Présidentielles 2012: C’est Buisson qui avait raison, imbécile! (That’s the price you pay for betraying both your country and electorate)

En politique, il faut trahir ou son pays ou ses électeurs. Moi, je préfère trahir mes électeurs. Charles de Gaulle
Il y a trop d’immigrés en situation irrégulière. François Hollande
Celui qui aurait dit ça dans un congrès se serait fait étriper. Jamais personne n’aurait osé, même pas Manuel Valls. Responsable de la rue de Solferino
Quand on m’a comparé à Franco, à Pétain, à Laval, et pourquoi pas Hitler, vous n’avez pas dit un mot (…). Quand Mme Aubry me traite de Madoff et que le leader de la famille ne dit rien, c’est qu’il cautionne. Nicolas Sarkozy
Le Front national est un parti – on le dit souvent et je crois que l’expression est juste – qui apporte de mauvaises réponses à de bonnes questions. (…) C’est un parti démocratique, ça c’est tout-à-fait certain, mais c’est un parti qui ne s’inscrit pas dans la vision de la France et du monde qui est la mienne. Je ne veux pas d’une France qui se replie sur elle-même, qui se ferme au monde (…) C’est un parti qui ne correspond pas à ma conception de la République. (…) Je ne voterai pas pour le Front national.  Claude Guéant
Les dirigeants de l’UMP (…) entre les deux tours (…) pour un très grand nombre d’entre eux (…) ont appelé à voter socialiste aux législatives. (…) Alors (…) les Français ne comprennent pas pourquoi il faudrait voter socialiste aux législatives et faire élire des députés qui vont voter pour le droit de vote des étrangers, pour la régularisation des clandestins mais qu’il ne faudrait pas le faire aux élections présidentielles. Marine Le Pen
François Hollande (….) sera le dernier à monter les marches de l’Elysée en short. La simplicité, ce n’est pas la vulgarité. (..) J’ai été très choqué par les choix de fin de campagne et extrêmement déçu » [par] les projets de « rupture » avec les accords de Schengen et le « retour des frontières ». C’est toute l’abomination de la droite anti-européenne. J’espère que la droite en tirera la leçon que c’est ça qui l’a fait perdre et que l’école buissonnière ne sera qu’une parenthèse. Jacques Attali
Nicolas Sarkozy a intérêt à soigner sa sortie (..) C’est l’épilogue logique d’une présidence ultra-personnalisée, jusqu’à l’égocentrisme (…) C’est aussi l’aboutissement d’un quinquennat où Nicolas Sarkozy a voulu décider de tout ; assumer seul son échec, c’est cohérent. Et puis la fin de campagne a été dure, il a dû aller très loin, trop loin sans doute, pour reconquérir une part des électeurs de Marine Le Pen – et ce faisant, il a heurté beaucoup de Français, y compris à droite. Par moments, il a frôlé l’indignité ; il se devait de retrouver de la dignité. (…) et c’est en même temps renvoyer à plus tard le bilan critique sur sa stratégie de « droitisation ». Prendre la pose du vaincu honorable, c’est dissuader les partisans du « droit d’inventaire » de se mettre d’accord sur son dos. Il n’y a donc pas que de l’élégance dans tout cela ; c’est tactique, c’est intéressé, c’est égoïste. C’est la preuve que pour une petite semaine, Nicolas Sarkozy fait encore de la politique. Le Point
7% des électeurs ont choisi de se déplacer au bureau de vote, mais sans glisser de bulletin Nicolas Sarkozy ou François Hollande dans l’urne, selon un sondage OpinionWay. Ainsi, deux millions de Français n’auraient reporté leur voix sur aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour. C’est la première fois dans l’histoire de la 5e république que le nombre de bulletins blancs et nuls est aussi élevé. Au premier tour, il s’établissait à 1,92%. Atlantico
Les électeurs du FN, en s’abstenant ou votant blanc, ont fait perdre la droite qui est redevenue la plus bête du monde : alors que le pays est culturellement et sociologiquement à droite, la majorité vient de payer son incapacité à s’adresser au peuple perdu. Les principaux leaders de l’UMP, qui ont cru malin de faire la fine bouche devant l’électorat de Marine Le Pen et ses inquiétudes, sont coresponsables de l’échec de Nicolas Sarkozy (48,38% contre 51,62% à François Hollande), le candidat vaincu payant lui-même ses promesses non tenues en 2007. Il est de bon ton dans les médias de critiquer la « ligne Buisson », du nom du conseiller présidentiel qui avait convaincu le candidat de faire, à côté de ses discours peu mobilisateurs sur le désendettement et le rapprochement franco-allemand, une campagne sur la défense de l’identité française. Je pense, pour ma part, que cette ligne était la bonne et qu’elle a permis à Sarkozy de faire une belle remontée jusqu’à espérer gagner au second tour. Mais cette stratégie à été décidée trop tard, laissant deviner un manque de conviction du candidat. Les réticences de nombreux ténors de la majorité à parler immigration ou communautarisme ont pu convaincre aussi de l’insincérité de la posture de Sarkozy.