Délinquance numérique: Ne cliquez pas si vous aimez Jésus (There shall arise false Christs: How your love for Jesus can help scammers)

2 avril, 2014
https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/29/Luca_signorelli%2C_cappella_di_san_brizio%2C_predica_e_punizione_dell%27anticristo_01.jpg/800px-Luca_signorelli%2C_cappella_di_san_brizio%2C_predica_e_punizione_dell%27anticristo_01.jpgIl s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Voici, je vous l’ai annoncé d’avance. Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n’y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas. Jésus (Matthew 24: 24)
Que dirait-on si, dans un pays qui n’est pas la France, le principal adversaire du pouvoir en place, sur la base de soupçons que rien n’est venu étayer, était durant des mois surveillé, géolocalisé, espionné jusque dans les conversations qu’il entretient avec son propre avocat? On fustigerait fermement la dérive policière de ce triste régime, et l’on aurait raison. Que dirait-on si, dans une République moins «exemplaire» que celle dont Mme Taubira se veut la virulente égérie, le gouvernement, pris en flagrant délit de tentative d’élimination d’un rival politique, ne trouvait à opposer à l’évidence de ses turpitudes qu’un lamentable brouet de contradictions et de contrevérités? On dénoncerait hautement un scandale d’État, et l’on aurait raison. Mais nous sommes en France, et Mme Taubira peut «les yeux dans les yeux» mentir éhontément en direct à ses concitoyens et plaider deux jours plus tard le simple «malentendu». Nous sommes en France, et M. Valls peut prétendre, sans déclencher un ouragan de rires, qu’il a appris dans le journal – lui, l’homme censément le mieux informé de France – ce que ses subordonnés mobilisés par dizaines pour les écoutes et les perquisitions savaient pour certains depuis des mois! Nous sommes en France, et M. Hollande jurera ses grands dieux, comme dans l’affaire Cahuzac, qu’évidemment il ne savait rien, mais rien de rien, de ce que savaient ses ministres et le premier d’entre eux… sans doute parce que, comme le dit Mme Taubira, on n’aura pas voulu «l’importuner» avec une affaire d’aussi piètre importance. Alexis Brezet
If it sounds too good to be true, don’t click on it. If it’s something that’s obviously geared toward tugging on the heartstrings, check it out first. Tim Senft
Facebook will NOT donate money to any cause based on the number of likes or shares that a photo receives. Several photos of injured or sick children and animals are circulating on Facebook claiming that Facebook will donate a certain amount of money for each like or share the photo receives. Please do not share these photos with your friends. So many people have the mentality of, “What if it’s real.” Although they have good intentions, they probably don’t realize that spreading these photos can be painful to the parents and families of the children exploited by these hoaxes. Many of the children have passed, and imagine how devastating it would be for the parent to see the likeness of their child being misused in this way. Facecrooks
Often, Facebook pages are created with the sole purpose of spreading viral content that will get lots of likes and shares. Once the page creators have piled up hundreds of thousands of likes and shares, they’ll strip the page and promote something else, like products that they get a commission for selling. Or, they may turn around and sell the page through black-market websites to someone who does the same. It’s a way to trick Facebook’s algorithm, which is designed to give more value to popular pages than the ones, like scams and spam, that pop up overnight. « The more likes and shares and comments and that sort of thing you have, the more likely it is to be seen by other people, » Senft said. « If they’re looking to sell the page in a black-hat forum somewhere, that’s what the value of the page is. » Sometimes, the threat is more direct. The « new » page may be used to spread malware — software that attacks the user’s computer — or for phishing, the act of trying to gather credit card numbers, passwords or other personal information through links to phony giveaways or contests. Simply liking a post, or the page itself, can’t spread a virus or phish a user. But malicious Facebook apps can, as can external links that page owners may choose to share to their followers. If the page owner has access to Facebook’s developer tools, they can collect data on the people who like the page. Personal information like gender, location and age can be used to target more personalized attacks. The kind of posts used run a gamut from cute to tasteless, from manipulative to misleading. (…) « It’s anything that’s going to kind of tug at the heartstrings: the sick kids, the animal abuse, acting like it’s some kind of pet shelter, » Senft said. « That’s the bad part with the scammers. They hit people where they’re vulnerable, play on their emotions. » CNN
Célébrité à la réputation sulfureuse, sexe, scènes insolites… Les ingrédients pour fabriquer un article « prêt à partager » ne sont pas particulièrement originaux. Avec son titre aguicheur et sa photo suggestive, « Mon ex a posté; 21 photos de moi nue sur Facebook » a été particulièrement partagé sur le réseau social lors du week-end du 30 mars 2014. La pratique n’est pas récente. Au printemps 2011, le site PCInpact faisait état de la circulation ultra-rapide d’une vidéo frauduleuse appelée « Une femme complètement bourrée lors d’un jeu TV », hébergée par le bien nommé cdrole.fr (qui a fermé depuis). Aux Etats-Unis, des vidéos comme « Oh mon Dieu, je déteste Rihanna maintenant que j’ai vu cela » ou « EXCLU : la preuve que Lady Gaga est un homme » ont connu un relatif succès en mars 2012, rapporte ZDNet.com (en anglais). Que se passe-t-il si je clique dessus ? Dans tous les cas, vous n’aurez pas accès immédiatement à la vidéo croustillante que vous mourez d’envie de voir. Pour « Mon ex a posté 21 photos de moi nue sur Facebook », un avertissement ressemblant à un message de Facebook vous demandera de fermer deux fenêtres avant d’arriver enfin sur l’article. Pour, semble-t-il, prouver que vous êtes âgé de plus de 13 ans. Le problème, c’est que le bouton « Fermer » – le seul sur lequel il est possible de cliquer – ne ferme pas vraiment la fenêtre. En inspectant le code HTML de zzub.fr (ci-dessous), qui héberge l’article, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un bouton « J’aime » déguisé. Il vous fera « liker » à votre insu des pages Facebook comme « Les pires montages », « Humour adulte +18 » ou encore « Les photos prises au bon moment ». Les pages en question raflent ainsi des centaines de milliers de fans sans que vous ne le remarquiez. Créée vendredi 28 mars, la page intitulée « Humour adulte +18 » a ainsi accumulé en un peu plus d’un week-end près de 220 000 « J’aime », soit autant que celle de francetv info en deux ans et demi d’existence. Le tout sans avoir publié le moindre contenu D’autres sites frauduleux utilisent cette méthode, appelée « clickjacking », pour placer un bouton « J’aime » invisible sur le bouton « Play » d’une vidéo racoleuse, comme le notait en mars 2011 le blog MyCommunityManager.fr. Mais quel est l’intérêt de me faire « aimer » ces pages ? Gagner de l’argent. « Une fois que les créateurs de la page auront amassé des centaines de milliers de ‘J’aime’ et de partages, ils pourront la renommer et l’utiliser pour faire de la publicité, par exemple pour des produits sur lesquels ils toucheront une commission », explique CNN.com (en anglais). « Ils pourront aussi se débarrasser de la page en question en la revendant à quelqu’un d’autre », bien que cette méthode soit strictement interdite par Facebook, poursuit le site américain. D’autres arnaqueurs peuvent avoir des intentions encore plus malveillantes, ajoute CNN. Ils peuvent utiliser la page pour faire la promotion d’un site de « phishing ». Les victimes sont alors redirigées vers une contrefaçon d’un site connu, comme celui d’une banque. Les internautes sont ensuite invités à remplir un formulaire, qui permettra aux escrocs de mettre la main sur les coordonnées bancaires de leurs victimes. Vincent Matalon

Au lendemain d’un 1er avril qui a eu comme d’habitude son lot de canulars et fausses nouvelles …

Et à l’heure où avec le dernier jeu de chaises musicales de son gouvernement, la France de Valls et Taubira repart comme si de rien n’était pour un nouveau tour de mensonges

Retour, avec le site spécialisé des fraudes numériques Facecrooks et Vincent Matalon, sur certaines des techniques des arnaqueurs numériques telles que le likefarming (pêche au j’aime) ou click jacking (détournement de clic) …

A qui votre amour immodéré de la chose ou de Jésus (comme vos instincts de bon samaritain ou de saint-bernard) peuvent rapporter gros …

« Mon ex a posté 21 photos de moi nue sur Facebook », ou comment repérer un article sur lequel il ne faut pas cliquer
Des articles aux titres aguicheurs circulent régulièrement sur le réseau social. Ces contenus viraux visent à faire « aimer » des pages à l’insu des utilisateurs.

Vincent Matalon

FranceTV info

01/04/2014

« Nabilla : son incroyable transformation physique ! », « PHOTO. Rihanna choque tout le web en se mettant entièrement nue sur un rappeur, regardez ! » Il y a de fortes chances que l’un de vos amis Facebook ait partagé un de ces articles durant le week-end du dimanche 30 mars.

Vous avez peut-être vous-même essayé de cliquer dessus. Qui pourrait vous le reprocher ? Le titre était mystérieux, l’image accrocheuse… Pourtant, derrière ces articles qui circulent à vitesse grand V sur Facebook se cachent souvent des arnaques qui peuvent rapporter gros à leurs auteurs. Francetv info vous explique comment.

A quoi ressemblent les articles frauduleux ?

Tous ces contenus ont pour point commun d’être hébergés par des sites dont personne n’a entendu parler, et d’avoir un titre et une photo racoleurs au possible, afin d’inciter le petit démon qui sommeille en vous à cliquer dessus, « juste pour voir ». Célébrité à la réputation sulfureuse, sexe, scènes insolites… Les ingrédients pour fabriquer un article « prêt à partager » ne sont pas particulièrement originaux.

L’article suivant, hébergé par un site appelé zzub.fr, a ainsi été particulièrement partagé samedi et dimanche.

Avec son titre aguicheur et sa photo suggestive, « Mon ex a posté; 21 photos de moi nue sur Facebook » a été particulièrement partagé sur le réseau social lors du week-end du 30 mars 2014.
La pratique n’est pas récente. Au printemps 2011, le site PCInpact faisait état de la circulation ultra-rapide d’une vidéo frauduleuse appelée « Une femme complètement bourrée lors d’un jeu TV », hébergée par le bien nommé cdrole.fr (qui a fermé depuis).

Aux Etats-Unis, des vidéos comme « Oh mon Dieu, je déteste Rihanna maintenant que j’ai vu cela » ou « EXCLU : la preuve que Lady Gaga est un homme » ont connu un relatif succès en mars 2012, rapporte ZDNet.com (en anglais).
Que se passe-t-il si je clique dessus ?

Dans tous les cas, vous n’aurez pas accès immédiatement à la vidéo croustillante que vous mourez d’envie de voir. Pour « Mon ex a posté 21 photos de moi nue sur Facebook », un avertissement ressemblant à un message de Facebook vous demandera de fermer deux fenêtres avant d’arriver enfin sur l’article. Pour, semble-t-il, prouver que vous êtes âgé de plus de 13 ans.

Le problème, c’est que le bouton « Fermer » – le seul sur lequel il est possible de cliquer – ne ferme pas vraiment la fenêtre. En inspectant le code HTML de zzub.fr (ci-dessous), qui héberge l’article, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un bouton « J’aime » déguisé. Il vous fera « liker » à votre insu des pages Facebook comme « Les pires montages », « Humour adulte +18 » ou encore « Les photos prises au bon moment ».

Les pages en question raflent ainsi des centaines de milliers de fans sans que vous ne le remarquiez. Créée vendredi 28 mars, la page intitulée « Humour adulte +18 » a ainsi accumulé en un peu plus d’un week-end près de 220 000 « J’aime », soit autant que celle de francetv info en deux ans et demi d’existence. Le tout sans avoir publié le moindre contenu

D’autres sites frauduleux utilisent cette méthode, appelée « clickjacking », pour placer un bouton « J’aime » invisible sur le bouton « Play » d’une vidéo racoleuse, comme le notait en mars 2011 le blog MyCommunityManager.fr.

Mais quel est l’intérêt de me faire « aimer » ces pages ?

Gagner de l’argent. « Une fois que les créateurs de la page auront amassé des centaines de milliers de ‘J’aime’ et de partages, ils pourront la renommer et l’utiliser pour faire de la publicité, par exemple pour des produits sur lesquels ils toucheront une commission », explique CNN.com (en anglais). « Ils pourront aussi se débarrasser de la page en question en la revendant à quelqu’un d’autre », bien que cette méthode soit strictement interdite par Facebook, poursuit le site américain.

D’autres arnaqueurs peuvent avoir des intentions encore plus malveillantes, ajoute CNN. Ils peuvent utiliser la page pour faire la promotion d’un site de « phishing ». Les victimes sont alors redirigées vers une contrefaçon d’un site connu, comme celui d’une banque. Les internautes sont ensuite invités à remplir un formulaire, qui permettra aux escrocs de mettre la main sur les coordonnées bancaires de leurs victimes.

Que puis-je faire si j’ai cliqué sur un de ces articles ?

Pas de panique. Rendez-vous vite sur Facebook pour inspecter les pages que vous avez récemment « aimées ». Pour cela, allez sur votre profil, puis cliquez sur « historique personnel ». C’est ici :

Dans la colonne de gauche, cliquez ensuite sur « Mentions J’aime », puis sur « Pages et intérêts ». Vous pourrez ainsi passer en revue les différentes pages que vous avez aimées au fil de votre activité sur Facebook.

Une fois que vous avez identifié une page à laquelle vous êtes abonné à votre insu, ne cliquez pas immédiatement sur le petit crayon et « Je n’aime plus ». Passez d’abord votre souris dessus, et signalez-la à Facebook. L’équipe de modération du réseau social pourra ainsi la supprimer si de nombreuses alertes lui parviennent.
En signalant une page frauduleuse Facebook, le réseau social pourra la supprimer. En signalant une page frauduleuse à Facebook, le réseau social pourra la supprimer.


Voir aussi:

On Facebook, clicking ‘like’ can help scammers
Doug Gross
CNN
January 22, 2014

(CNN) — It’s an image that tugs at the heartstrings. A smiling 7-year-old girl poses in her cheerleading uniform, circled by a ring of pompons, her bald head a telltale sign of her chemotherapy treatments.

The photo hit Facebook last year and popped up all over with messages of support. « Like » to show this little girl you care. « Share » to tell her she’s beautiful. Pray for her to beat cancer.

But here’s the truth. The photo was nearly six years old. And neither the girl, nor her parents — who never posted it to Facebook — had any idea it was being used that way.

Welcome to the world of Facebook « like farming. »

Those waves of saccharin-sweet posts that sometimes fill your news feed may seem harmless. But all too often, they’re being used for nefarious purposes. At best, a complete stranger may be using the photos to stroke their own ego. At worst, experts say, scammers and spammers are using Facebook, often against the site’s rules, to make some easy cash.

And they’re wiling to play on the good intentions of Facebook users to do it.

« The average user doesn’t know any better, » said Tim Senft, founder of Facecrooks.com, a website that monitors scams and other illegal or unethical behavior on Facebook. « I think their common sense tells them it’s not true, but in the back of their minds, they think ‘What if it is true? What does it hurt if I press like?’ or whatever. »

What does it hurt?

« I was first shocked, » said Amanda Rieth of Northampton, Pennsylvania, whose daughter was the subject of that photo. « And then infuriated. »
Facebook royalty talks surveillance
Facebook to start video ads
Mother learns of son’s death on Facebook
How Facebook makes money

After being notified by a friend who recognized the girl in a Facebook post, Rieth tracked the image back to a link she’d posted to her Photobucket account in a community forum in 2009, two years after it was taken.

Her daughter, who was diagnosed with Stage IV neuroblastoma in early 2007, has been featured in local news segments for her fundraising efforts to fight cancer through Alex’s Lemonade Stand. But her mom said she was always part of the decision and was happy to help publicize the fight.

« This? This was entirely different and entirely out of our control, » Rieth said. « That’s the most gut-wrenching part: the total lack of control. »

Hurting the people featured in the posts, and their families, isn’t the only risk of sharing such content. Sometimes, a single click can help people who are up to no good.

Often, Senft said, Facebook pages are created with the sole purpose of spreading viral content that will get lots of likes and shares.

Once the page creators have piled up hundreds of thousands of likes and shares, they’ll strip the page and promote something else, like products that they get a commission for selling. Or, they may turn around and sell the page through black-market websites to someone who does the same.

It’s a way to trick Facebook’s algorithm, which is designed to give more value to popular pages than the ones, like scams and spam, that pop up overnight.

« The more likes and shares and comments and that sort of thing you have, the more likely it is to be seen by other people, » Senft said. « If they’re looking to sell the page in a black-hat forum somewhere, that’s what the value of the page is. »

It gets worse

Sometimes, the threat is more direct.

The « new » page may be used to spread malware — software that attacks the user’s computer — or for phishing, the act of trying to gather credit card numbers, passwords or other personal information through links to phony giveaways or contests.

Simply liking a post, or the page itself, can’t spread a virus or phish a user. But malicious Facebook apps can, as can external links that page owners may choose to share to their followers.

If the page owner has access to Facebook’s developer tools, they can collect data on the people who like the page. Personal information like gender, location and age can be used to target more personalized attacks.

The kind of posts used run a gamut from cute to tasteless, from manipulative to misleading.

Rieth said she still finds her daughter’s photo on Facebook from time to time, even though Facebook eventually deleted the original after she and others reported it.

On the most recent page she found, the picture appears in a feed alongside posts such as « Who loves French fries? Like & share if you do » and multiple images encouraging people to like and share if they love Jesus.

There’s an image of a premature baby, pictures of military troops cuddling puppies and an image of a young boy pouring water on a man’s cigarette with the text « Sorry papa … I need you. »

« It’s anything that’s going to kind of tug at the heartstrings: the sick kids, the animal abuse, acting like it’s some kind of pet shelter, » Senft said. « That’s the bad part with the scammers. They hit people where they’re vulnerable, play on their emotions. »

What to do

Because of Facebook’s sheer size, he said it sometimes takes lots of reports for the site to delete an offensive or misleading image, or shut down the page it came from. The best approach, Senft said, is to think before sharing.

« If it sounds too good to be true, don’t click on it, » he said. « If it’s something that’s obviously geared toward tugging on the heartstrings, check it out first. »

Facebook said it continues to work to make sure high-quality content surfaces for users and low-quality posts don’t. That includes trying to diminish the reach of posts that appear to be « like farming » attempts.

« People have told us they associate requests to like or share a post with lower quality content, and receiving that type of feedback helps us adjust our systems to get better at showing more high quality posts, » a Facebook spokesperson said via e-mail.

« If you see a post that’s low quality and seems to be focused only on gaining traffic, hover over the top-right corner of the post and click the arrow to report it. »

Facebook uses « automated and manual methods to swiftly remove links and pages that violate our policies, » the spokesperson said. « We’re always making improvements to our detection and blocking systems to stay ahead of threats. »

‘Truly angry’

Today, Rieth’s daughter is 13 — an eighth-grader who has shown no signs of her cancer since September 2007.

But her mom compares that cheerleading photo to the mythical hydra, a monster with many heads that sprouts two more each time one is cut off. Based just on the images she’s found and reported, the photo has been liked and shared on Facebook hundreds of thousands of times.

A search Monday also found it popping up on Pinterest, as well as one site where it was wrongly used alongside a 2010 article about actor Jackie Chan helping a girl with leukemia find a bone-marrow donor.

« What makes me truly angry, though, is knowing that they’re using it as an insidious way to make money, » Rieth said. « That’s not what her survival is about to us. »

For this article, CNN sent a Facebook message to the owner of the last page where Rieth found the photo.

When asked whether he planned to sell his page, the owner replied with two words:

« How much? »

Voir également:

Facebook Like-Farming Scams

Hoaxslayer

Overview
An increasing number of bogus Pages appearing on Facebook are designed to do nothing more than artificially increase their popularity by tricking users into « liking » them. This tactic has come to be known as « like-farming ». The goal of these unscrupulous like-farmers is to increase the value of Facebook Pages so that they can be sold on the black market to other scammers and/or used to market dubious products and services and distribute further scams. The more likes a Page has, the more resale and marketing value it commands.

How like-farming works
Here’s how a typical like-farming scam operates. The scammers first create a new Facebook Page geared to a certain product or service such as smartphones, gaming consoles, beauty products, or theme parks. The Page may state or imply that it is an official Page endorsed by a company such as Samsung, Apple, Sony or Disneyland and include stolen graphics that depict the targeted company’s products.
Like Farming Page

The Page then begins posting messages claiming that it will be giving away free products to selected users:
Like Farming Bogus Giveaway

But, nobody actually wins anything. Ever. The prizes do not even exist. The promised prizes are just the bait used to entice users into liking the page and sharing the promotional posts. By getting people to click the like button as well as spam out the bogus promotions by sharing them with their friends, these fake Pages can accumulate many thousands of likes, often within just a few hours.

Generally, a few days after the initial posting, when the first liking frenzy has died down, the scammers operating the Page will post a second – equally bogus – promotion thereby initiating a whole new round of like-harvesting. The scammers will continue posting new promotions every few days until they have gained enough likes to suit their needs.

What scammers gain out of creating like-farming Pages
When they have accumulated a large number of likes – perhaps 100,000 or more – the scammers can then sell the Page to unscrupulous marketers. These marketers can then re-purpose the Page to suit their needs and use its large « like » base to blast out spam messages promoting their products or services. Selling Facebook Pages is clearly against Facebook’s Terms of Service. Nevertheless, there is a thriving underground market for established Facebook Pages and the more likes the Page has the more that it can potentially be sold for. There are even marketplace websites and forums set up specifically to buy and sell Facebook Pages. The marketplace for Pages is quite volatile and there are significant variations in listed prices. But, a Page with 100,000 Likes can sell for $1000 or more. Often, prices are calculated on a « $ per K » basis, i.e., the seller might set a base price of – for example – $2 per thousand likes.

Like-farmers might have dozens of scam promotion Pages operating at the same time. Thus, they can make significant amounts of money out of their farming activities.

In some cases, like-farmers might rebrand the pages themselves and use them to promote products or launch further scam campaigns.

How to tell a like-farming scam from a genuine promotion or giveaway
Companies and organizations may operate legitimate Facebook driven promotions in which users receive a chance to win a prize in exchange for liking, sharing or otherwise participating. So, how can you tell if a promotion you come across on Facebook is genuine? Here’s a rundown:

Do the math!

Bogus promotions typically offer hundreds or even thousands of expensive prizes. If real, such promotions would cost very significant sums of money for the promoting company. In reality, it is vastly unlikely that any organization would give away many thousands of dollars worth of products for nothing more than a few Facebook Page « Likes ». Do some quick calculations. For example, suppose that the Page is claiming that it will give iPad’s to 2500 randomly chosen participants. That would work out to be several hundred thousand dollars in value for nothing more tangible than a few thousand Page likes. Such promotions are simply not economically viable.

Genuine promotions will typically offer participants a CHANCE to win a prize. They do NOT claim that several thousand participants will each receive an expensive prize. In genuine promotions, the number of prizes is likely to be limited to just a few.

Absurdity
The fake pages often make ridiculous assertions such as the claim that they are giving away the products because they are « unsealed ». It is of course nonsensical to suggest that any company would simply give away hundreds of thousands of dollars worth of products just because their packaging had been opened. The Pages often make other illogical claims that can be red flags for more astute observers. For example, the Page discussed above bills itself as a Samsung Galaxy promotion, but claims to be giving away products created by arch-rival Apple. The chances of that happening in real life are virtually nil. Some use very poor grammar and spelling in their posts, which is unlikely to occur on a genuine company Facebook Page. One recent like-farming Page supposedly offering free Disneyland tickets even misspelled « Disney » in its page address.

Terms and Conditions?

These bogus promotions are generally very vague about what company or organization is actually offering the prizes, what the promotion is hoping to achieve, how long the promotion will run, how winners will be chosen and how they will be notified. No conditions of entry are specified. Contact details for the entity running the supposed promotion are not made available. No legal terms are outlined.

On the other hand, genuine promotions are likely to include easily accessible terms and conditions of entry, set clear limits for the duration and giveaway values of the prizes, and make it clear what entity is responsible for the promotion.

Newly Created Pages

Scrolling down to the bottom of many like-farming Pages reveals that they were only created a few days or weeks earlier. Big brands offering promotions are likely to have older and very well established Facebook Pages that work hand in glove with the company’s official websites. Often, promotions aired on a company’s Facebook Page will also be mentioned on its main website as well as its other social media streams.

Do not give the unethical people who create these pages any satisfaction. Do not like their bogus Pages. Do not share their lies. And make sure that your Facebook friends are aware of how these scams operate so that they won’t get caught out either.

Sermon and Deeds of the Antichrist (Luca Signorelli, Fresco Chapel of San Brizio, Duomo, Orvieto, 1499-1502)

Voir enfin:
Le premier avril : rigolade certifiée depuis 1564 (?)
Jean-Christophe Piot

FranceTVinfo

1 avril 2014

Vérifiez bien votre dos aujourd’hui : il y a des chances que tôt ou tard vienne y pendouiller un poisson de papier plus ou moins convaincant, attaché là par un collègue ou un de vos proches particulièrement fier de son coup. Et ça fait quelques siècles que ça dure, sans que personne ne soit franchement fichu de savoir d’où est partie l’habitude de se payer la fiole de ses contemporains. Retour arrière sur différentes pistes, toutes authentiques. Ou non.

Passion, poissons et tribunaux

La première explication de l’origine du poisson d’avril est religieuse, comme souvent : il s’agirait d’une référence à la Passion du Christ et au sort de Jésus de Nazareth, baladé d’un tribunal à l’autre en Palestine, de Caïphe à Ponce Pilate et réciproquement, au début du mois d’avril. La scène, mainte fois reprise et racontée, faisait partie des grands archétypes des spectacles mis en scène par l’Eglise pour raconter la vie du Christ au peuple, en particulier dans le cadre des Mystères, ces représentations théâtrales des moments de la vie du Christ. Quelques farceurs impies se seraient au fil des décennies amusés à transposer l’histoire dans leur quotidien et à promener les naïfs d’un lieu à l’autre pour un motif quelconque. Le temps aidant, le mot Passion aurait glissé vers celui de poisson. Moui. L’explication, classique au 19e siècle, me semble à titre personnel légèrement tirée par les cheveux.

Permis de pêche

La deuxième explication renvoie à la pêche : en avril, celle-ci était généralement interdite par les autorités, soucieuses de laisser truites, carpes et brochets se reproduire tranquillement au début du printemps. Autrement dit, les amateurs de poisson pouvaient s’attendre à patienter un bon bout de temps avant d’y goûter à nouveau. Parvenir à offrir ou à vendre un (faux) poisson aux plus crédules, en plein mois d’avril, serait alors devenu un grand classique de la farce. L’expression « manger du poisson d’avril », synonyme de croire naïvement à n’importe quoi, a bel et bien existé.
Perdus dans le calendrier

La piste la plus crédible, cela dit, touche à une question de calendrier : j’avais déjà raconté ici-même la manière dont le 1er janvier finit par s’imposer partout en France comme date du Nouvel An, après quelques siècles de flottements variés. Un peu partout dans le pays, cette dernière commençait plutôt autour du 1er avril (le nom même du mois pourrait venir du latin aperire, ouvrir) date donc des étrennes, ces petits cadeaux en famille et entre amis. En août 1564, Charles IX finit par trancher et annonça que le Nouvel An serait fixé une bonne fois pour toutes au premier janvier. Sauf qu’il y a loin d’un décret royal aux coutumes populaires et que longtemps encore, bien des gens gardèrent l’habitude de s’offrir des cadeaux le 1er avril. Petit à petit pourtant, leur nombre diminua et leur habitude fut progressivement tournée en ridicule par quelques farceurs qui se firent un plaisir de leur offrir de faux présents ou des messages trompeurs.
Cartes postales et mystérieux prétendants

Avec le temps, les poissons d’avril se répandirent : canulars, fausses nouvelles, courriers mystérieux… Le début du 20e siècle en fit même une industrie, le poisson d’avril devenant un grand classique des cartes postales échangées entre amoureux ou prétendants, chacun envoyant à sa chacune une carte postale « anonyme », agrémentée d’un petit poème parfaitement cucul en général. La preuve.

carte-poisson-avril-amour

« Me reconnaissez-vous ?

Je n’oserais le croire

Si votre coeur jaloux

N’avait tant de mémoire. »

Bonus vidéo et arbres à spaghettis

Finissons sur un beau cadeau : ce très joli reportage du 1er avril 1957, dû à la vénérable BBC qu’on n’imaginait pas aussi potache.

C’est en anglais, mais disons que ce beau documentaire de 3 minutes raconte qu’en raison d’un hiver clément, les fermiers suisses profitent joyeusement d’une récolte abondante de spaghettis, cueillis directement sur l’arbre. Aux téléspectateurs (nombreux) qui appelèrent ensuite, avides d’apprendre comment faire pousser leurs propres arbres à nouilles, la BBC répondit par la voix de ses standardistes dûment formées qu’il « suffisait de mettre un brin de spaghetti dans une boite de sauce tomate et d’espérer que ça prenne. »

Manifestement, ça a pris.


Hagiographie: On ne peut comprendre la gauche si on ne comprend pas qu’elle est une religion (God is great and Chavez is his new prophet)

31 mars, 2014
https://i2.wp.com/www.sfsustudentcenter.com/about/muralimages/Cesar%20Chavez%20Mural.png
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http://ts4.mm.bing.net/th?id=HN.608053613120588270&pid=1.7Je les ai foulés dans ma colère, Je les ai écrasés dans ma fureur; Leur sang a jailli sur mes vêtements, Et j’ai souillé tous mes habits. Car un jour de vengeance était dans mon coeur (…) J’ai foulé des peuples dans ma colère, Je les ai rendus ivres dans ma fureur, Et j’ai répandu leur sang sur la terre. Esaïe 63: 3-6
Et l’ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu. Et la cuve fut foulée hors de la ville; et du sang sortit de la cuve, jusqu’aux mors des chevaux, sur une étendue de mille six cents stades. Apocalypse 14: 19-20
Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur; Il piétine le vignoble où sont gardés les raisins de la colère; Il a libéré la foudre fatidique de sa terrible et rapide épée; Sa vérité est en marche. (…) Dans la beauté des lys Christ est né de l’autre côté de l’océan, Avec dans sa poitrine la gloire qui nous transfigure vous et moi; Comme il est mort pour rendre les hommes saints, mourons pour rendre les hommes libres; Tandis que Dieu est en marche. Julia Ward Howe (1861)
La colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines. John Steinbeck (1939)
You cannot understand the Left if you do not understand that leftism is a religion. Dennis Prager
On Cesar Chavez Day, we celebrate one of America’s greatest champions for social justice. Raised into the life of a migrant farm worker, he toiled alongside men, women, and children who performed daily, backbreaking labor for meager pay and in deplorable conditions. They were exposed to dangerous pesticides and denied the most basic protections, including minimum wages, health care, and access to drinking water. Cesar Chavez devoted his life to correcting these injustices, to reminding us that every job has dignity, every life has value, and everyone — no matter who you are, what you look like, or where you come from — should have the chance to get ahead. After returning from naval service during World War II, Cesar Chavez fought for freedom in American agricultural fields. Alongside Dolores Huerta, he founded the United Farm Workers, and through decades of tireless organizing, even in the face of intractable opposition, he grew a movement to advance « La Causa » across the country. In 1966, he led a march that began in Delano, California, with a handful of activists and ended in Sacramento with a crowd 10,000 strong. A grape boycott eventually drew 17 million supporters nationwide, forcing growers to accept some of the first farm worker contracts in history. A generation of organizers rose to carry that legacy forward. The values Cesar Chavez lived by guide us still. As we push to fix a broken immigration system, protect the right to unionize, advance social justice for young men of color, and build ladders of opportunity for every American to climb, we recall his resilience through setbacks, his refusal to scale back his dreams. When we organize against income inequality and fight to raise the minimum wage — because no one who works full time should have to live in poverty — we draw strength from his vision and example. Throughout his lifelong struggle, Cesar Chavez never forgot who he was fighting for. « What [the growers] don’t know, » he said, « is that it’s not bananas or grapes or lettuce. It’s people. » Today, let us honor Cesar Chavez and those who marched with him by meeting our obligations to one another. I encourage Americans to make this a national day of service and education by speaking out, organizing, and participating in service projects to improve lives in their communities. Let us remember that when we lift each other up, when we speak with one voice, we have the power to build a better world. NOW, THEREFORE, I, BARACK OBAMA, President of the United States of America, by virtue of the authority vested in me by the Constitution and the laws of the United States, do hereby proclaim March 31, 2014, as Cesar Chavez Day. I call upon all Americans to observe this day with appropriate service, community, and education programs to honor Cesar Chavez’s enduring legacy. IN WITNESS WHEREOF, I have hereunto set my hand this twenty-eighth day of March, in the year of our Lord two thousand fourteen, and of the Independence of the United States of America the two hundred and thirty-eighth. Barack Obama
His face is on a U.S. postage stamp. Countless statues, murals, libraries, schools, parks and streets are named after him — he even has his own national monument. He was on the cover of Time magazine in 1969. A naval ship was named after him. The man even has his own Google Doodle and Apple ad. Yet his footprint in American history is widely unknown and that’s exactly the reason why actor-turned-director Diego Luna decided to produce a movie about his life. CNN
Sorel, for whom religion was important, drew a comparison between the Christian and the socialist revolutionary. The Christian’s life is transformed because he accepts the myth that Christ will one day return and usher in the end of time; the revolutionary socialist’s life is transformed because he accepts the myth that one day socialism will triumph, and justice for all will prevail. What mattered for Sorel, in both cases, is not the scientific truth or falsity of the myth believed in, but what believing in the myth does to the lives of those who have accepted it, and who refuse to be daunted by the repeated failure of their apocalyptic expectations. How many times have Christians in the last two thousand years been convinced that the Second Coming was at hand, only to be bitterly disappointed — yet none of these disappointments was ever enough to keep them from holding on to their great myth. So, too, Sorel argued, the myth of socialism will continue to have power, despite the various failures of socialist experiments, so long as there are revolutionaries who are unwilling to relinquish their great myth. That is why he rejected scientific socialism — if it was merely science, it lacked the power of a religion to change individual’s lives. Thus for Sorel there was “an…analogy between religion and the revolutionary Socialism which aims at the apprenticeship, preparation, and even the reconstruction of the individual — a gigantic task. Lee Harris

En cette Journée César Chavez tout récemment proclamée par Notre Grand Timonier Obama …

Lancée, comme il se doit, par ses images saintes made in Hollywood

Bienvenue au dernier saint de nos amis de la gauche américaine !

