Présidentielle américaine: Circulez, y a rien à voir! (What media blackout?)

NewsweekObamaKerry 48%, Bush 45% Sondage Fox News (le 1er novembre 2004)
Nous sommes déjà passés par ce stade où tout semble aller bien, mais ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. Cette élection sera bien plus serrée que tout le monde ne le pense. (…) Au risque de dire une banalité, le seul sondage qui compte, c’est le vote. Alors, oui, je suis inquiet. Joe Biden
En allouant un taux de « pondération » de leurs résultats en fonction d’une participation supposée bien plus importante des Noirs et des jeunes que lors des précédents scrutins, ils ne tiendraient pas compte du fait que toute l’Amérique se passionne pour ce scrutin. Cette année, selon M. McInturff, l’augmentation du nombre des votants touchera toutes les catégories d’électeurs ; en d’autres termes, les Blancs et les plus âgés dans des proportions identiques, rendant ainsi caducs les calculs des sondeurs. Le Monde
Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux.Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons.Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Si, si, c´est ce que dit la presse.La démocratie part du postulat que : «la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux» est possession de chaque citoyen, et non d´une élite basée sur la naissance, la fortune, la puissance, ni même le savoir. Bisque, bisque, le déchaînement d´aigreur de la gauche face à Sarah Palin et son adhésion passionnée àl´image vide, charismatique et caméléonesque d´Obama, le Rédempteur qui sauvera le parti intellectuel de la vulgarité du monde et de l´électorat; celui qui «s´accroche à sa foi et à ses armes à feu», comme Obama l´avait dit avec d´autant plus de candeur qu´il ne croyait pas être entendu par eux. (…) Je suggère que cette rage écumante est fondée sur un sentiment exacerbé de lèse-majesté. En l´occurrence, la majesté lésée est celle du monopole d´opinion, que la classe intellectuelle et assimilée (la classe médiatique, l´universitaire, celle du spectacle, etc.) estime lui revenir de droit, et exclusivement. (…) L´intellectuel manie des objets symboliques, ou objets mentaux, d´une grande variété. Leur maniement tend souvent à persuader l´intellectuel qu´il est mieux à même de saisir le monde que quiconque. Or, son pouvoir sur ce monde n´est pas du tout commensurable à la compréhension qu´il estime en avoir. Son ressentiment en est d´autant plus vif. Il ne peut se résoudre à n´être «que» professeur, écrivain, journaliste, lui qui en sait tant et plus que les autres, ceux qui ont du pouvoir. (…) C´est à lui qu´il faudrait s´adresser, vers lui qu´il faudrait se tourner. En l´absence d´une telle demande, l´intellectuel professionnel devient un homme révolté. L´intellectuel moderne tend donc souvent à se dresser contre cette réalité, qui lui refuse ce qu´il estime de droit être sa place en majesté. (…) Ce réel qui minimise et minore son importance personnelle est donc mauvais et devrait être refait. L´homme du commun, qui vote, est ignare. Les politiciens (qui n´écoutent pas notre intellectuel) sont nuls et ignorants. La dextérité dans le maniement des objets intellectuels (la dialectique, comme on disait jadis) devient mandat du Ciel. Laurent Murawiec

Mais puisqu’on vous dit qu’il n’y a rien à voir?

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Le terroriste mal blanchi Bill Ayers et nègre probable du best-seller autobiographique (!) d´Obama?

Son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons?

ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago?

La bande vidéo, détenue par le LA Times, d´une réunion publique de 2003 à la tribune de l´Arab American Action Network (Réseau d´action arabo-américain) où son ami et ex-porte-parole de l´OLP, Rashid Khalidi explose de rage anti-israélienneet où Obama s´emporte contre «le génocide des Palestiniens» ?

Les gaffes innombrables de Joe Biden, le colistier démocrate?

Les 42 millions sur les 150 millions de dollars levés par la campagne Obama en septembre d´origine douteuse et invérifiée ?

Les centaines de milliers d´inscrits nouveaux frauduleux.sur les listes électorales de l´Ohio, aux bons soins d´ACORN ?

