Présidentielles 2012: Bienvenue en France, veuillez retarder vos montres de 30 ans! (Welcome to France, please set your watches back 30 years!)

31 ans après, 31 ans jour pour jour, ici à la Bastille, merci d’avoir permis que la gauche ait un successeur à François Mitterrand. Merci à tous. Je sais ce qu’est le bonheur de ceux qui ont connu la même émotion qu’il y a 31 ans. (…) Dans toutes les capitales, il y a des peuples qui, grâce à nous, espèrent et veulent en terminer avec l’austérité. François Hollande
C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement. François Hollande
 7% des électeurs ont choisi de se déplacer au bureau de vote, mais sans glisser de bulletin Nicolas Sarkozy ou François Hollande dans l’urne, selon un sondage OpinionWay. Ainsi, deux millions de Français n’auraient reporté leur voix sur aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour. C’est la première fois dans l’histoire de la 5e république que le nombre de bulletins blancs et nuls est aussi élevé. Au premier tour, il s’établissait à 1,92%. Atlantico
Au cœur de Paris, au son de la voix enchantée de Yaël Naim, de la guitare électrisante d’Axel Bauer, et des chansons d’Anaïs, la foule était survoltée et brandissait des drapeaux de tous pays : Italie, Grèce, Espagne, Portugal, Algérie, Syrie, Tunisie, Maroc,…et surtout des drapeaux bleu-blanc-rouge! Un ami m’a d’ailleurs fait la réflexion, dans cette foule compacte et multicolore : peut-être que ce 6 mai était-ce notre Printemps arabe à nous ? Peut-être que la Bastille était notre place Tahrir à nous, Français de tous milieux, tous âges et toutes origines? (…) Mais il n’y avait pas que l’Algérie, il n’y avait pas que des drapeaux des pays arabes ! Il y avait aussi le drapeau grec, par solidarité avec un peuple et une jeunesse en crise et qui, elle aussi, traversait des élections législatives décisives en ce 6 mai. Il y avait des drapeaux espagnols, italiens, mais aussi étoilés sur fond bleu : des drapeaux européens. Est-ce si choquant ? Ce n’est d’ailleurs pas une première puisque ces mêmes drapeaux avaient été brandis lors de l’élection de Jacques Chirac en 2002. Hela Khamarou (Nouvel observateur)
Ce type agressif, inculte et psychotique nous a fait honte pendant 5 ans. JJ (commentaire anonyme)
Il faut que la France officielle reconnaisse les crimes de la colonisation. Abdelaziz Belkhadem (secrétaire général du FLN, 04.05.12)
Je félicite le président élu de la République française François Hollande, qui a enregistré une nette victoire au second tour de l’élection présidentielle (…) le peuple français a réaffirmé sa profonde vocation républicaine, qui fait primer la volonté politique sur la fatalité des marchés, la sensibilité sociale sur les recettes financières, et la justice et la solidarité sur l’exclusion [que la France] reprenne le sentier de la construction d’un monde multiplolaire, dans lequel prévaut la paix, le respect de la souveraineté et la solidarité entre les nations. Chavez (Cuba)
Quand on m’a comparé à Franco, à Pétain, à Laval, et pourquoi pas Hitler, vous n’avez pas dit un mot (…). Quand Mme Aubry me traite de Madoff et que le leader de la famille ne dit rien, c’est qu’il cautionne. Nicolas Sarkozy
Le Front national est un parti – on le dit souvent et je crois que l’expression est juste – qui apporte de mauvaises réponses à de bonnes questions. (…) C’est un parti démocratique, ça c’est tout-à-fait certain, mais c’est un parti qui ne s’inscrit pas dans la vision de la France et du monde qui est la mienne. Je ne veux pas d’une France qui se replie sur elle-même, qui se ferme au monde (…) C’est un parti qui ne correspond pas à ma conception de la République. (…) Je ne voterai pas pour le Front national.  Claude Guéant
Les dirigeants de l’UMP (…) entre les deux tours (…) pour un très grand nombre d’entre eux (…) ont appelé à voter socialiste aux législatives. (…) Alors (…) les Français ne comprennent pas pourquoi il faudrait voter socialiste aux législatives et faire élire des députés qui vont voter pour le droit de vote des étrangers, pour la régularisation des clandestins mais qu’il ne faudrait pas le faire aux élections présidentielles. Marine Le Pen
Il aurait fallu sans doute simplement dire la vérité: que François Hollande n’a aucune consistance théorique ni aucune vision de la France, que son point de vue est celui de la haute administration qui veut reprendre les rênes d’un pouvoir que Sarkozy lui a fait perdre, qu’il n’a aucune moralité sinon celle de la conquête du pouvoir. Et la force de François Hollande n’est pas son programme mais d’avoir fait croire qu’il en avait un, que les souffrances des Français étaient dues à Sarkozy et à ses prétendus amis de la finance, que la France était amoindrie, et qu’il était du côté des travailleurs. Ainsi l’énarque Hollande, entouré des énarques Aubry, Jospin, Lang, Fabius, Royal… se vend comme parti des travailleurs face à la grande finance. (…)  Beaucoup de gens ne semblent pas voir ce qui se passe aujourd’hui. Ce n’est pas une élection présidentielle, c’est un référendum. Et la vraie question est : “êtes-vous pour ou contre Sarkozy”. Il y a ceux qui vont voter “oui” et mettre le bulletin Sarkozy, et ceux qui vont voter “non”, et mettre celui marqué “Hollande”. Qui connaît vraiment les propositions d’Hollande, peu de monde. Mais moins encore s’en soucient. Car c’est un bulletin “non”. Yves Roucaute
Le programme de François Hollande et de ses amis socialistes procède de motivations démagogiques, mais qui sont illusoires et destructrices : augmenter le SMIC au lieu de libérer les énergies, punir les riches au lieu d’inciter tout le monde à l’effort productif, dépenser pour stimuler la croissance (en fait pour acheter des clientèles) au lieu d’utiliser au mieux les ressources. Comment peut-on encore, au XXIème siècle, après des décennies et des siècles de réflexion et d’expériences, croire à des recettes qui relèvent plus de la magie incantatoire que de la science ?  (…) Comment croire qu’un Etat peut promouvoir la croissance par le seul fait qu’il dépense plus, sans se rendre compte qu’il prélève par l’impôt ou par l’emprunt les ressources nécessaires à ses gaspillages et à ses dépenses démagogiques? (…)  C’est dire que la politique socialiste qu’un François Hollande ferait si, malheureusement, il accédait au pouvoir suprême, avec le soutien de ses alliés inévitables – communistes et écologistes – ne pourrait produire que la stagnation économique, un chômage et une pauvreté accrus, un endettement public insupportable. (…) La France souffre depuis des décennies d’une faible croissance, d’un chômage élevé, mais aussi du manque d’espoir qui frappe en particulier les plus jeunes. Malheureusement, nous ne sommes pas sortis du socialisme, des étatistes de droite ayant succédé aux étatistes de gauche. Pour rendre l’espoir aux Français il n’y a qu’une solution : sortir du socialisme. Y rentrer plus profondément ne pourrait être qu’une funeste erreur… Appel de 21 économistes
