Gaza: Attention, une victoire peut en cacher une autre (One dead baby too many ? – Will Hamas be the victim of its own morbid propaganda “success” ?)

Devant l’école gérée par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens que l’armée israélienne a bombardée dimanche 3 août, faisant au moins dix morts.

Il faut commencer par se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
C’est vrai qu’il y a un carnage à Gaza, mais c’est la conséquence des agissements du Hamas. Nous visons délibérément des cibles militaires et par accident des civils. Eux, ils visent délibérément des civils en envoyant des roquettes sur les villes israéliennes. (…) Nous regrettons qu’il y ait des victimes civiles à Gaza, mais il faut savoir à qui incombe la responsabilité de tout cela, en l’occurrence, le Hamas. Le Hamas se cache derrière des civils, les utilise comme boucliers humains, construit des tunnels dans des lieux civils et s’attend à ce qu’on condamne Israël pour son opération. (…) A l’heure actuelle l’antisémitisme est enraciné dans l’idéologie de certains groupes terroristes. La charte du Hamas demande d’ailleurs l’éradication de tous les juifs. Ils ne veulent pas d’une solution à deux Etats. (…) Cet antisémitisme est une pathologie, une maladie qu’il faut combattre. Cette vague d’antisémitisme est enracinée dans cette croyance d’un Islam militant qui attaque les Juifs. La charte du Hamas demande l’éradication de tous les Juifs, pas seulement l’État juif. Ils ne veulent pas une solution à deux États. Ils veulent un seul État sans Juif. Donc ce n’est pas étonnant que les amis du Hamas en France, et ailleurs en Europe, partagent cette idéologie antisémite, et il faut la combattre. (…) Ce n’est pas la bataille d’Israël, c’est la bataille de la France, car s’ils réussissent ici et que nous ne sommes pas solidaires, et bien cette peste du terrorisme viendra chez vous. C’est une question de temps mais elle viendra en France. Et c’est déjà le cas (…)  Les gens ne connaissent pas la réalité. Israël est une démocratie à qui on impose la guerre, qui se bat pour sa sécurité contre un ennemi particulièrement cruel qui n’obéit à aucune norme, à aucune loi, qui n’a aucune inhibition, qui attaque nos civils et qui utilise ses propres civils comme boucliers humains.  Benjamin Netanyahou
L’UE condamne vivement les tirs aveugles de roquettes lancées vers Israël par le Hamas et des groupes radicaux de la bande de Gaza et qui touchent directement des civils. Ce sont  des actes criminels injustifiables. L’UE demande au Hamas de mettre immédiatement un  terme à ces actions et de renoncer à la violence. Tous les groupes terroristes présents à  Gaza doivent désarmer. Conseil de l’Union européenne
Le Président a rappelé la position américaine à savoir qu’au final, toute solution de long terme au conflit israélo-palestinien doit assurer le désarmement de groupes terroristes et la démilitarisation de Gaza. Barack Obama
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l’a répété, lundi 28 juillet au soir à la télévision : « une longue campagne » se profile pour « achever l’objectif de l’opération : détruire les tunnels ». Mais cet objectif n’est plus, désormais, que « la première étape et la plus cruciale pour la démilitarisation de Gaza ». (…)  L’idée a été entérinée par les vingt-huit ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ainsi que par le président américain, Barack Obama, et son chef de la diplomatie, John Kerry. Le Monde
The Qataris have invested hundreds of millions in both defensive and offensive cyber capabilities,” said Dadon. “We have sourced 70% of the cyber-attacks on Israeli government sites in recent weeks to IP addresses associated with Qatar.” (…) Not only is Qatar footing the bill, it also trained Hamas terrorists how to use sophisticated equipment and systems to manage its extensive terror tunnel system, as well, systems to fire rockets at Israel using automatic, timed launching systems. (…) According to Dadon, Hamas has embedded sophisticated network systems inside its terror tunnels, giving operatives in command and control centers the ability to monitor events in any of the tunnels. Using sensors and other networked equipment, terrorists can quickly be notified if an IDF unit is advancing in a tunnel, allowing them to disperse quickly — and allowing the command and control staff to set off explosives when soldiers approach a booby trap. In addition, he said, Hamas has automated its rocket firing system using networked, cloud-based launching software provided by Qatar. “They can set off a rocket from any distance, and set them to go off at a specific time, using timers,” Dadon said. “Anyone who thinks they have dozens of people sitting next to launchers firing rockets each time there is a barrage is mistaken.” Besides the assistance Qatar gives Hamas, hackers hired by the Gulf kingdom have been busy hitting Israeli government and infrastructure sites, trying to disrupt the operations of electricity, water, and other critical systems, said Dadon. The Times of Israel
C’est un mystère pourquoi tant de médias acceptent comme parole d’évangile les chiffres du Hamas sur le nombre de civils tués dans la récente guerre. Le Hamas proclame que 90% des 1800 Palestiniens tués sont des civils. Israël dit que la moitié des tués sont des combattants. Les faits objectifs sont plus proches de ce que dit Israël que du Hamas. Même des organisations de droits de l’homme anti-israéliennes reconnaissent, selon le New York Times, que le Hamas compte probablement parmi ces « civils tués par Israël », les groupes suivants : les Palestiniens tués comme collaborateurs, ceux tués de violences domestiques (crimes d’honneur), les Palestiniens tués par des roquettes ou obus de mortier du Hamas et les Palestiniens qui sont morts de mort naturelle durant le conflit. Je me demande si le Hamas compte aussi les 162 enfants qui sont morts en travaillant comme esclaves pour construire les tunnels. Le Hamas ne comptabilise pas comme combattants, ceux qui construisent les tunnels, ni ceux qui permettent à leurs maisons d’être utilisées comme cache d’armes et lancement de roquettes, ni les policiers du Hamas, ni les membres de la branche politique et ni les autres qui travaillent main dans la main avec les terroristes armés. Il y a plusieurs années, j’ai forgé un concept pour essayer de montrer que la distance entre un civil et un combattant n’est souvent qu’une question de degré, je l’ai appelé « continuum of civilianality ». Il est clair qu’un enfant dont l’âge ne lui permet pas encore d’aider les combattants du Hamas est un civil et qu’un combattant du Hamas qui tire des roquettes, porte des armes ou opère dans les tunnels est un combattant. Entre ces deux extrêmes, se trouve une grande variété de gens, dont certains sont plus proches des civils et certains sont plus proches des combattants. La loi de la guerre n’a pas établi de distinction claire entre combattants et civils, en particulier dans un contexte de guerre urbaine où des gens peuvent transporter des armes la nuit et être boulangers durant la journée, ou tirer des roquettes durant la journée et aller dormir avec leurs familles la nuit. (…) Les données publiées par le New York Times suggèrent fortement qu’un très grand nombre, peut-être la majorité des gens tués sont plus proches du combattant de l’extrêmité de l’échelle que du civil de l’extrémité de l’échelle. Premièrement, la vaste majorité des tués sont plutôt des hommes que des femmes, deuxièmement la majorité ont entre 15 et 40 ans, le nombre de personnes âgés de plus de 60 ans sont rarissimes, le nombre d’enfants en dessous de 15 ans est aussi relativement petit, bien que leurs images aient été prépondérantes ! En d’autres termes, les genres et âges des tués ne sont pas représentatifs de la population générale de Gaza mais plus représentatifs du genre et de l’âge des combattants. Ces données suggèrent qu’un très grand pourcentage de Palestiniens tués sont du coté des combattants de l’échelle (continuum). Elles prouvent également, comme si des preuves étaient nécessaires à des yeux impartiaux, qu’Israël n’a pas ciblé des civils au hasard. Si cela était le cas, les tués seraient représentatifs de la population générale de Gaza plutôt que de sous-groupes étroitement associées à des combattants. Les médias devraient cesser immédiatement d’utiliser les statistiques approuvées par le Hamas qui déjà dans le passé se sont révélés être très peu fiables (…) Les médias font preuve de paresse en s’appuyant sur les chiffres de la propagande du Hamas et mettent en danger la profession. Lorsque l’infâme rapport Goldstone a faussement affirmé que la grande majorité des personnes tuées dans l’Opération Plomb Durci étaient des civils et non des combattants du Hamas, beaucoup d’habitants de Gaza se sont plaints, ils ont accusé le Hamas de lâcheté puisque tant de civils avaient été tués alors que les combattants avaient été épargnés. À la suite de ces plaintes, le Hamas a été forcé de dire la vérité : il a reconnu le nombre de combattants et policiers armés tués. Il est probable que le Hamas fera une « correction » similaire à l’égard de ce conflit. Mais cette correction ne sera pas diffusée dans les médias, comme la correction précédente ne l’avait pas été. Les gros titres du genre « La plupart des personnes tuées par Israël sont des enfants, des femmes et des personnes âgées » vont continuer à être diffusés malgré la fausseté des faits. Tant que les médias ne démentiront pas, le Hamas poursuivra sa « stratégie de bébés morts » et plus de gens des deux côtés vont mourir. Alan Dershowitz
C’est la troisième fois depuis le début du conflit qu’une telle scène de chaos se produit dans un centre de l’UNRWA, l’organisme de l’ONU chargé des réfugiés palestiniens, après l’attaque des écoles de Beit Hanoun et Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. « Cette folie doit cesser », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dénonçant un « scandale du point de vue moral et un acte criminel ». Les Etats-Unis se sont dits « consternés » par ce « bombardement honteux », tandis que François Hollande jugeait l’attaque « inadmissible », appelant à ce que les responsables du carnage « répondent de leurs actes ». (…) Après trois semaines de conflit, l’étroite bande de terre est au bord d’un désastre humanitaire sans précédent : un quart des habitants de Gaza ont fui leur maison ; 280 000 réfugiés s’entassent dans les 84 écoles de l’ONU complètement saturées. Une dizaine d’hôpitaux ont été endommagés par des bombardements, aggravant le bilan des victimes, qui dépasse les 1 800 morts et 9 000 blessés. Des rues entières ont été rayées de la carte, comme à Beit Hanoun dans le nord, ou près de Khan Younès, dans le sud-est. Le 29 juillet, le bombardement de l’unique centrale électrique de Gaza a ajouté une nouvelle plaie aux calamités du territoire palestinien. La distribution d’eau dans les maisons a été quasiment coupée, faute d’énergie électrique pour faire fonctionner les systèmes de pompage. Les Gazaouis errent des journées entières, jerrican à la main, à la recherche des quelques camions-citernes distribuant de l’eau saine. A Rafah, l’école de l’ONU, qui accueille plus de 3 000 réfugiés, est privée d’eau depuis quatre jours. Les conditions sanitaires sont désastreuses. Les salles et les allées crasseuses des écoles surpeuplées affichent le douloureux spectacle du dénuement et de la promiscuité. Des familles entières s’entassent derrière des tapis déployés en rideaux de fortune. (…) Selon les Nations unies, plus de 50 000 Gazaouis ont perdu la totalité de leur maison, auxquels il faut ajouter 30 000 autres personnes dont le logement est considéré comme inhabitable. Le Monde
Tsahal a les coordonnées GPS de toutes les écoles. Pourtant, à pas moins de cinq reprises, ces écoles ont essuyé le feu direct de l’armée israélienne. Quelque 40 personnes ont été fauchées par des obus, dans ces établissements, alors que l’ONU avait prévenu de la présence de réfugiés. Au total, selon l’ONU, 133 écoles ont été endommagées par l’armée israélienne. A l’entrée de la ville de Gaza, un marché qui venait de rouvrir après le jeûne du ramadan a pris une volée d’obus. Des hôpitaux ont été touchés. (…) Les bombardements ont détruit l’unique centrale électrique et démoli une partie du système d’épuration des eaux. Hôpitaux et centres de réfugiés fonctionnent dans des conditions de plus en plus précaires. Pas un mètre carré de Gaza n’est hors de portée de Tsahal. Près de 80 % des 1 600 Palestiniens tués à ce jour sont des civils. On connaît la position d’Israël. Le Hamas installe ses roquettes au milieu d’une population dont il sait qu’elle n’a guère le loisir de s’enfuir ; chacun de ses tirs visant les villes israéliennes est parfaitement indiscriminé ; il lui arrive de stocker ses missiles dans la proximité immédiate des centres de l’ONU et de tirer depuis ces lieux. C’est ainsi, et de façon avérée. Tout autant que la virulence de la punition collective infligée par Israël aux gens de Gaza. Comme s’ils étaient collectivement responsables. Le Monde
On ne sait pas si le président russe, Vladimir Poutine, où l’un de ses subordonnés, a donné l’ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l’ordre direct d’un gouvernement. Les sanctions de l’Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L’annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ? Nous avons condamné les conflits interarabes et intermusulmans qui ensanglantent et décomposent le Moyen-Orient. Ils font plus de victimes locales que la répression israélienne. Mais la particularité de l’affaire israélo-palestinienne est qu’elle concerne et touche à l’identité des millions d’Arabes et musulmans, des millions de chrétiens et Occidentaux, des millions de juifs dispersés dans le monde. Ce conflit apparemment local est de portée mondiale et de ce fait a déjà suscité ses métastases dans le monde musulman, le monde juif, le monde occidental. Il a réveillé et amplifié anti-judaïsme, anti-arabisme, anti-christianisme (les croisés) et répandu des incendies de haine dans tous les continents. (…) N’ayant guère d’accointances avec les actuels présidents du Conseil et de la Commission européens, ce n’est pas vers ces éminentes et sagaces personnalités que nous nous tournons mais vers vous, François Hollande, pour qui nous avons voté et qui ne nous êtes pas inconnu. C’est de vous que nous sommes en droit d’attendre une réponse urgente et déterminée face à ce carnage, comme à la systématisation des punitions collectives en Cisjordanie même. Les appels pieux ne suffisent pas plus que les renvois dos à dos qui masquent la terrible disproportion de forces entre colonisateurs et colonisés depuis quarante-sept ans. L’écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) demandait aux dirigeants soviétiques une seule chose : « Ne mentez pas. » Quand on ne peut résister à la force, on doit au moins résister au mensonge. Ne vous et ne nous mentez pas, monsieur le Président. On doit toujours regretter la mort de militaires en opération, mais quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n’ont plus d’eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s’agit plus d’implorer mais de sommer au respect du droit international. (…) Nous n’oublions pas les chrétiens expulsés d’Irak et les civils assiégés d’Alep. Mais à notre connaissance, vous n’avez jamais chanté La Vie en rose en trinquant avec l’autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l’a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d’un repas familial. (…) Israël se veut défenseur d’un Occident ex-persécuteur de juifs, dont il est un héritier pour le meilleur et pour le pire. Il se dit défenseur de la démocratie, qu’il réserve pleinement aux seuls juifs, et se prétend ennemi du racisme tout en se rapprochant d’un apartheid pour les Arabes. L’école stoïcienne recommandait de distinguer, parmi les événements du monde, entre les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. On ne peut guère agir sur les accidents d’avion et les séismes – et pourtant vous avez personnellement pris en main le sort et le deuil des familles des victimes d’une catastrophe aérienne au Mali. C’est tout à votre honneur. A fortiori, un homme politique se doit de monter en première ligne quand les catastrophes humanitaires sont le fait de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir, surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés et qu’ils font partie des Nations unies, sujets aux mêmes devoirs et obligations que les autres Etats. La France n’est-elle pas un membre permanent du Conseil de sécurité ? Ce ne sont certes pas des Français qui sont directement en cause ici, c’est une certaine idée de la France dont vous êtes comptable, aux yeux de vos compatriotes comme du reste du monde. Rony Brauman, Régis Debray, Edgar Morin et Christiane Hessel
Il n’existe que deux moyens d’utiliser le monopole de la violence légitime : la guerre ou la police. Les vraies difficultés d’Israël ont commencé lorsque les ennemis ont été remplacés par des délinquants et que la guerre a été remplacée par de la police à grande échelle, action perpétuelle, car la lutte contre les délinquants ne s’arrête jamais, et s’avère coûteuse sur la durée, au moins sur le plan humain. Près de 1 000 soldats et policiers israéliens ont ainsi perdu la vie pendant l’occupation du Liban sud et les deux Intifada palestiniennes. Dans les années 2000, avec le développement des armes de précision à longue portée et l’édification de la barrière de sécurité, les Israéliens ont cru pouvoir résoudre ce dernier problème en évacuant certaines zones occupées tout en les gardant à portée des frappes. Cette stratégie a laissé le champ libre à des organisations hostiles comme le Hamas, qui, refusant de « jouer le jeu », ont pris soin de ne pas laisser apparaître de cibles susceptibles de constituer des objectifs militaires. Face à des miliciens fantassins ou des lanceurs de lance-roquettes, tous aisément dissimulables dans la population, les Israéliens ne pouvaient dès lors que frapper l’ensemble de celle-ci pour avoir une chance d’atteindre les premiers. (…) L’opération « Bordure protectrice » est ainsi, depuis 2006, la quatrième opération de même type contre le Hamas. Comme à chaque fois, le Hamas a répondu par une campagne de frappes qui s’avère toujours aussi peu létale pour les civils israéliens, qui, à ce jour, déplorent « seulement » trois victimes – neuf au total pendant les trois opérations précédentes. De leur côté, malgré les précautions et la précision des armes, les raids aériens ou les tirs d’artillerie israéliens finissent toujours, dans un espace où la densité de population dépasse 4 700 habitants par km2, par toucher massivement les civils. Ces pertes sont présentées comme inévitables et attribuées à la lâcheté du Hamas, comme si les soldats français avaient tué des milliers de civils afghans, dont des centaines d’enfants, en renvoyant la responsabilité sur les talibans qui se cachaient au milieu d’eux. (…) La nouveauté de cette opération est le niveau de pertes de Tsahal qui, avec 64 soldats tués, représente presque quatre fois le total des trois précédentes opérations. Lors de « Plomb durci », en 2008-2009, le rapport de pertes avait été de 60-70 combattants du Hamas tués pour un soldat israélien. Il est actuellement environ dix fois inférieur. Cette anomalie s’explique par les adaptations du Hamas qui, face à un adversaire ne variant pas ses modes d’action, a su contourner la barrière de sécurité par un réseau de tunnels d’attaque et par l’emploi de missiles antichars ou de fusils de tireurs d’élite capables d’envoyer des projectiles directs très précis jusqu’à plusieurs kilomètres. Cette double menace a imposé de renforcer la barrière d’une présence militaire, ce qui offrait déjà des cibles aux Palestiniens, et, pour tenter d’y mettre fin, de combattre dans les zones urbanisées de Gaza. Pour Israël, le bilan de « Bordure protectrice » est donc pour l’instant très inférieur à celui de « Plomb durci » et de « Pilier de défense ». Il ne reste alors que deux voies possibles, celle de l’acceptation d’une trêve en se contentant de l’arrêt des tirs du Hamas pour proclamer la victoire ou celle d’une fuite en avant à l’issue incertaine afin d’obtenir des résultats plus en proportion avec les pertes subies. A plus long terme, il reste à savoir combien de temps cette guerre sisyphéenne sera tenable. En 2002, une étude avait conclu que 50 % des Palestiniens entre 6 et 11 ans ne rêvaient pas de devenir médecin ou ingénieur mais de tuer des Israéliens en étant kamikaze. Douze ans plus tard, ces dizaines de milliers d’enfants sont adultes et rien n’a été fait pour les faire changer d’avis. Michel Goya
Benjamin Netanyahu a raison dans la mesure où le Hamas porte la responsabilité principale de la logique de terreur actuelle. Aujourd’hui encore, le Hamas a pris la responsabilité de briser la trève et de reprendre des tirs inefficaces qui se retournent fatalement contre la population palestinienne. Provocation supplémentaire, il a invité un journaliste d’Al Jazeera pour montrer que tous les tunnels n’ont pas pas été détruits. Benjamin Netanyahu n’a pas tort non plus lorsqu’il parle de terrorisme. Le Hamas, qui s’est maintenu au pouvoir de manière non démocratique, impose une dictature islamiste à Gaza et se sert de sa population civile comme de la chair à canon. Néanmoins, il faut aussi se demander qui est responsable du fait qu’on en soit arrivé là. Qui a démoralisé, humilié , piétiné les populations de Gaza et de Cisjordanie? Qui a continué la colonisation au mépris du droit international? Qui a saboté le processus de paix et les efforts fournis par l’administration américaine pour trouver une issue au conflit? Est-ce vraiment l’intérêt d’Israël de marginaliser le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas? Tout se passse comme si certains voulaient que le Hamas l’emporte sur les modérés car c’est un adversaire idéal, facile à diaboliser. On en arrive à soupçonner Benjamin Netanyahu de jouer les apprentis sorciers. Jean-François Kahn
Parmi tous les critères que proposent  les commentateurs pour déterminer « qui a gagné » l’Opération Bordure de protection, une chose saute aux yeux de tout le monde: l’attitude de la communauté internationale à l’égard d’un après-guerre de Gaza (pour peu qu’elle s’achève et quand elle s’achèvera). Et sur ce chapitre, Israël semble avoir remporté une victoire convaincante. La guerre de Gaza a changé la manière dont le monde parle du Hamas et de la bande de Gaza – et malgré toutes leurs niaiseries à Jérusalem, ce qui se passe est plus ou moins à l’unisson de ce que dit Benjamin Netanyahu. La semaine dernière, je parlais de la proposition informelle du gouvernement Netanyahu d’une « paix économique » pour Gaza, en échange de sa démilitarisation. Malgré les succès enregistrés, la paix économique n’a jamais été réellement adoptée par la communauté internationale, et quand Netanyahu la proposait, elle était généralement accueillie avec colère et dérision. Mais pas cette fois. Cette fois, le Hamas semble avoir surestimé sa force. Il est possible qu’il ait été victime de son « succès » macabre en matière de guerre de propagande. Mais le fait est que la communauté internationale est si déchirée par la violence à Gaza, qu’elle veut, plus que jamais, en empêcher la récurrence. Et peu importe ses nombreuses tentatives d’accuser Israël, il semble qu’elle comprenne qu’il n’y a qu’une manière d’empêcher un futur bain de sang : démilitariser, au moins de manière significative, la bande de Gaza. Seth Mandel

