Présidence Hollande: Mais qui était le type à côté de Manuel Valls? (We could have had a French Blair and we got stuck with a white Obama)

Mais qui était le type à côté de Manuel Valls ? Soutiens de François Hollande (Montauban, 21.03.12)
François, on avait dit que tu pouvais enlever la cravate ! Obama
C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement. François Hollande
Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon. Montebourg
François Hollande, le cynisme, c’est maintenant. Clip UMP
Je pense que la journée d’une passation de pouvoirs, ce n’est pas le moment de faire des annonces. On peut annoncer des intentions, je crois que c’est ce qu’il a fait. Il n’a pas annoncé que les choses allaient être faites du jour au lendemain (…) C’est la démonstration qu’il faut faire très attention dans les annonces gouvernementales et respecter, comme l’a demandé Jean-Marc Ayrault et comme c’est inscrit dans la charte de déontologie, les démarches de consultation sur des sujets extrêmement sensibles qui mettent en cause beaucoup de choses. (…) La vraie question, c’est celle des rythmes scolaires, donc c’est une question un peu plus complexe. Sur le fond, ça va dans la bonne direction ce qu’il a dit, mais il faut respecter la phase de consultation et l’arbitrage du Premier ministre. Une décision comme ça ne se décide pas tout seul par un ministre. Ségolène Royal
Nous sommes à un tournant identitaire car nous sommes devenus minoritaires, nous, les Guyanais. En fait, nous payons aujourd’hui les plans de peuplement lancés dans les années 1970 pour noyer les mouvements indépendantistes d’alors et sécuriser le centre spatial. Jacques Chirac, le ministre de l’Agriculture de l’époque, a joué les apprentis sorciers.explique Christiane Taubira (députée PRG de Guyane, 2005)
Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre. Christiane Taubira (2007)
La France doit arrêter ses conneries, les élites politiques françaises doivent arrêter de ne voir que des Noirs dans les banlieues. Lors des émeutes de 2005 au lieu de voir ça comme un grand mouvement d’insurrection sociale, ils y ont vu un mouvement de protestation de Noirs, d’Arabes etc. (…) [Dans Noirs de France vous dites que, étant jeune, vous étiez indépendantiste…] Pas seulement jeune, je le suis encore. (…) Moi je n’ai pas un discours indépendantiste, j’ai une pratique militante indépendantiste, ce n’est pas la même chose. J’ai vécu en clandestinité. Tous les deux jours je devais changer de lieu, tout en trimbalant un bébé de deux mois. J’ai pris des risques, mon époux a été en prison pendant un an et demi. Mes autres camarades ont été emprisonnés. Donc ce n’est pas une question de discours, c’est une pratique politique. Ça c’était jusqu’en 1982. Pourquoi ? Parce qu’en 1981, quand la gauche est arrivée au pouvoir les Guyanais ont dit qu’ils laissaient tomber les histoires d’indépendance. Les gens n’étaient pas indépendantistes mais ils acceptaient le débat. Régulièrement ici, le gouvernement emprisonnait les indépendantistes et les gens étaient solidaires. Ils n’étaient pas d’accord mais ils étaient solidaires. En 1981, ils ont dit: « C’est bon, la gauche ce n’est pas colonial, c’est fini ». On a tenu pendant un an et en 1982 moi j’ai arrêté de militer. Ce n’est pas une question de discours chez moi. (…) Il y a un mouvement indépendantiste, il va plus souvent aux élections que moi: vous parliez de contradictions ? En 1992 lorsque je me lance dans la campagne des législatives, c’est parce que les gens ont organisé un mouvement populaire autour de moi, me demandant d’aller me présenter. La première fois de ma vie que j’ai voté, c’était pour moi en 1993. J’étais indépendantiste, anti-électoraliste. Mais quand on a une demande d’un peuple… J’aurais pu dire « je suis indépendantiste, j’ai raison, je reste chez moi ». J’étais directeur de société avant d’être élue député. Je n’ai pas besoin de notoriété. Je donnais des conférences internationales. Je venais de signer un contrat de professeur-chercheur avec l’Université de Montréal. Je ne suis pas dans une contradiction politique. En 1992 cela faisait dix ans que nous avions arrêté de militer. Christiane Taubira (06.12.11)
Lorsque vous êtes d’une nationalité étrangère mais installé en France, vous pouvez aussi constituer une sorte de passerelle entre votre pays d’origine et votre pays de citoyenneté. Najat Belkacem
 A qualité égale, priorité au beur puisqu’il a eu plus d’obstacles à franchir qu’un blanc de souche. Yamina Benguigui (2004)
Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos. Manuel Valls (maire d’Evry en balade sur une brocante avec son directeur de cabinet et de la communication,  juin 2009)
Je l’assume totalement. Je veux lutter contre le ghetto. C’est quoi le ghetto? On met les gens les plus pauvres, souvent issus de l’immigration – et pas seulement – dans les mêmes villes, dans les mêmes quartiers, dans les mêmes cages d’escalier, dans les mêmes écolesJe l’assume parce que je suis républicain et que je lutte contre tous les communautarismes. Ca arrange beaucoup de gens qu’il y ait des ghettos (…) moi, je veux les casser, c’est ça l’émancipation de ces quartiers qui méritent de représenter demain l’avenir de ce pays. Manuel Valls (interrogé par Valérie Trierweiler)
Je vous saurai gré de bien vouloir rétablir le fonctionnement normal de ce magasin se prévalant de l’enseigne Franprix ­ que j’ai également saisie du dossier ­ dans les plus brefs délais. Dans le cas contraire, j’utiliserai, dans les prochains jours, tous les pouvoirs de police dont je dispose. Manuel Valls

Mais où était donc Valls à Camp David?

Champion de la rupture de l’intérieur (avec ou sans majuscule!), blairiste et clintonien, débaptiseur du PS, soutien contre son camp de certaines initiatives gouvernementales (eg. loi sur le voile intgral, TVA sociale), omniprésent et étatiste forcené …

A l’heure où après le terrifiant coup de vieux mitterrandien du 6 mai (30 ans d’un coup!) …

Nombre d’entre nous ont du mal à se remettre du véritable cauchemar éveillé  que cete lancinante impression d’avoir rempilé pour cinq nouvelles années de corrézianisme

Et entre le cumulard condamné, la resquilleuse au logement social, l’écolo d’opérette qui ne prend le train que pour les caméras, l’ex-indépendantiste (?) auteure de loi liberticide et tombeuse de Jospin en 2002 à la Justice, la porte-parole binationale émargeant au conseil d’une puissance étrangère, la championne de l’absentéisme et le héraut de la démondialisation préposé au redressement productif (sic!) …

Ne se sentent pas franchement rassurés par la « belle image » (tu me mets quelques blacks, quelques beurettes – 14 de plus quand même, pour une « présidence plus modeste » – que le premier gouvernement Fillon!) du gouvernement d’ « exemplaires » et d’ « irréprochables » que vient de nous bricoler, juste avant sa rencontre – dument cravatée et complet-vestonnée – avec son mentor de Chicago, le maitre manipulateur et auteur du holdup du siècle …

Comment ne pas voir en creux ce qu’aurait pu être un vrai président de gauche un peu synchrone avec son temps?

Quelqu’un qui, à l’instar d’un autre champion de la » rupture de l’intérieur » lui aussi (surprise!) ministre de l’intérieur ayant piaffé pendant x années sous la royauté fainéante d’un autre Corrézien, pourrait peut-être avec un peu de chance (on peut toujours rêver) l’être dans cinq (ou – gasp! -dix?) ans?

Un président qui aurait quelque chose d’un … Manuel Valls ?

