Religion: Enfin un Pape qui relève la tête face à l’Islam! (Finally a Pope that confronts islam!)

Nuns_with_guns_3Montre-moi que Mahomet ait rien institué de neuf : tu ne trouverais rien que de mauvais et d’inhumain, tel ce qu’il statue en décrétant de faire progresser par l’épée la croyance qu’il prêchait. Manuel II Paléologue (empereur byzantin, 1391)
Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de l’édition publiée par le professeur Théodore Khoury (Münster) d’une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d’hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’islam et sur la vérité de chacun d’eux. L’on présume que l’empereur lui-même annota ce dialogue au cours du siège de Constantinople entre 1394 et 1402 ; ainsi s’explique le fait que ses raisonnements soient rapportés de manière beaucoup plus détaillée que ceux de son interlocuteur persan. Le dialogue porte sur toute l’étendue de la dimension des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran et s’arrête notamment sur l’image de Dieu et de l’homme, mais nécessairement aussi toujours à nouveau sur la relation entre — comme on le disait — les trois « Lois » ou trois « ordres de vie » : l’Ancien Testament — le Nouveau Testament — le Coran. Je n’entends pas parler à présent de cela dans cette leçon ; je voudrais seulement aborder un argument — assez marginal dans la structure de l’ensemble du dialogue — qui, dans le contexte du thème « foi et raison », m’a fasciné et servira de point de départ à mes réflexions sur ce thème. Dans le septième entretien (dialexis — controverse) édité par le professeur Khoury, l’empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément l’empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire : « Nulle contrainte en religion ! ». C’est l’une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n’avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement l’empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. Sans s’arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le « Livre » et les « incrédules », l’empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s’adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ». L’empereur, après s’être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l’âme. « Dieu n’apprécie pas le sang — dit-il —, ne pas agir selon la raison, sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l’âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu’un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable, il n’est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d’instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort… L’affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury commente : pour l’empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu’à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l’obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l’homme devrait même pratiquer l’idolâtrie.  Benoit XVI (université de Ratisbonne, 12 septembre 2006)

Rare moment à déguster dans l’histoire récente, voir le Vatican relever la tête devant le nouveau totalitarisme vert (ils leur ont même piqué leurs tenues de bonnes soeurs et… remplacé leurs croix par des kalachnikovs!) quand la plupart des dirigeants occidentaux (Bush et Blair exceptés) et leurs laquais médiatiques (Le Monde s’affole en titrant: « Les propos de Benoît XVI font craindre une crise plus violente que celle des caricatures ») s’empressent de la fourrer dans le sable – mais… pas au point quand même d’oublier au même moment de répercuter en une les appels au meurtre de masse des djihadistes Ben Laden ou Zawahiri, ceux-ci comme ceux qui les ont précédés et ceux qui leur succéderont!

Pour la première fois depuis près de deux millénaires, Nazareth et Bethlehem n’ont plus de populations majoritairement chrétiennes.

Le Vatican affronte l’Islam
Daniel Pipes
Jerusalem Post
5 juillet 2006

Version originale anglaise: The Vatican Confronts Islam

Adaptation française: Alain Jean-Mairet

«Si tendre l’autre joue signifie renoncer à être soi-même, il y a un danger! L’autodéfense est un devoir.» Ces paroles sont celles de Mgr Velasio De Paolis, secrétaire du Tribunal suprême de la signature apostolique, au Vatican, et font référence aux Musulmans. Pour expliquer ce rejet apparent de l’exhortation de Jésus à ses fidèles de «tendre l’autre joue», De Paolis souligna que «cela fait plus d’un demi-siècle que l’Occident a des relations avec les pays arabes, (…) et il n’a jamais été capable d’obtenir la moindre concession sur les droits humains».