Quand le mieux devient l’ennemi du bien (le Hamas et ses propagandistes en auraient-ils cette fois trop fait ?) …

A l’heure où rompant une énième trêve et après un mois de « calvaire  largement auto-infligé

Le Hamas et ses pompom girls célèbrent dans le sang à nouveau leur incroyable victoire dans la guerre de pure propagande que semblent être désormais devenus les conflits actuels …

Pendant que juste à côté nos belles âmes se décident enfin à se tourner vers la véritable épuration ethnique à laquelle sont soumis les derniers restes de chrétiens de la région …

Comment pourtant ne pas voir avec la revue Commentary …

Derrière les sommets de diabolisation dont Israël a été l’objet …

Mais aussi, peut-être pour la première fois d’une manière aussi éclatante,  la révélation de l’incroyable arsenal (merci Téhéran et Doha !) de roquettes et de tunnels offensifs dont disposaient les dirigeants d’une entité censée être parmi les plus pauvres du monde …

Comme de l’inimaginable degré d’atrocité et du nombre de victimes, certes très probablement exagéré par le Hamas lui-même, que ceux-ci pouvaient provoquer …

La véritable victime qu’ont fini par produire la machine  de propagande si terriblement efficace des  dirigeants gazaouites et de leurs relais médiatiques occidentaux  …

Et pour laquelle, pour ne plus jamais  avoir à revoir de telles horreurs,  tout le monde n’a plus désormais que le mot jusqu’ici exclusivement israélien de « démilitarisation » à la bouche …

A savoir, victime de son propre succès, le Hamas lui-même ?

The Gaza War Has Changed the Way the World Talks About Hamas
Seth Mandel
Commentary
08.08.2014

Amid all the metrics commentators propose to determine “who won” Operation Protective Edge, one is staring everyone in the face: the international community’s attitude toward a postwar (if and when the war is over) Gaza. And on that score, Israel seems to have won a convincing victory. The Gaza war has changed the way the world is talking about Hamas and the Gaza Strip–and, despite all their tut-tutting at Jerusalem, they sound quite a bit like Benjamin Netanyahu.

I wrote last week of the Netanyahu government’s informal proposal for a sort of “economic peace” for Gaza in return for its demilitarization. Despite its record of success, economic peace has never really been embraced by the international community–and when Netanyahu proposes it, it’s usually met with anger and derision. But not this time. This time Hamas seems to have overplayed its hand.

It’s possible that this is Hamas being a victim of its own morbid “success” with regard to the propaganda war. That is, maybe the international community is so torn up by the violence in Gaza that they want more than ever to prevent its recurrence. And no matter how often they try to blame Israel, they seem to understand that there’s only one way to prevent future bloodshed: demilitarize, at least to a significant degree, the Gaza Strip.

