Tuerie de Toulouse: Attention, un climat peut en cacher un autre (From selective outrage to selective killing)

J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l’Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin. (…) Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d’autres plus difficiles. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle. Stéphane Hessel (2008)
En réalité, le mot qui s’applique – qui devrait s’appliquer – est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. (..)  Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité. Stéphane Hessel (à propos de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, 5 janvier 2009)
Au cours des trois dernières années, à l’invitation de mes amis israéliens, qui font partie d’une minorité courageuse, nous y sommes allés, ma femme et moi, par trois fois. Nous avons constaté que la Cisjordanie est complètement ingérable parce qu’elle est occupée, colonisée. Les routes ne sont pas autorisées pour les Palestiniens. Ces derniers sont traités avec un mépris épouvantable par Israël. Quant à la bande de Gaza, elle a été enfermée dans ce que l’on peut appeler une « prison à ciel ouvert ». L’opération « Plomb durci », de décembre 2008 à janvier 2009, a été une succession de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. La manière dont l’armée israélienne s’est comportée est absolument scandaleuse. Nous étions à Gaza en même temps que l’équipe dirigée par le juge Goldstone, et je peux témoigner que tout ce que relève le rapport Goldstone est exact. (…) Le gouvernement d’Israël bénéficie en effet d’une impunité scandaleuse, alors que depuis des années il bafoue le droit international et rejette les résolutions de l’ONU, ne respecte pas la Convention de Genève.  (…) Dès la fin de la guerre, je me suis retrouvé à New York comme fonctionnaire à l’ONU. J’ai assisté simultanément à deux événements importants : la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la création de l’État d’Israël. Pour quelqu’un comme moi, né de père juif et qui sortait des camps de concentration, cette création était de l’ordre du merveilleux. Je n’étais pas conscient du fait que cet État ne pouvait exister qu’en chassant un nombre considérable de Palestiniens de leurs terres. (…) Pendant vingt ans, j’ai continué à considérer favorablement le développement d’Israël : j’étais admiratif des kibboutz et des moshav. Tout a changé en 1967 avec la guerre des Six Jours. Cette guerre, gagnée par Israël pratiquement en une matinée, a donné aux gouvernants de l’époque ce que j’appelle une hubris, un sentiment de supériorité extraordinaire, qui les a amenés à ne plus tenir compte du droit international. C’est à partir de 1967 que je me suis engagé dans le camp de ceux qui voulaient un retrait des forces israéliennes et la création d’un État palestinien. Stéphane Hessel (Jeune Afrique, 17.05.10)
Coauteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce grand témoin du XXe siècle, ardent militant de la paix et de la non-violence, a mis tout le poids de son autorité morale au service d’une cause : le droit des Palestiniens à disposer d’un État viable. Jeune Afrique
Fort heureusement, la réplique de Szlamowicz à Hessel est là pour nous rappeler un certain nombre de vérités attestées par des documents : la responsabilité de Hadj Amine El Husseini, grand admirateur d’Hitler dans l’exode de certains Arabes de Palestine lors de la Guerre d’Indépendance d’Israël, le chiffre extravagant du nombre des « réfugiés » palestiniens, l’occultation de la question des réfugiés juifs des pays arabes spoliés et chassés de leurs terroirs ancestraux, les attendus effrayants pour Israël et pour les Juifs contenus dans la charte de l’OLP jamais amendée comme dans celle du Hamas, l’éducation donnée aux enfants dans les écoles palestiniennes, le principe islamique de la tromperie, la taqqiya, Sans oublier l’utilisation abusive du terme « colon », le passé négationniste de Mahmoud Abbas auteur d’une « thèse » d’histoire soutenue à Moscou en 1982 et intitulée « La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes, 1933-1945 », ou encore l’expression de « Mur de l’apartheid » pour fustiger une barrière de sécurité appelée en hébreu geder hahafrada, « grillage de séparation », ce que le « Mur » est effectivement sur 96% de son parcours. Fort opportunément l’auteur nous rappelle les grands textes fondateurs de l’Israël moderne, notamment le traité de San Remo de la Société des Nations qui date de 1920 relatif aux territoires de Judée-Samarie. Ce traité, nous explique-t-il, n’a jamais été abrogé. Il aurait pu l’être par le plan de partage de 1948 mais les Arabes, on le sait, l’ont refusé. En somme, nous explique Szlamowicz, « non seulement les prétentions d’Israël sur ces territoires sont légitimes par rapport à cette histoire récente, mais les territoires aujourd’hui sous contrôle israélien ont été acquis-dans le cadre d’une nouvelle guerre d’extermination menée par les pays arabes et perdue par ces derniers-lors de la Guerre des 6 Jours de 1967 aux dépens de la Jordanie (et de l’Égypte pour Gaza) qui ne les réclame plus depuis 1988. Il s’agit donc de territoires qui n’ont jamais appartenu à une entité palestinienne qui n’existait pas à l’époque-et qui ne les a d’ailleurs jamais réclamés ni aux Jordaniens ni aux Égyptiens. Considérer que ces territoires seraient légitimement et automatiquement « palestiniens » est donc largement abusif ». Présentation de l’Editeur
[Stéphane Hessel] se présente et se laisse présenter comme le rédacteur de la Déclaration des Droits de l’Homme, alors que, poussé dans ses derniers retranchements, il a fini par concéder un jour – mais un peu tard – qu’il ne l’avait jamais été. Autre imposture de taille : ses choix dans le registre de sa prétendue indignation. Je vous mets au défi de trouver dans ce livre la moindre indignation en politique étrangère à l’exclusion notable de la Palestine. Il ne s’indigne pas de la Syrie, du Rwanda, du Tibet, ni du sort des chrétiens d’Orient, les nouveaux esclaves des émirats. Le génocide au Darfour ne lui arrache pas un soupir : la seule chose qui l’intéresse, c’est de fustiger Israël. Gilles-William Goldnadel (auteur de Le vieil homme m’indigne, 2912)
