Désinformation: Quand le PCF négociait son propre Pacte germano-soviétique avec l’occupant nazi

Ribbentrop-Molotov PactJamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves et si, malgré la terreur ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir, SA VOLONTÉ D’ÊTRE LIBRE. Peuple de France (dit « Appel du 10 juillet »)

Au moment où on fêtait (en novembre dernier) le 15e anniversaire de la fin du communisme (et probablement sous la pression de l’ouverture des archives ex-soviétiques qui a suivi), intéressantes révèlations (suite à la publication d’un ouvrage d’historiens: « Juin 40, la négociation secrète », Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse) sur les négociations secrètes (longtemps niées) entre le PCF et les occupants nazis pour obtenir, dès juin 40, la reparution de ses journaux et la relégalisation de ses activités.

Sabotages et espionnage dans les usines d’armement au profit de Moscou, faux appels et faux journaux, désinformation, ceux qui doutaient encore de l’inféodation des « partis frères » et tout particulièrement du PCF à la patrie du socialisme sont servis.

On y apprend ainsi entre autres que le fameux « Appel du 10 juillet » (sorte de contre-appel du 18 juin) avait en fait été largement réécrit dans les années 50 (avec un faux numéro de l’Humanité à l’appui et à partir d’un texte de juillet 40 qui sous le titre « Peuple de France » évoquait surtout une « France enchaînée au char de l’impérialisme britannique » – merci Claude Pennetier pour la précision) pour accréditer l’idée d’une entrée précoce des communistes dans la Résistance alors qu’en réalité cette politique ne fut adoptée qu’au printemps 41, soit à peu près au même moment que la rupture du fameux Pacte germano-soviétique et que l’attaque allemande contre l’URSS de juin 1941.

Mais aussi que “le parti des 75 000 fusillés” était plutôt celui des… 4 000 fusillés, vu que le total des fusillés en France pendant la guerre n’a pas dépassé 4 520 personnes (dont il est vrai 80 à 90% de communistes).

Quant aux arguments évoqués dans les négociations, on n’est pas déçu non plus. Gribouillé sur un carnet de notes (retrouvé par hasard aux archives départementales de Paris) et dans un français quelque peu approximatif, l’argumentaire du Parti fer de lance de la lutte anti-fasciste met tour à tour en avant sa défense du Pacte germano-soviétique (qui vit pendant près de deux ans le soutien soviétique de la machine de guerre nazie) et son défaitisme révolutionnaire (« la guerre impéraliste », ses sabotages de la défense française), son anticapitalisme (« gouvernements bourgeois ») et même son antisémitisme (« juif Mandel », ministre de l’Intérieur sous Paul Reynaud), et naturellement son implantation ouvrière, ultime garantie de la paix sociale qu’il pourrait ainsi assurer aux occupants nazis.

Où on mesure l’étendue d’une inféodation qui verra, 50 ans durant, le PCF jouer les meilleurs élèves de Moscou, poursuivant le défaitisme révolutionnaire (contre l’intervention ordonnée par l’ONU en Corée), participant à toutes les campagnes de désinformation (l’Affaire Rosenberg, les « Appels » et « Mouvements pour la Paix ») et de manifestations antiaméricaines (contre la venue en France du Général Ridgway, baptisé faussement « Ridgway la peste » pour une prétendue utilisation d’armes chimiques en Corée), sans parler des activités d’espionnage (jusqu’au ministre de la défense de Mitterrand Charles Hernu) et bien sûr « l’or de Moscou » à la veille de chaque élection et les bataillons fournis de compagnons de route et d’idiots utiles, les Sartre, Aragon, Picasso, etc…

Quand le PCF négociait avec les nazis
Michel Lefebvre
Le Monde
09.12.06

Comment le Parti communiste français, qui se voulait le fer de lance du combat contre le fascisme et le nazisme, a-t-il pu solliciter des autorités allemandes, aussitôt après la défaite de juin 1940, l’autorisation de publier L’Humanité et plusieurs autres de ses journaux ? A près de soixante-dix ans de distance, cet épisode des premiers temps de l’Occupation, qui fit couler beaucoup d’encre chez les adversaires du PCF et un peu moins chez les communistes dans l’après-guerre, revient nourrir la chronique des années noires et des compromissions qui se sont parfois nouées entre ennemis déclarés.

