Histoire coloniale: Le plus intéressant dans le passé, c’est souvent… le présent! (Revisiting French colonial history)

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Belgian_colonialismFalsifier l’histoire, c’est tromper les citoyens, c’est fausser leur jugement.
Daniel Lefeuvre
De toutes les entreprises de l’État, la colonisation est celle qui coûte le plus cher et qui rapporte le moins.
Gustave de Molinari (économiste belge du XIXe siècle)

Comme pour les scandales, le plus intéressant dans le passé, c’est souvent finalement ce qu’il nous apprend ou révèle sur l’actuelle normalité, c’est-à-dire sur le présent, l’actualité.

Car finalement les récents « scandales » sur l’histoire coloniale française relancés par les Lois mémorielles (loi Gayssot sur le négationnisme, loi Taubira sur l’esclavage, loi Vanneste sur la colonisation) ainsi que par quelques démagogues à la mode de l’apprenti-Farrakhan français Dieudonné assoiffés de publicité ou leurs versions étrangères comme un certain président Bouteflika assimilant la conquête de l’Algérie à une sorte de prélude des chambres à gaz (sans parler des « anticolonialistes de salon » qu’un historien appelle les « Repentants ») auront au moins eu le mérite de faire sortir ou ressortir des faits jusque-là connus des seuls spécialistes (la prise de quelque 3000 femmes, enfants et serviteurs de la smala d’Abd el-Kader est quand même assimilée par Bugeaud lui-même à une … « Vendée musulmane » !).

Notamment par l’intermédiaire d’ouvrages d’historiens, comme ce dernier Pour en finir avec la repentance coloniale de Daniel Lefeuvre que je n’ai pas encore lu mais qui, si l’on en croit la critique qu’en fait Les Amis d’Hérodote, remet pas mal de pendules à l’heure et apporte une sérieuse contribution à la nécessairement incessante lutte contre le « lyssenkisme » historique et la tentation récurrente de l’anachronisme, c’est-à-dire l’oubli systématique du contexte historique et le manque de distance critique (même si je me permettrai de ne pas être tout à fait d’accord avec la vision apparemment « amoralisée » ou « aseptisée » d’un de ses collègues : « Il n’est pas bon que l’Histoire soit ainsi polluée par des questions morales »).

Où l’on apprend par exemple que les choses n’ont peut-être pas tant changé puisque déjà au moment de la colonisation de l’Algérie, (comme d’ailleurs pour certaines « guerres du pétrole » chères à nos munichois d’aujoud’hui !) « les colonies se révèlent un gouffre financier et il n’y a guère que quelques affairistes liés aux lobbies coloniaux pour en tirer profit » ou « le bilan économique de la colonisation ? Une perte nette pour la métropole et un transfert de richesses au profit des colonies (ou de leurs classes dirigeantes) très supérieur à l’actuelle aide au développement ». Remplacer « colonisation » par « coopération » ou « aide au développement » justement et vous avez quelque chose qui ressemble furieusement à… la situation actuelle!

Car, ce qu’on dit moins au bon peuple et qui échappe même à l’ordinairement redoutable sagacité de nos critiques « indigénistes » mais aussi de nos doux (du moins entre deux antiforums) antimondialistes trop occcupés par les méfaits réels et supposés (et plus « intéressants et
mobilisants parce qu’américains) des Halliburton & co, c’est que c’était pas non plus perdu pour tout le monde …

Comme pour les « affairistes liés aux lobbies coloniaux » d’aujourd’hui, à savoir les quelques grosses entreprises ou « amis » de la Françafrique, les Elf/Total, les Bouygues, Bolloré et autres Pasqua (casinos, PMU) qui, derrière les beaux discours, font leur beurre sur les contrats de l’aide publique, c’est-à-dire sur le dos des contribuables que nous sommes …

En août 1893, à Aigues-Mortes, la population s’en prend aux «Christos» (les chrétiens ! autrement dit les immigrants italiens). Ceux-ci sont roués de coups. On relève huit morts.

