Langues: L’anglais est-il autre chose qu’un pidgin français qui a réussi ? (Why English is so hard: it’s the French’s fault, stupid !)

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À la Cour, ainsi que dans les châteaux des grands seigneurs, où la pompe et le cérémonial de la Cour étaient imités, la langue franco-normande était la seule en usage ; dans les tribunaux, les plaidoyers et les arrêts étaient prononcés dans la même langue ; bref, le français était la langue de l’honneur, de la chevalerie et même de la justice ; tandis que l’anglo-saxon, si mâle et si expressif, était abandonné à l’usage des paysans et des serfs, qui n’en savaient pas d’autre. Peu à peu, cependant, la communication obligée qui existait entre les maîtres du sol et les êtres inférieurs et opprimes qui cultivaient ce sol, avait donné lieu à la formation d’un dialecte composé du franco-normand et de l’anglo-saxon, dialecte à l’aide duquel ils pouvaient se faire comprendre les uns des autres, et de cette nécessité se forma graduellement l’édifice de notre langue anglaise moderne, dans laquelle l’idiome des vainqueurs et celui des vaincus se trouvent confondus si heureusement, et qui a été si heureusement enrichie par des emprunts faits aux langues classiques et à celles que parlent les peuples méridionaux de l’Europe. 
Eh bien ! reprit Wamba, comment appelez-vous ces animaux grognards, qui courent là-bas sur leurs quatre jambes ? Des pourceaux, bouffon, des pourceaux, dit Gurth ; le premier idiot venu sait cela. Et pourceaux, c’est du bon saxon, dit le railleur. Mais comment appelez-vous la truie, quand elle est écorchée et coupée par quartiers et suspendue par les talons comme un traître ? Du porc, répondit le pâtre. Je suis heureux de reconnaître aussi que tous les idiots savent cela, dit Wamba ; or, un porc, je pense, est du bon normand-français, de sorte que, tant que la bête est en vie et sous la garde d’un serf saxon, elle porte son nom saxon ; mais elle devient normande et on l’appelle porc quand elle est portée au château pour faire réjouissance aux seigneurs. Que dis-tu de cela, ami Gurth, hein ? Cette doctrine n’est que trop vraie, ami Wamba, de quelque manière qu’elle soit entrée dans ta folle tête. Oh ! je puis t’en dire davantage encore, fit Wamba sur le même ton. Vois ce vieux bailly l’ox, il continue à porter son nom saxon tant qu’il est sous la garde de serfs et d’esclaves tels que toi ; mais il devient beef, c’est-à-dire un fougueux et vaillant Français, quand on le place sous les honorables mâchoires qui doivent le dévorer ; monsieur calf aussi devient monsieur le veau de la même façon ; il est Saxon tant qu’il lui faut nos soins et nos peines, et il prend un nom normand aussitôt qu’il devient un objet de régal. Par saint Dunstan ! s’écria Gurth, tu ne dis là que de tristes vérités. On ne nous laisse à peu près que l’air que nous respirons, et on paraît nous l’avoir accordé en hésitant fort, et dans le seul but de nous mettre à même de porter le fardeau dont on charge nos épaules. Tout ce qui est beau et gras est pour les tables des Normands ; les plus belles sont pour leurs lits, les plus braves pour les armées de leurs maîtres à l’étranger, et ceux-là vont blanchir de leurs ossements les terres lointaines, ne laissant ici qu’un petit nombre d’hommes qui aient, soit la volonté, soit le pouvoir de protéger les malheureux Saxons. Walter Scott (Ivanhoe, 1820)
Le nom « Boko Haram » signifie « L’éducation occidentale est un péché ». Boko (de book, « livre » en anglais, mais l’explication est contestée) est un alphabet latin, créé par les autorités coloniales anglaises (principalement) et françaises, pour transcrire la langue haoussa et, par dérivation, il désigne l’école laïque. Haram est un mot arabe signifiant « interdit » ou « illicite » dans l’islam. Wikipedia
L‘anglais ? Ce n’est jamais que du français mal prononcé. Clémenceau
Un Anglais a la bouche pleine d’expressions empruntées […]. Il emprunte continuellement aux langues des autres. Daniel Defoe
La licence arrivée avec la Restauration qui, après avoir infecté notre religion et nos mœurs, en est venue à corrompre notre langue. Jonathan Swift
Nos guerriers s’emploient activement à propager la langue française, alors qu’ils se couvrent de gloire en écrasant cette puissance. The Spectator (guerre de Succession d’Espagne)
Outre la tragédie qu’a représentée l’expropriation de la vielle aristocratie anglaise, l’effet sans doute le plus regrettable de la conquête fut l’éclipse presque totale de l’anglais vernaculaire comme langue de la littérature, du droit et de l’administration. Remplacé dans les documents officiels et autres par le latin, puis de plus en plus dans tous les domaines par le franco-normand, l’anglais écrit n’est quasiment pas réapparu avant le XIIe siècle. Encyclopaedia Britannica (américaine)
Pour nous autres Anglais, la conquête normande n’a presque aucun secret. Nous sommes fiers d’y voir le dernier exemple d’invasion réussie de l’Angleterre. La date emblématique, 1066, a coulé dans le lait de notre mère. Bouche bée, le souffle coupé, les enfants continuent de se voir raconter, à la maison ou en voyage scolaire à Bayeux, l’histoire du roi anglo-saxon Harold, tué d’une flèche dans l’œil à la bataille de Hastings. Mais même si la psyché anglaise a intégré dans son subconscient l’idée que le féodalisme et une classe dirigeante francophone – clergé, noblesse, marchands et administrateurs – sont alors venus se superposer à la société anglo-saxonne, la question linguistique reste, elle, curieusement camouflée. Personne ne reconnaît vraiment – chuchotez-le ! – qu’autrefois les Anglais parlaient français. Jon-Kriss Mason
Le terme de pidgin (nom masculin) désigne différentes langues véhiculaires simplifiées créées sur le vocabulaire et certaines structures d’une langue de base, en général européenne (anglais, espagnol, français, néerlandais, portugais, etc.) Les linguistes distinguent le pidgin du créole en fonction du niveau de structuration de la langue. Toutefois, il est courant de réserver le terme « pidgin » aux langues issues de l’anglais et le terme « créole » aux langues issues du français. C’est cependant un emploi abusif. (…) Le mot pidgin proviendrait du mot business en pidgin anglo-chinois. D’abord utilisé pour désigner celui-ci, il s’est ensuite généralisé à toutes les langues de contact aux caractéristiques comparables. Le pidgin est considéré par les sociolinguistes comme une langue d’appoint. Wikipedia
Par jargon ou pidgin, terme plus technique, on entend un système d’expression qui fonctionne en dehors de la grammaire interne innée. Un pidgin comporte un vocabulaire, mais les éléments de celui-ci, de forme souvent peu stable, sont assemblés, non selon les principes qui règlent les syntaxes des langues naturelles, mais selon d’autres principes, plus primitifs peut-être, plus pragmatiques en tout cas. Pour certains auteurs (…), ces principes définiraient le « protolangage », faculté antérieure au langage dans l’évolution de l’espèce humaine, que l’émergence de ce dernier n’a pas supprimée, mais a reléguée aux situations d’urgence où le langage complexe, entravé par sa diversité, ne marche plus. Des adultes peuvent s’en contenter, mais pas des enfants. Voilà l’articulation cruciale de la théorie: les enfants pré-pubères se distinguent des adolescents et des adultes par le fait que leur capacité d’acquisition linguistique, qui n’est pas autre chose que leur faculté de langage ou grammaire interne même, est en pleine activité, elle n’a pas encore été frappée d’inhibition. Pour cette capacité, le pidgin qu’ils se voient contraints de reprendre de leurs aînés – car c’est le seul médium commun – n’est pas assimilable puisqu’il n’a pas de grammaire, ou du moins pas une grammaire conforme à la grammaire interne. La tâche des enfants – qu’ils accomplissent bien sûr « sans y penser » – consiste donc à conformer le pidgin aux prescriptions de la grammaire interne, par définition la même chez tous, créant ainsi un créole, c’est-à-dire une nouvelle langue naturelle. On prendra garde que certaines langues sont appelées par tradition des pidgins, qui sont en réalité des créoles ou des pidgins dits « développés » (expanded pidgins) qui, pour manquer de locuteurs natifs, n’en sont pas moins de vraies langues. Le Pidgin English ou tok pisin de Papouasie-Nouvelle-Guinée en est un cas typique. Véronique Khim
Le développement d’une langue étant fonction de la puissance politique, militaire et économique des peuples qui la parlent, les écrivains francophones et les penseurs de langue française dont les œuvres ne sont pas traduites en anglais sont, de fait, de plus en plus isolés sur la scène mondiale. Aujourd’hui, la langue des affaires multinationales, des transports, des états-majors, de la finance, de la publicité, des organisations internationales est l’anglo-américain. L’anglo-américain est également la langue des images, du cinéma, des grands médias électroniques, de la world music. Elle est le véhicule privilégié de la seule culture populaire dont le rayonnement aujourd’hui est véritablement global. C’est aussi la langue des grands sports de masse, à l’exemple du basket-ball, voire, plus près de nous, du football, du cricket ou du rugby. Mais par anglo-américain, il faut bien comprendre tous les dialectes de transaction qui, sous l’appellation générique de l’anglais, participent à la création d’un immense monde créole et cosmopolite de Mumbai en Inde à Kingston en Jamaïque, du Bronx (New York) à Lagos au Nigeria, de Karachi (Pakistan) à Toronto (Canada), de Sydney en Australie à Johannesburg (Afrique du Sud) et Nairobi (Kenya). (…) Pour renaître au monde qui se construit sous nos yeux, et qui est très différent du monde ancien, chaque grande langue est appelée à se dénationaliser ou, si vous voulez, à se vernaculariser. Or, de ce point de vue, le plus grand obstacle au développement de la langue française dans le monde aujourd’hui est ce qu’il faut bien appeler le narcissisme culturel français et son corollaire, le parisianisme. Je veux dire que la France a toujours pensé le français en relation avec une géographie imaginaire qui faisait de la France le centre du monde. Au cœur de cette géographie mythique, la langue française était supposée véhiculer, par nature et par essence, des valeurs universelles. Sa tache était de représenter la pensée qui, se mettant à distance d’elle-même, se réfléchit et se pense elle-même. Dans cet éclat lumineux devait se manifester une certaine démarche de l’esprit – celle qui, dans un mouvement ininterrompu, devait conduire au triomphe de la raison humaine. On le sait, ce rapport quasi-métaphysique à la langue s’explique par la double contradiction sur laquelle repose l’Etat-nation français. Il s’agit de la tension entre le cosmopolitisme et l’universalisme. Cette tension, je pense, est au fondement du narcissisme culturel français. Or, le triomphe de l’anglo-américain comme langue dominante du monde contemporain devrait entraîner la réalisation selon laquelle à trop nationaliser le français, on finit nécessairement par faire de cette langue un idiome local, sans grand intérêt pour le monde au large. Il est tout à fait significatif qu’à Paris, à la télévision, dans les grandes maisons d’édition et dans les grandes institutions culturelles, l’on continue de penser et d’agir comme si la France avait l’exclusive propriété d’une langue dont on sait par ailleurs qu’elle est aujourd’hui davantage parlée hors de France que dans l’Hexagone. L’on tarde donc à comprendre qu’elle est désormais une langue au pluriel qui, en se déployant hors de l’Hexagone, s’est enrichie, s’est infléchie et a pris du champ par rapport à ses origines. Je crois donc que si l’on veut aller loin et ouvrir un futur à la langue française, il faut définitivement sortir de l’illusion selon laquelle elle appartient à la France. Il faut, par exemple, ouvrir l’Académie française à des non Français. Il faut dénationaliser les instances qui accordent les grands prix littéraires aux meilleures œuvres du genre. Il faut inviter aux grandes émissions littéraires les Alain Mabanckou, Véronique Tadjo, Ken Bugul, Abdourahman Waberi, Samy Tchak, Efoui Kossi et ainsi de suite – les auteurs des banlieues, ceux et celles de la Réunion, de la Martinique, de la Guadeloupe. Il faut décloisonner non seulement les prix, mais aussi les genres artistiques francophones, favoriser les métissages et les collaborations entre créateurs français et francophones ; en matière cinématographique, donner la voix autant à un Basseck ba Kobhio qu’à une Eliane de la Tour au lieu de continuer de les opposer quand il s’agit des mécanismes de financement. Faisons donc comme les Anglais avec le Booker Prize par exemple ! Que les grands quotidiens et hebdomadaires et les grandes institutions culturelles accordent toute l’attention qu’il faut, non pas seulement à la pensée française, mais à la pensée de langue française. Achille Mbembe
Un poème écrit par Gérard Nolst Trenite, hollandais connu sous le pseudonyme de Charivarius ( 1870-1946) est une démonstration de toutes les exceptions et irrégularités de la langue anglaise entre l’orthographe et la prononciation . Ce poême est tiré du livre : Drop Your Foreign Accent: engelsche uitspraakoefeningen (…) Le Chaos représente un exploit de virtuose en composition, un catalogue de mammouth d’Environ 800 des irrégularités les plus les plus célèbres d’orthographe anglaise traditionnelle, habilement versifiée (si avec quelques lignes maladroites) dans des distiques avec l’alternance de rimes féminines et masculines. La sélection d’exemples apparaît maintenant quelque peu désuète, tout comme quelques-unes de leurs prononciations, en effet quelques mots peuvent même être inconnus aux lecteurs d’aujourd’hui (combien à savoir ce qu’ « une studding-voile » est, ou que sa prononciation nautique est « stunsail » ?) . Le poids de la poésie représente un acte d’accusation aussi valable du chaos orthographique en anglais. La créature la plus chère dans création » s’adressant à la première ligne, est comme « Susy  » à la ligne 5. Ce pourrait être une anonyme quoiqu’une version ronéotypée de la poésie appartenant à Harry Cohen soit consacrée « à Mlle Susanne Delacroix, Paris ». Vraisemblablement elle fut l’une des étudiantes de Nolst Trenité. Chris Upward