Une campagne présidentielle est affaire de symboles. Il y a ceux que l’on agite pour discréditer un adversaire. Nicolas Sarkozy en a pris pour son grade. Jadis dépeint sous les traits d’un parvenu cosmopolite, le voici grimé en Pétain (dixit L’Humanité, où l’on n’a, semble-t-il, jamais entendu parler du pacte Molotov-Ribbentrop). Son meeting du Trocadéro a été comparé à la grand-messe nazie de Nuremberg par Axel Kahn, brillant généticien reconverti dans la politique du postillon. Il fut même un éditorialiste pour oser un parallèle entre le printemps arabe et l’élection française… Nicolas Sarkozy, à la retraite ? Ça se saurait. Quant aux sarkophobes, avec leur imagination si fertile, leur vocabulaire si fleuri, leur sens de la nuance, ils pourraient se retrouver au chômage. Que va devenir cette haine sans son objet ? Comme Woody Woodpecker, le pivert des dessins animés auxquels ils font songer, les anti-sarkozystes obsessionnels finiront bien par trouver une autre victime à pilonner de leur bec. En France, c’est bien connu,   »on lèche, on lâche, puis on lynche ». Sébastien Le Fol
Depuis les années 1980-1990 (…)  on observe deux désalignements contradictoires, qui s’équilibrent : l’électorat ouvrier, qui votait traditionnellement à gauche, et les cadres, plutôt à droite jusqu’en 1981, se comportent maintenant comme le reste des Français. Ensuite, on assiste à des changements plutôt favorables à la gauche. Ainsi les cohortes d’électeurs nés dans les années 1930 et 1940, majoritairement de droite, sont remplacées par des générations situées plus à gauche. De même les catholiques qui vont deux fois par mois à la messe, traditionnellement de droite, ne représentent plus que 5 % des électeurs contre 14 % en 1988… À l’inverse, les athées pèsent désormais 35 % contre 13 % en 1988 et votent à gauche. Quant au vote urbain de gauche, il progresse aussi. Le 6 mai, il n’y a guère que Nice, parmi les grandes villes, qui ait voté à droite. Quant aux nouveaux électeurs d’origine maghrébine ou africaine, ils sont aussi plutôt à gauche. Dimanche 6 mai, 65 % des électeurs de Seine-Saint-Denis ont choisi François Hollande, c’est plus qu’en Corrèze ! Enfin, alors que dans les années 1970, à peine 8 % des électeurs étaient bacheliers ou diplômés du supérieur, ils sont plus d’un tiers aujourd’hui, ce qui bénéficie aussi à la gauche. (…) [Mais]  selon TNS Sofres, 49 % de ses électeurs expliquent leur choix par le rejet de Nicolas Sarkozy. De plus, on ne peut pas parler de basculement à gauche.Le score s’est joué à pas grand-chose. C’est d’ailleurs le cas pour chaque présidentielle, puisque le vainqueur n’a jamais dépassé 55 %. La France est toujours partagée en deux blocs, de droite et de gauche. En revanche, les clivages de valeurs changent. Avant, les questions socio-économiques – le rôle de l’État, la liberté d’entreprendre, etc. – étaient déterminantes. Aujourd’hui, ce sont les questions culturelles, comme le droit de vote des étrangers ou le mariage homosexuel, qui clivent. Vincent Tiberj
François Hollande aime la jeunesse et la justice. Il aurait été étonnant qu’il dise qu’il apprécie la vieillesse et l’injustice. Il aurait pu ajouter qu’il aime la santé davantage que la maladie, le beau temps davantage que la pluie, et, pourquoi pas, que l’eau mouille, que la paix, c’est beau, et que le soleil luit à midi en plein été. Des jeunes filles seraient tombées en pâmoison. (…) La réalité fera son retour assez vite, mais les mauvaises nouvelles glisseront sur François Hollande sans l’atteindre. Il est socialiste, donc toute montée du chômage sera attribuée aux forces sournoises du capitalisme qui voudront que François Hollande échoue.(…) Et puis, des réformes fondamentales seront votées ou promises, et dès lors, des milliers de gens seront prêts à tous les sacrifices : imaginez, le mariage gay, la contraception libre et gratuite pour les mineurs. Elle n’est pas belle, la vie ? (…) De toute façon, tout ce qui ira bien s’accomplira grâce à François Hollande, et tout ce qui ira mal sera la faute de Nicolas Sarkozy. (…) Voici trente et un an, les partisans de François Mitterrand s’étaient rassemblés place de la Bastille. La France était censé passer de la nuit à la lumière. (…)  Trente et un an plus tard, les enfants de ceux qui ont acclamé François Mitterrand étaient rassemblés à la Bastille pour acclamer François Hollande. Ils ont dans la tête les imbécillités qui étaient déjà dans la tête de leurs parents, et montrent que les imbécillités peuvent se transmettre de génération en génération. Les imbéciles, dit un vieux dicton, ne changent pas d’avis. On peut ajouter au dicton : leurs enfants non plus. (…) Et si vous boudez votre plaisir, je vous parlerai des drapeaux sur la place de la Bastille : en cherchant bien, il devait rester quelques drapeaux français. Un drapeau américain ou israélien aurait été très malvenu. Les drapeaux de quelques régimes islamiques, par contre, étaient à leur place. Les drapeaux de la gay pride étaient tout à fait à leur place eux aussi.  Guy Millière
Les électeurs du FN, en s’abstenant ou votant blanc, ont fait perdre la droite qui est redevenue la plus bête du monde : alors que le pays est culturellement et sociologiquement à droite, la majorité vient de payer son incapacité à s’adresser au peuple perdu. Les principaux leaders de l’UMP, qui ont cru malin de faire la fine bouche devant l’électorat de Marine Le Pen et ses inquiétudes, sont coresponsables de l’échec de Nicolas Sarkozy (48,38% contre 51,62% à François Hollande), le candidat vaincu payant lui-même ses promesses non tenues en 2007. Il est de bon ton dans les médias de critiquer la « ligne Buisson », du nom du conseiller présidentiel qui avait convaincu le candidat de faire, à côté de ses discours peu mobilisateurs sur le désendettement et le rapprochement franco-allemand, une campagne sur la défense de l’identité française. Je pense, pour ma part, que cette ligne était la bonne et qu’elle a permis à Sarkozy de faire une belle remontée jusqu’à espérer gagner au second tour. Mais cette stratégie à été décidée trop tard, laissant deviner un manque de conviction du candidat. Les réticences de nombreux ténors de la majorité à parler immigration ou communautarisme ont pu convaincre aussi de l’insincérité de la posture de Sarkozy.(…) En tout cas, l’élection de Hollande a eu pour premier mérite d’illustrer la réalité du communautarisme en France, ce sujet que le candidat a dit vouloir combattre tout en promettant de faire respecter la laïcité. Je ne pense pas avoir été le seul à avoir été choqué de voir, dimanche soir sur les télévisions, les multiples drapeaux étrangers brandis aux alentours de la colonne de la Bastille : algériens, marocains, palestiniens, etc. Ces manifestations d’appartenance sont à mettre en parallèle avec les excellents scores qu’Hollande enregistre dans les « quartiers populaires » (comprendre : quartiers musulmans). En Seine-Saint-Denis, il l’emporte massivement avec 65,32% des suffrages contre 34,68% pour Sarkozy. A Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes de 2005, il enregistre 72,07%, et même 89,04% dans le quartier « sensible » du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. De semblables résultats se retrouvent jusque dans certains arrondissements de Paris, comme le XX e, le XVIII e ou le XIX e. Hollande s’est donné deux priorités : la justice et la jeunesse. Il n’a pas dit : le désendettement et le communautarisme… Ivan Rioufol

Après la Corrèze,… le Zambèze?

Au lendemain du rejet depuis longtemps annoncé du 15e chef d’Etat ou de gouvernement européen sortant (sur 27) sans compter l’effondrement des partis de gouvernement en Grèce …

Peut-être en partie lié, outre l’infâme trahison du Modem, à l’attitude ambigüe de celui-ci face aux électeurs du FN (on reconnait vos demandes mais pas vos représentants) d’où le record de votes blancs (7% soit 2 millions d’électeurs!) …

Avant, pour son successeur et sans compter les prochaines législatives, le dur retour à la réalité et l’inévitable troisième tour social

Et à voir, après les semaines et les mois du véritable lynchage médiatique auquel on l’a soumis, tous ces jeunes avec leur évadé fiscal de chauffeur de salle et  leurs drapeaux rouges ou étrangers se précipiter pour rejouer  leur « 81 à la Bastille » …

Comment ne pas voir, caisses vides de l’Etat et inexpérience du vainqueur obligent comme le rappelle le journaliste du Figaro Sébastien Le Fol, la dimension largement symbolique de ce retour de l’énarchie (mitterrandienne et corrézienne de surcroit!) à la tête du pays?

Et surtout ne pas repenser à la blague  que se répétaient du temps de la Guerre froide nos ainés à leur arrivée en URSS?

Mais que dis-je, n’avais pas déjà eu la même impression il y a neuf ans (qui avait d’ailleurs suscité la création de ce blog deux ans plus tard),  sous Chirac lors du lancement de la 2e Guerre du Golfe?

Ou même, à y repenser, il y a à peine quatre ans de l’autre coté de l’Atantique avec l’atterrante hystérie obamalâtre et les non moins affligeantes quatre années de « hype and blame » (enflure rhétorique de son propre manque d’action et blâme du prédécesseur) comme d’auto-flagellations qui ont suivi (et menacent d’ailleurs, dès novembre prochain, de repartir en une fuite toujours plus « en avant« )?

Nous venons d’atterrir à l’aéroport de Moscou: veuillez retarder vos montres de… 30 ans!

Fouquet’s, Pétainisme… La guerre des symboles a fait rage

Sébastien Le Fol

Du fil à retordre

6 mai 2012

 Une campagne présidentielle est affaire de symboles. Il y a ceux que l’on agite pour discréditer un adversaire. Nicolas Sarkozy en a pris pour son grade. Jadis dépeint sous les traits d’un parvenu cosmopolite, le voici grimé en Pétain (dixit L’Humanité, où l’on n’a, semble-t-il, jamais entendu parler du pacte Molotov-Ribbentrop). Son meeting du Trocadéro a été comparé à la grand-messe nazie de Nuremberg par Axel Kahn, brillant généticien reconverti dans la politique du postillon.

Il fut même un éditorialiste pour oser un parallèle entre le printemps arabe et l’élection française… Nicolas Sarkozy, à la retraite ? Ça se saurait. Quant aux sarkophobes, avec leur imagination si fertile, leur vocabulaire si fleuri, leur sens de la nuance, ils pourraient se retrouver au chômage. Que va devenir cette haine sans son objet ? Comme Woody Woodpecker, le pivert des dessins animés auxquels ils font songer, les anti-sarkozystes obsessionnels finiront bien par trouver une autre victime à pilonner de leur bec. En France, c’est bien connu, « on lèche, on lâche, puis on lynche ».

Le président-candidat a lui aussi joué avec les mythologies nationales, parfois en apprenti sorcier. Le 1er mai, sa fête du « vrai travail » a provoqué du rififi dans le muguet. Plus maladroit encore, son clip du deuxième tour sur l’immigration. Il a contre-attaqué en dénonçant les véritables « procès staliniens » qui lui étaient faits. Dans cette bataille symbolique, le président partait avec un lourd handicap. On le renvoie sans cesse au Fouquet’s, l’adresse prisée du Tout-Paris sur les Champs-Élysées, où il a fêté sa victoire en 2007. C’est son sceau d’infamie, le péché originel de son quinquennat.

Les hommes politiques ne devraient pas fréquenter les hôtels. Sauf ceux n’excédant pas deux étoiles, comme le Vieux-Morvan cher à François Mitterrand (un lit, une table, les toilettes sur le palier, et en route pour l’Élysée). La présidentielle de 2012 a commencé un matin de mai 2011 dans une suite du Sofitel de New York. Dans quelle auberge François Hollande ira-t-il se reposer de treize mois de campagne? On sait désormais qui a gagné la bataille des symboles.

Voir aussi:

Vincent Tiberj : « François Hollande n’est pas porteur des mêmes espoirs que François Mitterrand »

Pour Vincent Tiberj, sociologue et chercheur à Sciences-Po et au Centre d’études européennes, on n’a pas assisté dimanche 6 mai à un basculement de même nature qu’en 1981.

 La Croix

7 mai 2012

LA CROIX : La gauche a remporté les municipales, les régionales, la sénatoriale, et maintenant la présidentielle. Est-ce à dire que la France, que l’on dit sociologiquement de droite, est en train de basculer à gauche ?

Vincent Tiberj : Il n’est pas si sûr que la France soit sociologiquement à droite. Depuis les années 1980-1990, les choses sont plus subtiles. D’abord, on observe deux désalignements contradictoires, qui s’équilibrent : l’électorat ouvrier, qui votait traditionnellement à gauche, et les cadres, plutôt à droite jusqu’en 1981, se comportent maintenant comme le reste des Français.

Ensuite, on assiste à des changements plutôt favorables à la gauche. Ainsi les cohortes d’électeurs nés dans les années 1930 et 1940, majoritairement de droite, sont remplacées par des générations situées plus à gauche. De même les catholiques qui vont deux fois par mois à la messe, traditionnellement de droite, ne représentent plus que 5 % des électeurs contre 14 % en 1988… À l’inverse, les athées pèsent désormais 35 % contre 13 % en 1988 et votent à gauche.

Quant au vote urbain de gauche, il progresse aussi. Le 6 mai, il n’y a guère que Nice, parmi les grandes villes, qui ait voté à droite. Quant aux nouveaux électeurs d’origine maghrébine ou africaine, ils sont aussi plutôt à gauche. Dimanche 6 mai, 65 % des électeurs de Seine-Saint-Denis ont choisi François Hollande, c’est plus qu’en Corrèze ! Enfin, alors que dans les années 1970, à peine 8 % des électeurs étaient bacheliers ou diplômés du supérieur, ils sont plus d’un tiers aujourd’hui, ce qui bénéficie aussi à la gauche.

Le basculement est-il de même ampleur qu’en 1981 ?

Non car en 1981, on avait assisté à la première alternance depuis 1956. Il s’agissait vraiment d’un vote de rupture. Rappelez-vous la peur des chars russes ! En 2012, la gauche revient certes après dix ans de droite au pouvoir, mais l’alternance est désormais installée dans les mœurs. François Hollande n’est donc pas porteur des mêmes espoirs que François Mitterrand. D’ailleurs, selon TNS Sofres, 49 % de ses électeurs expliquent leur choix par le rejet de Nicolas Sarkozy.

De plus, on ne peut pas parler de basculement à gauche. Le score s’est joué à pas grand-chose. C’est d’ailleurs le cas pour chaque présidentielle, puisque le vainqueur n’a jamais dépassé 55 %. La France est toujours partagée en deux blocs, de droite et de gauche. En revanche, les clivages de valeurs changent. Avant, les questions socio-économiques – le rôle de l’État, la liberté d’entreprendre, etc. – étaient déterminantes. Aujourd’hui, ce sont les questions culturelles, comme le droit de vote des étrangers ou le mariage homosexuel, qui clivent.

Si le PS gagne les législatives, il détiendra tous les pouvoirs. Avec quelles conséquences ?

Le cas de figure s’est déjà présenté pour la droite. Il est vrai qu’en France, plutôt que de représenter le corps politique dans sa diversité, on donne tout au camp qui a plus de 50 %. Ce système n’aide pas à établir une culture du consensus. François Hollande a le projet de mettre une dose de proportionnelle dans le système, on verra si ça change quelque chose.

RECUEILLI PAR NATHALIE BIRCHEM

Voir également:

La faillite, les voilà !

Guy Millière

 7 mai 2012

Comme c’était prévisible, Nicolas Sarkozy a été battu.

Le suicide en direct de François Bayrou, le seul homme politique capable d’appeler à voter pour un candidat tout en disant que ce candidat est nul, ne l’a pas aidé. Mais rien ne pouvait aider encore Nicolas Sarkozy. Disons qu’il a limité les dégâts : la défaite a été honorable.

Comme c’était prévisible aussi, François Hollande a été élu.

Comme c’était prévisible, François Hollande a prononcé des discours vides.

Et comme c’était prévisible, les foules extatiques ont aimé.

François Hollande aime la jeunesse et la justice. Il aurait été étonnant qu’il dise qu’il apprécie la vieillesse et l’injustice. Il aurait pu ajouter qu’il aime la santé davantage que la maladie, le beau temps davantage que la pluie, et, pourquoi pas, que l’eau mouille, que la paix, c’est beau, et que le soleil luit à midi en plein été. Des jeunes filles seraient tombées en pâmoison.

François Hollande va composer un gouvernement, et ce gouvernement sera beau comme un discours de François Hollande.

Les journalistes des grands médias courbés à ses pieds trouveront ce gouvernement merveilleux.

François Hollande sera reçu par les chefs d’Etat et de gouvernement du reste du monde.

La réalité fera son retour assez vite, mais les mauvaises nouvelles glisseront sur François Hollande sans l’atteindre.

Il est socialiste, donc toute montée du chômage sera attribuée aux forces sournoises du capitalisme qui voudront que François Hollande échoue.

Les jeunes gens qui n’ont pas d’emploi et qui ont acclamé François Hollande n’auront toujours pas d’emploi sous François Hollande, mais trouveront que ce n’est pas grave, et que la misère est plus belle dès lors que François Hollande est à l’Elysée.

Et puis, des réformes fondamentales seront votées ou promises, et dès lors, des milliers de gens seront prêts à tous les sacrifices : imaginez, le mariage gay, la contraception libre et gratuite pour les mineurs. Elle n’est pas belle, la vie ?

Le 16 mai, pour boucler ses fins de mois difficiles, la France devra trouver un milliard d’euros sur les marchés financiers, mais comme François hollande a promis de dompter les marchés financiers, elle les trouvera sans aucun problème, et à un taux d’intérêt très avantageux. Si elle ne les trouve pas ou si les taux d’intérêts montent, François Hollande dira que le monde des riches se ligue contre lui, et les Français accepteront avec joie les restrictions qui leur seront demandées par François Hollande. Ce sera la pénurie exacerbée dans la joie, car, grâce au socialisme, la pénurie est joyeuse, par définition.

François Hollande a dit qu’il voulait la croissance et pas la rigueur, et donc il y aura la croissance, et s’il n’y a pas la croissance, ce sera la faute des odieux capitalistes. Car les socialistes ne sont jamais responsables de rien, par définition.

François Hollande est certain que les autres dirigeants européens voudront, comme lui, pouvoir dépenser plus, et il ne doute pas qu’Angela Merkel va financer les dépenses de la France, et si Angela Merkel refuse, François Hollande dira qu’elle est odieuse et mérite de perdre les élections en Allemagne.

Un récent rapport de la Cour des Comptes annonçait que la France devait procéder à des coupes drastiques dans son budget, ce qui coïncide parfaitement avec les projets dispendieux de François Hollande, mais François Hollande dira qu’il n’a pas besoin de faire des coupes drastiques, qu’il peut financier ses projets en augmentant les impôts des particuliers et des entreprises, et si particuliers et entreprises ne sont pas an rendez-vous, il dira que c’est parce que les particuliers et les entreprises sont méchants, à moins qu’il ne dise que c’est la faute de Nicolas Sarkozy.

De toute façon, tout ce qui ira bien s’accomplira grâce à François Hollande, et tout ce qui ira mal sera la faute de Nicolas Sarkozy. Comme assez rapidement rien n’ira bien et que tout ira mal, ce sera, beaucoup, la faute de Nicolas Sarkozy.

Voici trente et un an, les partisans de François Mitterrand s’étaient rassemblés place de la Bastille. La France était censé passer de la nuit à la lumière. Deux années plus tard, un slogan servait à définir les socialistes : « la faillite nous voilà », avait tiré ironiquement pour définir le gouvernement Mauroy finissant un quotidien de droite (cela existait encore en ce temps là).

Trente et un an plus tard, les enfants de ceux qui ont acclamé François Mitterrand étaient rassemblés à la Bastille pour acclamer François Hollande. Ils ont dans la tête les imbécillités qui étaient déjà dans la tête de leurs parents, et montrent que les imbécillités peuvent se transmettre de génération en génération. Les imbéciles, dit un vieux dicton, ne changent pas d’avis. On peut ajouter au dicton : leurs enfants non plus.

La différence avec 1981, c’est que la faillite arrivera beaucoup plus vite. La faillite est quasiment déjà là. Elle n’attendait plus que celui qui viendrait la déclarer : il est là et sera bientôt à l’Elysée.

La différence est aussi que ce sera cette fois une faillite aux dimensions de l’Europe. Je l’ai écrit plus haut : elle n’est pas belle, la vie ?

Et si vous boudez votre plaisir, je vous parlerai des drapeaux sur la place de la Bastille : en cherchant bien, il devait rester quelques drapeaux français. Un drapeau américain ou israélien aurait été très malvenu. Les drapeaux de quelques régimes islamiques, par contre, étaient à leur place. Les drapeaux de la gay pride étaient tout à fait à leur place eux aussi.

C’est superbe, un peuple rassemblé dans l’harmonie et la lucidité

Voir encore:

A (presque) voté

Vote blanc record… François Hollande élu avec moins de 50% des votants

Atlantico

6 mai 2012

2,1 millions de Français ont voté en ne choisissant aucun des deux finalistes, un record dans l’histoire de la 5e République.

Si on compare les élections de 2007 et 2012 en suffrages : François Hollande a obtenu environ 1 million d’électeurs de moins de 50% des votants.

Ce n’est pas une première : le seul autre Président de la Ve République à avoir recueilli moins de 50% des votants, c’est un autre corrézien, Jacques Chirac lors, lui aussi, de sa première élection en 1995 (52,64%, mais 49,5% des votants en raison de près de 6% de bulletins blancs ou nuls).

Selon une totalisation du ministère de l’intérieur portant sur 99% des bulletins, François Hollande a obtenu 51,67% des suffrages exprimés, contre 48,33% à Nicolas Sarkozy.

Environ 17,8 millions de suffrages se sont portés sur le nouveau président, 16,7 millions sur le sortant et 2,1 millions d’électeurs ont voté blanc ou nul, selon cette totalisation portant sur plus de 45 millions d’inscrits et 36,6 millions de votants.

François Hollande aurait donc réuni sur son nom 48,6% des votants.

7% des électeurs ont choisi de se déplacer au bureau de vote, mais sans glisser de bulletin Nicolas Sarkozy ou François Hollande dans l’urne, selon un sondage OpinionWay. Ainsi, deux millions de Français n’auraient reporté leur voix sur aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour. C’est la première fois dans l’histoire de la 5e république que le nombre de bulletins blancs et nuls est aussi élevé. Au premier tour, il s’établissait à 1,92%.

Avec 51,1% des suffrages exprimés (sur plus des deux tiers des bulletins dépouillés), François Hollande aurait donc réuni sur son nom 47,52% des votants.

Le plus fort taux de bulletins blancs enregistré précédemment datait du second tour de l’élection présidentielle de 1969, qui opposait Georges Pompidou et Alain Poher. 6,42% des votants ne s’étaient pas exprimés (1,29% au premier tour).

En 2007, le nombre de vote non exprimé était de 1,44% au premier tour et de 4,2% au second. Cinq ans plus tôt, les votes blancs et nuls représentaient 3,38% des votes au premier tour, et 5,39% au second tour, qui voyait s’affronter Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.

Les chiffres des votes blancs et nuls lors des autres scrutins présidentiels :

1995 : 2,82% au premier tour, 5,97% au second ;

1988 : 2,00% au premier tour, 3,62% au second ;

1981 : 1,62% au premier tour,, 2,88% au second :

1974 : 0,92% au premier tour, 1,34% au second.

En 1965, premier scrutin présidentiel de la cinquième république au suffrage direct, les votes non-exprimés s’établissaient à 1,01% au premier tour et 2,74% au second.

Voir également:

Au revoir, Carla! The Rottweiler wants to be France’s new First Lady

Ian Birrell

The Daily Mail

3 May 2012

He cut an unlikely figure as he stood in a corridor of the Bercy Omnisports Arena in Paris last Sunday, preparing to follow in the footsteps of megastars such as Madonna and Kylie Minogue in front of 22,000 chanting fans.

Indeed, with his smart grey suit, spectacles and earnest features, he might have passed as a bank manager. But this was Francois Hollande, 57, the man who has spent three decades waiting in the wings for his moment in the spotlight.

Polls predict this plodding, provincial politician — who has never held ministerial office, has few discernible beliefs and is renowned for his caution — will this weekend become president of France at a time of economic and political peril for Europe.

But if he appears dull on paper, there is a racy back story to Monsieur Hollande. It involves the mother of his four children, the politician Segolene Royal, with whom he lived for 30 years but from whom he separated acrimoniously six years ago, when it emerged that he was having an affair with a journalist named Valerie Trierweiler.

It was Royal who ran for President as the Socialist candidate at the last general election. Now, it is her former partner Hollande who is hoping to lead France, with his new lover — nicknamed The Rottweiler — at his side as First Lady.

But it is not his intriguing love life that has been winning over voters in recent months — rather his resolutely Left-wing rhetoric.

Before stepping on stage to speak to his adoring Socialist Party faithful, waiting since the days when Ronald Reagan was in the White House to win back the presidency, M. Hollande offered a few words in English to the Daily Mail.

‘We will win, we will win,’ he said, grinning broadly, before going on to deliver his campaign speech in his usual stilted style, declaring his intention to hammer the rich and protect France from the perfidies of ‘Anglo-Saxon’ capitalism. (This from a man whose official salaries and allowances provide him with a package of nearly £200,000 a year, funding his £1.5 million Paris flat and Cote d’Azur holiday home — although he has said that he will slash the presidential salary if elected.)

So who precisely is Francois Hollande, presenting himself as Monsieur Normal in contrast with the firecracker presidency of Nicolas Sarkozy, whose supercharged style, supermodel spouse and super-rich friends so alienated his nation?

Both friends and foes say he is a warm character with a ready smile. But the friendly face hides a fierce determination that has seen him slim down, mould his image and taken him to the brink of power. ‘His critics commit the same mistake all the time — they underestimate him,’ says Serge Raffy, his biographer.

Hollande makes much of his roots in Rouen, the dull Normandy city that reflects his desired provincial image as the hard-working son of a doctor father and social worker mother.

In reality, the family lived in the upmarket Bois-Guillaume ‘heights’ of Rouen — until forced to move as a result of his father Georges’s extreme Right-wing politics.

Georges was exposed as a close supporter of a former Vichy official who stood for president in a campaign managed by Jean-Marie Le Pen, later infamous as the Holocaust-denying founder of the Front National.

The ripples from this revelation led Georges to sell the family home and his clinic in 1968, when his son was 14. He retrained as an estate agent and moved to Neuilly-sur-Seine, the Parisian suburb that is Sarkozy’s fiefdom.

Socialist presidential candidate Segolene Royal, pictured with her partner, French Socialist party leader Francois Hollande

Socialist presidential candidate Segolene Royal, pictured with her partner, French Socialist party leader Francois Hollande

The move was so rapid his father binned his young son’s childhood possessions, including a cherished collection of toy cars.

Such a background left its mark. His biographer Raffy traces Hollande’s dislike of confrontation, his desire to compromise and his self-deflecting humour back to a childhood need to avoid his father’s anger and the brutal corporal punishment meted out at his strict school.

‘Contrary to what his detractors believe, the man is neither cunning nor cynical,’ wrote Raffy. ‘He is simply in a posture of avoidance.’

He was, however, very close to his mother, Nicole, who stood as a Socialist candidate in Cannes in 2008. She died the following year, and Hollande has told friends he will dedicate his victory to her if he wins.

After moving to Paris, the preppy Neuilly-sur-Seine Lycee propelled the hard-working teenager into the École Nationale d’Administration (ENA), which churns out the elite cliques dominating French politics, business and society.

In 1974, he spent the summer in the U.S. after winning a business school grant, driving from New York to San Francisco as Richard Nixon’s presidency crumbled amid the Watergate scandal.

He studied the invention of fast food, concentrating on McDonald’s and Kentucky Fried Chicken, those symbols of globalisation — and concluded they would invade France, too.

‘I could have made a fortune in cheeseburgers,’ he once told the New York Times. ‘But I finally chose politics.’

It was while he was at the ENA that Hollande fell for Ségolène Royal, a young radical. They met at a student party and remained together for 30 years.

After they both became advisers to the Socialist President Francois Mitterrand in the early Eighties, Hollande became an MP in south-central France and rose to become head of the region.

In 1995, Hollande was appointed Socialist Party spokesman and, two years later, elected head of the party, a position he held for 11 years.

Grappling with the inflated egos and vicious factionalism of so-called comrades, he was viewed as someone who ducked difficult decisions and led from behind. ‘He is Mr Conciliator, Mr Compromise, Mr Consensus,’ said one old friend. With his pudgy features and portly frame, he was mocked by television satirists as ‘Flanby’ (a brand of caramel pudding) and Marshmallow Man.

Then came the blow of the 2007 presidential election. Despite his position as party chief, he failed to win the nomination and had to suffer the ignominy of his long-time partner Ségolène Royal seizing the crown in his place, only to lose against Sarkozy.

Months later, Royal announced their separation; they had actually split the year before, since Hollande was having an affair with Trierweiler, a journalist on the magazine Paris Match.

The twice-divorced Trierweiler once slapped a colleague who said something she deemed sexist. When her own magazine put her on its cover under the headline ‘Francois Hollande’s charming asset’, she tweeted: ‘Bravo Paris Match for its sexism . . . my thoughts go out to all angry women.’

Royal and Hollande are no longer on good terms — unsurprisingly, since he calls his new partner ‘the love of his life’ in interviews. ‘Can anyone recall anything Francois Hollande has done in 30 years?’ Royal asked bitterly at one point, though she has since grudgingly backed him.

With the help of The Rottweiler, this campaign saw the emergence of a new Hollande.

‘You don’t really know what he believes in. Indeed, I don’t think he knows what he believes in.’

He lost weight, sharpened his suits and ditched his old-fashioned horn-rimmed glasses. He started to mimic the mannerisms, the talk, even the walk of his hero Mitterrand.

Last year the eternal backroom boy was almost a joke, with just three per cent support in the polls. ‘Can you imagine Francois Hollande as president of the republic?’ said Laurent Fabius, a former Socialist prime minister. ‘You must be joking.’

Then came the downfall of the party favourite, the sexually incontinent Dominique Strauss-Kahn, and Hollande seized the moment he had been preparing for all his life, seeing off five rivals, including Royal.

The defining day came in January, in his first big rally, when he declared his desire to ‘reinvent the French dream’ to 15,000 ecstatic Socialists. His forceful oratory and fierce attack on capitalism took even his biggest fans by surprise.

‘My real adversary has no name, no face, no party,’ he thundered. ‘It will never be elected, yet it governs — the adversary is the world of finance.’

The racy rhetoric was backed by an old-fashioned Socialist programme of higher public spending and hefty taxes on businesses and the rich.

Yet Hollande’s supporters say he is a moderate dressing up a mildly Left-leaning programme to win an election in a country that has lost its AAA-credit rating, is riven with unemployment, dislikes capitalism and is disenchanted with European-driven austerity.

‘He has no burgeoning sense of mission,’ says a senior British Labour figure who has met him. ‘You don’t really know what he believes in. Indeed, I don’t think he knows what he believes in.’

This weekend, it seems likely Hollande will win the French presidency almost by default. ‘People want a quieter France after Sarkozy,’ says political commentator Frederic Martel.

The big question is whether this affable political operator, with his giggles and glasses, his joviality and jokes, is the right person to tackle the calamitous crisis confronting his country.

He may surprise everyone. But more likely, he’s in for a rude awakening from his rose-tinted political fantasies once they are tested by the brutal realities of power.

And it is not just France that may pay the price of his naivety, but the whole of Europe.

* Additional reporting: Peter Allen in Paris.

Voir enfin:

Election shocker

Fox News Reports: France Joins America in Electing Socialist President

Two Comrades to Merge into ‘Obamalande,’ Says Hannity

The Borowitz Report

May 6, 2012

> PARIS (The Borowitz Report) – The Fox News Channel reported today that French voters have followed in the footsteps of their American counterparts by electing an openly Socialist man to the office of President.

According to Fox host Sean Hannity, the two Socialist Presidents, Francois Hollande and Barack Obama, are expected to work closely together because they share a common goal: “To make each of their countries the best possible version of France.”

Mr. Hannity said that he anticipates the two comrades to eventually merge into one transatlantic Socialist super-president called “Obamalande.”

“Remember, these two brothers-in-arms share a lot in common, besides being flaming Socialists,” he said. “They were both born outside the United States.”

 There are already signs that Messrs. Obama and Hollande are collaborating, Mr. Hannity said, « and the French know a thing or two about collaboration. »

The Fox News host said the two men have already exchanged ideas, such as the French adopting a version of Obamacare and the Americans surrendering in Afghanistan.

In Paris, defeated French President Nicholas Sarkozy told reporters that he was looking forward to spending more time with his wife, Carla Bruni, adding, “Have any of you seen her anywhere?”

In other international news, Chinese dissident Chen Guangcheng said he was eager to enjoy new freedoms in the United States but said, “I will probably avoid Arizona.”

8 Responses to Présidentielles 2012: Bienvenue en France, veuillez retarder vos montres de 30 ans! (Welcome to France, please set your watches back 30 years!)

  1. […] venons d’atterrir à l’aéroport de Moscou: veuillez retarder vos montres de… 30 ans! jc durbant @ 22:48 Catégorie(s): Présidentielle américaine 2012 […]

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  2. […] https://jcdurbant.wordpress.com/2012/05/07/presidentielles-2012-veuillez-retarder-votre-montre-de-30-… PartagerShareShare on TumblrJ'aimeJ'aime  article Cette entrée a été publiée dans Uncategorized et taguée apostasie, apostasy, arab, arabe, banlieue, barbarie, barbarity, charia, coran, dhimmi, djihad, eurabia, europe, fatwa, fdesouche, françois de souche, france, french, front national, hadith, halal, hollande, immigration, islam, islamisation, islamism, islamisme, islamization, islamophobia, islamophobie, jihad, koran, lepen, melenchon, muslims, musulmans, occident, policy, politique, racaille, religion, riposte laique, salafi, salafisme, sarkozy, shariah, terrorism, terrorisme, violence, Wahhabism, wahhabisme par republicdemocratic. Ajouter aux Favoris le permalien. […]

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  3. jcdurbant dit :

    La Corrèze ou le Zambèze ?

    Les deux! Nos destins sont tellement liés. L’Afrique a besoin que l’Europe se redresse, sorte de cette crise économique qui tient l’économie mondiale au bord du gouffre : nous somme vos premiers clients. Mais la France a également besoin de l’Afrique, de son inventivité, de sa croissance. L’Afrique est un marché important pour nos entreprises. Je souhaite construire, avec les pays africains, notamment francophones, un partenariat plus fort, rénové et équilibré. C’est notre intérêt mutuel.


    Hollande
    (Cameroon webnews)

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  4. […] mitterrandiennes et les drapeaux tous sauf  français de la Bastille, continuent à se frotter les yeux […]

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  5. […] Et si, contrairement à ce que voudraient nous faire croire notre nouveau champion de la politique du rétroviseur et sa claque médiatique, ce n’est pas de 30 mais de 20 ans qu’il faut retarder nos montres? […]

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  6. […] à l’heure où, sur sa lancée du holdup électoral d’il y a dix jours et de sa nomination au poste stratégique de la justice […]

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