Burqa: Attention une intolérance peut en cacher une autre! (Intolerance in Europe)

Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février 2006)
A country famous for tolerating prostitution, drug use, euthanasia and public nudity considers Muslim veiling beyond the pale. (…) But attacking Muslim culture — as opposed to those who practice or promote violent acts — is no way to diminish the threat. The Washington Post

Intéressant édito du Washington Post mettant l’Europe devant ses contradictions.

Ils auraient d’ailleurs même pu rajouter les pubs sexistes qui s’étalent à tous les coins de rue, notamment françaises, quand dans le même temps, on se déchaine (avec la plus belle inconscience ou hypocrisie) contre le non-respect de la dignité féminine que représentent le foulard ou le voile islamiques.

Pourtant, ils oublient aussi au passage quelques petits détails.

Comme les moins de 1% de musulmans américains (moins de 3 millions pour une population totale de plus de 300 millions dont un quart de noirs convertis) comparés aux 6 % néerlandais (près d’un million pour 16 millions –  7, 5% pour la France et naturellement bien plus dans certaines zones) !

Ou le fait que toute une série d’états américains ou établissements scolaires ou sportifs ont été eux-mêmes amenés (certes pas toujours avec succès) à interdire la burqa, notamment sur les photos de permis de conduire (Floride, Alabama, Nebraska) ou une école (Muskogee, Oklahoma en 2004) pour… raisons de sécurité !

Et surtout que la distinction islam/islamisme (si chère, comme la fallacieuse mise dos à dos des « fondamentalismes », à nos belles âmes des deux côtés de l’Atlantique) est non seulement plus que douteuse si on lit les textes, mais explicitement réfutée par… les porteuses de burqa elles-mêmes!

PS: on attend aussi la sortie prochaine de la burqa pour la panoplie de la Barbie syrienne (voir ci-dessous) et bientôt… la ceinture d’explosifs ?

Intolerance in Europe
Prostitutes and drug dealers are welcome in the Netherlands. Just don’t wear a veil.

The WP

November 25, 2006

EUROPE’S MUSLIM communities increasingly are portrayed — especially by European media — as havens for religious intolerance that flourish thanks to the overly tolerant policies of liberal governments. It’s true that until relatively recently, some Western European governments shrank from confronting clerics or others who promoted extremist ideology or encouraged terrorism. It’s also true that some European artists and politicians have been threatened or even killed for criticizing or mocking Islam. But another important part of the dangerous increase in tensions between Europeans and Muslims is the blatant bigotry of many mainstream political leaders, journalists and other elites against Islam and its followers.

Sometimes the bigots portray their crude attacks on Muslim beliefs and culture as a defense of freedom of speech — as when a Danish newspaper last year chose to publish gratuitously offensive cartoons about the prophet Muhammad. Sometimes they claim to be promoting better communication, as when British parliamentarian Jack Straw recently asked Muslim women to remove their veils when visiting his office. Luckily for the enemies of cynicism and disingenuousness, there is also the Dutch government — which no longer bothers to disguise its ugly prejudice.

On Nov. 17, just five days before Wednesday’s hard-fought general election in the Netherlands, the incumbent center-right government promised that, if reelected, it would introduce legislation to ban the wearing of burqas and other facial coverings in most public places, including courts, schools, trains and even streets. The ruling Christian Democratic Appeal party finished first in the voting, but the makeup of the next government remains unclear. If enacted, the prohibition would affect no more than a few dozen of the country’s 1 million Muslims, who make up some 6 percent of the population. But the point is symbolic: A country famous for tolerating prostitution, drug use, euthanasia and public nudity considers Muslim veiling beyond the pale.

Rita Verdonk, the immigration minister who is rapidly becoming the face of the new Dutch intolerance, claimed that the measure was needed for « reasons of public order, security and protection of citizens. » Nothing subtle in that connection: As far as Ms. Verdonk is concerned, burqas and terrorism are synonymous.

Like other Europeans, the Dutch have reason to worry about terrorism; the country has been traumatized by the assassinations of a prominent right-wing politician and a right-wing filmmaker in the past few years. But attacking Muslim culture — as opposed to those who practice or promote violent acts — is no way to diminish the threat. It won’t be surprising if more Dutch Muslims respond to their government by putting on burqas — or by answering intolerance with intolerance.

