WikiLeaks: Allah Akbars à l’Est, multiculturalistes à l’Ouest (The Web is terrorism’s new frontier)

Better red than dead (Rudi Dutschke,  Germany, 1980's)Plutôt rouges que morts! Rudi Dutschke (Allemagne, années 80)
Les fusées sont à l’Est, les pacifistes à l’Ouest. Mitterrand
Allah Akbar! Allah Akbar! Foules déchainées de  Tripoli
Vers Jérusalem nous nous dirigeons, martyrs par millions. Millions de manifestants place Tahrir
Un message à nos frères en Palestine: je nourris l’espoir que, tout comme Allah m’a permis de voir le triomphe de l’Egypte, Il me permettra d’assister à la conquête de la mosquée Al-Aqsa (Jerusalem) et de prêcher dans la mosquée Al-Aqsa. al-Qaradawi (téléjihadiste d’AlJazira à son retour au Caire)
Que quiquonque de l’armée libyenne peut tirer une balle sur Mouammar Kadhafi pour en débarasser la Libye, le fasse! al-Qaradawi
We are also active on Facebook and Twitter, where we publish news every day; wars today cannot be won without the Media’ – The Media is directed at the heart… If the heart is defeated, then the battle is won.  Commandant taliban
Si la radicalisation des musulmans américains constitue, comme le suggère King, une menace grave et croissante pour notre sécurité, des auditions sur le sujet doivent être tenues au Congrès pour débattre de la question. Le problème, c’est que Peter T. King n’a pas encore réussi à démontrer l’existence d’une telle menace et encore moins à prouver qu’elle a atteint un tel niveau qu’il faille maintenant soumettre cette religion à un rigoureux examen. (…) Que certains musulmans américains se soient convertis à l’islam radical et aient commis des actes terroristes est un fait indéniable. Nidal Malik Hasan, le commandant de l’armée américaine né aux Etats-Unis de parents palestiniens et auteur de la fusillade du 5 novembre 2009 sur la base militaire de Fort Hood au Texas, est souvent donné en exemple. Le FBI ferait preuve de négligence s’il n’enquêtait pas sur ces individus, et cela peut exiger, dans certains cas, d’interroger des membres du clergé islamique et des fidèles. Mais les raisons évoquées par Peter T. King pour tenir ces auditions au Congrès n’ont pas été attestées. (…) Nous craignons surtout que la Commission n’adopte une définition très large du terme « radicalisation ». Ses membres doivent se rappeler que plusieurs idées « radicales » sont protégées par le premier amendement à la Constitution américaine, qui préserve la liberté d’expression. (…) la mise en œuvre d’une enquête s’intéressant à une seule religion crée un certain malaise. Comme l’a démontré la controverse soulevée à l’été 2010 par le projet de construction à New York d’une mosquée et d’un centre communautaire musulman à proximité de Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre 2001, le sentiment anti-islamique est bien réel et largement répandu dans notre pays. Les auditions organisées par Peter T. King risquent simplement de l’exacerber.Le LA Times
There can be no underestimating the in-so-many-words aspect of these renunciations. This was multiculturalism they were talking about—the unofficial established religion of the universities, the faith whose requirements have shaped every aspect of cultural, economic and political life in Western democracies for the last 50 years. (…) In magical thinking, safety and good come to those who obey taboos, and in the multiculturalist world, there is no taboo more powerful than the one that forbids acknowledgment of realities not in keeping with the progressive vision. In the world of the politically correct—which can apparently include places where psychiatrists are taught—magical thinking reigns. Dorothy Rabinowitz
The information age means you don’t need training camps to become a terrorist; all you need is an Internet connection. The Web is terrorism’s new frontier, offering both persuasive inspiration and practical instruction. In fact, these homegrown terrorist cells come at essential zero cost to Al Qaeda.  Evan F. Kohlmann (consultant en antiterrorisme)
L’actualité ne peut faire oublier que le monde occidental est aujourd’hui en guerre. Depuis les attentats de New York et Washington, le 11 septembre 2001, deux fronts principaux se sont ouverts dans ce conflit improprement appelé par George Bush « contre le terrorisme ». Les dépêches diplomatiques révélées par WikiLeaks sont marquées par cet arrière-plan, à l’image de toute l’activité de ce site. (…) Et le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a expliqué l’apport de cette publication dans le conflit en cours.(…) Malgré les précautions prises dans l’édition des dépêches diplomatiques américaines, certaines menaces à la sécurité, particulièrement dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, peuvent être notées. Et non des moindres. Trois dépêches sont particulièrement inquiétantes, même si deux d’entre-elles ont connu un traitement anecdotique dans les médias classiques. La première, 09STATE80163, n’apporte certes rien d’étonnant, puisqu’il s’agit d’une demande de données biographiques concernant les diplomates accrédités aux Nations unies. Mais la publication du nouveau plan de recherche quinquennal de renseignement humain des Etats-Unis dans l’organisation internationale ne va pas faire que des heureux dans les pays explicitement visés, notamment l’Autriche, la Chine, le Costa Rica, la Croatie, la France, le Japon, la Libye, le Mexique, la Russie, la Turquie et le Vietnam. La seconde, 09STATE15113, est plus dérangeante. Elle pointe les intérêts stratégiques des Etats-Unis à travers le monde, essentiellement des emprises industrielles (pharmaceutiques, extractives…) et des sociétés de réseaux (électriques, télécommunications). De fait, elle offre autant de cibles à des terroristes potentiels, mais pose aussi la question de l’éventuelle pénétration du personnel de ces entreprises par les services américains. La dernière, 09STATE119085, est certainement la plus problématique car elle met en cause l’action de toute la communauté américaine en matière de manipulation de transfuges et de demandeurs d’asile. WikiLeaks a franchi une étape en publiant ces dépêches diplomatiques américaines. (…) Cette fois, WikiLeaks est entré en guerre de l’information contre les démocraties. Jusqu’à présent, celle-ci n’était une arme de la guerre asymétrique que se livrent Etats, organisations terroristes et entreprises entre elles. (…) Avec les fuites de 2010, l’ampleur de tels risques s’est amplifiée. Non seulement n’importe qui peut s’emparer de données numériques pour les transférer à WikiLeaks, mais ce site offre une tribune universelle. Il se nourrit des ressources qu’offre Internet pour éviter les entraves. (…) WikiLeaks se nourrit aussi des illusions techno-politiques de la société de l’information, notamment la garantie la liberté d’expression et de communication sur Internet. Le site, parmi d’autres, s’est associé au projet de loi d’ Icelandic Modern Media Initiative déposé au printemps 2009 devant le parlement islandais. Votée à l’unanimité en juin 2010, la loi permet que journalistes et bloggeurs du monde entier puissent être, eux-mêmes et leurs sources, protégés contre toute forme de procès et action de justice cherchant à entraver leur liberté de parole. La loi islandaise devrait donc permettre l’édition sur des sites hébergés en Islande de tout document et autorise les autorités islandaises à « ne pas observer les décisions de justice étrangères qui violeraient la protection islandaise de la liberté d’expression». Assange se nourrit encore de la subite notoriété de Wikileaks depuis l’été 2010, et son arrestation semble participer de cette stratégie médiatique pour donner au site un avantage décisif. Après être devenu une référence en matière d’enseignement du journalisme, voilà Assange transformé par Amnesty international et les Nations unies en parangon des droits de l’Homme. Le président Dmitry Medvedev n’a-t-il pas suggéré que les organisations non-gouvernementales proposent Assange pour le Prix Nobel de la Paix, alors que son ambassadeur près l’OTAN, Dmitry Rogozin, constatait l’absence de « liberté pour les médias » à l’Ouest ?… Gérald Arboit (Centre Français de Recherche sur le Renseignement)

Plutôt verts que morts? Les Allah Akbar à l’est, les multiculturalistes à  l’Ouest?
 
