Consommation: La France découvre le capitalisme sauvage pour tous (Caveat emptor: With Virgin closures, France gets a taste of Black Friday-like action)

https://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/05/fcaad-blackfridaystampede.jpgNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
C’est précisément en raison de la mort de l’impérialisme que nous voyons l’apparition du monde pré-moderne. Aujourd’hui, il n’y a aucune puissance coloniale qui accepte de s’atteler à cette tâche, cependant les occasions, peut-être même le besoin de colonisation, sont aussi grands qu’ils ne l’ont jamais été au XIXe siècle. (…) Le cas d’Ossama Ben Laden a maintenant démontré, pour ceux qui ne l’avait pas déjà réalisé, qu’aujourd’hui le monde entier est, potentiellement au moins, notre voisin. Robert Cooper
La notion des années 1960 selon laquelle les mouvements sociaux seraient une réponse légitime à une injustice sociale a créé l’impression d’une certaine rationalité des émeutes. Les foules ne sont toutefois pas des entités rationnelles. Les émeutes de Londres ont démontré l’existence d’un manque de pensée rationnelle des événements du fait de leur caractère tout à fait spontané et irrationnel. Les pillards ont pillé pour piller et pour beaucoup ce n’était pas nécessairement l’effet d’un sentiment d’injustice. Au cours des émeutes danoises il y avait d’un côté un sens de la rationalité dans les manifestations de jeunes dans la mesure où ils étaient mus par une motivation politique. Cependant, les autres jeunes qui n’étaient pas normalement affiliés à  l’organisation « Ungdomshuset » se sont impliqués dans le  conflit et ont participé aux émeutes sans en partager les objectifs. Ils étaient là pour s’amuser et l’adrénaline a fait le reste. Les émeutes peuvent assumer une dynamique auto-entretenue qui n’est pas mue par des motifs rationnels. Lorsque les individus forment une foule, ils peuvent devenir irrationnels et être motivés par des émotions que génèrent  les émeutes elles-mêmes. L’aspect intéressant des émeutes  de Londres était de confirmer l’inutilité du traitement du phénomène de foule par  une stratégie de communication. La méthode rationnelle n’aboutit à rien contrairement à la forme traditionnelle de confinement. Cela montre bien qu’à certains moments, la solution efficace est de ne pas gérer les foules par le dialogue. Christian Borch
Un militaire en patrouille Vigipirate été agressé samedi à l’arme blanche à La Défense (Hauts-de-Seine) par un homme qui a pris la fuite et dont les motivations restent inconnues. Cette agression intervient trois jours après le meurtre mercredi à Londres d’un soldat britannique par deux islamistes radicaux, avec lequel aucun lien n’a toutefois été fait à ce stade par les enquêteurs. Le soldat, âgé de 23 ans, en tenue, participait à une patrouille mixte composée de policiers et de militaires. Il a été frappé au cou avec une arme blanche. Ses jours ne sont pas en danger, selon la police et les ministères de l’Intérieur et de la Défense. Il a d’abord été soigné sur place par les pompiers, puis hospitalisé. (…) Selon les tout premiers éléments de l’enquête, qui restent à confirmer, l’agresseur était grand, environ 1 mètre 90, il portait une barbe, un pull et un pantalon noirs. La Croix
 Avec leur ‘mariage pour tous’, la PMA, la gestation pour autrui, bientôt, ils vont se mettre à quatre pour avoir un enfant. Nicolas Sarkozy
« Chaque jour, plus de 200 policiers sont mobilisés dans toute la capitale et dans les réseaux de transport pour lutter notamment contre les faits de délinquance commis» contre les touristes, s’est défendu vendredi la préfecture de police. Mais la sécurité de Paris n’a pas bonne presse à l’étranger. Le mois dernier, les agents de sécurité du Louvre avaient dû se mettre en grève pour protester contre le laisser-aller des autorités, incapables d’endiguer le flux des mineurs d’origine roumaine qui détroussent les visiteurs du musée à grande échelle, n’hésitant pas à leur faire les poches jusque dans les salles d’exposition. Vinrent ensuite les deux jours d’échauffourées des Champs-Élysées et du Trocadéro, les 12 et 13 mai, avec cette vidéo d’un car de touristes pillés par les voyous devant le pont d’Iéna. Une séquence qui a fait les délices de Youtube et que l’on visionne aujourd’hui encore jusqu’en Chine ou au Japon. On ne compte plus les récits de touristes pris pour cibles par les groupes très mobiles de voleurs à la tire dans la capitale. Ces faits ont augmenté de près de 40 % en un an dans les seuls réseaux ferrés de l’agglomération parisienne. En France, ils ont dépassé au total le nombre effarant de 100.000 infractions sur les douze derniers mois. Et nul n’est à l’abri. Jeudi soir, un proche de Bill Clinton en a fait les frais. Accompagnant l’ancien président américain en visite à Paris, il a été victime de pickpockets au moment où il retirait de l’argent à un distributeur automatique sur les Champs-Élysées. Une bien mauvaise publicité. En mars dernier, l’ambassade de Chine à Paris avait officiellement protesté auprès de la préfecture de police contre les agressions à répétition contre ses ressortissants. L’une d’elles, le 20 mars, a particulièrement choqué. Ce jour-là, en Seine Saint-Denis, un groupe de Chinois a été violemment pris à partie à la sortie d’un restaurant du Bourget. Ces vingt-trois touristes étaient arrivés de Roissy quelques heures auparavant, pour un voyage express de douze jours en Europe, commencé donc à Paris. Après avoir été frappés, il ont été délestés de leurs passeports et d’une grosse somme d’argent en liquide. L’affaire a fait les gros titres de la presse chinoise. S’y ajoute désormais le retour des casseurs dans la capitale. Un triste spectacle de vitrines brisées, de passants molestés, détroussés, dont les images ont fait le tour de planète. Selon les estimations du Figaro, le seul coût des dégâts causés par ces bandes, issues de banlieue pour l’essentiel, dépassait les 750.000 euros. (…) « Les enjeux sont de taille», estime pourtant le Comité Colbert. Car la France demeure la première destination touristique au monde, avec plus de 80 millions de touristes par an. Dans l’Hexagone, les ventes de produits de luxe français sont assurées pour moitié par la clientèle touristique. Sans elle, le marché français du luxe n’aurait pu afficher une croissante de près de 3 % l’an dernier. À en croire les analyses des agences de détaxe, c’est à Paris que le panier d’achats moyen par touriste est le plus élevé: 1034 euros. Quand Singapour, la Grande-Bretagne ou l’Italie ne dépassent pas 693 euros de dépense par touriste en moyenne. Le Figaro
Il faut une politique adéquate. Il n’y a pas que les touristes qui sont agressés. Il y a quelques années, c’était aussi la réputation de New York d’être hyperdangereuse. Une politique de zéro tolérance a été menée par le maire et, aujourd’hui, tout le monde sait que New York est une ville sûre. Elisabeth Ponsolle des Portes 
Calmez-vous, on dirait que vous voulez de la viande. Vendeur Virgin
Un parfum de fin du monde flotte au 41 rue Édouard-Herriot. Florent Deligia
J’y crois pas, ici c’est l’apocalyyypse ! ! !  Client au téléphone
Emma, une mère de famille de 36 ans vivant dans le XIIIe arrondissement, attendait la précieuse info depuis plusieurs jours. Elle était prête pour le jour J et a profité pleinement de cette vaste opération de déstockage. « Mon frère faisait la queue depuis 7 heures. Il avait le nez collé sur la vitrine. Je l’ai rejoint vers 9 heures. Il y avait déjà plus d’une centaine de personnes sur place. Les portes du magasin ont ouvert avec trois quarts d’heure de retard. C’était la folie. Ça poussait de tous les côtés. Les plus pressés montaient les marches quatre à quatre pour aller dans les rayons hi-fi. Mais il y avait peu d’articles. Du coup, certains clients arrachaient de leur socle les appareils photos ou les tablettes en exposition. Les alarmes retentissaient de toute part. » Cette mère de famille a réussi à mettre la main sur un lecteur DVD Blu-ray, une station pour iPod, des jeux pour consoles, un clavier et un casque… Elle était venue en repérage la veille car elle n’avait encore jamais mis les pieds dans un magasin Virgin. « C’est une salariée de l’enseigne qui m’a refilé le tuyau. L’info bruissait sur la Toile depuis plusieurs jours. Elle est tombée hier peu après minuit sur le site de Virgin. Je m’étais déjà organisée. Mais les rayons hi-fi étaient déjà dégarnis à l’ouverture. De nombreux articles étaient déjà partis lors de la période précédente de rabais. Le personnel a aussi fait ses courses ce matin (hier) entre 8 heures et 10 heures. Il fallait être parmi les premiers pour arracher les bonnes affaires… » Le Parisien
Champs-Elysées ouvre à 10 heures, et les choses se compliquent déjà. Les gens dehors s’impatientent, ils sont des centaines (dont certains depuis 7 heures du matin), et tentent d’ouvrir eux-mêmes la gigantesque porte métallique. Ils tentent, ils tentent, les charognards. La tension est déjà là, quelque chose ne tourne pas rond. Une ambiance, une attitude. Le service de sécurité fait grincer les gonds. Sésame, ouvre-toi. Les chiens sont lâchés, le chaos peut commencer. Des centaines d’humains, visages déformés, hagards, montent en courant au premier étage, se poussent les uns les autres. Une femme chute dans le grand escalier. Personne ne l’aide à se relever. Objectif : le rayon numérique. Un iPad à 700 euros devient un iPad à 350 euros. Alors ils en prennent deux, trois, quatre, car même à 600 euros, les tablettes numériques se revendent illico sur eBay ou Leboncoin.fr. Mais il n’y a pas que ça à récupérer, et certains ont prévu le coup : ils sont venus avec des grands sacs. D’autres ont carrément ramené des valises. (…) Les consoles Xbox, vendues la veille 250 euros, passent à 175 euros. Prenons-en une, non deux, non trois. Durant l’heure suivant l’ouverture du magasin, les vendeurs, complètement désemparés, sont suivis, pris à partie, traqués, insultés, secoués par des clients devenus fous. Certains employés montent sur des tabourets, et hurlent des ordres aux gens afin de contenir, de canaliser la foule en furie. En vain. Des clients leur hurlent dessus, et l’attention sera – semble-t-il – à qui criera le plus fort. (…) En moins de trente minutes, le rayon numérique est vide. Plus rien, à part de la poussière et des déchets sur les rayonnages (restes de menus McDo, cannettes vides, emballages divers). Des gens ont sous les bras des trucs sans savoir de quoi il s’agit. Ils ne savent même pas ce que c’est. « Vous pensez que je peux en tirer combien ? », osent-ils même demander. Mais même sans savoir, plus besoin de les mettre sur Priceminister. Car la vente n’a jamais été aussi sauvage, et des enchères commencent dès lors dans les files d’attente. Je n’ai pas eu d’iPad, je rachète le vôtre. Non moi, non moi, non moi, qui dit mieux ? On dégaine le cash, des billets passent discrètement de main en main. On se croirait en plein deal généralisé. Le magasin a en stock 184 cartouches du dernier jeu Nintendo DS « Professeur Layton ». Un revendeur de jeux vidéo, venu avec des amis porteurs, les prend toutes. Les 184. Ceux qui sont arrivés trop tard au saint premier étage – ou qui n’ont pas eu accès aux enchères sauvages – prennent alors TOUT ce qui passe à hauteur de panier. TOUT : peluches, DVD au hasard, magnets, écouteurs, jeux de société, cartouches d’imprimantes. Ils n’ont pas le temps de choisir, sinon d’autres leur voleront leur butin. Alors ils prennent, ils prennent, se gavent sans peur de vomir. Ils prennent pour empêcher d’autres de prendre. La plupart sont au portable : « Mais tu veux lesquels ? Dis-moi vite, il n’y a presque plus rien ! “Twilight” ? “Iron Man” ? “Transformers” ? En Blu-ray ou DVD ? Bon, je prends tout, et rappelle-moi dans dix minutes ! De toute façon, on s’en fout, c’est à moins 50% ! » Et pourtant – forcément – ils vomissent, quand le coup de sang est passé. Où ? Aux caisses. C’est réellement là qu’ils font leurs emplettes, leurs « bonnes affaires » : alors ça oui, je prends, ça non, ça oui, ça non… Ils reposent alors ce qui, en fait, ne les intéresse finalement pas. L’attente dans la file est en moyenne de 1h30. Derrière les caissières, des centaines de produits divers s’entassent en dizaines de colonnes, trop rapidement dégueulés pour être rangés convenablement. (…) Ils n’ont JAMAIS vu ça de leur vie Pour ajouter au chaos ambiant, au rez-de-chaussée comme au premier étage, des centaines de boîtiers vides de DVD et jeux vidéo jonchent le sol. Ouverts de force, volés dans la cohue. On marche comme sur des œufs de peur de glisser, en poussant du pied les cadavres d’une culture qui semble avoir été violée. A la sortie, les bornes antivols hurlent au point qu’on ne les entend même plus. (…) Les vigiles, sous une pluie d’insultes et de huées, font leur job. Les gens dehors deviennent fous, les en empêchent, retiennent la porte. Ce qu’ils ne savent pas, les chacals, c’est que le magasin a déjà été pillé. Chacun de ses os a été sucé méthodiquement. Avidement. (…) Avec difficulté, les agents de sécurité, qui n’ont JAMAIS vu ça de leur vie, parviennent à refermer le sésame. Ouf.  (…) Durant les derniers mois, depuis l’annonce de la fermeture de la chaîne Virgin, pas un seul de ces « clients » n’a évidemment levé le petit doigt pour soutenir (de quelque manière que ce soit) les 1 000 salariés, futurs chômeurs dans quelques semaines. Mais lundi, ils étaient pourtant tous là comme par magie, ces clients invisibles, fossoyeurs aux dents acérées. Ils ont soudain retrouvé l’adresse d’un magasin dans lequel, au mieux, ils n’avaient pas mis les pieds depuis des années, au pire, ne sont jamais allés. Comble, certains ont même posé des RTT le matin même pour pouvoir s’y rendre. Dans le même article du Parisien cité plus haut, il est également noté que l’Emma en question (mise au courant de la braderie par une proche) « était venue en repérage la veille, car elle n’avait encore jamais mis les pieds dans un magasin Virgin ». Le temps d’une matinée, oubliant Amazon, oubliant « la crise », ils étaient là en chair et en os, en masse, les rats, les nécrophiles, dansant joyeusement sur les cadavres de milliers de salariés, amassant leur « butin », comme certains le disaient à 11 heures sur Twitter. Faire des bonnes affaires, c’est une chose. Mais à ce prix-là ? « Eh oui » avez-vous tous répondu en chœur, « A ce prix-là », justement. Et ce prix-là, c’était moins 50%. C’est ce que vous répétiez tous, vous, les charognards, la salive pâteuse aux commissures des lèvres. Pour ce prix-là, vous avez poussé aux larmes des travailleurs qui, peu importe ce qu’on peut penser de Virgin, ont mis toute leur énergie et leur amour durant des années dans un job qui les a passionnés. Pour un simple rabais, vous les avez insultés, méprisés et violentés. Vous avez montré sans masque qu’un vulgaire iPad avait à vos yeux plus de valeur que leur travail et leurs passions. Pour ce prix-là, putain, vous êtes devenus des bêtes. A prix cassés, dignité soldée ? La vôtre on s’en doutait, mais également la leur dans la foulée ? Vous ridiculiser ne suffisait donc pas ? Il fallait également les écraser, les traîner dans la boue ? Vous vous êtes battus comme des chiens. Bravo, c’est bien. Mais vous n’êtes pas des chiens, les chiens n’agiraient pas ainsi. Mais vous n’êtes pas non plus des êtres humains, car un humain il me semble, n’agit pas non plus de la sorte. Non. Pour vous être comportés ainsi, vous n’êtes simplement – et clairement – que des sales pourritures.  Antoine Michel (contractuel dans la fonction publique et compagnon d’une employée Virgin)
« En mai, Virgin fait ce qu’il te plaît. » Sur la devanture du magasin du boulevard Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, la grande affiche promotionnelle rouge semble douloureusement déplacée. Depuis lundi 13 mai au matin, les soldes ont débuté dans les vingt-six magasins Virgin de l’Hexagone, dans une ambiance de fin du monde. En redressement judiciaire depuis le 14 janvier, l’enseigne vend ses stocks à moitié prix, et à – 60 % pour les adhérents. En cette fin de journée, Alexandre, vendeur au rayon multimédia, est assailli par une nuée de clients qui lui posent en boucle les mêmes questions : « Vous n’avez plus d’iPad Retina ? Et les modèles de démonstration ? » « Ils sont la propriété d’Apple, on n’a pas le droit de les vendre… », répond le jeune homme, résigné. Autour de lui, des étagères entières vidées de leur contenu (lecteurs MP3, appareils photo, iMac..), plus aucun présentoir, des cartons déchirés. « Les clients les ont ouverts pour piquer du matériel… L’électronique est le plus recherché, suivi par les DVD et des CD. Seuls les livres, régis par une législation particulière, échappent aux soldes. « Ce matin, à l’ouverture, deux cents personnes se sont bousculées dans les escaliers. Il y a eu des cris, des piétinements… », dit Alexandre entre deux sollicitations. « Certains clients rampaient sous le rideau pour entrer plus vite », relate Aurélie, responsable du rayon librairie. Le Monde
Pour certains, c’est devenu une habitude. Ils guettent les magasins qui cassent les prix avant de fermer, ou les produits bientôt retirés du marché au tarif sacrifié. En 2011, des consommateurs n’ont pas hésité à en venir aux mains lorsque HP décida de vendre sa tablette tactile TouchPad à 99 euros. Les appareils se retrouvaient alors rapidement sur les sites de petites annonces, au double de leur prix. Début 2013, c’est le tour des magasins Game d’être le théâtre de ces razzias. L’enseigne proposait les jeux vidéo à -70 %, les consoles à -40 %. À cette époque, l’un des anciens vendeurs confiait : “Dès l’ouverture, nous avons reçu des clients avec des sacs plastiques qu’ils chargeaient de jeux et de consoles. Ils allaient les revendre directement chez nos concurrents ou dans les boutiques d’occasion qui payent en liquide.” Les revendeurs attendent déjà la prochaine enseigne qui disparaîtra. Phone House est parmi les premiers sur leur liste. Régulièrement, les bons plans s’échangent sur les forums et sites Internet. Les gains peuvent être intéressants : entre 10 et 100 % du prix d’achat. Ainsi, un iPad 64 Gb vendu à 285 euros chez Virgin (pour les détenteurs de la carte de fidélité) est proposé autour de 550 euros sur un site comme leboncoin.fr. Bilan de l’opération : 265 euros pour le revendeur, une économie de 164 euros pour l’acheteur (le produit est à 714 euros chez Apple). Pas étonnant que la tablette d’Apple fut aussi recherchée lundi matin lors de l’ouverture des Virgin. Pour leur part, les consoles permettent de faire environ 50 euros de marge à la revente, voire plus si elles sont accompagnées de jeux. Reste une question de taille : de telles opérations sont-elles légales ? Tout dépend de la régularité des ventes. Ainsi selon l’article L.121-1 du Code du commerce, “sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle”. Sur une page dédiée à la question, le site Priceminister explique qu’“un vendeur pourra être qualifié de vendeur professionnel s’il a l’intention d’avoir une activité professionnelle qui se détermine, par exemple, par le fait de mettre en place un système organisé de vente à distance (utilisation de moyens professionnels pour expédier les produits vendus, aménagement de locaux dédiés…) et par le fait d’acheter des biens dans l’unique but de les revendre. Il n’existe pas dans les textes de seuil officiel (en nombre de ventes ou en euros) au-delà duquel l’activité de vente est automatiquement considérée comme relevant de l’activité commerciale”. Le site conseille cependant à ceux qui vendent régulièrement d’opter pour le statut d’autoentrepreneur. Pour eBay, “sont professionnels” : ceux qui revendent des objets achetés, des objets créés par les vendeurs, la revente d’un grand nombre d’objets, d’objets neufs n’étant pas achetés pour un usage personnel… Les revendeurs qui ont l’habitude de profiter des liquidations ont donc peu de chance d’être inquiétés tant que cela reste rare et en petite quantité. Florent Deligia

