Manif pour tous: Quelle condescendance de nos élites et bobos parisiens? (Ordinary France’s last desperate stand against Parisian bobo decadent chic?)

Image result for manif pour tous 2013Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et qui n’avait d’égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire: Fais-moi justice de ma partie adverse. Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même: Quoique je ne craigne point Dieu et que je n’aie d’égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice, afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête. Le Seigneur ajouta: Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 1-9)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Un peuple connait, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois. Montesquieu
Le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines. Christopher Lasch
Le mariage semblait voué à disparaître il y a trois décennies ; le voilà au centre de la politique française, avec le projet de légalisation du «mariage pour tous» par la France. (…) Les médias français dénoncent à l’envi une société archaïque et discriminatoire. La révolte gronde dans les cafés et les salons parisiens… Sommes-nous à la veille de Mai-68 ? Non, en 2012, mais ceux qui contestent l’ordre établi sont les mêmes, en un peu plus grisonnants. Dénoncent-ils la catastrophe climatique ? L’incurie des dirigeants européens face à l’explosion de la misère et des inégalités ?… Non, l’affaire est beaucoup plus grave. Elle concerne le droit des homosexuels à se marier devant le maire. Ceux qui ironisaient, il y a quarante ans, sur le mariage «petit-bourgeois» plaident aujourd’hui en faveur de son extension aux homosexuels. Il s’agit de remédier à la souffrance de quelques couples qui ne supportent pas de ne pas «graver leur nom au bas d’un parchemin» (Brassens). Regrettons qu’il n’y ait plus un Molière pour les traiter comme il convient. Hérodote
Dites à un écologiste que vous voulez manger des fraises en hiver, il vous objectera, avec raison, que votre demande n’est pas raisonnable, que vous devez respecter les lois de la nature et que l’homme se condamne en ne les respectant pas. Parlez-lui de semences transgéniques, il vous expliquera tous les dangers de ces manipulations génétiques des espèces végétales. Mais dites-lui que vous voulez avoir un enfant avec une personne du même sexe que vous, il ne trouvera rien à redire: c’est naturel! Gérard Horny
Le projet tel qu’il est conçu est profondément mal pensé et c’est en cela qu’il est dangereux. En effet, l’objectif n’est pas l’union de gens du même sexe, ni de la reconnaissance sociale de l’homosexualité, ni même de laïcité comme ce fut évoqué un temps mais plutôt de créer une nouvelle structure filiation entre un enfant et deux hommes ou deux femmes qui composent le foyer dans lequel il sera élevé. La question essentielle qui n’est jamais posé dans ce débat est de savoir si la société est prête à voir son système de filiation généalogique, pour l’instant complètement sexué et cela depuis toujours, être remplacé par un filiation totalement artificielle basée sur les volontés individuelles.Or le débat dans la manière dont il est abordé ne peut pas prendre en compte cette problématique puisque tous les arguments tournent autour de l’homosexualité et l’homophobie qui sont en fait des questions réglées puisque l’homosexualité est légale et l’homophobie condamnée. Ce que l’on ne sait pas c’est si le fait d’élever des enfants au sein d’une filiation absolument pas crédible pour l’enfant, qui sera tout à fait conscient qu’il n’est pas issu biologiquement de deux femmes ou de deux hommes, posera des problèmes identitaires ou pas. Il faudrait peut-être se poser cette question avant de légiférer. Pour faire un parallèle, il suffit de se rappeler de l’insémination artificielle à propos de laquelle on a allègrement cru que l’on pouvait priver un enfant de ses origines. Conclusion, la situation actuelle nous montre bien qu’il existe de nombreux contentieux d’enfants qui réclament de savoir qui sont les êtres dont ils sont les descendants et je ne vois pas au nom de quoi nous leur refusons ce droit. Le sens que doivent prendre les lois est celui du bien-être des enfants et de la simplification de leur rapport à leurs parents, non pas de tout compliquer et de créer des silences. Il suffit de se pencher sur la structure du projet pour comprendre qu’il n’aborde pas les bonnes questions. Sur les vingt pages qui constituent le projet de loi, une seule est consacrée au mariage, les trois suivantes sont consacrées à l’adoption et tout le reste à la neutralisation des termes sexués. Est-il vraiment cohérent de faire disparaitre les termes de « père » et de « mère » pour ne laisser la place qu’aux « parents », de supprimer le « mari » et la « femme » pour n’avoir plus que des époux. Nous sommes là au cœur d’une question complexe qui mérite une réflexion juridique, sociale et idéologique profonde et non pas simplement de d’agir vite sans réfléchir pour satisfaire à des questions politiciennes. Apporter une réponse simpliste à une question complexe n’est jamais une bonne solution. Il ne s’agit pas simplement de savoir si un couple homosexuel peut convoler ou pas. Jean-René Binet
La société ne se construit pas sur l’accord précaire d’individus libres et éclairés : sans être économiste ni juriste, on peut prévoir que la dérégulation du mariage et de l’adoption fragilisera l’une des dernières institutions qui résistent un tant soit peu à l’individualisme triomphant. Sur ce point comme sur bien d’autres, la gauche française fait la part belle à l’idéologie libérale, beaucoup plus présentable médiatiquement lorsqu’elle se drape dans le langage des droits de l’homme et du progressisme sociétal. J’ajouterai que la mutation du mariage en « mariage pour tous » ainsi que la transformation du père et de la mère en « parent 1 » et « parent 2 » sur les livrets de famille écrivent un chapitre supplémentaire de la guerre contre le sens. Pour les sociaux-libéraux qui nous gouvernent – mais on pourrait en dire autant de leurs devanciers libéraux-conservateurs, adeptes de la dérégulation à la carte – il n’y a plus ni homme, ni femme, ni citoyens. À l’ère de la politique managériale et de la théorie des genres, nous ne sommes plus que des administrés et des machines désirantes avides de reconnaissance légale : mes ancêtres ont souffert, je dois donc disposer du statut légal de victime, ma sexualité ne me permet pas d’attendre un enfant par les voies naturelles, la loi et la science doivent donc pallier à cette insuffisance ! Cette inflation des désirs, qui doivent urgemment être traduits en loi, dissout le bien commun, donc la démocratie, dans la concurrence des volontés individuelles. Je serai curieux de savoir ce qu’un Rousseau, théoricien de la volonté générale et du contrat social, dont on connaît le peu d’appétence pour ses propres enfants, penserait de la dérive actuelle. Quant à la stratégie du gouvernement qui consiste à masquer son impuissance économique et sociale derrière le paravent sociétal, celle-ci est si manifeste qu’il n’est pas nécessaire de s’y attarder. Je remarquerai simplement que les principaux hiérarques du PS ne se donnent même plus la peine de croire à la lutte des classes ou à la possibilité de « changer la vie » hors des mairies et des registres d’état civil. De ce point de vue, l’imposture sémantique du « mariage pour tous » est paradoxalement salutaire ! Daoud Boughezala