De Paolis n’est pas seul à penser de la sorte. En effet, l’Église catholique effectue actuellement à cet égard un revirement spectaculaire, après plusieurs décennies de politique de protection des Catholiques vivant sous le règne musulman. Les anciennes méthodes empreintes de diplomatie feutrée et d’apaisement ont clairement échoué. Patrick Sookhdeo, du Barnabas Fund, observe que les quelque 40 millions de Chrétiens vivant dans le Dar al-Islam constituent de plus en plus une minorité en difficulté, confrontée au déclin économique, à la perte de ses droits et à des dangers physiques. La plupart d’entre eux, poursuit-il, sont des citoyens de deuxième classe, méprisés et dédaignés, subissant des discriminations dans l’éducation, au travail et devant les tribunaux.

Devant cette situation critique, les Chrétiens fuient leurs terres ancestrales pour l’Occident, qui leur offre une meilleure hospitalité. En conséquence, les populations chrétiennes du monde musulman sont en chute libre. Deux exemples, modestes par la taille mais très évocateurs: pour la première fois depuis près de deux millénaires, Nazareth et Bethlehem n’ont plus de populations majoritairement chrétiennes.

Cette oppression et ce déclin bien réels contrastent fortement avec l’essor de la minorité musulmane en Occident. Bien que constituée pour l’essentiel de moins de 20 millions d’immigrés et de leurs descendants, cette minorité est de mieux en mieux établie et représentée, bénéficie de nombreux droits et protections et acquiert régulièrement de nouvelles prérogatives légales, culturelles et politiques.

Cette disparité croissante éveilla l’attention de l’Église, qui désigne pour la première fois l’Islam radical, plutôt que le comportement d’Israël, comme le principal problème des Chrétiens vivant avec des Musulmans.

De premiers présages en furent déjà perceptibles du temps de Jean-Paul II. Par exemple, le cardinal Jean-Louis Tauran, l’équivalent du ministre des affaires étrangères du Vatican, relevait à la fin 2003 que «trop de pays à majorité musulmane traitent leurs minorités chrétiennes comme des citoyens de seconde classe». Tauran demandait plus de réciprocité: «Les Musulmans peuvent bâtir leurs lieux de prière n’importe où dans le monde et les fidèles des autres religions devraient également en avoir la possibilité.»

Les exigences de réciprocité catholiques sont devenues plus pressantes notamment depuis l’intronisation, en avril 2005, du pape Benoît XVI, pour qui l’Islam est une question centrale. En février, le pape souligna la nécessité de respecter «les convictions et les pratiques religieuses d’autrui afin que, dans un esprit de réciprocité, le libre exercice d’une religion soit réellement assuré à tous». En mai, il insista à nouveau sur la nécessité de la réciprocité: les Chrétiens doivent aimer les immigrants et les Musulmans doivent traiter correctement les Chrétiens parmi eux.

Comme de juste, les ecclésiastiques de moindre rang sont plus explicites. «La radicalisation de l’Islam est la cause essentielle de l’exode chrétien», affirme Mgr Philippe Brizard, directeur général de l’Œuvre d’Orient, une institution française soutenant les Chrétiens orientaux. L’évêque Rino Fisichella, recteur de l’université pontificale du Latran, à Rome, recommande à l’Église de rompre son «silence diplomatique» et de «faire pression sur les organisations internationales pour mettre les sociétés et les États à majorité musulmane face à leurs responsabilités».

La crise des caricatures danoises offrit un exemple typique du désenchantement catholique. Les dirigeants ecclésiastiques critiquèrent la publication des dessins de Mahomet. Mais lorsque les Musulmans réagirent en assassinant des prêtres catholiques en Turquie et au Nigéria, sans parler des nombreux Chrétiens tués pendant les cinq jours d’émeute dans ce dernier pays, l’Église émit des avertissements. «Si nous disons à nos gens qu’ils n’ont pas le droit d’offenser, nous devons dire aux autres qu’ils n’ont pas le droit de nous détruire», déclara ainsi le cardinal Angelo Sodano, le secrétaire d’État du Vatican. «Nous devons rester fermes sur notre exigence de réciprocité dans les contacts politiques avec les autorités des pays islamiques, et davantage encore dans les contacts culturels», ajouta l’archevêque Giovanni Lajolo, son ministre des affaires étrangères.

