Ecoutes américaines: Beau comme la rencontre fortuite de l’insigne incompétence et de la plus totalitaire des capacités d’interception (Lamb horns and dragon voice – the most ineffectual drone president and an apparatus that aspires to monitor no less than the entirety of the human race’s electronic communications !)

31 octobre, 2013
https://i1.wp.com/www.thecommentator.com/system/articles/inner_pictures/000/002/072/original/big-brother-watching-obamacartoon.jpgPuis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes.Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.  Apocalypse 13: 11-17
Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie! Lautréamont
L’Iran devrait probablement atteindre une capacité nucléaire indétectable à la mi-2014 et peut-être même avant. Dennis Ross
C’est l‘importance des écoutes qui nous a choqué, mais soyons honnêtes, nous espionnons aussi. Tout le monde écoute tout le monde. La différence, c’est qu’on n’a pas les moyens des Etats-Unis, ce qui nous rend jaloux.  Bernard Kouchner
Pour ce qui est de l’espionnage par des moyens technologiques, les écoutes précisément ou les interceptions de flux internet, 2001 n’a pas vraiment changé les choses. 2001 a juste donné aux Etats-Unis un motif nouveau pour habiller leurs pratiques d’interception. Ce nouveau motif, c’est la guerre contre le terrorisme. Mais sur le plan des pratiques, depuis les années 1950, en pleine guerre froide, les Etats-Unis ont en permanence intercepté des communications, y compris celles de leurs partenaires et celles de leurs alliés. (…)  La NSA, d’un point de vue très pratique, en matière d’interception en dehors des Etats-Unis, a deux moyens. D’une part, elle se sert dans les grands serveurs des fournisseurs d’accès à internet, c’est une première façon d’aller directement puiser à la source. Ou alors, elle a un accès, je dirais plus pratique encore, qui est de se brancher sur les câbles eux-mêmes, et non pas sur les fermes (serveurs de données) dans lesquelles sont contenues toutes les données. Ensuite, comme d’autres agences, comme l’agence britannique et d’autres agences, toutes ces données ne sont pas exploitées par l’intelligence humaine mais sont exploitées grâce à des algorithmes, par des capacités informatiques, qui essaient de cibler des mots-clés. Alors, c’est tout l’enjeu du débat aujourd’hui. Est-ce que, comme le disent les Etats-Unis dans une défense mezzo voce, ils ne cherchent dans ces données que ce qui a trait à la lutte contre le terrorisme et à la sécurité des Etats-Unis? Ou est-ce que, sans le dire, ils utilisent aussi ces interceptions pour repérer les mots-clés touchant à des pratiques commerciales, à des brevets, à des litiges juridiques ? Ce que l’on peut dire, étant donné ce que l’on sait aujourd’hui du passé, c’est que la capacité d’interception de la NSA a servi, bien sûr, la sécurité des Etats-Unis mais elle a aussi servi les Etats-Unis dans la guerre économique mondiale qui est devenue une réalité plus forte après la fin de la guerre froide. (…) C’est un jeu de dupes, mais comme les relations entre les Etats sont un jeu de dupes. (…) en même temps il faut bien regarder ce qui est en cause, de la part de la NSA c’est quand même à l’égard de ses grands partenaires commerciaux et politiques, le Brésil, la France ou l’Allemagne. Et là, le jeu de dupes, qui est en partie dévoilé, peut avoir des incidences sur ce qui est la base de la relation entre des alliés et des partenaires : cela s’appelle la confiance. Sébastien Laurent
Of course, Brazil, France, Germany, and Mexico do exactly the same thing. They want their leaders to gain a decision advantage in the give and take between countries. They want to know what U.S. policymakers will do before the Americans do it. And in the case of Brazil and France, they aggressively spy on the United States, on U.S. citizens and politicians, in order to collect that information. The difference lies in the scale of intelligence collection: The U.S. has the most effective, most distributed, most sophisticated intelligence community in the West. It is Goliath. And other countries, rightly in their mind, are envious. Marc Ambider
Before his disclosures, most experts already assumed that the United States conducted cyberattacks against China, bugged European institutions, and monitored global Internet communications. Even his most explosive revelation — that the United States and the United Kingdom have compromised key communications software and encryption systems designed to protect online privacy and security — merely confirmed what knowledgeable observers have long suspected. … The deeper threat that leakers such as Manning and Snowden pose is more subtle than a direct assault on U.S. national security: they undermine Washington’s ability to act hypocritically and get away with it. Their danger lies not in the new information that they reveal but in the documented confirmation they provide of what the United States is actually doing and why. … « Hypocrisy is central to Washington’s soft power—its ability to get other countries to accept the legitimacy of its actions—yet few Americans appreciate its role, …The reason the United States has until now suffered few consequences for such hypocrisy is that other states have a strong interest in turning a blind eye. Given how much they benefit from the global public goods Washington provides, they have little interest in calling the hegemon on its bad behavior. Public criticism risks pushing the U.S. government toward self-interested positions that would undermine the larger world order. Moreover, the United States can punish those who point out the inconsistency in its actions by downgrading trade relations or through other forms of direct retaliation. Allies thus usually air their concerns in private. Foreign Affairs
Hypocrisy is crucial because the world order functions through a set of American-built institutions, such as the UN and the World Trade Organisation, which depend on America’s commitment to their ideals to hold legitimacy. However, America, like other countries, is in practice often unable to pursue its national interests while adhering to these ideals. Because America is more important to the global order than other countries, its need to practise hypocrisy is greater. And, in general, allies have been willing to abet such hypocrisy … The Economist

Pour ceux qui n’avaient pas encore compris qu’à l’instar de la politique de Clausewitz, l’économie est devenue la continuation de la guerre par d’autres moyens …

Et à l’heure ou, pour donner le change à leurs opinions publiques, nos dirigeants et médias font mine de découvrir le secret de polichinelle des écoutes américaines …

Pendant que derrière son bluff nucléaire, Téhéran pourrait sous peu passer le point de non-retour concernant son insistante promesse de rayer Israel de la carte …

Comment ne pas s’émerveiller, derrière le jeu de dupes officiel, de l’incroyable combinaison qui aurait ravi Lautréamont lui-même ?

A savoir mis à part le droit de vie ou de mort via ses drones sur tout ce que le monde peut compter de terroristes …

Celle du président américain, dument confirmé par Forbes, probablement le plus incompétent depuis Carter …

Et d’un appareillage qui, entre les interceptions téléphoniques, satellitaires et électroniques, prétend surveiller rien moins que la totalité des communications électroniques de la race humaine ?

Is Obama Still President?

His cadences soar on, through scandal after fiasco after disaster.­

Victor Davis Hanson

National review

October 29, 2013

We are currently learning whether the United States really needs a president. Barack Obama has become a mere figurehead, who gives speeches few listen to any more, issues threats that scare fewer, and makes promises that almost no one believes he will keep. Yet America continues on, despite the fact that the foreign and domestic policies of Barack Obama are unraveling, in a manner unusual even for star-crossed presidential second terms.

Abroad, American policy in the Middle East is leaderless and in shambles after the Arab Spring — we’ve had the Syrian fiasco and bloodbath, leading from behind in Libya all the way to Benghazi, and the non-coup, non-junta in Egypt. This administration has managed to unite existential Shiite and Sunni enemies in a shared dislike of the United States. While Iran follows the Putin script from Syria, Israel seems ready to preempt its nuclear program, and Obama still mumbles empty “game changers” and “red line” threats of years past.

We have gone from reset with Russia to Putin as the playmaker of the Middle East. The Persian Gulf sheikhdoms are now mostly anti-American. The leaders of Germany and the people of France resent having their private communications tapped by Barack Obama — the constitutional lawyer and champion of universal human rights. Angela Merkel long ago grasped that President Obama would rather fly across the Atlantic to lobby for a Chicago Olympic Games — or tap her phone — than sit through a 20th-anniversary commemoration of the fall of the Berlin Wall.

Japan, South Korea, and Taiwan are beginning to see that the U.S. is more a neutral than a friend, as Obama negotiates with Putin about reducing the nuclear umbrella that protects America’s key non-nuclear allies. Perhaps they will soon make the necessary adjustments. China, Brazil, and India care little that Barack Obama still insists he is not George W. Bush, or that he seems to be trying to do to America what they seek to undo in their own countries.

The world’s leaders do not any longer seem much impressed by the president’s cat-like walk down the steps of Air Force One, or the soaring cadences that rechannel hope-and=change themes onto the world scene. They acknowledge that their own publics may like the American president, and especially his equivocation about the traditional role of American power in the world. But otherwise, for the next three years, the world is in a holding pattern, wondering whether there is a president of the United States to reckon with or a mere teleprompted functionary. Certainly, the Obama Nobel Peace Prize is now the stuff of comedy.

At home, the signature Affordable Care Act is proving its sternest critics prescient. The mess can best be summed up by Republicans’ being demonized for trying to delay or defund Obamacare — after the president himself chose not to implement elements of his own law — followed immediately by congressional Democrats’ seeking to parrot the Republicans. So are the Democrats followers of Ted Cruz or Barack Obama? Is Obama himself following Ted Cruz?

The problem is not just that all the president’s serial assurances about Obamacare proved untrue — premiums and deductibles will go up, many will lose their coverage and their doctors, new taxes will be needed, care will be curtailed, signups are nearly impossible, and businesses will be less, not more, competitive — but that no one should ever have believed they could possibly be true unless in our daily lives we usually get more and better stuff at lower cost.

More gun control is dead. Comprehensive immigration legislation depends on Republicans’ trusting a president who for two weeks smeared his House opponents as hostage-takers and house-breakers. Moreover, just as no one really read the complete text of the Obamacare legislation, so too no one quite knows what is in the immigration bill. There are few assurances that the border will be first secured under an administration with a record of nullifying “settled law” — or that those who have been convicted of crimes or have been long-time recipients of state or federal assistance will not be eligible for eventual citizenship. If the employer mandate was jettisoned, why would not border security be dropped once a comprehensive immigration bill passed? Or for that matter, if it is not passed, will the president just issue a blanket amnesty anyway?

In the age of Obama, we just ran up a $700 billion annual deficit and called it restraint, as if success were to be defined as not adding another $1 trillion each year to the national debt. The strange thing is that after the end of the Iraq War and the winding down in Afghanistan, forced sequestration, new taxes on high earners, and a supposedly recovering and revenue-producing economy, we are still running up near-record deficits. Stranger still, Obama is bragging that the deficit has been cut by billions — as if the 400-pound heart patient can be content that he lost 50 pounds in record time and so trimmed down to a manageable 350 pounds.

The Federal Reserve is pretty well stuck with near-zero interest rates. Even a slight rise would make servicing the huge debt nearly unmanageable. Yet continued record low interest, along with Obamacare, is strangling the economy. Millions of older Americans are learning that a mid-level government employee draws more in pension compensation than a private retiree receives in interest on 40 years’ worth of life savings.

“Millions of green jobs,” “cash for clunkers,” and “stimulus” are all now recognized as cruel jokes. Oddly, the more scandals come to light, the more immune the virtual president becomes. After the politicization of the IRS, the snooping on AP reporters, the Benghazi mess, the NSA eavesdropping, Fast and Furious, the multibillion-dollar overpayment in income-tax credits by the IRS, the Lisa Jackson fake e-mail identities, and the Pigford payments, the public has become numb — as if it to say, “Of course the Obama administration is not truthful. So what else is new?”

Three considerations are keeping the U.S. afloat without an active president. First, many working Americans have tuned the president out and simply go on about their business despite rather than because of this administration. If gas and oil leases have been curtailed on federal lands, there is record production on private land. Farmers are producing huge harvests and receiving historically high prices. Wall Street welcomes in capital that can find no return elsewhere. American universities’ science departments and professional schools still rate among the world’s best. There is as yet no French or Chinese Silicon Valley. In other words, after five years of stagnation, half the public more or less ignores the Obama administration and plods on.

Second, the other half of Americans gladly accept that Obama is an iconic rather than a serious president. Given his emblematic status as the nation’s first African-American president and his efforts to craft a vast coalition of those with supposed grievances against the majority, he will always have a strong base of supporters. With huge increases in federal redistributive support programs, and about half the population not paying federal income taxes, Obama is seen as the protector of the noble deserving, who should receive more from a government to which the ignoble undeserving must give far more. And if it is a question of adding another million or so people to the food-stamp or disability rolls, or ensuring that Iran does not obtain a nuclear weapon or that China does not bully Japan, the former wins every time.

Finally, the media accept that Obama represents a rare confluence of forces that promotes a progressive agenda. His youth, his charisma, his background, his exotic nomenclature, and his “cool” all have allowed a traditionally unpopular leftist ideology to enter the mainstream. Why endanger all that with a focus on Benghazi or the disaster of Obamacare? We have had, in the course of our history, plenty of Grants, McKinleys, Hardings, Nixons, and Clintons, but never quite an administration of scandal so exempt from media scrutiny.

As far as his image goes, it does not really matter to what degree Obama actually “fundamentally transforms America.” For the media, that he seeks to do so, and that he drives conservatives crazy trying, is seen as enough reason to surrender their autonomy and become ancillary to the effort. The media believe that once he is out of office, they can regain their credibility by going after the next president with renewed vigor as recompense.

In other words, the presidency has become a virtual office. Almost half the people and most of the media do not mind, and those who do just plod onward.

— NRO contributor Victor Davis Hanson is a senior fellow at the Hoover Institution. His latest book is The Savior Generals, published this spring by Bloomsbury Books.

Voir aussi:

The NSA and the EU

Who do I wiretap if I want to wiretap Europe?

M.S.

The Economist

Oct 25th 2013

HENRY KISSINGER never actually asked who he should call when he wanted to call Europe; in fact, Gideon Rachman pointed out a few years ago, he probably didn’t even want there to be such a person, since he generally thought European leaders would be more tractable to American diplomacy if they remained divided. So he may well have been pleased to see, as Charlemagne observes, that European leaders’ reactions to recent spying revelations have been as fractured and tentative as they often were during his own era at the top. Edward Snowden’s revelations of the breadth of NSA spying have certainly damaged America’s reputation among its allies, and they may yet force Barack Obama to finally push back against his intelligence agencies on an issue. But the uproar in Europe seems softer than might have been predicted.

The most interesting explanation of how Mr Snowden’s revelations are likely to affect American foreign policy is the contention by Henry Farrell and Martha Finnemore, in an article in Foreign Affairs, that they reduce America’s space for hypocrisy. « Hypocrisy is central to Washington’s soft power—its ability to get other countries to accept the legitimacy of its actions—yet few Americans appreciate its role, » they write. Hypocrisy is crucial because the world order functions through a set of American-built institutions, such as the UN and the World Trade Organisation, which depend on America’s commitment to their ideals to hold legitimacy. However, America, like other countries, is in practice often unable to pursue its national interests while adhering to these ideals. Because America is more important to the global order than other countries, its need to practise hypocrisy is greater. And, in general, allies have been willing to abet such hypocrisy:

The reason the United States has until now suffered few consequences for such hypocrisy is that other states have a strong interest in turning a blind eye. Given how much they benefit from the global public goods Washington provides, they have little interest in calling the hegemon on its bad behavior. Public criticism risks pushing the U.S. government toward self-interested positions that would undermine the larger world order. Moreover, the United States can punish those who point out the inconsistency in its actions by downgrading trade relations or through other forms of direct retaliation. Allies thus usually air their concerns in private.

The problem with Mr Snowden’s revelations is that they bring such hypocrisy into the open, which puts democratic pressure on allies to criticise it.

This, at least, is the theory. In fact, there has been a curiously gleeful tone to much of the European public’s reception of America’s spying on their leaders. Coverage in Le Monde has been divided between editorials demanding that « the work of security agencies be delimited by effective parliamentary or judicial procedures of control », and breathless accounts of communications between French and American security forces over whether the Americans were behind the cyberattacks on the French president’s office in 2012. Mark Ambinder cites a radio interview with Bernard Kouchner, the former French foreign minister: « Let’s be honest, we eavesdrop too. Everyone is listening to everyone else… [The difference is that] we don’t have the same means as the United States—which makes us jealous. »

Reactions in the Netherlands have been similarly ambiguous. The most aggressive and well-informed Dutch political response on issues of digital freedom tends to come from the left-liberal D66 party. Yesterday on Dutch TV, Sophie in ‘t Veld, who in addition to leading the D66 delegation at the European Parliament has one of the coolest names in international politics, took a sharp line against NSA surveillance and demanded a full explanation from America of whom it is spying on and why. At the same time, she joked in a self-deprecating fashion about how much leverage a Dutch European Parliament member could hope to have over the global superpower, shaking her fist and declaiming with a mock grin: « Ms in ‘t Veld is warning America for the last time! » In the laughs she got from the audience, one could hear a bit of resigned satisfaction, as though they enjoyed confirming the secondary global rank that makes it ill-advised for the Dutch to get too worked up about issues over which they are unlikely to exercise much control. The exchange put me in mind of the great European-American conflict of the post-Kissinger era, over the deployment of short-range nuclear missiles, an issue that served as a mobilising touchstone for the European left for years without any real need to ever affect policy in any noticeable way.

Dutch reactions to the NSA scandal may be atypical for Europe, because the Dutch generally have a higher tolerance for government surveillance than many other countries. And none of this is to say that anyone in Europe is defending NSA wiretapping, or that the revelations have done anything but harm to the public image of America and of Barack Obama personally. It’s just that there is a certain ambiguity in the European public reaction, and for that matter in the American one. In America too, one can often sense an emotional « double-feeling », as the Dutch would call it, between the public’s dread of the government’s all-embracing surveillance capabilities, and the public’s vicarious awe at the perspective afforded by an apparatus that aspires to monitor the entirety of the human race’s electronic communications. Perhaps, to update Walter Benjamin, mankind’s self-alienation has reached such a degree that we can experience our own wiretapping as an aesthetic pleasure of the first order.

Voir egalement:

How to negotiate with Iran

A deal struck for its own sake on Tehran’s nuclear program would be worse than no deal at all.

Dennis Ross, Eric Edelman and Michael Makovsky

Los Angeles Times

October 29, 2013

This month in Geneva, at the first negotiations over its nuclear program since the election of President Hassan Rouhani, Iran took an unprecedented step: It negotiated. For the first time, Tehran presented an actual vision of the endgame for the talks with six world powers, and how to get there. However, contrary to expectations, it offered no concessions, leaving serious questions about Iranian purposes. With another round of talks scheduled for next week, U.S. negotiators would do well to follow principles that signify the core interests at stake.

FOR THE RECORD:

Diplomacy: In an Oct. 29 Op-Ed article regarding Iran, the affiliation for Dennis Ross, one of the authors, was incomplete. It is the Washington Institute for Near East Policy.

The most pressing national security threat facing the United States remains preventing a nuclear-capable Iran. The preferred way to achieve that objective is through a diplomatic agreement. But diplomacy can only be that — a means to an end.

As Secretary of State John F. Kerry has said, a « bad deal is worse than no deal. » A deal struck for its own sake would still allow for a nuclear Iran; undermine the legitimacy of any subsequent U.S. attempts or, much more likely, Israeli attempts to arrest Iran’s progress by military action; discredit and compromise U.S. credibility; and weaken, if not destroy, the decades-old international nonproliferation regime.

Therefore, the United States should only pursue an agreement within certain parameters, to ensure the deal actually furthers the interests of the U.S. and its allies. As we explain in a new JINSA Gemunder Center report, there are six such principles that should guide the negotiations with Iran.

First, Iran must resolve outstanding international concerns. The International Atomic Energy Agency has repeatedly complained that Iran has not been forthcoming about its nuclear activities. Indeed, the IAEA in 2011 expressed its « deep and increasing concern about the unresolved issues regarding the Iranian nuclear program, including those which need to be clarified to exclude the existence of possible military dimensions. » Iran must quickly address all outstanding IAEA concerns as part of any deal.

Second, Iran must adhere to international legal requirements. The IAEA’s repeated condemnations of Iran have spurred the U.N. Security Council to pass six resolutions requiring Tehran to « suspend all enrichment-related and reprocessing activities » and « to implement without delay all transparency measures as the IAEA may request in support of its ongoing investigations. »

Iran has repeatedly disputed the legality of these resolutions, claiming the Nuclear Nonproliferation Treaty, or NPT, grants it a right to enrich uranium. But no such right exists. Iran’s defiance and distortion of international legal demands threatens to unravel the nonproliferation regime. To preserve it, negotiators must reassert the Security Council’s authority and the NPT’s true purpose.

Third, deny Iran nuclear weapons capability. The main concern about Iran’s nuclear program is that it is on the verge of producing enough weapons-grade uranium for a nuclear device. An acceptable deal must not just freeze but tangibly roll back its ability to do so. This will require limits on size and enrichment level of its uranium stockpile, number and type of operating and installed centrifuges, design of enrichment facilities and possible plutonium production at the Arak heavy-water reactor.

Fourth, impose a strict inspections regime. Just because Iran agrees to a deal does not mean it will stick to it. It has tried to build each of its current enrichment facilities covertly. To prevent it from attempting to do so again, negotiators should require Iran to agree to more rigorous monitoring of its nuclear program.

Fifth, negotiate from a position of strength. Too often, Iran has used negotiations to extract concessions, undermine international resolve and play for time. In the few instances it has compromised, it has been because of the threat of force. The success of these talks will hinge on Iran understanding that there will be very real and damaging consequences if negotiations fail.

This will require at least these U.S. actions: Intensify sanctions and incentivize other countries to do the same, issue more forceful and credible statements that all options are on the table, initiate new military deployments and make clear the support for Israeli military action if conducted.

Finally, do not waste time. Iran will likely attain an undetectable nuclear capability by mid-2014, and perhaps even earlier, leaving scant time to both negotiate and verifiably implement a deal. It appears that Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif may have offered a timeline at Geneva for wrapping up negotiations. But given Iranian nuclear progress over the last 18 months and earlier unexplained activities, negotiators ought not accept a schedule that stretches beyond the point when it becomes impossible to prevent a nuclear Iran by other means. Implementing and making known a strict deadline for talks can dissuade Iran from using diplomacy as a cover while sprinting for the bomb, and reassure Israel so it does not feel compelled to act alone.

Negotiators should hew to these principles to avoid mistaking rhetoric for action, and must walk away from any agreement that violates them.

Dennis Ross is counselor at the Washington Institute for Near East Policy and was a senior Middle East advisor to President Obama from 2009 to 2011. Eric Edelman was undersecretary of Defense for policy in 2005-09. Michael Makovsky is chief executive of the Jewish Institute for National Security Affairs, or JINSA, and served in the Office of Secretary of Defense in 2002-06. They are members of JINSA’s Gemunder Center Iran Task Force.

Voir encore:

«L’espionnage entre Etats: un jeu de dupes qui, dévoilé, peut avoir des incidences»

Chantal Lorho

RFI

2013-10-24

La NSA, la National Security Agency en anglais, est au coeur de nombreuses polémiques ces derniers mois, de Edward Snowden à l’espionnage supposé de pays de l’Union européenne ou de ses dirigeants, comme Angela Merkel… Comment travaille cette fameuse agence de renseignements américains ? Sébastien Laurent, professeur à l’université de Bordeaux et à Sciences Po, spécialiste des questions de renseignements et de sécurité, propose son analyse.

RFI: Est-ce qu’on peut rappeler comment est née cette fameuse NSA ?

Sébastien Laurent : La NSA, c’est un peu une vieille dame. Elle est née il y a un peu plus de 60 ans et ça a été la réunion, aux Etats-Unis, de toutes les composantes de l’administration américaine qui procédaient à des interceptions téléphoniques puis plus tard, bien plus tard, des interceptions satellitaires, et aujourd’hui des interceptions sur les câbles du réseau internet. Donc aujourd’hui, c’est certes une vieille dame, mais c’est une vieille dame qui se tient toujours à la page, qui actualise en permanence ses compétences techniques, qui sait coopérer avec d’autres pays qui sont parties prenantes de la coopération de la NSA. Et c’est surtout, on le sait aujourd’hui, la plus riche de toutes les agences de renseignements américaines.

Peut-on dire qu’il y a un avant et un après 11-Septembre dans la façon dont les Américains pratiquent l’espionnage ?

Pas vraiment. Pour ce qui est de l’espionnage par des moyens technologiques, les écoutes précisément ou les interceptions de flux internet, 2001 n’a pas vraiment changé les choses. 2001 a juste donné aux Etats-Unis un motif nouveau pour habiller leurs pratiques d’interception. Ce nouveau motif, c’est la guerre contre le terrorisme. Mais sur le plan des pratiques, depuis les années 1950, en pleine guerre froide, les Etats-Unis ont en permanence intercepté des communications, y compris celles de leurs partenaires et celles de leurs alliés.

Très concrètement, comment travaille la NSA, qui surveille-t-elle, quels sont les mots-clés qu’elle utilise pour intercepter telle ou telle communication ?

On pouvait jusqu’alors faire des suppositions, mais maintenant on a les documents publiés par Edward Snowden, et le fait qu’il soit pourchassé par les autorités américaines permet de donner du crédit aux documents que Snowden a diffusé dans différents supports de presse. La NSA, d’un point de vue très pratique, en matière d’interception en dehors des Etats-Unis, a deux moyens. D’une part, elle se sert dans les grands serveurs des fournisseurs d’accès à internet, c’est une première façon d’aller directement puiser à la source. Ou alors, elle a un accès, je dirais plus pratique encore, qui est de se brancher sur les câbles eux-mêmes, et non pas sur les fermes (serveurs de données) dans lesquelles sont contenues toutes les données. Ensuite, comme d’autres agences, comme l’agence britannique et d’autres agences, toutes ces données ne sont pas exploitées par l’intelligence humaine mais sont exploitées grâce à des algorithmes, par des capacités informatiques, qui essaient de cibler des mots-clés. Alors, c’est tout l’enjeu du débat aujourd’hui. Est-ce que, comme le disent les Etats-Unis dans une défense mezzo voce, ils ne cherchent dans ces données que ce qui a trait à la lutte contre le terrorisme et à la sécurité des Etats-Unis? Ou est-ce que, sans le dire, ils utilisent aussi ces interceptions pour repérer les mots-clés touchant à des pratiques commerciales, à des brevets, à des litiges juridiques ? Ce que l’on peut dire, étant donné ce que l’on sait aujourd’hui du passé, c’est que la capacité d’interception de la NSA a servi, bien sûr, la sécurité des Etats-Unis mais elle a aussi servi les Etats-Unis dans la guerre économique mondiale qui est devenue une réalité plus forte après la fin de la guerre froide. Donc la défense qui consiste à dire « la NSA assure la sécurité du monde libre comme au temps de la guerre froide », c’est un argument qui ne tient absolument pas la route.

D’où ce chiffre astronomique qu’on a évoqué à propos de la France. 70 millions de données interceptés par la NSA du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013. C’est ce que vous appelez la « méthode du chalut », on ratisse le plus large possible ?

Exactement, cette comparaison maritime est tout à fait adaptée. C’est du chalutage, on lance les filets au loin, et ensuite on tire les filets vers le navire, en l’occurrence la NSA, et on essaie de trier. Mais il est assez probable que dans l’interception pratiquée « au chalut », on recueille effectivement des éléments qui soient utiles à la sécurité des Etats-Unis. Il est tout aussi probable qu’ensuite d’autres données qui puissent être exploitées commercialement ou juridiquement, ou en termes d’ingénierie, soient aussi prises en compte. La NSA n’est pas un service de renseignement mais un service d’interception. Ensuite, la NSA fournit la « production » – les interceptions – à différentes agences américaines, notamment la CIA mais pas seulement. Donc c’est vraiment une énorme machine d’interception technique qui, en fait, ne procède pas à l’utilisation du renseignement mais qui utilise toute sa production pour la diffuser à différentes agences américaines.

Le Brésil, le Mexique, la France et aujourd’hui l’Allemagne, tous victimes présumées de la NSA, dénoncent publiquement les pratiques américaines. Mais quelqu’un comme Bernard Kouchner, l’ancien chef de la diplomatie française, affirme que nous faisons la même chose, « Nous espionnons, nous écoutons, mais avec moins de moyens ». Est-ce que tout cela n’est pas, selon vous, un jeu de dupes ?

C’est un jeu de dupes, mais comme les relations entre les Etats sont un jeu de dupes. Quand vous regardez la norme internationale qui est le droit international, depuis que les pratiques d’espionnage existent, les Etats ont signé entre eux des traités pour faciliter certaines choses et pour interdire d’autres choses. Du point de vue du droit international, l’espionnage n’est pas interdit. Donc il est licite. Et les Etats se sont, bien sûr, dès la fin du XIXe siècle, bien gardés de s’interdire mutuellement la pratique de l’espionnage à l’extérieur de leur territoire. Donc effectivement, on peut dire que c’est un jeu de dupes, en même temps il faut bien regarder ce qui est en cause, de la part de la NSA c’est quand même à l’égard de ses grands partenaires commerciaux et politiques, le Brésil, la France ou l’Allemagne. Et là, le jeu de dupes, qui est en partie dévoilé, peut avoir des incidences sur ce qui est la base de la relation entre des alliés et des partenaires : cela s’appelle la confiance.

Voir enfin:

Poutine supplante Obama comme la personne la plus puissante du monde

Le Vif

Source: Belga

30 octobre 2013

Le président russe Vladimir Poutine a évincé son homologue américain Barack Obama de la première place du classement Forbes 2013 des personnes les plus puissantes au monde, publié mercredi par le magazine américain.

Le président Obama figure à la deuxième place de cette liste, suivi du président du parti communiste chinois Xi Jinping, et du pape François, qui y fait son apparition pour la première fois.

« Poutine a solidifié son contrôle sur la Russie, et tous ceux qui ont regardé le jeu d’échecs autour de la Syrie ont une idée claire du glissement de pouvoir vers Poutine sur la scène internationale », écrit Forbes pour expliquer sa première place.

La première femme à y figurer est la chancelière allemande Angela Merkel, à la 5e place. Le président français François Hollande, dont Forbes souligne qu’il est au plus bas dans les sondages de popularité, passe de la 14e à la 18e place.

Le pouvoir des 72 personnes – dirigeants politiques, chefs d’entreprise ou philanthropes – qui figurent sur cette liste annuelle consultable sur le site du magazine (www.forbes.com) a été déterminé à partir de quatre critères: le nombre de personnes sur lesquelles elles ont du pouvoir, les ressources financières qu’elles contrôlent, l’étendue de leur influence et comment elles exercent leur pouvoir pour changer le monde.

On y trouve le cofondateur de Microsoft Bill Gates à la 6e place, Ben Bernanke, le président sortant de la réserve fédérale américaine à la 7e, le roi Abdallah d’Arabie saoudite à la 8e, le Premier ministre britannique David Cameron à la 11e.

Les autres Européens de la liste sont notamment l’Italien Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (9e), le président du groupe Volkswagen Martin Winterkorn qui fait son entrée à la 49e place, et Bernard Arnault, le patron du groupe français de luxe LVMH (54e).


‘Gravity’: C’est une histoire de renaissance (Behind the technical wonders, a good old redemption story ?)

25 octobre, 2013
https://i0.wp.com/www.aceshowbiz.com/images/still/gravity-poster01.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/10/a93af-gravity_bullock_2-crop-promovar-mediumlarge.jpgEn vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Jésus (Jean 3: 3)
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. Pascal
Le service religieux mené par le nouvel archevêque de Cantorbéry, Mg Justin Welby, a été on ne peut plus traditionnel. Elizabeth II est le gouverneur suprême de l’Eglise d’Angleterre, la religion officielle. L’héritier au trône, le prince Charles, entend couper ce cordon ombilical paradoxal dans un pays largement déchristianisé et dans une société multiculturelle où les confessions catholique, musulmane et bouddhiste ont le vent en poupe. William, lui, fortement marqué par l’influence de la reine, est ouvertement hostile à la défense de « toutes les croyances », réforme préconisée par le prince de Galles. Le choix des hymnes ou la teneur des sermons lors du baptême du prince George ont témoigné de cet attachement à la ligne religieuse la plus rigoriste. Le Monde
L’espace qu’on voit dans le film est aussi le miroir d’un espace intérieur. Le personnage dérive dans le vide intersidéral, victime de sa propre inertie. Il est dans sa bulle, fermé à toute communication. C’est la situation d’une personne isolée, qui pourrait être seule, quelque part dans une ville, et qui affronte l’adversité. C’est une histoire de renaissance. Des spectateurs y ont vu des sous-entendus spirituels. D’autres des sous-entendus médicaux et organiques. Pourquoi pas… J’y ai vu des sous-entendus biologiques. C’est aussi sur l’espèce humaine, avec la référence à Darwin, à la fin, lorsqu’elle sort de l’eau comme un amphibien, puis se lève sur ses jambes. Avec Jonas, on a pris plaisir à ouvrir le champs des possibles, en matière d’interprétations et d’imaginaire. Nous ne voulions pas dicter un point de vue unique. Alfonso Cuarón
A travers l’histoire de cette renaissance unique, Alfonso Cuarón radicalise et perfectionne le propos de ses Fils de l’homme. Avec Gravity, c’est encore à l’humanité entière que s’en prend le cinéaste, filmant une renaissance anthropologique en butte à la technologie. Comme le Titanic de James Cameron en son temps, Gravity est un film-époque à grand spectacle, centré sur un moyen de transport, incarnation d’un monde hors de contrôle. Les similitudes scénaristiques sont évidentes : il s’agit de regagner la terre ferme, et c’est la femme qui guide le film, sauvée par le sacrifice et la force morale de l’homme. (…) notre héroïne tente de réparer une station spatiale, mais est prise de nausées annonçant déjà une sorte de mal du pays (la terre, la pesanteur). Le plan s’étire jusqu’à ce que les débris percutent les astronautes, et suit leur déroute dans un détraquage des mouvements et des sens. Car les machines, une à une, deviennent folles et meurtrières, explosent, prennent feu : la technologie, écran entre l’homme et son humanité, abandonne celui-ci. Ainsi, le film qui est saturé par la technique en écrit aussi simultanément la condamnation. L’avarie de la navette spatiale oblige à une ingéniosité primaire et perdue. Le propulseur de Matt Kowalski (permettant d’avancer dans l’espace) n’a plus de carburant. Il faudra le remplacer par un extincteur, que l’ingéniosité transforme en propulseur de fortune. Lorsque l’héroïne parvient enfin à s’introduire dans une navette, elle se retrouve face à des centaines de boutons en chinois. (…) Dans Gravity, le salut passe par des navettes de tous pays (chinoises et internationales), montrant que le combat en solitaire de l’astronaute pour la survie est un combat de l’humanité entière, comme portée par cette première femme. Tandis que Ryan Stone (le nom est éloquent) travaille à son retour sur Terre, la mise en scène vertigineuse tend à se réguler enfin. Retrouver la pesanteur, c’est prendre conscience de sa corporéité, pour l’astronaute comme pour la mise en scène. Le salut du film dépend de sa capacité à se défaire de sa technicité. Pour voir enfin la caméra se poser dans un final épuré, il faudra que l’héroïne retrouve le contact du sol, et redécouvre, pas après pas, son humanité. Louis Séguin
During this final sequence, there appear at least two explicitly religious scenes: Aboard the Russian Soyuz, an Orthodox ikon above the spacecraft’s “dashboard”; on the Chinese Shenzhou, a statue of Buddha in the same location. Significantly, these religious images are featured on board the two spacecraft that play salvific roles. (The parallel figure we see aboard the crippled American space shuttle is a figurine of Marvin the Martian – the buffoonish cartoon alien bent on universal domination. Commentary, perhaps?) When Stone finally reaches Earth, her capsule sinks to the bottom of a shallow lagoon. She must swim to the surface and pull herself, alone (rescue crews haven’t had arrived yet) onto the shore of an Edenic landscape. Climbing onto land, unused to the eponymous “gravity,” she needs a moment to learn to walk again – the baptismal and rebirth motifs of her redemption story here fitting perfectly into the actual consequences of spaceflight. Throughout, Stone is always just a hair’s breadth away from becoming just another piece of cold debris floating through the vast, silent, beautiful cosmos. Vast distances and loneliness are ubiquitous, emphasized by the fact that Clooney and Bullock are the only actors ever seen alive in the entire movie. In one moment, Stone almost acquiesces to the “truth” of this empty loneliness, but through submission to a seeming act of revelation and a prayer, she manages to keep her life and is saved. But as is Hollywood’s usual way, this saving faith is generic, grounded in eclectic religious symbols – not really faith in anything in particular. To be sure, this kind of ambiguity is often found in good literature. Anything more than hints and suggestions can descend quickly into heavy-handed sermonizing rather than good storytelling. Yet Stone’s discovery of the need for faith calls for the effort to ground that faith in something solid. In the grandest scheme of things, Stone’s position marooned in space is really not that different than ours, sailing through the same vast space, albeit in our case on the Earth. Death is nevertheless a possibility at any moment. So what is this faith that finally saves? A delusional assertion of self in a fundamentally meaningless cosmos? A feel-good, eclectic spirituality? Or, to take a hint from the film’s respect for hard scientific fact, could there be a faith actually based in solid truth? These questions aren’t answered in Gravity. But one thing the film makes clear, amidst its impressive visuals and exacting accuracy: for man, lost in the cosmos, to really live requires more than technical and scientific fact. It takes a faith and a hope that come from beyond us. Michael Baruzzini
More than that film (and more than “Hugo” or “How to Train Your Dragon” or any other high-quality recent specimens), “Gravity” treats 3-D as essential to the information it wants to share. The reason for that is summed up in the title, which names an obvious missing element. Nothing in the movie — not hand tools or chess pieces, human bodies or cruise-ship-size space stations — rests within a stable vertical or horizontal plane. Neither does the movie itself, which in a little more than 90 minutes rewrites the rules of cinema as we have known them. But maybe not quite all of them, come to think of it. The script is, at times, weighed down by some heavy screenwriting clichés. Some are minor, like the fuel gauge that reads full until the glass is tapped, causing the arrow to drop. More cringe-inducing is the tragic back story stapled to Stone, a doctor on her first trip into orbit. We would care about her even without the haunting memory of a dead child, who inspires a maudlin monologue and a flight of orchestral bathos in Steven Price’s otherwise canny and haunting score. I will confess that the first time I saw “Gravity,” I found its talkiness annoying. Not just Ms. Bullock’s perky-anxious soliloquizing, but also Mr. Clooney’s gruff, regular-guy wisecracking. Doesn’t Stone say her favorite thing about space is the silence? But a second viewing changed my mind a bit. It’s not that the dialogue improved — it will not be anyone’s favorite part of the movie — but rather that its relation to that silence became clearer. Stone and Kowalski jabber on, to themselves and each other and to Houston “in the blind,” partly to keep the terror of their situation at bay, to fight the overwhelming sense of how tiny and insignificant they are in the cosmos. This assertion of identity is ridiculous and also, for that very reason, affecting. For all of Mr. Cuarón’s formal wizardry and pictorial grandeur, he is a humanist at heart. Much as “Gravity” revels in the giddy, scary thrill of weightlessness, it is, finally, about the longing to be pulled back down onto the crowded, watery sphere where life is tedious, complicated, sad and possible. The NYT
The overall villain in the movie is not a human and not even the eponymous gravity. Not directly, at least: The true antagonist is orbital mechanics. It comes into play when the satellite debris first swarms past the astronauts and rears its Newtonian head again and again throughout the movie when the astronauts make their way to the ISS and then push on to the Chinese space station Tiangong. The thing is, well … this won’t work. The problem is that most folks think of space as just having no gravity, so you can jet off to wherever you need to go by aiming yourself at your target and pushing off, like someone sliding on ice. But it doesn’t work that way. The reason is that there is gravity in orbit! The Earth’s. And objects orbiting the Earth are moving at high velocity, many kilometers per second, to stay in orbit. If you want to get from Point A to Point B you can’t just be at the right place at the right time; you need to match velocities as well. If the two objects are in different orbits, that gets a lot harder. Orbital velocity depends on altitude, so objects at different heights move at vastly different speeds, adding up to many hundreds if not thousands of kilometers per hour. The orbits can be tilted with respect to one another, making it hard to match direction. The shapes of the orbits can be different, too, again complicating a rendezvous.
Another significant plot point happens when Clooney and Bullock reach ISS. Still attached by a tether, they have a hard time finding a grip on the station to stop themselves. Eventually, Bullock’s leg gets tangled in the parachute shroud line from the Soyuz escape capsule. Its hold is tenuous, and she struggles to hold on to Clooney as he is pulled away from her. As her leg starts to slip, Clooney unclips his tether and falls away to his doom, saving her in the process. Except, well, not so much. The thing is, they very clearly show that when Bullock’s leg got tangled up in the shroud line, both her and Clooney’s velocity relative to the space station was zero. They had stopped. On Earth, if one person is hanging by a rope and holding on to a second person, yeah, gravity is pulling them both down, the upper person bearing the weight of the lower one. If the upper person lets go, the other falls away. But in orbit, they’re in free-fall. Gravity wasn’t pulling Clooney away from Bullock; there were essentially no forces on him at all, so he had no weight for Bullock to bear! All she had to do was give the tether a gentle tug and Clooney would’ve been safely pulled toward her. Literally an ounce of force applied for a few seconds would’ve been enough. They could’ve both then used the shroud lines to pull themselves to the station. This is a case where our “common sense” doesn’t work, because we live immersed in gravity, pulled toward the center of the Earth, supported by the ground. In space, things are different. During that scene, knowing what I know, all I could do was scream in my head “CLOONEY DOESN’T HAVE TO DIE!” but it was to no avail. My publicly admitted man-crush on Clooney plus my not-so-inner physics nerd made that scene hard to watch. Phil Plait
Le syndrome de Kessler est un scénario envisagé en 1978 par le consultant de la NASA Donald J. Kessler (en), dans lequel le volume des débris spatiaux en orbite basse atteint un seuil au-dessus duquel les objets en orbite sont fréquemment heurtés par des débris, augmentant du même coup et de façon exponentielle le nombre des débris et la probabilité des impacts. Au delà d’un certain seuil, un tel scénario rendrait quasi-impossible l’exploration spatiale et même l’utilisation des satellites artificiels pour plusieurs générations. Le syndrome de Kessler est un exemple de réaction en chaîne. Les vitesses relatives des objets en orbite peuvent dépasser 10 km/s. Tout impact à de telles vitesses entre deux objets de taille appréciable (de quelques centimètres ou décimètres) crée un nuage de débris à trajectoires aléatoires, dispersant l’énergie cinétique de la collision, qui sont autant de projectiles susceptibles de provoquer d’autres collisions. Lors d’une collision majeure mettant en cause un gros satellite comme la station orbitale, la quantité de débris pourrait rendre les orbites basses totalement impraticables. Cependant, plus on est à basse altitude (où la densité de ces débris devrait être la plus forte), plus l’atmosphère résiduelle subsiste, ce qui freine les débris et provoque leur entrée dans l’atmosphère. La densité des débris à basse orbite est donc plus faible que prévue. Les orbites les plus denses sont ainsi comprises entre 800 et 1 200 km. Wikipedia
Aujourd’hui, ces « écolos » spatiaux sont plus écoutés. Précisément depuis 2007, quand les Chinois ont amorcé une réaction en chaîne en tirant sur un de leurs satellites pour prouver leurs capacités spatiales militaires. L’opération a engendré 3 000 débris spatiaux et enclenché le « syndrome de Kessler », du nom d’un chercheur de la NASA qui, à la fin des années 1970, avait prédit que l’accumulation d’engins spatiaux et les collisions qui en résulteraient immanquablement allaient produire toujours plus de débris. Après la « démonstration » chinoise, les Américains ont répliqué en 2008 en abattant au missile un de leurs satellites en orbite basse, mais plus proprement – tous les débris sont désormais retombés. Ce n’est pas le cas de ceux produits en 2009 par la collision accidentelle entre un satellite de la constellation Iridium et un satellite russe Cosmos désactivé. Les 2 000 débris produits se sont ajoutés aux 170 millions d’objets de plus de 1 millimètre en orbite, dont 20 000, d’une taille supérieure à 10 cm, peuvent faire l’objet d’une surveillance depuis la Terre. Le pouvoir de destruction de ces bolides croisant à plusieurs kilomètres par seconde est potentiellement dévastateur pour les activités spatiales. Le Monde

Attention: un baptême peut en cacher un autre !

Icone russe, bouddha chinois, Marvin le Martien, sacrifice christique, lagon édénique, glaise adamique …

A l’heure où, contre les visées multiculturelles du Prince Charles, les jeunes parents du prince George retrouvent la tradition du baptême chrétien …

Pendant qu’oubliant son passé génocidaire, l’Europe envisage d’interdire la circoncision

Comment ne pas être touché comme le rappelle la critique d’un site catholique américain …

Au-delà de la magnificence des images de l’espace et de notre bonne vielle Terre comme de la haletante histoire de survie ….

Et malgré les quelques invraisemblances techniques (l’apparente inutilité du sacrifice de Kowalsky, les larmes flottantes, les problèmes d’orbites) …

A laquelle nous convie le film du réalisateur mexican Alfonso Cuarón (‘Gravity’) …

Par la sensation de l’incroyable fragilité de l’existence humaine dans l’effrayant mais encombré silence des espaces intersidéraux …

Mais aussi par cette autre image baptismale, c’est-à-dire à la fois de mort et ressurection …

D’une héroïne un temps tentée par le suicide après le double naufrage de la perte de sa fille et de ses partenaires astronautes  …

Mais redécouvrant, via le sacrifice et l’inspiration de son partenaire, la prière pour enfin réémerger à la fin des eaux d’un lagon édénique …

Et retrouver à la fois le plaisir du toucher de notre glaise originale …

Et du réapprentissage, pour cette nouvelle première femme et première Eve, de la marche dans notre bonne vieille gravité ?

Faith in Space: A Review of “Gravity”

Michael Baruzzini

The Catholic thing

09 October 2013

The film Gravity just opened to box-office success, telling a story about astronauts Ryan Stone (Sandra Bullock) and Matt Kowalski (George Clooney) who are stranded in space after satellite debris destroys their space shuttle. Cut off from contact with Earth (voice of Ed Harris, in a nod to his roles in The Right Stuff and Apollo 13), the two must try to survive. Spoilers, be warned, ahead.

Is this movie science fiction? It certainly has the feel of a science-fiction story. Its greatest achievement, however, is its stark realism, in particular the beautiful and realistic visuals. All of the spacecraft, the technology, and (with one major exception) the events that happen are real spacecraft and technologies, accurately portrayed. None of the elements are “speculative.” Gravity is not science fiction, but a disaster film set in the world of present-day spaceflight.

One area where realism is almost entirely sacrificed, and understandably so, is in the depiction of distances between objects orbiting Earth. There is no way that the characters could have managed to fly from the space shuttle docked to the Hubble Space Telescope, to the International Space Station, and to Shenzhou as they do in the movie. Each of these orbits at different altitudes and inclinations. It’s like making a film in which someone survives the Titanic by just swimming to shore.

Still, for dramatic purposes, belief may be suspended, and the plot is straightforward: a sequence of effect-packed events the protagonists must endure to survive. Like all action movies, the characters are given emotional backgrounds with “issues” that must be worked through: In this case, Stone’s tendency towards despair and passivity in the face of tragic events. The drama is sometimes a bit overwrought and just shy of contrived. But it hints at a religion-friendly perspective.

Stone lost her four-year-old daughter in a freak playground accident, and has coped by engaging only with her work, remaining distant and aloof otherwise. After the disaster and subsequent loss of Kowalski, she is the sole survivor and is prepared to give up. Having made her way aboard a crippled Soyuz capsule, Stone mourns the fact that she has never learned to pray, in part because she has never really believed in anything. She shuts off the oxygen to the cabin and prepares to die.

Suddenly, the lost Kowalski reappears outside, climbs aboard the capsule, and gives her a humorous pep talk, encouraging her to keep trying. He also reminds her that the Soyuz’ landing engines still have fuel, possibly enough to get her to the Chinese space station. (A science aside: Stone could have survived the brief exposure to the vacuum that she encounters in this scene when Kowalski opens the hatch, but not without consequences, and the fact that she’s just fine is a clue that something isn’t quite right about what follows.)

Who or what is Kowalski in this scene? The film is properly ambiguous. Is he a figment of Stone’s oxygen-deprived brain? Kowalski himself, communicating from beyond the grave? An angel? In any case, his message works. Stone awakes to find herself alone, turns the oxygen back on, and follows Kowalski’s suggestion to find the Chinese station, which is rapidly deorbiting, but still has a Shenzou capsule available.

During this final sequence, there appear at least two explicitly religious scenes: Aboard the Russian Soyuz, an Orthodox ikon above the spacecraft’s “dashboard”; on the Chinese Shenzhou, a statue of Buddha in the same location. Significantly, these religious images are featured on board the two spacecraft that play salvific roles. (The parallel figure we see aboard the crippled American space shuttle is a figurine of Marvin the Martian – the buffoonish cartoon alien bent on universal domination. Commentary, perhaps?)

When Stone finally reaches Earth, her capsule sinks to the bottom of a shallow lagoon. She must swim to the surface and pull herself, alone (rescue crews haven’t had arrived yet) onto the shore of an Edenic landscape. Climbing onto land, unused to the eponymous “gravity,” she needs a moment to learn to walk again – the baptismal and rebirth motifs of her redemption story here fitting perfectly into the actual consequences of spaceflight.

Throughout, Stone is always just a hair’s breadth away from becoming just another piece of cold debris floating through the vast, silent, beautiful cosmos. Vast distances and loneliness are ubiquitous, emphasized by the fact that Clooney and Bullock are the only actors ever seen alive in the entire movie. In one moment, Stone almost acquiesces to the “truth” of this empty loneliness, but through submission to a seeming act of revelation and a prayer, she manages to keep her life and is saved.

But as is Hollywood’s usual way, this saving faith is generic, grounded in eclectic religious symbols – not really faith in anything in particular. To be sure, this kind of ambiguity is often found in good literature. Anything more than hints and suggestions can descend quickly into heavy-handed sermonizing rather than good storytelling. Yet Stone’s discovery of the need for faith calls for the effort to ground that faith in something solid.

In the grandest scheme of things, Stone’s position marooned in space is really not that different than ours, sailing through the same vast space, albeit in our case on the Earth. Death is nevertheless a possibility at any moment. So what is this faith that finally saves? A delusional assertion of self in a fundamentally meaningless cosmos? A feel-good, eclectic spirituality? Or, to take a hint from the film’s respect for hard scientific fact, could there be a faith actually based in solid truth?

These questions aren’t answered in Gravity. But one thing the film makes clear, amidst its impressive visuals and exacting accuracy: for man, lost in the cosmos, to really live requires more than technical and scientific fact. It takes a faith and a hope that come from beyond us.

Michael Baruzzini is a freelance science writer and editor who writes for Catholic and science publications, including Crisis, First Things, Touchstone, Sky & Telescope, The American Spectator, and elsewhere. He is also the creator of

CatholicScience.com, which offers online scisnce curriculum resources for Catholic students.

Voir aussi:

Alfonso Cuarón : “ ‘Gravity’, c’est une histoire de renaissance”

Entretien | Comment arriver à la prouesse technique de la vraisemblance et du réalisme à l’écran ? Le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón raconte sa conquête de l’espace.

Télérama

18/10/2013

Propos recueillis par Jacques Morice

Drôle de zèbre, cet Alfonso Cuarón. Un cinéaste mexicain, résolument éclectique, qui a grandi à Mexico et fait ses classes aux Etats-Unis, à la télévision. En 2001, il décroche la timballe grâce à Y tu mama tambien, une comédie sensible tournée au Mexique, avec Gael Garcia Bernal. Suivent Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (2004) et Les Fils de l’homme (2006), film d’anticipation glaçant et original autour d’une Angleterre aux abois, devenue dictature policière. Aujourd’hui, Alfonso Cuarón a décroché la Lune. Space-movie au réalisme stupéfiant, Gravity nous emmène, nous immerge surtout, au cœur du vide intersidéral, tout là-haut, aux portes du néant, d’une possible renaissance aussi. Rencontre avec son chef de mission.

[Attention, Alfonso Cuarón dévoile certains éléments-clés du film dans cet entretien.]

Autant de contemplation que d’action, priorité aux plans-séquence, économie de dialogues, un seul personnage à la moitié du film : vouliez-vous défier les lois d’Hollywood ?

Je ne pense pas à Hollywood, ni à transgresser ou calculer quoi que ce soit. Je sais qu’en France, vous pensez beaucoup à catégoriser, à définir ce qui est commercial ou non. Je pense pour ma part simplement en terme de cinéma. Et je suis toujours confiant vis-à-vis du public en me disant qu’il partage la même attente de cinéma que moi. Lorsque j’ai commencé à travailler le scénario avec mon fils, Jonas, ce dernier tenait à une chose : que le film nous cloue à notre fauteuil. Il fallait pour cela un suspense maximal, une tension maintenue de bout en bout. Le scénario était lui-même très dense. C’était ce que les studios appellent un « page-turner », un objet impossible à lâcher. Cela aide à convaincre les producteurs. Tant que la structure est bonne, on peut la remplir à sa guise de toutes sortes d’éléments… Ce que nous voulions, c’était suivre la journée d’un personnage confronté à des montagnes russes émotionnelles. Et que tout un chacun puisse s’identifier. L’important était que les thèmes soient signifiés par des métaphores visuelles, pas par la rhétorique. Eviter la rhétorique, c’était le leitmotiv de mon fils.