Cris d’Allah Akbar à Tripoli, retour triomphal au Caire du chantre de JihadTV (la même CNN qatarie qui depuis sa fondation et 2 mois de Tunis à Tripoli met le feu aux poudres à toute la région), appel au jihad contre Jerusalem d’une foule de 2 millions place Tahir, fatwa-contrat sur la tête d’un dirigeant arabe, entrée en Méditerranée de deux navires de guerre iraniens pour la première fois depuis la Révolution islamique il y a plus de 30 ans …
 
Appels au respect de la rue de la part de nos Obama et Sarkozy (jetant au vent, pour ce dernier, sa prétendue prise de conscience des méfaits du multiculturalisme de la semaine d’avant!), cris à l’islamaphobie du LA Times, rapport sur le psychanalyste jihadiste de Fort Hood ne mentionnant pas une seule fois le mot islam radical, informations sur les informateurs des alliés en Afghanistan livrées aux talibans, révélations des demandes de données biographiques des diplomates et publication du nouveau plan de recherche quinquennal de renseignement humain américain à l’ONU, sortie de la liste des intérêts stratégiques américains (et potentielles cibles terroristes mais aussi question de l’éventuelle pénétration du personnel de ces entreprises par les services américains) à travers le monde, mise en cause de l’action de toute la communauté américaine en matière de manipulation de transfuges et de demandeurs d’asile …
 
Comment ne pas repenser à ces années Reagan où, selon le mot fameux de Mitterrand, les fusées étaient à l’Est et les appels à la paix à l’Ouest?
 
Ou plus précisément, comment ne pas se réjouir de l’arrivée longtemps retardée de la liberté dans la région qui démontre de plus et de la manière la plus éclatante le mensonge de la responsabilité d’Israël  (merci qui?)?
 
Mais en même temps comment ne pas aussi trembler devant l’inévitable confirmation des avertissements des Ben Ali, Moubarak et Khadafi aujourd’hui tant honnis sur la réalité au moins à moyen terme de ce « printemps arabe »?
 
Et surtout comment ne pas s’étonner avec le récent rapport du Centre français du renseignement sur le site de fuites en ligne WikiLeaks (merci Thor)…
 
De l’incroyable naïveté et aveuglement volontaire de nos belles âmes et de leurs relais dans les médias qui à la remorque du hacker australien voudraient que nous nous désarmions nous-mêmes…
 
Au moment même où les risques sont très certainement les plus grands, au moins à moyen terme, non d’une baisse mais d’une relance de ce qui reste que nous le voulions ou non une guerre contre le Monde libre que nous représentons?

 
  NOTE DE RÉFLEXION N°8
 
QUELQUES RÉFLEXIONS AUTOUR DE L’AFFAIRE WIKILEAKS
Gérald Arboit
Centre Français de Recherche sur le Renseignement
02-01-2011
 
Julian Paul Assange est donc un criminel sexuel ! Le mandat d’arrêt suédois transmis à Interpol pourrait prêter à sourire s’il n’y avait eu un précédent similaire dans l’histoire : Al Capone a bien été arrêté pour fraude fiscale… Sérieusement, l’enchainement des événements depuis le 5 avril 2010 mérite quelques éclaircissements sur ce qu’il convient d’appeler l’affaire WikiLeaks.Au printemps dernier, le site a publié une vidéo de l’armée américaine montrant deux photographes de Reuters tués par un hélicoptère Apache lors du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Il a aussi pris par surprise le renseignement militaire américain en publiant au printemps 2010, un rapport du 28 février 2008 du National Ground Intelligence Center, organisme spécialisé dans le renseignement scientifique, technique et opérationnel. Ce rapport pointait les fuites importantes engendrées par WikiLeaks relatives à la sécurité des Etats-Unis (dépenses d’équipement, violations des droits de l’Homme à Guantanamo, bataille de Falloujah), ainsi que les moyens d’y mettre fin [1]. En outre, une enquête était diligentée en vertu de l’ Espionage Act fédéral, qui considère comme un crime de divulguer « des informations relatives à la Défense nationale » (18 USC 793(e) [2]), punit « dans certains cas » de mort (18 USC 794(a) [3]).Fin avril 2010, Bradley E. Manning, vingt-trois ans, caporal de la 2d Brigade Special Troops Battalion/2d Brigade Combat Team (Commandos)/10th Mountain Division (Light Infantry)/Contingency Operating Station Hammer , était mis sous surveillance par des agents de l’ U.S. Army Criminal Investigation Command . Le 22 mai, sur une messagerie instantanée, ce spécialiste tenait des propos confirmant sa culpabilité à un hacker, Adriàn Lamo, qui avertit les autorités [4]. Cinq jours après sa conversation numérique avec Lamo, Manning était arrêté et rétrogradé première classe. Le 29 mai, il était accusé de « transfert de données secrètes sur son ordinateur personnel et ajout de logiciel non autorisé sur un système informatique confidentiel » , le Secret Internet Protocol Router Network (SiprNet). Ce système relie plusieurs réseaux informatiques utilisés par le Department of Defense et par le State Department et sert à transmettre des données confidentielles jusqu’au niveau « Secret ». C’est pourquoi Manning est également accusé de « communication, transmission et envoi d’information traitant de Sécurité nationale à une source non autorisée » [5].La chronologie des faits reprochés s’établit entre le 19 novembre 2009, date du déploiement de la 2d Brigade Combat Team en Irak, et le 27 mai 2010, date de l’arrestation de Manning, les logiciels pour SiprNet ayant été opérationnels à compter du 3 avril. Les motivations de ce militaire du rang semblent avoir à faire avec son homosexualité autant qu’avec sa naïveté. Son mal être face à la règle Don’t ask, don’t tell (10 U.S.C. § 654 [6]), à nouveau en débat aux Etats-Unis depuis le printemps à la demande du Parti républicain, était de notoriété publique [7]. En effet, les brimades auxquelles ce militaire du rang était soumis depuis son engagement dans les forces spéciales, ajouté à l’inévitable désœuvrement des hommes sous les drapeaux, l’avaient amené à trahir son pays.

En avait-il seulement le sentiment en acceptant la commande de WikiLeaks ? Durant sa formation d’analyste du renseignement à l’ U.S. Army Intelligence Center de Fort Huachuca, dans l’Arizona, en 2008, son goût pour les nouvelles technologies l’avait amené à être réprimandé ; il avait téléchargé sur YouTube, le site de partage de vidéos en ligne, des commentaires sur son lieu de scolarité… classifié. Hormis cet écart de conduite, jugé mineur par les autorités, Manning avait donné l’impression d’être un bon soldat, puisqu’il avait été décoré de l’ Army Service Ribbon en 2008 , de la National Defense Service Medal en 2009 et de la Global War on Terrorism Service Medal , en février 2010.

