war with Islam.
This memorandum outlines recommendations from
a wide variety of American Muslim leaders
regarding the difficult terrain of terminology. This memorandum does not state official
Department of Homeland Security (DHS) policy nor
does it address legal de
finitions. Rather, it
outlines recommendations compiled by the DHS Office for Civil Rights and Civil Liberties
(CRCL) from its discussions with a broad rang
e of Muslim American community leaders and
scholars.
Background
On May 8, 2007, Secretary Chertoff met with a group of influential Muslim Americans to
discuss ways the Department can work with th
eir communities to protect the country, promote
civic engagement, and prevent viol
ent radicalization from taking root
in the United States. Part
of the discussion involved the terminology U.S.
Government (USG) officials use to describe
2
2
terrorists who invoke Islamic theology in planni
ng, carrying out, and justif
ying their attacks.
While there was a broad consen
sus that the terminology the USG uses impacts both national
security and the ability to wi
n hearts and minds, this discu
ssion did not yield any specific
recommendations. Secretary Chertoff requested th
at these leaders continue to reflect on the
words and terms that, in their opinion, DHS a
nd the broader USG should use. Based on this
request, CRCL has consulted with some of the leading U.S.-based scholars and commentators on
Islam to discuss the best terminology to us
e when describing the terrorist threat.
Assumptions
Starting from the premise that words do indeed
matter, three foundational assumptions inform
this paper:
(1) We should not demonize all Muslims or Islam;
(2) Because the terrorists themselves use theol
ogy and religious terms to justify both their
means and ends, the terms we use must
be accurate and de
scriptive; and
(3) Our words should be strategic; we must be
conscious of history, culture, and context.
In an era where a statement can cross continen
ts in a manner of seconds, it is essential
that officials consider how terms translate,
and how they will resonate with a variety of
audiences.
T
ERMINOLOGY TO
A
VOID
Expert Recommendation 1 – Respond to ideologi
es that exploit Islam without labeling all
terrorist groups as a single enemy.
The public statements of the USG must convey the
ideological dimensions of the terrorist threat,
in addition to conveying its tactical dimensions.
Specifically, it is important for the public to
understand that many extremists groups seek to
impose their totalitarian
worldview by seizing
political power through force. In labeling speci
fic organizations and movements, however, the
experts recommend that the USG s
hould not feed the notion that Am
erica is engaged in a broad
struggle against the so-called “Muslim World.”
Currently, the U.S. and its allies are facing
threats from a variety of terrori
st organizations operating acro
ss the globe. But the threats
presented by transnational movements like al-Qaeda are perhaps the most serious.
1
According to
these experts, al-Qaeda wants al
l Muslims to line up under its banner. Collapsing all terrorist
organizations into a single enemy feeds the
narrative that al-Qaeda represents Muslims
worldwide. Al-Qaeda may be spreading its
influence, but the USG should not abet its
franchising by making links when none exist. Fo
r example, the cult members arrested in Miami
should not be called members of al-Qaeda; and, wh
ile they are both terror
ist organizations who
threaten global security and st
ability, Hezbollah and Hamas are di
stinct in methods, motivations
and goals from al-Qaeda. When possible, th
e experts recommend that USG terminology should
make this clear.
1
“National Intelligence Estimate: Th
e Terrorist Threat to the U.S. Homeland.” p. 6 (July 17, 2007)

http://www.dni.gov/press_releases/20070717_release.pdf

(July, 28 2007).

Words Matter: The Role of Lexicon in Counter-Terrorism Communications Strategy

Moderated by:

Frank Cilluffo
Director, HSPI

Featuring:

Jonathan Allen
Head of Unit
Research, Information and Communications Unit
Cross-Government Unit, reporting to: United Kingdom Home Office,
Communities & Local Government, & Foreign & Commonwealth Office

Daniel Sutherland
Officer for Civil Rights & Civil Liberties
US Department of Homeland Security

Jeffrey Imm
Research Director
Counterterrorism Blog

RICU, which is jointly managed by the Home Office, Department for Communities and Local Government, and the Foreign and Commonwealth Office, was set up last year in the aftermath of the 2006 plot to blow up airliners with liquid explosives. UK officials concluded that while al-Qa’ida and its allies were excelling at promoting their own narrative and propaganda, no one in the government was responsible for pushing back. RICU was established to fill this gap and achieve three key goals: exposing the weaknesses of and undermining violent ideologies; supporting and promoting credible alternative voices; and strengthening and protecting the UK government through strategic communications.

Jonathan Allen said that there are broad themes common to extremist messages: a global war on Islam, as evidenced by conflicts in places like Iraq, Chechnya, and the Palestinian Territories; local issues, such as counterterrorism legislation or police profiling; and personal issues, such as underemployment among Muslims in the UK. The goal of such messaging, he said, was to make individuals feel like part of a group under attack, with violence as the only available response.

Initial attempts to counter this narrative focused on arguments for siding with the UK government in the War on Terror – what Mr. Allen called the “Sign Up Today” approach – but had little credibility and were met with resistance. Many in the UK were angry at and alienated from the government, so RICU switched instead to an audience-focused, three-part counter-narrative.

The first part, said Mr. Allen, is the message that there is a real threat to all UK citizens. While Mr. Allen does not believe terrorists pose an existential threat and do not form a grand army, he emphasized that they do represent a real threat to all people, Muslim and non-Muslim alike. Citing the large number of Muslims killed in the July 2005 terrorist attack in London, Mr. Allen said that “bombs don’t swerve around faiths.”

Second is the message that the terrorist ideology is morally repugnant. Rather than “jihadis” or “warriors,” as they like to call themselves, they are thugs who murder innocent people and who attempt to use Islam to justify violence. Mr. Allen says this effort seeks to draw a line around the terrorists, not the UK government: a person might not like UK policies or the government very much, but as long as they oppose extremism, they are “still in some way on our side.” Muslims, he said, should be able to feel like they are both Muslims and British at the same time.

Finally, RICU seeks to challenge its audiences to do something about the threat. Once one accepts that there is a threat, said Mr. Allen, one must take on a personal commitment to do something about it.

Understanding audiences is vital, said Mr. Allen. In a world of globalized communications, RICU draws little distinction between domestic and international messaging, though it pays careful attention to individual segments of its audiences – which radio programs a teenager or an adult prefers, for example, or where children seek information about religion online. Most importantly, messages must be crafted to resonate emotionally with audiences.

Mr. Allen repeatedly emphasized the importance of using an appropriate lexicon informed by the audiences. Government messages originally used the term “Islamist terrorism” in an attempt to focus on a particular branch of political Islam, rather than on Islam as a whole. When polled, however, the vast majority of people had no idea there was a distinction, and many in the Muslim community interpreted the term to mean “all Muslims are terrorists.” RICU then polled the community, asking them what terms they used to describe terrorists, and from the list – which included “idiots, sickos, bastards, and nutters” – RICU selected “criminals and murderers.” Terms like “jihadi” or “jihadist,” while accepted as disparaging by UK audiences, were rejected by Muslims abroad as associating terrorism with Islam. RICU also works to avoid using the terminology of battles and wars in order to undermine the extremist claims about a “War on Islam.” Responding to every communiqué by al-Qa’ida leaders, he said, only serves to elevate their importance.

Similar efforts are underway in the US. Last year the US Congress passed a law requiring the Secretary of Homeland Security to consult with experts to ensure that government lexicon regarding terrorism is precise, appropriate, and does not aid extremism by alienating segments of society. Daniel Sutherland, whose office advises the Department of Homeland Security on civil rights and civil liberties, oversaw the publication of the resulting paper, Terminology to Define the Terrorists: Recommendations from American Muslims, this January.

The Department of Homeland Security is highly active in community engagement. Mr. Sutherland’s office in particular works extensively with America’s Arab, Muslim, South Asian, and Sikh communities, which consistently raise issues of terminology – especially regarding how government officials talk about them and their religions in the context of terrorism and violence. These connections facilitated the development of the report, a collection of recommendations from outside the government that bear striking resemblance to RICU’s efforts to define an effective lexicon.

Mr. Sutherland outlined the report’s recommendations, which he said were not intended to serve as a glossary of approved words but instead to provoke thought and discussion on the topic. The report warns against glamorizing or glorifying terrorists, especially by grouping disparate groups under the rubric of al-Qa’ida. Instead, the report prefers to reference the movement’s cult-like nature, accusing terrorists of wrapping violence in religion. This is something that resonates with general American audiences as well as those steeped in Islamic jurisprudence. Secretary of Homeland Security Michael Chertoff, for example, has begun to refer to the terrorist movement as a “network of cult-like entities.” The report made no mention of military terminology because there was no consensus on it.

The report also warns officials against using religious or Arabic terms with which they are unfamiliar. Mispronounced or misused references to history or theology harm efforts to connect with audiences. Muslim audiences in particular object to the term “moderate Muslims,” which is seen as implying a government preference to work only with Muslims with a weak adherence to their religion. Preferred instead is the term “mainstream Muslim.” The one religious term that has been found useful, said Mr. Sutherland, is takfiri. A takfiri is a Muslim who declares another Muslim to be an apostate and therefore lawful to be killed, a prerogative historically considered to belong to the divine or to the community as a whole, but which groups like al-Qa’ida have now claimed for themselves. Many of the experts who contributed to the report’s findings recommended serious consideration of the term.

Mr. Sutherland argued that the strongest argument against extremism is the positive: emphasizing what the US and its allies are for, not just what they are against. The successful integration of Muslims into US society, for example, powerfully undercuts many of the extremists’ arguments. People around the world share many of the same concerns – good jobs, happy children, looking forward to a bright future – which an effective lexicon should emphasize to build common ground against extremism.

Looking to history, said Jeffrey Imm, is the best way of defining an effective lexicon. In particular, he emphasized the US experience with the Ku Klux Klan, an extremist group that has engaged in terrorism and at one time counted four million members and many more supporters. The US response was to attack the white supremacist ideology behind the movement. He called it an all-out total war, involving social, economic, ideological, and other aspects of life. Fought in schools, churches, and every other public place, this effort defended democratic values and pluralism against extremism, despite engendering high costs and huge divisions in US society. It was also undertaken no matter whom was offended and without regard to white supremacist claims of a war against white Americans. Just as this effort was undertaken without concern that it would alienate white Americans and drive them into the extremist movement, Mr. Imm argued that the US should fight the current terrorist threat without concern of alienating audiences and encouraging them to side with the terrorists. Had the US confronted a movement like the KKK while trying to prevent people from joining the movement, he said, the US would have lost. Just as the US once needed white Americans to change, he said, the US now needs Muslims who embrace what he calls “Islamic supremacy” to change.

Mr. Imm suggested using confrontational terms – labeling the extremist movement “jihad,” or “Islamic or Islamist supremacy,” for example – to cause Muslims to look critically at such ideologies. Ignoring the Islamist aspect of the threat risks defeat. He warned against euphemisms, saying that officials often make terms so obscure they lose all confrontational value. The shared values that should be emphasized are freedom and liberty, he said, and attacking terrorist ideologies is the way to demonstrate commitment to those values. Alienating people is the price to pay for confronting the extremist ideology. He cited today’s society as evidence for the success of this strategy in the past.

Individuals taking their own actions, added Mr. Allen, will make the real difference. The role of government is important, he said, but will be small in this effort. The most important contribution by government will be empowering credible voices to oppose the extremist ideology; once a debate has been fostered, the ideology is likely to crumble under its own weight. This often requires capacity building within communities, often something as simple as training in public speaking. Some of the most powerful voices against terrorism are those who have left and rejected the extremist movement. Most of those credible voices, he said, will likely never be known to the wider world – they will be the parents, siblings, or neighbors who notice something and get involved.

One of our biggest assets, said HSPI director Frank Cilluffo, is al-Qa’ida itself – the barbarity of its violence and the bankruptcy of its ideology. The terrorists’ narrative, he concluded, is their real center of gravity, the point which must be attacked – from within – to defeat them. Defeating them therefore entails inducing their ideology to collapse under its own weight. Though he hopes to marshal all instruments of statecraft against extremism, most of the solutions do not lie within the government but within vulnerable communities themselves, at the grassroots level. The government can facilitate grassroots efforts against extremism, he said, but only if the words we use win over, rather than alienate, potential allies and denigrate, rather than bolster, our adversaries.

The HSPI Policy & Research Forum series is designed to spotlight cutting-edge policy solutions and innovative strategies to some of the most pressing national and international concerns. The Forum features leading officials, practitioners and thinkers in a systematic way designed to better highlight their work and promote a dialogue on effective solutions to current issues.


Attentats de Copenhague: Vous avez dit socialisme des imbéciles ? (Socialism of the stupid man: When anti-semitism becomes the ultimate in anti-racism)

17 février, 2015
https://i0.wp.com/www.anorak.co.uk/wp-content/uploads/2012/02/socialist-youth.jpghttp://www.franceinfo.fr/sites/default/files/styles/wysiwyg_635/public/asset/images/2014/07/manifgaza3.jpg?itok=yeR4GP-x

L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles. Ferdinand Kronawetter ? (attribué à August Bebel)
Nous ne tournerons la page du passé que lorsque les causes de ces événements cesseront d’agir. C’est uniquement parce qu’elles continuent d’agir que les fantômes du passé ressurgissent. Adorno (1959)
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové (avril 2002)
Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…) Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. (…) Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner.(…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. (…) Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ».(…) Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. René Girard
Carpentras, c’était une manipulation. Hubert Védrine
[Yves Bertrand, le patron des RG] explique que au départ, les gens du CRIF (…) ne voulaient pas en faire une grande manifestation et que c’est Mitterrand lui-même qui a imposé la grande manifestation publique, qui a imposé l’itinéraire classique de gauche c’est-à-dire République-Bastille-Nation. Pour bien mettre ce combat dans les combats de la gauche et qui a ainsi manipulé tout le monde. Tout ça, pour empêcher évidemment une alliance entre  la droite – Chirac pour parler vite – et le Front national évidemment parce que si le Front national devenait une espèce de monstre nazi, évidemment on pouvait plus s’allier à lui. Et c’est la grande stratégie de Mitterrand sur quinze ans qui a permis à la gauche de rester au pouvoir pendant toutes ces années. Eric Zemmour
L’affaire avait provoqué une vive émotion au sein de la classe politique. Jacques Chirac avait condamné « avec force cet acte inqualifiable » et exprimé sa solidarité avec la communauté juive de France. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’était aussitôt rendu sur les lieux et avait rappelé que l’auteur de ce genre de fait encourait vingt ans de prison. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait même parlé de « barbares » . Quant au ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, il avait exhorté les autorités françaises à se montrer « plus dures » face aux actes antisémites. On sait désormais que l’incendie qui, dans la nuit du 21 au 22 août, a ravagé le centre social juif de la rue Popincourt, dans le 11e arrondissement de Paris, n’est pas un acte antisémite. Son auteur, Raphaël Ben Moha, est un juif séfarade de 52 ans, originaire de Casablanca, au Maroc, qui aurait agi par vengeance. Comme dans l’affaire de la fausse agression antisémite du RER D, il y a deux mois, les policiers ont tout de suite eu la puce à l’oreille au vu des indices retrouvés dans les décombres : les croix gammées dessinées à l’envers et la quarantaine d’inscriptions incohérentes taguées au feutre rouge. (…). Fait troublant : un feuilleton de la série « PJ » a été tourné pendant un week-end dans le centre de la rue Popincourt. L’épisode mettait en scène un incendie criminel perpétré par un juif dans une école israélite. Sauf que cela se passait il y a un an et demi et qu’à l’époque Raphaël Ben Moha ne fréquentait pas encore le centre. Apparemment, Ben Moha en voulait à sa communauté, à laquelle il reprochait de ne pas l’avoir suffisamment aidé. (…) Une fois encore, la classe politique a fait preuve de précipitation pour dénoncer un acte antisémite, alors que les premiers éléments d’enquête incitaient à la prudence. Si nul ne peut mettre en doute la montée des actes antisémites en France – déjà 298 enregistrés depuis début 2004, contre 108 en 2003 -, qualifier d’antisémites des affaires qui ne le sont pas contribue à semer la confusion dans les esprits. D’où la réaction, lundi 30 août, du président du consistoire de Paris, Moïse Cohen, qui a appelé les juifs et les politiques « à un peu plus de raison » . Et d’insister : « C’est une erreur de réagir à un fait divers sans appliquer le principe de précaution. »  Le Point
Si les profanations de cimetières juifs sont aussi nombreuses en Alsace, ce n’est pas parce qu’il y aurait plus de groupes néonazis qu’ailleurs, bien au contraire, il y a un dialogue interreligieux qui fonctionne très bien dans la région. Non, s’il y a régulièrement des profanations de cimetières juifs dans la région c’est tout simplement parce que l’Alsace a été durant de nombreux siècles une terre d’accueil pour la communauté juive et qu’il y a de nombreux cimetières juifs. Thierry Legrand (historien)
La première communauté alsacienne remonte en effet aux alentours de l’an mille. Les juifs installés en Alsace n’ont jamais eu à subir d’expulsion comme dans le reste de la France car la région a longtemps été une terre d’Empire. Le judaïsme a toutefois pris une forme très spéciale en Alsace car les juifs n’étaient pas admis dans les villes. Raison pour laquelle le judaïsme alsacien se caractérisait, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, par une forme originale avec une multitude de petites communautés rurales. Reste que les profanations, selon les chiffres avancés par le ministère de l’Intérieur, concernent davantage des sites de sépultures chrétiennes. En 2012, 80 % des profanations recensées visent des tombes chrétiennes. Une large proportion qui s’explique là encore par le fait que les lieux de culte catholique sont beaucoup plus nombreux que les autres. D’après l’Observatoire des profanations de lieux religieux, 94 % des lieux de culte sont des monuments catholiques. France 24
Croix renversées et souillées de symboles nazis au sanctuaire dédié à la Vierge Marie à Saint-Loup (Jura), tombes et chapelle vandalisée au cimetière d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), statues arrachées dans l’église Saint-Géry de Valenciennes (Nord), lustres réduits en miettes et chemin de croix incendié à Saint-Pierre de Pouan-les-Vallées (Aube), classé et datant du XIIIe siècle… Dans l’indifférence, la France est le théâtre d’une profanation tous les deux jours. Selon une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, que s’est procurée Le Figaro, pas moins de 184 dégradations de sépultures ont été recensées l’année dernière, soit à peine dix-neuf de moins qu’en 2008. Depuis 2005, un lieu sacré est violé tous les deux jours. «Les faits perpétrés dans les cimetières sont pour l’essentiel des dégradations de stèles, d’ornementations et des inscriptions» , note le rapport, qui précise que les profanations recensées par les gendarmes – qui couvrent 95 % du territoire – touchent «très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises ». Dans les campagnes et en zones périurbaines, quelque 122 cimetières communaux et 34 lieux de culte catholique et 18 monuments aux morts ont été visés en 2009. Pas moins de cinq violations de tombeaux, dont deux exhumations ont été à déplorer. «Les départements du Bas-Rhin (11 faits), la Somme (9 faits), l’Ille-et-Vilaine (7 faits) et enfin la Gironde, le Gard et les Vosges (6 faits) concentrent le plus grand nombre de profanations», précise le document, qui détaille ainsi une série de périodes à risques. Ainsi, les profanateurs passent plus volontiers à l’action le 30 avril qui est à la fois l’anniversaire d’Adolf Hitler et de la fondation de l’Église de Satan aux États-Unis. Des pics sont aussi observés le 31 octobre, fêtes d’Halloween et jour de l’An sataniste, mais aussi lors des dates des solstices et d’équinoxes. Plus globalement, 50 % des actes de vandalisme se produisent le week-end et sans témoin, ce qui rend les investigations difficiles. L’année dernière, les gendarmes ont cependant réussi à résoudre une cinquantaine d’affaires et à confondre 106 profanateurs présumés. En décryptant leur profil, la note de la DGGN révèle que 83 % d’entre eux sont des mineurs et que 79 % sont de sexe masculin. Certains n’ont reculé devant aucune limite, allant jusqu’à improviser le 18 juillet dernier un rodéo à scooter dans la nef moyenâgeuse de l’église d’Échillais, près de La Rochelle, où un Christ en croix du XVIIe siècle gisait au milieu du chœur, démantibulé. (…). « D’une manière générale, les investigations ne permettent toujours pas de déterminer les motivations réelles des auteurs, concèdent les gendarmes. En effet, les éléments de preuves découverts engendrent parfois des confusions (exemple, des croix gammées accompagnant des tags satanistes).» «Les personnes interpellées indiquent la plupart du temps avoir agi sans motivation idéologique, par jeu, défi, mimétisme ou désœuvrement» , estime le rapport, qui rappelle que huit profanations sont imputables à des «individus isolés souffrant de troubles psychiatriques». Si deux faits sont imputables à des «adorateurs du démon», qualifiés de « minoritaires », les analystes du Bureau des affaires criminelles (BAC) notent que « sur la totalité des faits recensés en 2009, la commission d’actes à caractère sataniste (croix brisées ou renversées) est supposée dans de nombreux cas ». Enfin, la présence d’alcool est un «facteur important de passage à l’acte particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes ». Le Figaro (2010)
Un bilan périodique des atteintes aux édifices religieux et aux sépultures, perpétrées à l’encontre des religions chrétienne, israélite et musulmane, est réalisé depuis 2008 grâce à la mise en place d’une méthode de recensement constante, permettant de quantifier ces exactions. Les statistiques sont les suivantes : 304 atteintes en 2008 dont 275 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 129 ; sépultures : 146), 15 pour les sites israélites (édifices religieux : 12 ; sépultures : 3) et 14 pour les sites musulmans (édifices religieux : 12 dans des lieux de culte ; sépultures : 2) ; 474 atteintes en 2009 dont 390 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 209 ; sépultures : 181), 66 pour les sites israélites (édifices religieux : 52 ; sépultures : 14) et 18 pour les sites musulmans (édifices du culte : 15 ; sépultures : 3) ; 621 atteintes en 2010 dont 522 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 308 ; sépultures : 214), 42 pour les sites israélites (édifices religieux : 30 ; sépultures : 12) et 57 pour les sites musulmans (édifices religieux : 50 ; sépultures : 7) ; 620 atteintes en 2011 dont 527 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 336 ; sépultures : 191), 44 pour les sites israélites (édifices religieux : 40 ; sépultures : 4) et 49 pour les sites musulmans (édifices religieux : 44 ; sépultures : 5) ; 667 atteintes en 2012 dont 543 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 352 ; sépultures : 191), 40 pour les sites israélites (édifices religieux : 31 ; sépultures : 9) et 84 pour les sites musulmans (édifices religieux : 83 ; sépultures : 1). Ainsi, de 2008 à 2012, il a été constaté une augmentation globale du nombre d’atteintes touchant les édifices religieux et les sépultures (+ 55,9 % entre 2008 et 2009, + 31 % de 2009 à 2010, 0 % entre 2010 et 2011 et + 7,6 % entre 2011 et 2012). Durant cette période, les atteintes aux sites chrétiens sont majoritaires mais proportionnellement en baisse (90,5 % en 2008, 82,3 % en 2009, 84 % en 2010, 85 % en 2011 et 81,4 % en 2012), comparativement aux atteintes commises au préjudice des sites israélites et des sites musulmans. Le bilan 2012 des atteintes aux sites chrétiens (édifices religieux et sépultures) marque une légère augmentation du nombre des actes commis par rapport à l’année précédente : 543 en 2012 au lieu de 527 en 2011, soit + 3 %. La plupart sont des dégradations, des vols d’objets ou encore des actes de simple vandalisme, dont les motivations apparaissent rarement fondées sur une idéologie précise. L’ensemble du territoire est concerné par ces actes qui ont donné lieu à l’interpellation de 67 personnes, dont 50 mineurs. Ministère de l’Intérieur (avril 2013)
Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler. Voltaire (Dictionnaire philosophique, 1769)
Victime en tous temps de son fanatisme, de sa religion insociable, de sa loi insensée, [le peuple juif] est maintenant dispersé dans toutes les nations, pour lesquelles il est un monument durable des effets terribles de l’aveuglement superstitieux […]. Ose donc enfin, ô Europe, secouer le joug insupportable des préjugés qui t’affligent ! Laisse à des Hébreux stupides, à de frénétiques imbéciles, à des Asiatiques lâches et dégradés, ces superstitions aussi avilissantes qu’insensées. Paul Henri Thiry d’Holbach (L’esprit du judaïsme, 1770)
La nation juive n’est pas civilisée, elle est patriarchale, n’ayant point de souverain, n’en reconnaissant aucun en secret, et croyant toute fourberie louable, quand il s’agit de tromper ceux qui ne pratiquent pas sa religion. Elle n’affiche pas ses principes, mais on les connaît assez. Un tort plus grave chez cette nation, est de s’adonner exclusivement au trafic, à l’usure, et aux dépravations mercantiles […] Tout gouvernement qui tient aux bonnes mœurs devrait y astreindre les Juifs, les obliger au travail productif, ne les admettre qu’en proportion d’un centième pour le vice: une famille marchande pour cent familles agricoles et manufacturières; mais notre siècle philosophe admet inconsidérément des légions de Juifs, tous parasites, marchands, usuriers, etc.Charles Fourier (Analyse de la civilisation, 1848)
Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. Pierre-Joseph Proudhon (1849)
Observons le Juif de tous les jours, le Juif ordinaire et non celui du sabbat. Ne cherchons point le mystère du Juif dans sa religion, mais le mystère de sa religion dans le Juif réel. Quelle est donc la base mondaine du judaïsme ? C’est le besoin pratique, l’égoïsme. Quel est le culte mondain du Juif ? C’est le trafic. Quelle est la divinité mondaine du Juif ? C’est l’argent. Karl Marx
L’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister. Karl Marx
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
J’espère que l’Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l’emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c’est-à-dire à une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabées. Alain (Journal, 1940)
Vous constatez là, l’influence puissante et nocive du lobby juif en France. François Mitterrand (à Jean D’ormesson, 1995)
La nouvelle judéophobie se présente comme une saine réaction à l’injustice – la “spoliation” des Palestiniens, des musulmans, de tous les peuples victimes de l’“arrogance” occidentale. Aussi est-elle assez largement partagée par les multiples héritiers du communisme, du gauchisme et du tiers-mondisme. D’autant plus qu’elle se veut – spécificité nauséeuse – un rejet de la discrimination. «L’antijuif de notre temps ne s’affirme plus raciste », il dénonce au contraire le racisme comme il condamne l’islamophobie et, en stigmatisant les sionistes en tant que racistes, il s’affirme antiraciste et propalestinien. Les antijuifs ont retrouvé le chemin de la bonne conscience. (…) Autrefois rejetés comme venus d’Orient puis comme apatrides, les juifs sont à présent “désémitisés”, fustigés comme sionistes et occidentaux. L’antisémitisme refusait la présence des juifs au sein de la nation; l’antisionisme leur dénie le droit d’en constituer une. La rhétorique a changé. L’anathème demeure. Atila Ozer
Que veut, en fait, Dieudonné ? Il veut un ‘Holocauste’ pour les Arabes et pour les noirs aussi. (…) La noble idée de « la guerre contre le racisme » se transforme graduellement en une idéologie hideusement mensongère. Et cet antiracisme sera, pour le XXIe siècle, ce qu’a été le communisme pour le XXe. Alain Finkielkraut
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’ »A mort les juifs! », avril 2003)
Juifs et musulmans pour moi, ça n’existe pas. Donc, antisémite n’existe pas, parce que juif n’existe pas. Ce sont deux notions aussi stupides l’une que l’autre. Personne n’est juif ou alors tout le monde … pour moi, les juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. Certains musulmans prennent la même voie en ranimant des concepts comme « la guerre sainte » … Dieudonné (Lyon Capitale, 23 janvier 2002)
Nous tentons d’éviter de décrire quelqu’un comme un terroriste, ou un geste comme étant terroriste. (…) Les Nations unies ont tenté pendant une décennie de définir ce mot, sans y parvenir. C’est très délicat. Nous savons ce qu’est la violence politique, nous savons ce que sont les meurtres, les attentats et les fusillades et nous pouvons les décrire. Et cela explique bien plus de choses, à nos yeux, qu’utiliser le mot ‘terrorisme’. » Tarik Kafala (service arabophone de la BBC)
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Les grandes firmes multinationales et leurs conseils d’administrations internationaux, les grandes organisations internationales, OMC, FMI et Banque mondiale aux multiples subdivisions désignées par des sigles et des acronymes compliqués et souvent imprononçables, et toutes les réalités correspondantes, commissions et comités de technocrates non élus, peu connus du grand public, bref, tout ce gouvernement mondial qui s’est en quelques années institué et dont le pouvoir s’exerce sur les gouvernements nationaux eux-mêmes, est une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre. Cette sorte de Big Brother invisible, qui s’est doté de fichiers interconnectés sur toutes les institutions économiques et culturelles, est déjà là, agissant, efficient, décidant de ce que nous pourrons manger ou ne pas manger, lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir à la télévision et au cinéma, et ainsi de suite (…). A travers la maîtrise quasi absolue qu’ils détiennent sur les nouveaux instruments de communication, les nouveaux maîtres du monde tendent à concentrer tous les pouvoirs, économiques, culturels et symboliques, et ils sont ainsi en mesure d’imposer très largement une vision du monde conforme à leurs intérêts. Pierre Bourdieu
C’est le comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Jean-Luc Mélenchon (sur Moscovici, 23.03.13)
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique  Reynié
Ce sont des jeunes en quête d’aventure, en quête d’une contestation radicale de l’ordre établi. On le voit statistiquement par le nombre de convertis (…)  On a oublié notre passé. En Europe, depuis les années 1960, on a un espace de radicalisation de la jeunesse. C’était le maoïsme, c’était le trotskisme, c’était Che Guevara. Et les jeunes allaient dans les guérillas. Le grand mot, c’était la révolution avec un grand « R ». Tantôt c’était le Vietnam, tantôt c’était Castro, tantôt c’était la révolution culturelle chinoise. (…) la révolution avec un grand « R » a été remplacée par le djihad avec un grand « Dj »». C’est la même «fascination de type romantique, même si c’est violent et sanglant (…) Les Khmers rouges et la révolution culturelle n’étaient pas très humanistes. Et on a certainement « romantisé » des figures comme Che Guevara qui était dans ses pratiques militaires plus brutales que ce qu’on en dit maintenant. C’était la violence qui fascinait. C’était la révolution pour soi-même. Olivier Roy
La profanation est une outrance que s’octroie les abrutis en mal de célébrité médiatique. L’excès de communication entre l’ancien ministre Roland Dumas et la star de l’interview politique Jean-Jacques Bourdin est une autre forme de dérapage qui pourrait tout autant provoquer des actes antisémites de la part de simples d’esprit. Toute la journée de lundi nous nous sommes interrogés: à une expression criminelle de la profanation, est-il judicieux de réagir par des outrances médiatiques qui flirtent souvent avec la récupération? En effet, à l’heure où ce texte est commis par vos dévoués plumitifs ; alors que la meute des loups a joué toute la journée à associer l’augmentation du vote d’extrême droite avec ces actes odieux, nous apprenons que cinq mineurs seraient incriminés. Il n’est en rien prouvé que l’acte revendique une action antisémite. (…) Les opinions risquant de se «cristalliser» autour d’une situation médiatique extrêmement malsaine. D’un côté des vauriens qui, l’enquête le dira, veulent se faire peur en outrageant nos morts. De l’autre, d’autres galopins qui jouent à se faire peur en dégoupillant dans l’espace public la grenade d’un complot juif influençant jusqu’au chef du gouvernement. Instrumentalisation, amalgame, raccourcis, erreurs de confirmation comme le dirait les philosophes. Toute la palette des faiblesses réflexives vont y passer. Jacky Isabello et Pierre Alibert 
Oui, il y a eu des lâchetés. En octobre 2012 [à] Bagnolet (…) on recrutait des brigands de grand chemin pour lesquels on a retrouvé des armes automatiques sur leur lieu de travail, dans les véhicules de la municipalité des grandes quantités de drogue. Et le fait de flatter le communautarisme pour des objectifs électoraux (…) Concrètement, c’est par exemple de tenter des accords électoraux en fonction des communautés, c’est par exemple de faire en sorte que sur des questions religieuses, on négocie la mosquée contre des voix. (…) Ca s’est passé à gauche et à droite. Razzy Hammadi (député PS, Seine-Saint-Denis, 19.01.15)
Les choses seraient tellement simples si l’extrême-droite était derrière les actes antisémites qui se multiplient, en France et en Europe ! Les professionnels de l’antiracisme auraient beau jeu d’appeler à manifester et exiger le rejet collectif d’un tel mouvement répugnant. Mais leur logiciel idéologique ne fonctionne plus : il se révèle inapte à désigner les réalités. Celles-ci font apparaître que le totalitarisme islamiste, qui a une nouvelle fois fait couler le sang à Copenhague (Danemark) ce week-end, est à la source de la nouvelle haine anti-juive et anti-occidentale. Or cet antisémitisme-là, apparu dans les cités françaises dès le début des années 2000, ne suscite pas l’indignation attendue des « consciences », qui ont pris sous leurs ailes la minorité musulmane, y compris pour le pire. Ni le meurtre atroce d’Ilan Halimi en 2006, ni les tueries abjectes de Mehra contre des militaires et dans une école juive de Toulouse ou de Nemmouche dans un musée juif de Bruxelles n’ont jamais suscité chez les belles âmes d’appels à descendre massivement dans les rues. Les assassinats commis le 9 janvier par Amedy Coulibaly dans l’Hyper-Cacher n’auraient pas suscité davantage de mobilisations s’ils n’avaient été précédés du carnage à Charlie-Hebdo, qui a réveillé l’opinion. L’antisémitisme, qui fait fuir des Français juifs, est d’autant plus scandaleux qu’il est édulcoré par ceux qui trouvent des excuses à ces barbaries, mises sur le compte de la France ou d’Israël. La première est accusée de favoriser des apartheids, des racismes, des relégations. Le second est jugé coupable d’avoir voulu renaître et d’exister encore . Ce faisant, c’est toute une partie de la gauche qui en vient à cautionner un nazislamisme qu’elle se refuse à voir. Ce sont ces mouvements « antiracistes » qui, par exemple, jugent inconvenants de demander aux Français musulmans de dénoncer l’horreur islamiste, au prétexte qu’ils n’en sont pas solidaires. Cette rhétorique, reprise en abondance chez les commentateurs, rend impossible l’indispensable critique de l’islamisme à laquelle se prêtent quelques rares intellectuels musulmans éclairés. Cette attitude de refus est une fuite en avant ambiguë. Elle consolide les amalgames que recherchent les djihadistes, qui veulent désorganiser les démocraties ouvertes en attisant les guerres civiles.  Plus que jamais, il est au contraire indispensable que les démocrates musulmans partent en guerre contre ce totalitarisme qui veut les embrigader. De ce point de vue, Manuel Valls a eu raison, ce lundi sur RTL, d’appeler l’Islam de France à prendre « totalement ses responsabilités » pour combattre ce que le premier ministre appelle « l’islamo-fascisme ». Mais la gauche doit, elle-même, se regarder dans une glace. Au-delà des discours convenus sur la lutte contre l’antisémitisme, ce sont des actes qui sont attendus contre les nazilllons des cités, contre leurs protecteurs, leurs défenseurs, leurs tuteurs. C’est également la politique vis-à-vis d’Israël, qui lutte seul contre ce même totalitarisme islamique qui débarque en Europe, qui doit être rééquilibrée en sa faveur. Roland Dumas, ancien ministre socialiste, a estimé ce matin sur RMC que Valls devait être « probablement sous influence juive », évoquant sans la nommer son épouse, Anne Gravoin. Cette gauche-là, représentée par l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, reste prisonnière d’un idéologie qui s’achève dans la honte. Ivan Rioufol
Pas d’amalgame! Évidemment, ce cri de panique de la gauche multiculturelle devant l’islamisme a tout de suite retenti. Car chaque fois que l’islamisme frappe, d’une manière ou d’une autre, la gauche multiculturelle s’inquiète d’abord de la montée de l’islamophobie. Elle craint qu’un attentat comme celui-là ne réveille le racisme latent qu’elle prête aux sociétés occidentales. D’ailleurs, les médias relaient cette formule mécaniquement, en mettant en garde tout à la fois contre le «radicalisme» et «l’islamophobie». On met les deux concepts sur le même pied, et surtout, on proscrit à l’avance toute réflexion sérieuse sur l’islamisme ou la difficile intégration de l’Islam en Occident en l’assimilant à une forme de racisme. Le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble». Ce qui pourrait compromettre le récit enchanté de la cohabitation harmonieuse des différences n’y a pas sa place. Lorsqu’il faut pourtant consentir à montrer une part désagréable du réel, on multipliera les mises en garde, on forgera un nouveau vocabulaire qui deviendra la novlangue des sociétés fonctionnant sous l’orthodoxie multiculturaliste. D’une société à l’autre, c’est le même logiciel du déni qui opère et qui pousse les peuples à la défiance politique. L’attentat commis par Omar Abdel Hamid El-Hussein n’est malheureusement pas un cas isolé. En Grande-Bretagne en 2005 comme en France, récemment, il s’agissait d’enfants du pays. Ou à tout le moins, d’enfants nés au pays, mais qui ne s’y sentaient pas appartenir, et qui plus encore, se voulaient profondément hostiles à son endroit. Se contenter de dire d’Omar Abdel Hamid El-Hussein qu’il s’agissait d’un Danois, et croire possible de fermer dès ce moment la réflexion, cela consiste à s’enfermer dans une illusion idéologique, que la réalité perce pourtant de toute part. Cela illustre terriblement le désaccouplement de plus en plus net entre la citoyenneté d’appartenance et la citoyenneté de papier. Il ne suffit manifestement plus d’avoir vécu toute sa vie dans un pays pour en être. La nationalité, pensée comme un concept strictement juridique, se révèle trop souvent une coquille vide. En fait, elle a toujours eu besoin de quelque chose de plus. Elle référait à une histoire, une identité. Mais cela allait tellement de soi qu’il n’était pas nécessaire de le préciser. Ou du moins, on le précisait de mille manières sans avoir toujours à l’expliciter. La citoyenneté universaliste s’enracinait pratiquement dans une identité historique. Nous avons assisté à une déconnection du pays officiel et du pays historique. Le premier s’est même retourné contre le second: c’est l’histoire du multiculturalisme, qui a consisté à vider les institutions du pays d’accueil de sa culture et à faire de la prédominance de celle-ci dans les relations sociales la marque d’une discrimination qu’il fallait désormais déconstruire. Conséquemment, lutter contre les discriminations, généralement, consistera simplement à démanteler les mécanismes sociologiques qui conduisaient naturellement à l’assimilation des immigrés. C’est dans ce contexte que se pose la question de l’immigration qui a révolutionné l’Europe en quelques décennies. L’immigration massive ne concerne plus des individus, mais des peuples, des religions, qui migrent, sans nécessairement reproduire intégralement la culture de leur pays d’origine, mais sans non plus s’approprier celle du pays d’accueil, contre laquelle ils se définiront même souvent -en fait, un islam revendiqué et radical servira souvent d’identité de substitution aux populations immigrées. Et ce n’est pas faire injure à l’islam que de constater que ce n’est pas sa meilleure part qui s’exprime dans les banlieues européennes, chez des populations mal intégrées qui se l’approprient de manière polémique pour défier la société d’accueil. On aura beau chercher à s’adapter à cette situation en théorisant une citoyenneté multiculturelle censée annoncer l’avènement d’un paradis diversitaire, la réalité ne se laisse pas changer par des slogans. Malgré le déni des cultures, il faut bien convenir que ces dernières cohabitent d’autant moins bien qu’elles sont radicalement étrangères -la chose est encore plus vraie lorsqu’elles appartiennent à des civilisations distinctes. Ce n’est pas qu’elles sont méchantes l’une ou l’autre. Mais entre elles, ce sont des rapports de force qui jouent en bonne partie. Et les peuples européens ne savent manifestement plus faire preuve de force, tellement ils ont mutilé eux-mêmes leur identité. Mathieu Bock-Côté
Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel a adressé ce jeudi 15 mises en garde et 21 mises en demeure aux médias français pour la couverture des attentats contre Charlie Hebdo et leurs suites. Sept chaînes de TV et six radios, dont France Info et France Inter, se voient reprocher d’avoir annoncé l’assaut contre les frères Kouachi. Radio France fait part de sa surprise et envisage des recours. Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), a adressé ce jeudi 15 mises en garde et – plus grave – 21 mises en demeure aux principaux médias audiovisuels français pour des « manquements graves » lors de la couverture des attentats de Paris, du 7 au 9 janvier dernier. Le CSA estime avoir relevé de nombreux dérapages dans les comptes-rendus de la traque des suspects, puis les prises d’otages et enfin les assauts contre les frères Kouachi en Seine-et-Marne puis contre Amedy Coulibaly à Paris. L’instance dénonce tout d’abord la diffusion par une chaîne de télévision de l’assassinat du policier Ahmed Merabet, près du siège de Charlie Hebdo. Le CSA estime que, bien que sa mort en elle-même n’ait pas été montrée, le bruit des armes à feu et la voix de la victime n’auraient pas dû être mis à l’antenne. Sept chaînes de télévision et six radios, dont France Info et France Inter, se voient par ailleurs reprocher d’avoir annoncé l’assaut mené contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële, alors qu’Amedy Coulibaly était encore retranché dans l’hyper Cacher de la porte de Vincennes, ce qui, estime le CSA, a mis en danger la vie des otages. Le groupe Radio France a fait part de sa surprise et de son étonnement face à cette mise en demeure et examine toutes les possibilités de recours contre cette sanction : « Ils nous reprochent d’avoir dit sur l’antenne de France Info : il se passe quelque-chose à Dammartin-en-Goële, il y a des coups de feu », explique Erik Kervellec, directeur de la rédaction de France Info. « C’est l’un des reporters de France Info qui a décrit la scène. Si on nous avait dit ‘Il va y avoir une intervention’, nous sommes des gens responsables. Nous n’aurions pas communiqué et dit des choses qui étaient de nature à faire dégénérer la situation. Mais à aucun moment nous n’avons reçu une consigne de ce type de la part des autorités compétentes. France info
[Manuel Vals]  a des alliances personnelles, chacun sait qu’il est marié avec quelqu’un – quelqu’un de très bien du reste – qui a de l’influence sur lui. Roland Dumas
Je peux le dire aujourd’hui, les comptes de campagne d’Édouard Balladur et ceux de Jacques Chirac étaient manifestement irréguliers. Que faire? C’était un grave cas de conscience. J’ai beaucoup réfléchi. Annuler l’élection de Chirac aurait eu des conséquences terribles. J’ai pensé à mon pays. Je suis un homme de devoir. Nous avons finalement décidé, par esprit républicain, de confirmer, à l’unanimité au deuxième tour, son élection présidentielle. Je suis convaincu que j’ai sauvé la République en 1995. Roland Dumas
Profaner, c’est insulter toutes les religions et souiller la République. Ce n’est pas la première fois que ce lieu du judaïsme alsacien est ainsi dévasté, 1998 et 2001, mais jamais avec cet acharnement, jamais avec cette intensité, jamais avec cette frénésie. La justice dira ce qui relève de l’inconscience, de l’ignorance ou de l’intolérance. Mais le mal est d’ores et déjà fait. François Hollande
Le second épisode de la partielle dans la 4e circonscription du Doubs est encore plus riche d’enseignements que le premier. Le candidat socialiste, qui avait perdu tant de voix par rapport à 2012, est quand même élu ; la candidate du Front national, qui n’en a jamais réuni autant, est quand même battue. Multipliez les résultats du scrutin par mille et vous obtenez à peu près 30 millions de votants, 15,5 millions de voix pour le candidat de la gauche et 14,6 millions pour celle du Front national. Un écart de moins de 900 000 voix (inférieur à celui qui séparait Hollande de Sarkozy en 2012 — 1,2 million de voix). Pour Hollande, c’est le scénario idéal en 2017 : éliminer la droite au premier tour, se retrouver en face de Marine Le Pen au second — et la battre. C’est ce qui s’est passé dans le Doubs ; reste à “nationaliser” la petite partielle, mille fois plus petite que la présidentielle. Qu’a donc fait le candidat PS dans le Doubs pour arriver deuxième au premier tour et affronter ensuite la représentante du FN ? Il était le suppléant du ministre de l’Économie, donc solidaire de toute la politique gouvernementale, petit soldat discipliné du parti et par conséquent tout aussi responsable du chômage, de la délinquance, de l’islamisme, du laisser-aller général. À l’image de François Hollande. On le disait en perdition ; il l’était. Et puis les attentats du mois de janvier ont agi comme un sérieux coup d’épée dans les reins de la gauche, donc de Hollande, de Valls et de notre suppléant. De quoi faire penser (à la marge, mais souvent la marge suffit) qu’ils avaient peut-être compris ce qui se passait, de quoi leur donner un peu de nerfs et arrêter la chute — sans qu’ils n’aient rien fait ! Ajoutez à cela la baisse du prix du pétrole, celle de l’euro, la mode grecque contre l’austérité, et les commentaires médiatiques, toujours sensibles au baromètre de gauche, devenaient soudain optimistes, bien que sur le fond rien ne se soit amélioré ! La candidate du Front national n’en a pas fait plus que son adversaire du PS : l’actualité a fait campagne à sa place, le djihadisme transporté sur le sol français, la tolérance à l’égard de l’islamisme sous le prétexte de ne pas faire d’“amalgame”, le marché des kalachnikovs, les statistiques du chômage, etc. Cette circonscription ouvrière et populaire place le FN en tête au premier tour et lui fournit 16 points de plus au second, mais pas au point de le faire gagner. Sa candidate est très déçue, mais pas Marine Le Pen qui, elle, crie victoire — elle sait que, pendant deux ans, elle continuera d’être au centre du jeu en comptant bien faire face à Hollande en 2017. Grande perdante de ce double épisode, la droite. Aphone avant le premier, pathétique avant le second. C’est finalement Nicolas Sarkozy qui a posé la seule question qui vaille et qui fâche au conseil national de l’UMP, le 7 février (veille du second tour), en s’adressant à Alain Juppé : « Il ne suffit pas de dire que le Front national n’est pas un parti comme les autres, d’appeler à voter contre lui, il faudrait aussi, cher Alain, se demander pourquoi 30 % de nos électeurs s’apprêtent à voter pour le Front national… » Sarkozy ne se trompait que sur un point : ce ne sont pas 30 % des électeurs UMP du premier tour qui ont voté FN au second, mais 40 %, si ce n’est plus. La question était bien posée. De la droite au sens large dépend qu’elle soit ou non au second tour de 2017. Elle y a toujours été, même fracturée en deux, voire en trois candidatures de premier plan (en négligeant les autres). Mais elle ne risquait rien — Le Pen arrivait derrière. Tout a changé depuis 2002 ; Marine Le Pen est maintenant classée première dans les sondages. Si la droite ne devance pas Hollande, c’est lui qui sera élu.  François d’Orcival
Les synagogues de Wuppertal avaient été détruites dans la « nuit de cristal ». Lorsque la guerre s’est finie, le nombre de 3 000 juifs vivant dans cette ville allemande était tombé à une communauté de 60 âmes. 75 ans après la nuit de cristal, la synagogue de Bergische a commencé à brûler après que trois musulmans y ont lancé six cocktails molotov. Les Juifs de Wuppertal n’ont cependant rien à craindre. Le Juge Jörg Sturm a trouvé que l’attaque n’était pas antisémite, mais qu’elle n’avait été qu’un moyen d’attirer  » l’attention sur le conflit de Gaza « . Ce n’était pas de l’antisémitisme mais de l’antisionisme. Les trois musulmans, deux nommés Mohammed et un autre Ismail, ont reçu un sursis et 200 heures de service communautaire. Pour leur défense, ils ont affirmé qu’ils voulaient lancer « un signal », mais qu’ils n’avaient pas voulu mettre le feu à la synagogue quand ils ont lancé les bombes incendiaires.(…) Lorsque les Nazis brûlaient une synagogue, c’était de l’antisémitisme. Quand les musulmans le font, c’est de l’antisionisme. (…) Bien qu’il semble historiquement unique pour l’Allemagne d’être le premier pays en Europe où un juge a justifié une attaque contre une synagogue, les médias l’avaient déjà fait bien avant. Il y a une dizaine d’années Matthew Chance de CNN a justifié la destruction musulmane d’une synagogue en Israël en la qualifiant de « très controversée » et les synagogues comme des symboles « de haïne de l’occupation israélienne ». Le Los Angeles Times a écrit qu’une synagogue comstruite « en forme d’étoile de David » a été détruite par des musulmans évacuant « leur fureur de l’occupation sur la synagogue ». Le Telegraph de Londres avec lyrisme décrit une scène poétique de la synagogue qui brûle. « Les cieux étaient éclairés par le soleil levant lors de la combustion des synagogues le feu de la première pouvait être vu, incendiées par des Palestiniens exaspérés par l’occupation de l’armée israélienne qui impitoyablement défend les colonies. »(…) Si tenter d’incendier une synagogue est juste bonne action antisioniste, il n’y a pas d’antisémitisme. Ou plutôt, ce sont les mêmes choses. Brûlez une synagogue, battez un juif et envoyez un message sur le Moyen-Orient. Et le gentil juge vous donnera un petit service communautaire. Étant donné que la gauche insiste sur le fait que le sionisme est du racisme, l’antisémitisme devient le summum de la lutte contre le racisme. Battre des Juifs et brûler des synagogues sont la meilleure façon d’être un raciste tolérant. Prenez l’exemple de l’Allemagne. L’histoire n’est pas nouvelle. Hitler et Goebbels avaient orchestré la nuit de cristal comme une « évacuation » de la colère populaire contre les crimes des Juifs. C’est la même défense que Lynne Stewart et Stanley Cohen ont utilisée. Goebbels écrivait, « En rentrant à l’hôtel […] Des vitres volent en éclats. Bravo, bravo ! Dans toutes les grandes villes, les synagogues brûlent comme des vielles cabanes ». Le ministre Nazi de la propagande ressemblait beaucoup au journaliste de CNN ou du Telegraph. Les idées maléfiques ne disparaissent pas. Elles renaissent sous de nouveaux noms. L’antisémitisme est maintenant l’antisionisme. Les synagogues deviennent « très controversées ». Brûler n’est pas un crime, c’est une déclaration. Un message. Les nouveaux nazis sont divers. Ils sont multiculturels. Ils ne sont pas le Reich, ils sont un califat. Et quand ils brûlent les synagogues, il ne sont pas réactionnaires. Leurs incendies de synagogues sont le dernier cri du progressisme. Daniel Greenfield
Les allégations fausses et répétées accusant l’Etat israélien de ‘crimes de guerre’, de ‘massacre d’enfants’ et même de ‘génocide’ que profèrent des groupes politiques se faisant passer pour des organisations humanitaires ou de défense des droits de l’homme ont sans aucun doute contribué aux violences antisémites en Europe. De nombreux médias et représentants officiels européens reprennent ces appels au meurtre rituel des Juifs sans prendre la peine de vérifier leurs informations ou de souligner leur inégalité de traitement. Gerald Steinberg (université Bar-Ilan)
Au lendemain de l’Holocauste, le philosophe allemand Theodor Adorno expliquait la persistance des violences antisémites en affirmant : « Nous ne tournerons la page du passé que lorsque les causes de ces événements cesseront d’agir. C’est uniquement parce qu’elles continuent d’agir que les fantômes du passé ressurgissent. » Le nazisme d’hier a été largement mis au ban des sociétés européennes et a cédé la place à un antisémitisme islamique qui a pu se développer dans l’indifférence des opinions publiques et face à l’agressivité croissante de la gauche. Les mouvements antijuifs ont tiré à boulets rouges sur Israël. (…) En Allemagne, au début du mois de février, un tribunal de Wuppertal n’a rien trouvé à redire à trois Palestiniens qui avaient incendié une synagogue prétendument en signe de protestation contre l’opération Bordure protectrice lancée par l’armée israélienne pour mettre fin aux tirs de roquette du Hamas. Les accusés ont été condamnés à 200 heures de travaux d’intérêt public. L’Europe avait déjà montré son incompréhension de la menace djihadiste en 2012 lorsque des hommes du Hezbollah, organisation terroriste soutenue par Téhéran, avaient fait exploser un bus de touristes israéliens en Bulgarie. L’attentat avait coûté la vie à cinq Israéliens ainsi qu’au chauffeur de bus, un Bulgare de confession musulmane. Rappelons que les agents du Hezbollah sont particulièrement bien implantés au Danemark. En Europe, le Hezbollah est considéré comme une organisation politique légale capable de répandre les idées antisémites. Certains reprochent à l’Union européenne d’avoir fait une distinction mais pas une réelle différence en interdisant l’aile militaire de l’organisation en 2013. (…) Le Danemark fait partie des quatre pays européens les plus représentés dans les rangs des djihadistes en Syrie. En juillet, un imam danois, Abou Bilal Ismail, a appelé à l’extermination des Juifs depuis la mosquée Al-Nour de Berlin. Il faut « détruire les Juifs sionistes, a-t-il déclaré, les compter et les tuer jusqu’au dernier. N’en épargnez aucun. Faites-leur endurer d’horribles souffrances. » Il est ensuite retourné prêcher au Danemark. Benjamin Weinthal

Attention: un socialisme des imbéciles peut en cacher un autre !

Au lendemain, suite aux diffamations que l’on sait de l’image du Prophète et de la religion d’amour et de paix, d’un nouveau coup d’éclat d’un jeune militant danois d’origine palestinienne

Alors que malgré ses 93 ans, un ancien ministre et président du Conseil constitutionnel français dénonce courageusement l’influence juive de la femme de l’actuel premier ministre Manuel Vals …

Et qu’après ses 21 points en plus dans les sondages post-11 janvier et 25 ans après la manipulation de Carpentras, le président Hollande n’a pas de mots assez durs pour dénoncer …

Le véritable rite de passage pour collégiens ou lycéens désoeuvrés que semble être devenue la profanation des abondants mais quelque peu délaissés cimetières juifs des campagnes alsaciennes …

Pendant que de l’autre côté de l’Atlantique ou de la Manche, on pinaille sur l’origine ethnique des clients de l’Hyper cacher ou célèbre le roman érotique sur fond de Shoah

Comment ne pas voir avec les tribunes de Benjamin Weinthal dans le Jerusalem Post et de Daniel Greenfield dans Front page magazine …

Autre chose que les fruits, de la part d’une certaine gauche politico-médatique, du long travail de délégitimation de l’Etat d’Israël …

Comme de l’apaisement démagogique de toute une classe de nouveaux damnés de la terre

Pour qui après avoir été le dernier cri du progressisme…

Les atteintes à la communauté juive ne sont désormais plus que celui du coup médiatique ou… politique ?

Pourquoi l’antisémitisme persiste en Europe
Les attentats au Danemark, qui ont fait deux morts, dont un homme de confession juive, sont symboliques du haut niveau d’antisémitisme qui règne en Europe, estime dans un éditorial à charge The Jerusalem Post, quotidien de la droite libérale israélienne.

Benjamin Weinthal

The Jerusalem Post

15 février 2015
Le spectre de l’antisémitisme plane à nouveau au-dessus de l’Europe après le meurtre d’un Danois de confession juive, Dan Uzan, qui montait la garde devant la grande synagogue de Copenhague.

Sa mort, ainsi que celle d’un autre ressortissant danois, a été attribuée à un homme prénommé Omar Abdel Hamid El-Hussein, qui aurait agi au nom de l’islam radical.

Au lendemain de l’Holocauste, le philosophe allemand Theodor Adorno expliquait la persistance des violences antisémites en affirmant : « Nous ne tournerons la page du passé que lorsque les causes de ces événements cesseront d’agir. C’est uniquement parce qu’elles continuent d’agir que les fantômes du passé ressurgissent. »

Le nazisme d’hier a été largement mis au ban des sociétés européennes et a cédé la place à un antisémitisme islamique qui a pu se développer dans l’indifférence des opinions publiques et face à l’agressivité croissante de la gauche. Les mouvements antijuifs ont tiré à boulets rouges sur Israël.

Des exemples frappants

Pour Gerald Steinberg, professeur de sciences politiques à l’université Bar-Ilan,

« les allégations fausses et répétées accusant l’Etat israélien de ‘crimes de guerre’, de ‘massacre d’enfants’ et même de ‘génocide’ que profèrent des groupes politiques se faisant passer pour des organisations humanitaires ou de défense des droits de l’homme ont sans aucun doute contribué aux violences antisémites en Europe. De nombreux médias et représentants officiels européens reprennent ces appels au meurtre rituel des Juifs sans prendre la peine de vérifier leurs informations ou de souligner leur inégalité de traitement. »

L’Autriche nous en a fourni un exemple frappant mardi dernier [le 10 février]. D’après le porte-parole du bureau du procureur de Linz, un citoyen turc appelant à détruire l’Etat hébreu et à annihiler les Juifs ne fait qu’exprimer son « mécontentement face à Israël ».

En Allemagne, au début du mois de février, un tribunal de Wuppertal n’a rien trouvé à redire à trois Palestiniens qui avaient incendié une synagogue prétendument en signe de protestation contre l’opération Bordure protectrice lancée par l’armée israélienne pour mettre fin aux tirs de roquette du Hamas. Les accusés ont été condamnés à 200 heures de travaux d’intérêt public.

Passer à l’offensive

L’Europe avait déjà montré son incompréhension de la menace djihadiste en 2012 lorsque des hommes du Hezbollah, organisation terroriste soutenue par Téhéran, avaient fait exploser un bus de touristes israéliens en Bulgarie. L’attentat avait coûté la vie à cinq Israéliens ainsi qu’au chauffeur de bus, un Bulgare de confession musulmane.

Rappelons que les agents du Hezbollah sont particulièrement bien implantés au Danemark. En Europe, le Hezbollah est considéré comme une organisation politique légale capable de répandre les idées antisémites. Certains reprochent à l’Union européenne d’avoir fait une distinction mais pas une réelle différence en interdisant l’aile militaire de l’organisation en 2013.

Auteur de nombreux écrits sur l’Europe, Steinberg estime que « les gouvernements européens doivent immédiatement passer à l’offensive contre les terroristes en renforçant leur surveillance et leurs actions préventives. Si les services de renseignements ne reçoivent pas des renforts importants, notamment pour suivre les djihadistes qui reviennent de Syrie, d’Irak et d’ailleurs, les attaques continueront. »

Souveraineté et autodétermination des Juifs

Le Danemark fait partie des quatre pays européens les plus représentés dans les rangs des djihadistes en Syrie. En juillet, un imam danois, Abou Bilal Ismail, a appelé à l’extermination des Juifs depuis la mosquée Al-Nour de Berlin. Il faut « détruire les Juifs sionistes, a-t-il déclaré, les compter et les tuer jusqu’au dernier. N’en épargnez aucun. Faites-leur endurer d’horribles souffrances. » Il est ensuite retourné prêcher au Danemark.

Alors que la polémique monte à la suite des déclarations du Premier ministre israélien invitant les Juifs du Danemark à émigrer, le Pr Steinberg offre une perspective historique :

« Depuis l’époque du Hongrois Theodor Herzl (1860-1904), l’un des principes fondamentaux du sionisme consiste à dire que la souveraineté et l’autodétermination des Juifs sont une nécessité pour la défense de leurs droits et de leur existence. Il existe bien sûr d’autres raisons de faire l’alya, mais si les Juifs ne sont pas à l’abri en Europe, Israël peut les accueillir. Sur ce point, il n’y a pas de divergence entre le Likoud et les travaillistes, le Premier ministre Nétanyahou et Isaac Herzog (leader de l’opposition) sont sur la même ligne. »

Voir aussi:

Le Guide anti-sioniste pour incendier des Synagogues
Daniel Greenfield

Front page

Adaptation Mordeh’aï pour malaassot.com

Les Synagogues de Wuppertal avaient été détruites dans la « nuit de cristal ». Lorsque la guerre s’est finie, le nombre de 3 000 juifs vivant dans cette ville allemande était tombé à une communauté de 60 âmes. 75 ans après la nuit de cristal, la Synagogue de Bergische a commencé à brûler lorsque que trois musulmans ont lancé six cocktails molotov.

Les Juifs de Wuppertal n’ont cependant rien à craindre. Le Juge Jörg Sturm a trouvé que l’attaque n’était pas antisémite, mais qu’elle n’avait été qu’un moyen d’attirer  » l’attention sur le conflit de Gaza « .

Ce n’était pas de l’antisémitisme mais de l’antisionisme.

Les trois hommes musulmans, deux nommés Mohammed et un autre Ismail, ont reçu un sursis et 200 heures de service communautaire. Pour leur défense, ils ont affirmé qu’ils voulaient lancer « un signal », mais qu’ils n’avaient pas voulu mettre le feu à la synagogue quand ils ont lancé les bombes incendiaires.

L’homme a affirmé  « qu’ils ne savaient pas que de jeter des bombes incendiaires, ils pouvaient brûler la synagogue ou blesser des personnes.»

À l’intérieur de la synagogue, un bâtiment en briques benoîtement anonyme dont le seul signe distinctif que c’est une synagogue est une petite ligne de lettres hébraïques sur les portes contenant le message prophétique d’Isaïe,  « ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples », il y a des caméras de sécurité, des verres pare-balles et un garde de sécurité derrière une vitre. Le bâtiment est cossu avec de hautes fenêtres étroites. Sa construction est bien loin des dômes oignon baroque de la synagogue de Barmen détruite la nuit de cristal, et qui était destinée à la remplacer, il n’en est restée que la prophétie d’Isaïe sur les portes.

Mais les trois hommes musulmans ne sont pas venus pour y prier. Ils sont venus pour la brûler. Et à l’automne, les musulmans étaient en marche autour de la ville portant sur des gilets « Police de la charia ».

Il y a une ligne ténue entre l’antisémitisme et l’antisionisme. Son nom est  » déni plausible « . Les Étudiants pour la Justice en Palestine et dans les groupes haineux d’Association des étudiants musulmans ont dans le passé affirmé que leur perturbation des événements de la mémoire de l’Holocaust était anti-sioniste, pas antisémite.

Les Attaques antisémites en Europe ont été vues comme de l’antisionisme et pas seulement par les européens.

L’Ambassadeur Howard Gutman a obtenu son détachement en Belgique après avoir levé $ 500 000 pour Obama. Il a affirmé que la violence musulmane contre les Juifs n’était pas de l’antisémitisme, mais une « tension » imputable à Israël. Gutman, qui sera plus tard accusé de pédophilie par un dénonciateur, faisait valoir que les attaques par les Européens contre les Juifs  était antisémites tandis que les attaques contre les Juifs par des musulmans, étaient elles  antisionistes.

Lorsque les Nazis brûlaient une synagogue, c’était de l’antisémitisme. Quand les musulmans le font, c’est de l’antisionisme.

L’état de la synagogue reste le même qu’il en soit, mais les auteurs s’en sortent avec une tape sur la main. Et les Juifs sont responsables de la violence perpétrée par des musulmans contre eux-mêmes.

Bien qu’il semble historiquement unique pour l’Allemagne d’être le premier pays en Europe où un juge a justifié une attaque contre une synagogue, les médias l’avaient déjà fait bien avant.

Il y a une dizaine d’années Matthew Chance de CNN a justifié la destruction musulmane d’une synagogue en Israël en la qualifiant de « très controversée » et les synagogues comme des symboles « de haïne de l’occupation israélienne ». Le Los Angeles Times a écrit qu’une synagogue comstruite « en forme d’étoile de David » a été détruite par des musulmans évacuant « leur fureur de l’occupation sur la synagogue ».

Le Telegraph de Londres avec lyrisme décrit une scène poétique de la synagogue qui brûle. « Les cieux étaient éclairés par le soleil levant lors de la combustion des synagogues le feu de la première pouvait être vu, incendiées par des palestiniens exaspérés par l’occupation de l’armée israélienne qui impitoyablement défend les colonies. »

« Antisioniste » — Les incendies des synagogue ne sont pas seulement qu’en Israël. Une fois que l’incendie d’une synagogue est justifiée, alors elle peut et va se passer n’importe où.

En 2000, quatre musulmans ont essayé d’enflammer une synagogue de New York avant le Yom Kippour. Comme son homologue actuel en Allemagne, Mazin Assi a affirmé qu’il avait voulu « faire une annonce » sur Israël. Assi était représenté par des avocats du terrorisme Lynne Stewart, qui sera plus tard envoyée en prison pour avoir conspiré avec le cheikh du terrorisme lié à l’origine à l’attentat du World Trade Center, et Stanley Cohen, un partisan du Hamas, récemment condamné à la prison pour évasion fiscale.

Stewart décrit pour sa défense un homme qui a essayé de brûler une synagogue comme « un outsider luttant contre les grands obstacles. » On se demande si elle voulait dire les mesures de la lutte contre des bâtiments ou des Juifs.

« Je veux que mon client soit jugé par un jury composé de gens qui comprennent la différence entre la colère et la haine, un peuple qui comprend la légitimité de riposter, » Stanley Cohen a dit la voix du Village.

Il a accusé le District.Attorney de courtiser la « synagogue » et l’antichambre des « pro-sionistes dans le Bronx ».

Le lobby pro-sioniste  ne voulait plus voir les synagogues brûler.

L’avocat du terrorisme fait le même argument que son client n’avait pas voulu « l’incendie », mais envoyer un message. « Les procureurs ont voulu garder que cela avait quelque chose à voir avec les Juifs », bien qu’il a prétendu que la tentative d’incendie criminel de la synagogue , n’avait vraiment à faire qu’avec Israël.

Le New York Times a même demandé si tout cela n’était pas « un message peu judicieux et critique de la politique israélienne contre les Palestiniens ». Mais après le 11 septembre, aucun jury n’a pu être trouvé, qui soutiendrait la « légitimité » de riposter par l’incendie des synagogues.

Stanley a revendiqué, « c’est une période laide… Je crois que le jury a été influencé par 11/9. »

Mais même les plus tordus des arguments tôt ou tard trouvent racines quelque part. C’est que la leçon de ce qui est arrivé à la vieille synagogue de Barmen la nuit de cristal et ce qui lui est arrivée maintenant par les terroristes musulmans qui ont lancé des cocktails Molotov à la Synagogue de Bergische dans la salle d’audience du juge Sturm.

Le Juge George Bathurst-Norman au Royaume-Uni a ouvert la voie en désactivant les activistes anti-Israël d’une attaque contre une usine. Mais le juge Strum est allé un peu plus loin, en ratifiant une mini-nuit de cristal comme une protestation politique.

Si en essayant d’incendier une synagogue c’est juste bonne action antisioniste, il n’y a pas d’antisémitisme. Ou plutôt, ce sont les mêmes choses. Brûlez une synagogue, battez un juif et envoyez un message sur le Moyen-Orient. Et le gentil juge vous donnera un petit service communautaire.

Étant donné que la gauche insiste sur le fait que le sionisme est du racisme, l’antisémitisme devient le summum de la lutte contre le racisme. Battre des Juifs et brûler des synagogues sont la meilleure façon d’être un raciste tolérant. Prenez exemple de l’Allemagne.