N’est-ce pas insolite d’écrire avec son fils ?

J’ai travaillé avec lui comme avec n’importe quel autre scénariste. Mais je tiens à lui rendre hommage, car son énergie m’a souvent inspiré. Il est très pragmatique, plus direct que moi. C’est lui qui m’a incité à retrancher une partie des dialogues, à aller vers des sensations et des sentiments primitifs, à profiter d’une certaine liberté visuelle, métaphorique. Nous avions deux modèles pour ce film, que nous avons évoqués dès le premier jour. Pas du tout des space-movies : il s’agit d’Un Condamné à mort s’est échappé, de Robert Bresson (1956) et de Duel, de Spielberg (1971). Ces deux films ont en commun de suivre un personnage comme en temps réel, avec deux tons complètement différents. Celui de Bresson est dépouillé et contemplatif. Celui de Spielberg correspond davantage à une approche de film d’action. Mais les deux ont des résonances existentielles. Métaphysiques chez Bresson, plus prosaïques chez Spielberg, où le personnage combat une étrange force du mal, un démon qui est presque en lui. La fin de Gravity se rapproche de celle du Condamné à mort s’est échappé. L’héroïne se lève et marche. On ne sait pas ce qui va lui arriver ensuite, si elle ne va pas être de nouveau bloquée. L’important, c’est qu’elle ait échappé au pire, au cours de cette journée.

Atteindre un tel réalisme dans l’action suppose paradoxalement de recourir à pas mal d’effets spéciaux. Jusqu’où êtes-vous allé dans l’avancée technologique ?

La technologie, les effets spéciaux, tout cela, ce n’est qu’un moyen, pas une fin. Il ne faut jamais l’oublier. Les deux objectifs étaient ici d’honorer les lois de la pesanteur et de paraître réaliste à l’image. Or, tout était rendu compliqué par le choix des plans-séquences, auxquels je tenais beaucoup. Moi-même, je ne suis pas du tout une personne technophile. Je sais à peine envoyer des courriels et faire des recherches sur Google… Et pourtant, je me suis retrouvé à orchestrer une caméra-robot, le travail de marionnettistes, l’animation informatique et infographique, et le dispositif révolutionnaire de la « Light Box » [un cube creux éclairé de minuscules lampes LED, dans lequel était enfermée Sandra Bullock]. J’étais en charge avec Emmanuel Lubezki, le directeur de la photo, et Tim Webber, responsable des effets spéciaux, de superviser tout ça. Nous étions sans doute les seuls à comprendre de quoi il s’agissait ! Car chacun avait une tâche qualifiée, très spécifique, sans savoir forcément à quoi elle était destinée dans l’ensemble.

Combien de temps a réclamé la réalisation de ce film ?

Quatre ans et demi. Car on a tâtonné avant de trouver, de développer ces nouvelles technologies et de les combiner. Toute l’animation était faite avant de démarrer le tournage. Ensuite, il a fallu faire tout coïncider : l’animation, l’éclairage, le tournage de l’action.

De quoi êtes-vous le plus fier ?

De la performance de Sandra Bullock. C’était un véritable exercice d’abstraction pour cela. Elle a joué dans la « Light Box », sans repères, sans avoir de retour. C’était comme une chorégraphie, avec des mouvements très rythmés, très cadencés… Sinon, il y a une séquence que j’aime tout particulièrement et que les gens n’ont pas forcément relevé, à la différence du plan du début ou de celui où la main de Georges Clooney lâche celle de Bullock : c’est le moment où Sandra Bullock est dans la capsule Soyouz. Elle entend et parle soudain à cet homme sur la Terre, mais dont elle ne comprend pas la langue. Elle pleure, se résigne à mourir, s’assoupit. Georges Clooney réapparait, prodigue ses conseils. Puis repart. Elle se fait alors violence, s’efforce de relancer la machine. Tout cela, c’est un seul et unique plan séquence ! On a d’ailleurs fait un court-métrage, qui a été montré à Venise, sur le contrechamp de cette action : le point de vue de celui qui est sur Terre. On y voit la personne qui parle : un Inuit, au fin fond du Groenland.

Le lointain et le proche, la pesanteur et l’apesanteur, l’infiniment grand et l’infiniment petit… Les extrêmes se rejoignent souvent dans votre film.

Absolument. L’espace qu’on voit dans le film est aussi le miroir d’un espace intérieur. Le personnage dérive dans le vide intersidéral, victime de sa propre inertie. Il est dans sa bulle, fermé à toute communication. C’est la situation d’une personne isolée, qui pourrait être seule, quelque part dans une ville, et qui affronte l’adversité. C’est une histoire de renaissance. Des spectateurs y ont vu des sous-entendus spirituels. D’autres des sous-entendus médicaux et organiques. Pourquoi pas… J’y ai vu des sous-entendus biologiques. C’est aussi sur l’espèce humaine, avec la référence à Darwin, à la fin, lorsqu’elle sort de l’eau comme un amphibien, puis se lève sur ses jambes. Avec Jonas, on a pris plaisir à ouvrir le champs des possibles, en matière d’interprétations et d’imaginaire. Nous ne voulions pas dicter un point de vue unique.

La Nasa a t-elle été consultée ?

Elle n’était pas impliquée, en tant qu’institution. Car il y a trop de casse pour elle, dans le film ! Mais on a fait appel à plusieurs astronautes ayant travaillé pour la NASA, et qui ont servi de consultants. D’autres, qui ont vu le film depuis, comme Jean-François Clervoy, sont très supporters. Et pour cause : ils s’y retrouvent totalement, car ce qu’on montre est fidèle à la réalité. On peut ne pas aimer le film, mais je pense qu’il y a deux choses sur lesquelles on est irréprochable : c’est le respect des lois de la physique et la véracité des outils technologiques employés.

Quel sera votre prochain film ?

J’ai commencé un autre scénario avec mon fils, mais ce « salaud » est très occupé en ce moment, puisqu’il tourne son film, Désert, avec Gael Garcia Bernal. Il va donc falloir que je patiente…

Gravity

On a marché sur la Terre

Louis Séguin

Transfuge

Un homme, une femme, le vide infini : Gravity est une variation dépouillée sur le film-catastrophe version spatiale. Ou comment reconquérir la pesanteur et renaître.

Hollywood est encore capable d’émerveiller, de créer des images vierges, de faire naître les émotions d’une première fois. Alfonso Cuarón s’offre avec Gravity un tour dans l’espace et en rapporte un blockbuster d’une légèreté de nageur. Ryan Stone (Sandra Bullock) et Matt Kowalski (George Clooney), astronautes en mission spatiale, sont attaqués de plein fouet par des débris de satellite en orbite. S’ensuit un programme de film catastrophe assez classique : retrouver la Terre par tous les moyens et, en l’occurrence, la pesanteur du titre. Premier tour de force : l’économie scénaristique confine à l’épure. On ne verra d’ailleurs que les deux personnages cités, si l’on omet un troisième tôt disparu. La solitude des naufragés célestes est comme démultipliée par la beauté effrayante du paysage, la Terre bleue brillant au milieu d’une infinie étendue de sombre et d’oubli, aux reflets intermittents de lumière crue.

Si le film procure bien des sensations inédites, la première fois est aussi son sujet. Il s’agit, en effet, de filmer une venue au monde. Le sens dramatique (le retour sur terre) se double rapidement de son sens métaphorique et courant, et Gravity exploite à fond l’imagerie de la (re)naissance. On voit ainsi l’astronaute Ryan Stone en position foetale, confrontée à un silence utérin, et devant (au sortir de son oeuf) rapprendre à marcher, comme un nouveau-né, comme un premier homme. Le foetus de 2001 se rappelle à la mémoire du spectateur. Gravity s’ancre ainsi dans la lignée des grands films utilisant l’espace comme une terre vierge, ou plutôt comme une absence de terre, et donc de passé, de ce qui éloigne l’homme de son état de nature.

Car, à travers l’histoire de cette renaissance unique, Alfonso Cuarón radicalise et perfectionne le propos de ses Fils de l’homme. Avec Gravity, c’est encore à l’humanité entière que s’en prend le cinéaste, filmant une renaissance anthropologique en butte à la technologie. Comme le Titanic de James Cameron en son temps, Gravity est un film-époque à grand spectacle, centré sur un moyen de transport, incarnation d’un monde hors de contrôle. Les similitudes scénaristiques sont évidentes : il s’agit de regagner la terre ferme, et c’est la femme qui guide le film, sauvée par le sacrifice et la force morale de l’homme. Mais alors que Titanic était un paquebot lourd comme le siècle, et induisait une mise en scène d’artillerie lourde, l’expédition Gravity marque le règne de la technologie numérique, qui brille de ses plus beaux feux grâce à la caméra virtuose d’Alfonso Cuarón. Elle non plus ne pèse pas, mais virevolte dans les airs et les images de synthèse. Elle caresse les personnages comme un doigt effleure une tablette tactile. La mise en scène dans l’espace, prouesse incomparable du cinéaste, rend compte, notamment dans son plan séquence initial d’un quart d’heure, d’une fluidité (technologique) que l’accident dérègle. Dans cette ouverture, notre héroïne tente de réparer une station spatiale, mais est prise de nausées annonçant déjà une sorte de mal du pays (la terre, la pesanteur). Le plan s’étire jusqu’à ce que les débris percutent les astronautes, et suit leur déroute dans un détraquage des mouvements et des sens. Car les machines, une à une, deviennent folles et meurtrières, explosent, prennent feu : la technologie, écran entre l’homme et son humanité, abandonne celui-ci. Ainsi, le film qui est saturé par la technique en écrit aussi simultanément la condamnation. L’avarie de la navette spatiale oblige à une ingéniosité primaire et perdue. Le propulseur de Matt Kowalski (permettant d’avancer dans l’espace) n’a plus de carburant. Il faudra le remplacer par un extincteur, que l’ingéniosité transforme en propulseur de fortune. Lorsque l’héroïne parvient enfin à s’introduire dans une navette, elle se retrouve face à des centaines de boutons en chinois. Le Titanic, monde miniature, emportait dans son naufrage la lutte des classes. Dans Gravity, le salut passe par des navettes de tous pays (chinoises et internationales), montrant que le combat en solitaire de l’astronaute pour la survie est un combat de l’humanité entière, comme portée par cette première femme. Tandis que Ryan Stone (le nom est éloquent) travaille à son retour sur Terre, la mise en scène vertigineuse tend à se réguler enfin. Retrouver la pesanteur, c’est prendre conscience de sa corporéité, pour l’astronaute comme pour la mise en scène. Le salut du film dépend de sa capacité à se défaire de sa technicité. Pour voir enfin la caméra se poser dans un final épuré, il faudra que l’héroïne retrouve le contact du sol, et redécouvre, pas après pas, son humanité.

Between Earth and Heaven

A. O. Scott

The New York Times

October 3, 2013

“Life in space is impossible.” That stark statement of scientific fact is one of the first things to appear on screen in “Gravity,” but before long, it is contradicted, or at least complicated. As our eyes (from behind 3-D glasses) adjust to the vast darkness, illuminated by streaks of sunlight refracted through the Earth’s atmosphere, we detect movement that is recognizably human and hear familiar voices. Those tiny figures bouncing around on that floating contraption — it looks like a mobile suspended from a child’s bedroom ceiling — are people. Scientists. Astronauts. Movie stars. (Sandra Bullock and George Clooney in spacesuits, as Mission Specialist Ryan Stone and Mission Commander Matt Kowalski; Ed Harris, unseen and unnamed, as “Houston” down below).

The defiance of impossibility is this movie’s theme and its reason for being. But the main challenge facing the director, Alfonso Cuarón (who wrote the script with his son Jonás), is not visualizing the unimaginable so much as overcoming the audience’s assumption that we’ve seen it all before. After more than 50 years, space travel has lost some of its luster, and movies are partly to blame for our jadedness. It has been a long time since a filmmaker conjured the awe of “2001: A Space Odyssey” or the terror of “Alien” or captured afresh the spooky wonder of a trip outside our native atmosphere.

Mr. Cuarón succeeds by tethering almost unfathomably complex techniques — both digital and analog — to a simple narrative. “Gravity” is less a science-fiction spectacle than a Jack London tale in orbit. The usual genre baggage has been jettisoned: there are no predatory extraterrestrials, no pompous flights of allegory, no extravagant pseudo-epic gestures. Instead, there is a swift and buoyant story of the struggle for survival in terrible, rapidly changing circumstances. Cosmic questions about our place in the universe are not so much avoided as subordinated to more pressing practical concerns. How do you outrun a storm of debris? Launch a landing module without fuel? Decipher an instruction manual in Russian or Chinese?

It has recently been observed that not all of the film’s answers to these questions are strictly accurate. The course that Stone and Kowalski plot from the Hubble Space Telescope to the International Space Station would apparently not be feasible in real life. (On the other hand, I was relieved to learn that a fire extinguisher really can serve as a makeshift zero-G jetpack. Not a spoiler, just a word to the wise.) Surely, though, the standard for a movie like this one is not realism but coherence. Every true outlaw has a code. The laws of physics are no exception, and Mr. Cuarón violates them with ingenious and exuberant rigor.

The accidental explosion of a communications satellite silences Houston and, what’s worse, sends a blizzard of shrapnel hurtling toward the astronauts. Quite a bit goes wrong. Straps connecting astronauts to the relative security of their spacecraft are severed. Parachute lines foul engines. Fires break out inside vessels, and stuff outside is smashed to pieces. Not everyone survives. All of it — terrifyingly and marvelously — evades summary and confounds expectations. You have to see it to believe it.

And what you see (through the exquisitely observant lenses of the great cinematographer Emmanuel Lubezki) defies easy description. Stone and Kowalski’s orbital path is perched between the inky infinite and the green, cloud-swept face of home. The perspective is dazzling and jarring, and Mr. Cuarón allows a few moments of quiet, contemplative beauty to punctuate the busy, desperate activity of staying alive. Kowalski, generally an irreverent joker, pauses to savor the sun over the Ganges, and you may find yourself picking out other geographical details. Look, there’s Italy, and the Nile Valley. These reference points are as unsettling as they are reassuring, because they are glimpsed from a vantage point that is newly and profoundly alien.

That sense of estrangement owes a lot to Mr. Cuarón’s use of 3-D, which surpasses even what James Cameron accomplished in the flight sequences of “Avatar.” More than that film (and more than “Hugo” or “How to Train Your Dragon” or any other high-quality recent specimens), “Gravity” treats 3-D as essential to the information it wants to share. The reason for that is summed up in the title, which names an obvious missing element. Nothing in the movie — not hand tools or chess pieces, human bodies or cruise-ship-size space stations — rests within a stable vertical or horizontal plane. Neither does the movie itself, which in a little more than 90 minutes rewrites the rules of cinema as we have known them.

But maybe not quite all of them, come to think of it. The script is, at times, weighed down by some heavy screenwriting clichés. Some are minor, like the fuel gauge that reads full until the glass is tapped, causing the arrow to drop. More cringe-inducing is the tragic back story stapled to Stone, a doctor on her first trip into orbit. We would care about her even without the haunting memory of a dead child, who inspires a maudlin monologue and a flight of orchestral bathos in Steven Price’s otherwise canny and haunting score.

I will confess that the first time I saw “Gravity,” I found its talkiness annoying. Not just Ms. Bullock’s perky-anxious soliloquizing, but also Mr. Clooney’s gruff, regular-guy wisecracking. Doesn’t Stone say her favorite thing about space is the silence?

But a second viewing changed my mind a bit. It’s not that the dialogue improved — it will not be anyone’s favorite part of the movie — but rather that its relation to that silence became clearer. Stone and Kowalski jabber on, to themselves and each other and to Houston “in the blind,” partly to keep the terror of their situation at bay, to fight the overwhelming sense of how tiny and insignificant they are in the cosmos.

This assertion of identity is ridiculous and also, for that very reason, affecting. For all of Mr. Cuarón’s formal wizardry and pictorial grandeur, he is a humanist at heart. Much as “Gravity” revels in the giddy, scary thrill of weightlessness, it is, finally, about the longing to be pulled back down onto the crowded, watery sphere where life is tedious, complicated, sad and possible.

“Gravity” is rated PG-13 (Parents strongly cautioned). Existential terror and the salty language it provokes.

Gravity

Opens on Friday.

Directed by Alfonso Cuarón; written by Alfonso Cuarón and Jonás Cuarón; director of photography, Emmanuel Lubezki; edited by Alfonso Cuarón and Mark Sanger; music by Steven Price; production design by Andy Nicholson; costumes by Jany Temime; visual effects by Tim Webber; produced by Alfonso Cuarón and David Heyman; released by Warner Brothers Pictures. Running time: 1 hour 31 minutes.

WITH: Sandra Bullock (Ryan Stone), George Clooney (Matt Kowalski) and Ed Harris (Voice of Houston).

Bad Astronomy Movie Review: Gravity

Phil Plait

Phil Plait writes Slate’s Bad Astronomy blog and is an astronomer, public speaker, science evangelizer, and author of Death from the Skies! Follow him on Twitter.

Slate

Let’s get this out of the way immediately, so there’s no confusion: The movie Gravity (which opens today) is incredible. It was intense, it was tense, it was thrilling. Go see it. In fact—and I can’t believe I’m writing this—go see it immediately, and if you can, watch it in 3-D. I loved it.

But that love is not without its (minor) reservations. While I can wholeheartedly recommend it—I spent much of it literally on the edge of my seat—there were some things that, as a world-class nitpicky übernerd, I must point out. But I’ll note up front that nothing I whinge about below will detract from the experience of the movie itself. Seriously. It sets the bar for what movies can look like now. Go see it.

What follows below are spoilers, so fairly warned be thee, says I. Let me add that this is not your standard movie review; if you want thematic dissection and all that, then go read my colleague Dana Steven’s piece on Slate. With me, you get science analysis.

Plot Boiler

The plot of the movie can be summed up pretty briefly. Sandra Bullock and George Clooney portray astronauts orbiting the Earth on a routine extravehicular activity mission when a call comes from NASA: A Russian missile has destroyed a satellite, and the debris is headed their way at several kilometers per second. Before they can return to their Shuttle Orbiter, the shrapnel flies past, destroying the spacecraft and killing the crew. Clooney and Bullock make their way to the International Space Station, which is also damaged. Clooney is out of fuel in his Manned Maneuvering Unit and sacrifices himself to save Bullock. She uses a Russian Soyuz berthed to the ISS to get to the Chinese space station, where she finds a re-entry rocket capable of getting her back to Earth. But will she make it?

I won’t spoil the very end for you, because it was very well done. I’ll note that this is pretty much it for the plot—it’s thin, but you probably won’t notice.

That’s because the graphics really are all that. I mean, seriously: The special effects are superb. I generally shy away from movies that are all effects and no plot, but the immersive directing coupled with flawless effects—especially with the 3-D—was so compelling that I honestly felt the simple plot was not a concern as the movie unfolded. The drama and urgency were so riveting that I was essentially living in the moment, just experiencing the movie.

Dork Star

Still. There were some distractions in the form of scientific missteps. I’ll go over a few below, but I want to make myself very clear: My days of nitpicking a movie’s errors to death just because I can are behind me. The story lives or dies on the story, not whatever shortcuts it may need to take to move that story along, as long as those shortcuts don’t leap out and bite you on the nose. The plot of Gravity, unfortunately, does rely on some pivotal science boo-boos, but I understand sacrifices have to be made sometimes for the sake of the movie itself—without them, there’s no movie at all. And I’m far more willing to be forgiving when it’s clear a huge effort was made to get as much right as possible, which is obviously what director Alfonso Cuarón did (an interview at Collect Space confirms all this). The attention to some details was staggering.

So, let me push my glasses up my nose, hike up my flood pants, and blow my nose stentoriously. Let’s get to the glavin.

Orbital Mechanical Breakdown

The overall villain in the movie is not a human and not even the eponymous gravity. Not directly, at least: The true antagonist is orbital mechanics. It comes into play when the satellite debris first swarms past the astronauts and rears its Newtonian head again and again throughout the movie when the astronauts make their way to the ISS and then push on to the Chinese space station Tiangong.

The thing is, well … this won’t work. The problem is that most folks think of space as just having no gravity, so you can jet off to wherever you need to go by aiming yourself at your target and pushing off, like someone sliding on ice. But it doesn’t work that way.

The reason is that there is gravity in orbit! The Earth’s. And objects orbiting the Earth are moving at high velocity, many kilometers per second, to stay in orbit. If you want to get from Point A to Point B you can’t just be at the right place at the right time; you need to match velocities as well. If the two objects are in different orbits, that gets a lot harder. Orbital velocity depends on altitude, so objects at different heights move at vastly different speeds, adding up to many hundreds if not thousands of kilometers per hour. The orbits can be tilted with respect to one another, making it hard to match direction. The shapes of the orbits can be different, too, again complicating a rendezvous.

And in fact, Hubble and the ISS have very different orbits; Hubble orbits the Earth roughly 200 kilometers (125 miles) higher up than the station. A rough calculation shows it orbits about 110 meters per second slower, then—250 miles per hour. Clooney would have a pretty hard time putting the pedal to the metal to get up to that kind of speed in his Manned Maneuvering Unit. (The “jet pack” he has in the movie—I’ll note the MMU is a real device but has nowhere near that kind of oomph; it can only accelerate one person to about 25 meters per second, and remember Clooney was dragging Bullock along for the ride as well.)

Also, the two objects have orbits tipped at wildly different angles (Hubble is 28.5 degrees, while ISS is at 51.6 degrees). Think of it this way: Two cars can be going at the same speed, but if they are at an angle to each other, jumping from one to another is hard, especially if one’s heading east while the other is heading northeast (and you have to jump off an overpass at the same time). At a relative speed of 250 mph, that’s suicide.

Same for Tiangong: The orbital height of the Chinese station is about the same as that of ISS, but the orbits are inclined by about 10 degrees. Matching orbits using just the soft landing rockets on the Soyuz (again, a real thing!) wouldn’t work.

But to be clear, without these plot points, we’d have no movie. It’s fun to think about afterward, but during the movie I’m OK with it.

Let It Go, Man

Another significant plot point happens when Clooney and Bullock reach ISS. Still attached by a tether, they have a hard time finding a grip on the station to stop themselves. Eventually, Bullock’s leg gets tangled in the parachute shroud line from the Soyuz escape capsule. Its hold is tenuous, and she struggles to hold on to Clooney as he is pulled away from her. As her leg starts to slip, Clooney unclips his tether and falls away to his doom, saving her in the process.

Except, well, not so much. The thing is, they very clearly show that when Bullock’s leg got tangled up in the shroud line, both her and Clooney’s velocity relative to the space station was zero. They had stopped.

On Earth, if one person is hanging by a rope and holding on to a second person, yeah, gravity is pulling them both down, the upper person bearing the weight of the lower one. If the upper person lets go, the other falls away. But in orbit, they’re in free-fall. Gravity wasn’t pulling Clooney away from Bullock; there were essentially no forces on him at all, so he had no weight for Bullock to bear! All she had to do was give the tether a gentle tug and Clooney would’ve been safely pulled toward her. Literally an ounce of force applied for a few seconds would’ve been enough. They could’ve both then used the shroud lines to pull themselves to the station.

This is a case where our “common sense” doesn’t work, because we live immersed in gravity, pulled toward the center of the Earth, supported by the ground. In space, things are different. During that scene, knowing what I know, all I could do was scream in my head “CLOONEY DOESN’T HAVE TO DIE!” but it was to no avail. My publicly admitted man-crush on Clooney plus my not-so-inner physics nerd made that scene hard to watch.

Ad Absurdum

Of course, there were lots of other things, most too trivial to spend time on.

We see the bodies of the dead shuttle crew, frozen, when in reality that would take hours to happen. (Think about it: How long does it take a steak to even get frost on it when you put it in the freezer?)

When Bullock’s decelerating in Earth’s atmosphere, her helmet is still floating in the capsule, when there would’ve been a healthy force pinning it to the back wall.

Her antics using the fire extinguisher to match velocities with Tiangong were probably impossible; holding it too far from her center of mass meant it would’ve sent her rapidly tumbling every time she used it—plus she had to face away from the station, making it impossible to see her target while she was thrusting. (On the other hand, her not bracing herself to put out the fire and subsequently flying around was a great touch.)

The cascade effect of orbital debris slamming into other satellites and making more debris is correct, but the debris will stay on roughly the same orbit it started on. That means the satellites making the debris would have to have orbits that intersect that of Hubble and ISS, and that sort of thing is specifically avoided in real life, for this very reason.

Speaking of which, I’m not sure shrapnel hitting the robot arm would cause it to go flying and spinning off. The impact is very high speed, and I’m not sure much momentum would transfer from the debris to the arm. Hypervelocity impacts are difficult to predict, though, and I could be wrong here.

But again, this is all really nitpicky. And the movie got so much right. The sets were spot-on: the cramped Soyuz; the long, narrow ISS corridors; the appearance of essentially all the space hardware. I’ll note it was important to the plot that the Chinese Shenzhou re-entry vehicle was similar in design to the Soyuz, and in real life it is. When she hit the button to separate the crew module from the forward and rear modules, I practically cheered. That was accurate, and very cool.

And the scenery, well, wow. And how about this: I noticed pretty quickly that the stars were portrayed accurately! I saw the Pleiades float by, next to the horns of Taurus, and a glimpse of Orion. Other constellations came into view as well. Happily, this means Neil Tyson won’t have to confront Cuarón.

I can’t leave you without mentioning this, too: Ed Harris was the voice of Mission Control. Talk about a nice touch: He played Flight Director Gene Kranz in Apollo 13. When I saw his name in the credits, my heart grew three sizes.

Dénouement

Obviously, there’s a lot to love and a lot to gnaw over in this movie. But the bottom line is clear: Go see this flick. The science errors won’t bug you, and if they do, you need to pull your head out of your assumptions of what a movie should be. As a demonstration of craftsmanship, and as a viewing experience, Gravity is astonishing. I loved it, and I’ll be going to see it again.

A final note: If this massive verbiage spewing wasn’t enough for you, lots of other people have reviewed the movie as well. I won’t vouch for how accurate their reviews are, but you may enjoy reading them.

How realistic is « Gravity »?

Jean-Luc Margot

UCLA

2013 Sep 28

From the production notes

Gravity is a 2013 American 3D film co-written, co-produced, co-edited and directed by Alfonso Cuarón. The film stars Sandra Bullock and George Clooney as surviving astronauts in a damaged space shuttle.

Medical engineer Dr. Ryan Stone is on her first Space Shuttle mission accompanied by veteran astronaut Matt Kowalsky, who is commanding his final expedition. During a spacewalk, debris from a satellite crashes into the space shuttle Explorer, leaving it mostly destroyed, and stranding them in space with limited air. Without means of communication with Earth, they must cooperate to survive.

Overall impression

There are many things to like about the movie, including an engaging story of adversity and survival, brilliant performances by talented actors, high-quality sound and 3D imagery, and full immersion in a superb space simulator. The film makers based their story on realistic premises and clearly made an attempt to conform to many physical principles.

Realism of movie premises

The plot is based on a space shuttle mission to repair the Hubble Space Telescope (HST) (there have been five such servicing missions).

The plot invokes the voluntary destruction of an artificial satellite (China did this in 2007, and the USA did this in 2008).

The destruction of the satellite generates thousands of pieces of orbital debris (the Chinese event did this).

The risk of orbital debris colliding with spacecraft is very real (this is a significant concern actively studied by federal agencies).

Realism of movie physics

The following physical principles were honored to a large extent:

Sound does not propagate in space.

Drops of liquid are spherical, not teardrop-shape, in a weightless environment.

Conservation of momentum (but see below for exceptions). When Stone and Kowalsky collide with each other, they bounce off each other with appropriate velocities.

Lighting that obeys the laws of optics (reflection/refraction/absorption).

Appropriate orbital period (~90 min) for orbital height (~560 km) of Hubble Space Telescope.

Realism of oceans/landmasses.

Inaccuracies

There are some minor inaccuracies in the movie:

Tools for space instrumentation are very carefully calibrated to provide the correct amount of torque. An astronaut would not screw parts together with her bare hands.

Electronics are sensitive to radiation and would normally be carefully protected in a chassis, not exposed to the space environment.

The movie places the space shuttle, the HST, and the International Space Station (ISS) in an orbit at 600 km above the surface of the Earth. While that is approximately correct for the HST, the ISS orbits at a height of 370 km above the surface of the Earth.

Exaggerations

There are some instances in which the movie exaggerates or departs from reality, but that is probably needed at some level to sustain the narrative:

Many of the maneuvers during space walks are executed much too fast (approaches would purposefully be very gentle in reality).

Communication blackouts were much more severe and extended than they would be in reality.

The diffusion of the cloud of orbital debris was much more rapid than it would be in reality (it would take weeks, months, or years, depending on the mass-to-area ratio and altitude of the debris).

Collision scenes have much more devastating consequences in the movie than would be expected from the impact of pieces of orbital debris.

Problematic scene

Perhaps the most unrealistic scene in the movie occurs when the space shuttle starts to roll rapidly as a result of a collision with orbital debris. It would take the entire (undestroyed) satellite (about 1,000 kg) to hit the wing of the shuttle at the most favorable location (the tip) with a relative velocity of about 1 km/s to produce that much rotation (assuming that the shuttle remained structurally intact after that impact, which is in itself rather unlikely). Any piece of debris would be much lighter and would travel at much smaller relative velocity, so the effect on the shuttle would be nowhere near what is portrayed in the movie. It would puncture the structure for sure, but it would not dramatically affect the spin state of the shuttle.

Conclusion

There are a few inaccuracies and exaggerations in « Gravity », but the movie premises are sound and many physical principles are honored, which greatly enhances the quality of the movie experience. I highly recommend the movie. Short of watching actual astronaut footage, this is as close to space as you are likely to get in the next few years. It may even prompt you to investigate the promise of space tourism.

CNN interview

The above thoughts were condensed into a 2-minute CNN video.

Contact:

Jean-Luc Margot

Dept. of Earth, Planetary, and Space Sciences

Dept. of Physics and Astronomy

University of California, Los Angeles

595 Charles Young Drive East

5642 Geology Building

Los Angeles, CA 90095

310 206 8345

jlm@ess.ucla.edu

Astrophysicist Neil deGrasse Tyson Fact-Checks Gravity on Twitter

Angela Watercutter

Wired

10.07.13

Director Alfonso Cuarón’s film Gravity just had an amazing weekend, raking in a record-breaking $55.6 million at the box office. There was just one little snag: Beloved astrophysicist Neil deGrasse Tyson showed up on social media to poke some scientific holes in the story about astronauts stranded in space.

The internet’s favorite astrophysicist took to Twitter last night with a string of fact-checks of Cuarón’s film, questioning everything from why the movie’s space debris orbited from East to West to why the hair on Sandra Bullock’s head didn’t float as freely as it should have in the weightlessness of space.

“The film #Gravity should be renamed ‘Zero Gravity,’” wrote Tyson, who will be hosting the Fox documentary Cosmos: A Spacetime Odyssey next year. His other nitpicks, which he called “Mysteries of #Gravity,” included why “satellite communications were disrupted at 230 mi up, but communications satellites orbit 100x higher” and “how Hubble (350mi up) ISS (230mi up) & a Chinese Space Station are all in sight lines of one another.” Tyson did, however, give the film credit for drawing attention to the very real Kessler syndrome (aka the problem caused by all the debris floating in space that causes Gravity’s big bang) by tweeting “the film #Gravity depicts a scenario of catastrophic satellite destruction that can actually happen.” (Check out more of Tyson’s tweets above.)

Last year, the astrophysicist offered a similar critique for Titanic, which he took to task for misplacing the stars above Rose’s head near the end of the film.

“Neil deGrasse Tyson sent me quite a snarky email saying that, at that time of year, in that position in the Atlantic in 1912, when Rose is lying on the piece of driftwood and staring up at the stars, that is not the star field she would have seen,” director James Cameron said after reshooting to correct the mistake. It seems as though it would be difficult for Cuarón to reshoot to correct the issues Tyson brought up, but it’ll be interesting to see if he responds to the critique.

Of course, as soon as Tyson’s tweets began hitting the web, many users responded to remind him that, Gravity is, in fact, just a movie. “Quick. Someone tell @neiltyson what science fiction means,” read one @ reply. Another reminded the vocal science advocate that “for all it’s bullshit I bet Gravity creates some future NASA staffers in a generation.”

But in the end, even Tyson was won over by the film. “My tweets hardly ever convey opinion,” he said in another tweet. “Mostly perspectives on the world. But if you must know, I enjoyed #Gravity very much.”

La pollution spatiale risque d’entraver l’activité orbitale

Hervé Morin

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO

25.04.2013

L’orbite géostationnaire (35 785 km) est moins peuplée. La majorité des objets excentrés au-dessus de l’hémisphère Nord sont d’origine russe.

Il y a quelques années, c’était un peu une réunion entre initiés. Aujourd’hui, elle rassemble 350 chercheurs venus de trente pays. » Christophe Bonnal, expert senior à la direction technique du Centre national des études spatiales (CNES), se réjouit du succès de la 6e conférence européenne sur les débris spatiaux, qui s’est tenue du 22 au 25 avril à Darmstadt (Allemagne) sous l’égide de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Les spécialistes des débris spatiaux ont en effet longtemps été vus comme des empêcheurs de lancer en rond fusées et satellites : ils insistaient sur la nécessité de prévoir la fin de vie des engins, de les purger pour éviter les explosions intempestives et d’assurer leur bonne retombée sur Terre, pour éviter de polluer notre banlieue spatiale. Une règle dite « des 25 ans » prévoyant une désorbitation en fin de vie a bien été admise, mais elle n’est pas toujours respectée : ces contraintes sont synonymes de surcoûts pour les industriels et les opérateurs.

« ÉCOLOS » SPATIAUX

Aujourd’hui, ces « écolos » spatiaux sont plus écoutés. Précisément depuis 2007, quand les Chinois ont amorcé une réaction en chaîne en tirant sur un de leurs satellites pour prouver leurs capacités spatiales militaires. L’opération a engendré 3 000 débris spatiaux et enclenché le « syndrome de Kessler », du nom d’un chercheur de la NASA qui, à la fin des années 1970, avait prédit que l’accumulation d’engins spatiaux et les collisions qui en résulteraient immanquablement allaient produire toujours plus de débris.

Après la « démonstration » chinoise, les Américains ont répliqué en 2008 en abattant au missile un de leurs satellites en orbite basse, mais plus proprement – tous les débris sont désormais retombés. Ce n’est pas le cas de ceux produits en 2009 par la collision accidentelle entre un satellite de la constellation Iridium et un satellite russe Cosmos désactivé. Les 2 000 débris produits se sont ajoutés aux 170 millions d’objets de plus de 1 millimètre en orbite, dont 20 000, d’une taille supérieure à 10 cm, peuvent faire l’objet d’une surveillance depuis la Terre. Le pouvoir de destruction de ces bolides croisant à plusieurs kilomètres par seconde est potentiellement dévastateur pour les activités spatiales.

« ACCÉLÉRATION DE LA PRISE DE CONSCIENCE »

Ces dernières années, les agences spatiales ont fait tourner divers modèles pour apprécier la vitesse de multiplication prévisible de ces débris au fil des accidents. « Ces modèles convergent vers la nécessité d’aller chercher cinq à dix gros objets par an dès aujourd’hui pour pouvoir continuer à exploiter l’espace, note Christophe Bonnal. Si rien n’est fait, entre 2050 et 2100, l’orbite basse, en particulier entre 700 et 1 100 km d’altitude, la plus utile, ne sera plus accessible. » Les « études de survivabilité » indique-t-il, montrent que pour Spot 5, par exemple, la probabilité de perte de la mission est de 5 %. Quel taux les Etats et les industriels sont-ils prêts à tolérer avant d’agir ?

Un paramètre économique est déjà à l’oeuvre : la multiplication des alertes et des manoeuvres d’évitement pour échapper à la course fatale de « zombies » incontrôlés, coûteuses en carburant et en durée de vie des satellites. « Cela a accéléré la prise de conscience », note Luisa Innocenti, chef du Clean Space Office de l’ESA.

MISSION D’ÉBOUAGE SPATIAL

Ce bureau a lancé un programme de recherche pour les prochaines années, avec 30 millions d’euros investis en 2013-2014. Un montant « significatif », indique Luisa Innocenti, même si les investissements militaires américains, à travers la Darpa, l’agence de financement de la recherche et développement de l’armée américaine, sont bien plus ambitieux.

« L’idée, à ce stade, est de préparer un dossier technique et programmatique qui serait adopté par les Etats membres en 2015 », explique-t-elle. C’est-à-dire de décider quelles technologies développer, pour quelles cibles – satellites gros ou petits, étages de fusées -, avant de décider d’un investissement beaucoup plus conséquent pour une mission d’ébouage spatial qui ne verrait pas le jour avant 2020. « Cela n’a jamais été fait, il ne faut pas rêver, ce n’est pas pour demain », relève-t-elle.

Pour l’ESA, le péril principal vient de son satellite Envisat, lancé en 2002. Depuis avril 2012, ses 8 tonnes sont hors contrôle à 800 km d’altitude, après une perte de contact irrémédiable. Impossible de l’autodésorbiter proprement, ou même d’éviter un accident, alors que l’année précédant sa mort il avait fait l’objet de plus de 60 alertes anticollision. Entre 2009 et 2011, il avait dû effectuer neuf manoeuvres d’évitement, contre trois seulement auparavant, un signe tangible de la mise en branle du syndrome de Kessler.

UN ÉNORME MARCHÉ

Envisat peut donc se désintégrer d’un instant à l’autre. Mais c’est aussi le cas de nombre de gros objets avec lesquels l’Europe n’a rien à voir, fait-on valoir à l’ESA. A raison : dans son dernier bulletin, le Bureau du programme des débris spatiaux de la NASA indique que l’ESA ne totalise que 88 satellites et restes de fusées en orbite parmi les 16 649 suivis par le réseau de surveillance spatial américain. Les plus gros pollueurs sont d’abord la Russie (6 257), les Etats-Unis (4 938), la Chine (3 752), et la France (498).

A Darmstadt, face à l’ampleur des enjeux techniques et financiers, Christophe Bonnal a « prôné la coopération internationale ». Le CNES anime ainsi deux consortiums publics-privés sur le sujet, au sein desquels les grands industriels du secteur sont fort actifs. Car le nettoyage spatial, très onéreux – le désorbitage d’Envisat se chiffrera en centaines de millions d’euros – sera aussi un énorme marché.

Les ingénieurs rivalisent donc d’idées pour traiter les débris. Les plus petits pourraient être déroutés par des tirs laser. Les plus gros seraient la proie de satellites chasseurs armés d’un bras, d’un harpon, d’un grappin ou d’un filet. Des kits de désorbitation dotés de petits moteurs, de ballons ou de fils conducteurs ralentissant leur course seraient couplés aux débris pour les attirer dans la haute atmosphère, où ils se consumeraient. Mais aucune de ces techniques, si ingénieuse fût-elle, n’a encore été testée in situ.

L’ingénierie juridique et financière suscitée par les débris spatiaux n’est pas moins inventive. Qui est responsable et comptable des débris ? Qui blâmer en cas de suraccident pendant une intervention ? Qui paiera ? Les Etats ou les opérateurs spatiaux, sur leurs fonds propres ou à travers une taxe pollueur-payeur ? Qui la collecterait ? Autant de questions encore sans réponse.

Le satellite espion qui embarrasse les Etats-Unis

 J.B.

Le Figaro avec AFP

15/02/2008

Dans un scénario digne d’Hollywood, Washington a ordonné la destruction de l’engin qui menace de s’écraser sur Terre. Raison officielle : le risque de pollution.

Les Etats-Unis ont décidé d’abattre avec un missile un satellite espion devenu incontrôlable et qui devait s’écraser sur Terre avec des réservoirs remplis d’une substance toxique. Le satellite en question pèse 1,1 tonne environ. Il a décroché de son orbite voici plusieurs semaines.

L’annonce de cette destruction a été faite jeudi par le conseiller adjoint à la Sécurité nationale James Jeffries. Selon ce dernier, le président George W. Bush «a ordonné au département de la Défense de procéder à l’interception» du missile. La décision a été prise en raison du risque pour la vie humaine de la rentrée dans l’atmosphère terrestre de ce satellite encore porteur de près de 500 kilos d’un carburant toxique appelé hydrazine. L’hydrazine est une substance chimique hautement toxique est le carburant de choix pour les moteurs des satellites classiques. Extrêmement irritante, elle attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose. Heureusement, elle se dégrade rapidement sous l’effet de la chaleur et des rayons ultra-violets, relève un rapport de l’agence française de sécurité INERIS.

Le missile, qui sera tiré sur le satellite depuis un bâtiment de la marine américaine, «est conçu évidemment pour d’autres missions mais nous avons conclu que nous pourrions reconfigurer à la fois le missile et les autres systèmes associés, de façon réversible et juste pour effectuer le tir», a précisé le conseiller à la sécurité. Les autorités américaines n’ont encore fourni aucune estimation sur la date de la destruction du satellite.

Des satellites placés en basse orbite

Les Etats-Unis disposent du réseau de satellites espions le plus dense au monde. Les caractéristiques de ces satellites, dont le prix unitaire dépasse le milliard de dollars, sont couvertes par le secret-défense. Pour répondre aux besoins des militaires, les satellites espions sont amenés à faire de fréquentes corrections d’orbite, ce qui implique des réserves d’énergie plus importantes que pour la plupart des engins civils spatiaux. Les satellites espions sont placés en orbite basse afin de détecter le plus de détails possibles à la surface de notre planète.

Plusieurs satellites espions sont déjà sortis de leurs orbites au cours de ces dernières années. En février 1983 notamment, un satellite espion russe (Cosmos 1402), s’était désintégré dans l’atmosphère en au dessus de l’océan Indien, mais des traces du plutonium qu’il contenait avaient été détectées jusque que dans la neige tombée sur l’Arkansas, au sud des Etats-Unis.

PHOTOS. « Gravity »: pourquoi le film est un véritable choc visuel

Alexis Ferenczi

Le HuffPost

23/10/2013

CINÉMA – Non Gravity n’a pas été tourné dans l’espace. La question malicieuse posée à Alfonso Cuaron en conférence de presse n’est pas anodine. Le thriller galactique qui fait de Sandra Bullock et George Clooney les seuls survivants d’un accident dévastateur au beau milieu de l’espace interpelle par sa beauté plastique.

Le film qui sort en France ce mercredi 23 octobre a déjà remporté la bataille du coeur. Conquis, critiques, cinéastes et personnels navigants de la NASA ont unanimement salué ce premier candidat sérieux aux prochains Oscars. Gravity est le résultat d’une longue et minutieuse gestation dont voici quelques détails.

Bande-annonce:

Richard Branson et son Virgin Galactic peuvent aller se rhabiller. Pour le Hollywood Reporter, Gravity est « sensationnel et donne l’impression d’être dans l’espace plus que nous ne le pourrons jamais ». Visuellement époustouflant et en 3D, le film détonne par son réalisme, se parant d’atours qu’on ne trouve que dans les documentaires léchés de National Geographic.

Caméra en apesanteur

Son réalisateur, Alfonso Cuaron, explique avoir délibérément cherché ce cachet, convaincu de l’intérêt d’utiliser des images de synthèses après avoir vu Avatar en 2009 – le film de James Cameron sert depuis de point de comparaison en termes de box-office.

L’intense odyssée spatiale, écrite par le cinéaste mexicain et son fils, multiplie les prouesses techniques, des longs plans-séquences aux chorégraphies spatiales, en passant par la reproduction visuelle de l’état d’apesanteur, techniquement impossible à reproduire sur Terre.

Interrogé par Isabelle Regnier dans Le Monde, le cinéaste mexicain décrit les transformations apportées à la caméra pour obtenir ces images renforcées par la 3D: « Nous voulions donner aux spectateurs l’impression qu’ils flottaient avec les personnages. Nous avons soumis aux principes de la micro-gravité non seulement les acteurs, mais aussi la caméra qui porte le point de vue du spectateur. »

« En rotation permanente, elle avait sa propre inertie. Nous l’avons programmée pour qu’elle se comporte comme si elle flottait dans l’espace, délestée de son poids, ne bougeant qu’en raison des mouvements et des impulsions de l’opérateur. »

Parmi les plans proposés, le spectateur passe de l’intérieur du casque de chacun des cosmonautes à l’extérieur, dans l’espace intersidéral. Le réalisateur réussit ainsi à recréer les sensations d’étouffement et l’angoisse ressentis par les protagonistes.

Simulation

« Cela a été le plus grand défi », déclarait Cuaron lors d’une récente conférence de presse à Beverly Hills à propos de cette dérive des corps. « Quand nous imaginions la chorégraphie, nos cerveaux fonctionnaient du point de vue de la gravité, en termes de poids et d’horizon. Nous avons dû tout réapprendre car c’était complètement contre-intuitif ».

Le cinéaste y est parvenu en mêlant prises de vue réelles et effets spéciaux conçus par ordinateur, notamment pour les combinaisons spatiales, soulignant ne jamais avoir filmé sur fond vert mais toujours avec une image de la Terre.

Pour donner l’impression que les acteurs se déplaçaient en apesanteur -sans donner l’impression qu’ils étaient équipés de harnais, comme c’est normalement le cas- les techniciens ont créé une plateforme depuis laquelle des marionnettistes faisaient bouger et « flotter » Sandra Bullock et George Clooney.

Le directeur de la photographie, le Mexicain Emmanuel Lubezki, a pour sa part créé une « boîte de lumière » dont les parois internes étaient couvertes de milliers de petites ampoules LED pour simuler les étoiles.

Unanimité

À quelques rares exceptions, le spectacle est salué comme une réussite. Côté cinéma, le film fait consensus. Quentin Tarantino l’a glissé dans sa liste des meilleurs films de 2013 alors que James Cameron, le papa d’Avatar, l’a décrit comme le « meilleur film tourné dans l’espace de tous les temps ».

Voir aussi:

« Gravity » : le somptueux enfer céleste d’Alfonso Cuaron

♥♥ Guillaume Loison

Le Nouvel Observateur

22 octobre 2013

Le cinéaste réussit un thriller saisissant mais manque (de peu) le chef d’oeuvre.

« A couper le souffle », « Allo Houston, on tient un chef d’œuvre », « Epoustouflant » on en passe et des meilleurs. « Gravity » ce futur aspirateur à oscars qui a-t-on lu, va bouleverser dans les mois à venir l’ADN du blockbuster de série, mérite-il une telle déferlante de louanges, un si chatoyant gratin de mots clé à faire se pâmer les pythies du référencement Google ? La question mérite en guise en réponse un bon vieux « oui et non » des familles, moins explosif et glamour on vous le concède que la succession de catastrophes spatiales qu’affrontent George Clooney et Sandra Bullock dans le film d’Alfonso Cuaron, astronautes en rade de navette, et privés en sus, d’un contact radio avec la terre.

Pourquoi oui ? D’abord pour la beauté graphique qui frappe dès la première image de « Gravity » : du noir profond de l’espace aux structures métalliques des équipements de la NASA qui se découpent sur les rondeurs gracieuses d’une terre écrasante mais lointaine, le film remporte haut la main le défi d’un hypra-réalisme nimbé de merveilleux. Le récit a beau basculer rapidement dans le survival pur et dur, rien ne vient perturber cet équilibre gracieux entre terreur cotonneuse, sidération et ébahissements charriés par le cosmos. Cette réussite n’est pas seulement plastique, Cuaron concoctant un traité de mise en scène proche de la perfection : ses mouvements d’appareils prodigieux, sa manière alerte de passer d’un point de vue général aux visions terrifiées de Bullock dans son scaphandre (et tout cela au sein d’un même plan séquence !) attestent d’une science aiguisée, rarement vue à ce niveau, des lois de la physique appliquées à l’art du grand spectacle hollywoodien.

Comment cadrer l’espace, générer de la vitesse, exploiter au maximum les potentialités de la 3D, articuler des mouvements régis par l’apesanteur, injecter de la sensualité dans la quintessence de la froideur et du néant, autant de questions que « Gravity » pose et résout avec une insolente dextérité. Le tout en insufflant une amplitude incroyable à un scénario qui filmé par un tâcheron honnête laisserait voir sa nature profonde : celle d’une série B maligne mais gentiment aberrante où l’on envisage sans problème de visiter en quelques heures (et en majeure partie à la « nage ») tout ce que la stratosphère compte de stations spatiales…

Qu’est ce qui empêche alors « Gravity » de prétendre au chef d’œuvre ? Pas ce côté super série B en tout cas, bien au contraire, mais la propension de Cuaron à une patapouferie consubstantielle à sa virtuosité technique, qu’on retrouve hélas aux entournures du film. On se souvenait du pompiérisme politique de lycéen lyrique qui polluait la réussite du « Fils de l’homme » son long métragee précédent qui du même coup, glissait du côté d’un sous Barjavel, alors que le cinéaste visait Orwell. Ici, c’est le spectre d’un mélo dégoulinant lardée d’une poignées de considérations philosophico-new age (proférées par une Sandra Bullock parfois à la lisière de la becassinerie) qui lubrifient à gros bouillons la mécanique infernale d’un récit pourtant dévolu à l’âpreté la plus totale. Conséquence : ces relents de niaisierie un peu lourdingues détournent « Gravity » sur le terrain plus convenu, mais paradoxalement plus carnavalesque (et nettement moins exigeant) du film à oscars.

On vous donne un exemple. En préambule, Cuaron rappelle que l’espace est dénué du moindre son pour cause d’absence d’oxygène. On se dit alors qu’il s’agit pour lui d’un enjeu de mise en scène (faire du silence une pièce maitresse de thriller), relevé notamment par Kubrick dans « 2001 », d’une annonce pour le spectateur qu’il s’évertuera à honorer. Et pourtant, le cinéaste fait l’inverse, dillue les subtilités de sa bande sonore (chocs et autres commotions étouffées que perçoit Bullock emmitoufflée dans sa combinaison) en nappant l’action d’une musique assourdissante bourrée de flonflons. Fort heureusement, ces travers ne gâchent pas tout, mais ils lestent assez « Gravity » pour l’empêcher d’atteindre le firmament des blockbusters. Mais du sixième ciel, la vue reste néanmoins imprenable.

Voir également:

Gravity : pourquoi le film est un chef-d’oeuvre

Hervé Ratel

Sciences et Avenir

22-10-2013

Étourdissant, original, d’une maestria sans faille, le dernier film d’Alfonso Cuarón convoque le meilleur du cinéma d’action à taille humaine.

AVENTURE HUMAINE. Depuis combien de temps, Hollywood ne nous avait-il pas proposé un film à grand spectacle sans robots géants, extraterrestres belliqueux ou super-héros tout puissants ? Jusqu’à quand est-il besoin de remonter pour avoir un blockbuster qui raconte une simple aventure humaine dans laquelle l’émotion ne se retrouve pas emportée par un déluge d’actions sans queue ni tête et une débauche d’explosions défiant toute logique ?

La mémoire du spectateur aurait peut-être besoin de revenir à l’alpha et l’oméga du film d’action moderne, aux « Dents de la mer » de Steven Spielberg quatre décennies plus tôt. Des hommes, l’océan, un requin, pour une fable ontologique qui plaçait l’humain face à ses peurs les plus ancestrales, confronté à ses propres démons intérieurs fut-ce via l’artifice d’un squale géant. Basique et diablement efficace. Aujourd’hui, le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón, déjà responsable de l’un des meilleurs films d’anticipation de ces dix dernières années, « les fils de l’homme », tente le pari fou, en ces temps de surenchère pyrotechnique, de revenir à la matrice du genre. Deux astronautes, l’espace infini, des débris spatiaux mortels.

Et c’est tout bonnement grandiose, probablement le plus beau spectacle que vous pourrez voir au cinéma cette année. Un film qui redonne ses lettres de noblesse à l’expérience incomparable de la salle obscure par la grâce d’une 3D immersive et d’une bande son qui décoiffe.

DÉBRIS SPATIAUX. L’histoire démarre 598 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre au moment où l’équipage d’une navette Explorer est en train de réparer le télescope spatial Hubble. George Clooney en vieux routard de l’espace assiste une experte en ingénierie médicale dans sa première mission spatiale interprétée par Sandra Bullock qui trouve là son plus beau rôle. Le drame ne tarde pas à arriver sous la forme d’une pluie torrentielle de débris spatiaux issus de la destruction d’un satellite russe. Désormais, il va s’agir pour les deux astronautes de survivre.

Simplement survivre, en même temps que de trouver en eux des raisons de le faire quand tout espoir semble perdu.

HUIT-CLOS. Dans ce huis-clos où l’action se déroule paradoxalement dans l’espace le plus grand qu’il se puisse trouver, le réalisateur mexicain déploie une réalisation en totale osmose avec son propos. Car Alfonso Cuarón ne se contente pas de défricher un terrain de jeu totalement neuf pour le cinéma, il en redéfinit également les règles. Jetant aux orties la grammaire classique en vigueur depuis un siècle, il réinvente un langage pour sa caméra. Entrées et sorties de champ, travellings, panoramiques, champs-contre champs, dramaturgie en trois actes, tout cela n’a plus cours dans l’espace et n’a plus aucune raison d’être.

Révolution sur le fond, dans la forme, les prochains films hollywoodiens vont nous paraître bien fades… « Gravity » vous laissera la tête dans les étoiles, le coeur en apesanteur. Chef-d’oeuvre.

Voir encore:

C’est quoi, la singularité de « Gravity » ?

Aurélien Ferenczi

Cinécure

Télérama

Le 23/10/2013

Qu’est-ce qui n’a pas encore été dit sur Gravity, d’Alfonso Cuarón ? Peut-être simplement que c’est un petit film, une expédition cinématographique courte mais intense, qui déjoue – David Heyman l’expliquait bien hier dans Libération – les codes du grand spectacle hollywoodien d’aujourd’hui, qui doit sans cesse caracoler et tonitruer. Le fait est qu’un film intimiste, quoique singulier, peut provoquer chez son spectateur une impression plus forte que, disons, un combat de nains et de hobbits contre des goblins déchaînés, saisi par un caméraman épileptique, Howard Shore à pleine puissance dans les bafles. Voir des films est désormais un passe-temps presque banalisé. Il faut un plus pour que s’impose durablement le désir de voir un titre plutôt qu’un autre : soit la promesse de trois heures d’hyperréalisme (Adèle, es-tu là ?), ou une expérience plus singulière encore, et c’est celle-ci qu’offre Gravity.

Même si le son Atmos en met plein les oreilles, même si la 3D abolit les bordures de l’écran – merci Alfonso, j’ai bien vu le film au Pathé Wepler – la singularité de Gravity est à mes yeux de mêler avancées technologiques remarquables et classicisme total du récit. Y aura-t-il assez d’oxygène dans la combinaison ? Assez de carburant dans la capsule ? De temps avant le retour des débris tueurs ? Seront-ils tous assez habiles pour accrocher l’élément de métal qui saura faire freiner les corps propulsés dans l’espace ? Super dur de s’arrêter, là-haut… Ces questions simples, basiques, rivent l’attention du spectateur : aussi vieilles que le cinéma, elles participent à 50% au moins du sentiment d’immersion qu’augmentent relief et spatialisation sonore. Et même davantage encore. Car peut-être la technologie ne sert-elle qu’à augmenter l’empathie pour les personnages – donc le suspense. Apesanteur aidant, Gravity est l’un des rares films où le spectateur est quasiment dans la position de ceux qu’ils voient à l’écran.

Gravity est-il un film de science-fiction ? Techniquement, je dirais que non. Tout ce qui s’y passe pourrait, je crois, se passer vraiment dans un cas similaire de panique dans l’espace. La métaphysique n’intéresse pas Cuaron et c’est son droit. Il nous épargne même panthéisme, déisme, mysticisme – je n’ose imaginer comment Malick aurait boursouflé Gravity (oups, cette phrase ne va pas me faire que des amis). On n’échappe pas à une certaine sensiblerie (c’est ma réserve , avec une musique que je juge un peu superfétatoire), mais rien de l’habituelle religiosité attendue dans le cinéma américain. L’espace est-il la métaphore du monde virtuel ? Je me pose la question. Plus de carburant, plus de transmission : c’est un peu comme une batterie à plat, la 3G qui fout le camp, la livebox qui crame et vous laisse à votre solitude réelle. Cuaron nous dit vers la fin qu’il faut goûter au plaisir du concret – l’eau, la terre. Mais on a bien compris auparavant qu’il était super dangereux de traverser une autoroute de l’information sans regarder longuement des deux côtés…

P-S : Le premier qui dit du mal de Sandra Bullock, qui parle de chirurgie esthétique ou quoi que ce soit, je l’anéantis. Sandra est juste parfaite dans Gravity.


Baptême princier: Attention, un rituel peut en cacher un autre ! (Brits christen their prince while former genocidal Europe seeks to criminalize circumcision)

24 octobre, 2013
https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/CirconcisionRothenburg.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/10/6ff16-1752b-2bthe2bbaptism2bof2bjesus.gifhttps://i2.wp.com/static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2013/10/23/1382539023487/William-Kate-and-Prince-G-009.jpghttps://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8e/Botticelli_Scenes_from_the_Life_of_Moses.jpg
http://www.aubergemontsegur.com/Nouvelles/2011/Noel/Tentaciones_de_Cristo_(Botticelli)web.jpgC’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous, et ta postérité après toi: tout mâle parmi vous sera circoncis.Vous vous circoncirez; et ce sera un signe d’alliance entre moi et vous. A l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, selon vos générations, qu’il soit né dans la maison, ou qu’il soit acquis à prix d’argent de tout fils d’étranger, sans appartenir à ta race. Genèse 10: 12-17
Pendant le voyage, en un lieu où Moïse passa la nuit, l’Éternel l’attaqua et voulut le faire mourir. Séphora prit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et le jeta aux pieds (euphémisme pour les organes génitaux) de Moïse, en disant: Tu es pour moi un époux de sang! Et l’Éternel le laissa. Exode 4: 24-26
Vous circoncirez donc votre coeur … Deutéronome 10: 16
L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton coeur et le coeur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur et de toute ton âme, afin que tu vives. Deutéronome 30: 6
Il ne faut donc point que les Juifs s’imaginent aujourd’hui avoir eu quelque avantage sur le reste des nations. Quant à leur longue dispersion, il n’est point surprenant qu’ils aient subsisté si longtemps depuis la ruine de leur empire, puisqu’ils se sont séquestrés des autres peuples et se sont attiré leur haine, non-seulement par des coutumes entièrement contraires, mais par le signe de la circoncision qu’ils observent très-religieusement. Or, que la haine des nations soit pour les juifs un principe de conservation, c’est ce que nous avons vu par expérience. Un roi d’Espagne les ayant autrefois contraints ou de quitter son royaume ou d’en embrasser la religion, il y en eut une infinité qui prirent ce dernier parti. Et comme en se faisant chrétiens ils devenaient capables de tous les privilèges des autres citoyens et dignes de tous les honneurs, ils se mêlèrent si étroitement aux Espagnols qu’il ne reste plus d’eux aucune trace ni aucun souvenir. En Portugal il en a été tout autrement : car étant forcés d’embrasser le christianisme sans être admis aux privilèges et aux dignités de l’État, ils ont toujours vécu, quoique convertis, dans un état d’isolement par rapport aux autres Portugais. Le signe de la circoncision me paraît ici d’une telle conséquence que je le crois capable d’être à lui tout seul le principe de la conservation du peuple juif. Je dirai plus : si l’esprit de leur religion n’efféminait leurs âmes, je suis convaincu qu’une occasion favorable venant à se présenter, les Juifs pourraient (tant les choses humaines sont variables) reconstituer leur empire et devenir ainsi l’objet d’une seconde élection de Dieu. (…)  Au reste, si quelqu’un persiste à soutenir pour telle ou telle raison que l’élection des Juifs est une élection éternelle, je n’y veux pas contredire, pourvu qu’il demeure d’accord que cette élection, de quelque durée qu’elle soit, en tant qu’elle est particulière aux Juifs, ne regarde que les avantages temporels et l’établissement de leur empire (puisqu’il n’y a que ce seul point par où les nations se distinguent les unes des autres), mais qu’à l’égard de l’intelligence et de la vertu véritable, toutes les nations sont égales, Dieu n’ayant sur ce point aucune sorte de préférence ni d’élection pour personne. Baruch Spinoza
Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
A l’époque de la peste noire, on tua des étrangers, on massacra des Juifs et, deux siècles plus tard, on fit brûler des sorcières, et cela pour des raisons parfaitement identiques à celles qu’on a rencontrées dans nos mythes. Tous ces malheureux se retrouvèrent indirectement victimes des tensions internes engendrées par les épidémies de peste et autres catastrophes collectives dont ils étaient tenus responsables par leurs persécuteurs. Les crimes imaginaires et les châtiments réels de ces victimes ne sont autres que les crimes et châtiments qu’on trouve dans la mythologie. Pourquoi donc, dans le cas de la seule mythologie, faudrait-il croire que, si les crimes sont imaginaires, les punitions et les victimes ne sauraient elles-mêmes être réelles ? Tout indique que le contraire est vrai. Les textes qui témoignent d’atrocités historiques, les archives judiciaires relatives à la chasse aux sorcières, par exemple, comportent les mêmes accusations extravagantes que les mythes, la même indifférence aux preuves matérielles et le même sentiment massif et irréfléchi que tout est exact, sentiment souvent exprimé, même s’il n’est pas effectivement partagé, par les boucs émissaires eux-mêmes. Tous les indices trahissant la victimisation d’individus imparfaitement assimilés – étrangers, handicapés physiques ou mentaux – sont présents dans ces documents, tout comme ils le sont dans la mythologie, pour autant qu’on puisse le vérifier ; à nous, observateurs d’aujourd’hui, ils livrent la vraie nature de ce qui s’est passé. (…) Je suis convaincu que la plupart des données d’ordre culturel sont pertinentes pour l’étude du sacrifice, y compris dans une société comme la nôtre qui ne pratique pas d’immolations sacrificielles. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est notre propre interrogation du sacrifice ici même. Il y a forcément un rapport entre cette interrogation et le fait que les sacrifices sanglants sont de nos jours perçus comme odieux, non seulement par une petite élite, mais par l’ensemble de notre société, laquelle est désormais en voie de mondialisation rapide. Malgré ce sentiment d’horreur, une grande part de nos coutumes et pratiques et une bonne part de notre pensée peuvent encore être reliées au sacrifice d’une façon que nous ne soupçonnons pas. J’estime que notre histoire fourmille de phénomènes si clairs de ce point de vue qu’on ne saurait les exclure d’une enquête sur le sujet. C’est le cas, par exemple, de notre attitude envers certaines formes de persécution collective, de la façon dont nous comprenons et condamnons les préjugés collectifs et toutes les pratiques d’exclusion. Je crois également à la pertinence de nombreux textes littéraires, comme la tragédie grecque ou le théâtre de Shakespeare. Je pense aussi que la Bible et surtout le Nouveau Testament ont joué un rôle important dans tous les progrès que nous avons déjà faits, et que nous ferons demain, dans la recherche d’une meilleure compréhension du sacrifice. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Mais pourquoi donc le christianisme est-il devenu une religion non-juive ?  Gilles Bernheim
Si la loi du sabbat appartient au cérémoniel et n’est plus obligatoire, pourquoi remplacer le sabbat par un autre jour? (…) Si la grâce chrétienne a mis fin à la loi juive, si le dimanche chrétien a abrogé le sabbat juif, si la notion d’un Dieu invisible indéfiniment suspendu à une croix a remplacé la notion du Tout-puissant invisible, si le salut et son emphase sur le spirituel l’a emporté sur la création, sur a nature et sur le corps, si le Nouveau Testament a supprimé l’Ancien, si les païens ont remplacé Israël; alors les juifs ont eu théologiquement raison, et ont encore raison aujourd’hui, de rejeter la religion chrétienne. Jacques Doukhan
All babies are unbelievably special, not only royal babies. But Prince George’s christening does carry an extra significance. As a nation we are celebrating the birth of someone who in due course will be the head of state. That’s extraordinary. It gives you this sense of forward looking, of the forwardness of history as well as the backwardness of history, and what a gift to have this new life and to look forward. Rev. Justin Welby (Archbishop of Canterbury)
As with any other infant’s baptism, Welby marked the Prince with the sign of the cross on his forehead and splash water on his head. The silver font used for George’s baptism has been used for every royal christening since 1841 and will be filled with water from the River Jordan. CNN
The Anti-Defamation League (ADL) and B’nai B’rith International condemned a resolution and report of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe (PACE) in Strsbourg, which calls the Jewish ritual circumcision a “violation of children’s physical integrity,” undermining the religious freedom to perform circumcision on newborn boys. … Circumcision is not discretionary, but rather central, in Jewish life and practice throughout history,” added B’nai B’rith International Executive Vice President Daniel S. Mariaschin. “It must be made clear what those who support the criminalizing of circumcision in Europe are proposing: Discrimination against the Jewish community in Europe. EPL

Attention: un rituel peut en cacher un autre !

En ce lendemain du baptême du petit prince George qui, à travers l’Archévêque de Canterbury, nous rappelle nos indissolubles liens à notre passé judéochrétien …

Au moment même où, après la  dimanchisation du sabbat, l’Europe du génocide juif envisage de criminaliser la circoncision

Et où, retour à la fureur primitive sur les plages malgaches, on lynche et immole des hommes par le feu …

Pendant que les meutes de nos cours de recréation ou de nos réseaux sociaux peuvent pousser nos enfants au suicide …

Comment ne pas repenser à ce passé commun de l’humanité …

Dont demeurent les traces transfigurées …

Tant la circoncision (cette mutilation protectrice de la partie pour le tout, comme semble le rappeler le mystérieux épisode de Séphora préservant de la violence divine son époux comme son fils) …

Que le baptême (dont l’immersion primitive rejouait à la fois, via la noyade simulée, la mise à  mort et la résurrection du Christ)  …

A savoir le sacrifice humain en général et le sacrifice d’enfants en particulier?

LE SACRIFICE HUMAIN

Anne Stamm

Pourquoi ai-je choisi de vous entretenir du sacrifice humain, un sujet en quelque sorte tabou ? Tout simplement parce que j’ai lu l’été dernier l’ouvrage d’un universitaire américain: « L’autel le plus haut  » (Patrick Tierney), qui m’ a incité à réfléchir, à entreprendre des recherches bibliographiques, à interroger de s collègues ethnologues.

En 1954, un groupe d’archéologues andin se constitue après la découverte du Mt Plomo (5 400 m) par 2 mineurs à la recherche d’un trésor inca du corps d’un jeune enfant en parures d e cérémonies inca. Il n e s’agit pas d’une momie, mais d’un petit garçon placé dans un caveau vivant et que les conditions climatologiques ont conservé dans un état de souplesse , de flexibilité tout à fait étonnant .

Transféré à Santiago, au Muséum national le corps a été soumis à de nombreuses analyses et conservé en congélateur.

Le costume de l’enfant montrait de toute évidence qu’il appartenait à une famille princière et que son sacrifice remontait à 1470-1480 .

Depuis lors ce groupe d’archéologues a découvert de très nombreux corps d’enfants enterrés ou inhumés dan s des fosses ou dans des tours à des altitudes pouvant atteindre 6 500 m . Il s’agissait toujours d e jeunes et beaux enfants dont le visage était parfaitement calme . Bien entendu ces  trouvailles posèrent d’innombrables questions :

On connaissait les sacrifices humains des Aztèques immolant des prisonniers de guerre dont le sang et la chair devaient nourrir le soleil et lui permettre de revenir éclairer la terre.

Ceux qu’au Bénin, on accomplissait à la mort d’un souverain, on savait moins que lors d e son intronisation le nouveau roi devait tuer un esclave .

On savait qu’aux Indes les veuves devaient se jeter dans le bûcher consumant le corps de leur mari, mais aussi que les victimes humaines procuraient la richesse et l’immortalité , accomplissaient des vœux, étaient indispensables à l’érection de certains bâtiments, et ce jusqu’ à l’interdiction par les Britanniques vers le milieu du XIX e siècle. O n avai t dans l’esprit le meurtre d’Iphigènie par son père Agamemnon et celui que faillit accomplir Abraham sur son fils Isaac .

On n’avait pas assimilé l’exécution de Remus par Romulus à un sacrifice humain et les corps retrouvés dans les marais danois posaient de nombreuses questions.

Les historiens avaient tendance à penser que ces pratiques étaient le fait de peuplades arriérées et quand ils en avaient connaissance en Grèce, c’était, croyaient-ils, dans l’antiquité la plus lointaine. Pausanias (l’historien grec du 2 e siècle après J.C. ) refusa lui-même de divulguer les détails du sacrifice accompli a u sommet du Mt Lycée e n Arcadie et qui comportait la mort et le dépeçage d’un enfant mangé collectivement chaque année : « Je ne voyais aucun plaisir à étudier ces sacrifices, disait Pausanias, laissons les tels qu’ils sont et tels qu’ils ont été depuis les origines » .

Quant aux ethnologues et aux ethnographes, ils ont la plupart du temps été très discrets sur des pratiques qui les gênaient beaucoup : o u bien ils avaient très peu de renseignements, car bien entendu on se cachait des blancs, sauf dans les débuts de la pénétration européenne (mais alors ils n’étaient guère en état de faire des observations correctes), o u bien on leur disait que la chose n’avait plus cours : un dogon interrogé par Griaule racontait qu’autrefois on immolait un albinos pour emporter un message à Dieu mais que cela ne se faisait plus : « ils sont comptés maintenant  » affirmait-i l ou bien ils avaient peur que l’évocation de ces sacrifices ne nuise à l a réputation de la population, objet de leurs études et à laquelle ils s’étaient le plus souvent sentimentalement attachés .

Et puis il y avait les professionnels de la mauvaise conscience et qui mélangeaient tout :

– les vaincus passés au fil de l’épée par le vainqueur afin de manifester sa puissance, afin d’intimider les agresseurs éventuels et dissuader des attaques toujours possibles,

– les condamnés à mort dont l’exécution était tout à la fois châtiment de leur crime et élimination d’un danger futur, danger qui d’ailleurs peut-être moral, qu’on songe à Socrate ( + 399 avant J.C.) considéré com e opposant à la cité et corrupteur de la jeunesse,

– les victimes des innombrables vendettas qui se déroulaient ou se déroulent encore dans le monde, ainsi la guerre du chien chez les Mongo dans le s années 1920 fit des milliers de victimes;

– les serviteurs ou les femmes tués ou enterrés vivants dans ou à côté de la tombe de leur maître afin d’aller le servir dans l’autre monde ;

– l’immolation de martyrs qu’ils soient religieux ou politiques et le plus souvent politico-religieux par exemple :

– Husay , petit-fils de Mahomet massacré à Karbala e n Irak , en 680 , car il ne voulait pas reconnaître Yazid comme iman. Cette mort est commémorée par les Chiites lors des fêtes de l’Achura (les Chiite s sont le s partisans de l a succession du prophète par les Alides (descendants de Fatima) ;

– les martyrs chrétiens de l’empire romain qui représentaient plus un danger politique que religieux, par leur refus de rendre un culte aux empereurs; – toutes le s victimes de toutes les guerres « saintes » ;

– le meurtre d’empoisonneurs supposés avoir tué réellement ou par magie: dans de nombreuses populations, en effet , i l n’ y a pa s d e « mort naturelle » , il y a toujours un ou des responsables qu’on découvre le plus souvent par divination;

– la mort programmée des rois sacrés africains à qui l’on présentait le poison ou bien que l’on étouffait (car il ne fallait pas répandre le sang), aux premiers signes de faiblesse ou de vieillissement.

Tous ces morts, tous ces exécutés ne sont pas victimes de sacrifices humains bien que dans certaines sociétés il n’est pas de situation critique à laquelle on ne réponde par le sacrifice, et où dans le cas où le groupe est menacé on n’envisage l’immolation d’un humain, immolation qui clôt le cycle des vengeances…

Nous avions oublié les dangers des désirs de vengeance, nous les voyons ressurgir autour de nous aussitôt que s’affaiblit le système judiciaire : ainsi en est-i l aujourd’hui en Yougoslavie. Il nous faut donc examiner la notion même de sacrifice : sacrifier quelque chose ou quelqu’un c’est rendre la chose ou la personne sacrée , c’est-à-dire la séparer de soi, la séparer du monde profan , la donner à Dieu, aux dieux ou aux déesses.

Le bien offert devenant propriété du ou des dieux devient inaliénable, il peut être détruit, mais il peut aussi devenir seulement intouchable – qu’on songe aux vierges consacrées dans tant de religions .

Sacrifier c’est être dans la logique d’un échange : l’homme donne ce qu’il a, et au maximum quelqu’un de son espèce, voire de sa famille – pour obtenir de la divinité des biens que seule la puissance créatrice peut distribuer : la santé, l a purification, la fertilité de la terre, la fécondité du bétail ou des épouses…

Toute la vertu du sacrifice réside dans l’idée que l’on peut agi r sur les forces spirituelles par l’offrande de biens matériels, offrande, bien entendu assortie de prières, d’incantations, de suppliques. Le sacrifice passe même pour être un meilleur moyen que la prière souvent ignorée…

Il faut que le Transcendant soit puissant pour qu’on lui offre le bien suprême qui est si souvent un enfant c’est-à-dire l’espoir et l’avenir du groupe, l’objet des soins et de l’amour de ses parents. Il est vrai que nous avons de la peine à comprendre les formes que peut prendre cet amour. C’es t l’anthropologue Johan Reinhard qui explique : « Les Incas faisaient une faveur à ces enfants puisqu’il s devenaient des dieux après leur mort » . « Il s étaient même célébrés comme des demi-dieux pendant les dix jours de fête précédant leur mise à mort « :

Deux fois par an, aux solstices d’été et d’hiver, les meilleures récoltes, les plus beaux animaux, les plus fins vêtements, les plus précieuses œuvres d’art et les plus joli s enfants étaient rassemblés (de l’Equateur jusqu’au Chili) et amenés à Cuzco , la capitale inca perchée à 3 650 m d’altitude en 4 grandes processions convergentes, chacune venant d’une province… Cuzco n’était pas seulement une capitale politique, c’était le mandala qui maintenait la cohésion de l’empire.

Après une purification rituelle les enfants écoutaient le grand prêtre leur expliquer les bienfaits que leur sacrifice apporterait à l’Empire et à eux-mêmes. Accompagnés de leur mère ils processionnaient autour des statues des principaux dieux : Viracocha , l e Dieu d u Soleil , l e Die u de s Eclairs , ou celui de la Lune. L’inca ordonnait alors aux prêtres d’emporter leur part des offrande s et de s sacrifiés à immoler aux plus grands autels de leur région.

De nouveaux grands défilés se dirigeaient vers les provinces et finalement montaient à ces autels situés très haut dans les montagnes .

Avan t d e procéde r a u sacrific e le s prêtre s disaien t un e prière , pa r exempl e à Viracoch a l e créateu r : « Dispensateu r d e vie , to i qu i décide s d u jou r e t d e l a nuit , to i qu i engendre s l’auror e e t l a lumièr e di s à to n fil s l e solei l d e brille r e n pai x e t e n sérénité , d e brille r a u dessu s d e ceu x qu i l’attendent , d e le s protége r contr e le s maladie s etc.. « 

A e n croir e l a légend e d e Tant a Carhua , un e fillett e sacrifié e à 1 0 ans , le s festivité s inca s préparaien t parfaitemen t le s victime s à leu r sor t : « vou s pouve z e n fini r ave c moi , maintenant , aurait-ell e dit , j e n e pourrai s pa s êtr e plu s honoré e qu e pa r le s fête s qu’o n a célébrée s pou r mo i à Cuzco » .

Le s victime s étaien t de s ambassadeur s auprè s de s dieux . Elle s devaien t mouri r heureuse s ca r u n représentan t e n colèr e e t rempl i d e mauvais e volont é n’aurai t pa s ét é u n bo n défenseu r de s intérêt s d e se s mandants .

L e sacrific e humai n engendr e auss i 3 sorte s d e demi-dieu x : l a victi – m e qu i dispens e dorénavan t santé , travail , fertilit é etc. . s a tomb e étan t centr e d’u n pouvoi r magique , deuxièm e demi-die u l e commanditair e qu i profit e a u mieu x d u sacrific e consent i o u payé.. . qu i es t considér é comm e invincibl e à caus e de s pouvoir s conféré s pa r le s pacte s scellé s pa r leur s sacrifices . Enfi n l e sacrificateu r lu i même , ca r observan t de s pacte s ave c le s puissance s surnaturelles , i l n e peu t qu’e n recevoi r succès , richess e e t considération .

Pou r profite r de s bienfait s d u sacrific e i l convien t d e s’associe r à l a victim e : soi t e n mangean t s a chair , soi t e n procuran t l e sacrifié , e n l e parant , l e nourrissan t etc. .

Mai s peu t s’établi r un e relatio n contradictoir e entr e l e sacrifi é e t se s sacrificateurs . S i l a victim e n’es t pa s consentante , o n pense , a u Pérou , qu e so n âm e devien t l’esclav e de s « tius  » (esprit s d e l a montagne ) e t peu t tue r à leu r place . Ains i a-t-o n peu r qu e l e mor t n e s e libèr e e t n e vienn e s e venger . Auss i o n tach e d e s e concilie r so n espri t pa r de s prière s e t de s culte s o ù s e marquen t le s influence s chrétienne s : o n le s appell e d’ailleur s de s « misses » . I l sembl e bie n qu e le s sacrifice s humain s s e pratiquen t aujourd’hui , encore , dan s le s Audes , Patric k Tierne y a recueill i d e nombreu x témoi – gnage s e t fai t éta t d’article s d e journau x d e l a Pa z o u d e Santiago .

E n 196 0 u n orpheli n aurai t ét é sacrifi é a u Lag o Bud i (a u su d d e Santiago ) pou r fair e cesse r u n ra z d e marée , e n 198 6 u n paysa n aurai t ét é sacrifi é pou r calme r l a colèr e d e l a natur e qu i faisai t monte r le s eau x d u La c Titicaca , e n 198 3 u n homm e aurai t ét é pend u dan s l a mêm e régio n (côt é Pérou ) pou r lutte r contr a l a sécheresse . O n accus e d e ce s crime s le s chamane s qu i « parlen t a u diable » , le s narcotrafiquant s o u le s commer – çant s qu i veulen t réussir .

Dan s notr e sphèr e culturell e Eschyl e narr e l e sacrific e d’Iphigéni e :

Le s Dieux , e t e n particulie r Artémi s (don t l e cult e comprenai t parfoi s de s sacrifice s humains ) avaien t immobilis é le s vaisseau x d’Agamenno n – Artémi s avai t pri s parti e pou r Troi e – dan s l e Golf e d’Argos . Le s Dieu x avaien t avert i Agamenno n qu’il s lu i accorderaien t u n ven t favorabl e seulemen t s’i l leu r immolai t s a fill e Iphigénie . Longtemp s Agamenno n hésit a pui s i l immol a Iphigénie . A u mêm e instan t le s vent s s e levèren t mai s l e desti n tomb a su r l a nuqu e d’Agamenno n : i l ser a tu é pa r l’aman t d e s a femm e Chytemnestre , leque l ser a tu é pa r Orest e qu i poignarder a auss i s a mèr e pou r l a puni r ains i qu e so n aman t d’avoi r tu é so n père.

Pou r comprendr e c e geste , c e sacrific e innommabl e – c e qu i n e veu t pa s dir e l’approuve r – nou s allon s fair e un e sort e d’inventair e de s mobile s qu i l e provoquen t : Fondation s d e ville s Nou s avon s déj à évoqu é l e meurtr e d e Remu s pa r Romulus , pou r n e pa s multiplie r le s exemple s j e m e born e à cite r l a fondatio n d e l’un e de s cité s Kotok o (su r le s cour s inférieur s d u Char i e t d u Logone ) : Logon e Birn i exige a l e sacrific e d e l a fill e d e l’u n de s groupe s e t d u garço n d e l’autr e muré s vivant s dan s l’épaisseu r d u mu r d’enceinte , Madam e Lebeu f qu i étudi a ce s principauté s expliqu e : « l e sacrific e d’u n de s fondateur s o u d e s a progénitur e es t u n act e essentiel . I l scell e l’unio n d e l’homm e ave c l e so l d e l’espac e réserv é mai s l’unio n de s groupe s étranger s entr e eux » . Intronisatio n d e Roi s L a traditio n Yoroub a voulai t qu e l e jou r d e l’intronisatio n d e l’on i d’If é (If é es t l’antiqu e capital e d’o ù son t parti s le s yoroub a don t l a tradi – tion , no n écrite , a ét é évoqué e pa r d e nombreu x informateur s don t l’u n de s dernier s es t mor t e n 1930) , qu e l e jou r d e cett e intronisation , u n esclav e étai t amen é a u palai s richemen t habill é e t coiff é d’un e couronn e d e cauris . Ce t esclav e (ro i d’u n jour ) recevai t le s dignitaire s d e l a cour , dan s diffé – rente s partie s d u palai s assi s su r u n trône , pui s i l quittai t l e palai s e t l a vill e d’If é pou r toujours . Comm e o n n e doi t jamai s dir e qu e l e ro i es t mor t mai s qu’i l es t parti , o n peu t suppose r qu e c e ro i d’u n jou r étai t exécuté .

Mort des Roi s

A l a fi n d u XVIII e siècl e (1778-1786 ) J.-F . Landolph e décri t le s funéraille s d e l’Ob a (ro i d u Bénin) .

O n creus e un e tomb e dan s l’un e de s cour s d u palais . C’es t u n tro u larg e d e 4 pied s carré s e t profon d d e 30 . O n y descen d l e cadavr e roya l ains i qu e se s premier s ministre s vivants . L’ouvertur e es t fermé e pa r un e grand e trapp e d e bois . Tou s le s jour s o n apport e de s vivre s e t o n demand e s i l e ro i es t mort . Le s survivant s réponden t qu’i l es t bie n malade . O n agi t ains i jusqu’ à c e qu e l’o n n’obtienn e plu s d e réponses . Pendan t c e temp s l’anarchi e es t instauré e dan s l a ville , de s homme s masqué s parcouren t le s rue s d e l a vill e e t fon t vole r l a têt e d e ceu x qu’il s rencontren t d’u n cou p d e coupe-coupe . L e san g es t recueill i dan s de s bassine s e t i l es t vers é su r l e tombea u de s rois .

Plu s tar d le s corp s son t sorti s d e l a foss e e t ceu x de s ministre s rendu s à leu r famill e tandi s qu e l e ro i es t inhum é dan s un e vast e cou r sou s l e portiqu e don t le s pilier s son t sculptés . C e lieu , di t l’auteur , étai t couver t d e san g humai n e t u n énorm e serpen t sculpt é dan s de s dent s d’éléphan t emboîtée s l’un e dan s l’autr e semblai t descendr e d u toi t e t pénétre r dan s l a tombe . N’oublion s pa s qu e l e serpen t es t symbol e d’éternit é e t plu s encor e d’éterne l retour .

Mai s le s sacrifice s n’e n étaien t pa s terminé s pou r autant .Deu x foi s pa r a n avaien t lie u d’important s rituel s qu i comportaien t de s offrandes , notammen t celle s d e 1 2 victime s humaine s ains i qu e 1 2 chiens , vaches , moutons , boucs , poulet s e t u n poisson . Ce s rituel s d e commémoratio n étaien t organisé s pa r l e ro i régnan t e n l’honneu r d e so n pèr e décédé , l’Ob a allai t voi r le s victime s humaine s ligotée s e t assise s e t le s chargeait , à voi x haut e d e message s pou r so n père . Alor s avai t lie u l’exécutio n : l a victim e s’avançai t bâillonné e ell e étai t assommé e pa r devan t e t pa r derrière . Allongé e alor s à terr e ell e étai t égorgé e e t so n san g recueill i arrosai t le s tombeau x de s rois .

Un e autr e grand e fêt e honorai t l e ro i régnan t lui-mêm e e t comportai t égalemen t de s sacrifices .

E n pay s Kotok o (Tchad , frontièr e Nigeria ) à Makari , l a traditio n assur e qu’ à chaqu e intronisatio n l e cora n étai t recouver t d e l a pea u d e l a mèr e d u M e (prince ) e t d e cell e d’u n bœu f immol é e n mêm e temp s qu’elle , qu’i l étai t ensuit e plac é dan s u n étu i d e cui r multicolor e e t soustrai t au x regards .

Obtentio n d e faveur s importante s

L’immolatio n d e victime s humaine s n e s’impos e qu e lorsqu e le s faveur s sollicitée s d e l’au-del à son t importantes . Nou s avon s évoqu é l e sacrific e d’Iphigéni e pa r so n père , sacrific e auque l devai t consenti r l a victim e elle-mêm e : Racin e me t dan s l a bouch e d e so n héroïn e : « i l fau t de s Dieu x apaise r l a colère  » avan t qu’ell e n e s e voi t substitue r un e jeun e captiv e Eriphèle , fill e caché e d’Hélèn e e t d e Thésée , don c ell e auss i d u san g d’Hélène .

A u Pérou , d e même , l a victim e devai t êtr e consentante . Alor s ell e devenai t Die u e t sourc e d e félicit é e t d e pouvoi r pou r celu i qu i e n faisai t l’offrande . L a fillett e don t nou s avon s parl é e t qu i es t révéré e sou s l’appellatio n d e « Tant a Carhua » , valu t à so n pèr e nommé e che f d e l a communaut é dan s le s jour s qu i suiviren t l’emmuremen t d e s a fill e consa – cré e a u soleil .

Su r l’îl e mélanésienn e d e Malekul a u n homm e qu i sacrifi e u n jeun e garçon , e n mêm e temp s qu’u n sanglie r particulier , devien t seigneu r de s enfer s e t possèd e u n pouvoi r su r l’ensembl e d e l a tribu .

O n gagn e pourrait-o n dir e u n pouvoi r magiqu e à l a mesur e d u sacri – fic e consenti .

C’es t c e pouvoi r qu’o n recherchait , e n Afrique , e n entran t dan s le s société s secrète s dite s de s hommes-lions , de s hommes-léopard s o u croco – diles . Pou r y entre r i l fallai t « offrir  » quelqu e membr e d e s a famille , don t un e parti e (o u l a totalité ) d u corp s étein t partagé e e t mangé e pa r le s membre s d e l a confrérie . Le s faveur s demandée s peuven t êtr e moin s importante s à no s yeu x :

Che z le s Peu l d u Foulado u (Ht e Casamance ) o n célèbr e encor e aujourd’hu i u n importan t ritue l e n l’honneu r de s vaches . Le s vache s c’es t l a vi e mêm e pou r ce s pasteurs.. . auss i pou r e n obteni r n’hésitait – (n’hésite ) o n pa s à passe r u n pact e ave c Gaari-Jinn e (l e génie-taureau) ? Celu i qu i veu t avoi r u n troupea u peu t offri r secrètemen t s a femme , so n enfan t – autrefoi s san s dout e de s esclave s – . Alor s l a victim e tomb e devan t l e troupea u d e vache s d e l a communaut é qu i arriv e e n galopan t pou r partici – pe r a u rituel . Ell e tomb e e t meur t – parfoi s piétinée , parfoi s d e maladi e dan s le s jour s suivant s – . Implore r l e pardo n C’es t u n autr e moti f pou r sacrifie r u n humai n e t e n particulie r u n enfant . Lor s d e terrible s ra z d e maré e : E n 196 0 eu t lie u l’exécutio n d’u n peti t garço n orpheli n (enviro n 6 ans) , prè s d u lag o Bud i a u Chili . O n lu i arrach a l e cœu r e t le s intestin s qu’o n jet a à l’eau . C’es t pou r montre r so n obéissanc e à Die u qu’Abraha m failli t bie n immole r so n fil s Isaa c (XIX e siècl e avan t J.-C) . Mai s c’étai t e n l’honneu r d e Moloch , Dieu x de s cananéen s e t de s phénicien s qu’étaien t immolé s d e nombreu x enfant s qu’o n brûlai t dan s de s « Tophets » . Manassé , fil s d’Ezéchias , « fi t passe r so n fil s pa r l e feu , pratiqu a l’astrologi e e t l a magie , institu a nécromanci e e t devins  » ( 2 roi s 2/16) . Acha z 12 e ro i d e Juda , ro i d e Jérusalem , e n avai t fai t autan t « i l fi t fume r l’encen s dan s l a vill e d e Be n Hinno m e t brûl a se s fil s pa r l e feu » , selo n le s abomination s de s nation s qu’avaien t dépossédée s Yahw e devan t le s fil s d’Israë l ( 2 chronique s 28/3) . L a rein e Dido n d e Ty r ayan t emport é à Carthag e – qu’ell e aurai t fond é a u IX e siècl e avan t J.-C . – le s Dieu x d e Phénicie , o n trouvait , e n Tunisi e u n « tophet  » ave c de s stèle s sacrificielle s e n l’honneu r d e Baal – Hammo n e t d e Tarit-Astart é (déess e d e l a fécondité) . Renouvellemen t d u mond e L e mond e vieillissant , le s organisation s s e dégradan t i l convien t d e l e renouvele r comm e d e refair e le s force s d’u n souverain . E n Crète , l e roi-prêtr e qu i portai t l e no m d e Mino s régnai t pendan t un e périod e d e 9 ans , A u bou t d e c e temp s l a puissanc e divin e qu i lu i avai t ét é insufflé e étai t considéré e comm e épuisée . I l s e rendai t alor s dan s l’antr e d e l a Montagn e Id a (o ù Zeu s enfan t avai t ét é élev é pa r 3 nymphes) . I l y apprenai t toute s le s faute s qu’i l avai t commises . Pendan t so n séjou r tout e l’îl e vivai t dan s l’angoiss e e t sacrifiai t jusqu’ à de s hommes . Te l étai t l e sor t de s 7 jeune s gen s e t 7 jeune s filles , tribu t qu e tou s le s neu f an s le s peuple s devaien t offri r a u Minotaure , hôt e d e l a grott e labyrinthiqu e d e l’Ida . Rappelon s qu e l e « monstre  » fu t vainc u pa r Thésé e qu i deviendr a ro i à so n tour . Tou s le s 9 an s égalemen t le s tribu s venan t d u pay s entie r s e réunis – saien t à Uppsal a pou r renouvele r le s pouvoir s d u roi . Chacu n devai t apporte r 9 offrande s : chevaux , chien s e t hommes . Le s victime s étaien t pendue s mai s auss i atteinte s d’u n cou p d e lance . De s exécution s d u mêm e genr e s e pratiquaien t a u Danemar k e t e n Norvège .

A l a fi n d u 1 e r siècl e d e notr e èr e Tacit e décri t l e sanctuair e d’u n peupl e germaniqu e : le s Semnome s qu i occupaien t u n vast e territoir e entr e Elbe , Odes , Varth a e t Vistule . I l assur e qu’ à de s époque s déterminée s de s députation s de s peuple s se retrouvaien t pou r pratique r de s « rite s barbares  » e t immolaien t u n homm e (a u moins) . L’affair e de s 9 an s es t extrêmemen t intéressant e ca r c e cycl e est , dan s l’antiquité , ressent i comm e à pe u prè s capabl e d e mettr e e n accor d l e cour s d u solei l ave c celu i d e l a lune , c’es t à dir e l a vi e social e d u ro i ( = soleil ) ave c l a natur e ( = lune) . Assure r l’ordr e d u Mond e Enfi n l e principa l mobil e d e l’exécutio n d e victime s humaine s es t d’assure r l’ordr e d u monde . E n méso-amérique , avan t l a dominatio n de s Aztèques , l e débu t d e l’anné e étai t marqué e pa r de s sacrifice s d’enfant s su r l e somme t de s montagne s ; lor s d e l a fêt e de s Dieu x e t Déesses , de s homm e o u de s femme s ayan t jou é pendan t quelque s jour s o u quelque s heure s l e rôl e d e leu r « patron » , étaien t immolé s a u somme t d e pyramide s pa r u n prêtr e portan t parfoi s lu i auss i l e costum e e t l e masqu e d u Die u o u d e l a Déesse . O n l e voi t bie n i l y a l à symbolism e d e l a Mor t e t d e l a résurrectio n d u Dieu . Parfoi s u n homme , prêtr e o u non , revêtai t l a pea u d u o u d e l a suppli – ciée , imag e d u Dieu , av e l e mêm e symbolisme . Le s Aztèque s ayan t développ é u n nouvea u myticism e e t décri t l e solei l comm e devan t recevoi r d e grande s quantité s d e san g pou r survivre , i l leu r fallu t s’empare r d e nombreu x prisonnier s d e guerr e afi n d e pouvoi r e n immole r chaqu e mati n : o n arrachai t leu r cœu r encor e palpitan t a u moye n d’u n coutea u d’obsidienn e e t o n l’élevai t pou r l’offri r a u soleil . Avan t le s Incas , le s indien s de s Ande s rendaien t de s culte s au x eau x e t au x montagnes , e t san s dout e à u n coupl e formé e de s une s e t de s autre s (la c d e haut e montagn e coupl é ave c u n hau t sommet , pa r exemple ) le s Inca s on t assum é ce s ancien s culte s e n le s réorientan t ver s l e soleil , seu l capabl e d e surpasse r le s Dieu x de s montagnes . Elue s d u solei l le s victime s humaine s auraien t jou é u n autr e rôle . O n aurait , dan s le s Andes , pratiqu é de s sacrifice s pou r apaise r de s conflit s internes , pou r renforce r l’harmoni e entr e classe s sociale s e n cimentan t le s relation s ave c l’Inca . Telle s es t l a thès e d e Abbo t Cristoba l d e Molin a (XVIe ) qui , e n bo n observateur , avai t not é qu e l a redistributio n de s victime s à parti r d e l a capital e aurai t apais é le s rancœur s qu e l’inégalit é de s peuple s pouvai t développer .

O n retrouv e dan s c e réci t d u jésuit e c e qu’assur e Ren é Girar d : l e sacrific e qu i es t un e violenc e es t un e manièr e d’arrête r l e cycl e intermi – nabl e de s vendetta s individuelle s o u d e groupe . L a violenc e sacrificiell e s’opposerai t à l a violenc e « naturelle  » Le s humain s sacrifié s étaient , dan s tou s le s ca s de s messager s choisi s e t chargé s d’u n rôl e d e médiatio n entr e le s homme s e t le s Dieux . Cett e théologi e d e l a médiatio n perme t d e comprendr e (no n d’approuver ) l e cannibalism e ritue l qu i associ e à l a victim e l’ensembl e de s participants . C e n’es t pa s pa r goû t n i pa r instinc t qu e l’homm e es t cannibale , mai s à l a suit e d’un e théologi e e t d’un e mythologie . L’homm e sai t qu’i l doi t tue r de s animau x pou r vivre.. . i l extrapol e e t pens e qu’i l doi t tue r de s homme s pou r fair e vivr e l’au-delà , répétan t rituellemen t u n premie r meurtr e qu i eu t lie u dan s l e mond e de s Dieu x o u dan s celu i de s ancêtres . L e démembremen t d’u n Die u serai t l e modèl e d u sacrific e humain . L’Egypt e a fai t d’Osiri s l e Die u mor t e t ressuscit é : épou x d e s a sœu r Isis , fil s d u die u terr e Ge b e t d e l a déess e cie l Nout , frèr e d e Seth , Osiri s étai t – selo n le s récit s mythologique s – u n Dieu-ro i for t aimé . So n frèr e Seth , jaloux , fi t fair e u n coffr e superbemen t décor é et , a u cour s d’u n banquet , promi t d e l’offri r à celu i qu i pourrai t l e rempli r exactement . Comm e i l avai t ét é fai t au x mesure s d’Osiris , seu l celui-c i pu t s’ y couche r exactement . Aussitô t l e couvercl e rabatt u e t scellé , l e coffr e es t jet é a u Nil . Isi s l e recherch e e t l e retrouv e à Byblos . Ell e ramèn e l e corp s d’Osiri s e n Egypt e mai s Set h réussi t à s’e n empare r à nouvea u e t à démembre r l e corps . I l e n répan d le s morceau x à traver s l’Egypte . Isi s recherch e ce s morceaux , le s recoll e à l’exceptio n d u péni s qu i rest e introuvable . Selo n un e autr e versio n ell e inhum e chaqu e morcea u à l’endroi t o ù i l a ét é retrouv é e t à qu i es t ains i apporté e l a fertilit é e t l a résurrectio n es t antérieure . Quoiqu’i l e n soi t Isi s a u n enfan t posthum e d’u n épou x mor t e t ressuscité . C’es t enfan t c’es t Horu s – die u Fauco n – . E n Mésopotamie , selo n l e myth e babylonie n d e créatio n d e l’Univer s qu i étai t déclam é lor s de s fête s d u nouve l a n : a u commencemen t i l n’ y avai t qu e le s eau x douce s (Apsû ) e t le s eau x salée s Tiamat) . D e c e coupl e naissen t de s génération s d e Dieux , don t l’u n tu e Aps û e t l e remplac e comm e roi . I l engendr e Mardu k qu i attaqu e l a terribl e Tiamat . A lie u u n terribl e comba t don t Mardu k sor t vainqueur . I l fen d e n 2 l e cadavr e d e Tiama t e t d’un e moiti é form e l e cie l e t le s étoile s (e t auss i l a lune ) don t l’autr e form e l a Terr e o ù coulen t l e Tigr e e t l’Euphrat e issue s de s yeu x d e Tiamat.. . L’épou x d e Tiama t : King u es t alor s sacrifi é pou r qu e naiss e l’homm e ( à l’aid e don c d u san g d’u n Dieu ) o n compren d dè s lor s qu e l e servic e de s Dieu x ser a l e lo t d e l’humanité . I l fau t don c le s nourri r pa r de s offrande s : pains , viandes , mai s auss i légume s e t fruits . I l n e sembl e pa s y avoi r e u d e sacrific e humain , cependan t dan s le s tombe s royale s d’U r o n a trouv é le s squelette s d e nombreuse s personne s venue s (volontairemen t o u non ) prendr e plac e auprè s d e leu r maîtr e o u maîtresse . C’es t a u sacrific e d’u n Die u o u à so n auto-sacrific e qu’es t du e l a naissanc e d u mond e e n Grèc e comm e che z le s May a e t le s Dogon . Dionyso s es t u n die u énigmatiqu e don t l e no m signifi e  » 2 foi s né » , u n die u qu i meur t e t qu i renaît . I l es t san s dout e un e divinit é trè s archaïque , peut-êtr e originair e d’Anatolie , e n tou s ca s attesté e e n Crèt e o ù avai t lie u u n cult e d e Dionyso s enfan t s e confondan t ave c l e Zagreu s d e Mt-Ida . Zagreus-Dionyso s es t fil s d e Perséphon e déess e infernal e e t d e Zeu s (sou s form e d e serpent) . I l es t don c li é au x puissance s chtonniennes , i l évoqu e l e cycl e hive r (mort ) / printemp s (retou r de s force s d e vie) . Zagreu s a ét é déchir é e t dévor é enfant , sou s form e d e taureau , pa r de s Titans . A l’imitatio n d u sacrific e d e Zagreu s – Dionyso s qu i es t réput é favorise r l a renaissanc e e t l a croissanc e d e l a végétation , u n jeun e garço n étai t immol é e n Crète . Cett e victim e humain e avai t régn é pendan t un e journée . I l avai t alor s exécut é un e dans e illustran t le s 5 saisons , miman t l e lion , l a chèvre , l e cheval , l e serpen t e t l e veau . Aprè s quo i i l étai t sacrifi é e t mangé . Marsya s étai t am i d e l a déess e Cybèle , i l jouai t d e l a flût e pou r l a charmer . C’étai t dit-o n u n « satyre  » (o u silène ) d e Phrygie , Marsya s os a provoque r Apollo n e n comparan t s a flût e à l a lyr e d e celui-ci . Apollo n vainqui t Marsyas , pa r ruse , e n défian t so n adversair e d e fair e c e qu’i l faisai t c’est-à-dir e joue r à l’envers , c e qu’o n pouvai t ave c l a lyr e e t no n à l a flûte . Apollon , pou r s e venger , écorch a vi f Marsya s e t clou a s a pea u à u n pin , arbr e d e Cybèle , so n corp s démembr é fu t répand u dan s le s champ s pou r le s fertilisés . Ce s exemple s montren t bie n qu e l e sacrific e d’u n Die u cré e o u entre – tien t l e monde , lu i procur e l a fécondité .

Dan s l e Popo l Vuh , l e gran d text e May a écri t ver s 155 0 pa r u n lettr é quiche , le s Dieu x son t présenté s comm e de s humain s géant s comm e d e trè s grand s magicien s don t le s acte s e t le s création s furen t l e résulta t d e parole s magiques . Un e guerr e inexpiabl e éclat a entr e de s Dieu x lumineu x e t bienfaisant s e t le s Dieu x ténébreu x e t malfaisants . Cett e bataill e pri t figur e d e parti e d e je u d e paum e e t le s Dieu x lumineu x duren t feindr e d e s e laisse r tue r : rit e obligatoir e pou r passe r d u pay s d e l a Xibalb a (mort ) a u pay s d e l a vie . Ayan t remport é l a victoir e le s 2 magicien s montèren t a u cie l e t y devinren t solei l e t lune . A l’imag e d e l a lutt e de s Dieux , le s ancêtre s entamèren t un e lutt e a u je u d e paume . U n héro s ancestra l fu t décapit é e t s a têt e abandonné e su r l a plac e d u je u d e balle . Ell e y donn a naissanc e à de s fruit s e t engendr a un e descendance . O n voi t don c o ù s’ancr e l’idé e d u sacrific e humai n fécondateur . O n voi t auss i naîtr e l a nécessit é d u sacrific e pou r qu e viv e l e monde : le s Dieu x on t fai t coule r leu r san g pou r l e créer , le s homme s doiven t fair e coule r l e leu r pou r l e maintenir . Lor s don c le s cité s may a entrèren t e n guerr e no n afi n d e s’asservi r mai s d e fair e de s prisonnier s qu e l’o n puiss e immole r a u somme t de s pyramide s o u plu s souven t encor e a u cour s d’u n je u d e balle . L e ro i étai t guerrie r e t i l sacrifiai t le s prisonnier s mai s i l étai t auss i demi-Die u e t lor s de s cérémonie s rituelle s i l faisai t coule r so n propr e san g e n s e lacéran t notammen t l e lob e d e l’oreille , l a langu e e t l e péni s (l a rein e faisai t d e mêm e e n tiran t un e cord e à épine s à traver s s a langu e perforée) . C e faisan t le s souverain s répétaien t l e myth e créateu r e t l e reproduisan t assuraien t l a continuit é d e l a vie . L e san g étai t recueill i su r de s bande s d e papie r qu e de s acolyte s brûlaien t : l a fumé e l’emportai t a u ciel . Su r terr e le s souverain s étaien t alor s san s dout e e n proi e à de s phéno – mène s hallucinatoire s qu i leu r donnaien t un e versio n d e l’autr e monde . Le s Aztèque s venu s d u nor d d u Mexiqu e poussèren t jusqu’au x extrême s cett e nécessit é d u san g pou r qu e viv e leu r Die u l e solei l e t l’Univers , s a création . Che z le s Dogon , l e die u suprêm e Amm a ayan t cré é l e mond e pui s le s végétau x voulu t forme r 4 paire s d e jumeaux . I l procéd a pa r dédouble – ment s successif s créan t d’abor d le s mâle s pui s élaboran t dan s l e placent a le s jumelles . L e 4 e mâl e Og o s’impatientan t vol a l e morcea u d e placent a d’o ù devai t naîtr e s a jumelle . S e révoltan t contr e Amma , i l vol a auss i l a premièr e grain e créée.

Og o es t bie n évidemmen t l e perturbateur , l e désordonnateu r d u monde . Le s Dogo n l e décriven t comm e l e renar d pâl e (chacal) . Pou r remettr e d e l’ordr e dan s l e monde , Amm a transform a l e morcea u d e placent a e n terre . Pui s i l sacrifi a l e Nomm o (jumea u mâl e d’Og o e t don c participan t à l a responsabilit é d’Ogo , d u fai t mêm e d e cett e gémellité) . Ains i Nomm o fut-i l démembr é e t le s morceau x e n furent-il s lancé s au x 4 angle s cardinau x d e l’espace . D u sex e d e Nomm o naqui t l’étoil e Sirius , l a trac e d u san g créan t Vénus . C e sacrific e scell a l’éche c d u 1 e r mond e voul u pa r Amma , i l l e réorganis a don c pa r l a souffrance . Amm a rassembl a ensuit e l e corp s d e Nomm o e t l e ressuscit a sou s form e d e jumeau x mixte s humains . U n sacrific e commémorati f à lie u a u momen t d e l a fêt e de s semailles . Nou s penson s qu’autrefoi s avai t lie u u n sacrific e humain , aujourd’hu i remplac é pa r un e victim e animal e qu i es t mangé e pa r l a communaut é totémique . Mirce a Eliade , l e gran d ethnologu e roumai n qu i enseign a au x USA , soulignai t qu e cett e conceptio n d u sacrific e donnan t naissanc e o u régéné – ran t l e monde , proclam e qu e l a vi e es t assuré e pa r u n meurtre . Comm e l e di t Do n Eduardo , l’u n de s spécialiste s d u chamanism e andi n : l e sacrific e d’u n homm e c’es t l e sacrific e d u microcosm e a u macrocosm e qu’es t l’Univers . C’es t u n pon t e t s i l’âm e d u sacrific e es t consentant e c e peu t êtr e u n pon t cosmique . O n peu t alor s se pose r l a questio n : l a crucifixio n d e Jésus-Chris t est – ell e u n sacrific e ? J e n e veu x pa s examine r l a questio n e n théologie n – c e qu e j e n e sui s pa s – mai s e n anthropologue , sacrific e ? Certainemen t pa s ca r le s autorité s pensèren t sanctionne r un e conduit e susceptibl e d’amene r de s trouble s politiques , ca r l e peuple , qu i suivai t Jésu s quelque s jour s aupara – vant , l’abandonnèren t pa r peu r : peu r de s prêtre s qu i détestaien t l e Nazaréen , peu r d e l’occupan t qu i pourrai t sévi r contr e le s ami s d’u n rebelle . I l n’ y a pa s d e sacrific e offer t pou r l’un e de s raison s qu e nou s avon s signalée s : purification , envo i d’u n messager , etc. . S’agit-i l d’u n auto-sacrific e ? L’évangil e di t pa r exempl e : « l e fil s d e l’homm e n’es t pa s ven u pou r êtr e serv i mai s pou r servi r e t donne r s a vie , e n rançon , pou r beaucoup  » Mathie u 2 0 (28 ) e t Mar c 1 0 (32-34) . Dan s l’épîtr e au x Hébreu x 9 (26 )

Paul dit de Jésus : « Il s’est manifesté une seule fois à la fin des âges pour abolir le péché par son sacrifice. Je crois qu’il ne faut pas oublier la mentalité sacrificielle qui régnait dans le monde – rappelons-nous les taureaux immolés en l’honneur de Mithra – et qui n’est sans doute, pas abolie si l’on songe aux jeunes garçons iraniens se lançant dans les champs de mines irakiens, la clef du Paradis au cou. Mais il me semble que pour les Chrétiens il y a l à quelque chose d’unique puisque Dieu est à l a fois objet du sacrifice et destinataire du sacrifice car il est Dieu et non un Dieu, qu’ll est à la fois message, messager et récepteur du message. D’autres dieux, par exemple Odin, chez les Germains, se sacrifièrent , acceptèrent une mort rituelle, initiatique pour acquérir la connaissance suprême : de dieu des guerriers, Odin devint ainsi maître de la connaissance occulte. Mais n’oublions pas qu’il périt, englouti par le loup Fenrir et que la plupart des dieux disparurent avec lui, dans le crépuscule des dieu . Dans les auto-sacrifices que j’ai rencontrés dans les mythologies, les victimes ne se confondent pas avec le destinataire. Alors d’autres sacrifices devaient et pouvaient avoir lieu.  Je ne crois pas que l’Eucharistie chrétienn e soit un sacrifice renouvelé, le sacrifice de la croix demeurant unique mais étant présent et présenté dans le sacrement.