Au lendemain de la Libération, auréolé du prestige qui s’attachait à son engagement dans la Résistance et au sacrifice d’un grand nombre de ses membres, le PCF a nié avoir jamais engagé les moindres pourparlers avec l’occupant. Puis il a reconnu qu’une telle démarche avait bien eu lieu, mais il a prétendu qu’elle avait été le fait de simples militants, privés de directives dans la débâcle. C’est seulement dans les années 1980 que l’historiographie communiste officielle a admis que des négociations avaient été menées, sur consigne de la direction du parti, par des responsables de haut niveau.

Les hasards de la recherche documentaire ont fait découvrir à des historiens, aux archives départementales de Paris, des notes établissant l’argumentaire employé par les représentants du PCF auprès des autorités d’occupation. Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse publient leurs trouvailles sous le titre Juin 40, la négociation secrète (Les éditions de l’Atelier).

Le document central est une liasse de notes saisie par la police française sur une militante communiste, Denise Ginollin, arrêtée, le 20 juin 1940, près de la station de métro Saint-Martin à Paris. Depuis l’interdiction de la presse communiste, en août 1939, puis la dissolution du parti lui-même, en septembre, la police traque les dirigeants et les militants soupçonnés de reconstituer leur organisation dans la clandestinité. La défaite et l’Occupation n’ont pas interrompu le travail des policiers.

Ce texte mérite d’être cité assez longuement, avec sa syntaxe approximative.

« 1°) Vous avez laissé paraître journaux communistes dans autres pays Danemark, Norvège, Belgique

Sommes venus normalement demander autorisation

2°) Sommes communistes avons appliqué ligne PC sous Daladier, Reynaud, juif Mandel

Juif Mandel après Daladier nous a emprisonnés. Fusillé des ouvriers qui sabotaient défense nationale.

Sommes PC français pas eu peur

3°) Pas cédé face dictature juif Mandel et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Reynaud

courage ouvriers français ouvriers parisiens et quand ce sont des ouvriers français ou parisiens c’est le PCF

4°) Sommes une force, (…) nous représentons une force qui dépasse les frontières françaises, vous comprenez, derrière nous l’URSS/c’est une force l’URSS/vous en avez tenu compte/pacte germano-soviétique le prouve. On ne fait pas un pacte avec des faibles mais avec des hommes forts (…)

Notre défense du pacte

Cela vous a avantagé

Pour l’URSS nous avons bien travaillé par conséquent par ricochet pour vous

5°) (…) En interdisant L’Huma vous montrez que vous voulez combattre les masses ouvrières et petites-bourgeoises de France, que vous voulez combattre l’URSS à Paris (…)

6°) (…) Nous voulons tout pour que les masses ne subissent pas événements douloureux, voulons les aider avec votre collaboration si vous voulez : réfugiés, enfants

nous ne ferons rien pour vous mais rien contre vous (…) »

La date de rédaction n’est pas connue, ni les circonstances de la prise de notes. Par trois fois, il est fait mention du « juif Mandel » : Georges Mandel, ministre de l’intérieur du gouvernement Paul Reynaud de mars à juin 1940, sera assassiné par la milice, force de collaboration pétainiste, en juillet 1944. Le texte attribue à Mandel la responsabilité d’avoir « fusillé des ouvriers qui sabotaient défense nationale », rare exemple de reconnaissance des consignes de sabotage données par le parti, en 1939-1940, aux militants communistes travaillant dans les usines d’armement.

Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier estiment que le rédacteur de ces notes est Maurice Tréand, arrêté le même jour que Denise Ginollin. Trois jours plus tard, le 23 juin, les Allemands les font libérer. Les pourparlers vont durer plus de deux mois. Ils n’aboutiront jamais.

