Obamamanie: M. Obama est certes un beau parleur (So what happened to the peacemaker ?)

He’s loved in seven languages Jewel box life diamond nights and ruby lights, high in the sky Heaven help him, when he falls (..) No need to ask He’s a smooth operator. Sade
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King
Si Obama était blanc, il ne serait pas dans cette position. Et s’il était une femme, il ne serait pas dans cette position. Il a beaucoup de chance d’être ce qu’il est. Et le pays est pris par le concept. Geraldine Ferraro (ex-colistière du candidat démocrate de 1984 Walter Mondale et proche d’Hillary Clinton, Daily Breeze, 07.03.08)
Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, août 2006)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
C’est une victoire pour la démocratie américaine. Je crois qu’à la racine de ce que nous sommes en tant que peuple, en tant qu’Américains, il y a le précepte de base que nous sommes tous égaux devant la loi. Barack Obama
Le Sénégal est un pays tolérant qui ne fait pas de discrimination en termes de traitement sur les droits (…). Mais on n’est pas prêts à dépénaliser l’homosexualité. C’est l’option du Sénégal pour le moment. Cela ne veut pas dire que nous sommes homophobes. Mais il faut que la société absorbe, prenne le temps de traiter ces questions sans qu’il y ait pression. C’est comme la peine de mort, une question que chaque pays traite [à sa façon]. Nous l’avons abolie depuis longtemps. Dans d’autres pays, elle s’impose parce que la situation l’exige. Nous respectons le choix de chaque Etat. Macky Sall
Qu’est donc devenu cet artisan de paix récompensé par un prix Nobel, ce président favorable au désarmement nucléaire, cet homme qui s’était excusé aux yeux du monde des agissements honteux de ces Etats-Unis qui infligeaient des interrogatoires musclés à ces mêmes personnes qu’il n’hésite pas aujourd’hui à liquider ? Il ne s’agit pas de condamner les attaques de drones. Sur le principe, elles sont complètement justifiées. Il n’y a aucune pitié à avoir à l’égard de terroristes qui s’habillent en civils, se cachent parmi les civils et n’hésitent pas à entraîner la mort de civils. Non, le plus répugnant, c’est sans doute cette amnésie morale qui frappe tous ceux dont la délicate sensibilité était mise à mal par les méthodes de Bush et qui aujourd’hui se montrent des plus compréhensifs à l’égard de la campagne d’assassinats téléguidés d’Obama. Charles Krauthammer
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
L’Amérique ne «torture pas», avait déclaré à son arrivée aux affaires en 2009 le président Obama. Il avait immédiatement demandé la publication des fameux mémos juridiques de l’Administration Bush, qui justifiaient l’utilisation par la CIA de «techniques d’interrogatoire renforcées» dans sa guerre contre le terrorisme. Les pratiques de torture avaient été déclarées interdites. (…) Ironie de l’histoire, ce même président s’est depuis arrogé un droit de tuer, demandant à son tour à ses conseillers de rédiger une série de mémos donnant une justification juridique à ses décisions d’élimination de tel ou tel individu, au nom de la nécessité de protéger l’Amé­rique. Ces documents secrets représentent la base légale sur laquelle s’appuie l’Administration Obama pour justifier les intenses campagnes secrètes de drones qu’elle mène contre les terroristes islamistes, dans sa guerre contre al-Qaida.«Le parallèle avec les mémos de l’Administration Bush sur la torture est glaçant», note Vincent Warren, directeur exécutif du Centre pour les droits constitutionnels, parlant de l’«hypocrisie d’Obama», qui critiquait son prédécesseur mais s’est arrogé un immense pouvoir, non contrôlé par le Congrès, en matière de guerre contre le terrorisme. (…) Mais ce qui frappe, c’est que le débat intervienne si tardivement. Cela fait au moins trois ans que des articles décrivent «le droit de tuer» que s’est arrogé Obama, les listes de cibles qu’il se voit soumettre régulièrement, et la «responsabilité» solitaire qu’il estime devoir assumer. Pourtant le sujet n’a jamais semblé choquer l’opinion, malgré les nombreuses victimes collatérales que font les bombardements «chirurgicaux» des avions sans pilote. Les conséquences de ces frappes, qui entretiennent une haine tenace de l’Amérique, sont potentiellement explosives, en termes de recrutement de nouveaux soldats du djihad. En affirmant que l’Amérique a le droit d’agir parce qu’elle mène une guerre, qui ne s’applique pas à un territoire précis, contre un ennemi multiforme, la Maison-Blanche crée aussi un dangereux précédent, qui pourrait bien être utilisé à l’avenir par la Russie, la Chine ou l’Iran pour aller éliminer leurs propres ennemis. Pourquoi, dès lors, les alliés de l’Amérique restent-ils silencieux, alors qu’ils accablaient Bush? Le Figaro
