Protectionnisme: La France veut-elle vraiment que ses enfants apprennent l’anglais? (English teaching in France: The continuation of anti-Americanism by other means?)

https://i0.wp.com/ecx.images-amazon.com/images/I/418W98R25GL._SY344_BO1,204,203,200_.jpgWe are in France. You speak French. Sébastien Chabal
Une bonne partie de ce que nous observons dans les relations entre la France et les Etats-Unis est le produit d’une structure de relations que l’on doit penser comme la confrontation entre deux impérialismes de l’universel. (…) La France est une sorte d’idéologie réalisée: être français, c’est se sentir en droit d’universaliser son intérêt particulier, cet intérêt particulier qui a pour particularité d’être universel. Et doublement en quelque sorte: universel en matière de politique, avec le modèle pur de la révolution universelle, universel en matière de culture, avec le modèle de chic (de Paris). On comprend que, bien que son monopole de l’universel soit fortement contesté, en particulier par les Etats-Unis, la France reste l’arbitre des élégances en matière de radical chic, comme on dit outre-Atlantique ; elle continue à donner le spectacle des jeux de l’universel, et, en particulier, de cet art de la transgression qui fait les avant-gardes politiques et/ou artistiques, de cette manière (qui se sent inimitable) de se sentir toujours au-delà, et au-delà du delà, de jouer avec virtuosité de tous les registres, difficile à accorder, de l’avant-gardisme politique et de l’avant-gardisme culturel (…) C’est dire que nombre des choses qui s’écrivent ou se disent, à propos de la France ou des USA ou de leurs rapports, sont le produit de l’affrontement entre deux impérialismes, entre un impérialisme en ascension et un impérialisme en déclin, et doivent sans doute beaucoup à des sentiments de revanche ou de ressentiment, sans qu’il soit exclu qu’une partie des réactions que l’on serait porté à classer dans l’antiaméricanisme du ressentiment puissent et doivent être comprises comme des stratégies de résistance légitime à des formes nouvelles d’impérialisme… (…) En fait, on ne peut attendre un progrès vers une culture réellement universelle – c’est-à-dire une culture faite de multiples traditions culturelles unifiées par la reconnaissance qu’elles s’accordent mutuellement – que des luttes entre les impérialismes de l’universel. Ces impérialismes, à travers les hommages plus ou moins hypocrites qu’ils doivent rendre à l’universel pour s’imposer, tendent à le faire avancer et, à tout le moins, à le constituer en recours susceptible d’être invoqué contre les impérialismes mêmes qui s’en réclament. Pierre Bourdieu (1992)
La relation entre les Français et les langues étrangères est ambiguë. Alors qu’ils se trouvent dans la moyenne en ce qui concerne la mobilité géographique vers un autre pays de l’Union européenne, les Français sont remarquablement peu motivés par la mobilité vers un pays étranger dont la langue n’est pas la leur. Autrement dit, ils disent oui à la mobilité européenne, mais non à l’apprentissage des langues étrangères. Ce constat est d’autant plus inquiétant que leur langue recule face à l’anglais et à l’allemand avec l’élargissement de l’Union européenne: parmi les populations des dix nouveaux États-membres, seuls 3% le maîtrisent, contre 12% dans l’ancienne Union européenne à quinze. Si l’apprentissage des langues ne fait pas l’objet d’un débat sérieux, les Français verront leur marché du travail rétrécir dans les années à venir.  Anna Stellinger
— On ne peut pas changer de profession en France; si vous y aviez réellement vécu vingt ans, vous le sauriez.
Je fronçai les sourcils.
— Et pourquoi pas? Si je fais ce qu’il faut pour obtenir les diplômes nécessaires?
— Parce que, dit-il en croisant les mains derrière sa nuque, personne ne vous embauchera.
Je voyais bien qu’il disait la vérité. Je reçus courageusement la bonne nouvelle.
— À cause de mon âge?
— Oui, bien sûr.
Bernard tapota mon CV.
—Et aussi parce qu’en France les gens ne croient pas à la reconversion, poursuivit-il. Un chef de projet ne peut pas plus devenir avocat qu’un mille-pattes se transformer en aigle. L’un exclut l’autre. (Extrait de Sorbonne confidential, Lauren Zuckerman, 2007)
C’est la dissertation avec ses exigences incroyablement archaïques qui fait le plus pour écarter de l’enseignement de l’anglais dans les lycées français ceux qui ne disposent pas du capital culturel nécessaire – et en particulier les locuteurs natifs intelligents et expérimentés de l’anglais (…) En théorie, cette épreuve simple et objective permet d’éliminer les critères subjectifs et l’élément humain si souvent accusés d’exclure les étrangers. En réalité, les critères eux-mêmes sont totalement imprégnés de discrimination et sont bien plus efficaces pour éliminer les candidats non-Français de souche que le plus zélé des partisans de la « France aux Français ». Terence Beck (University of Puget Sound, Tacoma)
The present study shows essentially that it is not only the teaching of foreign languages but also the social status given to foreign languages in France which must be challenged. In order to develop a strong foreign language policy within the education system and to integrate it within society at large it will be necessary to conduct a wide ranging reflection. This reflection should not stay within the education system but should also take into account all the political and social implications of the objective that every citizen should have an operational command of at least one foreign language. (…) It would seem that for French teachers of English what comes first for learning a language remains grammatical correctness. This is why the representation given of learning a language is not conducive to communication. Teachers develop a hankering after perfection which hinders pupils. Thus it is necessary, in France, for teachers and for pupils alike, to have a perfect command of grammar in order to pick up the courage to speak, to express oneself. (…) Teachers aim at “perfection” in the message. Gérard Bonnet

