Fête des boites/Fête de la Saint Etienne: Attention, une dispute peut en cacher une autre ! (Boxing Day/St Stephen’s Day: Why Christmas brings back bad memories for Jews)

https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Golden_bough.jpghttps://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f9/Paolo_Uccello_-_Stoning_of_St_Stephen_-_WGA23196.jpghttps://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/31/Disputation.jpg/220px-Disputation.jpgEarly: Shops opened from 6am today to help bargain-hunters spend as much time as possible insideAh ! quel beau matin, que ce matin des étrennes ! Arthur Rimbaud
Israel has nothing against Christmas or Christmas trees … These symbols remind many Jews of how their ancestors were persecuted in Europe by Christians. Yuli Edelstein (Knesset Speaker, 2013)
Chers pèlerins francophones, au lendemain de Noël, le martyre du diacre Etienne montre que la naissance du Fils de Dieu a inauguré une ère nouvelle, celle de l’amour. L’amour abat les barrières entre les hommes. Il les rend frères en les réconciliant par le pardon, donné et reçu. Que l’intercession de saint Etienne, fidèle jusqu’au bout au Seigneur, soutienne les chrétiens persécutés et que notre prière les encourage ! À sa suite, témoignons sans peur, avec courage et détermination de notre foi. Bonnes fêtes à tous ! » Benoit XVI (2012)
Il sera le juge des nations, L’arbitre d’un grand nombre de peuples. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes: Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, Et l’on n’apprendra plus la guerre. Esaïe 2: 4
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s’alarme point. Jésus (Jean 14: 27)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10: 34-36)
Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. … Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm.Mais je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Jésus (Luc 4: 21-24)
Nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Paul (1 Corinthiens 1: 23)
Quelques membres de la synagogue dite des Affranchis, de celle des Cyrénéens et de celle des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d’Asie, se mirent à discuter avec lui; mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait. Alors … ils le saisirent, et l’emmenèrent au sanhédrin. … Le souverain sacrificateur dit: Les choses sont-elles ainsi? Étienne répondit: Hommes frères et pères, écoutez! Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il s’établît à Charran; et il lui dit: Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai. Il sortit alors du pays des Chaldéens, et s’établit à Charran. De là, après la mort de son père, Dieu le fit passer dans ce pays que vous habitez maintenant; il ne lui donna aucune propriété en ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la possession, et à sa postérité après lui, quoiqu’il n’eût point d’enfant. Dieu parla ainsi: Sa postérité séjournera dans un pays étranger; on la réduira en servitude et on la maltraitera pendant quatre cents ans. Mais la nation à laquelle ils auront été asservis, c’est moi qui la jugerai, dit Dieu. Après cela, ils sortiront, et ils me serviront dans ce lieu-ci. Puis Dieu donna à Abraham l’alliance de la circoncision; et ainsi, Abraham, ayant engendré Isaac, le circoncit le huitième jour; Isaac engendra et circoncit Jacob, et Jacob les douze patriarches. Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être emmené en Égypte. Mais Dieu fut avec lui, et le délivra de toutes ses tribulations; il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, roi d’Égypte, qui l’établit gouverneur d’Égypte et de toute sa maison. Il survint une famine dans tout le pays d’Égypte, et dans celui de Canaan. La détresse était grande, et nos pères ne trouvaient pas de quoi se nourrir. Jacob apprit qu’il y avait du blé en Égypte, et il y envoya nos pères une première fois. Et la seconde fois, Joseph fut reconnu par ses frères, et Pharaon sut de quelle famille il était. Puis Joseph envoya chercher son père Jacob, et toute sa famille, composée de soixante-quinze personnes. Jacob descendit en Égypte, où il mourut, ainsi que nos pères; et ils furent transportés à Sichem, et déposés dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté, à prix d’argent, des fils d’Hémor, père de Sichem. Le temps approchait où devait s’accomplir la promesse que Dieu avait faite à Abraham, et le peuple s’accrut et se multiplia en Égypte, jusqu’à ce que parut un autre roi, qui n’avait pas connu Joseph. Ce roi, usant d’artifice contre notre race, maltraita nos pères, au point de leur faire exposer leurs enfants, pour qu’ils ne vécussent pas. A cette époque, naquit Moïse, qui était beau aux yeux de Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père; et, quand il eut été exposé, la fille de Pharaon le recueillit, et l’éleva comme son fils. Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en oeuvres. Il avait quarante ans, lorsqu’il lui vint dans le coeur de visiter ses frères, les fils d’Israël. Il en vit un qu’on outrageait, et, prenant sa défense, il vengea celui qui était maltraité, et frappa l’Égyptien. Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main; mais ils ne comprirent pas. Le jour suivant, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il les exhorta à la paix: Hommes, dit-il, vous êtes frères; pourquoi vous maltraitez-vous l’un l’autre?  Mais celui qui maltraitait son prochain le repoussa, en disant: Qui t’a établi chef et juge sur nous? Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l’Égyptien? A cette parole, Moïse prit la fuite, et il alla séjourner dans le pays de Madian, où il engendra deux fils. Quarante ans plus tard, un ange lui apparut, au désert de la montagne de Sinaï, dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse, voyant cela, fut étonné de cette apparition; et, comme il s’approchait pour examiner, la voix du Seigneur se fit entendre: Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et Moïse, tout tremblant, n’osait regarder. Le Seigneur lui dit: Ote tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, j’ai entendu ses gémissements, et je suis descendu pour le délivrer. Maintenant, va, je t’enverrai en Égypte. Ce Moïse, qu’ils avaient renié, en disant: Qui t’a établi chef et juge? c’est lui que Dieu envoya comme chef et comme libérateur avec l’aide de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. C’est lui qui les fit sortir d’Égypte, en opérant des prodiges et des miracles au pays d’Égypte, au sein de la mer Rouge, et au désert, pendant quarante ans. C’est ce Moïse qui dit aux fils d’Israël: Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert, étant avec l’ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï et avec nos pères, reçut des oracles vivants, pour nous les donner. Nos pères ne voulurent pas lui obéir, ils le repoussèrent, et ils tournèrent leur coeur vers l’Égypte, en disant à Aaron: Fais-nous des dieux qui marchent devant nous; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. Et, en ces jours-là, ils firent un veau, ils offrirent un sacrifice à l’idole, et se réjouirent de l’oeuvre de leurs mains. Alors Dieu se détourna, et les livra au culte de l’armée du ciel, selon qu’il est écrit dans le livre des prophètes: M’avez-vous offert des victimes et des sacrifices Pendant quarante ans au désert, maison d’Israël?… Vous avez porté la tente de Moloch Et l’étoile du dieu Remphan, Ces images que vous avez faites pour les adorer! Aussi vous transporterai-je au delà de Babylone. Nos pères avaient au désert le tabernacle du témoignage, comme l’avait ordonné celui qui dit à Moïse de le faire d’après le modèle qu’il avait vu. Et nos pères, l’ayant reçu, l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays qui était possédé par les nations que Dieu chassa devant eux, et il y resta jusqu’aux jours de David. David trouva grâce devant Dieu, et demanda d’élever une demeure pour le Dieu de Jacob; et ce fut Salomon qui lui bâtit une maison. Mais le Très Haut n’habite pas dans ce qui est fait de main d’homme, comme dit le prophète: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, Ou quel sera le lieu de mon repos? N’est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses?… Hommes au cou raide, incirconcis de coeur et d’oreilles! vous vous opposez toujours au Saint Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers, vous qui avez reçu la loi d’après des commandements d’anges, et qui ne l’avez point gardée!… En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur coeur, et ils grinçaient des dents contre lui. Mais Étienne, rempli du Saint Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul. Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait: Seigneur Jésus, reçois mon esprit! Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte: Seigneur, ne leur impute pas ce péché! Et, après ces paroles, il s’endormit. Actes 6: 11- 7: 51-60
Quand viendra le temps du messianisme, ils forgeront des socs avec leurs glaives et des serpes de leurs lances. On ne lèvera plus l’épée peuple contre peuple et l’on n’apprendra plus la guerre. Nahmanide
Quant aux juifs, ils déconcertaient Saint Louis. Ils n’entraient pas dans son schéma du monde: l’Eglise distinguait les chrétiens et les païens. Dans le monde chrétien les hérétiques étaient considérés comme abominables. Mais les juifs étaient à la fois dedans et dehors. Ils sont mêlés aux chrétiens sur un plan territorial, et également religieux par la référence commune à l’Ancien Testament. Saint Louis deviendra au fil du temps de plus en plus antijuif. Je n’emploie pas le terme d’antisémitisme, car il contient une notion de racisme qui n’existait pas alors. Saint Louis voit de plus en plus les juifs sous des traits d’usuriers. Il y eut la malheureuse affaire du Talmud de Babylone que des convertis juifs avaient fait connaître à Saint Louis et qui contenait des horreurs sur le Christ et la Vierge. La dernière année de son règne, il obligea les juifs à porter la rouelle rouge, l’équivalent de la future étoile jaune. Cette mesure avait été décidée par l’Eglise en 1215, mais la plupart des princes chrétiens s’étaient refusés à l’appliquer. Joinville, lui-même très antijuif, soutient que Saint Louis aurait dit qu’il ne faut jamais discuter avec un juif, mais « lui planter l’épée dans le ventre ». Il est possible que l’historiographe en ait rajouté. Dans les enseignements de Saint Louis on citait une invitation à réprimer les juifs, qui a été ajouté au texte, probablement lors du procès en canonisation. Saint Louis a été emporté par un courant naissant en Occident qui pouvait aboutir à la «pureté ethnique». Elle apparaîtra surtout en Espagne à la fin du XVe siècle. Saint Louis rêvait d’un royaume « pur » et pensaient que les juifs sont un élément d’impureté. Saint Louis, qui n’a pas été antisémite, car le racisme n’existait pas à l’époque, a contribué à la lointaine naissance de ce qui deviendra l’antisémitisme. Jacques Le Goff
Du reste, que le nouveau pape des fous se rendit compte à lui-même des sentiments qu’il éprouvait et des sentiments qu’il inspirait, c’est ce que nous sommes loin de croire. L’esprit qui était logé dans ce corps manqué avait nécessairement lui-même quelque chose d’incomplet et de sourd. Aussi ce qu’il ressentait en ce moment était-il pour lui absolument vague, indistinct et confus. Seulement la joie perçait, l’orgueil dominait. Autour de cette sombre et malheureuse figure, il y avait rayonnement. Ce ne fut donc pas sans surprise et sans effroi que l’on vit tout à coup, au moment où Quasimodo, dans cette demi-ivresse, passait triomphalement devant la Maison-aux-Piliers, un homme s’élancer de la foule et lui arracher des mains, avec un geste de colère, sa crosse de bois doré, insigne de sa folle papauté. (…)  Alors la confrérie des fous, la première stupeur passée, voulut défendre son pape si brusquement détrôné. Les égyptiens, les argotiers et toute la basoche vinrent japper autour du prêtre. Victor Hugo (Notre Dame de Paris)
Il y avait seize ans à l’époque où se passe cette histoire que, par un beau matin de dimanche de la Quasimodo, une créature vivante avait été déposée après la messe dans l’église de Notre-Dame, sur le bois de lit scellé dans le parvis à main gauche, vis-à-vis ce _grand image_ de saint Christophe que la figure sculptée en pierre de messire Antoine des Essarts, chevalier, regardait à genoux depuis 1413, lorsqu’on s’est avisé de jeter bas et le saint et le fidèle. C’est sur ce bois de lit qu’il était d’usage d’exposer les enfants trouvés à la charité publique. Les prenait là qui voulait. Devant le bois de lit était un bassin de cuivre pour les aumônes. L’espèce d’être vivant qui gisait sur cette planche le matin de la Quasimodo en l’an du Seigneur 1467 paraissait exciter à un haut degré la curiosité du groupe assez considérable qui s’était amassé autour du bois de lit. Le groupe était formé en grande partie de personnes du beau sexe. (…) — Qu’est-ce que nous allons devenir, disait Jehanne, si c’est comme cela qu’ils font les enfants à présent ? — Je ne me connais pas en enfants, reprenait Agnès, mais ce doit être un péché de regarder celui-ci. — Ce n’est pas un enfant, Agnès. — C’est un singe manqué, observait Gauchère. — C’est un miracle, reprenait Henriette la Gaultière. Victor Hugo (Notre Dame de Paris)
Il baptisa son enfant adoptif, et le nomma Quasimodo, soit qu’il voulût marquer par là le jour où il l’avait trouvé, soit qu’il voulût caractériser par ce nom à quel point la pauvre petite créature était incomplète et à peine ébauchée. En effet, Quasimodo, borgne, bossu, cagneux, n’était guère qu’un à peu près. Victor Hugo (Notre Dame de Paris)
La fête des Fous ou fête des Innocents était pratiquée dans beaucoup de villes de France jusqu’au XVIIe siècle. Elle pouvait même être religieuse (cf. évêque-fou et abbé des fous). On l’appelait aussi :fête de l’Âne, des Sous-Diacres, des Diacres-Saouls, des Cornards, des Libertés de décembre, etc. (…) Ces divertissements avaient ordinairement l’église pour théâtre et les ecclésiastiques pour acteurs. Dans certaines églises, pendant les 3 jours de Saint Étienne, de Saint Jean et des Innocents (26, 27 et 28 décembre), un jeune clerc décoré du titre d’évêque des fous, Episcopus stultorum, occupait le siège épiscopal revêtu des ornements pontificaux à l’exception de la mitre, qui était remplacée par une sorte de bourrelet. À la fin de l’office, il recevait les mêmes honneurs que le prélat véritable, et son aumônier prononçait une bénédiction, dans laquelle il demandait pour les assistants le mal de foie, une banne de pardons, vingt bannes de maux de dents, et deux doigts de teigne sous le menton. La fête des Fous, dit Aubin-Louis Millin de Grandmaison, donnait lieu à des cérémonies extrêmement bizarres. On élisait un évêque, et même dans quelques églises un pape des fous. Les prêtres, barbouillés de lie, masqués et travestis de la manière la plus folle, dansaient en entrant dans le chœur et y chantaient des chansons obscènes, les diacres et les sous-diacres mangeaient des boudins et des saucisses sur l’autel, devant le célébrant, jouaient sous ses yeux aux cartes et aux dés, et brûlaient dans les encensoirs de vieilles savates. Ensuite, on les charriait tous par les rues, dans des tombereaux pleins d’ordures, où ils prenaient des poses lascives et faisaient des gestes impudiques. Ce n’étaient pas seulement dans les cathédrales et dans les collégiales que ces joyeusetés se célébraient : elles étaient aussi pratiquées dans les monastères des deux sexes. Les jeunes personnes qu’on pouvait surprendre au lit le jour des Innocents, 28 décembre, recevaient sur le derrière quelques claques, et quelquefois un peu plus, quand le sujet en valait la peine. La coutume de donner les innocents n’est pas un de ces usages isolés qui ne puisse être comparé à aucun autre. Dans diverses villes, les chanoines, les ecclésiastiques, et quelquefois, les séculiers étaient, à certains jours de l’année, pris le matin, dans leur lit et dans un état complet de nudité, conduits par les rues, dans les églises jusque sur l’autel, où on les arrosait d’eau. Des indécences du même genre avaient aussi trouvé leur place parmi les folies que les ecclésiastiques se permettaient le jour des Innocents. Ils allaient jusqu’à promener par la ville et exposer sur des théâtres des hommes entièrement nus. Des mesures furent prises pour mettre fin à ces désordres. (…) En ouvrant son roman « Notre-Dame de Paris » sur la Fête des Fous, Victor Hugo plonge immédiatement son lecteur dans une atmosphère de liesse populaire, laissant transparaître ses opinions sociales. La tradition française de la Fête des Fous commença comme un événement ecclésiastique dans des villes abritant des cathédrales comme Paris et Autun. Le bas clergé réservait le charivari général le 6 janvier, aussi appelé Jour des Rois, parce que les Rois Mages arrivèrent à Bethléem cette même date. Ce jour-là, pendant vingt-quatre heures, ils s’arrogeaient les privilèges réservés d’habitude à leurs supérieurs au sein de la très puissante Église catholique romaine. Au XVe siècle, époque où se déroule le roman d’Hugo, la coutume s’était étendue du clergé à la rue ; devenue un événement public attendu par tous, elle était l’occasion de réjouissances populaires ; on y buvait, y dansait, on y donnait des spectacles de mime, de magie, des tours, des momeries de théâtre, on y faisait des farces. Les dés roulaient dans les églises ; les prêtres marchaient de côté le long des ruelles, déguisés ; des jongleurs, des acrobates, des voyous de tout poil prenaient possession de la rue. (…) Au point culminant de la fête, les farceurs élisaient le Pape des Fous, la plupart du temps un diacre, souvent même un profane ou un étudiant, qui conduisait ensuite à travers les rues de la ville une procession débridée où les bagarres n’étaient pas rares, constituée de membres du clergé et d’hommes du peuple, qui se mêlaient aux noceurs. Paillarde, exubérante, bruyante, subversive, cette fête dérivait d’une ancienne fête romaine dédiée à Saturne, le dieu de l’agriculture. Pendant « Saturnalia », trois jours de fête durant l’hiver, les tribunaux et les écoles étaient fermés et les esclaves étaient les égaux de leurs maîtres. Wikipedia