Après les pillards sans frontièresl’émeute pour tous et le jihad pour tous, la France découvre le capitalisme sauvage pour tous !

« Parfum de fin du monde », « ambiance de fin du monde », « apocalypse », « lendemain d’apocalypse », « charognards », « bêtes », « chiens », « pourritures » …

Alors que dopée et amplifiée par les nouveaux médias, la circulation de l’information et de toutes sortes de modes d’emploi (jusqu’aux recettes de bombes artisanales!) qui a tant contribué dans le monde arabo-musulman au prétendu « printemps arabe » vite transformé en « hiver salafiste » …

Met désormais à la portée du premier venu chez nous, paradis nordiques compris, la violence jusque-là réservée à l’Etat détenteur du monople de la violence légitime …

Pendant qu’entre mariage, procréation médicalement assistée et gestation pour autrui pour tous, nos gouvernants apprenti-sorciers rivalisent de démagogie pour attirer les chalands-électeurs tout en tentant d’apaiser l’inquiétude les marchands du temple

Comment ne pas être frappé, suite aux tout récents et pourtant relativement mesurés épisodes de Black Friday qui ont suvi la liquidation de l’enseigne Virgin comme après le coup promotionnel avorté d’Air Caraïbes, du désarroi et du recours systématique de certains de nos commentateurs au vocabulaire et au bestiaire apocalyptiques ?

Virgin Megastore de Lyon : les rayons vides à 10h30

Florent Deligia

Lyon capitale

13/05/2013

Depuis ce lundi matin, le Virgin Megastore de Lyon propose 50 % de remise sur l’ensemble du magasin. Une cinquantaine de personnes étaient présentes dès l’ouverture, se ruant sur les bonnes affaires et n’hésitant pas à harceler les vendeurs pour obtenir le Graal du jour : un iPad à petit prix. Ambiance.

La nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux, dimanche 12 mai : à partir de lundi, les boutiques Virgin Megastore bradent leur stock et proposent 50 % de remise dans tous les magasins, à l’exception des livres et chèques-cadeaux. Les détenteurs de la carte de fidélité bénéficient pour leur part de 20 % supplémentaires. Alors que la chaîne traverse une crise sans précédent et que le tribunal doit étudier les offres de reprise le 23 mai, l’opération vise clairement à vider les stocks.

Une cinquantaine de personnes à 9h59

Ainsi, une cinquantaine de personnes se pressaient devant le magasin de Lyon, ce lundi matin, peu de temps avant l’ouverture des portes. La tension est alors déjà palpable. Certains font des bras d’honneur aux caméras de surveillance. D’autres pestent, car “les vendeurs auraient eu le droit de se servir en priorité”. Le ton est donné : les gens ici présents n’ont que faire de la crise qui touche Virgin et sont là pour faire de bonnes affaires. Les portes s’ouvrent à 10 heures. C’est la cohue, les gens se précipitent dans le magasin. Tout le monde n’a qu’un mot à la bouche : iPad.

La quête de l’iPad

Les consoles de jeux vidéo sont immédiatement accaparées, mais les tablettes de la firme à la pomme ne sont pas en rayon. Immédiatement, la foule se dirige vers les vendeurs qui partent chercher les tablettes, en stock aux étages supérieurs. À leur retour, ils n’ont pas le temps de les distribuer à ceux qui les ont demandés et sont dévalisés en quelques secondes. Ils tenteront bien de contrôler le flux, mais c’est peine perdue. L’ambiance est tendue, l’excitation à son comble.

Acheter pour revendre

Un homme ayant récupéré un iPad 4 64 Go à 350 euros (au lieu de 700) est interpellé par un jeune qui lui propose 400 euros immédiatement. Il refuse poliment avant de recevoir d’autres offres. Alors que les clients ne sont pas encore passés en caisse, des négociations ont déjà lieu dans le magasin. Des sommes en liquide s’échangent discrètement et les produits passent d’une main à l’autre. Un de ces revendeurs de l’immédiat nous confie qu’il pensait proposer ses achats sur le site de petite annonce leboncoin.fr. Il n’aura pas besoin de le faire. Les produits qu’il a récupérés ont déjà de nouveaux propriétaires. Un homme, la cinquantaine, montre le carton d’un lecteur Blu-Ray : “Vous pensez que je peux en tirer combien ? Je ne sais même pas à quoi ça sert.”