Le passé colonial revisité
Les Amis d’Hérodote

Nous avons lu pour vous
Pour en finir avec la repentance coloniale
par Daniel Lefeuvre (Flammarion, septembre 2006, 230 pages, 18 €)

Pour en finir avec la repentance coloniale est le cri du coeur d’un spécialiste de l’Algérie coloniale, Daniel Lefeuvre.

Il répond avec de solides arguments d’historien à tous ceux qui dénoncent sans nuances le passé colonial de la France et le sort fait aux descendants des «indigènes».

En se reportant simplement aux sources et en parlant clair, Daniel Lefeuvre bouscule les idées reçues. Il dévoile les mystifications, les erreurs et les mensonges qui polluent notre réflexion.

La France malade de son Histoire :

Voilà plusieurs mois que monte en France un débat autour du passé colonial avec une question très actuelle : les jeunes Français issus des anciennes colonies (Antilles, Afrique du nord, Afrique noire) doivent-ils se considérer comme des victimes de ce passé ?

Daniel Lefeuvre y répond avec un essai court et cinglant, mais solidement argumenté : Pour en finir avec la repentance coloniale.

Spécialiste de l’Algérie coloniale, professeur à l’Université Paris-8 (Saint-Denis), il ne s’embarrasse pas de considérations morales mais démonte avec les bons vieux outils de l’historien (analyse critique des sources et des chiffres, contexte, comparaisons historiques,…), les contrevérités, les trucages et les billevesées des anticolonialistes de salon qu’il appelle les «Repentants».

Le résultat a de quoi surprendre :
– La conquête de l’Algérie et des autres colonies ? Des guerres ni plus ni moins cruelles que les guerres européennes,
– Le bilan économique de la colonisation ? Une perte nette pour la métropole et un transfert de richesses au profit des colonies (ou de leurs classes dirigeantes) très supérieur à l’actuelle aide au développement,
– Les immigrants des colonies dans la société française ? Un rôle marginal dans la reconstruction du pays après la Libération mais une intégration beaucoup plus aisée que ne le fut celle des immigrants d’origine européenne (Italiens, Polonais,…) !

Si les affirmations ci-dessus n’étaient que pures allégations, nul doute que leur auteur subirait sans tarder les foudres de la censure morale. Mais elles sont le fruit d’une enquête de professionnel et, à ce titre, nous invitent à réfléchir sur notre passé et sur… les motivations plus ou moins conscientes des «Repentants» dans leur volonté de victimiser les enfants de l’immigration.

Anachronisme

Le premier péché des Repentants, pour Daniel Lefeuvre, est l’anachronisme : il consiste à juger les événements du passé selon notre propre grille de valeurs, indépendamment du contexte. «Comment ne pas s’inquiéter des dangers dont cette conception de l’Histoire est porteuse ?» note Daniel Lefeuvre.

«Falsifier l’histoire, c’est tromper les citoyens, c’est fausser leur jugement», dit-il en prenant pour exemple la conquête de l’Algérie, dans laquelle certains, dont le président algérien Bouteflika, voient rien moins que le prélude des chambres à gaz ?

Daniel Lefeuvre rappelle la triviale réalité : après la prise d’Alger en 1830, les Français se cantonnent sur le littoral et concluent des traités avec les chefs de l’intérieur. Mais la guerre sainte lancée par leur ancien allié Abd el-Kader en 1839 les entraîne dans une longue et difficile conquête.

L’historien en évoque les aspects sombres. Il rappelle ce que furent très précisément les «enfumades». Il réévalue aussi les pertes des deux côtés en écornant au passage les évaluations fantaisistes qui ont cours aujourd’hui dans la presse repentante.

Plus important encore, il rappelle, preuves à l’appui, que les horreurs de la guerre d’Algérie (comme des autres guerres coloniales) n’avaient hélas rien d’exceptionnel et que le mépris de l’ennemi était au moins aussi grand chez les troupes républicaines qui combattaient les Vendéens en 1793… Les guerres coloniales n’anticipent en rien la Shoah. Elles reflètent les moeurs de leur époque et c’est déjà bien assez.