Thirty days before the festival they chose by lot from amongst themselves a young and handsome man, who was then clothed in royal attire to resemble Saturn. Thus arrayed and attended by a multitude of soldiers he went about in public with full license to indulge his passions and to taste of every pleasure, however base and shameful. But if his reign was merry, it was short and ended tragically; for when the thirty days were up and the festival of Saturn had come, he cut his own throat on the altar of the god whom he personated. In the year A.D. 303 the lot fell upon the Christian soldier Dasius, but he refused to play the part of the heathen god and soil his last days by debauchery. The threats and arguments of his commanding officer Bassus failed to shake his constancy, and accordingly he was beheaded, as the Christian martyrologist records with minute accuracy, at Durostorum by the soldier John on Friday the twentieth day of November, being the twenty-fourth day of the moon, at the fourth hour. (…) This account sets in a new and lurid light the office of the King of the Saturnalia, the ancient Lord of Misrule, who presided over the winter revels at Rome in the time of Horace and Tacitus. It seems to prove that his business had not always been that of a mere harlequin or merry-andrew whose only care was that the revelry should run high and the fun grow fast and furious, while the fire blazed and crackled on the hearth, while the streets swarmed with festive crowds, and through the clear frosty air, far away to the north, Soracte showed his coronal of snow. When we compare this comic monarch of the gay, the civilised metropolis with his grim counterpart of the rude camp on the Danube, and when we remember the long array of similar figures, ludicrous yet tragic, who in other ages and in other lands, wearing mock crowns and wrapped in sceptred palls, have played their little pranks for a few brief hours or days, then passed before their time to a violent death, we can hardly doubt that in the King of the Saturnalia at Rome, as he is depicted by classical writers, we see only a feeble emasculated copy of that original, whose strong features have been fortunately preserved for us by the obscure author of the Martyrdom of St. Dasius. In other words, the martyrologist’s account of the Saturnalia agrees so closely with the accounts of similar rites elsewhere which could not possibly have been known to him, that the substantial accuracy of his description may be regarded as established; and further, since the custom of putting a mock king to death as a representative of a god cannot have grown out of a practice of appointing him to preside over a holiday revel, whereas the reverse may very well have happened, we are justified in assuming that in an earlier and more barbarous age it was the universal practice in ancient Italy, wherever the worship of Saturn prevailed, to choose a man who played the part and enjoyed all the traditionary privileges of Saturn for a season, and then died, whether by his own or another’s hand, whether by the knife or the fire or on the gallows-tree, in the character of the good god who gave his life for the world. In Rome itself and other great towns the growth of civilisation had probably mitigated this cruel custom long before the Augustan age, and transformed it into the innocent shape it wears in the writings of the few classical writers who bestow a passing notice on the holiday King of the Saturnalia. But in remoter districts the older and sterner practice may long have survived; and even if after the unification of Italy the barbarous usage was suppressed by the Roman government, the memory of it would be handed down by the peasants and would tend from time to time, as still happens with the lowest forms of superstition among ourselves, to lead to a recrudescence of the practice, especially among the rude soldiery on the outskirts of the empire over whom the once iron hand of Rome was beginning to relax its grasp. The resemblance between the Saturnalia of ancient and the Carnival of modern Italy has often been remarked; but in the light of all the facts that have come before us, we may well ask whether the resemblance does not amount to identity. We have seen that in Italy, Spain, and France, that is, in the countries where the influence of Rome has been deepest and most lasting, a conspicuous feature of the Carnival is a burlesque figure personifying the festive season, which after a short career of glory and dissipation is publicly shot, burnt, or otherwise destroyed, to the feigned grief or genuine delight of the populace. If the view here suggested of the Carnival is correct, this grotesque personage is no other than a direct successor of the old King of the Saturnalia, the master of the revels, the real man who personated Saturn and, when the revels were over, suffered a real death in his assumed character. The King of the Bean on Twelfth Night and the mediaeval Bishop of Fools, Abbot of Unreason, or Lord of Misrule are figures of the same sort and may perhaps have had a similar origin. James Frazer (The Golden Bough)
Comme ces rites qu’on avait cru noyés dans l’oubli et qui finissent par refaire surface, on pourrait dire que le temps de Noël, après des siècles d’endoctrinement chrétien, vit aujourd’hui le retour des saturnales. André Burguière
En un siècle et demi, l’enfant, à Noël, a donc quitté la rue pour la chaleur du foyer. Celui qui chantait des Carols sous les fenêtres illuminées des maisons bourgeoises a effectué un double passage : de l’espace public à l’espace domestique, de la communaute villageoise à la famille. De créancier de l’adulte, il est devenu récipiendaire d’un dû sans condition. Cependant, ce passage de la vieille année à la nouvelle a conservé sa symbolique profonde, celle d’un danger qui menace l’enfant et, avec lui, menace notre avenir. Mais la conjuration s’exerce de nos jours à travers une dépense somptuaire, un véritable sacrifice familial. Martyne Perrot
Roman pagans first introduced the holiday of Saturnalia, a week long period of lawlessness celebrated between December 17-25. During this period, Roman courts were closed, and Roman law dictated that no one could be punished for damaging property or injuring people during the weeklong celebration. The festival began when Roman authorities chose “an enemy of the Roman people” to represent the “Lord of Misrule.” Each Roman community selected a victim whom they forced to indulge in food and other physical pleasures throughout the week. At the festival’s conclusion, December 25th, Roman authorities believed they were destroying the forces of darkness by brutally murdering this innocent man or woman. The ancient Greek writer poet and historian Lucian (in his dialogue entitled Saturnalia) describes the festival’s observance in his time. In addition to human sacrifice, he mentions these customs: widespread intoxication; going from house to house while singing naked; rape and other sexual license; and consuming human-shaped biscuits (still produced in some English and most German bakeries during the Christmas season). In the 4th century CE, Christianity imported the Saturnalia festival hoping to take the pagan masses in with it. Christian leaders succeeded in converting to Christianity large numbers of pagans by promising them that they could continue to celebrate the Saturnalia as Christians. The problem was that there was nothing intrinsically Christian about Saturnalia. To remedy this, these Christian leaders named Saturnalia’s concluding day, December 25th, to be Jesus’ birthday. Christians had little success, however, refining the practices of Saturnalia. As Stephen Nissenbaum, professor history at the University of Massachussetts, Amherst, writes, “In return for ensuring massive observance of the anniversary of the Savior’s birth by assigning it to this resonant date, the Church for its part tacitly agreed to allow the holiday to be celebrated more or less the way it had always been.” The earliest Christmas holidays were celebrated by drinking, sexual indulgence, singing naked in the streets (a precursor of modern caroling), etc. The Reverend Increase Mather of Boston observed in 1687 that “the early Christians who first observed the Nativity on December 25 did not do so thinking that Christ was born in that Month, but because the Heathens’ Saturnalia was at that time kept in Rome, and they were willing to have those Pagan Holidays metamorphosed into Christian ones.” Because of its known pagan origin, Christmas was banned by the Puritans and its observance was illegal in Massachusetts between 1659 and 1681. However, Christmas was and still is celebrated by most Christians. Some of the most depraved customs of the Saturnalia carnival were intentionally revived by the Catholic Church in 1466 when Pope Paul II, for the amusement of his Roman citizens, forced Jews to race naked through the streets of the city. An eyewitness account reports, “Before they were to run, the Jews were richly fed, so as to make the race more difficult for them and at the same time more amusing for spectators. They ran… amid Rome’s taunting shrieks and peals of laughter, while the Holy Father stood upon a richly ornamented balcony and laughed heartily.” As part of the Saturnalia carnival throughout the 18th and 19th centuries CE, rabbis of the ghetto in Rome were forced to wear clownish outfits and march through the city streets to the jeers of the crowd, pelted by a variety of missiles. When the Jewish community of Rome sent a petition in 1836 to Pope Gregory XVI begging him to stop the annual Saturnalia abuse of the Jewish community, he responded, “It is not opportune to make any innovation.” On December 25, 1881, Christian leaders whipped the Polish masses into Antisemitic frenzies that led to riots across the country. In Warsaw 12 Jews were brutally murdered, huge numbers maimed, and many Jewish women were raped. Two million rubles worth of property was destroyed. Simple to remember
The Neoplatonic philosopher Porphyry took an allegorical view of the Saturnalia. He saw the festival’s theme of liberation and dissolution as representing the « freeing of souls into immortality »—an interpretation that Mithraists may also have followed, since they included many slaves and freedmen. According to Porphyry, the Saturnalia occurred near the winter solstice because the sun enters Capricorn, the astrological house of Saturn, at that time. In the Saturnalia of Macrobius, the proximity of the Saturnalia to the winter solstice leads to an exposition of solar monotheism, the belief that the Sun (see Sol Invictus) ultimately encompasses all divinities as one. Perceived relations among the Mithraic mysteries, the Dies Natalis Solis Invicti (the « Birthday of the Unconquered Sun ») on December 25, and the Christian Nativity as celebrated in December are a matter of long-standing and complex scholarly debate. The Mishna and Talmud (Avodah Zara 8a) describe a pagan festival called Saturna which occurs eight days before the winter solstice. It is followed eight days after the solstice with a festival called Kalenda. The Talmud ascribes the origins of this festival to Adam, who saw that the days were getting shorter and thought it was punishment for his sin. He was afraid that the world was returning to the chaos and emptiness that existed before creation. He sat and fasted for eight days. Once he saw that the days were getting longer again he realized that this was the natural cycle of the world, so made eight days of celebration. The Talmud states that this festival was later turned into a pagan festival. (…) Unlike several Roman religious festivals which were particular to cult sites in the city, the prolonged seasonal celebration of Saturnalia at home could be held anywhere in the Empire. Saturnalia continued as a secular celebration long after it was removed from the official calendar. As William Warde Fowler noted, Saturnalia « has left its traces and found its parallels in great numbers of medieval and modern customs, occurring about the time of the winter solstice. » A number of scholars, including historian David Stephens from the University of Central Florida and Professor Parker-Ducharme from Tulane University, view aspects of the Saturnalia festival as the origin of some later Christmas customs, particularly the practice of gift giving, which was suppressed by the Catholic Church during the Middle Ages. During the ancient Roman Saturnalia, human-shaped delicacies were consumed and jovial singing was performed in the streets, which makes it a « precursor of modern gingerbread man » and caroling. The ancient Roman Saturnalia was integrated into Christianity in the 4th century, as a means to mass convert the pagan Roman citizens. Due to its pagan origin, the Christmas festival was banned in Massachusetts between 1659 and 1681 by the Puritans as an illegal observance. Certain religious groups such as Jehovah’s Witnesses do not observe Christmas for the same or similar reasons. Wikipedia
Macrobe rapporte diverses traditions romaines sur l’origine de cette fête : plusieurs font référence au séjour de Saturne dans le Latium avant la fondation de Rome. Saturne détrôné se serait réfugié en Italie, dans le Latium, où il rassemble les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donne des lois. Son règne est un âge d’or, ses paisibles sujets étant gouvernés avec douceur et équité. Les Saturnales vont contribuer à célébrer la mémoire de cet âge heureux de l’exercice du pouvoir. Pour la recherche moderne, les Saturnales sont une fête typique du « crépuscule de l’année » – Saturne est essentiellement le dieu de la période qui précède le solstice d’hiver – comme la fête celtique de Samain, période qui voit des pratiques de potlatch, de banquets et magnificence, pendant laquelle la paix règne et la communication avec le monde des morts est établie.Au cours des Saturnales, les esclaves jouissent d’une apparente et provisoire liberté. Durant cette fête très populaire, l’ordre hiérarchique des hommes et logique des choses est inversé de façon parodique et provisoire : l’autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue. Ces derniers ont le droit de parler et d’agir sans contrainte, sont libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles sont en vacances et les exécutions interdites, le travail cesse. On fabrique et on offre de petits présents (saturnalia et sigillaricia). Des figurines sont suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) a lieu. De somptueux repas sont offerts. La population se porte en masse vers le mont Aventin. On enlève à la statue du dieu les chaînes portées par lui, depuis que Jupiter a voulu contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours. D’abord fêtées le 14 avant les calendes de janvier (19 décembre), puis le 16 avant les calendes (17 décembre) et durant trois jours après la réforme du calendrier de Jules César3, puis quatre jours sous Auguste, puis cinq sous Caligula4, elles finissent par durer sept jours sous Dioclétien, du 17 au 24 décembre. (…) On dit que les Saturnales ont été en partie l’inspiration de fêtes religieuses ou traditionnelles instituées postérieurement : le jour de Noël chrétien reprend le symbole du solstice d’hiver, soit le thème du Sol invictus, (le soleil invaincu). la galette des rois, laquelle sacrait le « roi » de la fête. Par extension, ce terme de Saturnales désigne (…) des fêtes débridées pendant lesquelles tous les excès sont permis ; un temps de débordement, de débauche, de licence, de manifestation violente de pouvoir ou de vice. Wikipedia
Rabbin de Gérone, ensuite chef spirituel de la communauté juive de Catalogne, ami du roi Jacques Ier d’Aragon, il fait office de médiateur à maintes reprises entre la couronne et les almajas. La quiétude dont il jouit est brisée lorsque, en 1263, il est choisi pour une disputatio en présence du roi avec Pablo Christiani, sur l’ordre de Raymond de Penafort. Pablo Christiani, Juif passé au christianisme et devenu frère dominicain (et responsable d’inventions telles que la rouelle), est déjà connu pour avoir tenté de convertir la communauté juive de Provence. La démarche de Christiani est originale : présumant que son adversaire devra rester mesuré, de crainte de heurter la sensibilité des dignitaires chrétiens, il escompte non pas interdire le Talmud, mais au contraire l’utiliser afin de prouver la vérité de la foi et du message chrétien. En effet, il pense pouvoir attester à partir de plusieurs passages attenant à l’Aggada, que les Sages Pharisiens ont pensé que le Messie vivait à l’époque du Talmud, et donc qu’il s’agissait de Jésus. Nahmanide demande, et obtient, la complète liberté d’expression au cours des 4 jours qui vont suivre, du 20 au 24 juillet 1263. Les objets de la dispute de Barcelone furent de savoir : si le Messie était apparu ; si le Messie annoncé par les Prophètes devait être considéré comme divin, ou humain né de parents humains ; qui des Juifs ou des Chrétiens détenait la vraie foi. La tentative de Christiani tourna court. Le Ramban remit les choses dans leur contexte, prouvant que si les rabbins avaient véritablement cru en la messianité de Jésus, ils se seraient convertis. Ses interprétations étaient donc tendancieuses. Par ailleurs, la Aggada ne lie pas davantage les Juifs, que les chrétiens ne sont tenus de croire aux sermons des évêques. Le Ramban précisa que les Juifs étaient tenus de croire en la vérité de la Bible, et ne tenaient compte des arguments théologiques du Talmud que s’ils influençaient la pratique religieuse. De ce point de vue, les Juifs ne sont pas tenus de croire tout point théologique du Talmud, surtout lorsqu’il s’agit d’Aggada. Pour l’argument de Shilo (Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, jusqu’à ce que vienne Shilo), le Ramban fit valoir que, du fait de l’étymologie même du nom, le Messie devrait être humain, de chair et de sang, et non divin. Le Messie aux portes de Rome fut également rapidement réfuté, car cet enseignement aggadique de Rabbi Josué ben Lévi portait sur la fin des guerres et l’avènement d’un règne de paix et de justice. Où était-il aujourd’hui ? Le Ramban fit aussi remarquer que les questions attenant au Messie avaient moins d’importance pour les Juifs que ce que croyaient les Chrétiens. Selon lui, un Juif a en effet plus de mérite à observer les prescriptions divines en terre d’exil, sous le joug chrétien, qu’en Terre promise sous le règne du Messie, où chacun pratiquerait la Loi de façon naturelle. La disputation fut abrégée à la demande pressante des Juifs de Barcelone craignant d’exciter le ressentiment des Dominicains, et se termina sur la victoire éclatante de Nahmanide, le roi allant jusqu’à lui faire don de 300 maravedis en signe de respect. Cependant, le clergé dominicain prétendit avoir remporté la rencontre. Nahmanide fut obligé de relater la Dispute par écrit. Pablo Christiani s’en servit et sélectionna des passages jugés blasphématoires envers la Chrétienté pour forger le Telae Ignis Satanis, où « Bonastruc da Porta, le maître de Gérone » se trouve souvent pris de court face aux arguments pleins de vérité et ne s’échappe qu’à coup desdits blasphèmes. Ce faux permettra de poursuivre tout un qui s’adonnerait à l’étude du Talmud, reconnu ouvrage hérétique et anti-chrétien, mais il entraînera surtout la mise en accusation de Nahmanide. Le roi fit réunir une commission extraordinaire afin d’assurer l’impartialité du procès, qui se tenait en sa présence. Nahmanide admit avoir porté plusieurs atteintes à la Chrétienté, mais n’avoir rien dit d’autre que les arguments prononcés devant le roi, avec jouissance d’une liberté de parole totale. Bien que le roi et la commission reconnussent la justesse de sa défense, les Dominicains obtinrent que les livres de Nahmanide soient brûlés et qu’il soit exilé pour deux ans, ce qui se commua rapidement en bannissement à perpétuité. Wikipedia
Barcelone, juillet 1263 : devant le roi d’Aragon, la cour, et devant les personnalités les plus éminentes de l’Église chrétienne, s’engage une Dispute qui va durer quatre jours. Elle oppose Paul Christiani, juif converti au christianisme, à Rabbi Moïse ben Nahman (Nahmanide) de Gérone, l’une des plus hautes autorités du judaïsme espagnol. Quatre jours d’une âpre discussion touchant la venue du Messie et sa nature, et au cours desquels va se dévoiler l’endroit de la rupture entre judaïsme et christianisme : le pouvoir, la souveraineté. Du fond de cette rupture, c’est le sens de l’exil du peuple juif, dépossédé de cette souveraineté, qui devient l’enjeu de l’affrontement. Si le Messie est déjà venu et que les juifs ne l’ont pas connu, leur exil n’est plus qu’une inutile errance, ce qu’il y a de plus vain faisant suite à l’erreur la plus essentielle. Mais si le Messie n’est pas encore venu, le christianisme se trouve relégué au rang de simple puissance politique et sa vérité résumée à l’exercice momentané d’un pouvoir dans le monde. Editions Verdier
Rome est bien le signe de la caducité des empires, des royaumes et des nations appelées à mourir et à disparaître. Et si le messianisme juif met en question le pouvoir de l’Église, si pour lui l’exil n’est qu’une situation où la liberté fait défaut, le sens ultime et privilégié de son message est d’annoncer la fin de la servitude, de la domination d’un peuple par un autre, de la guerre comme éthique de vie. L’Église n’est plus seule à être en question, le judaïsme l’est également, maintenant qu’une puissance temporelle, un État s’en réclame. Phénomène aujourd’hui généralisé, l’on voit le messianisme se changer en son contraire. La théologie, en investissant tout le champ du politique, se pervertit en transcendance de la terreur. La dispute de Barcelone est toujours nouvelle. Edmond Amran el Maleh

