Corée du nord: Pourquoi vous ne connaissez pas la Division 39 (As China-supported North Korean butcher and starver of his own people puts on his yearly show for the West’s complicit media, who bothers to investigate the world’s largest state criminal organization ?)

office38KimLe jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times

Attention: une désinformation peu en cacher une autre !

A l’heure où « l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire » dont l’effondrement, comme le rappelait Thérèse Delpech, fera un jour la honte d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Fête ignomineusement, avec la Chine sans laquelle il  ne tiendrait pas une semaine,  70 ans d’oppression et de famine systématique de sa population …

Pendant qu’avec les 16 mois restants, à la tête du monde libre, de l’incroyable vacance du pouvoir introduite par l’Administration Obama …

Toutes sortes d’Etats voyous ou faillis, et leurs affidés, de l’Iran à la Russie et l’Etat islamique aux Palestiniens, mettent le Moyen-Orient à feu et à sang et menacent d’invasion l’Europe et le reste du monde …

Combien, parmi nos journalistes qui, tout en diffusant sans la moindre vérification « buzz » oblige les rumeurs les plus folles, accourent régulièrement dans ses hôtels cinq étoiles pour l’occasion …

Prennent la peine de rappeler la vérité d’un régime proprement criminel …

Et notamment de la tristement célèbre Division 39 ..

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue …

Permet au régime le plus isolé au monde, dans la plus grande opacité et avec le soutien de tout ce que la planète compte de pays et d’individus peu recommandables comme le rapportait cet été le Financial Times, de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises ?

Mais aussi fournit à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran non seulement les moyens de construire leurs armes de destruction massive …

Mais sert d’inspiration et de modèle pour tous dans l’art, pour se maintenir au pouvoir, de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Enquête. Division 39 : la botte secrète de la Corée du Nord pour déjouer les sanctions
Tom Burgis (avec Tan-jun Kang à Séoul)

Financial Times
traduit par Courrier international
06/08/2015

A l’été dernier, les habitants de Pyongyang ont commencé à remarquer une nouvelle flotte de taxis dans la capitale nord-coréenne. Avec leur carrosserie brun et or, les rutilantes berlines ne passaient pas inaperçues dans les rues pratiquement désertes de la ville. Les voitures étaient estampillées du logo de la compagnie de taxi : KKG. La compagnie KKG a si rapidement évincé ses concurrents que l’on ne pouvait manquer de se demander qui se cachait derrière cette nouvelle entreprise. Le même logo a été repéré sur des 4×4, sur un panneau publicitaire vantant un projet résidentiel en bordure du fleuve et des autobus à l’aéroport de Pyongyang. Comme d’autres chauffeurs de taxi nord-coréens, ceux de KKG faisaient payer leurs courses en devises – essentiellement en renminbis chinois, mais aussi en euros ou en dollars. De quoi mettre la puce à l’oreille.

En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international.

Un royaume plus isolé que jamais

L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. “KKG est l’une des plus grandes joint-ventures établies en Corée du Nord”, confie un haut fonctionnaire asiatique qui, pour commenter cette affaire sensible, a souhaité conserver l’anonymat [ancienne colonie britannique, Hong Kong a conservé un système économique particulier : les sociétés étrangères qui y sont enregistrées ne versent pas de taxes, l’identité des actionnaires peut rester cachée, et les transferts de fonds avec l’étranger ne sont soumis à aucune restriction].

“La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.”

A l’heure où les relations des puissances occidentales avec l’Iran et Cuba semblent se réchauffer, le royaume est politiquement plus isolé que jamais. Même la Chine, qui a longtemps été une alliée, prend depuis quelques années ses distances avec Pyongyang. L’année dernière, un rapport des Nations unies décrivait“d’innommables atrocités” perpétrées à l’encontre des détenus des camps de prisonniers nord-coréens. Les démonstrations de force orchestrées par le régime de Kim Jong-un – dont une cyber-attaque contre Sony que Washington a attribuée à Pyongyang, et le tir d’essai d’un missile balistique depuis un sous-marin [en mai dernier] – ont relancé les efforts visant à comprendre comment le régime parvient à se raccorder à l’économie internationale.

Selon des estimations du gouvernement de Séoul fondées sur des données limitées, ces dernières années, l’économie intérieure nord-coréenne aurait soit ralenti, soit enregistré une croissance de 1 %. Toujours est-il que le volume annuel d’exportations, d’environ 3 milliards de dollars, est loin de compenser la facture des importations. Avec la baisse du cours du charbon et d’autres matières premières que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) exporte vers la Chine, les réseaux d’entreprises comme celui qui est derrière KKG risquent de devenir de plus en plus vitaux pour apporter au régime des devises indispensables au fonctionnement de l’économie.

Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent.

La “caisse noire” du régime

Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”.