Manuel Valls, l’omniprésent

David Revault d’Allonnes et Thomas Wieder

M le magazine du Monde

13.04.2012

« Il ne lâche jamais François. Jamais », s’amuse un cacique du PS. Dans l’équipe de campagne de François Hollande, on ne voit que lui. Ou presque. Toujours là, à l’affût, juste à côté du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Surtout quand les circonstances l’exigent. Comme ce mardi 13 mars, au lendemain du premier sondage donnant son champion derrière le président sortant au premier tour. Manuel Valls annule tous ses rendez-vous et saute dans le TGV pour Valence (Drôme) afin de déminer le terrain. A grands coups de « ce n’est pas une surprise » et « on pouvait s’y attendre », distillés dans la voiture-bar aux journalistes qui suivent le déplacement.

Autre morceau choisi : au lendemain du massacre de Toulouse, mardi 20 mars. François Hollande vient observer dans une école du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) la minute de silence en hommage aux enfants assassinés du collège Ozar-Hatorah. Le directeur de la communication du candidat PS est là, bien sûr. En cette vraie-fausse trêve électorale, il souhaite éviter la moindre image de liesse populaire. Mâchoires serrées, il marque à la culotte son poulain dans les rues de la ville. Lâche des « Chut ! Chut ! » nerveux quand les militants lui décernent des « François président ! ». Et écarte discrètement la nuée d’écoliers rigolards qui suivent le candidat : « Les enfants, vous allez où comme ça ? »

Combien de fois les journalistes affectés au suivi de la campagne de M. Hollande l’ont-ils vu, regard noir, tenter d’abréger un de ces « off » qu’une fois de plus le candidat prenait plaisir à faire durer ? Les formules sont toujours les mêmes : « C’est fini » ou « Il faut y aller, maintenant… » Même François Hollande s’en amuse. Le 29 février, dans l’Eurostar qui le ramène de Londres, il délaisse pendant plus d’une heure son directeur de campagne Pierre Moscovici, plongé dans un roman policier, pour rejoindre les journalistes à la voiture-bar. « Ce soir, je peux y aller, je ne suis pas sous surveillance », se gausse le candidat.

Entre Manuel Valls et la presse, il y a de l’électricité dans l’air. « Je veux être en tension », confirme l’intéressé qui, en matière de communication et d’image, nourrit des idées précises. Et n’a pas l’intention d’y déroger. « Il faut toujours tendre à la perfection, même si on sait qu’il est difficile d’obtenir une image totalement nette », assène-t-il. D’autant que le maire d’Evry (depuis 2001) et député de l’Essonne (depuis 2002) se sait cerné par des dangers d’un type nouveau, tweets et chaînes d’info en continu, qu’il a par ailleurs théorisé : « Ce n’est plus seulement le journal de 20 heures. Aujourd’hui, vous avez plus d’un million de personnes qui regardent l’info en continu. L’instant CNN est arrivé », explique-t-il. Le show électoral se déroule désormais vingt-quatre heures sur vingt-quatre. « La pression de la télé nous oblige à intégrer des éléments de spectacle, dit-il, notamment la lumière. La politique est toujours un spectacle, dans tous les sens du terme. » Manuel Valls, pour sa part, a pris le parti d’en être le sourcilleux – et unique – metteur en scène.

Dans le subtil échiquier que constitue une équipe de campagne, le directeur de la communication place ses pions avec soin. A commencer par Christian Gravel, avec lequel il a travaillé à Matignon (Manuel Valls s’occupe alors de la communication de Lionel Jospin) avant d’en faire son directeur de cabinet et de la communication à la mairie d’Evry. Carrure trahissant une pratique régulière des sports de combat et du free fight, cheveux ras et barbe taillée au couteau, il est de tous les déplacements du candidat, l’oreille aux aguets. « C’est l’espion qui informe Manuel du moindre fait et geste de François, lui rapportant les on, les off, les appels. Christian, c’est l’oeil de Moscou », persifle un membre du staff.

Son assistant parlementaire, Tangi Le Nevé Ricordel a, lui aussi, rejoint le service de presse du candidat. Comme Sébastien Gros et Harold Hauzy qui, le temps de la campagne, ont déserté la mairie d’Evry pour prendre position au troisième étage du QG de l’avenue de Ségur, à Paris. Celui de « l’empire » de la communication, comme l’avait initialement présenté le directeur de campagne Pierre Moscovici. A l’époque, c’était une boutade. Pas sûr que le mot le fasse encore rire aujourd’hui…

En s’emparant de la « com », Manuel Valls a-t-il du même coup pris le pouvoir ? « La com renvoie à l’organisation, à l’expression d’un discours, à l’image du candidat. Quand vous confiez ça à quelqu’un, vous lui confiez les clés de la maison », confirme Aquilino Morelle, directeur adjoint de la campagne et plume du candidat Hollande. Vieux routier du parti et des campagnes électorales, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis confirme : « Il a vu tout l’intérêt que représente la fonction dans une campagne présidentielle : sa visibilité. »

MANUEL VALLS, DE FAIT, EST PARTOUT. « Une annonce de com, un tract, un événement : il suit tous les dossiers du début à la fin, dans le moindre petit détail. Il fait très bien le boulot », constate Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet du candidat. « Il assume une présence physique forte, c’est le moins qu’on puisse dire », concède Bruno Le Roux, fidèle et porte-parole de François Hollande, qui souligne son efficacité : « Quand j’arrive chez Bourdin, sur RMC, et que je veux vérifier un truc sur le projet juste avant de passer à l’antenne, je l’ai dans les quinze secondes. »Voilà pour la version officielle. Sous couvert d’anonymat en revanche, ce don d’ubiquité exaspère. Surtout chez les « hollandais » historiques, où il fait des jaloux. « Il est en permanence collé à François. Quand François est au QG, il est dans son bureau, tout le temps », enrage l’un. « Valls a monopolisé le candidat. Il est possessif comme j’ai rarement vu quelqu’un l’être », peste l’autre, pour qui « le dircom doit être discret, ne pas être devant la caméra tout le temps, au contraire ». Beaucoup, offusqués de la présence du patron de la communication au côté de leur candidat, le 21 mars, à Montauban, lors de la cérémonie d’hommage aux militaires tués, ont ainsi résumé d’un quolibet cruel : « Mais qui était le type à côté de Manuel Valls ? » Un rien, en réalité, suffit à ulcérer les vieux amis du député de Corrèze, comme lorsqu’il invite Manuel Valls à monter dans sa voiture. Un geste en apparence insignifiant, mais qui, au sein de la cour, témoigne de la confiance accordée au nouvel homme fort de la « Hollandie ».