L’utilisation des services de l´Etat pour enquêter sur les finances personnelles de Joe le plombier et le discréditer ?

Les grands quotidiens quasiment tous de gauche à en perdre haleine, comme le New York Times, le Washington Post, le Boston Globe, le Chicago Tribune, le Los Angeles Times, le San Francisco Chronicle… ?

Les sept couvertures couleur d’Obama et les six de Newsweek en une seule année ?
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Pour ceux qui s’étonneraient de ces sondages délirants (avec des écarts de 3 à 15%!), de cet espèce d’unanimisme qui semble avoir fait basculer tout un peuple derrière le candidat du Très Grand Capital le plus inexpérimenté et le plus à gauche de l’histoire électorale américaine …

Laurent Murawiec rappelle, avec le brio et le franc-parler qu’on lui sait, « la détermination sans faille de l´élite politico-intellectuelle », qui a « décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat ».

D’où le silence radio sur tout ce qui pouvait nuire à leur candidat.

Mais aussi « cette rage écumante fondée sur un sentiment exacerbé de lèse-majesté » contre tout ce qui ne lui ressemble pas, l´homme ou la femme du commun qui vote et qui est nécessairement ignare.

Autrement dit le réel, qui, s’il se mobilise tout autant que les masses supposées de jeunes électeurs et noirs obamalâtres avec lequels nos sondeurs redressent si allègrement leurs chiffres, pourrait pourtant bien se venger dans les tout prochains jours?…

Main basse sur l´opinion
Laurent Murawiec à Washington
Metula News Agency
Le 02/11/8)

Les uns sont sûrs de leur fait, les autres incertains : les sondages publiés par les grands journaux, les principales chaînes de télévision et les agences de presse font état, depuis des semaines, de chiffres mirobolants en faveur d´Obama – 8%, 10% voire 12% d´avance – et parlent même de «raz de marée» en sa faveur (on dit ici un landslide, un glissement de terrain). Mais les sondeurs réputés pour leur sérieux, Rasmussen, Zogby, TBB, rapportent plutôt une avance de l´ordre de 3%, c´est-à-dire un chiffre qui se situe à l´intérieur de la fourchette d´erreur statistique.

En d´autres termes, leur analyse suggère que les deux candidats sont au coude à coude, avec un léger avantage au Démocrate, alors que leurs collègues n´en finissent pas de proclamer d´avance la victoire de leur idole. Les correspondants des media étrangers en poste aux Etats-Unis emboîtent le pas de l´opinion publiée, de la grande presse, et du choeur des anges, qui psalmodient tous à l´unisson les harmonies célestes de la victoire du séraphique Obama.

Il est vrai que la campagne de John McCain a été médiocre; qu´il n´a pas su effectuer la mue nécessaire, passer de la mouche du coche qui se pose en revendiquant – ce qu´il a toujours été au Sénat -, en grand affirmateur doté d´un programme clair et d´une stratégie offensive.

Certes on lui présente les factures impayées de George Bush et il n´est pas facile d´être Républicain ces jours-ci; reste qu´à part le choix de Sarah Palin comme colistière, il n´a pas fait grand-chose pour soulever les foules.

Il n´est pas moins vrai qu´un désir de changement anime une partie de l´électorat: lassitude et usure du pouvoir, habituelles après huit ans de présidence Républicaine, aggravée par les craintes que suscite la grande crise financière. Tandis que les slogans du changement, de l´espoir et du «demain on rase gratis» entonnés par Obama, aussi creux et éphémères que tous les slogans du même tonneau utilisés depuis qu´existent les campagnes électorales, trouvent une résonance chez les jeunes, les idéologisés et les déçus du bushisme.

Tout cela ne fait pas de l´Amérique un pays de gauche. Bush, en 2004, l´avait emporté de peu – grâce aux délégués d´un seul Etat au collège électoral, l´Ohio – et en 2000, le succès national fut acquis d´un cheveu, en Floride. C´est qu´une vraie division politique coupe le pays en deux: avec un avantage à la droite, et l´Amérique est gouvernée au centre. Cela ne prédispose pas aux «avalanches» mais aux scrutins gagnés de justesse et à la marge.