Au-delà de l’affaire d’espionnage, les révélations sauvages de WikiLeaks posent différentes questions quant à la nature et à la portée des révélations. Les moyens diplomatiques d’information américains autant que les pratiques journalistiques sont ainsi concernées. Mais cette affaire appartient également à la longue guerre de l’information ouverte par le second conflit contre l’Irak, en 2003.

De la nature des révélations

Le 8 décembre 2010, soit onze jours après la première vague de révélations, WikiLeaks n’avait publié que 1 087 dépêches d’une centaine d’ambassades et de consulats américains. Aussi, plus de 99% des 251 287 documents détournés par Manning restent encore à venir. Par précaution, le Pentagone a revu ses procédures et le State Department a déconnecté SiprNet de sa base de données SipDis (pour SiprNet Distribution), archivant les télégrammes diplomatiques destinés à une distribution entre ministères et agences, en vue de mettre fin aux fuites. En comparant les chiffres annoncés par type de classification, on s’aperçoit que les choix de publications ont privilégié les documents secrets et confidentiels (93%), alors qu’ils ne composent que 47% des dépêches. Autrement dit, les plus médiatiquement attractives, sinon les plus sensibles, ont été publiées dans les premiers jours.

Ces documents s’échelonnent du 28 décembre 1966 au 28 février 2010, avec une interruption de 1990 à 2000. Mais 98% de ces dépêches ne concernent que les années 2004-2010. D’ailleurs, pour les années antérieures à 2000, aucun document n’étant classifié « top secret », il est possible de les trouver librement au National Archives and Record Administration , à Park College, à moins qu’ils n’aient déjà fait l’objet d’une publication par les National Security Archives de l’université George Washington, au titre du Freedom of Information Act (FoIA).

Néanmoins, les documents publiés par WikiLeaks offrent une vision mondiale des intérêts diplomatiques de Washington. Ou plutôt ils présentent le monde selon les centres d’intérêts américains de cette époque. Ainsi, l’Europe (32%) semble la première visée par ces fuites. Non seulement des informations des ambassades et des consulats du vieux continent figurent parmi les premiers documents publiés, mais certaines proviennent aussi des représentations américaines dans les deux organisations intergouvernementales (Alliance atlantique et Union européenne). Par ailleurs, les postes de Paris et Madrid ont été les plus visités par Manning.

Les espaces de révélation des dépêches diplomatiques américaines

A travers les recherches de Manning, c’est bien l’image d’une Amérique en guerre, dans la suite logique de l’ Afghan War Diary , mis en ligne le 25 juillet 2010, qui apparaît le plus visiblement (54%). D’abord parce que le Proche-Orient (20%) – avec Israël et l’Irak – et l’Asie (28%) – avec l’Iran, l’Afghanistan et la Chine – figurent les deux plus importantes zones de conflictualité des Etats-Unis. Ensuite parce que cette vision du monde selon sa dangerosité explique la présence de dépêches émanant des postes (6%) situés dans la zone subsaharienne et dans la corne de l’Afrique. Lorsque les 251 287 documents promis seront tous mis en ligne, cette réalité sera confirmée en faisant de l’Irak (6%) et du terrorisme (11%) les principaux sujets. Les intérêts plus classiques des Etats-Unis apparaissent également, avec des documents concernant la Russie (13 %), le Canada (1%) et le sous-continent latin (13%).

De la portée des révélations

Les révélations tirées de ces dépêches, reprises par une presse internationale en mal de sensations, restent somme toute marginales. Les documents demeurent trop partiels, sans continuité temporelle, ni relation entre une question et une autre. En outre, Julian Assange et son équipe étaient trop peu nombreux et bien incapables de produire une quelconque analyse. Aussi, le choix des données a été fait en fonction de l’actualité politique du moment (les fins des mandats d’Elisabet Fernández de Kirchner, en Argentine, et de Luiz Inácio Lula da Silva, au Brésil ; ou la gestion par René Garcia Préval du tremblement de terre en Haïti du 12 janvier 2010), le regard rétrospectif permis par SiprNet permettant de faire surgir du passé des « sources originales (…) afin que lecteurs et historiens puissent voir les preuves de la vérité » [8]. Les ambitions de WikiLeaks sembleraient le porter sur les voies des National Security Archives qui reçurent en 1999 le George Polk Award, un des plus prestigieux prix de journalisme américain ; sa citation l’enjoignait à percer « les voiles égoïstes du secret du gouvernement, guidant les journalistes dans la recherche de la vérité et nous informant tous » [9].

L’absence d’éducation de Manning, comme son engagement clairement à gauche, ne pouvaient que l’amener à croire en cette ligne de conduite suivie par son « officier traitant » Julian Assange. Le jeune caporal du renseignement militaire n’était qu’un opérateur informatique et en aucun cas un spécialiste des relations internationales ou du renseignement politique. Il était aussi influencé par les agendas des chaînes d’information continue qui déversaient leurs images jusque dans son centre d’opérations. Manning était probabablement aussi pressé par Assange, en recherche de reconnaissance médiatique depuis son partenariat avec le quotidien britannique proche des travaillistes The Guardian [10] en 2007, élargi à compter de la publication des War Logs , en juillet (Afghanistan) et en octobre (Irak) 2010, à divers médias écrits ( The New York Times , Der Spiegel , Le Monde , El Pais ) et audiovisuels ( Al Jazeera ). Certains documents mis en ligne proviennent d’ailleurs de ces journaux (7 du Spiegel et 1 du New York Times ).

L’intermédiation de ces supports, et surtout de leurs journalistes, a permis de limiter les révélations dommageables pour la sécurité américaine. Ces médias avaient médité les réactions ayant suivi la publication des documents relatifs à l’Afghanistan, où des informations sensibles pour les informateurs et les opérations en cours avaient été publiées. Cette fois, le quotidien de New York, accoutumé de ces fuites involontaires, a consulté préalablement la Maison Blanche. Dans certains cas, il a alerté ses confrères européens des considérations de sécurité des autorités américaines. Le résultat en est l’anonymisation de certaines dépêches, comme 08Moscow2632, 08Berlin1068, 09Beijing1176 ou 10Moscow266. Naturellement, pour les personnes découvertes malgré ces précautions, souvent par de simples recoupements [11], la situation pouvait ne pas être des plus plaisantes.

Ces révélations sauvages entraient également en résonnance avec la situation politique intérieure américaine. En effet, le président Obama entendait revenir sur la législation qui tendait à restreindre le Freedom of Information Act depuis la première présidence Bush. Dénoncée dès 2004 comme la pire régression de la liberté d’information depuis l’ère Nixon [12], la politique du secret n’avait cessé de se répandre au sein des administrations, les classifications touchant jusqu’au département de l’Agriculture ! Une des manifestations de cette conception du secret a été l’avènement des documents non-classifiés contrôlés. Parmi les documents de WikiLeaks accessibles le 8 décembre 2010, 4% étaient ainsi des dépêches « non classifiée/usage officiel uniquement ». Le 4 novembre, un ordre exécutif de la Maison Blanche venait de donner 180 jours aux administrations et agences fédérales pour revoir leurs procédures de classification de tels documents [13].

Il s’agit inévitablement d’une première étape. En effet, une des conséquences de l’avènement de tels procédés a été de conduire à une inflation des classifications supérieures, « confidentiel », « secret » et « top secret ». Dès juillet 2004, l’administration Bush avait du accorder des dérogations aux restrictions envers les étrangers, notamment les services britanniques et néo-zélandais, mais aussi pakistanais et israéliens. Les fuites de WikiLeaks, même si elles ne comptent pas de documents « top secret », montrent bien ces dérives. La majeure partie de dépêches classifiées ne reposent que sur des articles de presse ou des entretiens plus ou moins formels avec des personnalités étrangères !