Je voudrais terminer cette causerie en posant une question: les archétypes sacrificiels nous quittent-ils ? En 1969, marchant sur la lune et contemplant l a sphère bleue de la terre, l’astronaute Armstrong se demandait comment une tribu primitive aurait réagi à ce magnifique spectacle: « combien de vierges lui aurait-on immolé ? » . L e psychologue Steven Kull signale que l’archétype d e l’Armageddon [montagne de rassemblement (Ap o 16,6) ] séduit des groupes religieux qui voient dans l’anéantissement du monde un ultime sacrifice purificateur : le rite de la destruction du monde.

Pétition – Non à l’interdiction de la circoncision !

CRIF

Le mardi 1er octobre 2013, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une résolution invitant les 47 États membres à prendre des mesures contre les « violations de l’intégrité physique des enfants » ; l’une de ces violations serait la circoncision, au même titre que la mutilation génitale féminine des enfants. Nous vous appelons à une grande mobilisation citoyenne contre ce projet injuste qui bafoue notre identité et nos libertés individuelles. Signez cette pétition initiée par le CRIF et faites-la circuler autour de vous !

Cette décision est une remise en cause inacceptable de la liberté religieuse garantie par l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Elle porte atteinte à l’essence même du judaïsme et des traditions qui ont accompagné l’histoire du peuple juif de par le monde. Elle agresse les communautés juives d’Europe déjà exposées à une résurgence sans précédent de l’antisémitisme. Elle est insultante quand elle met sur un pied d’égalité la circoncision et à l’excision. Elle est dangereuse car elle stigmatise les Juifs et ouvre de nouveau la porte à toutes les formes de caricatures. Elle est inconcevable pour tous ceux qui ont vécu la Shoah. Nous vous appelons à résister pour que cette décision ne soit jamais mise en application en France comme ailleurs en Europe.

Ces baptêmes royaux qui sont restés dans les mémoires

Constance Jamet

Le Figaro

20/10/2013

La famille royale lors du baptème d’Elizabeth II en 1926. Depuis 1841, soixante-dix bébés se sont fait baptiser dans la robe de dentelle et de satin portée par la fille aînée de Victoria. Depuis 2008, on utilise une reproduction. Les fonts baptismaux, en forme de lys, remontent aussi à Victoria tandis que l’eau bénite vient du Jourdain.

Lions, cérémonie secrète, bannissement, certains baptêmes à la Cour d’Angleterre ont fait des vagues. Alors que le prince William et Kate prévoient une cérémonie intime mercredi, retour sur les coups d’éclat de leurs prédécesseurs.

Après sa présentation à la presse le lendemain de sa naissance en juillet, le prince George va connaitre mercredi sa deuxième «cérémonie officielle». Le prince William et Kate baptisent mercredi leur fils dans l’intimité au Palais Saint-James. Des fuites supposées sur l’absence de certains membres de la famille royale comme la princesse Anne et Sophie de Wessex ont attisé les spéculations. Mais ceci est peu de chose comparé aux destins extraordinaires de certains baptêmes. Voyage dans le temps commenté par l’historienne canadienne Carolyn Harris, spécialiste des monarchies européennes.

• Le baptême mauvais présage. La palme revient au bien nommé mais oublié souverain Æthelred II le malavisé (968-1016). Le bébé s’oublie dans les fonts baptismaux. Furieux l’archevêque de Canterburry prédit «Par dieu et sa mère, ce sera un individu bien déplorable». Æthelred II fut détrôné par le roi du Danemark Sweyn Forkbeard. Il est resté dans l’Histoire comme un des rois les plus inefficaces de l’Angleterre saxonne.

Elizabeth I.

• Le baptême le plus rabat-joie. Elizabeth Ière (1533-1603) vient au monde dans un contexte politique tendu. Elle est le premier monarque à être baptisée dans la toute nouvelle Eglise anglicane. Pour épouser sa mère Anne Boleyn, Henry VIII a divorcé de Catherine d’Aragon, et rompu avec le Pape. Pour la frange de la population restée catholique et fidèle à Rome, il n’y a donc aucune raison de célébrer. «Ce baptême a été, comme le couronnement d’Anne Boleyn, froid et désagréable. Personne à la cour ou à Londres n’a songé à allumer les traditionnels feux de joie», se gausse un chroniqueur de l’époque, pro-Catherine d’Aragon.

• La marraine la plus généreuse. Pour la naissance en 1566 du fils de la reine d’Ecosse Mary Stuart, le futur Jacques Ier d’Angleterre, Elizabeth Ière envoie des fonts baptismaux en or. Cette bienveillance ne durera pas, la reine fera exécuter sa cousine 11 ans plus tard.

• Le baptême qui rugit. Le roi d’Ecosse Jacques VI, futur roi d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier, veut pour son fils Henry Frederick né en 1594 une cérémonie qui surpasse toutes les précédentes. Le souverain demande comme clou de son banquet un carrosse tiré par un lion. Mais au dernier moment, le plan est abandonné, de peur que la bête ne salisse le sol. Les invités sont conviés à contempler de loin les fauves qui demeurent dans leur enclos.

Mary de Modène avec son fils.

• Le baptême clandestin. Dans une Angleterre protestante, le choix du futur Jacques II et de sa seconde femme Mary de Modène, catholiques convaincus, de baptiser clandestinement en 1675 leur aînée Catherine selon leur religion, ne peut qu’outrager la cour et le frère de Jacques, le roi Charles II chef de l’Eglise anglicane. Quand Charles II l’apprend, il arrange aussitôt un baptême anglican pour la fillette. La petite princesse meurt à neuf mois de convulsions. Aucun des enfants catholiques de Jacques II ne montera sur le trône, la lignée des Stuart s’éteint à la mort des deux filles du premier mariage de Jacques II, les reines Marie et Anne, élevées dans la foi protestante.

• Le baptême qui vire à l’affaire d’Etat. Premier monarque issue de la dynastie des Hanovre, George Ier entretient des relations détestables avec son fils, le prince de Galles bien plus populaire que lui. Celles-ci arrivent à leur point de rupture lors du baptême du cadet du prince en 1717. Tout est matière à désaccord et George Ier impose ses choix. Ulcéré que le roi ait nommé le duc de Newcastle, Lord Chambellan, parrain, le prince lance au noble honni «vous êtes un vaurien et je vous démasquerai». Sauf que le prince parlant avec un fort accent allemand, le duc comprend qu’on le provoque en duel. Scandale, George Ier bannit son fils et sa belle-fille de la cour et leur confisque la garde de leurs enfants. Le petit George William meurt à trois mois, le prince de Galles ne pardonnera jamais à son père cette séparation.

Victoria enfant.

• Le baptême suspense. En 1819, l’atmosphère est encore à la querelle familiale lorsqu’il faut prénommer la future reine Victoria. Le prince Régent et futur George IV , refuse toutes les suggestions de son frère et père de la petite fille, le duc de Kent. Vient le jour de la cérémonie, l’archevêque de Canterburry tient le nourrisson et attend la décision du prince. Celui-ci tergiverse avant de proposer Alexandrina en l’honneur du Tsar, un des parrains de l’enfant. Le duc de Kent demande le droit de donner comme deuxième prénom, Elizabeth. Le prince Régent s’y oppose mais accepte Victoria, comme la mère de l’enfant, «du moment que son nom ne précède pas celui du Tsar». Peine perdue, en montant sur le trône en 1837, la jeune femme se fera appeler Victoria.

La famille royale lors du baptème d’Elizabeth II en 1926. Depuis 1841, soixante-dix bébés se sont fait baptiser dans la robe de dentelle et de satin portée par la fille aînée de Victoria. Depuis 2008, on utilise une reproduction. Les fonts baptismaux, en forme de lys, remontent aussi à Victoria tandis que l’eau bénite vient du Jourdain.

• Une génération de baptêmes insolites. «Grand-mère» des familles royales européennes, la reine Victoria a eu des dizaines de petits-enfants. Certains ont eu droit à des baptêmes atypiques. Victoria-Melita fut une des rares membres de la famille royale à être baptisée hors du Royaume-Uni, à Malte, où son père officier de la Navy était affecté en 1877. Sa sœur cadette Batrice fut baptisée 7 ans plus tard dans la bibliothèque familiale du Kent.

• Le recordman des bonnes fées. Si les bébés royaux ont de nos jours cinq ou six parrains, Edward VIII né en 1894 en avait douze: la reine Victoria (son arrière-grand-mère), ses autres arrières grands-parents le roi et la reine de Danemark, le roi de Württemberg (un lointain cousin de sa mère), sa grand-tante la reine de Grèce, son grand-oncle le duc de Saxe-Coburg et Gotha, ses grands-parents le prince et la princesse de Galles, le cousin de son père le Tsarévitch, le duc de Cambridge (le cousin de Victoria), et ses grands-parents maternels le duc et la duchesse de Teck.


Cinéma: Le Majordome ou la subversion par le service (The Butler: when subservience becomes subversive)

23 octobre, 2013
https://i1.wp.com/www.awardsdaily.com/wp-content/uploads//2013/06/butlerwindow-1370279347.jpgQuiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. Jésus (Matthieu 20: 26-28)
il n’y a pas de travail insignifiant. Tout travail qui aide l’humanité a de la dignité et de l’importance. Il doit donc être entrepris avec une perfection qui ne recule pas devant la peine. Celui qui est appelé à être balayeur de rues doit balayer comme Michel-Ange peignait ou comme Beethoven composait, ou comme Shakespeare écrivait. Il doit balayer les rues si parfaitement que les hôtes des cieux et de la terre s’arrêteront pour dire : « Ici vécut un grand balayeur de rues qui fit bien son travail. Martin Luther King
Le domestique noir défie les stéréotypes raciaux en étant assidu et digne de confiance… bien que serviles, ils sont subversifs sans même le savoir. Martin Luther King Jr.
Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. John Kennedy
Il n’aura même pas eu la satisfaction d’être tué pour les droits civiques. Il a fallu que ce soit un imbécile de petit communiste. Cela prive même sa mort de toute signification. Jackie Kennedy
It was people like Eugene and Helene Allen who helped build the black middle class in this country. And that is a big reason why I took this role. Oprah Winfrey
Ce qui était exceptionnel, c’était de faire un film sur une famille afro-américaine. Il y en a eu très peu. Je me souviens de Diahann Carroll dans Claudine (de John Berry) ou de Cicely Tyson dans Sounder (de Martin Ritt). Le reste, c’est mon histoire, c’est notre parcours . Lee Daniels
Devinez lequel des deux a grandi dans une Virginie sous le coup de la ségrégation, a pris un travail à la Maison-Blanche et est monté jusqu’au titre de maître d’hôtel, la plus haute position dans le service dédié à la Maison-Blanche? Devinez lequel menait une vie heureuse et paisible, et a été marié à la même femme pendant 65 ans? Et lequel avait un fils qui a honorablement servi au Vietnam et n’a jamais émis la moindre protestation durant l’ère pré- et post- droits civiques? Maintenant, devinez quel majordome a grandi dans une ferme de Géorgie, a vu son patron violer sa mère, puis son père s’élever contre ce viol, puis se faire tirer une balle dans la tête en réponse? Devinez quel majordome ressent si profondément la peine des injustices raciales de l’Amérique qu’il quitte son travail à la Maison-Blanche et rejoint son fils dans un mouvement de protestation? (…) La position de mon père sur la levée des sanctions sud-africaines dans les années 80 n’avait rien à voir avec la question strictement raciale. Il avait à faire avec la géopolitique de la guerre froide. Les faits n’ont pas d’importance pour les propagandistes créatifs de Hollywood. La vérité est trop compliquée et pas assez dramatique au goût des scénaristes, qui pensent en terme de minute, pas de contexte, quand il s’agit d’un conservateur. Contrairement à ce que les libéraux de Hollywood pensent, mon père ne voyait pas les gens en couleurs. Il les voyait en tant qu’individus américains. Michael Reagan
Les petits garçons et les petites filles américains s’assiéront ensemble dans n’importe quelle école – publique ou privée – sans aucune distinction de couleur. La ségrégation, la discrimination et le racisme n’ont pas leur place en Amérique. Vice President Richard Nixon (Campagne Eisenhower, octobre 1956)
No one should ever deny the senseless tragedies that dogged the civil rights movement during the 1950s and 1960s, including the murders of Emmett Till in 1955, of Medgar Evers in 1963, of James Chaney, Andrew Goodman, and Michael Schwerner 1964, and of course, of Martin Luther King in 1968. But by 1986, the United States was a different place. The Butler’s negative reimagination comes at a real social cost. Watching the movie, the viewer comes away thinking that the civil rights movement has largely failed. But the actual record is more upbeat. It is unfortunate that Daniels did not start The Butler during the Truman years. In 1948, Truman decided to desegregate the U.S. armed forces by executive order. That action would have been unthinkable at the beginning of the Second World War, given the dominant southern presence in the military. Hence, the United States had the dubious distinction of fighting Hitler’s Germany and Tojo’s Japan with segregated armed forces. Perhaps an executive order is not cinematic stuff. But the same cannot be said of baseball’s racial integration in 1947, when a determined Branch Rickey brought Jackie Robinson up from a farm team in Montreal to the Brooklyn Dodgers. That story was the subject of 1950 movie and the more recent film 42 released this year. This transformative event was done, not through legislation, but voluntarily by one courageous man who took the risk that a major backlash might follow. Change was happening at the state level as well. In 1947, New Jersey abolished segregation by a state constitutional amendment. When these changes are executed voluntarily, they are less likely to face the massive resistance that followed the Supreme Court’s decision on racial segregation in Brown v. Board of Education, handed down in June 1954 and itself the culmination of a long campaign that first chopped away at segregation in railroad transportation and law school education. In time, of course, the cultural clash crystallized in the highly confrontational sit-ins that occupy much of the screen time in The Butler. It is these cases that led to the passage of Title II of the 1964 Civil Rights Act, which deals with access of all persons to public accommodations. Its basic command reads that all persons are entitled to ”the full and equal enjoyment of the goods, services, facilities, privileges, advantages, and accommodations of any place of public accommodation, as defined in this section, without discrimination or segregation on the ground of race, color, religion, or national origin. Richard A. Epstein
Pourquoi les Démocrates feraient-ils l’impasse sur leur propre histoire entre 1848 et 1900 ? Peut-être parce que ce n’est pas le genre d’histoire des droits civiques dont ils veulent parler – peut-être parce que ce n’est pas le genre d’histoire de droits civiques qu’ils veulent avoir sur leur site Web. David Barton
How likely is it that the chief White House butler not only witnessed his mother raped and his father murdered by a plantation owner’s racist son but also had an intermittently estranged son of his own who became, first, one of the Fisk University student heroes of the Nashville lunch-counter sit-ins; second, one of the original Freedom Riders; third, so close an aide to King that he was in the Memphis motel room with Ralph Abernathy, Andrew Young, and Jesse Jackson when King was assassinated; fourth, a beret-wearing Black Panther in Oakland; fifth, an unsuccessful candidate for Congress; sixth, a leader of the South Africa divestment movement; and, seventh, a successful candidate for Congress? Hendrik Hertzberg
The Butler is fiction, although its audience may assume otherwise. Those cagey words “inspired by a true story” can be deceptive. The script was triggered by Wil Haygood’s 2008 Washington Post article “A Butler Well Served by This Election.” Published after Obama’s landmark victory, and later spun into a book, it unearthed the story of former White House butler Eugene Allen, who served American presidents for 34 years. But screenwriter Danny Strong (HBO’s Game Change) has created a fictional butler named Cecil Gaines (Forest Whitaker), whose life mirrors the drama of the civil rights movement with cut-glass symmetry. Straining to serve an overcharged agenda, The Butler is a broadly entertaining, bluntly inspirational history lesson wrapped around a family saga that gives new resonance to the term “domestic drama.” Director Lee Daniels (Precious, The Paperboy) is not known for subtlety, and this movie is no exception. But at the heart of its sprawling narrative, he has corralled some fine performances. Whitaker navigates gracefully between his public and private personae—White House butlers he says, have two faces: their own “and the ones we got to show the white man.” As Cecil stoically weathers the upheavals of history, and his splintered family, we can feel him being gradually crushed under the weight of his own quiet dignity, yet mustering shy increments of resistance over the decades. Between his role as a virtually mute servant/sage in the White House and a beleaguered patriarch trying to hold together his middle-class family, this a character with a lot on his plate. The story’s long march begins with Cecil’s boyhood on a cotton plantation in the South in 1926, where he sees his father shot dead in a field for looking the wrong way at a white man. Cecil is adopted by a thin-lipped matriarch who tells him, “I’m going to teach you how to be a house nigger.” Which sounds strange coming from the mouth of Vanessa Redgrave. The term “house nigger,” and the n-word in general, recurs again and again, shocking us each time, and never letting us forget that there’s no higher house than the White House. A model of shrewd obedience, Cecil learns to make the perfect martini, to be invisible in a room, and to overhear affairs of estate in stony silence—unless asked for his opinion, which he’ll pretend to offer with a wry, Delphic diplomacy that makes the questioner feel validated. The script goes out of its way to ennoble Cecil’s work, plucking a quote from Rev. Martin Luther King Jr. —”the black domestic defies racial stereotyping by being hardworking and trustworthy … though subservient, they are subversive without even knowing it.” The Uncle Tom issue is front and centre, especially in Cecil’s feud with his radicalized son Louis (David Oyelowo), who rejects his father as a race traitor. The conflict comes to a head amid a family debate about the merits of Sidney Poitier, a legendary actor brashly dismissed by Louis as “a white man’s fantasy of what he wants us to be.” The fondly nostalgic references to In the Heat of the Night and Guess Who’s Coming to Dinner may fly over the heads of younger viewers. But it’s a lovely scene, mixing rancour and wit and a deft touch. Although this is a movie on a mission, it does have a sense of humour. When Cecil’s eldest son, shows up to dinner in his Black Panther beret and black leather, with a girlfriend sporting a vast Angela Davis Afro, it’s pure caricature as Daniels presents a whole other take on Guess Who’s Coming to Dinner, played as both drama and farce. Brian D. Johnson
The film opens with young Cecil in Macon, Georgia, in the 1920s, working in a cotton field alongside his father. His mother (Mariah Carey) is raped by a white plantation overseer, Thomas Westfall (Alex Pettyfer), loud enough for everyone to hear. When Westfall returns, Cecil’s father shows his anger, and Westfall shoots him dead in front of Cecil and the other plantation workers. The plantation matriarch (Vanessa Redgrave) then decides that Cecil should leave the fields to become a “house nigger” and learn to serve her family. Those appear to be the inventions of screenplay writer Danny Strong; they are never mentioned in Haygood’s piece.Eugene Allen was born in 1919, and, like Cecil, he grew up on a plantation (in Virginia, not Georgia). He, too, became a “house boy” for a white family. When he spoke to Haygood about his childhood, “There was nary a hint of bitterness in his voice about his upbringing.” Allen left the plantation in hopes of finding better work, as Cecil does—but unlike his fictional counterpart, he never broke into a hotel restaurant to steal food. (He did, however, land a job at a Virginia hotel as a waiter, as Cecil ultimately does in North Carolina.) Allen learned of a job at a country club in Washington, D.C., a fact that aligns with Cecil’s move to the nation’s capital. But their entries to the White House differ considerably: Allen learned via word of mouth that Alonzo Fields, a black maître d’ at the White House, was looking for pantry workers, and he went to talk to him. He began working there in 1952, during the Truman administration, but didn’t get promoted to butler until several years later. In the movie, the White House calls Gaines after a white senior staffer witnesses Cecil in action at the D.C. hotel—a point Cecil, in voiceover, emphasizes proudly. Aisha Harris

Attention: une subversion peut en cacher une autre !

Mère violée, père assassiné, fils ainé panthère noire, cadet tué au Vietnam, président démocrate assassiné par le racisme, présidents républicains congénitalement racistes …

Comment devant l’histoire de ce « nègre de maison » qui finit majordome de la Maison-Blanche et qui, pendant 34 ans et de Truman à Reagan, servit huit présidents  …

Et malgré l’invraisemblable accumulation, sans parler des contre-vérités anti-républicaines, de péripéties à la Forrest Gump et de stars de la pop ou d’Hollywood que se sent obligé de lui adjoindre le film de  Lee Daniels …

Comme le véritable accident industriel que s’est révélé être l’arrivée du premier président noir à la Maison Blanche ….

Ne pas repenser à ces milliers de pères et mères de famille sans lesquels il n’y aurait pas de classe moyenne noire aujourd’hui aux Etats-Unis …

Ceux dont Martin Luther King évoquait  la dignité et l’importance …

Comme celle du balayeur de rues qui « balaye comme Michel-Ange » …

Ou du domestique noir qui par sa servilité même devient « subversif sans même le savoir » …

Mais surtout à cette ultime subversion à laquelle avait appelé le Christ …

A savoir celle de la grandeur du service et du don de soi ?

The Butler: Hit and miss, though Oprah steals every scene

Brian D. Johnson

August 16, 2013

This is turning out to be an exceptional year for black filmmakers mining true stories of race and violence in America. Last month saw the release of Ryan Coogler’s Fruitvale Station, an explosive drama about the last day in the life of Oscar Grant, a 22-year-old black man who was shot dead by police while handcuffed in an Oakand subway station on New Year’s Day in 2009. At next month’s Toronto International Film Festival, one of the most hotly anticipated premieres is Steve McQueen’s 12 Years A Slave, about Solomon Northrup, a free-born African American who was kidnapped in 1841, sold into slavery, and rescued by a Canadian abolitionist (Brad Pitt). And opening this week is Lee Daniels’ The Butler, a star-studded epic inspired by the life of a dedicated butler who served under eight presidents in the White House while the civil rights movement raged outside its walls.

Unlike the other two movies, The Butler is fiction, although its audience may assume otherwise. Those cagey words “inspired by a true story” can be deceptive. The script was triggered by Wil Haygood’s 2008 Washington Post article “A Butler Well Served by This Election.” Published after Obama’s landmark victory, and later spun into a book, it unearthed the story of former White House butler Eugene Allen, who served American presidents for 34 years. But screenwriter Danny Strong (HBO’s Game Change) has created a fictional butler named Cecil Gaines (Forest Whitaker), whose life mirrors the drama of the civil rights movement with cut-glass symmetry.

Straining to serve an overcharged agenda, The Butler is a broadly entertaining, bluntly inspirational history lesson wrapped around a family saga that gives new resonance to the term “domestic drama.” Director Lee Daniels (Precious, The Paperboy) is not known for subtlety, and this movie is no exception. But at the heart of its sprawling narrative, he has corralled some fine performances. Whitaker navigates gracefully between his public and private personae—White House butlers he says, have two faces: their own “and the ones we got to show the white man.” As Cecil stoically weathers the upheavals of history, and his splintered family, we can feel him being gradually crushed under the weight of his own quiet dignity, yet mustering shy increments of resistance over the decades. Between his role as a virtually mute servant/sage in the White House and a beleaguered patriarch trying to hold together his middle-class family, this a character with a lot on his plate. The real surprise is Oprah Winfrey, who’s blessed with a juicy, freewheeling role, and shows once and for all she can really act, stealing every scene with a saucy gravitas, if there can be such a thing. With a performance that’s charismatic yet deeply grounded, she sails through a character arc that ranges from drunken feints at infidelity to ferocious loyalty—undercut with droll asides that are impeccably timed.

The story’s long march begins with Cecil’s boyhood on a cotton plantation in the South in 1926, where he sees his father shot dead in a field for looking the wrong way at a white man. Cecil is adopted by a thin-lipped matriarch who tells him, “I’m going to teach you how to be a house nigger.” Which sounds strange coming from the mouth of Vanessa Redgrave. The term “house nigger,” and the n-word in general, recurs again and again, shocking us each time, and never letting us forget that there’s no higher house than the White House.

A model of shrewd obedience, Cecil learns to make the perfect martini, to be invisible in a room, and to overhear affairs of estate in stony silence—unless asked for his opinion, which he’ll pretend to offer with a wry, Delphic diplomacy that makes the questioner feel validated. The script goes out of its way to ennoble Cecil’s work, plucking a quote from Rev. Martin Luther King Jr. —”the black domestic defies racial stereotyping by being hardworking and trustworthy … though subservient, they are subversive without even knowing it.”

The Uncle Tom issue is front and centre, especially in Cecil’s feud with his radicalized son Louis (David Oyelowo), who rejects his father as a race traitor. The conflict comes to a head amid a family debate about the merits of Sidney Poitier, a legendary actor brashly dismissed by Louis as “a white man’s fantasy of what he wants us to be.” The fondly nostalgic references to In the Heat of the Night and Guess Who’s Coming to Dinner may fly over the heads of younger viewers. But it’s a lovely scene, mixing rancour and wit and a deft touch. Although this is a movie on a mission, it does have a sense of humour. When Cecil’s eldest son, shows up to dinner in his Black Panther beret and black leather, with a girlfriend sporting a vast Angela Davis Afro, it’s pure caricature as Daniels presents a whole other take on Guess Who’s Coming to Dinner, played as both drama and farce.

The story is a bit of a slog. It unfolds against a parade of presidents that amounts to a clumsy sideshow of cameos. Some are dismal, beginning with a ludicrous incarnation of Dwight D. Eisenhower by Robin Williams desperately trying not to look like Robin Williams. John Cusack’s Nixon is a bad joke. James Marsden’s John F. Kennedy is too young and callow—JFK as just another pretty face. But Liev Schreiber throws some mustard on a snappy portrayal of Lyndon B. Johnson. And an almost unrecognizable Allan Rickman creates a masterful Ronald Reagan, complemented by Jane Fonda’s brief, brilliant turn as Nancy. First The Newsroom, now this; Hanoi Jane has grown up to be an expert at playing ballsy Republican grand dames.

Despite the film’s shortcomings, it does its job. The tragic events of America’s race war, no matter how schematically presented, burn through the narrative with potency. Intercutting horrific scenes of bigots disrupting a lunch counter protest in the South with shots of a black butlers setting fine china for a White House dinner may be contrived, but they’re brutally effective.

With his hit-and-miss direction, it’s as if Daniels is the movie’s ultimate butler, juggling an overloaded tray as he tries to serve all sides of history at once. He’s most assured in the scenes of Cecil’s extended family, which swing from rollicking banter to bitter conflict, and least comfortable in his role as history teacher. Every so often I kept wishing Spike Lee were behind the camera, cutting through clichés. Though The Butler‘s tidy sentiments can be cloying, it’s hard to remain unmoved—and unimpressed by the stubbornly authentic performances by Whitaker and Oprah, which will likely be remembered at Oscar time.

Voir aussi:

Top 5 Inaccuracies in ‘The Butler’

Christian Toto

Breitbart

16 Aug 2013

The new political drama Lee Daniels’ The Butler takes its cues from a Washington Post article about a black servant named Eugene Allen who worked in eight presidential administrations.

That part of the story is essentially unchanged. The rest of the film, a movie stuffed with politics, historical re-creations and presidential imitations, is rife with inaccuracies that should be corrected.

Note: Some story spoilers ahead …

President Ronald Reagan was indifferent to the suffering of people of color. Breitbart News reported this week that Reagan biographer Craig Shirley shredded this notion by detailing the president’s legislative achievements and personal outtreach to his black peers.

The Democrats helped pass the Civil Rights Act: This is more of an inaccuracy by omission. The film showcases how both Presidents Kennedy and Johnson rallied on behalf of civil rights, but what’s left out is the voting record on the historic Civil Rights Act. Turns out « 80 percent of the “no” votes in the Senate came from Democrats, including the late Robert Byrd (W.Va.) and Albert Gore (Tenn.), father of the future vice president, » so Republicans teamed up with President Johnson to pass the legislation.

President Nixon dismissed black Americans–save for their votes: The film shows Nixon (John Cusack) promoting his upcoming election battle with John F. Kennedy by giving campaign buttons to the butler and his fellow black servers. Later, Nixon talks up black enterprise but only with an eye on winning votes. Moviefone.com notes Nixon’s record on school integration outpaced his predecessors, and Allen has spoken fondly of Nixon in press interviews.

The Butler disliked President Reagan: The real Eugene Allen has expressed affection for all the presidents he served, noting he voted for each when they were inhabiting the White House. A framed picture of the Reagans was displayed on Allen’s living room wall, and he noted that Nancy Reagan gave him a warm hug when he finally retired. Hardly sounds like the character in the movie, played by Forest Whitaker, who appeared to be fed up with the Reagans and quit for that very reason.

The Butler met Obama: The film uses a framing device of the titular Butler waiting to meet personally with President Barack Obama. There’s no official record of such a meeting, although Allen was a VIP guest at Obama’s swearing in.

Extra: Screenwriter Danny Strong (Game Change) took tremendous liberties with Allen’s life beyond the name change to Cecil Gaines. Strong gave the butler two sons, not one, made the main character’s wife (Oprah Winfrey) a heavy drinker and fictionalized much of his life story prior to entering the White House.

Voir également:

« The Butler » Distorts Race Relations

Richard A. Epstein

Hoover

August 20, 2013

The film’s retelling of history comes at a real social cost.

Next year, this nation will celebrate the fiftieth anniversary of the Civil Rights Act of 1964. That occasion will rightly give rise to many reflections about how far this nation has come and where it will go in the future.

One early entrant into this dialogue is The Butler, a new film by Lee Daniels. In the movie, Forest Whitaker plays the fictional butler Cecil Gaines, who worked for seven presidential administrations from Eisenhower to Reagan. The movie was inspired by the life of Eugene Allen, who did in fact serve in the White House between 1952 and 1986 under eight presidents from Harry Truman to Ronald Reagan. Days after Barack Obama was elected president, an affectionate account of Allen’s service was written up by Wil Haygood in the Washington Post.

But Allen’s story stands in stark contrast to the fictional Cecil Gaines’.

A Tale of Two Butlers

Born in 1919, Eugene Allen grew up in segregated Virginia, and slowly worked his way up the butler profession, largely without incident. Unlike the fictional Cecil Gaines, he did not watch the boss rape his mother on a Georgia farm, only to shoot a bullet through his father’s head as he starts to protest the incident, leading Cecil years later to escape his past for a better future.

Instead, over a period of years, Allen rose from a “pantry man” to the highest position in White House service, Maître d’hôtel. His life was marked by quiet distinction and personal happiness. He was married to the same woman, Helene, for 65 years. He had one son, Charles, who served in Vietnam. During the Reagan years, Nancy Reagan invited Allen and his wife to a state dinner as guests. When he retired shortly afterwards, “President Reagan wrote him a sweet note. Nancy Reagan hugged him, tight,” according to the story in the Washington Post. During service, he never said a word of criticism about any president. Nor was his resignation an act of political protest.

The fictional Cecil, however, does not come to the White House under Truman, but arrives in 1957, just in time for one of the defining events of the civil rights movement—namely, President Eisenhower’s reluctant but firm decision to move federal troops into Little Rock, Arkansas, after Orval Faubus quite literally barred the school room door.

In general, the movie is full of hype. Cecil’s wholly fictional older son Louis gets involved in the civil rights movement from the time of the sit-ins through the rise of the Black Panther movement, and a younger brother, who professes pride in his country pays the ultimate sacrifice in Vietnam. Cecil’s wife, Gloria, falls prey to alcoholism and a time has a shabby affair with the guy next door. Gaines’ service is marked by quiet frustration, knowing that black workers suffered a 40 percent wage deficit that lasted under the Reagan years, while being excluded from well-deserved promotions. When the weight of these injustices hit him, Cecil resigns to join his son Louis in a protest movement. When Slate’s, Aisha Harris was asked “How True is The Butler?” her candid answer was “not much.”.

The Dangers of Docudrama

Why is Lee Daniels not content to tell the real story? The obvious answer is that his version makes for a better movie. Another explanation is that his tale is more downbeat so that it can belittle some of the progress that the civil rights movement has made over this time.

No one should ever deny the senseless tragedies that dogged the civil rights movement during the 1950s and 1960s, including the murders of Emmett Till in 1955, of Medgar Evers in 1963,

of James Chaney, Andrew Goodman, and Michael Schwerner 1964, and of course, of Martin Luther King in 1968. But by 1986, the United States was a different place.

The Butler’s negative reimagination comes at a real social cost. Watching the movie, the viewer comes away thinking that the civil rights movement has largely failed. But the actual record is more upbeat. It is unfortunate that Daniels did not start The Butler during the Truman years. In 1948, Truman decided to desegregate the U.S. armed forces by executive order.

That action would have been unthinkable at the beginning of the Second World War, given the dominant southern presence in the military. Hence, the United States had the dubious distinction of fighting Hitler’s Germany and Tojo’s Japan with segregated armed forces.

Perhaps an executive order is not cinematic stuff. But the same cannot be said of baseball’s racial integration in 1947, when a determined Branch Rickey brought Jackie Robinson up from a farm team in Montreal to the Brooklyn Dodgers. That story was the subject of 1950 movie and the more recent film 42 released this year. This transformative event was done, not through legislation, but voluntarily by one courageous man who took the risk that a major backlash might follow.

Change was happening at the state level as well. In 1947, New Jersey abolished segregation by a state constitutional amendment. When these changes are executed voluntarily, they are less likely to face the massive resistance that followed the Supreme Court’s decision on racial segregation in Brown v. Board of Education, handed down in June 1954 and itself the culmination of a long campaign that first chopped away at segregation in railroad transportation and law school education.

Sit-Ins and Public Accommodations

In time, of course, the cultural clash crystallized in the highly confrontational sit-ins that occupy much of the screen time in The Butler. It is these cases that led to the passage of Title II of the

1964 Civil Rights Act, which deals with access of all persons to public accommodations.

Its basic command reads that all persons are entitled to ”the full and equal enjoyment of the goods, services, facilities, privileges, advantages, and accommodations of any place of public accommodation, as defined in this section, without discrimination or segregation on the ground of race, color, religion, or national origin.”

To most people, the argument in favor of this section is easy enough to understand. These rights are basic entitlements of citizens, and die-hard segregationists abridged them. The sustained moral indignation directed to segregationists in the movie is deserved. But some of the long-term legal implications of Title II of the CRA are more difficult to unpack.

My take runs as follows. In general it is a mistake for any government law to require one private person to do business with another against his will: the principle of freedom of organization is fundamental to a just society. The major counterweight to that, on classical liberal theory, is in cases of monopoly, which meant in bygone days railroads and inns on isolated roads.

At first blush, there are no such monopolies in luncheon counters. Standard neoclassical economics predicts that some firms will cater to African American clientele if others choose to shun them. To that confident prediction, the obvious reply was, that just didn’t happen. It is at this point that the true horror of southern system of segregation becomes clear. The old south was a closed society, which did not allow for the free entry of these competitive firms that would have transformed its culture.

It had two means of enforcement: (1) Private violence backed by a police force that either turned a blind eye to private force, or openly backed it, and (2) state regulatory bodies that could use their power over public utilities like power and light to punish those firms that broke the color line.

A solution to this problem neutralizes these two forces and then lets entry do its work. But in a federal system, it is hard for the central government to use its limited powers to exert so fundamental a change. The bottom line, therefore, is either to impose the duty from without or watch the system of southern dominance chew up its citizens by propping up the status quo ante.

The question then arises of how best to change the system. As a rhetorical matter, the only path that works is an appeal to fundamental rights. No argument about institutional imperfections could put the public accommodation provisions over the top. Indeed, it is worthy to note that the national businesses subject to these regulations often begged for federal intervention under Title II as a means to neutralize local pressures that kept them from integrating. Indeed, the success of Title II has been so great that the provision enforces itself, so that direct regulation and private litigation occupy only a tiny corner of that world.

Nonetheless, the flawed conceptual arguments for Title II did create serious complications in others areas. The parallels to private housing and to employment are not nearly so easy to draw. In the early years, the insistence on color-blind employment relations actually had the unfortunate effect of limiting private affirmative action programs when businesses and unions came, rightly in my view, to see these as social imperatives in the aftermath of the violence of the 1960s. On the other side, the constant use of disparate impact tests in education, housing, and employment led to an overreach by the new civil rights establishment of today.

My quarrel with The Butler is that its wrong narrative of the evolution of race relations serves to strengthen a set of misguided government programs at a time when it is no longer possible to bless all actions of the civil rights movement.

Richard A. Epstein, the Peter and Kirsten Bedford Senior Fellow at the Hoover Institution, is the Laurence A. Tisch Professor of Law, New York University Law School, and a senior lecturer at the University of Chicago. His areas of expertise include constitutional law, intellectual property, and property rights. His most recent books are Design for Liberty: Private Property, Public Administration, and the Rule of Law (2011), The Case against the Employee

Voir encore:

“Lee Daniels’ The Butler”: An Oscar-worthy historical fable

Forest Whitaker and Oprah Winfrey shine in a clunky but powerful yarn about race and American history

Andrew O’Hehir

Aug 15, 2013

There’s a scene about midway through “Lee Daniels’ The Butler” – an ungainly title for an ungainly picture – that captures many of the movie’s contradictions, and its surprising power. It’s 1968, and Martin Luther King Jr. (Nelsan Ellis) is discussing the Vietnam War with some of his closest aides and friends. “How many of your parents support the war?” he asks this group of African-American men. Almost all of them raise their hands. King then asks Louis Gaines (David Oyelowo), a young man sitting next to him, what his father does for a living. “My father’s a butler,” Louis says, not without embarrassment. He doesn’t tell King that his father, Cecil Gaines (Forest Whitaker), is a butler at the White House, and was almost certainly in the room during King’s historic meeting with Lyndon B. Johnson in the Oval Office.

Black domestic workers, King tells Louis, have played an important role in the struggle for civil rights. At first Louis assumes this is meant as mockery, but King presses on. Maids, butlers, nannies and other domestics have defied racist stereotypes by being trustworthy, hardworking and loyal, King says; in maintaining other people’s households and raising other people’s children, they have gradually broken down hardened and hateful attitudes. Their apparent subservience is also quietly subversive. This poignant and humbling recognition of the sacrifices made by millions of African-Americans who appeared to have no voice is an important turning point for Louis, in his consideration of his father’s life, but it also captures King’s extraordinary philosophical depth in a few moments. In case there isn’t enough going on in that scene, let us note that it takes place in the Lorraine Motel in Memphis. Minutes or hours later, the great civil rights leader will step outside onto the balcony and be shot dead.

I’d be hard-pressed to describe “Lee Daniels’ The Butler” as a good movie. It’s programmatic, didactic and shamelessly melodramatic. (Danny Strong’s screenplay is best viewed as fictional, although it’s loosely based on the true story of longtime White House butler Eugene Allen, who died in 2010.) Characters constantly have expository conversations built around historical markers, from the murder of Emmett Till to the Voting Rights Act. Every time Cecil serves coffee in the Oval Office, he stumbles upon epoch-making moments: Dwight Eisenhower (Robin Williams) debating whether to send federal troops to desegregate the schools in Little Rock; Richard Nixon (John Cusack) plotting a black entrepreneurship program to undercut the Black Panthers; or Ronald Reagan (Alan Rickman) telling Republican senators he plans to defy Congress and veto sanctions against South Africa. Cecil and Louis, the warring father and son played by Whitaker and Oyelowo, might as well come with labels: Cecil is following in the footsteps of Booker T. Washington; Louis in those of W.E.B. Du Bois.

But “The Butler” is indisputably an important film and a necessary one, arriving at the end of the summer of Paula Deen and George Zimmerman and the Detroit bankruptcy, a summer that has vividly reminded us that if America’s ancient racial wounds have faded somewhat, they have never healed. For a black filmmaker to tell this fraught and complicated story now, in a mainstream picture with an all-star cast, is significant all on its own. Faulkner’s observation that the past is never dead and isn’t even past has come to sound trite through endless repetition by politicians and journalists, but it speaks to our country in 2013, and to the impact of this movie. And before I wander too far afield, “The Butler” is also a showcase for numerous terrific black actors, including Whitaker, Oyelowo, Terrence Howard, Cuba Gooding Jr. and Lenny Kravitz, not to mention a fiery and sure-to-be-Oscar-nominated supporting role for Oprah Winfrey as Cecil’s wife, Gloria.

For someone of my generation, the civil rights movement may seem like an overly familiar pop-culture topic. But it’s been more than 20 years since “Malcolm X,” “Mississippi Burning” and “The Long Walk Home,” and closer to 40 years since groundbreaking TV specials like “The Autobiography of Miss Jane Pittman” or the miniseries “King.” Much of the sweep of history in “The Butler,” which begins in the Jim Crow Deep South of the 1920s and ends with a black man in the White House, may seem like a dim, black-and-white flicker to many younger Americans.

Daniels, previously the director of “Precious” and “The Paperboy” (forever famous as the movie in which Nicole Kidman pees all over Zac Efron), may not be a subtle storyteller, but he delivers big, emotional moments with considerable force. He makes the impact of the Kennedy and King assassinations seem real and present by focusing on individuals and details – Cecil, trying to comfort a sobbing, blood-spattered Jackie Kennedy (Minka Kelly) – and his re-creation of the Woolworth lunch counter sit-ins of 1960, or the Birmingham street scenes when dogs and fire hoses were turned on marchers, possess a startling violence and freshness. In a time when a dominant current in American conservatism is dedicated to erasing both history and science, to insisting that “there are no lessons in the past,” it’s useful to be reminded how much about contemporary American life is shaped and conditioned by those events.

Daniels performs another public service by turning the well-meaning condescension of “The Help” upside down and telling the story of a black domestic worker and his family entirely from their point of view, with minor supporting characters that include five United States presidents. (Cecil also served under Gerald Ford and Jimmy Carter, but they’re only seen in news footage.) The parade of famous white actors playing White House occupants is bizarre and almost arbitrary – Cusack looks nothing like Nixon, although James Marsden is well cast as JFK and Liev Schreiber makes a surprisingly good Johnson – but that’s a sideshow attraction. (Daniels understands precisely how he’s twisting the knife with Jane Fonda’s cameo as Nancy Reagan, by the way.) The main event is a terrific cast of African-American principals, headlined by the immensely dignified performance of Whitaker, playing a man who has raised himself by his own wits and almost Nietzschean willpower from the brutal cotton fields of Georgia to the corridors of power.

As a boy, Cecil witnesses his mother raped and his father murdered by a white overseer, and that’s the background his son – raised in the polite, formal segregation of 1950s Washington – can never understand. Then the overseer’s guilt-ridden mother (Vanessa Redgrave) takes Cecil in and trains him as a “house nigger,” a polite, well-dressed automaton who is almost invisible and virtually silent. (I quote that offensive expression because it’s important and recurs several times.) The instruction delivered to Cecil over and over, including at the White House, is that he sees and hears nothing, and that a room should feel empty when he is in it. Whatever Daniels’ flaws as a filmmaker may be, in all his movies he’s acutely sensitive to the possibilities of human communication, even in impossible situations. Redgrave’s character clearly feels for Cecil and gives him what little she can; in her own way, she too is a victim of the system that has destroyed his family.

Over the years, Cecil makes his way from Georgia to North Carolina to a luxury hotel in Washington and finally to the segregated service staff of the White House. (Implausibly enough, it was Ronald Reagan, a font of old-school racist policy and personal generosity, who finally insisted on equal treatment for black employees.) He learns the intricacies of wine and whiskey, builds up an autodidact’s vocabulary and masters the fine art of being charming without appearing confrontational. Every black person in this line of work (Cecil observes in voice-over) has two faces, of necessity – one for his white employers and clientele, one for his family and friends. Whitaker plays Cecil as a man making a long, lonely trek uphill with a heavy load on his back, and the film’s other black characters all deal with life under a racist system in their own way.

Cecil’s friend Howard (Terrence Howard) is a good-time Charlie and numbers runner; Cecil’s colleagues at the White House include foulmouthed ladies’ man Carter (Gooding) and educated, upward-bound James (Kravitz). I suppose Winfrey is customarily too busy playing her own public persona to play dramatic roles, but she’s damn good at it; the proud, angry, boozing, cheating and ultimately ferociously loyal Gloria has a vivid and very non-Oprah reality about her. If Daniels and screenwriter Danny Strong intend the tension between Cecil’s bootstraps assimilationism and Louis’ Freedom Rider-turned-Panther radicalism to be the movie’s central driving force, it doesn’t quite work. In a picture driven by a vibrant portrayal of African-American life and the visceral, explosive force of history, their opposed and intersecting character arcs feel overly constructed.

Daniels’ point, of course, echoes what King tells Louis: The traditions of Du Bois and Washington, of self-sacrifice and hard work on one hand, and street protest and political organizing on the other, are not as distinct or disconnected as they may appear. Both have driven a history that isn’t finished yet. While the election of Barack Obama serves as the culmination of this story — and for African-Americans of Cecil Gaines’ generation it was an unimaginable, even millennial victory – in the larger story of America it was an unexpected plot twist whose true consequences remain unknown. One hundred and fifty years ago, Abraham Lincoln asked whether a country conceived in liberty and dedicated to equality would work out, and we still don’t know. “Lee Daniels’ The Butler” is big, brave, crude and contradictory, very bad in places and very good in others, and every American should see it.

The Butler, Jobs: Two ways to turn inspirational into mediocre

LIAM LACEY

The Globe and Mail

Aug. 16 2013

Two new inspirational movies, Lee Daniels’ The Butler and Jobs, are the kind of unsophisticated biographical films that don’t earn much critical respect but occasionally rack up Oscar nominations. They belong in what Dennis Bingham, author of Whose Lives Are They Anyway? The Biopic as Contemporary Film Genre, calls “a respectable genre of very low repute.” Both movies trip over the usual bio-hazards – gratuitous montages, speechifying characters and plots with historical incidents layered between private crises – but they play out in very different ways.

Lee Daniels’ The Butler (the director’s name was imposed after a legal dispute forbid the use of The Butler) stars Forest Whitaker as a long-serving White House butler during a turbulent period. The film has a lot of momentum thanks to a star-studded ensemble cast, including Whitaker in the titular role and Oprah Winfrey in her first big-screen role in 15 years. The filmmakers claim that The Butler was inspired by the late Eugene Allen, a White House employee who worked for presidents from Truman to Reagan and lived to see the first black president. But Allen’s story has little to do with The Butler’s script, a Forrest Gump-like tale of a servant who was a front-row witness to modern civil-rights history. The butler’s name has been changed to Cecil Gaines.

As a filmmaker, Daniels (Precious, The Paperboy) likes things pulpy, and you quickly get the sense that he can’t restrict himself to the Masterpiece Theatre model here. The Butler starts with an entirely fabricated sequence, straight out of a Blaxploitation movie, in which pre-teen Cecil witnesses his mother’s rape and his father’s murder. The killer’s mom (Vanessa Redgrave) takes the boy into her house, where he learns to serve and shut up. Eventually, Cecil (played by a slim and convincingly youthful Whitaker) marries Gloria (Winfrey) and has two sons before being hired at the White House. Though he’s instructed to see and hear nothing, he is invariably hovering over the shoulder of one president or another during critical historical moments.

Screenwriter Danny Strong, who wrote the sharp television satire of the Sarah Palin campaign, Game Change, offers the usual biographical double strands of the character’s public and private roles. One of Cecil and Gloria’s improbable friends is Howard (Terrence Howard), a layabout numbers-runner with a missing front tooth and a yen for Gloria. Gloria turns to drink and adultery when Cecil puts the president’s needs before his wife’s, which provides Oprah with some juicy scenes. The couple also has two opposite-minded sons. Louis (David Oyelowo), under the influence of his groovy college girlfriend Carol (Yaya Alafia), joins the wave of northern students who pushed for desegregation in the south in 1961. Little brother Charlie (Elijah Kelley), meanwhile, signs up for duty in Vietnam.

By contrast, the White House feels like comic relief, with a parade of presidential caricatures: pensive Dwight Eisenhower (Robin Williams), who ponders sending federal troops to enforce school integration while painting flowers; awkward vice-president Richard Nixon (John Cusack), found in the kitchen scrounging for snacks; bumptious Lyndon Johnson (Liev Schreiber), who bellows instructions to his cabinet while seated on the toilet; and folksy Ronald Reagan (Alan Rickman), whose smoothly controlling wife Nancy is played by former lefty activist Jane Fonda.

Some of this is fun if heavy-handed, but from time to time Daniels’ broad approach hits home emotionally, particularly a scene that contrasts preparations for a White House state dinner with black students being spat upon and cursed for sitting on the white side of a segregated Woolworth’s counter. The Butler may be a sanctimonious cartoon, but it points to events in the civil rights struggle that were as grotesque and extraordinary as any fiction can invent.

(…)

The Butler

All-star parade of presidents helps blunt any dramatic edge in Lee Daniels film starring Forest Whitaker as the protagonist

Katey Rich

The Guardian

9 August 2013

The Butler

More historical pageant than drama, Lee Daniels’ The Butler takes the Forrest Gump approach to another corner of American history, filtering the dramatic civil rights movement of the 1960s through the life of an ordinary butler who served seven different presidents from Dwight D Eisenhower to Ronald Reagan. Based very loosely on a real man, The Butler sets its mild-mannered protagonist Cecil Gaines (Forest Whitaker) in sharp contrast to his son Louis (David Oyelowo), a Freedom Rider and eventually Black Panther who conveniently finds himself at the centre of a series of civil rights landmark moments.

The Butler

Production year: 2013

Country: USA

Directors: Lee Daniels

Cast: David Oyelowo, Forest Whitaker, Oprah Winfrey

There are fascinating wrinkles to be found in that relationship, and director Daniels does stumble upon a few. But for the most part his usual heavy hand draws only the thickest lines between two generations of African-Americans, and Danny Strong’s script muddles the family story with too many « significant » encounters between Cecil and his presidential employers. It’s impossible not to be distracted when Robin Williams appears in a bald cap as Eisenhower, or Liev Schreiber blusters his way across the screen as a noisy Lyndon Johnson. When John Cusack shows up as a flop-sweating Richard Nixon, the film is playing dress-up and passing it as history. By the time Jane Fonda eerily transforms herself into Nancy Reagan, the film itself seems in on the joke.

If it’s possible to look past Daniels’ directorial flourishes, The Butler does occasionally muster its own power, contrasting Cecil’s work at a White House state dinner with Louis’s beating by the police after a protest, or the riot that broke out in Washington DC after Martin Luther King’s assassination. Aware that he has a good job that provides for his family, Cecil is unwilling to rock the boat politically, which leads to clashes with his son but an otherwise passive performance for Whitaker. Oprah Winfrey, channelling Elizabeth Taylor’s Who’s Afraid Of Virginia Woolf? performance as Cecil’s hard-drinking wife, has more to play with but literally nowhere to go, her scenes almost exclusively limited to their airless, modest home.

The quick glimpses into the lives of middle-class African-Americans in this time of massive social upheaval – the house parties, the front porch conversations – are evocative and frequently charming, but The Butler is trying to cover way too much ground to get into that, or anything, to any real satisfaction.

With an ensemble and a story this large casting often substitutes for characterisation – Cuba Gooding Jr and Lenny Kravitz are Cecil’s amiable White House co-workers, Vanessa Redgrave is the kindly owner of the farm where Cecil grew up, Mariah Carey is his loving mother, and so on. James Marsden comports himself well as JFK, and Alan Rickman makes for a spot-on Ronald Reagan, but the string of presidential cameos also gives the film its numbing structure. Over and over again the leaders ask Cecil a pointed civil rights-related question and seem inspired by his humble, wholly uninteresting presence. Cecil Gaines is a witness to important historical events but a participant in none of them, and at times even Daniels seems to wish he were making a film entirely about the Freedom Riders or Black Panthers (Oyelowo’s fiery performance makes that draw even stronger).