L’anglais est-il autre chose qu’un pidgin français qui a réussi ?

A l’heure où, outre-Atlantique, la traduction anglaise du pavé d’un économiste français – néo-marxiste de surcroit ! – caracole en tête des ventes

Et où, semant le chaos dans le plus grand pays africain, une bande de psychopathes en sont sous les couleurs de la religion la plus rétrograde de la planète à déclarer péché le dernier lien qui les rattachait encore à la civilisation, à savoir l’alphabet latin et l’éducation que leur avaient légué leurs colonisateurs anglais …

Pendant que, malgré les efforts de plus en plus pathétiques du landerneau germanopratin, la langue de Guillaume continue sa dénationalisation

Démonstration avec cette véritable ode à la difficulté de l’anglais qui circule sur l’internet

A savoir le Chaos, le fameux poème de 1922 du néerlandais Gérard Nolst Trenité qui compile quelque 800 des irrégularités les plus les plus célèbres de l’orthographe anglaise traditionnelle …

Et confirmation d’un des secrets les mieux gardés des deux côtés de la Manche …

A savoir, comme nous le rappelions il y a quelques années, qu’avec plus de 85% de vocabulaire d’origine française ou latine

Mais aussi de toutes sortes d’apports ramenés des quatre coins de l’Empire où le soleil ne se couchait jamais …

Et à peine 60% de correspondance phonique …

La langue de Shakespeare n’est en fait qu’un pidgin français qui a réussi au-delà de toutes les espérances …

The Chaos by Gerard Nolst Trenité

This is a classic English poem containing about 800 of the worst irregularities in English spelling and pronunciation.

Gerard Nolst Trenité – The Chaos (1922)

Dearest creature in creation
Studying English pronunciation,
   I will teach you in my verse
   Sounds like corpse, corps, horse and worse.

I will keep you, Susy, busy,
Make your head with heat grow dizzy;
   Tear in eye, your dress you’ll tear;
   Queer, fair seer, hear my prayer.

Pray, console your loving poet,
Make my coat look new, dear, sew it!
   Just compare heart, hear and heard,
   Dies and diet, lord and word.

Sword and sward, retain and Britain
(Mind the latter how it’s written).
   Made has not the sound of bade,
   Saysaid, paypaid, laid but plaid.

Now I surely will not plague you
With such words as vague and ague,
   But be careful how you speak,
   Say: gush, bush, steak, streak, break, bleak ,

Previous, precious, fuchsia, via
Recipe, pipe, studding-sail, choir;
   Woven, oven, how and low,
   Script, receipt, shoe, poem, toe.

Say, expecting fraud and trickery:
Daughter, laughter and Terpsichore,
   Branch, ranch, measles, topsails, aisles,
   Missiles, similes, reviles.

Wholly, holly, signal, signing,
Same, examining, but mining,
   Scholar, vicar, and cigar,
   Solar, mica, war and far.

From « desire »: desirableadmirable from « admire »,
Lumber, plumber, bier, but brier,
   Topsham, brougham, renown, but known,
   Knowledge, done, lone, gone, none, tone,

One, anemone, Balmoral,
Kitchen, lichen, laundry, laurel.
   Gertrude, German, wind and wind,
   Beau, kind, kindred, queue, mankind,

Tortoise, turquoise, chamois-leather,
Reading, Reading, heathen, heather.
   This phonetic labyrinth
   Gives moss, gross, brook, brooch, ninth, plinth.

Have you ever yet endeavoured
To pronounce revered and severed,
   Demon, lemon, ghoul, foul, soul,
   Peter, petrol and patrol?

Billet does not end like ballet;
Bouquet, wallet, mallet, chalet.
   Blood and flood are not like food,
   Nor is mould like should and would.

Banquet is not nearly parquet,
Which exactly rhymes with khaki.
   Discount, viscount, load and broad,
   Toward, to forward, to reward,

Ricocheted and crocheting, croquet?
Right! Your pronunciation’s OK.
   Rounded, wounded, grieve and sieve,
   Friend and fiend, alive and live.

Is your r correct in higher?
Keats asserts it rhymes Thalia.
   Hugh, but hug, and hood, but hoot,
   Buoyant, minute, but minute.

Say abscission with precision,
Now: position and transition;
   Would it tally with my rhyme
   If I mentioned paradigm?

Twopence, threepence, tease are easy,
But cease, crease, grease and greasy?
   Cornice, nice, valise, revise,
   Rabies, but lullabies.

Of such puzzling words as nauseous,
Rhyming well with cautious, tortious,
   You’ll envelop lists, I hope,
   In a linen envelope.

Would you like some more? You’ll have it!
Affidavit, David, davit.
   To abjure, to perjure. Sheik
   Does not sound like Czech but ache.

Liberty, library, heave and heaven,
Rachel, loch, moustache, eleven.
   We say hallowed, but allowed,
   People, leopard, towed but vowed.

Mark the difference, moreover,
Between mover, plover, Dover.
   Leeches, breeches, wise, precise,
   Chalice, but police and lice,

Camel, constable, unstable,
Principle, disciple, label.
   Petal, penal, and canal,
   Wait, surmise, plait, promise, pal,

Suit, suite, ruin. Circuit, conduit
Rhyme with « shirk it » and « beyond it »,
   But it is not hard to tell
   Why it’s pall, mall, but Pall Mall.

Muscle, muscular, gaol, iron,
Timber, climber, bullion, lion,
   Worm and storm, chaise, chaos, chair,
   Senator, spectator, mayor,

Ivy, privy, famous; clamour
Has the a of drachm and hammer.
   Pussy, hussy and possess,
   Desert, but desert, address.

Golf, wolf, countenance, lieutenants
Hoist in lieu of flags left pennants.
   Courier, courtier, tomb, bomb, comb,
   Cow, but Cowper, some and home.