Suite à la parution l’été dernier de la féroce satire d’une Française d’origine américaine diplômée de Harvard et HEC qui avait tenté en vain l’agrégation d’anglais (« Sorbonne confidential », Lauren Zuckerman) …

Retour, via l’une des dernières enquêtes internationales de l’OCDE (2002), sur le « système ubuesque qui produit les plus mauvais élèves en anglais de toute l’Europe ».

Mais aussi les professeurs souvent les moins adaptés à leurs futures tâches quand, par un effet souvent inaperçu du protectionnisme culturel français et une perverse utilisation de l’apparemment parfaite objectivité d’un examen comme l’agrégation, il ne finit pas par en exclure les candidats souvent les plus capables, à savoir les locuteurs natifs.

Ainsi, la comparaison de l’enseignement de l’anglais dans sept pays européens (+ l’Allemagne) y confirme le retard (croissant!) des élèves français non seulement sur les pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark, Finlande et Pays-Bas) mais aussi (légèrement) sur l’Espagne.

Et ce, même si le lycée ne peut ni se substituer à Berlitz ni se limiter à des finalités purement pragmatiques (quid de la formation intellectuelle?), du fait d’un enseignement largement livresque, d’où la grande faiblesse en compréhension orale et en production écrite, mais aussi, à un degré moindre, en compréhension écrite et en compétence linguistique.

Parmi les raisons aussi évoquées sont particulièrement pointés, du côté des élèves pourtant généralement bien disposés par rapport à la langue et mis à part les chansons, la très faible exposition à l’anglais en dehors de l’école (radio, films ou livres en VO) – à quand, comme il est courant dans les pays nordiques, les films anglo-saxons en VO à la télé ?

Comme également, du côté de l’enseignement, la faible diversification du matériel pédagogique centré principalement sur le manuel et les cassettes audio du cours, laissant peu de place aux supports ou types d’activités non directement pédagogiques (vidéos, journaux, magazines, livres, logiciels, labo, jeux, correspondance, voyages, échanges, etc.).

D’où aussi la faible prise en compte des intérêts mais aussi de l’auto-évaluation ainsi que des niveaux de compétence (instructions officielles obligent) des élèves.

Et surtout la survalorisation de la correction grammaticale par les enseignants, limitant très fortement la communication en anglais dans la classe.