Take, for example, the Obama administration. While President Obama, Secretary of State John Kerry, and their staffers and advisors have been intent on criticizing Israel in public and in harsh terms, the president’s loyal defense secretary, Chuck Hagel, reportedly spoke as though he took the need to disarm Hamas for granted last week. And it’s even more significant to hear of European leaders joining that bandwagon. As Foreign Policy reported last night:
Major European powers have outlined a detailed plan for a European-backed U.N. mission to monitor the lifting of an Israeli and Egyptian blockade of the Gaza Strip and the dismantling of Hamas’s military tunnel network and rocket arsenals, according to a copy of the plan obtained by Foreign Policy.

The European initiative aims to reinforce wide-ranging cease-fire talks underway in Cairo. The Europeans are hoping to take advantage of this week’s 72-hour humanitarian cease-fire to cobble a more durable plan addressing underlying issues that could reignite violence between Israel and the Palestinians.

It remains unclear whether the European plan has the support of Hamas, Israel, or the United States. It does, however, include several elements the Obama administration believes are essential, including the need to ease Gazans’ plight, strengthen the role of Palestinian President Mahmoud Abbas, and ensure the demilitarization of the Gaza Strip.

The plan — described in a so-called non-paper titled “Gaza: Supporting a Sustainable Ceasefire” — envisions the creation of a U.N.-mandated “monitoring and verification” mission, possibly drawing peacekeepers from the United Nations Truce Supervision Organization (UNTSO), which has monitored a series of Israeli-Arab truces in the region since the late 1940s. The mission “should cover military and security aspects, such as the dismantling of tunnels between Gaza and Israel, and the lifting of restrictions on movement and access,” according to the document. “It could have a role in monitoring imports of construction and dual use materials allowed in the Gaza Strip, and the re-introduction of the Palestinian Authority.”

The plan’s existence is in many ways more important than its details, for it shows Europe to be embracing Netanyahu’s idea for an economic peace for Gaza. Removing the import and export restrictions (or most of them) in return for real demilitarization would be an obvious win for everyone–except Hamas. In fact, it would give a major boost to the peace process overall, because it would discredit armed “resistance” as an effective method to win Palestinians their autonomy.

It would be quite a turnaround if Gaza somehow became the prime example of peaceful state building with the international community’s help. It’s also not an easy task, to say the least. But the fact that even Europe is on board, and expects to get the UN to agree to such a plan, shows that the principle of disarming Hamas and demilitarizing the Gaza Strip has gone mainstream.

Whether it happens is another question, of course, and no one should get their hopes up, especially while Hamas is breaking even temporary ceasefires. Additionally, the UN’s record in policing such zones of conflict, especially in the Middle East, is not cause for optimism. But talk of Hamas “winning” this war is made all the more ridiculous when the topic of conversation in the capitals of the Middle East and throughout the West is how to permanently disarm Hamas and dismantle any infrastructure they can use against Israel.

La guerre de Gaza a changé la manière dont le monde parle du Hamas
Seth Mandel
13/08/2014

La guerre de Gaza a changé la manière dont le monde parle du Hamas, Seth Mandel

Traduction française, par M. Macina de l’article intitulé « The Gaza War Has Changed the Way the World Talks About Hamas », mis en ligne le 8 août 2014 sur le site de Commentary Magazine.

Parmi tous les critères que proposent les commentateurs pour déterminer « qui a gagné » l’Opération Bordure de protection, une chose saute aux yeux de tout le monde: l’attitude de la communauté internationale à l’égard d’un après-guerre de Gaza (pour peu qu’elle s’achève et quand elle s’achèvera). Et sur ce chapitre, Israël semble avoir remporté une victoire convaincante. La guerre de Gaza a changé la manière dont le monde parle du Hamas et de la bande de Gaza – et malgré toutes leurs niaiseries à Jérusalem, ce qui se passe est plus ou moins à l’unisson de ce que dit Benjamin Netanyahu.

La semaine dernière, je parlais de la proposition informelle du gouvernement Netanyahu d’une « paix économique » pour Gaza, en échange de sa démilitarisation. Malgré les succès enregistrés, la paix économique n’a jamais été réellement adoptée par la communauté internationale, et quand Netanyahu la proposait, elle était généralement accueillie avec colère et dérision. Mais pas cette fois. Cette fois, le Hamas semble avoir surestimé sa force.

Il est possible qu’il ait été victime de son « succès » macabre en matière de guerre de propagande. Mais le fait est que la communauté internationale est si déchirée par la violence à Gaza, qu’elle veut, plus que jamais, en empêcher la récurrence. Et peu importe ses nombreuses tentatives d’accuser Israël, il semble qu’elle comprenne qu’il n’y a qu’une manière d’empêcher un futur bain de sang : démilitariser, au moins de manière significative, la bande de Gaza.

Arrêtons-nous, par exemple, sur l’administration Obama. Alors que le Président Obama, le Secrétaire d’Etat John Kerry, leur personnel et leurs conseillers avaient l’intention de critiquer publiquement Israël dans les termes les plus durs, on entend dire que le loyal ministre de la Défense du Président, Chuck Hagel, aurait parlé, la semaine passée, en des termes impliquant qu’il considère le désarmement du Hamas comme allant de soi. Et il est encore plus significatif d’apprendre que des dirigeants européens ont pris ce train en marche. Foreign Policy relatait hier soir :

« Selon une copie du plan obtenue par Foreign Policy, des grandes puissances européennes ont esquissé les grandes lignes d’un plan détaillé pour une mission des Nations unies, soutenue par l’Europe, chargée d’observer la levée des blocus israélien et égyptien de la Bande de Gaza et le démantèlement militaire du réseau de tunnels et des arsenaux de missiles du Hamas. »

L’initiative européenne vise à renforcer de larges pourparlers de cessez-le-feu qui sont en cours au Caire. Les Européens espèrent tirer avantage du présent cessez-le-feu humanitaire de 72 heures pour échafauder un plan plus durable destiné à régler des problèmes sous-jacents qui pourraient rallumer la violence entre Israël et les Palestiniens.

A ce stade, on ignore si ce plan européen a le soutien du Hamas, d’Israël et des Etats-Unis. Cependant, il comporte quelques éléments que l’administration Obama juge essentiels, dont la nécessité d’améliorer la situation critique des Gazans, de renforcer le rôle du Président palestinien Mahmoud Abbas, et de garantir la démilitarisation de la bande de Gaza.

Le plan exposé dans un document dit officieux, intitulé « Gaza : prise en charge d’un cessez-le-feu durable », envisage la création d’une mission d’« observation et de vérification », mandatée par les Nations unies, et éventuellement accompagnée de soldats de maintien de la paix de l’Organisation onusienne de Supervision de Trêves (UNTSO), qui a surveillé une série de trêves israélo-arabes dans la région depuis la fin des années 40. Selon ce document, la mission « devrait couvrir les aspects militaires et sécuritaires, tels que le démantèlement des tunnels entre Gaza et Israël, et la levée des restrictions de mouvement et d’accès ». « Il pourrait jouer un rôle dans la supervision des importations de matériaux de construction et de matériel à double usage dont l’entrée dans la bande de Gaza serait autorisée, et dans la réintroduction de l’Autorité Palestinienne. »

L’existence de ce plan est à bien des égards plus importante que ses détails, car il montre que l’Europe est en train d’adopter l’idée de Netanyahu d’une paix économique pour Gaza. Supprimer les restrictions d’importation et d’exportation (ou la majeure partie d’entre elles), en échange d’une véritable démilitarisation, serait un gain évident pour tout le monde, sauf pour le Hamas. En fait, il stimulerait considérablement l’ensemble du processus de paix, car il discréditerait la « résistance » armée, au bénéfice d’une méthode efficace permettant aux Palestiniens de gagner leur autonomie.

Ce serait un véritable revirement si Gaza devenait, en quelque sorte, le principal exemple de l’édification d’un Etat pacifique avec l’aide de la communauté internationale. Toutefois il ne s’agit pas d’une tâche facile, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais le fait que même l’Europe y soit attelée, et espère obtenir de l’ONU qu’elle entérine un tel plan, montre que le principe de désarmer le Hamas et de démilitariser la Bande de Gaza est largement admis.

Que cela se réalise est une autre question, bien sûr, et nul ne doit fonder tous ses espoirs là-dessus, en particulier quand on sait que le Hamas brise même des cessez-le-feu temporaires. De plus, les expériences onusiennes de gestion de telles zones de combat, n’inclinent guère à l’optimisme. Mais parler du Hamas comme étant le « vainqueur » de cette guerre est devenu d’autant plus ridicule que le principal sujet de conversation dans les capitales du Moyen-Orient et dans tout le monde occidental tourne autour de la manière de désarmer le Hamas de façon permanente et de démanteler toutes infrastructures qu’il pourrait utiliser contre Israël.