Attention: une dispute peut en cacher une autre !

En ce lendemain de l’ancienne fête de préparation des saturnales (dédiée au vieillard dévoreur d’enfants mais subvertie par le christianisme en fête de la naissance du Christ et des enfants) …

Fête du lendemain de Noël qui, sous le nom de « Fête des boites » (« Boxing Day« ) chez nos voisins anglo-saxons,  en est apparemment la fête de conclusion avancée (les fameuses calendes de janvier ou  fête des sygillaires et « ancêtre » de notre Saint Sylvestre, dédiées elles à la déesse Strenia et connues chez nous une semaine plus tard sous le nom d’étrennes, avant le sacre, par hasard interposé – la fève de nos galettes des rois – du « roi » de la fête) où serviteurs et marchands reçoivent les cadeaux de leurs employeurs (pendant que les associations caritatives reprennent les distributions de nos prêtres qui jadis ouvraient les troncs des églises et en distribuaient le contenu aux pauvres dans une petite boîte ?) mais qui aujourd’hui, entre les matches et les chasses d’après-Noël, sert surtout de « Black Friday » de Noël où chacun s’active à revendre ses cadeaux ou profiter des soldes des invendus du potlatch de la veille …

Pendant que, sur fond de massacres continués des chrétiens dans principalement le monde dit musulman, parmi les plus religieux on fête la translation solennelle, par l’évêque Jean de Jérusalem à l’église du Mont-Sion de Jérusalem en l’an 415, du corps de la première victime judéo-chrétienne d’une des premières confrontations théologiques entre judaïsme et christianisme naissant …

Comment, à l’heure où dans leurs voeux l’Etat américain comme nombre d’entreprises ou d’individus n’osent plus même mentionner le nom (trop christique) de Noël et où des chrétiens arabes tentent d’imposer un sapin de Noël au Parlement israélien (à quand un sapin de Noël à la Mecque ?), ne pas repenser au sinistre envers d’une de nos plus chères célébrations dont les « fêtes des fous » médiévales (Victor Hugo ne fait-il pas de son « archétype du monstre sympathique » – bossu, borgne et boiteux, cumulant autrement dit à peu près la totalité des stigmates de victimisation – trouvé un dimanche d’après-Pâques l’un de ces « rois ou papes des fous »?) pouvaient mener aux pires débordements remplaçant, à l’instar du martyre de Saint Dasius de Durostorum bien analysé comme exemple de bouc émissaire par James Frazer, par des juifs, comme victimes des vexations jusqu’au XIXe siècle, les esclaves ou gladiateurs des saturnales romaines ?

Mais comment aussi ne pas se remémorer une autre « disputation » (merci Glaeken Trismegistus), presque aussi fameuse et tragique que celle apparemment plus improvisée de Saint Etienne, où, 23 ans après celle de Paris qui avait vu à l’instiguation du franciscain et apostat juif Nicolas Donin la condamnation et la crémation du Talmud, et entre le 20 et le 24 juillet 1263 à l’initiative du Grand Inquisiteur (Raymond de Peñafort) et en présence du roi Jacques Ier d’Aragon, s’affrontèrent à Barcelone l’une des plus hautes autorités du judaïsme espagnol (Rabbi Moshe ben Nahman de Gérone dit Nahmanide) et un dominicain et juif converti au christianisme  (Pablo Christiani dont le zèle de nouveau converti inspirera plus tard à notre Saint-Louis national le rétablissement de l’usage de la rouelle pour les juifs de France),  à propos de la venue du Messie et de sa nature …

Et qui, redémontrant avec le brio que l’on sait le scandale et la folie d’un Messie crucifié, vit la victoire officielle du talmudiste se transformer en exil forcé et expurgation officielle du Talmud de tous les passages concernant Jésus et Marie ?

Le messie au cœur de la dispute

Michael Blum

Jérusalem Post

12-18 août 2008

Publié en français pour la première fois en 1984, ce texte fondamental est réédité en édition de poche, permettant une lecture plus facile du récit de cette « dispute » qui a marqué l’histoire juive.

Nous sommes en juillet 1263, le roi d’Aragon veut imposer le christianisme dans une Espagne chrétienne au faite de sa gloire. Il convoque deux personnalités, un juif converti, Paul Christiani, soutenu par des dignitaires de l’Église, et Moshe Ben Nahman, plus connu sous le nom de Nahmanide ou Ramban, le grand maître du judaïsme espagnol de son époque.

L’affrontement verbal va durer quatre jours. Évoquant surtout la place du messianisme dans le judaïsme, Nahmanide tente de réfuter les thèses chrétiennes sur l’arrivée du Messie. Nahmanide raconte avec humour et finesse les débats qui l’ont opposé à Christiani. Cette dispute se révélera être plus un procès du judaïsme qu’autre chose.

En lisant cet ouvrage, on a le sentiment de revivre cette scène et d’assister à un véritable spectacle.

De haut niveau intellectuel, le débat est pourtant facile à lire grâce au talent de Nahmanide qui, citant des textes midrashiques et talmudiques, anime chaque joute de la controverse.

L’apostat, de son côté, tente d’utiliser le texte du Talmud pour démontrer que les rabbins de l’époque de Jésus croyaient à la possibilité qu’il soit le messie, tandis que Ramban s’efforce de prouver que la foi chrétienne est erronée.

Un des éléments de l’argumentation de Ramban est la différence marquée entre la foi dans un messie pour les chrétiens, élément essentiel du christianisme, alors que le judaïsme ne le mentionne que rarement.

Bien que le roi d’Aragon, impressionné par les arguments de Nahmanide, lui ait accordé la possibilité de continuer d’exercer sa foi, lui offrant même de l’argent, les Dominicains obtinrent que ses livres soient brûlés et qu’il soit banni du royaume.

Peu de temps après cet épisode, Ramban quitte sa ville de Gérone pour s’installer en Israël où il passera les trois dernières années de sa vie et publiera son commentaire sur la Torah.

La nouvelle édition est suivie des explications de Ramban sur le texte d’Isaïe portant sur le messianisme, qu’il n’a pas eu le droit de prononcer lors de la Dispute.

Isaïe présente le messianisme juif, fondamentalement différent de celui prôné par les chrétiens.

Les archives liées au texte de Nahmanïde, notamment les procès verbaux et les textes papaux de l’époque ajoutés au recueil, donnent des indications précieuses sur le contexte historique de la controverse.

Si les disputes de cette nature entre juifs et chrétiens n’existent plus, la lecture de ce texte prouve sa modernité dans un monde où la tentation du messianisme est toujours vivace.

 Voir aussi:

« Crois-tu, reprit le Frère Paul, que le Messie est venu ? » : un reportage de Na’hmanide sur la dispute de Barcelone en 1263

Henri Smolarski

Tribune juive

9 novembre 1984

Procès verbal royal : « L’année du Seigneur mille deux cent soixante-trois, le treizième jour des calendes d’août, le roi des Aragonais et de nombreuses personnes, barons, prélats, religieux et chevaliers se sont réunis au palais royal de Barcelone… »

Curieux des problèmes religieux, influencé par l’Inquisiteur Raymond de Pennafort, le roi Jaime Ier, en cet été de 1263, a organisé une dispute qui fera date dans l’histoire séculaire des relations judéo-chrétiennes. Devant un public de prêtres, de juifs, de négociants, de nobles et d’artisans, Paul Christiani est opposé à Moïse ben Na’hman.

Né sans doute à Montpellier, juif converti, clerc habile, Paul Christiani est pour l’Église un serviteur de grande valeur. Plus tard, sa fureur anti-juive lui fera exiger de Louis IX, dit Saint-Louis, le port de l’étoile jaune par les juifs de France. Moïse ben Na’hman, dit Na’hmanide, 70 ans, est un des rabbins les plus savants, les plus rayonnants de son temps. Les juifs d’Espagne lui ont naturellement demandé de défendre la Tora dans ce procès à grand spectacle.

Après la dispute, et sur requête de l’évêque de Gérone d’où il est originaire, Na’hmanide rédige sous forme de reportage les quatre journées de débats. Cet extraordinaire document est aujourd’hui traduit en français et publié avec une préface et un commentaire du rabbin espagnol des chapitres 52 et 53 d’Isaïe. La Dispute de Barcelone (collection des « Les Dix Paroles », Verdier) illustre un aspect original, à la fois religieux et politique, de la polémique entre juifs et chrétiens.

En 1240, à Paris, un autre apostat, Nicolas Donin, opposé à quatre rabbins français, dont Rabbi Ye’hiel, a obtenu la condamnation et le bûcher pour le Talmud considéré comme une entreprise blasphématoire. Le propos de Paul Christiani est tout à fait différent. « Il s’agit de montrer, dit l’anonyme préfacier de la traduction, que les docteurs du Talmud avaient reconnu la messianité de Jésus et avaient foi en sa religion. » Ce Na’hmanide, qui n’admet pas l’inspiration chrétienne du Talmud, n’est donc qu’un imposteur qui trompe le peuple sur la réalité de la tradition juive. Si le Messie est venu, l’errance juive, l’existence même du peuple juif est une absurdité. S’il n’est pas venu, tous les pouvoirs, tous les empires sont destinés à être emportés par le torrent de l’histoire, y compris l’Église.

L’enjeu du procès, Paul Christiani et Na’hmanide l’ont fort bien compris.

Selon Na’hmanide, la seule différence pour Israël « entre ce monde et les temps messianiques est la soumission aux pouvoirs ».

L’humour souvent cinglant de Na’hmanide, le mépris ouvert dans lequel il tient le Frère Paul « qui ne connaît rien du tout », confère à cette dispute une allure théâtrale vivante, loin des somnolentes controverses théologiques.

Dès le premier jour, Na’hmanide annonce la couleur et exige l’entière liberté de parole. « À condition de ne point faire outrage à la foi », répondit le Frère Raymond de Pennafort. Éclat de Na’hmanide. Pour qui me prend-on ? Croyez-vous que je n’ai pas assez d’instruction pour exprimer « avec retenue ce qui sera, cependant, mon intime conviction ? »

Paul Christiani lui lance au visage la question de Rabbi Josué au prophète Élie (Sanh. 98a) : Quand viendra le Messie ? Réponse : Demande-le au Messie lui-même ! — Et où est-il ? — À la porte de Rome parmi les malades. Triomphe de Frère Paul. « Tu vois bien, dit-il à Na’hmanide, le Messie est déjà venu et il est dans Rome. » Rire de Na’hmanide. Si le Messie est déjà venu, pourquoi demander à Élie « quand viendra-t-il ? ».

Là-dessus intervient Jaime Ier. « Et où est-il aujourd’hui, demanda le roi ? — Cela n’est pas indispensable à la dispute et je ne répondrai point, déclarai-je. Peut-être le trouveras-tu aux portes de Tolède, si tu y dépêches un de tes émissaires, dis-je en plaisantant… »

Tout au long des quatre jours, Na’hmanide, cette fois sans plaisanter, rappelle que le Messie signifie la fin des guerres, la justice, une civilisation du dialogue. Mais si le Messie est aux portes de Rome, c’est-à-dire de la civilisation romaine et chrétienne, ce n’est pas gratuitement. « Ce n’est que lorsque le Messie viendra devant le pape (à Rome) et lui dira par un commandement de Dieu : “Renvoie mon peuple”, qu’il sera effectivement venu… »

Le quatrième jour, la dispute prend fin par une polémique sur La Trinité. « C’est là, dit Paul Christiani, chose extrêmement profonde, que même les anges et les archanges ne comprennent pas. » Réplique de Na’hmanide : « Il est évident que l’homme n’a pas foi en ce dont il n’a pas connaissance. Aussi, les anges eux-mêmes ne peuvent-ils avoir foi en La Trinité. »

Le roi Jaime d’Aragon sourit, offre à Na’hmanide trois cents dinars et le prie de retourner dans sa ville « pour la vie et la paix », Pendant que le virulent Frère Paul s’en va sermonner les juifs de Provence, Na’hmanide prépare sa montée en Terre d’Israël. Autre façon de continuer la dispute de Barcelone.

 Voir également:

La controverse de Barcelone

Edmond Amran el Maleh

Le Monde

7 décembre 1984

Voici donc un texte essentiel, beau aussi en un sens et d’une grandeur certaine. À Barcelone en juillet 1263, en présence du roi d’Aragon Jaime Ier qui en avait pris l’initiative, eut lieu une des plus célèbres controverses judéo-chrétiennes, et elle dura quatre jours. L’Église est alors au faîte de sa puissance, mais il lui faut assurer sa domination spirituelle sans partage, forcer donc les juifs à la conversion, censurer et récupérer le Talmud, présenter enfin Jésus comme étant le Messie.

La dispute de Barcelone, qui se présente comme une mise en scène d’une ampleur dramatique, avec le concours de hautes personnalités de l’Église, du roi et de toute une foule bigarrée, met en présence, sur les lieux du palais, deux protagonistes. Paul Christiani, juif converti, fort de sa connaissance de l’hébreu et des textes, animé d’un zèle ardent en raison de sa conversion, se présente au débat avec une argumentation rédigée à l’avance, soutenu sur place par des personnalités de l’Église, des représentants des ordres militants, les célèbres « dominicanes, les chiens du Seigneur », les dominicains. En face de lui, Moïse Ben Nahman, l’illustre Nahmanide, de Gérone, commentateur du Talmud et cabaliste de grand renom. S’il est certes « maestro » de la tradition juive, bien qu’il récuse ce titre, il lui faudra tout le génie subtil de son esprit pour maîtriser le hasard de l’improvisation et confondre son redoutable adversaire.

D’entrée, et avec lucidité, Nahmanide engage la dispute : « Je souhaite qu’en cette noble assemblée ne soit débattu que de l’essentiel, de ce à quoi tout est suspendu… Nous nous mîmes d’accord pour parler d’abord du problème du Messie, [était-il] déjà venu comme le veut la foi chrétienne? ou bien [est-il] destiné à venir comme le prétend la foi des juifs ? Jésus est-il le Messie ? » La dispute s’engage dans le champ clos de l’exégèse, mais le monde est là dans sa rumeur et sa fureur, l’ombre de l’inquisition monte à l’horizon. Nahmanide est seul pour ainsi dire, seul en lice. Vainqueur ou vaincu, il se sait condamné à l’avance : « Beaucoup de membres de la communauté sont ici, et tous me pressent et m’implorent de ne pas continuer ; car ils ont grand peur de ces hommes, les prédicateurs qui répandent la terreur dans le monde… Même d’illustres gens d’Église m’ont fait dire de ne pas aller plus loin. » Sa grandeur est celle-là même de Socrate qui va sereinement au-devant de la mort.

La question est posée : quelle est la nature du Messie, du messianisme? « Rome sera détruite lorsqu’un homme dira à son compagnon : Rome et tout ce qu’elle renferme sont à toi pour un sou et qu’il répondra : je n’en veux pas », dit Nahmanide, qui, plus loin, ajoutera : « Quand viendra le temps du messianisme, ils forgeront des socs avec leurs glaives et des serpes de leurs lances. On ne lèvera plus l’épée peuple contre peuple et l’on n’apprendra plus la guerre. » Rome est bien le signe de la caducité des empires, des royaumes et des nations appelées à mourir et à disparaître. Et si le messianisme juif met en question le pouvoir de l’Église, si pour lui l’exil n’est qu’une situation où la liberté fait défaut, le sens ultime et privilégié de son message est d’annoncer la fin de la servitude, de la domination d’un peuple par un autre, de la guerre comme éthique de vie. L’Église n’est plus seule à être en question, le judaïsme l’est également, maintenant qu’une puissance temporelle, un État s’en réclame. Phénomène aujourd’hui généralisé, l’on voit le messianisme se changer en son contraire. La théologie, en investissant tout le champ du politique, se pervertit en transcendance de la terreur. La dispute de Barcelone est toujours nouvelle.