Des rayons vidés en quelques minutes, sauf celui des CD

Les rayons high-tech et jeux vidéo sont rapidement vidés de leur contenu. Paradoxalement, celui des disques au premier étage est désert, malgré des réductions identiques. Symbole d’un des pôles qui a marqué la perte de Virgin, la musique sur support physique n’intéresse plus personne. Un vendeur reste confiant : “Tout devrait partir d’ici le 25 mai”, date de la fin de l’offre. Plus loin, l’une des libraires regarde la curée avec émotion et se confie : “Ça me fait mal au cœur de voir ça. C’est difficile.” Une vingtaine de minutes après l’ouverture des portes, la tension est loin d’être retombée, bien au contraire. Le personnel, pris à partie, est suivi de près par des dizaines de clients n’ayant toujours qu’un seul mot à la bouche : iPad.

Vendeurs au bord de la crise de nerfs

Harcelé, un vendeur perd ses nerfs : “J’ai déjà poussé une gueulante tout à l’heure. Arrêtez de me suivre ! Il n’y a plus d’iPad.” Un client, se sentant lésé, attend qu’il se soit éloigné pour passer sa colère : “Ils ont tout gardé pour eux !” Quelqu’un lui fait alors remarquer que, si c’est vrai, c’est légitime : “Ils sont bientôt au chômage.” À quoi le client agacé répond : “Ils ne vont pas se plaindre : ils vendent aujourd’hui, et je contribue en achetant ici” (sic). Un autre vendeur craque à son tour : “Calmez-vous, on dirait que vous voulez de la viande.” Perdue dans ce chaos, une jeune demoiselle était simplement venue acheter un nouveau chargeur pour son ordinateur portable. Elle rebroussera chemin. Ce n’est pas le jour pour faire des emplettes normales.

Un parfum de fin du monde

Une demi-heure après l’ouverture, le rayon high-tech a été pillé. Il reste bien quelques accessoires, enceintes ou casques, mais les produits les plus importants sont partis depuis longtemps. Les négociations de particulier à particulier continuent aux caisses. Les butins sont protégés. Les paniers débordent. Les plus organisés étaient venus avec de grands sacs, désormais garnis d’électronique. À l’entrée, plusieurs affiches improvisées indiquent qu’il n’y a plus d’iPad. Cela n’empêchera pas les clients de continuer de poursuivre les vendeurs désespérés. Virgin devrait bientôt fermer. Il ne devrait plus y avoir grand-chose dans le magasin d’ici à mercredi. Un parfum de fin du monde flotte au 41 rue Édouard-Herriot.

Voir aussi:

Le Bon Coin envahi par les produits de chez Virgin Megastore

Florent Deligia

Lyon capitale

15/05/2013

Conséquence logique du cassage des prix dans les Virgin Megastores de France, de nombreux produits achetés dans les magasins se retrouvent désormais en vente sur le site Internet leboncoin.fr, ainsi que sur des plateformes comme eBay. Retour sur cette économie parallèle qui explose lors de chaque liquidation.

“Vend iPad 4 Rétina 32Go Wi-Fi noir dans son emballage d’origine au prix de 550€ (valeur dans le commerce 609€). Cause : achat réalisé lors des soldes Virgin le 13/05/2013”, “Pack PLAYSTATION 3 (500 Go) Edition spéciale “God Of War Ascension”, NEUVE et EMBALLÉE. […] Acheté le Lundi 13 Mai à Virgin, GARANTI 1 AN CONSTRUCTEUR. Prix non négociable, valeur en magasin : 309€ (soit 59€ d’économie).”

Depuis lundi et la liquidation des stocks dans les Virgin Megastores de France, les petites annonces de ce genre ont envahi le site leboncoin.fr ainsi que les plateformes comme eBay. De nombreux clients présents dès l’ouverture des portes ont rapidement remis en vente les produits achetés, faisant au passage quelques bénéfices. Les photos de ces annonces sont sans équivoque : les emballages portent toujours l’étiquette de prix estampillée “Virgin”.

Certains jouent la carte de l’honnêteté en révélant l’origine du bien, d’autres préfèrent le silence. Les produits sont soigneusement choisis et permettent de se réserver une marge confortable : tablette iPad ou Android, console de jeu Xbox 360, Playstation 3, jeux vidéo, casque audio ou enceinte nomade. Peu de CD et de films, qui ne sont pas assez intéressants. Interrogé par Lyon Capitale, lundi, au Virgin Megastore de Lyon, un de ces revendeurs s’explique : “Je prends uniquement des produits qui valent plusieurs centaines d’euros, comme les iPad. J’arrive à me faire entre 100 et 200 euros de marge par objet.”

TouchPad, Game, maintenant Virgin : bientôt Phone House ?

Pour certains, c’est devenu une habitude. Ils guettent les magasins qui cassent les prix avant de fermer, ou les produits bientôt retirés du marché au tarif sacrifié. En 2011, des consommateurs n’ont pas hésité à en venir aux mains lorsque HP décida de vendre sa tablette tactile TouchPad à 99 euros. Les appareils se retrouvaient alors rapidement sur les sites de petites annonces, au double de leur prix.

Début 2013, c’est le tour des magasins Game d’être le théâtre de ces razzias. L’enseigne proposait les jeux vidéo à -70 %, les consoles à -40 %. À cette époque, l’un des anciens vendeurs confiait : “Dès l’ouverture, nous avons reçu des clients avec des sacs plastiques qu’ils chargeaient de jeux et de consoles. Ils allaient les revendre directement chez nos concurrents ou dans les boutiques d’occasion qui payent en liquide.” Les revendeurs attendent déjà la prochaine enseigne qui disparaîtra. Phone House est parmi les premiers sur leur liste.

302 euros de marge avec un iPad 64 Gb

Régulièrement, les bons plans s’échangent sur les forums et sites Internet. Les gains peuvent être intéressants : entre 10 et 100 % du prix d’achat. Ainsi, un iPad 64 Gb vendu à 285 euros chez Virgin (pour les détenteurs de la carte de fidélité) est proposé autour de 550 euros sur un site comme leboncoin.fr. Bilan de l’opération : 265 euros pour le revendeur, une économie de 164 euros pour l’acheteur (le produit est à 714 euros chez Apple). Pas étonnant que la tablette d’Apple fut aussi recherchée lundi matin lors de l’ouverture des Virgin. Pour leur part, les consoles permettent de faire environ 50 euros de marge à la revente, voire plus si elles sont accompagnées de jeux.