En 2010, les Etats-Unis ont ajouté la Division 39 à leur liste d’entités soumises aux sanctions. L’Union européenne a suivi. Entre temps, la Corée du Nord a engrangé des devises étrangères en exportant des armes, des méthamphétamines, de champignons et de la main-d’œuvre à bas coût. Ses ventes de textiles, de charbon et de minéraux à la Chine lui rapportent peut-être davantage.

Le Conseil de l’Union européenne affirme que la Division 39 était placée sous l’autorité directe de Kim Jong-il, président de Corée du Nord de 1994 à sa mort en 2011, date à laquelle son fils Kim Jong-un lui a succédé. La Division 39 “figure parmi les plus importantes organisations chargées de l’achat de devises et de marchandises”, précise-t-il. Les Etats-Unis et l’UE ont également imposé des sanctions à ce qu’ils considèrent comme des sociétés écrans agissant en faveur de la Division 39. L’une de ces entités, la Korea Daesong General Trading Corporation, également connue sous plusieurs autres noms comparables, “est utilisée pour faciliter les transactions étrangères pour le compte de la Division 39”, a déclaré le Trésor américain. L’entreprise n’a pas souhaité commenter cette information. L’UE la décrit comme une filiale du groupe Daesong, “le plus grand groupe d’entreprises du pays”.

Le rôle du groupe Queensway

Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa.

L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres.

M. Pa s’est refusé à tout commentaire. De tous les dirigeants des diverses sociétés du groupe Queensway, un seul a accepté de répondre à nos questions. Jee Kin-wee, directeur du service juridique du groupe à la succursale singapourienne de China Sonagol, assure que son entreprise et KKG “sont des entités distinctes qui n’ont aucun rapport entre elles”. Il n’a toutefois pas précisé la nature des relations unissant son entreprise de Singapour et sa société-sœur, China Sonangol International Holding, enregistrée à l’adresse de Queensway à Hong Kong. Cette entité est détenue conjointement par les associés de M. Pa et le groupe pétrolier national d’Angola. Elle est citée dans des procès-verbaux des tribunaux de Hong Kong pour avoir effectué des versements destinés à des projets de KKG.

Jee Kin-wee n’a pas voulu s’exprimer au sujet des activités commerciales du groupe Queensway en Corée du Nord, se bornant à rappeler que “la Chine entretient des relations diplomatiques et économiques normales avec la Corée du Nord et que […] des dizaines de pays dans le monde, dont plusieurs pays de l’UE, ont des relations diplomatiques bilatérales avec la RPDC”. M. Pa a conclu un contrat avec Daesong pour toute une série de projets en Corée du Nord, concernant aussi bien des centrales électriques que l’extraction minière et la pêche, affirme toutefois le haut fonctionnaire asiatique.
L’argent a commencé à affluer – mais on ne sait pas exactement quelles sommes ont atterri directement dans les caisses de Corée du Nord. Un livret de comptes publié dans une décision de 2013 de la Cour suprême de Hong Kong dans le cadre d’un différend opposant des associés de M. Pa comporte plusieurs références à des versements du groupe Queensway : “réseau d’autobus urbains de Pyongyang”, “Aéroport de Pyongyang”, “Corée : 5 000 tonnes d’huile de soja” et “exposition sponsorisée par le consul coréen”, lit-on dans ce document, sans plus de détails. Mais la liste des paiements comporte également des références à KKG.

Les habitants de Pyongyang ont commencé à entendre parler de KKG, dès 2008. Cette année-là, des photographies en ligne montraient un immense panneau publicitaire représentant la maquette d’un projet spectaculaire de constructions résidentielles à Pyongyang. Dans une présentation PowerPoint de 2014, le groupe Hawtai Motor, constructeur automobile privé chinois basé à Tianjin, décrivait KKG comme l’une “des plus grandes entreprises publiques de Corée du Nord”. Les dirigeants de Hawtai ont refusé de commenter cette déclaration. Certains observateurs qui ont assisté à la percée de Queensway en Corée du Nord estiment que le groupe cherche à reproduire un modèle qu’il a déjà expérimenté en Afrique : le groupe y a conclu des contrats “infrastructures contre ressources naturelles” avec des régimes répressifs comme ceux de l’Angola, du Zimbabwe et une junte militaire qui a brièvement dirigé la Guinée. Pour la Corée du Nord, le groupe semble avoir jeté son dévolu sur le potentiel pétrolier inexploité du pays.
“Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Comme l’entreprise de taxis et le projet immobilier de Pyongyang, il semblerait que la prospection pétrolière se fasse au moins en partie par l’intermédiaire de KKG, qui fait office de maillon entre Queensway et la Division 39. Selon le haut fonctionnaire asiatique et un intervenant du secteur pétrolier connaissant bien la Corée du Nord, KKG a recherché du pétrole dans plusieurs régions du pays, sans succès pour l’instant.

