Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)

decodex
Exemple de fiabilité pour le site de «Valeurs actuelles» et le blog «les Crises»le-monde-decodexNous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Nous avons recensés 600 sites, majoritairement français mais aussi anglais et américains et quelques allemands, avec cinq niveaux de fiabilité, repérés par cinq couleurs. Nous distinguons en gris les sites collectifs, donc non classés, comme Wikipedia, en bleu les sites parodiques, comme Le Gorafi ou NordPresse, en rouge les sites pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs, comme le portail IVG.net qui, sous couvert d’informations, veut manipuler les femmes pour les décourager d’avorter, en orange les sites peu fiables ou très orientés, type FdeSouche, ou les attrape-clics qui republient des informations non recoupées, et enfin en vert les sites très fiables. C’est n’est pas un jugement sur leur opinion, mais sur leur démarche journalistique. L’idée n’est pas de faire du clic ni de l’argent, c’est une démarche citoyenne. Samuel Laurent
L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563). Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi. La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée. (…) Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral. C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“. Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans. Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression. Et puis Le Monde a ressuscité l’Index… Les Crises
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie. (…) Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton. Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet. (…) Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra. Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée. Daniel Schneidermann
Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? (…) C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique. Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien. Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie. En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité. Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder ! Elisabeth Lévy

Vous en aviez rêvé, Le Monde l’a fait !

Au lendemain d’une revanche des bouseux

Qui a décidément, du côté des mauvais perdants, beaucoup de mal à passer …

Et ce, malgré l’accumulation, entre accusation de piratage russe ou du système électoral, des excuses et des coups bas …

Devinez ce que viennent de nous sortir les décodeurs du Monde ?

Non content de s’écrire désormais avec l’histoire et la sociologie dans les prétoires …

Le journalisme va enfin pouvoir disposer, digne de la Sorbonne ecclésiastique des plus beaux jours, de son propre Index à lui tout seul  !

I. Quand le Monde ressuscite l’Index librorum prohibitorum

L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563).

Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi.

La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée.

On a ainsi pu trouver parmi les centaines d’auteurs dans l’Index : René Descartes, Daniel Defoe, Blaise Pascal, Pierre-Joseph Proudhon, Jean de La Fontaine, Johannes Kepler, Alexandre Dumas, Érasme, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, François Rabelais, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Pierre Larousse, Fénelon, Gustave Flaubert, Fontenelle, John Locke, Martin Luther, Jean Calvin, Anatole France, Baruch Spinoza, Nicolas Machiavel, Frédéric II de Prusse, André Gide, Auguste Comte, Condorcet, Nicolas Copernic, Thomas Hobbes, David Hume, Emmanuel Kant, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola…

J’ai une pensée émue pour toutes ces personnes, qui, un jour, ont découvert qu’elles étaient mises à l’Index et que c’était diabolique de les lire – vous comprenez pourquoi.

Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral.

C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“.

Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans.

Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression.

Et puis Le Monde a ressuscité l’Index…

Voir aussi:

Au Monde, on décode à pleins tubes!

Decodex est en ligne

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Causeur

02 février 2017

Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? En tout cas, pour Causeur, les paris sont ouverts. J’avoue qu’une pastille verte me vexerait presque.

Un léger conflit d’intérêt

C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique.

FDesouche classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté »

Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien.

Pas de problème pour Les Inrocks ou l’Humanité

Problème de référence?

Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie.

En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité.

Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder !

Voir aussi:

Chronique «Médiatiques»
Decodex décodé
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie.

Daniel Schneidermann

Libération

5 février 2017

Dans le monde merveilleux des surveillants surveillés et des fact-checkeurs fact-checkés, amusons-nous aujourd’hui à décoder Decodex. Decodex, c’est le nouveau joujou mis en ligne la semaine dernière par le Monde, et qui partage les médias en ligne entre plutôt fiables et pas fiables du tout. Vous arrivez sur pipeule.com ou sur bidon.fr, et le joujou, pardon l’extension, vous le classe en vert ou en rouge, avec quelques lignes d’explication de vote.

C’est un pari audacieux. Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton.

Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet.

Première objection : Decodex ne convaincra que les convaincus. Seuls la téléchargeront ceux qui font a priori confiance au Monde, pour discerner la bonne de la mauvaise info. Objection rejetée : entre les convaincus de la fiabilité, par nature, de la presse traditionnelle, et les convaincus de sa congénitale propension au mensonge et à la manip, reste heureusement le grand marais de tous ceux qui doutent, cherchent, tâtonnent, hésitent, recoupent. Et donc, oui, il existe pour une initiative de ce genre un public intéressé.