De particulier à particulier… et la loi

Reste une question de taille : de telles opérations sont-elles légales ? Tout dépend de la régularité des ventes. Ainsi selon l’article L.121-1 du Code du commerce, “sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle”. Sur une page dédiée à la question, le site Priceminister explique qu’“un vendeur pourra être qualifié de vendeur professionnel s’il a l’intention d’avoir une activité professionnelle qui se détermine, par exemple, par le fait de mettre en place un système organisé de vente à distance (utilisation de moyens professionnels pour expédier les produits vendus, aménagement de locaux dédiés…) et par le fait d’acheter des biens dans l’unique but de les revendre. Il n’existe pas dans les textes de seuil officiel (en nombre de ventes ou en euros) au-delà duquel l’activité de vente est automatiquement considérée comme relevant de l’activité commerciale”. Le site conseille cependant à ceux qui vendent régulièrement d’opter pour le statut d’autoentrepreneur.

Trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende

Pour eBay, “sont professionnels” : ceux qui revendent des objets achetés, des objets créés par les vendeurs, la revente d’un grand nombre d’objets, d’objets neufs n’étant pas achetés pour un usage personnel… Les revendeurs qui ont l’habitude de profiter des liquidations ont donc peu de chance d’être inquiétés tant que cela reste rare et en petite quantité.

À défaut d’être explicite sur le volume des ventes, la loi est claire en cas d’abus. Une telle entreprise peut s’apparenter à du travail dissimulé (L.342-10 du Code du commerce), puni jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, ainsi qu’un rappel d’éventuelles cotisationset taxe dues.

Certains internautes, outrés de voir de telles opérations, n’hésitent pas à noyer les revendeurs sous les spams ou à leur proposer un achat avant de leur poser un lapin. D’autres, plus offensifs, postent de fausses annonces avec des prix plus bas pour “casser le marché”. Une incompréhension demeure : pourquoi les boutiques Virgin n’ont-elles pas décidé de limiter les achats à un seul produit du même type par client ? En pleine crise, l’enseigne a certainement d’autres problèmes à gérer.

Voir encore:

Ambiance de fin du monde dans les magasins Virgin

Audrey Tonnelier

Le Monde

14.05.2013

Depuis lundi 13 mai au matin, les soldes ont débuté dans les vingt-six magasins Virgin de l’Hexagone.

« En mai, Virgin fait ce qu’il te plaît. » Sur la devanture du magasin du boulevard Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, la grande affiche promotionnelle rouge semble douloureusement déplacée. Depuis lundi 13 mai au matin, les soldes ont débuté dans les vingt-six magasins Virgin de l’Hexagone, dans une ambiance de fin du monde. En redressement judiciaire depuis le 14 janvier, l’enseigne vend ses stocks à moitié prix, et à – 60 % pour les adhérents.

En cette fin de journée, Alexandre, vendeur au rayon multimédia, est assailli par une nuée de clients qui lui posent en boucle les mêmes questions : « Vous n’avez plus d’iPad Retina ? Et les modèles de démonstration ? » « Ils sont la propriété d’Apple, on n’a pas le droit de les vendre… », répond le jeune homme, résigné. Autour de lui, des étagères entières vidées de leur contenu (lecteurs MP3, appareils photo, iMac..), plus aucun présentoir, des cartons déchirés. « Les clients les ont ouverts pour piquer du matériel… »

L’électronique est le plus recherché, suivi par les DVD et des CD. Seuls les livres, régis par une législation particulière, échappent aux soldes. « Ce matin, à l’ouverture, deux cents personnes se sont bousculées dans les escaliers. Il y a eu des cris, des piétinements… », dit Alexandre entre deux sollicitations. « Certains clients rampaient sous le rideau pour entrer plus vite », relate Aurélie, responsable du rayon librairie.

REMBOURSER LES CRÉANCIERS

L’opération doit durer quinze jours, mais « dans deux ou trois jours, il n’y aura plus rien », affirment les vendeurs. Classique dans ce genre de situation, le procédé permet de gonfler la trésorerie du groupe avant la liquidation des magasins qui n’auront pas fait l’objet d’offres de reprise. Ces dernières doivent être déposées avant le 23 mai, jour de leur examen par le tribunal de commerce.

Mais les syndicats redoutent que les sommes ainsi récoltées servent en priorité à rembourser les créanciers – l’enseigne ploie sous plus de 100 millions d’euros de dettes. « Le groupe souhaite récolter 5 millions d’euros avec le déstockage , mais nous n’avons aucune assurance que ces sommes iront au financement du plan de sauvegarde de l’emploi « , dénonce Laurent Degousée, délégué syndical SUD Commerce.

Selon lui, le PSE « idéal » – identique à celui de 2012, relatif à la fermeture des magasins de Toulouse, Metz et d’une partie du siège de Clichy – coûterait plus de 10 millions d’euros. Butler Capital Partners, le fonds qui détient 74 % du groupe, s’est déjà engagé à verser un million pour abonder le PSE, selon nos informations. La direction de Virgin se refuse pour l’heure à en chiffrer le coût global.

Les syndicats s’inquiètent aussi de l’avenir immédiat des magasins. « S’il n’y a plus rien à vendre, comment allons-nous rester ouverts jusqu’au mois de juin ? », s’interroge M. Degousée.

L’ÉCHÉANCE DU 23 MAI

Il craint également pour la viabilité de la principale offre de reprise, celle de la chaîne de loisirs créatifs Rougier & Plé, qui a prévu de reprendre les stocks. La proposition, la mieux-disante des cinq offres de reprise partielle déposées le 8 avril, porte sur onze magasins et 285 salariés (sur un total de 960). Mais, selon les syndicats, elle pourrait être revue à la baisse, en raison de difficultés de négociations de baux avec la foncière Unibail pour trois magasins.

L’échéance du 23 mai est pourtant censée permettre aux repreneurs d’améliorer leurs offres. Le tribunal a ensuite une à deux semaines pour rendre sa décision finale. Outre les propositions actuelles, qui émanent de Zara, Leclerc et Unibail, la chaîne Cultura serait revenue dans la course. Cette dernière se borne à indiquer « n’avoir pas déposé de dossier de reprise à ce jour ».