En juin 1940, l’appareil du Parti communiste, contraint à la clandestinité, est sérieusement affaibli par les défections de ceux qui refusaient le pacte germano-soviétique, par les arrestations et par la mobilisation de nombreux militants sous les drapeaux. La direction est dispersée. André Marty, un des secrétaires de l’Internationale communiste (IC), et Maurice Thorez, le secrétaire général du PCF, sont à Moscou. Jacques Duclos, qui va prendre la direction du parti en France, et Maurice Tréand, le responsable des cadres, sont à Bruxelles avec Eugen Fried, dit Clément, représentant de l’IC. Le 15 juin, le lendemain de l’arrivée des Allemands, tous trois rejoignent Paris en voiture et s’installent dans les locaux de la représentation commerciale soviétique, avant de rejoindre des planques en région parisienne. Puis Fried rentre à Bruxelles. En Belgique, les communistes ont entamé des pourparlers pour faire reparaître leur presse ; ils vont faire de même à Paris.

Toujours le 15 juin, Otto Abetz arrive dans la capitale comme représentant de Joachim von Ribbentrop, le ministre des affaires étrangères allemand. Connaisseur de la France, où il a vécu pendant une dizaine d’années, et grand manipulateur, Abetz a un objectif : « mener la désunion intérieure ». Il va être à l’origine des négociations. Les représentants du PCF et ceux d’Abetz vont entrer en contact, à partir du 17 juin, par l’intermédiaire d’un avocat communiste qui travaille pour l’ambassade soviétique, Robert Foissin. Le processus commence, clairement validé par Duclos. Il va être conforté par un télégramme clandestin du 22 juin, en provenance de Moscou, signé de Georgi Dimitrov, secrétaire général de l’IC, et de Maurice Thorez, ce que ce dernier niera. Le texte en est le suivant : « Utilisez moindre possibilité favorable pour faire sortir journaux syndicaux, locaux, éventuellement L’Humanité, en veillant (à ce) que ces journaux… ne donnent aucune impression de solidarité avec envahisseurs ou leur approbation. »

A Moscou, manifestement, on se méfie. Mais il faudra un mois, et un nouveau télégramme de Dimitrov et Thorez, le 20 juillet, pour que le processus soit enrayé. « Considérons juste ligne générale. Indispensable redoubler vigilance contre manoeuvre des occupants. Etait juste entreprendre démarches pour obtenir presse légale, mais entrevue Abetz est une faute, car danger compromettre parti et militant », décrètent les deux dirigeants. Les liaisons suivantes confirment que Moscou se méfie des « manoeuvres des autorités d’occupation » et de l’avocat Foissin, désigné comme « agent des occupants ».

Pourtant les contacts avec Abetz continuent. Un dernier rendez-vous, prévu le 27 août, sera annulé. Le 31, Robert Foissin est exclu du parti. Il rencontre une dernière fois Abetz le 2 septembre. Un rapport signé par un proche de Duclos, Arthur Dallidet, en octobre, met en cause Tréand. Celui-ci va payer cher d’avoir été en première ligne dans cette négociation. Marginalisé, il mourra en 1949. Pour l’historiographie officielle du PCF, il sera longtemps le seul responsable de ce qu’elle présentera comme une initiative locale.

Voir aussi le texte du fameux « Appel »:

L’Appel du 10 Juillet

Notre pays connait maintenant les terribles conséquences de la politique criminelle suivie par des gouvernements indignes, responsables de la GUERRE, de la DEFAITE, de L’OCCUPATION.

Des milliers et des milliers de jeunes gens et de pères de famille sont tombés, des milliers et des milliers d’évacués chassés de leurs foyers ont connu le plus lamentable des exodes sur les routes de France, de nombreuses villes, de nombreux villages ont été détruits, des malades et des blessés souffrent dans les hôpitaux, des centaines de milliers de prisonniers se morfondent loin de leur famille, des veuves, des vieux parents, des orphelins pleurent leurs disparus.

La France meurtrie, douloureuse, trahie par ses dirigeants subit la rançon de la défaite. Voilà où nous ont conduits les politiciens à la DALADIER, à la REYNAUD, à la MANDEL, qui, soutenus par un Parlement de VALETS et de corrompus, ont poussé la France à la guerre pour servir les intérêts des ploutocrates, pour supprimer les libertés publiques, pour faire régner la terreur, écraser le peuple et porter les armes contre l’URSS, pays du socialisme (envoi de matériel de guerre aux gardes blancs finlandais et constitution de l’armée Weygand en Syrie).

