Dhimmitude: Ils veulent maintenir une Europe chrétienne (And the whitewashing of islam goes on)

Hussein groveling before Saudi slavemaster (London, Apr. 2009) Pourquoi Barack Hussein Obama, président de la plus grande démocratie laïque du monde, s’incline-t-il comme un serviteur devant Abdallah II, roi-théocrate d’Arabie ? Michel Gurfinkiel
Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. Erdogan (1998)
La Turquie est en Europe (…) Les opposants à l’adhésion avancent de faux prétextes. En réalité, ils veulent maintenir une Europe conçue comme un club chrétien, réservé aux pays de tradition chrétienne. De même qu’on a souhaité l’adhésion de pays de l’Est parce qu’ils sortaient du communisme, il convient de tendre la main à la Turquie, le seul pays musulman à avoir su organiser la séparation entre la religion et l’Etat (…) Jusqu’à nouvel ordre, le parti islamiste modéré, vainqueur des dernières élections turques, est comparable aux partis démocrates-chrétiens ancrés dans une série de démocraties européennes. L’adhésion devrait cependant être assortie de conditions claires, notamment sur le respect des droits de l’homme (et singulièrement de la femme) et de la minorité kurde. Bernard Kouchner (alors futur ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, le 11 décembre 2002)
A la minute où vous faites entrer la Turquie (…) parce que c’est un pays de soixante-quinze millions d’habitants (de cent millions en 2025; c’est-à-dire le premier pays d’Europe par la démographie, puisque l’Allemagne compte quatre-vingt-deux millions d’habitants), il n’y aura plus la possibilité d’une Europe intégrée. /…/ Parce que l’on a quand même un problème d’intégration des musulmans qui pose la question de l’islam en Europe. Dire que ce n’est pas un problème, c’est se masquer la réalité. Si vous faites rentrer cent millions de Turcs musulmans, qu’est-ce qu’il en sera? Nicolas Sarkozy

Le concours de dhimmitude continue.

Acceptation de l’ouverture de huit nouveaux chapitres de négociation, vote des crédits de préadhésion, suppression du verrou référendaire pour tout nouvel élargissement, soutien du plus ardent avocat de l’adhésion turque pour un nouveau mandat de Président de la Commission, siège de l’ l’UMP au sein du Parti populaire européen aux côtés de l’AKP, le parti du Premier ministre turc Erdogan …

A l’heure où, aux Etats-Unis, le premier président multiculturel multiplie les courbettes (littéralement) devant les représentants les plus réactionnaires de ses anciens coreligionnaires …

Pendant que, politiquement correct oblige, les institutions scolaires (jusqu’aux écoles militaires) ne cessent d’expurger leurs manuels de toute référence susceptible de choquer nos amis jihadistes …

Retour, au lendemain de la visite que vient d’y faire un Barack Hussein plus mielleux que jamais, sur les dessous de la prétendue opposition de notre propre maitre ès dhimmitude au dossier européen d’un pays prétendument laïc

Qui ne reconnaît toujours pas son génocide des chrétiens arméniens, grecs ou assyriens

Qui, tout en occupant illégalement depuis 35 ans un membre de l’UE (37% du territoire chypriote, 30 000 hommes en armes), menaçait jusqu’au dernier moment de son véto, caricatures de Mahomet obligent, le choix du nouveau patron danois de l’OTAN …

Et qui continue, quand il ne les assassine pas, à persécuter juifs et chrétiens

Comment la France prépare l’adhésion de la Turquie
Christophe Beaudouin
L’Observatoire de l’Europe
Mardi 07 Avril 2009

La Turquie membre de l’UE en 2023 ? En annonçant ce week-end qu’il soutenait l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, le Président américain Barack Obama a mis l’Elysée et l’Ump dans un certain embarras, à deux mois des élections européennes. Au point que Philippe de Villiers a proposé un face à face télévisé à Nicolas Sarkozy pour débattre de la question turque. Le leader du « non » accuse en effet le Président de la République de « contradictions totales entre les discours et les actes depuis deux ans. »

Certes Nicolas Sarkozy et le parti présidentiel ont répété avec une belle constance leur opposition à cette adhésion. Le problème est que sur ce sujet comme sur bien d’autres, la rhétorique du Président et de son parti s’effondre devant leurs actes : la France de Nicolas Sarkozy a accepté depuis 2007 l’ouverture de 8 nouveaux chapitres de négociation dont les deux derniers sous présidence française, l’UMP vote au Parlement les crédits de préadhésion à la Turquie (plus de 560 millions annuels, soit 96 millions par la France), le Président et sa majorité ont supprimé en juillet 2008 le verrou référendaire pour tout nouvel élargissement, ils soutiennent le plus ardent avocat de l’adhésion turque, M. Barroso, pour un nouveau mandat de Président de la Commission et l’UMP siège au sein du Parti populaire européen aux côtés de l’AKP, le parti du Premier ministre turc Erdogan. Ce n’est plus du grand écart, c’est de la schizophrénie. Puisque Le Figaro annonce aujourd’hui que le débat est réouvert, le moment est venu d’aller au-delà des mots.