Le patron, c’est donc lui, assurent nombre d’habitués du « 59 », le QG de l’avenue de Ségur. Manuel Valls y a pris le pas sur Stéphane Le Foll, responsable de l’organisation et bras droit historique de M. Hollande, et sur Pierre Moscovici, directeur de campagne et strauss-kahnien rallié. « C’est Valls, le vrai directeur de campagne, ce n’est plus Mosco », constate un membre de l’équipe. Bruno Le Roux le concède joliment : « On a deux personnalités différentes, dont l’une emporte quasiment tout sur son passage… » Un membre de l’équipe raconte : « Un jour, Mosco devait partir avec François dans la voiture. Valls lui propose de monter dans la sienne… et finalement, le plante pour monter dans la bagnole de François ! » Dans la petite géopolitique du staff, Manuel Valls use du rapport de force, mais aussi de la ruse. Voire de la diplomatie du coeur. Le député de l’Essonne s’est ainsi rapproché de Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, laquelle entretient des rapports d’amitié avec sa seconde épouse, la violoniste Anne Gravoin. Détail significatif : au QG, le bureau de Valérie Trierweiler se trouve au troisième étage, comme celui de l’équipe Valls. Comme, aussi, celui de Nathalie Mercier, ancienne d’Euro RSCG et en congé de la direction de la communication du Musée du quai Branly. Autrefois chargée de la communication de Manuel Valls, celle-ci s’occupe désormais de polir l’image de la potentielle future première dame. Un axe Valls-Trierweiler qui ne manque pas, là encore, d’exaspérer les fidèles. « Il fait copain avec madame pour être bien avec monsieur », s’agace un vieil ami du candidat. L’intéressé, lui, nie en bloc. « La campagne présidentielle, c’est un moment important pour la compagne du candidat. C’est important d’avoir sa sensibilité, son avis », se justifie Manuel Valls, qui parle efficacité et mise en confiance du candidat. « Manuel se donne à fond, sans état d’âme. Ce sont des gens comme ça qu’il faut dans une campagne », se félicite Valérie Trierweiler.

La confiance, paramètre essentiel dans une équipe de campagne où chausse-trapes et manoeuvres de placement sont une activité à plein temps, se révèle un atout maître. François Hollande, qui se méfie de ses camarades pour en avoir éprouvé, au fil des onze années passées à la tête de la rue de Solférino, la fidélité et la solidité, a pourtant accordé la sienne à son nouveau bras droit. Sans réserve. Aquilino Morelle résume : « François l’a dit à ses proches : dans une campagne, il y a deux choses importantes, les mots et les images. François a confiance en Manuel. Il sait que Manuel est très bon et il lui a donc confié ça. » Valérie Trierweiler va plus loin : « Entre Manuel et François, la confiance s’est très vite installée après la primaire. Mais depuis, on est passé à autre chose : de la complicité. »Dans le premier cercle, certains font contre mauvaise fortune bon coeur, concédant au directeur de la com un bilan globalement positif. « Tout ce qui sécurise François est bon », affirme Bruno Le Roux. Manuel Valls, lui, décline toute emprise sur son candidat. « François Hollande est le vrai stratège de cette campagne », assure-t-il, s’appliquant à battre en brèche la thèse d’une trop grande proximité : « Ça se passe très bien avec Hollande, avec sérieux mais sans jamais de familiarité. »L’affaire, pourtant, n’était pas entendue. S’ils ont partagé le même bureau entre 1995 et 1997 au siège du PS, François Hollande, comme porte-parole du parti, et Manuel Valls, en tant que secrétaire national à la communication ; s’ils ont oeuvré de concert, à partir de 1997, au côté de Lionel Jospin, l’un comme premier secrétaire, l’autre comme porte-parole de Matignon, les deux camarades n’ont pas toujours été bons amis. En décembre 2004, François Hollande tire les conséquences du « non » défendu par Manuel Valls au référendum interne organisé par le PS sur le Traité constitutionnel européen, et l’évince du secrétariat national. « La confiance était rompue », se rappelle le député de l’Essonne.

A PARTIR DE L’ÉLECTION DE NICOLAS SARKOZY, EN 2007, Manuel Valls et la direction de son parti s’éloignent encore davantage. L’ambitieux parlementaire s’illustre en soutenant certaines initiatives gouvernementales, comme la loi sur la burqa. Et en s’en prenant systématiquement aux canons de l’orthodoxie solférinienne. En juin 2009, un reportage diffusé sur Direct 8 met le feu aux poudres. On y voit Manuel Valls et Christian Gravel cheminant dans les allées d’une brocante à Evry, le premier glissant à l’oreille du second : « Belle image de la ville… Tu me mets quelques Blancs, quelques white, quelques blancos. » Manuel Valls a beau s’expliquer sur le sens de cette formule en affirmant son souci de lutter contre la « ghettoïsation », le mal est fait. Un ancien secrétaire national du PS à l’égalité dénonce publiquement un « dérapage scandaleux » qui « conforte des thèses chères à l’extrême droite [et] prône une hiérarchie absurde entre les « races » ». L’homme en question s’appelle Faouzi Lamdaoui, fidèle parmi les fidèles de François Hollande. Ironie de l’histoire : le reportage a été diffusé dans une émission présentée à l’époque par… Valérie Trierweiler !

De cette période où Manuel Valls joue les francs-tireurs, un hiérarque solférinien conserve un souvenir ému : « Il multiplie les scandales. Il attaque les 35 heures, les délires de la gauche du parti, il estime que Sarko n’a pas tort sur la sécurité et l’immigration… On s’est dit qu’il allait rejoindre le gouvernement », décrypte ce vieux routier du PS, qui voit là la patte de l’ami de près de trente ans du député de l’Essonne : Stéphane Fouks, patron de l’agence Euro RSCG, que Manuel Valls a connu dans les rangs de l’UNEF, puis fréquenté au cabinet du premier ministre Michel Rocard à la fin des années 1980. « Euro RSCG l’a poussé à faire ce qu’ils avaient déjà appris à NKM : une communication de rupture », poursuit ce socialiste. La démarcation érigée en stratégie de communication ? L’intéressé dément et, pour expliquer ses coups d’éclat en série, brandit l’éthique de conviction. « Il fallait être sévère. Quelque chose n’allait pas », persiste aujourd’hui Manuel Valls.

C’EST SOUS LA MANDATURE DE MARTINE AUBRY que l’affrontement avec la tête du parti a atteint son paroxysme. Manuel Valls, qui a soutenu Ségolène Royal jusqu’au bout de la nuit du congrès de Reims, dénonce des bourrages d’urnes massifs en faveur de Martine Aubry, lors de l’élection de la première secrétaire. Et menace de porter l’affaire devant le tribunal correctionnel. Ses écarts de conduite lui vaudront à l’été 2009 une incendiaire missive de la première secrétaire. En substance : le parti, tu l’aimes ou tu le quittes. L’intéressé fera alors la « une » de Libération, sous le titre « Wanted », qu’il a d’ailleurs, pas peu fier, affiché dans son bureau à la mairie d’Evry. « Mes prises de position intéressaient car elles allaient à rebrousse-poil. Elles jetaient de l’huile sur le feu. Je ne le regrette pas. Le PS aurait dû aller plus loin », assume le député de l’Essonne. Alors qu’il faut souvent un GPS pour suivre les évolutions idéologiques de ses amis socialistes, « Manuel », depuis son engagement au PS derrière Michel Rocard, n’a pas changé de ligne. « C’est un des rares à n’avoir jamais dévié : droitier pour toujours », décrypte Jean-Christophe Cambadélis. C’est donc sous le maillot de l’ailier droit, flirtant en permanence avec la limite du hors-jeu, tonitruant quoique exaspérant l’immense majorité de ses camarades, « repéré car radical, mais isolé dans l’appareil du parti », selon un dirigeant socialiste, que ce fan du Barça aborde la grande compétition de la primaire.

Avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, Pierre Moscovici et Vincent Peillon, il fait partie de la génération des « quadras », qui, pour beaucoup, basculent en fait déjà dans la cinquantaine. Et qui piaffent, enrageant de voir leurs aînés, la génération des anciens ministres de Lionel Jospin, monopoliser encore le devant de la scène. A l’orée de la primaire, Manuel Valls, qui se tâte, est travaillé par les agents de Dominique Strauss-Kahn. Et se range derrière le directeur du Fonds monétaire international. Jusqu’à la vertigineuse et stupéfiante disparition du favori de la présidentielle, le 14 mai 2011 dans la suite 2806 du Sofitel de Times Square.