Le désir de faire des affaires

En novembre 2013, la télévision d’Etat nord-coréenne a diffusé un reportage surune cérémonie organisée dans la ville de Kaesong, non loin de la zone démilitarisée séparant les deux Corées depuis 1953 (DMZ). Des dignitaires saluaient l’inauguration du chantier d’un “parc industriel high-tech”. Selon les médias officiels, le parc devait accueillir un centre de technologies de l’information, un hôtel, des résidences, une école et une centrale électrique. L’un des orateurs était un homme en costume sombre et aux cheveux coupés court, identifié par les médias locaux sous le nom de Jang Su-nam. Il est présenté comme le représentant du “Groupe pour la paix et le développement économique.” Or, d’après M. Mailey, M. Jang a autrefois travaillé pour Daesong. M. Jang n’a pu être contacté pour répondre à nos questions.

La caméra du reportage balayait les autres personnalités invitées : des ambassadeurs de pays africains dans lesquels le groupe Queensway a des intérêts. A côté d’eux, se tenait Nik Zuks, le fondateur australien de la société minière Bellzone, cotée sur le marché alternatif de Londres et opérant en Afrique orientale, et qui a cédé une part majoritaire de son capital à la Chine. M. Zuks n’a pas voulu répondre à nos demandes de commentaires. Selon un haut fonctionnaire asiatique, M. Pa se trouvait à Pyongyang en décembre dernier et a envoyé une carte d’anniversaire personnelle à Kim Jong-un en janvier. Les deux hommes ont en commun autre chose que leur désir de faire des affaires : M. Pa est tombé sous le coup des sanctions américaines l’année dernière pour ses transactions au Zimbabwe, où il a été accusé de financer la police secrète de Robert Mugabe en échange de concessions dans les mines de diamants. Des allégations “infondées” selon M. Pa. “Le rôle de Sam Pa est d’être une vitrine pour le régime de Pyongyang sur les marchés capitalistes, résume un haut fonctionnaire asiatique. Je pense qu’à ce titre, il a un bel avenir devant lui.”

North Korea: The secrets of Office 39

Shadowy organisation’s alliance with Queensway Group helps Pyongyang bring in cash
Tom Burgis
The Financial Times

June 24, 2015

The businessman Sam Pa in front of the Pyongyang skyline. His Queensway Group is linked with KKG, a North Korean enterprise

in the middle of last year, the residents of Pyongyang began to notice a new fleet of taxis operating in the North Korean capital. With their maroon and gold bodywork, the gleaming sedans were easy to spot as they cruised the city’s orderly streets. The cars bore the taxi company’s logo: KKG.

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The swiftness with which KKG edged out rival taxi operators — one of which was rumoured to be linked to the security services — piqued curiosity about who was behind the new outfit. The same logo has been spotted on 4x4s, on a billboard displaying a planned riverside property development and on buses at Pyongyang airport. Like other North Korean cabbies, the drivers of the KKG taxis asked their fares to pay in foreign currency: mainly Chinese renminbi, but also euros or dollars. And therein lay a clue.

For all their rhetoric about the paramount need to develop a nuclear arsenal, North Korea’s rulers have no more pressing task than bringing in foreign exchange. Without it, experts say, the regime would be at risk of crumbling under international sanctions. Taxi fares alone could hardly fill the gap. But the KKG cabs are just a small part of a much larger endeavour.

The KKG taxi fleet is one product of a partnership between a group of Hong Kong-based investors and a secretive arm of the North Korean state that seeks to cut international business deals, a Financial Times investigation has found.

The North Korean government’s alliance with the so-called Queensway Group, a syndicate of businesspeople with a record of forging ties with pariah states, is opaque. But it seems clear that it is one of a handful of crucial business ventures that allow the world’s most isolated regime to sustain itself.

“KKG is one of several joint ventures in North Korea and it’s one of the biggest ones,” says an Asian official who asked not to be named because of the sensitivity of the matter. “Most North Korean companies are under US or EU or UN sanctions. They always change names, like their ships change flags. But most of the companies belong to military leaders or the ruling Workers’ party of Korea. And they are on the sanctions list. So they need any foreign company that could give them an opportunity to trade with foreign countries.”

While western powers’ relations with Iran and Cuba appear to be thawing, the hermit kingdom’s political isolation is as deep as ever. Even China, long an ally, has grown frostier with Pyongyang in recent years. A UN investigation last year described “unspeakable atrocities” perpetrated against the inmates of its prison camps. The sabre-rattling under Kim Jong Un — including a cyber attack against Sony that Washington blamed on Pyongyang and last month’s test-firing of a ballistic missile from a submarine — has added fresh impetus to efforts to understand how the regime plugs itself into the world economy.