Les faits sont là qui montrent à quel point cette politique a fait fait faillite, à quel point elle a été néfaste. L’heure est venue de situer les responsabilités de tous ceux qui ont conduit la France à la catastrophe.

La clique des dirigeants banqueroutiers de la politique de guerre a bénéficié de l’appui de tous les partis, unis dans une même besogne de trahison et dans une même haine de la classe ouvrière et du communisme. Le Parti Radical avec ses Daladier, ses Bonnet, ses Chautemps et ses Chichery; le Parti Socialiste avec ses Blum, ses Sérol, ses Ziromski, ses Paul Faure; les Partis de droite avec Flandin, Marin, Fernand Laurent, Laval, Chiappe; l’USR avec Frossard, De Monzie, Déat, Marquet; le PSF avec La Rocque et Ybarnegaray; la bande à Doriot et les chefs usurpateurs de la CGT, les Jouhaux, Belin, Dumoulin, etc. SONT TOUS RESPONSABLES DES MALHEURS DE LA FRANCE.

La malédiction de tout un peuple trahi monte vengeresse vers ces hommes qui ont voulu la guerre et préparé la défaite,

A cause de ces hommes, la moitié du territoire frmçaîs subit l’occupation de l’armée allemande, aux frais de la France comme l’indique le traité d’armistice.

A cause de ces hommes, le Peuple de France connaît l’humiliation de cette occupation et ne se sent pas chez lui. Il voit en même temps, que le Gouvernement de traîtres et de vendus siège à Vichy en attendant de venir à Versailles, pour imiter le sinistre Thiers, mise sur des concours extérieurs pour se maintenir au pouvoir contre la volonté de la Nation.

Mais rien ne pourra empêcher que les comptes soient réglés et les masses laborieuses en demandant que LA France SOIT AUX FRANÇAIS expriment à la fois LA VOLONTÉ D’INDÉPENDANCE DE TOUT UN PEUPLE et sa ferme résolution de se débarrasser à tout jamais de ceux qui l’ont conduit à la catastrophe.

Seuls, les Communistes ont lutté contre la guerre !

Seul, debout dans la tempête, fidèle à sa politique de paix, notre Grand Parti Communiste s’est dressé contre la guerre, comme il s’était dressé seul contre l’occupation de la Ruhr par Poincaré, parce qu’il a toujours été CONTRE L’OPPRESSION D’UN PEUPLE PAR UN AUTRE PEUPLE

Nous, Communistes, nous avons défendu le Pacte germano-soviétique parce qu’il était un facteur de paix, et dès le premier mois de la guerre, alors que la répression s’était abattue sur nous, face à tous les profiteurs, affairistes et politiciens pour qui la guerre était une fructueuse entreprise NOUS AVONS RÉCLAMÉ LA PAIX par l’envoi d’une lettre des Députés Communistes au Président de la Chambre.

C’est pour cela que ces députés ont été emprisonnés et condamnés, c’est pour cela que des milliers de communistes ont été jetés dans les cachots et les camps de concentration cependant que, sous la menace de la prison et du peloton d’exécution, nos militants ont continué vaillamment la lutte pour la Paix.

Désormais, chaque Français est à même de constater que si les propositions communistes, toutes de clairvoyance et de sagesse avaient été suivies, la guerre avec ses désastres aurait été épargnée à notre pays. Mais les GOUVERNANTS FRANÇAIS QUI N’ONT PAS VOULU LA PAIX ne se sont pas préparés à la guerre et ont sciemment organisé la trahison.

Avant la grande offensive allemande de Mai dernier, politiciens et généraux français ont fait la guerre à l’intérieur contre les ouvriers et en même temps ils ont désorganisé la production, saboté la fabrication des chars et des avions, puisé dans les stocks de l’armée française pour ravitailler les réactionnaires finlandais. Ils n’ont rien prévu, rien organisé, ils ont renoué la tradition d’incurie criminelle des généraux du Second Empire. Tous ces hommes, civils et militaires, ont trahi la France et sont indignes de la moindre parcelle de confiance.

Seul, un Parti a vu clair, seul, un Parti a eu raison, seul, un Parti n’a été ni dupe, ni complice, seul un Parti a eu le courage de lutter; ce Parti, C’EST LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, PARTI DU PEUPLE, AU SERVICE DU PEUPLE.