Objection de rechange : auprès de la seconde catégorie, l’anathème jeté par Decodex sur les sites «douteux» n’aura aucun effet. Il ne fera que les conforter dans leur certitude que l’objet de cet anathème est digne de confiance, du fait même de l’anathème d’un «média du système». Objection retenue cette fois, mais c’est un risque à courir.

Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra.

Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ?

Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée.

Voir également:

«Qui fact-checkera les fact-checkeurs ?» : le Decodex du Monde suscite des critiques

Des journalistes ont exprimé leur scepticisme envers la démarche du Monde qui consiste à établir le degré de fiabilité des sites d’information sur internet. Certains acteurs mis à l’index se demandent ce qui fonde la légitimité du Monde à distribuer les bons points.

«Un premier pas vers la vérification de masse de l’information». C’est ainsi que se définit «Decodex» le nouvel outil du Monde pour décrypter la fiabilité de l’information sur internet et lutter contre les intox qui pullulent sur le web. La démarche, qui se veut pédagogique, prend notamment la forme d’un moteur de recherche, le logiciel classe les sites soumis en plusieurs couleurs: vert pour «plutôt fiable», jaune pour «peu fiable» rouge pour «très peu fiable» ou bleu pour «parodique». Ainsi le site Gorafi reçoit une pastille bleue, tandis que «Fdesouche», la revue de presse identitaire, reçoit une gommette jaune, et le site ivg.net, dans le viseur du gouvernement parce qu’il culpabiliserait les femmes désirant avorter, une pastille rouge. La liste de tous les sites classés par Decodex assortis des commentaires a par ailleurs été publiée par un blog.

Labellisation du bon journalisme

A première vue, l’idée de séparer le bon grain de l’ivraie journalistique peut paraître louable. Mais très vite, des voix se sont élevées pour dénoncer un monopole de la labellisation du «bon journalisme» assez contestable. Où est la part de la ligne éditoriale dans le jugement de ce qu’est un site fiable? Par exemple le site «Valeurs

actuelles» d’abord classé en vert, s’est vu attribuer la gommette orange «peu fiable» quelques jours plus tard. En cause, la condamnation de l’hebdo pour «provocation à la haine raciale» pour sa Une sur les Roms en 2015. «Certaines enquêtes ou reprises d’autres médias sont à prendre avec précaution.» indique le «Decodex».

Du côté de l’hebdo droitier, on préfère rire de cette mise à l’index. «Au début nous étions très inquiets d’être en vert, mais on s’est très vite rassurés en voyant qu’on était passé au orange», se gausse Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction. «Nous songeons d’ailleurs à Valeurs Actuelles à mettre en œuvre notre propre Decodex. Les Décodeurs du Monde y seraient en violet ou en marron», lâche-t-il.

Autre mécontent: Olivier Berruyer, blogueur et fondateur du site Les Crises, qui s’est vu lui carrément décerner l’infamante étiquette rouge «très peu fiable» en raison de la diffusion de «théories conspirationnistes, notamment sur la crise ukrainienne.». Il se retrouve dans le même sac qu’Égalité et réconciliation, le site d’Alain Soral, ou le site complotiste antisémite Panamza. Pour justifier son choix, Le Monde s’appuie sur une source unique: un article issu d’un blog hébergé par…. le Monde. Dans un article documenté, Olivier Berruyer, développe un long argumentaire contre ce qu’il appelle une «liste maccarthyste» et compare le Decodex à l‘Index librorum prohibitorum, la liste établie par l’Eglise des ouvrages que les catholiques n’avaient pas le droit de lire. «Je n’ai pas créé un site d’information, mais un simple blog personnel pour échanger avec les lecteurs ; et le Monde n’a pas à utiliser l’immense poids de son image pour tenter de me discréditer – sans fondement en plus.», se plaint le blogueur. La journaliste Aude Lancelin, auteur du Monde libre, un brûlot remarqué sur les dérives du journalisme, l’a soutenu.

Juge et partie

Outre les plaintes de réprouvés, Decodex suscite des doutes chez d’autres journalistes. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Qui veut discréditer un site trouvera toujours une fausse information quelque part.» remarque Vincent Glad qui tient un blog sur le site de Libération. Le journaliste fait remarquer que si le blog de l’économiste souverainiste Jacques Sapir est classé «orange» parce qu’il «il relaie parfois de fausses informations, niant la présence de soldats russes en Ukraine en 2014, pourtant établie», «il serait facile de rétorquer que Le Monde publie aussi à l’occasion de fausses informations, comme récemment le faux piratage par les Russes d’une centrale américaine.» On peut aussi noter que le magazine people France dimanche reçoit une pastille verte «plutôt fiable», alors que le journal avait annoncé en Une le divorce d’Emmanuel Macron, ce qui avait suscité une plainte de ce dernier.