The domestic economy has either contracted or grown at 1 per cent in recent years, according to South Korean government estimates based on limited data, with annual exports of about $3bn falling well short of the import bill. As prices for the coal and other commodities that North Korea exports to China fall, business networks such as the one behind KKG are likely to become increasingly vital in garnering crucial foreign exchange for the regime.

The North Korean end of the KKG network leads to a shadowy organisation called Office 39 of the Workers’ party, according to Asian and US officials. The US has described Office 39 as “a secretive branch of the government . . . that provides critical support to [the] North Korean leadership in part through engaging in illicit economic activities and managing slush funds, and generating revenues for the leadership”.

North Korea’s rulers have had to resort to such tactics after years of international sanctions. Imposed in response to nuclear tests in 2006, 2009 and 2013, the sanctions comprise an arms embargo designed to stop North Korea trading weapons and sourcing parts for its atomic programme; an asset freeze to apply financial pressure to the leadership; and a ban on luxury goods that is meant to deprive senior figures of the trappings of power, from lobster and cigarillos to furs and yachts. The UN sets the overall structure of sanctions; states decide what to prohibit.

But annual reports by a UN panel that monitors the sanctions describe a game of cat-and-mouse, as North Korea’s rulers use an ever-shifting web of subterfuge to disguise commercial activities abroad. The most recent UN report, sent to the Security Council in February, documents arms sales in Africa and the use of “flags of convenience” to conceal North Korean control of shipping. The UN report also suggests that “legitimate business structures have been used for illegitimate activities”. In 2010, the US added Office 39 to its sanctions list. The EU followed suit.

North Korea has brought in foreign exchange by exporting guns, methamphetamines, mushrooms and indentured labourers. Perhaps most lucratively, it also sends textiles, coal and minerals across its border with China. Andrea Berger, a North Korea expert at the UK’s Royal United Services Institute, a think-tank, says: “Office 39 is extremely important. It’s generally regarded as the regime slush fund.”

The EU says Office 39 reported directly to Kim Jong Il, North Korea’s ruler from 1994 until his death in 2011, when his son, Kim Jong Un, took over. Office 39 is “among the most important organisations assigned with currency and merchandise acquisition”, the EU says. The US and the EU also imposed sanctions on what they said were Office 39 front companies. One, which is known as Korea Daesong General Trading Corporation and several similar names, “is used to facilitate foreign transactions on behalf of Office 39”, the US Treasury said. The company did not respond to a request for comment. The EU describes it as part of the broader Daesong group, “the largest company group of the country”.

According to the Asian official and JR Mailey, a researcher at the Pentagon’s Africa Center for Strategic Studies, Daesong is one of the backers behind KKG. Another, according to these people and court documents from Hong Kong, is the business network known informally to those who have studied it as Queensway Group, after the address of its headquarters at 88 Queensway in Hong Kong’s financial district.

Global footprint

Over the past decade, the Queensway Group has built a multi-billion-dollar corporate empire that stretches from Zimbabwe to Manhattan.

Tom Burgis looks at North Korea’s alliance with the Queensway Group, a syndicate of Hong Kong based investors. Such ventures as a taxi fleet with the KKG brand are part of a much larger endeavour by Pyongyang to cut international business deals.

The precise nature of the KKG partnership is unclear — whether it is an incorporated joint venture or a more informal arrangement. Searches by the FT yielded no records for a company called KKG that matched the profile of the one active in North Korea. Nor did searches in English and Korean for Kumgang Economic Development Corporation, KKG’s name when written in Korean characters. That suggests that KKG is either simply a brand, or, if it is a company, it is registered within North Korea, which does not keep company records online. The FT was unable to find contact details for KKG.

The relationship between KKG’s backers was formed around the end of 2006. According to the Asian official, details of whose account were corroborated by others, the Queensway Group’s foray into North Korea was spearheaded by the frontman who has advanced its interests in Africa and elsewhere. He goes by at least seven names — but is best known as Sam Pa.

An FT investigation last year found that Mr Pa and his fellow founders of the Queensway Group have connections to powerful interests in Beijing, including Chinese intelligence and state-owned companies. They also have ties to big western groups: Queensway Group companies are in business with BP in Angola, Glencore in Guinea and others.

Mr Pa did not respond to requests for comment. Only one of the Queensway Group figures and companies contacted for comment replied. Jee Kin Wee, group head of legal at China Sonangol’s arm in Singapore, says his company and KKG “are separate and unrelated companies”. He did not clarify the link between his company in Singapore and its sister company, China Sonangol International Holding, registered at the Queensway address in Hong Kong. That company is jointly owned by Mr Pa’s business associates and Angola’s state oil group. It is named in Hong Kong court documents as having made payments related to KKG projects.