Voir aussi:

Courrier international – 16 nov. 2006
PAYS-BAS – La tolérance néerlandaise à l’épreuve

Dans On a tué Theo Van Gogh, l’écrivain Ian Buruma s’interroge sur l’état de la société nérlandaise et l’avenir des relations entre l’Europe et l’islam. Un sujet qui résonne dans la presse mondiale.

Ecrit en anglais, le livre de Ian Buruma, Murder in Amsterdam: The Death of Theo Van Gogh and the Limits of Tolerance (traduit en français sous le titre On a tué Theo Van Gogh, éd. Flammarion), touche un public beaucoup plus vaste que les Néerlandais, auxquels il s’adresse indirectement. « Chef-d’œuvre de reportage littéraire », selon Die Tageszeitung de Berlin, l’ouvrage s’ouvre sur le meurtre en 2004 du cinéaste Theo Van Gogh par un islamiste néerlandais d’origine marocaine, Mohammed Bouyeri, et s’interroge sur la tolérance aux Pays-Bas et sur les relations entre l’Europe et l’islam.

« L’orgueil national des Néerlandais était touché : soudain leur pays n’était plus l’exception magnifique, explique l’auteur lui-même dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le lien fatal entre le fondamentalisme religieux du Moyen-Orient et les problèmes des immigrés déracinés d’Europe faisait son apparition dans les banlieues d’Amsterdam. Ce n’est que récemment que les Néerlandais se sont libérés de leurs restrictions sociales et religieuses. Leur culture laïque du sexe, drogue et rock’n roll n’est apparu que dans les années 1960. La société néerlandaise était auparavant organisée en communautés confessionnelles relativement séparées. La plupart des gens votaient pour des partis chrétiens, fréquentaient des écoles chrétiennes (subventionnées par l’Etat), des clubs de sport catholiques ou protestants. Le christianisme néerlandais ne faisait certes pas preuve d’un fondamentalisme agressif, mais, avant la Seconde Guerre mondiale, les mariages entre catholiques et protestants étaient probablement plus rares que les mariages entre chrétiens et musulmans aujourd’hui. »

« Ian Buruma entend avant tout montrer que les personnages et le ‘drame’ lui-même sont particulièrement néerlandais », estime la Neue Zürcher Zeitung. « Des personnalités à première vue totalement différentes partagent des attitudes qui ne peuvent se comprendre que dans le contexte néerlandais. Il y a par exemple une sorte de calvinisme atténué pour lequel une éthique stricte reste la seule position moralement correcte. La tolérance néerlandaise, avance Buruma, est entre autres le résultat d’un énorme travail de pacification et de maîtrise psychologique depuis les guerres de religion. Cet héritage a été jusqu’à présent géré par une élite qui ne se distingue pas tellement des bons bourgeois dont Frans Hals faisait jadis le portrait : des gens conscients de leurs responsabilités et de leur valeur mais aussi fiers d’eux-mêmes. »

Mais, comme le remarque Timothy Garton Ash dans The New York Review of Books, « les histoires typiquement néerlandaises de Theo Van Gogh, Ayaan Hirsi Ali et Mohammed Bouyeri ne forment qu’une petite partie de la trame vaste et complexe constituée de l’Europe et de l’islam ». Dans ce domaine, note The Observer, Ian Buruma « montre que les valeurs des Lumières ont été réquisitionnées par les conservateurs, qui pensent que le multiculturalisme est allé ‘trop loin’ et qui brandissent leur attachement à ces valeurs comme un insigne d’identité nationale et culturelle. Pour eux, les valeurs des Lumières ne sont pas simplement universelles, parce qu’elles sont issues de la raison, mais elles sont ‘notre’ universel, ancré dans la culture occidentale. »

« En ce sens, poursuit l’hebdomadaire britannique, elles sont un miroir de la promesse de pureté de l’islam moderne. Deux versions concurrentes et hostiles de la vérité absolue s’opposent, issues de cultures différentes, chacune ayant pour mission de supplanter la culture et d’attirer les déracinés. »