Exploitation

Je ne m’attarderai pas ici sur les chapitres que Daniel Lefeuvre consacre à l’économie coloniale. Malgré la propagande distillée par les partis colonistes de la fin du XIXe siècle à l’Exposition coloniale de 1931, les colonies se révèlent un gouffre financier et il n’y a guère que quelques affairistes liés aux lobbies coloniaux pour en tirer profit.

Retenons avec Daniel Lefeuvre le mot d’un économiste belge du XIXe siècle, Gustave de Molinari : «De toutes les entreprises de l’État, la colonisation est celle qui coûte le plus cher et qui rapporte le moins».

Stigmatisation

Daniel Lefeuvre réévalue la perception des indigènes par les colons. Que n’a-t-on écrit là-dessus ces dernières années, en redécouvrant les «zoos humains» d’il y a 100 ans : ces cirques où l’on venait se repaître de la vue des «sauvages» !

«Sauvages ?» Parlons-en. Ce qualificatif revient fréquemment au XIXe siècle (et avant) dans la bouche et sous la plume des bourgeois qui évoquent les paysans de notre douce France. Les poncifs que l’on appliquait à l’époque coloniale aux habitants des colonies s’appliquaient aussi aux plus pauvres des Français.

Daniel Lefeuvre cite à ce propos l’oeuvre magistrale d’Eugen Weber : La fin des terroirs (1976). On peut y lire : «Un spécialiste de folklore musical, parcourant le pays de l’ouest de la Vendée jusqu’aux Pyrénées, compare la population locale à des enfants et des sauvages qui, heureusement, comme tous les peuples primitifs, montrent un goût prononcé du rythme»… Après cette lecture, il ne reste plus aux Vendéens et aux Pyrénéens (dont votre serviteur) qu’à rallier le clan des «indigènes de la République» !

A ceux qui aujourd’hui stigmatisent le comportement discriminatoire de la République à l’égard des immigrés et enfants d’immigrés, Daniel Lefeuvre offre un aperçu de l’accueil reçu en d’autres temps par les immigrants européens (Belges, Polonais, Italiens).

En août 1893, à Aigues-Mortes, la population s’en prend aux «Christos» (les chrétiens ! autrement dit les immigrants italiens). Ceux-ci sont roués de coups. On relève huit morts. La chronique rapporte ça et là d’autres incidents violents et souvent mortels…

Si l’on voit ceux des immigrants européens qui se sont magnifiquement intégrés à la société française, on ne voit pas, et pour cause, ceux, en nombre équivalent, qui n’y ont pas réussi, par le simple fait que, découragés par l’hostilité ambiante, ils sont rentrés au bercail.

Félicitons-nous que la situation actuelle n’ait rien de comparable à celle-là. A rebours des idées convenues, Daniel Lefeuvre ose affirmer que les immigrés originaires des anciennes colonies sont somme toute mieux accueillis et mieux intégrés que ne le furent les immigrés européens, prétendûment si proches des Français de souche.

L’historien dénonce chez les Repentants le «refus de voir que l’intégration des Arabes et des Noirs est en marche. La nier ou en minimiser l’importance conduit à freiner cette évolution plus qu’à l’accélérer, car cela persuade ces populations que la République s’est définitivement fermée à elles et qu’il leur faut donc chercher ailleurs les voies de leur réussite».

André Larané

Voir aussi, toujours sur les Amis d’Hérodote, le double entretien d’historiens:

Si l’on s’en tient aux chiffres et aux faits, il apparaît que la colonisation menée par la France en Afrique du Nord et en Afrique noire n’a guère profité à l’économie de la métropole dans son ensemble. Le charbon et le coton, principales importations de l’époque, ne devaient rien aux colonies. Le phosphate marocain, pour l’exportation duquel fut construit le port de Casablanca, était subventionné et revenait plus cher à la France que le phosphate d’autres provenances…

Prenons le mot «racisme» : je suis stupéfait que l’on utilise ce concept comme s’il n’avait pas de contenu historique. Quand un historien dit : «la colonisation repose sur le racisme», sans préciser le sens qu’il donne à ce concept (hiérarchisation des races comme au XIXe siècle ou simple constat de l’existence de différentes typologies humaines comme auparavant), il introduit une confusion prétexte à tous les dérapages.