Mr Wee did not answer specific questions about the Queensway Group’s dealings in North Korea. But he stressed that “China enjoys full diplomatic and economic relations with North Korea and . . . scores of countries around the world, including EU countries, have bilateral diplomatic relations with North Korea”.

Mr Pa is said to have met senior North Korean officials as he began his courtship of the regime in 2006. At the time, Pyongyang needed new partners. It had found itself increasingly locked out of the global financial system. A year earlier, the US had accused Macau-based Banco Delta Asia of laundering money for the regime, causing the near-collapse of that bank and prompting others to avoid North Korea.

Mr Pa struck a deal with Daesong for an eclectic range of North Korean projects, the Asian official says, ranging from power plants to mining to fisheries. Money started to flow — although it is unclear how much flowed directly into North Korea. A ledger published in a 2013 Hong Kong high court ruling in a dispute between some of Mr Pa’s business associates refers to Queensway Group payments including “Pyongyang city bus system”, “Korea airport”, “Korea: 5,000 tons of soyabean oil” and “exhibition sponsored by the Korean consul”. There are no further details. But the list of payments also contains references to KKG.

Corporate presence

KKG first came to the attention of Pyongyang’s residents around 2008. That year, photographs posted online showed a billboard displaying a spectacular image of a planned property development close to the Pyongyang Mullet Soup Restaurant. Located by a bend in the Taedong River, the planned properties included a pair of shimmering skyscrapers that would not have looked out of place in London’s riverside Canary Wharf business district. The new development was to be called KKG Avenue and bore the same KKG logo that would appear on Pyongyang taxis.

KKG Avenue made little headway beyond some rickety hoardings and preliminary work on foundations, according to foreign officials, visitors to Pyongyang, photos and satellite images.

Despite such setbacks, KKG has been described at least once as a major North Korean company. A 2014 presentation by Hawtai Motor Group, a privately owned Chinese carmaker based in Tianjin, indicates that the company supplied the vehicles for the KKG taxi fleet. The presentation describes KKG as one of “North Korea’s largest state-owned enterprises”. Hawtai declined to comment.

Some who have observed Queensway’s thrust into North Korea say it is seeking to replicate a model it pioneered in Africa: striking infrastructure-for-natural resources deals with oppressive governments such as Angola’s, Zimbabwe’s and a military junta that briefly ruled Guinea. The group appears to have set its sights on North Korea’s untapped potential for oil.

Mr Mailey, who was one of the authors of a 2009 US congressional report who recently published a second detailed study of the group, says: “The KKG taxis might earn the regime some foreign currency from tourists visiting Pyongyang, but most signs point to the oil and mining sectors as the Queensway Group’s true target.”

Voir aussi:

Pourquoi les informations sur la Corée du Nord sont-elles traitées avec tant de légèreté ?
Vincent Glad

L’an 2000

20 mai 2015

L’actualité du pays est souvent couverte en page « info buzz » plutôt que dans la rubrique International.
Le 13 mai tombait sur les smartphones cette alerte info du Point.fr :

Twitter s’est indigné, Twitter a ironisé, mais Twitter s’est peut-être un peu emballé: le «stagiaire» du Point (nom usuel de celui qui doit assumer seul une erreur collective) n’a fait qu’appliquer avec un peu trop de zèle les préceptes du traitement de l’information sur la Corée du Nord. (le titre de l’article a depuis été changé)

Ce pays est une no-go zone de la déontologie journalistique. Les infos sur la Corée du Nord sont reprises dans la presse mondiale le plus souvent sans aucune vérification. C’est pourtant le pays dont les nouvelles sont le plus sujet à caution, les sources les plus partiales: avec la propagande nord-coréenne d’un côté, les services secrets sud-coréens et les réfugiés au Sud de l’autre.

Le ministre exécuté au canon antiaérien

Le 13 mai, donc, on apprenait que Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense nord-coréen, avait été exécuté au canon antiaérien, notamment parce qu’il s’était endormi pendant des célébrations militaires. L’info donnée par les services secrets sud-coréens a fait le tour du monde et occasionné ce superbe push du Point.fr. Avant de passer rapidement au conditionnel, les services secrets sud-coréens n’étant plus si sûrs de leur renseignement.

Evidemment, personne n’avait vérifié l’info, et il sera bien difficile d’avoir le fin mot de l’histoire. La Corée du Nord est un pays totalement fermé, comme le notait le correspondant de l’AFP à Séoul: «Différencier les faits de la fiction est quasi-impossible à propos de la Corée du Nord, dont le régime verrouille tous les canaux d’information et de communication, rendant difficile la vérification des rumeurs. Parallèlement, l’intérêt de la presse internationale est énorme. Surtout lorsqu’il s’agit d’histoires à sensations qui confortent le public dans sa perception de la Corée du Nord comme un pays étrange, brutal et arriéré.»