En revanche, regrette la Neue Zürcher Zeitung, « Buruma est moins convaincant quand il tente d’exprimer des choses profondes sur les limites de la tolérance, comme le promet le sous-titre de son essai. Il est extrêmement critique vis-à-vis d’Ayaan Hirsi Ali : celle-ci est pour lui une sorte d’aristocrate éclairée et radicale qui ordonne aux musulmans de faire table rase de leur culture arriérée. Il n’existe pas de recette politique ou psychologique, conclut le quotidien zurichois, mais l’essai de Buruma a le mérite de nous permettre de mieux comprendre le problème. »

Eric Maurice

Voir enfin:

Bestseller in Mideast: Barbie With a Prayer Mat
Katherine Zoepf
The NYT
September 22, 2005

DAMASCUS, Syria, Sept. 21 – In the last year or so, Barbie dolls have all but disappeared from the shelves of many toy stores in the Middle East. In their place, there is Fulla, a dark-eyed doll with, as her creator puts it, « Muslim values. »

Fulla roughly shares Barbie’s size and proportions, but steps out of her shiny pink box wearing a black abaya and matching head scarf. She is named after a type of jasmine that grows in the Levant, and although she has an extensive and beautiful wardrobe (sold separately, of course), Fulla is usually displayed wearing her modest « outdoor fashion. »

Fulla’s creator, NewBoy Design Studio, based in Syria, introduced her in November 2003, and she has quickly become a best seller all over the region. It is nearly impossible to walk into a corner shop in Syria or Egypt or Jordan or Qatar without encountering Fulla breakfast cereal or Fulla chewing gum or not to see little girls pedaling down the street on their Fulla bicycles, all in trademark « Fulla pink. »

Young girls here are obsessed with Fulla, and conservative parents who would not dream of buying Barbies for their daughters seem happy to pay for a modest doll who has her own tiny prayer rug, in pink felt. Children who want to dress like their dolls can buy a matching, girl-size prayer rug and cotton scarf set, all in pink.

Fulla is not the first doll to wear the hijab, a traditional Islamic head covering worn outside the house so a woman’s hair cannot be seen by men outside her family. Mattel markets a group of collectors’ dolls that include a Moroccan Barbie and a doll called Leila, intended to represent a Muslim slave girl in an Ottoman court. In Iran, toy shops sell a veiled doll called Sara. A Michigan-based company markets a veiled doll called Razanne, selling primarily to Muslims in the United States and Britain.

But none of those dolls have enjoyed anything approaching Fulla’s wide popularity. Fawaz Abidin, the Fulla brand manager for NewBoy, said that was because NewBoy understood the Arab market in a way that its competitors had not.

« This isn’t just about putting the hijab on a Barbie doll, » Mr. Abidin said. « You have to create a character that parents and children will want to relate to. Our advertising is full of positive messages about Fulla’s character. She’s honest, loving, and caring, and she respects her father and mother. »

Though Fulla will never have a boyfriend doll like Barbie’s Ken, Mr. Abidin said, a Doctor Fulla and a Teacher Fulla will be introduced soon. « These are two respected careers for women that we would like to encourage small girls to follow, » he said.

On the children’s satellite channels popular in the Arab world, Fulla advertising is incessant. In a series of animated commercials, a sweetly high-pitched voice sings the Fulla song in Arabic (« She will soon be by my side, and I can tell her my deepest secrets ») as a cartoon Fulla glides across the screen, saying her prayers as the sun rises, baking a cake to surprise her friend Yasmeen, or reading a book at bedtime – scenes that, Mr. Abidin said, are « designed to convey Fulla’s values. »

A series of commercials seems more familiarly sales-oriented, starring young Syrian actresses who present Fulla silverware, Fulla stationery, Fulla luggage and, of course, new accessories for Fulla herself. « When you take Fulla out of the house, don’t forget her new spring abaya! » says one commercial.

In Damascus, a Fulla doll sells for about $16, in a country where average per capita income hovers around $100 per month. And yet, said Nawal al-Sayeedi, a clerk at the Space Toon toy store in the city’s upscale Abou Roumaneh neighborhood, Fulla flies off the shelves.