Rappelons que les rapports dont il s’agit ne proviennent pas des services de renseignement, mais seulement du State Department . Leurs rédacteurs ne sont que des diplomates, rapportant à leur autorité supérieure leur action auprès des nations où leur pays les a accrédités. Leur mission est de mettre en perspective les informations qui y sont publiées, grâce notamment à un réseau de contacts, afin de permettre la compréhension de ce qui s’y passe. A l’heure de l’information en continu, les responsables des administrations centrales ne peuvent que déplorer la piètre qualité des données qui remonte des postes à l’étranger, contenues dans des télégrammes trop longs et insuffisamment originaux. S’ils se détachent des journaux qui les inspirent, c’est pour pénétrer les arcanes du pouvoir grâce à des informateurs anonymes et personnels. En ressortent souvent des anecdotes sur le comportement des grands de ce monde, dont les médias internationaux se sont délectés à travers les fuites de WikiLeaks. Elles peuplent aussi les ouvrages de journalistes, à l’image du récents ouvrages de Vincent Nouzille [14], qui repose sur des documents légalement, ou de Franck Renaud, dont les maladresses l’apparentent davantage au travail d’Assange [15].

Un épisode de la guerre de l’information

L’actualité ne peut faire oublier que le monde occidental est aujourd’hui en guerre. Depuis les attentats de New York et Washington, le 11 septembre 2001, deux fronts principaux se sont ouverts dans ce conflit improprement appelé par George Bush « contre le terrorisme ». Les dépêches diplomatiques révélées par WikiLeaks sont marquées par cet arrière-plan, à l’image de toute l’activité de ce site. En mettant en ligne l’ Afghan War Diary en juillet 2010, Julian Assange a dit vouloir agir dans l’esprit des Pentagon Papers de 1971. Cette référence à l’affaire d’espionnage impliquant deux chercheurs de la Rand Corporation – l’analyste Daniel Ellsberg et son collègue Anthony Russo, mais aussi le linguiste Noam Chomsky et l’historien Howard Zinn – avait permis de légitimer la divulgation de documents secrets dans la presse, The New York Times déjà, The Washington Post et The Boston Globe , au nom du Premier Amendement. Les Etats-Unis cherchaient à se sortir du bourbier vietnamien et les documents déclassifiés sauvagement par Ellsberg [16] avaient eu pour but d’édifier une opinion publique déjà mobilisée contre ce conflit. En juste retour des choses, Ellsberg a salué en octobre 2010 l’initiative de WikiLeaks.

Pourtant, cette possibilité toute américaine de s’élever contre une guerre de plus en plus impopulaire a été reprise à mauvais escient par l’Australien Assange. Il a oublié que la sphère de consensus entre élites politiques et population américaine, dans le cas de l’Afghanistan plus certainement que de l’Irak, n’était pas rompue comme quarante ans auparavant à propos du Vietnam. De plus, les documents n’étaient pas comparables. Ellsberg et Russo avaient seulement transmis à la presse un document auxquels ils avaient participé et qui n’était qu’une analyse. WikiLeaks diffuse depuis son lancement en 2006 des documents « d’intérêt politique, diplomatique, historique ou éthique » [17], dont le seul point commun est de n’être pas accessible publiquement et de provoquer suffisamment de buzz sur Internet pour être repris dans les médias classiques.

Jusqu’aux dépêches diplomatiques américaines, tel n’avait pas été le cas. Certes, WikiLeaks avait engrangé quelques succès d’estime en publiant le compte e-mail Yahoo de Sarah Palin, candidate à la présidence américaine (2008). Mais nombre de ses révélations sont passées inaperçues, comme le Minton Report , qui faisait toute la lumière sur un incident toxique en Côte d’Ivoire en 2006, que la société responsable avait obtenu de garder secret (2009). Parfois, le scandale créé par ses publications ne lui profitait pas, comme les e-mails et les programmes du Climate Research Unit de l’University of East Anglia, à l’origine de la remise en question des méthodes de travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), deux semaines avant la tenue du sommet mondial controversé de Copenhague, en novembre 2009 ; le néologisme Climategate avait même été formé par un média classique [18]. L’action de WikiLeaks n’est pourtant pas seulement anecdotique. La publication des documents prouvant la corruption de l’ex-président du Kenya, Daniel Arap Moi, en 2008, lui couta ainsi une réélection acquise. Avant de mettre en péril le sommet des Nations Unies sur le climat, la révélation des documents de travail relatifs à la rédaction de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) avait conduit à mobilisation de la « société civile » contre l’absence de transparence du processus de négociation (2008).

Dans une perception du monde proprement manichéenne, les concepteurs de WikiLeaks ont adopté une démarche indexique [19], c’est-à-dire qu’ils privilégient la recherche de l’information pour permettre une rencontre singulière entre l’informateur et le journaliste. Ils entendaient profiter pleinement de l’effet « wiki », c’est-à-dire de ces pages modifiables par les visiteurs afin de permettre l’écriture et l’illustration collaboratives des documents qu’offre Internet, tout en touchant les dividendes médiatiques. En avril 2009, l’intégralité du dossier du procès de l’affaire Marc Dutroux, condamné en 2004 pour pédophilie, était mise en ligne, ravivant une affaire vécue comme un drame national en 1999 en Belgique. Cette publication est symptomatique de la pratique et de la déontologie journalistiques de WikiLeaks. A l’origine de cette révélation se trouve Jean Nicolas, un journaliste en ligne luxembourgeois peu scrupuleux qui proposait de vendre le dossier contre 30 euros sur son site L’Investigateur depuis 2002, ce qui lui avait valu un mandat d’arrêt international pour vol à l’époque pour violation du secret de l’instruction [20]. A cette première illégalité s’ajoute l’apparition en pleine lumière de quantité d’informations personnelles (téléphones, adresses, relevés bancaires), de détails de l’enquête, de témoignages et de noms de personnes simplement entendues, sans être mises en cause.

La même méthode a été suivie pour l’ Afghan War Diary . Et le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a expliqué l’apport de cette publication dans le conflit en cours. Il a déclaré que le « service de contre-espionnage » de son organisation terroriste était en train d’étudier les documents révélés pour en extraire les noms, les tribus et tout renseignement sur les familles des informateurs afghans de l’OTAN… afin de « les punir » [21]. Depuis que les Etats-Unis se sont lancés dans la « guerre » contre le terrorisme, les spécialistes du renseignement n’ont de cesse de déplorer ces fuites qui « sont devenues une des plus grandes menaces pour la survie du renseignement » , au point d’être assimilées aux effets de l’espionnage étranger [22]. Le recours à des journalistes n’est pas une garantie suffisante de préservation de l’anonymat des sources et des informations sensibles. D’autant qu’Assange ne respecte même pas la confidentialité de ses informateurs, comme le montre le cas Manning. A moins que son inculpation ne soit qu’un leurre destiné aux médias, dans le but de cacher l’existence d’autres taupes plus importantes que ce militaire du rang ?

Malgré les précautions prises dans l’édition des dépêches diplomatiques américaines, certaines menaces à la sécurité, particulièrement dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, peuvent être notées. Et non des moindres. Trois dépêches sont particulièrement inquiétantes, même si deux d’entre-elles ont connu un traitement anecdotique dans les médias classiques.