« Solder, soldier! Blood is thicker« ,
Quoth he, « than liqueur or liquor« ,
   Making, it is sad but true,
   In bravado, much ado.

Stranger does not rhyme with anger,
Neither does devour with clangour.
   Pilot, pivot, gaunt, but aunt,
   Font, front, wont, want, grand and grant.

Arsenic, specific, scenic,
Relic, rhetoric, hygienic.
   Gooseberry, goose, and close, but close,
   Paradise, rise, rose, and dose.

Say inveigh, neigh, but inveigle,
Make the latter rhyme with eagle.
   Mind! Meandering but mean,
   Valentine and magazine.

And I bet you, dear, a penny,
You say mani-(fold) like many,
   Which is wrong. Say rapier, pier,
   Tier (one who ties), but tier.

Arch, archangel; pray, does erring
Rhyme with herring or with stirring?
   Prison, bison, treasure trove,
   Treason, hover, cover, cove,

Perseverance, severance. Ribald
Rhymes (but piebald doesn’t) with nibbled.
   Phaeton, paean, gnat, ghat, gnaw,
   Lien, psychic, shone, bone, pshaw.

Don’t be down, my own, but rough it,
And distinguish buffet, buffet;
   Brood, stood, roof, rook, school, wool, boon,
   Worcester, Boleyn, to impugn.

Say in sounds correct and sterling
Hearse, hear, hearken, year and yearling.
   Evil, devil, mezzotint,
   Mind the z! (A gentle hint.)

Now you need not pay attention
To such sounds as I don’t mention,
   Sounds like pores, pause, pours and paws,
   Rhyming with the pronoun yours;

Nor are proper names included,
Though I often heard, as you did,
   Funny rhymes to unicorn,
   Yes, you know them, Vaughan and Strachan.

No, my maiden, coy and comely,
I don’t want to speak of Cholmondeley.
   No. Yet Froude compared with proud
   Is no better than McLeod.

But mind trivial and vial,
Tripod, menial, denial,
   Troll and trolley, realm and ream,
   Schedule, mischief, schism, and scheme.

Argil, gill, Argyll, gill. Surely
May be made to rhyme with Raleigh,
   But you’re not supposed to say
   Piquet rhymes with sobriquet.

Had this invalid invalid
Worthless documents? How pallid,
   How uncouth he, couchant, looked,
   When for Portsmouth I had booked!

Zeus, Thebes, Thales, Aphrodite,
Paramour, enamoured, flighty,
   Episodes, antipodes,
   Acquiesce, and obsequies.

Please don’t monkey with the geyser,
Don’t peel ‘taters with my razor,
   Rather say in accents pure:
   Nature, stature and mature.

Pious, impious, limb, climb, glumly,
Worsted, worsted, crumbly, dumbly,
   Conquer, conquest, vase, phase, fan,
   Wan, sedan and artisan.

The th will surely trouble you
More than r, ch or w.
   Say then these phonetic gems:
   Thomas, thyme, Theresa, Thames.

Thompson, Chatham, Waltham, Streatham,
There are more but I forget ’em
   Wait! I’ve got it: Anthony,
   Lighten your anxiety.

The archaic word albeit
Does not rhyme with eight-you see it;
   With and forthwith, one has voice,
   One has not, you make your choice.

Shoes, goes, does *. Now first say: finger;
Then say: singer, ginger, linger.
   Real, zeal, mauve, gauze and gauge,
   Marriage, foliage, mirage, age,

Hero, heron, query, very,
Parry, tarry fury, bury,
   Dost, lost, post, and doth, cloth, loth,
   Job, Job, blossom, bosom, oath.

Faugh, oppugnant, keen oppugners,
Bowing, bowing, banjo-tuners
   Holm you know, but noes, canoes,
   Puisne, truism, use, to use?

Though the difference seems little,
We say actual, but victual,
   Seat, sweat, chaste, caste, Leigh, eight, height,
   Put, nut, granite, and unite.

Reefer does not rhyme with deafer,
Feoffer does, and zephyr, heifer.
   Dull, bull, Geoffrey, George, ate, late,
   Hint, pint, senate, but sedate.

Gaelic, Arabic, pacific,
Science, conscience, scientific;
   Tour, but our, dour, succour, four,
   Gas, alas, and Arkansas.

Say manoeuvre, yacht and vomit,
Next omit, which differs from it
   Bona fide, alibi
   Gyrate, dowry and awry.

Sea, idea, guinea, area,
Psalm, Maria, but malaria.
   Youth, south, southern, cleanse and clean,
   Doctrine, turpentine, marine.

Compare alien with Italian,
Dandelion with battalion,
   Rally with ally; yea, ye,
   Eye, I, ay, aye, whey, key, quay!

Say aver, but ever, fever,
Neither, leisure, skein, receiver.
   Never guess-it is not safe,
   We say calves, valves, half, but Ralf.

Starry, granary, canary,
Crevice, but device, and eyrie,
   Face, but preface, then grimace,
   Phlegm, phlegmatic, ass, glass, bass.

Bass, large, target, gin, give, verging,
Ought, oust, joust, and scour, but scourging;
   Ear, but earn; and ere and tear
   Do not rhyme with here but heir.

Mind the o of off and often
Which may be pronounced as orphan,
   With the sound of saw and sauce;
   Also soft, lost, cloth and cross.

Pudding, puddle, putting. Putting?
Yes: at golf it rhymes with shutting.
   Respite, spite, consent, resent.
   Liable, but Parliament.

Seven is right, but so is even,
Hyphen, roughen, nephew, Stephen,
   Monkey, donkey, clerk and jerk,
   Asp, grasp, wasp, demesne, cork, work.

A of valour, vapid vapour,
S of news (compare newspaper),
   G of gibbet, gibbon, gist,
   I of antichrist and grist,

Differ like diverse and divers,
Rivers, strivers, shivers, fivers.
   Once, but nonce, toll, doll, but roll,
   Polish, Polish, poll and poll.

Pronunciation-think of Psyche!-
Is a paling, stout and spiky.
   Won’t it make you lose your wits
   Writing groats and saying « grits »?

It’s a dark abyss or tunnel
Strewn with stones like rowlock, gunwale,
   Islington, and Isle of Wight,
   Housewife, verdict and indict.

Don’t you think so, reader, rather,
Saying lather, bather, father?
   Finally, which rhymes with enough,
   Though, through, bough, cough, hough, sough, tough??

Hiccough has the sound of sup
My advice is: GIVE IT UP!

Phonetic version (British pronunciation)

ˌdɪəɹɪst ˈkɹiːʧəɹ ɪn kɹɪ.ˈeɪʃn̩
ˌstʌdɪ.ɪŋ ˈɪŋɡlɪʃ pɹəˌnʌnsɪ.ˈeɪʃn̩
ˌaɪ wɪl ˈtiːʧ jʊ ɪn maɪ ˈvɜːs
ˈsaʊndz laɪk ˈkɔːps ˈkɔː ˈhɔːs ənd ˈwɜːs

ˌaɪ wɪl ˈkiːp jʊ ˈsuːzɪ ˈbɪzɪ
ˌmeɪk jə ˈhɛd wɪð ˈhiːt ɡɹəʊ ˈdɪzɪ
ˈtɪəɹ ɪn ˌaɪ jə ˈdɹɛs wɪl ˈtɛə
ˈkwɪə ˌfɛə ˈsɪə ˈhɪə maɪ ˈpɹɛə

ˈpɹeɪ kənˈsəʊl jə ˈlʌvɪŋ ˈpəʊ.ɪt
ˈmeɪk maɪ ˈkəʊt ˌlʊk ˈnjuː ˌdɪə ˈsəʊ ɪt
ˌʤʌst kəmˈpɛə ˈhɑːt ˈhɪəɹ ənd ˈhɜːd
ˈdaɪz ənd ˈdaɪ.ət ˈlɔːd ənd ˈwɜːd

ˈsɔːd ənd ˈswɔːd ɹɪˈteɪn ənd ˈbɹɪtn̩
ˈmaɪnd ðə ˈlætə ˌhaʊ ɪts ˈɹɪtn̩
ˈmeɪd həz ˈnɒt ðə ˈsaʊnd əv ˈbæd
ˈseɪ ˈsɛd ˈpeɪ ˈpeɪd ˈleɪd bət ˈplæd

ˌnaʊ aɪ ˈʃɔːlɪ wɪl nɒt ˈpleɪɡ juː
ˌwɪð sʌʧ ˈwɜːdz æz ˈveɪɡ ənd ˈeɪɡjuː
ˌbʌt bɪ ˈkɛəfl̩ haʊ juː ˈspiːk
ˌseɪ ˈɡʌʃ ˈbʊʃ ˈsteɪk ˈstɹiːk ˈbɹeɪk ˈbliːk

ˈpɹiːvɪ.əs ˈpɹɛʃəs ˈfjuːshə ˈvaɪ.ə
ˈɹɛsəpɪ ˈpaɪp ˈstʌnsl̩ ˈkwaɪ.ə
ˈwəʊvn̩ ˈʌvn̩ ˈhaʊ ənd ˈləʊ
ˈskɹɪpt ɹɪˈsiːt ˈʃuː ˈpəʊ.ɪm ˈtəʊ

ˈseɪ ɪkˈspɛktɪŋ ˈfɹɔːd ənd ˈtɹɪkəɹɪ
ˈdɔːtə ˈlɑːftəɹ ˌænd tɜːpˈsɪkəɹɪ
ˈbɹɑːnʧ ˈɹɑːnʧ ˈmiːzl̩z ˈtɒpsl̩z ˈaɪlz
ˈmɪsaɪlz ˈsɪməlɪz ɹɪˈvaɪlz

ˈhəʊllɪ ˈhɒlɪ ˈsɪɡnl̩ ˈsaɪnɪŋ
ˈseɪm ɪɡˈzæmɪnɪŋ ˌbʌt ˈmaɪnɪŋ
ˈskɒlə ˈvɪkəɹ ˌænd sɪˈɡɑː
ˈsəʊlə ˈmaɪkə ˈwɔːɹ ənd ˈfɑː