When Iman Telmaz took her two young daughters back-to-school shopping recently, disaster struck. Ms. Telmaz had promised the girls, 10-year-old Alia and 5-year-old Aya, new pink Fulla backpacks for the start of the school year, and the stores were sold out.

Ms. Telmaz resolved to keep looking. « The children love their Fulla dolls, » she said. « Aya is starting school for the first time, and has specially asked for a Fulla backpack. For these girls, it has to be Fulla. »

Ms. Sayeedi, the toy store clerk, said she felt sorry for parents.

« If you’ve got a TV in the house, it’s Fulla all the time, » she said. « The parents complain about the expense. But Fulla gives girls a more Islamic character to emulate, and parents want that. »

Not everyone sees Fulla as such a positive influence. Maan Abdul Salam, a Syrian women’s rights advocate, said Fulla was emblematic of a trend toward Islamic conservatism sweeping the Middle East. Though statistics are hard to come by, he said, the percentage of young Arab women who wear the hijab is far higher now than it was a decade ago, and though many girls are wearing it by choice, others are being pressured to do so.

« If this doll had come out 10 years ago, I don’t think it would have been very popular, » he said. « Fulla is part of this great cultural shift. »

« Syria used to be a very secular country, » he added, « but when people don’t have anything to believe in anymore, they turn toward religion. »

Fatima Ghayeh, who at 15 is a few years past playing with dolls herself, said she felt « sad that no one plays with Barbie anymore. » But, pressed for further explanation, Ms. Ghayeh, dressed in a white hijab and ankle-length khaki coat, appeared to change her mind.

« My friends and I loved Barbie more than anything, » she said. « But maybe it’s good that girls have Fulla now. If the girls put scarves on their dolls when they’re young, it might make it easier when their time comes. Sometimes it is difficult for girls to put on the hijab. They feel it is the end of childhood. » « Fulla shows girls that the hijab is a normal part of a woman’s life, » Ms. Ghayeh continued. She gestured behind her, at a pair of excited little girls examining a rack of Fulla-branded Frisbees and pool toys. « Now the girls only want Fulla. »

But Jyza Sybai , a lanky, tomboyish Saudi 10-year-old, visiting Syria with her family for a short vacation, disagreed. « All my friends have Fulla now, but I still like Barbie the best, » Jyza said. « She has blond hair and cool clothes. Every single girl in Saudi looks like Fulla, with the dark hair and the black scarf.

« What’s so special about that? »

6 commentaires pour Burqa: Attention une intolérance peut en cacher une autre! (Intolerance in Europe)

  1. […] leçon pour nos intolérants et hypocrites Européens amateurs de lunaparks et Eros centers qui veulent interdire la burqa […]

    J'aime

  2. […] était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée.Mohammed Bouyeri(assassin de Theo Van Gogh, 2 février […]

    J'aime

  3. […] était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février […]

    J'aime

  4. […] était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février […]

    J'aime

  5. […] était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février […]

    J'aime

  6. jcdurbant dit :

    Muslim communities are not inherently predisposed to violence. The presence of a sizable Muslim population in a non-Muslim-majority country does not inevitably presage jihadist bloodshed or demands for the imposition of sharia. It is true that some 650,000 Muslims live in Belgium, but five times as many — 3.3 million — live in the United States. Why hasn’t America become a hotbed of Islamic extremism? Why aren’t American Muslims by the thousands flocking to fight for ISIS, Al Qaeda, and other terrorist organizations? Why, despite the efforts of Islamist pressure groups such as the Council on American-Islamic Relations — a Muslim supremacist operation that masquerades as an advocate for civil rights — are most American Muslims intent on adopting America’s customs and way of life?

    Jeff Jacoby

    Jacoby fait fort:

    comparer, sans parler du quart de noirs convertis et des distances aux pays d’accueil (6 000 km d’Atlantique contre 750 km de Méditerrannée), 650, 000 musulmans dans un pays de 11 millions d’habitants avec 3 millions dans un pays de plus de 300 millions, fallait le faire !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :