Langues: Excusez mon anglais (No English, please, we’re French: study finds economic development and international engagement go hand-in-hand with English proficiency)

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Une bonne partie de ce que nous observons dans les relations entre la France et les Etats-Unis est le produit d’une structure de relations que l’on doit penser comme la confrontation entre deux impérialismes de l’universel. (…) La France est une sorte d’idéologie réalisée: être français, c’est se sentir en droit d’universaliser son intérêt particulier, cet intérêt particulier qui a pour particularité d’être universel. Et doublement en quelque sorte: universel en matière de politique, avec le modèle pur de la révolution universelle, universel en matière de culture, avec le modèle de chic (de Paris). On comprend que, bien que son monopole de l’universel soit fortement contesté, en particulier par les Etats-Unis, la France reste l’arbitre des élégances en matière de radical chic, comme on dit outre-Atlantique ; elle continue à donner le spectacle des jeux de l’universel, et, en particulier, de cet art de la transgression qui fait les avant-gardes politiques et/ou artistiques, de cette manière (qui se sent inimitable) de se sentir toujours au-delà, et au-delà du delà, de jouer avec virtuosité de tous les registres, difficile à accorder, de l’avant-gardisme politique et de l’avant-gardisme culturel (…) C’est dire que nombre des choses qui s’écrivent ou se disent, à propos de la France ou des USA ou de leurs rapports, sont le produit de l’affrontement entre deux impérialismes, entre un impérialisme en ascension et un impérialisme en déclin, et doivent sans doute beaucoup à des sentiments de revanche ou de ressentiment, sans qu’il soit exclu qu’une partie des réactions que l’on serait porté à classer dans l’antiaméricanisme du ressentiment puissent et doivent être comprises comme des stratégies de résistance légitime à des formes nouvelles d’impérialisme… (…) En fait, on ne peut attendre un progrès vers une culture réellement universelle – c’est-à-dire une culture faite de multiples traditions culturelles unifiées par la reconnaissance qu’elles s’accordent mutuellement – que des luttes entre les impérialismes de l’universel. Ces impérialismes, à travers les hommages plus ou moins hypocrites qu’ils doivent rendre à l’universel pour s’imposer, tendent à le faire avancer et, à tout le moins, à le constituer en recours susceptible d’être invoqué contre les impérialismes mêmes qui s’en réclament. Pierre Bourdieu (1992)
L‘anglais ? Ce n’est jamais que du français mal prononcé. Clémenceau
À la Cour, ainsi que dans les châteaux des grands seigneurs, où la pompe et le cérémonial de la Cour étaient imités, la langue franco-normande était la seule en usage ; dans les tribunaux, les plaidoyers et les arrêts étaient prononcés dans la même langue ; bref, le français était la langue de l’honneur, de la chevalerie et même de la justice ; tandis que l’anglo-saxon, si mâle et si expressif, était abandonné à l’usage des paysans et des serfs, qui n’en savaient pas d’autre. Peu à peu, cependant, la communication obligée qui existait entre les maîtres du sol et les êtres inférieurs et opprimés qui cultivaient ce sol, avait donné lieu à la formation d’un dialecte composé du franco-normand et de l’anglo-saxon, dialecte à l’aide duquel ils pouvaient se faire comprendre les uns des autres, et de cette nécessité se forma graduellement l’édifice de notre langue anglaise moderne, dans laquelle l’idiome des vainqueurs et celui des vaincus se trouvent confondus si heureusement, et qui a été si heureusement enrichie par des emprunts faits aux langues classiques et à celles que parlent les peuples méridionaux de l’Europe. Walter Scott (Ivanhoe, 1820)
We are in France. You speak French. Sébastien Chabal
According to Karlin, English is the key to Proust’s « doubleness », and the grit in the oyster of his French. Snobbery besides, his great subjects included the related one of etymology. He loved the way words are rubbed like old coins, names changing shape, competing and merging with other currencies, and he knew that the Academie’s propaganda about the classical purity de la langue française was simply fishing for compliments (two entries), then as now. That was why Proust was so fond of English, the vigorous bastard of Anglo-Saxon and Norman French, swallower of all known tongues. And this was his view as an outsider, as a Jewish homosexual Dreyfusard bourgeois invalid artist: that English was the global future, more orgiastic than golf itself. Lewis Jones
Un poème écrit par Gérard Nolst Trenite, hollandais connu sous le pseudonyme de Charivarius ( 1870-1946) est une démonstration de toutes les exceptions et irrégularités de la langue anglaise entre l’orthographe et la prononciation . Ce poême est tiré du livre : Drop Your Foreign Accent: engelsche uitspraakoefeningen (…) Le Chaos représente un exploit de virtuose en composition, un catalogue de mammouth d’Environ 800 des irrégularités les plus les plus célèbres d’orthographe anglaise traditionnelle, habilement versifiée (si avec quelques lignes maladroites) dans des distiques avec l’alternance de rimes féminines et masculines. La sélection d’exemples apparaît maintenant quelque peu désuète, tout comme quelques-unes de leurs prononciations, en effet quelques mots peuvent même être inconnus aux lecteurs d’aujourd’hui (combien à savoir ce qu’ « une studding-voile » est, ou que sa prononciation nautique est « stunsail » ?) . Le poids de la poésie représente un acte d’accusation aussi valable du chaos orthographique en anglais. La créature la plus chère dans création » s’adressant à la première ligne, est comme « Susy  » à la ligne 5. Ce pourrait être une anonyme quoiqu’une version ronéotypée de la poésie appartenant à Harry Cohen soit consacrée « à Mlle Susanne Delacroix, Paris ». Vraisemblablement elle fut l’une des étudiantes de Nolst Trenité. Chris Upward
Les adultes français ont une maîtrise moyenne de l’anglais, mais globalement ils n’ont pas fait de progrès au cours des 7 dernières années. Dans le 1er rapport EF EPI, la France était en ligne avec le niveau moyen d’anglais en Europe mais, alors que la plupart des pays ont fait des progrès sensibles, la France a stagné. Le niveau d’anglais à Paris est le plus élevé du pays mais reste inférieur à celui de la plupart des capitales européennes. Comme dans la plupart des pays, en France, les femmes parlent mieux anglais que les hommes. En France, le groupe des jeunes adultes est celui qui possède le meilleur niveau. Education First