The Left’s Misplaced Concern
The Left craves power not money, and that makes it much more frightening.
Dennis Prager
National review on line
May 22, 2012

You cannot understand the Left if you do not understand that leftism is a religion. It is not God-based (some left-wing Christians’ and Jews’ claims notwithstanding), but otherwise it has every characteristic of a religion. The most blatant of those characteristics is dogma. People who believe in leftism have as many dogmas as the most fundamentalist Christian.

One of them is material equality as the preeminent moral goal. Another is the villainy of corporations. The bigger the corporation, the greater the villainy. Thus, instead of the devil, the Left has Big Pharma, Big Tobacco, Big Oil, the “military-industrial complex,” and the like. Meanwhile, Big Labor, Big Trial Lawyers, and — of course — Big Government are left-wing angels.

And why is that? Why, to be specific, does the Left fear big corporations but not big government?

The answer is dogma — a belief system that transcends reason. No rational person can deny that big governments have caused almost all the great evils of the last century, arguably the bloodiest in history. Who killed the 20 to 30 million Soviet citizens in the Gulag Archipelago — big government or big business? Hint: There were no private businesses in the Soviet Union. Who deliberately caused 75 million Chinese to starve to death — big government or big business? Hint: See previous hint. Did Coca-Cola kill 5 million Ukrainians? Did Big Oil slaughter a quarter of the Cambodian population? Would there have been a Holocaust without the huge Nazi state?

Whatever bad things big corporations have done is dwarfed by the monstrous crimes — the mass enslavement of people, the deprivation of the most basic human rights, not to mention the mass murder and torture and genocide — committed by big governments.

How can anyone who thinks rationally believe that big corporations rather than big governments pose the greatest threat to humanity? The answer is that it takes a mind distorted by leftist dogma. If there is another explanation, I do not know what it is.

Religious Christians and Jews also have some irrational beliefs, but their irrationality is overwhelmingly confined to theological matters; and these theological irrationalities have no deleterious impact on religious Jews’ and Christians’ ability to see the world rationally and morally. Few religious Jews or Christians believe that big corporations are in any way analogous to big government in terms of evil done. And the few who do are leftists.

That the Left demonizes Big Pharma, for instance, is an example of this dogmatism. America’s pharmaceutical companies have saved millions of lives, including millions of leftists’ lives. And I do not doubt that in order to increase profits they have not always played by the rules. But to demonize big pharmaceutical companies while lionizing big government, big labor unions, and big tort-law firms is to stand morality on its head.

There is yet another reason to fear big government far more than big corporations. ExxonMobil has no police force, no IRS, no ability to arrest you, no ability to shut you up, and certainly no ability to kill you. ExxonMobil can’t knock on your door in the middle of the night and legally take you away. Apple Computer cannot take your money away without your consent, and it runs no prisons. The government does all of these things.

Of course, the Left will respond that government also does good and that corporations and capitalists are, by their very nature, “greedy.”

To which the rational response is that, of course, government also does good. But so do the vast majority of corporations, private citizens, church groups, and myriad voluntary associations. On the other hand, only big government can do anything approaching the monstrous evils of the last century.

As for greed: Between hunger for money and hunger for power, the latter is incomparably more frightening. It is noteworthy that none of the twentieth century’s monsters — Lenin, Hitler, Stalin, Mao — were preoccupied with material gain. They loved power much more than money.

And that is why the Left is much more frightening than the Right. It craves power.

— Dennis Prager, a nationally syndicated columnist and radio talk-show host, is author of Still the Best Hope: Why the World Needs American Values to Triumph. He may be contacted through his website, dennisprager.com.

Voir aussi:

The iconic UFW

Another myth. I opened my Easter Sunday Google browser and did not find a Christian icon on the page, but instead a (badly done) romantic rendition of a youthful Cesar Chavez, apparently our age’s version of a politically correct divinity.

Yet I wondered whether the midlevel Googilites who post these politically hip images knew all that much about Chavez. I grant in this age that they saw no reason to emphasize Christianity on its most holy day. But there is, after all, Miriam Pawel’s 2010 biography of Chavez still readily accessible[10], and a new essay about him in The Atlantic[11] — both written by sympathetic authors who nonetheless are not quite the usual garden-variety hagiographers. To suggest something other than sainthood is heresy in these parts, as I have discovered since the publication of Mexifornia a decade ago.

I grew up in the cauldron of farm-labor disputes. Small farms like ours largely escaped the violence, because there were five of us kids to do the work in summer and after school, and our friends welcomed the chance to buck boxes or help out propping trees or thinning plums. Hired help was rare and a matter of a few days of hiring 20 or so locals for the fall raisin harvest. But the epic table grape fights were not far away in Parlier, Reedley, and down the 99 in Delano. I offer a few impressions, some of them politically incorrect.

First, give Chavez his due. Farmworkers today are more akin to supposedly non-skilled (actually there is a skill required to pruning and picking) labor elsewhere, with roughly the same protective regulations as the food worker or landscaper. That was not true in 1965. Conservatives will argue that the market corrected the abuse (e.g., competition for ever scarcer workers) and ensured overtime, accessible toilets, and the end to hand-held hoes; liberals will credit Chavez — or fear of Chavez.

But that said, Chavez was not quite the icon we see in the grainy videos walking the vineyards withRobert Kennedy[12]. Perhaps confrontation was inevitable, but the labor organizing around here was hardly non-violent. Secondary boycotts were illegal, but that did not stop picketers from yelling and cursing as you exited the local Safeway with a bag of Emperor grapes. There were the constant union fights with bigger family growers (the 500 acre and above sort), as often demonstrators rushed into fields to mix it up with so-called scabs. Teamsters fought the UAW. The latter often worked with the immigration service to hunt down and deport illegals. The former bused in toughs to crack heads. After-hours UFW vandalism, as in the slashed tire and chain-sawed tree mode, was common.

The politics were explicable by one common theme: Cesar Chavez disliked small farmers and labor contractors[13], and preferred agribusiness and the idea of a huge union. Otherwise, there were simply too many incongruities in an agrarian checkerboard landscape for him to handle — as if the UAW would have had to deal with an auto industry scattered among thousands of small family-owned factories.

For Chavez, the ideal was a vast, simple us/them, 24/7 fight, albeit beneath an angelic veneer of Catholic suffering. In contrast, small farmers were not rich and hardly cut-out caricatures of grasping exploitation. Too many were unapologetic Armenians, Japanese (cf. the Nisei Farmers League), Portuguese, and Mexican-Americans to guarantee the necessary white/brown binary. Many had their own histories of racism, from the Armenian genocide to the Japanese internment, and had no white guilt of the Kennedy sort. I cannot imagine a tougher adversary than a Japanese, Armenian, or Punjabi farmer, perched on his own tractor or irrigating his 60 acres — entirely self-created, entirely unapologetic about his achievement, entirely committed to the idea that no one is going to threaten his existence.

The local labor contractors were not villains, but mostly residents who employed their relatives and knew well the 40-acre and 100-acre farmers they served. When there were slow times on the farm, I picked peaches for two summers for a Selma labor contractor, whose kids I went to school with. He was hardly a sellout. The crusty, hard-bitten small farmers (“don’t bruise that fruit,” “you missed three peaches up there on that limb,” “you stopped before it was quite noon”) who monitored personally the orchards we picked looked no different from the men on ladders.

In contrast, Chavez preferred the south and west Central Valley of huge corporate agribusiness. Rich and powerful, these great captains had the ability by fiat to institute labor agreements across hundreds of thousands of acres of farmland. Chavez’s organizing forte was at home in a Tulare, Delano, Shafter, Mendota or Tranquility, not a Reedley, Kingsburg or Selma. In those days, the former were mostly pyramidal societies of a few corporate kingpins with an underclass of agricultural laborers, the latter were mixed societies in which Mexican-Americans were already ascendant and starting to join the broader middle class of Armenians, Japanese, and Punjabis.

Chavez was to be a Walter Reuther or George Meany, a make-or-breaker who sat across from a land baron, cut a deal for his vast following, and then assumed national stature as he doled out union patronage and quid-pro-quo political endorsements. In that vision, as a 1950s labor magnate Chavez largely failed — but not because agribusiness did not cave in to him. Indeed, it saw the UFW and Chavez as the simple cost of doing business, a tolerable write-off necessary to making all the bad press, vandalism, and violence go away.

Instead, the UFW imploded by its own insider and familial favoritism, corruption, and, to be frank, lunatic paranoia. The millions of dollars Chavez deducted for pension funds often vanished. Legions of relatives (for a vestigial experience of the inner sanctum, I suggest a visit to the national shrine southeast of Bakersfield) staffed the union administration. There were daily rumors of financial malfeasance, mostly in the sense of farmworkers belatedly discovering that their union deductions did not lead to promised healthcare or pensions.

Most hagiographies ignore Chavez’s eerie alliance with the unhinged Synanon bunch. In these parts, they had opened a foothill retreat of some sort above Woodlake, not far from here. (I visited the ramshackle Badger enclave once with my mother [I suppose as her informal « security, »], who was invited as a superior court judge to be introduced to their new anti-drug program in their hopes that county officials might save millions of dollars by sentencing supposedly non-violent heroin addicts to Synanon recovery treatments. Needless to say, she smiled, met the creepy “group,” looked around the place, and we left rather quickly, and that was that.)

I don’t think that the Google headliners remember that Charles Dederich[14] (of rattlesnake-in-the-mailbox and “Don’t mess with us. You can get killed, dead” fame) was a sort of model for Chavez, who tried to introduce the wacko-bird Synanon Game to his own UFW hierarchy. No matter, deification of Chavez is now de rigeur; the young generation who idolizes him has almost no knowledge of the man, his life, or his beliefs. It is enough that Bobby Kennedy used to fly into these parts, walk for a few well-filmed hours, and fly out.

When I went to UC Santa Cruz in September of 1971, I remember as a fool picking a box of Thompson seedless grapes from our farm to take along, and soon being met by a dorm delegation of rich kids from Pacific Palisades and Palos Verdes (a favorite magnet area for Santa Cruz in those days) who ordered me not to eat my own grapes on my own campus in my own room. Soon I had about four good friends who not only enjoyed them, but enjoyed eating them in front of those who did not (to the extent I remember these student moralists, and can collate old faces with names in the annual alumni news, most are now high-ups and executives in the entertainment industry). Victor Davis Hanson

Voir encore:

The study of history demands nuanced thinking

Miriam Pawel

Austin American-Statesman
7-17-09

[Pawel is the author of the forthcoming book ‘The Union of Their Dreams — Power, Hope and Struggle in Cesar Chavez’s Farm Worker Movement.’]

Cesar Chavez was not a saint. He was, at times, a stubborn authoritarian bully, a fanatical control freak, a wily fighter who manufactured enemies and scapegoats, a mystical vegetarian who healed with his hands, and a union president who wanted his members to value sacrifice above higher wages.

He was also a brilliant, inspirational leader who changed thousands of lives as he built the first successful union for farmworkers, a consummate strategist singularly committed to his vision of helping the poor — a vision that even those close to him sometimes misunderstood.

That one man embodies such complexity and contradictions should be a key lesson underlying any history curriculum: Students should learn to think in shades of gray, to see heroes as real people, and to reject the dogma of black and white.

That sort of nuanced thinking appears largely absent from the debate over whether Cesar Chavez should be taught in Texas schools. Two of the six reviewers appointed to assess Texas’ social studies curriculum recently deemed Chavez an inappropriate role model whose contributions and stature have been overstated. Their critiques suggested he should be excised, not glorified. Their opponents pounced on the comments in an ongoing ideological and political dispute that clearly is far more sweeping than Chavez’s proper place in the classroom.

But the debate over Chavez and how his story is taught exemplifies the dangers of oversimplification and the absence of critical thinking.

His supporters are at fault as well as his detractors. For years, they have mythologized Chavez and fiercely fended off efforts to portray him in less than purely heroic terms. The hagiography only detracts from his very real, remarkable accomplishments. In an era when Mexican Americans were regarded as good for nothing more than the most back-breaking labor, Chavez mobilized public support and forced agribusiness to recognize the rights of farmworkers. His movement brought farmworkers dignity and self-respect, as well as better wages and working conditions. In California, he pushed through what remains today the most pro-labor law in the country, the only one granting farmworkers the right to organize and petition for union elections.

Chavez’s legacy can be seen in the work of a generation of activists and community organizers who joined the farmworker crusade during the 1960s and ’70s, a movement that transformed their lives. They, in turn, have gone on to effect change across the country, most recently playing key roles in the Obama presidential campaign.

The decline of the union Chavez founded and the ultimate failure of the United Farm Workers to achieve lasting change in the fields of California — much less expand into a national union — is part of the Chavez legacy, too. Chavez himself played a role in that precipitous decline, and students of history should not follow his example and blame the failures solely on outside forces and scapegoats.

Chavez, an avid reader of history, preserved an extraordinary record of his own movement: For years, he ordered that all documents, tapes and pictures be sent to the Walter P. Reuther Library at Wayne State University in Detroit, the nation’s preeminent labor archive. Chavez told people he wanted the history of his movement to be saved and studied — warts and all.

Those lessons should be taught in classrooms everywhere. – See more at: http://hnn.us/article/107517#sthash.NSesFPOF.dpuf

Voir encore:

Amid Chants of ‘¡Huelga!,’ an Embodiment of Hope
Hero Worship Abounds in ‘Cesar Chavez’

A. O. Scott

The NYT

MARCH 27, 2014

“Cesar Chavez,” directed by Diego Luna, is a well-cast, well-intentioned movie that falls into the trap that often awaits film biographies of brave and widely admired individuals. The movie is so intent on reminding viewers of its subject’s heroism that it struggles to make him an interesting, three-dimensional person, and it tells his story as a series of dramatic bullet points, punctuated by black-and-white footage, some real, some simulated, of historical events.

In spite of these shortcomings, Mr. Luna’s reconstruction of the emergence of the United Farm Workers organization in the 1960s unfolds with unusual urgency and timeliness. After a rushed beginning — in which we see Chavez (Michael Peña) arguing in a Los Angeles office and moving his family to Delano, a central California town, before we fully grasp his motives — we settle in for a long, sometimes violent struggle between the workers and the growers. Attempted strikes are met with intimidation and brutality, from the local sheriff and hired goons, and Chavez and his allies (notably Dolores Huerta, played by Rosario Dawson) come up with new tactics, including a public fast, a march from Delano to Sacramento and a consumer boycott of grapes.

As is customary in movies like this, we see the toll that the hero’s commitment takes on his family life. His wife, Helen (America Ferrera), is a steadfast ally, but there is tension between Chavez and his oldest son, Fernando (the only one of the couple’s eight children with more than an incidental presence on screen). Fernando (Eli Vargas) endures racist bullying at school and suffers from his father’s frequent absences. Their scenes together are more functional than heartfelt, fulfilling the requirement of allowing the audience a glimpse at the private life of a public figure.

We also venture into the household of one of Chavez’s main antagonists, a landowner named Bogdonovich, played with sly, dry understatement by John Malkovich. He is determined to break the incipient union, and the fight between the two men and their organizations becomes a national political issue. Senator Robert F. Kennedy (Jack Holmes) takes the side of the workers, while the interests of the growers are publicly defended by Ronald Reagan, shown in an archival video clip describing the grape boycott as immoral, and Richard Nixon. Parts of “Cesar Chavez” are as rousing as an old folk song, with chants of “¡Huelga!” and “¡Sí, se puede!” ringing through the theater. Although it ends, as such works usually do, on a note of triumph, the film, whose screenplay is by Keir Pearson and Timothy J. Sexton, does not present history as a closed book. Movies about men and women who fought for social change — “Mandela: Long Walk to Freedom” is a recent example — treat them less as the radicals they were than as embodiments of hope, reconciliation and consensus.

Though Cesar Chavez, who died in 1993, has been honored and celebrated, the problems he addressed have hardly faded away. The rights of immigrants and the wages and working conditions of those who pick, process and transport food are still live and contentious political issues.

And if you read between the lines of Mr. Luna’s earnest, clumsy film, you find not just a history lesson but an argument. The success of the farm workers depended on the strength of labor unions, both in the United States and overseas, and the existence of political parties able to draw on that power. What the film struggles to depict, committed as it is to the conventions of hagiography, is the long and complex work of organizing people to defend their own interests. You are invited to admire what Cesar Chavez did, but it may be more vital to understand how he did it.

“Cesar Chavez” is rated PG-13 (Parents strongly cautioned). Strong language and scenes of bloody class struggle.

Voir encore:

The Madness of Cesar Chavez
A new biography of the icon shows that saints should be judged guilty until proved innocent.
Caitlin Flanagan
The Atlantic
Jun 13 2011,

Once a year, in the San Joaquin Valley in Central California, something spectacular happens. It lasts only a couple of weeks, and it’s hard to catch, because the timing depends on so many variables. But if you’re patient, and if you check the weather reports from Fresno and Tulare counties obsessively during the late winter and early spring, and if you are also willing, on very little notice, to drop everything and make the unglamorous drive up (or down) to that part of the state, you will see something unforgettable. During a couple of otherworldly weeks, the tens of thousands of fruit trees planted there burst into blossom, and your eye can see nothing, on either side of those rutted farm roads, but clouds of pink and white and yellow. Harvest time is months away, the brutal summer heat is still unimaginable, and in those cool, deserted orchards, you find only the buzzing of bees, the perfumed air, and the endless canopy of color.

I have spent the past year thinking a lot about the San Joaquin Valley, because I have been trying to come to terms with the life and legacy of Cesar Chavez, whose United Farm Workers movement—born in a hard little valley town called Delano—played a large role in my California childhood. I spent the year trying, with increasing frustration, to square my vision of him, and of his movement, with one writer’s thorough and unflinching reassessment of them. Beginning five years ago, with a series of shocking articles in the Los Angeles Times, and culminating now in one of the most important recent books on California history, Miriam Pawel has undertaken a thankless task: telling a complicated and in many ways shattering truth. That her book has been so quietly received is not owing to a waning interest in the remarkable man at its center. Streets and schools and libraries are still being named for Chavez in California; his long-ago rallying cry of “Sí, se puede” remains so evocative of ideas about justice and the collective power of the downtrodden that Barack Obama adopted it for his presidential campaign. No, the silence greeting the first book to come to terms with Chavez’s legacy arises from the human tendency to be stubborn and romantic and (if the case requires it) willfully ignorant in defending the heroes we’ve chosen for ourselves. That silence also attests to the way Chavez touched those of us who had any involvement with him, because the full legacy has to include his singular and almost mystical way of eliciting not just fealty but a kind of awe. Something cultlike always clung to the Chavez operation, and so while I was pained to learn in Pawel’s book of Chavez’s enthrallment with an actual cult—with all the attendant paranoia and madness—that development makes sense.

In the face of Pawel’s book, I felt compelled to visit the places where Chavez lived and worked, although it’s hard to tempt anyone to join you on a road trip to somewhere as bereft of tourist attractions as the San Joaquin Valley. But one night in late February, I got a break: someone who’d just driven down from Fresno told me that the trees were almost in bloom, and that was all I needed. I took my 13-year-old son, Conor, out of school for a couple of days so we could drive up the 99 and have a look. I was thinking of some things I wanted to show him, and some I wanted to see for myself. It would be “experiential learning”; it would be a sentimental journey. At times it would be a covert operation.

One Saturday night, when I was 9 or 10 years old, my parents left the dishes in the sink and dashed out the driveway for their weekend treat: movie night. But not half an hour later—just enough time for the round trip from our house in the Berkeley Hills to the United Artists theater down on Shattuck—they were right back home again, my mother hanging up her coat with a sigh, and my father slamming himself angrily into a chair in front of The Bob Newhart Show.

What happened?

“Strike,” he said bitterly.

One of the absolute rules of our household, so essential to our identity that it was never even explained in words, was that a picket line didn’t mean “maybe.” A picket line meant “closed.” This rule wasn’t a point of honor or a means of forging solidarity with the common man, someone my father hoped to encounter only in literature. It came from a way of understanding the world, from the fierce belief that the world was divided between workers and owners. The latter group was always, always trying to exploit the former, which—however improbably, given my professor father’s position in life—was who we were.

In the history of human enterprise, there can have been no more benevolent employer than the University of California in the 1960s and ’70s, yet to hear my father and his English-department pals talk about the place, you would have thought they were working at the Triangle shirtwaist factory. Not buying a movie ticket if the ushers were striking meant that if the shit really came down, and the regents tried to make full professors teach Middlemarch seminars over summer vacation, the ushers would be there for you. As a child, I burned brightly with the justice of these concepts, and while other children were watching Speed Racer or learning Chinese jump rope, I spent a lot of my free time working for the United Farm Workers.

Everything about the UFW and its struggle was right-sized for a girl: it involved fruits and vegetables, it concerned the most elementary concepts of right and wrong, it was something you could do with your mom, and most of your organizing could be conducted just outside the grocery store, which meant you could always duck inside for a Tootsie Pop. The cement apron outside a grocery store, where one is often accosted—in a manner both winsome and bullying—by teams of Brownies pressing their cookies on you, was once my barricade and my bully pulpit.

Of course, it had all started with Mom. Somewhere along the way, she had met Cesar Chavez, or at least attended a rally where he had spoken, and that was it. Like almost everyone else who ever encountered him, she was spellbound. “This wonderful, wonderful man,” she would call him, and off we went to collect clothes for the farmworkers’ children, and to sell red-and-black UFW buttons and collect signatures. It was our thing: we loved each other, we loved doing little projects, we had oceans of free time (has anyone in the history of the world had more free time than mid-century housewives and their children?), and we were both constitutionally suited to causes that required grudge-holding and troublemaking and making things better for people in need. Most of all, though, we loved Cesar.

In those heady, early days of the United Farm Workers, in the time of the great five-year grape strike that started in 1965, no reporter, not even the most ironic among them, failed to remark upon, if not come under, Chavez’s sway. “The Messianic quality about him,” observed John Gregory Dunne in his brilliant 1967 book, Delano, “is suggested by his voice, which is mesmerizing—soft, perfectly modulated, pleasantly accented.” Peter Matthiessen’s book-length profile of Chavez, which consumed two issues of The New Yorker in the summer of 1969, reported: “He is the least boastful man I have ever met.” Yet within this self-conscious and mannered presentation of inarticulate deference was an ability to shape both a romantic vision and a strategic plan. Never since then has so great a gift been used for so small a cause. In six months, he took a distinctly regional movement and blasted it into national, and then international, fame.

The ranchers underestimated Chavez,” a stunned local observer of the historic Delano grape strike told Dunne; “they thought he was just another dumb Mex.” Such a sentiment fueled opinions of Chavez, not just among the valley’s grape growers—hardworking men, none of them rich by any means—but among many of his most powerful admirers, although they spoke in very different terms. Chavez’s followers—among them mainline Protestants, socially conscious Jews, Berkeley kids, white radicals who were increasingly rootless as the civil-rights movement transformed into the black-power movement—saw him as a profoundly good man. But they also understood him as a kind of idiot savant, a noble peasant who had risen from the agony of stoop labor and was mysteriously instilled with the principles and tactics of union organizing. In fact he’d been a passionate and tireless student of labor relations for a decade before founding the UFW, handpicked to organize Mexican Americans for the Community Service Organization, a local outfit under the auspices of no less a personage than Saul Alinsky, who knew Chavez well and would advise him during the grape strike. From Alinsky, and from Fred Ross, the CSO founder, Chavez learned the essential tactic of organizing: the person-by-person, block-by-block building of a coalition, no matter how long it took, sitting with one worker at a time, hour after hour, until the tide of solidarity is so high, no employer can defeat it.

Chavez, like all the great ’60s figures, was a man of immense personal style. For a hundred reasons—some cynical, some not—he and Robert Kennedy were drawn to each other. The Kennedy name had immense appeal to the workers Chavez was trying to cultivate; countless Mexican households displayed photographs of JFK, whose assassination they understood as a Catholic martyrdom rather than an act of political gun violence. In turn, Chavez’s cause offered Robert Kennedy a chance to stand with oppressed workers in a way that would not immediately inflame his family’s core constituency, among them working-class Irish Americans who felt no enchantment with the civil-rights causes that RFK increasingly embraced. The Hispanic situation was different. At the time of the grape strike, Mexican American immigration was not on anyone’s political radar. The overwhelming majority of California’s population was white, and the idea that Mexican workers would compete for anyone’s good job was unheard-of. The San Joaquin Valley farms—and the worker exploitation they had historically engendered—were associated more closely with the mistreatment of white Okies during the Great Depression than with the plight of any immigrant population.

Kennedy—his mind, like Chavez’s, always on the political promise of a great photograph—flew up to Delano in March 1968, when Chavez broke his 25-day fast, which he had undertaken not as a hunger strike, but as penance for some incidents of UFW violence. In a Mass held outside the union gas station where Chavez had fasted, the two were photographed, sitting next to Chavez’s wife and his mantilla-wearing mother, taking Communion together (“Senator, this is probably the most ridiculous request I ever made in my life,” said a desperate cameraman who’d missed the shot; “but would you mind giving him a piece of bread?”). Three months later, RFK was shot in Los Angeles, and a second hagiographic photograph was taken of the leader with a Mexican American. A young busboy named Juan Romero cradled the dying senator in his arms, his white kitchen jacket and dark, pleading eyes lending the picture an urgency at once tragic and political: The Third of May recast in a hotel kitchen. The United Farm Workers began to seem like Kennedy’s great unfinished business. The family firm might have preferred that grieving for Bobby take the form of reconsidering Teddy’s political possibilities, but in fact much of it was channeled, instead, into boycotting grapes.

That historic grape boycott eventually ended with a rousing success: three-year union contracts binding the Delano growers and the farmworkers. After that, the movement drifted out of my life and consciousness, as it did—I now realize—for millions of other people. I remember clearly the night my mother remarked (in a guarded way) to my father that the union had now switched its boycott from grapes to … lettuce. “Lettuce?” he squawked, and then burst out in mean laughter. I got the joke. What was Chavez going to do now, boycott each of California’s agricultural products, one at a time for five years each? We’d be way into the 21st century by the time they got around to zucchini. And besides, things were changing—in the world, in Berkeley, and (in particular, I thought) at the Flanagans’. Things that had appeared revolutionary and appealing in the ’60s were becoming weird or ugly in the ’70s. People began turning inward. My father, stalwart Vietnam War protester and tear-gasee, turned his concern to writing an endless historical novel about 18th-century Ireland. My mother stopped worrying so much about the liberation of other people and cut herself into the deal: she left her card table outside the Berkeley Co-op and went back to work. I too found other pursuits. Sitting in my room with the cat and listening over and over to Carly Simon’s No Secrets album—while staring with Talmudic concentration at its braless cover picture—was at least as absorbing as shaking the Huelga can and fretting about Mexican children’s vaccination schedules had once been. Everyone sort of moved on.

I didn’t really give any thought to the UFW again until the night of my mother’s death. At the end of that terrible day, when my sister and I returned from the hospital to our parents’ house, we looked through the papers on my mother’s kitchen desk, and there among the envelopes from the many, many charities she supported (she sent each an immediate albeit very small check) was one bearing a logo I hadn’t seen in years: the familiar black-and-red Huelga eagle. I smiled and took it home with me. I wrote a letter to the UFW, telling about my mom and enclosing a check, and suddenly I was back.

Re-upping with the 21st-century United Farm Workers was fantastic. The scope of my efforts was so much larger than before (they encouraged me to e-blast their regular updates to everyone in my address book, which of course I did) and the work so, so much less arduous—no sitting around in parking lots haranguing people about grapes. I never got off my keister. Plus, every time a new UFW e-mail arrived—the logo blinking, in a very new-millennium way, “Donate now!”—and I saw the pictures of farmworkers doing stoop labor in the fields, and the stirring photographs of Cesar Chavez, I felt close to my lost mother and connected to her: here I am, Mom, still doing our bit for the union.

And then one morning a few years later, I stepped out onto the front porch in my bathrobe, picked up the Los Angeles Times, and saw a headline: “Farmworkers Reap Little as Union Strays From Its Roots.” It was the first article in a four-part series by a Times reporter named Miriam Pawel, and from the opening paragraph, I was horrified.

I learned that while the UFW brand still carried a lot of weight in people’s minds—enough to have built a pension plan of $100 million in assets but with only a few thousand retirees who qualified—the union had very few contracts with California growers, the organization was rife with Chavez nepotism, and the many UFW-funded business ventures even included an apartment complex in California built with non-union labor. I took this news personally. I felt ashamed that I had forwarded so many e-mails to so many friends, all in the service, somehow, of keeping my mother’s memory and good works alive, and all to the ultimate benefit—as it turned out—not of the workers in the fields (whose lives were in some ways worse than they had been in the ’60s), but rather of a large, shadowy, and now morally questionable organization. But at least, I told myself, none of this has in any way impugned Cesar himself: he’d been dead more than a decade before the series was published. His own legacy was unblighted.

Or so it seemed, until my editor sent me a copy of The Union of Their Dreams, Pawel’s exhaustively researched, by turns sympathetic and deeply shocking, investigation of Chavez and his movement, and in particular of eight of the people who worked most closely with him. Through her in-depth interviews with these figures—among them a prominent attorney who led the UFW legal department, a minister who was one of Chavez’s closest advisers, and a young farmworker who had dedicated his life to the cause—Pawel describes the reality of the movement, not just during the well-studied and victorious period that made it famous, but during its long, painful transformation to what it is today. Her story of one man and his movement is a story of how the ’60s became the ’70s.

To understand Chavez, you have to understand that he was grafting together two life philosophies that were, at best, an idiosyncratic pairing. One was grounded in union-organizing techniques that go back to the Wobblies; the other emanated directly from the mystical Roman Catholicism that flourishes in Mexico and Central America and that Chavez ardently followed. He didn’t conduct “hunger strikes”; he fasted penitentially. He didn’t lead “protest marches”; he organized peregrinations in which his followers—some crawling on their knees—arrayed themselves behind the crucifix and effigies of the Virgin of Guadalupe. His desire was not to lift workers into the middle class, but to bind them to one another in the decency of sacrificial poverty. He envisioned the little patch of dirt in Delano—the “Forty Acres” that the UFW had acquired in 1966 and that is now a National Historic Landmark—as a place where workers could build shrines, pray, and rest in the shade of the saplings they had tended together while singing. Like most ’60s radicals—of whatever stripe—he vastly overestimated the appeal of hard times and simple living; he was not the only Californian of the time to promote the idea of a Poor People’s Union, but as everyone from the Symbionese Liberation Army to the Black Panthers would discover, nobody actually wants to be poor. With this Christ-like and infinitely suffering approach to some worldly matters, Chavez also practiced the take-no-prisoners, balls-out tactics of a Chicago organizer. One of his strategies during the lettuce strike was causing deportations: he would alert the immigration authorities to the presence of undocumented (and therefore scab) workers and get them sent back to Mexico. As the ’70s wore on, all of this—the fevered Catholicism and the brutal union tactics—coalesced into a gospel with fewer and fewer believers. He moved his central command from the Forty Acres, where he was in constant contact with workers and their families—and thus with the realities and needs of their lives—and took up residence in a weird new headquarters.

Located in the remote foothills of the Tehachapi Mountains, the compound Chavez would call La Paz centered on a moldering and abandoned tuberculosis hospital and its equally ravaged outbuildings. In the best tradition of charismatic leaders left alone with their handpicked top command, he became unhinged. This little-known turn of events provides the compelling final third of Pawel’s book. She describes how Chavez, the master spellbinder, himself fell under the spell of a sinister cult leader, Charles Dederich, the founder of Synanon, which began as a tough-love drug-treatment program and became—in Pawel’s gentle locution—“an alternative lifestyle community.” Chavez visited Dederich’s compound in the Sierras (where women routinely had their heads shaved as a sign of obedience) and was impressed. Pawel writes:

Chavez envied Synanon’s efficient operation. The cars all ran, the campus was immaculate, the organization never struggled for money.

He was also taken with a Synanon practice called “The Game,” in which people were put in the center of a small arena and accused of disloyalty and incompetence while a crowd watched their humiliation. Chavez brought the Game back to La Paz and began to use it on his followers, among them some of the UFW’s most dedicated volunteers. In a vast purge, he exiled or fired many of them, leaving wounds that remain tender to this day. He began to hold the actual farmworkers in contempt: “Every time we look at them,” he said during a tape-recorded meeting at La Paz, “they want more money. Like pigs, you know. Here we’re slaving, and we’re starving and the goddamn workers don’t give a shit about anything.”

Chavez seemed to have gone around the bend. He decided to start a new religious order. He flew to Manila during martial law in 1977 and was officially hosted by Ferdinand Marcos, whose regime he praised, to the horror and loud indignation of human-rights advocates around the world.

By the time of Chavez’s death, the powerful tide of union contracts for California farmworkers, which the grape strike had seemed to augur, had slowed to the merest trickle. As a young man, Chavez had set out to secure decent wages and working conditions for California’s migrant workers; anyone taking a car trip through the “Salad Bowl of the World” can see that for the most part, these workers have neither.

For decades, Chavez has been almost an abstraction, a collection of gestures and images (the halting speech, the plaid shirt, the eagerness to perform penance for the smallest transgressions) suggesting more an icon than a human being. Here in California, Chavez has reached civic sainthood. Indeed, you can trace a good many of the giants among the state’s shifting pantheon by looking at the history of one of my former elementary schools. When Berkeley became the first city in the United States to integrate its school system without a court order, my white friends and I were bused to an institution in the heart of the black ghetto called Columbus School. In the fullness of time, its name was changed to Rosa Parks School; the irony of busing white kids to a school named for Rosa Parks never seemed fully unintentional to me. Now this school has a strong YouTube presence for the videos of its Cesar Chavez Day play, an annual event in which bilingual first-graders dressed as Mexican farmworkers carry Sí, Se Puede signs and sing “De Colores.” The implication is that just as Columbus and Parks made their mark on America, so did Chavez make his lasting mark on California.