ˌfɹɒm dɪˈzaɪ.ə dɪˈzaɪɹəbl̩ ˈædməɹəbl̩ fɹəm ədˈmaɪ.ə
ˈlʌmbə ˈplʌmə ˈbɪə bət ˈbɹaɪ.ə
ˈtɒpsəm ˈbɹuː.əm ɹɪˈnaʊn ˌbʌt ˈnəʊn
ˈnɒlɪʤ ˈdʌn ˈləʊn ˈɡɒn ˈnʌn ˈtəʊn

ˈwʌn əˈnɛmənɪ bælˈmɒɹəl
ˈkɪʧən ˈlaɪkən ˈlɔːndɹɪ ˈlɒɹəl
ˈɡɜːtɹuːd ˈʤɜːmən ˈwɪnd ənd ˈmaɪnd
ˈbəʊ ˈkaɪnd ˈkɪndɹəd ˈkjuː mænˈkaɪnd

ˈtɔːtəs ˈtɜːkwɔɪz ˈʃæmɪ ˌlɛðə
ˈɹiːdɪŋ ˈɹɛdɪŋ ˈhiːðn̩ ˈhɛðə
ˌðɪs fəˈnɛtɪk ˈlæbəɹɪnθ
ˌɡɪvz ˈmɒs ˈɡɹəʊs ˈbɹʊk ˈbɹəʊʧ ˈnaɪnθ ˈplɪnθ

ˈhæv jʊ ˈɛvə jɛt ɪnˈdɛvəd
tə pɹəˈnaʊns ɹɪˈvɪəd ənd ˈsɛvəd
ˈdiːmən ˈlɛmən ˈɡuːl ˈfaʊl ˈsəʊl
ˈpiːtə ˈpɛtɹəl ˌænd pəˈtɹəʊl

ˈbɪlɪt dʌz ˈnɒt ˌɛnd laɪk ˈbæleɪ
bʊˈkeɪ ˈwɒlɪt ˈmælɪt ˈʃæleɪ
ˈblʌd ənd ˈflʌd ɑː ˈnɒt laɪk ˈfuːd
ˌnɔːɹ ɪz ˈməʊld laɪk ˈʃʊd ənd ˈwʊd

ˈbæŋkwɪt ɪz ˌnɒt ˈnɪəlɪ ˈpɑːkeɪ
ˌwɪʧ ɪɡˈzæktlɪ ˈɹaɪmz wɪð ˈkɑːkɪ
ˈdɪskaʊnt ˈvaɪkaʊnt ˈləʊd ənd ˈbɹɔːd
ˈtəʊ.ədd tə ˈfɔːwəd tə ɹɪˈwɔːd

ˈɹɪkəʃeɪd ˌænd ˈkɹəʊʃeɪɪŋ ˈkɹəʊkɪ
ˈɹaɪt jə pɹəˌnʌnsɪ.ˈeɪʃn̩z əʊˈkeɪ
ˈɹaʊndɪd ˈwuːndɪd ˈɡɹiːv ənd ˈsɪv
ˈfɹɛnd ənd ˈfiːnd əˈlaɪv ənd ˈlɪv

Phonetic version (American pronunciation)

ˌdɪɹɪst ˈkɹiːʧəɹ ɪn kɹi.ˈeːʃn̩
ˌstʌɾi.ɪŋ ˈɪŋɡlɪʃ pɹəˌnʌnsi.ˈeːʃn̩
ˌaɪ wɪl ˈtiːʧ ju ɪn maɪ ˈvɝs
ˈsaʊndz laɪk ˈkɔːɹps ˈkɔːɹ ˈhɔːɹs ənd ˈwɝs

ˌaɪ wɪl ˈkiːp ju ˈsuːzi ˈbɪzi
ˌmeːk jɚ ˈhɛd wɪθ ˈhiːt ɡɹoː ˈdɪzi
ˈtɪɹ ɪn ˌaɪ jɚ ˈdɹɛs wɪl ˈtɛɹ
ˈkwɪɹ ˌfɛɹ ˈsɪɹ ˈhɪɹ maɪ ˈpɹɛɹ

ˈpɹeː kənˈsoːl jɚ ˈlʌvɪŋ ˈpoː.ət
ˈmeːk maɪ ˈkoːt ˌlʊk ˈnuː ˌdɪɹ ˈsoː ɪt
ˌʤʌst kəmˈpɛɹ ˈhɑːɹt ˈhɪɹ ənd ˈhɝd
ˈdaɪz ənd ˈdaɪ.ət ˈlɔːɹd ənd ˈwɝd

ˈsɔːɹd ənd ˈswɔːɹd ɹɪˈteːn ənd ˈbɹɪtn̩
ˈmaɪnd ðə ˈlæɾɚ ˌhaʊ ɪts ˈɹɪtn̩
ˈmeːd həz ˈnɑːt ðə ˈsaʊnd əv ˈbæd
ˈseː ˈsɛd ˈpeː ˈpeːd ˈleːd bət ˈplæd

ˌnaʊ aɪ ˈʃʊɹli wɪl nɑːt ˈpleːɡ juː
ˌwɪθ sʌʧ ˈwɝdz æz ˈveːɡ ənd ˈeːɡjuː
ˌbʌt bi ˈkɛɹfl̩ haʊ juː ˈspiːk
ˌseː ˈɡʌʃ ˈbʊʃ ˈsteːk ˈstɹiːk ˈbɹeːk ˈbliːk

ˈpɹiːvi.əs ˈpɹɛʃəs ˈfjuːshə ˈvaɪ.ə
ˈɹɛsəpi ˈpaɪp ˈstʌnsl̩ ˈkwaɪ.ɚ
ˈwoːvn̩ ˈʌvn̩ ˈhaʊ ənd ˈloː
ˈskɹɪpt ɹɪˈsiːt ˈʃuː ˈpoː.əm ˈtoː

ˈseː ɪkˈspɛktɪŋ ˈfɹɔːd ənd ˈtɹɪkəɹi
ˈdɔːɾɚ ˈlæftəɹ ˌænd tɝpˈsɪkəɹi
ˈbɹænʧ ˈɹænʧ ˈmiːzl̩z ˈtɑːpsl̩z ˈaɪlz
ˈmɪsaɪlz ˈsɪməliz ɹɪˈvaɪlz

ˈhoːlli ˈhɑːli ˈsɪɡnl̩ ˈsaɪnɪŋ
ˈseːm ɪɡˈzæmɪnɪŋ ˌbʌt ˈmaɪnɪŋ
ˈskɑːlɚ ˈvɪkəɹ ˌænd sɪˈɡɑːɹ
ˈsoːlɚ ˈmaɪkə ˈwɔːɹ ənd ˈfɑːɹ

ˌfɹʌm dɪˈzaɪ.ɚ dɪˈzaɪɹəbl̩ ˈædməɹəbl̩ fɹəm ədˈmaɪ.ɚ
ˈlʌmbɚ ˈplʌmɚ ˈbɪɹ bət ˈbɹaɪ.ɚ
ˈtɑːpsəm ˈbɹuː.əm ɹɪˈnaʊn ˌbʌt ˈnoːn
ˈnɑːlɪʤ ˈdʌn ˈloːn ˈɡɔːn ˈnʌn ˈtoːn

ˈwʌn əˈnɛməni bælˈmɔːɹəl
ˈkɪʧən ˈlaɪkən ˈlɔːndɹi ˈlɔːɹəl
ˈɡɝtɹuːd ˈʤɝmən ˈwɪnd ənd ˈmaɪnd
ˈboː ˈkaɪnd ˈkɪndɹəd ˈkjuː mænˈkaɪnd

ˈtɔːɹɾəs ˈtɝkwɔɪz ˈʃæmi ˌlɛðɚ
ˈɹiːdɪŋ ˈɹɛdɪŋ ˈhiːðn̩ ˈhɛðɚ
ˌðɪs fəˈnɛɾɪk ˈlæbəɹɪnθ
ˌɡɪvz ˈmɑːs ˈɡɹoːs ˈbɹʊk ˈbɹoːʧ ˈnaɪnθ ˈplɪnθ

ˈhæv ju ˈɛvɚ jɛt ɪnˈdɛvɚd
tə pɹəˈnaʊns ɹɪˈvɪɹd ənd ˈsɛvɚd
ˈdiːmən ˈlɛmən ˈɡuːl ˈfaʊl ˈsoːl
ˈpiːɾɚ ˈpɛtɹəl ˌænd pəˈtɹoːl

ˈbɪlət dʌz ˈnɑːt ˌɛnd laɪk bæˈleː
buˈkeː ˈwɑːlət ˈmælɪt ʃæˈleː
ˈblʌd ənd ˈflʌd ɑːɹ ˈnɑːt laɪk ˈfuːd
ˌnɔːɹ ɪz ˈmoːld laɪk ˈʃʊd ənd ˈwʊd

ˈbæŋkwɪt ɪz ˌnɑːt ˈnɪɹli pɑːɹˈkeː
ˌʍɪʧ ɪɡˈzæktli ˈɹaɪmz wɪθ ˈkæki
ˈdɪskaʊnt ˈvaɪkaʊnt ˈloːd ənd ˈbɹɔːd
ˈtɔːɹd tə ˈfɔːɹwɚd tə ɹɪˈwɔːɹd

ˈɹɪkəʃeːd ˌænd kɹoːˈʃeːɪŋ kɹoːˈkeː
ˈɹaɪt jɚ pɹəˌnʌnsi.ˈeːʃn̩z oːˈkeː
ˈɹaʊndɪd ˈwuːndɪd ˈɡɹiːv ənd ˈsɪv
ˈfɹɛnd ənd ˈfiːnd əˈlaɪv ənd ˈlɪv

[ENS] [ENS students] [David Madore]


Notes on The Chaos

« The Chaos » is a poem which demonstrates the irregularity of English spelling and pronunciation, written by Gerard Nolst Trenité (1870-1946), also known under the pseudonym Charivarius. It first appeared in an appendix to the author’s 1920 textbook Drop Your Foreign Accent: engelsche uitspraakoefeningen. (From Wikipedia: http://en.wikipedia.org/wiki/The_Chaos)

Chris Upward introduces
The Classic Concordance of Cacographic Chaos

http://www.spellingsociety.org/journals/j17/caos.php

[Journal of the Simplified Spelling Society, 1994/2 pp27-30 later designated J17]

This version is essentially the author’s own final text, as also published by New River Project in 1993. A few minor corrections have however been made, and occasional words from earlier editions have been preferred. Following earlier practice, words with clashing spellings or pronunciations are here printed in italics.