“There are some countries that are still not giving the basic message that English is a necessary skill,” said Kate Bell, a researcher with EF, in Paris. According to Ms. Bell, the level of English proficiency among French adults suffers both from inadequate teaching at high school level and the reality that — despite fears of French culture’s being overwhelmed by American pop culture, very little English is actually used in everyday life. Unlike its smaller northern European neighbors, France dubs most American films and television shows into French. The top English speakers in continental Europe — Norway, Sweden and the Netherlands — all tend to use subtitling. “It’s a vicious-virtuous cycle,” said Ms. Bell: Audiences not used to subtitling tend to shy away from it, which in turn diminishes their capacity to understand English. France’s secondary school system, which has only recently started testing English oral skills as part of the Baccalaureate, is a major reason for poor language skills, she said. Spain, ranked at 23 in the index, has risen in the listing since introducing public English-Spanish bilingual schools. According to EF data, the country has significantly improved its proficiency level since 2007. Eastern European countries are faring much better. Estonia is fourth in the survey, which puts it in the “very high proficiency” bracket, just after the traditional Scandinavian heavyweights. Poland, Hungary and Slovenia — all in the “high proficiency” bracket — are ranked in the top 10, with Hungary showing significant improvement. “English is the de facto language of communication today between people who don’t share a native language,” Ms. Bell. said “Measuring English proficiency is in many ways a proxy measurement of international integration.” (…) Conversely (…) the EF study suggests that weak proficiency in English may correlate with weak integration into the global economy. “The Middle East and North Africa are the weakest regions in English,” the study said, with Iraq ranked 60th, at the bottom of the list. “Poor English remains one of the key competitive weaknesses of Latin America,” it added, with more than half the countries in the region in the lowest proficiency band. NYT
La relation entre les Français et les langues étrangères est ambiguë. Alors qu’ils se trouvent dans la moyenne en ce qui concerne la mobilité géographique vers un autre pays de l’Union européenne, les Français sont remarquablement peu motivés par la mobilité vers un pays étranger dont la langue n’est pas la leur. Autrement dit, ils disent oui à la mobilité européenne, mais non à l’apprentissage des langues étrangères. Ce constat est d’autant plus inquiétant que leur langue recule face à l’anglais et à l’allemand avec l’élargissement de l’Union européenne: parmi les populations des dix nouveaux États-membres, seuls 3% le maîtrisent, contre 12% dans l’ancienne Union européenne à quinze. Si l’apprentissage des langues ne fait pas l’objet d’un débat sérieux, les Français verront leur marché du travail rétrécir dans les années à venir.  Anna Stellinger
En France les gens ne croient pas à la reconversion (…) Un chef de projet ne peut pas plus devenir avocat qu’un mille-pattes se transformer en aigle. L’un exclut l’autre. Bernard (cité par Lauren Zuckerman, Sorbonne confidential, 2007)
C’est la dissertation avec ses exigences incroyablement archaïques qui fait le plus pour écarter de l’enseignement de l’anglais dans les lycées français ceux qui ne disposent pas du capital culturel nécessaire – et en particulier les locuteurs natifs intelligents et expérimentés de l’anglais (…) En théorie, cette épreuve simple et objective permet d’éliminer les critères subjectifs et l’élément humain si souvent accusés d’exclure les étrangers. En réalité, les critères eux-mêmes sont totalement imprégnés de discrimination et sont bien plus efficaces pour éliminer les candidats non-Français de souche que le plus zélé des partisans de la « France aux Français ». Terence Beck (University of Puget Sound, Tacoma)
The present study shows essentially that it is not only the teaching of foreign languages but also the social status given to foreign languages in France which must be challenged. In order to develop a strong foreign language policy within the education system and to integrate it within society at large it will be necessary to conduct a wide ranging reflection. This reflection should not stay within the education system but should also take into account all the political and social implications of the objective that every citizen should have an operational command of at least one foreign language. (…) It would seem that for French teachers of English what comes first for learning a language remains grammatical correctness. This is why the representation given of learning a language is not conducive to communication. Teachers develop a hankering after perfection which hinders pupils. Thus it is necessary, in France, for teachers and for pupils alike, to have a perfect command of grammar in order to pick up the courage to speak, to express oneself. (…) Teachers aim at “perfection” in the message. Gérard Bonnet
De tous les étudiants que nous recevons, les Français sont ceux qui ont le plus d’inhibition, le plus peur du ridicule et le moins d’aisance à se lancer. Or plus on parle, plus on s’améliore. Oxford Intensive School of English (O.I.S.E.)
La France est pénalisée par sa faible exposition à l’anglais. Hormis à Paris et dans les grandes villes, il est par exemple encore compliqué de trouver des films en VO au cinéma. De la pub aux séries télé, tout est traduit. (…) Les pays scandinaves apprennent l’anglais pour peser à l’international et parce que ça leur coûterait trop cher de tout traduire, étant donné leur population limitée en nombre. La France n’a pas ce besoin… Adeline Prévost
Aujourd’hui, même si c’est de plus en plus difficile, on peut encore vivre en France sans jamais entendre de l’anglais. [Pourtant] la situation monolingue de la France est en train de lentement changer. Il y a quinze ans, je ne pouvais pas donner un texte en anglais à lire à des élèves de master. Aujourd’hui, c’est possible. Les jeunes ont l’habitude de regarder des séries américaines en streaming sur Internet. Il faudra du temps mais la prochaine génération sera bien meilleure. Maria Kihlstedt (Université Paris 10)
L’anglais est difficile parce que la graphie et la phonie ne correspondent pas, et parce que la fréquence des sons est différente de celle du français. (…) (…) On n’apprend pas aux enseignants la phonologie et la meilleure manière d’aborder la prononciation de l’anglais. Sans compter la surcharge des classes, qui comptent 35 élèves… (…) [En Espagne]Le gouvernement a décidé que 50% des cours de la moitié des écoles primaires devraient être bilingues, a fait venir des professeurs d’un peu partout, et a même accordé des bourses pour encourager les jeunes à partir à l’étranger pendant deux-trois semaines durant l’été. Adeline Prévost [la France a certes imposé l’enseignement d’une langue étrangère dès le CP] mais elle ne forme pas les professeurs pour ça. Laure Peskine (secrétaire générale de l’Association des professeurs de langue vivante)