Terrorist groups had always taken care to avoid detection – from using anonymous email accounts, to multiple cellphones, to avoiding electronic communications at all, in the case of Osama bin Laden. But there were some methods of communication, like the Skype video teleconferencing software that some militants still used, thinking they were safe, according to U.S. counterterrorism officials who follow the groups. (…) Those militants now know to take care with Skype – one of the 9 U.S.-based Internet servers identified by former NSA contractor Edward Snowden’s leaks to The Guardian and The Washington Post. (…) Shortly after Edward Snowden leaked documents about the secret NSA surveillance programs, chat rooms and websites used by like-minded extremists and would-be recruits advised users how to avoid NSA detection, from telling them not to use their real phone numbers to recommending specific online software programs to keep spies from tracking their computers’ physical locations. (…) At the same time, (…) terror groups switching to encrypted communication may slow the NSA, but encryption also flags the communication as something the U.S. agency considers worth listening to, according to a new batch of secret and top-secret NSA documents published last week by The Guardian, a British newspaper. They show that the NSA considers any encrypted communication between a foreigner they are watching and a U.S.-based person as fair game to gather and keep, for as long as it takes to break the code and examine it. (…) Terrorist groups have already adapted after learning from books and media coverage of « how U.S. intelligence mines information from their cellphones found at sites that get raided in war zones, » said Scott Swanson, a forensics intelligence expert with Osprey Global Solutions. « Many are increasingly switching the temporary phones or SIM cards they use and throw them away more often, making it harder to track their network. » The disclosure that intelligence agencies were listening to Osama bin Laden drove him to drop the use of all electronic communications. « When it leaked that bin Laden was using a Thuraya cellphone, he switched to couriers, » said Jane Harman, former member of the House Intelligence Committee and now director of the Woodrow Wilson International Center. (…) It took more than a decade to track bin Laden down to his hiding place in Abbottabad, Pakistan, by following one of those couriers. Associated press
Il existe de nombreuses raisons justifiant légitimement le secret, en particulier pour tout ce qui relève de l’écoute des communications transitant par les ondes. C’est pourquoi Bradley Manning, l’auteur des fuites révélées par WikiLeaks, et moi-même – qui avions accès à de telles sources de renseignement parce que nous étions accrédités pour un niveau plus élevé encore que celui du top secret – avions choisi de ne divulguer aucune information ainsi classifiée. Et c’est pourquoi Edward Snowden s’est engagé à ne pas divulguer la plus grande partie de ce qu’il aurait pu révéler. Mais, ce qui n’est pas légitime, c’est d’utiliser un système axé sur le secret pour dissimuler des programmes qui, de façon flagrante, sont anticonstitutionnels par leur ampleur et par les potentialités d’abus qu’ils recèlent. Ni le président ni le Congrès ne pourraient à eux seuls tirer un trait sur le quatrième amendement, portant sur le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées. C’est pourquoi ce qu’Edward Snowden a révélé jusqu’ici était tenu au secret, dissimulé au peuple américain. En 1975, le sénateur Frank Church parla de l’Agence de sécurité américaine en ces termes : « Je sais qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire de l’Amérique une tyrannie accomplie, et nous devons veiller à ce que cette agence et toutes les agences qui disposent de cette technologie opèrent dans le cadre de la loi, et sous une supervision appropriée, de sorte que nous ne sombrions jamais dans ces ténèbres. Ce sont des ténèbres d’où l’on ne revient pas. » La perspective funeste qu’il discernait était que la force de frappe grandissante des renseignements américains – qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que tout ce qui existait à leur époque prénumérique – « puisse à tout moment être retournée contre le peuple américain, et qu’aucun Américain ne sache plus ce qu’est la vie privée ». Cela est désormais arrivé. C’est ce qu’Edward Snowden a démontré, documents officiels secrets à l’appui. La NSA, la police fédérale (FBI) et l’Agence centrale de renseignement (CIA) disposent, avec la nouvelle technologie digitale, de pouvoirs de surveillance sur nos propres citoyens dont la Stasi (la police secrète de la disparue République démocratique allemande) n’aurait guère pu rêver. Daniel Ellsberg
Ledit individu, en sa qualité de président des Etats-Unis, s’est en effet livré depuis quatre ans à diverses activités bellicistes qui démentent les espoirs que l’on avait mis en lui, et qui avaient justifié la remise de votre prix. Usage intensif de drones assassins en Afghanistan et au Pakistan, incapacité à fermer la prison de Guantanamo, extension d’un programme de surveillance des communications électroniques des citoyens sont autant de témoignages du caractère inapproprié de l’attribution de votre prestigieuse distinction. De surcroît, monsieur le Président, l’action sur le changement climatique promise par l’impétrant avait été un des arguments essentiels conduisant à votre choix, un mois avant la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. Or, l’individu susnommé n’est pas étranger, loin de là, au sort funeste qu’a connu cette conférence en laquelle le monde mettait tant d’espoir. (…) M. Obama est certes un beau parleur, un comédien hors pair. Le discours qu’il a délivré avec solennité le 25 juin est truffé d’images et de paroles capables de faire frémir ses auditeurs. Mais comme au théâtre où les hallebardes brandies avec énergie se révèlent en carton-pâte, l’emphase dudit individu recouvre des pas si modestes qu’ils sonnent comme un nouveau recul. Hervé Kempf