(…) En tout cas, l’élection de Hollande a eu pour premier mérite d’illustrer la réalité du communautarisme en France, ce sujet que le candidat a dit vouloir combattre tout en promettant de faire respecter la laïcité. Je ne pense pas avoir été le seul à avoir été choqué de voir, dimanche soir sur les télévisions, les multiples drapeaux étrangers brandis aux alentours de la colonne de la Bastille : algériens, marocains, palestiniens, etc. Ces manifestations d’appartenance sont à mettre en parallèle avec les excellents scores qu’Hollande enregistre dans les « quartiers populaires » (comprendre : quartiers musulmans). En Seine-Saint-Denis, il l’emporte massivement avec 65,32% des suffrages contre 34,68% pour Sarkozy. A Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes de 2005, il enregistre 72,07%, et même 89,04% dans le quartier « sensible » du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. De semblables résultats se retrouvent jusque dans certains arrondissements de Paris, comme le XX e, le XVIII e ou le XIX e. Hollande s’est donné deux priorités : la justice et la jeunesse. Il n’a pas dit : le désendettement et le communautarisme… Ivan Rioufol
La majorité des Français sont à droite et pourtant la gauche aura bientôt tous les pouvoirs dans notre pays – faute d’un accord bien improbable passé entre les droites avant les élections législatives. (…) Les responsabilités de ce qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une défaite des droites provoquée par leur désunion, est donc partagée entre la droite parlementaire et le Front national. Tant que la droite ne se sera pas débarrassée à la fois de la pusillanimité héritée du chiraquisme, et des rancœurs lepénistes, la gauche aura de beaux jours devant elle. Pierre Menou
Le nouveau Président confronté au chômage, au risque de faillite de l’Etat, à une Europe en désarroi, à la concurrence mondiale, ne pourra ignorer l’alliance objective des communistes, trotskistes, nationalistes et écologistes profonds . Tous ceux-la, chacun dans sa mythologie, exaltent des souvenirs de Révolution, d’Empire ou de degré zéro de la civilisation. (…) Si bien que ce qui opposait Sarkozy à Hollande était en définitive moins important que ce qui distingue d’un côté Sarkozy + Hollande, tous deux réalistes, et de l’autre, le camp des refuzniks de la réalité. Certes, Hollande a emporté le référendum anti Sarkozy, ce que fut le second tour, bien plus qu’un choix entre deux programmes ou deux idéologies. (…) Entre le socialisme affecté de Hollande et le libéralisme de façade de Nicolas Sarkozy, il n’y avait pas l’épaisseur d’un papier à cigarette : l’un et l’autre chevauchaient sur une voie française, qui glorifie l’Etat, tolère l’esprit d’entreprise mais se méfie du marché libre et abhorre la concurrence. (…) François Hollande, s’il reste rationnel, devra donc accepter une intégration financière de l’Europe avec création d’un Ministère des finances européen, réduire la dimension de l’Etat (coupant dans la Défense et l’Education), tempérer la solidarité par plus de responsabilité individuelle, et contenir les revendications salariales. (…) Sarkozy, contre la rue, n’y serait jamais parvenu ; Hollande, parce que de « gauche », le pourrait. De Gaulle avait bien liquidé l’Empire, Mitterrand anéanti ses alliés communistes : Hollande, en père- la -rigueur, démontrerait que les hommes d’Etat ne sont grands qu’à contre emploi. Guy Sorman
Souvenons-nous qu’il y a un an Sarkozy était donné battu au premier tour et qu’il s’est finalement maintenu à un niveau élevé au premier tour, compte tenu de la performance de Marine Le Pen. Dès lors, et compte tenu de son bilan social, mais aussi en matière d’immigration et de sécurité, ainsi que de la puissance de l’anti-sarkozysme, le résultat est inespéré pour lui. Sociologiquement, Nicolas Sarkozy perd car contrairement à 2007, il n’a pas su capter le vote populaire. Ces catégories lui font notamment payer son échec sur la question sociale mais aussi sur les thématiques immigration/sécurité. D’ailleurs, si au premier tour les catégories populaires, notamment les ouvriers, avaient plutôt choisi Marine Le Pen, dimanche dernier elles se sont plutôt portées vers Hollande (par anti-sarkozysme plus que par adhésion), l’abstention et/ou le vote blanc. (..) Les résultats illustrent la déception des milieux ouvriers et employés qui estiment ne pas avoir été entendus ni sur la question sociale, ni sur les thématiques identitaires. En fait, contrairement à ce que l’on dit, Sarkozy a pris en compte bien trop tard l’importance du ressentiment et la place des thématiques identitaires en milieu populaire. (…) Le résultat du premier tour a validé cette stratégie. Sans cette stratégie, Nicolas