Pas d’anglais, s’il vous plait, nous sommes français !

Arrogance culturelle, culture du sans faute, enseignement trop livresque …

En cette 33e édition du salon Expolangues

Alors qu’entre pickpockets, commerçants antipathiques et piètre maîtrise de l’anglais, la première destination touristique du monde continue ses campagnes pour lutter contre une réputation séculaire …

Et qu’hormis la France, la plupart des pays européens voit baisser leur chômage et remonter leur croissance …

Retour sur la publication, en octobre dernier, d’une nouvelle étude d’Education First sur la maîtrise de l’anglais …

Où les Français se voient à nouveau classer au dernier rang de 21 pays européens et, entre l’Indonésie et Taiwan, 29es sur un total de 63 pays testés …

Société
LANGUES «20 Minutes» fait le point sur le niveau d’anglais des Français, alors que le salon Expolangues a lieu à Paris jusqu’à samedi…
Pourquoi les Français are toujours so bad in English
Nicolas Beunaiche
20 Minutes
06.02.2015

«Semble se complaire dans la médiocrité. Peut mieux faire.» Chaque année, le relevé de notes et les appréciations de la France en anglais sont désespérément les mêmes. Dans la dernière étude publiée en octobre, celle d’Education First, les Français se classent ainsi à la 29e place sur 63, et surtout au dernier rang des 21 pays européens testés sur leur maîtrise de l’anglais. Pire encore, ils ne montrent quasiment aucun signe de progrès par rapport aux années précédentes.

Il n’y a pas là qu’une question de génération. Quel que soit l’échantillon étudié, actifs ou étudiants, le résultat est inchangé. «Aujourd’hui, même si c’est de plus en plus difficile, on peut encore vivre en France sans jamais entendre de l’anglais», regrette Maria Kihlstedt, maître de conférences en sciences du langage à Paris 10. «La France est pénalisée par sa faible exposition à l’anglais, confirme Adeline Prévost, qui présentera samedi les résultats de l’étude d’Education First lors du salon Expolangues. Hormis à Paris et dans les grandes villes, il est par exemple encore compliqué de trouver des films en VO au cinéma. De la pub aux séries télé, tout est traduit.»

Les Français et la peur du ridicule

La France tiendrait-elle donc à ce point à sa langue qu’elle serait prête à se tirer une balle dans le pied? Pour certains spécialistes, il faut y voir une question géopolitique. «Les pays scandinaves apprennent l’anglais pour peser à l’international et parce que ça leur coûterait trop cher de tout traduire, étant donné leur population limitée en nombre, analyse Adeline Prévost. La France n’a pas ce besoin…» Pour d’autres, le Français a tout de même l’excuse de la complexité de la langue. «L’anglais est difficile parce que la graphie et la phonie ne correspondent pas, et parce que la fréquence des sons est différente de celle du français», justifie Laure Peskine, secrétaire générale de l’Association des professeurs de langue vivante.

Tous sont en tout cas d’accord sur un point: si les Français ne s’améliorent pas en anglais, c’est d’abord un problème d’enseignement. La France a beau avoir les professeurs d’anglais les plus qualifiés d’Europe, selon Adeline Prévost, la qualité de l’apprentissage laisserait en effet à désirer. «On n’apprend pas aux enseignants la phonologie et la meilleure manière d’aborder la prononciation de l’anglais, estime Laure Peskine. Sans compter la surcharge des classes, qui comptent 35 élèves…» Nombre d’observateurs pointent aussi la culture française du sans-faute. «De tous les étudiants que nous recevons, les Français sont ceux qui ont le plus d’inhibition, le plus peur du ridicule et le moins d’aisance à se lancer. Or plus on parle, plus on s’améliore», explique-t-on à l’organisme de formation Oxford Intensive School of English (O.I.S.E.).
Le pouvoir du streaming

Ces dernières années, la France a vu passer devant elle l’Espagne dans les classements européens. Un pays dont la langue n’est pourtant pas plus proche de l’anglais que le français. «Le gouvernement a décidé que 50% des cours de la moitié des écoles primaires devraient être bilingues, a fait venir des professeurs d’un peu partout, et a même accordé des bourses pour encourager les jeunes à partir à l’étranger pendant deux-trois semaines durant l’été», détaille Adeline Prévost. Et la France? Elle a certes imposé l’enseignement d’une langue étrangère dès le CP, «mais elle ne forme pas les professeurs pour ça», déplore Laure Peskine, qui craint que les enfants acquièrent de mauvais réflexes. Signe de la place que l’Education nationale accorde à l’anglais, le brevet a par ailleurs intégré en 2011 une nouvelle épreuve orale. La langue de Shakespeare? Non, plutôt William Turner, à travers l’histoire des arts.