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

A l’heure où après avoir réconcilié son pays avec le Monde arabe, le Beau parleur en chef fait la leçon à l’Afrique

Et où nos nouvelles belles au bois dormant semblent se réveiller de leur longue obamalâtrie face au plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire …

Faisant mine, de Guantanamo aux assassinats ciblés ou aux écoutes électroniques, de découvrir aujourd’hui les mensonges accumulés depuis le début par l’Illusioniste en chef de Chicago

Et, au-delà des outrances de nos sonneurs autoproclamés d’alarme (la surveillance des métadonnées, même si elle était connue et ne suffit pas à faire des Etats-Unis un Etat policier, n’autorise en revanche en aucun cas à mettre en danger ses diplomates ou lancer le fisc contre ses adversaires pour favoriser sa propre réélection), une guerre contre le terrorisme qui ne dit pas son nom mais n’en est pas pour autant finie …

Comment ne pas voir la réalité de l’élection (et réélection) d’un homme …

Qui, contre le rêve même du pasteur Martin Luther King, avait dû principalement à la couleur de sa peau (et à ses indéniables dons de lecteur de prompteur) de devenir le  premier président noir des Etats-Unis ?

Pas beau, le Nobel

Hervé Kempf

Le Monde

29.06.2013

L’AIE a aussi prédit que les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole de la planète vers 2020, et un exportateur net de brut vers 2030, en raison de l’essor des hydrocarbures non conventionnels, notamment du pétrole de schiste.

Monsieur le Président du comité Nobel, j’ai l’honneur de vous demander respectueusement de retirer le prix que vous avez attribué en 2009 au sieur Obama.

Ledit individu, en sa qualité de président des Etats-Unis, s’est en effet livré depuis quatre ans à diverses activités bellicistes qui démentent les espoirs que l’on avait mis en lui, et qui avaient justifié la remise de votre prix. Usage intensif de drones assassins en Afghanistan et au Pakistan, incapacité à fermer la prison de Guantanamo, extension d’un programme de surveillance des communications électroniques des citoyens sont autant de témoignages du caractère inapproprié de l’attribution de votre prestigieuse distinction.

De surcroît, monsieur le Président, l’action sur le changement climatique promise par l’impétrant avait été un des arguments essentiels conduisant à votre choix, un mois avant la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. Or, l’individu susnommé n’est pas étranger, loin de là, au sort funeste qu’a connu cette conférence en laquelle le monde mettait tant d’espoir. Et depuis, l’action du lauréat sur le climat n’a pas été brillante. Il a échoué, comme dans bien d’autres domaines, à imposer le marché des émissions dans lequel il croyait si fermement, et ne compte guère à son actif qu’une norme de réduction de la consommation des véhicules neufs.

M. Obama est certes un beau parleur, un comédien hors pair. Le discours qu’il a délivré avec solennité le 25 juin est truffé d’images et de paroles capables de faire frémir ses auditeurs. Mais comme au théâtre où les hallebardes brandies avec énergie se révèlent en carton-pâte, l’emphase dudit individu recouvre des pas si modestes qu’ils sonnent comme un nouveau recul.