L’obtention, pour les Chrétiens vivant en Islam, des mêmes droits que ceux dont jouissent les Musulmans installés dans la Chrétienté est devenue l’axe central de la diplomatie du Vatican envers les Musulmans. Cette nouvelle approche, sérieuse et équilibrée, reflète une compréhension sensiblement meilleure qui pourrait étendre son influence bien au-delà de l’Église, compte tenu du nombre de politiciens laïques qui s’alignent sur ses recommandations en matière de relations interreligieuses. Si les États occidentaux promouvaient à leur tour le principe de réciprocité, les résultats seraient sans doute intéressants.

Voir aussi:

Le pape relève la tête face à l’Islam(isme)
Sabreaxel
Vendredi 15 Septembre 2006

Après des décennies de diplomatie feutrée, de silences polis et de pacifisme total vis à vis de l’islamisme agressif qui se répand dans le monde, le Vatican vient de sortir quelque peu de sa réserve. Le pape, à Ratisbonne, a en effet condamné clairement cette semaine le Djihad et les « conversions par la violence ». Il a également notamment déclaré :«Pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant; sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison.».

Pour l’occasion le monde islamique s’est enflammé, y compris de nombreuses personnalités que nos élites veulent désespérément classer comme modérées (pour se rassurer?). Leur liste est disponible partout sur Internet et chacun peut la consulter dans les articles consacrés à la question. Leur réaction est d’une violence conséquente qui nous renseigne sur leur état d’esprit. Elle ne s’accompagne d’aucune critique de l’Islam qualifié chez nous de radical, et chez les pays musulmans de normal. Aucune remise en cause des textes fondateurs qui posent problème et des fanatiques qui les suivent tels qu’ils sont. Le monde chrétien s’est pacifié et a remis en cause les interprétations violentes de sa religion de référence. Le monde musulman à l’évidence en est très très loin, d’autant que sa religion, ignorant tout de la séparation entre le spirituel et le temporel et étant « révélée » par un guerrier ne s’y prête pas facilement.

Il faut à mon sens que chacun lise le Coran pour avoir bien en tête ce qui est qualifié chez nous de religion de paix et d’amour, en ayant constamment à l’esprit la distinction qui y est faite entre musulman et non musulman (les citations douces qui sont parfois faites ne concernent bien souvent que la première catégorie, à l’exception totale de l’autre…). Pas de Jésus pacifique à l’horizon ni de nouveau testament… Quand on voit la violence qu’ont pu ressentir certains chrétiens avec des textes relativement doux, on imagine et d’ailleurs on constate tous les jours ce qu’il en est et ce qu’il en sera sans doute longtemps encore à partir de textes autrement plus violents, à moins bien-sûr qu’une remise en cause interne ait lieu. Une nouvelle interprétation, voire même la mise à l’écart de certains textes mais cela n’est pas pour demain visiblement… Il serait bon que tout le monde, et pas seulement les chrétiens, en prenne conscience. Nos libertés, sur notre propre sol sont à terme en ligne de mire.

PS : Un site où consulter les interventions radiophoniques d’une spécialiste de l’Islam, Madame A.M. Delcambre (dans l’onglet archives): http://www.libertyvox.com/

Et enfin:

Où l’on atteint le paradoxe effarant de voir certains courants islamistes se montrer de plus en plus violents pour prouver que…l’islam est une religion de paix !…

Controverses : Le Pape a raison de porter le débat au niveau spirituel
LSA Oulahbib
le 15/09/2006