La France veut vivre libre et indépendante

La France encore toute sanglante veut vivre libre et indépendante.

Le Peuple de France veut régler lui-même, conformément à ses traditions et à son génie, les questions sociales et politiques surgies de la trahison des classes possédantes. La France ne veut pas être mise au pas par les aventuriers de Vichy.

Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves et si, malgré la terreur ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannîque, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir, SA VOLONTÉ D’ÊTRE LIBRE.

Les politiciens, civils et militaires, à la solde du capitalisme ont conduit le Peuple de France à la guerre sous prétexte de DÉFENDRE LA LIBERTÉ et, aujourd’hui ils imposent leur dictature. parce qu’ils ne veulent pas rendre de comptes, parce qu’ils veulent que les ploutocrates puissent s’enrichir de la défaite comme ils se sont enrichis de la guerre,

CELA NE DOIT PAS ÊTRE; CELA NE SERA PAS ! La France ne deviendra pas une sorte de pays colonisé, la France au passé si glorieux ne s’agenouillera pas devant une équipe de valets prête à toutes les besognes.

La France doit se relever, elle se relèvera, il le faut, dans l’intérêt même de la fraternité des peuples, que, de toutes façons nous voulons.

La France doit se relever en tant que grand Pays avec son industrie et son agriculture. Aucun travailleur françaîs ne pourrait admettre que soient anéanties ou laissées à l’abandon les richesses industrielles de la France qui doivent revenir à la collectivité nationale.

La France doit se relever, mais elle ne se relevera que par le travail et dans la liberté. Les usines doivent toutes rouvrir et travailler pour les besoins quotidiens des hommes; les paysans doivent être ramenés à leur terre d’où la guerre les a chassés en grand nombre. Ce n’est pas en enrôlant des jeunes gens, ainsi que semblent vouloir le faire les traîtres de Vichy, pour les amener à la campagne comme des serfs, que seront résolus les problèmes économiques posés devant notre pays.

La France doit se relever pour être une terre de travail et de liberté, mais non une terre de servitude et de misère

Qui donc peut relever la France ?

Qui peut relever la France ? C’est la question qui se pose.

Ce ne sont ni les généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France; ils ne sont bons qu’à la trahir et à la vendre. Ce n’est pas dans les milieux corrompus du capitalisme que peuvent se trouver les éléments de la renaissance nationale. C’est dans le Peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale.

Et c’est seulement autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, parce que l’avenir lui appartient; c’est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti Communiste, Parti de propreté, d’honneur et d’héroïsme, que peut se constituer LE FRONT DE LA LIBERTÉ, DE L’INDÉPENDANCE ET DE LA RENAISSANCE DE LA FRANCE.

Nous appelons à s’unîr pour sauver notre pays, pour l’arracher des mains de ceux qui l’ont conduit au désastre, les Paysans, les Petites Gens qui ont été si abominablement trompés par le Parti Radical, les Travailleurs socialistes que le Parti de Blum et de Paul Faure ainsi que les chefs traîtres de la CGT ont placé à la remorque des potentats du capital, les travailleurs chrétiens à qui les princes de l’Église ont prêché la confiance en des gouvernements indignes, tous les Français honnêtes qui veulent que la France se relève et se libère des chaînes du capitalisme qui a préparé le désastre pour détruire les conquêtes sociales de 1936.

L’UNITÊ DE LA NATION PEUT SE FAIRE. Elle doit se faire et elle peut se faire tout de suite, pour alléger le fardeau de misère qui pèse sur notre pays.

Que tous les hommes et femmes de bonne volonté, que les vieux et les jeunes s’unissent à la ville, au village, partout, en des cornités populaires de solidarité et d’entr’aide, pour organiser l’assistance aux réfugiés, aux malheureux, aux démobilisés, aux chômeurs, aux malades, aux blessés; pour organiser le ravitaillement qui, dans de nombreuses communes isolées n’est pas assuré; pour créer d’un bout à l’autre du Pays, un esprit de solidarité fraternité fondé sur le principe « UN POUR TOUS, TOUS POUR UN ».

