THREE THINGS I TOO HAD TO LEARN ALONE (To my dear sons)
…
Three separate moments, years apart
Like little epiphanies from the gift-bearing three kings of yore
Each small, private, at the time unexplained
Common to most childhoods, yet felt then as if only mine
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First, the shoes
I turned them over one day
Each sole worn unevenly, from one side to the other
One edge thin, almost through, the opposite still thick
I thought it was only me, my feet maybe walked wrong
No one had ever told me nature didn’t wear out evenly
Such imperfections hidden in the smallest things
Wasn’t the world supposed to be all perfect and fair ?
Now suddenly showing its cracks
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Second, the plugs
On the floor: male plugs with prongs, female sockets with holes
How could you not see it?
The forbidden act, the one adults hushed, banned from mention
Brazenly, shamelessly spelled out, in plastic and metal
Male entering female, fitting, coupling
Language shouted it in the open
How could words be so graphic about such an unmentionable thing ?
…
Third, my sister
Visiting one of my aunt’s friends I really liked in her hotel room
My little sister did I can’t remember what
How could I not tell Auntie Tess?
But she turned on me: “Don’t rat on your sister !”
I stood confused
No one had ever told me “always tell the truth” had silent exceptions
Rules also had their fine print
…
Three little, distinct shocks
My own treasured gold, frankincense, and myrrh, now mine to pass on
About our world’s inevitable imperfections, contradictions and exceptions
It wasn’t lies so much as silences
Not all truths were said — or meant to be told
TROIS CHOSES QUE MOI AUSSI J’AI DÛ APPRENDRE SEUL (À mes chers fistons)
Trois moments, séparés peut-être par des années
Petites épiphanies offertes des trois rois mages d’antan
Furtifs, secrets, si mystérieux à l’époque
Communs à la plupart des enfances, mais uniques pour moi alors
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D’abord, les chaussures
Je les retournai un jour
Chaque semelle usée inégalement, d’un bord à l’autre
Un côté fin, presque percé, l’autre intact
Peut-être que c’était moi, mes pieds qui marchaient pas droit
Personne ne m’avait jamais dit, la nature ne s’usait pas partout pareil
De telles imperfections cachées, même dans les plus petites choses
Le monde, jusque-là si parfait, si juste
Qui soudain révélait ses fissures
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Ensuite, les prises
Par terre : les broches des fiches mâles, les trous des prises femelles
Comment ne pas voir ?
L’acte interdit, celui que les adultes taisaient, qu’ils interdisaient même de nommer Affiché là sans vergogne aucune, entre plastique et métal
Le mâle entrant dans la femelle, se pénétrant, s’accouplant
Les mots le criaient au grand jour
Comment pouvait-on exhiber si crûment l’interdit des interdits ?
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Enfin, ma sœur
Dans la chambre d’hôtel de l’amie, que j’aimais bien, de ma tante
Ma petite sœur, qui avait fait je ne sais plus quoi
Comment ne pas le dire à Tatie Thérèse ?
Mais elle me rembarra tout net : « On ne dénonce pas sa sœur ! »
Comment ça ?
Personne ne m’avait jamais dit, « toute la vérité » avait ses exceptions, ses non-dits
Les règles aussi avaient leurs clauses cachées
…
Trois petits chocs distincts
Mon propre or, encens et myrrhe à transmettre précieusement à présent à mon tour
Sur ces inévitables imperfections, contradictions et exceptions dont est fait notre monde Pas vraiment des mensonges, juste des silences
Toutes les vérités n’étaient pas dites — ni bonnes à dire
MY LIFE FOR A LADDER !
This effect of an interrupted trajectory … like a projectile carried by its inertia… a betrayed promise. Pierre Bourdieu (1978)
And behold the angels of God ascending and descending on it. Genesis 28: 12
The ladder, infinite, against the blue
So many missing, broken rungs
I stretched and stretched
Dad failed so bad, mom so useless
Gentle Granny had to go away and die
Evil Thénardiers, but thank God, Angel Auntie on it
The ladder, infinite, against the blue
So many missing, broken rungs
The ladder would just not help
Then, I woke up
MA VIE POUR UNE ÉCHELLE !