Il y a donc de quoi être pessimiste. Pourtant, Maria Kihlstedt considère que «la situation monolingue de la France est en train de lentement changer»: «Il y a quinze ans, je ne pouvais pas donner un texte en anglais à lire à des élèves de master. Aujourd’hui, c’est possible.» «Les jeunes ont l’habitude de regarder des séries américaines en streaming sur Internet, poursuit-elle. Il faudra du temps mais la prochaine génération sera bien meilleure.» Croisons les fingers.

Voir aussi:

English Proficiency Falters Among the French
Christopher F. Schuetze
The New York Times

November 10, 2013

MARSEILLE, France — Marseille’s new Museum of European and Mediterranean Civilisations opened in June, part of the city’s celebration of its status as this year’s European Capital of Culture.

Though the museum is European in ambition, many of its exhibits are labeled only in French: English, though firmly established as the global language of business, education and culture, is glaringly absent from most of the signage, though an English-language audio tour is available.

A study released last week suggests that this absence is symbolic of a significant trend. The study, by Education First, an international education company, found that while English proficiency among European adults is generally increasing, proficiency in France is both low and declining.

According to the third EF English Proficiency Index, released last week, France ranked 35th among 60 nations where English is not the main language. The study put the country’s average English language skills in the “low proficiency” bracket, between China and the United Arab Emirates — and last among European nations. It also found that France was one of only two European countries where proficiency had decreased over the past six years. Norway was the other; but there, proficiency remained at such a high level that the change was insignificant.

The rankings are based on the results of 750,000 online assessment tests completed last year — some online, others by English language school applicants.

EF’s English Proficiency Index, based on the test results, compared country scores with the results of a similar study carried out between 2007 and 2009, to identify trends in proficiency levels over the past six years.

“There are some countries that are still not giving the basic message that English is a necessary skill,” said Kate Bell, a researcher with EF, in Paris.

According to Ms. Bell, the level of English proficiency among French adults suffers both from inadequate teaching at high school level and the reality that — despite fears of French culture’s being overwhelmed by American pop culture, very little English is actually used in everyday life.

Unlike its smaller northern European neighbors, France dubs most American films and television shows into French. The top English speakers in continental Europe — Norway, Sweden and the Netherlands — all tend to use subtitling.

“It’s a vicious-virtuous cycle,” said Ms. Bell: Audiences not used to subtitling tend to shy away from it, which in turn diminishes their capacity to understand English.

France’s secondary school system, which has only recently started testing English oral skills as part of the Baccalaureate, is a major reason for poor language skills, she said.

Spain, ranked at 23 in the index, has risen in the listing since introducing public English-Spanish bilingual schools. According to EF data, the country has significantly improved its proficiency level since 2007.

Eastern European countries are faring much better. Estonia is fourth in the survey, which puts it in the “very high proficiency” bracket, just after the traditional Scandinavian heavyweights. Poland, Hungary and Slovenia — all in the “high proficiency” bracket — are ranked in the top 10, with Hungary showing significant improvement.

“English is the de facto language of communication today between people who don’t share a native language,” Ms. Bell. said “Measuring English proficiency is in many ways a proxy measurement of international integration.”

Turkey, though still a “low proficiency” nation, ranked 41st in the index, was the country showing the biggest improvement in the past six years. EF researchers point to Turkey as a perfect example of economic development and international engagement that go hand-in-hand with English proficiency.

Because of its prominence in international business, higher education and politics, the importance of basic proficiency in English can scarcely be overstated. More than just a linguistic skill, adult English proficiency is key to success in the globalized world.

Conversely, the EF study suggests that weak proficiency in English may correlate with weak integration into the global economy.

“The Middle East and North Africa are the weakest regions in English,” the study said, with Iraq ranked 60th, at the bottom of the list.

“Poor English remains one of the key competitive weaknesses of Latin America,” it added, with more than half the countries in the region in the lowest proficiency band.

 Voir également:

International business
Countries with Better English Have Better Economies
Christopher McCormick
November 15, 2013

Billions of people around the globe are desperately trying to learn English—not simply for self-improvement, but as an economic necessity. It’s easy to take for granted being born in a country where people speak the lingua franca of global business, but for people in emerging economies such as China, Russia, and Brazil, where English is not the official language, good English is a critical tool, which people rightly believe will help them tap into new opportunities at home and abroad.

Why should global business leaders care about people learning English in other parts of the world?

Research shows a direct correlation between the English skills of a population and the economic performance of the country. Indicators like gross national income (GNI) and GDP go up. In our latest edition of the EF English Proficiency Index (EF EPI), the largest ranking of English skills by country, we found that in almost every one of the 60 countries and territories surveyed, a rise in English proficiency was connected with a rise in per capita income. And on an individual level, recruiters and HR managers around the world report that job seekers with exceptional English compared to their country’s level earned 30-50% percent higher salaries.

The interaction between English proficiency and gross national income per capita is a virtuous cycle, with improving English skills driving up salaries, which in turn give governments and individuals more money to invest in language training. On a micro level, improved English skills allow individuals to apply for better jobs and raise their standards of living.

This is one explanation for why Northern European countries are always out front in the EF EPI, with Sweden taking the top spot for the last two years. Given their small size and export-driven economies, the leaders of these nations understand that good English is a critical component of their continued economic success.

It’s not just income that improves either. So does the quality of life. We also found a correlation between English proficiency and the Human Development Index, a measure of education, life expectancy, literacy, and standards of living. As you can see in the chart below, there is a cutoff mark for that correlation. Low and very low proficiency countries display variable levels of development. However, no country of moderate or higher proficiency falls below “Very High Human Development” on the HDI.