«Au nom de quoi le service «Décodeurs» du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC?» se demande Élisabeth Lévy dans Causeur. Pour Daniel Schneiderman, fondateur du site de critique des médias Arrêts sur image, il y a également une difficulté à ce que Le Monde soit à la fois juge et partie. «De quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non? Quelle est sa fiabilité? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool», écrit-il dans Libération.

Derrière cette polémique, c’est toutes les mutations du journalisme contemporain qui sont en question. A l’ère des populismes, des réseaux sociaux, et de la «post-vérité», les médias traditionnels peuvent-ils garder le monopole de l’information? Y-a-t’il une définition «légale» du journalisme? Certains ont eu beau jeu de rappeler que Le Monde et Libération avaient applaudi en une l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh en 1975, et qu’il n’y a pas d’objectivité journalistique pure, définissable a priori.

D’aucuns soulignent qu’en plus d’être contestable, cette démarche pourrait bien être inefficace et ne prêcher que les convertis, à l’heure où la confiance des Français dans leurs médias n’a jamais été aussi faible. Ainsi, pour Jean-François Kahn, une telle opération ne peut être crédible que si les médias font leur mea-culpa. «Cette démarche pourrait être positive et courageuse si elle était précédée d’un examen de conscience», explique au Figaro l’ancien directeur de Marianne.

«Il y a une telle suspicion envers les médias qui se sont trompés qu’il faut reconquérir la confiance des gens. Il faudrait faire un grand examen de conscience médiatique sur le traitement de l’Irak, la Libye, la Syrie par exemple.» Il s’interroge aussi sur les modalités que pourrait prendre une éventuelle labellisation des sources: «Il faudrait que ce soit une institution, un genre de Conseil constitutionnel de journalistes, qui puisse élaborer cette classification.»

Voir encore:

Who will check Facebook’s ‘fact checkers?’

In response to recent concerns about “fake news” and opinion-swaying hoaxes, Facebook has unveiled new measures to address the issue. But unless done right, these steps may create more problems than they solve — and boost claims that the “fake news crisis” is an attempt to impose political controls on the media.

One Facebook measure gives power to consumers themselves: Anyone will be able to report a hoax by clicking the upper right hand corner of a post.

This may accomplish some good, but the potential for abuse is immediately obvious. People can flood the system with fake reports of fake news, either to punish websites and news organizations they dislike or to subvert the fake-news-flagging process itself

More than a few people on the right and the “anti-establishment” left will get a huge kick out of slapping the “fake news” label on The New York Times, The Washington Post or CNN.

However, Facebook’s main mechanism for “fake news” oversight will be a program involving third-party fact-checkers. These organizations will check stories submitted as “fake” by readers. If they are, in fact, determined to be fake, they will be flagged as “disputed by third parties.”

People will see the “disputed” warning when they are about to share a link to such a story and will be encouraged to read the fact-checking report. Opportunities for advertising revenue from “disputed” news items will be severely limited as well.

Of course, that brings us to the great question first posed by the Roman satirical poet Juvenal some 2000 years ago: Who will watch the watchmen?

The announcement that established fact-checking organizations will be in charge of classifying some stories as fake was quickly met with derision on the right.

Indeed, conservatives have long claimed that fact-checking was riddled with anti-conservative bias and even conflicts of interest (as when PolitiFact, one of Facebook’s six United States-based fact-checkers, shot down a critique of a Clinton Foundation initiative without disclosing that one of that program’s principal funders was a major donor to PolitiFact’s parent organization, the Poynter Institute).

Conservatives argue that most fact-checking is opinion dressed up in the mantle of “Just the facts” — a blatant liberal attempt to control the discourse.

Are those charges fair? Depends on how you look at it.

For instance, in 2013 the Center for Media and Public Affairs found that over a four-month period, PolitiFact had rated 32 percent of Republicans’ claims as totally false (“pants on fire”) compared to just 11 percent of claims by Democrats, while rating 22 percent of Democratic claims and just 11 percent of Republican claims as “entirely true.”

The CMPA did not evaluate these ratings but merely tabulated them. Does this mean that PolitiFact was biased, or that Democrats were actually more truthful? The only thing we know for sure is that the fact-checking is, to use Facebook’s terms, “disputed.”

A look at fact-checkers’ explanations of their ratings will show that truth and falsehood are rarely black and white, at least in the mouths of politicians. More often than not, the devil is in the details — or in the context.

In at least some cases, accusations of dishonest fact-checking have been based on highly tendentious interpretation.

For instance, fact-checkers from several organizations took a lot of flak for branding then-Republican presidential candidate Carly Fiorina a liar after she talked about watching a pro-life group’s video exposé of Planned Parenthood, supposedly showing:

“a fully formed fetus on the table, its heart beating, its legs kicking while someone says we have to keep it alive to harvest its brain.”