Comment la France prépare l’adhésion de la Turquie

I – L’engagement ferme du candidat Sarkozy contre l’adhésion turque

« Je demande la suspension de toutes les négociations avec la Turquie pour une raison très simple : La Turquie n’applique pas le protocole d’Ankara, la Turquie n’accepte pas que des avions venant de Chypre se posent sur ses aéroports, ou que des bateaux venant de chypre rentrent dans ses ports, Chypre est un des 25 état de l’union européenne. Comment peut on discuter de l’adhésion éventuelle d’un pays qui ne reconnaît pas l’Europe des 25 et qui décide unilatéralement que l’Europe ce n’est pas 25 pays mais 24. Ce n’est pas négociable et ce n’est pas acceptable » (Emission, « A vous de juger, France 2, 30 novembre 2006)

« La Turquie est un pays d’Asie mineure (…) « A s’élargir sans limite, on prend le risque de détruire l’union politique européenne, je ne l’accepterai pas. » (Congrès de l’UMP, 14 janvier 2007)

II – Elu, le Président Sarkozy ouvre les portes de l’Union européenne à la Turquie

1) Huit chapitres de négociation ont été ouverts avec l’accord de Nicolas Sarkozy

Dix chapitres sur trente-cinq ont été ouverts en trois ans, depuis le début des négociations d’adhésion en octobre 2005, dont deux sous la présidence de Jacques Chirac et huit sous celle de Nicolas Sarkozy.

– 26 juin 2007 : chapitre 18 (Statistiques) et chapitre 32 (Contrôle financier)

– 17 décembre 2007 : chapitre 21 (réseaux transeuropéens) et chapitre 28 (consommateurs et santé)

– 17 juin 2008 : chapitre 6 (droit des sociétés) et chapitre 7 (droit de la propriété intellectuelle).

Sous présidence française de l’Union européenne par Nicolas Sarkozy :

– 19 décembre 2008 : chapitre 4 (libre circulation des capitaux) et chapitre 10 (société de l’information)

2) La consultation obligatoire des Français par référendum a été supprimée le 21 juillet 2008

Depuis mars 2005, l’article 88-5 de la Constitution dispose : « Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un Etat à l’Union européenne et aux Communautés européennes est soumis au référendum par le Président de la République. »

Le 21 juillet 2008, Nicolas Sarkozy faisait adopter par le Parlement une révision de cet article permettant de faire sauter ce « verrou référendaire » :

« Toutefois, par le vote d’une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l’adoption du projet de loi selon la procédure prévue au troisième alinéa de l’article 89. » (celle du Congrès du Parlement)

Il en résulte que pour tout élargissement, la consultation des Français peut être écartée, au profit du Parlement, si ce même Parlement – c’est à dire le pouvoir politique du moment auquel obéit une majorité – le décide.

3) Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les déclarations se multiplient pour laisser la porte ouverte à l’adhésion de la Turquie

– Nicolas Sarkozy, Président de la République, s’adressant pour la première fois aux Ambassadeurs de France :

« La France ne s’opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l’avenir de leurs relations: soit l’adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu’à l’adhésion » (28 août 2007, Conférence des ambassadeurs)

– Bernard Kouchner, nommé Ministre des affaires étrangères par Nicolas Sarkozy :

« La Turquie est en Europe (…) Les opposants à l’adhésion avancent de faux prétextes. En réalité, ils veulent maintenir une Europe conçue comme un club chrétien, réservé aux pays de tradition chrétienne. De même qu’on a souhaité l’adhésion de pays de l’Est parce qu’ils sortaient du communisme, il convient de tendre la main à la Turquie, le seul pays musulman à avoir su organiser la séparation entre la religion et l’Etat (…) Jusqu’à nouvel ordre, le parti islamiste modéré, vainqueur des dernières élections turques, est comparable aux partis démocrates-chrétiens ancrés dans une série de démocraties européennes. L’adhésion devrait cependant être assortie de conditions claires, notamment sur le respect des droits de l’homme (et singulièrement de la femme) et de la minorité kurde. » (Le Soir, 11 décembre 2002)