A number of readers have been urging republication of The Chaos, the well-known versified catalogue of English spelling irregularities. The SSS Newsletter carried an incomplete, rather rough version in the summer of 1986 (pp.17-21) under the heading « Author Unknown », with a parallel transcription into an early form of Cut Spelling. Since then a stream of further information and textual variants has come our way, culminating in 1993-94 with the most complete and authoritative version ever likely to emerge. The time is therefore now truly ripe for republication in the JSSS.

Our stuttering progress towards the present version is of interest, as it testifies to the poem’s continuing international impact. Parts of it turned up from the mid-1980s onwards, with trails leading from France, Canada, Denmark, Germany, the Netherlands, Portugal, Spain, Sweden and Turkey. The chequered career of the first version we received was typical: it consisted of a tattered typescript found in a girls’ High School in Germany in 1945 by a British soldier, from whom it passed through various hands eventually to reach Terry De’Ath, who passed it to the SSS; but it did not mention who its author was. A rather sad instance of the mystery that has long surrounded the poem is seen in Hubert A Greven’s Elements of English Phonology, published in Paris in 1972: its introduction quoted 48 lines of the poem to demonstrate to French students how impossible English is to pronounce (ie, to read aloud), and by way of acknowledgment said that the author « would like to pay a suitable tribute to Mr G Nolst Trenité for permission to copy his poem The Chaos. As he could not find out his whereabouts, the author presents his warmest thanks, should the latter happen to read this book ». Alas, the poet in question had died over a quarter of a century earlier.

For the varied materials and information sent us over the years we are particularly indebted to: Terry De’Ath of Newcastle-upon-Tyne; Tom McArthur (Editor of English Today) of Cambridge; Benno Jost-Westendorf of Recklinghausen, Germany; Professor Che Kan Leong of the University of Saskatchewan, Canada; the Editor of Perfect Your English, Barcelona; and SSS committee member Nick Atkinson for the French reference. From them we learnt who the author was and that numerous versions of the poem were in circulation; but many tantalizing questions remained unanswered.

Three contributions in 1993-94 then largely filled in the gaps in the picture. The first of these contributions was due to the diligent research of Belgian SSS member Harry Cohen of Tervuren which outlined the author’s life and told us a good deal about the successive editions of the poem. The second came from Bob Cobbing of New River Project (89a Petherton Road, London N5 2QT), who sent the SSS a handsome new edition (ISBN 1 870750 07 1) he had just published in conjunction with the author’s nephew, Jan Nolst Trenité, who owns the copyright. This edition had been based on the final version published by the author in his lifetime (1944), and must therefore be considered particularly authoritative. Finally, Jan Nolst Trenité himself went to considerable trouble to correct and fill out the details of his uncle’s biography and the poem’s publishing history which the SSS had previously been able to compile.

The author of The Chaos was a Dutchman, the writer and traveller Dr Gerard Nolst Trenité. Born in 1870, he studied classics, then law, then political science at the University of Utrecht, but without graduating (his Doctorate came later, in 1901). From 1894 he was for a while a private teacher in California, where he taught the sons of the Netherlands Consul-General. From 1901 to 1918 he worked as a schoolteacher in Haarlem, and published several schoolbooks in English and French, as well as a study of the Dutch constitution. From 1909 until his death in 1946 he wrote frequently for an Amsterdam weekly paper, with a linguistic column under the pseudonym Charivarius.

The first known version of The Chaos appeared as an appendix (Aanhangsel) to the 4th edition of Nolst Trenité’s schoolbook Drop Your Foreign Accent: engelsche uitspraakoefeningen (Haarlem: H D Tjeenk Willink & Zoon, 1920). The book itself naturally used the Dutch spelling current before the 1947 reform (see JSSS 1987/2, pp14-16). That first version of the poem is entitled De Chaos, and gives words with problematic spellings in italics, but it has only 146 lines, compared with the 274 lines we now give (four more than in our 1986 version). The general importance of Drop your foreign accent is clear from the number of editions it went through, from the first (without the poem) in 1909, to a posthumous 11th revised edition in 1961. The last edition to appear during the author’s life was the 7th (1944), by which time the poem had nearly doubled its original length. It is not surprising, in view of the numerous editions and the poem’s steady expansion, that so many different versions have been in circulation in so many different countries.

The Chaos represents a virtuoso feat of composition, a mammoth catalogue of about 800 of the most notorious irregularities of traditional English orthography, skilfully versified (if with a few awkward lines) into couplets with alternating feminine and masculine rhymes. The selection of examples now appears somewhat dated, as do a few of their pronunciations, indeed a few words may even be unknown to today’s readers (how many will know what a « studding-sail » is, or that its nautical pronunciation is « stunsail »?), and not every rhyme will immediately « click » (« grits » for « groats »?); but the overwhelming bulk of the poem represents as valid an indictment of the chaos of English spelling as it ever did. Who the « dearest creature in creation » addressed in the first line, also addressed as « Susy » in line 5, might have been is unknown, though a mimeographed version of the poem in Harry Cohen’s possession is dedicated to « Miss Susanne Delacruix, Paris ». Presumably she was one of Nolst Trenité’s students.

Readers will notice that The Chaos is written from the viewpoint of the foreign learner of English: it is not so much the spelling as such that is lamented, as the fact that the poor learner can never tell how to pronounce words encountered in writing (the poem was, after all, appended to a book of pronunciation exercises). With English today the prime language of international communication, this unpredictability of symbol-sound correspondence constitutes no less of a problem than the unpredictability of sound-symbol correspondence which is so bewailed by native speakers of English. Nevertheless, many native English-speaking readers will find the poem a revelation: the juxtaposition of so many differently pronounced parallel spellings brings home the sheer illogicality of the writing system in countless instances that such readers may have never previously noticed.

It would be interesting to know if Gerard Nolst Trenité, or anyone else, has ever actually used The Chaos to teach English pronunciation, since the tight rhythmic and rhyming structure of the poem might prove a valuable mnemonic aid. There could be material for experiments here: non-English- speaking learners who had practised reading parts of the poem aloud could be tested in reading the same problematic words in a plain prose context, and their success measured against a control group who had not practised them through The Chaos.

This version is essentially the author’s own final text, as also published by New River Project in 1993. A few minor corrections have however been made, and occasional words from earlier editions have been preferred. Following earlier practice, words with clashing spellings or pronunciations are here printed in italics.

Voir aussi:

Fun poem about English pronunciation

ETNI (English Teachers Network)

I take it you already know
Of tough and bough and cough and dough?
Others may stumble, but not you
On hiccough, thorough, slough, and through.
Well don’t! And now you wish, perhaps,
To learn of less familiar traps.
Beware of heard, a dreadful word
That looks like beard but sounds like bird.
And dead: it’s said like bed, not bead,
For goodness sake don’t call it deed!
Watch out for meat and great and threat
(They rhyme with suite and straight and debt).
A moth is not a moth as in mother
Nor both as in bother, nor broth as in brother,
And here is not a match for there,
Nor dear and fear, for bear and pear.
And then there’s dose and rose and lose–
Just look them up–and goose and choose
And cork and work and card and ward
And font and front and word and sword
And do and go, then thwart and cart,
Come, come! I’ve hardly made a start.
A dreadful Language? Why man alive!
I learned to talk it when I was five.
And yet to write it, the more I tried,
I hadn’t learned it at fifty-five.

Voir également:

Yet Another Crazy English Pronunciation Poem
This poem is available to listen to online. Recorded in .mp3 format you will require a compatible browser. Feel free to link to this page, and to use the recordings in the classroom, but please don’t hotlink to them or publish them elsewhere.

Here is more pronunciation.
Ration never rhymes with nation,
Say prefer, but preferable,
Comfortable and vegetable.
B must not be heard in doubt,
Debt and dumb both leave it out.

In the words psychology,
Psychic, and psychiatry,
You must never sound the p.
Psychiatrist you call the man
Who cures the complex, if he can.

In architect ch is k
In arch it is the other way.
Please remember to say iron
So that it’ll rhyme with lion.
Advertisers advertise,
Advertisements will put you wise.

Time when work is done is leisure,
Fill it up with useful pleasure.
Accidental, accident,
Sound the g in ignorant.

Relative, but relation,
Then say creature, but creation.
Say the a in gas quite short,
Bought remember rhymes with thwart,

Drought must always rhyme with bout,
In daughter leave the g h out.
Wear a boot upon your foot.
Root can never rhyme with soot.

In muscle, s and c is s,
In muscular, it’s s k, yes!
Choir must always rhyme with wire,
That again will rhyme with liar.

Then remember it’s address.
With an accent like posses.
G in sign must silent be,
In signature, pronounce the g.

Please remember, say towards
Just as if it rhymed with boards.
Weight’s like wait, but not like height.
Which should always rhyme with might.

Sew is just the same as so,
Tie a ribbon in a bow.
When you meet the Queen you bow,
Which again must rhyme with how.

In perfect English make a start.
Learn this little rhyme by heart.

Anonymous (unless you know better)
– See more at: http://www.learnenglish.de/pronunciation/pronunciationpoem3.html#sthash.iqdjfQVg.dpuf

Voir encore:

WHY ENGLISH IS SO HARD

We’ll begin with a box, and the plural is boxes,
But the plural of ox becomes oxen, not oxes.
One fowl is a goose, but two are called geese,
Yet the plural of moose should never be meese.
You may find a lone mouse or a nest full of mice,
Yet the plural of house is houses, not hice.