– La première, 09STATE80163, n’apporte certes rien d’étonnant, puisqu’il s’agit d’une demande de données biographiques concernant les diplomates accrédités aux Nations unies. Mais la publication du nouveau plan de recherche quinquennal de renseignement humain des Etats-Unis dans l’organisation internationale ne va pas faire que des heureux dans les pays explicitement visés, notamment l’Autriche, la Chine, le Costa Rica, la Croatie, la France, le Japon, la Libye, le Mexique, la Russie, la Turquie et le Vietnam.

– La seconde, 09STATE15113, est plus dérangeante. Elle pointe les intérêts stratégiques des Etats-Unis à travers le monde, essentiellement des emprises industrielles (pharmaceutiques, extractives…) et des sociétés de réseaux (électriques, télécommunications). De fait, elle offre autant de cibles à des terroristes potentiels, mais pose aussi la question de l’éventuelle pénétration du personnel de ces entreprises par les services américains.

– La dernière, 09STATE119085, est certainement la plus problématique car elle met en cause l’action de toute la communauté américaine en matière de manipulation de transfuges et de demandeurs d’asile.

WikiLeaks a franchi une étape en publiant ces dépêches diplomatiques américaines. On est loin de son humour de potache qui l’amenait à mettre en ligne le fichier des adhérents du British National Party (2007 et 2009), voir même des rapports confidentiels du Congressional Research Service , le « think tank » du Congrès américain, ou du groupe de Bilderberg, ce rassemblement de personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias des Etats-Unis et d’Europe. On est loin de la dénonciation des conditions de détention à Guantanamo (2007) ou des activités illégales des banques suisse Julius Baer (2008) et islandaise Kaupthing (2009). Cette fois, WikiLeaks est entré en guerre de l’information contre les démocraties. Jusqu’à présent, celle-ci n’était une arme de la guerre asymétrique que se livrent Etats, organisations terroristes [23] et entreprises entre elles [24]. Les médias, classiques ou électroniques, ne font désormais qu’amplifier le « bruit » en direction des décideurs et des opinions publiques plus ou moins réceptives. Les logiques d’agenda et les compétences culturelles des cibles sont les seules limites connues. Des dérapages sont possibles, notamment au sein des armées, lorsque des comportements individuels mettent en péril le message global. Il n’est qu’à se souvenir des scandales liés aux photographies de militaires désœuvrés, comme à Abu Ghraib (2004) ou, plus récemment, aux clichés de la réserviste israélienne Eden Abergil (2010).

Avec les fuites de 2010, l’ampleur de tels risques s’est amplifiée. Non seulement n’importe qui peut s’emparer de données numériques pour les transférer à WikiLeaks, mais ce site offre une tribune universelle. Il se nourrit des ressources qu’offre Internet pour éviter les entraves. Ainsi, au 9 décembre 2010, le site bénéficie de 1 368 miroirs [25], en plus d’un fichier crypté d’1,4 GB qui devrait fonctionner selon le principe de la veille automatique en cas d’empêchement du site et de son porte-parole Julian Assange. Il bénéficie d’informateurs qui le préviennent en temps réel des ripostes prévues par ses adversaires potentiels [26] ; après avoir publié le rapport du National Ground Intelligence Center américain, il a mis en ligne le Joint Services Protocol 440 , un document britannique détaillant aux services de sécurité comment éviter les fuites documents sur WikiLeaks [27]. En outre, le combat et la personnalité d’Assange sont suffisamment populaires dans la blogosphère pour permettre une mobilisation de tous les geeks et de tous les hackers que comptent l’Internet. Aux premiers les reprises miroirs du site, aux seconds les attaques informatiques. Déjà l’arrestation du porte-parole de WikiLeaks a donné lieu à une opération de cyberguerre baptisée Payback , des pirates s’étant lancés à l’assaut des sites du suisse Postfinance et de l’américain Mastercard, en représailles à la fermeture des moyens de paiement de WikiLeaks. Leur offensive virtuelle a également touché les sites du parquet suédois et des avocats des deux victimes présumées de Julian Assange.

WikiLeaks se nourrit aussi des illusions techno-politiques de la société de l’information, notamment la garantie la liberté d’expression et de communication sur Internet. Le site, parmi d’autres, s’est associé au projet de loi d’ Icelandic Modern Media Initiative déposé au printemps 2009 devant le parlement islandais. Votée à l’unanimité en juin 2010, la loi permet que journalistes et bloggeurs du monde entier puissent être, eux-mêmes et leurs sources, protégés contre toute forme de procès et action de justice cherchant à entraver leur liberté de parole. La loi islandaise devrait donc permettre l’édition sur des sites hébergés en Islande de tout document et autorise les autorités islandaises à « ne pas observer les décisions de justice étrangères qui violeraient la protection islandaise de la liberté d’expression » [28].

Assange se nourrit encore de la subite notoriété de Wikileaks depuis l’été 2010, et son arrestation semble participer de cette stratégie médiatique pour donner au site un avantage décisif. Après être devenu une référence en matière d’enseignement du journalisme, voilà Assange transformé par Amnesty international et les Nations unies en parangon des droits de l’Homme. Le président Dmitry Medvedev n’a-t-il pas suggéré que les organisations non-gouvernementales proposent Assange pour le Prix Nobel de la Paix, alors que son ambassadeur près l’OTAN, Dmitry Rogozin, constatait l’absence de « liberté pour les médias » à l’Ouest [29] ?… Et dire qu’un an auparavant, le site était aux abois ! Depuis, un million de dollars a été réuni, les investissements et les salaires des permanents du site payés. De nouvelles fuites, touchant aussi bien la gestion par British Petroleum de la catastrophe naturelle du golfe du Mexique, que les vicissitudes de Bank of America, ou encore la Russie sont prévues [30].

——————————————————————————–

[1]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

http://wikileaks.org/file/us-intel-wikileaks.pdf  

http://www.law.cornell.edu/uscode/html/uscode18/usc_sec_18_00000793—-000-.html  

http://www.law.cornell.edu/uscode/html/uscode18/usc_sec_18_00000794—-000-.html  

http://blogs.forbes.com/firewall/2010/08/01/stealthy-government-contractor-monitors-u-s-internet-providers-says-it-employed-wikileaks-informant/  

www.bradleymanning.org/wp-content/uploads/2010/07/Charge-Sheet-redacted-Manning.pdf  

http://www.law.cornell.edu/uscode/10/654.html  

http://www.nytimes.com/2010/08/09/us/09manning.html  

http://wikileaks.ch/about.html  

http://www.gwu.edu/~nsarchiv/nsa/the_archive.html  

http://image.guardian.co.uk/sys-files/Guardian/documents/2007/11/15/gitmosop.pdf  

http://www.Democrats.reform.house.gov/features/secrecy_report/pdf/pdf_secrecy_report.pdf et http://www.fas.org/sgp/library/waxman.pdf  

http://www.gwu.edu/~nsarchiv/news/20101104/index.htm  

http://www.mtholyoke.edu/acad/intrel/pentagon/pent1.html  

http://wikileaks.ch/submissions.html  

http://www.droit-technologie.org/actuality-524/1300-pages-du-dossier-dutroux-sont-en-vente-sur-l-internet-pour-30-eur.html  

http://wikileaks.ch/mirrors.html  

http://immi.is/?l=en  

http://edition.cnn.com/2010/TECH/web/07/16/wikileaks.disclosures/ Glen Owen, Will Stewart, « Bank raid could have been warning against planned WikiLeaks Russian corruption expose says Alexander Lebedev ». Mail Online 14 November 2010 http://www.dailymail.co.uk/news/article-1329561/Wikileaks-Russian-corruption-expose-plan-linked-Alexander-Lebedev-bank-raid.html, « WikiLeaks ready to drop a bombshell on Russia. But will Russians get to read about it? », CSMonitor.com du 26 October 2010, http://www.csmonitor.com/World/Europe/2010/1026/WikiLeaks-ready-to-drop-a-bombshell-on-Russia.-But-will-Russians-get-to-read-about-it  

Voir aussi:

House panel set for hearings on the terrorist threat within

The Homeland Security Committee hearings will look into the radicalization of some American Muslims. The number of Americans arrested in alleged homegrown terrorism plots has grown dramatically as Al Qaeda tries a different approach.