A great film about the American civil rights movement is way overdue. The Butler, overwhelmed by flash and good intentions, doesn’t even come close.

Wil Haygood: Eugene Allen, America’s Butler

Johnathan Eaglin

irockjazz

2013-06-26

This summer Oscar nominated director, Lee Daniels and an all-star cast of actors including Oscar winners, Forrest Whitaker and Cuba Gooding, Jr., will release the highly anticipated major motion picture, “The Butler”. The film will present a portrayal of a man, Eugene Allen, who served eight U.S. presidents over 35 years as a White House butler.

iRock Jazz was granted an exclusive interview with author and journalist, Wil Haygood, the writer of the 2008 Washington Post article, “A Butler Well Served by This Election” which sparked the initial interest in Eugene Allen’s story. Days after the article – a vivid chronicle by Haygood of Eugene Allen’s life in the historical context of the long and complex relationship between African-Americans and the White House – was published the story went viral. The article was later reposted in the Los Angeles Times and shortly thereafter, nearly 15 Hollywood actors and producers reached out to Haygood hoping to secure a movie deal. Four and a half years later, “The Butler” will share with the world one of the unsung champions of history.

Speaking to Haygood, a prolific biographer, having written celebrated texts on Adam Clayton Powell, Jr., Sugar Ray Robinson, and Sammy Davis, Jr., you get the sense that Eugene Allen’s story may be Haygood’s masterwork, an assertion not solely based upon the brilliant content of the article or Haygood’s adept journalistic rectitude, but the striking parallels that weave Allen and Haygood together. Both men, gracious and professional, proud and persevering, fully committed to their vocation, and in the face of worldwide attention are remarkably humble.

Haygood’s two year immersion into Allen’s life strengthens his confidence that his story has the elements to resonate on the big screen. To Haygood, Allen is nothing short of an American hero whose life plays out like a movie and whose story deserves to be told. “It had the stuff of drama, the stuff of cinema – this one man that was in the white house for eight presidents. It’s almost like a novel, but it’s a real story. It really happened. Now he has a movie about his life. His life is important enough to be on the big screen. It’s really pretty magical,” exclaimed Haygood.

However, the life of Eugene Allen may not fit the standard mold of the blockbuster Hollywood biopic. While the sweeping grandeur of riveting cinematography, a gripping screenplay, and a lush emotion evoking score can serve as a recipe to garnering box office success, audience’s appetites are often whet with the star power of larger than life historical figures whose name and life are more recognizable throughout popular culture. So, why is the story of Eugene Allen noteworthy? Why make a film about his life? Why would Lenny Kravitz, after reading the script, cancel his European tour for a role in the movie? Why would Oprah Winfrey appear in this film after a 15 year hiatus? Eugene Allen did not break the color barrier on the baseball field or shake up the world in the boxing ring. He didn’t liberate a people from the shackles of slavery with the stroke of a pen or revolutionize the world through music or technology. Eugene Allen, a butler, a humble man from Virginia, is not a mainstay in history books, but he was an eye-witness to history for over three decades from a significant vantage point – 1600 Pennsylvania Avenue – the most powerful address in the world.

Retired for over twenty years before receiving Haygood’s call, Allen and his wife Helene lived according to Haygood in a, “Very modest house, small, on a quiet street, here, in northwest Washington D.C.”. Haygood would soon discover that the stories Allen held within him were just as rich as the treasure that lay beneath the Allen residence floors. Haywood describes the scene as he enters the Allen’s basement, “There were pictures of him and Harry Truman, him and President Eisenhower, him and President Kennedy, him and the Kennedy children, him and Duke Ellington when Duke Ellington visited the White House, him and Sarah Vaughn, him and Frank Sinatra. I almost started spinning on a top. It was like finding this unknown man and his life that nobody had written about.”

It is possible nobody had written about Eugene Allen for the same reasons the date January 20th came and went sixteen times, through ten U.S. presidents for nearly 60 years before President Barack Obama invited Allen to attend his first Presidential Inauguration in 2008. In 1986, Allen made history as the first White House butler to be invited as a guest to a Presidential State Dinner, a tribute bestowed upon him by President Ronald and First Lady Nancy Reagan. He took the moment so serious that a picture of he and his wife at the event is the only White House photo in the front room of their home. Yet, there was a time when he grappled with the racism and segregation that kept black American’s stifled from social, economic, and political progress. And with his training he defaulted to react discreetly, not wearing his political affiliation or views on his sleeve. The effect was nonetheless impactful. To witness both emotional events like assassinations, Civil Rights movement violence and, in time, triumphs like the passing of The Civil Rights Act and Voting Rights Act, it is evident that he exhibited a herculean amount of restraint.

Even the White House, his daily destination of duty, was not immune nor could it serve as a place of refuge. “In 1962 he was working at 1600 Pennsylvania Avenue, the most powerful address in the world. He could leave there, get in his car and drive to a rest stop in his native Virginia and have to use a bathroom for blacks only. And then go back to work under the American flag. The dual emotions that must have been rumbling inside of him – he was able to quiet any anger and go in to work every day, not in a restaurant, a bar, or factory, but at the most powerful address in the world that was supposed to be an emblem for world freedom. He didn’t have his rights and yet he never missed a day of work,” Haygood presented with zeal.

“When JFK was assassinated, Mr. Allen stayed at the White House all day heart stricken. He waited until the plane from Dallas had flown back to Washington, D.C. He stayed around as long as he could and helped everybody and then he went home at about 11:00pm. His son told me this – at about three o’clock in the morning he woke up, he got dressed and his wife asked him where he was going. He said, ‘I have to go back to the White House. Somebody might wake up in the middle of the night and need me. Everybody is in pain. Everybody is in shock’. And as he was walking down the hallway he crumpled to the floor and sobbed. And his son told me it was the first time he had seen his father cry. As with the assassination of Dr. King, Allen was heartbroken, but determined. Washington D.C. was engulfed in riots. While he drove to the White House through the fire and violence he got out of his car, parked it and walked the rest of the way. As grief stricken as he was it was important for him to get to work that day,” Haygood explained.

Eugene Allen’s resilience of character in the face of internal turmoil displays an example of what we all hope to be – courageous, everyday heroes who know quitting is not a viable option. Quite possibly the studio upped the release date three months earlier not to delay capitalizing on the opportunity to connect the public with Allen’s story. In describing Eugene Allen’s stature amongst celebrated history makers, which ultimately reveals both his conviction and connection to everyman, Haygood places Allen near the top. “He almost rises to the top. It’s interesting that the men I wrote about are famous figures and Mr. Allen was unknown to those men. Two of them he probably served. He probably served coffee or tea to Adam Clayton Powell or Sammy Davis, Jr. in the White House.

Mr. Allen stayed on the same job for thirty-four years. He represented to those eight presidents an example of a black man who works for his family, who believes in the country, who salutes his flag, and he never quit. There were other butlers who came and went especially after the 1960s and the social revolution during a time where it might not have seemed so cool to be a butler, a servant, in the White House. The Civil Rights Bill had not really taken full hold yet, and to stay on that job had to have meant that he believed in America and that he loved his country. And it didn’t matter that the occupant of the Oval Office was a Democrat or a Republican. He did his job very well and in the end he rose to be the maître d’, the highest ranking butler at the White House. So, his life had an amazing American song to it and I think we are in his debt to him.”

Oprah Winfrey, who plays Eugene Allen’s wife, Helene, explains her reason for taking this role which reveals more of Allen’s heroic commitment to provide a better life for his family and many others. “It was people like Eugene and Helene Allen who helped build the black middle class in this country. And that is a big reason why I took this role.” Allen chose to leave a legacy by staying on the job, which enabled him to put his son through college, extend finances to relatives who desired to migrate from the brutal south, and mentor many of the butlers and service people that came through the White House. According to Haygood, “Many who passed under his tutelage went on to get jobs in big hotel chains in LA or Chicago.”

Eugene and Helene Allen were very much inspired by the life of Barack Obama and his vision for the country. The election of President Obama in 2008, a black man who defied the odds, who noticed the historically relevant achievements of another black man enough to help him see, “the dream” not as a servant, but as a special guest, not as butler, but as a beacon of bravery and beneficiary to that dream. As Martin Luther King, Jr. gave voice to the dream, it was men like Eugene Allen whose life made the dream real every day. Eugene Allen served more than the inhabitants of the White House, he served humanity.

“If a man is called to be a street sweeper, he should sweep streets even as a Michelangelo painted, or Beethoven composed music or Shakespeare wrote poetry. He should sweep streets so well that all the hosts of heaven and earth will pause to say, ‘Here lived a great street sweeper who did his job well.”

-Martin Luther King, Jr.

iRock Jazz is honored to have a first look at Eugene Allen’s life and Wil Haygood’s enlightening perspective and story.

Voir aussi:

How True Is The Butler?

Aisha Harris

Borwbeat

2013/08/15

A few days after Barack Obama was elected president in 2008, the Washington Post published an article about a black butler who served in the White House for 34 years, under eight presidents, from Truman to Reagan. Eugene Allen represented, as journalist Wil Haygood wrote, “a story from the back pages of history. A figure in the tiniest of print. The man in the kitchen.”

“He was there,” Haygood continued, “while America’s racial history was being remade: Brown v. Board of Education, the Little Rock school crisis, the 1963 March on Washington, the cities burning, the civil rights bills, the assassinations.” Allen undoubtedly lived a fascinating life, meeting countless historical figures during especially polarizing times, and it’s unsurprising that Haygood’s profile caught the eye of Hollywood. It is now the basis for Lee Daniels’ The Butler (the director’s name is included thanks to silly copyright claims made by Warner Bros).

But as interesting as Haygood’s profile is, “A Butler Well Served by This Election” doesn’t provide that many details about Allen’s time in the White House outside a handful of facts and humorous anecdotes. (Allen’s wife Helene referred affectionately to former First Lady Rosalynn Carter as “country,” for instance.) The Butler is a bit more than 2 hours long, spans several decades, and includes multiple storylines. It’s fair to say it has epic ambitions.

So how much of Allen’s real-life experience actually made it into the film?

Not much. According to Daniels’ foreword in The Butler: A Witness to History, a book by Haygood published to accompany the film, the movie “is set against historical events,” but “the title character and his family are fictionalized.” The skeleton of Allen’s story is there: the childhood on a plantation in the early 1920s, the interactions with several presidents. But the names have been changed: Allen and his wife, Helene, are called Cecil and Gloria Gaines. (They’re played by Forest Whitaker and Oprah Winfrey.) At least one key character, Cecil’s son Louis (David Oyelowo), is entirely made up.

The following breakdown is based on Haygood’s profile and the accompanying book. (I have emailed Haygood and will update the post if he provides additional information.) Spoilers follow.

The butler’s backstory

The film opens with young Cecil in Macon, Georgia, in the 1920s, working in a cotton field alongside his father. His mother (Mariah Carey) is raped by a white plantation overseer, Thomas Westfall (Alex Pettyfer), loud enough for everyone to hear. When Westfall returns, Cecil’s father shows his anger, and Westfall shoots him dead in front of Cecil and the other plantation workers. The plantation matriarch (Vanessa Redgrave) then decides that Cecil should leave the fields to become a “house nigger” and learn to serve her family.

Those appear to be the inventions of screenplay writer Danny Strong; they are never mentioned in Haygood’s piece.* Eugene Allen was born in 1919, and, like Cecil, he grew up on a plantation (in Virginia, not Georgia). He, too, became a “house boy” for a white family. When he spoke to Haygood about his childhood, “There was nary a hint of bitterness in his voice about his upbringing.” Allen left the plantation in hopes of finding better work, as Cecil does—but unlike his fictional counterpart, he never broke into a hotel restaurant to steal food. (He did, however, land a job at a Virginia hotel as a waiter, as Cecil ultimately does in North Carolina.)

How the butler got his job at the White House

Allen learned of a job at a country club in Washington, D.C., a fact that aligns with Cecil’s move to the nation’s capital. But their entries to the White House differ considerably: Allen learned via word of mouth that Alonzo Fields, a black maître d’ at the White House, was looking for pantry workers, and he went to talk to him. He began working there in 1952, during the Truman administration, but didn’t get promoted to butler until several years later. In the movie, the White House calls Gaines after a white senior staffer witnesses Cecil in action at the D.C. hotel—a point Cecil, in voiceover, emphasizes proudly.

Cecil is hired as butler just as soon as black maître d’ Freddie Fallows (Colman Domingo) confirms that he is not actively political and is experienced in his field. He begins working in the White House under Eisenhower’s administration, in 1957.

Other moments from the film appear to be true: Allen witnessed presidents mulling over important historical decisions, including Eisenhower’s fight with Arkansas governor Orval Faubus regarding the desegregation of Little Rock. And his wife Helene did pass away just prior to Obama’s election (though it was the Sunday night prior, not the morning of, as the film implies).

The butler’s family

Allen had one son, Charles, who served in Vietnam, just as Cecil’s younger son (also named Charles) does. Allen’s son survived the war, while his fictional counterpart does not. The real-life Charles is still alive, and has seen and approved of the new movie, according to Haygood.

The invented older son, Louis, serves as the main source of conflict in the narrative of Cecil’s life, in an attempt to highlight the clash between the older and younger black generation. Louis, who’s ashamed that his father is content with serving white people, is himself present for several important historical moments, including the attack and burning of a Freedom Riders bus in 1961; he’s also imprisoned in the same jail as Martin Luther King, Jr. after a protest.

Gloria Gaines, the butler’s wife, has an affair with a neighbor (Terrence Howard) and struggles with alcoholism. These storlines appear to be fictional.

The butler and the Reagans

Judging from Haygood’s interview, it seems that Allen, like Cecil, was grateful to have his job at the White House, and wary of involving himself in the politics of the time—even in his old age, he is not quoted saying anything disparaging about the presidents he worked under. In the movie, Cecil asks for equal pay among the black and white service staff, who each perform the same level of duties. His request is denied, and he accepts this. Years later, he again asks for a raise, and when he is turned down a second time, he tells his supervisor that he spoke to President Reagan personally, and that Reagan insists on the raise himself. Allen did receive a promotion to maître d’ in 1980, but there’s no indication that he ever asked for a raise.*

Cecil’s character arc is complete when Nancy Reagan invites him to the state dinner as a guest—the first black butler to receive such an invitation in the history of the White House. This did, in fact, happen to Allen, but the cinematic version unfolds quite differently. Here’s how it’s described in Haygood’s profile:

“Had champagne that night,” the butler’s wife would remember all these years later. As she said it, Eugene, rocking in his chair, just grinned: for so many years he had stocked champagne in the White House.

In the film, on the other hand, Cecil’s discomfort at sitting among the white elite is made clear through voiceover, as he describes feeling like an outsider and a traitor to his black colleagues who are now serving him. He can now see first-hand how each server “performs” for guests, and recognizes that he’s been unknowingly wearing the same mask for years. This moment, along with Cecil overhearing Reagan’s promise to veto the sanctions against apartheid-ridden South Africa, prompts the butler to hand in his resignation. Haygood’s article only mentions that Eugene “left the White House in 1986” and received a “sweet note” from the president and a “tight” hug from First Lady Nancy.

The butler and Obama

The film ends with Cecil returning to the White House to meet President Obama. I can’t tell if Allen ever actually met the president, but he did get a VIP invitation to the inauguration in 2009, and was in attendance on that historical day. When he passed away in 2010, the president sent a letter to his family acknowledging his years in service and “abiding patriotism.”

A Butler Well Served by This Election

Wil Haygood

Washington Post

November 7, 2008

For more than three decades Eugene Allen worked in the White House, a black man unknown to the headlines. During some of those years, harsh segregation laws lay upon the land.

He trekked home every night, his wife, Helene, keeping him out of her kitchen.

At the White House, he worked closer to the dirty dishes than to the large desk in the Oval Office. Helene didn’t care; she just beamed with pride.

President Truman called him Gene.

President Ford liked to talk golf with him.

He saw eight presidential administrations come and go, often working six days a week. « I never missed a day of work, » Allen says.

His is a story from the back pages of history. A figure in the tiniest of print. The man in the kitchen.

He was there while America’s racial history was being remade: Brown v. Board of Education, the Little Rock school crisis, the 1963 March on Washington, the cities burning, the civil rights bills, the assassinations.

When he started at the White House in 1952, he couldn’t even use the public restrooms when he ventured back to his native Virginia. « We had never had anything, » Allen, 89, recalls of black America at the time. « I was always hoping things would get better. »

In its long history, the White House — just note the name — has had a complex and vexing relationship with black Americans.

« The history is not so uneven at the lower level, in the kitchen, » says Ted Sorensen, who served as counselor to President Kennedy. « In the kitchen, the folks have always been black. Even the folks at the door — black. »

Sorensen tried to address the matter of blacks in the White House. But in the end, there was only one black man who stayed on the executive staff at the Kennedy White House past the first year. « There just weren’t as many blacks as there should have been, » says Sorensen. « Sensitivities weren’t what they should have been, or could have been. »

In 1866 the abolitionist Frederick Douglass, sensing an opening to advocate for black voting rights, made a White House visit to lobby President Andrew Johnson. Johnson refused to engage in a struggle for black voting rights. Douglass was back at the White House in 1877. But no one wished to discuss his political sentiments: President Rutherford Hayes had engaged the great man — it was a time of high minstrelsy across the nation — to serve as a master of ceremonies for an evening of entertainment.

In the fall of 1901, another famous black American came to the door. President Theodore Roosevelt invited Booker T. Washington, head of the Tuskegee Institute, to meet with him at the White House. Roosevelt was careful not to announce the invitation, fearing a backlash, especially from Southerners. But news of the visit leaked quickly enough and the uproar was swift and noisy. In an editorial, the Memphis Scimitar would write in the ugly language of the times: « It is only recently that President Roosevelt boasted that his mother was a Southern woman, and that he is half Southern by reason of that fact. By inviting a nigger to his table he pays his mother small duty. »

Fifty years later, invitations to the White House were still fraught with racial subtext. When the Daughters of the American Revolution refused to allow pianist Hazel Scott to perform at Constitution Hall because of her race, many letters poured into the White House decrying the DAR’s position. First lady Bess Truman was a member of the organization, but she made no effort to get the DAR to alter its policy. Scott’s husband, Harlem congressman Adam Clayton Powell, subsequently referred to Bess Truman as « the last lady of the land. » The words outraged President Truman, who vowed to aides he would find some way to punish Powell and barred the fellow Democrat from setting foot inside the Truman White House.

The first black to hold a policy or political position in the White House was E. Frederick Morrow, a former public relations executive with CBS. Gen. Dwight Eisenhower’s presidential campaign operatives were so impressed with Morrow’s diligent work during the 1952 campaign that they promised him a White House executive job if Ike were elected. Ike won, but Morrow ended up being placed at the Department of Commerce. He felt slighted and appealed to Republican friends in New York to force the White House to make good on its promise.

The phone finally rang in 1955 and Morrow was named administrative officer for special projects. He had hoped the title would give him wide responsibilities inside the White House, but found himself dealing, for the most part, with issues related to the Brown desegregation ruling, the Rosa Parks-led bus boycott in Montgomery, Ala., and the 1957 Little Rock school crisis.

« He was a man of great dignity, » says Stephen Hess, senior fellow emeritus at the Brookings Institution, who worked as a speechwriter for Eisenhower. Morrow was in a lonely position, but « he did not complain, » says Hess. « That wasn’t Fred Morrow. »

When Morrow left his White House position, he imagined there’d be corporate job offers. There were not. « Only thing he was offered were jobs related to the black community, » says Hess. Nonetheless, « after Morrow, it was appropriate to have a black person on the staff of the White House. »

‘Pantry Man’

Before he landed his job at the White House, Gene Allen worked as a waiter at the Homestead resort in Hot Springs, Va., and then at a country club in Washington.

He and wife Helene, 86, are sitting in the living room of their home off Georgia Avenue NW. A cane rests across her lap. Her voice is musical, in a Lena Horne kind of way. She calls him « honey. » They met in Washington at a birthday party in 1942. He was too shy to ask for her number, so she tracked his down. They married a year later.

In 1952, a lady told him of a job opening in the White House. « I wasn’t even looking for a job, » he says. « I was happy where I was working, but she told me to go on over there and meet with a guy by the name of Alonzo Fields. »

Fields was a maitre d’, and he immediately liked Allen.

Allen was offered a job as a « pantry man. » He washed dishes, stocked cabinets and shined silverware. He started at $2,400 a year.

There was, in time, a promotion to butler. « Shook the hand of all the presidents I ever worked for, » he says.

« I was there, honey, » Helene reminds. « In the back, maybe. But I shook their hands, too. » She’s referring to White House holiday parties, Easter egg hunts. They have one son, Charles. He works as an investigator with the State Department.

« President Ford’s birthday and my birthday were on the same day, » he says. « He’d have a birthday party at the White House. Everybody would be there. And Mrs. Ford would say, ‘It’s Gene’s birthday, too!’ « 

And so they’d sing a little ditty to the butler. And the butler, who wore a tuxedo to work every day, would blush.

« Jack Kennedy was very nice, » he goes on. « And so was Mrs. Kennedy. »

« Hmm-mmm, » she says, rocking.

He was in the White House kitchen the day JFK was slain. He got a personal invitation to the funeral. But he volunteered for other duty: « Somebody had to be at the White House to serve everyone after they came from the funeral. »

The whole family of President Jimmy Carter made her chuckle: « They were country. And I’m talking Lillian and Rosalynn both. » It comes out sounding like the highest compliment.

First lady Nancy Reagan came looking for him in the kitchen one day. She wanted to remind him about the upcoming dinner for West German Chancellor Helmut Kohl. He told her he was well ahead in the planning and had already picked out the china. But she told him he would not be working that night.

« She said, ‘You and Helene are coming to the state dinner as guests of President Reagan and myself.’ I’m telling you! I believe I’m the only butler to get invited to a state dinner. »

Husbands and wives don’t sit together at these events, and Helene was nervous about trying to make small talk with world leaders. « And my son says, ‘Mama, just talk about your high school. They won’t know the difference.’

« The senators were all talking about the colleges and universities that they went to, » she says. » I was doing as much talking as they were.

« Had champagne that night, » she says, looking over at her husband.

He just grins: He was the man who stacked the champagne at the White House.

Moving Up, but Slowly

President Kennedy, who succeeded Eisenhower, started with two blacks, Frank Reeves and Andrew Hatcher, in executive positions on his White House staff. Only Hatcher, a deputy press secretary, remained after six months. Reeves, who focused on civil rights matters, left in a political reshuffling.

The issue of race bedeviled this White House, even amid good intentions. In February 1963, Kennedy invited 800 blacks to the White House to commemorate the 100th anniversary of the Emancipation Proclamation. Louis Martin, a Democratic operative who helped plan the function, had placed the names of entertainer Sammy Davis Jr. and his wife, May Britt, on the guest list. The White House scratched it off and Martin would put it back on. According to Martin, Kennedy was aghast when he saw the black and white couple stroll into the White House. His face reddened and he instructed photographers that no pictures of the interracial couple would be taken.

But Sammy Davis Jr. was not finished with 1600 Pennsylvania Ave. He got himself invited to the Nixon White House to meet with the president and talk about Vietnam and business opportunities for blacks. He even slept in the Lincoln Bedroom once. When Davis sang at the 1972 Republican convention in Miami, he famously wrapped his arms around Nixon at a youth rally there, becoming forever identified with a White House that many blacks found hostile.

Lyndon Johnson devoted considerable energy and determination to civil rights legislation, even appointing the first black to the Supreme Court. But it did not translate to any appreciable number of blacks working on his staff. Clifford Alexander says he was the sole black in Johnson’s White House, serving first as a National Security Council officer, then as associate White House counsel.

« We were fighting for something quite new, » says Alexander. « You knew how much your job meant. And you knew President Johnson was fighting on your behalf. » As a young man growing up in Harlem, Alexander had heard about Morrow. Mothers and fathers pointed to him as a grand success story. « Fred was a lovely man, » says Alexander. « But they did not pay any attention to him in the Eisenhower White House. »

Colin Powell would become the highest-ranking black of any White House to that point when he was named President Reagan’s national security adviser in 1987. Condoleezza Rice would have that same position under President George W. Bush.

The butler remembers seeing both Powell and Rice in the Oval Office. He was serving refreshments. He couldn’t help notice that blacks were moving closer to the center of power, closer than he could ever have dreamed. He’d tell Helene how proud it made him feel.

Time for Change

Gene Allen was promoted to maitre d’ in 1980. He left the White House in 1986, after 34 years. President Reagan wrote him a sweet note. Nancy Reagan hugged him, tight.

Interviewed at their home last week, Gene and Helene speculated about what it would mean if a black man were actually elected president.

« Just imagine, » she said.

« It’d be really something, » he said.

« We’re pretty much past the going-out stage, » she said. « But you never know. If he gets in there, it’d sure be nice to go over there again. »

They’ve got pictures of President and Mrs. Reagan in the living room. On a wall in the basement, they’ve got pictures of every president Gene ever served. There’s a painting President Eisenhower gave him and a picture of President Ford opening birthday gifts, Gene hovering nearby.

They talked about praying to help Barack Obama get to the White House. They’d go vote together. She’d lean on her cane with one hand, and on him with the other, while walking down to the precinct. And she’d get supper going afterward. They’d gone over their Election Day plans more than once.

« Imagine, » she said.

« That’s right, » he said.

On Monday Helene had a doctor’s appointment. Gene woke and nudged her once, then again. He shuffled around to her side of the bed. He nudged Helene again. He was all alone.

« I woke up and my wife didn’t, » he said later.

Some friends and family members rushed over. He wanted to make coffee. They had to shoo the butler out of the kitchen.

The lady whom he married 65 years ago will be buried today.

The butler cast his vote for Obama on Tuesday. He so missed telling his Helene about the black man bound for the Oval Office.

Voir par ailleurs:

LE MAJORDOME : chronique

Emmanuelle Spadacenta

11-09-2013

Lee Daniels retrace le parcours du majordome qui a servi trente-quatre ans à la Maison-Blanche sous huit présidents. Un homme qui a accompagné l’histoire américaine.

Cecil Gaines, incarné par Forest Whitaker, est l’avatar fictionnel d’Eugene Allen, majordome qui officia à la Maison-Blanche de 1952 à 1986. Retracer le destin de l’homme qui servit huit Présidents (de Eisenhower à Reagan), c’est raconter, via un témoin privilégié, l’éradication du racisme et de la ségrégation au plus haut sommet de l’État. LE MAJORDOME n’est pas une biographie : certains faits ont été modifiés ou créés de toutes pièces, afin que Cecil cristallise l’Histoire américaine et que, par son seul regard, le film puisse balayer soixante ans d’évolutions. Et poser encore davantage de questions. Car Cecil, jeune esclave des champs de coton, va s’élever socialement en devenant le serviteur des blancs. Son recruteur lui explique qu’ »à la Maison-Blanche, il n’y a aucune tolérance pour la politique ». Une ironie qui le force à se dépolitiser. Ainsi privé de toute conscience civique, il va se perdre entre les décisions des puissants et l’activisme du peuple noir. Et s’éloigner de son fils (David Oyelowo), engagé auprès de Martin Luther King puis de Malcolm X. Cecil est-il un esclave consentant d’une Amérique qui a conditionné les Noirs à s’asservir ou est-il au contraire, comme Luther King l’affirme, un être « subversif » qui s’ignore ? LE MAJORDOME est donc plus que l’hagiographie d’un témoin politique. Il ouvre des pistes de réflexion sur l’émancipation des opprimés et tend un miroir cruel à tous les Américains, via de nombreuses scènes à la puissance dévastatrice. Le réalisateur Lee Daniels est un rebelle pacifiste mais au cinéma, il dérange. LE MAJORDOME n’est ni poli ni beau sous tous rapports. C’est une œuvre de mauvais goût où le grain de l’image est gros, où les lumières sont cramées. Où Mariah Carey joue une esclave violée par son propriétaire terrien, où Oprah Winfrey incarne une desperate housewife alcoolique, où Lenny Kravitz met le tablier pour faire des petits fours. S’il n’est bien-pensant, LE MAJORDOME peut être rebutant : les maquillages prothétiques y sont franchement borderline, et cette certaine théâtralité peut friser la soirée déguisée. Mais sous cette grossièreté cinématographique, explosent une vraie flamboyance et une grande honnêteté. On est loin de l’entreprise cynique et bâclée. L’histoire, qui idéologiquement peut atteindre une grande complexité, est submergée par l’émotion, elle est racontée sans ambages, en ligne droite, et le règlement de compte que l’Amérique entreprend avec elle-même est douloureux. Il y a chez Lee Daniels, déjà responsable de PRECIOUS et PAPERBOY, une manière de s’exprimer sans s’excuser qui peut passer pour de l’arrogance ou de l’inconscience. Mais elle peut aussi révéler une personnalité entière des plus touchantes.

De Lee Daniels. Avec Forest Whitaker, Oprah Winfrey, David Oyelowo. États-Unis. 2h12. Sortie le 11 septembre

L’ombre de ton ombre

Le Majordome

Lee Daniels

Critiques

10 septembre 2013

À peine ce Majordome nous intrigue-t-il – surtout par la cinglante démesure avec laquelle il semble endosser le genre du « film à Oscars » – que nous devons déjà ravaler nos minces espoirs : il n’y a que peu à sauver dans une entreprise à la fois aussi ambitieuse et aussi diminuée.

Cecil Gaines est un témoin privilégié de l’histoire contemporaine : il a officié durant sept présidences – nous n’en verrons réellement que cinq – en tant que majordome à la Maison Blanche. C’est aussi un Noir américain, né dans les champs de coton du Sud où il a vu son propre père se faire assassiner par son employeur blanc, avant de partir de son côté pour Washington et « servir », d’abord dans un palace, puis dans la demeure présidentielle. Le Majordome tente, ainsi, deux grands écarts : faire tenir en un seul film à la fois un résumé de toute l’histoire contemporaine américaine (par le prisme du Bureau ovale), et un résumé de toute la lutte pour la libération des Noirs (par le prisme d’une famille dont chaque génération constitue un chapitre de l’histoire des civil rights).

C’est cette vaste entreprise de pédagogie qui fait du Majordome un projet essentiellement grotesque, qui n’a que le temps de saisir les bouleversements historiques sous forme d’instants, de saynètes d’un plus grand tableau qui serait l’hagiographie d’un pays, les Etats-Unis, et d’une figure semi-divine, le Président. Ainsi se trouvent vignettées l’assassinat de Kennedy [1] (une dizaine de minutes), la guerre du Vietnam (pas mieux), la démission de Richard Nixon (un plan), où Lee Daniels visite l’histoire comme on visiterait un musée en courant, jetant des coups d’œil vaguement curieux aux mandats traversés. La question de l’émancipation des Noirs, essentiellement structurée autour de la relation entre un père bien rangé (Forest Whitaker) et son fils militant du Black Panther (David Oyelowo), n’en est pas moins caricaturale : Lee Daniels consacre une intarissable énergie à faire du « nègre de maison » (ainsi qu’ils sont appelés dans les riches propriétés du Sud) une image de libération en refusant de voir qu’elle cumule tous les attributs de la servilité.

À l’arrivée, difficile de déterminer quel versant du film est la toile de fond de l’autre. Avançant conjointement, présidence et mouvement des civil rights se font les deux points cardinaux de la contemporanéité politique américaine. Le Majordome pose ainsi l’empreinte d’un imaginaire collectif, brutalement matérialisé par une saisie de l’histoire qui est à rapprocher de l’écriture automatique. Chaque donnée politique se trouve ramenée à une image-réflexe, un souvenir prégnant ; ainsi se voient d’ailleurs tout bonnement évacués deux présidents déjà dissous dans l’amnésie générale (Gerald Ford et Jimmy Carter). La présidence de Barack Obama apparaît alors comme le salut du film, la rencontre pacifiée de ses deux sillages contradictoires. Versant littéralement dans le fanatisme – Cecil Gaines, vieillard et veuf, fond en larmes devant l’annonce des résultats en 2008 –, le final du Majordome nous rappelle à quel point l’écriture de l’histoire au cinéma n’est jamais mieux prise en défaut que dans son écriture du présent : l’agenouillement aveugle sur lequel le film s’achève vaut pour preuve de son simplisme généralisé.

Théo Ribeton

Notes

[1] Il faudrait d’ailleurs se demander pourquoi les deux films américains se proposant de représenter cette année l’assassinat d’un président ont systématiquement écarté l’image même de cet assassinat, dissimulée dans une ellipse. On ne verra pas plus la mort de John F. Kennedy qu’on ne vit celle d’Abraham Lincoln chez Steven Spielberg. Refoulé traumatique ?

« Le majordome », plus de trente ans dans la peau d’un Noir à la Maison-Blanche

Cette fresque humaniste sur un majordome qui a servi sept présidents des États-Unis et sur les tensions raciales figure déjà parmi les favoris pour la course aux Oscars.

10/9/13

Au début de sa carrière de majordome, Cecil Gaines (incarné par Forest Whitaker) est au service d…

ANNE MARIE FOX /Butler Films/LLC

Au début de sa carrière de majordome, Cecil Gaines (incarné par Forest Whitaker) est au service de Dwignt D. Eisenhower (Robin Williams).

LE MAJORDOME *** de Lee Daniels

Film américain, 2 h 05

« Je ne dois pas t’entendre respirer. » Telle est la première recommandation, terrible, de la vieille propriétaire de la plantation à Cecil Gaines, âgé de 7 ans en 1926, qui quitte les champs de coton pour devenir « nègre de maison ». Une promotion en guise de consolation : son père a été tué pour avoir esquissé une protestation contre le viol de sa mère par le maître des lieux.

L’orphelin apprend la place des couverts, la présentation des mets, la discrétion qui confine à l’invisibilité. Jeune adulte, il part de la plantation et trouve un emploi de majordome dans un bel hôtel, d’abord en Virginie puis à Washington où il épouse Gloria qui met au monde deux fils.

Sa méticulosité et sa culture l’amènent à devenir l’un des six majordomes en fonction à la Maison-Blanche. Embauché en 1957 alors qu’Eisenhower est au pouvoir, il demeure à ce poste durant sept présidences.

De la ségrégation raciale à l’élection de Barack Obama

En 2008, au moment de l’élection présidentielle, le Washington Post publie les entretiens d’un journaliste avec Eugene Allen, majordome pendant trente-quatre ans à la Maison-Blanche et qui mourra en 2010 à 90 ans. Le film de Lee Daniels s’inspire de son parcours exceptionnel. Un sujet en or dont le réalisateur tire une fantastique page d’histoire tout en ne perdant jamais de vue la petite histoire de son héros, Cecil Gaines.

En deux heures, ce long métrage balaie le demi-siècle où les États-Unis sont passés d’une période où un Blanc pouvait abattre un Noir, en toute impunité, à l’élection de Barack Obama à la présidence. Une révolution à l’échelle d’une vie. Se succèdent les étapes souvent sanglantes de la condition des Noirs, sans pesanteur grâce à l’entrelacs de ce propos avec la vie des personnages.

Étudiant, Louis, le fils aîné de Cecil, part dans le Sud afin de participer au mouvement pour l’égalité des droits civiques par la résistance pacifique chère à Gandhi et Martin Luther King ; il occupe des places réservées aux Blancs dans les restaurants et les bus, ce qui lui vaut blessures et séjours en prison. Cecil suit cet engagement avec affliction : il ne comprend pas ce militantisme et l’ingratitude d’un fils à qui il a tout donné pour mener une vie bourgeoise et paisible.

« À la Maison-Blanche, nous ne tolérons pas que vous soyez politisé »

C’est l’excellente idée du film de Lee Daniels : il ne se contente pas d’être une biographie filmée et de dérouler les étapes de l’émancipation des Noirs. Par l’antagonisme père-fils, il montre la complexité de cette mutation et deux stratégies opposées : l’intégration du père qui a trouvé sa place, même modeste, dans le saint des saints de la démocratie américaine, et la rébellion du fils, d’abord pacifiste avant de se radicaliser avec les Black Panthers.

Cecil Gaines accepte sans sourciller l’énormité énoncée lors de son recrutement : « À la Maison-Blanche, nous ne tolérons pas que vous soyez politisé. » Mais peut-être, de l’intérieur, peut-il œuvrer en douceur pour une évolution, à défaut d’une révolution.

Malcolm X oppose les « nègres de maison », conservateurs, et les « nègres des champs », révoltés. Martin Luther King au contraire voit la dimension subversive des premiers, dociles et travailleurs, à l’encontre des stéréotypes des racistes.

Film à la réalisation classique voire académique, Le Majordome brille par sa distribution où se bousculent les stars. Forest Whitaker donne une élégance retenue et un charisme modeste à Cecil Gaines. Oprah Winfrey incarne Gloria, son épouse délaissée. Inégal, le casting des présidents réunit Robin Williams (Dwight D. Eisenhower), James Marsden (John F. Kennedy) et Alan Rickman (Ronald Reagan) accompagné de Jane Fonda (Nancy Reagan).

De facture hollywoodienne, le film joue (parfois trop) sur la corde de l’émotion, au point de tirer des larmes aux spectateurs et à Barack Obama. « J’ai pleuré, a-t-il expliqué, non seulement parce que je pensais aux majordomes qui ont travaillé ici, à la Maison-Blanche, mais aussi à une génération entière de gens qui étaient capables et talentueux, mais ont été bridés à cause des lois raciales, à cause des discriminations. »

CORINNE RENOU-NATIVEL

Le Majordome

Frédéric Strauss

Télérama

11/09/2013

Au service de huit présidents à la Maison-Blanche, Eugene Allen (1919-2010) passa sa vie dans les coulisses de l’Histoire. Rebap­tisé Cecil Gaines, il devient, en quelque sorte, l’ambassadeur de tout un peuple : les Noirs américains. Lee Daniels est l’un d’eux et il n’hésite pas à politiser son propos. C’est d’ailleurs la bonne surprise de ce film, qu’on pouvait redouter bien plus décoratif et anecdotique… Deux ou trois scènes où passe un plateau d’argent suffisent à résumer le travail de ce valet des présidents. Eisenhower, Kennedy ou Nixon sont représentés avec un minimum de crédi­bilité, Jane Fonda vient faire sa Nancy Reagan : elle est très drôle, mais toute cette reconstitution reste simplette. L’important est ailleurs. Lee Daniels insiste sur la principale qualité d’un bon majordome : être invisible. La clé d’une discrétion qui va de soi, mais aussi une règle de survie sociale : pour être tolérés par les Blancs, les Noirs doivent éviter de se faire remarquer. Un principe contre lequel va s’élever le fils du majordome qui devient, lui, un héros de la bataille des droits civiques, dans le sillage de Martin Luther King et Malcolm X.

Cet aspect symbolique ne va pas sans une certaine schématisation. Mais Lee Daniels réussit à raconter, expliquer cette Amérique qui a difficilement renoncé à la discrimination raciale et n’en est pas encore complètement remise. Un pays, cependant, où un Noir, embauché à la Maison-Blanche, y revint, à la fin de sa vie, pour rencontrer Barack Obama. Un parcours qui a tout d’une parabole.


Guerre des sexes: Etalement masculin contre corset invisible ? (Man spread vs. invisible corset ?)

21 octobre, 2013
Paris
https://i0.wp.com/fr.web.img3.acsta.net/medias/nmedia/18/69/05/89/19055076.jpgLe territoire s’urbanise. La ville-féminine se territorialise et donc se masculinise. Ainsi, la structure territoriale actuelle de la ville, atomisée, multilocalisée, fragmentée, empêche l’expression des valeurs féminines du local, connu, intérieur, mesuré. Avec la mégapolisation et la globalisation, la ville devient ouverte et perméable. La globalisation a cassé l’intérieur, l’intime, le prochain, elle a violé et traversé l’enceinte sacrée du local et profané la ville. L’étranger devient local, le familier global. Le prochain est profané, le lointain sacralisé. L’association erronée du féminin avec les femmes conduit ces dernières à un confinement vers un rôle jugé péjorativement comme secondaire. Par cette même association erronée, les hommes s’érigent une fois de plus en maîtres de cette violation du sacré intérieur de la ville. Ce sont principalement eux qui construisent une Europe de villes ouvertes et défigurées, centraliste et étrangère aux intérêts des citadins. En assumant son inconscient masculin, nombre de femmes latino-américaines construisent avec créativité le souhaitable à partir du possible et nourrissent leurs familles dans des contextes de crise économique. En assumant leur inconscient féminin, des hommes de partout reconnaissent l’importance vitale de la protection de la mère-terre souffrante et agonisante et s’engagent dans sa préservation. Mais en même temps , des millions de femmes en refoulant leur inconscient masculin renoncent à lutter pour conquérir un rôle complémentaire des hommes qui leur permette de sortir de la soumission actuelle. De même, en refoulant leur inconscient féminin, des millions d’hommes continuent à détruire la mère-terre, à profaner la ville par la mise en place de politiques qui n’empêchent pas sa défiguration territoriale ni l’exploitation et la domination des femmes. En conclusion, la question que l’on peut se poser est : Comment faire en sorte que notre conception de la ville et la ville elle-même devienne plus humaine, c’est-à-dire intégrative de la totalité de l’être humain dans ses composantes féminines et masculines? Rodrigo Vidal Rojos
Depuis longtemps, les prostituées de rues se déguisent en pute pour bien expliquer: le rimmel, les bas-résilles, c’est moi qui vend la marchandise, j’annonce la couleur, laissez la petite secrétaire ou la mère de famille qui fait ses courses.  On savait à quoi s’en tenir.  Mais les marchands de fringues, de musique, de régimes et de cosmétiques ont su convaincre les femmes qu’être un objet était valorisant.  Et que montrer son piercing au nombril était chouette, que le string qui dépasse, la jarretière du bas auto-fixant, la bretelle de soutien-gorge était chouette et libérée.  Bref, la femme marchandise était conquérante, adulée, victorieuse. Et devenait l’étalon. Comme on imposait le voile dans d’autres pays et d’autres cultures, on imposait (moins brutalement mais plus sournoisement, certes) en modèle l’échancré, le transparent, le push-up, le moulant, le fendu, l’épilé, le siliconé. Ce sont ces fausses putes, les « salopes » médiatiques, de Madonna à Britney Spears en passant par Beyoncé qui, en vendant leur cul moulé et gigotant à longueur de vidéo clip ont promu la femme hypersexualisée, libertine et aguicheuse. Et fière de l’être.  « Dior j’adore » nous dit une bouche entr’ouverte et transpirante.  Le Perrier jaillit sur un corps bronzé, et la miss Wonderbra nous dit de la regarder dans les yeux.  La Saint Valentin, une débauche (sans jeu de mot) de peaux montrées pour vendre de la lingerie.  (…) Vous avez vu comment s’habillent les présentatrices télé?  Karine Lemarchand, Melissa Theuriau, Daphné Roulié, Anne-Sophie-Lapix, et des dizaines d’autres ont été choisie pour leur Q. S. (Quotient sexuel) AVANT leur QI.  Normal, sinon elles se feraient zapper entre les pubs qui montrent des filles sublimes.  Forum-doctissimo
La jupe a existé bien avant l’invention, au XIe siècle, du mot arabe «djoubba» qui désigne une sorte de robe que le prophète a portée. Selon les régions, elle était revêtue par les hommes ou par les femmes. Mais cela fait maintenant des siècles qu’en France, elle symbolise le genre féminin. (…) La Bible interdit (Deuteronome) aux femmes de s’habiller en homme et aux hommes de s’habiller en femme. En France, l’Eglise catholique s’est chargée de faire respecter cette loi morale. Jusque dans les années 60, un prêtre pouvait refuser la communion à une femme en pantalon. Les pouvoirs publics aussi, ont repris cette interdiction. Ainsi, en 1800, une ordonnance de la préfecture de police de Paris interdit aux femmes de s’habiller en homme (elle n’est d’ailleurs toujours pas abrogée). Dans la volonté de différencier les sexes par le vêtement, il y a aussi une volonté d’introduire une hiérarchie. La mode féminine a longtemps créé à l’évidence des entraves au mouvement. Et si les cols durs n’étaient sans doute pas très agréables à porter, les hommes ont toujours porté des vêtements plus pratiques. Bref, le sexe dominant s’est octroyé des vêtements plus faciles à porter. Comme le pantalon qui symbolise le pouvoir. Ce n’est pas un hasard, si on dit porter la culotte… La jupe, elle, a été valorisée sur le plan esthétique, érotique. La jupe masque, elle cache le sexe des femmes, a-t-on dit. Mais contrairement au pantalon, fermé et protecteur, c’est un vêtement ouvert, très ouvert, d’autant que pendant longtemps, les femmes n’ont pas porté de sous-vêtements fermés dessous, mais des jupons superposés. Les culottes étaient soit inexistantes soit largement fendues. La norme était l’ouverture totale. Symboliquement, on peut y voir l’accessibilité au sexe féminin. C’est seulement au début du XXe siècle que le sous-vêtement fermé se répand… (…) il faut attendre la Belle Epoque pour qu’il soit vraiment question de réformer le costume féminin. Jupe ou pantalon, c’est grâce à des féministes comme Madeleine Pelletier (1874-1939) qu’on peut se poser cette question futile le matin. On peut également citer Hubertine Auclert (1848-1914), la première suffragette française, qui défend la Ligue des robes courtes (en fait des robes qui ne traînent pas sur le sol). L’incendie du Bazar de la Charité en 1897 a marqué les esprits. Sur les 116 victimes identifiées, 110 étaient de sexe féminin. Cet événement a lancé des réflexions sur la nature contraignante du vêtement féminin. Pour les féministes les plus radicales, c’est même devenu un argument en faveur du port du pantalon, qui a aidé les hommes à fuir plus rapidement. Enfin, un mouvement hygiéniste a également poussé, dès la fin du XIXe siècle, à réformer la garde-robe des femmes, en s’élevant contre la jupe, le corset, les talons hauts… (…) La peur de l’indifférenciation des sexes freine les progrès. Il n’y a guère eu que la percée de la culotte de zouave pour monter à bicyclette et l’invention de la jupe-culotte également réservée aux activités sportives. (…)  Tout ce qui fait reculer la pudeur, qui a servi au contrôle des femmes, est un signe d’émancipation. L’ourlet est vraiment raccourci pendant les Années folles (au genou en 1925). Plus tard, sous Vichy, on se souviendra de cette garçonne, personnification de la «décadence» qui a conduit à la défaite. Les années 50 continuent d’ailleurs de régler son compte à ce modèle de femme masculinisée. Dior parlera d’ailleurs de «reféminiser» la femme… (…) Il a toujours été plus facile de montrer sa poitrine que ses jambes et ce, dès le Moyen Age et ses nudités de gorge… Mais les jeunes femmes se libèrent aussi en portant des pantalons dont le triomphe coïncide avec celui de la minijupe. On en a déjà vu à la plage dans les années 20, mais il a vraiment cessé d’être un symbole de masculinité dans les années 60. Au fond, ce que souhaitent les femmes c’est s’habiller comme elles veulent. En jupe ou en pantalon. Ce n’est pas toujours possible aujourd’hui encore dans certaines professions. Les hôtesses de l’air d’Air France, qui réclamaient le droit au pantalon depuis 1968, ont dû attendre 2005, au motif qu’elles portaient l’image de la France. Comme si la jupe était une part de la francité… (…) le droit du travail (article L.120-2) permet [d’imposer la jupe] à condition que l’employeur en justifie clairement les raisons. Typiquement, sont concernés les métiers où les femmes sont en contact avec le public, comme les vendeuses. Et de façon plus générale, toutes ces entreprises qui, à la manière américaine, donnent à leurs salariées une tenue modèle, pour créer une certaine image de leur boîte. C’est la tendance actuelle. Et l’on peut s’attendre à un regain de pression sociale pour imposer la jupe.(…) Jusqu’en 1980, les députées n’étaient pas admises en pantalon à l’Assemblée nationale. C’était du moins l’usage que faisaient scrupuleusement respecter les huissiers. Cette année-là, la députée communiste Chantal Leblanc, refoulée à cause de son pantalon, proteste et obtient gain de cause. Des années plus tard, si l’on regarde la photo du gouvernement en 2007, les ministres sont presque toutes en pantalon. Cela contraste avec l’ultraféminité de Ségolène Royal, qui joue la différence. En gros, alors que les autres cherchent à neutraliser leur genre, et à déjouer la sexualisation, elle joue la carte de la féminité, et c’est risqué… (…) c’est parfois un acte militant, une manière de défendre un «droit à la féminité» alors que dans le même temps l’association s’est prononcée contre le port du voile. Une position qui a d’ailleurs été mal comprise par les jeunes, qui sont plutôt en faveur de l’absence d’interdits vestimentaires. En tout cas, il faut bien reconnaître qu’à partir des années 2000, les jeunes filles ont renoncé à la jupe dans les collèges. Et pas seulement dans les cités. En gros, la jupe est devenue un danger, un signe de disponibilité sexuelle, avec une équation jupe = pute. Comme si la féminité était une provocation sexuelle permanente. Au fond, comme si les filles devaient faire oublier qu’elles sont des filles. Ainsi s’est créée «la journée de la jupe et du respect» à l’initiative d’une association rennaise en 2006 qui, au lycée d’Etrelles, ne fait pas l’éloge de la jupe, mais en profite pour parler de sexualité, de violence entre filles et garçons… Christine Bard
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu
C’est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes… La jupe, c’est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s’asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d’allure féminine. Vous ne pouvez pas courir ! Je vois encore les curés de mon enfance qui relevaient leurs jupes pour jouer à la pelote basque. La jupe, c’est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d’opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou…) qui fonde l’ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature. Par exemple, avec  » tiens ton couteau dans la main droite « , se transmet toute la morale de la virilité, où, dans l’opposition entre la droite et la gauche, la droite est  » naturellement  » le côté de la virtus comme vertu de l’homme (vir). La jupe, ça montre plus qu’un pantalon et c’est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l’attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes). On a déjà beaucoup glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l’érotisme, toute l’ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c’est beaucoup plus simple: ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus que ce qu’elle montre. Il fut un temps où il suffisait d’une cheville entr’aperçue!… Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu’elles s’adressent d’abord au corps et qu’elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s’exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. (…) Les études montrent que, de manière générale, les femmes sont très peu satisfaites de leur corps. Quand on leur demande quelles parties elles aiment le moins, c’est toujours celles qu’elles trouvent trop  » grandes » ou trop  » grosses  » ; les hommes étant au contraire insatisfaits des parties de leur corps qu’ils jugent trop  » petites « . Parce qu’il va de soi pour tout le monde que le masculin est grand et fort et le féminin petit et fin. Ajoutez les canons, toujours plus stricts, de la mode et de la diététique, et l’on comprend comment, pour les femmes, le miroir et la balance ont pris la place de l’autel et du prie-dieu. Pierre Bourdieu

A l’heure où, photos à l’appui, des blogueuses commencent à repérer le peu d’espace qui leur est laissé par nombre d’hommes dans notamment les transports en commun …

Comment ne pas repenser aux fameuses pages de Bourdieu sur le rôle de « corset invisible » de nombre de vêtements féminins et notamment la (mini)jupe, repassée en quelques décennies de conquête sociale à revendication sociale, que la mode féminine impose souvent aux femmes ?

Mais aussi, inversement, la sorte d’injonction de grandeur et de force et donc d’espace consommé (y compris avec les nouvelles panoplies de télécommunications numériques et notamment aux âges où deviennent si cruciales les questions de l’image de soi donnée aux autres), que cela suppose pour les hommes dignes de ce nom ?

Pierre Bourdieu : Le corset invisible

entretien avec Catherine Portevin

Télérama n°2534

5 août 1998.

TELERAMA : A quoi sert la jupe?

PIERRE BOURDIEU : C’est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes… La jupe, c’est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s’asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d’allure féminine. Vous ne pouvez pas courir ! Je vois encore les curés de mon enfance qui relevaient leurs jupes pour jouer à la pelote basque.

La jupe, c’est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d’opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou…) qui fonde l’ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature. Par exemple, avec  » tiens ton couteau dans la main droite « , se transmet toute la morale de la virilité, où, dans l’opposition entre la droite et la gauche, la droite est  » naturellement  » le côté de la virtus comme vertu de l’homme (vir).

TRA : La jupe, c’est aussi un cache-sexe?

P.B. : Oui, mais c’est secondaire. Le contrôle est beaucoup plus profond et plus subtil. La jupe, ça montre plus qu’un pantalon et c’est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l’attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes). On a déjà beaucoup glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l’érotisme, toute l’ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c’est beaucoup plus simple: ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus que ce qu’elle montre. Il fut un temps où il suffisait d’une cheville entr’aperçue!…

TRA : Vous évoquez : une femme disant:  » Ma mère ne m’a jamais dit de ne pas me tenir les jambes écartées  » et pourtant, elle savait bien que ce n’est pas convenable  » pour une fille « … Comment se reproduisent les dispositions corporelles ?

P.B. : Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu’elles s’adressent d’abord au corps et qu’elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s’exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. Très souvent, les femmes elles-mêmes condamnent les femmes violées au prétexte qu' » elles l’ont bien cherché « . Ajoutez ensuite le rapport à la justice, le regard des policiers, puis des juges, qui sont très souvent des hommes… On comprend que les femmes hésitent à déposer une plainte pour viol ou harcèlement sexuel…

TRA : Etre femme, c’est être perçue, et c’ est alors le regard de I’homme qui fait la femme?