«Une règle journalistique tacite»

Il y a comme un malaise : derrière l’insolite, le lol et le pittoresque, il y a un régime totalement fermé sur l’extérieur, qui torture ses opposants, détient l’arme nucléaire et reste en guerre latente avec la Corée du Sud. Le démenti des services secrets sud-coréens, obligeant à corriger l’info sur l’exécution du ministre de la Défense, semble avoir été un petit électrochoc dans la presse. France24 a publié un mea cupla sur son site: «C’est une sorte une règle journalistique tacite qui ne s’applique qu’à la Corée du Nord. Presque tous les médias occidentaux – et France24 ne fait pas exception – la respectent scrupuleusement : ignorer l’un des fondamentaux de la profession, la vérification de l’information. Ainsi se retrouvent-ils à relayer les rumeurs (exotiques, cruelles ou insolites) concernant la dictature du leader nord-coréen Kim Jong-un.»

Mais d’où vient cette «règle journalistique tacite», comme l’écrit France 24 ? Sans doute de la rubrique dans laquelle est reléguée l’information sur la Corée du Nord : l’info buzz.

Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed

En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique.

L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord.

Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International.

Une info qui confirme nos fantasmes

La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues.

Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde».

Ce moment où la réalité dépasse la fiction

Dans L’Esprit du Temps en 1962, Edgar Morin donnait une définition parfaite de l’info buzz. Il parlait alors des faits divers dans la presse: «Tout ce qui dans la vie réelle ressemble au roman ou au rêve est privilégié.» C’est exactement ce qui se passe dans le champ de l’info buzz, dans lequel les médias cherchent dans l’actualité, la vie réelle, des récits qui ont des apparences de fiction.

L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un.

Kim Jong-un au milieu des tortues

C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare.

Ainsi, pour faire passer l’austère information que le dirigeant nord-coréen s’active pour améliorer l’élevage dans son pays, le Parti du travail a diffusé dans son journal une photo de Kim Jong-un hurlant sur des dignitaires du régime, au milieu d’un élevage de tortues. Mission accomplie.

Voir également:

Kim Jong Il’s ‘Cashbox’

Claudia Rosett

Forbes

4/15/2010

Despite all the pomp and nuclear summitry, North Korea keeps sliding down President Barack Obama’s to-do list. Yet something must be done. The threat here is not solely North Korea’s own arsenal, or its role, despite U.S. and United Nations sanctions, as a 24/7 convenience store for rogue regimes interested in weapons of mass destruction plus delivery systems. The further problem is that North Korea provides perverse inspiration for other despotisms.

While Obama talks about a world without nuclear weapons, Kim Jong Il sets tyrants everywhere a swaggering example of how to build the bomb and get away with it. Indeed, if recluse weirdo Kim can have the bomb, how on earth could Iran’s ayatollahs face themselves in the mirror every morning if they don’t have one too?

In the new millennium, Pyongyang has been blazing a proliferation trail that includes illicit nuclear tests in 2006 and 2009; illicit tests of ballistic missiles; and such extravagant stuff as help for Syria in building a secret nuclear reactor (which might even now be cranking out plutonium for bombs, had the Israelis not destroyed it with an air strike in 2007). Coupled with such North Korean habits as vending missiles and munitions to the likes of Syria, Iran and Iran’s Lebanon-based terrorist clients, Hezbollah, all this is a wildly dangerous mix.

So what to do about North Korea? Over the past 16 years, nuclear talks and freeze deals have repeatedly failed, under both presidents George W. Bush and Bill Clinton. Asked about North Korea in a press conference at the close of this week’s nuclear summit in Washington, Obama gave the vague reply that he hoped economic pressure would lead to a resumption of the six-party talks. But he ducked the question of why sanctions have failed to halt North Korea’s nuclear program, saying “I’m not going to give you a full dissertation on North Korean behavior.”

OK, it’s not Obama’s job to deliver dissertations on North Korea. But he missed a fat opportunity to say something genuinely informed and useful. The president–and his entire foreign policy team–ought to be reading and talking (loudly) about the material contained in a highly readable 36-page monograph published just last month by the Strategic Studies Institute of the Army War College: “Criminal Sovereignty: Understanding North Korea’s Illicit International Activities.”

This study is co-authored by three men who share an unusually clear-eyed interest in exploring the nitty-gritty of North Korea’s inner workings, Paul Rexton Kan, Bruce E. Bechtol Jr. and Robert Collins. Among them, going back more than three decades, they have more experience observing North Korea than some of the high-profile diplomats who have parleyed with Pyongyang in recent years from the five-star hotels of Beijing and Berlin. For this publication the three analysts draw on congressional testimony, press reports from around Asia and interviews with North Korean defectors (a resource too often ignored or underutilized by Washington officialdom).

