Indigènes: La désinformation continue (Days of largely imagined glory)

Troupes_coloniales_2Nos arrière-grands-parents ont libéré la France, nos grands-parents l’ont reconstruite, nos parents l’ont nettoyée, nous, on va la raconter. Jamel Debbouze

Retour sur la sortie du film « Indigènes » (après le… Manifeste du même nom!) et la campagne de désinformation (dégoulinante de bonnes intentions et de bons sentiments) qu’elle a inaugurée dans nos médias…

Notamment cet édito de Libération du 25 septembre dernier, qui, non content du lot important de contre-vérités et d’amalgames que véhicule le film (« indigènes chair à canon », passage sous silence des quelque 170 000 combattant pieds noirs, mais aussi, comme nous l’avions précédemment rappelé, les dizaines de milliers de viols en Italie et en Allemagne), se croit obligé d’en ajouter de son cru.

Ainsi, apprend-on que pour la première guerre mondiale, « 70 000 combattants musulmans tombent pendant la seule bataille de Verdun en 1916 » alors que les chiffres officiels, repris par ce qui nous sert de chef d’Etat lui-même, font état de… 28 000 ! (70 000 ressemblant plus au total des pertes « africaines » pour TOUTE la guerre)

De même, on nous assène un « bilan lourd » pour les pertes de l’Armée d’Afrique pour 1945 avec un chiffre de « 60 000 (occidentaux et africains) » et un pourcentage du « quart des pertes françaises pendant tout le conflit » sans nous préciser les effectifs engagés, à savoir, si l’on en croit le propre site pédagogique du film*, effectivement un peu moins de 60 000 pertes (55 200, pour un total de pertes pour 1940-45 de 193 100, soit 31% ?) mais pour un total de 1, 2 millions de mobilisés (333 000 « Africains » mais aussi… 176 000 pieds-noirs et 700 000 Français de France), soit un taux de pertes qui ne dépasse pas, toutes origines confondues,… 6% !

Donc, comme on le voit, la désinformation a de beaux jours devant elle – surtout si en plus on remplace les profs d’histoire de nos enfants par des… Jamel !

Voir: «C’est nous qui étions en première ligne»
A Arcueil, rencontre de l’équipe du film avec 150 lycéens peu revendicatifs.

Edito de Libération:

Colonies
Le quart des pertes de l’armée française entre 1939 et 1945
Les soldats venus d’outre-mer ont été envoyés massivement au front dès la Première Guerre mondiale.
Antoine de GAUDEMAR
Libération
Le 25 septembre 2006

En 1944, selon l’historien Dominique Lormier (1), l’armée française compte 550 000 hommes, dont plus de la moitié venus de l’outre-mer : 134 00 Algériens, 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et 92 000 originaires d’Afrique noire. Ces hommes n’ont pas été enrôlés pour l’occasion. L’armée d’Afrique existe depuis 1830, quand l’état-major du corps expéditionnaire français en Algérie forme les premiers bataillons de zouaves, composés à l’origine de Kabyles. Quelques années plus tard et au fur et à mesure de l’expansion coloniale de la France en Afrique, seront créés la Légion étrangère, puis le bataillons de spahis marocains, de chasseurs algériens et de tirailleur sénégalais (terme qui désignera vite tous les soldats noirs de l’armée française). On forme également des compagnies sahariennes (méharistes et goumiers). Le recrutement était en principe fondé sur le volontariat, mai les exemples abondent d’enrôlements de force, surtout en Afrique noire. Les autres colonies (Antilles, Polynésie, Madagascar, Indochine) ont aussi fourni un important tribut à la défense de la métropole.
L’engagement des troupes africaines est très important dès la Première Guerre mondiale, puisque 70 000 combattants musulmans tombent pendant la seule bataille de Verdun en 1916. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’armée d’Afrique participe à partir de 1942 de manière très active à la libération de la France. La 2e DB du général Leclerc est ainsi composée d’un mélange de Français de métropole, de pieds-noirs, de Libanais, d’Algériens, de Marocains, de Noirs d’Afrique équatoriale et d’Indiens des comptoirs. Au final, le bilan sera lourd : 60 000 soldats (occidentaux et africains) de l’armée d’Afrique auront péri en 1945, soit le quart des pertes françaises pendant tout le conflit. Parmi eux, les fameux tirailleurs sénégalais, «mes frères noirs à la main chaude, couchés sous la glace et la mort», que chanta seul et pendant longtemps le grand poète Léopold Sédar Senghor. En attendant la pleine reconnaissance de l’Etat français, enfin.
(1) Dont C’est nous les Africains. L’épopée de l’armée française d’Afrique (1940-1945) vient de paraître chez Calmann-Lévy.

Voir aussi les interventions de Max Gallo et Yves Michaud sur sur France culture.

* Note: pour le total 14-18, le site pédagogique du film donne 407 000 mobilisés (218 000 pour l’Afrique du nord + 189 000 pour l’Afrique noire) et 66 000-71 000 (+ 22
000 pieds-noirs) de pertes, soit 17% (mais, comme le rappelle Libération, il y avait aussi des Asiatiques, Libanais, etc.) pour 7,8 millions de
Français engagés et 1,8 millions de pertes, soit 16%.

Pour 42-45 (entre 42 et 45, l’Armée française était nécessairement « d’Afrique », la France étant
occupée depuis 1940) : 333 000 « coloniaux » (233 000 nord-africains + 100 000 noirs) + 176 000 Français d’Algérie engagés
et 15 200 de pertes (11 200 + 4 000 + ? pieds-noirs), soit 4,5 % (comparés à 700 000 Français
engagés et 40 000 de pertes, soit 6%) …

Un commentaire pour Indigènes: La désinformation continue (Days of largely imagined glory)

  1. […] qui prend la peine de rappeler, sans parler des viols massifs de nos “indigènes” en Italie ou en Allemagne, que si 80% des GI’s condamnés pour viols étaient noirs sur un […]

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