Richard A. Serrano

The LA Times

February 9, 2011

Abdulhakim Mujahid Muhammad was born Carlos Bledsoe, played high school football and attended business school. He mowed his grandmother’s lawn. He converted to Islam at a Tennessee mosque, studied in Yemen, and while there reportedly fell in with a group of extremists.

By the time he returned to the U.S., federal law enforcement officials say, he had been dangerously radicalized. After he was accused of opening fire with a semiautomatic rifle on a Little Rock, Ark., Army recruiting station in 2009, he became part of a rising trend — one of 50 Americans arrested on terrorism charges in the last two years.

From May 2009 to last November, authorities broke up 22 alleged homegrown terrorism plots, compared with 21 during the previous eight years.

The House Homeland Security Committee opens hearings Wednesday into the terrorist threat in the U.S. In the weeks ahead, the panel will hold sessions on the radicalization of American Muslims.

For Al Qaeda, tapping into a new generation of potential terrorists already here is easier and cheaper than finding ways to get attackers into the country, though the result has not approached anything close to the death toll of the Sept. 11, 2001, attacks.

« The threat is real, the threat is different, and the threat is constant, » Atty. Gen. Eric H. Holder Jr. said recently.

Some suspects have displayed a chilling dedication.

Muhammad, charged with killing one soldier and wounding another, has written the judge asking to plead guilty to capital murder. He is ready to die for Al Qaeda.

« I wasn’t insane or post-traumatic, nor was I forced to do this act, » he wrote from jail. The shootings, he said, were « justified according to Islamic laws and the Islamic religion, jihad — to fight those who wage war on Islam and Muslims. »

The committee chairman, Rep. Peter T. King (R-N.Y.), has rebuffed claims from religious and civil rights groups that the hearings will unfairly target Muslim Americans.

« Al Qaeda has realized the difficulty it faces in launching attacks against our homeland from overseas, » King said Tuesday. « Thus it has adjusted its tactics and is now attempting to radicalize from within our country. »

Terrorism consultant Evan Kohlmann testified in the 2008 trial of Mohamad Ibrahim Shnewer, a Philadelphia cab driver convicted and given life in prison for his part in a six-man conspiracy to « kill as many Americans as possible » at Ft. Dix, an Army base in New Jersey.

Kohlmann said the Internet, videos and other electronic and digital platforms helped drive the plot.

« The information age means you don’t need training camps to become a terrorist; all you need is an Internet connection, » he said. « The Web is terrorism’s new frontier, offering both persuasive inspiration and practical instruction. In fact, these homegrown terrorist cells come at essentially zero cost to Al Qaeda. »

Only two cases have produced bloodshed since the 2001 attacks — the Little Rock ambush and the Ft. Hood, Texas, shooting in 2009 that killed 13 and injured 32.

Other purported plots were broken up by government informants or undercover agents, though in some cases defense lawyers have complained that authorities helped suspects plan their crimes and build their bombs, only to arrest them at the last minute.

Some were poorly organized and carelessly planned. Others fell apart by pure luck, such as when a car bomb failed to ignite on a Saturday evening in New York’s Times Square. It was placed there by Faisal Shahzad, a naturalized U.S. citizen, Connecticut financial analyst and father of two. He pleaded guilty and was sentenced to life without parole. Yet he left for prison unrepentant. « Allahu akbar » (God is great), he told the court.

Mitchell D. Silber, director of intelligence analysis for the New York City Police Department, said « the vast majority » of Americans who embraced violent jihad did not start out as religious people or very knowledgeable about Islamic teachings. But eventually a person « intensifies his beliefs, wholly adopts extremist ideology and concludes, without question, that action is required, » Silber said. Then « potential targets are chosen, surveillance and reconnaissance begins, » and finally, « jihadization » with an assault rifle or car bomb.

In Hempstead, Texas, a window washer named Barry Walter Bujol Jr. was seen visiting his local library to go online and read the latest postings from Al Qaeda leaders, such as American-born Anwar Awlaki. He allegedly exchanged e-mails with Awlaki, who reportedly sent him an attachment called « 42 Ways of Supporting Jihad. »

Last year, Bujol was indicted on charges of attempting to aid terrorists; he faces 20 years in prison if convicted.

In Little Rock, Muhammad is scheduled for trial on Feb. 23, despite his wish to plead guilty. Prosecutors hope he gets what he wants — the death penalty. In one of his letters to the judge, Muhammad wrote, « I await sentencing. »

Voir également:

ÉTATS-UNIS

L’islamophobie gagne du terrain

(Targeting Muslims, trad. Courrier international)

La Chambre des représentants tiendra en mars des auditions sur la prétendue radicalisation des musulmans vivant aux Etats-Unis. Une initiative que le Los Angeles Times juge très mal venue.

Los Angeles Times

10.02.2011.

En mars, Peter T. King, parlementaire républicain de l’Etat de New York et président de la commission sur la Sécurité nationale de la Chambre des représentants, prévoit de tenir des auditions sur la radicalisation des musulmans américains. Contrairement à certains de ses détracteurs, nous ne croyons pas que King soit motivé par la haine de l’islam, ni qu’il faille élargir le sujet des auditions pour inclure d’autres formes d’extrémisme dans le seul but de sauver les apparences. Si la radicalisation des musulmans américains constitue, comme le suggère King, une menace grave et croissante pour notre sécurité, des auditions sur le sujet doivent être tenues au Congrès pour débattre de la question.

Le problème, c’est que Peter T. King n’a pas encore réussi à démontrer l’existence d’une telle menace et encore moins à prouver qu’elle a atteint un tel niveau qu’il faille maintenant soumettre cette religion à un rigoureux examen. Prenez ses commentaires à propos des chefs religieux musulmans. Il affirme que des membres de la police locale et fédérale lui auraient confié qu’ils avaient obtenu « très peu de coopération ou, dans la plupart des cas, aucune de la part des leaders musulmans et des imams » lorsqu’il le fallait. Il aurait également entendu parler d’imams qui ordonnent à leurs fidèles de ne pas coopérer avec les représentants de l’ordre qui enquêtent sur le recrutement de jeunes kamikazes dans leur mosquée. King s’est cependant montré avare de détails, et ses preuves relèvent de l’anecdote et restent approximatives. Elles ont par ailleurs été contredites par d’autres, notamment par le shérif du comté de Los Angeles, Lee Baca, qui a déclaré début février que les musulmans de son comté avaient joué un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme.