La France au travail

Mais s’il faut panser les plaies, il faut aussi reconstruire; reconstruire pour le bien de la collectivité et non pour founir l’occasion de nouveaux profits aux maîtres et protégés de ces Messieurs du gouvernement de Vichy,

IL FAUT REMETTRE LA FRANCE AU TRAVAIL, mais en attendant, à faut assurer le pain quotidien aux sans-travail. Et pour remettre le pays au travail il faut mobiliser les ressources de la Nation, EN CONFISQUANT TOUS LES BÉNÉFICES DE GUERRE ET EN EFFECTUANT UN PRÉLÈVEMFNT MASSIF SUR LES GROSSES FORTUNES.

IL FAUT REMETTRE LA FRANCE AU TRAVAIL, mais pour cela les voleurs capitalistes doivent être mis hors d’état de nuire, les mines, les banques, les chemins de fer, les chutes d’eau et autres grosses entreprises doivent être restitués à la Nation.

IL FAUT REMETTRE LA FRANCE AU TRAVAIL, mais pour cela il faut assurer aux petits et moyens paysans des livraisons d’engrais à bas prix, livraisons que rendrait possibles le retour à la collectivité nationale des industries chimiques, et il faut aussi remettre à ceux qui les travaillent les grosses propriétés foncières appartenant aux banquiers, seigneurs et autres exploiteurs du Peuple.

IL FAUT REMETTRE LA FRANCE AU TRAVAIL, mais pour cela il faut que les pouvoirs publics au lieu de se désintéresser du sort des paysans fassent droit à leurs revendications ;

a) paiement des récoltes détruites ou perdues du fait de la guerre; b) livraison de semences sélectionnées; c) paiement de dommages pour la reconstruction des maisons détruites et le renouvellement des instruments aratoires détériorés ou anéantis, ce qui donnera du travail à de nombreux ouvriers; d) livraison d’animaux aux paysans sinistrés pour la reconstitution du cheptel; e) versement d’une indemnité aux petits paysans sinistrés pour qu’ils puissent vivre en attendant la prochaine récolte.

IL FAUT REMETTRE LA FRANCE AU TRAVAIL, sans subordonner la reprise de l’activité économique du pays au profit des capitalistes, et en s’attaquant, au contraire, aux privilèges des classes possédantes.

Les droits du Peuple

Le Peuple a le droit d’exiger que son travail profite à la collectivité et non à quelques parasites capitalistes, et il a le droit de demander des comptes à ceux qui ont fait le malheur du pays, fauteurs et profiteurs de guerre, ministres d’hier et d’aujourd’hui, généraux traîtres et incapables.

Le Peuple a le droit d’exiger la mise en accusation des responsables de la guerre et des désastres de la France.

Le Peuple a le droit d’exiger la libération des défenseurs de la Paix et le rétablissement dans leurs droits et fonctions des élus qui ont combattu la guerre.

Le Peuple a le droit d’exiger l’abrogation des mesures de lotion prises contre les groupements politiques, syndicaux, coopératifs, culturels et autres en raison de leur hostilité à la guerre.

Le Peuple a le droit d’exiger le rétablissement des libertés syndicales et le rétablissement dans leurs fonctions des délégués élus et des conseillers prudhommes déchus par le gouvernement des fauteurs de guerre.

Le Peuple a le droit d’exiger la parution en toute liberté des journaux en qui il avait confiance, qui lui disaient la vérité et qui ont été interdits à cause de cela.

Le Peuple a le droit d’exiger que soient reconnus les droits sacrés des mutilés, des veuves, des orphelins, des vieux parents dont le fils a été tué. Les victimes de la guerre ne laisseront pas Pétain déclarer que I’État ne fera rien pour elles en même temps que les profiteurs de guerre gardent les milliards volés au Pays.

Mais ces droits, le Peuple devra les imposer par son union et par son action.

Le Peuple français qui paie si cher les crimes des fauteurs de guerre, veut de toutes ses forces la Paix dans l’indépendance complète et réelle de la France. Il n’y a de Paix véritable que dans l’indépendance des peuples et les Communistes qui revendiquent pour la France le droit à son indépendance, proclament aussi le droit à l’indépendance des peuples coloniaux asservis par les impérialistes.