Mais le plus intéressant est certainement la conclusion générale de l’enquête évoquant discrètement (diplomatie oblige) la question plus profonde du statut des langues étrangères, et tout particulièrement de l’anglais, dans la société française.

Notamment du fait d’une certaine et longue tradition d’arrogance culturelle et d’anti-américanisme de toute la société française dont on ne voit effectivement pas pourquoi l’enseignement (y compris de l’anglais !) serait exclu …

Comments on the results of the study (pp. 125-130)
The Assessment Of Pupils’ Skills In English In Eight European Countries
Edited by Gérard BONNET
The European network of policy makers for the evaluation of education systems
2002

Based on comments by educational policy makers several comments and hypotheses may formulated with regard to the teaching of English in France. Although since 1987 the national curriculum for English has been stressing the importance of communication situations, of being able to do, of activities conducive to the creation of a maximum of links to get to the meaning of texts, of dialogue, etc., rather than being content with grammatical correctness of sentences, it seems that teachers in the classroom do not follow these prescriptions in their everyday work.

Even though they are near the end of compulsory schooling pupils have far too little contact with English as a language and assume a passive attitude regarding learning it. It is as though the role of English as a “language of communication” is neither understood nor felt.

It would seem that for French teachers of English what comes first for learning a language remains grammatical correctness. This is why the representation given of learning a language is not conducive to communication. Teachers develop a hankering after perfection which hinders pupils. Thus it is necessary, in France, for teachers and for pupils alike, to have a perfect command of grammar in order to pick up the courage to speak, to express oneself. Furthermore French pupils did not have a wide range of lexical knowledge. The fact that they are constantly being corrected by the teachers leads to an excessive use of French during the English lesson: the teachers give grammatical explanations in French and pupils respond likewise to show they have understood an oral or written message. Teachers aim at “perfection” in the message.

In their teaching, when they set up “wrongly authentic” situations teachers create moments when information can be picked up but do not sufficiently allow a fluent use of the language to develop. The present study shows essentially that it is not only the teaching of foreign languages but also the social status given to foreign languages in France which must be challenged. In order to develop a strong foreign language policy within the education system and to integrate it within society at large it will be necessary to conduct a wide ranging reflection. This reflection should not stay within the education system but should also take into account all the political and social implications of the objective that every citizen should have an operational command of at least one foreign language.
Indeed the objectives which have been agreed by the European Heads of states and Governments in the context of the Lisbon process are very ambitious for linguistic policies. France, like other countries, will need to make significant efforts to meet them. In the years to come a European indicator in foreign language competence will, as per the conclusions of the spring 2002 Barcelona Summit, be implemented. This will be an unprecedented occasion to measure their progress and the efforts which remain to be made.

Voir aussi la revue de presse du livre de Lauren Zuckerman:

L’Association des professeurs de langues:

Parution : « Sorbonne Confidential », de Laurel Zuckerman (Fayard)
lundi 24 septembre 2007
par Christian PUREN

Présentation de l’éditeur

Alice est née aux États-Unis mais elle vit et travaille en France depuis vingt ans. Victime d’une compression de personnel, elle décide de se reconvertir en professeur d’anglais. Pleine d’enthousiasme, elle s’inscrit à l’agrégation. Elle croit à sa chance. Hélas ! Elle comprend rapidement que, pour pouvoir enseigner sa langue maternelle dans l’hexagone, ce n’est pas l’anglais d’Arizona qu’il faut connaître. Ni même celui de Shakespeare. Il faut connaître l’anglais de la Sorbonne !

Dans ce docu-fiction apparaît pour la première fois le système ubuesque qui produit les plus mauvais élèves en anglais de toute l’Europe. Mille contradictions, tantôt hilarantes, tantôt accablantes, contribuent à rendre inefficace le plus prestigieux concours du pays. Echaudée par une sélection plus impitoyable que rigoureuse, Alice se livre à une véritable enquête pour tâcher de comprendre ce qui cloche. Mais le célèbre  » mammouth  » de l’éducation nationale semble fort jaloux de ses secrets. Alice se pose alors cette question : en dépit d’une volonté politique maintes fois affirmée, la France veut-elle vraiment que ses enfants apprennent l’anglais ?