Les concepts n’ont pas le même sens selon l’époque et le contexte. Je me souviens de la surprise de mes élèves du collège, dans mes premières années d’enseignement, quand je leur expliquais qu’en Grèce, il n’y avait pas de «démocratie» sans impérialisme ni esclavage. On était alors loin de la démocratie comme nous l’entendons aujourd’hui.

Ce qui me met mal à l’aise aujourd’hui, c’est que l’on sollicite les historiens dans des débats qui relèvent de la morale. Il n’est pas bon que l’Histoire soit ainsi polluée par des questions morales. Est-il franchement opportun de se demander si la colonisation a servi ou non les intérêts de la métropole ? Fut-elle bonne ou mauvaise ? Là n’est pas la question. Elle a existé. C’est tout.

Deux historiens face à la mémoire et à l’idéologie
Les Amis d’Hérodote
Avril 2006

Lois mémorielles (loi Gayssot sur le négationnisme, loi Taubira sur l’esclavage, loi Vanneste sur la colonisation)… L’Histoire a fait irruption dans l’actualité avec un pamphlet sur Napoléon, la non-commémoration d’Austerlitz, la mise en accusation d’un historien auquel on a reproché de contester certains postulats de la loi Taubira sur l’esclavage, le vote d’une loi prescrivant la manière d’enseigner l’histoire de la colonisation ! Et bientôt peut-être une loi pénalisant la négation du génocide arménien.

Les historiens face aux enjeux de la mémoire

Autour de ces lois mémorielles, l’Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d’Information (AJSPI), Sophie Laurant (Le Monde de la Bible) et André Larané (Les Amis d’Hérodote) ont organisé le 27 avril 2006, à Paris, une rencontre avec deux historiens :

– Daniel Lefeuvre, professeur à Paris 8 – Saint-Denis, spécialiste de la colonisation et de l’Algérie (il est l’auteur d’un essai décapant : Pour en finir avec la repentance coloniale),
– François Villeneuve, professeur à Paris 1, spécialiste de l’archéologie du Proche-Orient.

Histoire : le discours de la méthode

Question : Commençons par un thème polémique entre tous, la colonisation. Positive ? Négative ?
Daniel Lefeuvre : Si l’on s’en tient aux chiffres et aux faits, il apparaît que la colonisation menée par la France en Afrique du Nord et en Afrique noire n’a guère profité à l’économie de la métropole dans son ensemble. Le charbon et le coton, principales importations de l’époque, ne devaient rien aux colonies. Le phosphate marocain, pour l’exportation duquel fut construit le port de Casablanca, était subventionné et revenait plus cher à la France que le phosphate d’autres provenances…
François Villeneuve : On voit par ces exemples que le travail de l’historien est avant tout de faire connaître les faits et les chiffres à partir de matériaux disponibles. L’historien étudie ces matériaux à la manière de n’importe quel ingénieur ou scientifique et il s’efforce d’en tirer des résultats vérifiables. A chacun ensuite de se faire son opinion.

Question : Peut-on distinguer dans ces matériaux le vrai du faux ou de l’incertain ?
Daniel Lefeuvre : Là est toute la difficulté de notre métier. Prenons le cas de la tragique manifestation du 17 octobre 1961. Les historiens évaluent le nombre de victimes entre 50 et 300. Mais le premier chiffre m’apparaît comme le plus proche de la réalité parce qu’il repose sur un décompte précis. La différence vient de l’imprécision des témoignages après coup, des exagérations (on surévalue le nombre de corps qui ont pu dériver sur la Seine jusqu’aux écluses), des insuffisances des enquêtes (on assimile à des victimes des personnes qui ont préféré disparaître dans la nature),…

Question : Comment ressentez-vous les interpellations actuelles des historiens par l’opinion publique ?
François Villeneuve : Ce qui me met mal à l’aise aujourd’hui, c’est que l’on sollicite les historiens dans des débats qui relèvent de la morale. Il n’est pas bon que l’Histoire soit ainsi polluée par des questions morales. Est-il franchement opportun de se demander si la colonisation a servi ou non les intérêts de la métropole ? Fut-elle bonne ou mauvaise ? Là n’est pas la question. Elle a existé. C’est tout.