Au surplus, le Peuple de France peut constater que c’est guidés par la haine du peuple que les gouvernants français nous ont conduits à la guerre et se préparaient à attaquer le Pays du Socialisme comme le prouvent les télégrammes échangés entre Gamelin et Weygand sur le bombardement de Bakou et de Batoum.

L’URSS de Lénine et de Staline, pays du Socialisme et espoir des travailleurs du monde, est le rempart de la Paix comme elle vient de le montrer une fois de plus en réglant pacifiquement avec la Roumanie la question de la Bessarabie et de la Bukovine du Nord. En défendant le pacte gerrnano-soviétique, en août 1939, nous avons opposé à la politique des fauteurs de guerre, la politique stalinienne de paix et aujourd’hui, nous avons conscience de servir la cause de la paix et de l’indépendance de notre pays, en demandant la conclusion d’un pacte d’amitié franco-soviétique.

Un Gouvernement du Peuple

Pour relever la France, pour remettre la France au travail, pour assurer son indépendance dans la Paix, pour assurer la sauvegarde des droits du Peuple, pour libérer notre Pays des chaînes de l’exploitation capitaliste et de l’oppression il faut chasser le Gouvernement de traîtres et de valets dont le chef Pétain a dit cyniquement aux blessés, aux réfugiés, à ceux qui ont tout perdu « l’Etat ne pourra rien pour vous ».

Le gangster de la politique Laval, le radical staviskrate Chautemps, les Socialistes Rivière et Février, le PSF Ybarnegaray et autres politiciens vendus à la Frossard et à la Marquet ont imposé la Constitution de Vichy pour faire peser sur le Peuple de France la dictature des forbans.

Avec la Constitution de ces Messieurs, plus de liberté d’opinion, de presse, d’association, plus de libertés syndicales, plus de pensions pour les anciens combattants, plus d’assurances sociales, plus d’élections pour désigner les membres de la Chambre qui seront nommés par les Ministres, et puis enfin, un seul Parti autorisé, le Parti de Laval, La Rocque, Doriot, Chautemps, Frossard, Rivière, Février et Cie.

La complicité du Parti Radical et du Parti Socialiste a permis à Pétain de se faire nommer dictateur, mais derrière lui c’est Laval, son remplaçant éventuel qui détient le pouvoir, A peine les ministres radicaux et socialistes avaient-ils assuré l’étranglement des libertés publiques qu’ils disparaissent de la scène pour laisser place aux réactionnaires Lemery et Piétri et à M. Mireaux, directeur du « Temps », « la bourgeoisie faite journal », comme disait autrefois Jules Guesde.

Ce gouvernement de honte où se retrouvent aux côtés de militaires battus, les Bazaine de 1940, et aux côtés d’affairistes notoires, des politiciens tarés, déshonore la France.

Voilà travailleurs et démocrates français les résultats de la politique de Daladier, Blum et consorts qui, en frappant le Parti communiste français, ont préparé la destruction des libertés républicaines dans notre pays et viennent d’aider Laval-Marquet et Weygand à devenir les maîtres de la France.

Mais le Peuple de France ne se laissera pas faire. A la ville, dans les campagnes, dans les usines, dans les casernes doit se le front des hommes libres contre la dictature des forbans.

A la porte le gouvernement de Vichy ! A la porte le gouvernement des ploutocrates et des profiteurs de guerre !

C’est un tout autre gouvernement qu’il faut à la France.

Un gouvernement que l’unité de la Nation rendra possible demain; un gouvernement qui sera la renaissance nationale composé d’hommes honnètes et courageux de travailleurs manuels et intellectuels n’ayant trempé en rien dans les crimes et combinaisons malpropres de la guerre; un gouvernement du Peuple, tirant sa force du Peuple, du Peuple seul et agissant exclusivement dans l’intérêt du Peuple.

Voilà ce que pense le Parti Communiste, voilà ce qu’il te dit, Peuple de France, en ces heures douloureuses en t’appelant à t’unir dans tes Comités populaires de solidarité et d’entr’aide, dans les syndicats, dans les usines, les villes, les villages, sans oublier jamais que tous unis, nous relèverons la France, nous assurerons sa liberté, sa prospérité et son indépendance.