“Criminal Sovereignty” focuses not on proliferation per se, but on a curious institution within North Korea’s government, usually referred to as Bureau No, 39. And what, exactly, is Bureau No. 39?

Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.”

The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.”

What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea.

Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific.

Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th.

This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state.

If Office No. 39 enjoys the amenities of operating as part of the North Korean state, it is by the same token an avenue of vulnerability leading straight to Kim Jong Il. That was evident back in 2005, when the U.S. Treasury caused clear pain for Kim by targeting a major hub of Office No. 39 financial activities in Macau–only to be yanked off the case by a State Department desperate to coddle Kim into a nuclear freeze deal, which then flopped.

These days U.S. and U.N. efforts to corral North Korea seem focused narrowly on activities tied directly to nuclear proliferation. It’s been a while since Washington complained loudly about the rest of Kim’s rackets. Obama needs to think bigger, speak up and solicit the world’s help in cracking down much harder on the all the networks of Office No. 39. Emptying Kim’s cashbox could go farther toward ending the North Korean nuclear threat than any amount of six-party talks or summits.

Claudia Rosett, a journalist in residence with the Foundation for Defense of Democracies, writes a weekly column on foreign affairs for Forbes.

Voir encore:

Report: NKorea fires director of Kim’s finances
South Korean Foreign Minister Yu Myung-hwan, right, escorts Kurt Campbell, U.S. assistant secretary of state for East Asian and Pacific Affairs, during a photo call before their meeting at Yu’s office in Seoul, South Korea, Thursday, Feb. 4, 2010. (AP Photo/Lee Jae-won, Pool)
Kwang-Tae Kim
Associated Press

February 4, 2010

SEOUL, South Korea—The director of North Korean leader Kim Jong Il’s secret moneymaking « Room 39 » bureau has been fired, a news report said Thursday. Analysts said the move may be a way to get around international sanctions.

Kim Dong Un, head of the infamous « Room 39 » department said to control Kim’s family enterprises, was replaced by his deputy, Jon Il Chun, South Korea’s Yonhap news agency reported, citing an unidentified source familiar with North Korean affairs.
The National Intelligence Service, Seoul’s top spy agency, said it could not confirm the report. North Korean state media did not mention the personnel change.

Room 39 is described as the lynchpin of the North’s so-called « court economy » centered on the dynastic Kim family. The department is believed to finance his family and top party officials with business ventures — some legitimate and some not — that include counterfeiting and drug-smuggling.
The bureau oversees some 120 trading companies and mines, accounting for some 25 percent of North Korea’s total trade and employing up to 50,000 North Koreans, said Lim Soo-ho, a research fellow at the Samsung Economic Research Institute think tank.
He said the reported move to fire the Room 39 chief may be part of attempts to get around stringent international sanctions imposed on North Korea.
It was unclear which Room 39 companies or officials might be under U.N. sanctions, but North Korean firms frequently change names to evade scrutiny. And Kim, the Room 39 chief who was reportedly fired, had been blacklisted by the European Union in December, making his movements in Europe difficult and prompting the change in personnel, Yonhap said.

U.N. Security Council sanctions were tightened against North Korea after a May 2009 nuclear test. The order bans North Korea from exporting arms, calls for freezing assets, and forbids travel abroad for certain companies and individuals involved in the country’s nuclear and weapons programs.
The report came as the United States renewed its call for North Korea to return to talks aimed at ending the country’s nuclear weapons programs.
Assistant U.S. Secretary of State Kurt Campbell made the comments Thursday during a meeting with South Korean Unification Minister Hyun In-taek in Seoul, according to Hyun’s office.

The North wants a peace treaty with the U.S. formally ending the 1950-53 Korean War as well as the lifting of sanctions before returning to the disarmament negotiations it abandoned last year. Campbell said no discussion about easing sanctions, a peace treaty or diplomatic relations can take place before the disarmament talks are back on track, according to Yonhap.
A military fracas off the west coast last week emphasized the precarious security situation in the region.
The North fired rounds of artillery toward its disputed western sea border with South Korea, prompting the South to fire warning shots. No injuries or damage were reported.

North Korea has designated five new « naval firing zones » — four off the west coast and one off the east coast — effective from Feb. 6-8, Yonhap reported later Thursday citing an unidentified intelligence source.

Seoul’s Joint Chiefs of Staff said it could not confirm the report. It said Wednesday that the North had issued two separate « naval firing zones » off the west coast, effective from Feb. 5-8. Two other no-sail zones, also off the west coast, remain in place through March 29.