L’idée d’indiquer qu’il est déraisonnable de croire que Dieu exige le recours à la violence pour convaincre autrui, comme il est soutenu en Islam, (car « nulle contrainte en religion » concerne ce qui se passe au sein de l’islam exclusivement…) doit-elle être dénoncée comme pouvant susciter le courroux de certains musulmans comme le clame la gentry islamocorrect allant de Gilles Kepel à divers médias (dont LCI et le Figaro) en passant par le recteur de la Mosquée de Paris, ou s’agit-il d’une exacte mesure du niveau de débat à atteindre avec l’islam ?…

Avant de répondre à la question, faisons une observation préalable : en premier lieu, jamais aucun média n’a organisé un débat entre un islamiste et un musulman disons « classique » pour clarifier la notion de Djihad, (qu’il s’agisse du « grand », ou du « petit »…). Pourquoi ? Et en quoi un islamiste n’aurait-il pas le « droit » d’exposer lui aussi sa vision autrement plus musclée que la moyenne des musulmans ? Parce qu’il a été posé un apriori non démontré par divers spécialistes (dont Gilles Kepel) stipulant qu’il ne sert à rien de discuter avec les islamistes car ils ne représentent pas le « vrai » islam, et qu’en réalité leur prose s’avère pauvre, et qu’au fond ces gens ne sont pas très intelligents, n’ont-ils pas « deux à trois neurones » avait souligné Gilles Kepel à propos de son livre Al Keida dans le texte ?

Qu’a donné cette méthode de non débat, que l’on a vu dans toute son ampleur lors de l’affaire des caricatures ? Encore plus de violence, d’intolérance, et c’est tout à fait normal puisque l’on ne fixe plus aucune limite à l’islam en le mettant devant ses propres contradictions, en se confrontant intellectuellement à lui, on laisse ainsi, à la façon d’un adolescent auquel il serait interdit de dire quoique ce soit sous peine de le frustrer voire l’offenser, proliférer la vision la plus « hard » de l’islam ; et l’on atteint le paradoxe effarant de voir certains courants islamistes se montrer de plus en plus violents pour prouver que…l’islam est une religion de paix !…

Le Pape Benoît XVI, sans doute nourri de l’histoire tumultueuse de l’Eglise dont la toute puissance avait été déléguée au politique qui l’avait interprétée de manière musclée (alors que Christ avait nettement distingué César et Dieu…) a posé le débat à hauteur de jeu, c’est-à-dire du point de vue de ce que la vérité religieuse pourrait nous dire qui renforcerait et non infirmerait l’autorité de l’homme sur sa propre destinée. Or, la question de la violence en général a été accaparée par les discours ratiocinants qui réduisent toujours celle-ci à un manque ou à une conséquence d’une situation de misère alors qu’il se peut fort bien que cette violence se déchaîne en raison d’une interprétation exigeant que tous se soumettent à ce que l’on croit être la parole de Dieu….

On ne peut expliquer les actuelles violentes inter-religieuses en Irak, ou encore la multiplication des attentats suicides dans divers endroits du monde comme l’unique résultat d’une frustration sociale et politique donnée. Il y a là derrière une volonté théologico-politique d’imposer sa vision du monde au nom du Coran donc de Dieu, et cette volonté a de nombreux défenseurs qui ont pignon sur rue puisqu’ils ne posent pas, eux, des bombes, tout en les justifiant ; or, il s’agit d’entamer avec eux un débat pour montrer à tous ceux qui refusent de réfléchir que c’est, au contraire, bien le moment, du moins si l’on pense qu’il faut avancer, progresser dans l’évaluation de ses propres interprétations, afin que l’Humanité puisse dans sa diversité continuer à s’affermir dans la réelle liberté vraie, c’est-à-dire qui nous libère de la violence et de la fascination qu’elle exerce.

Ce n’est pas en étouffant le débat que l’on évolue vers plus de tolérance et de compréhension.

– A comparer avec la veulerie et la pure désinformation du quotidien de révérence et feuille paroissiale du Quai d’Orsay:

Cinq ans après le 11 septembre, face aux vagues croissantes
d’islamophobie, on aurait pu attendre du pape un discours plus mesuré sur la religion musulmane et une réaffirmation du refus de l’amalgame entre islam et islamisme.


