Journée mondiale des toilettes: Cet étrange souci du plus faible (Why the curiously selective UN finally came to give a shit)

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https://i0.wp.com/www.worldtoiletday.org/upload/action/ads.jpg
https://i1.wp.com/www.bestourism.com/img/items/big/390/Museum-of-Toilets-in-New-Delhi-India_Toilets-Museum_1727.jpgIl y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux … Ecclésiaste 3: 1
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 40)
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Par cette résolution adoptée par consensus, l’Assemblée générale a décidé, dans le cadre de l’action menée en faveur de l’assainissement pour tous, de proclamer le 19 novembre Journée mondiale des toilettes. Aux termes de ce texte, elle demande instamment à tous les États Membres, aux organismes des Nations Unies et à toutes les autres parties prenantes d’encourager des changements de comportement et l’adoption de politiques visant à accroître l’accès des pauvres à l’assainissement, ainsi que d’appeler à abandonner la pratique de la défécation en plein air, qui est extrêmement nuisible à la santé publique. Nations Unies
Près de 2,5 milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des installations sanitaires correctes. Parmi elles, 1,1 milliard de personnes font leurs besoins dans la nature. Fournir des toilettes pourrait permettre de sauver la vie de plus de 200.000 enfants chaque année. Des organisations comme la World Toilet Organisation, dont le nom pourrait prêter à sourire, estime que chaque année plus d’un million et demi d’enfants et de bébés de moins de 5 ans meurent à cause de diarrhées et autres maladies venant de mauvaises conditions d’hygiène, à commencer par les sanitaires. Romain Blachier

Plus fort qu’Hallmark!

En cette journée mondiale des toilettes, lancée en 2001 par l’ONG singapourienne World Toilet Organization ..

Où, avec toutes les maladies et morts inutiles que cela suppose comme les Nations unies viennent enfin de le reconnaitre, quelque 2.5 milliards d’individus vivant encore sans toilettes …

Comment ne pas s’émerveiller de ce étrange souci de l’autre et particulièrement du plus faible qui travaille depuis 2 000 ans notre monde désormais mondialisé ?

Mais aussi, avec the Economist, de la tout aussi étrange boulimie et sélectivité – entre par exemple deux condamnations d’Israël – de ce nouveau calendrier des saints que sont devenues pour nous les journées mondiales du Machin ?

Celebrating causes

Dies irae

Every cause has its day, whether deserved or not

The Economist

Nov 24th 2012

WORLD Toilet Day was on November 19th. World Television Day has just passed. International Civil Aviation Day is on December 7th and International Mountain Day comes four days later.

Just as Christian saints have their days, so do causes. Over 100 are in the grandest category: UN “observance” days, usually set by the General Assembly. But anyone can link a date to a campaign. In 2001 the Singapore-based WTO—that is, the World Toilet Organisation—chose a day to mark the plight of the world’s loo-less 2.5 billion (its slogan this year was “I give a shit, do you?”). At least 19 countries mark it. But not the UN, which is perhaps “scared of using the word ‘toilet’,” a WTO spokesman muses.

The UN’s choices are curiously selective. Nelson Mandela is the only individual, dead or alive, to gain its accolade. A whiff of lobbying hangs over some: Hollywood moguls may raise a glass on World Intellectual Property Day, but campaigners for internet freedom may feel otherwise. The UN marks Nowruz (Iranian new year), but not most religious and national feasts. AIDS has a day: but obesity, which kills many more, does not. Jazz is celebrated, but no other music. Migratory birds are the only animals feted, but their day shifts, appropriately enough, falling on the second weekend in May.

Strict observance of the UN’s calendar would mean more woe than jollity. The International Day of Happiness on March 20th is followed by World Poetry Day, and then International Mother Earth Day, with the International Day of Friendship in July. But most official days are about past tragedies (the Holocaust, the Rwandan genocide) or present scourges (female genital mutilation, child labour, torture, road accidents and so on).

No means exist for purging the calendar of causes when their day is done. And the whims of UN decision-making mean that, though 264 days are free of an observance, others are overloaded. March 21st, for example, requires some contortions for the conscientious: they must simultaneously celebrate Nowruz, eliminate racial discrimination, care about Down’s syndrome and exalt poetry. Any takers for World Apathy Day?

Voir aussi:

La journée mondiale des toilettes est un sujet sérieux

Romain Blachier

Huttington Post

29/07/2013

La journée mondiale des toilettes vient d’être décrétée par les Nations-Unies. Elle se déroulera le 19 novembre 2013.

Non il ne s’agit pas d’un exercice rhétorique façon Corax de Syracuse mais il me paraît important de revenir sur une initiative de l’Onu prise sur demande de Singapour et qui existe depuis 2001 dans ce pays: la journée mondiale des toilettes.

Certes le sujet pourrait faire rire et amener un nombre de blagues scatologiques des plus diverses. Pourtant le sujet est sérieux. On peut gloser aussi sur les tentatives de retour aux manières « naturelles » de satisfaire ses besoins par les bobos new-yorkais. Telles qu’évoquées rapidement par A.J. Jacobs dans son dernier ouvrage Drop Dead Healthy où il court à tout prix derrière la santé et acquiert à un moment un équipement pour aller aux toilettes comme nos ancêtres homos erectus.

Ou s’agacer que l’Onu, ce méchant machin mondial, soit encore en train de créer une journée de plus, une journée pour rien, sous la houlette d’un régime hygiéniste, Singapour donc.

Pourtant la vision méprisante de cette initiative colportée dans de nombreux sites, blogs et journaux, est un petit caprice de pays riches. Certes, il peut être de bon ton de mettre la chose dans la rubrique « insolite » des sites d’infos. De s’en gausser sur fond d’anti-internationalisme auprès de la machine à café inéquitable « tiens, tu connais la dernière connerie de l’Onu? Il veulent créer une journée des toilettes! Quand je te disais que la mondialisation c’est de la merde! ahahaha tu as vu le jeu de mots hein? »

Pourtant près de 2,5 milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des installations sanitaires correctes. Parmi elles, 1,1 milliard de personnes font leurs besoins dans la nature. Fournir des toilettes pourrait permettre de sauver la vie de plus de 200.000 enfants chaque année. Des organisations comme la World Toilet Organisation, dont le nom pourrait prêter à sourire, estime que chaque année plus d’un million et demi d’enfants et de bébés de moins de 5 ans meurent à cause de diarrhées et autres maladies venant de mauvaises conditions d’hygiène, à commencer par les sanitaires.

Des fondations importantes comme celle de Bill Gates ont pris d’ailleurs conscience du problème et soutiennent l’Onu et diverses organisations pour agir en aidant à la construction d’équipements. L’université de Hambourg essaye de nouveaux processus technologiques afin de fournir des sanitaires faciles à installer. La cause est importante.

À une vitesse de lecture normale, il y en a une trentaine de personnes qui sont décédés depuis que vous avez commencé à lire ce billet.

Encore une blague scato à la machine à café?

Le musée insolite de la semaine : le musée des toilettes à New Delhi

Préparant mon départ pour l’Inde (J-17), je n’ai pas pu passé à côté d’un célèbre musée insolite basé à New Delhi : le musée des toilettes. Certains trouveront peut-être que ce choix manque de sérieux et de « glamour » ? Ce site mérite pourtant toute notre attention… J’avais d’abord pensé vous présenter un musée du football comme celui de Sao Paulo (http://www.museudofutebol.org.br/historia/) ou du FC Barcelone (http://fc.barcelona.com/fr/le_club/musee) mais face au tapage médiatique de la coupe du monde, certains lecteurs m’en auraient peut-être voulu ! Alors place à l’humour…

Ouvert en 1970 par le docteur Pathak, connu pour sa lutte en faveur de la salubrité publique dans ce pays d’un milliard d’habitants, le musée des toilettes se veut d’abord pédagogique. On y apprend entre autres que ce sont les Indiens qui ont créé les premiers sanitaires hygiéniques il y a 4 500 ans. Les plus curieux pourront ainsi y découvrir les toilettes d’hommes célèbres, notamment une reproduction du « trône » à double fonction de Louis XIII, les évolutions des sanitaires à travers l’histoire et la société, la législation, l’importance des toilettes et bains publics dans certaines civilisations, leur évocation dans la littérature, les dernières innovations… La muséographie semble assez sommaire mais la signalétique extrêmement riche montre que le visiteur vient d’abord s’y documenter. Le « petit coin » n’aura plus de secrets…

Pour aller plus loin :

Le site du musée : http://www.sulabhtoiletmuseum.org/pg01.htm

2 commentaires pour Journée mondiale des toilettes: Cet étrange souci du plus faible (Why the curiously selective UN finally came to give a shit)

  1. jcdurbant dit :

    It’s an incredibly dehumanizing and dangerous occupation. Most manual scavengers don’t have appropriate equipment. Shinde has no gloves. No boots. He wears a flimsy jacket and thin cloth mask that he made himself. A pair of old sandals leave his feet covered in muck.

    Those who clean gutters use bamboo sticks to clear jams, while standing in the middle of waste matter that can come as high as their chest. In some instances they must crawl through sewage. They hardly wear any protective gear. Sometimes they don’t even wear a shirt.

    Often, scavengers have to enter manholes too to clear blockages and it’s not uncommon for them to drink a quick swig of alcohol before starting their job. « They have to numb their senses, » Shinde explains. « How else can anyone bear the stench? » I know what he means. Standing next to Shinde while he worked was hard enough — the smell was repulsive and overwhelming.

    Life expectancy amongst manual scavengers is low. Many develop asthma, skin infections and tuberculosis on the job. Hundreds reportedly die from the work each year. According to the Mumbai based research organization Tata Institute of Social Sciences (TISS), 80% of the manual scavengers die before they turn 60 because of health problems. TISS says in Mumbai alone, an average of 20 sewer workers die each month from accidents, suffocation or exposure to toxic gases.

    Most manual scavengers are Dalits — people belonging to the lowest strata of India’s caste system. They were once considered « untouchable » and were forced to live outside the village boundary. Though India’s Constitution bans caste-based discrimination, Dalits are still marginalized, despite government efforts to end it. « They are the most vulnerable section of our society, » explains Milind Ranade, a labor activist fighting for the rights of manual scavengers.

    Though Dalits are not shunned the way they used to be, they are still discriminated against because of the work they do. Shinde says it’s hard to get a cup of tea. He’s often turned away from restaurants. A few small tea vendors will serve him a cup of tea provided he stands on the road and does not enter their premises. If he rides a bus, people turn away when he climbs aboard. « It’s just easier if I walk home, » Shinde says.

    At home, we meet his family. They have a young daughter who was at school. I asked Shinde what hopes he has for his child. His wife jumps in to answer, her eyes brimming with tears. « Not this work, » she tells me, « no way.

    « She’s going to finish school and she’s going to stand on her own two feet. »

    Shinde nods quietly. « I had no choice, » he tells me. « Perhaps it was my destiny. »

    India’s current prime minister, Narendra Modi, hopes to change the future not just for Shinde’s daughter but for millions of Indians who are forced to live with unsanitary and unhygienic conditions every day.

    On October 2, he’s launching a Clean India mission — a nationwide movement that aims to solve India’s sanitation problems in five years.

    He’s the first prime minister to make cleanliness a national priority. Lets hope he delivers on this promise.

    CNN

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