ALORS QU’IL S’APPRÊTAIT À JOUER LES FIDÈLES DE DSK, comme il l’avait fait pour Ségolène Royal, Manuel Valls se retrouve sans champion, en rase campagne. Et, à 48 ans, se lance dans le grand bain, porté par les exemples Obama, Cameron et autres Zapatero, tous parvenus au sommet avant cet âge. « Quand Dominique Strauss-Kahn est tombé, j’ai décidé d’être candidat, explique-t-il. Mais j’ai vu Hollande pour l’informer que je le soutiendrais au soir du premier tour. Je pensais qu’il allait gagner. Je lui ai dit que ma candidature pouvait lui être utile. » Le maire d’Evry a de la suite dans les idées. Le deal, passé au mois de juin 2011, tiendra la route. « Il n’y a pas eu un mot de ma part contre lui », rappelle Manuel Valls qui, dès le soir du premier tour, sera le premier des éliminés à rallier l’ancien premier secrétaire.

Cette compétition interne, le député de l’Essonne en sort avec une exposition et une visibilité démultipliées. Et la ferme intention de capitaliser. « La primaire m’a donné une légitimité. Elle m’a recentré au coeur du jeu et du dispositif politique », dit-il. Malgré ses modestes 5 %, qui le classent avant-dernier devant le radical de gauche Jean-Michel Baylet, « Manuel », en intégrant le cockpit de l’équipe Hollande, a su, bien davantage que son vis-à-vis sur l’aile gauche Arnaud Montebourg, en faire fructifier les dividendes politiques. « L’idée, plutôt que de se positionner sur une aile, était d’être totalement intégré dans l’équipe de campagne. Pour moi, la primaire était terminée. Ce qu’Arnaud Montebourg n’a pas compris tout de suite », analyset-il. Alors que le héraut de la démondialisation, fort de sa troisième place et de ses 17 %, entreprend de mener une campagne parallèle, créant son propre mouvement politique et jouant l’électron libre, l’ailier droit, lui, s’installe au coeur du réacteur. Ce qui l’oblige à « faire beaucoup de sacrifices », concède un de ses collaborateurs : « Lorsqu’il a fallu monter au créneau contre la TVA sociale, ou quand il s’est trouvé face à Bayrou sur France 2, Manuel a mangé son chapeau, c’est clair. Mais il a décidé au soir de la primaire de se mettre au côté de François, et il s’y tient coûte que coûte. »

Contrairement à d’autres anciens candidats à la primaire qui, lors de leurs interventions aux quatre coins de la France pour soutenir François Hollande, continuent, en réalité, de défendre leur propre programme, Manuel Valls joue les bons petits soldats. Nulle référence à ses propositions sur les quotas d’immigration ou la TVA sociale. Nul écho à ses critiques contre la « douce illusion » du retour à 60 ans de l’âge de la retraite ou des emplois d’avenir. Il va même jusqu’à faire la promotion du contrat de génération, dont il ne pensait pourtant pas le plus grand bien quand François Hollande en vantait les mérites durant la primaire…

JOUER SANS LA MOINDRE AMBIGUÏTÉ LES MISSI DOMINICI DE LA « HOLLANDIE » ne l’empêche pas de penser à son propre avenir. L’enfant terrible de la Rue de Solférino, qui est allé jusqu’à proposer de débaptiser le PS « parce que le mot socialiste ne veut plus rien dire », sait qu’il doit, pour cela, développer ses réseaux. Dépourvu de soutiens militants, contrairement à Arnaud Montebourg, Manuel Valls cultive ses relations avec des élus de sa génération qui partagent ses idées, notamment sa fermeté sur les questions de laïcité et de sécurité. Samedi 24 mars, il était ainsi au côté de Christophe Rouillon, maire de Coulaines et candidat aux législatives dans la 5e circonscription de la Sarthe. L’occasion pour lui de montrer un autre visage, plus détendu et plus rieur que celui qu’il arbore au côté de François Hollande, où sa nervosité extrême – visible notamment aux plaques rouges qui ont envahi son visage durant l’hiver – peut lui faire pousser des coups de gueule homériques. L’occasion de goûter, dans les allées d’une foire aux bestiaux ou d’une fête foraine, sa notoriété récente auprès du grand public. De savourer, en se contentant d’un « peut-être », les « la prochaine fois, vous reviendrez comme ministre » des passants. L’occasion, enfin, de tenter de pousser son avantage dans le complexe champ socialiste. De ce point de vue, venir soutenir Christophe Rouillon est lourd de sens, compte tenu des relations tendues que celui-ci entretient avec Stéphane Le Foll, premier fédéral de la Sarthe. La mine renfrognée du fidèle hollandais, durant la brève conférence de presse organisée par Christophe Rouillon, puis son absence remarquée au banquet républicain, dont l’invité d’honneur était Manuel Valls, en disaient long, ce soir-là, sur la fragilité des liens de circonstance tissés pendant la campagne présidentielle…

Alors, qu’est-ce qui fait courir l’infatigable député de l’Essonne ? Quel maroquin ? Lui prend soin d’évacuer : « Rien. Je me refuse à en parler. Si je commence à penser à l’après et à m’organiser, à calculer, à vouloir plaire pour être sur tel ou tel sujet, je perdrai de mon équilibre et de mon efficacité », nie M. Valls, qui préfère s’abriter derrière un dessein idéologique. « Ce qu’il faudra faire, si nous l’emportons, c’est renouveler la doctrine. Ce qui doit identifier la gauche, c’est le rôle de l’Etat. Et ce rôle doit être réhabilité », assène le seul socialiste à citer plus volontiers Clemenceau que Jaurès. L’ambitieux parlementaire est pourtant obligé d’en convenir : « Il y a des pensées, des ambitions. » Notamment en direction de la Place Beauvau, convoitée aussi par François Rebsamen, le sénateur et maire de Dijon, vieil ami de François Hollande et chargé de la sécurité dans l’équipe de campagne. Entre ces deux-là, la tension monte. Un mardi matin, lors d’une réunion du comité politique, « Rebs » émet des réserves sur la communication du candidat. « Ils sont en train de se battre comme des chiens », s’amuse un dirigeant socialiste.

Manuel Valls, assurément, a le sens du combat. « Je ne suis pas un artiste, moi », explique-t-il en référence à son père, peintre catalan, et à sa femme, chambriste, qui joue aussi avec Julien Clerc, Laurent Voulzy ou Johnny Hallyday.

Pas question de concéder la moindre faiblesse personnelle. Il assure : « Je ne suis pas d’un naturel angoissé. Je peux être tendu, fatigué, et il arrive que mes émotions se ressentent. Ma seule angoisse est celle du résultat. » Et sa hantise, laisser le moindre détail lui échapper.

Voir aussi:

Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez Manuel Valls

Alain Gresh

Nouvelles d’Orient

Les blogs du Diplo

16 mai 2012

Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature.

Le problème est que Manuel Valls est sa propre caricature, même s’il s’abstiendra, du moins faut-il l’espérer, d’affirmer comme son prédécesseur qu’il y a trop de musulmans en France. C’est tout de même lui qui, se promenant sur un marché de sa bonne ville d’Evry, le 7 juin 2009, interpellait ses collaborateurs : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos ! »

Manuel Valls ne représente pas grand-chose dans son parti : il n’a récolté que 5,7 % des voix lors de la primaire d’octobre 2011. Il est vrai que cet admirateur de Dominique Strauss-Kahn et de Tony Blair aurait sans doute plus sa place au Nouveau centre ou au Modem de François Bayrou, dont il reprend les thèses économiques et sociales. Nicolas Sarkozy avait tenté de le débaucher en 2007 et Martine Aubry lui avait écrit une lettre ouverte en juillet 2009 : « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste. »

Mais Valls a su faire le bon choix : rester au PS tout en combattant tous les principes de la gauche et, finalement, accéder à un poste où il pèsera lourd dans les choix gouvernementaux des prochains mois sur la sécurité, l’immigration, l’islam. Concédons-lui donc le fait qu’il est un habile politicien, mais mettons entre parenthèses l’idée qu’il serait de gauche.