Mais alors, pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%?

L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage.

Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux.

C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait àla direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama.

Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons.

Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Si, si, c´est ce que dit la presse.

En 2003, Obama est à la tribune d´une réunion publique de l´Arab American Action Network (Réseau d´action arabo-américain). L´ex-porte-parole de l´OLP, Rashid Khalidi – qui est son ami – a la parole et explose de rage anti-israélienne. Obama déclare: «Dieu n´a jamais donné de blanc-seing à Israel pour occuper la Palestine» et s´emporte contre «le génocide des Palestiniens».

La bande vidéo de cette affaire parvient au grand quotidien californien Los Angeles Times. Et que croyez-vous qu´il en fît? Motus et bouche cousue. Le L.A. Times se refuse à publier, à révéler le contenu de la bande, ne serait-ce qu´avec un transcrit des déclarations – et invoque les prétextes les plus déraisonnables pour se dérober à son devoir d´information.

Les gaffes innombrables de Joe Biden, le colistier Démocrate? Silence radio. Que ce politicien raconte n´importe quoi, qu´il ouvre son bec à tort et à travers, qu´il maltraite les faits, l´Histoire, et invente toutes sortes d´anecdotes saugrenues, cela ne doit pas entacher la sainteté Démocrate. La presse joue la Grande Muette. Elle s´époumone à critiquer le refus de Sarah Palin de lui parler, mais n´a rien à dire concernant le quasi-cloîtrage de Biden par Obama.

Rien de ce qui gêne Obama n´est rendu public, rien qui vienne ternir la lisse perfection de son image controuvée. Par contre, la garde-robe de Sarah Palin, l´assuétude aux médicaments de Mme McCain, il y a 20 ans, une enquête bidon du New York Times, inventant, de toutes pièces, une liaison adultère du candidat Républicain – rien de ce qui peut salir et affaiblir l´adversaire ne sera épargné. C´est que les media se conduisent comme un parti et non comme des informateurs.

On me dira, comme souvent, que j´exagère. Et, les Conservateurs, les Républicains, n´ont-ils pas de media à eux? Se laissent-ils faire comme des balourds? J´ai souvent envie de répondre «oui» à cette dernière question.

Il y a certes des media plus conservateurs. Mais le jeu médiatique est un jeu d´interactions et d´amplifications: un sujet abordé par un bloggeur sera repris par une talk radio, remarqué par un quotidien, repris par un journal télévisé, voilà le cycle de 24 heures. Le sujet, s´il a «des jambes», s´il accroche, revient le lendemain, et va faire l´objet d´articles dans la presse hebdomadaire, apparaîtra aux émissions magazine du week-end. S´il manque des maillons à ce cycle, le sujet, même doté de jambes, risque fort de passer à la trappe. C´est ce qui se passe dans un cas, alors que la «machine» à amplifier joue à plein dans l´autre.

Les grands quotidiens? Ils sont de gauche à en perdre haleine, comme le New York Times, le Washington Post, le Boston Globe, le Chicago Tribune, le Los Angeles Times, le San Francisco Chronicle…

Il n´y a guère que le Wall Street Journal, d´audience nationale, pour faire contrepoids. Les journaux des capitales des Etats ont leur propre staff pour les nouvelles locales, y compris politiques. Mais ils ont recours, pour la politique nationale et internationale, et, dans une large mesure, pour les articles d´opinion, aux services du New York Times, du Washington Post ou de l´Associated Press, l´agence de presse de gauche, tendance exagérée.

La plupart des grandes villes américaines n´ont plus qu´un seul grand quotidien du matin, les quotidiens du soir ayant périclité depuis longtemps, pour des raisons à la fois sociales et économiques.