L’histoire n’est pas nouvelle. Hitler et Goebbels avaient orchestré la nuit de cristal comme une « évacuation » de la colère populaire contre les crimes des Juifs. C’est la même défense que Lynne Stewart et Stanley Cohen ont utilisée. Goebbels écrivait, « En rentrant à l’hôtel […] Des vitres volent en éclats. Bravo, bravo ! Dans toutes les grandes villes, les synagogues brûlent comme des vielles cabanes ». Le ministre Nazi de la propagande ressemblait beaucoup au journaliste de CNN ou du Telegraph.

Les idées maléfiques ne disparaissent pas. Elles renaissent sous de nouveaux noms. L’antisémitisme est maintenant l’antisionisme. Les synagogues deviennent « très controversées ». Brûler n’est pas un crime, c’est une déclaration. Un message.

Les nouveaux nazis sont divers. Ils sont multiculturels. Ils ne sont pas le Reich, ils sont un califat. Et quand ils brûlent les synagogues, il ne sont pas réactionnaires. Leurs incendies de synagogues sont aussi progressistes qu’ils peuvent l’être.

Voir aussi:

ROYAUME-UNI

L’antisémitisme à son plus haut niveau outre-Manche
Les incidents contre la communauté juive britannique ont plus que doublé entre 2013 et 2014, atteignant un nombre record pour le pays.

Courrier international

5 février 2015

Les actes antisémites s’accroissent en Europe, et le Royaume-Uni n’est pas épargné. Selon le quotidien britannique The Guardian, le nombre d’incidents contre la communauté juive a atteint son plus haut niveau durant l’année 2014, avec des reports de violence, de dommages de biens, d’insultes et de menaces contre des membres de la communauté juive britannique.

La Community Security Trust (CST), association qui s’assure de la sûreté et de la protection des 291 000 Juifs du pays, a rapporté 1 168 incidents antisémites dans le pays en 2014, contre 535 en 2013, soit une augmentation de 118 % en un an. « L’importante augmentation d’incidents antisémites enregistrés montre comment les comportements antisémites peuvent se transformer en insultes racistes, en menaces et en attaques », analyse David Delew, président de la CST, cité par The Guardian. « Heureusement, la majorité de ces incidents n’étaient pas des actes violents, mais ils restent choquants et inquiétants pour ceux qui les ont subis et pour la communauté juive dans son ensemble. »

Réseaux sociaux

The Guardian explique que les attaques antisémites se sont multipliées durant l’été 2014, en pleine opération israélienne dans la bande de Gaza, qui a causé la mort de 2 131 Palestiniens et de 71 Israéliens, d’après les chiffres de l’ONU. Les actes malveillants à l’égard de la communauté juive ont également connu une forte augmentation depuis les attentats à Paris en janvier 2015, où quatre personnes ont été tuées dans un magasin d’alimentation casher.

Enfin, un cinquième des incidents relatés par le CST seraient des menaces et insultes proférées sur les réseaux sociaux, rapporte The Guardian. La députée travailliste Luciana Berger, elle-même victime d’insultes antisémites sur Twitter en août 2014, a demandé une surveillance accrue de ces dérapages : « Les réseaux sociaux, particulièrement Twitter, ont besoin d’améliorer leurs actions et d’être plus rapides pour supprimer les comptes qui répandent la haine. Jusqu’à maintenant, ils ont été trop laxistes, ils ont agi trop lentement, ce qui a permis aux racistes de régner librement sur ces plateformes. »

Voir les articles originaux :

Denmark Terror: Making sense of the continuation of European lethal anti-Semitism

Analysis: The specter of lethal anti-Semitism has once again engulfed Europe, with the latest murder of the Danish Jew Dan Uzan who was guarding the Copenhagen synagogue.
Danish police respond to shooting

Benjamin  Weinthal

The Jerusalem Post

02/15/2015

BERLIN – The specter of lethal anti-Semitism has once again engulfed Europe, with the latest murder of the Danish Jew Dan Uzan who was guarding the Copenhagen synagogue. His death along with another Dutch civilian has been attributed to a Danish terrorist Omar Abdel Hamid El-Hussein believed to have been animated by radical Islam.

To understand the continuation of violent anti-Semitism, the German philosopher Theodor W. Adorno said in post-Holocaust Europe, “We will not have come to terms with the past until the causes of what happened then are no longer active. Only because these causes live on does the spell of the past remain, to this very day, unbroken.”

What has filled the vacuum since Europe has relegated Nazism to a largely meaningless status, is the rise of Islamic-animated anti-Semitism enabled by an indifferent mainstream public coupled with an aggressive European Left. Anti-Jewish forces have turned Israel into a human punching bag.

Prof. Gerald Steinberg, a political scientist at Bar-Ilan University, told The Jerusalem Post on Sunday, “The repeated and false allegations of Israeli ‘war crimes,’ ‘child killer’ and even ‘genocide’ from political groups under the facade of human rights and humanitarian assistance has certainly contributed to the lethal European anti-Semitism. And many European media platforms and government officials repeat these modern blood libels without bothering to verify the facts or the double standards that are employed.”

A telling example came from Austria on Tuesday. A spokesman for the prosecutor’s office in Linz declared a Turkish man’s call to annihilate the Jewish state and kill Jews merely an expression of “displeasure with Israel.”
In early February, a German court in Wuppertal agreed with the explanation offered by three Palestinians that their torching of the local synagogue was a form of protest against Israel’s Operation Protective Edge to stop Hamas rocket fire. The men received a penalty of 200 hours community service.

Europe’s failure to internalize the threat of jihadist organizations was on display in 2012. The Iranian-backed Lebanese terrorist organization Hezbollah blew up an Israeli tour bus in Bulgaria, resulting in the deaths of five Israelis and their Bulgarian Muslim bus driver.

Denmark, it should be noted, has served as a meeting location for Hezbollah operatives. Hezbollah – as a legal political organization in Europe – promotes lethal anti-Semitism. The EU made a distinction without a difference, critics say, by merely outlawing Hezbollah’s military wing in 2013.

Steinberg, who has written extensively on Europe, said “European governments must immediately take the offense against terrorism by increased monitoring and preemptive action. Without adding major resources to intelligence gathering, particularly regarding jihadists returning from Syria, Iraq and elsewhere, the attacks will grow.”

Denmark falls into the top four EU countries in terms of jihadist output for the Syrian war theater. In July, Sheikh Abu Bilal Ismail, a Danish imam, called for the extermination of the Jews at Berlin’s al-Nur mosque in July.

Ismail said it was necessary to “destroy the Zionist Jews…” and to “count them and kill them to the very last one. Don’t spare a single one of them…. Make them suffer terribly.” He returned to Denmark to continue to preach.

While controversy in Europe surrounds Prime Minister Benjamin Netanyahu’s remarks about encouraging Danish Jews to immigrate, Steinberg offered a historical perspective.

“From the time of Herzl, one of the core principles of Zionism is that in order to defend our rights and our lives, Jews must have sovereignty and self-determination. There are of course other reasons for making aliya, but if Jewish lives cannot be protected in Europe, Israel provides a haven. On this, there is no difference between Likud and Labor; between Netanyahu and [Isaac] Herzog,” he said.

Benjamin Weinthal reports on European affairs for The Jerusalem Post and is a fellow at the Foundation for Defense of Democracies.

Antisemitic attacks in UK at highest level ever recorded

Community Security Trust recorded 1,168 incidents against Britain’s Jewish population in 2014, more than double that of the previous year

Robert Booth

5 February 2015

The number of antisemitic incidents in the UK has reached the highest level ever recorded, with reports of violence, property damage, abuse and threats against members of Britain’s Jewish population more than doubling last year .

The Community Security Trust, a Jewish security charity which runs an incident hotline, recorded 1,168 antisemitic incidents against Britain’s 291,000 Jews in 2014, against 535 in 2013 and 25% up on the previous record in 2009.

Theresa May, the home secretary, described the figures as “deeply concerning” and “a warning to everyone to do more to stop antisemitism in Britain”, while Yvette Cooper, the shadow home secretary, said they were “appalling”.

The Association of Chief Police Officers revealed the figures were consistent with an increase in antisemitic crimes reported in recent weeks following last month’s terror attacks in Paris when four shoppers were killed by an Islamist attacker at a kosher supermarket.

CST said in 2014 there were 81 violent assaults, 81 incidents of damage and desecration of Jewish property, and 884 cases of abusive behaviour, more than double the number in 2013, several hundred of which involved social media platforms like Facebook and Twitter. CST’s logs include a letter sent to a Jewish organisation which read: “Gaza is the Auschwitz. The inmates are fighting back. The Jew wears the jackboot and armband now.”

The charity said the surge in antisemitism was fuelled by reactions to the conflict in Gaza in July and August that claimed the lives of 2,131 Palestinians and 71 Israelis, according to the UN. It appears to reflect an international trend. Last year in France and Austria the number of incidents doubled, according to reports by the Service de Protection de la Communauté Juive and the Vienna-based Forum Against Antisemitism.

In the UK in July alone there were more antisemitic incidents in one month than the previous six months put together, but 2014 was already set to eclipse the previous year as a worse period for antisemitism, CST said. Jewish people were directly abused in the street at a rate of more than one a day, particularly if wearing religious or traditional clothes or a Jewish school uniform. Incidents reported to the CST included a man shouting at a group of Jewish schoolchildren who had boarded a bus in London: “Get the Jews off the bus” and “I’m going to burn the bus.”
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On 18 November, the day that worshippers at a synagogue in the Har Nof neighbourhood of Jerusalem were killed by Palestinian attackers, there was a spike of 11 incidents in a day. The SCT logs record that in Birmingham “four south Asian males, one possibly carrying a knife, tried to gain entry to a masonic hall that was formerly a synagogue while shouting: ‘Kill the infidels, you are Satan-worshippers, are there any fucking Jews in there’.” On the same day a rabbi driving through London reportedly had “slaughter the Jews” shouted at him in Arabic by a man running his finger across his throat in a cutting action.

“Last year’s large increase in recorded incidents shows just how easily antisemitic attitudes can erupt into race-hate abuse, threats and attacks,” said David Delew, chief executive of the CST, which started recording antisemitic incidents in 1984. “Thankfully most of the incidents were not violent but they were still shocking and upsetting for those who suffered them, and for the wider Jewish community.”

Prominent Jewish figures have recently talked openly about rising antisemitism and the CST said increased concern about antisemitism could have led to a rise in reporting. Last month the actor Maureen Lipman said she has considered moving to New York or Israel. However, a survey for Jewish Policy Research published last July found only 18% of British Jews had ever considered leaving the UK because they didn’t feel safe, and that fewer British Jews consider antisemitism a problem than their counterparts in France, Germany, Italy or Belgium.

Eric Pickles, the communities secretary, said: “These attacks are not only an attack on British Jews, but an attack on all of us and our shared values. This is totally unacceptable. Those who perpetrate hate crimes of any kind will be punished with the full force of the law.”

One in five of the incidents were threats or abuse on social media, fuelling claims that Twitter, among others, is not cracking down hard enough on hate-speech. In August, Luciana Berger, the shadow health minister, received a message on Twitter from a 21-year-old neo-Nazi, Garron Helm, that showed her with the Star of David on her head. It used the hashtag #Hitlerwasright and called her a “communist Jewess”. Helm was jailed for four weeks.

Berger was then bombarded with more than 2,500 hate messages tagged #filthyjewbitch. After Helm’s release, more antisemitic tweets began to emerge from his Twitter account. When Ed Miliband tweeted a link to his article about Holocaust Memorial Day, the user of the account tweeted back “Burrrn! lol”.

Berger said she was horrified by the CST figures. “I know from the online hate campaign directed at me by neo-Nazis at home and abroad, that antisemites are using every digital platform to intimidate and harass Britain’s Jews,” she said. “Digital media companies, particularly Twitter, need to sharpen up their acts and move faster to remove accounts being used to spread and incite hate. To date, they have been too lax, and moved too slowly, allowing racists a free rein.”

Cooper called on “companies like Twitter to take stronger action against hate crimes on their platforms”. Next week she is expected to outline Labour’s hate-crime strategy which will urge Twitter to speed up its removal of racist and antisemitic tweets, improve its communication of criminal activity online to the police, and prevent offenders simply restarting abuse from fresh accounts from the same IP address.
Antisemitic incidents

Manchester, February 2014

Swastikas and the phrase “Jewish slag” daubed on gravestones at a Jewish cemetery.

Manchester, March 2014

An identifiably Jewish man was cycling to synagogue when youths jumped out at him, causing him to wobble on his bike. They then surrounded him and called him a “Jew”. He slipped and the group kicked him while he was on the ground. He did not suffer serious injury.

London, March 2014

A university student took a photograph of an identifiably Jewish person on a bus and them posted it on Twitter with the comment, “50 retweets and I’ll knock this Jew out”.

Norfolk, July 2014

A leaflet found among Israeli produce in a supermarket featured an image of the Israeli flag with the title “The flag of Zionist racist scum”. It read: “Deny the Holocaust? Of course there was a holocaust. What a pity Adolf and Co didn’t manage to finish the job properly!”

London, October 2014

Five girls from a Jewish secondary school were approached by a man at a London underground station who said: “Being Jewish is wrong. You are going to die if you carry on being Jewish,” and “I will kill you all after school.” He grabbed one of the girls by the wrist and said: “Come with me and be a Christian”. She kicked him and ran away.

Voir également:

Pourquoi les cimetières juifs alsaciens sont les plus profanés
Aude Mazoué

France 24

17/02/2015

Quelque 200 tombes d’un cimetière juif du Bas-Rhin ont été profanées, suscitant une vive émotion en France, jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Retour sur un phénomène criminel qui ne date pourtant pas d’hier.
« C’est une image de désolation », décrit Philippe Richert, le président de la région Alsace devant les 250 tombes profanées jeudi 12 février dans le cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin. « De nombreuses stèles sont à terre, des dalles horizontales ont même été soulevées », c’est un véritable « acharnement » surenchérit l’élu alsacien.

Malgré les récents attentats de Paris et au lendemain de l’attaque contre un centre culturel et la grande synagogue de Copenhague, les observateurs refusent de tirer des conclusions sur les motivations des profanateurs. « Il faut être très prudent avant de faire de cet acte de vandalisme un crime politique, note Thierry Legrand, maître de conférences en Histoire des religions à l’université Marc-Bloch de Strasbourg. La tentation est grande d’établir des liens de cause à effet entre la profanation du cimetière juif de Sarre-Union et les récents événements antisémites ».

« Profaner, c’est insulter toutes les religions et souiller la République »

Un acte politique d’autant plus difficile à démontrer qu’ »aucune inscription n’a été constatée ». Lors des premiers interrogatoires, les cinq mineurs placés en garde à vue se sont défendus de tout antisémitisme. Leurs motivations restent floues, mais ils sont « sans antécédents judiciaires » et la justice ne leur connaissait pas « de convictions idéologiques qui pourraient expliquer leur comportement », avait indiqué lundi après-midi le procureur de Saverne Philippe Vannier, précisant qu’ils « considéraient le cimetière comme étant abandonné ».

Au-delà des intentions, les actes suffisent à soulever l’indignation. Le président François Hollande s’est rendu sur place, mardi 17 février, accompagné de l’ambassadeur d’Israël en France Yossi Gal, de responsables de la communauté juive française et de représentants politiques de tous bords. Le déplacement du chef de l’État est « un signe très fort », a estimé Sacha Reingewirtz, président de l’Union des étudiants juifs de France, estimant que cette profanation relève d’une « bêtise extrémiste ». « Ce que ces jeunes ont fait là, même s’ils n’ont pas conscience de la gravité, ça veut dire que les préjugés antisémites viennent s’installer dans énormément de couches de notre pays », a-t-il ajouté.

« Inconscience, ignorance ou intolérance », c’est la justice qui tranchera, a déclaré François Hollande à Sarre-Union,rappelant que « profaner, c’est insulter toutes les religions et souiller la République ». Mardi matin, les gardes à vue de deux des cinq jeunes étaient prolongées de 24 heures. Ils encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement.

Hollande à Sarre-Union : « la justice dira ce qui relève de l’inconscience, de l’ignorance ou de l’intolérance »

Les tombes chrétiennes, premières victimes des profanations en France

Ce n’est pas la première fois que le cimetière juif de Sarre-Union fait l’objet de profanations. En 1988, une soixantaine de stèles juives ont été renversées, et en 2001, 54 tombes ont été saccagées. De manière générale, l’Alsace reste la région la plus touchée par les profanations de cimetières juifs avec dix profanations majeures en trente ans.

Est-ce à dire que l’Alsace est une région plus touchée par l’antisémitisme ? Rien n’est moins sûr. « Si les profanations de cimetières juifs sont aussi nombreuses en Alsace, explique l’historien Thierry Legrand, ce n’est pas parce qu’il y aurait plus de groupes néonazis qu’ailleurs, bien au contraire, il y a un dialogue interreligieux qui fonctionne très bien dans la région, précise-t-il. Non, s’il y a régulièrement des profanations de cimetières juifs dans la région c’est tout simplement parce que l’Alsace a été durant de nombreux siècles une terre d’accueil pour la communauté juive et qu’il y a de nombreux cimetières juifs. »

La première communauté alsacienne remonte en effet aux alentours de l’an mille. Les juifs installés en Alsace n’ont jamais eu à subir d’expulsion comme dans le reste de la France car la région a longtemps été une terre d’Empire. Le judaïsme a toutefois pris une forme très spéciale en Alsace car les juifs n’étaient pas admis dans les villes. Raison pour laquelle le judaïsme alsacien se caractérisait, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, par une forme originale avec une multitude de petites communautés rurales.

Reste que les profanations, selon les chiffres avancés par le ministère de l’Intérieur, concernent davantage des sites de sépultures chrétiennes. En 2012, 80 % des profanations recensées visent des tombes chrétiennes. Une large proportion qui s’explique là encore par le fait que les lieux de culte catholique sont beaucoup plus nombreux que les autres. D’après l’Observatoire des profanations de lieux religieux, 94 % des lieux de culte sont des monuments catholiques.

Voir encore:

Sarre-Union – Cimetière juif Un cimetière déjà profané six fois
Le cimetière juif de Sarre-Union a déjà été pris pour cible six fois depuis la Libération. Les profanations les plus marquantes se sont produites en 1988 et 2001.

Dernière nouvelles d’Alsace

16.02.15

Le 26 avril 1988, le cimetière israélite de Weiterswiller, en Alsace Bossue, était profané : 90 pierres tombales avaient été renversées. Les auteurs des faits, trois mineurs, avaient été appréhendés le soir-même.

A peine un mois plus tard, sans doute le week-end des 21 et 22 mai 1988, le cimetière israélite de Sarre-Union était touché. Une soixantaine de pierres tombales avaient été renversées et onze d’entre elles avaient été brisées. Le président de la communauté juive de Sarre-Union, Jacques David, avait alors alerté les autorités et porté plainte après du procureur de la République de Saverne. Il avait exprimé son « indignation » devant de tels actes, d’autant qu’une profanation avait déjà eu lieu dans la même nécropole deux ans plus tôt, en 1986. D’autres dégradations avaient aussi eu lieu dans les années 70 – deux auteurs avaient alors été identifiés.

En mai 1988, les réactions avaient été nombreuses dans toute l’Alsace : « indignation écœurée » de l’archevêque-évêque de Strasbourg, Mgr Brand, constat amer que « l’antisémitisme n’est pas mort », de la part des églises protestantes d’Alsace et de Moselle, dénonciation d’une « recrudescence des sentiments racistes et antisémites dans notre région » par les socialistes du Bas-Rhin.

Cérémonie de recueillement et de protestation
Le 29 juin 1988, une cérémonie « à la fois de recueillement et de protestation » s’était tenue au cimetière de Sarre-Union, en présence du grand rabbin, de représentants du consistoire et de personnalités politiques et religieuses alsaciennes.

L’histoire se répète pourtant en 2001… Pendant le week-end des 13 et 14 janvier, 54 tombes sont profanées, toujours dans ce même cimetière de Sarre-Union. Daniel Weill, ministre-officiant de la communauté, découvre le triste spectacle le dimanche matin : socles descellés, stèles renversées, colonnes brisées… Au-delà de l’affront fait aux morts, c’est aussi une « énorme perte d’un point de vue patrimonial », s’attriste Jacques Wolff, représentant de la communauté israélite de Sarre-Union, qui s’était évertué à déchiffrer les inscriptions anciennes en hébreu.

Les auteurs de la profanation de ces tombes avaient été interpellés par les gendarmes de Sarre-Union dans la journée du 30 janvier. Il s’agissait de quatre mineurs, âgés de 13 à 15 ans, trois garçons et une fille. Ils avaient agi dans la journée du 30 décembre. Trois d’entre avaient reconnu être de plus les auteurs d’une autre profanation, en juin 2000, où une dizaine de pierres tombales avaient été brisées. Tout ceci sans aucune idéologie, simplement par désoeuvrement. Les dégâts avaient été estimés à 75000F. Les jeunes profanateurs, en compagnie de leurs parents, effondrés, avaient été déférés devant le parquet de Saverne avant d’être présentés au juge des enfants. Ils avaient été placés sous liberté surveillée préjudicielle (c’est-à-dire sous la surveillance d’un éducateur) en attendant leur jugement. « C’est un beau travail de police judiciaire », avait estimé Madeleine Simoncello, procureur du tribunal de Saverne. Une cinquantaine de jeunes avaient en effet été interrogés dans le cadre de cette enquête.

Les origines de la nécropole de Sarre-Union remontent au XVIIIe siècle. Ce cimetière était alors l’un des plus importants d’Alsace et la communauté israélite de Sarre-Union comptait quelque 400 familles.

Voir de plus:

Profanation : ne pas reproduire les excès de Carpentras
Jacky Isabello, Pierre Alibert
Le Figaro
17/02/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Jacky Isabello et Pierre Alibert soulignent l’inquiétant télescopage entre la profanation du cimetière juif de Sarre-Union et la polémique autour des propos de l’ancien minsitre Roland Dumas.

Jacky Isabello et Pierre Alibert sont associés à CorioLink, une agence de communication et de relations publiques

La profanation est une outrance que s’octroie les abrutis en mal de célébrité médiatique.

L’excès de communication entre l’ancien ministre Roland Dumas et la star de l’interview politique Jean-Jacques Bourdin est une autre forme de dérapage qui pourrait tout autant provoquer des actes antisémites de la part de simples d’esprit.

Toute la journée de lundi nous nous sommes interrogés: à une expression criminelle de la profanation, est-il judicieux de réagir par des outrances médiatiques qui flirtent souvent avec la récupération? En effet, à l’heure où ce texte est commis par vos dévoués plumitifs ; alors que la meute des loups a joué toute la journée à associer l’augmentation du vote d’extrême droite avec ces actes odieux, nous apprenons que 5 mineurs seraient incriminés. Il n’est en rien prouvé que l’acte revendique une action antisémite. Mais la peur est là pour la communauté juive de France. On le serait à moins.

Lorsque l’émotion s’en mêle, les spécialistes de la communication savent que la réflexion n’a plus sa place.

Un déficit de réflexion qui ne saura être compensé puisque, l’instrumentalisation qu’a connu l’acte de profanation du cimetière juif de Sarre-Union s’est télescopé dans la journée de lundi avec un événement inattendu ; un pilier cacochyme de la «mittérrandie», se prend les pieds dans le tapis d’insinuations à propos d’un complot judaïque qui toucherait les plus hautes sphères de l’état français. Le premier Ministre Manuel Valls serait sous influence.

Il n’en faut pas moins pour s’interroger et comparer. De telles attitudes, celles des gamins alsaciens, ou d’autres gamins en costumes trois pièces connus de tous les Français, sont-elles de nature à apaiser le procès qui est fait à l’Europe en ce moment par certains, de ne plus savoir offrir la sérénité et assurer la sécurité de nos concitoyens «Juifs de France». Le premier ministre israélien lui-même incite régulièrement les Juifs de France à s’expatrier vers la terre d’Israël.

Les opinions risquant de se «cristalliser» autour d’une situation médiatique extrêmement malsaine. D’un côté des vauriens qui, l’enquête le dira, veulent se faire peur en outrageant nos morts. De l’autre, d’autres galopins qui jouent à se faire peur en dégoupillant dans l’espace public la grenade d’un complot juif influençant jusqu’au chef du gouvernement.

Instrumentalisation, amalgame, raccourcis, erreurs de confirmation comme le dirait les philosophes. Toute la palette des faiblesses réflexives vont y passer.

Certes il est clair que les leçons des excès de la profanation du cimetière de Carpentras n’ont pas été retenues. Il est certain, qu’avec la profanation odieuse de plusieurs centaines de tombes du cimetière de Sarre-Union dans le Bas-Rhin, la France renoue avec ses vieux démons, ceux qui avaient mis le feu à notre nation républicaine lorsqu’en 1990 nous découvrîmes avec effroi, le saccage du cimetière de Carpentras et les mises en scène symboliques qui ajoutaient à la profanation un sadisme sans nom.

Mais intellectuellement plus cruel, Dumas a donné, à tous les amateurs de la théorie du complot, un jeu de cartes qui cache des règles du jeu bien plus insidieuses vis-à-vis de la communauté juive de France, que nous tentons de convaincre par tous les efforts, de ne pas s’éloigner de leur pays, la France.

Nous en sommes certains désormais, l’esprit du 11 janvier est bien rentré dans sa boite.

Voir encore:

Une profanation tous les deux jours en France
Christophe Cornevin
Le Figaro
22/09/2010

Les cimetières et lieux de culte catholiques demeurent les plus visés.

Croix renversées et souillées de symboles nazis au sanctuaire dédié à la Vierge Marie à Saint-Loup (Jura), tombes et chapelle vandalisée au cimetière d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), statues arrachées dans l’église Saint-Géry de Valenciennes (Nord), lustres réduits en miettes et chemin de croix incendié à Saint-Pierre de Pouan-les-Vallées (Aube), classé et datant du XIIIe siècle… Dans l’indifférence, la France est le théâtre d’une profanation tous les deux jours. Selon une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, que s’est procurée Le Figaro, pas moins de 184 dégradations de sépultures ont été recensées l’année dernière, soit à peine dix-neuf de moins qu’en 2008.

Depuis 2005, un lieu sacré est violé tous les deux jours. «Les faits perpétrés dans les cimetières sont pour l’essentiel des dégradations de stèles, d’ornementations et des inscriptions» , note le rapport, qui précise que les profanations recensées par les gendarmes – qui couvrent 95 % du territoire – touchent «très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises ». Dans les campagnes et en zones périurbaines, quelque 122 cimetières communaux et 34 lieux de culte catholique et 18 monuments aux morts ont été visés en 2009. Pas moins de cinq violations de tombeaux, dont deux exhumations ont été à déplorer. «Les départements du Bas-Rhin (11 faits), la Somme (9 faits), l’Ille-et-Vilaine (7 faits) et enfin la Gironde, le Gard et les Vosges (6 faits) concentrent le plus grand nombre de profanations», précise le document, qui détaille ainsi une série de périodes à risques. Ainsi, les profanateurs passent plus volontiers à l’action le 30 avril qui est à la fois l’anniversaire d’Adolf Hitler et de la fondation de l’Église de Satan aux États-Unis. Des pics sont aussi observés le 31 octobre, fêtes d’Halloween et jour de l’An sataniste, mais aussi lors des dates des solstices et d’équinoxes. Plus globalement, 50 % des actes de vandalisme se produisent le week-end et sans témoin, ce qui rend les investigations difficiles. L’année dernière, les gendarmes ont cependant réussi à résoudre une cinquantaine d’affaires et à confondre 106 profanateurs présumés. En décryptant leur profil, la note de la DGGN révèle que 83 % d’entre eux sont des mineurs et que 79 % sont de sexe masculin. Certains n’ont reculé devant aucune limite, allant jusqu’à improviser le 18 juillet dernier un rodéo à scooter dans la nef moyenâgeuse de l’église d’Échillais, près de La Rochelle, où un Christ en croix du XVIIe siècle gisait au milieu du chœur, démantibulé.

Un site créé en juin 2005
Le nombre des actes de vandalisme visant les lieux de culte a atteint une telle cote d’alerte qu’un site entier en recense l’étourdissante litanie. Il est animé par le comité Indignations, créé en juin 2005 au lendemain d’une parodie de mariage homosexuel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le simulacre, ressenti comme «blessant» par les fidèles, avait été à l’origine d’une pétition recueillant 27.000 signatures. « D’une manière générale, les investigations ne permettent toujours pas de déterminer les motivations réelles des auteurs, concèdent les gendarmes. En effet, les éléments de preuves découverts engendrent parfois des confusions (exemple, des croix gammées accompagnant des tags satanistes).» «Les personnes interpellées indiquent la plupart du temps avoir agi sans motivation idéologique, par jeu, défi, mimétisme ou désœuvrement» , estime le rapport, qui rappelle que huit profanations sont imputables à des «individus isolés souffrant de troubles psychiatriques». Si deux faits sont imputables à des «adorateurs du démon», qualifiés de « minoritaires », les analystes du Bureau des affaires criminelles (BAC) notent que « sur la totalité des faits recensés en 2009, la commission d’actes à caractère sataniste (croix brisées ou renversées) est supposée dans de nombreux cas ». Enfin, la présence d’alcool est un «facteur important de passage à l’acte particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes »

Voir de même:

Couverture médiatique des attentats : France Info proteste contre la mise en demeure du CSA
Grégoire Lecalot

France info

12 février 2015

Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel a adressé ce jeudi 15 mises en garde et 21 mises en demeure aux médias français pour la couverture des attentats contre Charlie Hebdo et leurs suites. Sept chaînes de TV et six radios, dont France Info et France Inter, se voient reprocher d’avoir annoncé l’assaut contre les frères Kouachi. Radio France fait part de sa surprise et envisage des recours.
Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), a adressé ce jeudi 15 mises en garde et – plus grave – 21 mises en demeure aux principaux médias audiovisuels français pour des « manquements graves » lors de la couverture des attentats de Paris, du 7 au 9 janvier dernier. Le CSA estime avoir relevé de nombreux dérapages dans les comptes-rendus de la traque des suspects, puis les prises d’otages et enfin les assauts contre les frères Kouachi en Seine-et-Marne puis contre Amedy Coulibaly à Paris.

L’instance dénonce tout d’abord la diffusion par une chaîne de télévision de l’assassinat du policier Ahmed Merabet, près du siège de Charlie Hebdo. Le CSA estime que, bien que sa mort en elle-même n’ait pas été montrée, le bruit des armes à feu et la voix de la victime n’auraient pas dû être mis à l’antenne.

Assaut à Dammartin-en-Goële
Sept chaînes de télévision et six radios, dont France Info et France Inter, se voient par ailleurs reprocher d’avoir annoncé l’assaut mené contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële, alors qu’Amedy Coulibaly était encore retranché dans l’hyper Cacher de la porte de Vincennes, ce qui, estime le CSA, a mis en danger la vie des otages.

Radio France proteste
Le groupe Radio France a fait part de sa surprise et de son étonnement face à cette mise en demeure et examine toutes les possibilités de recours contre cette sanction : « Ils nous reprochent d’avoir dit sur l’antenne de France Info : il se passe quelque-chose à Dammartin-en-Goële, il y a des coups de feu », explique Erik Kervellec, directeur de la rédaction de France Info. « C’est l’un des reporters de France Info qui a décrit la scène. Si on nous avait dit ‘Il va y avoir une intervention’, nous sommes des gens responsables. Nous n’aurions pas communiqué et dit des choses qui étaient de nature à faire dégénérer la situation. Mais à aucun moment nous n’avons reçu une consigne de ce type de la part des autorités compétentes. Nous contestons cette mise en demeure, nous ne la comprenons pas. Et nous envisageons des recours pour faire revenir le CSA sur cette sanction que nous jugeons parfaitement injustifiée ».

Voir de même:

Les attentats de Copenhague vus du Québec
Mathieu Bock-Côté
Le Figaro

7/02/2015 à 20:07

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Pour Matthieu Bock-côté, les réactions suscitées par les attentats qui ont frappé Copenhague ce week-end soulignent l’échec du multiculturalisme et le déni du réel entretenu par une partie de la classe politique et médiatique.

Mathieu Bock-Côté est sociologue (Ph.D). Il est chargé de cours à HEC Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal ainsi qu’à la radio de Radio-Canada. Il est l’auteur de plusieurs livres, parmi lesquels «Exercices politiques» (VLB, 2013), «Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois» (Boréal, 2012) et «La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire» (Boréal, 2007).

Pendant toute une journée, on a cherché son nom, sans vraiment le trouver. D’un site de nouvelles à l’autre, on évoquait seulement un tueur né au Danemark, et ayant passé sa vie au Danemark. Le propos était vague, nébuleux. Et il a fallu attendre que des sites de nouvelles s’inscrivant à la périphérie du système médiatique et ne s’encombrant pas de la censure propre au politiquement correct, pour qu’on puisse enfin le nommer. Il s’appelait Omar Abdel Hamid El-Hussein. Personne n’a vraiment été surpris.

Il a fallu attendre que des sites de nouvelles s’inscrivant à la périphérie du système médiatique et ne s’encombrant pas de la censure propre au politiquement correct, pour qu’on puisse enfin le nommer.
Pas d’amalgame! Évidemment, ce cri de panique de la gauche multiculturelle devant l’islamisme a tout de suite retenti. Car chaque fois que l’islamisme frappe, d’une manière ou d’une autre, la gauche multiculturelle s’inquiète d’abord de la montée de l’islamophobie. Elle craint qu’un attentat comme celui-là ne réveille le racisme latent qu’elle prête aux sociétés occidentales. D’ailleurs, les médias relaient cette formule mécaniquement, en mettant en garde tout à la fois contre le «radicalisme» et «l’islamophobie». On met les deux concepts sur le même pied, et surtout, on proscrit à l’avance toute réflexion sérieuse sur l’islamisme ou la difficile intégration de l’Islam en Occident en l’assimilant à une forme de racisme.

Le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble». Ce qui pourrait compromettre le récit enchanté de la cohabitation harmonieuse des différences n’y a pas sa place. Lorsqu’il faut pourtant consentir à montrer une part désagréable du réel, on multipliera les mises en garde, on forgera un nouveau vocabulaire qui deviendra la novlangue des sociétés fonctionnant sous l’orthodoxie multiculturaliste. D’une société à l’autre, c’est le même logiciel du déni qui opère et qui pousse les peuples à la défiance politique.

Le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble».
L’attentat commis par Omar Abdel Hamid El-Hussein n’est malheureusement pas un cas isolé. En Grande-Bretagne en 2005 comme en France, récemment, il s’agissait d’enfants du pays. Ou à tout le moins, d’enfants nés au pays, mais qui ne s’y sentaient pas appartenir, et qui plus encore, se voulaient profondément hostiles à son endroit. Se contenter de dire d’Omar Abdel Hamid El-Hussein qu’il s’agissait d’un Danois, et croire possible de fermer dès ce moment la réflexion, cela consiste à s’enfermer dans une illusion idéologique, que la réalité perce pourtant de toute part.

Cela illustre terriblement le désaccouplement de plus en plus net entre la citoyenneté d’appartenance et la citoyenneté de papier. Il ne suffit manifestement plus d’avoir vécu toute sa vie dans un pays pour en être. La nationalité, pensée comme un concept strictement juridique, se révèle trop souvent une coquille vide. En fait, elle a toujours eu besoin de quelque chose de plus. Elle référait à une histoire, une identité. Mais cela allait tellement de soi qu’il n’était pas nécessaire de le préciser. Ou du moins, on le précisait de mille manières sans avoir toujours à l’expliciter. La citoyenneté universaliste s’enracinait pratiquement dans une identité historique.

Cela illustre terriblement le désaccouplement de plus en plus net entre la citoyenneté d’appartenance et la citoyenneté de papier.
Nous avons assisté à une déconnection du pays officiel et du pays historique. Le premier s’est même retourné contre le second: c’est l’histoire du multiculturalisme, qui a consisté à vider les institutions du pays d’accueil de sa culture et à faire de la prédominance de celle-ci dans les relations sociales la marque d’une discrimination qu’il fallait désormais déconstruire. Conséquemment, lutter contre les discriminations, généralement, consistera simplement à démanteler les mécanismes sociologiques qui conduisaient naturellement à l’assimilation des immigrés.

C’est dans ce contexte que se pose la question de l’immigration qui a révolutionné l’Europe en quelques décennies. L’immigration massive ne concerne plus des individus, mais des peuples, des religions, qui migrent, sans nécessairement reproduire intégralement la culture de leur pays d’origine, mais sans non plus s’approprier celle du pays d’accueil, contre laquelle ils se définiront même souvent -en fait, un islam revendiqué et radical servira souvent d’identité de substitution aux populations immigrées. Et ce n’est pas faire injure à l’islam que de constater que ce n’est pas sa meilleure part qui s’exprime dans les banlieues européennes, chez des populations mal intégrées qui se l’approprient de manière polémique pour défier la société d’accueil.

Nous avons assisté à une déconnection du pays officiel et du pays historique. Le premier s’est même retourné contre le second: c’est l’histoire du multiculturalisme.
On aura beau chercher à s’adapter à cette situation en théorisant une citoyenneté multiculturelle censée annoncer l’avènement d’un paradis diversitaire, la réalité ne se laisse pas changer par des slogans. Malgré le déni des cultures, il faut bien convenir que ces dernières cohabitent d’autant moins bien qu’elles sont radicalement étrangères -la chose est encore plus vraie lorsqu’elles appartiennent à des civilisations distinctes. Ce n’est pas qu’elles sont méchantes l’une ou l’autre. Mais entre elles, ce sont des rapports de force qui jouent en bonne partie. Et les peuples européens ne savent manifestement plus faire preuve de force, tellement ils ont mutilé eux-mêmes leur identité.

Voir enfin:

Comment faire réélire François Hollande
François d’Orcival
Valeurs actuelles

12 Février 2015

Sarkozy à Juppé : “Il faudrait aussi, cher Alain, se demander pourquoi 30 % de nos électeurs s’apprêtent à voter pour le Front national.” Ils ont été plus de 40 %…

Le second épisode de la partielle dans la 4e circonscription du Doubs est encore plus riche d’enseignements que le premier. Le candidat socialiste, qui avait perdu tant de voix par rapport à 2012, est quand même élu ; la candidate du Front national, qui n’en a jamais réuni autant, est quand même battue. Multipliez les résultats du scrutin par mille et vous obtenez à peu près 30 millions de votants, 15,5 millions de voix pour le candidat de la gauche et 14,6 millions pour celle du Front national. Un écart de moins de 900 000 voix (inférieur à celui qui séparait Hollande de Sarkozy en 2012 — 1,2 million de voix). Pour Hollande, c’est le scénario idéal en 2017 : éliminer la droite au premier tour, se retrouver en face de Marine Le Pen au second — et la battre. C’est ce qui s’est passé dans le Doubs ; reste à “nationaliser” la petite partielle, mille fois plus petite que la présidentielle.

Qu’a donc fait le candidat PS dans le Doubs pour arriver deuxième au premier tour et affronter ensuite la représentante du FN ? Il était le suppléant du ministre de l’Économie, donc solidaire de toute la politique gouvernementale, petit soldat discipliné du parti et par conséquent tout aussi responsable du chômage, de la délinquance, de l’islamisme, du laisser-aller général. À l’image de François Hollande. On le disait en perdition ; il l’était. Et puis les attentats du mois de janvier ont agi comme un sérieux coup d’épée dans les reins de la gauche, donc de Hollande, de Valls et de notre suppléant. De quoi faire penser (à la marge, mais souvent la marge suffit) qu’ils avaient peut-être compris ce qui se passait, de quoi leur donner un peu de nerfs et arrêter la chute — sans qu’ils n’aient rien fait ! Ajoutez à cela la baisse du prix du pétrole, celle de l’euro, la mode grecque contre l’austérité, et les commentaires médiatiques, toujours sensibles au baromètre de gauche, devenaient soudain optimistes, bien que sur le fond rien ne se soit amélioré !

La candidate du Front national n’en a pas fait plus que son adversaire du PS : l’actualité a fait campagne à sa place, le djihadisme transporté sur le sol français, la tolérance à l’égard de l’islamisme sous le prétexte de ne pas faire d’“amalgame”, le marché des kalachnikovs, les statistiques du chômage, etc. Cette circonscription ouvrière et populaire place le FN en tête au premier tour et lui fournit 16 points de plus au second, mais pas au point de le faire gagner. Sa candidate est très déçue, mais pas Marine Le Pen qui, elle, crie victoire — elle sait que, pendant deux ans, elle continuera d’être au centre du jeu en comptant bien faire face à Hollande en 2017.

Grande perdante de ce double épisode, la droite. Aphone avant le premier, pathétique avant le second. C’est finalement Nicolas Sarkozy qui a posé la seule question qui vaille et qui fâche au conseil national de l’UMP, le 7 février (veille du second tour), en s’adressant à Alain Juppé : « Il ne suffit pas de dire que le Front national n’est pas un parti comme les autres, d’appeler à voter contre lui, il faudrait aussi, cher Alain, se demander pourquoi 30 % de nos électeurs s’apprêtent à voter pour le Front national… » Sarkozy ne se trompait que sur un point : ce ne sont pas 30 % des électeurs UMP du premier tour qui ont voté FN au second, mais 40 %, si ce n’est plus. La question était bien posée.

De la droite au sens large dépend qu’elle soit ou non au second tour de 2017. Elle y a toujours été, même fracturée en deux, voire en trois candidatures de premier plan (en négligeant les autres). Mais elle ne risquait rien — Le Pen arrivait derrière. Tout a changé depuis 2002 ; Marine Le Pen est maintenant classée première dans les sondages. Si la droite ne devance pas Hollande, c’est lui qui sera élu.

Comment peut-elle retenir ses électeurs tout en évitant une fracture qui verrait deux leaders se présenter en même temps et déchirer l’électorat (hypothèse suicidaire) ? C’est la question à laquelle la droite doit répondre. Un défi, certes. Mais cela l’invite surtout à travailler sur elle-même, et sur la France : son identité, son unité, sa singularité qui ont fait son destin dans l’Histoire. C’est beaucoup demander. Mais après tout, ce ne devrait pas être si difficile, quand on fait de la politique, de comprendre ce que vous disent les gens.

P.-S. Nos lecteurs apprendront, en page 6, que notre journal a été condamné pour avoir publié en couverture une “Marianne voilée”. Certes, la loi prévoit que seul le directeur de la publication, Yves de Kerdrel, est condamné. Cette hypocrisie n’empêchera pas que nous soyons tous solidaires et que nous nous sentions tous condamnés au même titre que lui, au mépris de la plus élémentaire liberté d’expression.


Caricatures danoises: C’est la démocratie, imbécile ! (Flemming Rose: The cartoons are including, rather than excluding, Muslims)

16 février, 2015
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Soyez fils de votre Père qui est dans les cieux (qui) fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et (…) pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 45)
Il n’y a que l’Occident chrétien qui ait jamais trouvé la perspective et ce réalisme photographique dont on dit tant de mal: c’est également lui qui inventé les caméras. Jamais les autres univers n’ont découvert ça. Un chercheur qui travaille dans ce domaine me faisait remarquer que, dans le trompe l’oeil occidental, tous les objets sont déformés d’après les mêmes principes par rapport à la lumière et à l’espace: c’est l’équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes. On cesse de représenter en grand les gens importants socialement et en petit les autres. C’est l’égalité absolue dans la perception. René Girard 
En France, on peut être choqué, agressé, blessé par l’opinion ou les mœurs des autres: c’est ce qu’Alain Finkielkraut appelle la douleur de la liberté. Il faut vous y faire, vos concitoyens ont le droit de caricaturer votre prophète. Sinon, il existe des tas de pays où on ne court aucun risque de tomber sur Charlie Hebdo… (…) les quelques semaines de lucidité qui ont suivi les attentats nous ont révélé que l’antisémitisme, le complotisme et le rejet de la France étaient bien plus répandus que ce que je croyais moi-même. (…) L’origine de notre interminable crise identitaire, ce n’est pas l’islam mais notre incapacité collective à définir ce qui nous rassemble et à le défendre. Ainsi refuse-t-on avec constance qu’un pays puisse avoir une politique migratoire conforme à ses intérêts. Nous aimons l’Autre, se récrie-t-on. Qui oserait dire le contraire? Seulement, quand il arrive que l’Autre, lui, nous aime moins que ce qu’on voudrait, on fait mieux que le comprendre, on l’approuve. On l’applaudit. Pourquoi aimerait-on un pays qui, non content d’avoir commis des crimes effroyables dans le passé, s’acharne à les répéter? Quelques semaines après des attentats islamistes, de quoi débat la France? Du mal qu’elle a fait à ses enfants d’immigrés. De ses promesses non tenues. De ses idées rances. Et bien sûr, de son «islamophobie», au point qu’on finit par penser que l’islamophobie a tué à Paris. Le président nous a appelés à être «fiers d’être français». Avec un mot Manuel Valls a clos la séquence: «apartheid», le mot a été répété avec gourmandise par des journalistes ravis de tant d’audace. Et le plus consternant est que le Premier ministre l’ait prononcé pour câliner son aile gauche et faire plaisir aux intéressés. Que certains membres d’un parti de gouvernement exigent, comme prix de leur loyauté, que leur chef se livre au dénigrement public de leur pays, ne semble surprendre personne. Pas plus que le fait que l’on caresse une communauté dans le sens du poil en lui expliquant qu’elle est faite de sous-citoyens. Oh oui, je t’ai fait mal…, c’est bon, non? La France a fabriqué Merah, Nemouche et les autres. La faute à l’apartheid. Vous verrez, certains exigeront bientôt qu’on organise «Vérité et Réconciliation» pour leur demander pardon d’avoir si mal accueillis leurs parents. (…) ce n’est pas en leur apprenant l’arabe qu’on va régler le problème. Le jour où l’école sera capable de transmettre à tous ce cadeau qu’est la culture française – ce qui suppose d’enseigner un tout petit peu «à la dure», en arrêtant de se demander si Balzac n’est pas discriminatoire pour nos enfants d’immigrés – on aura pas mal avancé. Mais le plus important, c’est d’arrêter d’entretenir la jeunesse, notamment musulmane, dans l’illusion qu’on lui devait quelque chose qu’on ne lui a pas donné. Rien n’est plus délétère que ce ressentiment, encouragé et légitimé par le discours public. Est-il si insupportable d’envisager que les intéressés aient une part de responsabilité dans ce qui leur arrive? Si beaucoup ont du mal à trouver leur place dans la société française, est-ce exclusivement à cause du racisme congénital des Français? Oui, c’est difficile de trouver du boulot et c’est plus difficile pour la jeunesse immigrée. Comment peut-on oublier les milliards investis dans la politique de la ville, l’arsenal juridique qui sanctionne le racisme et les discriminations, les repentances diverses et variées? Personne n’est colonisé en France. En réalité, les pleureuses professionnelles et les donneurs de leçons qui adorent se battre la coulpe sur la poitrine des autres méprisent nos concitoyens musulmans en les supposant incapables d’intégrer le monde des Lumières. Pour ces humiliés, disent-ils, l’islam est la dernière source de dignité. C’est aimable pour tous ceux dont la dignité réside dans leur contribution au bien commun. Cette condescendance parée de générosité me révolte. (…) Très vite, il est devenu clair que cette unanimité ne faisait que masquer de profonds malentendus. La gauche et les médias sont revenus à leur ritournelle habituelle: le FN, voilà l’ennemi! Que l’on combatte le FN, fort bien, mais quand j’entends les mêmes dénoncer les «intentions funestes de ce parti pour la démocratie» et traiter de racistes tous ceux qui demandent à l’islam de France fasse son aggiornamento, je me demande qui est dingue. Oui, la France pourrait être une chance pour l’islam comme elle a été une chance pour les juifs. Dire cela, ce n’est pas insulter les musulmans, mais simplement les inviter à réaliser la synthèse entre le public et le privé, le laïque et le religieux, l’individu et le groupe, que beaucoup d’autres ont faite avant eux. C’est en leur mentant qu’on les insulte. (…)  Voilà des années que certains débats sont interdits: en apparence ils ont lieu, mais tout point de vue contraire à la doxa est d’emblée criminalisé. On vous laisse parler en agitant la clochette «Attention, salaud!» Du coup, les mots n’ont plus de sens: par exemple, il est communément admis que la proposition «être contre l’immigration» (ou pour une réduction drastique des flux migratoires) est synonyme de «être raciste». C’est totalement stupide d’un point de vue logique, mais peu importe, le journaliste standard le répètera comme il a répété que si on était contre le mariage homo on était contre l’égalité. Cette fois, le journaliste standard a décidé, enchanté de sa trouvaille, que l’existence d’un apartheid en France était une vérité scientifique et que les attentats islamistes n’avaient rien à voir avec l’islam. On est en train de monter d’un cran dans la censure: on n’interdit pas seulement des opinions mais des réalités déplaisantes. Ainsi Arno Klarsfeld est-il mis en examen pour avoir dit: «Une partie des jeunes de banlieue est antisémite». Cela aurait dû au moins nous faire hurler de rire, et j’attends l’audience avec impatience au cas où la Justice se donnerait le ridicule de statuer sur le droit d’affirmer que la pluie mouille. Cependant, le plus rigolo, c’est Plenel: d’après lui, rien ne serait arrivé si on n’avait pas laissé Finkielkraut dire qu’il y a un problème avec l’islam. En somme, il aurait suffi de ne jamais nommer le problème pour qu’il n’existe pas. Et on continue à lui parler comme s’il était raisonnable… (…) je suis atterrée par les condamnations à des peines fermes pour «apologie du terrorisme». En France, on ne va pas en prison pour ses idées, même si elles sont atroces. Et je préfèrerais qu’on arrête les aspirants-terroristes plutôt que les grandes gueules. Que Dieudonné soit condamné quand il va trop loin (c’est-à-dire souvent…) et surtout qu’on l’oblige à payer ses amendes). Mais je ne veux pas qu’on l’empêche de parler. Je veux vivre dans un monde où je peux être heurtée par les propos des autres. La loi qui pénalise les délits d’opinion doit être appliquée avec sagesse. Or, je le répète, aujourd’hui, certains nous somment de ne pas voir ce que nous voyons. Eh bien moi, je ne renoncerai jamais au droit de voir – ni d’ailleurs à celui de parler et de penser. Elisabeth Lévy
Culpabilisés par leur niveau de vie (…) taraudés par la mauvaise conscience d’être des nantis, [les Scandinaves] ont ouvert les vannes de l’immigration. (..) Le problème est de sauvegarder la laïcité face à une religion turbulente. Dès lors, l’intégration ne fonctionne plus si les flux d’arrivants sont trop massifs et si la propagande victimaire domine. Emeutes au Danemark en 2008, quasi-émeutes en Norvège en 2009, aux cris de «mort aux Juifs» ; émeutes en Suède en 2013. Les pays scandinaves ont déjoué plusieurs tentatives d’attentats. (…) Le royaume danois fut donc pionnier des structures d’accueil de dé-radicalisation, avec psychologues aux petits soins et réinsertion par l’emploi de type discrimination positive à la clé. En prime, les autorités politiques et les élites prenaient avec des pincettes les caricaturistes «droitisés» de 2005, et des manifestants avaient brandi des pancartes «Sorry» pour amadouer le monde musulman. Ce profil bas n’a pas payé, car il brosse de l’Occident un tableau dont la noirceur et la pusillanimité justifient révolte et violence. Les frères Kouachi étaient d’anciens combattants des émeutes des banlieues de 2005 et l’un des deux auteurs des attentats de Boston, du printemps 2013, avait écrit sur son Facebook: «Je ne discute pas avec les idiots qui disent que l’islam c’est du terrorisme». Cette phrase, exacte au pied de la lettre, est discutable dans son esprit, puisqu’elle vise à rabaisser ceux qui doutent que l’on puisse découpler complètement le djihadisme de l’islam. (…) L’intégration existe (…) ce n’est pas forcément une question de modèle. C’est une question d’affirmation de soi. Le Royaume-Uni s’est repris en main. En Allemagne, Espagne et Italie, l’immigration choisie freine les processus de sécession agressive. Le djihadisme offre à de jeunes adultes le mythe du guérillero à cartouchière dans une variante proche de celle qui poussait les jeunes de 20 ans des années 30 vers le communisme ou le catholicisme politique: la défense d’un grand récit savant injustement calomnié et mal-aimé. C’est parce que des sociologues nous font sans arrêt la leçon sur l’islam, «religion de paix mal interprétée», que des jeunes hommes croient devoir se porter à son secours les armes à la main. Alexandre Devecchio
It was a project for the art world I noticed that you can’t criticize the Muslim world.  You can make jokes about religion, especially if you don’t have any unpleasant motives. Lars Vilks
In every art exhibition, you’ll see that you have a political statement against Bush and against Israel, but you never have any sort questioning about Islam. Which actually then were more interesting subject after the caricatures. So I wanted to add something to that discussion. Why are you so one sided again, in the art world. Lars Vilks
La liberté de publier ne signifie pas la liberté de publier n’importe quoi. Jyllands-Posten ne publierait jamais d’images pornographiques ou des images montrant en détail des cadavres; des jurons trouvent rarement leur place dans nos pages. Nous ne sommes donc pas des fondamentalistes dans notre support de la liberté d’expression. Mais l’histoire des caricatures est différente. Les exemples précédents sont liés à l’exercice d’une retenue pour des raisons éthiques et de bon goût; appelons cela la mise en page. Par contraste, j’ai lancé l’histoire des caricatures pour répondre à plusieurs incidents d’autocensure en Europe, incidents causés par les peurs croissantes et les sentiments d’intimidation ressentis en adressant des problèmes liés à l’Islam. Et je suis plus que toujours persuadé que c’est un thème que nous, Européens, devons confronter, afin de pousser les Musulmans modérés à s’exprimer. L’idée n’était pas de provoquer gratuitement – et certainement, notre intention n’était pas de provoquer des manifestations violentes dans le monde musulman. Notre but était simplement de faire reculer des limites que nous nous imposons nous-mêmes et qui semblaient devenir de plus en plus étroites. Fin septembre, un humoriste danois a dit dans une interview avec Jyllands-Posten qu’il n’avait aucun problème à uriner sur une Bible devant une caméra, mais qu’il n’oserait pas faire la même chose avec le Coran. Cet aveu a été le point culminant d’une série d’instances troublantes d’autocensure. En septembre dernier, un écrivain pour enfants danois avait de la peine à trouver un illustrateur pour publier un livre sur la vie de Mahomet. Trois personnes ont refusé le travail par peur des conséquences. La personne qui a finalement accepté a insisté pour garder son anonymat, ce qui, selon moi, est une forme d’autocensure. Des traducteurs européens d’un livre critique de l’Islam ne voulaient pas que leur nom apparaisse à côté du nom de l’auteur, une politicienne néerlandaise née en Somalie qui, elle-même, vit cachée. Environ à la même époque, la galerie d’art Tate à Londres a retiré une oeuvre par l’artiste d’avant- garde John Latham montrant le Coran, la Bible et le Talmud déchirés en morceaux. Le musée a expliqué qu’ils ne voulaient pas envenimer la situation après les attentats de Londres. (Quelques mois plus tôt, un musée de Göteborg en Suède, a enlevé une peinture contenant un motif sexuel et des citations du Coran afin de ne pas offenser les Musulmans.) Finalement, fin septembre, le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen a rencontré un groupe d’imams dont l’un d’entre eux a demandé au premier ministre d’intervenir auprès de la presse afin de produire une présentation plus positive de l’Islam. Ainsi, au cours de deux semaines, nous avons observé une demi-douzaine de cas d’autocensure, opposant la liberté d’expression à la peur de confronter des questions concernant l’Islam. Tout celà constituait une information légitime à publier, et Jyllands-Posten a décidé de le faire en adoptant le principe journalistique bien connu: montrer mais ne rien dire. J’ai écrit à des membres de l’association danoise des caricaturistes, leur demandant de “dessiner Mahomet comme ils le voyaient”. Nous ne leur avons certainement pas demandé de se moquer du prophète. Douze des 25 membres actifs ont répondu. Nous avons une tradition satirique lorsque nous parlons de la famille royale et d’autres personnes publiques et ceci est visible dans les caricatures. Les caricaturistes ont traité l’Islam comme ils traitent le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme et d’autres religions. Et en traitant les Musulmans au Danemark comme des égaux, ils ont démontré un point: nous vous intégrons dans la tradition danoise de la satire parce que vous faites partie de notre société, et vous n’êtes pas des étrangers. Les caricatures incluent, plutôt qu’excluent les Musulmans. (…) Une caricature – montrant le prophète avec une bombe dans son turban – a attiré les critiques les plus sévères. Des voix furieuses prétendent que la caricature dit que le prophète est un terroriste ou que tous les musulmans sont des terroristes. Je lis cette caricature différemment: certains individus ont pris la religion musulmane en otage en commettant des actes terroristes au nom du prophète. Ce sont ceux-ci qui ont donné une mauvaise image à cette religion. (…) Je reconnais que certaines personnes ont été offensées par la publication des caricatures, et Jyllands-Posten s’en est excusé. Mais nous ne pouvons pas nous excuser pour notre droit à publier certains sujets, même des sujets offensifs. On ne peut pas publier un journal si on est paralysé par la crainte d’une insulte. Je suis offensé par des sujets dans le journal chaque jour: traductions des discours de Osama bin Laden, photos de Abu Ghraib, de personnes qui insistent pour qu’Israël soit effacé de la surface de la terre, de gens qui prétendent que l’Holocauste n’a pas existé. Mais cela ne signifie pas que j’hésiterai à publier ces sujets, pour autant qu’ils respectent la loi et le code éthique du journal. Le fait que d’autres rédacteurs feraient d’autres choix fait partie de l’essence même du pluralisme. En tant qu’ancien correspondant en Union Soviétique, je suis très sensible à des demandes de censure basées sur la notion d’insulte. C’est un truc populaire des mouvements totalitaires: taxer chaque critique ou appel au débat d’insulte et punir les offenseurs. C’est ce qui est arrivé aux activistes des droits de l’homme et a des écrivains comme Andrei Sakharov, Vladimir Bukovsky, Alexander Soljenitsyne, Natan Sharansky, Boris Pasternak. Le régime les a accusés de propagande anti-Soviétique, de la même manière que certains Musulmans décrivent 12 caricatures parues dans un journal danois comme anti-Islamiques. La leçon de la guerre froide est la suivante: si vous cédez a des impulsions totalitaires une seule fois, de nouvelles demandes suivront. L’Occident a prévalu dans la guerre froide, parce que nous avons défendu nos valeurs fondamentales et n’avons pas apaisé des tyrans totalitaires. Flemming Rose
The tragic events also expose our own hypocrisies, the delusions and evasion we take to keep peace in the short term, along with the destructive culture of grievance that politicians have been eager to exploit. (…) The crisis began innocently enough. A children’s writer could not find an illustrator for a book about the Prophet Mohammed. Several illustrators declined to do it due to fear; then the one who agreed insisted on anonymity. We observed several more examples of self-censorship or calls for censorship when it came to the treatment of Islam in the public domain. Theatres, comedians, translators and museums were censoring themselves. My point was not to provoke or mock anyone, but simply to start a debate about self-censorship in our treatment of Islam compared with other religions. By proposing a practical demonstration – Show, Don’t Tell, a time-honoured journalistic principle – we wanted to let readers form their own opinion. As we soon found out, fears of violence for ridiculing a religious symbol were far from fantasy. I could never have imagined being condemned as a racist and finding myself on an Al Qaeda hit list. I was constantly asked to apologise for subsequent events, finding myself blamed for the lethal over-reaction of others. Following the French tragedy, I have been asked again and again my reaction. And the harsh truth is that mass murder in Paris has exposed hypocrisy, even as all those good people declare ‘Je Suis Charlie’. I find it strange that people who welcome diversity when it comes to culture, religion and ethnicity fail to welcome the same diversity when it comes to expressing ourselves. These people are basically saying that the more multicultural society becomes, the less freedom of expression we need. This seems a twisted stance. It should be the other way round – the more different we are, it seems to me, the more we need an open and free exchange of opinions. Unfortunately, governments defend restrictions on free speech on the grounds of keeping the peace and avoiding clashes between different groups. So they ban hate speech and blasphemy. In 2004, Theo van Gogh was killed in Amsterdam after making a controversial film about Islamic culture. The Dutch minister of justice responded by saying his life could have been saved if Holland had tougher laws on hate speech. But it is not only governments that advocate this blinkered approach. The human rights industry also defends limitations on speech, referring to the protection of human dignity and vulnerable identities. I was once asked to join a panel discussion organised by Amnesty International and the Danish Institute of Human Rights under the banner Victims of Free Speech. I suggested there were only victims of crime in a society based on the rule of law and the idea that people exerting long-held statutory rights were ‘victims’ was nonsense. There was anger at my comments. Westergaard’s cartoon of the Prophet has been criticised for being racist or stigmatising Muslims. I strongly disagree. He depicted Mohammed as representative of Islam in the same way images of Jesus refer to Christianity, Karl Marx to Marxism, and Uncle Sam to the US. Portraying Marx with blood on his hands, the crucified Christ holding a beer, or the Christian God armed with a bomb does not mean you think that all Marxists are bloodthirsty murderers or that Christians are drunkards or terrorists. Westergaard’s cartoon attacks a hardline religious doctrine, not a particular group within society. I would make a similar point about cartoons lampooning the Prophet Mohammed in Charlie Hebdo. Philippe Val, former editor-in-chief of Charlie Hebdo, was once asked if they hadn’t crossed a line with cartoons mocking the Prophet. ‘What kind of civilisation are we if we cannot ridicule those who bomb trains and airplanes and commit mass murder against innocent civilians?’ he responded. Yes indeed, what kind of civilisation are we? This is the key question for the coming days, weeks and months of hot debate. Do we want to live in a tyranny of silence – or do we defend the right to offend? These cartoons can be offensive to some; they are designed to stir debate. But labelling such images racist – an opinion aired in the US and UK – is misleading and dangerous. If you characterise race and religion as similar, you risk supporting those sinister forces who claim that apostasy is impossible and abandonment of religion a capital offence. Many Muslims believe they are born into their faith and it would be a serious crime to quit Islam. They treat religion as if it is a race. We should not accept that logic. Flemming Rose

Nous étions danois et nous ne le savions pas !

Au lendemain d’une nouvelle démonstration

Dans l’un des pays à la politique d’immigration la plus généreuse mais aussi, par habitant, aux djihadistes les plus nombreux …

Que sans compter les discours de l’excuse des sociologues, les mêmes haines et les mêmes textes finissent immanquablement par produire les mêmes effets

Qui se souvient un mois à peine après le prétendu sursaut parisien du mois dernier …

De l’insidieuse chape d’autocensure et la véritable « tyrannie du silence » qui étaient alors en train de s’installer au Danemark et en Europe ?

Et qui ne voit derrière leur dénonciation de l’instrumentalisation criminelle de la religion …

Comme de la véritable assignation à résidence religieuse et identitaire dans laquelle on enfermait ainsi les immigrés …

Que, comme le rappellent tant Flemming Rose que Lars Vilks, les premières caricatures ne revendiquaient pas autre chose …

Que la base et l’essence de toute démocratie …

A savoir, à l’instar de cet équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes dont parlait René Girard à propos de la découverte occidentale de la perspective …

L’égalité absolue de traitement et la pleine intégration des musulmans dans la tradition danoise et occidentale ?

‘Jihadis want to assassinate me. But I refuse to be condemned to a tyranny of deathly silence': Cry of defiance from Danish editor who printed first controversial cartoons
Flemming Rose is the Foreign Editor of Jyllands-Posten in Denmark
He was put on a jihadi hit-list after publishing anti-Islam cartoons in 2005
His cartoonist colleague survived an assassination attempt in his home
Here, he reflects on the Charlie Hebdo massacre in Paris
Flemming Rose, Foreign Editor Of Jyllands-posten

The Mail On Sunday

11 January 2015

It was late on a Tuesday afternoon six years ago when the phone rang. A voice that had become familiar from Denmark’s Security and Intelligence Service said two men planning to assassinate me had been arrested in Chicago.

The FBI had foiled another planned attack on my paper Jyllands-Posten, which specifically targeted myself and the cartoonist Kurt Westergaard.

The terrorists turned out to be an American and a Canadian, both of Pakistani origin.

One was linked to atrocities the previous year in Mumbai; he had already visited Denmark twice on planning missions and had purchased his ticket back to Copenhagen.

A year later, Westergaard was fortunate to escape the next attempt on his life.

The 73-year-old artist was watching a film with his young granddaughter when a Somali man with an axe broke in to his home to kill him.

They dived into a safe room he had been forced to put in his house. His assailant was shot and captured by police.

For a decade we have had to live in the shadow of such threats after I commissioned a dozen cartoons depicting the Prophet Mohammed.

This was a decision that provoked a storm around the world, with republication of the cartoons in scores of other papers. Yet in spite of the assassination attempts, it was all too easy to be lulled into thinking the threat was abstract, as life continued.

All that changed last week. People were killed in Paris because of cartoons mocking Islam. Our worst nightmare has come true.

These murders challenge democracies in the most sickening style. They present a terrible threat to the free speech that is the foundation of true democracy.

But the tragic events also expose our own hypocrisies, the delusions and evasion we take to keep peace in the short term, along with the destructive culture of grievance that politicians have been eager to exploit.

I knew two of the killed cartoonists at Charlie Hebdo. I had appeared on a panel about threats to free speech with Stephane Charbonnier (aka Charb) and worked on a comic project with Georges Wolinski. I liked them a lot. They were funny and easy-going. Now they are dead.

I also appeared as a witness in a 2007 court case after two Muslim organisations in France accused Charlie Hebdo of inciting religious hatred by publishing cartoons of the Prophet Mohammed.

Among them was the one by Westergaard that became the most infamous of our cartoons – a simple image of the Prophet with a bomb tucked in his turban.

Yet I stumbled almost accidentally into sparking what came to be known as the cartoon crisis, leading to riots, protests and dozens of deaths around the world.

I had taken a post as cultural editor of my paper after years on the road as a foreign correspondent. Among my postings was Moscow, where I was struck by dissidents who stood apart from Soviet society on the strength of their belief in freedom.

The crisis began innocently enough. A children’s writer could not find an illustrator for a book about the Prophet Mohammed. Several illustrators declined to do it due to fear; then the one who agreed insisted on anonymity.

We observed several more examples of self-censorship or calls for censorship when it came to the treatment of Islam in the public domain. Theatres, comedians, translators and museums were censoring themselves.

My point was not to provoke or mock anyone, but simply to start a debate about self-censorship in our treatment of Islam compared with other religions.

These murders…present a terrible threat to the free speech that is the foundation of true democracy.
By proposing a practical demonstration – Show, Don’t Tell, a time-honoured journalistic principle – we wanted to let readers form their own opinion. As we soon found out, fears of violence for ridiculing a religious symbol were far from fantasy.

I could never have imagined being condemned as a racist and finding myself on an Al Qaeda hit list. I was constantly asked to apologise for subsequent events, finding myself blamed for the lethal over-reaction of others.

Following the French tragedy, I have been asked again and again my reaction. And the harsh truth is that mass murder in Paris has exposed hypocrisy, even as all those good people declare ‘Je Suis Charlie’. I find it strange that people who welcome diversity when it comes to culture, religion and ethnicity fail to welcome the same diversity when it comes to expressing ourselves.