Voir enfin:

Trois idées reçues sur la Corée du nord
Claude Fouquet

Les Echos

10/10/15

 Pays peu ouvert en dépit de l’avalanche d’images diffusées depuis quelques jours par les télévisions invitées à venir couvrir l’anniversaire du parti unique, la Corée du nord est l’objet de nombreuses idées reçues.
Pays fermé à toute influence extérieure. Régime particulièrement violent qui exécute à tour de bras. Classe dirigeante qui vit à l’occidentale … les idées toutes faîtes circulent régulièrement sur la Corée du nord qui fête ce weekend les 70 ans de sa création. S’ils ne sont pas infondés, les clichés sur ce pays singulier cachent une réalité souvent plus complexe.

1) La Corée du nord est le pays le plus fermé du monde

C’est sans doute l’une des expressions qui, avec celle de « dictature communiste », revient le plus souvent. Pourtant s’il est de fait toujours difficile de s’y rendre et d’y voyager à son aise, force est de constater la multiplication depuis plusieurs années des sites et blogs photographiques consacrés à la Corée du nord. Et ces derniers ne publient pas que des photos volées et passées sous le manteau.

Afin de paraître moins hostile à l’extérieur, Pyongyang ouvre régulièrement la porte à certains médias. Mi-septembre par exemple, la chaîne américaine CNN a été autorisée à filmer l’un des centres spatiaux du pays. Bien sûr pas question de laisser les caméras pénétrer à l’intérieur. Les officiels, sagement assis sur des chaises à l’extérieur d’un bâtiment dont l’architecture rappelle le vaisseau spatial « Enterprise » dans la série de science-fiction Startrek, y regrettent même de ne pouvoir y guider les journalistes.

Plus anecdotique mais révélateur, le traditionnel marathon de Pyongyang qui était réservé aux coureurs professionnels (nord-coréens et étrangers) jusqu’en 2013 est désormais ouvert à tous. Et, comme ce qui se passe en Corée du nord n’est pas à un paradoxe près, sur les deux principales agences qui font la promotion de cet événement, l’une est anglaise et a ses bureaux à Pékin, et l’autre est américaine et située dans l’Etat du New Jersey.

2) Les exécutions sont plus nombreuses que par le passé

Début juillet, le chiffre a commencé à circuler sur Internet. Kim Jong-un aurait, depuis la fin 2011 et son arrivée au pouvoir, exécuté environ 70 personnes. Bien plus que son père, Kim Jong Il qui n’aurait exécuté par exemple « que 10 personnes » lors de sa première année au pouvoir. Mais cette affirmation, qui ne concerne que les personnalités importantes et les dirigeants, est difficile à vérifier.

Tout d’abord, Pyongyang reconnaît rarement les condamnations et, de ce fait, les exécutions : celle de l’oncle de Kim Jong-un, le vice-président de la Commission de défense nationale, est en effet l’une des rares a avoir été officiellement reconnue. Ensuite, même les sources extérieures réputées les mieux informées reconnaissent parfois des imprécisions. Ainsi, les renseignements sud-coréens (NIS), qui affirmaient le 13 mai dernier que le ministre nord-coréen de la Défense avait été exécuté (au canon anti-aérien ou au missile selon les interprétations qui ont circulé), expliquaient le lendemain ne pas pouvoir vérifier s’il avait bien été passé par les armes.

De même, Ma Won-chun, le directeur du bureau de planification de la Commission de défense nationale, que l’on croyait avoir été purgé, est réapparu en public cette semaine. Presque 11 mois après sa dernière apparition publique.

3) Seule la classe dirigeante profite d’un certain confort économique

Pyongyang n’est pas avare en images montrant ses avancées et son développement (comme par exemple le nouvel aéroport international de Pyongyang) et le sentiment général, y compris en Corée du sud, est que les choses semblent bouger un peu, principalement dans la capitale où la population paraît pouvoir goûter aux délices d’une certaine forme de société de consommation.

En témoignent les images ramenées de la 11ème Foire commerciale de Pyongyang par un photographe de Singapour qui anime le site « DPKR 360 ». L’occasion de constater que certains prix sont libellés en dollars américains (2 dollars pour une paire de lunettes de soleil), qu’un stand d’équipement de cuisine est tenu par une co-entreprise germano-nord coréenne tandis qu’un autre propose des ordinateurs de marque sud-coréenne Asus. Et bien sûr de nombreuses marques locales.

Et plus récemment, une délégation nord-coréenne s’est rendue à Singapour pour comprendre notamment comment aider le développement de start-up.

Mais la photo publiée le 26 septembre dernier sur Twitter par l’astronaute Scott Kelly parle d’elle-même et relativise ces avancées. On y voit en effet la péninsule coréenne de nuit et vue de l’espace. Et la zone sombre de la Corée du nord où le seul point lumineux correspond à la capitale contraste avec la situation des voisins chinois et sud-coréens largement illuminés.

Un signe que la politique d’autosuffisance et d’indépendance nationale, maîtres-mots jusqu’à ces dernières années du développement du pays, ne porte sans doute pas ses fruits.

 

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