Car enfin, monsieur le Président du comité Nobel, qui peut croire que l’annonce d’un « mémorandum » demandant à l’Agence de protection de l’environnement de prévoir de nouvelles normes d’émissions des futures centrales électriques est à la mesure de l’immense problème climatique, où le rôle des Etats-Unis est si important ? Que quelques mesures sur l’efficacité énergétique ou un soutien compté aux énergies renouvelables changeront la donne ? On est au point où il n’est pas même certain que les Etats-Unis atteindront en 2020 l’objectif adopté à Copenhague de réduire de 17 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2005. Quant à les diminuer de 80 % à l’horizon 2050, comme le recommandent les climatologues, il n’est même plus évoqué dans le discours, tant il paraît fantasmagorique dans les conditions actuelles.

En fait, Barack Obama ne montre aucun désir de réfréner véritablement la consommation énergétique de son pays ; il salue l’exploitation polluante de son pétrole de schiste ; il néglige les émissions de méthane engendrées par l’extraction de gaz de schiste. Un authentique Prix Nobel de la paix engagerait ses concitoyens sur les voies de l’avenir et de la transformation. Un politicien standard ne fait que les conforter dans leur conservatisme. Sa prudence prépare les douloureux chocs à venir.

Voir aussi:

Aux Etats-Unis, une cybersurveillance digne d’un Etat policier

Daniel Ellsberg (Ancien haut fonctionnaire américain)

Le Monde

25.06.2013

Il n’y a jamais eu, à mes yeux, dans l’histoire américaine, de fuite plus importante que la divulgation par Edward Snowden des programmes secrets de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA). L’alerte qu’il a lancée permet de prendre la mesure d’un pan entier de ce qui se ramène à un « coup d’Etat de l’exécutif » contre la Constitution américaine.

Depuis le 11-Septembre, le Bill of Rights, cette Déclaration des droits pour laquelle cette nation combattit il y a plus de deux cents ans, a été l’objet, dans un premier temps secrètement, ensuite de plus en plus ouvertement, d’une révocation de fait. Les quatrième et cinquième amendements de la Constitution, qui protégeaient les citoyens d’une intrusion injustifiée du gouvernement dans leurs vies privées, ont été pratiquement suspendus.

Le gouvernement affirme qu’il peut se prévaloir d’un mandat de justice en vertu du FISA, du Foreign Intelligence Surveillance Act (loi de 1978 portant sur les procédures de surveillance physique et électronique et l’activité de renseignement à l’étranger). Mais ce mandat est d’une si grande portée qu’il est inconstitutionnel. Il est de plus délivré par une juridiction secrète, à l’abri de toute supervision efficace, et qui fait preuve d’une déférence presque totale face aux demandes de l’exécutif.

Affirmer, comme le fait le président, qu’il y a eu une supervision juridique n’a pas de sens. Le fait que les dirigeants du Congrès aient été informés sur cette question et aient approuvé tout cela, sans aucun débat public ni auditions, montre l’état misérable, dans ce pays, du système des contre-pouvoirs.

A l’évidence, les Etats-Unis ne sont pas aujourd’hui un Etat policier. Mais, au regard de l’ampleur de cette invasion de la sphère privée, nous avons là l’infrastructure électronique et législative d’un tel Etat. Si une guerre devait éclater et conduire à l’apparition d’un mouvement pacifiste de très grande ampleur ou si nous devions être la cible d’une nouvelle attaque d’une gravité similaire à celle du 11-Septembre, je ne donne pas cher de l’avenir de notre démocratie. Ces pouvoirs sont extrêmement dangereux.

Il existe de nombreuses raisons justifiant légitimement le secret, en particulier pour tout ce qui relève de l’écoute des communications transitant par les ondes. C’est pourquoi Bradley Manning, l’auteur des fuites révélées par WikiLeaks, et moi-même – qui avions accès à de telles sources de renseignement parce que nous étions accrédités pour un niveau plus élevé encore que celui du top secret – avions choisi de ne divulguer aucune information ainsi classifiée. Et c’est pourquoi Edward Snowden s’est engagé à ne pas divulguer la plus grande partie de ce qu’il aurait pu révéler.