These people are basically saying that the more multicultural society becomes, the less freedom of expression we need. This seems a twisted stance. It should be the other way round – the more different we are, it seems to me, the more we need an open and free exchange of opinions.

Unfortunately, governments defend restrictions on free speech on the grounds of keeping the peace and avoiding clashes between different groups. So they ban hate speech and blasphemy.

In 2004, Theo van Gogh was killed in Amsterdam after making a controversial film about Islamic culture.

The Dutch minister of justice responded by saying his life could have been saved if Holland had tougher laws on hate speech.

The harsh truth is that the mass murder in Paris has exposed hypocrisy, even as all those good people declare ‘Je Suis Charlie’
But it is not only governments that advocate this blinkered approach. The human rights industry also defends limitations on speech, referring to the protection of human dignity and vulnerable identities.

I was once asked to join a panel discussion organised by Amnesty International and the Danish Institute of Human Rights under the banner Victims of Free Speech.

I suggested there were only victims of crime in a society based on the rule of law and the idea that people exerting long-held statutory rights were ‘victims’ was nonsense. There was anger at my comments.

We need to grow thicker skins if freedom of speech is to survive in a multicultural world.
Westergaard’s cartoon of the Prophet has been criticised for being racist or stigmatising Muslims. I strongly disagree. He depicted Mohammed as representative of Islam in the same way images of Jesus refer to Christianity, Karl Marx to Marxism, and Uncle Sam to the US.

Portraying Marx with blood on his hands, the crucified Christ holding a beer, or the Christian God armed with a bomb does not mean you think that all Marxists are bloodthirsty murderers or that Christians are drunkards or terrorists.

Westergaard’s cartoon attacks a hardline religious doctrine, not a particular group within society. I would make a similar point about cartoons lampooning the Prophet Mohammed in Charlie Hebdo.

Philippe Val, former editor-in-chief of Charlie Hebdo, was once asked if they hadn’t crossed a line with cartoons mocking the Prophet. ‘What kind of civilisation are we if we cannot ridicule those who bomb trains and airplanes and commit mass murder against innocent civilians?’ he responded.

Yes indeed, what kind of civilisation are we? This is the key question for the coming days, weeks and months of hot debate.

Do we want to live in a tyranny of silence – or do we defend the right to offend? These cartoons can be offensive to some; they are designed to stir debate.

But labelling such images racist – an opinion aired in the US and UK – is misleading and dangerous.

If you characterise race and religion as similar, you risk supporting those sinister forces who claim that apostasy is impossible and abandonment of religion a capital offence.

‘These murders challenge democracies in the most sickening style. They present a terrible threat to the free speech that is the foundation of true democracy': Above, tributes to victims of the Paris terror attacks
Many Muslims believe they are born into their faith and it would be a serious crime to quit Islam. They treat religion as if it is a race. We should not accept that logic.

Identity is a key issue in the modern world. It is no longer easy to answer questions such as: Who am I? Who are we as a community? How do we protect our identity?

But identity politics has become a growing challenge to free speech. We seem more concerned with protecting the sensibilities of groups rather than defending the historic democratic rights that we are entitled to as human beings.

The killers in Paris sincerely believed that human beings at Charlie Hebdo deserved to die because of their offensive cartoons. They felt this was justified by their militant interpretation of Islam.

But the killings were also taking place within a grievance culture that incites people to take offence every time somebody says something they do not like.

The assumption is that there isn’t any REAL difference between words and deeds, between a verbal insult and physical violence.

Yet I believe those who support this point of view are playing into the hands of both Islamists and the growing swathe of xenophobic political parties across Europe.

Instead of sending people to sensitivity training when they say something offensive, perhaps we should all be sent to insensitivity training.

We need to grow thicker skins if freedom of speech is to survive in a multicultural world.

Flemming Rose is author of The Tyranny Of Silence: How One Cartoon Ignited A Global Debate On The Future Of Free Speech.

Voir aussi:

Cartoonist: Art World One-Sided Against Israel, Bush, Avoids Islam
Lars Vilks
Breitbart
Pam Key
15 Feb 201528
Sunday on CNN, artist Lars Vilks discussed the Copenhagen terror attack that killed two and injured three others. In a free speech debate held by the cartoonist who has been under death threats since his 2007 caricatures of Muhammad, he said the art world is one sided.

Vilks said, “In every art exhibition, you’ll see that you have a political statement against Bush and against Israel, but you never have any sort questioning about Islam. Which actually then were more interesting subject after the caricatures. So I wanted to add something to that discussion. Why are you so one sided again, in the art world.”

When Vilks was asked if he feels he “contributed to this sentiment that has inspired some people to resort to violence to express their anger,” he replied, “Well, when you pose a question on the political responsibility, I mean, the religious symbols they are carrying, at least in this case, they’re carrying political decisions, certain dogmas, so if you question the basic symbols of this, it’s part of a political conversation. If you have people that want to go out and have guns and start murdering people, the thing is, you should put these people in prison. Because you cannot accept people murdering and trying in that way to stop the discussion you have concerning our questions about what you do with the freedom of speech in a democracy.”

Artist says Prophet picture meant to stir debate
Reuters

Sep 18, 2007
(Reuters) – A Swedish artist threatened with death over his drawing of a dog with the head of Islam’s Prophet Mohammad said on Tuesday he drew the picture to spark debate about freedom of expression in the art world.

Showing the original picture at a debate in the Swedish capital, Lars Vilks said he had wanted to test the boundaries of freedom in art.

« It was a project for the art world, » Vilks said.

« I noticed that you can’t criticize the Muslim world. »

Muslim countries including Iran and Pakistan have expressed anger over the drawing, and Sweden’s prime minister has met ambassadors from 22 Muslim countries to defuse the row.

Abu Omar al-Baghdadi, leader of the self-styled Islamic State in Iraq, offered up to $150,000 on Saturday for the murder of Vilks.

In an audiotape posted on the Internet, Baghdadi offered a lower bounty for the death of the editor of daily Nerikes Allehanda, which published the drawing last month.

Vilks, who has been told by police he is no longer safe living at home, said the response to his drawing had been much bigger than he had anticipated.

He said the drawing was humorous and that he did not see it as negative.

« You can make jokes about religion, especially if you don’t have any unpleasant motives, » he said.

Top Swedish firms such as truck maker Volvo, mobile network builder Ericsson and retailer Ikea were also threatened unless an apology was forthcoming for the drawing.

The controversy follows violent protests in the Muslim world last year over the publication by a Danish newspaper of cartoons some Muslims felt insulted the Prophet Mohammad. More than 50 people died across Asia, Africa and the Middle East.

Pourquoi j’ai publié ces caricatures
Flemming Rose
The Washington Post
19 février 2006

Puéril. Irresponsable. Expression haineuse. Une provocation juste pour le plaisir de provoquer. Un gag de pub. Les critiques des douze caricatures du prophète Mahomet que j’ai décidé de publier dans le journal Jyllands-Posten n’ont pas mâché leurs mots.

Ils disent que la liberté d’expression n’implique pas la permission d’insulter les sentiments religieux de personnes et, de plus, ils ajoutent que les médias s’autocensurent constamment. En conséquence de quoi, “nous vous prions de ne pas nous donner de leçons en ce qui concerne la liberté d’expression sans limites”. Je suis d’accord pour dire que la liberté de publier ne signifie pas la liberté de publier n’importe quoi. Jyllands-Posten ne publierait jamais d’images pornographiques ou des images montrant en détail des cadavres; des jurons trouvent rarement leur place dans nos pages. Nous ne sommes donc pas des fondamentalistes dans notre support de la liberté d’expression.

Mais l’histoire des caricatures est différente.

Les exemples précédents sont liés à l’exercice d’une retenue pour des raisons éthiques et de bon goût; appelons cela la mise en page. Par contraste, j’ai lancé l’histoire des caricatures pour répondre à plusieurs incidents d’autocensure en Europe, incidents causés par les peurs croissantes et les sentiments d’intimidation ressentis en adressant des problèmes liés à l’Islam. Et je suis plus que toujours persuadé que c’est un thème que nous, Européens, devons confronter, afin de pousser les Musulmans modérés à s’exprimer. L’idée n’était pas de provoquer gratuitement – et certainement, notre intention n’était pas de provoquer des manifestations violentes dans le monde musulman.

Notre but était simplement de faire reculer des limites que nous nous imposons nous-mêmes et qui semblaient devenir de plus en plus étroites. Fin septembre, un humoriste danois a dit dans une interview avec Jyllands-Posten qu’il n’avait aucun problème à uriner sur une Bible devant une caméra, mais qu’il n’oserait pas faire la même chose avec le Coran. Cet aveu a été le point culminant d’une série d’instances troublantes d’autocensure. En septembre dernier, un écrivain pour enfants danois avait de la peine à trouver un illustrateur pour publier un livre sur la vie de Mahomet. Trois personnes ont refusé le travail par peur des conséquences. La personne qui a finalement accepté a insisté pour garder son anonymat, ce qui, selon moi, est une forme d’autocensure. Des traducteurs européens d’un livre critique de l’Islam ne voulaient pas que leur nom apparaisse à côté du nom de l’auteur, une politicienne néerlandaise née en Somalie qui, elle-même, vit cachée.

Environ à la même époque, la galerie d’art Tate à Londres a retiré une oeuvre par l’artiste d’avant- garde John Latham montrant le Coran, la Bible et le Talmud déchirés en morceaux. Le musée a expliqué qu’ils ne voulaient pas envenimer la situation après les attentats de Londres. (Quelques mois plus tôt, un musée de Göteborg en Suède, a enlevé une peinture contenant un motif sexuel et des citations du Coran afin de ne pas offenser les Musulmans.)

Finalement, fin septembre, le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen a rencontré un groupe d’imams dont l’un d’entre eux a demandé au premier ministre d’intervenir auprès de la presse afin de produire une présentation plus positive de l’Islam. Ainsi, au cours de deux semaines, nous avons observé une demi-douzaine de cas d’autocensure, opposant la liberté d’expression à la peur de confronter des questions concernant l’Islam. Tout celà constituait une information légitime à publier, et Jyllands-Posten a décidé de le faire en adoptant le principe journalistique bien connu: montrer mais ne rien dire. J’ai écrit à des membres de l’association danoise des caricaturistes, leur demandant de “dessiner Mahomet comme ils le voyaient”. Nous ne leur avons certainement pas demandé de se moquer du prophète. Douze des 25 membres actifs ont répondu. Nous avons une tradition satirique lorsque nous parlons de la famille royale et d’autres personnes publiques et ceci est visible dans les caricatures. Les caricaturistes ont traité l’Islam comme ils traitent le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme et d’autres religions. Et en traitant les Musulmans au Danemark comme des égaux, ils ont démontré un point: nous vous intégrons dans la tradition danoise de la satire parce que vous faites partie de notre société, et vous n’êtes pas des étrangers. Les caricatures incluent, plutôt qu’excluent les Musulmans.

Les caricatures en aucun cas ne démonisent les Musulmans, et ne veulent pas créer de stéréotype. En fait, elles diffèrent l’une de l’autre tant dans la manière dont elles représentent le prophète que dans leur but. Une caricature se moque de Jyllands-Posten, représentant ses rédacteurs culturels comme une bande de provocateurs réactionnaires. Une autre suggère que l’auteur du livre pour enfants, ne pouvant pas trouver d’illustrateur, a rendu ce problème public juste pour se faire de la publicité à bon marché. Une troisième a mis la tête de la présidente du parti “Danish People’s Party “, parti au programme anti-immigratoire, dans une rangée de personnages, comme si elle était suspectée d’activités criminelles.Une caricature – montrant le prophète avec une bombe dans son turban – a attiré les critiques les plus sévères. Des voix furieuses prétendent que la caricature dit que le prophète est un terroriste ou que tous les musulmans sont des terroristes. Je lis cette caricature différemment: certains individus ont pris la religion musulmane en otage en commettant des actes terroristes au nom du prophète. Ce sont ceux-ci qui ont donné une mauvaise image à cette religion. La caricature évoque aussi le conte d’Aladin et l’orange qui est tombée dans son turban, lui assurant ainsi la fortune. Cela suggère que la bombe vient du monde extérieur et n’est donc pas une caractéristique inhérente au prophète. Parfois, Jyllands-Posten a refusé de publier des caricatures satiriques de Jésus, mais pas parce que nous appliquons des règles différentes. En fait, le même caricaturiste qui a dessiné Mahomet avec une bombe dans son turban a dessiné une caricature de Jésus sur la croix avec des billets de dollars dans ses yeux et une autre avec l’étoile de David attachée à la mèche d’une bombe. Cependant, lors de leur publication, nous n’avons pas vu d’ambassades incendiées ni reçu de menaces de mort.

Jyllands-Posten a-t-il insulté l’Islam ou manqué de respect? Ce n’était certainement pas son intention. Mais que signifie “respect”? Lorsque je visite une mosquée, je montre mon respect en enlevant mes chaussures. Je suis les coutumes de la même manière que je le ferais dans une église, une synagogue ou tout autre lieu saint. Mais lorsqu’un croyant demande que moi, non croyant, je respecte ses tabous sur le domaine public, il ne demande pas mon respect, mais ma soumission. Et ceci est incompatible avec une démocratie laïque. C’est exactement à cause de cela que Karl Popper dans son ouvrage « La Société ouverte et ses ennemis » insiste sur le fait qu’il ne faut pas être tolérant avec l’intolérant. Nulle part d’autre que dans une démocratie, où la liberté d’expression est un droit fondamental, ne coexistent autant de religions de manière pacifique. En Arabie Saoudite, vous pouvez être arrêté pour avoir porté une croix ou pour avoir une Bible dans votre valise, alors qu’au Danemark, pays laïque, les Musulmans peuvent avoir leurs propres mosquées, cimetières, écoles, stations de télévision et de radio.

Je reconnais que certaines personnes ont été offensées par la publication des caricatures, et Jyllands-Posten s’en est excusé. Mais nous ne pouvons pas nous excuser pour notre droit à publier certains sujets, même des sujets offensifs. On ne peut pas publier un journal si on est paralysé par la crainte d’une insulte. Je suis offensé par des sujets dans le journal chaque jour: traductions des discours de Osama bin Laden, photos de Abu Ghraib, de personnes qui insistent pour qu’Israël soit effacé de la surface de la terre, de gens qui prétendent que l’Holocauste n’a pas existé. Mais cela ne signifie pas que j’hésiterai à publier ces sujets, pour autant qu’ils respectent la loi et le code éthique du journal. Le fait que d’autres rédacteurs feraient d’autres choix fait partie de l’essence même du pluralisme. En tant qu’ancien correspondant en Union Soviétique, je suis très sensible à des demandes de censure basées sur la notion d’insulte. C’est un truc populaire des mouvements totalitaires: taxer chaque critique ou appel au débat d’insulte et punir les offenseurs. C’est ce qui est arrivé aux activistes des droits de l’homme et a des écrivains comme Andrei Sakharov, Vladimir Bukovsky, Alexander Soljenitsyne, Natan Sharansky, Boris Pasternak. Le régime les a accusés de propagande anti-Soviétique, de la même manière que certains Musulmans décrivent 12 caricatures parues dans un journal danois comme anti-Islamiques.
La leçon de la guerre froide est la suivante: si vous cédez a des impulsions totalitaires une seule fois, de nouvelles demandes suivront. L’Occident a prévalu dans la guerre froide, parce que nous avons défendu nos valeurs fondamentales et n’avons pas apaisé des tyrans totalitaires.

Depuis la publication des caricatures, le 30 septembre, un débat constructif concernant la liberté d’expression, la liberté de religion, ainsi que le respect pour les immigrants et les croyances individuelles s’est instauré au Danemark et en Europe. Jamais auparavant, autant de Musulmans danois ont participé à un dialogue public – dans des rencontres communales, lettres aux rédacteurs, opinions de lecteurs et débats à la radio et à la télévision. Nous n’avons pas eu d’émeutes anti-musulmanes, de Musulmans fuyant le pays et nous n’avons pas vu de Musulmans commettant des actes violents. Les imams radicaux qui ont informé leurs collègues au Moyen-Orient de manière erronnée concernant la situation des Musulmans au Danemark ont été marginalisés. Ils ne sont plus les porte-paroles de la communauté Musulmane au Danemark, parce que des Musulmans modérés ont eu le courage de s’exprimer contre eux. En janvier, Jyllands-Posten a publié trois pages complètes d’interviews et de photos de Musulmans modérés, disant ne pas être représentés par les imams. Ils insistent sur le fait que leur foi est compatible avec une démocratie laïque moderne. Un réseau de Musulmans modérés, respectant pleinement la constitution, a été établi, et le parti anti-immigration “People’s Party” a appelé ses membres à faire la différence entre les Musulmans radicaux et modérés, c’est à dire entre les Musulmans propageant la charia et les musulmans acceptant la tradition de la loi laïque. La face du Danemark musulman a changé, et il devient clair que ce n’est pas un débat entre “eux” et “nous”, mais entre ceux qui sont attachés à la démocratie au Danemark et ceux qui ne le sont pas.

Ceci est le genre de débat que Jyllands-Posten a espéré produire, lorsqu’il a choisi d’explorer les limites de l’autocensure en appelant des caricaturistes à remettre en question un tabou musulman. Avons nous réussi? Oui et non. Certaines défenses de notre liberté d’expression faites avec esprit, nous ont inspirés. Mais les tragiques manifestations à travers le Moyen-Orient et l’Asie ne sont pas ce que nous avions attendu et encore moins désiré. De plus, le journal a reçu 104 menaces, 10 personnes ont été arrêtées, des caricaturistes ont été forcés de se cacher à cause de menaces pesant sur leur vie et les bureaux de Jyllands-Posten ont été évacués plusieurs fois à cause d’alertes à la bombe. Ceci est un climat qui encourage peu à modérer l’autocensure.

Je pense cependant que les caricatures ont leur place dans deux histoires différentes, l’une en Europe et l’autre au Moyen-Orient. La politicienne néerlendaise d’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, dit que l’intégration des Musulmans dans les sociétés européennes a été accélérée de 300 ans par la parution des caricatures; peut-être ne devrons nous pas rééditer la bataille du Siècle des Lumières en Europe. L’histoire du Moyen-Orient est plus complexe, mais a en fait très peu à voir avec les caricatures.

Flemming Rose est le rédacteur culturel du journal danois Jyllands-Posten

Elisabeth Lévy : « la France peut être une chance pour l’islam comme elle l’ a été pour les juifs »
Alexandre Devecchio
Le Figaro

13/02/2015

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Charlie Hebdo, marche du 11 janvier, liberté d’expression : à l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur intitulé , Islam de France est-il trop tard ?, Elisabeth Lévy répond aux questions de FigaroVox.

Elisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction du magazine «Causeur». Dans son numéro de Février, le magazine revient sur les attentats qui ont frappé la France et s’interroge sur le rapport entre Islam et République.
PROPOS RECUEILLIS PAR: ALEXANDRE DEVECCHIO

FigaroVox: Le nouveau numéro de Causeur s’intitule Islam de France est-il trop tard?. Selon vous, tout est foutu?

Elisabeth Lévy: Si je pensais que c’est foutu je serais en train de préparer ma valise, pas le prochain Causeur!

Ah bon, vous aussi vous allez faire votre alyah?

Oui, à Melbourne ou en Patagonie. Blague à part, j’ai le sentiment, comme beaucoup de Français, y compris beaucoup de Français de souche récente, qu’il est minuit moins le quart et que, si nous ne changeons pas de discours et de politique très vite, il sera effectivement trop tard: le pays, c’est-à-dire la culture que nous habitons disparaîtra et cèdera la place à un territoire morcelé dont les habitants ne sauront plus imaginer un avenir commun, faute d’une histoire volontairement partagée.

Vous y allez fort, chère Elisabeth! Si on vous comprend, et en paraphrasant Manuel Valls, la France avec les musulmans ne serait plus la France!

Pardon, mais c’est vous qui charriez grave! Je n’ai rien dit de tel! Je crois au contraire que même les Français les plus à cran sur les questions identitaires seraient atterrés s’ils se réveillaient demain dans la France blanche et catholique dont ils sont soupçonnés de rêver. La pluralité des origines et des croyances de nos concitoyens atteste de la capacité du génie national à fabriquer des Français avec n’importe qui. Encore faut-il être d’accord sur les modalités de la coexistence des cultures dont seuls les ravis de la crèche sans-frontiéristes croient qu’elle est un conte de fées. Que la France soit une nation «multiethnique», ce n’est pas une question, qu’elle soit un pays multiculturel, c’est une autre affaire: l’égalité entre les individus, ne suppose nullement l’égalité des pratiques et des modes de vie sur notre sol. Autrement dit, n’importe quelle citoyenne française jouit des mêmes droits que moi, mais ma minijupe a plus de droits que ta burqa. En conséquence, ce n’est pas «l’islam», et encore moins «les» musulmans, qui menacent l’identité française, mais notre incapacité à énoncer fermement et clairement la règle du jeu: qui s’adapte à qui, quels sont les principes et les règles sur lesquels nous ne transigerons pas, quelles sont les différences qui nous enrichissent et celles que nous refusons…

je connais pas mal de juifs religieux qui préfèreraient ne pas voir sur nos murs des dames en petite tenue mais qui ne demandent pas qu’on interdise la publicité pour la lingerie. En France, on peut être choqué, agressé, blessé par l’opinion ou les mœurs des autres : c’est ce qu’Alain Finkielkraut appelle la douleur de la liberté.
Rien que ça! Vous ne croyez pas qu’on en a soupé des séminaires, des débats et des discussions?

D’abord, si vous êtes satisfait par le débat public, vous n’êtes pas difficile – j’y reviendrai. Cela dit, je ne parle pas de débat, je parle de loi et de règles, et aussi de modes de vie. La laïcité, qui impose à tous les citoyens, croyants en premier lieu, une gymnastique mentale permanente. Il faut vivre sur deux pieds, accepter que ce que l’on tient pour une vérité sacrée à la maison soit à l’extérieur un objet de libre examen, donc de critique, voire de moquerie: je connais pas mal de juifs religieux qui préfèreraient ne pas voir sur nos murs des dames en petite tenue mais qui ne réclament pas qu’on interdise la publicité pour la lingerie. En France, on peut être choqué, agressé, blessé par l’opinion ou les mœurs des autres: c’est ce qu’Alain Finkielkraut appelle la douleur de la liberté. Il faut vous y faire, vos concitoyens ont le droit de caricaturer votre prophète. Sinon, il existe des tas de pays où on ne court aucun risque de tomber sur Charlie Hebdo… Je ne m’attarde pas sur l’égalité hommes-femmes qui impose de tolérer, même si c’est douloureux, que sa fille ou sa sœur mène la vie qui lui plaît. De même, on n’impose pas ses croyances et son mode de vie, même aux membres de son groupe: on a le droit d’être musulman ou d’origine musulmane et de manger pendant le ramadan. Enfin, il faut évoquer l’antisémitisme, non pas parce qu’il concerne les juifs, mais parce qu’il révèle la difficulté de nombreux musulmans (qui trouvent au minimum qu’ «on en fait trop sur la Shoah») à «changer de généalogie» pour reprendre l’expression de Malika Sorel. On en fait peut-être trop et surtout on fait certainement mal: il reste que l’extermination des juifs est un événement central de l’histoire européenne. Vous voulez entrer dans la famille, soyez les bienvenus. Mais alors, cet héritage est aussi le vôtre, ce qui n’a rien à voir avec la culpabilité.

Mais sur tous ces points, la majorité des musulmans de France est d’accord avec vous!

La majorité, j’aimerais en être sûre, un très grand nombre c’est indéniable: ce sont ceux-là que nous devons aider. En attendant, les quelques semaines de lucidité qui ont suivi les attentats nous ont révélé que l’antisémitisme, le complotisme et le rejet de la France étaient bien plus répandus que ce que je croyais moi-même. Certes, l’entre-soi et la progression de la pratique religieuse – qui se traduit par un certain séparatisme de fait – ne sont pas l’apanage des musulmans. Cela me désole que beaucoup de jeunes juifs vivent dans un milieu exclusivement juif. Mais le mélange culturel ne se décrète pas ; le respect de la loi et de la règle commune, si. Or, une certaine interprétation de l’islam, intolérante et teintée de ressentiment, devenue la norme dans nos banlieues, a tendance à transformer le séparatisme en sécession. On n’est pas obligé d’aimer nos valeurs libérales. Mais l’Etat doit garantir à tous ses citoyens le bénéfice de ces valeurs. Un très grand nombre de nos concitoyens musulmans savent ce qu’ils y ont gagné, il nous faut convaincre les autres – ou les obliger à respecter les formes républicaines, au besoin en adoptant l’excellente idée de Malek Boutih, qui propose de mettre «les quartiers» sous tutelle de l’Etat afin d’en finir avec les accommodements déraisonnables concédés par des élus locaux dépassés.

Le jour où l’école sera capable de transmettre à tous ce cadeau qu’est la culture française ce qui suppose d’enseigner un tout petit peu « à la dure », en arrêtant de se demander si Balzac n’est pas discriminatoire pour nos enfants d’immigrés on aura pas mal avancé.
Une partie des élites françaises et des musulmans eux-mêmes n’ont-ils pas été trop longtemps trop soumis face au communautarisme et à l’islamisme? Dans ce contexte, le scénario du livre de Houellebecq vous paraît-il crédible?

Je dirais que Houellebecq est au moins plausible et vous renvoie à un excellent texte de Causeur consacré au duo Plenel/Ramadan. Ce qui est sûr c’est que, comme Zemmour, il frappe là où ça fait mal: sur notre ventre mou. L’origine de notre interminable crise identitaire, ce n’est pas l’islam mais notre incapacité collective à définir ce qui nous rassemble et à le défendre. Ainsi refuse-t-on avec constance qu’un pays puisse avoir une politique migratoire conforme à ses intérêts. Nous aimons l’Autre, se récrie-t-on. Qui oserait dire le contraire? Seulement, quand il arrive que l’Autre, lui, nous aime moins que ce qu’on voudrait, on fait mieux que le comprendre, on l’approuve. On l’applaudit. Pourquoi aimerait-on un pays qui, non content d’avoir commis des crimes effroyables dans le passé, s’acharne à les répéter? Quelques semaines après des attentats islamistes, de quoi débat la France? Du mal qu’elle a fait à ses enfants d’immigrés. De ses promesses non tenues. De ses idées rances. Et bien sûr, de son «islamophobie», au point qu’on finit par penser que l’islamophobie a tué à Paris. Le président nous a appelés à être «fiers d’être français». Avec un mot Manuel Valls a clos la séquence: «apartheid», le mot a été répété avec gourmandise par des journalistes ravis de tant d’audace. Et le plus consternant est que le Premier ministre l’ait prononcé pour câliner son aile gauche et faire plaisir aux intéressés. Que certains membres d’un parti de gouvernement exigent, comme prix de leur loyauté, que leur chef se livre au dénigrement public de leur pays, ne semble surprendre personne. Pas plus que le fait que l’on caresse une communauté dans le sens du poil en lui expliquant qu’elle est faite de sous-citoyens. Oh oui, je t’ai fait mal…, c’est bon, non? La France a fabriqué Merah, Nemouche et les autres. La faute à l’apartheid. Vous verrez, certains exigeront bientôt qu’on organise «Vérité et Réconciliation» pour leur demander pardon d’avoir si mal accueillis leurs parents.

Dans ce dossier, vous vous insurgez contre «le lamento de la relégation». Sans tomber dans l’idéologie victimaire, ces attentats doivent-il néanmoins nous conduire à nous interroger sur notre propre modèle de civilisation? Le fait que l’islam soit si attractif pour une partie de la jeunesse, y compris pour ceux qui ne sont pas de culture musulmane, ne vous interpelle-t-il pas?

Bien sûr, mais ce n’est pas en leur apprenant l’arabe qu’on va régler le problème. Le jour où l’école sera capable de transmettre à tous ce cadeau qu’est la culture française – ce qui suppose d’enseigner un tout petit peu «à la dure», en arrêtant de se demander si Balzac n’est pas discriminatoire pour nos enfants d’immigrés – on aura pas mal avancé. Mais le plus important, c’est d’arrêter d’entretenir la jeunesse, notamment musulmane, dans l’illusion qu’on lui devait quelque chose qu’on ne lui a pas donné. Rien n’est plus délétère que ce ressentiment, encouragé et légitimé par le discours public. Est-il si insupportable d’envisager que les intéressés aient une part de responsabilité dans ce qui leur arrive? Si beaucoup ont du mal à trouver leur place dans la société française, est-ce exclusivement à cause du racisme congénital des Français? Oui, c’est difficile de trouver du boulot et c’est plus difficile pour la jeunesse immigrée. Comment peut-on oublier les milliards investis dans la politique de la ville, l’arsenal juridique qui sanctionne le racisme et les discriminations, les repentances diverses et variées? Personne n’est colonisé en France. En réalité, les pleureuses professionnelles et les donneurs de leçons qui adorent se battre la coulpe sur la poitrine des autres méprisent nos concitoyens musulmans en les supposant incapables d’intégrer le monde des Lumières. Pour ces humiliés, disent-ils, l’islam est la dernière source de dignité. C’est aimable pour tous ceux dont la dignité réside dans leur contribution au bien commun. Cette condescendance parée de générosité me révolte.

Que l’on combatte le FN, fort bien, mais quand j’entends les mêmes dénoncer les « intentions funestes de ce parti pour la démocratie » et traiter de racistes tous ceux qui demandent à l’islam de France fasse son aggiornamento, je me demande qui est dingue.
Vous affirmez que la France peut être une chance pour l’islam. Mais le pays des Lumières a-t-il aujourd’hui autre chose à proposer qu’un suicide collectif? La grande manifestation du 11 janvier qui aurait pu devenir dans l’imaginaire collectif l’équivalent du sacre de Reims ou de la Fête de la Fédération a été réduite à un slogan: «Je suis Charlie». Vous-êtes-vous sentie Charlie?

Tant qu’ «être Charlie» signifiait qu’on était prêt à se battre pour défendre la possibilité du monde commun et des libertés qui vont avec, sans aucun doute. Et puis je l’avoue, je me fais facilement avoir par ces moments de fusion collective sur fond de drapeau tricolore et de Marseillaise. Très vite, il est devenu clair que cette unanimité ne faisait que masquer de profonds malentendus. La gauche et les médias sont revenus à leur ritournelle habituelle: le FN, voilà l’ennemi! Que l’on combatte le FN, fort bien, mais quand j’entends les mêmes dénoncer les «intentions funestes de ce parti pour la démocratie» et traiter de racistes tous ceux qui demandent à l’islam de France fasse son aggiornamento, je me demande qui est dingue. Oui, la France pourrait être une chance pour l’islam comme elle a été une chance pour les juifs. Dire cela, ce n’est pas insulter les musulmans, mais simplement les inviter à réaliser la synthèse entre le public et le privé, le laïque et le religieux, l’individu et le groupe, que beaucoup d’autres ont faite avant eux. C’est en leur mentant qu’on les insulte.

Cependant, le plus rigolo, c’est Plenel : d’après lui, rien ne serait arrivé si on n’avait pas laissé Finkielkraut dire qu’il y a un problème avec l’islam. En somme, il aurait suffi de ne jamais nommer le problème pour qu’il n’existe pas. Et on continue à lui parler comme s’il était raisonnable…
On pouvait penser que le choc des attentats allait déciller certains regards, que le réel ne pouvait plus être reporté à une date ultérieure, pour reprendre la formule de Philippe Muray. Un mois plus tard qu’en est-il?

Eh bien justement, il est de nouveau reporté sine die. Et c’est la seule chose qui pourrait finir par me décourager. Voilà des années que certains débats sont interdits: en apparence ils ont lieu, mais tout point de vue contraire à la doxa est d’emblée criminalisé. On vous laisse parler en agitant la clochette «Attention, salaud!» Du coup, les mots n’ont plus de sens: par exemple, il est communément admis que la proposition «être contre l’immigration» (ou pour une réduction drastique des flux migratoires) est synonyme de «être raciste». C’est totalement stupide d’un point de vue logique, mais peu importe, le journaliste standard le répètera comme il a répété que si on était contre le mariage homo on était contre l’égalité. Cette fois, le journaliste standard a décidé, enchanté de sa trouvaille, que l’existence d’un apartheid en France était une vérité scientifique et que les attentats islamistes n’avaient rien à voir avec l’islam. On est en train de monter d’un cran dans la censure: on n’interdit pas seulement des opinions mais des réalités déplaisantes. Ainsi Arno Klarsfeld est-il mis en examen pour avoir dit: «Une partie des jeunes de banlieue est antisémite». Cela aurait dû au moins nous faire hurler de rire, et j’attends l’audience avec impatience au cas où la Justice se donnerait le ridicule de statuer sur le droit d’affirmer que la pluie mouille. Cependant, le plus rigolo, c’est Plenel: d’après lui, rien ne serait arrivé si on n’avait pas laissé Finkielkraut dire qu’il y a un problème avec l’islam. En somme, il aurait suffi de ne jamais nommer le problème pour qu’il n’existe pas. Et on continue à lui parler comme s’il était raisonnable…

Mais vous ne voudriez pas qu’on autorise l’expression du racisme ou de l’antisémitisme?

Certes, mais pour autant, je suis atterrée par les condamnations à des peines fermes pour «apologie du terrorisme». En France, on ne va pas en prison pour ses idées, même si elles sont atroces. Et je préfèrerais qu’on arrête les aspirants-terroristes plutôt que les grandes gueules. Que Dieudonné soit condamné quand il va trop loin (c’est-à-dire souvent…) et surtout qu’on l’oblige à payer ses amendes). Mais je ne veux pas qu’on l’empêche de parler. Je veux vivre dans un monde où je peux être heurtée par les propos des autres. La loi qui pénalise les délits d’opinion doit être appliquée avec sagesse. Or, je le répète, aujourd’hui, certains nous somment de ne pas voir ce que nous voyons. Eh bien moi, je ne renoncerai jamais au droit de voir – ni d’ailleurs à celui de parler et de penser.

Voir enfin:

Attentats de Copenhague : pourquoi le modèle d’intégration danois a lui aussi échoué
Le Figaro
16/02/2015

FIGAROVOX/ANALYSE – Marc Crapez explique pourquoi le modèle multiculturel danois n’a pas suffit à préserver le pay scandinave du terrorisme.

Marc Crapez est chercheur en science politique associé à Sophiapol (Paris-X). Son dernier ouvrage, Un besoin de certitude a été publié chez Michalon. Vous pouvez également retrouver ses chroniques sur son site.
Après la France, c’est le Danemark qui est touché par le terrorisme islamiste. A première vue, ce «petit» pays peut apparaître comme une cible inattendue. Pourquoi a-t-il été visé selon vous?

Marc Crapez: Les islamistes ne font pas plus de différence entre petit et grand pays qu’entre petit et grand Satan. C’est d’abord un individu en particulier, un dessinateur suédois, qui était visé. Et ce n’était pas la première fois. Les caricaturistes rendent fous de rage les fondamentalistes, la représentation de leur prophète étant prohibée.

Ensuite, n’oublions pas que des attentats ont récemment été déjoués en Belgique et au Canada. Il existe toutefois une spécificité danoise, ou plutôt scandinave, voire au-delà si l’on inclut le Canada dans la liste des pays culpabilisés par leur brutalité passée envers les peuples Lapons ou Esquimaux (le Danemark possédait le Groënland). Conjoncturellement, la Scandinavie est aussi culpabilisée par le fou nazi Breivik. Et le Danemark par son fort parti populiste (voir le portrait au vitriol d’un politicien de cette obédience dans la série télévisée Borgen). Enfin, il suffit de regarder les télévisions scandinaves pour constater que ces pays sont culpabilisés par leur niveau de vie. Taraudés par la mauvaise conscience d’être des nantis, ils ont ouvert les vannes de l’immigration.

Néanmoins, la police paraît efficace: cible ratée et assassins (ou une partie d’entre eux) rapidement mis hors d’état de nuire. Aux Etats-Unis, c’est une femme, officier de police américaine qui, malgré une blessure, avait neutralisé le terroriste Nidal Malik Hasan en 2009…

L’intégration ne fonctionne plus si les flux d’arrivants sont trop massifs et si la propagande victimaire domine.
Après les attentats qui ont frappé Paris, certains ont mis en cause le modèle d’intégration français, allant parfois jusqu’à suggérer que celui-ci était fondé sur une forme de discrimination institutionnelle . Le Danemark, pourtant réputé pour son modèle multiculturel et son ouverture à l’immigration, est lui aussi victime de l’islamisme. Les Français et plus largement les Européens ont-ils vraiment fait le bon diagnostic face à l’islam radical? L’intégration est-elle réellement le problème?

L’intégration républicaine peut mieux convenir à un pays, et le multiculturalisme à un autre. Le problème est de sauvegarder la laïcité face à une religion turbulente. Dès lors, l’intégration ne fonctionne plus si les flux d’arrivants sont trop massifs et si la propagande victimaire domine. Emeutes au Danemark en 2008, quasi-émeutes en Norvège en 2009, aux cris de «mort aux Juifs» ; émeutes en Suède en 2013.

Les pays scandinaves ont déjoué plusieurs tentatives d’attentats. Au Danemark, ce fut notamment le cas en 2010 et 2012, avec l’arrestation de Somaliens, dont un djihadiste formé chez les Shebab. Le royaume danois fut donc pionnier des structures d’accueil de dé-radicalisation, avec psychologues aux petits soins et réinsertion par l’emploi de type discrimination positive à la clé. En prime, les autorités politiques et les élites prenaient avec des pincettes les caricaturistes «droitisés» de 2005, et des manifestants avaient brandi des pancartes «Sorry» pour amadouer le monde musulman.

Ce profil bas n’a pas payé, car il brosse de l’Occident un tableau dont la noirceur et la pusillanimité justifient révolte et violence. Les frères Kouachi étaient d’anciens combattants des émeutes des banlieues de 2005 et l’un des deux auteurs des attentats de Boston, du printemps 2013, avait écrit sur son Facebook: «Je ne discute pas avec les idiots qui disent que l’islam c’est du terrorisme». Cette phrase, exacte au pied de la lettre, est discutable dans son esprit, puisqu’elle vise à rabaisser ceux qui doutent que l’on puisse découpler complètement le djihadisme de l’islam.

C’est parce que des sociologues nous font sans arrêt la leçon sur l’islam, « religion de paix mal interprétée », que des jeunes hommes croient devoir se porter à son secours les armes à la main
Peut-on néanmoins totalement nier que l’extrémisme prospère sur l’échec de l’Intégration? Dans ces conditions, quel modèle, faut-il défendre?

L’intégration existe. En Suède, une présentatrice vedette est d’origine somalienne ; au Danemark, d’origine palestinienne (et voilée) ; en Norvège une femme d’origine pakistanaise est devenue ministre de la Culture. Ce n’est pas forcément une question de modèle. C’est une question d’affirmation de soi. Le Royaume-Uni s’est repris en main. En Allemagne, Espagne et Italie, l’immigration choisie freine les processus de sécession agressive.

Le djihadisme offre à de jeunes adultes le mythe du guérillero à cartouchière dans une variante proche de celle qui poussait les jeunes de 20 ans des années 30 vers le communisme ou le catholicisme politique: la défense d’un grand récit savant injustement calomnié et mal-aimé. C’est parce que des sociologues nous font sans arrêt la leçon sur l’islam, «religion de paix mal interprétée», que des jeunes hommes croient devoir se porter à son secours les armes à la main.

Voir enfin:

DANEMARK Sur les 28 allocataires, 15 auraient été enjoints de rembourser…
Le Danemark a payé des allocations chômage à des combattants de Daesh
20 Minutes avec AFP
28.11.2014

Le Danemark a payé des allocations chômage à 28 personnes parties combattre en Syrie pour le groupe Daesh, ont affirmé jeudi les services de renseignements danois (PET).

Ces services ont indiqué au quotidien BT que sur ces 28 allocataires, 15 ont été enjoints de rembourser, huit font encore l’objet d’une enquête, et cinq ont échappé à cette injonction faute de preuves suffisantes. «C’est incroyablement important que nous ne soyons pas naïfs», a déclaré au journal la ministre de la Justice Mette Frederiksen, interrogée sur des données provenant du recoupement de fichiers de plusieurs administrations.

L’une des plus grosses proportions de djihadistes dans la population
Le Danemark est l’un des pays les plus généreux au monde dans l’indemnisation du chômage, qui peut atteindre 801 couronnes (108 euros) par jour pendant deux ans. Il n’a pas été précisé si les bénéficiaires en question touchaient autant, ni s’ils étaient tous Danois ou si certains étaient étrangers.

Parmi les pays occidentaux comportant le plus grand nombre de djihadistes par rapport à leur population totale, le Danemark se situe en deuxième place, derrière la Belgique. Selon le PET, «plus de 100» habitants du pays l’ont quitté dans le but de combattre en Syrie, mais un spécialiste danois du Moyen-Orient, Naser Khader, a appelé à revoir à la hausse cette estimation qui date de juin.

«Le nombre augmente dans beaucoup de pays, donc pourquoi ce ne serait-il pas le cas au Danemark?», a-t-il déclaré au quotidien Berlingske. La Belgique estime à 300 le nombre de ses ressortissants dans les rangs de Daesh, et la France, à un millier.

Voir encore:

Attentats de Copenhague et Paris : deux attaques, des similitudes frappantes
Nouvel Obs
15-02-2015

Entre les attentats de Copenhague et de Paris, les similitudes sont frappantes. Même s’il faudra attendre d’en savoir plus sur le profil du tireur de la capitale danoise pour évoquer un éventuel mimétisme, la police soupçonne le tueur, dont elle n’a pas encore révélé l’identité, d’avoir voulu imiter les attentats parisiens.

François Hollande estime ce dimanche 15 février que « les mêmes cibles » ont été frappées au Danemark et lors des attentats de Paris en janvier, événements entre lesquels il y a, selon lui, « un lien qui n’établit pas un réseau mais une même détermination des terroristes à frapper les valeurs de la liberté, du droit, de la protection que chaque citoyen, quelle que soit sa religion, doit pouvoir trouver ».

Je suis frappé par le mimétisme de la séquence, d’abord une attaque contre le symbole de la liberté d’expression, ensuite une attaque contre des Juifs, et puis l’affrontement par rapport aux policiers », relève, lui aussi, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Deux attaques, des cibles identiques
Première similitude : cibler la liberté d’expression
Comme les frères Kouachi qui ont tué à la kalachnikov le 7 janvier à Paris 12 personnes au siège de « Charlie Hebdo », l’hebdomadaire satirique qui avait publié des caricatures de Mahomet, un assaillant a mitraillé samedi à Copenhague un centre culturel où se tenait un débat intitulé « Art, blasphème et liberté », tuant un homme. Parmi les invités, un artiste suédois qui a, lui aussi, caricaturé le prophète de l’islam.

C’était la même intention que ‘Charlie Hebdo’, sauf qu’ils n’ont pas réussi à entrer », résume l’ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, présent lors du débat.
Deuxième similitude : cibler la communauté juive
Comme Amedy Coulibaly qui a tué quatre Juifs le 9 janvier dans un supermarché casher parisien, l’assaillant du Danemark s’en est pris ensuite à une synagogue. Il y a mortellement blessé un Juif, avant d’être abattu quelques heures plus tard par la police, comme les forces de l’ordre françaises ont tué les trois tireurs parisiens, au terme d’une traque plus longue.

Troisième similitude : mourir en martyr
Enfin, comme Amedy Coulibaly et les frères Kouachi qui s’étaient préparés à mourir en martyr en tirant sur la police avant d’être abattus, l’auteur présumé des attentats de Copenhague a été tué, après avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre dans le quartier populaire de Nørrebro.

« Des cibles à haute valeur symbolique »
Le mode opératoire semble similaire, les cibles aussi, on peut penser qu’il s’agit du même genre de djihad individuel », explique une source proche des forces d’élite françaises.
« Il y a des similitudes », acquiesce Jean-Charles Brisard, expert des questions liées au terrorisme, « mais elles relèvent de tendances lourdes qu’on observe depuis plusieurs années ». Parmi elles, « des cibles à haute valeur symbolique » qui remplacent les « attentats aveugles », des « armements de moins en moins sophistiqués » au lieu d’explosifs « dont les terroristes se méfient car ils sont davantage surveillés par les services de renseignement ».

Pour ce spécialiste, ce type d’attaques « nécessite beaucoup moins de préparatifs que les attentats » commis par le passé, ce qui les rend plus difficiles à détecter. Pour autant, « il faut faire attention aux raccourcis » car « on ne sait pas grand-chose du tireur de Copenhague », prévient la source proche des forces d’élite.

L’imitation, un phénomène redouté
Les tueurs français se réclamaient de mouvements djihadistes, Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique (EI). Les enquêteurs n’excluent pas qu’ils se soient rendus en Syrie, et au moins un des Kouachi est allé en 2011 au Yémen, autre bastion du djihadisme international.

Quant à l’assaillant du Danemark, lui aussi déjà connu des services de renseignement, les enquêteurs ignorent s’il a été en Syrie ou en Irak mais pensent qu’il « peut avoir été inspiré par la propagande militante islamiste diffusée par l’Etat islamique ou d’autres organisations terroristes ». Le Danemark est un des pays les plus concernés par les départs pour le jihad en Syrie en proportion de sa population.

Selon la source proche des forces d’élite, le risque « d’imitation » est une crainte réelle des services antiterroristes.

C’est d’ailleurs l’intention des organisations djihadistes : par leur vidéos de propagande et leurs recrutements sur internet ils veulent que des personnes se reconnaissent dans les actions comme les attentats de Paris, qu’elles les reproduisent. »
Avant même les attaques parisiennes, plusieurs hommes convertis aux thèses djihadistes étaient passés à l’acte, comme le Français Mehdi Nemmouche qui a tué quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai, le Canadien Michael Zehaf-Bibeau qui a tué un militaire à Ottawa en octobre, ou encore Man Haron Monis, auteur en décembre d’une prise d’otages à Sydney qui s’est soldée par la mort de deux personnes et de l’attaquant.

Qu’ils aient agi seuls ou qu’ils se revendiquent d’un groupe, ces hommes semblent avoir mis en pratique les consignes diffusées par Al-Qaïda ou l’EI : passez à l’action là où vous vivez, en faisant le plus de bruit possible.

G.S. avec AFP

Voir enfin:

Attentats de Paris et Copenhague : les mêmes racines de la terreur
Céline Lussato
Nouvel Obs
16-02-2015

« Je suis frappé par le mimétisme de la séquence, d’abord une attaque contre le symbole de la liberté d’expression, ensuite une attaque contre des Juifs, et puis l’affrontement par rapport aux policiers ». A l’instar du ministre Français des Affaires étrangères Laurent Fabius, la plupart des commentateurs auront dressé ces deux derniers jours un parallèle entre les attaques qui ont frappé, à Paris puis Copenhague, des défenseurs de la liberté d’expression puis des membres ou des symboles de la communauté juive.

Mais au-delà des cibles elles-mêmes, et dans la limite de ce que l’enquête de police a pour le moment dévoilé, de nombreuses similitudes rapprochent les deux pays, faisant d’eux des cibles pour le terrorisme.

#La défense de la liberté d’expression, le droit au blasphème
Le caricaturiste Lars Vilks qui, un an après les dessins qui ont enflammé le monde lors de leur publication en 2005 dans le « Jyllands-Posten » avait lui-même caricaturé le prophète Mahomet, était, semble-t-il, la cible de l’attentat de samedi à Copenhague.

« La France comme le Danemark ont une conception assez solide de la liberté d’expression », souligne Xavier Landes, chercheur en philosophie politique et économique au Centre for the Study of Equality and Multiculturalism (CESEM) de l’Université de Copenhague.

Le Danemark comporte encore dans son corpus une loi sur le blasphème. Mais celle-ci n’a plus donné lieu à condamnation depuis 1938. La France et le Danemark sont deux pays qui, dans les dernières années, se sont moins retenus que d’autres en matière de liberté d’expression : le Danemark en 2005 au travers les caricatures de Mahomet publiées dans le ‘Jyllands Posten’, la France via « Charlie Hebdo » depuis des années. Et c’est cette liberté d’expression poussée à l’extrême qui est, semble-t-il, l’étincelle qui a déclenché les deux fusillades. »
Ce, même si, depuis 2005 et les réactions très violentes dans le monde contre le Danemark, beaucoup de Danois considéraient avoir fait la preuve de la liberté d’expression et, conscients aussi de la volonté de provocation du quotidien conservateur de droite, n’avaient pas spécialement poussé à renouveler ce genre de caricatures.

Lire
Copenhague : à Paris, des centaines de « Je suis Danois »
#La cible affichée de mouvements islamistes
Un certains nombres de caricaturistes avaient déjà été la cible d’attaques dans le pays. En 2010, Kurt Westergaard, un dessinateur du « Jyllands Posten », avait été agressé par un homme armé d’une hache qui s’était introduit chez lui avant d’être arrêté à temps par la police danoise. Et Lars Vilks était sur la liste des « Most Wanted » du magazine d’Aqpa (al-Qaïda dans la Péninsule arabique) à la gauche de Charb de « Charlie Hebdo ».

« Les caricaturistes danois ont été exposés depuis des années. Mais, le pays lui-même l’est aussi en raison de sa participation à beaucoup de coalitions internationales qui sont intervenues au Moyen-Orient », ajoute Xavier Landes. « Le Danemark », explique le chercheur, « est un paradoxe : il apparaît comme un pays à la limite du pacifisme mais qui, au regard de sa taille, intervient beaucoup à l’étranger ». Et la presse se fait d’ailleurs régulièrement écho d’attentats déjoués sur le sol danois :

Le plus connu est celui, évité à quelques heures près, contre la plus grande station de métro de la ville, il y a quelques années ».
Lire
Copenhague : ne pas « répondre à la haine par la haine »
#L’échec de la lutte contre les discriminations
S’il on veut s’attarder sur les causes socio-économiques des passages à l’acte, on peut, là aussi, établir un parallèle entre la France et le Danemark. « Les facteurs de discriminations, d’inégalité socio-économique, d’inégalité d’opportunité présents en France et dont on a parlé au lendemain des attentats jouent aussi au Danemark. Les populations récemment arrivées dans le pays ont toutes les peines du monde à s’intégrer dans la société », affirme Xavier Landes. « Le Danemark est resté en effet un pays très homogène ethniquement jusque dans les années 1960 et l’est devenu moins en 40 ans. Or la communauté danoise est très soudée, ce qui a créé une barrière de verre qui a rendue plus difficile l’intégration des derniers arrivés ». Un parallèle avec la France limité par le fait que l’hexagone n’a pas une vision ethnique de l’intégration. « Mais le problème d’intégration est pourtant bien réel également en France, même si ses ressorts ne sont pas les mêmes ».

#Le départ de djihadistes au combat
« Le Danemark est, en proportion de sa population, le pays d’Europe qui envoie le plus de djihadistes en Syrie », affirme Xavier Landes. Un point à malheureusement porter également à l’actif de la France d’où partent de nombreux jeunes vers la Syrie ou l’Irak pour combattre. « Ces départs en masse doivent nous pousser à nous questionner : pour avoir la démarche de partir d’un pays riche ou la santé et l’éducation sont gratuites pour aller se battre dans une guerre d’un tel sommet de barbarie, il faut qu’il y ait eu un puissant ressort qui ait conduit ces hommes et ces femmes ». Un ressort, semble-t-il, présent dans les deux pays.

LA LIMITE DU PARALLELE
#La manifestation d’un violent antisémitisme
Le parallèle entre les deux pays est là beaucoup plus compliqué. Si l’antisémitisme est ancien en France, avec une manifestation à droite comme à gauche avant la seconde guerre mondiale et une résurgence ces dernières années, il n’est historiquement pour ainsi dire pas présent au Danemark. « S’il y a eu de l’antisémitisme dans les têtes au Danemark, cela n’a jamais empêché les Danois de considérer les juifs comme leurs concitoyens », explique Xavier Landes, soulignant que « durant la seconde guerre mondiale, quoi que le Danemark soit sous protectorat allemand, presqu’aucun juif n’a été déporté, la population les ayant aidé à s’échapper en masse ». Aujourd’hui encore, et alors que la communauté juive comporte moins de 10.000 personnes dans tout le pays, les manifestations d’antisémitisme sont rarissimes en dehors de quelques incidents liés à l’actualité proche-orientale. Même le parti d’extrême droite ne tient guère de propos antisémites. « S’en prendre à une synagogue au Danemark est du mimétisme. Ce n’est pas comme s’il y avait des tensions inter-communautaires très fortes : il n’y en a pas ! », appuie le chercheur.

#Un sécularisme à deux vitesses
Tandis que la France revendique et applique son modèle laïc, le Danemark présente lui un modèle plus séculier tout en ayant une préférence pour la religion historique du peuple danois : « l’Eglise luthérienne nationale danoise ».

« Une situation qui peut attiser de l’incompréhension ou des crispations. Il y a eu notamment des tensions autour de la construction d’une grande mosquée à Copenhague : comment se fait-il qu’un Etat qui se dit séculier mais finance une Eglise en particulier au travers du système de taxation, traine les pieds – sans parler de financer – pour autoriser la construction de cette mosquée ? », raconte Xavier Landes. De quoi développer des rancœurs.


Attentats de Copenhague: Ce qui est arrivé est entièrement conforme à l’enseignement de l’Islam (No, Mr. Boubakeur, it’s not a blow to Islam or Muslims !)

15 février, 2015
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Ils disent: nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage. Le Coran (Sourate IV, verset 157-158)
L’erreur qui est commise aujourd’hui, c’est de penser que l’islam, c’est la religion de Mahomet. Non : c’est celle de Jésus, de Moïse et celle de Mahomet, le dernier des prophètes. Croire en Dieu, ses anges, ses prophètes, c’est ça l’islam. Jésus n’a pas été envoyé à l’Europe, mais aux fils d’Israël, pour corriger la loi de Moïse. Ils ont essayé de tuer Jésus, mais comme le dit le Coran, ce n’est pas Jésus, c’est un autre qui a été crucifié. La croix que vous portez n’a aucun sens, comme vos prières n’ont aucun sens. Khadafi (Paris, décembre 2007)
Convertissez-vous à l’Islam, Jésus a été envoyé pour les Hébreux, pas pour vous, en revanche Mahomet a été envoyé pour tous les humains. Vous croyez que Jésus a été crucifié mais ce n’est pas vrai, c’est Dieu qui l’a emmené au ciel. Ils ont crucifié quelqu’un qui lui ressemblait. Les juifs ont essayé de tuer Jésus parce qu’il voulait remettre la religion de Moïse sur le juste chemin. Khadafi (Rome, novembre 2009)
Affranchir le musulman de sa religion est le plus grand service qu’on puisse lui rendre. Renan
Au nom de Dieu tout puissant. Il n’y a qu’un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé Les Versets sataniques, qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l’Islam, au prophète et au Coran, aussi bien que ceux qui l’ont publié ou connaissent son contenu, ont été condamnés à mort. J’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement, où qu’ils les trouvent, afin que personne n’insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C’est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l’auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l’exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu’il soit puni pour ses actions. Que Dieu vous bénisse tous. Rouhollah Musavi Khomeini (Radio téhéran, 14 février 1989)
Je suis offensé par des sujets dans le journal chaque jour: traductions des discours de Osama bin Laden, photos de Abu Ghraib, de personnes qui insistent pour qu’Israël soit effacé de la surface de la terre, de gens qui prétendent que l’Holocauste n’a pas existé. Mais cela ne signifie pas que j’hésiterai à publier ces sujets. (…) Des voix furieuses prétendent que la caricature dit que le prophète est un terroriste ou que tous les musulmans sont des terroristes. Je lis cette caricature différemment: certains individus ont pris la religion musulmane en otage en commettant des actes terroristes au nom du prophète. Ce sont ceux-ci qui ont donné une mauvaise image à cette religion. Flemming Rose
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
La publication de caricatures du Prophète de l’Islam par le quotidien danois « Jyllands Posten » relayé par un quotidien parisien est un acte exécrable mettant une nouvelle fois en exergue l’Islamophobie ambiante, raciste et méprisante, envers plus d’un milliard de musulmans. (…) Il n’y a plus dans ce cas de liberté de la presse mais détournement de cette liberté. Hier les musulmans du monde étaient incapables de réagir à leurs détracteurs qui des siècles durant n’ont pas cessés de déverser des tombereaux de calomnies sur leur religion, leurs livres sacrés, leur Prophète. La modernité d’aujourd’hui leur permet d’exprimer leur profonde désapprobation de cette atteinte profanatoire et diffamatoire portés à leur religion caricaturant et affublant leur Prophète d’une image de terroriste accréditant une fois de trop l’Islam à la violence et au terrorisme. Comme dit le proverbe « Qui sème le vent récolte la tempête ». Docteur Dalil Boubakeur (Recteur de l’Institut Musulman de la Mosquée de Paris, 1er février 2006)
[Les musulmans de France] ne sentent pas que c’est au nom de l’Islam, ils sentent que c’est un coup porté à l’ensemble des musulmans. Dalil Boubakeur
Je suis effondré, c’est un acte de guerre. Je pense d’abord aux victimes et à leurs familles. Je ressens aussi un coup dur pour l’islam et les musulmans de France. Le travail d’intégration, de dialogue que nous effectuons depuis des années s’effondre brutalement, en quelques secondes. Les tueurs disent qu’ils ont vengé le Prophète. Mais c’est là une profanation de sa mémoire. En son époque, le Prophète a été caricaturé. Mais il a pardonné à ses adversaires, ses ennemis ! (…) Les musulmans doivent sortir dans les rues, manifester publiquement leur colère, leur dégoût, leur ras-le-bol. Trop, c’est trop ! Cette mobilisation doit aller au-delà de la communauté musulmane. Tout le monde doit défiler. On a atteint un tel niveau de haine. (…) Ils sont déjà stigmatisés, ils risquent de l’être encore plus, malheureusement. Ils n’avaient pas besoin de ça ! Je fais confiance au bon sens de nos concitoyens qui savent faire la différence entre un musulman normal et un psychopathe. Car ces crimes inqualifiables relèvent de la psychiatrie. Il est impossible que les tueurs soient nourris d’une quelconque spiritualité. Je n’imagine pas que la foi ait un jour caressé leur cœur. (…) J’étais contre les condamnations et les manifestations. Moi, cela ne m’avait pas choqué. Je suis pour la liberté d’expression tant qu’il n’y a pas d’insulte. Dans ces caricatures, je ne voyais pas d’insulte. La liberté en général, c’est ce qu’il y a de plus cher. Tareq Oubrou (imam de Bordeaux)
Le prophète n’a pas été vengé, mais notre religion, nos valeurs et les principes de l’islam ont été trahis. Tariq Ramadan
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Ce passage du Coran concentre toute la mimétogonie de l’islam vis-à-vis du christianisme, parce que celui qu’il appelle Jésus – Issa pour les musulmans – est l’opposé du Jésus des Evangiles. Issa est la négation absolue du Christ, c’est son double monstrueux. Allah sauve Issa de la mort grâce au sacrifice d’un inconnu, tandis que Jésus se sacrifie pour sauver de la mort les inconnus qui croiront en lui. Le sacrifice christique détruit le mécanisme sacrificiel, alors que l’islam réhabilite le sacrifice archaïque, en sauvant Issa par un sacrifice archaïque. A l’endroit même où Jésus révèle le diabolique de la vision archaïque de la divinité, le Coran rétablit l’archaïsme avec les moyens de l’archaïque, à savoir la violence. Radu Stoenescu
Ils disent: nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage. Le Coran (Sourate IV, verset 157-158)
Si le fanatisme fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne, il est sûr que l’intégrisme est la maladie de l’islam. (…) Au lieu de distinguer le bon islam du mauvais, il vaut mieux que l’islam retrouve le débat et la discussion, qu’il redécouvre la pluralité des opinions, qu’il aménage une place au désaccord et à la différence.  Abdelwahab Meddeb
Ce que nous devons interroger prioritairement, c’est la brèche qui a libéré dans l’aire d’islam une telle volonté de détruire et de s’autodétruire. Ce que nous devons penser et obtenir, c’est une délivrance sans concession avec les germes qui ont produit cette dévastation. Un devoir d’insoumission nous incombe, à l’intérieur de nous-mêmes et à l’encontre des formes de servitude qui ont conduit à cet accablement. Fethi Benslama
Les hommes qui ont commis les attentats « n’ont rien à voir avec la religion musulmane », a affirmé François Hollande, le 9 janvier. Ces tueurs n’ont « rien à voir avec l’islam », a insisté Laurent Fabius, trois jours plus tard. Les paroles du président de la République et du ministre des affaires étrangères, amplifiées par beaucoup d’autres voix, relèvent évidemment d’une intention louable. Elles traduisent la nécessité, bien réelle, de prévenir l’amalgame mortifère entre islam et terrorisme. A bien y réfléchir, pourtant, ces déclarations pourraient être à double tranchant. Car affirmer que les djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, c’est considérer que le monde musulman n’est aucunement concerné par les fanatiques qui se réclament du Coran. C’est donc prendre à revers tous les intellectuels musulmans qui se battent, à l’intérieur même de l’islam, pour opposer l’islam spirituel à l’islam politique, l’espérance à l’idéologie. Loin d’affirmer que l’islamisme n’a rien à voir avec la religion musulmane, ces « nouveaux penseurs de l’islam », ainsi que les a nommés Rachid Benzine dans un livre précieux (Albin Michel, 2008), luttent pour dissocier l’islam de sa perversion islamiste. Comme les réformateurs juifs et chrétiens ayant travaillé à soustraire leur foi à l’emprise de ceux qui la défigurent, ils s’efforcent de fonder un islam accordé au monde moderne, à une société ouverte, où le théologique et le politique se trouveraient enfin séparés. Ces penseurs sont conscients que certains djihadistes ont fréquenté les mosquées et les écoles coraniques de grandes villes arabes, où l’islam se trouve souvent pris en otage par des doctrinaires qui ont tout autre chose en tête que l’élan spirituel et l’exégèse symbolique. (…) Ces jours-ci, bien au-delà de la France, des intellectuels musulmans ont lancé des appels à la réforme, à la fondation d’un islam qui renouerait avec la tradition critique et le travail philologique pour se relancer autrement (voir Le Monde du 20 janvier). Face aux intégristes qui voudraient faire main basse sur le Coran, ces penseurs mettent en avant la pluralité des lectures et des interprétations possibles. Face aux dogmatiques qui exigent une obéissance aveugle à la loi, ils réaffirment que la foi est d’abord une quête de sens, une aventure de la liberté. La meilleure façon de lutter contre l’islamisme, c’est d’admettre que l’islam est en guerre avec lui-même. Qu’il se trouve déchiré, depuis des siècles maintenant, entre crispation dogmatique et vocation spirituelle, entre carcan politique et quête de sagesse. Ainsi, pour les réformateurs, l’urgence n’est pas de nier l’influence de l’islamisme sur une large partie du monde musulman, mais plutôt de prêter main-forte à toutes les voix discordantes, souvent isolées, voire menacées, qui luttent pour redonner sa chance à l’islam spirituel. A l’islam des poètes et des mystiques, celui de Rumi, Ibn’Arabi ou Molla Sadra, ce grand philosophe iranien qui écrivait, au XVIIe siècle, que « la religion est une chose intérieure » et que Dieu ne doit pas être « enchaîné ». A l’islam des simples croyants, surtout, dont la fidélité relève non pas de la soumission à un ensemble de prescriptions toujours plus délirantes, mais d’une espérance vécue, d’un pèlerinage intérieur. Prévenir les amalgames, c’est une nécessité. Eviter les raccourcis haineux, dynamiter les préjugés, c’est une urgence absolue. Mais pour atteindre cet objectif, plutôt que de marteler l’idée selon laquelle l’islam n’a « rien à voir » avec ses avatars monstrueux, comme le font les plus hautes autorités de l’Etat, mieux vaut aider et conforter tous les musulmans qui luttent au jour le jour pour se réapproprier leur religion, et libérer enfin l’islam de ses chaînes islamistes. Jean Birnbaum (Le Monde)
Vous (…) avez tenté de disculper l’islam de ce qui est arrivé. Vous avez même pleuré sur les musulmans au lieu de pleurer sur les victimes, en affirmant que ce qui s’est passé est un coup porté à l’ensemble des musulmans et que l’Islam sanctifie la vie. (…)  puisque vous êtes médecin de profession. Vous savez qu’un diagnostic erroné peut entraîner la mort du patient. Si vous considérez un cancer comme un simple mal passager, vous donnez l’occasion au cancer de croître et de détruire la vie du patient. Je pense que vous êtes d’accord avec moi sur ce point. Et il va de soi que le médecin, après le diagnostic, doit suggérer le médicament adéquat au patient afin de le guérir. (…) Ce qui est arrivé à Paris est entièrement conforme à l’enseignement de l’Islam tel qu’il ressort du Coran, de la Sunna de Mahomet et de tous les ouvrages reconnus de droit musulman. Est-il nécessaire de vous rappeler comment Mahomet s’est vengé de ceux qui l’ont critiqué? Ne savez-vous pas ce que Mahomet a fait à Um Qarfa?  Ne savez-vous pas comment le Coran stigmatise les poètes dans le chapitre qui leur est consacré et qui porte le titre «Les poètes»?  Jamais Mahomet n’a admis la moindre critique à son égard; il n’acceptait que ceux qui chantaient ses louanges, comme le font les rois et les chefs des pays arabes et musulmans aujourd’hui. Ne savez-vous pas que les ouvrages de droit musulman prescrivent de tuer ceux qui critiquent Mahomet? Pouvez-vous m’indiquer un seul pays arabe ou musulman qui permet de toucher à Mahomet? Bien sûr que non. Où donc est la sanctification de la vie dont vous parlez? La liberté d’expression et la vie des humains n’ont aucune valeur dès qu’on touche à l’Islam, au Coran ou à Mahomet. (…)  À moins que vous n’indiquiez les critiques contre Mahomet dans la période mecquoise, quand il n’avait pas d’épée. Mais après avoir joint le pouvoir à la prophétie, il n’a toléré aucune critique contre lui ou le Coran. Et cela vaut encore aujourd’hui.(…) lorsque les terroristes ont assassiné les journalistes, ils criaient «Dieu est grand, le prophète Mahomet a été vengé». Ils se considéraient comme les exécutants de la loi islamique contre ceux qui critiquent Mahomet. Et ce qu’ils ont fait est conforme aux dispositions de la loi islamique. La question se pose: où l’ont-ils appris? Ne serait-ce pas dans des livres dont regorgent les bibliothèques des mosquées en France? Ne serait-ce pas dans les prêches des imams de ces mosquées? En France, tout le monde a le droit de critiquer le judaïsme, le christianisme, le communisme, ainsi que leurs symboles et leurs ouvrages. Et les journalistes qui ont été assassinés ne s’en sont pas privés, sans tenir compte des susceptibilités des juifs, des chrétiens ou des communistes. Ce droit est garanti par la loi française. En refusant toute critique de l’islam, de Mahomet et du Coran même en France, les musulmans voudraient tout simplement y appliquer la loi islamique et brider la liberté d’expression. Tant que de telles idées dominent la mentalité des musulmans, ce qui est arrivé à Paris avec Charlie Hebdo se répétera, avec le même magazine et d’autres. Ainsi, sous la menace de mort, les musulmans veulent faire taire des intellectuels, des journalistes, des universitaires, des politiciens et toutes autres personnes qui seraient tentées de critiquer l’islam et ses symboles. Ils veulent tout simplement établir en France une dictature islamique brutale, interdisant la liberté de pensée et d’expression. (…) Comment pouvez-vous imaginer la cohabitation entre musulmans et non-musulmans en France avec de telles idées? Ne voyez-vous pas que la société française est menacée par la guerre civile dont les musulmans seront les premiers perdants? Soyons honnêtes. Ne pensez-vous pas que de nombreux adeptes de votre religion en France, ou certains d’entre eux au moins, ont applaudi l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo comme ils ont applaudi les crimes de Mohamed Merah? (…) Aucune personne saine d’esprit ne peut nier que ce qui est arrivé à Paris avec les journalistes de Charlie Hebdo provient des enseignements islamiques. (…) Ceci étant, il faut en déduire la nécessité de revoir l’ensemble des enseignements islamiques. On doit lever la sainteté du Coran, de Mahomet et de l’islam et permettre leur critique comme on le fait avec le judaïsme, le christianisme et le communisme. Les imams de mosquées en France doivent reconnaître la liberté d’expression prévue par la loi française et demander aux musulmans qui ne l’acceptent pas de quitter la France pour retourner dans leur pays d’origine. (…) D’autre part, il faut revoir intégralement l’enseignement islamique et (…) impérativement laisser de côté le Coran médinois, qui viole les droits de l’homme, et ne retenir que le Coran mecquois. Cela nécessite l’interdiction en France du Coran sous sa forme actuelle. Il faut exiger que tous les exemplaires du Coran, y compris ceux qui se trouvent dans les mosquées, soient dans l’ordre chronologique, en indiquant clairement que le Coran médinois est caduc en raison de ses incitations à violer les droits de l’homme. Les responsables de la religion musulmane doivent en outre reconnaître la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion, de quitter l’islam. Sami Aldeeb

Attention: des larmes peuvent en cacher d’autres !