Vous, président de la République, qui n’êtes même pas marié à votre âge, ayez le courage de vos opinions ! Ces chaînes conjugales que vous avez toujours refusées pour vous-même – malgré de belles occasions ! -, ne les étendez pas arbitrairement aux catégories de la population jusqu’alors préservées par la loi. En tant qu’homme de progrès, allez jusqu’au bout de votre logique émancipatrice en abolissant pour tous cette institution contraignante et hors d’âge ! Basile de Koch
Cependant, du strict point de vue d’Hermogène, on peut se demander pourquoi s’arrêter subitement au « tous » ? Loin de nous l’idée de vociférer avec les intégristes de tout poil et d’assimiler ce « mariage pour tous » à d’éventuelles perversions criminelles, comme l’inceste et la pédophilie. D’abord parce qu’à vicieux, vicieux et demi et qu’il nous semble apercevoir autant de vices chez les Femen que de vertus absentes chez les séides de Civitas qui les coursent, trouvant peut-être quelque plaisir infâme à poursuivre des femmes nues… Mais le « mariage pour tous » est encore par trop réactionnaire ! Marier un père et sa fille, ou un père et son fils, c’est encore unir deux êtres humains, c’est toujours limiter, donc exclure. Or, à l’orée des progrès de la cybernétique et du clonage, quand des poupées gonflables remplacent esthétiquement la femme de base, le « mariage pour tous » apparaît déjà comme un concept daté. Ne réservons pas le monopole des droits à l’humain, sous prétexte de ce vieux préjugé chrétien qui nous intime que lui seul aurait une âme, et étendons donc la justice aux inanimés. Aussi nous espérons que lors de la prochaine campagne présidentielle, François Hollande trouvera l’audace nécessaire pour inscrire à son programme un mariage plus égalitaire et plus révolutionnaire que le mariage pour tous : le « mariage pour tout ». J’aurai ainsi le loisir d’épouser mon ordinateur avec lequel je passe beaucoup de temps sans oser m’avouer ce que je ressens pour lui pendant que le joyeux président de Civitas pourra s’unir à une tente… Rémi Lélian
Hollande peut choisir de passer en force, ce qu’il fera certainement si le nombre estimé des manifestants est inférieur à 500 000. Mais l’image de la présence massive dans la rue de cette France modérée, des villes moyennes et petites faisant entendre sa voix dans une capitale dominée par les élites et les bobos devrait le faire réfléchir. Mieux vaut une promesse électorale mise au placard qu’un divorce avec cette petite France des familles qui n’aime pas être bousculée dans le peu de certitudes qui lui reste. Luc Rosenzweig (ancien journaliste du Monde)
Des centaines de milliers de personnes ont donc marché pour rien, sinon le plaisir de constater qu’on est loin d’être le seul de son avis. L’analyse socio-politique de ce mouvement incite en effet les responsables socialistes à ne pas s’affoler : l’immense majorité de ceux qui étaient au Champ de mars n’ont pas voté et ne voteront pas à gauche dans un avenir prévisible. Une manif de 200 000 personnes composée, mettons de 2/3 de gens de droite et d’un 1/3 de gens de gauche affichés comme tels dans un défilé aurait été beaucoup plus préoccupante pour le pouvoir. De plus, la majorité des gens, selon les sondages, estiment qu’on parle trop de ce sujet au regard des autres problèmes auxquels notre pays doit faire face. Il sera donc difficile aux anti-mariage gay de maintenir la pression en dépit de l’incontestable réussite, en termes quantitatifs et qualitatifs, de la manifestation. Alors que les journalistes de la presse favorable au projet de loi (c’est-à-dire la quasi-totalité des grands médias) étaient à l’affût du moindre dérapage homophobe, il n’ont eu à se mettre sous la dent qu’un misérable point Godwin lâché par l’un des porte-parole, homosexuel, du mouvement. La loi sera donc adoptée, et vraisemblablement maintenue en cas d’alternance, comme cela a été le cas en Espagne. Dans quelques mois ou dans quelques années, on se sera aperçu que cette loi n’aura pas ébranlé les fondements anthropologiques de notre société, et que la seule modification notable sera celle de la couverture, par les magazines people, des aventures sexuelles et conjugales des stars du show bizz et du sport ayant fait usage de cette nouvelle loi. Un exemple est là pour démontrer cette capacité de résistance des sociétés aux lubies législatives des « progressistes » autoproclamés : celle de la loi sur les noms de famille du 18 juin 2003, permettant de choisir, pour la famille et les enfants d’un couple le nom du père ou de la mère ou encore les deux noms accolés des géniteurs. L’usage a montré que dans 99% des cas le nom du père restait celui de l’unité familiale, et que cela n’est pas près de changer. Et demain, même la mairie du IVème arrondissement de la capitale continuera à unir presqu’exclusivement des hommes et des femmes, pendant que les gays alentours feront bien autre chose que de penser popote et layettes. Luc Rosenzweig
La France catholico-conservatrice avait pris possession de la rue. Elle existe cette part de France, elle est capable de se mobiliser — la preuve est fournie — dès lors qu’elle considère l’une de ses valeurs essentielles — la famille traditionnelle en l’occasion — remise en cause par le Président de la République, son gouvernement et la gauche. Le plus marquant ? Elle n’éprouve pas le moindre doute, cette part de France ; aucun argument d’aucune sorte, aucune réflexion, aucune analyse divergente ou dissidente n’entame sa conviction sur l’organisation de la famille et du mariage ou sa perception, trop souvent diabolisée, de l’homosexualité. Bien sûr elle dérange, cette France-là ! Elle dérange d’ailleurs jusqu’aux responsables politiques de droite qui, pour la plupart d’entre eux, ont choisi depuis bien longtemps de parier sur la « modernité ». Elle dérange, répétons-le, mais il n’y a pas d’autre choix que d’en tenir compte ; non pas de lui céder, mais d’être capable de l’écouter, de s’évertuer à un travail pédagogique envers cette France-là, même si elle est refermée sur elle même. Ce travail pédagogique, même Francois Hollande et les siens y sont contraints.(…) Évoquons enfin l’homophobie. Il n’y eut apparemment pas de dérapage homophobe tout au long de cet immense cortège. Tant mieux, c’était une exigence et une marque de respect minimum. Et pourtant… C’est bien la question de l’homosexualité, plus précisément encore le malaise envers l’homosexualité, qui viennent de ressurgir plein pot. Convenons-en : c’est navrant. Marianne