Mais, ce qui n’est pas légitime, c’est d’utiliser un système axé sur le secret pour dissimuler des programmes qui, de façon flagrante, sont anticonstitutionnels par leur ampleur et par les potentialités d’abus qu’ils recèlent. Ni le président ni le Congrès ne pourraient à eux seuls tirer un trait sur le quatrième amendement, portant sur le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées. C’est pourquoi ce qu’Edward Snowden a révélé jusqu’ici était tenu au secret, dissimulé au peuple américain.

En 1975, le sénateur Frank Church parla de l’Agence de sécurité américaine en ces termes : « Je sais qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire de l’Amérique une tyrannie accomplie, et nous devons veiller à ce que cette agence et toutes les agences qui disposent de cette technologie opèrent dans le cadre de la loi, et sous une supervision appropriée, de sorte que nous ne sombrions jamais dans ces ténèbres. Ce sont des ténèbres d’où l’on ne revient pas. »

La perspective funeste qu’il discernait était que la force de frappe grandissante des renseignements américains – qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que tout ce qui existait à leur époque prénumérique – « puisse à tout moment être retournée contre le peuple américain, et qu’aucun Américain ne sache plus ce qu’est la vie privée ».

Cela est désormais arrivé. C’est ce qu’Edward Snowden a démontré, documents officiels secrets à l’appui. La NSA, la police fédérale (FBI) et l’Agence centrale de renseignement (CIA) disposent, avec la nouvelle technologie digitale, de pouvoirs de surveillance sur nos propres citoyens dont la Stasi (la police secrète de la disparue République démocratique allemande) n’aurait guère pu rêver. Edward Snowden révèle que ladite communauté du renseignement est devenue the United Stasi of America.

Nous nous retrouvons donc plongés dans les ténèbres que craignait tant le sénateur Church. Il nous faut désormais nous demander si ce dernier eut raison ou tort de dire qu’il s’agit de ténèbres d’où l’on ne revient pas, et si cela signifie qu’une démocratie effective deviendra impossible.

Il y a peu, j’aurais trouvé difficile de rétorquer quoi que ce soit à des réponses pessimistes à ces questions. Mais devant la manière qu’a Edward Snowden de mettre sa vie en jeu pour que ces informations soient connues de tous, et parce qu’il pourrait de cette façon inciter très possiblement d’autres personnes ayant le même savoir, la même conscience, et le même patriotisme, à faire preuve d’un courage civique comparable – dans l’opinion publique, au Congrès et au sein de l’exécutif lui-même –, je vois une possibilité inespérée de traverser ces ténèbres et d’en réchapper.

Une pression exercée sur le Congrès par une opinion informée afin que soit créée une commission d’enquête parlementaire au sujet des révélations d’Edward Snowden et, je l’espère, d’autres restant à venir, pourrait nous conduire à placer la NSA et les autres agences de renseignement sous un véritable contrôle, et pourrait nous amener à restaurer les protections de la Déclaration des droits.

Edward Snowden a agi comme il l’a fait, parce qu’il a reconnu les programmes de surveillance de la NSA pour ce qu’ils sont : une activité dangereuse et anticonstitutionnelle. Cette invasion massive de la sphère privée des Américains et des citoyens étrangers ne contribue en rien à notre sécurité. Elle met en danger les libertés mêmes que nous tentons de protéger.

(Traduit de l’anglais par Frédéric Joly)

Daniel Ellsberg (Ancien haut fonctionnaire américain)

Edward Snowden, ex-agent de la CIA et ex-consultant de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, s’est réfugié à Hongkong le 20 mai. Inculpé d’espionnage aux Etats-Unis, il est arrivé dimanche 23 juin à Moscou, il serait

« en route pour la République d’Equateur par un chemin sûr, afin d’obtenir l’asile », selon le site WikiLeaks de Julian Assange

Daniel Ellsberg

Il est à l’origine de la fuite, en 1971, des Pentagon Papers, qui révélèrent la duplicité des autorités américaines lors de la guerre du Vietnam.

Edward Snowden, ex-agent de la CIA et ex-consultant de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, s’est réfugié à Hongkong le 20 mai. Inculpé d’espionnage aux Etats-Unis, il est arrivé dimanche 23 juin à Moscou, il serait « en route pour la République d’Equateur par un chemin sûr, afin d’obtenir l’asile », selon le site WikiLeaks de Julian Assange.

Voir encore:

The Mood of 1980

Victor Davis Hanson

NRO’s The Corner

June 26, 2013

Next year could be a frightening one, in the fashion of 1979–80.