Autant que l’islam, le christianisme a eu partie liée, dans son histoire, avec la violence.

Edito du Monde
Benoît XVI et islam
LE MONDE
15.09.06

Le pape Benoît XVI, théologien plus que politique, a tenu, mardi 12 septembre à Ratisbonne, en Allemagne, un discours politiquement incorrect sur la tentation de la violence dans l’islam. Cinq ans après le 11 septembre, face aux vagues croissantes d’islamophobie, on aurait pu attendre du pape un discours plus mesuré sur la religion musulmane et une réaffirmation du refus de l’amalgame entre islam et islamisme.

L’obsession de ce pape allemand est l’effondrement de la foi et de la mémoire des racines chrétiennes dans une Europe « sourde » à Dieu. Une Europe sécularisée qui s’affaiblit par rapport à un islam jugé conquérant. Aux yeux de Benoît XVI, la foi sans la raison court à la dérive, et la raison est le meilleur antidote contre la « maladie mortelle » de toute religion : le fondamentalisme. Et c’est parce que l’islam n’aurait jamais pu faire sa critique interne qu’il serait si peu préparé à la modernité et si perméable à la violence fanatique.

L’argument est spécieux si on veut bien admettre que, d’Al-Tabari à Averroès, et jusqu’aux réformateurs du XIXe siècle, l’histoire de la pensée islamique n’est pas rétive à la raison, mot cité quarante-cinq fois dans le Coran. Les propos du pape ont donc choqué dans le monde musulman, qui, après plus de quarante années de dialogue ouvertes par le concile Vatican II (1962-1965), craint une réévaluation – à la baisse – du rapport de l’Eglise catholique avec l’islam.

Ce qui n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux. Depuis son élection, Benoît XVI a réaffirmé sa volonté de dialogue avec le monde musulman. L’Eglise catholique ne peut se désengager d’un rapprochement qui contribue à la paix. Pas plus que le christianisme, l’islam n’est un bloc. Autant que l’islam, le christianisme a eu partie liée, dans son histoire, avec la violence.

Mais Benoît XVI n’entend pas dialoguer à la manière de Jean Paul II, champion des assemblées de prière comme à Assise, en Italie. Il mesure mieux les impasses : absence d’interlocuteurs représentatifs, dialogue théologique impossible, perpétuation de pratiques qu’aucune réflexion critique ne vient contredire – apostasie et blasphème condamnés à mort, ou interdiction de tout culte minoritaire dans certains pays musulmans – en Arabie saoudite, par exemple. En outre, le chef de l’Eglise catholique ne peut rester sans réaction devant la situation des chrétiens en terre d’islam : en Turquie, trois prêtres ont été tués depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, tandis qu’au Pakistan ou au Nigeria on brûle des églises.

Autant de réalités et de violences que les responsables de l’islam ne peuvent ni ignorer ni occulter. Quant au dialogue entre les religions, il serait évidemment plus fructueux si les responsables musulmans plus modérés ne laissaient le champ libre aux islamistes fondamentalistes. De ce côté-là, aussi, une clarification est nécessaire.

– Et bien sûr (ou hélas car j’apprécie à l’occasion leur distance critique) le mensuel préféré des cathos de gauche se devait de briller par… son conformisme bien-pensant:

Benoît XVI et l’islam : Golias hurle avec les loups
15 septembre 2006

Par la voix de Christian Terras, Golias s’en prend vertement à Benoît XVI :

« Notre pape, voulant peut-être faire montre d’érudition en citant un empereur byzantin du XIV-XVe siècle, n’avoue en fait que son impuissance à dialoguer avec les savants de son temps (…) Les discours du pape en Allemagne ne peuvent que nous préoccuper dans la synergie qu’ils manifestent: une opposition au monde (post) moderne ».