Au lendemain d’une nouvelle réplique, cette fois dans la patrie des premières caricatures de Mahomet et le jour-anniversaire de la fatwa iranienne contre Salman Rushdie, du massacre de Paris du mois dernier …

Et suite aux tombereaux de bons sentiments à la je suis Charlie et à la pas d’amalgame qui ne sont en fait que la retraduction politiquement correcte du rappel à l’ordre et à la la loi islamique que venaient de faire lesdits djihadistes …

Comment ne pas voir …

Avec l’universitaire suisse-palestinien chrétien Sami Aldeeb

Et contre les larmes de crocodile de nos Dalil Boubakeur qui, ultime outrage aux victimes et pour disculper l’islam à l’instar de l’Administration Obama, pleurent sur les musulmans …

La confirmation que « ce qui est arrivé à Paris est bien « entièrement conforme à l’enseignement de l’Islam tel qu’il ressort du Coran, de la Sunna de Mahomet et de tous les ouvrages reconnus de droit musulman » ?

Et comment ne pas rappeler …

Contre les mêmes qui, oubliant ou faisant mine d’oublier que les têtes de l’écrivain britannique Salman Rushdie ou du député néerlandais Gert Wilders ou d’autres sont toujours, au nom du même islam, mises à prix …

profitant du fouillis de sourates classées au mépris de toute chronologie ou logique par leur seule longueur, nous renvoient à chaque fois aux sourates mecquoises quand le prophète n’avait pas encore l’épée …

La nécessité absolue et vitale de « revoir l’ensemble des enseignements islamiques », en « levant la sainteté du Coran, de Mahomet et de l’islam »  pour en « permettre la critique comme l’ont fait depuis longtemps les textes juifs et chrétiens dont ils s’inspirent ?

Mais comment aussi ne pas voir avec Radu Stoenescu reprenant les analyses de René Girard

La véritable distorsion que, dans leur rivalité mimétique avec leurs devanciers, le Coran et l’islam ont fait subir aux textes de ceux-ci …

Jusqu’à en nier, dans le cas du christianisme, l’essentiel …

A savoir la crucifixion du Christ (Issa sauvé à la dernière minute par le sacrifice d’un inconnu dans la tradition coranique) …

Par laquelle loin du Dieu vengeur qui donne ou ordonne la mort de ses créatures  …

La divinité subit en victime pour mieux en dénoncer et définitivement l’impasse ?

Lettre à Dalil Boubakeur: revoir intégralement les enseignements de l’islam
Sami Aldeeb,
jan 08 2015

Traduction d’un article paru dans un forum arabe

Lettre ouverte à l’imam de la Mosquée de Paris

Cher Dr Dalil Boubakeur, Imam de la Mosquée de Paris,

J’ai visionné plusieurs vidéos dans lesquelles vous condamnez l’attentat contre le magazine Charlie Hebdo, qui a coûté la vie à un certain nombre de journalistes. Vous y avez tenté de disculper l’islam de ce qui est arrivé. Vous avez même pleuré sur les musulmans au lieu de pleurer sur les victimes, en affirmant que ce qui s’est passé est un coup porté à l’ensemble des musulmans et que l’Islam sanctifie la vie. Vous démontrez ainsi que vous vous moquez de la vie des journalistes assassinés et que votre seule préoccupation consiste à éviter l’accusation de l’islam et des musulmans pour ce qui s’est passé. Vous vous êtes contredit et vous avez prouvé que vous manquez de la moindre sympathie pour les victimes. Vous avez perdu votre humanité par ces déclarations.

Mais soyons honnêtes, absolument honnêtes. Ne dit-on pas, en arabe, que de la franchise naît la tranquillité? Parlons en termes médicaux, puisque vous êtes médecin de profession. Vous savez qu’un diagnostic erroné peut entraîner la mort du patient. Si vous considérez un cancer comme un simple mal passager, vous donnez l’occasion au cancer de croître et de détruire la vie du patient. Je pense que vous êtes d’accord avec moi sur ce point. Et il va de soi que le médecin, après le diagnostic, doit suggérer le médicament adéquat au patient afin de le guérir.

Permettez-moi de vous dire que votre diagnostic sur les événements d’hier à Paris ne saurait convaincre que les idiots et les hypocrites. Si vous n’êtes pas conscient de votre erreur, c’est un signe de votre ignorance. Et si vous savez que votre diagnostic est erroné, cela signifie que vous êtes un malhonnête, pour ne pas dire un menteur.

Ce qui est arrivé à Paris est entièrement conforme à l’enseignement de l’Islam tel qu’il ressort du Coran, de la Sunna de Mahomet et de tous les ouvrages reconnus de droit musulman. Est-il nécessaire de vous rappeler comment Mahomet s’est vengé de ceux qui l’ont critiqué? Ne savez-vous pas ce que Mahomet a fait à Um Qarfa?  Ne savez-vous pas comment le Coran stigmatise les poètes dans le chapitre qui leur est consacré et qui porte le titre «Les poètes»?  Jamais Mahomet n’a admis la moindre critique à son égard; il n’acceptait que ceux qui chantaient ses louanges, comme le font les rois et les chefs des pays arabes et musulmans aujourd’hui. Ne savez-vous pas que les ouvrages de droit musulman prescrivent de tuer ceux qui critiquent Mahomet? Pouvez-vous m’indiquer un seul pays arabe ou musulman qui permet de toucher à Mahomet? Bien sûr que non. Où donc est la sanctification de la vie dont vous parlez? La liberté d’expression et la vie des humains n’ont aucune valeur dès qu’on touche à l’Islam, au Coran ou à Mahomet. Et je vous défie de me présenter la moindre preuve de l’inexactitude de mes propos.  À moins que vous n’indiquiez les critiques contre Mahomet dans la période mecquoise, quand il n’avait pas d’épée. Mais après avoir joint le pouvoir à la prophétie, il n’a toléré aucune critique contre lui ou le Coran. Et cela vaut encore aujourd’hui.

Revenons sur ce qui s’est passé à Paris. Vous avez certainement appris que lorsque les terroristes ont assassiné les journalistes, ils criaient «Dieu est grand, le prophète Mahomet a été vengé». Ils se considéraient comme les exécutants de la loi islamique contre ceux qui critiquent Mahomet. Et ce qu’ils ont fait est conforme aux dispositions de la loi islamique. La question se pose: où l’ont-ils appris? Ne serait-ce pas dans des livres dont regorgent les bibliothèques des mosquées en France? Ne serait-ce pas dans les prêches des imams de ces mosquées?

En France, tout le monde a le droit de critiquer le judaïsme, le christianisme, le communisme, ainsi que leurs symboles et leurs ouvrages. Et les journalistes qui ont été assassinés ne s’en sont pas privés, sans tenir compte des susceptibilités des juifs, des chrétiens ou des communistes. Ce droit est garanti par la loi française. En refusant toute critique de l’islam, de Mahomet et du Coran même en France, les musulmans voudraient tout simplement y appliquer la loi islamique et brider la liberté d’expression. Tant que de telles idées dominent la mentalité des musulmans, ce qui est arrivé à Paris avec Charlie Hebdo se répétera, avec le même magazine et d’autres. Ainsi, sous la menace de mort, les musulmans veulent faire taire des intellectuels, des journalistes, des universitaires, des politiciens et toutes autres personnes qui seraient tentées de critiquer l’islam et ses symboles. Ils veulent tout simplement établir en France une dictature islamique brutale, interdisant la liberté de pensée et d’expression.

Je vous invite à un moment de franchise avec vous-même. Vous dites vouloir le vivre-ensemble en France. Comment pouvez-vous imaginer la cohabitation entre musulmans et non-musulmans en France avec de telles idées? Ne voyez-vous pas que la société française est menacée par la guerre civile dont les musulmans seront les premiers perdants? Soyons honnêtes. Ne pensez-vous pas que de nombreux adeptes de votre religion en France, ou certains d’entre eux au moins, ont applaudi l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo comme ils ont applaudi les crimes de Mohamed Merah?

Aucune personne saine d’esprit ne peut nier que ce qui est arrivé à Paris avec les journalistes de Charlie Hebdo provient des enseignements islamiques. C’est le diagnostic que personne d’informé ne saurait mettre en doute. Ceci étant, il faut en déduire la nécessité de revoir l’ensemble des enseignements islamiques. On doit lever la sainteté du Coran, de Mahomet et de l’islam et permettre leur critique comme on le fait avec le judaïsme, le christianisme et le communisme. Les imams de mosquées en France doivent reconnaître la liberté d’expression prévue par la loi française et demander aux musulmans qui ne l’acceptent pas de quitter la France pour retourner dans leur pays d’origine. Et ce pour éviter la guerre civile entre musulmans et non-musulmans en France.

En ce qui concerne les mosquées, il faut surveiller ce qui y est dit et ce qui y est enseigné afin qu’elles ne deviennent pas des nids de terrorisme et d’extrémisme. Pour cela, je suggère que les mosquées soient ouvertes à tous, que les prêches soient prononcés en français, que les imams étrangers ne soient pas autorisés à y officier, et je propose de soumettre les imams actuels à des mesures administratives et éducatives. Vous savez sans doute qu’en Egypte les prêches sont distribués aux imams par les autorités étatiques, qui contrôlent la stricte observance de leur contenu. Tous les prêches des mosquées de France doivent être soumis à l’approbation préalable des autorités françaises, ces prêches doivent être enregistrés et les contrevenants doivent être sanctionnés par le retrait de la nationalité et le renvoi dans le pays d’origine. Et ce, encore une fois, pour éviter la guerre civile entre musulmans et non-musulmans en France.

D’autre part, il faut revoir intégralement l’enseignement islamique et l’orienter vers la doctrine de Mahmoud Mohamed Taha, qui a été pendu sur instigation de l’Azhar. Ce penseur estimait qu’il fallait impérativement laisser de côté le Coran médinois, qui viole les droits de l’homme, et ne retenir que le Coran mecquois. Cela nécessite l’interdiction en France du Coran sous sa forme actuelle. Il faut exiger que tous les exemplaires du Coran, y compris ceux qui se trouvent dans les mosquées, soient dans l’ordre chronologique, en indiquant clairement que le Coran médinois est caduc en raison de ses incitations à violer les droits de l’homme. Les responsables de la religion musulmane doivent en outre reconnaître la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion, de quitter l’islam. Les autorités françaises doivent imposer cette exigence sous peine de retrait de la nationalité française et de renvoi dans le pays d’origine.

Ce sont là des mesures que vous devez prendre en tant qu’imam de la Mosquée de Paris, et que doivent prendre les autorités françaises le plus rapidement possible afin de permettre le vivre-ensemble en France.

Veuillez agréer, Monsieur l’imam de la Mosquée de Paris, l’expression de ma haute considération.

Sami Aldeeb, Dr en droit, professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman: http://www.sami-aldeeb.com
Auteur d’une traduction française du Coran par ordre chronologique,
d’une édition arabe du Coran par ordre chronologique et d’autres ouvrages

Voir aussi:

L’islam comme mimétogonie
Radu Stoenescu

« Si Allah ne neutralisait (repoussait) pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. » (Coran 2 : 251)

L’objet de ce texte est de présenter une hypothèse interprétative des fondements de l’islam sunnite, à partir de l’anthropologie de René Girard. N’étant ni islamologue, ni arabophone, je ne saurais polémiquer ni avec le texte coranique original, ni avec l’original de la Sîra (vie de Mahomet). Je travaillerai donc à partir de la traduction de ces textes. Il s’agit de présenter ici quelques intuitions qui nécessiteraient un travail beaucoup plus vaste pour être étayées solidement. Autant la visée de ce texte est ambitieuse, autant mes moyens sont limités, cependant j’invite le lecteur à ne jamais oublier qu’il ne s’agit que d’une hypothèse, pas d’une conclusion. Cette hypothèse prend appui sur l’idée que le modèle de Mahomet est essentiel dans l’émergence de l’islam, qui pourrait sans exagération être défini comme une « imitation de Mahomet ». Comprendre Mahomet, c’est comprendre l’islam.

Pour mettre tout de suite les pieds dans le plat, formulons l’hypothèse herméneutique : l’islam me semble être l’expression d’un désir métaphysique au sens de René Girard, c’est-à-dire d’un désir de l’être de son modèle, le judéo-christianisme. C’est aussi un désir métaphysique dans le sens où son objet est Dieu Lui-même. La démarche de Mahomet a pour but à la fois d’être pris pour le véritable juif et le véritable chrétien, et d’enlever l’objet de désir (Dieu) aux monothéistes qui le précédent. L’islam est mimétogonique par rapport au judéo-christianisme.

1. Mimétisme, rivalité et légitimité de Mahomet

La légitimité de la prédication de Mahomet tient à ce qu’il prétend refaire un geste déjà accompli par d’autres prophètes : révéler aux hommes la loi du Dieu unique et transcendant. En fait, c’est moins Mahomet qui répéterait un geste, que Dieu qui, à travers Mahomet, réitérerait un geste qu’Il aurait déjà accompli plusieurs fois, à travers Moïse et Jésus notamment. Dieu aurait envoyé dans l’Histoire des messages armés de son code de Loi, Mahomet étant le dernier envoyé, le « sceau des prophètes ».

Le Dieu transcendant connaît ainsi une temporalité toute historique, tandis que le temps historique est happé par la transcendance : le passé est aboli et le futur est fermé. Le seul événement historique dans cette perspective est l’abolition de l’Histoire, accomplie par la révélation de la Loi transcendante éternellement valable : la descente du Coran.

Ce qui m’intéresse dans la fondation de l’islam, c’est l’idée d’imitation et de répétition. C’est le mimétisme de Mahomet qui est fondateur, dans la perspective même du Coran. Si Mahomet n’avait pas de modèle, il n’aurait pas de légitimité. Mahomet dit aux autres monothéistes : « je fais comme vos prophètes », ou plutôt « Dieu fait à travers moi ce qu’il a fait à travers les autres prophètes ».

Il y a vingt-cinq prophètes cités par la Coran, qui vont d’Adam à Mahomet, Jésus le précédant directement. Un hadith mentionne que chaque peuple de l’histoire a reçu au moins un prophète et qu’il y en aurait eu 124 000 au total. Cette démultiplication légendaire doit être lue comme une tentative de fonder par analogie la légitimité du geste singulier de Mahomet : on augmente le nombre de prophètes pour rendre banale l’apparition d’un prophète. Cette généalogie des prophètes est donc absolument essentielle pour la fondation de l’islam. Elle n’est pas un simple préambule rhétorique : c’est la justification proprement mythique de la rivalité de Mahomet par rapport aux autres monothéistes.

Pour que la vision musulmane soit valide, il faut que chaque prophète ait accompli exactement le même geste que Mahomet : avoir donné aux hommes un livre divin contenant leurs devoirs envers le Créateur. Car l’islam prétend que tous les livres révélés par le Créateur contenaient exactement la même chose que le Coran. La chaîne des prophètes doit être absolument ininterrompue : c’est une chaîne de moments identiques, dont Mahomet n’est que le dernier imitateur. Ces moments sont identiques parce que Dieu est immuable, et ne fait que se répéter, par clémence pour Ses créatures qui oublient sans cesse Sa loi. Si la chaîne est brisée, la logique même de la légitimité de Mahomet est mise en défaut.

Des prophètes que le Coran mentionne, au moins deux ont encore les disciples qui prétendent connaître les textes: Moïse et Jésus. Les autres prophètes et leurs textes sont plus ou moins légendaires, et de toute manière n’ont plus de sectateurs. De la chaîne des prophètes censée aboutir à Mahomet, il subsiste deux anneaux. Pour que la vision musulmane soit légitime, Jésus doit s’être posé par rapport à Moïse de la même manière que Mahomet se pose par rapport à Jésus et à Moïse, sinon la chaîne se brise. Selon la logique divine de remplacement d’un prophète par un autre, Jésus doit être le rival prophétique de Moïse. Si Jésus n’est pas le rival heureux de Moïse, Jésus n’est pas un prophète. Or le problème, c’est que Jésus n’est justement pas le rival de Moïse et cela selon le texte des chrétiens eux-mêmes. Jésus n’abolit pas la Loi de Moïse et ne prétend jamais le faire, bien au contraire.

Si l’on prétend que les chrétiens ont altéré le message de Jésus et que « l’Evangile », comme disent les musulmans, était essentiellement identique au Coran, le christianisme historique n’aurait jamais existé et le nom même de Jésus ne serait jamais parvenu aux oreilles de Mahomet. Si les évangiles chrétiens sont authentiques, alors Jésus n’est pas un prophète au sens de Mahomet, et la chaîne des messagers divins se brise. Bref, si Jésus n’était pas le rival de Moïse, Mahomet ne pourrait pas être le rival de Jésus. Mais si Jésus était le rival de Moïse, il n’y aurait pas eu de christianisme et Mahomet ne pourrait pas le connaître. Dans les deux cas, la légitimité de Mahomet s’effondre.

Si le christianisme se comprend comme il se doit, c’est-à-dire avec et à partir de l’Ancien Testament, il n’y a pas de rivalité que Mahomet pourrait imiter. Mahomet ne peut donner sa rivalité pour légitime que si elle trouve un modèle en Jésus. Il faut à l’islam que Jésus se soit opposé radicalement au judaïsme pour que Mahomet puisse prétendre s’opposer légitimement aux deux. L’islam s’oppose en dernière analyse au judéo-christianisme, il attaque et reprend une supposée attaque de Jésus contre Moïse.

Mahomet est pris dans une escalade mimétique par rapport à Jésus. Il veut faire la même chose et mieux. D’ailleurs, il n’est pas le premier non plus à succomber à cette rivalité avec Jésus pour attaquer les monothéismes : Mani, pour ne citer qu’un autre fondateur de religion, avait fait quelque chose de semblable quatre cents ans auparavant. L’empire perse tout proche de l’Arabie avait laissé fleurir le manichéisme, et à l’époque de Mahomet, cette religion aujourd’hui éteinte, était encore très vivante. En témoigne la conversion de Bögü, troisième khan des Ouïghours, qui en 762, s’est emparé de Luoyang, la capitale de l’Empire chinois. Le manichéisme fleurira au Turkestan oriental (aujourd’hui la province chinoise de Xinjiang) jusque vers la fin du premier millénaire.

Mani avait aussi apporté un livre sacré, que ses disciples devaient apprendre par cœur, comme devront le faire plus tard les musulmans avec le Coran. Il se pourrait que l’expression « sceau des prophètes », qui désigne Mahomet, soit d’origine manichéenne. Mani s’était aussi donné pour le dernier prophète, pour une réincarnation de Jésus et Bouddha, dont il achevait et corrigeait les doctrines.

J’avance l’hypothèse que la foule de « prophètes » qui a sévi pendant le premier millénaire était en partie une sorte de réplique mimétique aux débats entre les juifs et les chrétiens. Ceux-ci se sont livrés à des joutes oratoires pendant des siècles, souvent devant un auditoire païen. Schématiquement, ce que le vulgaire devait retenir, c’est qu’il y avait un Dieu unique, que celui-ci avait d’abord révélé la Torah à Moïse, ensuite la Bonne Nouvelle à Jésus. Les deux révélations étaient enfermées dans un livre, et les juifs et les chrétiens se déchiraient sur le fait de savoir à travers quel livre prêter allégeance à Dieu.

Ce que les débats judéo-chrétiens donnaient superficiellement à voir, c’était une violence entre jumeaux : texte contre texte, révélation contre révélation, prophète contre prophète. Cette violence entre jumeaux est le germe de toute violence, qui la copie. On la reproduit alors pour la conjurer : il y a apparemment deux rivaux, et leur rivalité obscurcit le rapport à Dieu. Pourquoi ne pas créer un nouveau livre qui concilierait tout le monde ? Dieu a envoyé un autre prophète et révélé un deuxième livre, pourquoi pas un troisième ? On peut dire que toute nouvelle religion, comme celle de Mani, était une sorte de tentative d’arrêter la rivalité entre les révélations par une nouvelle révélation. La violence interconfessionnelle devait être arrêtée par une violence encore plus grande. C’est une violence qui s’exerce sur le plan symbolique, qui relègue le sacré de l’autre au statut de pseudo-sacré, voire à celui d’hérésie.

Ce spectacle n’est pas révolu, et les syncrétismes d’aujourd’hui tentent d’accomplir la même chose. De même beaucoup d’athées et de laïcs abhorrent la religion et les débats théologiques parce qu’ils y voient un indécidable combat de jumeaux, et qu’il ne veulent pas être happés dans la violence de ces débats. Leur position est tout aussi religieuse : si les religions qu’ils condamnent en bloc revendiquent des différences, ils font tout pour les indifférencier, en commençant généralement leurs phrases avec « toute religion… ». Ce n’est pas seulement de la paresse intellectuelle devant le travail à accomplir pour étudier chaque religion dans sa spécificité. C’est une peur sacrée de la différence ! Car si jamais les religions pouvaient être différenciées, si elles n’étaient pas de simples jumeaux pris dans un combat rivalitaire, alors on ne pourrait plus les condamner en bloc. Ce qui est tragique et comique à la fois, c’est que cette indifférenciation est faite au nom de la raison, alors qu’elle est tout sauf raisonnable, puisqu’elle se moque de l’expérience et de l’histoire de chaque religion en particulier.

Celui qui s’élève au nom de la raison contre toutes les religions, accomplit en fait un geste religieux fondateur : il condamne le « chaos ». Il a besoin de ce chaos pour que son geste soit légitime. Sans l’indifférenciation, il n’y aurait pas de chaos. Alors que les religions revendiquent leur différence, comme étant ce qui arrête la violence rivalitaire, la position athée veut annuler leurs différences, et les annuler aussi du même geste, exactement pour la même raison.

L’islam fait au fond exactement la même chose : il veut aplanir les conflits doctrinaux pas une violence symbolique encore plus grande. Pour réussir, cette violence symbolique doit indifférencier ses adversaires et trouver une légitimité plus grande. Mahomet a deux rivaux contre lesquels il ne cesse de polémiquer dans le Coran : les juifs et les chrétiens. L’objet de la rivalité, c’est Dieu lui-même. La prédication de Mahomet est centrée autour de l’affirmation d’être le véritable adorateur de Dieu, celui qui restaure la véritable religion du Dieu Unique, que les juifs et les chrétiens auraient selon lui corrompue. Mahomet ne polémique pas avec les arabes polythéistes et idolâtres. Ceux-ci n’ont pas de doctrine unie à lui opposer. Ils ne peuvent pas lui disputer son objet de désir, le Dieu Unique, et pour cause. Mahomet prend à revers les polythéistes, en leur imposant un autre objet de désir.

Mais Mahomet doit polémiquer sans cesse avec ceux qui ont historiquement connu le Dieu Unique avant les arabes, les monothéistes préislamiques. Sa tactique par rapport à eux a toutes les caractéristiques de la revendication rivalitaire : il copie le désir d’un autre, il est un suiveur, puis il emploie toutes ses forces pour montrer qu’il a été le premier à désirer cet objet, en l’occurrence Dieu.

Au tout début de sa prédication, Mahomet veut être reconnu comme un prophète par les juifs. Il imite tout d’abord leurs usages : lors de l’installation à Médine en 622, il instaure des règles alimentaires semblables à la cacheroute, il prie vers Jérusalem, il accepte le mariage des musulmans avec les femmes juives. Mais vers 624, deux ans après son arrivée à Médine, devant le refus des juifs de le reconnaître comme un des leurs, et prophète de surcroît, il change la direction de la prière (qibla), et demande aux musulmans de prier vers la Mecque. De l’imitation, on passe au désir de distinction.

Pour prouver que son « désir de Dieu » est premier, qu’il n’est pas simplement imité du désir des juifs ou des chrétiens, Mahomet s’échinera ensuite à rendre seconde leur expression du désir. Pour avoir un droit absolu sur l’objet, il doit montrer qu’il l’a désiré le premier. Donc Mahomet doit faire apparaître son désir avant celui des juifs et des chrétiens. C’est pourquoi il le déplace dans le passé le plus ancien, en disant qu’Adam lui-même était musulman, qu’Abraham était musulman, que Moïse était musulman, et que Jésus était musulman. De cette manière, le « désir de Dieu » des juifs et des chrétiens, c’est-à-dire leurs religions, se retrouvent reléguées au rang de prétentions secondes. S’ils veulent avoir accès à l’objet, c’est-à-dire à Dieu, ils doivent à présent se convertir à l’Islam.

(Khadafi, lors de son voyage controversé à Paris, a clairement rappelé cette position de l’islam : « L’erreur qui est commise aujourd’hui, c’est de penser que l’islam, c’est la religion de Mahomet. Non : c’est celle de Jésus, de Moïse et celle de Mahomet, le dernier des prophètes. Croire en Dieu, ses anges, ses prophètes, c’est ça l’islam. Jésus n’a pas été envoyé à l’Europe, mais aux fils d’Israël, pour corriger la loi de Moïse. Ils ont essayé de tuer Jésus, mais comme le dit le Coran, ce n’est pas Jésus, c’est un autre qui a été crucifié. La croix que vous portez n’a aucun sens, comme vos prières n’ont aucun sens. »[1])

Mahomet indifférencie ses adversaires et s’oppose violemment à eux d’un seul mouvement : Mahomet se présente comme un prophète qui « rappelle » une Loi. Cependant, il la créé et la déplace dans le temps, pour la placer avant la loi de ses modèles. Ce mouvement d’ancrage d’un désir suiveur avant le désir de son modèle trouve son achèvement dans la doctrine de l’Islam sunnite du « Coran incréé ». La prétention d’être premier s’exacerbe ici au point de se placer avant le temps lui-même.

Dans sa prédication, Mahomet reprend les « structures de rappel » présentes dans les textes prophétiques juifs, mais avec une différence de taille : il n’y aucune trace avant lui de ce qu’il « rappelle », sauf bien sûr, l’objet de son désir, le Dieu unique. Les prophètes de l’Ancien Testament se réfèrent sans cesse à une loi existante, la loi de Moïse, qu’ils ne donnent pas pour corrompue. De même Jésus, dans sa revendication du titre de Fils de Dieu, se réfère au Psaume 82, et respecte toujours la loi de Moïse. C’est pourquoi le « rappel » de Mahomet n’en est pas véritablement un. Rien ne le distingue d’une prétention gratuite. Parce qu’il est conscient du problème, Mahomet doit poser une deuxième affirmation gratuite : il accuse les juifs et les chrétiens d’avoir corrompu les textes réunis aujourd’hui dans la Bible, la Thora et le Nouveau Testament.

Mahomet n’avance pas de preuve. Cependant, pour asseoir son « désir de Dieu » avant le désir des autres monothéistes, il doit affirmer ces deux choses complètement gratuites et inséparables : il « rappelle » une Loi dont on n’a aucune trace, et les monothéistes d’avant lui ont corrompu leurs textes. Si la Bible n’est pas corrompue, Mahomet ne rappelle rien, il invente. Et s’il invente, il n’a pas la préséance sur les premiers monothéistes.

Plus encore, la corruption dont sont accusés les chrétiens et les juifs a trait surtout à sa personne : ils sont accusés d’avoir changé la Bible pour ne pas le reconnaître comme prophète. Toutes ces accusations gratuites ont un et un seul but : fonder la primauté de son désir de Dieu, c’est-à-dire la primauté de son culte, l’islam. Comme ces accusations sont complètement gratuites, elles pourraient être réitérées par un autre que Mahomet, après sa mort. Rien ne pourrait empêcher logiquement quelqu’un d’appliquer à l’Islam exactement la même stratégie que Mahomet a appliqué vis-à-vis des juifs et des chrétiens, et d’affirmer que les musulmans ont corrompu leur texte, et qu’il faut adorer le Dieu unique en suivant d’autres préceptes. C’est pourquoi Mahomet doit affirmer aussi être le dernier prophète. C’est le sens de l’expression « le sceau des prophètes ». Après avoir placé son désir de Dieu avant ses modèles et annexé ainsi leur passé, il anéantit par avance toute rivalité future comme étant une hérésie. C’est ainsi que les Bahaïs ont été persécutés dès leur apparition en Iran.

Mahomet accomplit l’indifférenciation de ses ennemis en réduisant le judaïsme et le christianisme à deux versions inachevées, ou corrompues de l’islam, qui doivent rester rivales entre elles. Il a besoin de leur rivalité dans l’indifférenciation, car c’est de cette rivalité qu’il tire sa propre légitimité. Si Dieu n’avait fait qu’un geste avec le judéo-christianisme, il n’y aurait pas de rivalité à imiter.

La rivalité a une place centrale dans le Coran lui-même, car certains versets sont contradictoires. C’est pourquoi les savants musulmans ont développé la théorie de l’abrogation : un verset plus tardif remplace un autre plus ancien qui lui est contraire. Cette méthode est inscrite dans le Coran lui-même : « Nous n’abrogeons un verset, ni ne le faisons passer à l’oubli sans en apporter de meilleur ou d’analogue. » (Sourate 2, verset 106). Les versets abrogeants remplacent les versets abrogés tout comme le Coran remplace les autres livres sacrés. Si même le Coran s’abroge lui-même, a fortiori la Bible est abrogée du point de vue des musulmans.

Le problème de la fondation de l’islam, c’est sa nature rivalitaire. Le christianisme n’a pas ce problème avec le judaïsme. Mahomet ne fait qu’affirmer sa légitimité, or cette prétention ne résiste pas à la confrontation avec le judéo-christianisme historique, selon les critères analogiques de Mahomet lui-même. Si Mahomet ne s’était pas placé dans la lignée des prophètes judéo-chrétiens, il n’y aurait pas eu un conflit aussi violent. Or la légitimité de Mahomet dérive de son inscription dans cette lignée, et elle n’est qu’affirmée, nullement prouvée.

Mahomet ne peut se passer de ses modèles pour être un prophète, mais il doit aussi les détruire car il ne peut démontrer sa précellence par rapport à eux. La destruction doit être totale car l’enjeu de la rivalité avec ses modèles, c’est Dieu lui-même. C’est pourquoi l’islam peut être vu comme un délire rivalitaire paranoïaque, et que l’on peut dire que l’islam est intrinsèquement violent.

2. Les doubles monstrueux : Jésus et Issa

La mimétogonie de l’islam par rapport au judéo-christianisme est mise en scène dans le Coran lui-même. Elle est explicite dans la dénégation de la crucifixion de Jésus, rappelée par Kadhafi : « Ils disent : nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage. » (Sourate IV, verset 157.)

Ce passage du Coran est extraordinaire à la lumière de la théorie du bouc émissaire. Le Coran parle explicitement de substitution sacrificielle. Dieu fait tuer quelqu’un d’autre pour sauver Jésus. Pendant des siècles les exégètes musulmans se sont demandés qui était cet inconnu, ce sosie de Jésus qui meurt à sa place sur la croix, et ils ont avancé plusieurs hypothèses : un compagnon de Jésus, Simon de Cyrène, Judas…

Quel que soit celui qui remplace Jésus, ce qui est essentiel dans ce passage du Coran, c’est que l’on assiste à l’apparition d’un double : le sosie de Jésus. Dans la perspective musulmane, un prophète bénéficie du soutien indéfectible de Dieu, c’est pourquoi il ne saurait être crucifié. Un messager de Dieu est un élu dans un sens aussi bien terrestre que spirituel : il peut toujours compter sur la force divine. On est ici au cœur de la vision archaïque de la divinité, en tant que violence et toute puissance effrayante. La dénégation de la réalité de la crucifixion procède de cette conception humaine, trop humaine, qui voit dans le prophète un surhomme armé de la foudre divine. Dans les moqueries de ceux qui étaient présents sur le Golgotha, c’était la même vision qui s’exprimait : « Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S’il est roi d’Israël, qu’il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s’est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu. » (Matt. 27. 41-43)

Ce passage du Coran concentre toute la mimétogonie de l’islam vis-à-vis du christianisme, parce que celui qu’il appelle Jésus – Issa pour les musulmans – est l’opposé du Jésus des Evangiles. Issa est la négation absolue du Christ, c’est son double monstrueux. Allah sauve Issa de la mort grâce au sacrifice d’un inconnu, tandis que Jésus se sacrifie pour sauver de la mort les inconnus qui croiront en lui. Le sacrifice christique détruit le mécanisme sacrificiel, alors que l’islam réhabilite le sacrifice archaïque, en sauvant Issa par un sacrifice archaïque. A l’endroit même où Jésus révèle le diabolique de la vision archaïque de la divinité, le Coran rétablit l’archaïsme avec les moyens de l’archaïque, à savoir la violence.

Dans le passage du Coran niant la crucifixion, ce qui est en jeu c’est la dénégation de la violence, pas la crucifixion elle-même. Car il y a bien quelqu’un de crucifié, même dans la version musulmane, un inconnu que l’on ne mentionne même pas. C’est le silence même sur l’identité du crucifié qui indique qu’il s’agit d’un bouc émissaire, c’est-à-dire, dans une perspective chrétienne, d’une image du Christ. En fin de compte, même selon le Coran, Jésus a été crucifié. Cet inconnu substitué à Issa, c’est… Jésus !

A la lumière de la théorie du bouc émissaire, ce passage du Coran est une paradoxale confirmation de la réalité du supplice du Christ. Cependant, le message en est complètement inversé : la violence des lyncheurs est niée. En quelques lignes, le texte musulman renie par trois fois la participation des hommes à la mise à mort : « Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, » et « ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant ». On est ici en présence de la négation mythique de l’implication humaine dans le lynchage sacré : « Dieu l’a haussé à lui. » Tout comme Iphigénie, ravie aux cieux et remplacée par une biche, Issa est enlevé au ciel et remplacé par Jésus, qui meurt véritablement à sa place. On ne pourrait pas revenir plus directement au sacrifice archaïque !

Dans le sacrifice, Dieu est violent, et la violence est sacrée. Elle n’appartient plus aux hommes. Le Coran l’affirmera explicitement dans la sourate au titre significatif Le butin : « Vous, les croyants quand vous rencontrez les incroyants en marche, ne tournez pas le dos. Quiconque tourne alors le dos, à moins que ce ne soit pour combattre ou pour rejoindre une bande, s’attire la colère de Dieu et n’aura de refuge que la géhenne. Quel mauvais avenir ! Vous ne les avez pas tués, c’est Dieu qui les a tués ! Tu n’as pas jeté (de pierre) quand tu jetais, c’est Dieu qui a jeté pour que les croyants éprouvent sa grâce. » (8 : 15-17)

La portée de la version musulmane de la crucifixion est énorme. Il s’agit là d’une adhésion assumée à la violence sacrificielle, dirigée explicitement contre la révélation de cette violence par le spectacle de la croix. L’islam se montre ainsi comme l’anti-christianisme par excellence. Le nom de Jésus est usurpé par son double monstrueux, Issa, qui le met à mort pour se sauver lui-même.

Ce qui corrobore encore le caractère sacrificiel de l’islam, c’est la règle de l’unanimité des croyants : l’ijma` (arabe : unanimité; consensus) est une des sources du droit musulman, après le Coran et la Sunna. Les écoles juridiques lui accordent une place plus ou moins grande. Le consensus est généralement compris comme celui des oulémas spécialistes du domaine dont il est question. Une règle de droit prise par ce procédé ne peut en aucun cas contredire le Coran ou la Sunna. Les écoles juridiques sunnites admettent cette règle du consensus en vertu d’un hadith disant : « Ma communauté ne se réunira pas sur une erreur. »

On sait que le mécanisme sacrificiel a besoin de l’unanimité pour être efficace. Celle-ci étant sanctifiée par Mahomet, le processus d’exclusion unanime peut être facilement mis en branle dans les communautés musulmanes, qui ne ressentent pas le besoin d’une légitimité autre que leur uniformité d’opinion. C’est ce qui s’est manifesté lors de l’affaire des caricatures danoises de Mahomet.

3. Rivalité fondamentale et interdiction des représentations en islam

Si la rivalité est centrale dans l’islam, elle doit être aussi constamment conjurée. L’enjeu du monothéisme islamique, c’est la toute puissance de Dieu, et la précellence de son prophète Mahomet. Celui-ci fonde sa légitimité sur sa rivalité réussie avec les autres monothéistes, et doit se prémunir contre toute rivalité éventuelle. C’est la raison de l’interdiction de l’art figuratif en islam. « Nulle part le Coran n’interdit de dessiner une image, une forme, mais comme ce terme est rattaché à l’œuvre de Dieu, celui qui se livre à une telle tâche est perçu comme faisant œuvre de Dieu et un concurrent redouté, surtout que l’image peut faire l’objet d’adoration, et donc promouvoir le polythéisme (association d’autres divinité à Dieu). »[2]

Je crois qu’il faut comprendre la toute puissance divine dans l’islam comme toute puissance créatrice des représentations. Dieu est le seul autorisé à représenter un être animé, et à représenter Sa parole. La non validité des traductions du Coran va de pair avec l’interdiction de sculpter des êtres vivants. On ne doit pas se représenter ce qui est, c’est-à-dire redoubler l’étant par une reproduction. Re-produire, c’est d’une part usurper le pouvoir divin, rivaliser avec Dieu dans la création, et d’autre part c’est aussi faire proliférer des réalités rivales avec la Création.

Le récit de la création d’Adam dans le Coran est explicite en ce sens : « Il (Dieu) instruisit Adam de tous les noms. » (Sourate II, verset 31). Cela est à comparer avec Genèse 2.19 : « L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. »

Pour l’islam, l’homme doit respecter les formes données par Dieu, il doit nommes les choses d’après Dieu, il doit réciter la parole d’Allah. Cette parole est unique en un sens théologique fort. La reproduire scinderait l’unité de la divinité même. Par contre, pour le judéo-christianisme, c’est l’homme qui nomme les êtres vivants, et c’est Dieu qui écoute. La dialectique chrétienne entre l’essence et l’apparence dépend de cet espace qui est ménagé dès le début entre la capacité de nommer donnée par Dieu à Adam et les noms effectifs que celui-ci donne aux créatures. Pour le dire avec les termes de Saussure, dans l’islam, Allah donne les signifiés avec les signifiants correspondants.

L’interdiction des représentations au sens large, que ce soit de la traduction du Coran, des œuvres littéraires, ou des films sur les prophètes, tente de conjurer de la rivalité possible qui pourrait surgir entre le modèle et sa copie, et entre l’homme-artisan et Dieu-créateur. Plus encore, Sami Aldeeb Abu-Sahlieh écrit que « l’interdiction des objets animés chez les musulmans est due à la conception superstitieuse, prophylactique et apotropaïque admettant implicitement la possibilité de consubstantialité de la représentation et du représenté, et en conséquence, une substitution de l’un à l’autre. Ainsi les lions, les dragons, les chiens sont exclus du répertoire des sujets possibles de l’art, parce qu’on leur prête implicitement la faculté de quitter l’état d’image et d’agir comme des êtres vivants. »[3]

L’iconoclasme musulman peut être vu comme le pendant de la peur de la rivalité entre les doubles. L’essence tend à se confondre avec l’apparence dans une mentalité sacrificielle. Si les artistes étaient libres de créer des représentations de ce qui est, ils feraient surgir des doubles qui se disputeraient la réalité dans la pensée du croyant musulman.

4. L’attentat suicide comme manifestation exemplaire du désir métaphysique

Le désir métaphysique de Mahomet est l’héritage qu’il a laissé à tous les musulmans. Leur position psychologique par rapport aux « Gens du Livre », comme ils appellent les juifs et les chrétiens, est empreinte de cette rivalité mimétique qui doit aller jusqu’à la négation totale de l’être du modèle. Ce désir métaphysique trouve une expression particulièrement concise dans l’attentat suicide. Dans cet événement, la « montée aux extrêmes » et l’islamisme s’articulent d’une manière fulgurante.

Quand un « shahid » se fait exploser pour tuer des « infidèles », il accomplit simultanément la destruction du modèle, et l’appropriation de l’essence convoitée, car il accède au statut de martyre, le seul qui selon la doctrine de Mahomet garantisse l’accès au paradis.[4]

Une précision doit être faite ici. Une des différences essentielles entre l’islam et le judéo-christianisme est le caractère supraterrestre du paradis islamique. Le jardin d’Eden biblique est un lieu mythique, mais terrestre, alors que le Paradis musulman est décrit d’emblée comme supraterrestre : Adam et Eve « tombent » littéralement des cieux sur terre.[5]

Dans toute rivalité, il y a un objet, et la rivalité ne devient métaphysique que lorsque les frères ennemis oublient l’objet de rivalité au profit de l’essence de l’autre. La rivalité musulmano-occidentale est présentée tout d’abord comme un conflit politique ayant pour enjeu la domination d’un certain territoire, voire de la Terre entière. Cependant, dans l’attentat suicide, ce qui devient manifeste, c’est que l’objet même de la rivalité a été oublié. Le kamikaze qui brûle du désir métaphysique ultime oublie sa vie terrestre, la terre qu’il disputait à son ennemi, pour se concentrer uniquement sur la négation de l’autre. Il peut d’autant plus facilement le faire que, pour lui, le Paradis n’a jamais été de ce monde, à la différence de l’enseignement du judéo-christianisme.

Nous sommes ici en présence d’une conjonction effrayante entre un désir métaphysique et, en dernière analyse, le déni de la valeur de l’objet de la rivalité. La pente entre la rivalité d’objet et la rivalité métaphysique ne pourrait pas être plus glissante. Le judéo-christianisme affirme incessamment la valeur de la création (« Et Dieu vit que cela était bon. »). L’islam dit au contraire : « Ce pan de la création que Je viens de te révéler, Adam, n’ajoute rien à Ma grandeur, à Ma gloire ou à Mon pouvoir, rien à ce que J’ai, si ce n’est ce qu’ajoute une gouttelette d’eau tombant dans sept mers, prolongées par autres sept mers sans limites. »[6]

Si jamais un jour la possibilité d’un affrontement nucléaire entre l’Islam et le judéo-christianisme deviendrait réalité, la destruction de la terre, c’est-à-dire de la création divine, n’arrêterait pas un musulman dans sa montée aux extrêmes. Car Allah ne lui accorde pas la même importance que Dieu.

Conclusion

Cet article, j’en suis tout à fait conscient, manque de références. C’est l’ébauche d’un projet qui nécessiterait plus d’efforts que je ne peux fournir actuellement. Pour étayer cette hypothèse de l’islam comme mimétogonie violente par rapport au judéo-christianisme, il faudrait effectuer deux analyses complémentaires, et homothétiques : d’une part il faudrait analyser la vie de Mahomet et ses rapports avec ses contemporains monothéistes, d’autre part les rapports de l’Islam avec les autres communautés, en tant que ces derniers rapports reproduisent les premiers à une plus grande échelle. La première étude porterait sur le texte du Coran, en tenant compte de l’ordre de la « révélation » des sourates, mis en regard avec la vie de Mahomet telle que la tradition musulmane l’a canoniquement fixée (Al Sîra d’Ibn Isham). La seconde nécessiterait un travail beaucoup plus vaste, qui pourrait par exemple constituer une thèse de doctorat d’Histoire.

Le chantier est énorme, mais les instruments analytiques de la théorie mimétique semblent suffisamment puissants pour comprendre le caractère de la religion islamique. Ce serait un travail passionnant, dans la mesure où la religion islamique porte avec elle une négation explicite de la révélation de la croix, qui est la source de la compréhension anthropologique du fonctionnement de la violence, explicitée par René Girard. On peut dire que l’islam est l’anti-girardisme par excellence, dans la mesure où il est l’anti-christianisme par excellence.

L’enjeu est de taille : si c’est la croix qui nous révèle notre violence, et nous enjoint de la contrôler sous peine d’y succomber, toute négation de la croix, comme l’islam, favorise la méconnaissance de notre violence, la montée aux extrêmes, et la mise à mort des boucs émissaires. La critique de l’islam est donc un combat urgent, et littéralement vital.

[1] Le Monde, le 12 décembre 2007.

[2] Sami Aldeeb Abu-Sahlieh, L’art figuratif en droits juif, chrétien et musulman. Licencié et docteur en droit de l’Université de Fribourg (Suisse) et diplômé en sciences politiques de l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève. Responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé, Lausanne. Auteur de nombreux ouvrages et articles (voir la liste dans: http://www.sami-aldeeb.com).

[3] Idem, p.36.

[4] « Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah (jihad), Il ne rendra jamais vaines leurs actions. Il les guidera et améliorera leur condition, et les fera entrer au Paradis qu’Il leur aura fait connaître. » (Sourate 47, versets 4-6)

[5] Mahmoud Hussein, Al Sîra, tome 1, p. 62.

[6] Al Sîra, p.64

Voir également:

Condamnation de l’attentat contre Charlie Hebdo

Le Conseil français du culte musulman et les musulmans de France condamnent avec la plus grande détermination l’attaque terroriste d’une exceptionnelle violence commise contre le journal Charlie Hebdo. Cet acte barbare d’une extrême gravité est aussi une attaque contre la démocratie et la liberté de presse.

Nos premières pensées attristées vont aux victimes et à leurs familles à qui nous exprimons notre totale solidarité dans la terrible épreuve qui les touche.

Dans un contexte international politique de tensions alimenté par les délires de groupes terroristes se prévalant injustement de l’Islam, nous appelons tous ceux qui sont attachés aux valeurs de la République et de la démocratie à éviter les provocations qui ne servent qu’à jeter de l’huile sur le feu.

Face à ce drame d’ampleur nationale, nous appelons la communauté musulmane à faire preuve de la plus grande vigilance face aux éventuelles manipulations émanant de groupes aux visées extrémistes quels qu’ils soient.

Paris, mercredi 7 janvier 2015

Docteur Dalil Boubakeur

Président Conseil français
du culte musulman – CFCM

Voir encore:

« Une profanation de la mémoire du Prophète »
Tareq Oubrou, imam de Bordeaux (Gironde)
Propos recueillis par V.Md

08 Janv. 2015

Recteur de la mosquée de Bordeaux (Gironde), Tareq Oubrou est un ardent défenseur du dialogue interreligieux. A ce titre, il participait hier matin, avec d’autres imams de France, à l’audience générale du pape François au Vatican.

Attentat à Charlie Hebdo : « Ils font honte à tous les musulmans »
C’est en sortant de cette rencontre, après avoir échangé quelques mots avec le souverain pontife, qu’il a appris l’horrible nouvelle.

Comment réagissez-vous à l’attentat commis contre « Charlie Hebdo » ?
Tareq Oubrou. Je suis effondré, c’est un acte de guerre. Je pense d’abord aux victimes et à leurs familles. Je ressens aussi un coup dur pour l’islam et les musulmans de France. Le travail d’intégration, de dialogue que nous effectuons depuis des années s’effondre brutalement, en quelques secondes. Les tueurs disent qu’ils ont vengé le Prophète. Mais c’est là une profanation de sa mémoire. En son époque, le Prophète a été caricaturé. Mais il a pardonné à ses adversaires, ses ennemis !

Que faut-il faire pour lutter contre cette haine ?
Les musulmans doivent sortir dans les rues, manifester publiquement leur colère, leur dégoût, leur ras-le-bol. Trop, c’est trop ! Cette mobilisation doit aller au-delà de la communauté musulmane. Tout le monde doit défiler. On a atteint un tel niveau de haine.

Craignez-vous que les musulmans de France soient les victimes collatérales de cette barbarie ?
Ils sont déjà stigmatisés, ils risquent de l’être encore plus, malheureusement. Ils n’avaient pas besoin de ça ! Je fais confiance au bon sens de nos concitoyens qui savent faire la différence entre un musulman normal et un psychopathe. Car ces crimes inqualifiables relèvent de la psychiatrie. Il est impossible que les tueurs soient nourris d’une quelconque spiritualité. Je n’imagine pas que la foi ait un jour caressé leur cœur.

Ces dernières années, une partie de la communauté musulmane s’était élevée contre les caricatures du Prophète par « Charlie Hebdo ». Comment aviez-vous réagi ?
J’étais contre les condamnations et les manifestations. Moi, cela ne m’avait pas choqué. Je suis pour la liberté d’expression tant qu’il n’y a pas d’insulte. Dans ces caricatures, je ne voyais pas d’insulte. La liberté en général, c’est ce qu’il y a de plus cher.

 Voir aussi:

Caricatures offensantes du Prophète Mohamed
Paris, le 1er février 2006

La publication de caricatures du Prophète de l’Islam par le quotidien danois « Jyllands Posten » relayé par un quotidien parisien est un acte exécrable mettant une nouvelle fois en exergue l’Islamophobie ambiante, raciste et méprisante, envers plus d’un milliard de musulmans.

La personne du Prophète Muhammad est fortement vénérée dans le monde. Il ne viendrait à l’idée d’aucun croyant de ridiculiser les fondateurs d’autres religions ou croyances tels que Jésus, Moïse, Bouddha, Confucius, etc…

De tels actes prémédités pour porter atteinte et humilier la foi musulmane sont gratuits, délibérés et pernicieux pour nuire, notamment à la paix religieuse.
Cela ne peut que raviver les tensions en Europe et dans le monde où l’on cherche plutôt à rapprocher les idées et les hommes, non à la diviser et à les opposer.
Les caricatures danoises apportent ainsi des éléments supplémentaires à tous ceux, de tous bords qui ne travaillent que pour aggraver les fractures entre l’Islam et l’Occident.

Aujourd’hui les boutefeux du révisionnisme et les négationnistes touchent à la relecture du nazisme et de ses crimes, et ne se gênent plus pour porter atteinte au sentiment du Sacré qui n’a pas à être jugé ni ridiculisé et encore moins caricaturé par ceux qui n’y croient pas.

Il n’y a plus dans ce cas de liberté de la presse mais détournement de cette liberté.

Hier les musulmans du monde étaient incapables de réagir à leurs détracteurs qui des siècles durant n’ont pas cessés de déverser des tombereaux de calomnies sur leur religion, leurs livres sacrés, leur Prophète.

La modernité d’aujourd’hui leur permet d’exprimer leur profonde désapprobation de cette atteinte profanatoire et diffamatoire portés à leur religion caricaturant et affublant leur Prophète d’une image de terroriste accréditant une fois de trop l’Islam à la violence et au terrorisme.

Comme dit le proverbe « Qui sème le vent récolte la tempête ».

La Grande Mosquée de Paris condamne fermement cette atteinte inqualifiable du respect que mérite toute croyant quelle qu’elle soit de par le monde. “

Docteur Dalil Boubakeur Recteur de l’Institut Musulman de la Mosquée de Paris.

Voir par ailleurs:

5 choses à savoir sur la fatwa contre Salman Rushdie
L’Express

18/09/2012

La fondation religieuse iranienne qui avait mis à prix la tête de Salman Rushdie en février 1989, après la publication des Versets sataniques, a décidé de porter la prime pour son assassinat à 3,3 millions de dollars. Retour en arrière.

Vingt-quatre ans après la publication des Versets sataniques, Salman Rushdie est toujours la cible d’extrémistes musulmans. Dans son roman publié en 1988, deux acteurs indiens décédés dans un accident d’avion reviennent sur Terre, le premier dans la peau de l’archange Gabriel, l’autre sous les traits du diable. Ils deviennent alors les protagonistes de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Peu après sa parution, le roman est accusé de ridiculiser le Coran et Mahomet, et provoque des émeutes et manifestations en Iran, au Pakistan puis dans l’ensemble du monde arabe.

1. Rushdie condamné à mort en 1989
En 1988, un député musulman du parlement de Delhi parvient à faire interdire les Versets sataniques en Inde, afin d’éviter « des heurts entre communautés religieuses ». Quelques mois plus tard, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, chef de la révolution islamique iranienne, publie une fatwa (décret religieux) appelant tous les musulmans à tuer Salman Rushdie. La Fondation du 15 Khordad, proche du gouvernement, met sa tête à prix.

L’écrivain britannique d’origine indienne est alors contraint de vivre sous protection policière, changeant de domicile fréquemment. « Je doute que ceux qui me condamnent aient lu une seule ligne de mon livre », s’indigne-t-il. Au cours des dix années qui suivent, il fait l’objet d’une vingtaine de tentatives d’assassinat. Ses traducteurs japonais et italien sont poignardés et son éditeur norvégien grièvement blessé.

Afin de pacifier les relations entre Londres et Téhéran, le gouvernement iranien dirigé par Mohammad Khatami s’engage publiquement, le 24 septembre 1998, à « ne plus encourager les tentatives d’assassinat contre Rushdie » . Mais la fatwa de Khomeini est toujours d’actualité: son successeur, l’ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé en janvier 2005 que Salman Rushdie était un apostat pouvant être tué impunément.

2. Une autobiographie pour raconter son calvaire
Dans son autobiographie à la troisième personne intitulée Joseph Anton, qui paraîtra le 20 septembre en France, Salman Rushdie revient sur les années de cauchemar qui ont suivi sa condamnation à mort, en février 1989. Le titre de l’ouvrage fait référence au nom de substitution qu’il avait choisi afin de garantir sa sécurité. « Il écrivit, côte à côte, les prénoms de Conrad et Tchekhov. Ce nom serait le sien pendant les onze années suivantes. Joseph Anton », raconte-t-il.

3. L’auteur des Versets sataniques n’est toujours pas le bienvenu en Inde
Le 20 janvier 2012, l’écrivain britannique est forcé d’annuler sa venue au festival littéraire de Jaipur après avoir reçu des menaces de mort de militants islamistes. Le premier ministre du Rajahstan, Ashok Gehlot, affirme au Times Of India que la présence de l’auteur des Versets sataniques pourrait déclencher « des manifestations de groupes musulmans » et mettre en péril la sécurité de tous.

Quant à l’adaptation cinématographique du roman de Rushdie, Les Enfants de minuit, elle n’a toujours pas trouvé de distributeur en Inde. « Quel dommage que des politiques frileux empêchent la population indienne de se forger sa propre opinion concernant ce film », déplore sa réalisatrice, Deepa Mehta.

4. Les Versets sataniques: un livre « qui ne serait pas publié aujourd’hui »
Salman Rushdie a récemment déclaré, dans une interview accordée à la BBC, qu’il serait « difficile » de publier aujourd’hui un « livre qui critique l’islam » comme Les Versets sataniques. Pour accréditer sa position, il cite notamment la décision récente de la chaîne de télévision Channel 4 d’annuler la projection privée d’un documentaire sur l’histoire de l’islam pour des raisons de sécurité. Dans une autre interview donnée à la chaîne de télévision indienne NDTV et diffusée sur leur site internet, l’écrivain qualifie de « répugnante » la flambée de violences anti-américaines qui a éclaté mardi 11 septembre dans le monde arabe pour protester contre The Innocence of Muslims (L’Innocence des musulmans), un film « stupide », selon ses termes, qui dénigre la religion musulmane.

5. Rushdie, plus menacé que jamais?
Après les troubles suscités dans le monde musulman par la diffusion sur internet du film The Innocence of Muslims, la fondation religieuse iranienne qui a mis à prix la tête de Salman Rushdie a décidé d’augmenter de 500 000 dollars la prime pour son assassinat. Cette dernière atteint désormais 3,3 millions de dollars. « Tant que l’ordre historique de Khomeiny de tuer l’apostat Salman Rushdie […] n’aura pas été exécuté, les attaques comme celle de ce film offensant le prophète se poursuivront », a déclaré l’ayatollah Sanei. « L’ordre de tuer Rushdie avait été donné pour éradiquer les racines de la conspiration anti-islamique et il serait très approprié de l’exécuter en ce moment », a-t-il ajouté.

Voir de plus:

Après Charb, la triste liste des dix personnes à abattre selon Al-Qaida

Vanity Fair
15/01/201515

L’attentat à Charlie Hebdo a été revendiqué par Al-Qaida au Yémen. Le dessinateur Charb, abattu par les deux terroristes mercredi 7 janvier, figurait sur la liste des onze personnes à tuer du magazine djihadiste Inspire.

La publication, créée en 2010 par Al-Qaida dans la péninsule arabique, est distribuée sur internet, à destination des candidats au djihad anglo-saxons. Elle bénéficie d’un traitement occidental dans sa maquette et ses articles. Son contenu, lui, fait pâlir : interviews de djihadistes, recettes pour faire des bombes artisanales ou incendier des voitures et une kill-list, regroupant, selon Inspire, les ennemis de l’Islam. « Recherchés morts ou vifs pour crimes contre l’Islam. Une balle par jour pour lutter contre les infidèles » (« One bullet a day keeps the infidele away », en référence à l’adage anglais : « One apple a day keeps the doctor away »)

La liste cite des journalistes, des autorités religieuses, penseurs ou écrivains aux opinions très diverses sur l’Islam. Pêle-mêle, on retrouve des critiques constructives envers l’intégrisme, mais aussi des islamophobes notoires.

Selon le New York Mag, ils ont « tous commis au moins une action considérée par les djihadistes comme méritant la mort ». Ces 11 personnes ont déjà reçu des menaces de mort, mais jusqu’à mercredi 7 janvier, aucun d’eux ne les avait vues mises à exécution.

Il en reste 10 :

Ayaan Hirsi Ali : Activiste d’origine somalienne, citoyenne néerlandaise, elle s’est fait connaître pour ses positions contre l’excision puis sur l’incompatibilité, selon elle, entre l’Islam et les valeurs occidentales. Elle était une proche de Theo van Gogh, cinéaste assassiné en 2004. Elle s’est exilée aux États-Unis.

Terry Jones : Ce pasteur américain s’est fait connaître pour ses sorties contre l’islam. En 2010, c’est lui qui a brûlé 3000 exemplaires du Coran, un pour « chaque personne tuée par l’Islam le 11-Septembre ».

Molly Norris : Journaliste au Seattle Weekly, elle mène profil bas depuis 2010, quand Inspire l’a ajoutée à sa liste, après avoir voulu créer « le jour de la caricature de Mahomet ». Selon l’association qui se bat pour elle, elle a changé d’identité et de métier.

Carsten Juste : Journaliste danois, ancien rédacteur en chef du Jyllands-Posten, qui a publié, en 2005, les caricatures de Mahomet, reprises ensuite par Charlie Hebdo. Il s’est excusé depuis, mais a fait l’objet de nombreuses menaces de mort.

Flemming Rose : Rédacteur en chef du service culture du Jyllands-Posten, il n’a pas cédé aux pressions et exerce toujours son métier de journaliste dans le journal danois, collaborant aussi au New York Times.

Kurt Westergaard : Le dessinateur danois qui a caricaturé Mohamet dans le Jyllands-Posten en 2005. Contrairement à son journal qui a présenté des excuses, Westergaard n’a pas montré de regret et a été l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat.

Salman Rushdie : L’écrivain britannique d’origine indienne est le plus connu de la liste. Auteur des Versets sataniques, il est toujours l’objet d’une fatwa lancée par l’ayatollah Khomeini, en 1989.

Morris Sadek : Chrétien copte américain d’origine égyptienne, cet avocat a fait la promotion de L’Innocence des musulmans, le film qui a mis le feu aux poudres du Moyen-Orient en 2012.

Lars Vilks : Le dessinateur suédois s’est fait connaître en publiant plusieurs caricatures de Mahomet en 2007, le représentant sous la forme d’un chien. Il a fait l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat, dont une fomentée par des citoyens américains et irlandais. Il vit sous protection policière.

Geert Wilders : Homme politique, il est le leader de l’extrême droite néerlandaise, qui a basé une partie de son argumentaire sur l’islamophobie, proposant de bannir le Coran des Pays-Bas, le comparant à Mein Kampf. Son parti a bénéficié d’un regain de sympathie après l’attaque contre Charlie Hebdo.

Voir encore:

Attentats djihadistes : « rien à voir » avec les musulmans ?
Jean Birnbaum

Le Monde

11.02.2015

Les hommes qui ont commis les attentats « n’ont rien à voir avec la religion musulmane », a affirmé François Hollande, le 9 janvier. Ces tueurs n’ont « rien à voir avec l’islam », a insisté Laurent Fabius, trois jours plus tard. Les paroles du président de la République et du ministre des affaires étrangères, amplifiées par beaucoup d’autres voix, relèvent évidemment d’une intention louable. Elles traduisent la nécessité, bien réelle, de prévenir l’amalgame mortifère entre islam et terrorisme.

A bien y réfléchir, pourtant, ces déclarations pourraient être à double tranchant. Car affirmer que les djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, c’est considérer que le monde musulman n’est aucunement concerné par les fanatiques qui se réclament du Coran. C’est donc prendre à revers tous les intellectuels musulmans qui se battent, à l’intérieur même de l’islam, pour opposer l’islam spirituel à l’islam politique, l’espérance à l’idéologie.

Provoquer un sursaut
Loin d’affirmer que l’islamisme n’a rien à voir avec la religion musulmane, ces « nouveaux penseurs de l’islam », ainsi que les a nommés Rachid Benzine dans un livre précieux (Albin Michel, 2008), luttent pour dissocier l’islam de sa perversion islamiste. Comme les réformateurs juifs et chrétiens ayant travaillé à soustraire leur foi à l’emprise de ceux qui la défigurent, ils s’efforcent de fonder un islam accordé au monde moderne, à une société ouverte, où le théologique et le politique se trouveraient enfin séparés. Ces penseurs sont conscients que certains djihadistes ont fréquenté les mosquées et les écoles coraniques de grandes villes arabes, où l’islam se trouve souvent pris en otage par des doctrinaires qui ont tout autre chose en tête que l’élan spirituel et l’exégèse symbolique.

« Constater la misère de l’islam sous les effets de l’islamisme devrait apporter sursaut, éveil, vigilance », écrivait Abdelwahab Meddeb, récemment disparu, dans un livre intitulé Face à l’islam (Textuel, 2004), où il affirmait que « la tâche de l’heure est de séparer l’islam de ses démons islamistes ». Deux ans plus tôt, Meddeb signait un essai au titre emblématique, La Maladie de l’islam (Seuil), où il allait jusqu’à écrire : « Si le fanatisme fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne, il est sûr que l’intégrisme est la maladie de l’islam », avant d’ajouter, quelques lignes plus loin : « Au lieu de distinguer le bon islam du mauvais, il vaut mieux que l’islam retrouve le débat et la discussion, qu’il redécouvre la pluralité des opinions, qu’il aménage une place au désaccord et à la différence. »

Une volonté de destruction et d’autodestruction
Outre Abdelwahab Meddeb, il faut citer, si l’on s’en tient aux livres écrits en français, le nom de Mohammed Arkoun, lui aussi disparu (Humanisme et Islam, Vrin, 2005), et encore ceux de penseurs bien vivants, eux, comme Rachid Benzine, donc, Hichem Djaït (La Crise de la culture islamique, Fayard, 2003), Malek Chebel (Manifeste pour un islam des Lumières, Hachette littérature, 2004), Abdennour Bidar (L’Islam sans soumission, Albin Michel, 2012) ou Fethi Benslama.

Ce dernier, qui est psychanalyste, note dans sa Déclaration d’insoumission à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion, 2005) : « Ce que nous devons interroger prioritairement, c’est la brèche qui a libéré dans l’aire d’islam une telle volonté de détruire et de s’autodétruire. Ce que nous devons penser et obtenir, c’est une délivrance sans concession avec les germes qui ont produit cette dévastation. Un devoir d’insoumission nous incombe, à l’intérieur de nous-mêmes et à l’encontre des formes de servitude qui ont conduit à cet accablement. »

Pluralité des lectures du coran
Ces jours-ci, bien au-delà de la France, des intellectuels musulmans ont lancé des appels à la réforme, à la fondation d’un islam qui renouerait avec la tradition critique et le travail philologique pour se relancer autrement (voir Le Monde du 20 janvier). Face aux intégristes qui voudraient faire main basse sur le Coran, ces penseurs mettent en avant la pluralité des lectures et des interprétations possibles. Face aux dogmatiques qui exigent une obéissance aveugle à la loi, ils réaffirment que la foi est d’abord une quête de sens, une aventure de la liberté.

La meilleure façon de lutter contre l’islamisme, c’est d’admettre que l’islam est en guerre avec lui-même. Qu’il se trouve déchiré, depuis des siècles maintenant, entre crispation dogmatique et vocation spirituelle, entre carcan politique et quête de sagesse. Ainsi, pour les réformateurs, l’urgence n’est pas de nier l’influence de l’islamisme sur une large partie du monde musulman, mais plutôt de prêter main-forte à toutes les voix discordantes, souvent isolées, voire menacées, qui luttent pour redonner sa chance à l’islam spirituel. A l’islam des poètes et des mystiques, celui de Rumi, Ibn’Arabi ou Molla Sadra, ce grand philosophe iranien qui écrivait, au XVIIe siècle, que « la religion est une chose intérieure » et que Dieu ne doit pas être « enchaîné ». A l’islam des simples croyants, surtout, dont la fidélité relève non pas de la soumission à un ensemble de prescriptions toujours plus délirantes, mais d’une espérance vécue, d’un pèlerinage intérieur.

Prévenir les amalgames, c’est une nécessité. Eviter les raccourcis haineux, dynamiter les préjugés, c’est une urgence absolue. Mais pour atteindre cet objectif, plutôt que de marteler l’idée selon laquelle l’islam n’a « rien à voir » avec ses avatars monstrueux, comme le font les plus hautes autorités de l’Etat, mieux vaut aider et conforter tous les musulmans qui luttent au jour le jour pour se réapproprier leur religion, et libérer enfin l’islam de ses chaînes islamistes.

Voir enfin:

Le déroulé de l’attentat de Copenhague
AFP/Libération

14 février 2015

LE POINT La fusillade contre les participants à une conférence a fait un mort et trois blessés. Un suspect est toujours en fuite.

L’attentat de Copenhague samedi a été un assaut bref et violent d’un homme armé d’un pistolet-mitrailleur contre les participants à un débat sur l’islamisme et la liberté d’expression, dont un artiste qui a caricaturé Mahomet.

Sur le même sujetLe fil de la journéeCopenhague: un mort dans un «acte terroriste», un suspect recherché
Programmé à 15 heures au centre culturel Krudttønden, dans un quartier aisé du nord de la capitale danoise, le débat s’intitule «Art, blasphème et liberté». Des dizaines de personnes y assistent.

Il se tient sous protection policière puisque l’un des principaux participants est Lars Vilks, artiste suédois auteur en 2007 d’une caricature de Mahomet qui a lui valu une tentative d’assassinat.

Au bout d’une demi-heure, l’assaillant arrive armé d’un pistolet-mitrailleur. Sur un enregistrement diffusé par la BBC, on entend une intervenante interrompue par des dizaines de coups de feu qui claquent sans répit, plusieurs par seconde.

L’ambassadeur de France au Danemark François Zimeray, invité un peu plus d’un mois après l’attaque contre les locaux à Paris du journal satirique Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts début janvier, raconte que toutes les personnes se jettent à terre dès qu’elles entendent les balles.

«Intuitivement je dirais qu’il y a eu au moins 50 coups de feu, et les policiers ici nous disent 200. Des balles sont passées à travers les portes», dira-t-il.

Dans la fusillade, un homme de l’assistance est tué, et trois policiers blessés. Plusieurs participants au débat, dont l’ambassadeur et le caricaturiste, se replient dans une autre salle où ils resteront pendant de longues minutes.

L’assaillant quitte rapidement les lieux dans une Volkswagen Polo. La police, qui n’a pu déterminer s’il ciblait quelqu’un en particulier, part à sa recherche.

Dans un premier temps, l’impression des enquêteurs est qu’il y avait deux hommes, dont l’un aurait aidé l’autre dans sa fuite. Mais après avoir recueilli une multitude de témoignages, la police conclut qu’il n’y avait qu’un homme.

L’homme ne garde pas sa voiture longtemps: il l’abandonne à deux kilomètres au nord du lieu de l’attentat, près d’une gare.

Il est filmé par des caméras de vidéosurveillance, vêtu d’une doudoune foncée, un bonnet ou une cagoule bordeaux, et un grand sac noir.

A 17h07, la police rend publique l’immatriculation de cette voiture, et demande aux habitants de Copenhague de ne surtout pas tenter d’appréhender de suspect. Elle annonce à 17h54 que la voiture a été retrouvée.

A partir des éléments recueillis, les enquêteurs diffusent à 19h23  cette description de l’assaillant: un homme «entre 25 et 30 ans, d’environ 1,85 m, athlétique, d’apparence arabe, (…) les cheveux lisses».

A 20h06, la police publie une photo tirée de la bande d’une caméra de vidéosurveillance. L’homme était introuvable samedi soir, et aucun élément n’a filtré sur son identité.


Obama: Quand la légende devient réalité (Symptomatic of a culture in which truth has become relativized: It’s compression, stupid !)

14 février, 2015
https://commonreads.files.wordpress.com/2010/08/dreams-from-my-father.jpg?w=450&h=698
https://i0.wp.com/www.americanthinker.com/legacy_assets/articles/assets/Tome%20Cover%20Obama%20Next%20President.jpg
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C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. John Kennedy
Pour moi, la morale consiste à faire ce qui est le mieux pour le maximum de gens. Saul Alinsky
Pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%? L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage. Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait à la direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Laurent Murawiec
Nous étions en formation avec plusieurs hélicoptères. Deux ont été abattus par des tirs, dont celui à bord duquel je me trouvais. Brian Williams (NBC, 2015)
J’étais dans un appareil qui suivait. J’ai fait une erreur en rapportant cet événement intervenu il y a douze ans. Brian Williams (NBC, 2015)
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Nous sommes devant toi des étrangers et des habitants, comme tous nos pères … I Chroniques 29: 15 (exorde de Rêves de mon père, 1995)
Même si ce livre repose principalement sur des journaux intimes ou sur des histoires orales de ma famille, les dialogues sont forcément approximatifs. Pour éviter les longueurs, certains personnages sont des condensés de personnes que j’ai connues et certains événements sont sans contexte chronologique précis. A l’exception de ma famille et certains personnages publics, les noms des protagonistes ont été changés par souci de respecter leur vie privée. Barack Hussein Obama jr. (préface des Rêves de mon père, 1995)
Je connais, je les ai vus, le désespoir et le désordre qui sont le quotidien des laissés-pour-compte, avec leurs conséquences désastreuses sur les enfants de Djakarta ou de Nairobi, comparables en bien des points à celles qui affectent les enfants du South Side de Chicago. Je sais combien est ténue pour eux la frontière entre humiliation et la fureur dévastatrice, je sais avec quelle facilité ils glissent dans la violence et le désespoir. Barack Hussein Obama jr. (préface de Rêves de mon père, l’histoire d’un héritage en noir et blanc, 2004)
He told the story in brilliant, painful detail in his first book, Dreams from My Father, which may be the best-written memoir ever produced by an American politician. Joe Klein (Time, October 23, 2006)
Given what I do for a living, I suppose it’s only natural that I have a high degree of respect for those who write well. Good writing very often signals a strong intellect and in many cases a deep vision. It also shows its author to be a person of some discipline, in that even those who are born with a great deal of talent in this area still usually have to work hard and make sacrifices to develop their abilities. All of which is making me giddy at the prospect of Barack Obama’s coming presidency. Like many politicians Barack Obama is also an author. What makes him different is he’s also a good writer. Most books by today’s policies are glossy, self-serving, sometimes ghost-written puffery, which are designed to be sold as throwaway literature. Obama has written a couple of these books, and the best that can be said about them is that they’re a cut above the usual tripe politicians slap between two covers. Earlier, however, way back in 1995, Barack Obama penned another book, Dreams from My Father: A Story of Race and Inheritance, which is easily the most honest, daring, and ambitious volume put out by a major US politician in the last 50 years. Rob Woodard (The Guardian)
Much has been made of Mr. Obama’s eloquence — his ability to use words in his speeches to persuade and uplift and inspire. But his appreciation of the magic of language and his ardent love of reading have not only endowed him with a rare ability to communicate his ideas to millions of Americans while contextualizing complex ideas about race and religion, they have also shaped his sense of who he is and his apprehension of the world. Mr. Obama’s first book, “Dreams From My Father” (which surely stands as the most evocative, lyrical and candid autobiography written by a future president), suggests that throughout his life he has turned to books as a way of acquiring insights and information from others — as a means of breaking out of the bubble of self-hood and, more recently, the bubble of power and fame. He recalls that he read James Baldwin, Ralph Ellison, Langston Hughes, Richard Wright and W. E. B. Du Bois when he was an adolescent in an effort to come to terms with his racial identity and that later, during an ascetic phase in college, he immersed himself in the works of thinkers like Nietzsche and St. Augustine in a spiritual-intellectual search to figure out what he truly believed. Michiko Kakutani (The New York Times)
I was interested really in him because of his book, « Song of Solomon. » It was quite extraordinary. I mean, he’s a real writer type. (…) Yeah, well, we said a few little things about « Song of Solomon, » and I sort of acknowledged that he was a writer, also, in my high esteem. (…) He’s very different. I mean, his ability to reflect on this extraordinary mesh of experiences that he has had, some familiar and some not, and to really meditate on that the way he does and to set up scenes in a narrative structure type of conversation, all of these things that you don’t often see, obviously, in the routine political memoir biography. But I think this was when he was much younger, like in his 30s or something. So that was impressive to me. But it’s unique. It’s his. There are no other ones like that. Toni Morrison
That’s a good book. Dreams of My Father, is that what it’s called? I read it with great interest, in part because it’d been written by this guy who was running for president, but I found it well done and very persuasive and memorable too. Philip Roth
Qu’est-ce que cela fait d’avoir un nouveau président des Etats-Unis qui sait lire ? Du bien. Cela fait du bien d’apprendre qu’il a toujours un livre à portée de la main. On a tellement flatté ses qualités d’orateur et ses dons de communicant qu’on a oublié l’essentiel de ce qui fait la richesse de son verbe : son côté lecteur compulsif. A croire que lorsqu’il sera las de lire des livres, il dirigera l’Amérique pour se détendre. Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times, d’ordinaire si dure avec la majorité des écrivains, est tout miel avec ce non-écrivain auteur de trois livres : deux textes autobiographiques et un discours sur la race en Amérique. Elle vient de dresser l’inventaire de sa « bibliothèque idéale », autrement dit les livres qui ont fait ce qu’il est devenu, si l’on croise ce qu’il en dit dans ses Mémoires, ce qu’il en confesse dans les interviews et ce qu’on en sait. Adolescent, il lut avidement les grands auteurs noirs James Baldwin, Langston Hugues, Ralph Ellison, Richard Wright, W.E.B. Du Bois avant de s’immerger dans Nietzsche et Saint-Augustin en marge de ses études de droit, puis d’avaler la biographie de Martin Luther King en plusieurs volumes par Taylor Branch. Autant de livres dans lesquels il a piqué idées, pistes et intuitions susceptibles de nourrir sa vision du monde. Ce qui ne l’a pas empêché de se nourrir en permanence des tragédies de Shakespeare, de Moby Dick, des écrits de Lincoln, des essais du transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, du Chant de Salomon de la nobélisée Toni Morrison, du Carnet d’or de Doris Lessing, des poèmes d’un autre nobélisé Derek Walcott, des mémoires de Gandhi, des textes du théologien protestant Reinhold Niebuhr qui exercèrent une forte influence sur Martin Luther King, et, plus récemment de Gilead (2004) le roman à succès de Marylinne Robinson ou de Team of rivals que l’historienne Doris Kearns Goodwin a consacré au génie politique d’Abraham Lincoln, « la » référence du nouveau président. Pardon, on allait oublier, le principal, le livre des livres : la Bible, of course. Pierre Assouline
Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along. Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast. As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu. He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography. Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable. (…) « Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. (…) Keith and Tony Peterson (…) wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues. (…) Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future … David Maraniss
Dans sa biographie du président, le journaliste David Maraniss décrit lui aussi un jeune homme qui se cherche, et qui, lorsqu’il devient politicien, cisèle sa biographie, Dreams from my Father, pour la rendre plus signifiante politiquement et romanesque littérairement qu’elle ne l’est en réalité. Non, son gran-père kenyan Hussein Onyango Obama n’a pas été torturé et emprisonné par les Britanniques; non, le père de son beau-père indonésien n’a pas été tué dans la lutte contre le colonisateur hollandais; non, il ne semble pas avoir sérieusement consommé de drogues lorsqu’il était au lycée puis à Occidental College avant de trouver la rédemption; non, l’assurance santé de sa mère n’a pas refusé de lui payer le traitement de base de son cancer. Tous ces détails ne sont pas des inventions ou des mensonges: ce sont des embellissements, souvent repris de mythes familiaux, qui donnent du sens à son parcours. Justin Vaïsse
It has recently been discovered by Washington Post editor and Obama biographer David Maraniss that Obama’s memoir likely went much farther than just the character « compression » and chronology rearrangement that Obama admitted to in his memoir’s introduction. Maraniss reveals in his new book that, much like Frey’s memoir, Dreams contains fabrications of material aspects of Obama’s life narrative. (…) Ultimately, what Maraniss did discover is that Obama’s actual upbringing was simply too comfortable and boring to lend itself to a compelling memoir. So he did what Frey did and turned an otherwise mundane life story into a more meaningful and interesting one. Mendy Finkel
Not only did he grow up in Indonesia and Hawaii, but he also grew up amid diversity in both places, which brought him into casual, daily contact with Africans, Asians, Natives and Caucasians, people of all kinds of ethnic variations and political and social differences. What he did not experience in his early life is mainland, American-style racism. Growing up in places that were diverse, he never had to confront his identity as a black man until his college years. There are no slaves in the Obama family tree, and he missed most of the tumultuous civil rights struggle because of his youth and the physical distance from the mainland. There is an amusing section on the future president’s more than casual acquaintance with marijuana as a high school student in Hawaii. I won’t ruin the fun, but if you get the e-book, search for « Choom Gang, » « Total Absorption » (the opposite of not inhaling) and « Roof Hits. » Enough said. Even when Barry, which is how he was known, finally made it to the mainland as a college freshman, he chose elite Occidental College in Los Angeles, a diverse environment in a sheltered section of the city that gave him virtually no taste of the typical experience of blacks in America. In fact, one of his Oxy college friends said that Barry, who was starting to refer to himself as Barack in part to reconnect to his black roots, decided to transfer after his sophomore year to Columbia in New York so that he could « discover blackness in America. » What hits home in Maraniss’ book is how race was, for Barack Obama, primarily an intellectual journey of study and self-discovery. He had to discover his blackness. This sets him apart from the dominant African American experience, and it accounts for some of the reluctance on the part of veteran civil rights advocates like Jesse Jackson to embrace his candidacy early on. Dave Cieslewicz 
It almost seemed too good to be true. When President Barack Obama’s 1995 memoir, « Dreams From My Father, » was re-published soon after the young politican catapulted onto the national stage with a charismatic speech at the 2004 Democratic National Convention, his amazing life story captured the hearts and minds of millions of Americans. But like many memoirs, which tend to be self-serving, it now appears that Obama shaped the book less as a factual history of his life than as a great story. A new biography, « Barack Obama: The Story, » by David Maraniss, raises questions about the accuracy of the president’s account and delivers fresh revelations about his pot-smoking in high school and college and his girlfriends in New York City. In his memoir, Obama describes how his grandfather, Hussein Onyango, was imprisoned and tortured by British troops during the fight for Kenyan independence. But that did not happen, according to five associates of Onyango interviewed by Maraniss. Another heroic tale from the memoir about Obama’s Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, being killed by Dutch soldiers during Indonesia’s fight for independence also is inaccurate, according to Maraniss. The president explains in his memoir that some of the characters in his book have been combined or compressed. Maraniss provides more details about the extent of that alteration. One of Obama’s « African American » classmates was based on Caroline Boss, a white student whose Swiss grandmother was named Regina, according to Maraniss, a Washington Post editor and author who has won a Pulitzer Prize. The president also described breaking up with a white girlfriend due to a « racial chasm that unavoidably separated him from the woman, » writes Maraniss. But Obama’s next girlfriend in Chicago, an anthropologist, also was white. The young Obama’s lack of playing time on the high school basketball team was due more to his ability than the coach’s preference for white players, Maraniss writes. And Obama’s mother likely left his father — not the other way around — after domestic abuse, note reviews of the book in the Los Angeles Times and Buzzfeed. The Huffington Post
In his 1995 memoir, [Mr. Obama] mentioned smoking “reefer” in “the dorm room of some brother” and talked about “getting high.” Before Occidental, he indulged in marijuana, alcohol and sometimes cocaine as a high school student in Hawaii, according to the book. He made “some bad decisions” as a teenager involving drugs and drinking, Senator Obama, now a presidential candidate, told high school students in New Hampshire last November. Mr. Obama’s admissions are rare for a politician (his book, “Dreams From My Father,” was written before he ran for office.) They briefly became a campaign issue in December when an adviser to Senator Hillary Rodham Clinton, Mr. Obama’s chief Democratic rival, suggested that his history with drugs would make him vulnerable to Republican attacks if he became his party’s nominee. Mr. Obama, of Illinois, has never quantified his illicit drug use or provided many details. He wrote about his two years at Occidental, a predominantly white liberal arts college, as a gradual but profound awakening from a slumber of indifference that gave rise to his activism there and his fears that drugs could lead him to addiction or apathy, as they had for many other black men. Mr. Obama’s account of his younger self and drugs, though, significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use. That could suggest he was so private about his usage that few people were aware of it, that the memories of those who knew him decades ago are fuzzy or rosier out of a desire to protect him, or that he added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic. In more than three dozen interviews, friends, classmates and mentors from his high school and Occidental recalled Mr. Obama as being grounded, motivated and poised, someone who did not appear to be grappling with any drug problems and seemed to dabble only with marijuana. Serge F. Kovaleski
Maraniss’s Barack Obama: The Story punctures two sets of falsehoods: The family tales Obama passed on, unknowing; and the stories Obama made up. The 672-page book closes before Obama enters law school, and Maraniss has promised another volume, but by its conclusion I counted 38 instances in which the biographer convincingly disputes significant elements of Obama’s own story of his life and his family history. The two strands of falsehood run together, in that they often serve the same narrative goal: To tell a familiar, simple, and ultimately optimistic story about race and identity in the 20th Century. The false notes in Obama’s family lore include his mother’s claimed experience of racism in Kansas, and incidents of colonial brutality toward his Kenyan grandfather and Indonesian step-grandfather. Obama’s deliberate distortions more clearly serve a single narrative: Race. Obama presents himself through the book as “blacker and more disaffected” than he really was, Maraniss writes, and the narrative “accentuates characters drawn from black acquaintances who played lesser roles his real life but could be used to advance a line of thought, while leaving out or distorting the actions of friends who happened to be white.” (…) Maraniss’s deep and entertaining biography will serve as a corrective both to Obama’s mythmaking and his enemies’. Maraniss finds that Obama’s young life was basically conventional, his personal struggles prosaic and later exaggerated. He finds that race, central to Obama’s later thought and included in the subtitle of his memoir, wasn’t a central factor in his Hawaii youth or the existential struggles of his young adulthood. And he concludes that attempts, which Obama encouraged in his memoir, to view him through the prism of race “can lead to a misinterpretation” of the sense of “outsiderness” that Maraniss puts at the core of Obama’s identity and ambition. (…) In Dreams, for instance, Obama writes of a friend named “Regina,” a symbol of the authentic African-American experience that Obama hungers for (and which he would later find in Michelle Robinson). Maraniss discovers, however, that Regina was based on a student leader at Occidental College, Caroline Boss, who was white. Regina was the name of her working-class Swiss grandmother, who also seems to make a cameo in Dreams. Maraniss also notices that Obama also entirely cut two white roommates, in Los Angeles and New York, from the narrative, and projected a racial incident onto a New York girlfriend that he later told Maraniss had happened in Chicago. (…) Across the ocean, the family story that Hussein Onyango, Obama’s paternal grandfather, had been whipped and tortured by the British is “unlikely”: “five people who had close connections to Hussein Onyango said they doubted the story or were certain that it did not happen,” Maraniss writes. The memory that the father of his Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, was killed by Dutch soldiers in the fight for independence is “a concocted myth in almost all respects.” In fact, Martodihardjo “fell off a chair at his home while trying to hang drapes, presumably suffering a heart attack.” (…) Maraniss corrects a central element of Obama’s own biography, debunking a story that Obama’s mother may well have invented: That she and her son were abandoned in Hawaii in 1963. “It was his mother who left Hawaii first, a year earlier than his father,” Maraniss writes, confirming a story that had first surfaced in the conservative blogosphere. He suggests that “spousal abuse” prompted her flight back to Seattle. Obama’s own fairy-tales, meanwhile, run toward Amercan racial cliché. “Ray,” who is in the book “a symbol of young blackness,” is based on a character whose complex racial identity — half Japanese, part native American, and part black — was more like Obama’s, and who wasn’t a close friend. “In the memoir Barry and Ray, could be heard complaining about how rich white haole girls would never date them,” Maraniss writes, referring to Hawaii’s upper class, and to a composite character whose blackness is. “In fact, neither had much trouble in that regard.” Ben Smith
NBC Nightly News anchorman Brian Williams frequently fabricated a dramatic story that he was under enemy attack while reporting from Iraq. NBC is now investigating whether Williams also embellished events in New Orleans during his reporting on Hurricane Katrina. (…) Former CBS anchorman Dan Rather tried to pass off fake memos as authentic evidence about former President George W. Bush’s supposedly checkered National Guard record. CNN news host Fareed Zakaria, who recently interviewed President Obama, was caught using the written work of others as if it were his own. He joins a distinguished array of accused plagiarists, from historian Doris Kearns Goodwin to columnist Maureen Dowd. Usually, plagiarism is excused. Research assistants are blamed or clerical slips are cited — and little happens. In lieu of admitting deliberate dishonesty, our celebrities when caught prefer using the wishy-washy prefix “mis-” to downplay a supposed accident — as in misremembering, misstating, or misconstruing. Politicians are often the worst offenders. Vice President Joe Biden withdrew from the presidential race of 1988 once it was revealed that he had been caught plagiarizing in law school. In that campaign, he gave a speech lifted from British Labor party candidate Neil Kinnock. Hillary Clinton fantasized when she melodramatically claimed she had been under sniper fire when landing in Bosnia. Her husband, former president Bill Clinton, was more overt in lying under oath in the Monica Lewinsky debacle. Former senator John Walsh (D., Mont.) was caught plagiarizing elements of his master’s thesis. President Obama has explained that some of the characters in his autobiography, Dreams from My Father, were “composites” or “compressed,” which suggests that in some instances what he described did not exactly happen. What are the consequences of lying about or exaggerating one’s past or stealing the written work of others? It depends. Punishment is calibrated by the stature of the perpetrator. If the offender is powerful, then misremembering, misstating, and misconstruing are considered minor and aberrant transgressions. If not, the sins are called lying and plagiarizing, and deemed a window into a bad soul. Thus a career can be derailed. Young, upcoming lying reporters like onetime New York Times fabulist Jayson Blair and The New Republic’s past stable of fantasy writers — Stephen Glass, Scott Beauchamp, and Ruth Shalit — had their work finally disowned by their publications. Former Washington Post reporter Janet Cooke got her Pulitzer Prize revoked for fabricating a story. Obscure senator Walsh was forced out of his re-election race. Biden, on the other hand, became vice president. It did not matter much that the Obama biography by Pulitzer Prize–winning author David Maraniss contradicted many of the details from Obama’s autobiography. Hillary Clinton may well follow her husband’s trajectory and become president. The Reverend Al Sharpton helped perpetuate the Tawana Brawley hoax; he is now a frequent guest at the White House. Why do so many of our elites cut corners and embellish their past or steal the work of others? For them, such deception may be a small gamble worth taking, with mild consequences if caught. Plagiarism is a shortcut to publishing without all the work of creating new ideas or doing laborious research. Padding a resume or mixing truth with half-truths and composites creates more dramatic personal histories that enhance careers. Our culture itself has redefined the truth into a relative idea without fault. Some academics suggested that Brian Williams may have lied because of “memory distortion” rather than a character defect. Contemporary postmodern thought sees the “truth” as a construct. The social aim of these fantasy narratives is what counts. If they serve progressive race, class, and gender issues, then why follow the quaint rules of evidence that were established by an ossified and reactionary establishment? (…) Our lies become accepted as true, but only depending on how powerful and influential we are — or how supposedly noble the cause for which we lie. Victor Davis Hanson

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

Emprisonnement et torture de son grand-père kenyan par les Britanniques, assassinat du père de son beau-père indonésien par les colons hollandais, exagération de son expérience du racisme ou de la drogue, passage sous silence ou colorisation de ses amis blancs, racialisation – entre deux relations avec des étudiantes blanches – d’une rupture sentimentale avec une autre copine blanche ou de son évincement de l’équipe de basket-ball de son lycée, rupture de sa mère avec un père violent présentée comme abandon dudit père, refus de traitement du cancer de sa mère …

Alors qu’après son abandon de l’Irak et bientôt de l’Afghanistan comme sa lâcheté face à l’Iran

Et suite à ses absences tant à Paris qu’à Auschwitz, avoir contre toute évidence mis en doute les mobiles antisémites du massacre de l’Hyper cacher

Le Tergiverseur en chef et « premier président musulman » dénonce à présent comme raciste le meurtre, suite apparemment à une querelle de voisinage par un homme se revendiquant comme athée et homophile militant, de trois étudiants musulmans de l’Université de Caroline du nord …

Pendant que de Moïse à Turing et de Solomon Northup à Martin Luther King, Hollywood réécrit sytématiquement l’histoire …

Comment s’étonner qu’après nos Dan Rather et nos Charles Enderlin et concernant ses états de service en Irak ou l’ouragan Katrina, un journaliste-vedette de la chaine NBC ait à son tour enjolivé la réalité ?

Et comment être surpris sans compter les notoires dénégations de sa longue fréquentation tant de l’ancien weatherman Bill Ayers que du pasteur suprémaciste noir Jeremiah Wright

Que le prix Nobel de la paix aux Grandes oreilles et aux bientôt 4 000 éliminations ciblées …

Et accessoirement notoire disciple d’Alinsky et auteur des « meilleurs mémoires jamais publiés par un homme politique américain » …

Ait pu accumuler sans être jamais contesté (« pour éviter les longueurs » et « donner du sens à son parcours ») comme le révélait son biographe David Maraniss il y a trois ans …

Pas moins de 38 contre-vérités dans une seule autobiographie ?

Brian Williams’s Truth Problem, and Ours
The NBC anchor’s lies are symptomatic of a culture in which truth has become relativized.
Victor Davis Hanson
National Review Online
February 12, 2015

NBC Nightly News anchorman Brian Williams frequently fabricated a dramatic story that he was under enemy attack while reporting from Iraq. NBC is now investigating whether Williams also embellished events in New Orleans during his reporting on Hurricane Katrina.

Williams always plays the hero in his yarns, braving natural and hostile human enemies to deliver us the truth on the evening news.

Former CBS anchorman Dan Rather tried to pass off fake memos as authentic evidence about former President George W. Bush’s supposedly checkered National Guard record.

CNN news host Fareed Zakaria, who recently interviewed President Obama, was caught using the written work of others as if it were his own. He joins a distinguished array of accused plagiarists, from historian Doris Kearns Goodwin to columnist Maureen Dowd.

Usually, plagiarism is excused. Research assistants are blamed or clerical slips are cited — and little happens. In lieu of admitting deliberate dishonesty, our celebrities when caught prefer using the wishy-washy prefix “mis-” to downplay a supposed accident — as in misremembering, misstating, or misconstruing.

Politicians are often the worst offenders. Vice President Joe Biden withdrew from the presidential race of 1988 once it was revealed that he had been caught plagiarizing in law school. In that campaign, he gave a speech lifted from British Labor party candidate Neil Kinnock.

Hillary Clinton fantasized when she melodramatically claimed she had been under sniper fire when landing in Bosnia. Her husband, former president Bill Clinton, was more overt in lying under oath in the Monica Lewinsky debacle. Former senator John Walsh (D., Mont.) was caught plagiarizing elements of his master’s thesis.

President Obama has explained that some of the characters in his autobiography, Dreams from My Father, were “composites” or “compressed,” which suggests that in some instances what he described did not exactly happen.

What are the consequences of lying about or exaggerating one’s past or stealing the written work of others?

It depends.

Punishment is calibrated by the stature of the perpetrator. If the offender is powerful, then misremembering, misstating, and misconstruing are considered minor and aberrant transgressions. If not, the sins are called lying and plagiarizing, and deemed a window into a bad soul. Thus a career can be derailed.

Young, upcoming lying reporters like onetime New York Times fabulist Jayson Blair and The New Republic’s past stable of fantasy writers — Stephen Glass, Scott Beauchamp, and Ruth Shalit — had their work finally disowned by their publications. Former Washington Post reporter Janet Cooke got her Pulitzer Prize revoked for fabricating a story.

Obscure senator Walsh was forced out of his re-election race. Biden, on the other hand, became vice president. It did not matter much that the Obama biography by Pulitzer Prize–winning author David Maraniss contradicted many of the details from Obama’s autobiography.

Hillary Clinton may well follow her husband’s trajectory and become president. The Reverend Al Sharpton helped perpetuate the Tawana Brawley hoax; he is now a frequent guest at the White House.

Why do so many of our elites cut corners and embellish their past or steal the work of others?

For them, such deception may be a small gamble worth taking, with mild consequences if caught. Plagiarism is a shortcut to publishing without all the work of creating new ideas or doing laborious research. Padding a resume or mixing truth with half-truths and composites creates more dramatic personal histories that enhance careers.

Our culture itself has redefined the truth into a relative idea without fault. Some academics suggested that Brian Williams may have lied because of “memory distortion” rather than a character defect.

Contemporary postmodern thought sees the “truth” as a construct. The social aim of these fantasy narratives is what counts. If they serve progressive race, class, and gender issues, then why follow the quaint rules of evidence that were established by an ossified and reactionary establishment?

Feminist actress and screenwriter Lena Dunham in her memoir described her alleged rapist as a campus conservative named Barry. After suspicion was cast on one particular man fitting Dunham’s book description, Dunham clarified that she meant to refer to someone else as the perpetrator.

Surely the exonerated Duke University men’s lacrosse players who were accused of sexual assault or the University of Virginia frat boys accused of rape in a magazine article in theory could have been guilty — even if they were proven not to be.

Michael Brown was suspected of committing a strong-arm robbery right before his death. He then walked down the middle of a street, blocking traffic, and rushed a policeman. Autopsy and toxicology reports of gunpowder residuals and the presence of THC suggest that Brown had marijuana in his system and was in close contact to the officer who fired. Do those details matter, if a “gentle giant” can become emblematic of an alleged epidemic of racist, trigger-happy cops who recklessly shoot unarmed youth?

The Greek word for truth was aletheia – literally “not forgetting.” Yet that ancient idea of eternal differences between truth and myth is now lost in the modern age.

Our lies become accepted as true, but only depending on how powerful and influential we are — or how supposedly noble the cause for which we lie.

Voir aussi:

The Real Story Of Barack Obama
A new biography finally challenges Obama’s famous memoir. And the truth might not be quite as interesting as the president, and his enemies, have imagined.
Ben Smith
BuzzFeed Editor-in-Chief
June 17, 2012

David Maraniss’s new biography of Barack Obama is the first sustained challenge to Obama’s control over his own story, a firm and occasionally brutal debunking of Obama’s bestselling 1995 memoir, Dreams from My Father.

Maraniss’s Barack Obama: The Story punctures two sets of falsehoods: The family tales Obama passed on, unknowing; and the stories Obama made up. The 672-page book closes before Obama enters law school, and Maraniss has promised another volume, but by its conclusion I counted 38 instances in which the biographer convincingly disputes significant elements of Obama’s own story of his life and his family history.

The two strands of falsehood run together, in that they often serve the same narrative goal: To tell a familiar, simple, and ultimately optimistic story about race and identity in the 20th Century. The false notes in Obama’s family lore include his mother’s claimed experience of racism in Kansas, and incidents of colonial brutality toward his Kenyan grandfather and Indonesian step-grandfather. Obama’s deliberate distortions more clearly serve a single narrative: Race. Obama presents himself through the book as “blacker and more disaffected” than he really was, Maraniss writes, and the narrative “accentuates characters drawn from black acquaintances who played lesser roles his real life but could be used to advance a line of thought, while leaving out or distorting the actions of friends who happened to be white.”

That the core narrative of Dreams could have survived this long into Obama’s public life is the product in part of an inadvertent conspiracy between the president and his enemies. His memoir evokes an angry, misspent youth; a deep and lifelong obsession with race; foreign and strongly Muslim heritage; and roots in the 20th Century’s self-consciously leftist anti-colonial struggle. Obama’s conservative critics have, since the beginnings of his time on the national scene, taken the self-portrait at face value, and sought to deepen it to portray him as a leftist and a foreigner.

Reporters who have sought to chase some of the memoir’s tantalizing yarns have, however, long suspected that Obama might not be as interesting as his fictional doppelganger. “Mr. Obama’s account of his younger self and drugs…significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use,” the New York Times’s Serge Kovaleski reported dryly in February of 2008, speculating that Obama had “added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic.” (In one of the stranger entries in the annals of political spin, Obama’s spokesman defended his boss’s claim to have sampled cocaine, calling the book “candid.”)

Maraniss’s deep and entertaining biography will serve as a corrective both to Obama’s mythmaking and his enemies’. Maraniss finds that Obama’s young life was basically conventional, his personal struggles prosaic and later exaggerated. He finds that race, central to Obama’s later thought and included in the subtitle of his memoir, wasn’t a central factor in his Hawaii youth or the existential struggles of his young adulthood. And he concludes that attempts, which Obama encouraged in his memoir, to view him through the prism of race “can lead to a misinterpretation” of the sense of “outsiderness” that Maraniss puts at the core of Obama’s identity and ambition.

Maraniss opens with a warning: Among the falsehoods in Dreams is the caveat in the preface that “for the sake of compression, some of the characters that appear are composites of people I’ve known, and some events appear out of precise chronology.”

“The character creations and rearrangements of the book are not merely a matter of style, devices of compression, but are also substantive,” Maraniss responds in his own introduction. The book belongs in the category of “literature and memoir, not history and autobiography,” he writes, and “the themes of the book control character and chronology.”

Maraniss, a veteran Washington Post reporter whose biography of Bill Clinton, First in His Class, helped explain one complicated president to America, dove deep and missed deadlines for this biography. And the book’s many fact-checks are rich and, at times, comical.

In Dreams, for instance, Obama writes of a friend named “Regina,” a symbol of the authentic African-American experience that Obama hungers for (and which he would later find in Michelle Robinson). Maraniss discovers, however, that Regina was based on a student leader at Occidental College, Caroline Boss, who was white. Regina was the name of her working-class Swiss grandmother, who also seems to make a cameo in Dreams.

Maraniss also notices that Obama also entirely cut two white roommates, in Los Angeles and New York, from the narrative, and projected a racial incident onto a New York girlfriend that he later told Maraniss had happened in Chicago.

Some of Maraniss’s most surprising debunking, though, comes in the area of family lore, where he disputes a long string of stories on three continents, though perhaps no more than most of us have picked up from garrulous grandparents and great uncles. And his corrections are, at times, a bit harsh.

Obama grandfather “Stanley [Dunham]’s two defining stories were that he found his mother after her suicide and that he punched his principal and got expelled from El Dorado High. That second story seems to be in the same fictitious realm as the first,” Maraniss writes. As for Dunham’s tale of a 1935 car ride with Herbert Hoover, it’s a “preposterous…fabrication.”

As for a legacy of racism in his mother’s Kansas childhood, “Stanley was a teller of tales, and it appears that his grandson got these stories mostly from him,” Maraniss writes.

Across the ocean, the family story that Hussein Onyango, Obama’s paternal grandfather, had been whipped and tortured by the British is “unlikely”: “five people who had close connections to Hussein Onyango said they doubted the story or were certain that it did not happen,” Maraniss writes. The memory that the father of his Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, was killed by Dutch soldiers in the fight for independence is “a concocted myth in almost all respects.” In fact, Martodihardjo “fell off a chair at his home while trying to hang drapes, presumably suffering a heart attack.”

Most families exaggerate ancestors’ deeds. A more difficult category of correction comes in Maraniss’s treatment of Obama’s father and namesake. Barack Obama Sr., in this telling, quickly sheds whatever sympathy his intelligence and squandered promise should carry. He’s the son of a man, one relative told Maraniss, who is required to pay an extra dowry for one wife “because he was a bad person.”

He was also a domestic abuser.

“His father Hussein Onyango, was a man who hit women, and it turned out that Obama was no different,” Maraniss writes. “I thought he would kill me,” one ex-wife tells him; he also gave her sexually-transmitted diseases from extramarital relationships.

It’s in that context that Maraniss corrects a central element of Obama’s own biography, debunking a story that Obama’s mother may well have invented: That she and her son were abandoned in Hawaii in 1963.

“It was his mother who left Hawaii first, a year earlier than his father,” Maraniss writes, confirming a story that had first surfaced in the conservative blogosphere. He suggests that “spousal abuse” prompted her flight back to Seattle.

Obama’s own fairy-tales, meanwhile, run toward Amercan racial cliché. “Ray,” who is in the book “a symbol of young blackness,” is based on a character whose complex racial identity — half Japanese, part native American, and part black — was more like Obama’s, and who wasn’t a close friend.

“In the memoir Barry and Ray, could be heard complaining about how rich white haole girls would never date them,” Maraniss writes, referring to Hawaii’s upper class, and to a composite character whose blackness is. “In fact, neither had much trouble in that regard.”

As Obama’s Chicago mentor Jerry Kellman tells Maraniss in a different context, “Everything didn’t revolve around race.”

Those are just a few examples in biography whose insistence on accuracy will not be mistaken for pedantry. Maraniss is a master storyteller, and his interest in revising Obama’s history is in part an interest in why and how stories are told, a theme that recurs in the memoir. Obama himself, he notes, saw affectionately through his grandfather Stanley’s fabulizing,” describing the older man’s tendency to rewrite “history to conform with the image he wished for himself.” Indeed, Obama comes from a long line of storytellers, and at times fabulists, on both sides.

Dick Opar, a distant Obama relative who served as a senior Kenyan police official, and who was among the sources dismissing legends of anti-colonial heroism, put it more bluntly.

“People make up stories,” he told Maraniss.

David Maraniss Obama Biography Questions Accuracy Of President’s Memoir
Huffington post
06/20/2012

It almost seemed too good to be true. When President Barack Obama’s 1995 memoir, « Dreams From My Father, » was re-published soon after the young politican catapulted onto the national stage with a charismatic speech at the 2004 Democratic National Convention, his amazing life story captured the hearts and minds of millions of Americans.

But like many memoirs, which tend to be self-serving, it now appears that Obama shaped the book less as a factual history of his life than as a great story. A new biography, « Barack Obama: The Story, » by David Maraniss, raises questions about the accuracy of the president’s account and delivers fresh revelations about his pot-smoking in high school and college and his girlfriends in New York City.

In his memoir, Obama describes how his grandfather, Hussein Onyango, was imprisoned and tortured by British troops during the fight for Kenyan independence. But that did not happen, according to five associates of Onyango interviewed by Maraniss. Another heroic tale from the memoir about Obama’s Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, being killed by Dutch soldiers during Indonesia’s fight for independence also is inaccurate, according to Maraniss.

The president explains in his memoir that some of the characters in his book have been combined or compressed. Maraniss provides more details about the extent of that alteration. One of Obama’s « African American » classmates was based on Caroline Boss, a white student whose Swiss grandmother was named Regina, according to Maraniss, a Washington Post editor and author who has won a Pulitzer Prize. The president also described breaking up with a white girlfriend due to a « racial chasm that unavoidably separated him from the woman, » writes Maraniss. But Obama’s next girlfriend in Chicago, an anthropologist, also was white.

The young Obama’s lack of playing time on the high school basketball team was due more to his ability than the coach’s preference for white players, Maraniss writes. And Obama’s mother likely left his father — not the other way around — after domestic abuse, note reviews of the book in the Los Angeles Times and Buzzfeed.

Here is a slideshow of the new biography’s major revelations:

Voir encore:

Though Obama Had to Leave to Find Himself, It Is Hawaii That Made His Rise Possible
David Maraniss
Washington Post
August 22, 2008

On weekday mornings as a teenager, Barry Obama left his grandparents’ apartment on the 10th floor of the 12-story high-rise at 1617 South Beretania, a mile and half above Waikiki Beach, and walked up Punahou Street in the shadows of capacious banyan trees and date palms. Before crossing the overpass above the H1 freeway, where traffic zoomed east to body-surfing beaches or west to the airport and Pearl Harbor, he passed Kapiolani Medical Center, walking below the hospital room where he was born on Aug. 4, 1961. Two blocks further along, at the intersection with Wilder, he could look left toward the small apartment on Poki where he had spent a few years with his little sister, Maya, and his mother, Ann, back when she was getting her master’s degree at the University of Hawaii before she left again for Indonesia. Soon enough he was at the lower edge of Punahou School, the gracefully sloping private campus where he studied some and played basketball more.

An adolescent life told in five Honolulu blocks, confined and compact, but far, far away. Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along.

Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast.

As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu.

He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography.

Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable.

Hawaii involves the struggles of a teenage hapa at Punahou School who wanted nothing more than to be a professional basketball player. It is about his extraordinary mother, Stanley Ann Dunham, deeply loving if frequently absent. While politicians burnish their histories by laying claim to early years of community work and lives of public service, she was the real deal, devoting her career, unsung and underpaid, to helping poor women make their way in the modern world.

It is about his mysterious father, Barack Hussein Obama, an imperious if alluring voice gone distant and then missing. It is about his grandparents, Madelyn and Stan Dunham, Toot and Gramps, the white couple with whom he lived for most of his teenage years, she practical and determined, he impulsive, hokey, well-intentioned and, by his grandson’s account, burdened with the desperate lost hopes of a Willy Loman-style salesman. It is about their family’s incessant migration away from the heartland, from the Great Plains to the West Coast to Hawaii.

And that was not far enough for their daughter, who followed the Pacific farther to Indonesia and traveled the world until, at the too-early age of 52, she made her way back to Honolulu, taking an apartment next to her parents’ in the high-rise on the corner of Beretania and Punahou, to die there of cancer. It was the same year, 1995, that her son made his debut on the national stage with a book about himself that searched for the missing, the void — his dad, Kenya, Africa — and paid less attention to the people and things that had shaped his life, especially his mother.

The simple fact is that he would not exist as a human being, let alone as a politician, without his mother’s sensibility, naive or adventurous or both. Of all the relationships in Obama’s life, none has been deeper, more complex or more important. They lived under the same roof for only perhaps 12 years and were frequently apart during his adolescence, but her lessons and judgments were always with him. In some sense, because they were just 18 years apart, they grew up together, each following a singular path toward maturity.

Like many presidential aspirants before him, and perhaps most like Bill Clinton, Obama grew up surrounded by strong women, the male figures either weak or absent. Once, during the heat of the primary race between Obama and Hillary Rodham Clinton, a claim came from Bill Clinton that he « understood » Obama. As different as their backgrounds and families were, it was no doubt this strong-female-weak-male similarity that he had in mind.

* * *

Who was Obama’s mother? The shorthand version of the story has a woman from Kansas marrying a man from Kenya, but while Stanley Ann Dunham was born in Wichita in the fall of 1942, it is a stretch to call her a Jayhawk. After leaving Kansas when she was a youngster, she and her parents lived in Berkeley, Calif., for two years, Ponca City, Okla., for two years, and Wichita Falls, Tex., for three years before they ventured to the Seattle area.

They arrived in time for her to enter ninth grade at the new high school on Mercer Island, a hilly slab of land in Lake Washington that was popping with tract developments during the western boom of the postwar 1950s. The island is not much more isolated than Staten Island on the other side of the country. Just east of Seattle, it is connected to the city by what was then called the floating bridge.

The population explosion, along with a nomadic propensity, brought the Dunhams to Mercer Island. Stan was in the furniture trade, a salesman always looking for the next best deal, and the middle-class suburbs of Seattle offered fertile territory: All the new houses going up would need new living room and dining room sets. He took a job in a furniture store in Seattle.

Madelyn, who brought home a paycheck most of her life, found a job in a banking real estate escrow office, and the family settled into a two-bedroom place in a quiet corner of the Shorewood Apartments, nestled near the lakeshore in view of the Cascade Mountains. Many islanders lived there temporarily as they waited for new houses to be finished nearby. But the Dunhams never looked for another home, and they filled their high-ceilinged apartment with the Danish modern furniture of that era.

Stanley Ann was an only child, and in those days she dealt head-on with her uncommon first name. No sense trying to hide it, even though she hated it. « My name is Stanley, » she would say. « My father wanted a boy, and that’s that. » Her mother softened it, calling her Stanny or Stanny Ann, but at school she was Stanley, straight up. « She owned the name, » recalled Susan Botkin, one of her first pals on Mercer Island. « Only once or twice was she teased. She had a sharp tongue, a deep wit, and she could kill. We all called her Stanley. »

In a high school culture of brawn and beauty, Stanley was one of the brains. Often struggling with her weight, and wearing braces her junior year, she had the normal teenage anxieties, according to her friends, though she seemed less concerned with superficial appearances than many of her peers. Her protective armor included a prolific vocabulary, free from the trite and cliched; a quick take on people and events; and biting sarcasm.

John W. Hunt said those traits allowed Stanley to become accepted by the predominantly male intellectual crowd, even though she had a soft voice. « She wasn’t a shouter, but sat and thought awhile before she put forth her ideas. She was one of the most intelligent girls in our class, but unusual in that she thought things through more than anyone else, » Hunt said.

Stanley would not use her wit to bully people, her classmates recalled, but rather to slice up prejudice or pomposity. Her signature expression of disdain was an exaggerated rolling of her big brown eyes.

Susan Botkin thought back to late afternoons when she and Stanley would go downtown to the Seattle library and then hitch a ride home with Stan and Madelyn. « We would climb into the car, and immediately he would start into his routine, » she recalled. In the back seat, the daughter would be rolling her eyes, while in the front, Madelyn — « a porcelain doll kind of woman, with pale, wonderful skin, red hair, carefully coiffed, and lacquered nails » — would try to temper her husband with occasional interjections of « Now, Stan . . . »

Another high school friend, Maxine Box, remembered that they enjoyed getting rides in the old man’s white convertible and that he was always ready and willing to drive them anywhere, wanting to be the life of the party. « Stanley would gladly take the transportation from him, » Box said, but would « just as soon that he go away. They had locked horns a lot of times. » The mother, she sensed, was « a buffer between Stan and Stanley. »

Stanley and her friends would escape across the bridge into Seattle, where they hung out at a small espresso cafe near the University of Washington. Anything, Hunt said, to « get away from the suburban view. We would go to this cafe and talk and talk and talk » — about world events, French cinema, the meaning of life, the existence of God.

Their curiosity was encouraged by the teachers at Mercer Island High, especially Jim Wichterman and Val Foubert, who taught advanced humanities courses open to the top 25 students. The assigned reading included not only Plato and Aristotle, Kierkegaard and Sartre, but also late-1950s critiques of societal conventions, such as « The Organization Man » by William H. Whyte, « The Lonely Crowd » by David Riesman and « The Hidden Persuaders » by Vance Packard, as well as the political theories of Hegel and Mill and Marx. « The Communist Manifesto » was also on the reading list, and it drew protests from some parents, prompting what Wichterman later called « Mothers Marches » on the school — a phrase that conjures up a larger backlash than really occurred but conveys some of the tension of the times. « They would come up in ones and twos and threes and berate the teacher or complain to the principal, » Hunt recalled.

Wichterman and Foubert, noted Chip Wall, were « instrumental in getting us to think, and anybody who tries to do that, particularly in high school, has trouble. ‘Make my kid a thinker, but make sure he thinks like I do.’  » In tracking the Obama story this year, some conservative Web sites have seized on the high school curriculum of his mother as evidence of an early leftist indoctrination. Wall, who has spent his life challenging dogma from any ideology, and whose take on the world often veers from the politically correct, answered this interpretation with a two-word dismissal: « Oh, crap. »

Stanley was decidedly liberal. She challenged the existence of God and championed Adlai Stevenson. But while some of her friends turned toward cynicism, she did not. « She was intrigued by what was happening in the world and embraced change, » Susan Botkin recalled. « During our senior year, the Doomsday Clock seemed as close as it had ever been to boom. And the thought affected people in our class. There was a sense of malaise that permeated the group: Why bother? The boom is going to happen. But Stanley was better able to laugh it off, to look beyond it. Come out of that bomb shelter and do something. »

Their senior class graduated in June 1960, at the dawn of the new decade. A few days after commencement, Stanley left for Honolulu with her parents. Decades later she told her son that she had wanted to go to the University of Chicago, where she had been accepted, but that her father would not let her be that far from them, since she was barely 17. Her friends from Mercer Island recalled that, like many of them, she intended to stay in Seattle and go to « U-Dub, » the University of Washington, but that again her father insisted that she was too young even for that and had to accompany them to Hawaii.

That was nearly a half-century ago. Time compresses, and the high school classmates of Stanley Ann Dunham now have an unusual vantage point from which to witness the presidential campaign of her son. « You see so much of her in his face, » Maxine Box said. « And he has his grandfather’s long chin. » In watching Obama speak and answer questions, Chip Wall could « instantly go back and recognize the person » he knew decades ago. Stanley is there, he said, in the workings of the son’s mind, « especially in his wry sense of speech pattern. » The fact that her son is black was surprising but not out of character; she was attracted to the different and untouched by racial prejudice.

The hardest thing for them to grasp was that Barack Obama Jr. came into being only a little more than a year after Stanley left Mercer Island. She seemed like such an unlikely candidate for teenage motherhood, not just because of her scholarly ways and lack of boyfriends, but because she appeared to have zero interest in babies. Botkin had two little brothers and was always babysitting, she recalled, but « Stanley never even babysat. She would come over to the house and just stand back, and her eyes would blink and her head would spin like, ‘Oh, my God, what’s going on here?’ « 

In the fall of 1960, as Botkin worried about whether she had the proper clothes to go through sorority rush at U-Dub, where they pinched the young women to make sure they were wearing girdles and where nylons were part of the uniform, she received her first letter from her friend in Hawaii. Stanley was enjoying newfound freedoms. She had ditched her first name and was now going by Ann. And no more nylons and perfect outfits, either. « I’m wearing shorts and muu muus to class, » she wrote.

In the next letter, she said she was dating an African student she had met in Russian class. Botkin was more interested in the fact that her friend was studying Russian than in whom she was dating. But soon enough came a card revealing that Ann was in love, and then another that said she was married and expecting a baby in the summer.

* * *

The first African student at the University of Hawaii, Barack Hussein Obama, reached Honolulu 11 months before Stanley Ann Dunham and her parents got there from Seattle. He was on the first airlift of Kenyan students brought to study at U.S. universities as part of a program organized by Kenyan nationalist Tom Mboya and funded primarily by hundreds of American supporters. At the time, there were no colleges in Kenya, which was in the last throes of British colonialism. His arrival in Honolulu was announced in an article in a local newspaper, the Star-Bulletin, under the headline: « Young Men from Kenya, Jordan and Iran Here to Study at U.H. »

Obama told the journalist, Shurei Hirozawa, that he grew up on the shores of Lake Victoria in Kenya, in east Africa, and was a member of the Luo tribe. He said he had worked as an office clerk in Nairobi for several years to save money for college and settled on the University of Hawaii « when he read in an American magazine about its racial tolerance. »

Other accounts have said he went to Hawaii because it was the only U.S. university to offer him a scholarship, but that appears unlikely, based on this contemporaneous report. Obama told Hirozawa that he had enough money to stay in Hawaii only for two semesters unless he applied for a scholarship. He said he would study business administration and wanted to return to Kenya to help with its transition from tribal customs to a modern economy. He was concerned, he said, about his generation’s disorientation as Kenyans rejected old ways yet struggled with westernization.

Taking a room at the Charles H. Atherton branch of the YMCA, not far from campus, Obama quickly adapted to the rhythms of student life. One of his frequent hangouts was the snack bar in an old Army barracks-style building near his business classes. It was there that he met the Abercrombie brothers, first Neil and then Hal, who had escaped the darkness of Buffalo to attend graduate school in Honolulu, and their friends Peter Gilpin, Chet Gorman and Pake Zane. They were antiestablishment intellectuals, experimenters, outsiders, somewhere between beatniks and hippies, and they loved to talk and drink coffee and beer. They were immediately taken by the one and only African student in their midst.

« He was very black, probably the blackest person I’ve ever met, » recalled Zane, a Chinese Hawaiian, who now runs an antiques shop a few miles from the university. « Handsome in his own way. But the most impressive thing was his voice. His voice and his inflection — he had this Oxford accent. You heard a little Kenyan English, but more this British accent with this really deep, mellow voice that just resounded. If he said something in the room and the room was not real noisy, everybody stopped and turned around. I mean he just had this wonderful, wonderful voice. He was charismatic as a speaker. »

It was not just the voice, said Neil Abercrombie, who went on to become a congressman from Honolulu, but Obama’s entire outsize persona — the lanky 6-foot-1 frame, the horn-rimmed glasses, the booming laugh, the pipe and an « incredibly vital personality. He was brilliant and opinionated and avuncular and opinionated. Always opinionated. If you didn’t know him, you might be put off by him. He never hesitated to tell you what he thought, whether the moment was politic or not. Even to the point sometimes where he might seem a bit discourteous. But his view was, well, if you’re not smart enough to know what you’re talking about and you’re talking about it, then you don’t deserve much in the way of mercy. He enjoyed the company of people who were equally as opinionated as he was. »

An interesting note about the snack bar crowd is that, even decades later, they all pronounce the first name of their Kenyan friend « Bear-ick » — with the accent on the first syllable. That is how he referred to himself, they said. In Hawaii at least, they never heard him call himself « Buh-rock, » with the accent on the second syllable, the pronunciation his son would adopt in his adult life. Perhaps it was a minor accommodation to westernization.

In late November, a few months into Obama’s first semester, the Honolulu paper wrote another story about him, this time focusing on his positive conclusions about racial attitudes on the island. « No one seems to be conscious of color, » he said. But there were stereotypes to shatter on both sides — his of Hawaii and Hawaii’s of Africa. « When I first came here, I expected to find a lot of Hawaiians all dressed in native clothing and I expected native dancing and that sort of thing, but I was surprised to find such a mixture of races, » he acknowledged.

When asked if people questioned him about Kenya, he laughed and said: « Oh, yes. People are very interested in the Mau Mau rebellion [a long-standing uprising against the British] and they ask about race relations in Kenya. I tell them they’ve improved since the rebellion but are not perfect. They also ask if Kenya is ready for self-government. Some others ask me such questions as how many wives each man has back home, what we eat, how I dress at home, how we live, whether we have cars. »

He did not answer those questions in the story. Nor, on one matter, was he forthcoming with his friends at the university. Neither newspaper readers nor his fellow students knew that he had left a son and a pregnant wife back in Kenya.

The events in Africa intrigued Obama’s fellow students and were inevitably part of the movable discussion, which often went from the university snack bar over to the Stardust Lounge or George’s Inn, where beer pitchers cost two bucks, and then on to Peter Gilpin’s apartment nearby. As they listened to Sonny Terry and Brownie McGhee on the hi-fi, Obama pontificated on Kenya and nationalism and colonialism and his fears about what might happen. « He was very concerned that tribalism would trump nationalism, » Neil Abercrombie said. « And that people like himself would not be properly recognized, would not be fully utilized, and there would be discrimination and prejudice. Jomo Kenyatta [Kenya’s first postcolonial leader] was a Kikuyu, and Barack and Mboya were Luo, and Kikuyu were going to run things. We’d get into it that deeply. »

Late in the summer of 1960, at the start of his second year and the beginning of her first, Obama and Stanley Ann Dunham met in a beginning Russian class. He was 25; she was not yet 18. She called him « Bear-ick, » too. He called her Anna. Decades later, Ann would tell her son a story about their first date that he then depicted in his memoir, « Dreams From My Father. » « He asked me to meet him in front of the university library at one. I got there and he hadn’t arrived, but I figured I’d give him a few minutes. It was a nice day, so I laid out on one of the benches, and before I knew it I had fallen asleep. An hour later he showed up with a couple of friends. I woke up and three of them were standing over me and I heard him saying, serious as can be . . . ‘You see gentlemen, I told you she was a fine girl, and that she would wait for me.’ « 

Recounting the scene long after the fact, knowing how the relationship would end, the son was at his most lyrical. « My mother was that girl with the movie of beautiful black people in her head, flattered by my father’s attention, confused and alone, trying to break out of the grip of her own parents’ lives. The innocence she carried that day, waiting for my father, had been tinged with misconceptions, her own needs, but it was a guileless need, one without self-consciousness, and perhaps that’s how any love begins. »

This was the prelude to the beginning of the second Barack Obama, the hapa, and in the narrative he creates about his mother, here, as always after, he writes with the sensibility not so much of a son as of an acute if sympathetic psychologist, approaching condescension but not quite crossing that line.

During his time in Hawaii, the elder Obama seemed adept at walling off various aspects of his life. He eventually told Ann about a former marriage in Kenya but said he was divorced, which she would discover years later was a lie. While the scene in the book includes two friends who were with him when he arrived late for a first date with Ann, few members of the snack bar crowd remember the Obama-Dunham relationship. Hal Abercrombie said he never saw them together. Pake Zane, who left the island for a spell in 1961, could not recall Ann from those days but had precise memories of Obama.

Neil Abercrombie did remember her appearing at some of the weekend gatherings. Obama was such a strong personality, he said, that he could see how the young woman was awed and overwhelmed by him. « She was a girl, and what I mean by that is she was only 17 and 18, just out of high school. And he brought her at different times. She mostly observed because she was a kid. Everybody there was pretty high-powered grad-student types. »

Before the end of her first semester, Ann learned she was pregnant. The jolt that most parents might feel at such news from a teenage daughter was intensified for the Dunhams by the fact that the father was Obama. Madelyn Dunham has steadfastly declined requests for interviews this year, but a few years ago she talked to the Chicago Tribune’s David Mendell, who was researching his biography, « Obama: From Promise to Power. » Dunham, known for her practicality and skepticism in a family of dreamers, told Mendell that Stanley Ann had always been stubborn and nonconformist, and often did startling things, but none were more stubborn or surprising than her relationship with Obama.

When Mendell pressed her about Obama, she said she did not trust the stories the Kenyan told. Prodding further, the interviewer noted that Obama had « a great deal of charm » and that his father had been a medicine man. « She raised her eyebrows and nodded to herself, » Mendell wrote of Madelyn.  » ‘He was . . .’ she said with a long pause, ‘strange.’ She lingered on the a to emphasize ‘straaaaaange.’ « 

On Feb. 2, 1961, against Madelyn’s hopes, and against the desires of Obama’s father back in Kenya, Ann and Obama hopped a plane to Maui and got married. No guests, not even family members, were there. Barack Hussein Obama Jr. was born six months later in Honolulu.

Ann, the earnest student, dropped out of school to take care of him. Her husband finished his degree, graduating in June 1962, after three years in Hawaii, as a Phi Beta Kappa straight-A student. Then, before the month was out, he took off, leaving behind his still-teenage wife and namesake child. He did not return for 10 years, and then only briefly. A story in the Star-Bulletin on the day he left, June 22, said Obama planned a several-weeks grand tour of mainland universities before he arrived at Harvard to study economics on a graduate faculty fellowship. The story did not mention that he had a wife and an infant son.

Many years later, Barack Jr., then in high school, found a clipping of the article in a family stash of birth certificates and old vaccination forms. Why wasn’t his name there, or his mother’s? He wondered, he later wrote, « whether the omission caused a fight between my parents. »

On his way east, Obama stopped in San Francisco and went to dinner at the Blue Fox in the financial district with Hal Abercrombie, who had moved to the city with his wife, Shirley. Abercrombie would never forget that dinner; he thought it showed the worst side of his old friend, a combination of anger and arrogance that frightened him. Shirley was a blonde with a high bouffant hairdo, and when she showed up at the side of Hal and Barack, the maitre d’ took them to the most obscure table in the restaurant. Obama interpreted this as a racial slight. When the waiter arrived, Obama tore into him, shouting that he was an important person on his way to Harvard and would not tolerate such treatment, Abercrombie recalled. « He was berating the guy and condescending every time the waiter came to our table. There was a superiority and an arrogance about it that I didn’t like. »

In the family lore, Obama was accepted into graduate school at the New School in New York and at Harvard, and if he had chosen the New School there would have been enough scholarship money for his wife and son to come along. However, the story goes, he opted for Harvard because of the world-class academic credentials a Crimson degree would bring. But there is an unresolved part of the story: Did Ann try to follow him to Cambridge? Her friends from Mercer Island were left with that impression. Susan Botkin, Maxine Box and John W. Hunt all remember Ann showing up in Seattle late that summer with little Barry, as her son was called.

« She was on her way from her mother’s house to Boston to be with her husband, » Botkin recalled. « [She said] he had transferred to grad school and she was going to join him. And I was intrigued with who she was and what she was doing. Stanley was an intense person . . . but I remember that afternoon, sitting in my mother’s living room, drinking iced tea and eating sugar cookies. She had her baby and was talking about her husband, and what life held in store for her. She seemed so confident and self-assured and relaxed. She was leaving the next day to fly on to Boston. »

But as Botkin and others later remembered it, something happened in Cambridge, and Stanley Ann returned to Seattle. They saw her a few more times, and they thought she even tried to enroll in classes at the University of Washington, before she packed up and returned to Hawaii.

* * *

By the time he was 6, Barry Obama was a hyper-aware boy with much to think about. His mother had returned to school at the University of Hawaii and had received a degree in what her family considered an unlikely major — math. She had divorced Barack Obama Sr., who had finished his graduate work at Harvard and was back in Kenya, now living with a third woman. Ann had moved on and was soon to wed another international student, Lolo Soetoro, and follow him back to his home country, Indonesia, bringing Barry along. Her brief first marriage was in the past, Seattle in the remote distance, and Kansas farther still.

It was at this point that Barry developed a way of looking at his mother that essentially would last until her death three decades later. His take on her — both the ways he wanted to be like her and how he reacted against her — shaped him permanently and is central to understanding his political persona today, the contrast of an embracing, inclusive sensibility accompanied by an inner toughness and wariness. Starting at an early age, he noticed how his mother was curious and open, eager to find the best in people and situations, intent on softening the edges of the difficult world for her hapa son. There were many times when this made him think that she was naive, sometimes heartbreakingly so, and that he had to be the realist in the family. To some degree, especially as he tried to explain himself later in « Dreams From My Father, » he seemed to use his mother as a foil, setting her up as the quintessential well-intentioned white liberal idealist as a contrast to his own coming of age as a modern black man.

Whether this perception reflected objective reality is open to question. In her dealings later as a community worker and anthropologist in Indonesia and around the world, Ann showed a keen appreciation of the power structure and how to work with it or around it, and her doctoral thesis and other writings reveal a complex understanding of people and their motivations, free of dreamy idealism and wishful thinking. But she certainly tried to present the world in the most hopeful, unthreatening light to her children, first Barry and then his little sister, Maya, the daughter she bore with Soetoro.

As Maya explained recently, looking back on the way she and her brother were raised: « [She wanted to] make sure that nothing ever became acrimonious and that everything was pretty and everything was sacred and everything was properly maintained and respected — all the cultural artifacts and ways of being and living and thinking. We didn’t need to make choices. We didn’t need to discard anything. We could just have it all and keep it all. It was this sense of bounty and beauty. »

The son’s notion of his loving mother’s naivete began in Indonesia, when they arrived in the capital city, Jakarta, in 1967, joining Soetoro, who had returned to his home country several months earlier. The place was a fantasia of the unfamiliar and grotesque to young Barry, with the exotic scent of danger. Monkeys, chickens and even crocodiles in the back yard. A land of floods, exorcisms, cockfights. Lolo was off working for Union Oil, Ann taught English at the U.S. Embassy, and Barry was overwhelmed in this strange new world. He recalled those days in his memoir with more acuity than he possibly could have had as a 6-year-old, but the words reflect his perceptions nonetheless.

His mother taught him history, math, reading and social studies, waking him at 4 each morning to give him special tutoring, pouring her knowledge into his agile brain. But it was left to his stepfather to orient him in the cruel ways of the world. Soetoro taught him how to fight and defend himself, how not to give money to beggars, how to deal strictly with servants, how to interact with the world on its own unforgiving terms, not defining everything as good or bad but merely as it is.  » ‘Your mother has a soft heart,’ he told me after she tried to take the blame for knocking a radio off the dresser, » Obama quoted Soetoro in his memoir.  » ‘That’s good in a woman, but you will be a man someday, and a man needs to have more sense.’  » Men, Soetoro explained, take advantage of weakness in other men.  » ‘They’re like countries that way.’ « 

All of this, as Obama later interpreted it, related to the exercise of power, hidden and real. It was power that forced Soetoro to return to Indonesia in the first place. He had been summoned back to his country from Hawaii in 1966 and sent to work in New Guinea for a year because the ruling regime, after a widespread, bloody purge of communists and leftists, was leery of students who had gone abroad and wanted them back and under control. To his mother, power was ugly, Obama determined: « It fixed in her mind like a curse. » But to his stepfather, power was reality — and he « made his peace » with it.

Which response to the world had a deeper effect on the person Barry Obama would become? Without doubt it was his mother’s. Soetoro, described later by his daughter Maya as a sweet and quiet man, resigned himself to his situation and did not grow or change. He became a nondescript oilman, befriending slick operators from Texas and Louisiana who probably regarded him with racial condescension. He went to their parties and played golf at the country club and became western and anonymous, slipping as far away as possible from the dangers of the purge and the freedom of his student days.

Ann certainly had more options, but the one she eventually chose was unusual. She decided to deepen her connection to this alien land and to confront power in her own way, by devoting herself to understanding the people at the core of Indonesian culture, artisans and craftsmen, and working to help them survive.

Here was an early paradox that helped shape Obama’s life, one he would confront again and again as he matured and remade himself: A certain strain of realism can lead to inaction. A certain form of naivete can lead to action.

By the time Maya was born in 1970, Ann’s second marriage was coming apart. This time, there was no sudden and jarring disappearance. The relationship lingered off and on for another 10 years, and Lolo remained part of Maya’s life in a way that Barack Obama did not for Barry.

As Maya analyzed her parents’ relationship decades later, she concluded that she came along just as her mother was starting to find herself. « She started feeling competent, perhaps. She acquired numerous languages after that. Not just Indonesian, but her professional language and her feminist language. And I think she really got a voice. So it’s perfectly natural that she started to demand more of those who were near her, including my father. And suddenly his sweetness wasn’t enough to satisfy her needs. »

* * *

« Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. And so it is that of all the people in the book, the one who takes it on the chin the most is his maternal grandfather, Stan Dunham.

It is obvious from the memoir, and from interviews with many people who knew the family in Hawaii, that Dunham loved his grandson and did everything he could to support him physically and emotionally. But in the memoir, Gramps comes straight out of the plays of Arthur Miller or Eugene O’Neill, a once-proud soul lost in self-delusion, struggling against the days.

When Barry was 10, his mother made the difficult decision to send him back to Honolulu to live with her parents so he could get better schooling. He had been accepted into the prestigious Punahou School, and Madelyn and Stan had moved from a large house on Kamehameha Avenue to the apartment on Beretania, only five blocks from the campus.

Gramps now seemed as colorful and odd as those monkeys in the back yard in Jakarta. He cleaned his teeth with the red cellophane string from his cigarette packs. He told off-color jokes to waitresses. A copy of Dale Carnegie’s « How to Win Friends and Influence People » was always near at hand — and only those who lived with him knew the vast distance between his public bonhomie and his private despair. The most powerful scene in the memoir, as devastating as it is lovingly rendered, described how Stan, by then out of the furniture business and trying his hand as a John Hancock Mutual Life Insurance salesman, prepared on Sunday night for the week ahead.

« Sometimes I would tiptoe into the kitchen for a soda, and I could hear the desperation creeping out of his voice, the stretch of silence that followed when the people on the other end explained why Thursday wasn’t good and Tuesday not much better, and then Gramps’s heavy sigh after he had hung up the phone, his hands fumbling through the files in his lap like those of a card player who’s deep in the hole. »

By the time Barry returned to Hawaii, Toot had become the stable financial source in the family, well known in the local lending community. In the library of the Honolulu Advertiser, no clippings mention Stan Dunham, but Madelyn Dunham crops up frequently in the business pages. A few months before Barry arrived from Indonesia, his grandmother had been promoted to vice president at the Bank of Hawaii along with Dorothy K. Yamamoto — the first two female vice presidents in the bank’s history.

It was during Barry’s first year at Punahou School that his long-lost father stepped briefly into his life, and just as quickly disappeared again. He came for the month of December, and his mother returned from Indonesia beforehand to prepare Barry for the visit. She taught him more about Kenya and stories of the Luo people, but all of that knowledge dissolved at the first sight of the old man. He seemed far skinnier than Barry had imagined him, and more fragile, with his spectacles and blue blazer and ascot and yellowish eyes.

It was not an easy month, and what stuck in the boy’s memory were the basketball that his dad gave him as a present and two dramatic events: when his father ordered him, in front of his mother and grandparents, to turn off the TV and study instead of watching « How the Grinch Stole Christmas, » and when his father came to Miss Mabel Hefty’s fifth-grade class at Punahou’s Castle Hall to talk about Kenya. The first moment angered Barry; the second made him proud. But nothing much lingered after his father was gone.

That visit to Honolulu was bracketed by two trips that Obama’s old snack bar friends from the University of Hawaii made to see him in Kenya. Late in 1968, Neil Abercrombie and Pake Zane traveled through Nairobi on a year-long backpacking trip around the world and stayed with Obama for several days before they made their way on to the port city of Mombasa and to India. No mention was made of Ann or the boy, but it was clear to Abercrombie that his old friend’s life was not turning out as he had planned. « He seemed very frustrated, and his worst fears in his mind were coming true — that he was being underutilized, » Abercrombie said. « Everybody’s virtue is his vice, and his brilliance and his assertiveness was obviously working against him as well. »

Five years later, in 1973, Zane returned during another trip around the world.

« This time when I met Barack [Bear-ick, he said], he was a shell of what he was prior to that, » Zane recalled. « Even from what he was in 1968. . . . He was drinking very heavily, and he was very depressed and as you might imagine had an amount of rage. He felt totally vulnerable. »

Meanwhile, Barry’s circumstances had changed somewhat. His mother, separated from Lolo, was back in Hawaii with little Maya. Barry joined them in an apartment at Poki and Wilder, even closer to Punahou School. Ann was now fully engaged in the artisan culture of Indonesia and was beginning her master’s degree work in anthropology. They had no money beyond her graduate school grants.

Maya’s earliest memories go back to those years. Thirty-five years later, she can remember a filing cabinet and a rocking chair, and how she and her big brother would sit in the chair and keep rocking harder until it flipped over, which is what they wanted it to do. There was a television across from the rocker, and she would purposely stand in front of it during basketball games to irritate him. There were picnics at Puu Ualakaa State Park with Kentucky Fried Chicken and Madelyn’s homemade baked beans and coleslaw and potato salad with the skins still on. And there was Big Sandwich Night, when Gramps would haul out all the meats and cheeses and vegetables.

After three years in Hawaii, Ann had to go back to Indonesia to conduct her fieldwork. Barry had absolutely no interest in returning to that strange place, so he stayed behind with his grandparents.

* * *

Keith and Tony Peterson were rummaging through the discount bin at a bookstore in Boulder, Colo., one afternoon and came across a copy of « Dreams From My Father » several years after it was first published. « We’ve got to buy this, » Keith said to his brother. « Look who wrote it. » Barry Obama. Their friend from Punahou School. They both bought copies and raced through the memoir, absorbed by the story and especially by the sections on their high school years. They did not recognize any of the names, since they were all pseudonyms, but they recognized the smells and sounds and sensibility of the chapters and the feelings Obama expressed as he came of age as a black teenager.

This was their story, too. They wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues.

But what interested the Petersons more was Obama’s interior dialogue with himself, his sense of dislocation at the private school, a feeling that no matter what he did, he was defined and confined by the expectations and definitions of white people. Keith Peterson had felt the same way, without being fully able to articulate his unease. « Now keep in mind I am reading this before [Obama] came on the national scene, » he said later. « So I am reading this still person to person, not person to candidate, and it meant a lot more for that reason. It was a connection. It was amazing as I read this book, so many decades later, at last I was feeling a certain amount of closure, having felt so isolated for so long. I wasn’t alone. I spent a good portion of my life thinking I had experienced something few others had. It was surprisingly satisfying to know I wasn’t crazy. I was not the only one struggling with some of these issues. »

But his brother Tony, who reached Punahou first, said he had regular discussions with Obama about many issues, including race. Tony was a senior when Obama was a freshman. The Petersons lived miles away, out in Pearl City, having grown up in a military family that was first based at Schofield Barracks. While Obama walked only five blocks to school, Tony had to ride city buses for an hour and a half each morning to get there.

As he remembered it, he was one of a handful of black students at Punahou then, a group that included Obama, Lewis Anthony, Rik Smith and Angie Jones. Peterson, Smith and Obama would meet on the steps outside Cooke Hall for what, with tongue in cheek, they called the Ethnic Corner. Obama and Smith were biracial, one black and white, the other black and Indian. Both of Peterson’s parents were black, but he felt uneasy because he was an academically inclined young man whom people thought « sounded white. »

« Barry had no personal reference for his blackness. All three of us were dealing with it in different ways, » Peterson recalled. « How do we explore these things? That is one thing we talked about. We talked about time. We talked about our classes. We talked about girls. We talked specifically about whether girls would date us because we were black. We talked about social issues. . . . But our little chats were not agonizing. They were just sort of fun. We were helping each other find out who we were. We talked about what we were going to be. I was going to be a lawyer. Rick was going to be a lawyer. And Barry was going to be a basketball player. »

Obama’s interest in basketball had come a long way since his absent father showed up and gave him his first ball. Now it was his obsession. He was always dribbling, always playing, either on the outdoor courts at Punahou or down at the playground on King Street across from the Baskin-Robbins where he worked part-time. He was a flashy passer with good moves to the basket but an uneven and unorthodox jump shot, pulling the ball back behind his head so far that it almost disappeared behind him. Basketball dominated his time so much that his mother worried about him. In ninth grade, at least, he was the naive one, believing he could make a life in the game.

In Tony Peterson’s senior yearbook, Obama wrote: « Tony, man, I sure am glad I got to know you before you left. All those Ethnic Corner trips to the snack bar and playing ball made the year a lot more enjoyable, even though the snack bar trips cost me a fortune. Anyway, great knowing you and I hope we keep in touch. Good luck in everything you do, and get that law degree. Some day when I am a pro basketballer, and I want to sue my team for more money, I’ll call on you. »

Barry’s mother, who had a wry sense of humor, once joked to friends that she was a pale-skinned Kansan who married a Kenyan and an Indonesian so she could have brown children who would not have to worry about sunburn. Her understanding of race was far deeper than that joke; she was always sensitive to issues of identity and made a point of inculcating her children in the cultures of their fathers. Still, there were some problems she could not resolve for them. Maya later said that her mother’s overriding desire that her children not suffer perhaps got in the way.

« She didn’t want us to suffer with respect to identity. She wanted us to think of it as a gift that we were multilayered and multidimensional and multiracial. This meant that she was perhaps unprepared when we did struggle with issues of identity. She was not really able to help us grapple with that in any nuanced way. Maybe it would make her feel like she hadn’t succeeded in surrounding us with enough love. I remember Mom wanting it not to be an issue. »

In an apparent effort to show a lifelong plot to power, some opponents last year pushed a story about Obama in which he predicted in kindergarten that one day he would be president. The conspiracy certainly seemed to go off the rails by the time he reached high school. Unlike Bill Clinton, who was the most political animal at Hot Springs High in Arkansas — organizing the marching band as though it was his own political machine, giving speeches at the local Rotary, maneuvering his way into a Senate seat at the American Legion-sponsored Boys Nation — Obama stayed away from student leadership roles at Punahou and gave his friends no clues that a few decades later he would emerge as a national political figure.

« When I look back, one of the things that stood out was that he didn’t stand out, » said Keith Peterson, who was a year younger than Obama. « There was absolutely nothing that made me think this is the road he would take. » His friends remember him as being kind and protective, a prolific reader, keenly aware of the world around him, able to talk about foreign affairs in a way that none of the rest of them could, and yet they did not think of him as politically or academically ambitious. In a school of high achievers, he coasted as a B student. He dabbled a little in the arts, singing in the chorus for a few years and writing poetry for the literary magazine, Ka Wai Ola.

The group he ran with was white, black, brown and not identified with any of the traditional social sets at the school: the rich girls from the Outrigger Canoe Club, the football players, the math guys, the drama crew, the volleyball guys. Among Obama’s friends, « there were some basketball players in there, but it was kind of eclectic, » recalled Mike Ramos, also a hapa, his mother Anglo and his father Filipino. « Was there a leader? Did we defer to Barry? I don’t think so. It was a very egalitarian kind of thing, also come as you are. »

They body-surfed at Sandy Beach Park on the south shore, played basketball day and night, went camping in the hills above the school, sneaked into parties at the university and out at Schofield Barracks, and listened to Stevie Wonder, Fleetwood Mac, Miles Davis and Grover Washington at Greg and Mike Ramos’s place across from the school or in Barry’s room at his grandparents’ apartment. (« You listen to Grover? I listen to Grover, » Mike Ramos still remembers Barry saying as a means of introducing himself during a conversation at a party.)

And they smoked dope. Obama’s drug use is right there in the memoir, with no attempt to make him look better than he was. He acknowledged smoking marijuana and using cocaine but said he stopped short of heroin. Some have suggested that he exaggerated his drug use in the book to hype the idea that he was on the brink of becoming a junkie; dysfunction and dissolution always sell in memoirs.

But his friends quickly dismissed that notion. « I wouldn’t call it an exaggeration, » Greg Ramos said. Keith Peterson said: « Did I ever party with Barack? Yes, I did. Do I remember specifically? If I did, then I didn’t party with him. Part of the nature of getting high is you don’t remember it 30 minutes later. Punahou was a wealthy school with a lot of kids with disposable income. The drinking age in Hawaii then was 18, so a lot of seniors could buy it legally, which means the parent dynamic was not big. And the other partying materials were prevalent, being in Hawaii. There was a lot of partying that went on. And Barack has been very open about that. Coming from Hawaii, that would have been so easy to expose. If he hadn’t written about it, it would have been a disaster. »

If basketball was Obama’s obsession during those years, it also served as a means for him to work out some of his frustrations about race. In the book and elsewhere, he has emphasized that he played a « black » brand of ball, freelancing his way on the court, looking to drive to the hoop rather than wait around for a pick and an open shot. His signature move was a double-pump in the lane. This did not serve him well on the Punahou varsity team. His coach, Chris McLachlin, was a stickler for precisely where each player was supposed to be on the court and once at practice ordered his team to pass the ball at least five times before anyone took a shot. This was not Obama’s style, and he had several disagreements with the coach. He never won the arguments, and the team did well enough anyway. Adhering to McLachlin’s deliberate offense, the Buffanblu won the state championship, defeating Moanalua 60-28. Obama came off the bench to score two points. So much for the dream of becoming a rich NBA star.

His senior year, his mother was back home from Indonesia and concerned that her son had not sent in his college applications. In their tensest confrontation in the memoir, he eggs her on by saying it that was no big deal, that he might goof off and stay in Hawaii and go to school part-time, because life was just one big crapshoot anyway.

Ann exploded. She had rebelled herself once, at his very age, reacting against her own parents — and perhaps against luck and fate — by ignoring their advice and getting pregnant and marrying a man she did not know the way she thought she did. Now she was telling her son to shape up, that he could do anything he wanted if he put in the effort. « Remember what that’s like? Effort? Damn it, Bar, you can’t just sit around like some good-time Charlie, waiting for luck to see you through. »

* * *

Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future, but now was drawn back to Hawaii to say goodbye to his mother. Too late, as it turned out. She died on Nov. 7, 1995, before he could get there.

Ann had returned to Honolulu early that year, a few months before « Dreams From My Father » was published. She was weakened from a cancer that had been misdiagnosed in Indonesia as indigestion. American doctors first thought it was ovarian cancer, but an examination at the Memorial Sloan-Kettering Cancer Center in New York determined that it was uterine cancer that had spread to her ovaries. Stan had died a few years earlier, and Madelyn still lived in the apartment on Beretania. Ann took an apartment on the same floor, and underwent chemotherapy treatments while keeping up with her work as best she could. « She took it in stride, » said Alice Dewey, chair of the University of Hawaii anthropology department, where Ann did her doctoral dissertation. « She never complained. Never said, ‘Why me?’ « 

Ann’s career had reached full bloom. Her dissertation, published in 1992, was a masterwork of anthropological insight, delineating in 1,000 pages the intricate world of peasant metalworking industries in Indonesia, especially traditional blacksmithing, tracing the evolution of the crafts from Dutch colonialism through the regime of General Suharto, the Indonesian military strongman. Her deepest work was done in Kajar, a blacksmithing village near Yogyakarta. In clear, precise language, she described the geography, sociology, architecture, agriculture, diet, class structure, politics, business and craftsmanship of the village, rendering an arcane subject in vivid, human terms.

It was a long time coming, the product of work that had begun in 1979, but Dewey said it was worth the wait: Each chapter as she turned it in was a polished jewel.

Her anthropology in Indonesia was only part of Ann’s focus. She had also worked in Lahore, Pakistan; New Delhi; and New York, helping to develop microfinancing networks that provided credit to female artisans in rural communities around the world. This was something she had begun in Jakarta for the Ford Foundation in the early 1980s, when she helped refine Bank Rakyat, set up to provide loans to farmers and other rural entrepreneurs in textiles and metalwork, the fields she knew best. David McCauley, who worked with her then, said she had earned a worldwide reputation in the development community. She had a global perspective from the ground up, he said, and she passed it along to her children, Barack and Maya.

Maya was in New York, about to start graduate school at New York University, when her mother got sick. She and her brother were equally slow to realize that the disease was advancing so rapidly. Maya had seen Ann during that visit to Sloan-Kettering, and « she didn’t look well. She was in a wheelchair . . . but I guess I thought that was the treatment. I knew that someday she would die, but it never occurred to me that it would be in November. I think children are capable of stretching out the boundaries of denial. » School always came first with Ann, and she had urged Maya to stay at NYU until the December break.

But by November her condition had worsened. She was put on morphine to ease the pain and moved from her apartment to the Straub Clinic. One night she called Maya and said she was scared. « And my last words to her, where she was able to respond, were that I was coming. I arrived on the seventh. My grandmother was there and had been there for some time, so I sent her home and talked to Mom and touched her and hugged her, and she was not able to respond. I read her a story — a book of Creole folk tales that I had with me about renewal and rebirth — and I said it was okay with me if she decided to go ahead, that I couldn’t really bear to see her like that. And she died. It was about 11 that night. »

Barack came the next day. He had just finished a book about his missing father, but now it was more clear to him than ever that his mother had been the most significant force in shaping his life. Even when they were apart, she constantly wrote him letters, softly urging him to believe in himself and to see the best in everyone else.

A small memorial service was held in the Japanese Garden behind the East-West Center conference building on the University of Hawaii campus. Photographs from her life were mounted on a board: Stanley Ann in Kansas and Seattle, Ann in Hawaii and Indonesia. Barack and Maya « talked story, » a Hawaiian phrase that means exactly what it sounds like, remembering their uncommon mother. They recalled her spirit, her exuberance and her generosity, a worldliness that was somehow very fresh and naive, maybe deliberately naive, sweet and unadulterated. And her deep laugh, her Midwestern sayings, the way she loved to collect batiks and wear vibrant colors and talk and talk and talk.

About 20 people made it to the service. When it was over, they formed a caravan and drove to the south shore, past Hanauma Bay, stopping just before they reached Sandy Beach, Barry’s favorite old haunt for body surfing. They gathered at a lookout point with a parking lot, and down below, past the rail and at the water’s edge, a stone outcropping jutting over the ocean in the shape of a massive ironing board. This was where Ann wanted them to toss her ashes. She felt connected to Hawaii, its geography, its sense of aloha, the fact that it made her two children possible — but the woman who also loved to travel wanted her ashes to float across the ocean. Barack and Maya stood together, scattering the remains. The others tossed flower petals into the water.

Suddenly, a massive wave broke over the ironing board and engulfed them all. A sign at the parking lot had warned visitors of the dangers of being washed to sea. « But we felt steady, » Maya said. « And it was this very slippery place, and the wave came out of nowhere, and it was as though she was saying goodbye. »

Barack Obama left Hawaii soon after and returned to his Chicago life.

Self-Made Man
Barack Obama’s autobiographical fictions
Andrew Ferguson
June 18, 2012

There’s a DVD that’s been sitting in its jewel box on my desk for a few years (I’ve been busy​—​no time to tidy up), and the other day, after reading through two brand-new books about Barack Obama, one admiring, the other ferociously disapproving, I snapped the cellophane at last and slid the disk into my computer drive.

I bought the video on a visit to Occidental College in Los Angeles, not long after Obama took office. He attended Oxy from 1979 to 1981, then lit out after his sophomore year and never returned. It must be a tricky business for a college publicist, marketing your school as the place that one of the world’s most famous men couldn’t wait to get away from, but these are highly competitive times in the liberal arts college racket, and a flack will work with what he’s got. During my visit the campus was transforming itself into a three-dimensional tribute to its most famous dropout.

In the common room of the library a shrine of sorts had been set up in a glass display case, under the famous Shepard Fairey Hope poster. The display promised to document “Barack Obama’s Occidental College Days,” but the pickings were slim. Every item on display was derivative and indirect in its relation to the man being honored. There were photos of three of his professors, a copy each of his two memoirs, an invitation that someone had received to his inauguration, and an issue of Time magazine showing a recently discovered cache of posed pictures taken of Obama by a classmate in 1980. Obama’s Occidental years have the same waterbug quality that so many periods of his life seem to have in retrospect: You see a figure traveling lightly and swiftly over the surface of things, darting away before he could leave an impression that might last. Archivists have combed college records and come up empty, mostly. Barry Obama, as he then was known, published two poems in the campus literary magazine his sophomore year. The testimony of the handful of professors who remembered him, four by my count, is hazy. He was never mentioned in the student newspaper, never wrote a letter to the editor or appeared in a photo; he failed to have his picture taken for the yearbook, so his likeness isn’t there either. A photo from 1981 celebrating Oxy’s 94th anniversary was in the display case, labeled, with eager insouciance: “An all-campus photo .  .  . included students, faculty, staff, and administrators. Perhaps Obama is included?” We can hope.

I found my DVD, called “Barack Obama’s Occidental College Days,” in the student bookstore, where shelves groaned under stacks of Obama merchandise​—​paperweights, caps, pennants, T-shirts, pencils, shot glasses​—​in which the “O” from Obama was graphically entwined with the “O” from Occidental. (You work with what you’ve got.) The film, with a cover showing a rare photo of Obama on campus, lasts no more than 15 minutes and seems padded even so. Our host is a large and enthusiastic man named Huell Howser. He sports a Hawaiian shirt and a crewcut. With an Oxy flack as guide and a cameraman in tow, he strides the sun-drenched campus and pauses here and there as if simply overwhelmed.

“This place is full of history,” he says.

“There’s a lot of history to be marked here,” the flack agrees.

On the steps of the school administration building they are almost struck dumb. Almost.

“On this spot,” our host says, Obama may have given his first political speech​—​a two-minute blast at the college for investing in South Africa’s apartheid regime. But we can’t be sure.

“There are no photographs,” says Howser, “but then there are very few photographs of Barack Obama at Occidental.”

“That’s right,” the flack says glumly.

Howser’s passion burns undiminished. His every glance, this way and that, says, Isn’t this something? He finds a professor who taught Obama political science. The professor says he remembers Obama, but only because of his Afro hairstyle and his improbable name. A chinwag with a former dorm-mate from freshman year​—​Obama moved to an apartment several miles off campus his second year, removing himself even further from the school’s day-to-day life​—​isn’t much help either. Howser’s imperturbable smile shows no sign of desperation even when he collars the head of alumni affairs, who boasts that his alumni association is one of only 25 in the world that could claim attachment to a U.S. president.

The host is beside himself.

“Is that right? How involved has he been in the alumni association?”

“Well, I have to admit he hasn’t been to any alumni events .  .  . ”

“Has he been a big contributor?”

The man gives one of those nods that are more headshake than nod. “He​—​he is on our mailing list.”

“Uh huh!”

“We have big plans to ask Mr. Obama back to campus to speak.”

Howser beams. History has that effect on people.

And there we are. You can’t help but sympathize with our host, with the flack, with the curators at the college library. They faced a challenge known to anyone who tries to account for Barack Obama: How do you turn him into a man as interesting and significant as the world-historical figure that so many people, admirers and detractors alike, presume him to be? There’s not a lot of material here. Obama had an unusual though hardly Dickensian childhood complicated by divorce, and at age 33 he wrote an extremely good book about it, the memoir Dreams from My Father. He followed it with an uneventful and weirdly passive career in politics, and he wrote an extremely not-very-good book about it, The Audacity of Hope. Then, lacking any original ideas or platform to speak of, he ran as the first half-black, half-white candidate for president and, miraculously, won. It’s a boffo finish without any wind-up​—​teeth-shattering climax, but no foreplay.

There are two ways to aggrandize Obama, to inflate the reality so that it meets the expectation: through derogation or reverence. The facts warrant neither approach, but they don’t deter the Obama fabulists, two of whom have just published those brand-new books I mentioned.

The Amateur, by a former New York Times magazine editor named Edward Klein, takes the first approach. Pure Obama-hatred was enough to shoot the book to the top of the Times bestseller list for the first three weeks after its release. Klein is best known as a Kennedy-watcher, author of such panting chronicles as All Too Human: The Love Story of Jack and Jackie Kennedy and Farewell, Jackie: A Portrait of Her Final Days; among the many info-bits he has tossed onto the sprawling slagheap of Kennedy lore is the news that Jackie lost her virginity in an elevator (the elevator was in Paris, where else). More recently Klein has honed his hatchet with books on Hillary Clinton and Katie Couric. Now The Amateur proves that he has mastered the techniques of such anti-Obama pioneers as Dinesh (The Roots of Obama’s Rage) D’Souza and David (The Great Destroyer) Limbaugh. He knows how to swing the sledgehammer prose, combine a leap of logic with a baseless inference, pad the paragraphs with secondary material plucked from magazine articles you’ve already read, and render the most mundane details in the most scandalized tones.

Sure, “Michelle now likes to pretend that she plays no part in personnel decisions or in formulating policy.” We’ve all heard that. And you believe it? “The facts tell quite a different story.” Facts are stubborn things! In truth, “Michelle’s aides meet regularly with the president’s senior communications team and select public events that will maximize and reinforce the Obamas’ joint message.” Wait. It gets worse. Klein has made a source of “one of Barack’s closest confidants.” And here’s what this confidant reveals: “Barack has always listened to what she has to say.” A direct quote, from source’s mouth to author’s ear. I wonder if they met in a darkened garage.

Klein has a problem with his sources​—​or rather, the reader should have a problem with Klein’s use of his sources, whoever they are. Blind quotes appear on nearly every page; there are blind quotes within blind quotes. The book cost him a year to research and write, he says proudly​—​“an exhilarating experience that took me to more than a half-dozen cities, either in person or by telephone or email.” (I visited several cities by email just this morning.) And it’s clear that all this dialing, emailing, dialing, emailing, bore little fruit. “I was at a dinner where Valerie [Jarrett] sat at our table for nearly 10 minutes,” another anonymous source divulges. “And I wasn’t particularly impressed.” Now it can be told. The book’s big revelation comes from the Rev. Jeremiah Wright. He claims, in an on-the-record interview with Klein, that in 2008 an unnamed friend of an unnamed friend of Obama sent Wright an email offering him $150,000 “not to preach at all until the November presidential election.” Republicans may seethe, but it’s odd that they would suddenly take the word of Jeremiah Wright, a publicity-seeking narcissist who says AIDS was invented by the government.

With such thin material, the only way to keep a book like The Amateur chugging along is with gallons of high-octane contempt. Yet because Klein provides so little to provoke fresh outrage​—​or to support the theme that Obama is “something new in American politics,” a historically unprecedented threat to the Republic​—​readers will have to come to the book well-stocked with outrage of their own. They will be satisfied with sentences that begin with an appeal to phony-baloney authority (“According to those who know him best”) and continue with assertions that no Obama intimate would make to Edward Klein, on or off the record: “inept in the arts of management .  .  . make[s] our economy less robust and our nation less safe .  .  .” and so on. And they’ll admire his ability to fit his theme of Obama’s villainy to any set of facts. After his election, for example, Obama didn’t take a wise man’s advice to disregard his old Chicago friends​—​a sign of Obama’s weakness and amateurism, Klein says. A few pages later Obama and Valerie Jarrett are accused of ignoring their old Chicago friends​—​a sign of coldness and amateurism. Klein gets him  coming and going.

If Klein makes Obama something he’s not by hating him more than he should, David Maraniss, a reporter for the Washington Post and a biographer of Bill Clinton and Vince Lombardi, takes the opposite approach. Klein is an Obama despiser, Maraniss is a big fan​—​big fan. Klein assumes the worst of his subject at every turn, Maraniss gives Obama every benefit of the doubt, sometimes with heroic effort. Klein writes hastily and crudely, Maraniss writes with great care, veering now and then into those pastures of purple prose that Obama frequently trod in his own memoir. Klein’s book aims for a limited but sizable audience of readers who already despise Obama as much as he does, and therefore don’t require footnotes or any other apparatus of verification; Maraniss, with 30 pages of notes, has grander ambitions to satisfy anyone curious about Obama’s upbringing and family life. Klein’s book is a squalid little thing, Maraniss’s is not.

It is not, however, the book that Obama lovers will hope for​—​maybe not the book that Maraniss thinks it is. Prepublication, his splashiest piece of news has been the extent of the future president’s love for, and consumption of, marijuana. Through high school​—​he apparently lost the taste for pot sometime in college​—​Obama’s ardor reached Cheech and Chong levels. His circle of dopers called themselves the “Choom Gang,” after a Hawaiian word for inhaling pot, and the phrase is already threatening to enter the common language, ironically or otherwise. (I Googled it today and got 560,000 hits, pardon the expression.)

Obama politically indemnified himself against charges of youthful drug use by admitting them in his memoir, though he was smart enough to avoid the words “Choom Gang.” Even at 33, when he wrote his book, he had his eye on a political landscape that would require acknowledgment if not full disclosure of youthful “experimentation,” as the charming euphemism went. In Dreams, he treats the drug use as another symptom of his singular youthful confusion. Maraniss’s explanation is less complicated: Obama really, really liked to get high. Maraniss offers similarly unblinkered portraits of Obama’s appalling father, a vain, wife-beating bigamist and drunk, and of Obama’s maternal grandfather, who comes off in Dreams as a latter-day Micawber, innocent and luckless. Maraniss hints at a darker, even slightly menacing figure. And he discovers some sharp edges beneath the flowing muumuu of Obama’s mother, more often depicted as an idealistic flower-child-turned-scholar (or, in the Klein-reading camp, a Communist agitator).

Maraniss’s book is most interesting for the light it casts on Obama’s self-invention, which is of course the theme of Dreams from My Father: a sensitive and self-aware young man’s zig-zagging search for a personal identity in a world barely held together by fraying family ties, without a cultural inheritance, confused and tormented by the subject of race. Dreams is a cascade of epiphanies, touched off one by one in high school, at Oxy, in New York and Chicago, and, at book’s end, before his father’s grave in Africa. Years before Obama haters could inflate him into an America-destroying devil or Obama worshippers spied those rolling swells of greatness that have yet to surface, Barack Obama was carefully fashioning from his own life something grander than what was there. He was the first Obama fabulist.

Obama himself drops hints of this in Dreams. He writes in his introduction that the dialogue in the book is only an “approximation” of real conversations. Some of the characters, “for the sake of compression,” are “composites”; the names of others have been changed. All of this is offered to the reader as acceptable literary license, and it is, certainly by the standards of the early 1990s, back in the day when publishers flooded bookstores with memoirs of angst-ridden youth and there were still bookstores to flood. Yet the epiphany-per-page ratio in Obama’s memoir is very high. The book derives its power from the reader’s understanding that the events described were factual at least in the essentials. Maraniss demonstrates something else: The writer who would later use the power of his life story to become a plausible public man was making it up, to an alarming extent.

At least it should be alarming to admirers of Dreams. Early on Obama signals that his book will be more self-aware, more detached and ironical, than most youthful memoirs, especially those involving the humid subject of race. Thus we meet Ray, a classmate at Punahou School in Hawaii. Ray is black and radicalized, and given to racially charged rants about “white folks,” a term the narrator comes to despise.

 “Sometimes, after one of his performances,” Obama writes, “I would question his judgment, if not his sincerity. We weren’t living in the Jim Crow South, I would remind him. We weren’t consigned to some heatless housing project in Harlem or the Bronx. We were in goddamned Hawaii.”

Still Ray’s rants continue, and Obama continues to listen. Ray complains the football coach won’t start him, despite his superior skill, because he’s black; Obama is clearly being passed up by the basketball coach on account of his race, too. The white girls refuse to go out with them​—​for the same reason.

“Tell me we wouldn’t be treated different if we was white. Or Japanese.”

Racial resentment is the key to Ray. In Maraniss’s words, he’s “a symbol of young blackness, a mix of hot anger and cool detachment,” racially authentic in a way none of Obama’s other friends were. He provides a crucial example of the resentment that Obama is tempted by but at last outgrows.

But Ray wasn’t really there​—​didn’t exist, in fact. Ray is a “reinvention” of one of Obama’s friends, Maraniss tells us. His mother was half-black and half-American Indian; his father was .  .  . Japanese. His name was Keith Kakugawa, and he had no trouble dating white girls; his girlfriend at the time was the base admiral’s daughter. Maraniss discovered that Obama’s luck with girls, whatever their melanin count, was just as robust as Keith’s. With a Japanese name, Kakugawa would have trouble​—​more trouble than half-black Barry Obama​—​identifying himself as an African American and speaking as one. If Kakugawa was Ray, then the rants and the attitudes they represent are in this instance made up, and the story line of Dreams​—​the story of Obama’s life as we have learned it​—​loses an essential foil.

“Somewhere between pseudonymous and fictitious,” Maraniss writes, gently as always, “Ray was the first of several distorted or composite characters employed in Dreams for similar purposes.” But it’s the purposes themselves that are worrisome. Maraniss cuts Obama much more slack than he would, say, if he were an editor at the Washington Post magazine fact-checking a memoir he hoped to publish. He’s right to accept some invention from a memoirist who insists on telling his story through precise rendering of scenes and dialogue. But a memoir is just realist fiction unless the “composite” says and does things that were done and said by someone. In Dreams many of the crucial epiphanies, the moments that advance the narrator’s life and understanding to its closing semi-resolution, didn’t happen.

That first year at Oxy, Obama writes, he was “living one long lie,” crippled by self-consciousness and insecurity. (Many freshmen have known the feeling.) But then Barry Obama meets Regina.

“Regina .  .  . made me feel like I didn’t have to lie,” he writes. The two are introduced by a mutual friend, Marcus, in the campus coffee shop. She asks him about the name Barry​—​and becomes, in a liberating moment, one of the first to call him by his given name, Barack. More important, “she told me about her childhood in Chicago.” It was an authentic black American experience, he learns: “the absent father and struggling mother,” the rundown six-flat on the South Side, along with the compensations of an extended family​—​“uncles and cousins and grandparents, the stew of voices bubbling up in laughter.”

“Her voice evoked a vision of black life in all its possibility, a vision that filled me with longing​—​a longing for place, and a fixed and definite history.”

The afternoon with Regina transforms Barack. “Strange how a single conversation can change you,” he writes, setting up the ol’ epiphany.

“I had felt my voice returning to me that afternoon with Regina .  .  . [and] entering sophomore year I could feel it growing stronger, sturdier, that constant, honest portion of myself, a bridge between my future and my past.”

And the rest is history.

Except .  .  . there is layer upon layer of confusion here. When Maraniss inquired, Obama’s closest black friend at Occidental couldn’t recognize any real-life counterparts to the characters of Regina and Marcus, and in fact neither of them existed. Regina, Maraniss thinks, was the combination of a wealthy white girl (there were lots of them at Oxy, then and now, none overly familiar with the authentic black American experience) and a female black upperclassman who grew up middle class. Which part of Regina belonged to which real person isn’t mentioned and probably not discoverable. But that crucial background that Regina recounts to the narrator​—​the upbringing that inspired Obama to discover his voice and set in motion a train of events that led him to leave Occidental and the West for New York City and Columbia University​—​belonged to neither of Obama’s friends. The background, Maraniss says, may have been drawn from Michelle Robinson (later Obama), whom Obama would not meet for another 10 years. It’s like an epiphany in a time warp. And even then the facts are obscured: Michelle’s father never left his family, as Regina’s did.

Going back to Dreams after several years, and after reading Maraniss’s impressive book, you can get a bad case of the jumps. Take this spat between Regina and Barry, occurring the evening after his big antiapartheid speech, given on those steps that years later would wow Huell Howser:

    Regina came up to me and offered her congratulations. I asked her what for.

“For that wonderful speech you gave.”

.  .  . “It was short anyway.”
Regina continues:

“That’s what made it so effective. .  .  . You spoke from the heart, Barack. It made people want to hear more. .  .  .”

“Listen, Regina,” I said, cutting her off, “you are a very sweet lady. And I’m happy you enjoyed my little performance today. But that’s the last time you will ever hear another speech out of me. .  .  . I’m going to leave the preaching to you.” .  .  .

“And why is that?”

I sipped my beer, my eyes wandering over the dancers in front of us.

“Because I’ve got nothing to say, Regina .  .  .”

Knowing what we know now​—​that this intelligent, socially aware, fatherless girl from the South Side didn’t exist, by whatever name​—​we can only hope that there was some “very sweet lady” at Occidental who actually did flatter Barack Obama in this way, at that moment. If it’s pure invention it reads like a testy exchange between Norman Bates and his mother.

What’s dispiriting is that throughout Dreams, the moments that Obama has invented are precisely the occasions of his epiphanies​—​precisely those periodic aha! moments that carry the book and bring its author closer to self-discovery. Without them not much is left: a lot of lovely writing, some unoriginal social observations, a handful of precocious literary turns. Obama wasn’t just inventing himself; he was inventing himself inventing himself. It made for a story, anyway.

We can see the dilemma he faced. Obama signed a contract to write a racial memoir. They were all the rage in those days, but in fact their moment had passed. Even with the distant father and absent mother, the schooling in Indonesia and the remote stepfather, Obama lived a life of relative ease. He moved, however uncomfortably, into one elite institution after another, protected by civil rights laws, surrounded by a popular culture in which the African-American experience has embedded itself ineradicably. As Obama’s best biographer, David Remnick, observed, this wasn’t the stuff of Manchild in the Promised Land; you couldn’t use it to make the Narrative of the Life of Frederick Douglass or the Auto-biography of Malcolm X. So Obama moved the drama inside himself, and said he’d found there an experience both singular and universal, and he brought nonexistent friends like Regina and Ray to goose the story along.

He did in effect what so many of us have done with him. He created a fable about an Obama far bigger and more consequential than the unremarkable man at its center. He joins us, haters and idolaters, as we join Huell Howser, looking this way and that, desperately trying to see what isn’t there. Isn’t that something?

Andrew Ferguson is a senior editor at The Weekly Standard.  A graduate of Occidental College, he reviewed Dreams from My Father and The Audacity of Hope in our February 12, 2007, issue.

The shaping of a president: David Maraniss chronicles Obama’s early years
Dave Cieslewicz

Isthmus

07/19/2012

This is a story about a girl named Stan.

David Maraniss’ Barack Obama: The Story (Simon & Schuster, $33) might have been better titled Stanley Ann Dunham: Her Story.

Stanley Ann Dunham was the president’s mother, and she is the central character in Madison native Maraniss’ 600-page epic, which ends long before her son enters politics, much less the Oval Office.

If you’re disappointed by this, don’t be. Read the book. Stanley Ann Dunham’s unlikely, uneven, unconventional weaving together of a life is fascinating in itself. But it is significant in history because along for much of that weaving was a little boy and young man who was shaped by following her through her world, and now that man shapes our world as the leader of its most powerful nation.

Barack Obama’s namesake, his father, appears, but relatively briefly, probably playing more of a role in the book than he did in his son’s life. The senior Obama is portrayed as brilliant (stopping just short of earning a doctorate in economics from Harvard in three years), driven, charismatic, but also arrogant and abusive both psychologically and physically. And, as he grew older, all of his less endearing traits were magnified by a deepening relationship with alcohol. Maraniss suggests it was lucky for his son that Barack Obama Sr. stayed out his life.

The real story is Stanley Ann, named, some say, after her father Stanley Dunham, though Maraniss advances a more or less convincing theory that it was really her mother, Madelyn, who named her after a character in a B movie played by Bette Davis. Madelyn Payne Dunham of small-town Kansas longed for sophistication. Bette Davis personified it, and the film in which Davis played a woman named Stanley seemed to embody the bold breaking loose of convention that Madelyn wanted and that was passed along to her daughter.

Parenthetically, Madelyn Payne Dunham played a small role in Madison’s connection to the historic 2008 campaign of her grandson. Near the end of the campaign, Barack Obama canceled what would have been a massive Madison rally so he could return to Hawaii and be at her side in her final days.

In Maraniss’ book, Madelyn’s grandson does not even make an appearance until chapter six, and then he’s mostly tagging along as his mother marries and divorces his father, moves from Seattle to Hawaii and back to Seattle, and then goes to Jakarta, where she marries an Indonesian man and has with him a daughter, Barack’s half-sister. Along the way, Dunham acquires a college degree and works a series of academic odd jobs on her way to a Ph.D. in anthropology.

The senior Barack Obama is eventually killed in a car accident fueled by alcohol, but by that point it hardly matters. His contribution to history is his genes, all nature, no nurture. The nurturing role belonged mostly to Stanley Ann.

Maraniss shows us in intricate detail how the personality of the president was shaped. How a young boy of high intelligence and good humor adapted to his constantly changing and sometimes odd surroundings, learning, absorbing, finding a way to get along and to blend in, but also staying apart, since he never knew what was around the next corner with his footloose mom.

He acquired a lifelong habit of holding some of himself back, watching what played out in front of him and, to use Maraniss’ central theme, « avoiding the traps » of life.

Barack Obama may be one of the least qualified men ever to occupy his office. His experience on the national stage amounts to four years as a junior U.S. senator. And yet, thanks to his mother, there were few who understood the world better.

His face is a map of the world. Maraniss reports that Obama’s heritage is 50% Lou (an African tribe), 37.4% English, 4.4% German, 3.125% Irish, 3.125% Scottish, 1.56% Welsh, 0.195% Swiss, and 0.097% French. Maraniss proves conclusively that the president is not a Muslim, but reveals he is French. For Rush Limbaugh conservatives, which is worse?

More important than Obama’s genetic makeup is his life experience. Not only did he grow up in Indonesia and Hawaii, but he also grew up amid diversity in both places, which brought him into casual, daily contact with Africans, Asians, Natives and Caucasians, people of all kinds of ethnic variations and political and social differences.

What he did not experience in his early life is mainland, American-style racism. Growing up in places that were diverse, he never had to confront his identity as a black man until his college years. There are no slaves in the Obama family tree, and he missed most of the tumultuous civil rights struggle because of his youth and the physical distance from the mainland.

There is an amusing section on the future president’s more than casual acquaintance with marijuana as a high school student in Hawaii. I won’t ruin the fun, but if you get the e-book, search for « Choom Gang, » « Total Absorption » (the opposite of not inhaling) and « Roof Hits. » Enough said.

Even when Barry, which is how he was known, finally made it to the mainland as a college freshman, he chose elite Occidental College in Los Angeles, a diverse environment in a sheltered section of the city that gave him virtually no taste of the typical experience of blacks in America.

In fact, one of his Oxy college friends said that Barry, who was starting to refer to himself as Barack in part to reconnect to his black roots, decided to transfer after his sophomore year to Columbia in New York so that he could « discover blackness in America. »

What hits home in Maraniss’ book is how race was, for Barack Obama, primarily an intellectual journey of study and self-discovery. He had to discover his blackness.

This sets him apart from the dominant African American experience, and it accounts for some of the reluctance on the part of veteran civil rights advocates like Jesse Jackson to embrace his candidacy early on. The feeling was apparently mutual. As a student at Columbia, Obama saw Jackson speak at a rally and came back unimpressed.

The argument can be made that Barack Obama, raised by a white mother and white grandparents, is half white genetically and more than that culturally. But the reality of race in America is that skin color trumps everything. It is not, still and sadly, the content of your character that shapes how you are perceived, at least initially.

This is a central theme of Obama’s memoir, Dreams From My Father, which Maraniss dissects in his own book. In what is probably the memoir’s most memorable scene, one Obama referred to often in the 2008 campaign, his white, Kansas-bred grandmother expresses fear of a black man she encounters at a bus stop simply because he is black.

That incident happened while the most important person in his life, his mother, was off doing her graduate research in Indonesia. During this period and for the rest of Obama’s life, Stanley Ann Dunham makes only cameo appearances in Maraniss’ book, but he leaves little doubt that the choices she made in her life, and for her son, set him on a trajectory that made him the man he became.

And even in death in 1995, at the age of 52, she had an impact on her son. Her struggle with cancer was a theme he used often as he argued for a health care overhaul.

Most of the press about Maraniss’ book has focused on the discrepancies between what he found and what Obama wrote in Dreams From My Father, or on the revelations of college girlfriends. Neither strikes me as all that important compared to the narrative surrounding Stanley Ann. Maraniss forgives most of the discrepancies as poetic license that Obama admits to at the start of his memoir. He was trying to write literature as much as a factual account of his life, and he didn’t try to deceive.

As for the girlfriends’ accounts of a charismatic but ultimately distant lover, they make for interesting reading. But his character had already been shaped by his experiences with his mother and grandparents. By the time we meet the girlfriends, they are reporting on what we already know.

If the book has a flaw, it’s that there is too much of it. For example, did I really need to learn that Obama’s grandmother’s high school Latin class met on the second floor of the southeast corner of the school? Or what Obama’s phone number was when he was a student at Columbia in 1981? (It was 401-2857.)

The book also wanders into countless narrative cul de sacs, detailing the lives, and sometimes the deaths, of people who have only a tangential relationship to Obama. We get pages of detail on the funeral of Tom Mboya, a Kenyan political operative and an important figure in Obama’s father’s life, but a man the younger Obama never met.

But in the end, when a reader is in the hands of a skilled writer it’s a small complaint to say that there’s too much good writing.

Maraniss is a reporter and editor for The Washington Post. He grew up in Madison and spends his summers here, where he wrote much of the book.

Whatever else you’ve got going this summer, it’s worth your time to read Barack Obama: The Story, if only to marvel at the twists and spellbinding turns in the life of the girl named Stanley who shaped – almost entirely for the better – the personality of the most powerful human being on the planet.

As Obama wrote, « It was my mother’s fundamental faith – in the goodness of people and in the ultimate value of this brief life we’ve been given – that channeled [my] ambitions. »

Dave Cieslewicz is the former mayor of Madison. He blogs as Citizen Dave at TheDailyPage.com.

Will Oprah Give Our President the James Frey Treatment?
Mendy Finkel

American thinker

June 27, 2012

Back in 2006, Oprah Winfrey admitted to feeling embarrassed after learning that James Frey, whose memoir she had praised and promoted, fabricated many of his life stories. And as we would expect from a woman who rose from poverty to build a powerful media empire, Oprah did not take this sitting down. She invited Frey back on her show to confront him face-to-face.

The interview, for anyone who missed it, was not for the faint of heart. Throughout the interview, Oprah supplied a healthy serving of indignation and anger to a hapless Mr. Frey. In describing the interview, TIME magazine noted that a « public flogging » would have been civil in comparison. Indeed, Oprah told Frey that her feelings of disgust towards him were so strong that it was « difficult for her to talk to [him]. »

Most of the media applauded Oprah’s performance. The Washington Post’s Richard Cohen labeled Oprah the « Mensch of the year. » And Maureen Dowd thought « [i]t was a huge relief, after our long national slide into untruth and no consequences, into Swift boating and swift bucks, to see the Empress of Empathy icily hold someone accountable for lying. » In other words, many members of the media agreed with Oprah that fabricating stories in a memoir is no small matter.

So if Oprah and much of the media had this strong a reaction to misrepresentations made by a previously unknown man who was just trying to make his life story sound a little exciting, one can only imagine how strong her reaction would be to a politician who was misrepresenting his life story to further his political career.

Which brings us to our president. After watching Obama’s speech at the Democratic National Convention in 2004, Oprah became Obama’s most prominent supporter. And much as with Frey, Oprah’s initial support for Obama was based largely on his life story. Not only did she invite Obama on her show to discuss his memoir, Dreams from My Father, but in 2006, even before he officially entered the presidential race, Oprah publicly endorsed Obama for president. Oprah’s endorsement received tremendous media attention, prompting TIME magazine to put Obama on the cover with the caption « Why Barack Obama could be the next president. »

According to a CBS poll, more than a third of all American’s said that most people they knew were more inclined to vote for Obama as a result of Oprah’s endorsement. It would no exaggeration to say that Oprah’s endorsement played a significant role in Obama becoming president.

So what could possibly undermine Oprah’s admiration of our president? Well, it has recently been discovered by Washington Post editor and Obama biographer David Maraniss that Obama’s memoir likely went much farther than just the character « compression » and chronology rearrangement that Obama admitted to in his memoir’s introduction. Maraniss reveals in his new book that, much like Frey’s memoir, Dreams contains fabrications of material aspects of Obama’s life narrative.

In his review of Maraniss’ book, Andrew Ferguson of the Weekly Standard details the extent to which Obama’s memoirs depart from Obama’s actual life story. Ferguson writes:

[W]hat’s dispiriting is that throughout Dreams, the moments that Obama has invented are precisely the occasions of his epiphanies​- — precisely those periodic aha! moments that carry the book and bring its author closer to self-discovery. Without them not much is left[.]

He explains that all the episodes in Dreams where Obama faced any character defining struggle were simply made up; the conversations never happened, and the characters never existed. This wasn’t a case of Obama combining several events, which together lead him to the same place anyway; it’s Obama inventing events that perfectly suited the narrative he was trying create for himself.

To be sure, Maraniss is not the first person to discover fabrications in Obama’s memoir. In fact, conservative writers and bloggers have been noting many of these inconsistencies and misstatements for the past couple of years. The only difference is that as an editor of the Washington Post, Maraniss is too prominent a liberal for the media to ignore. Indeed, many of these fabrications have been covered by news media outlets such as the New York Times, the Los Angeles Times, and Buzzfeed since his book was published.

Ultimately, what Maraniss did discover is that Obama’s actual upbringing was simply too comfortable and boring to lend itself to a compelling memoir. So he did what Frey did and turned an otherwise mundane life story into a more meaningful and interesting one.

At this point, it would hardly be surprising if Oprah felt embarrassed, having endorsed Obama’s presidency and praised his memoir. Ever since she did so, her career has been in a steep decline. With enough encouragement from the media, perhaps she’ll even try to arrange another interview to confront Obama on these charges. That is, if she could even stand to talk to him at this point.

The Obama-Ayers Connection
Dick Morris
Real Clear politics
October 8, 2008

In the best tradition of Bill Clinton’s famous declaration that the answer to the question of whether or not he was having an affair with Monica depended on « what the definition of ‘is’ is, » Barack Obama was clearly splitting hairs and concealing the truth when he said that William Ayers was « just a guy who lives in my neighborhood. »

The records of the administration of the Chicago Annenberg Challenge (CAC), released last week by the University of Illinois, show that the Ayers-Obama connection was, in fact, an intimate collaboration and that it led to the only executive or administrative experience in Obama’s life.

After Walter Annenberg’s foundation offered several hundred million dollars to American public schools in the mid-’90s, William Ayers applied for $50 million for Chicago. The purpose of his application was to secure funds to « raise political consciousness » in Chicago’s public schools. After he won the grant, Ayers’s group chose Barack Obama to distribute the money. Between 1995 and 1999, Obama distributed the $50 million and raised another $60 million from other civic groups to augment it. In doing so, he was following Ayers’s admonition to grant the funds to « external » organizations, like American Community Organizations for Reform Now (ACORN) to pair with schools and conduct programs to radicalize the students and politicize them.

Reading, math and science achievement tests counted for little in the CAC grants, but the school’s success in preaching a radical political agenda determined how much money they got.

Barack Obama should have run screaming at the sight of William Ayers and his wife, Bernadette Dohrn. Ayers has admitted bombing the U.S. Capitol building and the Pentagon, and his wife was sent to prison for failing to cooperate in solving the robbery of a Brink’s armored car in which two police officers were killed. Far from remorse, Ayers told The New York Times in September 2001 that he « wished he could have done more. »

Ayers only avoided conviction when the evidence against him turned out to be contained in illegally obtained wiretaps by the FBI. He was, in fact, guilty as sin.

That Obama should ally himself with Ayers is almost beyond understanding. The former terrorist had not repented of his views and the education grants he got were expressly designed to further them.

So let’s sum up Obama’s Chicago connections. His chief financial supporter was Tony Rezko, now on his way to federal prison. His spiritual adviser and mentor was the Rev. Jeremiah Wright, of « God damn America » fame. And the guy who got him his only administrative job and put him in charge of doling out $50 million is William Ayers, a terrorist who was a domestic Osama bin Laden in his youth.

Even apart from the details of the Obama/Ayers connection, two key points emerge:

a) Obama lied and misled the American people in his description of his relationship with Ayers as casual and arm’s-length; and

b) Obama was consciously guided by Ayers’s radical philosophy, rooted in the teachings of leftist Saul Alinksy, in his distribution of CAC grant funds.

Since Obama is asking us to let him direct education spending by the federal government and wants us to trust his veracity, these are difficulties he will have to explain in order to get the votes to win.

Now that Obama is comfortably ahead in the polls, attention will understandably shift to him. We will want to know what kind of president he would make. The fact that, within the past 10 years, he participated in a radical program of political education conceptualized by an admitted radical terrorist offers no reassurance.

Why did Obama put up with Ayers? Because he got a big job and $50 million of patronage to distribute to his friends and supporters in Chicago. Why did he hang out with Jeremiah Wright? Because he was new in town, having grown up in Hawaii and Indonesia and having been educated at Columbia and Harvard, and needed all the local introductions he could get to jump-start his political career. Why was he so close to Rezko?

Because he funded Obama’s campaigns and helped him buy a house for $300,000 less than he otherwise would have had to pay.

Not a good recommendation for a president.
//Morris, a former political adviser to Sen. Trent Lott (R-Miss.) and President Bill Clinton, is the author of « Outrage. » To get all of Dick Morris’s and Eileen McGann’s columns for free by email, go to http://www.dickmorris.com.

Exclusive – The Vetting – Senator Barack Obama Attended Bill Ayers Barbecue, July 4, 2005
Joel B. Pollak
Breitbart
4 Jun 2012

As a presidential candidate in 2008, Barack Obama disavowed any connection with former domestic terrorist Bill Ayers, the Weather Underground radical who was one of Obama’s early backers and his colleague on the board of the Woods Fund in Chicago. We now have proof that Obama’s association with Ayers continued even after Obama had been elected to represent Illinois in the U.S. Senate–in the form of a now-scrubbed blog post placing Obama at the home of Ayers and his wife, fellow radical Bernardine Dohrn, on July 4, 2005.
Dr. Tom Perrin, Assistant Professor of English at Huntingdon College in Montgomery, Alabama, was a graduate student at the University of Chicago at the time, and maintained a blog called “Rambling Thomas.” He lived next door to Ayers and Dohrn in Hyde Park. He wrote at 8:44 a.m. on July 6, 2005:

Guess what? I spent the 4th of July evening with star Democrat Barack Obama! Actually, that’s a lie. Obama was at a barbecue at the house next door (given by a law professor who is a former member of the Weather Underground) and we saw him over the fence at our barbecue. Well, the others did. It had started raining and he had gone inside be the time I got there. Nevertheless.
Dohrn is a Clinical Associate Professor of Law at Northwestern University, and Chicago did, in fact, record rainfall on the Fourth of July holiday in 2005.

Breitbart News attempted to contact Dr. Perrin for further comment:

Dear Dr. Perrin,

My name is Joel Pollak, and I am the Editor-in-Chief of Breitbart News.

We came across your blog entry from July 2005 in which you mentioned that then-Senator Obama had been a guest at the Ayers/Dohrn house next door.

http://ramblingthomas.blogspot.com/2005_07_01_archive.html

I was wondering if you could provide more detail.

Many thanks,

Joel Pollak
Dr. Perrin did not respond. He did, however, delete his entire blog from the Internet.

Of course, Breitbart News had saved a screen grab of the blog beforehand:

Obama’s presence–as a U.S. Senator–at the Ayers barbecue has been confirmed by another source, who told Breitbart News: “I too saw Obama at a picnic table in the Ayers/Dohrn backyard, munching away–on the 4th of July.”

The fact that Obama socialized with Ayers and Dorn contradicts the statement that Obama campaign spokesman Ben LaBolt gave the New York Times in 2008:

Mr. LaBolt said the men first met in 1995 through the education project, the Chicago Annenberg Challenge, and have encountered each other occasionally in public life or in the neighborhood. He said they have not spoken by phone or exchanged e-mail messages since Mr. Obama began serving in the United States Senate in January 2005 and last met more than a year ago when they bumped into each other on the street in Hyde Park.
That statement now appears to be “Clintonian” in its dance around the truth. Obama and Ayers may not have emailed or spoken by phone, but they had, we now know, spoken face to face–at least on July 4, 2005, and perhaps at other times as well.

The continued connection between Obama and his radical, domestic terrorist associates until mere months before he launched his presidential campaign is sharply at odds with the way Obama minimized the relationship, as well as the way the media largely sought to portray it as an insignificant part of Obama’s past.

Whatever differences may have emerged between Obama and Ayers–and other far-left fellow travelers–since Obama took office and grappled with the realities of governing, Obama’s migration towards the mainstream of American politics is very recent, and likely opportunistic. His intellectual and political roots remain extreme.

Obama’s Third-Party History
New documents shed new light on his ties to a leftist party in the 1990s.
Stanley Kurtz
National Review
June 7, 2012

On the evening of January 11, 1996, while Mitt Romney was in the final years of his run as the head of Bain Capital, Barack Obama formally joined the New Party, which was deeply hostile to the mainstream of the Democratic party and even to American capitalism. In 2008, candidate Obama deceived the American public about his potentially damaging tie to this third party. The issue remains as fresh as today’s headlines, as Romney argues that Obama is trying to move the United States toward European-style social democracy, which was precisely the New Party’s goal.

In late October 2008, when I wrote here at National Review Online that Obama had been a member of the New Party, his campaign sharply denied it, calling my claim a “crackpot smear.” Fight the Smears, an official Obama-campaign website, staunchly maintained that “Barack has been a member of only one political party, the Democratic Party.” I rebutted this, but the debate was never taken up by the mainstream press.

Recently obtained evidence from the updated records of Illinois ACORN at the Wisconsin Historical Society now definitively establishes that Obama was a member of the New Party. He also signed a “contract” promising to publicly support and associate himself with the New Party while in office.

Minutes of the meeting on January 11, 1996, of the New Party’s Chicago chapter read as follows:

Barack Obama, candidate for State Senate in the 13th Legislative District, gave a statement to the membership and answered questions. He signed the New Party “Candidate Contract” and requested an endorsement from the New Party. He also joined the New Party.
Consistent with this, a roster of the Chicago chapter of the New Party from early 1997 lists Obama as a member, with January 11, 1996, indicated as the date he joined.

Knowing that Obama disguised his New Party membership helps make sense of his questionable handling of the 2008 controversy over his ties to ACORN (Association of Community Organizations for Reform Now). During his third debate with John McCain, Obama said that the “only” involvement he’d had with ACORN was to represent the group in a lawsuit seeking to compel Illinois to implement the National Voter Registration Act, or motor-voter law. The records of Illinois ACORN and its associated union clearly contradict that assertion, as I show in my political biography of the president, Radical-in-Chief: Barack Obama and the Untold Story of American Socialism.

Why did Obama deny his ties to ACORN? The group was notorious in 2008 for thug tactics, fraudulent voter registrations, and its role in popularizing risky subprime lending. Admitting that he had helped to fund ACORN’s voter-registration efforts and train some of their organizers would doubtless have been an embarrassment but not likely a crippling blow to his campaign. So why not simply confess the tie and make light of it? The problem for Obama was ACORN’s political arm, the New Party.

The revelation in 2008 that Obama had joined an ACORN-controlled, leftist third party could have been damaging indeed, and coming clean about his broader work with ACORN might easily have exposed these New Party ties. Because the work of ACORN and the New Party often intersected with Obama’s other alliances, honesty about his ties to either could have laid bare the entire network of his leftist political partnerships.

Although Obama is ultimately responsible for deceiving the American people in 2008 about his political background, he got help from his old associates. Each of the two former political allies who helped him to deny his New Party membership during campaign ’08 was in a position to know better.

The Fight the Smears website quoted Carol Harwell, who managed Obama’s 1996 campaign for the Illinois senate: “Barack did not solicit or seek the New Party endorsement for state senator in 1995.” Drawing on her testimony, Fight the Smears conceded that the New Party did support Obama in 1996 but denied that Obama had ever joined, adding that “he was the only candidate on the ballot in his race and never solicited the endorsement.”

We’ve seen that this is false. Obama formally requested New Party endorsement, signed the candidate contract, and joined the party. Is it conceivable that Obama’s own campaign manager could have been unaware of this? The notion is implausible. And the documents make Harwell’s assertion more remarkable still.

The Long Run
Old Friends Say Drugs Played Bit Part in Obama’s Young Life
Serge F. Kovaleski
The New York Times
February 9, 2008

Nearly three decades ago, Barack Obama stood out on the small campus of Occidental College in Los Angeles for his eloquence, intellect and activism against apartheid in South Africa. But Mr. Obama, then known as Barry, also joined in the party scene.

Years later in his 1995 memoir, he mentioned smoking “reefer” in “the dorm room of some brother” and talked about “getting high.” Before Occidental, he indulged in marijuana, alcohol and sometimes cocaine as a high school student in Hawaii, according to the book. He made “some bad decisions” as a teenager involving drugs and drinking, Senator Obama, now a presidential candidate, told high school students in New Hampshire last November.

Mr. Obama’s admissions are rare for a politician (his book, “Dreams From My Father,” was written before he ran for office.) They briefly became a campaign issue in December when an adviser to Senator Hillary Rodham Clinton, Mr. Obama’s chief Democratic rival, suggested that his history with drugs would make him vulnerable to Republican attacks if he became his party’s nominee.

Mr. Obama, of Illinois, has never quantified his illicit drug use or provided many details. He wrote about his two years at Occidental, a predominantly white liberal arts college, as a gradual but profound awakening from a slumber of indifference that gave rise to his activism there and his fears that drugs could lead him to addiction or apathy, as they had for many other black men.

Mr. Obama’s account of his younger self and drugs, though, significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use. That could suggest he was so private about his usage that few people were aware of it, that the memories of those who knew him decades ago are fuzzy or rosier out of a desire to protect him, or that he added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic.

In more than three dozen interviews, friends, classmates and mentors from his high school and Occidental recalled Mr. Obama as being grounded, motivated and poised, someone who did not appear to be grappling with any drug problems and seemed to dabble only with marijuana.

Vinai Thummalapally, a former California State University student who became friendly with Mr. Obama in college, remembered him as a model of moderation — jogging in the morning, playing pickup basketball at the gym, hitting the books and socializing.

“If someone passed him a joint, he would take a drag. We’d smoke or have one extra beer, but he would not even do as much as other people on campus,” recounted Mr. Thummalapally, an Obama fund-raiser. “He was not even close to being a party animal.”

Mr. Obama declined to be interviewed for this article. A campaign spokesman, Tommy Vietor, said in an e-mail message that the memoir “is a candid and personal account of what Senator Obama was experiencing and thinking at the time.”

“It’s not surprising that his friends from high school and college wouldn’t recall personal experiences and struggles that happened more than twenty years ago in the same way, and to the same extent, that he does,” he wrote.

What seems clear is that Mr. Obama’s time at Occidental from 1979 to 1981 — where he describes himself arriving as “alienated” — would ultimately set him on a course to public service. He developed a sturdier sense of self and came to life politically, particularly in his sophomore year, growing increasingly aware of harsh inequities like apartheid and poverty in the third world.

He also discovered that he wanted to be in a larger arena; one professor described Occidental back then as feeling small and provincial. Mr. Obama wrote in his memoir that he needed “a community that cut deeper than the common despair that black friends and I shared when reading the latest crime statistics, or the high fives I might exchange on a basketball court. A place where I could put down stakes and test my commitments.”

Mr. Obama wrote that he learned of a transfer program that Occidental had with Columbia and applied. “He was so bright and wanted a wider urban experience,” recalled Anne Howells, a former English professor at Occidental who taught Mr. Obama and wrote him a recommendation for Columbia.

Mr. Obama’s half-sister, Maya Soetoro-Ng, said her brother focused more on his future at Occidental. “I think he felt it was time to do some heavy thinking and assessing and time to start making a more meaningful contribution,” Ms. Soetoro-Ng said. “He felt New York was an interesting place to be in terms of the exchange of ideas, overlapping cultures and rigorous academics.”

As for Mr. Obama’s use of marijuana and, occasionally, cocaine, she said, “He wasn’t a drug addict or dealer. He was a kid searching for answers and a place who had made some mistakes.” After arriving in New York, Mr. Obama wrote in his memoir, he stopped getting high.

In the 442-page book, published when he was 33, Mr. Obama’s references to drug use are limited to the equivalent of about a page and a half. He got the book contract after becoming the first black president of the Harvard Law Review. At first, he considered writing a more scholarly book about the law, race and society, but scrapped that in favor of writing about his search for identity.

The son of a white American mother and a black Kenyan father, Mr. Obama wrote that he would get high to help numb the confusion he felt about himself. “Junkie. Pothead. That’s where I’d been headed: the final, fatal role of the young would-be black man,” he penned in the memoir. “Except the highs hadn’t been about that, me trying to prove what a down brother I was.”

“I got high for just the opposite effect, something that could push questions of who I was out of my mind.”

At Punahou, a preparatory school that had few black students, Keith Kakugawa and Mr. Obama were close friends. They met when Mr. Obama was a freshman and Mr. Kakugawa, who is Japanese-Hawaiian, was a junior.

Mr. Kakugawa remembered that the two often discussed wealth and class and that their disaffection would surface. He said race would come up in the conversations, usually when talking about white girls they thought about dating.

“We were dealing with acceptance and adaptation, and both had to do with the fact that we were not part of the moneyed elite,” Mr. Kakugawa said.

Mr. Kakugawa, who spent seven years in and out of prison for drug offenses beginning in 1996, said he pressured Mr. Obama into drinking beer.

But Mr. Obama did not smoke marijuana during the two years they spent time together even though it was readily available, Mr. Kakugawa said, adding that he never knew Mr. Obama to have done cocaine. “As far as pot, booze or coke being a prevalent part of his life, I doubt it,” Mr. Kakugawa said. He had graduated, however, by the time Mr. Obama was in his junior and senior years, when he wrote that he most frequently used marijuana and cocaine “when you could afford it.”

Mr. Obama describes a scene in that period where, in the meat freezer of a deli, he watched someone named Micky — “my potential initiator” — pull out “the needle and the tubing,” apparently to shoot up heroin. Alarmed, Mr. Obama wrote that he imagined how an air bubble could kill him. Neither Mr. Kakugawa or the others interviewed for this article who knew Mr. Obama at Punahou recalled hearing that story from him.

In his freshman year at Occidental, Mr. Obama and his dormitory mates would gather around a couch in the hallway of their floor while stereos blasted songs by bands like the Rolling Stones, Led Zeppelin, the B-52’s and the Flying Lizards. The conversations revolved around topics like the Soviet Union’s invasion of Afghanistan, President Jimmy Carter’s proposed revival of draft registration and the energy crisis.

Mr. Obama displayed a deft but unobtrusive manner of debating.“When he talked, it was an E. F. Hutton moment: people listened,” said John Boyer, who lived across the hall from Mr. Obama. “He would point out the negatives of a policy and its consequences and illuminate the complexities of an issue the way others could not.” He added, “He has a great sense of humor and could defuse an argument.”

Mr. Obama seemed interested in thinkers like Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud and Jean-Paul Sartre, whom he studied in a political thought class in his sophomore year.

The professor, Roger Boesche, has memories of him at a popular burger joint on campus.

“He was always sitting there with students who were some of the most articulate and those concerned with issues like violence in Central America and having businesses divest from South Africa,” he said. “These were the kids most concerned with issues of social justice and who took classes and books seriously.”

Mr. Obama was involved in the Black Students’ Association and in the divestment campaign to pressure the college to pull its money out of companies doing business in South Africa. To make a point, students camped out in makeshift shantytowns on campus.

In his book, Mr. Obama said that his role in the divestment push started as kind of a lark, “part of the radical pose my friends and I sought to maintain.” But then he became more engaged, contacting members of the African National Congress to have them speak at the college and writing letters to the faculty.

He was one of a few students who spoke at a campus divestment rally. Rebecca Rivera, then a member of a similar Hispanic students’ group, said: “He clearly understood our social responsibility and the way the college’s money was impacting the lives of black people in South Africa and preventing the country from progressing.” She added, “There was passion, absolutely, but not incoherent fieriness.”

While he would sometimes attend parties held by black students and Latinos, Amiekoleh Usafi, a classmate who also spoke at the rally, recalled seeing him at parties put together by the political and artistic set.

Ms. Usafi, whose name at Occidental was Kim Kimbrew, said the most she saw Mr. Obama indulging in were cigarettes and beer.

“I would never say that he was a druggie, and there were plenty there,” she said. “He was too cool for all that.”

Voir encore:

Les livres qui ont fait Obama

Pierre Assouline

20 janvier 2009

Qu’est-ce que cela fait d’avoir un nouveau président des Etats-Unis qui sait lire ? Du bien. Cela fait du bien d’apprendre qu’il a toujours un livre à portée de la main. On a tellement flatté ses qualités d’orateur et ses dons de communicant qu’on a oublié l’essentiel de ce qui fait la richesse de son verbe : son côté lecteur compulsif. A croire que lorsqu’il sera las de lire des livres, il dirigera l’Amérique pour se détendre. Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times, d’ordinaire si dure avec la majorité des écrivains, est tout miel avec ce non-écrivain auteur de trois livres : deux textes autobiographiques et un discours sur la race en Amérique. Elle vient de dresser l’inventaire de sa « bibliothèque idéale », autrement dit les livres qui ont fait ce qu’il est devenu, si l’on croise ce qu’il en dit dans ses Mémoires, ce qu’il en confesse dans les interviews et ce qu’on en sait.

    Adolescent, il lut avidement les grands auteurs noirs James Baldwin, Langston Hugues, Ralph Ellison, Richard Wright, W.E.B. Du Bois avant de s’immerger dans Nietzsche et Saint-Augustin en marge de ses études de droit, puis d’avaler la biographie de Martin Luther King en plusieurs volumes par Taylor Branch. Autant de livres dans lesquels il a piqué idées, pistes et intuitions susceptibles de nourrir sa vision du monde. Ce qui ne l’a pas empêché de se nourrir en permanence des tragédies de Shakespeare, de Moby Dick, des écrits de Lincoln, des essais du transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, du Chant de Salomon de la nobélisée Toni Morrison, du Carnet d’or de Doris Lessing, des poèmes d’un autre nobélisé Derek Walcott, des mémoires de Gandhi, des textes du théologien protestant Reinhold Niebuhr qui exercèrent une forte influence sur Martin Luther King, et, plus récemment de Gilead (2004) le roman à succès de Marylinne Robinson ou de Team of rivals que l’historienne Doris Kearns Goodwin a consacré au génie politique d’Abraham Lincoln, « la » référence du nouveau président.

   Pardon, on allait oublier, le principal, le livre des livres : la Bible, of course.

Voir aussi:

La star de NBC, Brian Williams est suspendu pour six mois
Accusé d’avoir menti lors de reportages en Irak, Brian Williams, l’un des présentateurs les plus célèbres des Etats-Unis, est suspendu pour six mois sans salaire
Brian Williams (AFP)
Nebia Bendjebbour
Le Nouvel Obs
09-02-2015

C’est un énorme scandale aux Etats-Unis. Brian Williams, 55 ans, présentateur vedette du journal de NBC, depuis 2004, quitte l’antenne après avoir été pris en flagrant délit de mensonges sur ses souvenirs de reportage en Irak en 2003. Il vient d’être suspendu pour six mois sans salaire.

« Brian a déformé des événements qui s’étaient produits lorsqu’il couvrait la guerre en Irak en 2003. Il est ensuite devenu clair que, dans d’autres occasions, Brian avait fait la même chose en racontant cette histoire. Il a eu tort, c’était complètement inapproprié pour quelqu’un dans la position de Brian », a écrit Deborah Turness, la présidente de NBC News.

Alors qu’il couvrait la guerre pour la chaîne, comme reporter de guerre, il avait toujours affirmé que l’hélicoptère à bord duquel il était embarqué avec des militaires avait été attaqué au lance-roquettes. En fait, l’hélicoptère attaqué est celui qui se trouvait devant lui. Ses mensonges ont fini par en agacer plus d’un, en particulier les soldats qui ont réagi en reprochant au journaliste de s’attribuer un acte de courage qu’il ne méritait pas.

Sur le site Stars and Stripes, spécialisé dans les forces armées, ils donnent leur version. Selon Joe Summerlin, le pilote de l’hélicoptère qui transportait Brian Williams et son équipe se trouvait à plus d’une demi-heure de l’attaque. Cité par le New York Times Summerlin fait donc voler en éclat la thèse du journaliste héroïque, car non seulement son appareil n’a pas été visé mais n’était pas proche. Il avait dû en revanche se poser en raison d’une tempête de sable et ne s’est pas fait tirer dessus.

J’ai commis une erreur en rapportant cet événement datant d’il y a douze ans».

Pris dans la tourmente, Brian Williams, a présenté ses regrets lors de son journal de mercredi soir. Il a confessé avoir fait une « erreur » sur ses déclarations « Je veux m’excuser. J’ai dit que je me trouvais à bord d’un hélicoptère qui a essuyé des tirs, alors que j’étais dans un appareil qui suivait. J’ai commis une erreur en rapportant cet événement datant d’il y a douze ans».

Ses excuses n’ont pas suffi à redorer son blason. Son image en a été écornée. D’autres affirmations qu’il a faites sont mises en doute. Lors de l’ouragan Katrina, il avait ainsi dit avoir vu flotter un cadavre depuis sa chambre d’hôtel à la Nouvelle Orléans. L’ancien directeur des services de santé de la ville, le Dr Lutz a déclaré que le quartier français n’avait pas subi les mêmes dégâts que le reste de la ville.

Brian Williams se retire provisoirement de l’antenne
Samedi, Brian Williams a déclaré dans un communiqué de NBC « J’ai décidé de me retirer de la présentation quotidienne pour les prochains jours. Dans une carrière passée à couvrir et consommer l’information, j’ai compris avec douleur que je suis actuellement trop devenu une partie de cette information, en raison de mes actions », a-il ajouté.
Il est remplacé provisoirement par Lester Holt, présentateur des journaux du week-end.

La chaîne a lancé une enquête en interne, pour étudier les suites à donner aux déclarations de son présentateur vedette, qui en décembre avait renouvelé son contrat pour cinq ans, d’un montant de 10 millions de dollars par an. NBC va-t-elle céder aux critiques très virulentes des médias et d’Internet pour se séparer de sa vedette regardée par 9 millions d’américains ?

Voir enfin:

Exclusif : les confidences de Barack Obama
Le Figaro
15/03/2008

Le Figaro publie en avant-première les meilleurs extraits des Mémoires du candidat à l’investiture démocrate. Dans Les Rêves de mon père (éditions Presse de la Cité), qui paraît jeudi 20 mars en France, Barack Obama raconte l’histoire de sa famille et celle de son ascension. Jusqu’à la Maison-Blanche ?

La promesse du rêve américain
J’appris que mon père était africain, kényan, de la tribu des Luos, né sur les rives du lac Victoria dans une localité appelée Alego. Il gardait les chèvres de son père et fréquentait l’école construite par l’administration coloniale britannique, où il se révéla très doué. Il obtint une bourse pour aller étudier à Nairobi. C’est là que, à la veille de l’indépendance du Kenya, il fut sélectionné par des chefs kényans et des sponsors américains pour aller étudier dans une université américaine, rejoignant la première grande vague d’Africains envoyés à l’étranger pour y apprendre la technologie occidentale et la rapporter dans leur pays afin de forger une nouvelle Afrique moderne.

En 1959, à l’âge de vingt-trois ans, il arriva à l’université de Hawaii. C’était le premier étudiant africain accueilli dans cette institution. […] À un cours de russe, il rencontra une jeune Américaine timide, modeste, âgée seulement de dix-huit ans, et ils tombèrent amoureux. Les deux jeunes gens se marièrent et eurent un fils, auquel Barack transmit son prénom. Il obtint une nouvelle bourse, cette fois pour poursuivre son Ph.D., son doctorat, à Harvard, mais non les fonds nécessaires pour emmener sa nouvelle famille avec lui. Il y eut donc séparation, à la suite de laquelle il retourna en Afrique pour tenir sa promesse vis-à-vis du continent. Il laissa derrière lui sa femme et son enfant, mais le lien d’amour perdura malgré la distance… […]

Mon père ne ressemblait en rien aux gens qui m’entouraient, il était noir comme le goudron alors que ma mère était blanche comme le lait, mais cela me traversait à peine l’esprit.

De fait, je ne me souviens que d’une seule histoire traitant explicitement du problème racial. Cette histoire racontait qu’un soir, après avoir passé de longues heures à travailler, mon père avait rejoint mon grand-père et plusieurs autres amis dans un bar de Waikiki. L’ambiance était joyeuse, on mangeait et on buvait au son d’une guitare hawaïenne, lorsqu’un Blanc, à haute et intelligible voix, se plaignit tout à coup au propriétaire d’être obligé de boire du bon alcool «à côté d’un nègre». Le silence s’installa dans la salle et les gens se tournèrent vers mon père, en s’attendant à une bagarre. Mais mon père se leva, se dirigea vers l’homme, lui sourit et entreprit de lui administrer un sermon sur la folie de l’intolérance, sur la promesse du rêve américain et sur la déclaration universelle des droits de l’homme.

«Quand Barack s’est tu, le gars s’est senti tellement mal à l’aise qu’il lui a filé aussi sec un billet de cent dollars, racontait Gramps. Ça nous a payé toutes nos consommations pour le reste de la soirée… et le loyer de ton père jusqu’à la fin du mois !»

Il s’était fait passer pour un Blanc
Ma mère m’installa dans la bibliothèque pendant qu’elle retournait à son travail. Je finis mes bandes dessinées et les devoirs qu’elle m’avait fait apporter, puis je me levai pour aller flâner à travers les rayons. Dans un coin, je découvris une collection de Life, tous soigneusement présentés dans des classeurs de plastique clair. Je parcourus les publicités accrocheuses et me sentis vaguement rassuré. Plus loin, je tombai sur une photo qui illustrait un article, et j’essayai de deviner le sujet avant de lire la légende. Une photo de petits Français qui couraient dans des rues pavées : c’était une scène joyeuse, un jeu de cache-cache après une journée de classe et de corvées, et leurs rires évoquaient la liberté. La photo d’une Japonaise tenant délicatement une petite fille nue dans une baignoire à peine remplie : ça, c’était triste. La petite fille était malade, ses jambes étaient tordues, sa tête tombait en arrière contre la poitrine de sa mère, la figure de la mère était crispée de chagrin, peut-être se faisait-elle des reproches…

Puis j’en arrivai à la photo d’un homme âgé qui portait des lunettes noires et un imperméable. Il marchait le long d’une route déserte. Je ne parvins pas à deviner de quoi parlait cette photo ; le sujet n’avait rien d’extraordinaire. Sur la page suivante, il y en avait une autre : c’était un gros plan sur les mains du même homme. Elles montraient une étrange pâleur, une pâleur qui n’était pas naturelle, comme si la peau avait été vidée de son sang. Je retournai à la première photo, et je remarquai les cheveux crépus de l’homme, ses lèvres épaisses et larges, son nez charnu, et le tout avait cette même teinte irrégulière, spectrale.

Il est sans doute gravement malade, me dis-je. Victime d’une irradiation, peut-être, ou albinos. J’avais vu un albinos dans la rue quelques jours auparavant, et ma mère m’avait donné des explications. Mais lorsque je lus les mots qui accompagnaient la photo, je vis que ce n’était pas cela du tout. L’homme avait reçu un traitement chimique pour éclaircir sa peau, disait l’article. Il l’avait payé de ses propres deniers. Il disait regretter d’avoir essayé de se faire passer pour un Blanc, se désolait de la manière catastrophique dont l’expérience avait tourné. Mais les résultats étaient irréversibles. Il existait des milliers de gens comme lui en Amérique, des Noirs, hommes et femmes, qui s’étaient soumis au même traitement à la suite de publicités qui leur avaient promis le bonheur, une fois devenus blancs.

Je sentis la chaleur envahir mon visage et mon cou. Mon estomac se serra ; les caractères devinrent flous. Ma mère était-elle au courant ? Et son patron ? Pourquoi était-il si calme, à lire ses rapports, quelques mètres plus loin, au bout du couloir ? Je ressentis le besoin urgent de sauter à bas de mon siège, de leur montrer ce que je venais d’apprendre, de leur demander de m’expliquer, ou de me rassurer. Mais quelque chose me retint. Comme dans les rêves, j’étais privé de voix, incapable d’articuler les mots traduisant cette peur nouvelle pour moi.

Lorsque ma mère vint me chercher pour me ramener à la maison, mon visage était souriant, et les magazines avaient retrouvé leur place. La pièce, l’atmosphère étaient aussi tranquilles qu’avant.

Si tu veux devenir un être humain
Ma mère avait toujours favorisé mon intégration rapide dans la culture indonésienne (Sa mère et son second mari se sont installés à Djakarta en 1968, NDLR). Cela m’avait appris à devenir relativement autonome, à ne pas me montrer exigeant quand le budget était serré. J’étais extrêmement bien élevé comparé aux autres enfants américains, et grâce à son éducation je considérais avec dédain le mélange d’ignorance et d’arrogance qui caractérise trop souvent les Américains à l’étranger. Dès le début, elle avait concentré ses efforts sur mon instruction. N’ayant pas les revenus nécessaires pour m’envoyer à l’école internationale que fréquentait la majorité des enfants étrangers de Djakarta, elle s’était arrangée dès notre arrivée pour compléter ma scolarité par des cours par correspondance envoyés des États-Unis.

Désormais, elle redoublait d’efforts. Cinq jours par semaine, elle venait dans ma chambre à quatre heures du matin, me forçait à prendre un petit déjeuner copieux, puis me faisait travailler mon anglais pendant trois heures, avant mon départ pour l’école et le sien pour son travail. J’opposais une rude résistance à ce régime, mais à toutes mes stratégies, les moins convaincantes («J’ai mal à l’estomac») comme les plus véridiques (mes yeux se fermaient toutes les cinq minutes), elle exposait patiemment sa défense :

«Et moi, mon petit gars, tu crois que ça m’amuse ?

»[…] Si tu veux devenir un être humain, me disait-elle, il te faudra avoir certaines valeurs. L’honnêteté : Lolo n’aurait pas dû cacher le réfrigérateur dans la remise quand les inspecteurs des impôts sont venus, même si tout le monde, les inspecteurs y compris, s’attendait à cela. La justice : les parents des élèves plus riches ne devraient pas offrir des postes de télévision aux professeurs pendant le ramadan, et leurs enfants n’ont pas à être fiers des bonnes notes qu’ils reçoivent en remerciement. La franchise : si la chemise que je t’ai offerte pour ton anniversaire ne t’a pas plu, tu aurais dû le dire au lieu de la garder roulée en boule au fond de ton placard. L’indépendance de jugement : ce n’est pas parce que les autres enfants se moquent d’un pauvre garçon à cause de sa coupe de cheveux que tu dois faire la même chose.

Elle n’avait qu’un seul allié en tout cela, c’était l’autorité lointaine de mon père. De plus en plus souvent, elle me rappelait son histoire, son enfance pauvre, dans un pays pauvre, dans un continent pauvre ; la dureté de sa vie. J’allais suivre son exemple, ainsi en décida ma mère. Je n’avais pas le choix. C’était dans les gènes.

Vous devez être en colère quelque part
En 1983, je décidai de devenir organisateur de communautés.

Quand mes amis, à l’université, me demandaient quel était le rôle d’un organisateur de communautés, je n’étais pas capable de leur répondre directement : je discourais sur la nécessité du changement. Du changement à la Maison-Blanche, où Reagan et ses sous-fifres se livraient à leur sale besogne. Du changement au Congrès, qui était complaisant et corrompu. Du changement dans l’état d’esprit du pays, obsessionnel et centré sur lui-même. Le changement ne viendra pas d’en haut, disais-je. Le changement ne viendra que de la base, c’est pourquoi il faut la mobiliser.

Voilà ce que je vais faire. Je vais travailler à organiser les Noirs. La base. Pour le changement.

Et mes amis, blancs et noirs, me félicitaient chaudement de mon idéal, avant de mettre le cap sur le bureau de poste pour envoyer leurs demandes d’admission dans les grandes écoles. […]

Finalement, une société de conseil financier pour multinationales accepta de m’embaucher comme assistant de recherche. J’arrivais tous les jours dans mon bureau au cœur de Manhattan. J’étais le seul homme noir de la société. Ike, l’agent de sécurité noir bourru qui officiait dans le hall, n’y alla pas par quatre chemins et me dit tout net que je commettais une erreur.

«Organisateur ? C’est un genre de politique, c’est ça ? Pourquoi vous voulez faire un truc comme ça ?

» J’essayai de lui expliquer mes idées politiques, combien il était important de mobiliser les pauvres et de redistribuer les richesses à la communauté. Ike secoua la tête.

«Monsieur Barack, me dit-il, j’espère que vous ne le prendrez pas mal si je vous donne un petit conseil. Oubliez ces histoires d’organisation et faites quelque chose qui pourra vous rapporter du blé.» […]

J’avais pratiquement renoncé à devenir organisateur lorsque je reçus un appel d’un certain Marty Kaufman. Celui-ci m’expliqua qu’il avait monté une organisation à Chicago et qu’il souhaitait engager un stagiaire. Son aspect ne m’inspira pas grande confiance. Un Blanc grassouillet, de taille moyenne, portant un costume fripé. Son visage était mangé par une barbe de trois jours ; derrière d’épaisses lunettes cerclées de fer, ses yeux restaient plissés en permanence. Quand il se leva pour me serrer la main, il renversa un peu de thé sur sa chemise.

«Eh bien, dit-il en épongeant la tache avec une serviette en papier, pourquoi veut-on devenir organisateur quand on vient de Hawaii?»

Je m’assis et lui parlai un peu de moi.

«Hum, fit-il en hochant la tête, tout en prenant quelques notes sur un calepin. Vous devez être en colère, quelque part.

Que voulez-vous dire ?

Il haussa les épaules.

Je ne sais pas exactement. Mais il y a sûrement quelque chose. Ne le prenez pas mal : la colère, c’est obligatoire pour faire ce boulot. C’est la seule raison qui pousse quelqu’un à s’engager là-dedans. Les gens bien dans leur peau trouvent un boulot plus calme.»

La meilleure part de notre histoire
J’entrai à la Harvard Law School, où je passai la plus grande partie de mon temps, durant trois années, dans des bibliothèques faiblement éclairées, plongé dans les études de cas et les textes de lois. Les études de droit peuvent être parfois décevantes, car il s’agit d’apprendre à appliquer des règles rigides et des procédures obscures à une réalité qui n’est pas. Mais le droit n’est pas que cela. Le droit est aussi la mémoire ; le droit note aussi le déroulement d’une longue conversation, celle d’une nation qui discute avec sa conscience.

«Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes…»

Dans ces mots, j’entends l’esprit de Douglass et de Delany, celui de Jefferson et de Lincoln, les luttes de Martin et de Malcolm et de ceux qui manifestèrent pour que ces mots deviennent réalité. J’entends les voix des familles japonaises enfermées derrière des barbelés, des jeunes Juifs russes exploités dans les fabriques de confection du Lower East Side de Chicago, des fermiers anéantis par la sécheresse qui chargent sur leurs camions ce qui reste de leurs vies brisées. J’entends les voix des habitants des Altgeld Gardens, et les voix de ceux qui restent de l’autre côté des frontières de ce pays, les cohortes affaiblies, affamées, qui traversent le Rio Grande. J’entends toutes ces voix réclamer la reconnaissance, et toutes elles posent exactement les questions qui en sont venues à déterminer ma vie, les questions que parfois, tard dans la nuit, je me surprends à poser au Vieil Homme. Quelle est notre communauté, et comment cette communauté peut-elle être conciliée avec notre liberté ? Jusqu’où vont nos obligations ? Comment transformons-nous un pur pouvoir en justice, un simple sentiment en amour ? À mon retour à Chicago, je découvris une accélération des signes de détérioration dans tout le South Side : les quartiers étaient devenus plus délabrés, les enfants plus agressifs, les familles moyennes déménageaient de plus en plus dans les banlieues, les prisons étaient remplies à craquer de jeunes à l’œil sombre, mes frères sans perspectives.

J’essaie d’apporter ma modeste participation au renversement de cette tendance. Dans mon cabinet d’avocat, je travaille principalement avec des églises et des groupes communautaires, des hommes et des femmes qui construisent tranquillement des épiceries et des cliniques dans les quartiers déshérités, et des logements pour les pauvres. De temps en temps, je travaille sur une affaire de discrimination, pour défendre des clients qui viennent dans mon cabinet avec des histoires dont nous aimons nous dire qu’elles ne devraient plus exister. La plupart de ces clients sont un peu embarrassés de ce qui leur arrive, tout comme les collègues blancs qui acceptent de témoigner en leur faveur ; car personne n’a envie de passer pour quelqu’un qui sème la zizanie. Et pourtant, il arrive un moment où les plaignants aussi bien que les témoins se disent que c’est une question de principe, que malgré tout ce qui s’est passé, ces mots posés sur le papier il y a deux cents ans ont sûrement une importance. Noirs et Blancs, ils se réclament de cette communauté que nous appelons l’Amérique. Ils choisissent la meilleure partie de notre histoire.

Voir par ailleurs:

Obama Administration: Our Goal is Not to Eliminate Iran’s Nuke Program
Senators grill officials for capitulating to Tehran
Adam Kredo
January 21, 2015

A senior official in the State Department admitted on Wednesday that the Obama administration’s goal during negotiations with Iran is delaying the regime’s development of nuclear weapons rather than shutting down the Islamic Republic’s contested nuclear program.

Deputy Secretary of State Tony Blinken acknowledged during a tense exchange with senators on Capitol Hill a deal being sought by the Obama administration that would constrain its nuclear breakout capability without eliminating its nuclear program.

Blinken also floated the possibility of extending nuclear talks past the June deadline should additional time be needed to finalize details of a possible deal with Iran.

Leading senators on both sides of the aisle grilled Blinken and other officials in the administration over Iran’s nuclear program, which has continued despite restrictions imposed under an interim nuclear agreement made in November 2013.

Many believe that the interim deal has done little to halt the program and allows the regime to continue some of its most controversial nuclear operations, including the construction of new reactors and work on ballistic missiles.

“Let me ask you this, isn’t it true that even the deal that you are striving towards is not to eliminate any Iranian [nuclear] breakout capability, but to constrain the time in which you’ll get the notice of such breakout capability?” Sen. Robert Menendez (D., N.J.), a vocal critic of the White House’s dealings with Iran, asked Blinken during Wednesday’s Senate Foreign Relations Committee hearing. “Is that a fair statement, yes or no?”

“Yes, it is,” Blinken responded.

This admission appeared to frustrate and anger Menendez, who accused the administration of issuing “talking points that come straight out of Tehran.”

“We’re not eliminating Iran’s ability to break out,” Menendez said. “We’re just getting alarm bells, and the question is how long are we going to get those alarm bells for?”

Asked at a later point in the hearing if the administration would consider prolonging talks yet again, Blinken said that this is a possibility.

“We might want a little more time,” he said. “That’s possible. I wouldn’t want to rule it out.”

Under the terms of the interim agreement, which the administration claims has “halted” Iran’s progress, Tehran can still enrich uranium up to a point, pursue unlimited construction of plutonium light water reactors, and advance its ballistic missile program.

Iran has enriched enough uranium to fuel two nuclear bombs in the past year, according to experts.

Menendez expressed particular frustration with the administration’s attempts to appease Iran, even as it blatantly continues nuclear work during the talks.

“The bottom line is, they get to cheat in a series of ways—and I’ll call it ‘cheat,’ you won’t—but they get to cheat in a series of ways and we get to worry about their perceptions,” Menendez said.

Despite the pressure from Menendez and others, Blinken was adamant that the administration opposes any new sanctions on Iran, even if they were scheduled to take effect only if negotiations fail.

Bliken also made clear his opposition to Congress holding an up or down vote on any possible deal that the administration may agree to.

“Why would you oppose Congress weighing in on an issue of this importance?” asked Sen. Bob Corker (R., Tenn.), the committee’s chairman, who has championed legislation that would give Congress a final say over the deal.

Corker described a White House that “continues to stiff arm every effort” and “push away Congress, who represents more fully this nation than the negotiators.”

Blinken said that the administration is apprehensive about a possible congressional role in the process.

“In terms of the negotiations themselves, the knowledge that there would be very early on this kind of vote, in our judgment, could actually undermine the credibility of the commitments we would make [to Iran] in the context of negotiations,” Blinken said.

“There’s a concern that if a judgment is reached immediately [by Congress], yea or nay on this, it may be too soon to see if Iran has complied with its agreements,” Blinken added.

Corker seemed to find these explanations wanting.

“I’m very disappointed that in essence what the administration is saying is, ‘We really don’t want, even though Congress put us in this place, we really don’t want Congress to play a role in one of the most important geopolitical agreements that may take place during this administration,’” he said.

Sen. Tim Kaine (D., Vir.) expressed fear during the hearing that the United States is ignoring Iran’s pattern of deception on the nuclear front.

“Iran has made it plain in the course of this negotiation [that] this is not a negotiation about Iran dismantling a nuclear weapons program,” Kaine said. “It’s a negotiation about trying to buy a year of time to have an alarm bell ring and act.”

The administration is giving up too much, particularly on the issue of uranium-enriching centrifuges, he said.

“The kinds of things I’ve been hearing about the number of centrifuges contemplated in this deal, this is not consistent with a purely civilian program,” Kaine said.

Voir enfin:

Mainstreaming Jew hatred in America
Caroline Glick
The Jerusalem Post

13 February 2015

Barack Obama is mainstreaming anti-Semitism in America.

Last week (2/09), apropos of seemingly nothing, in an interview with Mathew Yglesias from the Vox.com website, Obama was asked about terrorism. In his answer the president said the terrorism threat is overrated. And that was far from the most disturbing statement he made.

Moving from the general to the specific, Obama referred to the jihadists who committed last month’s massacres in Paris as « a bunch of violent vicious zealots, » who « randomly shot a bunch of folks in a deli in Paris. »

In other words, Ahmedy Coulibaly, the Moslem terrorist at Hyper Cacher, the kosher supermarket he targeted, was just some zealot. The Jews he murdered while they were shopping for Shabbat were just « a bunch of folks in a deli, » presumably shot down while ordering their turkey and cheese sandwiches.

No matter that Coulibaly called a French TV station from the kosher supermarket and said he was an al-Qaida terrorist and that he chose the kosher supermarket because he wanted to kill Jews.

As far as the leader of the free world is concerned, his massacre of four Jews at the market can teach us nothing about anything other than that some random people are mean and some random people are unlucky.

And anyway, Obama explained, we’re only talking about this random act of senseless violence because as he said, « If it bleeds, it leads. » The media, desperate for an audience, inflates the significance of these acts of random violence, for ratings.

Obama’s statement about the massacre of Jews in Paris is notable first and foremost for what it reveals about his comfort level with anti-Semitism.

By de-judaizing the victims, who were targets only because they were Jews, Obama denied the uniqueness of the threat jihadist Islam and its adherents pose to Jews. By pretending that Jews are not specifically targeted for murder simply because they are Jews, he dismissed the legitimate concerns Jews harbor for their safety, whether in Diaspora communities or in Israel.

If nothing distinguished Coulibaly’s massacre at Hyper Cacher from a mugging or an armed robbery gone bad, then Jews have no right to receive unique consideration – whether for their community’s security in London or Paris, or San Francisco – or for Israel’s security.

As subsequent statements from administration spokespeople made clear, Obama’s statement was not a gaffe. When questioned about his remarks, both White House spokesman Josh Earnest and State Department spokeswoman Jen Psaki doubled down on Obama’s denial of the anti-Semitic nature of the massacre at Hyper Cacher. Earnest said that the Jews who were murdered were people who just « randomly happened to be » at the supermarket.

Psaki said that the victims didn’t share a common background or nationality, pretending away the bothersome fact that they were all Jews.

Just as bad as their denials of the anti-Jewish nature of the attack on Hyper Cacher, were Psaki’s and Earnest’s belated revisions of their remarks. After coming under a storm of criticism from American Jews and from the conservative media, both Psaki and Earnest turned to their Twitter accounts to walk back their remarks and admit that indeed, the massacre at Hyper Cacher was an anti-Semitic assault.

Their walk back was no better than their initial denial of the anti-Jewish nature of the Islamist attack, because it amplified the very anti-Semitism they previously promoted.

As many Obama supporters no doubt interpreted their behavior, first Obama and his flaks stood strong in their conviction that Jews are not specifically targeted. Then after they were excoriated for their statements by Jews and conservatives, they changed their tune.

The subtext is clear. The same Jews who are targeted no more than anyone else, are so powerful and all controlling that they forced the poor Obama administration to bow to their will and parrot their false and self-serving narrative of victimization.

The administration’s denial of the unique threat Jews face from jihadists is not limited to its anti-Semitic characterizations of the attack at Hyper Cacher.

It runs as well through Obama’s treatment of Israel and its actions to defend itself against its jihadist enemies from Hamas to Hezbollah to Iran.

Today, the most outstanding example of Obama’s exploitation of anti-Semitic tropes to diminish US support for Israel is his campaign to delegitimize Prime Minister Binyamin Netanyahu ahead of his scheduled speech before the joint houses of Congress on March 3.

As we belatedly learned from a small correction at the bottom of a New York Times article on January 30, contrary to the White House’s claim, Netanyahu did not blindside Obama when he accepted Speaker of the House John Boehner’s invitation to address the Congress. He informed the White House of his intention to accept Boehner’s offer before he accepted it.

Netanyahu did not breach White House protocol.

He did not behave rudely or disrespectfully toward Obama.

The only one that behaved disrespectfully and rudely was Obama in his shabby and slanderous treatment of Netanyahu.

It was Obama who peddled the lie that Netanyahu was using the speech not to legitimately present Israel’s concerns regarding the prospect of a nuclear armed Iran, but to selfishly advance his political fortunes on the back of America’s national security interests and the independence of its foreign policy.

It was Obama and Vice President Joe Biden who spearheaded efforts to coerce Democrat lawmakers to boycott Netanyahu’s speech by announcing that they would refuse to meet with the leader of the US’s closest ally in the Middle East during his stay in Washington.

So far only 15 members of the House and three Senators have announced their intention to boycott Netanyahu’s speech. But even if all the other Democrats do attend his speech, the impact of Obama’s campaign to defame Netanyahu will long be felt.

First of all, if all goes as he hopes, the media and his party members will use his demonization of Netanyahu’s character as a means to dismiss the warnings that Netanyahu will clearly sound in his address.

Second, by boycotting Netanyahu and encouraging Democrats to do the same, Obama is mainstreaming the anti-Semitic boycott, divestment and sanctions movement to isolate Israel.

Moreover, he is mobilizing Democrat pressure groups like J Street and MoveOn.org to make it costly for Democrat politicians to continue to support Israel.

There is another aspect of the Hyper Cacher massacre, which was similarly ignored by the White House and that bears a direct relationship to Obama’s attempt to destroy the credibility of Netanyahu’s warnings about his Iran policy.

Whereas the journalists murdered at Charlie Hebdo magazine were killed because their illustrations of Mohammed offended Moslem fascists, the Jews murdered at Hyper Cacher were targeted for murder because they were Jews. In other words, the Islamist hatred of Jews is inherently genocidal, not situational.

If Islamists have the capacity to annihilate the Jews, they will do so. And this brings us back to Obama’s statement to Vox.com. As is his habit, Obama refused to use the term Islamic to describe the « violent, vicious zealots » who randomly targeted Jews at the Hyper Cacher.

Since the outset of his presidency, Obama has vigilantly denied the connection between Islamism and terrorism and has mischaracterized jihad as peaceful self-reflection, along the lines of psychotherapy.

His denial of the Islamist nature of jihadist assaults worldwide rose to new heights when in his remarks at the National Prayer Breakfast he compared today’s jihadists to the Crusaders from a thousand years ago. And whereas he identified the Crusaders as Christians, he refused to acknowledge that today’s mass murdering zealots act in the name of Islam.

Obama’s stubborn, absurd and dangerous refusal to mention the word Islam in connection with the war being waged worldwide by millions in its name, coupled with his eagerness to always compare this unnamed scourge to the past evils of Western societies, indicates that his defense of Islamic supremacism is not merely a policy preference but rather reflects a deeper ideological commitment.

The perception that Obama either does not oppose or embraces Islamic extremism is strengthened when coupled with his appalling attempts to ignore the fact of Islamic Jew-hatred and its genocidal nature and his moves to demonize Netanyahu for daring to oppose his policy toward Iran.

It is in this policy and in Obama’s wider Middle East strategy that we find the real world consequences of Obama’s denial of the unique victimization and targeting of Jews and the Jewish state by Islamic terrorists and Islamist regimes.

Loopholes in Obama’s interim nuclear framework deal with Iran from November 2013 have allowed Iran to make significant advances in its nuclear weapons program while still formally abiding by its commitments under the agreement.

Iran has stopped enriching uranium to 20 percent purity levels, and sufficed with enriching uranium to 3.5% purity. But at the same time it has developed and begun using advanced centrifuges that enrich so quickly that the distinction between 3.5% and 20% enrichment levels becomes irrelevant.

Iran has made significant advances in its ballistic missile program, including in its development of intercontinental ballistic missiles designed to carry nuclear warheads. It has continued its development of nuclear bombs, and it has enriched sufficient quantities of uranium to produce one to two nuclear bombs.

According to leaked reports, the permanent nuclear deal that Obama seeks to convince Iran to sign would further facilitate Iran’s ascension to the nuclear club. Among other things, the deal will place a time limit on the already ineffective inspections regime, thus blinding the world entirely to Iran’s nuclear activities.

At the same time that Obama is facilitating Iran’s emergence as a nuclear power, he is doing nothing to stop its regional empowerment.

Today Iran controls Syria, Iraq and Yemen and holds sway over Lebanon and Gaza. It threatens Saudi Arabia, and its Moslem Brotherhood allies threaten Egypt and Jordan.

As for Obama’s allied campaign against Islamic State in Syria and Iraq, the largest beneficiary to date of the US-led campaign has been Iran. Since the US-led campaign began last fall, Iran has achieved all but public US support for its control over the Iraqi military and for the survival of the Assad regime in Syria.

The trajectory of Obama’s policies is obvious. He is clearing the path for a nuclear armed Iran that controls large swathes of the Arab world through its proxies.

It is also clear that Iran intends to use its nuclear arsenal in the same way that Coulibaly used his Kalashnikov – to kill Jews, as many Jews as possible.

Perhaps Obama is acting out of anti-Semitism, perhaps he acts out of sympathy for Islamic fascism. Or both.

Whatever the case may be, what is required from Israel, and from Netanyahu, is clear. Speaking to Congress may be a necessary precondition for that action, but it is not the action itself.

Caroline Glick is Deputy Managing Editor of the Jerusalem Post. She is the author of The Israeli Solution: A One State Plan for Peace in the Middle East.


Dhimmitude: Un tas de fanatiques qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris (Wrong place, wrong time: Paris shooter ‘randomly’ selected deli and targets, Obama)

12 février, 2015
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https://i0.wp.com/prophecytracker.org/wp/uploads/2013/09/president-obama-bows-to-saudi-king-abdullah-and-receives-saudi-medal-of-honor.jpgQuatre Saoudiens condamnés à mort pour meurtre et vol et un Pakistanais jugé pour trafic de drogue ont été décapités jeudi en Arabie saoudite, portant à 26 le nombre de personnes exécutées dans ce royaume ultraconservateur depuis le début de l’année. (…) Viol, meurtre, apostasie, vol à main armée et trafic de drogue sont passibles de la peine capitale en Arabie saoudite, royaume régi par une version rigoriste de la charia, la loi islamique. Peine de mort.org (5 février 2015)
Nous tentons d’éviter de décrire quelqu’un comme un terroriste, ou un geste comme étant terroriste. (…) Les Nations unies ont tenté pendant une décennie de définir ce mot, sans y parvenir. C’est très délicat. Nous savons ce qu’est la violence politique, nous savons ce que sont les meurtres, les attentats et les fusillades et nous pouvons les décrire. Et cela explique bien plus de choses, à nos yeux, qu’utiliser le mot ‘terrorisme’. » Tarik Kafala (service arabophone de la BBC)
Personne ne souffre plus que le peuple palestinien. Barack Obama (Des Moines, le 27 avril 2007)
Mon père était originaire du Kenya, et beaucoup de gens dans son village étaient musulmans. Il ne pratiquait pas l’islam. La vérité est qu’il n’était pas très religieux. Il a rencontré ma mère. Ma mère était une chrétienne originaire du Kansas, et ils se marièrent puis divorcèrent. Je fus élevé par ma mère. Aussi j’ai toujours été chrétien. Le seul lien que j’ai eu avec l’islam est que mon grand-père du côté de mon père venait de ce pays. Mais je n’ai jamais pratiqué l’islam. Pendant un certain temps, j’ai vécu en Indonésie parce que ma mère enseignait là-bas. Et c’est un pays musulman. Et je suis allé à l’école. Mais je ne pratiquais pas. Mais je crois que cela m’a permis de comprendre comment pensaient ces gens, qui partagent en partie ma façon de voir, et cela revient à dire que nous pouvons instaurer de meilleurs rapports avec le Moyen-Orient ; cela contribuerait à nous rendre plus assurés si nous pouvons comprendre comment ils pensent sur certains sujets. Barack Hussein Obama (Oskaloosa, Iowa, décembre 20007)
Je n’ai jamais été musulman. (…) à part mon nom et le fait d’avoir vécu dans une population musulmane pendant quatre ans étant enfant [Indonésie, 1967-1971], je n’ai que très peu de lien avec la religion islamique. Barack Hussein Obama (février 2008)
Nous cherchons à ouvrir un nouveau chemin en direction du monde musulman, fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel. (…) Nous sommes une nation de chrétiens, de musulmans, de juifs, d’hindous et de non croyants. Barack Hussein Obama (discours d’investiture, le 20 janvier 2009)
… une nation de musulmans, de chrétiens et de juifs … Barack Hussein Obama (Entretien à la télévision saoudienne Al-Arabiya, 27 janvier, 2009)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
Salamm aleïkoum (…) Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (…) Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane. Barack Hussein Obama (Prêche du Caire)
En tant que citoyen, en tant que président, je crois que les musulmans ont autant le droit de pratiquer leur religion que quiconque dans ce pays. Cela inclut le droit de construire un lieu de culte et un centre socio-culturel sur un terrain privé dans le lower Manhattan, en respect des lois et décrets locaux. Nous sommes en Amérique. Notre engagement en faveur de la liberté de religion doit être inébranlable. Barack Hussein Obama
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Il ressort clairement de la bouche des terroristes et de certains des écrits qu’ils ont fait circuler par la suite ce qui était leur motivation. L’adverbe que le président a choisi a été utilisé pour indiquer que les personnes qui ont été tuées dans cet incident terrible et tragique ont été tuées non en raison de qui elles étaient, mais au hasard de l’endroit où elles se sont trouvées être. (…) Ces individus n’ont pas été ciblés par nom. (…) Il n’y avait pas que des juifs dans cette épicerie. Josh Earnest (porte-parole de la Maison blanche)
Yes, Charlie Hebdo was a magazine that delighted in controversy and provocation. Yes, it skewered religion and took joy in giving offense. Yes, the magazine knowingly antagonized extremists — Charlie Hebdo’s web site had been hacked and its offices firebombed before today; French Foreign Minister Laurent Fabius had asked of its cartoons, « Is it really sensible or intelligent to pour oil on the fire? » And yes, Charlie Hebdo’s editor said in 2012, prophetically, that « I prefer to die than live like a rat. » But this isn’t about Charlie Hebdo’s cartoons, any more than a rape is about what the victim is wearing, or a murder is about where the victim was walking. What happened on Wednesday, according to current reports, is that two men went on a killing spree. Their killing spree, like most killing sprees, will have some thin rationale. Even the worst villains believe themselves to be heroes. But in truth, it was unprovoked slaughter. The fault lies with no one but them and their accomplices. Their crime isn’t explained by cartoons or religion. Plenty of people read Charlie Hebdo’s cartoons and managed to avoid responding with mass murder. Plenty of people follow all sorts of religions and somehow get through the day without racking up a body count. The answers to what happened today won’t be found in Charlie Hebdo’s pages. They can only be found in the murderers’ sick minds. (…) Part of Charlie Hebdo’s point was that respecting these taboos strengthens their censorial power. Worse, allowing extremists to set the limits of conversation validates and entrenches the extremists’ premises: that free speech and religion are inherently at odds (they are not), and that there is some civilizational conflict between Islam and the West (there isn’t). These are also arguments, by the way, made by Islamophobes and racists, particularly in France, where hatred of Muslim immigrants from north and west Africa is a serious problem. And that is exactly why Charlie Hebdo’s « Love is stronger than hate » cover so well captures the magazine’s oft-misunderstood mission and message. Yes, the slobbery kiss between two men is surely meant to get under the skin of any conservative Muslims who are also homophobic, but so too is it an attack on the idea that Muslims or Islam are the enemy, rather than extremism and intolerance. Allowing extremists to set the limits of conversation validates and entrenches the extremists’ premises. That was true in the criticism of Charlie Hebdo’s covers, and it’s even truer in today’s crimes. These murders can’t be explained by a close read of an editorial product, and they needn’t be condemned on free speech grounds. They can only be explained by the madness of the perpetrators, who did something horrible and evil that almost no human beings anywhere ever do, and the condemnation doesn’t need to be any more complex than saying unprovoked mass slaughter is wrong. This is a tragedy. It is a crime. It is not a statement, or a controversy. Ezra Klein (Vox)
I was stunned that the president could say something so at once banal and offensive. Here we are now two days away from an act shocking barbarism, the burning alive of a prisoner of war, and Obama’s message is that we should remember the crusades and the inquisition. I mean, for him to say that all of us have sinned, all religions have been transgressed, is, you know, is adolescent stuff. Everyone knows that. What’s important is what’s happening now. Christianity no longer goes on crusades and it gave up the inquisition a while ago. The Book of Joshua is knee deep in blood. That story is over too. The story of today, of our generation, is the fact that the overwhelming volume of the violence and the barbarism that we are seeing in the world from Nigeria to Paris all the way to Pakistan and even to the Philippines, the island of Mindanao in the Philippines — is coming from one source. And that’s from inside Islam. It is not the prevalent idea of Islam, but it is coming from Islam, as many Islamic leaders including the president of Egypt and many others have admitted. And there needs to be a change in Islam. It is not a coincidence that all of these attacks on other religions are happening, all over the world, in a dozen countries, two dozen countries, all in the name of one religion. It’s not a coincidence. And for the president to be lecturing us and to say we shouldn’t get on our high horse and to not remember our own path is ridiculous. The present issue is Muslim radicalism and how to attack it. (…) From Obama’s first speech at West Point in December 2009, ironically announcing the surge in Afghanistan, you could tell that his heart has never been in this fight, never. He’s the commander in chief and yet he announces one sentence after he talks about the surge, he talks about the day to withdraw. Everyone in the region knows that. Everyone in the Middle East knows that he took on the fight on ISIS only because of the public reaction to the video of the beheading of the two Americans. He never would have lifted a finger otherwise. He hasn’t helped the rebels in Syria. He has not given the weapons that Jordan needs. The Kurds, who are actually able, courageous, and well — and committed to the fight against is, still cannot get direct arms from the United States. Charles Krauthammer
His secretary of defense says “the world is exploding all over.” His attorney general says that the threat of terror “keeps me up at night.” The world bears them out. On Tuesday, American hostage Kayla Mueller is confirmed dead. On Wednesday, the U.S. evacuates its embassy in Yemen, cited by President Obama last September as an American success in fighting terrorism. Yet Obama’s reaction to, shall we say, turmoil abroad has been one of alarming lassitude and passivity. Not to worry, says his national security adviser: This is not World War II. As if one should be reassured because the current chaos has yet to achieve the level of the most devastating conflict in human history. Indeed, insists the president, the real source of our metastasizing anxiety is . . . the news media. Russia pushes deep into eastern Ukraine. The Islamic State burns to death a Jordanian pilot. Iran extends its hegemony over four Arab capitals — Beirut, Damascus, Baghdad, and now Sanaa. And America watches. Obama calls the policy “strategic patience.” That’s a synonym for “inaction,” made to sound profoundly “strategic.” (…) Such on-the-ground appeasement goes well with the linguistic appeasement whereby Obama dares not call radical Islam by name. And whereby both the White House and State Department spend much of a day insisting that the attack on the kosher grocery in Paris had nothing to do with Jews. It was just, as the president said, someone “randomly shoot[ing] a bunch of folks in a deli.” (By the end of the day, the administration backed off this idiocy. By tweet.) Charles Krauthammer
At least Obama was kind enough to acknowledge that Americans had some reason to be concerned about “a bunch of violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks.” As it turns out, these random people who got themselves shot in a “deli” in Paris happen to have been Jewish. The random people getting themselves shot at a satirical newspaper happened to have mocked Mohammad. And those 10 random people who were murdered and had their churches burned down by mobs in Niger last week, well they happened to be Christian folks. It’s likely that all these victims would – with astonishing precision – be able to pinpoint both the religious affiliation and rationale of those responsible for their deaths. President Obama refuses to do the same. For the president, acknowledging who the victims of Islamic terrorism are means acknowledging the motives that drive it. Recognizing what drives a terrorist undermines the progressive theory that says this movement is merely a byproduct of shiftlessness, criminality and poverty rather than a movement driven by faith and political goals. Gone are the days when were allowed to make (appropriate) distinctions between peaceful and radical Islam. Now we’re supposed to accept that these string of events are executed by aimless zealots, detached from any tradition or faith. Random. We are supposed to believe that this problem can be dealt with, as the president notes, in “the same way a big city mayor’s got to cut the crime rate down if he wants that city to thrive.” Dealing with political Islam is just like getting rid of graffiti and waiting for gentrification. You know, if only Saudi Arabia had a few extra bucks laying around, we’d rid the world of all of these delinquents. For Jews, there is another reality that wishful thinking can’t change. According to Pew, there is rampant anti-Semitism in the Islamic world. Not only among radical factions, but everywhere. In moderate Jordan, 97 percent of the folks unfavorable view of Jews (not Zionists, Jews). The ADL found that 74 percent of the folks surveyed in the Middle East and North Africa had anti-Semitic attitudes. The number was 24 percent in Western Europe and 34 percent in Eastern Europe. Not all of this aversion to Jews is equality vitriolic or dangerous, of course. But it is undeniable that in Europe there is increasing violence, and much of it comes from Muslims. (…) Put it this way: the president is more inclined to call out Christian crimes against the Rhineland Jews of 1096 than Islamic crimes against Jews today. He’d rather dissemble for the sake of political correctness, using heavy-handed historical comparisons that aren’t only irrelevant to contemporary discussions about religious violence, but a stretch even if we discussed them in the context of history. David Harsanyi
Sous la pression de critiques grandissantes, qui se plaignent que le Président Obama n’a aucune stratégie susceptible de combattre l’Etat Islamique, la Conseillère à la Sécurité Nationale, Susan Rice, a dû déployer une nouveau plan de bataille, la semaine dernière. Loin de résorber cette volée de mises en cause, les omissions, inexactitudes et incohérences ne feront qu’ajouter aux accusations formulées par les détracteurs de l’Administration Obama qu’elle ne connaît rien en matière de sécurité nationale. L’une des erreurs les plus flagrantes de la nouvelle stratégie, c’est la façon dont elle colle à la pratique spécieuse de l’équipe Obama, dans la manière de faire référence aux groupes terroristes comme l’EI et Al Qaïda, en les désignant comme de « violents extrémistes », en refusant de les nommer selon les termes « d’Islam radical », « Islamistes radicaux » et « Jihadistes ». Cette stratégie répète à l’infini la mauvaise interprétation du Président, en situant cette extrémisme violent comme une simple idéologie, tout en ne parvenant pas à reconnaître l’idéologie réelle qui guide Al Qaïda et l’EI, dans leur campagne mondiale de déclenchement d’actes de violence : l’Islam radical et la doctrine de la Chari’a.  Plutôt que de reconnaître que ces groupes sont motivés par l’Islam radical, cette stratégie prétend affirmer qu’il ne s’agit que d’opportunistes qui exploitent l’instabilité, l’oppression et le manque d’opportunités économiques. Les preuves abondent pourtant que ce n’est pas le cas. Osama Ben Laden n’a pas formé Al Qaïda parce qu’il était pauvre : son père était milliardaire. L’Etat Islamique reçoit des financements de richissimes donneurs d’Arabie Saoudite, du Qatar et du Koweit. Les fameux terroristes islamistes « autoradicalisés » sont recrutés ou simplement inspirés par Internet, pour commettre des actes de terreur aux Etats-Unis,au Canada, en Australie, au Royaume-Uni, en France et, pourtant, ils vivent bien dans des sociétés où se présentent des opportunités économiques. Et il y a même pire que le refus de cette « nouvelle stratégie de sécurité nationale » de reconnaître la menace provenant de l’Islam radical. Elle minorise, en effet, totalement l’urgence d’agir contre cette menace, en affirmant que les Etats-Unis doivent faire preuve de « patience stratégique ».  Susan Rice et le Président Obama a, récemment, déclenché une controverse, lorsqu’ils ont fait des déclarations identiques, qui minimisaient la menace venant de ces groupes terroristes, en prétendant que le terrorisme ne représente pas une « menace existentielle » pour les Etats-Unis. Fred Fleitz

Cachez cet islam que je ne saurai voir !

Un mois après le massacre djihadiste de Paris …

Et la Marche républicaine contre le terrorisme et la liberté d’expression …

Pendant qu’entre la Syrie et l’Irak mais aussi de l’Afrique sahélienne au Mahgreb, les djihadistes imposent leur barbarie à des millions de personnes …

Et qu’alors que du Liban au Yemen et au Soudan, nos futurs amis iraniens continuent à attiser les flammes du terrorisme tout en préparant leur bombe, chez nos amis saoudiens, on en est déjà à 26 décapitations en un peu plus d’un mois …

Comment ne pas voir avec l’interview de l’ « Equivocater » et « Executioner in chief  » (bientôt 4 000 discrètes éliminations ciblées) …

Qui après avoir comparé l’actuelle violence djihadiste à nos croisades et refusé de recevoir un dirigeant israélien invité à parler devant le Congrès, réduit le massacre de quatre juifs dans l’épicerie cachère Hyper cacher il y avait exactement un mois jour pour jour  …

A un « tas de fanatiques vicieux et violents qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris » …

Sur le blog d’une belle âme qui affirmait deux jours plus tôt …

Que ledit massacre n’avait « rien à voir avec les caricatures ou la religion » …

Confirmant l’absence remarquée de tout officiel américain de premier plan tant à la Marche de Paris qu’au 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz

L’incapacité presque congénitale de l’Administration Obama, à l’instar de la BBC elle-même, à prendre la véritable mesure de ce qui se joue actuellement ?

Et ne pas s’inquiéter, avec nombre de commentateurs américains, de l’efficacité face à ladite menace de concepts tels que celui de « patience stratégique » ?

Attentat de l’Hyper Cacher : aucun caractère antijuif pour Obama, juste le « hasard »

Katty Scott

Le Monde Juif .info

11 février 2015

Le président américain, Barack Obama, a créé lundi une polémique après avoir expliqué que les quatre victimes françaises de confession juive assassinées début janvier par un djihadiste français dans une épicerie casher, ont été abattues « au hasard ».

« Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris », a déclaré le dirigeant américain lors d’une interview accordée à la chaine allemande Vox.

L’auteur de l’attentat, Amédy Coulibaly, avait déclaré à BFMTV qu’il avait ciblé les clients de l’épicerie casher « parce qu’ils étaient Juifs » ainsi que « pour venger les Palestiniens ».

Embarrassés par la sortie de leur président, les porte-paroles de l’administration Obama ont expliqué que les victimes ont été probablement tuées parce que présentes « au mauvais moment, au mauvais endroit » et ont rappelé que les États-Unis avaient qualifié « d’antisémite » l’attaque contre le commerce juif.

L’absence de Barack Obama à la marche républicaine à Paris en soutien aux victimes des attentats parisiens avait été vivement critiquée par la presse française et américaine.

Voir aussi:

Le refus radical d’Obama de regarder en face les dégâts commis par la Chari’a exaspère les experts en Amérique

Fred Fleitz

World tribune

Adaptation : Marc Brzustowski/J Forum

Obama :  comment lutter contre le terrorisme dont on occulte les causes ? Telle semble bien la question centrale que pose la polémique gonflée à bloc autour de la visite controversée de Binyamin Netanyahu et de son discours devant le Congrès.

Sous la pression de critiques grandissantes, qui se plaignent que le Président Obama n’a aucune stratégie susceptible de combattre l’Etat Islamique, la Conseillère à la Sécurité Nationale, Susan Rice, a dû déployer une nouveau plan de bataille, la semaine dernière.

Loin de résorber cette volée de mises en cause, les omissions, inexactitudes et incohérences ne feront qu’ajouter aux accusations formulées par les détracteurs de l’Administration Obama qu’elle ne connaît rien en matière de sécurité nationale.

L’une des erreurs les plus flagrantes de la nouvelle stratégie, c’est la façon dont elle colle à la pratique spécieuse de l’équipe Obama, dans la manière de faire référence aux groupes terroristes comme l’EI et Al Qaïda, en les désignant comme de « violents extrémistes », en refusant de les nommer selon les termes « d’Islam radical », « Islamistes radicaux » et « Jihadistes ». Cette stratégie répète à l’infini la mauvaise interprétation du Président, en situant cette extrémisme violent comme une simple idéologie, tout en ne parvenant pas à reconnaître l’idéologie réelle qui guide Al Qaïda et l’EI, dans leur campagne mondiale de déclenchement d’actes de violence : l’Islam radical et la doctrine de la Chari’a.

Plutôt que de reconnaître que ces groupes sont motivés par l’Islam radical, cette stratégie prétend affirmer qu’il ne s’agit que d’opportunistes qui exploitent l’instabilité, l’oppression et le manque d’opportunités économiques.

Les preuves abondent pourtant que ce n’est pas le cas. Osama Ben Laden n’a pas formé Al Qaïda parce qu’il était pauvre : son père était milliardaire. L’Etat Islamique reçoit des financements de richissimes donneurs d’Arabie Saoudite, du Qatar et du Koweit.

Les fameux terroristes islamistes « autoradicalisés » sont recrutés ou simplement inspirés par Internet, pour commettre des actes de terreur aux Etats-Unis,au Canada, en Australie, au Royaume-Uni, en France et, pourtant, ils vivent bien dans des sociétés où se présentent des opportunités économiques.

Et il y a même pire que le refus de cette « nouvelle stratégie de sécurité nationale » de reconnaître la menace provenant de l’Islam radical. Elle minorise, en effet, totalement l’urgence d’agir contre cette menace, en affirmant que les Etats-Unis doivent faire preuve de « patience stratégique ».

Susan Rice et le Président Obama a, récemment, déclenché une controverse, lorsqu’ils ont fait des déclarations identiques, qui minimisaient la menace venant de ces groupes terroristes, en prétendant que le terrorisme ne représente pas une « menace existentielle » pour les Etats-Unis.

Le fatras de propositions incohérentes, en matière de politique étrangère, fait partie des autres aspects de cette soi-disant « stratégie » : « le pouvoir en douceur » (smart power) et des prétentions douteuses à des succès en matière de relations extérieures. Ignorant totalement la détérioration de la sécurité en Irak et en Afghanistan depuis 2009, cette stratégie tisse des couronnes au retrait des troupes américaines de ces pays et affirme que les Etats-Unis y ont engagés dans des efforts en matière de contre-terrorisme, aussi bien que dans un effort complet en vue de détériorer et de vaincre finalement l’Etat Islamique.

Selon cette stratégie, les progrès du programme nucléaire iranien ont été stoppés et « nous avons clairement fait comprendre à l’Iran qu’il doit remplir ses obligations internationales et exposer la réalité de son programme nucléaire ». En se fondant sur les concessions énormes faites par les Etats-Unis à l’Iran, au cours de l’année passée et du fait que l’Iran n’a pas réduit son programme d’enrichissement d’uranium, ces prétentions apparaissent fausses. La stratégie souligne les succès d’un « rebalancement américain vers l’Asie » (qu’on connaît sous le nom de pivot vers l’Asie), même si, finalement, l’Administration a fait très peu dans ce domaine pour instaurer efficacement cette initiative.

Le changement climatique a aussi été ajouté à la liste prioritaire des menaces stratégiques des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont un besoin urgent d’une stratégie nationale de sécurité claire, reconnaissant la menace de l’Islam radical comme une idéologie globale qui a déclaré la guerre à la civilisation occidentale. La nouvelle stratégie de sécurité nationale d’Obama est une occasion manquée qui démontre que le Président Obama demeure déterminé à nier l’évidence et à ne reconnaître d’aucune façon l’ampleur et la réalité de cette menace.

Le Centre d’étude des Politiques de Sécurité a présenté, dans son rapport, la Chari’a et l’Islam radical comme des menaces graves qui ne peuvent être vaincues aussi longtemps que les responsables américains refusent de les regarder en face. Ce Centre parraine, le mercredi 11 février, à Washington DC : « Le Sommet de la Défaite du Jihad ». Ce programme évoquera lanature de la menace isalmiste, une évaluation des politiques américaines pour y faire face et les meilleures approches en vue de vaincre cette menace.

Les participants attendus comprennent Le Sénateur du Texas, Ted Cruz, Louisiana Gov. Bobby Jindal, l’ancien Procureur Général Michael Mukaseyl’ancien porte-parole du Congrès, Newt Gingrich, le député hollandais Geert Wilders, Lord Malcolm Pearson de Grande-Bretagne, L’ancien Président de la Commission des Renseignements  Pete Hoekstra, Le défenseur danois de la liberté d’expression Lars Hedegaard, et l’ancien procureur fédéral Andrew McCarthy.

Cet évènement sera rediffusé en direct sur le site du Centre pour les Politiques de Sécurité :

http://www.centerforsecuritypolicy.org/, de 9 a.m. to 2 p.m. le 11 Fev.

Fred Fleitz a couvert le programme nucléaire iranien pour la CIA, le Départment d’Etat,et la Commission des renseignements du Congrès. Il est actuellement chercheur principal au Centre des Politiques de Sécurité.

Voir également:

 White House stands behind Obama’s claim that Paris shooter ‘randomly’ selected kosher deli and targets – but admits Jewish heritage was a factor
In an interview released Monday Obama referred to ‘violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks in a deli in Paris’
Today the White House argued Obama merely meant to say the victims ‘were not specifically targeted’ and ‘happened to randomly be in this deli’
The president’s spokesman eventually said that Obama has ‘no’ doubt the grocery was selected because it was frequented by Jews
But not before stating ‘there were people other than just Jews who were in that…deli’
Francesca Chambers

Dailymail.com

10 February 2015

President Barack Obama’s claim that a gunman who last month killed four French Jews inside a kosher deli ‘randomly’ selected the location and his targets came under heavy scrutiny today at a White House briefing, with multiple reporters badgering the president’s spokesman to admit a tie between the victims’ religion and their murders.

In an interview with Vox published on Monday Obama said, ‘It is entirely legitimate for the American people to be deeply concerned when you’ve got a bunch of violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks in a deli in Paris.’

Today the White House Press Secretary argued that his boss merely meant to say they ‘were not specifically targeted’ and ‘were individuals who happened to randomly be in this deli.’

The shooter, Amedy Coulibaly, told French television station BFM-TV in a newly released interview that he picked kosher grocery Hyper Cacher because, according to the station, ‘he was targeting Jews.’

A journalist with the station says he also explained ‘why he did this: to defend oppressed Muslims…notably in Palestine.’

‘He claimed to be part of the Islamic State [ISIS] very clearly,’ BFM reporter Sarah-Lou Cohen said of the phone conversation with Coulibaly. ‘He said he had instructions from the caliphate. And then another very important element, evidently, as we were saying in the afternoon, he established a link with the Kouachi brothers.’

Saïd and Chérif Kouachi, the brothers allegedly behind the attack on the Paris-based satirical publication Charlie Hebdo, were later killed in stand off with police, as was Couilbaly.

Coulibaly’s ties to ISIS are documented by a propaganda video taped by his wife, possibly a co-conspirator in the grocery store siege, in which she calls for French Muslims to carry out additional acts of terror.

The White House found itself in several testy back and forths with reporters this afternoon over Obama’s statement – provided to Vox more than a week ago but released just yesterday.

First asked about Obama’s remark by CNN’s Jim Acosta, White House Press Secretary Josh Earnest replied, ‘I believe the point that the president was trying to make is that these individuals were not specifically targeted.’

He added: ‘These were individuals who happened to randomly be in this deli and were shot while they were there. And that is the point that the president was making.’

Flabbergasted, ABC News’ Jon Karl pressed Earnest to confirm that president believes the deli goers’ Jewish heritage were related to the assault.

‘It is clear from the terrorists and some of the writings they’ve put out afterward what their motivation was,’ Obama’s spokesman told him.

‘The adverb that the president chose was used to indicate that the individuals who were killed in that terrible, tragic incident were killed not because of who they were, but because of where they randomly happened to be.

Not satisfied, Karl again pointed out that they were in a kosher deli when they were killed, moments later contending that even if they weren’t personally targeted they were attacked because of their religion, to which Earnest told him ‘there were people other than just Jews who were in that…deli.’

‘Does he have any doubt…that deli was attacked because it was a kosher deli, it was not any random deli, it was a kosher deli,’ Karl eventually shouted at Earnest, who interrupted him to say, ‘no,’ Obama does not doubt that.

Picking up where Karl left off, seconds later Fox News’ White House Correspondent Ed Henry asked, why then, ‘didn’t the president acknowledge that? If he knows that, and it’s obvious, why didn’t he say that?’

‘The president has acknowledged that on many occasions when he’s had the opportunity to speak about this incident,’ Earnest tersely told him

‘But he didn’t there!’ Henry noted before moving on to another topic.

Voir encore:

One of the alleged Charlie Hebdo shooters called a French reporter. Here’s what he said.
Libby Nelson

Vox

January 9, 2015

Chérif Kouachi, one of the alleged perpetrators of the Charlie Hebdo massacre, spoke to a French journalist by phone at around 10 a.m. Paris time on Friday, according to the reporter. Shortly after, Kouachi was killed by police. In the call, he stated that he had been sent by al-Qaeda’s Yemen-based branch.

« I was sent, me, Chérif Kouachi, by al-Qaeda of Yemen, » he says in the call, mentioning Anwar al-Awlaki specifically.

He spoke to Igor Sahiri, a journalist from BFM-TV, who recorded the conversation. In a video clip above, the TV news channel plays part of the tape and discusses the call that yielded it. The channel chose not to broadcast the phone conversations because, at the time, Kouachi was still in a standoff with police.

According to BFM journalist Sarah-Lou Cohen, Koauchi went on to say that he was seeking revenge for the Prophet Mohammed.

« They explained as well that they deny having killed civilians, » Cohen said, paraphrasing from parts of the call that were not played on-air. « That’s important, because for them, the journalists at Charlie Hebdo were not civilians, they were targets, » Cohen said. « Then he continued, very calmly, explaining that they did not come to kill women and children but it’s us, the Westerners, he said, who are killing children in Iraq, in Afghanistan and in Syria. »

« He spoke in a manner … that was very calm and very determined, » Cohen said, « as if he had also prepared answers. » It was « extremely troubling, » she said. « The message was to pass along his claim of responsibility. He intended that his claims be publicly known. »

In a separate interview slightly after 3 p.m. Paris time, the channel also spoke with Amedy Coulibaly. « That was a different situation, because we got a phone call, » Cohen said. « He called us because in fact he was looking to contact the police. »

« He claimed to be part of the Islamic State [ISIS] very clearly, » Cohen said. « He said he had instructions from the caliphate. And then another very important element, evidently, as we were saying in the afternoon, he established a link with the Kouachi brothers. »

Coulibaly told Alexis Delahousse, another BFM journalist, that he and the Kouachi brothers had planned their attacks together but had not been in touch since they began the operations. This detail has puzzled terrorism analysts, as al-Qaeda and ISIS are rivals rather than allies.

« Finally, he explained also why he did this: to defend oppressed Muslims, he said, notably in Palestine, » Cohen said. « And finally he explained his target, why this kosher store: because he was targeting Jews. »

Voir par ailleurs:

Don’t let murderers pretend their crimes are about cartoons
Ezra Klein

Vox

January 7, 2015

Yes, Charlie Hebdo was a magazine that delighted in controversy and provocation. Yes, it skewered religion and took joy in giving offense. Yes, the magazine knowingly antagonized extremists — Charlie Hebdo’s web site had been hacked and its offices firebombed before today; French Foreign Minister Laurent Fabius had asked of its cartoons, « Is it really sensible or intelligent to pour oil on the fire? » And yes, Charlie Hebdo’s editor said in 2012, prophetically, that « I prefer to die than live like a rat. »

But this isn’t about Charlie Hebdo’s cartoons, any more than a rape is about what the victim is wearing, or a murder is about where the victim was walking.

What happened on Wednesday, according to current reports, is that two men went on a killing spree. Their killing spree, like most killing sprees, will have some thin rationale. Even the worst villains believe themselves to be heroes. But in truth, it was unprovoked slaughter. The fault lies with no one but them and their accomplices. Their crime isn’t explained by cartoons or religion. Plenty of people read Charlie Hebdo’s cartoons and managed to avoid responding with mass murder. Plenty of people follow all sorts of religions and somehow get through the day without racking up a body count. The answers to what happened today won’t be found in Charlie Hebdo’s pages. They can only be found in the murderers’ sick minds.

Today is a good day to honor Charlie Hebdo and to share its work. It’s a good day to do that because good people died today and we should remember them. It’s a good day to do that because much of the work in Charle Hebdo was brilliant and any day is a good day to share it.

Don’t allow extremists to set the terms of the conversation

But we shouldn’t buy into the bullshit narrative of a few madmen that their murders were a response to some cartoons. We shouldn’t buy into it even if we’re saying that murdering in response to cartoons is always wrong. This is related to a point Charlie Hebdo made often and well. As my colleague Max Fisher wrote about the magazine’s wonderful cover, « Love is Stronger Than Hate » (pictured above):

Part of Charlie Hebdo’s point was that respecting these taboos strengthens their censorial power. Worse, allowing extremists to set the limits of conversation validates and entrenches the extremists’ premises: that free speech and religion are inherently at odds (they are not), and that there is some civilizational conflict between Islam and the West (there isn’t).

These are also arguments, by the way, made by Islamophobes and racists, particularly in France, where hatred of Muslim immigrants from north and west Africa is a serious problem.

And that is exactly why Charlie Hebdo’s « Love is stronger than hate » cover so well captures the magazine’s oft-misunderstood mission and message. Yes, the slobbery kiss between two men is surely meant to get under the skin of any conservative Muslims who are also homophobic, but so too is it an attack on the idea that Muslims or Islam are the enemy, rather than extremism and intolerance.
Allowing extremists to set the limits of conversation validates and entrenches the extremists’ premises. That was true in the criticism of Charlie Hebdo’s covers, and it’s even truer in today’s crimes.

These murders can’t be explained by a close read of an editorial product, and they needn’t be condemned on free speech grounds. They can only be explained by the madness of the perpetrators, who did something horrible and evil that almost no human beings anywhere ever do, and the condemnation doesn’t need to be any more complex than saying unprovoked mass slaughter is wrong.

This is a tragedy. It is a crime. It is not a statement, or a controversy.

Voir de même:

A War on ‘Random’ Terror
Kayla Jean Mueller and the nature of the Islamist threat.
WSJ

Feb. 10, 2015

Each day seems to bring new testament to the nature of the Islamist terror threat, the latest casualty another American. If only it brought more clarity from the U.S. government about the threat.

On Tuesday U.S. officials confirmed the death of Kayla Jean Mueller, a 26-year-old humanitarian from Arizona who was snatched by the Islamic State while helping Syrian refugees. Neither the U.S. nor her family disclosed details of how she died, though in a statement President Obama blamed “unconscionable evil” and promised to “find and bring to justice the terrorists who are responsible for Kayla’s captivity and death.”

In a different context, however, the Commander in Chief was more equivocal. In an interview with the liberal Vox.com website, Mr. Obama explained that while terrorism is merely one danger among many such as climate change or cybersecurity, “It is entirely legitimate for the American people to be deeply concerned when you’ve got a bunch of violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks in a deli in Paris.”

His choice of words was strange, given that the Charlie Hedbo assassins were explicit about their ideological and anti-Semitic reasons for targeting a kosher grocery. White House press secretary Josh Earnest on Tuesday didn’t help with his explanation: “The adverb that the President chose was used to indicate that the individuals who were killed in that terrible tragic incident were killed not because of who they were, but because of where they randomly happened to be.”