If the plural of man is always called men,
Why shouldn’t the plural of pan be called pen?
If I speak of my foot and show you my feet,
And I give you a boot, would a pair be called beet?
If one is a tooth and a whole set are teeth,
Why shouldn’t the plural of booth be called beeth?

Then one may be that, and three would be those,
Yet hat in the plural would never be hose,
And the plural of cat is cats, not cose.
We speak of a brother and also of brethren,
But though we say mother, we never say methren.
Then the masculine pronouns are he, his and him,
But imagine the feminine: she, shis and shim!

Let’s face it – English is a crazy language.
There is no egg in eggplant nor ham in hamburger;
neither apple nor pine in pineapple.
English muffins weren’t invented in England.
We take English for granted, but if we explore its paradoxes, we find
that quicksand can work slowly, boxing rings are square, and a guinea
pig is neither from Guinea nor is it a pig.

And why is it that writers write but fingers don’t fing, grocers don’t
groce and hammers don’t ham?

Doesn’t it seem crazy that you can make amends but not one amend.If
you have a bunch of odds and ends and get rid of all but one of them, what do
you call it?

If teachers taught, why didn’t preachers praught?
If a vegetarian eats vegetables, what does a humanitarian eat?

Sometimes I think all the folks who grew up speaking English should be
committed to an asylum for the verbally insane.

In what other language do people recite at a play and play at a recital?
We ship by truck but send cargo by ship.
We have noses that run and feet that smell.
We park in a driveway and drive in a parkway.
And how can a slim chance and a fat chance be the same, while a wise
man and a wise guy are opposites?

You have to marvel at the unique lunacy of a language in which your
house can burn up as it burns
down, in which you fill in a form by filling it out,
and in which an alarm goes off by going on.

And, in closing, if Father is Pop, how come Mother’s not Mop?

That’s all for now.

Voir enfin:

Why English is so Hard (a poem)
Posted on February 13, 2013 by kitqat

We’ll begin with a box, and the plural is boxes,
But the plural of ox should be oxen, not oxes.
Then one fowl is goose, but two are called geese,
Yet the plural of moose should never be meese.

You may find a lone mouse or a whole lot of mice,
But the plural of house is houses, not hice.
If the plural of man is always called me,
Why shouldn’t the plural of pan be called pen?

The cow in the plural may be cows or kine,
But the plural pf vow is vows, not vine.
And I speak of a foot, and you show me your feet,
But I give you a boot — would a pair be called beet?

If one is a tooth and a whole set are teeth,
Why shouldn’t the plural of booth be called beeth?
Then one may be that, and three may be those,
Yet the plural of hat would never be hose.
We speak of a brother and also of brethren,
But though we say mother, we never say methren.
So our English, I think you will agree,
Is the trickiest language you ever did see.

Voir enfin:

Claude Hagège: « Imposer sa langue, c’est imposer sa pensée »

Par Michel Feltin-Palas (L’Express), publié le 28/03/2012 à 11:00, mis à jour le 03/04/2012 à 10:26

Faut-il s’inquiéter de la domination de la langue anglaise? Les langues nationales vont-elles disparaître? Sans chauvinisme ni ringardise, le linguiste Claude Hagège dresse un constat lucide de la situation. Rencontre.

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Claude Hagège: « Imposer sa langue, c’est imposer sa pensée »

En amoureux des langues,Claude Hagège défend la diversité et s’oppose fermemement à la domination de l’anglais.

Yann Rabarier/L’Express

Claude Hagège en 5 dates

1955 Entrée à l’Ecole normale supérieure

1966 Première enquête linguistique de terrain, au Cameroun

Depuis 1988 Professeur au Collège de France

2009Dictionnaire amoureux des langues (Plon).

2012Contre la pensée unique (Odile Jacob)

La Semaine de la langue française, qui vient de s’achever, n’aura pas suffi à mettre du baume au coeur de Claude Hagège. Car le constat du grand linguiste est sans appel : jamais, dans l’histoire de l’humanité, une langue n’a été « comparable en extension dans le monde à ce qu’est aujourd’hui l’anglais ». Oh ! il sait bien ce que l’on va dire. Que la défense du français est un combat ranci, franchouillard, passéiste. Une lubie de vieux ronchon réfractaire à la modernité. Il n’en a cure. Car, à ses yeux, cette domination constitue une menace pour le patrimoine de l’humanité. Et fait peser sur elle un risque plus grave encore : voir cette « langue unique » déboucher sur une « pensée unique » obsédée par l’argent et le consumérisme. Que l’on se rassure, cependant : si Hagège est inquiet, il n’est pas défaitiste. La preuve, avec cet entretien où chacun en prend pour son grade…

Comment décide-t-on, comme vous, de consacrer sa vie aux langues?

Je l’ignore. Je suis né et j’ai grandi à Tunis, une ville polyglotte. Mais je ne crois pas que ce soit là une explication suffisante : mes frères, eux, n’ont pas du tout emprunté cette voie.

Enfant, quelles langues avez-vous apprises?

A la maison, nous utilisions le français. Mais mes parents m’ont fait suivre une partie de ma scolarité en arabe – ce qui montre leur ouverture d’esprit, car l’arabe était alors considéré comme une langue de colonisés. J’ai également appris l’hébreu sous ses deux formes, biblique et israélienne. Et je connaissais l’italien, qu’employaient notamment plusieurs de mes maîtres de musique.

Combien de langues parlez-vous?

S’il s’agit de dénombrer les idiomes dont je connais les règles, je puis en mentionner plusieurs centaines, comme la plupart de mes confrères linguistes. S’il s’agit de recenser ceux dans lesquels je sais m’exprimer aisément, la réponse sera plus proche de 10.

Beaucoup de Français pensent que la langue française compte parmi les plus difficiles, et, pour cette raison, qu’elle serait « supérieure » aux autres. Est-ce vraiment le cas?

Pas du tout. En premier lieu, il n’existe pas de langue « supérieure ». Le français ne s’est pas imposé au détriment du breton ou du gascon en raison de ses supposées qualités linguistiques, mais parce qu’il s’agissait de la langue du roi, puis de celle de la République. C’est toujours comme cela, d’ailleurs : un parler ne se développe jamais en raison de la richesse de son vocabulaire ou de la complexité de sa grammaire, mais parce que l’Etat qui l’utilise est puissant militairement – ce fut, entre autres choses, la colonisation – ou économiquement – c’est la « mondialisation ». En second lieu, le français est un idiome moins difficile que le russe, l’arabe, le géorgien, le peul ou, surtout, l’anglais.

L’anglais ? Mais tout le monde, ou presque, l’utilise!

Beaucoup parlent un anglais d’aéroport, ce qui est très différent ! Mais l’anglais des autochtones reste un idiome redoutable. Son orthographe, notamment, est terriblement ardue : songez que ce qui s’écrit « ou » se prononce, par exemple, de cinq manières différentes dans through, rough, bough, four et tour ! De plus, il s’agit d’une langue imprécise, qui rend d’autant moins acceptable sa prétention à l’universalité.

Imprécise?

Parfaitement. Prenez la sécurité aérienne. Le 29 décembre 1972, un avion s’est écrasé en Floride. La tour de contrôle avait ordonné : « Turn left, right now », c’est-à-dire « Tournez à gauche, immédiatement ! » Mais le pilote avait traduit « right now » par « à droite maintenant », ce qui a provoqué la catastrophe. Voyez la diplomatie, avec la version anglaise de la fameuse résolution 242 de l’ONU de 1967, qui recommande le « withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict ». Les pays arabes estiment qu’Israël doit se retirer « des » territoires occupés – sous-entendu : de tous. Tandis qu’Israël considère qu’il lui suffit de se retirer « de » territoires occupés, c’est-à-dire d’une partie d’entre eux seulement.

Est-ce une raison pour partir si violemment en guerre contre l’anglais ?

Je ne pars pas en guerre contre l’anglais. Je pars en guerre contre ceux qui prétendent faire de l’anglais une langue universelle, car cette domination risque d’entraîner la disparition d’autres idiomes. Je combattrais avec autant d’ énergie le japonais, le chinois ou encore le français s’ils avaient la même ambition. Il se trouve que c’est aujourd’hui l’anglais qui menace les autres, puisque jamais, dans l’Histoire, une langue n’a été en usage dans une telle proportion sur les cinq continents.

En quoi est-ce gênant ? La rencontre des cultures n’est-elle pas toujours enrichissante ?

La rencontre des cultures, oui. Le problème est que la plupart des gens qui affirment « Il faut apprendre des langues étrangères » n’en apprennent qu’une : l’anglais. Ce qui fait peser une menace pour l’humanité tout entière.

A ce point ?

Seuls les gens mal informés pensent qu’une langue sert seulement à communiquer. Une langue constitue aussi une manière de penser, une façon de voir le monde, une culture. En hindi, par exemple, on utilise le même mot pour « hier » et « demain ». Cela nous étonne, mais cette population distingue entre ce qui est – aujourd’hui – et ce qui n’est pas : hier et demain, selon cette conception, appartiennent à la même catégorie. Tout idiome qui disparaît représente une perte inestimable, au même titre qu’un monument ou une oeuvre d’art.

Avec 27 pays dans l’Union européenne, n’est-il pas bien utile d’avoir l’anglais pour converser ? Nous dépensons des fortunes en traduction!

Cette idée est stupide ! La richesse de l’Europe réside précisément dans sa diversité. Comme le dit l’écrivain Umberto Eco, « la langue de l’Europe, c’est la traduction ». Car la traduction – qui coûte moins cher qu’on ne le prétend – met en relief les différences entre les cultures, les exalte, permet de comprendre la richesse de l’autre.

Mais une langue commune est bien pratique quand on voyage. Et cela ne conduit en rien à éliminer les autres!