Quelle condescendance de nos élites et bobos parisiens …

Les mêmes qui « ironisaient, il y a quarante ans, sur le mariage «petit-bourgeois» et plaident aujourd’hui en faveur de son extension aux homosexuels » …

Les rigolos comme hélas les plus lucides, faisant mine d’ignorer les millions qui, de nombre de psys à ceux qui n’ont pu trouver le temps ou le courage de joindre l’acte à la parole, n’en pensent pas moins …

Pour cette France des villes moyennes et petites qui a réussi,  on ne sait trop comment, à conserver le peu de modération qui nous reste …

Et qui contrainte de monter à Paris et descendre dans la rue sans, en ces temps où l’homophobie n’a jamais été autant condamnée et au grand regret apparemment de  nos journaleux avides de croustillant et de sensations fortes, dérapages homophobes …

Se verra, selon toute probabilité et après les dernières autorités morales (les églises et les psys), balayée elle aussi dans quelques semaines par la démagogie ambiante des apprentis-sorciers et maitres de la navigation à vue et du doigt mouillé qui, des deux côtés de l’Atlantique, nous servent actuellement de dirigeants …

Quelle rue ? Quelle France ?

Marianne

14 Janvier 201

Le chiffre exact n’a aucune importance. Qu’il y ait eu hier dans les rues de Paris, 400 000 manifestants contre le mariage gay (chiffre de la police) ou 800 000 marcheurs (estimation des organisateurs), cela ne change rien à l’affaire. La manifestation fut incontestablement impressionnante. À ce titre, trois réflexions ou remarques.

1. Il suffisait d’observer les manifestants, de les écouter, de les interroger — ce à quoi je me suis astreint — pour se convaincre que la France catholico-conservatrice avait pris possession de la rue. Elle existe cette part de France, elle est capable de se mobiliser — la preuve est fournie — dès lors qu’elle considère l’une de ses valeurs essentielles — la famille traditionnelle en l’occasion — remise en cause par le Président de la République, son gouvernement et la gauche.

Le plus marquant ? Elle n’éprouve pas le moindre doute, cette part de France ; aucun argument d’aucune sorte, aucune réflexion, aucune analyse divergente ou dissidente n’entame sa conviction sur l’organisation de la famille et du mariage ou sa perception, trop souvent diabolisée, de l’homosexualité.

Bien sûr elle dérange, cette France-là ! Elle dérange d’ailleurs jusqu’aux responsables politiques de droite qui, pour la plupart d’entre eux, ont choisi depuis bien longtemps de parier sur la « modernité ».

Elle dérange, répétons-le, mais il n’y a pas d’autre choix que d’en tenir compte ; non pas de lui céder, mais d’être capable de l’écouter, de s’évertuer à un travail pédagogique envers cette France-là, même si elle est refermée sur elle même. Ce travail pédagogique, même Francois Hollande et les siens y sont contraints.

2. L’exigence d’un referendum portée par quelques responsables politiques UMP, notamment Nathalie Kocziusko-Morizet et Laurent Wauquiez, n’est évidemment qu’un piège grossier. Il est parfois utile, même à droite, d’avoir (un peu) de mémoire. Imaginons qu’en 1974, le président Valery Giscard d’Estaing, le premier ministre Jacques Chirac et le ministre de la Santé Simone Veil aient décidé de soumettre à referendum la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. C’eut été une folie, la certitude d’une longue bataille culturelle, philosophique, historique d’une violence inouïe. Prés de quatre décennies plus tard, même cause, même effet. Il va de soi que le pouvoir politique, quel qu’il soit, doit avoir le courage de proposer, de défendre et surtout de faire passer un texte de loi, celui-là en l’occurrence.

3. Évoquons enfin l’homophobie. Il n’y eut apparemment pas de dérapage homophobe tout au long de cet immense cortège. Tant mieux, c’était une exigence et une marque de respect minimum. Et pourtant…

C’est bien la question de l’homosexualité, plus précisément encore le malaise envers l’homosexualité, qui viennent de ressurgir plein pot. Convenons-en : c’est navrant.

Voir aussi:

Mariage homosexuel : simple évolution des moeurs ou changement civilisationnel profond ?

Ce dimanche à partir de 13 heures a lieu la « Manifestation pour tous », qui rassemble dans les rues de Paris les opposants au mariage homosexuel, qui divise la société française. Le débat parlementaire qui débutera le 29 janvier marquera-t-il le début d’une nouvelle ère sociétale ?

Les temps changent

13 janvier 2013

Atlantico : Malgré une désaffection des Français pour le mariage, le débat sur le mariage gay a mis en évidence l’importance qu’ils attachent à cette institution. Que représente-il sur le plan social et juridique ?

Eric Fassin : Certes, le mariage n’est plus ce qu’il a été, du fait de la banalisation de la sexualité préconjugale mais aussi des naissances hors-mariage (plus d’un enfant sur deux). Il n’empêche : le mariage entraîne des droits et des devoirs ; et il continue de fonctionner comme une norme, dans la mesure où il engage l’État.

Or, que signifie la fermeture du mariage aux couples de même sexe ? C’est le principe symbolique qui institue la hiérarchie des sexualités, soit l’idée que l’hétérosexualité, c’est mieux, et l’homosexualité, c’est moins bien. Autrement dit, l’hétérosexisme d’État légitime l’homophobie ordinaire. Reste qu’en France, les résistances à l’égalité des droits portent moins sur la conjugalité que sur les enfants – adoption et PMA: aux Etats-Unis, la sacralisation porte sur le mariage ; en France, sur la filiation. Tout se passe comme si on voulait la soustraire aux logiques démocratiques.

Jean-René Binet : Le mariage est aujourd’hui, et l’a toujours été, un acte fondateur d’une famille, d’une filiation et d’obligations réciproques entre les époux. Il met en place les conditions essentielles visant à assurer la possibilité d’un accueil favorable pour les enfants : fidélité respective, cohabitation, entraide, assistance mais aussi une certaine cohésion du patrimoine. Tout est articulé autour de la meilleure manière d’élever les enfants car c’est bien cela la véritable fonction du mariage depuis sa création. La plus vieille institution humaine du monde n’a pas pour but de donner le droit d’avoir des enfants comme on a souvent tendance à le penser mais sert à les éduquer sur la durée et dans la stabilité. Les enfants humains ont besoin de cette logique à la différence du monde animal dans lequel l’apprentissage est court et peut être assuré par le groupe ou la tribu. S’il y a un tel engouement de la part des français dans le débat sur le mariage pour tous, c’est justement parce qu’ils sentent bien que ce qui se cache derrière ce problème va bien plus loin que ce simple questions de mariage, d’amour et de sexualité. La véritable problématique est la structure de la filiation et de la transmission au sein de notre société.

Daoud Boughezala : Il est légitime de se poser cette question à l’heure où un mariage sur trois se conclut par un divorce – voire un sur deux dans l’agglomération parisienne – et que les « unions libres » et les familles monoparentales fleurissent. Je pense que les débats sur le « mariage pour tous » ont révélé la puissance symbolique d’une institution que l’on jugeait désuète. En fait, la force du mariage réside moins dans sa pérennité – qui peut aujourd’hui être certain de se marier pour la vie ?- que dans ses bases anthropologiques.