Voir encore:

DISPUTATIONS:

Jewish Encyclopedia

Public debates on religious subjects between Jews and non-Jews. Religious differences have at all times induced serious-minded men to exchange their views in order to win opponents over to their own side by appeals to reason. Abraham is represented in the Midrash as holding a religious debate with Nimrod (see Jew. Encyc. i. 86). In Alexandria disputations between Jews and pagans were probably quite frequent. The first actual disputation before a worldly ruler took place at Alexandria about 150 B.C., under Ptolemy Philometor, between Andronicus ben Messalam (Meshullam), the Judean, and Sabbeus and Dositheus (Theodosius), Samaritans, with reference to the Scripture text which the Samaritans claimed had been omitted by the Jews in the Septuagint translations. (Grätz, « Gesch. » iii. 44, 650; compare Josephus, « Ant. » xiii. 3, § 4). In the time of the emperor Caligula the first disputation between Jews and pagans before a ruling monarch took place at Rome, the erection of statues of Caligula in the synagogues of Alexandria having caused the Jews to send a deputation under Philo to the emperor, while the anti-Jewish party sent a deputation under Apion. It was typical of all later disputations, inasmuch as the defeat of the Jews was a foregone conclusion. Some of Philo’s arguments are probably preserved in part in his « Legatio ad Caium » (§§ 20-45). Papyri fragments discovered in recent years contain records of disputations held before Claudius and a later emperor (« Rev. Et. Juives, » xxxvii. 218-223; Schürer, « Gesch. » 3d ed., i. 65-70).

Between Jews and Romans.

In ‘Ab. Zarah iv. 7 and Baraita ‘Ab. Zarah 54b is recorded a disputation held in Rome between pagan sages () and four Jewish elders, whom Grätz properly identifies with Gamaliel II., Eleazar b. Azariah, Joshua b. Hananiah, and Akiba, who went to Rome to have Domitian’s decree against the Jews withdrawn (Grätz, « Gesch. » 3d ed., iv. 110). The following was the dialogue: « If your God hates idolatry, why, being omnipotent, does He not destroy it? » « Shall sun, moon, and stars, without which the world can not exist, be destroyed on account of the fools that worship them? » « But why are not other idols which are of no consequence destroyed? » « As well should seeds when stolen not grown in the soil, or a child conceived in adultery not be born. No; the world goes on in its prescribed course, and the transgressors shall meet their retribution » (compare Bacher, « Ag. Tan. » i. 84). According to Eccl. R. i. 9, R. Meïr was delegated to represent the Jews at a public disputation with the government in Rome, the boar (), as the Roman emblem, being made the subject of the debate (compare Bacher, l.c. ii. 35 et seq.). R. Meïr also had disputes with the Samaritans (Gen. R. iv.; Bacher, l.c. pp. 32 et seq.).

Between Jews and Christians.

Of an altogether different nature were the disputations between Jews and Christians. At first these were bitter and sarcastic in tone, but, like quarrels between members of one household, harmless in their consequences. As they turned chiefly on Scripture interpretations, the Jew easily obtained the victory over his less skilled adversary. A number are recorded in the Talmud and Midrash between Christians called « minim » (heretics) or philosophers and R. Gamaliel II. (Yeb. 102b; Midr. Teh. to Ps. x.; Ex. R. xxx.; see Derenbourg, « Hist. » 1867, p. 357; Bacher, l.c. i. 87) and R. Joshua b. Hananiah (Ḥag. 5b; see Bacher, l.c. i. 176). How prominent these disputations were in the early days of Christianity is shown by the number of fictitious dialogues written by Christians for apologetic purposes, and mainly copied one from the other, with references to the same Scriptural passages, and all of them ending in the same way: the Jew, who seldom knows how to answer, finally yields and embraces Christianity (see Origen, « Contra Celsum, » iv. 52, where the disputation between Papiscus the Jew and Jason is referred to; Harnack, in « Texte und Untersuchungen, » i. 1-3; Conybeare, « The Dialogues of Athanasius and Zaccheus and of Timothy and Aquila, » Oxford, 1898; McGiffert, « A Dialogue Between a Christian and a Jew, Entitled Αντιβολὴ Παπίσκου καὶ φίλωνος ‘Ιουδαίων προς Μόναχόντινα, » New York, 1889). Most valuable as a characteristic example of such a disputation is Justin Martyr’s « Dialogue with Tryphon the Jew. » The author, who frequently calls himself « philosopher, » took the famous R. Tarfon (also pronounced, probably, « Tryphon »: Derenbourg, l.c. p. 376; Grätz, l.c. iv. 58), noted for his fierce opposition to the Christian sect (Shab. 116a), as a typical representative of Jewish teaching, putting into his mouth rabbinical arguments for the sake of refuting them (see M. Friedländer, « Patristische und Talmudische Studien, » pp. 20 et seq., 80-137, Vienna, 1878; Goldfahn, « Justinus Martyr und die Agada, » in Monatsschrift, » 1873, pp. 49, 104, 145, 194, 257). Often the Jew was horrified at the identification of « Christ » with the « Divine Shekinah, » and termed it « blasphemy » (Friedländer, l.c. pp. 62 et seq.); and as the arguments taken from Gen. i 26, and similar expressions regarding the Deity used in Scripture, were ever reiterated by these troublesome « heretics, » he found these disputations « full of weariness » (Eccl. R. i. 9; compare Sanh. 38b, 105b; Yer. Ber. ix. 12d; Friedländer, l.c. pp. 62, 82). In the course of time, however, polemics became a fine art with some of the rabbis, Cæsarea, a place where Christians and Jews constantly met, being the chief School of controversy (Bacher, « Ag. Pal. Amor. » i. 92). R. Simlai and R. Abahu were known as keen debaters (Bacher, l.c. i. 555, ii. 115). On the fictitious disputation in Rome between Pope Sylvester (314-335) and twelve Pharisaic doctors before the emperor Constantine, see Güdemann, « Gesch. des Erziehungswesens und der Cultur der Juden in Italien, » 1884, pp. 39, 295.

In the Middle Ages.

Learned disputations of a harmless nature took place frequently in Italy, and a controversial Jewish literature sprang up in the thirteenth century (see Güdemann, l.c. pp. 12, 24, 87, 39, 230) with the declared object of defending the truth without giving offense to the Christian Church (see Polemical Literature). Quite different was the tone of the disputations introduced in the Byzantine empire. Here Basil I., about 880, instituted such disputations, and the Jews were to be forced either to admit or to disprove « that Jesus is the culmination of the Law and the Prophets » (Grätz, l.c. v. 229), the result being generally expulsion and persecution. In the West, Jews and Christians disputed freely and on terms of mutual good-will in spite of occasional hostile attacks (see « Rev. Et. Juives, » v. 238 et seq.). The impression prevailed among Christians that they were no match for the learned and witty Jews, while the latter frequently challenged the former, openly and frankly criticizing the dogmas of the Church. Among these Nathan L’Official and his son in France obtained about the close of the twelfth century great renown as bold and skilful debaters, and the disputes they had with popes, archbishops, and other prelates have been partly preserved (Grätz, l.c. vi. 143, 366; Güdemann, « Gesch. des Erziehungswesens und der Cultur der Juden in Frankreich und Deutschland, » 1880, pp. 18, 140 et seq.).

Paris and Barcelona.

It was only after Pope Innocent III. had infused the spirit of the Inquisition into Christendom, and the Dominicans had begun their warfare against every dissenter, that the disputations became associated with relentless persecution of the Jewish faith. Being turned into great spectacles by the presence of the dignitaries of Church and state—mock controversial tournaments in which the Jews were bound to suffer defeat—they became a direct menace to the literature and the very lives of the Jews. In order to secure to the Church the semblance of a victory, Jewish apostates lent themselves to the task of bringing malicious charges against their former coreligionists, supporting these by ferreting out every weak and ambiguous point in the Talmud or the Jewish liturgy that might be construed as a « blasphemy » or as defamation of Jesus and Christian dogma.

The first of these famous disputations took place at the royal court of Louis IX. in Paris June 25-27, 1240, in the presence of the queen – mother Blanche and the prelates of Paris, the rabbis Jehiel of Paris, Moses of Coucy, Judah ben David of Melun, and Samuel ben Solomon of ChâteauThierry being ranged against Nicholas DONIN, the Jewish apostate. The four rabbis were to defend the Talmud against the accusations of Donin, turning mainly upon two points: that the Talmud containes immoral sentiments and blasphemous expressions against the Deity, and that it speaks in an offensive manner of Jesus. R. Jehiel, timid at first, was encouraged by the assurance of protection by the queen, and succeeded in refuting Donin’s charges by proving that Jesus, the son of Panthera, can not be the Jesus of the New Testament; that the term « goy » in the Talmud does not refer to Christians; and that the Minim who are made an object of execration in the Jewish liturgy are not born Christians, but only born Jews who have become sectaries or heretics. R. Jehiel’s defense, however successful for the moment, did not save twenty-four cartloads of copies of the Talmud from being consigned to the flames two years later in Paris (see Levin in « Monatsschrift, » 1869, pp. 97 et seq.; Grätz, l.c. vii. 401; Loeb, in « Rev. Et. Juives, » i. 247, ii. 248, iii. 39).

The second disputation took place at Barcelona on July 20, 1263, at the royal palace, in the presence of James I. of Aragon and his court, and of many prominent ecclesiastics and knights, between Naḥmanides and Pablo Christiani, who, like Donin, was the accuser and the instigator. The debate turned on the questions whether the Messiah had appeared or not; whether, according to Scripture, the Messiah is a divine or a human being; and whether the Jews or the Christians held the true faith.

Disputation Between Jewish and Christian Theologians.(From Peter Schwarz, « Der Stern Messhiah, » 1477.)

Differing from R. Jehiel of Paris, Naḥmanides met his antagonist with fearless courage and with the dignity of a true Spaniard; and when Pablo undertook to prove from various haggadic passages the Messianic character of Jesus, Naḥmanides frankly stated that he did not believe in all the haggadic passages of the Talmud, and he went so far as to declare that he had more regard for the Christian monarch than for the Messiah. As to the question whether the Messiah had come or not, he could not believe that he had come as long as the promised cessation of all warfare had not been realized. It was a triumph for the Jewish cause, yet all the more did both the Jewish and the Christian friends of Naḥmanides warn him against the peril threatening his brethren from the terrible power of the Dominicans in case of defeat, and so, at his own request, the disputation was interrupted on the fourth day. But the enemies of the Jews were not set at rest. They claimed the victory, and when Naḥmanides published the frank statements he had made, the king, who had dismissed him with presents and with expressions of his regard, could no longer protect him, and he had to leave the country. Again the Talmud was made the object of attack; but this time, instead of the whole Talmud being proscribed or burned, only the offending passages were singled out for erasure by a censorial committee appointed by the king (see Grätz, l.c. vii. 121-124).

Of literary rather than of historical importance are the public disputations held at Burgos and Avila in 1375 by Moses Cohen de Tordesillas with the apostates John of Valladolid and Abner of Burgos, and that held about the same time in Pampeluna by Shem-Ṭob ben Isaac Shaprut of Tudela with Cardinal Don Pedro de Luna, afterward Pope Benedict XIII., the disputations being made the subjects of the books « ‘Ezer ha-Emunah » (by Moses) and « Eben Boḥan » (by Shem-Ṭob: see Polemics and Polemical Literature).

Disputation of Tortosa.

The most remarkable disputation in Jewish history, for the pomp and splendor accompanying it, the time it lasted, and the number of Jews that took part therein, is the one held at the summons of the antipope Benedict, XIII. in Tortosa. It began in Feb., 1413, and ended Nov., 1414, and was presided over by the pope in state, surrounded by the cardinals and dignitaries of the Church who still retained allegiance to him, while hundreds of monks and knights and men of all degrees were among the audience. Joshua Lorqui (Geronimo de Santa Fé), the apostate, was to prove from the Talmud that Jesus was the Messiah, and the twenty-two most distinguished rabbis and scholars of the kingdom of Aragon had the choice of refuting his arguments or—and this was the scarcely concealed purpose of the pope, anxious to regain power and prestige through the conversion of the Jews of Spain—espousing the Christian faith. To judge from the fragmentary records, there was no great erudition or acumen displayed either by the aggressor, who dwelt on a few haggadic passages concerning the Messiah, or by the defenders, who no longer possessed the courage and self-confidence shown by Naḥmanides. The sixty-nine sessions passed without any other result than that neither the blandishments nor the threats of the pope, nor the fierce attack on the Talmud made by Lorqui, the pope’s physician and chief adviser, could induce the Jews to become traitors to their heritage. A papal bull (May, 1415) of eleven clauses, forbidding the study of the Talmud and inflicting all kinds of degradation upon the Jews, showed the spirit that had prompted the disputation (see Grätz, l.c. viii. 116, 406). Under James II. of Castile, about 1430, Joseph ben Shem-Ṭob and Ḥayyim ibn Musa held frequent disputations with learned Christians at the court of Granada, but henceforth disputations became rare and of no historical importance.