Sous le signe de la lutte contre le régime capitaliste générateur de misère et de guerre, d’exploitation et de corruption, qui a déjà disparu sur un sixième du Globe en URSS, sous le signe de l’unité et de l’indépendance de la Nation; sous le signe de la fraternité des Peuples, nous serons les artisans de la renaissance de la France.

A bas le capitalisme générateur de misère et de guerre !

Vive l’Union Soviétique de Lénine et Staline, espoir des travailleurs du Monde.

Vive l’unité de la Nation Française.

Vive la France libre et indépendante.

Vive le Parti Communiste Français, espoir du Peuple de France.

Vive le Gouvernement du Peuple au service du Peuple !

MAURICE THOREZ Jacques DUCLOS

Secrétaire Général Secrétaire

10 commentaires pour Désinformation: Quand le PCF négociait son propre Pacte germano-soviétique avec l’occupant nazi

  1. Alan Broc dit :

    Hou sabion ja.

    Nous le savions déjà, mais bravo de l’avoir publié. Ca donne des références précises pour les incrédules, de bonne ou de mauvaise foi.

    Je dois préciser que le PCF a saboté des avions de l’armée française en 1939 et collait des affichettes disant:

    « Mon pays, c’est la France, mais ma patrie, c’est l’union soviétique ».

    Mon père et mon grand-père les ont vues.

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  2. jcdurbant dit :

    Merci de ce témoignage familial qui est loin d’être le seul – ce serait d’ailleurs intéressant, si cela n’a pas déjà été fait, qu’ils soient collectés par des historiens …

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  3. Raymond dit :

    Certains politiciens tarés actuels obligent les enseignants du secondaire à lire le courrier émanant d’un collaborateur communiste, un jour prochain ils devront commenter les discours fleuve du Lider Maximo ou vanter l’humanité et la clairvoyance politique de Salot Sar (dit Pol Pot).

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  4. ogulinac michel dit :

    OUI…L’histoire est là. 20 milions de morts et 5 fois plus de blessés,un territoire saccagé ,une population exangue.L’ex URSS a payé la lutte contre le nazisme trés cher.Stalingrad était là;et hitler a du battre en retraite.En France dans le chaos nauséabond de la collaboration,les communistes ont payé tres cher leur résistance d’abord inorganisée puis élargie à d’autres mouvements républicains contre l’infamie.La mémoire est courte…La famille Renault demande la réhabilitation de Renault qui a collaboré avec l’occupant en production de matériel ect…Des vidéos pignons de médias se servent de l’histoire du 3eme Reich pour une publicité téléphonique…L’Amérique son territore sont restés intacts et tant mieux pour le peuple américain,je salue le sacrifice des milliers de morts de ces soldats du débarquement;Les neo nazis sont de retour 70 ans aprés….Ils arrivent tout doucement en lisiére des espaces modernes,il semblerait que comme autrefois,ils puissent constituer une solution d’avenir., réflexion…Alors tout à faire de nouveau.Qu’en pensez vous ?

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    • JFM dit :

      Et pourquoi est-ce que les communistes devraient être crédités des morts causés par le dédain absolu qu’ils avaient pour la vie des soldats et des populations? Pourquoi ceux qui déminaient à coup d’hommes auraient le droit de se draper dans ces morts?

      Et puis on oublie un peu que la Wehrmact qui a attaqué le 1er septembre près , trop près des pluies d’automne qui tranforment la Pologne en un bourbier abominable, qui vient de reculer devant les Polonais alors que le temps presse et qui surtout, surtout commence à à être à court de munitions et ce alors qu’il est vital pour elle de faire peur afin que les Alliés n’attaquent pas sa frontière occidentale presque dégarnie est au 16 septembre 1939 bien mal engagée. Mais le 17 elle a été sauvée par le coup de poignard dans le dos de la Pologne porté par l’URSS.

      Sans ce coup de poignard la Wehrmacht enlisée dans la boue polonaise même victorieuse in fine, n’aurait pas été en mesure d’envahir la France. Et peut-être même si, une fois informés de son manque de munitions les Alliés avaient attaqué la guerre aurait été finie dès le début 40. Mais l’URSS a sauvé les Nazis.

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