In fact, no one could be more irrelevant to the California of today, and particularly to its poor, Hispanic immigrant population, than Chavez. He linked improvement of workers’ lives to a limitation on the bottomless labor pool, but today, low-wage, marginalized, and exploited workers from Mexico and Central America number not in the tens of thousands, as in the ’60s, but in the millions. Globalization is the epitome of capitalism, and nowhere is it more alive than in California. When I was a child in the ’60s, professional-class families did not have a variety of Hispanic workers—maids, nannies, gardeners—toiling in and around their households. Most faculty wives in Berkeley had a once-a-week “cleaning lady,” but those women were blacks, not Latinas. A few of the posher families had gardeners, but those men were Japanese, and they were employed for their expertise in cultivating California plants, not for their willingness to “mow, blow, and go.”

Growing up here when I did meant believing your state was the most blessed place in the world. We were certain—both those who lived in the Republican, Beach Boys paradises of Southern California and those who lived in the liberal enclaves of Berkeley and Santa Monica—that our state would always be able to take care of its citizens. The working class would be transformed (by dint of the aerospace industry and the sunny climate) into the most comfortable middle class in the world, with backyard swimming pools and self-starting barbecue grills for everyone. The poor would be taken care of, too, whether that meant boycotting grapes, or opening libraries until every rough neighborhood had books (and Reading Lady volunteers) for everyone.

But all of that is gone now.

The state is broken, bankrupt, mean. The schools are a misery, and the once-famous parks are so crowded on weekends that you might as well not go, unless you arrive at first light to stake your claim. The vision of civic improvement has given way to self-service and consumer indulgence. Where the mighty Berkeley Co-op once stood on Shattuck and Cedar—where I once rattled the can for Chavez, as shoppers (each one a part owner) went in to buy no-frills, honestly purveyed, and often unappealing food—is now a specialty market of the Whole Foods variety, with an endless olive bar and a hundred cheeses.

When I took my boy up the state to visit Cesar’s old haunts, we drove into the Tehachapi Mountains to see the compound at La Paz, now home to the controversial National Farm Workers Service Center, which sits on a war chest of millions of dollars. The place was largely deserted and very spooky. In Delano, the famous Forty Acres, site of the cooperative gas station and of Chavez’s 25-day fast, was bleak and unvisited. We found a crust of old snow on Chavez’s grave in Keene, and a cold wind in Delano. We spent the night in Fresno, and my hopes even for the Blossom Trail were low. But we followed the 99 down to Fowler, tacked east toward Sanger, and then, without warning, there we were.

“Stop the car,” Conor said, and although I am usually loath to walk a farmer’s land without permission, we had to step out into that cloud of pale color. We found ourselves in an Arthur Rackham illustration: the boughs bending over our heads were heavy with white blossoms, the ground was covered in moss that was in places deep green and in others brown, like worn velvet. I kept turning back to make sure the car was still in sight, but then I gave up my last hesitation and we pushed deeper and deeper into the orchard, until all we could see were the trees. At 65 degrees, the air felt chilly enough for a couple of Californians to keep their sweaters on. In harvest season, the temperature will climb to over 100 degrees many days, and the rubbed velvet of the spring will have given way to a choking dust. Almost none of the workers breathing it will have a union contract, few will be here legally, and the deals they strike with growers will hinge on only one factor: how many other desperate people need work. California agriculture has always had a dark side. But—whether you’re eating a ripe piece of fruit in your kitchen or standing in a fairy-tale field of blossoms on a cool spring morning—forgetting about all of that is so blessedly easy. Chavez shunned nothing more fervently than the easy way; and nothing makes me feel further away from the passions and certainty of my youth than my eagerness, now, to take it.
Caitlin Flanagan’s book Girl Land will be published in January 2012.

Voir enfin:

Why the ‘Cesar Chavez’ biopic matters now
Cindy Y. Rodriguez
CNN
March 28, 2014

New York (CNN) — Cesar Chavez is something of a national icon.

His face is on a U.S. postage stamp. Countless statues, murals, libraries, schools, parks and streets are named after him — he even has his own national monument. He was on the cover of Time magazine in 1969. A naval ship was named after him. The man even has his own Google Doodle and Apple ad.

Yet his footprint in American history is widely unknown and that’s exactly the reason why actor-turned-director Diego Luna decided to produce a movie about his life.

« I was really surprised that there wasn’t already a film out about Chavez’s life, so that’s why I spent the past four years making this and hope the country will join me in celebrating his life and work, » Diego Luna said during Tuesday’s screening of « Cesar Chavez: An American Hero » in New York. The movie opens nationwide on Friday.

After seeing farm workers harvesting the country’s food unable to afford feeding their own families — let alone the deplorable working conditions they faced — Chavez decided to act.

He and Dolores Huerta co-founded what’s now known as the United Farm Workers. They became the first to successfully organize farm workers while being completely committed to nonviolence.

Without Chavez, California’s farm workers wouldn’t have fair wages, lunch breaks and access to toilets or clean water in the fields. Not to mention public awareness about the dangers of pesticides to farm workers and helping outlaw the short-handled hoe. Despite widespread knowledge of its dangers, this tool damaged farm workers’ backs.

His civil rights activism has been compared to that of Martin Luther King Jr. and Mahatma Gandhi.

Difficult conditions in America’s fields

But as the film successfully highlights Chavez’s accomplishments, viewers will also be confronted with an uncomfortable truth about who picks their food and under what conditions.

Unfortunately, Chavez’s successes don’t cross state lines.

States such as New York, where farm workers face long hours without any overtime pay or a day of rest, are of concern for human rights activist Kerry Kennedy, president of the Robert F. Kennedy Center for Justice and Human Rights.

The Kennedys have been supporters of the UFW since Sen. Robert Kennedy broke bread with Chavez during the last day of his fast against violence in 1968.

« New York is 37 years behind California. Farm workers here can be fired if they tried collective bargaining, » Kennedy said after the « Cesar Chavez » screening. « We need a Cesar Chavez. »

California is still the only state where farm workers have the right to organize.

Kennedy is urging the passing of the Farmworkers Fair Labor Practices Act, which would give farm workers the right to one day of rest each week, time-and-a-half pay for work past an eight-hour day, as well as unemployment, workers’ compensation and disability insurance.

It’s not just New York. Farm workers across the country face hardship. In Michigan’s blueberry fields, there’s a great deal of child labor, Rodriguez said.

« Because they’re paid by piece-rate, it puts a lot of stress on all family members to chip in. Plus, families work under one Social Security number because about 80% of the farm worker population is undocumented, » Rodriguez added.

That’s why the UFW and major grower associations worked closely with the Senate’s immigration reform bill to include special provisions that would give farm workers legal status if they continued to work in agriculture.

« Farm workers shouldn’t struggle so much to feed their own families, and we can be part of that change, » Luna said.

A national holiday in honor Chavez?

To help facilitate that change, Luna and the film’s cast — Michael Peña as Chavez, America Ferrera as his wife, Helen, and Rosario Dawson as labor leader Dolores Huerta — have been trekking all over the country promoting the film and a petition to make Chavez’s birthday on March 31 a national holiday.

« We aren’t pushing Cesar Chavez Day just to give people a day off. It’s to give people a ‘day on’ because we have a responsibility to provide service to our communities, » United Farm Workers president Arturo Rodriguez told CNN.

In 2008, President Barack Obama showed his support for the national holiday and even borrowed the United Farm Workers famous chant « Si Se Puede!’ — coined by Dolores Huerta — during his first presidential campaign.

Obama endorsed it again in 2012, when he created a national monument to honor Chavez, but the resolution still has to be passed by Congress to be recognized as a national holiday.

Right now, Cesar Chavez Day is recognized only in California, Texas and Colorado.
Political activist Dolores Huerta Political activist Dolores Huerta

Huerta, 83, is still going strong in her activism and has also helped promote the film. She said she wishes the film could have included more history, but she knows it’s impossible.

« There were so many important lessons in the film. All the sacrifices Cesar and his wife, Helen, had to make and the obstacles we had to face against the police and judges. We even had people that were killed in the movement but we were still able to organize, » Huerta said.

Actor Tony Plana, who attending the New York screening, knew the late Chavez and credited him with the launch of his acting career. Plana, known for his role as the father on ABC’s « Ugly Betty » TV series, said his first acting gig was in the UFW’s theatrical troupe educating and helping raising farm workers’ awareness about their work conditions.

« I’ve waited more than 35 years for this film to be made, and I can’t tell you how honored I am to finally see it happen, » Plana told CNN.

It’s not that there wasn’t interest in making the biopic before: Hollywood studios and directors have approached the Chavez family in the past, but the family kept turning them down, mainly for two reasons.

« Well, first Cesar didn’t want to spend the time making the film because there was so much work to do, and he was hesitant on being singled out because there were so many others that contributed to the UFW’s success, » said Rodriguez.

It wasn’t until Luna came around and asked the Chavez family how they felt the movie should be made that the green light was given. But when it came time to getting the funding to produce the film, Hollywood was not willing.

« Hopefully this film will send a message to Hollywood that our [Latino] stories need to be portrayed in cinema, » Luna added.

« Latinos go to the movies more than anyone else, but we’re the least represented on screen. It doesn’t make any sense, » Dawson told CNN.

In 2012, Hispanics represented 18% of the movie-going population but accounted for 25% of all movies seen, according to Nielsen National Research Group.

« I hope young people use the power of social media to help spread the word about social change, » Dawson said.

« There is power in being a consumer and boycotting. If we want more as a community, we need to speak up. »


Contes de fées: Cachez cette violence que je ne saurai voir (Looking back at the disturbing origins of fairy tales)

30 mars, 2014
  Locust plague"Jews caused the disease by poisoning the wells"
Cupid and Psyche (Giuseppe Maria Crespi)
Titania with donkey-faced Bottom (Midsummer's night dream, Johann Heinrich Füssli)
Pig King (Crane)
Pig  King (Anne Anderson)

Beauty and the Beast

Petrus Gonsalvus, by anonymoushttps://i0.wp.com/www.jcbourdais.net/journal/images_journal/fontana/anton1.jpg
Qu’est-ce qui est plus nuisible qu’aucun vice ? La compassion active pour tous les ratés et les faibles — le christianisme… Nietzsche
Le christianisme entend venir à bout des fauves : sa méthode consiste à les rendre malades — l’affaiblissement est la recette chrétienne de l’ apprivoisement, de la « civilisation ». Nietzsche
Le christianisme, c’est le mensonge dangereux d’un univers sans victime. Nietzsche
Les contes ont été relégués à la chambre d’enfants comme on relègue à la salle de jeux les meubles médiocres ou démodés, principalement du fait que les adultes n’en veulent pas et qu’il leur est égal qu’ils soient maltraités. JRR Tolkien
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins
Dans certains des Psaumes l’esprit de haine nous frappe au visage comme la chaleur d’une fournaise. Dans d’autres cas, le même esprit cesse d’être effrayant mais c’est pour devenir (aux yeux de l’homme moderne) presque comique par sa naïveté. (…) Si nous excusons les poètes des Psaumes sous prétexte qu’ils n’étaient pas chrétiens, nous devrions pouvoir montrer que les auteurs païens expriment le même genre de choses et pire encore (….) Je peux trouver en eux de la lascivité, une bonne dose d’insensibilité brutale, une froide cruauté qui va de soi pour eux, mais certainement pas cette fureur ou cette profusion de haine…. La première impression que l’on en retire est que les Juifs étaient bien plus vindicatifs et acerbes que les païens. CS Lewis 
Il y a une quantité incroyable de violence dans des pièces telles que Médée ou les Bacchantes, dans la tradition dionysiaque dans son ensemble qui est centrée sur le lynchage. L’Iliade n’est rien d’autre qu’une chaîne d’actes de vengeance ; mais ce que C. S. Lewis et Nietzsche disent sur cette question est sans doute vrai si le problème est défini de la façon qu’ils le définissent il, à savoir en termes non pas de pure quantité de violence exposée mais de l’intensité de la rancoeur ou du ressentiment. (…) Même si les Bacchantes d’Euripide ne sont pas loin de prendre la défense de la victime, en fin de compte elles ne le font pas. Le lynchage du roi Penthée de la propre main de sa mère et de ses sœurs est horrible certes, mais pas mauvais; il est justifié. Le  roi Penthée est coupable de s’immiscer dans les rituels religieux des Bacchantes, coupable de s’opposer au dieu Dionysos lui-même. René Girard
On dit que les Psaumes de la Bible sont violents, mais qui s’exprime dans les psaumes, sinon les victimes des violences des mythes : “Les taureaux de Balaam m’encerclent et vont me lyncher”? Les Psaumes sont comme une fourrure magnifique de l’extérieur, mais qui, une fois retournée, laisse découvrir une peau sanglante. Ils sont typiques de la violence qui pèse sur l’homme et du recours que celui-ci trouve dans son Dieu. René Girard
De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. (…) Il est une chose que j’apprécie dans le refus contemporain de cautionner la violence biblique, quelque chose de rafraîchissant et de stimulant, une capacité d’indignation qui, à quelques exceptions près, manque dans la recherche et l’exégèse religieuse classiques. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’aura pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. (…) Pour moi, les Psaumes racontent la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduites au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible. (…) Alors que dans le mythe, nous apprenons le lynchage de la bouche des persécuteurs qui soutiennent qu’ils ont bien fait de lyncher leurs victimes, dans la Bible nous entendons la voix des victimes elles-mêmes qui ne voient nullement le lynchage comme une chose agréable et nous disent en des mots extrêmement violents, des mots qui reflètent une réalité violente qui est aussi à l’origine de la mythologie, mais qui restant invisible, déforme notre compréhension générale de la littérature païenne et de la mythologie. René Girard
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Au XIXe siècle, les spécialistes de religion comparée insistaient beaucoup sur les similitudes spectaculaires entre la Bible et les mythes du monde entier. Et ils conclurent trop vite que la Bible était un recueil de mythes identiques à tous les autres. Etant des « positivistes » et percevant un peu partout une plus ou moins grande ressemblance entre les données qu’ils étudiaient, ils ne notèrent aucune différence réelle entre la Bible et le reste. Un seul penseur a perçu cette différence cruciale : il s’agit de Friedrich Nietzsche. Dans la pensée de Nietzsche, du moins dans sa phase tardive, la dichotomie entre maîtres et esclaves doit d’abord se comprendre comme une opposition entre, d’un côté, les religions mythiques, qui expriment le point de vue des persécuteurs et considèrent toutes les victimes comme sacrifiables, et d’autre part la Bible et surtout les Evangiles, qui « calomnient » et sapent à la base les religions du premier groupe – et, en réalité, toutes les autres religions, car les Evangiles dénoncent l’injustice qu’il y a, dans tous les cas de figure, à sacrifier une victime innocente. (…) Il convient de voir dans les Ecritures judéo-chrétiennes la première révélation complète du pouvoir structurant de la victimisation dans les religions païennes ; quant au problème de la valeur anthropologique de ces Ecritures, il peut et doit être étudié comme un problème purement scientifique, la question étant de savoir si, oui ou non, les mythes deviennent intelligibles, comme je le crois, dès lors qu’on les interprète comme les traces plus ou moins lointaines d’épisodes de persécution mal compris. (…) Et pourtant, y a-t-il quelque chose qui soit plus naturel aux chercheurs que de traiter des textes similaires de façon similaire, ne serait-ce que pour voir ce que cela donne ? Un tabou inaperçu pèse sur ce type d’étude comparative. Les tabous les plus forts sont toujours invisibles. Comme tous les tabous puissants, celui-ci est antireligieux, c’est-à-dire, au fond, de nature religieuse. A partir de la Renaissance, les intellectuels modernes ont remplacé les Ecritures judéo-chrétiennes par les cultures anciennes. Puis, l’humanisme de Rousseau et de ses successeurs a glorifié à l’excès les cultures primitives et s’est également détourné de la Bible. Si la lecture que je propose est acceptée, notre vieux système de valeurs universitaires, fondé sur l’élévation des cultures non bibliques aux dépens de la Bible, va devenir indéfendable. Il deviendra clair que le véritable travail de démythification marche avec la mythologie, mais pas avec la Bible, car la Bible elle-même fait déjà ce travail. La Bible en est même l’inventeur : elle a été la première à remplacer la structure victimaire de la mythologie par un thème de victimisation qui révèle le mensonge de la mythologie. René Girard
Biblical reenactments are theatrical and very violent. Parents need to know that The Bible contains lots of violent and bloody scenes, including beatings, drownings, and the murdering of infants and adults. It also features a very lengthy and graphic reenactment of a crucifixion. Adultery is discussed; and men are often shown shirtless and in loin cloths and occasionally women are shown undressed (but no real nudity). Wine is sometimes consumed during religious ceremonies and over meals. All of this is offered in context, but it may be too intense for younger and/or sensitive viewers. Common sense media
From the Egyptian standpoint the departure of the Hebrews from Egypt was actually a justifiable expulsion. The main sources are the writings of Manetho and Apion, which are summarized and refuted in Josephus’s work Against Apion . . . Manetho was an Egyptian priest in Heliopolis. Apion was an Egyptian who wrote in Greek and played a prominent role in Egyptian cultural and political life. His account of the Exodus was used in an attack on the claims and rights of Alexandrian Jews . . . [T]he Hellenistic-Egyptian version of the Exodus may be summarized as follows: The Egyptians faced a major crisis precipitated by a group of people suffering from various diseases. For fear the disease would spread or something worse would happen, this motley lot was assembled and expelled from the country. Under the leadership of a certain Moses, these people were dispatched; they constituted themselves then as a religious and national unity. They finally settled in Jerusalem and became the ancestors of the Jews. James G. Williams
René Girard has changed the way that I interpret violence in the Bible, and, indirectly, in movies. Girard calls the Bible a “text in travail.” In other words, the Bible is a text that struggles with its own violence. Part of that struggle is its mere reflection of human violence, but where the Bible is unique in human history is that it challenges its own violence. While many stories in the Bible merely reflect human violence, other stories in the Bible reveal that violence will only lead to our own destruction and that God never demands violence. Girard writes that the Bible’s travail against its own violence and against a violent view of God “is not a chronologically progressive process, but a struggle that advances and retreats. I see the Gospels as the climactic achievement of that trend”. Girard claims that the Sermon on the Mount is one of those major advancements in the Bible, because in it Jesus “shows us a God who is alien to all violence and who wishes in consequence to see humanity abandon violence”, but Girard also points to the Joseph story as another major advancement. Indeed, you only need to finish reading the first book of the Bible for evidence that the Bible is a “text in travail.” Yes, in Genesis you will find all the violence mentioned above, but if you read to the end, you will discover the Joseph story – a story that provides the only true answer to the problem of violence. It’s a familiar story, so I won’t go into much detail. Joseph’s father loves him more than his 11 brothers, which makes his brothers jealous. Filled with jealousy, Joseph’s 11 brothers violently unite against him. As they leave him for dead in a pit, one brother suggests that they spare Joseph’s life and sell him as a slave. Joseph, now a slave, arrives in Egypt where he thrives and becomes Pharaoh’s right-hand man. Years later there is a famine and his brothers come to Egypt looking for help. They meet Joseph, who recognizes his brothers, but his brothers don’t recognize him. At this point in the story, Joseph held all the power. He could have responded to his brothers’ request by continuing the cycle of violence. It would be a mere reflection of human violence if Joseph said, “Remember when you planned to kill me, but then sold me as a slave? Well, I spent years in jail, and now you will too!” But that’s not how Joseph responds. Rather, Joseph reveals the only way out of violence by responding to his brothers with compassion and forgiveness. Many Christians have seen Joseph as a Christ-like figure. Indeed, Jesus responded to violence in the same way Joseph did. While hanging on the cross, Jesus prayed for his persecutors to be forgiven, “Father, forgive them, for they know not what they do.” Then, in the resurrection, Jesus only offered words of peace to those who betrayed him. Why is there so much violence in the Bible? Because human history shows that we have a tendency to be violent. Yet violence is not inevitable. As the Bible struggles with its own violence, it also reveals that forgiveness is the only solution to cycles of revenge. So, when it comes to storytelling, whether in the Bible or in movies, our concern shouldn’t be whether or not there is violence. Our concern should be whether these stories merely reflect human violence, or whether these stories are in travail against human violence. Good stories are like the Joseph and Jesus stories. They transform our identity away from violence and into an identity of forgiveness. That, I would offer, is the litmus test for any good story. Adam Ericksen
La Dysneyfication (sic) des contes depuis soixante-dix ans a insidieusement installé dans notre esprit l’image d’un monde simple où des gens beaux combattent des méchants plutôt laids et doivent faire face à des obstacles apparemment insurmontables dans leur quête d’une vie heureuse, aidés qu’ils sont par M. ou Mme (ou plus vraisemblablement SAS) Juste ; un monde où le bien triomphe toujours et où il n’est pas de meilleur mariage que ceux construits sur la grandeur d’un royaume.  David Barnett 

Cachez cette violence que je ne saurai voir  !

Expulsion de tout un peuple suite à des calamités naturelles ou imaginaires attribuées à un Dieu libérateur, sacrifice de jeunes filles vouées à la dévoration d’un monstre d’abord divinisé puis humanisé par l’amour …

A l’heure où un chroniqueur égyptien réclame des dommages et intérêts pour les plaies

Et où la chaine franco-allemande Arte revient sur l’histoire d’un homme atteint du syndrome rarissime de l’hypertrichose ayant pu inspirer le célèbre conte de mesdames de Villeneuve et de Beaumont (La Belle et la bête), aboutissement d’une longue liste de reprises historiques (d’Apulée et d’Ovide à Shakespeare, Satarapola et Grimm) …

Pendant qu’aux Etats-Unis, une mini-série sur la Bible se voit déconseillée aux enfants de moins de 14 ans

Comment ne pas s’étonner, avec René Girard, de cet étrange refus de nos historiens de voir dans les mythes les traces de persécution et de violences notamment anti-juives qu’ils repèrent si aisément dans les textes de notre propre Moyen-Age en quête de boucs émissaires face aux dévastations de la Peste noire ?

Mais comment aussi s’expliquer, au-delà  des habituelles édulcorations de nos psychanalystes et des scénaristes des studios Disney, ce non moins étrange aveuglement de nos folkloristes devant des contes de fées qui ne sont manifestement autres eux aussi que « les traces plus ou moins lointaines d’épisodes de persécution mal compris » ?

Faut-il interdire les Contes de Grimm aux enfants?
Bibliobs

21-10-2009

Les Anglais aiment les fées, les monstres et les légendes. Ils aiment aussi beaucoup en parler. La semaine dernière, après leur avoir demandé si une traduction peut améliorer un livre, le «Guardian» a même proposé le thème des contes de fées aux blogueurs de la section Books.

Chez BibliObs, on s’est beaucoup amusé à lire la prose de David Barnett, qui s’est attelé à creuser la difficile question de la violence dans les contes pour enfants. D’après lui,en effet :

« La Dysneyfication (sic) des contes depuis soixante-dix ans a insidieusement installé dans notre esprit l’image d’un monde simple où des gens beaux combattent des méchants plutôt laids et doivent faire face à des obstacles apparemment insurmontables dans leur quête d’une vie heureuse, aidés qu’ils sont par M. ou Mme (ou plus vraisemblablement SAS) Juste ; un monde où le bien triomphe toujours et où il n’est pas de meilleur mariage que ceux construits sur la grandeur d’un royaume ». (Qui a dit que l’écriture anglaise n’était pas grandiloquente?)

Pour Barnett, le monde de l’Oncle Walt est dessiné pour les enfants, alors que les Contes des Frères Grimm (1) dépeignent un monde sombre fait de forêts effrayantes où des méfaits encore plus sombres seraient commis, et sans être jamais punis…

Pour mieux s’en expliquer, ce jeune auteur du nord-est de la Grande-Bretagne cite un passage particulièrement sanglant extrait du « Fiancé voleur » :

« La bande arrive à la maison avec une jeune fille qu’ils ont enlevée. Complètement ivres, ils n’entendent pas ses cris et ses plaintes. Ils lui donnent du vin à boire, trois pleins verres. Un de blanc, un de rouge et un de jaune pour lui crever le cœur. Et là, ils lui ôtent sa fine robe, l’allongent sur la table et découpent son joli corps en petits morceaux puis versent du sel dessus. »

Les Frères Grimm, qui ont recueilli les contes de la bouche de plusieurs informateurs, en fait surtout des informatrices – Dorothea Viehmann, qui a fourni à elle seule plus de trente textes du recueil, et les filles des familles Hassenpflug, Wild et Haxthausen – s’étaient d’ailleurs opposés au titre que leur éditeur proposait, « Contes pour les enfants et la maison », comme le rappelle Heinz Rölleke, le grand spécialiste allemand des contes de Grimm dans une interview accordée à nos confrères d’Arte il y a quelques années :

« Jacob Grimm était convaincu qu’on ne pouvait « servir deux maîtres à la fois », qu’il n’était donc pas possible de rendre et commenter les textes correctement tout en les édulcorant pour en faire un livre pour enfants. Mais il finit par accepter, à contrecœur. Le grand écart est parfaitement réussi : au fil des éditions, Wilhelm Grimm, le frère cadet, a adapté les textes au goût des enfants, sans leur ôter de leur substance. C’était le seul moyen de faire de ce livre un succès mondial. »

David Barnett ne dit pas autre chose : pour lui, les contes sont d’abord « des histoires pour les adultes ». Mais il préfère citer J.R.R. Tolkien et son essai de 1938, « Du conte de fées », où l’auteur préféré des geeks de tous horizons nous signale que l’association entre les contes de fées et les enfants est un « un accident de notre histoire domestique » qui a fait que les contes ont été « relégués à la chambre d’enfants comme on relègue à la salle de jeux les meubles médiocres ou démodés, principalement du fait que les adultes n’en veulent pas et qu’il leur est égal qu’ils soient maltraités ».

(On en saura plus sur cet essai, en se rendant à cette adresse, grâce au travail de Laurent Femenias, directeur d’école en Côte-d’Or et fan d’Iron Maiden…)

Les livres pour enfants ne sont pas du tout faits pour les enfants. Mais pour Barnett, ce n’est pas un problème. Car, nous dit-il dans sa langue un rien emphatique, « ils aident à donner aux enfants le sens de la fantaisie qui est vital pour naviguer dans la forêt souvent sombre et dense de la vie adulte ».

Fantaisie dont Tolkien parlait aussi dans son essai, en disant que contrairement aux idées reçues elle « est fondée sur la dure reconnaissance du fait que les choses sont telles dans le monde qu’elles paraissent sous le soleil ; une reconnaissance du fait, mais non un esclavage à son égard ». Bien dit.

Une citation encore, de G.K. Chesterton (dont la page Wikipedia est passionnante), qu’un lecteur anglais de Barnett partage généreusement dans les commentaires de l’article :

« Les contes de fées ne disent pas aux enfants que les dragons existent. Les enfants savent déjà que les dragons existent. Les contes de fées disent aux enfants qu’on peut tuer les dragons. »

Et on sait qu’en la matière, les Anglais sont à l’avant-garde : leur saint patron est même le tueur de dragons le plus célèbre au monde.

Voir également:

Il était une fois
La véritable histoire des contes de fées
Lisa Melia
l’Express
21/03/2011

La Journée mondiale des contes qui a lieu ce dimanche est une occasion de célébrer un genre littéraire universel.

« Il était une fois… » les contes. Récits merveilleux qui divertissent chaque génération d’enfants, les contes d’aujourd’hui n’ont pourtant rien à voir avec leurs ancêtres moyenâgeux. « Les premières traces de contes datent du 12e siècle environ, explique Catherine Velay-Vallantin, maître de conférence à l’EHESS et auteur d’une Histoire des contes. Les prédicateurs franciscains et dominicains les utilisaient notamment pour illustrer leurs prêches. » Mais ce sont surtout les conteurs qui font vivre la tradition. Ils vont de foyer en foyer pour raconter des histoires et rassembler près du feu les parents et les enfants, divertissant les premiers et effrayant les seconds. Dès cette époque, trois exigences caractérisent le conte, qui demeure une tradition orale: concision narrative, inventivité esthétique, et logique. Il faudra attendre Charles Perrault au XVIIe siècle pour voir l’émergence d’un genre littéraire spécifique.

La vie est cruelle

Les versions originales sont bien plus violentes que leurs transpositions actuelles. « Le soleil, la lune et Thalie, le récit à l’origine de la Belle au bois dormant, remonte au 14e siècle, raconte Catherine Velay-Vallantin. Pour résumer, c’est l’histoire d’un viol. Le prince est déjà marié et viole la princesse dans son sommeil. Elle donne naissance à des jumeaux qui, cherchant son sein, suce son doigt et retire l’écharde qui la maintenait endormie. Elle se réveille alors et constate l’ampleur du désastre. » Les contes, à l’époque, se finissent souvent mal et sont empreints de violence, en écho à l’existence difficile des paysans. Ils confirment que la vie est cruelle. « Il existe quand même des contes pour enfants », tempère la chercheuse. Le conteur s’adapte à son public et ne choisit pas toujours la version la plus tragique. Les contes de « randonnées » ont un but didactique : apprendre à compter aux enfants. « Ils enseignent la logique », résume Catherine Velay-Vallantin.

Un premier adoucissement des histoires se produit avec Charles Perrault, au public bourgeois, qui commence à s’inquiéter des répercussions sur les enfants. Exclu de la Petite Académie par Colbert, Perrault connaît de sérieuses difficultés financières. Il écrit pour revenir à Versailles et choisit délibérément les versions les plus édulcorées pour répondre aux exigences morales de l’Eglise. « Charles Perrault est considéré aujourd’hui comme un bon père de famille, s’amuse Catherine Velay-Vallantin, alors que c’était un carriériste, et certainement pas un pédagogue. » En leur temps, les ouvrages de Perrault et ceux des frères Grimm ont rencontré un succès phénoménal. Presque autant lu que la Bible, ils ont été traduits et diffusés dans toute l’Europe.

Le monde de la recherche s’est penché sur leur richesse et continue à le faire. Du psychanalyste Bruno Bettelheim au sociologue Jack Zypes, en passant par les revues d’universitaires telles que La Grande Oreille. On peut être chercheur et avoir su garder son âme d’enfant.

Voir encore:

The Dark Side of the Grimm Fairy Tales
Jesse Greenspan
History
September 17, 2013

Jacob and Wilhelm Grimm’s collection of folktales contains some of the best-known children’s characters in literary history, from Snow White and Rapunzel to Cinderella and Little Red Riding Hood. Yet the brothers originally filled their book, which became known as “Grimm’s Fairy Tales,” with gruesome scenes that wouldn’t be out of place in an R-rated movie. The Grimms never even set out to entertain kids. The first edition of “Grimm’s Fairy Tales” was scholarly in tone, with many footnotes and no illustrations. Only later, as children became their main audience, did they take out some of the more adult content. Their stories were then further sanitized as they were adapted by Walt Disney and others. As the 150th anniversary of Jacob’s death approaches—he passed away on September 20, 1863, about four years after Wilhelm—check out some of the surprisingly dark themes that appear in the Grimms’ work.

1. Premarital sex
In the original version of “Rapunzel,” published in 1812, a prince impregnates the title character after the two spend many days together living in “joy and pleasure.” “Hans Dumm,” meanwhile, is about a man who impregnates a princess simply by wishing it, and in “The Frog King” a princess spends the night with her suitor once he turns into a handsome bachelor. The Grimms stripped the sex scenes from later versions of “Rapunzel” and “The Frog King” and eliminated “Hans Dumm” entirely.
But hidden sexual innuendos in “Grimm’s Fairy Tales” remained, according to psychoanalysts, including Sigmund Freud and Erich Fromm, who examined the book in the 20th century.

2. Graphic violence
Although the brothers Grimm toned down the sex in later editions of their work, they actually ramped up the violence. A particularly horrific incident occurs in “The Robber Bridegroom,” when some bandits drag a maiden into their underground hideout, force her to drink wine until her heart bursts, rip off her clothes and then hack her body into pieces. Other tales have similarly gory episodes. In “Cinderella” the evil stepsisters cut off their toes and heels trying to make the slipper fit and later have their eyes pecked out by doves; in “The Six Swans” an evil mother-in-law is burned at the stake; in “The Goose Maid” a false bride is stripped naked, thrown into a barrel filled with nails and dragged through the streets; and in “Snow White” the wicked queen dies after being forced to dance in red-hot iron shoes. Even the love stories contain violence. The princess in “The Frog King” turns her amphibian companion into a human not by kissing it, but instead by hurling it against a wall in frustration.

3. Child abuse
Even more shockingly, much of the violence in “Grimm’s Fairy Tales” is directed at children. Snow White is just 7 years old when the huntsman takes her into the forest with orders to bring back her liver and lungs. In “The Juniper Tree” a woman decapitates her stepson as he bends down to get an apple. She then chops up his body, cooks him in a stew and serves it to her husband, who enjoys the meal so much he asks for seconds. Snow White eventually wins the day, as does the boy in “The Juniper Tree,” who is brought back to life. But not every child in the Grimms’ book is so lucky. The title character in “Frau Trude” turns a disobedient girl into a block of wood and tosses her into a fire. And in “The Stubborn Child” a youngster dies after God lets him become sick.

4. Anti-Semitism
The Grimms gathered over 200 tales for their collection, three of which contained Jewish characters. In “The Jew in the Brambles” the protagonist happily torments a Jew by forcing him to dance in a thicket of thorns. He also insults the Jew, calling him a “dirty dog,” among other things. Later on, a judge doubts that a Jew would ever voluntarily give away money. The Jew in the story turns out to be a thief and is hanged. In “The Good Bargain” a Jewish man is likewise portrayed as a penny-pinching swindler. During the Third Reich, the Nazis adopted the Grimms’ tales for propaganda purposes. They claimed, for instance, that Little Red Riding Hood symbolized the German people suffering at the hands of the Jewish wolf, and that Cinderella’s Aryan purity distinguished her from her mongrel stepsisters.

5. Incest
In “All-Kinds-of-Fur” a king promises his dying wife that he will only remarry if his new bride is as beautiful as her. Unfortunately, no such woman exists in the whole world except his daughter, who ends up escaping his clutches by fleeing into the wilderness. While interviewing sources, the Grimms likewise heard versions of a different story–“The Girl Without Hands”–with an incestuous father. Nonetheless, in all editions of their book they recast this father as the devil.

6. Wicked mothers
Evil stepparents are a dime a dozen in fairy tales, but the Grimms originally included some evil biological mothers as well. In the 1812 version of “Hansel and Gretel,” a wife persuades her husband to abandon their children in the woods because they don’t have enough food to feed them. Snow White also has an evil mother, who at first wishes for and then become infuriated by her daughter’s beauty. The Grimms turned both of these characters into stepmothers in subsequent editions, and mothers have essentially remained off the hook ever since in the retelling of these stories.

Voir aussi:

Un chroniqueur égyptien : L’Egypte doit intenter un procès à Israël pour les dix plaies ; à la Turquie pour l’occupation ottomane ; à la France pour l’invasion napoléonienne et à la Grande-Bretagne pour le colonialisme
Memri No. 5686
Mars 20, 2014

Dans un article paru le 11 mars 2014 dans le quotidien égyptien Al-Yawm Al-Sabi, le chroniqueur égyptien Ahmad Al-Gamal, qui écrit également pour Al-Ahram et Al-Masri Al-Yawm, estime qu’il faudrait intenter un procès à Israël, la Turquie, la Grande-Bretagne et la France pour les dommages que tous ces pays ont causés à l’Egypte depuis les temps bibliques jusqu’au 20ème siècle. Selon lui, Israël devrait être poursuivi pour les dommages causés par les dix plaies d’Egypte (décrites dans la Bible) et pour les matériaux précieux utilisés par les Israélites pour construire le Saint Tabernacle dans le désert ; la Turquie devrait rendre des comptes pour avoir envahi l’Egypte à l’époque ottomane, recruté des artisans égyptiens à la construction de projets à Istanbul, avoir volé des antiquités, des manuscrits et des livres, et avoir comploté avec les sionistes contre l’Egypte dans les années 1950 et 1960. Quant à la France, elle doit payer des indemnités pour l’invasion de Napoléon à la fin du 18ème siècle et la campagne de Suez en 1956 ; et enfin, la Grande-Bretagne doit payer pour 72 ans d’occupation, au cours desquels l’Egypte a subi vols et usurpation.

Voir par ailleurs:

The Bible and Movies and Violence – Oh My!
Adam Ericksen
God’s Politics Blog
06-26-2013

This Thursday I’ll be interviewing Gareth Higgins on the Raven Foundation’s Voices of Peace radio show. Gareth is the founder of the very popular Wild Goose Festival. If you attend this summer, you will meet Raven friend James Alison, who will talk about his latest project, Jesus the Forgiving Victim: Listening to the Unheard Voice. Gareth is also a film critic and analyzes films from a Christian point of view on his website God Is Not Elsewhere. He wrote a book called How Movies Helped Save My Soul and, with Jett Loe, he is the co-host of Film Talk, an award-winning Internet radio show of cinema reviews and interviews. Since we are in the heat of the summer movie season, I’ll be talking with Gareth about both the Wild Goose Festival and his passion for religion and films.

Before talking with Gareth, I’d like to ask this: Do movies and the Bible have anything in common? Fill in the blank with either the word “Bible” or “movies” and you will be asking a familiar question:

Why is there so much violence in the _____?

Whenever I hear someone lament that kids these days need to read their Bibles, I tell them that the Bible should be rated R for violence, nudity, rape, drug deals, and even genocide – and that’s just in the first book! Of course, as a youth pastor, I’ve found that the best way to get kids interested in the Bible is to tell them that if someone made it into a movie, it would be rated R.

The Bible and movies tell stories. Gareth points out the importance of stories in his article “It’s the Movies’ Fault/It’s not the Movies’ Fault” in which he brilliantly states that, “we could benefit from recognizing that the relationship between storytelling and the formation of human identity is crucial.” Indeed, the stories we tell are crucial to the formation of human identity, but the Bible and movies tell stories that are permeated with violence. So, the question becomes, how do we make sense of those violent stories in terms of human identity?

René Girard has changed the way that I interpret violence in the Bible, and, indirectly, in movies. Girard calls the Bible a “text in travail.” In other words, the Bible is a text that struggles with its own violence. Part of that struggle is its mere reflection of human violence, but where the Bible is unique in human history is that it challenges its own violence. While many stories in the Bible merely reflect human violence, other stories in the Bible reveal that violence will only lead to our own destruction and that God never demands violence. Girard writes that the Bible’s travail against its own violence and against a violent view of God “is not a chronologically progressive process, but a struggle that advances and retreats. I see the Gospels as the climactic achievement of that trend” (Violent Origins, 141).

Girard claims that the Sermon on the Mount is one of those major advancements in the Bible, because in it Jesus “shows us a God who is alien to all violence and who wishes in consequence to see humanity abandon violence” (Things Hidden Since the Foundation of the World, 183), but Girard also points to the Joseph story as another major advancement. Indeed, you only need to finish reading the first book of the Bible for evidence that the Bible is a “text in travail.” Yes, in Genesis you will find all the violence mentioned above, but if you read to the end, you will discover the Joseph story – a story that provides the only true answer to the problem of violence.

It’s a familiar story, so I won’t go into much detail. Joseph’s father loves him more than his 11 brothers, which makes his brothers jealous. Filled with jealousy, Joseph’s 11 brothers violently unite against him. As they leave him for dead in a pit, one brother suggests that they spare Joseph’s life and sell him as a slave. Joseph, now a slave, arrives in Egypt where he thrives and becomes Pharaoh’s right-hand man. Years later there is a famine and his brothers come to Egypt looking for help. They meet Joseph, who recognizes his brothers, but his brothers don’t recognize him. At this point in the story, Joseph held all the power. He could have responded to his brothers’ request by continuing the cycle of violence. It would be a mere reflection of human violence if Joseph said, “Remember when you planned to kill me, but then sold me as a slave? Well, I spent years in jail, and now you will too!” But that’s not how Joseph responds. Rather, Joseph reveals the only way out of violence by responding to his brothers with compassion and forgiveness.

Many Christians have seen Joseph as a Christ-like figure. Indeed, Jesus responded to violence in the same way Joseph did. While hanging on the cross, Jesus prayed for his persecutors to be forgiven, “Father, forgive them, for they know not what they do.” Then, in the resurrection, Jesus only offered words of peace to those who betrayed him.

Why is there so much violence in the Bible? Because human history shows that we have a tendency to be violent. Yet violence is not inevitable. As the Bible struggles with its own violence, it also reveals that forgiveness is the only solution to cycles of revenge.

So, when it comes to storytelling, whether in the Bible or in movies, our concern shouldn’t be whether or not there is violence. Our concern should be whether these stories merely reflect human violence, or whether these stories are in travail against human violence. Good stories are like the Joseph and Jesus stories. They transform our identity away from violence and into an identity of forgiveness. That, I would offer, is the litmus test for any good story.

Adam Ericksen blogs at the Raven Foundation, where he uses mimetic theory to provide social commentary on religion, politics, and pop culture. Follow Adam on Twitter @adamericksen.

Egyptian Columnist: Egypt Should Sue Israel For The Ten Plagues, Turkey For The Ottoman Occupation, France For The Napoleonic Invasion, And Britain For Colonialism
Memri
Special Dispatch No. 5686
March 20, 2014

In a March 11, 2014 article in the Egyptian daily Al-Yawm Al-Sabi’, Egyptian columnist Ahmad Al-Gamal, who also writes for Al-Ahram and Al-Masri Al-Yawm, advocated suing Israel, Turkey, Britain, and France for damages they caused Egypt from biblical times until the 20th century. Israel, he said, should be sued for the damage caused by the Ten Plagues and for the precious materials used by the Israelites to build the Holy Tabernacle in the desert, and Turkey should pay damages for invading Egypt in the Ottoman period, for drafting Egyptian artisans to build projects in Istanbul, for stealing antiquities, manuscripts, and books, and for plotting with the Zionists against Egypt during the 1950s and 1960s. As for France, it must pay compensation for Napoleon’s invasion at the close of the 18th century and for the 1956 Suez Campaign, and Britain must pay for 72 years of occupation, during which Egypt was subjected to theft and robbery.

The following are excerpts from the article:[1]

Sue Israel For The Egyptian Gold And Silver The Israelites Took

« I tirelessly reiterate my demand to utilize all measures of the law and of customary law, and all ethical principles, to receive compensation for what the Israelis, Turks, French and English took from us. And if you ask me whether the Turks can be placed in the same category as [the Israelis, French and English], I will reply: Yes, absolutely. Erdogan, and his party, stream and orientation, are just as dangerous to Egypt and Arabism as the Zionists and imperialists. Had the [Turks] been in our place, and had we done to them what they did to us, they wouldn’t have left us alone for a moment without demanding their right many times over.

« We want compensation for the [Ten] Plagues that were inflicted upon [us] as a result of the curses that the Jews’ ancient forefathers [cast] upon our ancient forefathers, who did not deserve to pay for the mistake that Egypt’s ruler at the time, Pharaoh as the Torah calls him, committed. For what is written in the Torah proves that it was Pharaoh who oppressed the Children of Israel, rather than the Egyptian people. [But] they inflicted upon us the plague of locusts that didn’t leave anything behind them; the plague that transformed the Nile’s waters into blood, so nobody could drink of them for a long time; the plague of darkness that kept the world dark day and night; the plague of frogs; and the plague of the killing of the firstborn, namely every first offspring born to woman or beast, and so on.

« We want compensation for the gold, silver, copper, precious stones, fabrics, hides and lumber, and for [all] animal meat, hair, hides and wool, and for other materials that I will mention [below], when quoting the language of the Torah. All these are materials that the Jews used in their rituals. These are resources that cannot be found among desert wanderers unless they took them before their departure… »

Later in the article Al-Gamal wrote: « The stories of the Holy Scriptures state that the Israelites set off from the [Nile] valley at night and went to the Sinai Peninsula. This is known to be a desert, were there is no use for large quantities of gold, silver, precious stones, meats, oils, fabrics and the like. Therefore it is clear that the Israelites took all these things from Egypt before they left. Chapter 25 of Exodus, on the [Israelites’] departure [from Egypt], states: ‘The Lord said to Moses: Tell the Israelites to bring me an offering… These are the offerings you are to receive from them: gold, silver and bronze; blue, purple and scarlet yarn and fine linen; goat hair; ram skins dyed red and another type of durable leather; acacia wood; olive oil for the light; spices for the anointing oil and for the fragrant incense; and onyx stones and other gems to be mounted on the ephod and breastpiece. Then have them make a sanctuary for me, and I will dwell among them. Make this tabernacle and all its furnishings exactly like the pattern I will show you. Have them make an ark of acacia wood, two and a half cubits long, a cubit and a half wide, and a cubit and a half high. Overlay it with pure gold, both inside and out, and make a gold molding around it. Cast four gold rings for it and fasten them to its four feet, with two rings on one side and two rings on the other [Exodus 25:1-12]’…

« [Exodus 38:24 states]: ‘The total amount of the gold from the wave offering used for all the work on the sanctuary was 29 talents and 730 shekels, according to the sanctuary shekel…’

« I call upon everyone with an interest in Torah studies to instruct us on a scientific basis what is the [precise] meaning of the word ‘talent.’ How many grams is it currently worth, what was the weight of the sheqel during those days, especially as it was made out of solid pure gold and pure silver… »

Turkey Must Compensate Egypt For The Backwardness They Inflicted Upon It

About Turkey, Al-Gamal wrote: « As for the Turks, we must demand [from them] adequate compensation for the economic, social, cultural, intellectual and political backwardness that their presence in our midst imposed upon us, for the world during those centuries [i.e., during the Ottoman period] made tremendous progress in all areas. We want compensation from the Turks for the invasion of our country and for the attendant oppression and aggression, and for taking all our human capital: scholars, builders, tentmakers, carpenters, coal miners, blacksmiths and all skilled artisans and forcing them to go to Istanbul to build palaces, mosques, and the like. We also want compensation for the antiquities plundered by the Turks, and especially for some relics of the Prophet and for stolen manuscripts and books. This theft and plunder lasted for centuries, from the beginning of the 16th century until the early 20th century.

« Likewise, we want compensation from the Turks for damaging the Egyptian psyche through their racism and haughtiness, their contempt for Egypt and the Egyptians, and their disgraceful treatment of the peasant as someone who [merely] plows, sows and reaps – although the harvest from the sweat of his brow filled the stomachs of the indolent Ottomans. We also want damages for the Turkish-Zionist plot hatched during the 1950s and 1960s, when Egypt led the Arab and global liberation movement and opposed the plans of the imperialist alliance, [an alliance] in which Turkey and the Hebrew state constituted vital components. »

The British Owe Egypt Damages For 72 Years Of Occupation, The French For Napoleon’s Invasion

« Moving on to modern history, we must grab the Zionists, the French and the British by the throat in order to take the damages that are due us for Napoleon’s invasion and for the Franco-Anglo-Zionist plots against Egypt in 1956, in 1967 and also in 1973, because the British took part in preventing [Egypt] from realizing the fruits of its stupendous victory. We want compensation for 72 years of British occupation that imposed backwardness and dependency upon us, stole the resources of our country, drove a wedge between the sons of the homeland and turned [the members of] one social stratum into [British] agents who took no pity on the Egyptian poor… »

Al-Gamal concluded: « We have nothing to lose, let us sue [Turkish Premier Recep Tayyip] Erdogan, [Israeli Prime Minister Binyamin] Netanyahu, [British Prime Minister, David] Cameron, and others who stole from us and played a role in what befell us for generations. »

Endnotes:

[1] Al-Yawm Al-Sabi’ (Egypt), March 11, 2014.
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Bons baisers de Russie: Les affaires humaines ont leurs marées (Back to the future: who laughed when Romney said Russia was our No.1 foe ?)

26 mars, 2014
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Les affaires humaines ont leurs marées, qui, saisies au moment du flux, conduisent à la fortune ; l’occasion manquée, tout le voyage de la vie se poursuit au milieu des bas-fonds et des misères. En ce moment, la mer est pleine et nous sommes à flot : il faut prendre le courant tandis qu’il nous est favorable, ou perdre toutes nos chances. Shakespeare (Jules César, IV, 3)
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
Les dirigeants européens et américains espèrent que les tyrans et les autocrates du monde vont disparaître tout seuls. Mais les dinosaures comme Vladimir Poutine, Hugo Chávez et les ayatollahs iraniens ne vont pas s’effacer comme cela. Ils ne doivent leur survie qu’au manque de courage des chefs du Monde libre. Garry Kasparov
La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom
President Barack Obama defended the American invasion of Iraq Wednesday in a high-profile speech to address the Russian takeover of Crimea. Russian officials, Obama noted, have pointed to the U.S. invasion and occupation of Iraq as an example of  « Western hypocrisy. » Obama struggled, however, in his attempt to defend the legality of the invasion. The war was unsanctioned by the United Nations, and many experts assert it violated any standard reading of international law. But, argued Obama, at least the U.S. tried to make it legal. « America sought to work within the international system, » Obama said, referencing an attempt to gain U.N. approval for the invasion — an effort that later proved to be founded on flawed, misleading and cherry-picked intelligence. The man who delivered the presentation to the U.N., then-Secretary of State Colin Powell, has repeatedly called it a « blot » on his record.  Obama, in his speech, noted his own opposition to the war, but went on to defend its mission. »We did not claim or annex Iraq’s territory. We did not grab its resources for our own gain, » Obama argued. The Huffington Post
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (2005)
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai davantage de flexibilité. Obama (2012)
Aujourd’hui, c’est la Russie et pas l’Iran ou la Corée du Nord qui est l’ennemi géopolitique des Etats-Unis (…). Elle ne soutient que les pires régimes du monde. (…) Sur l’arène internationale, la Russie n’est pas un personnage amical. Le fait que le président américain veut plus de souplesse dans les relations avec la Russie est un signe alarmant (…). La Russie est sans aucun doute notre ennemi géopolitique numéro un. La Corée du Nord et l’Iran posent également assez de problèmes, mais ces terribles régimes poursuivent leur chemin, et nous allons à l’Onu pour les arrêter. Et si le président syrien tue ses propres citoyens, nous allons également à l’Onu, et qui monte alors au créneau pour défendre ces régimes? C’est toujours la Russie, souvent soutenue par la Chine. Romney
Gouverneur Romney, je suis content que vous reconnaissiez qu’Al-Qaida représente une menace, parce qu’il y a encore quelques mois, lorsqu’on vous a demandé quelle était la plus grande menace stratégique pour l’Amérique, vous avez répondu la Russie, et pas Al-Qaida. Mais, vous savez, la guerre froide est finie depuis plus de vingt ans. Quand il s’agit de notre politique étrangère, vous semblez vouloir revenir aux politiques des années 1980, tout comme aux politiques sociales des années 1950 et aux politiques économiques des années 1920… Vous déclarez ne pas vouloir reproduire ce qui s’est passé en Irak. Mais il y a quelques semaines à peine, vous avez déclaré qu’il faudrait des troupes en Irak, maintenant. Barack Hussein Obama
Pour en revenir à la Russie, j’ai certes déclaré que c’était un ennemi stratégique mais, dans le même paragraphe, j’ai aussi dit que l’Iran était la plus grande menace pour notre sécurité nationale. La Russie continue de nous affronter aux Nations unies, encore et encore. J’ai la vue claire à ce sujet. Je ne vais pas chausser des lunettes roses quand il s’agit de la Russie ou de Poutine. Et je ne vais certainement pas lui dire que je serai plus souple après mon élection. Après l’élection, j’aurai encore plus de cran. Pour l’Irak, vous et moi sommes d’accord sur le fait que je crois qu’il faudrait un accord sur un statut pour les forces américaines. Mitt Romney
Nous avons connu d’autres crises en Europe ces dernières années: les Balkans dans les années 90, la Géorgie en 2008. Mais il s’agit là de la plus grave menace à la sécurité et à la stabilité de l’Europe depuis la fin de la Guerre froide. … On ne sait plus si la Russie est un partenaire ou un adversaire. Anders Fogh Rasmussen (secrétaire général de l’Otan)
Ce que Romney a dit sur la menace russe était en plein dans le mille. Cela a été amplement démontré en Ukraine, en Syrie et également en Russie. Nile Gardiner
Why, across the world, are America’s hands so tied? A large part of the answer is our leader’s terrible timing. In virtually every foreign-affairs crisis we have faced these past five years, there was a point when America had good choices and good options. There was a juncture when America had the potential to influence events. But we failed to act at the propitious point; that moment having passed, we were left without acceptable options. In foreign affairs as in life, there is, as Shakespeare had it, « a tide in the affairs of men which, taken at the flood leads on to fortune. Omitted, all the voyage of their life is bound in shallows and in miseries. Mitt Romney

Retour vers le futur ?

Alors où (avant d’autres nations comme la Moldavie ou l’Argentine ?) l’ours russe vient de ne faire qu’une bouchée d’une partie d’un pays dont nous nous étions engagés à protéger l’intégrité …

 Et en ce deuxième anniversaire (jour pour jour) de cette fameuse interview de Mitt Romney sur CNN qui avait tant fait rire nos prétendus spécialistes …

Pendant qu’entre deux fourriers du terrorisme saoudien ou qatari, le Pays autoproclamé des droits de l’homme et donneur de leçons si prodigue envers ledit Poutine, déroule à nouveau le tapis rouge pour les bouchers toujours impunis de Tiananmen

Comment ne pas repenser à ces paroles désormais prophétiques du candidat républicain sur cette Russie de Poutine …

Qui vient de confirmer, deux ans plus tard, qu’elle « ne soutient que les pires régimes du monde » et qu’elle est bien « sans aucun doute notre ennemi géopolitique numéro un » ?

Et sur ce président américain qui pourrait bien se révéler l’un des pires (et plus naïfs) présidents de l’histoire …

Et qui, réduit à défendre onze ans après la guerre du pétrole de son prédécesseur qu’il avait tant condamnée, n’a apparemment toujours pas compris comme le rappelle Romney citant Shakespeare que « les affaires humaines avaient leurs marées » ?

The Price of Failed Leadership
The President’s failure to act when action was possible has diminished respect for the U.S. and made troubles worse.
Mitt Romney
March 17, 2014

Why are there no good choices? From Crimea to North Korea, from Syria to Egypt, and from Iraq to Afghanistan, America apparently has no good options. If possession is nine-tenths of the law, Russia owns Crimea and all we can do is sanction and disinvite—and wring our hands.

Iran is following North Korea’s nuclear path, but it seems that we can only entreat Iran to sign the same kind of agreement North Korea once signed, undoubtedly with the same result.

Our tough talk about a red line in Syria prompted Vladimir Putin’s sleight of hand, leaving the chemicals and killings much as they were. We say Bashar Assad must go, but aligning with his al Qaeda-backed opposition is an unacceptable option.

And how can it be that Iraq and Afghanistan each refused to sign the status-of-forces agreement with us—with the very nation that shed the blood of thousands of our bravest for them?

Why, across the world, are America’s hands so tied?

A large part of the answer is our leader’s terrible timing. In virtually every foreign-affairs crisis we have faced these past five years, there was a point when America had good choices and good options. There was a juncture when America had the potential to influence events. But we failed to act at the propitious point; that moment having passed, we were left without acceptable options. In foreign affairs as in life, there is, as Shakespeare had it, « a tide in the affairs of men which, taken at the flood leads on to fortune. Omitted, all the voyage of their life is bound in shallows and in miseries. »

When protests in Ukraine grew and violence ensued, it was surely evident to people in the intelligence community—and to the White House—that President Putin might try to take advantage of the situation to capture Crimea, or more. That was the time to talk with our global allies about punishments and sanctions, to secure their solidarity, and to communicate these to the Russian president. These steps, plus assurances that we would not exclude Russia from its base in Sevastopol or threaten its influence in Kiev, might have dissuaded him from invasion.

Months before the rebellion began in Syria in 2011, a foreign leader I met with predicted that Assad would soon fall from power. Surely the White House saw what this observer saw. As the rebellion erupted, the time was ripe for us to bring together moderate leaders who would have been easy enough for us to identify, to assure the Alawites that they would have a future post-Assad, and to see that the rebels were well armed.

The advent of the Arab Spring may or may not have been foreseen by our intelligence community, but after Tunisia, it was predictable that Egypt might also become engulfed. At that point, pushing our friend Hosni Mubarak to take rapid and bold steps toward reform, as did Jordan’s king, might well have saved lives and preserved the U.S.-Egypt alliance.

The time for securing the status-of-forces signatures from leaders in Iraq and Afghanistan was before we announced in 2011 our troop-withdrawal timeline, not after it. In negotiations, you get something when the person across the table wants something from you, not after you have already given it away.

Able leaders anticipate events, prepare for them, and act in time to shape them. My career in business and politics has exposed me to scores of people in leadership positions, only a few of whom actually have these qualities. Some simply cannot envision the future and are thus unpleasantly surprised when it arrives. Some simply hope for the best. Others succumb to analysis paralysis, weighing trends and forecasts and choices beyond the time of opportunity.

President Obama and Secretary of State Clinton traveled the world in pursuit of their promise to reset relations and to build friendships across the globe. Their failure has been painfully evident: It is hard to name even a single country that has more respect and admiration for America today than when President Obama took office, and now Russia is in Ukraine. Part of their failure, I submit, is due to their failure to act when action was possible, and needed.

A chastened president and Secretary of State Kerry, a year into his job, can yet succeed, and for the country’s sake, must succeed. Timing is of the essence.

Mr. Romney is the former governor of Massachusetts and the 2012 Republican nominee for president.

Voir aussi:

2 years ago
Romney not worried about Santorum, labels Russia No. 1 ‘foe’
Ashley Killough

CNN

March 26th, 2012

(CNN) – Republican presidential candidate Mitt Romney said Monday he was unfazed by recent ramped-up rhetoric coming from his opponent Rick Santorum.

« I’m not going to worry too much about what Rick is saying these days, » Romney said on CNN’s « The Situation Room with Wolf Blitzer. » « I know when you’re falling further and further behind, you get a little more animated. »

– Follow the Ticker on Twitter: @PoliticalTicker

Santorum made headlines Sunday when he claimed Romney would be the « worst » Republican candidate to match up against President Barack Obama in the general election, based on the issue of health care reform.

The former Massachusetts governor, he argued, would be poorly armed in a fight against the president after signing off on a health care law in the Bay State that critics now label a « blueprint » for the controversial federal health care legislation passed in 2010.

Romney argues, however, that he would attempt to repeal the Affordable Care Act as president, saying states should have the right to regulate health care laws, not Washington.

« It’s a power grab by the federal government. It violates the 10th Amendment. It violates the economic principles and economy freedom in this country, » Romney said on CNN. « It needs to be repealed. »

The candidate also blasted Obama over a private conversation caught by microphone with Russian President Dmitry Medvedev, in which the president said he could be more flexible on the missile defense system in Europe after the election.

Romney joined other top Republicans in slamming the president over the remark on Monday and for making backroom deals with a country that Romney called America’s « Number One geopolitical foe. »

“Who is it that always stands up with the world’s worst actors? It’s always Russia, typically with China alongside. In terms of a geopolitical foe, a nation that’s on the Security Council, and as of course a massive nuclear power, Russia is the geopolitical foe. The idea that our president is planning on doing something with them that he’s not willing to tell the American people before the election is something I find very, very alarming,” Romney said.

The White House hopeful also opened up about how he spent some recent time-off from the campaign trail, saying he went to watch « The Hunger Games » with his grandchildren over the weekend.

« I read serious books, but every now and then I read just for fun, » Romney said, talking about how he read the book before seeing the movie. « That was weekend fun, so it was nice to see a flick for the first time in a long time. »

Voir encore:

Après la Crimée, Poutine va-t-il annexer une partie de la Moldavie?

Olivier Philippe-Viela

L’Express

26/03/2014

Après le rattachement de la Crimée à la Russie, Vladimir Poutine pourrait tenter d’absorber d’autres régions russophones, comme la Transnistrie, en Moldavie. Les explications du politologue Florent Parmentier.

Les velléités séparatistes de la Transnistrie en Moldavie pourraient faire le jeu de Moscou. Cette région moldave, autoproclamée indépendante en 1992, mais sans être reconnue par la communauté internationale, compte 550 000 habitants. Composé pour un tiers de russophones, un tiers de roumanophones et le reste d’ukrainiens, la République moldave du Dniestr (son nom officiel) a déjà demandé son rattachement à la Russie en 2006.

La Transnistrie peut-elle faire sécession comme la Crimée et conforter Vladimir Poutine dans son projet expansionniste? L’Express a posé la question à Florent Parmentier, responsable pédagogique à l’IEP de Paris et spécialiste de la Moldavie.

La Russie peut-elle annexer la Transnistrie comme elle a absorbé la Crimée?

La Transnistrie demande depuis 20 ans son rattachement à la Russie. Lors d’un référendum en 2006, non reconnu par l’Union européenne, 97% des votants avaient formulé ce souhait. Si le résultat est soviétique, il est évident qu’une majorité de la population souhaite faire partie de la Russie. Pour les Moldaves, la Transnistrie est déjà quasiment perdue. Ce qui ne veut pas dire que les Russes vont l’annexer. On ne peut pas exclure cette possibilité radicale, mais Moscou souhaite plutôt favoriser l’indépendance de cette région et s’appuyer dessus pour mettre un pied en Moldavie.

Celle-ci pense que l’unique moyen de retenir la Transnistrie est de présenter l’image la plus attractive possible. Il faut savoir que ce pays est en bonne santé économique par rapport à ses voisins. En 2013, sa croissance était de 8,9%. Le pouvoir moldave est pro-européen, prudent vis-à-vis de la Russie et soutien officiel de l’Ukraine par la voix de son Premier ministre Iurie Leanca.

Que cherche Vladimir Poutine en s’appropriant les anciens satellites soviétiques?

Le président russe veut intimider l’Occident. Il a une idéologie expansionniste. Pour Poutine, il s’agit d’un projet économique et géopolitique: le développement de l’Union douanière, calquée sur les frontières de l’ex-URSS. Dans son esprit, l’Ukraine aurait dû en faire partie. Cependant elle lui a échappé. La Crimée n’était pas sa priorité, mais il a voulu marquer le coup.

D’autres régions russophones souhaitent-elles être affiliées à la Fédération de Russie?

La Crimée est définitivement perdue pour l’Ukraine.

La Gagaouzie par exemple, district autonome au Sud de la Moldavie, a voté pour rejoindre l’Union douanière voulue par Vladimir Poutine à l’Est. Cette région russophile s’affirme ainsi par rapport au pouvoir central et conforte le projet économique de la Russie. En Ukraine, l’enjeu c’est le Sud et l’Est du pays. Les nouvelles autorités ukrainiennes ont eu un comportement pragmatique et intelligent, notamment sur l’usage de la langue russe, qui reste tolérée. En revanche, il semble évident que la Crimée est définitivement perdue pour l’Ukraine

Voir enfin:

Verbatim : le troisième débat Obama-Romney en intégralité

Le Monde

23.10.2012

Le dernier débat opposant le président sortant démocrate, Barack Obama, à son concurrent républicain, Mitt Romney, lundi 22 octobre, à l’université Lynn de Boca Raton (Floride), était consacré à la politique internationale. « Le Monde » en publie les principaux extraits :

Bob Schieffer : Ce soir, c’est le 50e anniversaire de la nuit où le président Kennedy a annoncé au monde que l’Union soviétique avait installé des missiles nucléaires à Cuba, peut-être le moment où nous avons été le plus proche d’un conflit nucléaire. Cela nous rappelle que chaque président doit faire face à des menaces inattendues à la sécurité nationale en provenance de l’extérieur.

La première partie [de ce débat] concerne le défi que représentent les changements au Proche Orient et les nouveaux visages du terrorisme. A propos des évènements de Libye, la controverse continue. Quatre Américains sont morts, dont l’ambassadeur. Des questions demeurent. Gouverneur Romney, vous avez déclaré que c’était un exemple du délitement de la politique américaine au Proche-Orient…

M. Romney : Les changements au Moyen-Orient sont évidemment un sujet de grande préoccupation, en particulier pour l’Amérique. Avec le Printemps arabe, un grand espoir de changement s’est fait jour, vers plus de modération, de participation des femmes à la vie publique, de progrès économiques. Au lieu de cela, les pays ont connu d’inquiétants évènements les uns après les autres. En Syrie, bien sûr, 30 000 civils ont été tués par l’armée régulière. En Libye, il y a eu une attaque – terroriste, je pense que c’est attesté maintenant – contre nos ressortissants et quatre sont morts. Nos pensées vont vers eux.

Des membres d’Al-Qaida se sont emparés du nord du Mali. L’Egypte a élu un frère musulman [à la présidence]. Nous assistons en fait à un renversement assez dramatique des espoirs que nous avions fondé pour cette région. Bien sûr, la plus grande menace reste l’Iran, quatre ans plus proche de son objectif nucléaire. Je félicite le président d’avoir éliminé Oussama Ben Laden et de s’en être pris aux dirigeants d’Al-Qaida.

Mais, pour sortir de ce marasme, nous allons devoir mettre sur pied une stratégie large et solide à même d’aider le monde musulman ainsi que d’autres parties du monde à rejeter cette radicalisation violente et extrémiste. Ce n’est pas le cas actuellement.

Al-Qaida ne se cache pas. Ce groupe déjà présent dans une douzaine de pays représente une grave menace pour nos amis, le monde, l’Amérique, à long terme, et il nous faut une stratégie complète pour lutter contre ce type d’extrémisme.

M. Obama : Ma première mission en tant que commandant en chef, c’est de garantir la sécurité des Américains. Nous avons mis fin à la guerre en Irak et recentré notre attention sur ceux qui nous ont attaqué le 11 septembre 2001. Et le chef d’Al-Qaida a été éliminé.

De plus, nous sommes en mesure de mener une transition responsable en Afghanistan, en veillant à ce que les Afghans assurent leur propre sécurité. Cela nous permet de reconstruire des alliances et de nous faire des amis à travers le monde afin de combattre les menaces futures. Concernant la Libye, lorsque j’ai reçu la nouvelle, je me suis immédiatement assuré que nous faisions tout notre possible pour mettre en sécurité les Américains qui étaient encore sur place ; que nous ferions la lumière sur ce qui s’était passé ; et, le plus important, que nous allions trouver et juger ceux qui avaient tué des Américains. Et c’est exactement ce que nous allons faire.

Mais revenons sur ce qui s’est passé en Libye. Gardez à l’esprit que les Américains ont pris la tête d’une coalition internationale qui, sans envoyer de troupes sur le terrain et pour un coût inférieur à deux semaines de présence en Irak, a libéré un pays qui vivait sous le joug d’une dictature depuis 40 ans. Nous l’avons débarrassé d’un despote qui avait tué des Américains, et, malgré la tragédie de Benghazi, des dizaines de milliers de Libyens ont défilé en proclamant leur amitié pour l’Amérique. Nous les soutenons.

Nous devons en profiter pour pousser notre avantage. Gouverneur Romney, je suis content que vous reconnaissiez que nous avons traqué Al-Qaida avec succès, mais je dois vous dire que votre stratégie est éculée et peu à même de garantir la sécurité des Américains ou de construire l’avenir du Moyen-Orient.

M. Romney : Ma stratégie est claire, traquer les méchants, mettre tout en œuvre pour les arrêter, et les faire disparaître du paysage. Mais ma stratégie est plus large. L’aspect principal sera d’aider le monde musulman à être en mesure de rejeter l’extrémisme.

Nous ne voulons pas d’un nouvel Irak, ni d’un nouvel Afghanistan. Ce n’est pas la bonne voie pour nous. Il nous faut bien sûr traquer les dirigeants de tous ces groupes djihadistes anti-Américains, mais aussi aider le monde musulman. Comment faire ? Un groupe d’intellectuels arabes s’est rassemblé, à l’initiative de l’ONU, pour déterminer comment nous pouvions aider le monde à se débarrasser de ces terroristes. Ils ont conclu qu’il fallait développer l’économie. Nous devrions nous assurer que notre aide financière directe, ainsi que celle de nos amis, aille dans ce sens.

Ensuite, une meilleure éducation. Puis la parité. Et enfin, des systèmes législatifs. Nous devons aider ces pays à créer des sociétés civiles.

Mais ce qu’il s’est passé au cours des deux dernières années d’agitation et de chaos croissant au Moyent-Orient, c’est qu’Al-Qaida s’y est engouffré, ainsi que d’autres groupes djihadistes. Et ils sont maintenant bien implantés dans beaucoup de pays de la région. Les progrès en Libye sont notables, malgré cette terrible tragédie.

Mais, juste à côté, il y a l’Egypte. La Libye, c’est 6 millions d’habitants, l’Egypte 80. Nous voulons nous assurer que les progrès concernent toute la région. Mais, avec le nord du Mali aux mains d’Al-Qaida, la Syrie toujours dirigée par Assad qui assassine son peuple, et bien sûr l’Iran en voie de fabriquer de la bombe atomique, la région reste agitée.

M. Obama : Gouverneur Romney, je suis content que vous reconnaissiez qu’Al-Qaida représente une menace, parce qu’il y a encore quelques mois, lorsqu’on vous a demandé quelle était la plus grande menace stratégique pour l’Amérique, vous avez répondu la Russie, et pas Al-Qaida. Mais, vous savez, la guerre froide est finie depuis plus de vingt ans.

Quand il s’agit de notre politique étrangère, vous semblez vouloir revenir aux politiques des années 1980, tout comme aux politiques sociales des années 1950 et aux politiques économiques des années 1920…

Vous déclarez ne pas vouloir reproduire ce qui s’est passé en Irak. Mais il y a quelques semaines à peine, vous avez déclaré qu’il faudrait des troupes en Irak, maintenant. Et, même si je sais bien que vous n’avez jamais été en position de faire réellement de la politique étrangère, chaque fois que vous avez fait une proposition, vous vous êtes trompé. Ainsi, malgré l’absence d’armes de destruction massive, vous étiez favorable à la guerre en Irak.

Vous avez dit que nous devrions avoir encore des troupes en Irak aujourd’hui. Et que nous ne devrions pas passer de traités nucléaires avec la Russie malgré le vote favorable de 71 sénateurs, démocrates et républicains. Vous avez d’abord déclaré qu’il ne fallait pas d’agenda de retrait en Afghanistan, puis dit qu’il en fallait un. Maintenant vous oscillez entre « peut-être » et « ça dépend », ce qui signifie non seulement que vous aviez tort mais que vous avez envoyé des messages confus à nos troupes et à nos alliés.

Nous devons affirmer notre leadership au Proche-Orient, et pas mener une politique erronée et imprudente. Malheureusement, c’est ce genre de politique que vous avez proposé pendant votre campagne.

M. Romney : Je ne suis bien sûr pas d’accord avec ce que le président vient de dire. Et m’attaquer ne constitue pas un programme ni ne permet de parler du Moyen-Orient et de la façon d’aider la région à rejeter le terrorisme et à endiguer l’agitation croissante et la confusion.

Pour en revenir à la Russie, j’ai certes déclaré que c’était un ennemi stratégique mais, dans le même paragraphe, j’ai aussi dit que l’Iran était la plus grande menace pour notre sécurité nationale. La Russie continue de nous affronter aux Nations unies, encore et encore. J’ai la vue claire à ce sujet. Je ne vais pas chausser des lunettes roses quand il s’agit de la Russie ou de Poutine. Et je ne vais certainement pas lui dire que je serai plus souple après mon élection. Après l’élection, j’aurai encore plus de cran. Pour l’Irak, vous et moi sommes d’accord sur le fait que je crois qu’il faudrait un accord sur un statut pour les forces américaines.

M. Obama : Ce que je n’aurais pas fait, c’est laisser 10 000 soldats en Irak qui nous entraveraient. Ce qui ne nous aiderait certainement pas dans la région.

M. Romney : Je suis désolé, mais le président s’est employé à obtenir un statut pour les forces américaines, et j’étais d’accord avec cela, et j’ai dit qu’il faudrait que nous laissions un certain nombre de soldats là-bas. C’était une initiative avec laquelle j’étais d’accord…

M. Obama : Gouverneur…

M. Romney : C’était votre position, vous pensiez qu’il fallait laisser 5 000 soldats, et j’étais d’accord. Je pensais qu’il en fallait même plus mais vous savez quoi ? Nous n’en avons plus du tout !

M. Obama : Ecoutez, vous vous êtes déclaré pour le maintien de troupes combattantes en Irak il y a seulement quelques semaines… au cours d’un discours important.

M. Romney : Non, j’avais alors précisé que vous aviez échoué à obtenir un accord sur un statut pour les forces américaines à l’issue de la guerre.

M. Obama : Vous devez vous montrer clair, à la fois pour nos alliés et nos ennemis. Vous avez fait un discours il y a quelques semaines au cours duquel vous avez déclaré que vous pensiez que nous devrions avoir encore des soldats en Irak. Ce n’est pas vraiment la bonne façon d’affronter les enjeux de la région.

Il est évident que nous ne pouvons pas affronter tous les enjeux de façon militaire. Et ce que j’ai fait pendant ma présidence et continuerai à faire, c’est d’abord m’assurer que ces pays soutiennent nos efforts contre le terrorisme ; qu’ils veillent à notre intérêt pour la sécurité d’Israël, car c’est notre plus fidèle allié dans la région ; qu’ils protègent les minorités religieuses et les femmes, car ces pays ne peuvent se développer si seulement une moitié de la population y contribue ; que nous développions leurs économies. Mais nous devons reconnaître que nous ne pouvons plus faire de construction nationale dans ces régions. Une partie du leadership américain est de veiller à ce que nous construisions d’abord notre pays. Cela nous aidera à garder le type de leadership dont nous avons besoin.

M. Schieffer : La guerre en Syrie s’est propagée au Liban. (…) M. le Président, cela fait plus d’un an que vous avez dit à Bachar Al-Assad de partir. Depuis, 30 000 Syriens ont été tués. Il y a 300 000 réfugiés. La guerre continue. Il est toujours au pouvoir. Devons-nous revoir notre politique pour trouver une meilleure façon d’influencer la situation ? Est-ce possible ?

M. Obama : Nous avons mobilisé la communauté internationale pour dire à Assad de partir. Nous avons pris des sanctions contre ce gouvernement. Nous l’avons isolé. Nous avons fourni de l’aide humanitaire et aidé l’opposition à s’organiser et nous veillons particulièrement à mobiliser les forces modérées à l’intérieur de la Syrie. En dernier ressort, c’est aux Syriens de choisir leur avenir. Nous faisons tout en consultation avec nos partenaires dans la région, y compris Israël (…), la Turquie et d’autres pays de la région directement concernés.

Ce que nous voyons en Syrie est poignant et c’est pourquoi nous faisons tout pour aider l’opposition. Mais, s’engager militairement est une mesure grave et nous devons être certains de savoir qui nous aidons, que nous ne mettons pas des armes entre les mains de gens qui pourraient au final se retourner contre nous ou nos alliés dans la région.

Je suis certain que les jours d’Assad sont comptés. Mais, nous ne pouvons pas simplement suggérer, comme l’a fait le gouverneur Romney, que donner des armes, par exemple, à l’opposition syrienne est une proposition anodine qui peut nous apporter la sécurité à long terme.

M. Romney : (…) La Syrie est le seul allié de l’Iran dans le monde arabe. C’est leur ouverture sur la mer. Leur voie pour armer le Hezbollah au Liban, qui menace notre allié, Israël. Que la Syrie dépose Assad est notre priorité. Deuxièmement, avoir un gouvernement responsable à sa place est crucial. Finalement, nous ne voulons pas nous engager militairement. Nous ne voulons pas être entraînés dans un conflit militaire.

Nous devons travailler par l’intermédiaire de nos partenaires et avec nos ressources pour identifier les parties responsables en Syrie, les organiser, les réunir sous la forme d’un gouvernement ou, du moins, d’un conseil qui puisse diriger la Syrie. Et nous devons nous assurer qu’ils ont les armes nécessaires pour se défendre. Nous devons nous assurer que ces armes ne tombent pas entre de mauvaises mains. Car ces armes pourraient être utilisées contre nous. Nous devons coordonner nos efforts avec nos alliés, surtout Israël.

Les Saoudiens, les Qataris et les Turcs (…) veulent travailler avec nous. Nous devons travailler à construire un leadership en Syrie (…). Je pense qu’Assad doit partir. Je pense qu’il va partir. Nous devons nous assurer de tisser des liens d’amitié avec les gens qui le remplaceront, afin que, dans les années à venir, la Syrie soit un ami et un interlocuteur responsable au Moyen-Orient. C’est une opportunité cruciale pour les Etats-Unis.

Depuis un an, nous avons vu le président nous dire d’abord « Laissons faire les Nations unies ». Puis Kofi Annan disant qu’il y aurait un cessez-le-feu. Ca n’a pas fonctionné. On s’est alors tourné vers les Russes pour voir ce qu’ils pourraient faire. On doit avoir le leadership là-bas, pas sur le terrain avec l’armée.

M. Obama : Nous avons le leadership. Nous avons organisé les Amis de la Syrie. Nous organisons l’aide humanitaire et le soutien à l’opposition. Et nous nous assurons d’aider ceux qui seront nos amis et ceux de nos alliés dans la région à long terme.

Prenez l’exemple de la Libye, qui éclaire la façon dont nous opérons nos choix. En allant là-bas, nous avons été capables de stopper immédiatement les massacres, du fait des circonstances uniques et de la coalition que nous avons aidé à organiser. Nous nous sommes assurés que Mouammar Kadhafi ne resterait pas.

A votre crédit, gouverneur, vous avez soutenu l’intervention en Libye et la coalition que nous avons organisée. Mais, au moment où il fallait s’assurer que Kadhafi ne reste pas au pouvoir, qu’il soit capturé, gouverneur, vous avez dit que la mission se transformait, qu’elle cafouillait. Imaginez que nous nous soyons retirés à ce moment. Mouammar Kadhafi avait plus de sang américain sur les mains qu’Oussama Ben Laden. Nous voulions finir le travail et c’est ce pourquoi les Libyens nous ont soutenu. Nous avons fait cela de façon réfléchie, prudente, en nous assurant de savoir à qui nous avions à faire, que les forces modérées sur le terrain travailleraient avec nous. Nous devons prendre la même direction ferme, réfléchie en Syrie. Ce que nous faisons.

M. Schieffer : Gouverneur, feriez-vous davantage que l’administration [Obama] en imposant, par exemple, des zones d’exclusion aérienne en Syrie ?

M. Romney : Je ne veux pas que notre armée s’engage en Syrie. (…) Ça ne va pas être nécessaire. Avec nos partenaires dans la région, nous avons suffisamment de moyens pour soutenir ces groupes. Cela dure depuis un an. L’Amérique aurait du imposer son leadership. Nous aurions du imposer notre leadership, pas militairement, mais un rôle dirigeant au niveau organisationnel, gouvernemental, pour réunir les parties et trouver des interlocuteurs responsables.

Les sources de renseignement indiquent que les insurgés sont très divisés. Ils ne se sont pas entendus. Ils n’ont pas formé de groupe uni, de conseil. Ça doit être fait. L’Amérique peut aider à cela. Et nous devons nous assurer qu’ils disposent des armes nécessaires pour se débarrasser d’Assad.

M. Obama : (…) Le gouverneur Romney n’avance pas d’idées différentes. Parce que nous faisons exactement ce qu’il faut pour tenter de promouvoir un leadership syrien modéré et une transition effective pour qu’Assad parte. C’est le type de leadership dont nous avons fait preuve et que nous continuerons à avoir.

M. Schieffer : Pendant la crise égyptienne, vous êtes arrivé à la conclusion qu’il était temps pour le président Moubarak de partir. (…) Certains au sein de votre administration ont pensé que nous aurions peut-être du attendre un peu pour cela. Avez-vous des regrets ?

M. Obama : Non, je n’en ai pas car je crois que l’Amérique doit se tenir du côté de la démocratie. (…)

J’ai aussi dit que maintenant que l’Egypte a un gouvernement démocratiquement élu, elle doit prendre ses responsabilités pour protéger les minorités religieuses. Nous avons exercé une pression sur eux pour cela, pour que les droits des femmes soient reconnus, ce qui est crucial dans la région. Ces pays ne peuvent se développer si les jeunes femmes ne reçoivent pas l’éducation dont elles ont besoin. Ils doivent respecter le traité avec Israël. C’est une ligne rouge pour nous car il en va non seulement de la sécurité d’Israël mais aussi de la nôtre. Ils doivent coopérer avec nous en matière de contreterrorisme. Nous allons les aider à développer leur économie car le succès de la révolution pour les Egyptiens et le monde est que les jeunes gens qui ont manifesté voient des opportunités s’offrir à eux. (…)

M. Romney : (…) J’aurais espéré qu’on ait une meilleure vision pour l’avenir. J’aurais espéré, au début du mandat du président et même avant cela, que l’on ait identifié cette énergie et cette passion croissante pour la liberté dans cette partie du monde et que l’on ait agit plus agressivement avec notre ami et d’autres amis de la région pour voir une transition vers une forme de gouvernement plus représentative, de sorte que la situation n’explose pas de cette façon. Une fois que ça avait explosé, j’ai ressenti la même chose que le président, ces voix pour la liberté et les rues d’Egypte, des gens qui en appelaient à nos valeurs. Le président Moubarak a fait des choses qui étaient inimaginables et l’idée qu’il écrase son peuple ne pouvait être tolérée.

La mission qui doit être la nôtre au Moyen-Orient – et plus largement – est de s’assurer que le monde est en paix. (…) Nous voulons que les peuples profitent de la vie et qu’ils aient un avenir radieux et prospère, non pas qu’ils soient en guerre. C’est notre objectif. La responsabilité du respect des valeurs de paix revient à l’Amérique. Nous n’avons pas demandé cela. Mais c’est un honneur pour nous. (…)

M. Schieffer : Quelle est la place de l’Amérique dans le monde ? Comment chacun de vous voit-il notre rôle dans le monde ?

M. Romney : Je suis pleinement convaincu que l’Amérique a la responsabilité et le privilège de défendre la liberté et de promouvoir des principes qui rendent le monde plus pacifique. Ces principes comprennent les droits de l’homme, la dignité humaine, la libre entreprise, la liberté d’expression, les élections. Parce que quand il y a des élections, les gens ont tendance à voter en faveur de la paix. Ils ne votent pas pour la guerre.

Nous savons qu’il y a des zones de conflit dans le monde. Nous voulons, dans la mesure du possible, arrêter ces conflits. Mais pour être en mesure de remplir notre rôle dans le monde, l’Amérique doit être forte. Et pour ça il faut que nous renforcions notre économie ici, chez nous. (…)

Nous devons aussi renforcer notre capacité militaire sur le long terme. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. Nous prenons aujourd’hui des décisions dans le domaine militaire qui se heurteront à des réalités que nous ne pouvons pas encore imaginer. Dans les débats de l’année 2000, il n’y avait par exemple pas un mot sur le terrorisme. Un an plus tard, nous avions le 11-Septembre. Nous devons donc prendre des décisions dans l’incertitude et cela implique d’avoir une capacité militaire forte. Je ne couperai pas les budgets militaires.

Nous devons aussi soutenir nos alliés. Je pense que les tensions qui ont existé entre Israël et les Etats-Unis n’étaient pas opportunes. Je pense aussi que retirer notre programme de missiles défensifs de Pologne de la façon dont nous l’avons fait était également inopportun, dans la mesure où cela a troublé les liens existant entre nous.

Enfin, en ce qui concerne le respect de nos principes, quand les étudiants sont sortis dans les rues de Téhéran et que le peuple a manifesté en Iran, que la révolution verte a débuté, le silence du président a été une grave erreur. Nous devons respecter nos principes, soutenir nos alliés, maintenir un effort militaire et soutenir notre économie.

M. Obama : L’Amérique demeure la nation indispensable dans le monde. Le monde a besoin d’une Amérique forte et elle est plus forte aujourd’hui que quand je suis arrivé au pouvoir il y a quatre ans. Parce que nous avons terminé la guerre en Irak, nous avons pu nous concentrer sur la menace terroriste et sur l’amorce d’un processus de transition en Afghanistan. Cela nous a aussi permis de relancer des alliances et des partenariats qui avaient été négligés pendant une décennie.

Gouverneur Romney, nos alliances n’ont jamais été aussi fortes. En Asie, en Europe, en Afrique, en Israël, avec qui nous avons une coopération inédite dans les secteurs militaires et du renseignement, notamment en ce qui concerne la menace iranienne. (…)

Le gouverneur Romney plaide pour une réduction d’impôts de 5 000 milliards de dollars, et dit qu’il y parviendra en réduisant les prélèvements. Bon, en termes mathématiques ça ne fonctionne pas mais il continue à affirmer qu’il va le faire… Il veut en plus augmenter les dépenses militaires de 2 000 milliards, ce que notre armée ne demande même pas.
Sachez que nos dépenses militaires ont cru tous les ans depuis que je suis au pouvoir. Nous dépensons plus que le total cumulé des dix nations suivantes : Chine, Russie, France, Grande-Bretagne… Les dix.

Nous avons travaillé avec les chefs militaires pour réfléchir à ce dont nous avons besoin pour assurer notre sécurité dans le futur. Quand on parle de capacités militaires, il ne s’agit pas uniquement de questions de budget, mais aussi de capacités. Nous devons réfléchir à la cybersécurité. Nous devons parler de l’espace. C’est ce à quoi le budget sert, mais il doit être guidé par une stratégie, pas par des considérations politiques.

M. Romney : Notre marine est vétuste… Notre flotte est aujourd’hui la plus petite que nous ayons eue depuis 1917. L’état-major de la marine affirme qu’il a besoin de 313 navires pour remplir ses missions. Nous sommes en-dessous de 285 et on s’approchera des 200 si nous continuons dans cette voie. C’est inacceptable. Notre aviation est la plus vétuste et la moins pléthorique depuis sa création en 1947.

Depuis Franklin D. Roosevelt, nous avons toujours eu la doctrine qui consistait à dire que nous pouvions nous battre sur deux fronts en même temps. Maintenant ce n’est plus qu’un seul front. Il s’agit là de la plus importante responsabilité du président des Etats-Unis : garantir la sécurité du peuple américain. (…)

M. Obama : Je crois que le gouverneur Romney n’a pas pris assez de temps pour examiner comment fonctionne notre armée. Vous avez mentionné la marine, par exemple, et le fait qu’elle ait moins de vaisseaux qu’en 1916. Bien, gouverneur… Nous avons aussi moins de chevaux et de baïonnettes, parce que la nature de nos engagements militaires a changé. Nous avons ces choses appelées porte-avions, sur lesquels les avions atterrissent… Nous avons ces bateaux qui vont sous l’eau, les sous-marins nucléaires. (…)

M. Schieffer : Gouverneur, nous connaissons la position du président sur le sujet. Quelle est votre position sur l’utilisation des drones ?

M. Romney : Je crois que nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour éliminer les gens qui représentent une menace pour nous ou nos amis à travers le monde. Il est bien connu que les drones sont utilisés pour des frappes aériennes et je soutiens pleinement cela. Je crois que le président a eu raison d’accroître l’utilisation de cette technologie.

Mais je voudrais aussi souligner que nous devons faire plus que simplement pourchasser les meneurs et tuer les méchants, aussi important que ce soit. Nous avons besoin d’une stratégie beaucoup plus large et efficace pour contribuer à éradiquer le terrorisme et l’extrémisme islamiste. Nous n’avons pas fait cela. Nous en parlons beaucoup mais lisez les rapports écrits depuis quatre ans : l’Iran est-il plus proche de posséder la bombe ? Oui. Le Moyen-Orient est-il en proie à l’agitation ? Oui. Est-ce qu’Al-Qaida est à genoux ? Non. Est-ce qu’Israël et les Palestiniens sont plus proches d’un accord de paix ? Non, ils ne se sont pas parlés depuis deux ans.

M. Schieffer : J’aimerais que l’on passe au sujet suivant : les lignes rouges, Israël et l’Iran.

M. Obama : Tout d’abord, Israël est un véritable ami. C’est notre plus grand allié dans la région. Et si Israël est attaqué, l’Amérique se tiendra à ses côtés. J’ai été très clair sur ce point pendant ma présidence et c’est pourquoi nous avons forgé avec Israël la plus forte coopération de l’histoire entre nos deux pays, militaire comme dans le renseignement. Cette semaine, très précisément, nous allons avoir les plus importantes manœuvres militaires communes de l’histoire.

S’agissant de l’Iran, aussi longtemps que je serai président des Etats-Unis, l’Iran n’aura pas l’arme nucléaire. J’ai été clair quand j’ai pris mes fonctions. Nous avons mis sur pied la plus forte coalition et pris les sanctions les plus dures de l’histoire contre l’Iran, et elles paralysent leur économie. La monnaie a chuté de 80%. Leur production de pétrole a baissé au plus bas niveau atteint lors de la guerre contre l’Irak il y a 20 ans. Leur économie est totalement désorganisée. Nous avons fait cela parce qu’un Iran nucléarisé est une menace pour notre sécurité intérieure et pour celle d’Israël. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’une course aux armements dans la région la plus instable du monde. L’Iran soutient le terrorisme et il est inacceptable qu’il puisse fournir de la technologie nucléaire à des acteurs non-étatiques. Il déclare vouloir rayer Israël de la carte. L’Iran a aujourd’hui le choix : se tourner vers la diplomatie et mettre un terme à son programme nucléaire, ou bien se retrouver face à un monde uni et un président des Etats-Unis, moi, qui gardera toutes les options ouvertes.

Le gouverneur Romney, pendant sa campagne, a souvent dit qu’il faudrait adopter des actions militaires anticipées. Je crois que ce serait une erreur. Lorsque j’expose de jeunes hommes et de jeunes femmes au danger, je ne le fais qu’en dernier recours.

M. Romney : Tout d’abord, je veux souligner la même chose que le président, si je suis élu, quand je serai élu, nous serons aux côtés d’Israël. Et si Israël est attaqué, il aura notre soutien, pas seulement diplomatique mais aussi militaire.

Ensuite, s’agissant de l’Iran, un Iran nucléaire est inacceptable pour les Etats-Unis. Que l’Iran puisse avoir des armes nucléaires qui pourraient être utilisées pour nous attaquer ou pour nous menacer est un danger, pas seulement pour nos amis. Il est également essentiel de comprendre ce que doit être notre mission face à l’Iran, le dissuader d’avoir l’arme atomique par des moyens pacifiques et diplomatiques, et des sanctions sévères que j’ai appelées de mes vœux il y a cinq ans lorsque j’étais en Israël, au cours de la conférence de Herzliya [sur la sécurité]. J’avais présenté à cette occasion sept mesures dont ces sanctions sévères étaient la première. Cela marche. Et c’est bien de pouvoir en disposer aujourd’hui. Je souhaiterais les renforcer. Que les pétroliers qui transportent du pétrole iranien ne puissent accéder à nos ports. Je crois que l’Union européenne serait d’accord avec nous sur ce point. Pas seulement les bateaux, mais aussi les compagnies, les personnes qui font commerce de ce pétrole. Je prendrais des mesures d’isolement diplomatique, je ferais en sorte qu’Ahmadinejad soit inculpé selon la convention sur le génocide. Ses mots sont une incitation au génocide et je voudrais l’inculper pour cela. Je ferais également en sorte que les diplomates [iraniens] soient traités comme des parias dans le monde entier, tout comme nous l’avions fait pour les diplomates de l’apartheid de l’Afrique du sud. Il faut augmenter les pressions. Une action militaire serait le dernier recours, qui ne pourrait être examinée qu’après avoir épuisé toutes les autres options.

M. Obama : En Iran, il y a des gens qui aspirent à une vie meilleure comme les peuples du monde entier. Nous espérons que leurs dirigeants prendront la bonne décision et arrêteront leur programme. Cela prend du temps. Nous avons commencé dès notre arrivée aux responsabilités et c’était très important pour nous que tous les pays participent, même des pays comme la Russie et la Chine – ce qui montre combien nous avons restauré la crédibilité et la force des Etats-Unis dans le monde. Il ne s’agit pas seulement de nos propres sanctions, en place depuis longtemps, mais nous avons besoin que tout le monde s’associe à cette pression sur l’Iran. Dernière chose, le temps presse. Nous n’allons pas permettre à l’Iran de s’engager perpétuellement dans des négociations qui ne mènent nulle part. J’ai été très clair auprès d’eux. Grâce à la coopération que nous avons avec les services de renseignement de nombreux pays, y compris Israël, nous saurons quand ils seront capables atteindre le seuil au-delà duquel nous ne pourrons plus intervenir. Le temps presse.

M. Romney : Depuis le début, je crois que l’un des problèmes que nous avons avec l’Iran est qu’il a observé cette administration et estimé qu’elle n’était pas aussi ferme qu’il aurait fallu. Les Iraniens ont vu de la faiblesse là où ils attendaient de la force. Je dis cela parce que le président, il y a quatre ans, avait dit au cours de sa campagne qu’il rencontrerait au cours de la première année de son mandat les pires dirigeants du monde, qu’il s’assiérait à la table de Chavez et de Kim Jong-il, avec Castro et le président Ahmadinejad d’Iran. Lorsque le président a commencé ce que j’ai appelé son voyage d’excuses, je crois qu’ils l’ont regardé et qu’ils y ont vu de la faiblesse. Quand les dissidents ont marché dans les rues de Téhéran, pendant la révolution verte [de 2009], avec des panneaux proclamant : « Est-ce que l’Amérique est avec nous ? » et que le président est resté silencieux, ils l’ont enregistré aussi. Tout comme ils ont noté lorsque le président a déclaré qu’il prendrait ses distances vis-à-vis d’Israël.

M. Obama : Rien de ce qu’a dit le gouverneur Romney n’est exact, à commencer par cette idée de voyage d’excuses. C’est sans doute le plus gros bobard de la campagne. Pour ce qui est de renforcer les sanctions, nous avons mis sur pied les plus efficaces, les plus dures, et pendant que nous nous coordonnions avec une coalition internationale pour s’assurer de leur effectivité, vous continuiez à invertir dans une société pétrolière chinoise en affaire avec le secteur pétrolier iranien. Je laisserai donc le peuple américain juger qui sera le plus efficace et le plus crédible. S’agissant de la révolution iranienne, j’ai été très clair vis-à-vis des activités meurtrières qui ont eu lieu, contraires au droit international. Quand j’ai pris mes fonctions, le monde était divisé. L’Iran était renaissant. Il est aujourd’hui au plus bas, économiquement, stratégiquement, militairement.

M. Romney : Pendant quatre ans, la perspective d’un Iran nucléaire s’est rapprochée, nous n’aurions pas dû gaspiller ce temps que le pays a utilisé pour faire tourner les centrifugeuses. M. le président, quand vous avez fait ce que j’appelle ce voyage d’excuses au Moyen-Orient, vous êtes allé en Egypte, en Arabie saoudite, en Turquie et en Irak, mais vous avez évité Israël, notre allié le plus proche dans la région. Dans ces pays, vous avez dit que l’Amérique avait été méprisante, qu’elle leur avait parfois dicté leur conduite. M. le président, l’Amérique n’a pas fait cela, elle a libéré des pays de leurs dictateurs.

M. Obama : Mon premier voyage a été pour nos troupes. Et quand je me suis rendu en Israël en tant que candidat, [en 2008] je n’ai pas rencontré de donateurs, je n’ai pas assisté à une collecte de fonds [de campagne]. Je suis allé à Yad Vashem, le musée de l’Holocauste, pour me souvenir de la nature du Mal et de notre lien avec Israël qui ne pourra jamais se briser. Je me suis rendu à la ville frontière de Sderot qui a été sous le feu des missiles tirés par le Hamas. La question centrale, à ce stade, est la suivante : qui sera crédible pour toutes les parties concernées ? Elles peuvent regarder mon bilan pour ce qui est des sanctions contre l’Iran, de la lutte contre le terrorisme, du soutien à la démocratie, aux droits des femmes et aux minorités religieuses.

M. Schieffer : Et si le premier ministre d’Israël vous appelle au téléphone pour vous dire :  » nos bombardiers sont en route, nous allons bombarder l’Iran «  ?

M. Romney : N’entrons pas dans de telles hypothèses. Notre relation avec Israël, ma relation personnelle avec le premier ministre d’Israël, est telle que nous ne recevrions pas un tel appel. C’est une chose dont nous aurions discuté et nous l’aurions évaluée minutieusement avant.

Mais revenons aux propos du président selon qui les choses ne vont pas mal. Je regarde ce qui se passe dans le monde et je vois l’Iran qui s’est rapproché pendant quatre ans de la bombe, la vague de violence, de tumulte et de chaos qui a déferlé sur le Moyen-Orient, les djihadistes qui se renforcent. Je vois la Syrie et 30 000 civils morts. Assad toujours au pouvoir.

Notre déficit commercial avec la Chine, plus profond d’année en année. Je regarde partout dans le monde et j’ai l’impression que vous ne voyez pas la Corée du Nord exporter sa technologie nucléaire. La Russie qui dit qu’elle ne va plus suivre [l’accord sur la réduction des arsenaux] Nunn-Lugar. Et qui se retire de cet accord que nous avions passé avec elle. Je ne vois pas notre influence grandir mais refluer, en partie pour l’incapacité du président à s’occuper de notre économie, en partie pour notre renoncement dans notre engagement dans notre armée, en partie pour les troubles avec Israël.

M. Obama : Gouverneur, le problème avec vous c’est que sur de nombreux sujets, le Moyen-Orient, l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran, vous êtes partout et nulle part. Je me réjouis que vous approuviez aujourd’hui notre politique de pressions diplomatiques avec la possibilité de discussions bilatérales avec les Iraniens pour qu’ils mettent un terme à leur programme nucléaire. Mais il y a quelques années, vous n’en vouliez pas. De même, vous vous êtes opposé initialement à un calendrier [de retrait] pour l’Afghanistan et maintenant vous y êtes favorable. De même avec l’Irak, vous aviez dit qu’il fallait en finir avec cette guerre, puis vous avez déclaré que nous aurions dû garder sur place 20 000 soldats. De même, vous aviez dit que s’attaquer à Kadhafi était un sacré défi.

Au sujet d’Oussama Ben Laden, vous avez dit que tout président prendrait cette décision mais, en 2008, vous disiez que nous ne devrions pas remuer ciel et terre pour un seul homme. Et vous avez dit qu’on aurait dû demander la permission au Pakistan. Si nous avions fait cela, nous ne l’aurions jamais eue. Et ça valait la peine de remuer ciel et terre pour l’avoir. Après que nous avons tué Ben Laden, je me suis rendu à Ground Zero pour une commémoration. J’ai parlé à une jeune fille qui avait quatre ans le 11 septembre. Elle avait eu sa dernière conversation avec son père qui était dans les tours jumelles et qui lui avait dit « je t’aime et je serai toujours là auprès de toi ». Pendant dix ans, cet appel téléphonique l’a hantée. Et elle m’a dit : « En finir avec Ben Laden me permet de faire mon deuil ». Faire ces choses là, c’est envoyer un message au monde et dire à cette personne que l’on n’a pas oublié son père. Ces décisions ne sont pas toujours populaires, elles ne sont généralement pas testées auprès de l’opinion publique. Et au sein de mon propre parti, y compris le vice-président, certains ont eu le même genre de critiques que vous. Mais le peuple américain comprend que je regarde ce qui doit être fait pour assurer sa sécurité, pour faire avancer nos intérêts et que je tranche.

M. Schieffer : Les Etats-Unis doivent transférer la gestion de la sécurité en Afghanistan au gouvernement afghan en 2014. Si je comprends bien notre politique, nous retirerons alors nos forces de combat, laisserons une plus petite force américaine en Afghanistan en charge de la formation. Que faisons-nous si au moment où arrive la date limite, les Afghans sont incapables de gérer leur sécurité ? Partons-nous quand même ?

M. Romney : Nous en aurons terminé en 2014 et quand je serais président, nous ferons en sorte de ramener nos troupes d’ici à la fin 2014. (…)

Nous avons observé des progrès ces dernières années. L’augmentation des troupes au sol a été une réussite et le programme de formation avance à grands pas. Les Forces de sécurité afghanes sont désormais nombreuses : 350 000 soldats sont prêts à être mobilisés pour assurer la sécurité et nous serons en mesure de procéder à ce transfert d’ici à la fin 2014. Nos soldats rentreront à la maison à ce moment-là.

Dans le même temps, nous surveillerons la situation au Pakistan car ce qui s’y passera aura un impact majeur sur le succès de l’Afghanistan. Je dis cela car je sais que beaucoup de gens préféreraient juste s’en frotter les mains et partir. Je ne dis pas cela de vous, M. le président, mais de certaines personnes dans notre pays qui pensent que le Pakistan se comporte bien avec nous et que nous devons en partir. Le Pakistan est important pour la région, pour le monde et nous, car il détient 100 ogives nucléaires et s’empresse d’en construire davantage. Il en aura bientôt plus que la Grande-Bretagne. Il accueille également le réseau Haqqani et les Talibans. Un Pakistan qui tombe en lambeaux, qui devient un Etat défaillant, poserait un extrême danger à l’Afghanistan et à nous. Nous allons donc continuer à aider le Pakistan à avoir un gouvernement plus stable et à reconstruire sa relation à nous. (…)

M. Obama : Quand j’ai commencé mon mandat, nous étions toujours enlisés en Irak et l’Afghanistan était à la dérive depuis une décennie. On a mis fin à la guerre en Irak, recentré notre attention sur l’Afghanistan et avons augmenté les troupes sur le terrain. (…) Nous avons aujourd’hui rempli beaucoup des objectifs qui nous ont amené là-bas. Mais, nous avons en partie oublié pourquoi nous y sommes allés. Nous y sommes allés parce que des gens là-bas étaient responsables de la mort de 3 000 Américains. Nous avons décimé les têtes d’Al-Qaida dans les régions frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan. Nous avons alors commencé à construire les forces afghanes. Nous pouvons aujourd’hui amorcer notre retrait, car rien ne justifie que des Américains doivent mourir alors que des Afghans sont parfaitement capables de défendre leur pays.

Cette transition doit avoir lieu de façon responsable. Nous sommes restés là-bas longtemps et nous devons nous assurer que nous et nos partenaires dans la coalition se retirent de façon responsable et en donnant aux Afghans ce dont ils ont besoin.

Mais, je pense que les Américains reconnaissent qu’après une décennie de guerre il est temps de construire notre nation ici. Nous pouvons désormais affecter certaines ressources pour, par exemple, permettre aux Américains de retrouver du travail, notamment nos vétérans, reconstruire nos routes, nos ponts, nos écoles, nous assurer que nos vétérans obtiennent les soins dont ils ont besoin en terme de troubles post-traumatiques et de blessures cérébrales traumatiques, de s’assurer que les diplômes dont ils ont besoin pour avoir un bon travail existent. (…)

M. Schieffer : Le général Allen, notre commandant en Afghanistan, a dit que des Américains meurent encore du fait de groupes soutenus par le Pakistan. Nous savons que le Pakistan a arrêté le médecin qui nous a aidé à attraper Oussama Ben Laden. Il fournit encore un refuge aux terroristes et pourtant nous continuons à donner des milliards de dollars au Pakistan. Le moment est-il venu de couper les ponts avec le Pakistan ?

M. Romney : Non, le temps n’est pas venu de couper les ponts avec une nation qui a plus de 100 ogives nucléaires et qui est sur le point de doubler son arsenal à tout moment ; un pays qui vit sous de sérieuses menaces de groupes terroristes, comme je l’ai dit, les Talibans, le réseau Haqqani. (…) C’est une zone importante du monde pour nous. Le Pakistan est techniquement un allié, même si il ne se comporte pas vraiment comme un allié actuellement. Il y a du travail. Je ne blâme pas l’administration pour les relations tendues que nous avons avec le Pakistan. On a du aller là-bas pour capturer Oussama Ben Laden. C’était la chose à faire. Ça les a énervé (…) Nous allons devoir travailler avec les gens au Pakistan pour les aider à agir de façon plus responsable qu’ils ne le font. C’est important pour eux. C’est important pour les ogives nucléaires.  C’est important pour le succès de l’Afghanistan.

Au Pakistan, il y a un important groupe de Pachtouns qui sont Talibans. Ils vont s’empresser d’entrer en Afghanistan quand nous partirons. C’est pourquoi les Forces de sécurité afghanes ont tant de travail pour être en mesure de les combattre. Nous devons admettre que nous ne pouvons pas partir comme cela du Pakistan. Mais, nous devons nous assurer que si nous les aidons, ce sera en échange de progrès sur des questions qui en feront une société civile.

M. Schieffer : Passons au chapitre suivant, qui est particulièrement important. Il s’agit de la Chine et des défis qu’elle pose à l’Amérique…

M. Obama : La Chine est à la fois un adversaire et un partenaire potentiel au sein de la communauté internationale, si elle respecte les règles. Dès mon arrivée au pouvoir j’ai insisté sur le fait que la Chine devait jouer avec les mêmes règles que tout le monde.

Je sais que des Américains ont vu leur emploi partir à l’étranger ; j’ai vu des entreprises et des travailleurs qui ne pouvaient commercer sur un pied d’égalité. C’est pourquoi j’ai mis en place une équipe chargée de surveiller les tricheurs dans le domaine du commerce international. C’est pourquoi nous avons porté plus d’affaires en justice que l’administration précédente en deux mandats.

M. Romney : Sur certains plans, la Chine a des intérêts tout à fait semblables aux nôtres : ils veulent un monde stable. Ils ne veulent pas la guerre. Ils ne veulent pas du protectionnisme. Ils ne veulent pas voir le monde sombrer dans le chaos parce qu’ils ont des produits à vendre, des gens à mettre au travail – environ 20 000 – ou plutôt 20 millions – de personnes qui quittent la campagne chaque année pour rejoindre les villes. La Chine peut donc être notre partenaire. Nous n’avons pas besoin de faire d’elle notre adversaire, si elle agit de façon responsable. (…)

Nous allons nous assurer que nos relations commerciales avec la Chine nous soient profitables. J’ai vu année après année des entreprises fermer et des gens perdre leur travail parce que la Chine ne respecte pas les règles, notamment en maintenant à un niveau artificiellement bas le niveau de leur monnaie. Ce qui baisse le prix de leurs produits et rend les nôtres non compétitifs. Cela doit cesser. C’est pourquoi le jour même de mon entrée en fonction, je les accuserai de manipuler leur monnaie. Ils violent la propriété intellectuelle et volent nos brevets, nos technologies. Ils piratent nos ordinateurs et contrefont nos productions.

M. Obama : Gouverneur Romney, vous êtes très au fait de la question des emplois qui partent à l’étranger parce vous avez investi dans des entreprises qui délocalisaient… Vous avez ce droit, c’est comme ça que le marché fonctionne. Mais j’ai fait un pari différent : celui des travailleurs américains. Si nous vous avions écouté sur l’industrie automobile, nous serions en train d’acheter des voitures aux Chinois au lieu de leur en vendre.

Grâce au travail que nous avons déjà accompli, nos exportations vers la Chine ont doublé depuis que je suis arrivé au pouvoir, et la convertibilité entre les deux monnaies est la plus avantageuse pour nos exportations depuis 1993.
Nous croyons que la Chine peut être un partenaire mais nous envoyons aussi un signal clair : les Etats-Unis sont une puissance du Pacifique ; nous allons être présents dans cette zone.


Droits de l’homme: Contre la dictature du vêtement, salopes de tous les pays unissez vous ! (Why can we be arrested for being naked in the street ? NY erotic photographer turns human rights activist)

23 mars, 2014
http://blogs.elpais.com/.a/6a00d8341bfb1653ef016763d31e46970b-pi
https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/be/Duchamp_LargeGlass.jpg
https://i0.wp.com/darkroom.baltimoresun.com/wp-content/uploads/2012/08/AFP_Getty-513178632.jpg
https://i1.wp.com/comunidade.sol.pt/photos/isabel25/images/2133034/original.aspx
Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. Psaumes 22: 18
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Et ils dirent entre eux:Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s’accomplît cette parole de l’Écriture: Ils se sont partagé mes vêtements, Et ils ont tiré au sort ma tunique. Jean (19: 23-24)
Dans un entretien (…), Duchamp révèle que cette « mariée » est un concept qui prend sa source dans un stand de fête foraine de province : les jeunes gens devaient envoyer des projectiles sur une représentation de femme en robe de mariée afin de la déshabiller, ses atours ne tenant qu’à un fil. Wikipedia (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, Marcel Duchamp, 1923)
Le grand verre a été qualifié de machine d’amour, mais c’est en fait une machine de souffrance. Ses compartiments supérieurs et inférieurs sont séparés les uns des autres pour toujours par un horizon désigné comme « habits de la mariée ». La mariée est suspendue, peut-être à une corde, dans une cage isolée, ou crucifiée. Les célibataires restent au-dessous, à gauche avec la seule possibilité d’une masturbation fiévreuse, angoissée. Janis Mink
J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. (…) On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. Camus (préface américaine à L’Etranger)
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. Albert Camus
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Personne ne nous fera croire que l’appareil judiciaire d’un Etat moderne prend réellement pour objet l’extermination des petits bureaucrates qui s’adonnent au café au lait, aux films de Fernandel et aux passades amoureuses avec la secrétaire du patron. René Girard
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La société du spectacle, [selon] Roger Caillois qui analyse la dimension ludique dans la culture (…), c’est la dimension inoffensive de la cérémonie primitive. Autrement dit lorsqu’on est privé du mythe, les paroles sacrées qui donnent aux œuvres pouvoir sur la réalité, le rite se réduit à un ensemble réglés d’actes désormais inefficaces qui aboutissent finalement à un pur jeu, loedos. Il donne un exemple qui est extraordinaire, il dit qu’au fond les gens qui jouent au football aujourd’hui, qui lancent un ballon en l’air ne font que répéter sur un mode ludique, jocus, ou loedos, société du spectacle, les grands mythes anciens de la naissance du soleil dans les sociétés où le sacré avait encore une valeur. (…) Nous vivons sur l’idée de Malraux – l’art, c’est ce qui reste quand la religion a disparu. Jean Clair
Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. Très souvent, les femmes elles-mêmes condamnent les femmes violées au prétexte qu' » elles l’ont bien cherché « .  Pierre Bourdieu
Tout le monde dénonce les normes de silhouette imposées par les médias et elles perdurent étrangement, pourtant certains journalistes des pages société des magazines féminins sont excédés par les dossiers régime sortant systématiquement avant l’été et essaient de s’y opposer. Pourquoi? Les normes obligatoires sont de moins en moins nombreuses, tout est mis en flottement, les gens sont complètement perdus et angoissés et ils n’ont qu’une demande, surtout adressée aux médias: qu’est-ce qui est bien?, qu’est-ce qui est mal? Ou version plus soft: comment font les autres ? La plage est une usine à fabriquer le mot “normal”. C’est celui qui revient le plus fréquemment, jusqu’à la définition d’un beau sein normal. Mais la catégorie la plus intéressante est celle du “trop beau” sein (le mot a été employé), qui dans d’autres contextes a des avantages évidents, mais qui sur la plage, parce qu’il accroche trop le regard, provoque chez la personne qui le possède une moindre liberté de mouvement parce que le regard glisse moins. Cet exemple illustre la fabrication d’une norme par les gens. Ce n’est ni une norme explicite ni une norme obligatoire, on peut en sortir, mais quand on en sort, sur la plage par exemple, on subit le poids des regards. (…) Enlever le haut rend la drague plus difficile. Les hommes doivent montrer qu’ils savent se tenir. Jean-Claude Kauffmann
Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, car la révolution se fera en talons!  Yagg (collectif de lesbiennes)
I like to wear tops that show my cleavage and show off my ladies. If that makes me a slut, then I’m a slut. Anne Watson (organiser, Australian Sex Party)
I’m proud to be a slut too, it’s all about “inner sexual confidence”.  Katherine Feeney (journaliste)
Aujourd’hui ce que nous faisons c’est SE RÉ-APPROPRIER le mot “salope”. En REPRENANT le mot salope nous lui ENLEVONS SA FORCE. Les gays ont repris le mot ‘queer’, et bravo à eux. Aujourd’hui les femmes et les hommes de Melbourne reprennent à leur compte le mot SALOPE. Leslie Cannold
While I support all efforts to challenge violence against women in all its manifestations – my blog is a witness to the global level of that violence – I hesitate to join the marching ranks. I welcome any confrontation with those who would blame the victim in rape. No woman deserves rape or invites sexual assault. I support the basic intention of the march. But I fear it has become more about the right to be ‘a slut’ than about the right to be free from violence. (…) Is it about mocking and sending up, or owning and embracing? Some organisers and supporters say it’s about reclaiming the word slut, using it as a term of empowerment for women. Some say it’s satire, a send-up, a mockery, about emptying the word of its power by making fun of it. (…) Using slut as the flagship word for this new movement puts women in danger through giving men even more license to think about women in a way that suits them, and not as targets of violence and terrible social discrimination. (…) The men chanting “We Love sluts!” don’t seem to be picking up on any satire. Why would they? Porn culture reinforces the idea that all women are sluts. Slut walks marginalise women and girls who want to protest violence against women but do not want ‘own’ or represent the word ‘slut’. I fear mainstreaming the term even further will increase harassment of women and girls because ‘slut’ will be seen as some kind of compliment. (…) The men who are responding to this message are not getting the irony at all … Men want women to be sluts and now they’re buying in. Gail Dines
As teachers who travel around the country speaking about sexual violence, pornography and feminism, we hear stories from women students who feel intense pressure to be sexually available « on demand ». These students have grown up in a culture in which hypersexualized images of young women are commonplace and where hardcore porn is the major form of sex education for young men. They have been told over and over that in order to be valued in such a culture, they must look and act like sluts, while not being labeled slut because the label has dire consequences including being blamed for rape, depression, anxiety, eating disorders, and self-mutilation. Gail Dines and Wendy J Murphy
Depuis longtemps, les prostituées de rues se déguisent en pute pour bien expliquer: le rimmel, les bas-résilles, c’est moi qui vend la marchandise, j’annonce la couleur, laissez la petite secrétaire ou la mère de famille qui fait ses courses.  On savait à quoi s’en tenir.  Mais les marchands de fringues, de musique, de régimes et de cosmétiques ont su convaincre les femmes qu’être un objet était valorisant.  Et que montrer son piercing au nombril était chouette, que le string qui dépasse, la jarretière du bas auto-fixant, la bretelle de soutien-gorge était chouette et libérée.  Bref, la femme marchandise était conquérante, adulée, victorieuse. Et devenait l’étalon. Comme on imposait le voile dans d’autres pays et d’autres cultures, on imposait (moins brutalement mais plus sournoisement, certes) en modèle l’échancré, le transparent, le push-up, le moulant, le fendu, l’épilé, le siliconé. Ce sont ces fausses putes, les « salopes » médiatiques, de Madonna à Britney Spears en passant par Beyoncé qui, en vendant leur cul moulé et gigotant à longueur de vidéo clip ont promu la femme hypersexualisée, libertine et aguicheuse. Et fière de l’être.  « Dior j’adore » nous dit une bouche entr’ouverte et transpirante.  Le Perrier jaillit sur un corps bronzé, et la miss Wonderbra nous dit de la regarder dans les yeux.  La Saint Valentin, une débauche (sans jeu de mot) de peaux montrées pour vendre de la lingerie.  (…) Vous avez vu comment s’habillent les présentatrices télé?  Karine Lemarchand, Melissa Theuriau, Daphné Roulié, Anne-Sophie-Lapix, et des dizaines d’autres ont été choisie pour leur Q. S. (Quotient sexuel) AVANT leur QI.  Normal, sinon elles se feraient zapper entre les pubs qui montrent des filles sublimes.  Forum-doctissimo
“Why can we be arrested for being naked in the street, when as human beings, we are born naked?” I can understand that it would be socially unacceptable or morally discouraged, but for it to be in some cases prohibited by law…? This all seemed quite bizarre and really more so a violation of human rights. Erica Simone
There were a few times when I would manage to capture a wonderful image, but I was out of focus or some element in the photograph didn’t work. Overall, despite the technical challenges, I was quite lucky. In some cases, yes, I definitely needed the cooperation of other people in the photograph to capture what I wanted, but most of them were done guerilla-style. (…) The project is not about performance, but about photography. I didn’t feel that I was performing when producing the photos, but rather, just trying to capture an iconic image. I was never nude for that long, typically 20-30 seconds, and the whole time I focused on the other side of the camera, not the people watching or what’s going on in the street. My goal is to go in, get the shot, and quickly move away from the crime scene. It’s about the end image, not the moment in itself. (…) No actually, no one has ever overtly expressed discontent or being offended during my shoots. Most people laugh or applaud. I don’t think my physique or intentions are offensive to most people. Had I run around a church or a playground in my birthday suit—it would probably be a different story.(…)  Possibly, if I had been very out of shape, the collection could have been even more popular, because people would have been even more shocked: “How could this person possibly feel comfortable running around naked?” This brings up other questions such as “Why would one person feel more or less comfortable being naked just because of the way they look?” Some models are extremely insecure, the same way some overweight people are nudists. I don’t think one has anything to do with the other. (…) Of course I would love to eventually be financially secure enough to be able to lead a stable life with the ability to make certain choices and as anyone, I would love for my work to be successful for my own sense of accomplishment. But more importantly, if I could use my skills and social position to make a difference and to help people, then this drive would make much more sense and have much more of an impact. I am a lot more motivated to make a difference than to be a famous photographer for its own sake, so hopefully they’ll go hand in hand. (…) but I don’t think it takes a supermodel to get where you want in life. I do often use my feminine “powers” to get the pictures I want. Of course, I’ve found myself flirting with an old man to get his picture or batting my eye-lashes to get past authorities. As a woman, I think it’s a God-given right to use those charms! While men have their advantages, women have theirs and I feel it is fair game to rock what you have. (…)  I’m not too worried about what dealers and collectors want from artists. I’m only interested in what I want to do, since that’s what makes me happy. I don’t see why I wouldn’t be able to develop a style fully regardless, if that’s what I wanted to do. For me, it’s all experiment and experience and as long as I keep learning and producing more and more interesting work, while paying rent, that’s all that matters for me. Erica Simone
Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen est né d’une interrogation à propos des vêtements et de leur importance dans la société d’aujourd’hui. La mode et les habits que nous portons valent comme un langage : ils nous permettent de dresser un portrait silencieux de qui nous sommes et de qui nous voulons être, offrant à la société une impression de nous-mêmes — quelle qu’elle puisse être. La mode tend aussi à nous différencier et à nous placer dans des catégories sociales variées, ainsi qu’à traduire un certain état d’esprit ou un sentiment particulier. Cet outil est assez précieux pour la société et comme la plupart des gens, j’utilise mes vêtements comme une manière de définir ma propre image. Dans une ville comme New York, l’industrie de la mode a un impact massif : les gens ont tendance à être très concernés par leur apparence et ce qu’elle traduit en termes sociaux, ce que j’ai pu constater quand j’ai photographié la Fashion Week il y a quelques années. Comme j’observais cette assemblée de gens très conscients d’eux-mêmes, plus intéressés par les soldes à Barney’s que par les sans-abri sur lesquels ils butaient dans la rue, j’ai commencé à me demander : « Comment serait le monde si nous étions tous nus ? Que se passerait-il si nous n’avions pas nos vêtements pour définir qui nous voulons être ou comment nous voulons nous sentir en tant qu’individus ? Si nous ne pouvions représenter notre statut social pour être traités comme nous le désirons par les autres ? Si tout ce que nous avions, c’était nos corps ? »Ces questions ont soulevé de nombreux problèmes et ces problèmes à leur tour de nouvelles questions. De là est né mon projet photographique. Armée de mon trépied et d’une bonne dose d’adrénaline, j’ai parcouru les rues nue, pour découvrir ce que serait une journée typique à New York dans ces conditions.  Erica Simone
Je ne me considère pas comme une nudiste ou une exhibitionniste, mais comme une artiste qui pose des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère. Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain ! (…) S’habiller, c’est s’exprimer. À sa seule tenue, on peut déterminer si un individu est riche, s’il est « cool » ou non, s’il a du goût, s’il est propre sur lui, si c’est un homme d’affaires, un voyou… Ainsi la société met-elle des étiquettes sur les gens. De ce fait, je m’interroge : comment serait la vie sans vêtements ? Comment interpréterions-nous la vision d’autrui ? Comment sélectionnerions-nous nos amis sans les repères fournis par les styles vestimentaires ? Traiterait-on les gens différemment ? La façon dont on jauge habituellement nos semblables s’effondrerait. Peut-être que l’on deviendrait plus attentif au regard de la personne qui est en face de nous, à l’énergie qu’elle dégage. Peut-être que l’on deviendrait plus intuitif. Qui sait ? (…) Je partage probablement un certain nombre de choses avec beaucoup de groupes militants, qu’ils soient féministes ou humanistes. « Nue York » soulève inévitablement la question du féminisme. Cela dit, je n’ai pas conçu le projet sous cet angle. Il s’agit avant tout d’interroger les gens en tant qu’êtres humains. Si mes photos poussent les spectateurs à se poser des questions sur le rôle des vêtements dans notre société, ou si la série sert de point de départ à d’autres réflexions, alors je considérerai ma mission comme réussie. Erica Simone
Erica Simone est née à Knoxville, Tennessee. Après avoir passé sa vie entre Los Angeles, Paris et New York, Erica photographie la jungle de New York. Ses images sont publiées dans de nombreux magazines inernationaux tels que National Geographic, PHOTO, the Daily News, El Mundo, La Repubblica, Whitewall Magazine, PDN et beaucoup d’autres… L’Oeil de la photographie
Vous êtes photographe? Peintre? Vous êtes en panne d’inspiration? Mettez du sein et de la fesse dans vos oeuvres!!! Ca marche à coup sur car c’est immanquablement relayé par les médias! diabolodenfer méphisto
Comment sélectionnerait-on nos amis ? J’ai bien une petite idée… Les mal foutus seraient peut-être bien seuls... Gaëlle Rosier
« Ce projet n’est pas à proprement parler quelque chose de facile à mener, mais j’apprécie les montées d’adrénaline. » dixit notre belle photographe En tout cas, plus agréable à regarder que l’urinoir de notre Marcel national. On peut lui proposer de faire cela sur la place Tahrir en Egypte. Là, elle aurait sûrement une overdose d’adrénaline ! gerald B
Question soft : Elle laisse son soutif pendant les séances d’UV ou elle est partie en vacances au Qatar ? Bernard Palux
Des photos de femmes se baladant à poil en ville, comme ici, ce n’est pas ce qui manque, et depuis longtemps. Mais, ce n’est pas correct, pas féministe, c’est immoral, car elles ont le culot de prétendre y trouver du plaisir. Shocking. Impossible à entendre dans ce 21e siècle où la presse meanstream prétend nier la différence des sexes. Il y a certainement un horrible mâle derrière tout ça. En revanche, en enfumant ces nouveaux moralisateurs avec un discours pseudo politique, ça devient soudain révolutionnaire. Et les bobos peuvent regarder tranquillement des photos de cul sans se cacher. Décidément, la Com a des ressources insoupçonnées. andro mede

L’érotisme serait-il ce qui reste quand l’art a disparu ?

A l’heure où, armée de ses seuls seins nus et d’une tronçonneuse, une dissidente réussit à venir à bout d’une croix de bois commémorant les victimes du génocide ukrainien

Et où, de Toronto à Boston et Melbourne et de Paris à Londres et Amsterdam, nos salopes bravent l’enfer de nos rues pour réhabiliter plus de 2 000 ans d’expérience accumulée du « plus vieux métier du monde » …

Le Pays autoproclamé des droits de l’homme va-t-il devoir accorder l’asile politique et un nouveau timbre

A l’autoportraitiste érotique Erica Simone qui, armée elle aussi de sa seule irréprochable plastique et d’un évident sens de l’autopromotion, se dévoue corps et âme à la défense des droits de l’homme (?) dans la jungle puritaine de Manhattan ?

PHOTOS. Nue à New York contre la dictature du vêtement

Cyril Bonnet

Le Nouvel Observateur

22-03-2014

En tenue d’Ève dans la Grosse Pomme. Tel est le programme de « Nue York », série d’autoportraits dans lesquels la photographe professionnelle Erica Simone se promène dans le plus simple appareil au sein de célèbre ville américaine.

Ne la qualifiez pas d’exhibitionniste ! Cette photographe éclectique et aguerrie, passée par plusieurs continents et de prestigieuses publications, revendique une démarche artistique et a quelques messages à faire passer. Sur l’illégalité de la nudité qui la « rend folle », d’une part ; sur le carcan social dans lequel les vêtements enferment leurs propriétaires, d’autre part. En fil rouge, une même volonté de susciter la réflexion à travers des images ludiques et inattendues. Interview.

Comment se déroule une séance photo type pour la série « Nue York » ?

– Je passe beaucoup de temps à me promener en ville avec un ami pour trouver des scènes intéressantes, propices à des scénarios et des situations qui permettent de s’amuser. Il y a ensuite une longue phase d’élaboration de la composition de l’image, puis d’attente de l’instant décisif. Lorsqu’il survient, j’enlève mes vêtements et on commence à prendre les photos. En tout, je ne reste nue qu’une ou deux minutes. Trois si j’estime qu’il faut reprendre une autre série de clichés.

Quelles sont les réactions des passants ?

– Il arrive qu’ils ne me remarquent même pas. Sinon, je ne reçois que des réactions positives. Les gens rient, applaudissent, ou encore s’exclament : « Only in New York ! » (« Uniquement à New York ! ») Je n’ai jamais eu de problème. Et je fais de mon mieux pour éviter la police. Ce projet n’est pas à proprement parler quelque chose de facile à mener, mais j’apprécie les montées d’adrénaline.

Quel message souhaitez-vous diffuser ?

– Je ne me considère pas comme une nudiste ou une exhibitionniste, mais comme une artiste qui pose des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère.

Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain !

Vous pointez également la valeur sociale des choix vestimentaires.

– S’habiller, c’est s’exprimer. À sa seule tenue, on peut déterminer si un individu est riche, s’il est « cool » ou non, s’il a du goût, s’il est propre sur lui, si c’est un homme d’affaires, un voyou… Ainsi la société met-elle des étiquettes sur les gens.

De ce fait, je m’interroge : comment serait la vie sans vêtements ? Comment interpréterions-nous la vision d’autrui ? Comment sélectionnerions-nous nos amis sans les repères fournis par les styles vestimentaires ? Traiterait-on les gens différemment ? La façon dont on jauge habituellement nos semblables s’effondrerait. Peut-être que l’on deviendrait plus attentif au regard de la personne qui est en face de nous, à l’énergie qu’elle dégage. Peut-être que l’on deviendrait plus intuitif. Qui sait ?

Vos photos servent un message particulier. D’autres personnes, comme les Femen, utilisent la nudité en lieu public à des fins politiques. Vous trouvez-vous des points communs avec elles ?

– Je partage probablement un certain nombre de choses avec beaucoup de groupes militants, qu’ils soient féministes ou humanistes. « Nue York » soulève inévitablement la question du féminisme. Cela dit, je n’ai pas conçu le projet sous cet angle. Il s’agit avant tout d’interroger les gens en tant qu’êtres humains. Si mes photos poussent les spectateurs à se poser des questions sur le rôle des vêtements dans notre société, ou si la série sert de point de départ à d’autres réflexions, alors je considérerai ma mission comme réussie.

Propos recueillis par Cyril Bonnet – Le Nouvel Observateur

Crédit photos : Erica Simone. Voir son site web.

Voir aussi:

Experiment and Experience: Peter Weiss Interviews Erica Simone

Peter Weiss

NY Arts

Peter Weiss: You have a very energetic personality; you seem very confident and secure. Am I reading it right and to what do you attribute that security?

Erica Simone: Yes, I like to think of myself as being confident and secure (most of the time). We do only have one life, one body, and one mind, so why waste time feeling bad about our failures or ourselves? All we can attempt is to improve what we don’t like or to just be accepting of it. And if you aren’t secure, it’s important to at least appear so. I think without it, people stop trusting you and you stop intriguing people.

PW: You travel light and alone at times when you work, both here and abroad. Would you describe yourself as a risk taker or adventurer in your artistic pursuit? Do you see a difference?

ES: I definitely identify with being an adventurer. I love to explore new territories and I love challenges, there is no fun in staying safe. I’m somewhat of a risk taker, but you won’t typically find me running into a flaming house … unless to save a soul.

PW: What sacrifices do you make in pursuit of your art? What has been your greatest victory? What is your greatest missed opportunity or photo? Do you have a favorite piece and why? Are there pieces that are staged and should be declared as such or have you allowed confusion? Have you ever felt guilty about an image you have taken? Has it ever seen the light of day?

ES: I don’t tend to think of the sacrifices I make as being “sacrifices,” but more so just experiences. In my nude project, I gave up the privacy of my own body, but it’s not in any way a sacrifice to me. I would never part with anything I couldn’t stand losing. I am passionate about my work, but if I hadn’t been comfortable giving that up, I would have never done it.

In the Nue York series, I’d say the greatest victory was probably the subway shot. With the constant movement of the passengers, it took quite a while for the composition of the photograph to fall the way I wanted it to and then I only had 1 subway stop to capture it. By that time, I had already traveled from the West Village to the Bronx!

There were a few times when I would manage to capture a wonderful image, but I was out of focus or some element in the photograph didn’t work. Overall, despite the technical challenges, I was quite lucky.

In some cases, yes, I definitely needed the cooperation of other people in the photograph to capture what I wanted, but most of them were done guerilla-style.

I’ve never felt guilt towards an image. I’ve felt insecure, sure, but I think that just goes hand in hand with being the model. We can’t always happy about the way we look in photographs. I know I’m not.

PW: Do you consider the shooting of the “Bare Urban Citizen” collection interventionist/ performance art?

ES: The project is not about performance, but about photography. I didn’t feel that I was performing when producing the photos, but rather, just trying to capture an iconic image. I was never nude for that long, typically 20-30 seconds, and the whole time I focused on the other side of the camera, not the people watching or what’s going on in the street. My goal is to go in, get the shot, and quickly move away from the crime scene. It’s about the end image, not the moment in itself.

PW: Have you ever found yourself in a situation where your act of taking pictures has offended the passersby or the subject? If so, did you continue despite the protests? If so what was your rational? During the Urban Nude, what gave you the idea? What are you saying with this collection? If you weren’t as pretty as you are, would that have impacted this collection?

ES: No actually, no one has ever overtly expressed discontent or being offended during my shoots. Most people laugh or applaud. I don’t think my physique or intentions are offensive to most people. Had I run around a church or a playground in my birthday suit—it would probably be a different story.

The collection contemplates the use of clothing and fashion in society. We tend to first judge or analyze others by how they look on the outside, the same way we tend to act or feel differently depending on what we are wearing. I produced this series after asking myself certain questions: “What would life be like if we didn’t have clothing to express ourselves?” “How would we perceive or judge others, on what basis?” “How would we feel with our bodies, would we be more or less secure?” “What would the environment look like?”

Thank you. I have no idea if the collection would have had more or less of an impact. Possibly, if I had been very out of shape, the collection could have been even more popular, because people would have been even more shocked: “How could this person possibly feel comfortable running around naked?” This brings up other questions such as “Why would one person feel more or less comfortable being naked just because of the way they look?” Some models are extremely insecure, the same way some overweight people are nudists. I don’t think one has anything to do with the other.

PW: Does fame and fortune motivate you or are you an artist for artist sake?

ES: Of course I would love to eventually be financially secure enough to be able to lead a stable life with the ability to make certain choices and as anyone, I would love for my work to be successful for my own sense of accomplishment. But more importantly, if I could use my skills and social position to make a difference and to help people, then this drive would make much more sense and have much more of an impact. I am a lot more motivated to make a difference than to be a famous photographer for its own sake, so hopefully they’ll go hand in hand.

PW: Where does your ego fit into your career?

ES: My ego comes and goes—a constant battle. I accept my flaws, as hard as it can be sometimes, but I also know that no one is perfect. We are all different, traveling on different journeys. All I can hope for is to keep moving forward, to keep learning and to keep making progress.

PW: You are very attractive young woman. How does this affect your entree in your photography? Do you use your feminine charms to get your pictures? How far will you go?

ES: Thank you, but I don’t think it takes a supermodel to get where you want in life. I do often use my feminine “powers” to get the pictures I want. Of course, I’ve found myself flirting with an old man to get his picture or batting my eye-lashes to get past authorities. As a woman, I think it’s a God-given right to use those charms! While men have their advantages, women have theirs and I feel it is fair game to rock what you have.

PW: As a photographer you have a very diverse body of work. The categories listed on your web site includes, portraits, people, travel, photo-journalism, self portraits, personal work, fashion, and beauty. What does your selection of subject matter say about you as a person, artist and professional photographer?

ES: I like producing a variety of work. My creative ADD introduces me to a diversity of subjects, which makes my job more exciting. I like exploring new ideas and concepts and I love a good challenge, so taking on new work is always something I have fun with. I’m not sure I’ll ever want to specialize in a certain area, there are too many interesting things to take pictures of; I want to take them all!

PW: Dealers and collectors expect from the professional artist a cohesive recognizable body of work. This work should fit a particular genre. As you know this allows dealers a sharper target in which to market an artist’s work. It could be argued that if your creative spectrum is too broad, you can’t develop a style fully and you risk losing the focus of you subject matter and continuity. How do you feel this established criteria affects your work from a professional and creative perspective?

ES: I’m not too worried about what dealers and collectors want from artists. I’m only interested in what I want to do, since that’s what makes me happy. I don’t see why I wouldn’t be able to develop a style fully regardless, if that’s what I wanted to do. For me, it’s all experiment and experience and as long as I keep learning and producing more and more interesting work, while paying rent, that’s all that matters for me.

Voir également:

Naked ambition: Photographer lays herself bare in nude poses on the streets of NYC

Rachel Quigley

The Daily Mail

28 March 2011

Photographers are often said to bare their souls through their pictures.

But Parisian Erica Simone has taken this to the next level by literally laying herself bare – she has photographed herself in nothing but her birthday suit on the streets of New York.

The 25-year-old has turned doing daily routines in the city to works of art simply by removing her clothes.

And Miss Simone made the daring decision to step out from behind the camera and go au naturel in a series of self-portraits taken in and around the Big Apple.

Speaking to MailOnline she said: ‘At first it was like, « Can I really do this? » I was into the idea, but I didn’t totally have the [nerve] to do it – I’m not totally an exhibitionist.

‘But I managed to do it on my first day of shooting in the West Village and I didn’t even get arrested.

‘I think that was just a combination of good timing and luck, and it is not as if I just spent the whole day walking around naked. I was fully clothed until I was ready to take the shot.’

‘It’s not about sex. It’s crazy that it’s illegal to be naked. The whole process was really liberating and it made me feel freer and more comfortable in my own skin and not be ashamed of my body.’

Once Erica got the idea for the exhibit, she decided to step out from behind the camera and do a number of self portraits in the nude, sometimes wearing only a variety of accessories, performing mundane activities

In the pictures, she rides the subway, checks out library books and shovels the snow on the sidewalk outside her apartment – all in the nude.

The 20 shots are part of Simone’s new exhibit Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen, which opens next month at the Dash Gallery in Tribeca.

Miss Simone said the inspiration for the exhibition came to her during Fashion Week two years ago.

She said: ‘I was sitting around thinking about fashion and what would we be if we were naked and what if we didn’t have fashion to show who we were, our status, how much money we had, all these things.

‘Then I got the photographic idea of shooting people naked in the street, but just doing regular things, not especially posing, or being naked, but doing whatever.’

The pretty 25-year-old said she was not sure if she herself could go through with it but was intrigued by the challenge of staging the shots – which she took using a remote sensor – and stripping down to her birthday suit.

She said the general public were very accepting of her nudity and she did not have any bad experiences while doing it.

‘Most people were laughing, smiling or applauding and cheering. They seemed OK with it,’ she said. ‘The most challenging one was on the subway. I had to ride the whole way from West 14th Street to the end of the line to get the right shot.

‘The only person I told was the guy next to me as he had to hold my coat. But by the time some people even found out about it, I was clothed again.’

Miss Simone also said she has come a long way from the first shot to where she is now.

‘The first few times I was so nervous and I guess innocent about everything, and yeah it was scary a bit as well,’ she said.

‘But now I don’t care about being naked. I am more concerned about getting the shot right rather than worrying about being naked or what people in the streets are thinking.’

Voir encore:

Artist Statement

Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen

As once an Angeleno in Paris, and now a Parisian in New York, really my mind is stuck in the stars. Photography has become a true passion and within it, a never-ending drive to try and challenge everything, even if it means getting naked in the freezing snow…

“Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen” bloomed from an initial questioning about clothing and its importance in society today. Fashion and what we wear act as a language: they allow us to silently portray who we are or want to be, offering society an impression on us – whatever that may be. Fashion also tends to segregate and place us into various social categories as well as communicate a certain mood or particular feeling. This tool is quite precious to civil society and as most people, I organically use clothing as a way of portraying my own image. However, in a city like New York, the fashion industry has a massive impact: people tend to be very concerned with appearance and the materialistic side of it, which became very real while I was photographing Fashion Week a few years back.

As I watched an image-absorbed union of people care more about the sales at Barney’s than the homeless people they step over on the street, I began to ponder: “What would the world feel like naked? What if we didn’t have clothing to portray who we want to be or feel as individuals? What if we couldn’t show off our social status to deserve the treatment we wanted from others? What if all we had were our bodies?” These questions raised many various issues and these issues raised many various questions.

From there, my photographic project was born. With a tripod and a couple ounces of adrenaline, I took to the streets bare to see what a typical New York day would be like. At first, I wasn’t so sure what was going to happen or what was going to come of it all, but as the collection progressed, more and more issues became aware to me. For example: “Why can we be arrested for being naked in the street, when as human beings, we are born naked?” I can understand that it would be socially unacceptable or morally discouraged, but for it to be in some cases prohibited by law…? This all seemed quite bizarre and really more so a violation of human rights.

Another question that arose was that of sexuality. “Is nudity inherently sexual or is nudity just a part of being human? Why does society typically equate nudity to sex? And how does the variety of body types come into equation when asking that question?” Each person’s answer is different.

To clarify, I’m not an exhibitionist or a nudist – I’m an artist looking to humorously poke at some interesting thoughts about society and question who we are and portray as human beings. It’s now up to the viewer to answer those questions, as he/she likes.

From Houston to Hudson and from Bowery to the Bronx, photographing Manhattan has never been such a rush….


Irak: Ah, le bon vieux temps de Saddam! (Bagdad worst: Guess who’s got the curse of Google auto-complete this year ?)

23 mars, 2014
https://i0.wp.com/www.iranchamber.com/history/articles/images/saddam_baathist_propaganda.jpghttps://i2.wp.com/planetgroupentertainment.squarespace.com/storage/SaddamHussein.jpgJe pense (qu’il s’agit d’une guerre civile, ndlr), étant donné le niveau de violence, de meurtres, d’amertume, et la façon dont les forces se dressent les unes contres les autres. Il y a quelques années, lorsqu’il y avait une lutte au Liban ou ailleurs, on appelait cela une guerre civile. C’est bien pire. Ils avaient un dictateur brutal, mais ils avaient leurs rues, ils pouvaient sortir, leurs enfants pouvaient aller à l’école et en revenir sans que leurs parents ne se demandent ‘Vais-je revoir mon enfant ?’ (…) Les choses n’ont pas marché comme ils (les Etats-Unis et leurs alliés, ndlr) l’espéraient et il est essentiel d’avoir un regard critique  (…)  le gouvernement irakien n’a pas été capable de mettre la violence sous contrôle. (…) En tant que secrétaire général, j’ai fais tout ce que j’ai pu. Kofi Annan
Si du temps de Saddam Hussein, le chômage sévissait déjà et l’eau et d’électricité manquaient, les problèmes étaient d’une moindre ampleur et mieux gérés. La sécurité, elle, s’est totalement détériorée depuis l’invasion de l’Irak, menée en 2003 par une coalition conduite par les Etats-Unis. Pourtant, Bagdad a une histoire glorieuse. Construite en 762 sur les rives du Tigre par le calife abbasside Abou Jaafar al-Mansour, la ville a depuis joué un rôle central dans le monde arabo-musulman. Au 20e siècle, Bagdad était le brillant exemple d’une ville arabe moderne avec certaines des meilleurs universités et musées de la région, une élite bien formée, un centre culturel dynamique et un système de santé haut de gamme. Son aéroport international était un modèle pour la région et la ville a connu la naissance de l’Opep, le cartel des pays exportateurs de pétrole. La ville abritait en outre une population de différentes confessions: musulmans, chrétiens, juifs et autres. « Bagdad représentait le centre économique de l’Etat abbasside », souligne Issam al-Faili, professeur d’histoire politique à l’université Moustansiriyah, un établissement vieux de huit siècles. Il rappelle qu’elle a « servi de base à la conquête de régions voisines pour élargir l’influence de l’islam ». »Elle était une capitale du monde », dit, avec fierté, l’universitaire, qui admet qu' »aujourd’hui, elle est devenue l’une des villes les plus misérables de la planète ». AFP
Every expat I know here is mystified by that data. I’d be hard-pressed to find an expat (not a lot of them around admittedly) who believes that’s the case, apart from the prisoners of the Green Zone — the embassy people, U.N. staff and others who can’t actually get out into the city. Jane Arraf (freelance journalist)
The Iraqi capital has beaten out 222 other locations to be named the city with the lowest quality of life for expats in the entire world. Baghdad is so bad, according to Mercer, that companies should pay people a considerable amount extra to live there. As Hannibal explained to me, companies would likely have to pay an employee an extra 35-40 percent on top of their base salary as compensation for the poor quality of life in Iraq – that some companies might go as high as 50 percent in cash or other services. Worse still, Baghdad is a persistent worst offender in Mercer’s data, gradually falling down the rankings since 2001 and ranking last since 2004. It’s even acquired the curse of Google Auto-complete: Type « Baghdad Worst » into the search engine, and « Baghdad worst place to live » and « Baghdad worst city » appear. The Washington Post
Political instability, high crime levels, and elevated air pollution are a few factors that can be detrimental to the daily lives of expatriate employees their families and local residents. To ensure that compensation packages reflect the local environment appropriately, employers need a clear picture of the quality of living in the cities where they operate. In a world economy that is becoming more globalised, cities beyond the traditional financial and business centres are working to improve their quality of living so they can attract more foreign companies. This year’s survey recognises so-called ‘second tier’ or ‘emerging’ cites and points to a few examples from around the world These cities have been investing massively in their infrastructure and attracting foreign direct investments by providing incentives such as tax, housing, or entry facilities. Emerging cities will become major players that traditional financial centres and capital cities will have to compete with. European cities enjoy a high overall quality of living compared to those in other regions. Healthcare, infrastructure, and recreational facilities are generally of a very high standard. Political stability and relatively low crime levels enable expatriates to feel safe and secure in most locations. The region has seen few changes in living standards over the last year. Several cities in Central and South America are still attractive to expatriates due to their relatively stable political environments, improving infrastructure, and pleasant climate. But many locations remain challenging due to natural disasters, such as hurricanes often hitting the region, as well as local economic inequality and high crime rates. Companies placing their workers on expatriate assignments in these locations must ensure that hardship allowances reflect the lower levels of quality of living. The Middle East and especially Africa remain one of the most challenging regions for multinational organisations and expatriates. Regional instability and disruptive political events, including civil unrest, lack of infrastructure and natural disasters such as flooding, keep the quality of living from improving in many of its cities. However, some cities that might not have been very attractive to foreign companies are making efforts to attract them. Slagin Parakatil (Senior Researcher at Mercer)
The abysmal Iraq results forecast what could happen in Afghanistan, where U.S. taxpayers have so far spent $90 billion in reconstruction projects during a 12-year military campaign that is slated to end, for the most part, in 2014. Shortly after the March 2003 invasion, Congress set up a $2.4 billion fund to help ease the sting of war for Iraqis. It aimed to rebuild Iraq’s water and electricity systems; provide food, health care and governance for its people; and take care of those who were forced from their homes in the fighting. Less than six months later, President George W. Bush asked for $20 billion more to further stabilize Iraq and help turn it into an ally that could gain economic independence and reap global investments. To date, the U.S. has spent more than $60 billion in reconstruction grants to help Iraq get back on its feet after the country was broken by more than two decades of war, sanctions and dictatorship. That works out to about $15 million a day. And yet Iraq’s government is rife with corruption and infighting. Baghdad’s streets are still cowed by near-daily deadly bombings. A quarter of the country’s 31 million population lives in poverty, and few have reliable electricity and clean water. Overall, including all military and diplomatic costs and other aid, the U.S. has spent at least $767 billion since the American-led invasion, according to the Congressional Budget Office. National Priorities Project, a U.S. research group that analyzes federal data, estimated the cost at $811 billion, noting that some funds are still being spent on ongoing projects. Sen. Susan Collins, a member of the Senate committee that oversees U.S. funding, said the Bush administration should have agreed to give the reconstruction money to Iraq as a loan in 2003 instead as an outright gift. « It’s been an extraordinarily disappointing effort and, largely, a failed program, » Collins, R-Maine, said in an interview Tuesday. « I believe, had the money been structured as a loan in the first place, that we would have seen a far more responsible approach to how the money was used, and lower levels of corruption in far fewer ways. » (…) Army Chief of Staff Ray Odierno, who was the top U.S. military commander in Iraq from 2008 to 2010, said, « It would have been better to hold off spending large sums of money » until the country stabilized. About a third of the $60 billion was spent to train and equip Iraqi security forces, which had to be rebuilt after the U.S.-led Coalition Provisional Authority disbanded Saddam’s army in 2003. Today, Iraqi forces have varying successes in safekeeping the public and only limited ability to secure their land, air and sea borders. The report also cites Defense Secretary Leon Panetta as saying that the 2011 withdrawal of American troops from Iraq weakened U.S. influence in Baghdad. Panetta has since left office: Former Sen. Chuck Hagel took over the defense job last week. Washington is eyeing a similar military drawdown next year in Afghanistan, where U.S. taxpayers have spent $90 billion so far on rebuilding projects. The Afghanistan effort risks falling into the same problems that mired Iraq if oversight isn’t coordinated better. In Iraq, officials were too eager to build in the middle of a civil war, and too often raced ahead without solid plans or back-up plans, the report concluded. CBS news

Oubliez Damas ! Oubliez Grozny ! (sans parler de Tbilisi ou bientôt Kiev ?)

A l’heure où, après les dérives catastrophiques des années Bush, une Russie reconnaissante se réjouit du retour au bercail de sa province perdue de Crimée …

Et où sort le classement mondial des villes pour la qualité de vie par le leader mondial du conseil en ressources humaines Mercer Consulting Group …

(Vienne,  Vancouver, Pointe-à-Pitre, Singapour, Auckland, Port-Louis et Dubai contre Tbilisi, Mexico, Port-au-Prince, Dushanbe, Bangui et Bagdad) …

Comment, avec l’agence de presse nationale française AFP, ne pas être scandalisé de ce que le cowboy Bush a fait de la cité arabe modèle de Saddam

Qui, entre sa guerre et ses milliards (60 milliards de dollars de reconstruction, 800 avec la guerre !), se retrouve onze ans après… pire ville du monde ?

Jadis cité arabe modèle, Bagdad devient la pire ville au monde

Le Nouvel Observateur

AFPPar Salam FARAJ | AFP

21 mars 2014

Cité modèle dans le monde arabe jusqu’aux années 1970, Bagdad est devenue, après des décennies de conflits, la pire ville au monde en matière de qualité de vie.

La capitale irakienne -édifiée sur les rives du Tigre il y a 1.250 ans et jadis un centre intellectuel, économique et politique de renommée mondiale- est arrivée en 223e et dernière position du classement 2014 sur la qualité de vie, établi par le leader mondial du conseil en ressources humaines Mercer Consulting Group.

Ce classement tient compte de l’environnement social, politique et économique de la ville, qui compte 8,5 millions d’habitants, ainsi que des critères relatifs à la santé et l’éducation.

Et à Bagdad, les habitants doivent faire face à une multitude de problèmes: attentats quasi-quotidiens, pénurie d’électricité et d’eau potable, mauvais système d?égouts, embouteillages réguliers et taux de chômage élevé.

Si du temps de Saddam Hussein, le chômage sévissait déjà et l’eau et d’électricité manquaient, les problèmes étaient d’une moindre ampleur et mieux gérés.

La sécurité, elle, s’est totalement détériorée depuis l’invasion de l’Irak, menée en 2003 par une coalition conduite par les Etats-Unis.

« Nous vivons dans des casernes », se plaint Hamid al-Daraji, un vendeur, en évoquant les nombreux points de contrôle, les murs en béton anti-explosion et le déploiement massif des forces de sécurité.

« Riches et pauvres partagent la même souffrance », ajoute-t-il. « Le riche peut être à tout moment la cible d’une attaque à l’explosif, d’un rapt ou d’un assassinat, tout comme le pauvre ».

Pourtant, Bagdad a une histoire glorieuse.

Construite en 762 sur les rives du Tigre par le calife abbasside Abou Jaafar al-Mansour, la ville a depuis joué un rôle central dans le monde arabo-musulman.

Au 20e siècle, Bagdad était le brillant exemple d’une ville arabe moderne avec certaines des meilleurs universités et musées de la région, une élite bien formée, un centre culturel dynamique et un système de santé haut de gamme.

Son aéroport international était un modèle pour la région et la ville a connu la naissance de l’Opep, le cartel des pays exportateurs de pétrole.

La ville abritait en outre une population de différentes confessions: musulmans, chrétiens, juifs et autres.

« Bagdad représentait le centre économique de l’Etat abbasside », souligne Issam al-Faili, professeur d’histoire politique à l’université Moustansiriyah, un établissement vieux de huit siècles.

Il rappelle qu’elle a « servi de base à la conquête de régions voisines pour élargir l’influence de l’islam ».

– ‘Bagdad, la belle, en ruines’ –

« Elle était une capitale du monde », dit, avec fierté, l’universitaire, qui admet qu' »aujourd’hui, elle est devenue l’une des villes les plus misérables de la planète ».

L’Irak connaît depuis un an une recrudescence des violences, alimentées par le ressentiment de la minorité sunnite face au gouvernement dominé par les chiites, et par le conflit en Syrie voisine. Depuis le début 2014, plus de 1.900 personnes ont été tuées.

Face aux violences, les forces de sécurité installent de nouveaux points de contrôle, qui pullulent déjà à Bagdad, et imposent des restrictions au trafic routier. Des murs massifs en béton, conçus pour résister à l’impact des explosions, divisent des quartiers confessionnellement mixtes.

Certains tentent de nettoyer et d’embellir la ville mais reconnaissent la difficulté de la mission.

« Les gouvernements successifs n’ont pas travaillé pour développer Bagdad », regrette Amir al-Chalabi, chef d’une ONG, la Humanitarian Construction Organisation, qui mène campagne pour améliorer les services de base dans la ville.

« La nuit, elle se transforme en une ville fantôme car elle manque d’éclairage », note-t-il.

Des câbles électriques pendent dans les rues où des particuliers gérant de générateurs fournissent, contre rémunération, du courant électrique, compensant ainsi les défaillances du réseau public. Et en raison du réseau limité des égouts, les rues de la capitale sont inondées dès les premières pluies.

Et malgré une économie en forte croissance grâce au pétrole, en pleine reprise, ce secteur n’est pas générateur d’emplois pour enrayer le taux de chômage dans le pays, y compris dans la capitale.

« Les problèmes de Bagdad sont innombrables. Bagdad la belle est aujourd’hui en ruines », se lamente Hamid al-Daraji.

Voir aussi:

Why do people choose to live in the ‘worst city in the world?’

Adam Taylor

The Washington Post

February 26 2014

Human resources consulting firm Mercer recently crunched the numbers on dozens of factors about life for an expatriate. The aim? To calculate exactly how much extra international firms should be willing to pay their employees when asking them to move to undesirable locations.(While Mercer wouldn’t release the precise data, Ed Hannibal, a global mobility leader at the company, said that factors involved included such concerns as security, infrastructure and the availability of international goods).

While the data has its practical uses, it has another, more viral, function too: Ranking the « best » and « worst » cities for quality of life in the entire world.

For example, it turns out that expats asked to move to Austria are pretty lucky: Vienna ranked top of the list for expats, followed by Zurich, Auckland, Munich and Vancouver. For all of these cities, Hannibal told me, quality of life was so good that companies were recommended to not pay employees there any hardship costs at all.

But down at the other end of the scale, it’s a different story. According to Mercer, companies should be willing to pay top dollar for some cities, and none more so than Baghdad.

Yes, the Iraqi capital has beaten out 222 other locations to be named the city with the lowest quality of life for expats in the entire world.

Baghdad is so bad, according to Mercer, that companies should pay people a considerable amount extra to live there. As Hannibal explained to me, companies would likely have to pay an employee an extra 35-40 percent on top of their base salary as compensation for the poor quality of life in Iraq – that some companies might go as high as 50 percent in cash or other services. Worse still, Baghdad is a persistent worst offender in Mercer’s data, gradually falling down the rankings since 2001 and ranking last since 2004. It’s even acquired the curse of Google Auto-complete: Type « Baghdad Worst » into the search engine, and « Baghdad worst place to live » and « Baghdad worst city » appear.

Could a bustling city of 6 million people really be the worst city in the world? To get a better perspective on it, I reached out to a few Baghdad expats, people who, unlike most Iraqis, made a choice to live in Iraq. Surprisingly, most seemed to be aware that they were apparently living in the worst place they could live.

« I know exactly which survey you mean, » said one person who has lived in Baghdad for five years and asked not to be named. « I have often thought of that survey when I take the direct Austrian air flight from Baghdad to Vienna, thereby going from the worst city to the best city in the world in a matter of a few hours. »

Others, however, were quick to argue that the poll didn’t reflect the Baghdad they knew. « Every expat I know here is mystified by that data, » said Jane Arraf, a freelance journalist who has spent many years in the city. « I’d be hard-pressed to find an expat (not a lot of them around admittedly) who believes that’s the case, apart from the prisoners of the Green Zone — the embassy people, U.N. staff and others who can’t actually get out into the city. »

It seems obvious, of course, that Baghdad is a more dangerous place than Vienna: More than 1,000 people were killed in attacks last month, for example. And surely luxury goods would be easier to find in a Western city (when I asked one Baghdad resident about the availability of international goods, they e-mailed back: « hahahahahahahaha »).

« In a sense, almost anything an Iraqi could want can be obtained, » Raoul Henri Alcala, a private businessman who has lived in the city for 10 years explains, « although often at a high price that also often includes payments to facilitators that can best be described as blatant corruption. »

Alcala, who once worked for the Iraqi government and now runs his own consulting firm, lives in the « Green Zone » and says that while his choice of location is safer than the outside city (the « Red Zone »), his location provides its own difficulties. « Shops do exist in the Zone selling food, beverages, pharmaceuticals and minor comfort items, » Alcala says. « Everything else has to be purchased outside, and can be brought into the Zone only after a laborious written authorization is requested and received. » Popular restaurants, markets and liquor stores outside the Green Zone have become targets for terror attacks, according to Alcala.

Alcala says that he has never lived in a city with a comparable « level of uncertainty and difficulty. » There do appear to be rivals, however, for Baghdad’s « worst city » crown. In the Mercer data, it narrowly beats out Bangui in the Central African Republic, Port-Au-Prince in Haiti, N’Djamena in Chad and Sana’a in Yemen. Plus, there are more than 223 cities on Earth. It’s plausible that one of these unlisted locations is « worse » than Baghdad (and, for what it’s worth, rival data from the Economist Intelligence Unit states that Damascus was the worst place in the world to live).

Baghdad’s place at the bottom of the list is a little more depressing when you consider that much of the lack of infrastructure and chaotic security situation can at least partially be blamed on eight years of U.S.-led war (the U.S. government has spent $60 billion in civilian reconstruction to be fair, though much of it is thought to have been wasted). That weight must affect some expats in Baghdad: One told me that she « felt a sense of responsibility to clean up the mess that George Bush made. » On the other hand, others explained that the potential for personal remuneration was likely a serious motive for many expats.

Ultimately, people who choose to live in a place like Baghdad probably do so for a complicated set of reasons. As Arraf puts it, there are two types of people in the world: The « you couldn’t pay me enough to do this » types, and the « I can’t believe I’m getting paid to do this » types. The latter should probably ignore Mercer’s data.

Voir enfin:

Baghdad Now World’s Worst City

AlJazeerah.net

3-3-4

Baghdad has been rated the world’s worst city to live in.

A new study by a UK research company puts the occupied Iraqi capital last of 215 cities it profiled throughout the world.

Mercer Human Resource Consulting based its overall quality of life survey on political, social, economic and environmental factors, as well as personal safety, health, education, transport and other public services.

It was compiled to help governments and major companies to place employees on international assignments.

The study, released on Monday, said Baghdad is now the world’s least attractive city for expatriates.

Top Swiss cities

Placed 213th out of 215 cities last year, Baghdad’s rating has dropped due to ongoing concerns over security and the city’s precarious infrastructure.

The survey revealed that Zurich and Geneva are the world’s top-rated urban centres.

The rating takes into account the cities’ schools, where standards of education are now considered among the best in the world.

Cities in Europe, New Zealand, and Australia continue to dominate the top of the rankings.

Vienna shares third place with Vancouver, while Auckland, Bern, Copenhagen, Frankfurt and Sydney are joint fifth.

US cities slide

However, US cities have slipped in the rankings this year as tighter restrictions have been imposed on entry to the country.

Several US cities now also have to deal with increased security checks as a result of the « war on terror ».

Meanwhile, other poor-scoring cities for overall quality of life include Bangui in the Central African Republic, and Brazzaville and Pointe Noire in Congo.

Mercer senior researcher Slagin Parakatil said: « The threat of terrorism in the Middle East and the political and economic turmoil in African countries has increased the disparity between cities at the top and the bottom end of the rankings. »

Voir encore:

Much of $60B from U.S. to rebuild Iraq wasted, special auditor’s final report to Congress shows

CBS news

APMarch 6, 2013

WASHINGTON Ten years and $60 billion in American taxpayer funds later, Iraq is still so unstable and broken that even its leaders question whether U.S. efforts to rebuild the war-torn nation were worth the cost.

In his final report to Congress, Special Inspector General for Iraq Reconstruction Stuart Bowen’s conclusion was all too clear: Since the invasion a decade ago this month, the U.S. has spent too much money in Iraq for too few results.

The reconstruction effort « grew to a size much larger than was ever anticipated, » Bowen told The Associated Press in a preview of his last audit of U.S. funds spent in Iraq, to be released Wednesday. « Not enough was accomplished for the size of the funds expended. »

In interviews with Bowen, Prime Minister Nouri al-Maliki said the U.S. funding « could have brought great change in Iraq » but fell short too often. « There was misspending of money, » said al-Maliki, a Shiite Muslim whose sect makes up about 60 percent of Iraq’s population.

Iraqi Parliament Speaker Osama al-Nujaifi, the country’s top Sunni Muslim official, told auditors that the rebuilding efforts « had unfavorable outcomes in general. »

« You think if you throw money at a problem, you can fix it, » Kurdish government official Qubad Talabani, son of Iraqi president Jalal Talabani, told auditors. « It was just not strategic thinking. »

The abysmal Iraq results forecast what could happen in Afghanistan, where U.S. taxpayers have so far spent $90 billion in reconstruction projects during a 12-year military campaign that is slated to end, for the most part, in 2014.

Shortly after the March 2003 invasion, Congress set up a $2.4 billion fund to help ease the sting of war for Iraqis. It aimed to rebuild Iraq’s water and electricity systems; provide food, health care and governance for its people; and take care of those who were forced from their homes in the fighting. Less than six months later, President George W. Bush asked for $20 billion more to further stabilize Iraq and help turn it into an ally that could gain economic independence and reap global investments.

To date, the U.S. has spent more than $60 billion in reconstruction grants to help Iraq get back on its feet after the country was broken by more than two decades of war, sanctions and dictatorship. That works out to about $15 million a day.

And yet Iraq’s government is rife with corruption and infighting. Baghdad’s streets are still cowed by near-daily deadly bombings. A quarter of the country’s 31 million population lives in poverty, and few have reliable electricity and clean water.

Overall, including all military and diplomatic costs and other aid, the U.S. has spent at least $767 billion since the American-led invasion, according to the Congressional Budget Office. National Priorities Project, a U.S. research group that analyzes federal data, estimated the cost at $811 billion, noting that some funds are still being spent on ongoing projects.

Sen. Susan Collins, a member of the Senate committee that oversees U.S. funding, said the Bush administration should have agreed to give the reconstruction money to Iraq as a loan in 2003 instead as an outright gift.

« It’s been an extraordinarily disappointing effort and, largely, a failed program, » Collins, R-Maine, said in an interview Tuesday. « I believe, had the money been structured as a loan in the first place, that we would have seen a far more responsible approach to how the money was used, and lower levels of corruption in far fewer ways. »

In numerous interviews with Iraqi and U.S. officials, and though multiple examples of thwarted or defrauded projects, Bowen’s report laid bare a trail of waste, including:

–In Iraq’s eastern Diyala province, a crossroads for Shiite militias, Sunni insurgents and Kurdish squatters, the U.S. began building a 3,600-bed prison in 2004 but abandoned the project after three years to flee a surge in violence. The half-completed Khan Bani Sa’ad Correctional Facility cost American taxpayers $40 million but sits in rubble, and Iraqi Justice Ministry officials say they have no plans to ever finish or use it.

–Subcontractors for Anham LLC, based in Vienna, Va., overcharged the U.S. government thousands of dollars for supplies, including $900 for a control switch valued at $7.05 and $80 for a piece of pipe that costs $1.41. Anham was hired to maintain and operate warehouses and supply centers near Baghdad’s international airport and the Persian Gulf port at Umm Qasr.

–A $108 million wastewater treatment center in the city of Fallujah, a former al Qaeda stronghold in western Iraq, will have taken eight years longer to build than planned when it is completed in 2014 and will only service 9,000 homes. Iraqi officials must provide an additional $87 million to hook up most of the rest of the city, or 25,000 additional homes.

–After blowing up the al-Fatah bridge in north-central Iraq during the invasion and severing a crucial oil and gas pipeline, U.S. officials decided to try to rebuild the pipeline under the Tigris River, at a cost of $75 million. A geological study predicted the project might fail, and it did: Eventually, the bridge and pipelines were repaired at an additional cost of $29 million.

–A widespread ring of fraud led by a former U.S. Army officer resulted in tens of millions of dollars in kickbacks and the criminal convictions of 22 people connected to government contracts for bottled water and other supplies at the Iraqi reconstruction program’s headquarters at Camp Arifjan, Kuwait.

In too many cases, Bowen concluded, U.S. officials did not consult with Iraqis closely or deeply enough to determine what reconstruction projects were really needed or, in some cases, wanted. As a result, Iraqis took limited interest in the work, often walking away from half-finished programs, refusing to pay their share, or failing to maintain completed projects once they were handed over.

Deputy Prime Minister Hussain al-Shahristani, a Shiite, described the projects as well intentioned, but poorly prepared and inadequately supervised.

The missed opportunities were not lost on at least 15 senior State and Defense department officials interviewed in the report, including ambassadors and generals, who were directly involved in rebuilding Iraq.

One key lesson learned in Iraq, Deputy Secretary of State William Burns told auditors, is that the U.S. cannot expect to « do it all and do it our way. We must share the burden better multilaterally and engage the host country constantly on what is truly needed. »

Army Chief of Staff Ray Odierno, who was the top U.S. military commander in Iraq from 2008 to 2010, said, « It would have been better to hold off spending large sums of money » until the country stabilized.

About a third of the $60 billion was spent to train and equip Iraqi security forces, which had to be rebuilt after the U.S.-led Coalition Provisional Authority disbanded Saddam’s army in 2003. Today, Iraqi forces have varying successes in safekeeping the public and only limited ability to secure their land, air and sea borders.

The report also cites Defense Secretary Leon Panetta as saying that the 2011 withdrawal of American troops from Iraq weakened U.S. influence in Baghdad. Panetta has since left office: Former Sen. Chuck Hagel took over the defense job last week. Washington is eyeing a similar military drawdown next year in Afghanistan, where U.S. taxpayers have spent $90 billion so far on rebuilding projects.

The Afghanistan effort risks falling into the same problems that mired Iraq if oversight isn’t coordinated better. In Iraq, officials were too eager to build in the middle of a civil war, and too often raced ahead without solid plans or back-up plans, the report concluded.

Most of the work was done in piecemeal fashion, as no single government agency had responsibility for all of the money spent. The State Department, for example, was supposed to oversee reconstruction strategy starting in 2004, but controlled only about 10 percent of the money at stake. The Defense Department paid for the vast majority of the projects — 75 percent.

Voir par ailleurs:

2014 Quality of Living worldwide city rankings – Mercer survey

United States , New York

Publication date: 19 February 2014


Vienna is the city with the world’s best quality of living, according to the Mercer 2014 Quality of Living rankings, in which European cities dominate. Zurich and Auckland follow in second and third place, respectively. Munich is in fourth place, followed by Vancouver, which is also the highest-ranking city in North America. Ranking 25 globally, Singapore is the highest-ranking Asian city, whereas Dubai (73) ranks first across Middle East and Africa. The city of Pointe-à-Pitre (69), Guadeloupe, takes the top spot for Central and South America.

Mercer conducts its Quality of Living survey annually to help multinational companies and other employers compensate employees fairly when placing them on international assignments. Two common incentives include a quality-of-living allowance and a mobility premium. A quality-of-living or “hardship” allowance compensates for a decrease in the quality of living between home and host locations, whereas a mobility premium simply compensates for the inconvenience of being uprooted and having to work in another country. Mercer’s Quality of Living reports provide valuable information and hardship premium recommendations for over 460 cities throughout the world, the ranking covers 223 of these cities.

Political instability, high crime levels, and elevated air pollution are a few factors that can be detrimental to the daily lives of expatriate employees their families and local residents. To ensure that compensation packages reflect the local environment appropriately, employers need a clear picture of the quality of living in the cities where they operate,” said Slagin Parakatil, Senior Researcher at Mercer.

Mr Parakatil added: “In a world economy that is becoming more globalised, cities beyond the traditional financial and business centres are working to improve their quality of living so they can attract more foreign companies. This year’s survey recognises so-called ‘second tier’ or ‘emerging’ cites and points to a few examples from around the world These cities have been investing massively in their infrastructure and attracting foreign direct investments by providing incentives such as tax, housing, or entry facilities. Emerging cities will become major players that traditional financial centres and capital cities will have to compete with.”

Europe

Vienna is the highest-ranking city globally. In Europe, it is followed by Zurich (2), Munich (4), Düsseldorf (6), and Frankfurt (7). “European cities enjoy a high overall quality of living compared to those in other regions. Healthcare, infrastructure, and recreational facilities are generally of a very high standard. Political stability and relatively low crime levels enable expatriates to feel safe and secure in most locations. The region has seen few changes in living standards over the last year,” said Mr Parakatil.

Ranking 191 overall, Tbilisi, Georgia, is the lowest-ranking city in Europe. It continues to improve in its quality of living, mainly due to a growing availability of consumer goods, improving internal stability, and developing infrastructure. Other cities on the lower end of Europe’s ranking include: Minsk (189), Belarus; Yerevan (180), Armenia; Tirana (179), Albania; and St Petersburg (168), Russia. Ranking 107, Wroclaw, Poland, is an emerging European city. Since Poland’s accession to the European Union, Wroclaw has witnessed tangible economic growth, partly due to its talent pool, improved infrastructure, and foreign and internal direct investments. The EU named Wroclaw as a European Capital of Culture for 2016.

Americas

Canadian cities dominate North America’s top-five list. Ranking fifth globally, Vancouver tops the regional list, followed by Ottawa (14), Toronto (15), Montreal (23), and San Francisco (27). The region’s lowest-ranking city is Mexico City (122), preceded by four US cities: Detroit (70), St. Louis (67), Houston (66), and Miami (65). Mr Parakatil commented: “On the whole, North American cities offer a high quality of living and are attractive working destinations for companies and their expatriates. A wide range of consumer goods are available, and infrastructures, including recreational provisions, are excellent.

In Central and South America, the quality of living varies substantially. Pointe-à-Pitre (69), Guadeloupe, is the region’s highest-ranked city, followed by San Juan (72), Montevideo (77), Buenos Aires (81), and Santiago (93). Manaus (125), Brazil, has been identified as an example of an emerging city in this region due to its major industrial centre which has seen the creation of the “Free Economic Zone of Manaus,” an area with administrative autonomy giving Manaus a competitive advantage over other cities in the region. This zone has attracted talent from other cities and regions, with several multinational companies already settled in the area and more expected to arrive in the near future.

Several cities in Central and South America are still attractive to expatriates due to their relatively stable political environments, improving infrastructure, and pleasant climate,” said Mr Parakatil. “But many locations remain challenging due to natural disasters, such as hurricanes often hitting the region, as well as local economic inequality and high crime rates. Companies placing their workers on expatriate assignments in these locations must ensure that hardship allowances reflect the lower levels of quality of living.

Asia Pacific

Singapore (25) has the highest quality of living in Asia, followed by four Japanese cities: Tokyo (43), Kobe (47), Yokohama (49), and Osaka (57). Dushanbe (209), Tajikistan, is the lowest-ranking city in the region. Mr Parakatil commented: “Asia has a bigger range of quality-of-living standard amongst its cities than any other region. For many cities, such as those in South Korea, the quality of living is continually improving. But for others, such as some in China, issues like pervasive poor air pollution are eroding their quality of living.

With their considerable growth in the last decade, many second-tier Asian cities are starting to emerge as important places of business for multinational companies. Examples include Cheonan (98), South Korea, which is strategically located in an area where several technology companies have operations. Over the past decades, Pune (139), India has developed into an education hub and home to IT, other high-tech industries, and automobile manufacturing. The city of Xian (141), China has also witnessed some major developments, such as the establishment of an “Economic and Technological Development Zone” to attract foreign investments. The city is also host to various financial services, consulting, and computer services.

Elsewhere, New Zealand and Australian cities rank high on the list for quality of living, with Auckland and Sydney ranking 3 and 10, respectively.

Middle East and Africa

With a global rank of 73, Dubai is the highest-ranked city in the Middle East and Africa region. It is followed by Abu Dhabi (78), UAE; Port Louis (82), Mauritius; and Durban (85) and Cape Town (90), South Africa. Durban has been identified as an example of an emerging city in this region, due to the growth of its manufacturing industries and the increasing importance of the shipping port. Generally, though, this region dominates the lower end of the quality of living ranking, with five out of the bottom six cities; Baghdad (223) has the lowest overall ranking.

The Middle East and especially Africa remain one of the most challenging regions for multinational organisations and expatriates. Regional instability and disruptive political events, including civil unrest, lack of infrastructure and natural disasters such as flooding, keep the quality of living from improving in many of its cities. However, some cities that might not have been very attractive to foreign companies are making efforts to attract them,” said Mr Parakatil.

Notes for Editors

Mercer produces worldwide quality-of-living rankings annually from its most recent Worldwide Quality of Living Surveys. Individual reports are produced for each city surveyed. Comparative quality-of-living indexes between a base city and a host city are available, as are multiple-city comparisons. Details are available from Mercer Client Services in Warsaw, at +48 22 434 5383 or at www.mercer.com/qualityofliving.