Sarkozy aurait fait 20% au premier tour et 42-43% au second. Et puis que pouvait-il faire ? Compte tenu de la situation sociale, il n’allait quand même pas faire une campagne sur son bilan ou le pouvoir d’achat ! Il n’allait pas non plus faire la même campagne que François Hollande ! On peut d’ailleurs noter que, malgré cette « droitisation », Sarkozy a capté tranquillement les voix de François Bayrou… En fait, la « drôle de campagne » du 2e tour s’explique par le fait que les deux qualifiés étaient des représentants de la « France du Oui » une France encore plus minoritaire aujourd’hui qu’en 2005. Les deux candidats étaient aussi les représentants de partis qui ont accompagné l’adaptation de la société française au libre-échange et à la mondialisation, que les classes populaires rejettent depuis des années. Dans ce contexte, les deux candidats, qui ne proposent aucune véritable alternative économique et sociale à une France populaire fragilisée n’avaient d’autre solution que de cliver sur des thématiques d’ordre « socio-culturelles ». Or, s’il est évident que le camp sarkozyste est allé dans cette direction, on ne voit pas qu’en réalité la gauche a aussi fait ce choix, plus discrètement. On ne voit pas à ce titre à quel point la stratégie « Buisson » fait écho, et a contrario, à celle du think-tank Terra-Nova. Dans les deux cas, il s’agit d’opter pour le « socio-culturel ». A gauche, la stratégie Terra Nova centrée sur les bobos-minorités-grandes agglomérations a été très critiquée dans son propre camp. Même chose à droite avec Buisson. Mais si l’on fait l’analyse sociologique du vote, ces deux stratégies très contestées sont celles qui ont le mieux fonctionné dans les deux camps ! François Hollande fait le plein en banlieue, dans les dom-toms, dans les grandes villes, chez les catégories diplômées, etc. Inversement, Sarkozy réalise ses meilleurs résultats dans les espaces ruraux. (…) il existe désormais un clivage socio-culturel gigantesque au sein de la France : 48,38% des électeurs se sont tout de même positionnés sur une thématique qu’on a dit « fasciste » et identitaire. C’est une nouveauté. L’évolution socio-culturelle du pays évolue vers un clivage de plus en plus marqué. Surtout, il apparaît que cette dimension est désormais intégrée au discours politique. Si la droite a « cogné » très fort (je pense notamment aux sorties de Claude Guéant..), la gauche a aussi participé à cette ethnicisation du discours en fascisant Sarkozy. Les attaques d’Axel Kahn qui a déclaré dans l’entre-deux tours que la mobilisation autour de Nicolas Sarkozy au Trocadero c’était Nuremberg ou de Mélenchon qui traite Sarkozy de « petit blanc raciste » en sont une illustration. Si la droite a ciblé l’immigration musulmane, la gauche a fascisé Sarkozy et indirectement son électorat en sous entendant qu’il était xénophobe, blanc, etc. (…) Quelque chose est toutefois en place qui dépasse très largement les simples dynamiques de gauche ou de droite. C’est pourquoi l’évocation de mai 1981 à l’occasion de ce mois de mai 2012 me semble particulièrement hors sujet . Christophe Guilluy
Nicolas Sarkozy joue son va-tout sur la nation, les frontières, le travail – le vrai ou le faux, la famille – la vraie ou la fausse. Il lance contre la gauche la bataille qu’il n’a jamais menée en cinq ans. L’homme qui ne regrette pas d’avoir fait l’ouverture se rend compte, mais un peu tard, que la guerre politique est d’abord culturelle. Le président, qui se vantait d’avoir détruit le Front national, juge désormais anormal que les socialistes puissent traiter affectueusement l’extrême-gauche tandis que la droite est vouée aux gémonies si elle n’insulte pas l’extrême-droite. Sarkozy semble découvrir ingénument cette vieille exception française…  Zemmour
La mobilisation du peuple de droite voulue par Buisson, Guaino et Sarkozy a incontestablement payé. Longtemps scotché à 45% dans les sondages, Sarkozy finit à 48. Il pourra longtemps regretter de ne pas être parti plus tôt en campagne. Il pourra surtout regretter de ne pas avoir tenu les promesses faites en 2007, à l’électorat populaire qui avait misé sur lui. À l’époque aussi, il avait beaucoup parlé d’immigration, de laïcité, de patriotisme, de protection et de frontières. Il avait ainsi siphonné les voix du Front national en donnant à cet électorat populaire une porte de sortie gouvernementale, en leur apparaissant comme un Le Pen raisonnable, sans outrance verbale mais aussi sans faiblesse. Sarkozy n’a pas tenu ses promesses à cet électorat populaire, c’est la clef de sa défaite. La campagne Buisson ne pouvait pas rattraper complètement cinq ans de renoncements, d’incohérences, voire de trahisons. Pourtant, son discours de 2012 sur la frontière en a séduit plus d’un, si on en croit le résultat final. Zemmour