Boulevard Montmartre, le magasin Virgin a fermé ses portes à 19 heures lundi, avec trois heures d’avance. « Le temps d’encaisser tout le monde et de faire les comptes, on en a déjà jusqu’à 23 h 30 », déclaraient les responsables en essayant de contenir les clients mécontents restés sur le trottoir. Mi-juin au plus tard, le rideau pourrait tomber définitivement sur le magasin à l’enseigne rouge.

Voir de même:

Témoignage

Soldes à Virgin : « Vous vous êtes comportés comme des pourritures »

Antoine Michel | Blogueur

Rue 89

16/05/2013

Le 13 mai 2013 à minuit, via e-mails et réseaux sociaux, la nouvelle se répand comme un virus digne des zombies de Danny Boyle : le Virgin Megastore, à l’agonie, annonce des réductions de 50% sur la quasi-totalité du magasin. Les détenteurs de cartes de fidélité bénéficient de 20% supplémentaires.

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Making of

Nous avons vu ce billet sur le blog Les rétro-galeries de Mr Gutsy circuler sur Facebook et, sidérés par la violence des faits relatés, avons pris contact avec son auteur. Il nous a amicalement permis de reprendre son texte.

Antoine, contractuel dans la fonction publique et blogueur, a vu sa compagne en pleurs, « détruite » après cette journée de soldes. Agée de 28 ans, elle travaille au Virgin des Champs-Elysées depuis 2008 et sera bientôt au chômage.

Antoine a alors interrogé les collègues de sa compagne, et écrit le récit de leur journée. Dans son post il reprend également des témoignages de clients publiés dans le Parisien et Lyon Capitale. Son texte pourra en choquer certains. Rue89

________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________L’enseigne Champs-Elysées ouvre à 10 heures, et les choses se compliquent déjà. Les gens dehors s’impatientent, ils sont des centaines (dont certains depuis 7 heures du matin), et tentent d’ouvrir eux-mêmes la gigantesque porte métallique. Ils tentent, ils tentent, les charognards.

La tension est déjà là, quelque chose ne tourne pas rond. Une ambiance, une attitude.

Le service de sécurité fait grincer les gonds. Sésame, ouvre-toi. Les chiens sont lâchés, le chaos peut commencer.

Des centaines d’humains, visages déformés, hagards, montent en courant au premier étage, se poussent les uns les autres. Une femme chute dans le grand escalier. Personne ne l’aide à se relever.

Objectif : le rayon numérique. Un iPad à 700 euros devient un iPad à 350 euros. Alors ils en prennent deux, trois, quatre, car même à 600 euros, les tablettes numériques se revendent illico sur eBay ou Leboncoin.fr.

5,4,3,2,1… et la ruée.

Mais il n’y a pas que ça à récupérer, et certains ont prévu le coup : ils sont venus avec des grands sacs. D’autres ont carrément ramené des valises.

Comme le témoigne une certaine Emma dans Le Parisien :

« C’était la folie. Ça poussait de tous les côtés. Les plus pressés montaient les marches quatre à quatre pour aller dans les rayons hi-fi. Mais il y avait peu d’articles. Du coup, certains clients arrachaient de leur socle les appareils photos ou les tablettes en exposition. Les alarmes retentissaient de toute part. »

Au téléphone, un homme hurle, plié d’un rire nerveux : « J’y crois pas, ici c’est l’apocalyyypse ! ! ! » Dans un premier temps, les employés trouvent ça hallucinant, positivement parlant. Mais ils vont déchanter très vite.

Traqués, insultés, secoués par les clients

Les consoles Xbox, vendues la veille 250 euros, passent à 175 euros. Prenons-en une, non deux, non trois. Durant l’heure suivant l’ouverture du magasin, les vendeurs, complètement désemparés, sont suivis, pris à partie, traqués, insultés, secoués par des clients devenus fous.

Certains employés montent sur des tabourets, et hurlent des ordres aux gens afin de contenir, de canaliser la foule en furie. En vain. Des clients leur hurlent dessus, et l’attention sera – semble-t-il – à qui criera le plus fort.

Alors qu’ils ont commencé leur journée depuis moins de deux heures, certains salariés s’échappent littéralement pour aller pleurer au stock, loin du chaos. Pour atterrir, pour se rendre compte de ce qu’il se passe, et reprendre un poil de force.

La fermeture du magasin, le néant d’information depuis plusieurs mois concernant un quelconque plan social, Pôle emploi s’approchant, et maintenant ça. Ça fait beaucoup.

En moins de trente minutes, le rayon numérique est vide. Plus rien, à part de la poussière et des déchets sur les rayonnages (restes de menus McDo, cannettes vides, emballages divers).

Ruée au Virgin de Strasbourg pour la liquidation des stocks

Vidéo amateur publiée par les Dernières Nouvelles d’Alsace

Des gens ont sous les bras des trucs sans savoir de quoi il s’agit. Ils ne savent même pas ce que c’est. « Vous pensez que je peux en tirer combien ? », osent-ils même demander. Mais même sans savoir, plus besoin de les mettre sur Priceminister. Car la vente n’a jamais été aussi sauvage, et des enchères commencent dès lors dans les files d’attente.

Je n’ai pas eu d’iPad, je rachète le vôtre. Non moi, non moi, non moi, qui dit mieux ? On dégaine le cash, des billets passent discrètement de main en main. On se croirait en plein deal généralisé.

Ils se gavent sans peur de vomir

Le magasin a en stock 184 cartouches du dernier jeu Nintendo DS « Professeur Layton ». Un revendeur de jeux vidéo, venu avec des amis porteurs, les prend toutes. Les 184.

Ceux qui sont arrivés trop tard au saint premier étage – ou qui n’ont pas eu accès aux enchères sauvages – prennent alors TOUT ce qui passe à hauteur de panier. TOUT : peluches, DVD au hasard, magnets, écouteurs, jeux de société, cartouches d’imprimantes. Ils n’ont pas le temps de choisir, sinon d’autres leur voleront leur butin.

Alors ils prennent, ils prennent, se gavent sans peur de vomir. Ils prennent pour empêcher d’autres de prendre. La plupart sont au portable :

« Mais tu veux lesquels ? Dis-moi vite, il n’y a presque plus rien ! “Twilight” ? “Iron Man” ? “Transformers” ? En Blu-ray ou DVD ? Bon, je prends tout, et rappelle-moi dans dix minutes ! De toute façon, on s’en fout, c’est à moins 50% ! »

Et pourtant – forcément – ils vomissent, quand le coup de sang est passé. Où ? Aux caisses. C’est réellement là qu’ils font leurs emplettes, leurs « bonnes affaires » : alors ça oui, je prends, ça non, ça oui, ça non… Ils reposent alors ce qui, en fait, ne les intéresse finalement pas.