For business leaders, knowing which countries are investing in and improving in English can give valuable insight into how a country fits into the global marketplace and how that might affect your company’s strategy. Here are just a few of the questions you might consider:

Which countries are aggressively improving their English proficiency in an effort to attract businesses like mine?
Where could poor English hinder the growth of emerging economies?
In which countries should I target my international recruitment efforts?
As we think about expanding globally, where will my existing, native English-speaking employees find it easiest to relocate?
Business leaders who understand which nations are positioning themselves for a smoother entry into the global marketplace will have a competitive advantage over those who don’t.  Your company needs to know how the center of English language aptitude is shifting. Because knowing English is not just a luxury—it’s the sina qua non of global business today.

Christopher McCormick is Senior Vice President for Academic Affairs at EF Education First and head of the EF Research Network.

Voir encore:

Low English Levels Can Hurt Countries’ Progress
Poor English skills hinder nations’ progress, study says

Charles Anderson

NYT

October 28, 2012

Countries with poor English-language skills also have lower levels of trade, innovation and income, according to a report released last week.

The report ranks 54 countries where English is not a native language, with the top five being Sweden, Denmark, the Netherlands, Finland and Norway. The bottom five were Colombia, Panama, Saudi Arabia, Thailand and Libya.

The results were based on a survey of 1.7 million adults on five continents and released by Education First, an international education company based in Switzerland.

“English is key to innovation and competitiveness,” Michael Lu, senior vice president of Education First, said in the report.

Italy, Spain and Portugal were being held back by the fact that they had some of the poorer English skills in Europe, the report said. In the BRIC grouping, India was ranked the highest, at 14th. It was followed by Russia at 29th, China at 36th and Brazil at 46th.

Women generally scored better than men, and the gender gap was widest in the Middle East and North Africa, according to the report.

SYNTHÈSE
La quatrième édition de l’EF EPI classe 63 pays et territoires en fonction du niveau de compétence en anglais des adultes.
En 2014, la langue anglaise est de plus en plus considérée comme une compétence de base dans une économie mondialisée. Cependant, les différents pays adoptent des approches de l’enseignement de l’anglais bien différentes, avec leurs propres préoccupations, contraintes et solutions. Dans certains cas, un événement international, tel que les Jeux olympiques ou la Coupe du monde, constitue une plate-forme d’initiatives d’apprentissage pour les adultes. Dans d’autres cas, les pressions économiques encouragent les pays à utiliser l’anglais comme catalyseur d’internationalisation et de croissance. Aujourd’hui, tous les pays tentent de déterminer si l’anglais représente une menace pour leur langue nationale, évaluent les moyens de former assez d’enseignants pour créer de nouvelles initiatives dans les salles de classe et s’efforcent autant que possible de mettre en place des outils d’évaluation adéquats.

Alors que la discussion sur l’enseignement de l’anglais fait rage au sein des ministères de l’éducation, des parents investissent dans des programmes périscolaires destinés à élever le niveau d’anglais de leurs enfants, des étudiants diplômés migrent à l’étranger, des professionnels ambitieux passent leurs soirées à étudier en ligne et des entreprises octroient des primes aux candidats maîtrisant correctement l’anglais. Un écart considérable subsiste toujours entre l’apprentissage de la langue anglaise dispensé par la plupart des systèmes scolaires et les attentes des parents, des étudiants et des employeurs.

Dans cette quatrième édition de l’indice de compétence en anglais EF, de nombreuses tendances régionales et démographiques examinées dans les éditions précédentes se confirment. L’élaboration de l’indice international annuel comporte une mise à jour de l’analyse des niveaux d’anglais régionaux et de l’écart des compétences en langue anglaise entre les sexes et les générations. Les dernières données indiquent que :
On assiste globalement à un accroissement des compétences en anglais des adultes, bien que cette augmentation soit loin d’être uniforme dans tous les pays et au sein de toutes les populations.
Les femmes parlent mieux anglais que les hommes dans presque tous les pays sondés. Cet écart de compétences constaté est suffisamment important pour avoir des répercussions sur l’emploi. Pour y remédier, il convient tout d’abord de bien comprendre les causes de la faible maîtrise de l’anglais au sein de la population masculine.

Dans le monde, les adultes en milieu de carrière maîtrisent mieux l’anglais que n’importe quelle autre tranche d’âge. Cette constatation soulève des questions quant à la préparation des jeunes diplômés au marché du travail. Elle démontre également que les adultes peuvent améliorer leurs compétences en-dehors d’un cadre scolaire traditionnel.

Le niveau d’anglais en Europe reste bien plus élevé que dans les autres régions et continue de progresser.

Les pays asiatiques présentent un large éventail de niveaux de compétences, d’élevé à très faible, avec à la fois des progrès spectaculaires et une stagnation persistante.

Dans presque tous les pays d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, la maîtrise de l’anglais est faible, voire très faible. Bien que l’on assiste à une amélioration dans quelques pays de ces régions, ce n’est pas le cas pour la plupart.

Il existe des corrélations solides entre la maîtrise de l’anglais et les revenus, la qualité de vie, l’activité commerciale, l’utilisation d’internet et la durée des études. Ces corrélations sont remarquablement stables au fil du temps.

L’ANGLAIS FACILITE LES AFFAIRES
Un meilleur niveau d’anglais facilite les affaires. Partout dans le monde les entreprises traitent de plus en plus d’affaires en anglais. Celles qui ne le font pas risquent de rester en marge derrière leurs concurrents.

ACTIVITÉ COMMERCIALE EN ANGLAIS
La banque mondiale et l’indice Ease of Doing Business de l’International Finance Corporation classent les environnements réglementaires des économies dans le monde en fonction de leur propension à mettre en place et à exploiter une relation professionnelle. L’indice comporte dix sous-indices, parmi lesquels : la facilité à créer une entreprise, l’exercice d’une activité commerciale transfrontalière, l’exécution des contrats et la résolution de l’insolvabilité. Une très bonne maîtrise de l’anglais facilite également les relations commerciales.