Qui prend le métro ou le bus pour rentrer chez lui achète un quotidien du soir – c´est pourquoi cette presse du soir existe encore à New York. Qui prend la voiture s´abstient, et écoute la radio. Et c´est dans ce domaine que les conservateurs sont très loin devant. Les talk radios, radios d´opinion, pour ainsi dire, ont un succès énorme, et sont, de façon écrasante, la chasse gardée des talkmasters de droite; comme Rush Limbaugh ou Laura Ingraham, qui écrasent la concurrence.

Air America, radio lancée il y a quelques années par le comédien d´extrême-gauche Al Franken, pour faire pièce à la droite et la concurrencer sur les ondes radio, n´a pas cessé d´être un flop lamentable.

En ce qui concerne les télévisions, on compte, d´un côté, les networks traditionnels, dont les informations sont largement ancrées à gauche, ABC, CBS et NBC (plus sa chaîne d´information continue, MSNBC qui roule à l´extrême-gauche). On leur ajoute CNN, qui émet sur la même longueur d´onde.

En face, Fox News, plus récente, mais au succès faramineux, écrase la concurrence: l´heure du show d´information quotidien de Bill O´Reilly est regardée par plus de 7 millions de téléspectateurs, soit plus que tous les autres combinés – et ce, depuis huit ans! En janvier de cette année, par exemple, sur les dix émissions horaires de nouvelles classées en tête, Fox en comptait huit, et quatorze parmi les vingt premières.

Jetons un coup d´oeil, finalement, sur le plus récent des champs de bataille, celui de la blogosphère, où s´affrontent sans pitié des milliers d´acteurs, où l´on peut dire n´importe quoi aussi bien que des choses sensées, l´unique sanction étant celle du retentissement au jour le jour.

D´importants sites de la gauche extrême, comme le Daily Kos ou Huffington, y ont acquis une influence démesurée sur le parti Démocrate. A droite, Pajamasmedia ou Little Green Footballs ont joué un rôle très significatif d´enquête et de mise au jour.

Répétons-le: la domination du cycle de l´information, qui a ses rythmes fondamentaux de 24 heures et de sept jours, ses pointes d´audience vers le soir et le week-end, se fonde sur une synergie entre les divers moyens d´expression et de publication. Malgré l´émiettement de la cote des grands media traditionnels, et leur perte de crédibilité, le «parti médiatique de gauche» domine encore le cycle. C´est ce que le cycle électoral en cours démontre à l´envi.

Objectera-t-on encore que j´en fais trop? Slate, le magazine politico-intellectuel en ligne, très «tendance», a demandé à ses rédacteurs de voter. Le résultat est parfait: soixante rédacteurs ont voté Obama, un seul a voté McCain.

Il y a lourd à parier que les journalistes de la presse quotidienne, des agences de presse, de la plupart des chaînes télévisées, partagent ce point de vue, et se sont transformés en militants de la Cause.

«La victime, c´est le journalisme objectif», écrivait ces derniers jours un éditorialiste pas convaincu. Une enquête qui a compilé les sujets traités par les networks révèle que 65 à 75% des sujets McCain avaient une tonalité négative, alors que 90% des sujets sur Obama étaient positifs.

Les sujets sur McCain de la chaîne d´info câblée MSNBC étaient négatifs à 73%. On croît rêver, mais le travestissement cauchemardesque de la réalité est absolument réel. En un an, le magazine hebdomadaire Time a consacré sa une à Obama pas moins
de sept fois !

Il convient, une fois de plus, de s´interroger sur cette étrange perversion et sur les causes de cette disproportion. Divers analystes ont noté et analysé le Bush Derangement Syndrome: la démence délirante qui saisit diverses personnes quand elles pensent à Bush; une forme de vésanie aujourd´hui transférée sur McCain, et plus encore sur Sarah Palin (comme hier, elle se fixait sur Ronald Reagan).

Je lisais il y a peu dans l´influent supplément hebdomadaire d´analyse
du Washington Post un article d´une féministe, qui assénait sans rougir, qu´en cas de victoire républicaine, la politique anti-avortement serait si brutale que la police irait regarder le vagin des femmes pour vérifier qu´elles ne s´étaient pas fait avorter.