Voir aussi:

Les statistiques bidons du Hamas

Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard

Gatesone institute

7 août 2014

adaptation française Danilette

C’est un mystère pourquoi tant de media acceptent comme parole d’évangile les chiffres du Hamas sur le nombre de civils tués dans la récente guerre. Le Hamas proclame que 90% des 1800 Palestiniens tués sont des civils [NDT : 1800, chiffres du Hamas]. Israël dit que la moitié des tués sont des combattants. Les faits objectifs sont plus proches de ce que dit Israël que du Hamas.

Même des organisations de droits de l’homme anti-israéliennes reconnaissent, selon le New York Times, que le Hamas compte probablement parmi ces « civils tués par Israël », les groupes suivants : Les Palestiniens tués comme collaborateurs, ceux tués de violences domestiques (crimes d’honneur), les Palestiniens tués par des roquettes ou obus de mortier du Hamas et les Palestiniens qui sont morts de mort naturelle durant le conflit.

Je me demande si le Hamas compte aussi les 162 enfants [NDT : chiffre officiel du Hamas, il y en a eu beaucoup plus…] qui sont morts en travaillant comme esclaves pour construire les tunnels. Le Hamas ne comptabilise pas comme combattants, ceux qui construisent les tunnels, ni ceux qui permettent à leurs maisons d’être utilisées comme cache d’armes et lancement de roquettes, ni les policiers du Hamas, ni les membres de la branche politique et ni les autres qui travaillent main dans la main avec les terroristes armés.

Il y a plusieurs années, j’ai forgé un concept pour essayer de montrer que la distance entre un civil et un combattant n’est souvent qu’une question de degré, je l’ai appelé « continuum of civilianality ». Il est clair qu’un enfant dont l’âge ne lui permet pas encore d’aider les combattants du Hamas est un civil et qu’un combattant du Hamas qui tire des roquettes, porte des armes ou opère dans les tunnels est un combattant. Entre ces deux extrêmes, se trouve une grande variété de gens, dont certains sont plus proches des civils et certains sont plus proches des combattants. La loi de la guerre n’a pas établi de distinction claire entre combattants et civils, en particulier dans un contexte de guerre urbaine où des gens peuvent transporter des armes la nuit et être boulangers durant la journée, ou tirer des roquettes durant la journée et aller dormir avec leurs familles la nuit. (Il est intéressant de noter que la Cour suprême israélienne a essayé d’élaborer une définition fonctionnelle du terme combattant en plein contexte trouble de guerrilla urbaine).

Les données publiées par le New York Times suggèrent fortement qu’un très grand nombre, peut-être la majorité des gens tués sont plus proches du combattant de l’extrêmité de l’échelle que du civil de l’extrémité de l’échelle. Premièrement, la vaste majorité des tués sont plutôt des hommes que des femmes, deuxièmement la majorité ont entre 15 et 40 ans, le nombre de personnes âgés de plus de 60 ans sont rarissimes, le nombre d’enfants en dessous de 15 ans est aussi relativement petit, bien que leurs images aient été prépondérantes ! En d’autres termes, les genres et âges des tués ne sont pas représentatifs de la population générale de Gaza mais plus représentatifs du genre et de l’âge des combattants. Ces données suggèrent qu’un très grand pourcentage de Palestiniens tués sont du coté des combattants de l’échelle (continuum).

Elles prouvent également, comme si des preuves étaient nécessaires à des yeux impartiaux, qu’Israël n’a pas ciblé des civils au hasard. Si cela était le cas, les tués seraient représentatifs de la population générale de Gaza plutôt que de sous-groupes étroitement associées à des combattants.

Les médias devraient cesser immédiatement d’utiliser les statistiques approuvées par le Hamas qui déjà dans le passé se sont révélés être très peu fiables. Ils devraient plutôt essayer de documenter, de façon indépendante, les données de chaque personne tuée : âge, sexe, profession, affiliation au Hamas et autres facteurs objectifs pertinents à la définition de son statut de combattant, non-combattant ou mixte. Les media font preuve de paresse en s’apuyant sur les chiffres de la propagande du Hamas et mettent en danger la profession. Lorsque l’infâme rapport Goldstone a faussement affirmé que la grande majorité des personnes tuées dans l’Opération Plomb Durci étaient des civils et non des combattants du Hamas, beaucoup d’habitants de Gaza se sont plaints, ils ont accusé le Hamas de lâcheté puisque tant de civils avaient été tués alors que les combattants avaient été épargnés. À la suite de ces plaintes, le Hamas a été forcé de dire la vérité : il a reconnu le nombre de combattants et policiers armés tués. Il est probable que le Hamas fera une « correction » similaire à l’égard de ce conflit. Mais cette correction ne sera pas diffusée dans les médias, comme la correction précédente ne l’avait pas été.

Les gros titres du genre « La plupart des personnes tuées par Israël sont des enfants, des femmes et des personnes âgées » vont continuer à être diffusés malgré la fausseté des faits. Tant que les media ne démentiront pas, le Hamas poursuivra sa « stratégie de bébés morts » et plus de gens des deux côtés vont mourir.

Voir également:

Désastre humanitaire dans les ruines de Gaza
Hélène Jaffiol (Gaza, envoyée spéciale)
Le Monde
04.08.2014

Malgré une nouvelle trêve humanitaire de sept heures annoncée par Israël à partirde 9 heures, lundi 4 août, le cauchemar des habitants de Gaza n’en finit pas. Chaque arrêt provisoire des hostilités, chaque cessez-le-feu, s’achève en nouveau bain de sang.

Amal Jababra, jeune et frêle Palestinienne de Rafah, avait rejoint vendredi, à bout de force, l’enceinte d’une école de l’ONU, alors qu’un déluge de feu s’abattait sur les quartiers est de la ville-frontière. Dimanche, en milieu de matinée, elle a de nouveau vécu l’horreur lorsque les éclats d’un obus israélien ont déchiqueté la jambe de son mari, devant l’entrée du bâtiment. L’attaque qui, selon l’arméeisraélienne, visait trois membres du Jihad islamique circulant sur une moto, a fait plus de 10 morts et 30 blessés parmi les civils.

« CETTE FOLIE DOIT CESSER »

C’est la troisième fois depuis le début du conflit qu’une telle scène de chaos se produit dans un centre de l’UNRWA, l’organisme de l’ONU chargé des réfugiés palestiniens, après l’attaque des écoles de Beit Hanoun et Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. « Cette folie doit cesser », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dénonçant un « scandale du point de vue moral et un acte criminel ». Les Etats-Unis se sont dits « consternés » par ce « bombardement honteux », tandis que François Hollande jugeait l’attaque « inadmissible », appelant à ce que les responsables du carnage « répondent de leurs actes ».

Alors qu’Israël se positionne déjà dans l’après-conflit, réfléchissant à un retrait unilatéral de ses troupes, le deuil et la terreur écrasent toujours le quotidien des habitants de l’enclave palestinienne, en particulier dans les zones frontalières qui restent soumises à de rudes bombardements. Dans la nuit de lundi, dix Palestiniens ont été tués dans des raids.

DES RUES ENTIÈRES ONT ÉTÉ RAYÉES DE LA CARTE

Après trois semaines de conflit, l’étroite bande de terre est au bord d’un désastre humanitaire sans précédent : un quart des habitants de Gaza ont fui leur maison ; 280 000 réfugiés s’entassent dans les 84 écoles de l’ONU complètement saturées. Une dizaine d’hôpitaux ont été endommagés par des bombardements, aggravant le bilan des victimes, qui dépasse les 1 800 morts et 9 000 blessés.

Des rues entières ont été rayées de la carte, comme à Beit Hanoun dans le nord, ou près de Khan Younès, dans le sud-est. Le 29 juillet, le bombardement de l’unique centrale électrique de Gaza a ajouté une nouvelle plaie aux calamités du territoire palestinien. La distribution d’eau dans les maisons a été quasiment coupée, faute d’énergie électrique pour faire fonctionner les systèmes de pompage. Les Gazaouis errent des journées entières, jerrican à la main, à la recherche des quelques camions-citernes distribuant de l’eau saine.