The data was largely collected between September and November 2013, and will be updated regularly to take account of changing circumstances. In particular, the assessments will be revised to reflect significant political, economic, and environmental developments.

Expatriates in difficult locations: Determining appropriate allowances and incentives

Companies need to be able to determine their expatriate compensation packages rationally, consistently and systematically. Providing incentives to reward and recognise the efforts that employees and their families make when taking on international assignments remains a typical practice, particularly for difficult locations. Two common incentives include a quality-of-living allowance and a mobility premium:

  • A quality-of-living or “hardship” allowance compensates for a decrease in the quality of living between home and host locations.
  • A mobility premium simply compensates for the inconvenience of being uprooted and having to work in another country.

A quality-of-living allowance is typically location-related, while a mobility premium is usually independent of the host location. Some multinational companies combine these premiums, but the vast majority provides them separately.

Quality of Living: City benchmarking

Mercer also helps municipalities assess factors that can improve their quality of living rankings. In a global environment, employers have many choices as to where to deploy their mobile employees and set up new business. A city’s quality of living standards can be an important variable for employers to consider.

Leaders in many cities want to understand the specific factors that affect their residents’ quality of living and address those issues that lower their city’s overall quality-of-living ranking. Mercer advises municipalities through a holistic approach that addresses their goals of progressing towards excellence, and attracting multinational companies and globally mobile talent by improving the elements that are measured in its Quality of Living survey.

Mercer hardship allowance recommendations

Mercer evaluates local living conditions in more than 460 cities it surveys worldwide. Living conditions are analysed according to 39 factors, grouped in 10 categories:

  • Political and social environment (political stability, crime, law enforcement, etc.)
  • Economic environment (currency exchange regulations, banking services)
  • Socio-cultural environment (media availability and censorship, limitations on personal freedom)
  • Medical and health considerations (medical supplies and services, infectious diseases, sewage, waste disposal, air pollution, etc)
  • Schools and education (standards and availability of international schools)
  • Public services and transportation (electricity, water, public transportation, traffic congestion, etc)
  • Recreation (restaurants, theatres, cinemas, sports and leisure, etc)
  • Consumer goods (availability of food/daily consumption items, cars, etc)
  • Housing (rental housing, household appliances, furniture, maintenance services)
  • Natural environment (climate, record of natural disasters)

The scores attributed to each factor, which are weighted to reflect their importance to expatriates, allow for objective city-to-city comparisons. The result is a quality of living index that compares relative differences between any two locations evaluated. For the indices to be used effectively, Mercer has created a grid that allows users to link the resulting index to a quality of living allowance amount by recommending a percentage value in relation to the index.

Voir enfin:

The 10 worst cities in the world to live in

The Economist

Friday 30 August 2013

Damascus in Syria is the worst city in the world to live in, according to The Economist Intelligence Unit’s Global Liveability Ranking.

Cities across the world are awarded scores depending on lifestyle challenges faced by the people living there. Each city is scored on its stability, healthcare, culture and environment, education and infrastructure.

Since the Arab Spring in 2011, Syria has been plagued with destruction and violence as rebels fight government forces. The country has been left battle-scarred with around 2 million people fleeing from country, while Damascus has been the source of much recent tension.

Other cities that have made it onto worst cities the list include Dhaka in Bangladesh and Lagos in Nigeria. Third worst city to live in was Port Moresby in Papa New Guinea, surprisingly Melbourne and Sydney in neighbouring nation Australia were ranked in the top 10 cities in the world to live in.

Click here to see the top 10 cities in the world

2. Dhaka, Bangladesh: The country has faced controversy recently after a garment factory collapsed killing over 1,000 people

2. Dhaka in Bangladesh: The country has faced controversy recently after a garment factory collapsed killing over 1,000 people

3. Moresby, Papa New Guinea: Despite recent growth, most people live in extreme poverty

3. Moresby, Papa New Guinea: Despite recent growth, most people live in extreme poverty

4. Lagos, Nigeria: The city rated poorly in The Economist Intelligence Unit's report and was awarded the lowest score for stability in the bottom 10 countries to live in

4. Lagos, Nigeria: The city rated poorly in The Economist Intelligence Unit’s report and was awarded the lowest score for stability

5. Harare, Zimbabwe: With the continuing economic and political crises that face the country, Harare is the fifth worst city to live in.

5. Harare, Zimbabwe: With the continuing economic and political crises that face the country, Harare is the fifth worst city to live in.  

6. Algiers, Algeria: While it rates more highly for its stability, there are terrorist groups that are active in the city. While conflict and natural disasters have left the old town in ruins

6. Algiers, Algeria: While it rates more highly for its stability, there are terrorist groups that are active in the city

7. Karachi, Pakistan: Violence linked to terrorism and high homicide rates makes this city one of the worst places in the world to live in

7. Karachi, Pakistan: Violence linked to terrorism and high homicide rates makes this city one of the worst places in the world to live in  

8. Tripoli, Libya: Since the Arab Spring in 2011 there has been violence and protests in the city

8. Tripoli, Libya: Since the Arab Spring in 2011 there has been violence and protests in the city

9. Douala, Cameroon: Despite being the richest city in the whole of Central Africa, Douala has scored the lowest for health care in the bottom 10 cities

9. Douala, Cameroon: Despite being the richest city in the whole of Central Africa, Douala has scored the lowest for health care in the bottom 10 cities

10. Tehran, Iran: While the city rates highly on health care and education, Tehran did not score so well on infrastructure.

10. Tehran, Iran: While the city rates highly on health care and education, Tehran did not score so well on infrastructure.


Ecoutes: Avec Hollande, la Stasi, c’est maintenant ! (Yes, we can tap your phones, too: After Obama administration, France’s socialists pull an NSA phone-tap trick on their opponents)

22 mars, 2014
https://i2.wp.com/21stcenturywire.com/wp-content/uploads/2013/05/2013-05-01-Obama-Wiretapping.pnghttps://scontent-b-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-ash3/t1.0-9/148840_4080342903973_1657063545_n.jpgMa propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, 2006)
La vérité, c’est tout simplement que le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr. Et ceux qui laissent entendre que nous pouvons, c’est-à-dire nous la droite, revenir au pouvoir dans les mois qui viennent, ou même dans les deux années qui viennent se trompent, et trompent les Français. François Hollande (France inter, 1983)
J’ai appris hier avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges. Il a trompé les plus hautes autorités du pays: le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et à travers lui tous les Français. (…) J’affirme ici que Jérôme Cahuzac n’a bénéficié d’aucune protection autre que celle de la présomption d’innocence et il a quitté le gouvernement à ma demande dès l’ouverture d’une information judiciaire. François Hollande (3 avril 2013)
Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé le 15 (…) Le 18, Edwy Plenel informe l’Elysée qu’ils ont toutes les preuves. Et Edwy Plenel est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble. (…)  je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l’ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves – selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse – existent.  Charles de Courson (président UDI de la commission Cahuzac)

 

Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Beaucoup, à gauche comme à droite, soupçonnent Yves Bertrand d’avoir été la pièce maîtresse d’un cabinet noir piloté par Dominique de Villepin au service de Jacques Chirac. En essayant d’étouffer certaines affaires ou au contraire en soufflant sur les braises, YB aurait protégé l’ancien président de la République et déstabilisé ses ennemis ou concurrents. (…) Autres courroies de transmission entre l’Elysée et Yves Bertrand : Philippe Massoni, successivement préfet de police de Paris et chargé de mission pour les questions de sécurité auprès de Chirac à l’Elysée. (…) Dans les carnets secrets, on découvre l’ampleur des moyens déployés pour mettre hors jeu Charles Pasqua et Lionel Jospin dans la course à la présidentielle de 2002. Dès janvier 2000, le Premier ministre et son entourage (jusqu’à sa cousine germaine) font l’objet d’un véritable acharnement. La vie privée de chacun est passée à la loupe. (…) Nicolas Sarkozy n’a pas été épargné. Y compris lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Dès qu’il le pourra, Sarkozy se débarrassera d’ailleurs de l’inoxydable Bertrand-qui avait résisté à huit ministres de l’Intérieur et deux cohabitations-en l’exilant, en janvier 2004, à l’Inspection générale de l’administration. (…) Yves Bertrand est un pur produit de la vieille école RG. Celle d’une police politique qui n’hésitait pas à regarder par les trous de serrure. Cheveux poivre et sel tirant sur le blanc, à 64 ans, l’homme qui ressemble plus à un habitué des thés dansants qu’à un James Bond a commencé sa carrière sous le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin en faisant la chasse aux gauchistes. Ce qui ne l’empêchera pas d’être nommé à la tête des RG en 1992 par les socialistes.(…) Bertrand a su devancer les demandes inavouables des politiques de droite comme de gauche tout en leur faisant comprendre qu’il pouvait devenir leur pire fléau. (…) Pour faire la sale besogne, le patron des RG pouvait compter sur une poignée de fonctionnaires dévoués dont les noms apparaissent régulièrement dans ses carnets. On y croise aussi des barbouzes et quelques journalistes affidés, qui sont parfois rémunérés, comme le montrent les sommes d’argent en regard de certains noms. La presse, Yves Bertrand la fréquente assidûment. Chaque jour, il déjeune avec un journaliste ou en reçoit un dans son bureau. Certains le voient entre une et trois fois par mois. Les carnets secrets sont un effarant voyage sous les jupes de la République. On pourrait en sourire si ce travail de basse police n’avait parfois brisé des carrières, faussé le jeu démocratique et même détruit des vies. Le Point
François Hollande (…) a été élevé chez les frères De 4 à 11 ans, Hollande est élève chez les Frères des écoles chrétiennes Saint Jean-Baptiste de La Salle à Rouen. Son père était d’extrême droite George, qui dirige une clinique ORL, a été candidat malheureux en 1959 et en 1965 aux élections municipales de Rouen, sur une liste d’extrême droite. Il soutient l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien camelot du roi, croix-de-feu. Il a affiché des sympathie pro-OAS et déteste le général de Gaulle. « Georges, en 1944, a été mobilisé quelques mois et garde de cette période une certaine fidélité au maréchal Pétain », écrit Raffy. La mère de François Hollande se sent, elle, proche de la gauche. (…) A 14 ans, il déménage de Rouen vers Neuilly-sur-Seine. Au lycée Pasteur, il compte parmi ses bons copains de classe Christian Clavier et Thierry Lhermitte. En première, Gérard Jugnot et Michel Blanc rejoindront la classe. Quand ils montent une troupe lycéenne, Hollande ne les suit pas. Il est trop sérieux pour cela. La troupe deviendra « Le Splendid ». Hollande, avec un autre choix, aurait peut-être terminé dans « Les Bronzés »… (…) Il entre à l’Elysée comme conseiller fantôme de Jacques Attali En mai 1981, Jacques Attali, sherpa de Mitterrand pour les sommets internationaux, a droit à deux conseillers officiels, des quadras rémunérés sur le budget de l’Elysée, Jean-Louis Bianco et Pierre Morel ; et à deux conseillers officieux : de jeunes hauts fonctionnaires rémunérés par leurs corps d’origine, tribunal administratif et Cour des comptes : Ségolène Royal et François Hollande. (…) Il se fait passer pour Caton, auteur d’un pamphlet téléguidé En 1983, Hollande a 29 ans, il est directeur de cabinet de Max Gallo, porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy. Mitterrand a une idée machiavélique : faire écrire un pamphlet par un prétendu leader de droite, mais qui se cacherait derrière un pseudonyme, Caton, et qui en réalité discréditerait la droite. Le journaliste André Bercoff accepte de tenir la plume ; le livre s’appelle ‘De la reconquête’. Pour ne pas qu’on reconnaisse Bercoff, Hollande accepte de prêter sa voix pour une interview de ‘Caton’ à France Inter. Rue 89
Sous la présidence Bush, Obama avait dénoncé comme un scandale un programme de collecte d’informations bien plus limité, qui permettait à la NSA d’espionner sans mandat judiciaire les conversations exclusivement vers l’étranger (et non au sein même des Etats-Unis) d’individus suspectés de terrorisme. Voir le même homme politique, devenu président, justifier la collecte systématique d’informations sur l’ensemble des citoyens américains montre son hypocrisie et son absence de principes. Or, aussi curieux que cela paraisse, lorsqu’un homme qui a démontré qu’il a ce type de caractère vous explique qu’il ne vous veut aucun mal, il n’est pas toujours universellement cru. (…) Pour le dire autrement, s’il fallait vraiment admettre que l’Etat rassemble toutes les informations sur les conversations téléphoniques et l’activité Internet des individus, beaucoup d’Américains auraient préféré que ce pouvoir ne soit pas donné à une équipe qui a utilisé les services fiscaux pour affaiblir ses opposants politiques ; placé sous écoute des dizaines de journalistes et les parents d’au moins l’un d’entre eux ; et fait envoyer en prison, sous un prétexte, l’auteur innocent d’une vidéo Youtube dont le président avait fait le bouc émissaire de sa propre inaction lors de l’attaque meurtrière d’un consulat américain. Sébastien Castellion
Il s’agit d’une information judiciaire traitée par des magistrats du siège (…) Il s’agit de juges du siège indépendants sans relation avec la Chancellerie et par conséquent la réponse est très claire, je n’avais pas l’information avant. Christiane Taubira
A l’occasion des révélations du Monde. Manuel Vals
Si on n’a rien à cacher, il n’y a pas de problème à être écouté. Benoît Hamon
On me met sur écoute en septembre 2013 pour des faits supposés de corruption qui auraient été commis en 2007! On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France. Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? Nicolas Sarkozy

Attention: une police politique peut en cacher une autre !

Après l’Administration Obama, qui, après avoir tant critiqué son prédécesseur pour ses actions prétendument liberticides, lance le fisc sur ses opposants politiques et met sur écoute ses journalistes et la planète entière chefs d’Etat amis compris …

Et au-delà du cas particulier d’un ancien président et héritier d’une génération d’hommes politiques qui, entre la Mairie de Paris et la direction de l’Etat, sera l’une des plus corrompues de l’histoire …

Comment ne pas voir l’incroyable gémellité avec un gouvernement Hollande qui non content d’avoir imposé l’aberration du mariage homosexuel avant plus tard l’adoption et les mères porteuses pour tous …

Multiplie les mensonges d’Etat et fait à présent écouter, à l’instar de la véritable petite Stasi que les RG supprimés par son successeur avait été notamment pour les années Chirac, les adversaires politiques qu’il avait tant fustigés pour atteintes supposées aux libertés publiques et pour leurs frasques ?

Nicolas Sarkozy : «Ce que je veux dire aux Français»

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en appelle aux «principes sacré de notre République».

Le Figaro

20/03/2014

«J’ai longuement hésité avant de prendre la parole. D’abord, parce que je sais qu’il existe des sujets prioritaires pour nos compatriotes, à commencer par l’explosion du chômage. Ensuite, parce que, depuis deux ans, je me suis tenu à la décision de silence et de retrait que j’avais annoncée au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2012. Contrairement à ce qui s’écrit quotidiennement, je n’éprouve nul désir de m’impliquer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays. Je ne suis animé par aucune velléité de revanche et ne ressens nulle amertume à l’endroit des Français qui m’ont fait l’immense honneur de me confier, durant cinq ans, les rênes de notre pays. J’ai par ailleurs trop conscience des peines, des souffrances et des inquiétudes qu’endurent chaque jour tant de nos compatriotes pour ne pas mesurer la chance qui m’a si souvent accompagné tout au long de ma vie. Cette réalité mêlée à mon tempérament fait qu’aussi loin que je m’en souvienne je n’ai jamais aimé me plaindre. À 59 ans, il est sans doute trop tard pour changer. En tout cas, sur ce point…

Et pourtant, je crois qu’il est aujourd’hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c’est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent. Si je le fais par le moyen de l’écrit et non celui de l’image, c’est parce que je veux susciter la réflexion et non l’émotion.

Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques? Le droit au secret des conversations entre un avocat et son client volontairement ignoré? La proportionnalité de la réponse pénale, au regard de la qualité des faits supposés, violée? La présomption d’innocence désacralisée? La calomnie érigée en méthode de gouvernement? La justice de la République instrumentalisée par des fuites opportunément manipulées?

Que chacun réfléchisse à ce bref inventaire car demain il pourra, à son tour, être concerné. C’est de moi qu’il s’agit aujourd’hui. Je ne suis pas une victime. Je peux me défendre. Je peux en appeler au bon sens des Français, de gauche comme de droite. Tous n’auront pas et n’ont pas cette chance.

Ancien président de la République, je suis devenu un citoyen comme les autres. C’est la règle démocratique. Qui d’ailleurs pourrait prétendre que je l’ai, si peu que cela soit, enfreinte? En vingt mois, j’ai subi quatre perquisitions qui ont mobilisé trois juges et quatorze policiers. J’ai été interrogé durant vingt-trois heures parce que l’on me suspectait d’avoir profité de la faiblesse d’une vieille dame! Des milliers d’articles rédigés à charge ont été publiés. Sur le sujet, que reste-t-il de cette boue complaisamment répandue? Rien, si ce n’est une décision de non-lieu après que toutes les investigations possibles ont été engagées. J’ai eu envie de crier: «Tout cela pour cela.» Mais je n’ai rien dit au nom du devoir que me créent les responsabilités qui furent les miennes. J’ai tout accepté, confiant dans la justice et surtout dans la vérité.

Et que dire de la prétendue affaire Karachi où, après des années d’enquête, les magistrats ont fini par découvrir que je n’y avais, au final, assumé aucune responsabilité. Là aussi, cela n’a pas empêché des centaines d’articles à charge.

Puis l’on s’est aperçu que j’avais été le seul de tous les candidats à avoir dépassé, durant la campagne présidentielle de 2012, les montants de dépenses autorisés! De ce fait, je fus reconnu fautif d’un dépassement de 2,1 %. La sanction fut, pour la première fois dans l’histoire de la République, la suppression de 100 % des financements publics. Le 9 juillet 2013, il nous a fallu rembourser 11,3 millions d’euros, dont j’étais caution à titre personnel. Grâce aux soutiens de 137.000 Français et à la mobilisation de ma famille politique, ce fut réalisé en deux mois. Comment leur dire mon immense reconnaissance? Cette fois encore, je n’ai rien dit. J’ai tout accepté.

Sans l’ombre d’une preuve et contre toute évidence, me voici accusé d’avoir fait financer ma campagne de 2007 par M. Kadhafi. On a parlé d’un virement de 50 millions d’euros! Un détail… Après des mois d’enquête, des dizaines de commissions rogatoires, la justice n’a trouvé ni virement, ni banque de départ, ni banque d’arrivée. Toute l’accusation repose sur les témoignages «crédibles» du fils de M. Kadhafi et de son entourage, sans doute une référence morale, et de celui de M. Takieddine, dont on connaît aujourd’hui le passif judiciaire.

J’ai déposé plainte contre Mediapart pour faux et usage de faux à la suite de la publication d’un faux grossier. Ma plainte a paru suffisamment crédible pour que ses dirigeants soient placés par la justice sous statut de témoin assisté.

Le simple bon sens devrait amener à considérer que la guerre que nous avons conduite en Libye a duré dix mois. Durant cette période, si M. Kadhafi avait eu le moindre document à utiliser contre moi, pourquoi ne l’a-t-il pas fait, alors même que j’étais le chef de la coalition contre lui?

Or voici que j’apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois. Les policiers n’ignorent donc rien de mes conversations intimes avec ma femme, mes enfants, mes proches. Les juges entendent les discussions que j’ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L’ensemble fait l’objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires!

Ajoutant l’illégalité à l’illégalité, on n’hésite pas à publier des extraits tronqués et mensongers de ces mêmes enregistrements. Qui a donné ces documents alors même qu’aucun avocat n’a accès à la procédure? Les seuls détenteurs en sont les juges ou les policiers… Sont-ils au-dessus des lois sur le secret de l’instruction?

On me met sur écoute en septembre 2013 pour des faits supposés de corruption qui auraient été commis en 2007! On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France.

Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? On pourrait en rire s’il ne s’agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l’homme a bien changé…

Heureusement, des milliers d’avocats, quelles que soient leurs sensibilités, ont décidé que trop, c’était trop. Avec le bâtonnier à leur tête, ils veulent faire entendre cette vérité qu’un avocat dans l’exercice de ses fonctions doit être protégé de la même manière qu’un journaliste. Dans la République, on n’écoute pas les journalistes, pas davantage que les avocats dans l’exercice de leurs fonctions!

Mais cela n’est pas tout. Mon propre avocat se trouve accusé d’avoir abusé de son influence auprès de notre juridiction suprême. Cette fois, fini de rire, car c’est à pleurer d’indignation. Son «crime»: être l’ami depuis trente ans d’un avocat général à la Cour de cassation, un des plus fameux juristes de France, à qui il a demandé des avis sur la meilleure stratégie de défense pour son client. Le problème, c’est que le client, c’est moi. Alors «le conseil» devient un «trafic d’influence» supposé. Peu importe que ce magistrat ne puisse exercer la moindre influence sur une chambre criminelle dans laquelle il ne siège pas. Détail, encore, que le gouvernement monégasque ait solennellement déclaré qu’il n’y avait jamais eu la moindre intervention. Dérisoire, le fait que le poste, auquel ce magistrat postulait pour après sa retraite, ait été pourvu un mois avant qu’il ait pensé à en signaler l’existence à mon avocat.

Tout ceci ne résiste pas à l’évidence. Eh bien, cela n’a pas empêché trois juges et vingt policiers de multiplier les perquisitions aux domiciles et au bureau de mon avocat, quatorze heures durant! Après avoir démonté sa machine à laver et exigé, qu’au moment de sa douche, à 6 h 30 du matin, il laissât la porte ouverte. La juge en charge est repartie avec ses téléphones. Dois-je considérer comme une anecdote le fait que cette magistrate soit membre du Syndicat de la magistrature? Ce syndicat désormais célèbre pour avoir affiché dans ses locaux le tristement fameux «mur des cons», où j’occupe une place de choix! Dois-je considérer qu’il s’agit d’un exercice serein et impartial de la justice? Augmenterai-je la gravité de mon cas en informant mes lecteurs que l’un des juges qui enquêtent sur le prétendu financement Kadhafi est celui-là même qui a signé, en juin 2012, l’appel des quatre-vingt-deux juges d’instruction, dont le ciblage de ma personne et de ma politique est transparent? Au moins dois-je être tranquillisé sur la clarté des opinions politiques d’un magistrat dont le devoir est pourtant d’enquêter à charge et à décharge. Pour la charge, je crois que l’on peut être confiant, mais pour la décharge… Quel justiciable voudrait connaître une situation semblable?

Et pourtant, envers et contre tout, je garde confiance dans l’institution judiciaire, dans l’impartialité de l’immense majorité des juges, dans la capacité de la justice à ne pas se laisser instrumentaliser.

Mon propos n’est pas de me plaindre. Je ne demande à personne de s’apitoyer sur mon sort. Ce texte est un appel à la conscience, aux convictions, aux principes de tous ceux qui croient en la République.

Aux Français qui n’ont pas voté pour moi, je demande d’oublier mon cas personnel et de penser à la République et à la France. Au nom de leurs propres convictions, peuvent-ils accepter ces violations répétées de nos principes les plus chers?

À ceux qui me sont attachés, je veux dire que je n’ai jamais trahi leur confiance. J’accepte tous les combats à condition qu’ils soient loyaux. Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu’aux coups tordus et aux manipulations grossières.

Je veux affirmer que je n’ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais que je ne peux accepter d’être en dessous de celles-ci.

Enfin, à tous ceux qui auraient à redouter mon retour, qu’ils soient assurés que la meilleure façon de l’éviter serait que je puisse vivre ma vie simplement, tranquillement… au fond, comme un citoyen «normal»!»

Voir aussi:

Ces métiers indispensables qui n’existeraient plus sans secret professionnel

Habitués aux violations perpétuelles du secret de l’instruction, on aurait tendance à oublier que les secrets sont nécessaires dans certaines professions.

Atlantico

15 mars 2014

Atlantico : Suite à la révélation par Le Monde des écoutes de Nicolas Sarkozy et de son avocat, Me Herzog, le ministre délégué de l’Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon, a déclaré « quand on a rien à se reprocher, ce n’est pas grave d’être sur écoute ». Avoir un secret est-il devenu répréhensible ? Cela ne revient-il pas à assimiler le secret au mensonge ?

Françoise Gouzvinski : Ce n’est pas parce qu’on a un corps sculptural qu’on ouvre sa salle de bain à tout le monde… qu’on y soit nu ou pas d’ailleurs. On garde des choses pour soi pour avoir un lieu intime, à soi, qui permet d’être et de penser librement (Arendt : « le moi pensant vit toujours caché » (Hannah Arendt. La vie de l’esprit. Paris, P.U.F.1992. p.190) ou encore P. Aulagnier : « se préserver le droit et la possibilité de créer des pensées et plus simplement de penser, exige que l’on s’arroge celui de choisir les pensées que l’on communique et celles que l’on garde secrètes: c’est là une condition vitale (c’est l’auteur qui souligne) pour le fonctionnement du Je » (P. Aulagnier. Un interprète en quête de sens. p 229).

En l’espèce ce qui est en cause est la confiance attribuée au médium support de la transmission de l’information : téléphone, Internet ou dossiers papiers, etc. dont la démocratie, mais aussi la société devrait garantir qu’ils sont, selon les termes de J. P. Chrétien Goni des supports à « verrous de dévoilement contrôlé » (Goni-Chrétien : Le système du secret, Observations sur la pratique généralisée du secret. Paris EPE, Le Groupe familial, n°19, 1996). Tout montre que ce n’est pas « toujours » le cas (cf. paradigme du « risque » traité chez Ulrich Beck « La société du risque »). On vit alors, à juste titre, la surprise de ne pas se trouver seul (ou à deux) dans la salle de bain, comme une effraction. Donc avoir des choses secrètes et savoir les garder n’est pas répréhensible, au contraire, c’est un gage d’intelligence. Je suis convaincue que Monsieur Hamon le sait. Ce qui est grave et sérieux par contre c’est d’être mis sur écoute à son insu ; c’est pourquoi seule la justice peut décider d’une procédure qui prive le citoyen concerné de son droit à l’information.

Pour votre seconde question qui est plus morale – cela nécessiterait en soi un développement sur la notion du Vrai, mais aussi de la Honte – il faut savoir que depuis la nuit des temps, le fait de détenir un secret excite la curiosité. Encore si personne ne sait que vous avez un secret, cela pourra mettre quelques lustres avant qu’on ne le découvre, l’explore, le sonde… Mais si, comme c’est le cas pour la politique, votre fonction vous amène nécessairement à en faire (des secrets), l’effet paranoïaque alentour est décuplé. On suspecte celui qui a un secret ; on spécule, on fantasme… on a très probablement un peu peur. Vous l’avez vu jusqu’à présent je n’ai pas abordé la question du contenu du secret. Je vous parle de l’enveloppe, mais non de ce qu’il y a dedans. Alors le contenu qu’il soit vrai ou faux, louable ou répréhensible, c’est une autre question. Il y a des tas de gens qui conservent des secrets peut-être faux, répréhensibles il n’en demeure pas moins que cela peut être leur droit du moment qu’ils ne sont pas contraints par la loi à les dévoiler. Par contre que certaines personnes soient plus habiles (perverses ?) à dissimuler, cela ne fait aucun doute. Le droit au respect de la vie privée, comme le droit au secret professionnel sont des droits qui sont là pour protéger probablement ceux ou celles qui n’ont pas forcément les capacités à garder pour eux, à penser, à trouver des solutions, à élaborer tout seul.

Didier Martz : Au préalable, la notion de secret est particulièrement galvaudée. Le secret, à l’origine, c’est ce que personne ne peut connaître ou ne doit connaître. C’est la réalité profonde, énigmatique de quelqu’un, son intimité qui rend la relation possible. Le secret est pour ainsi dire sacré.

Aujourd’hui on appelle « secret » le fait de détenir une information et de la garder secrète. Evidemment, on passe assez facilement dans le champ de la morale : reproche, mensonge et au « quand on n’a rien à se reprocher ! » La question est d’abord politique et juridique à savoir est-ce que les citoyens ont le droit de savoir ou non, d’être éclairé pour exercer leur citoyenneté ? Et par conséquent, quels sont les contre-pouvoirs chargés d’apporter ces lumières ? Médias, chercheurs, juristes…

Certains métiers nécessitent d’être garants de pouvoir garder des secrets : avocats, journalistes, médecins etc. Ces métiers pourraient-ils exister sans secret ? Pourquoi ?

Françoise Gouzvinski : Le secret professionnel garantit l’usager c’est-à-dire celui qui confie son information au professionnel et ne saurait protéger une profession. Il appartient aux professionnels de ne pas révéler ce qu’on leur a confié. En l’occurrence il n’est pas nécessaire de se « retrancher » derrière le secret professionnel mais seulement de ne pas dire en usant de celui-ci. Savoir faire usage sans faire mention évite bien des polémiques. (C’est un droit codifié à l’article 226.13 et 14 du Nouveau Code de Procédure pénale). Notons que la réforme du Code de procédure pénale a supprimé la liste des professionnels soumis au secret professionnel et généralisé l’obligation de secret professionnel en ces termes : « La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie etc. »).

L’hypothèse de la possibilité d’existence de ces métiers sans le droit au secret professionnel est caduque puisque qui songerait à se confier s’il n’était pas a priori garanti que sa confidence ne soit gardée. La question philosophique est de savoir si, en la matière, l’amitié qui n’exclut pas l’assistance et les conseils reprendrait du galon.

Didier Martz : Le secret des sources est indispensable à leur exercice et fait partie de leur déontologie. A ne pas confondre avec le partage de l’information notamment avec ceux qui sont directement concernés : le médecin doit partagé l’information avec son patient, l’avocat avec son client, les médias avec ses lecteurs.

Le politique est lui sous un autre régime d’où la nécessité de contre-pouvoirs.

De quoi le secret est-il garant dans ces cas-là ?

Françoise Gouzvinski : Il est le garant que la personne qui a confié à… un professionnel en l’occurrence, reste détenteur de l’usage de ce qu’il a confié, et donc conserve sa subjectivité. La personne qui a recours à un professionnel pour penser ensemble un événement difficile à traiter en soi, acquiert le discernement et conserve le pouvoir de choisir à qui et comment elle souhaitera le « médiatiser » à quelqu’un d’autres, ou quelques autres éventuellement. Il appartient au professionnel d’être garant de l’étanchéité des lieux où sont confiés ou échangés des propos.

Didier Martz : De l’exercice de ces métiers. Sinon on est dans un régime totalitaire.

Quelles relations secret et démocratie entretiennent-ils ? Peut-on dire que la possibilité du secret est inhérente à la démocratie ?

Françoise Gouzvinski : On se rapprochera pour approfondir cette relation avec grand intérêt aux rapports « Transparence et secrets » (“Transparences et secrets” Etudes et documents – La Documentation Voltaire N° 47, 1995) produits par les travaux de la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs). Voilà le tableau qu’il présente :

Il paraît évident que, pour ne pas vivre dans une société totalitaire et poussant à la délation, le respect de la vie privée est un fondement de la démocratie (voir aussi G. Simmel dans « Secret et sociétés secrètes »). L’Etat même s’il tend vers la transparence du fonctionnement publique conserve toujours des zones de fonctionnement secrètes, déclarées ou non, comme le citoyen. Pour que se joue la démocratie il faut que le droit de poser des questions reste actif. La démocratie doit garantir le respect du droit pour tous, mais chacun ou chacune peut être interrogé par la Justice. Les efforts réalisés depuis les années 80 vont dans l’appropriation par le citoyen de droits analogues visant à lui permettre à lui aussi d’interroger le fonctionnement publique.

Attention au sophisme. Le secret est inhérent au totalitarisme, et on le voit sur ce tableau aux sociétés traditionnelles presque plus qu’aux sociétés démocratiques libérales. Au passage cela permet de remiser la remarque de Monsieur Hamon au sein d’une société « innocente », euphémisme pour parler des sociétés sans Etat.

Didier Martz : Au prétexte de démocratie, on veut rendre tout transparent, tout exposable. On est allé même chez certains hommes ou femmes politiques déclarer qu’on avait un vélo ! C’est comme dit Debray devenu le règne de l’obscène. Et la mort de la démocratie. La transparence est devenue le leit-motiv de la postmodernité : on avoue tout partout, partout on se repend, on s’expose publiquement aux jugements du troupeau.

Quels risques prend-on à établir une distinction entre bons et mauvais secrets ? Quelqu’un peut-il seulement en décider ?

Françoise Gouzvinski : Un Secret (une information à caractère secret) obéit selon J. P. Chrétien-Goni à une double logique ; une tendance à l’enfouissement, une tendance à la propagation. Tenter de garder secret et le mouvement insidieux et lent agira dans le sens d’une révélation ; décider de dire, de révéler et l’oubli viendra faire œuvre. Je le répète, cette double logique autour d’un même événement ou propos, œuvre quelque soit sa qualité. Le droit français a fort bien négocié la question du bon ou mauvais secret, donnant quelques rares exceptions au « droit au secret » au moins jusqu’en ce début de siècle. Les mauvais secrets commencent à être listés de façon de plus en plus importantes dès lors que la société devient sécuritaire et que tout ou presque peut être qualifié de menace. Plus une société allonge la liste et distingue en lieu et place de ses sujets ce qui est « on à garder » de ce qui est « mauvais » et justifie d’être dévoilé, plus elle augmente son pouvoir d’aliénation sur les individus, et se rapproche d’un modèle anti-démocratique. A la question de savoir si quelqu’un peut en décider, il faut bien reconnaître que les lois font autorité et que le débat public est le cadre de leur exercice, de leurs mises en critique, en tensions et de leurs évolutions. Si la société tend à être confiante dans ses institutions elle devrait n’avoir besoin que de très peu de gardes fous pour que chaque individu, quelque soit son identité, se sente protégé. Les médias participent de ce travail et je vais vous étonner, mais je demeure assez confiante.

Didier Martz : A supposer qu’il y a une instance, un groupe, une commission… que sais-je encore possédant les dits secrets et en charge de décréter ceux qui sont bons ou non et par conséquent publiables ou non.

La question est à mettre en rapport avec la notion de vérité et la façon dont elle s’établit. Il n’y a pas de vérité en soi, ni de secret bon ou mauvais en soi. Elle se construit continûment via le débat démocratique notamment.

Propos recueillis par Marianne Mura


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