C’est sur le terrain de la sécurité que Valls a voulu se faire un nom, en montrant que la gauche pouvait être aussi répressive, voire plus, que la droite. Il a multiplié les articles et les livres sur le sujet, dont Sécurité, la gauche peut tout changer (Editions du Moment, Paris, 2011). Cet ouvrage rend un hommage appuyé et répété aux forces de l’ordre, sans jamais évoquer les violences policières, les jeunes assassinés dans les quartiers, les procès de policiers qui débouchent toujours sur des non-lieux. En revanche, il est impitoyable avec le terrorisme, ayant été l’un des seuls socialistes à exiger l’extradition de Cesare Battisti. Et aussi avec les délinquants, ces classes dangereuses dont la bourgeoisie a toujours eu peur. Valls ne regrette-t-il pas, dans son livre, que la gauche n’ait pas assez rendu justice à Clemenceau, l’homme qui n’hésitait pas, entre 1906 et 1908, à faire tirer sur les ouvriers au nom, bien sûr, de l’ordre républicain ?

Lors du soulèvement des banlieues de 2005, il a été l’un des trois députés socialistes à ne pas voter contre la prolongation de l’état d’urgence, une décision qui ramenait la France à l’époque de la guerre d’Algérie. En octobre 1961, s’il avait été ministre de l’intérieur, Valls n’aurait certainement pas hésité à faire appliquer l’ordre républicain à tous ces Algériens qui osaient défier le couvre-feu (lire Sylvie Thénault, « L’état d’urgence (1955-2005). De l’Algérie coloniale à la France contemporaine : destin d’une loi »)…

Pour Valls, la violence dans nos villes « augmente de manière constante » depuis plus de trente ans. Il reprend les arguments de son ami Alain Bauer (lire Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire), l’homme qui a imposé à la gauche comme à la droite le thème de l’insécurité — avec l’aide active du Front national et de Jean-Marie et Marine Le Pen. Conseiller de Sarkozy, Bauer est aussi proche de Manuel Valls car, pour lui, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite (l’économie non plus, sans doute…). Et personne ne sera trop regardant sur les médecines du docteur Bauer, l’homme qui propage la peur dans les villes et en profite pour leur vendre, à travers sa société AB conseils, et à prix d’or, les remèdes à l’insécurité. Un peu comme si un responsable de l’industrie pharmaceutique établissait les prescriptions pour les malades…

Nous ne reviendrons pas ici sur la critique détaillée de ses théories de la sécurité. Laurent Mucchielli, l’un des meilleurs spécialistes de la question et qui est plusieurs fois cité de manière élogieuse par Valls, a un diagnostic ravageur (« La posture autoritaire et populiste de Manuel Valls », Lemonde.fr, 5 juin 2011). Critiquant Sécurité, la gauche peut tout changer, qui vient alors de sortir, il fait deux remarques :

« La première est que M. Valls n’a pas un niveau de connaissance suffisant des problèmes. Nous l’avons vu, son diagnostic est globalement plutôt superficiel. Ses propos ressemblent étrangement aux discours de certains syndicats de police et parfois même d’un certain café du commerce. La violence explose, les délinquants rajeunissent sans cesse, il n’y a plus de valeurs et plus de limites, la justice ne fait pas son boulot, on les attrape le soir ils sont remis en liberté le lendemain… etc. En cela, M. Valls est proche d’un certain terrain politique : celui des plaintes de ses administrés, des courriers de protestation reçus en mairie, des propos entendus en serrant des mains sur le marché le samedi matin ou encore de ce que lui racontent les policiers municipaux de sa ville. Mais il est totalement éloigné de ce que peut-être le diagnostic global d’un problème de société et l’approche impartiale d’une réalité complexe. Telle est sans doute la condition ordinaire d’un responsable politique de haut niveau, dont on imagine l’agenda très rempli. Mais l’on attendrait alors de lui qu’il ait l’intelligence de comprendre les biais et les limites de sa position pour s’entourer de personnes capables de lui donner le diagnostic de base qui fait ici défaut. Encore faut-il toutefois le vouloir et ne pas se satisfaire de ce niveau superficiel d’analyse, au nom d’une posture volontairement très politique pour ne pas dire politicienne. C’est la deuxième hypothèse. »

Voici donc pour la compétence du nouveau ministre de l’intérieur. Par ailleurs, poursuit Mucchielli :

« C’est bien une posture politique qui irrigue fondamentalement la pensée de Manuel Valls, une posture politicienne même dans la mesure où elle vise manifestement à se distinguer en politique, en particulier vis-à-vis d’autres personnalités du parti socialiste. Cette posture, on la retrouve d’abord dans les pages consacrées à une sorte d’éloge de l’ordre comme “socle des libertés” (p. 58), comme on la retrouve à la fin du livre dans l’éloge de « l’autorité » qui serait aujourd’hui « bafouée » et « attaquée de toutes parts » (p. 156-157). De nouveau, c’est exactement aussi la posture qui traverse toutes les lois votées ces dernières années par ses adversaires politiques. »

Valls n’est pas seulement un défenseur de la sécurité, mais aussi un contempteur du communautarisme et un pseudo-partisan de la laïcité (c’est évidemment tout à fait par hasard que les cibles de ses attaques sont les populations des quartiers populaires).

On ne compte plus les exemples de ces attaques contre un soi-disant communautarisme, c’est-à-dire contre les musulmans, de sa volonté d’interdire à un Franprix de ne vendre que des produits halal — aurait-il interdit des magasins qui ne vendraient que des produits casher ? — à l’affaire de la crèche Baby Loup et au licenciement d’une employée qui portait le foulard. Après l’absurde décision de Nicolas Sarkozy d’interdire à des théologiens musulmans d’intervenir au congrès de l’UOIF, il a fait de la surenchère, non seulement en approuvant la décision mais en écrivant :

« Tariq Ramadan, leader européen de l’Internationale des Frères Musulmans, présenté par ailleurs comme un “intellectuel” muni d’un passeport suisse, doit s’exprimer le week-end prochain à Bagnolet. Il propagera les mêmes idées extrémistes que ceux qui ont déjà été interdits de territoire français. » Quelques jours plus tard, le candidat Nicolas Sarkozy à son tour, mettait en doute les qualités d’intellectuel de Tariq Ramadan. Quant à ces déclarations sur les idées « extrémistes » défendues par Ramadan, il devrait plutôt lire ses textes et écouter ses interventions.

On ne peut s’étonner alors que Manuel Valls fasse l’éloge du dernier livre de Hugues Lagrange, qui met en avant l’origine culturelle des immigrés pour expliquer les difficultés de l’intégration — rappelons que le même argument culturel était avancé pour expliquer les difficultés des immigrés juifs d’Europe centrale, italiens ou portugais à s’intégrer dans les années 1930, 1940 ou 1950 (lire Gérard Mauger, « Eternel retour des bandes de jeunes », Le Monde diplomatique, mai 2011). Aucune idée de droite n’est vraiment étrangère à M. Valls.

Une dernière question : Manuel Valls est aussi signataire d’un appel indigne appelant à poursuivre les militants qui prônent le boycott des produits israéliens. Parmi eux, Stéphane Hessel ou Alima Boumediene. Que fera le ministre de l’intérieur, alors que plusieurs de ces militants ont été relaxés par la justice, mais que certains restent poursuivis ?

Ajout 17 mai. Voici comment le pourfendeur du communautarisme parle :

« Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël » (vidéo). Imaginons un responsable français ayant épousé une femme d’origine algérienne ou marocaine et disant « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté musulmane et à l’Algérie (ou au Maroc). »

 Voir encore:

Exemplarité

Charte de déontologie : Hollande a (presque) tout piqué à Fillon

François Krug

Rue89

18/05/2012

Mesure par mesure, Rue89 a fait la comparaison : le nouveau gouvernement reprend les engagements… du précédent.

Fini, les conflits d’intérêts, les vacances au soleil chez des dictateurs, les motards qui renversent des piétons ou les voyages en avion non justifiés !

Ce jeudi, pour le premier conseil des ministres, François Hollande a accueilli ses ministres avec une charte déontologique à signer illico. Un texte très contraignant, au point qu’un des signataires confie à Libération :

« On a senti un blanc dans l’assistance […]. Je me demande, du coup, si tout le monde a signé. »

Si cette charte devait marquer les esprits – et les médias –, c’est réussi. Si elle devait marquer un tournant, ça l’est moins : pour l’essentiel, elle reprend des contraintes déjà imposées à ses ministres par François Fillon.

Dès l’entrée en fonction de son gouvernement, en mai 2007, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait fixé les règles du jeu dans une série de circulaires – d’obscurs textes administratifs qui n’ont pas l’impact symbolique d’une charte…

Rue89 a passé en revue les principales règles de la charte.

1

Conflits d’intérêts

« [Les ministres] remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique, à l’exception des informations concernant des tiers. »

La loi impose déjà aux ministres de déclarer leur patrimoine à la Commission pour la transparence financière de la vie politique, en deux fois : lorsqu’ils prennent leurs fonctions et lorsqu’ils les quittent. Ces déclarations restent confidentielles.

Pourtant, en imposant une « déclaration d’intérêts » et en la rendant publique, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne font que reprendre une mesure de François Fillon.

En mars 2011, le Premier ministre écrivait à ses ministres pour leur imposer cette déclaration, portant notamment sur leurs investissements personnels. Un mois plus tard, chaque ministère présentait le document sur son site.

Comme l’avait déjà noté Rue89 à l’époque, ces déclarations marquaient un progrès, mais laissaient à désirer. Notamment parce qu’elles laissaient chaque ministre libre de déclarer – ou non – les intérêts de ses proches. Une lacune que la charte du gouvernement Ayrault ne comble pas.

2

Gestion du patrimoine personnel

« [Les ministres] confient la gestion de leur patrimoine mobilier à un intermédiaire agréé, sur la base d’un mandat garantissant qu’ils ne pourront intervenir directement dans cette gestion. »

Les ministres ne pourront donc pas être suspectés d’agir de manière à augmenter le rendement de leurs placements, actions, assurances-vie.

Une précaution louable… et déjà prise par François Fillon dans une circulaire du 18 mai 2007, dès l’entrée en fonctions de son premier gouvernement.

Le Premier ministre indiquait à ses ministres :

« Vous voudrez bien confier à un intermédiaire agréé un mandat de gestion du patrimoine ainsi défini […].

Ce mandat devra vous interdire de donner, même verbalement, un ordre au gérant, sauf pour vendre, pour un montant que vous fixerez, une partie, qu’il choisira, du portefeuille détenu. »

3

Invitations et voyages

« Les membres du gouvernement s’abstiennent de donner suite à toute invitation pour un séjour privé qui émanerait d’un gouvernement étranger ou de personnes physiques ou morales dont l’activité est en relation avec leur département ministériel. »

Difficile, ici, de ne pas penser à la baignade de Jean-François Copé dans la piscine de Ziad Takieddine ou aux vacances de Michèle Alliot-Marie en Tunisie facilitées par le clan Ben Ali…

Cette dernière affaire avait contraint MAM, ministre des Affaires étrangères, à démissionner – et François Fillon, Premier ministre, à livrer une justification peu convaincante : selon lui, la ministre n’avait « pas commis de faute au sens moral en utilisant un avion d’un ami de longue date […] ».

Désormais, « faute au sens moral » ou pas, de telles vacances seront officiellement contraires à la déontologie. Sur ce point, le nouveau gouvernement clarifie les choses.

4

Cadeaux

« [Les ministres] remettent au service des domaines, soit immédiatement, soit à l’issue de leurs fonctions, les cadeaux d’une valeur supérieure à 150 euros. »

Encore une décision louable… et qui n’a rien de nouveau. Le 18 mai 2007, une des circulaires destinées à encadrer les pratiques des ministres était justement consacrée aux cadeaux.

François Fillon rappelait à ses ministres que ces cadeaux leur étaient remis uniquement parce qu’ils représentaient l’Etat, et qu’ils n’en étaient donc pas propriétaires. Cette circulaire n’évoquait pas le seuil des 150 euros, au-dessous duquel un cadeau est considéré comme une simple babiole.

Mais ce seuil était une des suggestions du rapport sur la « déontologie de la vie publique », remis à François Fillon en janvier 2011. Et il est déjà entré dans les moeurs.

La semaine dernière, un ministre sortant a ainsi accueilli Rue89 dans son bureau, au milieu de ses cartons, une assiette assez kitsch dans les bras :

« Je ne sais plus qui m’avait offert ça, vous croyez que ça vaut plus de 150 euros ? Sinon, je l’offre à mes collaborateurs… »

5

Activités extérieures

« [Les ministres] renoncent à toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère. »

Cette interdiction est déjà prévue par la Constitution elle-même, dont l’article 23 interdit notamment aux ministres l’exercice de « tout emploi public ou de toute activité professionnelle ».

Et le 18 mai 2007, à l’entrée en fonction de son gouvernement, François Fillon avait décidément été très productif. Une autre de ses circulaires évoquait en effet les « incompatibilités entre les fonctions de membre du gouvernement et certaines activités professionnelles ».

Le Premier ministre de l’époque y rappelait l’article 23, et dressait la liste des fonctions sur lesquelles pouvaient planer un doute – par exemple, la présidence d’un organisme HLM par un maire également membre du gouvernement. Il recommandait à ses ministres d’abandonner ces fonctions.

6

Pistons et coups de pouce

« Ils s’abstiennent absolument de toute intervention concernant la situation d’un membre de leur famille ou d’un proche. »

La loi proscrit déjà, évidemment, ce genre d’interventions. Rappelons, par exemple, que la Cour de justice de la République s’intéresse à la vente de l’hippodrome de Compiègne par Eric Woerth, l’ancien ministre du Budget.

7

Cumul des mandats

« Les membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir. »

C’est la principale innovation, mais ce n’est pas une surprise : le candidat François Hollande s’était en effet engagé à mettre fin au cumul des mandats. Jean-Marc Ayrault va abandonner la mairie de Nantes, ou Arnaud Montebourg, la présidence du conseil général de Saône-et-Loire.

Ce n’est qu’une première étape. Contrairement à Nicolas Sarkozy, François Hollande s’est aussi engagé à interdire le cumul des mandats aux parlementaires. Cette fois-ci, une charte ne suffira pas : il faudra modifier la loi.

8

Prise en charge des dépenses

« Les moyens mis à la disposition des ministres sont réservés à l’accomplissement de leur mission. Seules les dépenses directement liées à l’exercice des fonctions sont prises en charge par l’Etat. »

Comme l’interdiction de toute intervention en faveur d’un proche, cette règle est à classer dans la catégorie, au choix, « enfonçage de porte ouverte » ou « ça va mieux en le disant »…

D’ailleurs, François Fillon l’avait également rappelée à ses ministres, dans une autre de ses circulaires du 18 mai 2007, consacrée aux « dépenses susceptibles d’être prises en charge par l’Etat ». Il expliquait notamment :

« Les dépenses à caractère personnel ou familial (réceptions privées, repas personnels et familiaux, habillement personnel…) ne peuvent être prises en charge par l’Etat. »

Cela n’avait, certes, pas empêché Christian Blanc, par exemple, d’acheter des cigares aux frais de son secrétariat d’Etat…

9

Train plutôt qu’avion

« Les membres du gouvernement privilégient le train pour les déplacements d’une durée inférieure à trois heures. »

Le candidat Hollande s’était déjà engagé, en fin de campagne, à privilégier le train une fois élu. Ses ministres devront donc suivre son exemple.

Le 31 mars 2010, le directeur de cabinet de François Fillon avait justement envoyé aux « dir cab » de tous les ministres une note sur « l’utilisation des moyens aériens pour le déplacement des membres du gouvernement » :

« Le recours aux lignes ferroviaires et aux lignes aériennes régulières doit être privilégiée. Force est de constater que cette exigence est trop souvent perdue de vue. »

Cette note s’intéressait davantage à l’avion qu’au train : elle faisait suite à une série de polémiques sur les déplacements de ministres en jets privés. Et en fixant un seuil en-dessous duquel le train doit être privilégié – trois heures de voyage –, le nouveau gouvernement clarifie une bonne fois pour toutes les choses.

10

Motards et code de la route

« Sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste, leurs déplacements en automobile se font dans la discrétion et le respect des règles du code de la route. »

En janvier, un motard escortant la voiture de Nadine Morano avait percuté un piéton. La ministre de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle filait à grande vitesse vers l’aéroport de Villacoublay.

Le 18 mai 2007 – toujours –, François Fillon avait pourtant adressé à ses ministres une circulaire sur les « escortes motocyclistes ». Extrait :

« Les déplacements en véhicule automobile des membres du gouvernement doivent revêtir un caractère exemplaire.

Ces déplacements doivent s’effectuer dans le strict respect des règles du code de la route, sans utilisation d’un gyrophare ou d’un avertisseur sonore spécial.

De façon tout à fait exceptionnelle, et seulement lorsqu’une urgence caractérisée et directement liée à vos fonctions ministérielles le justifie, une escorte motocycliste pourra être autorisée. Le recours à ces escortes doit demeurer exceptionnel. »

11

Ce qui manque encore

Les nombreuses affaires ayant marqué le quinquennat l’ont démontré. Imposer des règles, c’est bien. Faire en sorte qu’elles soient respectées, c’est mieux.

Comme les nombreuses circulaires de François Fillon, la charte du gouvernement Ayrault n’évoque aucune sanction en cas de violation des règles. Elle doit seulement, explique le texte, « guider le comportement » des ministres.

Mais au cours de sa campagne, François Hollande a promis une grande loi de moralisation de la vie politique. Un chantier que le gouvernement Fillon a abandonné : il avait bien préparé un projet de loi sur la question, mais faute de temps – et de volonté politique –, le texte n’avait pas été soumis au Parlement.

C’est donc à l’usage qu’on saura si cette charte est plus qu’un symbole, et si la République exemplaire annoncée par François Hollande vaut mieux que celle qu’on nous promettait en 2007.

Voir enfin:

Top 10 des casseroles et gaffes du gouvernement Ayrault

Héros de la « République exemplaire » pendant la campagne, favorable à une loi sur la « moralisation de la vie politique », François Hollande s’est malgré tout entouré d’une équipe de ministres et de secrétaires d’Etat qui trainent casseroles, boulettes et autres gaffes. Top 10.

 Pierre Bohm

Metro

17-05-2012

1/ Jean-Marc Ayrault, le cumulard condamné :

A tout seigneur, tout honneur. Le Premier des ministres, Jean-Marc Ayrault, est le roi du cumul des mandats. Respirez un grand coup et lisez plutôt : Premier ministre, maire de Nantes, président de Nantes Métropole, député de la 3e circonscription de Loire-Atlantique, président du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche à l’Assemblée nationale française. Ouf. Épinglé par Le Monde sur le sujet, il avait déclaré « assumer pleinement » même s’il reconnaissait que la limitation du cumul des mandats allait « dans le sens de l’histoire ».

Autre casserole, que la droite s’était empressée d’exploiter quand le nom de Jean-Marc Ayrault a été évoqué pour le poste de Premier ministre, sa condamnation en 1997 à six mois de prison avec sursis et 30 000 francs (4 600 euros) d’amende, pour des faits de favoritisme dans l’attribution d’un marché public. « Ma probité personnelle n’a jamais été mise en cause. Il n’a jamais été question d’enrichissement personnel ou de financement politique »(…) « C’est une affaire qui ne me concernait pas intuitu personae, mais que j’ai assumée en tant que maire », a déclaré le principal interessé. Et de conclure : « C’était il y a quinze ans. Je n’ai jamais rien caché, surtout pas aux Nantais, qui m’ont depuis réélu deux fois. » Aucun appel n’en ayant été fait, la réhabilitation est effective dix ans plus tard, en 2007.

2/ Delphine Batho et son loyer modéré

108 m2 pour 1 524 euros par mois à Paris. Soit, très en dessous des prix du marché. Ce prix comprend un surloyer censé équilibrer la situation. Selon la député PS à l’indemnité mensuelle de 7 000 € brut, elle n’habite pas dans un logement social mais dans un « logement intermédiaire pour les salariés de catégorie moyenne, comme le système du 1% patronal ». Pour cette raison, la nouvelle ministre déléguée a la Justice, a toujours refusé de quitter ce logement au loyer très avantageux.

3/ Manuel Valls et le manque de « white » à Evry

En juin 2009, Manuel Valls n’est pas encore ministre de l’intérieur mais maire d’Evry en banlieue parisienne. Il se balade sur une brocante de sa ville avec Christian Gravel, son directeur de cabinet et directeur de la communication à la mairie : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos », déclare t-il. Avant d’expliquer sa phrase ambigüe à une journaliste politique qui paraît tout à fait « normale » :

4/ Arnaud Montebourg et le principal défaut de Ségolène Royal

En 2007, Arnaud Montebourg est porte-parole de Ségolène Royal, candidate à l’élection présidentielle. Quand Ariane Massenet lui demande quel est le principal défaut de sa candidate il répond : « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon ». A l’époque François Hollande, premier secrétaire du PS. Il y a fort à parier que depuis que celui-ci l’a nommé ministre du Redressement productif, il lui trouve au moins quelques qualités.

5/ Pierre Moscovici et le droit à l’image ou l’histoire de l’arroseur arrosé :

« Pierre Moscovici a décidé d’entamer une procédure judiciaire à l’encontre des magazines Voici et Elle, suite à la publication d’articles et de clichés portant gravement atteinte à l’intimité de sa vie privée et à son droit à l’image dans les parutions de ce week-end », déclarait son avocate en juillet 2011 après que ces magazines ont publié des photos le montrant avec sa compagne. Ironie de l’histoire, Pierre Moscovici, aujourd’hui ministre de l’Économie et des Finances, a lui même été condamné en décembre 2001, pour atteinte au droit à l’image à une amende de 1 220 euros. Lors de la campagne pour les municipales dans sa ville de Montbéliard, il est attaqué par un employé municipal qui lui reproche d’avoir utilisé son image sur une brochure de campagne sans son accord.

6/ Cécile Duflot, une écolo qui prend le train, surtout quand elle est filmée :

En janvier 2010, Cécile Duflot prend le train pour aller au sommet de Copenhague sur le climat. Elle se vante devant les caméras qui l’accompagnent : « Vous ne me verrez jamais dans un avion lorsqu’il m’est possible de prendre le train. » Un voyage de 15 heures bon pour la planète. Problème, pour le voyage retour elle avait décidé de prendre l’avion, sans caméra cette fois-ci. En effet, la nouvelle ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, devait parler au journal de 13h de France 2 le même jour. Et avait donc préféré l’avion alors qu’un train partant le matin de Copenhague l’aurait déposée le soir à Paris. Entre écologie et présence médiatique, il faut parfois choisir…

7/ Christiane Taubira condamnée pour licenciement injustifié :

En septembre 20045, Christiane Taubira, nouvelle ministre de la Justice, est condamnée par le conseil des prud’hommes de Paris pour « licenciement injustifié » et « rupture de CDD abusive ». Alors députée de Guyane, elle avait été attaquée par son attachée parlementaire entre octobre 2002 et avril 2003. Ses deux CDD avaient été requalifiés en CDI. Christiane Taubira avait dû verser 5 300 euros à son ex-attachée parlementaire.

8/ Valérie Fourneyron préfère Roland Garros aux questions au gouvernement

L’affaire, racontée par le Petit Journal, pourrait se résumer ainsi : la député-maire de Rouen défend le monopole à l’Assemblée Nationale de la Française des Jeux lors des discussions sur l’ouverture à la concurrence des jeux d’argent et de hasard en ligne en 2009. Elle dépose ou co-dépose 310 amendements en ce sens. Ascenseur renvoyé quand elle est surprise dans une loge de… la Française des Jeux à Roland Garros alors que se tient à l’Assemblée les questions au gouvernement. Un bel échange de fond de court.

9/ Jérome Cahuzac vote le plan d’austérité du gouvernement Fillon

Le nouveau ministre délégué chargé du Budget a commis une boulette en votant le plan d’austérité du gouvernement Fillon en septembre 2011. Mieux, à cause de lui, le député de Corrèze François Hollande, qui lui avait confié sa procuration, a aussi voté pour. « Une erreur » selon Cahuzac. Une erreur d’autant plus voyante qu’à part le gaffeur, tout le groupe socialiste avait voté « contre ».

10/ Yamina Benguigui, championne de l’absentéisme

L’adjointe au maire de Paris chargée de la lutte contre les discriminations est réputée pour son absentéisme. En mai 2010, un papier du Monde.fr notait qu’en 44 séances, l’adjointe avait été absente 10 fois. Elle était alors qualifiée par le « journal de référence » de « championne de l’absentéisme ».

Taubira condamnée pour licenciement injustifié

5 commentaires pour Présidence Hollande: Mais qui était le type à côté de Manuel Valls? (We could have had a French Blair and we got stuck with a white Obama)

  1. […] sous la royauté fainéante d’un autre Corrézien, pourrait peut-être avec un peu de chance (on peut toujours rêver) l’être dans cinq (ou – gasp! -dix?) […]

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  2. […] discours prétendument rassembleur, notre nouvel obama blanc de président pousse sa propre obsession de se démarquer de son prédécesseur jusqu’aux limites du plus pur sectarisme […]

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  3. […] La France doit arrêter ses conneries, les élites politiques françaises doivent arrêter de ne voir que des Noirs dans les banlieues. Lors des émeutes de 2005 au lieu de voir ça comme un grand mouvement d’insurrection sociale, ils y ont vu un mouvement de protestation de Noirs, d’Arabes etc. (…) [Dans Noirs de France vous dites que, étant jeune, vous étiez indépendantiste…] Pas seulement jeune, je le suis encore. (…) Moi je n’ai pas un discours indépendantiste, j’ai une pratique militante indépendantiste, ce n’est pas la même chose. J’ai vécu en clandestinité. Tous les deux jours je devais changer de lieu, tout en trimbalant un bébé de deux mois. J’ai pris des risques, mon époux a été en prison pendant un an et demi. Mes autres camarades ont été emprisonnés. Donc ce n’est pas une question de discours, c’est une pratique politique. Ça c’était jusqu’en 1982. Pourquoi ? Parce qu’en 1981, quand la gauche est arrivée au pouvoir les Guyanais ont dit qu’ils laissaient tomber les histoires d’indépendance. Les gens n’étaient pas indépendantistes mais ils acceptaient le débat. Régulièrement ici, le gouvernement emprisonnait les indépendantistes et les gens étaient solidaires. Ils n’étaient pas d’accord mais ils étaient solidaires. En 1981, ils ont dit: « C’est bon, la gauche ce n’est pas colonial, c’est fini ». On a tenu pendant un an et en 1982 moi j’ai arrêté de militer. Ce n’est pas une question de discours chez moi. (…) Il y a un mouvement indépendantiste, il va plus souvent aux élections que moi: vous parliez de contradictions ? En 1992 lorsque je me lance dans la campagne des législatives, c’est parce que les gens ont organisé un mouvement populaire autour de moi, me demandant d’aller me présenter. La première fois de ma vie que j’ai voté, c’était pour moi en 1993. J’étais indépendantiste, anti-électoraliste. Mais quand on a une demande d’un peuple… J’aurais pu dire « je suis indépendantiste, j’ai raison, je reste chez moi ». J’étais directeur de société avant d’être élue député. Je n’ai pas besoin de notoriété. Je donnais des conférences internationales. Je venais de signer un contrat de professeur-chercheur avec l’Université de Montréal. Je ne suis pas dans une contradiction politique. En 1992 cela faisait dix ans que nous avions arrêté de militer. Christiane Taubira (06.12.11) […]

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  4. jcdurbant dit :

    MACRON PRESIDENT ! (Et si on se débarrassait enfin de la génération du ripou Chirac ?)

    Au-delà des questions partisanes, un profil jeune, centriste et libéral dans tous les domaines est-il adéquat en période de crise quand la question des frontières, de l’identité nationale et du retour de l’État ont le vent en poupe, comme le montre l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche?

    C’est sa limite, en effet. Mais notre système n’est pas à un tour comme aux États-Unis mais à deux. Et cela implique des mécanismes différents. Marine Le Pen domine largement aujourd’hui le camp qui porte les questions que vous décrivez. De l’autre côté, celui de «l’ouverture, l’Europe et du libéralisme», y aura-t-il une domination écrasante? Si, par exemple, c’est Alain Juppé qui gagne la primaire, ne pourrait-il pas y avoir un effet de vases communicants avec Emmanuel Macron qui porte peu ou prou les mêmes idées? S’il parvenait à prendre le second strapontin pour le second tour au candidat de droite classique, il serait malgré tout favori contre Marine Le Pen. D’autre part, si Macron est bien, comme Juppé, un candidat de la «mondialisation heureuse», il est à peu près le seul qui réfléchisse à la dimension monarchique de nos institutions, et qui, de temps à autre, n’oublie pas de faire écho à un «roman national», lorsqu’il se rend au Puy-du-Fou ou exalte Jeanne d’Arc. Cela pourrait aussi lui donner un avantage dans un combat face à Juppé. Mais ce dernier n’est pas encore désigné. Contre François Fillon, ce logiciel fonctionnerait sans doute beaucoup moins bien.

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/11/15/31001-20161115ARTFIG00311-pourquoi-l-annonce-de-candidature-d-emmanuel-macron-est-une-erreur-politique.php

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