Que certains musulmans américains se soient convertis à l’islam radical et aient commis des actes terroristes est un fait indéniable. Nidal Malik Hasan, le commandant de l’armée américaine né aux Etats-Unis de parents palestiniens et auteur de la fusillade du 5 novembre 2009 sur la base militaire de Fort Hood au Texas, est souvent donné en exemple. Le FBI ferait preuve de négligence s’il n’enquêtait pas sur ces individus, et cela peut exiger, dans certains cas, d’interroger des membres du clergé islamique et des fidèles. Mais les raisons évoquées par Peter T. King pour tenir ces auditions au Congrès n’ont pas été attestées. Et si, en temps normal, il ne peut résulter aucun mal de la tenue d’auditions basées sur des preuves insuffisantes, ce n’est pas le cas cette fois-ci. Car l’objectif semble d’affirmer que les musulmans sont dangereux et qu’ils manquent de loyauté envers notre pays, au moment où ils sont relativement mal vus par toute une frange de l’opinion.

Nous craignons surtout que la Commission n’adopte une définition très large du terme « radicalisation ». Ses membres doivent se rappeler que plusieurs idées « radicales » sont protégées par le premier amendement à la Constitution américaine, qui préserve la liberté d’expression. Heureusement, les critiques les plus véhéments de l’islam ne figurent pas sur la liste des témoins et le démocrate Keith Ellison, un musulman élu dans le Minnesota qui conteste la thèse de Peter T. King, en fait partie. Ainsi, les auditions ne seront peut-être pas aussi incendiaires que certains ne le redoutent.

Malgré tout, la mise en œuvre d’une enquête s’intéressant à une seule religion crée un certain malaise. Comme l’a démontré la controverse soulevée à l’été 2010 par le projet de construction à New York d’une mosquée et d’un centre communautaire musulman à proximité de Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre 2001, le sentiment anti-islamique est bien réel et largement répandu dans notre pays. Les auditions organisées par Peter T. King risquent simplement de l’exacerber.

Voir enfin:

 
 
 
Major Hasan, ‘Star Officer’
Every branch of the military issued a final report on the Fort Hood massacre. Not a single one mentioned radical Islam.
Dorothy Rabinowitz
The WSJ
February 16, 2011
In a month of momentous change, it was easy to overlook the significance of another revolutionary event. Who would have believed that in the space of a few weeks the leaders of the three major European powers would publicly denounce multiculturalism and declare, in so many words, that it was a proven disaster and a threat to society?
One after another they announced their findings—Germany’s Chancellor Angela Merkel, Great Britain’s Prime Minister David Cameron, and France’s President Nicolas Sarkozy. Multicultural values had not only led to segregated communities: They had, Mr. Cameron noted, imposed policies of blind toleration that had helped nurture radical Islam’s terrorist cells.
There can be no underestimating the in-so-many-words aspect of these renunciations. This was multiculturalism they were talking about—the unofficial established religion of the universities, the faith whose requirements have shaped every aspect of cultural, economic and political life in Western democracies for the last 50 years. Still, they were out there—words coolly specific, their target clear.
They came at a fitting moment, just as Americans had been handed a report providing the fullest disclosures so far about the multiculturalist zeal that had driven Army and medical school superiors to smooth Nidal Malik Hasan’s rocky way through training, promote him, and, despite blatant evidence of his unfitness, raise not a single concern. Maj. Hasan, U.S. Army psychiatrist, would be assigned to Fort Hood where, in November 2009, he opened fire, killing 12 fellow soldiers and a civilian employee, and wounding 32 others.
In this report, titled « A Ticking Time Bomb » and put out by the Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, there is a detail as dazzling in its bleak way as all the glowing misrepresentations of Dr. Hasan’s skills and character, which his superiors poured into their evaluations of him. It concerns the Department of Defense’s official report on the Fort Hood killings—a study whose recital of fact made no mention of Hasan’s well-documented jihadist sympathies. Subsequent DoD memoranda portray the bloodbath—which began with Hasan shouting « Allahu Akbar! »—as a kind of undefined extremism, something on the order, perhaps, of work-place violence.
This avoidance of specifics was apparently contagious—or, more precisely, policy. In November 2010, each branch of the military issued a final report on the Fort Hood shooting. Not one mentioned the perpetrator’s ties to radical Islam. Even today, « A Ticking Time Bomb, » co-authored by Sen. Joe Lieberman (I., Conn.) and Susan Collins (R., Maine), reminds us that DoD still hasn’t specifically named the threat represented by the Fort Hood attack—a signal to the entire Defense bureaucracy that the subject is taboo.

For the superiors in charge of Hasan’s training at Walter Reed and his two years at Uniformed Services University of the Health Sciences, the taboo was of a more complicated order—one that required elaborately inventive analyses through which Hasan’s stated beliefs, ominous pronouncements, and evident unconcern with standards of behavior required of an officer could all be represented as singular virtues, proof of his exceptional value to the Army. It could not have been easy. Still, they managed.

They did so despite Hasan’s astounding trail of performances, each more telling than the next. To fulfill Walter Reed’s academic requirement for a presentation on a psychiatric theme, Hasan proffered a draft consisting almost entirely of wisdom from the Quran arguing for the painful punishment and liquidation of non-Muslims. Hasan evidently viewed the Quranic verses as a sufficient presentation—a view his superior didn’t share, given its lack of any mention of a psychiatric theme. When that guide warned him the presentation was « not scholarly » and might prevent his graduation, Hasan revised. The finished product was not much different. Still, Hasan was allowed to graduate.

He went on to his medical fellowship, where he soon delivered another class lecture, this one on the Islamist theme that the West, in particular the U.S military, had mounted a war on Islam. The presentation brimmed with views sympathetic to Osama bin Laden, the motives of the 9/11 perpetrators, and suicide bombers. It so infuriated his classmates that their outraged eruptions caused the instructor to end the presentation.

There would be more of the same to come. One classmate witness told investigators that Hasan sought every possible opportunity to share his radical Islamist sympathies. His highest obligation, he told classmates, wasn’t to the Constitution, which he had sworn to protect and defend, but to his religion.

His Islamist sympathies would attract the interest of the FBI, which soon picked up on this U.S Army major’s contacts with a terrorist suspect, unnamed in the Senate report. The agency would, however, have no continuing great interest in Hasan. Among other reasons, its agents had seen the impressive evaluation reports characterizing Hasan as an authority on Islam—one whose work even had « extraordinary potential to inform national policy and military strategy, » as one of his superiors put it in his officer evaluation report.

The same Hasan who set off silent alarms in his supervisors—the Psychiatric Residency Program Director at Walter Reed was one of them—would garner only plaudits in the official written evaluations at the time. He was commended in these as a « star officer, » one focused on « illuminating the role of culture and Islamic faith within the Global War on Terrorism. » One supervisor testified, « His unique interests have captured the interest and attention of peers and mentors alike. » No single word of criticism or doubt about Hasan ever made its way into any of his evaluations.

Some of those enthusiastic testaments strongly suggested that the writers were themselves at least partly persuaded of their reasoning. In magical thinking, safety and good come to those who obey taboos, and in the multiculturalist world, there is no taboo more powerful than the one that forbids acknowledgment of realities not in keeping with the progressive vision. In the world of the politically correct—which can apparently include places where psychiatrists are taught—magical thinking reigns.