In fact, one of the videos showed a former Planned Parenthood technician, now a pro-life activist, claiming that she had witnessed such a scene; her account was illustrated by footage of an aborted fetus with its leg twitching.

Conservative critics argued that since the fetus in the clip was “the same gestational age” as in the former technician’s account, Fiorina’s assertion was fundamentally accurate. But an uncorroborated allegation illustrated by unrelated footage is not even close to a video record of an actual incident — which is what Fiorina claimed.

Those who side with Fiorina over the fact-checkers should try turning the political tables.

Suppose a Democratic candidate had described watching video footage of a white police officer hurling racial slurs while repeatedly firing his gun into an unarmed, helpless black man. Suppose the actual video showed an ex-cop turned Black Lives Matter activist asserting that he had witnessed such an incident, with his story accompanied by footage of a dead body from a different police shooting.

Would any conservatives rise to defend the Democrat’s truthfulness?

In other instances, the fact-checkers fully deserved the backlash.

Last year, PolitiFact gave Donald Trump a “pants on fire” rating for his claim that “crime is rising,” based on government crime data from 1993 to 2014 (which show a steady drop in both violent crime and property crimes).

In response, the American Enterprise Institute, a conservative think tank, pointed to preliminary data from 2015 which do, in fact, show an upward trend in crime statistics.

But PolitiFact stood by its rating, arguing that Trump’s claim was false since it was made in the context of “sweeping rhetoric about a nation in decline” and did not include such qualifiers as “recently” or “in the past year.”

That’s not fact-checking, it’s nit-picking.

You don’t have to like or support Trump to conclude that on this matter, PolitiFact was being more political than factual.

What lessons does this offer for fake news-checking?

Unlike claims by politicians, many “fake news” stories that have made the rounds in the past year have involved outright fabrications, not just skewed reporting.

Pope Francis endorsing Donald Trump, Hillary Clinton selling weapons to ISIS, or Trump rally-goers shouting anti-black slogans is not a matter of context or interpretation; these stories were simply made up.

If Facebook’s third-party fact-checkers limit themselves to flagging stories that are straightforward hoaxes, that will go a long way toward making them credible. Tendentious reporting is not “fake news;” it happens all the time, across the political spectrum, and the only answer to it is more critical thinking on the part of readers and viewers, not more social-media controls.

Adding more conservatives to fact-checking operations would also help.

A fact-checking panel made up of journalists and experts from news organizations and think tanks across the political spectrum would be an excellent addition to the media landscape. It would promote cooperation across ideological lines, something that is becoming regrettably rare.

Most importantly, it would allay fears that the pushback against “fake news” is a vehicle for censoring real news and opinion.

Cathy Young is a contributing editor for Reason magazine and a columnist for Newsday. Follow her on Twitter at @CathyYoung63.

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3 Responses to Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)

  1. jcdurbant dit :


    Nul besoin d’un « Décodex » stupide et faisandé pour constater que ces médias et ces individus se soutiennent mutuellement sur une base idéologique commune. Mais plus encore, l’affaire Mehdi Meklat n’est guère diffusée par les médias romands. Imaginez un seul instant si ces tweets émanaient d’un élu FN. Nul doute qu’une cabale aurait été lancée par ceux-là mêmes qui se taisent aujourd’hui alors qu’ils s’excitent au moindre tweet de Donald Trump. Enfin, on rappelle que le personnage principal de cette affaire travaille au Bondy Blog, média en ligne qui faisait le fierté de feu l’Hebdo. Dès lors, personne ne sera surpris de constater que notre presse évite soigneusement le sujet: il s’agit de ne pas égratigner les petits copains de la profession…

    http://lesobservateurs.ch/2017/02/22/arash-derambarsh-elu-de-courbevoie-le-patron-des-inrocks-media-de-gauche-ma-menace-dans-laffaire-mehdi-meklat/

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  2. jcdurbant dit :

    « Tout le monde avait connaissance de ces tweets », a-t-elle reconnu, « cet avatar est une horreur indéfendable. On a été plein à lui demander d’arrêter, et il continuait » mais « je continue à defendre Mehdi car je veux le juger dans la vie », où il est « à l’extrême inverse de ce personnage odieux ».

    http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/affaire-meklat-sur-internet-pas-de-droit-a-l-oubli_1881976.html

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  3. jcdurbant dit :

    Ouh lal la !

    Ca devient compliqué !

    Condamné pour avoir accusé de racisme quelqu’un qui avait déjà été condamné par la justice pour racisme ?

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/05/30/97001-20170530FILWWW00247-suisse-condamne-pour-un-like-sur-facebook.php

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