The developing circumstances of our withdrawal from Afghanistan conjure up Vietnam 1975, with all the refugees, reprisals, humiliation, and emboldened enemies on the horizon, though this time there is no coastline for a flotilla of boat people to launch from. The Obama administration is debating no-fly zones over Syria; more likely, it will have the same discussion over Afghanistan soon, once the Taliban drops the diplomatic veneer and comes back into town.

Because of the failure to negotiate a single residual base in Iraq, Iran has appropriated a vast air corridor to the Middle East. John Kerry speaks sonorously to Russia and China, but apparently assumes that diplomacy follows gentlemanly New England yacht protocols, the right of way given to the more sober, judicious, and pontificating.

When Obamacare comes on line full bore, I think the American people could be quite depressed over the strange things they encounter. The economy offers only marginal encouragement, given that unemployment is still high and growth low; printing money at a record pace is not sustainable. Only gas and oil production is encouraging — and that is despite, not because of, administration efforts.

The Snowden extradition affair in and of itself could be small potatoes, but it takes on enormous iconic importance when the Chinese and Russians feel no compunction about publicly snubbing the administration — with North Korea, Iran, and many in the Middle East watching and drawing the conclusion that there are no consequences to getting on the bad side of the United States. Or perhaps they no longer see a bad side at all and consider us complacent neutral observers. Red lines, deadlines, ultimatums, “make no mistake about it,” “let me be perfectly clear,” the Nobel Peace Prize — all that is the stuff of yesteryear, its currency depleted by the years of speaking quite loudly while carrying a tiny stick.

All of the above take place while the Benghazi, IRS, AP/Fox, and NSA scandals are thought to be best handled by simple neglect, media lethargy, and amnesia on the part of the people.

We are back to the future, with the same old, same old sort of Carteresque engineered malaise.

Voir enfin:

Al-Qaida said to be changing its ways after leaks

Kimberly Dozier

AP Intelligence Writer

Jun 26, 2013

WASHINGTON (AP) — U.S. intelligence agencies are scrambling to salvage their surveillance of al-Qaida and other terrorists who are working frantically to change how they communicate after a National Security Agency contractor leaked details of two NSA spying programs. It’s an electronic game of cat-and-mouse that could have deadly consequences if a plot is missed or a terrorist operative manages to drop out of sight.

Terrorist groups had always taken care to avoid detection – from using anonymous email accounts, to multiple cellphones, to avoiding electronic communications at all, in the case of Osama bin Laden. But there were some methods of communication, like the Skype video teleconferencing software that some militants still used, thinking they were safe, according to U.S. counterterrorism officials who follow the groups. They spoke anonymously as a condition of describing their surveillance of the groups. Those militants now know to take care with Skype – one of the 9 U.S.-based Internet servers identified by former NSA contractor Edward Snowden’s leaks to The Guardian and The Washington Post.

Two U.S. intelligence officials say members of virtually every terrorist group, including core al-Qaida members, are attempting to change how they communicate, based on what they are reading in the media, to hide from U.S. surveillance. It is the first time intelligence officials have described which groups are reacting to the leaks. The officials spoke anonymously because they were not authorized to speak about the intelligence matters publicly.

The officials wouldn’t go into details on how they know this, whether it’s terrorists switching email accounts or cellphone providers or adopting new encryption techniques, but a lawmaker briefed on the matter said al-Qaida’s Yemeni offshoot, al-Qaida in the Arabian Peninsula, has been among the first to alter how it reaches out to its operatives.

The lawmaker spoke anonymously because he would not, by name, discuss the confidential briefing.

Shortly after Edward Snowden leaked documents about the secret NSA surveillance programs, chat rooms and websites used by like-minded extremists and would-be recruits advised users how to avoid NSA detection, from telling them not to use their real phone numbers to recommending specific online software programs to keep spies from tracking their computers’ physical locations.

House Intelligence Committee Chairman Mike Rogers, R-Mich., said there are « changes we can already see being made by the folks who wish to do us harm, and our allies harm. »

Sen. Angus King, I-Maine, said Tuesday that Snowden « has basically alerted people who are enemies of this country … (like) al-Qaida, about what techniques we have been using to monitor their activities and foil plots, and compromised those efforts, and it’s very conceivable that people will die as a result. »

Privacy activists are more skeptical of the claims. « I assume my communication is being monitored, » said Andrea Prasow, senior counterterrorism counsel for Human Rights Watch. She said that’s why her group joined a lawsuit against the Director of National Intelligence to find out if its communications were being monitored. The case was dismissed by the U.S. Supreme Court last fall. « I would be shocked if terrorists didn’t also assume that and take steps to protect against it, » she said.

« The government is telling us, `This has caused tremendous harm.’ But also saying, `Trust us we have all the information. The US government has to do a lot more than just say it, » Prasow said.

At the same time, NSA and other counterterrorist analysts have been focusing their attention on the terrorists, watching their electronic communications and logging all changes, including following which Internet sites the terrorist suspects visit, trying to determine what system they might choose to avoid future detection, according to a former senior intelligence official speaking anonymously as a condition of discussing the intelligence operations.

« It’s frustrating. You have to start all over again to track the target, » said M.E. « Spike » Bowman, a former intelligence officer and deputy general counsel of the FBI, now a fellow at the University of Virginia’s Center for National Security Law. But the NSA will catch up eventually, he predicted, because there are only so many ways a terrorist can communicate. « I have every confidence in their ability to regain access. »

Terror groups switching to encrypted communication may slow the NSA, but encryption also flags the communication as something the U.S. agency considers worth listening to, according to a new batch of secret and top-secret NSA documents published last week by The Guardian, a British newspaper. They show that the NSA considers any encrypted communication between a foreigner they are watching and a U.S.-based person as fair game to gather and keep, for as long as it takes to break the code and examine it.

Documents released last week also show measures the NSA takes to gather foreign intelligence overseas, highlighting the possible fallout of the disclosures on more traditional spying. Many foreign diplomats use email systems like Hotmail for their personal correspondence. Two foreign diplomats reached this week who use U.S. email systems that the NSA monitors overseas say they plan no changes, because both diplomats said they already assumed the U.S. was able to read that type of correspondence. They spoke on condition of anonymity because they were not authorized to discuss their methods of communication publicly.

The changing terrorist behavior is part of the fallout of the release of dozens of top-secret documents to the news media by Snowden, 30, a former systems analyst on contract to the NSA.

The Office of the Director for National Intelligence and the NSA declined to comment on the fallout, but the NSA’s director, Gen. Keith Alexander, told lawmakers that the leaks have caused « irreversible and significant damage to this nation. »

« I believe it will hurt us and our allies, » Alexander said.

« After the leak, jihadists posted Arabic news articles about it … and recommended fellow jihadists to be very cautious, not to give their real phone number and other such information when registering for a website, » said Adam Raisman of the SITE Intelligence Group, a private analysis firm. They also gave out specific advice, recommending jihadists use privacy-protecting email systems to hide their computer’s IP address, and to use encrypted links to access jihadi forums, Raisman said.

Other analysts predicted a two-track evolution away from the now-exposed methods of communication: A terrorist who was using Skype to plan an attack might stop using that immediately so as not to expose the imminent operation, said Ben Venzke of the private analysis firm IntelCenter.

But if the jihadi group uses a now-exposed system like YouTube to disseminate information and recruit more followers, they’ll make a gradual switch to something else that wasn’t revealed by Snowden’s leaks – moving slowly in part because they’ll be trying to determine whether new systems they are considering aren’t also compromised, and they’ll have to reach their followers and signal the change. That will take time.

« Overall, for terrorist organizations and other hostile actors, leaks of this nature serve as a wake-up call to look more closely at how they’re operating and improve their security, » Venzke said. « If the CIA or the FBI was to learn tomorrow that its communications are being monitored, do you think it would be business as usual or do you think they would implement a series of changes over time? »

Terrorist groups have already adapted after learning from books and media coverage of « how U.S. intelligence mines information from their cellphones found at sites that get raided in war zones, » said Scott Swanson, a forensics intelligence expert with Osprey Global Solutions. « Many are increasingly switching the temporary phones or SIM cards they use and throw them away more often, making it harder to track their network. »

The disclosure that intelligence agencies were listening to Osama bin Laden drove him to drop the use of all electronic communications.

« When it leaked that bin Laden was using a Thuraya cellphone, he switched to couriers, » said Jane Harman, former member of the House Intelligence Committee and now director of the Woodrow Wilson International Center. « The more they know, the clearer the road map is for them. »

It took more than a decade to track bin Laden down to his hiding place in Abbottabad, Pakistan, by following one of those couriers.

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