– L’Express:

Alice au pays de l’agreg
Laurence Debril
L’Express du 05/04/2007

Une Franco-Américaine raconte son année passée à préparer le concours d’anglais. Plongée dans un système aberrant.

Absurde, inadapté, discriminant. Et dramatiquement drôle. Ainsi apparaît le système universitaire français vu à travers les yeux mi-candides, mi-incrédules d’une Américaine.

Alice, née dans l’Arizona mais installée depuis vingt ans en banlieue parisienne, diplômée d’HEC, mère de deux filles, décide, le jour où Euro Disney la licencie de son poste de cadre dans l’informatique, de passer l’agrégation d’anglais. Enseigner sa langue maternelle, bénéficier de la sécurité de l’emploi et reléguer le concept d’ «heures sup’» au rayon des mauvais souvenirs: l’idée la remplit d’aise. Elle aussi, comme 1,3 million de «vrais» Français, va pouvoir devenir fonctionnaire de l’Education nationale. Le rêve.

«Le premier jour de classe, je me présentai au 18, rue de la Sorbonne, excitée comme une vierge le jour de sa nuit de noces, et à peu près aussi bien informée.» Neuf mois plus tard, Alice est définitivement déniaisée. Ses emportements enthousiastes ont laissé la place à une amertume teintée de paranoïa. L’accouchement s’est fait dans la douleur. Physiquement, elle s’est contorsionnée sur des bancs d’amphi apparentés à des instruments de torture – trop durs, trop bas – et a sué sang et eau dans des salles de cours surchauffées – «J’étais aussi fraîche qu’un sachet de thé après trois heures dans l’eau chaude», écrit-elle au lendemain de la rentrée. Mais la vraie claque est psychologique: elle obtient 0/20 à sa première version, et 4/20 en thème, avec pour commentaire «grammaire peu sûre».

A travers le récit autobiographique de Laurel Zuckerman, c’est l’ensemble du «mammouth» – pour reprendre l’expression de Claude Allègre, ministre de l’Education nationale de 1997 à 2000 – qui est épinglé. Les enseignants sont décrits comme prétentieux; les futurs profs, obsédés par le concours et l’acquisition d’un savoir étranger à toute notion de pédagogie, parlant à peine anglais, régurgitant bêtement des dissertations «agrégationnellement correctes». L’ensemble du système est décrit comme un rouleau compresseur où «l’échec est parfaitement intégré», qui produit «plus de déchets que l’industrie minière». Une machine à broyer qui rejette tout ce qui ne lui ressemble pas et reproduit ses élites d’une manière morbide.

Le constat, sévère, a d’autant plus de poids qu’il est dressé par une Française d’adoption, à la fois impliquée (elle a raté le concours de 4 points) et extérieure. On rit beaucoup et on se dit qu’il est décidément urgent de réformer le système.

– Le Nouvel Observateur:

Ubu prof d’anglais
Véronique Radier
Le Nouvel Observateur
Le 25 octobre 2007

Quand Laurel Zuckerman, cadre franco-américaine, diplômée d’HEC, installée en France depuis vingt ans et parfaitement bilingue, décide de devenir prof d’anglais, elle se pensait plutôt surqualifiée pour le poste. Ses voisins imaginent comme elle que c’est déjà dans la poche. Dès son arrivée à la Sorbonne, pour une année de préparation à l’agrégation, elle réalise l’étendue de son erreur: «Quand j’ai compris qu’on privilégiait la maîtrise d’un français extrêmement «soutenu» plutôt que celle de l’anglais, je n’en ai pas cru mes yeux, enfin, mes oreilles ! Dès le premier jour, j’ai tout trouvé tellement incroyable – le délabrement de la fac, devoir prendre des notes sur mes genoux, le jargon incompréhensible des profs, etc. – que j’ai décidé d’en faire un livre.»