Friendly Disputations. Religious Disputation Between Jews and Christians.(From Kohut, « Geschichte der Deutschen Juden. »)

Belonging to the class of friendly disputations (ib. viii. 417, note 4) are those, whether authentic or embellished by legend, mentioned in Solomon ibn Verga’s « Shebeṭ Yehudah »: (1) Between Don Joseph ibn Yaḥya and King Alfonso V. of Portugal, (a) concerning Jesus’miraculous powers; (b) regarding the perpetual character of the Mosaic, law; (c) as to the efficacy of the prayer of a non-Jew; (d) whether the hosts of angels are numerable or infinite; (e) why sorcery, being based on error, is so severely punished in Scripture. (2) Between three Jewish artisans taken from the street, and Don Joseph ibn Benveniste ha-Levi with Alfonso XI. of Castile, (a) on the qualities of God; (b) on the distance between earth and heaven; (c) on the sun’s radiation of heat; (d) on the forbidden fat and blood of animals; (e) on the night’s sleep; (f) on the immortality of the soul. (3) Between Don Samuel Abrabalia and Don Solomon ha-Levi and Pope Martin (Hebrew text has ; see Grätz, l.c. viii. 128, note), (a) concerning the fierce words of Simon b. Yoḥai, « The best of the heathen deserves killing » (: Mek., Beshallaḥ, i.; Yer. Ḳid. iv. 66c; Massek., Soferim, xv. 9; see Müller’s ed., note): (b) on Jer. 1. 12 (Hebr.), « The end of the heathen is shame and desolation »; (c) on Simon b. Yoḥai’s utterance, « You are called men, but the other nations are not called men » (B. M. 114b; Yeb. 61a; compare Lazarus, « Ethics of Judaism, » i. 264, Philadelphia, 1900). (4) Between Don Pedro IV. of Aragon (1336-1387) and his physician, who, when asked why the Jews were not allowed to drink the wine touched by a Christian, had water brought to wash the king’sfeet, of which he then drank to show that the fear of impurity was not the reason of the prohibition (Grätz, l.c. i. 12). (5) Between Don Abraham Benveniste, Don Joseph ha-Nasi (ben Abrham ibn Benveniste) and R. Samuel ibn Shoshan of Ecija, and Don Alfonso XI. on the social conduct of the Jews, their usury and avarice, their musical accomplishments, their luxury, the Jewish sages ascribing Jewish usury to Christian legislation; as regards the dishonest means by which the Jews were said to have obtained wealth, they remarked, « We Jews are treated like the mice: one mouse eats the cheese, and people say, ‘The mice have done it.’ For the wrong-doing of one the whole race is made responsible » (ib. viii. 25-27). (6) Between a Christian and a Jew, before Don Alfonso (V. ?) of Portugal, on the Messianic passages in Ps. xxii., and on the hyperbolical haggadic passages in the Talmud.  The remarkable disputation of Ephraim ben (Don) Sango (Sancho ? more probably identical with the famous poet Don Santo de Carrion; see « Orient, Lit. » 1851, xii., though disputed by Kayserling, « Sephardim, » p. 328, note) with Don Pedro IV. on the question, Which religion is the better, the Jewish or the Christian? the Jewish sage answering with the parable of the two precious jewels and the two sons, obviously the original of the parable of the three rings, taken from Boccaccio by Lessing for his « Nathan the Wise » (see Wünsche, in Lessing-Mendelssohn’s « Gedenkbuch, »1879, pp. 329 et seq.). The story of a disputation on the question, Which is the best religion? is, however, very old. One is said to have taken place about 740, before Bulan, the king of the Chazars, who, uncertain whether to exchange his heathen religion, which he had come to abhor, for Mohammedanism or Christianity, summoned representatives of these two creeds, as well as of Judaism, for a disputation. None could convince him of the superiority of his faith, and Bulan resolved to espouse the Jewish, since both Christian and Mohammedan referred to it as the basis of their own, and each recognized it as superior to the others (See Chazars). Upon this story the religious disputations in Judah ha-Levi’s « Cuzari » are based. The story of a disputation occurs in Russian legends regarding Vladimir’s conversion, but with a different result (see Karamsin, « History of Russia, » bk. i., ch. vii.).

In Italy, Germany, and Poland.

In order to have a great spectacle to excite the passions of the ignorant masses, John Capistrano, the Franciscan Jew-baiter, arranged in 1450 a disputation at Rome with a certain Gamaliel called « Synagogæ Romanæ magister, » but otherwise very little known (see Vogelstein and Rieger, « Gesch. der Juden in Rom, » 1895, ii. 14). Disputations of a friendly character were held at the court of Ercole d’Este I. at Ferrara by Abraham Farissol with two learned monks, the one a Dominican, the other a Franciscan, the matter of which is produced in Farissol’s « Magen Abraham » and « Wikkuaḥ ha-Dat » (see Grätz, l.c. ix. 45). In Germany it was the Jewish apostate Victor of Carben who, under the direction of Herrman, the Archbishop of Cologne, and in the presence of many courtiers, ecclesiastics, and knights, held a disputation with some Jews of the Rhine provinces about 1500, accusing them of blasphemy against the Christian religion; the consequence of this disputation was that the Jews were expelled from the lower Rhine district (ib. lx. 70).

An Eighteenth Century Disputation.

Quite different in tone and character were the disputations held by the Jews, both Rabbinites and Karaites, with Christians of various denominations in Poland at the close of the sixteenth century. Here the Jews, untrammeled by clerical or state despotism, freely criticized the various religious sects, and it was considered a difficult task for a Christian to convert a Jew (ib. ix. 456; see Isaac b. Abraham Troki). Occasionally disputations for conversionist purposes were arranged at German courts. One is reported to have taken place at the ducal court of Hanover, about 1700, in the presence of the duke, the dowager-duchess, the princes, clergy, and all the distinguished personages of the city, between Rabbi Joseph of Stadthagen and Eliezer Edzard, who had had been the instigator of the disputation. It ended in the complete victory of the rabbi, who not only refuted all the arguments of his antagonist from Scripture and the Midrash, but under the full approval of the court declined to answer under oath the question as to which religion was the best. He said: « We condemn no creed based upon the belief in the Creator of heaven and earth. We believe what we have been taught; let the Christians adhere to what they have been taught » (Bloch in « Oesterreichische Wochenschrift, » 1902, p. 785).

Regarding the disputations between the rabbis and the Frankists before Bishop Dembowski at Kamenetz in 1757, and before the canon Nikulski at Lemberg in 1759, see Frank, Jacob. For others, see Steinschneider in « Monatsschrift, » 1883, pp. 80 et seq., and his « Uebersetzungen, » pp. 305, 461.

Bibliography:

Isidore Loeb. La Controverse Réligieuse Entre les Chrêtiens et les Juifs au Moyen Age, Paris, 1888;

I. Ziegler, Religiöse Disputationen im Mittelalter, Frankfort-on-the-Main, 1894, reproduced in Hamburger, R. B. T. Supplement, v. 1900, s.v. Disputationen.

Voir de plus:

The History of Christmas

Lawrence Kelemen

Simple to remember

I. When was Jesus born?

A. Popular myth puts his birth on December 25th in the year 1 C.E.

B. The New Testament gives no date or year for Jesus’ birth. The earliest gospel – St. Mark’s, written about 65 CE – begins with the baptism of an adult Jesus. This suggests that the earliest Christians lacked interest in or knowledge of Jesus’ birthdate.

C. The year of Jesus birth was determined by Dionysius Exiguus, a Scythian monk, “abbot of a Roman monastery. His calculation went as follows:

a. In the Roman, pre-Christian era, years were counted from ab urbe condita (“the founding of the City” [Rome]). Thus 1 AUC signifies the year Rome was founded, 5 AUC signifies the 5th year of Rome’s reign, etc.

b. Dionysius received a tradition that the Roman emperor Augustus reigned 43 years, and was followed by the emperor Tiberius.

c. Luke 3:1,23 indicates that when Jesus turned 30 years old, it was the 15th year of Tiberius reign.

d. If Jesus was 30 years old in Tiberius’ reign, then he lived 15 years under Augustus (placing Jesus birth in Augustus’ 28th year of reign).

e. Augustus took power in 727 AUC. Therefore, Dionysius put Jesus birth in 754 AUC.

f. However, Luke 1:5 places Jesus’ birth in the days of Herod, and Herod died in 750 AUC – four years before the year in which Dionysius places Jesus birth.

D. Joseph A. Fitzmyer – Professor Emeritus of Biblical Studies at the Catholic University of America, member of the Pontifical Biblical Commission, and former president of the Catholic Biblical Association – writing in the Catholic Church’s official commentary on the New Testament[1], writes about the date of Jesus’ birth, “Though the year [of Jesus birth is not reckoned with certainty, the birth did not occur in AD 1. The Christian era, supposed to have its starting point in the year of Jesus birth, is based on a miscalculation introduced ca. 533 by Dionysius Exiguus.”

E. The DePascha Computus, an anonymous document believed to have been written in North Africa around 243 CE, placed Jesus birth on March 28. Clement, a bishop of Alexandria (d. ca. 215 CE), thought Jesus was born on November 18. Based on historical records, Fitzmyer guesses that Jesus birth occurred on September 11, 3 BCE.

II. How Did Christmas Come to Be Celebrated on December 25?

A. Roman pagans first introduced the holiday of Saturnalia, a week long period of lawlessness celebrated between December 17-25. During this period, Roman courts were closed, and Roman law dictated that no one could be punished for damaging property or injuring people during the weeklong celebration. The festival began when Roman authorities chose “an enemy of the Roman people” to represent the “Lord of Misrule.” Each Roman community selected a victim whom they forced to indulge in food and other physical pleasures throughout the week. At the festival’s conclusion, December 25th, Roman authorities believed they were destroying the forces of darkness by brutally murdering this innocent man or woman.

B. The ancient Greek writer poet and historian Lucian (in his dialogue entitled Saturnalia) describes the festival’s observance in his time. In addition to human sacrifice, he mentions these customs: widespread intoxication; going from house to house while singing naked; rape and other sexual license; and consuming human-shaped biscuits (still produced in some English and most German bakeries during the Christmas season).

C. In the 4th century CE, Christianity imported the Saturnalia festival hoping to take the pagan masses in with it. Christian leaders succeeded in converting to Christianity large numbers of pagans by promising them that they could continue to celebrate the Saturnalia as Christians.[2]

D. The problem was that there was nothing intrinsically Christian about Saturnalia. To remedy this, these Christian leaders named Saturnalia’s concluding day, December 25th, to be Jesus’ birthday.

E. Christians had little success, however, refining the practices of Saturnalia. As Stephen Nissenbaum, professor history at the University of Massachussetts, Amherst, writes, “In return for ensuring massive observance of the anniversary of the Savior’s birth by assigning it to this resonant date, the Church for its part tacitly agreed to allow the holiday to be celebrated more or less the way it had always been.” The earliest Christmas holidays were celebrated by drinking, sexual indulgence, singing naked in the streets (a precursor of modern caroling), etc.

F. The Reverend Increase Mather of Boston observed in 1687 that “the early Christians who first observed the Nativity on December 25 did not do so thinking that Christ was born in that Month, but because the Heathens’ Saturnalia was at that time kept in Rome, and they were willing to have those Pagan Holidays metamorphosed into Christian ones.”[3] Because of its known pagan origin, Christmas was banned by the Puritans and its observance was illegal in Massachusetts between 1659 and 1681.[4] However, Christmas was and still is celebrated by most Christians.

G. Some of the most depraved customs of the Saturnalia carnival were intentionally revived by the Catholic Church in 1466 when Pope Paul II, for the amusement of his Roman citizens, forced Jews to race naked through the streets of the city. An eyewitness account reports, “Before they were to run, the Jews were richly fed, so as to make the race more difficult for them and at the same time more amusing for spectators. They ran… amid Rome’s taunting shrieks and peals of laughter, while the Holy Father stood upon a richly ornamented balcony and laughed heartily.”[5]

H. As part of the Saturnalia carnival throughout the 18th and 19th centuries CE, rabbis of the ghetto in Rome were forced to wear clownish outfits and march through the city streets to the jeers of the crowd, pelted by a variety of missiles. When the Jewish community of Rome sent a petition in1836 to Pope Gregory XVI begging him to stop the annual Saturnalia abuse of the Jewish community, he responded, “It is not opportune to make any innovation.”[6] On December 25, 1881, Christian leaders whipped the Polish masses into Antisemitic frenzies that led to riots across the country. In Warsaw 12 Jews were brutally murdered, huge numbers maimed, and many Jewish women were raped. Two million rubles worth of property was destroyed.

III. The Origins of Christmas Customs

A. The Origin of Christmas Tree

Just as early Christians recruited Roman pagans by associating Christmas with the Saturnalia, so too worshippers of the Asheira cult and its offshoots were recruited by the Church sanctioning “Christmas Trees”.[7] Pagans had long worshipped trees in the forest, or brought them into their homes and decorated them, and this observance was adopted and painted with a Christian veneer by the Church.