Golias hurle avec les loups reprenant les arguments déjà ressassés par certains dignitaires musulmans. Rien de nouveau.
Golias hurle avec les loups ceux devant lesquels Benoît XVI ne voulait pas se dérober et ceux qui se sont introduits dans sa bergerie.
Golias hurle avec les loups aujourd’hui. Ses responsables se sont-ils seulement demandés pourquoi les musulmans, comme pour l’affaire des caricatures, ont déclenché leurs réactions trois jours après les faits et la veille de leur jour de prière? Sans doute pas, chez les loups, on suit et on hurle… sans se soucier de qui mène le troupeau.

Lahire
© Le Salon Beige,
partenaire de CHRETIENTE.INFO

__________

* Citation, de l’empereur Manuel II Paléologue en 1391, reprise avec force guillemets par le Pape lors d’une conférence dans son ancienne université de Ratisbonne (Regensburg).

COMPLEMENT (18/9/06):

Un autre regard sur les indignations hautement sélectives de nos amis musulmans

Sur Kabyie news édito tiré du ‘Soir de l’Algérie’:

Extraits :

« à y regarder de près, Benoît XVI n’apporte rien de neuf en affirmant que l’Islam s’est propagé par l’épée. En dehors de quelques exaltés friands de mythes, tous les historiens l’ont écrit et, parmi eux, des Arabes et des musulmans.

Il ne fait que répéter aussi ce qui se dit en Islam à propos du djihad. Quant aux commentaires et citations empruntées, il en existe tout un florilège dans la culture occidentale. Attendre du pape qu’il dise du bien de l’Islam, c’est comme demander à Karadhaoui de chanter les louanges de l’Eglise adventiste.

Nous commettons tous les jours mille fois plus d’erreurs que lui. Dans chaque prêche du vendredi, nous insultons les pères des pères des chrétiens et les aïeux des aïeux des juifs. Dans chaque prêche du vendredi, nous demandons à Dieu de les détruire, de faire de leurs épouses des veuves et de leurs enfants des orphelins. Dans toutes nos écoles, nous apprenons à nos écoliers que les chrétiens sont impurs et voués à l’enfer. Dans chaque foyer nous apprenons à nos enfants qu’ils sont notre ennemi principal, que nous devons les tuer ou être tués. Nous interdisons même d’invoquer le salut pour leurs défunts même s’ils ont été des hommes de bien et utiles à l’humanité…

Oui, le pape du Vatican s’est trompé mais comme lui nous nous sommes trompés et plus encore. Le mufti d’Al- Azhar, le mufti de Palestine, les théologiens de l’Arabie saoudite et du monde islamique, en général, où en sont-ils de la générosité de l’Islam qui prêche le bien et interdit de porter atteinte aux autres même en paroles ? Pourquoi ont-ils gardé le silence devant nos propos sur les chrétiens et ont-ils bougé lorsque le pape a évoqué la personne du Noble Prophète ?

Même si les déclarations ultérieures du Vatican ne sont qu’un semblant d’excuse, elles comportent, dans le pire des cas, une reconnaissance de l’ampleur de l’erreur commise. Mais je n’ai pas entendu une seule fois de la bouche d’un mufti ou d’un cheikh musulman des mots pour dire que les injures et les anathèmes lancés contre les chrétiens n’étaient pas permis et s’opposaient à la tolérance de l’Islam.

Je n’ai pas entendu un seul imam dire que ces comportements étaient erronés. Et prêcher avant tout à nos enfants et à nos écoliers l’amour du prochain. Oui, le pape s’est trompé, il s’est lourdement trompé. Mais nous nous sommes trompés comme lui et nous continuons à persévérer dans l’erreur tous les vendredis, et même tous les jours. »

Un commentaire pour Religion: Enfin un Pape qui relève la tête face à l’Islam! (Finally a Pope that confronts islam!)

  1. […] qu’après le discours de vérité de Benoit XVI face à l’islam, le Pape François nous ramène à l’apaisement le plus servile […]

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