P.B. : Tout le monde est soumis aux regards. Mais avec plus ou moins d’intensité selon les positions sociales et surtout selon les sexes. Une femme, en effet, est davantage exposée à exister par le regard des autres. C’est pourquoi la crise d’adolescence, qui concerne justement l’image de soi donnée aux autres, est souvent plus aiguë chez les filles. Ce que l’on décrit comme coquetterie féminine (l’adjectif va de soi !), c’est la manière de se comporter lorsque l’on est toujours en danger d’être perçu.

Je pense à de très beaux travaux d’une féministe américaine sur les transformations du rapport au corps qu’entraîne la pratique sportive et en particulier la gymnastique. Les femmes sportives se découvrent un autre corps, un corps pour être bien, pour bouger, et non plus pour le regard des autres et, d’abord, des hommes. Mais, dans la mesure où elles s’affranchissent du regard, elles s’exposent à être vues comme masculines. C’est le cas aussi des femmes intellectuelles à qui on reproche de ne pas être assez féminines. Le mouvement féministe a un peu transformé cet état de fait – pas vraiment en France la pub française traite très mal les femmes ! Si j’étais une femme, je casserais ma télévision ! – en revendiquant le natural look qui, comme le black is beautiful, consiste à renverser l’image dominante. Ce qui est évidemment perçu comme une agression et suscite des sarcasmes du genre  » les féministes sont moches, elles sont toutes grosses »…

TRA : Il faut croire alors que, sur des points aussi essentiels que le rapport des femmes à leur corps, le mouvement féministe n’a guère réussi.

P.B. : Parce qu’on n’a pas poussé assez loin l’analyse. On ne mesure pas l’ascèse et les disciplines qu’impose aux femmes cette vision masculine du monde, dans laquelle nous baignons tous et que les critiques générales du  » patriarcat  » ne suffisent pas à remettre en cause. J’ai montré dans La Distinction que les femmes de la petite bourgeoisie, surtout lorsqu’elles appartiennent aux professions de  » représentation « , investissent beaucoup, de temps mais aussi d’argent, dans les soins du corps. Et les études montrent que, de manière générale, les femmes sont très peu satisfaites de leur corps. Quand on leur demande quelles parties elles aiment le moins, c’est toujours celles qu’elles trouvent trop  » grandes » ou trop  » grosses  » ; les hommes étant au contraire insatisfaits des parties de leur corps qu’ils jugent trop  » petites « . Parce qu’il va de soi pour tout le monde que le masculin est grand et fort et le féminin petit et fin. Ajoutez les canons, toujours plus stricts, de la mode et de la diététique, et l’on comprend comment, pour les femmes, le miroir et la balance ont pris la place de l’autel et du prie-dieu.

Voir aussi:

Genre et transports publics : la guerre des territoires

Margot Baldassi

Pop up urbain

24.09.13

C’est en errant sur Twitter la semaine dernière que nous sommes tombés sur une énième conversation lancée par la blogueuse étiquetée “féministe” (ce n’est pas son unique engagement), Mar_Lard. Les débats auxquels elle participe sur les réseaux sociaux soulèvent bien souvent des questions piquantes de discrimination. Cette fois, la discussion abordait plus ou moins directement un bouquet de thèmes qui nous sont chers tels que la place des femmes dans l’espace public, et plus précisément les incivilités teintées de machisme.

La polémique est partie de remarques sur les codes sociaux sexistes attribués à certains gestes du quotidien : les femmes se tiennent les jambes croisées, les hommes les jambes écartées. Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué “efféminé” depuis la petite école ; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ou bien “masculine” (vulgaire) ou bien “aguicheuse” (surtout si elle porte une jupe)… Les messages qui s’en sont suivis ont alors pointé du doigt une question qui nous concerne plus directement : celle des incivilités dans les transports publics. [Voir une sélection de tweets ici]

“Your balls are not that big”

Les articles et blogs dénonçant l’attitude “machiste” de certains voyageurs ne manquent pas sur la Toile ! En effet, une poignée de Tumblr affiche ça et là des photos, prises sur le vif, de personnes d’obédience masculine se tenant les pattes un peu trop desserrées pour ne pas gêner leur voisin de trajet en métro. Ce phénomène porte même un nom sur les Internets : le fameux Urban Dictionary – “l’autorité non officielle des définitions des mots argotiques sur internet” – l’a baptisé “Man spread” (littéralement “étalement masculin”, voire “colonisation phallocrate”…). Et sa définition est bien précise :

“Where a dude sits down on a chair and spreads out his legs to make a V shape with them.” [ndlr : Lorsqu’un mec s’assoit en étalant ses jambes avec la forme d’un V.]

Man spread

Ainsi, les critiques acerbes de cette attitude à la fois sans gêne et “conquérante” – souvent propre à la gente masculine – pullulent. Tandis qu’une blogueuse pense que la lutte contre cet usage devrait à terme se concrétiser par une loi [voir en 15ème position de la liste], un mouvement féministe suédois invite les internautes à poster, sur un blog dédié, des images inculpant ces couillus assis de façon trop laxiste.

Transports publics VS “Space Invaders”

Au-delà de la dimension sexiste – présentée en introduction – de cette forme de colonisation de l’espace public, le phénomène du “Man spread” s’inscrit inévitablement dans la traque contemporaine des “incivilités” vécues par tous dans les transports publics. Cette course à la bonne conduite est ainsi devenue un leitmotiv du discours des géants de la mobilité, et de notre société si moderne. La RATP a d’ailleurs créé un Observatoire dédié, recensant des comportements aussi délictuels que :

“ne pas valider son ticket ou pass Navigo, monter dans le bus ou le métro sans attendre que les gens en descendent, sauter au-dessus des tourniquets, parler fort au téléphone, bousculer quelqu’un sans s’excuser, laisser son journal sur son siège, passer avec un autre voyageur au tourniquet sans le lui demander, rester assis sur son strapontin malgré l’affluence, rester à l’arrêt sur un escalator et gêner la circulation, et enfin manger” [Voir sur le site de RMC.]

Affiche Tokyo

Une publicité tokyoïte institutionnalise la querelle contre le phénomène du “Man Spread” avec humour

Que les institutions de transport pointent du doigt impolitesses et fraude, on peut le comprendre. Mais la réappropriation de ce discours par les habitants n’est-elle pas plus gênante ? De notre point de vue, s’écrouler un peu saoul sur un strapontin après une soirée arrosée, ou y avaler en vitesse une barquette de frites pour ne pas s’évanouir pendant sa séance de sport, ne constituent pas franchement les fléaux de la société actuelle. Les petites gênes occasionnées par “les autres” feront toujours partie de l’essence même d’un espace partagé. Et nous ne croyons guère que tout espace public puisse un jour ressembler au lieu idyllique et aseptisé dont rêvent certains.

Eradiquer la ville sexiste

Ces questions d’incivilités, couplées aux engagements féministes contre une “société testiculaire”, amènent forcément à s’interroger sur la place des femmes dans l’espace public. L’inscription de la domination masculine, en tant que paradigme sociétal fondamental, ne se ressent donc pas qu’à travers les carrières professionnelles, les produits de consommation et le marketing qui va avec… En effet, les lieux aussi sont teintés de sexisme, comme le rappelle Rodrigo Vidal Rojas dans une excellente analyse :

“Le symbole phallique, premier élément de structuration spatiale du territoire traduit la domination de l’homme sur la femme et sur la mère-terre; c’est le phallocentrisme ou la primauté du mâle.”

Ces réflexions ne sont ni nouvelles ni isolées, puisque de plus en plus d’urbanistes et de sociologues prônent l’intégration de l’égalité des sexes dans la construction de la ville. Reste à savoir à quoi ressemblerait une ville au féminin du point de vue de ses bâtisseurs actuels. D’un côté, voir disparaître les symboles phalliques que sont les tours d’un quartier des affaires au profit d’une prolifération de “gratte-terres” relèverait d’une moindre ambition.

Extrait du blog « Paye Ta Shnek », recensant des « tentatives de séduction en milieu urbain »

De l’autre, “peindre les rues en rose” – comme ironisait la journaliste Clare Foran – serait extrêmement navrant… Et pourtant cette mauvaise blague survole plus que jamais les actualités, aussi ridicule que cela puisse paraître. Voilà un exemple qui en dit long sur les caricatures qui sclérosent encore le débat “genre et territoire” : non, faire la ville pour les femmes ne signifie pas fluidifier leur déplacement de la cuisine à la crèche… Après avoir passé des siècles à penser la ville par et pour les hommes, la tendance est aujourd’hui de faire la ville pour les femmes à grands renforts de clichés sexistes. En attendant d’en finir une bonne fois pour toutes avec les multiples inégalités qui rongent encore notre société proprette, donnons aux femmes ce pouvoir urbanistique si chèrement protégé par la gente masculine.

Voir également:

Dans le métro, les hommes occupent plus d’espace que les femmes

Olivier Razemon

Le Monde

14 octobre 2013

Le voilà, le maître du monde. Les jambes nonchalamment écartées, les pieds calés de chaque côté du corps, le journal largement ouvert devant lui, la tablette à portée de main, installé comme s’il lisait paisiblement dans son salon. A côté, une femme, telle une petite souris, a replié les jambes, rangé ses affaires et posé son sac sur ses genoux. Et l’équipée s’en va ainsi, brinquebalante, soumise aux soubresauts de la rame, aux accélérations soudaines et aux freinages intempestifs.

Genre. Dans le métro, les hommes occupent plus d’espace que les femmes. Photos à l’appui, ce Tumblr (un outil comparable à un blog qui permet de poster des textes, photos ou vidéos en ligne) dénonce ce qui semble être une règle tacite entre usagers des transports. Femme, tu te ratatineras sur ton siège, car les transports sont bondés et l’espace contraint. Homme, tu feras à ta guise, car après tout c’est toi qui domines et qui gagnes le plus d’argent. Que les mouvements réactionnaires inquiets d’une hypothétique progression de la « théorie du genre » se rassurent : les comportements sexués ont de l’avenir devant eux.

Anatomie. Constatée dans le « subway » de New York, la domination masculine sur les bancs du métro est également avérée à Paris, voire dans les trains du quotidien, en France. Un article récent parle même de « guerre des territoires » entre les genres. Deux raisons au moins expliquent le phénomène qui, s’il n’a rien de scientifiquement prouvé, s’appuie tout de même sur des observations récurrentes. Tout d’abord, les hommes écartent les jambes pour rechercher un confort anatomique sur lequel il n’est pas nécessaire de s’étendre (en tous cas pas ici, maintenant). Cet article paru sur le blog féministe Jezebel ne peut être plus clair : « there’s no way that your dick is so huge that it needs an entire bench to itself ».

Ne pas passer pour un gay. Le phénomène, constate l’auteure de l’article, « transcende la classe sociale, la profession, l’âge, classe et la couleur de peau ». Le même blog féministe explique d’une autre manière le V bien ouvert que décrivent les jambes viriles : « On ne peut attendre d’un type macho qu’il place les jambes l’une contre l’autre. Ne savez-vous pas que s’asseoir normalement vous fait passer pour un gay ? » Tant qu’à faire de la psychologie de tourniquet, on pourrait ajouter que les garçons ont moins été formés que leurs sœurs à ranger leur chambre. Il faut les voir, sur ces images, déballer toutes leurs petites affaires sur le siège d’à-côté : sacoche, appareil connecté, ordinateur, dossiers, sac de sport…

Foule connectée. Enfin, si les hommes prennent plus de place sur les sièges du métro, c’est peut-être qu’ils sont davantage connectés. Comme le constate Yo Kaminagai, designer à la RATP, dans cet article écrit à la rentrée 2012, « une foule connectée prend plus de place ». Pour le designer, qui a observé les habitués du métro, « un passager qui téléphone ou rédige un message occupe une surface plus grande que celui qui reste assis ou debout sans bouger ». L’usage du smartphone exige non seulement plus d’espace physique « mais aussi une sphère de confidentialité plus grande », poursuit-il. De fait, on a naturellement tendance à s’écarter d’un quidam qui parle dans son téléphone ou qui tapote son écran à l’aide de son pouce. Surtout si c’est un homme.

NB : un dessin qui fait le,même constat. A voir sur le blog « 365 jours ».

LA VILLE AU FEMININ ET AU MASCULIN

Rodrigo Vidal Rojos

L’histoire de l’urbain révèle de manière flagrante la permanence d’un rapport de domination de la femme par l’homme. A des de grés différents et dans des modalités qui varient selon l’époque et les cultures, les villes ont été construites et ont vécu jusqu’à aujourd’hui dans un ra pport de domi nation et de soumission plus ou moins cruel pour les femmes. Cela reste un fait incontestable. Pourtant, les explications données par les sciences sociales, et particulièrement par la sociologie, bien que clarificatrices quant aux mécanismes observables de cette domination, restent insuffisantes pour en expliquer les racines profondes . Cela, tout simplement, parce que ces racines trouv ent leurs origines au coeur même des êtres humains. Ces origines, individuelles et collectiv es, sont explorées, parmi d’autres, par la psychologie, la mythologie et l’anthropologie culturelle. L’intégration à l’analyse urbaine des concepts et des méthodes scientifiques, nouveaux ou déjà connus, mais qui n’ont pas encore été suffisamment exploités dans la recherche urbaine, peut constituer une véritable contribution au progrès de la connaissance scientifique afin d’expliquer la complexité de la ville en allant au-delà des approches urbaines traditionnelles. Bien que la science ne soit pas cumulative, les concepts et les méthodes mis à jour par une discipline ne sont jamais perdus pour autant. Ils peuvent en tout temps être « re-visités » scientifiquement, c’est-à-dire actualisés et contextualisés. A cet égard, l’approche junguienne n’a pas véritablement été l’objet d’une « re-visitation » par des disciplines scientifiques favorisant les études urbaines . Cela s’explique en partie par la faible importance attribuée, à tort, à la psychologie dans la compréhension de l’urbain. L’étude du phénomène urbain, objet par excellence de la sociologie, de l’histoire et de la mythologie collective, a quasiment négligé les racines psychologiques et spirituelles des comportements sociaux. Ce texte n’est pas interdisciplinaire; il n’exclut pas pourtant des explications apportées par d’autres disciplines. Il constitue un effort scientifique pour mieux comprendre la dynamique urbaine dans la perspective du féminin et du masculin.

LA POLARITÉ FÉMININ / MASCULIN EN PSYCHOLOGIE DES PROFONDEURS

L’approche féminin/masculin nous permet, d’une part, de prendre comme point de départ de cette réflexion l’être humain lui-même en tant qu’objet et sujet de la production de la ville. D’autre part, cette approche, avec sa polarité paradoxale et complémentaire à l’intérieur de l’inconscient humain en psychologie des profondeurs, permet de dépasser le conflit culturel homme/femme et de le réinterpréter en le plaçant dans un rapport dialectique de complémentarité. Selon C.G . J ung , « chaque homme porte en lui une femme »; il l’appellera anima . Il ajoute que l’ animus, personnification masculine de l’inconscient chez la femme, se manifeste spontanément à travers les ‘convictions’ rigides et ‘sacrées’ ou l’obstination butée de la femme. Nous pouvons ainsi préciser que l’ animus correspond à la part psychique complémentaire masculine dans l’inconscient de la femme et que l’ anima correspond à la part psychique complémentaire féminine dans l’inconscient de l’homme, selon la psychologie des profondeurs de Jung. Toujours selon C.G.Jung , « l’inconscient (individuel) contient tout ce qui a été acquis au cours de l’existence personnelle… par conséquent, ce qui est oublié, refoulé, les perceptions subliminales , les pensées et les sensations »; l’auteur s’éloigne ainsi de la théorie freudienne qui « considère l’inconscient comme étant uniquement le lieu où sont déposées toutes les manifestations désagréables , indésirab les ou inutilisables d’une manière quelconque » (Emma Jung et James Hillman, 1981: 65). L’inconscient collectif est une instance de la psyché commune à tous les individus , faite de la stratification des expériences millénaires de l’humanité. Selon C.G . Jung : « L’être humain est en possession de bien des choses qu’il n’a jamais acquises par lui-même, mais qu’il a héritées de ses ancêtres . Il ne naît pas tabula rasa mais simplement inconscient… Les systèmes hérités correspondent aux situations humaines qui prévalent depuis les temps les plus anciens » (C.G . Jung , 1963: 230, 231). Toujours selon C.G . Jung, les qualités féminines chez l’homme et masculines chez la femme sont présentes en chacun de nous mais ne peuvent pas toujours s’exprimer parce qu’elles gênent notre adaptation à notre milieu ou à l’idéal culturel établi. Le second message central de la psychologie des profondeurs est que tout ce qui est inconscient en nous peut resurgir par des projections. Les mythes, les légendes, les contes que l’on trouve dans toutes les cultures et à toutes les époques sont « l’expression des réalités psychiques internes » en psyc hologie des profondeurs. L’analyse de ces représentations culturelles démontre de manière étonnante la présence de la figure de l’anima. Tous ces contes et légendes soulignent l’importance pour l’homme de donner une place au principe féminin qui fait aussi partie de son être. Le refus ou la non-acceptation/assimilation de cette composante féminine chez l’homme provoque en lui un refus des projections externes de ce principe et donc le refus et le mépris des femmes, de la nature (mère-terre) et de la ville. C .G . J ung estime que les figures de l’anima, chez l’homme, et de l’animus , chez la femme, « sont des dispositions à la relation avec l’autre sex e qui ont pris forme avec l’humanité elle-même » (Humbert, 1983: 63) et qu’il s’agit donc de dispositions innées chez les individus. Nous transposons nos conflits réels internes vers des situations , objets ou personnes réels e xternes . Les imag es que nous aurons de notre mère conditionnent nos ra pports et nos imag es des autres femmes et de tout ce qui représente le féminin. Ces projections externes de nos images internes vont finalement marquer nos comportements sociaux et influencer nos perceptions cosmiques.

LE FÉMININ / MASCULIN COMME FORME DE CONCEPTION ET DE PERCEPTION DES VILLES ANTIQUES

Les historiens des villes ne sont pas toujours d’accord sur l’origine de la ville. Pour les uns, les cavernes pré-typifient la ville. Pour les autres, ce rôle annonciateur est incarné par l’arche de Noé. Cätal Hüyäk, dans l’ancienne Turquie, constitue encore le début de l’ère urbaine pour un bon nombre d’historiens. Il y a les contestataires qui lui préfèrent Ur des Chaldéens. En ce qui concerne la ville occidentale , la Grèce , et notamment Athènes, est la référence obligatoire bien que Rome soit encore considérée comme le berceau de notre civilisation urbaine. Pour notre réflexion, l’origine exacte de la civilisation urbaine reste secondaire. Quoi qu’il en soit, l’essentiel est de dévoiler les formes et les récits de cette origine. Un récit est une relation, une narra tion, une histoire, une fable d’événements réels ou imaginaires dont peu importe la véracité historique. Son but est de nous informer sur les liens (relations) existants entre un acte accompli et l’idée fondatrice de cet acte. Un récit est un enjeu de valeurs et normalise le passé. L’histoire cherche l’objectivité scientifique dans la relation des faits cités et c’est la raison pour laquelle elle est l’objet d’une mise en question permanente. Le récit, lui, n’est jamais vrai ou faux et son importance, pour notre analyse, tient au fait qu’il n’exprime pas nécessairement les événements qui se sont succédé au cours de l’histoire, mais, et surtout, la manière dont les individus pensent ou veulent que les choses eussent pu se passer. C’est une idéalisation historique. Les récits de fondation de villes se trouvent à mi-chemin entre l’histoire et la mythologie. Une de leurs caractéristiques essentielles est qu’ils sont post-factum ; ils apparaissent après la fondation des villes afin d’expliquer cette fondation. Certains récits nous permettent, d’un côté, de connaître l’image qu’un groupe social, à un moment donné de son histoire, a de lui-même et la manière dont il conçoit sa r eproduction. D’un autre côté, si l’on s’en tient à l’idée selon laquelle l’organisation de l’espace est un reflet de l’organisation d’une société, ces récits reflètent l’image-type que ce groupe se faisait du lieu où il devait résider. « Aussi la fondation d’une ville était-elle toujours un acte religieux » dans l’Antiquité (Fustel de Coulanges, 1984: 151). La ville constituait le sanctuaire majeur de la réunion éternelle des hommes et de leurs dieux (croy ances) sur un même site. Aux origines, un foyer central (une fosse où chacun avait déposé un peu de terre de son lieu d’origine dans la tradition romaine), une enceinte sacrée et, plus tard, les murailles, les portes et le pomoerium constituent la ville. La plupart des récits insistent sur les rapports conflictuels entre la ville et son territoire. Dans la tradition étrusque, la cérémonie de fondation d’une ville commençait par la constitution du foy er central autour duquel devait s’élever la ville. Le prêtre, la tête voilée et revêtu du costume sacerdotal, traçait le sillon sacré, enceinte symbolique de la ville qui devient inviolable. Pour ce faire, il se servait d’une charrue tirée par un taureau blanc et une vache blanche. Le prêtre tenait lui-même le manche de la charrue qu’il portait à certains intervalles afin d’interrompre le sillon et de créer des portes. Les mottes de terre (sacrée) soulevées par la charrue étaient jetées soigneusement à l’intérieur de l’enceinte. Lorsqu’il avait fini de tracer le contour de la ville, la vache restait à l’intérieur du sillon et le taureau à l’extérieur. Cette enceinte était sacrée ; la toucher ou la trav erser était considéré comme un sacrilège, un acte d’impiété. Dans cette procédure d’individualisation d’un lieu sur un territoire, la vache représentait dans l’imaginaire des fondateurs le principe féminin, le taureau symbolisant le principe masculin. L’enceinte créait un intérieur et un extérieur, un familier et un étranger, un local et un global, un connu et un inconnu. Cet intérieur, familier , local, connu, est sacré et inviolable. C’est là que règne le principe féminin, lequel cherche à « unifier et à unir », comme l’anima chez C.G . Jung (cité par Humber t: 66). Cet extérieur, étranger, global et inconnu, c’est le territoire à conquérir et à dominer. Ici règne le principe masculin ou animus qui cherche à « distinguer et à connaître » (ibid.). L’impureté habite l’extérieur, la pureté sacrée, l’intérieur. L’étude de la cité de Catal Hüyäk, en Turquie méridionale, riche en images, montre comment dans d’autres cultures et civilisations le féminin organise symboliquement, spatialement et fonction-nellement les lieux. Ici, le féminin s’exprime à travers l’image de la femme et la présence de la mère-terre. La figure de la femme, symbole de fécondité et de reproduction de la vie, apparaît sous forme d’un corps de déesse, bras et jambes levés en signe d’accouchement, et à travers des images de seins. « La place du mâle est tenue par des taureaux et des béliers, expressions les plus fortes de la virilité » (Mellart, 1971 : 101). Mais le taureau et le boeuf représentent aussi le fort attachement et la dépendance vis-à-vis de la mère-terre. Il est le premier animal apprivoisé pour le trav ail, notamment pour les activités agricoles dont dépendaient les habitants . En effet, ces derniers avaient de grandes connaissances en agriculture et une bonne technique pour conserver efficacement les aliments. Mais la terre était aussi leur foyer. Catal Hüyäk est une ville souterraine située dans une colline. Elle existe par et dans la terre. Leur rapport à celle-ci ainsi que leur attachement était si grand que les habitants de Catal Hüyäk enterraient leurs morts dans le sol de leurs maisons. Dans cette ville il n’y a ni places , ni parcs , ni rues , toutes les maisons étant collées les unes aux autres. L’on sort par des trous pratiqués dans le plafond. L’intérieur des maisons est multifonctionnel : c’est le lieu sacré, le lieu de toutes les activités quotidiennes et du repos éternel. Tout se réalise à l’intérieur , à l’ex ception des activités de subsistance. L’extérieur est monofonctionnel : c’est le lieu du travail agricole et, dans une moindre mesure, de la chasse d’animaux. La re production est le fruit du sacré familial, intérieur. La préservation est le fruit du travail extérieur. Dans beaucoup de récits, la fondation d’une ville est attribuée à une déesse ou à une femme qui deviendra une déesse après la fondation. C’est le cas pour la ville sumérienne d’Akkad dont l’instauration a été prise en charge par la déesse Inanna ou encore pour la g rande Carthag e dont la fondatrice est Elyssa, vierge de grande beauté, soeur de Pygmalion, roi des Tyriens. La ville est très souvent associée à la maison, lieu sacré du lien entre les dieux et les hommes. En Mésopotamie , et notamment à Ba bylone , les ziggourats représentent le trait d’union entre la terre et le ciel. En construisant la tour de Babel, les hommes ont voulu « toucher le ciel » et sortir du cadre terrestre de la ville: le ciel est le sacré suprême . Cela ne leur a pas été permis . C’était l’utopie masculine qui voulait s’imposer au possible féminin du sacré sur terre. « Militaire ou religieuse , administrative ou marchande, la ville antique est avant tout imprégnée de religiosité, et le sacré imbibe chaque brique de chaque maison, chaque pierre de chaque route » (Paquot, 1990: 23). Les protagonistes de ces oeuvres étaient-ils conscients de ces symboles et significations ? Assurément non. D’abord, pour une raison historique. Un grand nombre de ces significations nous sont dévoilées grâce à la mise en perspective historique (le recul du temps) et aux possibilités actuelles de comparer des situations historiques, possibilités dont les acteurs ne disposaient pas. Ensuite, pour une raison psychologique. Humbert, en paraphrasant C.G . Jung , e xplique que « un symbole est (donc) une expérience… le symbole est vivant… D’une façon générale, l’action du symbole est celle d’une représentation qui engendre un sens parce qu’elle fait se rejoindre des termes séparés. Le fait de sens qui accompagne une telle expérience s’impose et, cependant, il échappe à la raison… le symbole est caractérisé, en effet, par un certain ra pport à l’inconnu » (Humbert, 1983: 43, 44). Les peuples anciens avaient ainsi créé des ima ges dont ils n’étaient pas toujours conscients. Aujourd’hui nous interprétons ces imag es et ces symboles et, bien qu’une bonne partie de leur sens nous échappe, ils nous permettent de saisir le mystère psychologique de la projection sur la réalité externe d’une réalité consciente/in-consciente interne.

LES CATÉGORIES DU FÉMININ / MASCULIN COMME INTERPRÉTATION DE LA DUALITÉ VILLE / TERRITOIRE

Ces récits nous permettent de construire une première catégorisation que nous pouvons par la suite retrouver dans n’importe quel récit: Féminin Masculin Ville Territoire Maison Site Local Global Connu Inconnu Intérieur Extérieur Prochain Lointain Fini Infini Multifonctionnalité Monofonctionnalité Unir Distinguer Réel Utopique Possible Souhaitable Mesuré Mégalo Reproduction Préservation Sacré Profane Familier Etranger

Aujourd’hui, dans l’ethnie Toucouleur qui appartient à la communauté linguistique Hal Pulaar , au Sénégal et au Mali, la Djom Soudou est la femme propriétaire de la chambre. Le Djom Gallé est l’homme propriétaire de la maison et de son enclos. Ainsi, avec des siècles de distance et dans des espaces géogra phiques et culturels différents, nous retrouvons les mêmes catégories intérieur/extérieur, maison/site, ville/territoire. Le symbole phallique, premier élément de structura tion spatiale du territoire (menhir) traduit la domination de l’homme sur la femme et sur la mère-terre; c’est le phallocentrisme ou la primauté du mâle . C’est aussi une volonté de domination sur les forces de la nature (parmi lesquelles, les animaux). Cette domination signifie contrôle . Cet imaginaire explique en partie le rôle assigné au mâle et à la femelle dans l’or g anisation sociale. Ainsi, la femme c’est le local/localisé, du latin locus , qui est aussi la racine latine de lieu, d’une partie déterminée de l’espace, un lieu précis. Le local est un lieu connu. La femelle reste dans un lieu connu, elle est locale . Le mâle , c’est le global, du latin globus la terre, le globe. Les récits de fondation reprennent cet imaginaire du féminin/masculin, local/global, passivité/activité dans la production de la ville. De cette manière, dans l’imaginaire ancien, le rapport féminin/masculin définit le rapport ville/territoire dans des sphères bien précises. Le mâle/masculin est monofonctionnel. Il sort soit pour chasser, soit pour faire la guerre, soit pour travailler, soit pour les trois choses, mais jamais en même temps. La division des fonctions dans les villes , à différentes époques, est masculine : prêtre, militaire, commerçant, producteur, politicien, etc . Le masculin/mâle c’est la spécialisation. Le territoire est divisé avant d’être exploité afin de lui assigner des rôles différents selon sa morpho-géologie. La femelle/féminin est multifonctionnelle . Elle reste pour nourrir , élever, protéger, guérir, nettoyer, attendre, organiser, etc., tout en même temps. Chez elle , il n’y a pas de spécialisation. La première définition de la ville découle de son caractère principalement multifonctionnel : lieu de relation, d’échange et d’information multiple. Selon Riccardo Mariani, au Moyen Age, la ville naît en Europe lorsqu’une multiplicité de fonctions ne sont plus exercées par l’Eglise mais autour d’elle. L’Eglise se reproduit et engendre la ville, mais sans éparpillement, comme les poussins autour de la poule. Le village devient ville. L’intérieur est la ville, le féminin dans les anciens récits de fondation. L’extérieur est le territoire, le masculin selon ces récits. L’extériorité et la globalité du territoire, par rapport à l’intériorité et la localité de la ville, sont idéalisées dans ces récits et elles expriment le besoin de l’homme d’extérioriser son principe féminin. Relevons aussi que le souhaitable appartient au principe masculin tout comme le possible appartient au principe féminin. On entre ainsi dans l’idée de l’utopie. L’utopie (du latin ou =non ; topos =lieu) c’est le non-lieu. L’utopie est une construction rigoureuse et imaginaire de la société. Toute rigueur renvoie à une méthode , à une manière de faire. L’utopie est la capacité de construire mentalement sur le néant, à partir du néant, du non-lieu. Le possible est raisonnable (non pas rationnel, même si les deux mots ont la même racine étymologique, ra tio=raison). Le raisonnable c’est agir conformément au bon sens , à partir d’une connaissance empirique . Le rationnel c’est déduire par le raisonnement et cela n’a rien d’empirique, ne dépend pas de la connaissance pratique du réel. La Charte d’Athènes a voulu universaliser le masculin/utopique interne dans l’inconscient collectif. Elle a voulu tout mettre en question et recommencer à zéro en faisant table rase de l’existant, une nouvelle création. Ce n’est pas possible. Chaque culture doit en fait s’exprimer, extérioriser de manière spécifique cette polarité paradoxale et complémentaire: utopie/réalité, raison/émotion, souhaitable/possible. Les Plans directeurs d’urbanisme , tout comme les récits, expriment post-factum l’idéal de ville à construire, la ville souhaitable ; une ville imaginaire conçue sur la table à dessin, hélas trop éloignée de notre malheureuse expérience quotidienne de la ville. La créativité n’est pas l’imagination effrénée, ni l’aménagement conformiste , mais l’effort de permettre au souhaitable de devenir possible et non l’imposition du possible comme souhaitable. Un des principaux problèmes de la planification urbaine et de la planification tout court est que l’on a voulu organiser le souhaitable sans considération du possible (féminin). En revanche, le pragmatisme actuel veut imposer le possible en négligeant le souhaitable, l’utopique. L’objectif est d’arriver à trouver une complémentarité accrue entre l’utopique , le rationnel, l’intellectuel et le souhaitable du masculin avec le réaliste, le sentimental, l’émotionnel et le possible du féminin.

IMPLICATIONS DE L’ APPROCHE FÉMININ / MASCULIN DANS LES RAPPORTS HOMME / FEMME EN MILIEU URBAIN

Au cours de notre histoire, nous avons à tort associé le principe féminin aux femmes et le principe masculin aux hommes. Il nous paraît ainsi impensable de voir une femme prenant la tête du bureau de planification territoriale d’une mégapole latino-américaine. Cette association est erronée. Le problème est que, en transposant les catégories du féminin et du masculin aux femmes et aux hommes, nous avons créé une nouvelle catégorisation:

Féminin Masculin Femme Homme Le foyer La politique La famille La société Elever les enfants Faire la guerre Reproduire Conquérir Rester Partir La communauté La société Le quartier La ville-territoire

Le féminin n’est pas la femme , le masculin n’est pas l’homme. La vie repose sur l’équilibre harmonieux des énergies masculines et féminines présentes dans l’action et dans l’inconscient de chaque être humain. La ville d’aujourd’hui exprime une rupture de cet équilibre (écologique , sociologique, biologique, psychologique et mythologique). La ville actuelle, en étendant sans cesse son territoire, afin de le maîtriser et de le soumettre à travers un processus couramment appelé « mégapolisation », a généré une dynamique inverse : elle a été modifiée dans sa structure profonde et a provoqué une énorme crise dans son fonctionnement, dans sa structure et dans son écologie. Le défi écologique, la protection de la mère-terre, est un défi féminin qui doit encore s’ouvrir un chemin à travers la méfiance de la masculinité du savoir scientifique. Un des grands obstacles à surmonter aujourd’hui est lié à l’image de la ville. La mégapolisation a produit une rupture de la frontière ville-territoire. Le principe masculin exprimé dans le désir de domination, de conquête , de mégalomanie a écrasé le principe féminin de maîtrise intérieure, de mesure, de contrôle des frontières du réel. En se mégapolisant, la ville dévore le territoire, l’urbain envahit la société et les efforts de décentralisation territoriale et de maîtrise de la croissance des villes se heurtent à un nouveau paradigme : la défiguration du local et du global. Le local se relocalise à l’intérieur d’une ville atomisée qui devient le global. La ville s’étend et devient territoire, ville diffuse . Le territoire s’urbanise . La ville-féminine se territorialise et donc se masculinise. Ainsi, la structure territoriale actuelle de la ville, atomisée, multilocalisée, fragmentée, empêche l’expression des valeurs féminines du local, connu, intérieur, mesuré. Avec la mégapolisation et la globalisation, la ville devient ouverte et perméable. La globalisation a cassé l’intérieur, l’intime, le prochain, elle a violé et traversé l’enceinte sacrée du local et profané la ville. L’étranger devient local, le familier global. Le prochain est profané, le lointain sacralisé. L’association erronée du féminin avec les femmes conduit ces dernières à un confinement vers un rôle jugé péjorativement comme secondaire. Par cette même association erronée, les hommes s’érigent une fois de plus en maîtres de cette violation du sacré intérieur de la ville. Ce sont principalement eux qui construisent une Europe de villes ouvertes et défigurées, centraliste et étrangère aux intérêts des citadins. En assumant son inconscient masculin, nombre de femmes latino-américaines construisent avec créativité le souhaitable à partir du possible et nourrissent leurs familles dans des contextes de crise économique. En assumant leur inconscient féminin, des hommes de partout reconnaissent l’importance vitale de la protection de la mère-terre souffrante et ag onisante et s’engagent dans sa préservation. Mais en même temps , des millions de femmes en refoulant leur inconscient masculin renoncent à lutter pour conquérir un rôle complémentaire des hommes qui leur permette de sortir de la soumission actuelle. De même , en refoulant leur inconscient féminin, des millions d’hommes continuent à détruire la mère-terre, à profaner la ville par la mise en place de politiques qui n’empêchent pas sa défiguration territoriale ni l’exploitation et la domination des femmes. En conclusion, la question que l’on peut se poser est : Comment faire en sorte que notre conception de la ville et la ville elle-même devienne plus humaine, c’est-à-dire intégrative de la totalité de l’être humain dans ses composantes féminines et masculines?

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Désaméricanisation du monde: Obama-Poutine-Xin, même combat ! (But who’ll stop the Nobels from voting with their feet ?)

20 octobre, 2013
https://i2.wp.com/www.metroactive.com/papers/metro/02.05.04/gifs/alties-0406-ig-nobel.jpgIl est alarmant que l’intervention militaire dans les conflits internes à l’étranger soit devenue chose ordinaire pour les États-Unis. Est-ce dans l’intérêt de l’Amérique à long terme ? J’en doute. Des millions de personnes à travers le monde considèrent de plus en plus l’Amérique non comme un modèle de démocratie, mais un modèle reposant uniquement sur la force, fabriquant artificiellement des coalitions sous le slogan du « vous êtes avec nous ou contre nous ». Vladimir Poutine
Alors que les politiciens américains des deux partis politiques continuent à faire des aller-retour entre la Maison Blanche et le Capitole, sans parvenir à un accord viable pour apporter la normalité au corps politique, et qu’ils s’en vantent, c’est peut-être le bon moment pour le monde embrouillé de commencer à envisager la construction d’un monde dé-américanisé. (…) Des jours aussi inquiétants où les destinées des autres pays sont entre les mains d’une nation hypocrite doivent prendre fin. Un nouvel ordre mondial doit être mis en place dans lequel toutes les nations, grandes ou petites, riches ou pauvres, verront leurs intérêts clés respectés et protégés sur un pied d’égalité. (…) À cette fin, plusieurs mesure fondamentales doivent être prises pour soutenir un monde dé-américanisé. (…) Pour commencer, toutes les nations doivent respecter les principes fondamentaux du droit international, y compris le respect de la souveraineté et ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des autres. (…) En outre, l’autorité de l’ Organisation des Nations Unies dans la gestion des points chauds du monde doit être reconnue. Cela signifie que nul n’a le droit de mener toute forme d’action militaire contre d’autres sans un mandat de l’ONU. (…) En plus de cela, le système financier mondial doit également faire l’objet de certaines réformes importantes. (…) Les économies émergentes et en développement doivent avoir davantage leur mot à dire dans les grandes institutions financières internationales, y compris la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, afin qu’ils puissent mieux refléter les transformations du paysage économique et politique mondial. (…) Autre élément clé d’une réforme efficace, l’introduction d’une nouvelle monnaie de réserve internationale qui doit être créée pour remplacer le dollar américain dominant afin que la communauté internationale puisse s’éloigner définitivement de la contagion de la crise politique intérieure des États-Unis qui s’intensifie. (…) Bien sûr, l’objectif de ces changements n’est pas de mettre complètement de coté les États-Unis, ce qui est également impossible » conclu l’éditorialiste. « Il s’agit plutôt d’encourager Washington à jouer un rôle plus constructif dans la lutte contre les affaires mondiales. Agence Xinhua
President Obama has shelled out more in federal spending than the five presidents that came before him. Elizabeth Flock
Here’s a real bitter irony for the GOP. At the same time as their ideology took an ugly beating in the reality department, the man they are determined to destroy has a better record at deficit reduction than any of their recent Presidents. In fact, government spending under President Obama has grown at a slower rate than it did under any president since Dwight D. Eisenhower, according to Bloomberg (that’s over 50 years ago, if you’re counting). Ironically, this fact is due in part to their own obstructionism and President Obama’s endless compromises with them. Sarah Jones
Pour savoir qui sont réellement ces super-riches, accapareurs ou fainéants, il est intéressant de se plonger dans les travaux d’un chercheur, Edward N.Wolff, qui figure parmi ceux qui traque les inégalités depuis près de 20 ans. (…) Dans un rapport de 2010, il dévoile que 73,8% du patrimoine du 1% les plus riches sont dans des « unincorporated business », que nous croyons pouvoir traduire par entreprises individuelles, ces entreprises que leur fondateur n’a même pas constituées en sociétés à leur création mais tout simplement débuté en offrant ses produits ou services et qui sont restées sans statuts. Le grand public non averti pourrait penser que la fortune industrielle américaine est dans les grandes entreprises cotées, les Google, General Electric, les 40 entreprises du Dow Jones ou les 100 du Nasdaq. Erreur. Elles ne constituent que 11,8% du patrimoine total américain et 16,8% si l’on inclue les actions indirectement détenus à travers les fonds de pension, les OPCVM, etc. contre 20,1% [4] pour le patrimoine représenté par les entreprises individuelles. Plus de la moitié du patrimoine industriel américain est donc dans des entreprises non incorporées. De même d’ailleurs qu’en France. Dans son rapport 2010 sur les patrimoines 2007, Wolff confirme que les très riches américains sont ces créateurs d’entreprises individuelles, par cette phrase remarquable : « a somewhat startling 74 percent of the very rich reported owning their own business ». Pourquoi les entrepreneurs individuels représentent 75% des plus riches américains. C’est que la plus grande partie de la richesse d’une nation n’est pas créée par des élèves de grandes écoles ou universités, qui cherchent généralement des carrières sures au sein de grands groupes mais par des autodidactes qui, flair ou accident, débutent une activité en affichant simplement un panneau et ne s’embarrassent pas de statuts beaucoup trop compliqués ou coûteux. À force de travail et d’économies, leur activité grandit et ils finissent, aux USA, par constituer plus de 50% de l’actif industriel. On en trouve confirmation dans les travaux d’un autre chercheur [6]. C’est qu’un entrepreneur individuel ne peut généralement compter que sur lui-même – et son entourage familial –, pas sur les institutions financières, pour survivre en cas de retournement de la conjoncture économique et qu’il est donc conduit à accumuler de la richesse, à épargner, à s’enrichir au maximum, en vivant s’il le faut chichement, comme Sam Walton, le fondateur de la plus grande chaîne de distribution Wallmart qui roula dans sa vieille Ford plus de 20 ans, jusqu’à sa mort. (…) Ce qui nous conduit à penser que si la reprise américaine est si lente et si hésitante malgré les vannes de crédit largement ouvertes par la Federal Reserve, ce n’est pas que les circuits bancaires manquent de capitaux, c’est que les principaux agents de la croissance qui sont ces entrepreneurs américains, qui ont fait leur fortune généralement en partant de rien, ces riches américains n’ont plus confiance dans leur gouvernement et gardent leur fortune plutôt que de la risquer. Bernard Zimmern
Capital is a coward, and Mr. Obama has put the fear of uncertainty into capitalists. Take it from me, it’s hard to grow the pie — and thereby, hire more workers — when you are unsure how Washington is going to be divvying it up or what new rule it will come up with next. Mr. Moore points out that we’ve added 5,000 pages to the tax code in just the past 10 years. (…) Once upon a time, envy used to be a sin, but now it’s public policy. (…) “We tried tax cuts, and it didn’t work,” Mr. Obama claimed. He’s wrong. Experience is clear — be it from the Harding-Coolidge cuts of the 1920s, the Kennedy cuts of the 1960s, the Reagan cuts of the 1980s or the Bush cuts of the 2000s — taxing and spending doesn’t work, but cutting taxes grows the economy and brings in more revenue. As John F. Kennedy once put it, “A rising tide will lift all boats.” However, Mr. Obama, who once promised to control the tides, wants to control economic growth. (…) Has Mr. Obama reduced taxes on the middle class as he claims? Not quite. His tax-refundable credits cost the Treasury $81.49 billion a year. They are “welfare payments that masquerade as tax cuts,” Mr. Moore rightly notes. I agree with Mr. Moore that it would be fair if everyone paid at least something, but I think he may be overstating it a tad. The poor do pay taxes — they just pay them in forgone opportunity rather than with a check. Herman Cain
Under both Republican President Calvin Coolidge and Democratic President John F. Kennedy, high-income people paid more tax revenues into the federal treasury after tax rates went down than they did before. There is nothing mysterious about this. At high tax rates, vast sums of money disappear into tax shelters at home or is shipped overseas. At lower tax rates, that money comes out of hiding and goes into the American economy, creating jobs, rising output and rising incomes. Under these conditions, higher tax revenues can be collected by the government, even though tax rates are lower. Indeed, high income people not only end up paying more taxes, but a higher share of all taxes, under these conditions. This is not just a theory. It is what hard evidence shows happened under both Democratic and Republican administrations, from the days of Calvin Coolidge to John F. Kennedy to Ronald Reagan and George W. Bush. (…) The Democrats and Republicans both took positions during the Kennedy administration that were the direct opposite of the positions they take today. As Stephen Moore points out, « the Republicans almost universally opposed and the Democrats almost universally favored » the cuts in tax rates that President Kennedy proposed. Such Republican Senate stalwarts as Barry Goldwater and Bob Dole voted against reducing the top tax rate from 91% to 70%. Democratic Congressman Wilbur Mills led the charge for lower tax rates. Unlike the Republicans today, John F. Kennedy had an answer when critics tried to portray his tax cut proposal as just a « tax cut for the rich. » President Kennedy argued that it was a tax cut for the economy, that changed incentives meant a faster growing economy and that « A rising tide lifts all boats. » (…) ot only John F. Kennedy, but even John Maynard Keynes as well, argued that cutting tax rates could increase tax revenues and thereby help reduce the deficit. Because so few people bother to check the facts, Barack Obama can get away with statements about how « tax cuts for the rich » have « cost » the government money that now needs to be recouped. Such statements not only promote class warfare, to Obama’s benefit on election day, they also distract attention from his own runaway spending behind unprecedented trillion dollar deficits. Thomas Sowell
Reflecting the global mood, Xinhua, the Chinese news agency, editorialized last week that, with a possible U.S. default on the horizon, « it is perhaps a good time for the befuddled world to start considering building a de-Americanized world. » But then there is the Nobel Prize, and the fact that Americans, both native-born and immigrants, took home nine of them this year alone. Note to Xinhua: China, with 1.3 billion people, has produced a grand total of nine winners in its entire history. Of those nine, seven live abroad, including three in the U.S. Another, Liu Xiaobo, sits in a Chinese prison. How is national greatness best judged? The typical view is that what matters is size: Size of the economy, population, landmass, navy, nuclear arsenal. Hence the hysteria that China may overtake the U.S. in terms of GDP sometime in the next decade. Hence the treatment of middling powers such as Russia (with a GDP roughly that of Italy’s) as great powers. But a better metric for greatness is the ability of nations to produce, cultivate, attract and retain intellectual greatness. What is the ratio of Nobel laureates living in any one country to the total population? Russia, with a population of 142 million, has three living Nobel laureates, or one for every 47 million. So much for the land of Pasternak and Sakharov. A more interesting case is Israel. The Jewish state should be a Nobel powerhouse, given that Jews, 0.2% of the world’s population, have won 20% of all Nobels, including six prizes this year alone. But while Israel can claim nine living laureates, three of them live and teach mainly in the U.S. Why? « There are a lot of smart people in Israel and at the same time there was not a job, so he left, » Benny Shalev, brother of this year’s chemistry winner, Arieh Warshel, explained to the newspaper Haaretz. It isn’t enough for countries to produce geniuses. They also have to figure out how to employ them. Then there is Europe: Half a billion people with a comparatively minuscule Nobel representation. France has, by my count, just 10 living laureates. Germany does better, with nearly 30, although at least nine of them (including Henry Kissinger, physicist Arno Penzias, and this year’s medicine winner, Thomas Südhof ), have long lived in the U.S. Britain does about the same as Germany. Why is Europe such a Nobel laggard? In hindsight, evicting and killing most of its Jewish population was perhaps not the best idea—a lesson that still goes unlearned, considering the feverish efforts on European campuses to boycott Israeli academics. A more contemporary answer is the pervasive mediocrity of higher education throughout the EU. Cambridge and Oxford aside, the Shanghai Jiao Tong rankings list only one European university—the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich—in its top 30, and Switzerland isn’t even a member of the EU. Most European universities, overcrowded and underfunded, can’t hope to compete with their American peers. Which brings us to the Nobel superpower. Since 2000, Americans have won 21 of the 37 physics prizes, 18 of the 33 medicine prizes, 22 of the 33 chemistry prizes and an astonishing 27 of the 30 economics prizes. Pretty impressive considering our nonstop anxiety about failing schools, mediocre international test scores, undergrads not majoring in math or the sciences, and the rest. Singapore, South Korea and Finland may regularly produce the highest test scores among 15-year-olds, but something isn’t translating: Nobody from Singapore has ever won a Nobel. Korea has one—for peace. The Finns last took a science prize in 1967. The secret of America’s Nobel sauce isn’t hard to understand: an immigration culture that welcomed everyone from Ronald Coase (from the U.K.) to Subrahmanyan Chandrasekhar (from India) to Martin Kaplus (from Nazi-era Austria) to Elizabeth Blackburn (from Australia). A mostly private, highly competitive, lavishly endowed university system, juiced by federal funding for fundamental research. A culture of individualism and an ingrained respect for against-the-grain thinking. Bret Stephens

Attention: une désaméricanisation peut en cacher une autre !

Neuf prix Nobel dans toute son histoire dont sept vivant à l’étranger et trois aux Etats-Unis sans compter un en prison pour 1, 3 milliard d’habitants (Chine), trois prix Nobel vivant et à peine plus que le PIB italien pour le plus grand pays du monde et 147 millions d’habitants (Russie), 20% des prix Nobels de l’histoire et neuf encore vivant dont sept cette seule année mais trois travaillant la plupart du temps aux Etats-Unis pour 0, 2% de la population mondiale (Israël), dix Français, trente Britanniques et autant d’Allemands dont neuf vivant ou ayant vécu aux Etats-Unis pour un demi milliard-milliard d’habitants (Europe – finalement, l’expulsion ou l »extermination des Juifs n’était peut-être pas la meilleure des solutions), vingt-et-un des trente-sept derniers prix Nobel de physique, dix-huit des trente-trois Nobel de médecine, vingt-deux des derniers trente-trois de chimie, vingt-sept des derniers trente d’économie (Etats-Unis) …

Au lendemain, en cette saison des prix Nobel, où nos médias se félicitent de la victoire du plus rapide prix Nobel et accessoirement plus grand creuseur de déficits de l’histoire sur la prétendue folie du Tea party

En ces temps où, coup sur coup, les parangons de liberté tant de Moscou que de Pékin se paient le luxe de faire la leçon au supposé chef de file du Monde libre …

Pendant qu’un autre modèle de vertu démocratique fête à son inimitable manière son élection au Conseil de sécurité et qu’au pays de l’Obama français qui se voit ridiculiser par une petite Rom de 15 ans le matraquage fiscal continue …

Petite remise des pendules à l’heure, avec l’éditorialiste du Wall Street Journal Bret Stephens, sur la réalité de ce fameux monde qu’on est censé « désaméricaniser » …

Et ces prix Nobel qui refusent obstinément d’arrêter de voter avec leurs pieds …

Nobels and National Greatness

Anyone who thinks America’s best days are behind it should take a close

A look at the latest Nobel haul.

Bret Stephens

The WSJ

Oct. 14, 2013

In its proud and storied history, Hungary has produced a dozen winners of the Nobel Prize: four for chemistry; three for physics; three for medicine; one for economics; and one for literature. Not bad for a little country of not quite 10 million people.

But one curious fact: All of Hungary’s laureates ultimately left, or fled, the country. If you are brilliant, ambitious and Hungarian, better get out while you can.

I’ve spent the past week reading up on the Nobels, mostly to relieve the gloom emanating from Congress, the White House, the State Department, the GOP caucus. It’s paralysis time in D.C., and America-in- Decline time on the op-ed pages. Reflecting the global mood, Xinhua, the Chinese news agency, editorialized last week that, with a possible U.S. default on the horizon, « it is perhaps a good time for the befuddled world to start considering building a de-Americanized world. »

But then there is the Nobel Prize, and the fact that Americans, both native-born and immigrants, took home nine of them this year alone. Note to Xinhua: China, with 1.3 billion people, has produced a grand total of nine winners in its entire history. Of those nine, seven live abroad, including three in the U.S. Another, Liu Xiaobo, sits in a Chinese prison.

How is national greatness best judged? The typical view is that what matters is size: Size of the economy, population, landmass, navy, nuclear arsenal. Hence the hysteria that China may overtake the U.S. in terms of GDP sometime in the next decade. Hence the treatment of middling powers such as Russia (with a GDP roughly that of Italy’s) as great powers.

But a better metric for greatness is the ability of nations to produce, cultivate, attract and retain intellectual greatness. What is the ratio of Nobel laureates living in any one country to the total population? Russia, with a population of 142 million, has three living Nobel laureates, or one for every 47 million. So much for the land of Pasternak and Sakharov.

A more interesting case is Israel. The Jewish state should be a Nobel powerhouse, given that Jews, 0.2% of the world’s population, have won 20% of all Nobels, including six prizes this year alone. But while Israel can claim nine living laureates, three of them live and teach mainly in the U.S. Why? « There are a lot of smart people in Israel and at the same time there was not a job, so he left, » Benny Shalev, brother of this year’s chemistry winner, Arieh Warshel, explained to the newspaper Haaretz. It isn’t enough for countries to produce geniuses. They also have to figure out how to employ them.

Then there is Europe: Half a billion people with a comparatively minuscule Nobel representation. France has, by my count, just 10 living laureates. Germany does better, with nearly 30, although at least nine of them (including Henry Kissinger, physicist Arno Penzias, and this year’s medicine winner, Thomas Südhof ), have long lived in the U.S. Britain does about the same as Germany.

Why is Europe such a Nobel laggard? In hindsight, evicting and killing most of its Jewish population was perhaps not the best idea—a lesson that still goes unlearned, considering the feverish efforts on European campuses to boycott Israeli academics.