Lire l’édito : Le calvaire des habitants de Gaza

A Rafah, l’école de l’ONU, qui accueille plus de 3 000 réfugiés, est privée d’eau depuis quatre jours. Les conditions sanitaires sont désastreuses. Les salles et les allées crasseuses des écoles surpeuplées affichent le douloureux spectacle du dénuement et de la promiscuité. Des familles entières s’entassent derrière des tapis déployés en rideaux de fortune.

 « NOUS N’AVONS QU’UN REPAS PAR JOUR »

Sabha Walred reste en retrait, épuisée. La nuit dernière, elle a dû partager une salle de classe avec près de 100 autres réfugiés : « J’ai dû dormir assise, recroquevillée sur ma chaise. » Mais le moment le plus difficile pour cette jeune mère de 25 ans reste le partage de la ration journalière :

« Nous n’avons qu’un repas par jour. Trois pains, un peu de fromage et un petit morceau de viande. Je dois le diviser entre mes quatre enfants et mon mari. »
Elle avoue en être réduite au chapardage :

« J’ai des jumeaux âgés d’un an et ils ont besoin de lait. Dès que je le peux, je vais voler des briques de lait dans les bureaux de l’administration. Je n’ai pas le choix. »
L’annonce d’un retrait progressif israélien, en particulier à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, n’a pas déclenché de retours massifs de réfugiés, retenus par la terreur légitime de se retrouver une nouvelle fois piégés sous les bombes.

De source palestinienne, cinq Gazaouis ont été tués dimanche par une frappe israélienne alors qu’ils revenaient dans leur maison à Jabaliya.

PLUS DE 50 000 GAZAOUIS ONT PERDU LEUR MAISON

Selon les Nations unies, plus de 50 000 Gazaouis ont perdu la totalité de leur maison, auxquels il faut ajouter 30 000 autres personnes dont le logement est considéré comme inhabitable. Dans un environnement comme frappé par la foudre, la famille Aghra a choisi de revenir habiter dans les quelques pièces encore utilisables de sa maison, éventrée par un missile qui a réduit à l’état de ruines l’habitation voisine.

« Je devais revenir. La maison, pour un Palestinien, c’est sa dignité. J’ai la chance qu’elle tienne encore debout, c’est l’essentiel », relativise Nahla Warsh, 37 ans. Sans eau, sans électricité, la survie est une lutte quotidienne.

A côté d’elle, son beau-frère Abdullah, un jeune professeur de 22 ans, les traits tirés, craint le pire quant au dénouement de ce conflit : « Si l’armée israélienne se retire et nous laisse dans notre misère, sans nous accorder la levée du blocus, nous ne pourrons jamais nous relever. Autant nous achever maintenant ! »

Voir de plus:

Le calvaire des habitants de Gaza
Le Monde

02.08.2014

Edito du « Monde ». Partout dans le monde, les bombardements en zone urbaine font des victimes civiles. C’est particulièrement vrai de toutes les guerres dites asymétriques, où des combattants noyés dans la population affrontent une armée traditionnelle. Au cours du seul week-end des samedi 19 et dimanche 20 juillet, quelque 700 personnes ont été tuées, en Syrie, dans la ville d’Alep, que les forces du régime de Bachar Al-Assad pilonnent à l’artillerie lourde – sans provoquer la moindre indignation.

Le plus souvent, les populations civiles fuient. Elles viennent gonfler les camps de réfugiés dans les pays alentour. Pas à Gaza. Dans ce territoire palestinien de 360 kilomètres carrés, la population ne peut s’échapper. Les habitants de la bande de Gaza – 1,8 million de personnes – sont prisonniers de la guerre.

Près d’un mois après le début de l’opération israélienne, ils vivent un véritable enfer, une tragédie humanitaire de grande ampleur. Pour combien de temps encore ?

250 000 GAZAOUIS DÉPLACÉS

La seule frontière vers laquelle ils ont essayé de fuir, celle de l’Egypte, au sud du territoire, est restée hermétiquement fermée. Le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui contrôle Gaza depuis 2007, est l’ennemi de l’Egypte du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi. Farouche adversaire de l’islamisme politique, le nouveau pouvoir égyptien n’est pas fâché de voir Israël attaquer le Hamas.

Quelque 250 000 Gazaouis sont aujourd’hui des personnes déplacées. Ils ont fui leur domicile ou celui-ci a été détruit. Ils s’entassent dans les écoles et autres centres de l’UNRWA, l’organisme de l’ONU chargé des réfugiés palestiniens. Souvent, ils s’y rendent parce que l’armée israélienne leur a enjoint de le faire, avant de tirer sur leur quartier.

ECOLES, MARCHÉS ET HÔPITAUX ATTAQUÉS

Tsahal a les coordonnées GPS de toutes les écoles. Pourtant, à pas moins de cinq reprises, ces écoles ont essuyé le feu direct de l’armée israélienne. Quelque 40 personnes ont été fauchées par des obus, dans ces établissements, alors que l’ONU avait prévenu de la présence de réfugiés. Au total, selon l’ONU, 133 écoles ont été endommagées par l’armée israélienne. A l’entrée de la ville de Gaza, un marché qui venait de rouvrir après le jeûne du ramadan a pris une volée d’obus. Des hôpitaux ont été touchés.

La découverte d’un réseau de tunnels – par lequel le Hamas entend mener des attaques et des enlèvements en Israël – a changé la nature de l’opération israélienne. L’armée entre chaque jour plus profondément dans la densité urbaine de Gaza.

PUNITION COLLECTIVE

Les bombardements ont détruit l’unique centrale électrique et démoli une partie du système d’épuration des eaux. Hôpitaux et centres de réfugiés fonctionnent dans des conditions de plus en plus précaires. Pas un mètre carré de Gaza n’est hors de portée de Tsahal. Près de 80 % des 1 600 Palestiniens tués à ce jour sont des civils.

On connaît la position d’Israël. Le Hamas installe ses roquettes au milieu d’une population dont il sait qu’elle n’a guère le loisir de s’enfuir ; chacun de ses tirs visant les villes israéliennes est parfaitement indiscriminé ; il lui arrive de stocker ses missiles dans la proximité immédiate des centres de l’ONU et de tirer depuis ces lieux.

C’est ainsi, et de façon avérée. Tout autant que la virulence de la punition collective infligée par Israël aux gens de Gaza. Comme s’ils étaient collectivement responsables.

Voir encore:

« M. Hollande, vous êtes comptable d’une certaine idée de la France qui se joue à Gaza « 
Rony Brauman (Ex-président de MSF, professeur à Sciences Po), Régis Debray (Ecrivain et philosophe), Edgar Morin (Sociologue et philosophe) (Directeur de recherches émérite au CNRS) et Christiane Hessel (Veuve de Stéphane Hessel)

Le Monde

04.08.2014

« Quand la violence crée une spirale incontrôlée et la mort de 300 civils innocents, la situation exige une réponse urgente et déterminée »,viennent d’indiquer à bon escient le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au moment d’élever au niveau 3 les sanctions économiques contre la Russie.

On ne sait pas si le président russe, Vladimir Poutine, où l’un de ses subordonnés, a donné l’ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l’ordre direct d’un gouvernement. Les sanctions de l’Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L’annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ?

Nous avons condamné les conflits interarabes et intermusulmans qui ensanglantent et décomposent le Moyen-Orient. Ils font plus de victimes locales que la répression israélienne. Mais la particularité de l’affaire israélo-palestinienne est qu’elle concerne et touche à l’identité des millions d’Arabes et musulmans, des millions de chrétiens et Occidentaux, des millions de juifs dispersés dans le monde.

RÉSISTER AU MENSONGE

Ce conflit apparemment local est de portée mondiale et de ce fait a déjà suscité ses métastases dans le monde musulman, le monde juif, le monde occidental. Il a réveillé et amplifié anti-judaïsme, anti-arabisme, anti-christianisme (les croisés) et répandu des incendies de haine dans tous les continents.

Nous avons eu l’occasion de nous rendre à Gaza, où il existe un Institut culturel français ; et les SOS que nous recevons de nos amis sur place, qui voient les leurs mourir dans une terrible solitude, nous bouleversent. N’ayant guère d’accointances avec les actuels présidents du Conseil et de la Commission européens, ce n’est pas vers ces éminentes et sagaces personnalités que nous nous tournons mais vers vous, François Hollande, pour qui nous avons voté et qui ne nous êtes pas inconnu. C’est de vous que nous sommes en droit d’attendre une réponse urgente et déterminée face à ce carnage, comme à la systématisation des punitions collectives en Cisjordanie même.