Même un Sarko ne pouvait retrouver en cinq semaines un peuple perdu depuis cinq ans!

Pour ceux qui, après les poses mitterrandiennes et les drapeaux tous sauf  français de la Bastille, continuent à se frotter les yeux

Pendant que de l’autre côté de l’Atlantique commence à percer l’imposture de l’inventeur lui-même du « hype and blame » (pardon: du « hope and change ») …

Alors qu’un hypocrite élu qui a, pendant toute la campagne et même depuis cinq ans, laissé déverser sur son rival les pires insanités nous joue aujourd’hui, avec la complicité intéressée d’un sortant semblant renier l’ensemble de ses récentes prises de position et avant la très prochaine chasse aux sorcières, les hommes d’Etat “exemplaires” …

Et contre les belles âmes de droite ou de ses prétendus alliés à la recherche d’un bouc émissaire pour leur défaite …

Comme celles de gauche qui veulent faire passer l’auto-sabordage de la droite pour la victoire de leur degré zéro de candidat (l’un des plus faibles écarts, avec  3% à peine, des élections de la 5e république) …

Et sans vouloir ajouter aux inqualifiables tombereaux de haine que l’on sait sur le président sortant …

Notre Zemmour national rappelle l’évidence: c’est Buisson qui avait raison!

Et ce dès le début …

Mais il ne pouvait tout simplement pas rattraper en quelques semaines …

(et pourtant il n’en était pas loin, plombé de surcroit, sans compter la pire des crises mondiales depuis 50 ans, par les appels complètement irresponsables d’une NKM ou d’un Guéant à voter socialiste aux législatives) …

Cinq années, bien encouragées il est vrai par les critiques incessantes tant de ses adversaires que de son propre camp …

(mais a-t-il jamais vraiment cru lui-même à ce peuple qu’il prétendait brusquement  redécouvrir, comme d’ailleurs au libéralisme qu’on lui a tant reproché, autrement qu’en tant que stratégie électorale?) …

“De renoncements, d’incohérences, voire de trahisons”  …

Éric Zemmour : « Buisson ne pouvait pas rattraper complètement cinq ans de renoncements, d’incohérences, voire de trahisons… »

Eric Martin

7 mai, 2012

Z comme Zemmour. C’était la chronique d’une défaite annoncée. Depuis des jours et des jours, depuis des mois même, la défaite de Nicolas Sarkozy était écrite, inévitable, inéluctable. Elle n’a jamais fait l’ombre d’un doute, sauf pour ceux qui ne voulaient pas voir la réalité en face. Fruit à la fois de la crise de 2008, qui a balayé tous les sortants européens, mais aussi de son discrédit personnel, de ses manières, son style, ses inconstances et ses incohérences.

La question qui restait en suspens n’était donc pas celle de la victoire ou de la défaite mais celle de l’ampleur de cette défaite qui signait l’utilité et l’efficacité de la campagne électorale. Surtout que cette campagne, inspirée par son conseiller Patrick Buisson, a suscité beaucoup de polémiques, de sarcasmes, d’insultes. Campagne à droite pour la gauche et les médias, campagne qui courrait après le Front national pour les belles âmes de la droite et du centre, de Villepin à Bayrou qui l’ont dit et de Juppé à Raffarin, dont le silence fut parlant.

Les chiffres leur répondent : la mobilisation du peuple de droite voulue par Buisson, Guaino et Sarkozy a incontestablement payé. Longtemps scotché à 45% dans les sondages, Sarkozy finit à 48. Il pourra longtemps regretter de ne pas être parti plus tôt en campagne. Il pourra surtout regretter de ne pas avoir tenu les promesses faites en 2007, à l’électorat populaire qui avait misé sur lui. À l’époque aussi, il avait beaucoup parlé d’immigration, de laïcité, de patriotisme, de protection et de frontières. Il avait ainsi siphonné les voix du Front national en donnant à cet électorat populaire une porte de sortie gouvernementale, en leur apparaissant comme un Le Pen raisonnable, sans outrance verbale mais aussi sans faiblesse. Sarkozy n’a pas tenu ses promesses à cet électorat populaire, c’est la clef de sa défaite. La campagne Buisson ne pouvait pas rattraper complètement cinq ans de renoncements, d’incohérences, voire de trahisons. Pourtant, son discours de 2012 sur la frontière en a séduit plus d’un, si on en croit le résultat final.

Sarkozy laisse son parti avec un nouveau discours, mais qui déplaît fort à la plupart de ses chefs. Les centristes et les modérés se sont tus et en échange, ils voudront reprendre en main ce parti qu’ils ont fondé et longtemps dominé idéologiquement. On ne sait ce que fera la Droite populaire, le seul courant de l’UMP en phase avec l’esprit de cette campagne. On ne sait ce que réalisera le Front national aux législatives. Ce parti est habitué aux exploits présidentiels qui ne débouchent sur rien. On ne sait si des élus de droite choisiront de parler avec Marine Le Pen, comme l’a annoncé Gérard Longuet. On ne sait si l’unité de l’UMP y résistera. On ne sait ce que décideront les électeurs de Nicolas Sarkozy…

Voir aussi:

Éric Zemmour : « Nicolas Sarkozy lance contre la gauche la bataille qu’il n’a jamais menée en cinq ans »

Eric Martin

26 avr, 2012

Z comme Zemmour. « Il y avait longtemps que le Maréchal Pétain n’avait eu les honneurs de la Une de L’Humanité. Pourtant, le journal communiste ne voulait pas évoquer ce temps lointain, au premier jour de l’Occupation, où il négociait tranquillement avec le régime de Vichy et les autorités allemandes et dénonçait les ploutocrates anglais qui osaient poursuivre la guerre » s’amuse jeudi matin sur RTL Éric Zemmour. « Il ne voulait pas non plus raconter l’histoire édifiante de ces innombrables communistes et socialistes qui furent aux premières loges du Régime de Vichy, aux côtés du Maréchal. Dommage, cela aurait instruit ses lecteurs. Non, bien sûr, c’était Nicolas Sarkozy qui subissait la comparaison infamante parce qu’il avait osé remettre en cause le pouvoir syndical et appelé ses partisans à manifester pour le 1er mai ».