Dans les pays où l’anglais n’est pas une langue officielle, sa bonne maîtrise facilite la mise en place d’une activité commerciale. Aujourd’hui dans le monde, l’anglais est de plus en plus utilisé pour les activités professionnelles des entreprises. Un nombre croissant d’entreprises (p. ex., Rakuten, Nokia, Samsung et Renault) adoptent l’anglais en tant que langue d’entreprise. Celles qui refusent de le faire risquent de se trouver à la traîne par rapport à leurs concurrents.

INVESTIR DANS UNE MAIN D’ŒUVRE MAÎTRISANT L’ANGLAIS
Dans un environnement toujours plus international, les entreprises se tournent vers les marchés mondiaux à la recherche de revenus, d’efficacités opérationnelles et de partenariats stratégiques. La capacité à communiquer et à comprendre les cultures étrangères contribue à la réussite de l’expansion des entreprises à l’étranger. Aujourd’hui, l’anglais est devenu le moyen de communication international le plus courant. Plusieurs raisons expliquent pourquoi la maîtrise de la langue anglaise mène à une compétitivité internationale accrue pour une entreprise.

UNE EXPANSION RÉUSSIE À L’ÉTRANGER
La mondialisation pousse un nombre croissant d’entreprises à s’étendre au-delà de leurs frontières et à internationaliser leur manière de faire des affaires. Une enquête de JPMorgan Chase a révélé que 61 % des entreprises du marché intermédiaire ont été très actives sur les marchés internationaux en 2013, jusqu’à 58 % en 2012 et 43 % en 2011. La communication entre les entreprises et leurs clients, collègues, fournisseurs et partenaires en-dehors du marché national est de plus en plus courante. Les entreprises qui prospèrent dans de telles conditions sont celles dont les employés possèdent les compétences et la formation leur permettant de communiquer efficacement au-delà des frontières.

LA MINIMISATION DES PERTES LIÉES AUX PROBLÈMES DE COMMUNICATION
Selon un sondage de l’Economic Intelligence Unit (EIU), près de la moitié des 572 cadres de sociétés multinationales dans le monde a reconnu que des problèmes de communication ont entravé de grands accords internationaux et ont entraîné par là même des pertes importantes pour leurs entreprises. Ce pourcentage est bien plus élevé pour les cadres des entreprises brésiliennes et chinoises : respectivement 74% et 61% d’entre eux ont reconnu avoir subi de telles pertes.

La conclusion est claire : la langue et les différences culturelles sont des obstacles au succès professionnel. D’après cette étude de l’EIU, 64 % des chefs d’entreprise ont déclaré que les différences linguistiques et culturelles rendent difficile l’implantation de leur entreprise sur les marchés étrangers et que les différences culturelles ont nui à leurs objectifs d’expansion internationale. En outre, 70 % ont déclaré rencontrer parfois des difficultés lors des communications avec les actionnaires.

DE MEILLEURS RÉSULTATS
Presque 90 % des cadres interrogés par l’EIU ont déclaré qu’une amélioration de la communication transfrontalière dans leur entreprise permettrait d’augmenter de manière significative à la fois leurs revenus, leurs bénéfices et leur part de marché, avec de meilleures opportunités d’expansion et moins de pertes relatives aux débouchés commerciaux. Selon une autre étude, menée par Illuminas en 2014, une augmentation des ventes a été constatée pour 79 % des décideurs d’entreprises mondiales ayant investi dans la formation en anglais de leur personnel. Parmi les autres avantages commerciaux, on dénombre une meilleure communication entre les salariés, une productivité plus intense de l’effectif et une plus grande satisfaction de la clientèle.

ANGLAIS ET COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE
Dès la première édition de l’EF EPI sont apparues de solides corrélations entre les niveaux de compétence en anglais d’un pays et un certain nombre
d’indicateurs économiques et sociaux.Historiquement, le fait de parler une seconde langue, ou, plus précisément, de parler une seconde langue d’importance notable, a toujours été le marqueur d’une élite sociale et économique. L’Empire britannique et l’expansion économique des États-Unis ont permis d’étendre l’influence de l’anglais. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, l’anglais a remplacé le rôle joué autrefois par le français en tant que marqueur de la classe aristocratique instruite. Cependant, la mondialisation, l’urbanisation et Internet ont radicalement changé le rôle de l’anglais ces 20 dernières années. Aujourd’hui, la maîtrise de l’anglais est de moins en moins associée à une élite et n’est plus, comme autrefois, liée aux États-Unis ou au Royaume-Uni. L’anglais devient progressivement une compétence de base nécessaire pour l’ensemble d’une main d’œuvre, tout comme l’alphabétisation est passée, au cours des deux derniers siècles, de privilège d’élite à pré requis de base d’une population éclairée.

UNE BONNE MAÎTRISE DE L’ANGLAIS EST SYNONYME DE REVENUS PLUS ÉLEVÉS
L’anglais est un élément essentiel dans la détermination de l’accès à l’emploi. En Inde par exemple, les employés parlant couramment l’anglais gagnent en moyenne un salaire horaire plus élevé de 34 % par rapport à ceux ne le parlant pas ; même les salariés ayant des connaissances rudimentaires en anglais ont un salaire plus élevé de 13 % par rapport à ceux n’ayant aucune connaissance de cette langue.

L’interaction entre la maîtrise de l’anglais et le revenu national brut par habitant sous-entend l’existence d’un cercle vertueux, par lequel l’amélioration de la langue anglaise fait augmenter les salaires, ce qui permet aux gouvernements et aux individus d’investir plus d’argent dans la formation en anglais. Pour l’anecdote, cette relation s’applique également à l’échelle micro-économique : une bonne maîtrise de la langue anglaise permet aux individus d’obtenir de meilleurs emplois et d’améliorer leur niveau de vie.