A more contemporary answer is the pervasive mediocrity of higher education throughout the EU. Cambridge and Oxford aside, the Shanghai Jiao Tong rankings list only one European university—the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich—in its top 30, and Switzerland isn’t even a member of the EU. Most European universities, overcrowded and underfunded, can’t hope to compete with their American peers.

Which brings us to the Nobel superpower. Since 2000, Americans have won 21 of the 37 physics prizes, 18 of the 33 medicine prizes, 22 of the 33 chemistry prizes and an astonishing 27 of the 30 economics prizes. Pretty impressive considering our nonstop anxiety about failing schools, mediocre international test scores, undergrads not majoring in math or the sciences, and the rest. Singapore, South Korea and Finland may regularly produce the highest test scores among 15-year-olds, but something isn’t translating: Nobody from Singapore has ever won a Nobel. Korea has one—for peace. The Finns last took a science prize in 1967.

The secret of America’s Nobel sauce isn’t hard to understand: an immigration culture that welcomed everyone from Ronald Coase (from the U.K.) to Subrahmanyan Chandrasekhar (from India) to Martin Kaplus (from Nazi-era Austria) to Elizabeth Blackburn (from Australia). A mostly private, highly competitive, lavishly endowed university system, juiced by federal funding for fundamental research. A culture of individualism and an ingrained respect for against-the-grain thinking.

The government shutdown is unfortunate; a default would be a disaster. But anyone who thinks America’s best days are behind us should take a close look at the latest Nobel haul. It says something that we take it for granted.

Voir aussi:

An Overdue Book: « Who’s The Fairest of Them All? »

Thomas Sowell

The New American

28 November 2012

If everyone in America had read Stephen Moore’s new book, Who’s The Fairest of Them All?: The Truth About Opportunity, Taxes, and Wealth in America, Barack Obama would have lost the election in a landslide.

The point here is not to say, « Where was Stephen Moore when we needed him? » A more apt question might be, « Where was the whole economics profession when we needed them? » Where were the media? For that matter, where were the Republicans?

Since Who’s The Fairest of Them All? was published in October, there was little chance that it would affect this year’s election. But this little gem of a book exposes, in plain language and with easily understood facts, the whole house of cards of assumptions, fallacies and falsehoods which constitute the liberal vision of the economy.

Yet that vision triumphed on election day, thanks to misinformation that was artfully presented and seldom challenged. The title Who’s The Fairest of Them All? is an obvious response to liberals’ claim that their policies are aimed at creating « fairness » by, among other things, making sure that « the rich » pay their « fair share » of taxes. If you want a brief but thorough education on that, just read chapter 4, which by itself is well worth the price of the book.

A couple of graphs on pages 104 and 108 are enough to annihilate the argument about « tax cuts for the rich. » These graphs show that, under both Republican President Calvin Coolidge and Democratic President John F. Kennedy, high-income people paid more tax revenues into the federal treasury after tax rates went down than they did before.

There is nothing mysterious about this. At high tax rates, vast sums of money disappear into tax shelters at home or is shipped overseas. At lower tax rates, that money comes out of hiding and goes into the American economy, creating jobs, rising output and rising incomes. Under these conditions, higher tax revenues can be collected by the government, even though tax rates are lower. Indeed, high income people not only end up paying more taxes, but a higher share of all taxes, under these conditions.

This is not just a theory. It is what hard evidence shows happened under both Democratic and Republican administrations, from the days of Calvin Coolidge to John F. Kennedy to Ronald Reagan and George W. Bush. That hard evidence is presented in clear and unmistakable terms in Who’s The Fairest of Them All?

Another surprising fact brought out in this book is that the Democrats and Republicans both took positions during the Kennedy administration that were the direct opposite of the positions they take today. As Stephen Moore points out, « the Republicans almost universally opposed and the Democrats almost universally favored » the cuts in tax rates that President Kennedy proposed.

Such Republican Senate stalwarts as Barry Goldwater and Bob Dole voted against reducing the top tax rate from 91% to 70%. Democratic Congressman Wilbur Mills led the charge for lower tax rates.

Unlike the Republicans today, John F. Kennedy had an answer when critics tried to portray his tax cut proposal as just a « tax cut for the rich. » President Kennedy argued that it was a tax cut for the economy, that changed incentives meant a faster growing economy and that « A rising tide lifts all boats. »

If Republicans today cannot seem to come up with their own answer when critics cry out « tax cuts for the rich, » maybe they can just go back and read John F. Kennedy’s answer.

A truly optimistic person might even hope that media pundits would go back and check out the facts before arguing as if the only way to reduce the deficit is to raise tax rates on « the rich. »

If they are afraid that they would be stigmatized as conservatives if they favored cuts in tax rates, they might take heart from the fact that not only John F. Kennedy, but even John Maynard Keynes as well, argued that cutting tax rates could increase tax revenues and thereby help reduce the deficit.

Because so few people bother to check the facts, Barack Obama can get away with statements about how « tax cuts for the rich » have « cost » the government money that now needs to be recouped. Such statements not only promote class warfare, to Obama’s benefit on election day, they also distract attention from his own runaway spending behind unprecedented trillion dollar deficits.

Thomas Sowell is a senior fellow at the Hoover Institution, Stanford University, Stanford, CA 94305. His website is http://www.tsowell.com. To find out more about Thomas Sowell and read features by other Creators Syndicate columnists and cartoonists, visit the Creators Syndicate Web page at http://www.creators.com.

Voir également:

BOOK REVIEW: ‘Who’s the Fairest of Them All?

WHO’S THE FAIREST OF THEM ALL?: THE TRUTH ABOUT OPPORTUNITY, TAXES, AND WEALTH IN AMERICA

By Stephen Moore

Encounter Books, $21.50, 136 pages

Herman Cain

The Washington Times

Saturday, November 3, 2012

« The trouble with our liberal friends is not that they’re ignorant; it’s just that they know so much that isn’t so, » Ronald Reagan once said. He might have been talking about tax policy.

Stephen Moore’s latest book, « Who’s the Fairest of Them All?: The Truth About Opportunity, Taxes, and Wealth in America, » fairly sets our liberal friends straight on the issue that seems to be confusing President Obama and the general American public a lot — economics and, in particular, tax policy.

Mr. Moore, the senior economics writer for the Wall Street Journal’s editorial page, formerly president of the Club for Growth and a fellow of the Cato Institute and Heritage Foundation, has an encyclopedic knowledge of the tax fights of the 1980s. He condenses that nearly three decades in public policy in a slim 119-page volume that is an accessible and thorough guide to understanding economic growth. He understands that if we don’t learn the lessons of the past, we’re bound to repeat the follies, and so he has taken aim squarely at their chief originator, President Obama. While Mr. Obama may think of himself as Snow White — « the fairest of them all » — when it comes to taxing, he’s really Dopey, treating the world as if the Laffer Curve didn’t exist, as if food stamps and unemployment insurance actually grow the economy.

We should have seen this coming. It wasn’t so long ago that Charlie Gibson asked candidate Obama about his support for hiking the capital gains tax, given the historical experience that whenever government increases that tax, it loses revenue. After much back and forth, Mr. Obama insisted: « Well, Charlie, what I’ve said is that I would look at raising the capital gains tax for purposes of fairness. »

Four trillion dollars of debt later and 4 million jobs fewer than four years ago, we have learned that what Mr. Obama meant by fairness was actually going to make the tax code far less fair. The richest 1 percent of taxpayers already pay almost 40 percent of all income taxes, but still Mr. Obama wants more, threatening the « fat-cat bankers » with higher taxes. Mr. Obama wants a tax rate of 42 percent on anyone making more than $250,000. In some states, taxation could well be more than 50 percent. Capital is a coward, and Mr. Obama has put the fear of uncertainty into capitalists. Take it from me, it’s hard to grow the pie — and thereby, hire more workers — when you are unsure how Washington is going to be divvying it up or what new rule it will come up with next. Mr. Moore points out that we’ve added 5,000 pages to the tax code in just the past 10 years.

Mr. Obama would like to have you believe it’s the rich whose taxes will go up, but the fact is that the poor and the middle class get stuck with the consequences. At the same time Mr. Obama threatens to raise taxes on capital gains and therefore discourage people from investing, he has gutted the most successful anti-poverty program ever — the 1996 welfare reform law — turning our safety net into a safety hammock. It doesn’t have to be this way. Once upon a time, envy used to be a sin, but now it’s public policy. We can change that.

Economic growth could return again. With the help of groups like the Job Creators Solutions, which I co-founded with Bernie Marcus, we can begin to help employers educate employees about why it is so pivotal — for the rich and poor alike — that growth continue.

« We tried tax cuts, and it didn’t work, » Mr. Obama claimed. He’s wrong. Experience is clear — be it from the Harding-Coolidge cuts of the 1920s, the Kennedy cuts of the 1960s, the Reagan cuts of the 1980s or the Bush cuts of the 2000s — taxing and spending doesn’t work, but cutting taxes grows the economy and brings in more revenue. As John F. Kennedy once put it, « A rising tide will lift all boats. » However, Mr. Obama, who once promised to control the tides, wants to control economic growth.

Has Mr. Obama reduced taxes on the middle class as he claims? Not quite. His tax-refundable credits cost the Treasury $81.49 billion a year. They are « welfare payments that masquerade as tax cuts, » Mr. Moore rightly notes. I agree with Mr. Moore that it would be fair if everyone paid at least something, but I think he may be overstating it a tad. The poor do pay taxes — they just pay them in forgone opportunity rather than with a check. Poor people aren’t stupid; they’re just poor. They know things aren’t working in this country, and while they may not connect it to the tax rate, they too know something is amiss.

My 9-9-9 plan and discussion of opportunity zones was to start that conversation. Mr. Moore favors a flat tax and eliminating the corporate tax. I’m willing to negotiate. Are Congress and the president?

Herman Cain is a co-founder of Job Creators Solutions and former candidate for the 2012 Republican presidential nomination.

Voir encore:

Idée reçue

Qui sont les très riches Américains ?

Idée reçue : le 1% le plus riche des Américains n’est pas constitué de financiers de Wall Street mais aux trois quarts d’entrepreneurs individuels.

Bernard Zimmern

Emploi 2017

18 avril 2013

Contrairement aux croyances largement répandues, le centile le plus riche des Américains n’est pas constitué des financiers de Wall Street mais aux trois quarts d’entrepreneurs individuels, à la tête d’entreprises non incorporées. Ils ont débuté leurs entreprises sans s’embarrasser de statuts et sont parvenus dans le premier centile des plus riches par leur travail et en économisant. Mais ils possèdent plus de la moitié de la fortune industrielle des États-Unis et c’est donc d’eux que dépendent la croissance et l’emploi. Ceci peut expliquer la faible reprise de l’activité américaine malgré les vannes du crédit ouvertes par la Banque Fédérale si ces entrepreneurs n’ont pas confiance dans leur gouvernement et ne veulent plus prendre de risques.

Un débat clé pour l’avenir de nos sociétés occidentales

Ce débat a agité et continue d’agiter l’Amérique puisque Barack Obama réclame une taxation spéciale des millionnaires et qu’il est même question d’instituer aux USA un impôt sur la fortune. Un débat qui concerne la France. Il n’aurait en effet guère d’incidence s’il s’agissait seulement de couper le superflu et, comme le suggèrent rien moins que deux prix Nobel, de punir les plus riches qui vivraient, au mieux d’une rente, au pire de l’exploitation de la sueur et du sang des plus pauvres.

Le hic, c’est que ce sont précisément les plus riches qui sont responsables de plus de la moitié de l’investissement dans les entreprises et l’emploi. Comme dans probablement la quasi-totalité des pays de l’Ouest. Et que, comme l’a fort bien rappelé l’OCDE, la lutte contre les inégalités commence par un travail : « L’emploi est la voie la plus prometteuse pour réduire les inégalités. Le principal défi consiste à créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, offrant de bonnes perspectives de carrière et des chances réelles d’échapper à la pauvreté » [1].

Les très riches Américains sont aux trois quarts des entrepreneurs individuels, non incorporés

Pour savoir qui sont réellement ces super-riches, accapareurs ou fainéants, il est intéressant de se plonger dans les travaux d’un chercheur, Edward N.Wolff, qui figure parmi ceux qui traque les inégalités depuis près de 20 ans. Pour chiffrer la fortune des Américains et sa composition en fonction du niveau de fortune, il s’appuie sur les enquêtes du Survey of Consumer Finances effectué par le Federal Reserve Board, publiées tous les 2 ans et portant sur environ 5.000 ménages (avec échantillonnage spécial sur les ménages les plus riches pour tenir compte de leur petit nombre). Un des intérêts de ces enquêtes est qu’elles se sont répétées depuis 1983 et que le chercheur les commente et les analyse tous les 2 ans depuis 1994. Ses travaux sont d’autant plus crédibles que Wolff appartient plutôt au clan des égalitaristes, comme d’autres membres de son université semble-t-il, qu’au clan des entrepreneurs.

Dans un rapport de 2010, il dévoile que 73,8% du patrimoine du 1% les plus riches [2] sont dans des « unincorporated business » [3], que nous croyons pouvoir traduire par entreprises individuelles, ces entreprises que leur fondateur n’a même pas constituées en sociétés à leur création mais tout simplement débuté en offrant ses produits ou services et qui sont restées sans statuts.

Le grand public non averti pourrait penser que la fortune industrielle américaine est dans les grandes entreprises cotées, les Google, General Electric, les 40 entreprises du Dow Jones ou les 100 du Nasdaq. Erreur. Elles ne constituent que 11,8% du patrimoine total américain et 16,8% si l’on inclue les actions indirectement détenus à travers les fonds de pension, les OPCVM, etc. contre 20,1% [4] pour le patrimoine représenté par les entreprises individuelles. Plus de la moitié du patrimoine industriel américain est donc dans des entreprises non incorporées. De même d’ailleurs qu’en France.

Dans son rapport 2010 sur les patrimoines 2007, Wolff confirme que les très riches américains sont ces créateurs d’entreprises individuelles, par cette phrase remarquable : « a somewhat startling 74 percent of the very rich reported owning their own business » [5].

Pourquoi les entrepreneurs individuels représentent 75% des plus riches américains

C’est que la plus grande partie de la richesse d’une nation n’est pas créée par des élèves de grandes écoles ou universités, qui cherchent généralement des carrières sures au sein de grands groupes mais par des autodidactes qui, flair ou accident, débutent une activité en affichant simplement un panneau et ne s’embarrassent pas de statuts beaucoup trop compliqués ou coûteux. À force de travail et d’économies, leur activité grandit et ils finissent, aux USA, par constituer plus de 50% de l’actif industriel.

On en trouve confirmation dans les travaux d’un autre chercheur [6]. C’est qu’un entrepreneur individuel ne peut généralement compter que sur lui-même – et son entourage familial –, pas sur les institutions financières, pour survivre en cas de retournement de la conjoncture économique et qu’il est donc conduit à accumuler de la richesse, à épargner, à s’enrichir au maximum, en vivant s’il le faut chichement, comme Sam Walton, le fondateur de la plus grande chaîne de distribution Wallmart qui roula dans sa vieille Ford plus de 20 ans, jusqu’à sa mort.

Les entrepreneurs individuels, le facteur clé de la croissance, qui manque actuellement

En 2007, c’est pourtant ce 1% des plus riches qui représente 49,3% de toutes les actions et fonds communs de placement, 60,6% des placements financiers, 62,4% du « business equity » [7], donc représente plus de la moitié de la fortune industrielle américaine. Page 19 de son édition 2012, Wolff va même plus loin et rappelle que « comme montré tableau 6, les foyers du centile le plus riche (rangés par patrimoine) investissaient plus des trois quarts de leurs économies dans la propriété immobilière, les entreprises, des actions de sociétés et des placements financiers ».

Ce qui nous conduit à penser que si la reprise américaine est si lente et si hésitante malgré les vannes de crédit largement ouvertes par la Federal Reserve, ce n’est pas que les circuits bancaires manquent de capitaux, c’est que les principaux agents de la croissance qui sont ces entrepreneurs américains, qui ont fait leur fortune généralement en partant de rien, ces riches américains n’ont plus confiance dans leur gouvernement et gardent leur fortune plutôt que de la risquer.

Sur le web.

Notes :

OCDE (2011), Toujours plus d’inégalité : Pourquoi les écarts de revenus se creusent. ↩

Pour éviter toute ambiguïté, il écrit lui-même que les très riches sont les 1% les plus riches, pas les 10% ou tout autre décile. ↩

Table 6 page 49 « Recent Trends in Household Wealth in the United States » 2010 Edward N. Wolff. Levy Economics Institute of Bard College. ↩

Page 16, ibid. ↩

Page 16, même document. ↩

« Entrepreneurship, Business Wealth, and Social Mobility » par Gabriel Basaluzzo UT Austin / ITAM. ↩

Table 9 ibid. ↩

Is Obama Like Ike?

Michael Doran

October 2013

“I remember some of the speeches of Eisenhower,” Hillary Clinton said during a joint interview with President Obama in January. “You know, you’ve got to be careful, you have to be thoughtful, you can’t rush in.” It seems likely her memories were jogged by the reviews of Evan Thomas’s recent book, Ike’s Bluff, which argued that Eisenhower’s experience as a soldier and general taught him the limitations of exercising power. That book and a spate of other recent studies have established Ike firmly in the public mind as the very embodiment of presidential prudence.

They have also turned him into a posthumous adviser to the Obama administration. Before becoming secretary of defense, Chuck Hagel bought three dozen copies of David A. Nichols’s study of the Suez Crisis and distributed them to (among others) the president, Hillary Clinton, and Leon Panetta, his predecessor as secretary of defense. At Suez, Ike refused to support Britain and France when they (in collusion with Israel) invaded Egypt, and he effectively killed the intervention. Hagel’s lesson was clear: Don’t let allies drag you into ill-advised military adventures.

In an influential essay published last year in Time entitled “On Foreign Policy, Why Barack Is Like Ike,” Fareed Zakaria argued that when the president showed a wariness to intervene in places like Syria, he was displaying an uncanny resemblance to Eisenhower. The key quality that the two share, Zakaria argued, is “strategic restraint.” In his recent book, Presidential Leadership and the Creation of the American Era (Princeton University Press, 200 pages), Joseph S. Nye of Harvard takes the argument even one step further. Nye claims Eisenhower was actually an early practitioner of what an Obama aide, speaking of the administration’s role in the ouster of the Muammar Gaddafi regime in Libya, notoriously called “leading from behind.”

A cursory examination of Eisenhower’s actual Middle East policies reveals the hollowness of both this thesis and the notion that Eisenhower, as president, followed a strategy of restraint—especially as regards the Middle East. To be sure, he frequently exercised prudence in military affairs. He ended the war in Korea and did not intervene in 1956 when the Hungarians rose in revolt against their Soviet masters. Most notable of all, he refrained from intervention in Vietnam. But military prudence should not be confused with global strategy. Modern-day “restraintists” are quick to cite Eisenhower’s warning, in his farewell address, regarding the dangers of “the military industrial complex.” They typically forget, however, to quote his justification for it: “We face a hostile ideology—global in scope, atheistic in character, ruthless in purpose, and insidious in method. Unhappily the danger it poses promises to be of indefinite duration.” Eisenhower, in other words, zealously prosecuted the Cold War. Indeed, contemporary critics diagnosed his administration as suffering from “pactomania,” an irresistible urge to organize alliances against Communism. Many historians now regard his reliance on the CIA, which toppled regimes in Iran and Guatemala, as anything but restrained. And there are also more public examples of Eisenhower flexing his presidential muscles.

There was Syria, for one. Then, as now, the country was at the center of a regional power struggle. In the summer of 1956, when the Syrian government began to drift toward the Soviet Union, Eisenhower instructed the CIA to topple it. By summer 1957, the spy agency had attempted to stage two coups, both of which failed. No sooner had Syrian counterintelligence rolled up the second plot than Eisenhower formulated another plan: fomenting jihad. He instructed the CIA to position itself in order to stir up violent disturbances along Syria’s borders. The goal was to present these incidents to the world as a threat—a Syrian threat—to the peace and security of the region. Syria’s neighbors would then use the unrest as a pretext to invade and topple the government in Damascus.

The trickiest part of the plan was convincing the Arab states to invade. In the hope that Saudi Arabia would help, Eisenhower wrote to King Saud. The letter expressed alarm over the “serious danger that Syria will become a Soviet Communist satellite.” It affirmed that “any country that was attacked by a Syria which was itself dominated by International Communism” could count on the United States for support. And then it closed with an appeal to Islam: “In view of the special position of Your Majesty as Keeper of the Holy Places of Islam, I trust that you will exert your great influence to the end that the atheistic creed of Communism will not become entrenched at a key position in the Moslem world.” The letter missed its mark. “Saud,” as the historian Salim Yaqub wrote, “had little interest in Eisenhower’s jihad.”

In praise of Ike’s pacific record, Zakaria notes that “from the end of the Korean War to the end of his presidency, not one American soldier died in combat.” The statistic is striking, but it creates a misleading impression. In truth, Eisenhower had the one quality all successful leaders have: He was lucky. Any number of his policies could easily have backfired, producing a much less impressive statistic. The Syrian crisis of 1957 is a case in point. While Eisenhower was attempting to generate a jihad, the Turkish government amassed 50,000 troops on the Syrian border. The move provoked the Soviets. In an interview with the New York Times, Nikita Khrushchev, then the Soviet premier, publicly accused the United States of fomenting the crisis and issued a warning to the Turks: “If the rifles fire,” he said bluntly, “the rockets will start flying.” Secretary of State John Foster Dulles immediately came to the aid of the Turks: “If there is an attack on Turkey by the Soviet Union,” he said, “it would not mean a purely defensive operation by the United States, with the Soviet Union a privileged sanctuary from which to attack Turkey.” In such tense circumstances, a miscalculation by a Turkish, Syrian, or Soviet commander could have dragged the United States into an extremely ugly conflict. History, in that case, would have produced less impressive statistics.

Zakaria also happens to be factually wrong. A number of soldiers did die on Eisenhower’s watch—three, to be exact. One fell to an enemy sniper; the other two to friendly fire. All of them died in Lebanon during the 1958 intervention. Zero or three—either way the record is remarkable, but the fallen Marines should remind us of an important fact: Eisenhower, when the situation required, did not shrink from entering a messy conflict.

In the first half of 1958, Camille Chamoun, the Lebanese president, was battling an insurgency and strongly urged Eisenhower to come to his assistance. The insurgents were receiving support from Syria, which by this time had merged with Gamal Abdel Nasser’s Egypt to form the United Arab Republic. Eisenhower feared a quagmire and resisted calls to intervene. But overnight, his calculus changed.

When Eisenhower went to bed on Sunday, July 13, Iraq was an ally—“the country,” he wrote in his memoirs, “that we were counting on heavily as a bulwark of stability and progress in the region.” By the time he woke on Monday, the bulwark had collapsed. In the early morning hours, renegade army officers staged a successful coup, destroying Iraq’s Hashemite monarchy and replacing it with an Arab nationalist republic that Eisenhower feared might align with the United Arab Republic and its Soviet patron. In a mere instant, a Cold War ally had disappeared.

Fearing a push by Nasser and the Soviet Union against all Western-leaning states of the region, a number of American allies—including the Lebanese, Saudis, and Jordanians—called for immediate intervention by the United States. Cairo and Moscow, they argued, must be put on notice that the Americans would not let their remaining friends go the way of the Iraqi monarchy. If the United States failed to intervene, the Saudi king informed Eisenhower, it would be “finished” as a power in the region. Eisenhower sprung to action with remarkable speed. Within a few hours, he gave the order to send in the Marines to bolster the resolve of allies and reinvigorating the deterrent capability of the United States.

Almost immediately, Eisenhower invited a bipartisan group of congressional leaders to the White House for a briefing. Sam Rayburn, the speaker of the House, expressed concerns: “If we go in and intervene and our operation does not succeed, what do we do then?” He also worried that “the Russians would threaten general war.” Eisenhower replied that it was impossible “to prophesy the exact course of events. If we do or if we don’t go in, the consequences will be bad.” He calculated, however, that it was crucial to take “a strong position rather than a Munich-type position, if we are to avoid the crumbling of our whole security structure.” Rayburn also believed that “intervention would intensify resentment against us throughout the area.” Eisenhower shared his fear.

The Lebanon intervention, we now know, went as cleanly as any such operation in history. At the moment of decision, however, Eisenhower regarded the venture as highly risky—so dangerous, in fact, that it reminded him of giving the go order on D-Day, the most momentous event of his life. “Despite the disparity in the size of the two operations,” he wrote in his memoirs, “the possible consequences in each case, if things went wrong, were chilling.” What, in particular, made the intervention so dangerous? “In Lebanon, the question was whether it would be better to incur the deep resentment of nearly all of the Arab world (and some of the rest of the Free world) and in doing so to risk general war with the Soviet Union or to do something worse—which was to do nothing.”

Over the last year, a parade of America’s Middle Eastern allies have made their way through the White House, raising the alarm of Syria, and urging Obama to organize a more robust international response. Unlike Ike, Obama calculated that doing nothing was preferable to taking actions that have uncertain outcomes. As a result, when Obama finally decided that some response to Assad’s use of chemical weapons was necessary, he found himself almost bereft of allies.

And what about Nye’s favorable comparison of Obama’s foreign policy with Eisenhower’s? “An incautious comment by a midlevel White House official characterized the Libya policy as ‘leading from behind,’ and this became a target for political criticism,” Nye writes, but adds that “Eisenhower was a great exemplar of knowing that sometimes it is most effective to keep a low profile and to lead from behind.”

This is an act of rhetorical legerdemain. Nye’s use of the term gives the impression that two very different things are actually one and the same. With respect to Obama, “leading from behind” describes his administration’s policy toward Libyan intervention. With respect to Ike, it describes his management style, which Fred Greenstein famously called “the hidden-hand presidency.”

In Eisenhower’s day, intellectuals almost universally regarded him as an amiable dolt, more golfer than strategist. Before Greenstein (together with Stephen Ambrose and others) set the record straight in the 1980s, it was widely assumed that John Foster Dulles was the man who actually ran American foreign policy. Using declassified documents, Greenstein and his cohort showed that Eisenhower was resolutely in charge, a master of detail, fully in command of strategy and tactics. Eisenhower might have put Dulles out front and center stage, but he was always guiding him with a “hidden hand.”

The diary of Jock Colville, Winston Churchill’s right-hand man, provides a vivid example of Eisenhower’s skills at “gentle persuasion,” to use Nye’s phrase. After Stalin died in March 1953, Churchill, then in his final term as prime minister, perceived signs of moderation in Moscow. He began a campaign to convince Eisenhower to convene a summit with the USSR on the model of the great wartime conferences. Ike repeatedly rebuffed Churchill, who eventually made his differences with Eisenhower publicly known. Tensions came to a head in Bermuda in December 1953 at a conference attended by the leaders of the United States, Britain, and France. During one of the opening meetings, Churchill immediately delivered an eloquent appeal for engaging the new Soviet leaders. Eisenhower, Colville writes, was enraged. He reacted with “a short, very violent statement, in the coarsest terms,” likening the Soviet Union to “a whore” whom the United States would drive off the main streets. Colville was shocked by Eisenhower’s profanity. “I doubt,” he noted, “if such language has ever been heard at an international conference.”

Now consider: The Islamic Republic of Iran recently elected a new president, Hassan Rouhani, whom many observers regard as a moderate. Those observers have been urging Obama to engage with him directly, just as Churchill urged Ike. Imagine a conference between Obama and a delegation of European leaders who argue eloquently for reaching out to Rouhani. Obama springs up, enraged. The veins in his forehead pop out, throbbing. He launches into a profanity-laced tirade. “Iran,” he thunders, “is a whore and we are going to drive her off the streets of the Middle East.”

If Obama were truly like Ike in foreign policy, this thought experiment would not be a fanciful one.

The popular association of the Eisenhower administration with “strategic restraint” is itself he product of historical revisionism. It was not the contemporary view. Until the 1980s, most pundits believed the opposite. Their view was perfectly distilled in Townsend Hoopes’s The Devil and John Foster Dulles (1973). The unstated goal of the book was to saddle the Republicans with responsibility for the Vietnam War—no mean feat, given that Democrats Kennedy and Johnson had made the key decisions to intervene. Nevertheless, Hoopes found an ingenious method to lay the responsibility squarely on Eisenhower’s shoulders—or, more precisely, on the shoulders of his secretary of state.

John Foster Dulles’s influence, Hoopes explains, was so immense that it extended beyond the Republican Party. Dulles managed to shape the zeitgeist by establishing in the broad culture the unassailable sanctity of “America’s posture of categorical anti-Communism and limitless strategic concern.” Once he successfully stamped the culture with anti-Communist zealotry, the Democrats had no choice but to follow its inexorable logic, which led to imperial overreach in Vietnam. “In early 1968,” Hoopes writes, “when the Tet offensive and Lyndon Johnson’s withdrawal from further political combat tore away the final veil hiding the misperception and failure of America’s freedom-defending and nation-building in South Vietnam, I faced, along with many others, the dawning of the realization that an era in American foreign policy had ended.”

This was hysterically overwrought, obviously, but in its day, intellectuals took the argument seriously. It’s worth considering why. Caricature, of course, exaggerates recognizable aspects of reality. In the 1970s, the very real anti-Communism of the Eisenhower era was still a part of living memory. “Mutual Assured Destruction,” “the domino theory,” “brinkmanship”—these 1950s catchphrases reverberated, testifying to the fact that Ike, even while steering clear of military adventures, took the fight to the enemy. By contrast, contemporary audiences know Ike only from history books such as Greenstein’s, which emphasizes Eisenhower’s pragmatism precisely in order to supplant the prevailing caricature of his stupidity.

Still, there was more than just a grain of truth to Hoopes’s presentation. Ike operated in a specific ideological context. To detach “Ike the pragmatist” entirely from it is to draw a caricature every bit as distorted as “Dulles the zealot.”

Zakaria sees Ike and Obama as uncannily similar for exhibiting “strategic restraint” in their Middle East policies. That Obama has been restrained is undeniable. In what way, however, is his reluctance to use military force “strategic”? What larger plan does the policy serve? The best answer came last March from Tom Donilon, his former national-security adviser. The Obama administration, he explained in an interview, had determined that the United States was “over-invested in our military efforts in South Asia and in the Middle East.” At the same time, it was “dramatically under-invested” in Asia, which was “the most economically dynamic region in the world.” Therefore, it was “rebalancing” to Asia.

So Obama, the global strategist, pores over a huge map spread out on the table before him. Using his pointer stick like a croupier, he slides pieces from the Middle East to Asia. That’s all well and good on the global level, but what about the Middle East? The region is undergoing an epochal transformation. Where does the president see it headed? What is the American role in guiding it there?

In May 2011, a few months after the Arab Spring first broke out, Obama identified a powerful movement toward freedom and democracy and reached out his hand in partnership. “The question before us,” Obama said at the time “is what role America will play as this story unfolds.” He answered with clarity: “There must be no doubt that the United States of America welcomes change that advances self-determination and opportunity.” Only two years later, he struck a less hopeful note. In the Middle East, he said, “there are ancient sectarian differences, and the hopes of the Arab Spring have unleashed forces of change that are going to take many years to resolve. And that’s why we’re not contemplating putting our troops in the middle of someone else’s war.”

Where Obama was nurturing democracy two years ago, he is now arguing for quarantining sectarian violence. This blatant shift raises even more questions. Will this sectarianism burn itself out, or will the conflagration grow? What security structures will best contain it? How will the “rebalancing” to Asia help build them? One suspects that there are no answers to any of these questions, because the decision to pull back was disconnected from a larger vision of the Middle East. “Strategic restraint,” when applied to Obama’s policies, is synonymous with “strategic neglect.”

That was not true of Eisenhower’s policies. His eight years in office also coincided with a revolutionary wave. The old imperial and colonial order was crumbling. A new one, dominated by secular pan-Arab nationalism, was taking its place. Eisenhower saw it plainly and formulated a strategy to deal with it. His goal was to channel the nationalism of the region away from the Soviet bloc and toward the West by offering security and economic assistance. The United States was engaged in a delicate balancing act, supporting its European allies against the Soviet Union while simultaneously facilitating the rise of the independent nations of the Middle East, which were hostile to the Europeans.

It is impossible to understand any of Ike’s major moves without reference to this vision. Take, for instance, the Suez Crisis, which Zakaria cites as a prime example of “strategic restraint” and which Hagel holds up as a model for Obama. When Eisenhower turned against his allies, he did not do so out of any overarching commitment to “restraint.” He simply believed Britain and France were alienating Arab nationalists and destroying the prospect for a strategic accommodation between the Arab states and the West. He therefore shunted the Europeans aside—in what was actually the most dramatic assertion of American primacy of the Cold War.

In the midst of the crisis, he announced the Eisenhower Doctrine, a unilateral American commitment to defend the entire Middle East. His doctrine put the world on formal notice that the United States was replacing Britain as the dominant power in the region. The result of Ike’s “strategic restraint” was a massive increase in the global responsibilities of the United States. Obama’s restraint represents an attempt to shed those responsibilities.

The Ike–Obama analogy creates an illusion of commonality and historic continuity where none exists. It is bad history, because it depicts Eisenhower as a two-dimensional figure, entirely detached from his key associates and their core beliefs. At the same time, the analogy presents us with a distorted view of Obama. The Eisenhower Doctrine asserted American primacy in the Middle East, and every president since has regarded it a vital American interest to shape the international order of the region. Every president, that is, except the present one.

The old order in the Middle East is crumbling. The enemies and rivals of the United States—Russia, Iran, Syria, Hezbollah, and al-Qaeda—are working assiduously to mold the new order that benefits them. Their efforts, which are often in conflict, have ignited a great fire. Unlike his predecessors, Barack Obama has determined that the United States is best served by hanging back. This is a sharp break with the past—especially with Eisenhower. Those desperately looking to burnish Obama’s reputation when it comes to foreign policy by associating it with that of a successful presidency will have to look elsewhere.

About the Author

Michael Doran, a former deputy assistant secretary of defense and a former senior director of the National Security Council in the George W. Bush administration, is the Roger Hertog Senior Fellow in the Saban Center for Middle East Policy at the Brookings Institution. He is finishing a book on Eisenhower and the Middle East. He tweets @Doranimated.

Voir enfin:

Pourquoi les Français sont « en colère » : le rapport secret des préfets

François Bazin

Le Nouvel Observateur

19-10-2013

Un rapport confidentiel des préfets montre les racines d’une exaspération qui peine à s’exprimer sur le terrain social, mais qui menace de tout emporter dans les urnes.

C’est une note de quatre pages, classée « confidentiel » et rédigée par le ministère de l’Intérieur. Chaque mois, les services de Manuel Valls, sur la foi des rapports que leur adressent les préfets, rédigent une « synthèse », qui est une manière de plonger dans les méandres de l’opinion publique. Elle dit l’esprit du temps, le moral des élus et l’humeur des Français, ceux que l’on entend peu dans les grands médias et qui représentent ce que certains appellent « le pays profond ».

La dernière en date de ces synthèses a été publiée le 27 septembre dernier. Elle est remontée illico jusqu’au sommet de l’Etat et a été jugée suffisamment inquiétante à l’Elysée et à Matignon, pour que, cette fois-ci, elle soit communiquée aux principaux dirigeants de la majorité.

La France gronde, les Français sont en « colère « . Ce mot-là, François Hollande, en déplacement la semaine dernière en Haute-Loire, l’a d’ailleurs prononcé publiquement. Dans la synthèse des préfets, il ne figure pas de façon explicite. Mais c’est tout comme ! Les casquettes de la République n’ont pas l’habitude d’employer les formules chocs et les phrases qui claquent. C’est ce qui fait tout l’intérêt de la note du 27 septembre.

Il faut savoir la décoder pour mesurer son caractère alarmiste. Tout est écrit par petites touches qui signalent, une à une, les sources d’un mécontentement qui monte, qui tourne, qui s’alimente parfois à de petits riens dont on mesure toutefois combien ils pourraient devenir explosifs si demain ils devaient se cristalliser dans un même mouvement. On n’en est pas encore là. C’est ce qui explique, au bout du compte, un climat insaisissable fait d’aigreurs accumulées, sur fond de ressentiment à l’égard de ce qui vient d’en haut, du pouvoir parisien, de ceux qui gouvernent l’Etat.

« Un sentiment d’abandon »

Le premier point mis en exergue par les préfets porte sur le monde rural. Celui-ci « s’organise pour revendiquer une spécificité de traitement dans les réformes en cours ». A quelques mois des municipales, il n’y a rien là de secondaire.

Si le redécoupage cantonal « ne suscite guère de réactions dans l’opinion, il fait parfois l’objet de débats enflammés dans les exécutifs locaux ». Plus que « des accusations partisanes », les préfets notent ainsi « les inquiétudes sur les conséquences d’un tel redécoupage sur le maillage territorial des services publics et l’éligibilité à certaines subventions ou projets d’équipements ».

Le discours qui monte est tout entier dirigé « contre l’hégémonie des métropoles » que le gouvernement serait en train d’organiser à travers la loi Lebranchu. Chez les petits élus, tout fait désormais sens : les restructurations liées au vote de la loi de programmation militaire aussi bien que la réforme Peillon des rythmes scolaires. Le sentiment qui domine est « un sentiment d’abandon ».

Le deuxième point abordé par les préfets a davantage fait les gros titres des médias. »Inquiets du discours antifiscal qui pourrait favoriser les extrêmes, écrivent-ils, les élus considèrent que les limites du consentement à l’impôt sont atteintes. »

Là encore tout converge : « Dans les esprits où domine la hantise du chômage et de la baisse du pouvoir d’achat, la hausse de la fiscalité devient un élément anxiogène de plus. » L’expression utilisée est celle de « choc psychologique » pour « des foyers jusque-là non imposables ». A preuve,  » l’afflux record dans certains centres de finances publiques de contribuables à la recherche d’informations « .

Dans ce contexte, « les élus confient avoir constaté la radicalisation des propos de leurs administrés qui fustigent ‘un matraquage fiscal’ et ‘une hausse insupportable d’impôts qui financent un système trop généreux’. » Et les préfets de conclure : « La menace de désobéissance fiscale est clairement brandie. »

Le troisième point abordé par les casquettes de la République porte sur « l’évolution des modes de délinquance ». « Médiatisation croissante des faits divers par les médias locaux […] dans des régions qui s’en croyaient indemnes » ; « cambriolages, délinquance de proximité, incivilités » : la formule choisie pour résumer le sentiment des Français se passe de commentaire.

Tout cela « inquiète autant que cela exaspère ». C’est ce qui conduit les préfets à souligner que « la population semble désormais prête à s’impliquer davantage dans la lutte contre la délinquance à travers des opérations comme ‘voisins vigilants’ ou ‘alertes commerce' ».

Enfin, sur un mode un peu plus positif au regard des mesures prises récemment par le gouvernement avec notamment la baisse de la TVA sur la rénovation de logements, les préfets soulignent « la situation de détresse » qui est aujourd’hui celle des professionnels du bâtiment.

Loin du discours convenu sur les bienfaits supposés du statut d’auto-entrepreneur, ils rappellent ainsi que « dans certains départements, près de 70% des créations d’entreprises artisanales » relèvent de ce dit statut. Ce qui, ajouté à « la concurrence d’entreprises étrangères qualifiée de low cost », entretient un discours récurrent sur la « concurrence déloyale ».

Ras-le-bol fiscal

Faut-il dès lors s’étonner que le Front national monte dans les sondages ? Sentiment d’abandon des zones rurales, ras-le-bol fiscal, augmentation de la petite délinquance, détresse du monde artisanal : on retrouve là tous les ingrédients qui, mis bout à bout, nourrissent le programme lepéniste dans ce qu’il a de plus tristement classique. Durant l’été dernier, Hollande confiait volontiers son inquiétude de voir la réforme des retraites « unifier » un mécontentement latent.

« Si ça prend, disait-il en privé, toutes les catégories qui grognent oublieront leurs antagonismes pour se retrouver derrière la première manif venue. » Le danger n’est plus là. La réforme des retraites, bouclée fin août avec un sens achevé de l’équilibre hollandais, a étouffé dans l’oeuf le mouvement social et du même coup mes projets assassins de la gauche Mélenchon, en lien avec les secteurs les plus durs de la CGT ou de FO.

Sur le front de l’emploi qui s’améliore doucement, les plans sociaux qui tombent provoquent plus de ressentiments que de mobilisations. De même qu’il existe des grèves perlées, on voit s’installer une colère diffuse qui entretient dans le pays ce curieux climat où l’insatisfaction domine sans que jamais elle ne s’exprime de manière unifiée dans la rue.

« Ne comptez plus sur notre bulletin de vote »

Aujourd’hui, on en est là. Les sondages le disent. Les préfets le confirment. Les plus expérimentés des élus de gauche confient, la peur au ventre, que cette situation leur rappelle celle qui prédominait avant leur déroute des législatives de 1993. « Les gens se taisent. Bien sûr, sur les marchés, nos sympathisants viennent râler. Mais tous les autres ont le visage fermé, témoigne un député d’Ile-de-France. Ils se contentent d’un ‘C’est dur, hein !’ dont on sent bien qu’il veut dire ‘Ne comptez plus sur notre bulletin de vote’.  »

L’abstention, voilà l’ennemi. Celui qui fait trembler les candidats de l’actuelle majorité, à l’approche des municipales. Avec, en toile de fond, une attention croissante au discours lepéniste, perçu comme la dernière manifestation possible de ce refus du « système » qui fait désormais florès.

Dans ce climat délétère, tout est désormais fléché pour que la colère qui monte se porte sur le seul terrain électoral. Quand Jean-François Copé répète à tout-va que la seule manière de « sanctionner le pouvoir » est de favoriser une « vague bleue » aux prochaines municipales, mesure-t-il qu’il ne se trompe sur rien, sauf sur la couleur exacte d’un vote qui s’annonce essentiellement « bleu Marine » ? Face à cela, la majorité ne peut compter que sur l’implantation de ses élus sortants. Elle tente de faire souffler sur le pays un air d’optimisme, encouragé par la croissance qui revient et la courbe du chômage qui devrait s’inverser à la fin de l’année.

C’est peu et beaucoup à la fois. C’est un peu tard surtout pour espérer que le courant qui enfle, dans les profondeurs du pays, puisse être freiné dans les mois à venir. En 2014, immanquablement, tombera la facture. Pour Hollande, comme pour la droite républicaine, il n’y a guère de raison de penser qu’à la colère qui gronde, ne succédera pas, demain, une de ces sanctions dont on ne pourra pas dire qu’elle est venue par surprise.


Religion/neurones miroirs: Comme le Père m’a aimé (Keeping God real is what’s hard)

19 octobre, 2013
Photo : AS THE FATHER HATH LOVED ME (keeping God real is what’s hard)The moment I wake up before I put on my make up I say a little prayer for you ... I run for the bus dear, while riding I think of us dear I say a little prayer for you ... At work I just take time and all through my coffee break time I say a little prayer for you ... Aretha Franklinhttp://www.youtube.com/watch?v=fgahyfSGpVYBut it's so hard loving you ...The Beatles  http://www.youtube.com/watch?v=GB7Syh_iY84It may be the devil or it may be the Lord but you’re gonna have to serve somebody.Bob Dylan http://www.youtube.com/watch?v=9AWgnsYECLohttp://www.youtube.com/watch?v=BLFNTBcPNfQAs the Father hath loved me, so have I loved you (...) This is my commandment, that ye love one another, as I have loved you ...Jesus (John 15: 9-12)For my yoke is easy, and my burden is light.Jesus (Matthew 11: 38)Jack (...)  set aside an hour and a half each day for this. He’d spend the first 40 minutes or so relaxing and clearing his mind. Then he visualized a fox (he liked foxes). After four weeks, he started to feel the fox’s presence, and to have feelings he thought were the fox’s.(...) For a while he was intensely involved with her, and said it felt more wonderful than falling in love with a girl. Then he stopped spending all that time meditating — and the fox went away. It turned out she was fragile. (...) The mere fact that people like Jack find it intuitively possible to have invisible companions who talk back to them supports the claim that the idea of an invisible agent is basic to our psyche. But Jack’s story also makes it clear that experiencing an invisible companion as truly present — especially as an adult — takes work: constant concentration, a state that resembles prayer.It may seem paradoxical, but this very difficulty may be why evangelical churches emphasize a personal, intimate God. While the idea of God may be intuitively plausible — just as there are no atheists in foxholes, there are atheists who have prayed for parking spots — belief can be brittle. Indeed, churches that rely on a relatively impersonal God (like mainstream Protestant denominations) have seen their congregations dwindle over the last 50 years. To experience God as walking by your side, in conversation with you, is hard. Evangelical pastors often preach as if they are teaching people how to keep God constantly in mind, because it is so easy not to pray, to let God’s presence slip away. But when it works, people experience God as alive.Secular liberals sometimes take evolutionary psychology to mean that believing in God is the lazy option. But many churchgoers will tell you that keeping God real is what’s hard. http://www.nytimes.com/2013/10/15/opinion/luhrmann-conjuring-up-our-own-gods.html?_r=0The essence of this mechanism — called the mirror mechanism — is the following: each time an individual observes another individual performing an action, a set of neurons that encode that action is activated in the observer’s cortical motor system. The mirrormechanism was originally discovered in the ventral premotor cortex of the macaque monkey ... Single-neuron recordings showed that this area contains neurons — mirror neurons — that discharge both when a monkey executes a specific motor act and when it observes another individual performing the same motor act. Mirror neurons do not fire in response to a simple presentation of objects, including food. Most of them do not respond or respond only weakly to the observation of the experimenter performing a motor act (for example, grasping) without a target object.There is convincing evidence that an action observation–action execution mirror circuit also exists in humans. This evidence comes from brain imaging, transcranial magnetic stimulation (TMS), electroencephalography (eeG) and magnetoencephalography (MeG) studies. The crucial issue concerning the parieto-frontal mirror neurons is their role in cognition. If this mirror mechanism is fundamental to understanding actions and intentions, the classical view — that the motor system has a role only in movement generation — has to be rejected and replaced by the view that the motor system is also one of the major players in cognitive functions. Further evidence of goal encoding by the parieto-frontal mirror circuit was obtained in an fMRI experiment in which two aplasic individuals, born without arms and hands, and control volunteers were asked to watch video clips showing hand actions. All participants also performed actions with their feet, mouth and, in the case of controls, hands. The results showed that the parieto-frontal mirror circuit of aplasic individuals that was active during movements of the feet and mouth was also recruited by the observation of hand motor acts that they have never executed but the motor goals of which they could achieve using their feet or mouth. The issue of whether the human parieto-frontal mirror network encodes motor goals was also addressed by fMRI and TMS studies investigating the activation of motor areas in subjects listening to action-related sounds. Hearing and categorizing animal vocalizations preferentially activated the middle portion of the superior temporal gyri bilaterally (a region that is not related to motor act coding), whereas hearing and categorizing sounds of tools that were manipulated by hands activated the parieto-frontal mirror circuit. Similarly, it was shown that listening to the sound of hand and mouth motor acts activated the parieto-frontal mirror network. This activation was somatotopically organized in the left premotor cortex and was congruent with the motor somatotopy of hand and mouth actions.In support of this view, two studies showed that the meaning of the motor acts of other individuals could be understood in the absence of visual information describing them. In one study, monkeys heard the sounds of a motor act (such as ripping a piece of paper) without seeing it; in the other study, the monkeys knew that behind a screen was an object and saw the experimenter’s hand disappear behind the screen, but they could not see any hand–object interaction. The results showed that in both experiments F5 mirror neurons in the monkeys fired in the absence of visual information describing the motor act of the experimenter. The neuronal activation therefore underpinned the comprehension of the goal of the motor act of the other individual, regardless of the sensory information that described that motor action.There is no doubt that, in some cases, understanding the motor behaviour of others might require a mechanism different from mirroring. A typical example is the capacity of humans to recognize the actions of animals that do not belong to the human motor repertoire and cannot be captured by a motor generalization. The evidence for a non-mirror mechanism in action recognition was provided by an fMRI study in which volunteers were presented with video clips showing motor acts that did or did not belong to the human motor repertoire. Although all volunteers recognized the observed motor acts regardless of whether or not they belonged to their own motor repertoire, no activation of parieto-frontal mirror areas was found in response to acts that did not belong to their motor repertoire (for example, a dog barking). The areas that became active in such cases were occipital visual and STS areas. By contrast, the sight of motor acts that were within the motor repertoire of the observer (for example, a dog biting) recruited the parieto-frontal mirror network.Finally, there is evidence that the mirror mechanism, possibly located in this case in the fronto-mesial areas, also has a role in setting up an anticipatory representation of the motor behaviour of another individual. It has been shown that the ‘Bereitschaftspotential’, an electrophysiological marker of the readiness to act, occurs not only when an individual actively performs a motor act, but also when the nature and the onset time of an upcoming action performed by another individual is predictable on the basis of a visual cue.Such motor-based understanding seems to be a primary way in which individuals relate to one another, as shown by its presence not only in humans and monkeys, but also in evolutionarily distant species, such as swamp sparrows and zebra finches.Saxophone playing has been used as an example to show that the mirror view of action understanding is “untenable”: no motor competence is required to understand that someone is playing a saxophone. This is true, but such competence leads to a different understanding of saxophone playing. The non-motor-based understanding implies a mere semantic knowledge of what a saxophone is for, whereas the motor experience allows an individual to understand what saxophone playing really means — that is, it provides a musical knowledge ‘from the inside’Furthermore, this mechanism indicates the existence of a profound natural link between individuals that is crucial for establishing inter-individual interactions. Finally, preliminary evidence suggests that the impairment of this natural link may be one of the causes of the striking inability of people with autism to relate to other individuals.http://www.cogsci.ucsd.edu/~pineda/COGS260Mirroring/readings/Rizzolatti_NatureRevNeurosci10.pdfhttp://www.ted.com/talks/vs_ramachandran_the_neurons_that_shaped_civilization.htmlhttps://jcdurbant.wordpress.com/2013/07/18/mimetisme-qui-sassemble-se-ressemble-what-if-it-was-flocks-that-made-birds-of-a-feather/Photo : HOW MUCH MORE YOUR FATHER IN HEAVEN (Shabbat Shalom to all !) If ye then, being evil, know how to give good gifts unto your children, how much more shall your Father which is in heaven give good things to them that ask him?Jesus (Matthew 7: 11)Samuel (Joshua Reynolds, 1776)Photo : TRAIN UP A CHILD IN THE WAY HE SHOULD GO (the costs of dumbing down our children's meals but also of trusting your man too much with the food shopping - even the French know that !)Train up a child in the way he should go: and when he is old, he will not depart from it.Proverbs 22: 6Honour thy father and thy mother: that thy days may be long upon the land which the Lord thy God giveth thee.Exodus 20: 12'If children were eating what their parents eat - and, like the French, eating round the table - then we wouldn't have the iron deficiency problem we have. If they sat together there are less chances of the kids manipulating the parent over food.'It may be tempting for tired, pressurised parents to resort to the easier option - to avoid the time it takes to sit with a child and develop healthy eating habits.'But research has shown the nutritional intake and growth rate of children between the ages of 2 and 12 can have a profound influence on their susceptibility to obesity and chronic diseases in later years.'The food you feed your children now does not only influence their weight and health in the short-term, it can adversely affect their health in the future.' Dr Colin Michie (chair of the Royal College of Paediatrics and Child Health's nutrition committee)Getting fathers to do the food shopping pushes the budget up by hundreds of pounds a year. On average, men who do the food shopping spend an extra £235 a year, or £1,175 every five years, largely because they tend not to plan meals before they set out and so are more susceptible to impulse buys.http://www.dailymail.co.uk/news/article-2319770/Healthiest-children-eat-parents.html#ixzz2SRFgcPcnComme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. (…) Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Jésus (Matthieu 15: 9-12)
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Jésus (Matthieu 6: 24)
Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. Jesus (Matthieu 11: 38)
The moment I wake up before i put on my make up I say a little prayer for you … I run for the bus dear, while riding I think of us dear I say a little prayer for you … At work I just take time and all through my coffee break time I say a little prayer for you … Aretha Franklin
But it’s so hard loving you … The Beatles
It may be the devil or it may be the Lord but you’re gonna have to serve somebody. Bob Dylan
Jack (…)  set aside an hour and a half each day for this. He’d spend the first 40 minutes or so relaxing and clearing his mind. Then he visualized a fox (he liked foxes). After four weeks, he started to feel the fox’s presence, and to have feelings he thought were the fox’s.(…) For a while he was intensely involved with her, and said it felt more wonderful than falling in love with a girl. Then he stopped spending all that time meditating — and the fox went away. It turned out she was fragile. (…) The mere fact that people like Jack find it intuitively possible to have invisible companions who talk back to them supports the claim that the idea of an invisible agent is basic to our psyche. But Jack’s story also makes it clear that experiencing an invisible companion as truly present — especially as an adult — takes work: constant concentration, a state that resembles prayer. It may seem paradoxical, but this very difficulty may be why evangelical churches emphasize a personal, intimate God. While the idea of God may be intuitively plausible — just as there are no atheists in foxholes, there are atheists who have prayed for parking spots — belief can be brittle. Indeed, churches that rely on a relatively impersonal God (like mainstream Protestant denominations) have seen their congregations dwindle over the last 50 years. To experience God as walking by your side, in conversation with you, is hard. Evangelical pastors often preach as if they are teaching people how to keep God constantly in mind, because it is so easy not to pray, to let God’s presence slip away. But when it works, people experience God as alive. Secular liberals sometimes take evolutionary psychology to mean that believing in God is the lazy option. But many churchgoers will tell you that keeping God real is what’s hard. T. M. Luhrmann
The essence of this mechanism — called the mirror mechanism — is the following: each time an individual observes another individual performing an action, a set of neurons that encode that action is activated in the observer’s cortical motor system. (…) The mirrormechanism was originally discovered in the ventral premotor cortex of the macaque monkey … Single-neuron recordings showed that this area contains neurons — mirror neurons — that discharge both when a monkey executes a specific motor act and when it observes another individual performing the same motor act. Mirror neurons do not fire in response to a simple presentation of objects, including food. Most of them do not respond or respond only weakly to the observation of the experimenter performing a motor act (for example, grasping) without a target object. (…) There is convincing evidence that an action observation–action execution mirror circuit also exists in humans. This evidence comes from brain imaging, transcranial magnetic stimulation (TMS), electroencephalography (eeG) and magnetoencephalography (MeG) studies. (…) The crucial issue concerning the parieto-frontal mirror neurons is their role in cognition. If this mirror mechanism is fundamental to understanding actions and intentions, the classical view — that the motor system has a role only in movement generation — has to be rejected and replaced by the view that the motor system is also one of the major players in cognitive functions. (…) Further evidence of goal encoding by the parieto-frontal mirror circuit was obtained in an fMRI experiment in which two aplasic individuals, born without arms and hands, and control volunteers were asked to watch video clips showing hand actions. All participants also performed actions with their feet, mouth and, in the case of controls, hands. The results showed that the parieto-frontal mirror circuit of aplasic individuals that was active during movements of the feet and mouth was also recruited by the observation of hand motor acts that they have never executed but the motor goals of which they could achieve using their feet or mouth. The issue of whether the human parieto-frontal mirror network encodes motor goals was also addressed by fMRI and TMS studies investigating the activation of motor areas in subjects listening to action-related sounds. Hearing and categorizing animal vocalizations preferentially activated the middle portion of the superior temporal gyri bilaterally (a region that is not related to motor act coding), whereas hearing and categorizing sounds of tools that were manipulated by hands activated the parieto-frontal mirror circuit. Similarly, it was shown that listening to the sound of hand and mouth motor acts activated the parieto-frontal mirror network. This activation was somatotopically organized in the left premotor cortex and was congruent with the motor somatotopy of hand and mouth actions. (…) In support of this view, two studies showed that the meaning of the motor acts of other individuals could be understood in the absence of visual information describing them. In one study, monkeys heard the sounds of a motor act (such as ripping a piece of paper) without seeing it; in the other study, the monkeys knew that behind a screen was an object and saw the experimenter’s hand disappear behind the screen, but they could not see any hand–object interaction. The results showed that in both experiments F5 mirror neurons in the monkeys fired in the absence of visual information describing the motor act of the experimenter. The neuronal activation therefore underpinned the comprehension of the goal of the motor act of the other individual, regardless of the sensory information that described that motor action. (…) There is no doubt that, in some cases, understanding the motor behaviour of others might require a mechanism different from mirroring. A typical example is the capacity of humans to recognize the actions of animals that do not belong to the human motor repertoire and cannot be captured by a motor generalization. The evidence for a non-mirror mechanism in action recognition was provided by an fMRI study in which volunteers were presented with video clips showing motor acts that did or did not belong to the human motor repertoire. Although all volunteers recognized the observed motor acts regardless of whether or not they belonged to their own motor repertoire, no activation of parieto-frontal mirror areas was found in response to acts that did not belong to their motor repertoire (for example, a dog barking). The areas that became active in such cases were occipital visual and STS areas. By contrast, the sight of motor acts that were within the motor repertoire of the observer (for example, a dog biting) recruited the parieto-frontal mirror network. (…) Finally, there is evidence that the mirror mechanism, possibly located in this case in the fronto-mesial areas, also has a role in setting up an anticipatory representation of the motor behaviour of another individual. It has been shown that the ‘Bereitschaftspotential’, an electrophysiological marker of the readiness to act, occurs not only when an individual actively performs a motor act, but also when the nature and the onset time of an upcoming action performed by another individual is predictable on the basis of a visual cue. (…) Such motor-based understanding seems to be a primary way in which individuals relate to one another, as shown by its presence not only in humans and monkeys, but also in evolutionarily distant species, such as swamp sparrows and zebra finches. (…) Saxophone playing has been used as an example to show that the mirror view of action understanding is “untenable”: no motor competence is required to understand that someone is playing a saxophone. This is true, but such competence leads to a different understanding of saxophone playing. The non-motor-based understanding implies a mere semantic knowledge of what a saxophone is for, whereas the motor experience allows an individual to understand what saxophone playing really means — that is, it provides a musical knowledge ‘from the inside’ (…) Furthermore, this mechanism indicates the existence of a profound natural link between individuals that is crucial for establishing inter-individual interactions. Finally, preliminary evidence suggests that the impairment of this natural link may be one of the causes of the striking inability of people with autism to relate to other individuals.  Giacomo Rizzolatti and Corrado Sinigaglia

A l’heure où nos savants font la fine bouche (mais c’est aussi leur boulot et comme ça que la science avance) devant l’une des découvertes peut-être les plus révolutionnaires du siècle …

A savoir celle des neurones miroirs

Sans lesquels, des primates aux humains mais aussi aux oiseaux,  tant l’apprentissage que l’emphatie ne seraient possibles …

Comment ne pas voir avec ce récent article de l’anthropologue de Stanford T.M. Luhrman et le cas particulier de la religion …

L’importance, comme pour l’amour (voir Aretha Franklin) et comme le Christ lui-même l’a montré, de l’imitation active …

Pour initier une relation avec Dieu …

Mais, aussi et surtout comme par exemple la brillante mais brève période born again d’un chanteur comme Bob Dylan l’a si spectaculairement montré …

Pour l’entretenir et la maintenir …

Conjuring Up Our Own Gods

T. M. Luhrmann

The New York Times

October 14, 2013

BIG SUR, Calif. — “AMERICANS are obsessed with the supernatural,” Jeffrey J. Kripal, a scholar of religion, told me here at Esalen, an institute dedicated to the idea that “we are all capable of the extraordinary.”