Un ouvrage à la fois savoureux et hautement instructif. Mais à la saveur un peu amère, car on y découvre avec consternation l’absurdité de nos concours, sans rapport avec la réalité du métier. Nos futurs profs d’anglais doivent avant tout démontrer leur maestria en… français et en linguistique ! La motivation, le sens de la pédagogie, la maîtrise orale de l’anglais ? C’est accessoire… «Et s’il existe tout de même d’excellents profs, c’est malgré ce système !».

«Sorbonne Confidential», par Laurel Zuckerman, Fayard.

– Le Point :

Décidément, les Français n’aiment pas les Américains : c’est l’un des constats étonnés que propose Laurel Zuckerman, preuves à l’appui, dans un récit qu’elle consacre au système de l’enseignement supérieur français. Alice, l’héroïne de son livre, est une Américaine d’une quarantaine d’années qui vit et travaille en France depuis 20 ans. Un licenciement la décide à se reconvertir en professeur d’anglais. C’est donc pleine d’entrain et d’assurance qu’elle part s’inscrire au concours de l’Agrégation, à la Sorbonne. La malheureuse apprendra à ses dépens qu’il vaut mieux maîtriser la dissertation de français et la leçon que la langue, pour devenir professeur d’anglais en France. Aberrations et petits scandales se succèdent dans un livre bourré d’humour qui n’épargne ni l’Education nationale, ni les entreprises de soutien scolaire : tout le monde repart avec un diplôme, sauf l’héroïne. L’auteur, quant à elle, a réussi son pari : passer au crible de l’expérience les incohérences et archaïsmes d’un système éducatif qu’on critique plus qu’on ne réforme. L’histoire, elle, reste sans morale.

« Sorbonne Confidential », de Laurel Zuckerman (Fayard, 333 pages, 20 €)

Karine Papillaud

Evene:

Alice, informaticienne de 43 ans, d’origine américaine, a été licenciée. Elle décide de changer de voie et de préparer l’agrégation d’anglais, mais découvre que les critères de sélection de l’Education nationale sont loin de reconnaître ses compétences. Après avoir échoué à l’écrit elle s’aperçoit que l’un des feuillets corrigés n’était pas d’elle. Furieuse, elle part en guerre contre le système.

Education review :

With humor Zuckerman takes on some absurdities of a system that teaches to a written test. In one hilarious illustration early in the book, Zuckerman’s narrator Alice, translates “pieds de cochon” as “pig’s feet.” The professor corrects her, pointing out that pig’s feet are indeed what a pig walks on—the translation is literally correct. But, in the context in which the term is used, the correct translation is “pig’s trotters”—the designation you make when such items are served as food. Alice sets out to prove the professor wrong. She searches her study, she calls her mother in Arizona, she asks all the native English speakers she knows. She learns that no English speaker in her small sample has heard of pig’s trotters. And yet the dictionary proves the professor correct—if you eat them, they’re trotters.

As the test looms, tensions increase between English-speaking and French-speaking students who must compete against one another for a few precious spots. English-speaking students become frustrated and angry because they spend most of their time trying to perfect their French in order to teach English. When they challenge a professor, he responds that he holds English-speakers to the same high standards as native French-speakers so they won’t be mocked by their students in French schools. Native English-speakers cry discrimination and point out that many of the native French-speaking students doing so well in the program are unable to actually speak English. Native French-speakers respond that English-speakers have an unfair advantage in this regard and that what the English-speakers want is a form of positive (reverse) discrimination.

But, the greatest barrier facing Alice is the nature of the dissertation. A “dissertation cartésienne” must be written in the haughtiest form of French. Rules are ancient, precise, and exacting and practically impossible for someone to master who did not grow up speaking and hearing and reading and writing very formal French. It is the dissertation with its impossibly archaic demands, that works to weed out those without the necessary cultural capital from teaching English in French schools–most notably, intelligent and experienced native speakers of English. The codes are too complex, the distinctions too subtle. The dissertation cartésienne rewards those who are adept at giving to authority what authority demands. Native English speakers experience repeated failures despite intense motivation and effort.

In theory, this single, objective test removes the subjective criteria and people so often blamed for keeping outsiders away. In reality, the criteria themselves are infused with discrimination and are more effective at excluding the non-native speaker than the most ardent subscriber to the principle of “France for the French” could ever be.

The book illustrates how objective measures can be far from objective—a concept often difficult to see when looking only at one’s own context. It illustrates how rigor by itself can distract, exclude, and alienate. By taking on an institution that began before the American Revolution, the book demonstrates how systems can develop around programs, allowing them to self-perpetuate without regard for their impact on schools and society. At some level, the book is also an argument for the power and importance of teacher education and of the need for systems that care more about creating good teachers than objectively assigning scores.

Zuckerman, Laurel. (2007). Sorbonne Confidential (D. Berman, Trans.). Paris: Librairie Arthéme Fayard.

Pp. 337 20 Euros ISBN 978-2-2136-3122-6

Reviewed by Terence A. Beck
University of Puget Sound

August 31, 2007

Laurel Zuckerman is from Arizona. She has lived in France for more than 20 years, speaks fluent French, is a naturalized citizen of France, a mother of children attending French schools, and she holds a degree from one of the most prestigious universities in France. When she lost her job she decided that what she really wanted to do was to teach English in French schools. It seemed simple enough.

Sorbonne Confidential is the fictionalized story of Laurel Zuckerman’s very real experience working to become a teacher of her first language in the highly centralized French system. While the story is a good one, the picture isn’t pretty. Zuckerman skillfully weaves a tale of institutionalized exclusion, of a system accountable only to itself, and of what can happen when ‘objective’ measures become the end-all and be-all of a process. Zuckerman’s book is causing a stir among those concerned with the French educational establishment, and it holds the potential to inform American educators as well.

I encountered Sorbonne Confidential while browsing in an English-language bookstore in Paris. As a teacher-educator I was searching for information about the educational system in France from pre-school through university. The bookstore’s owner recommended a new book on teacher education in France, currently available only in French. While my ability to read French is limited, I was sufficiently motivated by the topic to give Zuckerman’s book a try.

The French believe in equality and equality demands objective measures. Testing, in theory, provides such objective measures and France has gone in for testing in a big way for centuries. Most famous of the French tests is the Baccalauréat, officially created by Napoleon in 1808 and taken today by most French students at the end of high school. Less known outside of France are the CAPES and l’agrégation, exams taken by individuals who wish to work in the French public school system. L’agrégation was first developed in 1766 and was revised in 1885 to today’s form. The CAPES and l’agrégation are the gates through which one must pass to become a secondary teacher in France—the only gates.

Zuckerman includes considerable factual information about the French system of teacher selection in her text. From her text we learn that the l’agrégation d’anglais (for teaching English) is made up of the following: 1. A dissertation hand-written in French during a seven-hour period. 2. A hand-written commentary in English (six hours). 3. A six-hour linguistic composition that includes an emphasis on English phonology and French grammar. 4. A six-hour translation exercise (p. 30).

Only the ‘best’ survive the experience. Zuckerman notes that in 2005, 43,461 candidates sat for l’agrégation and 64,180 sat for the CAPES, representing 37 disciplines. Of those 107,641 candidates, 11,925 received certificates (p. 128). The tests are based on a type of curve that is determined by the number of teaching openings available in France the next year. The almost 12,000 candidates in 2005 who had the highest scores passed the exams and were given certificates, a probation year, and then jobs for life. The almost 96,000 candidates who prepared and sat for the exam but did not ‘pass,’ ended the experience with no certificate and no job. It’s difficult to find stakes higher than these. It is not unusual for candidates to take the texts several years in a row.

As with any high-stakes testing situation, testing drives instruction in the courses offered by the Sorbonne to prepare students to teach English. Classes are conducted solely in French with professors speaking at length while students dutifully record all they say. Speaking English is not emphasized and instruction in pedagogy (beyond that modeled by the lectures of the professors) is completely absent. Argument and original thought are resented by professors and students alike because they steal time from preparation for the all-important test.

Notably absent from this high-stakes exam to be an English teacher are demonstrations of an ability to speak English, to understand spoken English, or any demonstrated ability to operate successfully in a classroom. Through her fiction, Zuckerman argues that such oversights have profound implications for French education and French society. One example is a chart showing French students in 2002 scoring at the bottom in a European Union study of student skills in English (p. 207). A second example is the recounting of a meeting for parents of students attending middle school. The teachers berate the students and outline numerous problems. Zuckerman notes that the teachers do not discuss pedagogical techniques, or ways that the problems they articulate might be addressed (beyond admonishing the students to work harder) (p. 138). Zuckerman suggests that the system of teacher education contributes significantly to situations like these.

The rigorous nature of French testing throughout the system makes for high standards at considerable human cost. Zuckerman notes that in France, 17.4% of children repeat a grade, a number that passes 38.2% in “quartiers défavorisés” [underprivileged neighborhoods]. Over half of the students drop out of university in France after the second year. Many programs have success rates lower than the famous 1 out of 11 of the English teacher exam (p. 136).

But Sorbonne Confidential is more than a collection of facts and tidbits about the French system of selecting teachers. The book brings a warm and personal touch, viewing the experience through the eyes of an appealing and very human narrator. It is this combination of insider information and statistics, and the intimate personal experience of one of those statistics, that gives the book its power.

With humor Zuckerman takes on some absurdities of a system that teaches to a written test. In one hilarious illustration early in the book, Zuckerman’s narrator Alice, translates “pieds de cochon” as “pig’s feet.” The professor corrects her, pointing out that pig’s feet are indeed what a pig walks on—the translation is literally correct. But, in the context in which the term is used, the correct translation is “pig’s trotters”—the designation you make when such items are served as food. Alice sets out to prove the professor wrong. She searches her study, she calls her mother in Arizona, she asks all the native English speakers she knows. She learns that no English speaker in her small sample has heard of pig’s trotters. And yet the dictionary proves the professor correct—if you eat them, they’re trotters.

The candidates preparing for the test see the mismatch between what they are being asked to do and the job for which they are preparing. Consider this response of a fellow student to Alice’s complaint that courses designed to get students past l’agrégation fail to prepare candidates to teach English.

Aucun de ses cours n’a de rapport avec l’enseignement, did-elle, ni à l’université ni au lycée. C’est un concours, c’est tout. Les seuls talents d’enseignant que nous aurons, c’est nous qui devrons les développer. Tu sais cela, n’est-ce pas? p. 67.

[None of the courses has any relationship with teaching, she said, neither with the university nor with high school. It is a contest, that’s all. The only talents of a teacher that we will have, are those we develop on our own. You know that’s true, right?] p. 67 (All translations (and translation errors) are the reviewer’s.)

As the test looms, tensions increase between English-speaking and French-speaking students who must compete against one another for a few precious spots. English-speaking students become frustrated and angry because they spend most of their time trying to perfect their French in order to teach English. When they challenge a professor, he responds that he holds English-speakers to the same high standards as native French-speakers so they won’t be mocked by their students in French schools. Native English-speakers cry discrimination and point out that many of the native French-speaking students doing so well in the program are unable to actually speak English. Native French-speakers respond that English-speakers have an unfair advantage in this regard and that what the English-speakers want is a form of positive (reverse) discrimination. Zuckerman presents a picture that blames no one. Rather, she communicates that it is the system that creates wary, almost adversarial relationships between almost everyone involved. Consider this description of a student in the classroom late in the process:

Il avait le regard déterminé des petits animaux condamnés mais courageux, une souris des champs défendant sa nichée face à un faucon.

[He had the determined look of all condemned but courageous small animals–a field mouse defending its brood against a falcon.] p. 144.

But the greatest barrier facing Alice is the nature of the dissertation. A “dissertation cartésienne” must be written in the haughtiest form of French. Rules are ancient, precise, and exacting and practically impossible for someone to master who did not grow up speaking and hearing and reading and writing very formal French. It is the dissertation with its impossibly archaic demands, that works to weed out those without the necessary cultural capital from teaching English in French schools–most notably, intelligent and experienced native speakers of English. The codes are too complex, the distinctions too subtle. The dissertation cartésienne rewards those who are adept at giving to authority what authority demands. Native English speakers experience repeated failures despite intense motivation and effort.

In theory, this single, objective test removes the subjective criteria and people so often blamed for keeping outsiders away. In reality, the criteria themselves are infused with discrimination and are more effective at excluding the non-native speaker than the most ardent subscriber to the principle of “France for the French” could ever be.

While Sorbonne Confidential seems intended to provide a critique of the French system of teacher education, it has messages for an American audience as well. The book illustrates how objective measures can be far from objective—a concept often difficult to see when looking only at one’s own context. It illustrates how rigor by itself can distract, exclude, and alienate. By taking on an institution that began before the American Revolution, the book demonstrates how systems can develop around programs, allowing them to self-perpetuate without regard for their impact on schools and society. At some level, the book is also an argument for the power and importance of teacher education and of the need for systems that care more about creating good teachers than objectively assigning scores.

Sorbonne Confidential is likely to be of interest to teacher educators both in France and in the United States. It could be useful in teacher preparation classes as a way into discussions of cultural capital, high-stakes testing, and the unintended consequences of systems designed with the best of intentions. The book might also be useful as a text in a second-year or third-year French language and culture course.

Clearly, the largest issue around Sorbonne Confidential is that it is currently available only in French, making its appeal to an American audience limited. The book was originally written in English and the possibility remains that Zuckerman will find an American or British publisher who recognizes the enormous potential of the text. Because the book is currently available only in French, it is appropriate here to consider the level of the writing and the accessibility of the French.

Sorbonne Confidential was translated from American English into French by Daniel Berman. It is a novel, not an academic text. Berman’s translation is remarkably clear and easy to follow for native English speakers. Missing are the long and involved sentences that so often leave me lost and scratching my head when I read in French. The French is not for beginners, but neither does it require advanced training to understand this important and entertaining tale.

About the Reviewer

Terence Beck is an Associate Professor at the University of Puget Sound in Tacoma Washington. There he specializes in Curriculum for Democracy, working with pre-service teachers in both general secondary teaching methodology and curriculum and instruction for the social studies. Dr. Beck teaches other courses at the university concerned with race, gender, class, and sexuality in U.S. schools and society. His research interests include classroom discourse (particularly around student questions), democratic citizenship education, and the comparative analysis of schooling in France and the United States. He constantly wishes his French language skills were stronger.

2 commentaires pour Protectionnisme: La France veut-elle vraiment que ses enfants apprennent l’anglais? (English teaching in France: The continuation of anti-Americanism by other means?)

  1. […] suite à notre dernier billet sur les aberrations de l’agrégation de langues et notamment d’anglais […]

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  2. […] The present study shows essentially that it is not only the teaching of foreign languages but also the social status given to foreign languages in France which must be challenged. In order to develop a strong foreign language policy within the education system and to integrate it within society at large it will be necessary to conduct a wide ranging reflection. This reflection should not stay within the education system but should also take into account all the political and social implications of the objective that every citizen should have an operational command of at least one foreign language. (…) It would seem that for French teachers of English what comes first for learning a language remains grammatical correctness. This is why the representation given of learning a language is not conducive to communication. Teachers develop a hankering after perfection which hinders pupils. Thus it is necessary, in France, for teachers and for pupils alike, to have a perfect command of grammar in order to pick up the courage to speak, to express oneself. (…) Teachers aim at “perfection” in the message. Gérard Bonnet […]

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