L’attente dans la file est en moyenne de 1h30. Derrière les caissières, des centaines de produits divers s’entassent en dizaines de colonnes, trop rapidement dégueulés pour être rangés convenablement. Alors out le traditionnel classement fantastique/horreur/comédie : on prend tout et on repose tout en tas au rayon DVD. Obligé.

Les clients, pour une fois, ne se plaignent pas.

« On rachète vos indemnités »

Une employée sort fumer une clope, par une sortie privée qui mène dans la rue d’à côté. Elle a bien pris soin d’enlever son gilet rouge, chose qu’elle ne fait jamais. Elle n’a même pas allumé sa cigarette que les gens repèrent sans pitié le petit logo sur son badge et l’accaparent :

« Vous pouvez me mettre ça de côté ? Il vous reste des iPad ? Achetez-en un pour vous, et je vous le rachète ! »

L’employée leur répond que non. Leurs bouches se déforment alors, deviennent méchantes : « Non, mais sérieux, on croit rêver… Pffff ! »

Même aux livres, rare rayon sur lequel les soldes n’ont pas lieu (loi oblige), les gens remplissent des paniers en prenant – là encore – tout ce qui leur passe sous la main.

Lorsque les employés leur précisent que les livres ne bénéficient pas de réductions – « Non, mais vous auriez pas pu le dire ? » – ils reposent tout tel quel, n’importe où, avant de partir bon train vers des rayons plus juteux. Lyon Capital le raconte également :

« Vous devriez être contents, on rachète vos indemnités » ;

« C’est scandaleux, les vendeurs se sont servis avant nous ! » ;

« Vous n’allez pas vous plaindre d’être bientôt au chômage : vous vendez aujourd’hui, et je contribue en achetant. »

Ils n’ont JAMAIS vu ça de leur vie

Pour ajouter au chaos ambiant, au rez-de-chaussée comme au premier étage, des centaines de boîtiers vides de DVD et jeux vidéo jonchent le sol. Ouverts de force, volés dans la cohue.

On marche comme sur des œufs de peur de glisser, en poussant du pied les cadavres d’une culture qui semble avoir été violée. A la sortie, les bornes antivols hurlent au point qu’on ne les entend même plus.

Alors que le magasin ferme normalement ses portes à 22 heures, aujourd’hui, extinction des feux à 19h30. Ordre de ce qui reste de la direction : ne plus faire entrer personne pour mieux gérer la horde présente. (Pour la plupart des salariés cependant, la journée ne se terminera vraiment que cinq heures plus tard.)

Les vigiles, sous une pluie d’insultes et de huées, font leur job. Les gens dehors deviennent fous, les en empêchent, retiennent la porte. Ce qu’ils ne savent pas, les chacals, c’est que le magasin a déjà été pillé. Chacun de ses os a été sucé méthodiquement. Avidement.

Avec difficulté, les agents de sécurité, qui n’ont JAMAIS vu ça de leur vie, parviennent à refermer le sésame. Ouf. Un délicat client qui n’a probablement pas eu sa part du gâteau se plaindra quand même en commentaire de je ne sais plus quel site :

Amassant leur « butin »

Durant les derniers mois, depuis l’annonce de la fermeture de la chaîne Virgin, pas un seul de ces « clients » n’a évidemment levé le petit doigt pour soutenir (de quelque manière que ce soit) les 1 000 salariés, futurs chômeurs dans quelques semaines.

Mais lundi, ils étaient pourtant tous là comme par magie, ces clients invisibles, fossoyeurs aux dents acérées.

Ils ont soudain retrouvé l’adresse d’un magasin dans lequel, au mieux, ils n’avaient pas mis les pieds depuis des années, au pire, ne sont jamais allés.

Comble, certains ont même posé des RTT le matin même pour pouvoir s’y rendre. Dans le même article du Parisien cité plus haut, il est également noté que l’Emma en question (mise au courant de la braderie par une proche) « était venue en repérage la veille, car elle n’avait encore jamais mis les pieds dans un magasin Virgin ».

Le temps d’une matinée, oubliant Amazon, oubliant « la crise », ils étaient là en chair et en os, en masse, les rats, les nécrophiles, dansant joyeusement sur les cadavres de milliers de salariés, amassant leur « butin », comme certains le disaient à 11 heures sur Twitter.

Faire des bonnes affaires, c’est une chose. Mais à ce prix-là ? « Eh oui » avez-vous tous répondu en chœur, « A ce prix-là », justement. Et ce prix-là, c’était moins 50%. C’est ce que vous répétiez tous, vous, les charognards, la salive pâteuse aux commissures des lèvres.

A prix cassés, dignité soldée ?

Pour ce prix-là, vous avez poussé aux larmes des travailleurs qui, peu importe ce qu’on peut penser de Virgin, ont mis toute leur énergie et leur amour durant des années dans un job qui les a passionnés. Pour un simple rabais, vous les avez insultés, méprisés et violentés. Vous avez montré sans masque qu’un vulgaire iPad avait à vos yeux plus de valeur que leur travail et leurs passions.

Pour ce prix-là, putain, vous êtes devenus des bêtes. A prix cassés, dignité soldée ? La vôtre on s’en doutait, mais également la leur dans la foulée ? Vous ridiculiser ne suffisait donc pas ? Il fallait également les écraser, les traîner dans la boue ?

Vous vous êtes battus comme des chiens. Bravo, c’est bien. Mais vous n’êtes pas des chiens, les chiens n’agiraient pas ainsi. Mais vous n’êtes pas non plus des êtres humains, car un humain il me semble, n’agit pas non plus de la sorte.

Non. Pour vous être comportés ainsi, vous n’êtes simplement – et clairement – que des sales pourritures.

2 commentaires pour Consommation: La France découvre le capitalisme sauvage pour tous (Caveat emptor: With Virgin closures, France gets a taste of Black Friday-like action)

  1. […] mais qui aujourd’hui, entre les matches et les chasses d’après-Noël, sert surtout de "Black Friday" de Noël où chacun s’active à revendre ses cadeaux ou profiter des soldes des invendus du […]

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