The State Department’s Jen Psaki also refused to explore the motivations of the killers, adding that “there were not all victims of one background or one nationality.” All the victims were Jewish.

This is the confusion that arises among those who are unwilling to confront the character of America’s enemies.

Voir aussi:

There’s Nothing ‘Random’ About Islamic Terrorism, Mr. President

Acknowledging who the victims of Islamic terrorism are means acknowledging its motivations

During his sycophantic conversation with President Barack Obama, Vox’s Matthew Yglesias poses a “question” that I imagine reflects the opinion of many on the Left these days: “Do you think the media sometimes overstates the level of alarm people should have about terrorism and this kind of chaos, as opposed to a longer-term problem of climate change and epidemic disease?”

Obama:

Look, the point is this: my first job is to protect the American people. It is entirely legitimate for the American people to be deeply concerned when you’ve got a bunch of violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks in a deli in Paris.

The president, in his own peripatetic way, ends up concurring with Yglesias’ appraisal of the world. Terrorism, the violent arm of a religious movement that threatens innocent lives and liberal ideals on every continent and people of every faith (including other Muslims), is entirely overblown when compared to a slight variation in the climate or some highly debatable assumptions about the future of human progress.

And, as you all know, there is a dearth of chilling stories about climate change in the media.

At least Obama was kind enough to acknowledge that Americans had some reason to be concerned about “a bunch of violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks.” As it turns out, these random people who got themselves shot in a “deli” in Paris happen to have been Jewish. The random people getting themselves shot at a satirical newspaper happened to have mocked Mohammad. And those 10 random people who were murdered and had their churches burned down by mobs in Niger last week, well they happened to be Christian folks.

It’s likely that all these victims would – with astonishing precision – be able to pinpoint both the religious affiliation and rationale of those responsible for their deaths. President Obama refuses to do the same. For the president, acknowledging who the victims of Islamic terrorism are means acknowledging the motives that drive it. Recognizing what drives a terrorist undermines the progressive theory that says this movement is merely a byproduct of shiftlessness, criminality and poverty rather than a movement driven by faith and political goals.

Gone are the days when were allowed to make (appropriate) distinctions between peaceful and radical Islam. Now we’re supposed to accept that these string of events are executed by aimless zealots, detached from any tradition or faith. Random. We are supposed to believe that this problem can be dealt with, as the president notes, in “the same way a big city mayor’s got to cut the crime rate down if he wants that city to thrive.”

Dealing with political Islam is just like getting rid of graffiti and waiting for gentrification. You know, if only Saudi Arabia had a few extra bucks laying around, we’d rid the world of all of these delinquents.

For Jews, there is another reality that wishful thinking can’t change. According to Pew, there is rampant anti-Semitism in the Islamic world. Not only among radical factions, but everywhere. In moderate Jordan, 97 percent of the folks unfavorable view of Jews (not Zionists, Jews). The ADL found that 74 percent of the folks surveyed in the Middle East and North Africa had anti-Semitic attitudes. The number was 24 percent in Western Europe and 34 percent in Eastern Europe. Not all of this aversion to Jews is equality vitriolic or dangerous, of course. But it is undeniable that in Europe there is increasing violence, and much of it comes from Muslims.

All of which makes Obama’s politically correct construing of events even more disturbing.

Put it this way: the president is more inclined to call out Christian crimes against the Rhineland Jews of 1096 than Islamic crimes against Jews today. He’d rather dissemble for the sake of political correctness, using heavy-handed historical comparisons that aren’t only irrelevant to contemporary discussions about religious violence, but a stretch even if we discussed them in the context of history.

It should go without saying that Americans deserve a more accurate conversation about the threats they face.  Maintaining precision of language throughout a long interview is probably tough. So I imagine Obama’s liberal use of “folks” wasn’t meant in a dismissive way. I don’t believe he has a problem with Jews – though, as Jonathan Tobin puts it, he sure has a blind spot. And his contention that terrorism isn’t tied to any specific religion comports well with things he’s said before. There was little chance the president would say the words “Islamic terrorists” – actually, “Islam” doesn’t make an appearance at all– to strip the conversation of a reality.  But there was nothing “random” or senseless about these events. The message was sent. It’s why French soldiers have to stand outside synagogues and satirical newspapers today.

It’s also why, incidentally, a random bunch of folks with a nuclear weapon might make the Jews even more nervous.

Voir également:

Obama’s Blind Spot About Anti-Semitism
Jonathan S. Tobin

Commentary

02.09.2015

There has been a great deal of justified criticism about President Obama’s unwillingness to respond to terrorist outrages with the sort of moral leadership that can rally the West to fight back. His comments at last week’s National Prayer Breakfast in which he sought to create a false moral equivalency between ISIS’s horrific burning alive of a captured Jordanian pilot and the Christian West’s past sins during the Inquisition and even the Crusades have been rightly blasted for his tone-deaf approach to terrorism. The president seems so mired in his deep ambivalence about the West’s role in world history that he is unable to play his part as leader of the free world in what is, like it or not, a life-and-death struggle against truly evil forces. It is also revealed in his administration’s refusal to call Islamist terrorism by that name. But just as troubling is his unwillingness to address one of the primary characteristics of this brand of terror: anti-Semitism. In an interview with Vox’s Matthew Yglesias, he described the terror attack on a Paris kosher market as a “random” event rather than an act of murder motivated by Jew hatred. Though it won’t get the same attention as his outrageous speech last week, it gives us just as much insight into the president’s foreign-policy mindset.

It should be recalled that in the immediate aftermath of the shootings at the Hyper Cacher market by killers associated with those who perpetrated the Charlie Hebdo massacre days earlier, President Obama also refused to call it an act of anti-Semitism. That was, in its own way, as shocking as the president’s decision to not send any high-ranking U.S. official to the Paris unity march that took place to protest the murders or to go himself as did many other Western leaders.

But official American statements that did mention anti-Semitism and the subsequent rally boycott overtook this controversy. The kerfuffle over that initial comment was soon forgotten. But the president’s return to this topic has brought that statement back to mind.

His Vox comments are, in fact, far worse than his initial reaction which was more a matter of omission than a conscious twisting of events. Here’s what the president said in response to a question about whether the media is blowing terrorist incidents out of proportion:

It is entirely legitimate for the American people to be deeply concerned when you’ve got a bunch of violent, vicious zealots who behead people or randomly shoot a bunch of folks in a deli in Paris.
Let’s first note that his characterization of the assailants again omits their Islamist loyalties and the fact that religion was the motivating factor for their crime. This is consistent with administration policy that seeks to cleanse ISIS, al-Qaeda, or other Islamists of any connection with the Muslim faith. This is absurd not just because it is wrong. It also puts Obama in the position of trying to play the pope of Islam who can decide who is or is not a real Muslim, a responsibility that no American president should try to usurp.

But it is also significant that once again the president chooses to treat a deliberate targeting of a Jewish business filled with Jewish customers as something that is random rather than an overt act of anti-Semitism. Doing so once might be excused as an oversight. The second time makes it a pattern that can’t be ignored.

This is a peculiar talking point especially since the increase of anti-Semitism in Europe with violent incidents going up every year is something that even the Obama State Department has dubbed a “rising tide” of hate.

Why does the president have such a blind spot when it comes to anti-Semitism? His critics will jump to conclusions that will tell us more about their views of Obama than about his thinking. But suffice it to say that this is a president who finds it hard to focus on the siege of Jews in Europe or of the State of Israel in the Middle East. Nor can it be entirely coincidental that a president who treats Israeli self-defense and concerns for its security as a bothersome irritant to his foreign policy or seeks to blame the Jewish state’s leaders for obstructing a peace process that was actually blown up by the Palestinians would have a blind spot about anti-Semitism.

To address the spread of violent anti-Semitism in Europe would require the administration to connect the dots between slaughters such as the ones that took place at Charlie Hebdo and Hyper Cacher and the hate spread by the Islamists of Iran with whom Obama is so keen on negotiating a new détente. To put these awful events in a context that properly labels them an outbreak of violent Muslim Jew-hatred would require the administration to rethink its policies toward Israel as well as Iran. And that is something this president has no intention of doing.

You can’t defeat an enemy that you refuse to call by his right name. That’s why ignoring Islamism and calling ISIS and the Paris killers mere “zealots” or “extremists” not only misses the point but also hampers the West’s ability to resist them. By the same token, the omission of any discussion of anti-Semitism about an event that was an unambiguous act of Jew hatred similarly undermines the effort to strike back at such atrocities. When a president calls one of the more egregious acts of anti-Semitism in recent years a mere “random” shooting, it trivializes the victims and places the U.S. on the wrong side of the moral divide. In doing so, Obama does the nation and the cause of freedom a grave disservice.

Voir encore:

Obama Keeps Bowing In The Middle East
David Harsanyi
The Federalist
January 27, 2015

At the World Economic Forum last week, Secretary of State John Kerry argued that while extremists may cite Islam as a justification for terrorism, the world should refrain from using the term “Islamic radicals.” Extremism, Kerry maintained, is apart from Islam, and the millions who support or engage in violence in its name are driven by “criminal conduct rooted in alienation, poverty, thrill-seeking and other factors.”

This soothing half-baked philosophy is cant in the Obama Administration. So when ISIS takes credit for beheading the Japanese hostage Haruna Yukawa, it shouldn’t have been surprising that the most important thing Rick Stengel, an undersecretary of state for happy thoughts, could think to tweet to his followers was that the decapitation had, “Nothing religious about it.”

We’ve gone from incessantly offering (appropriate) distinctions between factions of Islam to fantasizing that terrorists are a bunch of shiftless underprivileged adrenaline junkies with no particular philosophy at all. Religion is an organized collection of beliefs that makes sense of existence. Under no definition of “faith” is there a stipulation that it must be devoid of any violence. And whether or not violence used in Islam is a distortion of the faith is for people of that religion to work out for themselves, not for a talking head from Vermont to decree.

If the administration is interested in seeing how this works, we don’t have to look farther than our good allies in Saudi Arabia, where the national flag features an inscription of the Islamic creed – “There is no god but God, Muhammad is the messenger of God” – which is neatly underlined by a sword. This, I think is fair to say, may insinuate that a coupling of violence and faith is indeed possible in modern religion.

Perhaps Barack Obama can ask new Saudi King Salman bin Abdulaziz when he pays his respects (an honor the victims in Paris did not receive) what the deal is. He could ask how women are thrown into the streets for public beheadings has anything to do with religion and violence. The Saudi government, after all, has defended the recent decapitation of a Burmese woman (caught on video) as compulsory to “implement the rulings of God.” It’s the ninth such execution this year. (All these beheadings sure are a weird coincidence, no?) Perhaps Saudi monarchs are driven by alienation and poverty when they are induced to flog writers who insult them? And perhaps Kerry has a better grasp of Islamic law than the Wahhabi sect running the religious police force in the Kingdom of Saudi Arabia, the birthplace of Islam? I imagine he thinks he does.

I don’t propose invading the Arabian Peninsula, or anyone else for that matter. But George Bush, another House of Saud coddler, used to claim that U.S.’s fight in the Middle East was about promoting democracy. Obama has talked about how important it is for our diplomacy to mirror our values. In reality, of course, friendly autocrats help us fight stateless Islamic extremism and offer stability. King Abdullah and his successor have also acted as a counterbalance to Iran – a precarious situation we helped establish. (Though, under this president, we do not afford an Egyptian army that scuttled the Muslim Brotherhood takeover of that nation the same courtesy.)

So everyone understands why we ignore the fact that King Abdullah’s Saudi Arabia became the world’s largest source of funds of Salafist jihadism and the fact that religious state institutions are the leading voices perpetuating that jihadism. Obama will pay his respects to the government in a nation that has no real elections, political parties or dissent. We ignore that, too. And Saudi Arabia also proves that governments run by certain faiths have been more inclined to create alienation, poverty and a whole lot of thrillseekers – even when in the fortuitous position of sitting on a wealth-producing commodity.

But surely there is some kernel of moral duty among American leaders to promote liberal values around the world. Juxtapose how this administration treats allies; how the president admonishes and undermines an elected leader he doesn’t particularly care for and, at the same time, reveres and celebrates the life of a degenerate dictator. King Abdullah had “about” 30 wives, and fathered “about” 35 children, according to sources. Some of them were only young teens when they were forced to wed the then middle-aged King. Some of these women remained prisoners for many decades against their will. Considering the human trafficking and white slavery that is generally overlooked by the monarchs, perhaps he really is a moderate. The freshly deceased King Abdullah, says the president, was “a candid leader who had the courage of his convictions, including his passionate belief in the importance of the U.S.-Saudi relationship as a force for stability and security in the Middle East.”

While this administration is having a meltdown over the fact that Benjamin Netanyahu will be speaking to congress about the threat Iranian nuclear ambitions, the chairman of the Joint Chiefs of Staff is sponsoring an essay competition in the United States to Honor former Saudi King. Marine Corps Maj. Gen. Frederick M. Padilla, the president of the National Defense University, want to challenge future students “while honoring the late king.” “This scholarly research competition presents NDU students with a unique opportunity to focus their research and writing efforts on relevant issues at the intersection of U.S. security interests and the Arab-Muslim world,” the release said.

It’s fair to say that every administration has gone out of its way to avoid insulting these immoral dictatorships. It’s just that so few have been as consistent and obsequious as this one.

ETATS-UNIS Selon les conservateurs, le président «insulte» les chrétiens…

Obama attaqué pour avoir comparé la violence djihadiste aux croisades
Philippe Berry
20 minutes

07.02.2015

Il y a trois thèmes qui font démarrer les républicains au quart de tour: Obamacare, l’oléoduc Keystone et l’islam. Jeudi, à l’occasion du petit-déjeuner annuel de prière, le président américain a voulu jouer les rassembleurs, dans un moment d’union spirituelle. C’est raté: toute la journée de vendredi, les conservateurs ont tiré à boulets rouges sur ses remarques.

Evoquant les violences et les actes «barbares» des djihadistes de Daesh (Isis, en anglais), Obama a invité les chrétiens à ne pas jeter la première pierre. «Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié» par la religion.

«S’occuper de la menace de l’islam radical»
«Les commentaires du président au petit-déjeuner de prière sont les plus insultants que j’ai entendus de ma vie», a attaqué le républicain Jim Gilmore. «Il a insulté tous les Chrétiens des Etats-Unis. Cela prouve une fois de plus que Mr Obama ne croit pas en nos valeurs américaines et ne les partage pas.»

L’ex-candidat Rick Santorum, très catholique, estime, lui, que les mots présidentiels étaient «inappropriés alors que des Chrétiens sont décapités et persécutés au Moyen-Orient». «La menace chrétienne médiévale est sous contrôle, Mr le président. Il serait temps de s’occuper de la menace de l’islam radical d’aujourd’hui», a renchéri Bobby Jindal, qui pourrait se lancer dans la primaire républicaine. L’outrage est parfois une arme politique.

Voir aussi:

Krauthammer: Obama’s prayer breakfast remarks ‘banal and offensive’

Fox news
February 05, 2015

SEAN HANNITY, HOST: Welcome back to « Hannity. » Now more on the big two top stories of the day. Catching headlines, Brian Williams caught red handed and the president lecturing Christians at the National Prayer Breakfast.  Here with reaction, author of the number one New York Times bestseller « Things that Matter, » Fox News contributor, the one and only Charles Krauthammer. Charles, good to see you, my friend.

CHARLES KRAUTHAMMER, SYNDICATED COLUMNIST: Pleasure to be with you again.

HANNITY: What was your reaction to the prayer breakfast?

KRAUTHAMMER: I was stunned that the president could say something so at once banal and offensive. Here we are now two days away from an act shocking barbarism, the burning alive of a prisoner of war, and Obama’s message is that we should remember the crusades and the inquisition.

I mean, for him to say that all of us have sinned, all religions have been transgressed, is, you know, is adolescent stuff. Everyone knows that.

What’s important is what’s happening now. Christianity no longer goes on crusades and it gave up the inquisition a while ago. The Book of Joshua is knee deep in blood. That story is over too. The story of today, of our generation, is the fact that the overwhelming volume of the violence and the barbarism that we are seeing in the world from Nigeria to Paris all the way to Pakistan and even to the Philippines, the island of Mindanao in the Philippines –

HANNITY: Australia –

KRAUTHAMMER: — is coming from one source. And that’s from inside Islam. It is not the prevalent idea of Islam, but it is coming from Islam, as many Islamic leaders including the president of Egypt and many others have admitted. And there needs to be a change in Islam.

It is not a coincidence that all of these attacks on other religions are happening, all over the world, in a dozen countries, two dozen countries, all in the name of one religion. It’s not a coincidence. And for the president to be lecturing us and to say we shouldn’t get on our high horse and to not remember our own path is ridiculous. The present issue is Muslim radicalism and how to attack it.

HANNITY: I actually think –

KRAUTHAMMER: A lot of people are dying.

HANNITY: I think it’s not only ridiculous but it’s dangerous that he can’t identify this enemy. A quick example, the Jordanian reaction to the killing of the mass murder — the murder of this Jordanian pilot burned to death and then bulldozed, you know, compare the president’s reaction to James Foley and his beheading, a quick, you know, three-minute comment.  Three minutes later he’s on the golf course for five hours, and no strong statement or reaction from the president.

KRAUTHAMMER: From Obama’s first speech at West Point in December 2009, ironically announcing the surge in Afghanistan, you could tell that his heart has never been in this fight, never. He’s the commander in chief and yet he announces one sentence after he talks about the surge, he talks about the day to withdraw. Everyone in the region knows that. Everyone in the Middle East knows that he took on the fight on ISIS only because of the public reaction to the video of the beheading of the two Americans. He never would have lifted a finger otherwise. He hasn’t helped the rebels in Syria. He has not given the weapons that Jordan needs. The Kurds, who are actually able, courageous, and well — and committed to the fight against is, still cannot get direct arms from the United States.

HANNITY: Yes.

KRAUTHAMMER: The world knows this. Our enemies know it and our friends know it.

HANNITY: And so not only West Point but the first summer being president when he goes to a foreign country apologizing at foreign capitals for America for sins real and even imagined.

Let me transition and ask you, we work in the media business. You’ve been following the story of Brian Williams of NBC News.

KRAUTHAMMER: Yes.

HANNITY: To me it’s bewildering. I’ve met him. He seemed like a nice guy. Why would somebody risk their credibility in a totally fabricated story that got bigger and bigger and bigger every time he told it?

KRAUTHAMMER: Look, this is a big mistake on his part. I don’t like to pile on. I mean, all of us have embellished. Once you start to embellish you’re trapped in it and you can’t escape. Let’s remember Hillary made the story about being shot at in Bosnia.

HANNITY: I know. That’s true.

KRAUTHAMMER: And she is the odds on favorite to be the Democratic nominee of the presidency. So course you expect a politician to lie and not a broadcaster. So I can understand the difference. But what stuns me is how dumb this is. If you’re going to make up a story, do it when there aren’t other people around. You know, you tell a story –

(LAUGHTER)

HANNITY: If you’re going to tell a lie, don’t have witnesses, is that what you’re saying?

KRAUTHAMMER: Exactly. You tell a story about wrestling a lion to the ground because generally speaking lions don’t have access to the Internet. But you don’t do it about an event that everybody saw.

HANNITY: That’s a good point.

KRAUTHAMMER: You know in the end you’re going to be unmasked about it.

HANNITY: All right, last question. The phenomenon of « American Sniper, » I’ve interviewed Chris Kyle’s wife, brother, his father. They’re amazing people. He was an amazing man, more confirmed kills than anybody else in military history. But yet people still pile on. The latest person is Jesse Ventura on our mutual friend Alan Colmes’ radio show. Here’s what he said.

(BEGIN VIDEO CLIP, ALAN COLMES RADIO, FEB. 3)

JESSE VENTURA: He was obviously a great sniper. He’s obviously a great shot. He obviously did his job correctly. Alan, let me fire this one at you. Do you think the Nazis have heroes?

(END VIDEO CLIP)

HANNITY: What is it about people that just have total contempt and lack of understanding for what it is that we are given as a gift from those brave men and women that the American people obviously responded to at the box office?

KRAUTHAMMER: I think it’s fairly simple. I think the whole fight over the meaning and popularity of the movie is a surrogate for rearguing the war in Iraq. What worries the left is that they thought they won the argument. And here’s a movie amazingly popular that actually acknowledges the courage and heroism and sacrifice of those who fought in Iraq. And I think that is sort of unpalatable.

Remember, Hollywood put out half a dozen anti-war, anti-Iraq, we are the bad guy movies, and nobody went to see any of them. And here is one movie which celebrates a courageous soldier, and it is extremely popular and actually rather artistically done, well-done by Clint Eastwood. And the left has to now re-litigate the war because they thought they had won the argument and they want to make sure that they retain that at least ideological victory.

HANNITY: All right, Charles Krauthammer, always good to see you.  Thank you so much for being with us.

KRAUTHAMMER: Pleasure.

Voir de plus:

Obama défend son refus de rencontrer Nétanyahou
La presse

09 février 2015
Agence France-Presse
WASHINGTON
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dit lundi sa détermination à prononcer un discours sur le nucléaire iranien en mars à Washington, mais n’y verra pas Barack Obama, qui a invoqué des raisons protocolaires pour justifier son refus.
«Je suis déterminé à prononcer un discours devant le Congrès, c’est pourquoi je suis décidé à me rendre à Washington et à présenter la position d’Israël» sur le dossier iranien, a lancé M. Nétanyahou lors d’une réunion électorale, à un peu plus d’un mois des législatives, prévues le 17 mars.

La Maison-Blanche a fait part de son irritation à la suite de l’annonce de l’invitation lancée par des élus républicains du Congrès à M. Nétanyahou.

Le vice-président américain Joe Biden a annoncé qu’il serait absent lors du discours qui doit avoir lieu le 3 mars.

Et Barack Obama a de nouveau explicité lundi sa décision de ne pas rencontrer M. Nétanyahou lors de son séjour à Washington.

«Notre politique est de ne jamais organiser de rencontres avec des dirigeants avant les élections», a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel.

La relation entre les États-Unis et Israël «transcende les partis. C’est un lien indestructible, nous sommes attachés à la sécurité d’Israël, nous partageons des valeurs», a-t-il ajouté.

Mais le président américain a reconnu avoir «un vrai différend» avec Israël au sujet de l’Iran, surtout depuis que M. Nétanyahou a annoncé qu’il allait s’exprimer devant le Congrès, dont des élus menacent d’adopter de nouvelles sanctions contre Téhéran.

En Israël, plusieurs chefs de file de l’opposition centriste et de gauche en Israël, ainsi que de nombreux commentateurs ont multiplié les appels à Benyamin Nétanyahou à annuler son discours pour ne pas fragiliser la «relation spéciale» entre les États-Unis et leur pays.

M. Nétanyahou a rejeté toutes ces pressions en expliquant qu’un «mauvais accord est en préparation avec l’Iran qui va mettre en danger l’existence de l’État d’Israël. Il est de mon devoir de tout faire pour l’empêcher».

«Depuis la création de l’État d’Israël jusqu’à aujourd’hui, il y a eu des divergences de fond entre Israël et les États-Unis, mais nos relations sont restées solides et il en sera de même cette fois-ci», a prédit le premier ministre.

En novembre, l’Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) se sont entendus pour parvenir d’abord à un accord politique avant le 31 mars et ensuite en finaliser les détails techniques pour un accord global avant le 1er juillet.

Mais ces négociations piétinent, laissant craindre une nouvelle extension des discussions, déjà prorogées à deux reprises.

M. Obama a prévenu lundi l’Iran qu’il n’y aurait pas de prolongation au-delà du 31 mars et que Téhéran devait dorénavant se décider.

«Les problèmes ne sont plus techniques. Les problèmes sont maintenant de savoir si l’Iran a la volonté politique et le désir de conclure un accord», a-t-il souligné.

Voir par ailleurs:

ROYAUME-UNI

Pour la BBC, il ne faut pas qualifier de « terroristes » les tueurs de « Charlie Hebdo »
Le responsable du service arabophone de la BBC refuse que les journalistes de la radio utilisent le terme de « terrorisme » pour parler des tueurs de Charlie Hebdo. C’est un terme trop connoté politiquement, a-t-il expliqué hier à The Independent.

Courrier international
27 janvier 2015

Non, les frères Kouachi ne sont pas des terroristes. Du moins pas aux yeux des journalistes du service arabophone de la BBC, le plus important service hors langue anglaise de la radio publique britannique, suivi chaque semaine par près de 36 millions d’auditeurs. Son responsable, Tarik Kafala, s’en est expliqué le 26 janvier dans une interview au quotidien The Independent : « Nous tentons d’éviter de décrire quelqu’un comme un terroriste, ou un geste comme étant terroriste. »

La raison ? La notion de « terrorisme » est politiquement trop connotée, note Tarik Kafala, qui explique que sa chaîne évite d’employer le terme « terroriste ». Dans le cas des attentats de Paris, on a immédiatement entendu parler d' »attaques terroristes » et du déploiement de la « police anti-terroriste » dans les rues de la capitale française. « Clairement, tous les officiels et les commentateurs utilisent ce mot pour qu’il soit repris par tous les médias », ajoute le journaliste.

Aucune définition internationale claire

D’une manière générale, la BBC a des règles éditoriales spécifiques concernant le terme « terrorisme », rappelle The Independent. Sans interdire l’utilisation de ce terme, la chaîne demande à ses journalistes d’être « très attentifs » lorsqu’ils évoquent des actes considérés comme des actes de terreur, expliquant qu’il y a des termes plus précis pour les expliquer que le mot « terrorisme ». En anglais, le mot « terroriste » n’a pas non plus été utilisé par la BBC pour désigner les frères Kouachi.

Même s’il est sans doute l’un des plus utilisés aujourd’hui dans le monde, le terme « terrorisme » ne fait l’objet d’aucune définition internationale claire, rappelle enfin Tarik Kafala : « Les Nations unies ont tenté pendant une décennie de définir ce mot, sans y parvenir. C’est très délicat. Nous savons ce qu’est la violence politique, nous savons ce que sont les meurtres, les attentats et les fusillades et nous pouvons les décrire. Et cela explique bien plus de choses, à nos yeux, qu’utiliser le mot ‘terrorisme’. »

Voir enfin:

 OBAMA

The Vox conversation

Februray 9, 2015

In his 2007 book The Audacity of Hope, then-Sen. Barack Obama laid out his theory of America’s political and policy problems as it stood on the eve of his first presidential campaign. He worried, he said, about « the gap between the magnitude of our challenges and the smallness of our politics. »

On January 23, he sat down with Vox for a wide-ranging interview about his theory of America’s political and policy problems as it stands at the beginning of the seventh year of his presidency. What follows is a lightly edited transcript of the first part of the conversation, which focused on domestic policy and politics. You can find the second half, which focuses on America’s role in the world, here.

Ezra Klein
The economy is growing. We have very high corporate profits. We have a record stock market. And yet for decades now, we’ve not been seeing significant wage increases for the American people. How have we gotten to a point where businesses can be doing so well but workers don’t necessarily share in that prosperity? 1

1 Corporate profits and workers’ wages
as a share of GDP

Source: St. Louis Fed
Barack Obama
Well, this has been at least a three-decade-long trend. And this was a major topic in my State of the Union address. We obviously came in at a time of enormous crisis, and the first task was making sure we didn’t have a complete global economic meltdown. The steps we took, whether making sure the financial system was functioning — saving the auto industry, encouraging state and local spending — all those things made a difference in buoying the economy. And then it’s been a hard but steady slog to the point where now we’re growing at a robust pace and unemployment has come down faster than any time in the last 30 years.

Obama on why income inequality has skyrocketed

In some ways we’re now back to the position where we can focus on what is this longer-term trend, and that is a larger and larger share of wealth and income going to the very top, and the middle class or folks trying to get into the middle class feeling increasingly squeezed because their wages have stagnated.

Now, there are a whole bunch of reasons for that. Some of it has to do with technology and entire job sectors being eliminated — travel agents, bank tellers, a lot of middle management — because of efficiencies with the internet and a paperless office. A lot of it has to do with globalization and the rest of the world catching up. Post-World War II, we just had some enormous structural advantages because our competitors had been devastated by war, and we had also made investments that put us ahead of the curve, whether in education or infrastructure or research and development.

And around the ’70s and ’80s and then accelerating beyond that, those advantages went away at the same time as, because of technology, companies are getting a lot more efficient. One last component of this is that workers increasingly had less leverage because of changes in labor laws and the ability for capital to move and labor not to move. 2 You combine all that stuff, and it’s put workers in a tougher position. So our job now is to create additional tools that, number one, make sure that everybody’s got a baseline of support to be able to succeed in a constantly moving economy. Whether it’s health care that survives job loss. Whether it is making sure we have child care that allows a two-working-household family to prosper while still caring for their kids. Having a certain baseline in terms of wages, through the minimum wage. 3 So that’s one set of issues.

2 Union membership, in millions

Source: Pew Research Center
3 Because of inflation, today’s federal minimum wage of $7.25 is worth significantly less than the minimum wage in the ’70s. The Obama administration has proposed raising it to $10.10.
A second set of issues then becomes: how do we make sure that everybody has the tools to succeed in an economy where they constantly have to adapt? And how do they move up the value chain, essentially because they can work in higher-wage, higher-skill professions, and were able to compete for those jobs internationally?

Then the third thing is making sure that we have an economy that’s productive. Now, if we do all those things, then what I’m confident about is that we can continue to lower the unemployment rate, increase the participation rate, and continue to grow and increase productivity. We’re still going to have a broader, longer-term, global question, and that is: how do we make sure that the folks at the very top are doing enough of their fair share? The winner-take-all aspect of this modern economy means that you’ve got some people who just control enormous amounts of wealth. We don’t really resent their success; on the other hand, just as a practical matter, if we’re going to pay for schools, roads, et cetera, and you’ve got, you know, 50 people or 80 people having as much wealth as 3 billion, you know you’re going to have problems making sure that we’re investing enough in the common good to be able to move forward. 4 So that’s a long-term question. But right now, there’s some very specific things we can do that can make a difference and help middle-class families. And that’s why I called it middle-class economics.

4 It’s worth noting that this statistic is as much a reflection of global indebtedness as global wealth.
Ezra Klein
To focus a bit on that long-term question, does that put us in a place where redistribution becomes, in a sense, a positive good in and of itself? Do we need the government playing the role not of powering the growth engine — which is a lot of what had to be done after the financial crisis — but of making sure that while that growth engine is running, it is ensuring that enough of the gains and prosperity is shared so that the political support for that fundamental economic model remains strong?

Barack Obama
That’s always been the case. I don’t think that’s entirely new. The fact of the matter is that relative to our post-war history, taxes now are not particularly high or particularly progressive compared to what they were, say, in the late ’50s or the ’60s. 5 And there’s always been this notion that for a country to thrive there are some things, as Lincoln says, that we can do better together than we can do for ourselves. And whether that’s building roads, or setting up effective power grids, or making sure that we’ve got high-quality public education — that teachers are paid enough — the market will not cover those things. And we’ve got to do them together. Basic research falls in that category. So that’s always been true.

5 The history of effective federal tax rates in America

Source: Quartz/The Tax Foundation
I think that part of what’s changed is that a lot of that burden for making sure that the pie was broadly shared took place before government even got involved. 6 If you had stronger unions, you had higher wages. If you had a corporate culture that felt a sense of place and commitment so that the CEO was in Pittsburgh or was in Detroit and felt obliged, partly because of social pressure but partly because they felt a real affinity toward the community, to re-invest in that community and to be seen as a good corporate citizen. Today what you have is quarterly earning reports, compensation levels for CEOs that are tied directly to those quarterly earnings. You’ve got international capital that is demanding maximizing short-term profits. And so what happens is that a lot of the distributional questions that used to be handled in the marketplace through decent wages or health care or defined benefit pension plans — those things all are eliminated. And the average employee, the average worker, doesn’t feel any benefit.

6 What Obama is talking about here is the difference between pre-tax and post-tax inequality. It’s possible to have low inequality either because the market itself spreads gains widely, or because the government intervenes at tax time to spread gains widely. Germany and Britain have higher pre-tax inequality than the US, but lower actual inequality because the government does so much through taxes and transfers.
So part of our job is, what can government do directly through tax policy? What we’ve proposed, for example, in terms of capital gains — that would make a big difference in our capacity to give a tax break to a working mom for child care. And that’s smart policy, and there’s no evidence that would hurt the incentives of folks at Google or Microsoft or Uber not to invent what they invent or not to provide services they provide. It just means that instead of $20 billion, maybe they’ve got 18, right? But it does mean that Mom can go to work without worrying that her kid’s not in a safe place.

We also still have to focus on the front end. Which is even before taxes are paid, are there ways that we can increase the bargaining power: making sure that an employee has some measurable increases in their incomes and their wealth and their security as a consequence of an economy that’s improving. And that’s where issues like labor laws make a difference. That’s where say in shareholder meetings and trying to change the culture in terms of compensation at the corporate level could make a difference. And there’s been some interesting conversations globally around issues like inclusive capitalism and how we can make it work for everybody.

Ezra Klein
When you drill into that pre-tax portion, one thing you can find in wages is health-care costs.

Barack Obama
Yeah.

Ezra Klein
And when you drill deeper into the health-care costs, one thing you find is that a major piece of why Americans pay so much more is that when we go to a hospital, an MRI, or an appendectomy, or even a bottle of cholesterol drugs just costs much more for an American to buy than it does in Germany, in Japan, in Canada, in Great Britain. Why do you think Americans pay so much higher health-care prices than folks in other countries? 7

7 The seminal paper on this is the wonderfully named « It’s the Prices, Stupid: Why the United States Is So Different From Other Countries. »
Barack Obama
Well, you know there are a lot of theories about this. But I think the evidence points to a couple of key factors. One is that we’ve got a third-party system. Mostly we’ve got a system where everybody gets their health insurance through their employers. Obviously the Affordable Care Act, Obamacare, helps to cover the gap for those who aren’t in that system. But for those of us who have an insurer, we don’t track it. And the market then becomes really opaque and really hard to penetrate. Health providers are able to, I think, charge without much fear that somebody’s looking over their shoulders and asking, well, why does this cost that much?

That’s one of the reasons [that with] the Affordable Care Act, a lot of the attention’s been on making sure that the uninsured have peace of mind, and people who currently have insurance but at some point might lose it or have pre-existing conditions are going to have it. That’s obviously the moral basis for what we did. But people haven’t been paying as much attention to the delivery-system reforms that we’re trying to institute through the Affordable Care Act as well.

I can’t take credit for all four years of the lowest health-care inflation in the last 50 that we’ve seen since the Affordable Care Act passed. 8 Some of the trends, I think, were already on their way. But we are accelerating a lot of reforms. For example, what do we do to make sure that instead of paying a doctor in a hospital for just providing a service, let’s make sure that they’re being rewarded for a good outcome? Which may mean in some cases fewer tests or a less expensive generic drug, or just making sure that all your employees are washing your hands so that you’re cutting the infection rate, or making sure that hospitals are reimbursed when there’s a lower readmissions rate, as opposed to when they’re doing more stuff. And using Medicare as a lever, I think, is creating an environment in the health-care field where we can start getting better outcomes and lower costs at the same time. 9 There are still going to be those who argue that unless you get a single-payer system, you’re never going to get all the efficiencies. There’s certain areas like drugs, where the fact that Congress — and the Republican Party in particular — has been resistant to letting drug makers and Medicare negotiate for the lowest price. It results in us paying a lot more than we should. But if we’re paying 4, 5, 6, 8 percent more than other countries for the same outcomes, I’d be pretty happy where we’re only paying 2 or 3 percent more. Because that represents hundreds of billions of dollars, and means we can do a lot with that money.

8 Annual growth in health-care spending

Source: Centers for Medicare & Medicaid Services
9 The White House is proposing tying 85 percent of all Medicare payments to outcomes by the end of 2016 — rising to 90 percent by 2018.
Ezra Klein
When you talk about Medicare as a lever, Medicare tends to pay a lot less per service than private insurers by a margin. Before single-payer there’s also this idea you hear occasionally of letting private insurers band together with Medicare, with Medicaid, to jointly negotiate prices. 10 Do you think that’s a good idea?

10 The technical term for this is « all-payer rate setting. »
Barack Obama
You know, I think that moving in the direction where consumers and others can have more power in the marketplace, particularly when it comes to drugs, makes a lot of sense. Now, you’ll hear from the drug companies that part of the reason other countries pay less for drugs is they don’t innovate; we, essentially through our system, subsidize the innovation, and other countries are free riders. There’s probably a little bit of truth to that, but when you look at the number of breakthrough drugs and the amount of money that drug companies now are putting into research and where they’re putting it, a whole lot of it is actually in redesigning, modestly, existing drugs so they can renew patents and maintain higher prices and higher profits. That’s not entirely true, but there’s some of that. So there is a lot of savings that could be achieved while still making sure that our drug industry is the best in the world, and will still be making a healthy profit.

Obama on why he’s such a polarizing president

Ezra Klein
To turn a bit towards politics, at this point, according to the polls, you are the most polarizing president really since we began polling. 11 But before you, the record was set by George W. Bush, and before George W. Bush the record was set by Bill Clinton. It seems that there’s something structural happening there in terms of party polarization and the way it affects approval ratings and cooperation with presidents. In your State of the Union, you struck back at critics who say that the idea of healing some of these divisions is naïve or impossible. So when you welcome your successor into office, what would you tell them is worth trying that you think can still work, that would reduce the polarization?

11 Presidents’ popularity gaps

Source: Gallup
Barack Obama
Well, there are a couple of things that in my mind, at least, contribute to our politics being more polarized than people actually are. And I think most people just sense this in their daily lives. Everybody’s got a family member or a really good friend from high school who is on the complete opposite side of the political spectrum. And yet, we still love them, right? Everybody goes to a soccer game, or watching their kids, coaching, and they see parents who they think are wonderful people, and then if they made a comment about politics, suddenly they’d go, « I can’t believe you think that! » But a lot of it has to do with the fact that a) the balkanization of the media means that we just don’t have a common place where we get common facts and a common worldview the way we did 20, 30 years ago. And that just keeps on accelerating, you know. And I’m not the first to observe this, but you’ve got the Fox News/Rush Limbaugh folks and then you’ve got the MSNBC folks and the — I don’t know where Vox falls into that, but you guys are, I guess, for the brainiac-nerd types. But the point is that technology which brings the world to us also allows us to narrow our point of view. That’s contributed to it.

Gerrymandering contributes to it. 12 There’s no incentive for most members of Congress, on the House side at least, in congressional districts, to even bother trying to appeal. And a lot of it has to do with just unlimited money. So people are absorbing an entirely different reality when it comes to politics, even though the way they’re living their lives and interacting with each other isn’t that polarizing. So my advice to a future president is increasingly try to bypass the traditional venues that create divisions and try to find new venues within this new media that are quirkier, less predictable.

12 For an interesting discussion of the evidence around gerrymandering and political polarization, see Vox’s gerrymandering card stack.
You know, yesterday I did three interviews with YouTube stars that generally don’t spend a lot of time talking about politics. And the reason we did it is because they’re reaching viewers who don’t want to be put in some particular camp. On the other hand, when you talk to them very specifically about college costs or about health care or about any of the other things that touch on their individual lives, it turns out that you can probably build a pretty good consensus.

Now, that doesn’t ignore the fact that I would love to see some constitutional process that would allow us to actually regulate campaign spending the way we used to, and maybe even improve it. I’d love to see changes at the state level that reduce political gerrymandering. So there’s all kinds of structural things that I’d like to see that I think would improve this but, you know, there’ve been periods in the past where we’ve been pretty polarized. I think there just wasn’t polling around. As I recall, there was a whole civil war — that was a good example of polarization that took place.

Ezra Klein
Do you think if we don’t get some of those structural reforms, and more to the point, if we continue along this path, in terms of where the parties are in Congress, are there ways to govern with polarization? It occurs to me that [this was] your argument when you came to office. But before you, Bush was a « uniter not a divider, » and before him Clinton, who was going to moderate and change the Democratic party with his sort of Third Way approach. The last couple of presidents have come to office promising the way they would get things done is to reduce polarization. Is there an argument or an approach that can be made to govern amidst polarization?

Barack Obama
A couple observations. Number one is that in American history — even during the so-called golden age where, you know, you had liberal Republicans and conservative Democrats and there was deal-cutting going on in Congress — generally speaking, big stuff didn’t get done unless there was a major crisis and/or you had big majorities of one party controlling the Congress and a president of the same party. I mean, that’s just been the history. There have been exceptions, but that’s often been the case in terms of big-muscle movements in the political system. And you know, my first two years in office when I had a Democratic majority and Democratic House and Democratic Senate, we were as productive as any time since Lyndon Johnson. And when the majority went away, stuff got blocked.

Probably the one thing that we could change without a constitutional amendment that would make a difference here would be the elimination of the routine use of the filibuster in the Senate. 13 Because I think that does, in an era in which the parties are more polarized, it almost ensures greater gridlock and less clarity in terms of the positions of the parties. There’s nothing in the Constitution that requires it. The framers were pretty good about designing a House, a Senate, two years versus six-year terms, every state getting two senators. There were a whole bunch of things in there to assure that a majority didn’t just run rampant. The filibuster in this modern age probably just torques it too far in the direction of a majority party not being able to govern effectively and move forward its platform. And I think that’s an area where we can make some improvement.

13 For more on the filibuster, see Vox’s card stack on Congressional dysfunction.
Ezra Klein
One of the powerful things that’s happened as polarization has increased politically is it’s begun structuring people’s other identities. The one I’m particularly interested in here is race. If you look back at polling around the OJ Simpson verdict or the Bernhard Goetz shooting in New York, Republicans and Democrats — you basically couldn’t tell them apart. Now you look at the Zimmerman verdict or you look at what’s going on in Ferguson, and opinion on racial issues is very sharply split by party. 14 Do you worry about the merging of racial and partisan identity?

In his 2007 book The Audacity of Hope, then-Sen. Barack Obama laid out his theory of America’s political and policy problems as it stood on the eve of his first presidential campaign. He worried, he said, about « the gap between the magnitude of our challenges and the smallness of our politics. »

On January 23, he sat down with Vox for a wide-ranging interview about his theory of America’s political and policy problems as it stands at the beginning of the seventh year of his presidency. What follows is a lightly edited transcript of the first part of the conversation, which focused on domestic policy and politics. You can find the second half, which focuses on America’s role in the world, here.

Ezra Klein
The economy is growing. We have very high corporate profits. We have a record stock market. And yet for decades now, we’ve not been seeing significant wage increases for the American people. How have we gotten to a point where businesses can be doing so well but workers don’t necessarily share in that prosperity? 1

1 Corporate profits and workers’ wages
as a share of GDP

Source: St. Louis Fed
Barack Obama
Well, this has been at least a three-decade-long trend. And this was a major topic in my State of the Union address. We obviously came in at a time of enormous crisis, and the first task was making sure we didn’t have a complete global economic meltdown. The steps we took, whether making sure the financial system was functioning — saving the auto industry, encouraging state and local spending — all those things made a difference in buoying the economy. And then it’s been a hard but steady slog to the point where now we’re growing at a robust pace and unemployment has come down faster than any time in the last 30 years.

Obama on why income inequality has skyrocketed

See more videos from the Obama interview
In some ways we’re now back to the position where we can focus on what is this longer-term trend, and that is a larger and larger share of wealth and income going to the very top, and the middle class or folks trying to get into the middle class feeling increasingly squeezed because their wages have stagnated.

Now, there are a whole bunch of reasons for that. Some of it has to do with technology and entire job sectors being eliminated — travel agents, bank tellers, a lot of middle management — because of efficiencies with the internet and a paperless office. A lot of it has to do with globalization and the rest of the world catching up. Post-World War II, we just had some enormous structural advantages because our competitors had been devastated by war, and we had also made investments that put us ahead of the curve, whether in education or infrastructure or research and development.

And around the ’70s and ’80s and then accelerating beyond that, those advantages went away at the same time as, because of technology, companies are getting a lot more efficient. One last component of this is that workers increasingly had less leverage because of changes in labor laws and the ability for capital to move and labor not to move. 2 You combine all that stuff, and it’s put workers in a tougher position. So our job now is to create additional tools that, number one, make sure that everybody’s got a baseline of support to be able to succeed in a constantly moving economy. Whether it’s health care that survives job loss. Whether it is making sure we have child care that allows a two-working-household family to prosper while still caring for their kids. Having a certain baseline in terms of wages, through the minimum wage. 3 So that’s one set of issues.

2 Union membership, in millions

Source: Pew Research Center
3 Because of inflation, today’s federal minimum wage of $7.25 is worth significantly less than the minimum wage in the ’70s. The Obama administration has proposed raising it to $10.10.
A second set of issues then becomes: how do we make sure that everybody has the tools to succeed in an economy where they constantly have to adapt? And how do they move up the value chain, essentially because they can work in higher-wage, higher-skill professions, and were able to compete for those jobs internationally?

Then the third thing is making sure that we have an economy that’s productive. Now, if we do all those things, then what I’m confident about is that we can continue to lower the unemployment rate, increase the participation rate, and continue to grow and increase productivity. We’re still going to have a broader, longer-term, global question, and that is: how do we make sure that the folks at the very top are doing enough of their fair share? The winner-take-all aspect of this modern economy means that you’ve got some people who just control enormous amounts of wealth. We don’t really resent their success; on the other hand, just as a practical matter, if we’re going to pay for schools, roads, et cetera, and you’ve got, you know, 50 people or 80 people having as much wealth as 3 billion, you know you’re going to have problems making sure that we’re investing enough in the common good to be able to move forward. 4 So that’s a long-term question. But right now, there’s some very specific things we can do that can make a difference and help middle-class families. And that’s why I called it middle-class economics.

4 It’s worth noting that this statistic is as much a reflection of global indebtedness as global wealth.
Ezra Klein
To focus a bit on that long-term question, does that put us in a place where redistribution becomes, in a sense, a positive good in and of itself? Do we need the government playing the role not of powering the growth engine — which is a lot of what had to be done after the financial crisis — but of making sure that while that growth engine is running, it is ensuring that enough of the gains and prosperity is shared so that the political support for that fundamental economic model remains strong?

Barack Obama
That’s always been the case. I don’t think that’s entirely new. The fact of the matter is that relative to our post-war history, taxes now are not particularly high or particularly progressive compared to what they were, say, in the late ’50s or the ’60s. 5 And there’s always been this notion that for a country to thrive there are some things, as Lincoln says, that we can do better together than we can do for ourselves. And whether that’s building roads, or setting up effective power grids, or making sure that we’ve got high-quality public education — that teachers are paid enough — the market will not cover those things. And we’ve got to do them together. Basic research falls in that category. So that’s always been true.

5 The history of effective federal tax rates in America

Source: Quartz/The Tax Foundation
I think that part of what’s changed is that a lot of that burden for making sure that the pie was broadly shared took place before government even got involved. 6 If you had stronger unions, you had higher wages. If you had a corporate culture that felt a sense of place and commitment so that the CEO was in Pittsburgh or was in Detroit and felt obliged, partly because of social pressure but partly because they felt a real affinity toward the community, to re-invest in that community and to be seen as a good corporate citizen. Today what you have is quarterly earning reports, compensation levels for CEOs that are tied directly to those quarterly earnings. You’ve got international capital that is demanding maximizing short-term profits. And so what happens is that a lot of the distributional questions that used to be handled in the marketplace through decent wages or health care or defined benefit pension plans — those things all are eliminated. And the average employee, the average worker, doesn’t feel any benefit.

6 What Obama is talking about here is the difference between pre-tax and post-tax inequality. It’s possible to have low inequality either because the market itself spreads gains widely, or because the government intervenes at tax time to spread gains widely. Germany and Britain have higher pre-tax inequality than the US, but lower actual inequality because the government does so much through taxes and transfers.
So part of our job is, what can government do directly through tax policy? What we’ve proposed, for example, in terms of capital gains — that would make a big difference in our capacity to give a tax break to a working mom for child care. And that’s smart policy, and there’s no evidence that would hurt the incentives of folks at Google or Microsoft or Uber not to invent what they invent or not to provide services they provide. It just means that instead of $20 billion, maybe they’ve got 18, right? But it does mean that Mom can go to work without worrying that her kid’s not in a safe place.

We also still have to focus on the front end. Which is even before taxes are paid, are there ways that we can increase the bargaining power: making sure that an employee has some measurable increases in their incomes and their wealth and their security as a consequence of an economy that’s improving. And that’s where issues like labor laws make a difference. That’s where say in shareholder meetings and trying to change the culture in terms of compensation at the corporate level could make a difference. And there’s been some interesting conversations globally around issues like inclusive capitalism and how we can make it work for everybody.

Ezra Klein
When you drill into that pre-tax portion, one thing you can find in wages is health-care costs.

Barack Obama
Yeah.

Ezra Klein
And when you drill deeper into the health-care costs, one thing you find is that a major piece of why Americans pay so much more is that when we go to a hospital, an MRI, or an appendectomy, or even a bottle of cholesterol drugs just costs much more for an American to buy than it does in Germany, in Japan, in Canada, in Great Britain. Why do you think Americans pay so much higher health-care prices than folks in other countries? 7

7 The seminal paper on this is the wonderfully named « It’s the Prices, Stupid: Why the United States Is So Different From Other Countries. »

Barack Obama
Well, you know there are a lot of theories about this. But I think the evidence points to a couple of key factors. One is that we’ve got a third-party system. Mostly we’ve got a system where everybody gets their health insurance through their employers. Obviously the Affordable Care Act, Obamacare, helps to cover the gap for those who aren’t in that system. But for those of us who have an insurer, we don’t track it. And the market then becomes really opaque and really hard to penetrate. Health providers are able to, I think, charge without much fear that somebody’s looking over their shoulders and asking, well, why does this cost that much?

That’s one of the reasons [that with] the Affordable Care Act, a lot of the attention’s been on making sure that the uninsured have peace of mind, and people who currently have insurance but at some point might lose it or have pre-existing conditions are going to have it. That’s obviously the moral basis for what we did. But people haven’t been paying as much attention to the delivery-system reforms that we’re trying to institute through the Affordable Care Act as well.

I can’t take credit for all four years of the lowest health-care inflation in the last 50 that we’ve seen since the Affordable Care Act passed. 8 Some of the trends, I think, were already on their way. But we are accelerating a lot of reforms. For example, what do we do to make sure that instead of paying a doctor in a hospital for just providing a service, let’s make sure that they’re being rewarded for a good outcome? Which may mean in some cases fewer tests or a less expensive generic drug, or just making sure that all your employees are washing your hands so that you’re cutting the infection rate, or making sure that hospitals are reimbursed when there’s a lower readmissions rate, as opposed to when they’re doing more stuff. And using Medicare as a lever, I think, is creating an environment in the health-care field where we can start getting better outcomes and lower costs at the same time. 9 There are still going to be those who argue that unless you get a single-payer system, you’re never going to get all the efficiencies. There’s certain areas like drugs, where the fact that Congress — and the Republican Party in particular — has been resistant to letting drug makers and Medicare negotiate for the lowest price. It results in us paying a lot more than we should. But if we’re paying 4, 5, 6, 8 percent more than other countries for the same outcomes, I’d be pretty happy where we’re only paying 2 or 3 percent more. Because that represents hundreds of billions of dollars, and means we can do a lot with that money.

8 Annual growth in health-care spending

Source: Centers for Medicare & Medicaid Services
9 The White House is proposing tying 85 percent of all Medicare payments to outcomes by the end of 2016 — rising to 90 percent by 2018.
Ezra Klein
When you talk about Medicare as a lever, Medicare tends to pay a lot less per service than private insurers by a margin. Before single-payer there’s also this idea you hear occasionally of letting private insurers band together with Medicare, with Medicaid, to jointly negotiate prices. 10 Do you think that’s a good idea?

10 The technical term for this is « all-payer rate setting. »
Barack Obama
You know, I think that moving in the direction where consumers and others can have more power in the marketplace, particularly when it comes to drugs, makes a lot of sense. Now, you’ll hear from the drug companies that part of the reason other countries pay less for drugs is they don’t innovate; we, essentially through our system, subsidize the innovation, and other countries are free riders. There’s probably a little bit of truth to that, but when you look at the number of breakthrough drugs and the amount of money that drug companies now are putting into research and where they’re putting it, a whole lot of it is actually in redesigning, modestly, existing drugs so they can renew patents and maintain higher prices and higher profits. That’s not entirely true, but there’s some of that. So there is a lot of savings that could be achieved while still making sure that our drug industry is the best in the world, and will still be making a healthy profit.

Obama on why he’s such a polarizing president

Ezra Klein
To turn a bit towards politics, at this point, according to the polls, you are the most polarizing president really since we began polling. 11 But before you, the record was set by George W. Bush, and before George W. Bush the record was set by Bill Clinton. It seems that there’s something structural happening there in terms of party polarization and the way it affects approval ratings and cooperation with presidents. In your State of the Union, you struck back at critics who say that the idea of healing some of these divisions is naïve or impossible. So when you welcome your successor into office, what would you tell them is worth trying that you think can still work, that would reduce the polarization?

11 Presidents’ popularity gaps

Source: Gallup
Barack Obama
Well, there are a couple of things that in my mind, at least, contribute to our politics being more polarized than people actually are. And I think most people just sense this in their daily lives. Everybody’s got a family member or a really good friend from high school who is on the complete opposite side of the political spectrum. And yet, we still love them, right? Everybody goes to a soccer game, or watching their kids, coaching, and they see parents who they think are wonderful people, and then if they made a comment about politics, suddenly they’d go, « I can’t believe you think that! » But a lot of it has to do with the fact that a) the balkanization of the media means that we just don’t have a common place where we get common facts and a common worldview the way we did 20, 30 years ago. And that just keeps on accelerating, you know. And I’m not the first to observe this, but you’ve got the Fox News/Rush Limbaugh folks and then you’ve got the MSNBC folks and the — I don’t know where Vox falls into that, but you guys are, I guess, for the brainiac-nerd types. But the point is that technology which brings the world to us also allows us to narrow our point of view. That’s contributed to it.

Gerrymandering contributes to it. 12 There’s no incentive for most members of Congress, on the House side at least, in congressional districts, to even bother trying to appeal. And a lot of it has to do with just unlimited money. So people are absorbing an entirely different reality when it comes to politics, even though the way they’re living their lives and interacting with each other isn’t that polarizing. So my advice to a future president is increasingly try to bypass the traditional venues that create divisions and try to find new venues within this new media that are quirkier, less predictable.

12 For an interesting discussion of the evidence around gerrymandering and political polarization, see Vox’s gerrymandering card stack.
You know, yesterday I did three interviews with YouTube stars that generally don’t spend a lot of time talking about politics. And the reason we did it is because they’re reaching viewers who don’t want to be put in some particular camp. On the other hand, when you talk to them very specifically about college costs or about health care or about any of the other things that touch on their individual lives, it turns out that you can probably build a pretty good consensus.

Now, that doesn’t ignore the fact that I would love to see some constitutional process that would allow us to actually regulate campaign spending the way we used to, and maybe even improve it. I’d love to see changes at the state level that reduce political gerrymandering. So there’s all kinds of structural things that I’d like to see that I think would improve this but, you know, there’ve been periods in the past where we’ve been pretty polarized. I think there just wasn’t polling around. As I recall, there was a whole civil war — that was a good example of polarization that took place.

Ezra Klein
Do you think if we don’t get some of those structural reforms, and more to the point, if we continue along this path, in terms of where the parties are in Congress, are there ways to govern with polarization? It occurs to me that [this was] your argument when you came to office. But before you, Bush was a « uniter not a divider, » and before him Clinton, who was going to moderate and change the Democratic party with his sort of Third Way approach. The last couple of presidents have come to office promising the way they would get things done is to reduce polarization. Is there an argument or an approach that can be made to govern amidst polarization?

Barack Obama
A couple observations. Number one is that in American history — even during the so-called golden age where, you know, you had liberal Republicans and conservative Democrats and there was deal-cutting going on in Congress — generally speaking, big stuff didn’t get done unless there was a major crisis and/or you had big majorities of one party controlling the Congress and a president of the same party. I mean, that’s just been the history. There have been exceptions, but that’s often been the case in terms of big-muscle movements in the political system. And you know, my first two years in office when I had a Democratic majority and Democratic House and Democratic Senate, we were as productive as any time since Lyndon Johnson. And when the majority went away, stuff got blocked.

Probably the one thing that we could change without a constitutional amendment that would make a difference here would be the elimination of the routine use of the filibuster in the Senate. 13 Because I think that does, in an era in which the parties are more polarized, it almost ensures greater gridlock and less clarity in terms of the positions of the parties. There’s nothing in the Constitution that requires it. The framers were pretty good about designing a House, a Senate, two years versus six-year terms, every state getting two senators. There were a whole bunch of things in there to assure that a majority didn’t just run rampant. The filibuster in this modern age probably just torques it too far in the direction of a majority party not being able to govern effectively and move forward its platform. And I think that’s an area where we can make some improvement.

13 For more on the filibuster, see Vox’s card stack on Congressional dysfunction.
Ezra Klein
One of the powerful things that’s happened as polarization has increased politically is it’s begun structuring people’s other identities. The one I’m particularly interested in here is race. If you look back at polling around the OJ Simpson verdict or the Bernhard Goetz shooting in New York, Republicans and Democrats — you basically couldn’t tell them apart. Now you look at the Zimmerman verdict or you look at what’s going on in Ferguson, and opinion on racial issues is very sharply split by party. 14 Do you worry about the merging of racial and partisan identity?

14 The growing partisan divide on racial issues

Source: Gallup, Pew Research Center, via Michael Tesler
Barack Obama
I don’t worry about that, because I don’t think that’s going to last. I worry very much about the immediate consequences of mistrust between police and minority communities. I think there are things we can do to train our police force and make sure that everybody is being treated fairly. And the task force that I assigned after the Ferguson and New York cases is intended to produce very specific tools for us to deal with it.

But over the long term, I’m pretty optimistic, and the reason is because this country just becomes more and more of a hodgepodge of folks. Again, this is an example where things seem very polarized at the national level and media spotlight, but you go into communities — you know, one of the great things about being president is you travel through the entire country, and you go to Tennessee and it turns out that you’ve got this huge Kurdish community. And you go to some little town in Iowa and you see some Hasidic Jewish community, and then you see a bunch of interracial black and white couples running around with their kids. 15 And this is in these little farm communities, and you’ve got Latinos in the classroom when you visit the schools there. So people are getting more and more comfortable with the diversity of this country, much more sophisticated about both the cultural differences but more importantly, the basic commonality that we have. And, you know, the key is to make sure that our politics and our politicians are tapping into that better set of impulses rather than our baser fears.

15 Specifically you see this in Postville, Iowa, where a Lubavitcher family’s purchase of a meat-processing plant in the late 1980s has led to the migration of a small community of Hasidim to the area.
And my gut tells me, and I’ve seen it in my own career and you see it generally, a politician who plays on those fears in America, I don’t think is going to over time get a lot of traction. Even, you know, it’s not a perfect analogy, but if you think about how rapidly the whole issue of the LGBT community and discrimination against gays and lesbians has shifted. The Republican party, even the most conservative, they have much less ability, I think, to express discriminatory views than they did even 10 years ago. 16 And that’s a source of optimism. It makes me hopeful.

16 Support for same-sex marriage

Source: Pew Research Center
Ezra Klein
On Obamacare, something that members of your administration have always said, and I think you may have said: there’s been a lot of language about it being a good start, a platform to begin building. It’s full of experiments. The idea is that there will be learning, and there will be change. Now we’re in the second year of open enrollment. What would you like to see, if Congress were able to take up a bill, to tweak, to improve, to change, to build on that platform? What specifically from what you wanted in there originally or what we’ve learned since it’s actually been in operation? How would you like to see it improved?

Barack Obama
Well, I’m not sure, Ezra, that we’ve got enough years of it being in place to know perfectly what needs to be improved, where there’s still gaps. It’s been a year. So far the verdict is that this thing’s working for a lot of people. You’ve got 10 million people who’ve been enrolled, you’ve got more folks who’ve been signed up for the expanded Medicaid coverage, you’ve seen health-care inflation stay low or actually be significantly lower than before the ACA was passed, satisfaction with the insurance seems to be high. We haven’t seen major disruptions to the medical system that a lot of people had predicted. So, there’s a lot of stuff that’s working.

Over time, I think seeing if we can do more on delivery-system reform, making sure that we fill the gaps in those states that haven’t expanded Medicaid. The big problem we have right now with Obamacare is that it was designed to make sure that some subset of people qualified for Medicaid, and that’s how they were going to get coverage, and others were going to go into the exchanges because they had slightly higher incomes. And because of the decision of the Roberts court — that we couldn’t incentivize states to expand Medicaid the way we had originally intended — you’ve got a lot of really big states, you’ve got tens of millions of people who aren’t able to get their Medicaid coverage. And so there’s this gap. And that’s probably the biggest challenge for us.

The good news is in dribs and drabs. Much as was true with the original Medicaid program, you’re starting to see Republican governors and Republican state legislatures realize that we’re cutting off our nose to spite our face. We’ve got an ideological objection to us helping our own constituencies and our own health-care systems. And to their credit, you’ve got folks like John Kasich in Ohio and Snyder in Michigan and now, most recently the governor up in Alaska, and others who are saying, « You know what? This is the right thing to do. Let’s go ahead and expand it. » So until that kind of settles, I don’t think we’ll fully know where there’s still gaps in coverage, what more we still need to do. But I think that so far, at least, the performance of the plan itself, not the website in the first three months but the performance of the actual plan, you know, has at least met and perhaps exceeded a lot of people’s expectations. The website, by the way, works great now.

Barack Obama
I don’t worry about that, because I don’t think that’s going to last. I worry very much about the immediate consequences of mistrust between police and minority communities. I think there are things we can do to train our police force and make sure that everybody is being treated fairly. And the task force that I assigned after the Ferguson and New York cases is intended to produce very specific tools for us to deal with it.

But over the long term, I’m pretty optimistic, and the reason is because this country just becomes more and more of a hodgepodge of folks. Again, this is an example where things seem very polarized at the national level and media spotlight, but you go into communities — you know, one of the great things about being president is you travel through the entire country, and you go to Tennessee and it turns out that you’ve got this huge Kurdish community. And you go to some little town in Iowa and you see some Hasidic Jewish community, and then you see a bunch of interracial black and white couples running around with their kids. 15 And this is in these little farm communities, and you’ve got Latinos in the classroom when you visit the schools there. So people are getting more and more comfortable with the diversity of this country, much more sophisticated about both the cultural differences but more importantly, the basic commonality that we have. And, you know, the key is to make sure that our politics and our politicians are tapping into that better set of impulses rather than our baser fears.

15 Specifically you see this in Postville, Iowa, where a Lubavitcher family’s purchase of a meat-processing plant in the late 1980s has led to the migration of a small community of Hasidim to the area.
And my gut tells me, and I’ve seen it in my own career and you see it generally, a politician who plays on those fears in America, I don’t think is going to over time get a lot of traction. Even, you know, it’s not a perfect analogy, but if you think about how rapidly the whole issue of the LGBT community and discrimination against gays and lesbians has shifted. The Republican party, even the most conservative, they have much less ability, I think, to express discriminatory views than they did even 10 years ago. 16 And that’s a source of optimism. It makes me hopeful.

16 Support for same-sex marriage

Source: Pew Research Center
Ezra Klein
On Obamacare, something that members of your administration have always said, and I think you may have said: there’s been a lot of language about it being a good start, a platform to begin building. It’s full of experiments. The idea is that there will be learning, and there will be change. Now we’re in the second year of open enrollment. What would you like to see, if Congress were able to take up a bill, to tweak, to improve, to change, to build on that platform? What specifically from what you wanted in there originally or what we’ve learned since it’s actually been in operation? How would you like to see it improved?

Barack Obama
Well, I’m not sure, Ezra, that we’ve got enough years of it being in place to know perfectly what needs to be improved, where there’s still gaps. It’s been a year. So far the verdict is that this thing’s working for a lot of people. You’ve got 10 million people who’ve been enrolled, you’ve got more folks who’ve been signed up for the expanded Medicaid coverage, you’ve seen health-care inflation stay low or actually be significantly lower than before the ACA was passed, satisfaction with the insurance seems to be high. We haven’t seen major disruptions to the medical system that a lot of people had predicted. So, there’s a lot of stuff that’s working.

Over time, I think seeing if we can do more on delivery-system reform, making sure that we fill the gaps in those states that haven’t expanded Medicaid. The big problem we have right now with Obamacare is that it was designed to make sure that some subset of people qualified for Medicaid, and that’s how they were going to get coverage, and others were going to go into the exchanges because they had slightly higher incomes. And because of the decision of the Roberts court — that we couldn’t incentivize states to expand Medicaid the way we had originally intended — you’ve got a lot of really big states, you’ve got tens of millions of people who aren’t able to get their Medicaid coverage. And so there’s this gap. And that’s probably the biggest challenge for us.

The good news is in dribs and drabs. Much as was true with the original Medicaid program, you’re starting to see Republican governors and Republican state legislatures realize that we’re cutting off our nose to spite our face. We’ve got an ideological objection to us helping our own constituencies and our own health-care systems. And to their credit, you’ve got folks like John Kasich in Ohio and Snyder in Michigan and now, most recently the governor up in Alaska, and others who are saying, « You know what? This is the right thing to do. Let’s go ahead and expand it. » So until that kind of settles, I don’t think we’ll fully know where there’s still gaps in coverage, what more we still need to do. But I think that so far, at least, the performance of the plan itself, not the website in the first three months but the performance of the actual plan, you know, has at least met and perhaps exceeded a lot of people’s expectations. The website, by the way, works great now.

OBAMA The conversation

Part two: Foreign policy

Years before he was a national figure, Barack Obama delivered a speech at a rally against the proposed invasion of Iraq that became integral to his underdog primary campaign in 2008. « I don’t oppose all wars, » he said. « What I am opposed to is a dumb war. What I am opposed to is a rash war. » And yet an actual presidential foreign policy is far more complex than a single speech. The world is vast, and modern technology has rendered war less a binary choice than a broad spectrum of possible uses of force. When Obama sat down with Vox in late January, we asked him not about the crises of the day but about the big ideas that shape his thinking on America’s relationship to the world outside our borders.

Matthew Yglesias
This is a really sort of big-picture question, but over the years, I’ve heard a number of different members of your team refer to your kind of philosophy in foreign affairs as « realism. » 1 Is that a term you would use?

1 Foreign-policy realism is associated with the cold-hearted pursuit of national interests, rather than an emphasis on human rights or international law. The extent of Obama’s realist commitments is frequently debated among foreign-policy insiders.
Barack Obama
You know, traditionally, a lot of American foreign policy has been divided into the realist camp and the idealist camp. And so if you’re an idealist, you’re like Woodrow Wilson, and you’re out there with the League of Nations and imagining everybody holding hands and singing « Kumbaya » and imposing these wonderful rules that everybody’s abiding by. And if you’re a realist, then you’re supporting dictators who happen to be our friends, and you’re cutting deals and solely pursuing the self-interest of our country as narrowly defined. And I just don’t think that describes what a smart foreign policy should be.

Obama on the goal of his foreign policy

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I think it is