– Jean-Pierre Jouyet, nommé secrétaire d’Etat aux affaires européennes par Nicolas Sarkozy:

La France « n’a pas l’intention de briser le processus de négociation actuellement en cours » (juin 2008)

Bruno Le Maire, nommé secrétaire d’Etat aux affaires européennes par Nicolas Sarkozy (succédant à M. Jouyet) :

« Je ne suis pas favorable, actuellement, à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. (…) Aujourd’hui les conditions ne sont pas réunies. » (RTL, 15 décembre 2008)

José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne soutenu pour un nouveau mandat par Nicolas Sarkozy et l’UMP :

« Aujourd’hui, la Turquie est une part intégrante de notre agenda pour l’élargissement. Notre objectif communément partagé est que la Turquie devienne un membre à part entière de l’UE. Beaucoup de gens dans les Etats membres comme en Turquie, veulent s’attarder sur ce qui ne fonctionne pas dans nos relations, sur les obstacles à court terme et les difficultés que nous pouvons rencontrer. Dans l’UE ils peuvent dire que la Turquie n’est pas prête pour l’adhésion ; tandis que beaucoup de gens en Turquie disent qu’au final l’UE ne voudra pas de l’entrée de la Turquie. A tous ceux là, je déclare que notre présent et notre futur sont intimement liés. » (devant le Parlement Turc à Ankara, avril 2008)

III – Le Parti de Nicolas Sarkozy n’a cessé de donner des gages à l’adhésion turque

1) Le 21 juillet 2008, les députés et sénateurs UMP ont voté « pour » la suppression du référendum obligatoire (article 88-5) de soumettre au référendum toute nouvelle adhésion d’un Etat à l’Union européenne (voir I. 2)

2) La majorité UMP vote chaque année, dans le projet de loi de finances, les crédits de préadhésion à la Turquie. Elle aura touché à ce titre :

– 2,13 milliards de 1996 à 2006
– 2,256 milliards de 2007 à 2010, soit 564 millions par an

Des crédits qui ne vont cesser d’augmenter : « S’agissant de la Turquie, compte tenu de la taille et de la capacité d’absorption du pays, l’aide augmentera progressivement sur la période 2007-2013 ». (Communication de la Commission européenne sur l’Instrument de Préadhésion du 8 novembre 2006, téléchargeable ci-dessous)

Pour la France, qui contribue à hauteur de 17% au budget européen (2ème contributeur net), cela représente 96 millions d’euros par an versés à la Turquie via le budget européen.

4) Au sein du Parti Populaire Européen (parti européen regroupant un grand nombre de partis de centre-droit membres ou candidat à l’Union européenne), l’UMP de Nicolas Sarkozy siège depuis 2005 aux côtés de l’AKP, le parti au pouvoir issu de la mouvance islamiste dirigé par M. Erdogan et qui est membre observateur du PPE.

5) Le 11 mars 2004, l’UMP au Parlement européen votait le rapport Brok déclarant, en son paragraphe 64 que si Chypre est réunifiée, l’Union européenne serait prête à immédiatement « accepter le turc en tant que langue officielle ».

6) Le 27 septembre 2006, le Parlement européen adoptait le rapport Eurlings déclarant : « Les négociations visent à faire de la Turquie un membre de l’UE et que la concrétisation de cet objectif dépendra des efforts des deux parties. (…) La capacité d’absorption de la Turquie par l’UE tout en maintenant le rythme de l’intégration est une considération importante dans l’intérêt général tant de l’UE que de la Turquie »

Ce rapport a été adopté par 429 voix, avec celles du PS français et l’abstention des eurodéputés UMP.

Le même jour, la quasi totalité de l’UMP et le PS [1] ont en revanche voté contre l’amendement Villiers déposé au nom du groupe Indépendance et Démocratie

« – 1 demande au Conseil et au gouvernement turc, étant donné l’opposition à l’adhésion de la Turquie d’une grande majorité des peuples de l’Union européenne, régulièrement confirmée par les sondages d’opinion Eurobaromètre, et les réserves croissantes du peuple turc à cet égard, de s’en tenir à l’objectif d’une coopération privilégiée « 

Les déclarations tonitruantes du Président de la République et de l’UMP contre l’entrée de la Turquie n’y changeront rien : toutes leurs décisions à Paris, Bruxelles et Strasbourg depuis deux ans déroulent tranquillement le tapis rouge de l’adhésion turque à l’Union européenne.