J’étouffe en France… On ressasse éternellement les mêmes petites idées toutes faites, les mêmes préjugés recuits qui servent à refouler toutes les questions neuves. (…) je ne participerais tout simplement pas à un « débat » entre deux personnalités qui pensent et disent exactement la même chose. Car c’est un grand classique de la désinformation à la française : vous prenez un homme politique de gauche et un intellectuel d’extrême-gauche, qui va l’engueuler, en lui disant que son parti n’en fait vraiment pas assez ; vous laissez mener un débat entre un politique de droite et un politique de gauche par une journaliste bien engagée à gauche sans prévenir le public ; vous prenez un « alterjuif » (comme dit Shmuel Trigano), adversaire irréductible d’Israël et vous feignez de l’opposer à un représentant patenté de l’OLP… Ce sont des débats truqués. (…) Mes interviews ne sont pas agressives. Mais je refuse de laisser prêcher, pérorer parfois, des personnages qui sont parvenus, en France, au statut « d’intouchables ». Personne n’ose ni les interrompre, ni les contredire. Même lorsqu’ils disent des bêtises. (…) Ma thèse, c’est que la pseudo « centralité » du conflit israélo-palestinien est un leurre, offert par les despotes arabes à leurs opinions publiques, pour masquer la réalité de leurs échecs – économiques, sociaux, culturels. On a fait croire à ces gens que la source de tous leurs maux, que l’arriération de leur société, avaient une cause unique : la présence d’un Etat juif sur la « terre sacrée de l’Islam ». Mais avec les Printemps arabes, la chute des despotes, le conflit avec Israël a donc perdu sa pseudo « centralité ». Les intellectuels français ne l’ont pas compris. Ils ont juste un temps de retard… (…) Je passe déjà pour « libéral », ce qui est, dans cet étrange pays, une grave accusation (il vaut mieux avoir été un partisan des Khmers rouges !), mais « sioniste » en plus, c’est prendre le risque de se voir boycotter !  (…) Il n’y a pas qu’en France. Dans toute l’Europe de l’Ouest, condamner Israël est devenu la norme. Il y a beaucoup de raisons. Mauvaises. L’une d’entre elles, c’est de chercher à s’attirer les bonnes grâces des immigrés d’origine musulmane. On les traite assez mal chez nous. Ils sont discriminés sur le marché de l’emploi. Au lieu de les laisser s’installer et travailler, pour s’enrichir – c’est pour ça, après tout, qu’ils sont venus chez nous -, on leur offre des compensations symboliques. La condamnation d’Israël en premier lieu. (…) La paresse intellectuelle, l’ignorance des réalités locales, la passion de répéter tous ensemble des slogans en bénéficiant, en outre, des bénéfices de la bonne conscience morale. (…) Soutenir l’OLP ou le Fatah, c’est à la mode, comme, dans ma jeunesse, soutenir le Vietcong… D’ailleurs, l’antisionisme a pris le relai de l’antiaméricanisme traditionnel des Français : depuis que le président est un Noir, c’est devenu beaucoup plus mal porté. Alors, on se reporte sur Israël, paria des nations…(..) Donner moins systématiquement la parole aux ennemis déclarés de l’Etat juif, à toutes ces bonnes consciences de gauche, qui feignent le courage en cherchant, en fait, à s’attirer les bonnes grâces de ceux qui leur font peur (les islamistes radicaux), qui feignent l’anticonformisme, alors qu’ils répètent en chœur les mensonges du moment, qui rejouent la lutte contre le vrai apartheid (en Afrique du Sud) en se trompant de lieu et d’époque. (…) Je pense que les révolutions arabes sont en train de changer la donne. Evidemment, je suis inquiet de l’arrivée au pouvoir des islamistes à l’issue des élections démocratiques, en Tunisie et en Egypte. Mais je veux croire que ce n’est qu’une étape sur la voie d’une démocratisation en profondeur de ces sociétés. Je pense que plus le monde arabe sera acquis à la démocratie, plus il aura tendance à supporter l’existence du minuscule Etat juif en son sein. A cesser de considérer les Juifs et les chrétiens d’Orient comme des dhimmis… De toute façon, la situation, au Moyen Orient, c’est une guerre de plus en plus ouverte entre sunnites (appuyés par l’Arabie saoudite) et chiites (dirigés par l’Iran). Qu’on arrête de raconter que la paix règnerait si Israël laissait s’installer un Etat palestinien dans les territoires conquis après la guerre des 6 Jours ! Ce n’est pas Tsahal qui massacre la population syrienne… Brice Couturier (France Culture)
Il y a, depuis trop longtemps, un climat qui se dégrade en France et la vie politique n’est pas étrangère à ce climat. (…) Le fait de montrer du doigt les uns ou les autres en raison de leur présence dans le pays, de leur origine, de leur situation sociale, c’est d’une certaine manière faire flamber ce genre de passion, ce genre de sentiment […] On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots et ces mots-là, après, ils roulent comme une avalanche et quelquefois ils tombent sur des fous.  François Bayrou
Il y a un degré de violence et de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, c’est inacceptable (…). Les hommes publics ont le devoir de veiller à ce que les tensions, les passions, les haines ne soient pas à chaque instant entretenues. Le fait de montrer du doigt les uns et les autres en fonction de leur origine, c’est faire flamber les passions et on le fait parce que dans ce feu-là il y a des voix à prendre (…). On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots qui roulent comme une avalanche et parfois tombent sur des fous. Nous ne savons rien sur celui qui a perpétré cette tuerie mais nous sentons bien que cela n’est pas sans lien avec une certaine évolution de la France. François Bayrou
Il y a des mots qui peuvent effectivement avoir des conséquences. Il y a des mots qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent. Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire. François Hollande
La similitude avec les lâches assassinats de sang froid des 3 militaires de Montauban d’origine antillaise et maghrébine laisse penser dans les deux cas à des motivations racistes et antisémites. Ils témoignent d’une montée préoccupante et générale de la haine et de l’intolérance religieuse dans notre pays, à l’égard de toutes les religions, quelles qu’elles soient. Arnaud Montebourg (député PS, communiqué, via l’AFP)