Voir par ailleurs:

Le chômage baisse dans la plupart des pays européens… mais pas en France
Marie Bartnik
Le Figaro
05/01/2015

Le nombre de chômeurs a baissé en Espagne en 2014, pour la deuxième année consécutive. Une baisse du chômage est également observée au Royaume-Uni, en Irlande ou en Grèce… Mais pas en France, en Italie et en Finlande.

En Europe, la France fait désormais figure de triste exception. Alors que l’Hexagone a recensé 27.400 chômeurs supplémentaires en novembre et 181.000 depuis le début de l’année, la plupart de ses voisins peuvent se targuer d’avoir inversé la fameuse «courbe du chômage». Avec 253.000 chômeurs de moins en 2014, l’Espagne fait figure, elle, de bonne élève. Mais ces derniers mois, l’Allemagne, l’Irlande, la Grèce, les pays baltes, les Pays-Bas, la Pologne ou encore le Royaume-Uni ont tous enregistré une baisse de leur taux de chômage, selon Eurostat. Et si le taux de chômage portugais est légèrement remonté en octobre et en novembre, il s’établit à 13,9%, contre plus de 15% l’anée dernière. Une spirale positive dont ne bénéficie pas la France, l’Italie ou encore la Finlande.

En cause, dans ces pays, une croissance atone qui peine à créer de l’emploi. Alors que le PIB français, au deuxième trimestre, a stagné sur un an, celui de l’Irlande a progressé, sur la même période, de 6,5%, celui du Royaume-Uni de 3,2%, celui de l’Espagne de 1,2% et celui du Portugal de 0,9%. «Dans les pays anglo-saxons, les principaux freins pesant sur la demande semblent à présent levés», note l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. Le reste de la zone euro reste pénalisé par une demande intérieure en berne. Mais la France, l’Italie et la Finlande réalisent des performances particulièrement négatives (respectivement 0%, -0,4% et -0,1%). Difficile, dans ces conditions, de faire baisser le chômage de part et d’autres des Alpes.

Contrats zéro heures
Les pays du Sud de l’Europe – la Grèce, l’Espagne et le Portugal- engrangent aussi le fruit des réformes engagées pendant la crise. Pris dans la tourmente financière ces dernières années, ils ont renforcé la compétitivité de leurs économies. L’Espagne a par exemple réformé son marché du travail, facilitant les licenciements comme les baisses de salaires. Pour créer des emplois, une croissance moins forte qu’avant la crise y est aujourd’hui nécessaire. La piste de la modération salariale a également été empruntée par Lisbonne. Quant à la Grèce, elle retrouve le chemin de la croissance après plusieurs années de réformes drastiques et douloureuses. Le taux de chômage n’en reste pas moins extrêmement élevé.

Dans plusieurs pays européens, la baisse du chômage ne va d’ailleurs pas sans contreparties. Au Royaume-Uni, où il ne dépasse pas 6%, les contrats de travail ultra-flexibles, comme les contrats «zéro heure» (le salarié peut être convoqué à la dernière minute) se sont développés, et avec eux le nombre de travailleurs pauvres en situation précaire. «En Espagne, outre la baisse des salaires, les contrats de travail à temps temporaires et à temps partiel ont progressé. Mais avec un taux de chômage qui culmine encore à près d’un quart de la population active, difficile pour les Espagnols de refuser une opportunité de travailler…

Les 10 commandements de l’apprentissage des langues
Le Café du FLE

Kató Lomb (née à Pécs le 8 février 1909 et morte à Budapest le 9 juin 2003) était une traductrice, linguiste et interprète hongroise.
Elle a appris 17 langues (!) tout au long de sa vie.
Comme elle était plutôt expérimentée dans ce domaine, elle nous a laissé les 10 commandements de l’apprentissage d’une langue étrangère. Vous êtes prêts ? C’est parti !

I – Pratique tous les jours
Pas le temps ? Mais si, voyons.
Il suffit par exemple de se lever un tout petit peu plus tôt tous les jours et de se lancer dans un monologue de 10 minutes.
II – Si ton enthousiasme fléchit, ne force pas, n’abandonne pas tout mais bascule.
Ex : Tu apprends le français et n’en peux plus de cet article et de chercher dans le dictionnaire. Fais une pause en écoutant une chanson francophone que tu apprécies.
III – N’apprends pas de mots isolés. Ne les laisse jamais seuls.
Il vaut mieux apprendre directement des groupes de mots ou des phrases.
IV – Note des éléments de phrases dans la marge des textes que tu lis.
Ils formeront autant d’éléments complets à réutiliser lors des prises de paroles ou lors d’une rédaction.
V – Lorsque tu es fatigué(e), utilise le divertissement pour continuer d’avancer
On peut toujours être en train de pratiquer linguistiquement : par exemple, traduire une publicité dans le bus.
VI – Mémorise seulement le contenu qui a été corrigé par un enseignant.
VII – Mémorise les expressions idiomatiques à la première personne du singulier.
Cette habitude a deux avantages : ne pas tergiverser dans la prise de notes et rendre facilement utilisable l’expression pour plus tard.
VIII – Sois convaincu(e) que tu es fort(e) en langue ! Quand ça ne marche pas, c’est que les connaissances sont en train de se construire, de faire leur chemin, de se mettre en place !
IX – Ne crains pas les erreurs, parle. Parle en demandant à ton interlocuteur de te corriger. Dis-lui que tu apprécies le fait d’être corrigé(e), que tu ne seras pas vexé(e).
X – Une langue étrangère est un château. Il faut l’attaquer de toutes parts, et avec toutes les armes : la radio, les conversations, les manuels, le ciné, le journal, la télé, la radio !