B. The Origin of Mistletoe

Norse mythology recounts how the god Balder was killed using a mistletoe arrow by his rival god Hoder while fighting for the female Nanna. Druid rituals use mistletoe to poison their human sacrificial victim.[8] The Christian custom of “kissing under the mistletoe” is a later synthesis of the sexual license of Saturnalia with the Druidic sacrificial cult.[9]

C. The Origin of Christmas Presents

In pre-Christian Rome, the emperors compelled their most despised citizens to bring offerings and gifts during the Saturnalia (in December) and Kalends (in January). Later, this ritual expanded to include gift-giving among the general populace. The Catholic Church gave this custom a Christian flavor by re-rooting it in the supposed gift-giving of Saint Nicholas (see below).[10]

D. The Origin of Santa Claus

a. Nicholas was born in Parara, Turkey in 270 CE and later became Bishop of Myra. He died in 345 CE on December 6th. He was only named a saint in the 19th century.

b. Nicholas was among the most senior bishops who convened the Council of Nicaea in 325 CE and created the New Testament. The text they produced portrayed Jews as “the children of the devil”[11] who sentenced Jesus to death.

c. In 1087, a group of sailors who idolized Nicholas moved his bones from Turkey to a sanctuary in Bari, Italy. There Nicholas supplanted a female boon-giving deity called The Grandmother, or Pasqua Epiphania, who used to fill the children’s stockings with her gifts. The Grandmother was ousted from her shrine at Bari, which became the center of the Nicholas cult. Members of this group gave each other gifts during a pageant they conducted annually on the anniversary of Nicholas’ death, December 6.

d. The Nicholas cult spread north until it was adopted by German and Celtic pagans. These groups worshipped a pantheon led by Woden –their chief god and the father of Thor, Balder, and Tiw. Woden had a long, white beard and rode a horse through the heavens one evening each Autumn. When Nicholas merged with Woden, he shed his Mediterranean appearance, grew a beard, mounted a flying horse, rescheduled his flight for December, and donned heavy winter clothing.

e. In a bid for pagan adherents in Northern Europe, the Catholic Church adopted the Nicholas cult and taught that he did (and they should) distribute gifts on December 25th instead of December 6th.

f. In 1809, the novelist Washington Irving (most famous his The Legend of Sleepy Hollow and Rip Van Winkle) wrote a satire of Dutch culture entitled Knickerbocker History. The satire refers several times to the white bearded, flying-horse riding Saint Nicholas using his Dutch name, Santa Claus.

g. Dr. Clement Moore, a professor at Union Seminary, read Knickerbocker History, and in 1822 he published a poem based on the character Santa Claus: “Twas the night before Christmas, when all through the house, not a creature was stirring, not even a mouse. The stockings were hung by the chimney with care, in the hope that Saint Nicholas soon would be there…” Moore innovated by portraying a Santa with eight reindeer who descended through chimneys.

h. The Bavarian illustrator Thomas Nast almost completed the modern picture of Santa Claus. From 1862 through 1886, based on Moore’s poem, Nast drew more than 2,200 cartoon images of Santa for Harper’s Weekly. Before Nast, Saint Nicholas had been pictured as everything from a stern looking bishop to a gnome-like figure in a frock. Nast also gave Santa a home at the North Pole, his workshop filled with elves, and his list of the good and bad children of the world. All Santa was missing was his red outfit.

i. In 1931, the Coca Cola Corporation contracted the Swedish commercial artist Haddon Sundblom to create a coke-drinking Santa. Sundblom modeled his Santa on his friend Lou Prentice, chosen for his cheerful, chubby face. The corporation insisted that Santa’s fur-trimmed suit be bright, Coca Cola red. And Santa was born – a blend of Christian crusader, pagan god, and commercial idol.

IV. The Christmas Challenge

· Christmas has always been a holiday celebrated carelessly. For millennia, pagans, Christians, and even Jews have been swept away in the season’s festivities, and very few people ever pause to consider the celebration’s intrinsic meaning, history, or origins.

· Christmas celebrates the birth of the Christian god who came to rescue mankind from the “curse of the Torah.” It is a 24-hour declaration that Judaism is no longer valid.

· Christmas is a lie. There is no Christian church with a tradition that Jesus was really born on December 25th.

· December 25 is a day on which Jews have been shamed, tortured, and murdered.

· Many of the most popular Christmas customs – including Christmas trees, mistletoe, Christmas presents, and Santa Claus – are modern incarnations of the most depraved pagan rituals ever practiced on earth.

Many who are excitedly preparing for their Christmas celebrations would prefer not knowing about the holiday’s real significance. If they do know the history, they often object that their celebration has nothing to do with the holiday’s monstrous history and meaning. “We are just having fun.”

Imagine that between 1933-45, the Nazi regime celebrated Adolf Hitler’s birthday – April 20 – as a holiday. Imagine that they named the day, “Hitlerday,” and observed the day with feasting, drunkenness, gift-giving, and various pagan practices. Imagine that on that day, Jews were historically subject to perverse tortures and abuse, and that this continued for centuries.

Now, imagine that your great-great-great-grandchildren were about to celebrate Hitlerday. April 20th arrived. They had long forgotten about Auschwitz and Bergen Belsen. They had never heard of gas chambers or death marches. They had purchased champagne and caviar, and were about to begin the party, when someone reminded them of the day’s real history and their ancestors’ agony. Imagine that they initially objected, “We aren’t celebrating the Holocaust; we’re just having a little Hitlerday party.” If you could travel forward in time and meet them; if you could say a few words to them, what would you advise them to do on Hitlerday?

On December 25, 1941, Julius Streicher, one of the most vicious of Hitler’s assistants, celebrated Christmas by penning the following editorial in his rabidly Antisemitic newspaper, Der Stuermer:

If one really wants to put an end to the continued prospering of this curse from heaven that is the Jewish blood, there is only one way to do it: to eradicate this people, this Satan’s son, root and branch.

It was an appropriate thought for the day. This Christmas, how will we celebrate?

Voir aussi:

Edelstein: Christmas Trees Bring Back ‘Bad Memories’ for Jews

The reason he did not sanction one in front of the Knesset had nothing to do with Christians, but with Jews, says MK Yuli Edelstein.

David Lev

12/26/2013

Israel has nothing against Christmas or Christmas trees, Knesset Speaker Yuli Edelstein said Thursday. The reason he did not sanction one in front of the Knesset had nothing to do with Christians – but with Jews.

Last week, MK Hana Sweid (Hadash), born to a Christian Arab family, formally requested that a Christmas tree be set up in the Knesset as a symbol of Israel’s consideration for its Christian citizens, and the country’s appreciation of its ties to the Christian world. In a letter to Edelstein, Sweid said that the installation of a tree would show that the Knesset would not tolerate so-called “price tag” attacks, in which Jewish nationalists are accused of marring mosques and other non-Jewish institutions and symbols after Israelis undergo terror attacks.

Sweid added that “many Jews put up Christmas trees as well,” apparently referring to the Russian custom of putting up a New Year’s tree. The tree is similar to the traditional Christmas tree put up in many Western countries in appearance, but is not linked to the Christian holiday.

In a letter to Sweid, Edelstein said that he would not put up an “official” Christmas tree in the Knesset, but that the MK was invited to set one up in her office.

Speaking to Israel Radio Thursday, Edelstein explained that he valued Israel’s Christian citizens and did not mean to offend anyone. However, he said, the Christmas tree, like other Christian symbols, brought back bad memories for Jews, and as the Jewish state, Israel needed to ensure that its Jewish citizens were not subject to displays that would hurt their emotions.

“These symbols remind many Jews of how their ancestors were persecuted in Europe by Christians,” Edelstein said. “There are many other ways for the state to pay tribute to its Christian citizens.”

Among other official recognitions of the Christian holiday, Israeli law mandates that Christian employees of government offices receive the day off with pay. The National Insurance Institute also advanced the date it distributed this month’s child allowance and welfare payments to precede Christmas, to ensure that Christian Arabs had enough money to celebrate properly.

Voir également:

Triste Noël : le bilan 2013 des persécutions des chrétiens dans le monde

Contrairement aux idées reçues, le christianisme est la religion la plus violentée. 2013 aura été marquée par un regain de violences à leur encontre, principalement en Afrique et au Moyen-Orient. En cause : la montée en puissance, dans ces territoires, des mouvements islamistes qui souhaitent faire avancer les frontières de l’islam.

Atlantico

25 décembre 2013

Atlantico : Le soir de Noël, alors que les Européens vivent la commémoration de la naissance du Christ comme une fête joyeuse, des chrétiens sont victimes de persécutions dans le reste du monde. Quel est le bilan de ces exactions cette année ?

Alexandre Del Valle : Il est très difficile de répondre de manière précise à cette question étant donné que les chiffres diffèrent selon les sources, suivant qu’il s’agit de l’épiscopat ou du Conseil de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), par exemple. Sur 2,3 milliards de chrétiens dans le monde aujourd’hui, il y a au minimum plus d’une dizaine de milliers d’entre eux qui ont été tués parce qu’ils ont manifesté leur foi. Plus largement, on estime environ à 100 000 le nombre de chrétiens tués, parce qu’ils appartenaient à un groupe assimilé chrétien, c’est-à-dire parce qu’ils sont nés chrétiens, indépendamment même de leur foi et de tout prosélytisme. C’est le chiffre le plus bas. Le Conseil de l’OSCE évoque le chiffre de 105 000 chrétiens et l’épiscopat va jusqu’à 170 000.

Où ces massacres de chrétiens se déroulent-ils majoritairement ?

Ces massacres de chrétiens ont majoritairement eu lieu en Corée du Nord, en Arabie Saoudite,en Égypte, au Nigeria, en Centrafrique, au Soudan, en Irak et en Syrie. Si en Irak le phénomène n’est pas nouveau et qu’en Égypte les chiffres restent constants, en 2013, on a observé une montée des persécutions envers les chrétiens syriens alors que jadis ils étaient protégés par le régime. En outre, la Centrafrique a connu une montée flagrante des massacres chrétiens cette année.

Le phénomène est-il en progression depuis les révolutions arabes ?

Depuis qu’Al Qaeda a récupéré un certain nombre de rébellions là où les révolutions arabes n’ont pas pu se mener de manière démocratique, à l’instar de la Syrie et du Yémen, on a vu une accélération des persécutions. De même, elles se sont amplifiées en Irak, en Libye et même au Maghreb. Dans les pays arabes, les islamistes ont élaboré un plan d’éradication des chrétiens depuis les années 1990-2000. Ce plan d’éradication s’est consolidé avec les révolutions arabes.

L’intervention française en Centrafrique et au Mali sont-elles une réponse à ce « plan d’éradication » ?

En ce qui concerne les pays africains, on assiste depuis une dizaine d’années au « syndrome soudanais » en Côte d’Ivoire, en Erythrée, dans les pays sahéliens : ces pays sont divisés entre des musulmans et des chrétiens selon une fracture Nord/Sud. Depuis une dizaine d’années, et surtout depuis quatre/cinq ans, les mouvements comme AQMI, Ansar al-Islam, Boko Haram ou celui des Shebabs participent de cette division de la Somalie jusqu’aux portes du Maroc et de la Mauritanie. Au Sahel, il y a toute une bande où le Nord musulman, souvent un peu plus proche des Arabes ou qui est arabe, veut progresser vers le Sud noir-chrétien, ancienne réserve d’esclaves en général; c’est le cas au Mali, en Côte d’Ivoire, au Soudan.

L’offensive centrafricaine en est le résultat : des bandes armées islamiques progressent vers le Sud qui est pour eux un véritable champ de conquête et de razzia. Là aussi il y a un plan qui vise à exterminer les minorités chrétiennes. Et pourtant, la Centrafrique est un pays majoritairement chrétien, mais aujourd’hui les islamistes ont mis en place une christianophobie criminelle. Dans le nord du Nigéria, ceci est très flagrant.

Le but de ces mouvements islamistes, aussi bien dans le monde arabe qu’en Afrique, est de faire reculer les frontières de la chrétienté et de faire avancer celles de l’islam. Ils ont une véritable stratégie. Aujourd’hui les chrétiens sont des bouc-émissaires symbolisant la haine de l’Occident : c’est la nouvelle christianophobie.

Voir encore:

The Brits have it right: forget Happy Holidays, just wish people Merry Christmas

I’d rather be able to wish people in the US a Merry Christmas this week without having to worry if they’ll be offended

Heather Long

The Guardian

22 December 2013

A colleague made a curious statement when she returned to New York recently from London, « Everything was so Christmas-y there. »

At first glance, it’s a bizarre statement. New York and London (among other cities in both countries) are decked out for the holidays. Who hasn’t heard of the Rockefeller Center Christmas tree or London’s Oxford Street lights and mince pies? And that’s to say nothing of the famous storefront windows all aglow.

But look beyond the seasonal window treatments at Macy’s and you’ll quickly find a different story. In corporate America, everything is « happy holidays ». Ads refer to « holiday shopping », end-of-year office soirees are « holiday parties » and kids’ school concerts this time of year are « holiday concerts ». You get the idea.

Even at the Guardian, when we put up our Christmas tree in the New York office, the first thing one of our interns said was, « Where’s the menorah? »

It’s the « politically correct » question. Evergreens and menorahs go hand in hand in most public places in the US. Some offices have gone a step further on the PC scale and simply done « winter wonderland » themed decorations. They have silver, gold and white lights aplenty, but no red and green anything. In short, snow globes are fine, Santa is not.