Surveys support this. In 2011, an Associated Press poll found that 8 in 10 Americans believed in angels — even 4 in 10 people who never went to church. In 2009 the Pew Research Center reported that 1 in 5 Americans experienced ghosts and 1 in 7 had consulted a psychic. In 2005, Gallup found that 3 out of 4 Americans believed in something paranormal, and that 4 in 10 said that houses could be haunted.

One interpretation of these data is that belief in the supernatural is hard-wired. Scholars like the anthropologist Pascal Boyer, author of “Religion Explained: The Evolutionary Origin of Religious Thought,” and the psychologist Justin L. Barrett, author of “Why Would Anyone Believe in God?” argue that the fear that one would be eaten by a lion, or killed by a man who wanted your stuff, shaped the way our minds evolved. Our hunter-gatherer ancestors were more likely to survive if they interpreted ambiguous noise as the sound of a predator. Most of the time it was the wind, of course, but if there really was danger, the people who worried about it were more likely to live.

That inclination to search for an agent has evolved into an intuition that an invisible agent, or god, may be there. (You can argue this theory from different theological positions. Mr. Boyer is an atheist, and treats religion as a mistake. Mr. Barrett is an evangelical Christian, who thinks that God’s hand steered evolution.)

However, intuitive plausibility is one thing, and measured, sober faith is another. These are the two kinds of thinking that the Nobel laureate Daniel Kahneman, author of “Thinking, Fast and Slow,” calls “system one” (quick intuitions) and “system two” ( deliberative judgment). When we’re scared in the dark, we populate the world with ghosts. When we consider in full daylight whether the ghosts were real — ah, that is another matter.

Consider how some people attempt to make what can only be imagined feel real. They do this by trying to create thought-forms, or imagined creatures, called tulpas. Their human creators are trying to imagine so vividly that the tulpas start to seem as if they can speak and act on their own. The term entered Western literature in 1929, through the explorer Alexandra David-Néel’s “Magic and Mystery in Tibet.” She wrote that Tibetan monks created tulpas as a spiritual discipline during intense meditation. The Internet has been a boon for tulpa practice, with dozens of sites with instructions on creating one.

Jack, a young man I interviewed, decided to make a tulpa when he was in college. He set aside an hour and a half each day for this. He’d spend the first 40 minutes or so relaxing and clearing his mind. Then he visualized a fox (he liked foxes). After four weeks, he started to feel the fox’s presence, and to have feelings he thought were the fox’s.

Finally, after a chemistry exam, he felt that she spoke to him. “I heard, clear as day, ‘Well, how did you do?’ ” he recalled. For a while he was intensely involved with her, and said it felt more wonderful than falling in love with a girl.

Then he stopped spending all that time meditating — and the fox went away. It turned out she was fragile. He says she comes back, sometimes unexpectedly, when he practices. She calms him down.

The mere fact that people like Jack find it intuitively possible to have invisible companions who talk back to them supports the claim that the idea of an invisible agent is basic to our psyche. But Jack’s story also makes it clear that experiencing an invisible companion as truly present — especially as an adult — takes work: constant concentration, a state that resembles prayer.

It may seem paradoxical, but this very difficulty may be why evangelical churches emphasize a personal, intimate God. While the idea of God may be intuitively plausible — just as there are no atheists in foxholes, there are atheists who have prayed for parking spots — belief can be brittle. Indeed, churches that rely on a relatively impersonal God (like mainstream Protestant denominations) have seen their congregations dwindle over the last 50 years.

To experience God as walking by your side, in conversation with you, is hard. Evangelical pastors often preach as if they are teaching people how to keep God constantly in mind, because it is so easy not to pray, to let God’s presence slip away. But when it works, people experience God as alive.

Secular liberals sometimes take evolutionary psychology to mean that believing in God is the lazy option. But many churchgoers will tell you that keeping God real is what’s hard.

T. M. Luhrmann, an anthropologist at Stanford, is a contributing opinion writer.

Voir aussi:

What’s So Special about Mirror Neurons?

Ben Thomas

Scientific American

November 6, 2012

In the early 1990s, a team of neuroscientists at the University of Parma made a surprising discovery: Certain groups of neurons in the brains of macaque monkeys fired not only when a monkey performed an action – grabbing an apple out of a box, for instance – but also when the monkey watched someone else performing that action; and even when the monkey heard someone performing the action in another room.

In short, even though these “mirror neurons” were part of the brain’s motor system, they seemed to be correlated not with specific movements, but with specific goals.

Over the next few decades, this “action understanding” theory of mirror neurons blossomed into a wide range of promising speculations. Since most of us think of goals as more abstract than movements, mirror neurons confront us with the distinct possibility that those everyday categories may be missing crucial pieces of the puzzle – thus, some scientists propose that mirror neurons might be involved in feelings of empathy, while others think these cells may play central roles in human abilities like speech.

Some doctors even say they’ve discovered new treatments for mental disorders by reexamining diseases through the mirror neuron lens. For instance, UCLA’s Marco Iacoboni and others have put forth what Iacoboni called the “broken mirror hypothesis” of autism – the idea that malfunctioning mirror neurons are likely responsible for the lack of empathy and theory of mind found in severely autistic people.

Ever since these theories’ earliest days, though, sharp criticism has descended on the claims they make. If it turns out that mirror neurons play only auxiliary roles – and not central ones – in action understanding, as many opponents of these claims contend, we may be looking in entirely the wrong place for causes of autism and speech disorders. We could be ignoring potential cures by focusing on a hypothesis that’s grown too popular for its own good.

And through it all, the mirror neuron field continues to attract new inquisitive minds. September 2012 marked the first-ever Mirror Neurons: New Frontiers Summit in Erice, Sicily, where researchers championing all sides of the debate gathered to share their findings and hash out their differences.

In the wake of the Summit, I caught up with some of the world’s top mirror neuron experts, and asked them to bring me up to date on their latest findings, debates, and discussions. Their insights paint a more subtle, nuanced picture of mirror neurons’ role than anyone originally suspected.

Can mirror neurons understand?

There’s something strange about the range of actions mirror neurons respond to. They don’t respond to pantomimes, or to meaningless gestures, or to random animal sounds. They seem specially tuned to respond to actions with clear goals – whether those actions are perceived through sight, sound, or any other sensory pathway.

This realization led the discoverers of mirror neurons to put forth what they call the “action understanding” hypothesis – that mirror neurons are the neural basis for our ability to understand others’ actions. On this hypothesis rests a kingdom: If it’s true, Iacoboni may be right that we can treat autism and speech disorders by repairing the human mirror neuron system. But this kingdom’s borders have fallen under relentless attack since its very earliest days.

One of the first scientists to question the “action understanding” hypothesis was UC Irvine’s Greg Hickok. Though Hickok doesn’t dispute the existence of mirror neurons, he’s highly skeptical about their supposed central role in empathy, speech, autism and understanding – and he’s spent the past 10 years publishing research regarding those doubts.

The question of whether mirror neurons allow us to understand movement gestures, Hickok explains, is only one of the “action understanding” school’s unsupported claims – researchers who argue for a mirror neuron-centric model of speech comprehension also bear the burden of proving their claim that the motor system is involved in representing the meaning of action-related language.

What the “action understanding” school originally claimed, Hickok says, was that mirror neurons provide the neural mechanism for attaching meanings to motor actions – but in recent years, many of those same researchers have been leaning away from that claim, and toward the contention that mirror neurons themselves actually encode the meanings of actions. And both of these claims, according to Hickok, remain unsupported by hard evidence.

“Iacoboni and the other ‘action understanding’ supporters are conflating two logically independent questions,” Hickok explains. “Their original claim was that mirror neurons provide the mechanism for attaching meaning to actions like hand and speech gestures. But the second question – which they conflate with the first – is whether the meanings of actions are coded in motor systems.” In other words, before we can say for sure whether mirror neurons are necessary for understanding others’ actions, we first need to establish whether these neurons associate actions with their meanings, code the meanings themselves, or neither.

“It could be that mirror neurons facilitate your understanding a reaching movement,” Hickok adds, “but don’t themselves represent the semantics of the concept ‘reach’ generally.” In short, even if mirror neurons do enable your brain to access the concept ‘reach,’ that doesn’t mean they themselves are the neurons that encode that concept.

Over the years, Hickok has led several dozen studies that find dissociations between motor control and conceptual understanding. If he’s right, and mirror neurons help code movements but not semantic concepts of them, researchers may be looking for the causes of autism and speech disorders in areas that merely reflect, rather than produce, the symptoms – like picking trash out of a creek while ignoring the garbage dump upstream.

Take patients with Broca’s aphasia, for instance. These patients, who’ve suffered severe damage to the motor areas of their brain’s left hemisphere, have major trouble joining words into coherent phrases. Ask a person with Broca’s aphasia about the last time he visited the hospital, and he’ll say something like, “hospital… and ah… Wednesday… Wednesday, nine o’clock… and oh… Thursday… ten o’clock, ah doctors.” Even so, a patient with Broca’s aphasia can still understand sentences he hears others say. “If the neural system supporting speech production were critical to speech recognition,” Hickok says, “Broca’s aphasia should not exist.”

To use a more familiar example, babies – and, arguably, even dogs – clearly understand the meanings of many words without having the motor ability to say them. By the same token, we can understand the meaning of a verb like “echolocate” without having any understanding of how to perform it.

Thus, Hickok says, “hearing the word ‘kiss’ activates motor lip systems not because you need lips to understand the action,” but because your previous experiences with the word “kiss” are associated with movements involved in kissing. Mirror neurons, then, don’t encode the meaning of the word “kiss” itself; they simply happen to fall downstream of that understanding in your brain’s river of associations.

What all this implies, Hickok says, is that “action understanding is clearly not a function of the motor system.” If we want to find the neural correlates of understanding itself, Hickok suggests, we should concentrate our search upstream from the motor cortex, in brain regions like the superior temporal sulcus (STS), which plays a central role in our ability to associate objects with goals – to decide, in other words, what an action or object is “for.”

Not everyone’s thrilled by this line of argument, though. “When one looks at the data,” Iacoboni says, “true examples of dissociation between action understanding and action production are very rare.” Action understanding doesn’t always require motor-cortex activity, he agrees; but in many instances, mirror neurons do indeed appear to be crucial for it.

For example, patients with damaged motor cortices seem to have trouble placing photos of people’s actions in chronological order – though they have no trouble ordering photos of, say, a falling ball. Cases like these, Iacoboni says, argue strongly for mirror neurons’ importance in understanding the intentions of other people’s actions. This means, he says, that the concepts of “action” and “understanding” need to be integrated into a single model of mirror neuron function – not picked further apart.

But action execution and action understanding fall apart naturally, Hickok contends. “This is evident in the fact that the inability to produce speech following brain damage or in developmental speech disorders, for example, does not cause speech recognition deficits. It is also plainly evident in the fact that we can understand actions that we can’t perform, such as fly, slither, or coil.”

As you may have noticed by now, a specter that’s even harder to pin down lurks throughout this whole debate: We have no empirical rubric for action understanding; no experiment that can tell us for sure whether it’s happening – because there’s no real agreement about what exactly “understanding” is. It’s a weirdly recursive question: Understanding implies meaning; and so far, neither Hickok nor his opponents have been able to pin down what “meaning” means in neurological terms. “The fact is, we don’t know exactly how semantic understanding is achieved neurally,” Hickok says. “I certainly don’t know.”

Does association mean understanding?

It doesn’t always take a brand-new discovery to shake up an old debate – sometimes what’s needed is a new way of seeing the data. In the mirror neuron debate, that fresh approach comes courtesy of Cecilia Heyes, a professor of psychology at Oxford’s All Souls College. At the 2012 New Frontiers Summit, Heyes presented her case for an altogether different approach to studying mirror neuron function. The really important question, she says, isn’t whether mirror neurons encode understanding, but whether they qualify as a special class of neuron at all.

Mirror neurons, in Heyes’ view, aren’t evolved specifically “for” understanding, imitation, or any other purpose – rather, they’re simply ordinary motor-cortex neurons that happen to take on special roles as we learn to associate motor actions with sounds, feelings, goals and so on. “Special-purpose mechanisms can be forged by evolution or by learning,” Heyes says – and if we can figure out what makes certain neurons, but not others, take on mirror properties in the first place, we’ll be in a much better position to examine what they’re up to.

As for the question of whether mirror neurons “do” meaning, association, or both, Heyes thinks it may boil down to how we choose to define “meaning” and “understanding.” “I don’t think it’s right to contrast meaning and association,” she says. “In principle, mirror neurons could be a product of associative learning and help us to understand the meaning of actions.” But before we can find that out with a lab experiment, she adds, supporters and defenders of the “action understanding” hypothesis will need to explain what exactly it is that they’re claiming or denying, so we know what we’re looking for.

Hickok, for his part, says Heyes’ hypothesis actually supports his argument that mirror neurons don’t constitute the basis of action understanding – after all, he explains, if mirror neurons associate incoming stimuli with motor responses, why does the concept of “understanding” need to enter the picture at all? “The mirror neuron system links sensory stimuli to the motor system for the control of action,” he says. “It’s a system that acts reflexively and adaptively.” So as far as describing mirror neurons’ function in terms of sensory-motor association, Hickok says, Heyes is right on the money.

While Iacoboni also agrees that Heyes’ hypothesis is reasonable, he cautions that mirror neurons are still a special kind of associative cell: One that’s specialized for action-oriented associations. “Why should mirror neurons respond to specific actions,” Iacobini asks, “if they’re just learning visuomotor associations?” Why, in other words, do they respond not to just any action-related stimulus, but only to actions that have goals?

And it’s on this question of goal-orientedness – and what it implies about the human mind – that the views of Hickok, Heyes, and the Parma school all diverge once again.

Does empathy depend on mirror neurons?

No matter whose side of the debate you’re on, Vittorio Gallese cuts an imposing figure. One of the original discoverers of macaque mirror neurons – and a father of the “action understanding” theory – Gallese has spent the past three decades vigorously defending the centrality of mirror neurons in our ability to know what others’ actions are “for.”

“The data strongly suggest that mirror neurons map between an observer’s goals and the acting animal’s motor goals,” Gallese says. These neurons fire in relation to the goal of grasping, he explains, whether it’s performed by a hand, a pincer, or another tool; whether it’s performed by oneself or another individual; whether the other’s movement is seen or merely heard. The only common factor in all these events, Gallese says, is the goal they aim to achieve.

Gallese actually agrees with Hickok that understanding can take place without mirror neuron activation. However, he notes, “only through the activation of mirror neurons can we grasp the meaning of others’ behavior from within.” In other words, mirror neurons enable us to understand other people’s actions in terms of our own movements and goals – to empathize with them.

Hickok will have none of it. Gallese, he says, is trying to quietly slip out of his original hypothesis that mirror neurons associate meanings with actions, and into a more evasive “claim that they allow ‘understanding from the inside,’ whatever that means.”

Gallese has an answer at the ready: If not in mirror neurons, then where else should we look for action understanding? Surely not in the STS, as Hickok advocates. “Evidence demonstrates that only the motor system – not the STS – can generalize a motor goal independently from the effector accomplishing it,” Gallese says: When it comes to directly mapping others’ motor goals against our own, mirror neurons are still the only serious contenders in town. That kind of perceptual mapping, says Gallese, is what he means by “understanding from the inside.” More work is necessary, he acknowledges, to establish the exact nature of this kind of understanding – but nevertheless, its dependence on mirror neurons is clear.

Iacoboni is somewhat less sanguine. “Admittedly, it is very difficult to obtain empirical evidence that unequivocally proves this hypothesis,” he says – though he’s quick to add that “both imaging and neurological evidence are compellingly consistent with it.” The evidence is also consistent, he adds, with the idea that mirror neuron function is significantly altered in people on the autism spectrum of disorders (ASD) – implying a correlation between autism and “broken” mirror neurons.

That may be so, Heyes interjects – but ASD is too complex a range of disorders to lay at the feet of a single malfunctioning neuron system. “Iacoboni doesn’t ask,” she says, “whether atypical mirror mechanism activity generates – rather than merely accompanies – autism spectrum disorders.” If, as Hickok contends, mirror neurons lie far downstream in the process of action understanding, this abnormal mirror-neuron activation may simply be another symptom of autism, rather than its cause.

Gallese agrees – partially. “It is very unlikely that autism can be simply equated to a mere malfunctioning of the mirror neuron mechanism,” he says – but nevertheless, “many of the social cognitive impairments manifested by ASD individuals might be rooted in their incapacity to organize and directly grasp the intrinsic goal-related organization of motor behavior.” Mirror neurons map others’ motor goals to our own; autistic individuals have trouble grasping others’ goals; therefore, Gallese argues, some kind of correlation clearly exists.

But there’s an even more serious problem with this line of reasoning, says Morton Ann Gernsbacher, a prominent autism researcher at the University of Wisconsin-Madison. “It has been repeatedly demonstrated,” Gernsbacher says, “that autistic persons of all ages have no difficulty understanding the intention of other people’s actions.” Not only that – decades of research have also shown that autistic people can perform imitation tasks as well as or better than non-autistic participants, and that they can be highly responsive to imitation by others.

And so, once again, we come back to the question of what kind of understanding it is that we’re talking about here: Can people with autism really be said to “understand” an action they can’t readily imitate it? Gernsbacher says that, obviously, the answer’s yes. Gallese would argue that this isn’t “understanding from the inside,” but a more abstract kind.

Iacoboni, as usual, takes a more integrative view: “Current theories of empathy suggest a multilayer functional structure, with a core layer of automatic responses to reproduce the affective states of others. Mirror neurons are likely cellular candidates for the core layer of empathy.” And it’s that core layer of empathy, Iacobini says, that likely lies at the root of true action understanding.

In the final analysis, the one conclusion that’s emerged loud and clear from all these debates is that mirror neurons aren’t the end-all of understanding, empathy, autism, or any other brain function. The closer we examine the parts these neurons play, the more we find ourselves peering between the cracks of these mental processes – watching them unravel into threads that run throughout the brain. It may very well turn out that “meaning” and “understanding” aren’t single processes at all, but tangled webs of processes involving motor emulation, abstract cognition, and other emotional and instinctual components whose roles we’re only beginning to guess.

After decades of research, these strange cells continue to astound and confound us – not only with their unique abilities, but with the hidden complexity to which they may provide a key. But, as so often happens in neuroscience, we may end up having to pick the lock before we understand exactly how the key fits into it.

About the Author: Ben Thomas is an author, journalist, inventor and independent researcher who studies consciousness and the brain. A lifelong lover of all things mysterious and unexplained, he weaves tales from the frontiers of science into videos, podcasts and unique multimedia events. Lots more of his work is available at http://the-connectome.com. Follow on Twitter @theconnectome.

Voir également:

The functional role of the parieto-frontal mirror circuit: interpretations and misinterpretations

Giacomo Rizzolatti*and Corrado Sinigaglia

Abstract

The parieto-frontal cortical circuit that is active during action observation is the circuit with mirror properties that has been most extensively studied. Yet, there remains controversy on its role in social cognition and its contribution to understanding the actions and intentions of other individuals. Recent studies in monkeys and humans have shed light on what the parieto-frontal cortical circuit encodes and its possible functional relevance for cognition. We conclude that, although there are several mechanisms through which one can understand the behaviour of other individuals, the parieto-frontal mechanism is the only one that allows an individual to understand the action of others ‘from the inside’ and gives the observer a first-person grasp of the motor goals and intentions of other individuals.

One of the most intriguing and exciting developments in neuroscience in recent years has been the discovery of a mechanism that unifies action perception and action execution 1–3 . The essence of this mechanism — called the mirror mechanism — is the following: each time an individual observes another individual performing an action, a set of neurons that encode that action is activated in the observer’s cortical motor system. The mirror mechanism is present in many cortical areas and brain centres of birds, monkeys and humans. The basic functions of these areas and centres vary con – siderably, from song production to the organization of goal-directed motor acts , to emotional processes. Thus, like other basic mechanisms (for example, excitatory postsynaptic potentials), the functional role of the mir – ror mechanism depends on its anatomical location, with its function ranging from recognition of the song of conspecifics in birds 4,5 to empathy in humans 6 . The aim of this article is not to review the vast literature on the mirror mechanism, but to focus on one spe – cific circuit endowed with mirror properties: the parieto- frontal action observation–action execution circuit. The reason for this choice is twofold. First, the proposed interpretation of the function of the parieto-frontal circuit as a mechanism that enables individuals to under – stand the actions and intentions of others ( mirror-based action understanding ) represented a paradigm shift in the classical view that these cognitive functions depend on higher-level mental processes. Second, mostly as a reaction to this new perspective, there have been attempts to interpret the functions of the action observation–action execution circuit in a way that minimizes or even denies its role in cognition. For these reasons, a review of the data on the mirror mechanism in the action observation–action execution network seems timely and necessary. In this Review, we examine first what the parieto-frontal action observation–action execution circuit encodes in monkeys and humans and then discuss its possible func – tional relevance for cognition. After examining different views on these issues, we conclude that the parieto-fron – tal mechanism allows an individual to understand the actions of another individual ‘from the inside’ and gives the observing individual a first-person grasp of the motor goals and intentions of another individual. The parieto-frontal mirror network The monkey parieto-frontal network. The mirror mechanism was originally discovered in the ventral premotor cortex of the macaque monkey (area F5) 1–3 . Single-neuron recordings showed that this area contains neurons — mirror neurons — that discharge both when a monkey executes a specific motor act and when it observes another individual performing the same motor act. Mirror neurons do not fire in response to a simple presentation of objects, including food. Most of them do not respond or respond only weakly to the observation of the experimenter performing a motor act (for example, grasping) without a target object 7 . Area F5 has recently been divided into three sectors: F5c, F5p and F5a 8–9 (FIG. 1) . Mirror neurons were originally recorded in the cortical convexity that corre – sponds to F5c 1–3 . However, functional MRI (fMRI) data showed that the other two areas also respond to observing a grasping action 8 . Mirror neurons are also present in the rostral part of the inferior parietal lobule (I pl ), particularly in area p FG 10 – 12 and the anterior intraparietal area (AI p ) 9,13 (FIG. 1) . Both these areas are heavily connected with F5: p FG mostly with F5c, and the AI p with F5a 14 . Both area p FG and the AI p receive higher-order visual infor – mation from the cortex located inside the superior temporal sulcus (STS) 13 – 14 . STS areas, like mirror areas, encode bio – logical motion, but they lack motor properties. They are therefore not part of the mirror system in a strict sense. The AI p also receives connections from the middle temporal gyrus 15 . This input could provide the mirror areas with information concerning object identity. Finally, area F5 is connected with area F6 — the pre- supplementary motor area (pre-SMA) — and with the prefrontal cortex (area 46) 16 . The prefrontal cortex is also richly connected with the AI p 16 . The frontal inputs con – trol the selection of self-generated and stimulus-driven actions according to the intentions of the agent 17 . It was recently shown that, in addition to areas p FG and AI p , two other areas of the parietal lobe contain mirror neurons: the lateral intraparietal area and the ventral intraparietal area. The mirror properties of neurons in these areas are not the focus of this Review but are briefly discussed in BOX 1 . The human parieto-frontal network. There is convinc – ing evidence that an action observation–action execu – tion mirror circuit also exists in humans. This evidence comes from brain imaging, transcranial magnetic stimulation (TMS), electroencephalography ( ee G) and magnetoencephalography (M e G) studies. Brain imaging studies have shown that, as in the mon – key, this action observation–action execution mirror cir – cuit is formed by two main regions: the inferior section of the precentral gyrus plus the posterior part of the inferior frontal gyrus; and the inferior parietal lobule, includ – ing the cortex located inside the intraparietal sulcus 18 . Additional cortical areas (such as the dorsal premotor cor – tex and the superior parietal lobule) have also been occa – sionally found to be active during action observation and execution 19–21 . Although it is possible that their activation is due to a mirror mechanism, it is equally possible that it reflects motor preparation. In support of this interpreta – tion are single-neuron data from monkeys showing that these areas are involved in covert motor preparation 22–23 . As for the superior parietal lobule, although its activation is typically absent in studies in which the experimenters use distal motor acts as visual stimuli, it is prominent when volunteers observe proximal arm movements that are directed to a particular location in space 24 . Single-subject fMRI analyses have recently provided evidence that other cortical areas (for example, the pri – mary and secondary somatosensory cortices and the middle temporal cortex) also become active during action observation and action execution 21 . It has been suggested 21 that these activations outside of the ‘classi – cal’ mirror areas are caused by additional mechanisms (for example, internal models) that are triggered by the mirror mechanism. These activations would enrich the information about the actions of other individuals that the mirror mechanism provides. A tale of two populations. Some authors have recently argued that the activation of the same areas during action observation and action execution is not suffi – cient to prove the existence of the mirror mechanism in humans 25 . Instead, they have suggested that, in humans, motor areas have distinct, segregated populations of vis – ual and motor neurons, the visual neurons discharging during action observation and the motor neurons during action execution. They proposed to use the ‘repetition– suppression’ technique — that is, a technique based on the progressive reduction of a physiological response to repeated stimuli to prove this point 25 . If mirror neurons exist in humans, they should ‘adapt’ when the observa – tion of a motor act is followed by the execution of that motor act, and vice versa . The ‘adaptation’ effects are, in general, difficult to interpret 26 . Adaptation occurs at the synaptic level and should therefore be present only when information repeatedly reaches a neuron through the same or largely common pathways 27 . This input commonality is typically absent when mirror neurons are activated during action observation and execution. During action observation, the input to the parieto-frontal circuit arrives from higher- order visual areas (for example, the STS) 16 whereas, during voluntary movement, it mostly comes from the frontal lobes 17 . The results of adaptation experiments therefore depend on the design of the experimental paradigm and on the stimuli used. These considerations could explain why the results of repetition–suppression experiments have been contradictory. Although some authors found evidence of the mirror mechanism in the parietal 28 or the frontal nodes 29 , others obtained negative results 30–31 . Regardless of the empirical data that may help to define some properties of the parieto-frontal mirror mechanism, the logic of the two-population story is flawed. Assuming that neurons in motor areas respond – ing to action observation are merely visual neurons implies that motor areas contain a large number of ‘dis – placed’ visual neurons and that these neurons do not communicate with their ‘neighbour’ motor neurons. Both these assumptions are hard to reconcile with what is known about the organization of the cerebral cortex. Most importantly, TMS studies have shown a clear con – gruence between the observed motor act and the acti – vated motor representation 32–36 . Thus, if higher-order sensory information describing a motor act reaches motor neurons that encode that same motor act, these motor neurons are mirror neurons by definition. Humans do not differ from monkeys in this respect. What do parieto-frontal mirror neurons encode? Evidence for goal coding in monkeys. The crucial issue concerning the parieto-frontal mirror neurons is their role in cognition. If this mirror mechanism is fundamental to understanding actions and intentions, the classical view — that the motor system has a role only in movement generation — has to be rejected and replaced by the view that the motor system is also one of the major players in cognitive functions. To address this fundamental issue, a preliminary problem must first be solved: what do the parieto-frontal mirror neurons encode when they discharge in response to the observation of the actions of others? A way to solve this problem is to examine what mir – ror neurons encode when they discharge during motor behaviour. w hat is recorded in single-neuron studies during both action execution and observation are action potentials — that is, neuronal output. Thus, having deter – mined what neurons encode during the execution of an agent’s own motor act, one also knows what they encode when they are triggered by the agent’s observation of a motor behaviour of others. e arly experiments on area F5 found that most of the motor neurons in this area encode motor acts (that is, goal-related movements, such as grasping) rather than movements (that is, body-part displacements without a specific goal, such as finger flexion) 3 7 –38 . A recent study provided compelling evidence that this is the case 39 . This study describes single-neuron recordings from monkeys that were trained to grasp objects using two types of pliers: normal pliers, which require typical grasping movements of the hand, and ‘reverse’ pliers, which require hand move – ments executed in the reverse order (that is, first closing and then opening the fingers). The results showed that F5 neurons discharged during the same phase of grasp – ing in both conditions, regardless of whether this involved opening or closing of the hand (FIG. 2) . The functional properties of I pl motor neurons are similar to those of F5 neurons: the goal of the executed motor acts is the parameter that is encoded by I pl neurons that fire during the execution of motor acts 11,40 – 42 . The mirror neurons in F5 and I pl do not differ in their motor properties from parieto-frontal motor neu – rons that do not have visual properties 1–3 . Thus, when they fire in response to motor act observation, they send information about the goal of the observed motor acts. This information can be encoded with different degrees of generality: some mirror neurons (strictly congruent mir – ror neurons) fire when the observed and executed motor acts are the same (for example, grasping with precision grip), whereas other mirror neurons (broadly congruent mirror neurons) fire when the observed motor act has the same goal as the executed motor act (for example, grasp – ing), but can be achieved in a different way (for example, with both precision and whole-hand grips) 43–44 . Recently, a single-neuron study investigated the effect of the spatial relationships between an agent and an observer, comparing F5 mirror neuron responses to motor acts performed near the monkey (in the peripersonal space) or outside its reach (in the extra – personal space) 45 (FIG. 3) . The results showed that many F5 mirror neurons were differentially modulated by the location of the observed motor act. Some neurons were selective for actions executed in the monkey’s peripersonal space, whereas others were selective for stimuli in the extrapersonal space. These findings indicate that mirror neurons may encode the goal of the motor acts of another individual in an observer-centred spatial framework, thus providing the observer with crucial information for organizing their own future behaviour in cooperation or competition with the observed individuals. Goal and single-movement coding in humans. In accordance with early findings 46–49 , a series of new fMRI studies provided strong evidence that the human parieto- frontal mirror circuit encodes the goal of observed motor acts. Volunteers were instructed to observe video clips in which either a human or a robot arm grasped objects 50 . Despite differences in shape and kinematics between the human and robot arms, the parieto-frontal mirror circuit was activated in both conditions. Another group extended these results by investigating cortical activation in response to the observation of motor acts performed by a human hand, a robot hand or a tool 51 . Here, bilat – eral activation of a mirror network formed by intra – parietal and ventral premotor cortex occured, regardless of the effector. In addition, the observation of tool actions produced a specific activation of a rostral sector of the left anterior supramarginal gyrus, suggesting that this sector specifically evolved for tool use. Further evidence of goal encoding by the parieto- frontal mirror circuit was obtained in an fMRI experi – ment in which two aplasic individuals, born without arms and hands, and control volunteers were asked to watch video clips showing hand actions 52 . All partici – pants also performed actions with their feet, mouth and, in the case of controls, hands. The results showed that the parieto-frontal mirror circuit of aplasic individuals that was active during movements of the feet and mouth was also recruited by the observation of hand motor acts that they have never executed but the motor goals of which they could achieve using their feet or mouth. The issue of whether the human parieto-frontal mir – ror network encodes motor goals was also addressed by fMRI and TMS studies investigating the activation of motor areas in subjects listening to action-related sounds. Hearing and categorizing animal vocalizations preferentially activated the middle portion of the supe – rior temporal gyri bilaterally (a region that is not related to motor act coding), whereas hearing and categoriz – ing sounds of tools that were manipulated by hands activated the parieto-frontal mirror circuit 53 . Similarly, it was shown that listening to the sound of hand and mouth motor acts activated the parieto-frontal mirror network 54 . This activation was somatotopically organ – ized in the left premotor cortex and was congruent with the motor somatotopy of hand and mouth actions. u nlike in monkeys, the parieto-frontal mirror circuit of humans also becomes active during the observation of individual movements 55–56 . The initial evidence for this mechanism was based on TMS experiments which indi – cated that the observation of the movements of others results in an activation of the muscles involved in the execution of those movements 32–36 . Additional support comes from ee G and M e G studies showing that the observation of movements without a goal desynchronizes the rhythms recorded from motor areas 5 7 –64 . Recently, it was shown that mirror coding might depend on the content of the observed behaviour. Motor evoked potentials (M ep s) in response to TMS were recorded from the right opponens pollicis (O p ) muscle in participants observing an experimenter either open – ing and closing normal and reverse pliers or using them to grasp objects 65 . The observation of tool movements (that is, opening and closing the pliers without grasping anything) activated a cortical representation of the hand movements involved in the observed motor behaviour. By contrast, the observation of the tool grasping action activated a cortical representation of the observed motor goal , irrespective of the individual movements and the order of movements required to achieve it. Together, these findings show that the human parieto-frontal mirror network encodes both motor acts and movements. Understanding the actions of others Cognitive functions of the parieto-frontal network: evidence and criticisms. w hy should the motor sys – tem encode the goal of actions performed by others? From the discovery of mirror neurons, the interpreta – tion of this finding was that they allow the observer to understand directly the goal of the actions of others 1–3 : observing actions performed by another individual elic – its a motor activation in the brain of the observer similar to that which occurs when the observer plans their own actions, and the similarity between these two activations allows the observer to understand the actions of others without needing inferential processing 43–44 . In support of this view, two studies showed that the meaning of the motor acts of other individuals could be understood in the absence of visual information describing them. In one study, monkeys heard the sounds of a motor act (such as ripping a piece of paper) without seeing it 66 ; in the other study, the monkeys knew that behind a screen was an object and saw the experimenter’s hand disappear behind the screen, but they could not see any hand–object interaction 67 . The results showed that in both experiments F5 mirror neu – rons in the monkeys fired in the absence of visual infor – mation describing the motor act of the experimenter. The neuronal activation therefore underpinned the comprehension of the goal of the motor act of the other individual, regardless of the sensory information that described that motor act. This interpretation of the function of the parieto-frontal mirror mechanism has been challenged with objections and alternative proposals 68–71 . A key criticism has been advanced by Csibra 69 . He argued that the interpretation of mirror neuron function in terms of action understanding contains a “tension” between “the claim that the mirror mechanism reflects nothing else but faithful duplication of the observed action” and “the claim that mirroring rep – resents high-level interpretation of the observed action”. In other words, if mirror activity represents a copy of the observed motor act, it is not sufficiently general to capture the goal of that motor act; conversely, if it is sufficiently general for goal understanding, it cannot be interpreted in terms of a direct matching mechanism between sensory and motor representations (see also R EFS 70,71 ). In the earlier studies on the mirror mechanism, it was indeed not clearly specified that the parieto-frontal mirror mechanism in humans is involved in two kinds of sensory–motor transformation — one mapping the observed movements onto the observer’s own motor representation of those movements (movement mirror – ing), the other mapping the goal of the observed motor act onto the observer’s own motor representation of that motor act (goal mirroring), as described above. By match – ing individual movements, mirror processing provides a representation of body part movements that might serve various functions (for example, imitation), but is devoid of any specific cognitive importance per se . By contrast, through matching the goal of the observed motor act with a motor act that has the same goal, the observer is able to understand what the agent is doing. This is true not only for the mirror neurons that are broadly congru – ent but also for those that are strictly congruent, because these neurons also do not encode the elementary aspects of a movement (for example, its kinematics), but respond to the goal of the observed motor acts 44,56 . Typically, authors who play down or even deny the importance of the motor system for cognitive functions suggest that goal understanding is primarily due to cortical activation in the STS. This region, as described in a series of fundamental studies in monkeys 72,73 , is involved in the visual analysis of the actions of others. Several fMRI studies showed a similar role for the STS in humans (see R EFS 74,75 for a review). There is little doubt that STS neurons have an impor – tant role in encoding the behaviour of others. However, it is unlikely that the STS by itself mediates the processing of action understanding, relegating the parieto-frontal mir – ror network to an ancillary role in this function 65 : among the neurons in various areas that become active during action observation, only those that can encode the goal of the motor behaviour of another individual with the great – est degree of generality can be considered to be crucial for action understanding, and the available evidence shows that this capacity for generalization characterizes the parieto- frontal mirror neurons rather than STS cells. Indeed, pari – eto-frontal mirror neurons encode the goal of observed motor acts regardless of whether they are performed with the mouth, the hand or even with tools. Although STS neurons may encode some types of motor act, goal gener – alization such as is achieved by the parieto-frontal mirror neurons seems to be absent in the STS 72,73 . Most importantly, there are theoretical reasons why STS neurons are unlikely to encode actions with the same degree of generality as parieto-frontal mirror neurons. If an STS neuron selectively encodes the visual features of a given hand action (for example, grasping), it is unclear how this neuron would also be able to encode selectively the visual features of a mouth performing the same motor act. One could postulate an associa – tion process similar to that described for the temporal lobe 76,77 . However, in the STS, the association would be between spatio-temporally adjacent visual representa – tions of body part movements and not between visual representations of the same motor goal achieved by different effectors. By contrast, parieto-frontal mirror neurons — owing to their motor nature and the fact that they encode the goal of motor acts — can be trig – gered by different visual stimuli (for example, hand and mouth actions) that have a common goal (for example, grasping). Only the presence of a ‘motor scaffold’ that provides the goal-related aspects of observed actions can allow this generalization; such generalization cannot be achieved by mere visual association. A recent study provides empirical evidence in favour of this point 78 . The study was based on a TMS adaptation paradigm 79 . p articipants were presented with ‘adapta – tion-inducing’ movies of a hand or foot acting on vari – ous objects and asked to respond as quickly as possible to a picture of a motor act similar to that of the movie. TMS pulses were delivered over the ventral premotor cortex bilaterally, over the left I pl and over the left STS. The results showed that the delivery of TMS over both premotor and I pl cortices shortened the reaction times to ‘adapted’ motor acts regardless of which effector performed the observed motor act; by contrast, TMS stimulation of the STS shortened the reaction times to ‘adapted’ motor acts only if the same effector executed the act in the movie and in the test picture. Understanding actions from the inside. Another argu – ment against the role of mirror neurons in action under – standing is that there are several behavioural instances in which individuals understand the actions of others even if they are unable to perform them. For example, macaques can react to the observation of humans mak – ing the gesture of throwing objects overhand towards them 80 . It was proposed that, although monkeys never throw objects overhand, they could nevertheless under – stand the action they saw because they analysed the vari – ous visual elements of the observed actions and applied some form of inferential reasoning . However, this argument would only be valid if the parieto-frontal mirror mechanism consisted solely of strictly congruent mirror neurons. As the authors of the study themselves recognize 80 , the capacity of broadly congruent mirror neurons to generalize the goal of motor acts might account for the observed phenome – non. Given that broadly congruent mirror neurons may generalize from a hand action to actions performed with tools, even when they are as bizarre as reverse pliers, it is plausible that they could equally generalize from one type of throwing to another. There is no doubt that, in some cases, understanding the motor behaviour of others might require a mechanism different from mirroring. A typical example is the capacity of humans to recognize the actions of animals that do not belong to the human motor repertoire and cannot be captured by a motor generalization. e vidence for a non- mirror mechanism in action recognition was provided by an fMRI study in which volunteers were presented with video clips showing motor acts that did or did not belong to the human motor repertoire 81 . Although all volunteers recognized the observed motor acts regardless of whether or not they belonged to their own motor repertoire, no activation of parieto-frontal mirror areas was found in response to acts that did not belong to their motor reper – toire (for example, a dog barking). The areas that became active in such cases were occipital visual and STS areas. By contrast, the sight of motor acts that were within the motor repertoire of the observer (for example, a dog biting) recruited the parieto-frontal mirror network. These data indicate that the recognition of the motor behaviour of others can rely on the mere processing of its visual aspects. This processing is similar to that performed by the ‘ventral stream’ areas for the recogni – tion of inanimate objects. It allows the labelling of the observed behaviour, but does not provide the observer with cues that are necessary for a real understanding of the conveyed message (for example, the communica – tive intent of the barking dog). By contrast, when the observed action impinges on the motor system through the mirror mechanism, that action is not only visu – ally labelled but also understood, because the motor epresentation of its goal is shared by the observer and the agent. In other words, the observed action is under – stood from the inside as a motor possibility and not just from the outside as a mere visual experience (BOX 2) . Understanding motor intentions of others From motor goals to motor intentions. The properties of parieto-frontal mirror neurons described above indicate that their activity reflects what is going on in the ‘here and now’. However, there is evidence that parietal and frontal mirror neurons are involved in encoding not only the observed motor acts but also the entire action of which the observed motor act is part. Monkeys were trained to grasp objects with two different motor inten – tions: to place them into a container or to bring them to their mouth 11 . After training, motor neurons in the I pl that encode grasping were studied in the two set-ups. The results showed that the majority of these neurons discharged with an intensity that varied according to the action in which the motor act was embedded (‘action- constrained motor neurons’). This finding implies that the I pl contains ‘chains’ of neurons in which each neuron encodes a given motor act and is linked to oth – ers that are selective for another specific motor act. Together, they encode a specific action (for example, grasping for eating). A striking result of this study was that many of these action-constrained motor neurons have mirror proper – ties. w hen tested in the two set-ups described above, the majority of these neurons were differently activated depending on the action to which the observed motor act belonged (‘action-constrained mirror neurons’). This finding indicates that, in addition to describing what the observed individual is doing (for example, grasping), I pl mirror neurons also help the observer to explain why the individual is performing the action, owing to chained organization in the I pl . That is, I pl mirror neurons ena – ble the observer to recognize the agent’s motor intention. A recent study demonstrated that action-constrained neurons are also present in area F5 ( REF . 82) . The compar – ison of F5 and I pl (specifically area p FG) mirror neuron properties revealed no clear differences in their capacity to encode the motor intentions of others. e vidence that the parieto-frontal mirror circuit in humans is also involved in intention encoding was first provided by an fMRI experiment consisting of three conditions 83 . In the first (the ‘context condition’) the vol – unteers saw a photo of some objects arranged as for an ongoing breakfast or arranged as though the breakfast had just finished; in the second (the ‘action condition’), the volunteers saw a photo of a hand grasping a mug without any context; in the third (the ‘intention condition’) they saw photos showing the same hand actions within the two contexts. In this condition, the context provided clues for understanding the intention of the motor act. The results showed that the intention condition induced a stronger activation than the other two conditions in the caudal inferior frontal gyrus of the right hemisphere. An activation of the right parieto-frontal mirror cir – cuit during intention understanding was also described in a repetition–suppression fMRI experiment 84 . p articipants were presented with movies showing motor actions (for example, pushing or pulling a lid) that could lead to the same or to different outcomes (for example, opening or closing a box). The results showed that the responses in the right I pl and right inferior frontal cortex were ‘suppressed’ when participants saw movies of motor actions that had the same outcome, regard – less of the individual movements involved. Responses in these regions were not influenced by the kinematics parameters of the observed motor action. Brain imaging experiments allow the cortical sub – strate of a given function to be located, but they do not give information about the mechanism underlying the function. Cattaneo and colleagues tested whether the understanding of motor intention in humans might be based on the ‘chain mechanism’ described in the monkey 85 . p articipants were asked to grasp a piece of food and eat it or to grasp a piece of food and place it in a container. In another condition, they had to observe an experimenter performing the same actions. In both the execution and the observation condition, the electromyographic activity of the mylohyoid muscle — a muscle involved in mouth opening — was recorded. Both the execution and the observation of the eating action produced a marked increase of mylohyoid muscle activity as early as the ‘reaching’ phase, whereas no mylohyoid muscle activ – ity was recorded during the execution and the observa – tion of the placing action. This indicates that, as soon as the action starts, the entire motor programme for a given action is activated. Interestingly, the observers also seem to have a motor copy of this programme. This ‘intrusion’ allows them to predict what action the agent is going to execute from the first observed motor act and thus to understand the agent’s motor intention. Finally, there is evidence that the mirror mechanism, possibly located in this case in the fronto-mesial areas, also has a role in setting up an anticipatory representation of the motor behaviour of another individual. It has been shown that the ‘Bereitschaftspotential’, an electrophysio – logical marker of the readiness to act 86 , occurs not only when an individual actively performs a motor act, but also when the nature and the onset time of an upcoming action performed by another individual is predictable on the basis of a visual cue 87 . Mirroring intentions and inferring reasons. The studies reviewed above indicate that the parieto-frontal mirror network may subserve the understanding of the motor intention underlying the actions of others. This capacity represents a functional property of the parieto-frontal mirror network that further distinguishes it from those of visual areas. Indeed, it is difficult to imagine how motor intention understanding could be based on visual processing alone, including visual processing that is car – ried out in higher-order visual areas such as the STS. It is true that some STS neurons are selective for a sequence of stimuli. For example, in contrast to classical visual neu – rons that respond to a specific static stimulus, some STS neurons respond to the static view of a body only when this stimulus occurs after a certain movement (for exam – ple, walk and stop) 88 . However, despite this fascinating property, these neurons do not give information about the agent’s motor intention: they describe a given motor act according to a previous motor behaviour, but they do not provide information about the motor intention underlying that motor act. This does not mean that the parieto-frontal mirror mechanism mediates all varieties of intention under – standing. Intention understanding is a multi-layer process involving different levels of action representation, from the motor intention that drives a given chain of motor acts to the propositional attitudes (beliefs, desires and so on) that — at least in humans — can be assumed to explain the observed behaviour in terms of its plausible psychological reasons. w e provide an example to clarify this point. Mary is interacting with an object (for example, a cup). According to how she is grasping the cup, we can understand why she is doing it (for example, to drink from it or to move it). This kind of understanding can be mediated by the parieto-frontal mirror mechanism by virtue of its motor chain organization. However, the mirror mechanism is not able to provide us with the reasons that might underlie the motor intention of Mary (for example, she grasped the cup to drink from it because she was thirsty or because she wanted some caffeine, or she did it to please her friends). u nderstanding the reasons behind an agent’s motor inten – tion requires additional inferential processes 89–91 . Recent empirical data confirmed these considera – tions. They showed that, although the parieto-frontal mirror mechanism is active in all conditions in which the motor task has to be directly understood, when vol – unteers were required to judge the reasons behind the observed actions, there was an activation of a sector of the anterior cingulate cortex and of other areas of the so-called ‘mentalizing network’ 92 . Activation of the same network was also shown in a study that investigated unu – sual actions performed in implausible versus plausible contexts 93 , as well as in a study on the neural basis of reason inference in non-stereotypical actions 94 . As there are different levels of action representation, there should be diverse neural mechanisms subserv – ing these different levels of intention understanding. u nderstanding motor intention relies on the parieto- frontal mirror mechanism and the motor chain organi – zation of the cortical motor system. u nderstanding the reason behind motor intention seems to be localized in cortical areas — the temporal parietal junction and a part of the anterior cingulate gyrus — that have not as yet been shown to have mirror properties. There have been theoretical attempts to integrate these two ways of understanding the intentions of others 95–96 . n onetheless, unlike for the mirror mechanism, there are currently no neurophysiological data that can explain how the ‘mental – izing network’ might work. Conclusions The mirror mechanism is a neurophysiological find – ing that has raised considerable interest over the past few years. It provides a basic mechanism that unifies action production and action observation, allowing the understanding of the actions of others from the inside. Such motor-based understanding seems to be a pri – mary way in which individuals relate to one another, as shown by its presence not only in humans and mon – keys, but also in evolutionarily distant species, such as swamp sparrows 4 and zebra finches 5 . Furthermore, this mechanism indicates the existence of a profound natural link between individuals that is crucial for establishing inter-individual interactions. Finally, preliminary evidence suggests that the impairment of this natural link may be one of the causes of the strik – ing inability of people with autism to relate to other individuals (BOX 3) .


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