Les appels pieux ne suffisent pas plus que les renvois dos à dos qui masquent la terrible disproportion de forces entre colonisateurs et colonisés depuis quarante-sept ans. L’écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) demandait aux dirigeants soviétiques une seule chose : « Ne mentez pas. » Quand on ne peut résister à la force, on doit au moins résister au mensonge. Ne vous et ne nous mentez pas, monsieur le Président.

L’ENFERMEMENT COMPLET N’EST NI VIABLE NI HUMAIN

On doit toujours regretter la mort de militaires en opération, mais quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n’ont plus d’eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s’agit plus d’implorer mais de sommer au respect du droit international.

La France est bien placée pour initier un mouvement des grands pays européens pour la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’UE, accord conditionné au respect de nos valeurs communes et des accords de paix souscrits par le passé. De même pourrait-elle faire valoir qu’un cessez-le-feu qui déboucherait sur un retour au statu quo ante, lui-même déjà intolérable, ne ferait que contribuer au pourrissement de la situation et donc au retour de l’insécurité pour les uns comme pour les autres.

L’enfermement complet n’est ni viable ni humain. Pourquoi la police européenne ne pourrait-elle revenir sur tous les points de passage entre Gaza et l’extérieur, comme c’était le cas avant 2007 ?

APARTHEID

Nous n’oublions pas les chrétiens expulsés d’Irak et les civils assiégés d’Alep. Mais à notre connaissance, vous n’avez jamais chanté La Vie en roseen trinquant avec l’autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l’a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d’un repas familial.

Lire les témoignages : Les chrétiens de Mossoul racontent leur expulsion, froide et implacable

L’extrême droite israélienne vous semblant moins répréhensible que l’extrême droite française, à quelque chose cette inconséquence pourrait être bonne : faciliter les échanges et les pressions au nom de valeurs communes.

Israël se veut défenseur d’un Occident ex-persécuteur de juifs, dont il est un héritier pour le meilleur et pour le pire. Il se dit défenseur de la démocratie, qu’il réserve pleinement aux seuls juifs, et se prétend ennemi du racisme tout en se rapprochant d’un apartheid pour les Arabes.

UN HOMME POLITIQUE SE DOIT DE MONTER EN PREMIÈRE LIGNE

L’école stoïcienne recommandait de distinguer, parmi les événements du monde, entre les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. On ne peut guère agir sur les accidents d’avion et les séismes – et pourtant vous avez personnellement pris en main le sort et le deuil des familles des victimes d’une catastrophe aérienne au Mali. C’est tout à votre honneur. A fortiori, un homme politique se doit de monter en première ligne quand les catastrophes humanitaires sont le fait de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir, surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés et qu’ils font partie des Nations unies, sujets aux mêmes devoirs et obligations que les autres Etats. La France n’est-elle pas un membre permanent du Conseil de sécurité ?

Ce ne sont certes pas des Français qui sont directement en cause ici, c’est une certaine idée de la France dont vous êtes comptable, aux yeux de vos compatriotes comme du reste du monde. Et il ne vous échappe pas que faux-fuyants et faux-semblants ont une crédibilité et une durée de vie de plus en plus limitées.

Rony Brauman (Ex-président de MSF, professeur à Sciences Po)

Régis Debray (Ecrivain et philosophe)

Edgar Morin (Sociologue et philosophe) (Directeur de recherches émérite au CNRS)

Christiane Hessel (Veuve de Stéphane Hessel)

Voir encore:

Le conflit israélo-palestinien n’est pas un conflit mondial
Maurice Goldring (Universitaire Paris VIII, auteur du livre Les ex-communistes, éditions Le Bord De L’eau)
Le Monde
07.08.2014

Dans leur tribune du Monde, pubiée le 4 août, Rony Brauman, Régis Debray, Christiane Hessel et Edgar Morin sont convaincus « qu’une certaine idée de laFrance se joue à Gaza ». Rony Brauman et Christiane Hessel sont connus pouravoir choisi leur camp dans le conflit israélo-palestinien. Régis Debray et Edgar Morin apportent la caution d’esprits plus modérés.
Les signataires acceptent que d’autres conflits sont plus meurtriers dans le monde arabe. Mais la particularité du conflit israélo-palestinien est « qu’il concerne et touche à l’identité des millions d’Arabes et de Musulmans, des millions de Chrétiens et d’Occidentaux, des millions de Juifs dispersés dans le monde ». Ce conflit n’est pas local, il est de portée mondiale et de ce fait a « déjà suscité sesmétastases dans le monde musulman, le monde juif, le monde occidental ». Il a réveillé les xénophobies et les racismes, a répandu la haine dans tous les continents.

Il ne suffit plus « d’appels pieux », ni de « renvois dos à dos ». Parce qu’il y a des colonisés et des colonisateurs avec une « terrible disproportion de forces ». Il fautsévir, suspendre l’accord d’association entre Israël et l’Union Européenne.

EXPORTER CE CONFLIT, C’EST RENFORCER LES EXTRÊMES

Les choses sont ainsi dites clairement. Le monde est parcouru de conflits beaucoup plus meurtriers, mais sur lesquels les signataires ne peuvent pas grand-chose. Alors que devant ce conflit, ils retrouvent les vieux réflexes, les vieux clivages qui nous manquent tant depuis la chute du mur de Berlin. Afrique du Sud,Vietnam, Chili, Cuba, étaient tous des conflits de « portée mondiale », ils suscitaient tous des « métastases » dans le monde entier. Les conflits inter-arabes, internes à l’Afrique ne sont pas des « conflits mondiaux ». On n’y peut rien. Alors que là, on retrouve le colonialisme, l’impérialisme, l’internationalisme prolétarien, les dénonciations des complicités entre puissances coloniales.

L’inscription du conflit israélo-palestinien comme conflit de « portée mondiale » lui assure une prolongation indéfinie. Il faut au contraire refuser les métastases,refuser l’exportation de ce conflit comme on refuse les haines mondiales. Voici qui serait une contribution utile de nos faiseurs d’opinion. Le conflit israélo-palestinien n’est pas mondial, c’est un conflit local. Dans un petit territoire, des populations face à face depuis 70 ans portent au pouvoir leurs représentants les plus réactionnaires, les plus bellicistes. Ceux qui refusent les négociations, les compromis, parce que la paix les rejeterait dans les limbes. En contribuant àdonner à ce conflit une dimension mondiale, on conforte ces extrêmes. Les Palestiniens deviennent le symbole de tous les colonisés du monde, les Israéliens sont à l’avant-garde de la défense du monde occidental menacé par l’islamisme radical. Dans ce face à face, seuls les chefs de guerre ont droit à la parole. Leurs alliés soufflent sur les braises.

Voir enfin:

Guerre sisyphéenne à Gaza
Michel Goya (Directeur du bureau recherche du centre de doctrine d’emploi des forces)
Le Monde
05.08.2014

Il n’existe que deux moyens d’utiliser le monopole de la violence légitime : la guerre ou la police. Les vraies difficultés d’Israël ont commencé lorsque les ennemis ont été remplacés par des délinquants et que la guerre a été remplacée par de la police à grande échelle, action perpétuelle, car la lutte contre les délinquants ne s’arrête jamais, et s’avère coûteuse sur la durée, au moins sur le plan humain. Près de 1 000 soldats et policiers israéliens ont ainsi perdu la vie pendant l’occupation du Liban sud et les deux Intifada palestiniennes.

Dans les années 2000, avec le développement des armes de précision à longue portée et l’édification de la barrière de sécurité, les Israéliens ont cru pouvoir résoudre ce dernier problème en évacuant certaines zones occupées tout en les gardant à portée des frappes. Cette stratégie a laissé le champ libre à des organisations hostiles comme le Hamas, qui, refusant de « jouer le jeu », ont pris soin de ne pas laisser apparaître de cibles susceptibles de constituer des objectifs militaires. Face à des miliciens fantassins ou des lanceurs de lance-roquettes, tous aisément dissimulables dans la population, les Israéliens ne pouvaient dès lors que frapper l’ensemble de celle-ci pour avoir une chance d’atteindre les premiers.

LE GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN PIÉGÉ PAR L’ARMÉE

Cette évolution stratégique israélienne a coïncidé aussi avec la disparition des grands leaders historiques, seuls capables d’imposer des choix politiques forts, dans un système parlementaire très instable. Faute d’une volonté capable d’imposer une solution politique à long terme, le gouvernement est désormais piégé par cette armée à qui il doit sa survie et qui ne peut que lui proposer des solutions sécuritaires à court terme.