A resident who didn’t represent the diversity value that Hasan did as a Muslim would have faced serious consequences had he behaved half as disturbingly. Here was a world in which Hasan was untouchable, in which all that was grim and disturbing in him was transformed. He was a consistently mediocre performer, ranking in the lowest 25% of his class, but to his evaluators, he was an officer of unique talents.

He was a star not simply because he was a Muslim, but because he was a special kind—the sort who posed, in his flaunting of jihadist sympathies, the most extreme test of liberal toleration. Exactly the kind the progressive heart finds irresistible.

A decision as to whether Maj. Hasan will go to trial—it would be before a military court-martial —should be forthcoming next month. He stands charged with 13 counts of premeditated murder, committed when he turned his laser equipped semi-automatic on members of the military at the Soldier Readiness Center. The likelihood is that the trial will go forward. If it does, the forces of multiculturalist piety, which played so central a role in advancing this Army major and concealing the menace he posed, will be the invisible presence on trial with him.

Ms. Rabinowitz, a member of the Journal’s editorial board, is the author of « No Crueler Tyrannies: Accusations, False Witness And Other Terrors Our Times » (Free Press, 2003).

.

[29] Luke Harding, « Julian Assange should be awarded Nobel peace prize », suggests Russia, The Guardian du 9 décembre 2010.

[30] Richard Galant, « WikiLeaks founder: Site getting tons of ‘high caliber’ disclosures », CNN.com du 16 juillet 2010,
 
 
[26] Joby Warrick, « WikiLeaks works to expose government secrets, but Web site’s sources are a mystery », The Washington Post du 19 mai 2010.
[27] Tom Chivers, « MoD ‘how to stop leaks’ document is leaked », The Daily Telegraph du 5 octobre 2009.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[28]
 
 
[21] Ravi Somaiya, « Taliban Says It Will Target Names Exposed by WikiLeaks », Newsweek du 30 juillet 2010.
[22] Gérald Arboit, « La médiatisation du renseignement et ses dérives depuis le 11 septembre 2001 », Eric Denécé (dir.), Renseignement, medias et démocratie (Paris, Ellipses, 2009), p. 32.
[23] Cf. Gérald Arboit, « Quel héritage pour Clausewitz à l’ère des opérations d’information ? », Myriam Klinger, Héritage et actualité de la polémologie (Paris, Téraèdre, 2007), pp. 153-165.
[24] Cf. Christian Harbulot, Didier Lucas (dir.), La guerre cognitive (Paris, Lavauzelle, 2002).
 
 
 
 
 
 
 

 

[25]
 
 
[18] James Delingpole, « How the Greatest Scandal of our Generation Got its Name », The Telegraph du 29 novembre 2009.
[19] Jean-Pierre Esquenazi, L’écriture de l’actualité. Pour une sociologie du discours médiatique (Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2002), p. 148.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[20] Etienne Wery, « 1300 pages du dossier Dutroux sont en vente sur l’internet pour 30 euros ! », Droit & Technologie du 5 mars 2002,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[17]
 
 
[14] Des secrets si bien gardés (1958-1981) , puis Dans le secret des présidents (1981-2010) (Paris, Fayard, 2009 et 2010).
[15] Les Diplomates. Derrière la façade des ambassades de France (Paris, Nouveau Monde, 2010).
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[16] United States-Vietnam Relations, 1945-1967: A Study Prepared by the Department of Defense . On les trouve sur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[13]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

) et Oliver Luft, « Read all about it », The Guardian du 6 juillet 2009.  

[11] Cf. Patrick Saint-Paul, « En Allemagne, le FDP ne plaisante pas avec les taupes », Le Figaro du 3 décembre 2010.

[12] Henry A. Waxman, Secrecy in the Bush administration , 17 septembre 2004,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[10] Xan Rice, « The looting of Kenya », The Guardian du 31 août 2007, la copie du Standard Operating Procedures for Camp Delta – le protocole de l’armée américaine à Guantanamo Bay Detention Camp – de mars 2003 et publié le 15 novembre 2007 sur le site-mirroir du quotidien britannique (
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[9] Profession de foi de la NSA,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

. [8] Profession de foi de WikiLeaks,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[7] Ginger Thompson, « Early Struggles of Soldier Charged in Leak Case », The New York Times du 9 août 2010,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[6]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[5]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[4]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[3]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

[inaccessible depuis début décembre 2010].
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[2]

 

QUELQUES RÉFLEXIONS AUTOUR DE L’AFFAIRE WIKILEAKS
Gérald Arboit
Centre Français de Recherche sur le Renseignement
02-01-2011
Julian Paul Assange est donc un criminel sexuel ! Le mandat d’arrêt suédois transmis à Interpol pourrait prêter à sourire s’il n’y avait eu un précédent similaire dans l’histoire : Al Capone a bien été arrêté pour fraude fiscale… Sérieusement, l’enchainement des événements depuis le 5 avril 2010 mérite quelques éclaircissements sur ce qu’il convient d’appeler l’affaire WikiLeaks.
Au printemps dernier, le site a publié une vidéo de l’armée américaine montrant deux photographes de Reuters tués par un hélicoptère Apache lors du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Il a aussi pris par surprise le renseignement militaire américain en publiant au printemps 2010, un rapport du 28 février 2008 du National Ground Intelligence Center, organisme spécialisé dans le renseignement scientifique, technique et opérationnel. Ce rapport pointait les fuites importantes engendrées par WikiLeaks relatives à la sécurité des Etats-Unis (dépenses d’équipement, violations des droits de l’Homme à Guantanamo, bataille de Falloujah), ainsi que les moyens d’y mettre fin [1]. En outre, une enquête était diligentée en vertu de l’ Espionage Act fédéral, qui considère comme un crime de divulguer « des informations relatives à la Défense nationale » (18 USC 793(e) [2]), punit « dans certains cas » de mort (18 USC 794(a) [3]).
Fin avril 2010, Bradley E. Manning, vingt-trois ans, caporal de la 2d Brigade Special Troops Battalion/2d Brigade Combat Team (Commandos)/10th Mountain Division (Light Infantry)/Contingency Operating Station Hammer , était mis sous surveillance par des agents de l’ U.S. Army Criminal Investigation Command . Le 22 mai, sur une messagerie instantanée, ce spécialiste tenait des propos confirmant sa culpabilité à un hacker, Adriàn Lamo, qui avertit les autorités [4]. Cinq jours après sa conversation numérique avec Lamo, Manning était arrêté et rétrogradé première classe. Le 29 mai, il était accusé de « transfert de données secrètes sur son ordinateur personnel et ajout de logiciel non autorisé sur un système informatique confidentiel » , le Secret Internet Protocol Router Network (SiprNet). Ce système relie plusieurs réseaux informatiques utilisés par le Department of Defense et par le State Department et sert à transmettre des données confidentielles jusqu’au niveau « Secret ». C’est pourquoi Manning est également accusé de « communication, transmission et envoi d’information traitant de Sécurité nationale à une source non autorisée » [5].

2 Responses to WikiLeaks: Allah Akbars à l’Est, multiculturalistes à l’Ouest (The Web is terrorism’s new frontier)

  1. […] et 12 balles dans la peau de Julian ASSANGE, mais celle-ci seront en caoutchouc mousse ! […]

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  2. […] que dopée et amplifiée par les nouveaux médias, la circulation de l’information et de toutes sortes de modes d’emploi (jusqu’aux recettes de bombes artisanales!) qui a […]

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