Christophe Beaudouin

[1] Résultat du vote par appel nominal

Pour :
MPF : de Villiers, Louis
UDF : Beaupuy, Bourlanges, Cavada, de Sarnez, Fourtou, Laperrouze, Lehideux, Morillon
UMP : Bachelot, Descamps, de Veyrac
FN : Gollnisch, Lang, JM Le Pen, Marine Le Pen, Le Rachinel, Martinez, Schenardi
Contre :
PC : Henin, Wurtz
UMP : Audy, Daul, Fontaine, Gaubert, Gauzès, Grossetête, Guellec, Lamassoure, Mathieu, Saïfi, Sudre, Toubon, Vlasto
PS : Arif, Bono, Bourzai, Carlotti, Castex, Cottigny, Désir, Douay, Ferreira, Fruteau, Guy-Quint, Hamon, Patrie, Peillon, Poignant, Reyndaud, Rocard, Roure, Savary, Trautmann, Vaugrenard, Vergnaud, Weber.
Verts: Aubert, Bennahmias, Flautre, Isler Béguin, Lipietz, Onesta

7 Responses to Dhimmitude: Ils veulent maintenir une Europe chrétienne (And the whitewashing of islam goes on)

  1. SD dit :

    et qui colonise en toute impunité 40 % de Chypre, état de la communauté européenne.

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  2. jcdurbant dit :

    Effectivement, merci, j’avais oublié: occupation militaire illégale depuis 35 ans d’un membre de l’UE (30 000 hommes en armes). Je l’ajoute tout de suite …

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  3. Pigpow dit :

    Attention, l’info concernant les pharmacies est un Hoax publié par novopresse le 1er avril.
    Je déplore fortement ce genre de blagues de potache qui a pour seul effet de desservir les blogs de réinformation comme le votre en décrédibilisant par effet domino toutes les autres infos que vous publiez.

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  4. jcdurbant dit :

    Merci de m’avertir: j’aurais dû effectivement prendre le temps de remonter à la source et à la date d’origine, ce qu’on ne peut en effet pas se permettre (vous avez raison) si on veut rester crédibles et maintenir notre exigence de sérieux face aux médias traditionnels que nous prétendons critiquer …

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  5. SD dit :

    La Turquie a fait venir à Chypre du Nord des dizaines de milliers de colons (plus de 100 000 me semble-t-il) d’Anatolie pour coloniser l’ile. C’est donc une vraie colonisation, au plein sens du terme, qui ne pose aucun problème à nos médias, à l’Union européenne, ou à l’ONU, ces deux dernières institutions rêvant même d’entériner cette colonisation.

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  6. Bulent dit :

    Bonjour,

    Je suis tout simplement sidéré par le début de votre article.

    Pourquoi vous ne préciser pas que à cette époque, en 1974, la Grèce était une dictature et qu’elle voulait mettre Chypre sous sa tutelle ? Pourquoi vous ne préciser pas qu’il était légitime pour la Turquie d’intervenir en cas d’agression de ses citoyens Turcs résidant à Chypre ? Vous dites la vérité tout en occultant des faits qui peuvent la déformer.

    Pour le « génocide arménien », il faut a tout prix faire attendre qu’il y a eu des massacres de musulmans, et qu’une partie de la communauté arméniens avaient pris les armes contre l’empire Ottoman. Informer le public que le premier ministre Turc a proposé par deux fois la création d’une commission mixte d’historiens. Et aussi prendre en compte ce qu’a dit Lady Scott au nom de son gouvernement ( Anglais):

     » L’évidence n’est pas suffisamment établie pour nous convaincre que les évènements doivent être qualifiés de génocide selon les termes de la Convention des Nations Unies de 1948 sur le génocide qui, de toute façon, n’est pas d’application rétroactive. L’interprétation des évènements en Anatolie de l’est en 1915-1916 est encore le sujet d’un véritable débat entre historiens. »

    Il faut se poser la question, pourquoi le Turc nie ?
    Ce n’est pas parce qu’il est fasciste, négationniste. Peut être que vous comprendrez vous aussi que des vérités ont été occultés pour donner une histoire différente de la réalité de 1915.

    Par rapport à Chypre, consulter le référendum de Annan. Vous apprendrez qui bloque la situation.