Détrompez-vous. Toute l’Histoire le montre : les idiomes des Etats dominants conduisent souvent à la disparition de ceux des Etats dominés. Le grec a englouti le phrygien. Le latin a tué l’ibère et le gaulois. A l’heure actuelle, 25 langues disparaissent chaque année ! Comprenez bien une chose : je ne me bats pas contre l’anglais ; je me bats pour la diversité. Un proverbe arménien résume merveilleusement ma pensée : « Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme. »

Vous allez plus loin, en affirmant qu’une langue unique aboutirait à une « pensée unique »…

Ce point est fondamental. Il faut bien comprendre que la langue structure la pensée d’un individu. Certains croient qu’on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c’est aussi imposer sa manière de penser. Comme l’explique le grand mathématicien Laurent Lafforgue : ce n’est pas parce que l’école de mathématiques française est influente qu’elle peut encore publier en français ; c’est parce qu’elle publie en français qu’elle est puissante, car cela la conduit à emprunter des chemins de réflexion différents.

Vous estimez aussi que l’anglais est porteur d’une certaine idéologie néolibérale…

Oui. Et celle-ci menace de détruire nos cultures dans la mesure où elle est axée essentiellement sur le profit.

Je ne vous suis pas…

Prenez le débat sur l’exception culturelle. Les Américains ont voulu imposer l’idée selon laquelle un livre ou un film devaient être considérés comme n’importe quel objet commercial. Car eux ont compris qu’à côté de l’armée, de la diplomatie et du commerce il existe aussi une guerre culturelle. Un combat qu’ils entendent gagner à la fois pour des raisons nobles – les Etats-Unis ont toujours estimé que leurs valeurs sont universelles – et moins nobles : le formatage des esprits est le meilleur moyen d’écouler les produits américains. Songez que le cinéma représente leur poste d’exportation le plus important, bien avant les armes, l’aéronautique ou l’informatique ! D’où leur volonté d’imposer l’anglais comme langue mondiale. Même si l’on note depuis deux décennies un certain recul de leur influence.

Pour quelles raisons?

D’abord, parce que les Américains ont connu une série d’échecs, en Irak et en Afghanistan, qui leur a fait prendre conscience que certaines guerres se perdaient aussi faute de compréhension des autres cultures. Ensuite, parce qu’Internet favorise la diversité : dans les dix dernières années, les langues qui ont connu la croissance la plus rapide sur la Toile sont l’arabe, le chinois, le portugais, l’espagnol et le français. Enfin, parce que les peuples se montrent attachés à leurs idiomes maternels et se révoltent peu à peu contre cette politique.

Pas en France, à vous lire… Vous vous en prenez même de manière violente aux « élites vassalisées » qui mèneraient un travail de sape contre le français.

Je maintiens. C’est d’ailleurs un invariant de l’Histoire. Le gaulois a disparu parce que les élites gauloises se sont empressées d’envoyer leurs enfants à l’école romaine. Tout comme les élites provinciales, plus tard, ont appris à leur progéniture le français au détriment des langues régionales. Les classes dominantes sont souvent les premières à adopter le parler de l’envahisseur. Elles font de même aujourd’hui avec l’anglais.

Comment l’expliquez-vous?

En adoptant la langue de l’ennemi, elles espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s’assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. La situation devient grave quand certains se convainquent de l’infériorité de leur propre culture. Or nous en sommes là. Dans certains milieux sensibles à la mode – la publicité, notamment, mais aussi, pardonnez-moi de vous le dire, le journalisme – on recourt aux anglicismes sans aucune raison. Pourquoi dire « planning » au lieu d' »emploi du temps » ? « Coach » au lieu d' »entraîneur » ? « Lifestyle » au lieu de « mode de vie » ? « Challenge » au lieu de « défi » ?

Pour se distinguer du peuple?

Sans doute. Mais ceux qui s’adonnent à ces petits jeux se donnent l’illusion d’être modernes, alors qu’ils ne sont qu’américanisés. Et l’on en arrive à ce paradoxe : ce sont souvent les immigrés qui se disent les plus fiers de la culture française ! Il est vrai qu’eux se sont battus pour l’acquérir : ils en mesurent apparemment mieux la valeur que ceux qui se sont contentés d’en hériter.

Mais que dites-vous aux parents qui pensent bien faire en envoyant leurs enfants suivre un séjour linguistique en Angleterre ou aux Etats-Unis?

Je leur réponds : « Pourquoi pas la Russie ou l’Allemagne ? Ce sont des marchés porteurs et beaucoup moins concurrentiels, où vos enfants trouveront plus facilement de l’emploi. »

Ne craignez-vous pas d’être taxé de ringardise, voire de pétainisme?

Mais en quoi est-il ringard d’employer les mots de sa propre langue ? Et en quoi le fait de défendre la diversité devrait-il être assimilé à une idéologie fascisante ? Le français est à la base même de notre Révolution et de notre République !

Pourquoi les Québécois défendent-ils le français avec plus d’acharnement que nous-mêmes?

Parce qu’ils sont davantage conscients de la menace : ils forment un îlot de 6 millions de francophones au milieu d’un océan de 260 millions d’anglophones ! D’où leur activité néologique extraordinaire. Ce sont eux qui, par exemple, ont inventé le terme « courriel », que j’invite les lecteurs de L’Express à adopter !
Des limites de l’anglais en entreprise

En 1999, le PDG de Renault, Louis Schweitzer, impose l’anglais dans les comptes rendus de réunions de direction. Une mesure sur laquelle il sera obligé de revenir, à la plus grande satisfaction de Claude Hagège. « Les entreprises qui ont adopté cette mesure ont perdu en efficacité. Pour une raison simple, que décrit très bien l’ancien patron de Sanofi-Aventis, Jean- François Dehecq : « Si nous imposons l’anglais à tous, les natifs anglophones fonctionneront à 100 % de leur potentiel, ceux qui le parlent bien en seconde langue, à 50 %, et les autres, à 10 %. » » « Par ailleurs, il est faux de croire que l’anglais soit indispensable pour le commerce, reprend Hagège. C’est parfois le contraire. Quand on veut vendre un produit à un étranger, mieux vaut utiliser la langue de son client, qui n’est pas toujours l’anglais ! Une grande compagnie d’eau française est allée récemment à Brasilia. Quand ses représentants ont commencé à recourir à l’anglais, cela a rendu furieux les Brésiliens, qui possèdent, comme nous, une langue d’origine latine. Par anglomanie, nos commerciaux ont transformé un avantage culturel en handicap ! »

La victoire de l’anglais est-elle irréversible?

Pas du tout. Des mesures positives ont d’ailleurs déjà été prises : les quotas de musique française sur les radios et les télévisions, les aides au cinéma français, etc. Hélas, l’Etat ne joue pas toujours son rôle. Il complique l’accès au marché du travail des diplômés étrangers formés chez nous, il soutient insuffisamment la francophonie, il ferme des Alliances françaises… Les Chinois, eux, ont ouvert 1 100 instituts Confucius à travers le monde. Il y en a même un à Arras !

Si une seule mesure était à prendre, quelle serait-elle?

Tout commence à l’école primaire, où il faut enseigner non pas une, mais deux langues vivantes. Car, si on n’en propose qu’une, tout le monde se ruera sur l’anglais et nous aggraverons le problème. En offrir deux, c’est s’ouvrir à la diversité.

Nicolas Sarkozy est coutumier des fautes de syntaxe : « On se demande c’est à quoi ça leur a servi… » ou encore « J’écoute, mais je tiens pas compte ». Est-ce grave, de la part d’un chef d’Etat?

Peut-être moins qu’on ne le croit. Regardez : il a relancé les ventes de La Princesse de Clèves depuis qu’il a critiqué ce livre de Mme de La Fayette ! Mais il est certain que de Gaulle et Mitterrand étaient plus cultivés et avaient un plus grand respect pour la langue.

Le français pourrait-il être le porte-étendard de la diversité culturelle dans le monde?

J’en suis persuadé, car il dispose de tous les atouts d’une grande langue internationale. Par sa diffusion sur les cinq continents, par le prestige de sa culture, par son statut de langue officielle à l’ONU, à la Commission européenne ou aux Jeux olympiques. Et aussi par la voix singulière de la France. Songez qu’après le discours de M. de Villepin à l’ONU, s’opposant à la guerre en Irak, on a assisté à un afflux d’inscriptions dans les Alliances françaises.

N’est-il pas contradictoire de vouloir promouvoir le français à l’international et de laisser mourir les langues régionales?

Vous avez raison. On ne peut pas défendre la diversité dans le monde et l’uniformité en France ! Depuis peu, notre pays a commencé d’accorder aux langues régionales la reconnaissance qu’elles méritent. Mais il aura fallu attendre qu’elles soient moribondes et ne représentent plus aucun danger pour l’unité nationale.

Il est donc bien tard…

Il est bien tard, mais il n’est pas trop tard. Il faut augmenter les moyens qui sont consacrés à ces langues, les sauver, avant que l’on ne s’aperçoive que nous avons laissé sombrer l’une des grandes richesses culturelles de la France. l

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/claude-hagege-imposer-sa-langue-c-est-imposer-sa-pensee_1098440.html?xtmc=Imposer_sa_langue_c%5C%27est_imposer_sa_pens%E9e&xtcr=10#MLog9ETJ03zoT8IK.99

Yet Another Crazy English Pronunciation Poem

This poem is available to listen to online. Recorded in .mp3 format you will require a compatible browser. Feel free to link to this page, and to use the recordings in the classroom, but please don’t hotlink to them or publish them elsewhere.

Here is more pronunciation.
Ration never rhymes with nation,
Say prefer, but preferable,
Comfortable and vegetable.
B must not be heard in doubt,
Debt and dumb both leave it out.

In the words psychology,
Psychic, and psychiatry,
You must never sound the p.
Psychiatrist you call the man
Who cures the complex, if he can.

In architect ch is k
In arch it is the other way.
Please remember to say iron
So that it’ll rhyme with lion.
Advertisers advertise,
Advertisements will put you wise.