L´écrivaine Erica Jong affirme quant à elle, avec le plus grand sérieux, qu´une défaite d´Obama ouvrirait la porte à une nouvelle guerre civile: «croyez-moi, le sang coulera dans les rues». Ces gens ont perdu toute mesure. Comment se fait-il donc?

Je suggère que cette rage écumante est fondée sur un sentiment exacerbé de lèse-majesté. En l´occurrence, la majesté lésée est celle du monopole d´opinion, que la classe intellectuelle et assimilée (la classe médiatique, l´universitaire, celle du spectacle, etc.) estime lui revenir de droit, et exclusivement.

L´intellectuel manie des objets symboliques, ou objets mentaux, d´une grande variété. Leur maniement tend souvent à persuader l´intellectuel qu´il est mieux à même de saisir le monde que quiconque. Or, son pouvoir sur ce monde n´est pas du tout commensurable à la compréhension qu´il estime en avoir. Son ressentiment en est d´autant plus vif. Il ne peut se résoudre à n´être «que» professeur, écrivain, journaliste, lui qui en sait tant et plus que les autres, ceux qui ont du pouvoir.

C´est à lui qu´il faudrait s´adresser, vers lui qu´il faudrait se tourner. En l´absence d´une telle demande, l´intellectuel professionnel devient un homme révolté. L´intellectuel moderne tend donc souvent à se dresser contre cette réalité, qui lui refuse ce qu´il estime de droit être sa place en majesté.

Ce réel qui minimise et minore son importance personnelle est donc mauvais et devrait être refait. L´homme du commun, qui vote, est ignare. Les politiciens (qui n´écoutent pas notre intellectuel) sont nuls et ignorants. La dextérité dans le maniement des objets intellectuels (la dialectique, comme on disait jadis) devient mandat du Ciel.

Ce qui manque complètement à l´intellectuel en question, c´est le sens commun et l´esprit pragmatique: périsse le monde plutôt que ses propres dogmes! Je ne parle pas ici du sens commun comme du «bon gros bon sens» ou la «sagesse des nations». Je me réfère à ce qu´en dit Descartes, «le bon sens est la chose du monde la mieux partagée», que Descartes, en ce commencement du Discours de la méthode, éclaire en ajoutant: «la puissance de bien juger, et distinguer le vrai
d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on appelle le bon sens ou la raison est naturellement égale en tous les hommes».

Tout à l´élaboration de systèmes qui reconstruisent le monde tel qu´il devrait être pour que notre intellectuel y occupe une place centrale, ce dernier enrage au spectacle du monde réel qui n´en veut rien savoir – il enrage, de même, en voyant les vecteurs de ce monde honni, un Bush par exemple: cela est indépendant des politiques suivies et des idées entretenues par l´objet de leur haine.

La démocratie part du postulat que : «la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux» est possession de chaque citoyen, et non d´une élite basée sur la naissance, la fortune, la puissance, ni même le savoir. Bisque, bisque, le déchaînement d´aigreur de la gauche face à Sarah Palin et son adhésion passionnée àl´image vide, charismatique et caméléonesque d´Obama, le Rédempteur qui sauvera le parti intellectuel de la vulgarité du monde et de l´électorat; celui qui «s´accroche à sa foi et à ses armes à feu», comme Obama l´avait dit avec d´autant plus de candeur qu´il ne croyait pas être entendu par eux.

Il est donc licite de tout faire pour assurer son succès. Sur 150 millions de dollars levés par la campagne Obama en septembre, 42 millions sont d´origine douteuse et invérifiée. Plusieurs centaines de milliers d´inscrits nouveaux sur les listes électorales de l´Ohio, aux bons soins d´ACORN, sont frauduleux.