Rappelons que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, indépendamment de leurs pratiques sexuelles (depuis l’Antiquité, des homosexuels se marient) dans le but de procréer. Si tous les mariages ne donnent pas naissance à des enfants, tant s’en faut, l’infécondité reste une cause de résiliation reconnue par le Code civil. C’est dire si le mariage est consubstantiellement lié à la parentalité : d’ailleurs, le projet de loi du gouvernement entend généraliser le mariage ET l’adoption. Tout en dénaturalisant ces deux notions : sous couvert d’égalité, on voudrait faire du mariage et de l’enfant des droits-créances, disponibles à tout un chacun.

Or, la société ne se construit pas sur l’accord précaire d’individus libres et éclairés : sans être économiste ni juriste, on peut prévoir que la dérégulation du mariage et de l’adoption fragilisera l’une des dernières institutions qui résistent un tant soit peu à l’individualisme triomphant. Sur ce point comme sur bien d’autres, la gauche française fait la part belle à l’idéologie libérale, beaucoup plus présentable médiatiquement lorsqu’elle se drape dans le langage des droits de l’homme et du progressisme sociétal.

J’ajouterai que la mutation du mariage en « mariage pour tous » ainsi que la transformation du père et de la mère en « parent 1 » et « parent 2 » sur les livrets de famille écrivent un chapitre supplémentaire de la guerre contre le sens. Pour les sociaux-libéraux qui nous gouvernent – mais on pourrait en dire autant de leurs devanciers libéraux-conservateurs, adeptes de la dérégulation à la carte – il n’y a plus ni homme, ni femme, ni citoyens. À l’ère de la politique managériale et de la théorie des genres, nous ne sommes plus que des administrés et des machines désirantes avides de reconnaissance légale : mes ancêtres ont souffert, je dois donc disposer du statut légal de victime, ma sexualité ne me permet pas d’attendre un enfant par les voies naturelles, la loi et la science doivent donc pallier à cette insuffisance ! Cette inflation des désirs, qui doivent urgemment être traduits en loi, dissout le bien commun, donc la démocratie, dans la concurrence des volontés individuelles. Je serai curieux de savoir ce qu’un Rousseau, théoricien de la volonté générale et du contrat social, dont on connaît le peu d’appétence pour ses propres enfants, penserait de la dérive actuelle.

Quant à la stratégie du gouvernement qui consiste à masquer son impuissance économique et sociale derrière le paravent sociétal, celle-ci est si manifeste qu’il n’est pas nécessaire de s’y attarder. Je remarquerai simplement que les principaux hiérarques du PS ne se donnent même plus la peine de croire à la lutte des classes ou à la possibilité de « changer la vie » hors des mairies et des registres d’état civil. De ce point de vue, l’imposture sémantique du « mariage pour tous » est paradoxalement salutaire !

La société française a-t-elle connu dans son histoire des changements d’une telle ampleur ou est-ce le premier (loi de 1905, instauration du code civil napoléonien ou autres )? Va-t-elle au contraire l’absorber sans difficulté ?

Daoud Boughezala : Avec un zeste de cynisme, je dirais que cette réforme ne fait qu’entériner des évolutions sociétales fort préoccupantes : l’éclatement de la famille, la dislocation des liens communautaires, la perte de la transmission du capital culturel au profit des seuls capitaux sociaux et économiques – le patrimoine et le réseau, aisément monnayables sur le marché de l’emploi-, l’abandon de l’éducation parentale au nom de l’enfant-roi et de la soi-disant expertise des thérapeutes spécialisés, etc. Comme ne le cessent de le répéter ses défenseurs, ce texte de loi accompagne le mouvement de la société, et c’est bien le problème ! Je ne suis pas Cassandre ou Jérémie pour savoir comment la société intégrera ces changements, dont on ne connaît d’ailleurs pas la limite : on nous promet d’élargir la Procréation Médicalement Assistée dans un second projet de loi, ce qui poserait de sérieuses questions bioéthiques sur lesquels nous reviendrons.

À quelques encablures de la France, un petit pays a généralisé le mariage, l’adoption et même la Gestation pour Autrui depuis de nombreuses années. La Belgique annonce peut-être le futur de la France, une société d’individus atomisés où tout est dérégulé, des flux migratoires à l’institution familiale. Malgré tous les outils légaux mis à leur disposition, les homosexuels belges ne sont pas plus heureux qu’ailleurs. Ils subissent le poids du chômage, de l’exclusion et de la pauvreté sans que les PMA, GPA et autres mariages universels – qu’ils boudent allègrement- ne les consolent.

À la différence du code napoléonien ou de la loi de 1905, je crois que le projet actuel, s’il est adopté, ne sera pas prescriptif. Le politique n’a plus cette capacité d’entraînement, il se contente d’enregistrer ou d’accélérer les mutations sociétales de ce qui était la nation France. Mais le pessimisme de la raison ne doit pas empêcher l’optimisme de la volonté ! Il est heureux qu’une grande partie des Français refuse la mise au pas du mariage et de la famille, au point de peut-être faire plier le gouvernement.

Eric Fassin : Les conservateurs sont un peu comme les millénaristes qui annoncent la fin du monde – sauf qu’ils l’annoncent à répétition, comme avant la loi Naquet de 1884 sur le divorce. Sans remonter si loin, rappelons-nous les batailles sur la contraception en 1967 ou l’avortement en 1975. En 1999, pour le Pacs, on nous annonçait la fin du monde. Or, c’était seulement la fin d’un monde.

Qui demande encore l’abolition du Pacs ? Aucun des onze États dans le monde qui ont ouvert le mariage n’a fait marche arrière. Parions que, quand la droite retrouvera le pouvoir, elle ne reviendra pas sur cette réforme. La société se polarise aujourd’hui dans le feu de la controverse politique : dans les sondages, l’écart est maximal entre électeurs de droite et de gauche. Mais une fois la loi adoptée, le clivage s’estompera.

Jean-René Binet : Pour être honnête, il est complexe de savoir si cette « révolution sociétale » comme l’a qualifiée la garde des sceaux, va pouvoir être absorbée ou pas. Le fait est que la société française a connu d’autres grands changements sur le plan juridique et idéologique et elle s’en est toujours relevée et nous en sommes la preuve. La question pourtant n’est pas de savoir si la France va pouvoir s’adapter ou pas, elle est de savoir si cette loi va améliorer la vie des Français ou la complexifier. Quand le législateur réfléchit à une réforme aussi profonde que celle du mariage pour tous, il doit le faire sur la base certaine d’une amélioration des conditions de vie, du progrès, or ce n’est pas le cas dans le cas dans le projet proposé par le gouvernement socialiste. Celui s’appuie en réalité sur des arguments indigents et peu étoffés et non pas sur la volonté d’un véritable progrès.

L’instauration du mariage pour tous tel qu’il est proposé par le gouvernement socialiste implique-t-il des risques pour la famille au sens juridique et social telle que nous la percevons ? Quelles sont les dérives possibles (Marchandisation des enfants, perte de la filiation et du suivi généalogique, déstructuration sociale) ?

Daoud Boughezala : Sans père ni mère ni repères, il est certain que la construction subjective de l’enfant ne part pas sur les meilleures bases. Le pédiatre Aldo Naouri évoque une « expérimentation sur le vivant », c’est ce que nous nous apprêtons à réaliser aux dépens de nos enfants. On me rétorquera à raison qu’il vaut mieux être élevé par un couple d’homosexuel(le)s aimants que par les époux Dutroux ou Fourniret. Je n’en doute pas ! Mais, comme le mariage, les notions de père et de mère structurent le futur adulte, y compris lorsque l’un des deux référents est absent. Bernard Poignant, le maire socialiste de Quimper, a courageusement décrit le désarroi qui était le sien lorsqu’il avait dû se construire en l’absence de son père disparu.

Au-delà du mariage et de l’adoption, si un second texte venait à élargir le recours à la Procréation Médicalement Assistée, nous entrerions dans un nouveau régime familial et bioéthique. Précisons que 50 000 enfants naissent chaque année en France grâce aux méthodes de la PMA, principalement par insémination artificielle et fécondation in vitro. Bruno Le Roux, chef du groupe PS à l’Assemblée, n’entend donc pas légaliser pas la PMA mais en déréguler l’accès afin de permettre à un nombre croissant d’individus de « générer » artificiellement des enfants.. Aujourd’hui, l’utilisation de la PMA est soumise à de strictes contraintes légales (constat médical d’une infertilité, que les demandeurs soient en âge de procréer, etc.). Encore une fois, l’enfant n’est ni un droit opposable, ni un bien échangeable ou monnayable !

C’est ce que stipulent les lois bioéthiques (1994, 2004, 2011) en s’appuyant sur les principes d’indisponibilité du corps et des personnes et de non-marchandisation. Ces principes ont connu des fortunes diverses à travers les jurisprudences successives mais n’en demeurent pas moins des bornes éthiques fondamentales. En jouant avec la PMA et a fortiori la Gestation Pour Autrui, que l’entrepreneur du luxe Pierre Bergé nous presse d’adopter, nous bousculerions les frontières de la bioéthique. La GPA constituerait le stade suprême de la désinstitutionalisation : la mère porteuse réduite à son ventre pouvant légitimement revendiquer la maternité de l’enfant, au même titre que la donneuse d’ovule… Je vous laisse imaginer les possibles conflits entre les différents « parents » d’un enfant tourneboulé par les conditions filandreuses de sa naissance.

Vous parliez de « marchandisation ». C’est un enjeu essentiel à l’heure où l’on voudrait faire naître les enfants dans des éprouvettes suivant des critères physiques choisis sur catalogue. Un marché mondial de l’enfant existe hélas déjà dans le domaine de l’adoption, il serait désastreux de l’élargir par les moyens de la médecine et de l’eugénique. A ceux qui en doutent encore, je recommande la lecture du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley. Est-ce vraiment l’avenir que nous aimerions léguer à nos enfants ?

Jean-René Binet : Le projet tel qu’il est conçu est profondément mal pensé et c’est en cela qu’il est dangereux. En effet, l’objectif n’est pas l’union de gens du même sexe, ni de la reconnaissance sociale de l’homosexualité, ni même de laïcité comme ce fut évoqué un temps mais plutôt de créer une nouvelle structure filiation entre un enfant et deux hommes ou deux femmes qui composent le foyer dans lequel il sera élevé. La question essentielle qui n’est jamais posé dans ce débat est de savoir si la société est prête à voir son système de filiation généalogique, pour l’instant complètement sexué et cela depuis toujours, être remplacé par un filiation totalement artificielle basée sur les volontés individuelles.

Or le débat dans la manière dont il est abordé ne peut pas prendre en compte cette problématique puisque tous les arguments tournent autour de l’homosexualité et l’homophobie qui sont en fait des questions réglées puisque l’homosexualité est légale et l’homophobie condamnée. Ce que l’on ne sait pas c’est si le fait d’élever des enfants au sein d’une filiation absolument pas crédible pour l’enfant, qui sera tout à fait conscient qu’il n’est pas issu biologiquement de deux femmes ou de deux hommes, posera des problèmes identitaires ou pas. Il faudrait peut-être se poser cette question avant de légiférer. Pour faire un parallèle, il suffit de se rappeler de l’insémination artificielle à propos de laquelle on a allègrement cru que l’on pouvait priver un enfant de ses origines. Conclusion, la situation actuelle nous montre bien qu’il existe de nombreux contentieux d’enfants qui réclament de savoir qui sont les êtres dont ils sont les descendants et je ne vois pas au nom de quoi nous leur refusons ce droit. Le sens que doivent prendre les lois est celui du bien-être des enfants et de la simplification de leur rapport à leurs parents, non pas de tout compliquer et de créer des silences. Il suffit de se pencher sur la structure du projet pour comprendre qu’il n’aborde pas les bonnes questions. Sur les vingt pages qui constituent le projet de loi, une seule est consacrée au mariage, les trois suivantes sont consacrées à l’adoption et tout le reste à la neutralisation des termes sexués. Est-il vraiment cohérent de faire disparaitre les termes de « père » et de « mère » pour ne laisser la place qu’aux « parents », de supprimer le « mari » et la « femme » pour n’avoir plus que des époux. Nous sommes là au cœur d’une question complexe qui mérite une réflexion juridique, sociale et idéologique profonde et non pas simplement de d’agir vite sans réfléchir pour satisfaire à des questions politiciennes. Apporter une réponse simpliste à une question complexe n’est jamais une bonne solution. Il ne s’agit pas simplement de savoir si un couple homosexuel peut convoler ou pas.

Eric Fassin : Pourquoi les risques de marchandisation seraient-ils plus grands, en matière d’adoption ou de PMA, si les parents sont de même sexe ? Ce qui est frappant, dans le débat actuel, c’est que les inquiétudes prétendument anthropologiques s’accompagnent d’un grand ethnocentrisme : il suffit d’aller chez nos voisins belges ou espagnols pour voir qu’il ne se passe rien de tel. Le monde sera structuré autrement, et non déstructuré… Les normes changent, elles ne disparaissent pas pour autant !

Voir également:

À quoi sert le mariage ?

Hérodote

Novembre 2012

Le mariage semblait voué à disparaître il y a trois décennies ; le voilà au centre de la politique française, avec le projet de légalisation du «mariage pour tous» par la France

Pour en finir avec un enjeu symbolique quelque peu ridicule, Joseph Savès émet le souhait que la loi laïque ne reconnaisse plus que des «unions civiles» et abandonne le mot même de «mariage». Celui-ci ne devrait plus désigner qu’un rituel religieux et sans contenu juridique…

Les médias français dénoncent à l’envi une société archaïque et discriminatoire. La révolte gronde dans les cafés et les salons parisiens… Sommes-nous à la veille de Mai-68 ? Non, en 2012, mais ceux qui contestent l’ordre établi sont les mêmes, en un peu plus grisonnants.

Dénoncent-ils la catastrophe climatique ? L’incurie des dirigeants européens face à l’explosion de la misère et des inégalités ?… Non, l’affaire est beaucoup plus grave. Elle concerne le droit des homosexuels à se marier devant le maire.

Ceux qui ironisaient, il y a quarante ans, sur le mariage «petit-bourgeois» plaident aujourd’hui en faveur de son extension aux homosexuels. Il s’agit de remédier à la souffrance de quelques couples qui ne supportent pas de ne pas «graver leur nom au bas d’un parchemin» (Brassens). Regrettons qu’il n’y ait plus un Molière pour les traiter comme il convient.

Mais l’affaire n’est pas seulement risible. Ainsi qu’en conviennent historiens et anthropologues de tous bords, «on ne trouve pas, dans l’histoire, d’union homosexuelle et homoparentale institutionnalisée» (*).

N’est-il pas dangereux, dans ces conditions, de jouer les apprentis-sorciers avec une institution, la famille, qui a traversé les millénaires et les civilisations? Rappelons simplement que le mariage n’a pas été établi pour consacrer l’amour de deux êtres (on n’a pas besoin d’une reconnaissance sociale pour s’aimer et vivre ensemble) mais pour assurer une protection juridique aux enfants appelés à naître de cette union et garantir leur droit à hériter.

D’autres l’ont fait, pourquoi pas nous ?

On se rassure en se disant que d’autres pays, et non des moindres, ont franchi le pas et officialisé le mariage entre personnes du même sexe : le Canada, la Norvège, la Suède, plusieurs États des États-Unis et même la ville de Mexico, l’Argentine et l’Espagne catholiques.

De fait, les États à l’écoute des homosexuels («gay-friendly») sont circonscrits aux populations européennes : l’Europe occidentale elle-même, l’Amérique du Nord, l’Autralie et la Nouvelle-Zélande ainsi que les pays du cône sud-américain (Argentine, Uruguay, Brésil). Seule exception : l’Afrique du Sud, encore fortement influencée par le droit anglo-saxon. Au total, moins d’un milliard de personnes soit 15% de la population mondiale.

Face à ce bloc «progressiste» (mais en décroissance démographique), on trouve la quasi-totalité des pays d’Afrique noire et des pays majoritairement musulmans, plus ou moins hostiles à l’homosexualité. Huit d’entre eux punissent de mort l’homosexualité : l’Arabie séoudite, l’Afghanistan, l’Iran, la Mauritanie, le Nigeria, la Somalie, le Soudan et le Quatar, «ami» de la France. Les autres pays, comme la Turquie, l’Inde, la Russie ou le Japon, évitent généralement d’aborder le sujet de l’homosexualité sur la place publique.

Ganymède et l’Aigle (Chastworth House, Londres)

Homo philie, homo phobie

L’homosexualité est aussi vieille que l’humanité et ses pratiquants, quoique minoritaires et souvent victimes de violences et d’exclusion, ont toujours participé à la vie sociale. L’anthropologue Maurice Godelier évoque des sociétés primitives qui inscrivent la cohabitation homosexuelle parmi les rites de passage de l’enfance à l’âge adulte…

Autres temps, autres moeurs : à l’image de Zeus, qui s’était transformé en aigle pour séduire le jeune Ganymède, les notables grecs et romains n’avaient pas de honte à partager la couche d’un garçon pourvu qu’il fut impubère. Mais cette forme de pédophilie a été plus tard condamnée, de même que les relations entre adultes du même sexe, sous l’effet du puritanisme stoïcien (et païen).

Au Moyen Âge, la «sodomie» (ainsi qualifiait-on l’homosexualité avant que le mot ne soit inventé en 1869) est inscrite parmi les péchés graves. Elle est parfois sanctionnée, le plus souvent tolérée, selon que domine dans l’Église le courant rigoriste ou le courant optimiste, ainsi que le rappelle l’historien Michel Rouche, dans un passionnant livre d’entretiens avec le journaliste Benoît de Sagazan : Petite histoire du couple et de la sexualité (CLD, 2008).

Il Doppio ritratto, par Giorgione (vers 1502), VeniseAu XVIIe siècle, les «libertins» de la cour de Louis XIV attestent de l’influence que pouvaient avoir les homosexuels au pied du trône. Plus près de nous, le juriste Cambacérès, l’académicien Julien Green, les philosophes Roland Barthes et Michel Foucault et le Prix Nobel André Gide… montrent qu’elle n’était pas un obstacle à l’ascension sociale et aux honneurs publics.

Si l’Église officielle qualifie encore de péché l’onanisme et la sodomie, on ne saurait comparer cette condamnation morale aux sanctions pénales qui frappent les homosexuels dans tous les pays musulmans comme dans la plupart des pays d’Afrique noire et d’Asie.

On a fait beaucoup de cas de la loi française de 1942, abrogée en 1982, établissant à 21 ans au lieu de 15 la majorité en matière de relations homosexuelles. Avouons qu’on a connu pire en matière de persécution.

Une régression intellectuelle

Le romancier Benoît Duteurtre écrit dans Le Nouvel Observateur (20 septembre 21012) : «L’aspiration des militants homosexuels à la famille et au mariage est une formidable régression intellectuelle par rapport aux enjeux de la libération sexuelle. Après avoir revendiqué la liberté absolue, on en est à vouloir parodier le mariage, ce vieux rituel d’inspiration religieuse auquel les hétérosexuels eux-mêmes ne croient plus guère, vu qu’ils s’empressent généralement de divorcer !»

Le romancier juge «amusant de voir certains militants s’exciter contre l’Église, qui devrait, à son tour, accepter le mariage gay – comme s’il fallait à tout prix obtenir la reconnaissance du clergé qui ne fait pourtant que jouer son rôle de force morale archaïque».

Pour lui, «la modernité, c’est évidemment le pacs, qui laisse de côté tout cet héritage et qu’on pourrait fort bien se contenter d’améliorer. Mais les groupes de pression, engagés dans la surenchère, semblent confondre l’égalité et le pastiche. Beaucoup d’homos se contrefichent du mariage comme de l’adoption, mais il est vrai que cette soif de normalité enchante certaines personnes qui ont l’impression de les voir rentrer dans le rang».

Communautarisme

Les organisations homosexuelles sont en flèche dans le développement du communautarisme en Occident et c’est là un phénomène nouveau. Le philosophe Roland Barthes l’avait entrevu dans les années 1970. Homosexuel épanoui et discret, il s’inquiétait déjà à cette époque d’un activisme qui pouvait porter atteinte à son intimité et à sa liberté.

Si l’on met à part une petite minorité d’individus exclusivement orientés vers les personnes de leur sexe, l’homosexualité était jusqu’à ces dernières décennies une pratique occasionnelle qui se conjuguait avec des relations hétérosexuelles plus conventionnelles. Elle est devenue aujourd’hui un critère d’appartenance et chacun est sommé de se définir comme homo ou hétéro.

En 1973, dans Les valseuses de Bertrand Blier, les héros pratiquaient sans complexe une sexualité débridée tant homo qu’hétérosexuelle. En 2000, dans la comédie de Francis Veber Le placard, le héros devait choisir son camp. Entre ces deux dates s’est imposé le principe d’enfermement communautaire. Aujourd’hui, signe des temps, Hollywood multiplie les comédies sur les jeunes gens qui seraient tentés de franchir la nouvelle barrière invisible (*).

L’«outing» par lequel les activistes homosexuels dénoncent quiconque voudrait protéger son jardin secret nous renvoie aux pratiques inquisitoriales ou, au mieux, à une forme inédite de «puritanisme inversé» qui impose à chacun d’afficher son statut. Militants homosexuels et vedettes du showbiz conjuguent leurs efforts pour abattre le mur opaque et bienfaisant qui séparait naguère sentiments privés et vie publique.

Ainsi s’avancent des lendemains radieux où chacun sera sommé de se justifier de ses penchants sexuels, de ses pensées et de ses sentiments ainsi que de choisir sa «communauté», face à un Big Brother omniprésent et omnipotent.

Libertarisme

Derrière le «mariage pour tous» et son corollaire, le droit d’avoir des enfants à tout prix (gestation par autrui ou adoption sur le marché international), l’idée se profile que la Loi n’aurait plus pour objet de protéger les faibles (enfants, pauvres…) contre les abus des puissants mais devrait se mettre au service de ces derniers pour lever les ultimes obstacles à leurs désirs.

Pourquoi pas ? dès lors que l’accomplissement de ces désirs ne lèse personne, argumente tel philosophe.

Plus réservé, le psycho-sociologue Jean-Claude Liaudet voit dans ce chamboulement une ruse du néolibéralisme pour intégrer à la société marchande des domaines qui lui échappent encore (*). Il annonce des lendemains radieux où les pauvres du tiers monde et du quart monde seront invités, au nom de la Liberté, à faire commerce de leurs organes, de leur sperme, de leurs ovules et de leurs bébés pour la plus grande satisfaction des bourgeois occidentaux.

Joseph Savès

Le mariage pour quoi faire?

Le terme «mariage» recouvre trois significations très différentes. C’est d’abord un contrat civil entre un homme et une femme, qui assure à l’épouse et aux enfants à naître une protection juridique et des garanties en matière de succession. C’est aussi un engagement religieux, sans effet juridique ou civil, qui tient aux convictions de chacun. C’est enfin un moment festif qui permet à un couple d’exprimer leur amour devant leurs parents et leurs amis.

Les deux dernières significations ne concernent en rien le législateur et, au moment où les organisations homosexuelles réclament le droit au mariage civil, on peut se demander à quoi sert encore celui-ci. Au terme d’un processus législatif qui a aligné les droits des enfants «naturels» sur ceux des enfants légitimes, le mariage civil n’apporte plus guère de droits particuliers. C’est si vrai que de plus en plus de couples élèvent leurs enfants sans se soucier de passer devant le maire.

À défaut d’abolir le mariage civil, le législateur pourrait changer son nom pour celui d’«union civile» et laisser le mot mariage au vocabulaire religieux. L’«union civile» se présenterait dès lors comme un pacte civil de solidarité – pacs – amélioré, ouvert à tous les couples, avec quelques aménagements fiscaux concernant la pension de réversion et l’héritage ainsi que l’adoption.

Mais avant toute chose, il importerait d’abroger l’article 433-21 du code pénal par lequel l’État français interdit aux prêtres, pasteurs et rabbins de marier un couple qui n’est pas au préalable passé devant le maire. Ainsi continueront de s’unir civilement ceux qui le veulent, les autres faisant de leur union une affaire purement privée.

Archaïque, l’article 433-21 remonte à la volonté du Premier Consul Napoléon Bonaparte d’enlever l’état civil au clergé. Son abrogation serait conforme au principe de laïcité et à la loi de séparation des Églises et de l’État. On ne voit pas bien en effet pourquoi l’État laïc se préoccupe de conventions d’ordre privé comme le mariage religieux dès lors qu’elles n’ont aucune implication civile ou juridique.

Voir enfin:

French families march against gay marriage

Adam Sage, Paris

The Australian

January 15, 2013

PARIS was submerged by demonstrators of an unusual kind yesterday as hundreds of thousands of conservative, middle-class people protested against President Francois Hollande’s plan to authorise gay marriage.

In place of the trade unionists who regularly march through the capital were ordinary families, often from the Roman Catholic provinces, proclaiming their opposition to what they describe as an attack on family values.

Organisers said there were 800,000 protesters but police put the figure at 340,000. The truth was somewhere in between, according to seasoned observers, but there was no disputing that this was one of the biggest demonstrations in Paris in recent years and the most significant challenge to Mr Hollande since his arrival in power in May.

The Socialist leader who had promised to unite the French is being accused of driving a wedge between modern urban communities at ease with homosexuality and traditionalists bewildered at the pace of social change.

Opinion polls show that 52 per cent of voters approve the proposal to legalise same-sex marriages but a similar proportion oppose a plan to allow gay couples to adopt children, included in the bill that is due to go before parliament on January 29.

Demonstrators arrived in 900 coaches and seven trains from across France, many prodded into action by their priests. They converged on the Champs de Mars, by the Eiffel Tower, which was a sea of pink and blue flags, the colours of the anti-gay marriage movement.

Their figurehead was Virginie Merle, 50, a Catholic comic who uses the stage name Frigide Barjot (which translates roughly as Frigid Nutter).

She said that the plan would signal an end to traditional French life with the words « father » and « mother » replaced by « parent A » and « parent B » in the family law code. « If fathers and mothers disappear from our law books, what is going to be the effect on our psychology? » she said. « Francois Hollande must listen to us and suspend this bill. »

Many protesters said their main argument was not so much with the legalisation of gay marriage as with the authorisation for homosexuals to adopt.

Vincent Marci, 28, from Bordeaux, said: « Children need a father and a mother to be properly brought up. That is what nature wanted. Why change it? » The government said there would be no U-turns despite the protest. Mr Hollande appears to be ready to back down over a proposal to make infertility treatment available to lesbian couples but Marisol Touraine, the Social Affairs Minister, said that he would press on with gay marriage.

The role of the Catholic Church was the focus of controversy. Bishops did not organise the protest but it was clear that they had been pulling the strings behind the scenes. Cardinal Philippe Barbarin, the Archbishop of Lyon, said: « Parliament has decided to change the meaning of the word ‘marriage’. For the people, it is a very violent thing to do. »

4 Responses to Manif pour tous: Quelle condescendance de nos élites et bobos parisiens? (Ordinary France’s last desperate stand against Parisian bobo decadent chic?)

  1. […] balayée elle aussi dans quelques semaines par la démagogie ambiante des apprentis-sorciers et maitres de la navigation à vue et du doigt mouillé qui, des deux côtés de l’Atlantique, nous servent actuellement de dirigeants […]

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  2. […] où, reprenant à son compte l’idée d’une manif pour tous contre laquelle il avait tant bataillé, un gouvernement complètement discrédité tentait […]

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  3. […] où, reprenant à son compte l’idée d’une manif pour tous contre laquelle il avait tant bataillé, un gouvernement complètement discrédité tentait […]

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  4. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    Manif pour tous : les drôles de chiffres de la police
    Delphine de Mallevoüe
    Le Figaro
    27/05/2013

    Selon la Préfecture de police, 280.000 fidèles s’étaient réunis sur l’esplanade des Invalides, le 13 septembre 2008, lors de la visite du pape Benoît XVI en France

    Les services de la Préfecture ont visiblement une nouvelle fois minoré le rassemblement des anti-mariage gay.

    Ritournelle du comptage des foules, la guerre des chiffres, avec sa célèbre formule «selon les organisateurs et selon la police», aura à nouveau fait rage d imanche avec le rassemblement de la Manif pour tous aux Invalides. Alors que le collectif opposé au mariage homosexuel avance le million de participants, la Préfecture de police de Paris n’en a annoncé que 150.000. Un rapport de un à sept. Surévalués ou sous-évalués, les chiffres marquent un tel différentiel que la seule certitude, ironise Philippe, un policier retraité, est que «ni police ni organisateurs n’ont le compas dans l’œil». Pour lui, ces chicaneries traditionnelles sont des «excès qui ne trompent plus personne».

    La méthode de comptage des policiers est simple. Armés de compteurs manuels, positionnés sur des points d’observation en hauteur sur les trois trajets du cortège, ils ont compté les manifestants par groupe de dix. Et recompté quelques heures plus tard d’après les vidéos prises et les photos. Des méthodes de comptage, «tout à fait artisanales» et qui ne sont «certainement pas la solution idéale», selon les propres aveux de René Bailly, directeur du renseignement de la Préfecture de police de Paris à Libération. Au collectif de la Manif pour tous, on défend le comptage maison. «Nous avons fait un comptage sur la densité, d’après les images, explique une organisatrice de la Manif pour tous. Nous avions des caméramans et des photographes sur tous les points des trajets, notre calcul est réaliste».

    «La capacité de l’esplanade est de 300.000 personnes»
    Bruno Dary, ancien gouverneur des Invalides

    Seul point de comparaison objectif, le précédent constitué par la foule qui, de manière identique, avait rempli l’esplanade des Invalides lors de la messe de Benoît XVI le 13 septembre 2008. La Préfecture de police avait alors indiqué que 280.000 personnes étaient rassemblées. «Comment explique-t-on que la même place, remplie de la même façon sur la même surface ne donne pas au minimum les mêmes chiffres?», interroge Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous. Selon le général Bruno Dary, ancien gouverneur des Invalides, «la capacité de l’esplanade est de 300.000 personnes». Ce que confirmait lundi la Préfecture de police. Pour cet habitué des lieux et de la gestion des foules – il a organisé les défilés du 14 Juillet sur les Champs-Élysées de 2008 à 2012 – les manifestants de dimanche étaient «bien plus nombreux, car ils n’étaient pas seulement concentrés sur l’esplanade». Alors que celle-ci «était pleine», témoigne-t-il en indiquant les caméras situées à l’entrée des Invalides, «des milliers de manifestants étaient encore au Trocadéro à 18 heures et les avenues adjacentes étaient bondées. Ce qui me fait estimer la foule à 500.000 venant du nord et autant du sud». Conseiller de l’organisation et de la sécurité pour la Manif pour tous, le général fustige la méthode de calcul de la Préfecture. «Le comptage sur des points fixes n’a pas de sens, il faut tenir compte des flux!, dit-il. Chacun sait qu’une foule est mouvante et aléatoire. Les gens ne défilent pas deux par deux en rang et ils prennent souvent le cortège, ou en sortent, en cours de route».

    Pour obtenir des chiffres moins «passionnels», reste un calcul à faire entre la surface occupée et la densité supposée au mètre carré, dont il est raisonnable de penser, selon les spécialistes, qu’elle s’établit en moyenne entre 2 et 3 manifestants par mètre carré. Il peut bien sûr y avoir le double de personnes sur un mètre carré mais aussi beaucoup moins par endroits en raison des espaces pris par les arbres, bancs publics et autres infrastructures. Selon les services de la voirie de la mairie de Paris, la surface de l’esplanade, qui s’étend sur 487 mètres de longueur par 275 mètres de largeur, fait 133.925 m2. Ce qui amènerait à un chiffrage de 267.850 manifestants dans la fourchette basse et 401.775 dans la fourchette haute. Un calcul qui ne vaut que pour la seule esplanade des Invalides.

    Le collectif de la Manif pour tous devait se réunir lundi soir pour réfléchir aux suites de ces nouvelles contradictions entre les chiffres. Il a déjà «engagé une action juridique», dit une porte-parole, pour le «comptage faussé» de la manifestation du 24 mars où la police avait estimé à 300.000 le nombre de manifestants quand le collectif en avait compté 1,4 million. Bis repetita.

    Voir aussi:

    Au niveau du renseignement, les RG faisaient de la politique jusque dans les années 1995. A partir de là, on les a dessaisi du domaine politique, ce qui était un petit peu normal, ça avantageait les gens en place au détriment de l’opposition à chaque fois. Donc ça a été terminé. Après, là où les dossiers peuvent être court-circuités, c’est toujours à propos des chiffres qu’on veut entendre. Je vais prendre un exemple : pour la Manif pour Tous, les services de renseignement, en tout les cas sur le 78, avaient annoncé un chiffre de manifestants qui allaient se déplacer sur Paris, ça a été corrigé par la hiérarchie qui estimait que ça faisait trop de monde à envoyer sur Paris pour le 78, qui est pourtant un département favorable à la Manif pour Tous en général, et du coup ils ont baissé les chiffres. Le lendemain, Le Figaro titrait en gros ‘Erreur, le renseignement territorial s’est trompé sur les chiffres des manifs. (…) Le gouvernement minimise les chiffres’. (…) Je ne pourrais pas parler à la place des politiques. Dans l’idée qu’on a, nous, en tant que collègues sur le terrain, c’est plus pour faire de l’accompagnement de la politique du gouvernement (sic), pour transformer les chiffres dans ce qu’on veut plutôt que de dire la vérité aux gens. C’est pour ça aussi que les RG ont parfois été malvenus, l’idée qu’on s’est fait pourquoi ils ont été cassés, c’est parce qu’ils n’avaient pas leur langue dans leur poche et disaient ce qu’il se passait plutôt que ce que les politiques voulaient entendre.

    secrétaire général CGT Police

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