Time when work is done is leisure,
Fill it up with useful pleasure.
Accidental, accident,
Sound the g in ignorant.

Relative, but relation,
Then say creature, but creation.
Say the a in gas quite short,
Bought remember rhymes with thwart,

Drought must always rhyme with bout,
In daughter leave the g h out.
Wear a boot upon your foot.
Root can never rhyme with soot.

In muscle, s and c is s,
In muscular, it’s s k, yes!
Choir must always rhyme with wire,
That again will rhyme with liar.

Then remember it’s address.
With an accent like posses.
G in sign must silent be,
In signature, pronounce the g.

Please remember, say towards
Just as if it rhymed with boards.
Weight’s like wait, but not like height.
Which should always rhyme with might.

Sew is just the same as so,
Tie a ribbon in a bow.
When you meet the Queen you bow,
Which again must rhyme with how.

In perfect English make a start.
Learn this little rhyme by heart.

 

Anonymous (unless you know better)

– See more at: http://www.learnenglish.de/pronunciation/pronunciationpoem3.html#sthash.iqdjfQVg.dpuf

Anonymous (unless you know better)

3 commentaires pour Langues: L’anglais est-il autre chose qu’un pidgin français qui a réussi ? (Why English is so hard: it’s the French’s fault, stupid !)

  1. […] de l’Empire où le soleil ne se couchait jamais, la langue de Shakespeare n’est en fait qu’un pidgin français qui a réussi au-delà de toutes les espérances […]

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  2. […] Un poème écrit par Gérard Nolst Trenite, hollandais connu sous le pseudonyme de Charivarius ( 1870-1946) est une démonstration de toutes les exceptions et irrégularités de la langue anglaise entre l’orthographe et la prononciation . Ce poême est tiré du livre : Drop Your Foreign Accent: engelsche uitspraakoefeningen (…) Le Chaos représente un exploit de virtuose en composition, un catalogue de mammouth d’Environ 800 des irrégularités les plus les plus célèbres d’orthographe anglaise traditionnelle, habilement versifiée (si avec quelques lignes maladroites) dans des distiques avec l’alternance de rimes féminines et masculines. La sélection d’exemples apparaît maintenant quelque peu désuète, tout comme quelques-unes de leurs prononciations, en effet quelques mots peuvent même être inconnus aux lecteurs d’aujourd’hui (combien à savoir ce qu’ « une studding-voile » est, ou que sa prononciation nautique est « stunsail » ?) . Le poids de la poésie représente un acte d’accusation aussi valable du chaos orthographique en anglais. La créature la plus chère dans création » s’adressant à la première ligne, est comme « Susy  » à la ligne 5. Ce pourrait être une anonyme quoiqu’une version ronéotypée de la poésie appartenant à Harry Cohen soit consacrée « à Mlle Susanne Delacroix, Paris ». Vraisemblablement elle fut l’une des étudiantes de Nolst Trenité. Chris Upward […]

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  3. jcdurbant dit :

    A MUSEUM OF CONQUESTS (How the English language became such a mess)

    It’s a story of invasions, thefts, sloth, caprice, mistakes, pride and the inexorable juggernaut of change. In its broadest strokes, these problems come down to people – including you and me, dear readers – being greedy, lazy and snobbish. (…) Our language is a museum of conquests (…) Greed started the problem of our language and laziness entrenched it, but snobbishness lionizes it. The history of English is a tale of vice… and that is a word, by the way, that we got from the French – even if we can’t blame them for the vices themselves …

    How the English language became such a mess
    James Harbeck
    Words’ Worth
    BBC
    8 June 2015

    You may have seen a poem by Gerard Nolst Trinité called The Chaos. It starts like this:

    Dearest creature in creation
    Studying English pronunciation,
    I will teach you in my verse
    Sounds like corpse, corps, horse and worse.

    In its fullest version, the poem runs through about 800 of the most vexing spelling inconsistencies in English. Eight hundred.

    Attempting to spell in English is like playing one of those computer games where, no matter what, you will lose eventually. If some evil mage has performed vile magic on our tongue, he should be bunged into gaol for his nefarious goal (and if you still need convincing of how inconsistent English pronunciation is, just read that last sentence out loud). But no, our spelling came to be a capricious mess for entirely human reasons.

    The problem begins with the alphabet itself. Building a spelling system for English using letters that come from Latin – despite the two languages not sharing exactly the same set of sounds – is like building a playroom using an IKEA office set. But from Tlingit to Czech, many other languages that sound nothing like Latin do well enough with versions of the Latin alphabet.

    So what happened with English? It’s a story of invasions, thefts, sloth, caprice, mistakes, pride and the inexorable juggernaut of change. In its broadest strokes, these problems come down to people – including you and me, dear readers – being greedy, lazy and snobbish.

    Invasion and theft

    First, the greed: invasion and theft. The Romans invaded Britain in the 1st Century AD and brought their alphabet; in the 7th Century, the Angles and Saxons took over, along with their language. Starting in the 9th Century, Vikings occupied parts of England and brought some words (including they, displacing the Old English hie). Then the Norman French conquered in 1066 – and replaced much of the vocabulary with French, including words which over time became beef, pork, invade, tongue and person.

    The Norman conquest of Britain gave English its French vocabulary

    The Norman conquest of Britain in 1066 – shown here in the 11th-Century Bayeux Tapestry – introduced a number of French words into the language (Credit: GL Archive/Alamy)

    Once the English tossed out the French (but not their words) a few centuries later, they started to acquire territories around the world – America, Australia, Africa, India. With each new colony, Britain acquired words: hickory, budgerigar, zebra, bungalow. The British also did business with everyone else and took words as they went – something we call “borrowing,” even though the words were kept. Our language is a museum of conquests.

    What does this have to do with spelling? When we “borrow” words, they often come from other Latin-alphabet spelling systems, but have sounds different from the sounds we make in English. Many other languages, therefore, fully adapt words they borrow: Norwegian turned chauffeur into sjåfør and Finnish turned strand into ranta. In English, though, we wear our battle scars proudly. For some words, we have adopted the pronunciation but modified the spelling: galosh (from French galoche), strange (from French estrange). For others, we didn’t change the spelling, but we did change the pronunciation: ratio (originally like “ra-tsee-o” in Latin), sauna (the Finnish au is like “ow”), ski (in Norse, said more like “she”). Or we kept the spelling and, to the extent reasonable, the pronunciation too: corps, ballet, pizza, tortilla.

    Lazy tongues

    Adding to the greed is the laziness – or, as linguists call it, “economy of effort”. Sounds tend to change to save effort for either the speaker (dropping sounds out) or the listener (making sounds more distinct). Under Scandinavian and French influence, we tossed out troublesome bits of the complex Old English inflections, so a word like hopian got whittled down to hope, and over time, the e on the end stopped being said. In more recent centuries, we have often kept the spelling when sounds wear down: “vittle” is still written as victual. We simplified some sound combinations – “kn” became “n” and “wr” became “r.” We also stopped using – but not writing – some sounds altogether: the “kh” sound we spelled gh got changed to “f” as in laughter or just dropped, as in daughter.

    Sometimes sounds just change capriciously. The most significant instance of this in English was the Great Vowel Shift. From the 1400s to about 1700, for reasons that remain unclear, our long vowels all shifted in our mouths like cream swirling slowly in a cup of tea. Before it, see rhymed with « eh »; boot was said like “boat”; and out sounded like “oot.” But when the sounds shifted, the spelling stayed behind.

    Tongues and ears aren’t the only lazy things. Scribes and typesetters can be, too. If you bring over scribes from France or typesetters from the Netherlands and Belgium, where the first presses in Britain came from, they will tend to the standards they’re used to. The French scribes, with their Latin influence, didn’t see why we would write cwen when obviously what they heard should be spelled something like queen. The Dutch typesetters felt that gost was missing something, so they slipped in an h to make ghost.

    And, heck, if you charge by the letter, why not add in some extra e’s? They seemed to be all over the place anyway.

    And then came snobbery

    What really made sure that English spelling was a losing game, though, was snobbery.

    It started in the 11th Century, when French became the high-class language and loaded up our culinary, legal and poetic vocabularies. But the snobbery kicked into top gear in the Renaissance, when scholars developed a crush on the ancient classics. They started borrowing words wholesale; many of our scientific and technical terms come from Latin and Greek (and most of the Greek terms came first through Latin, with Latin ideas of how to spell them). But they also decided that words that we already had ought to display their classical heritage, too. Does peple trace back to Latin populus? Then it ought to bear a special amulet to show its nobility – let’s add the o and make it people! Det owes a debt to debitum? Then put a b in so we know it! Many words had letters added by this indi(c)table fau(l)t; sometimes, they changed their pronunciation to match the spelling, as in fault. And sometimes the re-spellers were wrong about the etymology. While isle (formerly ile) comes from insula (hence the s), for example, island does not; it’s from Old English iegland.

    The influence of Latin on English

    During the Renaissance, English speakers started borrowing Latin and Greek words wholesale – or changing words we already had to show their ancient heritage (Credit: Alamy)

    One more layer of snobbery has added further complications across the Atlantic over the last couple of centuries: national pride. The (relatively few) American simplifications of spelling – color for colour, center for centre – largely owe their existence to Noah Webster’s desire to create a distinctive American English. Canadian preference for keeping many British spellings, on the other hand, has the same nationalistic origins… just in reverse.

    And now? Now we don’t even want to spell things as they sound. How do spellings like hed, hart, lafter, dotter, and det look to you? Uneducated, perhaps? Annoyingly simplistic? Exactly. We enjoy our discomforts – and we really enjoy arbitrary practices that allow us to tell who are and aren’t the “right sort”. We’ve taken a useful tool and turned it into a social filter.

    Greed started the problem of our language and laziness entrenched it, but snobbishness lionizes it. The history of English is a tale of vice… and that is a word, by the way, that we got from the French – even if we can’t blame them for the vices themselves.

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