Quand un plombier apostrophe Obama lors d´une rencontre électorale dans l´Ohio et s´attaque à sa politique fiscale, les Démocrates au pouvoir dans l´Etat utilisent les services de l´Etat pour enquêter sur ses finances personnelles, ses impôts, pendant que la presse nationale utilise leurs «révélations» bidon pour le discréditer. Quand un journaliste connu passe à la radio à Chicago pour parler de ses recherches sur les liens qui unissent Obama à ACORN, les partisans locaux d´Obama font tout pour le faire censurer et l´empêcher de parler. Tous les moyens sont bons pour le Messie du «changement» et de l´«espoir».

A quelques jours du vote, l´issue n´en est pas établie. McCain est remonté en flèche ces derniers jours. Il est possible qu´il échoue près de la ligne d´arrivée – mais une surprise sur le fil n´est pas exclue. J´avoue ne pouvoir départager les hypothèses. A mardi soir, donc!

Voir aussi:

A titre d’illustration, ce petit joyau de brosse à reluire de la correspondante du Quotidien de révérence aux Etats-Unis citant ses compères en passage de pommade et en noyage de poissons américains.

Où on lance une question importante (« l’énigme Obama », « qui est vraiment Obama?, « mais il sait aussi être calculateur et probablement assez cynique », L’exemple souvent cité est celui de sa candidature au Sénat de l’Illinois, en 1996, lorsqu’il a fait invalider pour vice de forme les signatures de la candidate adverse »

omettant très opportunément de préciser non seulement la très ancienne réputation du milieu politique de Chicago (comme le plus corrompu du pays) dont viennent ses directeurs de campagne comme l’organisation ACORN issue du même milieu et pour laquelle il avait travaillé et qui continue de travailler pour lui, mais aussi qu’il avait utilisé le même genre de coups tordus quatre ans plus tard pour le Sénat national où des documents compromettants sur ses adversaires – papiers de divorce- avaient mystérieusement fuité dans la presse causant leur abandon au dernier moment et le laissant à nouveau seul en lice)

pour la noyer aussitôt sous les éloges et des témoignages de thuriféraires.

Ce qui donne en amorce après le titre aguicheur (« l’énigme Obama »):

« Le journaliste du Los Angeles Times Peter Nicholas écrivait l’autre jour qu’après un an et demi de campagne, à raison de dix-huit heures par jour avec le candidat, il ne pouvait toujours pas “dire avec certitude” à ses lecteurs qui est Barack Obama. Il avait pourtant partagé avec lui tous les moments qui font les délices de la caravane électorale. Il l’avait vu griller des hamburgers dans l’Iowa par une chaleur étouffante, alors que les mouches, au-dessus de sa tête, essayaient de lui faire perdre contenance. Il l’avait vu jouer au football à Chicago avec sa fille Malia. Il avait vu la discipline, l’endurance, rarement la spontanéité. Et il se surprenait à se poser la question : “Qui est, au fond, Barack Obama ?”

Et se finit en queue de poisson comme il se doit avec une énième vacuité et esquive de l’impétrant lui-même couronnée par un énième coup de brosse à reluire tout à fait impressioniste et étayé comme d’habitude par aucun fait établi:

«  »Plus je suis sous le regard du public, plus je tiens à m’assurer qu’il n’y a pas de décalage entre qui je suis et le visage que je présente au monde, a-t-il ajouté. Vous voulez que les gens sachent que ce que vous dites correspond à ce que vous voulez dire et à qui vous êtes. »

« Barack Obama veut rétablir la crédibilité de la fonction. Mettre fin à ce qu’il appelle les “mensonges mous” : “l’esquive, la manipulation”. Après les présidences de Bill Clinton et George Bush, l’Amérique souffre d’une crise morale. C’est aussi à cette crise-là qu’il espère s’attaquer. »

Du grand art!

3 commentaires pour Présidentielle américaine: Circulez, y a rien à voir! (What media blackout?)

  1. Greg dit :

    Je ne reconnais plus mon pays. Pray for America and the world! Pray for a McCain Miracle!

    J'aime

  2. […] qu’après la Maison Blanche, Hollywood se décide enfin à reconnaitre leur dû aux Weathermen et les parlementaires français […]

    J'aime

  3. […] Pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%? L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage. Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait à la direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Laurent Murawiec […]

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