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  7. SD dit :

    La Grèce n’a jamais joué un rôle direct ni même prépondérant dans les événements de Chypre, même si le régime des colonels avait ses préférences. En 1974, trois évêques de Chypre, Anthemos de Kition, Kyprianos de Kyrenia, et Gennadios de Paphos, reprochent à l’archevêque Makarios III une confusion des pouvoirs spirituel et temporel contraire à la tradition religieuse orthodoxe. En conséquence, ils lui demandent de démissionner. S’ensuit une querelle religieuse, qui prend fin avec un coup d’état d’officiers chypriotes grecs mettant en pouvoir un partisan de l’enosis (rattachement le Chypre à la Grèce), Nikos Sampson, qui déclare cependant sa volonté de maintenir l’indépendance de l’île. L’archevêque Makarios III réussi à fuir pendant que des milliers de ses partisans sont emprisonnés. L’évêque Gennadios est installé par la junte comme nouvel archevêque de Chypre.L’armée turque débarque à Kyrena, dans le nord de l’île et Nikos Sampson doit démissionner. Il est remplacé par le gouvernement démocratique de Glafkos Clerides. Dans les jours qui suivent, un cessez-le-feu intervient, et des négociations commencent. Malgré cela, l’armée turque continue à avancer jusqu’à occuper quasiment 40 % de l’île, faisant fuir par ses exactions la population chypriote grecque. Il ne s’agissait donc pas là de défendre la population chypriote turque. L’invasion turque de l’ile mettra également fin au régime des militaires en Grèce. Il a été dit plus tard que Nikos Sampson s’était promis de massacrer tous les Chypriotes turcs. Une chose que la Turquie ignorait. Makarios III aurait confirmé ce récit. Cependant, on ne voit pas comment il aurait pu faire alors que la Turquie était un allié très proche des États-Unis, tout comme le régime des colonels, et que Chypre était sous la surveillance tant des États-Unis que de l’ancienne puissance tutélaire, la Grande Bretagne. En tout cas, durant tous les événements, jamais la population chypriote turque n’a été menacée ou inquiétée. Même les sites de Chypre du Nord en conviennent,.qui parlent des craintes de la Turquie sans mentionner de faits de violence contre la population chypriote turque. Avec le retour de la démocratie, et la chute du régime des colonels en Grèce, la présence de l’armée turque ne se justifiait plus.

    Que dit la Turquie de l’occupation de Chypre ? « Chypre est aussi précieuse qu’un bras droit pour un pays concerné par sa propre défense (…) » « le prolongement de la péninsule anatolien, constituant une base commode contrôlant toute la méditerranéen orientale », « une assise solide, à l’arrière du système défensif de la Turquie ». « d’une importance vitale pour la Turquie, non seulement à cause de la présence d’une communauté turque dans l’ile, mais aussi en raison de sa situation géostratégique ». .(Turan Gunès, Ministre des Affaires Etrangères turc de l’époque). L’invasion a coûté la vie à 1.680 Chypriotes grecs, tandis que 200.000 Chypriotes grecs ont du quitter leur maison dans le nord de l’île, devenant des réfugiés dans leur propre pays.
    La population turque représentait 18 % de la population totale de Chypre au moment de l’invasion, tandis que l’armée turque a annexé 37 % du territoire de l’ile, quelle justification peut y avoir à cela ?
    L’invasion turque fut une annexion de facto par la Turquie : 35.0000 – 40.000 soldats et la surveillance constante des travaux du gouvernement de Chypre du Nord par un représentant turc. Ainsi, M. Denktash, qui dirigea jusqu’en 2005 cette partie de l’île, aurait-il dit : « Que je le croie ou non, que je le trouve juste ou pas, je fais ce que dit la Turquie ». (M. Ozgur, Yeniduzen, 5.10.1982)
    Mr Ozker Ozgur, dirigeant du Parti Républicain turc de Chypre du Nord, déclarait : « le peuple sait parfaitement que les forces de Police ne dépendent pas du pouvoir exιcutif ; que les forces de Sécurité ne dépendent pas du Ministère de la Défense ; que les services de la radio et de la télévision ne sont pas autonomes et qu’un conseiller de l’ambassade turque participe aux réunions du Conseil des Ministres ». « Sommes-nous un protectorat ? Si vous demandez à M. Denktash, nous sommes un protectorat de la Turquie. Si vous nous le demandez à nous, nous sommes une partie inséparable d’une Chypre indépendante et non alignée ».

    En 1974, la Turquie déclara que ses troupes envahissaient Chypre dans le seul but de restaurer «l’ordre constitutionnel». La démocratie revenue, la Turquie n’a pas évacué l’ile. Rien ne justifie sur le plan légal cette occupation. Cette opération de pacification s’accompagna de violations massives des droits de l’homme, dont des exécutions en masse, des viols, des mauvais traitements infligés aux prisonniers et une épuration ethnique. La population chypriote grecque fut expulsée de plus d’un tiers du pays et l’armée turque traça ce qu’elle nomma la « ligne Attila » d’un bout à l’autre de la partie nord de l’ile.
    Non seulement la Turquie n’a pas évacué, mais elle a colonisé la partie nord en violation de toutes les conventions en vigueur.
    50.000 Turcs environ ont immigré à Chypre entre 1974 et 1995, constituant ainsi plus d’ un tiers de la population chypriote turque, auxquels il faut ajouter 35.000 militaires turcs. Dans le même temps, une partie non négligeable des Chypriotes turcs a quitté l’ile. On a accordé à ces colons la citoyenné et donc le droit de vote. On leur a également distribué des propriétés chypriotes grecques, confisquées de façon illégale, sans que cela ait aucun report avec la protection de la minorité chypriote turque ou la dictature en Grèce, et ce en violation directe de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. On les a aussi organisé en un parti politique (le Parti de la Renaissance) sous le contrôle de la Turquie, ce qui a permis à la Turquie de contrôler qui accédait au pouvoir dans la partie turque de l’île.
    Juste avant les élections de 1980, le journal chypriote turc Soz (16.4.1980) se plaignait que M. Denktash se servait illégalement de la force numérique que représentaient les Turcs du continent pour l’emporter aux élections : « Le Parti d’Unité Nationale au pouvoir, afin de s assurer l’avantage aux élections, a entrepris de délivrer illégalement des cartes de citoyenneté aux citoyens de la République turque qui sont venus à Chypre à titre de travailleurs agricoles… Des fonctionnaires employés au ministère visitent chaque famille et délivrent des cartes de citoyenneté ».
    Le journal déclarait qu’en conséquence de cela, aux élections de 1976, les voix des colons représentaient 25% du nombre total des votes et que les 23% du scrutin représentaient les voix des colons en faveur de M. Denktash et de son Parti d’Unité Nationale. Comme M. Denktash avait obtenu seulement 53% des voix, il est clair, disait l’article, qu’il n’aurait pas était élu sans le soutien massif des « colons ». Soz concluait : « En fait, cet incident qui est à présent mis a découvert, est particulièrement malhonnête et sans doute rare dans le monde ».
    Un comité du Conseil de l’ Europe a chargé en 1991, le parlementaire espagnol Alfons Cuco de faire une enquête sur le problème des colons. Celui-ci a entre autres conclut que les allégations des «partis de l’opposition » chypriote turque selon lesquelles on constate des vagues de naturalisation avant les élections étaient probablement fondées.

    La population chypriote turque n’était pas persécutée. Au sein de la République de Chypre, les Chypriotes turcs ont toujours joui de la garantie d’une pleine autonomie culturelle et religieuse. Une représentation politique renforcée pour la minorité chypriote turque est garantie par les articles de base de la constitution chypriote. Ce qui fut d’ailleurs source de pas mal de problèmes à l’époque précédant l’invasion turque.
    La solution prônée par l’ONU l’Europe et M. Annan visait à entériner cette situation, et à ne surtout pas heurter la sensibilité de la Turquie, qui comme tout le monde le sait est ultrasensible. Le problème de la réunification ne vient pas des Chypriotes, qu’ils soient grecs ou turcs, à l’exception de quelques minorités, mais d’abord du gouvernement de Turquie et des colons pauvres venus d’Anatolie que le gouvernement turc contrôle. La colonisation est un crime contre l’humanité, sauf quand elle est le fait de la Turquie, grand ami de la France de l’Europe et des États-Unis, et futur membre de l’Union européenne. Je ne parlerai pas ici de la destruction programmée du patrimoine notamment architectural des Chypriotes grecs dans la partie nord de l’ile, il y aurait beaucoup trop de choses à écrire (églises saccagées et vandalisées etc.).
    La quasi-totalité des historiens s’accordent à parler du massacre de 600 000 à 1 500 000 Arméniens comme un génocide. Un génocide n’est pas seulement un terme juridique, mais d’abord un mot qui désigne une réalité. Le génocide des juifs d’Europe eut lieu avant la définition légale du terme.

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