An annual survey that came out last week revealed just how conflicted Americans are on whether it’s better to say « Merry Christmas » or « Happy Holidays » this time of year. Half of America prefers one term and half the other. However, in a business or public setting, nearly two-thirds of those under 30 feel it’s better to wish someone the more generic Happy Holidays. It’s about trying to be polite in an increasingly diverse society.

I see the trend just by looking at the greeting cards I’ve received this year in the mail and how people are signing off their emails. The majority wish me something along the lines of: happy holidays, peace, warm wishes for the New Year, and my least favorite, « seasons greetings ». The cards have nice images of mittens, ice skates and snow covered landscapes (not to mention photos of cute kids), but not much overtly Christmas-y. They offer me everything jolly and merry this time of year, except a Merry Christmas.

I’m not to saying that Christmas isn’t prominently visible in the states. There are still plenty of Santas and pine trees for sale here, and a drive around the neighborhood, especially in parts of America outside of the major cities, and you’ll see people go all out with the Christmas lights and decorations outside their homes (there’s even a TV show about it). But even people who are clearly celebrating Christmas in their homes tend to be conflicted about what to say in the workplace or at school. No one wants to offend anyone or make assumptions about people’s religious beliefs, especially at work.

In America, the term « Christmas » still has a strongly religious connotation to it (despite what years of Santa and the « buy buy buy » mentality have done to the spirit of holiday). That’s only further reinforced by claims on Fox News and other conservative outlets that there is a « war on Christmas » and, by extension, a war on the Christian faith. Now wishing people a « Merry Christmas » almost has a political tone to it.

What’s striking to anyone who has spent time in the UK is that everyone says Merry (or Happy) Christmas. I’ve even had Muslim friends in the UK send me cards and write Merry Christmas on my Facebook wall. The saying in Britain seems to have lost its religious meaning. People say it regardless of whether or not they celebrate Christmas, and businesses feel no remorse whatsoever at openly calling things « Christmas sales » or « Christmas parties ».

Of course, I am making broad generalizations. As a British friend reminded me, the UK has been celebrating Saturnalia long before Christmas, and plenty of places such as Birmingham have generic Winterval celebrations. Christmas isn’t ubiquitous.

But by and large, in two diverse societies with similar roots, Americans have opted to try to find neutral sounding holiday greetings, while Brits have chosen to make Christmas as open to everyone as possible.

Personally, I think the Brits have this one right. I’d rather be able to wish people a Merry Christmas this week without having to worry if they’ll be offended. I’d also rather have people wish me Happy Hanukkah, Happy Diwali or Eid Mubarak when those holidays come around. It makes me feel more a part of their celebration. Let’s call each holiday what it is instead of trying to lump Jewish, Christian and even the Kwanzaa ritual together. If we need a generic holiday, we’ve already got the New Year, which touches all people and cultures.

Telling someone to « enjoy your holiday » or worse, sending them « seasons greetings » are cop-outs. Instead of feeling more diverse and inclusive, it just feels like someone took a bit of sparkle out of the December festivities.

Voir enfin:

3. The Roman Saturnalia

James Frazer (The Golden Bough)

We have seen that many peoples have been used to observe an annual period of license, when the customary restraints of law and morality are thrown aside, when the whole population give themselves up to extravagant mirth and jollity, and when the darker passions find a vent which would never be allowed them in the more staid and sober course of ordinary life. Such outbursts of the pent-up forces of human nature, too often degenerating into wild orgies of lust and crime, occur most commonly at the end of the year, and are frequently associated, as I have had occasion to point out, with one or other of the agricultural seasons, especially with the time of sowing or of harvest. Now, of all these periods of license the one which is best known and which in modern language has given its name to the rest, is the Saturnalia. This famous festival fell in December, the last month of the Roman year, and was popularly supposed to commemorate the merry reign of Saturn, the god of sowing and of husbandry, who lived on earth long ago as a righteous and beneficent king of Italy, drew the rude and scattered dwellers on the mountains together, taught them to till the ground, gave them laws, and ruled in peace. His reign was the fabled Golden Age: the earth brought forth abundantly: no sound of war or discord troubled the happy world: no baleful love of lucre worked like poison in the blood of the industrious and contented peasantry. Slavery and private property were alike unknown: all men had all things in common. At last the good god, the kindly king, vanished suddenly; but his memory was cherished to distant ages, shrines were reared in his honour, and many hills and high places in Italy bore his name. Yet the bright tradition of his reign was crossed by a dark shadow: his altars are said to have been stained with the blood of human victims, for whom a more merciful age afterwards substituted effigies. Of this gloomy side of the god’s religion there is little or no trace in the descriptions which ancient writers have left us of the Saturnalia. Feasting and revelry and all the mad pursuit of pleasure are the features that seem to have especially marked this carnival of antiquity, as it went on for seven days in the streets and public squares and houses of ancient Rome from the seventeenth to the twenty-third of December.

But no feature of the festival is more remarkable, nothing in it seems to have struck the ancients themselves more than the license granted to slaves at this time. The distinction between the free and the servile classes was temporarily abolished. The slave might rail at his master, intoxicate himself like his betters, sit down at table with them, and not even a word of reproof would be administered to him for conduct which at any other season might have been punished with stripes, imprisonment, or death. Nay, more, masters actually changed places with their slaves and waited on them at table; and not till the serf had done eating and drinking was the board cleared and dinner set for his master. So far was this inversion of ranks carried, that each household became for a time a mimic republic in which the high offices of state were discharged by the slaves, who gave their orders and laid down the law as if they were indeed invested with all the dignity of the consulship, the praetorship, and the bench. Like the pale reflection of power thus accorded to bondsmen at the Saturnalia was the mock kingship for which freemen cast lots at the same season. The person on whom the lot fell enjoyed the title of king, and issued commands of a playful and ludicrous nature to his temporary subjects. One of them he might order to mix the wine, another to drink, another to sing, another to dance, another to speak in his own dispraise, another to carry a flute-girl on his back round the house.

Now, when we remember that the liberty allowed to slaves at this festive season was supposed to be an imitation of the state of society in Saturn’s time, and that in general the Saturnalia passed for nothing more or less than a temporary revival or restoration of the reign of that merry monarch, we are tempted to surmise that the mock king who presided over the revels may have originally represented Saturn himself. The conjecture is strongly confirmed, if not established, by a very curious and interesting account of the way in which the Saturnalia was celebrated by the Roman soldiers stationed on the Danube in the reign of Maximian and Diocletian. The account is preserved in a narrative of the martyrdom of St. Dasius, which was unearthed from a Greek manuscript in the Paris library, and published by Professor Franz Cumont of Ghent. Two briefer descriptions of the event and of the custom are contained in manuscripts at Milan and Berlin; one of them had already seen the light in an obscure volume printed at Urbino in 1727, but its importance for the history of the Roman religion, both ancient and modern, appears to have been overlooked until Professor Cumont drew the attention of scholars to all three narratives by publishing them together some years ago. According to these narratives, which have all the appearance of being authentic, and of which the longest is probably based on official documents, the Roman soldiers at Durostorum in Lower Moesia celebrated the Saturnalia year by year in the following manner. Thirty days before the festival they chose by lot from amongst themselves a young and handsome man, who was then clothed in royal attire to resemble Saturn. Thus arrayed and attended by a multitude of soldiers he went about in public with full license to indulge his passions and to taste of every pleasure, however base and shameful. But if his reign was merry, it was short and ended tragically; for when the thirty days were up and the festival of Saturn had come, he cut his own throat on the altar of the god whom he personated. In the year A.D. 303 the lot fell upon the Christian soldier Dasius, but he refused to play the part of the heathen god and soil his last days by debauchery. The threats and arguments of his commanding officer Bassus failed to shake his constancy, and accordingly he was beheaded, as the Christian martyrologist records with minute accuracy, at Durostorum by the soldier John on Friday the twentieth day of November, being the twenty-fourth day of the moon, at the fourth hour.

Since this narrative was published by Professor Cumont, its historical character, which had been doubted or denied, has received strong confirmation from an interesting discovery. In the crypt of the cathedral which crowns the promontory of Ancona there is preserved, among other remarkable antiquities, a white marble sarcophagus bearing a Greek inscription, in characters of the age of Justinian, to the following effect: “Here lies the holy martyr Dasius, brought from Durostorum.” The sarcophagus was transferred to the crypt of the cathedral in 1848 from the church of San Pellegrino, under the high altar of which, as we learn from a Latin inscription let into the masonry, the martyr’s bones still repose with those of two other saints. How long the sarcophagus was deposited in the church of San Pellegrino, we do not know; but it is recorded to have been there in the year 1650. We may suppose that the saint’s relics were transferred for safety to Ancona at some time in the troubled centuries which followed his martyrdom, when Moesia was occupied and ravaged by successive hordes of barbarian invaders. At all events it appears certain from the independent and mutually confirmatory evidence of the martyrology and the monuments that Dasius was no mythical saint, but a real man, who suffered death for his faith at Durostorum in one of the early centuries of the Christian era. Finding the narrative of the nameless martyrologist thus established as to the principal fact recorded, namely, the martyrdom of St. Dasius, we may reasonably accept his testimony as to the manner and cause of the martyrdom, all the more because his narrative is precise, circumstantial, and entirely free from the miraculous element. Accordingly I conclude that the account which he gives of the celebration of the Saturnalia among the Roman soldiers is trustworthy.

This account sets in a new and lurid light the office of the King of the Saturnalia, the ancient Lord of Misrule, who presided over the winter revels at Rome in the time of Horace and Tacitus. It seems to prove that his business had not always been that of a mere harlequin or merry-andrew whose only care was that the revelry should run high and the fun grow fast and furious, while the fire blazed and crackled on the hearth, while the streets swarmed with festive crowds, and through the clear frosty air, far away to the north, Soracte showed his coronal of snow. When we compare this comic monarch of the gay, the civilised metropolis with his grim counterpart of the rude camp on the Danube, and when we remember the long array of similar figures, ludicrous yet tragic, who in other ages and in other lands, wearing mock crowns and wrapped in sceptred palls, have played their little pranks for a few brief hours or days, then passed before their time to a violent death, we can hardly doubt that in the King of the Saturnalia at Rome, as he is depicted by classical writers, we see only a feeble emasculated copy of that original, whose strong features have been fortunately preserved for us by the obscure author of the Martyrdom of St. Dasius. In other words, the martyrologist’s account of the Saturnalia agrees so closely with the accounts of similar rites elsewhere which could not possibly have been known to him, that the substantial accuracy of his description may be regarded as established; and further, since the custom of putting a mock king to death as a representative of a god cannot have grown out of a practice of appointing him to preside over a holiday revel, whereas the reverse may very well have happened, we are justified in assuming that in an earlier and more barbarous age it was the universal practice in ancient Italy, wherever the worship of Saturn prevailed, to choose a man who played the part and enjoyed all the traditionary privileges of Saturn for a season, and then died, whether by his own or another’s hand, whether by the knife or the fire or on the gallows-tree, in the character of the good god who gave his life for the world. In Rome itself and other great towns the growth of civilisation had probably mitigated this cruel custom long before the Augustan age, and transformed it into the innocent shape it wears in the writings of the few classical writers who bestow a passing notice on the holiday King of the Saturnalia. But in remoter districts the older and sterner practice may long have survived; and even if after the unification of Italy the barbarous usage was suppressed by the Roman government, the memory of it would be handed down by the peasants and would tend from time to time, as still happens with the lowest forms of superstition among ourselves, to lead to a recrudescence of the practice, especially among the rude soldiery on the outskirts of the empire over whom the once iron hand of Rome was beginning to relax its grasp.

The resemblance between the Saturnalia of ancient and the Carnival of modern Italy has often been remarked; but in the light of all the facts that have come before us, we may well ask whether the resemblance does not amount to identity. We have seen that in Italy, Spain, and France, that is, in the countries where the influence of Rome has been deepest and most lasting, a conspicuous feature of the Carnival is a burlesque figure personifying the festive season, which after a short career of glory and dissipation is publicly shot, burnt, or otherwise destroyed, to the feigned grief or genuine delight of the populace. If the view here suggested of the Carnival is correct, this grotesque personage is no other than a direct successor of the old King of the Saturnalia, the master of the revels, the real man who personated Saturn and, when the revels were over, suffered a real death in his assumed character. The King of the Bean on Twelfth Night and the mediaeval Bishop of Fools, Abbot of Unreason, or Lord of Misrule are figures of the same sort and may perhaps have had a similar origin. Whether that was so or not, we may conclude with a fair degree of probability that if the King of the Wood at Aricia lived and died as an incarnation of a sylvan deity, he had of old a parallel at Rome in the men who, year by year, were slain in the character of King Saturn, the god of the sown and sprouting seed.

Un commentaire pour Fête des boites/Fête de la Saint Etienne: Attention, une dispute peut en cacher une autre ! (Boxing Day/St Stephen’s Day: Why Christmas brings back bad memories for Jews)

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