Question : L’historien peut-il s’exonérer de la sensibilité de son époque ?
Daniel Lefeuvre : L’historien travaille toujours sur les domaines qui intéressent la société de son temps. Et il peut difficilement échapper à la construction de la mémoire collective, comme l’a montré Georges Duby dans son remarquable ouvrage sur Le dimanche de Bouvines.
Mais tout en étant en phase avec son époque, il se doit d’être aussi objectif que possible… A ce propos, on peut s’interroger sur la compétence de certains auteurs qui se qualifient d’historiens et se servent de concepts de notre époque, comme le «crime contre l’humanité», pour porter une appréciation morale sur des faits passés…
Prenons le mot «racisme» : je suis stupéfait que l’on utilise ce concept comme s’il n’avait pas de contenu historique. Quand un historien dit : «la colonisation repose sur le racisme», sans préciser le sens qu’il donne à ce concept (hiérarchisation des races comme au XIXe siècle ou simple constat de l’existence de différentes typologies humaines comme auparavant), il introduit une confusion prétexte à tous les dérapages.

Question : Cela vaut-il aussi pour l’antijudaïsme ?
François Villenveuve : Sans aucun doute. Les historiens continuent de s’interroger sur l’apparition de ce phénomène et en discernent les prémices dans l’Antiquité païenne. Aussi est-il pour le moins hasardeux de l’associer à la naissance du christianisme.
Daniel Lefeuvre : J’insiste. Les concepts n’ont pas le même sens selon l’époque et le contexte. Je me souviens de la surprise de mes élèves du collège, dans mes premières années d’enseignement, quand je leur expliquais qu’en Grèce, il n’y avait pas de «démocratie» sans impérialisme ni esclavage. On était alors loin de la démocratie comme nous l’entendons aujourd’hui.

Question : Les historiens nous mentent-ils ou nous cachent-ils des choses ?
François Villeneuve : Ah, la théorie du complot ! Le problème avec les faits du passé, c’est que le public a régulièrement l’impression de les découvrir alors qu’on n’a jamais cessé d’en parler dans les milieux concernés (enseignement, recherche,…). Cela vient de ce qu’à un moment donné, la connaissance de ces faits se banalise et cesse de faire l’actualité… jusqu’au jour où ils ressurgissent pour une raison ou une autre. Il en va ainsi de la gnose et de l’«Évangile de Marie-Madeleine», relancés par la publication de Da Vinci Code.

Question : L’État a-t-il le droit d’intervenir en matière d’Histoire ?
Daniel Lefeuvre : Certes. Dans certaines limites. Je lui reconnais parfaitement le droit de définir la place de l’Histoire dans l’enseignement ainsi que de fixer les dates commémoratives. Ce qui me pose problème, c’est que le législateur dise aux historiens (comme à toute autre catégorie de chercheurs) ce qu’ils doivent enseigner, chercher et trouver. On tombe là dans le «lyssenkisme», en référence à un savant soviétique de l’époque stalinienne qui considérait que la génétique était en contradiction avec les fondements du marxisme-léninisme et donc forcément fausse… Cela dit, on admet volontiers que des sujets comme la traite négrière n’ont pas tout le temps eu la place qu’ils méritaient dans nos manuels d’Histoire mais les auteurs et les enseignants ont réagi dans les dernières décennies sans qu’il soit besoin d’une loi.

Propos recueillis par André Larané

– Source illustration: quadriptyque de 1904-1905 du dessinateur allemand Th. Heine dans la revue satirique Simplicissimus présentant les différents styles de colonisation allemand (l’ordre), anglais (l’or), français (l’amour) et belge (la pure dévoration).

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