Que le président-candidat se rassure, « c’est un classique du genre. Le Général De Gaulle aussi fut comparé à Pétain, Chirac, dans les années 70, traité de facho Chirac. Aujourd’hui, Chirac est donné en exemple par le journal Libération, pour mieux stigmatiser un Sarkozy encore coupable d’avoir rompu, selon le quotidien, le cordon sanitaire autour du Front national. Comme si les électeurs du FN avaient la peste… » « En quelques jours, quelques heures, le ton de la campagne a singulièrement monté », note Éric Zemmour. Il faut dire que « Nicolas Sarkozy joue son va-tout sur la nation, les frontières, le travail – le vrai ou le faux, la famille – la vraie ou la fausse. Il lance contre la gauche la bataille qu’il n’a jamais menée en cinq ans. L’homme qui ne regrette pas d’avoir fait l’ouverture se rend compte, mais un peu tard, que la guerre politique est d’abord culturelle ». « Le président, qui se vantait d’avoir détruit le Front national, juge désormais anormal que les socialistes puissent traiter affectueusement l’extrême-gauche tandis que la droite est vouée aux gémonies si elle n’insulte pas l’extrême-droite. Sarkozy semble découvrir ingénument cette vieille exception française… »

Voir encore:

Responsabilités

Pierre Menou

Les 4 vérités

07 mai 2012

La majorité des Français sont à droite et pourtant la gauche aura bientôt tous les pouvoirs dans notre pays – faute d’un accord bien improbable passé entre les droites avant les élections législatives.

Qui en est responsable ? Marine Le Pen, coupable d’avoir fait savoir qu’elle voterait blanc, à en croire Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais celle-ci a récemment publié un livre dans lequel elle affirme qu’en cas de duel entre un candidat socialiste et un candidat Front national aux législatives, elle votera socialiste. Chantal Jouanno a fait une déclaration dans le même sens. Nicolas Sarkozy lui-même a déclaré que les électeurs du Front national étaient de pauvres gens qui souffraient et qu’il fallait écouter pour les consoler, sans trop les prendre au sérieux cependant : leurs vote n’était pas un vote d’adhésion, juste un cri de douleur.

Voilà 30 ans que l’on entend ce discours, venant d’une droite qui est tombée dans le panneau que lui avait à l’époque tenu Mitterrand, et qui n’a jamais voulu se tirer de ce piège. Historiquement, chronologiquement, c’est cette droite parlementaire qui porte, la première, la responsabilité de la division – et par conséquent celle de la défaite. Ses caciques continuent sur la même voie, sans en démordre. D’autres défaites sont donc à prévoir.

Quant à Marine Le Pen, elle a gauchi son discours, jusqu’à se retrouver sur les positions de Jean-pierre Chevènement, voire de Jean-Luc Mélenchon, pour élargir une base électorale qu’elle élargirait de toutes manières en s’en tenant au discours traditionnel de son parti contre l’immigration de peuplement. On peut par ailleurs se demander si, tout en professant le plus ardent patriotisme, elle ne fait pas passer en fin de compte son appétit de revanche avant les intérêts de la France. Il est vrai que l’attitude de la droite parlementaire lui laisse peu d’autres choix que l’appel au « ni Hollande, ni Sarkozy», mais à quoi rime-t-il, quand Gérard Longuet tend la main dans un entretien donné à « Minute », de répondre qu’il n’est « pas l’arbitre des élégances » et qu’elle ne savait pas « si on peut parler aux gens d’extrême droite ». Cela dénote un manque de sens politique déplorable.

Les responsabilité de ce qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une défaite des droites provoquée par leur désunion, est donc partagée entre la droite parlementaire et le Front national. Tant que la droite ne se sera pas débarrassée à la fois de la pusillanimité héritée du chiraquisme, et des rancœurs lepénistes, la gauche aura de beaux jours devant elle.

Voir enfin:

Immigration : la stratégie de M. Hollande illustre le glissement idéologique du PS

Alexandre Lemarié et David Revault d’Allonnes

Le Monde

04.05.2012

François Hollande aurait-il opéré un net glissement de terrain idéologique sur le dossier de l’immigration ? Force est de constater que sous la double pression du score de Marine Le Pen au premier tour et d’un Nicolas Sarkozy décidé à faire de cette question le champ majeur de l’affrontement présidentiel, les socialistes, depuis le premier tour, usent d’un registre lexical jusqu’ici plutôt inhabituel. Et, aussi, d’une fermeté nouvelle.

« Les habitants des quartiers populaires qui s’inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes », avait lancé Ségolène Royal dans Le Monde, trois jours après que la candidate du FN a recueilli plus de 18 % des suffrages. Ses camarades lui ont emboîté le pas. A commencer par M. Hollande, qui estimait ainsi, mercredi, sur BFM TV, qu' »il y a trop d’immigrés en situation irrégulière ».

« PERSONNE N’AURAIT OSÉ »

Autant d’expressions qui, il y a peu, auraient fait scandale au siège du PS rue de Solférino, remarque un dirigeant socialiste. « Celui qui aurait dit ça dans un congrès se serait fait étriper. Jamais personne n’aurait osé, même pas Manuel Valls », juge un autre. Une référence à l’ancien candidat à la primaire qui avait proposé la mise en place de quotas d’immigrés.

Aujourd’hui, nul camarade pour s’offusquer. Alors que « l’aggiornamento  » des socialistes sur la sécurité avait pris plusieurs années, au prix de débats idéologiques houleux, leurs positions sur l’immigration – un dossier que M. Hollande n’avait jusqu’ici jamais installé au coeur de sa campagne – ont vite évolué.

La confrontation télévisée de mercredi, a mis en lumière le durcissement des positions du candidat PS, qui avait préparé avec un soin particulier la passe d’armes sur l’immigration. Mis en difficulté sur la question des centres de rétention par Nicolas Sarkozy, qui a brandi un courrier adressé à France Terre d’Asile dans lequel le candidat PS entendait rendre « exceptionnel » le placement dans ces structures, M. Hollande a ainsi semblé reculer, même s’il a assorti cette position d’une autre solution, celle de l’assignation à résidence.

Un autre point lui a permis de mettre en scène sa fermeté : la question de « l’immigration économique », qu’il entend « limiter », en raison de la crise en fixant notamment tous les ans à l’issue d’un débat parlementaire le « nombre » d’étrangers à accueillir. Une nuance par rapport au projet socialiste, qui préconisait une loi triennale d’orientation.

« CLARIFICATION »

Rue de Solférino, on se défend de chasser, comme l’UMP, sur les thèmes du FN. « Il n’y a en réalité pas de durcissement, mais une clarification, nuance la députée de Paris Sandrine Mazetier, secrétaire nationale à l’immigration du PS. François Hollande est globalement d’équerre avec la doctrine du parti, où il était écrit noir sur blanc qu’on continuera à reconduire des personnes en situation irrégulière. »

Un socialiste, spécialiste de ces questions, ajoute même que « la modification de la position de François Hollande entre les deux tours est une illusion d’optique. Avant même le premier tour, il avait eu des propos qui auraient pu en heurter certains. Et à aucun moment de sa campagne, il ne s’est indigné des pratiques du gouvernement sortant… » Un autre dirigeant socialiste se montre plus cynique : « François est un pragmatique. Il n’avait pas développé ces positions avant de s’apercevoir que les taux de report des électeurs FN vers Sarko étaient passés de 45 % à 55 %. »

La position du candidat socialiste sur la question, emblématique, du droit de vote des étrangers non communautaires aux élections municipales illustre ces subtilités tactiques. Face au président sortant qui agite à l’envi le chiffon rouge d’un vote « communautariste », il a défendu, mercredi soir, sa proposition. Précisant qu’une telle loi « suppose une modification de la Constitution », il en a détaillé le processus législatif, en évoquant un référendum si le texte n’obtient pas la majorité des 3/5e au Parlement.

LES PRÉCÉDENTS JOSPIN ET MITTERRAND

En apparence, M. Hollande, donc, ne concède rien. « Il a été clair, se félicite Benoît Hamon, porte-parole du parti. Il a assumé totalement la question du droit de vote des étrangers, sans se retrancher derrière la facilité qui consiste à expliquer que la société n’est pas mûre. »

Sans avoir l’air de renoncer à cette mesure hautement symbolique, dont François Hollande entend faire la grande réforme de société de son début de mandat, comme l’abolition de la peine de mort en 1981.

L’ancien premier secrétaire du PS, s’il va au bout, pourra ainsi se targuer d’être allé plus loin que Lionel Jospin, qui n’avait pas soumis la proposition de loi constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale le 3 mai 2000 à un examen du Sénat, où la majorité de droite y était opposée.

Et aussi que François Mitterrand, qui en avait fait la 80e des 101 propositions de son programme en 1981, avant de faire machine arrière, lors de sa campagne de 1988. Dans sa Lettre à tous les Français, il déplorait ainsi « personnellement que l’état de nos moeurs » n’ait pas permis de l’adopter.

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13 Responses to Présidentielles 2012: C’est Buisson qui avait raison, imbécile! (That’s the price you pay for betraying both your country and electorate)

  1. […] que du côté de nos belles âmes l’on fait à présent mine de dénoncer des stratégies qui de part et d’autre se sont, comme le rappelle le géographe Christophe […]

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  2. […] un étrange remake français, la gauche la plus cynique tente de faire passer pour victoire l’auto-sabordage d’une droite divisée par le plus violent des terrorismes intellectuels […]

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  3. […] un étrange remake français, la gauche la plus cynique tente de faire passer pour victoire l’auto-sabordage d’une droite divisée  par le plus violent des terrorismes intellectuels […]

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  4. jcdurbant dit :

    Voir aussi sur Causeur:

    Or, que s’est-il passé de significatif pendant la brève campagne, puis entre les deux tours ? Une seule chose, la droitisation marquée du discours de Sarkozy, les références à la nation, au territoire, aux frontières, bref, la mise en œuvre de la « stratégie Buisson », particulièrement nette à la Concorde, à Toulon ou au Trocadéro, une stratégie qui a permis de rallier in extremis une part significative des voix qui s’étaient portées au premier tour sur la candidate du Front National. Une part significative, mais pas suffisante : c’est que, suivant ses (mauvaises) habitudes, le candidat Sarkozy n’a pas brillé par sa cohérence en conservant NKM comme porte-parole, en remettant en scène la si constante Rama Yade, ou en laissant ses lieutenants évoquer l’arrivée de François Bayrou à Matignon. Lorsqu’il ajouta qu’il s’apprêtait à renouer avec l’ouverture une fois réélu, ce sont deux points des intentions de vote qui le quittèrent aussitôt pour grossir les rangs potentiels du Front National. Un contrepoint qui a suffi à brouiller les perspectives, et à convaincre quelques centaines de milliers d’électeurs du second tour de voter blanc, plutôt que de se rallier à un candidat qui ne pouvait plus apparaître comme celui de toutes les droites. Buisson n’est donc pas responsable d’une défaite qui, pour l’essentiel, résulte de ce que ses conseils n’ont pas été suivis à la lettre, et de ce que l’on a tenté, par tous les moyens, de contrer sa stratégie.

    Frédéric Rouvillois

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  5. […] lendemain de l’auto-sacrifice, sur l’autel du politiquement correct, d’une droite majoritaire dans le pays […]

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  6. […] de la gauche bien-pensante (alias Libération), celui-ci ne pouvait en effet que condamner la stratégie Buisson et attribuer ladite défaite à la non-prise en compte, qualifiée de suicidaire, de […]

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  7. […] cantiques de l’Internationale”, la droite dite “républicaine” continue son suicide de la présidentielle en refusant les accords avec ses alliés naturels de la droite dite […]

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  8. […] l’heure où après avoir été délivrée du néo-pétainisme sarkozyen, une France  reconnaissante et enfin apaisée s’impatiente de recevoir la suite […]

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  9. […] l’heure où après avoir été délivrée du néo-pétainisme sarkozyen, une France  reconnaissante et enfin apaisée s’impatiente de recevoir la suite […]

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  10. […] l’heure où après avoir été délivrée du néo-pétainisme sarkozyen, une France  reconnaissante s’impatiente comme ses voisins de recevoir la suite […]

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  11. […] l’heure où après avoir été délivrée du néo-pétainisme sarkozyen, une France  reconnaissante s’impatiente comme ses voisins de recevoir la suite […]

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  12. […] alliée avec une extrême gauche ouvertement totalitaire  de faire passer pour victoire l’auto-sabordage d’une droite divisée  par le plus violent des terrorismes intellectuels […]

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