Voir encore:

Gestuelle de l’enseignant : « Le geste permet d’accéder au sens et renforce la mémorisation lexicale ». Entretien avec Marion Tellier
Café du FLE

Bonjour Marion, pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Bonjour. J’ai commencé par faire des études d’anglais. Après une maîtrise de littérature britannique, j’ai fait une maîtrise FLE car je voulais enseigner les langues. Après cela, j’ai poursuivi en DEA (l’ancien équivalent du Master 2 recherche) où j’ai commencé à travailler sur la gestuelle des enseignants de langue. Ce sujet m’a passionnée et comme il y avait peu de travaux sur le sujet, j’ai poursuivi avec un doctorat de linguistique, obtenu en 2006. J’ai ensuite été recrutée comme maître de conférences en didactique des langues à Aix Marseille Université où j’enseigne la didactique et les études de la gestuelle. Je suis également membre du Laboratoire Parole et Langage du CNRS.

Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la gestuelle ?

J’étais enseignante de FLE et d’anglais et je voyais bien que le geste était une technique pédagogique très pertinente notamment pour l’accès au sens et pour la mémorisation lexicale. Cependant, quand j’ai cherché des informations sur le sujet, j’ai constaté qu’il y avait très peu d’études. Dans les ouvrages pédagogiques ou dans les instructions officielles, on conseille souvent aux enseignants de « faire des gestes » mais personne n’explique comment ni pourquoi. Et surtout aucune étude n’avait cherché à montrer si c’était efficace. Alors, j’ai essayé de le faire.

Pour illustrer cet entretien, auriez-vous 3 techniques à essayer en classe pour les enseignants qui nous lisent ?

Il faut déjà expliquer de quoi il est question lorsque l’on parle de gestes pédagogiques. Il s’agit de la façon dont un enseignant utilise son corps pour faire passer du sens en langue étrangère. Au lieu de traduire ce qu’il dit dans la langue première des apprenants, il utilise son corps pour véhiculer du sens. Par exemple pour expliquer « conduire », je vais mimer le fait de tenir un volant, pour dire « travaillez par groupes de 3 », je vais faire un geste de rassemblement et indiquer le chiffre 3. Ou encore, pour féliciter un apprenant qui a bien répondu, je vais sourire et acquiescer, peut-être même applaudir. On peut donc utiliser les mains, les postures, la tête, le visage, etc.

La première chose à savoir, c’est que pour que la gestuelle soit efficace, elle doit être visible. L’enseignant est comme un acteur sur une scène de théâtre, il doit être vu et entendu de tous. Donc, de la même façon que l’on projette sa voix pour être entendu, on doit produire une gestuelle ample et dans le champ de vision des apprenants pour être vu. Il faut aussi éviter de parler en se tournant vers le tableau, de restreindre ses gestes, par exemple en tenant des feuilles de papier ou un livre des deux mains.

La deuxième chose est importante notamment lorsque l’on enseigne à des apprenants qui n’appartiennent pas à notre culture (par exemple lorsque l’on est un enseignant de FLE natif). Il faut savoir que certains gestes (pas tous, attention) sont marqués culturellement et s’ils ont une signification pour nous, ils n’en ont pas forcément pour les membres d’une autre culture. On appelle ces gestes des « emblèmes », ils ont une forme fixe et chaque culture en possède un répertoire d’environ 200, ils sont un peu comme des expressions idiomatiques gestuelles. Des gestes typiquement français que l’on peut citer en exemple sont ceux qui vont avec les expressions : « être bourré », « passer sous le nez », « c’est rasoir », « mon œil », etc. Il peut aussi arriver que le même geste existe dans deux cultures avec deux sens différents et là, bonjour les situations d’incompréhension !!! Voici quelques exemples que des enseignants de FLE m’ont rapportés : « En fait, ce sont mes élèves qui ont été choqués quand j’ai utilisé le geste « Dépêchez-vous ! « . Au Mexique, cela fait plutôt penser à une invitation à des relations intimes. » / « Dans un cours de langue, une étudiante indienne me faisait un signe de tête qui à mon sens signifiait « non » à chaque fois que je demandais si elle avait compris. J’ai réexpliqué trois fois avant de lui demander ce qu’elle ne comprenait pas (car ce n’était pas difficile) et elle s’est exclamée : ‘Mais ça fait trois fois que je vous dis que j’ai compris !’ »

Comme on peut le voir dans ces deux exemples, le même geste a des significations différentes entre les cultures, ce genre de quiproquo peut être une très bonne occasion d’aborder le sujet des emblèmes comme contenu de cours (notamment dans une perspective interculturelle).

Troisième chose, et là je reviens sur le geste pédagogique du type « mime », il faut savoir que le geste peut avoir un impact sur la mémorisation du lexique ou de la prononciation. Lorsque vous faîtes des gestes pour expliquer un mot ou pour montrer un contour prosodique, vos apprenants visuels et kinesthésiques (c’est-à-dire la majorité de vos apprenants) en bénéficient grandement. Plusieurs études et notamment une que j’ai faite avec des enfants, montrent que le fait de reproduire un geste en répétant un mot renforce la mémorisation lexicale. Ainsi, si on fait répéter le mot « livre » en mimant l’ouverture et la fermeture d’un livre avec les mains jointes, la mémorisation en sera renforcée. Bien sûr, ça marche surtout pour les mots concrets.
Comment peut-on en savoir plus sur ce thème et sur vos travaux ?

J’ai un blog « Sur le bout des doigts » où j’annonce les conférences et formations que je donne ainsi que mes publications.

Et surtout ma page professionnelle où tous mes articles sont en ligne gratuitement.

Et voici un ouvrage sur le corps et la voix de l’enseignant écrit avec Lucile Cadet  !

Merci Marion et à bientôt !

Merci à vous !

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