Cet effet de trajectoire interrompue… comme un projectile emporté par son inertie… une promesse trahie. Pierre Bourdieu (1978)
Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par elle. Genèse 28:12
L’échelle, infinie, contre le bleu du ciel
Tant de barreaux manquants, cassés
Et moi, m’étirant, m’étirant
Papa, si défaillant, maman, si inutile
Douce Mamie qui a dû partir et mourir
Thénardiers malfaisants, mais Dieu merci, l’Ange Tanty là
L’échelle, infinie, contre le bleu du ciel
Tant de barreaux manquants, cassés
L’échelle n’y pouvait tout simplement rien
Puis, moi, qui me réveille
TRUST YE NOT IN ANY BROTHER (To my dear sons)
Farmer Cain slays shepherd Abel
Blood cries from the furrowed earth
First civilization born in fratricidal blood
Shepherd Jacob steals from hunter Esau
Birthright for red stew
Second near fratricidal war
She-wolved Romulus buries twin Remus
Walls on brother’s spilled life
Third city-founding murder
And me nearly drowning my older brother
In the very baptistry
That old child-sacrifice substitute I later got baptized in
NE TE FIE A AUCUN DE TES FRÈRES (À mes chers fils)
Ne te fie à aucun de tes frères; car tout frère cherche à tromper. Jérémie 9: 4
Nous avons tendance à penser naïvement les rapports fraternels comme une affectueuse complicité. Mais les exemples mythologiques, littéraires et historiques dessinent une autre réalité et donnent d’innombrables exemples de conflits violents. Nous citions Caïn et Abel ou Jacob et Esaü mais il y a aussi Romus et Romulus (…) [ou] Richard Cœur de lion et Jean sans terre. Même quand ils ne sont pas des jumeaux, les frères ont de nombreux attributs en commun qui les confondent : ils ont le même père, la même mère, le même sexe, la même position relative dans la société. Cette proximité et cette parenté les rendent ennemis, concurrents. René Girard
Le paysan Caïn tue le berger Abel
Sang criant de la terre labourée
Première civilisation née dans le sang fratricide
Le berger Jacob vole au chasseur
Ésaü Droit d’aînesse contre ragoût rouge
Deuxième guerre fratricide évitée de justesse
Romulus, nourri par la louve, enterre son jumeau Rémus
Murailles sur vie fraternelle répandue
Troisième meurtre fondateur de ville
Et moi, manquant de noyer mon frère aîné
Dans le baptistère même
Ce vieux substitut au sacrifice d’enfant
Où plus tard je fus baptisé
HOW COULD GOD KILL ALL THOSE EGYPTIANS ? (Feb. 16, 2025)

The angels wanted to sing their song but the Holy One said: The work of My hands, the Egyptians, are drowning at sea, and you wish to say songs? This indicates that God does not rejoice over the downfall of the wicked. Rabbi Yoḥanan (Talmud, Megillah 10 b)
From the Egyptian standpoint the departure of the Hebrews from Egypt was actually a justifiable expulsion (…) of a group of people suffering from various diseases (…) under the leadership of a certain Moses (…) They finally settled in Jerusalem and became the ancestors of the Jews. James G. Williams (2007)
Last night in Neuilly’s church
Priest and rabbi share the stand
How could God kill all those Egyptians, I ask
With that little American girl at her bat mitzvah ?
How can you doubt the word of God, the priest says
Where do you stop if you question everything ?
It’s just a question of faith
You trust the words or you don’t
The Talmud says we shouldn’t be too happy, the rabbi replies
Even God silenced the angels
Cut the celebration song short
About the drowning of His own creatures
But doesn’t plague after plague Exodus mock Egypt’s gods
Who themselves didn’t see it, I counter
As the expulsion of a contagious band of lepers
With every plague, from our Middle Ages to Gaza today, pinned on the baby-killers ?
Love your enemies, Jesus says
As your father suns and rains both just and unjust
And listen to the mouths of babes
Which is why I never could teach…
Such divine innocent massacres to my own sons
COMMENT DIEU A-T-IL PU TUER TOUS CES ÉGYPTIENS ?
Les anges voulaient chanter leur chant mais le Saint a dit : L’œuvre de Mes mains les Égyptiens se noient dans la mer et vous voulez entonner des louanges ? Cela montre que Dieu ne se réjouit pas de la chute des méchants. Rabbi Yoḥanan (Talmud, Megillah 10b)
Du point de vue égyptien le départ des Hébreux d’Égypte était en réalité une expulsion justifiée (…) d’un groupe de personnes souffrant de diverses maladies (…) sous la direction d’un certain Moïse. (…) Ils se sont finalement installés à Jérusalem et sont devenus les ancêtres des Juifs. James G. Williams (2007)
Hier soir à l’église de Neuilly
Prêtre et rabbin partagent l’estrade
Comment Dieu a-t-il pu tuer tous ces Égyptiens, je demande
Avec cette petite Américaine à sa bat mitzvah
Comment douter de la parole de Dieu, dit le prêtre
Où s’arrête-t-on si on commence à tout remettre en question
C’est juste une question de foi
On fait ou on fait pas confiance à la Parole
Le Talmud dit qu’on ne devrait pas être trop joyeux, répond le rabbin
Même Dieu a fait taire les anges
Coupé court aux célébrations
De la noyade de Ses propres créatures
Mais l’Exode ne moque-t-il pas, plaie après plaie, les dieux des Egyptiens
Qui eux-mêmes ne le voyaient-ils pas, je réplique
Comme l’expulsion d’une bande de lépreux et de pestiférés
Chaque plaie, de notre Moyen Âge à Gaza aujourd’hui, attribuée aux tueurs de bébés ?
Aimez vos ennemis, dit Jésus
Comme votre Père et son soleil et sa pluie sur les bons et les méchants
Et écoutez ce qui sort de la bouche des enfants
C’est pourquoi je n’ai jamais pu enseigner
De tels massacres d’innocents par Dieu à mes propres fils
WHAT DAYS TURNED FROM SORROW TO JOY ?





The days [that] turned (…) from sorrow to joy (…) because Haman (…) the enemy of all the Jews(…) wicked device (…) returned upon his own head (…) should be remembered and kept throughout every generation, every family, every province, and every city. Esther 9: 20-28
A person is obligated to become intoxicated on Purim until he cannot distinguish between ‘cursed is Haman’ and ‘blessed is Mordecai. Talmud (Megillah 7b)
Why does a part of the global left prefer Khamenei alive over a free Iran? Kamel Daoud
Jews saved from Persian genocide
Eternally remembered 6000 years on In Godless Bible scroll
And anything-goes Purim carnival
Complete with evil Haman burned
Putin-poodle Trump burns latter-day Haman to ash
With hacked anti-dissidents cameras
Persians happily chant, Americans mourn
International law, politicians condemn
Killers 16 times, the region’s sole democracy 112
Arab hypocrites cheer, fund the terrorists
Refuse their bases, too
Get a taste of their own medicine
Polls confirm as our far-left Replaces Le Pen as number-one Jew-hater
Masks fall as with China rocket fuel and space images
Hamas-like mullahs hide in schools and hospitals
The same that shot unarmed 30, 000 in the streets
In bombed barracks masquerading as school
Clueless media parrot the killers’ words
From Lille to Nice
We mindlessly go Through our own carnivals…
Yet unseen God turns sorrow to joy
QUELS JOURS DE DOULEUR CHANGÉS EN JOURS DE FÊTE ?
Mardochée (…) leur prescrivait de célébrer chaque année (…) les jours de douleur (…) changés en jours de fête (…) car Haman (…) persécuteur de tous les juifs, avait eu le projet de les exterminer tous (…) et (…) le roi ordonna (…) de faire retomber sur la tête d’Haman le méchant projet qu’il avait formé contre les Juifs, et de le pendre au bois (…) et (…) ces jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville. Esther 9:20-28
Une personne est obligée de s’enivrer à Pourim jusqu’à ne plus pouvoir distinguer entre “maudit soit Haman” et “béni soit Mardochée”. Talmud (Meguila 7b)
Pourquoi une partie de la gauche mondiale préfère Khamenei vivant plutôt qu’un Iran libre ? Kamel Daoud
Juifs sauvés du génocide perse
Éternellement rappelé 6000 ans plus tard
Dans le rouleau biblique au Dieu jamais nommé
Et carnaval Pourim où tout est permis
Et méchant Haman brûlé en effigie
Caniche de Poutine, réduit en cendres le Haman d’aujourd’hui
Grâce aux caméras de surveillance détournées des anti-dissidents
Perses qui chantent joyeusement, Américains qui pleurent
Droit international et politiciens qui condamnent
Les tueurs 16 fois, la seule démocratie 112
Hypocrites arabes qui applaudissent, financent les terroristes
Refusent aussi leurs bases
Et goûtent enfin à leur propre médecine
Sondages qui confirment notre extrême-gauche
A la place de Le Pen comme premiers antisémites du pays
Masques qui tombent, mollahs aux images spatiales et carburant-fusée chinois
Qui se cachent à la Hamas dans écoles et hôpitaux
Les mêmes qui dans les rues ont tiré sur 30 000 manifestants désarmés
Dans une casernes bombardée déguisée en école
Médias ignorants qui répètent mot pour mot les paroles des tueurs
De Lille à Nice Nous hantons oublieux
Nos propres carnavals…
Dieu invisible pourtant change la douleur en fête
Pourim/5786: Quels jours de douleur changés en jours de fête ? (What properly carnival-like inversion of all the rules when on this day of liberation for the Persian people…Iranians chant for Trump and Americans chant for Khamenei ?)