Tuerie de Toulouse. Des enfants et une école juive.abjection totale.un fou?peut être mais le climat délétère et la haine sont des excitants. Corinne Lepage
Avis aux pyromanes de la défense d’une « identité nationale » perçue comme une entité fermée, frileuse, nourrie au ressentiment et à la haine … Bernard-Henri Lévy
La poudre raciste, antisémite et xénophobe répandue depuis trop longtemps dans les esprits de notre peuple fait planer sur notre République de graves dangers à la moindre mèche allumée. La tolérance et le respect d’autrui doivent prévaloir, la haine et les divisions être bannies. Marie-George Buffet
Ça a l’air d’être un fou mais ce n’est peut-être pas un hasard si ça arrive en pleine campagne. Il y a peut-être un calcul politique derrière pour faire diversion par rapport à la crise. Philippe Poutou (candidat du NPA)
Quand nous pensons à ce qui s’est passé aujourd’hui à Toulouse, quand nous nous souvenons de ce qui s’est passé en Norvège il y a un an, quand nous savons ce qui se passe en Syrie, quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie. Catherine Ashton (en marge d’une réunion sur la jeunesse palestinienne à Bruxelles)
Il faut toujours se méfier des mots, mais [Gaza] c’est d’une certaine manière une prison à ciel ouvert, puisque ces gens ne peuvent pas rentrer, ne peuvent pas sortir, ne peuvent pas se baigner dans la mer. (…) J’ai vu la vie à Gaza. Ce n’est pas une situation qui peut perdurer (…) C’est la position de la France et de la grande majorité des pays qui sont par ailleurs amis d’Israël. Henri Guaino (plume du président Sarkozy, Radio J, 25.03.12)
Il se revendique être un moudjahidine (un combattant de Dieu), appartenir à Al-Qaïda et avoir voulu venger les enfants palestiniens autant qu’avoir voulu s’en prendre à l’armée française compte tenu de ses interventions à l’extérieur. Claude Guéant
Des peines de trois ans de prison avec sursis à six ans ferme ont été requises aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris contre quatre hommes et une femme soupçonnés d’avoir soutenu une filière jihadiste franco-belge. Le Figaro (16.03.12)
Qui « formate » qui lorsque systématiquement, parlant d’Israël, on inverse les causalités faisant passer la réplique à des attentats ou à des bombardements comme une nouvelle agression de l’État hébreu ? Qui nourrit l’imaginaire haineux de celui que Le Monde présente comme « un gamin des cités », « un petit délinquant, fanatisé par l’islam et la violence »? Marc Nacht
Il conviendrait donc de ne pas se demander pourquoi le fondamentalisme musulman assassine plus particulièrement des Juifs. Il faudrait — par « pudeur » et « dignité », ces mots-cachettes de la lâcheté électoraliste — ne tirer aucune conclusion politique face au terrorisme islamique et à la présence en France de militants prêts à passer à l’action armée. Il faudrait au contraire dénoncer ceux qui dénoncent les progrès d’un islam revendicatif en France — les fauteurs de troubles seraient donc ceux qui luttent contre l’islamisme. Il faudrait ne pas faire de parallèle entre cette tuerie et les slogans que l’on entend depuis des mois et des années criant « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne. Il faudrait détourner pudiquement le regard des rues et des mosquées où se développent les discours de guerre anti-Français et anti-Juifs. Il faudrait également ne pas se demander pourquoi les représentants de l’islam, qu’on ne cesse de présenter comme « modérés », ne font pas de la lutte contre l’islamisme une priorité si cette assimilation leur est intolérable. (…) Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine. On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre. (…) Cet environnement de désinformation permanente s’est illustré récemment, avec un tweet accusant Israël d’avoir tué une fillette le 11 mars : la photo qui l’illustrait concernait en fait un accident de voiture datant de 2006. La personne qui a propagé cette fausse information — reprise et diffusée par les agences de presse sans contrôle — était employée par l’ONU comme « coordinatrice de l’information et des médias dans les Territoires palestiniens occupés », ce qui laisse sans voix. Le 14 mars, Adham Abu Salmi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, propage une information (obligeamment diffusée par l’Associated Press) accusant un tir israélien d’avoir tué un enfant de 8 ans, Barka al-Mugrahbi. Or, il n’y a eu aucune frappe israélienne dans la région : l’enfant est en réalité décédé suite à des tirs palestiniens lors de funérailles. Ce flot incessant de fausses informations, dont le démenti ne reçoit jamais le même écho — ce qui en soit est la preuve d’une stratégie de diffusion de mensonges et ne paraît pas rendre les journalistes plus prudents tant ils semblent pressés de porter crédit aux fausses nouvelles — conditionne à la haine d’Israël et, par assimilation, à la haine des Juifs. (…) A vrai dire, le choc n’a saisi les médias que dans la mesure où les meurtres ont eu lieu en France. Ces assassinats, quand ils ont lieu en Israël ou dans les « territoires », sont toujours excusés par ces mêmes journalistes larmoyants et accusant les enfants de 3 mois d’être des colons. La saturation de termes péjoratifs (« colonisation », « apartheid »…) qui sont sans rapport avec la situation politique réelle, la présentation systématiquement négatives des actes de défense d’Israël, les appels au boycott et le martellement médiatique ont abouti dans les consciences a une équivalence entre Israël et le Mal. Parallèlement s’est développé une intense activité de légitimation du terrorisme islamique. Choisissant de ne pas voir que les civils tués à Gaza l’étaient parce qu’ils servaient de boucliers humains aux combattants du jihad occupés à lancer des roquettes sur les villes israéliennes, certains politiciens d’extrême-gauche et certains militants européens portant fièrement le keffieh des terroristes ont tenté d’imposer des réflexes intellectuels anti-israéliens. J’ai déjà décrit comment excuser le terrorisme pour de pseudo-raisons politiques revenait à délivrer un permis de tuer des Juifs. Mohamed Merah a démontré par ses actes ce mécanisme et cette équivalence profonde dans certaines consciences entre Juifs et Israéliens, entre civils et militaires. Jean Szlamowicz

Attention: un climat peut en cacher un autre!

Culture de l’excuse, dénégation et occultation de toute analyse factuelle, retournement de la causalité, comparaisons d’un œcuménisme douteux, lâcheté électoraliste, « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne,  discours de guerre anti-Français et anti-Juifs dans les mosquées, refus des représentants de l’islam« modérés » de prendre ouvertement et fermement  position contre l’islamisme, discours institutionnel du monde arabo-musulman diffusé internationalement fondamentalement antisémite et anti-occidental, déclaration hypocrite d’une ’Autorité Palestinienne qui par ailleurs ne cesse d’encourager au terrorisme, stigmatisation systématique d’Israël, amalgame Juif/Israélien, indignation sélective d’un Stéphane Hessel, parallèle pervers d’une Catherine Ashton, reportages télévisés biaisés,  appels au boycott anti-Israël, environnement de désinformation permanente,  flot incessant de fausses informations dont le démenti ne reçoit jamais le même écho, accusations frénétiquement unilatérales envers Israël ….

Alors qu’avec la tuerie de Toulouse nos belles âmes n’ont pas manqué de dénoncer un prétendu « climat de haine » issu selon eux de ceux qui osent braver le politiquement correct …

Remise des pendules à l’heure avec Jean Szlamowicz, décrypteur du maitre de l’indignation sélective et prétendu « co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme »  Stephane Hessel.

Qui rappelle, derrière les années et décennies d’appels à la« mort aux Juifs » des manifestations anti-israéliennes  et l’aveuglement propalestinien de nos journalistes, politiciens et intellectuels,  l’une des véritables sources de « la haine anti-juive » qui vient de « se concrétiser par le meurtre »…

Mohamed Merah : fruit vénéneux des terroristes du verbe

Dès que la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah perpétrée à Toulouse le 19 mars 2012 a fait sensation, l’émotion médiatique s’est déployée selon les normes de l’événement : pudeur choquée, compassion larmoyante, protestations de retenue… Chaque personnalité politique s’est précipitée à la télévision pour dire qu’elle n’exploiterait pas le drame à des fins électorales. Beaucoup se sont empressés de procéder au remplacement du signe juif par son universalisation : « c’est la République qui est visée », « il faut lutter contre le racisme », « ce sont nos enfants qu’on assassine »…

Linguiste, traducteur et maître de conférences à l’Université de Paris-Sorbonne, Jean Szlamowicz est l’auteur de Détrompez-vous ! Les étranges indignations de Stéphane Hessel décryptées (Editions Intervalles).

Jean Szlamowicz,

Aschkel

mars 26th, 2012

Dès que la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah perpétrée à Toulouse le 19 mars 2012 a fait sensation, l’émotion médiatique s’est déployée selon les normes de l’événement : pudeur choquée, compassion larmoyante, protestations de retenue… Chaque personnalité politique s’est précipitée à la télévision pour dire qu’elle n’exploiterait pas le drame à des fins électorales. Beaucoup se sont empressés de procéder au remplacement du signe juif par son universalisation : « c’est la République qui est visée », « il faut lutter contre le racisme », « ce sont nos enfants qu’on assassine »…

Discours de l’occultation

Le corollaire de cette dépolitisation instantanée a été une rhétorique d’obscurcissement : les appels à « lutter contre les amalgames », à éviter « la stigmatisation de l’islam », à se méfier des « récupérations politiques » ou à ne pas céder à « des discours de haine » ont fait dériver le discours vers la prescription politique pour empêcher toute analyse factuelle. Les deux cibles de Mohamed Merah ont pourtant valeur de discours et sont d’une redoutable clarté : des militaires parce que la France est, officiellement, en lutte contre l’islamisme et des Juifs parce que l’islam s’érige depuis son origine contre les Juifs.

Très rapidement, un discours d’excuse s’est mis en place. On a dit que la France était coupable de ne pas intégrer « ses » immigrés. L’excuse sociologique est une véritable insulte envers tous ceux qui, partageant les mêmes origines sociales et culturelles, ne deviennent ni islamistes, ni terroristes. Cette excuse retourne également la causalité, faisant de la France la responsable du jihad et des Talibans… Aller chercher ailleurs que dans le jihad les causes du jihad ressemble fort à une technique de diversion rhétorique consistant d’emblée à exonérer l’islam du moindre rapport avec l’islamisme.

C’est pourtant l’occasion de porter dans le débat public la place du religieux dans notre société, censément laïque mais où l’islam impose de manière grandissante ses propres problématiques. De fait, les débats sur le voile ou la nourriture halal n’ont pas leurs sources dans le catholicisme ou le judaïsme, qui se trouvent pourtant toujours enrôlés dans des comparaisons d’un œcuménisme douteux.

De tels encouragements à ne pas incriminer l’islam obscurcissent délibérément l’analyse. Il conviendrait donc de ne pas se demander pourquoi le fondamentalisme musulman assassine plus particulièrement des Juifs. Il faudrait — par « pudeur » et « dignité », ces mots-cachettes de la lâcheté électoraliste — ne tirer aucune conclusion politique face au terrorisme islamique et à la présence en France de militants prêts à passer à l’action armée.

Il faudrait au contraire dénoncer ceux qui dénoncent les progrès d’un islam revendicatif en France — les fauteurs de troubles seraient donc ceux qui luttent contre l’islamisme. Il faudrait ne pas faire de parallèle entre cette tuerie et les slogans que l’on entend depuis des mois et des années criant « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne. Il faudrait détourner pudiquement le regard des rues et des mosquées où se développent les discours de guerre anti-Français et anti-Juifs. Il faudrait également ne pas se demander pourquoi les représentants de l’islam, qu’on ne cesse de présenter comme « modérés », ne font pas de la lutte contre l’islamisme une priorité si cette assimilation leur est intolérable.

Il reste étonnant que l’UOIF invite des personnalités comme le Cheikh Yussuf Al-Qaradawi, qui est favorable au meurtre des homosexuels, à la violence contre les femmes et aux attentats contre les civils et qui admire la punition infligée par Hitler aux Juifs…[1] Il est également troublant de constater que personne ne rappelle à quel point le discours institutionnel du monde arabo-musulman, diffusé internationalement, est fondamentalement antisémite et anti-occidental. Au lieu de cela, on passe en boucle une déclaration hypocrite du ministre de l’Autorité Palestinienne Salam Fayyad condamnant les assassinats de Montauban et Toulouse alors que l’AP ne cesse d’encourager au terrorisme…

La confusion Juif / Israélien

Je n’ai eu de cesse dans divers articles et dans un livre de décrire l’accumulation écœurante des représentations anti-israéliennes, la stigmatisation exagérée, illégitime et irrationnelle d’Israël. L’amalgame Juif / Israélien est une donnée permanente de ces discours. A cet égard, l’antisionisme est un antisémitisme et n’a rien à voir avec une juste critique politique parce que, précisément, il se focalise sur le seul état juif de la planète avec une mauvaise foi perverse. Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine. On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre.

La désinformation anti-israélienne épouse depuis des années la phraséologie jihadiste qui ne fait aucune différence entre Juifs et Israéliens et considère l’ensemble d’Israël comme un objectif de conquête. C’est ce qu’a résumé Mohamed Merah dans son appel téléphonique à France 24 : « Les juifs ont tué nos frères et nos sœurs en Palestine ». Cette revendication est l’exact pendant de l’indignation de Stéphane Hessel et son élégiaque incantation s’attendrissant devant les « enfants innombrables et rieurs » de Gaza, le pendant des attaques disproportionnées de Catherine Ashton qui a immédiatement fait un parallèle victimaire entre Toulouse et Gaza…

La désinformation et le retournement causal

Mohamed Merah n’est pas un déséquilibré, c’est un terroriste, quelqu’un capable de tuer des enfants pour des raisons idéologiques. Or, ses justifications idéologiques sont celles que l’on retrouve dans de nombreux reportages télévisés (comme l’emblématique « Un état palestinien est-il encore possible ? », dans Un oeil sur la Planète[2]), dans les prises de positions politiques (le rapport totalement biaisé remis par M. Glavany sur un prétendu apartheid de l’eau qui serait pratiqué par Israël[3]), dans les appels au boycott de Stéphane Hessel…

Cet environnement de désinformation permanente s’est illustré récemment, avec un tweet accusant Israël d’avoir tué une fillette le 11 mars : la photo qui l’illustrait concernait en fait un accident de voiture datant de 2006. La personne qui a propagé cette fausse information — reprise et diffusée par les agences de presse sans contrôle — était employée par l’ONU comme « coordinatrice de l’information et des médias dans les Territoires palestiniens occupés », ce qui laisse sans voix. Le 14 mars, Adham Abu Salmi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, propage une information (obligeamment diffusée par l’Associated Press) accusant un tir israélien d’avoir tué un enfant de 8 ans, Barka al-Mugrahbi.

Or, il n’y a eu aucune frappe israélienne dans la région : l’enfant est en réalité décédé suite à des tirs palestiniens lors de funérailles. Ce flot incessant de fausses informations, dont le démenti ne reçoit jamais le même écho — ce qui en soit est la preuve d’une stratégie de diffusion de mensonges et ne paraît pas rendre les journalistes plus prudents tant ils semblent pressés de porter crédit aux fausses nouvelles — conditionne à la haine d’Israël et, par assimilation, à la haine des Juifs.

Les accusations frénétiquement unilatérales envers Israël — qui créent de toutes pièces des massacres de Palestiniens imaginaires (Gaza, Jénine…), qui recyclent mécaniquement leurs formules fallacieuses (« Gaza, prison à ciel ouvert »…), qui pointent la moindre construction de maison juive comme une violence assassinant tout un peuple — ont construit un monumental retournement de la causalité pour faire d’Israël l’origine du Mal.

On ne manque pas d’entendre, sous diverses formes plus ou moins diplomatiques, que c’est la politique d’Israël qui est la cause de tout. Par quel raccourci idéologique peut-on tenir Israël pour responsable de l’existence du jihad ? Le jihad, inscrit dans les textes fondateurs de l’islam, est justement la haine de l’Infidèle. Trouver une justification politique à cette haine est simplement monstrueux. Les militaires français luttant contre les Talibans en Afghanistan ont été les premiers visés : sera-ce encore la faute d’Israël ?

Hypocrisie et manichéisme

A vrai dire, le choc n’a saisi les médias que dans la mesure où les meurtres ont eu lieu en France. Ces assassinats, quand ils ont lieu en Israël ou dans les « territoires », sont toujours excusés par ces mêmes journalistes larmoyants et accusant les enfants de 3 mois d’être des colons. La saturation de termes péjoratifs (« colonisation », « apartheid »…) qui sont sans rapport avec la situation politique réelle, la présentation systématiquement négatives des actes de défense d’Israël, les appels au boycott et le martellement médiatique ont abouti dans les consciences a une équivalence entre Israël et le Mal. Parallèlement s’est développé une intense activité de légitimation du terrorisme islamique.

Choisissant de ne pas voir que les civils tués à Gaza l’étaient parce qu’ils servaient de boucliers humains aux combattants du jihad occupés à lancer des roquettes sur les villes israéliennes, certains politiciens d’extrême-gauche et certains militants européens portant fièrement le keffieh des terroristes ont tenté d’imposer des réflexes intellectuels anti-israéliens. J’ai déjà décrit comment excuser le terrorisme pour de pseudo-raisons politiques revenait à délivrer un permis de tuer des Juifs. Mohamed Merah a démontré par ses actes ce mécanisme et cette équivalence profonde dans certaines consciences entre Juifs et Israéliens, entre civils et militaires.

Pourquoi s’étonner et se scandaliser aujourd’hui que l’on tue des enfants ? Personne n’a eu la moindre compassion pour les enfants de la famille Fogel égorgés à Itamar l’an passé. Au contraire, les médias et les intellectuels d’extrême-gauche passent leur temps à trouver des excuses idéologiques à tous ces assassins. Certains vont même jusqu’à diffuser de faux reportages montrant des enfants palestiniens assassinés, incitant ainsi à pratiquer une loi du Talion dépravée et sanguinaire. Pourquoi les médias ne montrent-ils pas les enfants soldats enrôlés par la cause palestinienne et qui brandissent des armes en promettant avec obéissance de tuer du Juif ? Pourquoi diffuse-t-on plutôt des reportages, plus ou moins bidonnés, sur la souffrance palestinienne, sans voir que ces territoires sont gangrenés par l’antisémitisme le plus sauvage, le jihad, la corruption ?

Les politiciens qui représentent ces opinions et soutiennent volontiers les mouvements terroristes sur le sol d’Israël, ne voient aucune contradiction entre leurs larmes médiatiques et l’agressivité anti-juive qu’ils propagent sans cesse.

Certains auraient même préféré — et ils l’ont dit ! — que le coupable fût un néo-nazi. Outre que le terrorisme néo-nazi est quasiment inexistant, contrairement au terrorisme jihadiste omniprésent sur la planète, ce réflexe trahit la volonté d’adhésion à une vision du monde simpliste et polarisée, au manichéisme figé, où le Mal est toujours le même et reste identifiable à un pôle idéologique honni. Cela signifie que certains sont prêts à nier l’importance du jihadisme pour que la réalité corresponde à leurs désirs politiques. Par convenance idéologique, ils auront donc l’hypocrisie systématique de minorer l’antisémitisme d’origine musulmane.

Ceux qui tiennent des discours de mauvaise foi — masquant bien mal leurs intérêts idéologiques — réécriront l’histoire comme ils ont l’habitude de le faire. De fait, ce sont les beaux discours qui rendent possible l’embrigadement des naïfs. Mohamed Merah avait sans doute été recruté par de beaux parleurs. Car en matière d’horreur guerrière et religieuse, tout commence toujours par la séduction des mots.

Notes

[1] Le ministre Claude Guéant a finalement décidé contre l’attribution d’un visa à Yussuf al Qadarawi et Mahmoud al Mesri qui devaient se rendre au congrès de l’UOIF.

[2] Sur France 2, le 3 octobre 2011. On pense aussi au célèbre reportage accusant Israël du prétendu meurtre de Mohamed Al-Dura, devenu l’emblème du blood libel et dont les images ont servi d’appel à la violence anti-israélienne dans l’ensemble du monde arabe.

[3] Certains membres de cette mission d’information parlementaire sur la géopolitique de l’eau se sont désolidarisés du contenu de ce rapport. On pourra lire le communiqué de Jean-Pierre Bensimon pour Alliance France-Israël (« 6ème forum mondial de l’eau le 12 mars 2012 relever le défi de l’eau au Proche-Orient développement durable et coopération, oui ; victimisation et réquisitoires, non ! »). Lire aussi : « Gestion israélienne de l’eau : une réponse aux falsificateurs » (Un autre regard sur le Proche-Orient N° 5 Janvier 2012, Alliance France-Israël), adapté de l’intervention de l’hydrologue Haim Gvirtzman (The Israeli-Palestinian Water Conflict: An Israeli Perspective, Janvier 2012). On lira aussi la réponse de Tsahal sur son blog (« “La Géopolitique de l’Eau” : L’armée israélienne dénonce le rapport diffamatoire de l’Assemblée Nationale »).

 Voir aussi:

Hessel: «Je n’ai pas rédigé la Déclaration universelle des droits de l’homme»

M. Knobel

 08-11-2010

Depuis quelques jours, certains attribuent MENSONGEREMENT à Taguieff des propos extraits d’un message qu’Arié Avidor, ambassadeur israélien, avait posté sur son « mur » de discussion sur Facebook. Cette attribution mensongère est destinée à l’évidence à le nuire. Et, malgré les très nombreuses dénégations de Taguieff, cette chasse aux sorcières d’un autre âge se poursuit. Les militants du pro-palestinisme se liguent même et conspirent pour que Taguieff soit licencié du CNRS et du CEVIPOF! D’ou cette question : ne se croirait-on pas à Moscou, en 1952 ? Il règne comme un vent mauvais pour protéger et défendre Stéphane Hessel. Que n’ai-je d’ailleurs pas lu à son sujet ?Il faut à cet égard décerner la médaille de la malveillance au MRAP qui, dans un communiqué en date du 18 octobre 2010, a été le premier à déclencher cette offensive [Site du Crif]

http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=22334&returnto=accueil/main&artyd=10

Je lis en effet dans ce communiqué que le MRAP « est indigné par ces propos ainsi tenus sur Facebook à l’encontre de Stéphane Hessel, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et connu pour son engagement au service de la paix au Moyen-Orient. »

Revenons sur ces deux affirmations :

1) Engagement d’Hessel au service de la paix ? Lorsqu’ils étaient à Gaza, dans la semaine du 22 au 27 octobre 2010, Stéphane Hessel et Régis Debray n’ont pas hésité une seule seconde à rencontrer un criminel, le Chef du gouvernement du Hamas, Ismaël Haniyeh. De quelle paix parle donc le MRAP ?

2) Stéphane Hessel, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’Homme ? Nous retrouvons en effet cette affirmation -totalement gratuite- un peu partout, sur Internet. Mais, la réalité est toute autre. Je citerai donc un extrait important d’un texte qui a été publié par le très officiel Centre d’actualités de l’ONU (1).

« Né à Berlin en 1917, fils de l’écrivain Franz Hessel et d’Helen Grund, il (Stéphane Hessel) est entré au ministère français des affaires étrangères à la fin de la Seconde guerre mondiale. « J’étais un diplomate français frais émoulu du dernier concours. J’avais été reçu le 15 octobre 1945 et je suis arrivé à New York en février 1946. J’ai fait la connaissance d’Henri Laugier, qui était alors Secrétaire général adjoint des Nations Unies. Il m’a pris comme directeur de cabinet. Avec lui, il y avait John Peters Humphrey, directeur de la Division des droits de l’homme au Secrétariat des Nations Unies. J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l’Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin », se souvient-il. « Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d’autres plus difficiles. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle », ajoute-t-il. »

Bref, dans ce déluge particulièrement malveillant, haineux et mensonger, il est temps de rétablir la vérité et de démythifier Stéphane Hessel, ainsi que le soi-disant engagement du « grand humaniste » en faveur de la paix: un engagement qui, en réalité est très sélectif et obsessionellement anti-israëlien.

Note :

1) http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=17952&Cr=droits&Cr1=anniversaire

Voir enfin:

Hessel : La Déclaration des droits de l’homme, témoin de l’audace de l’époque

10 décembre 2008 –

Le Français Stéphane Hessel, aujourd’hui âgé de 91 ans, a été le témoin de la rédaction et de l’adoption il y a 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, une « période exceptionnelle », raconte-t-il dans un entretien au Centre d’actualités de l’ONU.

Né à Berlin en 1917, fils de l’écrivain Franz Hessel et d’Helen Grund, il est entré au ministère français des affaires étrangères à la fin de la Seconde guerre mondiale. « J’étais un diplomate français frais émoulu du dernier concours. J’avais été reçu le 15 octobre 1945 et je suis arrivé à New York en février 1946. J’ai fait la connaissance d’Henri Laugier, qui était alors Secrétaire général adjoint des Nations Unies. Il m’a pris comme directeur de cabinet. Avec lui, il y avait John Peters Humphrey, directeur de la Division des droits de l’homme au Secrétariat des Nations Unies. J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l’Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin », se souvient-il. « Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d’autres plus difficiles. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle », ajoute-t-il.

Selon lui, « la Déclaration témoigne de l’audace de cette époque. René Cassin a eu le culot de l’appeler universelle alors qu’on l’a fait à 18 et qu’elle a été adoptée par 48 pays. Toutefois, elle a le droit d’être qualifiée d’universelle car elle a été rédigée avec grand soin. » Il rappelle que la composition de la commission chargée de la rédaction était très ouverte, avec des représentants de près de vingt pays, dont la Chine, l’Union soviétique, le Royaume Uni, l’Egypte, l’Inde, l’Iran, le Liban, le Panama, le Chili, etc… « On ne peut pas dire que cela soit un texte occidental. Les 30 articles sont bien rédigés. Certes on retrouve des termes utilisés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et le Déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Mais il est injuste de dire que ce texte a été imposé par les Occidentaux. Quand il a été contesté, il l’a été par des gouvernements autoritaires et non pas par les peuples eux-mêmes », souligne-t-il.

La Déclaration universelle des droits de l’homme, qui énonce les droits fondamentaux de l’individu, a été adoptée le 10 décembre 1948 à Paris par 48 votes pour, zéro contre et 8 abstentions.

Aujourd’hui, Stéphane Hessel pense que le texte a un peu vieilli : « C’est un monument d’une certaine époque. Il n’a pas abordé un certain nombre de problèmes, comme la relation de l’homme avec la Terre et le terrorisme ». Toutefois, il juge que la Déclaration « reste parfaitement valable car les droits qu’elle proclame restent valables ».