L’opération « Bordure protectrice » est ainsi, depuis 2006, la quatrième opération de même type contre le Hamas. Comme à chaque fois, le Hamas a répondu par une campagne de frappes qui s’avère toujours aussi peu létale pour les civils israéliens, qui, à ce jour, déplorent « seulement » trois victimes – neuf au totalpendant les trois opérations précédentes. De leur côté, malgré les précautions et la précision des armes, les raids aériens ou les tirs d’artillerie israéliens finissent toujours, dans un espace où la densité de population dépasse 4 700 habitants par km2, par toucher massivement les civils. Ces pertes sont présentées comme inévitables et attribuées à la lâcheté du Hamas, comme si les soldats français avaient tué des milliers de civils afghans, dont des centaines d’enfants, en renvoyant la responsabilité sur les talibans qui se cachaient au milieu d’eux. Malgré ces arguments, la position d’Israël se trouve toujours affectée par ces massacres.

DEUX VOIES POSSIBLES

La nouveauté de cette opération est le niveau de pertes de Tsahal qui, avec 64 soldats tués, représente presque quatre fois le total des trois précédentes opérations. Lors de « Plomb durci », en 2008-2009, le rapport de pertes avait été de 60-70 combattants du Hamas tués pour un soldat israélien. Il est actuellement environ dix fois inférieur. Cette anomalie s’explique par les adaptations du Hamas qui, face à un adversaire ne variant pas ses modes d’action, a su contourner la barrière de sécurité par un réseau de tunnels d’attaque et par l’emploi de missiles antichars ou de fusils de tireurs d’élite capables d’envoyer des projectiles directs très précis jusqu’à plusieurs kilomètres. Cette double menace a imposé de renforcer la barrière d’une présence militaire, ce qui offrait déjà des cibles aux Palestiniens, et, pour tenter d’y mettre fin, de combattre dans les zones urbanisées de Gaza.

Pour Israël, le bilan de « Bordure protectrice » est donc pour l’instant très inférieur à celui de « Plomb durci » et de « Pilier de défense ». Il ne reste alors que deux voies possibles, celle de l’acceptation d’une trêve en se contentant de l’arrêt des tirs du Hamas pour proclamer la victoire ou celle d’une fuite en avant à l’issue incertaine afin d’obtenir des résultats plus en proportion avec les pertes subies.

A plus long terme, il reste à savoir combien de temps cette guerre sisyphéenne sera tenable. En 2002, une étude avait conclu que 50 % des Palestiniens entre 6 et 11 ans ne rêvaient pas de devenir médecin ou ingénieur mais de tuer des Israéliens en étant kamikaze. Douze ans plus tard, ces dizaines de milliers d’enfants sont adultes et rien n’a été fait pour les faire changer d’avis. Israël contre le Hezbollah : chronique d’une défaite annoncée 12 juillet- 14 août 2006 (Editions du Rocher, 177 p., 16,90 euros).

Michel Goya est l’auteur avec Marc-Antoine Brillant d’Israël contre le Hezbollah : chronique d’une défaite annoncée 12 juillet- 14 août 2006(Editions du Rocher, 177 p., 16,90 euros) et de Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail (éditions Tallandier, 266 p., 20,90 euros)

Michel Goya (Directeur du bureau recherche du centre de doctrine d’emploi des forces)

8 commentaires pour Gaza: Attention, une victoire peut en cacher une autre (One dead baby too many ? – Will Hamas be the victim of its own morbid propaganda “success” ?)

  1. […] Gaza: Attention, une victoire peut en cacher une autre (Will Hamas be the victim of its own morbid p… (jcdurbant.wordpress.com) […]

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  2. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    Quatre co-signataires, Rony Brauman, Régis Debray, Christiane Hessel et Edgar Morin, adressent une lettre ouverte à François Hollande dans Le Monde. Quand ils disent que le président français est « comptable d’une certaine idée de la France », il est licite de sourire, car ils reprennent une certaine idée du général De Gaulle contre lequel, en leur temps, ils n’avaient cessé de lutter. Pour autant ils ont raison, le président est représentatif de la Nation. On peut effectivement mesurer une érosion certaine de l’image nationale quand ceux-là ont soutenu ouvertement le Hamas à plusieurs reprises. Ils adhèrent donc à son idéologie : refus de la démocratie, ostracisme des femmes, élimination des opposants, mise à mort des apostats, éducation de la haine, formation militaire des jeunes enfants, apprentissage du goût pour le martyr et la mort. Il est donc urgent de rectifier cette image indigne qu’il y a à se cacher derrière les souffrances réelles des populations civiles et mettre en étendard les enfants. Pauvres gazaouis, boucliers humains sur place, boucliers moraux à Paris. La belle brochette de signataires de cet appel à mettre Hollande dans l’embarras prétend s’être manifestée lors des conflits interarabes et inter-musulmans dont ils relèvent justement qu’ils ont fait bien plus de morts que les contre-attaques israéliennes. Pourtant on ne retrouve pas leurs indignations lors des bombardements syriens du camp de Yarmouk près de Damas, ni sur le sort des palestiniens au Liban. Mais, peut-être ne s’agit-il que de donner une idée qu’ils seraient impartiaux et neutres. Ils sont pour que des mosquées et des écoles (dont certaines de l’UNWRA) servent d’arsenaux au Hamas, ce que l’ONU a fini par condamner ; j’ose espérer que Médecins sans frontières n’est pas dans la même situation. Ils sont pour que le tir des roquettes vers les civils israéliens se fasse au milieu des civils gazaouis, ils sont pour un double crime de guerre. D’emblée, ils évoquent la Jérusalem arabophone en omettant que sa majorité juive est attestée depuis le recensement ottoman de 1844, citée plus tard par Karl Marx dont on ne peut imaginer qu’ils ne l’aient lu. Pour mémoire, la vieille ville est prise d’assaut par la Légion Arabe du roi Abdallah en 1948. Finalement, avec le problème dit de « Jérusalem-Est », il s’agit de pérenniser la seule défaite israélienne de 1948, tout en refusant les conséquences des défaites arabes de guerres que les Arabes eux-mêmes ont déclenchées. En évoquant l’idée d’apartheid, ils font mine de n’avoir jamais été en Israël. Tous les citoyens y sont égaux, les arabes y circulent librement, on les voit naturellement dans les universités, certains sont députés, enseignants dans les grandes écoles les plus prestigieuses ; des officiers arabes, y compris les unités illustres de Tsahal, ont combattu à Gaza ; un vice-président de la Cour suprême est arabe (Mr Zuabi), un autre en est juge permanent (Salim Jubran). Ariel Sharon eut un ministre arabe (Salah Tarif) et un directeur général du ministère de l’intérieur (Abou Razaq). D’autres sont polémistes, écrivains, chanteurs à succès. L’une fut miss Israël. Je ne peux pas imaginer que des polémistes aussi réputés que ces signataires soient de mauvaise foi ou des menteurs. Pourtant ils affirment avoir été à Gaza, ce dont je ne doute pas, ils sont donc passés par Israël. Ils ne peuvent ignorer que Mahmoud Abbas, le démocrate à la dixième année de son mandat de quatre ans, affirme vouloir interdire les Juifs dans son futur Etat. Ils ont raison de remarquer qu’il semble que l’affaire israélo-palestinienne touche à l’identité des millions d’Arabes et musulmans, des millions de chrétiens et d’occidentaux et des millions de Juifs à travers le monde. Mais des penseurs aussi éminents ne disent pas pourquoi l’identité serait ici meurtrie. Et ils laissent croire qu’il y aurait sur la planète plus de Juifs que de Belges… Ils mènent vers tous les côtés sombres possibles. Que cautionnent-ils ? Cerise sur le gâteau, ils ont oublié que, depuis 2005, Israël a complètement évacué la Bande de Gaza. Les Gazaouis ne sont pas occupés.

    Richard Rossin (Ecrivain, ancien secrétaire général de MSF, co-fondateur de Médecins Du Monde, ancien vice-président de l’Académie Européenne de Géopolitique)

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  3. […] qu’après plus d’un mois de massacre dûment orchestré et chorégraphé, nos médias et nos belles âmes continuent sans se poser la moindre question à […]

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  4. […] du nazisme, du communisme, du stalinisme, du maoïsme et de l’antiaméricanisme primaire, ceux qui ont toujours préféré avoir tort avec Sartre semblent repartis à la case départ de l‘antisémitisme qui avait justement, avec le fameux […]

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