Selon lui, il reste beaucoup à faire sur le plan des droits économiques et sociaux qui font partie de la Déclaration. « Il n’y a pas de pays où en matière de droit à l’emploi, de droit à la santé, de droit au logement, il ne reste beaucoup à faire », dit-il. « La réalité n’est pas ce dont rêvaient les rédacteurs de la Déclaration mais ils le savaient. La Déclaration était un programme proposé aux Etats », conclut-il.

Stéphane Hessel devait recevoir mercredi à Paris le Prix UNESCO/Bilbao par le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, pour sa contribution exceptionnelle « à la promotion d’une culture des droits de l’homme, de justice et de dignité » ainsi que « son implication personnelle dans l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine. On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre.

15 Responses to Tuerie de Toulouse: Attention, un climat peut en cacher un autre (From selective outrage to selective killing)

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  2. […] moments obligés – et quelque peu surjoués – d’unité nationale qui ont suivi la barbarie du jihadiste de Toulouse censée, on s’en souvient, “venger les enfants […]

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  3. […] qu’un mois après la barbarie jihadiste de Toulouse, on attend toujours une protestation conséquente d’une communauté dont, on nous […]

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  11. […] seraient légitimement et automatiquement « palestiniens » est donc largement abusif ». Présentation de l’Editeur (« Détrompez-vous », Jean […]

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  13. jcdurbant dit :

    WHERE DO OUR BILLIONS OF AID MONEY GO ? (Guess whose interest it is to perpetuate the conflict with Israel keeping average Palestinians from sharing in the billions of dollars in aid that they receive from international donors ?)

    Much has been said about the sums that the Palestinian Authority spends on salaries of terrorists imprisoned in Israel and the families of “martyrs” – in other words, suicide-terrorists and those killed during their murderous operation. But when you talk to Palestinians about the misappropriation of funds allocated by the international community, the first term they use is “corruption.”

    Indeed, a study by AMAN – a chapter of Transparency International co-founded by Jordan – shows that, according to several surveys of the Palestinian population, the corruption of their leaders is the second most popular cause of their misery. According to the same surveys, the first cause would be the inability of these same leaders to create a strong economy. The Israeli occupation comes in third place.

    The equation between PA President Mahmoud Abbas and his entourage on the one hand, and Hamas leaders on the other, is easy to understand. For decades, to divert the attention of the media, the international community and their people, all they had to do was accuse Israel of all their ills.

    This is an exercise that has also been carried out by many Arab-Muslim countries. Whatever the excesses of the dictatorships in place, it has long been enough to accuse Israel – and sometimes the West – to keep their populations calm, while diverting and reaping billions of dollars that could have improved their living conditions or infrastructure.

    But times are changing, global information is now easily accessible and people are no longer fooled.

    This is what emerges from the short documentary we made that involved two film crews: one in Gaza and the other in Judea-Samaria.

    Overwhelmed by their situation and on the verge of despair, many Palestinians no longer hesitate to blame their leaders for their miserable living conditions. In Gaza, the money diverted from international aid and resulting from various rackets is not only used to make the rockets that regularly rain down on Israel and the tunnels of attack.

    Luxury villas and 5-stars hotels flourish by the sea, dealerships offer the latest Mercedes and BMW models, and if the population continues to suffer, it is much more the result of the perpetual embezzlement by a minority protected by the leaders, than by the security blockade set up by Israel and Egypt.

    As one Palestinian interviewed said: “It is good to live in Gaza, but only for a small minority.” Another complains that hospitals and clinics never have drugs available. “They tell you to come back at the beginning of the month. You return on the second day of the month and there’s already nothing left. All the drugs have disappeared in 24 hours?

    IN RAMALLAH and Hebron, other interviewees noted that they often hear about international aid through the media and on the Internet, but that they themselves never benefit from it. The infrastructure, they say, is deplorable and no effort is ever made to fix it. But the palaces that appear in the documentary are spectacular and would make Hollywood stars dream.

    The Palestinian Authority complains that it does not have sufficient funds. But that didn’t stop Abbas from having a house built for $32 million and buying a private jet that would have cost nearly $50 million. At the same time, the salaries of 190 employees of a fictitious airline “Palestine Airlines” were included in the Palestinian Authority’s budget until 2017.

    Among the Palestinians interviewed, the most outspoken is certainly Ashraf Jabari, a businessman who recently founded the Reform and Development Party, a political organization focused on the economic situation in the West Bank. He accuses not only Abbas and his sons of getting rich on the backs of the population, but also AMAN for acting as a smokescreen to satisfy the European Union.

    He alerts the international community to the intolerable corruption at all levels of the Palestinian leadership and proposes that the EU should request an audit of the funds that have been allocated to the Palestinian Authority since 1994. “Everyone knows,” he says, “but nobody does anything.”

    If for decades the Palestinian leaders have been able to exploit the misery of their people to enrich their families and loved ones – and to perpetuate a conflict that suits their interests – it seems that the Palestinian on the street is no longer fooled. Some have even noticed that life in the territories is ten times more expensive since Israel is no longer in charge.

    These people do not want a country where corruption is the rule. Nationalism, they say, does not nourish their children.

    The author has just completed a short documentary about the corruption of Palestinian leaders. It features never before seen images of luxury in Gaza and the West Bank, and exclusive interviews with Palestinians – among them Ashraf Jabari, who recently made headlines for founding a new political party challenging PA President Abbas.

    https://www.jpost.com/Israel-News/Corruption-A-major-cause-of-Palestinian-suffering-comment-588850

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Répondre à Histoire: Attention: un génocide peut en cacher un autre ! (The Holocaust just got more shocking) | jcdurbant Annuler la réponse.

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